février 10, 2018

#18 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

 L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
 Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. 
Merci



Sommaire

A) Louis XVI, cet inconnu. - « Louis XVI a la parole » de Paul et Pierrette GIRAULT de COURSAC, éd de l’OEIL

B) La percée de Sedan - Louis-Guilhem LARCHET

C) Hervé Novelli: Trois défis pour le quinquennat - L'Opinion

D) Dette de l'assurance-chômage : où sont les réformes ? - Virginie Pradel / Fiscaliste à la Fondation Concorde - Les Echos

E) Qui est prêt à jouer avec l'argent public ? - Daniela Ovadia - Cerveau&Psycho

F) «L'immigration va baisser» : la promesse de Collomb ne convainc pas la droite - Emmanuel Galiero - Le Figaro

G) Ces Françaises offrent leurs services de mère porteuse sur internet

H) La sécurité sociale accélère le télétravail - Xavier de Mazenod - zevillage

I) Logement : la taxe qui va crisper des millions de propriétaires - Valeurs actuelles

J) Aurélien Taché : "On a pensé que l'intégration des étrangers se ferait toute seule, c'était naïf" - Anne-Charlotte Dusseaulx - Arnaud Focraud - JDD


K)  59 islamistes radicaux travailleraient dans le nucléaire, mais aucun individu «extrêmement dangereux» détecté. - C. Laudercq et R. Lefras. - Actu 17

L) L'Ifrap d'Agnès Verdier-Molinié : faux institut de recherche et vrai lobby ultra-libéral - Étienne Girard - Marianne

M)





A) Louis XVI, cet inconnu.

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.

Louis XVI, créa le corps des pompiers.

Louis XVI, autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

Louis XVI, créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.

Louis XVI, abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.

Louis XVI, décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune » auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

Louis XVI, dota l’école de Valentin HAUY pour les aveugles.

Louis XVI, donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.

Louis XVI, donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pension sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.

Louis XVI, ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la 1ere convention de Genève !

Louis XVI, décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.

Louis XVI, ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)
Louis XVI, accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.

Louis XVI, décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.

Louis XVI, s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !

Louis XVI, supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).

Louis XVI, permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.

Louis XVI, finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.

Louis XVI, employa le 1er, l’expression « Justice sociale ».

Louis XVI, fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »

Louis XVI, créa le Musé des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.

Louis XVI, fonda l’école des mines.

Louis XVI, finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.

Louis XVI, finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

Louis XVI, exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.

Louis XVI, accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.

Louis XVI, accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

Louis XVI, demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.

Louis XVI, créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.

Louis XVI, accorda l’état-civil aux non-catholiques.

Louis XVI, créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.


Source : « Louis XVI a la parole » de Paul et Pierrette GIRAULT de COURSAC, éd de l’OEIL






B) La percée de Sedan

L’étude de la percée de Sedan a rappelé combien hardis furent les Allemands, et combien désemparés  furent  les  Français.  Ceux-ci  disposaient  pourtant  d’une planification correcte, mais ils accumulèrent en conduite des décisions à contre-sens, y compris contre leur propre plan. Si timorés que les jugea l’Histoire, ils prirent aussi des risques qui menèrent au désastre.

À cet égard, on caractérise communément l’audace comme la prise courageuse, mais calculée, d’un risque. On l’oppose à la timidité, jugée pusillanime, et à la témérité, imprudente et bravache. Toutefois, si le brouillard de la guerre peut se désépaissir, l’équation comporte toujours des inconnues qui la renvoient à un pari. La manœuvre de Guderian en témoigne: qu’est donc l’audace, sinon une témérité couronnée de succès ? L’historien reconnaît dans les chefs entreprenants des esprits audacieux lorsqu’ils gagnent, et condamne leur inconscience s’ils échouent. Le militaire l’explique par les principes de la guerre dont le respect serait comme la garantie de la victoire. Ceux-ci ont certes le mérite de donner un cadre d’analyse et permettent d’élaborer des méthodes de décision, mais ils limitent la critique au seul cadre espace-temps de la bataille.

Or les différentes décisions prises dans les Ardennes en 1940 révèlent, au-delà des hommes, des états-majors et du contexte, deux systèmes de guerre opposés. C’est précisément l’organisation de ces systèmes qui explique pourquoi les Allemands ont semblé systématiquement tirer parti des situations, au contraire des Français. Aussi, puisqu’il s’agit de tirer des enseignements pour la prise de décision dans les opérations contemporaines, cet article dégagera ce qui a permis à la Wehrmacht d’avoir les bons décideurs aux moments clés, aux bons endroits.

De fait, la bataille de France fut perdue bien avant le mois de mai 1940. La mise en système de la subsidiarité par l’armée de Weimar a permis de générer une Wehrmacht résiliente et sans cesse réactive, animée d’une véritable liberté d’action, et de pensée, en son propre sein. Elle fit ainsi émerger des chefs créatifs, faisant preuve non seulement d’opportunisme tactique, mais aussi technique, au profit de la manœuvre d’ensemble.

La campagne de 1940 marque la victoire de l’audace sur la passivité. Mais elle reste contextualisée.  Ce  n’est  pas  tant  la  prise de  décision  elle-même  qui  explique « comment » les Allemands gagnèrent alors, mais la manière dont une institution est parvenue à faire prévaloir, en toutes circonstances, les bons décideurs. Aussi, c’est dans l’organisation du commandement, par nature élaborée sur un temps long, que ressortent des enseignements pour aujourd’hui.

La bataille de France, victoire de l’audace sur la passivité, eût pu être tout autant le symbole de l’inconscience

On retient que la hardiesse du plan Manstein et le moral supérieur de ses combattants a permis de vaincre des Français immobilistes. Mais si les Allemands n’avaient changé leurs plans après que les Alliés s’en emparent, leur offensive eût correspondu à la riposte imaginée par Gamelin: la drôle de guerre eût sans doute connu une issue moins triste. Tant semble aléatoire et court, au regard des cas étudiés pendant l’EHT, le chemin qui mène du triomphe à la défaite.

En effet, deux camps de même poids s’opposent alors. De part et d’autre, des états- majors expérimentés, maîtrisant les méthodes de planification et de conduite, innervent des forces hybrides qui combinent des troupes d’appelés et des unités aguerries. Forces et faiblesses des équipements sont compensées par des doctrines qui les optimisent: les Français sont peu mobiles et négligent les transmissions, mais cela ne va pas contre une doctrine défensive où tout est censé se coordonner d’avance ; les Allemands, portés vers l’offensive, sont plus vulnérables, mais disposent de matériels mobiles et équipés de transmissions, capables d’improviser collectivement.

Deux écoles de commandement découlent logiquement de ces postures. La française, par ordre, est très centralisée. L’allemande, par objectif, cultive l’initiative et repose sur le discernement des chefs au contact. La fin justifiant les moyens, les moyens ne prennent de sens qu’en fonction de la fin. Condamnable à maints égards (violation de la Belgique, infiltration de faux agents de liaison français), ce pragmatisme quasi utilitariste favorise néanmoins la prise de décision: la guerre n’est pas une chorégraphie qu’on répète, mais une affaire de bon sens et d’adaptation. La manœuvre hardie du lieutenant-colonel Balk, qui regroupe ses mitrailleuses en une seule unité pour monter à l’assaut des hauteurs de Sedan contre l’avis de son adjoint, constitue une entorse à la doctrine, et aussi un succès: celui de l’expérience, de la juste connaissance des moyens, et du caractère. 

Les enseignements tactiques qu’on tire a posteriori résistent souvent mal au désir «d’institutionnaliser le génie»

Ils prennent parfois une forme catégorique pour élever à une portée générale ce qui relève d’un contexte. Il convient donc de chercher les véritables causes structurelles, qui sont davantage organisationnelles.

S’inspirer de Guderian pour planifier et conduire des engagements qui sont absolument dissemblables aujourd’hui est une gageure. Ne serait-ce qu’en raison du rapport à la mort qui condamnerait ses audaces comme une témérité criminelle. Il reste que celui- ci est devenu un modèle pour qui recherche dans l’initiative qui crée la surprise un facteur du succès.

