Attal applaudi, Mélenchon fâche et Le Pen à côté : ce qu’il faut retenir du premier débat présidentiel
Sept candidats ont participé au premier débat de campagne organisé par le Medef à Roland-Garros. Et tous n’ont pas réussi l’exercice.
Qui a marqué le point décisif face aux patrons ?
Le premier débat de l’élection présidentielle qui s’est déroulé ce jeudi 27 août (en partie sous l’eau à Roland-Garros) a été l’occasion pour Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon de s’affronter sur le terrain de l’économie. Tout en poursuivant, en parallèle, d’autres objectifs plus stratégiques.
Tous les candidats jouaient gros pour ce premier débat.
À l’extrême droite, Marine Le Pen avait pour mission de rassurer les patrons, plus enthousiasmés par le profil libéral de Jordan Bardella que par le sien. Pour Edouard Philippe et Gabriel Attal, l’enjeu n’était pas tant de séduire un électorat proche de leurs idées que de marquer les esprits pour s’imposer comme meilleur candidat du bloc central. À gauche, le débat faisait figure de test pour Raphaël Glucksmann, tout juste candidat (via la primaire du PS), quand Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, aux relations plus froides avec le monde patronal, devaient eux tenter d’ouvrir le dialogue.Le format de l’émission, centrée sur la dette et les retraites, la réindustrialisation, les salaires, et les normes, a posé quelques difficultés aux candidats, interrogés les uns après les autres sur leurs propositions, sans avoir vraiment l’occasion de débattre entre eux. Mais certains ont malgré tout tiré leur épingle du jeu, quand d’autres ont eu bien du mal à se faire entendre.
Mélenchon assume de cliver, Le Pen toujours dans le flou
C’est le cas du candidat LFI, venu pour dire « leurs quatre vérités aux patrons ». Jean-Luc Mélenchon n’a guère semblé à chercher à convaincre un public qui lui est majoritairement hostile. Bien au contraire. Interrogé sur « les réformes concrètes » à mettre en place pour faciliter la réindustrialisation, l’Insoumis en chef a assumé un désaccord total avec les entrepreneurs en estimant que la France faisait partie des « 15 % de pays où c’est le plus facile de faire des affaires. » Mais c’est sur la question des salaires que la discussion s’est nettement grippée entre l’ancien parlementaire et ses interlocuteurs. « Il faut les augmenter, il faut augmenter le SMIC », a-t-il exhorté, déclenchant immédiatement un rire général dans l’assemblée. « Si vous n’augmentez pas les salaires, vous n’en rigolerez pas longtemps, parce que vous aurez la récession. (...) Vous rirez jaune, si vous ne partagez pas davantage », a-t-il tonné. Sans s’attirer davantage de sympathie pour la suite. À l’inverse de Marine Le Pen. En dépit des craintes du monde économique sur sa ligne plus sociale que celle de Jordan Bardella, la candidate d’extrême droite pour 2027 a réussi à s’attirer quelques applaudissements en déclarant qu’en matière de redressement des finances publiques « le premier qui doit faire un effort et baisser drastiquement son train de vie, c’est l’État. » Elle a promis de « rembourser la dette » et, alors que son parti est souvent critiqué pour le flou de ses propositions économiques, a promis la présentation prochaine d’une « trajectoire de redressement des finances publiques » avec 125 milliards d’euros d’économies. Le RN tente ainsi de construire une crédibilité économique, mais c’est loin d’être acquis. En témoigne le succès de l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann lorsqu’il a attaqué Marine Le Pen sur sa « solution pour la dette » à savoir « l’immigration ». « Vous allez soit faire comme madame Meloni et promettre une immigration zéro avant de vous rendre compte qu’on a besoin d’immigration de travail, soit couler définitivement l’économie française et aggraver grandement la dette », a cinglé l’eurodéputé.Raphaël Glucksmann a concentré ses coups sur la candidate RN et sur les deux anciens chefs du gouvernement. Une stratégie bien rodée avec deux objectifs : primo, faire taire les critiques qui l’accusent d’une trop grande proximité avec la macronie et ensuite, parler (enfin ?) à l’électorat de gauche, par exemple en se disant favorable à une plus grande taxation.
