mars 24, 2018

#25 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
 Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. Merci


Sommaire

A) Brigitte Macron. 440 000 euros lui sont alloués chaque année - Ouest-France avec AFP

B) Le plagiat "massif" du sociologue Samir Amghar, spécialiste du salafisme - Dominique Leglu - Sciences et Avenir

C) Marianne Durano : « Le système place les femmes face à des choix violents et insolubles » - Mathilde de Robien - Aleteia

D) Les revenus du patrimoine en berne depuis 2011 ! - - cBanque


E) Pourquoi tant de managers incompétents : le principe de Peter - Frédéric Fréry - Xerfi Canal

F) « Le silence sur l’exploitation sexuelle à Telford révèle l’hypocrisie au cœur du mouvement #MeToo », accuse Joanna Williams

G) Le MoDem propose une mutuelle obligatoire pour la dépendance - AFP - Quotidien du médecin

H) Agressions sexuelles : pourquoi artistes et politiques sont-ils intouchables avec Yaël Mellul et Lise Bouvet ? - Catherine Durand,  Camille Sanchez - Marie-Claire

I) Les difficultés de recrutement plombent la croissance - Olivier Samain, édité par B.B - Europe 1

J) Suicide des agriculteurs: la MSA renforce sa cellule de prévention - AFP - L'Entreprise

K) Les jeunes Français croient de plus en plus en Dieu - Valeurs Actuelles

L) Grèves : quand les syndicats empêchent (encore) la France de se réforme - Sophie De Menthon - Challenges

M) Griveaux critique une tribune "stigmatisante" sur l'islamisme - AFP - Challenges

N) La Mairie de Paris remplace "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2" sur ses formulaires - Marie Laure Zonszain - Femme Actuelle


O) Mendel : « Trèbes c’est l’échec de la loi antiterroriste » - Infos Toulouse

P)  La rhétorique d'inversion, la plus belle trouvaille islamiste - Naëm Bestandji - son blog


Q) Attaques terroristes : pour Alain Bauer, «le calme des derniers mois était trompeur» - J-M. Dé. Le Parisien






A) Brigitte Macron. 440 000 euros lui sont alloués chaque année


Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a révélé le montant alloué par l’Élysée à Brigitte Macron. La Première dame recevra chaque année 440 000 € qui serviront à sa fonction de "représentation" à travers le monde.
Le coût des moyens alloués par l’Élysée à Brigitte Macron s’élève à 440 000 € annuels, a indiqué ce vendredi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, en réponse à une demande des députés Insoumis.
« Je peux vous indiquer un chiffre qui vient des services de Bercy : le coût des moyens mis à disposition du conjoint du chef de l’État, du fait des collaborateurs, sont de 440 000 €. Elle bénéficiera aussi du renfort de sécurité parce que le conjoint du chef de l’État fait aussi l’objet d’une protection », a-t-il déclaré dans l’hémicycle, à l’occasion du vote du projet de budget de l’Élysée pour 2018.

Deux collaborateurs et un secrétariat

Comme prévu par la « Charte de transparence » sur le « statut du conjoint du chef de l’État » publiée en août, Brigitte Macron dispose de deux collaborateurs et d’un secrétariat pris sur l’effectif de la présidence.
« Cette charte pose à la fois ces moyens et des principes, y compris le principe de transparence, et là aussi c’est la première fois », a souligné M. Castaner, également secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement. La Cour des comptes contrôlera ces dépenses et publiera un rapport spécifique.
Jean-Hugues Ratenon (LFI) a relevé qu'« un conjoint, une conjointe, n’a aucune légitimité démocratique » et qu’un statut pose donc « un réel problème démocratique ».
« Nous sommes pour rompre avec la conception d’une forme de monarchie présidentielle », a abondé son collègue Alexis Corbière, estimant que « la question n’est pas épuisée » par la charte élyséenne.
L’élu de Seine-Saint-Denis a aussi souligné que l’emploi de collaborateurs familiaux par les parlementaires a été interdit cet été via la loi pour la confiance dans la vie politique, un des premiers actes du Parlement.

Une fonction de "représentation"

« Le président de la République n’a pas embauché Brigitte Macron, il l’a épousée », lui a répondu Christophe Castaner, sous les applaudissements de la majorité. « Elle n’est pas rémunérée », mais « a une fonction de représentation » et « bénéficie de moyens dans la représentation » à laquelle elle contribue, a-t-il ajouté.
« On peut contester cette fonction-là et vous êtes parfaitement légitimes » à le faire mais il n’y a pas de « parallélisme » avec les conjoints collaborateurs parlementaires, a plaidé le secrétaire d’État.

Source



B) Le plagiat "massif" du sociologue Samir Amghar, spécialiste du salafisme

Pour le livre tiré de sa thèse, le sociologue Samir Amghar a plagié plus de 70 auteurs. Les institutions sont interpellées sur la question de l'intégrité scientifique. Révélations sur le blog de Dominique Leglu, directrice de la rédaction de Sciences et Avenir et de La Recherche.

 

Un plagiat "massif", qui touche "plus de 70 auteurs différents" : l'analyse du livre "Le salafisme aujourd'hui, mouvements sectaires en Occident" (édition Michalon, 2011) par Samir Amghar est sans appel. Le plagiat a été identifié par un groupe de chercheurs, le "Comité pour la probité des sciences sociales" ; il est révélé et explicité par la directrice de la rédaction de Sciences et Avenir Dominique Leglu dans sa nouvelle note de blog. Ce livre étant tiré de la thèse soutenue par M. Amghar, la fraude concerne aussi le travail universitaire de ce docteur en sociologie. Or cette thèse a été soutenue en 2010 à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales que Samir Amghar a décrochée avec "mention très honorable avec félicitations du jury à l'unanimité", face à un jury constitué de sommités.

Samir Amghar a postulé au CNRS

L'EHESS a déclaré à Sciences et Avenir être au courant de la situation ; "Je vais déclencher la création d'une commission disciplinaire ad hoc lors d'un conseil d'administration", nous a expliqué le philosophe et sociologue Bruno Karsenti, vice-président du prestigieux établissement parisien. Ce dispositif aura "six mois pour statuer" : une durée bien longue aux yeux du "Comité pour la probité des sciences sociales" qui a averti voilà de longs mois maintes personnalités. La lenteur des réactions est caractéristique du comportement qui prévaut dans les affaires de plagiat : "Beaucoup ne réagissent pas et laissent faire", ce qui "ne rend pas service à la vérité scientifique" explique le "Comité...". D'autant plus que le plagiaire poursuit son propre calendrier : Samir Amghar, sollicité en raison de son "expertise" par des instances telles que la Délégation aux affaires stratégiques ou la Direction centrale du renseignement intérieur, vient de déposer en début d'année sa candidature au CNRS...

MISE À JOUR DU 22 MARS 2018 "Nous avons supprimé le profil [de Samir Amghar] de notre site web […] C'est une pratique habituelle de retirer les détails sur le rôle ou la position d'une personne dans une organisation quand la réputation ou les pratiques de cette personne sont soumises à enquête pour quelque raison que ce soit". Ainsi nous a informée Roberta Bonazzi, présidente et co-fondatrice de l'European foundation for democracy (EFD), think tank basé à Bruxelles qui tenait, ce jeudi 22 mars 2018, un colloque intitulé " Deux ans après les attaques à Bruxelles. Le défi de la radicalisation djihadiste en Europe et au-delà ". Ci-dessous, la notice désormais retirée du site de l'EFD.
Une décision prise deux jours après la parution de notre enquête expliquant le plagiat massif du sociologue, suivie de l'envoi à l'EFD par le Comité pour la probité des sciences sociales de l'entièreté du rapport apportant les preuves des " emprunts illégitimes " à plus de 70 auteurs. Mme Roberta Bonazzi rappelle que cette procédure doit permettre  "d'assurer que l'auteur ne puisse utiliser le nom de l'EFD de façon indésirable". Et nous a précisé qu'elle comptait, après la lourde journée du 22 mars, mener "personnellement une recherche pour établir et mieux comprendre de quoi il s'agit et s'en faire sa propre idée".
Pour l'instant, c'est la seule institution qui ait ainsi officiellement réagi. En revanche, ni l'EHESS, ni le CNRS n'ont accusé réception de cette mise en cause grave concernant l'intégrité d'un chercheur. A noter, en revanche, la réaction rapide sur Twitter de l'un des plagiés, parmi les plus connus dans le monde des spécialistes du salafisme, terrorisme et mouvements radicaux, le journaliste et consultant Romain Caillet (1) : "Je crois que l'échantillon me concernant est suffisamment parlant et ne nécessite aucun commentaire".

Dominique Leglu

1) Auteur avec Pierre Puchot de " Le combat vous a été prescrit : une histoire du jihad en France ", Stock, octobre 2017





C) Marianne Durano : « Le système place les femmes face à des choix violents et insolubles »

Marianne Durano, auteur de "Mon corps ne vous appartient pas", apporte dans un entretien à Aleteia des pistes de réflexion afin que chaque femme puisse résoudre, selon ses propres convictions et dans l’intimité de son cœur, les grands dilemmes infligés à la femme du XXIe siècle.

Marianne Durano, normalienne, professeur de philosophie et mère de deux petits garçons, dénonce, dans son essai Mon corps ne vous appartient pas (Albin Michel), notre société qui aliène le corps de la femme à la technique et à la médecine, que ce soit via la contraception artificielle, des pratiques gynécologiques abusives, la surmédicalisation de la grossesse, l’avortement, la PMA, ou la GPA.
La jeune femme s’insurge contre le fait que ces solutions « médicales », prescrites par le système, isolent en réalité les femmes face à des choix purement techniques et individuels, alors qu’ils concernent leur corps, leur couple et la société. Ces dispositifs techniques, alliés à la suprématie du marché du travail, incitent les femmes à prendre des décisions lourdes de conséquences, dont elles assument seules l’entière responsabilité.

Dans cet entretien, Aleteia aborde avec Marianne Durano les grands dilemmes auxquels sont parfois confrontées les femmes du XXIe siècle, provoqués par un système qui nie la spécificité et la temporalité du corps de la femme. Loin de vouloir donner des leçons ou procurer des conseils, Marianne Durano apporte des solutions alternatives à des pratiques ancrées dans la société, et un éclairage nouveau sur des questions féminines, qui devraient être, selon l’auteur, des questions de société.

