octobre 15, 2026

Raphaël Glucksmann

"Les emmerdes commencent" : les huit défis que Raphaël Glucksmann va devoir relever après sa victoire à la primaire de la gauche

Désigné dès le premier tour d'un scrutin qu'il voulait initialement éviter, le candidat de Place publique et, désormais, du Parti socialiste doit maintenant rassembler un camp divisé s'il veut rester dans la course à l'Elysée. 

 

"Du pain sur la planche." Voilà comment un soutien de Raphaël Glucksmann résume l'état d'esprit dans le camp du vainqueur de la primaire social-démocrate, lundi 12 octobre. "Les emmerdes commencent", s'amuse, plus prosaïquement, un cadre du Parti socialiste. La veille, l'eurodéputé et leader de Place publique s'est imposé dès le premier tour, avec deux tiers des suffrages (66,17%), un score qui a surpris jusqu'à ses conseillers.

Désormais, l'intellectuel converti à la politique, enfariné après sa victoire dimanche soir, fait face à de nombreux défis. Du rassemblement avec ses anciens adversaires au dialogue avec les autres forces de gauche, en passant par le travail sur son programme, les chantiers ne manquent pas.

1 Rassembler un PS divisé

Pas issu du parti, Raphaël Glucksmann doit embarquer dans sa campagne des socialistes qui sont nombreux à l'avoir vigoureusement critiqué durant la primaire. Ses soutiens veulent y croire. L'enjeu est de faire une place "à toutes les sensibilités et à tous les candidats" vaincus, explique à l'AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. "Après 50 nuances de bordel, il y aura 50 nuances de gauches autour d'un candidat", vantait, dimanche soir, un proche d'Olivier Faure.

Pour autant, certains au PS pourraient limiter leur soutien au service minimum. "Le stagiaire a gagné, malheureusement", a commenté une Ségolène Royal amère, questionnée sur franceinfo(Nouvelle fenêtre) au sujet du surnom peu flatteur dont elle avait affublé Raphaël Glucksmann. La candidate socialiste à la présidentielle 2007 l'avait plusieurs fois brocardé, notamment lors des débats télévisés. "Certains élus vont avoir piscine, ou envie d'aller pisser un peu plus longtemps que prévu", présageait un autre cadre fauriste dès la fin septembre.

Une partie des soutiens de Raphaël Glucksmann a même intégré cette idée, et se méfie particulièrement du premier secrétaire du PS, largement battu dimanche (14,46%) : "Olivier Faure dira 'rassemblons-nous', mais il nous mettra des bâtons dans les roues, en se taisant sur les succès et en pointant les échecs", grince l'un des proches du candidat. "Il l'a fait avec Anne Hidalgo", représentante malheureuse du PS en 2022 (1,76%).

2 Convaincre Les Ecologistes et les autres forces de gauche

Comme l'assure un cadre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, "faire un pas vers Les Ecologistes" fait partie de ses priorités. Un des courants internes au parti, soutenu par Yannick Jadot, a fait un pas vers le vainqueur de la primaire en appelant la direction à entamer des discussions avec lui. Mais la patronne du parti Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle, ne compte pas abandonner. Une partie des Ecologistes, dont Sandrine Rousseau, défend en miroir un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise. Ce sont les adhérents qui trancheront la stratégie du parti pour la présidentielle au mois de décembre.

Raphaël Glucksmann doit aussi convaincre les communistes, eux aussi pleinement lancés dans la course à l'Elysée avec Fabien Roussel. "Si demain Les Ecologistes et les communistes se retirent, on passe devant Jean-Luc Mélenchon", croit même un élu socialiste pro-Glucksmann.

D'autres formations, au poids plus modeste, avaient appelé à ouvrir la primaire de l'ensemble de la gauche, comme L'Après, formée par des anciens de La France insoumise, ou Debout !. Le mouvement de François Ruffin, d'un côté, a appellé "à l'union, au sursaut et aux échanges entre toutes les forces de gauche". Mais, de l'autre, le député de la Somme a raillé la primaire dimanche soir sur X(Nouvelle fenêtre) : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !" Signe que le rassemblement est loin d'être acquis.

3
 Tenir sur son refus d'alliance avec LFI, y compris aux législatives

Après avoir fait campagne sur la rupture avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann affirme que son score clôt le débat à gauche sur une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, plus ouvert à cette idée, "n'est plus majoritaire au sein de son propre parti (...) et il n'y aura plus d'alliance avec LFI, ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire", a-t-il insisté lundi matin sur France Inter. Mais le premier secrétaire du PS ne compte pas se mettre en retrait de sa fonction malgré sa lourde défaite. Et il avait prévenu, avant la primaire, que le PS déciderait "seul" de ce qu'il ferait pour les prochaines législatives, après avoir été l'un des architectes des accords de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, en alliance avec LFI.

Si la question est une ligne rouge pour Raphaël Glucksmann, un proche lui conseille toutefois de ne pas trop insister sur ce point : "Je lui ai dit de ne pas dire qu'il ne voulait plus d'alliance avec LFI, mais au contraire qu'il a besoin de tous les électeurs de gauche."

