mars 17, 2018

#24 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

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D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
Al, 

 PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. 
Merci



Sommaire

A) Privatiser Aéroport de Paris ? Une erreur stratégique et un mauvais calcul financier - Alexandre Devecchio - Le Figaro

B) Jeux olympiques 2024 : un rapport alerte sur de possibles dérapages budgétaires - Sandrine Lefèvre - Le Parisien

C) Le contribuable continuera de payer pour les obsèques des députés et leurs familles, mais moins - Capital

D) Radars embarqués : soupçons de favoritisme dans l’attribution de marchés publics - Le Monde

E) Cette caste qui coule la France - Thierry Benne - IREF

F) Yassine Belattar au Conseil présidentiel des villes : qui Macron choisit-il d'écouter ? - Céline Pina - Marianne

G) La veuve de Soljenitsyne «peinée» par le geste de Macron au Salon du livre - Sputnik News

H) Quand le jeune Macron dénonçait un système qui favorise les seniors -

I) SNCF : combien coûte sa dette au contribuable ? - France TV info

J) Mediascop, l’atout com de Jean-Luc Mélenchon - Le Monde

K) Conseillère de Macron, l'épouse d'Olivier Faure quitte l'Élysée -

La révolte des scientifiques français - Jean-Paul Oury - European Scientist




A) Privatiser Aéroport de Paris ? Une erreur stratégique et un mauvais calcul financier

Franck Dedieu rapproche la privatisation d'Aéroport de Paris avec la vague de celles conclues par Edouard Balladur lorsqu'il était ministre de l'économie, des finances et de la privatisation, dont le bilan devrait être dissuasif.
 Vous avez critiqué les privatisations, trente ans après le coup d'envoi des mises en bourse par Édouard Balladur. Diriez-vous que le gouvernement d'Édouard Philippe marche dans les pas de ce prédécesseur?
Une parenté saute aux yeux: la réduction assumée du secteur public, la privatisation décomplexée. Balladur détricote les nationalisations de 1982 et Édouard Philippe pourrait céder d'un bloc l'une des plus grandes participations de l'État par sa valeur. Sous Hollande, l'Agence de participations de l'État (APE) cédait au compte-gouttes, presque en catimini, à l'image des 6 millions d'actions Safran (1,6 % du capital) vendues fin 2016. Dans le cas de Paris-Aéroport (anciennement Aéroport de Paris, ADP), il s'agit de vendre l'ensemble de la participation sans tourner autour du pot. Édouard Balladur aussi voulait céder des participations dans leur intégralité. Il voulait «privatiser la plupart des entreprises concurrentielles détenues par l'État et les privatiser à 100 %, seule manière de leur donner leur indépendance». Édouard Balladur veut assurer la «respiration du service public» selon les termes de la loi de 1986. Une sorte de flexibilité, d'adaptation au nouveau monde comme on dirait aujourd'hui.
Il existe aussi une gémellité dans la méthode: le temps des noyaux durs à la Balladur censés à l'époque protéger les groupes privatisés des appétits étrangers semble avoir disparu, mais la récente décision prise par le Premier ministre d'étendre le décret Montebourg pour donner à l'État une capacité à bloquer les attaques semble tenir du même compromis. Les investisseurs montent au capital mais l'État ne perd pas la main. D'ailleurs il est question que le français Vinci monte en puissance au capital d'ADP, histoire de garder le groupe sur le territoire. Édouard Philippe sait que la rhétorique «des géants européens», utilisée pour justifier la perte de contrôle d'Alstom au bénéfice de l'allemand Siemens, ne fonctionne pas bien auprès de l'opinion publique. Il faut tout de même garder en tête que nombre des entreprises privatisées en 1987 battent aujourd'hui pavillon étranger comme AGF (filiale de l'assureur allemand Allianz), Usinor-Sacilor (entre les mains de l'anglo-indien ArcelorMittal), la Seita (propriété du britannique Imperial Tobacco) ou encore Péchiney (absorbé par le canadien Alcan).
Enfin, une dernière analogie pourrait apparaître entre les deux Édouard. Balladur privatise juste avant un krach financier et Philippe cède dans un contexte boursier un peu chahuté: va-t-il être touché par une sorte de malédiction des «privatiseurs» français?

Justement, en ce qui concerne le produit des cessions, c'est tout de même très différent. Le gouvernement Philippe cède une goutte d'eau par rapport à son lointain prédécesseur…
Effectivement, entre 1986 et 1988, après 13 privatisations, l'État vend pour 84 milliards de francs, l'équivalent de 22 milliards d'euros d'aujourd'hui. Or, le produit de la vente de Paris-Aéroport serait trois fois moins élevé, avec 8,2 milliards d'euros. Mais d'autres privatisations ou cessions pourraient suivre comme Française des Jeux et Engie. Au-delà des comparaisons de recettes, il faut s'interroger sur la pertinence budgétaire des cessions: selon le gouvernement, les 8,2 milliards d'Aéroport de Paris devraient servir à se désendetter et à constituer un fonds pour l'innovation de 10 milliards. Se désendetter? Franchement, ces recettes ne vont pas beaucoup faire bouger notre ardoise. Réduire de 8 milliards d'euros un passif de 2 220 milliards fait mécaniquement passer le taux d'endettement français de 99,2 % du PIB à… 98,6%. L'épaisseur du trait.

Entendu, c'est symbolique sur le plan budgétaire. Mais est-ce que l'État ne pourrait pas mieux utiliser son argent qu'à des participations dormantes?
Pas forcément. Il ne faut pas oublier que la France s'endette à un taux de seulement 0,9 % pour une échéance de 10 ans. À quoi bon céder des actifs très rentables pour se désendetter, quand l'accès à la liquidité coûte aussi peu cher? En l'espèce, les analystes financiers attendent sur ADP un dividende de 3,91 euros par action l'année prochaine, soit un rendement de 2,4 %. Sans compter les plus-values liées à la valorisation. Pas si mal! Si une partie de la recette vient alimenter un fonds pour l'innovation, les têtes chercheuses de Bercy vont-elles trouver un actif mieux rémunéré? Ce fonds pour l'innovation sera-t-il investi uniquement dans le Made In France, ou s'agira-t-il de maximiser le rendement, sans être trop regardant sur les entreprises financées? Ce serait la porte ouverte à des controverses sur la responsabilité sociale et environnementale. La participation actuelle de la moitié de Paris-Aéroport évitant ces maux de tête du gestionnaire de fonds souverain et fait d'une pierre deux coups: en 2016, elle rapportait 129 millions d'euros de dividendes à l'État et assurait le contrôle d'un actif stratégique pour le pays.

Diriez-vous que c'est également une erreur stratégique?
Lors de la transformation de l'établissement public ADP en une société anonyme en 2005, le terrain en domaine public inaliénable avait été déclassé en domaine privé, pour des raisons de simplicité de gestion. En pratique, l'État était l'actionnaire et restait donc maître de la situation. Cette situation ne peut perdurer: il serait inimaginable que l'une des principales voies d'accès à la France, propriété d'un groupe privé, puisse être vendue librement au plus offrant. Il est donc probable que les aéroports fassent l'objet d'une concession, afin que la puissance publique garde la maîtrise du foncier. Le précédent des privatisations des sociétés d'autoroutes en concession n'est cependant pas rassurant: «rentabilité exceptionnelle» pointée du doigt par l'Autorité de la concurrence pouvant confiner à la rente, hausse des tarifs plus rapide que l'inflation, très rentable allongement de la durée de concession pour réaliser le moindre investissement, etc.

Où se situerait le «en même temps» dans ces opérations de privatisation?
Dans des opérations miroir d'acquisition ou de nationalisation. On sait les Français sensibles sur la détention de leurs champions industriels, et quelque peu échaudés par la débâcle industrielle constituée par le départ à l'étranger de plusieurs fleurons ces dernières années (Lafarge, Technip, Alstom Power, etc.). À chaque fois, les commentateurs relatent l'incapacité financière de l'État à surenchérir sur les acquéreurs étrangers afin de maintenir une détention française. Sortir du tabou de la nationalisation et s'en donner les moyens financiers, ce serait disruptif.
 

