L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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avril 07, 2018

#28 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
 Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. 
Merci



Sommaire

A) La réalité, ce n’est pas l’islamophobie, mais l’occidentophobie - Chantal Delsol - Polemia

B) Emmanuel Macron «est en train de détruire la France», assure Nicolas Maduro - 20 Minutes avec AFP

C) « L’ACCRE s’ouvre à tous les entrepreneurs ! », Jérôme TARTING, président de CLIC FORMALITES - Jérôme TARTING - journal de l'agence

D) Plan pour la banlieue : Jean-Louis Borloo s'apprête à frapper fort - Gurvan Le Guellec - Nl -Obs

E) Macron chahuté par des manifestants à Rouen : la fin de l’état de grâce ? - Myriam Encaoua et Nicolas Berrod (avec O.B.) - Le Parisien

F) L'extrême droite du Venezuela à l'Elysée? - Axel Gyldén - L'Express

G) Terrorisme : la cote de l'exécutif s'effrite - Christophe Cornevin - Le Figaro

H)  Financement des entreprises françaises. Pour l’introduction de mesures fiscales d’exception dans la loi PACTE. - Fondation Concorde

I) Protectionnisme rime avec chômage - Jean-Baptiste Boone - IREF

J) Islam party in Belgium wants to create an Islamic State and separate men and women - By Voice of Europe






A) La réalité, ce n’est pas l’islamophobie, mais l’occidentophobie

Par Chantal Delsol, membre de l’Institut, professeur des universités, écrivain ♦ TRIBUNE – Pour la philosophe (*), il est vain de chercher des causes économiques ou psychiatriques au terrorisme. La matrice idéologique des djihadistes est la haine de la civilisation occidentale. Le problème est que nous non plus ne nous aimons pas.


Le terrorisme qui nous frappe s’impose à nous comme un objet non identifié.
Nous sommes capables de mettre en place l’état d’urgence, de détenir des services secrets performants qui sans aucun doute nous évitent bien d’autres attentats. Mais nous sommes incapables de mettre le doigt sur les causes. Au début, à partir du 11 Septembre, on a commencé par prétendre que des raisons économiques poussaient ces jeunes garçons au meurtre de masse et au suicide. L’empreinte marxiste est déterminante dans les sociétés occidentales du tournant du siècle : on pense encore que le crime ne provient que du chômage et du mal-être social. Puis on s’est rendu compte qu’il n’en était rien, puisque les coupables étaient parfaitement intégrés et instruits. Aujourd’hui une nouvelle explication, non moins risible, court sur les antennes : les terroristes seraient des malades mentaux. On installe des “cellules de déradicalisation” aussi ridicules qu’inutiles, comme si on pouvait lutter contre des croyances avec les armes de la raison bureaucratique. La seconde explication a aussi peu de sens que la première. Car la véritable raison est étalée sous nos yeux, pendant que nous refusons de la voir, comme la lettre volée.

Le déni de réalité est tel qu’on voit ces jours-ci des Espagnols défiler contre le terrorisme aux cris de “non à l’islamophobie”, comme si la raison de tout cela n’était pas, évidemment, l’occidentophobie. Qu’on le croie ou non, l’aveuglement des ex-communistes vis-à-vis des crimes de Lénine/Staline a été encore dépassé par l’aveuglement de nos contemporains devant les meurtres de masse auxquels nous sommes pratiquement habitués…

On ne parle pas de l’occidentophobie. Et probablement, il est suspect d’en parler, parce que c’est une manière de mettre en cause une branche de l’islam. Pourtant, les attentats qui secouent nos villes à intervalles de plus en plus rapprochés, sont bien le fruit de l’occidentophobie. Il s’agit d’une récusation profonde de notre culture telle qu’elle se déploie dans nos sociétés, Europe et Amérique confondues. L’Américain John Updike a bien décrit cela dans son roman Terroriste: son héros, le jeune Ahmad Mulloy, ne supporte pas le spectacle de la vie quotidienne américaine : la consommation permanente et la passion des choses superflues ; les filles offertes dans un abus de nudité et de laxisme, où plus rien n’est interdit ; la vulgarité, la bagatellisation de tout, le refus de toute spiritualité.

Au fond, ce qui est mis en cause ici, c’est l’athéisme, la sécularisation générale, l’égalité des sexes, le matérialisme, la priorité du plaisir. Les terroristes sont d’abord des gens qui ne supportent pas les droits égaux pour les femmes, la laïcité, la fin du machisme patriarcal.
Un certain pourcentage de musulmans hébergés par l’Occident hait l’Occident. C’est un fait. Ils ont été accueillis ici mais se révoltent contre leur culture d’adoption. Ce sont des choses qui arrivent, et ce n’est pas la première fois dans l’histoire. Il ne s’agit pas d’un simple dégoût, sinon nos terroristes pourraient aller vivre dans des pays où le gouvernement est musulman et les femmes voilées. Il s’agit d’une haine, d’une volonté de faire disparaître une culture : une idéologie – cet islam veut le monde. Beaucoup d’Occidentaux croient naïvement que les idéologies, après l’enfer puis après le communisme, ont été supprimées. En réalité nous nous trouvons devant une nouvelle “guerre contre l’Ouest”, héritière de celle dont parlait le Hongrois Aurel Kolnai en parlant du nazisme.

Les Occidentaux ont énormément de mal à admettre que des gens commandités par l’islam (même si évidemment aucun islam n’est tout l’islam) ont désigné l’Occident comme ennemi au point d’y commettre des massacres de masse. Car les musulmans, comme anciennes minorités opprimées, ont toujours raison : tel est notre mode de pensée. Incriminer des causes économiques ou psychiatriques des attentats, est chaque fois un moyen d’en rejeter la faute indirectement sur nous.

Cet aveuglement a des raisons intéressantes, et des conséquences non négligeables. Nous sommes parfaitement capables d’expliquer pourquoi nous, Occidentaux, devons être occidentophobes : toute la culture de la déconstruction nous le répète à satiété depuis un demi-siècle. Nous sommes capables d’expliquer comment la culture occidentale, responsable des guerres de religions et des guerres mondiales, est haïssable. Mais nous sommes bien incapables de comprendre et d’expliquer pourquoi un jeune musulman d’aujourd’hui, abrité et éduqué par l’Occident, va haïr la laïcité et l’émancipation des femmes : nous n’avons pas encore accepté cette réalité, tant elle nous insupporte, parce qu’elle déprécie une minorité que nous avons opprimée, c’est-à-dire un groupe de héros.

Nous avons depuis longtemps perdu l’habitude de défendre notre culture, de plaider pour elle. Faire l’apologie de la culture occidentale, nous pensons que c’est vichyssois, voilà tout. Aussi demeurons-nous pétrifiés et impuissants, incapables de comprendre avant même de répondre. Il faudrait justifier nos propres racines, que nous passons notre temps à ridiculiser depuis cinquante ans. Nous ne savons même plus où elles sont. La tâche est pour nous effrayante. Elle nous demande un retournement complet.

