novembre 11, 2017

#7 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie..

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. 

Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 

Al,



Sommaire

A) Mélenchon, Corbière, Filoche et Co veulent nous infliger le communisme…Moi, je ne veux plus vivre ça !  - Quelle tragédie ! 100 ans après, la France doit subir Mélenchon et une opposition léniniste - Nicolas Lecaussin - IREF

B) Comment faire une demande « CADA » d’accès aux documents administratifs - Xavier Berne - AbraCADAbra

C) Bill Gates à Piketty : «Je ne veux pas payer plus d'impôts !» -  Guillaume Bayre - Le Figaro

D) Optimisation fiscale: un droit et même un devoir pour les entreprises - Philippe Manière - Challenge

E) Ouvrons l'assurance maladie à la concurrence

F) Baisse du nucléaire : 50% de quoi ? - Philippe François - IFRAP

G) Débaptisons les rues Lénine - Eric Brunet - Valeurs Actuelles

H) La nouvelle vie dorée de François Fillon chez Tikehau Capital - Capital

I) Allocations chômage : ce qui change à partir du 1er novembre - UNEDIC

J) Henri Guaino : "Les enfants gâtés de mai 68 qui nous ont légué cette société égoïste, cynique et nihiliste sont aujourd’hui devenus macroniens" - Atlantico

K) «La France n'expulse pratiquement plus aucun étranger irrégulier»Le Figaro

L) 6 techniques pour nous enfumer sur le coût de l’État - Ferghane Azihari - Contrepoints

M) Matraquage fiscal des classes moyennes : LREM sur les traces d’Hollande

N) Faut-il aimer la France ? - Jean-Patrick Grumberg - Dreuz Info

O) Macron veut réduire le nombre de décorés de la Légion d'honneur - S.C. - Le Parisien

P) Les inégalités salariales femmes – hommes : un gâchis à 62 milliards € - Clélia Aucouturier; Erwann Tison - Fondation Concorde

Q) « Parlons d’antisémitisme sans cécité volontaire » - Dominique Reynié - Le Monde

R) L’Etat cède des actions Renault et encaisse 1,21 milliard d’euros - Le Parisien


A) Mélenchon, Corbière, Filoche et Co veulent nous infliger le communisme…Moi, je ne veux plus vivre ça !
- Quelle tragédie ! 100 ans après, la France doit subir Mélenchon et une opposition léniniste

7 novembre 1917 – 7 novembre 2017. Si Lénine ressuscitait aujourd’hui, 100 ans après la « révolution » d’octobre, il choisirait à coup sûr la France comme le terreau le plus propice à la prise du pouvoir. Les mélenchonistes et autres extrémistes marxistes seraient prêts. Il faut donc les combattre et rappeler les réalités du communisme. Souvenirs.
Dans quel autre pays occidental a-t-on pu voir au moins trois candidats aux élections présidentielles se réclamant du léninisme ? Dans quel autre pays capitaliste l’opposition au gouvernement existe-t-elle surtout grâce aux organisations politiques léninistes et marxisantes ? Comme Lénine il y a 100 ans, Mélenchon et Co veulent une nouvelle Assemblée constituante dont les membres devraient remplir plusieurs critères pas encore clairement définis. C’est ce qu’avaient instauré les bolcheviks sous le prétexte de vouloir « donner le pouvoir au peuple » …
Derrière ce charabia idéologique sentant le totalitarisme, se cachent les réalités. « Les faits sont têtus », disait Lénine. Ces faits, les Mélenchon, Corbière et Garrido ne les connaissent pas. Moi, je me souviens de ma grand-mère qui sortait à 4 heures du matin pour occuper une place à la queue devant le magasin d’alimentation et pouvoir acheter, quelques heures plus tard, un litre de lait pour nous, ses petits-enfants. Je me souviens aussi des tickets de rationnement pour la farine (1 kg par mois), la viande (1 kg par mois), l’huile (1 litre par mois) ou bien quelques litres d’essence par mois… Comment pourrais-je oublier les fameuses « griffes de poulet » qui ornaient les magasins d’alimentation vides ?

Sous le communisme aussi, on interdisait les croix

Des oranges et des bananes, je n’en mangeais qu’une fois par an car on n’en trouvait qu’à Nöel ou à Pâques qui, officiellement, étaient des fêtes interdites. A la télé – deux heures par jour – on n’avait pas le droit de parler de ces fêtes ni même de montrer des croix ; tiens, les publicitaires qui ont enlevé les croix sur les pots de yaourt grec s’en seraient-ils inspirés ? Ou les magistrats français qui demandent la démolition de la croix de Ploërmel…
Je me souviens de cette société que M. Mélenchon voudrait infliger à la France et dans laquelle tout était gris : les vêtements, les immeubles, les gens… Dans laquelle l’eau chaude envoyée seulement une fois par semaine – le samedi soir – par la centrale du quartier n’arrivait qu’avec parcimonie au-dessus du sixième étage. Cette société où l’on avait froid à la maison ; et à l’école, on était obligé d’écrire avec des gants… Cette société dans laquelle le pouvoir appartenait non pas au peuple mais aux apparatchiks du parti et au dictateur communiste.
Le peuple devait se plier aux délires du Parti et de l’Etat. C’est à cette époque que l’esclavage était pratiqué non pas par les « patrons » qui n’existaient pas mais par le Parti qui nous forçait à travailler dans les champs au nom du « travail patriotique », c’est-à-dire bénévole et… obligatoire.

Des geôles communistes qui feraient passer les tortionnaires de Daech pour des amateurs

Comment oublier la fois où, vers l’âge de 11 ans, en me blessant gravement au foot, on m’a emmené à l’hôpital qui manquait, entre autres, de pansements et où le chirurgien a dû coudre ma lèvre avec du fil de poil de cheval à vif, sans aucune anesthésie…
En plus des pénuries, il y avait la dictature, la répression et la peur. Quand il s’agissait des sujets « sensibles », mon père parlait dans la salle de bain en faisant couler l’eau, et jamais au téléphone (après la chute du régime, il a même fallu changer de numéro car les techniciens n’arrivaient plus à enlever les fils posés par les officiers de la Sécuritate - l’équivalent roumain du KGB - pour surveiller nos conversations). Comment expliquer aux nostalgiques de cette époque ce que représentaient pour nous, les Roumains, le système d’enfermement, les camps de travail et la fameuse prison de Pitesti, exemple probablement unique dans l’histoire de l’horreur et qui ferait même passer pour des amateurs les tortionnaires de Daech. Dans cette prison située vers le sud du pays, les geôliers obligeaient les prisonniers à se torturer ou à se tuer entre eux. De préférence, entre membres de la même famille…
Cent ans après l’événement qui a déclenché la plus grande tragédie de l’histoire de l’humanité en nombre de morts – plus de 100 millions - il existe encore bel et bien en France des politiques et des partis qui prônent cette idéologie criminelle. Moi, je ne veux plus vivre ça. Je ferai tout pour la combattre et épargner la France !

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Triste constat. 100 ans après la « révolution d’Octobre » (en réalité, un coup d’Etat bolchévique), l’opposition politique en France est représentée surtout par les Insoumis et leurs alliés. La plupart de leurs propositions font froid dans le dos et nous incite à être plus que vigilants.

Plus d’une trentaine de députés et une quinzaine de sénateurs avec à leur tête l’inévitable Jean-Luc Mélenchon, voilà ce qui compose la seule force à s’obstiner contre les « réformes » annoncées par le gouvernement. La situation serait cocasse si elle n’était pas inquiétante : d’un côté, des petites réformes concoctées par le gouvernement et considérées comme « ultra-libérales » et, de l’autre, des idéologues marxisants. Ce n’est pas la meilleure façon de sauver l’économie française. D’autant plus qu’on semble sous-estimer les dangers des « mélenchonistes » et autres communistes alors que nous devrions justement tirer les enseignements du génocide communiste qui a suivi Octobre 2017.

La démocratie aux orties

Faire table rase du sytème politique démocratique : ça n’est pas autre chose que propose le camp des Insoumis. Il suffit de lire leur « synthèse programmatique ». En voulant faire table rase de tous les systèmes - politiques et économiques – c’est une autre société qui est envisagée. Sans chômage et sans pauvreté. Une société « multilatéralement développée », sans patrons et sans riches, construite sur le « partage » : des richesses, bien entendu, mais aussi du temps de travail et de la vie en en général. Les salariés devront « s’approprier l’entreprise » et « reprendre le pouvoir décisionnel ». Le « revenu universel » effacerait les différences et les inégalités entre les êtres humains. La révolution fiscale serait totale. Pas moins de 14 tranches d’imposition seraient mises en place et un système punirait tous les Français ayant choisi de s’installer dans un autre pays plus clément fiscalement. Dès qu’ils reviendraient en France, ils devraient payer la différence entre l’impôt payé dans leur pays d’accueil et leur pays d’origine sur toute la période d’exil fiscal. 

Il va de soi que les nationalisations et la « planification écologique » seront les clés des « réformes économiques » tandis que les services publics actuels deviendraient « citoyens ». La Santé ne peut être que l’affaire de l’Etat qui doit s’en emparer complètement. Pareil pour l’Education au sein de laquelle « l’apprentissage doit être centré sur la pédagogie »…

Rendre le pouvoir au peuple ou instaurer la dictature de classe

Concernant l’Europe, voici l’alternative : on la transforme en Europe « citoyenne » ou on la quitte. Il faudrait faire « racheter la dette des États par la banque centrale, pour mettre fin à la pression des créanciers et réorienter le rôle de la BCE afin que ses activités se focalisent sur le développement du plein emploi et instaurer le financement direct des États auprès de la BCE ». De même, il s’agirait de « supprimer la surveillance budgétaire des États, afin que les peuples décident eux-mêmes de la manière dont les impôts et cotisations sociales sont employés ». Il est aussi proposé d’ « instaurer l’harmonisation fiscale et salariale en Europe » et un protectionnisme « solidaire » aux frontières nationales. Bien entendu, la France sortira de l’OTAN et de toute autre organisation « impérialiste ».

« Il faut rendre le pouvoir au peuple », c’est ce que disait Lénine à la foule en octobre 2017. « Tout commence par le pouvoir des citoyens » rappelle le programme des Insoumis. La « refondation républicaine » doit passer par le fait de « rendre au peuple son pouvoir politique ». Comment ? La démocratie n’est pas le bon système. Il faudra une nouvelle Constitution, une Assemblée constituante dont les membres devraient remplir plusieurs critères pas encore clairement définis. Origine sociale « saine » ? C’est ce qu’avaient instauré les bolcheviks sous le prétexte de vouloir « donner le pouvoir au peuple ». C’est ce que fait le Venezuela de Maduro !…

C’est l’ « homme nouveau » qui est donc voulu par ces « nouveaux communistes » omniprésents dans les médias qui les voient comme les principaux opposants au gouvernement. Après 100 ans et 100 millions de morts, la France n’a vraiment rien compris de l’Histoire ?






B) Comment faire une demande « CADA » d’accès aux documents administratifs

Peu de gens le savent, mais il est aujourd’hui assez facile de solliciter des documents publics : rapports, codes sources, statistiques... Next INpact vous explique comment faire une demande « CADA » auprès de votre mairie, d’un ministère, de la Hadopi...
La loi CADA (pour « Commission d’accès aux documents administratifs »), qui fêtera ses quarante ans l’année prochaine, est un outil précieux au service de la transparence de l’action publique. N’importe quel citoyen peut, sur son fondement, demander à une administration d’accéder à une multitude de « documents administratifs » produits ou reçus par ses soins.
Dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, codes sources, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, décisions, etc. Tous ces documents sont en principe « communicables » de droit, à moins qu’ils ne soient couverts par un secret protégé par la loi (secret défense, atteinte aux données personnelles,  secrets industriels, etc.).
Ce droit d’accès prévaut aussi bien pour les administrations au sens strict (ministères, collectivités territoriales, autorités indépendantes de type CNIL ou CSA...) que pour les personnes privées chargées d’une mission de service public – telles que La Poste par exemple.
Quelques institutions sont néanmoins exclues du dispositif, à commencer par l’Assemblée nationale et le Sénat. Les avis du Conseil d’État font également figure d’exception, de même que les rapports de la Cour des comptes, notamment (la liste des dérogations est cependant plus longue que ces quelques exemples...).

Première étape : identifier un document à solliciter

La première étape d’une demande « CADA » consiste donc à se demander quel document solliciter. La liste évoquée ci-dessus constitue une première piste. Mais il faut savoir que pour être « communicable », un document doit absolument être :
  1. Achevé (il ne peut s’agir d’un brouillon ou d’un rapport en cours de rédaction).
  2. Définitif, dans le sens où il est en principe impossible d’obtenir un document visant à préparer une décision future (les avis de la CNIL sur les projets de décrets ne sont par exemple communicables qu’à partir du moment où ledit décret a été publié au Journal officiel).

