L'UNIVERSITÉ LIBERTÉ

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août 05, 2018

#43 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 
Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. 
Merci



Sommaire

A) « Avec le principe de précaution, on n’aurait jamais développé la voiture à essence » - Céline Deluzarche - Usbek & Rica

B) Flambée du gaz, 80 km/h... Ce qui a changé le 1er juillet -

C) L’impôt à la source coûtera cher aux contribuables - Jean-Philippe Delsol -  IREF

D) Geoffroy Roux de Bézieux, un franc-tireur à la tête du Medef -

E) Éducation : la prime de 3 000 euros promise aux enseignants de REP+ sera finalement progressive - Solenne Le HenRadio France

F) «Plan anti-pauvreté» : ce que prépare Emmanuel Macron - Myriam Encaoua - Le Parisien

G) Les pistes des députés pour la réforme des CCI - Dominique Malecot - Les Echos

H) Données personnelles : "Parmi les plaintes déposées à la Cnil, il y en a davantage qui concernent le travail que les banques", Raphaëlle Bertholon - Christophe Bys - l'Usine Digitale

I) Mohamed Assid: “L’islam est la cause du sous-développement des Arabes” - Ravah Amokrane - Tamurt
 
J) Darmanin va engager des coupes massives dans les effectifs du fisc - Ingrid Feuerstein - Les Echos





A) « Avec le principe de précaution, on n’aurait jamais développé la voiture à essence »

Capital, travail, technologie... Jamais, dans l'histoire, les facteurs de l’innovation n’ont été aussi puissants, assure l'essayiste Faÿçal Hafied dans son livre Supercroissance. La stagnation séculaire n'aura pas lieu (FYP éditions, 2017). Pour ce spécialiste du capital-risque et du financement de l'innovation - qui vient d'être consulté par le ministère de Travail dans le cadre de ses travaux sur l'emploi en vue notamment de la récente réforme de l'apprentissage - nous traversons une époque de « destruction créatrice » hors du commun, et c'est un véritable âge d’or de l’innovation qui s'annonce, porté entre autres par les progrès en matière de blockchain et de deep learning. Une thèse optimiste, à contre-courant d'un grand nombre d'économistes, dont Robert J. Gordon, pour qui la croissance des 250 dernières années n’aura été qu'un « épisode sans équivalent dans l’histoire de l’humanité ». Dans son livre, Faÿçal Hafied s’acharne à dénoncer les freins qui, selon lui, entravent toutes les magnifiques possibilités qui s’offriraient à nous, au premier rang desquels les règlementations absurdes, les politiques de court-terme et la frilosité des investisseurs. Il reconnaît, cependant, que la « supercroissance » qu’il appelle de ses voeux sera imprévisible et inégalitaire.

Beaucoup d'économistes s'accordent aujourd'hui pour dire que nous sommes entrés dans une ère de « stagnation séculaire » et qu’il faut s’habituer à une croissance faible. Pourquoi ne croyez-vous pas à cette thèse ?
D’abord, cette théorie n’est pas nouvelle : elle a été édictée au lendemain de la crise de 1929 par Alvin Hansen, un économiste et professeur émérite de Harvard. Et elle a connu une véritable résurrection après la crise des surprimes, en 2008, notamment avec les écrits de Robert J. Gordon ou Patrick Arthus. Or, ces approches sont basées sur des concepts très macro-économiques et ne prennent pas en compte tous les facteurs micro-économiques, qui n’ont jamais été aussi favorables à la croissance.

Quels sont ces facteurs de « supercroissance » justement ?
La croissance résulte de trois facteurs : le capital, le travail et la technologie. Si on prend la technologie, par exemple, on est loin d’avoir atteint un « plateau » comme le craignent certains. Au contraire, on constate que la vitesse d’adoption des technologies s’accélère. Il a fallu trente ans à l’électricité pour que le taux d’utilisation atteigne 10% de la population américaine, d’après une étude de l’économiste Michael DeGusta. Les smartphones, quant à eux, ont atteint un taux de 40% en seulement dix ans. Tous ces nouveaux besoins stimulent l’innovation.



Vous parlez « d’innovation ouverte » et de co-création comme moteurs de cette « supercroissance ». Que mettez-vous exactement derrière ces termes ?
J’aime bien citer cet exemple de la NASA : l’agence spatiale américaine cherchait depuis des années une façon de prévoir de manière fiable les éruptions solaires pour éviter de mettre en danger les astronautes lors de leurs sorties dans l’espace. Elle a fini par poster le problème sur Internet, et c’est un modeste retraité qui a trouvé la solution grâce à son expérience dans les fréquences radio, dont il s’est inspiré pour comprendre le mouvement des éruptions. On peut aussi citer le jeu Foldit, mis au point par l’université de Washington, qui permet aux internautes du monde entier de simuler des combinaisons de protéines de manière ludique pour aider la recherche contre le Sida.

Les défenseurs de la thèse de la « stagnation séculaire » soulignent que les innovations actuelles se contentent d’agréger ou d’améliorer des produits déjà existants. Uber, par exemple, utilise le GPS et le mobile mais n’a rien inventé de véritablement nouveau...
Même ces « technologies multi-usages » (TMU) créent de la croissance, ne serait-ce qu’en entrainant une baisse des prix et une hausse du pouvoir d’achat. Mais je crois, au contraire, que les industries du futur son porteuses d’innovations radicales. Prenez par exemple l’impression 3D, la robotique ou les biotechnologies. Dans ce dernier domaine, la découverte des « ciseaux ADN » CRISPR-Cas 9 est une des avancées les plus décisives de l’histoire dans la génétique.
« Les normes et les problèmes d’éthique, s’ils peuvent se justifier au plan moral, sont de véritables inhibiteurs de croissance"

Mais comment expliquer alors que la recherche soit de moins en moins productive ? Dans votre livre, vous remarquez vous-même que pour chaque milliard investi dans la R&D, le nombre de médicaments commercialisés a été divisé par deux tous les neuf ans au cours du siècle dernier...
C’est en grande partie dû à la règlementation. Techniquement, on sait aujourd’hui faire rouler une voiture autonome ou modifier des gènes chez un embryon pour prévenir de futures maladies. Mais en vertu du principe de précaution, il est interdit de s’en servir. Le coût des tests cliniques pour faire approuver un nouveau médicament par la FDA (Food and Drug Administration) a augmenté de 70% entre 1999 et 2005 ! Avec de telles considérations, on n’aurait jamais développé la voiture à essence sous prétexte que c’est mauvais en termes de pollution. Les normes et les problèmes d’éthique, s’ils peuvent se justifier au plan moral, sont de véritables inhibiteurs de croissance. J’aime bien cette phrase d’Aristote : « Le droit doit s’affranchir de la passion ». Je plaide donc pour un moratoire sur le principe de précaution lorsqu’il s’agit de recherche expérimentale.

