mars 26, 2026

Théorie libérale classique de l'exploitation, Ralph Raico

Dans l'imaginaire universitaire courant, la doctrine de la lutte des classes semble indissociable de la version marxiste de cette idée. On reconnaît souvent, du bout des lèvres – notamment chez ceux qui s'empressent de minimiser l'originalité de Marx et Engels – que ces auteurs ont eu des précurseurs dans cette approche de la réalité sociale. 
 
On fait fréquemment allusion à une certaine « école française », antérieure à Marx et Engels et ayant influencé leur pensée ; Guizot, Thierry, Saint-Simon et quelques autres sont parfois cités à ce sujet. Mais la nature de cette perspective antérieure, et ses différences avec le modèle marxiste plus connu, sont rarement, voire jamais, abordées. Or, cette conception antérieure est non seulement plus juste et plus fidèle à la réalité socio-économique que la version marxiste (un point qu'il faut tenir pour acquis, faute de place pour le démontrer), mais elle pourrait bien expliquer une divergence et une contradiction au sein du marxisme, divergences et commentaires certes, mais jamais explicitées. 
 

 
 Lorsque Marx affirme que la bourgeoisie est la principale classe exploiteuse et parasitaire de la société moderne, le terme « bourgeoisie » peut être compris de deux manières différentes. En Angleterre et aux États-Unis, il a généralement désigné la classe des capitalistes et des entrepreneurs qui gagnent leur vie en achetant et en vendant sur un marché (plus ou moins) libre. Le mécanisme de cette exploitation s'appuierait sur l'appareil conceptuel marxiste classique de la théorie de la valeur-travail, l'appropriation de la plus-value par l'employeur, etc. 
 
Sur le continent européen, en revanche, le terme « bourgeoisie » n'est pas nécessairement lié au marché. Il peut tout aussi bien désigner la classe des fonctionnaires et des rentiers vivant de la dette publique que la classe des hommes d'affaires impliqués dans le processus de production sociale.1 L'idée que ces anciennes classes et leurs alliés se livrent à l'exploitation systématique de la société était un lieu commun de la pensée sociale du XIX ème siècle, un lieu étrangement oublié à mesure que ces mêmes classes ont acquis une plus grande importance dans les pays anglophones. 
 
Tocqueville, par exemple, dans ses Souvenirs, déclare à propos de la « bourgeoisie », qui, selon les historiens, accéda au pouvoir en 1830 sous la « monarchie bourgeoise » de Louis-Philippe : « Elle s’installa dans chaque recoin vacant, augmenta prodigieusement le nombre de ses sièges et s’habitua à vivre presque autant des caisses de l’État que de son propre travail. »² On retrouve des propos similaires chez de nombreux auteurs postérieurs, tels que Gustave Le Bon et Hippolyte Taine. 
 
Le lecteur est maintenant invité à considérer la citation suivante (qui décrit la France du troisième quart du XIXe siècle) :
 
Ce pouvoir exécutif, avec son immense bureaucratie et son organisation militaire, son ingénieux appareil d'État, qui embrasse de vastes strates sociales, une armée d'un demi-million de fonctionnaires et une autre armée d'un demi-million d'hommes, cet effroyable corps parasite qui enserre la société française comme un filet et l'étouffe, a surgi sous la monarchie absolue. La monarchie légitimiste et la monarchie de Juillet n'ont fait qu'accentuer la division du travail, laquelle, à mesure que la division du travail au sein de la société bourgeoise créait de nouveaux groupes d'intérêts, et donc de nouveaux sujets d'administration. Tout intérêt commun a été aussitôt détaché de la société, opposé à elle comme un intérêt général supérieur, arraché à l'activité des membres de la société eux-mêmes et transformé en objet de l'action gouvernementale, qu'il s'agisse d'un pont, d'une école, de la propriété communale d'un village, des chemins de fer, de la richesse nationale ou de l'université nationale de France… Toutes les révolutions ont perfectionné cette machine au lieu de la détruire. Les partis qui se disputaient la domination considéraient la possession de cet immense édifice étatique comme le principal butin du vainqueur… Sous le second Bonaparte [Napoléon III]… l’État [semble] s’être rendu totalement indépendant. Face à la société civile, la machine d’État a consolidé sa position… de manière définitive.3

 
Cette longue citation est extraite de la brochure de Marx, <i>Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte</i>, qui traite du coup d’État de Louis Napoléon en décembre 1851. Le contraste entre le point de vue présenté ici et la conception marxiste plus courante de l’État comme instrument d’exploitation économique extra-politique – l’État comme simple « comité exécutif de la classe dominante » – me semble évident. Cette affirmation est loin d'être isolée dans le corpus marxiste : dans La Guerre civile française, Marx aborde la même perspective lorsqu'il évoque, par exemple, la volonté de la Commune de Paris de rendre « au corps social toutes les forces jusqu'alors absorbées par l'État parasite qui se nourrit de la libre circulation de la société et l'entrave » 4 Engels, dans sa préface de 1891 à La Guerre civile française, s'exprime quant à lui en des termes on ne peut plus clairs : 
 