Attal et Philippe déroulent, Tondelier peu audible
Mais les plus convaincants pour le patronat ont sans conteste été Edouard Philippe et Gabriel Attal. Le candidat Renaissance a plusieurs fois reçu les applaudissements du public, autant sur la forme, lorsqu’il a refusé de répondre à une pique de Raphaël Glucksmann pour privilégier les chefs d’entreprise - « Je pense que c’est bien de répondre concrètement aux questions posées » - que sur le fond, lorsqu’il a étrillé la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette française. « Si vous considérez, monsieur Mélenchon, qu’il suffit d’annuler la dette, pourquoi vous proposez en même temps d’augmenter les impôts ? C’est par pur sadisme ? », a lancé le candidat Renaissance. Sous les rires et les applaudissements. Son principal adversaire du bloc central, Edouard Philippe, a aussi reçu sa part de soutien, notamment lorsqu’il a exhorté au « courage » de « travailler plus longtemps. » À l’aise, le candidat Horizons a déroulé ses propositions les plus susceptibles de séduire son auditoire : pas touche au pacte Dutreil, décorréler le financement de la protection sociale « des prélèvements sur le travail » afin d’en faire baisser le coût pour les employeurs… Certaines de ses propositions ont d’ailleurs fait écho à celles de Bruno Retailleau. Plus en retrait que les autres candidats - il a été le seul, à la fin des échanges, à disposer d’un reste de temps de parole - le patron des Républicains a réussi à glaner quelques victoires, comme lorsqu’il a proposé l’instauration d’un seuil, fixé à la 36e heure de travail hebdomadaire à partir duquel « il n’y a ni cotisation salariale ni patronale. »Sur les presque trois heures de débat, seule la candidate des Écologistes Marine Tondelier s’est véritablement attiré les huées du public, lorsqu’elle a étrillé le modèle « Notre-Dame » vanté par Gabriel Attal pour accélérer la réindustrialisation. En retrait, tentant d’infuser les enjeux écologiques dans le débat mais souvent accusée de ne pas répondre aux questions des patrons, Marine Tondelier n’a eu qu’un petit moment de satisfaction : lorsqu’elle a cité un rapport du Medef pour défendre l’immigration au travail. Une toute petite victoire.
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En cette deuxième journée des rencontres annuelles des entrepreneurs de France, organisée par le Medef [Mouvement des entreprises de France], les patrons tirés à quatre épingles défilent au stade Roland-Garros dans le 16e arrondissement de Paris ce 27 août. Entre deux petits fours, les dirigeants de PME [petites et moyennes entreprises] présents le jurent : ils sont proches de leurs employés – voire de leur famille – et sont pleinement conscients de leurs préoccupations. À commencer par la question du pouvoir d'achat et de la rémunération. Pourtant, à peine le mot prononcé, la responsabilité est remise sur le dos des salariés.
La droite à domicile, "Le Pen qui montre patte blanche" et "match entre Attal et Philippe" : quel candidat a remporté le premier débat de la présidentielle ?
Lors du premier grand débat de la présidentielle 2027 organisé à l’université d’été du Medef, Marine Le Pen, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Bruno Retailleau ont confronté leurs positions sur les retraites, les salaires, la dette et l’écologie.
La première bataille. La campagne présidentielle vient de débuter avec le premier débat qui a opposé les sept principaux candidats à l'élection présidentielle, lors de l'université d'été du Medef ce jeudi 27 août.