Vous identifiez un autre frein à la croissance : le « capital frileux ». De quoi s'agit-il ?
Comme je l’explique dans mon livre, le capital n’a jamais été aussi abondant dans le monde. C’est en grande partie dû au vieillissement de nos sociétés occidentales, qui entraîne un stockage massif d’épargne. Le problème, c’est que tout cet argent ne vient pas financer les « innovations radicales », qui sont très gourmandes en capitaux mais aussi très incertaines. En raison de la règlementation de Bâle, les banques et les assurances sont encouragées à acheter des actifs non risqués, notamment de la dette d’État, plutôt que de financer l’économie. En plus, les projets innovants sont souvent peu intelligibles pour les banquiers, et les méthodes de scoring de crédit inadaptées pour les jeunes pousses.

« On a souvent tendance à soutenir les canards boiteux de la vieille économie au détriment d’investissements qui pourraient être alloués à des projets disruptifs »

Même les États, qui devraient privilégier le long terme et l’intérêt général, sont selon vous défaillants. Pourquoi ?
Quand la BPI (Banque publique d’investissement) se vante d’afficher un taux de survie de 91% des start-up qu’elle finance, je ne trouve pas que ça soit un bon signal : en cycle d’innovation, le taux de mortalité des start-up est naturellement beaucoup plus élevé, car l’innovation, c’est avant tout la destruction. On a souvent tendance à soutenir les canards boiteux de la vieille économie au détriment d’investissements qui pourraient être alloués à des projets disruptifs. L’inertie de l’État est aussi favorisée par l’accélération des cycles politiques, qui rend les décideurs publics captifs de considérations immédiates et personnelles.

Comment, alors, contourner cette frilosité ?
Je crois, là encore, à la mobilisation de la société, comme avec le crowdfunding. Aucun investisseur, ni aucune banque, n’a par exemple voulu miser sur ReWalk Robotics, un exosquelette souple pour aider les handicapés à marcher. Ses créateurs se sont alors tournés vers la plateforme de financement participatif OurCrowd pour exposer leur idée, et l’engouement a été immédiat : l'entreprise a levé plus 3,3 millions de dollars en une seule année. Aujourd’hui, la compagnie est cotée au Nasdaq et vaut plus de 32 millions de dollars.

« On a des archipels de croissance, des villes ultra-connectées et bien dotées en capital humain, qui accaparent la richesse au détriment des autres territoires »

Si on assiste vraiment à une « supercroissance », comment expliquer que tant de gens se sentent déclassés ?
C’est en effet un phénomène totalement nouveau dans l’histoire : cette croissance est profondément inégalitaire, à la fois territorialement et socialement. On a des archipels de croissance, des villes ultra-connectées et bien dotées en capital humain, qui accaparent la richesse au détriment des autres territoires. La même inégalité s’observe entre les classes sociales. Autrefois, même l’ouvrier bénéficiait des grandes avancées scientifiques comme les vaccins. Aujourd’hui, les innovations ne profitent plus qu’à une caste de privilégiés, ceux que Thomas Picketty appelle les « super cadres ». Ces travailleurs disposent de compétences rares, qu’ils peuvent monnayer très cher. De l’autre côté, la classe moyenne est en train de mourir, et doit se contenter d’emplois peu qualifiés et non délocalisables, comme l’aide à la personne ou la restauration. Et le problème, c'est que cette supercroissance, qui ne profite qu’à une minorité de nantis, a tué chez les gens l’idée de progrès.

Céline Deluzarche

SUR LE MÊME SUJET :

Usbek & Rica est le média qui explore le futur. Tous les futurs : ceux qui nous font peur et ceux dont on rêve.





B) Flambée du gaz, 80 km/h... Ce qui a changé le 1er juillet

Prix du gaz et du tabac en hausse, aides fiscales pour les travaux énergétiques rabotées... Les cinq changements à connaître.

Coût du gaz réglementé, protection des voyageurs, limitation de vitesse, aides fiscales pour les travaux énergétiques, prix du tabac : qui dit nouveau mois dit, comme toujours, nouvelles règles et nouveaux tarifs.  

1. + 7,45 % pour le gaz réglementé

Le gouvernement l'a confirmé à l'AFP vendredi 29 juin en début de soirée : une hausse significative des tarifs réglementés du gaz s'applique au 1er juillet 2018. La progression sera de "7,45 % TTC pour un client moyen chauffé au gaz", a expliqué le ministère de la Transition écologique et solidaire. 
Principale raison invoquée : la "hausse du prix du gaz naturel sur les marchés, dans le contexte de la hausse des produits pétroliers". Ces tarifs réglementés, qui concernent quelque cinq millions de foyers, ont été jugés en 2017 contraires au droit européen par le Conseil d'Etat et doivent être progressivement supprimés d'ici à 2023. 

2. Le crédit d'impôt transition énergétique raboté

Depuis ce 1er juillet, remplacer ses fenêtres en simple vitrage par un double vitrage ne permet plus de bénéficier d'un crédit d'impôt. L'achat d'une chaudière à fioul non plus. 
"Toutefois, en cas d'acceptation d'un devis et de versement d'un acompte avant le 30 juin 2018, le bénéfice du crédit d'impôt transition énergétique (CITE) est maintenu jusqu'à fin 2018", précise l'Ademe, agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Le CITE permet de déduire de votre impôt sur le revenu certaines dépenses d'amélioration de l'efficacité énergétique de votre logement. 
D'autres équipements demeurent toutefois éligibles à un crédit d'impôt de 30 % (la liste ici) jusqu'à la fin de l'année. Le CITE dans sa forme actuelle vit cependant sa dernière saison - il doit être transformé en 2019 en prime, versée au moment des travaux. 

