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août 28, 2026

Un MEDEF qui demande le COURAGE à des politiciens...Rhôooo !! Que dire des médias gauchistes ?

Attal applaudi, Mélenchon fâche et Le Pen à côté : ce qu’il faut retenir du premier débat présidentiel

Sept candidats ont participé au premier débat de campagne organisé par le Medef à Roland-Garros. Et tous n’ont pas réussi l’exercice.

 

Qui a marqué le point décisif face aux patrons ? 

Le premier débat de l’élection présidentielle qui s’est déroulé ce jeudi 27 août (en partie sous l’eau à Roland-Garros) a été l’occasion pour Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon de s’affronter sur le terrain de l’économie. Tout en poursuivant, en parallèle, d’autres objectifs plus stratégiques.

Tous les candidats jouaient gros pour ce premier débat. 

À l’extrême droite, Marine Le Pen avait pour mission de rassurer les patrons, plus enthousiasmés par le profil libéral de Jordan Bardella que par le sien. Pour Edouard Philippe et Gabriel Attal, l’enjeu n’était pas tant de séduire un électorat proche de leurs idées que de marquer les esprits pour s’imposer comme meilleur candidat du bloc central. À gauche, le débat faisait figure de test pour Raphaël Glucksmann, tout juste candidat (via la primaire du PS), quand Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, aux relations plus froides avec le monde patronal, devaient eux tenter d’ouvrir le dialogue.

Le format de l’émission, centrée sur la dette et les retraites, la réindustrialisation, les salaires, et les normes, a posé quelques difficultés aux candidats, interrogés les uns après les autres sur leurs propositions, sans avoir vraiment l’occasion de débattre entre eux. Mais certains ont malgré tout tiré leur épingle du jeu, quand d’autres ont eu bien du mal à se faire entendre.

Mélenchon assume de cliver, Le Pen toujours dans le flou

C’est le cas du candidat LFI, venu pour dire « leurs quatre vérités aux patrons ». Jean-Luc Mélenchon n’a guère semblé à chercher à convaincre un public qui lui est majoritairement hostile. Bien au contraire. Interrogé sur « les réformes concrètes » à mettre en place pour faciliter la réindustrialisation, l’Insoumis en chef a assumé un désaccord total avec les entrepreneurs en estimant que la France faisait partie des « 15 % de pays où c’est le plus facile de faire des affaires. » Mais c’est sur la question des salaires que la discussion s’est nettement grippée entre l’ancien parlementaire et ses interlocuteurs. « Il faut les augmenter, il faut augmenter le SMIC », a-t-il exhorté, déclenchant immédiatement un rire général dans l’assemblée. « Si vous n’augmentez pas les salaires, vous n’en rigolerez pas longtemps, parce que vous aurez la récession. (...) Vous rirez jaune, si vous ne partagez pas davantage », a-t-il tonné. Sans s’attirer davantage de sympathie pour la suite.

 

À l’inverse de Marine Le Pen. En dépit des craintes du monde économique sur sa ligne plus sociale que celle de Jordan Bardella, la candidate d’extrême droite pour 2027 a réussi à s’attirer quelques applaudissements en déclarant qu’en matière de redressement des finances publiques « le premier qui doit faire un effort et baisser drastiquement son train de vie, c’est l’État. » Elle a promis de « rembourser la dette » et, alors que son parti est souvent critiqué pour le flou de ses propositions économiques, a promis la présentation prochaine d’une « trajectoire de redressement des finances publiques » avec 125 milliards d’euros d’économies.

Le RN tente ainsi de construire une crédibilité économique, mais c’est loin d’être acquis. En témoigne le succès de l’eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann lorsqu’il a attaqué Marine Le Pen sur sa « solution pour la dette » à savoir « l’immigration ». « Vous allez soit faire comme madame Meloni et promettre une immigration zéro avant de vous rendre compte qu’on a besoin d’immigration de travail, soit couler définitivement l’économie française et aggraver grandement la dette », a cinglé l’eurodéputé. 

Raphaël Glucksmann a concentré ses coups sur la candidate RN et sur les deux anciens chefs du gouvernement. Une stratégie bien rodée avec deux objectifs : primo, faire taire les critiques qui l’accusent d’une trop grande proximité avec la macronie et ensuite, parler (enfin ?) à l’électorat de gauche, par exemple en se disant favorable à une plus grande taxation.

Attal et Philippe déroulent, Tondelier peu audible

Mais les plus convaincants pour le patronat ont sans conteste été Edouard Philippe et Gabriel Attal. Le candidat Renaissance a plusieurs fois reçu les applaudissements du public, autant sur la forme, lorsqu’il a refusé de répondre à une pique de Raphaël Glucksmann pour privilégier les chefs d’entreprise - « Je pense que c’est bien de répondre concrètement aux questions posées » - que sur le fond, lorsqu’il a étrillé la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’annuler une partie de la dette française. « Si vous considérez, monsieur Mélenchon, qu’il suffit d’annuler la dette, pourquoi vous proposez en même temps d’augmenter les impôts ? C’est par pur sadisme ? », a lancé le candidat Renaissance. Sous les rires et les applaudissements.

