L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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mai 13, 2015

Le libéralisme avec le tsar Alexandre II! (Abolition servage, Éradique le terrorisme, Réforme adm., judiciaire, Militaire; nihilisme et populisme)

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture, librement vôtre. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.



Sommaire:

A) Alexandre II Romanov (1818 - 1881) : de l’espoir à la tragédie - André Larané

B) Alexandre II de Wikiberal

C) ALEXANDRE II « LE LIBERATEUR » (1855-1881) - datcha-kalina





A) Alexandre II Romanov (1818 - 1881) : de l’espoir à la tragédie
 
Alexandre II, tsar le plus libéral de l'histoire russe, a tenté non sans courage d'engager son empire dans la voie de la démocratie et de la modernisation.


En un quart de siècle, il a multiplié les réformes mais son règne s'est achevé sur son tragique assassinat. La bêtise de quelques anarchistes a ruiné les espoirs de démocratisation du plus grand État européen et l'un des derniers à être encore gouverné de façon autoritaire.


André Larané


Quelques dates :

1825,
prend le titre de Tsarévitch.

1837, voyage à travers la Russie et l'Europe.
1855,
monte sur le trône.
1856, traité de Paris et fin de la guerre de Crimée.
1861, abolition du servage.
1864, création des Zemtsva, des assemblées locales.
1867, l'Alaska est cédée aux Etats-Unis.
1877, déclaration de guerre aux Ottomans.
1880, décret impérial afin d'éradiquer le terrorisme.
1881, assassiné.




Le «tsar libérateur»
Né le 29 avril 1818, Alexandre II monte sur le trône le 2 mars 1855, à 37 ans, tandis que son armée subit d'humiliantes défaites face aux Français et aux Anglais, devant Sébastopol.


Sitôt couronné, le tsar engage des réformes courageuses pour moderniser son pays : libération des serfs (50 millions de personnes sont concernées !), humanisation de la justice et abolition du knout (fouet), mise en place d'assemblées locales, ouverture des universités à la petite bourgeoisie... Ces réformes, bien que mal appliquées, lui valent le surnom de «tsar libérateur». Elles s'accompagnent d'une effervescence littéraire et intellectuelle dans le pays avec l'émergence de grands poètes et romanciers : Léon Tolstoï, Fédor Dostoïevski, Ivan Tourgueniev. Mais parallèlement se développe un mouvement révolutionnaire brouillon chez les étudiants de la petite bourgeoisie. Il prône rien moins que la destruction radicale de l'ordre ancien. Le poète Ivan Tourgueniev invente à ce propos le terme de «nihilisme» (du latin nihil, rien).


Suspension des réformes Le 4 avril 1866, un étudiant, Dimitri Karakosov, tire sur Alexandre II et le manque de peu.



Cet attentat contre la personne sacrée du tsar suscite la consternation dans le pays. C'en est désormais fini des réformes libérales. Le tsar, aigri, cherche une consolation dans les bras d'une jeune fille de 30 ans sa cadette, Catherine Dolgorouki, dite Katia, dont il aura trois enfants au grand scandale de la Cour. Le 1er juin 1867, Alexandre II arrive à Paris, à l'occasion d'une Exposition universelle. Il veut renouer des liens avec Napoléon III après la brouille occasionnée quelques années plus tôt entre les deux pays par la répression d'une insurrection en Pologne. Mais voilà que sur l'hippodrome de Longchamp, un réfugié polonais tire sur le tsar.


Ce nouvel attentat est lourd de conséquences pour la France. Il fait échouer le rapprochement entre la France et la Russie et le soutien du tsar fera cruellement défaut à Napoléon III lors de son affrontement avec la Prusse en 1870. Alexandre garde toutefois de son séjour à Paris le souvenir délicieux de ses retrouvailles avec sa chère Katia... Il l'épouse en secret après son veuvage, soit quelques mois avant sa propre mort (un film, Katia, avec l'inévitable Romy Schneider dans le rôle titre, retrace leur amour romanesque et tragique).