4 Rassembler des électeurs au-delà d'une base étriquée

Certes large vainqueur, l'eurodéputé a reçu le soutien de près de 80 000 personnes sur un total de plus de 120 000 votants, membres du PS, de Place publique (qui revendique près de 3 000 adhérents) ou ayant décidé de participer sans adhésion moyennant la somme de 15 euros. Ses détracteurs raillent une participation bien en deçà de celle de la dernière primaire de gauche, en 2017, qui était à l'époque ouverte à tous, au prix de 1 euro et de la signature d'une charte de valeurs. "C'est sûr que le nombre de votants permet de nuancer un peu ce score. Néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité", note Diane Lamotte, de l'institut de sondages Ipsos-BVA, sur franceinfo.

Mais le candidat a besoin de convertir ce soutien militant en intentions de vote, en élargissant sa base électorale. Dans quelle direction ? Il y a là une "difficulté stratégique", estime le politologue Jean-Yves Dormagen dans Le Point(Nouvelle fenêtre). "Il doit gérer une double concurrence, avec Jean-Luc Mélenchon, sur sa gauche, et avec les candidats du bloc central, de l'autre, Gabriel Attal et Edouard Philippe. (...) Il lui faut donc gagner des voix au centre, sans perdre la frange la plus à gauche de ses électeurs", analyse-t-il. "Avec toutes les critiques qui le visent, il a plutôt intérêt à commencer à chercher à parler à la gauche plutôt qu'au centre", estime un cacique socialiste.

C'est ce que Raphaël Glucksmann semble avoir choisi de faire dès dimanche soir, en s'adressant au "peuple de gauche" et à la "gauche démocratique", et en se posant en rassembleur de sa famille politique. "Je veux que [François Hollande] soit dans notre équipe, qu'il participe au combat commun, comme Bernard Cazeneuve, comme les Ecologistes", a-t-il espéré sur France Inter, lundi matin. Depuis sa victoire, il martèle aussi que "Marine Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027", dans l'espoir de fédérer les détracteurs de l'extrême droite autour de sa candidature.

5 Etoffer son programme

La présentation du programme est un passage obligé pour tous les candidats, dont certains ont pris de l'avance sur Raphaël Glucksmann, qui n'a pour le moment dévoilé que quelques mesures, comme la surtaxation des "méga-héritages". Il a également partagé quelques axes de son projet dans un livre paru en mai, mais il lui reste à traduire ces orientations en mesures concrètes.

Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a été chargé en septembre de piloter la construction du projet, et une trentaine de groupes de travail planchent sur les propositions. Raphaël Glucksmann a d'ores et déjà chargé Yannick Jadot de planifier les "100 jours de la révolution écologique" qu'il promet en ouverture de son mandat. S'il parvient à rallier des personnalités d'autres sensibilités à gauche, il lui faudra sans doute intégrer de nouvelles propositions à son projet.

6 Gérer le tempo pour ne pas louper l'"effet primaire"

Le tout juste vainqueur s'est rendu directement sur le plateau du "20 Heures" de France 2, dimanche soir, pendant que ses équipes faisaient imprimer 50 000 tracts dans la nuit, pour être présents sur les marchés dès le début de la semaine, et espérer surfer sur ce résultat. "Tout commence maintenant", peut-on y lire au recto. Au verso, Raphaël Glucksmann appelle les électeurs à le rejoindre "dans ce combat existentiel pour la démocratie et la République". Il devrait enchaîner avec un premier déplacement officiel en fin de semaine, pour continuer à occuper le terrain après une primaire qui lui a offert une caisse de résonance médiatique.

Avant les résultats, ses soutiens misaient sur ce vote interne pour offrir "un petit booster" au candidat, en retard sur Jean-Luc Mélenchon dans la plupart des sondages. "Cette nouvelle dynamique pourrait susciter un afflux supplémentaire vers sa candidature", avance prudemment Diane Lamotte, d'Ipsos-BVA. "Il peut prendre 4 à 5 points [dans les intentions de vote] après cette primaire, on verra le premier sondage. S'il ne les prend pas maintenant, ce sera dur", juge un cadre du PS.

7
 Renforcer son image de présidentiable après des ratés

Même ses partisans reconnaissent que le candidat Glucksmann n'a pas tout réussi sur le plan de l'image et de la communication. "Le déplacement sur les éoliennes, par exemple, c'était raté de A et Z", rappelle l'un de ses soutiens à propos d'une visite en Charente-Maritime, fin août, alors qu'il venait d'officialiser sa candidature et sa participation à la primaire. Des images de l'eurodéputé avaient immédiatement été tournées en dérision sur les réseaux sociaux. "Il faut qu'on reprenne la main", confiait, mi-septembre, une cheville ouvrière de la campagne.

Ses opposants raillent son supposé manque de charisme, une qualité réputée indispensable dans la bataille présidentielle. La critique a même percé en interne : "C'est un type qui écoute, qui veut progresser, mais qui est un peu perché. Ce qui est un peu injuste, c'est qu'il est bon avec les gens, mais dès qu'il y a des caméras, il récite. Il a conscience qu'il est en apprentissage constant", développe l'un de ses soutiens. "Il faut qu'on se lâche, on doit être iconoclaste, on doit changer nos mots", a défendu Raphaël Glucksmann lundi matin, sur France Inter, comme pour ouvrir une nouvelle séquence dans la manière de s'exprimer, pour lui-même et ses troupes.