Son principal adversaire du bloc central, Edouard Philippe, a aussi reçu sa part de soutien, notamment lorsqu’il a exhorté au « courage » de « travailler plus longtemps. » À l’aise, le candidat Horizons a déroulé ses propositions les plus susceptibles de séduire son auditoire : pas touche au pacte Dutreil, décorréler le financement de la protection sociale « des prélèvements sur le travail » afin d’en faire baisser le coût pour les employeurs… Certaines de ses propositions ont d’ailleurs fait écho à celles de Bruno Retailleau. Plus en retrait que les autres candidats - il a été le seul, à la fin des échanges, à disposer d’un reste de temps de parole - le patron des Républicains a réussi à glaner quelques victoires, comme lorsqu’il a proposé l’instauration d’un seuil, fixé à la 36e heure de travail hebdomadaire à partir duquel « il n’y a ni cotisation salariale ni patronale. »

Sur les presque trois heures de débat, seule la candidate des Écologistes Marine Tondelier s’est véritablement attiré les huées du public, lorsqu’elle a étrillé le modèle « Notre-Dame » vanté par Gabriel Attal pour accélérer la réindustrialisation. En retrait, tentant d’infuser les enjeux écologiques dans le débat mais souvent accusée de ne pas répondre aux questions des patrons, Marine Tondelier n’a eu qu’un petit moment de satisfaction : lorsqu’elle a cité un rapport du Medef pour défendre l’immigration au travail. Une toute petite victoire.

Jade Toussay

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/attal-applaudi-melenchon-fache-et-le-pen-a-cote-ce-qu-il-faut-retenir-du-premier-debat-presidentiel_313172.html 

Aussi: 

 


 

"Le Smic n'est pas une fin en soi" : au Medef, les patrons (toujours plus) déconnectés des préoccupations des salariés


Agglutinés au Stade Roland-Garros pour le grand raout annuel du Medef, les dirigeants de société affirment, à huit mois de l'élection présidentielle 2027, être au point sur les revendications de leurs équipes. Pourtant, à y regarder de plus près, un fossé semble se dessiner entre les deux mondes.


En cette deuxième journée des rencontres annuelles des entrepreneurs de France, organisée par le Medef [Mouvement des entreprises de France], les patrons tirés à quatre épingles défilent au stade Roland-Garros dans le 16e arrondissement de Paris ce 27 août. Entre deux petits fours, les dirigeants de PME [petites et moyennes entreprises] présents le jurent : ils sont proches de leurs employés – voire de leur famille – et sont pleinement conscients de leurs préoccupations. À commencer par la question du pouvoir d'achat et de la rémunération. Pourtant, à peine le mot prononcé, la responsabilité est remise sur le dos des salariés.

https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/le-smic-n-est-pas-une-fin-en-soi-au-medef-les-patrons-toujours-plus-deconnectes-des-preoccupations-des-salaries

 

La droite à domicile, "Le Pen qui montre patte blanche" et "match entre Attal et Philippe" : quel candidat a remporté le premier débat de la présidentielle ?


Lors du premier grand débat de la présidentielle 2027 organisé à l’université d’été du Medef, Marine Le Pen, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Bruno Retailleau ont confronté leurs positions sur les retraites, les salaires, la dette et l’écologie. 

La première bataille. La campagne présidentielle vient de débuter avec le premier débat qui a opposé les sept principaux candidats à l'élection présidentielle, lors de l'université d'été du Medef ce jeudi 27 août. 

La favorite des sondages, Marine Le Pen, mais aussi Édouard Philippe, Gabriel Attal, et Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon qui serait en passe de se qualifier pour le second tour selon notre dernier sondage, Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier ont ainsi échangé pendant plus de trois heures sur la dette, les salaires, la réindustrialisation, les retraites et l'écologie.

Que faut-il en retenir ? Quel candidat s'est détaché de ses adversaires ? Au micro de RTL, Alain Duhamel confie ne pas avoir été surpris sur le fond. "Mais j'ai trouvé que chacun avait un corpus intellectuel bien clair et bien différent de celui des autres", a-t-il expliqué. Selon l'éditorialiste, "cette confrontation" a permis de "voir que la droite de Retailleau n'est pas la droite de Philippe ; de voir que Mélenchon conteste à sa manière, mais Tondelier d'une autre manière", a-t-il détaillé. Quant à "la psychologie des personnages", c'était "assez révélateur et même quelquefois assez cru", a-t-il souligné. 

Une double cible pour Glucksmann

Jonathan Bouchet-Petersen, éditorialiste politique au journal Liberation salue la bonne tenue du débat : "On a connu pire entrée en campagne". Il a rappelé que certains candidats "jouaient objectivement et idéologiquement à domicile" en faisant face au Medef, citant le candidat Les Républicains Bruno Retailleau, le candidat Horizons Édouard Philippe et le candidat Renaissance Gabriel Attal. Le candidat Horizons a cherché à "asphyxier une bonne fois pour toutes Bruno Retailleau en perdition dans les sondages", indique l'éditorialiste chez Libération.

L'enjeu était aussi de taille pour Marine Le Pen qui jouait la crédibilité économique de son programme. La candidate RN "venait montrer patte blanche", estime Jonathan Bouchet-Petersen qui souligne des "évolutions" sur certaines mesures et "la marque" de Jordan Bardella au RN. Elle n'a pour autant pas reculé sur la réforme des retraites : "Elle est restée stoïque et sur ses fondamentaux", a-t-il ajouté. 

Raphaël Glucksmann avait quant à lui deux adversaires. Le premier "sur le terrain des valeurs" qui était Marine Le Pen et l'autre "sur le terrain du bilan" avec l'ambition écologique qui était Gabriel Attal, analyse l'éditorialiste politique de Libération. Quant à la répartie et la communication, "le spécialiste, c'est Gabriel Attal", estime Alain Duhamel. 

