août 28, 2018

#47 Diverses informations politico-socio/économique en Macronie

Ce site n'est plus sur FB (blacklisté sans motif), alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes ( notamment ou j'en étais l'administrateur), comme sur vos propres murs respectifs. 
D'avance merci. 

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...

Merci de vos lectures, et de vos analyses. Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. N'omettez de lire par ailleurs un journal libéral complet tel que Contrepoints: https://www.contrepoints.org/ 
Al, 

PS: N'hésitez pas à m'envoyer vos articles (voir être administrateur du site) afin d'être lu par environ 3000 lecteurs jour sur l'Université Liberté (genestine.alain@orange.fr). Il est dommageable d'effectuer des recherches comme des CC. 
Merci



Sommaire

A) «Pourquoi le gouvernement doit abandonner le prélèvement à la source»

B) Les vrais crimes d’Emmanuel Macron - Sylvain Baron - Réseau international

C) Pédophilie dans l’Eglise catholique et abus de la (des ?) Fonction Publique, le viol des consciences en questions -

D) URSSAF : 214 000 vérifications par an. 1,5 milliard d’euro de redressement. Et derrière ces chiffres ? - Cercle Lafay

E) Prestations sociales, heures sup... : les mesures d'Édouard Philippe pour le budget - AFP - Le Point

F) La masturbation va-t-elle remplacer le sexe ? -

G) Pouvoir d'achat 2018 : des salariés qui sourient et des retraités qui pleurent - Aurélie Lebelle et Matthieu Pelloli - Le Parisien

H) Emmanuel Macron : « l'Afrique est notre alliée pour inventer les nouveaux équilibres de demain » - - Afrique La Tribune

I) Les directions marketing françaises investissent pour transformer leur activité -Florence Berthier - Influencia


J) Comment l’orientation scolaire renforce les inégalités - Philippe Testard-Vaillant - CNRS


K) Chômage et solidarité: la République en Marche prise d’une crise de hollandisme? -

L) Le pillage social organisé par l’Etat - Jean-Philippe Delsol - IREF






A) «Pourquoi le gouvernement doit abandonner le prélèvement à la source»
L'impôt à la source doit être mis en œuvre à compter du 1er janvier 2019. Il faut renoncer à cette mesure qui est technocratique, méprise les attentes réelles des Français et provoquera un choc pour les ménages, pensent Vincent You et Roch Brancour.
Pour bien piloter son véhicule et éviter les obstacles, il faut surveiller les angles morts. Pour bien mener une réforme structurante et éviter les bugs, il faut avoir la vigilance de surveiller l'impact réel sur les Français sans rester à une lecture nationale et uniforme. La France ne peut être réduite à un regroupement d'individus isolés et identiques en quête perpétuelle de défiscalisation. Notre pays est d'abord une communauté de citoyens participant, chacun à leur manière à la vie du pays, par exemple à travers l'emploi à domicile ou les dons aux associations. Cela mérite d'être pris au sérieux.
Malheureusement, sur le sujet, le ministre Darmanin et les parlementaires de la majorité ont chaussé des lunettes aveugles: «le Prélèvement à la Source ne change absolument rien aux règles qui profitent aux donateurs (…) il sera bénéfique pour tout le monde, particulièrement les contribuables modestes qui payent l'Impôt sur le revenu, c'est-à-dire les classes moyennes», et vient ce slogan «notre but est d'offrir à tous la simplicité»… La réalité est beaucoup plus complexe et annonce des lendemains douloureux!
Prenons tout d'abord la question des emplois familiaux. Quid pour ceux qui emploient une personne à domicile (3,4 millions de Français) pour du ménage, de la garde d'enfant ou de l'aide aux devoirs? À partir de janvier 2019, le système du crédit d'impôt, égal à 50% des dépenses supportées, va voir son application et son calendrier modifiés de manière substantielle. 
Les Français qui payent une personne à domicile 2000 euros par an bénéficiaient d'une réduction de leurs impôts annuels de 1000 euros. En étant mensualisé (60% des cas), le crédit d'impôt provoque une réduction de 100 euros chaque mois, sur 10 mois. Avec la réforme, le principe de la ristourne est maintenu, ce qui est résumé un peu partout par «rien ne change, les déductions ne sont pas modifiées». Pourtant les modalités du mécanisme, elles, seront bouleversées. Finie, la réduction au moment du paiement de vos impôts, que celui-ci soit par tiers ou mensuel. À partir du 1er janvier, l'impôt sur le revenu sera prélevé directement sur les salaires, chaque mois, sans que l'employeur puisse en déduire les crédits d'impôts. Un premier acompte sera versé, en janvier, d'un montant de 30%. Le solde de 70% sera versé à la fin du mois d'août. Plutôt que d'avoir une déduction stable sur l'ensemble des mois concernés, l'effet de comparaison va fluctuer chaque mois. Le contraire de la stabilité fiscale qui est pourtant le cœur du consentement à l'impôt. Les particuliers employeurs vont en effet se retrouver: d'abord avec une bonne surprise en janvier 2019 grâce à l'acompte de 30%, puis en février et mars avec un impôt sans déduction ni acompte, et, à compter d'avril 2019, sans aucune déduction alors que le coût de l'emploi familial continue à peser. Tout cela pour attendre le mois d'août 2019 et le versement du second acompte de 70%…
Autant dire que parler de simplification est une véritable honte et un mensonge qui laissera des traces tant il sera visible. C'est le premier bug fiscal qui s'annonce. Face à ces variations de trésorerie, il faudra des reins solides pour maintenir les emplois sans casse sociale!
La question des dons aux associations risque d'être plus douloureuse encore. Rappelons tout d'abord qu'il s'agit d'un phénomène de masse, même si les dernières tendances sont préoccupantes. Depuis 2005, les dons déductibles ont augmenté de plus de 70% avec une première stagnation lors du dernier pointage en 2016. Il reste que 58% des Français étaient donateurs en 2017 dont 43% régulièrement d'année en année. Il ne s'agit pas d'une petite générosité ici ou là puisque le don moyen est de 472€ par foyer donateur. 
Là aussi, la disparition des déductions mensuelles, et ici sans acompte, va se traduire par une pénalisation pendant 8 mois qui risque d'avoir un effet de baisse ou de report des dons.
On peut nier la question, comme la députée LREM Cendra Motin qui estime que «cette réforme n'aura pas d'impact sur les dons, car ces derniers ne sont pas réalisés dans un but fiscal». Pourtant, après la récente réforme de l'ISF qui a provoqué une forte diminution des dons défiscalisés, on ne devrait pas écarter le risque d'un revers de main. L'alerte n'a servi à rien. Les 5.2 millions de Français qui défiscalisent leurs dons vont découvrir, dès janvier, un écart de trésorerie qui ne disparaîtra qu'en août. Penser que cela sera sans incidence sur le montant de la collecte, c'est ne rien vouloir entendre de la crise des classes moyennes. 80% des donateurs déclarent un revenu inférieur à 60 000€ par an ; 65% des donateurs déclarent un revenu inférieur à 45 000€ et occasionnent 45% des dons ; ils sont les classes moyennes qui subissent le matraquage fiscal. Ne pas le voir, c'est jouer avec les milliers d'associations pour lesquelles les 2.6 milliards de dons sont une recette majeure et nécessaire. C'est le second bug fiscal qui est devant nous.
Pendant ce temps-là, pour Bercy, tout est bon: sa réforme est passée. L'impôt n'en sera pas modifié, le principe des déductions est conservé. Leurs relais parlementaires peuvent louer une prétendue simplification. Les spots publicitaires peuvent proclamer que «l'impôt s'adapte à votre vie». Ils oublient que la vie de bon nombre de Français est justement d'adapter chaque mois leurs dépenses en fonction du solde affiché sur leur compte en banque. Cela n'est qu'avec cette lecture qu'ils choisissent, ou non, de faire varier le nombre d'heures payées pour un emploi à domicile ou de soutenir une association. Les angles morts de cette réforme gouvernementale sont la vie quotidienne des Français et en particulier la gestion de leur budget mensuel.
La réforme du prélèvement à la source n'est concentrée que sur les revenus. Gerald Darmanin le dit lui-même: «la réforme vise à adapter l'impôt aux variations de revenus, elle n'a pas pour objet de rendre le crédit d'impôt contemporain des dépenses». Ce n'est pas tout à fait exact: le crédit d'impôt était lissé et s'adaptait aux dépenses du foyer fiscal, il ne le sera plus. Mais il est vrai que sa réforme, et c'est là son danger, tourne le dos à cette lecture par les dépenses et le reste à charge qui est celle des classes moyennes. Là où des élus locaux gardent un peu de vigilance et de bon sens en voyant la vie des gens, leurs tensions et leurs façons de faire des choix, gouvernement et députés sont désormais enfermés dans la lecture technocratique de Bercy. Bercy ne connaît rien aux choix familiaux, à l'anthropologie du don, aux souffrances des classes moyennes. 
Il est encore temps de renoncer à cette réforme qui ne simplifiera pas la vie des Français mais fragilisera notre nation.
Lui laisser la main est une démission politique qui provoquera un choc du réel. Tout est en place pour que le premier semestre 2019 crée un double bug fiscal qui fragilisera un tissu économique et social qui n'en a pas besoin! Il est encore temps de renoncer à cette réforme qui ne simplifiera pas la vie des Français mais fragilisera notre nation.



Vincent You est adjoint au maire d'Angoulême et vice-président de «GrandAngoulême». Roch Brancour est adjoint au maire d'Angers et vice-président de la région Pays de la Loire. Tous deux ont été à l'initiative de la clause Molière. 
Source









B) Les vrais crimes d’Emmanuel Macron
Si l’affaire Benalla traduit le sentiment d’impunité qui règne au cœur même de l’Elysée, elle est à bien des égards, malgré la gravité des faits que l’on peut reprocher à Emmanuel Macron lui-même, une douce plaisanterie face à des crimes bien plus sérieux, que je compte aborder avec vous ici.

