janvier 02, 2018

#13 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

 L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 

 Al,



Sommaire

A) Prisons: le gouvernement veut installer des téléphones dans chaque cellule - Ludwig Gallet - l'Express

B) Fiche de paie. Le bulletin simplifié s’applique à toutes les entreprises - Ouest-France

C) Pourquoi les faits ne suffisent pas à convaincre les gens qu’ils ont tort - Michael Shermer  - Pour la science

D) Les records de l’ère Macron : la France championne européenne des prélèvements sur la cotisation sociale - Eric Verhaeghe - son site

E) Le Smic mensuel brut en hausse de 18 € en 2018 + gratification pour les stagiaires en 2018 - RE&C

F)  Bilan du Nouvel An : hausse du nombre d'interpellés et de véhicules incendiés - Valeurs actuelles

G) Brigitte Macron veut incarner un rôle plus important à l'Elysée - BFMTV

H) Enjeux et défis de la zone euro : de l’impérieuse nécessité d’une fédération politique - Michel Dévoluy - UEF

I) Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? - Gilles Pison - Mashable - The Conversation.

J) Emmanuel Macron redonne sa définition de lui-même -

K) Pauvreté : en France, le retour en force des bidonvilles - France Info

L) L’(in)efficacité de l’allocation des facteurs avant, pendant et après la Grande Récession - Libert Thibault - Doc Banque de France

M) Info RSI

N) La grande pauvreté baisse dans le monde mais de fortes inégalités persistent entre régions - Observatoire des Inégalités

O) La transformation digitale est-elle un extrémisme ? -

P) Un cabinet très masculin autour d’Emmanuel Macron -

Q) Retraités, CSG : non à la stigmatisation, non à la régression... Revalorisez les pensions ! - Sanchez De Benito - Mes Opinions

R) Pourquoi l'évolution énerve-t-elle autant les féministes ? - Peggy Sastre - Slate

S) Voilà pourquoi prendre un VTC sera plus difficile et plus cher à compter du vendredi 29 décembre - Jean-Baptiste Duval  - HuffingtonPost

T) La mairie de Paris et Anne Hidalgo rendent hommage au héros sanguinaire de la dictature cubaine Che Guevara - Valeurs actuelles

U) Che Guevara - Wikiberal



A) Prisons: le gouvernement veut installer des téléphones dans chaque cellule

Le ministère de la Justice vient de lancer un appel d'offres en vue d'équiper, à terme, quelque 50 000 cellules de 178 établissements pénitentiaires.

Des téléphones dans toutes les cellules françaises. Le ministère de la Justice a lancé un appel d'offres afin d'équiper l'ensemble des établissements pénitentiaires du pays, fait savoir à L'Express le cabinet de Nicole Belloubet, confirmant une information publiée ce mardi matin par Le Monde (article payant). Un projet de grande envergure, dont les modalités ne sont pas encore connues avec précision. Au total, ce sont 50 000 cellules de 178 établissements qui devraient être concernés par le projet. 
Ce projet acte la généralisation d'une expérimentation conduite depuis juillet 2006 à la prison de Montmédy, dans la Meuse. Là-bas, les détenus peuvent désormais contacter à toute heure de la journée des membres de leur famille, dans la limite de quatre numéros par détenu, obligatoirement identifiés par l'administration pénitentiaire. Le tout pour un tarif inférieur de 20% à celui des cabines installées dans les couloirs. Le gouvernement estime que cette expérimentation a été une réussite, disant constater une baisse de plus de 30% des trafics de téléphones. Le projet national devrait reprendre cette limitation à quatre numéros, selon une source ministérielle contactée par L'Express. 

Maintenir le lien familial

L'installation et la fin de l'installation des téléphones dans toutes les cellules dépendront de l'entreprise qui remportera l'appel d'offres. Le marché public proposé par le gouvernement est un contrat de concession, fait savoir Le Monde. Cela signifie que l'entreprise financera "l'intégralité de l'investissement". Pour se rémunérer, elle encaissera le coût des communications payées par les détenus. 
En se lançant dans ce vaste projet, le gouvernement souhaite notamment répondre au trafic de téléphones qui inondent les prisons françaises. 33 000 téléphones et accessoires ont été saisis en 2016. Mais encore, le gouvernement, selon Le Monde, souhaiterait ainsi "favoriser le maintien des liens familiaux" afin de favoriser la réinsertion. Aujourd'hui, de nombreux détenus se trouvent dans l'incapacité de passer des coups de fil, faute de surveillant disponible pour les accompagner, mais aussi à cause de la surpopulation carcérale face au faible nombre de cabines. 

Téléphones dans les cellules: "rien d'absurde", pour Nicole Belloubet




B) Fiche de paie. Le bulletin simplifié s’applique à toutes les entreprises

La fiche de paie simplifiée s’applique à toutes les entreprises à compter de ce 1er janvier 2018. Depuis un an, elle était déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés. Explications.
Depuis ce 1er janvier, le bulletin de paie simplifié se généralise à toutes les entreprises françaises. C’est la troisième et dernière étape de la mise en place de cette nouvelle présentation. Le but est de réduire le nombre de lignes de la fiche de paie et rendre l’information plus lisible. Sa longueur peut varier, mais en théorie elle peut se limiter à une dizaine de lignes. Pour les cadres, cette simplification reste mesurée. La réforme porte essentiellement sur les informations concernant les cotisations de Sécurité sociale. La nouvelle présentation regroupe les cotisations par thèmes, santé, retraite, chômage, pour aider à mieux comprendre « à quoi sert l’argent ». Tout en conservant les colonnes employeur et employé. Elle mentionne également les allégements de cotisations financés par l’État.

Un rapport positif

En 2016, une dizaine de grandes entreprises, de 650 à 47 000 salariés, avaient testé le dispositif. Un premier bilan de l’application était positif et un rapport remis à la ministre du Travail du gouvernement Hollande, Myriam El Kohmri, annonçait une « satisfaction » des salariés et « peu de dysfonctionnement » pour les entreprises. 88,3 % des salariés interrogés se déclaraient « satisfaits de la nouvelle version. » Il préconisait cependant des « adaptations » d’ici à sa généralisation, certains salariés estimant que des libellés pouvaient encore être améliorés.

Transition d’un an

Depuis un an, les entreprises de plus de 300 salariés présentaient un bulletin de paie clarifié à leurs salariés. Celles des moins de 300 salariés disposaient de près d’un an pour s’y préparer. La mesure est désormais effective pour toutes les entreprises, quelque soient leurs effectifs.

Lire aussi : Vaccins, automobile, salaires… Ce qui change au 1er janvier

Source




C) Pourquoi les faits ne suffisent pas à convaincre les gens qu’ils ont tort

Les sciences cognitives expliquent pourquoi il est plus facile de nier les preuves factuelles que de renoncer à ses croyances.

Avez-vous déjà rencontré des gens qui changent d’avis quand vous leur exposez des faits qui sont contraires à leurs convictions ? Moi jamais. Pire, les gens semblent renforcer leurs croyances et les défendre avec acharnement quand il y a des preuves accablantes contre elles. L’explication est liée au fait que notre vision du monde nous semble menacée par des preuves factuelles qui ne vont pas dans son sens.
 
Les créationnistes, par exemple, contestent les preuves de l'évolution comme les fossiles ou la génétique parce qu'ils s'inquiètent que des forces séculières empiètent sur la foi religieuse. Les anti-vaccination se méfient des firmes pharmaceutiques et pensent que l'argent corrompt la médecine. Cela les amène par exemple à croire qu’il y a un relation de cause à effet entre les vaccins et l’autisme malgré la vérité gênante que la seule étude affirmant un tel lien a été rétractée et son auteur principal accusé de fraude. Les conspirationnistes du 11 septembre se concentrent sur des détails minutieux comme le point de fusion de l'acier dans les tours du World Trade Center, qui a causé leur effondrement, parce qu'ils pensent que le gouvernement américain ment et mène des opérations « sous faux pavillon » pour créer un nouvel ordre mondial. Les négationnistes du climat étudient les cernes de croissance des arbres, les carottes de glace et les concentrations de gaz à effet de serre parce qu'ils sont passionnés par la liberté, en particulier celle des industries à mener leurs affaires sans être contraintes par des réglementations gouvernementales restrictives. Les obsédés de l’origine de Barack Obama ont désespérément disséqué son certificat de naissance en quête d’une fraude, car ils croyaient que le premier président afro-américain des Etats-Unis était un socialiste qui avait pour but de détruire le pays.
Dans ces exemples, les conceptions du monde profondes de ces partisans sont perçues comme étant menacées par les rationnalistes, ce qui fait de ces derniers « l'ennemi à abattre ». Ce emprise de la croyance sur la preuve s'explique par deux facteurs : la dissonance cognitive et l'effet rebond (backfire). Dans un ouvrage classique publié en 1956 intitulé Quand la prophétie échoue, le psychologue Leon Festinger et ses co-auteurs ont décrit ce qui est arrivé à une secte vouant un culte aux ovnis après que le vaisseau-mère extraterrestre attendu n'est pas arrivé à l’heure annoncée. Au lieu d'admettre leur erreur, « les membres du groupe ont cherché frénétiquement à convaincre le monde de leurs croyances », et ils ont fait « une série de tentatives désespérées pour effacer cette dissonance entre leur croyance et la réalité en faisant de nouvelles prédictions après la prophétie initiale, dans l'espoir que l'une finirait par être la bonne ». Festinger a qualifié cet état de dissonance cognitive, une tension inconfortable qui survient lorsque l'on considère deux idées contradictoires simultanément.
Dans leur livre Les erreurs des autres. L'autojustification, ses ressorts et ses méfaits, publié en 2007, les deux psychologues sociaux Carol Tavris et Elliot Aronson (un ancien étudiant de Festinger) documentent des milliers d'expériences démontrant comment les gens déforment et sélectionnent les faits pour les adapter à leurs croyances préexistantes et réduire leur dissonance cognitive. Leur métaphore de la « pyramide de choix » illustre comment deux individus ayant des positions proches – côte à côte au sommet de la pyramide – peuvent rapidement diverger et finir au pied de la pyramide sur des faces opposées, avec des opinions inverses, dès lors qu’ils se sont mis en tête de défendre une position.
Dans une série d'expériences, Brendan Nyhan, de Dartmouth College, et Jason Reifler, de l'Université d'Exeter, ont identifié un second facteur, connexe, qu'ils ont nommé « effet rebond » (en anglais, backfire) : corriger les erreurs factuelles liées aux croyances d’une personne n’est pas seulement inefficace, mais cela renforce ses croyances erronées, car « cela menace sa vision du monde ou l’idée qu’elle se fait d’elle-même ». Les sujets d’une expérience recevaient par exemple des articles de presse fictifs qui confirmaient des idées fausses répandues, comme la présence d’armes de destruction massive en Irak. Puis on donnait aux participants un article qui démontrait qu’aucune arme de destruction massive n’avait été trouvée. Résultat : les sujets d’orientation libérale qui étaient opposés à la guerre ont accepté le nouvel article et rejeté les anciens, alors que les conservateurs qui soutenaient la guerre ont fait le contraire. Pire, ils ont déclaré être encore plus convaincus de l’existence d’armes de destruction massive après avoir lu l’article montrant qu’il n’y en avait pas, au motif que cela prouvait seulement que Saddam Hussein les avait cachées ou détruites. En fait, Nyhan et Reifler ont noté que chez de nombreux conservateurs, « la croyance que l'Irak possédait des armes de destruction massive juste avant l'invasion par les États-Unis a persisté longtemps après que l'administration Bush elle-même a fini par admettre que ce n’était pas le cas ».
Si les corrections factuelles ne font qu'empirer les choses, que pouvons-nous faire pour convaincre les gens que leurs croyances sont erronées ? Selon mon expérience empirique, on peut adopter le comportement suivant :
  1. Mettre ses émotions de côté.
  2. Discuter, ne pas attaquer (pas d’attaque ad hominem ni de point Godwin).
  3. Ecouter attentivement et essayer de d'analyser la position de votre interlocuteur avec précision.
  4. Montrer du respect.
  5. Reconnaître que vous comprenez pourquoi quelqu'un peut soutenir cette opinion.
  6. Essayer de montrer comment changer de vision des faits n’implique pas nécessairement de changer de vision du monde.
Ces stratégies ne fonctionnent pas toujours pour convaincre les gens de changer de point de vue, mais en ces temps où il est devenu si courant de s’affranchir de la vérité dans le débat public, cela pourrait au moins aider à réduire les dissensions inutiles.

Article original publié sur ScientificAmerican.com







D) Les records de l’ère Macron : la France championne européenne des prélèvements sur la cotisation sociale

Avec 18,8% de PIB, la France est la championne européenne (et même mondiale) de la cotisation sociale. Une étude Eurostat le rappelle. Alors que certains répètent à l’envie que la sécurité sociale est en danger ou qu’elle se désengage, elle n’a jamais été aussi puissante (et inefficace) qu’aujourd’hui.



En 2016, la France est devenue la championne européenne du prélèvement obligatoire, avec 47,5% de PIB transformés en recettes publiques. Mais, comme le montre le tableau ci-dessus, cette charge fiscale n’est pas harmonieusement répartie.

Peu d’impôts sur les particuliers

En particulier, on s’aperçoit que si la France est au-dessus de la moyenne européenne pour les impôts sur la production et les importations, avec 16,1% du PIB (dont moins de la moitié vient de la TVA), elle reste loin derrière des pays comme la Suède (22,6% du PIB) ou la Hongrie (18,3% du PIB).
Pour les impôts sur le revenu et le patrimoine, le constat est le même: la part de celui-ci dans le PIB (12,5%) est proche de la moyenne de la zone euro, et loin derrière les pays scandinaves ou le Royaume-Uni (14,1%).
Les Français ne peuvent donc se plaindre à titre « privé » ou individuel d’une trop forte pression fiscale, surtout s’ils échappent aux assiettes extrêmement étroites de nos impositions.

Le poids écrasant de la cotisation sociale

Sa place de championne européenne du prélèvement obligatoire, la France la doit surtout au poids exorbitant de la cotisation sociale: 18,8% du PIB, soit 3,5 points de plus que la moyenne de la zone euro (soit près de 25% de différentiel défavorable à la France), et 5,5 points de plus que la moyenne européenne.
Le « challenger » le plus direct de la France à ce « jeu » est l’Allemagne, médaille d’argent européenne avec 16,7% du PIB absorbé en cotisations sociales. Le Royaume-Uni est à 7,7% de cotisation.

