juin 10, 2026

Philosophie libertarienne avec Stéphane GEYRES

Sommaire:

A) Sur le Traité Néoréactionnaire

B) - «Faire secession chez soi»

C) - L’impôt progressif, euhh, régressif

 

 


 

A) Sur le Traité Néoréactionnaire

Critique libertarienne du "Traité Néoréactionnaire"... Article à découvrir sur Libéralie : https://liberalie.substack.com/p/sur-le-traite-neoreactionnaire

 


 

 Il me rappeler quelques fondamentaux de la doctrine libertarienne, car ils serviront de guide à ma critique. La structure de l’ouvrage montre clairement que ces éléments ont guidé l’organisation des premières pages, pour tenter de poser la supériorité de «l’accélérationnisme».


Comme L. v. Mises fit l'effort d'établir l’axiome de l’action humaine comme base, incontestable, de la théorie économique autrichienne, H-H. Hoppe a consacré un ouvrage à faire de l’axiomatique de l’argumentation la base, tout aussi incontestable, de la théorie du Droit naturel.


L'option qu’avait l'auteur, c’était de devenir un sur-Hoppe, un libertarien plus que libertarien, un libertarien «accélérationniste». Cela aurait pu donner un ouvrage intéressant, du moins sur le papier. Mais qui aurait exigé un fort niveau de rigueur, qui est absent de ce livre.


Connaître “la signification de la vérité” n’a jamais nécessité que la Vérité existe. Beaucoup croient en dieu, mais ça n’a jamais été une preuve de son existence. Il suffit dans une argumentation de s'accorder sur l’idée qu’on se fait de la vérité. Cela suffit pour raisonner.


Pour lui, l’entropie est LA mesure de toute la dynamique du monde, l’arbitre ultime de l’action du Vivant. Il ne voit pas que l’homme possède cette différence avec l’amibe qui tient à disposer d’une volonté consciente, d’une subjectivité propre, un libre arbitre qui le conduit.

 

L’utilitarisme, la perception de l’Homme comme conditionné par une seule “utilité”, fût-elle l’entropie, est la porte ouverte à la dictature. Car toute société où le “progrès” se mesure à une dimension est vite dirigée par celui (ou ceux) qui aura à sa main les moyens de mesure.


La puissance, c’est une belle chose, mais Hiroshima reste dans la mémoire en rappel qu’elle peut devenir la pire des choses. On ne peut faire l’impasse sur le Bien et le Mal, si l’on veut penser un avenir civilisé, où chacun serait “libre” de trucider l’humanité à sa discrétion.

 

Dans toutes ces pages, une fois la pirouette pour échapper à Hoppe exposée, il n’y a plus d’attention apportée ni au Mal, ni au Droit ni à la Justice. Quelle peut être cette “civilisation” qui prétendrait dépasser les libertariens sans poser de fondation de Droit et de Justice ?


Le "Traité Néoréactionnaire" n'est pas l'avenir du libertarianisme, ni de l'Homme. C'est l'abandon de l'Homme au profit de la machine.


 

Ô RAGE

La personne qui manque du courage de se faire connaître au-delà du pseudonyme de «NIMH», un des fondateurs du webzine RAGE, a publié il y a quelques mois un «Traité Néoréactionnaire». Cet article entreprend de faire la critique de ce livre, et au-delà du livre, celle des thèses et de la posture pseudo intellectuelle de son auteur.

Je ne me serais pas lancé dans la lecture, encore moins dans la critique, d’un tel ouvrage si son auteur, depuis bien des mois et d’émois, ne laissait entendre à qui veut bien l’écouter que ses belles théories seraient à la fois compatibles avec les thèses libertariennes, mais surtout ô combien supérieures. Hélas il n’en est rien, mais alors rien du tout. Comme dirait La Fontaine, nous l’allons montrer tout à l’heure.

Mais avant de plonger dans les arguments de ma critique, il me faut consacrer quelques lignes à rappeler quelques fondamentaux de la doctrine libertarienne, car ils serviront de guide à ma façon de mener cette critique. Bien plus, la structure même de l’ouvrage montre clairement que ces éléments ont guidé NIMH dans l’organisation de ses premiers chapitres, pour tenter de poser la supériorité de «l’accélérationnisme».

Axiomatique & Praxéologie

De même que Ludwig von Mises consacra des efforts importants à établir l’axiome de l’action humaine comme la brique de base incontestable de toute la théorie économique dite autrichienne, Hans-Hermann Hoppe a consacré tout un ouvrage pour faire de l’axiomatique de l’argumentation le point de départ, tout aussi incontestable, de la théorie du Droit naturel qui fonde la doctrine libertarienne. Le but, pour Hoppe, était triple : rendre le Droit naturel (ou le Principe de Non-Agression) incontestable ; l’établir comme brique de base de toute société civilisée ; l’établir de même comme — seule — base de la doctrine libertarienne.

À partir des apports de Mises, Hoppe a fait un autre travail fondateur tout aussi important, cette fois dans le domaine de la méthodologie applicable à toutes les sciences sociales. Dans son «ESAM», livre court mais essentiel, il établit de façon tout aussi irréfutable qu’il n’est pas possible (valablement) de parler de démarche scientifique dans le domaine des sciences sociales sans que cette démarche suive les modes de raisonnement hérités de la praxéologie de Mises : individualisme méthodologique, action humaine, a priorisme déductif, l’intérêt personnel pour motivation. Toute autre approche ne peut relever que de la fumisterie.

Pirouette des Premiers Chapitres

Pourquoi cette digression théorique ? Parce que pour écrire son ouvrage, NIMH avait le choix entre deux stratégies en termes de méthode. Lui qui se dit volontiers «libertarien, mais en mieux», ou toute chose équivalente, ne peut donc ignorer (savoir tout autant que négliger) les deux points méthodologiques précédents. Quand on est libertarien, encore plus quand on se réfère à Hoppe — ce qu’il fait plusieurs fois — on ne peut se placer hors de ces deux points. Dès lors, la première option qu’avait NIMH, c’était de devenir un sur-Hoppe (il aime bien les «surhommes»1), un libertarien plus que libertarien, un libertarien «accélérationniste»2. Et cela était tout à fait possible et cela aurait pu sans aucun doute donner un ouvrage très intéressant, du moins sur le papier. Mais qui aurait exigé un grand niveau de rigueur, qui est absent de ce volume.

Mais NIMH préféra prendre l’autre piste. Celle du gloubi-boulga. Cette autre piste nécessitait de commencer par tuer le Père, pour pouvoir fonder sa nouvelle légende, sa nouvelle bible. C’est ainsi donc que NIMH entreprend dès les premiers chapitres — les 50 premières pages — une longue “démonstration” laborieuse de l’erreur hoppéenne : en fait non, Hoppe se trompe, son axiomatique ne tient pas la route, dit-il. Il faut bien voir que cette étape était essentielle pour lui, car elle lui aurait permis de faire sauter deux lourds verrous. D’une part, il se plaçait en meilleur théoricien que Hoppe lui-même, donc en roi des libertariens, et d’autre part la voie lui était alors libre pour délirer à sa guise pour redéfinir ce que civilisation et avenir veulent dire.

Seulement voilà, le roi est nu, la rigueur est absente et la pirouette est un peu trop grosse. Le baratin verbeux ne fait pas l’argumentaire. Nous l’allons voir tout à l’heure.

Wittgenstein vs Liechtenstein

Ainsi, dès ses premières pages — en fait dès le premier chapitre après l’Introduction, déclaré traiter d’épistémologie3 — NIMH fait référence à Hoppe et à son célèbre axiome de l’argumentation, dont il entend donc se débarrasser pour ses thèses.

Dès le haut de la page 35, on trouve cette reprise de Hoppe (je ne l’ai pas vérifiée) :

«Le second axiome est le soi disant «a priori de l'argumentation» qui stipule que «les humains sont capables d’argumenter et connaissent donc la signification de la vérité et de la validité.»

NIMH, croyant trouver là la faille dont il a besoin, rebondit sur cette formulation et s’empresse de commenter ainsi, pour souligner la faiblesse qu’il identifie :

«Puisque vous lisez ce livre, vous acceptez de vous engager dans une argumentation avec [moi]. En vous livrant à cet acte, vous acceptez de facto de considérer ces propositions, afin de leur conférer un statut de vérité ou de fausseté. Vous avez donc déjà accepté le fait que des propositions puissent être vraies ou fausses, donc que la vérité existe. Serait-ce aussi simple ?»

Plus tard dans ce chapitre, il noircit des pages entières à tenter d’exploiter ce détail. En substance, sa thèse consiste à dire :

  • Ainsi, l’axiome de Hoppe repose, même si implicitement, sur l’hypothèse que la vérité, la Vérité avec un grand V, existe.

