novembre 04, 2026

Cultiver la pensée libérale classique : au cœur de la nouvelle Cato University

Cultiver la pensée libérale classique : au cœur de la nouvelle Cato University *

Par Josh Hardman 

Les enjeux liés à la liberté d’expression sur les campus deviennent de plus en plus cruciaux, dans un contexte marqué par une animosité partisane et des attitudes hostiles aux principes libéraux qui atteignent des niveaux préoccupants. La Cato University prépare les étudiants à dépasser la polarisation et à défendre une société libre.

 

 Vous vous souvenez peut-être de votre première rencontre avec les idées libertariennes — ce moment d’illumination intellectuelle où une parabole de Milton Friedman, un passage de F. A. Hayek ou un discours de David Boaz ont soudainement mis de l’ordre dans un monde chaotique. Multiplier ces moments pour les jeunes est essentiel à l’avenir de la liberté. 

 C’est pourquoi la Cato University (Cato U) a été relancée en 2024, en ciblant tout particulièrement les étudiants de premier cycle et de cycles supérieurs. Il est crucial que les années de formation intellectuelle des futurs responsables politiques, chefs d’entreprise, journalistes, universitaires et artistes soient marquées par un véritable esprit de camaraderie. La Cato U repère des étudiants ambitieux et dotés d’un esprit indépendant, et complète leur formation en leur apportant la philosophie libérale classique qui leur a peut-être fait défaut, tout en leur offrant des rencontres stimulantes et empreintes de civilité — des espaces propices aux débats qu’ils appellent de leurs vœux avec leurs pairs. 

 « Bon nombre des candidats aux sessions de trois jours organisées cet été ont exprimé une profonde inquiétude face au climat politique actuel », explique Sophia Coyne-Kosnak, directrice des programmes au Cato Institute, qui a piloté la relance de la Cato U. « Ils constatent la montée de l’illibéralisme, tant à droite qu’à gauche, ainsi qu’une polarisation politique croissante ; ils ont le sentiment que l’espace disponible pour des échanges ouverts et sans préjugés se réduit. » 

 Les sessions estivales de la Cato University ont eu lieu avant l’assassinat de Charlie Kirk, fondateur de Turning Point USA. Pour certains, cet événement a mis en exergue les problèmes liés à la polarisation politique et à la montée de la violence en réaction au désaccord. 

 Ce meurtre risque d’exacerber, au sein des campus, une atmosphère où les étudiants sont tentés de choisir un camp, d’exprimer de la haine, de déformer les opinions politiques adverses et d’appeler à la répression politique.

 Cependant, les enquêtes et les échanges avec les participants à la « Cato U » — qui présentent des sensibilités politiques variées — révèlent une conviction commune : la liberté d’expression, la liberté de recherche et la liberté d’association sont sacrées. Ce constat vaut aussi bien pour les étudiants issus des universités de l’Ivy League que pour ceux venant de petites universités d’arts libéraux ou de grandes universités publiques. 

(LEFT: Sophia Coyne-Kosnak, program director of initiatives at Cato, speaking at Cato University.

RIGHT: Lamiyass Chen, a sophomore at Colby College, engaging a fellow Cato University attendee in conversation.)

 « J’essaie encore de comprendre comment un jeune, à qui l’on a souvent appris à garder le silence, est devenu un adulte convaincu que la parole est le moteur même de la liberté », confie Andrew Hoover, diplômé récent de la Heider College of Business de l’université Creighton. « Mais, désormais, mon objectif est de mettre en pratique ce que je prône. » 

 Pour certains étudiants, l’importance de la liberté d’expression puise ses racines dans une expérience personnelle. Avant de s’installer aux États-Unis, Lamiyass Chen, étudiante en deuxième année au Colby College, utilisait une identité numérique alternative pour contourner la censure sur Internet en Chine et élargir ses horizons intellectuels. Elle souligne par ailleurs qu’en Chine, « la plupart des gens font preuve d’une indifférence surprenante à l’égard de la politique ». 

Hanan Jannoud, étudiante syrienne en troisième année à l’université de Pennsylvanie (UPenn), a également étudié à Hong Kong, où elle a vu des personnes emprisonnées pour avoir exprimé des opinions politiques. 

Ainsi, lorsque les débats sur les campus oscillent entre timidité excessive et colère, ces étudiants en perçoivent immédiatement les signes, même si les causes diffèrent de celles observées en Chine. 

« La qualité des échanges en cours à l’UPenn a décliné en 2024, durant ma deuxième année », explique Hanan Jannoud. « Les manifestations et les désaccords de plus en plus virulents sur des décisions politiques ont rendu beaucoup d’étudiants plus craintifs et plus réservés. » 

 Andrew Hoover compare les débats intenses sur le campus à des échanges entre caricatures, où l’émotivité, les slogans et les insultes captent toute l’attention — une situation encore aggravée par les réseaux sociaux. Dylan Landon, qui a récemment obtenu un diplôme en économie à l’université du Texas à San Antonio (UTSA), se souvient que, l’an dernier, certaines personnes ont rompu des amitiés en raison des intentions de vote affichées par leurs proches. 