3. Tabac : hausses de prix pour certaines marques

Une mini-modification des prix du tabac est entrée en vigueur le 2 juillet. Seules quelques références sont concernées. Exemples : les paquets de vingt cigarettes Lucky Strike Bleu Classic ou Red Classic, dont le prix grimpe de 7,50 à 7,60 €. Ou encore les Lucky Strike Gold Classic et Rothmans London Bleu, qui passent de 7,50 à 8,10 €. D'autres voient leurs prix légèrement baisser, comme les paquets d'Allure, de 8 à 7,80 €, et d'Austin Blue, de 7,70 à 7,50 €. Les nouveaux tarifs sont répertoriés dans cet arrêté
La dernière évolution, minime également, des prix des cigarettes datait du 30 avril. La dernière hausse significative remonte, elle, au 1er mars - 1 € en moyenne. Le gouvernement compte porter à 10 € le prix moyen du paquet à l'horizon 2020 (contre 7,90 € actuellement), via quatre hausses successives de la fiscalité (avril et novembre 2019, puis avril et novembre 2020). 

4. Vitesse réduite à 80 km/h sur certaines routes

Les routes à double sens sans séparateur central, jusqu'ici limitées à 90 km/h, sont passées à 80 km/h le 1er juillet. Le Comité national de sécurité routière estime que la mesure permettra de sauver 300 à 400 vies par an, la vitesse étant la première cause des accidents mortels en France (55 %). 
"Par route sans séparateur central, il faut entendre les routes qui ne sont pas physiquement séparées par une ou deux glissières métalliques, en béton ou par un terre-plein", a indiqué le gouvernement, précisant lignes blanches et zébras ne sont pas considérés comme des séparateurs centraux. En cas de double ou triple voie dans le même sens, la vitesse maximale autorisée demeure toutefois 90 km/h. 
Ce que vous risquez en cas de non respect de la nouvelle limite ? Une amende de 68 € et le retrait d'un point sur votre permis pour moins de 20 km/h d'excès de vitesse. Deux points et 135 € pour un excès de moins de 30 km/h. 

5. L'achat de voyages plus strictement encadré

Une directive européenne visant à mieux protéger les voyageurs est aussi entrée en vigueur le 1er juillet. Sont concernés les "forfaits touristiques" (jadis appelés voyages organisés) - quand un consommateur achète en même temps ou presque, sur Internet ou non, au moins deux prestations liées à son voyage - transport, hébergement, location de véhicule ou autre service touristique.  
Principal changement : l'information préalable du consommateur sera largement améliorée. Quelques exemples : pour le transport, des heures de départ et de retour, même approximatives, devront être communiquées, tout comme l'adresse géographique de l'organisateur (pas uniquement une boîte postale) et ses coordonnées téléphoniques, ou encore la langue parlée par le guide durant les visites et excursions, l'accessibilité du voyage aux personnes à mobilité réduite, la taille approximative du groupe le cas échéant, etc. 
Les possibilités de résiliation, avec ou sans frais, sont également élargies. Pour plus de détails, vous pouvez consulter la note explicative pédagogique du Centre européen des consommateurs France et le site officiel de l'administration française.





C) L’impôt à la source coûtera cher aux contribuables

La retenue à la source, qui entre en vigueur au 1er janvier 2019, devait être neutre. En fait elle coûtera cher au contribuable, sous diverses formes.

L’emprunt forcé

Déjà, les contribuables ont compris qu’ils feraient une avance d’impôt à l’Etat. Après avoir rempli la déclaration de revenus 2017, le prélèvement à la source annoncé par le logiciel de l’administration indique un taux de prélèvement supérieur, parfois sensiblement, au taux d’impôt payé les années précédentes. Parce que le calcul de l’administration prend en compte les impôts à payer avant imputation des éventuelles réductions et crédits d’impôt des contribuables. Le taux personnalisé du prélèvement à la source est donc systématiquement supérieur au taux moyen d’imposition de ceux qui ont droit à de tels avantages fiscaux. Ces derniers ne seront pas perdus mais ils ne seront pris en compte qu’au moment de la régularisation du prélèvement à la source, en septembre de l’année suivante.
Les contribuables sont ainsi priés de prêter de l’argent à l’Etat. Cela s’appelle de l’emprunt forcé, généralement pratiqué par les Etats aux abois, comme ceux qui ont été mis en place pendant l’an II et l’an IV de la révolution française, ou sous la présidence de François Mitterrand en 1983. C’est un impôt déguisé.

Les revenus exceptionnels paieront deux fois

Le « crédit d’impôt modernisation du recouvrement » (CIMR) est un dispositif prévu pour éviter une double imposition des contribuables en 2019. Mais ce crédit d’impôt ne concerne que les revenus courants de 2018.
Le CIMR est égal au montant de l’impôt sur le revenu du foyer résultant de l’application du barème en vigueur multiplié par le rapport entre les revenus non exceptionnels de l’année 2018 relevant de l’assiette du prélèvement à la source et le revenu net imposable du foyer soumis au barème. Sous déduction des réductions et crédits d’impôt ainsi que de tous les prélèvements ou retenues non libératoires, il s’impute sur l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année 2018. L’excédant éventuel est restitué.
Mais les revenus exceptionnels de 2018 ainsi que les autres revenus exclus du champ de la réforme, par exemple les plus-values mobilières et immobilières, les intérêts, les dividendes, les gains sur les stocks options ou les actions gratuites, resteront imposés selon les modalités habituelles (cf.economie.gouv.fr, portail de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics) . Il peut paraître normal que les contribuables ne puissent donc pas profiter de l’année 2018 pour vendre en franchise d’impôt des actions ou des biens immobiliers. Mais il est tout à fait anormal qu’ils payent l’impôt sur leurs dividendes ou intérêts de 2018 et sur ceux de 2019. Ils seront soumis à une double peine. C’est sans doute volontaire puisqu’ils sont considérés comme d’affreux rentiers par le gouvernement.