Mais au préalable, commençons par nous poser la question « qui est Emmanuel Macron » ?
Ses parents sont médecins et il a effectué ses études au Lycée Henry IV à Paris. N’espérez donc pas trouver en lui un jeune premier issu des milieux populaires qui aurait su prendre l’ascenseur social que le défunt programme du Conseil National de la Résistance avait su instituer en France, jusqu’à ce que des bourgeois de son calibre s’emploient à le défaire.
Emmanuel Macron, quand bien même il ose prétendre « sa pensée complexe » et dont nous lui reconnaissons son talent pour jouer de la langue de bois, n’est pourtant pas d’un grand niveau intellectuel. Il échoue en effet à deux reprises à l’examen écrit qui lui permettrait d’intégrer l’École Normale Supérieure. Il poursuit son cursus à Sciences-Po tout en étudiant la philosophie à Paris-Nanterre. L’un des mémoires qu’il rendra dans le cadre de ses études, portera sur Machiavel. Il semble pour le coup qu’il ait bien appris les préceptes édictés par le penseur italien, pour ériger le cynisme et l’immoralité en vertus politiques.
Il effectue un stage d’attaché diplomatique à l’Ambassade de France au Nigeria à Abuja. De son aveu même, il fréquentera régulièrement une boite de nuit homosexuelle, « le Shrine » à cette époque. Aujourd’hui, le même homme nous jure malgré d’autres éléments troublants, qu’il n’est pas homosexuel. Ce dont pourtant tout le monde se fiche dès lors qu’il n’y a pas de mensonge sur cet aspect de sa vie.
En 2004, à l’issue de ses études à l’ENA, il rejoint le corps de l’Inspection Générale des Finances sous la protection du très européiste et ami des financiers, Jean-Pierre Jouillet. En 2007, il bénéficie des subsides du « German Marshall Funds », institution américano-germanique faisant très officiellement et légalement, du trafic d’influence auprès de jeunes étudiants européens pour améliorer les relations entre les USA et l’Europe (selon les points de vue américains essentiellement, évidemment). C’est à cette occasion qu’Emmanuel Macron intègre la Banque Rothschild.
En 2006, il a déjà acquis la sympathie de tout le gratin industriel et financier français, puisque Laurence Parisot, alors patronne du MEDEF, lui propose un poste de Directeur Général au sein du syndicat du CAC 40. C’est pourtant en 2007 que son visage apparaîtra pour la première fois dans la presse, puisqu’il est le rapporteur et l’un des principaux contributeurs de la « Commission pour la libération de la croissance française » sous le haut patronage de Jacques Attali. Déjà à l’époque, cette commission souhaitait démolir les départements dont nous avons hérité de la Révolution Française, et qui permettaient à chaque citoyen de pouvoir saisir le préfet local se trouvant à moins d’une journée de cheval pour tous. En revanche, les régions, entités nettement moins anciennes puisque datant du XXème siècle, beaucoup plus éloignées des Français et coûtant elles-mêmes un « pognon de dingue », ne sont pas inquiétées. Bien au contraire, il s’agit de les promouvoir au-travers du folklore dont se revendiquent certains identitaires marquant leur volonté de sédition avec la France, et de les redessiner selon les normes allemandes, puisque l’esprit de collaboration n’a jamais cessé entre la caste politique française et les États qui nous sont les plus hostiles.
En 2008, sur recommandation de Jacques Attali, le voilà réintégrant la Banque Rothschild. En 2010, il propose son aide « bénévole » à la « Société des Rédacteurs du Monde » à l’occasion de la revente du journal convoité entre autres, par la Société Perdriel-Prisa Orange, cela par l’entremise d’Alain Minc avec qui Emmanuel Macron entretient d’excellentes relations. Entre 2010 et 2012, Emmanuel Macron conseille des multinationales sur des acquisitions-ventes et déclare des revenus supérieurs à 2 millions d’euros dans le cadre de ses activités.
C’est en 2006 qu’il rencontre François Hollande qu’il soutiendra dans sa campagne électorale dès 2010. Ce dont François Hollande saura le remercier, puisqu’il deviendra son Secrétaire Adjoint de l’Élysée dès 2012.
Avant d’aller un peu plus loin dans la présentation du personnage et aborder les crimes d’État bien réels d’Emmanuel Macron, constatons que ce qui nous a été constamment rabâché par la presse lors de sa campagne électorale, ne correspond pas à la réalité. On nous a parlé d’un homme nouveau du fait de sa jeunesse, avec des idées tout aussi neuves. Et pourtant, au vu de son cursus, de ses fréquentations et de ses opinions politiques, Emmanuel Macron fait indéniablement partie d’un ancien monde. Celui des traîtres à la patrie, des marchands de sommeil, des financiers, et des ultra-libéraux totalement idéologisés à la mainmise de l’Union Européenne sur nos vies. Je connais des gens bien plus âgés qu’Emmanuel Macron qui sont pourtant autrement plus jeunes que lui, notamment en matière d’opinions politiques favorables à la patrie. Emmanuel Macron n’est pas un météore venu de nulle part, mais bien le larbin fidèle d’un cénacle d’intérêts prédateurs qui veulent démolir la France.
Poursuivons donc sur les forfaitures de cet oligarque. Tout d’abord, rappelons-nous de la fameuse loi El-Khomri, dont la ministre prête-nom était bien trop stupide et incompétente pour en rédiger ne serait-ce que le premier paragraphe. En vérité, c’est bien Emmanuel Macron qui en est le principal artisan, notamment sur la déréglementation de la loi sur le travail, qui n’a jamais permis de faire baisser le chômage. Et la raison en est bien simple : personne ne veut faire baisser le chômage en France.
Le 26 Août 2014, il est nommé par Manuel Valls, Ministre de l’Industrie, de l’Économie et du Numérique. Outre la très libérale batterie de réformes économiques qu’il faudra faire passer au 49-3 face à un parlement hostile, il reprend surtout les négociations en cours sur la vente de la branche énergie de l’industriel français Alstom, à la Société General Electric, qui elle-même fait partie du complexe militaro-industriel américain. La prise de contrôle des Américains sur cette branche de notre industrie relève de la haute trahison pour les négociateurs français impliqués. En effet, Alstom fabrique les turbines de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engin (SNLE) tels que « Le Terrible », « Le Téméraire » ou « le Triomphant », ainsi que celles qui propulsent notre porte-avion « Le Charles De Gaulle ». Il se trouve que la fabrication de ces turbines relève des intérêts fondamentaux de la nation, car elles assurent notre indépendance technologique et industrielle en toutes circonstances, pour entretenir ou équiper de nouveaux sous-marins. Y compris et surtout en période de guerre contre toute puissance hostile, comme pourrait tout à fait le devenir un jour les États-Unis d’Amérique. Notre relation avec l’Allemagne ou le Royaume-Uni a par exemple toujours été faite de hauts et de bas dans l’Histoire. Les alliances contractées en une époque donnée, peuvent éclater brutalement et durablement du jour au lendemain. Tout Homme d’État ne peut que se projeter sur le temps long pour discerner ce qui relève de nos intérêts fondamentaux, et s’assurer de leur pérennité. En matière de relations internationales, l’amitié et les bons sentiments n’existent pas, seuls les rapports de puissance déterminent l’équilibre de nos relations diplomatiques. Avoir cédé aux États-Unis d’Amérique la part de notre industrie qui est au cœur même de notre dissuasion nucléaire, peut être qualifié de trahison au sens de l’article 411-3 du Code Pénal qui dispose que :
« Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents des matériels, constructions, équipements, installations, appareils affectés à la défense nationale est puni de trente ans de détention criminelle […]».
Je tiens à aller au bout de ma démonstration à ce sujet. Ainsi, le 13 Novembre 2014, le Commandant de Sous-Marin Nucléaire d’Attaque, Alexandre Tâchon, expliquait ceci dans une conférence qu’il donnait au Visiatome de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard :
  • La vitesse maximum de nos sous-marins relève du secret-défense, elle ne peut donc être révélée.
  • Les propriétés acoustiques des turbines de nos sous-marins, dont l’usage tactique se fonde en premier lieu sur leur discrétion, relèvent aussi du secret-défense.
  • Actuellement, grâce aux facilités concédées par Emmanuel Macron à General Electric sur la prise de contrôle de la branche énergie d’Alstom, les tenants du complexe militaro-industriel américain peuvent estimer plus précisément la vitesse de nos submersibles, en plus d’avoir désormais la main-mise sur les brevets leur permettant de connaître les propriétés acoustiques de nos turbines. Ce qui signifie que tout l’avantage tactique de nos sous-marins est perdu d’une part, et que par ailleurs, si nous devions un jour être en conflit ouvert avec les USA ou avec leurs alliés, nous aurions toutes les difficultés du monde à façonner des turbines destinées à l’entretien ou à la réparation de nos navires de guerre.
Cette transaction menée tambour battant sous le patronage d’Emmanuel Macron, a affaiblit très sérieusement les capacités défensives de la France, et a introduit de très sérieuses vulnérabilités au cœur même de notre dissuasion nucléaire.
Malgré le fait que pour un tel crime, il puisse écoper de 30 ans de prison, jamais la presse n’a fait état de la gravité de ses forfaitures sur la cession de la branche énergie d’Alstom, mais bien au contraire elle l’a fait élire Président de la République.
Notons par ailleurs qu’Emmanuel Macron a aussi permis la fusion Siemens-Alstom sur les équipements ferroviaires, permettant au final à l’Allemagne de mettre la main sur cette branche sensible de notre industrie, puisqu’elle aussi liée aux capacités logistiques de la France à se projeter par voie terrestre à ses frontières et au-delà, en cas de conflit au sein de l’Europe. L’Histoire nous enseigne qu’il faut agir avec prudence avec l’Allemagne, mais aussi avec  le Royaume-Uni. Ces États ont toujours compté sur l’esprit de trahison de nos dirigeants, pour nous affaiblir militairement et industriellement entre chaque conflit. Lorsque Mme Merkel prend le contrôle tout ou partiel de notre industrie ferroviaire, d’armement ou aéronautique, ça n’est certainement pas pour améliorer les relations économiques et culturelles entre nos deux pays. C’est bien pour favoriser les intérêts allemands au détriment des intérêts français.
Une autre affaire, beaucoup plus sanglante, risquera bien un jour de garantir à Emmanuel Macron un long séjour en prison. Cinq jours avant sa nomination au poste de Ministre de l’Économie, François Hollande, le 21 Août 2014, révèle au journal « Le Monde » qu’il fait livrer des armes aux « rebelles syriens » depuis 2012. Ce que nous ignorons, c’est à quel moment ces livraisons d’armes de guerre ont cessé. Ce que nous savons c’est que parmi ces armes se trouvent notamment des lance-missile MILAN, fabriqués par l’entreprise française MBDA. C’est grâce à un rapport d’Amnesty International rendu public le 8 Décembre 2015, que l’information tombe. Quelques mois auparavant la chaîne iranienne IRIB, équivalent de l’AFP en France, signale que des forces de la Résistance Libanaise ont saisi à des terroristes du Front Al Nosra qu’ils combattaient, les mêmes armes de lutte anti-char françaises. Plus récemment le 3 Juillet 2018, l’agence SANA, équivalent de l’AFP syrienne, signale qu’à la suite de la reprise du territoire de Deraa aux terroristes par les forces syriennes et russes, un immense stock d’armes a été découvert, composé pour partie de lance-missiles MILAN.
François Hollande comme Nicolas Sarkozy, est à ce titre un faiseur de guerre qu’il faudra un jour juger pour ses propres crimes. Dans l’attente, nous savons que celui-ci n’a jamais fait montre de retenue pour nuire à la souveraineté de la Syrie, et il y a peu à douter que les ventes d’armes destinées aux mercenaires qui œuvrent en Syrie se soient poursuivies jusqu’à la fin de son mandat. Ces ventes d’armes avaient pour intermédiaires le Qatar et l’Arabie Saoudite, mais il est à soupçonner que les États turc et israélien, ne soient pas étrangers non plus à ces transactions et rapports plutôt fraternels avec les terroristes qui opèrent en Syrie.
Pour comprendre la très probable implication d’Emmanuel Macron dans ce dossier, il faut savoir que le Ministre de l’Économie, comme en dispose l’article R1122-2 du Code de la Défense, fait partie du Secrétariat Général de Défense et de Sécurité Nationale, lui-même sous contrôle du Premier Ministre et du Président de la République.
L’article D1132-4 du Code de la Défense, précise que ce Secrétariat a entre autres pour mission « d’étudier avant décision gouvernementale, les questions relatives aux exportations d’armement, de matériels et de technologies de caractère stratégique ». Chaque livraison d’arme est conditionnée par un certain nombre de procédures à suivre et de décrets à signer pour les ministres impliqués dans la transaction. Le Ministre de l’Économie n’échappe pas à la règle. Si nous devions apprendre que les livraisons d’armes de guerre aux terroristes en Syrie, ont été poursuivies au-delà de l’été 2014, alors nous pourrions accuser Emmanuel Macron de s’être rendu coupable de financement du terrorisme, tel qu’édicté par l’article 421-2-2 du Code Pénal.
Des lois sur le terrorisme que peu d’entre nous connaissons. Ainsi, qui sait que lorsque Laurent Fabius disait dans une conférence au Maroc qu’al-Nosra faisait « du bon boulot », qu’il se rendait coupable d’apologie du terrorisme, crime puni de 5 années d’emprisonnement par l’article 421-2-5 du Code Pénal ?
Si nos dirigeants sont cyniques et n’hésitent pas à violer les lois en comptant sur notre ignorance de ces dernières autant que sur le silence de la presse et des magistrats, ne croyez surtout pas que nous soyons désarmés pour rendre justice ! La France est encore un État de Droit mais il nous revient à nous, citoyens, de le faire respecter.
Par exemple, et pour terminer sur le casier judiciaire restant à remplir d’Emmanuel Macron : Savez-vous que tant dans le droit international, qu’au sein de notre bloc de constitutionnalité, il est interdit de s’ingérer dans les affaires d’un État tiers, et plus encore d’user de moyens militaires contre lui sans qu’un mandat clair et explicite lui ait été accordé par la majorité des États-Membres de l’ONU ?
Ainsi, dans le préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946, il est dit dans son article 14 que :

« La République Française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple ».

