février 14, 2018

#20 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. Merci




Sommaire

A) Face au cri d'alarme des personnels de santé, le gouvernement livre ses pistes - Véronique Julia - France Inter

B) Edouard Philippe veut mettre fin aux «rafistolages» dans la Santé - Daniel Rosenweg - Le Parisien

C) Colère des agriculteurs : tous les accès à Auch bloqués, pas de transport scolaire mardi - MARC CENTENE, CYRIL BRIOULET et MANON ADOUE - La Dépêche

D) Les 6 chiffres qui montrent qu’Emmanuel Macron n’a pas encore redressé la France -

E) Même les militants pro-migrants constatent que ce n’est plus possible ! - bvoltaire

F) Les robots de combat vont-ils massacrer l’humanité (et les petits chats) ? Sociologie d’un débat non informé - Joseph Henrotin - Défense 24 News

G) NON, L’AMOUR NE DÉPEND PAS DE LA GÉNÉTIQUE! - my-psychologie

H) François Hollande va publier le livre-bilan de son quinquennat - Ouest-France

I) Le libéralisme « fumeux » de la Macronie -

J) La loi contre les fake news est prête - Jérôme Lefilliâtre - Libération

K) 430 000 euros de dépenses irrégulières dans les comptes de campagne de Mélenchon - Valeurs actuelles

L) Loi de bioéthique : vous pouvez désormais donner votre avis en ligne - H.J, E.L, E.S. - Sciences et Avenir

M) UN THINK TANK VEUT ABATTRE LE FICHIER “TES” REGROUPANT LES DONNÉES PERSONNELLES DES FRANÇAIS - Yasmine BRIKI - Gouvernance.News

N) Les hommes, une espèce en danger ? - Sophie de Menthon - Valeurs actuelles





A) Face au cri d'alarme des personnels de santé, le gouvernement livre ses pistes

Alors que le malaise à l'hôpital est palpable, le gouvernement pense avoir identifié sa source. Pour le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en visite au centre hospitalier Simone Weil dans le Val d'Oise, on dépense trop et surtout on dépense mal.
Ce mardi il a beaucoup été question de financement à l’hôpital. Le Premier ministre a d'ailleurs estimé que la France, avec une dépense de 200 milliards d'euros par an pour sa santé, ne parvient pas à être efficace. Selon lui, l'organisation des soins notamment n'est pas optimale.  Il pointe une offre inégale sur le territoire, les personnels sont en grande souffrance et les hôpitaux sont étranglés financièrement.
De leur côté, les patients sont perdus entre une médecine de ville et un hôpital qui finalement collaborent très peu. Selon le locataire de Matignon , il faut "redonner du sens" au système et mieux l'articuler.
Quelques pistes ont été évoquées pour s'en sortir d'ici à la fin du quinquennat. Le premier chantier sera celui du financement de l'hôpital. La tarification actuelle encourage à multiplier les actes, à faire du chiffres, plutôt qu'à se concentrer sur la qualité des soins.
Or les maladies aujourd’hui, sont davantage chroniques et il faut du temps pour s'en occuper. La tarification doit changer pour mieux accompagner cette évolution.

12,6 millions de patients hospitalisés
Parmi eux , 2 millions d'enfants et 1,5 million de personnes de plus de 80 ans.
4,7 millions de patients en chirurgie
Dont 50% en ambulatoire
784.000 patients
en réanimation soins intensifs sous surveillance continue

1,2 million de personnes
hospitalisées pour un cancer
484.000 lits d'hospitalisation
dont 411.000 à temps complet et 73.000 places d'hospitalisation partielles

L'autre chantier majeur est celui de l'élaboration par la Haute autorité de santé d'un guide des bonnes pratiques médicales. On part du constat suivant : aujourd'hui, trop d'opérations ou de soins ne seraient pas pertinent ou justifiés. Selon Édouard Philippe, il faut mettre de l'ordre dans tout ça. Il cite par exemple les disparités du nombre d'interventions chirurgicales en fonction des régions. Des variations qui selon lui coûtent cher parfois très cher. Il faut, dit-il, pouvoir évoquer le sujet de la pertinence de ces soins.

Répartition des patients hospitalisés

Hôpital public (vert)
Secteur privé (rouge)

D'autres chantiers ont été évoqués comme l'accélération de la numérisation des données médicales, la création d'un observatoire de qualité de vie au travail dans les hôpitaux ou encore repenser les statuts de la fonction publique hospitalières pour la rendre plus attractive. 
Par ailleurs, le gouvernement mettra chaque année 100 millions d'euros sur la table pour financer ces transformations. Ces annonces ne vont sans doute pas calmer la colère des soignants. Le gouvernement de son côté assure qu'il ne s'agit pas de dépenser plus mais de dépenser mieux.





B) Edouard Philippe veut mettre fin aux «rafistolages» dans la Santé

Le Premier ministre présentait ce mardi matin, à Eaubonne (Val-d’Oise), son plan de bataille pour réformer l’hôpital en profondeur.

La CGT-Santé avait prévu un petit comité d’accueil, ce mardi matin, à l’entrée de l’hôpital Simone-Weil d’Eaubonne (Val-d’Oise), où étaient attendus le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn. Histoire de rappeler que de nombreux hôpitaux sont actuellement touchés par des mouvements sociaux.
Le chef du gouvernement est venu présenter sa « Stratégie de transformation du système de santé ». En préliminaire, il a rappelé le budget alloué à la santé des 67 millions de Français : « 200 milliards d’euros », précisantant son objectif d’« une Sécurité sociale à l’équilibre en 2020 ».
D’entrée, le chef du gouvernement a annoncé que les tarifs hospitaliers pour 2018, publiés dans deux semaines, « sont en baisse ». Pour l’hôpital et les cliniques privées, c’est l’annonce d’une réduction de leurs revenus à activité constante.

Une concertation de quatre mois

Edouard Philippe dit vouloir une « transformation globale », en y réfléchissant intensément durant quatre mois avec tous les acteurs, représentants des usagers compris. Objectif : bâtir quelque chose « de simple et durable ».
Il a commencé par un état des lieux et pointé du doigt trois « faiblesses » : manque d’investissement dans la prévention, difficulté d’accès aux soins sur certains territoires et enfin, complexité entre les soins de ville et de l’hôpital. Il propose « une boussole » : la qualité des soins et la pertinence des actes, premier chantier. « Pourquoi deux fois plus de césariennes dans certains départements que d’autres ? », s’interroge le Premier ministre.
Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, saisira les conseils nationaux professionnels des différentes spécialités et le collège de médecine générale pour qu’il propose des actions afin d’améliorer la pertinence des soins. Ils feront parvenir leurs propositions d’ici l’été 2018. Des indicateurs de satisfaction des patients seront mis en place.

De nouveaux modes de rémunération des soins

Le Premier ministre a également abordé le sujet crucial du problème du financement de l’hôpital, financement à l’acte qui favorise des dérives vers les actes les plus rémunérateurs. Edouard Philippe veut « corriger », ce mode de financement.
La ministre s’appuiera sur la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 afin de tester de nouveaux modes de rémunération comme des financements à l’épisode de soins pour la prise en charge de maladies chronique. Les premières expérimentations débuteront dès 2018.
Une « taskforce » (équipe de choc), dédiée à la réforme du financement du système, sera créée auprès de la ministre de la Santé. Cette équipe devra faire des propositions de nouveaux modèles de financement d’ici le début 2020. De nouveaux modes de rémunération des médecins de ville seront étudiés.

Déploiement du Dossier médical partagé (DMP) en 2018

Edouard Philippe a ensuite abordé le sujet de l’e-santé. La Suède a pris l’engagement que tous les habitants aient accès à toutes leurs informations santé en ligne d’ici 2020. « Faisons-le d’ici 2022 », lance-t-il, évoquant le déploiement du dossier médical partagé (DMP) d’ici fin 2018.
Le Premier ministre qui veut accélérer le virage numérique, fixe trois objectifs « stratégiques » : l’accessibilité en ligne pour chaque patient à l’ensemble de ses données médicales, dématérialisation de l’intégralité des prescriptions, simplification effective du partage de la formation entre tous les professionnels de santé.
Cote médecins, le chef du gouvernement a abordé l’autre dossier délicat : celui de la formation des médecins, avec notamment le numerus clausus, qu’il faut profondément réformer. « Comment, je ne sais pas. Il faut en discuter et qu’on avance ! »


L’organisation des soins est un autre chantier prioritaire. « Aux professionnels d’organiser la permanence des soins en ville », dit-il à propos des gardes de nuit et de week-ends, pour accroître l’accès aux soins.
Il veut améliorer la complémentarité ville-hôpital, c’est pourquoi des expérimentations seront menées dans « 3 à 5 territoires volontaires » qui pourront « tester toutes nouvelles organisations, sans tabous ». Les tarifs hospitaliers favoriseront l’activité ambulatoire.

100 millions d’euros par an

Enfin, Edouard Philippe annonce aussi une vaste « mission de simplification », pour faciliter le travail de tous les professionnels de santé. Quelque 100 millions d’euros par an seront consacrés à cette vaste mutation du système de santé.
Une vaste concertation nationale sera lancée de mars à mai 2018. Un véritable plan de bataille devant en sortir courant juin. « Le temps des rafistolages est révolu », a-t-il conclu.
Edouard Philippe n’a pas oublié les personnels, dont beaucoup sont actuellement en grève dans plusieurs hôpitaux. Il propose de mettre en place un « observatoire de la qualité de vie au travail », qui devra dresser un état des lieux d’ici la fin d’année et faire des propositions.