8 Balayer toute proximité avec le macronisme

L'une des plus grosses tâches de Raphaël Glucksmann durant ces six prochains mois ? Réussir à convaincre qu'il est le candidat de la "rupture avec le macronisme", comme il l'a redit dimanche soir sur France 2. Ses opposants à gauche, à commencer par La France insoumise, lui reprochent précisément l'inverse. "Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", avait par exemple fustigé la vice-présidente de l'Assemblée Clémence Guetté, après la diffusion en mai d'une note interne conseillant Raphaël Glucksmann sur l'électorat à cibler.

Les détracteurs du leader de Place publique soulignent la composition de son entourage : Aurélien Rousseau, son conseiller politique, était ministre de la Santé d'Elisabeth Borne en 2023 ; Simon Bernard, coordinateur de sa campagne, conseillait la même Première ministre macroniste ; et Sacha Houlié, qui a aussi rejoint la campagne, était député du parti présidentiel jusqu'en juillet 2024.

Pour contrer cette attaque, le candidat et ses proches peuvent se servir de l'examen des textes budgétaires, cet automne. "Ce budget, en l'état, est inacceptable", a ainsi lancé Raphaël Glucksmann sur France Inter, lundi matin, en prévenant que "si la copie de monsieur Lecornu et du gouvernement ne bouge pas, il y aura censure". "Dix ans de macronisme ont aggravé les inégalités", a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses soutiens, sur Public Sénat(Nouvelle fenêtre).

 
 

Raphaël Glucksmann : « Je suis prêt pour le combat qui vient »

La nuit a été courte. Lorsqu’on le retrouve lundi 12 octobre après-midi, les traits tirés, une tasse de café et un Coca Zéro devant lui, Raphaël Glucksmann prépare déjà la suite. Tout juste auréolé de sa large victoire, la veille, à la primaire sociale-démocrate, le candidat veut « enchaîner très vite ». Après avoir esquivé les flèches empoisonnées d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal dans un scrutin que beaucoup voyaient comme un piège, le parlementaire européen rêve désormais de bousculer la présidentielle.

Il en est persuadé : en plein effondrement du macronisme, sa gauche, celle qui ne s’acoquine pas avec LFI, « ne joue pas sur les noms juifs dans les meetings » et « ne se prosterne pas devant les tyrans », a, pour la première fois depuis quinze ans, un chemin pour l’emporter. « C’est extrêmement ouvert ! », veut croire son allié l’écologiste Yannick Jadot.

Mais, à n’en pas douter, le plus dur commence. Il faudra à Raphaël Glucksmann, lui, l’intello parisien si souvent accusé de déconnexion, le militant des causes ukrainienne et rwandaise avant le politique, moult rations de caféine pour surmonter les (innombrables) défis qui l’attendent. Sur le plan idéologique, le fils du philosophe André Glucksmann devra rassurer la gauche, sans s’aliéner le centre, mais aussi résister au rouleau compresseur du tango Le Pen-Mélenchon.

Sur le plan stratégique, il aura pour mission de rassembler une famille divisée, alors même que la direction du Parti socialiste ne le tient pas dans son cœur et que François Hollande n’a pas renoncé à ses propres ambitions. « Les vrais ennuis commencent », glisse un élu qui le connaît bien. « Rien ne me fera dévier, je suis prêt au combat qui vient », rétorque Raphaël Glucksmann. Il est l’heure d’enfiler une armure. 

Le Point : Qu’allez-vous faire de votre large victoire à la primaire ?

Raphaël Glucksmann : J’ai toujours dit que cette primaire était le moment tant attendu de la clarification et de la refondation. Là où on me parlait d’un « piège », je voyais un tremplin, l’opportunité de trancher et de donner un élan puissant à la gauche démocratique, de la libérer de l’esprit de défaite qui la mine. Le résultat est sans appel. Et ce n’est qu’un début. Maintenant, la bataille de France commence.

Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. 

Le plus dur commence ?

Le plus important commence. Cette campagne présidentielle est la plus importante de la Ve République. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La guerre menace l’Europe. Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. Partout dominent les sentiments d’impuissance, d’injustice et de colère. Le choix que nous allons faire en 2027 va définir le visage de notre pays – et de notre continent avec lui – pour des décennies. Une élection présidentielle, c’est toujours un moment où le peuple français se redéfinit. Là, il va choisir de sombrer dans le trumpisme et le poutinisme ou de retrouver ce qui fait sa grandeur.

L’identité française sera le débat majeur de cette présidentielle ?

La nation est en proie à un doute profond, et nous éprouvons tous le besoin de renouer avec l’idée d’un destin français, de redonner un sens fort au fait simple et merveilleux d’être français…

Autrement dit, faut-il un nouveau roman national ?

Un récit national. Les élites françaises ont laissé notre pays sans récit, sans horizon, sans cap depuis trop longtemps. Partout, on retrouve une fierté blessée. À l’école, on nous apprend que notre nation a parlé la langue de tous les hommes et éclairé le monde. Et que voit-on autour de nous ? Des services publics qui suffoquent, une société fragmentée, une dette qui explose, des privilèges qui s’ossifient et des inégalités qui se creusent, une voix qui n’est plus écoutée en Europe et dans le monde. Il faut une rupture et un sursaut.