Quant à l’article 2 de la Charte de l’ONU que la France a ratifiée le 24 Octobre 1945, voici ce qu’il énonce sur la même question :

L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Cela n’a pourtant pas empêché Emmanuel Macron de donner l’ordre à nos armées, le 13 Avril 2018, de procéder au lancement d’une dizaine de missiles sur la Syrie. Les cibles étaient sensées être des lieux de fabrication ou de stockage d’armes chimiques de l’Armée Arabe Syrienne. Ce qui en soi, permet de nous assurer de l’incompétence ou du mensonge d’Emmanuel Macron sur l’affaire en question. Car si l’on veut préserver les civils de toute émanation de gaz à vocation militaire, la neutralisation des lieux de stockage ou de fabrication de ces armes chimiques, ne peut répondre d’une destruction explosive sans que le risque de dispersion soit rendu extrêmement élevé pour les populations résidant aux alentours de telles infrastructures. Cependant, il y a bien eu un mensonge sur la réalité des objectifs ciblés. D’abord et en premier lieu, parce que l’Armée Arabe Syrienne a procédé à la destruction totale de son arsenal d’armes chimiques, cela sous le contrôle conjoint de la Russie et des États-Unis d’Amérique, ainsi que l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) qui a rendu un rapport en ce sens en 2016. Ensuite, parce que le gouvernement syrien a pu communiquer sur la réalité des objectifs choisis, en démentant à chaque fois les mensonges véhiculés par le gouvernement français sur la nature des cibles.
Plus grave encore dans cette affaire, si l’on devait ignorer que notre Constitution et les règles du droit international ont été pleinement violées par Emmanuel Macron : en autorisant le bombardement de certains sites autour de la ville de Homs, notre armée a pu tester en situation réelle le fonctionnement de nos missiles de croisière. De la même façon, les adversaires russe et syrien ont pu tester leurs défenses anti-aériennes sur les missiles français et recueillir des informations essentielles sur nos propres vulnérabilités. Car tous nos missiles n’ont pas impacté, fort heureusement d’une certaine façon. Certains ont été interceptés, ce qui a permis aux militaires russes de s’assurer que leurs propres solutions de défense anti-missiles fonctionnent sur une partie de la technologie française. Information dont il aurait été sage de nous assurer que les Russes puissent continuer de l’ignorer.
Dans l’attente, cette décision d’Emmanuel Macron de bombarder la Syrie, je le rappelle en violation expresse du droit international et constitutionnel de la France, répondait d’un mystérieux attentat chimique survenu à Douma le 7 avril 2018. Attentat si mystérieux, qu’aucun témoignage accréditant la réalité de cette attaque n’a pu être livré, ne serait-ce que par les hôpitaux syriens. En revanche, l’OIAC qui devait investiguer sur la ville de Douma, a été empêchée d’arriver en Syrie dans des délais raisonnables du fait des pressions occidentales, et n’aura pas non plus eu le temps de faire part des conclusions de son enquête, pour qu’Emmanuel Macron puisse disposer d’informations fiables à exploiter lui permettant d’autoriser ou non une action militaire (qui resterait de toute façon illégale au regard du droit international). Si aucune loi ne réprime spécifiquement l’usage des moyens militaires de la nation en violation des traités ratifiés et de notre ordre constitutionnel, d’autres touchant aux crimes contre l’humanité ou aux intelligences avec des puissances étrangères peuvent être soulevées pour qualifier le crime que je viens d’exposer ici.
Je vous le disais plus haut, l’affaire Benalla, au regard des autres trahisons d’Emmanuel Macron n’est finalement pas grand-chose. Néanmoins, des ordres manifestement illégaux ont été adressés à nos services ou plus encore, des procédures administratives et judiciaires n’ont pas été suivies par le premier Magistrat de France, au moment où était porté à sa connaissance des faits graves commis par l’agent de sécurité et bagagiste Benalla. Plus inquiétant encore est le fait que l’emploi d’Alexandre Benalla ne répond pas du contrôle des services régaliens les plus légitimes pour assurer la sécurité de la présidence de la République. En introduisant au cœur de l’Élysée un individu que ni la gendarmerie, ni la police nationale n’ont eu à former, et qui plus est qui fréquente et recommande, auprès du Président de la République, des personnes ayant des liens plus ou moins directs avec le terrorisme afin d’assurer la sécurité de ses meetings ; c’est au mieux une très sérieuse légèreté de gestion qu’il faut reprocher à Emmanuel Macron, voire des actes qui contournent le contrôle opéré par l’État-Major de la Police et des Armées, sur les décisions de sécurité émanant de la présidence de la République.
Il n’est donc pas incompréhensible que les plus hauts responsables de la police et de la gendarmerie nationale se soient émus de ces agissements, et aient révélé à la presse les charges qui pesaient sur le trublion Benalla, afin de donner un avertissement à Emmanuel Macron.
Si les institutions régaliennes sont loyales par nécessité, et qu’elles n’iront pas forcément plus loin dans leurs manœuvres contre Emmanuel Macron, il nous revient à nous, citoyens, d’évincer définitivement celui-ci de la présidence de la République.
On doit à Alexis de Tocqueville la citation suivante : « Je ne crains pas le ‘suffrage universel’ : les gens voteront comme on leur dira ». Et il se trouve que durant près de deux années, les Français ont vécu un tintamarre médiatique autour d’Emmanuel Macron, tandis que nombre de candidats rivaux ont vu leur propre campagne anéantie par des affaires judiciaires, et là où d’autres encore ont joui d’un temps d’exposition médiatique moindre quand ils n’ont pas subi un véritable régime de censure pour les ostraciser. C’est donc fort logiquement qu’Emmanuel Macron a été élu à la tête de la République française, et que nous pouvons considérer tout aussi légitimement que son mandat est usurpé.

Il y a donc actuellement au sommet de la France un menteur doublé d’un tricheur, d’un traître et d’un assassin que nous ne pouvons raisonnablement laisser gouverner. Aussi, c’est par cette conclusion que je vous appelle à ne plus rien céder, et profiter de cette affaire Benalla mettant clairement en cause Emmanuel Macron et légitimant la saisine de l’article 68 de la Constitution par nos parlementaires sur la destitution du Président de la République, pour lui infliger un rapport de force suffisamment conséquent et durable, permettant d’aboutir à l’éviction du félon qui hante le palais de l’Élysée.
 envoyé par Will Summer

 Source








C) Pédophilie dans l’Eglise catholique et abus de la (des ?) Fonction Publique, le viol des consciences en questions

Depuis plus de 30 ans, la vie de l’Eglise catholique, de l’Europe aux Amériques est ponctuée par des scandales de pédophilie, de viols d’enfants par des membres du clergés, prêtres, évêques et cardinaux… »Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise », selon la citation du Christ. Une Eglise étatisée, fonctionnarisée, a été peu à peu infiltrée par des réseaux qui ont su tirer profit de son organisation pour exploiter des dizaines de milliers d’enfants de par le monde. Un théologien allemand, Eugène Drewerman, avait écrit un livre « Fonctionnaire de Dieu », pour critiquer cette hiérarchie écclésiastique fonctionnarisée. Comment en sommes-nous arrivés là ? Et n’y a-t-il pas là la manifestation de la nature même de toute organisation administrative puissante, sans contre-pouvoir et gérée par une élite soudée par un « esprit de corps » ? ESSAI.

La fonction publique à la française, le modèle européen de l’administration au service du Bien ?
La France, dirigée depuis plus de 5 ans par des énarques, est devenue le modèle, la matrice de l’Union Européenne. Des Inspecteurs des Finances, issus de la botte de l’ENA, l’Ecole Nationale d’Administration. Cette haute fonction  administre le pays comme le clergé administre la Cité de Dieu. L’Esprit Saint de la trinitologie catholique, est l’esprit de l’Intérêt Général. Le fonctionnaire, dont les principes sont codifiés dans le Statut de la Fonction Publique ( de 1945 puis ses mises à jour), est en vérité un prêtre de l’intérêt Général, et les préfets des Evèques.

La crise de l’Eglise catholique, et la crise latente du modèle français de Fonction Publique ?
Dans le cas de l’Eglise, comme dans le cas de la Fonction Publique française, de l’Etat, il existe un modèle de hiérarchie organisé selon un système pyramidal, et dont la légitimité, puis la légalité, repose une certaine idée du Bien. Au service du Bien, le fonctionnaire ou le prêtre ne peut se tromper, la cause qu’il sert est juste. Les individus, simples paroissiens ou contribuables ( ou citoyens administrés ?), lui doivent le respect et l’obéissance. Il est investi d’une « mission de service publique », et cela lui vaut de jouir de « prérogatives de puissance publique ».

Pédophilie et viols des consciences, et, toujours, la chape de plomb de l’omerta !
Le Pape François a été très secoué lors de son voyage récent au Chili, par les scandales massifs, institutionnalisés de pédophilie nternes à l’Eglise, comme en Pennsylvanie, et en Irlande. Selon Benoït RATZINGER, alors Pape Benoît XVI, la « barque prend l’eau de toute part ».

Le viol, des consciences ou des corps,  conséquence logique d’un pouvoir absolu au service du Bien ?
Reagan, dans un discours célèbre, affirmait que « les Etats Unis étaient une Nation dotée d’un Gouvernement, et non l’inverse ! ». Et n’est-ce pas ce que la France est devenue ? Une Nation au service de son Etat. Une nation endettée à 97% de la richesse produite en une année par une élite administrative au service du Bien. c’est ainsi que s’est établie  une collusion sans faille entre une oligarchie financière, des Dassault, Bolloré, Bouygues , Drahi (SFR, BFM), disposant des instruments propres à façonner et canaliser l’Opinion Publique dans le sens de leurs intérêts. Et, comme dans le cas de Alexis KOHLER, et de combien d’autres, parcours impressionnants de carrières entre les cabinets ministériels et les états majors des groupe du CAC40.

L’affaire BENALLA, une affaire qui n’en est pas une, mais une anecdote qui révèle la structure  ?
Les militants d’EN MARCHE ont raison d’affirmer que l’affaire BENALLA, finalement, c’est une tempête dans une verre d’eau. Le problème, en réalité, est ailleurs. Le vrai problème, c’est l’excès de coolitude, la nonchalance des élites qui se sentent tellement investies de l’Intérêt Général, tellement conscients de servir le Bien, qu’ils ne distinguent même plus les frontières entre leurs vies personnelles, leurs intérêts personnels, ceux de leur grand Corps ( l’Inspection des Finances est un Grand Corps de l’ETAT, comme celui des Conseillers d’Etat auquel apparient Edouard Philippe, le Premier Ministre).
Dans la mesure où aucune prise de conscience n’est à l’horizon, gageons que des affaires comme celles qui affectent en ce moment la présidence de l’Inspecteur des Finances Emmanuel MACRON, n’en sont qu’à leurs préambules. Les libertés individuels sont étouffées, les consciences éduquées par des grands médias aux ordres de multinationales gavées aux commandes publiques, et la vie privée des citoyens  vidée de tout contenu grâce au technologies Big Data et sous prétexte de lutte contre le/les terrorismes, ou de lutte contre la fraude fiscale.  La version étatique du péché contre l’esprit de l’Intérêt Général n’est autre que la « fraude fiscale », du moins celle du citoyen moyen… »Selon que vous soyez puissant ou misérable..et cætera, et cætera… »



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D) URSSAF : 214 000 vérifications par an. 1,5 milliard d’euro de redressement. Et derrière ces chiffres ?