On ferait bien de cesser de pleurnicher sur la soi-disant islamophobie, qui n’existe que dans la mauvaise conscience, en ce cas mauvaise conseillère. La vraie réalité, qui se compte en nombre de morts, et cela est bien réel, c’est l’occidentophobie (qu’il vaudrait mieux appeler misoccidentie, si le mot n’était dissonant) : la haine de l’Occident. Il est probable qu’à force de vouloir nous déconstruire nous-mêmes, nous avons donné des armes à ceux qui déjà ne nous aimaient pas beaucoup – quand on bat sa coulpe en permanence, on finit par apparaître comme un raté. Mais enfin le mal est fait. Il nous faut tenter de comprendre, quand nous serons parvenus à prononcer ce mot, pourquoi pullulent les occidentophobes, habités par la nostalgie d’une société religieuse, patriarcale et machiste. Il ne nous suffira pas de les traquer physiquement, car c’est une bataille de croyances – on n’embastille pas des croyances. Où sont nos croyances ? Nous pourrions, avec profit, les rattraper dans le ruisseau où nous les avions imprudemment abandonnées.

Chantal Delsol
07/09/2017
(*) Membre de l’Institut, fondatrice de l’Institut Hannah Arendt, Chantal Delsol est philosophe et historienne des idées. Elle a dernièrement publié Un personnage d’aventure. Petite philosophie de l’enfance (Éditions du Cerf).
Source : Le Figaro, 7 septembre 2017
Correspondance Polémia – 8/01/2018






B) Emmanuel Macron «est en train de détruire la France», assure Nicolas Maduro


Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé jeudi son homologue français de « détruire la France », en réponse à Emmanuel Macron qui a estimé que la présidentielle du 20 mai au Venezuela ne permettrait pas « un scrutin juste et libre ».
« Ce que me dit Macron me passe au-dessus, Macron est un pantin de la politique de Trump contre le Venezuela », a déclaré le dirigeant socialiste lors d’une conférence de presse. Seul « le peuple souverain du Venezuela » peut juger le scrutin du 20 mai, au cours duquel Nicolas Maduro cherche à obtenir un second mandat de six ans.

« Mis à la tête de la France pour faire office de tueur à gages »

Le chef de l’Etat vénézuélien a souligné que le président français critiquait ce scrutin alors que l’Hexagone traverse une « grève générale de toute la classe ouvrière » et des « travailleurs » en référence aux divers mouvements sociaux qui agitent le pays - SNCF, Air France, universités, milieu hospitalier.
« Il est en train de détruire la France. Macron a été mis à la tête de la France pour faire office de tueur à gages, Macron est un tueur à gages de l’oligarchie financière chargé de détruire les droits sociaux du peuple français », a ajouté Nicolas Maduro. « Nous aurons des élections, nous aurons des résultats et il y aura un président légitime du Venezuela et je me fous de ce que dit Macron », a-t-il conclu.


Tournée en France

Maduro avait critiqué ces derniers jours la rencontre en France de trois membres de l’opposition vénézuélienne avec Emmanuel Macron, qualifiés de « repris de justice » car ils se sont exilés par crainte d’être arrêtés.
L’ancien président de l’Assemblée nationale Julio Borges, l’ex-maire de Caracas Antonio Ledezma, et Carlos Vecchio, coordinateur du parti Voluntad Popular, ont entamé mardi en France une tournée européenne. Ils veulent accroître la pression internationale sur le gouvernement de Nicolas Maduro.
Emmanuel Macron a indiqué que « la France se tient prête, aux côtés de ses partenaires européens, à adopter de nouvelles mesures si les autorités vénézuéliennes ne permettent pas la tenue d’élections démocratiques ».





C) « L’ACCRE s’ouvre à tous les entrepreneurs ! », Jérôme TARTING, président de CLIC FORMALITES

Toutes les personnes reprenant ou créant une entreprise pourront, dès l’année prochaine, bénéficier de l’ACCRE. De quoi susciter des vocations entrepreneuriales…

A compter du 1er janvier 2019, l’ACCRE jusqu’ici réservée aux demandeurs d’emplois, sera étendue à toutes les personnes reprenant ou créant une entreprise. Elles pourront bénéficier, d’une exonération de cotisations de sécurité sociale, sous condition de revenus.
Donner le coup de pouce utile à tous pour se lancer dans la création d’entreprise ; tel était l’objectif initial du dispositif d’aide aux demandeurs d’emplois (Accre). S’appuyant sur une exonération de cotisations de sécurité sociale, proportionnelle aux revenus du porteur de projet, il sera élargi d’ici moins d’un an (1er janvier 2019), à tous les créateurs et repreneurs d’entreprises, comme le prévoit la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Rebaptisé « Exonération de début d’activité de création ou de reprise d’entreprise », cet accompagnement comportera toujours deux volets : une possibilité de cumul de l’exonération de cotisations avec certains minima sociaux et un parcours d’accompagnement et de conseil dénommé « Nacre » et assorti d’aides financières.

Soutenir la création-reprise

Ainsi, sera facilité l’amorçage des nouvelles entreprises soit à titre indépendant, soit sous forme sociétaire [1] ; le poids des cotisations sociales étant une question majeure pour toute personne qui veut s’établir à son compte. D’une durée d’un an, la prolongation éventuelle de cette durée jusqu’à 3 ans pour les entreprises relevant du régime micro-fiscal reste, en revanche, définie par voie réglementaire.
Par ailleurs, cette nouvelle ACCRE va aussi renforcer les modèles économiques encore fragiles. En effet, chaque année, 18 900 entreprises dont 6 600 pour le créneau de 5 à 250 salariés font l’objet d’une cession/reprise. L’âge moyen des repreneurs, pour les PME, se situe aux environs de 48 ans et 41 ans pour les TPE[2].

Cumul des aides

Cette exonération ne pourra toutefois pas être cumulée (sauf exception) avec un autre dispositif de réduction ou d’abattement applicable aux autres cotisations de sécurité sociale concernées. A l’exception des réductions de taux des cotisations d’allocations familiales et d’assurance maladie et maternité[3]. Par ailleurs, une période de carence de 3 ans doit être observée en cas de changement d’activité pour pouvoir bénéficier à nouveau du dispositif d’exonération.