 
 Franck Dedieu est professeur à l'IPAG Business School. Il a publié à l'automne 2017 dans la revue Le Débat un article critique sur le bilan des privatisations sous l'ère Balladur, avec Arnaud Montebourg et Jean-Baptiste Barfety.





B) Jeux olympiques 2024 : un rapport alerte sur de possibles dérapages budgétaires

Les inspecteurs qui ont planché sur le dossier épinglent différents sites des futurs Jeux olympiques à Paris et mettent en garde contre d’importants surcoûts.

C’est un rapport qui pointe de possibles dérapages et préconise de prendre rapidement des décisions dans le dossier des Jeux d’été 2024 à Paris. Il sera rendu dans quelques jours et, dans leur note intermédiaire, que nous nous sommes procurée, les rapporteurs de l’Inspection générale des finances, de l’inspection générale de la Jeunesse et des sports et du conseil général de l’environnement sont sans appel.
Ils évoquent « de réels risques à la fois de non-réalisation dans les délais de certains équipements mais aussi de surcoûts importants » concernant les JO de 2024. Une note qui alerte mais qui n’est pas forcément inquiétante. D’autant que ce sont Bercy et le ministère des Sports, qui, avant même l’attribution officielle des Jeux à Paris, le 13 septembre dernier, avaient demandé cette inspection.
Objectif pour l’Etat, garant du budget des JO et qui verse 1 milliard d’euros : repasser le dossier à la loupe (car certaines études poussées, trop coûteuses, ne pouvaient pas être faites lors de la phase de candidature), définir un scénario catastrophe et se prémunir d’éventuels dérapages. En résumé, éviter de se mettre dans la situation de villes hôtes dont les budgets ont dérapé au fil de l’avancée des travaux et agir avant les premiers coups de pioche, prévus courant 2019.

Le centre nautique de Saint-Denis dans le viseur

Pendant plus de six mois, les inspecteurs ont donc passé en revue les sites qui doivent être construits, afin d’évaluer les risques. Un site majeur retient leur attention : le centre nautique, qui sortira de terre à Saint-Denis, en face du Stade de France. Et pour cause : la maîtrise d’ouvrage a, de par la loi, été confiée à la Métropole du Grand Paris, le terrain appartient à la ville de Paris et son financement est géré par la Solideo, l’organe chargé de livrer les équipements et financé, pour moitié, par de l’argent public.
Autant d’intervenants, qui, pour les inspecteurs, représentent « des risques considérables en termes de délais ». Evalué à 130 millions d’euros, le centre nautique pourrait voir son budget être (au minimum) multiplié par deux, la Métropole rêvant de faire de cette piscine un outil de promotion et d’attractivité du territoire et lui donner une dimension architecturale. Pour freiner les ardeurs, le rapport préconise de retirer la maîtrise d’ouvrage à la Métropole et de la confier à la Solideo.
Le cluster du Bourget, celui devant accueillir le village des médias et des sites temporaires (volley, tir, badminton) est également pointé. Si la note intermédiaire estimait que « la réalisation du village des médias [était] contestable », l’avis du rapport définitif serait moins tranché. Un redimensionnement et donc une baisse du nombre de logements (1500 prévus dans le dossier) sont toutefois envisagés.
Le site devant accueillir le volley est en revanche carrément menacé car il nécessite des aménagements jugés « anormalement coûteux ». En raison, notamment, du déménagement d’entreprise, de la construction d’une passerelle (qui serait donc abandonnée) et de la dépollution d’un terrain.


« Il n’est pas question de dénaturer le projet initial »

Enfin, le Village olympique est également épinglé dans le rapport, car il cumulerait « des risques majeurs ». Pas question, toutefois, de le déplacer mais plutôt de l’orienter différemment. Situé sur les communes de Saint-Ouen, Saint-Denis et l’Ile-Saint-Denis, il est surtout très proche d’une zone archéologique « susceptible de receler des vestiges. » Ce qui, en cas de trouvailles, nécessiterait une « modification importante du projet. »
Là encore, avant d’arriver à cette extrémité, les inspecteurs font des préconisations. Libre à l’Etat de les suivre ou non. Mais selon nos informations, des négociations ont commencé avec les élus des territoires concernés et vont se poursuivre jusqu’en juin, où le dossier définitif devra être transmis au CIO.
Emmanuel Macron, tout en assurant « une transparence absolue sur le dossier », l’a rappelé lors de sa récente visite en Seine-Saint-Denis : pas question de dépasser l’enveloppe de 6,8 milliards d’euros prévue. « L’opinion publique ne le comprendrait pas », souligne un proche du dossier.
L’Etat a opté pour une autre solution qui consiste à réviser le dossier. « Il s’agit d’ajustements, il n’est pas question de dénaturer le projet initial, nous confie-t-on. La grille d’arbitrage sera celle de l’héritage. Ce qui aura une utilité maximale pour les habitants des territoires concernés sera conservé. » Quitte pour cela à opérer des coupes ailleurs.
 
Sandrine Lefèvre






C) Le contribuable continuera de payer pour les obsèques des députés et leurs familles, mais moins 

L’Assemblée a décidé de réduire l’enveloppe allouée au paiement des obsèques des députés. Un privilège qui représentait une grosse dépense, sachant que leurs familles en bénéficiaient aussi...

Vous ne le saviez probablement pas, et pourtant… Les obsèques des députés sont payées par de l’argent public. Jusqu’à présent, les frais étaient pris en charge à hauteur de maximum 18.000 euros. Mais le plus aberrant est qu’ils ne sont pas les seuls à bénéficier de cet incroyable système : les obsèques des anciens députés sont aussi remboursées, ainsi que celles de l’époux ou l’épouse de l’élu et de ses enfants. Au final, pour le contribuable, la dépense se serait élevée à 573.000 euros en 2017, selon France Inter.

“Les députés sont obligatoirement affiliés au fonds de sécurité sociale de l’Assemblée nationale” qui “fournit des prestations maladie et maternité en nature et attribue un capital (ou des allocations) en cas de décès”, peut-on lire sur le site de l’institution. Dans un souci d’économie, l’Assemblée nationale aurait enfin décidé de s’attaquer à ce privilège. Sur proposition des questeurs, les députés chargés des comptes de la chambre basse auraient décidé de réduire la voilure, rapporte la radio. Désormais, l’enveloppe serait réduite à 2.350 euros. Mais les bénéficiaires resteraient les mêmes… La présidence de l'Assemblée souligne toutefois les économies réalisées, de l’ordre de 400.000 euros par an.




D) Radars embarqués : soupçons de favoritisme dans l’attribution de marchés publics

L’association anticorruption Anticor a porté plainte pour « favoritisme », dénonçant le marché des radars automatiques qui équipent certains véhicules banalisés conduits par des sociétés privées. L’association a saisi le 18 janvier le parquet national financier (PNF) pour demander une enquête sur les conditions d’attribution de ces contrats qui externalisent certains contrôles de vitesse.
La plainte d’Anticor, révélée mercredi par L’Express, soutient que « deux marchés publics faramineux » auraient été passés avec la société Fareco, filiale du groupe de BTP Fayat, « en violation totale de la législation en matière de marchés publics ». Déposée contre X, la plainte viserait indirectement le ministère de l’intérieur, ainsi que l’entreprise.
Anticor dénonce notamment un contrat de 53,8 millions d’euros passé le 1er février 2017 par la Place Beauvau. Selon l’association, ce marché a été remporté en dehors de tout appel d’offres, « au motif que la société était la seule à détenir un certificat d’homologation » des véhicules, comme l’explique l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti. Selon le ministère, ce problème juridique rendait impossible toute concurrence. Il est contesté par l’association.