Daniel Rosenweg




C) Colère des agriculteurs : tous les accès à Auch bloqués, pas de transport scolaire mardi

Ils avaient promis de bloquer tous les accès d'Auch : c'est fait depuis 7 heures ce lundi. Les agriculteurs du Gers, en colère contre la réforme de la carte des zones défavorisées, se sont installés avec leurs tracteurs et leurs remorques aux quatre principaux giratoires qui desservent la capitale de la Gascogne : les ronds-points de Pavie et de des Justes sur la RN21 et les ronds-points de la Hurée et de Saint-Cricq sur la RN124. La circulation est totalement interrompue.

Des déviations ont été mises en place par les services de l'Etat, à destination notamment des poids lourds, pour ne pas qu'ils s'approchent du blocus à Auch. L'itinéraire conseillé passe par l'Isle-Jourdain, Lectoure, Condom, Barcelonne-du-Gers et le sud du département. 

Pas de transports scolaires mardi dans le Gers

Face à ce blocage, la Région a reconduit l'arrêt des transports scolaires.
"Le maintien mardi 13 février du blocage des principaux axes routiers d’Auch par des manifestations agricoles rend impossible la circulation des cars scolaires desservant habituellement les établissements auscitains, indiquent les services de la Région dans un communiqué. En conséquence, les transports scolaires sont supprimés matin et soir le mardi 13 février."

74 communes du Gers exclues

74 communes et 252 exploitations du Gers seraient exclues du zonage. "On ne voulait pas en arriver là, regrette Damien Latapie administrateur des Jeunes Agriculteurs du Gers, mais le rapport de force est devenu nécessaire". Après les dernières mobilisations dans toute la région pour sauver les communes des zones défavorisées, le Gers a l'impression de rester sur la touche. Seules cinq communes seraient épargnées sur les 79 qui devraient être exclues du nouveau zonage. "On n'a pas assez forcé le ton, on demande que tout le monde se mette au travail pour maintenir le département en zone défavorisée, on est en colère, on n'est pas habitué à fonctionner comme ça, d'habitude on est plutôt force de propositions", souligne l'éleveur. 
Les agriculteurs entendent bien rester sur place jour et nuit jusqu'à jeudi. "On a un planning, une première équipe reste de 7 heures du matin à 7 heures du soir, une autre prend le relais pour la nuit", explique Matthieu Mendousse, trésorier des JA 32 et céréalier à Barran. Des entreprises locales fournissent le pain et la viande aux agriculteurs qui ont déjà prévu le café et le jus d'orange sur place.
Au rond-point de Saint-Cricq, au bout de la route de Toulouse et au début de la deux fois deux voies, la vie de camp s'organise. " Comme dans une ZAD" de l'aveu des agriculteurs qui y font le piquet de grève. Une caravane a été installée pour héberger les agriculteurs qui sont mobilisés cette nuit. A l'intérieur tout est prévu : chauffage, duvet, packs de bouteille d'eau, réserve de chips et de croissants pour le lendemain matin. A l'extérieur c'est grillade de saucisses à la plancha et barbecue improvisé sur des palettes. " On a prévu tout le confort pour tenir jusqu'à jeudi", plaisante un agriculteur. Un peu plus loin, autour du même rond-point, une benne de camion bâchée hébergera, de façon plus rudimentaire le reste du groupe de nuit. Ces veilleurs s’accommoderont de matelas gonflables et de duvets. 
C'est jeudi 15 février que la nouvelle carte des zones défavorisées sera définitivement arrêtée.

Une rencontre avec la députée dans l'Aude

Des agriculteurs en colère de l'Aude, qui avaient bloqué la circulation sur l'autoroute A61 vendredi dernier, ont rencontré la député de la 3e circonscription Mireille Robert, ce lundi matin dans le village de Fanjeaux. Ils lui ont demandé son soutien et les analyses de terre de l'Inra qui servent à prouver que les parcelles sont en zones défavorisées. Ils souhaitent rencontrer le préfet de l'Aude aujourd'hui à Carcassonne. 

Les agriculteurs de l'Aveyron veulent temporiser

De leur côté, les agriculteurs de l'Aveyron, qui ont bloqué Rodez vendredi, avaient envisagé une potentielle action sur le viaduc de Millau n'ont pas donné suite. "Après la manifestation, nous avons appris que la deadline fixée par le gouvernement au 15 février sert juste à temporiser pour éviter des débordements pendant le Salon de l’agriculture. Nous allons temporiser nous aussi », explique Céline Carayol, responsable de communication pour la FDSEA. Des réunions locales dans les zones concernées sont organisées aujourd’hui avec les agriculteurs pour planifier les futures actions.
Aucune mobilisation n'est prévue en Haute-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne, l'Aveyron et dans l'Aude ce lundi.

MARC CENTENE, CYRIL BRIOULET et MANON ADOUE




D) Les 6 chiffres qui montrent qu’Emmanuel Macron n’a pas encore redressé la France

Malgré le train de mesures lancé par Emmanuel Macron, l’économie française est loin d’avoir retrouvé son lustre d’antan. Commerce extérieur, finances publiques, chômage… Retrouvez dans notre diaporama ses faiblesses persistantes.

Le gouvernement Macron s’est globalement montré jusqu’ici assez actif sur le front des réformes. Pourtant, l’économie française continue d’afficher des fondamentaux dégradés et de mauvais chiffres à bien des égards, à l’image de la récente annonce du creusement de notre déficit commercial en 2017.
 

Les fondamentaux de l’économie tricolore restent dégradés

L’économie française se porte-t-elle vraiment mieux ? “Il y a eu plusieurs surprises positives sur le front de la croissance économique en 2017, et l’activité devrait rester dynamique en 2018, avec une progression attendue de 1,8% du produit intérieur brut”, estime Julien marcilly, chef-économiste de l’assureur-crédit Coface. Il souligne en particulier la très bonne orientation des investissements des sociétés, qui “ont reconstitué leurs marges, du moins dans l’industrie, et cherchent à répondre à leurs insuffisances en matière d’équipements. Par ailleurs, les défaillances d’entreprises devraient continuer de diminuer, quoique à un rythme moindre, après un reflux de 7% en 2017”. Pour autant, l’Hexagone continue d’afficher des fondamentaux dégradés et des chiffres décevants dans de nombreux domaines. Tour d’horizon dans ce diaporama, rédigé le 12 février 2018.

62,3 milliards d’euros : le déficit commercial de l’Hexagone en 2017, après 48,1 milliards en 2016

Le dernier excédent commercial de l’Hexagone n’est plus qu’un lointain  souvenir : il date de 1999. “Notre commerce extérieur s’est dégradé en deux temps. De 2000 à 2011, puis à partir de 2015. Nos contre-performances des années 2000 étaient liées à l’internationalisation des économies émergentes (notamment de la Chine, qui a gagné des parts de marché depuis son adhésion à l’OMC en 2001), qui a pesé sur nos exportations, tandis que la flambée du cours de l’or noir a fait flamber notre facture pétrolière - et donc nos importations”, explique l’expert. “A partir de 2015, c’est vis-à-vis de nos voisins européens que notre solde commercial s’est détérioré. Une dégradation due aux échanges avec des pays comme l’Allemagne et l’Espagne sur les biens manufacturés. La raison ? Les coûts salariaux ont progressé plus fortement dans l’Hexagone que chez eux. Notre compétitivité-prix s’est d’autant plus détériorée que nos entreprises ont profité de la modération salariale et du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) pour reconstituer leurs marges, plutôt que pour gagner des parts de marché”, souligne-t-il. 

A 9,7%, le taux de chômage reste élevé, quoiqu’en amélioration

Après avoir atteint un sommet à 10,5% (2013 et 2015), le taux de chômage (hors Mayotte) a été ramené à 9,7%, selon les derniers chiffres de l’Insee, datés de novembre 2017. Même si le taux de chômage tend à refluer, la baisse est bien moins rapide que dans des pays comme l’Espagne. “Le taux de chômage de l’Hexagone reste supérieur à la moyenne de la zone euro. Il faut dire que notre marché du travail demeure peu flexible : nos firmes licencient moins en période de crise mais elles embauchent moins quand la conjoncture repart”, explique Julien Marcilly. Pire, “l’économie française sort d’une crise plus longue que les précédentes. Du coup, le chômage de longue durée est très important. 900.000 chômeurs sont sans emploi depuis plus de trois ans. Et beaucoup sont difficilement employables, sans formation”, souligne-t-il. 

Après +2,1% en 2016 et +1,3% en 2017, la consommation des ménages sera freinée par la hausse de l'inflation en 2018

Si la consommation des ménages a retrouvé quelques couleurs, soutenue par l’amélioration du marché du travail, “elle devrait être affectée en 2018 par le retour de l’inflation, qui érodera le pouvoir d’achat des ménages”, relève Julien Marcilly, qui table sur une progression limitée à 1,7%.

-2,9% : le déficit public ne se réduit pas assez vite…

Ressorti à 3,4% en 2016, le déficit public de l’Hexagone devrait être ramené à 2,9% en 2017 puis 2,8% cette année, selon des estimations de la Coface. “Une réduction liée à l’amélioration de la conjoncture économique”, explique Julien Marcilly. Il dénonce toutefois le rythme trop lent de sa contraction, qui souffre de la comparaison avec nos voisins...

… l’inversion de la dette publique (97% du PIB!) n’est toujours pas en vue !

Si la dette publique, rapportée au produit intérieur brut, tend à refluer depuis quelques années dans des pays comme l’Allemagne (voir illustration ci-dessus), “celle de l’Hexagone ne fera que se stabiliser, à près de 97% du PIB, à fin 2018. Parmi les plus élevées de la zone euro, notre dette publique restera l’une des rares à ne pas s’alléger”, souligne Julien Marcilly.