Formalités

Pour obtenir l’ACCRE en tant que créateur-repreneur, il est nécessaire de déposer un dossier auprès du CFE[4] compétent à savoir une Chambre des Métiers et de l’Artisanat ou une Chambre du Commerce et de l’Industrie. Ce dépôt doit intervenir soit lors de la déclaration de création ou de reprise de l’entreprise, soit dans un délai de 45 jours suivants le dépôt de création. Par ailleurs, le Greffe du Tribunal de Commerce est compétent pour recevoir la demande d’ACCRE lors du dépôt du dossier d’immatriculation de la société. Dans cette hypothèse, le Greffe transmettra la demande d’ACCRE au CFE compétent.
Dans tous les cas, après vérification du dossier, le CFE délivrera un récépissé mentionnant l’enregistrement de la demande ACCRE, et informera les organismes sociaux de de la demande mais aussi l’URSSAF compétente. C’est cette dernière qui statuera sur la validité d’exonération. Dans le cas contraire, elle motivera et notifiera sa décision de rejet et en informera les organismes sociaux. N’oubliez pas qu’avec la nouvelle législation, l’absence de réponse dans un délai d’un mois, vaut acceptation.
En conclusion, il s’agira de faire un point du dispositif en fin d’année 2019 pour savoir s’il a favorablement aidé à la création-reprise d’entreprises et motiver les Français pour relever le challenge entrepreneurial.

[1] Article L131-6-4, I nouveau
[2] Observatoire de la Transmission d’entreprises 2017
[3] L 613-1 et L 621-3 du CSS
[4] formulaire CERFA n° 13584*02 de demande d’ACCRE dûment rempli






D) Plan pour la banlieue : Jean-Louis Borloo s'apprête à frapper fort

L’ancien ministre de la Cohésion sociale rencontre Emmanuel Macron pour lui présenter un plan de bataille pour les quartiers populaires, qu’il a déjà vendu aux élus locaux. Du grand art.


Inimitable Jean-Louis Borloo. La banlieue souffre, les associations crient misère, les maires démissionnent et voilà que, par la grâce du plus ébouriffant et ébouriffé de nos hommes politiques, l’espoir renaît. A bientôt 67 ans, l’ancien ministre de la Cohésion sociale n’aspire plus à aucune fonction mais il a gardé un attachement indéfectible à sa grande cause : la réintégration des quartiers populaires dans le giron de la République.
Le plan national de rénovation urbaine, initié au lendemain des émeutes de 2005, avait permis à des centaines de quartiers de retrouver un semblant de dignité, faute de soigner tous leurs maux. On aurait pu en rester là, sur ce souvenir d’une période pré-sarkozyste, pré-vallsiste où, temporairement, la question des quartiers en difficulté avait cessé d’être traitée sous un angle strictement sécuritaire et identitaire. Et puis non. Après avoir poursuivi une autre marotte pendant quelques années – l’électrification de l’Afrique, Borloo a repris du service à la demande d’Emmanuel Macron.

Tandem Macron-Borloo

Si les deux hommes se sont loupés lors de la campagne présidentielle, le président a rapidement compris le parti qu’il pouvait tirer d’une collaboration avec l’ancien leader centriste. Macron ne connaît rien à la banlieue, il ne s’en est jamais caché. Borloo, lui, connaît. Quand le locataire de l’Elysée lui a demandé de piloter un "plan de bataille" pour les quartiers en novembre, il a dit oui sans barguigner, à condition d’avoir carte blanche et de ne pas avoir de comptes à rendre.
Pendant six mois, Borloo a donc travaillé à la Borloo, c’est-à-dire jour et nuit en ouvrant grand les écoutilles. Il a reconstitué le "petit garage" de technos atypiques qui bossaient à ses côtés il y a dix ans et a beaucoup consulté : des maires de banlieue qui, toutes couleurs politiques confondues, militent pour que l’Etat s’efface devant l’expertise locale, mais aussi ces grandes associations nationales comme Bleu Blanc Zèbre d’Alexandre Jardin, avec lesquelles il s’est acoquiné depuis deux ans, et auxquelles il reconnaît une réactivité que n’ont pas les administrations. Est-ce de son fait ? Ces deux forces, réseaux d’élus locaux et grandes assos, se sont fédérées autour de mots d’ordre commun à l’automne et travaillent aujourd’hui main dans la main.
Vient désormais le temps de la restitution. Celle-ci était prévue pour le milieu du mois. En fait, elle commence dès ce vendredi 6 avril par une séquence assez singulière. En soirée, notre électron libre est annoncé au pot de départ de Stéphane Gatignon, le médiatique maire de Sevran en Seine-Saint-Denis qui vient de démissionner en dénonçant l’apathie du gouvernement et des hauts fonctionnaires face au feu qui couve (toujours et encore) dans les quartiers. Le matin, il sera la guest-star du congrès de France urbaine, l’association des grandes villes et agglomérations. Et entre les deux, on vous le donne en mille : il rencontrera le président pour lui présenter les grands axes de son plan.

Tour de chauffe

Non content de garder la flamme, Borloo a donc conservé tout son sens politique. Car les élus locaux ont préparé un beau cadeau à leur invité. Réunis dans la cité des ducs de Bourgogne, ils ont mis sur pied un "pacte de Dijon pour la cohésion urbaine et sociale", qui sera révélé ce matin et semble directement émaner des cercles de réflexion borlooistes.
Dans ce texte de quatre pages que "l’Obs" s’est procuré, et qui se réfère explicitement au "travail engagé depuis plusieurs semaines avec Jean-Louis Borloo", les signataires s’engagent à prendre des mesures fortes pour que les habitants des quartiers populaires "bénéficient autant, voire plus de la croissance économique que les autres" - ce qui dans une assemblée transpartisane n’était pas gagnée.
Ils invitent également l’Etat à s’engager sur toute une liste de mesures. Toutes Borloo-compatibles. Heureux hasard ? Pas vraiment. "Les élus ont tenu la plume, mais il y a eu beaucoup d’allers-retours", admet-on à l’Assemblée des communautés de France, co-instigatrice de l’initiative. "On est dans le tour de chauffe", ajoute un proche de Borloo.
"L’idée est que le rapport soit assez bon et percutant pour que tout le monde, présidence y compris, soit obligé de s’aligner."

Pacte de Dijon

Inimitable Jean-Louis Borloo. La banlieue souffre, les associations crient misère, les maires démissionnent et voilà que, par la grâce du plus ébouriffant et ébouriffé de nos hommes politiques, l’espoir renaît. A bientôt 67 ans, l’ancien ministre de la Cohésion sociale n’aspire plus à aucune fonction mais il a gardé un attachement indéfectible à sa grande cause : la réintégration des quartiers populaires dans le giron de la République.
Le plan national de rénovation urbaine, initié au lendemain des émeutes de 2005, avait permis à des centaines de quartiers de retrouver un semblant de dignité, faute de soigner tous leurs maux. On aurait pu en rester là, sur ce souvenir d’une période pré-sarkozyste, pré-vallsiste où, temporairement, la question des quartiers en difficulté avait cessé d’être traitée sous un angle strictement sécuritaire et identitaire. Et puis non. Après avoir poursuivi une autre marotte pendant quelques années – l’électrification de l’Afrique, Borloo a repris du service à la demande d’Emmanuel Macron.