L‘ACOSS, la Caisse Nationale qui gère les URSSAF, vient de fournir les principaux chiffres de l’année 2017 dans son rapport annuel.
Elle se félicite de ce que, au cours de cette année, les 22 URSSAF ont opéré 214 000 vérifications et enquêtes.
Sur les quatre dernières années, plus de la moitié des cotisations déclarées ont été vérifiées. Ce qui constitue un bilan « satisfaisant » pour ladite année 2017. Parallèlement, 1,5 milliard d’euros de redressement ont été notifiés. Autre chiffre fourni : la lutte contre le travail dissimulé représente le tiers de ce montant. Et des « pics » sont observés dans certaines régions. Ainsi, dans l’ex-région de Midi Pyrénées, les redressements au titre du travail dissimulé ont bondi de 96% en un an ….
En commentant ce bilan chiffré, les organismes se félicitent de l’efficacité de la lutte menée contre la « fraude sociale ». Ils mettent en avant les « services » qu’ils rendent aux entreprises en permettant une concurrence saine entre elles.
En un mot, bravo les URSSAF ! Que ferait-on sans elles ? Et les entreprises vertueuses ne peuvent que se féliciter des bons résultats de ces gardiens de la loi !
Malheureusement, ce bilan sous forme de satisfecit est fortement éloigné de la réalité.
Déjà, sachant que 90 % des PME contrôlées se font redresser, doit-on comprendre que 90% des dirigeants d’entreprises sont des fraudeurs ? Ou les textes sont-ils si obscurs que les appliquer relève de l’impossible ?
Le think tank le Cercle Lafay, dont l’objectif est d’améliorer les relations entre ces organismes et les entreprises, suggère à l’ACOSS comme aux URSSAF de lire les tweets des dirigeants d’entreprises pour s’en convaincre.
Le site Internet du Cercle Lafay recense aussi la jurisprudence relevant des situations ubuesques, dénonçant un acharnement que viennent heureusement corriger les juges.
Le Cercle Lafay, qui regroupe des dirigeants d’entreprises, des organisations professionnelles,  des juristes, des praticiens du droit, des journalistes, des enseignants, plaide aussi pour que s’instaure un véritable dialogue pendant les vérifications, que les entreprises puissent comprendre pourquoi elles se font redresser, que les cotisants bénéficient de réelles garanties et d’une sécurité juridique, totalement absentes encore aujourd’hui, que les commissions de recours amiable ne soient pas qu’une chambre d’enregistrement digne des républiques bananières.
Quant à la notion de « travail dissimulé », c’est un concept devenu « attrape-tout » auquel les URSSAF s’accrochent dans le but de faire du chiffre. Ainsi pour les URSSAF constitue du travail dissimulé le cas de Mamie bistro qui aide bénévolement son conjoint, le client du bar qui vient rapporter son verre au comptoir, l’entraide entre voisins, la personne qui vient aider son frère sur un marché, les laissés-pour-compte qui reçoivent un modeste pécule, l’entraide familiale ….
Le Cercle Lafay demande que soit améliorées les conditions de contrôle, en les fondant sur des textes respectueux des droits des cotisants ?
Dans un système où les entreprises participent aux trois-quarts au financement de la protection sociale, on est surpris que les employeurs ne bénéficient pas de plus d’égards.
Et le plus grave dans cette histoire, c’est le silence assourdissant des organismes patronaux qui pourtant administrent et souvent président les URSSAF, et qui sont censés représenter les entreprises.
Sans doute est-il temps que tant les pouvoirs publics, que les organismes de recouvrement ou les syndicats patronaux reviennent à la réalité et oeuvrent avec la réelle volonté d’améliorer les relations URSSAF/entreprises, ce à quoi les employeurs aspirent.

Cercle Lafay
Le Cercle Lafay (du nom de Bernard Lafay, député qui avait proposé en 1952 la généralisation des URSSAF) regroupe des spécialistes qui s’intéressent à cette institution et en dénoncent les excès.

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E) Prestations sociales, heures sup... : les mesures d'Édouard Philippe pour le budget

Le Premier ministre annonce la progression modérée de 3 prestations sociales et la suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires.

Prenant acte d'un ralentissement économique qui affectera le budget 2019, le Premier ministre Édouard Philippe dit néanmoins vouloir maintenir « le rythme » des réformes, annonçant un décrochage de l'indexation de prestations sociales de l'inflation et la fin des cotisations salariales sur les heures supplémentaires. « La prévision de croissance sur laquelle nous bâtirons ce budget [2019] sera de 1,7 % », précise-t-il dans un entretien au  Journal du dimanche. Jusqu'à présent, le gouvernement tablait sur 1,9 %.

Le 1er août, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait également abaissé la prévision de croissance pour 2018, qui était de 2 % jusqu'alors, estimant qu'elle ne serait « pas inférieure à 1,8 % » après le trou d'air traversé par l'économie française en début d'année. Gérald Darmanin avait en revanche précisé : « Nous ne changeons pas notre objectif de 2,3 % de déficit » pour l'année en cours.

« Progression modérée » de trois prestations sociales

Édouard Philippe a, lui, concédé que « si la croissance ralentit, il y aura forcément un impact » sur le déficit. Martelant « nous gardons le cap et nous maintenons le rythme » des réformes, le Premier ministre a assuré que le ralentissement de l'économie « ne [les] empêchera pas d'être dans la ligne de [leurs] engagements, sur la baisse des prélèvements obligatoires comme sur la maîtrise de la dépense publique et de la dette ».
Pour ce faire, trois prestations sociales – « l'aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite » – « progresseront de façon plus modérée, de 0,3 % par an en 2019 et en 2020 », a révélé Édouard Philippe. C'est nettement moins que l'inflation, qui a accéléré et s'élevait en juillet à 2,3 % sur un an.

Suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires

En revanche, « les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi », a-t-il ajouté. Il a en outre assuré que « la prime d'activité, le minimum vieillesse, l'allocation pour les adultes handicapés » augmenteraient, quant à eux, « très significativement », conformément aux promesses de campagne du président Emmanuel Macron.
Le Premier ministre a exprimé l'intention du gouvernement de soutenir le pouvoir d'achat des salariés, annonçant que « dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public ». Selon lui, « cela représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an » pour « une personne payée au smic » et la mesure coûtera « 2 milliards » d'euros.

Suppression de 4 500 postes dans la fonction publique d'État

Le chef du gouvernement a par ailleurs confirmé que les contrats aidés, qui ont déjà nettement baissé depuis le début du quinquennat, verraient leur financement « diminuer ». Pour faire ces arbitrages, le gouvernement a fait le choix d'une politique « qui privilégie [...] la rémunération de l'activité et qui rompt avec l'augmentation indifférenciée des allocations », a expliqué le locataire de Matignon. « C'est par le retour à l'activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère », a-t-il estimé.
Pour 2019, Édouard Philippe a confirmé ce que le gouvernement avait déjà annoncé, c'est-à-dire « un rebond du déficit », imputable en partie à la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en allègements de charges pour les entreprises. Il n'a en revanche pas donné de nouveau chiffre, alors que l'exécutif table jusqu'à présent sur un déficit de 2,4 % l'an prochain. Dans sa volonté de maîtriser la dépense publique, Édouard Philippe prévoit également la suppression d'environ 4 500 postes dans la fonction publique d'État en 2019, et le chiffre sera « supérieur à 10 000 en 2020 ». « Nous tiendrons l'objectif du président de la République de supprimer 50 000 postes à l'horizon 2022 », selon lui.
« Mais il y aura par ailleurs des recrutements : plus 2 000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1 300 à la justice – parce qu'il s'agit de priorités. » Sur un plan plus politique, l'examen de la révision constitutionnelle, stoppé à l'Assemblée en juillet en raison de l'affaire Benalla, reprendra « dès que possible », a affirmé le Premier ministre en évoquant un « décalage de quelques mois tout au plus ». La session reprendra par le projet de loi Pacte sur les entreprises « car nous voulons concentrer en cette rentrée notre action sur les chantiers économiques », a précisé le chef du gouvernement.


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F) La masturbation va-t-elle remplacer le sexe ?

Plus disponible, plus efficace, l’onanisme dispose de solides atouts. Mais opposer auto-érotisme et rapport sexuel n’a pas de sens tant les deux sont imbriqués, relève la chroniqueuse Maïa Mazaurette. 

En septembre dernier, lors de la Sex Expo de New York, la chroniqueuse (moi) observait avec perplexité deux objets curieusement marketés. Le premier, une vaginette géante couleur bleu électrique, était présentée comme un outil de préparation physique, pour s’entraîner avant de « vrais » rapports. Le second, un vibrateur clitoridien, était vendu comme aide au retour à la sexualité pour les femmes venant d’accoucher. En dépit du fait qu’il s’agissait de stimuler ses parties génitales en solitaire afin d’obtenir des orgasmes, aucun des deux concepteurs n’a voulu admettre qu’il s’agissait d’objets masturbatoires.

De fait, l’onanisme implique encore aujourd’hui un imaginaire d’égoïsme, de misère, d’improductivité… et d’énormes godemichets en plastique rose (si vous en possédez, mettez-les sous vitrine, ils commencent tout juste à être vintage).
Alors que certains semblent ne voir la masturbation nulle part (« je vous jure qu’il s’agit d’un facilitateur pour retour de couches, accessoirement destiné à vous faire grimper aux rideaux »), d’autres voient le vice partout. Selon les adeptes de théories apocalyptiques, nous vivons déjà dans une société de la masturbation. Trop de plaisirs, trop accessibles, trop de narcissisme, trop de laisser-aller, dont on tirera les perspectives attendues : fin du couple, désenchantement du monde, métamorphose en robots sans âme, scotchés à nos sextoys et nos smartphones (s’il existe encore une différence).

Vive les effets de l’interaction

Bon. Mettons les pieds dans le plat. Si la masturbation remplaçait le sexe, serait-ce une si mauvaise nouvelle ? Ne serions-nous pas libérés une bonne fois pour toutes du concept de misère sexuelle ? Si les rapports humains sont trop compliqués, conflictuels et décevants, pourquoi ne pas s’en passer ?
La masturbation dispose en effet de solides atouts : tout d’abord, si on s’en tient à une vision comptable de la sexualité, elle est à la fois plus disponible et plus efficace qu’un rapport interpersonnel. Non seulement nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-mêmes, mais nous sommes en libre-service permanent et gratuit (comme la cantine de Facebook). En 2016, le site Cam4 demandait à 8 000 femmes de parler de leurs orgasmes : en termes de plaisir, la masturbation fonctionne mieux que les caresses, les cunnilingus, les pénétrations vaginales ou, tout en bas du classement, les pénétrations anales (à peine un quart d’adeptes en France, contre 70 % d’heureuses branleuses).
Ces jouissances faciles s’expliquent par tout un tas d’excellentes raisons : aucun jugement, aucune obligation de performance, un corps qu’on connaît sur le bout des doigts et, bien entendu, une technique parfaite. C’est peut-être sur ce point que le rapport sexuel classique a du souci à se faire : la masturbation a plus évolué, depuis l’invention du vibrateur, que le missionnaire depuis le temps des cavernes. Qui pourra en outre nous reprocher, en des temps difficiles, un peu d’amour de soi ? La masturbation s’inscrit avec délice dans les prescriptions du body-positivisme, de la bienveillance, du care. Et puis c’est sûr qu’en restant dans sa chambre, on prend moins le risque de tomber sur des pervers narcissiques.
Dans ces conditions, pourquoi faire encore l’amour ? Eh bien, parce que sur les 142 raisons documentées qui nous poussent au crime de fornication (Archives of Sexual Behavior, juillet 2007), la très grande majorité n’a rien à voir avec des questions de plaisir physique, de soulagement ou de confort. Ce sont au contraire les effets de l’interaction qui sont prioritairement recherchés, avec une réjouissante amplitude de motivations. Ces dernières s’étendent de la peur d’être abandonné à la recherche de bénéfices financiers, en passant par la manipulation ou la très compréhensible envie d’exaspérer ses parents.
Le jour où une masturbation sera capable de vous prodiguer une augmentation ou une demande en mariage, d’impressionner vos amis ou de dire merci à votre maîtresse, nous pourrons comparer ce qui est comparable.