L'éternel débat de la réforme des retraites

Le sujet de la réforme des retraites a occupé une bonne partie des réponses des sept candidats. Un débat qu'Alain Duhamel qualifie de "politiquement très précis" et d'"économiquement très imprécis". Édouard Philippe n'a pas évoqué d'âge précis de départ à la retraite, malgré les multiples relances. "Il a été relancé six fois", a noté Jonathan Bouchet-Petersen. Un élément confirmé par Alain Duhamel qui note "une grande différence entre Édouard Philippe et Marine Le Pen qui n'est pas négligeable".

À droite, Bruno Retailleau serait passé à côté de l'exercice pour l'éditorialiste de Libération. "Il n'y a quasiment pas une phrase qui a impacté", estime-t-il. En réponse, Alain Duhamel n'a pas trouvé qu'il était "mauvais dans son expression". "Je sentais bien que les autres considéraient qu'il n'était pas très important, ça se voyait dans leurs comportements. Le match était entre les anciens Premiers ministres. Chacun des deux essayait d'être plus crédible que l'autre", a-t-il souligné

Présidentielle 2027 : Mélenchon et Philippe s'affrontent sur la dette, Le Pen et Attal sur les salaires, Glucksmann mise sur l'écologie et Tondelier et Retailleau débattent sur les aides sociales

Pour la première fois dans ce début de campagne présidentielle, les sept principaux candidats ont débattu jeudi 27 août à l'occasion des rencontres organisées par le Medef. Avec une particularité et non des moindres : les présences de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. 

 

 

Les 4 infos à retenir
  • L'arène du tennis de Roland-Garros était occupée par les 7 principaux candidats à l'élection présidentielle dont Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement national, actuelle favorite des sondages. Face à elle, se trouvait aussi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, crédité d'une dynamique susceptible de le hisser au second tour.
  • Édouard Philippe a donné le ton de la journée en dégainant, dans un entretien à l'AFP, des propositions qui devraient séduire les patrons : la réduction à 12 mois (18 aujourd'hui) de l'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans ; "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail" et garantir la pérennité du pacte Dutreil qui facilite la transmission des entreprises familiales.  
  • Cinq chefs d'entreprise ont interpellé les candidats autour d'autant de thèmes: la dette et les dépenses publiques ; la réindustrialisation ; le coût du travail ; les normes et la simplification ; la fiscalité. Les prétendants à l'Élysée pourront se répondre entre eux. 
  • Selon le dernier baromètre Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, Marine Le Pen reste largement favorite à l'approche de l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon reste en deuxième position dans une majorité d'hypothèses.

Voir le live ici: https://www.rtl.fr/actu/politique/en-direct-presidentielle-2027-melenchon-le-pen-philippe-glucksmann-attal-la-campagne-debute-avec-le-premier-debat-des-7-principaux-candidats-7900665799 

Marie-Pierre Haddad 

https://www.rtl.fr/actu/politique/la-droite-a-domicile-le-pen-qui-montre-patte-blanche-et-match-entre-attal-et-philippe-quel-candidat-a-remporte-le-premier-debat-de-la-presidentielle-7900665830 

 Présidentielle 2027 : Mélenchon et Philippe s'affrontent sur la dette, Le Pen et Attal sur les salaires, Glucksmann mise sur l'écologie et Tondelier et Retailleau débattent sur les aides sociales

 

Retraites, dette, fiscalité... Ce qu’il faut retenir de la première confrontation entre les candidats à la présidentielle 

Ce jeudi, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu présenter, pour la première fois, leurs positions sur plusieurs sujets. Le Figaro fait le point.


Top départ symbolique pour la présidentielle 2027. Ce jeudi, sept prétendants à l’Élysée ont répondu aux questions de cinq patrons, à l’occasion de l’université d’été du Medef, La REF 2026, à Roland Garros. Pendant plus de deux heures, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier ont pu échanger pour la première fois et présenter leurs positions sur plusieurs sujets. Le tout, dans une ambiance parfois tendue.

Retraite, réindustrialisation, emploi, finances publiques... Le Figaro résume les points saillants de ce débat, qui est venu clôturer l’événement de rentrée du mouvement patronal.

Des désaccords dès l’introduction des débats

En ouverture des discussions, les différents candidats ont tous insisté sur les défis qui attendent l’économie française, et sur la gravité de la situation dans laquelle se trouvait le pays. Les premiers désaccords sont toutefois apparus rapidement. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, a dit croire «à l’État», quand Bruno Retailleau, au contraire, a dénoncé un État «vorace» et obèse. «À votre place, j’aurais présenté des excuses», a d’emblée lancé Gabriel Attal à l’endroit du leader insoumis, lui reprochant les propos de l’eurodéputée LFI Manon Aubry sur les milliardaires «nuisibles».

Dette : une multitude de pistes pour reprendre la main sur les finances publiques

Premier sujet abordé lors des discussions, la dette inquiète les patrons. Interrogé sur son projet d’annulation de la dette française détenue par la BCE, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu, arguant que «les Américains font ça». Édouard Philippe l’a cependant vertement tancé : «Ce que vous venez de dire, c’est extrêmement dangereux», car cela risque de faire «en sorte que la France finisse interdit bancaire», comme la Grèce en 2008.

Les candidats ont chacun donné leurs pistes pour reprendre le contrôle des finances publiques. Promettant de «baisser drastiquement» le train de vie de l’État et d’inscrire dans la Constitution une règle d’or sur l’endettement, Marine Le Pen dessine deux pistes d’économies : l’Union européenne et l’immigration. De son côté, Raphaël Glucksmann appelle à «taxer les plus hauts patrimoines» et à augmenter la production industrielle pour résorber le déficit. Jean-Luc Mélenchon a appelé à réduire les aides aux entreprises, quand Gabriel Attal a préféré mettre l’accent sur les «dépenses sociales», avec pour objectif de «revenir sous les 3% de déficit en 2032». Intervenant après Marine Tondelier, qui a dénoncé «la fracture sociale» du pays, Bruno Retailleau appelle, enfin, à travailler davantage, en s’en prenant à la gauche et aux 35 heures.