Tandem Macron-Borloo

Si les deux hommes se sont loupés lors de la campagne présidentielle, le président a rapidement compris le parti qu’il pouvait tirer d’une collaboration avec l’ancien leader centriste. Macron ne connaît rien à la banlieue, il ne s’en est jamais caché. Borloo, lui, connaît. Quand le locataire de l’Elysée lui a demandé de piloter un "plan de bataille" pour les quartiers en novembre, il a dit oui sans barguigner, à condition d’avoir carte blanche et de ne pas avoir de comptes à rendre.
Pendant six mois, Borloo a donc travaillé à la Borloo, c’est-à-dire jour et nuit en ouvrant grand les écoutilles. Il a reconstitué le "petit garage" de technos atypiques qui bossaient à ses côtés il y a dix ans et a beaucoup consulté : des maires de banlieue qui, toutes couleurs politiques confondues, militent pour que l’Etat s’efface devant l’expertise locale, mais aussi ces grandes associations nationales comme Bleu Blanc Zèbre d’Alexandre Jardin, avec lesquelles il s’est acoquiné depuis deux ans, et auxquelles il reconnaît une réactivité que n’ont pas les administrations. Est-ce de son fait ? Ces deux forces, réseaux d’élus locaux et grandes assos, se sont fédérées autour de mots d’ordre commun à l’automne et travaillent aujourd’hui main dans la main.
Vient désormais le temps de la restitution. Celle-ci était prévue pour le milieu du mois. En fait, elle commence dès ce vendredi 6 avril par une séquence assez singulière. En soirée, notre électron libre est annoncé au pot de départ de Stéphane Gatignon, le médiatique maire de Sevran en Seine-Saint-Denis qui vient de démissionner en dénonçant l’apathie du gouvernement et des hauts fonctionnaires face au feu qui couve (toujours et encore) dans les quartiers. Le matin, il sera la guest-star du congrès de France urbaine, l’association des grandes villes et agglomérations. Et entre les deux, on vous le donne en mille : il rencontrera le président pour lui présenter les grands axes de son plan.

Tour de chauffe

Non content de garder la flamme, Borloo a donc conservé tout son sens politique. Car les élus locaux ont préparé un beau cadeau à leur invité. Réunis dans la cité des ducs de Bourgogne, ils ont mis sur pied un "pacte de Dijon pour la cohésion urbaine et sociale", qui sera révélé ce matin et semble directement émaner des cercles de réflexion borlooistes.
Dans ce texte de quatre pages que "l’Obs" s’est procuré, et qui se réfère explicitement au "travail engagé depuis plusieurs semaines avec Jean-Louis Borloo", les signataires s’engagent à prendre des mesures fortes pour que les habitants des quartiers populaires "bénéficient autant, voire plus de la croissance économique que les autres" - ce qui dans une assemblée transpartisane n’était pas gagnée.
Ils invitent également l’Etat à s’engager sur toute une liste de mesures. Toutes Borloo-compatibles. Heureux hasard ? Pas vraiment. "Les élus ont tenu la plume, mais il y a eu beaucoup d’allers-retours", admet-on à l’Assemblée des communautés de France, co-instigatrice de l’initiative. "On est dans le tour de chauffe", ajoute un proche de Borloo.
"L’idée est que le rapport soit assez bon et percutant pour que tout le monde, présidence y compris, soit obligé de s’aligner."

Pacte de Dijon

Que retrouve-t-on alors dans ce "pacte" qui pourrait bien être la préfiguration du plan à venir ? Du "hard" d’abord, soit une relance des grandes opérations de renouvellement urbain, via "des procédures d’instruction et de validation des projets significativement allégés".
De "l’agilité" ensuite, en faisant davantage confiance aux initiatives locales et associatives (et donc… un peu moins aux grands opérateurs nationaux comme l’Afpa ou les Greta) dans le champ de l’insertion professionnelle ou de la "lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme" (la fracture numérique).
Du "décloisonnement" enfin  :
"Il ne doit plus y avoir de chasses gardées, le projet de Borloo, c’est de s’attaquer à tout, sinon la République se meurt", précise-t-on parmi ses conseillers.
En matière éducative, cela reviendrait, par exemple, à réviser en profondeur la politique de ressources humaines de l’Education nationale, permettant de déployer des professeurs motivés et formés dans les zones d’éducation prioritaire. Ou à lancer un vaste plan de lutte contre le décrochage en partenariat avec les associations avec pour objectif de "remettre en activité, d’ici 2020, les 170.000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification du système scolaire".
Ces premiers éléments en attestent : Borloo est manifestement prêt à taper fort. C’est osé, mais la conjoncture le porte. En cette période troublée, le jeune président peut-il vraiment se permettre de ne pas répondre aux attentes et d’ouvrir un nouveau front social ?



E) Macron chahuté par des manifestants à Rouen : la fin de l’état de grâce ? 

Face aux manifestants qui dénonçaient « le manque de moyens » dans les hôpitaux, le président a promis de prochaines « décisions très importantes » qu’il annoncera « d’ici l’été ».

En déplacement ce jeudi au CHU de Rouen pour parler autisme, le chef de l’État a été accueilli par des manifestants.

Des huées, des sifflets et une foule composite en colère. Pour son premier déplacement en province depuis le début de la grève à la SNCF, le président de la République a été rattrapé par les mouvements sociaux. « Macron dégonflé, on t’attend » lui crient quelque 200 manifestants à son arrivée au CHU de Rouen ce jeudi matin. « Résistance face à ceux qui veulent casser le service public ! » lui lancent-ils encore, tout en agitant des drapeaux de la CGT, de SUD et de la CFDT.
La voiture du chef de l’État ne s’arrête pas. Tenus à bonne distance, les manifestants ne pourront pas lui parler. Mais dans ce bastion historique de la gauche, les syndicalistes avaient un autre objectif : montrer que leurs luttes peuvent converger. Ne serait-ce que quelques heures et à l’échelle locale, mais à grand renfort d’images, ils ont offert au gouvernement le scénario qu’il redoute le plus.
Car dans la foule de mécontents, c’est la diversité qui retient l’attention. En nombre, des personnels soignants venus à nouveau alerter sur la dégradation des conditions de travail à l’hôpital. Des cheminots déterminés à ne rien lâcher. Mais aussi des étudiants de l’université de Rouen partiellement bloquée depuis mardi dernier. Ou encore des éboueurs, des salariés du privé à Carrefour et quelques dizaines de retraités hostiles à la hausse de la CSG.