Mes ancêtres ramassaient des bouts de chiffon aux confins de l’Europe orientale, dans la nuit noire de l’oppression et de la misère. Et ils savaient tous qu’il y avait un pays, la France, qui avait proclamé que les hommes naissaient libres et égaux. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’un destin. Et qu’avons-nous fait de ce trésor ? Un des ressorts majeurs du vote pour le RN, c’est cette fierté blessée. Nous allons y répondre.

 https://www.lepoint.fr/politique/raphael-glucksmann-je-suis-pret-au-

octobre 14, 2026

Les grandes lignes du budget présidentielles 2027 Mélenchon via Coquerel (PC)

Cantines gratuites, 10 000 postes dans l’Éducation, 250 000 places à la fac… ce que prévoit LFI pour 2027

Éric Coquerel affirme que le programme réduirait le déficit de près de 25 milliards d'euros, un résultat conditionné aux recettes fiscales attendues.

 


 

Jean-Luc Mélenchon a dévoilé, mercredi 14 octobre, les grandes lignes du budget qu’appliquerait La France insoumise (LFI) en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027. Le projet prévoit 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards de dépenses nouvelles, avec l’ambition affichée de soutenir l’activité tout en réduisant le déficit public d’environ 25 milliards d’euros.

Présenté comme un budget « rectificatif », il remplacerait celui adopté avant la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon revendique « une démarche de rationalité économique » et entend rompre avec ce qu’il qualifie de « culture dominante » du « néolibéralisme ».

Taxe Zucman, ISF climatique et suppression de la flat tax

Pour financer son programme, LFI mise principalement sur une hausse de la fiscalité pesant sur les patrimoines et le capital. Le mouvement prévoit un ISF climatique, censé rapporter 10 milliards d’euros, la suppression de la flat tax pour 9 milliards et la taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, évaluée à 15 milliards.

Une réforme des héritages doit également rapporter 20 milliards d’euros, tandis que la réduction de plusieurs niches fiscales, dont le pacte Dutreil et le crédit d’impôt recherche, représenterait 22 milliards supplémentaires. Les rachats d’actions, les transactions financières et les cryptomonnaies seraient davantage taxés et la taxe Gafam serait portée à 15 %.

« Il est nécessaire de mettre à contribution le capital financier parce que c’est lui qui a profité, à plein, tout le temps, sous toutes les formes », a défendu Jean-Luc Mélenchon.

10 000 enseignants, 250 000 places à l’université et cantines gratuites

Une partie importante des nouvelles dépenses concerne directement l’éducation, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit. Éric Coquerel a présenté plusieurs mesures destinées à « répondre aux revendications des lycéens et des étudiants ».

LFI prévoit la création de 10 000 postes dans l’Éducation nationale, pour un coût de 500 millions d’euros, ainsi que la gratuité des cantines scolaires, chiffrée à 3,6 milliards. Le mouvement veut également supprimer Parcoursup et créer 250 000 places supplémentaires à l’université, pour 3,5 milliards d’euros.

« C’est à l’université de s’adapter pour recueillir les étudiants et non pas l’inverse, c’est-à-dire de sélectionner les étudiants en fonction des moyens qu’on donne à l’université », a défendu Éric Coquerel.

Le contre-budget comprend également une garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois pour les jeunes, pour 9,5 milliards d’euros, ainsi qu’un plan d’urgence de 3 milliards pour l’hôpital permettant notamment le recrutement de 10 000 soignants.

Le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans coûterait de son côté 9 milliards d’euros, avant une éventuelle baisse à 60 ans au cours du quinquennat.

LFI promet 25 milliards d’euros de réduction du déficit

Malgré ces nouvelles dépenses, les Insoumis assurent que leur projet permettrait de réduire le déficit grâce au niveau supérieur des recettes attendues. « Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d’euros dans les carnets de commandes, dans l’économie, dans le pouvoir d’achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement », a assuré Éric Coquerel.

Le calcul repose sur l’écart entre les 106,4 milliards de recettes nouvelles et les 81,7 milliards de dépenses supplémentaires. Ces montants demeurent toutefois des prévisions de LFI, qui reposent notamment sur le rendement attendu des nouvelles taxes.

Jean-Luc Mélenchon a également évoqué une enveloppe de 25 milliards d’euros destinée à la diminution de l’endettement public. Cette présentation ne constitue qu’un premier aperçu du programme économique insoumis : LFI prévoit de dévoiler son programme présidentiel complet en novembre 2026, avant d’en présenter le chiffrage global au début de 2027.

 https://www.gentside.com/news/politique/art121656-1064-milliards-deuros-de-recettes-supplementaires-et-817-milliards-de-depenses-nouvelles.html?

Mélenchon et la colère lycéenne : le soutien politique et la récupération 

Une mobilisation pour l’école devient aussi une ressource présidentielle

Le risque d’une instrumentalisation électorale des protestations par Jean-Luc Mélenchon est sérieux. Son propre discours permet de l’examiner : dans une note publiée le 3 octobre, il propose d’accompagner la mobilisation « en lui ouvrant un débouché sur 2027 ». La perspective présidentielle est donc explicitement associée au mouvement. Cette déclaration établit une volonté de traduction électorale ; elle ne prouve pas que Mélenchon ait créé ou contrôle les protestations. 