Deuxième étape : faire sa demande auprès de l’administration

Une fois que vous savez ce que vous souhaitez obtenir, il faut transmettre votre demande à l’administration.
Comme l’explique la CADA, votre requête « doit en principe être portée devant le service administratif ou l’organisme public qui détient les documents, soit qu’il en est l’auteur, soit qu’il en a été le destinataire ». Rien ne vous empêche donc de solliciter un même document auprès de plusieurs autorités administratives.
D’ailleurs, si vous vous trompez ou n’êtes pas sur, rassurez-vous : lorsqu'une administration est saisie d'une demande de communication portant sur un document qu'elle ne détient pas, le Code des relations entre le public et l’administration l’oblige à la transmettre au bon service (et à vous en aviser).
Vous pouvez transmettre votre demande aussi bien par courrier que par voie électronique (email ou formulaire de contact). Il n’est absolument pas nécessaire d’envoyer un recommandé.
Pour trouver les coordonnées du bon destinataire, vous pouvez vous tourner vers :
  • L’annuaire des administrations géré par le site service-public.fr (qui contient bien souvent des adresses email ou des liens vers des formulaires de contact).
  • La liste des « PRADA », ces fonctionnaires responsables de l’accès aux documents administratifs au sein des principales administrations, proposée par la CADA (il n’y a par contre aucune adresse email).
Quant à votre demande en elle-même, pas besoin de vous lancer dans un grand plaidoyer. Voici un modèle :
« Madame, Monsieur,
Au titre du droit d’accès aux documents administratifs consacré par la loi CADA, je souhaite obtenir la communication [du rapport bidule, du code source de tel logiciel, etc.].
En vous remerciant par avance,
Votre nom (agrémenté dans l’idéal de vos coordonnées). »
Si votre demande est effectuée par email et concerne un document existant au format électronique, il n’y a pas besoin d’être plus bavard. Ajouter un peu de contexte peut néanmoins aider l’administration à retrouver plus facilement le bon fichier (vous pouvez par exemple préciser que le rapport que vous demandez a été remis à tel date, etc.).
Dans certains cas exceptionnels (notamment si le document sollicité n’existe pas au format électronique), l’administration pourra vous demander de venir consulter gratuitement le document sur place, comme nous l’avions expérimenté pour les rapports sur la copie privée, ou vous proposer de vous envoyer des copies (moyennant paiement).
Une fois votre demande transmise, l’institution sollicitée dispose d’un mois pour vous répondre. Si vous obtenez le document sollicité, votre procédure s’arrête là, bravo !
Par contre, si l’administration refuse de vous fournir le document, vous pouvez contester cette décision devant la Commission d’accès aux documents administratifs. Sachez au passage que le silence gardé par l’administration pendant un mois est également considéré comme un refus (implicite).

Troisième étape (facultative) : saisir la CADA

La saisie de la CADA est elle aussi très simple (et gratuite). Il suffit de respecter un calendrier : la CADA doit en principe être sollicitée dans un délai de deux mois « à compter de la notification du refus ou de l’intervention du refus tacite [de l’administration] », explique l’institution.
Prenons un exemple : si vous demandez un document administratif le 10 novembre et que le 10 décembre, vous n’avez toujours aucune réponse, vous pouvez donc saisir la CADA dès le 11 décembre. Évitez simplement de trop attendre, en l’occurrence au-delà du 10 février.
Votre requête peut être transmise par courrier, par email (à cada@cada.fr, avec en objet « Demande d’avis ») ou même par fax (01 42 75 80 70).
Là non plus, pas besoin ni de recommandé, ni de passer deux heures sur Légifrance. Quelques lignes suffisent :
« Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de saisir votre Commission d'une demande d'avis sur le refus opposé par [telle administration] à ma demande de communication du document suivant :
  • [indiquer le document sollicité, ou énumérer les différents documents, si vous en souhaitiez plusieurs]
Vous trouverez, joint au présent courrier :
  • La copie de ma demande de communication de document.
  • Le refus qui m'a été opposé par [Monsieur X], le [date]. (cette mention n’est bien entendu à intégrer que si vous avez eu un retour négatif)
Dans l'attente de l'avis de votre Commission, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de ma considération distinguée. »
Une version Word de cette lettre type est téléchargeable via le site de la CADA. La CADA recommande de « rappeler, brièvement, le contexte dans lequel s’inscrivent la demande et la nature des documents demandés ». Mais cela n’est pas obligatoire.
Il est en revanche indispensable de mentionner ses nom et prénom, ainsi que ses coordonnées (postales ou adresse email). Il ne faut enfin pas oublier de joindre une copie de la demande initiale de document, ainsi que celle du refus exprès de l’administration – si vous avez eu un retour formel, par courrier ou email.
En principe, la CADA vous envoie assez rapidement un message accusant réception de votre demande, et dans lequel vous saurez à quelle date votre requête devrait être examinée. Mais ne vous attendez pas à connaître l’avis de l’autorité administrative dès le lendemain de cette séance : il faut bien souvent plusieurs semaines aux agents de la Commission pour notifier individuellement tous les avis rendus par son collège.
À titre indicatif, la CADA doit normalement se prononcer dans un délai d'un mois. En raison de l’inertie de certaines administrations et de difficultés liées à l’entrée en vigueur de la loi Numérique (voir notre édito), l’institution dépasse actuellement ce délai. Il faudra donc faire preuve de patience (on avoisine généralement les 70 jours)...
Une fois l’avis de la CADA rendu, deux cas de figure. Soit l’institution émet un avis défavorable, auquel cas elle donne raison à l’administration. Soit elle rend un avis favorable, ce qui signifie que l’administration sera invitée à vous communiquer le document sollicité dans les plus brefs délais.
Mais attention : les avis de la CADA ne sont pas contraignants. Autrement dit, rien n’oblige les acteurs publics à se plier aux délibérations de la commission...
Si vous n’êtes pas satisfait de l’avis de la Commission ou que vous ne voyez toujours pas venir un document sur lequel la CADA a pourtant émis un avis favorable, il ne vous reste plus qu’une seule option : vous tourner devant le juge administratif. Mais il s’agit là d’une procédure plus complexe...

Pour aller plus loin...

Sachez enfin que depuis l’entrée en vigueur de la loi Numérique, le 7 octobre dernier, vous pouvez demander à ce qu’un document administratif vous soit communiqué par « publication » – c’est-à-dire mise en ligne. L’intérêt ? Le fichier devient accessible à tous. Cela dispense au passage l’administration de le communiquer individuellement si quelqu’un venait à lui redemander.
Autre incidence : si l’acteur sollicité dispose d’au moins cinquante agents ou fonctionnaires, il est dorénavant tenu de publier par la suite ses « versions mises à jour » (ce qui peut se révéler particulièrement intéressant pour les codes sources).
Voici un exemple de demande à transmettre sur ce fondement à l’administration :

« Madame, Monsieur,
Au titre du droit d’accès aux documents administratifs consacré par la loi CADA, je souhaite obtenir la communication, par publication en ligne (comme le prévoit le 4° de l'article L311-9 du Code des relations entre le public et l'administration), [du rapport bidule, du code source de tel logiciel, etc.].
En vous remerciant par avance, »

Si vous saisissez la CADA par la suite, mentionnez simplement qu’il s’agit d’un refus de publication.
Dernière petite « astuce » : pour examiner votre requête, la CADA demande à l’administration mise en cause de s’expliquer, par écrit. Ce document peut bien entendu faire lui aussi l’objet d’une demande de communication, auprès de la Commission. Ceci nous avait permis de découvrir que la présidente de la Hadopi avait demandé à la CADA de « modérer » les ardeurs de notre rédacteur en chef, Marc Rees...
Pour plus de détails, nous vous invitons à consulter :




C) Bill Gates à Piketty : «Je ne veux pas payer plus d'impôts !»

Le milliardaire n'adhère pas ­totalement aux conclusions de la rock-star des économistes, Thomas Piketty, qui milite pour une révolution fiscale.

En matière d'impôts, Bill Gates peut se prévaloir d'une expérience de premier ordre. Après tout, aucun homme dans l'histoire n'a autant versé d'argent au fisc: plus de 6 milliards de dollars à ce jour. Le fondateur de Microsoft a toujours dit s'acquitter «volontiers» de ses contributions au budget public. Pour autant, le milliardaire n'adhère pas totalement aux conclusions de la rock-star des économistes, Thomas Piketty, qui milite pour une révolution fiscale. Intervenant au congrès annuel de la vénérable American Economic Association, l'auteur du Capital au XXIe siècle a lui-même relaté leur récent échange: «J'adore tout ce que contient votre livre, mais je ne tiens pas à payer davantage d'impôts!», lui aurait déclaré Bill Gates. «Son point de vue est compréhensible, a reconnu Piketty. Je pense qu'il s'estime sincèrement mieux placé que le gouvernement pour allouer ses fonds… et par moments cela se vérifie sans doute.»

Car non content d'être le plus gros contribuable au monde, Gates est aussi l'homme le plus généreux, ayant distribué plus de 28 milliards de dollars. Or ses priorités sont bien différentes de celles de l'État fédéral américain, dont les dépenses militaires avalent près de la moitié du budget. A contrario, la Bill & Melinda Gates Foundation n'alloue pas d'argent à la défense, se consacrant à l'éducation et à la santé. En somme, alors que Piketty ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable - expliquant son refus de la Légion d'honneur -, Bill Gates, lui, se substitue largement au gouvernement lorsqu'il s'agit d'atteindre des objectifs précis, comme celui d'éradiquer la poliomyélite ou de mettre au point un vaccin contre le VIH.





D) Optimisation fiscale: un droit et même un devoir pour les entreprises

La fraude fiscale et l’évasion, sa cousine, sont haïssables. Mais pas l’optimisation, qui est même un devoir de l’entreprise dont l’objectif est de prospérer dans les limites autorisées par la loi.

Les Paradise Papers ont envahi l’actualité depuis le début de la semaine. Cette déferlante en provoque une autre: celle des réprobations outrées. Sont-elles fondées? Faut-il s’emporter contre les contribuables épinglés? La chose est bien plus compliquée qu’il y paraît, en particulier s’agissant des entreprises. Il faut pour le comprendre en revenir aux devoirs qui sont ceux du contribuable "corporate".

1. Le devoir de respecter la loi

Celui-ci ne souffre pas la réplique: il est absolument évident que la fraude fiscale organisée et l’évasion délibérée sont condamnables et inacceptables. Les dénoncer est nécessaire, les condamner tout autant. Les journalistes qui les dévoilent et clouent leurs auteurs au pilori sont parfaitement dans leur rôle. Mais quiconque suit le feuilleton des Paradise papers aura sans doute remarqué que, dans les media qui les distillent depuis lundi, revient très régulièrement, sous des formes variées, la phrase "montages pour la plupart légaux". On nous met donc en demeure de désapprouver tout uniment des manœuvres dont certaines sont illégales, et d’autres (et, même, "la plupart"!) parfaitement légales. Il y a là un glissement inacceptable. Dans un Etat de droit, ce qui n’est pas interdit est autorisé. C’est cette vérité fondamentale que nie, par exemple,  Maxime Vaudano, journaliste aux Décodeurs du Monde, quand il affirme (sur France Info) que "le légal n'est pas forcément le critère à prendre en compte". Chacun est certes libre de juger qu’il est immoral, ou inconvenant de chercher à payer moins d’impôts. Mais, hors cas de violation de la loi, ce jugement ne saurait être normatif, ni s’imposer à ceux qui pensent autrement… et qui ont eux aussi des arguments à faire valoir.

2. Le "devoir d'optimisation"

Dans un tweet publié le 5 novembre, l’économiste Jean-Charles Simon affirmait: "L'optimisation légale n'est pas de l'évasion, c'est même une exigence pour une entreprise." Cette assertion peut choquer. Elle ressortit en fait à l’évidence. L’objectif d’une entreprise est en effet de prospérer autant qu’il lui est possible, naturellement dans les limites fixées par la loi. C’est l’intérêt de ses actionnaires, mais aussi de ses fournisseurs, de ses salariés et même l’intérêt général : son dynamisme, sa capacité à investir, à innover et à recruter conditionnent l’épanouissement et la cohésion de toute la société. Dès lors, l’entreprise est parfaitement dans son rôle quand elle cherche par des voies légales à alléger le fardeau de ses impôts. Lui en faire grief est d’autant plus absurde que, dans le monde ouvert où nous vivons, renoncer à le faire serait donner des armes à la concurrence qui, française ou étrangère, ne se prive pas de le faire. L’optimisation fiscale n’est donc pas seulement un droit, elle est aussi un devoir pour le chef d’entreprise responsable. A condition, cependant, qu’il ne se mette pas en porte à faux avec des engagements qu’il a lui-même souscrits: la cohérence entre le discours et le comportement est, elle aussi, un devoir.

3. Le devoir de cohérence

La mode est à la "responsabilité sociale" des entreprises. Cela ne peut pas faire de mal : qu’une organisation s’oblige, au-delà de ce que la loi prescrit, à respecter certaines règles qu’elle fixe elle-même et qui vont dans le sens de plus de "vertu" n’a que des avantages. Mais le terrain de la vertu autoproclamée est glissant ! Rien n’est pire en effet que d’annoncer que l’on est "gentil" et de prendre le risque d’être décrit comme « méchant ». C’est précisément ce grave risque d’image que courent les entreprises qui, le matin, font clignoter à leur fronton leur engouement pour la "responsabilité sociale" et, l’après-midi, sont prises la main dans le sac de l’optimisation fiscale, fût-elle légale. Le chroniqueur David Abiker observe très justement que ce décalage fait irrésistiblement penser à Tartuffe. Relisons Molière : il y a seulement deux manières d’échapper à la tartufferie. La première est la plus accessible : ne pas prétendre à la vertu, et agir comme on l’entend. La deuxième est plus exigeante : prendre l’engagement d’être vertueux et s’y tenir ensuite sans faillir. Du point de vue des entreprises, cette seconde option est presque inatteignable, ne serait-ce que pour les raisons de concurrence évoquées plus haut. Le réalisme de la première option semble donc s’imposer, tant il est vrai que l’on ne peut découper la morale d’entreprise en rondelles : il est vain d’espérer que l’on échappera à la critique sur l’optimisation fiscale au seul motif que l’on recycle les capsules de café ou que l’on produit du miel sur le toit du siège social. Certes, une communication RSE active a bien des avantages, à la fois en termes de politique de marque, de cohésion des troupes et… de bonne conscience des dirigeants. Mais c’est une arme à manier avec une très grande prudence si l’on ne veut pas la voir se retourner contre soi sur ces trois terrains. Les Paradise papers, dont la mise en scène est extrêmement discutable, aura au moins eu la vertu de rappeler cette fâcheuse réalité que de nombreuses entreprises ont un peu vite oubliée.

 Philippe Manière





E) Ouvrons l'assurance maladie à la concurrence

L'assurance santé en France est trop complexe et coûteuse. Il faut instaurer la concurrence, ce qui n'interdit pas un cadre destiné à maintenir l'universalité de la couverture santé. Par Aurélien Véron, Président du Parti Libéral Démocrate. 