Retraites : des différences irréconciliables

Les candidats ont ensuite étalé leurs désaccords sur les retraites. Marine Le Pen a appelé à agir sur le «taux d’emploi», trop bas en France, et a répété que ceux qui auront commencé à travailler avant 20 ans pourraient partir à 60 ans. Pour la majorité, l’âge légal sera porté à 62 ans, avec 42 années de cotisations et des «incitations» pour ceux qui souhaitent continuer à travailler.

Gabriel Attal et Édouard Philippe ont rappelé leur volonté d’agir pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, le premier insistant sur sa volonté de mettre en œuvre un «pilier de capitalisation». Bruno Retailleau, quant à lui, souhaite lier l’âge de départ à la retraite à «l’espérance de vie», «par une équation proportionnelle». Le LR présentera son projet de réforme des retraites «dans quelques jours».

Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, quant à eux, ont rappelé leur opposition aux réformes portées sous Emmanuel Macron en matière de retraite, «injustes», selon l’eurodéputé, «passées de manière illégitime», selon la leader écologiste.

Réindustrialisation : réduction des coûts à droite, relance de secteurs à gauche

Face à l’urgence de réindustrialiser la France, les candidats ont défendu des remèdes très différents. Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Marine Le Pen ont d’abord ciblé le millefeuille normatif. «Il va falloir réduire les coûts, en réduisant les normes», a lancé la candidate du RN, qui promet aussi de baisser les impôts de production. Édouard Philippe, quant à lui, a plaidé pour une «stabilité normative».

Partisan de la planification, Jean-Luc Mélenchon quant à lui cité pêle-mêle la relance de «l’industrie textile», de la «filière bois» ou encore de «l’avion spatial». Après avoir, à l’unisson avec Bruno Retailleau, passé au gril le bilan industriel d’Emmanuel Macron, Marine Tondelier a proposé d’«aider l’industrie française à se transformer», notamment sur le plan écologique.

Fiscalité : un clivage profond entre les candidats

La fiscalité des entreprises a, sans surprise, clivé les candidats. À droite, Édouard Philippe propose «50 milliards d’impôts de production» en moins, compensés par autant d’aides aux entreprises supprimées, puis la fin de la surtaxe sur les grandes sociétés.

Marine Le Pen, comme Bruno Retailleau, qui dénonce lui aussi une fiscalité «punitive», défend la suppression de la C3S et de la CVAE, ainsi que le maintien du pacte Dutreil. Tandis que la candidate RN veut abolir «130 impôts totalement improductifs», le chef de file des Républicains promet 40 milliards d’euros de cotisations sociales en moins dès les premiers mois, ainsi que la suppression du forfait social.

«Tout le monde paye», rappelle pour sa part Jean-Luc Mélenchon, qui plaide pour une distinction nette entre «capital spéculatif» et «capital productif». Toujours à gauche, Raphaël Glucksmann cible quant à lui «l’optimisation fiscale», qui nourrit et perpétue une «société de privilège», et se réfère volontiers à l’exemple allemand, où les transmissions d’entreprises sont, selon lui, davantage taxées.

Vie quotidienne des entreprises : les normes critiquées vertement par plusieurs candidats

Les normes ont également été ciblées par certains, dans la vie quotidienne des entreprises. Bruno Retailleau souhaite lutter contre la surtransposition des textes européens, et Gabriel Attal désire que le silence de l’administration vaille approbation. «Ce sont des milliers de surnormes» qu’il faut supprimer, a renchéri Marine Le Pen. Même constat pour Édouard Philippe, pour qui «il faut interdire de surtransposer».

À gauche, Marine Tondelier a appelé à ce que l’État ne demande pas aux entreprises ou citoyens «des informations qu’il a déjà», comme l’adresse postale, pour leur simplifier la vie. «Il faut des normes», a toutefois rétorqué Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’elles protégeaient notamment les salariés. Une vision partagée par Raphaël Glucksmann.

Emploi : Mélenchon appelle à «augmenter les salaires», la droite et le centre entendent baisser les prélèvements

Sur le coût du travail, une fois de plus, les représentants politiques ont avancé des idées opposées. Pour Jean-Luc Mélenchon, l’urgence est «d’augmenter le smic» et les salaires. Raphaël Glucksmann, quant à lui, appelle à taxer davantage les «méga-héritiers», en échange d’une baisse de la CSG sur les salaires.

De son côté, Gabriel Attal souhaite revenir «sur les hausses du coût du travail intervenues depuis 2024», lorsqu’il était à Matignon. Édouard Philippe entend «élargir la base», réduire les dépenses sociales, quand Bruno Retailleau propose «zéro cotisation, ni salariale, ni patronale», à partir de la 36e heure travaillée.

Énergie : des oppositions sur les renouvelables et le nucléaire

C’est, sans surprise, la cheffe de file des Verts qui a dégainé la première sur le sujet énergétique. Elle a plaidé pour un «prix de l’électricité compétitif et stable» et fustigé la suspension des subventions aux énergies renouvelables proposée par Bruno Retailleau. «Il faut trouver le moyen d’en produire autrement», a abondé le leader des Insoumis, torpillant des «équipements nucléaires qui n’existent pas», probablement en référence aux nouveaux réacteurs EPR2.