 La société avait créé ses propres organes pour veiller à ses intérêts communs… Mais ces organes, placés sous l'autorité de l'État, s'étaient, au fil du temps, et dans la poursuite de leurs propres intérêts particuliers, transformés de serviteurs de la société en maîtres de la société… Nulle part ailleurs les « politiciens » ne forment une frange de la nation plus distincte et plus puissante qu'en Amérique du Nord [c'est-à-dire aux États-Unis]. Là-bas, chacun des deux grands partis qui se succèdent au pouvoir est lui-même contrôlé, à son tour, par des individus qui font de la politique un commerce… C’est en Amérique que l’on observe le mieux ce processus d’indépendance du pouvoir d’État vis-à-vis de la société… On y trouve deux grandes bandes de spéculateurs politiques qui, tour à tour, s’emparent du pouvoir d’État et l’exploitent par les moyens les plus corrompus et à des fins tout aussi corrompues. La nation est impuissante face à ces deux grands cartels de politiciens qui, en apparence, sont à son service, mais qui, en réalité, la dominent et la pillent.⁵ 
 
 Il convient de noter au passage l’ironie frappante du fait que, contrairement à une analyse libertarienne de la période de l’histoire américaine considérée, l’analyse d’Engels ignore ici complètement l’utilisation massive du pouvoir d’État par des segments de la classe capitaliste et se limite aux activités d’exploitation de ceux qui contrôlent directement l’appareil d’État. Pourquoi Engels s’attache-t-il à blanchir ainsi les capitalistes ? Je n’en ai aucune idée.
 
Il semble donc exister deux théories de l'État (et, par conséquent, deux théories de l'exploitation) au sein du marxisme. Il y a d'une part la théorie bien connue et communément admise, qui conçoit l'État comme instrument de la classe dominante (et la théorie concomitante qui situe l'exploitation au sein du processus de production). D'autre part, il y a la théorie de l'État qui l'oppose à la « société » et à la « nation » (deux termes surprenants et significatifs dans ce contexte, chez des auteurs pourtant profondément conscients des divisions de classes au sein de la société et de la nation). De plus, il est révélateur que ce soit la seconde théorie qui prédomine dans les écrits de Marx qui, grâce à leur analyse nuancée et sophistiquée de la réalité politique concrète et immédiate, sont considérés par de nombreux commentateurs comme les meilleures expositions de l'analyse historique marxiste. 
 
 Or, bien qu'il soit difficile de le démontrer, il paraît fort probable que la seconde théorie de l'État (qui l'associe au parasitisme et à l'exploitation) ait été influencée par les auteurs libéraux classiques. L'idée que l'exploitation et le parasitisme de la société étaient des attributs des classes non marchandes, des classes exclues du processus de production, était très répandue au début et au milieu du XIXe siècle. Elle est à la base de la célèbre Parabole de Saint-Simon (elle-même imprégnée des influences libérales antérieures de cet auteur). C'est, me semble-t-il, le véritable sens de la typologie bien connue des sociétés « militaires » et « industrielles » – une typologie fondée sur la distinction entre forces marchandes et non marchandes. (Cette dichotomie fut employée tant par Auguste Comte que par Herbert Spencer – souvent considérés comme les fondateurs de la sociologie – et, sous une autre forme et plus tôt encore, par Benjamin Constant.⁶) 
 
 La fréquence à laquelle on retrouve les concepts de classes et de lutte des classes employés en ce sens dans le libéralisme des XVIIIe et XIXe siècles, une fois qu'on les recherche, est étonnante. Pour ne citer que deux exemples : c'est clairement ce dont parle Tom Paine dans Les Droits de l'homme, lorsqu'il évoque les gouvernements qui font la guerre pour augmenter leurs dépenses ; C’est ce que William Cobbett sous-entend lorsqu’il qualifie l’or de monnaie du pauvre, l’inflation étant un instrument utilisé par certains cercles financiers influents et bien informés. 
 
Ces concepts, en particulier, imprègnent les écrits de Richard Cobden et de John Bright, qui se percevaient comme les défenseurs des classes productrices britanniques face à l’aristocratie, partisane d’un État interventionniste. À propos de la contestation des Corn Laws, Bright déclara : « Je doute qu’elle puisse avoir une autre nature que celle d’une… guerre des classes. Je crois qu’il s’agit d’un mouvement des classes commerçantes et industrielles contre les lords et les grands propriétaires terriens. 7. L’opposition entre la classe « qui profite des impôts » et celle « qui les paie » était un contraste que Bright affectionnait particulièrement. Tous deux constataient des conflits de classes partout dans la Grande-Bretagne – et l’Irlande – de leur époque : dans le protectionnisme et la monopolisation des terres, bien sûr, mais aussi dans des politiques telles que les fortes taxes sur le papier journal, la dîme des églises et la restriction du droit de vote, et plus particulièrement dans les dépenses liées à la préparation de la guerre, ainsi que dans une politique étrangère belliqueuse et impérialiste. Comme l’a dit Bright :
 
Plus vous examinerez la question, plus vous arriverez à la même conclusion que moi : cette politique étrangère, ce respect des « libertés de l’Europe », cette sollicitude passée pour les « intérêts protestants », cet amour excessif pour l’« équilibre des puissances », ne sont rien de plus ni de moins qu’un gigantesque système de favoritisme au service de l’aristocratie britannique.8


 Plus tard dans le siècle, Bright identifia d’autres classes comme les instigateurs de l’impérialisme. Dans le cas de l’occupation britannique de l’Égypte en 1882, Bright (qui démissionna du gouvernement à cause de cela) pensait que la City de Londres (c’est-à-dire les intérêts financiers) était à l’œuvre et, selon son biographe, « il ne pensait pas que nous devions nous engager dans une série de guerres pour recouvrer les créances des obligataires ou trouver de nouvelles terres à exploiter commercialement. 9 Il partageait l’avis de son ami Goldwin Smith, historien libéral classique et anti-impérialiste, qui lui écrivit qu’il s’agissait simplement d’une « guerre de spéculateurs boursiers ».10 Bien longtemps après la mort de Cobden, ce dernier aurait sans doute été d'accord. Il a écrit un jour : « Nous ne présenterons aucune excuse pour avoir si souvent réduit les questions de politique d'État à de simples calculs pécuniaires. » « Presque toutes les révolutions et les grands bouleversements du monde moderne ont une origine financière. »¹¹ 
 