Aleteia : Que diriez-vous à une jeune fille, (et à sa mère), qui s’apprête à prendre son premier rendez-vous chez un gynécologue ? Marianne Durano : Je leur dirais d’aller voir plutôt une sage-femme ! Si la jeune fille ne présente pas de pathologie particulière, les sages-femmes sont tout aussi compétentes que les gynécologues. Elles savent écouter, et n’auscultent pas systématiquement. Elles n’ont pas ce regard « pathologisant » sur le corps, dans la mesure où elles sont formées pour suivre des personnes qui vont bien.

Que diriez-vous à une jeune femme enceinte, angoissée et stressée par la multitude d’examens qu’exige aujourd’hui le suivi médical de grossesse ?
Elle doit savoir que si elle ne veut pas faire un examen, elle est en droit de le refuser. Si elle ne veut pas faire le test de la trisomie 21, qu’elle ne se laisse pas démonter ! Si elle ne veut pas faire le test de glycémie du septième mois, parce qu’elle sait qu’elle n’a pas de prédisposition au diabète, elle peut dire non. Si elle ne veut pas subir une échographie endovaginale, elle est en droit de refuser. On lui dira qu’elle prend des risques, c’est sûr, mais mettre au monde un enfant, c’est prendre un risque !

Que diriez-vous à une jeune femme, tiraillée entre son désir d’enfant et ses ambitions professionnelles ? Quel serait le bon moment ?
Elle ne serait pas la seule dans ce cas ! Elle est victime d’un système que subissent toutes les femmes, et cela n’est pas juste, car jamais un homme n’aura à se poser cette question-là ! Je lui dirai qu’il est possible de concilier vie professionnelle et vie familiale, mais qu’en revanche, on peut commencer une carrière à 40 ans, alors qu’on ne peut pas avoir un enfant naturellement à 40 ans. On ne peut pas ignorer éternellement son corps.

Que diriez-vous à un homme qui ne cesserait de différer la conception d’un enfant, sous prétexte que « ce n’est pas le bon moment » ?
Je lui dirais de penser un peu à sa compagne, qui elle, n’a pas le luxe d’être féconde toute la vie. S’il désire avoir des enfants avec elle, chaque année qui passe est un risque supplémentaire d’avoir des difficultés à concevoir, surtout dans un contexte où l’on sait que les problèmes d’infertilité sont de plus en plus fréquents. Ce n’est jamais le bon moment, on aura toujours autre chose à faire, donc si on attend que tout soit en ordre pour que l’enfant arrive, il n’arrivera jamais.

Et à une jeune mère, tiraillée entre l’idée de reprendre son travail après deux mois et demi de congé maternité, et son désir de rester à la maison pour s’occuper de son enfant ?
Il sera toujours temps de s’épanouir professionnellement, mais son enfant ne sera pas éternellement nourrisson. Son entreprise aura toujours besoin d’elle, mais son enfant n’aura jamais autant besoin d’elle que lorsqu’il vient de naître. Qu’est-ce que six mois dans une vie à l’échelle d’une carrière ? Ce n’est rien ! Mais à l’échelle d’une maternité, c’est énorme ! Et être à la maison, ce n’est pas être à la maison « toujours ». On a besoin de redécouvrir la temporalité des femmes : la femme a plusieurs temps, elle vit différentes époques à travers son cycle, elle peut très bien rester à la maison quelques mois, quelques années, puis reprendre un travail et s’y épanouir. Là encore, le système place les femmes face à des choix violents et insolubles. Une société, qui exige d’une mère qu’elle s’arrache à son nourrisson en ayant l’impression de s’arracher un membre, pour reprendre le travail, est tout simplement inhumaine.

Que diriez-vous à un couple en fort désir d’enfant, qui hésite à avoir recours à la PMA pour concevoir ?
Avant de dire quoi que ce soit, j’essaierais de les écouter, d’écouter leur souffrance. Beaucoup de couples témoignent qu’on leur propose immédiatement une solution technique et que cela dispense la société d’une solidarité humaine et d’une écoute attentive de leur problème. Je leur dirais, si aucune raison médicale n’a été diagnostiquée, que les méthodes naturelles et la connaissance de son corps peuvent aider à concevoir.


Mon corps ne vous appartient pas, Marianne Durano, Éditions Albin Michel, janvier 2018, 282 pages, 19 euros.








D) Les revenus du patrimoine en berne depuis 2011 !

Salaires, bénéfices d’activité, prestations sociales, ou produits du patrimoine ? Quelle catégorie de revenus a le plus d’impact sur l’évolution du pouvoir d’achat des Français ? La réponse de l’Insee.

Encéphalogramme plat. Tel est l’apport des revenus du patrimoine au pouvoir d’achat des Français depuis plus de 5 ans. Selon les estimations de l’Insee, il faut ainsi remonter à 2011 pour trouver trace d’une année où les revenus de l’immobilier et de l’épargne ont permis de gagner en pouvoir d’achat. Dans l’édition 2018 de ses tableaux de l’économie française, l’Insee dresse ainsi une comparaison des contributions à l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, par catégorie de revenus et en optant pour une approche globale de la population.
Comment lire ce graphique ? En 2012, l’inflation (catégorie prix) et l’évolution des impôts ont rogné le pouvoir d’achat des ménages français, la progression des salaires et prestations sociales n’ayant pas compensé ces évolutions. A contrario, en 2016, l’Insee relève une hausse assez nette du pouvoir d’achat, principalement grâce à l’augmentation des revenus d’activité et des prestations sociales. En revanche, de 2012 à 2016, les revenus du patrimoine ont un apport « neutre ».
L’Insee ne livre pas d’analyse précise de ces statistiques, mais fournit une explication à la stabilité globale des revenus du patrimoine : « Les loyers reçus par les ménages progressent au même rythme [en 2016] qu’en 2015 (+2,1%, après +2,2%), tandis que les revenus nets de la propriété chutent (–3,2%). Cette baisse tient essentiellement à la forte diminution, pour la 3e année consécutive, des revenus tirés de leurs placements en assurance-vie. » L’Insee ajoute que la baisse des taux d’intérêt pèse aussi logiquement sur le faible gain de pouvoir d’achat engendré par la détention de patrimoine.






E) Pourquoi tant de managers incompétents : le principe de Peter

Votre supérieur hiérarchique vous donne-t-il parfois l’impression de ne pas maîtriser ses dossiers ? Votre patron a-t-il des difficultés à prendre de bonnes décisions ? Vous demandez-vous souvent comment votre directeur a pu être nommé à son poste ? Si oui, c’est que vous êtes confronté à ce phénomène curieux : un chef incompétent.

A priori, dans une organisation correctement gérée, ce sont les meilleurs qui devraient être promus. Par conséquent, comment un incompétent peut-il occuper une position hiérarchique élevée ? Pour comprendre ce paradoxe, il faut utiliser ce que l’on appelle en management le principe de Peter.

"Tout individu tend à atteindre son niveau d’incompétence"

D’après le principe de Peter, ce sont effectivement les meilleurs qui sont promus. Tant que vous ferez partie des meilleurs, vous serez donc promu. Malheureusement, cela implique que le jour où vous n’en ferez plus partie, vous arrêterez d’être promu, et qu’à partir de ce moment, vous stagnerez à votre poste. Le principe de Peter s’énonce ainsi de la manière suivante : « dans une organisation, tout individu tend à atteindre son niveau d’incompétence. »

Ce principe est extrêmement redoutable. Il explique pourquoi il existe tant de chefs incompétents. En fait, au long de leur carrière, ces individus faisaient vraisemblablement partie des meilleurs, ce qui explique qu’ils ont gravi un à un les échelons hiérarchiques. Malheureusement, un jour, ils ont accepté la promotion de trop, celle qui les a conduits à un poste pour lequel ils ne sont pas faits. Un excellent vendeur peut ainsi faire un médiocre directeur commercial : il adorait le contact avec les clients et le quotidien sur le terrain, mais il n’est pas fait pour les comités de direction et les jeux politiques. Il devient mauvais. Or, il est impossible de le rétrograder à son poste précédent, ce qui serait légitimement vécu comme une humiliation. De fait, le principe de Peter implique un corollaire tout aussi effrayant : au bout d’un certain temps, si l’on n’y prend pas garde, tous les niveaux hiérarchiques sont occupés par des incompétents.

Comme s’il suffisait d’être nommé manager pour le devenir

Ce principe est particulièrement présent dans les organisations où c’est l’expertise technique qui détermine la valeur des individus, comme les structures à vocation scientifique, académique ou médicale. Être un excellent professeur ne fait pas de vous un excellent directeur, une remarquable chercheuse n’a aucune raison d’être une remarquable responsable de département et un brillant chirurgien n’est a priori pas qualifié pour être un brillant manager.

En fait, toutes ces organisations font comme si le management était une compétence automatiquement acquise par ceux qui sont promus, comme s’il suffisait d’être nommé manager pour le devenir. Or, le management est une discipline qui s’enseigne et qui s’apprend, et croire qu’elle s’improvise est à l’origine de bien des souffrances, à la fois pour les mauvais managers et pour les mal managés.

Alors bien entendu, rien ne dit que vous atteindrez votre niveau d’incompétence au cours de votre carrière. Certains ne l’atteignent d’ailleurs jamais. Cependant, par précaution, la prochaine fois qu’on vous propose une promotion, réfléchissez-y peut-être à deux fois.

Frédéric Fréry





F) « Le silence sur l’exploitation sexuelle à Telford révèle l’hypocrisie au cœur du mouvement #MeToo », accuse Joanna Williams

Cela fait six mois que le mouvement #MeToo a été lancé. Depuis six mois, nous sommes régulièrement abreuvés d’histoires attirant notre attention sur les souffrances causées par des hommes sur des femmes. Lorsque ce week-end le Sunday Mirror a révélé les abus sexuels subis par des centaines de filles et femmes à Telford, on aurait pu s’attendre à ce que le scandale soit relayé.