«La souveraineté énergétique, c’est d’abord le nucléaire, avec un complément renouvelable», a pourtant rétorqué l’ancien ministre de l’Intérieur, qui promet de baisser de 10% les prix de l’énergie. Pour baisser «massivement le coût de l’énergie», Marine Le Pen promet quant à elle une baisse de la TVA de 20% à 5,5% sur l’ensemble des énergies.

Logements : entre choc de simplification et emprunts à taux préférentiels

«Le principal symptôme du déclassement aujourd’hui pour les jeunes générations, c’est l’impossibilité de devenir propriétaire». Face à ce constat, Gabriel Attal promet, là aussi, un choc de simplification pour relancer la construction ainsi qu’un achat facilité pour primo-accédants de leur logement social. «D’accord avec vous, mais d’abord on doit régler le problème des passoires thermiques», a fait valoir Jean-Luc Mélenchon.

Bruno Retailleau a abordé, lui, le sujet sous l’angle de la natalité. Il propose pour les futurs parents des emprunts immobiliers à taux préférentiels : «Au premier enfant, ce sera 50% de prise en charge par l’État des taux d’intérêt. Au second, ce sera 75% et au troisième ce sera 100%. C’est de l’argent qui est bien placé.»

L’Europe critiquée à plusieurs reprises

L’Europe a été ciblée à plusieurs reprises par les candidats. Marine Le Pen a appelé à réduire la contribution financière tricolore à l’Union européenne, jugée trop lourde. «Je préfère 1000 fois ce qu’a dit le Premier ministre canadien au traité piteux, que madame von der Leyen qui a été signé en Écosse avec monsieur Trump», a tancé, un peu plus tard, Édouard Philippe, rappelant l’accord qui a permis d’éviter une guerre commerciale entre les deux rives de l’Atlantique, en juillet 2025. L’ancien premier ministre a exhorté l’Union européenne à se réveiller face, notamment, à la menace chinoise.

Même diagnostic chez l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, qui appelle aussi à un «projet manhattan de l’IA» à l’échelle des Vingt-Sept. «Tout ce qui viendra de l’Europe en contradiction avec les intérêts des Français, tels qu’ils sont décrits par leur vote [...], nous désobéirons», a même mis en garde Jean-Luc Mélenchon.

  

 

 


Quelques commentaires:

Ce premier débat de la présidentielle devant le MEDEF était, du fait de son organisation même, une confrontation entre postulants au poste de Ministre de l’économie et des finances.
Un débat techno à des années lumières des enjeux de la période et de l’ état de la France.
Les présidentiables en ce début de campagne ont fait assez bonne figure dans ce cadre contraint ne permettant pas de déployer la cohérence et donc crédibilité de leur projet présidentiel dans leur dimension économique.
Ce débat ne fera sans doute pas bouger les lignes des intentions de vote, sauf peut être le fait qu’Attal passe devant Philippe.
En tout cas Attal est en passe de réussir un petit exploit, apparaître comme un homme neuf dans le bloc central laissant à Philippe le soin d’être l’homme du passé et du passif.

Stéphane Rozès

Je viens de regarder le début de la grande foire présidentielle et j’ai découvert un concept formidable :  
 
Élire un président français qui commencera chacune de ses promesses par “si nos partenaires européens sont d’accord”. 😂
Mélenchon veut agir sur la dette : faudra négocier. Marine Le Pen veut changer les marchés publics : faudra négocier. Marine Tondelier sort le “protectionnisme européen” : faudra convaincre. Et puis arrive Édouard Philippe, majestueux comme un grille-pain en costume trois pièces, qui veut carrément obliger la Chine à produire dans la zone euro. 😂😂
😂
ÉDOUARD. MON GRAND. La Chine. 🇨🇳
Le pays qui fabrique la moitié de ce qu’on achète pendant que l’Europe organise des réunions Teams pour décider de la taille réglementaire des couvercles de yaourt. Mais bien sûr, Pékin va recevoir ton courrier et répondre : “Merde, Édouard Philippe n’est pas content, déménageons Shenzhen dans la Creuse.” 🤣
Donc gros FUCK à Édouard Philippe sur celle-là, parce que vendre une promesse dont tu ne maîtrises même pas les leviers, ce n’est plus un programme présidentiel : c’est un ticket de Loto avec Ursula von der Leyen qui tient le tirage.
Et c’est ça qui me tue dans ce débat : ils promettent tous des trucs qu’ils conditionnent immédiatement à Bruxelles.
“Je ferai ceci… si l’Europe accepte.”
“Je changerai cela… si les partenaires suivent.”
“Je protégerai les Français… après renégociation.”
Mais bordel, dans ce cas-là, pourquoi vous candidatez à l’Élysée ? Candidatez directement au conseil syndical de Bruxelles, on gagnera du temps.
😂
Une promesse politique que tu ne peux pas garantir n’est pas une promesse. C’est un pari. Et quand les mêmes personnes savent très bien qu’il faut l’accord de 26 voisins avant de repeindre les chiottes, ça commence sérieusement à sentir le casino où le joueur connaît déjà le résultat de la roulette.
Alors qu’on soit pour ou contre la sortie de l’Union européenne, il y a au moins UNE question qu’ils devraient avoir l’honnêteté de poser aux Français :
 
👉 À quoi sert réellement d’élire quelqu’un sur un programme national si une partie essentielle de ce programme dépend ensuite d’accords européens qu’il ne peut absolument pas garantir ?
Parce qu’à ce rythme-là, en 2027 on n’élit pas un président.
 
