L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

novembre 08, 2014

Politique contre Liberté (Faré). Révoltes, désobéïssances ??

L'Université Liberté, vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.



La distinction entre « public » et « privé » est une distinction comptable: cette distinction correspond à la question « à telle ligne comptable correspond-il la signature d'un fonctionnaire ou d'un civil? » I.e. y a-t-il un ruban bleu ou un tampon officiel qui a cautionné telle transaction? Cette distinction n'a aucune pertinence du point de vue de l'économie. La distinction pertinente est la distinction « politique » vs « libre »: les acteurs d'une transaction étaient-ils tous volontaires, ou la volonté des uns a-t-elle été imposée aux autres? Si tous étaient volontaires, alors la transaction est libre. Si d'aucuns ont imposé leur volonté aux autres, alors ceux-ci ont usé de leur pouvoir politique

Ceux qui vivent directement ou indirectement de privilèges légaux, de la violence étatique, n'ont pas besoin d'avoir un papier tamponné « fonctionnaire » pour être des parasites politiques. Les seigneurs féodaux, les bandits de grand chemin, ne font pas semblant de servir le public et ne font pas valoir un quelconque blanc-seing officiel quand ils exécutent leurs rapines politiques. Il existe donc des entreprises privées, des associations, des syndicats, des entrepreneurs, des salariés, et même des chômeurs, qui vivent du parasitisme politique. 

Réciproquement, tous les fonctionnaires ne sont pas des parasites politiques. La plupart des fonctionnaires et des employés de compagnies privées à privilège, sont victimes plus que les autres des monopoles légaux: non seulement ils en souffrent comme consommateurs, mais le monopole les empêche de trouver ailleurs un emploi correspondant aux compétences qu'ils possèdent relativement à l'activité « protégée » par un privilège légal. Même la plupart des chômeurs, qui sont maintenus dans leur situation précaire par une législation qui détruit les emplois, les logements, la nourriture, sont du point de vue économique des victimes du système, bien que du point de vue comptable ils doivent tout aux aides publiques. 

La question est de savoir si oui ou non des parasites doivent leurs revenus à l'usage de la violence politique — revenus qui alors correspondent à un appauvrissement du reste de la population à leur bénéfice [25]. Les détenteurs de brevets sont des exploiteurs politiques, tout autant que les propriétaires d'homologations et autorisations décernées par les différentes institutions « régulatrices », de contrats d'exploitation de monopole public, etc. Les politiciens, hauts-fonctionnaires, syndicalistes, chefs d'entreprises publiques, détenteurs de contrats publics, présidents d'associations subventionnées, etc., sont tous des exploiteurs [26]. Tous doivent le gonflement de leurs revenus, de leur liberté, à la coercition légale, à l'oppression des citoyens, consommateurs, contribuables, qui sont forcés de se plier bon gré mal gré aux desiderata de ces privilégiés. 

Pour déterminer si une personne est intrinsèquement un exploiteur ou un exploité, il faut se poser la question: est-ce que cette personne serait payée, volontairement, une valeur équivalente ou supérieure, par des personnes consentantes auxquelles elle rendrait librement le même genre de services? Si la réponse est « non », alors la personne est un exploiteur politique. Si la réponse est « oui », alors la personne est un exploité. Ainsi, sans monopole de l'État sur l'agriculture, les fonctionnaires des sovkhoses nord-coréens seraient aussi pour la plupart agriculteurs, et gagneraient mieux leur vie; en Corée du Nord, où tout le monde est fonctionnaire, l'immense majorité est néanmoins composée des esclaves du parti communiste. Sans monopole de l'État sur la recherche, les nombreux chercheurs des centres de recherche publics qui ne sont pas des escrocs seraient aussi pour la plupart chercheurs, et pourraient mieux accomplir leur vocation, tout en étant mieux payés. 

Bien sûr, pour se perpétuer, l'exploitation politique va user à fond du sophisme comptable pour persuader les victimes qu'elles sont bénéficiaires du système. Ainsi, les victimes elles-mêmes participeront de l'oppression, et empêcheront l'abolition des privilèges dont elles souffrent. Les politiciens vont donc s'efforcer de généraliser l'État providence, par lequel chacun doit une partie croissante de ses revenus à l'État, dépend de plus en plus d'allocations, subventions, passe-droits, privilèges, déductions, etc., versés par l'État; sans parler des salaires des fonctionnaires, des contrats publics, et du fait que chacun aura dans sa famille, parmi ses amis ou ses proches des fonctionnaires, des assistés, et autres personnes dépendant des caisses de l'État. L'État prélève donc (inégalement) sur les citoyens une part croissante de leurs revenus, pour en redistribuer (inégalement) une partie à tous, s'ils satisfont aux exigences de l'État. Or, prendre tout — par la force — et rendre une fraction — à ceux qui obéissent, — ce n'est pas donner, — c'est réduire à l'esclavage. De même, prendre une partie — par la force, — et rendre une fraction — à ceux qui obéissent, — ce n'est pas donner, — c'est réduire à l'esclavage à temps partiel. Ainsi, l'intervention politique n'est rien d'autre que la forme moderne de la réduction à l'esclavage. Ou plus exactement, la réduction à l'esclavage n'est qu'une forme antique et grossière de l'exploitation politique, et l'esclavage à temps partiel par l'État-Providence social-démocrate en est une forme moderne et sophistiquée. 

 [25]: En fait, la question véritablement importante est de savoir si la violence politique a lieu, et qui en sont les responsables, quand bien même ces criminels seraient des idiots utiles qui n'en tirent aucun profit, plutôt que des exploiteurs qui vivent en parasites.
[26]: David Boaz, du CATO Institute, résume fort bien cette notion: « The fundamental class division in any society is not between rich and poor, or between farmers and city dwellers, but between tax payers and tax consumers. » Mais l'idée est déjà présente chez Bastiat, Tom Paine, et probablement bien chez des auteurs antérieurs. 

Par François-René Rideau

 Source: Raisonnement économique contre sophismes comptables Le cas de la recherche « publique »

http://fare.tunes.org/
Une version de cet essai a été publiée sur la Page Libérale (2003-04-22). Pour toute discussion, on pourra utiliser le forum adéquat.

2 commentaires:

François-René Đặng-Vũ Bân Rideau a dit…

Voir aussi http://fare.livejournal.com/178462.html

François Guillaumat a dit…

http://www.barnhardt.biz/.../the-one-about-teaching-on.../