L'annonce d'un déficit supérieur aux prévisions, à 9,9 milliards, est devenue un rite annuel pour la sécurité sociale. Année après année, la dette sociale grossit pour atteindre près de 200 milliards d'euros à ce jour. Coupes, rabotages, chasse à la fraude, rien n'y fait. L'assurance maladie reste un trou sans fond qu'aucun gouvernement ne parvient à boucher. Notre système santé est l'un des plus coûteux dans les comparaisons internationales (au moins 7,2 milliards d'euros par an de plus que l'Allemagne, selon une analyse comparative de l'Institut Thomas Moore).
Les Français en ont pourtant de moins en moins pour leur argent. Les charges sociales de la branche maladie pèsent lourd, les remboursements sont de plus en plus faibles et le personnel médical et paramédical reste mal rémunéré. L'enjeu n'est pas simplement comptable.

L'assurance maladie n'apporte pas de plus-value au secteur de la santé

Organisme actuellement sans tête, la compétence de l'assurance maladie se réduit à encaisser les cotisations et à payer les producteurs de soin sans apporter la moindre plus-value au secteur de la santé. Cet aspect inquiétant du monopole semi-nationalisé explique pour bonne part le déclin de notre système de soins. Le gouvernement se charge de négocier seul les conditions tarifaires avec les médecins, les établissements publics et privés et les groupes pharmaceutiques dans un esprit de planification d'un autre âge.
Or, la santé n'a pas de prix, mais elle a un coût. Le secteur de la santé est une industrie qui pèse 12% du PIB et emploie 2,5 millions de personnes. Il est impensable qu'un pan aussi vaste de notre économie obéisse aux seules logiques clientélistes d'un ministre, de quelques conseillers et des représentants des corporations médicales et paramédicales.

La sécurité sociale ne se réformera pas d'elle-même

Les différents modèles de santé qui nous entourent en Europe montrent qu'un bon système de santé repose sur une bonne architecture assurantielle. Construire et faire évoluer l'architecture d'un système de santé complexe constitue précisément la mission des mutuelles et assurances de santé. Or, la sécu ne se réformera pas d'elle-même. C'est pourquoi nous devons l'ouvrir à la concurrence. Comme dans l'aviation ou la téléphonie mobile, c'est la fin du monopole qui permet à une vieille structure bureaucratique de se moderniser. L'émulation d'un secteur libre favorise l'innovation et une amélioration, au meilleur prix, des services au consommateur. Instaurer la concurrence n'interdit pas de fixer un cadre qui maintienne l'universalité actuelle de la couverture santé pour les soins lourds, les urgences et la maternité.

 

Des partenariats assureurs/acteurs de la santé seraient plus rationnels

Nous devons distinguer l'assurance de la solidarité. Interdisons aux assureurs de sélectionner leurs assurés en fonction de leur état de santé ou de leurs antécédents. La seconde existe déjà, c'est la CMU financée par l'impôt.
Avec la concurrence d'assureurs de santé dignes de ce nom, disposant de managers qualifiés et d'outils modernes de pilotage de l'offre de soin, les acteurs de la santé se retrouveraient partenaires des assureurs par des accords bien plus rationnels que l'arbitraire d'Etat : passage du remboursement à l'acte à la capitation, système d'urgences bien plus agile et économe, meilleure articulation entre cliniques privées et hôpitaux publics, entre structures plus légères et médecine ambulatoire, suivi renforcé des médecins, de leur formation tout au long de leur carrière et de leurs protocoles de soin, tarifications bien plus fines, etc.

31% des Français prêts à opter pour une assurance privée

Les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter une telle réforme. Pendant de nombreuses années, les 170.000 frontaliers avec la Suisse ont eu la possibilité de quitter la sécu pour choisir une assurance privée. Neuf sur dix ont fait ce choix tant la différence de prix était grande. L'année dernière, Marisol Touraine a supprimé arbitrairement ce régime au 1er juin 2014, suscitant de nombreuses manifestations et pétitions. Preuve supplémentaire de l'évolution des mentalités, un sondage de l'Ifop pour L'Opinion début avril indique que 31% des Français seraient prêts à opter pour une assurance privée. La santé des Français mérite l'ouverture de ce débat.




F) Baisse du nucléaire : 50% de quoi ?

% de nucléaire = Production nucléaire / Consommation totale d’électricité
Dans tout pourcentage, il y a un numérateur, et un dénominateur. Fermer dix-sept réacteurs nucléaires pour réduire de 75 à 50% en 2025 la part de l’électricité d’origine nucléaire constitue une action vigoureuse sur le niveau de production (le numérateur). Mais le niveau de consommation (le dénominateur) est aussi important. Depuis 2012, malgré la crise et les fortes mesures d'économies d'énergie, la consommation d’électricité ne baisse pratiquement pas, rappelant utilement que les besoins non satisfaits et légitimes de très nombreux Français sont considérables. En 2017, la reprise de la production industrielle a même enfin entrainé une vive augmentation de la consommation d’électricité.
La fermeture de 17 réacteurs, est déjà incompréhensible en termes d’objectifs de réduction des émissions de CO2, de coût de l’énergie pour les  Français, du développement massif annoncé de la voiture électrique et d’indépendance nationale. Elle n’est, surtout, fondamentalement pas faisable compte tenu du niveau de consommation d’électricité en 2025 et après.    

Pour atteindre les objectifs du plan de transition énergétique, la consommation d’énergie est supposée baisser de 2% par an. En réalité elle n’a baissé que de 0,2 à 0,3% par an malgré la crise et ses conséquences : chômage, chute de la production industrielle, stagnation (voire baisse) du niveau de vie par habitant. Le diagramme officiel du Réseau de Transport de l’Électricité publié chaque mois, montre depuis un an la forte reprise de consommation d’électricité par l’industrie. Une évolution qui va se généraliser à tous les secteurs si le nouveau gouvernement prend les mesures nécessaires.



En 2025, la consommation d’énergie, au lieu d’avoir baissé de 30% depuis 2010, sera donc stable si la croissance du PIB se limite à 1% par personne. Elle aura augmenté si les mesures prises permettent un retour de la croissance du PIB à 2% par personne. Les données sont similaires pour la seule énergie électrique, avec même une croissance encore plus forte si le transfert annoncé et massif des énergies fossiles vers l’électricité est  effectif.

Trajet 2017-2025     
En 2016, les nouvelles énergies renouvelables (éolien, solaire principalement) représentent 5% de la consommation d’électricité. A consommation constante pour passer le nucléaire de 75 à 50%, ces nouvelles énergies devraient multiplier leur production par 6 en 8 ans. 
Problème 1 : faisabilité 
Un développement aussi rapide des nouvelles énergies renouvelables n’est techniquement pas possible pour des rasons industrielles et administratives. D’autre part, l’injection dans le réseau d'une quantité aussi massive d’électricité produite de façon intermittente et aléatoire pose des problèmes qui ne seront pas résolus en 2025 faute, notamment, de stockage performant[1]. A cette baisse de la production du nucléaire s'ajouterait celle des centrales à charbon annoncée cette semaine pour 2022. 
Problème 2 : coût  
En 2017, ces nouvelles énergies renchérissent la facture énergie des consommateurs de  5 milliards par an. En 2025, la multiplication par 6 de ce surcoût la porterait à 30 milliards d’euros par an. A cette date, la baisse des tarifs des premières centrales photo-voltaïques sera annulée par l’explosion des coûts des centrales éoliennes marines installées en 2025  (200 à 220 euros le Mwh garantis 20 ans, contre 45 euros actuellement sur le marché).

Conclusion    
L'énergie contistue une industrie lourde, où la diffusion du changement est très différente de celle d'une nouvelle application sur smartphone. Pour le secteur de l'énergie, 2025 c'est demain. Si les annonces se traduisaient en actes, les Français devraient s'attendre en 2025 à de graves pénuries d'électricité, en plus de coûts très élevés.

Exemples de mesures d’économies d’énergie existantes en 2017
Bâtiment neuf
Normes : Régulation thermique 2012
Bâtiment ancien
Subventions aux travaux d’isolation
Obligations de travaux en cas de travaux significatifs
Obligation de régulateurs sur radiateurs
Facturation à l’énergie consommée
Plan isolation des HLM
Produits industriels
Normes de consommation électroménager
Ampoules basses consommation obligatoires
Transport
Normes de consommation véhicules à essence/diesel
Malus/Bonus pour les véhicules neufs
Campagne de promotion en faveur du co-voiturage
Subventions vélos partagés et autos électriques partagées
Subventions transports publics
Fournisseurs d’énergie
Certificats d’économie d’énergie
Énergie
Augmentation des taxes
 

[1] TESLA a annoncé l'installation d'un ensemble de batteries de stockage de 100 Mw en Australie dans une région isolée. Son coût est inconnu et le problème général de batteries coûteuses et exigeantes en minerais ne sera pas résolu dans 8 ans au niveauu industriel. Celui du stockage en hydrogène non plus. De son côté, L’entreprise de stockage des batteries Blue Car a été retirée de la cote.





G) Débaptisons les rues Lénine

Historiquement incorrect. Celui qui a tout appris à Staline, qui est responsable de millions de morts, est perçu comme un héros romantique. Il est temps d’ouvrir les yeux !

J’ai fait mes études à Nantes, dans un bahut populaire, au début des années 1980. À cette époque, la plupart de mes profs étaient communistes. Après le bac, instruit par ce bourrage de crâne, je sus parfaitement manoeuvrer pour réussir l’examen d’entrée à l’école de journalisme. Car là encore, la plupart des professeurs (et de mes condisciples) étaient communistes ou trotskistes. Franchement, cette propagande orchestrée par les zélateurs du PCF sous le regard bienveillant des pédagogues du ministère n’avait rien de drôle. Elle était pesante et révoltante.
C’était le milieu des années 1980. Le mur de Berlin n’était pas tombé. On tentait de nous faire croire que le goulag et le KGB avaient disparu depuis longtemps. Il était beaucoup plus cool d’avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. D’ailleurs, dans mon école de journalisme, personne ne donnait tort aux anciens staliniens. La gauche, c’était branché, et les ennemis, les vrais, s’appelaient Reagan, Thatcher et le RPR.
Les années ont passé mais je n’ai jamais pu me réconcilier avec le communisme. Ces jours-ci, la célébration des 100 ans de la révolution bolchevique me navre. À croire que personne n’a lu le Livre noir du communisme, dirigé par Stéphane Courtois. Cet ouvrage de 1997 devrait figurer dans toutes les bibliothèques. On y recense toutes les horreurs communistes du XXe siècle. Une funeste litanie de crimes contre l’humanité… et même de génocides : 85 millions de terriens exécutés au nom de la faucille et du marteau. Un bilan bien pire que celui du IIIe Reich.
Si je vous reparle de cette affaire, c’est que Stéphane Courtois vient de publier une biographie consacrée à Lénine : Lénine, l’inventeur du totalitarisme (lire aussi page 72). Cet éminent chercheur s’attaque au dernier totem du communisme. Courtois pulvérise le mythe d’un Lénine qui serait “plus acceptable que Staline”. Il démontre que Lénine était un aficionado de la terreur, de la dictature. Un idéologue enragé, pas fâché de provoquer la mort de millions de petits paysans russes opposés à sa collectivisation forcée. Courtois parle de 5 à 7 millions de morts provoqués par Lénine. Quelle gifle pour les idolâtres !
Courtois revient sur la légende, sans cesse ânonnée, d’un “gentil Lénine” que l’on oppose au “méchant Staline”. Cette fadaise a été inventée par Khrouchtchev dans les années 1950, alors qu’on mettait en oeuvre la déstalinisation de l’URSS. Afin de ne pas trop désorienter les communistes du monde entier, on décida de détruire l’image de Staline tout en magnifiant celle de Lénine. Le PCF et les intellectuels français se firent l’écho de cette nouvelle fable avec zèle et enthousiasme.
Mais la vérité, c’est que Lénine a choisi Staline dès 1906 et lui a tout appris. Patiemment. La terreur de masse, la révocation des juges, la police politique, les camps de rééducation. Et surtout, l’exécution des opposants.
Pourtant, en France, la gauche perçoit toujours Lénine comme un héros romantique. Des rues, boulevards et avenues portant le nom de Lénine subsistent notamment en région parisienne, dans l’ancienne ceinture rouge. Il existe un Lenin Café, un bistrot à la gloire de Lénine, à Chalonnes-sur-Loire, à côté d’Angers. Une plaque orne la maison de Pornic où il passa quelques semaines de vacances en 1910. Sans parler de sa statue que l’ancien maire de Montpellier, Georges Frêche, érigea parmi une série de figures présumées héroïques. L’historien Stéphane Courtois s’agace : « Nul n’aurait envie d’habiter rue Hitler ou de boire un verre sous une photo du fondateur du IIIe Reich, mais Lénine, lui, reste une figure positive. » Ces dernières années, à l’Est, plus de 5 000 statues de Lénine ont été déboulonnées. Des parcs, des boulevards, des rues ont été débaptisés.
J’espère que cet ouvrage essentiel, publié par l’un de nos meilleurs spécialistes du communisme (Courtois est directeur de recherche au CNRS), ouvrira les yeux de nos élus. Dans de nombreuses communes de France, des rues portent encore le nom d’un boucher du XXe siècle. Et c’est inacceptable.

Eric Brunet




H) La nouvelle vie dorée de François Fillon chez Tikehau Capital

On le croyait sonné par sa défaite. L'ancien candidat Les Républicains rebondit à merveille dans la finance. Il n'aura ainsi plus de comptes à rendre sur ses dépenses.