De fait, il convient de distinguer l’impulsion donnée par un décideur à un instant précis et l’efficacité d’un système dans son ensemble. L’année 1940 a disqualifié les chefs militaires français en condamnant inexorablement la doctrine d’alors, réputée figée, à Douaumont, contrairement à celle, pourtant «mythique» d’après Freyser, de la Wehrmacht. Mais si le général Gamelin avait respecté à la lettre son plan d’avant- guerre, nulle aventure dans les Ardennes ou vers Breda n’eût contrarié son dispositif en brisant sa logique défensive. Ni la doctrine ni les moyens ne manquèrent aux Français, mais une structure de commandement organisée pour faire face à l’imprévu. Ceux-ci n’étaient pas préparés pour absorber le chaos qu’ils provoquèrent en partie en précipitant le contact. Une culture centralisée de l’autorité, proche du management, incitait le commandement à administrer avec un maximum de méthode et un minimum de délégation. Les Allemands avaient une compréhension divergente du leadership, non pour ordonner la contingence, mais pour en tirer profit en la raccordant au but collectif. On peut ici opposer l’attitude du commandant d’unité français abandonnant le pont de Mouzève alors que l’ennemi le talonne, et le coup de main de l’adjudant Kortals qui réduit un à un les bunkers français flanquant la Meuse. Le premier n’avait aucune conscience de l’enjeu faute d’être informé, le deuxième connaissait les intentions de son chef.

Les enseignements de la percée de Sedan concernent donc les décisions du temps long

Ils seront fructueux s’ils inspirent une subsidiarité qui relayera l’action de chefs aptes à transformer les hasards de la guerre en chance. 

L’art de la subsidiarité allemand s’est manifesté par le partage de l’information, qui a généré une culture collective de l’opportunisme. Celle-ci se fait plus nécessaire encore de nos jours, à l’ère de l’hyper-information. La décentralisation de l’exécution permet en effet d’accélérer la prise de décision en adéquation maximale avec le contexte. Celle-ci contribue à la réactivité de l’organisation. Le général Petraeus, qui faisait connaître à tous ses GI sur sa page facebook les grandes lignes de sa vision pour qu’ils agissent d’eux-mêmes dans l’esprit du surge, nommait cela «the operationalizion of the strategic corporal».

Le deuxième enseignement concerne les ressources humaines, en particulier la sélection et la formation des décideurs. Elle répond à un dialectisme qui doit associer 

leadership et management. Compte tenu du fait qu'une confiance totale dans les outils de conduite et de planification, proches de ceux du management, est exclue, il convient d’identifier des esprits capables de décider malgré la friction des opérations, suffisamment solides pour s’imposer vers le bas comme vers le haut. L’exercice est difficile car le profil recherché n’est pas similaire en fonction des circonstances. Il faut donc qu’une organisation identifie et classe ces potentiels en amont pour les former et leur confier les rênes le cas échéant. Ce que tenta trop tard le gouvernement français en rappelant Weygand et en confiant à de Gaulle la 4ème DCr.

En termes de planification et de conduite, cette balance se traduit par une dialogue entre le chef et son état-major, où le rôle des experts, qui connaissent les possibilités exactes de leur fonction, doit permettre d’exploiter tous les outils disponibles, fût-ce de façon non conventionnelle, tel Balk à Sedan. Au niveau tactique, les brevetés doivent chercher à balancer la position du chef en recherchant la confrontation (des idées), et non en tentant de satisfaire ses tendances naturelles par des manœuvres qui «lui correspondent».

La problématique posée renvoie finalement davantage à la théorie des organisations qu’à la bonne maîtrise de l’art opératif ou tactique.

L’EHT à Sedan a illustré à quel point la subsidiarité, inspiratrice de créativité, génératrice de vitesse et ciment de cohérence, a contribué à la victoire allemande, bien davantage que le respect formel de la doctrine ou de la chaîne hiérarchique.

Le chef au contact doit pouvoir s’en écarter en utilisant ses moyens selon ce que lui indique son intelligence de situation et l’effet collectif recherché, mais aussi sa culture et quelque imagination. Mais il n’est pas tout de faire jaillir les bons décideurs. Il faut que la structure soit adaptée, à la faveur d’une véritable subsidiarité, à la mise en œuvre de leurs décisions.

Saint-cyrien de la promotion «Général de Galbert», le Chef d’escadrons Louis-Guilhem LARCHET a servi au 1er régiment étranger de cavalerie et au Centre de doctrine d’emploi des forces. Il a suivi le cours supérieur interarmes de septembre 2016 à janvier 2017.




C) Hervé Novelli: Trois défis pour le quinquennat

France à deux vitesses, politique de l’emploi inefficace, explosion des dépenses publiques : l’ex-ministre et nouveau président de la Fondation Concorde estime ces sujets sous traités

Trois sujets taraudent en profondeur actuellement la société française. Mais aucune décision publique structurelle n’a été prise à ce jour, montrant une quelconque détermination à les traiter.
Le premier est le défi territorial. Depuis des décennies, le déclin industriel et l’anémie commerciale sont à l’œuvre et s’accélèrent encore davantage sous la pression des grandes métropoles, des changements institutionnels et de l’abandon des mécanismes de péréquation publique. Cela aboutit au déclin accéléré de nombreuses villes moyennes et à l’affaissement des territoires qui les entourent. Aux conséquences économiques, sociales et sociétales s’ajoutent aujourd’hui des conséquences politiques avec un sentiment d’abandon croissant de la part de ces populations, toujours plus tentées par un vote extrême.
Le rôle des pouvoirs publics est de recréer une égalité des chances pour les activités et les populations qui vivent dans cette France appauvrie. Il nous appartient de recréer des mécanismes de péréquation avec des instruments modernes liés aux politiques publiques, en faveur de l’innovation, du numérique, du soutien à l’intelligence artificielle.
Le deuxième est le défi social Au moment où une reprise économique se dessine enfin (2 % de croissance en 2017), 90 % des PME estiment avoir des difficultés à recruter. Quel paradoxe pour un pays qui compte près de cinq millions de chômeurs !
Deux problèmes se conjuguent aujourd’hui et expliquent ce chiffre incroyablement élevé. D’une part, il y a l’inadéquation de notre politique de formation professionnelle (34 milliards d’euros y sont consacrés avec des résultats très faibles). Nous souhaitons que les textes législatifs à venir dans ce domaine améliorent sensiblement le dispositif ; les précédentes réformes ayant été peu efficaces dans ce domaine. L’axe directeur de cette nouvelle politique devrait consacrer la capacité pour le salarié de pouvoir disposer d’un droit à la formation beaucoup plus important en phase avec les nouvelles modalités du travail dans une économie moderne. D’autre part figure un ensemble de mécanismes dits de solidarité (avec un niveau de dépenses sociales autour de 35 % de notre PIB contre 12 % qui y étaient consacrés en 1981) qui éloigne les inactifs de l’emploi au lieu de les en rapprocher.
Le dernier défi est celui des dépenses publiques. Avec 57 % du PIB consacré à celle-ci, la France caracole en tête des pays de l’OCDE ; plusieurs conséquences découlent de ce niveau inégalé : un taux d’imposition record, un endettement de l’ordre de 97 % de notre PIB, un déficit budgétaire récurrent. Chacun connaît ici les grands inconvénients de ces niveaux. Peu pointent du doigt une conséquence dont les causes restent mal perçues : une place prépondérante de l’État par rapport à la société civile, avec son cortège de surréglementation et de suradministration. Reconnaissons là encore un échec patent des timides tentatives de baisse de la dépense publique, quels que soient les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 2000.
Ces trois défis n’affleurent que de manière trop partielle le débat public. Notre pays risque pourtant la dislocation et l’effondrement. Il existe des solutions et elles passent toutes par un recentrage de l’action publique et une clarification de son rôle. Le temps presse, il est déjà bien tard…

Hervé Novelli est président du Conseil d’Orientation de la Fondation Concorde. Tout au long de l’année 2018, celle-ci publiera de nombreux travaux pour apporter des réponses à ces défis majeurs.