La cotisation sociale pénalise les entreprises
On rappellera ici que, à la différence de l’Allemagne, la cotisation sociale française frappe surtout les employeurs. Sur ce point là aussi, la France est grande championne européenne, et de très loin.
Autrement dit, dans le grand délire bien-pensant qui veut que la protection du salarié soit dans un espace en expansion permanente, la France a depuis longtemps fait le choix de vendre du rêve à ses ressortissants en torpillant les sources de sa prospérité durable que sont les entreprises. Qu’importe! nos enfants paieront.

Eric Verhaeghe




E) Le Smic mensuel brut en hausse de 18 € en 2018 + gratification pour les stagiaires en 2018

Le montant brut du Smic est fixé à 1 498,50 € par mois en 2018 pour la durée légale de travail de 151,67 heures.
Le taux horaire brut du Smic est fixé, à compter du 1er janvier 2018, à 9,88 € (contre 9,76 € en 2017). Quant au Smic mensuel brut, il s’élève à 1 498,50 € pour une durée de travail de 151,67 heures (35 heures par semaine) contre 1 480,30 € en 2017.


Remarque : le résultat du Smic mensuel brut est légèrement différent si l’on utilise la formule de calcul suivante, également valable, qui consiste à ne pas arrondir la durée mensuelle du travail : 9,88 x [35 x (52/12)] = 1 498,47 €.

Smic mensuel au 1er janvier 2018 en fonction de l’horaire hebdomadaire
Horaire hebdomadaire Nombre d’heures mensuelles Montant brut du Smic*
35  H 151 2/3 H 1 498,50 €
36 H(1) 156 H 1 551,98 €
37 H(1) 160 1/3 H 1 605,45 €
38 H(1) 164 2/3 H 1 659,05 €
39 H(1) 169 H 1 712,53 €
40 H(1) 173 1/3 H 1 766 €
41 H(1) 177 2/3 H 1 819,60 €
42 H(1) 182 H 1 873,08 €
43 H(1) 186 1/3 H 1 926,55 €
44 H(2) 190 2/3 H 1 990,87 €
* calculé par nos soins
(1) Les 8 premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e incluse) sont majorées de 25 %.
(2) À partir de la 44e heure, les heures supplémentaires sont majorées de 50 %.
Décret n° 2017-1719 du 20 décembre 2017, JO du 21

 
Article publié le  - ©  Les Echos Publishing - 2017



Les stagiaires ont droit à une gratification minimale horaire de 3,75 € en 2018.
L’entreprise doit verser une gratification minimale au stagiaire qui effectue en son sein, au cours d’une même année scolaire ou universitaire, un stage de plus de 2 mois, consécutifs ou non.
Cette gratification minimale correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Ce plafond étant fixé à 25 € depuis le 1er janvier 2018, le montant minimal de la gratification s’établit à 3,75 € de l’heure. Pour mémoire, il était de 3,60 € en 2017.
Son montant mensuel est calculé en multipliant 3,75 € par le nombre d’heures de stage réellement effectuées au cours d’un mois civil.


Exemple : la gratification minimale s’établit à 525 € pour un mois civil au cours duquel le stagiaire a effectué 140 heures de stage. Cette somme est calculée ainsi : 3,75 x 140 = 525 €.
Les sommes versées aux stagiaires qui n’excèdent pas le montant de cette gratification minimale ne sont pas soumises à cotisations et contributions sociales.


À noter : si la gratification accordée au stagiaire est supérieure au montant minimal de 3,75 € de l’heure, la différence entre le montant effectivement versé et ce montant minimal est soumise à cotisations et contributions sociales.
Arrêté du 5 décembre 2017, JO du 9
Article publié le  - ©  Les Echos Publishing - 2017



F)  Bilan du Nouvel An : hausse du nombre d'interpellés et de véhicules incendiés

Violences. Le ministère de l'Intérieur a publié les chiffres de la soirée de la Saint-Sylvestre 2017.

 

Au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre, 1 031 véhicules ont été incendiés et 510 personnes ont été interpellées en France, des chiffres en hausse par rapport à l'an dernier, a indiqué lundi 1er janvier le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié sur Twitter. Huit policiers et trois militaires de l'opération Sentinelle ont également été blessés. La nuit de dimanche a notamment été marquée par la violente agression dont ont été victimes deux policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).



 







G) Brigitte Macron veut incarner un rôle plus important à l'Elysée

Son périmètre est défini par la fameuse "charte de transparence" créée après l'élection du président de la République. Mais Brigitte Macron, déjà investie dans plusieurs domaines, chercherait encore sa place dans le dispositif élyséen.

Fin octobre, Brigitte Macron confiait au micro de BFMTV qu'elle prenait encore "doucement le périmètre" de son rôle de Première dame. Depuis l'élection du chef de l'Etat, son épouse l'a accompagné lors de nombreux voyages à l'étranger, elle a été présente à ses côtés pendant les cérémonies officielles, et s'est trouvée au coeur de plusieurs événements, comme le baptême du bébé panda du zoo de Beauval ou des déplacements sur les  thématiques qui lui sont chères.
Son périmètre est défini par la "charte de transparence" souhaitée très tôt par Emmanuel Macron. Mais le texte, qui avait vocation à clarifier son rôle, reste imprécis. D'après un de ses proches cité par RTL, Brigitte Macron souhaiterait avoir un rôle plus significatif à l'Elysée, et pouvoir exister sans son mari. Contacté par BFMTV.com, son entourage précise qu'elle "a pris ses marques" à l'Elysée, mais n'y est pas arrivée avec des actions précises en tête.

"Elle s'est dit qu'elle partirait du courrier qu'elle reçoit chaque jour. Ce qu'elle veut c'est être utile, avoir des résultats."

100 à 150 lettres par jour

L'épouse du chef de l'Etat répond en effet aux sollicitations - très nombreuses - des Français, comme le prévoit la charte. Elle reçoit chaque jour de 100 à 150 lettres, confie son entourage, qui reconnaît avoir quelques missives en retard. "Nous sommes une petite équipe et nous regardons tous les courriers. Les plus urgents sont traités en priorité". D'après RTL, plusieurs milliers de lettres attendraient actuellement sur son bureau. 
En théorie, Brigitte Macron a carte blanche pour agir, du moment que ses actions n'empiètent pas sur les dossiers gérés par Emmanuel Macron. "Elle est complètement en phase avec le président", précise l'un de ses proches. elle a notamment un rôle de représentation à l'étranger, de supervision des manifestations et réceptions officielles à l'Elysée, et de "parrainage" de certains événements caritatifs ou sociaux. La première dame est investie en particulier dans les domaines de la santé, du handicap, de l'éducation mais aussi de l'égalité homme-femme notamment.

"Une femme n'a pas à être placée derrière"

Lors des déplacements à l'étranger, comme en Chine où elle accompagnera son mari du 8 au 10 janvier, elle souhaite désormais ne plus être placée derrière lui. "Une femme aujourd'hui n'a pas à être derrière", estime Brigitte Macron, citée par RTL. D'après son entourage, c'est une conviction qu'elle partage avec son mari.

"Leur conception du couple, c'est être côte à côte".
Ainsi, lors d'une réunion à l'ONU en septembre, le couple présidentiel a choisi de contourner le protocole de l'organisation, qui prévoit que les conjoints de chefs d'Etats soient assis derrière eux. Brigitte Macron a préféré siéger avec la délégation française.






H) Enjeux et défis de la zone euro : de l’impérieuse nécessité d’une fédération politique

Michel Dévoluy, Professeur émérite, Université de Strasbourg, est membre de l’Union des Fédéralistes européens et membre du Comité de soutien de Stand up for Europe. Il a présenté en 2017 une série de conférences sur l’intégration de la zone euro en PACA et à Lyon. En important spécialiste de l’euro, il donne ici sa vision de l’avenir de notre monnaie commune.
Cette note souhaite contribuer à éclairer les débats sur l’avenir de la zone euro. L’objectif est de synthétiser les enjeux et les défis de la monnaie unique afin de justifier la nécessité de progresser rapidement vers un vrai fédéralisme et, en attendant, de mieux comprendre les discussions actuelles.

Résumé

Afin de ne pas trop contrarier les souverainetés nationales, les traités actuels passent très largement à côté du rôle intégrateur de l’euro et fragilisent son avenir.
Cette périlleuse frilosité est identifiée ici à travers deux thèmes : Le rôle dévolu à la monnaie unique et les conditions à remplir pour réussir la création d’une nouvelle zone monétaire.
Les dispositions des textes officiels réduisent l’euro à la mission de parachever le marché unique et négligent ses capacités à devenir un des vecteur fondateurs d’un contrat social et politique entre les Européens. Les traités répugnent également à imposer aux Etats la convergence indispensable au succès irréversible de la zone euro.
Cette note montre que le refus d’une intégration politique conduit la zone euro à se soumettre à un fédéralisme tutélaire qui s’incarne à travers de règles et une surveillance multilatérale.
Ce fédéralisme tutélaire a certes permis la création de l’euro, mais il génère des inefficacités économiques, un manque de démocratie et, finalement, perplexité et désenchantement auprès des Européens. La solution est connue, mais le chemin vers un fédéralisme politique est entravé par les égos nationaux. Il est grand temps d’ouvrir sur ces sujets des débats citoyens.

I. Un contexte général important à rappeler sous forme de cinq remarques contextualisant les difficultés de la zone euro :

1-L’Europe est une construction en tension entre l’intergouvernemental et le fédéral, d’où des conflits de souverainetés. Le résultat est un manque de démocratie, une identité floue et une tutelle des règles sur la monnaie et l’économie (ce que je nomme le fédéralisme tutélaire).
2-L’Europe demeure un espace trop hétérogène. Les Etats diffèrent par leurs structures économiques, sociales et politiques ; leurs performances économiques ; la couleur politique de leurs gouvernements ; leurs attentes face à l’Europe. D’où les difficultés à mettre en place des politiques traduisant des objectifs communs ambitieux. Ces politiques doivent en effet satisfaire tous les Etats en recherchant le plus consensuel des dénominateurs communs. Il en résulte une convergence vers des politiques peu interventionnistes et une préférence pour les régulations par le marché.
3-L’Europe pratique une solidarité minimale. Les égoïsmes nationaux continuent à prévaloir. Cela se traduit par un budget commun minimal, l’absence d’impôts européens et une concurrence fiscale et sociale entre les Etats membres.
4-Des réponses incomplètes et parfois violentes face à la crise déclenchée en 2008. Parmi les avancées positives : Des mesures non conventionnelles de la part de la BCE visant à fournir plus de liquidités aux banques, une nouvelle supervision financière, un mécanisme de solidarité conditionnelle (le Mécanisme européen de stabilité) et un renforcement de la surveillance macroéconomique. Côté négatif : Une violence qui s’est manifestée dans des cures d’austérité excessives imposées notamment à la Grèce.
5- Le Rapport « Compléter l’Union monétaire » dit « des cinq présidents » publié en juin 2015 (présidents du Conseil européen, du Parlement, de la Commission, de la BCE, et de l’Eurogroupe) offre des perspectives intéressantes. Elles ont été validées par les Chefs d’Etats et de Gouvernements. Mais, en regardant de près, tous les changements envisagés restent soumis à la logique intergouvernementale, la tutelle des règles et le règne des experts. La perspective de devoir changer les traités semble toujours tétaniser les esprits.
Résumons : Faute d’intégration politique, l’Europe s’est concentrée sur la construction d’un fédéralisme tutélaire peu démocratique et insuffisamment protecteur des citoyens. L’emprise du libéralisme économique en Europe traduit bien sûr la victoire idéologique de cette doctrine au niveau mondial. Mais ce n’est pas tout.
Le libéralisme offre une réponse « optimale » pour la gestion d’un espace possédant une monnaie unique mais incapable de décider démocratiquement des choix de ses politiques économiques. À cet égard, la doctrine ordo libérale allemande constitue une excellente candidate. Elle défend : la concurrence libre et non faussée, le respect de règles budgétaires strictes et le maintien rigoureux de la stabilité monétaire. Bref, tout ce qui se retrouve explicitement dans les traités actuels.

II. Quels rôles attendus pour la monnaie unique ?

A) Deux enjeux différents
L’euro répond à deux attentes. L’une regarde la monnaie unique comme, avant tout, un vecteur d’efficience économique venant parachever la construction du marché unique. L’autre met l’accent sur le rôle de l’euro comme moteur de d’intégration politique. Ces deux approches renvoient à des analyses différentes de la monnaie. La première se concentre sur son rôle (ses fonctions dans l’économie), la second s’intéresse à sa nature (son essence).
L’approche fonctionnelle est la plus familière aux économistes. Elle étudie ce que fait la monnaie, c’est à dire les services qu’elle rend aux agents économiques et à l’économie en général. Il est admis que la monnaie a la triple fonction d’être : unité de compte (on compte et communique grâce à l’unité monétaire) ; intermédiaire des échanges (la monnaie brise les inconvénients du troc) ; réserve de valeur (on épargne et on diffère les décisions économiques en gardant de la monnaie).
La campagne promotionnelle de l’euro qui a précédé le choix de la monnaie unique avec le traité de Maastricht s’est largement appuyée sur l’efficacité économique de l’euro. Il devait notamment :
  • Réduire les coûts des transactions commerciales et financières entre les Etats.
  • Révéler aux acteurs économiques des prix libellés dans une seule monnaie et, par conséquent, favoriser la concurrence.
  • Faire disparaître les crises de change.
  • Promouvoir l’euro comme la grand rival du dollar.
L’idée que l’euro allait automatiquement entraîner une forme d’union politique était également dans l’air. Mais cette logique s’est enrayée immédiatement. Il faut dire que beaucoup de décideurs économiques et politiques se contentent aisément d’un euro vecteur du bon fonctionnement du marché unique. L’approche essentialiste voit dans la monnaie une institution sociale et politique fondamentale.
La présence de la monnaie est non seulement inhérente aux rapports marchands, mais elle délimite, en même temps, un espace de souveraineté politique et de reconnaissance collective autour d’un symbole. Partager la même monnaie affirme un consensus social et une identité commune. La monnaie et la banque centrale s’analysent alors comme des biens communs fondateurs d’un contrat social et politique. L’histoire de l’antiquité tend d’ailleurs à nous enseigner que la présence d’une monnaie fut d’abord l’expression d’un pouvoir politique avant d’être un instrument d’efficience économique. L’histoire récente montre la concordance entre l’intégration politique et l’adoption d’une monnaie unique à travers trois exemples : La création du Mark allemand en 1875, de la Lire italienne en 1926 et l’adoption du Mark sur tout le territoire allemand après la réunification d’octobre 1990. Créer une monnaie unique sans union politique est donc a priori une gageure.