Le plafonnement de l’IFI sera limité

Ceux qui payent l’impôt sur la fortune immobilière, IFI, peuvent encore bénéficier du plafonnement qui limite le montant total des impôts sur les revenus de l’année précédente et sur la « fortune » de l’année en cours à 75% du revenu imposable de l’année précédente.
L’administration indique (BOI-PAT-IFI-40-30-10) que l’entrée en vigueur, à compter du 1er janvier 2019 du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, n’a pas pour effet de modifier les modalités de calcul du plafonnement. Mais pour l’année de transition liée à l’institution du prélèvement à la source, le crédit d’impôt pour la modernisation du recouvrement (CIMR) effacera la fraction d’impôt sur le revenu afférente aux revenus de 2018 relevant des catégories de revenus soumises à imposition contemporaine à compter de 2019.
Pour le calcul du plafonnement de l’IFI 2019, seul l’impôt sur le revenu effectivement acquitté en 2019 au titre des revenus 2018, c’est-à-dire après imputation du CIMR, sera pris en compte. Le plafonnement praticable en 2019 prendra donc en compte le revenu 2018, mais pas les impôts sur les revenus 2018. Etrange violation du parallélisme des formes qui méritera sans doute un recours administratif. Car les contribuables soumis à l’IFI et susceptibles d’être plafonnés verront leur IFI 2019 augmenté du montant théorique de leur impôt sur le revenu 2018. La justice voudrait que le plafonnement soit retienne un revenu 2018 « zéro », soit prenne en compte l’impôt 2018 faisant l’objet du CIMR.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Chroniques-de-livres/Philosophie-de-l-impot

Ces dispositions sont sans doute un peu techniques, mais les contribuables concernés en ressentiront, eux, les effets réels et douloureux. On comprend mieux maintenant pourquoi la retenue à la source a été maintenue en dépit de ses nombreux inconvénients, conduisant les entreprises à faire une partie du travail de l’administration et les contribuables à continuer à établir leurs déclarations comme avant : sauf modification de la doctrine administrative, l’année blanche sera très rentable pour le fisc.





D) Geoffroy Roux de Bézieux, un franc-tireur à la tête du Medef

Geoffroy Roux de Bézieux en avait vraiment très envie, et depuis longtemps. Il le voulait ce poste de président de Medef. Il a fini par l'avoir. Il avait déjà envisagé de se présenter en 2009, mais Laurence Parisot lui avait grillé la priorité. En 2013, il avait été candidat à la présidence du Medef, mais s'était incliné dans la dernière ligne droite, retirant sa candidature au dernier moment pour soutenir Pierre Gattaz. Ce coup-ci, il a tenu jusqu'au bout et a battu son rival Alexandre Saubot. Et hop, voilà une ligne de plus sur le CV déjà cousu de fil d'or de Geoffroy Roux de Bézieux, 56 ans. Avant d'être intronisé « patron des patrons », il avait pourtant déjà tout fait, et à peu près tout réussi aussi.

Études brillantes, embauche dans un prestigieux groupe du CAC 40, et la petite touche en plus, une aventure entrepreneuriale dans la téléphonie mobile, avec la fortune au bout du chemin. Il est aussi un administrateur recherché, notamment chez PSA Peugeot Citroën ou chez le fabricant de drones Parrot et a gagné l'étiquette du « patron sympa, cash, et photogénique à inviter à la télé ». Il a aussi été président de l'association Croissance Plus. Mais Geoffroy Roux de Bézieux serait-il donc un brin masochiste ? C'est que devenir président du Medef vous promet un accessit qui n'est peut-être pas le plus envié : « l'homme le plus détesté de France… » Pour ne rien gâcher à ce curieux plaisir, la fonction est 100 % bénévole. Il n'empêche, il a l'air d'y tenir et a bien l'intention d'échapper à la malédiction de l'avenue Bosquet. Au moment d'annonce la victoire, ses copains ont laissé échapper un grand soupir de soulagement. Heureux pour lui, bien sûr, mais aussi égoïstement pour leur propre tranquillité dans les semaines qui viennent. Car un Geoffroy Roux de Bézieux qui perd le fait payer longtemps à son entourage. Colère, mauvaise foi, énervement. Il ne supporte pas l'échec.

40 millions d'euros empoché

Les plus critiques se plaisent à noter que, oui, Geoffroy Roux de Bézieux a effectivement bien réussi dans la vie, mais qu'il a un mérite tout relatif, car il est né dans les beaux quartiers (Neuilly), dans une famille bourgeoise, éduquée, aimante et attentive. Bref, encore un qui est né avec une petite cuillère dans la bouche… Il est indéniable que cela aide, mais ce n'est toujours une condition suffisante à la réussite. La clé, c'est la personnalité de son père. Bruno Roux de Bézieux, décédé en décembre 2008, figure de la Légion étrangère, qui avait servi pendant la guerre d'Algérie et y avait été blessé, ex-officier au 1er régiment étranger de cavalerie, diplômé de HEC et de Harvard, réputé pour son intelligence et sa droiture. Ce père, toujours présent pour ses trois enfants, a mené une carrière de banquier chez Worms et cie, mais n'a jamais accédé au Graal, le statut d'associé-gérant. Le fils a longtemps pensé que son géniteur avait été victime d'une injustice, qu'il n'avait pas eu la carrière qu'il méritait.

Geoffroy Roux de Bézieux décroche son diplôme de l'Essec et un master à Dauphine, et file à Lorient, en 1984, faire son service militaire dans les commandos de la marine. Il intègre ensuite L'Oréal où il restera sept ans. Le courant passe alternativement entre la grande gueule Roux de Bézieux et le PDG tout puissant Lindsay Owen-Jones. Le premier est envoyé en poste en Pologne, ce qui est plus un départ en exil loin du pouvoir central qu'une promotion… Cela le détermine à quitter le géant des cosmétiques et à monter son entreprise. Il se lance en 1996 dans la téléphonie, en créant The Phone House, chaîne de boutiques spécialisée dans la vente de téléphones mobiles. Il revend la société en 2000 au groupe anglais Carphone et empoche près de 40 millions d'euros. Il prend ensuite la tête de l'opérateur mobile Virgin Mobile.