  • Or Ludwig Wittgenstein — et d’autres sans doute — a établi que la Vérité est toujours relative, car le langage est toujours un outil imparfait pour la décrire.

  • Dès lors, si la Vérité n’existe pas, on ne peut en faire l’hypothèse pour un axiome.

  • L’axiome de Hoppe, fondateur de la doctrine libertarienne, est donc prouvé caduc.

Manque de bol, et je riz du manque de bol, Hoppe ne fait nullement cette hypothèse. Il suffit de revenir aux extraits ci-dessus pour s’en convaincre. Que quelqu’un connaisse “la signification de la vérité” n’a jamais nécessité que la Vérité existe ou pas. Pour faire un parallèle, beaucoup croient en dieu, mais cela n’a jamais été une preuve de l’existence de dieu — ni de son inexistence, d’ailleurs. Il suffit simplement que les deux personnes qui se lancent dans une argumentation aspirent à l’idée qu’elles se font de la vérité. Cela leur suffit pour y croire et pour raisonner. Tout comme NIMH croit raisonner alors qu’il n’a aucune base pour son argumentation.

C’est à ce genre de sophisme, dont le livre est farci, qu’on mesure la rigueur de NIMH.

Mais il y a mieux. Car la démonstration de l’axiome de Hoppe n’a strictement aucun besoin de cette hypothèse envers la Vérité. Pour que l’axiome soit valide, il suffit que les gens — tout le monde, quelqu’un, quiconque — préfèrent se mettre en situation de négocier et de discuter — to argue, en anglais — qu’en position de lutte et de violence.

Autrement dit, ce sophisme sur la Vérité n’est même pas une précondition nécessaire à la notion même d’argumentation telle que Hoppe la décline dans son axiomatique.

Entropie Utilitariste

Néanmoins, après ce chapitre, voilà notre NIMH qui se sent enfin pousser des ailes. Libéré de la contrainte du cadre de la praxéologie et du droit naturel, il peut librement développer ses thèses accélérationnistes. Sur quoi reposent-elles ? L’entropie, d’abord.

Pour NIMH, tous les être vivants, à commencer par l’Homme, sont des “structures dissipatives” qui, dans leur activité et développement, sont toutes poussées à réduire le désordre, à réduire l’entropie — ou accroître “l’extropie”. Je ne peux lui donner tort pour ce qui concerne une amibe, dont on peut douter qu’elle ait une volonté menant son action. Mais lui qui donne à plein dans la «Volonté de puissance» de Nietzsche devrait, je crois, faire la différence entre l’amibe et le «surhumain» nietzschéen, non ?

Or pour lui, l’entropie / l’extropie est LA mesure de toute la dynamique du monde, elle est l’arbitre ultime, suprême de l’action du Vivant. Il ne semble pas voir que l’être humain possède cette différence d’avec l’amibe qui consiste précisément à disposer d’une volonté consciente et d’une subjectivité propre, un libre arbitre qui le conduit à décider d’aller chercher sa «puissance» là où il l’entend, là où d’autres n’iraient pas.

Cette démarche intellectuelle qui réduit les critères de décision à un seul axe, à une “fonction” quantifiable unique, cela porte un nom. En économie et en sciences politiques, cela s’appelle de l’utilitarisme. De nombreux articles existent sur ce blog au sujet de l’utilitarisme, celui-ci par exemple. Tous expliquent à leur manière que cette démarche intellectuelle n’est pas intellectuelle pour deux sous, car elle ne reflète pas la réalité de l’Homme, encore moins du Surhumain sans doute. Le surhumain, celui qui a surmonté la situation de simple homme, ne peut avoir la seule entropie pour Vie.

Plus concrètement, l’utilitarisme, la perception de l’Homme comme conditionné par une seule “utilité”, fût-elle l’entropie, est la porte ouverte à la dictature. La raison en est simple : toute société où le “progrès” se mesure à une dimension est vite dirigée par celui — ou ceux — qui aura à sa main les moyens de mesure et pourra dès lors exiger des humains qu’ils œuvrent à leur “progrès” défini selon sa mesure. Chez NIMH, on est à chaque page à deux doigt d’avoir le devoir d’accroître son extropie. 

Par Delà le Bien et le Mal ?

Mais dans ce livre, un peu comme chez Bastiat, il y a ce qu’on voit et il y a surtout ce qu’on ne voit pas — et ce qu’on ne voit pas est bien plus significatif que ce qu’on y voit.

On y a vu la fuite de l’épistémologie, on y a vu la poursuite de l’entropie, qui le lit verra de plus la technologie omniprésente et omnipuissante. Pour NIMH, la technologie est une puissance en soi, autonome, qui est bien plus qu’un simple outil pour le genre humain. C’est elle qui nous permet et qui nous permettra toujours plus et plus vite de nous réaliser par sa capacité exponentielle à démultiplier notre extropie.

Pour preuve que NIMH voit la technologie comme une puissance autonome, lire ceci :

«Mais l’homme ne peut pas être maître de la technique, elle agit sur lui autant qu’il agit sur elle. Elle le met à demeure et l’assigne à penser et à produire, et ce, depuis toujours. Mais elle pourrait très bien se passer de l’homme, qui n’est qu’un certain agencement des gènes, si une autre combinaison de gènes s’avère plus efficace…» — Page 100.

Mais la puissance, c’est certes une belle chose, mais Hiroshima reste dans notre mémoire comme preuve qu’elle peut aussi devenir la plus horrible des choses. On ne peut faire l’impasse sur le Bien et le Mal,4 du moins pas si l’on veut penser un avenir autre que barbare, où chacun serait “libre” de trucider l’humanité à sa discrétion.

Or dans toutes ces pages de fondamentaux, une fois la pirouette pour échapper à Hoppe exposée, il n’y a plus d’attention apportée ni au Mal, ni au Droit ni à la Justice. Quelle peut être cette “civilisation” qui prétendrait dépasser les libertariens qui ne poserait aucune fondation éthique, aucune fondation de Droit et de Justice ?

Perdu dans ses fantasmes technologiques, NIMH en oublie les fondamentaux de toute société humaine ou du moins humaniste — mais se veut-il humaniste ? Il oublie complètement de nous parler de justice, de fonctions régaliennes, de contrats, de vie.

Je laisse le lecteur décider s’il voit là un avenir «néoréactionnaire» pour l’Homme.

Stéphane Geyres

1

Il aime beaucoup Nietzsche, connu pour son Übermensch, qui se traduit par “surhumain”.

2

C’est le nom que se donne le mouvement “e/acc”, qui imagine qu’ils peuvent aller plus vite et mieux que l’innovation qui viendrait du pur marché libre. Des novateurs plus novateurs que l’humanité… Une autre des multiples formes de tyrans à l’ego surdimensionné…

3

On est en droit de se demander s’il connaît bien le sens de ce mot, car il n’y a pas une seule page qui expose effectivement une véritable épistémologie — philosophie des sciences.

4

Nietzsche est bien connu pour nous avoir poussés à penser «au-delà du Bien et du Mal», mais son modèle de civilisation était la Grèce antique. La technologie y était bien sommaire. Dans un monde moderne, technologique et accéléré, il est bien peu raisonnable d’espérer la civilisation pouvoir se faire sans la moindre attention pour le Bien, le Mal et donc le Droit.

https://liberalie.substack.com/p/sur-le-traite-neoreactionnaire

 

 


B) - «Faire sécession chez soi»

Cet article s’inscrit dans la série «Faire secession chez soi» dont les épisodes précédents peuvent être découverts ici : https://liberalie.substack.com/p/faire-secession-chez-soi-contrats

La monarchie serait un roi jouant à l’hôtelier, mais sans contrat ni engagement de services, profitant de son monopole pour extorquer ses résidents; la démocratie serait une monarchie extorquant tout autant, ou plus, dont le monarque serait remplacé par une oligarchie fluctuante.


Création de “Libres Demain” C’est ainsi que je dénomme l’entité qui regroupe des habitants de la Résidence s’étant lancés dans le projet de quitter le joug français. Dans l’article, j’évoque rapidement la création d’une association - ou autre - au nom évocateur : “Libres Demain”.


Il y a trois grandes parties : a) la création de l’entité “Libres Demain” ; b) le mandat et les modalités qu’octroie “Libres Demain” à la négociation avec “la France” ; c) les bases contractuelles qui lieront les habitants de “Libres Demain” au quotidien pendant toute sa durée.

 

La première condition, sine qua non, à toute démarche de sécession d’une Résidence - ou d’un lotissement, ou toute autre forme de copropriété foncière - c’est que l’intégralité du sol, du territoire qui vise la sécession ait son ou ses propriétaires légitimes au sein de l’entité.