 Il ne s’agit pas de phénomènes nouveaux, mais la situation semble s’être dégradée, au point que de nombreux étudiants craignent désormais d’exprimer leurs opinions. Selon une étude menée par les chercheurs en psychologie Forest Romm et Kevin Waldman, plus de 80 % des 1 500 étudiants interrogés à l’université Northwestern et à l’université du Michigan ont déclaré avoir présenté, dans le cadre de leurs travaux universitaires, des opinions qui ne reflétaient pas leurs véritables points de vue, afin d’épouser ceux de leurs professeurs. Par ailleurs, 72 % des répondants ont affirmé s’être autocensurés sur des questions politiques, et 68 % sur des sujets liés aux valeurs familiales.

 Plus de 10 % des participants de cet été ont déclaré, avant l’événement, que les étudiants ne devraient pas être autorisés à inviter sur le campus des intervenants dont les propos sont jugés offensants par certains.  

À la fin de l’été, ils n’étaient plus que 2 % à partager cet avis. 

Des enquêtes récentes révèlent également une tendance préoccupante : une approbation tacite, de la part des étudiants, du recours à la violence pour faire taire des discours. Ainsi, à la veille de l’assassinat de Kirk, la *Foundation for Individual Rights and Expression* a publié une étude indiquant que 34 % des étudiants interrogés estiment qu’il est parfois acceptable d’utiliser la violence pour empêcher une intervention sur le campus. Cette attitude a progressé, au cours des trois dernières années, chez les étudiants de toutes sensibilités idéologiques. 

 Heureusement, certains étudiants présents à la *Cato U* dressent un tableau plus nuancé de la culture au sein de leur université — peut-être parce qu’ils font preuve d’une plus grande détermination, ou parce qu’ils sont issus, dans l’ensemble, d’établissements plus ouverts au débat. 

 « Le *Colby College* est très marqué à gauche, mais les enseignants font un travail remarquable en intégrant des points de vue variés au programme et en encourageant l’expression de désaccords lors des discussions », explique Chen.

 « Il m’est arrivé, à quelques reprises, d’hésiter à exprimer mon point de vue à l’UTSA, notamment sur des sujets clivants comme les guerres à Gaza et en Ukraine, ou encore l’élection présidentielle de 2024 », se souvient Landon. « Mais, dans l’ensemble, l’atmosphère était propice à l’échange d’idées et de réflexions. » 

 Cato U propose des événements qui incarnent ce que devraient être, par essence, les universités. Les étudiants viennent y approfondir leurs connaissances en matière de politiques publiques et nouer des liens avec des personnes qui partagent des convictions fondamentales sur l’importance de la liberté d’expression et de la liberté individuelle. 

Lors des réceptions d’ouverture, Coyne-Kosnak donne le ton de Cato U : 

 « Cato University n’est pas une simple conférence ; c’est une conversation, et chacune de vos voix y joue un rôle essentiel… Au cœur de ce programme se trouve une vision morale : l’idée que chaque individu possède une dignité inhérente et a le droit de poursuivre ses propres objectifs, à condition de respecter les droits d’autrui. Reconnaître que chaque être humain est propriétaire de sa propre vie relève d’un engagement moral. Or, cela n’est possible que dans un système fondé sur la liberté. » 

Landon a ressenti cette vision morale tout au long de son expérience à Cato U. « Les intervenants étaient accessibles et sincèrement désireux d’échanger avec nous », confie-t-il. 

Cette vision incite les étudiants à chercher délibérément à apprendre des autres. « À Cato U, je me suis davantage concentré sur l’écoute », explique Hoover. « J’ai été constamment amené à prendre conscience des limites de mes propres connaissances. Je me suis senti plus ouvert, plus généreux dans mes interactions avec autrui. » 

 Pour Jannoud, son passage à Cato U a constitué une expérience particulièrement rafraîchissante, qui contrastait avec son quotidien sur le campus. « J’ai été frappée par la façon dont les désaccords ouvraient la porte à des débats constructifs. Les étudiants comme les intervenants échangeaient leurs points de vue dans le respect mutuel », raconte-t-elle. « J’aspire désormais à créer des espaces similaires sur mon propre campus universitaire. » 

 Outre les présentations consacrées à la philosophie politique et aux politiques publiques, 

Cato U a fourni à Jannoud et à ses camarades des outils pour instaurer de tels espaces. L’une des sessions interactives, intitulée « Présenter des arguments convaincants en faveur du libéralisme classique », était animée par Allan Carey, directeur des « Sphere Education Initiatives » du Cato Institute, un programme destiné aux enseignants du secondaire. Cato U est en bonne voie d’accueillir plus de 850 étudiants d’ici l’an prochain. Certains deviendront stagiaires, assistants de recherche, voire chefs de département au sein du Cato Institute. D’autres mettront à profit cette expérience à Washington, D.C. — souvent leur première du genre — pour décrocher un poste dans d’autres organisations attachées aux principes libertariens. 

 Les données issues de l’enquête menée après la conférence révèlent que les autres participants regagnent leurs campus avec une vision nettement plus marquée par le libéralisme classique : une confiance accrue dans le progrès humain, une ouverture au commerce et à l’innovation, et une conception de la justice fondée sur les droits individuels. La plupart de ceux qui arrivent avec des doutes quant à la liberté d’expression repartent en ayant adopté des valeurs plus libérales.

 Par exemple, plus de 10 % des participants de cet été ont déclaré, avant l’événement, que les étudiants ne devraient pas être autorisés à inviter sur le campus des intervenants jugés offensants par certains. À la fin de l’été, ils n’étaient plus que 2 % à partager cet avis. 