Il refuse de déjeuner avec... Emmanuel Macron

La révolution technologique est au cœur de sa vie professionnelle et elle a été au centre de sa campagne pour la présidence du Medef. Ce Parisien pur jus qui a visité plus de 80 territoires français au cours des dernières semaines n'a cessé de pointer les énormes mutations technologiques en cours, notamment la révolution de l'intelligence artificielle, amenée à provoquer la disparition de nombreux métiers. Il est d'ailleurs soutenu par cent patrons de la French Tech dont Frédéric Mazzella (Blablacar), Marc Simoncini (Sensee), Henri Seydoux (Parrot), Stéphane Treppoz (Sarenza). Il entend également porter le sujet de la fiscalité des Gafa en Europe. Roux de Bézieux cultive un style, à l'américaine.

Sans complexe, il affiche ses succès d'entrepreneurs et ses convictions libérales. Il n'a aucun problème à dévoiler publiquement son salaire et l'étendue de sa fortune. En 2007, alors qu'il passe des vacances en Islande en famille, il profite des soirées au refuge pour débuter la rédaction d'un livre, Salauds de patrons ! Pourquoi les Français n'aiment plus leurs chefs d'entreprise. Roux de Bézieux se lâche. Il tape sur les « gros matous du CAC 40, gavés de stocks options et protégés par des parachutes dorés ». Il le payera de quelques inimitiés dans le monde patronal. Son côté franc-tireur qui passe bien à la télé et fait du buzz en agace plus d'un… Henri de Castries, ancien PDG d'Axa, n'est par exemple pas son meilleur ami. Denis Kessler, grande figure du Medef, et PDG du groupe de Scor, qui a fini par le soutenir à la présidence du Medef, ne l'a pas toujours encensé non plus. Geoffroy Roux de Bézieux a été membre de la prestigieuse commission Attali « pour la libération de la croissance française  ». Il y a croisé un jeune homme, alors rapporteur général adjoint, un certain Emmanuel Macron, qui lui avait proposé de déjeuner plusieurs fois, en marge des réunions de travail. Roux de Bézieux avait toujours décliné, en raison d'un emploi du temps trop chargé. Il raconte en rigolant aujourd'hui qu'il aurait pu prendre le temps, qu'il a peut-être manqué d'intuition sur ce coup-là…

Sportif et admirateur du général de Gaulle

Roux de Bézieux, père de quatre enfants, tous aussi brillants les uns que les autres (son aîné est major de l'X), catholique pratiquant, gère sa holding d'investissement personnelle, baptisée Notus. Il a racheté Amsterdam Air, société de vente en ligne de vélos et de triporteurs électriques ; Chronocarpe, entreprise de e-commerce spécialisée dans la vente en ligne d'articles pour la pêche à la carpe ; le Fondant Baulois (société qui produit un délicieux gâteau au chocolat) ; Swimbot, qui a mis au point un bonnet de bain connecté qui corrige le mouvement du nageur en temps réel ; Chullanka, chaîne de magasins de sport outdoor et Oliviers & Co, producteur d'huile d'olive haut de gamme. Roux de Bézieux a également cocrée le fonds Isai, qui investit dans des start-up. Avec sa femme Sabine, rencontrée sur les bancs de l'Essec, il gère aussi Araok, (« en avant », en breton) une fondation qui apporte son soutien aux orphelins du Niger, aux apprentis d'Auteuil ou aux chrétiens d'Orient.

À la tête du Medef, ce sportif jamais rassasié, qui s'était cassé les deux dents de devant en plongée sous-marine dans sa jeunesse, aura sans doute un peu moins de temps pour ses loisirs. Car Roux de Bézieux, qui en devient légèrement agaçant tant il incarne un profil « idéal », pratique la boxe, le tennis, le vélo, la natation, la course à pied… Dans ses années étudiantes, il jouait au rugby, sa passion, avec des amis (qui ont aujourd'hui plutôt réussi dans la vie) comme Pascal Lebard, PDG de Sequana, Laurent Mignon, tout nouveau patron de BPCE ou Jean-Marc Paihol, dirigeant d'Allianz, dans l'équipe de rugby des « Blacks Pampers », reconnaissable à ses couleurs jaune, bleu et vert.

Geoffroy Roux de Bézieux est en fier du parcours accompli et le fait savoir, parfois un peu trop bruyamment... Il a l'air de considérer que l'étape « président du Medef » était indispensable à une félicité totale. Mais cet admirateur du général de Gaulle devra veiller à ne pas caler sur le dernier obstacle. Il s'est donné pour mission de rénover le Medef de fond en comble et de calmer les tensions qui avaient marqué le mandat Gattaz.






E) Éducation : la prime de 3 000 euros promise aux enseignants de REP+ sera finalement progressive

Le candidat Macron avait promis une prime de 3 000 euros pour les enseignants des quartiers très défavorisés. À la rentrée, elle sera de 1 000 euros, avant une montée en charge progressive, mais le bonus ne sera pas forcément versé à tous.
Pendant la campagne de la présidentielle, Emmanuel Macron avait promis une prime de 3 000 euros pour les enseignants des quartiers très défavorisés. En septembre, elle sera de 1 000 euros, avant une montée en charge progressive. En 2019-2020, 2 000 euros pourront être versés, avant que la totalité de la somme promise ne soit distribuée en 2020-2021, mais selon des modalités encore imprécises. 

Un bonus encore en réflexion

Cette prime concernera les 41 000 enseignants de maternelle, élémentaire et collège en REP+, mais aussi les chefs d'établissements et les agents administratifs. Dans ces établissements situés dans des quartiers défavorisés et où les classes de CP ont été dédoublées à la rentrée 2017, les enseignants touchaient déjà une indemnité de 2 300 euros par an. Avec 3 000 euros de plus, cela fait 450 euros par mois. Toutefois, il y a un mais..., explique Édouard Geffrey, directeur des ressources humaines du ministère de l'Éducation nationale. "Avec simplement cette petite question qui est ouverte, de savoir si un fragment de la prime doit, ou pas, être associé à une dimension collective." Sous-entendu, une part de cette prime pourrait être variable. Elle serait accordée dans sa totalité à l'ensemble des enseignants d'une école ou d'un collège, seulement s'ils ont été performants par rapport au projet collectif de début d'année.