L’information selon laquelle des filles, certaines de 11 ans, ont été droguées, battues et violées par des gangs composés d’hommes en majorité de musulmans asiatiques [le terme asian désigne en anglais surtout les communautés pakistanaises, indiennes et bangladaises], a toute sa place dans le cadre d’une campagne contre les violences sexuelles. On aurait pu espérer que le mouvement #MeToo montre sa solidarité, rappelle l’importance d’écouter les victimes, et propose un soutien financier aux victimes.
Mais non. Le scandale sexuel de Telford concerne plus de 1000 filles et s’étend sur plus de 40 ans. Des jeunes filles vulnérables de Telford ont été amadouées par des hommes, rendues accro au crack et violées. Elles ont « tourné » de violeur en violeur comme des objets. Certaines sont tombées enceintes, ont été avortées et ont ensuite été de nouveau violées à de multiples reprises. Trois femmes ont été assassinées et deux autres sont mortes dans des drames liés à cette affaire. Pourtant, ces événements n’ont reçu qu’une faible couverture médiatique. Les filles de Telford, apparemment, ne méritent pas la une du Guardian ni du Times.
Ces mêmes journaux qui ont couvert dans le détail et pendant des jours et des jours des affaires telles que « Le député Damian Green a-t-il, oui ou non, touché le genou de Kate Maltby ? » ou « Michael Fallon a-t-il essayé d’embrasser Jane Merrick ? », ne se sont pas autant scandalisé pour les jeunes victimes de Telford.
Le silence sur l’exploitation sexuelle à Telford révèle l’hypocrisie au cœur du mouvement #MeToo. Les militantes #MeToo de la haute société n’ont de cesse de clamer qu’elles sont guidées par leur volonté d’aider les femmes moins favorisées qu’elles, et non par leur intérêt personnel. Jane Merrick affirme qu’elle a tout déballé parce que « Je savais qu’en n’agissant pas, je laissais tomber mon Moi de 29 ans, mais aussi toutes les autres femmes qui subiraient la même chose que moi dans le futur ». Kate Maltby a fait une déclaration du même type : « C’est vrai que je jouis de nombreux privilèges que d’autres femmes n’ont pas. C’est pour cela que j’ai le devoir envers elles de me montrer. Quand on voit des femmes blanches et aisées dire « Me Too », il faut se demander quelles sont les autres voix qu’on n’entend pas ». Trop occupées par leur tapage sacrificiel et solidaire, Merrick et Maltby n’ont pas eu un mot pour les victimes adolescentes de Telford.



Les stars de #MeToo ont lancé le fonds Time’s Up : elles ont levé des fonds pour payer les frais de procédure des victimes de harcèlement et de violences sexuelles souhaitant obtenir justice. Le but affiché était de « faire entendre les voix, le pouvoir et la force des femmes travaillant dans des secteurs sous-payés, où le manque de stabilité financière les rend particulièrement vulnérables à l’exploitation et aux violences sexistes ». Plus de 16,7 millions de dollars ont été collectés en moins d’un mois. L’actrice britannique Emma Watson, l’une des donatrices les plus généreuses et les plus médiatiques, a écrit sur les réseaux sociaux : « Les heures de l’abus de pouvoir sont comptées. Je suis solidaire des femmes de tous les milieux pour dire que l’heure a sonné (Time’s Up) pour les abus, le harcèlement et les violences sexuelles. L’heure de l’oppression et de la marginalisation a sonné ». Apparemment, certaines femmes méritent la solidarité plus que d’autres. Certaines voix des femmes méritent plus que d’autres d’être portées.
Pourquoi n’a-t-on pas vu d’effusions de compassion ou de déclarations scandalisées pour les filles de Telford ? Pourquoi les actrices ne se font-elles pas photographier dans leurs robes de luxe à Telford ? Pourquoi n’a-t-il pas beaucoup de journalistes pour interrompre leurs longs déjeuners afin de donner une voix aux filles de Telford ?
Peut-être que tout simplement, les femmes de Telford appartiennent à la mauvaise catégorie de victimes. #MeToo préfère les victimes de la haute société. Jane Merrick déjeunait dans un restaurant très huppé de Westminster quand Fallon a tenté de l’embrasser. La famille aisée et bien en vue de Kate Maltby n’a sans doute pas été un frein à sa carrière. Chaque robe portée par les stars glamour qui ont orné les pages du Times Magazine et ont été célébrées comme « briseuses de silence » coûte plus que le salaire annuel moyen d’un habitant de Telford.
Ou peut-être que les hommes « asiatiques » accusés de détournement de mineur, de viol, de trafic de drogue, de meurtre et de pédophilie appartiennent à la mauvaise catégorie d’hommes violents. #MeToo préfère que les accusés soient des hommes blancs et puissants, comme Harvey Weinstein ou les membres du cabinet ministériel conservateur. Les violences commises par des hommes musulmans bousculent la hiérarchie soigneusement mise en place par le féminisme intersectionnel et contredisent le discours habituel sur le patriarcat. Les tribuns et militantes s’inquiètent davantage du risque de racisme ou d’islamophobie que des violences sexuelles qui ont eu lieu.
Que ce soit parce que les victimes de Telford ont le mauvais profil, ou parce que leurs bourreaux ont le mauvais profil, un silence coupable a permis que des crimes soient perpétrés sans entraves pendant des années. Selon le rapport parlementaire, les travailleurs sociaux étaient au courant des violences dès la fin des années 90. En 2016, un lanceur d’alerte a été suspendu de la police pour avoir fourni des preuves à un journal. Une autre lanceuse d’alerte a été renvoyée de son poste d’aide aux victimes d’abus sexuel au sein d’une association protégée par les autorités locales.
C’est ainsi que les abus se sont poursuivis. Becky Watson n’avait que 13 ans quand elle est morte dans un accident de voiture décrit comme une « mise en scène », après avoir subi deux ans de viols collectifs. Sa mère a plusieurs fois dénoncé les suspects à la police, mais, soupire-t-elle, « les filles comme Becky étaient traitées comme des délinquantes ». #MeToo nous ordonne de croire sans poser de questions des allégations de baisers volés ou de genoux touchés. Mais quand des filles de la classe ouvrière rapportent des viols à la police, elles sont disqualifiées.



Lucy Lowe a été ciblée par son violeur Azhar Ali Mehmood, 44 ans, en 1997. Elle n’avait que 14 ans quand elle est tombée enceinte. Deux ans plus tard, à 16 ans, Lucy a été assassinée avec sa mère et sa sœur de 17 ans, Sarah. Mehmood a incendié leur maison. Il a été incarcéré pour meurtre mais n’a jamais été inquiété pour ses abus sexuels. Une autre collégienne est tombée enceinte à six reprises en cinq ans après avoir été ciblée par un gang en 2004. Les rapports municipaux révélés par le Mirror montrent que les services sociaux, professeurs, policiers et psychologues savaient ce qui se passait mais n’ont pratiquement rien fait.
Les stars et les journalistes du mouvement #MeToo parlent de l’importance de croire les victimes et d’aider les femmes à faire entendre leur voix. Mais, hélas pour les filles de la classe ouvrière d’Oxford, Rotherham, Newcastle et à présent Telford, toutes les femmes ne sont pas égales. Le mouvement #MeToo étale un niveau écœurant d’hypocrisie. Pire, il accapare le temps et les ressources qui devraient être consacrés aux victimes authentiques d’abus sexuels. La semaine dernière, la députée Melanie Onn a organisé un débat au parlement pour que les sifflements et commentaires soient considérés comme de la misogynie et soient punis comme des manifestations de haine. Melanie Onn et ses consœurs préfèrent mener une croisade contre des passants qui sifflent plutôt que s’attaquer au problème beaucoup plus épineux des gangs musulmans ciblant des filles de la classe ouvrière.

Cette tribune de Joanna Williams, journaliste spécialisée dans l’éducation, a été initialement publiée dans le journal britannique Spiked Online. Traduction : Solveig Mineo.






G) Le MoDem propose une mutuelle obligatoire pour la dépendance


Une porte-parole du MoDem, Sarah El Haïry, a suggéré mercredi la création d'une mutuelle obligatoire pour diversifier les ressources de financement de la dépendance, notamment dans les établissements pour personnes âgées.
« Il faut des fonds et il faut sortir du statu quo. Nous voulons que l'État continue ses efforts, mais nous pouvons aussi réfléchir à une hybridation des ressources quant à la dépendance », a plaidé la porte-parole du parti de François Bayrou. « Nous pouvons réfléchir à la création d'une mutuelle obligatoire, ou au moins incitative, fiscalement parlant », a-t-elle suggéré, en indiquant que le sujet faisait partie des discussions avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.
« L'hybridation, c'est pas un système contre l'autre, pas le financement public contre le financement privé », a assuré la députée de Loire-Atlantique, en appelant à mieux valoriser la prévention.

Les Français rétifs à une nouvelle cotisation
Deux tiers des Français considèrent que l'État et les pouvoirs publics doivent prendre en charge financièrement les personnes âgées dépendantes, mais seul un tiers est favorable à une nouvelle cotisation sociale « obligatoire pour tous », selon un sondage BVA publié mercredi par la DREES, le service des statistiques des ministères sociaux.
L'enjeu du financement est au cœur de la crise des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), dont les personnels manifestent ce jeudi pour dénoncer le manque d'effectifs et réclamer des moyens supplémentaires.


 


H) Agressions sexuelles : pourquoi artistes et politiques sont-ils intouchables ?

Lise Bouvet est philosophe, Yaël Mellul avocate et présidente de l’association Femme&Libre. Ces deux spécialistes des violences faites aux femmes, publient « Intouchables ? People, justice et impunité »*. Une enquête éclairante sur le traitement médiatique des affaires Polanski, Cantat, DSK, Tron.

MC : Vous avez épluché des centaines d’articles de presse sur ces affaires. On retrouve trop souvent cette inversion qui fait passer les agresseurs pour les victimes, notamment Roman Polanski…
Oui, Roman Polanski, à écouter ses défenseurs, est un réfugié politique persécuté par la justice américaine. Or il a plaidé coupable devant le procureur tout de suite après les faits. Puis a été incarcéré en Californie dans ce qu’on appelle une prison-hôpital, deux mois au cours desquels, il a été examiné par des psychiatres. Et la veille de l’audience où sa peine devait être fixée par le parquet, il s’est enfui de peur de faire de la prison. A partir de ce jour, aux yeux de la loi, cet individu était et continue d’être un fugitif. Il n’a exécuté qu’une peine de deux mois en préventive. Pour un crime avoué même lors d’une procédure de plaider coupable, on est bien en deçà de la peine encourue pour un viol.