B) Monnaie et politique monétaire
On le sait, surtout depuis Keynes, la monnaie n’est pas neutre. Précisément, la politique monétaire et la politique de change sont deux instruments majeurs à la disposition des autorités politiques afin d’agir sur l’économie. Mais une monnaie unique implique une seule politique monétaire et une seule politique de change sur l’ensemble de l’espace où celle-ci a cours légal. En principe, cette question se résout d’elle même à travers la présence d’un pouvoir politique unique. Or la zone euro n’est pas un espace politique à part entière. Il s’agit donc de faire coexister une monnaie unique partagée par plusieurs Etats souverains.
La solution à ce problème est inscrite dans les traités à travers deux dispositions clés :
1°, La création d’une banque centrale (la BCE) totalement indépendante des pouvoirs politiques nationaux et communautaires. D’où la perte de souveraineté monétaire.
2°, L’obligation imposée à la BCE de se concentrer sur le seul objectif de la stabilité des prix. Cet objectif, largement consensuel, évite la délicate question des arbitrages politique entre les cibles à atteindre (par exemple faut-il soutenir la conjoncture ou plutôt combattre l’inflation ?). D’où la perte d’un instrument de la politique macroéconomique.
Bref, avec les traités actuels, la politique monétaire sort de la compétence des gouvernements nationaux et reste en dehors de la compétence de l’Union. Rappelons ici que la Banque fédérale américaine (la Fed), bien qu’indépendante, veille à la fois sur l’inflation et la croissance. Elle fait donc de la politique.
L’approche suivie par les traités révèle, en creux, un désintérêt pour une analyse essentialiste de la monnaie. L’euro est en effet cantonné à consolider le fonctionnent du marché unique. Il n’est pas là pour contribuer ouvertement à faire société au niveau européen. Son rôle fédérateur au sein du corps social et politique est de facto négligé. Sauf à accepter que nous nous fédérions tous autour du seul objectif de stabilité des prix, ce qui serait un enjeu collectif un peu décevant face aux espoirs mis dans la construction européenne.
En cohérence avec les éléments précédents, la BCE n’a pas pour mission de conduire une politique de change au nom de la zone euro, excepté le cas où l’évolution du taux de change de l’euro ferait peser un risque avéré d’inflation.
Notons qu’à la question : Que faire avec les politiques budgétaires nationales lorsqu’on partage la même monnaie et que l’on souhaite préserver les souverainetés budgétaires nationales ? Les traités apportent des réponses en droite ligne des analyses précédentes, à savoir : Une surveillance multilatérale des politiques économiques des Etats membres avec, en particulier, un encadrement des budgets nationaux par le Pacte de stabilité et de croissance (les chiffres totémiques de 3% pour le déficit et de 60% pour la dette).
En somme, une monnaie unique acceptée par des Etats qui refusent un gouvernement politique unique implique, au minimum, l’acceptation d’une surveillance rigide. D’où le paradoxe suivant : En voulant préserver leurs souverainetés, les Etats membres se dessaisissent d’une partie déterminante de leurs pouvoirs économiques, sans pour autant le transférer à l’Union. Ces Etats préfèrent s’imposer à eux mêmes des règles à travers des traités. C’est ce que nous nommons le fédéralisme tutélaire.

III. Les critères à remplir pour une monnaie unique : une entreprise exigeante

Était-il rationnel et raisonnable de s’engager dans une monnaie unique ? La réponse passe par des considérations techniques. D’abord, voir à quoi sert un taux de change. Ensuite, rechercher les conditions à remplir pour justifier la présence d’une monnaie unique sur un espace donné. Mais nous verrons que finalement il appartient à la politique de surplomber ces débats.

A) À quoi sert un taux de change ?
Le passage à une monnaie unique implique la disparition d’une variable d’ajustement essentielle dans la vie d’une économie : le taux de change. Précisons cela. Mis à part ses fluctuations quotidiennes liées aux échanges commerciaux et financiers du moment, un taux de change ajuste les écarts (ou les différences) fondamentales qui existent entre deux économies. Il est admis que si deux économies A et B (avec les monnaies A et B) ont des taux d’inflation ou des taux d’intérêt différents, alors le taux de change entre A et B sera affecté et tendra à compenser les écarts.
Mais il est important de voir que l’inflation et les taux d’intérêt en A et B dépendent en réalité des principales propriétés de leurs économie respectives, c’est à dire : des mécanismes de formation des prix, des systèmes fiscaux et de protection sociale, de la productivité du travail, des relations salariés-entreprises, du degré de dépendance vis à vis de l’extérieur, des caractéristiques du système bancaire et financier, du niveau de chômage, du rôle de l’Etat, de la croissance, de la situation des finances publiques, du degré de confiance dans l’économie à la fois pour le court et long terme. Toutes ces données structurelles et conjoncturelles dessinent les caractéristiques des économies A et B. En rappelant avec insistance qu’elles sont nombreuses et variées nous souhaitons insister sur les difficultés à obtenir des économies vraiment homogènes. Ceci dit, nous sommes désormais face au principe suivant : Des économies hétérogènes génèrent des évolutions divergentes des prix et des taux d’intérêt. D’où, le besoin du taux de change pour assurer les ajustements : Aussi longtemps que les économies sont hétérogènes, il faudrait pouvoir recourir aux taux de change.
Ajoutons que le taux de change est également utile lorsqu’une économie subit un choc qui lui fait perdre sa compétitivité internationale (on parle alors de choc asymétrique). Dans ce cas la « manipulation » du taux de change (la dévaluation) peut servir à contrecarrer les effets négatifs de ce choc.
En somme, en suivant strictement les analyses précédentes, seules deux économies parfaitement semblables (ou homogènes) devraient accepter une monnaie unique. Encore qu’il ne s’agisse là que d’une condition nécessaire, mais pas suffisante. Pour être complet, il faut également s’assurer que ces deux Etats ont les mêmes préférences politiques et les mêmes objectifs économiques. Accepter à la lettre toutes ces observations ferait de la création d’une monnaie unique une entreprise en théorie impossible et, au mieux, très hasardeuse.

B) Des choix minimalistes pour l’accès à la zone euro
Les traités européens (à partir du traité de Maastricht signé en 1992) n’ont pas pris toutes les précautions théoriquement requises. Ils ont choisi d’apprécier le degré d’homogénéité minimum des économies grâce à la mesure de quatre critères de convergence : les taux d’inflation, les taux d’intérêt, la stabilité du taux de change pendant les deux années précédant la création de l’euro et l’état des finances publiques avec les fameux 3% et 60%. Ajoutons que les traités prévoient également de coordonner les politiques économiques grâce à une surveillance multilatérale. Mais, en définitive, les mécanismes mis en place représentent un timide règlement de copropriété de la monnaie unique. Ils sont clairement insuffisants pour mener fermement vers une vraie convergence des économies.
Malgré toutes nos observations critiques, l’histoire semble avoir donné raison aux traités. L’euro est là depuis 1999 et la crise qui a secoué la zone ne l’a pas faite éclater. Donc acte ! Sauf que les cinq remarques introductives nous apostrophent sur les limites et les fragilités de la construction monétaire européenne.

C) Un nécessaire rappel à la réalité : les critères d’une zone monétaire optimale
Le besoin de taux de change tend à disparaître lorsque les économies convergent. Soit. Mais un autre problème, corrélé avec le précédent, doit être soulevé : Existent-ils des mécanismes économiques qui pourraient se substituer aux taux de change ? La présence de tels mécanismes permettrait alors de se passer d’eux, et on pourrait adopter une monnaie unique. Les approches en terme de zone monétaire optimale (ZMO) nous éclairent sur ce sujet. Une zone monétaire est qualifiée d’optimale s’il s’avère rationnel d’y utiliser une seule monnaie. Pour cela, des conditions particulières doivent être remplies. On les appelle les critères d’une ZMO. Ils représentent les principaux moyens à mettre en œuvre pour remplacer les taux de change :
  • La mobilité du travail (les chômeurs peuvent se déplacer vers l’économie où il y a des emplois) ;
  • La flexibilité des prix et des salaires (pour maintenir les économies sur un pied d’égalité en matière de compétitivité) ;
  • L’intégration fiscale et sociale (pour éviter les concurrences fiscales et sociales et surtout pour instaurer des mécanismes de transferts automatiques entre les économies qui affichent des performances différentes) ;
  • L’intégration financière (les créances et les dettes doivent circuler librement entre les économies excédentaires et déficitaires) ;
  • Les économies doivent être résolument ouvertes (en s’interpénétrant les économies tendent à avoir les mêmes taux d’inflation et à présenter des performances semblables) ;
  • Les économies doivent être diversifiées (elles ont alors plus de chances de se ressembler que des économies très spécialisées) ;
  • Les économies doivent montrer les mêmes préférences en matière d’objectifs des politiques économiques (des politiques divergentes entretiennent l’hétérogénéité des économies).
  • Les économies doivent avoir des structures telles qu’une politique économique unique aura les mêmes impacts sur l’ensemble de la zone (dans le cas inverse la politique pourrait avoir des effets contradictoires au sein d’un même espace économique et entretiendrait l’hétérogénéité).
L’énoncé de ces critères appellent deux remarques conclusives.
1°, Certains critères évoqués ci-dessus poseront des problèmes ardus aussi longtemps qu’une souveraineté supranationale sera refusée à la zone euro. Par exemple, obliger un Etat à regagner de la compétitivité par une baisse imposée des salaires et des prestations sociales a des effets délétères. Il suffit ici de penser aux politiques imposées à la Grèce pour rester dans l’euro (techniquement, on dit qu’une dévaluation interne remplace la dévaluation externe de la monnaie nationale). Or le problème de la dévaluation interne disparaît, en tant que tel, dans une économie unifiée. De même, les réticences à instaurer des mécanismes très visibles de solidarité financière entre des Etats souverains sont connues et forment un obstacle aux progrès de l’intégration. Or ces transferts sont acceptés lorsqu’ils fonctionnent spontanément à travers les budgets et les systèmes sociaux gérés par une union politique.
2°, Tous ces critères transcrivent la relation intime qui se tisse automatiquement entre la construction d’un Etat souverain, la création d’une zone monétaire optimale et le processus d’homogénéisation de l’économie concernée.
Résumons. Rassembler l’ensemble des critères d’une ZMO dans un espace où les Etats s’arc-boutent sur leurs souverainetés nationales représente une mission délicate et vouée à des revers. Convaincus des bienfaits de l’euro, les dispositions inscrites dans les traités actuels ont éludé ses difficultés. Les identifier sans détours contribue à expliquer la fragilité économique et politique de la construction monétaire actuelle. Finalement, les traités ont mis en place une zone monétaire, pour ainsi dire, « sous-optimale ». En revanche, construire une fédération politique pour la zone euro revient à reconnaître l’impératif d’homogénéité et, par conséquent, à installer une ZMO à part entière.

IV. Conclusion : De l’économie à la politique

Les deux principaux thèmes abordés dans cette note : le rôle de la monnaie et les conditions à remplir pour créer une monnaie unique appellent bien entendu des réflexions théoriques. Mais le regard des économistes ne suffit pas. La vision politique doit prévaloir. En amont de l’approche fonctionnelle se trouve l’approche essentialiste. Elle pointe les fonctions sociales et intégratives de la monnaie. De même, les critères à satisfaire pour former une zone monétaire optimale reviennent à mettre en place les principaux éléments fondateurs d’une union politique. Une conclusion en découle. L’avenir de l’euro passe par l’acceptation d’une Europe à plusieurs vitesses (ou plusieurs cercles). Précisément, le maintien d’une construction bancale qui s’obstine à refuser les transferts de souveraineté indispensables au bon fonctionnement de la zone euro produit de l’inefficacité économique, de la frustration sociale et un manque de démocratie. Les Européens sont en droit d’attendre mieux, rapidement. Il est grand temps de les solliciter à débattre sur ces thèmes.

L'UEF – France est la section française de l’Union des fédéralistes européens.




I) Sommes-nous trop nombreux sur Terre ?

La population mondiale a franchi le seuil de 7 milliards et demi en 2017. Elle devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050.

En 2017, la population mondiale a franchi le seuil de 7 milliards et demi. Elle ne comptait qu’un milliard d’habitants en 1800 et a donc été multipliée par sept et demi depuis (voir la figure ci-contre). Elle devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050. Pourquoi la croissance devrait-elle se poursuivre ? La stabilisation est-elle envisageable à terme ? La décroissance tout de suite ne serait-elle pas préférable ?
Si la population mondiale continue d’augmenter, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès – les premières sont près de trois fois plus nombreuses que les seconds. Cet excédent apparaît il y a deux siècles en Europe et en Amérique du Nord lorsque la mortalité commence à baisser dans ces régions, marquant les débuts de ce que les scientifiques appellent la transition démographique. Il s’étend ensuite au reste de la planète, lorsque les avancées de l’hygiène et de la médecine et les progrès socio-économiques atteignent les autres continents.


Une population africaine en pleine croissance

La croissance démographique a atteint un taux maximum de plus de 2 % par an il y a cinquante ans et a diminué de moitié depuis, pour atteindre 1,1 % en 2017 (voir la figure ci-contre).
Elle devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies en raison de la diminution de la fécondité : 2,5 enfants en moyenne par femme aujourd’hui dans le monde, contre le double (cinq enfants) en 1950. Parmi les régions du monde dans lesquelles la fécondité est encore élevée (supérieure à trois enfants), on trouve en 2017 presque toute l’Afrique intertropicale et les régions allant de l’Afghanistan jusqu’au nord de l’Inde en passant par le Pakistan (voir la carte ci-dessous). C’est là que se situera l’essentiel de la croissance démographique mondiale à venir.
L’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle, passant d’un milliard d’habitants en 2010 à probablement 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 en 2100, ceci malgré l’épidémie de sida. Alors qu’un homme sur six vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement plus d’un sur trois dans un siècle. L’accroissement devrait être particulièrement important en Afrique au sud du Sahara où la population pourrait passer d’un peu plus de 800 millions d’habitants en 2010 à 4 milliards en 2100.