Visées impérialistes Déçu par l'accueil que reçoivent ses réformes, le tsar se consacre désormais à la grandeur de son empire. Ses armées soumettent le Turkestan, aux portes de la Chine, ainsi que les peuples insoumis du Caucase, y compris un célèbre chef tchétchène du nom de Chamil. Alexandre II vend aux États-Unis l'Alaska dont il n'a que faire mais reporte ses visées sur Constantinople, ville glorieuse de l'orthodoxie, capitale d'un empire turc en pleine décomposition. En 1878, le vieux tsar engage une guerre meurtrière et brouillonne contre les troupes du sultan. Celui-ci signe des préliminaires de paix à San Stefano, aux portes d'Istamboul (Constantinople). Mais la menace d'une intervention anglaise contre la Russie oblige toutefois cette dernière à renoncer à la plupart de ses avantages chèrement gagnés. La déception est grande dans le peuple russe, avide de gloires militaires plus que de démocratie.

Agitation anarchiste
Bakounine et Pierre-Joseph Proudhon, prône dans son Catéchisme révolutionnaire l'anéantissement de l'État et l'assassinat des opposants. Beaucoup de jeunes bourgeois se proposent d'aller vers les moujiks des campagnes afin de les inviter à se soulever contre le régime. Cette «Marche vers le peuple» finit en mascarade. Il n'empêche que naissent différentes organisations secrètes dont certaines, comme «Narodnaïa Volia» (La Volonté du Peuple), se donnent pour but d'assassiner le tsar en personne et multiplient les attentats contre sa personne. Par un décret du 12 février 1880, Alexandre II confie des pouvoirs dictatoriaux au comte Loris-Mélikov, héros de la guerre contre la Turquie, avec mission d'éradiquer le nihilisme et d'achever la réforme des institutions.


Jours sombres Le 18 juillet 1880, le tsar épouse en secret sa jeune maîtresse. Dans son désir de la faire couronner impératrice, il songe à une grande réforme qui lui vaudrait l'indulgence de son peuple. Il s'apprête donc à renouer avec le libéralisme de sa jeunesse en instituant des commissions de notables pour préparer l'avènement d'une monarchie constitutionnelle. Las, les anarchistes qui le traquent depuis plusieurs années ont finalement raison de lui et l'assassinent le 13 mars 1881. Prenant le contre-pied de son père, le nouveau tsar, Alexandre III (36 ans), renonce à publier le manifeste convoquant les commissions de notables, contre l'avis de Loris-Mélikov. Il abroge la plupart des réformes libérales, il tente de russifier par la force les provinces périphériques de l'Empire, il encourage aussi l'émergence de nouveaux démons tels que l'antisémitisme pour détourner la colère du peuple. C'est le retour à l'autocratie. Les étudiants révolutionnaires issus de la petite bourgeoisie y voient un encouragement à étendre leur action. En Russie comme dans l'ensemble de l'Europe continentale, un vent mauvais se lève dans les années 1880, où se mêlent les idées anarchistes, socialistes, nationalistes, antisémites, colonialistes, racistes et antireligieuses.



Alexandre II Romanov (1818 - 1881) : de l’espoir à la tragédie
Source: Mon blog Humanitas via Hérodote



B) Alexandre II de Wikiberal

Alexandre II Nikolaïevitch (Moscou, 29 avril 1818 – Saint-Pétersbourg, 13 mars 1881) empereur de Russie (1855-1881) n’a pas su mener à son terme les réformes libérales qui auraient pu sauver l’Empire russe.
Fils et successeur de Nicolas Ier, il montre de grandes capacités dans les responsabilités politiques et militaires que lui confie son père. 
Ayant terminé la désastreuse guerre de Crimée par le traité de Paris (1856), il comprend la nécessité de réformer les structures politiques et sociales archaïques de la Russie.  

Le Tsar libérateur

Dès son avènement, il déclare vouloir aborder le problème du servage « d’en haut » sans « attendre qu’il commence à se dissoudre lui-même par en bas ». Le 3 mars 1861, un rescrit impérial proclame l’émancipation des 47 millions de serfs. L’oukaze du 17 avril 1863 supprime les châtiments corporels, le fouet et la marque imposée aux condamnés de droit commun. Les solovnié, tribunaux de caste, sont remplacés le 2 décembre 1864 par des tribunaux communs pour dispenser « une justice rapide, équitable, humaine, égale pour tous ». Des institutions locales élus, les zemstvos, sont créées le 13 janvier 1864. Un effort considérable est accompli dans le domaine de l’enseignement avec libre accès des femmes aux études secondaires et supérieures, multiplication par trois du nombre des lycées et fondation de nouvelles universités. En 1870 l’institution de conseils municipaux élus marque la fin de l’ère libérale.