"C'est le grand flou"

Plusieurs syndicats s'interrogent. Comment seraient évalués les enseignants ? Á la réussite des élèves, aux compétences des enseignants ou encore à leur ancienneté dans l'école ? Pour Stéphane Crochet, du SE-Unsa, "la promesse du candidat Macron était très claire, c'était 3 000 euros pour les enseignants en éducation prioritaire. Là, on est dans le plus grand flou". La rémunération au mérite, le débat est tout juste ouvert par le ministère de l'Éducation. Les négociations avec les syndicats d'enseignants sur les modalités de cette prime devraient aboutir à l'automne.

Solenne Le Hen

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F) «Plan anti-pauvreté» : ce que prépare Emmanuel Macron

Le plan anti-pauvreté du président est très attendu, au moment où l’exécutif décroche dans les sondages. Révélations sur ses mesures.

« C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres » a osé le sermonner le pape François la semaine dernière au Vatican. L’avertissement ne manquait pas de sel. Comme si l’étiquette de «président des riches» dont l’a affublé l’opposition avait fini par imprégner les esprits, au-delà même de nos frontières. Emmanuel Macron, qui s’apprête à annoncer lundi des mesures ambitieuses pour les plus fragiles, sait qu’il est attendu au tournant. « Il est conscient des problèmes de perception dans l’opinion » glisse un ministre.
Il y a eu la présentation de sa philosophie sociale, le 13 juin dernier, en ouverture du congrès de la Mutualité Française. Elle doit maintenant se traduire en actes. La stratégie de lutte contre la pauvreté du gouvernement sera présentée en trois actes la semaine prochaine. Ce qui en dit long sur l’importance que revêt ce moment pour l‘exécutif.
Lundi, devant le Congrès à Versailles, le président dévoilera les grandes lignes de son plan pauvreté. Le lendemain, il devrait se rendre sur le terrain en région parisienne (sauf si les Bleus sont qualifiés en demi-finale, auquel cas il assistera au match en Russie) pour illustrer cette stratégie d’accompagnement des bénéficiaires du RSA vers l’emploi. Enfin mercredi, Edouard Philippe, entouré des ministres concernés, Agnès Buzyn (Solidarités), Muriel Pénicaud (Travail) et Jean-Michel Blanquer (Education) se chargera de la présentation des mesures à Matignon.

«Les mesures seront d’ampleur»

Surtout ne parlez pas de tournant social même si cela peut un peu y ressembler. « Emmanuel Macron ne sera jamais dans la théorie du virage mais les mesures seront d’ampleur » assure un conseiller.
Le président devrait d’abord annoncer la réalisation d’une promesse de campagne : « le versement social unique ». A partir du 1er janvier 2020, toutes les prestations sociales (RSA, prime d’activité, Allocation handicapé etc.) pourront être versées le même jour du mois. Le but est de lutter contre le non-recours aux aides qui s’élève à 30 % mais aussi de faire des économies non négligeables. Une première étape avant la fusion des minima sociaux ? Les arbitrages sont en cours.

Le gouvernement va surtout mettre le paquet sur les décrocheurs en créant un parcours obligatoire de formation pour les jeunes entre 16 et 18 ans. Il ne s’agit pas de scolarisation mais d’allonger la période obligatoire de formation jusqu’à 18 ans. « Aucun de ces jeunes, en situation de grande pauvreté, ne doit être livré à lui-même. On veut retarder les ruptures » glisse une source au cœur du dossier. Cette mesure devrait responsabiliser les acteurs de terrain en les contraignant à trouver à trouver des formations à ces quelque 80 000 jeunes en dehors du système chaque année.
Un budget devrait être également dédié à « l’accompagnement vers l’emploi ». C’est la pierre angulaire de la nouvelle approche du président : ramener les bénéficiaires du RSA vers le travail plutôt que les maintenir dans la pauvreté avec des prestations monétaires. « Ce ne sera pas cosmétique, il y aura des moyens supplémentaires » jure-t-on en coulisse. Tous les acteurs, missions locales, département, Pôle emploi seront responsabilisés.
La prime d’activité ne devrait finalement pas être touchée, ni l’allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droits.
« Chaque mesure a été expertisée et chiffrée. C’est l’anti-plan Borloo. On n’a pas fait des règles de 3 sur un coin de table » explique-t-on au sommet de l’Etat. Le gouvernement devra surtout démontrer qu’il ne fait pas d’économie sur le dos des plus pauvres.

Myriam Encaoua




G) Les pistes des députés pour la réforme des CCI

Deux députées LREM présentent ce mercredi les grandes lignes de leur rapport sur la réforme des chambres de commerce. Une synthèse entre conservateurs et réformateurs.

Hasard du calendrier, alors que les administrateurs de la chambre de commerce Paris-Ile-de-France sont convoqués le 5 juillet en assemblée générale extraordinaire pour se prononcer sur un projet de réforme radicale de leur institution , deux députées LREM présentent ce mercredi les premières orientations de leur rapport sur la réforme du réseau consulaire, dont la version définitive est attendue le 17 juillet.
Les membres de la commission des affaires économiques et de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui entendront Stella Dupont (élue du Maine-et-Loire) et Valérie Oppelt (Loire-Atlantique), auront peut-être, au premier abord, une impression de déjà-vu sur des recettes pas forcément novatrices. Mais celles-ci devraient donner un peu d'espoir aux chambres qui craignent une restructuration drastique du réseau.
Pour les deux députées, les chambres sont avant tout très diverses. On ne peut pas comparer celle de Paris-Ile-de-France avec l'établissement d'un territoire rural. « Il faut permettre au réseau de se restructurer, à partir de la redéfinition des missions des CCI, de manière à dégager des économies plutôt que d'engager des baisses trop importantes de la taxe sur les frais de chambre », lit-on dans une note à laquelle « Les Echos » ont eu accès. En clair, la méthode de Bercy, qui consiste à réduire d'année en année le produit de la taxe pour frais de chambre qui constitue la principale ressource du réseau, n'est peut-être pas la plus appropriée. Elle est passée en effet de 1,2 milliard d'euros en 2012 à 750 millions d'euros cette année et on évoque une nouvelle réduction de 100 millions d'euros pour 2019.