+9% pour le CAC40 en 2017 : la Bourse de Paris continue de souffrir de la comparaison avec les autres

Le CAC40 n’a pas fait d’étincelles l’an dernier (+9%), en dépit de la défaite de Mélenchon et Le Pen à la présidentielle, du raffermissement de la croissance, de la réduction de l’impôt sur les sociétés et du lancement des réformes. L’indice phare parisien a été distancé par la plupart des autres grands indices actions : +25% pour le Dow Jones, +14% pour l’indice italien FTSE MIB, +36% pour l’hongkongais HangSeng, +26% pour le brésilien iBovespa et +19% pour le japonais Nikkei225 ! Décidément, l’Hexagone a encore du chemin à faire pour remonter la pente...
 




E) Même les militants pro-migrants constatent que ce n’est plus possible !

Sur les ravages de l’immigration en Europe, les yeux s’ouvrent les uns après les autres, les dominos tombent, et les forteresses que l’on croyait les plus inexpugnables s’effondrent. 

Sur les ravages de l’immigration en Europe, les yeux s’ouvrent les uns après les autres, les dominos tombent, et les forteresses que l’on croyait les plus inexpugnables s’effondrent. Devant la réalité des faits. Ainsi, la semaine dernière, dans deux pays européens, deux acteurs d’institutions ou d’associations « migrants-friendly » ont fait leur coming out pour dire différents aspects très concrets de l’impasse migratoire.

En Allemagne, c’est une militante engagée dans l’aide aux réfugiés qui a confié à la presse polonaise et allemande l’amer savoir de son expérience au plus près des migrants musulmans. Elle s’appelle Rebecca Sommer. Pensant d’abord que « les visions médiévales des Arabes changeraient avec le temps », elle s’est rendue à l’évidence et a déclaré qu’il était « presque trop tard pour l’Allemagne ». Elle analyse le problème ainsi :
« Les réfugiés musulmans ont grandi avec un système de valeurs complètement différent du nôtre, ont subi un lavage de cerveau religieux depuis l’enfance et n’ont aucun désir de s’adapter à la vie occidentale. »
​‌”
Elle a constaté que l’aide que l’Allemagne leur a accordée était regardée avec « arrogance et mépris ». Elle affirme avoir été traitée de « stupide salope allemande ». Rebecca Sommer tire de son expérience personnelle, de ce qu’elle a vu sur le terrain, deux enseignements : d’une part, l’islam prend une importance croissante dans la culture allemande, dans les institutions et les écoles ; d’autre part, les cultures européennes, si elles veulent survivre, doivent s’affirmer et se défendre. Rebecca Sommer a, en particulier, encouragé les Polonais à rester « inflexibles » dans leur opposition à la politique de l’Union européenne :
« Aucun peuple, ni groupe, que ce soient les Italiens, les Français, les Allemands ou les Polonais, ne pourront subsister en tant que nation, s’ils ne défendent pas de façon raisonnable leurs intérêts. »
​‌”
Rebecca Sommer : un nom à retenir.
En France, on ne compte plus les déclarations de personnalités ou d’institutions culturelles en faveur des migrants, depuis le ministre de la Culture qui, complètement irresponsable, veut leur offrir des places gratuites de ciné ou de théâtre…
Or, la semaine dernière, la présidence de l’université Paris VIII, dont un bâtiment est occupé par une trentaine de migrants, après les avoir accueillis, découvre que ce n’est plus possible.
D’abord, elle déplore le manque de dialogue de la part de ces migrants et de ceux qui les soutiennent. Ils perturbent le fonctionnement normal de l’université, pénalisent les étudiants et se mettent en danger. Eh oui, les universitaires découvrent que trente migrants, cela crée des problèmes d’intendance. Si cette petite expérience pouvait les aider à mieux réfléchir quand ils brasseront, dans leurs statistiques et leurs réflexions, non plus une trentaine mais des millions de migrants, qui sait, peut-être leur vision du monde, de l’Europe, de la démocratie, de la culture en sera-t-elle un peu modifiée…
Le communiqué de la présidence continue ainsi :
« Si nous nous efforçons de répondre systématiquement aux demandes formulées, force est de constater que la réciproque n’existe pas. »
​‌”
Tiens, des migrants fermés au dialogue… Il y est même question d’« impasse ».
Bien sûr, elle rappelle qu’au début, elle a soutenu l’occupation « par humanité », mais déclare à présent :
« Nous en appelons à la raison à notre tour. Tout le monde sait qu’il n’est pas dans les pouvoirs d’une présidence d’université d’obtenir des titres de séjour. »
​‌”
Un peu tard, non ?
Cette affaire d’une présidence d’université prise à son propre piège est emblématique du problème idéologique français face à l’immigration : la raison n’arrive qu’à la fin, quand c’est le chaos, quand ce n’est plus possible.
Cette idéologie de gauche irresponsable, tiers-mondiste par réflexe soixante-huitard et qui est toujours là, à la tête de nos institutions éducatives et culturelles, bêlante, pour appeler à l’ouverture à tous et partout, a été incapable d’inventer un humanisme de la raison et nous lègue une situation violemment déraisonnable. De deux choses l’une : qu’elle se taise enfin ou qu’elle se convertisse comme Rebecca Sommer.

Source

F) Les robots de combat vont-ils massacrer l’humanité (et les petits chats) ? Sociologie d’un débat non informé
 
La récente décision ministérielle d’armer les drones MQ‑9 de l’armée de l’Air a donné aux auteurs critiquant les « robots tueurs » de nouvelles raisons de s’indigner et d’alimenter ce qui est devenu à la fois un genre littéraire et une madeleine de Proust de la théorie critique. Mais ce débat n’est-il pas d’abord révélateur d’une méconnaissance, aussi profonde que coupable, du champ militaire ?
Il ne se passe plus un mois sans que l’on voie apparaître un ouvrage ou encore un article consacré à l’inévitable autonomisation des technologies et aux risques liés aux « robots tueurs » qui ne manqueront pas d’entrer en service au sein des armées occidentales. Pêle-mêle, on y retrouve les figures classiques de la philosophie des techniques (la perte de contrôle des technologies, le déterminisme technologique) et des interrogations éthiques, juridiques, mais aussi politiques dès lors que les technologies des « robots tueurs » sont aussi celles des « sociétés de la surveillance ». Ces questionnements s’incarnent d’abord dans le drone, figure perçue comme disruptive, sinon révolutionnaire. L’ouvrage de Grégoire Chamayou (1) en est un exemple assez abouti, mais les inquiétudes sont renouvelées par les récentes prises de position de leaders de l’innovation, comme Elon Musk et Bill Gates, ou de scientifiques, comme Stephen Hawking.

Les études dites critiques sont-elles informées ?
On peut comprendre ces interrogations : la vitesse de déploiement des innovations est devenue phénoménale. Il y a à peine 25 ans, Internet ne touchait qu’une toute petite fraction de la population mondiale et les capacités des ordinateurs de l’époque nous semblent aujourd’hui totalement dépassées. Les progrès réalisés dans tous les domaines liés à l’électronique et à ses applications (dont la robotique) ont été gigantesques et, comme tout développement technologique rapide, celui lié à l’informatique suscite des peurs et des critiques. Nombre de contributions au débat sont ainsi à considérer comme une forme, pacifiée, de luddisme (2). On ne peut extraire, par ailleurs, le débat de sa dimension commerciale : la peur est un marché dont le sensationnalisme est un moteur. Ouvrages et articles trouveront plus facilement un espace éditorial s’ils sont considérés comme critiques. De même, le « marché académique », avec à la clé des postes d’enseignement, est plus ouvert aux thésards adoptant des positions radicales sur ces technologies (3).
Il n’est pas question, ici, de dire que la critique n’est pas nécessaire ou qu’une posture méfiante à l’égard des nouvelles technologies, y compris militaires, n’a pas lieu d’être. Au contraire, s’il nous semble que les actuels débats ne sont pas pertinents, ce n’est pas en raison de leurs conclusions, mais, bien souvent, de la méthodologie adoptée, qui vise à prendre en compte à peu près tout, sauf l’objet lui-même. Ainsi, s’il est question de robots de combat, de drones et d’intelligence artificielle dans le champ militaire, toutes les disciplines sont présentes, à l’exception, aussi notable que regrettable, des études stratégiques et des defence/warfare studies elles-­mêmes. C’est évidemment un biais méthodologique majeur, dont l’équivalent en oncologie serait de chercher à prévenir et traiter le cancer non seulement sans l’étudier, mais au surplus sans comprendre ses causes, en ne s’intéressant qu’à ses conséquences sur la vie – et même pas la santé – du malade.