 L’un des changements les plus marqués dans les opinions des participants sur les politiques publiques a concerné le domaine de la santé : on a observé une évolution d’environ 10 points de pourcentage dans l’adhésion moyenne à l’énoncé suivant : « La réforme du système de santé devrait favoriser les solutions fondées sur le marché, réduire l’intervention de l’État et accroître le choix des usagers. » 

 Ce point est particulièrement notable, car la santé ne figurait pas parmi les principaux sujets de discussion lors de cette session ; cela indique que les étudiants ont intégré des principes fondamentaux, plutôt que de simples faits relatifs à des thématiques isolées. 

 Nous suivrons les initiatives singulières de tous ces étudiants. Chen, par exemple, invite des chercheurs et des intervenants du Cato Institute (Cato U) à donner des conférences au Colby College. Elle souhaite également développer le club libertarien de l’établissement — qui, pour l’heure, ne compte qu’elle-même et un ami qui, bien que non libertarien, lui apporte son soutien. 

Jannoud, quant à lui, aspire à une carrière consacrée à la mise en œuvre de politiques économiques fondées sur la discipline budgétaire. Il s’agit, par exemple, d’instaurer des plafonds de dette indexés sur les prévisions de recettes, ou encore un mécanisme de taux de change flexible assorti de dispositifs budgétaires automatiques — comme des réductions de dépenses déclenchées automatiquement si le ratio dette/PIB dépasse un certain seuil.


 Landon vient d’entamer un master en économie appliquée à l’université Johns Hopkins. Il a participé à la « Cato U » l’an dernier et a effectué un stage au Cato Institute au printemps 2025. Il a par ailleurs publié, dans la revue *Reason*, un article critiquant le *Jones Act*. 

*Hoover, un autre économiste — ou décideur politique — en devenir, compte encourager son entourage à s’intéresser au Cato Institute ; une démarche qui fait écho aux résultats des enquêtes menées auprès des participants à la « Cato U », dont la totalité a affirmé qu’elle serait « très susceptible » ou « susceptible » de recommander la « Cato University » à ses camarades. 

(LEFT: Dylan Landon, who recently completed a degree in economics at the University of Texas, San Antonio, was invited to attend part of this year’s events as an alumnus.

RIGHT: Andrew Hoover, a recent graduate of Creighton University’s Heider College of Business, reflects on his experience with fellow attendees.)

À l’instar des autres initiatives du Cato Institute destinées aux jeunes, l’objectif est de faire connaître les idées libertariennes et de les ancrer comme une évidence. Dans son ultime entretien pour *Free Society*, David Boaz a fait remarquer que « depuis [Hayek et Friedman], de nombreux économistes, aux positions essentiellement libertariennes, ont reçu le prix Nobel. Certes, ils ne jouissent pas tous de la même notoriété qu’Hayek ou Friedman, mais je pense que cela a permis au libertarianisme de s’imposer dans le débat public. » 

 Peut-être que des noms comme Hoover, Chen, Landon ou Jannoud seront, un jour, reconnus avec autant d’estime, quel que soit le domaine dans lequel ils évolueront. Quel que soit leur avenir, chaque étudiant qui participe à la « Cato University » contribue à renforcer la place du libertarianisme au sein du discours politique. 

 Josh Hardman 

Responsable de la communication développement, Cato Institute

Rendez-vous sur cato.org/student-programs/cato-university (cato​.org/​s​t​u​d​e​n​t​-​p​r​o​g​r​a​m​s​/​c​a​t​o​-​u​n​i​v​e​rsity) pour découvrir les événements à venir, le programme des conférences et notre programme de recommandation. Nous avons organisé un événement à Boston en octobre et prévoyons d’autres rencontres à travers le pays ; les événements de l’été 2026 se tiendront, quant à eux, à Washington, D.C. Parmi les intervenants ayant pris la parole par le passé, on peut citer Justin Amash (ancien représentant du Michigan au Congrès américain), Nadine Strossen (ancienne présidente de l’ACLU) et Nico Perrino (vice-président exécutif de la *Foundation for Individual Rights and Expression*).

 https://www.cato.org/free-society/fall-2025/cultivating-classical-liberal-thought-inside-new-cato-university

 

Oups !! Donald Trump subit un revers cinglant à deux ans de son départ de la Maison-Blanche

Midterms 2026 : vague bleue au Congrès, Donald Trump subit un revers cinglant à deux ans de son départ de la Maison-Blanche

 Les démocrates ont signé une victoire sans appel mardi avec une majorité acquise aux deux chambres du Congrès américain. Ce basculement encore inimaginable il y a un an, ouvre une ère d’incertitude pour Donald Trump à deux ans de son départ de la Maison-Blanche.

 

- 250 millions d’électeurs américains avaient rendez-vous aux urnes mardi pour les élections de mi-mandat. Près de 58 millions de citoyens avaient déjà voté par anticipation, un record pour ce type de scrutin.
 - Des proches de Donald Trump ont commencé ce mardi à accuser des démocrates de «voler l’élection» dans l’État de New York, après que plusieurs machines ont rejeté des bulletins de vote.
- Selon les projections de médias américains dont CNN, les démocrates prendraient le contrôle de la Chambre des représentants.
- La démocrate Keisha Lance Bottoms devient la première femme noire gouverneure du pays, en Géorgie 

Sénat américain : le démocrate issu de l’aile gauche El-Sayed revendique la victoire dans le Michigan

Le démocrate Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, a revendiqué mercredi la victoire à l’élection sénatoriale dans l’État du Michigan (nord), affirmant avoir devancé son rival républicain Mike Rogers.