À la lecture de tels passages, on s'interroge sur la manière dont le sociologue contemporain – étranger à la théorie libertarienne de la lutte des classes – interpréterait de telles opinions. L'analyse serait sans doute celle de la présence d'« éléments marxistes inattendus » même dans la pensée des principaux libéraux. Ou, plus probablement, étant donné le scepticisme des membres de l'École de Manchester quant à l'influence des intérêts financiers sur la politique gouvernementale, l'analyse s'apparenterait à un « proto-fascisme petit-bourgeois primitif » ! 
 
 À ce propos, il convient d'examiner le passage de certains libéraux français – comme Charles Dunoyer – de l'anglomanie à l'anglophobie. Cette transformation, évoquée par le professeur Liggio, est particulièrement intéressante lorsqu'on la met en parallèle avec la perception qu'avait l'École de Manchester de la société britannique, de la politique étrangère et de l'impérialisme. Cobden et Bright étaient des critiques acerbes du statu quo en Grande-Bretagne et en Irlande, des détracteurs incessants, notamment à l'encontre des responsables de la politique étrangère du pays. (Bright a cette phrase percutante : « Que dire d’une nation qui vit dans l’illusion perpétuelle d’être sur le point d’être attaquée ? »¹²) 
 
 Les faux conservateurs d’aujourd’hui souscriraient sans aucun doute à l’avis de Benjamin Disraeli, fondateur de leur courant, selon lequel les hommes de Manchester n’étaient tout simplement pas des gens joyeux. Au contraire, ils étaient des râleurs incessants, incapables de se contenter de profiter des illusions et des symboles clinquants de la puissance mondiale britannique (la capacité à apprécier la société telle qu’elle est, nous apprend un célèbre publiciste conservateur américain, est une caractéristique essentielle de l’esprit conservateur). Cobden, Bright et leurs alliés, au contraire, menaient une critique radicale, constante et implacable de la société britannique et du rôle de la Grande-Bretagne dans le monde. Voici, par exemple, un exemple typique de l’attitude de Cobden à cet égard :
 
Le parti de la paix… ne parviendra jamais à éveiller la conscience du peuple tant qu’il se complaîtra dans l’illusion réconfortante d’avoir toujours été un peuple pacifique. Nous avons été la communauté la plus belliqueuse et agressive qui ait existé depuis l’époque romaine. Depuis la Révolution de 1688, nous avons dépensé plus de 1,5 milliard de dollars en guerres, dont aucune n'a eu lieu sur notre propre sol ni pour défendre nos foyers. 13 
 
Cobden parle de « notre soif insatiable d'expansion territoriale », du fait que « dans l'insolence de notre puissance, et sans attendre les assauts d'ennemis envieux, nous nous sommes lancés à la conquête ou au pillage, et avons semé le sang aux quatre coins du globe. »14 Dans une brochure au titre éloquent, « Comment les guerres éclatent en Inde » (comme Paul Goodman l'a dit de <i>La Fonction de l'orgasme</i> de Wilhelm Reich, c'est un classique ne serait-ce que par son titre), Cobden avertit que l'Angleterre doit « expier et réparer ses torts sans tarder » et « mettre fin aux actes de violence et d'injustice qui ont marqué chaque étape de notre progression en Inde », sous peine de subir l'inévitable « châtiment providentiel pour nos ambitions impériales ». « Crimes. »¹⁵ 
 
 On pourrait supposer que certains seraient tentés de parler d’un certain « masochisme » et d’une certaine « autoflagellation » dans ces descriptions des politiques menées par la classe dirigeante de son propre pays ; mais cela serait particulièrement déplacé chez une personnalité aussi vigoureuse et incroyablement dynamique que celle de Richard Cobden. 
 
 (Il existe, soit dit en passant, une analyse directe des méfaits et du caractère de classe de l'impérialisme, qui va de Cobden et Bright à Lénine, en passant par J.A. Hobson – qui a écrit une intéressante exposition des idées de Cobden en matière de politique étrangère, Richard Cobden : L'Homme international – et ce dernier, qui, comme chacun sait, fut fortement influencé par Hobson ; cette généalogie des idées mérite assurément d'être examinée de près par un chercheur libertarien.) 
 
 « Que dire d'une nation qui vit dans l'illusion perpétuelle d'être sur le point d'être attaquée ? » 
– John Bright 
 
Or, Hayek affirme quelque part que l'attitude d'un écrivain envers l'Angleterre est un bon indicateur de son libéralisme : s'il était pro-anglais, il est probable qu'il était favorable au libéralisme et à la société ouverte ; s'il était anti-anglais, c'est l'inverse. Mais compte tenu de l'attitude « anti-anglaise » des Mancuniens, il convient de nuancer ce propos sur un point important : l'« anglophobie » trouverait un fondement, non pas dans une opposition au libéralisme relatif de l'Angleterre, mais à la persistance d'un gouvernement aristocratique et impérialiste tout au long du XIXe siècle. 
 
