avril 24, 2026

ACTUALITÉS POLITIQUES en FRANCE (Avril 2026)

Sommaire:

A) - Ces politiques publiques qui tuent la protection sociale

B) - La santé du Président au-dessus de la Constitution ?

C) - Macron viole Notre-Dame : un président païen impose sa marque sur le patrimoine religieux français

D) - Présidentielle 2027 : faut-il espérer l’homme providentiel ou le redouter ?

 


 

 

A) - Ces politiques publiques qui tuent la protection sociale

En 1981, le rapport « L’État-protecteur en crise » de l’OCDE alertait sur la crise de l’État-providence. Nous n’avons pas compris que la crise de l’État-protecteur était la conséquence de celle de l’Économie. À la suite de la première crise du pétrole, à la suite des restructurations « sociales » de la sidérurgie, nous n’avons pas vu qu’en ce début des années 80, pour sauver le modèle social, il fallait commencer par sauver le modèle de production. Des politiques de redéveloppement économique insuffisantes ont fait privilégier des politiques d’accompagnement social des restructurations qui n’auront été que des déstructurations Du FNE – Fonds national pour l’emploi, qui visait à l’origine à « faciliter aux travailleurs salariés la continuité de leur activité à travers les transformations qu’implique le développement économique… », on ne retenait que le dispositif des préretraites. Le traitement social de la crise ne suffisant pas, il fallait soutenir le moral collectif par de nouveaux acquis sociaux avec, dans un premier temps, la cinquième semaine de congés payés, l’augmentation du SMIC, la retraite à 60 ans, les 39 heures.

Ces acquis sociaux ont anticipé sur les gains de productivité. Ils ont été autant de mauvais coups portés à l’outil de production d’abord, au modèle de protection sociale ensuite. Les économistes s’inquiétaient de l’essoufflement de la croissance, les comptables publics, eux, de l’essoufflement des recettes publiques et succombaient à l’illusion budgétaire de l’endettement. L’action publique a eu sur le malade le même effet que les saignées que pratiquaient les médecins de Molière, les exécutifs successifs et les docteurs de Bercy (qui logeaient encore à Rivoli) ont saigné encore davantage l’outil de production. L’aggravation du mal justifiait l’intervention renouvelée de l’État.

Des politiques publiques déconnectées de l’économie

En subsidiarisant les politiques de soutien et de développement de l’outil de production, la redistribution était privilégiée au détriment de la distribution primaire à la production. Le cercle vicieux s’est mis en branle jusqu’à asphyxier l’économie. À défaut de volontarisme économique, l’État a inventé un keynésianisme social dont le seul multiplicateur observable affecte les prélèvements obligatoires, les aides et subventions publiques et la dette.

Tout se passe comme si la finance publique était un « outil » autonome, déconnecté de l’activité économique qui l’alimente, comme si les prélèvements obligatoires étaient sans effets sur la capacité de l’économie à produire. Tout se passe, ensuite, comme si la dépense sociale était étanche aux politiques publiques malthusiennes qui entretiennent le besoin de protection sociale. Le système de protection sociale n’est pas un « objet » autonome et neutre. Encastré dans un système politique court-termiste qui s’illusionne sur son affranchissement de l’économie, il « encaisse » les conséquences sociales des politiques publiques, sociales ou non.

Le social, placebo et bouc émissaire des politiques économiques malthusiennes

La protection sociale est devenue ce système de protection économique « qui se propose de protéger des individus ou des groupes contre la diminution de leurs revenus » (Friedrich Hayek). L’État est devenu cette grande fiction qui, au motif de la sécurité économique des individus, s’exonère, et nous exonère aussi, de la contrainte de l’économie. Cette grande fiction fait prendre la conséquence pour la cause et fait de la dette sociale le secret de famille que nous révèle « La dette sociale de la France, 1974-2024 » (Nicolas Dufourcq) : c’est elle qui explique les deux tiers de la dette publique.

Le comptable public a comptablement raison, il y a corrélation entre l’évolution de la dette publique et celle de la dépense sociale, mais, a-t-il économiquement raison ? Si les comptes publics donnent une image fidèle (certifiée avec réserves par la Cour des comptes) des recettes et dépenses publiques, donnent-ils une image fidèle de l’action publique, disent-ils la part des politiques publiques malthusiennes pour l’économie qui pèse sur les budgets sociaux ?

La politique d’aides à l’emploi et la microentreprise donnent une idée de ce que sont les conséquences, pour la dépense sociale, de l’action publique dans le champ de l’économie.

Les allègements et exonérations de cotisations sociales. Ces mesures de soutien à l’emploi ont eu des effets positifs de création ou de préservation d’emplois peu qualifiés. En 2024, le rapport Bozio-Wasmer (Les politiques d’exonérations de cotisations sociales : une inflexion nécessaire) observe que ces mesures ont accompagné une hausse du taux d’emploi et que leur efficacité diminue sur la longue période. Ces mesures d’allégement des cotisations sociales ciblées sur le bas de la distribution salariale ont démontré que l’élasticité de l’emploi au coût du travail est forte pour les plus bas revenus. En faisant jouer cette surélasticté favorable à la création et à la préservation d’emplois peu qualifiés, ces mesures ont aggravé le risque de piège à bas salaire et favorisé la smicardisation du salariat à laquelle ont participé le passage aux 35 heures et les coups de pouce au SMIC (Bozio-Wasmer).

Le coût pour les finances publiques, de l’ordre de 75 à 90 mds €, résulte, en premier niveau, des moindres recettes sur les emplois existants préservés (moindre recette sociale compensée par plus d’impôt) et, en deuxième niveau, de la création d’emplois peu ou pas contributifs au financement des budgets sociaux. Au troisième niveau, le coût de ces dispositifs, c’est celui des aides aux bas revenus qui résultent des aides aux emplois peu qualifiés. Le cercle est, vraiment, vicieux : la politique pour l’emploi conduit à une surdépense sociale.

Le cercle n’en a pas fini d’être vicieux, le mal métastase. En compensant la moindre recette sociale par l’impôt (les ITAf, impôts et taxes affectées à la Sécurité sociale), l’État pénètre un peu plus encore le champ de la protection sociale en modifiant la source de son financement par la substitution de la fiscalité aux cotisations sociales. Pour le comptable public qui raisonne en taux de prélèvements obligatoires, ce mouvement est neutre : moins de cotisations sociales et plus d’impôts, c’est, pour lui, « toutes choses égales par ailleurs ». Ce raisonnement alimente le débat sur la dépense sociale, dont le niveau oblige à recourir à l’impôt et grossit ainsi la dette publique, jusqu’à la voir comme sa principale cause. Le piège se referme sur la dépense sociale dont on ne voit plus que son augmentation résulte des subventions et aides aux emplois peu qualifiés.

La micro-entreprise. Créé par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, le statut du micro-entrepreneur visait l’objectif de simplifier l’accès à l’entrepreneuriat et, selon les mots de son créateur Hervé Novelli, allait réconcilier patrons et salariés et faire se retourner Karl Marx dans sa tombe. Cette réforme de modernisation de l’économie a des conséquences sur les budgets sociaux en recette, c’est heureux, et en dépense, ça l’est moins.

L’effet positif de la micro-entreprise est d’inciter à la déclaration d’activités jusqu’alors dissimulées. Ces activités déclarées élargissent l’assiette fiscalo-sociale. L’incitation à déclarer résulte des plus faibles taux de cotisation et d’imposition que ceux appliqués au salariat et à l’entreprise. Ces faibles taux, c’est le prix (la dépense fiscalo-sociale) qu’il faut payer pour socialiser le travail non déclaré. S’il y a élargissement de l’assiette fiscale et sociale, chaque emploi de micro-entrepreneur génère d’abord un manque à gagner pour l’État puis, à terme, un coût. Le manque à gagner, ce sont les moindres recettes fiscales et sociales par emploi. Le coût à terme, c’est celui des aides à l’individu (RSA, indemnité chômage, prime d’activité, retraite…), qui compensent la faible rémunération de la micro-activité.