Les revendications scolaires ont leur légitimité propre. Elles peuvent correspondre aux convictions d’un parti et servir ses ambitions. La question décisive est celle de l’autonomie : qui définit les objectifs et apprécie les concessions obtenues ?

La protection des jeunes construit aussi une image politique

Dans le même texte, Mélenchon explique l’engagement des élus insoumis par la protection des lycéens et décrit les liens du mouvement avec des territoires où son parti est implanté. Il présente aussi la couverture médiatique hostile comme une « aubaine » pour son camp. Ces passages montrent qu’il observe la mobilisation sous deux angles : une solidarité revendiquée et un rapport de force dont son mouvement peut bénéficier. 

La présence d’élus entre policiers et manifestants peut faciliter la désescalade. Elle construit aussi l’image du protecteur d’une jeunesse délaissée. Cette visibilité devient une ressource de campagne, même lorsque l’intervention est sincère.

C’est ici que se situe la tentation de la récupération. Un soutien bascule vers l’instrumentalisation lorsque les besoins des lycéens deviennent secondaires par rapport à la mise en scène du parti. Les indices seraient une prise de contrôle des porte-parole, des revendications réorientées vers la campagne ou une pression pour poursuivre les blocages malgré des avancées scolaires. Les éléments consultés ne suffisent pas à établir ces pratiques : ils permettent d’identifier un risque et un objectif électoral déclaré.

Les violences peuvent faire disparaître l’école du débat

Mélenchon soutient la mobilisation tout en condamnant les violences. Cette position doit être prise en compte : on ne peut lui attribuer les actes commis par certains participants sur la seule base de sa présence politique. Mais la condamnation des débordements ne règle pas la question de l’utilisation électorale du mouvement.

Le Monde souligne un danger concret : l’affrontement entre le gouvernement et La France insoumise peut reléguer les revendications scolaires derrière la controverse sur les violences policières et les dégradations. Les élèves risquent alors de devenir les figurants d’un conflit dont les protagonistes principaux sont les partis. 

Le pouvoir peut également ramener une crise éducative à un problème d’ordre public. Les recrutements et les moyens pédagogiques deviennent alors secondaires dans la bataille pour désigner le responsable du désordre.

Mobiliser une base ne suffit pas à construire une majorité

Le calcul présidentiel rencontre une limite importante. Dans l’enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, réalisée en ligne du 22 au 24 septembre et publiée le 28 septembre, l’hypothèse d’un second tour oppose Marine Le Pen, à 69 %, à Jean-Luc Mélenchon, à 31 % des intentions exprimées. Le rapport indique pour ces résultats une marge d’erreur de l’ordre de plus ou moins 2,9 à 3,1 points. Ce scénario déclaratif, antérieur aux manifestations du début octobre, ne prédit pas le scrutin. 

Il interdit toutefois de confondre présence médiatique et capacité de rassemblement. Une mobilisation peut consolider un électorat tout en accentuant les réticences d’autres groupes. La popularité auprès des manifestants et l’adhésion d’une majorité nationale répondent à des logiques différentes.

Mélenchon peut gagner en visibilité, imposer ses thèmes et renforcer son camp. Pour accéder au pouvoir, il doit aussi convaincre des électeurs qui attendent des garanties sur la sécurité, la stabilité institutionnelle et la crédibilité économique. Une stratégie centrée sur l’affrontement peut rendre ce second objectif plus difficile.

Les promesses doivent passer l’épreuve du financement

La crise scolaire pose une question économique durable. Des établissements fragilisés peuvent aggraver les inégalités, compromettre la formation et réduire les possibilités d’insertion professionnelle. Investir dans l’enseignement engage donc aussi la capacité productive future du pays.

La crédibilité d’une alternative exige des réponses précises : quels recrutements, quels investissements, quel calendrier et quel financement ? La contrainte budgétaire appelle des arbitrages explicites. Le gouvernement doit expliquer les conséquences de ses économies ; l’opposition doit rendre ses propositions vérifiables.

Le véritable test sera l’autonomie des lycéens

Le critère le plus révélateur sera le comportement du parti face à une éventuelle négociation. Accepterait-il que les représentants lycéens définissent seuls leurs priorités, obtiennent un compromis et mettent fin à la mobilisation ? Leur laisserait-il la possibilité de critiquer ses propositions ou de refuser son soutien ?

La perspective électorale revendiquée par Mélenchon étaye le risque de récupération. Pour juger jusqu’où il va, il faudra observer la place laissée aux acteurs du mouvement et aux résultats scolaires concrets.

Les lycéens demandent des moyens pour leur avenir. Ils peuvent recevoir un soutien politique tout en conservant leur liberté. Cette liberté devient menacée lorsque leur mobilisation est traitée comme une étape de la carrière présidentielle de celui qui prétend les défendre.

Giuseppe Gagliano

Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques

 https://lediplomate.media/melenchon-colere-lyceenne-soutien-politique-recuperation/?