Ainsi, je pense que le professeur Liggio a rendu un service précieux en attirant l'attention sur un lieu et une période fondateurs de la théorie classique-libérale de l'exploitation : la France de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, et plus particulièrement sur la pensée de Charles Comte et de Dunoyer. (À propos de Charles Comte, un auteur aussi versé dans l'histoire de la sociologie que Stanislav Andreski a déclaré qu'il était « l'un des grands fondateurs de la sociologie, injustement éclipsé par son homonyme Auguste »16).
 
Cette période fut marquée par une grande richesse de réflexions politiques et sociologiques, comme en témoigne l'article que nous venons d'entendre. Les trois grands courants de la pensée politique moderne – les couleurs primaires à partir desquelles se compose pratiquement toute position politique ultérieure – sont déjà clairement délimités : le conservatisme et les diverses écoles socialistes, avec leurs critiques souvent convergentes de l'ordre capitaliste naissant, et le libéralisme individualiste, à égale distance des deux premiers. (L'influence des conservateurs théocratiques comme de Maistre sur la pensée de Saint-Simon, des saint-simoniens et d'Auguste Comte, est bien connue.) 
 
Plusieurs points soulevés par le professeur Liggio concernant les interconnexions entre ces trois courants sont très éclairants et stimulants : par exemple, en ce qui concerne la signification politique profonde de la loi des marchés de Say, et l'importance du fait que le « pape » saint-simonien, Enfantin, ait soutenu Ricardo contre Say sur ce sujet. Ou encore l’attaque de Dunoyer contre l’autoritarisme intellectuel de Saint-Simon, fondée sur des arguments généralement associés à l’ouvrage de Mill, De la liberté, qui, bien entendu, est postérieur. Quelques remarques s’imposent sur un autre sujet : la controverse entre Dunoyer et Benjamin Constant concernant les effets « énervants » d’une civilisation en développement et de plus en plus sophistiquée. 
 
 La pensée de Constant met ici en lumière une confrontation entre les idées du libéralisme, du romantisme et de l’utilitarisme. En résumé, la position de Constant (non exclusive, mais la plus fréquente) est la suivante : la prédominance de l’esprit commercial ou industriel sur l’esprit militaire ou conquérant implique une société relativement prospère, c’est-à-dire une société où le plaisir et le confort matériel seront accrus et plus largement répartis que jamais auparavant. 
 
Il s’agit là, en réalité, de l’idéal utilitariste. À long terme, un tel État tendra à s'opposer à la société libre, car la défense de la liberté exigera souvent des sacrifices de la part de l'individu, parfois même le risque de perdre la vie face à un tyran armé. Or, la volonté de sacrifier ses plaisirs ou de risquer sa vie pour une cause qui dépasse l'individu est un trait associé à des formes de société plus anciennes et plus primitives. Il existe donc une certaine contradiction interne à la société libre, qui ne peut être compensée que par la mise en œuvre de forces anti-utilitaristes, telles que la foi religieuse (ce fut pratiquement le sujet d'étude de toute une vie pour Constant).¹⁷ 
 
La « critique » de la civilisation par Constant comporte également un aspect apolitique : il avait tendance à identifier la civilisation à une intellectualité sophistiquée, à l'esprit du XVIIIᵉ siècle et des Lumières. C'était le milieu dans lequel il avait grandi, et comme nombre d'intellectuels, notamment ceux influencés par le romantisme de Rousseau, il en était lassé, ainsi que de la part de lui-même qui reflétait cet esprit. Il avait pour effet, pensait-il, d'exclure les sentiments spontanés, la véritable chaleur de l'affection et la proximité humaine, leur substituant une brillance superficielle et une perfection artificielle des convenances sociales. L'héroïsme et la poésie étaient anéantis par l'ironie et le scepticisme voltairiens, croyait-il, et étaient plus susceptibles de se trouver dans les sociétés anciennes et primitives – il était un grand admirateur de la Grèce antique – que dans les sociétés plus complexes.
 
Tocqueville, soit dit en passant, s'est appuyé sur ces deux notions de Constant — le problème de la compatibilité de l'utilitarisme et de la société libre, et la médiocrité de la vie moderne — et a contribué à leur diffusion.18 La seconde idée, en particulier, est aujourd'hui très largement répandue ; elle est, par exemple, au cœur du concept de Max Weber sur la routinisation et la bureaucratisation croissantes du monde moderne ; et Irving Kristol semble se faire un nom en actualisant quelque peu certaines idées de Constant et de Tocqueville et en les présentant à ceux qui n'ont jamais lu <i>De la démocratie en Amérique</i>. 
 
 Enfin, le professeur Liggio rend un grand service à la recherche en continuant d'explorer le riche filon de la théorie sociale libérale classique, si honteusement négligée à bien des égards par le monde universitaire traditionnel. Ayant nous-mêmes constaté le traitement indigne réservé au grand Mises — fondé sur la présomption quasi unanime qu'un Galbraith, un Harold Laski, voire un Walter Lippmann, aurait été un philosophe social plus important —, nous comprenons mieux pourquoi l'establishment semble croire que Saint-Simon ou Auguste Comte avaient infiniment plus à nous apprendre sur le fonctionnement de la société que Charles Comte, Benjamin Constant ou Jean-Baptiste Say. Le type de travaux présentés dans l'article du professeur Liggio contribuera à rétablir cet équilibre. 
 
 
La version originale de cet article a été présentée sous le titre « Théorie libérale classique de l'exploitation : un commentaire sur l'article du professeur Liggio », lors de la deuxième conférence annuelle des chercheurs libertariens, à New York, le 26 octobre 1974.
Ralph Raico (1936–2016) was professor emeritus in European history at Buffalo State College and a senior fellow of the... 