La favorite des sondages, Marine Le Pen, mais aussi Édouard Philippe, Gabriel Attal, et Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon qui serait en passe de se qualifier pour le second tour selon notre dernier sondage, Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier ont ainsi échangé pendant plus de trois heures sur la dette, les salaires, la réindustrialisation, les retraites et l'écologie.Que faut-il en retenir ? Quel candidat s'est détaché de ses adversaires ? Au micro de RTL, Alain Duhamel confie ne pas avoir été surpris sur le fond. "Mais j'ai trouvé que chacun avait un corpus intellectuel bien clair et bien différent de celui des autres", a-t-il expliqué. Selon l'éditorialiste, "cette confrontation" a permis de "voir que la droite de Retailleau n'est pas la droite de Philippe ; de voir que Mélenchon conteste à sa manière, mais Tondelier d'une autre manière", a-t-il détaillé. Quant à "la psychologie des personnages", c'était "assez révélateur et même quelquefois assez cru", a-t-il souligné.
Une double cible pour Glucksmann
Jonathan Bouchet-Petersen, éditorialiste politique au journal Liberation salue la bonne tenue du débat : "On a connu pire entrée en campagne". Il a rappelé que certains candidats "jouaient objectivement et idéologiquement à domicile" en faisant face au Medef, citant le candidat Les Républicains Bruno Retailleau, le candidat Horizons Édouard Philippe et le candidat Renaissance Gabriel Attal. Le candidat Horizons a cherché à "asphyxier une bonne fois pour toutes Bruno Retailleau en perdition dans les sondages", indique l'éditorialiste chez Libération.L'enjeu était aussi de taille pour Marine Le Pen qui jouait la crédibilité économique de son programme. La candidate RN "venait montrer patte blanche", estime Jonathan Bouchet-Petersen qui souligne des "évolutions" sur certaines mesures et "la marque" de Jordan Bardella au RN. Elle n'a pour autant pas reculé sur la réforme des retraites : "Elle est restée stoïque et sur ses fondamentaux", a-t-il ajouté.
Raphaël Glucksmann avait quant à lui deux adversaires. Le premier "sur le terrain des valeurs" qui était Marine Le Pen et l'autre "sur le terrain du bilan" avec l'ambition écologique qui était Gabriel Attal, analyse l'éditorialiste politique de Libération. Quant à la répartie et la communication, "le spécialiste, c'est Gabriel Attal", estime Alain Duhamel.
L'éternel débat de la réforme des retraites
Le sujet de la réforme des retraites a occupé une bonne partie des réponses des sept candidats. Un débat qu'Alain Duhamel qualifie de "politiquement très précis" et d'"économiquement très imprécis". Édouard Philippe n'a pas évoqué d'âge précis de départ à la retraite, malgré les multiples relances. "Il a été relancé six fois", a noté Jonathan Bouchet-Petersen. Un élément confirmé par Alain Duhamel qui note "une grande différence entre Édouard Philippe et Marine Le Pen qui n'est pas négligeable".À droite, Bruno Retailleau serait passé à côté de l'exercice pour l'éditorialiste de Libération. "Il n'y a quasiment pas une phrase qui a impacté", estime-t-il. En réponse, Alain Duhamel n'a pas trouvé qu'il était "mauvais dans son expression". "Je sentais bien que les autres considéraient qu'il n'était pas très important, ça se voyait dans leurs comportements. Le match était entre les anciens Premiers ministres. Chacun des deux essayait d'être plus crédible que l'autre", a-t-il souligné
Présidentielle 2027 : Mélenchon et Philippe s'affrontent sur la dette, Le Pen et Attal sur les salaires, Glucksmann mise sur l'écologie et Tondelier et Retailleau débattent sur les aides sociales
Pour la première fois dans ce début de campagne présidentielle, les sept principaux candidats ont débattu jeudi 27 août à l'occasion des rencontres organisées par le Medef. Avec une particularité et non des moindres : les présences de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
- L'arène du tennis de Roland-Garros était occupée par les 7 principaux candidats à l'élection présidentielle dont Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement national, actuelle favorite des sondages. Face à elle, se trouvait aussi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, crédité d'une dynamique susceptible de le hisser au second tour.
- Édouard Philippe a donné le ton de la journée en dégainant, dans un entretien à l'AFP, des propositions qui devraient séduire les patrons : la réduction à 12 mois (18 aujourd'hui) de l'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans ; "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail" et garantir la pérennité du pacte Dutreil qui facilite la transmission des entreprises familiales.