Externalisation des contrôles de vitesse

Fareco affirme fournir la moitié des 700 radars de franchissement de feux rouges installés sur le territoire. L’entreprise doit déployer environ 300 véhicules de contrôle de vitesse automatisé selon les informations disponibles sur son site Internet.
L’externalisation d’une partie des contrôles de vitesse effectués à bord de véhicules est destinée à libérer les forces de l’ordre de cette tâche, afin qu’elles se concentrent « sur leurs tâches prioritaires », selon Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur. Elle a fait l’objet d’une expérimentation à partir de février 2017 en Normandie, avant d’entrer en vigueur dans cette région en décembre.
Alors que les opposants s’inquiètent de cette « privatisation », le gouvernement rappelle que les employés de sociétés privées se contenteront de piloter les voitures. Les contrôles de vitesse seront effectués automatiquement par le matériel embarqué. L’association Anticor, par l’intérmédiaire de son avocat, voit elle aussi dans ce mouvement « une dérive vers une privatisation de la justice qui verrait l’Etat transférer peu à peu sa souveraineté sur ses missions régaliennes à des personnes privées ».
Anticor avait déposé une plainte similaire dans une autre affaire, en novembre 2015, accusant la société de services numériques Atos d’avoir été favorisée dans l’attribution de quatre marchés publics concernant le parc des radars automatiques. Le parquet national financier avait ouvert une enquête pour favoritisme en mars 2016.




E) Cette caste qui coule la France

Nos lecteurs savent quelle attention nous portons aux questions d’intégrité et d’indépendance dans l’ensemble du secteur public. Or "Les intouchables d’État" de Vincent Jauvert (Robert Laffont, éditeur) est un livre décapant à mettre d’autorité entre toutes les mains, celles des contribuables et citoyens et tout particulièrement ceux qui en sont restés innocemment à la nuit du 4 août pour la jolie fable de l’abolition définitive de tous les privilèges. Ceux qui ne savent pas encore y apprendront beaucoup, ceux qui se doutent de quelque chose verront leurs appréhensions très largement confirmées et même étendues, ceux qui croyaient déjà savoir seront étonnés du peu qu’ils savaient par rapport à la réalité. En effet rarement tant de rouerie, tant d’âpreté au gain, tant de carriérisme, tant de conflits et de confusions d’intérêts, tant de mépris de l’intérêt général auront été mis au jour en si peu de pages. Pour des raisons évidentes, nous ne nous livrerons pas à la défoliation de cet ouvrage qui mérite incontestablement d’être lu, mais nous en profiterons pourtant pour livrer à nos lecteurs quelques réflexions qu’il nous inspire, en dégageant plusieurs lignes directrices pour cerner tous les inconvénients que cette pratique de caste représente pour le pays.

I- l’origine de la caste

L’ouvrage à juste titre fustige le comportement prédateur des grands corps, qui se réservent par concours d’abord, par cooptation ensuite, tous les postes de pouvoir et d’influence, en exerçant ensuite le blocage de toute réforme susceptible de porter atteinte à leurs intérêts. La chose publique est ainsi réduite à une sorte de chasse gardée, dans laquelle - même si elle n’est pas la seule école en cause - l’ENA joue un rôle éminent, tout spécialement par sa "botte" (les 15 premiers du classement de sortie qui vont rejoindre l’Inspection des finances, le Conseil d’état et la Cour des comptes). Comme ces messieurs (et dames) ne dédaignent jamais d’étendre le réseau de leur influence là où l’herbe leur semble la plus verte et que chacun sévit pendant une bonne quarantaine d’années, c’est à un réseau de plus de 600 relais individuels qu’une bonne partie de notre monde politique et administratif se trouve soumis, en sachant que la notion de conflit d’intérêts ne s’enseigne pas ou mal à Sciences Po. Ceci explique que des tas de gens qui s’étaient expressément engagés à servir l’État, en ont en réalité pris le contrôle en devenant plus souvent qu’à leur tour- on y reviendra par la suite - parlementaires, ministres, Premiers Ministres, voire même Présidents de la République.
Sur le plan du recrutement, le fait de prédéfinir et de figer une carrière à partir d’un classement de sortie obtenu à 25 ans est un pur non-sens, alors surtout que les critiques fusent pour dénoncer au sein de l’ENA un conformisme intellectuel privilégiant l’objectif prioritaire de la carrière, par rapport auquel l’intérêt du pays est trop souvent subsidiaire. Le nombre de postes "intéressants" correspondant aux attentes des promotions étant nécessairement limité, on développe, bien au-delà des obligations de mobilité, une attirance pour un tourisme fonctionnel attiré par les endroits les plus attirants, notamment cet immense terrain de jeu des 1 244 agences diverses aux ressources garanties, mais dont les dépenses et les salaires ne sont pas tout à fait encadrés avec la même rigueur que dans un ministère traditionnel. C’est ainsi qu’on voit pratiquement le tiers ou le quart des effectifs de l’Inspection des Finances, du Conseil d’État et de la Cour des comptes se livrer à de fructueuses migrations, sans jamais rompre pour des raisons de sécurité évidente leurs liens avec leurs corps d’origine.
Afin de développer sans cesse sa mainmise sur de nouveaux secteurs, la "caste" étend le domaine des réglementations, les multiplie à profusion, les complique jusqu’à les rendre impénétrables aux tiers, les assortit de sanctions toujours plus lourdes et avec la complicité active de ses relais parlementaires, se ménage ainsi un pré carré dont l’importance ne cesse de croître. Cette stratégie mortifère pour le pays (notamment pour l’agriculture, mais pas seulement) permet à ces prédateurs de jeter leur dévolu au-delà de leurs points d’attache usuels sur de vastes domaines réservés : la fiscalité et les grands cabinets d’avocats, le secteur financier, le bâtiment et les travaux publics, les Télécoms et autres réseaux, la santé et l’industrie pharmaceutique, l’industrie alimentaire, la Défense bien entendu et ses énormes marchés, l’environnement paré de toutes ses normes et injonctions. S’y ajoute évidemment le débouché ordinaire et opulent des cabinets ministériels où accourent des gens que leurs fonctions juridictionnelles à la Cour des comptes ou au Conseil d’État devraient conduire à s’abstenir de tout engagement politique personnel. Certains sont tellement obnubilés par la recherche de ces "points de chute" qu’ils en changent fréquemment, qu’ils les collectionnent presque au point de ne passer que quelques rares années – quatre ou cinq pas plus – dans leurs corps d’origine, où on les affuble humoristiquement du sobriquet d’essuie-glaces.