On élit le mec qui ira demander poliment la permission.🇫🇷🤡🇪🇺



Lutte des classes de politiciens au MEDEF ! 
Il y a les caciques et les grenouilles ....
Il n'empêche que c'est une grenouille qui aura mieux croassé  
 
 
À la #REF2026, on peut le dire : l'accueil pour David Lisnard est chaleureux.
 
Et surtout un constat majeur : en France, plus on paie d'impôts, plus il y a de pauvreté !
L'acte le plus social, c'est de libérer l'économie pour créer de la richesse. 
La bureaucratie n'a jamais rien résolu en soi.

 

𝗟𝗘𝗦 𝗘𝗡𝗧𝗥𝗘𝗣𝗥𝗘𝗡𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗗𝗢𝗡𝗡𝗘𝗡𝗧 𝗥𝗔𝗜𝗦𝗢𝗡 𝗔̀ 𝗗𝗔𝗩𝗜𝗗 𝗟𝗜𝗦𝗡𝗔𝗥𝗗
 

94 % réindustrialisation.
94 % simplification.
93 % baisse des charges.
91 % réduction de la dette et des dépenses publiques.
 
Le sondage OpinionWay/MEDEF dessine presque point par point la vision portée par 𝗗𝗮𝘃𝗶𝗱 𝗟𝗶𝘀𝗻𝗮𝗿𝗱 : libérer, simplifier, produire et remettre l’État à sa juste place.
 
Et si les entrepreneurs avaient déjà dessiné le programme économique dont la France a besoin ?
 
𝟲𝟱 𝟴𝟳𝟮 𝗖𝗛𝗘𝗙𝗦 𝗗’𝗘𝗡𝗧𝗥𝗘𝗣𝗥𝗜𝗦𝗘 𝗢𝗡𝗧 𝗥𝗘𝗣𝗢𝗡𝗗𝗨 𝗔 𝗟𝗔 𝗖𝗢𝗡𝗦𝗨𝗟𝗧𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗨 𝗠𝗘𝗗𝗘𝗙
🔹 𝟴𝟯 % demandent une baisse de la fiscalité et des charges.
🔹 𝟴𝟭 % veulent réindustrialiser la France.
🔹 𝟳𝟱 % veulent simplifier les normes et procédures.
🔹 𝟳𝟱 % demandent une réduction de la dette et des dépenses publiques.
🔹 𝟳𝟰 % veulent de la stabilité fiscale et sociale.
 
Ce ne sont pas les propositions d’un parti. Ce sont les réponses de dirigeants confrontés chaque jour à la réalité économique. Regardons maintenant ce que propose David Lisnard.
 
➡️
Aux 83 % qui demandent moins d’impôts et de charges, il propose de réduire les impôts de production, de supprimer la C3S, de ramener l’impôt sur les sociétés à 20 % et de diminuer les charges sur les salaires, notamment entre 2 et 4 SMIC.
Et il ne propose pas de financer ces baisses par davantage de dette. Il les adosse à une réduction massive de la dépense publique, avec 80 milliards d’euros d’économies dès la première année et un objectif de 200 milliards à la fin du quinquennat.
➡️ Aux 75 % qui demandent de réduire la dépense publique et la dette, il répond donc par un plan chiffré visant les agences inutiles, les doublons administratifs, la bureaucratie et certaines dépenses sociales.
On peut contester les choix ou les montants. C’est précisément à cela que devrait servir un débat.
➡️ Aux 75 % qui n’en peuvent plus des normes, il propose de refaire des pans entiers des codes du travail, des impôts et des marchés publics, de supprimer les règles inutiles et de privilégier, lorsque cela est possible, le contrôle a posteriori.
➡️ Aux 81 % qui veulent réindustrialiser la France, il propose de recréer les conditions pour produire ici. Une énergie abondante et compétitive grâce au nucléaire, moins d’impôts de production, moins de charges, des procédures plus rapides, du foncier, davantage de capitaux pour nos entreprises, une formation adaptée et un cadre juridique stable.
➡️ Aux 74 % qui réclament cette stabilité fiscale et sociale, il propose de baisser puis de stabiliser impôts et charges, plutôt que de modifier les règles à chaque budget.
Le rapprochement est difficile à ignorer.
Lorsque les chefs d’entreprise décrivent leurs priorités, ils parlent de dépense publique, fiscalité, charges, normes, stabilité et réindustrialisation.
On aurait donc pu imaginer qu’il soit intéressant de confronter son projet aux réponses de ces 65 872 dirigeants.
⚠️ Ce ne sera pas le cas.
Jeudi, lors de la grande séquence politique de clôture de #LaREF, sept candidats répondront aux chefs d’entreprise et réagiront aux résultats de cette consultation.
 
𝐃𝐚𝐯𝐢𝐝 𝐋𝐢𝐬𝐧𝐚𝐫𝐝 ne sera pas parmi eux.
Il est bien invité à la REF et débattra avec Fabien Roussel dans une autre séquence.
Mais il ne participera pas au débat précisément organisé pour confronter les candidats aux attentes exprimées par les chefs d’entreprise. C’est le choix du MEDEF.
Difficile, pourtant, de ne pas relever le paradoxe.
On interroge près de 66 000 dirigeants sur ce qu’ils attendent du prochain Président. Leurs principales priorités recoupent très largement des réformes déjà défendues par David Lisnard. Puis on organise le débat destiné à confronter les candidats à ces priorités… sans lui.
Curieuse manière de placer les attentes des entreprises au cœur du débat.
Il ne s’agit pas de lui donner raison par avance.
Qu’on lui oppose ses chiffres. Qu’on conteste ses 200 milliards d’économies. Qu’on interroge sa baisse des charges, sa réforme de l’État ou sa stratégie industrielle. C’est cela, un débat.
Mais encore faut-il inviter celui qui porte ces propositions à les défendre.
Au fond, les 65 872 chefs d’entreprise posent une question simple.
❓ Qui permettra réellement à ceux qui produisent en France d’investir, d’embaucher et de décider sans consacrer une part croissante de leur énergie à financer ou contourner la complexité française ?