- Cinq chefs d'entreprise ont interpellé les candidats autour d'autant de thèmes: la dette et les dépenses publiques ; la réindustrialisation ; le coût du travail ; les normes et la simplification ; la fiscalité. Les prétendants à l'Élysée pourront se répondre entre eux.
- Selon le dernier baromètre Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, Marine Le Pen reste largement favorite à l'approche de l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon reste en deuxième position dans une majorité d'hypothèses.
Voir le live ici: https://www.rtl.fr/actu/politique/en-direct-presidentielle-2027-melenchon-le-pen-philippe-glucksmann-attal-la-campagne-debute-avec-le-premier-debat-des-7-principaux-candidats-7900665799
Retraites, dette, fiscalité... Ce qu’il faut retenir de la première confrontation entre les candidats à la présidentielle
Ce jeudi, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu présenter, pour la première fois, leurs positions sur plusieurs sujets. Le Figaro fait le point.
Top départ symbolique pour la présidentielle 2027. Ce jeudi, sept prétendants à l’Élysée ont répondu aux questions de cinq patrons, à l’occasion de l’université d’été du Medef, La REF 2026, à Roland Garros. Pendant plus de deux heures, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu échanger pour la première fois et présenter leurs positions sur plusieurs sujets. Le tout, dans une ambiance parfois tendue.
Retraite, réindustrialisation, emploi, finances publiques... Le Figaro résume les points saillants de ce débat, qui est venu clôturer l’événement de rentrée du mouvement patronal.
Des désaccords dès l’introduction des débats
En ouverture des discussions, les différents candidats ont tous insisté sur les défis qui attendent l’économie française, et sur la gravité de la situation dans laquelle se trouvait le pays. Les premiers désaccords sont toutefois apparus rapidement. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, a dit croire «à l’État», quand Bruno Retailleau, au contraire, a dénoncé un État «vorace» et obèse. «À votre place, j’aurais présenté des excuses», a d’emblée lancé Gabriel Attal à l’endroit du leader insoumis, lui reprochant les propos de l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur les milliardaires «nuisibles».
Dette : une multitude de pistes pour reprendre la main sur les finances publiques
Premier sujet abordé lors des discussions, la dette inquiète les patrons. Interrogé sur son projet d’annulation de la dette française détenue par la BCE, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu, arguant que «les Américains font ça». Édouard Philippe l’a cependant vertement tancé : «Ce que vous venez de dire, c’est extrêmement dangereux», car cela risque de faire «en sorte que la France finisse interdit bancaire», comme la Grèce en 2008.
Les candidats ont chacun donné leurs pistes pour reprendre le contrôle des finances publiques. Promettant de «baisser drastiquement» le train de vie de l’État et d’inscrire dans la Constitution une règle d’or sur l’endettement, Marine Le Pen dessine deux pistes d’économies : l’Union européenne et l’immigration. De son côté, Raphaël Glucksmann appelle à «taxer les plus hauts patrimoines» et à augmenter la production industrielle pour résorber le déficit. Jean-Luc Mélenchon a appelé à réduire les aides aux entreprises, quand Gabriel Attal a préféré mettre l’accent sur les «dépenses sociales», avec pour objectif de «revenir sous les 3% de déficit en 2032». Intervenant après Marine Tondelier, qui a dénoncé «la fracture sociale» du pays, Bruno Retailleau appelle, enfin, à travailler davantage, en s’en prenant à la gauche et aux 35 heures.
Retraites : des différences irréconciliables
Les candidats ont ensuite étalé leurs désaccords sur les retraites. Marine Le Pen a appelé à agir sur le «taux d’emploi», trop bas en France, et a répété que ceux qui auront commencé à travailler avant 20 ans pourraient partir à 60 ans. Pour la majorité, l’âge légal sera porté à 62 ans, avec 42 années de cotisations et des «incitations» pour ceux qui souhaitent continuer à travailler.Gabriel Attal et Édouard Philippe ont rappelé leur volonté d’agir pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, le premier insistant sur sa volonté de mettre en œuvre un «pilier de capitalisation». Bruno Retailleau, quant à lui, souhaite lier l’âge de départ à la retraite à «l’espérance de vie», «par une équation proportionnelle». Le LR présentera son projet de réforme des retraites «dans quelques jours».
Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, quant à eux, ont rappelé leur opposition aux réformes portées sous Emmanuel Macron en matière de retraite, «injustes», selon l’eurodéputé, «passées de manière illégitime», selon la leader écologiste.
Réindustrialisation : réduction des coûts à droite, relance de secteurs à gauche
Face à l’urgence de réindustrialiser la France, les candidats ont défendu des remèdes très différents. Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Marine Le Pen ont d’abord ciblé le millefeuille normatif. «Il va falloir réduire les coûts, en réduisant les normes», a lancé la candidate du RN, qui promet aussi de baisser les impôts de production. Édouard Philippe, quant à lui, a plaidé pour une «stabilité normative».
Partisan de la planification, Jean-Luc Mélenchon quant à lui cité pêle-mêle la relance de «l’industrie textile», de la «filière bois» ou encore de «l’avion spatial». Après avoir, à l’unisson avec Bruno Retailleau, passé au gril le bilan industriel d’Emmanuel Macron, Marine Tondelier a proposé d’«aider l’industrie française à se transformer», notamment sur le plan écologique.
Fiscalité : un clivage profond entre les candidats
La fiscalité des entreprises a, sans surprise, clivé les candidats. À droite, Édouard Philippe propose «50 milliards d’impôts de production» en moins, compensés par autant d’aides aux entreprises supprimées, puis la fin de la surtaxe sur les grandes sociétés.Marine Le Pen, comme Bruno Retailleau, qui dénonce lui aussi une fiscalité «punitive», défend la suppression de la C3S et de la CVAE, ainsi que le maintien du pacte Dutreil. Tandis que la candidate RN veut abolir «130 impôts totalement improductifs», le chef de file des Républicains promet 40 milliards d’euros de cotisations sociales en moins dès les premiers mois, ainsi que la suppression du forfait social.
«Tout le monde paye», rappelle pour sa part Jean-Luc Mélenchon, qui plaide pour une distinction nette entre «capital spéculatif» et «capital productif». Toujours à gauche, Raphaël Glucksmann cible quant à lui «l’optimisation fiscale», qui nourrit et perpétue une «société de privilège», et se réfère volontiers à l’exemple allemand, où les transmissions d’entreprises sont, selon lui, davantage taxées.
Vie quotidienne des entreprises : les normes critiquées vertement par plusieurs candidats
Les normes ont également été ciblées par certains, dans la vie quotidienne des entreprises. Bruno Retailleau souhaite lutter contre la surtransposition des textes européens, et Gabriel Attal désire que le silence de l’administration vaille approbation. «Ce sont des milliers de surnormes» qu’il faut supprimer, a renchéri Marine Le Pen. Même constat pour Édouard Philippe, pour qui «il faut interdire de surtransposer».
À gauche, Marine Tondelier a appelé à ce que l’État ne demande pas aux entreprises ou citoyens «des informations qu’il a déjà», comme l’adresse postale, pour leur simplifier la vie. «Il faut des normes», a toutefois rétorqué Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’elles protégeaient notamment les salariés. Une vision partagée par Raphaël Glucksmann.
Emploi : Mélenchon appelle à «augmenter les salaires», la droite et le centre entendent baisser les prélèvements
Sur le coût du travail, une fois de plus, les représentants politiques ont avancé des idées opposées. Pour Jean-Luc Mélenchon, l’urgence est «d’augmenter le smic» et les salaires. Raphaël Glucksmann, quant à lui, appelle à taxer davantage les «méga-héritiers», en échange d’une baisse de la CSG sur les salaires.