Faire de CCI France un administrateur gendarme, une tête de réseau forte.
Pour les deux députées, la voie contractuelle pourrait être plus efficace. On pourrait conclure des contrats d'objectifs et de moyens avec les chambres. On éviterait ainsi des restructurations brutales contre un engagement de réforme et d'économies. Seulement, et cela risque d'être plus difficile à accepter par les élus consulaires, cela s'accompagnerait de la présence de représentants de l'Etat dans les instances de CCI France afin d'en faire « un administrateur gendarme, une tête de réseau forte », lit-on dans la même note. Il est également envisagé davantage de passerelles entre les différents types de chambres de commerce pour que les intérêts de leur grande diversité soient davantage pris en compte. Les deux députées n'excluent pas non plus un rapprochement des CCI avec les chambres de métiers et d'agriculture. 




H) Données personnelles : "Parmi les plaintes déposées à la Cnil, il y en a davantage qui concernent le travail que les banques", Raphaëlle Bertholon

La CFE CGC et le Lab RH ont présenté mercredi 4 juillet 2018 à Paris leur charte "Ethique & numérique RH". Même si le bruit médiatique a été plus faible, le RGPD comporte des obligations en matière de données RH. Raphaëlle Bertholon, déléguée nationale CFE-CGC à l'Economie, qui a supervisé les travaux ayant abouti à cette Charte, a répondu à L'Usine Digitale. Selon elle, il est important que l'usage et le stockage des données RH soient l'occasion d'une négociation. Elle rappelle, par exemple, que les plaintes contre les entreprises par des salariés sont plus nombreuses que celles des consommateurs "contre" leur banque.


L'Usine Digitale : Comment est née la Charte éthique et numérique RH que la CFE-CGC et Le lab RH ont présenté le 4 juillet 2018 ? 
Raphaëlle Bertholon : La création de cette charte prend sa source dans le débat éthique et numérique initiée par la Cnil. Nous étions partenaires. Nous avons organisé plusieurs tables rondes sur ces thématiques de l’Intelligence Artificielle et nous avons consulté nos adhérents sur le sujet spécifique de son application aux Ressources Humaines. Ces derniers nous ont fait remonter la nécessité d’avoir des garde-fous sur l’utilisation des données RH par les entreprises.
Lors de la table ronde sur le big data et les RH, il y avait Jérémy Lamri du Lab RH, avec lequel on a parlé de l’intelligence artificielle, qui se développe plus vite que la conscience qu’ont les acteurs de ce qui est fait. Nous avons travaillé ensemble dès septembre 2017 à l’élaboration de cette charte. Une première présentation de la Charte a été faite le 31 janvier 2018, puis une phase de co-construction s’en est suivie. C’est cette version co-construite avec nos adhérents et le lab RH qui a été présentée.

Quel poids peut avoir une Charte face aux enjeux ?
R. B. : Notre conviction est qu’il est essentiel que l’homme reste maître de ce qui va se passer. Notre ambition est d’impulser de cette façon des pratiques numériques de référence. Ainsi, il est crucial que les données soient de bonne qualité pour que l’IA donne de bons résultats. Nous pensons qu’il est important que la collecte, le traitement, le stockage et la destruction des données liées au travail… soient discutés dans l’entreprise, d’autant que la Cnil a prévenu que les pratiques des entreprises en matière de données RH seront sa priorité lors des contrôles à venir. D’ores et déjà, parmi les plaintes déposées concernées à la Cnil, il y en a davantage qui concernent le travail – c’est le troisième motif - que les banques.
 
Qu’allez-vous faire avec cette Charte maintenant ?
R. B. : En premier lieu, il faut une prise de conscience dans les entreprises : le RGPD s’applique 
aux données RH. Si les sous-traitants en ont souvent conscience, les DRH ne sont pas toujours dans la même situation. Ce que nous voudrions, c’est en faire un enjeu de dialogue social, comme le prévoit l’article 88 du RGPD, et que représentants des salariés et la direction négocient ce qu’il est possible de faire ou non. Les employeurs devraient s’en saisir, car j’en suis sûre : si les collaborateurs de l’entreprise sont sensibilisés à la façon dont sont traitées leurs propres données, ils seront plus attentifs dans le traitement de celles des clients de l’entreprise.
 
Vous parlez d’un retard des entreprises en matière de données RH. Que sont-elles censées avoir fait ?
R. B. : Tous les employeurs devraient avoir écrit à chacun d’entre eux pour leur indiquer qui est le correspondant à la protection des données, quelles données sont collectées, pourquoi faire… En outre, en matière de RH, le RGPD évoque la limitation des finalités de la collecte des données. Le consentement du salarié n’est pas que très peu le motif de licéité du traitement. C’est un point important. Nous proposons qu’on puisse négocier sur ces sujets, en particulier sur la définition d’intérêt légitime d’un traitement. Par exemple, dans le recrutement, utilise-t-on ou non des algorithmes d’IA ? Si oui, qui les contrôle ? Comment ? On aurait tout à gagner qu’émergent des solutions qui auront été négociées.
Les entreprises doivent se saisir vite de cette question, car plus qu’une obligation, c’est un enjeu d’intelligence économique très important. Protéger les données des salariés, c’est participer à la protection des données des entreprises. Dans certaines entreprises du secteur de la Défense, on utilise désormais plus que le moteur de recherche Qwant. Les données concernant les recherches ont une valeur économique non négligeable.
 