Dialogue de sourd

« Macron enchaîne de plus en plus vite des réformes qui nous paraissent injustes » dénonce Jean-Pierre, référent CGT retraités en Seine-Maritime. L’hôpital n’est pas une entreprise ! » « Notre point commun, c’est la lutte contre les coupes budgétaires et le recul des droits des salariés », renchérit Mickael Schmidt, étudiant et adhérent à l’Unef.
À l’intérieur de l’hôpital, le président visite le service spécialisé autisme mais les revendications lui parviennent. « On a besoin de moyens. Les budgets ont encore baissé. On ferme des lits faute de personnels », l’interpelle une aide-soignante. Emmanuel Macron a beau tenter de la rassurer, promettant « des décisions très importantes d’ici l’été », lui rappelant même qu’il est issu d’une famille d’hospitaliers mais qu’« il n’y a pas d’argent magique », un dialogue de sourd s’installe. L’aide-soignante refuse de lui serrer la main…
Macron interpellé au CHU de Rouen 
Le plan autisme est éclipsé. Et le silence qu’Emmanuel Macron s’est jusqu’à présent imposé sur les grèves à la SNCF et sa réforme ferroviaire n’est plus tenable. « Il y a toujours des inquiétudes, parfois légitimes lâche-t-il prudent. Il y a des sujets sur lesquels le gouvernement a fait des annonces et qui font l’objet de protestations qui supposent un travail d’explication continu de la part du gouvernement. Mais les mouvements sociaux ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner. »
Le cap est réaffirmé mais sans provocation. Une position d’attente inconfortable pour montrer qu’il ne cède pas, tout en se gardant de jeter de l’huile sur le feu. Au même moment Elisabeth Borne négocie avec les cheminots…

Macron s’exprimera d’ici une dizaine de jours

« Le président est par essence le réceptacle des colères » relativise l’Elysée après que les images ont tourné en boucle. « Il n’y a aucun lien entre les revendications sur l’hôpital et la SNCF… » D’autres de ses proches, en coulisse, sont, eux, déjà dans l’autocritique. « Il faut entendre quand ça gueule. Le travers qu’on a eu, c’est peut-être de trop parler aux cheminots, et pas assez aux Français. »
Dans ce climat social, le président de la République sait qu’il ne pourra pas rester longtemps muet. Selon nos informations, il s’exprimera dans les médias dans les dix jours.

Myriam Encaoua et Nicolas Berrod




F) L'extrême droite du Venezuela à l'Elysée?

Jean-Luc Mélenchon a assimilé à l'extrême droite les opposants de Maduro reçus par Emmanuel Macron.

Comme au temps pas si lointain de la campagne présidentielle où il encensait le Venezuela, Jean-Luc Mélenchon vient de réitérer son soutien au régime antidémocratique de Nicolas Maduro, d'une curieuse manière. 
Voilà un an, le candidat de la France insoumise (LFI) proposait que la France rejoigne l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba), un "club" de pays très peu respectueux de la liberté d'expression réunissant notamment Cuba, le Venezuela et le Nicaragua. Il s'agissait de la proposition numéro 62 du candidat LFI. 
Mercredi, Jean-Luc Mélenchon s'est fendu d'un tweet pour dénoncer la visite de trois opposants vénézuéliens à l'Elysée, où ils venaient d'être reçus par Emmanuel Macron. "Inadmissible réception de l'extrême droite du Venezuela à l'Élysée. Impudente leçon de démocratie donnée par un pays en pleine crise d'autoritarisme", écrit alors l'indigné. 

Inadmissible réception de l'extrême droite du Venezuela à l'Élysée. Impudente leçon de démocratie donnée par un pays en pleine crise d'autoritarisme.


Peu avant la visite de la délégation vénézuélienne à L'Elysée, L'Express avait interrogé l'ex-maire de Caracas : "Que répondez-vous aux gens qui, comme Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, assimilent l'opposition vénézuélienne à une droite réactionnaire?" 
Réponse d'Antonio Ledezma : "Ces gens-là ne connaissent pas le Venezuela. Aujourd'hui, les problèmes de mon pays ne sont pas idéologiques et ils ne se définissent pas selon un schéma droite-gauche. Bien davantage, ils se définissent selon une opposition entre corruption et transparence, entre impunité et justice, entre intolérance et liberté, entre frustration et opportunités. Il s'agit de choses concrètes : les jeunes émigrent parce qu'ils n'ont pas les moyens de se payer le bus pour se rendre à l'université, et encore moins de manger. Le seul avenir qui leur est proposé, c'est de mourir de faim. Et s'ils s'opposent à la dictature, c'est une balle dans la tête." 
De fait, les trois visiteurs d'Emmanuel Macron sont des figures politiques issues du centre gauche ou du centre droit. 
Ancien maire de Caracas en exil, Antonio Ledezma a rejoint, en 1973, le parti social-démocrate Accion democratica (AD) de l'ancien président Carlos Andres Perez, lequel fut longtemps proche de Fidel Castro. C'était l'époque où tous les exilés du continent latino-américain fuyant les dictatures d'extrême droite (Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Nicaragua, etc.) trouvaient refuge dans le Venezuela démocratique. 

Comme assimiler Mitterrand ou Bayrou à des fascistes

Antonio Ledezma réside depuis quatre mois à Madrid, où il a atterri à la suite d'une rocambolesque cavale. En résidence surveillée depuis mille jours, chez lui dans la capitale vénézuélienne, il avait précédemment passé quatorze mois en prison et vivait sous la menace d'une lourde condamnation du simple fait qu'il contestait le régime de Nicolas Maduro. 
A L'Elysée, Antonio Ledezma est arrivé accompagné de deux autres opposants : l'ancien président du Parlement, Julio Borges, qui représente le parti Primero Justicia (PJ, D'abord, la Justice) et l'exilé Carlos Vecchio, de Volontad popular (VP), le parti de Leopoldo Lopez, le détenu politique le plus célèbre du Venezuela. 
Fondé en 1992 par un groupement d'étudiants issus de la société civile, Primero Justicia (PJ), de l'ex-candidat à la présidence Henrique Capriles Radonski, se définit comme un parti humaniste dont le spectre va du centre-gauche au centre-droit. Le parti Volontad popular (VP), créé en 2009 se définit, lui, comme un parti progressiste du centre gauche. 
Quant à la trajectoire politique d'Antonio Ledezma, elle s'inscrit dans un parti, Accion democratica, qui, avant sa dissolution et l'avènement du chavisme, était affilié à l'Internationale socialiste. 
Affirmer, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, que ces trois personnages appartiennent à l'extrême droite, revient à assimiler François Mitterrand ou François Bayrou à des fascistes admirant le Chili de Pinochet... 
Peu avant la disparition d'Hugo Chavez, décédé en 2013, Jean-Luc Mélenchon avait rendu visite au président vénézuélien dans son pays. Sur son blog, le politicien français, qui n'a jamais caché son admiration pour la révolution bolivarienne, avait ensuite raconté à quel point l'émotion l'avait submergé lorsqu'il se trouvait au côté du lieutenant-colonel devenu chef d'Etat. "Sur les 3 kilomètres du trajet [menant au meeting, NDLR], une foule compacte hurla sans discontinuer à mesure que les camions sur lesquels nous étions installés avançaient, écrivit-il, émerveillé. Jamais je n'avais vu une telle ferveur politique se concentrer de cette façon dans les corps et les visages. A mi-chemin, je m'aperçus que j'étais en larmes." Un grand moment... 
Dans uns autre registre, Emmanuel Macron affirme, quant à lui, son soutien aux trois opposants latino américains, venus lui rendre visite le 3 avril dernier. Après leur rencontre, il assure même que les conditions d'organisation de l'élection présidentielle du 20 mai prochain au Venezuela ne permettent pas "un scrutin juste et libre". Le président français ajoute: "La France se tient prête, aux côtés de ses partenaires européens, à adopter de nouvelles mesures si les autorités vénézuéliennes ne permettent pas la tenue d'élections démocratiques." 