À quoi s’attendre dans les décennies à venir

Ces chiffres sont des projections et l’avenir n’est évidemment pas écrit.
Il reste que les projections démographiques sont relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population à court terme ; c’est-à-dire pour un démographe, les dix, vingt ou trente prochaines années. La majorité des hommes et des femmes qui vivront en 2050 sont déjà nés, on connaît leur nombre et on peut estimer sans trop d’erreurs la part des humains d’aujourd’hui qui ne seront plus en vie. Concernant les nouveau-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé, car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur nombre d’enfants, là aussi sans trop d’erreurs.

La diminution de la population n’est pas une option
Il est illusoire de penser pouvoir agir sur le nombre des hommes à court terme. La diminution de la population n’est pas une option. Car comment l’obtenir ? Par une hausse de la mortalité ? Personne ne le souhaite. Par une émigration massive vers la planète Mars ? Irréaliste. Par une baisse drastique de la fécondité et son maintien à un niveau très inférieur au seuil de remplacement (2,1 enfants) pendant longtemps. C’est déjà ce qui se passe dans une grande partie du monde, les hommes ayant fait le choix d’avoir peu d’enfants tout en leur assurant une vie longue et de qualité.
Mais il n’en résulte pas immédiatement une diminution de population en raison de l’inertie démographique : même si la fécondité mondiale n’était que de 1,6 enfant par femme comme en Europe ou en Chine, la population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies. Cette dernière comprend en effet encore beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants, nés lorsque la fécondité était encore forte, ce qui entraîne un nombre élevé de naissances. Les personnes âgées ou très âgées sont en revanche peu nombreuses et le nombre de décès est faible.

La question de la baisse de la fécondité

Les démographes ont été surpris il y a quarante ans quand les enquêtes ont révélé que la fécondité avait commencé à baisser très rapidement dans beaucoup de pays d’Asie et d’Amérique latine dans les années 1960 et 1970. Ils ont dû notamment revoir sensiblement à la baisse leur projection démographique pour ces continents.
Une autre surprise, plus récente, est venue de l’Afrique intertropicale. On s’attendait à ce que sa fécondité baisse plus tardivement qu’en Asie et en Amérique latine, en relation avec son retard en matière de développement socio-économique. Mais on imaginait un simple décalage dans le temps, avec un rythme de baisse similaire aux autres régions du Sud une fois celle-ci engagée. C’est bien ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais pas en Afrique intertropicale où la baisse de la fécondité, bien qu’entamée aujourd’hui, s’y effectue plus lentement. D’où un relèvement des projections pour l’Afrique qui pourrait rassembler plus d’un habitant de la planète sur trois en 2100.

La fécondité diminue bien en Afrique intertropicale, mais dans les milieux instruits et en villes plus que dans les campagnes où vit encore la majorité de la population. Si la baisse de la fécondité y est pour l’instant plus lente que celle observée il y a quelques décennies en Asie et en Amérique latine (voir la figure ci-contre), cela ne vient pas d’un refus de la contraception.
La plupart des familles rurales ne se sont certes pas encore converties au modèle à deux enfants, mais elles souhaitent avoir moins d’enfants et notamment plus espacés. Elles sont prêtes pour cela à utiliser la contraception mais ne bénéficient pas de services adaptés pour y arriver. Les programmes nationaux de limitation des naissances existent mais sont peu efficaces, manquent de moyens, et surtout souffrent d’un manque de motivation de leurs responsables et des personnels chargés de les mettre en œuvre sur le terrain. Beaucoup ne sont pas persuadés de l’intérêt de limiter les naissances y compris au plus haut niveau de l’État, même si ce n’est pas le discours officiel tenu aux organisations internationales.
C’est là une des différences avec l’Asie et l’Amérique latine des années 1960 et 1970 et l’un des obstacles à lever si l’on veut que la fécondité baisse plus rapidement en Afrique subsaharienne.


À long terme : l’explosion, l’implosion ou l’équilibre ?

Au-delà des cinquante prochaines années, l’avenir est en revanche plein d’interrogations, sans modèle sur lequel s’appuyer.

L’une des grandes incertitudes porte sur la fécondité
Celui de la transition démographique, qui a fait ses preuves pour les évolutions des deux derniers siècles, ne nous est plus guère utile pour le futur. L’une des grandes incertitudes porte sur la fécondité. Si la famille de très petite taille devient un modèle dominant de façon durable, avec une fécondité moyenne inférieure à deux enfants par femme, la population mondiale, après avoir atteint le niveau maximum de dix milliards d’habitants, diminuerait inexorablement jusqu’à l’extinction à terme.
Mais un autre scénario est possible dans lequel la fécondité remonterait dans les pays où elle est très basse pour se stabiliser à l’échelle mondiale au-dessus de deux enfants. La conséquence en serait une croissance ininterrompue, et à nouveau la disparition de l’espèce à terme, mais cette fois par surnombre. Si l’on ne se résout pas aux scénarios catastrophes de fin de l’humanité, par implosion ou explosion, il faut imaginer un scénario de retour à terme à l’équilibre.

Ce sont les modes de vie qui comptent

Les hommes doivent certes dès maintenant réfléchir à l’équilibre à trouver à long terme, mais l’urgence est le court terme, c’est-à-dire les prochaines décennies.
L’humanité n’échappera pas à un surcroît de 2 à 3 milliards d’habitants d’ici 2050, en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Il est possible d’agir en revanche sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et plus économes en ressources. La vraie question, celle dont dépend la survie de l’espèce humaine à terme, est finalement moins celle du nombre que celle des modes de vie.

professeur au Muséum national d'histoire naturelle et chercheur associé à l'INED, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) – Sorbonne Universités, initialement publié sur le site de The Conversation.





J) Emmanuel Macron redonne sa définition de lui-même

Lors de vœux télévisés plus classiques qu'annoncé, le président n'a pas fait d'annonces. Préférant développer une vision politiquement hybride.

La publicité mensongère serait-elle la matière dans laquelle le président excelle le mieux ? Ainsi donc, Emmanuel Macron – et/ou ses équipes – est parvenu à créer du suspense autour d'un des événements les plus traditionnellement ennuyeux de la vie politique. Cette cérémonie de vœux 2017 avait d'abord été annoncée comme novatrice sur la forme. Le président allait-il se trouver à l'extérieur de l'Élysée ? À l'étranger ? Sur une frégate de la marine ?
La rumeur enflait puis est retombée, comme la pâte d'un gâteau plus appétissant dans le four qu'une fois servi dans l'assiette. Ce fut donc au Château. Sans annonce particulière. Et, comme tous les présidents depuis 1960, date des premiers vœux télévisés, Emmanuel Macron a fait une allocution d'un classicisme républicain sans faille.
Évidemment, Jupiter se préparait un peu mieux que cela et c'est pourquoi l'intervention de ce soir méritait d'être vue. En Macronie, les obsèques de Jean d'Ormesson et de Johnny Hallyday l'ont souligné, les mots ont un sens. Ils sont pesés – au risque parfois d'être pasteurisés –, et ne sont pas laissés à la paresse du hasard. On cherchera à ne pas relever ces « celles et ceux », « chacun et chacune », que les adversaires de l'écriture inclusive n'ont pas réussi à lui faire abandonner. On ne s'attardera pas sur ces médecins et pompiers que l'on salue en préambule, à défaut de leur rendre visite ce soir sur le terrain, comme ses prédécesseurs.


Emmanuel Macron a martelé son pragmatisme

Macron a cherché à marquer par des formules. « Grammaire de la paix » concernant le terrorisme, « colloque intime » à propos de notre relation avec l'Allemagne, « socle de notre imaginaire » au sujet de la culture française.
Devant sa télévision – ou pas –, François Fillon a pu se sentir lésé sur la méthode déroulée. Emmanuel Macron a martelé son pragmatisme, il tient en un verbe : faire. Ce verbe que François Fillon avait utilisé comme titre d'un de ses livres paru en 2015, livre qui avait installé sa candidature à la primaire de la droite et du centre. Emmanuel Macron est allé plus loin en devançant un des arguments des leaders Républicains, lesquels reprochent à ce pragmatisme de ne pas être doublé d'un modèle de société. Le président de la République a dit vouloir « permettre non pas d'adapter notre pays aux changements du monde, mais lui permettre d'être ce qu'il est ». Comme l'aveu, lors de ces vœux, d'une permanence de l'identité française.
S'il fallait résumer le développement principal de cette allocution présidentielle seraient retenues les allusions à la lutte contre le terrorisme, à la nécessité d'une relance de l'Europe – un continent « bon pour la France », insiste-t-il auprès de Français toujours sceptiques –, des projets sociaux qui adviennent en 2018, et du service après-vente du projet de loi immigration de Gérard Collomb, avec cette phrase de soutien aux thèses du ministre de l'Intérieur : « Nous ne pouvons accueillir tout le monde. »


Une intervention plus généraliste que technique

De cette intervention plus généraliste que technique, le principal n'était pas l'agenda législatif mais la couleur politique qui se dessinait au fil de ces 18 minutes de paroles présidentielles. Une couleur se confirme : sous les nuances du « en même temps » bien audible ce soir persiste la teinte prédominante du régalien, et même d'une forme de conservatisme au regard du parcours initialement ancré à gauche d'Emmanuel Macron. Le chef de l'État semble se réjouir quand il évoque « la nation ». « Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la France », répond-il à ceux qui, en permanence, réclament au pays l'inverse.
Le président de la République, seul dans son bureau, était également seul face aux Français. L'absence de voix fortes, dans le champ politique, pour le contredire, est pour lui une fausse bonne nouvelle. Une fois épuisé le crédit de confiance, il faudra prouver à la France qu'il n'est pas seulement la dernière vedette politique en activité. Et que le macronisme ne se paie pas uniquement de mots.









K) Pauvreté : en France, le retour en force des bidonvilles

Selon un rapport du Secours catholique, les enfants pauvres sont de plus en plus nombreux en France, et seraient même majoritaires dans les centres d'accueil. 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, et 16 000 personnes logent encore dans des bidonvilles.

La petite route ne porte pas de nom et n'est pas répertoriée sur les cartes de région parisienne. Pourtant, il y a du monde ici : des caravanes et des familles qui vivent cachées entre la voie de chemin de fer et les pylônes d'une vaste chaufferie. Ce sont les membres d'une association qui nous conduisent France 2 dans ce bidonville, qui abrite "entre 15 et 20 familles environ, soit une cinquantaine de personnes", indique Sarah Berthelot, de l'association "Acina".
Presque tous sont issus de la communauté rom. Ils ont fui la pauvreté et les discriminations dont ils se disent victimes en Roumanie. Une fois en France, ils ont bâti ces campements de fortune, le temps de trouver un emploi, pensaient-ils. Mais pour cette famille rencontrée par France 2, cela fait déjà trois ans qu'elle vit dans des conditions insalubres. Comme beaucoup, la famille survit en revendant de la ferraille et des déchets. Elle gagne moins de 500 euros par mois. Une vie enfermée dans la précarité. Certains sont même nés dans ces bidonvilles.

Démolir les bidonvilles ou favoriser l'insertion sociale de ses occupants ?

Une génération bidonville en France, ce n'est pas une nouveauté. Dans les années 1960, déjà, Espagnols, Portugais et Algériens ont connu ce sort. Ils étaient 45 000 jusqu'à ce que les constructions de HLM leur permettent de trouver un toit. Mais depuis 25 ans, les bidonvilles se sont reformés, avec principalement des migrants des pays de l'Est. Au pied des immeubles, dans le 18e arrondissement de Paris, 350 personnes vivent dans un bidonville sans eau courante, au milieu des déchets et des rats, sous les yeux stupéfaits des passants.
Selon les associations, l'État n'investit pas assez dans les centres d'hébergement d'urgence. Bien souvent, la seule réponse des autorités est la destruction des bidonvilles. Certaines communes comme Toulouse (Haute-Garonne) logent gratuitement des personnes à la condition qu'elles apprennent le français et trouvent un emploi. Un investissement rentable selon le maire de la ville rose Daniel Rouge. 650 personnes sont ainsi prises en charge et 250 paient désormais elles-mêmes le loyer.






L) L’(in)efficacité de l’allocation des facteurs avant, pendant et après la Grande Récession

Cette étude évalue l’efficacité de l’allocation des facteurs de production et son impact sur l’évolution de la productivité agrégée du secteur manufacturier en France entre 1990 et 2015. Cette efficacité est décomposée en trois parties : l’efficacité de l’allocation du facteur travail, celle du facteur capital, et l’effet de l’interaction entre ces deux allocations. L’efficacité de l’allocation des facteurs se détériore entre 1997 et 2007, générant un déficit de croissance de la productivité d’environ 0,8 % par an. Cette détérioration est principalement liée au facteur travail, à l’exception du début des années 2000 où prédomine l’effet lié au facteur capital. L’inefficacité de l’allocation des facteurs joue également un rôle important pendant la Grande Récession, expliquant environ 25 % du déclin de la productivité agrégée entre 2007 et 2009 et 20 % du rebond observé en 2010. L’aggravation constatée pendant la crise se distingue par la prédominance de l’effet lié à l’interaction entre les facteurs travail et capital, dont l’impact est faible le reste du temps. Cela souligne l’importance des mécanismes affectant à la fois les marchés du travail et des capitaux pendant les crises financières. Enfin, l’efficacité de l’allocation des facteurs reste stable après 2010 : la productivité agrégée qui serait obtenue en cas d’allocation optimale subit donc après la crise un ralentissement encore plus marqué que celui de la productivité observée.


Le présent document vise à évaluer le déficit de productivité globale des facteurs (PGF) qui résulte d'une allocation inefficace des facteurs de production. De manière plus générale, cette étude vise à contribuer à la littérature liant la dynamique de la productivité agrégée aux déterminants microéconomiques observés au niveau de l’entreprise avant, pendant ou après les crises économiques.