Des réformes incomplètes

Beaucoup de ces réformes étaient incomplètes. Les serfs obtenaient la liberté personnelle mais sans aucun droit sur la terre qui restait aux mains des propriétaires. L’insurrection polonaise de 1863-1864 et la tentative d’assassinat du tsar par Karakosov (4 avril 1866) vont tempérer le zèle réformateur d’Alexandre II. La censure est renforcée, l’enseignement soumis à un sévère contrôle tandis que se développent les mouvements anarchistes et nihilistes. 

La politique extérieure du tsar vise à redonner au pays sa puissance. Le Caucase et l’Asie centrale sont soumis, l’alliance avec l’Allemagne favorisée (1873). Les succès de la guerre russo-turque (1877-1878) qui amènent les armées russes aux portes de Constantinople sont effacées par le Congrès de Berlin à l’initiative des Anglais, inquiets de la politique russe sur leurs frontières de l’Inde, Bismarck lâchant son allié. 

Les tendances constitutionnelles regagnent du terrain. La guerre avait permis la création d’un régime constitutionnel en Bulgarie et il paraissait contradictoire de le refuser au peuple russe. D’un autre côté, l’agitation révolutionnaire redouble et les terroristes préparent l’assassinat du tsar. Le terrorisme pouvait détourner les milieux gouvernementaux de la réalisation de réformes libérales mais aussi les inciter à se rapprocher des éléments modérés de la société. Le projet du ministre de l’Intérieur, Loris-Mélikov, prévoit la création d’une commission générale avec des membres élus, représentants les assemblées provinciales et les doumas des villes, pouvant émettre des avis consultatifs sur les projets de loi. Ce premier pas vers un régime constitutionnel n’ira pas à terme. Après avoir échappé à quatre attentats, Alexandre périt déchiqueté par une bombe. 

Son successeur Alexandre III devait rejeter toute idée d’un passage à un régime constitutionnel et réaffirmer sa croyance dans l’autocratie.

Sources: Victor Léontovitch, Histoire du libéralisme en Russie, Fayard 1986

 

C) ALEXANDRE II « LE LIBERATEUR » (1855-1881)
 

I) LES GRANDES REFORMES... D’UN CONSERVATEUR 

1861, émancipation des serfs,
1864 & 1870, administration locale,  

1864, Justice,
1874, Armée.

=Libéralisation instruction publique et censure, mais
1866, mécontentement=politique libérale<0
1863, répression révolte PL.
1877-1878, victoire sur TR=réorganisation carte Balkans. Extension Caucase, Asie centrale, Extrême-Orient. Mais revers diplomatiques et crainte de D ! 




I.1. ABOLITION DU SERVAGE

- Attente des paysans chimériques (la terre à ceux qui travaillent).  
- Noblesse divisée sur compensations : dotations territoriales, droits politiques en retour. 
 
1858, assemblées en province en province=projet d’émancipation des serfs.

  • -  Sud/Centre-Sud : terres riches (tchernozions). Propriétaires veulent donc les
    conserver.
  • -  Nord/Centre-Nord : terres pauvres ; redevance des serfs principale source de
    revenus=fort dédommagement exigé en échange de terre. 

    ++ Menace de sédition

    1861, 19 février, Acte d’émancipation des serfs.
    - Texte plus favorable aux serfs que ne l’attendait la noblesse.
    -Paysannerie classe à part régie par communauté rurale (мир, община) :
    capitation, droit coutumier3

     
    2 Libération des serfs sans migration dans les terres S/CS. Au N, où les serfs font de petits travaux artisanaux afin de payer la redevance, pour le propriétaire conserver la terre de sert à rien, puisque l’impôt en espèces ne rentrera plus.
    3 Les chefs de famille siègent dans la communauté rurale, à laquelle appartiennent les bois, les rivières etc... La répartition des ressources se fait en fonction des bras valides. Le мир a une fonction sociale et judiciaire,

o Le serf possède une maison avec un enclos attenant et un lot de terres cultivables (doit être racheté).
o Partage des terres pour moitié au propriétaire, pour moitié au paysan.
o Crédit de l’Etat sous forme de « bons du Trésor » aux propriétaires, remboursables par les paysans ... en 49 ans !