Le succès du statut de micro-entrepreneur a été dopé par l’émergence des « plateformes ». Si Marx se retourne dans sa tombe, peut-être est-ce parce que le statut du micro-entrepreneur est, souvent, le retour à celui du « journalier » ou du « manouvrier » qui se loue à la journée. Une fois encore, la sur-élasticité des bas revenus aux incitations fiscalo-sociales joue pleinement !

Le vrai « secret de famille », c’est l’échec des politiques économiques

Les allègements de cotisations sociales et le statut de micro-entrepreneur, les politiques pour l’emploi et la modernisation de l’économie, en facilitant la création d’emplois faiblement rémunérés et bénéficiant d’une couverture sociale réduite, ont ajouté au besoin de protection économique et sociale « ex post ». L’amélioration du marché du travail qui en a résulté n’a pas profité aux moins qualifiés (Bozio-Wasmer). Le ministère du Travail et des Solidarités le formule sans nuance en présentant la réforme de la prime d’activité comme « un effort inédit pour le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent ». Quand le ministère est en même temps celui du Travail et des Solidarités, les solidarités semblent primer sur le travail et ce ministère se fait le champion de la dépense publique pour soutenir le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent !

Quand la dépense sociale compte pour un tiers du PIB, elle devient effectivement insoutenable. Pour la rendre soutenable, il n’y a que deux solutions : celle malthusiano-comptable et « paramétrique » de la réduction des prestations, et celle d’un volontarisme économique qui favorise la création d’emplois qualifiés, rémunérateurs et contributeurs aux charges publiques. Il faut craindre que la rigueur comptable et ses résultats immédiats ne l’emportent sur l’ambition économique.

Michel Monier

https://nouvellerevuepolitique.fr/michel-monier-ces-politiques-publiques-qui-tuent-la-protection-sociale/ 

 


 

B) - La santé du Président au-dessus de la Constitution ?

Le secret médical enterre l’article 7 et la transparence démocratique

Le 23 avril 2026, le Tribunal administratif de Paris a rendu une décision qui pourrait bien entrer dans l’histoire du droit constitutionnel français.

En rejetant la requête de FranceSoir, les juges ont confirmé que les Français n’ont aucun droit d’obtenir la publication des bulletins de santé du Président de la République.

Ni ceux d’Emmanuel Macron depuis décembre 2020, ni même un simple bulletin actualisé. Le secret médical est absolu. Point final. La question posée par Xavier Azalbert dans FranceSoir est désormais claire : la santé du Président est-elle placée au-dessus de la Constitution ?

Un secret médical qui rend l’article 7 inopérant

L’article 7 de la Constitution est pourtant limpide : en cas d’empêchement du Président (maladie grave, accident, coma…), le Conseil constitutionnel, saisi par le gouvernement, constate cet empêchement et organise l’intérim pour garantir la continuité de l’État. Comment déclencher cette procédure sans la moindre information médicale fiable ? Sans bulletin officiel, sans transparence, la disposition constitutionnelle devient purement théorique. 

Le tribunal a balayé cet argument d’un revers de main : l’article 7 ne créerait « aucun droit ou liberté invocable par les citoyens ». 

Le secret médical (article L. 1110-4 du Code de la santé publique) prime sur tout, y compris sur l’intérêt public majeur que représente la capacité du chef de l’État à exercer ses fonctions – notamment le commandement des armées et la dissuasion nucléaire.

Des promesses de campagne oubliées

En 2017 comme en 2022, Emmanuel Macron s’était pourtant engagé, publiquement et sans ambiguïté, à publier « sans exception et sans hésitation toute information susceptible d’avoir des conséquences quant à [sa] capacité de diriger le pays » (voir ici). Depuis décembre 2020, plus aucun bulletin officiel n’a été communiqué. En 2022, le Président avait lui-même évoqué une « dépression très grave » devant un journaliste. Mais depuis ? Silence radio. Les données médicales existent au sein de l’Élysée, pourtant leur synthèse en bulletin de santé est refusée comme un simple « choix politique ».

Le précédent Mitterrand et la jurisprudence de la CEDH ignorés

L’histoire montre que ce genre de secret peut avoir des conséquences dramatiques. François Mitterrand avait caché son cancer pendant des années. La Cour européenne des droits de l’homme,

dans l’affaire du « Grand Secret », avait reconnu l’intérêt légitime de la société à connaître la vérité sur la santé d’un Président, surtout une fois les faits avérés.

Le tribunal administratif de Paris semble avoir fait le choix inverse : le droit à l’intimité l’emporte sur le droit de la société à demander des comptes à son « agent public » suprême (article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789).

Un précédent dangereux pour la démocratie

Cette décision ne concerne pas seulement Emmanuel Macron. Elle concerne tous les futurs Présidents.

Elle consacre une opacité totale sur un sujet qui touche directement à la souveraineté nationale : la capacité du détenteur du code nucléaire à prendre des décisions vitales pour la France.

Elle rend impossible tout contrôle démocratique sérieux sur l’aptitude physique et mentale du chef de l’État.

FranceSoir étudie actuellement un pourvoi devant le Conseil d’État. La bataille judiciaire continue, mais le signal envoyé hier est inquiétant : en France, en 2026, la santé du Président semble être devenue un « grand secret d’État » protégé par un bouclier juridique infranchissable.

La République a-t-elle encore les moyens de se protéger contre l’opacité ?

Dans une démocratie moderne, la transparence n’est pas une option de confort, c’est une exigence de survie institutionnelle. Le peuple français paie cher – très cher – le fonctionnement de l’État. Il a le droit légitime de savoir si celui qui détient le pouvoir suprême est en état de l’exercer pleinement. 

Le secret médical absolu, lorsqu’il s’applique au Président de la République, transforme l’article 7 de la Constitution en lettre morte. Il place la vie privée d’un homme au-dessus de la continuité de l’État et du droit à l’information du peuple souverain. 

C’est une question qui dépasse largement le cas Macron. C’est une question constitutionnelle fondamentale. Aux citoyens, aux parlementaires et au Conseil d’État de trancher : dans la Ve République, la santé du Président peut-elle vraiment rester un sujet tabou ? 

L’avenir de la transparence démocratique en dépend.

https://multipol360.com/la-sante-du-president-au-dessus-de-la-constitution/ 

 

 

 C) - Macron viole Notre-Dame : un président païen impose sa marque sur le patrimoine religieux français

Un passage en force inacceptable contre l’avis de tous les experts

Le 20 avril 2026, l’autorisation préfectorale signée par le préfet d’Île-de-France Marc Guillaume a été officiellement affichée sur les grilles de Notre-Dame. Ce document autorise la dépose de six grandes baies historiques (chapelles sud de la nef), ornées des grisailles d’Eugène Viollet-le-Duc du XIXe siècle, classées Monuments historiques et parfaitement intactes après l’incendie. Malgré deux rejets unanimes de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, malgré une pétition qui dépasse les 337.000 signatures, malgré l’opposition massive des historiens d’art et de l’Académie des Beaux-Arts, Emmanuel Macron passe en force.

Ce n’est plus une restauration, c’est un acte de vandalisme d’État.

 


Un président païen qui se mêle de questions religieuses

Emmanuel Macron, qui se revendique ouvertement païen et laïc, n’a aucune légitimité spirituelle pour décider de l’apparence intérieure d’une cathédrale millénaire. Pourtant, il s’arroge le droit d’imposer sa « marque du XXIe siècle » dans un lieu de culte.

Rappelons que la séparation de l’Église et de l’État, si chère à la gauche républicaine, interdit justement à l’État de se substituer à l’autorité religieuse sur les questions de foi et de symbolique. 

Mais quand il s’agit de satisfaire son ego et celui de son entourage, la laïcité devient soudain très flexible. On imagine le tollé si un président de droite avait osé toucher à un symbole aussi sacré.

Des vérités cachées sur l’incendie que le pouvoir préfère ignorer

Ce projet arrive sur fond d’un incendie du 15 avril 2019 dont les circonstances restent, cinq ans plus tard, étrangement opaques. Aucune cause officielle n’a été définitivement retenue. Les enquêtes ont révélé des négligences graves : sécurité sous-traitée à bas coût, alarmes mal interprétées, rapports d’alerte classés « secret défense », court-circuits possibles dans des installations électriques obsolètes. Des anomalies troublantes (propagation ultra-rapide du feu, absence de chantier au moment du sinistre) continuent d’alimenter les soupçons. Au lieu d’une transparence totale, le pouvoir a préféré transformer la tragédie en opération de communication nationale, en appelant aux dons privés massifs tout en masquant ses propres manquements dans l’entretien du patrimoine.