Espace de partage et de bienveillance

Mais bien sûr, tout cela n’a de sens qu’en opposant masturbation et rapport sexuel, un raccourci qui nous emmènerait droit dans le mur. Notre propre corps ne cesse pas d’exister au moment où nous ouvrons nos draps à un partenaire : il existe toujours une part de masturbation dans un rapport sexuel, qui peut être plus ou moins assumée, comme le montrent les questions angoissées des internautes sur certains forums (« J’ai l’impression qu’il se masturbe sur moi »). Même lors du missionnaire le plus basique, est-on toujours ensemble ? Ne pense-t-on jamais à autre chose, à une autre personne… ou à rien ?
A l’inverse, est-on jamais seul/e quand on se masturbe ? Si on se caresse en imaginant son patron, peut-on parler de rapport interpersonnel unilatéral ? Si le patron est au courant que vous fantasmez sur ses fesses velues, parce que vous le lui avez signifié par texto, vidéo et télégramme, et qu’il vous demande de continuer mais à plat ventre, est-ce encore strictement de la masturbation ? Et si le patron se situe dans la pièce ?
Comment peut-on circonscrire la masturbation à une activité solitaire, quand on peut être masturbé/e par quelqu’un ? Comment peut-on la limiter à une histoire de plaisir égoïste, quand elle s’inscrit dans le cadre de rapports de pouvoir, de frustration ou d’exhibition entre adultes consentants (pensez au juteux business des cam girls, qui s’adonnent à l’auto-érotisme contre paiement, devant la caméra de leur ordinateur) ?
Le proche futur devrait continuer de brouiller les cartes puisque les teledildonics, ces sextoys à distance dont le concept existe depuis 1975 (ça ne nous rajeunit pas), permettent à des couples séparés de faire l’amour en simultané (dans le cas d’un rapport hétérosexuel, imaginez un godemichet et une vaginette interconnectés, répercutant mutuellement les informations ayant trait à la vigueur d’un coup de rein où à la vibration d’un orgasme).
Jusqu’à la semaine dernière, le plein déploiement de cette technologie restait entravé par une sombre histoire de propriété intellectuelle abusive, mais le brevet vient de tomber. Vous ne devriez donc pas tarder à entendre vos voisins ahaner même quand madame est en voyage d’affaires au Tadjikistan (si l’impatience vous consume, pensez aux versions déjà existantes des teledildonics, comme l’œuf télécommandé).
Du coup, l’argument d’une masturbation triomphante comme preuve (rayez les mentions inutiles) de l’individualisme contemporain, de l’incapacité à aimer, d’un hédonisme forcené, d’une immaturité rampante, du réchauffement climatique, ne tient pas la route. Justement parce qu’elle déborde du cadre étroit qui lui était assigné, la masturbation rend cette distinction privé/public obsolète. Peut-être, effectivement, nous transformons-nous en créatures égocentriques. Mais si la masturbation, dans le même mouvement, devient un espace de partage et de bienveillance, aura-t-on réellement perdu au change ? 




Pas de sexe, merci : les nouveaux rapports platoniques 
« Hate sex » : sexe et colère font-ils bon ménage ?   
Le sexe sans réflexion n’est pas notre horizon
Pourquoi les femmes ont-elles moins facilement des orgasmes que les hommes ? 

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G) Pouvoir d'achat 2018 : des salariés qui sourient et des retraités qui pleurent

Les réformes fiscales engagées par le gouvernement auront un effet direct sur votre pouvoir d'achat en 2018. Les retraités seront les grands perdants de ces changements.

Bercy s'autocongratule. Lors du dernier relevé de compteurs, fin 2017, le simulateur de pouvoir d'achat mis en ligne par le ministère de l'Economie a battu des records de fréquentation. « 400 000 personnes s'en sont déjà servies », se félicite-t-on au cabinet du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Il faut avouer que cet outil est assez utile. Après avoir entré quelques informations fiscales, il vous permet de calculer l'impact des réformes sur votre pouvoir d'achat.
Mais attention ! Le site -et la communication gouvernementale- s'arrange un peu avec la réalité. Aucune trace par exemple des conséquences sur votre portefeuille de ces « impôts déguisés », comme la hausse des prix du tabac, du gazole et du gaz. Autre défaut du simulateur : il affiche l'impact des réformes jusqu'à 2020, lorsqu'elles seront complètement opérationnelles. Mais gare aux écrans de fumée : en 2018, il faudra d'abord se serrer la ceinture.
Dans une étude récente, l'Insee prévoit en effet une lourde perte de pouvoir d'achat pour les Français, notamment au 1er trimestre 2018. Avant de profiter des réformes favorables à vos économies (suppression d'un tiers de la taxe d'habitation, baisse des cotisations salariales...), les mesures fiscales d'Emmanuel Macron grèveront votre pouvoir d'achat, de 0,7 point par rapport au dernier trimestre 2017. Et au global en 2018, il sera raboté de 0,3 % par rapport à l'an dernier. A l'Elysée, on a évidemment peu apprécié la note de l'Insee. « Certaines recettes qui favoriseront le pouvoir d'achat, comme la compensation de la CSG pour les fonctionnaires, n'ont pas été prises en compte », déplore un fiscaliste.
Pour y voir plus clair entre la note inquiétante de l'Insee et la communication optimiste de Bercy, nous avons demandé à la Fondation Concorde -un think-tank libéral - de passer au crible quatre profils de ménages pour connaître leurs gains et/ou pertes de pouvoir d'achat tout au long de la première année. Verdict : les retraités qui touchent une pension de près de 1 500 euros brut vont pleurer et les riches vont sourire. Mais cela va se faire par à-coups, au fil des mois, l'ensemble des réformes fiscales entrant en vigueur progressivement.

Des baisses de cotisations mais des hausses de prix...

Ce mois-ci, cela va faire mal. Car la CSG augmente pour tout le monde de 1,7 point. Les retraités, remontés, l'ont déjà bien senti en découvrant leur pension. Cette hausse est d'autant plus douloureuse pour eux que, contrairement aux actifs, ils ne bénéficient d'aucune compensation. Les travailleurs, eux, verront baisser leurs cotisations salariales (chômage et maladie). Donc, dès janvier, ils grappilleront quelques euros sur leur feuille de paie ! Mais qu'ils ne se réjouissent pas trop vite, puisque leur budget gaz et gazole est d'ores et déjà alourdi. Et, en mars, ce sera celui du tabac, dont les prix vont augmenter, qui fera tousser les fumeurs.
Mais, en octobre, les travailleurs tiendront vraiment leur revanche ! Car les cotisations salariales continuent de baisser, provoquant un gain de pouvoir d'achat significatif. Fin 2018, quand les deux baisses de cotisations salariales se seront cumulées, un salarié au smic aura empoché près de 140 € supplémentaires. Les années suivantes, le gain sur la feuille de paie avoisinera 270 €. Et plus on monte dans l'échelle des salaires, plus le gain sera important.

Pour la suppression de la taxe d'habitation, il faudra attendre

Enfin, il faudra attendre novembre pour bénéficier de la suppression d'un tiers de la taxe d'habitation. Pour les retraités — modestes —, ce sera la seule mesure favorable. Cependant, ils seront environ 80 %, tout comme l'ensemble des Français, à profiter de ce coup de pouce financier. Il faudra patienter jusqu'en 2020 pour que la taxe d'habitation disparaisse intégralement.
D'ici là, les grosses fortunes récolteront toute l'année les cadeaux de Noël du président. Grâce à la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), transformé en superimpôt immobilier (IFI), et à la mise en place d'une taxation unique à 30 % sur les revenus du capital (flat tax), les très riches tireront davantage profit de leurs dividendes, de leurs cessions d'actions ou encore de leurs plus-values immobilières.

«Je crains que la CSG n’augmente encore dans le futur»


Elle vient d’être nommée directrice des études à la Fondation Concorde, un think-tank libéral. Virginie Pradel, avocate fiscaliste, analyse l’impact des réformes fiscales d’Emmanuel Macron.


Certaines critiques assuraient que les mesures favorisaient nettement les plus riches. Qu’en pensez-vous ?
Virginie Pradel. Ce n’est pas faux. Les réformes vont clairement bénéficier à ceux qui ont des revenus mobiliers et un salaire élevé. Plus vous gagnez et plus la baisse des cotisations salariales est avantageuse. Mais le grand gagnant de 2018 est à coup sûr un gros détenteur d’actions et d’obligations, qui sera nettement moins taxé sur ses dividendes.

Et qui sont les perdants ?
Tous les autres ! Plus précisément, les ménages vont certes grappiller un peu de pouvoir d’achat avec la baisse des cotisations salariales et la suppression d’un tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des Français. Mais en 2018, pour y gagner vraiment, il ne faut ni fumer, ni se chauffer au gaz, ni rouler au gazole, ni être retraité. Cela réduit considérablement les possibilités d’un réel gain à la fin de l’année.

Lorsque les réformes seront complètement entrées en vigueur, en 2019 puis 2020, les gains de pouvoir d’achat ne vont-ils pas augmenter pour les ménages ?
Oui, sur le papier. Mais gare aux mauvaises surprises. Je crains que la CSG n’augmente encore dans le futur. Cela pourrait par exemple être une piste pour financer une partie de la réforme de l’assurance chômage.

Aurélie Lebelle et Matthieu Pelloli

Quels changements à venir selon votre situation ?

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H) Emmanuel Macron : « l'Afrique est notre alliée pour inventer les nouveaux équilibres de demain »

Le président français a consacré à l’Afrique une importante partie de son traditionnel discours annuel au ambassadeurs qu’il a prononcé ce lundi 27 août. Sahel, terrorisme, migration et développement ont été au centre de l’allocution de Macron qui a ainsi donné le cadrage de l’action diplomatique française, laquelle fait de l’Afrique une de ses priorités. 

Comme c'était annoncé par ses services, l'Afrique était bien présente dans le discours prononcé par le président Emmanuel Macron, ce lundi 27 août, devant les diplomates français. Dans la droite ligne des grandes orientations de sa politique africaine qu'il a annoncé au début de son mandat, notamment à l'occasion du discours de Ouagadougou, le chef de l'Etat français a réaffirmé « l'importance de l'Afrique pour la France ».

Pour Macron, qui a défendu le multilatéralisme mondial aux antipodes de Donald Trump, cette importance tient non seulement au fait que c'est celle de la proximité géographique, « mais aussi une partie de notre identité, à travers notre histoire commune ». Le président français qui a passé en revue la géopolitique mondiale actuelle ainsi que les défis et perspectives pour la France a fait cas de la nécessité pour son pays de renforcer les coalitions avec des partenaires stratégiques comme les pays émergents, « mais c'est plus particulièrement avec l'Afrique que nous devons refonder ces coalitions contemporaines que j'évoquais à l'instant et notre capacité précisément à influer sur le cours du monde » a-t-il précisé.

« L'Afrique n'est pas seulement notre interlocuteur pour parler des crises qui l'affectent, elle est d'abord notre alliée pour inventer les grands équilibres du monde de demain. C'est pourquoi je vous demande à tous d'être les acteurs de ce dialogue : la relation avec l'Afrique, et c'est un message essentiel que je veux ici vous faire passer, n'est pas que l'affaire de nos Ambassadeurs en Afrique. Quand je parle de l'Afrique, je parle de l'ensemble du continent africain dans sa diversité et ses richesses, comme je l'ai expliqué dans mon discours à Ouagadougou, en invitant tous les talents de nos deux continents, et notamment les jeunes européens et africains, à dialoguer sur leur avenir commun », a réaffirmé Emmanuel Macron.