MC : Vous parlez d’une caste défendue par l’establishment et rarement par l’opinion publique.
On parle ici de pédocriminalité. Si on avait affaire à un autre Roman, d’un milieu social défavorisé qui avoue un crime sur mineure, accusé ensuite par cinq autres jeunes-filles, il irait directement en prison. Il n’y aurait pas de BHL et de Finkielkraut pour se mobiliser et lancer une pétition. En fait, ses défenseurs défendent leur caste, leur impunité, et leurs mœurs. C’est le titre de notre livre « Intouchables ». Pour eux, Roman Polanski n’est pas un citoyen et un justiciable comme les autres, il est au dessus des lois.

MC : Les artistes ont un statut particulier en France qui expliquerait leur impunité ?
Oui, ici le monde de l’art est très élitiste. Aux Etats-Unis, l’affaire Weinstein est possible car on considère Hollywood comme une industrie culturelle. Les Américains disent « Hollywood, c’est comme Reebok, vous êtes une industrie comme les autres, vous devez appliquer les lois sur le harcèlement sexuel comme les autres ». Nous avons une vision de l’art romantique et surannée, du créateur comme un Dieu. Le raisonnement sous-jacent est qu’un homme qui a un talent exceptionnel devrait avoir un statut exceptionnel. On est sous l’ancien régime. L’art jouit aussi d’une grande impunité car la place des femmes y est encore très archaïque. Très peu de d’artistes sont mises en avant, et très peu de femmes dirigent des institutions culturelles.

MC : Comment expliquez-vous la défense de Bertrand Cantat ?
C’est la stratégie classique de l’homme violent : à partir du moment où il est dans le déni de son acte, il faut forcément en faire porter la responsabilité sur l’autre. On a dit de Marie Trintignant qu’elle était hystérique, droguée, alcoolique, avait eu plusieurs maris. A cela s’ajoute le concept du crime passionnel « je l’ai tuée parce que je l’aimais ». Ce qui est fascinant chez Bertrand Cantat, c’est qu’il n’a jamais cessé de le dire malgré ses 4 ans d’emprisonnement censés le faire réfléchir sur la gravité de son acte. Dans son interview fleuve aux Inrocks (octobre 2017), il continue de parler d’amour à l’égard de Marie. Des années après, au moment même de la sortie de son premier album, on est au delà de l’indécence, c’est un acte provocateur.

MC : La ministre de la Culture, Françoise Nyssen a déclaré « il a payé, la justice a tranché, il a aussi le droit de continuer à vivre ».
Le fait d’avoir purgé sa peine n’a pas le pouvoir magique d’effacer le crime. On ne peut pas oublier, c’est impossible. C’est lui qui prend le risque de venir à nous, de s’exposer au public, s’il restait dans son coin, on ne l’ouvrirait pas. Il s’expose donc nous avons aussi le droit de dire que ce qu’il fait est immoral.

MC : Vous avez fait rouvrir l’affaire Krisztina Rady et militez pour le « délit de suicide »….
Yaël Mellul : En 2014, mon association Femme&Libre m’a permise de porter plainte contre Bertrand Cantat au parquet de Bordeaux sur la base de l’infraction criminelle de violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Suite à ça, l’enquête sur le suicide de Krisztina Rady a été rouverte. Dans la continuité du délit des violences conjugales à caractère psychologique, dont j’ai été à l’initiative, finalement incluse dans le cadre de la Loi du 10 juillet 2010, j’aimerais que soit créée l'infraction pénale de « suicide forcé ». Il faudrait considérer qu’une femme puisse se suicider suite à des violences physiques et/ou psychologiques subies, et que son agresseur est précisément responsable de ce suicide. Donc en définitive, c’est un meurtrier psychique. La société est peut-être plus mûre aujourd’hui pour le comprendre. C’est un concept complexe. Il faut avoir une connaissance de ce qu’est l’emprise psychologique, de ses conséquences traumatiques, et de l’état de destruction psychique conduisant la victime à commettre cet acte. Même quand elle a des enfants. Le cas de Krisztina Rady est toujours ouvert, il faudrait que ceux qui ont été témoins directs ou indirects des violences parlent. Mais c’est l’omerta.

MC : Dans l’affaire Tron, on ressort le passé des plaignantes. On leur reproche leur sexualité par exemple.
Dans le dossier Georges Tron, les magistrats ont chargé de manière assez surprenante les plaignantes surtout, Eva Loubrieu à qui on a reproché son libertinage. Comme si on pouvait faire tout ce qu’on veut à cette femme-là. On voit que les dés sont pipés. Les agresseurs détournent la présomption d’innocence - pièce maitresse de la procédure pénale. Ils décrédibilisent les victimes en les traitant de menteuses. Sans compter que le chemin pour porter plainte est très long. Dans le dossier Tron, les filles en sont à 7 ans de procédure judiciaire extrêmement douloureuse et ce n’est pas fini ! Le message envoyé au reste des victimes est terrible : si vous portez plainte, regardez ce qui va vous arriver. On comprend que seules 8% d’entre elles osent porter plainte.

MC : Concernant l’affaire DSK, vous dîtes qu’il y a eu un avant et un après dans les médias.
Oui notamment dans la presse écrite. Pourquoi ? Parce que la profession se féminise et se rajeunit. Nous avons épluché 500 articles, et on sent bien un changement de paradigme. Personne ne croyait à l’accusation portée contre DSK. Tout le monde s’est acharné sur les plaignantes mais à la 11ème plainte, les journalistes ont reconnu leur erreur. Comme a écrit le journaliste Jean Quatremer au sujet de DSK « Son passé ne plaide pas en sa faveur ». On savait qu’il avait des casseroles. On voit avec l’affaire Tron qu’à partir de 2013/2014 le traitement médiatique change. L’affaire Baupin a été le grand test. La presse a été impeccable. On a parlé du « DSK des Verts » : on va être prudents, on va écouter les plaignantes, on va leur donner la parole.
Mais il faut rappeler qu’elles sont des femmes politiques. Toutefois nous modèrerons nos propos et notre optimisme. Avec Nicolas Hulot et Gérald Darmanin, on constate que les journalistes ont appris mais pas le personnel politique : même effet de caste, mêmes réflexes sur la théorie du complot. Ils se protègent comme le milieu du cinéma. Ce sont des hommes de pouvoir, de réseau et d’argent qui vont essayer de détruire les victimes avec des plaintes pour diffamation. Baupin a aussi porté plainte contre Médiapart et France Inter qui ne faisaient que répercuter la parole des victimes. C’est de l’intimidation. C’est une vraie guerre.

MC : Si c’est une femme puissante, sera-t-elle protégée pareil ?
Les femmes sont majoritairement victimes des violences. Mais il n’en demeure pas moins que certaines agressent, sont violentes. Mais ça reste marginal. Cette question nous permet de dire que la domination masculine n’est pas biologique mais bien culturelle. Pour lutter contre, on peut agir socialement par des politiques publiques. Pour nous il faut doubler voire quintupler le budget de la Justice, trop faible. Il n’y a pas assez de magistrats en France.

MC : Les médias ont donc fait des progrès. Etes-vous optimistes ?
Ca dépend des jours (rires). Vu le gouvernement actuel, on ne sait pas. On pourra dire tout ce qu’on voudra, mais sans moyens on n’y arrivera pas. C’est bien beau de libérer la parole mais s’il n’y a rien pour l’accueillir, les victimes vont se taire.



* "Intouchables ? People, justice et impunité", Yaël Mellul et Lise Bouvet éditions Balland.





I) Les difficultés de recrutement plombent la croissance

Une entreprise sur trois n'arrive pas à trouver les compétences qu'elle recherche.

On n'imaginait pas ce genre de difficulté il y a encore 18 mois : prises de court par l'accélération de la croissance, de plus en plus d'entreprises - une sur trois, selon le ministère du Travail - n'arrivent pas à trouver les compétences qu'elles recherchent et se voient ainsi contraintes de laisser filer des commandes qui leur tendent les bras. Les économistes s'en alarment : ces tensions commencent à brider la croissance.

"Ce marché risque de nous échapper". Dans le transport de marchandises, c'est ce qu'on appelle un beau contrat : des rotations assurées pour 40 camions pendant quatre ans. Pascal Barré s'est associé à un autre transporteur pour le décrocher auprès d'un gros client de la région parisienne. Lui est prêt à mettre 20 de ses camions sur le coup et son confrère les 20 autres. Problème : ils n'ont pas les chauffeurs… "Ce marché risque de nous échapper parce que si on ne trouve pas les conducteurs, on ne sera pas à jour avec l’appel d’offres", explique-t-il.

"On perd déjà pas loin un demi-point de croissance en rythme annuel". Le transport routier, les travaux publics, le bâtiment... la liste des secteurs impactés s'allonge. Et Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis, l'admet : la pénurie de main d'œuvre commence à peser sur la croissance. "On voit bien que les entreprises pourraient produire plus, puisque la demande est là, si elles n’avaient pas ce problème de recrutement. Si vous essayez d’estimer ce que ça nous coute, en regardant l’écart entre les carnets de commandes et la production, je pense qu’on perd déjà pas loin un demi-point de croissance en rythme annuel".
La formation : voilà la solution, dit le gouvernement qui vante sa réforme. Mais il faudra du temps. Et en attendant, les commandes passent...

Olivier Samain

Pôle Emploi installe un dispositif pour répondre aux difficultés de recrutement





J) Suicide des agriculteurs: la MSA renforce sa cellule de prévention

Paris, 20 mars 2018 - La permanence de prévention du suicide des agriculteurs a été "renforcée" compte tenu de l'augmentation du nombre d'appels au secours, conséquence de la crise qui frappe le monde paysan, a annoncé mardi la MSA (sécurité sociale agricole).