ANNEXES
  • 1Cf. Raymond Ruyer, Eloge de la société de consommation (Paris: Calmann-Levy, 1969), pp. 144–145.
  • 2Alexis de Tocqueville, Recollections, trans. Alexander Teixeira de Mattos (New York: Meridian, 1959), pp. 2–3.
  • 3Karl Marx and Frederick Engels. Selected Works (Moscow: Progress, 1968), pp. 170–171.
  • 4Ibid, p. 293. He adds: “The [Paris] Commune [of 1871] made that catchword of bourgeois revolutions, cheap government, a reality, by destroying the two greatest sources of expenditure — the standing army and State functionarism.
  • 5Ibid., p. 261.
  • 6Cf. his De l’esprit de conquête et de l’usurpation, in Oeuvres, Alfred Roulin, ed. (Paris: Pleiade, 1957).
  • 7George Macaulay Trevelyan. The Life of John Bright (London: Constable, 1913), p. 141.
  • 8“Speech at Birmingham, 29 October 1858,” in Alan Bullock and Maurice Shock, eds., The Liberal Tradition: From Fox to Keynes (Oxford: Oxford University Press, 1967), pp. 88–89.
  • 9Trevelyan, op. cit., pp. 433–434.
  • 10Ibid., p. 434.
  • 11The Political Writings of Richard Cobden (New York: Garland, 1973) I, p. 238.
  • 12Loc. cit., p. 89.
  • 13Op. cit., II, p. 376.
  • 14Ibid, p. 455.
  • 15Ibid., p. 458.
  • 16Stanislav Andreski, Parasitism and Subversion: The Case of Latin America (New York: Schocken, 1969), pp. 12–13.
  • 17Cf. Ralph Raico, The Place of Religion in the Liberal Philosophy of Constant, Tocqueville and Lord Acton (unpublished PhD thesis, Committee on Social Thought, University of Chicago), pp. 1–68.
  • 18Ibid., pp. 69–128, 178–183.
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mars 23, 2026

Mouvement des Libertariens avec Stéphane GEYRES + Liens libertariens....dont critiques !

La doctrine libertarienne, radicale, anarchiste et capitaliste à la fois, est la seule pensée permettant à tout individu, homme, femme, occidental ou d’autre origine, d’envisager un avenir de Liberté, de Paix et de Prospérité pleines et entières, un réel avenir de Civilisation, sinon pour l’année qui vient, au moins pour ses enfants.
 

 
 
Malgré des temps qui se troublent, parce que les sombres idées ayant signé le XXe siècle ressurgissent, cette doctrine se développe un peu partout dans le monde. En 2023, l’élection jusqu’alors inimaginable d’un Président de la République se disant libertarien en Argentine a donné un puissant élan de visibilité à notre étiquette. Être “libertarien” est soudain devenu un objet de convoitise, d’étonnement, et de haine, aussi. Et de mensonges...
 

En France, pourtant, si diverses initiatives, groupes et personnalités existent, qui s’activent à promouvoir nos idées, la constellation libertarienne ne dispose pas de son Panache blanc fédérateur, sa flamme n’a aucune Lady Liberty évidente d’où éclairer et guider les esprits neufs qui souhaiteraient nous rejoindre.
Le Mouvement des Libertariens aspire ainsi à devenir ce phare reconnu des libertariens francophones.
Le site web dont le lien est ci-contre est encore provisoire dans sa construction. Nous travaillons encore à diverses améliorations.
 
Néanmoins, il comporte un système de certification auquel je vous encourage de vous référer. Ce système, opérationnel pour le premier niveau, permet de tester votre maîtrise des concepts associés au Droit naturel et à l'Ecole Autrichienne d'Economie. 
 
Bienvenue à tous ceux qui feront le choix de la pleine Liberté.
 
Stéphane Geyres

 
 
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Le Mouvement des Libertariens

En 2012 renaissaît une première fois le Mouvement des Libertariens en France, plus de 10 ans après sa création par de célèbres pionniers tels que Bertrand Lemennicier. Hélas, il se perdit avec la création du Parti Libertarien.

En 2025, nous relançons le Mouvement des Libertariens pour contribuer à donner un cadre clair et de référence à la doctrine de la Liberté héritée de ses grands auteurs : Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe et bien d'autres...

Motivations

La doctrine libertarienne, radicale, anarchiste et capitaliste à la fois, est la seule pensée permettant à tout individu, homme, femme, occidental ou d’autre origine, d’envisager un avenir de Liberté, de Paix et de Prospérité pleines et entières, un réel avenir de Civilisation, sinon pour l’année qui vient, au moins pour ses enfants.

Malgré des temps qui se troublent, parce que les sombres idées ayant signé le XXe siècle ressurgissent, cette doctrine se développe un peu partout dans le monde. En 2023, l’élection jusqu’alors inimaginable d’un Président de la République se disant libertarien en Argentine a donné un puissant élan de visibilité à notre étiquette. Être “libertarien” est soudain devenu un objet de convoitise, d’étonnement, et de haine, aussi.

En France, pourtant, si diverses initiatives, groupes et personnalités existent, qui s’activent à promouvoir nos idées, la constellation libertarienne ne dispose pas de son Panache blanc fédérateur, sa flamme n’a aucune Lady Liberty évidente d’où éclairer et guider les esprits neufs qui souhaiteraient nous rejoindre.