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D) Dette de l'assurance-chômage : où sont les réformes ?

Le gouvernement, qui veut réformer l'assurance-chômage, oublie de régler la question de la dette abyssale de l'Unédic.

Les négociations relatives à l’assurance-chômage ont officiellement débuté le 11 janvier dernier. On saluera d’emblée la volonté du gouvernement de réformer ce régime partant à la dérive. Malheureusement, les mesures annoncées sont bien loin d’être à la hauteur des enjeux rencontrés.
Selon les prévisions de l’Unédic, le déficit du régime de l’assurance-chômage devrait atteindre 3,8 milliards d’euros en 2017 et la dette cumulée du régime 33,8 milliards d’euros. Ce dernier chiffre représente 1,5 % du PIB français. À titre de comparaison, le régime de l’assurance-chômage allemand a enregistré plusieurs milliards d’excédents en 2017 ce qui lui a permis d’augmenter encore ses réserves (17 milliards d’euros fin 2017).
Ce creusement de la dette française de l’assurance-chômage (-28 milliards d’euros depuis 2008) s’avère d’autant plus inquiétant que celle-ci repose désormais directement sur l’ensemble des contribuables, qu’ils soient actifs ou retraités. En supprimant la cotisation salariale chômage, le gouvernement a en effet transféré le financement du régime sur l’ensemble des contribuables via la hausse de la CSG.

Un coût supplémentaire pour les entreprises

Cette suppression est d'ailleurs partielle car les employeurs restent soumis à la cotisation salariale chômage (4,05 %), laquelle est nettement supérieure à celle des employeurs allemands (1,5 %) ou italiens (1,61 %). Sans compter que les employeurs britanniques et danois ne sont pas soumis à une telle cotisation puisque dans un cas le chômage est uniquement financé par l’impôt, tandis que dans le second, il est exclusivement à la charge des salariés. 
Le gouvernement songerait même à pénaliser encore davantage les employeurs via l’instauration d’un système de bonus-malus qui pourrait augmenter la cotisation patronale chômage jusqu’à 10 % pour ceux recourant aux CDD. Cette mesure ne devrait pas aider à réduire notre taux très élevé de chômage (9,2 % en métropole selon Eurostat contre 4,2 % au Royaume-Uni et 3,6 % en Allemagne).

Dépenses nouvelles

En dépit de la situation financière préoccupante de l'Unédic, l’heure ne semble pas être aux économies côté gouvernement. Conformément à la promesse phare de campagne du président d’instaurer une assurance-chômage universelle, l'exécutif se dirige en effet vers l’ouverture du régime : d’une part, aux démissionnaires qui n’entrent pas dans l’un des nombreux cas déjà autorisés par la loi, et d’autre part aux indépendants, qui pour une grande majorité d’entre eux ne souhaitent pas en bénéficier.
Une telle ouverture coûterait plusieurs milliards d’euros supplémentaires au régime, ce qui ne manquerait pas de le plomber encore davantage. Certes, le gouvernement a annoncé qu’il contrôlerait et sanctionnerait davantage les chômeurs, mais aucune réforme susceptible de générer des économies substantielles n’a jusqu’alors été annoncée. 

Besoin de réformes structurelles

La logique budgétaire aurait pourtant voulu que le gouvernement revienne sur le montant maximum de l’indemnisation mensuelle qui peut aujourd’hui atteindre 7.688 euros bruts. Un moment extravagant au regard du plafond existant d’autres pays (380 euros au Royaume-Uni).
Le couple Macron-Philippe aurait aussi pu rogner sur la durée d’indemnisation pouvant aller jusqu’à 24 mois, voire 36 mois pour les chômeurs de plus de 50 ans (6 mois au Royaume-Uni). Ou bien encore sur le régime dispendieux des intermittents du spectacle qui obère très nettement les comptes du régime de l’assurance-chômage et auquel, pourtant, aucun homme politique ne souhaite s’attaquer. Exception culturelle française oblige...
De telles réformes seraient parfaitement justifiées compte tenu du glissement opéré vers un système hybride de financement mi-bismarckien (financement par des cotisations patronales) mi-beverdigien (financement par la CSG). En tout état de cause, ces réformes de bon sens s’imposent d’urgence si l’on veut sauver les contribuables et employeurs d’une hausse massive de CSG et de cotisation patronale dans les années à venir.

Virginie Pradel / Fiscaliste à la Fondation Concorde







E) Qui est prêt à jouer avec l'argent public ?

L'homme est égoïste. Ses décisions n'ont qu'un seul but : privilégier ses propres intérêts et augmenter son profit – aux dépens de ceux des autres. Ce serait le moteur du progrès et, en grande partie, celui du développement de notre espèce. C'est en tout cas ce que pensent les économistes de l'école néoclassique, qui repose sur le modèle de l'offre et de la demande. Pourtant, il existe de nombreux cas où cette théorie ne fonctionne pas : l'homme coopère parfois avec ses semblables pour atteindre un objectif commun, ou cède de façon altruiste une partie de ses biens pour aider un autre individu ou la collectivité. Alors comment expliquer des actes aussi inattendus, voire irrationnels ? Et quels modèles permettent de les étudier ? Ce sont les mathématiques économiques qui nous donnent des réponses : la théorie des jeux fournit en effet un modèle théorique, vérifié expérimentalement, qui décrit les stratégies et les décisions que l'on peut prendre dans un contexte où la coopération, et non la compétition, prévaut entre individus.

La théorie des jeux explique nos choix

La théorie des jeux étudie les situations de conflit en envisageant deux hypothèses, la compétition et la coopération, de façon à comparer les résultats. Elle repose sur une idée simple : le comportement d'un « agent », d'un être humain en l'occurrence, peut être influencé « rétroactivement » par le comportement d'un autre agent. Autrement dit, chaque individu peut, en imaginant les stratégies que son concurrent pourrait mettre en œuvre et leurs résultats, changer sa propre stratégie pour optimiser ses gains. Une fois tous les scénarios possibles vérifiés, y compris de manière expérimentale, la théorie des jeux les traduit en formules mathématiques, comme pour les modèles économiques. Ce qui permet alors aux chercheurs d'analyser un comportement, mais aussi de concevoir des expériences avec des sujets en chair et en os, afin de confirmer ou d'infirmer la simulation mathématique.
Les modèles proposés par la théorie des jeux se sont révélés si efficaces que d'autres disciplines, comme la biologie ou la psychologie sociale, les utilisent : ils permettent en effet de prévoir le comportement d'un groupe de personnes dans une situation conflictuelle et d'améliorer la précision des prévisions.

Traduire le comportement humain en formules mathématiques

Daniela Ovadia est codirectrice du laboratoire Neurosciences et société de l'université de Pavie, en Italie, et journaliste scientifique.

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F) «L'immigration va baisser» : la promesse de Collomb ne convainc pas la droite

Pour Les Républicains, la prévision d'une baisse de l'immigration, annoncée par le ministre de l'Intérieur vendredi matin sur BFMTV, est destinée à «masquer un laxisme réel» du gouvernement sur le sujet. 

Gérard Collomb s'est voulu offensif, vendredi matin sur BFMTV. «L'immigration va baisser», a annoncé le ministre de l'Intérieur, alors que le gouvernement doit présenter son projet de loi asile et immigration le 21 février. Il s'est également engagé sur la question du renvoi dans leur pays d'origine des «migrants économiques», en se disant favorable à un meilleur accueil des migrants «persécutés». Selon lui, plusieurs mesures se conjugueraient pour atteindre ces objectifs, comme l'abaissement de la durée maximale de rétention ainsi que celle des recours, l'examen des situations dans un délai de six mois, une révision de la loi et des accords avec les pays d'origine des migrants concernés par les décisions d'éloignement.
«Les chiffres contredisent l'optimisme de Monsieur Collomb et je suis convaincu que l'immigration ne baissera pas», a réagi le député LR des Alpes Maritimes, Eric Ciotti, en renvoyant au nombre de titres de séjours délivrés en 2017. «C'est un record historique», soutient-il. Pour lui, non seulement les mesures macronistes «n'inverseront pas la courbe» de l'immigration mais celles qui seraient «véritablement efficaces» comme, selon lui, l'instauration d'un délit de séjour irrégulier, sont exclues de l'arsenal gouvernemental. «Comme d'habitude, c'est de la communication», accuse-t-il.