o « La part du mendiant » : 1⁄4 du lot normal gratuitement (insuffisant) 

= Résultats mitigés :

  • -  Lots insuffisants
  • -  Surpeuplement des campagnes
  • -  Chômage ++
  • -  Indemnités de rachat trop élevées
  • -  Communauté rurale : archaïsme
  • -  Noblesse de plus en plus endettée
  • -  Mœurs patriarcales<0 ancien="" cultivateur="" est="" et="" l="" libre="" mais="" n="" pas="" serf="" span=""> digne
  • -  Décomposition du tissu social 

    I. 2. REFORME DE L’ADMINISTRATION LOCALE (1864, 1870) 

    Afin de sauver l'autocratie, la réforme vise à assurer une plus grande liberté politique pour les nobles avec le développement d'une bureaucratie compétente. 

    1864, janvier, Zemstvo (земство) = assemblée + bureau exécutif 
                                                                         province (губерния)
                                                                         district (уезд)
o Assemblée de députés élus pour trois ans, comprenant trois collèges : 
     + propriétaires fonciers (représentés +++, suffrage masculin universel) 
     + citadins élus soumis au cens
     +communes paysannes (suffrage indirect à 2 ou 3 niveaux).

o Maréchal de la noblesse nommé par le pouvoir central.
o Bureau = 6 membres élus par l’assemblée.
o Contrôle par le pouvoir central (gouverneur).
o Pouvoirs restreints (levée d’impôts, pouvoirs budgétaires).
o Services publics (ponts et chaussées, hygiène, santé, assistance sociale,
écoles4, activités économiques).
o Embryon de société civile. 

1870, principe étendu aux municipalités. Election au suffrage censitaire d’un conseil (дума) pour 4 ans. 

appliquant le droit coutumier, c’est-à-dire la loi orale. Cette communauté constitue en même temps une entrave pour le serf, qui doit obtenir l’autorisation du мир tout entier pour s’en affranchir. In LTL.
4 L'enseignement primaire est détaché de la tutelle de l'Église et pris en charge par les zemstvos (plus de 10 000 écoles créées). Les gymnases (lycées) sont divisés en deux catégories, classique et moderne, ouverts théoriquement à tous les élèves sans distinction d'origine ou de religion. Des collèges avec un seul cycle de quatre ans accueillent les enfants des milieux les moins favorisés. In http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_II_de_Russie. 






I. 3. REFORME JUDICIAIRE

1863, châtiments corporels & marque pour les condamnés de droit commun <0.

1864, « justice rapide, équitable, humaine, égale pour tous » (modèle Occident)
- Justice séparée administration.
- Inamovibilité des juges.
- Procédure publique et contradictoire
- Ordre des avocats.
- Procès criminels : jury (суд жных).
- Juge de paix ( й ) élu pour 3 ans (propriétaires fonciers).  

- Appel :


o Congrès juges de paix = district o Cour d’appel (délits, crimes)
o Cour de cassation = Sénat 


LES PLUS
- < 0 coercition, châtiments corporels, marquage.
- Pouvoir judiciaire séparé de l’exécutif ( ?) =acte de naissance société civile en R.
- Un des meilleurs systèmes contemporains en Europe

LES MOINS
- Exil administratif et peine de mort maintenus.  
- Egalité théorique devant la loi (tribunaux militaires et ecclésiastiques, loi coutumière).
- Les plus riches favorisés 


I. 4. REFORME MILITAIRE...TARDIVE 1874, 20 ans après la déroute de Crimée

- Remplacement des serfs dans l’armée.
- Service militaire obligatoire/ tirage au sort, exemptions, réductions de service,
rachat.
- de 25 à 5 ou 3 ans + 9 ans de réserve.
- Châtiments corporels<0.
- Formation officiers>(écoles infanterie, cavalerie, artillerie, génie).  