«Michigan, nous l’avons fait!», a déclaré dans un discours ce médecin qui deviendrait le premier sénateur musulman des États-Unis, malgré le ralliement de dernière minute au républicain de son adversaire à la primaire démocrate, Haley Stevens. 

Un scrutin extrêmement serré pour le poste de sénateur du Mississippi, historiquement républicain

État historiquement républicain, le Mississippi fait l’objet d’un scrutin ultra-serré pour le poste de sénateur. La candidate républicaine Cindy Hyde-Smith, élue depuis 2018, est pour l’instant annoncée battue par le candidat démocrate Scott Colom pour… 28 voix sur les plus de 925.000 bulletins dépouillés, selon les estimations d’AP. Elle cumule à cette heure 462.751 voix contre 462.779 pour son rival, alors que 97% des votes ont été rendus publics. 

Les démocrates ont pris mardi le contrôle des deux chambres du Congrès, selon les projections des médias américains, infligeant une défaite cuisante aux républicains du président Donald Trump lors des élections de mi-mandat.

  • Chambre des représentants : à ce stade, 219 sièges pour les démocrates, contre 126 pour les républicains
  • Sénat : pour l’heure, 53 sièges pour les démocrates, contre 41 pour les républicains
  • Gouverneurs : 24 démocrates et 18 républicains ont été élus à ce stade.

Les premiers résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui pointent des gains du Parti démocrate et renforcent la perspective de blocages politiques en cas de bascule au Congrès, font trébucher le dollar face aux grandes devises et reculer les Bourses mercredi en Asie.. 

Le démocrate Troy Jackson a été élu sénateur dans le Maine, État du nord-est des États-Unis, selon les médias américains, faisant basculer un nouveau siège à son parti dans ces élections de mi-mandat.

Il a devancé dans une course sénatoriale très serrée la républicaine Susan Collins, sénatrice sortante considérée comme modérée et parfois critique de Donald Trump, selon les chaînes Fox News et CNN. 

Le chef de file démocrate à la Chambre des représentants aux États-Unis s’est engagé mardi à utiliser la majorité dont il va disposer pour poursuivre les responsables politiques coupables, selon lui, de «corruption sans précédent».

«Nous allons demander des comptes à ceux qui ont infligé à ce pays une corruption sans précédent», a déclaré Hakeem Jeffries face à ses partisans. Celui qui est pressenti pour prendre le perchoir après la large majorité remportée par son camp n’a pas cité directement Donald Trump.

«Si des personnes occupant de hautes fonctions se concentrent uniquement sur leur enrichissement personnel, celui de leur famille, de leurs amis ou de leurs donateurs, elles ne se consacrent pas à l’amélioration des conditions de vie du peuple américain», a-t-il jugé.

 Le dollar et les Bourses d’Asie trébuchent face à la vague démocrate 

Les premiers résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui pointent des gains du Parti démocrate et renforcent la perspective de blocages politiques en cas de bascule au Congrès, font trébucher le dollar face aux grandes devises et reculer les Bourses mercredi en Asie.

Vers 06H30 GMT, le billet vert cédait 0,34 % face à la monnaie japonaise à 158,15 yens pour un dollar, après avoir perdu jusqu’à 0,8 % en cours d’échanges. Même dynamique sur les marchés boursiers asiatiques : à Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé en repli de 1,42% à à 62.188 points. À Séoul, l’indice phare Kospi a finalement effacé ses pertes, terminant en hausse de 0,62 %. Taipei a perdu 0,83 %, Sydney 0,59% et l’indice hongkongais Hang Seng résistait avec une hausse de 1,20 %.

«Un Congrès à majorité démocrate introduit une nouvelle source d’incertitude : le contrôle réglementaire, avec des risques d’enquêtes sur les entreprises d’IA, la concurrence, la protection des consommateurs, la confidentialité des données, la sécurité des modèles» ou encore «des restrictions sur les centres de données, leur consommation d’électricité et d’eau», réagit Charu Chanana, de Saxo Markets.

 Écarts de sièges, nombre de femmes et record de dépenses : les chiffres marquants des midterms 2026 

Donald Trump ne peut que constater les dégâts. Dans la nuit, le président américain s’est dit prêt à «accepter les résultats», mais aussi à «travailler» avec les démocrates, qui ont fait «du bon boulot». C’est un peu plus que ça : à l’issue des élections de mi-mandat, les démocrates vont débarquer en nombre au Congrès, dont ils vont largement reprendre le contrôle. Le Figaro a compilé quelques chiffres témoignant de l’ampleur historique du revers pour le locataire de la Maison-Blanche et son parti.


 

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Aux US: 

 
Donald Trump a jugé mercredi, dans un entretien téléphonique avec la chaîne Fox News, que la guerre en Iran était «en partie» responsable de la monumentale défaite de son parti, les Républicains, aux élections de mi-mandat.