INCENDIE et VITRAUX de NOTRE-DAME de PARIS !
Colonel Yves Logette sur l’incendie de Notre Dame.
En février 2019, la charpente aurait été traitée (voir le reportage sur A2) contre les insectes avec un gel. Elle ne l’avait jamais été depuis plus de 800 ans. Suite à ce traitement, le bois change de couleur et devient un peu couleur acajou.
Le 15 avril la charpente prend feu et, assez significativement, le feu augmente au moment où les pompiers interviennent comme si l’eau activait les flammes. La charpente est en chêne, or le chêne sec ne fait pas de flamme, il rougeoie.
L’entreprise, qui a désinsectisé aurait été bernée en répandant non pas un produit désinsectiseur mais un produit pyrotechnique qu’on lui a obligatoirement fourni car elle n’est pas en mesure de le produire sur le plan chimique.
Le produit de type « thermite », composé d’oxyde de fer et d’oxyde d’aluminium, donne cette couleur acajou obtenue après la pulvérisation et donne cette couleur jaune-orangée des flammes de l’incendie.
Depuis février, le produit sans doute associé à une colle a séché et s’est solidifié sur les poutres comme une pâte devenue très fine, une sorte de vernis…
Le 15 avril (on pourrait aussi discuter le « choix » de la date), il ne suffisait plus que de mettre à feu un vrai «pot thermique» (au magnésium par exemple), générant une chaleur intense de 2 200 degrés pour allumer ainsi toute la charpente pré-imbibée (et non pas désinsectisée).
Qui aurait allumé ce brasier ?
Des vidéos ont montré une personne sur le toit, une heure et demie avant le drame, activant un dispositif provoquant des éclairs ou des flammes orangées-jaunes.
Étrange également que l’on ait restreint l’accès aux tours, ce soir-là, une heure plus tôt que d’habitude (18 h 30) et fait sortir tout le monde de la cathédrale sans bousculade, juste à temps. C’est par les tours que l’on accède à la charpente.
 

4 millions d’euros gaspillés alors que la France coule

Ce « geste artistique » égocentrique va coûter 4 millions d’euros aux contribuables, pour dépose, maçonnerie, fabrication et pose des nouveaux vitraux. Pendant ce temps, la dette publique française explose au-delà de 117 % du PIB, les hôpitaux manquent de moyens, les agriculteurs sont au bord de la rupture, les classes moyennes s’appauvrissent et les services publics se délitent. Mais Macron, lui, continue de jouer les mécènes de luxe avec l’argent du peuple.

SCANDALE À NOTRE-DAME
L’association Sites & Monuments porte plainte contre les nouveaux vitraux contemporains de Claire Tabouret, autorisés pour remplacer 6 baies intactes des chapelles sud (jamais touchées par l’incendie de 2019). Ces œuvres abstraites, aux tons sombres et figures floues, menacent l’harmonie gothique restaurée par Viollet-le-Duc et les maîtres-verriers originaux !

 

On paye Macron pour qu’il dirige la France, pas pour inaugurer les chrysanthèmes.

Un mépris profond du peuple et de son héritage

Des analyses indépendantes ont déjà dénoncé ce scandale comme un véritable viol du patrimoine français, commis sur fond d’un incendie aux zones d’ombre persistantes. Au lieu de préserver l’âme de Notre-Dame, Macron choisit de la « moderniser » contre la volonté des Français. Ce n’est pas de la création, c’est de la destruction symbolique. Ce n’est pas de l’audace, c’est de l’arrogance.

Assez.

Le patrimoine n’appartient pas à un président en fin de règne. Il appartient au peuple français.

Il est temps que Macron arrête de saccager ce qui reste de notre histoire pour flatter son ego et celui de ses amis artistes. Notre-Dame doit rester Notre-Dame, pas devenir le musée des caprices macroniens.

https://multipol360.com/macron-viole-notre-dame-un-president-paien-impose-sa-marque-sur-le-patrimoine-religieux-francais/ 

 


 

D) - Présidentielle 2027 : faut-il espérer l’homme providentiel ou le redouter ?

À mesure que se rapproche l’échéance présidentielle de 2027, la scène politique française offre un spectacle presque déroutant. Les candidatures se multiplient depuis des semaines sans produire d’élan. Les dernières élections municipales ont fini de semer le doute sur la capacité du camp unique à gouverner. Édouard Philippe affine sa posture d’homme d’État mais craint il y a quelques semaines pour sa place à la mairie du Havre, Bruno Retailleau durcit sa ligne tout en payant encore les frais de sa sortie de route scabreuse du gouvernement il y a des mois, François Hollande laisse planer l’hypothèse d’un retour en se présentant comme un candidat de recours pour une gauche unie, Dominique de Villepin réapparaît dans le débat, brassant plus à l’extrême gauche que jamais, tandis que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Gérald Darmanin occupent déjà le terrain avec le favori bien sûr des sondages, Jordan Bardella. À cette liste s’ajoutent des ambitions plus diffuses, des candidatures potentielles, des stratégies d’attente. Tout le monde semble prêt, et pourtant rien ne prend réellement. L’Opinion semble même s’en désintéresser, or c’est maintenant que les choses se jouent déjà en coulisses pour construire un vrai projet de sauvetage de la France. Ce trop-plein de prétendants ne traduit pas une vitalité démocratique retrouvée, mais au contraire une forme d’impuissance collective à faire émerger une figure évidente. C’est précisément dans ce vide que ressurgit un vieux réflexe français : l’attente de l’homme providentiel.

Cette attente s’inscrit dans une longue tradition politique. La France aime à se raconter à travers des figures de sauveurs. Napoléon Bonaparte surgissant du chaos révolutionnaire, Charles de Gaulle incarnant le redressement national en 1940 puis en 1958, plus récemment Emmanuel Macron apparaissant en 2017 comme la réponse à l’effondrement simultané des partis traditionnels tout en l’accélérant à vitesse grand V. Mais cette lecture héroïsée relève en grande partie du mythe. Aucun de ces parcours n’est spontané. Tous reposent sur une convergence rare de facteurs : une crise systémique profonde, des relais de pouvoir solides et une fenêtre historique favorable. L’homme providentiel n’est jamais une cause première. Il est toujours le produit d’un moment.

Or, le moment actuel est radicalement différent. Le système politique français s’est profondément transformé au point de rendre cette émergence hautement improbable. D’abord, la fragmentation du paysage partisan empêche toute centralité. Les blocs politiques coexistent sans capacité réelle de dépassement et il est bien impossible de voir naturellement se dégager une majorité absolue au Parlement. Ensuite, la défiance généralisée fragilise toute incarnation. Chaque figure est immédiatement contestée, disséquée, délégitimée. Enfin, l’hyperexposition médiatique empêche la construction d’une stature dans la durée, toute la faiblesse de plus en plus manifeste de nos démocraties face aux régimes qui nous défient et qui voient leurs dirigeants quasi-inoxydables. Là où le temps long permettait autrefois d’installer une autorité, l’instantanéité actuelle produit une usure accélérée. Le système ne fabrique plus de leaders solides. Il génère des candidatures, souvent construites sur une image, mais structurellement fragiles.

Le problème est moins celui des individus que celui des structures. Les partis politiques, longtemps machines de sélection et de formation, se sont transformés en organisations de gestion et de survie. Ils ne produisent plus de leadership, ils le neutralisent. Dans ce contexte, le fantasme du candidat « hors système » prospère. Ne devient-on pas dès la victoire un pur produit du système ? Pourtant, l’exemple de 2017 est éclairant. Derrière l’apparente nouveauté d’Emmanuel Macron, il existait une architecture de pouvoir dense : réseaux administratifs, soutiens économiques, relais médiatiques, et surtout un ancrage politique décisif via le Mouvement démocrate de François Bayrou. L’émergence n’a pas été un miracle, mais une construction. Sans structure, aucune dynamique ne tient.