Si certains habitants sont des locataires, ils ne peuvent pas disposer des mêmes droits que les propriétaires au sein de “Libres Demain”. Ainsi, ils peuvent clairement faire partie du projet, mais ils ne peuvent pas - ils ne sont pas légitimes à - décider de ses orientations.

 

Si le but premier est d’être la base de la future contractualisation de la Résidence libérée, le but à court terme est d’apporter un cadre au processus de négociation à mener entre la Résidence et “la France”. Cette partie du contrat liant les Résidents doit aborder quatre axes.


Les propositions faites par “la France” doivent être discutées, approuvées ou rejetées, ou des contre-propositions faites, selon un mode de prise de décision déjà précisé et convenu entre les Résidents, avec l’option de quitter sur désaccord. La Liberté est dans le droit de veto.

 

Nous voilà prêts pour aller affronter la négociation avec «la France». Du moins, du point de vue de notre propre légitimité et entente. Pour vraiment pouvoir négocier, il faut que les projets de Sécession chez Soi se multiplient. À vous de reprendre l’idée à votre niveau.


La Question Contractuelle

Dans l’article précédent, nous avons posé les bases des termes et du processus de négociation qui devraient servir de trame, de référence, à la revendication de sécession de notre résidence — ou de la vôtre si vous décidez, comme je vous y encourage dès à présent, à lancer votre propre projet de sécession chez vous.

Dans cette seconde partie de la question “constitutionnelle”, contractuelle pour être plus exact, il s’agit de se tourner vers l’intérieur de notre future Libéralie, se préparant à être enfin libérée de l’emprise de l’état français.

Une Libéralie peut prendre plusieurs formes en termes d’entité juridique. Les deux structures possibles sont 1) celle de “l’hôtel” résidence : une entreprise privée seule propriétaire du territoire propose des services d’hébergement à ses résidents ; et 2) celle de la copropriété : le territoire est la juxtaposition de terrains privés dont les propriétaires se sont associés selon des modalités et une gouvernance donnée.

Pour distinguer ces deux structures de ce que nous connaissons aujourd’hui : la monarchie serait un roi - et sa cour - jouant à l’hôtelier, mais agissant sans contrat ni engagement de services, qui profite de sa situation de monopole pour extorquer ses résidents ; la démocratie serait une monarchie - qui extorque tout autant, ou plus - dont le monarque serait remplacé par une oligarchie fluctuant au gré des élections et des privilèges. Que je sache, aucun régime actuel n’est analogue à une copropriété de particuliers - sauf à faire l’analogie avec une association de royaumes, principautés, duchés et autres monarchies.

Pour notre Résidence, j’avais déjà envisagé “la piste hôtelière”, où notre communauté aurait négocié son rachat par une entreprise, se lançant alors dans le scénario 1. Ici, donc, il s’agit de s’intéresser au second scénario, probablement plus proche de notre réalité. Une résidence, un lotissement, c’est en effet une juxtaposition de propriétés privées. Dès lors, ce qu’il nous faut régler - pour ma Résidence comme pour toutes celles qui se lanceront dans une démarche similaire - c’est la base contractuelle qui liera les différents propriétaires entre eux pour alors constituer une entité supérieure, celle qui revendique sa sécession pour ainsi exercer son droit légitime à l’autodétermination.

C’est ce que cet article se propose d’étudier. Comme pour l’article traitant de la négociation avec “la France”, il faut considérer trois grandes parties : a) la création de l’entité - je parlerai désormais de “Libres Demain” ; b) le mandat et les modalités qu’octroie “Libres Demain” à la négociation avec “la France” ; c) les bases contractuelles qui lieront les habitants de “Libres Demain” au jour le jour pendant toute sa durée.

La toute dernière partie – bases contractuelles – a déjà fait l’objet d’un premier article. Je prévois de consacrer un prochain article à développer concrètement ce sujet.

Création de “Libres Demain”

Comme indiqué juste au dessus, c’est désormais ainsi que je dénommerai l’entité qui regroupe des habitants de la Résidence s’étant lancés dans le projet de quitter le joug français. Dans cet article ci-contre, j’évoque rapidement la création d’une association - ou autre structure s’il y a mieux - au nom évocateur : “Libres Demain”.
 
Dans ce même article, je souligne l’importance de diffuser cette idée le plus largement possible, afin que d’autres résidences ou lotissements décident de suivre la même voie. Le nombre des initiatives est un argument d’importance aux yeux du pouvoir pour le convaincre de la perte de sa prétendue légitimité.
Légitimité du Sol

La première condition, sine qua non, à toute démarche de sécession d’une Résidence - ou d’un lotissement, ou toute autre forme de copropriété foncière - c’est que l’intégralité du sol, du territoire qui vise la sécession ait son ou ses propriétaires légitimes au sein de l’entité “Libres Demain”.

Le but est que, du point de vue de “la France” tout comme du point de vue du Territoire vu comme personne morale, l’ensemble des Résidents, les membres de “Libres Demain”, dispose de titres de propriété légitimes pour, au total, l’ensemble du sol du Territoire.

En cas de manque de titres, il faudra soit convaincre leurs propriétaires de se joindre au projet, soit réduire le Territoire de toutes les parcelles manquantes.

Il sera important, durant le processus, de convenir des modalités de transfert, total ou partiel, de ces titres à “Libres Demain”, afin que “Libres Demain” puisse négocier avec “la France” et que les modalités de gouvernance future soient déterminées. Ce point est abordé plus bas.

Le Cas des Locataires

Il est possible qu’au moment où “Libres Demain” se forme, certains habitants soient des locataires. En tant que tels, ils ne peuvent pas disposer des mêmes droits que les propriétaires au sein de “Libres Demain”. Par exemple, ils peuvent clairement faire partie du projet, mais ils ne peuvent pas - ils ne sont pas légitimes à - décider de ses orientations.

Deux cas sont à considérer quant aux locataires :

  • Ils habitent chez un propriétaire qui lui-même fait partie du projet. Ce propriétaire entend que le sol qui est le sien fasse partie du Territoire sécessionniste. Dans ce cas, le locataire a deux options. Décider de rester et de faire partie du projet : il devra alors contracter avec son propriétaire pour qu’il le représente, éventuellement, et avec “Libres Demain” pour faire valoir sa voix. Ou ne pas faire partie du projet : il devra alors quitter le Territoire, à une date à convenir.

  • Leur propriétaire est externe et n’est pas partie prenante du projet. Les trois options sont : un, de convaincre ledit propriétaire de se joindre au projet ; deux, de lui racheter le logement pour devenir soi-même propriétaire ; sinon, trois, il faudra exclure cette propriété du Territoire.


 
Mandat et Gouvernance

Si le but premier de “Libres Demain” est de servir de base à la future contractualisation de la Résidence une fois libérée, son but à plus court terme est d’apporter un cadre au processus de négociation qui sera mené entre la Résidence et “la France”. Cette partie essentielle du contrat liant les Résidents devra aborder a minima les quatre sujets suivants :

  • Les pratiques depuis toujours sont ainsi faites que tout collectif, pour pouvoir négocier avec autrui, doit choisir le petit nombre d’entre eux qui sauront le mieux porter ses intérêts. Peu importe quel mécanisme est retenu pour choisir ces négociateurs, pourvu que le principe du libre consentement soit toujours respecté : dans le pire des cas, les Résidents qui refusent d’accorder leur mandat aux Négociateurs proposés ont encore l’option de quitter le projet - ou de proposer un autre projet, d’autres négociateurs ou un mandat et des modalités différents.

  • Ce ou ces Négociateurs disposeront d’un mandat, une “lettre de mission”, à valoir à la fois auprès des Résidents - quels sont les objectifs, les pouvoirs et les marges de négociation conférés - comme auprès de “la France” et ses propres - sales ? - représentants. Ce mandat aura une durée de validité précise et limitée, et conditionnée au succès de la négociation.

  • Durant la négociation, les propositions faites par “la France” devront être discutées, approuvées ou rejetées, ou des contre-propositions faites, selon un mode de débat et de prise de décision qui aura été précisé et convenu préalablement entre les Résidents, toujours avec l’option de quitter le projet en cas de désaccord profond. On rappelle que la Liberté est dans le droit de veto.

  • Selon les circonstances, ou en fin de validité, le mandat et les Négociateurs pourront être régulièrement renouvelés, confirmés ou remis en cause en tant que négociateurs - sans que cela affecte leur légitimité en tant que Résidents. Les modalités du nouveau choix de Négociateurs suivent les mêmes exigences que celles évoquées au premier point.