 


Le Mélenchonisme LFIste: Une France champ de bataille idéologique où, déjà, se joue l’avenir du libéralisme occidental.

Sommaire:

A) - Jean-Luc Mélenchon

B) - Jean-Luc Mélenchon vient de nous offrir un concentré assez pur de ce que peut produire une pensée économique quand elle n'a jamais eu à gérer une entreprise, un budget ou une chaîne de production.

C) - Jean-Luc Mélenchon ne gagnera pas l'élection présidentielle, il le sait 

D) - Mélenchon à Saint-Denis : un meeting paradoxal

E) - Le tiers-mondisme français et LFI

F) - LFI : Le vrai danger !

G) - Le programme ? On s'en fiche, qui s'en soucis !

H) - La collusion mortelle. 

I) - Mélenchon : deux nuances de vert et de rouge

J) -  Dividendes: Les élus LFI ne comprennent décidément rien à l'économie de marché 

K) - Alerte aux décoloniaux : Jean-Luc Mélenchon face au piège qu’il s’est lui-même tendu

 

 

 

 



Les retraites complémentaires vont augmenter de +1,4 % cette année er Novembre

Agirc-Arrco : les partenaires sociaux ont tranché, les retraites du privé vont bel et bien augmenter, voici de combien

La revalorisation des pensions complémentaires de 14 millions de retraités du privé entrera en vigueur dès le 1er novembre 2026, après une année de gel. 

 

C’était attendu, et c’est désormais officiel : les retraites complémentaires vont augmenter de +1,4 % cette année, a appris actu.fr auprès de l’Agirc-Arrco, confirmant une information du Parisien. Syndicats et patronats se réunissaient ce mercredi 14 octobre 2026 pour se prononcer sur l’augmentation des pensions des 14 millions de retraités du secteur privé. 

La hausse était estimée entre +1,2 et +1,9 %, c’est donc pile dans la fourchette qu’elle a été fixée. Ce nouveau montant sera applicable début novembre.

Concrètement, pour une personne qui part à la retraite avant 67 ans en ayant le nombre de trimestres exigé pour avoir droit à une retraite à taux plein et tous ces trimestres sont cotisés, le montant de sa pension ne peut pas être inférieur à 10 847,22 euros brut par an, soit 903,94 euros brut par mois. Avec une augmentation de +1,4 %, cela équivaut à 916,59 euros bruts mensuels. 

Point d’équilibre

Dans un contexte politique tendu, sur fond de gel envisagé d’une large partie des pensions de base en 2027, les syndicats et le patronat, gestionnaires de ce régime de retraite complémentaire des ex-salariés du privé, cherchaient le point d’équilibre entre préservation du pouvoir d’achat des assurés face à l’inflation et stabilité financière à long terme.

Leur marge de manœuvre était limitée : les règles de l’Agirc-Arrco prévoient que les pensions soient légèrement sous-indexées (de 0,4 point) par rapport à l’inflation. Le conseil d’administration peut toutefois, en fonction de la santé du régime, élever ce taux jusqu’à l’inflation, ou lui retrancher 0,4 point supplémentaire. 

Le Medef appelait à faire preuve de « responsabilité »

La dernière prévision de l’Insee estime l’inflation, pour l’année civile 2026, à +2%. Mais par souci d’équité entre générations, la hausse des pensions ne peut en aucun cas dépasser l’augmentation du salaire moyen par tête (SMPT), estimée cette année à +1,9% par les services de l’Agirc-Arrco. Lesquels suivent une « variante intermédiaire » entre les prévisions gouvernementales (+2%) et celles de la Commission européenne pour la France (+1,8%).

Pour les syndicats, le régime « a les moyens » d’augmenter les pensions de +1,9%, surtout après l’échec des négociations qui, l’année dernière, avait conduit à une absence totale de revalorisation, et donc le gel des pensions.

 Le Medef assurait de son côté qu’il « souhaite parvenir à un accord », mais appelle à « faire preuve de responsabilité » pour « préserver durablement le régime », et refuse « d’occulter le contexte », notamment « la dégradation » des indicateurs économiques. 

Garder de la réserve, la règle d’or

Pour toute décision prise au sein du conseil d’administration, les partenaires sociaux évaluent l’impact à long terme : ils doivent s’assurer de garder en réserve « six mois de versements » disponibles, à tout moment sur 15 ans, comme nous l’expliquait une source au sein de l’Agirc-Arrco, pour un précédent article. Les réserves atteignent aujourd’hui environ 90 milliards d’euros, soit dix mois de versements.

Une revalorisation de +1% des pensions équivaut à un milliard d’euros de dépense supplémentaire. Même sans revalorisation, le vieillissement de la population produit déjà une hausse des dépenses d’environ 1,5 Md par an, note une source au sein du conseil d’administration.

Avec AFP 

 Léa Giandomenico

Agirc-Arrco : les retraités peuvent-ils vraiment toucher une prime de fin d’année ou un 13e mois ?

 

Dossier complet David Lisnard en évolution......