Bataille de chiffres sur l'éloignement

Les annonces de Gérard Collomb ne sont pas jugées plus convaincantes par Lydia Guirous. La porte-parole des Républicains n'hésite pas à voir une stratégie politique derrière les paroles du ministre. «Cela ressemble à un nouveau mensonge dans la mesure où le budget de l'AME (aide médicale d'Etat permettant un accès aux soins pour les personnes en situation irrégulière) augmente de plus de 100 millions et les budgets alloués à la reconduite des clandestins ont augmenté de plus 7%. Ces annonces masquent un laxisme réel sur le sujet», blâme la responsable, membre du bureau politique LR. Vendredi, Collomb a maintenu que les éloignements avaient augmenté de 17% en six mois.
«C'est de l'enfumage, a dénoncé pour sa part le porte-parole du FN Jordan Bardella. Le budget dédié à l'accueil des migrants augmente de 300 millions sur le budget 2018 et les crédits alloués à la lutte contre l'immigration clandestine sont en baisse». Il s'interroge sur la volonté réelle du ministre ayant récemment annoncé l'élargissement des conditions du regroupement familial. «Comment l'immigration peut-elle baisser quand ce type d'appel d'air massif se poursuit?», questionne l'élu FN. «Fort dans les mots, faible dans les actes!», a critiqué, de son côté, le député européen frontiste Nicolas Bay, se demandant comment le ministre de l'intérieur pouvait «prétendre renvoyer les clandestins» sans défendre «ni les frontières nationales ni les frontières extérieures de l'Europe».





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G) Ces Françaises offrent leurs services de mère porteuse sur internet
 
Une circulaire de Christiane Taubira a suffi à mettre le feu aux poudres et replacer la fameuse GPA (Gestation pour autrui) au centre de l'actualité. Si le phénomène accapare l'espace politique et médiatique, en plein débat sur le mariage pour tous, il reste difficile d'estimer avec précision le nombre de couples et d'enfants concernés, compte tenu du secret entourant cette pratique illégale en France. Pour comprendre le phénomène, un petit tour sur Internet permet d'entendre les motivation de certains, qui se croisent ou se rencontrent sur des forums ou des sites spécialisés.

Sur co-parents.fr, un site hébergé en France, la donne est claire : on peut s'inscrire en tant que mère porteuse ou en tant que couple en recherche. Du côté des femmes qui proposent de «prêter» leur ventre pour mettre au monde l'enfant d'une autre, M. assure qu'elle veut aider un couple à être heureux : «Je suis une jeune maman et je souhaite pouvoir aider un couple à découvrir ce bonheur en leur proposant de porter leur bébé. (...) Je suis une femme de 23 ans, en couple, avec une petite vie équilibrée entre mon travail et ma famille. Je vous laisse me contacter pour faire plus amples connaissances et vous souhaite à tous de trouver votre petite fée».

«Je suis vos règles et vos demandes et vous suivez mes demandes et mes besoins»S., 19 ans, effleure sans en parler vraiment la question financière, en évoquant des «demandes» : «Je suis brune assez jolie je n'ai pas de gros défaut sur mon visage je suis de taille assez fine. J'ai déjà eu un enfant et je suis toujours assez fine sans sport (...) Je suis vos règles et vos demandes et vous suivez mes demandes et mes besoins tout au long de ma grossesse. Je veux que vous sachiez que  ce ne sera pas mon enfant mais le vôtre». Sur la plupart des petites annoncées consultées, il n'est jamais clairement question d'argent... Contactés, les responsables du site ne nous ont pas répondu. Certains semblent en tout cas avoir trouvé leur bonheur : «Nous avons bien trouvé un couple de filles qui seront les mamans de notre enfant...», écrit A.

Mais sur certains forums d'aufeminin.com -près de 200 sont consacrés aux mères porteuses, la question y est plus souvent abordée, généralement pour évoquer des frais liés à la grossesse. «Je souhaite que la question du dédommagement ne soit pas un tabou comme apparemment souvent sur ce forum, mais bien fonction des frais directs, indirects, occasionnels, pertes de revenus engendrés, à évaluer et discuter ensemble, etc.», écrit M., qui rappelle aussi qu'elle se lance dans cette aventure pour aider un couple.

Seule une mère porteuse potentielle nous a répondu Une autre internaute explique qu'elle est prête «à aider un couple pour porter leur bébé mais sous conditions bien précises des le départ afin d'éviter toute dérive ou le manque de sérieux. Il faut que les choses soient claires (indemnité pendant les 9 mois de grossesse, prises en charge des dépenses de sante, relation de confiance...). Seule N. évoque sans se cacher le caractère bienvenue d'une rentrée d'argent supplémentaire : «Je n'hésiterais pas à être très exigeante autant que vous le serez bien évidemment envers moi. Je veux de plus sortir ma famille du besoin», raconte-t-elle. 

Interrogé, Aufemin.com nous assure qu'il veille à ne pas laisser passer d'annonce de ce genre, la pratique de la gestation pour autrui étant interdite en France : «Nous avons une charte qui interdit toutes propositions dans ce sens et si nous tombons sur une annonce de ce genre nous la supprimons illico bien évidemment».

Sur les nombreuses demandes d'interviews faites à ces potentielles mères porteuses (françaises ou au moins francophones), force est de reconnaître que peu nous ont répondu. En quelques heures, seule S. nous a pour l'instant contactés. «Je souhaite devenir mère porteuse, mais je demande une compensation de 1500 euros, nous confirme-t-elle, en avançant un prix dérisoire au regard des tarifs pratiqués à l'étranger (entre 5 000 et 20 000 euros selon les pays). Je sais que cela fait une belle somme mais étant dans une difficulté financière avec mes trois enfants, je ne vois pas d'autre solution pour repartir de zéro», confesse la jeune femme. Sans comprendre apparemment notre métier de journaliste, elle conclut : «J'ai eu trois grossesse sans problème et accouchement sans péridurale, si cela vous intéresse, je suis prête à vous rendre ce service».



Comprenez-vous qu'un couple ait recours à une mère porteuse ?

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H) La sécurité sociale accélère le télétravail

Un nouvel accord collectif agréé par la tutelle en décembre dernier organise le travail à distance dans le régime général de sécurité sociale.

Sécurité sociale et travail à distance

Conclu pour une durée de cinq ans, ce texte, négocié sur la base d’un bilan d’application du précédent accord de mars 2014 en reprend de nombreuses dispositions tout en innovant. Il prévoit, par exemple, une modalité d’annualisation du télétravail, sous forme d’enveloppe à utiliser au cours de l’année. Le texte a été signé, le 28 novembre 2017, par l’Union des caisses nationales de sécurité sociale et tous les syndicats de salariés, sauf la CGT.
Il s’inscrit dans le prolongement d’autres accords conclus en matière de responsabilité sociale, notamment de l’ accord relatif à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail de novembre 2012, agréé début 2013, mais également du précédent accord sur le télétravail du 4 mars 2014. Selon les signataires, cette forme d’organisation du travail peut constituer un «facteur d’amélioration de la qualité de vie au travail, contribuant ainsi au soutien de la motivation des salariés ».