En lieu et place des bénévoles qui officiaient jusqu'à présent sur le numéro "Agri'Ecoute", plus de 900 psychologues cliniciens seront mobilisés, dont 25 personnes spécifiquement dédiées à la plateforme téléphonique, ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. 
"Depuis fin 2014, nous avons remarqué une augmentation constante du nombre d'appels, entre 90 appels par mois la première année en 2015, jusqu'à 150/180 appels en 2016 et jusqu'à plus de 300 appels par mois en 2017", déclare dans une vidéo mise en ligne par la MSA le docteur Véronique Maeght-Lenormand, médecin du travail, conseiller technique national de la Caisse centrale de la MSA (CCMSA), et pilote du plan national de prévention du suicide. 
En ce qui concerne les appels effectivement "traités" par la cellule d'écoute, la MSA relève 794 appels en 2015, 1.454 en 2016 et autant ou presque sur les trois derniers trimestres de 2017. 
A compter de ce mois, le numéro permet à tout agriculteur en difficulté, exploitant ou salarié, d'appeler "pour avoir une écoute active assurée par des professionnels, des psychologues cliniciens, qui vont les aider à gérer la crise". 
A l'initiative d'Agri'Ecoute, les agriculteurs en détresse pourront aussi, en cas d'urgence, éventuellement être contactés par des pompiers, le Samu si besoin, et mis en lien avec les cellules de prévention MSA. 
"Ce sont principalement les hommes, 3/4 d'hommes pour 1/4 de femmes", déclare Mme Maeght-Lenormand, qui cite également les filières d'élevage bovin, qu'elles produisent du lait ou de la viande, comme les plus fragilisées. 
En ce qui concerne les régions "plus à risque", Mme Maeght-Lenormand évoque les Hauts-de-France, la Bretagne, Franche-Comté/Bourgogne et Auvergne/Rhône-Alpes. 
Au premier rang des facteurs de stress des appelants, la MSA a notamment répertorié les soucis financiers et problèmes de trésorerie, la pression des réglementations agricoles ou encore l'effet des crises agricoles (économique, sanitaire, climatique). 
Ce dispositif permet désormais à l'appelant de contacter à plusieurs reprises le même psychologue "pour avoir un suivi personnalisé", explique aussi Mme Maeght-Lenormand. 
S'il est d'accord pour un suivi plus approfondi, "le psychologue lui propose de lever l'anonymat et la confidentialité et de le mettre en relation avec les référents de nos cellules MSA", ajoute-t-elle. 
Ce renforcement de la cellule d'écoute s'accompagne d'une campagne de communication nationale, en cours jusqu'au 30 avril prochain. Elle cible principalement l'entourage proche, personnel et professionnel, des agriculteurs potentiellement concernés, pour les inciter à appeler ce numéro en cas de besoin. 

Cellule Agri'Ecoute : 09 69 39 29 19





K) Les jeunes Français croient de plus en plus en Dieu

Religion. Selon un sondage OpinionWay publié ce vendredi 23 mars par La Croix, la croyance des jeunes Français en Dieu est en hausse.

52% de Français âgés de 18 à 30 ans déclarent que l'existence de Dieu est « certaine ou probable » (soit une progression de six points depuis 2016), selon un sondage OpinionWay publié ce vendredi 23 mars par La Croix. Au total, 57% de ces jeunes affirment être croyants, selon ce baromètre. Les « sans religion » sont d’ailleurs en baisse de quatre points (43%).

41% des jeunes Français se disent catholiques

Mieux encore, 39% des interrogés estiment que la dimension spirituelle dans leur vie personnelle est importante (+9 points depuis 2016). Pour cinq Français sur dix (56%, soit +7 points), il est aujourd’hui aisé d'assumer sa croyance en France. Cette facilité est davantage marquée chez les chrétiens (56%) que chez les jeunes qui pratiquent une autre religion (39%), notamment l’Islam. Cependant, 41% des jeunes Français se disent catholiques (soit une baisse d’un point) et 8% (+4 points) musulmans. Ils sont 3% à pratiquer le protestantisme, 1% le bouddhisme et le judaïsme.

Accueil des migrants : les catholiques pratiquants "rétifs"





L) Grèves : quand les syndicats empêchent (encore) la France de se réforme

Jusqu’à quand allons-nous supporter que des syndicats non représentatifs de l’opinion publique empêchent de réformer la France ?

C'est devenu une exception française et un échec français ! Le processus est toujours le même : à la moindre "menace" planant sur leurs intérêts, les syndicats décrètent la grève comme on déclare la guerre. Quel que soit le gouvernement, quel que soit le projet de réforme, le fameux dialogue social échoue : pas assez de négociations, pas assez d'avantages, pas suffisamment de concertation, etc. Des négociations réclamées et qui, de toute façon, n'aboutissent pas ou peu. La France est championne du monde des grèves sur 10 ans : 132 fois plus de grèves qu'en Suisse*! Allez encore un petit effort pour garder notre titre ...
L'Allemagne qu'on nous cite en exemple doit majoritairement sa croissance et son rétablissement économique au patriotisme de ses syndicats qui considèrent devoir défendre l'intérêt général avant leurs intérêts particuliers.

Une logique perdant-perdant

En France - c'est insupportable -, nous allons de grèves préventives en grèves de solidarité, de manifestations en blocages, de prises d'otages en paralysie... Le pouvoir de nuisance maximal est la règle d'or. Non seulement on veut bloquer les réformes, mais pour cela paralyser le pays comme en 1995, dans la parfaite indifférence sur le fait que cela creuse encore les déficits des entreprises que l'on veut reformer.
C'est bien rodé, on commence par la menace qui se poursuit par l'annonce et la promesse de nuisances variées que les medias relaient copieusement, ce qui crée un phénomène amplificateur. Ensuite on sonde les français dont une partie est solidaire des grévistes au nom du droit de grève. Le gouvernement tente d'expliquer, mais dans ces moments-là il est inaudible, le Parlement s'agite, l'opposition s'oppose et en profite... Le Premier ministre commence à lâcher sur certains points, cela renforce les syndicats, les chefs syndicalistes tentent de calmer un peu le jeu mais "la base" est remontée et n'en fait qu'à sa tête. Les syndicats dits réformistes risquent gros s'ils ne suivent pas les copains. Les opposants politiques extrémistes descendent dans la rue par principe en n'étant d'accord sur rien et surtout pas entre eux.... Et ainsi de suite, jusqu'au cessez-le-feu qui fait que la réforme accouchera d'une souris et que tout sera à recommencer dans quelques mois ou quelques années. Perdant-perdant.

Une attitude irresponsable

Qu'il s'agisse des retraites, de l'enseignement, des transports, de la fiscalité, c'est pareil. Les syndicats d'Air France vont prendre la relève d'ici peu, c'est le bon moment, on ne pourra plus se déplacer du tout. Ras-le-bol de ce type d'attitude irresponsable, comme devant les départs à la retraite à 55 ans. Le simple bon sens dit que ce n'est plus possible.
Dans le cas présent, la SNCF, qui joue la créativité dans l'annonce d'une grève à temps partiel, soutenue chaleureusement par la RATP (qui n'est absolument pas concernée mais cela permet de gêner au maximum les usagers) proteste contre la suppression du statut de cheminot - qui ne touche aucun cheminot- mais uniquement ceux que l'on sera amené à recruter dans le futur ! La même SNCF qui proteste contre l'ouverture à la concurrence, inéluctable à moins de sortir de l'Europe et décidée lors des derniers quinquennats. Le gouvernement a déjà lâché sur la gratuité des billets pour toutes les familles de cheminots. Est-ce que ces billets seront requalifiés en avantage en nature comme cela le serait dans toute entreprise ?!
Il est navrant de voir une telle mauvaise foi, il faut le dire haut et fort ! Le refus d'une prise de conscience de la nécessité de se réformer, le refus de se voir considérés comme des salariés français comme les autres, la volonté de se battre pour des régimes spéciaux qui n'ont pas de sens et qui sont une exception notoire...
L'égoïsme dans toute sa splendeur. Certes, on peut prendre la situation avec l'humour de Jean d'Ormesson déclarant que "les syndicalistes ont tellement l'habitude de ne rien faire que lorsqu'ils font grève, ils appellent ça une journée d'action" mais nous n'avons plus le cœur à en rire.
Que l'on soit pour ou contre Emmanuel Macron, ce qui se joue aujourd'hui c'est la capacité à se mettre au niveau, à gagner en compétitivité (un mot grossier) c'est l'avenir de nos enfants, de nos emplois, de nos retraites, c'est un peu notre dernière chance et il y a tant à reformer... Il faut entrer en résistance pour la réforme et non pas contre !

*source: fondation Hans Böckler, fondation crée par les organisations syndicales allemandes






M) Griveaux critique une tribune "stigmatisante" sur l'islamisme


Le porte-parole du gouvernement a critiqué mardi une tribune signée par une centaine d'intellectuels contre le "séparatisme islamiste", jugeant qu'elle était "stigmatisante".
L'historien Pierre Nora et les ex-ministres Bernard Kouchner et Luc Ferry ont souscrit à cette tribune publiée dans Le Figaro de mardi également signée par des écrivains, des cinéastes, des philosophes et des journalistes.
"Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu'un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser", écrivent-ils. "Le nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l'intolérance."
Ils estiment que certaines initiatives prises par des associations, telles que des ateliers interdits aux "blanc.hes" et la séparation des hommes et des femmes, risquaient d'entraîner un "nouvel apartheid" et menaçaient la laïcité.
"La mettre en péril nous expose au retour des guerres de religion", peut-on lire dans la tribune. "Nous voulons vivre dans un monde complet où aucune religion ne fait la loi."
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a pris ses distances avec ce texte sur France Inter.
"Il y a un mot qui me gêne dans cette tribune, c'est le terme employé d'apartheid", a-t-il dit, tout en reconnaissant qu'il y avait "des quartiers de la République où le salafisme a pris le pouvoir".
"La reconquête, elle ne se fait pas dans les tribunes, en stigmatisant, en expliquant que c'est des zones d'apartheid, elle se fait avec la police de sécurité du quotidien, elle se fait en dédoublant les classes et en ayant deux fois moins d'élèves dans les quartiers difficiles", a-t-il expliqué.