II - Les abus de la caste

Naturellement, cette cupidité débouche inévitablement sur de nombreux abus. Des rémunérations extravagantes et inconnues du contribuable et même parfois … du Ministre qui éprouve parfois les plus grandes difficultés à en obtenir la liste. Des pantouflages plus que douteux qui voient un Directeur Général des Impôts prendre du jour au lendemain la direction du plus gros cabinet de conseil fiscal de France. Des conseillers d’État que la modicité de leur rémunération contraint à l’arrondir de ci, de là par quelques "ménages", dont tous ne sont pas obscurs. On ne compte plus les conflits d’intérêts qui s’attachent à ces parcours, dont le principal objectif est d’atteindre des rémunérations dont les plus importantes peuvent quand même parfois tutoyer les € 600 000 annuels, beaucoup d’autres dépassant souvent les 200 milliers d’euros, en "semant" les salaires moyens des cadres dirigeants du privé (83 milliers d’euros) qui, eux, ne bénéficient pas du tout de la sécurité de l’emploi.
On en vient ainsi tout naturellement à dénoncer l’inanité de la Commission de déontologie de la fonction publique chargée de donner son avis, notamment lorsqu’un haut fonctionnaire se propose de rejoindre le privé ou lorsqu’un cumul d’attributions pose problème. Son Président est d’abord très curieusement un conseiller d’État à la retraite, il prétend apparemment ne pas avoir de bureau et pour délivrer trois mille avis par an, la Commission n’a droit qu’à cinq salariés à temps plein. Sa composition elle-même est édifiante : outre son Président, X, Ponts, un membre du corps préfectoral, un magistrat de la Cour des comptes, un inspecteur des Finances, un magistrat honoraire de l’ordre judiciaire ! En clair, deux tiers de gens appartenant à ceux des corps qui pantouflent le plus souvent, tout en veillant soigneusement à garder le plus longtemps possible leurs attaches avec leur corps d’origine. Le Secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, d’extraction plus modeste, ne décolérait pas contre cette instance si indulgente envers les hauts fonctionnaires et ne se privait pas d’affirmer : "cette commission, c’est de la blague" rongée qu’elle est par une consanguinité de mauvais aloi. La mission d’information lancée par la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale n’est pas loin de partager un avis similaire, tant les mailles trop larges de l’institution ressemblent à un filet percé. Certes on a récemment fait appel à la Haute Autorité pour la Transparence dans la Vie Publique pour muscler quelque peu le dispositif, mais on est encore fort loin du compte et d’ailleurs pourquoi le secteur privé n’aurait-il rien à dire des cas dans lesquels un fonctionnaire vient lui porter concurrence et trop souvent dans des conditions qui sont loin d’être parfaitement claires et équitables ? Les parlementaires s’inquiètent d’ailleurs légitimement du défaut quasi-total de suivi des réserves et conditions mises à certains avis. Et effectivement quand on compare les incompatibilités qui pèsent strictement sur les magistrats de l’ordre judiciaire et de nombreuses professions libérales, on est forcé de convenir que, sur ce plan, la fonction publique ressemble davantage à un espace attardé de non-droit qu’à un espace sérieusement réglementé et contrôlé, comme si le contrôle public relâchait volontiers sa rigueur en fonction même de l’origine, de l’importance et de la fréquence des sollicitations. C’est ainsi notamment que le délai de "viduité" de cinq ans qui précédemment obligeait le fonctionnaire transfuge à rester éloigné de ses anciens "clients" a été opportunément ramené à trois ans, sans qu’aucune justification d’intérêt public puisse être avancée pour ce raccourcissement.
Il faut enfin déplorer la quasi-irresponsabilité de fait dont bénéficie la caste, même quand ses méfaits se chiffrent à plusieurs centaines de millions d’euros. À titre liminaire, comment oublier que l’Inspecteur des Finances Haberer amené par la Gauche à la tête du crédit Lyonnais et qui a signé avec un trou de plus de 20 milliards d’euros la plus grande faillite de l’histoire bancaire française récente, a pu bénéficier d’une extraordinaire mansuétude de la justice, décidément très conciliante avec la Haute Fonction Publique. En effet le 23 février 2005, la Cour d’Appel de Paris n ’a condamné Jean-Yves Haberer qu’à la peine insignifiante de 18 mois de prison avec sursis et (cerise sur le gâteau que les contribuables apprécieront) d’un seul euro de dommages et intérêts. Mais cela ne fait que confirmer une longue tradition : bonne fille avec nos deniers, la haute fonction publique ne sanctionne pas l’échec : pire, on dirait qu’elle y compatit, tant elle met de hâte à trouver un point de chute aussi honorable que fructueux au responsable de l’échec qui, par exemple, a
> irrévocablement planté l’Opérateur National de Paye lequel n’a en réalité jamais vu le jour malgré un coût cumulé de près de 300 millions d’euros, mais son "pilote" et s’est trouvé opportunément recasé après diverses tribulations comme TPG d’un important département de la Région Parisienne ;
> directement provoqué l’échec à peine moins coûteux du logiciel SIRHEN à l’Éducation Nationale, mais accédant pourtant sans coup férir au poste de Conseiller-Maître à la Cour des comptes, en considération sans doute de son incomparable expérience dans culture de l’échec.
De même, la faillite et le scandale du Médiator mèneront presque directement l’un des dirigeants de l’Agence de Sécurité Sanitaire au poste envié de Secrétaire Général de l’Éducation Nationale, tout comme l’un des principaux responsables du blocage informatique des aides européennes à l’agriculture bio, qui a provoqué la faillite de plusieurs exploitations, s’est vu propulsé à la Présidence de l’UGAP (achats publics) avec une "punition" à 174 000 euros annuels.

III - Les ravages de la caste

Naturellement ces dérives ne sont pas sans conséquence. Même si tout le secteur public s’attache à jeter sur elles le manteau de Noé, l’opinion finit par les apprendre et elle juge sévèrement non seulement leurs auteurs, mais l’État qui laisse faire et la fonction publique dans son ensemble qui permet et tolère de tels abus. Il est certain qu’un lecteur attentif de l’ouvrage de Monsieur Jauvert ne pourra plus avoir la même considération, ni le même respect envers les grands corps de l’État, après avoir découvert le détail de ce qui s’y trame. Au-delà même du défaut de maîtrise évident de la dépense publique, ces comportements arrivistes et affairistes entraînent inévitablement une dépréciation généralisée de la chose et de la conscience publiques. Ceci explique pour une part la progression alarmante du taux d’abstention dans un public convaincu ou presque que plus rien ne sert à rien et qu’assurément la corruption n’est ni de droite, ni de gauche, mais qu’elle affecte intégralement le pays. En effet, en à peine plus de deux siècles, il s’est créé et développé dans la haute fonction publique et aussi dans quelques niches plus ou moins connues un ensemble de privilèges, de passe-droits et d’accommodements tels que nombre de ceux abolis lors de la Révolution paraissent parfois mineurs par rapport aux prébendes et aux abus actuels.
On n’aura garde d’oublier les inconvénients de l’endogamie qui fait qu’au lieu d’avoir les diversités d’approches, d’analyses et de jugements que l’on obtient normalement en croisant les origines des dirigeants, le secteur public privilégie les "copier-coller" issus de l’ENA et de quelques grands corps. Tout ce monde truste positions stratégiques et dominantes, en dupliquant partout des raisonnements préformatés, dont même le jury d’admission de l’ENA a publiquement dénoncé le conformisme, le manque d’imagination et de personnalité pour une large majorité de candidats, nettement plus à l’aise pour savoir ce qu’il faut dire que pour décider ce qu’il faut faire. Les dernières décennies ont suffisamment montré les ravages de cet entre-soi.
Enfin l’hyper-réglementation se conjugue avec un conservatisme effréné qui interdit pratiquement toute réforme d’envergure, immédiatement soupçonnée de vouloir mettre à mal un équilibre fragile de privilèges et de connexions, qui correspond au travail patient de la caste sur plusieurs générations. On peut ainsi s’interroger légitimement sur la vitalité d’une démocratie qui, sur moins d’un demi-siècle aura par trois fois confié le pouvoir suprême à des juges des comptes pendant 17 ans et par deux fois et pour 12 ans à des Inspecteurs des Finances, cette déviance étant encore accentuée aujourd’hui par le fait que l’actuel Premier Ministre lui-même (succédant à bien d’autres) est issu du Conseil d’État. L’État français est sans doute la seule démocratie évoluée à être si souvent et si étroitement dirigée par ses propres fonctionnaires, qui la cadenassent quasiment de toute part en imposant au pays des vues étroitement corporatistes et largement réfractaires à l’air du large. Partout ou presque dans les allées du pouvoir, le conflit d’intérêts règne en maître et l’État lui-même est devenu largement le très humble serviteur de ses serviteurs. Il y a là plus que les germes d’une confusion des pouvoirs tout à fait malsaine, sur laquelle très curieusement tout le monde politique et médiatique ferme complaisamment les yeux, alors qu’il s’agit pourtant d’une question cruciale qui donne à l’électeur l’impression que, quoi qu’il décide, le pouvoir sera de toute manière presque toujours et sans guère de risque confisqué par les mêmes.