Arrivés à ce stade, nous sommes prêts pour aller affronter la négociation avec «la France». Du moins, du point de vue de notre propre légitimité et entente. Pour vraiment pouvoir négocier, il faut que les projets de Sécession chez Soi se multiplient. À vous de reprendre l’idée à votre niveau.

Dans un prochain épisode, on verra comment les contrats permettent d’organiser la Résidence devenue une Libéralie…

À suivre…

Stéphane Geyres

https://liberalie.substack.com/p/faire-secession-chez-soi-contrats

 


 

C) - L’impôt progressif, euhh, régressif

Trop, c’est combien, et pourquoi ? On s’en fiche, on n’aime pas les riches dans ce pays.

Qui est heureux de payer ses impôts ? Vous ? Vraiment ? Mais alors, je suppose que vous ne manquez jamais de donner plus au fisc que ce qu’il vous impose… Non ? L’humour ne laisse donc aucun doute : l’impôt est une sanction pour les honnêtes gens. libéral

Heureux de payer impôt

Commençons par une boutade : qui est heureux de payer ses impôts ? Vous ? Vraiment ? Mais alors, je suppose que vous ne manquez jamais de donner plus au fisc que ce qu’il vous impose… Non ? Bizarre, comme c’est bizarre…

Heureux de ses impôts ? Ou liberté de panser ?

L’humour d’une telle idée ne laisse planer aucun doute : l’impôt est une douleur, on peut même aller jusqu’à l’assimiler à une sanction, une sanction envers ceux qui gagnent leur argent honnêtement. Car pour les malhonnêtes, c’est la police d’habitude qui s’en charge, non ?

Si l’impôt existe depuis fort longtemps, l’impôt progressif est par contre assez récent puisqu’en France nous fêtions en 2014 son centenaire : selon Wikipédia, il «a été instauré par Joseph Caillaux en 1914 pour pallier le besoin de financement de la Première Guerre mondiale».1 De plus, ses mécanismes détaillés fluctuent constamment, puisque les tranches, leurs taux et les revenus de l’assiette évoluent au gré arbitraire et aléatoire des lois de finance et de l’appétit des gouvernements.

Savez-vous ainsi que nous payons 9 fois plus d’impôt qu’en 1914 ? 47% face à 5%.

S’il est pratiqué désormais dans la plupart des pays, il a vu le jour en 1913 avec l’IRS aux Etats-Unis, la même année que la création de la Réserve Fédérale (FED). Le début de la crise remonte à cette date. À ma connaissance, la tranche au taux le plus fort, 90%, fut également américaine, du temps de Franklin D. Roosevelt – un social-démocrate. De quoi donner des ailes à nos amis de Bercy qui imaginent qu’ils peuvent disposer de 75% des revenus de certains contribuables, avec les résultats qu’on connaît depuis sur la population russe…

On pourrait en débattre, mais s’il y a besoin de financement, une autre option aurait pu consister à taxer tout le monde de la même somme, ou de frapper tous les revenus du même taux. Cela aurait été équitable, ou du moins égalitaire. Le choix qui fut fait, qui est encore fait, de taxer de plus en plus les tranches de hauts revenus n’est pas une justice, une «justice sociale» comme on dit, mais bien une sanction, totalement injuste et arbitraire. Le riche n’est pas forcément un voleur : Mélenchon est-il un voleur ?

L’impôt progressif sanctionne le riche, ou plus ou moins riche. Tu gagnes beaucoup, c’est mal, donc on te prend ce que tu as en trop. Trop, c’est combien, et pourquoi ? On s’en fiche, on n’aime pas les riches dans ce pays.

Pigeons volent ?

Mais au fait, y’a-t-il des riches dans la salle ? Moi, sûrement, je gagne plus de dix mille euros par mois (ou bien est-ce par moi ?) alors imaginez combien je suis riche. Bien plus qu’un politicien en tout cas, vous serez tous d’accord…

Pigeon, tu piges ?

Mais suis-je un voleur ? Car pour la gauche bien rouge, tous les riches sont des voleurs. Mélenchon nous l’a rappelé, «le problème, c’est les riches». Et les pauvres, ils sont la solution ?

Non, je vous rassure, je gagne honnêtement ma vie, du moins je crois. Je la gagne en rendant service à ceux qui me payent, comme la plupart d’entre nous. On gagne beaucoup quand on rend un service très apprécié. On peut ne pas aimer Bill Gates, mais sa fortune est le reflet de son rôle dans la révolution informatique et des sommes qu’il a fait gagner à ses très nombreux clients.

Un riche est riche parce qu’il rend de grands services, un riche qui ne vole pas est un bienfaiteur – si, si – qui a aidé les autres à s’enrichir en proportion. On ne s’enrichit jamais seul, quand on ne vole pas les autres. Cela vous choque ? Il y a des riches voleurs ? Oui, c’est vrai. En fait, on se rend vite compte qu’il y a deux types de riches : les (vrais) entrepreneurs et les profiteurs.

Un profiteur, c’est quelqu’un qui s’enrichit en exploitant un monopole ou un privilège, quelqu’un dont personne n’achèterait les services sans y être obligé, du moins pas au même prix. Vous en connaissez plein, il y en a partout autour de nous ; bureaucrates, subventionnés, etc. Ce riche-là fait du mal aux autres, il fait du mal à tout le monde.

Vaseline fiscale

Donc l’impôt progressif qui sanctionne le riche, et donc même le riche honnête, n’est peut-être pas une si bonne idée qu’on nous le dit. Mais c’est facile à vérifier : Qui n’a pas tenté de réduire son impôt, grâce à des niches fiscales par exemple ? Je vous rassure, je suis le premier à jouer à la niche. D’ailleurs, un avocat fiscaliste n’a rien d’illégal — bizarre, non ? La fiscalité est un jeu de piste où celui qui ne joue pas perd.

Il est d’ailleurs amusant de constater que si l’impôt progressif était si juste et moral, l’état ne passerait pas son temps à inventer des niches fiscales qui ruinent le peu de logique que porte la progressivité. Ne nous y trompons pas, les niches n’existent que pour éviter la révolte fiscale, pour donner d’un côté ce qu’on vous a pris de l’autre.

À ce stade de mon propos, je me doute que les fans de l’impôt fulminent et sont prêts à me jeter à la figure l’argument social ultime : Et que faites-vous de la solidarité, de la justice sociale ? C’est tellement facile de penser que parce qu’on critique l’impôt on serait forcément un salaud égoïste, sans plus de réflexion.

Solidarité solitaire

Mais que les non-solidaires lèvent le doigt, voyons ! Oui, je me pense solidaire, d’ailleurs, je doute qu’il y ait grand monde parmi ces râleurs qui donne autant d’argent et de temps que moi pour le bien d’autrui. Enfin, pour ma définition du bien d’autrui – et c’est bien cela qui fait question.

Et je conteste que la solidarité puisse m’être… imposée – ah, quel joli mot décidément. Pourquoi la solidarité devrait-elle m’être forcée ? Il y aurait la solidarité, mais pas ma solidarité ? Moi, je veux bien payer, mais si je sais à peu près ce qui est fait de mon argent.

Payer des impôts pour construire des obélisques comme à l’entrée du Conseil général de Haute-Garonne, très peu pour moi. Et payer pour financer la protection sociale de gens qui ne font rien pour la société en retour, non merci. Cela n’est pas de la solidarité, mais de l’idéologie aveugle. Du vol de grand chemin.

Laffer et la main sont dans le sac

Mais revenons à l’impôt progressif. Au moins avec lui, on s’en paye une tranche… D’ailleurs, qui n’a pas veillé à se retrouver juste en dessous de la tranche supérieure, pour éviter le «coût» de rabot ? Car une caractéristique de cette forme d’impôt, c’est son effet économique dissuasif. L’impôt progressif dissuade l’entrepreneur de se lancer ou d’augmenter son chiffre. Il fait réfléchir à deux fois celui qui pourrait changer de boulot et gagner plus. Il ne donne pas envie de prendre plus de risques pour à la fin perdre les fruits de ses effort.
 

Coup de rabot : les copeaux sont chocolats ?

Il a fait fuir les Gérard Depardieu et tant d’autres pseudos «riches» qui sont autant de créateurs de richesse qui ne créeront plus chez nous. Le pays se vide, il est tiré vers le bas. Partout, cela est un fait économique indiscutable, l’impôt progressif tend à appauvrir les gens.

Rapidement, cet effet est connu sous le nom connu de «courbe de Laffer». L’idée, c’est que plus d’impôt, cela finit toujours par rapporter moins, car plus de monde le fuit, moins de gens payent. Et donc on récolte moins de recettes, on cherche à compenser, on augmente les taux, on accroît l’assiette, mais on finit par en lever toujours moins.