Maduro traite les dirigeants français de "racistes"

Le lendemain, le président vénézuélien Nicolas Maduro réplique en accusant mercredi les gouvernements français et espagnol d'être "racistes". "Les élites dirigeantes de l'Espagne et de la France sont racistes", déclare le président vénézuélien lors d'une cérémonie pour le 50e anniversaire de la mort du militant américain Martin Luther King. 
Parlant de lui-même, il ajoute: "Comme ce métis ne se soumet pas à ses ordres, on dit que Nicolas Maduro est un dictateur". 
Ancien ministre de Hugo Chavez actuellement enseignant à SciencesPo Paris, le franco-vénézuélien Temir Porras soutient à son tour Nicolas Maduro... dont il fut le chef de cabinet. Il publie une photo de Macron et de ses trois visiteurs en accusant l'ex-maire de Caracas d'être le commanditaire d'un assassinat remontant à 1992, en sa qualité de gouverneur de Caracas, poste qu'il occupait alors. 
"Le 4 Avril 1989, Gonzalo Jaurena, étudiant de 21 ans en École d'ingénieur était enlevé, puis assassiné à bout portant dans une geôle de la Police de Caracas. Le commanditaire et protecteur de l'assassin est l'homme à votre gauche sur la photo, @EmmanuelMacron", accuse le prof de SciensPo Paris.
Temir Porras n'étaye cependant pas son accusation. Seule certitude : l'événement auquel il se réfère se situe à l'époque que l'on pourrait appeler "le début des troubles" au Venezuela. Les années 1980-1990 sont en effet marquées par une grave crise économique doublée d'une corruption endémique (qui prendra des proportions encore plus hallucinantes sous Hugo Chavez, en raison du boom du cours du pétrole). 
En février 1989, les émeutes de la faim (appelées "Caracazo") sont réprimées dans le sang par le gouvernement de centre gauche de Carlos Andres Perez (plusieurs centaines de morts). Et, en février 1992, la tentative de coup d'Etat ratée menée par le lieutenant-colonel Hugo Chavez contre le gouvernement démocratiquement élu se solde par plusieurs dizaines de victimes. Ces deux événements considérables constituent le prélude à la dérive totalitaire actuelle. 





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G) Terrorisme : la cote de l'exécutif s'effrite

Seuls 41 % des Français font confiance au gouvernement pour assurer leur sécurité.

Éprouvés par les attentats de Trèbes et de Carcassonne, nos compatriotes semblent de plus en plus désemparés face à la menace djihadiste. Selon les résultats du dernier baromètre réalisé par Fiducial/Odoxa et que dévoileLe Figaro, le crédit de l'exécutif est en net repli sur ce sujet crucial. Alors que près d'un Français sur deux (49 %) faisait encore confiance au gouvernement dix jours avant la tragédie, ils ne sont plus que 41 % à partager cet avis. Soit une chute «épidermique» de huit points en l'espace de quelques jours. «C'est aussi le plus bas niveau jamais enregistré dans notre baromètre réalisé depuis mai 2016, observent les analystes.
Cela ne signifie pas que les Français contestent la légitimité du gouvernement en la matière, mais ils attendent des mesures d'exception face au terrorisme.» Avant de souligner que cela confirme une autre enquête d'Odoxa, publiée le 29 mars, qui établissait que les Français sont massivement en faveur des mesures proposées par Laurent Wauquiez et Manuel Valls à la suite de l'attaque du Super U. «Surtout, martèle l'étude, les Français considèrent qu'elles sont parfaitement applicables, ce qui explique cette attente à l'égard du gouvernement.»
Plus largement, l'inquiétude ressentie par la population, en léger repli par rapport à décembre dernier (- 5 %), reste à un niveau élevé. Le baromètre Fiducial/Odoxa en témoigne: 61 % des Français affirment se sentir «souvent» ou de «temps en temps» en insécurité. «Ce sentiment s'accompagne d'une faible confiance dans le gouvernement pour assurer leur sécurité face à la délinquance, aux cambriolages et aux agressions», note le document avant d'observer que «seuls 33 % des Français sont positifs en la matière.»

Renforcer les synergies

En fait, un nombre croissant de nos concitoyens considèrent que la puissance publique ne peut plus assurer seule la sécurité des Français. En cela, ils approuvent à 66 % la démarche de Gérard Collomb qui appelle à renforcer les synergies entre les forces régaliennes police-gendarmerie et les acteurs de la sécurité privée. Le 5 février dernier, le ministre de l'Intérieur avait annoncé la création d'une mission parlementaire sur le «continuum de sécurité» pilotée par les députés LaREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du Raid. Dans une proportion analogue (64 %), les sondés confortent aussi l'hôte de la Place Beauvau quand ils estiment que «des tâches qui ne rentrent pas dans le cœur de métier des forces de l'ordre peuvent être confiées à des agents de sécurité privée».

Un nombre croissant de nos concitoyens considèrent que la puissance publique ne peut plus assurer seule la sécurité des Français
Globalement, 77 % Français estiment qu'une «collaboration renforcée» «permettrait aux policiers et aux gendarmes de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée pour lesquelles ils ont été spécifiquement formés» et 66 % qu'elle «dégagerait plus de temps aux forces de l'ordre pour la prévention et le dialogue avec les citoyens». À 57 % enfin, ils jugent qu'une telle mesure «engendrerait des économies», notamment en déléguant certaines tâches telles que les «expertises juridiques et informatiques».
Sur le plan des missions, six sondés sur dix se disent enclins à confier à des entreprises la garde statique des bâtiments officiels et la sécurité des écoles. Plus mitigés face à la mise en place de patrouilles mixtes (54 %) ou au contrôle du stationnement par des sociétés privées (51 %), ils sont massivement hostiles aux contrôles de la vitesse des automobilistes (71 %) et au contrôle d'identité (60 %) par des sociétés privées.