Sahel, Barkhane, Libye et terrorisme

Dans son allocution, le chef de l'Etat français est revenu sur plusieurs sujets d'actualités et d'intérêts communs entre la France et le Continent. C'est surtout le cas avec la lutte contre le terrorisme et l'engagement de l'Hexagone au Sahel où il a tenu à saluer les résultats enregistrés ces derniers mois dans la lutte contre le terrorisme grâce à l'intervention de la Force Barkhane. « Au Sahel nous sommes engagés à plusieurs niveau : à travers la force Barkhane, l'appui à la force conjointe du G5 et à travers et l'Alliance Sahel » a rappelé le président français qui a pris l'engagement de « renforcer notre approche de développement en articulation avec la diplomatie et la défense ». A ce sujet, il a appelé à une poursuite de la réflexion pour le Sahel à travers trois principaux axes notamment la diplomatie, le développement et la défense. « Il faut apporter des prospectives économiques et de vie aux populations », a poursuivi Macron qui appelé en ce sens, et pour ce qui est de la réponse militaire à apporter aux menaces sécuritaires, au renforcement du soutien à la force conjointe du G5 Sahel pour la stabilisation de la région. Emmanuel Macron a ainsi plaidé pour « un renforcement de la coopération avec l'Algérie, le Nigeria et le Cameroun », et la poursuite de la réflexion sur le déploiement d'opérations africaines de paix.
Cependant, conscient des enjeux de l'heure, Macron a réitéré la nécessité d'apporter une réponse politique à la crise libyenne. « Il n'y aura pas de stabilisation au Sahel sans stabilisation en Libye » a reconnu le président français.
« Je crois très profondément à la restauration de la souveraineté libyenne et à l'unité du pays. C'est une composante essentielle de la stabilisation de la région et donc de la lutte contre les terroristes et les trafiquants ».

Aide publique au développement et Francophonie

Le président français a également disserté sur l'Aide publique au développement qui sera modernisée mais aussi rehaussée comme il a promis d'ici 2020. Il a soutenu en ce sens, l'idée d'une politique d'investissement solidaire qui bénéficiera de moyens accrus avec un budget de 1 milliard d'euros en autorisation d'engagements.
Sur la question du développement durable également, Emmanuel Macron a fait la part belle à l'Afrique en annonçant d'ailleurs, un déplacement au printemps prochain à Nairobi, au siège du PNUE, pour poursuivre la dynamique du Sommet One Planet en Afrique, sur le terrain.
« Jamais nous ne remporterons la bataille que j'évoquais sur les biens communs, jamais nous ne parviendrons à construire ces nouvelles coopérations et alliances pour l'ordre international qui est le nôtre sans l'Afrique. Jamais nous ne remporterons la bataille pour la biodiversité ou contre le dérèglement climatique sans une participation active des pays africains », a souligné Emmanuel Macron
Le président français qui a également annoncé qu'il se rendra bientôt au Caire en Egypte, qui prendra en 2019 la président en exercice tournante de l'Union Africaine (UA) a mis l'accent sur l'avenir de la Francophonie, lequel se joue également en Afrique. « L'Afrique est également le continent où se joue l'avenir de la Francophonie et, dans une large mesure, celui de notre langue, de notre influence culturelle », a-t-il souligné. C'est la raison pour laquelle, a dit le président français, que la France soutien la candidature endossée par l'Union africaine au poste de secrétaire générale de l'organisation internationale de la francophonie (OIF), dans la perspective du Sommet d'Erevan le 12 octobre prochain.



Aide publique au développement : la France, mauvais élève

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I) Les directions marketing françaises investissent pour transformer leur activité


Au cours des 12 prochains mois, les investissements en direction marketing devraient être à la hausse partout dans le monde. Avec en ligne de mire : le respect des données, la transformation du métier, le maintien d’une relation client de proximité et évidemment l'innovation.


Bonne nouvelle de rentrée : six marketeurs sur dix s'attendent à ce que les budgets de marketing augmentent au cours des douze prochains mois (tableau ci-dessous). Tel est le principal enseignement de CMO Survey 2018, une étude de Dentsu Aegis Network menée auprès de 1000 directeurs marketing et responsables du marketing de haut niveau dans les différents pays.


Les technologies, les services financiers et l’automobile très très confiants


Mais ce sont les augmentations budgétaires parmi les grandes entreprises qui ressortent, avec 43% des répondants prévoyant des augmentations de 5% ou plus et seulement un sur vingt qui s'attend à voir les budgets tomber. La confiance est la plus élevée parmi les CMO des secteurs de la technologie, de l'automobile et des services financiers où respectivement 31%, 27% et 26% des interviewés pensent que les budgets vont augment au-delà de 5%. D’autre part, les sociétés de gestion collective sont dans une position unique pour transformer la vision du consommateur en une opportunité commerciale et de nouvelles sources de revenus.

En France, la transformation de l'activité est le rôle principal de la fonction marketing, selon les directeurs marketing. 77% d’entre eux considèrent l'intégration du brand engagement et du commerce/conversion comme le moyen le plus important pour maximiser la valeur de l'engagement des consommateurs au cours des 2-3 prochaînes années.


Préserver une relation client directe vs RGPD


L’enquête reflète les défis liés à l’équilibre entre les nouvelles opportunités et les risques liés aux données et à l’économie numérique. Les directeurs marketing identifient comme principale opportunité stratégique pour les 2 ou 3 prochaines années, l’évolution de la gestion de données vers des personnes réelles, en développant les bases des proxys numériques et de segments de consommateurs. 80% des CMOs insistent sur l'importance de communiquer avec eux de manière plus intensive et efficace.

« En ce sens, la fuite de données est le risque stratégique mentioné le plus souvent, et une forte proportion de répondants (60%) estiment que le nouveau règlement général sur la protection des données de l'Union européenne (GDPR) compliquera la construction de relations plus directes avec les consommateurs », soulignent les auteurs de l'étude.


L'innovation plus ou mois prioritaire 


Un peu plus d'un tiers des directeurs marketing identifient « l’innovation de rupture » comme l'une de leurs principales priorités fonctionnelles (tableau ci-dessous). Le podium est tenu par les CMO américains qui sont nettement plus axés sur l'innovation (46%) devant leurs confrères français et italiens à égalité à 37%, tandis que les CMO anglais sont à la traîne sur la moyenne internationale (25%). C'est pourtant essentielle à toute croissance !



Florence Berthier

Rédactrice en chef adjointe, après des études d’histoire, elle bifurque vers le journalisme et se pique de publicité, de créativité, de marketing et de conseil média chez CB News. Chez INfluencia pas de pré carré, mais de la diversité et du décryptage encore et toujours. Son idéal.

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La France est devenu un des pays les plus inégalitaires de l’OCDE en matière d'éducation. Ainsi, les enfants de cadres sont deux fois plus souvent diplômés du supérieur que les enfants d’ouvriers, et 20% des jeunes quittent chaque année l'école sans qualification ni diplôme.

J) Comment l’orientation scolaire renforce les inégalités

Alors que l’école française pèche par un trop grand élitisme, le système d’orientation des jeunes vers l’enseignement supérieur favoriserait le maintien des inégalités sociales. Une problématique au cœur des recherches d’Agnès van Zanten, sociologue et spécialiste des politiques éducatives. 
 
Vous menez depuis longtemps des recherches sur les politiques éducatives. Selon vous, quelle est la caractéristique majeure du fonctionnement de notre système scolaire ?
Agnès van Zanten1 : Comparé à d’autres modèles éducatifs, y compris ceux de nos proches voisins européens, le système français se montre particulièrement efficace pour dégager une élite, écrémer progressivement les meilleurs ou supposés tels, repérer les pépites qui occuperont les postes les plus en vue dans l’administration, la politique, l’économie, la recherche... À cette fin, un accent très fort est mis très tôt sur la notion d’excellence, à tel point que dès l’école primaire, les enfants sont notés et évalués. Tout le discours de l’école française repose sur l’idée que, pour atteindre cette excellence, l’environnement social et familial des élèves importe peu. Seuls comptent les efforts que l’on fournit en classe. Selon le principe méritocratique au fondement de l’école républicaine et indissociable de l’idée d’égalité des chances, plus un élève travaille, quel que soit son milieu d’origine, et plus il aura de bons résultats, sera récompensé par des diplômes et s’assurera une belle carrière. De même, notre système éducatif est irrigué par la croyance que le concours, avec ses épreuves anonymes passées dans les mêmes conditions par tous les candidats, est la procédure la plus sûre, la plus « pure », la plus juste, pour sélectionner les meilleurs élèves.

Dans les faits, cette idéologie méritocratique induit-elle des effets pervers ?
A. V. Z. : En privilégiant un enseignement plus soucieux de fabriquer une élite que de faire acquérir à tous les élèves un socle commun de connaissances, notre système éducatif répond mal à la massification de l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur. Chaque année, environ 20 % des jeunes quittent l’école sans diplôme ni qualification, 23 % des élèves des filières professionnelles échouent au CAP, 26 % au BEP, et autant d’étudiants ou presque abandonnent leurs études supérieures. Ce taux d’échec élevé charrie beaucoup de frustration, de fatalisme et de doutes sur leur valeur personnelle chez celles et ceux qui sont ainsi mis de côté et se sentent condamnés à rester dans les strates inférieures de la société.

Quels sont les jeunes le plus massivement touchés par l’échec scolaire ?
A. V. Z. : Ceux des milieux populaires, sans surprise. Depuis les travaux du sociologue Pierre Bourdieu dans les années 1970, on sait en effet que la réussite scolaire est étroitement corrélée au capital économique et culturel familial. Les chiffres sont implacables : les enfants de cadres sont deux fois plus souvent diplômés du supérieur que les enfants d’ouvriers, même si le système a tendance à nier l’impact du milieu socio-économique sur les performances. Selon les enquêtes Pisa (Programme international pour le suivi des acquis), la France est un des pays les plus inégalitaires de l’OCDE, un de ceux où le déterminisme social est le plus fort, où l’école, malgré des alternances politiques et des réformes successives, demeure « indifférente aux différences », comme le disait Pierre Bourdieu.

La France mérite aussi le bonnet d’âne pour ses piètres performances en matière de mixité sociale…
A. V. Z. : Celle-ci, de toute évidence, est loin d’être une réalité. En moyenne, les collégiens et lycéens d’origine aisée comptent dans leur classe deux fois plus de camarades également favorisés que ceux des classes moyennes et populaires.
L’enseignement privé, notamment dans les grandes villes, joue un rôle ségrégatif important (la majorité des élèves de ces établissements appartient aux catégories favorisées). Dans le secteur public, beaucoup de parents des classes supérieures surestiment le risque de « contamination » des bons élèves par ceux en difficulté et déploient des stratégies pour contourner la carte scolaire et accéder à des établissements convoités où prospère un entre-soi scolaire, social, ethnique…
Une masse de travaux montre pourtant que la mixité tire les plus faibles vers le haut sans pénaliser les plus forts, pourvu que les enseignants aient appris à gérer les différences de niveau entre les élèves et que cet écart ne soit pas maximal (il ne faut pas être démagogue, on ne peut pas mettre les enfants les plus brillants avec ceux les plus en difficulté). La mixité est donc favorable à la réussite de tous, sous certaines conditions, mais aussi profitable sur le plan sociétal. Se mélanger aux autres à l’école aide à construire le « vivre ensemble » dans nos sociétés hétérogènes, à condition que l’école soit porteuse d’un idéal culturel et social à la hauteur de cette ambition.