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Objectifs & Motivations

  • Une des principales motivations à la relance du Mouvement fut d'apporter une réponse pratique à l'incertitude du public face au terme "libertarien".
  • Beaucoup, de plus en plus de gens se disent "libertariens" qui pourtant affichent des positions politiques très différentes, voire contradictoires.
  • Le but de la "Certification MdL" est d'apporter un moyen simple de trier sur le "marché des idées" entre les libertariens authentiques et leurs ersatz.
  • Quiconque souhaite s'afficher libertarien pourra le faire par l'obtention d'un "label", celui du logo du MdL, une fois certifié par/sur le site.
  • À terme, très vite sans doute, la sphère libertarienne s'organisera entre les certifiés et les non-certifiés - et l'incertitude à leur encontre s'évanouira.

Cadre Général

  • Le MdL publie régulièrement une liste des formations à la doctrine libertarienne validées.
  • Les formations peuvent être assurées par des tiers, si de qualité reconnue par la liste publiée.
  • Toute formation réussie peut être officialisée par une certification sous la marque du MdL.
  • Une certification s’obtient après un test ou examen réussi ; elle peut être soumise à des frais.
  • Toute certification est datée. Elle peut être déclarée caduque (refonte, défauts, ancienneté, etc.).
  • La liste des certifications obtenues est partagée et régulièrement mise à jour.

Démarche

  • Public : Quiconque souhaite savoir si une personne est certifiée peut se référer à la liste publiée des certications pour le déterminer.
  • Candidats : Quiconque souhaite le "label" peut l'obtenir en s'inscrivant sur le site, puis en passant les différentes épreuves prévues.

Conception

  • Les Simples Membres (SM) (ou partiellement certifiés) ont recours à leur guise aux formations du marché.
  • À tout moment, un SM peut s’inscrire au MdL pour candidater à une épreuve de certification.
  • Une fois l’épreuve réussie, la certification est acquise et le profil du SM est mis à jour et publié.
  • Deux domaines, chacun organisé en trois niveaux, structurent la certification :
    • Le Droit Naturel d’un côté, l’Ecole Autrichienne de l’autre. Les deux sont indépendants.
    • Chacun a trois niveaux de progression : Bases acquises, Sait analyser, Sait extrapoler.

  • Chacun de ces six points de progrès est enregistré et publié, pour chaque SM candidat.
  • Le statut de Membre Certifié peut être attribué par le Comité à tout SM étant certifié double “Sait analyser”.

Méthode

  • Pour les deux niveaux Bases acquises et Sait analyser, l’épreuve repose sur un questionnaire.
  • La certification est automatique, déclarée dès que le candidat atteint le seuil de réponses justes.
  • Il faut être certifié Bases acquises pour pouvoir candidater au niveau Sait analyser.
  • Le niveau Sait extrapoler, qui suppose la certification Sait analyser, s’obtient par avis d’expert.
  • Le candidat fournit des textes, vidéos ou autres, qui sont analysés, puis le Comité se prononce.

Questionnaires

  • Le candidat s’inscrit pour une épreuve accessible à son niveau actuel enregistré.
  • Le système établit un questionnaire aléatoire (QA) à partir de la base de questions adaptées.
  • Le candidat dispose alors d’un temps limité pour répondre à l’ensemble des questions.
  • Une fois qu’il indique qu’il confirme ses réponses, le système vérifie la justesse des réponses.
  • Si le candidat obtient un meilleur score que le seuil minimal associé à l’épreuve, il a réussi.
  • Sinon, il dispose de la possibilité de repasser l’épreuve avec un autre QA avant une semaine.
  • S’il échoue, il ne pourra pas de nouveau candidater à cette même épreuve avant trois mois.
  • Les QA sont établis dynamiquement à chaque épreuve, par choix aléatoire des questions.
  • Les questions et leur ordre dans le questionnaire sont tous les deux aléatoires.
  • Les questions sont toujours des QCM simples, chaque réponse valant entre 0% et 100%.
  • Tout Membre peut à tout moment consulter son “profil” / “historique” / “statut” de certification.

 

Liens de l'Université Liberté

Où se situe la place des libertariens ?

Pour ceux qui chérissent les idéaux de liberté de pensée et de libre marché, la vie politique américaine du XXIe siècle n'a pas été particulièrement accueillante. Le conservatisme interventionniste de George W. Bush a cédé la place à un libéralisme interventionniste tout aussi interventionniste sous Barack Obama. La double crise du 11 septembre et du krach financier de 2008 a engendré deux fléaux : l'hyperdéfense sécuritaire et les plans de sauvetage interminables. La classe politique américaine s'est ralliée aux idées économiques de John Maynard Keynes, et la situation financière à court terme du pays ne paraît acceptable qu'au regard du cauchemar budgétaire à long terme que presque tout le monde anticipe. 
 

Le Libertarianisme comme Lemennicier


Ce n’est pas très difficile de présenter l’ensemble des principes moraux, politiques et économiques qui caractérisent un libertarien, car cet ensemble repose sur une prémisse très simple : la revendication radicale de la libre disposition de son corps ou de sa propre personne. Il revendique ce que l’on appelle le “self ownership” ou la propriété de soi. Ni Dieu, ni Maître. De celle-ci on déduit une philosophie politique, une épistémologie, une éthique et une économie politique qui caractérisent si bien la façon de penser des libertariens.
 
 

Rhôoooooo!! les libertariens sont parmi vous ! 