 
S'ils ont désormais plutôt une bonne image des agents de sécurité (59 %), estompant en cela la caricature du «gros bras» en costume croisé, nos concitoyens posent des limites. Si les deux tiers (64 %) souhaitent que l'on autorise les agents de sécurité à porter une arme de type matraque ou bombe lacrymogène, ils sont opposés à ce qu'ils s'équipent d'armes à feu dans les sites sensibles, en particulier dans les écoles (68 %), les lieux de cultes (66 %) ou les enceintes sportives (62 %). En revanche, les Français seraient majoritairement favorables à voir des vigiles le pistolet à la ceinture dans les gares et aéroports, où le spectre d'une attaque peut surgir à tout moment.





H)  Financement des entreprises françaises. Pour l’introduction de mesures fiscales d’exception dans la loi PACTE. 
 
Nos start-up et PME sont aujourd’hui largement financées par la BPI. Or, il est permis de s’interroger sur la pertinence de ce modèle de financement public sans réel contrôle. Notre gouvernement pourrait encourager davantage le financement privé de nos entreprises ; en introduisant notamment dans la loi PACTE des mesures fiscales ambitieuses. Cette stratégie a d’ores et déjà été adoptée par de nombreux pays pour financer, avec succès, leurs start-up et PME.
 
Un financement public conséquent et mal contrôlé
 
La France accorde depuis longtemps une place prépondérante aux investissements publics en comparaison des pays concurrents. A titre d’exemple, selon une note de France Angels de 2016, l’Etat français investit chaque année environ 366 millions € dans le capital-risque, soit 0,0018% de son PIB, ce qui représente près de 40% des montants investis. Le Royaume-Uni y investit, quant à lui, environ 112 millions €, soit 0,006% de son PIB, ce qui ne représente que 18% des montants investis. Enfin, l’Allemagne y investit 149 millions €, soit environ 0,005% de son PIB, ce qui représente environ 20% des montants investis.
 
L’Etat français investit donc deux fois plus dans le secteur du capital-risque que le Royaume-Uni et l’Allemagne, laissant ainsi que 60% des investissements réalisés au secteur privé, tandis que cette proportion atteint 82% et 80% pour le Royaume-Uni et l’Allemagne.
S’agissant du secteur privé, on peut distinguer différents types d’investisseurs : les fonds d’investissement (FCPI, etc.) et les investisseurs particuliers, parmi lesquels on trouve des investisseurs « amateurs » et « professionnels », ces derniers étant communément désignés sous le vocable de « business angels » ; en 2015, on en recensait environ 20.000 au Royaume-Uni contre 4.500 en France, soit 4 fois moins. Résultat : plus de 300 millions € ont été investi par ces business angels outre-Manche dans les start-up contre 42 millions € en France, soit près de 6 fois moins.
 
Au demeurant, la BPI ne fait l’objet d’aucun contrôle, ce qui est non seulement surprenant mais aussi inquiétant au regard des milliards d’euros d’argent public qu’elle est amenée à gérer chaque année. La France n’a de toute évidence pas tiré les leçons de la gestion très critiquable, voire alarmante d’après  la Cour des comptes, des ancêtres de la BPI, en particulier de l’Anvar. 
 
La fiscalité française est peu incitative au regard des risques encourus
 
Notre fiscalité, tant lors de l’investissement que de la cession des titres, s’avère inadaptée au regard des risques colossaux encourus par lesdits investisseurs.
 
Lors de l’investissement, ces derniers peuvent bénéficier du dispositif IR-PME (le dispositif ISF-PME a été supprimé par la loi de finances pour 2018), lequel leur permet d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 25% du montant investi (ce taux a été augmenté par la loi de finances pour 2018 ; il s’élevait jusqu’alors à 18%), dans la limite de 50 000 € ou 100 000 € pour un couple, soit une économie d’impôts maximale de 25 000 €. Rappelons cependant que le déplafonnement du dispositif a été écarté par la majorité lors des débats sur le dernier projet loi de finances ; si bien que ce dispositif reste soumis au plafonnement des niches fiscales, lequel implique que l’économie maximale d’impôt au titre d’une année s’élève au maximum à 10 000 euros.
 
Lors de la cession, les investisseurs sont imposés sur la plus-value réalisée au taux de 30% depuis le 1er janvier 2018. Du reste, ces derniers peuvent être exonérés d’impôt sur les plus-values (les prélèvements sociaux au taux de 17,2% restent cependant dus) s’ils placent les actions souscrites dans un PEA ou PEA-PME (le plafond de ses deux dispositifs cumulables s’élèvent à 150 000 € et 75 000 €, soit un plafond global de 225 000 €), sous réserve que les titres soient détenus au moins 5 ans et n’excèdent pas 25% du capital social de la start-up.
 
Une fiscalité très attractive dans les pays concurrents
 
Le Royaume-Uni a notamment mis en oeuvre le « Entreprise Investments Scheme » (EIS) en 1994 et le « Seed Entreprise Investments Scheme » (SEIS) en 2011.
 
Lors de l’investissement, le premier permet d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu de 30% de l’investissement réalisé dans la limite de 1 million de £ (soit une réduction d’impôt maximale de 300 000 £) tandis que le second permet d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu de 50% de l’investissement réalisé, dans la limite de 100 000 £ (soit une réduction d’impôt maximale de 50 000 £). Dans les deux cas, les titres doivent être détenus au moins 3 ans.
 
Lors de la cession, la plus-value éventuellement réalisée est exonérée d’impôt. Les Etats-Unis ont également mis en œuvre des dispositifs fiscaux très attractifs pour les investisseurs, lesquels expliquent sa position de leader en matière de financement des start-up. Le dernier en date est le « Small Business Act » de 2010.
Les pertes constatées au titre d’investissements réalisées dans des start-up peuvent, tout d’abord, être déduites de l’impôt sur le revenu dans la limite annuelle de 50 000 $ ou 100 000 $ pour un couple et, pour le surplus, des plus-values éventuellement réalisées (section 1244 de l’International Revenue Code).
Lors de la cession, les plus-values réalisées après 5 ans de détention sont exonérées d’impôt à hauteur de 50%, voire même de 100% dans la limite de 5 millions de $, ou 10 million de $ pour un couple, pour les titres acquis après 2010 (section 1202 de l’International Revenue Code). Cette exonération totale de plus-value résulte du Small Business Act de 2010.
 
La Belgique a aussi adopté en 2015 un dispositif fiscal très incitatif : le « tax shelter for start-up », lequel permet aux investisseurs d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu de 45%, dans la limite annuelle de 100 000 €, soit 45 000 euros ; l’investissement est limité à 250 000 € par investisseur.
Le Portugal a mis en œuvre un dispositif pour les investisseurs qui permet d’obtenir une réduction d’impôt sur le revenu de 20% au titre de l’investissement réalisé dans une start-up, sous réserve que les titres soient détenus au moins 3 ans. Du reste, ce dispositif permet à l’investisseur d’obtenir une réduction à hauteur de 50% sur les dividendes perçus et les plus-values réalisées.
La Turquie a, quant à elle, mis en œuvre un « Business Angel Scheme » en 2013 qui permet d’obtenir une réduction d’impôts de 75%, voire 100%, en cas d’investissements dans une start-up, sous réserve que les titres soient détenus au moins 3 ans.
Cette énumération n’est pas limitative : d’autres pays, à l’instar de l’Espagne ou de la Suède ont également mis en œuvre des dispositifs fiscaux attractifs. 