Il n'aura pas perdu de temps. C'est dès le mois de mai dernier, soit quelques semaines après son échec à l'élection présidentielle, que François Fillon a fait la tournée des principales sociétés de gestion de fonds, à la recherche d'un nouveau job. Et le 1er septembre, bingo ! Il est devenu officiellement le trentième associé de Tikehau Capital, une pépite de la finance française. Un point du chute pas tout à fait dû au hasard : Anne Méaux, l'incontournable patronne de l'agence Image 7, qui assurait la communication de l'ex-candidat Les Républicains, compte en effet parmi ses clients... Mathieu Chabran et Antoine Flamarion, les créateurs et actuels patrons de Tikehau Capital.
Avec cette embauche, François Fillon va pouvoir mener grand train sans avoir de comptes à rendre à la terre entière. Combien va-t-il empocher ? Capital a enquêté dans ce milieu où la discrétion sur les rémunérations reste une des règles d'or. Selon nos informations, son salaire (bonus compris) devrait lui assurer un minimum de 300.000 euros annuels. Et comme il a investi dans le capital de l'entreprise, à l'instar des 29 autres associés, il sera également intéressé aux bénéfices. Quand on sait que Tikehau a dégagé 72,4 millions d'euros de résultat en 2016, il peut facilement espérer doubler sa rémunération.

Tikehau (un atoll polynésien), voilà un nom qui sonne bien. Cette société d'investissement créée en 2004 a rejoint très vite la cour des grands. Les deux fondateurs, biberonnés chez Merrill Lynch et Goldman Sachs, ont ainsi procédé à une augmentation de capital de 702 millions et introduit avec succès la société en Bourse au printemps dernier. Outre l'immobilier et la gestion d'actifs, l'entreprise s'est spécialisée dans le rachat de dettes d'entreprises. Elle gère plus de 10 milliards d'euros, emploie 170 personnes à Paris, Londres, Singapour, Milan, Bruxelles, Séoul, Madrid et bientôt New York. Opportuniste, Tikehau a aussi tenté cette année de prendre le contrôle d'Eurazeo, la société d'investissement bien connue de la place de Paris (actionnaire de Moncler, Desigual ou encore Léon de Bruxelles). La holding de la famille Decaux, appelée à la rescousse, a permis de faire capoter l'opération.

François Fillon logera avec ses nouveaux collègues dans un immeuble moderne du très chic VIIIème arrondissement parisien, à deux pas du parc Monceau. Un quartier peuplé de banquiers, d'avocats d'affaires et de professionnels de la finance. Son bureau est aussi épuré que petit, 10 mètres carrés derrière une paroi vitrée. Peu importe : il a surtout vocation à démarcher les clients. “Il a vécu en direct les secousses du secteur financier pendant la crise de 2008, il connaît la musique. Et il a des contacts de très haut niveau”, explique Mathieu Chabran. Et ses ennuis judiciaires ? Tikehau ne semble pas s'en soucier. Tout comme en 2015 elle avait accueilli à bras ouverts Jean-Pierre Mustier, un des pontes de la Société générale éclaboussé par l'affaire Kerviel. “Aucun commentaire sur cette affaire, nous sommes concentrés sur notre développement”, élude Mathieu Chabran.


>> En vidéo - Sylvain Deshayes, journaliste de la rédaction, vous résume la nouvelle vie de François Fillon (et il n'est pas à plaindre!)







I) Allocations chômage : ce qui change à partir du 1er novembre

Les règles d’indemnisation évoluent à partir du 1er novembre 2017, en application de la convention d’assurance chômage d’avril 2017. Si les nouvelles règles suivent les grands principes de l’Assurance chômage, elles ajustent le calcul des droits des demandeurs d’emploi pour s’adapter au marché du travail.

Qui est concerné par les nouvelles règles ?

Les nouvelles règles s’appliquent aux salariés qui perdent leur emploi après le 31 octobre 2017 (fin de préavis ou engagement de la procédure de licenciement). Toutes les personnes qui ont perdu leur emploi avant le 1er novembre 2017 ne sont pas concernées par ces nouvelles règles.

Des règles pour une indemnisation plus accessible et plus équitable

CONDITIONS D’ACCES

Les principales conditions pour avoir des allocations chômage ne changent pas : il faut avoir travaillé l’équivalent d’au moins 4 mois en tant que salarié, avoir perdu involontairement son emploi (sauf certains cas de démissions), et être inscrit comme demandeur d’emploi, entre autres conditions.

CE QUI CHANGE

À partir du 1er novembre, dans tous les cas, l’accès à l’indemnisation est possible à partir de 610 heures ou 88 jours travaillés, quelle que soit la nature des derniers emplois. Les salariés qui travaillent beaucoup dans une journée atteignent plus rapidement 610 heures que 88 jours travaillés. C’est l’inverse pour ceux qui travaillent peu chaque jour. Avec cette double façon de compter, les salariés ayant perdu leur emploi accèdent plus facilement à l’indemnisation.

CALCUL DE L’ALLOCATION

Le calcul de l’allocation chômage suit toujours une logique d’assurance. Le montant et la durée de l’allocation restent proportionnels aux salaires et aux durées des emplois perdus.

CE QUI CHANGE

À partir du 1er novembre, le mode de calcul de l’allocation est corrigé, car auparavant les personnes reprenant régulièrement des emplois de moins d’une semaine recevaient une indemnisation plus favorable que celles perdant des emplois longs. Avec l’augmentation des embauches en contrats courts sur le marché du travail, il était donc nécessaire de revoir les règles.
Le nouveau mode de calcul est basé sur un nombre de jours travaillés. Cette évolution n’a pas d’effet sur le montant et la durée des allocations pour la majorité des bénéficiaires de l’Assurance chômage. En revanche, les personnes travaillant régulièrement sur des périodes très courtes recevront désormais une allocation équivalente aux autres, en montant comme en durée, dans un souci d’équité.

DÉLAIS AVANT L’INDEMNISATION

Le versement des allocations n’est pas immédiat. Il y a souvent un délai d’attente, et des différés si l’employeur a versé des indemnités au salarié à la fin du contrat de travail (indemnités de congés payés et indemnités de rupture de contrat supra-légales).

CE QUI CHANGE

À partir du 1er novembre, le différé spécifique d’indemnisation, calculé sur les indemnités de rupture supra-légales, ne peut pas dépasser 150 jours, au lieu de 180 jours auparavant. Pour les salariés licenciés économiques, sa durée est toujours limitée à 75 jours. Les délais et différés d’indemnisation s’appliquent désormais à tous les allocataires de l’Assurance chômage, y compris ceux qui bénéficient de l’ARCE pour créer ou reprendre une entreprise.

Des changements pour les plus de 50 ans

Les durées maximales d’indemnisation sont modifiées à partir de 50 ans pour s’adapter au recul de l’âge de la retraite. Par ailleurs, deux nouvelles mesures aident les 50-54 ans à accéder à la formation pour retrouver un emploi.

CE QUI CHANGE

Les durées maximales d’indemnisation sont désormais de :
  • 2 ans (24 mois) avant 53 ans
  • 2 ans et demi (30 mois) de 53 à 54 ans inclus
  • 3 ans (36 mois) à partir de 55 ans.
Pour les aider à retrouver un emploi et à actualiser leurs compétences, les chômeurs de 53 et 54 ans qui suivent une formation peuvent voir leur durée d’indemnisation allongée jusqu’à 6 mois supplémentaires. D’autre part, les demandeurs d’emploi de 50 à 54 ans inclus ont aussi la possibilité de bénéficier d’heures supplémentaires sur leur compte personnel de formation (CPF).

Reprendre un emploi est toujours encouragé

Le demandeur d’emploi est encouragé à reprendre un emploi même temporaire ou à lancer son activité. S’il reprend une activité professionnelle avant la fin de ses allocations chômage, il peut cumuler une partie de son allocation avec son salaire, et éventuellement prolonger la durée de ses droits avec les droits rechargeables.








J) Henri Guaino : "Les enfants gâtés de mai 68 qui nous ont légué cette société égoïste, cynique et nihiliste sont aujourd’hui devenus macroniens"

L'Élysée veut organiser à des célébrations autour de mai 68 parce qu'il trouve le discours ambiant sur cet événement "maussade". Pour Henri Guaino, cette révolution estudiantine revendiquant un individualisme forcené et le relativisme moral ne mérite pas d'être un exemple.

Atlantico : L'Élysée confirme réfléchir actuellement à des célébrations de mai 68 et en serait au stade des consultations à ce sujet. Qu'est-ce que cette volonté de commémoration de ces événements révèle du macronisme ? 

Henri Guaino : Il y a une profonde contradiction entre l’analyse, assez juste, d’Emmanuel Macron sur la nécessité de rétablir l’autorité de l’Etat et une certaine verticalité avec la volonté de commémorer, c’est-à-dire de célébrer officiellement mai 68 qui fut l’une des contestations les plus radicales contre toute forme de hiérarchie, d’autorité, de verticalité.

Mais il est vrai que beaucoup de ceux qui ont été des figures de mai 68 sont devenus macroniens  et je ne pense pas à l’ultragauche ultra politisée, ni aux ouvriers qui réclamaient des augmentations de salaires mais je pense aux leaders des étudiants qui faisaient qui faisaient leur crise d'adolescence attardée en écrivant sur les murs "il est interdit d'interdire", "jouir sans entraves" ou plus bête encore "CRS=SS". Derrière cette revendication des enfants gâtés des 30 glorieuses qu'y avait-t-il sinon la revendication d'un individualisme forcené, la valorisation de l'égoïsme, le relativisme moral, l'idée que tout se vaut, et c'est bien le monde que ces étudiants qui jouaient à la révolution nous ont construit une fois qu'ils ont occupé tous les postes de responsabilité pendant les décennies qui viennent de s'écouler. C'étaient des jeunes gens qui avaient, à l'époque, la chance de faire des études supérieures et qui venaient en général de milieux privilégiés pour la plupart, et qui étaient appelés, par la suite, à diriger à la fois l'administration, l'économie, la culture, l’Université. Les libertaires d’hier sont souvent devenus les ultralibéraux d’aujourd’hui, les apôtres cyniques d’une mondialisation exempte des règles de la morale.

50 ans après, quel bilan peut-on dresser de mai 68. Quels en sont les aspects positifs et négatifs ? 

En dehors de la thérapie collective que peut donc bien avoir eu comme conséquences positives ce défoulement estudiantin ? Il y a simplement ce que Georges Pompidou appelait à cette époque-là le premier signe d'une crise de civilisation qui n’en finit pas de s’aggraver. Il s'agissait de la première manifestation visible de la crise de la société de consommation, de son vide spirituel, de son matérialisme étriqué, et mai 68 n'apporte aucune réponse qui permette de combler ce vide. Il exprime simplement le désarroi d'une partie de la jeunesse encore une fois privilégiée, qui fait des études, dans une société de plein emploi.

J'ai cru comprendre que l'Élysée voulait célébrer mai 68 en commémorant à la fois le mai 68 français, qui est déjà très divers entre celui des ouvriers et celui des étudiants qui n'ont aucun rapport, mais également le printemps 68 américain qui était celui d’une jeunesse qui ne voulait pas être enrôlée pour aller faire la guerre dans les rizières du Vietnam, ce qui est une motivation bien différente. Alors quel point commun entre les campus américains et l’occupation de la Sorbonne : la libération sexuelle ? Mais la société française de l’époque était bien moins puritaine que la société américaine et la loi Neuwirth sur la libéralisation de la contraception en France date de 1967 et ne doit rien aux barricades de mai 68. Quant au printemps de Prague, osez le comparer aux étudiants qui jouent à la révolution sans risque en jetant des pavés sur les CRS, le rapprochement a quelque chose d’indécent : d'un côté un peuple qui cherche à se libérer d'une dictature totalitaire et contre lequel on envoie les chars du Pacte de Varsovie, et de l'autre des enfants gâtés qui vivent dans une démocratie, un pays de liberté et insulte le Général de Gaulle qui a sauvé deux fois la démocratie et les libertés.  
 

Dans le sens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, quelle critique constructive, voire "moderne" pour éviter le qualificatif de "ringard", pourrait être formulée de ces événements par une droite républicaine ? 

D'abord cessons d'être terrorisé par les mots de l’adversaire : "Ringard" est l'insulte que l'on envoie à la figure de ceux avec lesquels on est en désaccord lorsque l’on est à bout d’arguments, comme si l'air du temps devait être l'Ultima ratio de la pensée et de l'intelligence. Je ne trouve pas que l'air du temps d’aujourd’hui respire l’intelligence et le bonheur de vivre. En tout cas ce n’est pas celui de mai 68 : à l’époque tout le monde vivait dans l’idée que les lendemains seraient meilleurs et que les générations à venir vivraient mieux. Aujourd’hui de plus en plus de gens sont confrontés aux difficultés de la vie quotidienne, nous avons depuis longtemps quitté l'ère de la prospérité, nous vivons dans un monde où il y a encore plus de de violence et de désordre et qui est plus dangereux que celui de la fin des années 60. Les étudiants français de mai 68 n'avaient plus du tout conscience que l'histoire pouvait être tragique et la condition humaine aussi. Alors que nous vivons aujourd'hui dans une époque où le tragique nous ressaute à la figure, nous vivons avec cette dimension tragique de l'histoire, comme d'ailleurs les praguois du printemps de Prague la vivaient aussi. La question n’est pas de savoir si l’on est ringard ou moderne la question est de savoir si on valorise les actes, les idées, les slogans de mai 68, si l’on valorise l’attitude des étudiants qui criaient "CRS SS", et si l'on en fait des exemples, ou si, au contraire, on s'inscrit dans une opposition à ce qui a été exprimé à ce moment-là. C’est-à-dire une forme particulière de nihilisme qui nous a conduit à une forme de société égoïste, cynique, individualiste. Faudrait-il donc se féliciter que cette génération nous ai légué la crise de l'autorité, la démolition de l'école de la République, la contestation de la transmission, qui n'ont pas été vraiment des cadeaux pour les générations suivantes.  

Mai 68 appartient à notre histoire, c'est un fait. Il n'est donc pas question de refaire l'histoire, de l'ignorer, mais la question est de savoir si nous devons nous en inspirer comme nous pouvons nous inspirer du courage des poilus de 14-18 dont allons célébrer le 100e anniversaire de l’armistice l’année prochaine. Allons-nous construire la société de demain sur les valeurs des soixante-huitards ou allons-nous la reconstruire avec d’autres idées et d’autres exemples. Les barricades et les slogans de mai 68 mis à l’honneur par une célébration officielle, hissée au même rang que le printemps de Prague, ou la tragédie des tranchées, ce serait quand même un peu pathétique. Mais cela en dirait long sur l’idéologie qui nous gouverne. 