Mise en place à la sécurité sociale

Conformément au Code du travail résultant de l’ ordonnance Macron du 22 septembre 2017, le télétravail peut être mis en place par accord collectif d’entreprise ou, à défaut, via une charte élaborée par l’employeur après consultation de la représentation du personnel. La charte ne peut contrevenir, précise l’accord de branche, à ses dispositions.
En l’absence d’accord d’entreprise ou de charte, le télétravail ne peut être qu’occasionnel, rappelle la branche. Dans tous les cas, le télétravail est fondé sur le principe du volontariat.
L’employeur peut refuser d’accorder le télétravail à un salarié compte tenu notamment des difficultés techniques ou organisationnelles ou du manque de maîtrise de l’emploi dont fait preuve le salarié.
Le refus de l’employeur est motivé et notifié dans un délai maximum de 45 jours (contre 60 dans le précédent accord), sauf circonstances exceptionnelles. Le salarié peut demander de manière argumentée le réexamen de sa demande. La direction de l’organisme dispose alors de 30 jours au plus pour y répondre de manière écrite et motivée.
En cas d’acceptation de la demande de télétravail, est prévue une période d’adaptation dont la durée ne peut excéder trois mois. Ce temps permet au salarié et à l’employeur de s’assurer que le télétravail correspond à leurs attentes. Durant cette période, chaque partie peut mettre fin au télétravail moyennant le respect d’un délai de prévenance de 30 jours au plus. Cette période d’adaptation n’est mise en œuvre qu’une fois et ne s’applique pas si l’avenant au contrat de travail est renouvelé alors que le salarié conserve le même poste.

Maintien du lien avec l’employeur

Afin de maintenir un lien suffisant entre le salarié et son employeur, le télétravailleur doit être présent dans son unité de travail au moins deux jours par semaine, quelle que soit la durée de son temps de travail. Il peut être dérogé à cette règle pour faciliter
l’emploi ou le maintien dans l’emploi de personnes handicapées.
Comme précédemment, l’accord précise que le choix des jours de télétravail est réalisé de manière conjointe entre le salarié et son employeur, et maintenir le bon fonctionnement du service du salarié. Une disposition nouvelle prévoit que le télétravail peut être organisé sous forme d’une enveloppe de jours de télétravail à prendre au cours de l’année.
Ce dispositif peut s’appliquer « dans certaines situations définies au plan local, par accord d’entreprise ou par la charte » locale. Ce mode d’organisation ne doit pas conduire à déroger à la règle des deux jours de présence par semaine dans l’organisme.
Les télétravailleurs bénéficient du droit à la déconnexion, comme tous les autres salariés du régime général, rappellent les signataires.

Soutien financier de l’employeur

Comme précédemment, le nouvel accord précise que le salarié doit fournir à son employeur, avant la signature de l’avenant au contrat de travail, deux attestations : l’une prouvant la compatibilité de l’assurance de son domicile avec le télétravail ; la seconde attestant que l’installation électrique permet l’activité professionnelle.
L’employeur prend en charge les frais de diagnostic des installations électriques ainsi que le surcoût éventuel d’assurance du domicile. Les travaux de mise en conformité de l’électricité sont à la charge du salarié.
En plus de la prise en charge des factures de téléphonie professionnelle, l’employeur verse une indemnité forfaitaire mensuelle prenant en compte les frais liés au télétravail (abonnement à Internet et consommation d’électricité, d’eau et de chauffage).
Cette indemnité, indexée sur un indice de prix Insee, est versée sur 10,5 mois afin de tenir compte des congés annuels. Son montant, déterminé en fonction du nombre de jours effectivement télétravaillés, ne peut être inférieur à 10 € pour une journée en télétravail par semaine, 20 € pour deux jours et 30 € pour trois jours.
En cas d’organisation du télétravail sous forme d’enveloppe, l’indemnité est versée en fin d’année, sur la base d’une valorisation minimale de 2,50 € par jour travaillé. L’accord précise enfin que le télétravailleur peut prétendre, dans les mêmes conditions que les autres salariés, au bénéfice des titres-restaurant, lorsque son organisme employeur en distribue habituellement.

Télécharger l’accord télétravail de l’UCANSS (PDF)

(Source : Fil AFP-Liaisons sociales – Michel Eicher – Liaisons Sociales Quotidien


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I) Logement : la taxe qui va crisper des millions de propriétaires

Polémique. Une nouvelle taxe est à l’étude au gouvernement : un bonus-malus selon la qualité de l’isolation et du chauffage des logements anciens. Les propriétaires sont déjà vent debout.


Le gouvernement veut en finir avec les “passoires thermiques”, ainsi que sont appelés, dans le document du ministère de la Transition écologique que Le Parisien a pu consulter, les logements anciens classés F ou G pour leurs performances énergétiques. Nicolas Hulot n’en veut plus. Pour pousser les propriétaires à mettre leur logement aux normes, le ministre envisage la création d’un bonus-malus sur le modèle de celui existant dans l’automobile.

Obligation de travaux avant la vente

Les propriétaires seraient taxés si les performances énergétiques de leur logement sont jugées insuffisantes en raison d’une mauvaise isolation, d’un système de chauffage obsolète ou polluant. L’objectif serait que ces logements obtiennent à terme la classification A ou B. Le projet prévoit en outre d’obliger les propriétaires à effectuer les travaux lors de la vente de leur bien, s’ils ne l’ont pas fait avant.
Et Nicolas Hulot voit les choses en grand. Selon Le Parisien, il souhaite qu’en dix ans, tous les logements anciens défectueux dans ce domaine soient rénovés. Entre 7 et 8 millions sont concernés en France.

C’est du délire

A peine rendu, le projet est déjà vilipendé. Sur RTL, Jean Périn, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers a parlé, mercredi 4 octobre, de délire. “Quand on taxe les propriétaires de tous les côtés (taxe foncière, CSG), où vont-ils trouver l’argent pour faire les travaux ? Cela donne l’image que ce gouvernement en veut vraiment à l’immobilier et qu’il essaie de punir les propriétaires. Ces derniers sont conscients qu’il faut participer à la transition énergétique, mais on ne peut pas les contraindre à ce point, ils n’en ont pas les moyens. C’est du délire.”

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J) Aurélien Taché : "On a pensé que l'intégration des étrangers se ferait toute seule, c'était naïf"

Le député de La République en marche Aurélien Taché a été chargé d'un rapport sur l'intégration qu'il remettra au gouvernement en début de semaine. Pour le JDD, il en dévoile les grandes lignes.

A 33 ans, Aurélien Taché a connu un parcours express. L'ancien apprenti plombier à la scolarité agitée est devenu l'une des figures du "renouveau politique" arrivées aux responsabilités dans le sillage d'Emmanuel Macron. Il est aujourd'hui député du Val d'Oise, après être passé ces dernières années par le PS et le cabinet du ministère du Logement sous François Hollande. L'élu de la majorité occupe les premiers rôles : "Lundi ou mardi" prochain - la date n'était pas encore arrêtée ce vendredi -, il remettra au gouvernement un rapport très attendu sur l'intégration des réfugiés. Au sein de La République en marche, il vient également de prendre la tête d'un groupe de travail sur la laïcité. Aurélien Taché a reçu le JDD à l'Assemblée pour présenter ses solutions. Et défendre ses convictions.
Vous allez remettre un rapport sur l'intégration la semaine prochaine. Que proposez-vous?
Ce rapport vise à apporter une réponse aux étrangers au moment de leur arrivée en France, dès qu'ils obtiennent un titre de séjour - au titre de l'asile ou du regroupement familial par exemple - qui les conduira à s'installer durablement. Il y a donc trois axes. Le premier : l'Etat doit donner à ces personnes des outils pour faciliter leur autonomie. Notamment concernant les cours de langue. La France fait trop peu dans ce domaine. Ces cours de français - aujourd'hui entre 50 et 200 heures, en fonction du niveau de départ - doivent être doublés, peut-être même triplés.

A l'exil des réfugiés, "on a ajouté le déclassement"

Vous souhaitez également revoir les modules d'enseignement permettant de mieux comprendre notre pays.
Actuellement, les modules durent deux journées de 6 heures et sont vraiment très théoriques. On vous apprend l'ordonnance de Villers-Cotterêts, Clovis, le Front Populaire… Ou encore la hiérarchie des normes, qui n'est pas vraiment la première chose à savoir en arrivant en France. Nous voulons complètement refondre cela pour en faire un moment plus important, plus valorisé, plus riche.

Quel est le troisième axe?
Il faut que, dans cette politique d'intégration elle-même, nous disposions d'un vrai volet consacré à l'insertion professionnelle. Aujourd'hui, seul 1 étranger sur 3 accueilli en France trouve un emploi dans les cinq premières années suivant son arrivée. On ne tient absolument pas compte du savoir-faire de la personne, de ce qu'elle pourrait vouloir faire en arrivant en France, de l'orientation vers des régions ou métiers où il y a des besoins… Tout ça n'est ni pensé, ni construit. La France a une politique d'accueil, pas d'intégration. Et à l'exil, on a ajouté le déclassement. C'est dramatique.