                                         🤝 Jean-Louis Borloo et David Lisnard, hier à #LaRef26

 
Réindustrialiser la France : Le choc libéral face à l'impasse étatique. 
 
La France traverse une crise structurelle profonde, marquée par une érosion continue de sa base productive. Pour redresser le pays, le débat public oppose deux visions diamétralement opposées : celle d'une socialisation accrue de l'économie et celle, portée avec force par David Lisnard, d'un électrochoc libéral fondé sur la liberté d'entreprendre.
 
🏭 Le constat implacable de la désindustrialisation.
Face à ce déclin, l'Hexagone souffre d'un mal chronique : la sur-réglementation et l'alourdissement des coûts. Alors qu'un dossier administratif prend en moyenne 120 jours à l'échelle européenne, il faut compter jusqu'à 380 jours en France pour obtenir les autorisations nécessaires. Un goulet d'étranglement bureaucratique qui pénalise lourdement notre compétitivité.
 
⚡
David Lisnard structure son action autour de plusieurs propositions fortes :
- Libérer le foncier en faisant évoluer la loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) pour ne plus bloquer les projets.
-Supprimer le principe de précaution, devenu un frein majeur à l'innovation et à l'audace industrielle.
-Libérer le capital et l'investissement.
- Alléger le poids de l'État sur ceux qui travaillent.
-Baisser les impôts de production, qui pèsent anormalement lourd sur nos entreprises.
- Répondre à la réalité des cotisations sociales, parmi les plus élevées au monde, et réduire la voilure sur le plan social.
-Moderniser les structures en basculant vers la capitalisation pour les retraites et en anticipant les mutations de l'Intelligence Artificielle.
 
🇫🇷Le postulat de Lisnard est clair : « Il faut restaurer le pays par la liberté, car le soviétisme n'a jamais marché. »🇫🇷
Qu'en pensez-vous ? 
Ces propositions de rupture sont-elles la seule alternative pour sauver l'économie française ?

😉Nous avons hâte de voir David Lisnard à la Fête de l’Humanité 👍

David Lisnard, maire de Cannes, candidat "Nouvelle Énergie" à l'élection présidentielle, est l'invité du Face à Face d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV.


 


Le classement de Lia :
 
Vous parlez bien du débat organisé hier, 27 août, par le Medef et diffusé sur LCI. Il est encore un peu tôt pour disposer d'un sondage représentatif des téléspectateurs disant « qui a gagné ». En revanche, les premières réactions de la presse et surtout des entrepreneurs présents permettent déjà de dégager une tendance.
Ceux qui semblent avoir le mieux réussi leur débat
 
1. Gabriel Attal ressort probablement comme le gagnant auprès du public présent. Libération, qui a mesuré l'« applaudimètre », constate une nette préférence du public patronal pour les candidats de droite et du centre, avec un maximum de 90 décibels pour Attal lorsqu'il a déclaré que ce qui l'empêchait de dormir était « le moral des entrepreneurs ». El País arrive à une conclusion similaire : Attal aurait été le candidat le plus applaudi, avec un discours rappelant le Macron de 2017. 
 
2. Édouard Philippe semble également avoir fait une prestation solide. Public Sénat, après avoir interrogé des chefs d'entreprise présents, estime que Philippe et Attal ont pris l'ascendant devant cette assistance. Philippe avait l'avantage d'un programme économique particulièrement adapté à ce public : baisse des dépenses, réforme des retraites, suppression de 50 milliards d'impôts de production contre 50 milliards d'aides aux entreprises. 
 
3. Bruno Retailleau paraît avoir marqué des points, notamment par le caractère assez concret de ses propositions. Un entrepreneur interrogé ce matin par Sud Radio cite explicitement Attal et Retailleau comme les deux candidats ayant proposé les solutions les plus concrètes, notamment sur le coût du travail.
Les autres ont plutôt réussi différemment
 
Raphaël Glucksmann semble avoir été assez offensif, notamment sur la concurrence chinoise et la réindustrialisation, mais sans apparaître pour l'instant comme le « vainqueur » du débat. 
 
Marine Le Pen avait une stratégie différente : rassurer les chefs d'entreprise sur son programme économique. Elle a notamment promis 125 milliards d'euros d'économies et insisté sur le remboursement de la dette. Elle semble avoir évité une mauvaise prestation, mais les réactions recueillies montrent que les patrons restent assez sceptiques sur son programme économique. 
 
Jean-Luc Mélenchon a probablement été l'un des plus marquants dans la forme, mais certainement pas le plus convaincant pour la salle du Medef. Il a volontairement joué à contre-courant en disant aux patrons leurs « quatre vérités » et en leur lançant notamment que, sans augmentation des salaires, la France risquait la récession. Un entrepreneur interrogé ce matin le juge comme le candidat le plus éloigné des attentes des patrons. Cela ne signifie évidemment pas que sa prestation ait été mauvaise auprès de son propre électorat. 
 
Marine Tondelier paraît enfin avoir été moins saillante dans les premiers comptes rendus. Elle a notamment défendu un SMIC à 2 000 € brut accompagné d'aides aux TPE-PME, mais elle n'apparaît pas parmi ceux que les réactions d'après-débat mettent particulièrement en avant. 
 