«Le peuple américain a envoyé un message clair : il souhaite une politique qui rassemble plutôt que de diviser», salue Barack Obama

Sur X, l’ancien président démocrate a estimé que «le peuple américain a envoyé un message clair». «Il souhaite une politique qui rassemble plutôt que de diviser, et des dirigeants qui proposent des solutions concrètes aux défis auxquels il est confronté.»

«Bien que cette administration ait encore deux ans à sa disposition, il nous faut maintenant retrousser nos manches, apporter des changements là où nous en avons le pouvoir, prévenir d’autres dommages et préparer l’avenir.»  

Sénat américain : le démocrate issu de l’aile gauche El-Sayed revendique la victoire dans le Michigan

Le démocrate Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, a revendiqué mercredi la victoire à l’élection sénatoriale dans l’État du Michigan (nord), affirmant avoir devancé son rival républicain Mike Rogers.

«Michigan, nous l’avons fait!», a déclaré dans un discours ce médecin qui deviendrait le premier sénateur musulman des États-Unis, malgré le ralliement de dernière minute au républicain de son adversaire à la primaire démocrate, Haley Stevens. 

Dans la foulée du basculement du Congrès américain du côté démocrate, le nouveau sénateur élu du Michigan, Abdul El-Sayed, s'est adressé directement au président américain sur le réseau social X.
Réagissant aux piques de la campagne, l'élu démocrate a lancé à l'attention du chef de l'État : « Donald, écoute, je sais que tu as du mal avec mon nom. Alors, après que JD m'aura fait prêter serment en janvier, tu pourras tout simplement m'appeler sénateur. » Un message incisif qui illustre la confiance du camp démocrate désormais fort d'une nouvelle majorité.

Le démocrate James Talarico, élu mardi sénateur du Texas, s’est félicité d’avoir renversé le «Goliath» républicain dans cet État du sud historiquement conservateur.

«Ce soir, nous avons battu Goliath», a déclaré ce séminariste presbytérien de 37 ans, qui cite régulièrement la Bible, lors d’un discours à Austin, capitale de l’État, assurant avoir été soutenu par le peuple en dépit des millions de dollars dépensés par le parti de Donald Trump et le multimilliardaire Elon Musk pour soutenir son opposant. 

Le sénateur Bernie Sanders salue la victoire démocrate : «Nous pourrons demander des comptes à Trump»

«Les démocrates vont désormais contrôler la Chambre et le Sénat et pourront demander des comptes à Trump. C’est une excellente nouvelle», écrit sur X Bernie Sanders, sénateur du Vermont. Il appelle son camp à «aller plus loin» face aux «énormes inégalités de revenus et de richesse» et à «se battre sans relâche pour les familles de travailleurs». «Finies les excuses», conclut-il. 

Les démocrates célèbrent leur victoire, Donald Trump essuie un énorme revers aux midterms

À 83% des bulletins dépouillés, les démocrates ont pris le contrôle des deux chambres du Congrès, selon les médias américains. Le revers est cinglant pour Donald Trump et les républicains. Dans de nombreux États, les victoires démocrates ont donné lieu à des scènes de liesse. Un gagnant chez les républicain: Gill WINS

La vague démocrate a bien eu lieu. Les premiers résultats des élections de mi-mandat ont confirmé et même dépassé les espoirs démocrates, et vérifié les prévisions des sondages. Les projections leur donnaient mardi soir une confortable majorité à la Chambre des représentants, mais aussi au Sénat. Le revers historique subi par les républicains est enfin une répudiation claire et nette des vingt-deux mois de la politique de Donald Trump.

La victoire des candidats démocrates au Texas, Gina Hinojosa comme gouverneur, et James Talarico comme sénateur, a été la plus symbolique de toutes celles remportées mardi. La défaite des républicains dans cet État qui leur était solidement acquis depuis des décennies est aussi un camouflet à Donald Trump, qui avait soutenu la candidature de Ken Paxton, le préférant aux primaires au sénateur sortant John Cornyn, et à Elon Musk, qui avait investi des centaines de millions de dollars dans la campagne.

 Elon Musk, après avoir injecté des sommes record, ironise sur la défaite électorale des républicains

 Le milliardaire Elon Musk, qui a dépensé des centaines de millions de dollars pour soutenir les candidats républicains aux élections de mi-mandat, a ironisé mercredi sur son échec. «J’ai l’impression que l’ingérence de mes lasers spatiaux dans les élections n’a pas fonctionné cette fois», a plaisanté le patron de SpaceX, après notamment la défaite de Ken Paxton, le candidat qu’il soutenait à la sénatoriale du Texas

 



A l'étranger: 

Les Américains ont dit «non à la guerre», estime le négociateur en chef iranien

Le négociateur en chef iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré mercredi que les Américains avaient dit «NON À LA GUERRE» aux élections américaines de mi-mandat après la déroute du Parti républicain de Donald Trump face aux démocrates.

«Par conscience ou à cause du coût de la vie, les Américains ont dit NON À LA GUERRE, et nous approuvons ce message», a écrit M. Ghalibaf dans un message sur son compte X.

Iran : le guide suprême dit que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis «se trompent lourdement»

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré mercredi que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis «se trompent lourdement», après le revers subi par le parti de Donald Trump aux élections de mi-mandat.