K) «La France n'expulse pratiquement plus aucun étranger irrégulier»

Le terroriste islamiste qui a égorgé deux jeunes filles à Marseille était un tunisien en situation irrégulière arrêté et condamné sans jamais être expulsé. L'avocat et essayiste, Gilles William Goldnadel rappelle que, pour des raisons administratives, les clandestins ne sont presque jamais expulsés.

Laura et Maurane reposent à présent dedans la terre froide. Combien de temps reste-t-il ,tandis que l'émotion dure un peu encore, avant que la sottise et la méchanceté ne redressent la tête? Quelques jours peut-être. Ensuite, tous les défenseurs de la marque déposée «droits de l'homme» mais dont la sollicitude ne va qu'à l'enragé, tous les altérophiles diplômés reprendront la direction de l'information contrôlée.
Puisque je dispose donc de quelques heures encore de sursis pour pouvoir dire les choses sans être trop médiatiquement lapidé, disons les fort et vite.
Une nouvelle fois, en France, deux êtres humains sont morts, ici deux jeunes filles, non par quelque étrange fatalité mais uniquement par la folie de notre société.
Après Nice, après Saint-Étienne-du-Rouvray, à Marseille.
L'égorgeur islamiste tunisien vivait irrégulièrement en France depuis dix ans mais était régulièrement arrêté et condamné sans jamais être expulsé. Tout est dit. Aussitôt la presse, le ministre de l'intérieur ont évoqué un dysfonctionnement et une enquête a été ordonnée. Les fonctionnaires qui avaient relâché l'assassin la veille encore, le préfet des Bouches-du-Rhône ont été mis sur la sellette. Et l'on a eu raison. Mais on a eu tort aussi: Ce qui est présenté et regardé comme une faute anormale correspond dans les faits à la norme habituelle.
Disons-le clairement : la France n'expulse pratiquement plus aucun étranger irrégulier, fut-ce un dangereux condamné.
Disons -le clairement: la France n'expulse pratiquement plus aucun étranger irrégulier, fut-ce un dangereux condamné. Et les décisions politiques, judiciaires et administratives empilées qui empêchent pratiquement le respect de la souveraineté nationale ne sont que les conséquences mécaniques de la névrose intellectuelle qui s'est emparée des esprits depuis trois décennies. Après le drame, la presse bien-pensante a crié haro contre le préfet défaillant pour ne pas avoir expulsé le délinquant étranger.
C'est la même qui depuis 30 ans nous explique qu'il ne faut pas expulser un étranger, fut-il délinquant, car il n'y a plus d'étrangers mais que des semblables et plus de frontières mais qu'un seul monde.… Voilà, en profondeur, ce qui a inexorablement creusé les tombes des deux petites, et celle d'un prêtre catholique, et puis d'une centaine de niçois, et puis de quelques juifs et qui va continuer encore à creuser. C'est dit.
Et puisque nous en sommes à pouvoir dire les choses clairement pour encore quelques temps: Montrons ces paroles névrotiques qui fabriquent la haine. Des paroles en libre circulation et qui provoquent ordinairement moins d'indignation que les paroles de ceux qui les dénoncent.
Staline conseillait paraît-il de traiter tout contradicteur de fasciste, histoire de le déstabiliser. Le conseil semble avoir été fidèlement entendu.
La semaine passée nous en livre quelques échantillons frais d'excellente qualité. C'est ainsi qu'une fonctionnaire de la mairie communiste de la Courneuve dénommée Sonia Nour a décerné le titre de «martyr» à l'assassin islamiste de Marseille et relativisé son geste, la même avait gazouillé sur Twitter le 22 juin: «j'emmerde cette France raciste . Cette France patriarcale. J'emmerde cette France homophobe, lesbophobe et validiste. J'emmerde cette France bourgeoise, communautaire et consanguine. J'emmerde cette France maltraitante et dans le déni de son histoire. Des noirs et des arabes ne disent pas «vive la France»? Apprenez déjà à nous respecter.».Plus grave: La suppléante Insoumise de Monsieur le député Ruffin, bien en cour médiatique et cinématographique, Mademoiselle Zoé Desbureaux, a cru devoir apporter tout son soutien à la fonctionnaire communiste . La même suppléante avait déjà délicatement tweeté: «Quand des centaines de juifs viennent s'installer pour deux semaines sur ton lieu de vacances et que le seul sweat de ton frère c'est Boycott Israël!». Son supplié est demeuré très calme. Le monde médiatique est demeuré placide.
Encore plus grave, mais dans le même esprit de dislocation: Libération a cru devoir publier l'article d'un historien ,Nicolas Mariot, qui plaçait sur le même plan la famille musulmane du terroriste anti-juif Mohamed Merah et la famille d'un jeune soldat juif nommé Hertz, tombé à l'ennemi en 14 -18. Le relativisme crétin dans toute sa gauchisante splendeur. Après une petite levée de boucliers, l'historien a écrit ses regrets. Dont acte. Mais la faute incombe moins à celui-ci qu'au responsable irresponsable de sa publication.
C'est donc dans ce cadre névrotique habituel qui a fait le nid des oiseaux du malheur actuel que l'éloquence aérienne de Monsieur Mélenchon s'est vue pousser des ailes.
Le tribun de première classe, susceptible comme tous les irascibles, n'a pas apprécié que Monsieur Valls puisse classer, assez logiquement pourtant, ses Insoumis parmi les «islamo-gauchistes».
Voilà que l'ancien premier ministre parlerait donc, insulte suprême, «comme l'extrême droite». Staline conseillait paraît-il de traiter tout contradicteur de fasciste, histoire de le déstabiliser. Le conseil semble avoir été fidèlement entendu.
Il y a bien longtemps que je me ris des jurons des charrons. Je veux bien par eux être classé dans la fâcheuse sphère, être traité de fasciste, de nazi, de pédophile ou d'abruti. Rien ne m'empêchera très méchamment d'écrire que Monsieur Mélenchon parle comme Mélenchon. 

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.








L) 6 techniques pour nous enfumer sur le coût de l’État

Découvrez quels subterfuges les politiciens et les bureaucrates utilisent pour dissimuler le véritable coût de l’État aux yeux des contribuables.

Une leçon de l’école de la liberté
Les démocraties contemporaines sont réputées être fondées sur le principe du consentement à l’impôt. Il s’agit là d’un principe constitutionnel. En France, c’est la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 qui consacre cette notion en son article 14.
Le consentement à l’impôt préjuge du caractère contractuel des relations entre la puissance publique et les civils. Les termes du contrat sont simples en théorie : des impôts contre des services publics.
Mais l’impôt doit être senti pour être consenti. Il doit être clairement perçu sans quoi le calcul coûts-bénéfices des services publics serait altéré, ce qui serait de nature à vicier le consentement des contribuables.
Dans cette séquence, François Facchini montre en quoi le consentement à l’impôt est difficile en pratique tant les politiciens et les bureaucrates utilisent de nombreux subterfuges pour dissimuler le véritable coût de l’État aux yeux des contribuables.

1. Rendre le système fiscal opaque

Une première technique est celle de l’opacité. La fiscalité est d’autant plus redoutable qu’elle est difficile à cerner. À ce titre, le débat sur les défauts du prélèvement à la source n’est pas dénué d’intérêt.
Le professeur Pascal Salin a par exemple déjà eu l’occasion d’exprimer son scepticisme sur l’opportunité de cette mesure qui risque d’altérer la perception des sommes perçues sur le salaire des travailleurs. Contrôler l’efficacité du service public est donc plus difficile dans ces conditions.

2. Jouer sur la fiscalité indirecte

Une deuxième technique consiste à jouer sur la fiscalité indirecte, réputée être indolore par rapport à la fiscalité directe. Alors que les débats sur la fiscalité française tendent à se concentrer sur l’impôt sur le revenu et l’impôt de solidarité sur la fortune, il serait bon de rappeler que la TVA constitue en réalité plus de la moitié des recettes de l’État (hors Sécurité sociale). C’est donc bien celle-ci qui mériterait l’attention des décideurs… et des citoyens.

3. Jouer sur la méconnaissance du contribuable

Il est aussi possible d’utiliser le manque de connaissance des contribuables en économie pour mieux les tromper. Un exemple intéressant est celui de l’impôt sur les sociétés. La classe politique semble avoir réussi à convaincre la plupart des citoyens en Europe de la nécessité d’imposer davantage certaines entreprises. Mais ceux-ci ne réalisent pas que ce sont bien eux qui paieront in fine l’addition. En effet, l’incidence fiscale de l’impôt sur les sociétés est régulièrement mal comprise. Peu de gens réalisent que les sociétés ne sont que des fictions juridiques et qu’elles répercutent leurs charges sur les personnes avec lesquelles elles échangent, à savoir les actionnaires, les salariés et les consommateurs.

4. Se servir de l’argent des générations futures

Une quatrième technique redoutable revient à privilégier le déficit public et l’endettement comme mode de financement des activités publiques. L’endettement permet ainsi aux politiciens de se servir sur les revenus des générations futures pour éviter d’affronter les contribuables présents afin de financer des politiques clientélistes au service de leurs ambitions électorales. En France, la dette publique avoisine 98% du PIB.

5. Brouiller les compétences entre les administrations

Une autre méthode subtile consiste à jouer sur la distinction parfois opérée entre les administrations qui prélèvent l’impôt et celles qui dépensent. La répartition des compétences budgétaires et fiscales entre l’échelon national et les administrations locales peut brouiller l’évaluation des politiques publiques.

6. Faire marcher la planche à billets

Plus subtile que la fiscalité, le monopole de la création monétaire permet aux souverains de financer leurs dépenses par la planche à billets sans s’embarrasser d’envoyer des percepteurs collecter les ressources de leurs sujets.
L’inflation de la masse monétaire permet ainsi d’opérer une discrète redistribution entre les gouvernants qui captent la nouvelle monnaie émise, et les gouvernés qui voient leur pouvoir d’achat et leur épargne s’éroder.


Conclusion : il faut rétablir la transparence fiscale

Colbert énonçait quelques siècles auparavant que l’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. Certaines traditions françaises résistent visiblement à l’épreuve du temps.
Il est temps de rompre avec cette vision cynique visiblement au cœur de la politique fiscale française pour renouer avec une plus grande transparence budgétaire. Il en va après tout de la capacité des citoyens à évaluer leurs dirigeants et la compétitivité des politiques publiques.

Ferghane Azihari 
Source






M) Matraquage fiscal des classes moyennes : LREM sur les traces d’Hollande

La France vit depuis 2012 et la présidence de François Hollande une véritable frénésie fiscale dont les classes moyennes – qui se situent entre les 30% des contribuables les plus démunis et les 20% les mieux rémunérés – sont les premières victimes (1). De toute évidence, le quinquennat de la République en Marche emprunte le même chemin. 
 
Depuis la semaine dernière en effet, l'Assemblée Nationale réunie en séance plénière examine le texte du Projet de Loi de Finances 2018 qui fixe les orientations budgétaires et fiscales pour les cinq prochaines années. Faute de débat réellement contradictoire - la cadence imposée aux députés ne le permet pas -, le texte devrait être adopté quasiment en l'état par l'hémicycle qui examine, dans la foulée, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS).

Or, loin de constituer une rupture économique pour relancer l'activité, réduire les inégalités devant la charge de l'impôt, et permettre de s'attaquer durablement à la réduction du déficit public, ces réformes perpétuent en réalité la tradition française de matraquage fiscal entérinée par le précédent quinquennat, et accentueront la concentration de l'impôt sur les classes moyennes.

Hausse de la CSG : une perte sèche pour les retraités,
un gain limité pour les salariés !

L'examen du PLFSS a débuté mardi 17 octobre avec l'article 7 portant sur les « mesures relatives au pouvoir d'achat des actifs ». La commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale a ainsi entériné l'augmentation de 1,7 point de pourcentage de la Contribution Sociale Généralisée (2) en compensation de la suppression des cotisations salariales sur l'assurance chômage et l'assurance maladie pour les actifs du privé (3).
Dès le 1er janvier 2018, la hausse s'appliquera donc à l'ensemble des salariés du privé et du public, ainsi qu'aux retraités qui déclareront aux impôts un revenu net imposable supérieur à 14.375 euros par part de quotient familial (soit une pension au moins égale à 1.400 euros par mois pour une personne seule de plus de 65 ans (4)).
Le gouvernement, soutenu par sa majorité à l'Assemblée Nationale, affirme que la réforme devrait conduire à « redistribuer à terme plus de 7 milliards d'euros [de pouvoir d'achat] aux actifs grâce à la solidarité intergénérationnelle » et « constituer une mesure de justice sociale cohérente avec l'objectif de contribution équitable de l'ensemble des français au financement de la protection sociale ».
En réalité, la mesure constitue une perte sèche pour les huit millions de retraités concernés qui avaient déjà subi une série de mesures gonflant artificiellement leur revenu fiscal sous Hollande, de même que trois ans de gel de leurs pensions. D'ailleurs, pour ceux, qui, du fruit d'une longue - et souvent pénible - vie de travail auraient investi dans l'immobilier, la hausse de la CSG portera à la fois sur leurs pensions, et, de l'effet de la transformation de l'Impôt sur la Fortune (ISF) en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), sur leurs revenus locatifs !