Les libertariens sont parmi nous

Un petit rappel de Libération de septembre 2015; Remarquez il y a de quoi se marrer, mais il faut lire lol. Le plus incroyable est que nos propres responsables libertariens français comme belges voire davantage n'y figurent même pas, seulement substitués par de libéralopithèques de sociale-démocratie !
Voici l'affabulation médiatique de nos concepts de Liberté !
Al, 
 

Stéphane GEYRES et le libertarianisme

 
Stéphane Geyres, vous êtes libertarien et président du « mouvement des libertariens ». Libertarien est un terme récent, remontant aux années 1970 ; et on estime la plupart du temps qu’il servirait à qualifier un libéralisme « excessif », « caricatural », « extrémiste », par opposition à ce qui serait le libéralisme « modéré » et donc « sain » et « raisonnable » d’un Hayek, d’un Aron ou d’un Rawls.

  En bref, les libertariens seraient les partisans d’un libéralisme pur et dur et à ce titre exagéré : un « ultralibéralisme ». Que répondez-vous à ce reproche d’extrémisme ?
Tout d’abord, merci cher Grégoire pour avoir pris l’initiative de cet entretien. C’est un réel plaisir de répondre à un jeune journaliste de talent qui sait voir les vraies questions. Il y a certes bien des facettes à votre question, mais elle a en effet le mérite de poser tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, sans toujours le courage de la confrontation.
 


On nous dit souvent  que nous, Libertariens, devrions rentrer dans la ligne du politiquement correct, que nous devrions mettre la pédale douce sur nos positions les plus controversées et faire des compromis avec les hommes de l’État et de l’Establishment. 

Si nous devions nous aligner, alors pourquoi nous prétendre encore radicaux ? Pourquoi continuer le militantisme ?
Pourquoi apparaître comme des extrémistes ? 
Pourquoi vouloir la révolution ?
Nos positions et notre stratégie politique dérangeante ne risquent-elles pas de faire peur à  nos alliés potentiels ?
Ne vaut il pas mieux être calme, conventionnel et gentil ?
 
 

 

Un Tea party en France, serait-ce possible?

 Sommaire:

A) L'heure du tea party a-t-elle sonné en France ? - Suzanne Guggenheim - Atlantico

B) Les racines libertariennes du Tea Party - Par David Kirby - Cato Institute

C) Tea Party de Wikiberal

D) La majorité craint la montée d'un «Tea Party» à la française - Par

 E)  Dette américaine: à quoi jouent les élus du Tea Party? - Par Marie Simon - L'Express

 F) Tea Party, une vague de fond - Elizabeth Dickinson et Joshua Keating - Slate

G)  Le Tea Party : un mouvement protestataire financé par des milliardaires, Les théories du complot comme stratégie de lutte de classes par le haut - Pierre Guerlain p. 145-165

H) Comment un inconnu du Tea Party a fait tomber la star du parti républicain et fait trembler la politique américaine - Marine Caron – Violaine Théry - Trop Libre
 

Les "cinglés de libertariens feraient-ils peur ?

Sommaire:

A) - Faut-il prendre les libertariens au sérieux ? - Le Point par

B) - Les villes flottantes: la dernière utopie des marxistes de droite - Slate par Emmanuel Haddad

C) - Micro-Etats, villes flottantes : le projet fou des nouveaux maîtres du monde - N-Obs par Dominique Nora

D) -
 


 

Opinions, essais, programmes libéraux/libertariens pour une France libérée, Libre !

Sommaire:

A) Un programme libéral pour la France en 3 points - Baptiste Créteur - Contrepoints

B) Le Programme Libertarien - http://www.parti-libertarien.com/

C) Programme du Mouvement des Libertariens - www.demainladecroissance.com

D) Le Manifeste du MLG (Mouvement Libéraux de Gauche) - David Poryngier - http://www.libgauche.fr

E) Le programme 2006 d'Alternative Libérale - Fillias-Poryngier-Véron

F) Le programme du Parti Libéral Démocrate de France - Aurélien Véron - PLD (France)

 

Connaissez-vous le libéralisme "intégral" de Beigbeder et le libertarianisme de Masse ?

Sommaire:

A) Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine ? par Charles Beigbeder

B)  CINQ ATTITUDES LIBERTARIENNES ESSENTIELLES - QL - par Martin Masse

 

Les mouvements libertariens pour 2017 dans le monde !!

Sommaire:
A) Top 5 Raisons de Voter pour le Parti Libertarien en 2017 - Parti Libertarien

B) Etats-Unis : les libertariens peuvent-ils faire basculer l'élection présidentielle ? - Par

C) LA LIBERTÉ POUR TOUS, PARTOUT, ET TOUT DE SUITE - PROGRAMME - Parti Libertarien Belge - Patrick SMETS

D) Présidentielle USA 2016. Les libertariens vont-ils faire perdre Trump? - Alexandre Vatimbella - Le Centrisme

E)  Présidentielles américaines : le parti libertarien, élément perturbateur ? - Damien Theillier - l'Institut Coppet via Contrepoints

F) Maxime Bernier, candidat libertarien à la direction du Parti conservateur - Ian Bussières - Le Soleil - http://www.lapresse.ca

G) Présidentielle américaine : Gary Johnson, le libertarien qui pourrait attirer les déçus de Trump - Le Monde.fr avec AFP

H) Rappel divers posts sur l'Université Liberté sur le terme du libertarianisme - Université Liberté 
 


 

Une approche graduelle pour la Liberté: le libertarianisme pragmatique !