- Commandement décentralisé (circonscriptions militaires - округа). 
 - 800 000 H temps de paix =1400 000 en temps de guerre.
- Mixité sociale 


BILAN DES REFORMES : TROP OU PAS ASSEZ
venues d’en haut (+)
Intelligentsia radicale et bureaucratie les rejettent (-) 

Société rapidement déçue (-) 



II) POLITIQUE EXTERIEURE 

II. 1. INSURRECTION POLONAISE 

1863-1864, « Insurrection de janvier »

  • -  PL demande rétablissement Constitution 1815. Constantin (frère A II) nommé vice-roi=amnistie proscrits. Mais patriotes « rouges » demandent indépendance et retour frontières de 1792. Romuald Traugutt mène révolte. Etendue à LIT, BL.
  • -  Membres gouvernement provisoire pendus. Déportation clergé catholique. Russification. Influence noblesse<0, distribution terres aux paysans.
II. 2. REVISION TRAITE DE PARIS 

1871, mars, Conférence de Londres annule la neutralisation de la mer Noire et autorise TR et R à y entretenir une flotte militaire (mais passage des navires de guerre au gré du sultan).
1873, 22 octobre, R-D (Allemagne)-A, Entente des trois empereurs
- Convention militaire D-R : un attaqué, l’autre amène 200 000 H.
- Convention politique A-R : consultation des deux empereurs en cas de divergence ou si menace puissance étrangère.

  = Mais volonté hégémonique D et visée A sur Balkans 

II. 3. CRISE D’ORIENT- GUERRE RUSSO-TURQUE DU « PANSLAVISME » 

1877-1878, R soutenue par RO et G attaque vers Constantinople et dans Caucase vers Arménie.
1878, mars, traité San Stefano, R annexe Bessarabie et reçoit Kars, Ardahan, Batoumi (Caucase) 

II. 4. EXPANSIONNISME ASIE a) Conquête Asie centrale 

1864, occupation Kirghizie,
1868, protectorat aux khanats ouzbeks,
1879-1881, soumission pays turkmènes après une guerre de deux ans.

= activités de pillage<0, contrôle ancienne route de la soie, et mainmise sur la production de coton. 

b) Pénétration Extrême-Orient
1858, traité d’Agun, souveraineté R sur rive gauche Amour,
1860, traité de Pékin, R possession du territoire de l’Ossouri,
1867, cession de l’Alaska aux USA (pour cause de difficultés financières et de
continuité territoriale),
1875, J cède à R sud Sakhaline contre Kouriles. 

III) HISTOIRE DES IDEES 

III. 1. LE NIHILISME5

a) Génération des années 60 ( тники)

- Déjà roturiers et « hommes de trop » (лишние люди) sous Alexandre I.
- Années 1870 : « intelligentsia » ( нция)6 (Boborykin) ; Berdjaev : classe de schismatiques (maximalisme)
- A la mort de Nicolas Ier = prise de conscience en tant que classe => « génération des années 60 » ( тники)
- Les modèles Tchernychevski ( вский) puis Dobrolioubov ( бов) et Pisarev (Писарев) - critiques littéraires - prônent révolte contre les normes admises → « nihilistes » (нигилисты).
- Sciences physiques et naturelles +++, 0 conformisme social, société savoir et raison, selon les principes socialistes.
- Querelle des pères et des fils - « Pères et fils» (Отцы и дети) Tourgueniev. 


b) Tchernychevski ( вский)
- Séminariste.
1855, thèse : beauté de l'art car utile, fournit un tableau de la réalité et indique les moyens de l’améliorer (Belinski).
1862-1863, « Que faire ? »(Что лать?)7 = société idéale et moyens de changement. Héroïne Vera Pavlovna8



5 Ce mouvement radical et intolérant n'est pas porté au débat mais à la négation de toute idée qui n'est pas la sienne : ce nouvel esprit radical illustre tout à la fois la tendance de l'époque au matérialisme et au positivisme et la situation particulière de la Russie (une manière de réagir à l'asphyxie de la vie intellectuelle sous le règne de Nicolas Ier). In http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_II_de_Russie
6désignait toute personne instruite, même si elle n’exerce pas une profession intellectuelle, et appartenant à une classe marginalisée . LTL
7 Le roman se veut une réponse à Pères et Fils (Tourgueniev). Rakhmetov, le héros,est devenu un emblème du matérialisme et de la noblesse du radicalisme russe. Le roman décrit aussi dans les rêves de Vera Pavlovna, guidés par une déesse (féminisme), une société ayant atteint une « joie éternelle » plutôt terre-à- terre. Evolution vers le socialisme (atelier de couture coopératif de VP ; cité de verre, phalanstère des rêves de VP)

8 « Que faire » : Vera Pavlovna, féministe (mariage blanc de VP ; déesse guidant VP dans ses rêves), socialisme (atelier de couture coopératif de VP ; cité de verre, phalanstère des rêves de VP) 


c) L’héritage du nihilisme
1862, vagues d'incendies, décès Dobrolioubov
1863, soutien à la révolte PL → abandonnés par l’opinion publique. 1864, Tchernychevski bagne à vie= Sibérie.
1866, attentat de Karakozov.