Vers davantage de matraquage

Pour les salariés, la suppression des cotisations salariales (équivalente à 3,15% de la rémunération brute (5)), prise seule, aurait par exemple dû se traduire par un gain de pouvoir d'achat de 263 euros par an pour une personne rémunérée au SMIC, de 526 euros pour un couple dont chacun des membres est également rémunéré au SMIC.
C'est sans compter la multiplication des taxes en tout genre que prévoit ou entérine le texte du Projet de Loi de Finances et qui vient fausser le calcul du « gain » de pouvoir d'achat pour les ménages et les classes moyennes. Près de 40 taxes ont été créées sous le mandat de François Hollande, et dans l'illusion de chercher à simplifier la fiscalité, le gouvernement actuel se met en réalité En Marche vers davantage de matraquage.
  • Le tabac : les députés ont voté la hausse du prix du tabac prévue par le PLFSS, jusqu'à 10 euros le paquet de cigarettes d'ici à 2020. Aucune relation de cause à effet avec la baisse de la consommation n'a à ce jour été prouvée, et l'absence d'harmonisation européenne sur la question conduit de toute façon aux stratégies de contournement. La population défavorisée sera la première victime de cette hausse.
  • La santé : la hausse du forfait hospitalier, qui passera de 18 à 20 euros par jour, couplée à l'augmentation du prix de la consultation chez un généraliste entrée en vigueur le 1er mai dernier, augmenteront les dépenses des mutuelles qui ne laissent planer aucun doute sur le fait qu'elles seront répercutées sur les cotisations des ménages.
  • Les carburants : le PLF entérine également la convergence de la fiscalité entre le diesel et l'essence. La mesure devrait ainsi alourdir de 7,6 centimes par litre les taxes sur le diesel rien que pour l'année 2018, de 3.9 centimes pour l'essence.
  • Les commerçants : l'article 46 du PLF entérine l'obligation pour les assujettis à la TVA qui enregistrent les règlements de leurs clients au moyen d'un logiciel de comptabilité, de gestion, ou d'un système de caisse, d'utiliser désormais un logiciel certifié par un organisme accrédité. Une nouvelle mesure coûteuse à l'achat pour ces derniers et multiplicatrice des démarches administratives.
Les classes moyennes et les petits épargnants n'auront pas grand-chose non plus à gagner de la réforme de la fiscalité du patrimoine.
Après adoption, la transformation de l'Impôt sur la Fortune (ISF) en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) entrera en vigueur dès le 1er janvier 2018 et sortira de l'assiette de l'impôt l'ensemble des titres et valeurs mobilières (comptes titres, PEA, contrats d'assurance-vie, livrets... (6)).
7 français sur 10 estiment déjà que la sortie de l'impôt des actions et autres avoirs financiers creusera les inégalités, et pour cause : il profitera davantage aux 30% de contribuables imposables les plus riches pour lesquels les actifs immobiliers ne représentent que 20% de leur patrimoine, qu'aux 70% de foyers fiscaux « les moins riches » pour lesquels les actifs immobiliers représentent 80% de leur patrimoine, et qui sont de toute façon moins enclins à se risquer d'investir dans la sphère financière.

Manon Laporte_____
(*) Avocate fiscaliste, Docteure en Droit et Conseillère Régionale d'IDF (LR)

1 - « Le Massacre Fiscal », Editions du Moment, 2015.
2 - CSG, recette universelle portant sur les revenus du travail, du capital et de remplacement pour le financement de la protection sociale.
3 - Ainsi que de la quasi-suppression de la cotisation d'allocations familiales et de l'accroissement de l'exonération des cotisations d'assurance maladie et maternité pour les actifs indépendants.
4 - Les propositions d'amendement visant à exonérer de la hausse de la CSG les pensionnés d'invalidité et les résidents en maison de retraite n'ont pas été adoptés. 
5 - 2,4% du revenu brute pour l'assurance chômage et 0,75% pour l'assurance maladie. La CSG devrait finalement être déductible des revenus imposables (article 38 du PLF).
6 - De même que les actifs immobiliers dévolus à l'activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale des sociétés Le seuil d'imposition (patrimoine immobilier pour un actif net supérieur à 1.3 millions d'euros) et le barème progressif (de 0.5% à 1.5%) restent les mêmes.






N) Faut-il aimer la France ?

Vous êtes-vous déjà demandé si l’amour que vous avez pour votre pays la France est mérité ? Si la France vous rend cet amour en retour ? Si votre amour a changé ?

Nous lisons de préférence des médias qui renforcent nos opinions, ou qui les justifient. Nous évitons ceux dont les idées nous agressent, nous déplaisent, nous dérangent, ceux dont nous contestons les positions. Mais n’est-ce pas nous installer dans un confort intellectuel qui endort, sur certains sujets, notre sens critique ?
Dans un article récent, je disais ma sympathie pour le peuple français qui a été défiguré, balafré, remplacé, et qui selon moi disparaît, sacrifié depuis le gouvernement Giscard d’Estaing et tous les gouvernements suivants, qui aiment la diversité et les étrangers plus que les Français.
Certains de mes lecteurs ont, étrangement, peu apprécié mes remarques et mes signes de sympathie, qui leur viennent de l’étranger- eux qui pourtant expriment les mêmes de façon très vocale. Ils semblaient dire en substance qu’eux ont le droit de critiquer, pas un étranger. Cela a nourri ma réflexion.
  • Dans le camp de la gauche, être politiquement incorrect consiste par exemple à se demander si l’immigration est vraiment une chance pour la France – rien que poser la question est scandaleux.
  • Dans le camp de la droite, être politiquement incorrect, c’est cette question que je pose : pourquoi faut-il aimer la France ? Qu’y a-t-il à aimer et ne pas aimer ?
Etre politiquement incorrect, quel que soit le camp, c’est s’assurer une volée d’insultes, et peu de gens ont le courage de le faire. Il se trouve que rien ne m’effraie, et que je n’ai aucune opinion politique. Alors je pose la question.
Posez-vous-la aussi.

Les trois institutions démocratiques

  • L’exécutif : depuis disons une quarantaine d’années, l’exécutif s’est-il comporté comme une organisation qui prend des décisions pour vous, dans votre intérêt, pour votre mieux-être, ou, plus vaguement, pour lever les obstacles qui vous entravent dans votre vie de tous les jours ? A-t-il été à la hauteur de l’amour que vous portez à la France ? Vous a-t-il rendu cet amour ?
  • Même question pour le législatif : le Parlement a-t-il voté des lois dans votre intérêt, pour votre mieux-être ? Vous semble-t-il qu’il a vos intérêts au cœur de ses préoccupations de chaque instant ?
  • Même question pour le judiciaire : les lois servent-elles vos intérêts ? Vous protègent-elles bien comme on protège celui qu’on aime ? Les tribunaux vous semblent-ils appliquer une bonne justice qui montre qu’ils aiment les Français ? Les juges prennent-ils des jugements qui vous semblent justes et équitables, et à la hauteur de la grande confiance que vous avez dans la justice de votre pays ?

Les grands corps sociaux

  • L’Education nationale vous semble-t-elle protéger votre culture ? Transmet-elle avec amour votre héritage culturel, vos racines, à vos enfants qu’elle est chargée d’éduquer ? Incite-t-elle vos enfants à aimer la France ? Leur transmet-elle les valeurs essentielles, le sens civique, la fierté de la France et celui d’être français, la beauté de la langue, le désir de la réussite et de l’excellence, les grands accomplissements de la France ?
  • Les Administrations font-elles des efforts immenses pour vous apporter un service exceptionnel ? Se mettent-elles en quatre pour satisfaire vos demandes, traiter vos soucis, régler vos problèmes qui relèvent d’elles ? Vous traitent-elles en ami que l’on cherche à aider ?
  • Votre réseau télévisé d’Etat, France Télévision, ses radios d’Etat, votre agence d’information d’Etat, l’AFP, diffusent-ils les valeurs importantes de la France ? Apportent-ils la neutralité et la qualité de l’information que l’on peut attendre d’un organisme au service de tous les Français, quelles que soient leurs opinions politiques ?
  • La Sécurité sociale vous apporte-t-elle une assurance santé de premier ordre au meilleur coût ? D’ailleurs, dans un pays où tout commerçant qui n’affiche pas clairement son prix est passible d’une lourde amende, savez-vous vraiment en toute transparence combien elle vous coûte, votre assurance santé, entre la part qui est retenue sur votre fiche de paye et celle qui est payée par votre employeur ? Avez-vous la liberté de vous assurer pour ce que vous voulez, ou devez-vous payer pour des choses qui ne vous concernent pas ou vous heurtent profondément, comme par exemple l’avortement si vous êtes un chrétien anti-avortement ? Avez-vous cette faculté – ce serait un beau geste généreux – de ne pas vous assurer si vous vous considérez en parfaite santé et pensez ne pas avoir besoin d’assurance ?
  • Votre Police et vos gendarmes assurent-ils bien votre sécurité ? Autrement dit, pouvez-vous vous promener seul le soir partout en France ? Si la France vous aime en retour de l’amour que vous lui portez, c’est le plus beau geste qu’elle peut vous offrir, et en même temps, le premier geste.
L’amour est aveugle, je sais. Il doit être réciproque également, me semble-t-il. Il est bon d’être aimé en retour, ne trouvez-vous pas ? Vos racines, vos ancêtres qui ont fait la France, se sont battus pour la France, sont morts pour la France, sont-ils respectés, honorés, aimés, défendus par une France qui les aime ?
Pour moi, la gastronomie, les vins et alcools, la parfumerie française dominent de loin le monde, l’architecture non récente et la mode y sont parmi les plus belles du monde. La femme française sait être élégante même avec trois fois rien. Les paysages aussi. Le style aussi (à part le design industriel, une catastrophe). Mais tout cela, n’importe quel touriste le reconnaît et l’apprécie. Cela peut faire de lui un amoureux de la France, mais pas quelqu’un qui aime la France au sens où les Français l’aiment.
Soyez politiquement incorrect, vous êtes sur Dreuz vous pouvez vous le permettre, et parlez de votre amour de la France. Faites le bilan.
Certains vont penser – et ils auront tort – qu’avec toutes mes questions, je cherche à discréditer, abaisser, fragiliser des symboles, un idéal. Je suis, au contraire, authentiquement intéressé à comprendre les mécanismes de l’amour de son pays par ceux qui le critiquent constamment.
Et si vous voulez m’insulter tout de même parce que j’ose poser des questions qui dérangent, des questions politiquement incorrectes et que cela n’est pas une chose qui se fait, ne vous gênez surtout pas, j’ai le cuir très épais, rien ne m’atteint, tout m’intéresse.






O) Macron veut réduire le nombre de décorés de la Légion d'honneur

Le président veut redonner du sens à l’attribution de la décoration.

Emmanuel Macron a décidé de réduire fortement le nombre de récipiendaires de la Légion d'honneur à partir de 2018 et de rajeunir les prochaines promotions, pour qu'elles « ressemblent à ce qu'est la France », a dit jeudi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.
Pour la période 2018-2020, le nombre de décorés civils sera ainsi réduit de 50%, ceux des décorés militaires de 10% et de 25% respectivement, a-t-il précisé.
De nos jours, seuls 15% des propositions faites par les ministres sont refusées, indique un document de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur. Environ 3000 personnes, majoritairement issues de la société civile, sont récompensées au cours des trois promotions annuelles.
La promotion du 14 juillet, la première du quinquennat, comptait 101 noms contre 500 à 600 habituellement, reflétant la volonté du chef de l'Etat en la matière.

« Seul le mérite doit être salué »

« Le président de la République a voulu retrouver l'esprit de la Légion d'honneur, cet ordre décidé par Napoléon ». « On n'a pas la Légion d'honneur à l'usure » ou « par copinage », a dit Christophe Castaner lors du compte-rendu du Conseil des ministres. 
Le chef de l'Etat veut le « respect plus strict des critères d'attribution et de ses valeurs fondamentales ». « Seul le mérite doit être salué, pas la notoriété ou le service classique » de sa fonction, a poursuivi Christophe Castaner.
« Dans l'attribution, l'habitude est une domination des mâles blancs de plus de 60 ans », a dit le porte-parole. Depuis 2008, une stricte parité hommes/femmes est respectée dans les promotions, selon une décision de Nicolas Sarkozy.
Pour le chef de l'Etat, « redonner du sens » à cette décoration n'est « pas un sujet accessoire », a-t-il ajouté.

Un titre honorifique

Fondée par Napoléon Bonaparte en 1802, la Légion d’honneur est la plus élevée des distinctions nationales françaises. Elle compte aujourd’hui 93 000 membres. Selon le code de la Légion d’honneur, datant de 1962, elle «est la récompense de mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes ».
Tout citoyen peut proposer dans la Légion d’honneur une personne qu’il estime méritante. Cette procédure appelée initiative citoyenne répond à des modalités précises, notamment le soutien de 50 signataires issus du même département et le dépôt du dossier en préfecture.
Avant-tout honorifique, la croix de chevalier de la Légion d’honneur ne s’accompagne que de quelques euros (6,10 euros par an pour les chevaliers, 36,59 euros pour les Grand’croix). Leurs descendantes (filles et petites-filles peuvent être scolarisées dans des « maisons d’éducation », très sélectives.
Enfin, les adhérents à la Société des membres de la Légion d’honneur ont accès à des résidences de standing à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ou dans le Var. 

Après Harvey Weinstein, Bachar al-Assad privé de médaille ? Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière avoir entrepris des démarches pour retirer sa décoration au producteur américain Harvey Weinstein, accusé de viols, agressions ou harcèlement sexuels. Interrogé sur l'éventualité de faire retirer sa décoration au dictateur syrien Bachar el-Assad -l'un des nombreux chefs d'Etat étrangers honorés- Christophe Castaner a répondu que la Chancellerie « pouvait entendre » cette demande « légitime ».

 S.C.






P) Les inégalités salariales femmes – hommes : un gâchis à 62 milliards €

Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes continuent de prospérer, malgré la volonté des pouvoirs publics de légiférer contre. On estime aujourd'hui que les femmes gagnent en moyenne 26,3% de moins que les hommes, à compétence et travail égal. 