(Yves Clarisse, avec Caroline Pailliez)

  Source



N) La Mairie de Paris remplace "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2" sur ses formulaires
La mesure va concerner tous les formulaires de l'état civil faisant référence aux parents. Une première en France.
Depuis la loi de 2013 sur le mariage pour tous, les couples de même sexe qui souhaitent effectuer des démarches administratives en lien avec la parentalité ne disposent pas de formulaires adaptés à leur situation. En effet, sur les actes d'état civil où il est fait mention des parents, les cases existantes indiquent "père" et "mère". Dans les prochains mois, la Mairie de Paris va procéder au changement de ces formulaires types (documents papier et à remplir en ligne) en remplaçant ces termes par "parent 1" et "parent 2". Une élue parisienne de la France Insoumise est à l'origine de cette mesure. Danièle Simonnet, conseillère de Paris, élue du 20ème arrondissement, a fait cette proposition lors des séances, cette semaine, du Conseil de Paris, au nom des principes constitutionnels d'égalité et de non-discrimination devant le service public. Si Paris est la première commune française à mettre en place ces modifications, le Canada a déjà adopté ce principe dans ces documents officiels.
Quant aux documents scolaires ou périscolaires, de nombreuses communes françaises ont déjà changé "père" et "mère" par "parent 1" et "parent 2", principalement pour tenir compte des familles recomposées, même si la mesure concerne de fait également les couples homosexuels. Il en est de même à la SNCF dont les formulaires de carte de familles nombreuses indiquent, depuis 2010, la mention "parent 1" et "parent 2" afin de prendre en compte les divers cas de figure (tuteur, famille monoparentale, Pacs..).





O) Mendel : « Trèbes c’est l’échec de la loi antiterroriste »
Vendredi 23 mars, la petite commune de Trèbes a connu l’horreur du terrorisme. Redouane Lakdim a tué 3 personnes et blessé 14 autres avant d’être lui-même abattu par les forces d’intervention à l’issue d’une longue prise d’otage dans le supermarché de la ville. Alexandre Mendel, journaliste à Valeurs Actuelles, donne les premières leçon à retenir de cet attentat. 
 
Âgé de 26 ans, habitant Carcassonne, le Marocain Rédouane Lakdim a semé la terreur dans l’Aude, en prenant en otage, au nom de l’Etat islamique, des dizaines de personnes dans un supermarché de Trèbes. Une région qui se pensait à l’abri de la vague d’attentat touchant l’Europe depuis six ans. Surprenant ? Pas tant que ça pour Alexandre Mendel, journaliste d’investigation, auteur de La France Djihadiste. « Ce n’est pas une surprise, la province n’est pas épargnée, Carcassonne était connu pour abriter des potentiels terroristes ». En 2016 déjà, un attentat avait été déjoué dans la cité de Carcassonne, puis en 2017, le gérant d’un kebab avait été interpellé, soupçonné d’être impliqué dans une filière de financement du jihad. L’Aude comptait en 2016, entre 50 et 100 personnes détectées comme radicalisées.
 
 
Si Alexandre Mendel constate qu’une nouvelle fois, ce sont les forces de l’ordre qui ont été principalement visés, l’attentat de Trèbes offre une triste innovation. « Pour la première fois, on s’en prend à des lieux de la vie quotidienne en France », remarque Alexandre Mendel. « Il n’y a pas de sanctuaire contre l’islamisme, les zones rurales sont elles aussi concernées, Saint-Etienne du Rouvray et Trèbes en est l’exemple », continue t-il. Et pour insister sur la perversité du terrorisme à la sauce Daech, le journaliste remarque : « Par peur des attentats, vous pouvez éviter de vous rendre à la Tour Eiffel ou à Disneyland, mais vous ne pouvez pas éviter d’aller faire vos courses au supermarché ». Connaissant la situation, Alexandre Mendel confesse : « Carcassonne est une ville dure. Je ne serai pas plus tranquille à Carcassonne, qu’à Saint-Denis ».


Un échec de la loi antiterroriste désirée par Macron 

Repéré, fiché et surveillé, Redouane Lakdim a donc une nouvelle fois réussi à échapper aux services de renseignement pour commettre son attentat. Un scandale pour Alexandre Mendel, qui pointe les défaillances de la nouvelle loi antiterroriste adoptée en novembre par le Gouvernement. « Nous sommes une exception dans le monde ! Nous sommes un pays en guerre, mais nous laissons ceux qui nous la font en liberté ! ». Si plus de 15 000 personnes ont été fichés pour radicalisation, une petite minorité seulement est derrière les barreaux, et généralement pour des faits de droit commun. Alors comment se protéger de ces bombes à retardement ? « Il faut les arrêter ! Arrêtons d’avoir peur de la Cour européenne des Droits de l’Homme, protégeons nous », demande le chroniqueur à Valeurs Actuelles.



« Une nouvelle fois une mosquée salafiste va être fermée, puis elle rouvrira dans trois semaines et les fichés S resteront en liberté », s’indigne Alexandre Mendel.
L’attentat de Trèbes laisse donc émerger plusieurs pistes de réflexion sur la capacité de l’Etat islamique de frapper n’importe où, n’importe quand.




P)  La rhétorique d'inversion, la plus belle trouvaille islamiste

Les Frères Musulmans, rejoints plus tard par les néoracistes que sont les racialistes, usent depuis plus de 25 ans de ce que j'ai nommé la "rhétorique d'inversion". Ils instrumentalisent des valeurs et concepts (Droits de l'Homme, féminisme, démocratie, laïcité, etc.) pour les redéfinir à leur convenance afin, ensuite, de mieux les retourner contre la République. L'intérêt est double.

Leur approche identitaire et essentialiste, leur vision totalitaire du monde, des mœurs, de la "race", du "eux" et "nous", leur rejet de la laïcité qu'ils instrumentalisent, la place prédominante qu'ils veulent accorder à la religion dans les affaires publiques et politiques, leur populisme qui utilise les mêmes codes que l'extrême droite traditionnelle, l'antisémitisme de nombre d'entre eux dont l'histoire et les références sont fortement liées au nazisme, les classent à l'extrême droite de l'échiquier politique. La rhétorique d'inversion masque cela. Son premier intérêt est de rassurer et séduire.

L'universalisme, l'égalité entre tous les êtres humains et l'émancipation individuelle leur donnent de l'eczéma, mais c’est à la société qu’ils passent de la pommade à travers des expressions humanistes qu’ils instrumentalisent. Nous retrouvons cette rhétorique d’inversion déclinée dans différents thèmes. Ces racistes deviennent des "militants antiracistes", le sexisme religieux se déclare "féministe", les islamistes rejettent la laïcité et la liberté de conscience mais se présentent comme défenseurs de la "vraie laïcité" ou de la "laïcité ouverte". Ils nous proposent d'accepter l’imposition de leurs valeurs rétrogrades et totalitaires par un autre concept qu'ils récupèrent et inversent : le "vivre ensemble" (qui est en réalité le "vivre dans leur ensemble").
 
 
 
Yasser Louati est l'ex porte-parole du CCIF. Ce militant d'extrême droite qui tient des propos dignes de Jean-Marie Le Pen inverse la situation : il se présente comme militant antiraciste "activiste des droits humains et libertés publiques".

Pour une partie de la société, les islamistes et indigénistes ne pourraient pas être si extrémistes que cela puisqu'ils affirment être antiracistes, féministes, pour la laïcité et le "vivre ensemble". Ils rassurent. Elle voit en eux une sorte d'antidote aux autres islamistes qui s'affichent comme tels. Les Frères Musulmans, par une vraie stratégie politique efficace, sont perçus comme de simples musulmans face aux salafistes qui, trop francs dans leurs intentions et dont la politique leur importe peu, font peur et passent pour des "fous de Dieu".
Le CCIF, association prônant l'intégrisme des Frères Musulmans, a fait de l'inversion un art. Il se présente comme défenseur de la laïcité et de la loi de 1905 tout en étant leur adversaire. Il transgresse par exemple allègrement cette loi, notamment l'article 26, en ayant tenu de nombreux meetings politiques dans des mosquées. Il prétend également défendre la liberté de conscience. Mais cela ne concerne que la liberté d'être intégriste. Les musulmans qui rejettent cet intégrisme ou, pire encore à leurs yeux, ceux qui apostasient, sont qualifiés par le CCIF et leurs partisans de "néoharkis", de traîtres, "d'islamophobes".
Ce désir de rassurer et séduire ne peut être efficace sans l'autre volet : la victimisation et la culpabilisation. La racialisation de l'islam permet cela. Elle vise à faire de l'adhésion à une religion une appartenance à un peuple. Le musulman devient le Musulman. Les islamistes se présentant comme de simples croyants, toute critique à leur encontre serait une attaque contre l'ensemble des musulmans. Toute crainte et critique de l'islam (l'islamophobie), y compris celle d'une idéologie totalitaire et raciste (l'islamisme), peuvent ainsi être accusées de racisme. Le terme "islamophobie" en devient un synonyme et marque une des plus belles réussites de la rhétorique d'inversion. Grâce ou à cause de cela, une partie des citoyens qui n'a aucun mal à critiquer le catholicisme et dénoncer sa frange intégriste, hésite voire refuse d'avoir la même attitude avec l'islam par crainte d'être perçue comme raciste. D'autres sont même séduits et n'hésitent pas à soutenir les islamistes et indigénistes au nom de la lutte contre les discriminations.
Les premières victimes de cette stratégie sont les musulmans dans leur ensemble. La racialisation de l'islam essentialise l'individu. Il ne peut plus choisir sa foi et encore moins de ne pas en avoir. Il est assigné à résidence. Toute tentative "d'évasion" sera considérée comme une traîtrise par une bonne partie de ses coreligionnaires. Un musulman sera même accusé "d'islamophobie" s'il tente de critiquer les intégristes, comme nous l'avons vu avec le CCIF. Cette racialisation qu'il faut rendre identifiable, non pas par la couleur de la peau mais par des vêtements et des comportements, sert également l'extrême droite traditionnelle dont l'intérêt est de diffuser une image effrayante de tous les musulmans. En cela, les Indigènes de la République, des prédicateurs tels que Tariq Ramadan, le CCIF et autres Lallab sont d'excellents fournisseurs de voix pour le Front National.

Un élément résume la rhétorique d'inversion. Il concentre à lui seul toute la stratégie des islamistes et les confusions entretenues. C'est le port du voile. En dehors du temps de la prière, le voile n'a jamais eu de fonction ou de signification spirituelle. Sa seule raison d'être est un sexisme basé sur une conception moyenâgeuse des femmes : contrôler la libido masculine et tous les problèmes sociétaux par le bâchage de l'objet de tentation que serait le corps féminin.