Faut-il pour autant exclure toute surprise ? Pas totalement. Une figure peut encore émerger rapidement, en s’appuyant sur les réseaux sociaux, sur une dynamique d’opinion ou sur une rupture narrative forte, comme on l’a observé dans certaines démocraties européennes ou nord-américaines. Mais cette émergence n’est qu’un point de départ. Sans organisation, sans maillage territorial, sans capacité à transformer un élan en coalition, elle s’épuise. Surtout, une telle percée ne peut s’inscrire dans la durée qu’à une condition exigeante : proposer une rupture nette avec le modèle hérité de l’après-guerre. Pas un ajustement, mais une redéfinition du contrat social, du rôle de l’État et des équilibres économiques. Faute de quoi, la dynamique retombe aussi vite qu’elle est apparue.

Dès lors, la question n’est plus de savoir si un homme providentiel peut émerger, mais s’il faut réellement le souhaiter. Car cette attente traduit une fatigue démocratique profonde. Elle révèle une société qui doute de sa capacité à produire du compromis et qui projette sur une figure individuelle la résolution de contradictions collectives. Or, cette logique est dangereuse. Elle conduit à surinvestir un individu et à sous-estimer la complexité du réel. Elle prépare inévitablement des déceptions, voire des formes de radicalisation lorsque le « sauveur » échoue à tenir ses promesses.

L’élection de 2027 ne sera pas celle d’un conquérant, mais celle d’un survivant politique ou d’un pseudo-nouveau messie. Le futur président ne sera pas le plus puissant, mais le moins fragile dans un système instable. Sa victoire reposera moins sur une incarnation exceptionnelle que sur une capacité à organiser des contradictions, à construire une coalition hétérogène et à imposer un nouveau cadre de lecture du débat politique. Autrement dit, le pouvoir ne se gagnera plus par la domination, mais par l’art du compromis structuré.

Il faut donc se méfier du mythe de l’homme providentiel. Non parce qu’il serait impossible, mais parce qu’il détourne l’attention de l’essentiel. La crise française n’est pas celle d’un manque d’hommes ou de femmes d’envergure. Elle est celle d’un système politique incapable de produire du collectif. Attendre un sauveur, c’est refuser de voir que la solution ne viendra pas d’un individu, mais d’une recomposition profonde de nos mécanismes démocratiques. En 2027, il n’y aura pas de miracle. Il y aura, au mieux, un équilibre fragile. Et c’est peut-être cela, désormais, la véritable maturité politique.

 Frédéric Roussey

Frédéric Roussey est conseiller international, il accompagne depuis de nombreuses années l’action politique et diplomatique au plus haut niveau. Ancien journaliste indépendant, il a couvert de nombreux terrains géopolitiques à travers le monde.

 

 

avril 21, 2026

Quand le devoir constitutionnel cède le pas au pouvoir institutionnel

Que Dieu bénisse le capitaine Vere : quand le devoir constitutionnel cède le pas au pouvoir institutionnel

Dans la dernière nouvelle d'Herman Melville, Billy Budd, le capitaine Edward Vere ordonne la pendaison d'un marin qu'il sait moralement innocent. Billy Budd a frappé un officier supérieur et l'a tué, mais seulement parce qu'il était faussement accusé de mutinerie et incapable de se défendre. Vere n'a aucun doute à ce sujet. Il déclare au tribunal improvisé ce qu'il croit fermement : Billy est innocent aux yeux de Dieu et de la nature. Puis, il plaide pour la peine de mort, arguant que la loi sur la mutinerie – la loi de la couronne britannique – l'exige. L'allégeance du marin va au roi. La loi du roi a tranché. Billy est pendu, et ses dernières paroles sont : « Que Dieu bénisse le capitaine Vere.» Melville ne nous offre aucune résolution. La nouvelle se termine sur la question qu'elle a soulevée : que signifie le fait que l'allégeance institutionnelle et la réalité morale divergent, et qu'un homme d'autorité choisisse l'institution ? 
 
 

 
 
Cette question est la question opérationnelle à laquelle sont confrontés les officiers de l'armée américaine aujourd'hui, et ce depuis près de quatre-vingts ans. La différence entre la situation de Vere et la leur est celle qui devrait tout changer. Vere prêtait allégeance à un roi. Un officier américain, lui, prête allégeance à un document. Le serment d'un officier commissionné des États-Unis se lit comme suit :
 
Moi, [nom], je jure solennellement de soutenir et de défendre la Constitution des États-Unis contre tous ses ennemis, étrangers et intérieurs ; de lui être fidèle et loyal ; de prendre cet engagement librement, sans aucune réserve mentale ni intention de m'y soustraire ; et de remplir fidèlement les devoirs de la fonction que je m'apprête à exercer. Que Dieu me vienne en aide. 
 
 Il n'est fait aucune mention du président. Il n'y a aucun engagement de loyauté personnelle envers un individu ou une administration. Le serment des engagés ajoute l'obéissance au président et aux officiers, mais celui des officiers commissionnés ne l'ajoute pas. Un officier jure fidélité à la Constitution, et à rien de plus. Le président n'est pas le roi. Cette distinction n'est ni fortuite, ni cérémonielle. 
 
Les hommes qui ont rédigé l'article II et conçu la structure des commissions militaires avaient vécu sous un roi, avaient combattu contre son armée et comprenaient parfaitement ce que signifiait pour les soldats devoir leur loyauté à une personne plutôt qu'à une loi. Le serment a été rédigé pour écarter cette possibilité, pour faire de la Constitution elle-même la source de l'autorité militaire, et non de quiconque occupait le pouvoir exécutif. L'obligation de l'officier envers la hiérarchie découle de l'ordre constitutionnel et n'est légitime que dans la mesure où cet ordre est respecté. Traiter le serment comme une simple formalité, une cérémonie sans portée opérationnelle, n'est pas faire preuve de discipline. C'est une lente subversion institutionnelle perpétrée contre le document et contre chaque soldat qui sert en supposant que ses supérieurs sont tenus par autre chose que les préférences de l'administration en place. 
 
Mises explique cette dynamique dans sa Théorie de la monnaie et du crédit, en observant que « si la guerre est considérée comme avantageuse… alors aucune loi ne pourra faire obstacle à son déclenchement. Dès le premier jour d'une guerre, toutes les lois qui s'y opposent seront balayées. » C'est la description de ce qui s'est produit dans toutes les guerres américaines non déclarées depuis la Corée. L'exigence constitutionnelle d'une déclaration du Congrès n'est ni abrogée, ni contestée ; elle est simplement mise de côté, car l'exécutif a déjà décidé que la guerre était avantageuse, et l'institution s'y conforme. Le seul obstacle qui subsiste à ce processus est l'officier qui considère le serment comme une obligation permanente.
 
Les faits le confirment. Les guerres de Corée et du Vietnam n'ont jamais fait l'objet d'une déclaration de guerre. Les invasions de la Grenade, du Panama, de l'Irak, de la Syrie et de la Libye non plus. La guerre en Afghanistan a duré vingt ans, sous le couvert d'une autorisation d'emploi de la force militaire si large qu'elle équivalait à un chèque en blanc tiré sur les finances publiques. L'article I, section 8, confère au Congrès, et non au président, le pouvoir de déclarer la guerre. Ce texte est resté inchangé. Ce qui a changé, c'est la propension des institutions à considérer son absence comme une simple formalité. Si le serment avait été appliqué à la lettre, si les officiers avaient perçu leur allégeance à la Constitution comme une obligation vivante et non comme un rituel professionnel, la politique étrangère américaine des huit dernières décennies aurait été radicalement différente. Les guerres qui n'auraient pu résister à une contestation constitutionnelle n'auraient pas eu lieu. Les hommes qui ne sont pas revenus de ces conflits auraient pu revenir. Ce constat est difficile à accepter, mais c'est celui qu'exige le serment. 
 
 La guerre contre l'Iran remet cette question sur le devant de la scène. Lorsque le Congrès eut l'occasion de réaffirmer son rôle constitutionnel, la résolution qui aurait contraint le président à solliciter son approbation pour toute nouvelle action militaire fut rejetée. Le pouvoir de guerre, investi constitutionnellement de cette compétence, refusa de l'exercer. Chaque membre du Congrès ayant voté contre cette résolution prêta un serment similaire à celui de tout officier militaire sur le terrain. Un officier qui s'interroge sur la constitutionnalité d'un déploiement dans ce conflit ne fait pas preuve de mauvaise foi. Il ne fait que respecter son serment. 
 