Pour dénoncer ce phénomène, le 24 octobre 2016 à 14h38, en Islande, des milliers de femmes ont cessé le travail à l'heure à laquelle, à salaire équivalent aux hommes, elles ne sont plus payées. La précédente mobilisation de ce type, en 2010, avait débuté trois minutes plus tôt.
Le 07 novembre 2016, le collectif français Les Glorieuses ont invité les salariées à cesser le travail à 16h34, heure précise à partir de laquelle elles travaillaient « bénévolement ». Une action soutenue alors par la ministre du Droit des femmes, Laurence Rossignol.
Néanmoins, il apparaît qu’en dépit des nombreuses manifestations et du renforcement de l’arsenal juridique en faveur de l’égalité salariale, les discriminations à l’égard des femmes persistent. Selon un rapport du Forum économique mondial, l'égalité des salaires entre hommes et femmes ne sera pas atteinte avant 170 ans. Ainsi, l'égalité salariale femmes/hommes ne sera possible qu’en 2186…
Pourtant, la persistance des ces inégalités nuit gravement à l'économie française : selon nos experts, le différentiel de salaire net versé entre les femmes et les hommes représente en moyenne 3525€ / an et atteint ainsi de manière aggrégée, 33,6 milliards € / an.
Ce "manque à gagner" en terme de salaire net, a également des répercutions en terme de consommation et de recettes fiscales. On estime ainsi que la consommation nette aggrégée supplémentaire pourrait s'élever à 21,98 milliards € (lorsque le surplus d'épargne serait lui de 6,2 milliards €). Ce supplément permettrait de générer 0,16 point de croissance supplémentaire, qui seraient les bienvenues.  

Effets directs
  • Augmentation des salaires nets = + 33,6 milliards €
  • Gain de recettes pour l’Etat = + 33,7 milliards €
  • dont hausse de la TVA = + 3,83 milliards €
  • dont hausse des recettes de l’impôt sur le revenu = + 5,47 milliards €
  • dont hausse des cotisations sociales et patronales = + 24,43 milliards €
 
Effets partagés – Double effet sur l’impôt des sociétés 
Dans un premier temps, hausse des prélèvements due à une hausse de l’activité impulsée par la hausse de la consommation.
Dans un second temps, baisse des prélèvements due à une hausse des salaires bruts et des cotisations sociales.
 
Effets complémentaires
  • Hausse de l’épargne = + 6,16 milliards €
  • Hausse de la consommation = + 21,98 milliards €
  • Création d’emplois = + 26.000 créations supplémentaires par an (en solde net – estimation basée sur la loi d’Okun).
  • Augmentation de l’investissement, à court, moyen et long terme.
 
  • Les réformes possibles avec ces gains budgétaires
Une fois l’égalité salariale stricte appliquée, Bercy bénéficierait donc d’un nouveau levier fiscal qui permettra de dégager 168,74 milliards € supplémentaires durant un quinquennat. Ce projet pourrait donc permettre de lever le carcan fiscal qui pèse sur les entreprises et l’investissement, et pourrait permettre de déployer l’une des réformes suivantes :
  • La réduction totale des déficits des différents régimes de retraites, de la sécurité sociale et de l’assurance chômage.
  • L’allègement durable de 33 milliards/ an de charges sur les salaires.
  • La mise en place d’un taux d’IS à 14%.
  • Une baisse de 40% de l’impôt sur le revenu.
  • Une baisse de 3 points de TVA.
  • Une hausse de 50% des budgets de la défense, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la justice.
  • Une réduction de 9% de notre dette publique.
  • Une réduction annuelle de 50% de notre déficit public

Etude réalisée par Clélia Aucouturier – Secrétaire générale adjointe de la Fondation Concorde; et Erwann Tison – Coordinateur des études de la Fondation Concorde

Historique législatif Pas de résorption avant 2186
Depuis plusieurs années, des lois visant à mettre en place une véritable égalité salariale
Femme/Homme sont promulguées. A titre d’exemples :
  • ●  2006 : Loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes
  • ●  2012 : Décret n° 2012-1408 du 18 décembre 2012, relatif à la mise en œuvre des obligations des entreprises pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce décret renforce le dispositif de pénalité qui pèse sur les entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité professionnelle. Ce décret, qui s’applique à toutes les entreprises de 50 salariés et plus, a fait l’objet d’une large concertation dans le cadre du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle. Il renforce les exigences vis-à-vis des entreprises en augmentant le nombre de thèmes devant être traités dans la négociation ou dans les plans d’action. Il rend en particulier obligatoire celui de la rémunération. Par ailleurs, Les entreprises auront désormais l’obligation de déposer auprès des services de l’Etat leurs plans d’action. En outre, le décret introduit une primauté de la négociation sociale pour les entreprises de 300 salariés et plus qui ne pourront adopter de plan d’action unilatéral qu’en cas d’échec attesté des négociations.
  • ●  Loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, vise à combattre les inégalités entre hommes et femmes dans les sphères privées, professionnelle et publique.
    Pour dénoncer ce phénomène, le 24 octobre 2016 à 14h38, en Islande, des milliers de femmes ont cessé le travail à l'heure à laquelle, à salaire équivalent aux hommes, elles ne sont plus payées. La précédente mobilisation de ce type, en 2010, avait débuté trois minutes plus tôt.
    Le 7 novembre 2016, le collectif français Les Glorieuses ont invité les salariées à cesser le travail à 16h34, heure précise à partir de laquelle elles travaillaient « bénévolement ». Une action soutenue alors par la ministre du Droit des femmes, Laurence Rossignol. En 2017, cet appel se fera dès le 3 novembre.
    Néanmoins, il apparaît qu’en dépit des nombreuses manifestations et du renforcement de l’arsenal juridique en faveur de l’égalité salariale, les discriminations à l’égard des femmes persistent. D’ailleurs, selon un rapport du Forum économique mondial, l'égalité des salaires entre hommes et femmes ne sera pas atteinte avant 169 ans au rythme actuel. Ainsi, l'égalité salariale femmes/hommes ne sera possible qu’en 2186.
    A ce titre, il serait donc intéressant de voir quels sont les facteurs explicatifs des inégalités femmes/hommes, le pourcentage des écarts en fonction de la catégorie socioprofessionnelle, et, enfin, le manque à gagner pour l’Etat en matière de recettes fiscales et de croissance.
Structure de cette inégalité
Pour commencer, en 2010, les femmes représentaient 34,7% des cadres, 45,3% de professions intermédiaires, 70,5% d’employés et 19% d’ouvriers, soit au total 43,3% des salariés en France. Aujourd’hui, la proportion de femmes diplômées de l’enseignement supérieur ne cesse d’augmenter. Cependant, même à diplôme égal, les femmes sont moins bien rémunérées que les hommes et ont plus de difficultés à être embauchées que les hommes. Ainsi, l’inégalité salariale femmes/hommes commence dès la sortie de l’école. 

Tableau 1 Proportion de femmes par catégorie socioprofessionnelle en %

1995
2000
2005
2010
Cadre
27,7
29,5
31,4
34,7
Profession intermédiaire
41,7
43,9
45,9
45,3
Employé
72,7
73,2
73,1
70,5
Ouvrier
22,6
22,9
21,7
19,0
Ensemble
41,4
42,4
43,5
43,3

En effet, On pourrait croire que le « passeport » grande école suffise à lisser les inégalités à l’embauche des jeunes diplômés. La dernière enquête d’insertion de la CGE (Conférence des Grandes écoles), portant sur les diplômés 2011 un an après qu’ils aient quitté l’université, dissipe encore une fois nos illusions.
En outre, l’inégalité des salaires entre les sexes est la plus forte chez les cadres, c’est-à- dire parmi les salaires les plus élevés : les femmes gagnent 26,3 % de moins que les hommes. A l’inverse, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (- 9,3 %), une catégorie majoritairement féminine. 

Tableau 2 Écarts de salaires annuels nets selon le sexe et la catégorie sociale en % (Unités €)

Hommes
Femmes
Ensemble
Ecart (en %)
Cadres supérieurs et chefs d'entreprise salariés
4 380
3 469
4 072
- 26,3
Professions intermédiaires
2 394
2 068
2 254
- 15,8
Employés
1 714
1 568
1 612
- 9,3
Ouvriers
1 736
1 441
1 686
- 20,5
Ensemble
2 389
1 934
2 202
- 19,0
Écart cadres/ouvriers
2 644
2 028
2 386

Salariés en EQTP du privé et des entreprises publiques, y compris les bénéficiaires de contrats aidés. Sont exclus les apprentis, les stagiaires, les salariés agricoles et les salariés des particuliers employeurs. Lecture : les femmes cadres supérieurs gagnent 26,3 % de moins que les hommes cadres (en équivalent temps plein). Source : Insee - Données 2013 - © Observatoire des inégalités

Notons également que tous temps de travail confondus, les hommes gagnent 23,5 % de plus que les femmes. Près de 11 % des écarts de salaires entre les deux sexes sont inexpliqués et relèvent d’une discrimination « pure ».
Le salaire mensuel net moyen des hommes, pour un poste à temps plein, est de 2 389 euros en 2013, celui des femmes de 1 934 euros, soit un écart de 455 euros, presque un demi-smic. Les hommes perçoivent donc, en moyenne et en équivalent temps plein, un salaire supérieur de 19 % à celui des femmes. Formulé différemment, les femmes touchent en moyenne 81 % du salaire des hommes (1934 divisé par 2389), ou ont un salaire net inférieur de 19 %.
Plus on progresse dans l’échelle des salaires, plus l’écart entre les femmes et les hommes est important, en partie parce que les femmes sont beaucoup moins nombreuses en haut de l’échelle.
Le niveau de salaire maximal des 10 % des femmes les moins bien rémunérées est inférieur de 8 % à celui des hommes (1 154 euros pour les femmes contre 1 254 euros pour les hommes).
Le salaire minimum des 10 % des femmes les mieux rémunérées est inférieur de 22 % à celui des hommes (soit 3 036 euros pour les femmes contre 3 892 euros pour les hommes). Au niveau médian des salaires, les femmes gagnent un salaire inférieur de 14 %, ce qui représente un écart de 263 euros par mois avec leurs homologues masculins. 

Tableau 3 Écarts de salaires mensuels nets en équivalent temps complet en % (Unités €)

Salariés en EQTP du privé et des entreprises publiques, y compris les bénéficiaires de contrats aidés. Sont exclus les apprentis, les stagiaires, les salariés agricoles et les salariés des particuliers employeurs. Lecture : 50 % des femmes ont un salaire inférieur à 1 619 euros par mois (en équivalent temps plein) et gagnent 14 % de moins que les hommes.
Source : Insee - Données 2013 - © Observatoire des inégalités 

Concrètement, nous pouvons représenter les écarts de salaire par CSP de la manière suivante :



Impact économique d’une réduction de cette inégalité.
Si une égalité salariale parfaite était instaurée entre les femmes et les hommes, nous ferions alors des gains non négligeables pour notre économie, que ce soit en termes de rentrées fiscales ou en termes d’augmentation de la consommation, et donc de croissance.
Si les femmes percevaient un salaire équivalent à celui des hommes, leur revenu net annuel serait alors augmenté de 3525€ par an. Mécaniquement, les cotisations sociales et patronales augmenteront. On évalue alors à 24,434 milliards € la perte annuelle en cotisations, résultant de cette inégalité. La perte agrégée en termes de salaire net est de 33,572 milliards €.
Si l’on suppose que les propensions marginales à consommer sont respectivement de 0.6 (cadres), 0.8 (professions intermédiaires), 0.9 (employés) et 1 (ouvriers), alors on obtient une consommation nette de 21.98 milliards € et une épargne supplémentaire de 6,16 milliards €.
S’ensuit donc une perte de recettes fiscales concernant la TVA et l’IRPP évaluées respectivement 3,83 milliards € et 5,475 milliards €. Les recettes fiscales supplémentaires s'évaluent donc à 33,748 milliards €.
Dans ce cadre-là, l’effet sur la croissance serait donc de +0.16 sur une année, non négligeable sur le moyen et le long terme.




Au final, grâce à la mise en place d’une égalité salariale parfaite entre les femmes et les hommes, ce sont 61,9 milliards € supplémentaires qui seront injectés dans l’économie française (33,7 milliards au titre des recettes fiscales, et 28,2 milliards comme gains pour les actifs).
Impact sur les entreprises
Dans cette situation, la résorption des inégalités salariales femmes hommes imposerait aux entreprises un choc de 58 milliards € (salaire net + cotisations sociales) sur leur masse salariale. Cela risque d’être un argument de poids pour ceux qui sont animés par la volonté de ne rien changer à la situation actuelle. Or la suppression de ces inégalités salariales est une mesure forte de justice sociale et d’égalité entre les salariés. Les entreprises doivent garder à l’esprit que cette augmentation sera compensée par une baisse de leurs profits, à niveau d’activité inchangé, et donc une diminution de leur imposition sur les bénéfices. Le taux d’impôts sur les sociétés étant encore à 33%, on peut donc gager que, sans variation positive de l’activité de ces entreprises, leur imposition diminuera de 19 milliards €. Dans ce cas, cette variation sera également à impacter négativement aux finances publiques, dont les recettes liées à l’IS diminueront alors de ce même montant. 

Résumé des effets positifs pour l’économie française 

Effets directs
Augmentation des salaires nets = + 33,6 milliards € Gain de recettes pour l’Etat = + 33,7 milliards €
dont hausse de la TVA = + 3,83 milliards €
dont hausse des recettes de l’impôt sur le revenu = + 5,47 milliards € dont hausse des cotisations sociales et patronales = + 24,43 milliards € 

Effets partagés - Double effet sur l’impôt des sociétés
Dans un premier temps, hausse des prélèvements due à une hausse de l’activité impulsée par la hausse de la consommation.
Dans un second temps, baisse des prélèvements due à une hausse des salaires bruts et des cotisations sociales. 