Déconstruire beaucoup, reconstruire mal
Avant d’aller plus loin, il faut revenir ici sur les méthodologies des études dites critiques. Depuis les années 1970, la théorie constructiviste a pris un réel essor dans le monde académique. En soi, elle est utile, notamment parce qu’elle permet de prendre en compte les perceptions des différents acteurs. C’est notamment le cas pour l’analyse des systèmes d’armes. Ils ne sont pas que de l’ingénierie, mais aussi le résultat d’une histoire qui leur est propre et qui implique des intérêts parfois opposés, se traduisant par des interactions au sein d’un programme d’armement. C’est ce qui explique pourquoi, par exemple, un Leclerc est différent d’un Leopard 2, alors que les ingénieurs les ayant conçus ont grosso modo les mêmes compétences. Le problème intervient lorsque la théorie est dévoyée et que tout est vu comme une perception : on bascule alors dans une logique dite « post-­positiviste ». Dès lors que tout est construction, y compris les faits et les opinions contraires à la théorie dite critique, tout devient relatif. Plus rien ne peut être analysé objectivement. La théorie peut alors s’autonomiser, perdant le contact avec le réel ; sachant que tout rappel au réel sera disqualifié comme renvoyant à des facteurs « techniques ».
La tactique est commode, mais pose évidemment la question de la finalité des travaux réalisés. Les aspects techniques renvoient, pour nombre d’auteurs se réclamant des études dites critiques, à la notion d’expertise. Elle semble dévalorisée parce qu’insuffisamment noble du fait de son manque de mise en perspective au regard des théories. Reste que toute discipline scientifique ne peut se passer d’éléments techniques, qui constituent un des premiers « matériaux de base » de l’analyse : on imagine mal un mathématicien ne maîtrisant pas l’algèbre ou un sociologue ne connaissant pas ses classiques. C’est pourtant ce que l’on observe, notamment chez G. Chamayou, dans le cas du drone. Ce dernier est déconstruit – pourquoi pas –, mais justifier de sa démarche implique pour l’auteur de construire, en retour, une théorie. La problématique est alors désincarnée : le drone est carrément sorti de son environnement militaire pour devenir le premier, voir le seul, outil de combat des forces occidentales. L’auteur se passe alors des fondamentaux de la stratégie aérienne, de l’organisation des forces, ou encore de la stratégie des moyens. Peu importe donc si des hommes sont présents sur le terrain (y compris pour la mise en œuvre des drones) et peu importe qu’ils y prennent des risques : toute la guerre devient « à distance », ce qui permet de justifier la thèse.
La rationalité scientifique est donc pervertie. En théorie, à l’appui d’une thèse, on pose des hypothèses, ensuite validées ou non par la recherche à proprement parler – la conclusion du travail peut donc varier au contact du terrain d’étude. Ici, il ne s’agit guère que de matraquer la thèse, en tordant la démonstration, la conclusion étant de toute manière établie d’avance. La logique retenue implique également la technique manipulatoire classique de la « cueillette de cerises ». Ainsi, s’il doit être question de stratégie aérienne pour asseoir la théorie, seul Douhet – qui paraît conforme à la théorie que l’auteur veut construire, parce que brutale et justifiant le ciblage de civils – est mobilisé, quand bien même il est totalement absurde de réduire la stratégie aérienne à Douhet. La démarche est donc tout sauf scientifique et relève bel et bien de l’idéologie (4). Ce n’est évidemment pas un problème en soi – en démocratie, toutes les opinions sont importantes –, mais ce l’est par la recherche d’une légitimité scientifique : il y a clairement confusion et celle-ci est dommageable, parce qu’elle contribue à délégitimer aux yeux du public l’utilité de l’Université.
Évidemment, en ne se concentrant que sur les usages du drone dans les conflits actuels, il devient facile de produire des ordres de grandeur de destruction qui semblent intolérables. De facto, ils sont sortis de leur contexte. Le « robot tueur » doté d’une mitrailleuse ou d’un missile antichar devient ainsi une menace pour la paix et la sécurité mondiale pire qu’un bataillon blindé ou qu’un tir d’artillerie de saturation. De même, le drone tirant quatre missiles à la charge explosive de 8 kg environ avec une précision de 30 cm sur des cibles clairement identifiées devient plus problématique qu’un Tu‑22M3 larguant 42 bombes non guidées de 250 kg depuis 6 000 m sur des cibles forcément moins identifiées. Le grand paradoxe est ici que, dans une vision « post-­positiviste », un auteur se réclamant des études dites critiques ne peut se passer de données. Or les États occidentaux font preuve de plus de transparence que les autres… dont on ne parle pas. In fine, des règles d’engagement prudentes comme celles de la France, du Royaume-­Uni ou des États-Unis seront plus facilement remises en question que celles de l’Arabie saoudite, du Pakistan, de la Chine ou des Émirats arabes unis, dont il n’est pas question dans ces travaux – alors même que ces États disposent de drones armés.

Études dites critiques et critique
Il y a donc un véritable ethnocentrisme, que l’on peut remarquer par ailleurs. Le site Airwars ambitionne ainsi de « surveiller et évaluer les pertes civiles issues des frappes aériennes internationales en Irak, en Syrie et en Libye(5) ». Mais travaillant en sources ouvertes et donc en fonction des communiqués de presse, il attribue l’essentiel des pertes civiles aux forces occidentales : les autres belligérants sont ainsi virtuellement lavés de tout soupçon (6). Les études « critiques » ne le sont donc pas tant que cela. Qu’on soit virologue ou politologue, faire de la recherche implique de prendre en compte tous les paramètres et de procéder à un « état de l’art » d’une question donnée : isoler ce que l’on en sait, avant de chercher à savoir ce que l’on ne sait pas. Évidemment, traiter de questions militaires sans les prendre en compte n’est pas le meilleur moyen d’y arriver. À cet égard, un dernier aspect nous semble également important. Le processus de légitimation des études dites critiques tend à faire l’impasse sur les approches qu’elles considèrent comme classiques et donc, toujours pour elles, « non critiques ».
Or toute discipline possède ses propres mécanismes critiques. Dès qu’il est question d’études stratégiques, ils paraissent même évidents : morts et blessés sont plus concrets encore que les coûts politiques et budgétaires de mauvaises décisions. La souffrance humaine n’a jamais été absente de l’éthique du soldat. Le domaine militaire, même s’il est historiquement déconsidéré par les sociologues, a également sécrété de lui-même ses propres mécanismes de critique, sous la forme des retours d’expérience. Ils peuvent évidemment être critiqués, notamment parce que ceux qui les rédigent peuvent être soumis à des pressions ou des intérêts. Mais, à l’instar de toute démarche scientifique, l’acteur entendant s’améliorer a intérêt à prendre en compte les retours d’expérience les plus intellectuellement honnêtes. On peut évidemment critiquer ce que recouvre cette « amélioration », y compris dans les opérations militaires contemporaines ; tout comme on peut critiquer les décisions politiques y conduisant. Mais, à force de se concentrer sur l’instrument qui trahirait une motivation, nos auteurs en oublient de s’intéresser à la motivation.

« Les robots arrivent et on va tous mourir ! »
S’il est évident que le monde des idées n’a rien à gagner d’une énième confusion entre fins et moyens, on remarque également que, pour nombre d’auteurs liés aux études dites critiques, disposer de systèmes d’armes implique nécessairement de les utiliser. Faut-il dès lors craindre pour l’avenir de l’humanité (et des petits chats) face à l’arrivée des « robots tueurs » ? Une première remarque porte sur le vocable utilisé, qui appelle fréquemment à son illustration par une photo tirée de Terminator. Pour l’instant, ce que l’on qualifie de « robot » est un engin téléopéré ; autrement dit, télécommandé. Des algorithmes automatisant certaines fonctions peuvent être utilisés, typiquement, pour le maintien de l’assiette de vol d’un drone ou son système d’atterrissage automatique, au même titre que sur un appareil civil. Ces algorithmes ne renvoient pas aux fonctions de combat. Mieux, techniquement parlant, l’usage d’un drone MQ‑9 consomme plus de ressources humaines liées au pilotage, au renseignement, au ciblage et au tir qu’un F‑16 doté d’un pod équipé d’une optronique similaire à celle du drone… et dont l’usage n’est pas plus critiqué qu’un tir d’artillerie ou de missile de croisière par les auteurs issus des études dites critiques. En cas d’erreur, l’affaire n’est donc pas à mettre sur le dos du « robot », mais bien des hommes qui le pilotent et des règles d’engagement qu’ils ont suivies (7).
La remarque vaut également pour les robots de combat terrestres, qui commencent à apparaître. La terminologie du « robot » sous-­entend un degré d’autonomie décisionnelle, mais la connotation est trompeuse : là aussi, l’engin est téléopéré. Le paradoxe tourne au comique lorsque les tourelles fixes SGR‑1A sud-­coréennes sont prises pour les premiers robots de combat, alors qu’elles ne sont que les avatars moins performants des tourelleaux téléopérés installés sur nombre de blindés. Certes, on peut rétorquer que, intelligence artificielle faisant, ces tourelles et tourelleaux pourraient un jour être automatisés. Ce serait cependant oublier trois facteurs. Un premier pourrait être qualifié de « et alors ? » en considérant que des systèmes de combat automatisés bien plus destructeurs se sont succédé depuis les années 1950 : les missiles balistiques porteurs de charges nucléaires sont totalement autonomes une fois lancés. Depuis les années 1970, des systèmes de combat naval comme l’Aegis américain intègrent un certain degré d’autonomie, au niveau des Phalanx de défense rapprochée, mais aussi (et surtout) des lancements de missiles surface-­air (8). C’est également vrai dans le domaine terrestre (9). Celui qui voit dans l’autonomie une nouveauté ne connaît pas l’histoire des techniques militaires.
Le deuxième facteur tire les conséquences du premier : non, disposer d’une capacité militaire donnée ne signifie pas que l’on s’en serve ; ce qui devrait pourtant sembler évident à tous ceux ayant un peu lu sur les arsenaux, l’histoire militaire ou sur les théories du culte de l’offensive ou du dilemme de la sécurité. Certes, disposer de systèmes d’armes permet de les utiliser, mais on ne peut faire fi de la volonté politique de leur usage. Or partir de ce préalable, comme le font plusieurs auteurs des écoles dites critiques, revient à créer le déterminisme technologique qu’ils font pourtant mine de combattre. Le paradoxe est qu’eux-­mêmes se plaignent de l’éviction des facteurs politiques… alors que l’essentialisation technologique qu’ils opèrent ne peut qu’y aboutir.
Un troisième facteur est lié à la sociologie militaire : la guerre est un environnement chaotique et incertain, de sorte que tous les efforts liés à la doctrine, à la tactique et aux technologies militaires portent sur la recherche de rationalisation de ce chaos. Dans pareil cadre, les militaires cherchent surtout à éviter tout ce qui peut ajouter de la friction au chaos. C’est ce qui explique que les options d’attaque sur le Japon, durant la Deuxième Guerre mondiale, ont rapidement écarté l’usage d’armes biologiques, trop incontrôlables par définition. C’est également ce qui explique que le premier « vrai » robot tueur, l’AGM‑84K SLAM‑ER – qui dispose d’une capacité de reconnaissance automatique de cible – n’ait connu qu’un succès commercial limité (10). C’est enfin la raison pour laquelle les pilotes britanniques engagés en Libye en 2011 n’ont utilisé que très marginalement le mode d’attaque automatique de leurs missiles Brimstone, alors que l’environnement s’y prêtait parfaitement.
Une deuxième remarque porte sur ce que l’on peut qualifier de « prophétie robotique », qui annonce l’arrivée de robots de combat et de munitions autoguidées de manière imminente… depuis 40 ans. Il y a, dans l’automatisation du « champ de bataille électronique » – pour reprendre le titre d’un ouvrage paru en 1976 et illustré… d’un drone (11) – une dimension fantasmatique certaine. On retrouve également la figure de leur réseaucentrage (12). En fait, ces différents aspects constituent autant de prolongements de la Second Offset Strategy (1977), matrice de la révolution dans les affaires militaires (RMA) des années 1990. On notera qu’elle-même a sécrété, avec la « RMA After-­Next », son propre techno-­folklore. Devant se réaliser de nos jours, à suivre les débats la concernant, elle serait à base de modifications génétiques des soldats, de neurotechnologies, de biotechnologies… et bien sûr de robotique (13). La Third Offset Strategy est en réalité plus sobre : l’attention qu’elle porte aux réseaux est telle qu’on peut surtout y voir le prolongement de la deuxième (14).
Le techno-­sensationnalisme étant recadré, est-ce à dire qu’il est définitivement exclu que l’intelligence artificielle soit intégrée à des robots de combat auxquels serait donné un certain degré d’autonomie ? Aucun déterminisme n’existant, c’est une possibilité objective, en particulier dans les pays dont le système de normes – juridiques ou de relations homme-machine – diffère de celui que l’on connaît en Europe. Si on peut y voir un nouveau paradoxe – ce n’est en effet pas sur ces États que se porte l’attention des auteurs –, on ne peut faire abstraction des débats européens, américains ou israéliens (15). Aucune armée n’estime nécessaire de disposer de systèmes de combat autonomes, même si bon nombre d’entre elles voient dans les technologies robotiques – drones et plates-­formes terrestres, exosquelettes – une possibilité de compenser les pertes de volume qu’elles sont subies. La logique est bien celle d’une coexistence, qui pose à son tour nombre de questions. À côté desquelles bien des auteurs sont passés, et tant pis pour la science comme pour le débat public…  