Présidentielle 2027: derrière le phénomène des réseaux sociaux, qui est David Lisnard?
Le maire de Cannes (Alpes-Maritimes), David Lisnard, candidat à l'élection présidentielle sous la bannière "Nouvelle Énergie", rencontre une campagne dynamique en ligne. Réseaux sociaux, site de paris financiers, institut de sondage… Le président de l'Association des maires de France (AMF) parvient à se faire une place dans les conversations, mais doit encore convaincre de sa capacité à traduire cette notoriété virtuelle dans les urnes.
 
"Quelque chose se passe". Le hashtag, désormais populaire sur TikTok et sur Instagram, aurait pu relever de la méthode Coué pour le maire de Cannes, parti en position d'outsider dans la course à l'Elysée. Mais des centaines de contenus dépeignant David Lisnard en sauveur du pays (parfois au second degré) l'ont inscrit sur la liste des prétendants identifiés à l'élection présidentielle, ces dernières semaines.
 
Pour alimenter sa campagne, engagée en mars 2026, David Lisnard peut compter non seulement sur des relais locaux actifs, mais aussi sur des formats moins orthodoxes. Sur TikTok, des dizaines de vidéos façonnent sa stature d'homme providentiel, sur des musiques entêtantes, soulignant qu'il a pleinement adopté les codes de la plateforme.
 
Cette visibilité se traduit par une forte hausse de ses abonnés et de l'engagement qu'il suscite en ligne. David Lisnard compte environ 400 000 abonnés sur Instagram, soit quatre fois plus que Bruno Retailleau, pourtant patron des Républicains. En quelques semaines, la communauté du maire de Cannes a doublé sur ce réseau social. Sur TikTok, il atteint près de 80 000 abonnés, soit quatre fois plus qu'à la fin de l'été. Une progression qui mesure l’intérêt suscité par ses contenus, sans pour autant préjuger d’une adhésion à son projet.
Star des marchés prédictifs
Autre manifestation de sa visibilité : les marchés prédictifs. Sur Polymarket par exemple, plateforme de paris dont l’offre n’est pas autorisée en France, les anticipations des parieurs ont placé David Lisnard devant Jean-Luc Mélenchon pour une victoire à la présidentielle. Ces hypothèses, sur lesquelles les participants engagent de l’argent sous forme de cryptomonnaie, ne constituent toutefois pas un sondage d’opinion, ni une mesure du soutien électoral assuré au maire de Cannes.
 
Or, ces événements trouvent un écho puissant dans le paysage médiatique : Le Figaro, Le Point, BFMTV, La Dépêche… Plusieurs rédactions se sont penchées sur l'ascension de l'ex-LR sur les réseaux sociaux. Peu testé dans les sondages aux côtés des candidats pour 2027, David Lisnard a trouvé une place dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial. Selon l'enquête, il collecterait 3,5% des intentions de vote.
 
Thierry Devars, docteur en sciences de l'information et de la communication au Celsa, s'étonne : "On pense à la pièce En attendant Godot : quelque chose se passe, mais quoi ?". Le chercheur rappelle que les campagnes en ligne ont occupé une place croissante en politique, à partir de 2007, avec la candidature de Nicolas Sarkozy. Progressivement, le numérique a acquis une position "de centralité dans la communication politique", consacrant "une porosité entre les pratiques politiques et les industries culturelles". S'il est difficile de déterminer si David Lisnard pourra capitaliser sur ce moment, il est placé de facto sur la liste "des premiers de cordée" - une trajectoire encore légitimée par sa reprise dans les médias traditionnels, qui "labellisent" sa candidature.
La question d'une alliance
Pour Sophie Mouysset, directrice-adjointe de cabinet du maire de Cannes, cette viralité salue d'abord un "travail de fond" engagé depuis vingt ans. La campagne en ligne ? "Pour nous, c'est tout benef' !", assume-t-elle. L'opportunité pour des internautes de découvrir le candidat et son engagement.
 
La notion de "bulle informationnelle", ou la dimension artificielle de la viralité en ligne, seraient contredites matériellement. Nouvelle Energie, le parti de David Lisnard, serait passé "de 30 000 à 55 000 adhérants payants" depuis un mois. Par ailleurs, ses nombreuses apparitions médiatiques du moment auraient été programmées "il y a plusieurs mois", en particulier l'entretien fleuve donné au Crayon, le 11 octobre. 
 
Fort de cette notoriété, le maire de Cannes se fait l'avocat toujours plus pressant d'une primaire de la droite et du centre, qui réunirait "tous les candidats qui se reconnaissent dans cette dénomination" - jusqu'à Eric Zemmour, si tel était son cas. "Mathématiquement, personne ne plie le match sans primaire", défend encore Sophie Mouysset. L'union derrière un candidat unique permettrait d'éviter "ce que propose le Rassemblement national [...] et ce que propose l'extrême gauche", a martelé David Lisnard le 10 octobre, sur BFMTV.
Partisan d'un libéralisme "illibéral"
Sur le plan politique, le président de l'AMF se revendique d'une ligne "libérale", qui vise à lutter contre la bureaucratie française. En ce sens, il s'inscrit dans l'idéologie du président argentin, Javier Milei. En janvier, il avait rédigé une tribune au JDNews saluant les résultats économiques enregistrés à Buenos Aires. La recette du succès, pour le pays sud-américain ? "Une vision cohérente à travers la condamnation du wokisme, de l’étatisme, du collectivisme et de l’égalitarisme qui sont intrinsèquement liés et partagent une matrice commune." Le candidat se revendique encore de Margaret Thatcher, de Charles de Gaulle ou encore Georges Pompidou, auquel il a consacré un livre.
 