«Ceux qui nourrissent encore le moindre espoir de voir le comportement du système hégémonique changer à la faveur de changements partisans (...) se trompent lourdement», a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son site internet.


  

Élections américaines : la «vague ultra s’effondre», estime Pedro Sánchez

«La vague ultra (...) s’effondre», a estimé le premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez après la large victoire des démocrates aux élections de mi-mandat aux États-Unis, à quelques semaines des législatives anticipées du 29 novembre en Espagne.

«Hier, la société américaine a voté contre les politiques qui ne font qu’appauvrir. Contre la haine. Contre le machisme. Contre le négationnisme climatique et contre les privilèges des élites. Cela s’est produit au Brésil. Cela vient de se produire aux États-Unis. Et cela se produira bientôt en Espagne», a écrit le dirigeant socialiste sur le réseau social X. «La vague ultra sur laquelle Feijóo et Abascal (les leaders des partis de droite et d’extrême droite en Espagne, ndlr) prétendent surfer ne progresse plus : elle s’effondre», a-t-il conclu.

  

Élections américaines : Pékin se dit prêt à «continuer à travailler» avec les États-Unis

La Chine a qualifié mercredi les élections américaines de mi-mandat «d’affaire intérieure» et s’est dite prête à continuer à coopérer avec les États-Unis sur les questions d’intérêt commun et les sujets de divergence.

«Les élections de mi-mandat relèvent des affaires intérieures des États-Unis», a dit lors d’un point presse régulier une porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Mao Ning. «La Chine est disposée à continuer à travailler avec les États-Unis afin de préserver et d’appliquer l’important consensus dégagé par les deux chefs d’État, de renforcer la communication, de gérer les divergences comme il convient», a-t-elle déclaré.

 

 MIDTERMS 2026 : LE MAGA SE RETOURNE CONTRE TRUMP. LA RÉVOLUTION POURRAIT DÉVORER SON FONDATEUR. 

La vague démocrate n'est peut-être que la partie visible d'un séisme beaucoup plus profond : la dislocation du contrat politique passé entre Donald Trump et son électorat en 2024. Le MAGA promettait moins de guerres, moins de dépenses, moins de déficits, moins de bureaucratie, davantage de souveraineté économique et la fin de l'emprise de l'establishment de Washington. Deux ans plus tard, le bilan politique est explosif. La guerre en Iran a remplacé la promesse de désengagement militaire. La dette publique américaine a dépassé les 40 000 milliards de dollars, tandis que les déficits continuent d'alimenter une dynamique budgétaire préoccupante. Les engagements d'America First se heurtent aux réalités du complexe militaro-industriel et aux alliances stratégiques héritées de l'ancien ordre. L'affaire Epstein a ouvert une autre fracture : celle de la transparence et de la confiance dans les institutions. Et Marjorie Taylor Greene, autrefois l'une des plus ferventes défenseuses de Trump, a fini par rompre avec lui. Retrait du soutien présidentiel, affrontement sur les dossiers Epstein, puis démission du Congrès : tout un symbole. À cela s'ajoute la fronde anti-interventionniste, notamment dans les milieux libertariens, dont les candidatures ont menacé les républicains dans plusieurs États. Le problème n'est donc plus seulement électoral. Il est idéologique. JD Vance vient de le reconnaître publiquement : des électeurs Trump-Vance de 2024 ont voté démocrate en 2026. Leurs exigences ? Mettre fin à la guerre, retrouver du pouvoir d'achat, revenir à America First et reconsidérer les relations avec Israël. Curtis Yarvin republie cette analyse avec deux mots : « Leadership.txt ». x.com/curtis_yarvin/ Et ce n'est pas anodin : Yarvin réclame désormais le départ de Trump et son remplacement par Vance. Nous assistons peut-être à la naissance d'un MAGA post-Trump, contre la dérive néoconservatrice du trumpisme gouvernemental. Trump avait promis de rompre avec les guerres sans fin, les déficits, l'establishment de Washington et la soumission des intérêts américains aux engagements extérieurs. C'est aujourd'hui son propre vice-président qui reconnaît que l'électorat sanctionne l'écart entre les promesses et les actes. Pendant ce temps, Elon Musk, déjà entré en conflit avec Trump, a ouvert la perspective d'une recomposition politique extérieure au Parti républicain traditionnel. Derrière ces ruptures pourrait émerger une nouvelle géographie du pouvoir américain : des États favorables à l'industrie, à l'énergie, à l'IA et à l'initiative entrepreneuriale attireraient capitaux et talents, tandis que d'autres risqueraient de s'enfermer dans la réglementation et le déclin relatif. La fragmentation politique pourrait ainsi devenir une fragmentation économique, industrielle et territoriale. Musk incarne une puissance industrielle capable de déplacer les centres de gravité économiques. Yarvin propose une rupture institutionnelle. Vance pourrait prétendre à l'héritage politique du MAGA. Les libertariens et les dissidents anti-guerre contestent déjà la discipline républicaine. Ces forces ne partagent pas toutes la même doctrine. Mais elles pourraient converger sur un constat : le trumpisme au pouvoir s'est éloigné du mouvement qui l'avait porté à la Maison-Blanche. Le prochain grand affrontement américain pourrait donc ne pas opposer simplement démocrates et républicains. Il pourrait opposer le MAGA des promesses au MAGA des compromissions. Et ouvrir la voie à un nouvel acteur politique, voire à un nouveau parti. Trump a créé le MAGA. Mais le MAGA pourrait finir par considérer Trump comme l'obstacle à sa propre révolution. Voilà peut-être la véritable signification des midterms de 2026. Contre le récit. Pour le réel.