IV - Les réformes à prévoir

Sans prétendre à l’exhaustivité et en prolongeant quelque peu la démarche de Vincent Jauvert, qui pose essentiellement un diagnostic, plutôt qu’il ne propose une thérapie d’ensemble, plusieurs mesures parmi d’autres sont à envisager d’urgence, mais en priorité :
01 -la clarté et - pourquoi pas ? - la publicité nominative des plus hautes rémunérations (toutes celles par exemple excédant l’indemnité du Président de la République) ;
02 – la suppression pure et simple de l’ENA ou, à tout le moins et sans délai, la remise en cause fondamentale de son recrutement, de son enseignement, de son classement et des carrières qu’elle permet abusivement de « préempter ».
03 -la réduction budgétaire et statutaire des effectifs des grands corps aux seuls fonctionnaires nécessaires pour en garantir effectivement le fonctionnement régulier ;
04- une véritable instance de déontologie, aux moyens renforcés et dans laquelle des autorités privées – qui seraient sans nul doute moins complaisantes – auraient toute leur place ;
05 - une distinction sans concession entre le pouvoir de juridiction et la fonction de conseil qui cantonne nos plus grandes juridictions à leur seul rôle de juge, qu’elles ne peuvent évidemment sans perdre leur impartialité conjuguer avec celles de conseil du pouvoir ;
06- l’obligation pour un fonctionnaire qui souhaite exercer un mandat parlementaire de renoncer symétriquement, immédiatement et définitivement à son statut d’agent public ;
07 - une poursuite rigoureuse des fautes avérées avec une sanction énergique des défaillances observées pouvant aller jusqu’à la révocation ;
08 - le transfert à une instance indépendante de la Cour des comptes, dans laquelle les représentants du secteur privé détiendraient la majorité, du pouvoir de tirer les suites politiques, administratives et pénales des recommandations de la Cour ;
09 – Une délimitation stricte et étanche entre le pouvoir administratif et le pouvoir politique ;
et enfin une extension à l’ensemble de la fonction publique de la loi sur la moralisation de la vie publique qui ne concerne pour l’instant que les politiques. Pourquoi donc épargner si curieusement une haute fonction publique qui manifestement, a pris et continue à prendre plus que ses aises au plus grand dam du pays, en étendant sans cesse son emprise sur un État en situation de faiblesse et dont elle s’est abusivement rendue maître ?
 




F) Yassine Belattar au Conseil présidentiel des villes : qui Macron choisit-il d'écouter ?

Il est dommage de gâcher ce qui se veut une bonne idée de communication par des choix de personnes peu judicieux. Mais au gouvernement, en la matière, on n’apprend guère de ses erreurs et on continue de nommer dans des institutions, positionnées au plus près du pouvoir et sans légitimité autre que le fait du prince le plus souvent, des personnes dont les positionnements politiques et les discours violents tirent à balles symboliques sur ce que nous sommes en tant que peuple et Nation. Cela a commencé avec Rokhaya Diallo et le Conseil du numérique, cela continue avec Yassine Belattar. Comment ne pas imaginer qu’en nommant l’animateur de radio au Conseil présidentiel des villes, cela n’allait pas à tout le moins entraîner des questionnements, voire susciter des indignations.
Il y a quelque chose de curieux à enchaîner les provocations pour mieux se plaindre des réactions que l’on induit. Et on a souvent la sensation de n’avoir pas quitté les années Hollande quand on entend le nouveau monde reprendre l’antienne de l’ancien et essayer pathétiquement de faire croire que toute critique sur ces questions ne saurait que venir de la fachosphère. Ce qui aujourd’hui comme hier est faux mais bien pratique quand un pouvoir veut s’exonérer de toute responsabilité.
La position de Macron l’oblige à opérer des arbitrages entre ses désirs, ses amitiés et les réalités de sa fonction
Qu’un président de la République s’entoure des conseillers qu’il souhaite est son droit le plus strict, mais sa position l’oblige à opérer des arbitrages entre ses désirs, ses amitiés et les réalités de sa fonction. Nommer une personnalité au sein d’un Conseil présidentiel, directement rattachée à sa personne implique un discernement dans sa désignation car son choix envoie des messages, signifie des proximités, peut à tort ou à raison être assimilé à des sympathies. Ce n’est certes pas simple, mais dans le cas de Yassine Belattar, comme dans celui de Rokhaya Diallo pour feu le conseil national du numérique, le CV des pressentis n’est un secret pour personne. Comment expliquer alors une telle légèreté ?
Yassine Belattar, humoriste et animateur de radio, est très actif sur les réseaux sociaux, il y est souvent menaçant, agressif ou verse dans le registre victimaire. Sur la toile, il n’exhibe guère son talent comique. Sa proximité avec l’islam politique via les frères musulmans n’est pas un secret. En 2015, il était le maître de cérémonie du gala du CCIF. Il ne fait pas non plus un secret de sa conception rigide de la religion (ce qui ne signifie pas pour autant qu’il s’y astreint. Comme beaucoup de ceux qui soutiennent les plus rigoristes d’ailleurs.) : « Il n’y a pas de modération dans la religion : on est musulman ou on ne l’est pas. ». En février dernier, Yassine Belattar a montré que son double maléfique n’exerçait pas que sur la toile. Arrêté par des policiers en marge du cortège présidentiel, il a passé quelques heures en garde à vue pour outrage à agent. Sur la toile il a accusé un journaliste de battre sa femme, s’attirant une verte réponse dans laquelle ladite jeune femme raconte l’agression qu’elle et son compagnon auraient subi, avec un Yassine Belattar menaçant de les égorger non sans avoir lâché quelque qualificatif insultant au passage. A un internaute qui l’interpelle sur Twitter sur sa proximité avec les frères musulmans, l’animateur radio répond en faisant semblant de croire que ce sont les musulmans que son interlocuteur attaque, faisant ainsi lui-même l’amalgame islamiste = musulman.
Mais il est vrai que lorsque que l’on se permet de surcroit de traiter Manuel Valls de « premier ministre sordide », Thierry Ardisson de chemise brune (autrement dit de nazi) entre autres sorties médiatiques et que l’accumulation de tant de titres de gloire vous vaut d’être nommé au conseil présidentiel, pourquoi se gêner et se poser la question de la tenue et de l’exemplarité ? Et l’on s’étonne que cela ne passe pas comme une lettre à la poste ?
Nommer Yassine Belattar c'est accréditer un discours victimaire, accepter une proximité avec les frères musulmans
Soyons sérieux, nommer Yassine Belattar à un poste qui affiche sa proximité avec le Président de la république française, c’est accréditer un discours victimaire, accepter une proximité avec les frères musulmans de mauvais aloi. Certes, Yassine Belattar se vante partout que le président de la République est « son frère », il raconte ses textos à la presse. Dont acte. Il n’en reste pas moins que l’affection d’Emmanuel Macron ne doit pas obscurcir le jugement du président de tous les Français. Pas alors que la pression des vitrines « présentables » des islamistes se font de plus en plus fortes.
Car en même temps qu’était évoquée la possible nomination de l’humoriste au conseil présidentiel des villes, le CCIF, dont les institutions font semblant d’ignorer la qualité de satellite des frères musulmans, nous gratifie d’une lettre ouverte adressée au président de la République l’implorant de sauver la laïcité.
Une lettre très classique au départ, jusque dans ses oublis. Quand le CCIF parle du droit de croire ou de ne pas croire, il oublie le droit de changer de religion. Parce que c’est un crime dans l’Islam. Premier problème quand on en appelle au respect de la loi républicaine… Et puis on tombe sur cette phrase : 