J. H.
Article paru dans DSI n°132, novembre-décembre 2017
Notes
(1) Grégoire Chamayou, Théorie du drone, Paris, La fabrique, 2013. Pour une critique circonstanciée de ses positions techniques, Joseph Henrotin, « Sur une interview de G. Chamayou, ou de quelques mythes entourant les drones armés », Areion24, 16 octobre 2013.
(2) Au début du XIXe siècle, les Luddites étaient des ouvriers textiles considérant que les métiers mécaniques allaient détruire leurs emplois et qui ont mené des actions de destruction dans les usines. Par extension, le terme s’applique aux oppositions violentes à l’égard des nouvelles technologies.
(3) Le paradigme réaliste en relations internationales est devenu minoritaire dans les facultés européennes.
(4) Jean-Baptiste Jeangène-Vilmer, « Idéologie du drone », La Vie des idées, 4 décembre 2013.
(5) https://airwars.org/.
(6) Il est bien question de la Russie (sans que les sources soient données), mais pas de l’Iran, de l’Irak ou de la Syrie, qui ont pourtant engagé leurs aviations.
(7) On peut certes dire que la légèreté de la plate-forme rend la précision de son ciblage plus délicate. Mais la même contrainte touche les AC‑208 irakiens qui, eux, sont pilotés in situ
(8) Paradoxalement, la destruction du vol Iran Air par le Vincennes, en 1988, est imputée au fait que ce système… n’était pas actif et que la maîtrise du système de combat du bâtiment par des hommes ayant voulu rester « en manuel » était insuffisante.
(9) On songe en particulier aux sous-munitions antichars guidées ou à des mines comme la M‑93 WAM, qui ne se déclenche qu’à l’approche de certains véhicules, en fonction de leur signature sismique ou infrarouge. La conception de ces systèmes remonte aux années 1980.
(10) En Corée du Sud et au sein de l’US Navy, où son utilisation a été plus que limitée.
(11) Paul Dickson, The Electronic Battlefield, Atheneum, New York, 1976.
(12) Joseph Henrotin, L’art de la guerre à l’âge des réseaux, ISTE, Paris, 2017.
(13) Voir Paul Bracken, « The Military After-Next », The Washington Quarterly, vol. 16, no 4, automne 1993 ; Lonnie D. Henley, « RMA After-Next », Parameters, hiver 1999-2000.
(14) Joseph Henrotin, « La troisième offset, les réseaux et la guerre au futur antérieur », Défense & Sécurité Internationale, no 123, mai-juin 2016.
(15) Voir notamment Philippe Langloit, « Robotique de combat : les progrès viennent des petits États », Défense & Sécurité Internationale, no 125, septembre-octobre 2016. 
 

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G) NON, L’AMOUR NE DÉPEND PAS DE LA GÉNÉTIQUE!

L’enquête du Colorado révèle que les époux sont génétiquement plus similaires que des paires d’individus choisis au hasard.  

Vous pensez certainement que vous êtes libre de convoler avec la personne de votre choix. Romantique que vous êtes! Sourire. La science de la génétique du comportement va vous désillusionner. Le choix des conjoints serait en partie inscrit dans le génome. 
En 2014, des chercheurs de l’université de Colombia (Colorado) de l’Académie Nationale des Sciences ont publié, les résultats d’une étude sur la génétique du comportement sur la constitution des couples. Leurs conclusions viennent bousculer les certitudes sur le libre choix du conjoint. L’enquête du Colorado révèle que les époux sont génétiquement plus similaires que des paires d’individus choisis au hasard. Plus de paires d’ADN similaires que des paires de personnes aléatoires. Les similitudes génétiques entre époux se déterminent pour un tiers par rapport à celles de l’éducation. Toutefois, le facteur social de l’éducation l’emporte sur le patrimoine génétique.
En France, l’une des enquêtes les plus marquantes est celle du sociologue Alain Girard,   réalisée en 1953, sur le choix du conjoint à la question suivante: « Qui épouse qui »?. Depuis, on a perdu l’habitude de voir des enquêtes de grande envergure sur la formation des couples,  le mariage corrélés à l’éducation, le groupe social, l’âge, la nationalité, le lieu de naissance ou la proximité géographique.
Pour savoir « qui épouse qui », au XXIe siècle, faut-il vraiment faire appel à la génétique? L’enquête en génétique du comportement du Colorado semble insolite à première vue, mais elle est dans l’air du temps.  Aujourd’hui, l’exploration du génome humain est un axe de recherche qui a le vent en poupe, et de plus en plus appliquée au comportement humain. «La génétique du comportement cherche dans quelle mesure notre « carte d’identité » génétique (ou « génotype ») peut influer sur nos comportements (qui sont inclus dans nos « phénotypes », ou produits observables de l’expression des gènes).»(Jean-François Marmion)
Qu’est-ce que cela induit même si les chercheurs du Colorado ont été rigoureux? Car ils l’ont été. Leur démarche scientifique est imparable. Elle est standard avec son marqueur génétique, les SNP (Single nucléotide polymorphism) et avec le marqueur sociologique de l’éducation, en vigueur dans toutes les enquêtes sociologiques.
Ce n’est pas la première enquête sur le choix du conjoint en génétique du comportement. Il y eu celle de 2011 menée par l’équipe Franco-sino-britannique, avec un autre marqueur. Elle avait découvert une région du génome humain (appelée le MHC) ayant une incidence positive sur le choix du conjoint via certaines molécules odorantes (cette préférence était avantageuse car elle a pour effet la diversification des défenses immunitaires des enfants du couple).
Le nom du marqueur génétique va varier d’une enquête à une autre, sur le même thème, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Le principe de se servir de la science génétique pour décrypter la destinée des gens, ici le choix du conjoint, doit interpeller au niveau de ses interprétations qui ne sont plus au service de la science mais à celles d’idéologies douteuses.
Certains points de l’étude des chercheurs américains sont susceptibles de heurter, et on est tentés de penser à d’éventuelles dérives idéologiques potentielles. Mais outre Atlantique, les études comparatives entre ethnies sont fréquentes alors que chez nous, elles susciteraient une levée de bouclier.
Les chercheurs ont choisi d’étudier 825 Américains « constitués d’individus blancs » (sic) en précisant qu’ils sont « non-hispaniques (sic). Selon les sources, la présence hispanique représente aujourd’hui la première minorité ethnique des États-Unis. La croissance des populations hispaniques/latinos étasunienne est due au flux migratoire de ces populations et à leur descendance.
Après, si les études en génétique sont factuelles, comment interpréter les résultats? Pourquoi le choix de ce panel là, dans cette étude, et pas un autre incluant des individus blancs avec d’autres ethnies américaines minoritaires? Tout est question d’interprétation et le risque de dérapage idéologique est important, reconnaissons le.
L’étude de l’université de Colomba précise également que les couples sont mariés, et pourquoi pas une autre étude sur le même modèle pour les couples en union libre? Histoire de vérifier qu’ils un génome différent, qui sait?
La tentation du « tout-génétique » est dangereuse tout en soulignant que dans l’étude du Colorado, est tempérée par l’éducation. Le risque majeur de cette étude est de se centrer sur la notion d’homogamie génétique, de reconnaître l’existence du déterminisme génétique, de le sacraliser pour anticiper le devenir de chaque personne, de certains groupes ethniques et de certaines parties de la population (majoritaires ou minoritaires).
Car si les contraintes génétiques pèsent sur la destinée des personnes, et leur mariage, naturellement, elles risquent de s’appliquer à leur descendance. Et, de fil en aiguille, la génétique du comportement va finir par expliquer dans un avenir proche tous nos comportements et anticiper nos choix. C’est ce qu’Aldous Huxley racontait dans son célèbre livre « Le Meilleur des mondes » où la génétique préside au devenir de l’humanité, et dicte ses lois pour organiser la société. Le frère de
L’étude de l’université de Colombie s’est inspirée d’une étude médicale, de référence, celle de Framingham, démarrée en 1953, dont le but initial est d’étudier sur plusieurs générations les maladies cardio-vasculaires. N’est-ce pas la véritable vocation de la génétique de s’occuper de la science médicale, avant celle du comportement ? Quelles sont les limites du déterminisme génétique ?
S’il n’est pas inintéressant d’étudier en génétique du comportement le le choix du conjoint, il y a une dimension non négligeable qui est celle des sentiments, de l’affect, des émotions. L’amour tout court entre deux personnes, loué dans l’art et la littérature. L’amour sous ses diverses formes agit comme un facteur majeur dans les relations sociales, et occupe une place centrale dans la psychologie humaine. Cette dimension de l’amour ne peut pas se définir avec la génétique, car ce qui se passe dans la psyché est « numineux« , pour reprendre une expression du célèbre psychologue Carl Gustav Jung. L’amour est un secret entre deux cœurs, un mystère entre deux âmes de Henri-Frédéric Amiel
L’apport de la génétique est fondamental pour permettre les avancées médicales, mais ne laissons pas la génétique nous prendre dans les filets du piège du déterminisme où tout serait inscrit d’avance dans notre ADN. Le fatum se révèle parfois surprenant et plein de surprises pour que les gens se rencontrent, s’aiment, décident de se mettre en couple, en se mariant ou pas. L’adage populaire « qui se ressemble s’assemble » échappe encore à la science génétique, et c’est tant mieux!
 