Les problèmes liés à la scolarité des jeunes des milieux défavorisés se manifestent-ils dès le primaire ?
A. V. Z. : Nous avons une image un peu enchantée de l’école primaire. Cette vision idyllique est intimement liée aux souvenirs d’enfance et au fait que, dans la plupart des cas, les écoliers manifestent un comportement d’acceptation des normes scolaires et les classes ne connaissent pas de soucis de discipline et de violence, les jeunes enfants entretenant un rapport très positif au savoir et aux enseignants. Toutes les études montrent cependant que des décrochages (largement invisibles car sans rejet ostensible de l’institution) interviennent dès le cours préparatoire. Ils sont essentiellement le fait d’élèves des milieux populaires et vont pénaliser ces derniers tout au long de leur scolarité. Une partie du problème tient à ce que les enseignants du primaire ne reçoivent pas une formation didactique et pédagogique suffisamment poussée pour pouvoir détecter les « décrocheurs » précoces comme c’est le cas en Finlande où l’enseignement, soit dit en passant, est une profession très valorisée et très bien rémunérée.

 En Finlande, où leur profession est plus valorisée et mieux rémunérée qu’en France, les enseignants du primaire sont formés à la détection du «décrochage» précoce chez les élèves.

Vos recherches actuelles portent sur les conditions dans lesquelles les lycéens sont amenés à choisir leurs études supérieures. Que cherchez-vous précisément à mettre en lumière ?
A. V. Z. : Jusqu’à présent, très peu de travaux ont été conduits dans notre pays sur les processus qui, au sein des établissements scolaires et des familles, ou encore via Internet, les plates-formes d’orientation en première année d’études supérieures, les salons d’orientation…, entretiennent ou creusent les inégalités entre jeunes s’agissant de leurs choix d’orientation dans le supérieur. Pour mieux saisir pourquoi la France affiche un faible taux de scolarisation des enfants des classes populaires dans le supérieur, nous avons mis en place depuis 2013 un dispositif inédit de grande envergure. Celui-ci repose sur des questionnaires distribués auprès de 1 800 élèves de terminale et de 450 proviseurs de lycées de la région parisienne, ainsi que sur des enquêtes ethnographiques dans quatre lycées et dans plus d’une vingtaine de salons et de journées portes ouvertes d’établissements d’enseignement supérieur.

Un des volets de cette étude concerne le rôle des lycées dans l’orientation vers le supérieur. Les pratiques dans ce domaine sont-elles vraiment à géométrie variable selon les établissements ? 
A. V. Z. : L’enquête que nous avons réalisée dans quatre lycées franciliens le montre clairement. Dans les deux établissements les plus favorisés où il n’y a ni problème de discipline ni problème de décrochage, tous les personnels (direction, professeurs, conseillers d’éducation…) sont concentrés sur l’orientation et aident les lycéens à se projeter dans l’univers des études supérieures. On y parle de choix des filières post-baccalauréat très en amont, dès la classe de seconde. 
Les élèves reçoivent des informations et des conseils personnalisés et sont fortement incités à s’orienter vers les classes préparatoires aux grandes écoles par lesquelles de nombreux professeurs sont passés et qu’ils perçoivent comme la « voie royale » vers l’élite. La situation est tout autre dans les lycées moins favorisés. Les équipes éducatives mobilisées sur la lutte contre le décrochage et plus encore sur la réussite au bac s’investissent peu dans l’orientation. On ne commence à en parler que lorsque la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur (« Admission post-bac » au moment de l’enquête, « Parcoursup » aujourd’hui) entre en service, c’est-à-dire en janvier de l’année du bac. Les élèves n’ont donc que quelques mois pour faire leur choix.
Par ailleurs, le peu de temps qu’ils consacrent à préparer leur orientation est le plus souvent un temps collectif. Les entretiens en face-à-face sont rares. Et on leur vante surtout les mérites des filières non sélectives de l’université et des sections de technicien supérieur qui préparent au BTS.

À entendre ces arguments, on se dit que les lycéens ne doivent pas utiliser le dispositif Parcoursup (ex-APB) de la même façon selon qu’ils sont dans un établissement favorisé ou non
A. V. Z. : C’est exact. Les plates-formes techniques d’admission dans l’enseignement supérieur qui se sont succédé ces dernières années fournissent les mêmes renseignements aux lycéens et les astreignent aux mêmes procédures. Mais tous les jeunes ne sont pas égaux devant ce type d’outil qui exige des compétences et un accompagnement, qui suppose d’élaborer des listes de choix de façon stratégique, qui réclame de la patience en cas de non-réponse rapide. Dans les établissements favorisés, des réunions sont organisées à l’intention des élèves et de leurs parents, des dépliants sont distribués, des informations sont mises en ligne sur le site du lycée. Jusqu’au remplacement d’APB par Parcoursup, on enseignait aux élèves des familles de statut élevé les ficelles pour optimiser leurs chances d’obtenir la formation recherchée (en établissant entre autres une hiérarchie des vœux en fonction de leur niveau scolaire et du degré de sélectivité de ces formations). Dans les lycées moyens, les élèves sont beaucoup moins aidés. Les conseils qu’on leur prodigue portent essentiellement sur l’utilisation formelle – et non stratégique – du système. On leur parle davantage de calendrier que de contenus, en leur recommandant notamment de ne pas oublier de saisir leurs vœux avant la clôture du dispositif.  

Plus généralement, le Web constitue la principale source d’informations des adolescents sur les filières post-bac. Leur façon de s’orienter sur Internet diffère-t-elle selon leur origine sociale ?
A. V. Z. : Pour mieux saisir leurs pratiques en la matière, nous avons collecté les traces de navigation d’élèves de terminale de sept lycées franciliens lors d’une séance sur ordinateur. En suivant leurs parcours de sites en sites et de pages en pages après leur avoir fait remplir un court questionnaire sur leurs attentes en matière d’orientation, on voit que dans les bons lycées en général, et dans les classes scientifiques en particulier, les élèves ont appris à se débrouiller dans le labyrinthe des formations. Ils arrivent à bien discriminer les sources (sites officiels, blogs…), à estimer la valeur réelle de ce qui leur est proposé, à identifier ce qui relève du discours publicitaire (nombre d’écoles s’autoproclament « numéro un » dans un domaine)... Ils font cela très vite, individuellement, de manière réfléchie. Les élèves des milieux populaires, dont certains n’ont pas d’ordinateur personnel, sont bien moins armés face à ce genre d’exercice, consultent moins de sites et s’appuient beaucoup sur ce que font leurs camarades.

Selon l'enquête de la sociologue, les salons étudiants sont surtout fréquentés par les lycéens issus des classes moyennes, accompagnés de leurs parents.


Et le contexte familial ? Comment les enfants de milieux défavorisés sont-ils accompagnés par leur famille dans leur orientation ? 
A. V. Z. : Les réponses au questionnaire auprès des jeunes, en cours d’exploitation, montrent l’inégale capacité des familles à aider les jeunes à préparer leur orientation. Selon nos premières analyses, environ les deux tiers des lycéens issus des catégories socioprofessionnelles privilégiées parlent fréquemment du choix d’un programme d’études supérieures et, potentiellement, d’une carrière, avec leurs parents, ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces derniers ont de fortes chances d’avoir connu l’enseignement supérieur. Les élèves de milieux populaires, eux, ne sont que 20 % à discuter régulièrement d’orientation sous le toit familial. Les lycéens qui reçoivent le moins de conseils dans leur famille quant à leur orientation sont donc aussi ceux qui, le plus souvent, en reçoivent le moins à l’école, ce qui renforce les inégalités.

Qui fréquente les salons d’orientation et quelle offre proposent ces espaces ? 
A. V. Z. : Ces salons étant pour la plupart gratuits, aucune barrière économique n’empêche les jeunes de familles à faibles moyens de s’y rendre. Mais, d’après nos observations en Île-de-France, le gros du bataillon des visiteurs est constitué de lycéens issus des classes moyennes, souvent accompagnés de leurs parents.
Un autre problème est que ces salons, qui se définissent comme une sorte de service public, de vitrine objective des offres de formations dans le supérieur, sont la plupart du temps organisés par les acteurs marchands du secteur. Les établissements privés à la réputation au mieux moyenne (les meilleures écoles n’ont pas besoin de publicité) et aux frais de scolarité élevés s’y taillent la part du lion, et le discours anti-université y est très prégnant. Cette offre biaisée constitue elle aussi une source d’inégalités puisque le privé ne peut pas être une solution pour de nombreux jeunes.

Quelle mesure permettrait d’améliorer de façon significative la qualité de l’orientation dans les lycées ? 
A. V. Z. : Il faudrait notamment augmenter le nombre de conseillers d’orientation psychologues. Depuis le milieu des années 1990, les pouvoirs publics n’ont pas souhaité renouveler les effectifs de cette profession aujourd’hui quelque peu en déshérence. Aux États-Unis, au contraire, où la fonction des lycées est explicitement de propulser le plus d’élèves possible vers l’enseignement supérieur, il y a souvent deux, voire trois conseillers d’orientation par établissement. En France, faute de personnel, l’orientation repose trop souvent sur les épaules des enseignants. Or, une large partie d’entre eux ne veut pas s’en occuper, et ce d’autant qu’ils exercent dans des lycées défavorisés et s’emploient à tenter de « boucler le programme ». Ils pensent que c’est une tâche qui n’est ni valorisée ni valorisante, qui ne fait pas partie de leur mandat officiel et qui suppose de leur part une connaissance – qu’ils n’ont pas – du système d’enseignement supérieur, un système particulièrement complexe et constamment mouvant.
 
Les expérimentations menées depuis le début des années 2000 pour ouvrir socialement les filières élitistes sont-elles concluantes ? 
A. V. Z. : Il est important que le pays se reconnaisse dans une élite diversifiée. À ce titre, les dispositifs « d’ouverture sociale » (procédures de recrutement spécifiques, tutorat, classes de remise à niveau) mis en place par des établissements d’enseignement supérieur prestigieux (Sciences Po, l’Essec, HEC…) pour élargir leur vivier vont dans le bon sens et font consensus. Il n’en reste pas moins que ces dispositifs n’ont modifié qu’à la marge les trajectoires des jeunes issus des catégories sociales les plus modestes dans le supérieur. Toutes initiatives confondues, elles ne concernent qu’une poignée d’individus. Il ne faudrait pas que ces réponses ponctuelles aux inégalités se substituent à une réflexion d’ensemble sur l’échec scolaire d’une fraction importante des jeunes venant des milieux populaires. L’objectif de notre système éducatif doit demeurer d’élever le niveau global de tous.

Philippe Testard-Vaillant
Philippe Testard-Vaillant est journaliste. Il vit et travaille dans le Sud-Est de la France. Il est également auteur et coauteur de plusieurs ouvrages, dont Le Guide du Paris savant (éd. Belin), et Mon corps, la première merveille du monde (éd. JC Lattès).
 
À Lire :
L’école de la périphérie. Scolarisation et ségrégation en banlieue, Agnès van Zanten, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », septembre 2012, 456 p., 19 €
Choisir son école. Stratégies familiales et médiations locales, Agnès van Zanten, Presses universitaires de France, 2009, 304 p., 24,50 €
Elite in education, Agnès van Zanten, Routledge, 2018, 1712 p. (4 volumes)

Notes
  • 1. Directrice de recherche à l’Observatoire sociologique du changement (CNRS/Sciences Po Paris).
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K) Chômage et solidarité: la République en Marche prise d’une crise de hollandisme?

Curieusement, la question de la solidarité face au chômage donne l’occasion, à la République en Marche, de resserrer ses rangs autour des vieilles lunes hollandistes. Démonstration est faite, une fois de plus de la distance qui sépare la majorité parlementaire et le libéralisme. Les cadres devraient en faire les frais.

La question de l’indemnisation des cadres dans l’assurance chômage est un serpent de mer qui revient à chaque renégociation de la convention qui fixe les règles de calcul des indemnités. Il se trouve toujours quelqu’un dans la salle pour dénoncer les « gros salaires » qui abuseraient du système. En l’espèce, le plafonnement des indemnités mensuelles à environ 6.000 euros suscite régulièrement des anathèmes acides et des appels au coup de rabot.
 