Libertarianisme pragmatique

Le libertarianisme pragmatique désigne un courant qui cherche à conjuguer l’idéal d’une société libre avec les contraintes du réel. Contrairement aux anarcho-capitalistes qui veulent abolir immédiatement l’État, et aux minarchistes qui en défendent une version minimale comme horizon définitif, les pragmatiques privilégient une approche graduelle : réduire l’État pas à pas, convaincre largement, et inscrire les idées libertariennes dans des réformes concrètes et crédibles.

 

Stéphane Geyres t-il la Liberté par principe naturel ?

Droits naturels ou DROIT NATUREL ?

Libertariens contre Libéraux par Stéphane GEYRES  

 
 

L'anarcho-capitalisme serait-il un idéal de socièté ? La France des "Lumières" serait-elle toujours aussi innovante ?


 

Stéphane Geyres: Y a-t-il des obligations chez les libertariens ?

Sommaire

A) Y a-t-il des obligations chez les libertariens ? - Stéphane Geyres - Contrepoints

B) Divers articles et bio de cet auteur

 

 

 
 
 
 

CRITIQUES !!
(Cliquez sur le lien afin de lire la totalité de l'article, voire commentaires)

La vision libertarienne de la société est atomique par Paul Makamea?


Avec la crise de confiance des Français dans la classe politique et à la faveur du mouvement d’opposition au mariage des homosexuels, une conscience politique nouvelle est en train de germer dans notre pays. Et particulièrement sur ce site, à titre de solution de replacement, des idées libertariennes sont professées et revendiquées.
 

Philosophie libertarienne, les critiques et la réponse !!

Sommaire

A) La Philosophie Libertarienne par Marilee Haylock - http://libertariens.chez.com

B) Qu’est-ce que le libertarianisme ? - Libertarianisme.fr

C) Libertarianisme de Wikiberal

D) La philosophie libertarienne de Robert Nozick - par JLR dans l'Arbre@Palabre

E) Le libertarianisme est il une philosophie éthique ou politique par Alexander Mc Cobin ?Damien Theillier via institut Coppet et Contrepoints

F) Les 12 posts sur le sujet comme la critique sur l'Université Liberté - AG

G) Une critique: La pensée libertarienne. Genèse, fondements et horizons d'une utopie libérale par Sébastien Caré - Denis Clerc - Alternatives Economiques n° 283 - septembre 2009

H) Une critique: 5 raisons de rejeter le libertarianisme - MM - leboncombat.fr - Article original publié sur le blog Nil Nisi Verum.

I) La réponse aux critiques: Six mythes au sujet du libertarianisme. Par Murray Rothbard - Institut Coppet


Du communisme à une vision libertarienne pour la Liberté. Essai d'un être "libéral" sans le savoir, comme beaucoup d'entre-nous.

Bonjour à tous. Aujourd’hui, je publie un article un peu spécial. Bien souvent, les individus m’expliquent qu’ils ne comprennent pas pourquoi je suis libertarien, en m’expliquant que pour eux, cela s’apparente à une « forme d’utopie hypercapitaliste » ou un « ultralibéralisme poussé ». On me rétorque également très souvent que les libertariens sont proches des courants néo-conservateurs américains, ce qui est relativement faux lorsqu’on connaît les positions libertariennes en général en terme de politique étrangère.

Les libertariens sont tout d’abord des libéraux, et ont donc les mêmes positions en terme de libertés économiques, de liberté d’entreprendre, de contracter, de s’associer, de s’exprimer, etcetera.

 

Les libéraux étatistes par Murray Rothbard et la controverse d'un socialiste...


On ne connaît que trop bien, depuis quelques années, ce phénomène que constituent les "conservateurs étatistes", individus ayant trahi et apparemment oublié leurs principes et leur héritage dans une quête de puissance et de lucre, de respectabilité et d'accès aux coulisses du pouvoir ; individus qui se sont désormais établis à Washington, à la fois physiquement et intellectuellement.

 

Robert Alexandre Nisbet: sociologie conservatisme/libertarianisme

On s’accorde souvent à dire que le conservatisme moderne, en tant que philosophie politique, est issu d’Edmund Burke, principalement de ses Réflexions sur la Révolution en France publiées en 1790. Ce livre est bien sûr plus qu’une brillante analyse prédictive de la Révolution et de ses nouveaux modes de pouvoirs néfastes pour la vie de chaque individu ; les Réflexions constituent également, à travers ses digressions, un des plus profonds traités jamais écrits sur la nature de la légitimité politique. Le conservatisme politique moderne, tel que nous le trouvons dans une tradition philosophique européenne depuis 1800, tire ses origines dans l’insistance de Burke sur les droits de la société et de ses groupes historiquement formés, tels que la famille, le voisinage, les guildes et les églises, contre le « pouvoir arbitraire » d’un gouvernement politique. Burke soutient que la liberté individuelle – et cela demeure aujourd’hui la thèse conservatrice – est seulement possible dans un contexte de pluralité d’autorités sociales, de codes moraux et de traditions historiques, qui, dans une articulation organique, servent d’ « auberges et de lieux de repos » à l’âme humaine et de résistance intermédiaire au pouvoir de l’Etat sur l’individu.

 

Comment un membre de l'AFD d'Allemagne voit les libertariens comme des "gauchistes" !

Pourquoi les libertariens sont-ils de gauche ?
 
 Ils ne sont pas de gauche parce qu'ils seraient, par exemple, « hyper-individualistes ». Au contraire. Les libertariens sont des moralistes collectivistes, et leur « liberté » n'est qu'un compromis lâche. La gauche représente une morale d'esclave, la droite une morale de maître.
 
 
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