Nous sommes à cet instant en France, on est passé du côté de la courbe de Laffer où les recettes ne montent plus, mais descendent. Ni François ni Manu ne trouvent plus de sous, même la gauche ne paie plus – regardez ce cher Thévenoud, qui n’est certainement pas le seul à ne pas payer son loyer – ironie du politicien, de l’exemple qui viendrait du haut.

Dessine moi ton impôt

Ton fric, tu l’aimes 100 patates ?

Alors, que faire ? On supprime l’impôt ? Qui est pour ? Il y aurait des gens qui seraient contre ? Ah oui, ceux qui aiment que les autres paient pour eux… Mais attention : ils sont solidaires», eux. Et puis, c’est difficile, il y a plein de fonctionnaires à payer, les pauvres, ils risqueraient de se retrouver au chômage… Non, non, on ne peut pas supprimer l’impôt comme ça, vous comprenez.

Dans l’absolu, oui, je pense que l’impôt progressif est à la fois injuste, immoral et inefficace économiquement, j’ai essayé d’expliquer pourquoi. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, il existe au moins trois autres formes d’impôts qui sont, disons, un poil «moins injustes» : la TVA, la «flat-tax», et les taxes à l’acte.

La gauche crie souvent contre la TVA qui serait injuste, parce que frappant le pauvre et le riche de la même manière. Mais n’est-ce pas au contraire une forme de justice ? Au moins, la TVA ne fait aucune différence arbitraire entre Paul ou Jacques, entre un pauvre gavé d’allocations et un riche qui les payent.

La flat-tax, c’est la même idée. C’est un impôt sur le revenu qui n’aurait qu’une seule tranche et un seul taux, le même taux donc pour tout le monde, et sans niche fiscale. Je ne suis absolument pas pour payer des impôts, mais au moins on ne peut pas qualifier un tel impôt d’inégalitaire.

Les taxes à l’acte sont l’autre forme d’impôt qui a l’avantage de ne pas faire de différence entre les citoyens. Il y en a partout – hélas. Frais de notaire, timbre fiscal pour un passeport, péage d’autoroute, timbres postaux, etc.

La parodie fiscale

Une réflexion sur l’impôt serait incomplète sans une note sur les fameux paradis fiscaux. Si l’impôt est si juste, si nécessaire, comment font donc ces pays – Suisse, Andorre, Hong Kong, Liechtenstein et d’autres – pour non seulement survivre, mais manifestement pour prospérer ?

Il y a en France un tabou du paradis fiscal, on semble préférer être une espèce d’enfer fiscal. Pourtant, essayez d’imaginer notre pays en paradis fiscal, deux minutes…

Pourtant, essayez d’imaginer une France où le monde entier viendrait s’installer chez nous… La valeur de nos maisons exploserait, de même que celle des terres agricoles… Le niveau de vie suivrait la même tendance…

Non, non, décidément, c’est inconcevable chez nous, il vaut bien mieux que ce pays reste un enfer fiscal… Il vaut mieux être dans l’égalité de la même pauvreté pour tous.

Stéphane Geyres

Inspiré d’une présentation faite le 24 octobre 2014 à Larrazet à l’invitation du Cercle 1742.

1

Curieusement, l’équivalent aux USA, avec la création de l’IRS, date de 1913, comme la création de la FED…

https://liberalie.substack.com/p/limpot-progressif-euhh-regressif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

juin 09, 2026

Jared Taylor, la conférence interdite - Le dilemme américain est désormais le dilemme européen!

Jared Taylor, la conférence interdite

Interdite une première fois à Paris, puis une seconde fois à Versailles où elle avait été relocalisée par le groupe Les Natifs qui l’organisait, la conférence de l’intellectuel américain Jared Taylor a finalement été interrompue le 3 juin par la police sur ordre des autorités préfectorales. À croire que le ministère de l’Intérieur n’avait rien de plus pressé à faire. On comprend mieux comment des émeutiers peuvent saccager des centres-villes en toute impunité ou comment des pédophiles multirécidivistes continuent de circuler librement : pour l’État, au lieu de protéger les petites Lyhanna, il semble qu’il n’existe pas de menace plus urgente qu’une conférence privée. Ainsi va la liberté d’expression en France. Car jusqu’à présent, nul ne savait précisément ce qui justifiait une telle interdiction : la conférence n’a pas été censurée pour des propos tenus, mais pour des propos susceptibles de l’être. Ces propos, les voici. Que l’on partage ou non les analyses de Jared Taylor, la rédaction d’« Éléments » estime qu’il appartient aux lecteurs de les juger par eux-mêmes et s’honore d’en publier aujourd’hui la version française.
 
 

 

Le dilemme américain est désormais le dilemme européen.

Qu’est-ce que le dilemme américain ?

En Amérique, tout commence par le fait que nous avons eu une société multiraciale dès le début. Quand les Anglais sont arrivés, il y avait déjà des Indiens. Nous avons ensuite importé une autre race : les Africains. Et après cela, nous avons laissé entrer tout le monde, de partout. La société multiraciale américaine a été un échec total, et cela aurait dû être clair pour les Européens à l’époque où ils avaient encore des pays blancs.

Une partie du problème, cependant, tenait à ce que, même si les intellectuels européens avaient compris que l’Amérique avait un problème racial, ils étaient convaincus qu’ils pouvaient le résoudre. Ils pensaient que le problème n’était pas la société multiraciale elle-même. Le problème, c’étaient ces Américains ignorants et pleins de préjugés – surtout les Américains du Sud –, et les Européens étaient persuadés qu’ils pouvaient nous apprendre à faire mieux.

Combien d’entre vous ont entendu parler d’un Suédois nommé Gunnar Myrdal ? C’était un économiste de gauche qui a reçu le prix Nobel. Mais il a aussi publié en 1944 l’un des livres les plus influents jamais écrits sur les relations raciales aux États-Unis. Il s’intitulait An American Dilemma. Il a connu 25 réimpressions, il est ressorti en deuxième édition en 1965 et était même réédité en deux volumes en 1996.

Pendant des années, Un Dilemme américain a été presque la Bible, le guide essentiel des relations raciales américaines. J’ai lu toutes les 1 400 pages de ce gros livre, et je peux en résumer le contenu très facilement : c’est entièrement la faute des Blancs.

C’est toujours comme ça. Les Blancs – en l’occurrence un Suédois – qui ont peu d’expérience avec les personnes d’autres races pensent toujours qu’ils savent mieux – qu’ils sont plus vertueux – que ceux qui ont peut-être vécu avec d’autres races pendant des centaines d’années.

À l’époque, Gunnar Myrdal appelait le problème des relations raciales le « dilemme américain », et en 1944, c’était bien ça. Aujourd’hui, c’est le dilemme européen, le dilemme canadien, le dilemme australien. C’est partout le dilemme de l’homme blanc.

Et regardez la Suède aujourd’hui. Quand Myrdal est mort, en 1987, la Suède était à 98 % blanche. Aujourd’hui, grâce à l’immigration, la Suède est à environ 30 % non blanche et elle a quasiment toutes les années le taux de viols le plus élevé de toute l’Europe. Les Suédois ont à peu près cessé de faire la leçon aux Américains.

L’expérience de la colonie de Jamestown

Donc, d’abord, j’aimerais vous dire quelques choses sur les relations raciales américaines que vous ne savez probablement pas. Et ensuite, j’aimerais parler du tableau plus large. Le dilemme européen.

Commençons par l’Amérique

Je suppose que la plupart d’entre vous ont entendu parler de la colonie de Jamestown en Virginie ? C’était le premier établissement anglais permanent dans le Nouveau Monde, fondé en 1607. Bien sûr, il y avait déjà des Indiens en Virginie. Ainsi donc quand l’année prochaine marquera les 420 ans du début de mon pays, cela signifiera aussi 420 ans de relations raciales – 420 ans pendant lesquels les Américains ont appris certaines leçons raciales, les ont toutes oubliées, et sont en train de les réapprendre lentement aujourd’hui.

Quand les colons anglais sont arrivés à Jamestown en 1607, les Espagnols étaient déjà présents dans le Nouveau Monde depuis plus d’un siècle. Jusqu’en 1607, 200 000 Espagnols avaient émigré dans les colonies. Ils avaient trouvé de l’or et de l’argent et avaient rapporté une immense richesse en Espagne. En même temps, les Espagnols s’étaient forgé une réputation mondiale de cruauté envers les Indiens d’Amérique.