La productivité macroéconomique dépend évidemment de la productivité microéconomique, c'est-à-dire de l'efficacité avec laquelle les entreprises individuelles utilisent leurs facteurs de production (ici main-d'œuvre et capital) pour produire. Toutefois elle dépend aussi de l'allocation de ces ressources entre les entreprises: si l'on parvenait à réaffecter librement une unité d'intrants d'une entreprise à faible productivité vers une entreprise à forte productivité, la production totale augmenterait alors que les stocks totaux de facteurs de production resteraient inchangés. Cette réaffectation améliorerait donc la PGF agrégée. Par conséquent, l’évolution de la productivité macroéconomique dans le temps peut refléter soit la dynamique des productivités microéconomiques, soit une amélioration / détérioration de l'efficacité de l’allocation des facteurs. Cette étude utilise des méthodologies récentes pour distinguer ces deux effets. L’efficacité de l’allocation des facteurs est ensuite décomposée en trois parties: l'efficacité de l’allocation du travail, celle du capital, et l’effet de l'interaction entre ces deux allocations.

Le cadre théorique utilisé pour mesurer l’efficacité de la répartition des facteurs repose sur la définition de fonctions de production individuelles et d'agrégateurs de production. En maximisant la production totale, on peut obtenir l'allocation efficace des ressources et le niveau optimal de la production globale. Le ratio entre la production optimale et la production observée fournit une mesure du déficit de PGF qui peut être imputée à une répartition sous-optimale des facteurs. En supposant que les consommateurs considèrent les prix comme donnés et dépensent de manière optimale, l’allocation efficace est celle pour laquelle les revenus marginaux des facteurs sont égalisés. Le rapport entre les revenus marginaux observés et leur valeur à l’optimum peut donc être vu comme une distorsion qui éloigne l'économie de l’allocation efficace. L’inefficacité de l’allocation du facteur travail (resp. capital) est alors mesurée comme l'augmentation de PGF que l'on obtiendrait en réallouant de manière optimale la main-d'œuvre (resp. le capital) en l'absence de toute distorsion affectant la répartition du facteur capital (resp. travail). L'effet de l'interaction entre les deux allocations est ensuite mesurée par la variation de l'efficacité totale qui ne provient ni de la variation de l’efficacité liée au facteur travail ni de celle liée au facteur capital. Cet effet converge asymptotiquement vers la covariance entre les distorsions affectant le facteur travail et celles affectant le facteur capital et reflète donc le fait que l’inefficacité de l’allocation s'aggrave lorsque les entreprises qui ont trop (ou trop peu) de travail ont aussi tendance à avoir trop (ou trop peu) de capital.

Cette méthodologie est appliquée au secteur manufacturier français à l'aide de la base de données FiBEn. Cette base couvre l’ensemble des entreprises françaises dont le chiffre d'affaires est au moins égal à 750 000 euros sur une période allant de 1990 à 2015, incluant donc la Grande Récession et ses conséquences. Les résultats empiriques sont les suivants: premièrement, réallouer les facteurs de manière optimale augmenterait la PGF agrégée du secteur manufacturier de près de 30 % en moyenne. Le déficit de productivité lié à l’allocation sous-optimale du travail et celui lié au facteur capital sont très similaires, proches de 14%. L'étude montre que les entreprises qui souffrent d'un manque de main-d'œuvre sont également des entreprises qui comparées à la moyenne ont une valeur ajoutée nominale relativement élevée, un stock de capital important et une productivité élevée. Les entreprises qui manquent de facteur capital sont elles aussi plus productives que la moyenne, mais ont une valeur ajoutée nominale relativement basse, moins d’employés et un stock de capital extrêmement faible. Au cours de la décennie précédant la Grande Récession, l’efficacité de l’allocation des facteurs s’est détériorée et a généré un déficit de croissance annuelle de la PGF d'environ 0,8 point de pourcentage. Cette aggravation est principalement liée à l’inefficacité de l’allocation du travail, sauf au début des années 2000, où l’allocation sous-optimale du capital est le principal facteur. L’inefficacité atteint un pic pendant la Grande Récession et diminue au lendemain de la crise: elle représente 23 à 31% de la baisse de la PGF entre 2007 et 2009 et 17 à 26% du rebond de 2010. L’évolution de l’efficacité de l’allocation pendant la Grande Récession est principalement caractérisée par la prépondérance de l'effet d'interaction, qui est négligeable le reste du temps. Les mécanismes affectant à la fois les marchés du travail et des capitaux peuvent donc revêtir une importance particulière dans le sillage des crises financières. Enfin, l’efficacité de la répartition des facteurs reste stable après 2010: le ralentissement post-crise de la productivité agrégée peut difficilement s'expliquer par une moindre efficacité de l’allocation des ressources.

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Document de travail n°658 : L’(in)efficacité de l’allocation des facteurs avant, pendant et après la Grande Récession
  • Publié le 29/12/2017
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Libert Thibault




M) Info RSI

Bye-bye le RSI : ce qui attend les travailleurs indépendants à partir d'aujourd'hui

Promise lors de sa campagne présidentielle, annoncée en septembre dernier par Emmanuel Macron, la réforme du régime social des indépendants (RSI) entre en application ce 1er janvier 2018, avec la disparition pure et simple du régime spécial. Si quelques spécificités de ce dernier demeurent, les indépendants vont devoir acquérir de nouveaux automatismes.

Pour quelque 6,6 millions de travailleurs indépendants (commerçants, artisans, professions libérales, microentrepreneurs, actifs comme retraités, et leurs familles), une page se tourne. A partir de ce lundi 1er janvier, leur très décrié RSI intégrera progressivement le régime général des salariés, la Sécurité sociale promettant un service amélioré. LCI fait le point.
Qu’est-ce que le RSI ?
Créé en 2006, le régime social des indépendants (RSI) est un héritage de la fusion de trois caisses de protection sociale des chefs d’entreprise (caisse nationale d’assurance maladie des professions indépendantes, assurance vieillesse des artisans et organisation autonome nationale de l’industrie et du commerce). Depuis 2008, le RSI a instauré un interlocuteur social unique pour l’ensemble de la protection sociale. Jusqu'à ce 1er janvier, il assurait la couverture maladie des professions libérales, des artisans et commerçants, mais la retraite des deux dernières catégories seulement. L’organisme centralisait aussi toutes les cotisations des indépendants. Un système qui devait simplifier la vie des indépendants grâce à l’installation d’un guichet unique. Mais ce fut plutôt la situation inverse qui a prédominé.

Une caisse nationale et vingt-huit caisses régionales, ainsi que deux caisses de l’assurance maladie-maternité des professions libérales (Ile-de-France et régions) composaient le RSI. On estime à 6,6 millions le nombre de personnes qui y étaient rattachées, indépendants et ayants droit, les commerçants et artisans représentant la majeure partie des cotisants. Le système, géré par l’Etat et les travailleurs indépendants, était déficitaire, les cotisations versées restant inférieures aux prestations. A noter que le taux de cotisation des travailleurs indépendants était inférieur à celui des salariés.
Qui pouvait en profiter jusqu'ici ?
Sont affiliés les professionnels relevant du régime social des travailleurs non-salariés (dirigeants d’entreprises individuelles, auto-entrepreneurs, gérants majoritaires de SARL et EURL). Travailleurs indépendants, artisans, petits commerçants, professions libérales pouvaient ainsi profiter des versements de prestations maladie-maternité et de retraites de base, ainsi que des retraites complémentaires, des indemnités journalières, des pensions invalidité-décès pour eux et leurs ayants droit.
Quels étaient les griefs formulés ?
Le RSI a souvent fait bondir les travailleurs indépendants par ses nombreuses erreurs de calcul de leurs cotisations ou retraite, par un traitement lent des dossiers. Ainsi ses appels à cotisation erronés ont été signalés, des encaissements non pris en compte. Près de 40% des affiliés ont également vu leurs droits à la retraite ne pas être mis à jour correctement. Des erreurs fonctionnelles qui ont un coût élevé : près d’un milliard d’euros de cotisations non recouvrés. Entre la lourdeur du système, les erreurs, la faiblesse des prestations offertes ou encore les contrôles jugés parfois un peu trop musclés, le RDI, qualifié de "catastrophe industrielle" par la Cour des comptes, a donc vécu.
Par quoi va-t-il être remplacé ?
Le régime spécial va être progressivement absorbé par la Sécurité sociale. Les missions jusque-là affectées au RSI (retraite, vieillesse, maladie) vont être redistribuées. Les affiliés actuels du RSI auront en revanche des interlocuteurs spécifiques au sein du régime général pour tenir "compte des spécificités de cette population", avait indiqué la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Si les revenus n’excèdent pas 110% du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), les cotisations des professionnels devraient être revues à la baisse.

La nouvelle organisation pour les indépendants :
• Pour l'assurance-maladie : les CPAM. A compter du 1er janvier 2019, les indépendants peuvent continuer à faire servir leurs prestations par leur CPAM. Jusque-là, le réseau des organismes conventionnés (OC) poursuit le versement des prestations d’assurance maladie-maternité.
• Pour la retraite de base : les CARSAT 
• Pour le recouvrement des cotisations : l’URSSAF. Les indépendants conservent cependant leurs propres règles de calcul des cotisations
• Dans les DOM, ces fonctions sont assurées par les CGSS

A noter que les prestations spécifiques pour l’action sociale (prise en charge de cotisations des assurés en difficulté) et le régime complémentaire de retraite sont maintenues.
Quelles nouveautés pour 2018 ?
"Notre objectif est de mieux rémunérer le travail des indépendants en baissant leurs charges. Il faut que le travail paye."  Edouard Philippe avait résumé ainsi la réforme du RSI lors de sa présentation. Concrètement, tout ne va pas se faire en un coup de baguette magique. Une "phase transitoire" de deux ans débute ce 1er janvier 2018, pour une organisation définitive en place au plus tard au 31 décembre 2019. Mais avec l’intégration au régime général, le rapprochement des droits aux prestations entre les indépendants et les salariés va s’opérer dans de nombreux domaine. 

- Pouvoir d’achat en hausse
Le Premier ministre a promis un gain de pouvoir d’achat de 200 millions d’euros pour 75% des indépendants. La cotisation maladie va baisser de manière dégressive de cinq points pour les entrepreneurs dont les revenus nets sont inférieurs à 43 000 euros par an. Cela équivaut à un gain de 270 €/an pour un indépendant percevant l’équivalent du SMIC et de 550 €/an pour un indépendant touchant 2 400 euros mensuels.
La hausse de la CSG doit être totalement compensée par une baisse de la cotisation familiale de 2,15 points.

- Exonérations des cotisations sociales
Toute entreprise nouvellement créée ou reprise par un indépendant bénéficiera dans sa première année d’une exonération des cotisations sociales, dans la limite de 30 000 euros de chiffres d’affaires. Elle sera dégressive pour les montants supérieurs. En dessous de 5 000 euros de chiffres d’affaires, les micro-entrepreneurs sont eux aussi exonéré de la cotisation foncière des entreprises.

- Une seule et même déclaration
Le versement des cotisations va pouvoir se faire mensuellement ou trimestriellement, selon l’évolution du chiffre d’affaires. Par ailleurs, les indépendants pourront, d’ici 2020, ne faire qu’une seule déclaration fiscale et sociale au lieu de deux actuellement.

- Doublement des plafonds de revenus
Les plafonds de revenus maximum vont être doublés dès 2018 (70 000 euros pour les activités de service, 170 000 euros pour les activités commerciales) afin de permettre aux autoentrepreneurs de bénéficier du régime microsocial

- Amélioration des prestations maladie et maternité
Comme pour l'assurance maladie et la retraite de base, le rapprochement des droits aux prestations entre les indépendants et les salariés se poursuivra pour la maternité. Les indépendants pourraient y avoir tout à gagner. Jusqu’à présent le congé était au minimum de 44 jours consécutifs (6 semaines et deux jours) contre 16 semaines dans le privé. Pour les accidents du travail, le salaire de remplacement était calculé sur les revenus et plafonné à 53,74 €/jour contre 100% pour les salariés du privé.

Le RSI n’ouvrait jusque-là pas de droits au chômage. En étant rattaché au régime général, il devrait désormais s’appliquer aux indépendants et notamment aux patrons d’entreprise. Ces derniers espèrent aussi que l’arrêt du RSI et la prise en main par la Sécurité sociale permettra de raccourcir les délais de traitement de demandes et des versements.
Source 
 
 Macron veut maintenir le RSI sous un autre nom : ne le laissons pas faire !

Les indépendants qui ont cru aux promesses de M. Macron n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Le RSI ne sera supprimé que pour être reconduit sous un autre nom. Il s’agira d’un « guichet » du régime général, qui rendra les mêmes « services », et dont les cotisations et les prestations seront celles de l’actuel RSI.
Le vice fondamental du RSI n’est pas tant son catastrophique mode de fonctionnement que le niveau de ses cotisations. En moyenne un indépendant doit donner au RSI la moitié de ce qu’il gagne. Il n’existe pas au monde un seul système d’assurance aussi coûteux. Donner autant d’argent pour une couverture maladie et retraite (par ailleurs  misérable) est un défi au simple bon sens.
Comment se fait-il qu’un tel système ait pu être conçu et mis en place. Et qui plus est par des hauts fonctionnaires et des politiciens dotés d’une certaine intelligence. N’ont-ils pas réfléchi aux conséquences de la création du RSI ? N’ont-ils pas vu qu’ils allaient sinistrer un secteur essentiel de l’économie nationale, celui des petites et moyennes entreprises et des professions libérales, qui emploient plus de la moitié des salariés du secteur privé en France ?
En réalité, ils ont commis cet acte intentionnellement. Il s’agissait de briser la nuque d’un redoutable concurrent pour l’exercice du pouvoir.
Car ce sont ceux qui font vivre le pays qui ont vocation à le diriger.
Les technocrates n’ont aucune légitimité à cet égard. Ils ne sont que des fonctionnaires, dont la mission est d’obéir. Or ils ont acquis, par un véritable coup d’Etat institutionnel, le droit de commander, et ils veulent à tout prix le garder. A tout prix est l’expression qui convient. Car celui que paie notre pays est celui que lui coûte le chômage de masse dont il est victime et dont le RSI est l’un des principaux coupables.
S’il y avait une autre raison à la création et au maintien du RSI depuis dix ans, celui-ci aurait été rapidement supprimé, tant les protestations et les suicides d’affiliés ont été nombreux. Quand un salarié d’Orange met fin à ses jours, c’est tout l’Etat qui tremble. Quand c’est un artisan ou un commerçant, cela fait au plus trois lignes dans la presse locale.
Nous ne sommes donc pas face à une impéritie administrative, mais à un crime d’Etat. Oui, disons-le haut et fort et répétons-le : les créateurs du RSI et ceux qui le maintiennent sont des criminels !
M. Macron, qui s’apprête à conserver le RSI sous un simple  maquillage, s’inscrit dans cette sinistre lignée. Rien d’étonnant à cela. Technocrate jusqu’au bout des ongles, il s’est entouré de plus de technocrates qu’aucun gouvernement de la 5e République n’en ait jamais comptés, et a fait élire plus de 300 députés fantoches, chargés de faire croire à l’opinion que la démocratie est respectée.
Personne ne doit se faire la moindre illusion. Nous sommes face au maintien et à l’aggravation du régime qui a, en 40 ans, conduit la France à la faillite.
Les conséquences ne sont pas difficiles à prévoir. Dès que M. Macron aura fini de marcher sur l’eau, c’est-à-dire dans quelques semaines, et que les graves problèmes aujourd’hui cachés sous le tapis réapparaîtront, le climat social se dégradera rapidement, entraînant une crise politique de grande ampleur, que l’imposture macronienne
n’aura pas masquée longtemps.
 