Cette obligation revêt une importance particulière pour l'armée de métier, d'une manière rarement reconnue. Dans son ouvrage « L'Éthique de la liberté », Rothbard établit une distinction nette entre le soldat conscrit et le volontaire. La conscription, selon lui, est une coercition structurelle : le soldat conscrit n'a pas choisi les conditions de son service et ne peut être considéré comme les ayant acceptées librement. Le volontaire, lui, a fait son choix, et ces conditions incluent le serment. Un officier qui jure librement de défendre la Constitution et qui est ensuite déployé dans le cadre d'une guerre non déclarée ne fait pas simplement un compromis éthique personnel. Ils ont violé les termes de l'accord que l'institution leur avait demandé de conclure. L'analyse de Rothbard est que ce n'est pas le soldat qui invoque la Constitution qui rompt le contrat, mais l'institution qui les a envoyés à la guerre sans déclaration.
 
Ulysses S. Grant le comprenait par expérience personnelle. Dans ses Mémoires, il revient sur la guerre américano-mexicaine avec une franchise implacable : « Pour ma part, je m’opposais farouchement à cette guerre et, encore aujourd’hui, je considère qu’elle fut l’une des plus injustes jamais menées par une nation forte contre une nation faible.» Il avait servi, obéi aux ordres et accompli son devoir dans une guerre qu’il jugeait injuste dès le départ. Il comprenait aussi pourquoi toute résistance est quasiment impossible une fois la machine enclenchée. « Une fois lancée, rares étaient les personnalités publiques qui auraient le courage de s’y opposer.» Et enfin, avec une franchise qui devrait inquiéter quiconque a porté l’uniforme : « L’expérience prouve que celui qui entrave une guerre dans laquelle sa nation est engagée, qu’il ait raison ou tort, n’occupe pas une place enviable dans la vie ni dans l’histoire.» Grant ne déplorait pas cela. Il décrivait le mécanisme qui impose le silence et le nommait honnêtement comme la raison pour laquelle le respect des serments est si rare. Hayek a cerné l’enjeu ultime. Dans La Route de la servitude, il écrivait que l'État de droit « signifie que le gouvernement, dans toutes ses actions, est lié par des règles fixées et annoncées à l'avance ». Lorsqu'un pouvoir exécutif déclenche une guerre pendant des négociations, sans déclaration de guerre, et que le Congrès refuse même de voter sur la question, l'État de droit n'est pas seulement mis à l'épreuve. Il est totalement abandonné dans ce domaine. Il ne reste alors que le pouvoir des hommes, de ceux qui occupent les fonctions concernées et qui jugent la situation suffisamment urgente.  
 
Hayek comprenait que c'est ainsi que les sociétés libres perdent leur caractère, non pas par une rupture brutale, mais par le poids cumulatif des précédents, chacun défendable en soi, qui, ensemble, établissent que les contraintes constitutionnelles s'appliquent à tous, sauf à ceux qui sont habilités à déclarer l'état d'urgence. 
 
Les tribunaux n'offrent aucun remède. La doctrine de la question politique permet aux tribunaux fédéraux de décliner leur compétence sur les litiges relatifs aux pouvoirs de guerre en les déclarant insolubles par voie judiciaire, ce qui, en pratique, revient à renvoyer la question constitutionnelle aux pouvoirs politiques qui ont déjà démontré leur réticence à y répondre. L'officier se retrouve seul face à son serment. 
 
Le serment d'office n'est pas un engagement de loyauté envers une personne ou une administration ; c'est une déclaration publique, faite librement, par laquelle l'officier comprend que son autorité découle d'un ordre constitutionnel et accepte l'obligation personnelle de défendre cet ordre. Les officiers américains ne sont pas des Billy Budd ; ce sont des capitaines Vere. Ils détiennent le pouvoir, ils convoquent les tribunaux et ils décident du bon fonctionnement de l'appareil d'État.


 
Patrick Frise works at a Minnesota-based law firm.
 

https://mises.org/mises-wire/god-bless-captain-vere-when-constitutional-duty-yields-institutional-power

 
 
 

 

avril 20, 2026

Les nouvelles internes de FRANCE !

Sommaire:

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ? 

C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

 


 

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

Dans une interview explosive diffusée ce vendredi 17 avril 2026 sur la chaîne Tocsin, Christophe Morel, figure historique des Gilets Jaunes, revient sans filtre sur l’état du mouvement et la crise profonde que traverse la France. Face à l’animateur, il martèle un message clair : 

les Gilets Jaunes n’ont pas disparu, ils se sont transformés, et le système tout entier doit être remis en cause.

Les Gilets Jaunes : toujours là, mais plus discrets

Interrogé sur l’atmosphère du mouvement et les appels à une nouvelle mobilisation (notamment dans le Nord ce week-end), Christophe Morel explique que les Gilets Jaunes sont loin d’être morts. Si les grandes manifestations de 2018-2019 ont diminué en nombre, le mouvement perdure sous des formes plus décentralisées :

« Juste parce qu’on ne parle plus d’un mouvement, ça ne veut pas dire que ce mouvement n’existe plus. »

Il cite les dizaines de ronds-points encore occupés, les associations, les collectifs et même un syndicat des Gilets Jaunes. La répression passée a poussé le mouvement à devenir plus discret, mais il reste très actif sur le terrain et sur les réseaux sociaux. « Les Gilets Jaunes sont bel et bien sur les ronds-points », insiste-t-il.

Soutien total aux combats du quotidien

L’interview bascule ensuite sur les images en direct de la ferme Soulet en Ariège, où des citoyens protestent contre la vaccination obligatoire des animaux. Christophe Morel apporte un soutien sans équivoque :

« Les Gilets Jaunes ont cette particularité… d’être du côté de toutes les luttes pour la justice, la dignité, le bien commun de tous et contre tous les abus d’autorité de cette oligarchie. »

Le Gilet Jaune devient pour lui un symbole universel : contre l’injustice, l’inégalité et l’autoritarisme.

Un système « non viable » et condamné d’avance

Christophe Morel pointe du doigt l’explosion des prix du carburant – passé de 1,547 € en 2018 à 2,23 € aujourd’hui – comme symptôme d’un mal plus profond :

« La hausse des prix du carburant est une conséquence d’un système non viable… condamné dès sa conception. »

Pour lui, les Gilets Jaunes ne se contentent pas de protester contre un symptôme : ils contestent le système à sa racine. Il appelle à une « émancipation populaire » et à une refondation profonde de la gouvernance.

Appel à l’union populaire : « La solution est politique au sens noble »

Au-delà des luttes corporatistes ou partisanes, Christophe Morel plaide pour une « coagulation populaire » qui rassemble toutes les professions ainsi que les chômeurs, les sans-abri et les citoyens ordinaires :

« La lutte ne doit pas être partisane… elle doit être faite pour tout le monde. Nous avons besoin de prendre du recul sur tout ça et de chercher vraiment une solution collective. »

Il cite l’exemple de l’Irlande pour montrer que d’autres peuples ont su reprendre leur souveraineté. Pour lui, la réponse ne peut être que politique, au sens le plus noble du terme : remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

Où retrouver les Gilets Jaunes ?

Christophe Morel donne des points de rendez-vous concrets : le rond-point du parapluie à Grande-Synthe, des actions à Paris, Besançon et bien d’autres, relayés sur les réseaux sociaux et les médias indépendants.

En conclusion, cette intervention cash sur *Tocsin* sonne comme un rappel : les Gilets Jaunes de 2018 n’ont pas été vaincus, ils ont muté. Face à une France qui s’enfonce dans la misère sociale et l’autoritarisme, ils incarnent toujours cette révolte populaire qui refuse de mourir.

Le message est limpide : il faut « foutre en l’air ce système complètement » et reconstruire ensemble.

https://multipol360.com/il-faut-foutre-en-lair-ce-systeme-completement-un-gilet-jaune-cash-sur-tocsin/ 

 


 

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ?  