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H) François Hollande va publier le livre-bilan de son quinquennat

L'ex-président socialiste finalise un ouvrage sur ses cinq ans à l'Élysée. Les leçons du pouvoir sortira le 11 avril.
Tout a été écrit sur le bilan du quinquennat de François Hollande. Tout sauf la version du principal acteur de ces cinq années mouvementées.
Une version que les Français pourront découvrir le 11 avril, avec la sortie en librairie des Leçons du pouvoir (Stock), déjà disponible en précommande, au prix de 20 euros, sur les sites de vente en ligne.
Six ans après Changer de destin, publié à quelques mois de sa victoire au second tour de la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, François Hollande a choisi de consigner dans cet ouvrage les « réussites et les erreurs de son quinquennat », selon un proche cité par BFMTV.

L'ancien Président a pris la plume

N'imaginez pas l'ex-président socialiste sur sa tablette ou son ordinateur portable. Quand il ne veille pas sur sa fondation La France s'engage, François Hollande rédige ce livre-bilan à la main ! 
« Comme il écrit en pattes de mouche, sa pauvre secrétaire vient de temps en temps me trouver quand il s'agit de la Grèce, des impôts, du ministère du Travail… Elle me demande : "Michel qu'est-ce que tu comprends ?" », plaisantait récemment Michel Sapin auprès du Figaro.

Une date qui n'est pas choisie au hasard

En choisissant la date du 11 avril, François Hollande et son éditeur ont opté pour une sortie à mi-chemin entre le congrès du PS, fin mars, et le premier anniversaire de l'élection d'Emmanuel Macron, début mai.
Reste à savoir si les bonnes feuilles fuiteront avant l'élection du nouveau patron des socialistes et si Les leçons du pouvoir feront mieux que le précédent best-seller de François Hollande... dont il n'était pourtant pas l'auteur.
On parle évidemment d'Un président ne devrait pas dire ça, le livre de confidences cosigné par Fabrice Lhomme et Gérard Davet, qui avait fini d'écorner l'image du Président, y compris auprès de ses troupes.





I) Le libéralisme « fumeux » de la Macronie


« On a libéré, maintenant il faut protéger » affirmait la Présidente LREM de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale Brigitte Bourguignon dans Le Figaro d’avant-hier. Elle considérait même que :
« l’année 2017 a été l’année où on a libéré l’économie, avec les ordonnances, la loi de finances. On arrive en 2018 dans l’autre volet, celui de la protection de l’individu. » 
A l’entendre, en moins de neuf mois, Emmanuel Macron est parvenu à transformer tellement la France que ça y est,  c’est bon,  le pays est complètement libéralisé. Fini les contraintes inutiles et les réglementations absurdes, fini l’immixtion de l’Etat dans tout et n’importe quoi, fini les impôts confiscatoires et décourageants ! Fermons ce chapitre douloureux pour n’y plus revenir et songeons plutôt à renforcer les protections du modèle social que le monde entier nous envie !
Dans la même édition du Figaro, l’éditorial lui donnait complaisamment raison sur le premier point  concernant la réforme « libérale » :
« Police de proximité, baccalauréat, apprentissage, assurance-chômage, SNCF, audiovisuel public, laïcité, fonction publique, retraites… (…) c’est peu dire que le gouvernement avance sur les chapeaux de roues. »
C’est à peine si le journaliste émet quelques petites réserves : encore faudra-t-il que tout ceci se passe « sans heurts » et encore faudra-t-il que le gouvernement agisse « sans faiblesse ». Difficile d’oublier également que la Cour des Comptes estime dans son récent rapport 2018 que la trajectoire des finances publiques « est affectée de nombreuses fragilités », même si elle se montre moins sévère que du temps de Hollande et Sapin.
Mais dans l’ensemble, l’enthousiasme le plus connivent et le plus flagorneur est de mise. Quel homme, ou plutôt quel surhomme, ce Macron ! C’est du jamais vu. On savait déjà qu’il montait les escaliers de l’Elysée quatre à quatre, mais là ! Jugez plutôt :
« S’il continue à ce rythme (…), la totalité du programme d’Emmanuel Macron aura été exécutée en à peine deux ans. »
. Cependant, en considérant ce que Mme Bourguignon fait rentrer dans son volet libéralisation – qui, pour elle, appartient donc au passé – et en la voyant se focaliser maintenant avec gourmandise sur le volet protection, il y a largement de quoi s’interroger sur la réalité des transformations mises en oeuvre par Emmanuel Macron et son gouvernement.
En 2012, François Hollande était arrivé facilement au pouvoir sur la promesse pas trop compliquée qu’il allait défaire tout ce que son prédécesseur Nicolas Sarkozy avait fait. Ce dernier était l’homme des « cadeaux aux riches » et de la « casse du service public » ; Hollande serait donc l’ennemi irréductible du monde de la finance et le généreux promoteur d’une tranche d’impôt à 75 % pour les plus hauts revenus. De quoi plaire à la gauche la plus archaïque et à tous ceux, nombreux, qui n’aimaient pas Sarkozy.
La réalité est cependant venue mettre son grain de sable dans ces beaux projets qui se sont terminés sans gloire pour Hollande et en véritable suicide par éclatement interne pour le Parti socialiste.
En 2017, Emmanuel Macron a tenté quelque chose de plus subtil. Les impôts à 75 %, les hausses brutales du salaire minimum, les nationalisations de ceci ou cela, c’est de la politique à la vénézuelienne qui a fait ses preuves maléfiques aussi bien sur le plan des libertés que de la prospérité. Nombreux sont les Français de droite, de gauche ou du centre qui partagent une sensibilité social-démocrate. Ils ne croient plus à ces vieille lunes marxistes et commencent à percevoir que notre train de vie dépend beaucoup de la vitalité de nos entreprises – pour peu qu’on ne les laisse pas se vautrer dans le pur profit. Vive la France moderne et startupeuse avec Macron !
Mais tout aussi – ou encore plus – nombreux sont les Français qui tiennent à notre modèle social qui protège et indemnise au-delà de tout ce qui se pratique dans le reste du monde développé. Macron tenait là sa formule gagnante, le fameux balancement qui consiste à libérer les énergies et « en même temps » à protéger. On comprend qu’une telle promesse puisse plaire : on va se moderniser, on va penser printemps (oui, j’aime bien, c’est tellement com’ et creux !), on va retrouver des couleurs, mais sans trop d’effort, en douceur et sans douleur.
A ce stade, rappelons que la France est en tête de nombreux palmarès européens ou mondiaux qui, tous, attestent que ce n’est pas la protection qui manque chez nous. Elle est si loin de manquer qu’elle aurait même tendance à nous plomber en opérant un transfert particulièrement lourd du secteur productif au secteur improductif.
Résumé : dépenses publiques à 57 % du PIB, prélèvements obligatoires à 45 %, dette publique pas loin des 100 %. Et curieusement, croissance toujours à la traîne des autres pays (1,8 % en 2017 contre 2,4 % pour la zone euro d’après les dernières publications de l’Union européenne) et taux de chômage à 9,5 % soit plus du double de celui qu’on observe chez nos voisins, lesquels sont loin de dépenser et prélever comme nous.
Je m’excuse auprès de mes lecteurs réguliers qui savent déjà tout cela. Mais comme j’ai entendu de mes propres oreilles lors d’un dîner récent que nous autres Français avons beaucoup de chance car chez nous la santé est gratuite, comme j’ai entendu à la même table un professeur de médecine déclarer que sa fierté, c’était de travailler dans un pays où l’on soigne les pauvres aussi bien que les riches sans leur demander un sou et qu’on ne verrait pas ça ailleurs, je pense qu’il n’est pas inutile de redire tout ceci.
Qu’on me comprenne bien. Je ne conteste nullement le fait que les plus démunis reçoivent assistance. Mais la question de la forme et de l’origine de cette assistance se pose. Et n’y aurait-il pas encore plus de fierté à se dire qu’on vit dans un pays où le nombre de pauvres et de chômeurs diminue plutôt que de s’enorgueillir d’indemniser des pauvres toujours plus nombreux ? Comment est-il possible qu’avec la redistribution particulièrement élevée que nous connaissons en France, nous ayons tant de chômeurs, tant de travailleurs pauvres et tant d’allocataires du RSA et autres minima sociaux ?
Quand on en arrive à un taux de dépenses publiques de 57 % du PIB, ce qui fait de nous les champions d’Europe, on doit se poser la question en toute lucidité et sans tabou.
Emmanuel Macron l’a posée mais il y a répondu de façon parfaitement superficielle. Lorsqu’il était ministre de l’économie de François Hollande, il avait beau jeu de se faire remarquer en déclarant, par exemple lors de l’université d’été du MEDEF en 2015 :
« La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées. »
Depuis, il est devenu Président et il a fait adopter une réforme du code du travail. A-t-il touché aux 35 heures dont nous pleurons les effets délétères depuis 20 ans ? Non. Où en est la libéralisation profonde du marché du travail ? Nulle part.
De la même façon, il a souvent fustigé les dérapages de la dépenses publiques et de la dette. Son budget 2018 témoigne-t-il d’une maitrise des dépenses et des prélèvements obligatoires ? Non, tout continue à augmenter. La Cour des Comptes s’interroge sur la crédibilité de ce budget et elle a d’ailleurs signalé que pour 2017, « les mesures de freinage (…) n’auront pas empêché la dépense de croître au rythme moyen des cinq années précédentes. »
De nombreux autres exemples témoignent de la répugnance du gouvernement à laisser les acteurs économiques s’entendre eux-mêmes sur un marché libre et non faussé. Voir le « plan » Le Maire pour les entreprises ou la loi Alimentation qui n’a de cesse de vouloir fixer administrativement les prix, les « justes » prix, comme si cette notion pouvait avoir un sens en dehors de l’ajustement de l’offre et de la demande. Sans compter les nouvelles taxes et contributions qui ont fleuri ces derniers temps.
Autrement dit, l’Etat reste central dans les décisions. La libéralisation n’a pas eu lieu, ou si peu, et on apprend maintenant que c’en est fini ou presque et qu’on peut donc passer allègrement au second volet, celui de la protection. Le mot est rassurant, mais au niveau où nous en sommes en France, il ne peut signifier qu’une chose : encore plus de dépenses, encore plus de prélèvements, pour fort peu de résultats.
Finalement, la formule électorale du « en même temps » de Macron est vouée à n’obtenir guère plus que les errements de François Hollande. C’est désolant, car si ce dernier bénéficiait d’un « alignement des planètes » favorable pour faire des réformes structurelles sérieuses (taux, pétrole et dollar bas), Macron dispose depuis son élection d’une fenêtre similaire à laquelle s’ajoute une reprise de la croissance mondiale.
Ce serait le bon moment pour restructurer la France avant qu’un coup d’arrêt, par hausse des taux d’intérêt par exemple, ne survienne. Malheureusement, quand les affaires reprennent, on ne voit plus la nécessité de faire des réformes. Les bons résultats seront largement dus à des éléments exogènes, mais il sera toujours possible de se les attribuer.
Quand la culture économique des Français est telle que certains, pas les moins éduqués pourtant, arrivent à dire sans rire que la médecine est gratuite en France, cela ne devrait poser aucun problème et conforter tout le monde dans l’idée qu’on a bien assez libéralisé comme ça. 