Ce jour-là, chacun devra prendre ses dispositions. Les nôtres le sont. En octobre nous réunirons nos troupes afin de les placer en ordre de bataille dans la guerre qui vient.
Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue. On nous la fait. Personne ne comprendrait que les forces vives de la nation subissent une dictature politique  et une mise à mort économique sans réagir. Nous le ferons avec toutes les armes dont nous disposons. Elles sont strictement légales et le resteront. C’est pour cela qu’elles sont les plus efficaces.
Nous, les forces vives du pays, nous devons reprendre le pouvoir aux usurpateurs qui s’en sont emparé. Guidés que nous sommes par cette affirmation de Tocqueville : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »

Claude Reichman via





N) La grande pauvreté baisse dans le monde mais de fortes inégalités persistent entre régions

La pauvreté recule dans le monde. 800 millions d’individus vivent cependant toujours avec moins de 1,90 dollar par jour, le seuil d’extrême pauvreté.

Le nombre de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté (1,90 dollar par jour et par personne) dans le monde a diminué d’un peu plus d’un milliard en trente ans, passant de 1,9 milliard en 1981 à 800 millions en 2013 [1], selon la Banque mondiale. Une évolution d’autant plus positive que, dans le même temps, la population mondiale est passée de 4,5 à 7,2 milliards d’individus. Du coup, le taux d’extrême pauvreté a été divisé par 3,9 : 10,7 % de la population mondiale vit aujourd’hui avec moins de 1,90 dollar par jour, contre 42,2 % il y a 30 ans. 

La pauvreté par grande région du monde

Toutes les régions du monde ont vu l’extrême pauvreté reculer au cours des trente dernières années, alors même qu’elles sont confrontées à une pression démographique souvent considérable. En Asie de l’Est et Pacifique, la réduction est spectaculaire. En 2013, 74 millions de personnes vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour dans cette région du monde (soit 3,7 % de la population), alors qu’elles étaient plus d’un milliard en 1981 (80,5 % de la population). La Chine et le Vietnam ont largement contribué à ce phénomène.

Même l’Afrique subsaharienne – que l’on disait condamnée au sous-développement – suit le mouvement. La part de la population concernée par l’extrême pauvreté a reculé de huit points en trente ans (41 % en 2013 contre 49,3 % en 1981) en dépit du boom démographique. Pour autant, le nombre de personnes extrêmement pauvres continue d’y augmenter, passant de 278 millions en 1990 (229 millions en 1981 selon nos estimations) à 390 millions en 2013 du fait de la forte croissance démographique.

Restons prudents. Si la mesure des revenus est lacunaire dans les pays développés, elle l’est bien plus dans les régions pauvres, certaines n’ayant même aucune donnée officielle récente. En outre, les instruments de mesure sont différents selon les pays. Ces données mondiales ne sont que des ordres de grandeur vagues dont il ne faut retenir que la tendance. De plus, les moyennes nationales des pays émergents masquent la persistance d’immenses poches de pauvreté. Le seuil de 1,90 dollar par jour est très bas et, s’il tient compte de la hausse des prix, il ignore l’enrichissement des pays, contrairement au seuil de pauvreté utilisé dans les pays riches. Enrichissement qui, dans la très grande majorité de ces régions pauvres, bénéficie à une minorité de privilégiés. La pauvreté absolue (le nombre de personnes vivant sous un seuil fixe de revenus) peut se résorber alors que l’écart entre le niveau de vie des plus pauvres et celui de la classe moyenne s’accroît (ce qu’on appelle la pauvreté relative). Un phénomène source de tensions.





O) La transformation digitale est-elle un extrémisme ?

Prenons la transformation digitale pour ce qu’elle est vraiment : une rupture technologique, culturelle et organisationnelle qui recompose l’entreprise dans son intégralité. Autrement dit, une rupture totale. Partant de ce constat, quel est le rôle du consultant en conduite du changement ?
Gonflé à l’intelligence artificielle comme un bodybuilder sous stéroïdes, doit-il se cantonner à un rôle de presse-bouton adressant des conseils immédiats et millimétrés aux dirigeants ? Ne doit-il pas plutôt agir comme un chef d’orchestre, capable de battre la mesure du changement, de percevoir toutes les aspérités humaines de ce processus complexe qu’est la transformation numérique ? Mise en perspective…

Une rupture totale qui induit des transformations radicales

En intégrant les technologies digitales dans leur organisation, leur culture d’entreprise ou leur infrastructure informatique, les entreprises redéfinissent complètement la façon dont circule l’information pour, in fine, initialiser un nouveau mode de création de valeur.
La transformation numérique n’est pas une suite de mesurettes faisant, pendant un temps, office de pare-feu au cheval de Troie des concurrents disrupteurs. L’acquisition d’une maison ne se fait pas brique par brique. C’est un ensemble, qui va des fondations au plan, en passant par la couleur du canapé du salon.
S’associer avec une start-up, implémenter un nouvel ERP dans son entreprise ou passer au lean management ne sont que des maillons de la chaîne, les morceaux d’une partition plus large. La transformation numérique est un processus associant l’ensemble des métiers de l’entreprise, remettant en cause toute sa stratégie.
Face à cette recombinaison presque génomique, les technologies alimentées à l’intelligence artificielle peuvent être d’une grande aide. En analysant de grands volumes de données, elles priorisent instantanément les chantiers de la transformation digitale, deviennent de vrais guides. De là à remplacer les consultants ? Non, voici pourquoi.

La technologie, un instrument du consultant et non l’inverse

Les prévisions décrites dans « AI May Soon Replace Even the Most Elite Consultants » de Barry Limbert et Megan Beck, membres de la société Oppen Matters spécialisée en Machine Learning, annoncent l’avènement de « Robo-advisors » capables de répondre à des questions comme « Quel est le risque majeur pour mon entreprise avant la fin de l’année compte-tenu des prévisions du marché ? ». Tout cela est faux. La transformation numérique ne se réduit pas à des enjeux technologiques, sa dimension humaine est primordiale.
En prenant le temps de l’écoute, de la compréhension des besoins de l’entreprise, de ses dirigeants, le consultant en conduite du changement va bien au-delà des données collectées par les solutions de business intelligence, il creuse dans l’essence même de l’entreprise.
C’est un compositeur qui recherche des harmonies entre les différents besoins métiers, les contraintes stratégiques de l’entreprise et le niveau d’acculturation digitale des collaborateurs. Une fois cette partition définie, il se mue en chef d’orchestre en s’appuyant sur les technologies.
Dépasser la réalité des données pour comprendre celles des hommes et femmes qui font la transformation numérique de leur entreprise est la raison d’être du consultant de demain, sa valeur ajoutée, son ADN.

La technologie doit rester un additif pour le consultant, un moyen de se substituer aux tâches répétitives, sans valeur ajoutée, et de fournir une information beaucoup plus riche et pertinente. Les qualités d’écoute, de bienveillance et le bon sens restent l’apanage du consultant. Une fois cette harmonie trouvée, il sera possible de dire que la transformation numérique du consulting est terminée, avant, à n’en pas douter, un nouveau cycle d’innovation et de rupture.




P) Un cabinet très masculin autour d’Emmanuel Macron

Loin de l’objectif de parité annoncé, le président s’est entouré d’hommes jeunes, surdiplômés et assoiffés de pouvoir.

Ils marchent sur le tapis rouge qui fend la cour de l’Elysée, installé pour la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron, le 14 mai. Ils arrivent en conquérants, souriant, vêtus de noir, pour la plupart. Cheveux bruns coupés court, costumes ajustés, ils se ressemblent étrangement, ils pourraient être frères. Ils sont neuf, dont huit hommes. Et une femme, une seule.

Parmi ces proches du président arrivés en grappe au palais, deux seront nommés ministres (Benjamin Griveaux et Julien Denormandie), un deviendra le patron des députés LRM (Richard Ferrand), un autre prendra du galon au parti (Arnaud Leroy) et cinq rejoindront l’Elysée ou un cabinet ministériel, dont quatre hommes (Ismaël Emelien, Jean-Marie Girier, Stéphane Séjourné, Sylvain Fort) et une femme, Sibeth Ndiaye, la conseillère en communication du président.

Pour sa conquête du pouvoir, Emmanuel Macron s’est entouré d’hommes, jeunes, surdiplômés, assoiffés de pouvoir et d’amitié, à l’image de la brigata de Machiavel. « Il y a en Macronie une culture de mâles alpha, toute-puissance et disponibilité permanente », observe une conseillère ministérielle qui regrette que le cabinet « pléthorique » du président compte aussi peu de femmes.

Selon le Journal officiel du 18 septembre, l’équipe d’Emmanuel Macron totalise cinquante-trois personnes, dont trente-six hommes pour seulement dix-sept femmes, très loin de l’objectif paritaire que le chef de l’Etat avait lui-même fixé lors du premier conseil des ministres en évoquant les nominations dans les cabinets. « Les recrutements ne se font pas en fonction des sexes mais de la qualité des personnes, et il y a un objectif qui est celui de la parité », avait à l’époque argué le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, interrogé sur ce déséquilibre au cœur du pouvoir.

Aux commandes du pays, un trio cent pour cent masculin : Emmanuel Macron, son bras droit, le puissant secrétaire général Alexis Kohler, et le conseiller spécial, Ismaël Emelien. Parmi les douze conseillers directement nommés auprès de la présidence (les autres sont rattachés au cabinet), une seule femme, la secrétaire générale adjointe, Anne de Bayser. La garde rapprochée du président est donc quasi exclusivement composée d’hommes. En revanche, les deux communicantes du palais sont des femmes, Sibeth Ndiaye et Barbara Frugier. « Les membres du cabinet sont recrutés en fonction de leurs compétences et bien sûr de leur envie, explique-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat. Le rythme de vie peut constituer du point de vue de certaines femmes un frein pour candidater sur des postes en cabinet, ce qui explique ce déséquilibre. C’est un plafond de verre hélas bien connu. » 
Le mouvement citoyen #JamaisSansElles, qui avait fait signer une charte sur la promotion de la mixité à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, regrette « un décalage » entre les promesses et les actes. « Il est vrai qu’il y avait une absence de femmes dans son équipe mais nous pensions qu’une fois à l’Elysée, il pourrait rééquilibrer », explique la porte-parole du mouvement, Natacha Quester-Séméon, qui rappelle que le chef de l’Etat avait aussi évoqué la nomination d’une femme à Matignon ou au Perchoir. « Macron tient la plupart de ses promesses mais celles concernant l’égalité hommes-femmes ne sont pas vraiment honorées, poursuit-elle. Il y a une déception. »  


Deux ministères sanctionnés pour ne pas avoir nommé assez de femmes 




Q) Retraités, CSG : non à la stigmatisation, non à la régression... Revalorisez les pensions !

À l'attention : de Monsieur le Président de la République

Retraités et hausse de la CSG : Non aux mensonges stigmatisants, oui à l’égalité de traitement ! Monsieur le Président, revalorisez les pensions de 3,15%.

Voici les mensonges propagés par les écrivaillons de 95% des titres de la presse, papier ou électronique :

Un effort va être demandé aux plus aisés des plus aisés des retraités de la génération dorée. La réforme de la CSG du nouveau président Macron va transférer la pression fiscale des classes moyennes aux retraités les plus riches. Seuls les 60% de retraités les plus aisés qui paient une CSG à taux plein subiront la hausse de cet impôt. C’est une mesure de justice redistributive, imbibée du principe d’égalité.

 La vérité est tout autre :

La hausse de la CSG de 1,7% concerne les retraités dès que leur revenu fiscal annuel atteint ou dépasse 14375€ pour une personne seule, 22051€ pour un couple. Elle peut donc s’appliquer même à des retraites inférieures à 1000€ net mensuels !!!

Alors que pour les salariés, la hausse de la CSG doit être compensée par une suppression de leurs cotisations d’assurance maladie (0,75%) et de chômage (2,4%), et que des compensations sont envisagées pour les indépendants, rien de tel n’est prévu pour les retraités. Si rien ne change, ils seront donc victimes d’une politique discriminatoire, clairement inégalitaire (que ne saura adoucir le projet de suppression de la taxe d’habitation sous des conditions de ressources semblables pour les contribuables de tout âge, et dont ils ne bénéficieront donc pas davantage que les autres).

Cette discrimination serait d’autant plus choquante que :

- le salaire moyen net est en 2016 de 2002€, alors que la pension moyenne nette de retraite (de la « génération dorée ») se situe autour de 1300€ (1376€ bruts, fin 2015 d’après la Drees) ;

- la hausse de la CSG pénaliserait de nouveau  les pensions de retraite de base et complémentaires, qui ont subi déjà des baisses en 2014, 2015 et 2016 (taux de revalorisation de 0%) et dont de nouveaux grignotages sont programmés pour les secondes jusqu’en 2018 inclus.

 Au nom de l’égalité de traitement s’impose donc la nécessité de compenser pour les retraités la hausse de la CSG, exactement comme pour les salariés. C’est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le Président, de prévoir concomitamment une revalorisation des pensions de base et complémentaires de 3,15% et de veiller à leur indexation, au minimum, sur l’inflation.



R) Pourquoi l'évolution énerve-t-elle autant les féministes ?