  • -  Mythe d’un avenir radieux méritant un sacrifice hic et nunc (des individualistes qui deviennent les chantres du sacrifice à la cause).
  • -  Reposent les problèmes de la société → reflet littéraire (défavorable) : Pères et fils (Отцы и дети) de Tourgenev (Тургенев), Les carnets du sous-sol (Запискииз лья) et Les démons (Бесы) de Dostoïevski (Достоевский), L’impasse (Некуда) de Leskov (Лесков).
- Réapparition des problèmes éternels :
o la mort (Dostoïevski, Les frères Karamazov (Братья Карамазовы),
o les rapports moi-autres (Dostoïevski, Les carnets du sous-sol),
o la place de la femme dans la société (Tolstoï, Anna Karénine - Анна
Каренина).

III. 2. LE POPULISME
(народничество)


a) Repentir

  • -  Peuple dépositaire de vertus proprement russes et plus vertueux que les élites (Записки охотника -Tourgenev, Очарованный странник - Leskov, Nekrasov...).
  • -  Abolition du servage → mouvement massif d’auto-accusation des nobles : le servage leur a permis de développer leur culture = «nobles repentants» (кающиеся дворяне).
    - Remboursement de leur dette au peuple en diffusant l’instruction.
    1874, marche au peuple (хождение в народ) des narodniki (народники): « apprendre au peuple et apprendre du peuple » (учить народа и учиться у народа).
    1883, <0 avec="" du="" groupe="" marxiste.="" naissance="" nbsp="" premier="" span="">


    b) Propagandisme
    - Lavrov (Лавров, 1823-1900), son penseur, « individualité à l’esprit critique » (критически мыслящая личность) ; faire atteindre le peuple entier à ce niveau de conscience → propagande dans le peuple.
    -Mikhaïlovski (Михайловский, 1842-1904), journaliste : urgence de la propagande face à la « lèpre européenne » (monde ouvrier) ; rôle du mir. 

     
    9 Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, critiquant les élites et prônant le recours au peuple (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique. Il suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique. C'est pourquoi il est apparu avec les démocraties modernes, après avoir connu selon certains historiens une première existence sous la République romaine. In http://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme_%28politique%29
c) Anarchisme : Bakounine (Бакунин)
  • -  Principe fondateur du peuple russe = chaos (anarchisme) + communisme (la communauté rurale) + instinct de justice.
  • -  Romantisme révolutionnaire : la révolution doit être faite par les des individus en dehors de la société, des asociaux, c’est-à-dire des brigands. «C'est le fait social qui crée la liberté»10.
    - Mythe de la grande apocalypse rouge. d) Terrorisme : Tkatchov (Ткачѐв)
  • -  Les paysans n’ont pas répondu à la propagande des populistes (vie encore dans le système de valeurs traditionnel ; ils ne peuvent pas faire la révolution).
  • -  Révolutionnaires : quelques assassinats judicieux = dommages pour le pouvoir, leçon à la société.
    1876, « Terre et Liberté » (Земля и воля) : société où la souveraineté reposerait sur de petites unités économiques autonomes de communes de village confédérées, remplaçant l'État.
    Nous interrompons ici ce rapide survol chronologique de cette partie de l’Histoire de la Russie, qui s’achève avec la disparition tragique du libéral Alexandre II à qui succédera son fils Alexandre III, avant dernier tsar de la dynastie des Romanov, définitivement éteinte avec l’assassinat, le 17 juillet 1918, de Nicolas II.
10 « La liberté d'autrui, loin d'être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d'autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m'entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté. » La véritable liberté n'est pas possible sans l'égalité de fait (économique, politique et sociale). La liberté et l'égalité ne peuvent se trouver qu'en dehors de l'existence d'un Dieu extérieur au monde ou d'un État extérieur au peuple. L'État, le Capital et Dieu sont les obstacles à abattre. In http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Bakounine 

 

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