Effets complémentaires
  • ➢  Hausse de l’épargne = + 6,16 milliards €
  • ➢  Hausse de la consommation = + 21,98 milliards €
  • ➢  Création d’emplois = + 26.000 créations supplémentaires par an (en solde net - estimation basée sur la loi d’Okun).
  • ➢  Augmentation de l’investissement, à court, moyen et long terme.
Les réformes possibles avec ces gains budgétaires
Une fois l’égalité salariale stricte inscrite dans la loi, Bercy bénéficierait donc d’un nouveau levier fiscal qui permettra de dégager 168,74 milliards € supplémentaires durant un quinquennat. Ce projet pourrait donc permettre de lever le carcan fiscal qui pèse sur les entreprises et l’investissement, et pourrait permettre de déployer l’une des réformes suivantes :
  • ➢  La réduction totale des déficits des différents régimes de retraites, de la sécurité sociale et de l’assurance chômage.
  • ➢  L’allègement durable de 33 milliards/ an de charges sur les salaires.
  • ➢  La mise en place d’un taux d’IS à 14%.
  • ➢  Une baisse de 40% de l’impôt sur le revenu.
  • ➢  Une baisse de 3 points de TVA.
  • ➢  Une hausse de 50% des budgets de la défense, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la justice.
  • ➢  Une réduction de 9% de notre dette publique.
  • ➢  Une réduction annuelle de 50% de notre déficit public.
Comment parvenir à cette égalité salariale
Malgré les incitations législatives, ces inégalités salariales persistent sur notre marché du travail. Cette situation inexplicable sur le plan économique, ne sera réglée non pas en sanctionnant les entreprises délinquantes, mais en médiatisant fortement ce sujet, en le mettant au cœur du dialogue social. C’est en sensibilisant les acteurs du marché du travail sur l’absurdité et le coût de ces inégalités, que nous pourrons les résorber.
Cette médiatisation devra également s’accompagner d’une campagne de «testing» auprès des entreprises, afin de veiller à la bonne application de la loi. Les entreprises ne respectant pas la stricte égalité à savoir « à compétence et travail égal, salaire égal » devront alors être reconnues comme telles. La liste des résultats de ces campagnes de « testing » devra alors être rendue publique pour inciter les entreprises à rester dans le cadre de la loi.








Q) « Parlons d’antisémitisme sans cécité volontaire »

Dominique Reynié, directeur de Fondapol, répond aux critiques sur son sondage montrant un « nouvel antisémitisme » chez les musulmans de France.

La double enquête que vient de réaliser la Fondation pour l’innovation politique met en lumière quatre foyers d’opinions antisémites, par ordre de propension décroissante : chez les sympathisants du Front national et les électeurs de Marine Le Pen ; chez les musulmans ; chez les sympathisants du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon ; et chez les utilisateurs des réseaux sociaux, des forums de discussion et des sites de partage de vidéos, foyer qui recoupe en partie les trois précédents.

Pour apprécier le poids et l’évolution de l’antisémitisme dans l’Hexagone, il faut d’abord rappeler les données concernant les « actes » puis celles concernant les « opinions ». Entre la décennie 1994-2004 et la quasi-décennie 2004-2013, le nombre des actes antisémites a triplé. La moitié des actes dits « racistes » frappent des membres de la communauté juive, qui représente moins de 1 % de la population nationale. Entre 2006 et 2012, en France, cinq personnes, dont trois enfants, ont été assassinées en raison de leur appartenance à la communauté juive.
En 2014, à Bruxelles, des juifs ont été assassinés par un Français. On se souvient des scènes qui ont accompagné cet été certaines des manifestations dénonçant l’intervention israélienne à Gaza. A Paris, jusqu’à la place de la République, des manifestants ont hurlé « A mort les juifs ! » ; à Sarcelles, des magasins ont été incendiés au motif qu’ils appartenaient à des juifs ; des synagogues ont été attaquées. Quiconque pratique les réseaux sociaux est à même de constater la prolifération des messages antisémites explicites tenus par des milliers de personnes, dont Dieudonné est devenu la figure de proue. Il est impossible de ne pas voir qu’il se passe quelque chose. Le drame de Créteil ne fait que le confirmer.

Une critique de Nonna Mayer

L’étude des actes doit conduire à l’étude de l’opinion. On voit mal comment ces actes, ces agressions et ces propos pourraient n’avoir aucun rapport avec un certain état de l’opinion. Nonna Mayer (Le Monde du 6 décembre), qui ne conteste pas la réalité des actes, défend une thèse qu’elle vient de réaffirmer : «  Les sondages, en particulier l’enquête annuelle sur le racisme réalisée pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), montrent au contraire un recul graduel des préjugés envers les juifs, et parmi les préjugés qui résistent le “nouvel antisémitisme” reste marginal » (Libération, 23 octobre).
De notre côté, nous avons mené simultanément deux enquêtes avec l’IFOP. La première dresse un état de l’antisémitisme dans l’opinion publique générale, à partir d’un échantillon de 1 005 personnes âgées de 16 ans et plus et un questionnaire autoadministré en ligne. Nonna Mayer ne remet pas en cause cette méthode, à laquelle elle recourt d’ailleurs elle-même dans les sondages qu’elle réalise pour la CNCDH.
Pourtant, un tel échantillon ne permet d’obtenir qu’entre 40 et 50 personnes se déclarant de confession musulmane, ce qui ne suffit pas si l’on veut tester l’hypothèse d’un « nouvel antisémitisme ». Nous avons donc décidé de mener une seconde enquête, en administrant parallèlement le même questionnaire auprès de 575 personnes comprenant des individus déclarant être « nés dans une famille d’origine musulmane ». C’est ce second échantillon qui concentre les critiques. Il est pourtant surprenant de se voir reprocher de manquer de rigueur quand nous avons travaillé sur un groupe plus de dix fois supérieur à celui contenu dans les échantillons qu’utilise la CNCDH.

L’Etat ne fournit aucune statistique sur les musulmans

La critique de Nonna Mayer porte aussi sur la méthode ayant présidé à la constitution de ce groupe. Un rappel : l’Etat ne fournit aucune statistique permettant de construire un échantillon de la population française musulmane sur quotas. Cette cécité volontaire est regrettable pour la recherche, pour la qualité du débat et pour l’efficacité de la décision publique. On a beau jeu ensuite de venir contester, dans ces colonnes, la qualité méthodologique de notre outil de mesure. 
Nous aurions préféré disposer de données de référence. Mais fallait-il s’abstenir de mesurer ? Pour contourner l’obstacle, nous avons combiné les statistiques de l’Insee sur l’immigration avec les données sur la population issue de familles musulmanes collectées par l’IFOP lors de ses différentes enquêtes. Un cumul d’enquêtes représentant tout de même 80 000 interviews a permis de construire des quotas indicatifs sur le sexe, l’âge, la profession, la région et la catégorie d’agglomération. Ces données ont présidé à la répartition sociodémographique de nos 575 interviews individuelles. Les entretiens ont été réalisés dans 77 points géographiques différents, dans toutes les régions (communes ou arrondissements pour Paris, Lyon et Marseille).
L’enquête a été administrée « en face-à-face », les enquêteurs interrogeant les personnes dans la rue et dans divers lieux publics. Nonna Mayer affirme que l’interview dans la rue ou les lieux publics ne permet pas de répondre sereinement. Or, nos deux échantillons concernant des populations de 16 ans et plus ont délibérément été choisis pour méthode : pour un tel thème, nous pensons qu’il est plus difficile de recueillir l’opinion de celles et ceux qui, ailleurs et notamment à domicile, pourraient être soumis à une pression sociale voire familiale.

Des écarts supérieurs à la marge d’erreur

Une critique étonnante vise l’intervalle de confiance et la marge d’erreur. Reprenons. Nous avons interrogé 575 personnes issues d’une famille musulmane. La « marge d’erreur » est donc au plus de 4,1 points, ce que Nonna Mayer estime trop important. Elle aurait dû remarquer que, sur la plupart des questions, les écarts entre les réponses de l’échantillon général et celles de l’échantillon des personnes « d’origine musulmane » sont très supérieurs à cette marge d’erreur.
Prenons un seul exemple puisque la place manque : sur l’item « Les juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la finance », on trouve 25 % de « d’accord » dans l’échantillon général et 67 % dans l’échantillon des personnes« d’origine musulmane ». L’écart est de 42 points, soit dix fois la « marge d’erreur » ! Il en va de même dans la suite du questionnaire.
Nous avons construit un indicateur d’antisémitisme qui, lui aussi, suscite la critique de Nonna Mayer. Mais, si on lit notre rapport, on voit qu’il s’agit d’un indice synthétisant les réponses faites à un ensemble de six items que nous avons testés parce qu’ils sont autant de préjugés contre les juifs.
Ainsi, dans l’échantillon général, 53 % des personnes interrogées ne partagent aucun de ces six préjugés antisémites ; dans l’échantillon des personnes «  d’origine musulmane », la proportion tombe à 17 %. Si l’on prend le temps de regarder les résultats, on note que la prévalence d’opinions antisémites parmi les répondants d’origine musulmane ne ressort pas seulement sur les six items qui ont servi à construire cet indicateur mais qu’elle se retrouve également dans l’ensemble du questionnaire.

Effet « yes saying »

Une critique concernait l’effet « yes saying » imputé à notre questionnaire, qui inciterait à l’approbation des items en raison de sa conception. Mais puisqu’un seul et même questionnaire a été administré à deux échantillons différents, il suffit de considérer les écarts de réponse. Admettons qu’il existe un tel effet : pourquoi n’est-il pas de même ampleur sur tous les répondants ? Les écarts de réponse à une même question, ou si l’on veut les écarts de « yes saying », dépassent 10, 20, 30 et même 40 points. Il reste donc à expliquer ces écarts.
Enfin, Nonna Mayer écrit sa nette préférence pour la méthode utilisée par les auteurs du livre Français comme les autres ? (Presses de Science Po, 2005). Je leur laisse donc la conclusion : « Les Français originaires d’Afrique ou de Turquie penchent plus souvent du côté des réponses présumées antisémites que leurs homologues de l’enquête miroir (…). Les écarts varient entre + 19 points pour la question sur le pouvoir des juifs en France, + 15 pour les questions sur la responsabilité à l’égard du conflit israélo-palestinien et sur “on parle trop de l’extermination des juifs”, et + 7 pour l’opinion “pour les juifs français, Israël compte plus que la France” », et plus loin :  « Les actes antisémites n’impliquent qu’une proportion marginale de la population, mais force est de constater que les préjugés antijuifs ne sont pas un épiphénomène. »

Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique.





R) L’Etat cède des actions Renault et encaisse 1,21 milliard d’euros

L'acquisition des titres, à hauteur de 4,73 %, avait déclenché des mois de crise en 2015 entre le japonais Nissan et le gouvernement français.

L'Etat a cédé jeudi les actions Renault acquises il y a deux ans avec à la clé une plus-value de 55 millions d'euros. Cette cession de 4,73% du capital du constructeur automobile permet à l'Etat de redescendre à 15,01% du capital de Renault au terme de l'opération, a indiqué l'Agence des participations de l'Etat (APE).
Pour l'Etat, l'opération a été légèrement positive d'un point de vue financier, avec une plus-value supérieure à 55 millions d'euros réalisée grâce à l'opération, a précisé l'Agence dans son communiqué. «Cette opération est donc un succès stratégique, obtenu dans des conditions patrimoniales favorables», a estimé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans un communiqué.
Les 14 millions d'actions avaient été acquises à 86 euros en avril 2015, proche du cours de clôture de 86,60 euros jeudi soir à la Bourse de Paris. L'opération a rapporté au total 1,21 milliard d'euros à l'APE, soit un montant très proche de la valorisation de ces 14 millions d'actions au cours du jour.

Un vaste programme de cessions

Renault a souhaité prendre part à l'opération dans le cadre de son programme de rachat d'actions, en acquérant 1,4 million, soit 10% de l'ensemble des titres cédés par l'Etat, a ajouté l'APE. Elles seront «ultérieurement proposées aux salariés et anciens salariés du groupe».
Pour l’Etat, cette cession s'inscrit dans un ambitieux programme de cessions d'actifs pour 10 milliards d'euros, annoncé en juillet par le ministre des Finances, Bruno Le Maire, afin d'abonder un fonds destiné à financer l'innovation, promis par Emmanuel Macron pendant la campagne. «Le produit de cette opération contribuera à alimenter le fonds pour l'innovation de rupture voulu par le président de la République», a confirmé le ministre.
Début septembre, l'Etat avait entamé ce programme en vendant pour 1,53 milliard d'euros 4,5% du capital de l'énergéticien Engie. Dans le cadre du programme de cessions d'actifs de l'Etat, plusieurs noms reviennent avec insistance, comme Orange ou encore Aéroports de Paris (ADP), en pleine forme financière, ainsi que la Française des jeux (FDJ), dont l'Etat possède 72%.

Des difficultés à revendre

Bercy, qui avait présenté la montée au capital dans Renault comme transitoire en 2015, a attendu deux ans et demi pour s'en débarrasser, en attendant que le cours retrouve son niveau de l'acquisition.
Il y a un mois, Bruno Le Maire avait reconnu que l'Etat éprouvait des difficultés pour revendre ses actions du constructeur. «Nous sommes scotchés avec quelques pour cents de Renault que je n'arrive pas à vendre parce que le cours de l'action n'est pas suffisamment élevé», avait-il expliqué lors d'une audition à l'Assemblée nationale.
Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, avait reconnu dans la foulée que la valeur du titre de son entreprise en Bourse ne reflétait pas son «coeur de métier» et était sous pression en raison notamment du «dieselgate» et d'annonces de l'Etat actionnaire.

Un coup de force qui était mal passé

En avril 2015, Emmanuel Macron avait décidé de faire monter l'Etat au capital de Renault en passant de 15,01% à 19,74% afin d'imposer en assemblée générale l'application de la «loi Florange» qui récompense les actionnaires de long terme par des droits de vote double.
Carlos Ghosn et l'actuel président de la République s'étaient accrochés sur la question de l'influence de la puissance publique au sein de l'ex-Régie nationale.
Le coup de force de l'Etat avait déplu à Nissan. Renault détient 43,4% du capital du constructeur japonais, tandis que ce dernier contrôle 15% de Renault. Mais réglementairement, Nissan ne jouit pas de droits de vote chez Renault bien que son activité représente aujourd'hui plus du double de celle de son partenaire. Nissan et l’Etat étaient finalement parvenus à un compromis encadrant l'influence de l'Etat au sein de Renault.








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