Le gouvernement devrait adopter des mesures fiscales d’exception dans la loi PACTE
Ces mesures fiscales d’exception seraient on ne peut plus justifiées au regard, d’une part, des risques financiers très important pris par l’investisseur (risque de perdre la totalité de son investissement), et d’autre part, des aspects positifs pour l’économie française : l’émergence de nouvelles start-up et PME constitue en effet un vivier important d’emplois et une source d’innovation importante qui a vocation à profiter à l’ensemble de la société. A tout le moins, il serait bienvenu d’exclure la réduction IR-PME du plafonnement des niches fiscales qui s’élève désormais à seulement 10 000 €.
Ce déplafonnement a été mis en œuvre s’agissant des niches fiscales destinées à financer le cinéma français et les DOM-TOM. Rien ne justifie donc qu’il soit écarté pour le financement des entreprises qui devrait être la priorité de ce quinquennat.



I) Protectionnisme rime avec chômage

Le protectionnisme est-il favorable à « nos » emplois ? Cette question est réapparue dans le débat français en réaction aux annonces de Donal Trump. Il semble que le président des Etats-Unis visait en réalité à engager des négociations avec la Chine, qu’il accuse de pratiquer un protectionnisme asymétrique. Mais en France, où le taux de chômage se trouve très nettement supérieur à celui de ses voisins, on s’est interrogé sur la possibilité de « préserver nos emplois » grâce au protectionnisme, à instaurer éventuellement, demandent ses partisans, au niveau européen. La littérature économique démontre très largement les nuisances du protectionnisme.
L’analyse du sous-emploi selon les pays vient le confirmer : les pays les plus ouverts aux échanges sont ceux dans lesquels le taux de chômage est le moins élevé. Grâce au classement Index of Economic Freedom élaboré par le Wall Street Journal et par Heritage Foundation, think tank américain, nous pouvons avoir une idée du degré de libre-échange accepté par pays. Le classement est établi en prenant en compte les barrières tarifaires (taxes, droits de douanes) et non tarifaires (réglementations, quotas). Une note sur 100 est calculée selon les droits de douane moyens à laquelle on enlève des points selon le niveau des barrières non tarifaires. L’exemple de la Chine montre pourquoi il est important de bien prendre en compte ces barrières non tarifaires : le taux moyen pondéré des droits de douane est de 3,4% seulement en Chine ce qui vaudrait une note de 93,2. Mais en raison de nombreuses réglementations visant à freiner le commerce, une pénalité de 20 points est appliquée.
Avec un score de 81,6, la France est 56ème pour la partie « libre commerce ».

Les pays les plus ouverts au commerce profitent d’un chômage faible

Les pays relativement importants les mieux classés sont la Suisse, le Chili et l’Islande. Les taux de chômage y sont respectivement de 4,8%, 6,8% et 2,4%. En France il se situe juste sous les 9%.
Les pays les moins bien notés sont tous des pays sous-développés ; la plupart des pays africains y figurent ainsi que d’autres comme le Laos, le Bangladesh, l’Iran ou le Venezuela.
De manière générale, on s’aperçoit que le chômage est globalement plus faible dans les pays qui sont les plus ouverts au commerce.


Taux de chômage moyen par tranche selon le classement Free Trade - Monde

 
Libre échange - classement par tranche Taux de chômage moyen
Top 5 3,92%
Top 10 4,46%
10-20 6,31%
20-30 7,64%
30-40 5,61%
40-50 8%
Source : Heritage Foundation, OCDE, Banque mondiale, Eurostat. Les pays non représentatifs ont été retirés (faible population, guerre)

La force de l’économie locale est globalement et en général proportionnelle à son ouverture au commerce mondial. C’est vrai pour les pays développés comme pour ceux qui le sont moins.

Taux de chômage moyen par tranche selon le classement Free Trade – Europe[1]
Libre échange -classement par tranche Taux de chômage moyen
Top 5 3,81%
Top 10 5,50%
10-20 6,82%
20-30 7,35%
Source : Heritage Foundation, OCDE, Banque Mondiale, Eurostat.

La France se situe avant dernière de ce classement (UE28 et affiliés) à égalité avec la Grèce. Quoiqu’une partie des règles commerciales soit imposée par l’Union européenne, ce qui nivèle les notes, la France réussit à se distinguer négativement.

Le libre-échange révèle notre vision du monde

Le critère du libre échange ne saurait expliquer à lui seul le niveau de chômage. Mais quoiqu’il en soit, les chiffres montrent avec certitude que le protectionnisme n’est pas un moyen de lutter contre le chômage. Ce sont bien dans les pays les plus ouverts au commerce international que le chômage est le plus bas.
En fait, les pays qui sont bien notés en ce domaine sont plus généralement « pro-business ». Ils ont une confiance dans l’économie bien plus importante : ils taxent moins et réglementent moins dans tous les domaines. C’est ce qui explique une santé économique supérieure.









J) Islam party in Belgium wants to create an Islamic State and separate men and women


For the second time in 6 years the ‘Islam’ party will participate in Belgium’s municipal elections. The party wants to create an Islamic State and separate men and women in public transport, Belgian newspaper HLN reports.

“Our goal is a 100% Islamic State, but we don’t mean we want to oblige the headscarf,” the party’s founder Redouane Ahrouch says. “By establishing Sharia law we want to follow the way of the prophet and the Quran”, he adds.
The Islam party clearly focuses on conservative Muslims and already has two members elected as a result of the 2012 elections. This year it will participate in 28 municipalities.
Ahrouch says he wants to reach the party’s goals “without violating the Belgian constitution”. It is unclear how he wants to do this as the party wants to separate men and women in public transport.
Belgium’s state secretary of immigration, Theo Francken, says the party “disgusts” him. On Twitter he writes:
“A political party called ‘ISLAM’ is growing in Belgium. They openly call for the introduction of Shariah law. The Shariah is in violation with human rights. Shariah parties therefore are antidemocratic. These are wolves in sheep’s clothing.” #Soumission
And:
“Classic example of taqqiya: these Islamists want to install a ‘100% Islamic state’ in our country, but ‘without touching the constitution’. Impossible lies. I wonder what their off camera campaign looks like.”
Experts say the party could score because a lot of left-wing parties with Muslim candidates are losing popularity among Moroccan and Turkish voters. The name of the Islam party could also encourage Muslims to vote for it, because of its well-recognised ideas.





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