Dans la « Matinale Tocsin » du 17 avril 2026, l’ambiance était électrique. Face à Nicolas Vidal, deux voix du terrain – David Lequent, patron pêcheur artisan et président de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), et Fabien Diaz, responsable du syndicat Art Taxi 32 dans le Gers – ont dressé un tableau sans filtre de l’exaspération qui monte dans les petites entreprises françaises. Le carburant qui flambe, les taxes qui étranglent, l’État accusé de remplir ses caisses pendant que les artisans coulent : le constat est clair, et le ton est celui d’une période pré-révolutionnaire.

Une mobilisation nationale fixée au 2 mai… mais déjà sabotée ?

David Lequent a lancé l’appel : une grande journée de rassemblement à Paris le 2 mai, au Trocadéro, ouverte à toutes les corporations touchées (pêcheurs, taxis, ambulanciers, agriculteurs, transporteurs, citoyens lambda). Objectif affiché : faire pression sur le gouvernement face à la crise du gazole et de l’énergie fossile, dont les prix ont explosé ces dernières semaines.

Mais dès l’annonce, l’administration a répondu par une mesure inédite : la préfecture exige une caution de 10 millions d’euros pour autoriser le rassemblement place du Trocadéro, au motif de la présence de bâtiments anciens. « Jamais vu ça », s’étonne David Lequent. « On n’a pas demandé ça à la CGT ni à FO. » Face à cette « aberration », le lieu devra être changé. Pour les organisateurs, le message est limpide : l’État a peur de ce qui pourrait se passer.

Fabien Diaz, lui, préfère une autre stratégie : des actions décentralisées devant les mairies et préfectures partout en France. « Il faut éviter de donner du grain à moudre à la milice », explique-t-il, en référence aux débordements souvent provoqués ou instrumentalisés par les forces de l’ordre lors des grands rassemblements parisiens. Il annonce déjà une réunion publique ouverte à tous dans le Gers avec députés et sénateurs pour les mettre face à leurs contradictions sur les taxes carburant.

Le seuil de rentabilité franchi : les bateaux restent au port

Pour les pêcheurs artisans, le chiffre est implacable : le seuil de rentabilité du gazole est à 60 centimes le litre. Au-delà, c’est le gouffre.

« On va pêcher juste pour payer le carburant, sans salaire pour l’équipage ni pour l’armement »

témoigne David Lequent. Résultat : de plus en plus de bateaux restent à quai, des ports se mobilisent localement, et la filière – déjà laminée par les quotas, les aires marines protégées et les réglementations successives – voit ses effectifs fondre.

Même son de cloche chez les taxis et les petites entreprises :

« L’État n’est plus là pour nous protéger, il a une volonté de nous tuer »,

lance Fabien Diaz. Il parle d’ubérisation de la société : disparition progressive des artisans au profit des grands groupes, liquidations judiciaires qui s’enchaînent chaque jour.

280 millions d’euros de surplus de taxes… et rien pour les Français

Les deux invités pointent du doigt le même paradoxe : l’État perçoit des surplus records grâce à la hausse des carburants (280 millions d’euros récemment cités), mais refuse tout plafonnement des prix ou baisse des taxes. « C’est du racket pur et simple », résume David Lequent. « On donne à l’économie française, et en cas de coup dur, cet argent ne nous revient pas. »

Ils rappellent que la France est l’un des rares pays européens à ne rien faire pour soulager ses citoyens et ses entreprises. Pendant ce temps, la mayonnaise monte dans tous les secteurs : pêche, taxis, ambulances, agriculture, transport routier.

Un spectre irlandais et le souvenir des Gilets Jaunes

David Lequent n’hésite pas à évoquer le spectre de la révolution irlandaise qui « flotte sur l’État français ». Il rappelle comment, en Irlande, des réunions publiques locales ont débouché sur une mobilisation spontanée massive à Dublin en quelques jours. « Si l’État ne réagit pas, la France peut s’embraser », prévient-il.

Pour beaucoup d’observateurs, cette colère multi-corporations rappelle les prémices des Gilets Jaunes en 2018 – un mouvement né exactement de la même étincelle : la hausse du carburant et le sentiment d’abandon des territoires et des petites gens. Les Gilets Jaunes auraient-ils été, en réalité, un galop d’essai ? Une répétition générale avant une mobilisation plus large, plus structurée, qui cette fois-ci regroupe déjà les professions les plus exposées et ne se limite plus à un seul symbole ?

Les deux invités le sentent : le peuple est à bout. « On demande qu’à bosser tranquillement, faire vivre nos familles », martèlent-ils. Mais si rien ne change, « le citoyen, le peuple va dire stop ».

La balle est dans le camp du gouvernement

À quelques jours du 2 mai, le message est lancé : plus on sera nombreux, plus la pression sera forte. David Lequent appelle tous les marins-pêcheurs, toutes les entreprises impactées et tous les citoyens à converger vers la capitale. Fabien Diaz mise sur l’essaimage local et les confrontations directes avec les élus.

L’État est prévenu. Entre une caution jugée provocatrice, un refus obstiné de plafonner les prix et une exaspération qui traverse tous les métiers, la France des artisans et des territoires semble entrée dans une véritable période pré-révolutionnaire. Les Gilets Jaunes n’étaient peut-être que le premier acte. Le deuxième pourrait s’écrire dès le 2 mai… si le gouvernement continue de faire la sourde oreille.

https://multipol360.com/carburant-la-colere-des-artisans-explose-le-2-mai-pourrait-il-etre-le-declencheur-dune-nouvelle-vague-populaire/

 


C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

Il est intellectuellement paresseux d’aborder la question du voilement des enfants sous un angle strictement laïque. Il ne s’agit ni d’expliquer aux jeunes filles qui portent le voile qu’elles menaceraient le vivre-ensemble républicain, comme l’a affirmé le ministre Laurent Nuñez lors de la rupture du jeûne le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, ni de débattre d’une pratique religieuse. Il est ici question de droits liés à la protection de l’enfance.

Si l’on se penche sur la charia et le fiqh islamique, le voile ne protège pas les petites filles de la sexualisation. Il les y fait entrer. Dans la logique des interprétations liées à la sourate 33, verset 59, le voile est présenté comme un signe permettant une distinction morale et statutaire entre les corps féminins. On apprend aux jeunes filles dès le plus jeune âge à adapter leur corps au regard masculin.

En parallèle, dans la sourate 65, verset 4, on peut lire la phrase « de même pour celles qui n’ont pas encore de règles », comprise par de nombreux exégètes et juristes sunnites comme incluant les jeunes filles avant leurs premières règles. Ces interprétations montrent que le texte prévoit juridiquement des prépubères dans le cadre du mariage et de sa dissolution.

Autrement dit, le voile sexualise les petites filles. Il les inscrit dans une logique où leur corps doit être caché, protégé et contrôlé. Elles deviennent ainsi responsables du regard des hommes.

Quant au droit à la liberté de conscience, protégé par la CIDE, il est souvent confondu avec l’imposition de la religion des parents. L’État reste pourtant garant de ce droit, alors même que l’enjeu réel du voilement des enfants réside dans la pression religieuse et la sexualisation précoce. Il lui revient donc de protéger l’enfance contre toute forme de maltraitance, y compris celles liées aux abus religieux. En tout état de cause, instrumentaliser des enfants ne fera pas avancer le prétendu « combat contre l’islam politique ».

La récente polémique autour des propos de Laurent Nuñez sur le voilement des enfants met en lumière une contradiction profonde dans la manière dont l’État appréhende la question religieuse, et en particulier l’islam. D’un côté, une volonté affichée de fermeté face à l’islamisme et aux logiques séparatistes. De l’autre, un discours qui tend à éviter toute conflictualité avec certaines pratiques religieuses, y compris lorsqu’elles concernent des mineures.

Cette tension est d’autant plus forte que la séquence se déroule à la Grande Mosquée de Paris, institution historiquement structurée par l’influence algérienne en France. Dès lors, la parole ministérielle s’inscrit dans un environnement diplomatique et communautaire sensible.

Ce contexte est renforcé par les fortes tensions entre la France et l’Algérie, notamment autour des OQTF et des laissez-passer consulaires, mais aussi des négociations relatives à la libération de Christophe Gleizes. De fait, chaque prise de parole publique sur l’islam du ministre de l’Intérieur et des Cultes est perçue comme un signal politique.