C’est pourquoi le but de la colonie de Jamestown était de mettre la main sur des trésors, mais les Anglais étaient déterminés à ne pas commettre l’erreur espagnole de maltraiter les Indiens. Comme d’habitude, ceux qui n’avaient aucune expérience pensaient qu’ils feraient mieux que ceux qui avaient déjà un siècle d’expérience.

Il est important de noter que les Anglais n’avaient aucune idée préconçue de différences raciales ou de supériorité. Ils voyaient les Indiens comme essentiellement identiques à eux-mêmes. C’était complètement différent de leur vision des Arabes ou des Noirs africains, qu’ils considéraient comme étranges et étrangers.

De la coexistence difficile…

La colonie a commencé avec uniquement des hommes – environ une centaine – et ils ont prudemment et pacifiquement choisi un emplacement pour leur campement qui n’était revendiqué ni habité par personne. Ils ne voulaient offenser personne. Le chef de la colonie, Edward-Maria Wingfield, a même décrété que, puisque les Anglais venaient en paix, ils ne construiraient aucun mur et il n’y aurait aucun entraînement aux armes.

Cependant, alors que le campement n’avait même pas deux semaines d’existence, des centaines d’Indiens ont attaqué et tenté d’exterminer les Anglais. Il y a eu des morts des deux côtés ; et les Anglais auraient été massacrés s’ils n’avaient pas tiré avec un canon qui se trouvait à bord d’un des navires. Le bruit de la détonation a terrifié les Indiens qui se sont enfuis. À la suite de quoi, les Anglais ont rapidement construit un fort en rondins.

Malgré ce mauvais départ, tous les documents existants concordent : les Anglais voulaient toujours faire mieux que les Espagnols et vivre en paix avec les Indiens. Cependant, à leur grande déception, ce sont les tribus qui vivaient le plus près d’eux qui les aimaient le moins. Seuls ceux qui vivaient le plus loin étaient amicaux et prêts à commercer. C’est un principe fondamental des relations raciales : elles sont toujours meilleures à distance.

Le chef des Indiens voisins s’appelait Powhatan, et sa fille préférée, Pocahontas, s’est convertie au christianisme et a épousé un colon anglais en 1614, sept ans après le début de la colonie. Ce fut le début d’une période de paix.

Le nouveau chef de la colonie, George Thorpe, travaillait incessamment pour plaire aux Indiens. Si des colons maltraitaient des Indiens de quelque façon que ce soit, les documents disent que George Thorpe « les punissait sévèrement », bien qu’il n’y ait pas d’exemples précis. Probablement les faisaient-ils fouettés. Il est à noter que lorsque des chiens appartenant aux Anglais aboyaient sur des Indiens, Thorpe les faisait tuer en présence des Indiens – au grand dam des propriétaires des chiens.

… à la coexistence impossible

Mais en 1618, quatre ans après que la princesse indienne Pocahontas a épousé un colon, son père, le chef Powhatan, est mort, et son jeune frère, Opechancanough, est devenu chef. Opechancanough n’avait pas de fille préférée mariée à un Anglais, Anglais qu’il n’aimait pas.

Ainsi, en 1622, quatre ans après être devenu chef, Opechancanough a décidé d’exterminer les Anglais. À cette époque, il y en avait environ 1 200 à Jamestown, répartis en plusieurs endroits différents. Chaque matin, des Indiens venaient dans les établissements et travaillaient avec les Anglais dans les fermes et dans les ateliers. Le 22 mars 1622, le plan était que les Indiens se soulèvent et tuent tous les hommes, femmes et enfants.

Cependant, l’établissement principal de Jamestown a été averti de l’attaque par un Indien converti au christianisme. Les hommes ont gardé leurs armes à portée de main et il ne s’est rien passé. Dans d’autres zones, ce fut la surprise totale, et les Indiens ont tué environ 400 colons, soit un tiers de toute la colonie. Fait intéressant : ils ont été particulièrement cruels envers John Thorpe, qui avait tué des chiens qui gênaient les Indiens et qui se souciait tant de leur bien-être. Ils l’ont torturé et ont mutilé son corps.

Les Anglais ont fait brièvement la guerre aux Indiens, mais les deux groupes sont retournés à des relations pacifiques, comme avant. Opechancanough est resté chef.

Étonnamment, en 1644 – 22 ans plus tard –, Opechancanough a lancé une attaque surprise identique, et cette fois a réussi à tuer entre 400 et 500 personnes dans une nouvelle tentative d’extermination. Mais cette fois, les Anglais ripostèrent et lancèrent à leur tour une campagne d’extermination, et ils ont tué beaucoup d’Indiens, dont Opechancanough.

Les Indiens ont été détruits

J’appelle cela la tragédie inhérente des relations raciales. Les Anglais semblent avoir été animés de véritables intentions pacifiques. Ils n’étaient pas agressifs, confiants, et n’avaient aucun sentiment de supériorité raciale. La colonie de Jamestown semble avoir été un effort aussi prometteur que possible pour établir des relations raciales pacifiques.

Et pourtant, la simple présence d’hommes blancs constituait un acte d’agression, même s’ils ne s’en rendaient pas compte. Les Indiens étaient là les premiers. Il y a toujours quelqu’un qui est là en premier. On peut juger condamnable qu’Opechancanough ait tenté à deux reprises d’exterminer les colons par des attaques surprises sournoises, mais je ne lui en fais pas grief. C’était la seule façon pour les Indiens de chasser l’homme blanc et de rester maîtres chez eux. Ces attaques ont échoué et les Indiens ont été détruits.

Et c’est l’histoire de la conquête de l’Amérique. Les intentions des Blancs – parfois bonnes, parfois mauvaises – n’ont pas d’importance. Le fait fondamental est qu’un peuple disposait d’une terre, et qu’un autre groupe, plus avancé et plus puissant, la voulait. Le résultat fut la dépossession des Indiens, et même aujourd’hui, en dépit d’un réel brassage, les Indiens restent un peuple distinct avec une identité distincte, ce qui montre combien l’assimilation raciale reste problématique, même après 400 ans. Les relations raciales entraînent toujours des difficultés.

Ce fut une malchance pour les Indiens que Christophe Colomb n’ait pas pu différer son voyage de cinq siècles. S’il avait débarqué en 1992 plutôt qu’en 1492, l’ensemble du continent aurait sans doute été classé réserve naturelle ou zone protégée du patrimoine mondial, ouverte à quelques circuits d’écotourisme soigneusement encadrés, mais certainement pas à la colonisation.

Les vrais ressorts de l’abolitionnisme

Maintenant, j’aimerais changer de sujet et parler des Noirs et de l’esclavage.

Si vous pensez qu’il n’y avait d’esclavage qu’au Sud des États-Unis, vous vous trompez. En 1770, juste avant la Déclaration d’indépendance américaine de 1776, il y avait de l’esclavage dans toutes les parties du Nouveau Monde : anglais, français, espagnol et portugais. Amérique du Nord et du Sud. En 1770, 40 % des foyers blancs de ce qui est aujourd’hui la ville de New York possédaient des esclaves noirs, et il y avait plus d’esclaves dans la colonie de New York, au Nord, que dans la colonie de Géorgie, au Sud.

Revenons donc aux premiers pas des États-Unis indépendants. Le nouveau pays a ratifié sa Constitution en 1788. Le Congrès des États-Unis s’est réuni pour la toute première fois l’année suivante, en 1789. Pays neuf, le premier Congrès devait décider de beaucoup de choses. Il fallait mettre en place un système des tribunaux, le service postal, le département du Trésor, le département de la Guerre. C’est ce Congrès qui a adopté les célèbres dix premiers amendements de la Constitution. C’est lui aussi qui devait déterminer où serait la capitale.

Lui encore qui devait décider qui pouvait être citoyen de ce nouveau pays. Savez-vous qui pouvait être citoyen ? La première loi sur la nationalité, adoptée par le premier Congrès en 1790, réservait la citoyenneté uniquement aux « personnes blanches libres de bonne moralité ».

Ce devait être une nation pour les Blancs.

À cette époque, il y avait environ 760 000 Noirs, dont la plupart étaient esclaves, mais même les Noirs libres pouvaient être citoyens d’un État, mais pas des États-Unis (3,3 millions de Blancs)

Le Nord de l’Amérique n’était pas adapté à l’esclavage de plantation, et les États du Nord ont progressivement libéré leurs esclaves. Le mouvement abolitionniste, cependant, est l’un des mouvements les plus mal compris de l’histoire américaine. La plupart des Américains pensent aujourd’hui que les abolitionnistes voulaient libérer les esclaves et les rendre égaux aux Blancs. Pas du tout. Les abolitionnistes pensaient que l’esclavage était mal, mais l’immense majorité voulait libérer les esclaves et les envoyer hors des États-Unis. Ils appelaient cela la colonisation – envoyer les Noirs dans des colonies outre-mer – et vous pouvez y voir un plan de remigration, si vous voulez.