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J) La loi contre les fake news est prête

La «loi de fiabilité et de confiance de l’information» va être présentée dans les jours qui viennent par le groupe de la majorité parlementaire. Elle réglemente les plateformes numériques et les médias sous influence d'un Etat étranger.

Sur la lutte contre les «fake news», le gouvernement n’a pas traîné. Annoncé par Emmanuel Macron début janvier, lors des vœux du président de la République à la presse, «le texte de loi est quasiment prêt», assure-t-on au ministère de la Culture. Car le cabinet de Françoise Nyssen, chargée de superviser le dossier, y travaille depuis le mois de septembre. Bien qu’émanant de l’exécutif, il sera présenté dans les prochains jours, sous la forme d’une proposition de loi, par le député de la majorité à qui il incombera de le porter. Il devrait porter le nom de «loi de fiabilité et de confiance de l’information».

Le texte créera une nouvelle législation. Il ne consistera pas en une simple modification de la grande loi de juillet 1881 qui encadre le droit de la presse et qui reconnaît déjà le délit de «fausse nouvelle». «Notre sujet n’est pas de définir ce qu’est une fausse nouvelle. Le vrai sujet est l’univers, les tuyaux, les canaux de diffusion des fausses nouvelles aujourd’hui», explique-t-on au ministère de la Culture. Deux «vecteurs» sont ciblés : «le numérique au sens large», notamment les réseaux sociaux (Facebook) et les sites de partage de vidéo (Youtube), ainsi que «les médias sous influence d’un Etat étranger». Une formule qui vise par exemple les médias financés par la Russie (comme RT ou Sputnik).

Campagnes

Le ministère de la Culture dit avoir étudié les dispositifs existant en Allemagne et au Royaume-Uni et leurs limites. Il explique être parti de cas concrets de fake news détectées lors des dernières élections américaines, de la campagne du Brexit ou du référendum en Catalogne. La proposition de loi française s’appliquera lors des périodes de campagnes des élections nationales, au maximum cinq semaines avant le scrutin. Elle contiendra trois grandes dispositions. La première, dans le champ de l’audiovisuel, permettra au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de «suspendre», voire de «révoquer» la convention d’un média sous influence d’un Etat étranger dont l’autorité indépendante jugerait qu’il propage une fausse nouvelle. Or sans convention avec le CSA, il est interdit pour un média audiovisuel d’émettre.
La deuxième disposition concernera les plateformes numériques. Lors des périodes tombant sous le coup de la loi, les Facebook, Twitter et autres Youtube seront dans l’obligation de publier par qui et pour quel montant les «contenus d’information» dits «sponsorisés» l’ont été. Cette pratique relevant de la publicité permet à l’auteur d’un contenu de le rendre plus visible, moyennant une transaction financière avec les plateformes numériques. Il s’agit par exemple de le faire remonter dans le fil d’actualités des utilisateurs de Facebook ou de le mettre en bonne place sur la page d’accueil de Youtube.

«Chiffon rouge»

«Le fait de publier le montant de la transaction peut être utile aux médias qui font du fact-checking [vérification des faits, ndlr], souligne-t-on rue de Valois. S’ils voient un contenu sponsorisé pour un million d’euros, ils s’y intéresseront plus qu’à celui sponsorisé pour 50 euros.» Encore faut-il que les plateformes jouent le jeu. A cet égard, le gouvernement se montre optimiste. «Les hébergeurs comprennent l’enjeu», assure-t-on au ministère de la Culture. La loi leur imposera en outre un «devoir de coopération» en la matière.
Enfin, la troisième disposition vise à armer le droit d’un outil législatif permettant d’agir rapidement contre la désinformation. Elle donnera aux citoyens la possibilité de saisir un juge des référés «pour faire cesser la diffusion massive et artificielle d’une fausse nouvelle», explique le cabinet de Françoise Nyssen, où l’on a conscience d’être là en présence d’un «chiffon rouge». Car c’est à ce juge qu’il reviendra de qualifier qu’une nouvelle est fausse. Une lourde responsabilité pour l’autorité judiciaire, qui promet de nourrir les débats parlementaires.

Jérôme Lefilliâtre
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K) 430 000 euros de dépenses irrégulières dans les comptes de campagne de Mélenchon

Le chef de file de la France insoumise a-t-il employé l’argent de sa campagne à des fins douteuses ? L’examen de ses comptes révèle de nombreuses dépenses litigieuses.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a publié mardi sa décision : aucun des onze candidats de l’élection présidentielle de 2017 n’a vu ses comptes invalidés. Parmi eux, pourtant, le cas de Jean-Luc Mélenchon, qui avait provoqué la démission d’un rapporteur de la commission en janvier, suscite des interrogations.
D’après le Monde, près de 434 939 euros de dépenses litigieuses auraient été rectifiées par la Commission au cours de son examen, pour des situations souvent douteuses. L’ex candidat aurait ainsi demandé le remboursement de nombreuses prestations facturées par l’association « L’Ère du peuple », qui assurait la diffusion de son livre-programme et l’organisation des événements de la campagne. Des prestations en moyenne cinq fois plus élevées que les salaires des employés. L’association « à but non lucratif » employait quatre salariés proches de Mélenchon, dont deux sont devenus députés France insoumise en 2017.
Autre point de litige, le versement par l’équipe de Jean-Luc Mélenchon de plus d’un million d’euros de prestations à la société Mediascop, détenue par sa plus proche conseillère, Sophia Chikirou. Entre le gonflement artificiel du montant déclaré des conseils en communication et le prix surélevé des prestations, le candidat de gauche aurait surpayé la communicante à hauteur de 54 600 euros.

Des insoumis sous statut d'autoentrepreneur pour ne pas payer de cotisations sociales

Outre d’autres erreurs douteuses, comme la location de locaux de campagnes à des prix anormalement hauts, l’examen du dossier révèle qu’une dizaine de membres clés de l’équipe du candidat auraient créé leur autoentreprise le temps de la campagne, rapporte le Monde. Ils auraient ainsi été payés en honoraires et exonérés de cotisations sociales par le biais de ce statut d’autoentrepreneur que Jean-Luc Mélenchon conspuait pourtant pendant ses meetings.
Le député des Bouches-du-Rhône sera remboursé par l’État de plus de 6,3 millions d’euros sur les 10,2 millions engagés pendant sa campagne.