À cela s’ajoute que la France est un pays durablement marqué par les attentats islamistes. Ce traumatisme structure profondément le débat public qui se polarise autour de l’usage du terme « islamophobie » dont la définition demeure floue et politiquement disputée. Cette conflictualité permanente produit un effet paradoxal empêchant à la fois de nommer clairement les problèmes et de les traiter sereinement.

L’État oscille donc entre plusieurs logiques. Il cherche à contenir les dérives, à éviter la stigmatisation, à maintenir un équilibre diplomatique et à répondre à une demande sociale forte de clarté et de protection. Mais en voulant tenir ensemble ces impératifs contradictoires, il finit par brouiller sa propre position.

Cette difficulté est d’autant plus marquée que la question de l’islam en France ne peut être dissociée de réalités démographiques et politiques. La diaspora algérienne y occupe une place importante, et une part significative de celle-ci est de culture ou de confession musulmane. Dès lors, toute prise de position publique s’inscrit dans une lecture communautaire potentielle, renforçant à la fois la prudence et l’ambiguïté de la parole ministérielle.

Cette ambiguïté n’est pas seulement politique ou diplomatique. Elle soulève une question plus fondamentale sur le rôle même de l’État face au fait religieux.

Pourquoi l’État refuse-t-il d’intervenir sur le voilement des enfants tout en prétendant organiser un islam « acceptable » ? Il en vient alors à sélectionner certains interlocuteurs et à leur déléguer implicitement la définition des pratiques religieuses compatibles avec les principes républicains, comme l’illustre la publication en février dernier d’un guide de près de 1 000 pages par la Grande Mosquée de Paris.

La véritable question est donc de savoir qui décide de ce que serait un « bon islam » ? Selon quels critères juger des pratiques à encourager ou à bannir dans un pays laïque ? En quoi encadrer la foi personnelle des individus serait-il légitime ? Et pourquoi la Grande Mosquée de Paris serait-elle plus légitime qu’un autre interlocuteur ?

Mettre en scène un islam républicain ne change rien au fond du problème. Tant qu’on refuse d’affronter un corpus théologique qui a historiquement légitimé la répression de l’apostasie, la hiérarchie des sexes ou encore la subordination politique, nous resterons dans le slogan.

Rihame Allouch et Mehdy Raïche


 https://nouvellerevuepolitique.fr/rihame-allouch-et-mehdy-raiche-voilement-des-enfants-ou-quand-letat-ne-veut-pas-choisir/

 

 

 


D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

Face à la « gentrification économique » du RN, le patronat doit privilégier la realpolitik. L’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’exigence de la crédibilité économique.

Il fut un temps, pas si lointain, où le simple fait pour un dirigeant d’entreprise de croiser un cadre du Front National relevait de l’hérésie. Il y a peu encore, toute rencontre entre un patron et Marine LE PEN ou Jordan BARDELLA n’était envisageable que sous le sceau du secret. On se souvient de cet épisode, vieux de sept ans déjà, où le MEDEF, cédant à la pression politique et médiatique, avait fini par décommander Marion MARÉCHAL, pourtant invitée à venir s’exprimer devant les chefs d’entreprise. Aujourd’hui, bien que quelques gardiens autoproclamés du temple républicain s’indignent encore d’une « banalisation » de l’extrême droite, la donne a changé.

Considérer que de telles rencontres fassent figure de transgression trahit une approche biaisée de notre vie démocratique. Échanger avec un chef de parti, qui jouit d’une représentation à l’Assemblée nationale, ce n’est pas l’approuver ni encore moins l’adouber ; c’est l’écouter et l’informer, le défier voire le corriger. Refuser le dialogue par crainte de « pactiser avec le diable » relève d’une étonnante conception du dialogue républicain et du diable lui-même. Le monde de l’entreprise a infiniment plus à gagner à tenter de faire tomber les écailles idéologiques des yeux de ses interlocuteurs politiques qu’à feindre de les ignorer. Nous ne sommes plus au temps des excommunications de salons parisiens, mais à celui des bilans comptables et des défis de terrain.

Une « gentrification économique » qui rebat les cartes

Nous assistons ces 10 dernières années et particulièrement aujourd’hui à une dynamique implacable : la véritable « gentrification économique » du Rassemblement National. Fini le parti exclusivement cantonné aux débats enflammés sur les seules valeurs, la nation ou l’identité. La mue est là, chiffrée, palpable. L’économie représente aujourd’hui près des deux tiers des propositions du parti, contre à peine 10 % par le passé. Ce basculement n’est pas un simple ripolinage de façade, c’est une nécessité stratégique pour un mouvement qui ambitionne de gouverner.

Sous la conduite de Marine LE PEN, le parti à la flamme a opéré des aggiornamenti spectaculaires pour rassurer les marchés, les investisseurs et les acteurs économiques : renoncement formel à la sortie de l’Union européenne, abandon de la sortie de l’euro et même une conversion inattendue à la règle orthodoxe des 3 % de déficits. Face aux dérapages économiques de LFI, le RN drague ouvertement les patrons. En se positionnant avec une telle insistance sur les questions régaliennes et budgétaires, la stratégie est limpide : le mouvement cherche à siphonner l’espace historique laissé vacant par une droite républicaine en perte de repères et divisée par sa querelle des chefs. Pour l’entourage de la direction du parti, dans les difficultés économiques de cette fin de quinquennat, il s’agit désormais de se crédibiliser, de défendre la science contre le dogme, de substituer le réalisme aux œillères isolationnistes du passé.

L’épouvantail a changé de camp, reste le défi de l’incarnation

Ne nous y trompons pas : la priorité absolue des chefs d’entreprise – qu’ils dirigent une TPE de proximité, une PME industrielle ou un grand groupe – reste la stabilité. Dans un climat marqué par l’inflation, le mur d’investissements de la transition écologique et la rudesse de la concurrence internationale, nos entreprises ont besoin de visibilité, pas de chimères idéologiques. Or, sur ce terrain de l’anxiété économique, l’épouvantail a clairement changé de camp. Aujourd’hui, le risque majeur de déstabilisation économique perçu par le patronat vient bien moins de l’extrême droite que des thérapies de rupture promues par l’extrême gauche, LFI en tête. Face aux menaces de chaos social, d’asphyxie fiscale et réglementaire, le discours économique lissé du RN trouve une oreille plus attentive.

Cependant, attention aux mirages ! Si le dialogue est ouvert, le blanc-seing n’existe pas. Les échos récents des rencontres entre les parlementaires RN et des cercles d’entrepreneurs font état de divergences persistantes. Et c’est heureux. C’est bien la preuve éclatante qu’une rencontre n’est jamais une reddition, dans un sens ou dans l’autre.

La grande question qui se pose désormais au RN est implacable : le casting politique et technocratique du parti sera-t-il jugé suffisamment robuste, pointu et crédible à l’avenir pour effacer les échecs cuisants des précédents débats présidentiels ? L’épreuve du pouvoir ne tolère ni l’amateurisme ni l’à-peu-près. Ce réalisme est une règle désormais vitale pour le RN dans son rapport à l’économie ; et il est tout aussi nécessaire au monde économique dans son rapport décomplexé au RN.

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad est entrepreneur et président du Think Tank Étienne Marcel. Membre de la Société d’économie politique, il est aussi président de la commission du développement économique du Conseil économique, social et environnemental régional en Île-de-France. Il est également membre de la Chambre de commerce et d’industrie de la Région de Paris-Île-de-France. Auteur de L'Avenir appartient aux PME paru chez Dunod, Bernard Cohen-Hadad est l’auteur de nombreuses tribunes publiées dans les médias. Il a été membre de l’Observatoire de l’épargne réglementée, de l’Observatoire du financement des entreprises, de l’Observatoire des PME et ETI par le marché et du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Il participe actuellement à l’Euro Retail Payment Board (ERPB) auprès de la Banque centrale européenne, au Comité national des moyens de paiements (CNMP) et au Comité pour l’éducation financière (EDUCFI). Il est membre du Conseil scientifique de l’École supérieure des métiers du droit.

https://nouvellerevuepolitique.fr/le-rn-et-les-entreprises-de-lostracisme-a-lepreuve-du-reel/ 

 

 


E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

La décision de rapatrier 129 tonnes d’or depuis les États-Unis n’a rien d’un geste folklorique ni d’une bravade dirigée contre Washington. Officiellement, il s’agissait de moderniser les lingots conservés à l’étranger et de les remettre aux standards du marché. L’opération, présentée par TF1 comme une manœuvre technique, a aussi permis à la France d’enregistrer une importante plus-value comptable, estimée à 12,8 milliards de dollars. 