« Le bon sens républicain doit s’appliquer fermement et empêcher toute ingérence laïciste avec la même énergie que celle déployée contre le terrorisme parce qu’ils sont les deux faces d’une même pièce. »

Au CCIF : où sont les morts que le « laïcisme » a répandu en France et de par le monde ?
Et là on se pince. Une association interlocutrice des pouvoirs publics peut sans dommage pour sa crédibilité écrire une telle phrase ! Où sont les morts que le « laïcisme » a répandu en France et de par le monde ? Est-ce légitime que l’on demande de mobiliser des moyens policiers pour traquer les laïques ? Comment peut-on oser une telle provocation dans un pays qui a vu couler tant de sang sur son sol à cause des attentats islamistes ? Et enfin qui sont ces laïcistes au sens du CCIF ? Manuel Valls, Elisabeth Badinter, Caroline Fourest, Laurent Bouvet, moi ?
Mais si les frères musulmans pensent que tout leur est permis sur cette question, peut-on vraiment leur donner tort quand on a pour dirigeant d’un soi-disant observatoire de la laïcité, un homme, Jean-Louis Bianco, qui dit d’un ancien premier ministre que ses positions laïques sont « un danger pour la cohésion sociale ». Cela alors qu’il est l’incarnation de ce déni qui veut faire oublier que les tensions autour de la laïcité traduisent celles d’une société contestée dans ses fondamentaux par un totalitarisme politico-religieux, dont les effets dans certains quartiers en politique de la ville sont particulièrement sensibles et visibles.
Doit-on s’étonner alors que chez ceux qui devraient veiller à peser et soupeser la bonne constitution de leur entourage, le caprice ait toute sa place ? Mais quand on s’exonère de toute rigueur, on oublie souvent qu’on le fait au détriment de principes qui sont la colonne vertébrale des systèmes politiques et à la source du lien social.
Que ce soit dans le cas de Yassine Belattar, de la lettre ouverte du CCIF ou de la déclaration scandaleuse de Jean-Louis Bianco, le pire est de constater l’absence totale de réaction de la sphère politique. Les républicains n’y sont plus représentés, ils s’expriment donc ailleurs, sur les réseaux, dans la presse. Et ils réagissent. Mais au niveau politique, sur ces questions, faut-il que seul le FN s’exprime ? Que l’on puisse renvoyer dos à dos terroristes et « laïcistes » (dont on ne sait guère qui ils sont) ne dérange aucun de nos représentants ? Aurions-nous perdu collectivement tout sens commun ?
A écouter le CCIF, on se croirait en Océania dans 1984 de Georges Orwell : « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». Nous on a : « Le laïcisme c’est le terrorisme » balancé au visage d’un président de la République par des frères musulmans dont la référence spirituelle est un chef religieux, Youssef El Qaradawi qui prône le jihad, l’assassinat des juifs et des homosexuels, la pratique du viol, entre autres joyeusetés.



Qui veulent-ils valoriser ? 
Qui doivent-ils mettre en avant ?

Il est temps que le pouvoir arrête de faire preuve de naïveté et s’interroge sur cette zone grise qui va des islamo-gauchistes aux islamistes en passant par les entrepreneurs identitaires. Qui veulent-ils valoriser ? Qui doivent-ils mettre en avant ? Des Rokhaya Diallo ou des Yassine Belattar ? ne devraient-ils pas s’appuyer au contraire sur d’autres exemples ? Patrice Quarteron ? Sonia Mabrouk ? Sophia Aram ? Malek Boutih ? Qui nos représentants choisissent-ils d’écouter ? Les entrepreneurs identitaires, les lobbyistes du CCIF et toute la frérosphère, de Lallab à l’UOIF ? Ceux-là ne cessent de marquer des points tandis que les laïques sont traités de « radicaux » au plus haut niveau de l’Etat. Non seulement cela commence à se voir, mais pour l’avenir des banlieues, on voit mal comment le cocktail victimisation, agressivité, haine de la société française va constituer un projet d’avenir.
Sauf si bien sûr ce Conseil présidentiel est moins celui des villes que celui visant la réélection d’Emmanuel Macron dans les quartiers populaires. Auquel cas les vieilles recettes clientélistes sont les plus efficaces. Mais de la part d’un homme qui veut remplacer le vieux monde, on est en droit de s’attendre à autre chose.

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G) La veuve de Soljenitsyne «peinée» par le geste de Macron au Salon du livre

Pour la veuve d'Alexandre Soljenitsyne, la décision d'Emmanuel Macron d'ignorer le pavillon russe au Salon du livre de Paris «ne sied pas à un leader politique français».
Natalia Soljenitsyne, veuve du lauréat russe du prix Nobel de littérature, s'est déclaré déçue par la décision du Président français de ne pas se rendre au stand russe lors du Salon international du livre de Paris.
«La démarche d'hier a peiné beaucoup d'entre nous», a déclaré Mme Soljenitsyne aux journalistes des médias français.
Interrogée à propos des critiques émises en Occident contre son pays, elle a estimé que «toute critique ne peut pas être juste en état d'hystérie».
«Quand les diplomates ne savent plus se parler ça devient encore plus important que se parlent les artistes et les gens de la culture et des arts», a indiqué l'épouse de l'auteur de L'Archipel du Goulag.
Toujours selon elle, tourner le dos au dialogue avec les gens de la culture et des arts «est extrêmement étonnant et ne sied pas à un leader politique français».
Emmanuel Macron a boycotté jeudi soir le stand officiel russe du salon du livre à Paris, dont la Russie est l'invitée d'honneur, en geste de «solidarité» avec le Royaume-Uni après la tentative d'assassinat de l'ancien agent double russe Sergueï Skripal attribuée par Londres à Moscou.
La Russie est l'invitée d'honneur du salon, qui est la plus grande manifestation littéraire de France. Au total, 38 auteurs russes y ont été invités cette année.



Suite à un entretien téléphonique avec la Première ministre britannique Theresa May, le Président français a décidé de ne pas visiter le stand officiel russe au Salon du livre à Paris en signe de «solidarité» avec son allié britannique après l'empoisonnement de l'ex-espion russe, Sergueï Skripal, indique l'Élysée.


Attendu, jeudi soir au Salon du livre à Paris, Emmanuel Macron ne visitera pas le stand officiel de la Russie qui est l'invité d'honneur de l'évènement. Cette décision a été prise après un entretien téléphonique avec Theresa May au sujet de la tentative d'assassinat sur l'ex-espion russe, Sergueï Skripal et sa fille dont le Royaume-Uni accuse les services secrets russes.
«Le président ne va pas se rendre sur le pavillon officiel de la Russie au salon du livre (…) dans le contexte de l'attaque de Salisbury en cohérence avec nos positions et par solidarité avec notre allié britannique», a indiqué l'Élysée
Le communiqué souligne «les liens culturels étroits entre la société russe et la société française» et l'intention du Président de rencontre «des auteurs russes lors de sa visite».
L'ambassadeur de Russie en France, Alexeï Mechkov, a déploré la décision du Président français.
«Naturellement, nous regrettons que cela soit arrivé. Mais nos partenaires français doivent enfin comprendre qui mène cette politique et quelle est sa nature […] Malheureusement, nous nous attendions à des provocations», a déclaré le diplomate.
Commentant les mesures possibles qui, selon Macron, pourraient être adoptées dans un proche avenir contre la Russie, l'ambassadeur a noté que Moscou préfère travailler non «avec des hypothèses, mais avec des actions concrètes».
«Je suis convaincu que la France, grâce à sa longue histoire, sait quelle est la casuistique de la politique britannique. J’espère qu’elle comprendra que tout ce qui se passe aujourd'hui n'a rien à voir avec le sort tragique de ces deux personnes [Sergueï Skripal et sa fille, ndlr.] d’autant plus que nous ne savons même pas dans quel état elles se trouvent», a-t-il souligné.