Par leur obsession sexuelle, leur sexisme maladif, le corps des femmes est le principal champ de bataille et la première arme politique des islamistes, soutenus par les indigénistes, une partie perdue de la gauche et même des féministes. Le voile est leur cheval de Troie.

Patriarcales par essence, les religions ont toujours été combattues par les féministes. Du XIXe siècle à nos jours, ces dernières ont dû affronter leurs représentants politiques et cléricaux pour faire avancer leurs droits et leurs libertés. Elles ont toujours refusé de passer par la lessiveuse du diktat religieux pour définir ce qu'est le féminisme.

Avec l'islam politique, les choses ont changé. Les Frères Musulmans n'usent pas des mêmes méthodes que leurs confrères intégristes catholiques. La rhétorique d'inversion désactive les signaux d'alerte et rend aveugle. Une partie de la gauche et des féministes est séduite par le "féminisme" islamiste. La cause des femmes est devenue secondaire au profit de la racialisation de l'islam : il ne faudrait pas critiquer le voile et son sexisme par crainte de "stigmatiser" LES Musulmans. Les musulmanes qui refusent le voilement sont ainsi perçues comme moins pieuses, voire comme des traîtresses ou "islamophobes" lorsqu'elles militent pour le dénoncer. Ce qui pousse certaines d'entre elles qui désirent être de "bonnes musulmanes" à faire le "libre choix" du port du voile. Par cette essentialisation, des féministes militent justement pour ce "libre choix" au profit de la frange radicale et sexiste d'une religion et au détriment de toutes les femmes. L'islam étant transformé en ethnie, toute critique du voile sera considérée comme raciste. C'est une inversion totale lorsqu'on sait que le voile n'a de raison d'être que pour stigmatiser, discriminer et hiérarchiser une partie de l'humanité. Ce qui est la définition du racisme.
Le voile fait partie des attributs vestimentaires inventés par l'homme pour marquer l'infériorité d'un groupe humain, les femmes. Créé dans l'antiquité, il est le plus ancien marqueur discriminant. Il est aussi le mieux protégé grâce au vernis religieux et "culturel" posé par les intégristes. Le racisme et les stéréotypes basés sur le sexe sont plus acceptés que les autres, qu'on soit croyant ou non. Le voile parait ainsi moins choquant que d'autres attributs discriminants. C'est bien la dénonciation de ce racisme sexuel à travers son marquage vestimentaire qui est accusée de racisme par les intégristes musulmans, accusation reprise en chœur par leurs soutiens dont des féministes… Nous sommes toujours dans la rhétorique d'inversion.
Enfin et surtout, contrairement à d'autres critères discriminants, cette infériorisation basée sur le sexe est intégrée par nombre des personnes concernées qui en deviennent elles-mêmes les promotrices. Cela est rendu possible par la présentation d'un faux choix : être une femme bien ou une "pute", plaire ou déplaire à Dieu, le paradis ou l'enfer. Une femme serait ainsi libre de ne pas se voiler, d'exciter les hommes et d'aller brûler en enfer, tout comme elle serait libre de choisir le bon chemin tracé par Dieu, de "se respecter" et d'aller au paradis. Tel est le choix proposé. La voix des islamistes est si forte que tout discours théologique différent, toute démonstration prouvant que le voile ne relève pas du dogme musulman, sont disqualifiés, parfois violemment. Avec de telles propositions et l'absence d'un contre-discours théologique, que va choisir une musulmane sensible à ces propos ?... La loi des hommes, et les principes universalistes, pèsent peu face au châtiment divin brandi par les intégristes. C'est ce que les islamistes et leurs soutiens nomment le "libre choix". Cela explique la motivation de certaines femmes à se voiler contre vents et marées qui passe pour une force de caractère face à une société qui serait intolérante. Cela est aussi rendu possible par une autre inversion. La femme est un objet sexuel pour les islamistes, mais on la présente comme un objet précieux. Le voile devient un outil de "protection" et de valorisation.
Une contrainte plus ou moins subtile, non visible ou non explicite, ne signifie pas qu'il y a absence de contrainte. Le fait d'avoir choisi le sexisme et la servitude volontaire ne confirme en rien un réel libre choix.

Cerise sur le gâteau, le voile devient même un outil identitaire du "peuple musulman" qui reposerait sur les femmes. L'intransigeance d'une partie des femmes voilées dissimule les raisons d'être du voile et inverse son image aux yeux de certains. Grâce à la rhétorique d'inversion, le sexisme islamiste se transforme en "féminisme islamique", le (partiel) rejet de la mixité devient une forme de rébellion féministe, la mode sexiste du voilement devient la "mode pudique", leur auto-discrimination devient une discrimination de la société.

Revendiquer le sexisme comme une forme de féminisme est une inversion conceptualisée par les Frères Musulmans. Jusque-là, les islamistes justifiaient le port du voile comme une opposition au concept de féminisme et une valorisation des traditions patriarcales. En France, l'UOIF avait créé la Ligue Française de la Femme Musulmane dans le but de convaincre les musulmanes de se voiler et de s'opposer aux féministes, non pas frontalement, mais par un discours "féministe" alternatif à la fois séduisant et culpabilisant qui les désarmerait. D'autres associations ont depuis pris le relais. Les islamistes ont compris qu’il n’y a rien de plus efficace pour lutter contre le féminisme que de se prétendre féministe.

Leur stratégie est si bien pensée qu'ils ont réussi à combiner leur "féminisme" et l'aspect identitaire. Le sexisme en publicité est leur support préféré.
Ils l'utilisèrent pour la première fois dans les années 1990, à travers une publicité mettant en scène une femme nue pour vendre un yaourt Danone. Cette pub n'est plus diffusée depuis 25 ans. Mais elle leur sert encore d'argument aujourd'hui.
Ils extrapolent au maximum ce sujet pour en faire une dénonciation du mode de vie occidental (la liberté pour les femmes de disposer de leur corps, les décolletés et vêtements qui seraient trop courts, les maillots de bain, leur indépendance au détriment de leur rôle "naturel" d’épouse et de mère, la trop grande mixité homme/femme, etc). En pointant ce mode de vie, ils opposent la culture française et l’islam. Ce mode de vie serait français, pas musulman. Pourtant, la France est le pays des musulmans à qui ils s’adressent. Mais ils désignent "eux" et "nous". Nous retrouvons ici la racialisation de l'islam. Ils créent une opposition entre la citoyenneté et le choix (rigoriste) religieux. Si la femme musulmane ne veut pas être un objet sexuel, si elle ne veut pas être impudique comme les femmes de culture française, alors elle ne doit pas "se soumettre à ce mode de vie", comme l'a déclaré le CCIF (1). Elle doit faire le choix de la (vraie) pudeur. Autre discours culpabilisant pour laisser aux femmes musulmanes le "libre choix" entre "l’impudeur" des femmes de notre société et la "pudeur islamique". Ceci dans un seul but : faire la promotion du voile, pour se démarquer et se protéger de cette décadence au profit du rôle spécifique qu’est censé avoir la femme musulmane. Voile qui fait pourtant de la femme un objet sexuel bien plus encore que le marketing sexiste.

Il est vrai que dans les deux cas (le marketing sexiste et le voile) on chosifie la femme. Mais la comparaison s’arrête là. La pub sexiste est considérée par les féministes comme un dérapage qu’il faut stopper car dégradante pour l’image de la femme. Idée globalement admise aujourd’hui par la société. Ce qui poussa, à l'époque, Danone à retirer sa publicité. De plus, elle n’a pas vocation à pousser les femmes à se mettre systématiquement nues pour manger un yaourt, que ce soit en privé ou en public. Et encore moins à pousser toutes les femmes à se mettre nues pour en vendre.

Le voile, lui, n’est pas considéré comme un dérapage sexiste par les islamistes mais comme une norme devant se standardiser pour toutes les musulmanes vertueuses, en privé (si elles sont en présence d’un homme qui n’est pas leur mari ou de leur famille) et en public. Par ce voile, elles deviennent des objets. La pureté et la vertu ne concernent que leur corps et leur sexualité. Leurs qualités humaines et leurs compétences sont secondaires. Ce qui se passe entre leurs cuisses est plus important que ce qui se passe dans leur tête ou dans leur coeur. La réputation, que seules les filles et non les garçons portent sur leurs épaules, est un des baromètres mesurant tout cela. Il faut cacher leur peau et leurs cheveux car les musulmanes seraient responsables de la tentation de leurs bourreaux potentiels. Elles sont des objets sexuels qu’il faut protéger de la convoitise en les empaquetant derrière un voile.

D’un côté nous avons le refus des pubs sexistes par une part toujours plus grande de la société qui les considère comme négative pour l’image de la femme. De l’autre nous avons la promotion du voile, symbole du sexisme, par les islamistes qui chosifient la femme à l’extrême en en faisant un objet sexuel par essence, et qu'ils considèrent comme positif pour l’image de la femme musulmane. En reprenant à leur compte la lutte contre le sexisme en publicité, ils ont inversé les perceptions : la société française ferait de la femme un objet sexuel. L'islam, par le voile, serait le meilleur outil contre cela. Le voile deviendrait une forme de féminisme…

Les intégristes ont également compris qu'investir le féminisme n'est pas suffisant. Pour faire oublier sa raison d'être, il fallait donner l'illusion que le voile est un vêtement confessionnel. Sa discrimination raciste et sexiste passe ainsi pour une innocente pratique religieuse telle que le port d’une croix. Or, depuis quand la croix  est un outil de "pudeur" réduisant la personne qui le porte à un objet sexuel devant être caché pour ne pas susciter l'excitation d'autrui ? La laïcité leur est un terrain bien plus favorable que celui de l'égalité des sexes. La rhétorique d'inversion leur permet même de lutter plus efficacement contre la laïcité en se présentant, là aussi, comme ses défenseurs. Leur lutte contre la loi de 2004 en est le coeur. Cette loi protège les enfants de l'entrisme du prosélytisme religieux à l'école. Elle protège aussi les jeunes filles du sexisme du voile en tentant de leur montrer qu'être non voilées en société n'a rien d'impudique, tout en leur laissant la possibilité de se voiler en dehors de l'établissement. Le libre choix de la future citoyenne se forge comme cela. Or, les islamistes inversent la situation. Leur critique de la loi de 2004 cache leur désir de bâcher les petites filles pour les habituer au sort qui les attend et désactiver tout processus de décision librement choisi une fois adulte. Il présentent cette loi comme anti laïque car elle briderait la liberté religieuse individuelle (une "liberté individuelle" construite par des collectifs prosélytes)... Toute personne qui les attaquerait sur ces thèmes sera accusée d’opprimer la liberté des musulmanes voilées, de dévoyer la laïcité, voire accusée de fascisme (un comble pour une idéologie totalitaire). "L’islamophobie" en est la redoutable arme politique.