Lupus 

 

 

En France: 

Ce mercredi 4 novembre, l’ambassadeur de France aux États-Unis de 1995 à 2002, François Bujon de l’Estang a déclaré au micro de Radio Classique qu’il n’était «pas sûr», que Donald Trump soit prêt à partir en 2028.

Le diplomate rappelle la réaction du président américain en 2020, où ce dernier avait accusé de triche et de fraude Joe Biden, après son élection. Selon François Bujon de l’Estang, Trump ne conçoit que deux options : «Soit la victoire, soit l’adversaire a triché». L’ancien ambassadeur explique que «l’on peut tout imaginer», même que Trump soit à nouveau candidat à l’élection présidentielle en 2028, avec «une nouvelle entourloupe. François Bujon de l’Estang rassure en affirmant que le président américain «a un ennemi contre lequel il ne peut rien, c’est l’âge». 

 


 

Marine Tondelier voit dans la défaite de Trump un «avertissement  pour la France» et met en garde contre le RN

Dans un long message publié sur X, la candidate écologiste à la présidentielle écrit : «Donald Trump vient de subir une défaite HISTORIQUE. Il perd le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat dans des proportions jamais vues.»

Marine Tondelier cite les victoires démocrates dans plusieurs États : « Le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud et l’Iowa, qui n’avaient pas eu de sénateur démocrate depuis des décennies, en ont un ce matin. » Puis elle adresse cette mise en garde à la France : «Le RN est aussi fasciste que Donald Trump» et  «fera plonger notre pouvoir d’achat». «Ce qui vient de se produire aux États-Unis ces dernières années est un avertissement pour la France», conclut-elle : «Les États-Unis ont payé deux fois pour voir. Puisse cette leçon nous servir.»

 

 Midterms 2026 : «Très certainement un lien» entre le revers républicain et la guerre en Iran, estime Jordan Bardella

 «Il y a très certainement un lien» entre l’énorme revers pour Donald Trump et l’intervention américaine en Iran, qui a «des conséquences très lourdes sur l’économie américaine», a estimé le président du RN, ce mercredi matin sur RTL. «Je ne suis pas électeur américain et il faut respecter quel qu’il soit le vote du peuple américain»,a ajouté le président du RN. Il a également souligné également les conséquences sur «le pouvoir d’achat de nos compatriotes au regard du prix du pétrole».

 

"Ne vous laissez pas berner par la propagande" !
NE CROYEZ PAS AU RÉCIT SELON LEQUEL TRUMP EST FINI. C’EST LA BONNE VIEILLE FARCE HABITUELLE.
Assez avec cette comédie de certains commentateurs qui, depuis hier soir, hurlent « l’Amérique a coulé Trump », « Trump est foutu », « les Démocrates ont gagné ».
Ce sont des conneries. Toutes des conneries pour détourner le cerveau des gens.
Je vais vous expliquer comment fonctionnent vraiment les élections de mi-mandat en Amérique, parce que personne ne vous le dit.
Ça a toujours été comme ça.
C’EST LA NORME que le parti du Président perde quelque chose aux mi-mandat.
Chambre, Sénat, ou les deux.
Ça arrive presque toujours.
C’est rarissime, rarissime, qu’un Président en exercice reprenne tout, Sénat et Chambre ensemble.
Ça n’est arrivé que dans très peu d’exceptions dans l’histoire américaine. Pour le reste, le reflux est physiologique.
C’est le système américain qui est fait comme ça.
Alors, qu’est-ce que les Démocrates ont gagné ? RIEN. Ils n’ont pas gagné un clou.
Ce récit selon lequel « ils ont écrasé » ne sert qu’aux mondialistes. Ils veulent vous faire croire que le vent a tourné, ils veulent vous rallier à leur cause, ils veulent vous faire penser que Trump est faible.
La vérité est l’opposé.
Le Président a de son côté une arme immense : le pouvoir de veto. Et il l’utilisera. Il bloquera chaque mesure extrême qu’ils essaieront de faire passer au Congrès.
Ce ne sont pas eux qui ont gagné. C’est la prise de conscience que Trump est toujours là, au centre, et que c’est lui qui commande.
Ne vous laissez pas berner par la propagande.
Analyse personnelle de
✒️Sabrina F.
 