Bien que «les irritants ne manquent pas» dans les rapports entre Moscou et Paris, le Président français estime nécessaire de respecter le grand pays qu'est la Russie, selon Jean-Yves Le Drian cité par Le Figaro.
Emmanuel Macron veut établir avec Moscou «un rapport direct, entre puissances», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un entretien accordé au Figaro.
Selon le chef de la diplomatie française, son pays «parle à tout le monde» et peut ainsi «dire les choses en face». Pourtant, M.Macron considère qu'il faut «respecter ce grand pays».
«Ce sont les raisons pour lesquelles, à peine élu, il a invité Vladimir Poutine à Versailles. J'ai beaucoup vu mon homologue [russe Sergueï Lavrov] dès les premières semaines. Mais c'est aussi à la Russie de clarifier ce qu'elle souhaite», a indiqué M.Le Drian.
Toujours d'après lui, «les irritants ne manquent pas» dans les relations entre Moscou et Paris.
«La question ukrainienne n'est pas réglée, celle des armes chimiques en Syrie non plus. Il est difficile de savoir quel chemin la Russie veut emprunter dans la crise syrienne. Des clarifications sont nécessaires», a souligné le ministre.
Dans le même temps, il a estimé que les Russes «ne pouvaient pas» régler seuls la crise syrienne. «La Syrie devra un jour être reconstruite et leurs moyens n'y suffiront pas», affirme le chef de la diplomatie française.
«En attendant, les Européens ne participeront à la stabilisation et à la reconstruction que dans les zones où la gouvernance est acceptable sur le plan des droits fondamentaux», a insisté M.Le Drian.

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H) Quand le jeune Macron dénonçait un système qui favorise les seniors
Nous sommes en 2008. Emmanuel Macron s'apprête à partir dans le privé, pour la banque Rothschild. Mais, avant de quitter l'administration, l'inspecteur des finances de 30 ans ne rate déjà pas une occasion de nourrir ce qui se révélera un jour être son programme présidentiel. Sa mesure-phare de baisse des cotisations sociales salariales financée par une hausse de la CSG qui frappe les retraites ? Elle s'inspire directement du rapport qu'il supervise alors pour le compte du Conseil des prélèvements obligatoires, une institution d'experts rattachée à la Cour des comptes, alors dirigée par Philippe Séguin. Le titre est évocateur : « La répartition des prélèvements obligatoires entre générations et la question de l'équité générationnelle ».

On peut y lire, sous la plume du jeune rapporteur général, que « l'analyse des retraites, de la dette sociale et des prélèvements obligatoires met en évidence des transferts multiples qui, dans l'ensemble, s'exercent en faveur des classes d'âge de plus de 60 ans ». En clair, le système favorise les seniors, qui paient notamment une CSG moins élevée que les actifs.
Le thème des inégalités intergénérationnelles lui tient alors déjà suffisamment à cœur pour attirer l'attention du Point sur le sujet, plusieurs mois avant la publication officielle du rapport en novembre. « Le plus dur est pour la génération intermédiaire : celle des quadras-quinquas, nous déclarait-il alors. Lorsque les baby-boomers lâcheront le volant, ceux-là seront déjà trop vieux. C'est la génération prince Charles. »



C'est bien ce que le chef de l'État entend corriger, près de dix ans plus tard, avec sa hausse de 1,7 point de la CSG destinée à financer une baisse de cotisations sociales pour les salariés. Car le constat dressé en 2008 par Emmanuel Macron inspecteur des finances semble toujours valable. Dans une note de 2016, France Stratégie, centre de réflexion rattaché à Matignon, écrivait : « La pauvreté a longtemps touché davantage les personnes âgées que les jeunes. C'est aujourd'hui l'inverse. Dans leur ensemble, les évolutions observées depuis la fin des années 1970 suggèrent un déplacement des ressources le long de l'échelle des âges. » Et de citer comme facteur d'explication « un niveau de vie moyen des retraités qui, sous l'effet conjugué des pensions et des patrimoines, a dépassé celui de l'ensemble de la population, une progression des dépenses publiques de santé qui bénéficient d'abord aux personnes plus âgées » et un patrimoine « de plus en plus concentré entre [leurs] mains ». Le commissaire général de France Stratégie de l'époque, l'économiste Jean Pisani-Ferry, avait été nommé... chef économiste d'En marche ! pendant la campagne.






I) SNCF : combien coûte sa dette au contribuable ?
Hier, lundi 26 février, le Premier ministre assurait qu'il était urgent de réformer la SNCF à cause de sa dette. Combien coûte-t-elle chaque contribuable ? "Regardez l'ensemble des subventions, qu'elles viennent de l'État ou des régions, ça représente 13,4 milliards d'euros par an, soit environ 200 euros par habitant", explique le journaliste Jean-Paul Chapel sur le plateau de 20 Heures, avant de détailler : "7,2 milliards d'euros sont des subventions de fonctionnement pour l'exploitation, c'est-à-dire de l'argent public qui permet de faire baisser le prix des billets ; 3,2 milliards d'euros sont pour financer le surcoût des retraites des cheminots, un régime spécial déficitaire ; enfin, 3 milliards d'euros permettent d'investir dans le matériel et les rails."

VIDÉO CLIQUEZ

Moins que la Suisse, plus que l'Allemagne

"Résultat : quand vous achetez un billet de train, vous ne payez en réalité que 25 à 50% du coût total du trajet (25% pour les TER, 50% pour les TGV). Le chemin de fer est subventionné chez tous nos voisins, plus ou moins selon les pays : c'est moins en Italie (140 euros) et en Allemagne (170 euros), mais c'est autant au Royaume-Uni (environ 200 euros) et plus en Suisse (330 euros)", conclut-il.

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J) Mediascop, l’atout com de Jean-Luc Mélenchon
La société de Sophia Chikirou a facturé plus d’un million d’euros de prestations au candidat La France insoumise, lors de la campagne présidentielle 2017.
Une goutte d’eau dans un océan de milliers de documents. Noyées au milieu d’immenses piles de pièces justificatives, les deux petites factures de la société Mediascop ne représentent qu’une trentaine de pages en tout. Et pourtant elles ont pesé lourd dans les dépenses de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, que Le Monde a été autorisé à consulter, mercredi 14 mars, à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).



De septembre 2016 à la fin du mois d’avril 2017, la société de Sophia Chikirou, présidente et unique associée de Mediascop, s’est vu attribuer toutes les opérations de communication de campagne de M. Mélenchon. Mme Chikirou, qui était aussi la directrice de la communication du candidat de La France insoumise (LFI), a facturé 1,161 million d’euros de prestations à l’Association de financement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon (AFCP JLM 2017). Une manne financière substantielle pour l’une des plus proches collaboratrices du leadeur de LFI, puisqu’elle représente 11 % des 10,7 millions d’euros de dépenses totales de campagne – dont l’ex-candidat sera remboursé à hauteur de 6,03 millions d’euros.



Certes, la situation n’a rien d’exceptionnel dans l’univers des campagnes électorales, a souligné Jean-Luc Mélenchon. « Oui, j’ai embauché des amis, des camarades, des gens qui pensent comme moi, bien sûr, j’assume. Quelqu’un a quelque chose à dire contre ça ? », a-t-il réagi dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, dès le 14 février, au lendemain de la décision de la CNCCFP ayant validé ses comptes de campagne, après rectification de certaines dépenses litigieuses à hauteur de 434 939 euros.



M. Mélenchon en a profité pour se féliciter du travail fourni par la société de Mme Chikirou : « On n’a pas eu tort de la payer au tarif qui est celui du marché dans ce milieu-là. Le résultat n’est pas trop mal, (…)


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K) Conseillère de Macron, l'épouse d'Olivier Faure quitte l'Élysée

Le Journal officiel annonce que Soria Blatmann, conseillère aux droits de l'homme, quittera ce lundi le Château.