Que change le RGPD pour les directions de ressources humaines ?
R. B. : Le DRH va devenir responsable du traitement des données. Jusqu’ici, il faisait sa déclaration à la Cnil et si cette dernière ne disait rien, tout était OK. Aujourd’hui, le DRH engage sa responsabilité quant aux traitements des données des collaborateurs. En cas de contrôle par la Cnil, il faudra pouvoir prouver qu’on a bien fait le nécessaire dans le respect des textes. Les amendes peuvent aller jusqu’à 4 % du CA.
Au-delà, les textes ouvrent des perspectives intéressantes, avec la portabilité des données. Les notes obtenues par les chauffeurs de VTC sont-elles la propriété de la plateforme ou des chauffeurs eux-mêmes ? Ou sont-elles partagées ? Pour peu qu’on considère qu’elles sont aux chauffeurs, la portabilité pourrait très bien autoriser ces derniers à changer de plateforme et d’arriver chez la nouvelle avec leurs notes. C’est un changement bien plus profond qu’il ne semble qui commence aujourd’hui.
 
L'intégralité de la Charte est consultable ci-dessous :  




I) Mohamed Assid: “L’islam est la cause du sous-développement des Arabes”

ALGERIE (Tamurt) – Intellectuel marocain, Mouhamed Assid, n’a pas mâché ses mots pour affirmer que la religion musulmane est la cause du sous-développement des Arabes.  Dans une conférence, il a affirmé avec argument que les pays arabes sont victimes de leur religion. “Les musulmans considèrent que l’Islam c’est l’Etat est c’est la principale cause de leur sous-développement et n’arrivent pas à s’en sortir”, dira Mouhamed Assid.

“Depuis le premier siècle, chaque opposant politique est vite éliminé sous le motif que c’est un individu qui s’oppose à l’islam. Les Arabes confondent toujours religion et politique et à ce jour ils n’ont pas pu surpasser cette étape. Donc ils ne peuvent pas évoluer”, dira Mr Assid. Ces déclarations ont biensûr suscité une vive polémique au Maroc et au niveau de plusieurs pays musulmans.
Par contre, les déclarations de ce chercheur universitaire ont trouvé un écho favorable au sein d’une bonne partie de la société marocaine. Même des musulmans pratiquants ont soutenu sa réflexion et la considèrent juste et pertinente. Mouhamed Assid est connu pour sa pédagogie et son intelligence. Dans ses discours critiques envers la religion, il évite l’insulte et le dénigrement de la religion. Il fait souvent la différence entre la religion et les pratiquants. Il juge ces dernier mais pas la religion.





J) Darmanin va engager des coupes massives dans les effectifs du fisc

Comptes publics réunit mercredi les principaux directeurs de son administration pour leur annoncer une restructuration d'une ampleur inédite. Jusqu'à 20.000 postes pourraient être supprimés sur le quinquennat, craignent les syndicats. Bercy dément l'ampleur des coupes.

Après s'être longtemps fait attendre, les annonces d'économies promises par Emmanuel Macron sont désormais imminentes. Faute de publier le rapport « Action Publique 2022 » qui a nourri les réflexions, le gouvernement devrait indiquer tout au long de l'été comment il compte réduire la dépense, ministère par ministère. Comme pour montrer l'exemple, l'administration de Bercy va inaugurer la procédure. A l'issue du conseil des ministres, ce mercredi, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, va réunir les principaux directeurs de son administration pour leur annoncer une restructuration d'une ampleur inédite.
Comme le craignaient les syndicats de Bercy au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron, le ministère de l'Economie et des Finances devrait contribuer amplement aux 50.000 suppressions de postes prévues sur le quinquennat dans la sphère de l'Etat. « L'an dernier, nous avions estimé que la Direction générale des finances publiques (DGFIP) risquait de subir 18.000 à 20.000 suppressions d'emplois. La direction ne nous a jamais démentis », déplore Anne Guyot Welke, porte-parole du syndicat Solidaires finances publiques.

Investissement dans le numérique

Numérisation, disparition de la taxe d'habitation, et à terme le prélèvement à la source qui transférera la collecte de l'impôt aux entreprises : toute une série de facteurs poussent à une réduction des effectifs au sein de l'administration fiscale. Celle-ci a déjà été le principal contributeur de la baisse des effectifs de l'Etat ces dernières années, à hauteur de 2.000 emplois supprimés chaque année, soit un taux de non-remplacement des départs en retraite d'environ 60 %. La tendance va s'accélérer. « On pourrait tendre vers des réductions d'effectifs de l'ordre de 4.000 agents par an dès 2019 », estime la CFDT Finances, dans un communiqué.
En réalité, ce rythme, qui suppose d'aller au-delà des départs en retraite (près de 3.500 par an) ne devrait pas être atteint dès l'année prochaine, car l'exécutif doit encore négocier avec les syndicats de fonctionnaires les conditions des « plans de départ volontaires » évoqués au printemps par Gérald Darmanin. Le nombre de suppressions de postes à moyen terme (environ 5 ans, soit au-delà de 2022) devrait se situer un peu en dessous des 20.000. Bercy a toutefois démenti l'ampleur des coupes ce lundi matin, tout en confirmant la tenue de la réunion de mercredi. 
Dans un rapport récent,  la Cour des comptes a proposé des pistes de restructurations pour cette administration , issue de la fusion il y a dix ans de la Direction générale des impôts et de la Direction générale de la comptabilité publique. Le procureur général près la Cour des comptes  a estimé que la DGFIP pouvait supprimer encore 30.000 postes , soit 30 % de ses effectifs, dans un scénario où elle investirait massivement dans le numérique et réviserait en profondeur ses missions. Ces observations n'ont pas été retenues par les magistrats dans le rapport final mais elles dressent déjà le décor.

Transfert du recouvrement

Le comité « Action publique 2022 », constitué à l'automne dernier pour proposer des réformes,  s'est d'ailleurs penché sur toute une série de mesures concernant Bercy . Le transfert d'une partie du recouvrement de la douane vers la DGFIP paraît acté, sachant que les douaniers conserveraient les impôts les plus pertinents par rapport à leurs missions, comme la TVA extracommunautaire ou la TICPE (taxe intérieure de consommations des produits énergétiques). Les trésoreries, encore nombreuses, devraient être regroupées.
Dans la même logique, il est question de n'avoir plus qu'un seul service des impôts des entreprises et un service pour les particuliers par département, d'après la CFDT. Le rapport de la Cour des comptes suggérait également de créer un service de publicité foncière unique et de transférer le cadastre (pour sa partie topographique) à l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN). Des propositions qui ont de bonnes chances de figurer dans le projet final.










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