Pendant très longtemps, on a pensé que parce que l'on était la République française, il n'y avait rien besoin de faire
Vous dites que la France a une politique d'accueil, pas d'intégration. Comment expliquez-vous cela dans un pays comme le nôtre?
Pendant très longtemps, on a pensé que parce que l'on était la République française, issue des Lumières, le fer de lance de l'universalisme à travers le monde, il n'y avait rien besoin de faire. Que l'intégration se faisait toute seule et qu'il n'y avait pas besoin d'avoir d'actions particulières envers les étrangers accueillis. En réalité, c'était un peu naïf. On connaît la situation dans certains de nos quartiers. Sans politique spécifique, quand vous arrivez dans un pays, vous avez forcément moins de chances que les autres d'y trouver votre place. Beaucoup peuvent basculer dans la précarité, il faut l'éviter.

L'intégration, cela peut aussi diviser, non?
En France, il y a un droit d'asile, qui est sacré, qui est un impératif démocratique. L'asile ne se discute pas, ne se quantifie pas. Ensuite, il y a ce qui relève de la politique migratoire, fixée par l'Etat. Est-ce que ça divise? Je ne sais pas. A partir du moment où nous acceptons cette part d'immigration, nous avons tous collectivement intérêt à nous donner les moyens que ces personnes trouvent leur place dans notre pays.

Le droit d'asile "n'a plus de sens" si ceux qui ne l'ont pas obtenu restent

La politique d'immigration d'Emmanuel Macron a été critiquée par les associations, notamment à Calais. Vous y retrouvez-vous complètement?
Notre position, que je viens de développer, suppose que tout le monde ne puisse pas rester. Ceux qui se voient refuser l'asile, qui ne viennent pas rejoindre de la famille en France, qui ne rentrent pas dans les critères précis de l'immigration professionnelle doivent a priori repartir. Les sujets sont rarement totalement binaires. Si ceux qui ne l'ont pas obtenu restent, le droit d'asile n'a plus aucun sens.

Toutes les propositions de ce rapport seront-elles reprises dans le projet de loi asile et immigration?
Non, assez peu relève de la loi. L'essentiel servira à un plan pour l'intégration que le gouvernement, s'il trouve mon rapport intéressant, pourra construire à partir de ces propositions. Un comité interministériel devrait se tenir dans les semaines à venir pour statuer sur les propositions du rapport et réfléchir à ce que chaque ministère pourrait proposer. Ce sera un vrai plan avec des moyens, un pilotage, une gouvernance pour que cette politique d'intégration se mette vraiment en place en France.


Lire aussi : Ce que prévoit le projet de loi immigration et asile du gouvernement Macron

Ce projet de loi asile et immigration est-il un test pour la majorité?
Je ne suis pas certain. Je discute à la fois avec des gens soucieux d'avoir ces exigences en termes de retours, et aussi avec ceux qui nous disent de faire attention à ce que notre procédure d'asile continue d'être ouverte. Il faut que chaque aspect soit aussi ambitieux l'un que l'autre pour que l'ensemble de cette majorité s'y retrouve complètement. Ce sera le cas.

Immigration, laïcité : ces sujets révèlent des fragilités dans la société française
Vous vous êtes également vu confier une réflexion sur la laïcité pour La République en marche. Les migrants, la laïcité… Vous aimez bien les sujets minés!
Ce n'est pas tellement le fait qu'ils soient minés qui m'intéressent. Mais ce sont des sujets qui révèlent des fragilités dans la société française. La gauche comme la droite en ont fait des sujets polémiques sans les traiter sur le fond. La gauche, dont je suis issu, est totalement passée à côté, soit par peur soit par désintérêt. La droite les a instrumentalisés politiquement sur des positions très réactionnaires, en tout cas depuis la droite Sarkozy-Buisson.

Sur la laïcité, Valls contre La République en marche

Vous prenez aussi le risque de crisper un peu plus les positions de chacun en remettant le sujet de la laïcité sur la table…
Les débats d'une violence inouïe qu'on a parfois sur la laïcité révèlent bien qu'il y a quelque chose à clarifier. Après, je m'en fiche de ne pas me mettre d'accord avec Laurent Wauquiez ou Jean-Luc Mélenchon sur ces questions.

Et avec Manuel Valls?
Il est dans la majorité donc je souhaite qu'on puisse être le plus d'accord possible. Mais cela n'a échappé à personne qu'il a une vision très singulière qu'il défend avec force. La réflexion que j'anime se fait dans le cadre d'un mouvement, auquel n'a pas adhéré Manuel Valls. Au sein de La République en marche, nous devons défendre un projet de vision d'une société ouverte, qui serait radicalement différent de celui d'une droite ou d'une gauche conservatrice.

La laïcité est autre chose que l'islam. Quand on fait l'amalgame entre les deux, le débat est déjà biaisé
L'objectif de ce groupe sur la laïcité, n'est-ce pas d'abord de trouver une position commune au sein de LREM?
Je ne pense pas qu'il y ait des divisions au sein du mouvement là-dessus. Cette position commune existe déjà. Il faut en revanche prendre le temps de faire ce travail. Avoir cette réflexion, c'est aborder la question de manière politique. Or, lorsqu'on évoque les fractures au sein de notre société, c'est bien le rôle du politique d'y apporter des réponses.


Lire aussi : Comment En Marche se divise déjà sur l'immigration

Evoquer la laïcité, n'est-ce pas une façon déguisée de parler de la place de l'islam dans notre société?
Cela revient en effet à cela dans le débat politique aujourd'hui, mais ce n'est pas normal. La laïcité est bien autre chose que l'islam. Quand on fait l'amalgame entre les deux, le débat est déjà biaisé. Il me semble donc d'abord important dans ce travail de clarifier ce qu'est la laïcité. Certains défendent des conceptions qui ne me paraissent pas fidèles à la laïcité française des origines. La loi de 1905 dit neutralité de l'Etat et liberté de conscience pour les citoyens. L'Etat est donc bien laïc, pas la société. Vouloir imposer une neutralité des citoyens dans l'espace public, ce n'est pas la laïcité telle qu'elle est construite aujourd'hui.

Le port du voile en entreprise ou à l'université relève de "la liberté, pas la laïcité"

Le voile au sein des entreprises, par exemple, n'y voyez-vous aucun problème?
La laïcité n'a rien à voir avec l'entreprise. Le principe, c'est la liberté, ne venons pas tout confondre. Si l'entreprise veut faire un règlement, c'est autre chose, mais sinon les gens sont libres.

Le voile à l'université?
C'est pareil : comment peut-on l'interdire à des usagers des services publics, en l'occurrence des étudiants majeurs? Ce serait une atteinte à la liberté de conscience.

A l'Assemblée nationale?
Il n'y a pas non plus de sujet de laïcité ici. C'est un peu comme l'entreprise : on peut estimer que pour la sérénité des débats, il vaut mieux avoir une tenue assez neutre. Donc ne pas venir avec un maillot de foot comme François Ruffin, ou de porter un signe religieux. Le président de l'Assemblée, François de Rugy, a souhaité poser cette question. C'est sa conception, je l'entends, mais elle peut être discutée.

A gauche, il y avait beaucoup de choses qui ne me convenaient pas sur le plan idéologique
Vous êtes issu du Parti socialiste. Est-ce que vous vous revendiquez toujours de gauche?
Non. Je me revendique progressiste. J'étais à gauche parce que globalement le logiciel proposé était plus proche de mes idées. Mais il y avait beaucoup de choses qui ne me convenaient pas sur le plan idéologique. Je suis très attaché à la lutte contre les déterminismes sociaux, par exemple. Je viens d'un milieu très populaire, je n'avais pas fait d'études supérieures, avant de m'y inscrire par la suite, à 19 ans. Je n'ai pas le bac, ni le brevet. J'ai senti que ce combat contre les déterminismes, ce qu'Emmanuel Macron appelle les assignations à résidence, était porté de façon bien plus forte par le Président que par le PS. Là-bas, on traitait ces sujets toujours d'un revers de la manche.