Politique du retour en Afrique

Cette idée remonte à la fondation de l’Amérique. Notre troisième président, Thomas Jefferson, possédait plusieurs centaines d’esclaves, mais il considérait l’esclavage comme un terrible dilemme – pour reprendre ce mot. Comme il l’a dit fameusement : « Nous tenons le loup par les oreilles, et nous ne pouvons ni le tenir ni le lâcher. » Imaginez tenir un loup terrifiant par les oreilles. Le tenir, c’est dangereux ; le lâcher, c’est aussi dangereux. Jefferson pensait que l’esclavage était une injustice grave, mais que se passerait-il si vous libériez les esclaves ? Il pensait qu’il serait impossible pour les Blancs et les Noirs libres de vivre ensemble.

À Washington DC, il y a un magnifique monument à Thomas Jefferson, avec des colonnes ioniques, un fronton et un dôme – un peu comme le Panthéon à Rome. À l’intérieur, il y a des citations du troisième président gravées dans le marbre. L’une dit : « Rien n’est plus certainement écrit dans le livre du destin que ces gens, les Nègres, doivent être libres. » Mais au mémorial, la citation s’arrête là. Cependant, dans l’original, Jefferson ne s’est pas arrêté là. Il a écrit : « Ni n’est moins certain que les deux races, également libres, ne peuvent vivre sous le même gouvernement. » Le bâtiment a été achevé et inauguré en 1943. Dajà alors, les Américains se mentaient à eux-mêmes à propos de Jefferson.

Lui, il voulait remigrer les Noirs « hors de portée du mélange », ainsi qu’il le disait.

Le président suivant, James Madison, a tenté de faire racheter par le gouvernement fédéral l’ensemble de la population esclave des États-Unis afin de les réinstaller outre-mer, mais il n’a pas réussi à obtenir du Congrès les crédits nécessaires.

Après avoir quitté ses fonctions, Madison est devenu président de l’American Colonization Society, une organisation privée très influente qui collectait des fonds pour envoyer les Noirs en Afrique. Le président américain suivant, James Monroe, a été très actif dans la création de la nation du Liberia comme lieu d’accueil pour les Noirs américains libérés. La capitale du Liberia, Monrovia, porte le nom de Monroe en remerciement pour son aide à la création du pays. Dès les débuts, des personnalités américaines de premier plan souhaitaient voir l’ensemble de la population noire quitter les États-Unis.

Neuf des onze premiers présidents américains, d’ailleurs, à commencer par George Washington, possédaient des esclaves.

La plupart des Américains pensent qu’Abraham Lincoln, le 16e président, appelé le « grand émancipateur », voulait rendre les Noirs égaux aux Blancs. Ils se trompent. Lui aussi pensait que l’esclavage était une terrible injustice, mais il insistait aussi sur le projet de colonisation.

Pas d’abolition sans remigration

Comme vous le savez, les États-Unis ont livré une terrible guerre intestine à cause de l’esclavage. Plus d’Américains sont morts dans notre guerre de Sécession que dans toutes les autres guerres américaines réunies : 750 000 morts.

Pendant que cette terrible guerre faisait rage, Lincoln anticipait qu’elle se terminerait par l’émancipation. Mais il ne voulait pas de Noirs libres vivant aux États-Unis. Il a nommé un commissaire à l’émigration pour trouver un endroit où envoyer les Noirs libres. Il a cherché dans les Caraïbes, en Amérique centrale et du Sud, mais le projet n’a pas abouti.

Lincoln a reçu une délégation de pasteurs noirs à la Maison-Blanche. Il leur a expliqué que la guerre trouvait son origine dans la question raciale et les exhorta à convaincre leurs fidèles qu’une émigration hors des États-Unis constituait la meilleure solution, estimant que Blancs et Noirs ne pourraient vivre ensemble

Des Noirs étaient déjà venus à la Maison-Blanche, mais en tant que domestiques ou ouvriers, c’était la première fois qu’ils venaient pour une affaire officielle. Et c’était pour que le président des États-Unis leur dise qu’ils n’étaient pas désirés et qu’ils devaient partir. Cet épisode est aujourd’hui considéré comme si honteux dans l’histoire américaine qu’il est rarement évoqué. Il est probable qu’un Américain sur cinq cents à peine en ait connaissance.

Nombre de Nordistes, dans des États où l’esclavage avait déjà été aboli, s’opposaient à l’abolition même dans le Sud, à moins qu’elle ne conduise directement à la remigration. Ils allaient même jusqu’à interdire les réunions des abolitionnistes à moins que celles-ci ne défendent explicitement un projet clair : pas d’abolition sans remigration.

Les abolitionnistes qui ne soutenaient pas également la colonisation étaient si impopulaires, y compris dans le Nord, qu’ils peinaient à trouver des salles pour tenir leurs réunions, comme nous, identitaires, aujourd’hui. Et c’est ainsi qu’en 1839, vingt-deux ans avant la Guerre civile, la Pennsylvania Anti-Slavery Society a construit son propre bâtiment à Philadelphie pour pouvoir tenir ses réunions. Ce bâtiment s’appelait « Le Temple du libre débat ». La salle venait à peine d’ouvrir qu’elle fut incendiée : trois jours seulement après son inauguration, plusieurs milliers de personnes se rassemblèrent devant le bâtiment et y mirent le feu. Les pompiers sont venus, mais seulement pour s’assurer que le feu ne gagne les bâtiments voisins. Le « Temple du libre débat » a été complètement détruit. Les habitants de Pennsylvanie ne voulaient pas vivre avec des Noirs libres. Peut-être un Américain sur cinq mille a-t-il jamais entendu parler du « Temple du libre débat ».

Ce qu’était l’Amérique jusqu’aux années 1950

Plusieurs États qui ont rejoint les États-Unis avant la Guerre de sécession espéraient éviter les problèmes raciaux en restant entièrement blancs. Les habitants du territoire de l’Oregon, par exemple, ont d’abord voté pour ne pas autoriser l’esclavage. Puis ils ont voté en nombre encore plus grand pour ne pas autoriser les Noirs dans l’État du tout. Cette interdiction a été inscrite dans la Constitution de l’Oregon de 1857.

De nombreux Américains éminents ont dit des choses très dures sur les Noirs et aussi sur les Indiens.

Le président James Garfield, élu en 1881, a écrit : « J’ai un fort sentiment de répugnance quand je pense aux Nègres qui deviennent nos égaux politiques et je serais heureux s’ils pouvaient être colonisés, envoyés au ciel, ou débarrassés de toute façon décente. » Theodore Roosevelt a été président de 1901 à 1909. En 1901, il écrivait qu’il n’avait « pas été capable de trouver une solution au terrible problème posé par la présence du Nègre sur ce continent ».

À propos des Indiens d’Amérique, il a écrit : « Je ne vais pas jusqu’à penser que le seul bon Indien est un Indien mort, mais je crois que neuf sur dix le sont, et je ne m’enquerrais pas trop de la santé du dixième. »

Mark Twain, le célèbre humoriste, appelait l’Indien d’Amérique « un bon, juste et désirable sujet d’extermination s’il n’en fut jamais un ».

Les Indiens n’ont reçu la citoyenneté américaine qu’en vertu d’une loi du Congrès en 1924.

Dwight Eisenhower, président de 1953 à 1961, a dit qu’il pourrait être nécessaire d’accorder aux Noirs certains droits politiques, mais que cela ne signifiait pas l’égalité sociale « ni qu’un Nègre pourrait épouser ma fille ». C’est seulement avec John Kennedy que nous avons enfin un président dont les idées sur la race commencent à être acceptables selon les normes d’aujourd’hui.

Comme beaucoup d’entre vous le savent probablement, jusqu’en 1965, les États-Unis avaient une politique d’immigration conçue pour garder le pays blanc, et à l’époque il était à environ 90 % blanc. La loi Hart-Celler, qui mit fin à cette politique, ne fut adoptée par le Congrès qu’après que ses promoteurs eurent assuré que l’immigration non blanche resterait limitée et que l’équilibre démographique du pays ne serait pas modifié. Si ces membres du Congrès avaient su que dans seulement 80 ans les Blancs deviendraient une minorité raciale, je peux vous promettre qu’ils n’auraient JAMAIS adopté cette loi.

Jusqu’aux années 1950 environ, donc, c’est ce que la plupart des Américains blancs croyaient.