Valeurs Actuelles

VIDÉO - Pour Mélenchon, si vous avez un téléphone Apple, “vous êtes avec l’ennemi” 
Pour Mélenchon, “Macron fait la guerre aux pauvres !”
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L) Loi de bioéthique : vous pouvez désormais donner votre avis en ligne

Le site Internet etatsgenerauxdelabioethique.fr a ouvert ses portes virtuelles le 12 février 2018, pour suivre l'avancée des débats mais aussi y participer.

CITOYEN. Le 18 janvier 2018 s'ouvraient officiellement les états généraux de la bioéthique qui doivent précéder la révision de la loi actuellement en vigueur. Cette dernière, inscrite sous le numéro 2011-814, date du 7 juillet 2011. Elle a permis, notamment, que soient adoptés le don croisé d'organes en cas d'incompatibilité entre proches, la vitrification (congélation ultra-rapide) des ovocytes, ou encore l'ouverture des recherches sur l'embryon sous certaines conditions. Dès 2011, il était prévu que cette loi soit révisée dans les sept ans, avec, au préalable, l'organisation d'un débat public sous forme d'états généraux par le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE). En effet, de nouvelles problématiques de bioéthique surgissent sans cesse au fil des découvertes scientifiques, tandis que parallèlement les opinions des sociétés évoluent au fil du temps.

Des pistes concrètes de discussion

C'est dans cette optique que le site https://etatsgenerauxdelabioethique.fr a ouvert ses portes ce lundi 12 février 2018. Sa mission est double. Tout d'abord tenir au courant les citoyens de l'avancée du processus de réflexion sur les différents thèmes abordés (cellules souches et recherche sur l'embryon, génétique, dons et transplantations d'organes, neurosciences, santé, intelligence artificielle et robotique, environnement, procréation et société, fin de vie...), via des agendas et des listes de contributions déjà recueillies. Ensuite, de permettre au citoyen de "participer activement à une réflexion collective qui sera menée jusqu'à fin avril 2018" précise un communiqué du CCNE. Quant à la partie "consultation" du site, elle propose des "pistes concrètes de discussion" et "s'appuie sur des propositions initiales qui présentent les termes du débat et invitent les participants à voter, argumenter ou formuler eux-mêmes de nouvelles propositions" précise le CCNE. S'y trouve également une base documentaire avec des fiches d'informations et une bibliographie pour commencer à se renseigner sur chacune des thématiques abordées. 
"Les avis déposés sur le site internet permettront ainsi d'éclairer le législateur, au même titre que les contributions rassemblées par les Espaces éthiques régionaux, et que celles adressées par les organisations auditionnées par le CCNE", rappelle le comité. À l'issue de cette consultation, le Comité Consultatif National d'Ethique produira, à destination des pouvoirs publics, un rapport de synthèse qui tiendra compte de toutes les contributions recueillies.

H.J, E.L, E.S.

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M) UN THINK TANK VEUT ABATTRE LE FICHIER “TES” REGROUPANT LES DONNÉES PERSONNELLES DES FRANÇAIS

La bataille sur le décret instituant le fichier TES fait rage entre le Think Tank Génération Libre et le Ministère de l’Intérieur :
Le recours en “excès de pouvoir” de Génération Libre contre le « mégaficher » se poursuit ; il y est invoqué la violation par le décret du principe de proportionnalité et du RGPD.
Pour rappel, le fichier TES (fichier des titres électroniques sécurisés) est une base de données électronique, massive, centralisée et biométrique qui a pour vocation de rassembler les informations personnelles et les empreintes digitales de tous les détenteurs d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport français (décret N°2016-1460 du 28 octobre 2016 autorisant la création du fichier TES).
Génération Libre avait déposé la 10 novembre 2016 un recours pour excès de pouvoir contre le dit décret, devant le Conseil d’Etat; arguant ainsi du risque majeur d’atteinte à la vie privée.
Recours auquel le Ministère de l’Intérieur avait récemment rétorqué en produisant réponses et observations.
Ces dernières ne semblent pas être satisfaisantes aux yeux du Think Tank, puisqu’il a déposé le jeudi 11 janvier 2018 un nouveau Mémoire en réplique. Ce mémoire a principalement pour objet de répondre par de nouveaux moyens, aux arguments de défense avancés par l’autorité:
Les nouveaux moyens invoqués par le requérant (le Think Tank ) se rapportent d’une part à la violation par le décret du principe de proportionnalité, et d’autre part à l’entrée en vigueur imminente du nouveau règlement général de l’Union européenne sur la protection des données:



Violation du principe de proportionnalité
Génération Libre remet en cause l’argument principal pour la création du fichier TES, à savoir « sécuriser la délivrance des titres et améliorer corrélativement la lutte contre la fraude » et lui oppose la réalité statistique de la fraude contre laquelle le décret se propose de lutter.
En effet, après une analyse statistique poussée, le Think Tank a découvert que le fichier TES permettra de lutter, contre quelques dizaines cas frauduleux par an seulement.
Ce qui l’a amené à conclure, que la légitimité prétendue du décret est en réalité dérisoire et que le décret attaqué viole donc de façon grave et indiscutable le principe de proportionnalité.
Violation du règlement général sur la protection des données (RGPD)
Pour Génération Libre, qui demande l’annulation du décret, le fichier TES « viole de façon manifeste et indiscutable » le Règlement européen sur la protection des données personnelles qui entrera bientôt en vigueur.
Sur ce point, le Think Tank estime que Le RGPD ayant été adopté par le Conseil et le Parlement européen le 27 avril 2016, soit six mois avant le décret attaqué, le rédacteur de ce dernier ne pouvait en ignorer l’existence. Pourtant, le décret porte au moins trois violations lourdes du RGPD :
  • il organise la collecte et le traitement de données biométriques hors du cadre posé par le législateur européen ;
  • il ne répond pas à l’obligation de sécurisation des données personnelles imposée par le RGPD ;
  • il n’a été pas procédé à l’analyse d’impact requise.
Enfin, le Think Tank Génération Libre demande l’annulation du décret dans l’ensemble de ses dispositions car contraire à la Constitution, à la Convention européenne des droits de l’homme, au Règlement général sur la protection des données et à la loi.
Le moins qu’on puisse dire est que la riposte est bien bâtie face au ministère de l’intérieur et risque fortement de faire basculer le projet hérité du dernier quinquennat. A l’époque, le décret a déjà suscité la défiance des parties prenantes comme la CNIL, le CNNUM ou même Axelle Lemaire, alors Secrétaire d’État chargée du numérique.

Yasmine BRIKI


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N) Les hommes, une espèce en danger ?


On peut légitimement se réjouir que l'on ait "libéré la parole des femmes". Il le fallait, et il faut défendre celles qui sont agressées, de quelle que façon que ce soit par les hommes, qu'il s'agisse d'abus de pouvoir, de gestes insupportables ou de chantage dans les entreprises etc.
Mais attention au balancier ! Brutalement avec l’enthousiasme de la bonne conscience ou de la culpabilité d'avoir laissé faire, on veut rattraper des siècles, voire des millénaires de position dominante des mâles. C'est ignorer que la nature humaine est ainsi faite que les femmes ne sont pas moralement meilleures que les hommes ! Et il faut se méfier de la tendance actuelle qui consiste à prendre pour argent comptant toute femme qui se plaint d'un homme dans son entourage professionnel ou non ; même s'il est plus que temps, oui, de croire les femmes lorsqu'elles subissent un outrage et le font savoir. Il faut raison garder.

Il est clair qu'aujourd'hui et dans les mois qui vont suivre, tout sera fait pour "protéger" et donner raison aux femmes à priori, et leur donner carte blanche pour de réagir... Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions. La réputation est un bien fragile qui contribue à l'équilibre d'une vie, d'une famille et de son environnement, la tentation peut être grande dans certains milieux en particulier, de "tuer" un concurrent ou de casser la carrière d'un homme... Le temps de prouver, de nier, de vérifier ... le mal est fait. De la rumeur il reste toujours quelque chose, tout le monde croit savoir, détient une information de première source, soupçonne avec délectation : terrifiant !

Plus de place au doute, les femmes s'indignent : "tant pis s'ils sont suspectés à tort, ils paient pour des siècles de dominations abusives et pour tous ces salauds qui ont abusé des situations impunément..."(sic) Une forme de vengeance collective inacceptable.  Nous sommes sur une pente dangereuse et la guerre des sexes n'est pas loin. Comme cet homme qui me disait "je voulais raccompagner une collègue hier soir chez elle vers 21h30, je me suis ravisé, en me disant on ne sait jamais ..."

Nous savons maintenant que tout cela va constituer le nouveau pain blanc de médias innombrables qui vont s'emparer avec gourmandise de tout indice croustillant ! Mieux : ils vont aller les chercher, les monter en épingle en faire des épisodes à rebondissement, il faut vendre de la copie ! Comment ne pas penser que le nouvel "Ebdo" se soit pas fait une campagne de pub sur le dos de Nicolas Hulot ? (sans vouloir augurer de l’avenir) d'autant que les "victimes "sont plus que réticentes à se faire connaitre et à témoigner de quoique ce soit. Quelle déception ! Un journal financé par les futurs lecteurs (dont j'étais !) Justement sur le thème de l’indépendance, de la mesure et du regard éthique sur l’actualité.

Les hommes français dont plus de 90% n'ont jamais violé ni harcelé personne, importuné peut- être conscients ou pas d’insister trop lourdement, doivent rester eux- mêmes, galants, courtois, un peu protecteurs.  Ils ne doivent pas avoir peur au point de changer des relations qui pourraient devenir aseptisées comme aux USA où un homme ne prend plus l'ascenseur seul avec une femme et laisse la porte du bureau ouverte pour un entretien professionnel. Nous devons au contraire encourager une attitude entre hommes et femmes qui fait le plaisir de nos différences et de nos relations, non pas sexuelles, mais sexuées.
Le sel de la vie...

Sophie de Menthon

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