Un rapport sur l'intégration, un groupe de travail sur la laïcité. Vous êtes aussi au conseil national de l'habitat… Cela fait beaucoup pour une seule personne, non?
Non, je vous assure que j'arrive à m'en sortir. J'étais aussi responsable du groupe LREM au sein de la commission des Affaires sociales et j'ai justement arrêté car il y avait besoin d'un fort investissement. Vous voyez que je suis raisonnable!


Anne-Charlotte Dusseaulx - Arnaud Focraud

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K)  59 islamistes radicaux travailleraient dans le nucléaire, mais aucun individu «extrêmement dangereux» détecté.

Ce mardi, Médiapart a publié un article intitulé “l’anatomie de la menace terroriste en France” faisant état de la présence de 59 individus islamistes radicalisés au sein des effectifs travaillant dans le nucléaire.
Selon le site d’informations, une vingtaine de sites seraient concernés. Toutes les personnes incriminées auraient été engagées par EDF ou des sous-traitants, mais aussi au sein d’Areva, au CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire” et à “l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)”
Selon le journaliste Matthieu Suc, une quinzaine de personnes et une dizaine d’ingénieurs auraient accès à des sites sensibles.

Aucun individu “extrêmement dangereux” repéré

Mais une source d’un service de renseignement cité par Mediapart a nuancé ces affirmations, précisant qu’il y avait plusieurs degrés de radicalisation et que les métiers liés au nucléaire n’étaient “pas une préoccupation majeure”.
Le service concerné a affirmé qu’aucun individu “extrêmement dangereux” n’avait été détecté et qu’au moindre doute, les habilitations seraient retirées.

Actu17.





L) L'Ifrap d'Agnès Verdier-Molinié : faux institut de recherche et vrai lobby ultra-libéral

Agnès Verdier-Molinié squatte les écrans pour parler d'économie, auréolée d'une réputation de chercheuse à l'Ifrap. Une prouesse extraordinaire pour une fondation ultra-libérale très éloignée de toute rigueur scientifique, experte du lobbying au Parlement, arrosée par de mystérieux mécènes et noyautée par des chefs d'entreprise...
C’est le diablotin qui sort de la boîte médiatique, dès que le mot « dépense publique » apparaît à l’écran. A moins d’éviter soigneusement ce type de programmes, difficile de louper Agnès Verdier-Molinié et ses analyses chiffrées dégainées à chaque fois qu’une réforme sur les retraites ou les fonctionnaires revient au menu d’une émission. Depuis le début de l’année, la directrice de la Fondation Ifrap est sur les antennes presque un jour sur deux : LCI trois fois, France 5, M6, Canal+, Arte, Europe 1, RTL, RMC, France Inter, Sud Radio, BFM Business, I24news, le service vidéo du Figaro (trois fois)… Sur son site web, l’institution se félicite d’ailleurs de cette aura impressionnante : « En 9 ans, les travaux de la Fondation sont devenus une référence pour les médias. » Mais de quels travaux s'agit-il ?
Sur les plateaux, on s’efforce la plupart du temps de dérouler le titre d’Agnès Verdier-Molinié au long, pour que l’on comprenne mieux de quoi il s’agit : « Directrice de la fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ». Un intitulé soporifique… mais qui a le bon goût de suggérer qu’il s’agit là d’une véritable organisation de recherche. Tout, dans la présentation de l’Ifrap, est voué à asseoir cette image d’une institution objective, aux méthodes scientifiques, qui produirait un contenu de référence. Ses salariés sont présentés comme des « chercheurs », chargés d’ « analyser » les politiques publiques. Selon ses statuts, le but de l’Ifrap est d’ailleurs en premier lieu d'« effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein emploi et le développement économique ».

229 notes, dont seulement 2 rédigées par un chercheur

Cette présentation a tout du coup de génie marketing, puisqu’elle légitime et crédibilise l’Ifrap en tant qu’interlocuteur indépendant pour les médias. Le hic, c’est que quand on s’intéresse à la production de l’Ifrap, son caractère réellement « scientifique » ne saute pas aux yeux. Selon nos calculs, sur les 229 notes publiées par la Fondation en 2017, seulement… 2 ont été rédigées par un chercheur en activité, à savoir Samy Azzam, doctorant en droit public (devenu docteur en décembre dernier). Loin de pouvoir compter sur un «réseau de près de 150 chercheurs, contributeurs et experts qui participent à la conception de (ses) études » comme elle le revendique, l’Ifrap repose en réalité sur un nombre réduit de contributeurs, qui n'ont jamais publié d'article scientifique.
Alors qui, sont-ils ? En 2017, on retrouve seulement 20 signataires pour tous ses travaux. Près de 80% d’entre eux sont rédigés par une équipe restreinte de six personnes, qui correspond aux permanents de la Fondation, salariés pour leur immense majorité. Parmi eux, des titulaires de Master 2 en affaires publiques, en gestion, un ex-avocat, un ancien consultant… mais aucun diplômé d’économie. Agnès Verdier-Molinié elle-même est diplômée d’histoire contemporaine. Ce qui n’empêche aucunement d’être compétent mais incite à relativiser les prétentions scientifiques de la Fondation. Le reste des intervenants se décompose entre stagiaires (9%) et cadres dirigeants ou retraités du privé, tous passés par les secteurs de la banque ou de l'assurance sauf trois d'entre eux, si l’on se fie à leurs comptes professionnels en ligne.

De la "recherche"... pas scientifique

Dès 2011, Franck Ramus, directeur de recherche en sciences cognitives au CNRS et professeur à l’ENS, s’interrogeait sur son blog sur le caractère « scientifique » des travaux de l’Ifrap. Il expliquait d’abord que la qualité de « chercheur » en économie répond à des critères bien précis : « Les chercheurs, pour que leurs travaux soient diffusés et servent à quelque chose, doivent les publier dans des revues internationales à comité de lecture. Pour être publiés, leurs articles doivent être expertisés par d'autres chercheurs en économie parmi les plus compétents sur le sujet, dont le rôle est justement de faire ce travail de vérification des sources et des analyses (…) C'est ce processus d'expertise par les pairs qui assure que les articles publiés dans les revues scientifiques offrent un niveau minimal de qualité méthodologique. C'est à ce seul prix que la connaissance peut avancer.»
L’universitaire relevait donc que les « chercheurs » auto-proclamés de l’Ifrap n’ont jamais publié d’article scientifique : « Aucun des "chercheurs" de l’Ifrap examinés [...] n’a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d’économie. Aucun n’a même effectué une formation à la recherche attestée par un doctorat. ». Il en déduisait que l’activité de l’Ifrap se rapprochait plus du lobbying que de la recherche : « À la lumière de cet examen, j’hésiterais à dire que l’Ifrap est un institut de recherche, et que ses membres sont des chercheurs au sens usuel du terme. Lobbyistes serait sans doute un terme plus juste. »