La semaine dernière, Le Point avait interrogé l'Élysée à propos du maintien ou non de Soria Blatmann en fonction auprès du président de la République comme conseillère aux droits de l'homme d'Emmanuel Macron. L'épouse à la ville du député de Seine-et-Marne Olivier Faure, candidat et favori au poste de premier secrétaire du parti socialiste, pouvait difficilement rester au Château. « Olivier Faure pouvait-il être vraiment libre d'attaquer Macron alors que l'Élysée faisait bouillir en partie la marmite de son ménage ? » se demandait un ancien premier secrétaire du PS.

Pourtant, la chargée de communication du chef de l'État ne voyait pas le problème politique que cela pouvait poser : « Quel est le rapport entre l'activité professionnelle d'une femme et celle de son compagnon ? Une femme ne peut pas avoir d'opinion politique différente ? » nous répondait-elle.

Finalement, Soria Blatmann va bien quitter l'Élysée. Son départ est signifié dans le Journal officiel. Selon l'Élysée, interrogée ce dimanche par Le Point, l'épouse d'Olivier Faure avait prévu depuis longtemps de rejoindre Audrey Azoulay, qui a pris la tête de l'Unesco. « Si elle l'avait souhaité, elle serait restée au cabinet du président, affirme-t-on au Château. C'est un choix de carrière personnelle sans rapport avec la candidature de son mari. »



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La révolte des scientifiques français

Il y a une dizaine de jours environ, Virginie Tournay, du CEVIPOF, un institut de recherche politique du célèbre SciencePo, a publié sur son blog du Huffingtonpost  « La culture scientifique est à reconquérir ». Une semaine plus tard c’est le collectif Science Technologies Actions qui publiait sur le site du journal économique Les Echos : « Ne renonçons pas à la science ! » Chacun de ces deux textes a été signé par une quarantaine de leaders d’opinion : scientifiques, directeurs de laboratoire, Académiciens, politiques proches du milieu scientifique… Précisions que les auteurs étaient aussi bien issus du secteur public que privé. Si le style des deux textes est bien différent, ils font tous les deux référence à un seul et même texte de loi “la Résolution sur les sciences et le progrès dans la République”, qui a été déposée le 21 février 2017 à l’initiative de Bernard Accoyer (LR) et Jean-Yves Le Déaut (PS). Or que dit ce texte en bref : il pose le principe selon lequel : « la France, héritière d’une longue tradition scientifique, rationaliste et de la philosophie des Lumières, a toujours incarné le progrès et la science au service de l’humanité » et que conformément à un rapport de l’Unesco déposé en 2016, « Les sciences, la technologie et l’innovation ont la capacité de changer la donne pour relever pratiquement tous les défis mondiaux les plus urgents. » Aussi, de manière assez inquiétante, « Des discours partisans voire sectaires fondés sur une défiance croissante vis-à-vis de l’expertise scientifique constituent une grave remise en cause de cet esprit des Lumières en s’attaquant aux règles mêmes sur lesquelles repose l’institutionnalisation de toute science » Partant de ce constat, « l’Assemblée nationale et le Sénat ont souhaité que l’action et les décisions du Parlement puissent être éclairées sur les conséquences des choix à caractère scientifique et technologique » ce qui est formulé en dix points : la science est vecteur d’innovation; son initiation doit être renforcée et le gouvernement doit veiller à son enseignement à l’école ; il doit y avoir davantage d’interaction entre les enseignements en sciences technologiques et sciences humaines dans le cursus scolaire et universitaire ; il faut étoffer la partie du programme de philosophie consacré aux sciences ; il faut écouter davantage les Académies, accentuer le travail de communication dans le cadre de débat liés aux thématiques bénéfice-risque ; les émissions de service public doivent renforcer l’offre d’émissions scientifiques ; il est important de réfléchir davantage à l’usage raisonné des technologies numériques ; enfin il est essentiel de donner davantage d’importance aux études et rapport de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) organisme principalement à l’origine de cette résolution.

Une année plus tard ce sont donc 80 scientifiques français qui se fendent de deux tribunes-pétitions pour alerter les décideurs politiques sur le fait qu’en plus d’être passés inaperçus, les points soulevés par ce texte de loi, semblent être restés lettre morte. Pire, il semblerait que l’actualité donne de plus en plus raison aux « ennemis de la science ». Ainsi comme le rappelle Virginie Tournay, si la constitutionnalité du principe de précaution est désormais acquise[1] « elle s’accompagne hélas d’un populisme précautionniste omniprésent pour reprendre la formule du sociologue Gérald Bronner. (…) Or, la précaution ne signifie pas résistance au changement mais elle a pour visée la protection de la santé des personnes et de l’environnement. Oter de façon systématique les vaccins, les produits pharmaceutiques, les micro-ondes, les compteurs électriques, la viande rouge, les fertilisants, le gluten, les satellites météorologiques et les outils de télécommunication à l’humanité aurait certainement des effets plus négatifs que positifs et constituerait dès lors une grave atteinte à l’esprit de la constitution. Il faut ainsi apprendre à faire la part des choses entre les effets réels d’une action, et ce qui relève de la légende sociale. » Quant au Collectif Science Technologie Action, il reprend le constat de la résolution : «  lexpertise scientifique nest plus assez prise en compte dans les processus de la décision politique » et il donne des exemples. Qu’il s’agisse du Glyphosate, des OGM, du nucléaire ou encore des perturbateurs endocriniens, les auteurs souligne durement « La France s’isole », « Le gouvernement ne fait pas confiance à ses propres comités d’homologation des nouveaux produits », « les décideurs publiques s’alignent sur les marchands de peur » ou encore « Des tractations politiciennes se font sur le dos des technologies », et de souligner leur exaspération : « Nous sommes consternés que le sujet complexe des « perturbateurs endocriniens » devienne argument électoral, que les gouvernements s’alignent sur une phobie de la « chimie », que la simple exploration d’hydrocarbures dans le sous-sol soit interdite, qu’une installation d’antenne-relais puisse être interdite suite à des désinformations, etc. (….) Le régime de la « post-vérité » a gagné du terrain dans le domaine scientifique et technique.» En conclusion, les signataires en appellent le gouvernement à mettre en application les principes de la résolution mais aussi aux « scientifiques, les ingénieurs, les techniciens, les intellectuels, les agriculteurs et tout citoyen » de s’unir pour agir afin « d’aider à remettre les arguments scientifiques rationnels au cœur de la décision politique »

A ce jour, cette mobilisation semble unique en Europe, aussi il serait intéressant de savoir ce qu’elle va devenir et si elle est susceptible de faire des émules chez les scientifiques des autres pays de l’Union. D’ailleurs ceux-ci ont-elles besoin de recourir à de telles actions et d’envoyer de tels messages ? Ou s’agit-il encore là d’une spécificité française ?

Car la question fondamentale qui se pose ici est celle de savoir si la sensibilisation des politiques aux causes scientifiques est peine perdue. Les premiers sont-ils définitivement incapables d’entendre la vérité des seconds et si oui pour quelles raisons ? Les thèses à ce sujet sont légions et nous aurons de nombreuses occasions d’y revenir. Terminons toutefois par une petite note d’espoir. Alors qu’il fait l’objet de nombreuses critiques par des groupes d’opposants, le compteur Linky, un compteur intelligent du distributeur français d’énergie Enedis[2] vient de recevoir le soutien de 26 députés qui ont signé une tribune dans le journal Le Monde… Comme quoi quand les politiques prennent le temps d’écouter les scientifiques,

[1] On rappellera que la France est le seul pays au monde à avoir ainsi inscrit le principe de précaution dans sa constitution, voir à ce propos notre édito sur le sujet Precautionary principle, Principe de précaution, Vorsorgeprinzip
[2] Ces derniers notamment dénoncent la grandeur des ondes émises par le système, alors que celui-ci n’émet pas plus d’ondes qu’un téléviseur ou un écran cathodique,


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