De son côté, Gabriel Attal souhaite revenir «sur les hausses du coût du travail intervenues depuis 2024», lorsqu’il était à Matignon. Édouard Philippe entend «élargir la base», réduire les dépenses sociales, quand Bruno Retailleau propose «zéro cotisation, ni salariale, ni patronale», à partir de la 36e heure travaillée.
Énergie : des oppositions sur les renouvelables et le nucléaire
C’est, sans surprise, la cheffe de file des Verts qui a dégainé la première sur le sujet énergétique. Elle a plaidé pour un «prix de l’électricité compétitif et stable» et fustigé la suspension des subventions aux énergies renouvelables proposée par Bruno Retailleau. «Il faut trouver le moyen d’en produire autrement», a abondé le leader des Insoumis, torpillant des «équipements nucléaires qui n’existent pas», probablement en référence aux nouveaux réacteurs EPR2.
«La souveraineté énergétique, c’est d’abord le nucléaire, avec un complément renouvelable», a pourtant rétorqué l’ancien ministre de l’Intérieur, qui promet de baisser de 10% les prix de l’énergie. Pour baisser «massivement le coût de l’énergie», Marine Le Pen promet quant à elle une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l’ensemble des énergies.
Logements : entre choc de simplification et emprunts à taux préférentiels
«Le principal symptôme du déclassement aujourd’hui pour les jeunes générations, c’est l’impossibilité de devenir propriétaire». Face à ce constat, Gabriel Attal promet, là aussi, un choc de simplification pour relancer la construction ainsi qu’un achat facilité pour primo-accédants de leur logement social. «D’accord avec vous, mais d’abord on doit régler le problème des passoires thermiques», a fait valoir Jean-Luc Mélenchon.
Bruno Retailleau a abordé, lui, le sujet sous l’angle de la natalité. Il propose pour les futurs parents des emprunts immobiliers à taux préférentiels : «Au premier enfant, ce sera 50% de prise en charge par l’État des taux d’intérêt. Au second, ce sera 75% et au troisième ce sera 100%. C’est de l’argent qui est bien placé.»
L’Europe critiquée à plusieurs reprises
L’Europe a été ciblée à plusieurs reprises par les candidats. Marine Le Pen a appelé à réduire la contribution financière tricolore à l’Union européenne, jugée trop lourde. «Je préfère 1000 fois ce qu’a dit le Premier ministre canadien au traité piteux, que madame von der Leyen qui a été signé en Écosse avec monsieur Trump», a tancé, un peu plus tard, Édouard Philippe, rappelant l’accord qui a permis d’éviter une guerre commerciale entre les deux rives de l’Atlantique, en juillet 2025. L’ancien premier ministre a exhorté l’Union européenne à se réveiller face, notamment, à la menace chinoise.
Même diagnostic chez l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui appelle aussi à un «projet manhattan de l’IA» à l’échelle des Vingt-Sept. «Tout ce qui viendra de l’Europe en contradiction avec les intérêts des Français, tels qu’ils sont décrits par leur vote [...], nous désobéirons», a même mis en garde Jean-Luc Mélenchon.
Quelques commentaires:
Stéphane Rozès
Il me semble que nous avons tous remarqué, en tout cas 😊 j ai remarqué que la caste au pouvoir n est pas réservée aux petits hommes gris de la fonction publique d état, et les politiques en place depuis 50 ans. Elle intègre aussi tous les salariés des médias quelqu il soit. J y mets aussi tous les "gros" chefs d entreprise qui sont plus des hommes d affaires que des entrepreneurs. Je pense que le dernier président du MEDEF qui avait encore le souci de l entreprise est Pierre Gattaz. Avec Patrick Martin, on sent le macroniste 😁.
RépondreSupprimerLe MEDEF ferait bien de provoquer un nouveau débat, tout aussi médiatisé sur la même chaîne, cette fois sans les 7 politiciens, mais avec les meilleurs du moment, David Lisnard, Sarah Knafo, Agnès Verdier Molinié.
RépondreSupprimerRP&O
RépondreSupprimerTournoi de nuls à Roland-Garros...
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