Hier, ce n’est peut-être pas seulement Trump qui a perdu : c’est aussi, à mes yeux, l’Occident.
Je regrette sincèrement que tant d’électeurs s’arrêtent à la forme, au tempérament et à la personnalité des dirigeants, à leur côté « grande gueule » (c’est vrai qu’avec Trump, on a la version XXL), plutôt que de s’intéresser au débat de fond, aux idées et au projet de société qu’ils défendent.
Trump ne défendait pas seulement l’Amérique, mais aussi une certaine idée de l’art de vivre en Occident. Quel autre dirigeant fait ça aujourd’hui ?
Cette tendance se retrouve des deux côtés de l’Atlantique, aux États-Unis comme dans l’Union européenne, hélas !
Ces derniers mois, pour ceux qui ont suivi les questions politiques et économiques aux États-Unis 🇺🇸, plusieurs grandes entreprises technologiques et sociétés prospères ont quitté la Californie pour s’installer au Texas.
Il y a là une certaine ironie, comme dans le cas des populations musulmanes qui fuient leur enfer pour en créer un autre ! Certaines de ces entreprises ont fui un modèle qu’elles jugent invivable, mais risquent maintenant d’en reproduire les mêmes travers. Wait and see.
La progression de figures de gauche comme Zohran Mamdani, à New York, et Abdul El-Sayed, dans le Michigan, m’inquiète également. En tant que femme née dans l’islam, je ne peux pas rester indifférente à la progression de courants politiques qui vont forcément fragiliser les libertés et l’Occident dans son ensemble !
Ma crainte porte sur les idéologies qui veulent imposer leur vision de la société et sur la possibilité qu’elles avancent par les urnes plutôt que par la force. Manifestement, l’islam a officiellement laissé tomber l’épée pour les urnes avec l’aide des démocrates et des socialistes dans l’UE.
Pour l’avenir de nos enfants, c’est une perspective très inquiétante. C’est ça qui devrait vous inquiéter le plus… enfin, si l’époque vous a permis le luxe de laisser des enfants en héritage à l’humanité !  

 
🇺🇸 Les bonnes nouvelles des élections aux États-Unis :
 
→ James Talarico remporte le Texas, avec 13 points d’avance et qui n’avait pas élu de sénateur démocrate depuis 1992 !
→ Troy Jackson, proche de Bernie Sanders, remporte le Maine !
→ Abdul El-Sayed, candidat progressiste, devient le premier sénateur musulman des États-Unis !
→ Au Missouri, les électeurs rejettent une tentative de rétablir l’interdiction de l’IVG !
→ Keisha Lance Bottoms devient la première femme noire gouverneure d’un État américain, en Géorgie !
→ Deb Haaland devient la première femme amérindienne gouverneure, au Nouveau-Mexique !
→ Peggy Flanagan devient la première femme amérindienne élue au Sénat !
→ Au Nevada, les électeurs votent pour inscrire définitivement le droit à l’avortement dans leur Constitution !
→ Gina Hinojosa devient la première gouverneure d’origine hispanique du Texas, mettant fin à 32 ans de pouvoir républicain !
→ Amy Acton devient la première femme élue gouverneure de l’Ohio !
→ Au Kansas, les républicains perdent leur siège au Sénat pour la première fois depuis 1932 !
→ Dans l’Ohio, le siège de sénateur occupé par JD Vance jusqu’en 2025 bascule chez les démocrates !
→ Au Mississippi, les démocrates remportent un siège au Sénat pour la première fois depuis plus de 40 ans !
→ En Floride, la camarade de DSA Angie Nixon frôle l’exploit face aux républicains (48 % contre 51 %) !
→ Janeese Lewis George, socialiste membre de DSA, remporte la mairie de Washington DC !
→ Au moins 7 membres des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) sont élus à la Chambre des représentants !
Les démocrates reprennent donc le Sénat et la Chambre des représentants à Trump !
Trump restera président, mais sa défaite est cuisante et réduit considérablement ses pouvoirs au Congrès !
Il ne pourra plus faire adopter ses lois ni voter ses budgets sans leur accord. Ses nominations pourront être bloquées, ses projets privés de financement et son administration soumise à des enquêtes parlementaires, voire à une procédure de destitution.
Trump devient ce que les Américains appellent un « Président canard boiteux » ! Bon débarras ! 
  
L'autre enjeu des élections américaines dont on parle peu en France ->
Aux Etats-Unis, il ne se joue pas que la défaite de Donald Trump.
En Californie, 200 milliardaires pourraient devoir payer une taxe exceptionnelle.
C’est l’objet d’un référendum qui a lieu en même temps.
Si le référendum est adopté, une taxe unique de 5 % sur le patrimoine des milliardaires sera mise en oeuvre.
La Californie est l’Etat qui compte le plus de milliardaires aux États-Unis, profitant notamment de la bulle de la tech.
Aux Etats-Unis, les 25 premiers milliardaires américains ont vu leur fortune progresser de 401 milliards de dollars entre 2014 et 2018, mais n’ont versé que 13,6 milliards de dollars d’impôt fédéral, soit un taux réel de 3,4 %.
Cette nouvelle taxe exceptionnelle, proposée par l’économiste Gabriel Zucman, pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards de dollars.
Où irait l'argent ? 90 % pour la santé, 10 % pour l'aide alimentaire et l'éducation, en réponse aux coupes fédérales dans ces programmes.
Et forcément, cela ne plaît pas beaucoup à nos amis les milliardaires…
Les opposants ont dépensé plus de 300 millions de dollars pour la faire échouer, dont près d'un tiers vient de Sergey Brin, cofondateur de Google, selon la presse américaine.
Le monde entier observe la Californie.

Quel que soit le résultat, la question ne peut être évitée :
Pour financer nos services publics, il y a de l’argent.
Il faut juste vouloir le prendre dans les bonnes poches.
 
 Énorme défaite électorale pour Donald Trump aux Etats-Unis.

Après Bolsonaro au Brésil, c’est la démonstration que la mobilisation populaire peut venir à bout de l’extrême-droite.

Prochaine étape : la France !
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