En soi, cet appel n’a rien de choquant. On peut en effet se demander pourquoi des salariés qui gagnent 15.000 euros mensuels bénéficient d’un système de droit commun qui n’a pas été conçu pour eux. Toute la difficulté est de monter un raisonnement cohérent sur le sujet. 
Et c’est ici qu’Aurélien Taché, député du Val d’Oise et ancien de l’Unef, nous donne à voir comment la République en Marche a blanchi d’un coup de baguette magique les vieux principes moisis du hollandisme.

Les deux certitudes du hollandisme en matière de solidarité

Rappelons d’abord les deux conceptions méphitiques qui inspirent la doctrine hollandiste de la solidarité.
La première conception est que la solidarité repose sur une aspiration officielle à une égalité de droits entre riches et pauvres où, en réalité, les riches n’ont aucun droit et les pauvres les ont tous. C’est la généralisation du deux poids deux mesures où, en particulier, tous les gens qui ont commis l’erreur de s’élever de leur condition durant leur vie doivent voir l’ensemble de leurs gains confisqués et redistribués à ceux qui n’ont pas fait le même effort. 
La deuxième conception est que la solidarité est un système à sens unique: elle ne doit profiter qu’aux pauvres, et les riches doivent en être méthodiquement exclus. C’est ce qu’on appelle la redistribution des richesses. 

Aurélien Taché et le recyclage des vieilles lunes hollandaises

Aurélien Taché est un ancien des cabinets ministériels sous François Hollande. Il s’est opportunément recyclé dans la macronie, mais il n’en reste pas moins attaché aux vieilles leçons reçues du mandat précédent, en particulier cette manie de vouloir tout réglementer sans respecter l’autonomie des corps intermédiaires. 
Le fait que l’assurance chômage soit financée par les entreprises et gérée par les partenaires sociaux n’est donc pas de nature à le dissuader d’expliquer en lieu et place de ces partenaires comment bien gérer le régime chômage. Le hollandisme et ses adeptes (y compris chez les plus frondeurs) avait coutume de procéder de la sorte: nous sommes de gauche, donc nous sommes légitimes à parler des intérêts des salariés à la place des syndicats qui sont chargés de les représenter. 
Cette idée selon laquelle être de gauche donne le droit de s’ériger en porte-parole des opprimés en tous genres, même lorsqu’ils ont des porte-parole élus et légitimes, est une tarte à la crème d’une banalité bien connue. On notera que les mêmes qui foulent aux pieds les syndicats sont généralement les premiers à appeler de leurs voeux la « démocratie sociale » et autres fantasmes où les salariés deviendraient de fait les vrais propriétaires des entreprises. L’intervention de Taché dans le champ de l’assurance chômage confirme une fois de plus que l’appel à la démocratie sociale est une fiction qui cache une simple volonté de puissance de la part de députés qui ont, qui plus est, une connaissance le plus souvent théorique du secteur privé.
C’est ici qu’on notera le premier manque de cohérence qui caractérise le plus souvent les partisans de la solidarité. L’expérience montre que leur conception de la solidarité s’intéresse assez peu à l’opinion de ceux qui sont supposés en bénéficier. 

Baisser les allocations chômage des cadres, ou la généralisation du deux poids deux mesures

S’agissant de l’allocation chômage des cadres à 6.000 euros par mois, on se délectera du populisme sous-jacent qui anime ses adversaires et contempteurs. Car tous adorent attiser la haine du grand public en citant des chiffres astronomiques, mais tous oublient de préciser que la perception d’une indemnité de 6.000 euros par mois est généralement précédée d’une période de carence de six mois. Autrement dit, pour qu’un cadre puisse bénéficier de son allocation chômage à ce montant élevé, le régime chômage tient compte de l’indemnité qu’il a perçue au moment de son licenciement. Certains se retrouvent donc privés de revenus pendant plusieurs mois avant d’ouvrir droit à la première indemnisation. 
Certes, ils ne nous feront pas pleurer sur leur sort. Mais enfin, le système calculé par les partenaires sociaux, et qu’aucune convention signée par ces partenaires depuis de nombreuses années n’a souhaité remettre en cause malgré les polémiques sur ce sujet, a bel et bien intégré dans ses mécanismes des éléments de justice sociale concernant les cadres. Leurs droits sont ouverts moins facilement que ceux des salariés « ordinaires », et c’est très bien comme ça.
Dans la logique hollandiste, ce mécanisme n’est pas suffisant. C’est pourquoi Aurélien Taché propose de baisser les allocations perçues par les cadres. Autrement dit, les cadres cotiseraient comme les autres (à travers la CSG dans les années à venir), mais un euro cotisé par un cadre ouvrirait moins de droits qu’un euro cotisé par un ouvrier.
On retrouve ici la logique de la sanction sociale qui est la marque de fabrique du hollandisme. Tous ceux qui ont voulu s’élever dans l’échelle sociale doivent être sévèrement punis en ayant moins de droits que les autres. Dans cet univers de l’inégalité assumée, le fils d’ouvrier qui s’est discipliné pour faire des études et vivre mieux que ses parents doit être stigmatisé pour ses prétentions hors norme, et payer chèrement son péché d’orgueil. 
On suppose que la prochaine mesure proposée par Aurélien Taché consistera à demander aux cadres ou aux riches de payer plus cher leur assurance voiture, sous prétexte qu’ils en ont les moyens, ou de subir un malus plus important que les ouvriers en cas d’accident. Ou alors proposera-t-il que les peines infligées en justice soient systématiquement alourdies pour les plus riches, que les contraventions pour excès de vitesse soient proportionnelles aux revenus et que la baguette soit payée chez les boulangers en fonction du salaire. 

Comment transformer la France en enfer fiscal?

Redisons-le, supprimer le système des indemnités chômage à 6.000 euros peut avoir du sens. Plusieurs scénarios sont possibles pour y arriver. 
Il y a par exemple un scénario à l’allemande, qui est simple à comprendre: on limite l’assurance chômage aux assurés qui gagnent moins d’une certaine somme. C’est ainsi que fonctionne Outre-Rhin l’assurance maladie. Au-delà d’un certain niveau de revenus, le salarié n’est plus obligé d’adhérer au régime. Cela ne signifie pas que cela lui est interdit. Simplement, il peut choisir d’adhérer à un autre système: il prend ses responsabilités. 
Un scénario à l’anglo-saxonne est aussi possible: l’assurance-chômage est plafonnée pour tout le monde, mais les cotisations le sont aussi. Par exemple, l’assurance-chômage assure 50% du dernier salaire dans la limite de 2.000 euros d’indemnité. Les assurés sont obligés de cotiser, mais leur cotisation ne porte que sur les 4.000 premiers euros de salaire. Au-delà, le salarié est libre de souscrire ou non à un contrat d’assurance-chômage complémentaire. 
Le scénario proposé par Aurélien Taché, en fidèle hollandiste, est celui de l’enfer fiscal. Il consiste à maintenir des cotisations obligatoires et sans limite ou presque, mais à dégrader purement et simplement les droits offerts aux plus riches, selon la logique du deux poids deux mesures.
On peut évidemment camoufler cette violation fondamentale de la démocratie en « solidarité ». Les soviets n’ont pas fait autre chose pendant des décennies, avant que leur économie pourrie de l’intérieur ne s’effondre brutalement. Simplement, il faut assumer ce que l’on fait dans ces cas-là: décourager la promotion sociale et transformer peu à peu son pays en enfer fiscal où les meilleurs partent vivre à l’étranger et sont peu à peu remplacés par de la main-d’oeuvre étrangère. Aurélien Taché multiplie d’ailleurs les propositions en ce sens. 
On verra quel sera le choix d’Emmanuel Macron sur ce sujet.



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L) Le pillage social organisé par l’Etat

Au nom de l’égalité et d’un semblant de justice sociale, le gouvernement envisage une fois de plus de prendre aux uns pour redonner aux autres. Deux dossiers sont à l’agenda social de la rentrée politique : la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage. Dans les deux cas, il est envisagé de faire les poches des riches.

Les retraites convoitées

Tandis que les régimes publics de retraite comme celui de la sécurité sociale vivent sans réserve, en reversant chaque mois aux pensionnés les cotisations du mois précédent versées par les cotisants, certains régimes professionnels se sont montrés plus prévoyants. Celui des professions libérales a accumulé 27 milliards de réserves et le régime complémentaire des salariés AGIRC/ARRCO, 71 milliards. Mais la tentation est grande de profiter de l’occasion d’une grande réforme des retraites pour que les cigales volent leurs réserves aux fourmis en violation complète de l’épargne et de la propriété.
La réforme des retraites annoncée n’a pourtant rien de révolutionnaire et ne consiste qu’à prendre aux uns pour donner aux autres selon le vieux principe français d’une solidarité fondée sur la redistribution obligatoire. Le projet ne prévoit que de transformer les cotisations en points dans un système qui resterait basé sur la répartition, c’est-à-dire sur le versement aux retraités des cotisations des actifs. Tant mieux si à cette occasion les régimes de la fonction publique ou parapublique sont rééquilibrés pour coûter moins cher aux contribuables. Mais chacun sait que le système de répartition, dans un pays où de moins en moins de gens travaillent de moins en moins longtemps tandis que la durée de vie ne cesse de s’allonger, est celui d’une voiture roulant à vive allure contre un mur. Certes le pillage d’Etat envisagé pourrait donner quelques années de répit en attendant le pire. Mais celui-ci ne saura être évité qu’en basculant progressivement une large partie des retraites vers un système de capitalisation dans lequel les cotisants pourraient retrouver leur capital ou une rente à l’âge qu’ils choisiraient librement pour prendre leur retraite. En attendant, la politique du court terme est aussi injuste et immorale que suicidaire.

L’aubaine du chômage des cadres

C’est vrai aussi au titre des mesures envisagées pour limiter les allocations chômage des cadres qui sont aujourd’hui plafonnées à environ 6 200€ par mois. Un député de LREM a joué le rôle du héraut pour proposer une mesure tendant à rendre progressives les indemnités des cadres, voire les limiter à une allocation forfaitaire de 3 000€ par mois. Une annonce en forme de test d’opinion sans doute !
C’est juste oublier que les cadres cotisent plus que les autres puisque les cotisations sont proportionnelles au salaire, à raison de 5 %, répartis pour 4,05 % à la charge de l’employeur et 0,95 % à la charge du salarié. La cotisation salariale était de 2,40% jusqu’au 31/12/2017 et devrait être totalement supprimée à compter du 1er octobre 2018. Ces cotisations ne sont pas dues sur les rémunérations dépassant 4 fois le plafond de la Sécurité sociale, fixé à 3 311 € au 1er janvier 2018, soit un plafond de base de cotisation de 13 244€.
L’indemnité est calculée en fonction du dernier salaire à raison du plus élevé des montants correspondants à 57% du salaire journalier de référence ou 40,4% de celui-ci + 11,92€ par jour. Il n’est donc pas anormal que les cadres reçoivent, comme les autres salariés, une indemnité correspondant à leurs cotisations, dans la limite du plafond auquel ils cotisent. De plus, lors de la réforme du marché du travail en Allemagne, les fameuses lois Hartz, il n’y a pas eu de discrimination entre les simples employés et les cadres au chômage. Tout le monde a fait des efforts.
Mais la politique de M. Macron est de supprimer définitivement le caractère assurantiel du système social français, déjà très diminué, et de re-centraliser tous les régimes sociaux entre les mains de l’Etat. Et parallèlement, son but est d’en augmenter le caractère redistributif en continuant d’alourdir la charge de ceux qui gagnent moins au profit de ceux qui gagnent plus comme un moyen de poursuivre la politique d’égalisation délétère de son prédécesseur. C’est notamment vrai pour les cadres dont les prestations risquent de baisser alors qu’ils supportent désormais la hausse de la CSG, de 1,7%, sans limitation et sont donc encore plus pénalisés que les autres.
 

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