Voici une tentative de liste non exhaustive des biais et des préjugés rendant, parfois, la récurrente critique féministe des hypothèses évolutionnaires sur le viol pour le moins problématique.

Mi-janvier, le psychologue évolutionnaire, Jesse Bering, a écrit un article pour Slate.com, où il présentait quatre manières dont les femmes avaient évolué pour se protéger des viols lorsqu’elles ovulaient.
Son article a déclenché de violentes critiques, au sein de Slate et sur des sites scientifiques notamment. Plusieurs journalistes de Double X, le site féminin de Slate, ont écrit une réponse à son article, et Jesse Bering a lui-même écrit une réponse à ces critiques.
Nous publions en même temps le premier article de Bering, une des réponses de Double X, la réponse aux réponses de Bering, ainsi qu’un article de Peggy Sastre sur le problème des féministes avec la psychologie évolutionnaire et enfin un article de Titiou Lecoq qui porte plus généralement sur les études scientifiques et «la femme».
***
On a beau aimer la vie, comme c'est mon cas, dans tout ce qu'elle a de divers, de changeant, et d'évolutif, il faut bien se résoudre à admettre que, parfois, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Un peu comme le point Godwin qui arrivera tôt ou tard dans une discussion un peu animée  sur Internet, ou le complot judéo-maçonnique dans un débat télévisé auquel participe Alain Soral, si quelqu'un défend la biologie évolutionnaire en général, et certaines de ses hypothèses sur le viol en particulier, il devra vite, très vite, faire face à une contestation féministe acharnée. 
Jesse Bering en a récemment fait les frais, mais la chose n'est pas nouvelle. En 1997, dans son ouvrage collectif Feminism and Evolutionary Biology - Boundaries, intersections and frontiers  [Féminisme et biologie évolutionnaire – limites, intersections et frontières], la biologiste et zoologue Patricia Gowaty déplorait une «antipathie navrante de la société moderne, et de nombreuses féministes, envers la science et le discours scientifique» «Cet illettrisme scientifique, poursuivait-elle, conduit à une compréhension superficielle de la nature de la science et à l'ignorance de processus darwiniens de base.»
Un peu plus tard, en 2000, Margo Wilson écrivait dans l'avant-propos de l'ouvrage de Randy Thornhill et de Craig Palmer A Natural History of Rape [Le viol: comprendre les causes biologiques pour le surmonter]:

«Le viol est atroce pour les femmes. La simple idée d'un viol éveille angoisse, dégoût, et colère, et il n'est donc pas surprenant que les femmes soient perplexes quand il s'agit de soumettre le viol à l'examen scientifique. Des recherches sur des maladies mortelles, ou cruellement défigurantes, suscitent sans doute moins d'antipathie et de perplexité.» 
Près de 15 ans après Gowaty, 10 ans après Wilson, Thornill et Palmer, la situation n'a, visiblement, pas beaucoup changé. Et Bering s'est si admirablement défendu face aux méprises et aux faux-procès que son papier a suscités, chez P.Z. Myers et Jerry Coyne en particulier, que je ne vais pas risquer le double emploi en m'acharnant sur les erreurs d'Amanda Marcotte.
Mais quand même: car en ce qui me concerne, ma perplexité s'attise quand je vois des féministes chez qui, la simple idée d'une explication biologique du viol –que ce soit du point de vue masculin, comme chez Thornill et Palmer, ou féminin, comme dans les études rapportées par Bering– génère des réactions aussi épidermiques qu'outrées, et plein d'adjectifs comme misogyne, sexiste, réactionnaire, dangereux, etc.
Vu qu'avoir l'impression que mon cerveau est littéralement paralysé face à une montagne de non-sens n'est pas très satisfaisant intellectuellement, voici donc une (tentative de) liste (non exhaustive) des biais et des préjugés rendant (parfois) la (récurrente) critique féministe des hypothèses évolutionnaires sur le viol pour le moins problématique.

1. Ignorance de l'échelle évolutive

Première erreur fréquemment rencontrée: la confusion des échelles de temps entre nos gènes, nos comportements et nos milieux de vie –ou l'argument du on-n'est-pas-des-singes.
Par exemple, sous prétexte que nous vivons dans des sociétés développées où les femmes prennent la pilule, les enseignements de la psychologie et biologie évolutionnaires seraient caducs.
Mais l’évolution se tient sur un temps long (échelle géologique) et non un temps court (historique). Nous avons quasiment les mêmes gènes que nos ancêtres ayant vécu voici 300.000 ans dans la savane africaine, et nous tendons ainsi à avoir les mêmes comportements, lorsque ceux-ci sont influencés par les gènes.
Il est facile de développer une phobie des araignées, des eaux noires ou des serpents (dangers évolutifs), alors que les voitures, si fréquentes dans nos villes et bien plus létales, en provoquent rarement (danger historique).
Si le viol est une des stratégies sexuelles masculines dans l’évolution, la contraception de la victime (pilule) ou de l'agresseur (préservatif) n’y change pas grand-chose, car c’est un changement bien trop récent dans l’environnement adaptatif des humains.
Il faut des centaines ou des milliers de générations pour que le milieu sélectionne des variations génétiques adaptatives dans une population. De même qu'un coup de dés jamais n'abolira le hasard, une petite cinquantaine d'années de contraception chimique, et donc de contrôle et de modification efficaces de la fertilité féminine, fait bien pâle figure face aux 4 milliards d'années d'évolution de la vie sur notre planète.
Néanmoins, certaines études commencent déjà à souligner les premiers effets comportementaux de la pilule sur les femmes qui la prennent. L'évolution est certes un lourd handicap, elle n'est pas un destin – et les avancées technoscientifiques font qu'elle pourrait l'être de moins en moins.

2. Préjugé déterministe

Deuxième erreur: l’incompréhension des mécanismes génétiques. Suggérer qu’un comportement a une base évolutive et qu’il serait en partie inscrit dans nos variations génétiques n’implique absolument pas un déterminisme héréditaire permettant de tirer des conclusions générales sur tous les mâles (ou toutes les femelles).
D’abord, le lien entre un gène et un trait passe par des variantes du gène (appelés allèles) qui ne sont pas présentes dans toute la population, mais dans une proportion plus ou moins large. Ensuite, l’expression d’un gène est modulée par l'environnement des individus, à commencer par le milieu cellulaire (modulation épigénétique).
Le même gène ne produit pas forcément les mêmes signaux biochimiques dans la cellule. Et il ne produit pas plus, à un autre niveau, les mêmes comportements dans la société. Cela ne signifie pas pour autant que ces gènes n’ont pas une influence perceptible au plan statistique, quand on étudie une population entière.
De plus, alors que Jesse Bering mettait en garde contre «le préjugé du déterminisme biologique (selon lequel les hommes sont programmés par leurs gènes pour violer et n'ont aucun libre-arbitre qui leur permettrait de faire autrement)», Amanda Marcotte fonce tellement et si rapidement tête baissée dans cet écueil (et celui de l'erreur naturaliste, dont il sera question dans le point suivant) qu'on pourrait croire qu'elle le fait exprès, ou qu'elle n'a pas lu plus de deux paragraphes du papier qui lui fait horreur.
«Même s'il s'en défend», nous dit-elle, suivant l'imparable argument du quoi-qu'on-en-dise voulant qu'un auteur n'est pas le mieux placé pour savoir ce qu'il a voulu écrire, «le fait [je souligne] est que l'article de Bering minimise la gravité du viol. Il suggère qu'on ne peut pas faire grand-chose contre le viol, que les hommes sont programmés [idem] pour s'y adonner». OK d'accord, à ce niveau de myopie, je crois qu'on peut parler d'aveuglement.
Enfin, petite variable irritante du préjugé déterministe, l'idée d'une hiérarchie, si ce n'est d'une opposition entre un (présumé) déterminisme biologique, et un déterminisme social (le viol comme «comportement acquis», nous dit Marcotte).
Le second, ici, serait meilleur que le premier, de la même façon que la doxa féministe répète à l'envi que les filles ne sont pas naturellement maternelles, ni les garçons bagarreurs, que tout cela provient d'un affreux système social patriarcal inculqué à nos chères petites têtes blondes depuis le berceau, et qu'en prétendant le contraire, on fait le lit d'Auschwitz, d'Hiroshima et de Gattaca réunis.
L’idée d’un individu comme d’une «page blanche» (blank state, l’équivalent du tabula rasa latin) est en effet le standard caduc –que John Tooby et Leda Cosmides nomment SSSM («Standard Social Science Model») dans The Adapted Mind: Evolutionary Psychology and the Generation of Culture, sur lequel se fondent nombre de sciences dites «sociales». L’être humain naîtrait vierge de toute détermination antérieure et serait entièrement modelé par l’éducation et des données environnementales externes.
Petit problème: c'est tout bonnement faux. Le terme de «page blanche» est repris par Steven Pinker en 2002 dans The Blank State: The Modern Denial of Human Nature, compte-rendu des principales conclusions de la psychologie évolutionnaire. Il entend mettre fin, en particulier, au serpent de mer qu’est l’opposition inné contre acquis, ce faux débat abandonné depuis de nombreuses années par les scientifiques. Mais quand on lit desarticles comme celui d'Amanda Marcotte, il semble, malheureusement, avoir encore de belles années devant lui... 

3. Erreur naturaliste

Troisième méprise: l’erreur naturaliste «pour qui, si le viol est naturel, alors il est acceptable» (nous avertit, là encore, Jesse Bering), est bien connue depuis Hume. Le «is» (ce qui est) n’est pas le «ought» (ce qui devrait être), expliquait le philosophe anglais.
On ne peut pas déduire d’un jugement de fait (par exemple les hommes sont en moyenne plus musclés que les femmes) un jugement de valeur (par exemple il est bon ou juste que les hommes utilisent leur force naturelle pour s’imposer).
Dès lors, il n’y a aucune raison de réagir agressivement à des travaux scientifiques suggérant une base naturelle de certains comportements. A dire vrai, absolument tous nos comportements proviennent d’un socle biologique: notre corps.
Une fois mis en évidence un phénomène répondant à des prédispositions biologiques (par exemple la violence masculine), la place est libre pour comprendre la manière dont la culture et la société peuvent combattre, réfréner, ou orienter ce comportement. Ainsi, la misère sociale augmente la probabilité de misère sexuelle et donc celle de violence comme stratégie d’accès aux femelles: que Marcotte et Bering s'embrassent et dansent, ils ont tous les deux «raison».

4. Préjugé indifférentialiste

Quatrième erreur: le préjugé indifférencialiste. Voilà le mantra du féminisme à la Marcotte: il n’y a  pas de différences notables entre les hommes et les femmes, du point de vue de la cognition et du comportement. «Nous» serions tous les mêmes, et nos différences, si elles se manifestent, ne sont que déterminées culturellement et socialement (idem, ceux qui pensent le contraire sont des ignobles qui souhaitent voir les femmes rester à la cuisine, et les hommes sur le champ de bataille –ouba ouba).
Comment ne pas le formuler trop méchamment: il s’agit là de l'ignorance pure et simple des enseignements des cinquante dernières années de recherches et de progrès scientifiques. En 2005, Huntington Willard, un des 250 co-auteurs de l’annotation du chromosome X, déclarait ainsi dans Nature:
«Il n’y a pas un génome humain, mais bien deux: le génome mâle et le génome femelle.»
Du berceau à la tombe, on note des différences cognitives et comportementales statistiquement significatives entre les deux sexes, et cela dès le niveau évidemment inconscient de l’expression génétique, de la production hormonale et de l’organisation neurologique. L’agressivité (sexuelle ou non) est un cas d’école: dans toutes les sociétés connues, présentes ou passées, les hommes sont responsables des violences sur personnes et biens dans 80 à 95% des cas. En vertu des points précédents, cela ne signifie pas que tous les hommes sont violents et toutes les femmes pacifiques. Les différences entre individus peuvent très bien surclasser les différences entre groupes (genre, ethnie, classe, etc.) et l'appartenance à un groupe ne suffit donc pas à prédire un comportement. Cela indique simplement la probabilité plus élevée d’agir de telle ou telle manière.
Ce préjugé se nourrit d'ailleurs d'un autre, là aussi tellement banal qu'il en devient insultant: le préjugé dualiste. Vieux comme Descartes, ce dernier présume une scission entre corps (bas) et esprit (noble). Là où les différences physiques entre les sexes sont évidentes, faire état de disparités «spirituelles» frise l'anathème chez beaucoup de féministes.