Idéologie libérale

En réalité, sous ce vernis scientifique, l’Ifrap cherche surtout à défendre une idéologie ultra-libérale. Si les think tanks cèdent souvent à la tentation de porter des idées déjà arrêtées plutôt que de tenter d'élaborer une réflexion consensuelle, l’organisation d’Agnès Verdier-Molinié pousse le curseur particulièrement loin. Ses études ne proposent jamais d’auditions contradictoires d’experts (comme l’Institut Montaigne, think tank libéral), ni de rapports prévisionnels sur la conjoncture ou la croissance (comme l’OFCE, institut de recherche généralement classé à gauche). Les notes se résument souvent à un commentaire sur un rapport ou une annonce économique, assorti d’une proposition de réforme, invariablement ultra-libérale.
Dans cette optique, les chiffres maniés par cette organisation fondée en 1985 par le chef d'entreprise Bernard Zimmern sont très souvent les mêmes. Le taux des prélèvements obligatoires et le niveau de la dépense publique en France - particulièrement hauts - sont martelés, agrémentés de comparaisons internationales peu flatteuses. D'autres chiffres qui pourraient nourrir le contexte, comme ceux de l'évasion fiscale ou des écarts de revenu, ne sont pratiquement jamais évoqués.
Seize études sur l'ISF, zéro sur la fraude fiscale
De la même façon, certains sujets passionnent l’Ifrap, quand d'autres l'ennuient. Alors que pas moins de 16 études ont été consacrées à la « nécessaire » suppression de l’ISF en 2017, aucune n’a porté sur la fraude fiscale, qui grève pourtant également la compétitivité française. Et quand Agnès Verdier-Molinié plaide pour la fin de l'impôt sur la fortune, elle assure que « la fin de l'ISF devrait permettre le retour à terme des 200 à 300 milliards d'euros qui ont fui la France à cause de cet impôt ». Sauf que cette affirmation, qu'on retrouve de longue date dans les argumentaires de la droite, ne repose sur aucune étude scientifique : c'est un pari.
Sur les inégalités de richesse, la seule note de l’Ifrap consacrée précisément au sujet en 2017 – « Fiscalité : les riches sont-ils privilégiés ? » - en vient à relativiser les transferts de richesse en direction des plus riches sous Macron en constatant que les plus aisés ont beaucoup souffert sous Hollande et que « les pauvres (…) seront les premiers à bénéficier d’une baisse du chômage et d’un gain de pouvoir d’achat lié à la baisse des cotisations salariales programmées ». Cet argument, qui postule que les versements faits aux riches vont faire refluer le chômage, s'avère encore une fois plus proche du plaidoyer politique que de l’analyse économique rigoureuse.

Des pamphlets anti-candidats

D'une façon étonnante de la part d'une fondation censée poursuivre une œuvre d'intérêt général, l'Ifrap s'est même fendue de quelques pamphlets contre des candidats à l'élection présidentielle. Le programme de Jean-Luc Mélenchon en a pris particulièrement pour son grade, au détour d'une étude plus proche de l'argumentaire politique que d'un rapport économique rigoureux, intitulée "Jean-Luc Mélenchon, un programme économique de prestidigitateur". "Nous touchons ici à la véritable maladie des extrêmes français", pointe l'auteur en incluant Marine Le Pen et Benoît Hamon dans son réquisitoire. Il remet en cause le sérieux des rédacteurs du projet de la France Insoumise : "La charité nous fera douter que ce programme ait pu recevoir l’aval de véritables économistes".
Le principal reproche de l'Ifrap ? Ce programme ne serait pas favorable aux entreprises et aux riches, qui verront leurs impôts augmenter grandement, au risque d'étouffer leurs marges : "L’éléphant ne se contente pas d’entrer dans le magasin de porcelaine de l’emploi, il y casse toute la vaisselle et s’apprête, non seulement à geler tout nouvel emploi, mais à provoquer la faillite des entreprises qui ne pourront pas résister au choc". Une assertion valable du point de vue ultra-libéral mais qui ne prend que peu en compte le renversement de modèle de société prôné par Jean-Luc Mélenchon, rapidement renvoyé à une "soviétisation totale" de la société, sans aucune analyse sur les conséquences de la refonte de la Constitution et des textes européens, indispensables pour concevoir sérieusement l'argumentaire Insoumis.
"Marxisme dictatorial"
La fondation d'utilité publique se plaint encore qu'"héritier du jacobinisme révolutionnaire, puis du marxisme dictatorial, ce programme se refuse à considérer les acteurs économiques, et au premier chef les entreprises, comme des partenaires légitimes". Drôle de vocable qui emprunte davantage à la virulence du combat politique qu'à la froideur d'un rapport économique. Plus que des études de "chercheurs" indépendants, qui tenteraient d'éclairer le débat économique en prenant en compte toutes les données, les notes de l'Ifrap s'apparentent ainsi plutôt à des éléments de langage chiffrés à destination des responsables politiques libéraux. Officiellement indépendant de tout parti politique, le think tank penche d'ailleurs clairement d'un côté de l'échiquier politique. Dans une étude sur les "12 réformes que Macron doit reprendre des programmes des candidats battus", il pousse... dix mesures issues des programmes de Les Républicains.
Plus globalement, hormis cette devanture chic de la "recherche scientifique", l'Ifrap fonctionne comme un groupe de pression lambda. Elle propose par exemple un programme législatif de 15 réformes économiques, à la manière d'un parti politique. Parmi elles, l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, un référendum sur la fin de la fonction publique, la fin des 35 heures, des baisses massives des dépenses publiques et des impôts. Un agenda que ne renierait pas un lobby anti-impôts comme Contribuables associés, créé en 1990, notamment par Bernard Zimmern... le fondateur et président d'honneur de l'Ifrap.

Lobby au Parlement et mystérieux mécènes

Preuve ultime de sa véritable nature, l'organisation libérale s'est récemment définie elle-même en tant que lobby. C'est que la loi imposait aux organisations qui souhaitent faire du lobbying au Parlement de s'enregistrer avant le 31 décembre 2017... Le 20 décembre 2017, l’Ifrap s’est donc inscrite au registre des représentants d’intérêts au Parlement, publié par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Si ces pratiques sont parfaitement respectables dès lors qu'elles sont transparentes, il demeure un hic : on ne sait pas par qui elles sont financées. Sur son site, l’Ifrap se targue de ne recevoir aucun subside public, ce qui renforcerait son indépendance : « la Fondation Ifrap est intégralement financée par la générosité privée ; ceci la rend totalement libre de parole, de ses axes de recherche et de ses propositions de réformes ». On pourrait tout aussi bien soutenir exactement le contraire : dépendante des dons privés, l’Ifrap a tout intérêt à calquer ses propositions sur les attentes de ses mécènes. Et ce même si elle assure solennellement qu’elle « ne rémunère pas, de quelque manière que ce soit, ni n'accorde aucun avantage, ni publication, ni contrat préférentiel, au donateur ».

Une très précieuse "utilité publique"

En 2016, l’Ifrap a ainsi touché la somme impressionnante de 1,34 million d’euros de dons privés. Venant d'où ? On ne le sait pas, étant donné que l’Ifrap ne donne aucune indication sur ses mécènes. Pour ces derniers, le bénéfice est maximum. Ils peuvent pousser leurs idées, tout en restant dans l'ombre. Auréolée de l'aura "scientifique" que se plaît à entretenir l'Ifrap, l'idéologie libérale qu'ils soutiennent est défendue sur tous les plateaux télé. Leurs idées sont également poussées directement auprès des parlementaires par Agnès Verdier-Molinié, qui enfile alors sa casquette de représentante d'intérêts.

Grâce à la reconnaissance d'"utilité publique" accordée par un décret de François Fillon en 2009, ces mystérieux financeurs peuvent même soutenir ce lobby... tout en bénéficiant d'une remise de 66% de leurs dons sur leurs impôts sur le revenu ou de 75% de leur IFI (le nouvel ISF). A la différence d'un parti politique, ces dons ne sont d'ailleurs aucunement limités à 7.500 euros par an. Le bon plan !
En 2015, Challenges évoquait un financement « à 90% par des dons de particuliers, le reste provenant de PME ». Quand on observe la gouvernance de l'Ifrap, on remarque surtout la présence de hauts cadres du secteur privé français. Sur les onze membres actuels de son conseil d’administration (hormis le commissaire du gouvernement, qui représente l’Etat), on dénombre… neuf dirigeants ou retraités d'entreprises françaises importantes.
108ème fortune française
Parmi eux, quelques mastodontes. Le président du conseil d’administration, Jean-Claude Rouzaud est l’ancien Président du groupe prospère Champagne Louis Roederer et un habitué des classements des Français les plus riches. Son fils, Frédéric Rouzaud, à qui il a légué l’essentiel de ses biens, est aujourd’hui considéré par Challenges comme la 108èmefortune française, avec 785 millions d’euros de richesses. Denis Kessler, personnalité qualifiée, est lui PDG du groupe de réassurance Scor, coté au CAC Next 20, l’indice boursier qui regroupe les vingt valeurs qui suivent celles du CAC 40. Son chiffre d’affaires 2016 avoisine les 14 milliards d’euros.

Étienne Girard

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1 commentaire:

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