Un retour matériel, mais surtout politique

Il faut partir d’un constat simple : l’or n’est pas un actif comme les autres. On le dit archaïque, dépassé, relégué par la finance électronique, mais chaque crise sérieuse lui redonne sa vraie fonction. L’or reste la garantie ultime, celle qui échappe au risque de contrepartie, aux sanctions, aux défaillances bancaires et aux emballements monétaires. Quand un État choisit de le garder chez lui, il ne parle pas seulement de rendement ou de stockage. Il parle de contrôle, donc de souveraineté.

La France détient aujourd’hui environ 2 436 tonnes d’or, principalement conservées à la Banque de France. Ce volume la place parmi les grands détenteurs mondiaux et constitue l’un des rares actifs stratégiques dont la valeur politique croît à mesure que le désordre international s’aggrave. 

La fin de l’innocence monétaire

Pendant longtemps, conserver une partie du stock à New York allait de soi. Cela relevait de la logique du système occidental : sécurité américaine, centralité du dollar, confiance dans les circuits de la Réserve fédérale. Mais cette géographie de la confiance s’est fissurée. Les sanctions financières, le gel d’avoirs souverains et la fragmentation croissante du système mondial ont changé la nature du problème. Désormais, posséder un actif ne suffit plus. Encore faut-il le posséder là où personne ne peut en limiter l’usage.

C’est là que le rapatriement de l’or prend une autre signification. Même quand il est présenté comme une modernisation logistique, il traduit une prudence stratégique. Les États ont compris qu’en période de fortes tensions, la souveraineté ne se mesure pas seulement par la quantité de réserves, mais par la maîtrise physique de ces réserves.

À lire aussi : ÉCONOMIE – La contre-offensive monétaire de Pékin : Xi Jinping veut défier l’empire du dollar

Le retour silencieux du métal dans la géopolitique

Ce mouvement français s’inscrit dans une tendance plus vaste. Depuis plusieurs années, l’or redevient un instrument de puissance. Les banques centrales en achètent massivement, tandis que plusieurs pays cherchent à réduire leur exposition au dollar et aux actifs vulnérables aux décisions politiques américaines. Le regain d’intérêt pour l’or n’est donc pas un réflexe défensif isolé, mais un symptôme de la dédollarisation partielle du monde et de la méfiance croissante envers l’ordre financier hérité de l’après-guerre. 

Dans ce cadre, le rapatriement de 129 tonnes n’est pas un épisode anecdotique. Il révèle quelque chose de plus profond : même au cœur du camp occidental, l’idée progresse que la sécurité financière ne peut plus être totalement externalisée. L’allié demeure l’allié, certes, mais la dépendance, elle, devient un risque.

Un signal pour le temps qui vient

Le plus intéressant n’est donc pas l’or lui-même, mais ce qu’il raconte. Il raconte la montée d’un monde moins confiant, moins fluide, plus conflictuel. Un monde où les chaînes financières sont des instruments de pression, où les réserves deviennent des outils de résilience, et où la matérialité reprend ses droits face à l’abstraction monétaire.

La France n’a pas seulement déplacé des lingots. Elle a, en réalité, réaffirmé un principe ancien que l’on croyait effacé : dans les temps d’incertitude, la puissance commence par ce que l’on tient réellement entre ses mains.

Giuseppe Gagliano


Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

https://lediplomate.media/decryptage-or-rentre-paris-avec-lui-idee-souverainete/

 

 


 

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

Dans une interview diffusée récemment sur Tocsin (media indépendant), Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l’Union française des pêcheurs artisans (UFAPA), dresse un tableau alarmant de la filière pêche française. Face à la flambée historique du gasoil marin, les bateaux restent à quai, les entreprises perdent de l’argent à chaque sortie en mer et les marins-pêcheurs artisans lancent un cri d’alarme :

« La pêche est condamnée à disparaître. »

L’interview, enregistrée mi-avril 2026, intervient dans un contexte de crise énergétique déclenchée par les tensions au Moyen-Orient.

Une crise du carburant qui fait couler la filière

Avant la crise actuelle, le gasoil marin (détaxé) oscillait autour de 0,60-0,65 € le litre. Il a aujourd’hui explosé entre 1,10 € et 1,40 € selon les ports, voire plus dans certaines régions isolées. Or, le carburant représente 35 à 45 % des charges d’exploitation des navires artisanaux. Résultat :

« À chaque fois que les bateaux partent en mer, ils perdent de l’argent », explique Jean-Vincent Chantreau. Nombreux sont ceux qui restent le long des quais, cuves vides.

Le secrétaire général de l’UFAPA rappelle que la pêche artisanale croule déjà sous les normes européennes, la concurrence des importations massives et la prolifération des parcs éoliens offshore qui réduisent les zones de pêche. La hausse du gasoil agit comme un « coup de semonce » fatal.

L’aide gouvernementale jugée insuffisante

Le gouvernement a annoncé fin mars un plan d’urgence de 70 millions d’euros pour avril, dont 5 millions d’euros dédiés à la pêche (remboursement de 20 centimes par litre). Jean-Vincent Chantreau est clair : « Ce n’est pas dans les clous. » Le seuil de rentabilité ou même d’équilibre se situe autour de 0,60-0,70 € le litre. Avec l’aide, le gasoil reste donc largement au-dessus de 1 €. « Nous sommes très largement en perte », insiste-t-il.

Des solutions concrètes proposées… et ignorées ?

L’UFAPA a transmis plusieurs pistes au gouvernement et à la ministre de la Mer Catherine Chabaud :

Encadrer les marges des compagnies pétrolières : passer d’un profit de guerre (30-33 % de marge brute) à un profit constant.

Réduire les taxes (TVA, TICPE, CE carbone) ou baisser temporairement la TVA à 15-17 % comme autorisé par l’Europe.

Réaffecter les taxes éoliennes : plus de 60 millions d’euros déjà collectés auprès des exploitants de parcs offshore (2024-2026) et non utilisés pour la décarbonation de la pêche.

Moratoire d’un an sur les subventions éoliennes offshore (8 à 10 milliards d’euros par an via la PPE3) pour soulager les carburants.

Microtaxe européenne de 1 centime par kilo sur les produits agroalimentaires importés de pays tiers, afin de créer un fonds souverain de soutien aux filières locales.

Chantreau conclut : « Il faut trouver l’argent là où il y en a » sans impacter le porte-monnaie des Français.

 

Vers une mobilisation historique le 2 mai

Face au silence, l’action s’organise. Des blocages de ports ont déjà eu lieu en Corse et dans les Hauts-de-France ; des manifestations ciblent les dépôts de carburant (comme au Calvados le 15 avril).

Le samedi 2 mai 2026 à 11 h, les pêcheurs artisans appellent à une grande mobilisation pacifique et multisectorielle place du Trocadéro à Paris, sous la bannière du mouvement « Réveil des terroirs ».

Seront présents : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, artisans, commerçants et taxis. Objectif : « Nous rapprocher des oreilles du gouvernement et de Matignon » pour imposer un vrai débat avant les élections présidentielles de 2027. « Sinon ça va déborder », prévient Jean-Vincent Chantreau.

Il insiste sur l’enjeu souverain : sans pêcheurs et sans agriculteurs locaux, la France risque la pénurie alimentaire dans un contexte géopolitique tendu. « Le poisson que vous ne pêchez pas, ce sont autant de denrées en moins sur le marché. »

L’interview se termine par un appel clair : rendez-vous le 2 mai à Paris. La filière pêche, déjà fragilisée depuis des années, voit dans cette crise du carburant le risque d’une disparition définitive des petits bateaux artisans qui font vivre les littoraux français.

https://multipol360.com/pecheurs-francais-au-bord-de-la-rupture-nous-sommes-en-train-de-mourir/

 

Powered By Blogger