Donc, si je devais établir un classement provisoire de la performance télévisuelle, indépendamment de mes préférences politiques : 
Attal > Philippe/Retailleau > Glucksmann/Le Pen > Mélenchon/Tondelier. 
Mais ce classement est fortement influencé par la nature du public : c'était le Medef, donc un excellent accueil par la salle n'équivaut pas nécessairement à convaincre l'ensemble des Français.
 
Je peux aussi vous faire une analyse candidat par candidat avec une note sur 10 sur quatre critères — crédibilité économique, clarté, capacité à répondre aux objections et efficacité télévisuelle — ce qui serait probablement plus intéressant que le simple applaudimètre.
 
D’accord. Je peux vous faire ce classement argumenté avec notes sur 10, en essayant de distinguer la qualité de la prestation de la proximité idéologique avec le public du Medef. Les comptes rendus confirment notamment qu’Attal a été très applaudi, mais aussi que Glucksmann et Mélenchon ont davantage assumé la confrontation avec la salle.
Candidat         Crédibilité économique    Clarté       Réponses / répartie     Efficacité            TVMoyenne
Gabriel Attal                  8                           9                         9                          9                            8,8
Édouard Philippe           9                           8                         8                          8                            8,3
Bruno Retailleau            8                          8                         8                          8                             8,0
Raphaël Glucksmann     7                          8                         8                          8                            7,8
Marine Le Pen               6                          8                         8                          8                             7,5
Jean-Luc Mélenchon     6                          8                        9                           9                             8,0*
Marine Tondelier           6                         7                         7                           7                             6,8 
 
* Mélenchon est un cas particulier : je lui mets une bonne note de prestation, mais pas nécessairement de persuasion économique. Il était l'un des meilleurs débatteurs, tout en défendant devant des patrons des positions auxquelles une grande partie de la salle était hostile. Il a notamment contesté la manière même dont les autres candidats posaient le problème de la dette. 
 
Ceux qui m'ont paru les plus intéressants
Attal : le meilleur débatteur de la soirée. Rapide, précis et particulièrement efficace dans les confrontations. Sa comparaison adressée à Le Pen — celle du copropriétaire qui refuse toutes les provisions puis se plaint que l'ascenseur soit en panne — était typiquement une formule de débat qui reste en mémoire. Son problème est ailleurs : après avoir exercé le pouvoir, il lui est plus difficile de présenter comme nouvelles des réformes qu'il aurait pu engager auparavant. Marine Le Pen a d'ailleurs exploité précisément cette faiblesse. 
 
Philippe : probablement le plus présidentiel sur l'économie. Moins spectaculaire qu'Attal, mais son raisonnement était assez cohérent : création de richesse, réduction des dépenses, rapprochement du salaire brut et du net et réforme des retraites. Sa faiblesse est la même qu'Attal : il doit expliquer pourquoi les politiques qu'il préconise aujourd'hui n'ont pas produit les résultats attendus lorsqu'il était Premier ministre.
 
Retailleau : une prestation assez efficace. Il avait l'avantage de parler exactement le langage attendu devant le Medef : baisse des charges, simplification radicale, critique de la bureaucratie et possibilité de sortir des 35 heures. Le risque est que la facilité du diagnostic — moins d'impôts, moins de charges, moins de normes — masque la question beaucoup plus difficile du financement.
 
Glucksmann : peut-être celui qui avait le positionnement le plus délicat et qui s'en est le mieux sorti. Il devait défendre une politique sociale et écologique devant 6 000 entrepreneurs sans apparaître hostile à l'entreprise. Son idée était essentiellement de déplacer une partie du financement du travail vers les très gros héritages et de mettre l'accent sur la réindustrialisation et la protection européenne. Il a donc réussi à proposer une ligne économique distincte plutôt que de simplement surenchérir sur la baisse des charges.
 
Le Pen : efficace politiquement, moins convaincante sur les comptes. Elle a bien identifié le talon d'Achille d'Attal et Philippe : vous avez gouverné et vous expliquez maintenant ce qu'il faudrait faire. En revanche, dès que la discussion arrive sur le financement précis des mesures, Attal a pu l'attaquer assez facilement sur les contradictions entre baisse de la dépense, retraites et mesures sociales. 
 
Mélenchon : probablement le plus difficile à noter. Il ne cherchait manifestement pas à gagner l'applaudimètre du Medef. Il a plutôt contesté les prémisses du débat : selon lui, le problème n'est pas simplement le montant de la dépense publique, mais son utilisation, les aides aux entreprises et leur absence de contreparties. C'est intellectuellement cohérent avec son programme, mais beaucoup moins susceptible de convaincre un entrepreneur qui attend une baisse des prélèvements.
 
Tondelier : la plus en difficulté. Elle avait pourtant un angle intéressant — distinguer les grandes entreprises des TPE/PME et accompagner un SMIC à 2 000 € brut d'aides à ces dernières. Mais cette proposition ouvre immédiatement la question du coût et de son financement, particulièrement sensible devant ce public.
 
Ce que je retiens surtout
Il y a en réalité deux classements différents.
Pour gagner le débat devant le Medef, je placerais Attal, Philippe et Retailleau devant les autres.
 
Mais pour convaincre un électeur indécis regardant LCI, je serais plus nuancé : Attal a probablement été le plus performant dans l'affrontement, Philippe le plus rassurant, Glucksmann a réussi à présenter une alternative assez structurée, tandis que Mélenchon a été très efficace pour quelqu'un qui avait choisi de contester le cadre même du débat.
 
Et c'est précisément pour cela que l'applaudimètre du Medef me paraît un assez mauvais indicateur de ce que pourrait donner un sondage auprès de l'ensemble des Français.

 


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