5. Préjugé idéologique

Cinquième erreur: le jargon idéologique. Sauf exception, le féminisme comme production idéologique est issu très largement des sciences sociales, de la philosophie ou de l’engagement militant et politique. En d'autres termes, rien ne prédispose ses théoricien(ne)s à émettre un jugement fondé et précis sur ce que disent exactement les sciences de l’évolution, de la cognition ou du comportement. Pire encore, sous l’influence des pensées de la déconstruction et de la French Theory, toute une part du féminisme en est venue à s’enfermer dans un jargon abscons, autoréférentiel, visiblement indifférent à l’idée de convaincre les femmes, comme à la perspective de se confronter aux faits. Ce déni de réalité se traduit par des jeux de langage circulaires, où l’on se rassure en employant des mots-fétiche. Mais cela produit ce que Russell appelait de la «mystique», c’est-à-dire au fond des croyances plus destinées à souder une communauté qu'à comprendre la réalité pour la modifier, si possible, dans un sens désirable.
Ce dernier préjugé est peut-être le plus funeste d'entre tous, car en privilégiant ainsi la cohésion politique du féminisme «culturaliste», et en méprisant, de manière assez mesquine et sans formation ni culture en biologie évolutionnaire adéquates, des hypothèses scientifiques aussi tangibles que celles dont Jesse Bering fait état dans son article, des positions telles que celles d'Amanda Marcotte desservent et retardent des moyens efficaces de combattre le viol. Ou, comme le disent Thornill et Palmer dans leur ouvrage:
«En tant que scientifiques qui souhaitons voir le viol disparaître de la vie humaine, nous soutenons que la possibilité d'un tel changement est directement liée à la manière dont les causes de ce comportement humain seront comprises avec précision. A l'inverse, des conceptions fausses sur les causes du viol garantissent presque toujours d'entraver sa prévention.»
En d'autres termes: mesdames Marcotte et consorts, la biologie et la psychologie évolutionnaires ne sont pas vos ennemies. Et si, tel que l'exprime Margo Wilson, votre «perplexité» se «nourrit d'un mélange d'angoisse, de dégoût, et d'un désir d'en savoir plus», les scientifiques dont les études sont analysées par Bering, tout comme Thornill et Palmer «sont familiers des diverses façons qu'a cette perplexité de s'exprimer, et ils comprennent ce qui rend les femmes si anxieuses. En tant que scientifiques, ils valorisent la connaissance, et pensent que tenter de comprendre toutes les raisons pour lesquelles le viol se produit est bien plus bénéfique pour les femmes, sur le long terme, et cela même si l'examen scientifique suscite l'angoisse et le dégoût».
Enfin, comme le montrent, entre autres, les recherches de Daniel M.T. Fessler, qui remettent en question l'idée de stratégies adaptatives féminines contre le viol –en tout cas en fonction de l'hypothèse que les femmes qui ovulent auraient moins de risques d'être violéesni la science, ni le darwinisme, ni la biologie et la psychologie évolutionnaire n'ont de voix unifiée. Il arrive que leurs auteurs ne soient pas d'accord, mais leurs hypothèses et leurs raisonnements peuvent toujours s'éclaircir, se discuter, s'infirmer ou se confirmer par d'autres études scientifiques.
Il n'y a rien de misogyne, de sexiste, de réactionnaire ou de dangereux à étudier l'effet du cycle menstruel sur comportement des femmes, en général, et face à de possibles agressions sexuelles en particulier. L'article de Bering  ne faisait rien d'autre que de présenter l'état de la recherche actuelle sur le sujet, à un instant T. Car la psychologie évolutionnaire, et c'est peut-être en cela qu'elle se différencie le plus du féminisme que représente Marcotte, est une école de l'humilité: ses chercheurs travaillent sur des processus datant de millions d'années, sur des sédimentations sélectives et des adaptatives lentes, et avec les entraves éthiques et méthodologiques que Bering souligne dans son second papier. Une telle discipline est à mille lieues d'un ultime préjugé la voyant comme une proche parente de l'eugénisme, ce mythe moderne de réforme et d'amélioration rapide de la «nature humaine» –qui n'existe pas.
Au lieu d'éructer contre la misogynie et la phallocratie des conjectures de la biologie et de la psychologie évolutionnaires, Marcotte et ses ami(e)s devraient plutôt les analyser à tête plus reposée, aller à la source, et ne pas se contenter de recensions journalistiques –fussent-elles celles (brillantes) de Jesse Bering.
Et elles y verraient, peut-être, comment le féminisme peut se développer et sortir de l'esprit de chapelle qui le mine tant, en s'appuyant sur des recherches évolutionnaires majeures. Prenez, par exemple, le compte-rendu de William McKibbin et al., examinant le viol comme un phénomène multifactoriel et conditionnel, pouvant se manifester potentiellement chez n'importe quel homme. Ou encore cette étude –déjà ancienne–  de Charlene Muehlenhard et Melaney A. Lintona, montrant que le viol a plus de «chances» de se produire après un rendez-vous si l'homme a pris l'initiative de la rencontre, payé le dîner et conduit la voiture.
N'y-a-t-il pas plus belle «confirmation» de l'utilité du féminisme et de son combat contre le patriarcat? Ou encore, comment ne pas soutenir le féminisme pro-sexe après avoir lu l'analyse, ultra-documentée, de Milton Diamond montrant que la diffusion de masse de la pornographie fait baisser les crimes sexuels?
En somme, les journalistes féministes qui, tel(le)s Marcotte, voient la biologie et la psychologie évolutionnaires comme, au mieux des histoires à dormir debout et au pire, le bras armé des masculinistes les plus bas du front, devraient plutôt creuser les (rares) recherches dont il est fait état dans les médias généralistes, au lieu d'aboyer dès que leur caravane passe. Chercher à les sortir des cénacles spécialisés, faire en sorte de les vulgariser le plus précisément possible, ne pas les laisser se faire reléguer aux entrefilets rapides, racoleurs et «insolite!!!!» où elles échouent, dans le meilleur des cas... Ou alors, qu'elles et ils ne les mentionnent plus, et suivent ainsi la dernière thèse du Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein: «Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.»




S) Voilà pourquoi prendre un VTC sera plus difficile et plus cher à compter du vendredi 29 décembre

Des milliers d'emplois vont disparaître ce vendredi 29 décembre. Vous ne vous en rendrez pas compte, à moins de chercher un taxi ou un VTC, à plus forte raison la nuit du réveillon du Nouvel An. Alors, il sera sans doute plus difficile, et plus cher, d'en trouver aux heures de pointes. 

Ce 29 décembre, l'entrée en application de la loi Grandguillaume, votée il y a un an, interdit aux chauffeurs VTC sous statut Loti de travailler pour les grandes plateformes comme Uber, Chauffeur Privé, ou LeCab.
"Je dirais que 5000 chauffeurs vont arrêter, sachant que beaucoup d'autres n'ont pas attendu cette deadline pour cesser leur activité. Le nombre de VTC va passer de 30.000 à 25.000, ou de 25.000 à 20.000", estime Yves Weisselberger, fondateur de Snapcar, pour le HuffPost, faute de chiffres officiels.


Près de 10% de chauffeurs en moins
Même en ajoutant les 17.924 taxis parisiens, l'impact sur la capitale sera conséquent, sachant que les chauffeurs Loti exercent presque tous en région parisienne. Une chute brutale d'un peu plus de 10% du nombre de voitures.
Pour les détracteurs de la loi Grandguillaume, plateformes VTC en tête, c'est une "boucherie", un plan social massif. Pour ses promoteurs, il était temps de faire le ménage sur le marché, dans l'intérêt des usagers, et les Loti ont de toute façon eu un an pour se mettre en règle.
Pour commencer, le ministère des Transports a établi une équivalence valant licence VTC pour les Loti capables de prouver 12 mois d'activités, avec des fiches de paye. Problème, les préfectures feraient preuve d'une extrême lenteur à les délivrer, annulant les demandes au moindre vice de forme.
Surtout, c'est méconnaître la réalité du métier. "Beaucoup d'entre eux travaillent en statut auto-entrepreneur, ils n'ont pas de fiche de paye, explique au HuffPost Antoine, chauffeur Uber détenteur de la licence VTC, lui. Et puis le moindre truc sur le casier judiciaire, on peut pas avoir la licence. J'en connais quelques-uns qui ont fait des petites conneries, du vol à l'étalage, un peu de shit... Ils doivent arrêter."

40% de chauffeurs Uber sans le bac, découragés par l'examen théorique
C'est l'une des critiques les plus dures à l'égard de la loi Grandguillaume. Là où le statut Loti offre une opportunité de travail à des gens fragilisés, anciens chômeurs pour moitié, victimes de discriminations à l'embauche pour un quart, selon une étude du BCG, ils sont renvoyés à la case départ. ​​​Chauffeur, "c'est dur", mais cela rapporte à Antoine entre 1200 et 1800 euros nets par mois, en ligne avec la moyenne de ses confrères.
Surtout, ce public échoue en masse au pied de la deuxième porte d'entrée vers la licence VTC: l'examen théorique. Mis en place en mai, avec des mois de retard, il mélange questions administratives, théoriques, d'anglais, de vocabulaire, de gestion... Sa difficulté est telle que le taux de réussite est de l'ordre de 5% dans le 93, 94 et 95, selon Uber, ce que dénonce aussi le patron de Snapcar. Pour mémoire, 40% des chauffeurs Uber n'a pas le bac.
Sur l'ensemble du territoire, le taux de réussite varie de 10% à 20%. Ceux qui l'ont réussi obtiennent un récépissé pour continuer de travailler en attendant la licence.
Interpellé, le ministère des Transports a reçu le 8 décembre les acteurs du secteur. Une "mission de réflexion" livrera son verdict en mars, notamment sur la difficulté du fameux examen.
En attendant, bon courage pour rentrer chez vous en taxi la nuit du 31 décembre...

Jean-Baptiste Duval 


Lire aussi : BLOG - Il y a les jobs, il y a les demandeurs d'emplois, mais pourquoi l'examen pour devenir VTC est-il si dur?
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Uber va devoir faire face à un nouveau concurrent à Paris

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 Source



T) La mairie de Paris et Anne Hidalgo rendent hommage au héros sanguinaire de la dictature cubaine Che Guevara

Scandale. À travers une exposition organisée à l'Hôtel de Ville, l’édile socialiste célèbre « une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique ».

 

Anne Hidalgo ose tout, c’est même à ça qu’on la reconnait. Après avoir déboursé la somme astronomique de 86 millions d’euros pour le futur musée Pinault, qui accueillera une partie des collections d'art contemporain du milliardaire, 30e homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 26,3 milliards de dollars, la maire de Paris célèbre Che Guevara, le révolutionnaire communiste de la dictature cubaine, dit le « petit boucher de la Cabaña ».
« Avec l'exposition Le CHE à Paris, la capitale rend hommage à une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique. A découvrir gratuitement à l'Hôtel de Ville de #Paris », a ainsi louangé l’édile socialiste, jeudi sur Twitter, dans un message agrémenté d’un symbolique « poing serré ». L’exposition se tient du 20 décembre au 17 février 2018.
Sur son site, la mairie de la capitale glorifie aussi « l’une des figures les plus marquantes de l’Histoire de la révolution », « le lecteur insatiable, le sportif, le voyageur, le guérillero, le marxiste aspirant à voir émerger l’« homme nouveau », le médecin-phytothérapeute mais aussi le poète, le photographe et l’amateur d’art » et même « une légende de la révolution ».


Un fils de bourgeois « assoiffé de sang »

Au-delà de l’habituelle propagande révisionniste, propagée par l’extrême gauche, Ernesto Guevara, né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine et exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera en Bolivie, fut surtout un révolutionnaire sanguinaire et stalinien fanatique. Ce fils de bourgeois « assoiffé de sang », qui n’a jamais eu les diplômes pour pratiquer la médecine, a d’ailleurs assassiné lui-même d'une balle dans la tête des « traîtres » à la révolution.
Nommé commandant de la prison de la Cabaña par Fidel Castro, le « petit boucher » assistait en fumant son cigare aux exécutions des prisonniers politiques, parfois devant femmes et enfants. Comble de la cruauté, il a exigé de faire passer les familles devant le mur ensanglanté. Il serait responsable de 200 condamnations à mort. « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu'il le faudra », clamait-il, en 1964, à l’Onu.


Un marxiste doctrinaire

C’est lui encore qui a créé le premier goulag tropical, les camps de travaux forcés. Considérés comme des « agents de l'impérialisme » vendus au capitalisme, les homosexuels de l’île ont aussi été internés par le régime, aux côtés des handicapés mentaux et de religieux. Ignare en économie, le marxiste doctrinaire a en outre ruiné son pays en le collectivisant à la tête du ministère de l'Industrie, puis de la Banque nationale de Cuba. « La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer », a-t-il un jour déclaré.
Écarté par Castro pour avoir critiqué l'URSS trop modérée, il a tenté enfin d’étendre ses idées internationalistes par la guérilla armée au Congo et en Bolivie. Partout, ce fut un échec. Sur les noirs, « ces représentants de la splendide race africaine qui ont gardé leur pureté raciale grâce à leur manque de goût pour le bain », le Che a d’ailleurs écrit cette mémorable sentence raciste : « Le Noir, indolent et rêveur, dépense ses sous en frivolités ou en « coups à boire », l’Européen a hérité d’une tradition de travail et d’économies qui le poursuit jusque dans ce coin d’Amérique et le pousse à progresser, même au détriment de ses aspirations individuelles. » Voilà donc pour « l’icône militante et romantique » vantée par Anne Hidalgo.




U) Che Guevara

Ernesto Guevara (né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine, et exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera, Bolivie), plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che est un marxiste et une figure importante de la dictature cubaine.
Figure emblématique dans les sociétés occidentales, il restera dans l'histoire pour son stalinisme intransigeant et sa barbarie sanguinaire. 
Il naît en 1928 dans une famille de la bourgeoisie de Buenos Aires.
Il rejoint les castristes en 1955 et se fait immédiatement remarquer par sa violence : « Un gamin, guérillero de sa colonne, qui a volé un peu de nourriture, est immédiatement fusillé, sans autre forme de procès »[1]. Régis Debray, qui l'accompagna en Bolivie, dit de lui qu'il était un « partisan de l'autoritarisme à tout crin »[2].
En 1958, il occupe la charge de « procureur » du tribunal révolutionnaire de la prison de la Cabana qui exécute plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre ou de compagnons de route trop « tièdes ». En 1960, dans la péninsule de Guanaha, c'est lui qui instaure les premiers camps de travaux forcés, sous le vocable de camps de « travail et de rééducation ». Il s'y fait remarquer une nouvelle fois par sa violence et son intransigeance.
Il occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain qui écarte les démocrates. Quand il est nommé ministre de l'Industrie, directeur de la banque centrale puis ministre de l'Économie, le tout sans la moindre notion élémentaire de la discipline, il impose par la force le modèle soviétique et ruine la banque centrale et le pays.
Écarté du régime castriste, il tente sans succès d'exporter la révolution au Congo puis en Bolivie, où il est capturé et exécuté par l'armée bolivienne. Cette fin tragique fait de lui une icône pour les mouvements révolutionnaires en mal d'idole mais ne suffit pas pour masquer la violence extrême du personnage et son marxisme dogmatique. 


Citations

  • « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. » 11 décembre 1964, devant l'Assemblée générale des Nations-Unies[3].
  • « Les exécutions sont non seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple. » 5 février 1959[3]
  • « Celui qui n'a pas lu les quatorze tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste. »[3]
  • « La haine comme facteur de lutte ; la haine intransigeante de l’ennemi, qui pousse au-delà des limites naturelles de l’être humain et en fait une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer. »[3]
  • « La jeunesse doit apprendre à penser collectivement. Il est criminel de penser de manière individuelle ! »

Notes et références

  1. Stéphane Courtois et alii, Le Livre noir du communisme, 2000, p.711-713.
  2. Régis Debray, Loués soient nos seigneurs, Gallimard, 1996, p.184
  3. 3,0, 3,1, 3,2 et 3,3 "Che Guevara, l'autre vérité", in Historia N°720, décembre 2006

Bibliographie

Liens externes










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