Changement radical de paradigme

Les personnes de races différentes différaient substantiellement en intelligence, en tempérament et en capacité ; et c’est pourquoi les différentes races construisaient des types de sociétés différents. Ils voulaient que les seuls Blancs vivent en Amérique, parce qu’eux seuls pouvaient maintenir le type de civilisation que les Américains valorisaient. L’immigration de non-Blancs leur apparaissait comme une menace mortelle. Il était courant de soutenir que si les non-Blancs ne pouvaient pas être expulsés, ils devaient être séparés socialement et politiquement. Les Blancs étaient très fortement opposés au mariage avec des non-Blancs.

Ce que les Blancs sont maintenant censés penser est exactement l’opposé. Je ne vois guère d’exemples dans l’histoire humaine où des valeurs fondamentales ont été si complètement renversées en si peu de temps, sinon la Révolution islamique en Iran ou l’effondrement du communisme en Union soviétique.

Maintenant, les Blancs sont censés croire que les races sont absolument égales en tout point. La race ne doit jamais être une raison pour faire un choix. Les Blancs n’ont aucun intérêt de groupe légitime, donc ils ne doivent jamais s’organiser en tant que Blancs. Il est immoral pour les Blancs de vouloir rester majoritaires dans leurs patries.

La diversité raciale est intrinsèquement merveilleuse, donc les Blancs devraient accueillir des populations venant de partout dans leurs pays, quartiers, institutions et écoles – même si cela réduit les Blancs à une minorité. Nous n’en sommes pas encore au point où les Blancs sont activement critiqués pour épouser d’autres Blancs, mais fréquenter et épouser des non-Blancs est considéré comme merveilleusement progressiste. Et vous voyez cela promu dans les images publicitaires tout le temps.

La bascule démographique

L’idée que toutes les races sont égales en tout point est pratiquement le 11e Commandement de la société américaine. Mais, bien sûr, ce n’est évidemment pas vrai.

En moyenne, les Blancs ont un QI plus élevé que les Hispaniques et les Hispaniques que les Noirs. Aux États-Unis, où les Noirs représentent 14 % de la population, ils ne constituent que 1 % des personnes ayant un QI de 130 ou plus et environ 0,5 % de ceux ayant un QI de 140 ou plus.

Alors, que se passe-t-il quand ils n’arrivent pas à être au même niveau que les Blancs ? Comme toutes les races sont officiellement égales, la seule explication autorisée de l’échec des Noirs ou des Hispaniques est l’oppression par des Blancs méchants. Étonnamment, presque aucun Blanc ne conteste publiquement cela. Ils se soumettent à l’humiliation et à la discrimination flagrante parce que c’est leur faute si les autres ne réussissent pas.

Ce sujet est interdit en Europe tout comme aux États-Unis. Mais dans une société multiraciale, c’est de la folie de prétendre que chaque groupe est le même.

Et, pendant que nous ignorons la réalité de la race, les projections démographiques actuelles aux États-Unis indiquent que les Blancs deviendront minoritaires d’ici 2045, soit dans seulement 19 ans. Déjà, chaque enfant blanc aux États-Unis de moins de 18 ans est une minorité. D’ici 2060, les Hispaniques seront la majorité absolue et les Blancs ne représenteront que 30 % de la population.

La majorité est censée croire que perdre en nombre, perdre de l’influence, perdre le contrôle de son propre destin, et peut-être même disparaître, est une chose merveilleuse.

L’Amérique cesse lentement d’exister. C’est une chose indiciblement douloureuse pour moi de regarder mon pays se bercer d’illusions jusqu’à l’autodestruction.

À mon avis, l’homme blanc a touché le fond le 25 mai 2020. Savez-vous ce qui s’est passé ce jour-là ? George Floyd est monté au ciel. Par la suite, trois cents villes ont déclaré des couvre-feux. Trente États ont appelé la garde nationale pour maintenir la paix. Mais depuis, il y a eu un rétablissement remarquable.

Du dilemme américain au dilemme européen

Jusqu’ici, je vous ai parlé en tant qu’Américain.

Et il serait difficile d’être plus américain que moi. Le premier Taylor est arrivé dans les colonies anglaises en 1635. Nous avons voté à chaque élection, nous avons combattu dans chaque guerre. Au moment de la guerre de Sécession, tous mes ancêtres masculins en âge de combattre ont combattu pour les États confédérés. Mon pays est rempli de nos os, imprégné de notre sang.

Et pourtant, ma culture est européenne, mon héritage, ma langue, la foi de mes pères, tout ce qui fait de moi un Américain a ses racines, profondes, très profondes, en Europe. Et tout comme mon héritage est le même que le vôtre, mon avenir et mon destin le sont aussi. Nos destins sont liés et inséparables. Et donc, avec votre permission, j’aimerais revendiquer l’honneur de m’appeler un Européen. Un Européen d’expression américaine, pour emprunter et modifier une phrase qu’utilise Jean-Yves Le Gallou.

Je crois que partout où vous trouvez notre peuple – au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à la pointe sud de l’Afrique –, vous trouvez ce que j’appelle la fraternité mondiale des Européens.

Et partout, notre peuple se réveille à la terrible crise que nous affrontons.

Pour nous dans cette salle, c’est évident. Nos ancêtres n’ont pas construit l’Europe pour que notre génération la donne à des étrangers. Des étrangers qui ne sont pas nous, qui ne peuvent pas être nous, qui ne veulent pas être nous, et qui souvent nous haïssent.

L’Europe doit être aux Européens. Nous trouvons presque impossible de comprendre un Blanc qui ne comprend pas cela instinctivement.

Les musulmans, en particulier, sont des ennemis jurés.

Pendant mille ans, de l’invasion de l’Espagne par les Maures en 711 au siège de Vienne en 1683, l’islam a été une menace mortelle pour l’Europe. Mais maintenant, nous sommes censés laisser les musulmans déferler dans nos pays et penser qu’ils prendront soin de nous dans notre vieillesse ? Qui peut croire cette folie ?

Et nos dirigeants croient-ils vraiment que les Somaliens et les Congolais appartiennent à cette société ?

Heureusement, des millions d’entre nous comprenons maintenant que c’était une terrible erreur de ressembler à l’Amérique en ouvrant les patries européennes à l’immigration. Des millions sont déterminés à reconquérir leurs patries et à construire des sociétés dans lesquelles nos enfants apprendront qu’il n’est pas seulement acceptable d’être blanc. Ils doivent apprendre qu’il n’y a pas de plus grande bénédiction que d’être fils et filles de l’Europe, d’être les héritiers vivants et respirants d’un héritage magnifique, participant à part entière à cette fabuleuse aventure que nous appelons la civilisation occidentale. Les autres n’en sont que des spectateurs. Des imitateurs.

C’est pourquoi la remigration est la seule solution.

La plus grande des batailles

Oui, nous sommes dans un combat pour nos vies, tout comme nos ancêtres aux Thermopyles, à la bataille de Tours et au siège de Vienne, les Afrikaners à la bataille de Blood River. Mais notre combat est différent. Nos ancêtres avaient un objectif simple : vaincre l’ennemi ou tomber les armes à la main. J’aimerais que ce soit aussi simple pour nous. Je crois que chaque homme dans cette salle donnerait sa vie pour assurer la survie de notre peuple. Le sang des héros passés coule dans nos veines.

Mais notre combat est bien plus difficile. Car parmi les forces qui nous font face se trouvent aussi nombre des nôtres, de nos frères et de nos sœurs. Des Européens comme nous. C’est la grande tragédie de notre lutte et cela la rend différente de toute autre lutte dans l’histoire. Nous sommes dans la position horrible d’avoir à expliquer à notre propre peuple qu’il est moral pour nous – pour eux – de survivre. Personne d’autre n’a jamais eu une tâche aussi terrible. Nos adversaires ne sont donc pas nos ennemis jurés. Souvent, ce sont des membres de nos propres foyers.

Je crois que chez presque tous les nôtres il y a encore une lueur, une petite étincelle d’identité européenne. Notre travail est de trouver cette étincelle, de souffler doucement et amoureusement dessus, et d’en allumer un feu dévorant.

Je crois que c’est la plus grande lutte de toute l’histoire humaine. Sur nous repose le destin de notre peuple, le destin de l’Occident, le destin de tout ce pour quoi nos ancêtres ont combattu, le destin de tout ce que nous aimons.

Je donnerais n’importe quoi pour avoir quarante ans de moins, pour avoir quarante années de plus à vivre au service de notre peuple. Je ne vivrai peut-être pas pour voir l’avenir de l’Europe assuré et fortifié contre toutes les menaces, mais VOUS qui êtes jeunes, VOUS le verrez.

Et du fond de ma tombe, je sourirai en entendant le rire de vos enfants.

Rédaction d’« Éléments »

Jared Taylor 

Intellectuel américain, essayiste nationaliste, racialiste
 

 
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