Par son féminisme sexiste, Rokhaya Diallo est actuellement une des militantes les plus en pointe dans la promotion du voile. Elle milite depuis toujours pour la "liberté" du bâchage des femmes. Ayant peu d'arguments de fond, elle reste à la surface du sujet sans jamais entrer dans les détails qui mettraient à mal son discours. Elle utilise deux moyens pour combler ses lacunes : la disqualification de ses interlocuteurs et des formules marketing en usant elle aussi de la rhétorique d'inversion.

Pour éviter de répondre sur le fond face à un homme, elle le renvoie à son pénis. J'en ai fait les frais. Selon elle, en tant qu'homme je n'aurais aucune légitimité à critiquer son soutien au sexisme du voile. Ce serait une façon de dicter aux femmes leurs tenues vestimentaires. Pourtant, le voile a été inventé et prescrit par des hommes. Les théologiens, prédicateurs et imams qui le recommandent sont tous des hommes. Les justifications sont elles aussi tournées uniquement vers les hommes : contrôler la libido masculine par le bâchage de l'objet de tentation. Le voile fait partie du système de domination qu'on appelle "patriarcat". Si aucun homme ne prescrivait le voile, aucune femme ne le porterait. Mais les critiques de Rokhaya Diallo ne sont jamais tournées vers les voileurs, uniquement vers les hommes qui les dénoncent.

Quant aux femmes qui critiquent le voile, sa réponse est toute trouvée : elles sont des féministes "blanches" racistes par essence ou, au mieux, néocolonialistes avec leur concept "occidental" du féminisme. Et les musulmanes qui luttent contre les islamistes et le voilement ? Elle n'en parle jamais.

Lorsqu'elle effleure le terrain des arguments, ses formules relèvent plus du slogan politique et publicitaire que de la réflexion intellectuelle. Elle déclare ici être pour la liberté de porter ou non le voile. Elle déclare là, en répondant à un de mes articles, que le voile serait un marqueur de féminité comme la jupe ou les talons aiguilles (ce qui n'a aucun rapport). Son plus beau slogan marketing est le terme "pro choix". Je l'avais lu pour la première fois chez les promotrices du féminisme des Frères Musulmans, l'association Lallab. Ce comble du cynisme n'est pas un hasard. Elles récupèrent le terme cher aux féministes, slogan dans leur lutte pour le droit à l'IVG. Cette expression résonne dans l'inconscient des français et émeut les partisans de ce droit. Rokhaya Diallo et Lallab le récupèrent pour, là aussi, le détourner, l'inverser et le renvoyer à la société pour créer la confusion dans les esprits. Elles font passer la conquête d'un droit à la liberté de disposer de son corps à travers l'autonomie émancipée de tout dogme religieux et patriarcal, à l'illusion d'une liberté imposée par le patriarcat qui rejette cette autonomie dans sa forme la plus sexiste qui soit. Le bâchage des femmes par injonction d'hommes pour ne pas les exciter sexuellement, et définir la femme "respectable", devient comparable au droit à l'IVG qui permet aux femmes d'avoir une vie sexuelle autonome. Ainsi, lorsque Rohhaya Diallo prononce la formule "pro choix", chacun a en tête le féminisme qu'il associe au voile. Nous retrouvons dans cette récupération les objectifs de la rhétorique d'inversion. Elle tente de rassurer et séduire en comparant le voile à l'IVG. En même temps, elle tente de victimiser les "pro voile" et culpabiliser les féministes : lutter contre l'idéologie du voilement serait comme lutter contre le droit à l'IVG, donc de l'anti féminisme. C'est bien trouvé.

Un "libre choix" qui ne va évidemment que dans un sens. Madame Diallo brandit toujours la "liberté de se voiler" lorsque se manifestent des opposants à l'idéologie véhiculée par le voile. Mais elle n'a jamais dénoncé les prédicateurs et autres intégristes qui expliquent que le voile serait une obligation pour toute musulmane qui se respecterait. Le simple fait de signaler le sexisme du voile est accusé de vouloir l'interdire dans l'absolu. En revanche, les discours des prédicateurs sur l'obligation du port du voile sont perçus comme un "cheminement spirituel" menant vers le "libre choix". C'est la rhétorique d'inversion dans toute sa splendeur. Défendre un seul type de choix n'a jamais été la définition du "libre choix" ou de "pro choix". Si nous ramenions cela à l'IVG, c'est comme si on déclarait défendre la liberté de choisir ou non l'IVG sans jamais soutenir les femmes qui souhaiteraient avorter, tout en soutenant les associations anti-IVG…

Cette rhétorique d'inversion a ses limites. Si Rokhaya Diallo et autres Lallab utilisent tous les jours le terme "liberté", elles utilisent à dose homéopathique le terme "égalité". Pourquoi ? Parce que la liberté peut inclure la servitude, l'égalité la rejette. On peut choisir la servitude volontaire, l'égalité y est opposée. On peut brandir le voile comme une liberté de le mettre. On ne peut pas l'invoquer comme une forme d'égalité avec les hommes.

Malgré ces limites, la rhétorique d'inversion est la plus belle trouvaille des islamistes, naïvement adoptée par leurs soutiens.
Naëm Bestandji

(1) La nudité pour un yaourt ou le voile pour la "pudeur" : la femme selon le CCIF  
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Q) Attaques terroristes : pour Alain Bauer, «le calme des derniers mois était trompeur»

Un terroriste a tué quatre personnes, ce vendredi, dans l’Aude. Il a été abattu à l’issue d’une prise d’otages dans un supermarché. Spécialiste du terrorisme, Alain Bauer apporte son éclairage sur cette nouvelle attaque.

L’Etat islamique a revendiqué les différentes attaques dans l’Aude, menées ce vendredi par Radouane Lakdim. Après avoir tué une personne et blessé une autre pour voler une voiture, puis avoir fait feu sur des policiers, il a lancé une prise d’otages dans le Super U de Trèbes où il a tué trois personnes. Il a été abattu lors d’un assaut du GIGN. Il était alors seul, dans le magasin, avec un gendarme qui s’était substitué à un otage.
Alain Bauer, spécialiste du terrorisme, vient d’assurer la coordination d’un livre sur le renseignement (Les guetteurs, les patrons du renseignement français répondent, éditions Odile Jacob). Il revient, pour Le Parisien, sur le contexte de cette nouvelle attaque.

Comment expliquer cette attaque terroriste aujourd’hui après une accalmie de cinq mois ?
Ce calme était trompeur. Il est en fait lié à trois phénomènes. D’une part, il y a moins de « rentrants » de Syrie que ce que l’on pouvait penser. Une partie importante des « opérateurs » de l’État islamique ayant quitté sa structure territoriale poursuit le combat ailleurs. Ce sont des militaires qui n’ont pas vocation à rentrer à la maison.
D’autre part, la vitalité retrouvée des services de sécurité qui ont multiplié par dix les interpellations préventives. Cela a contribué à empêcher les terroristes de mener des opérations.
Enfin, le temps passé a peut-être été mis à profit par les terroristes pour se restructurer. Après chaque phase de désorganisation suit une phase de restructuration. Il fallait donc s’attendre à un retour d’attaques sur notre territoire ou contre nos intérêts à l’étranger. Cette analyse des services de renseignement s’est révélée malheureusement exacte.

Radouane Lakdim avait 26 ans et était suivi par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI). Quel est le profil de ce terroriste ?
Il est dans la ligne de Mohamed Merah (le tueur de Toulouse et de Montauban qui a tué sept personnes). Il faudra étudier ses liens personnels avec la mouvance djihadiste. Il est connu des services, il a un passé de petit délinquant, il a fait de la prison. C’est un profil que l’on connaît depuis Khaled Kelkal (le terroriste qui a commis les attentats de Saint-Michel en 1995). C’est toujours la même logique : le mode opératoire, les cibles, la manière de mourir un suicide terroriste.

Peut-on lier à coup sûr son acte au groupe État islamique ?
L’État islamique a des agents très expérimentés qui sont leurs salariés - les lions du califat -, des sous-traitants qu’il contrôle indirectement - les soldats du califat -, et aussi toute une série d’opérateurs dont ils ne connaissent parfois pas l’existence mais qui, rétrospectivement, signalent leur allégeance.
L’histoire des revendications de l’État islamique est d’une extraordinaire diversité. Il y a les attentats qu’on leur attribue mais qu’ils ne revendiquent pas, comme le musée juif à Bruxelles. Ceux dont on se demande au contraire comment ils peuvent les revendiquer car on ne trouve aucun lien avec le terroriste, comme l’attaque de Las Vegas. Puis enfin des revendications aléatoires en fonction de l’opportunité du moment. Il va falloir attendre un peu pour savoir.
En fait, il y a aujourd’hui deux États islamiques. L’un, territorial, a quasiment disparu. L’autre, virtuel, n’existe plus que sur les réseaux sociaux ou les messageries cryptées. Ce dernier est à la fois un organisme de coordination des maquis qui demeurent au Mali, en Syrie, en Irak ou ailleurs, et un organe de mise en relation de personnes qui vont passer à l’acte tout seul.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Nous n’en avons malheureusement pas fini. Les deux États islamiques vivent deux histoires contradictoires. Le premier a quasi disparu, comme l’avait imaginé Ben Laden qui avait lui-même refusé de créer un califat. Le second s’inscrit dans un processus de résistance passant par l’organisation de « micro-attentats » partout où c’est possible, voire de mener des attaques plus structurées comme cela a été le cas en Catalogne cet été. Il va essayer de se réorganiser pour mettre en lien des terroristes qui ne se connaissaient pas. Et ainsi recréer des colonnes, des brigades de l’État islamique.

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