Raphaël Morisset, docteur en science politique, chercheur à la George Washington University, détaille : "On peut adopter une certaine réserve vis-à-vis de l’emploi de [l']étiquette 'libérale' concernant David Lisnard, puisqu’il s’agit d’un 'libéralisme' qui est très illibéral sur le plan politique et sociétal". Pour l'universitaire, le maire de Cannes "s’inscrit dans la continuité d’un courant du libéral qu’on qualifie de 'conservateur' qui fait de la lutte contre l’Etat-providence un impératif politique voire une nécessité existentielle pour la survie de la 'nation'". Le recours au terme "libéral" le distingue néanmoins de ses opposants à droite, qui se qualifient plus volontiers de conservateurs ou d'illibéraux.
 
En parallèle de la course à l'Elysée, le président de l'Association des maires de France (AMF) se présente à sa succession, fin novembre. Il a pour concurrent le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent. Reste à savoir si David Lisnard pourra transformer cette visibilité numérique en soutiens électoraux et s’imposer dans une droite où il plaide pour une candidature commune. 
par Pierre Levrel, le Mardi 13 octobre 2026 à 13:35 - LCP 
 

 

Lisnard : une offre politique nouvelle 

Dans une interview à LCI, le maire de Cannes David Lisnard présente des réformes libérales. Retour sur celles-ci.

Un article de la Nouvelle Lettre

  1. Suppression de la carte scolaire, et libre choix de l’école par les parents
  2. Liberté de choisir une retraite par capitalisation
  3. Suppression de la loi Gayssot (logements sociaux imposés aux municipalités)

Voici trois réformes qui sont prioritaires dans les projets libéraux. Il faut avoir le courage de les proposer. C’est ce qu’a fait la semaine passée David Lisnard interviewé par Adrien Gindre sur la chaîne d’information LCI. Le journaliste a d’ailleurs présenté David Lisnard comme maire de Cannes, président de l’Association des Maires de France, et… libéral.

À ceux qui douteraient de la foi libérale de David Lisnard, voici encore quelques thèmes abordés lors de cette interview :

  • Les partis politiques (que Macron réunit alors qu’il les a fustigés, méprisés) ont besoin de principes, au lieu de rechercher des arrangements électoraux.
  • « L’enfant malade de la République c’est l’État. »
  • Il faut reconnaître le mérite de « ceux qui bossent », voilà la justice sociale.
  • La liberté et l’égalité ne font actuellement pas bon ménage ; il faut rompre avec l’égalitarisme qui détruit les libertés.
  • La destruction de la liberté a deux origines : « les dépenses publiques qui détruisent le pouvoir d’achat, la règlementation qui détruit le pouvoir d’agir ».
  • La liberté permet à chacun de progresser, elle exige la personnalité et la responsabilité.

 

David Lisnard ne mâche pas ses mots : l’islamisme a envahi beaucoup d’écoles, les impôts continuent à croître, et les taxes foncières mettent les villes sous la dépendance de l’État (augmentation obligatoire du taux de 7,1 %), les préfets ont une autorité générale sur les élus locaux, c’est la réglementation qui crée la pénurie foncière. Tout le monde souffre de « l’inflation bureaucratique », les hauts fonctionnaires en sont responsables, ils créent les blocages et oublient les fondamentaux.

Interrogé sur le paysage politique actuel, David Lisnard observe que le président cherche une alliance des partis (au demeurant utopique).

Mais pour qu’il y ait alliance, il faut avoir un projet. Or, après la lecture des sept pages du récent article paru dans Le Point dans lequel s’exprime Emmanuel Macron, aucun projet n’émerge.

Pourtant, la France est à bout dans tous les domaines.

Et quid de Darmanin ? La criminalité a augmenté de 15 % en six ans. Ce serait bien que le ministre fasse son travail pour contenter la « classe populaire ».

Et quid de la gauche ? Beaucoup d’électeurs de gauche sont désorientés par l’extrémisme qui règne dans ce camp, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne soient pas sensibles aux principes que défend David Lisnard.

Et quid du parti des Républicains ? Éric Ciotti est un ami, et contrairement à ce qu’on pense, les membres et les élus du parti travaillent sur un programme de qualité.

Et l’élection présidentielle ? Il est trop tôt pour en parler, mais il est certain qu’il faudra des primaires pour éclairer les électeurs, et « je suis pour la compétition ». David Lisnard confirme ainsi ses déclarations du samedi soir 26 août (rapportées dans Le Figaro de lundi matin).

Je n’ai pas parlé de la forme : aucun papier préparé, une élocution simple et directe, des réponses simples mais explicites. Il parle comme on le fait dans le monde de l’entreprise, car même si sa formation l’a porté d’abord vers la fonction publique, lui au moins a travaillé avant d’entrer dans l’arène politique.

Je laisse mes lecteurs, libéraux ou autres, réfléchir aux perspectives ouvertes par une personnalité politique à mes yeux hors du commun, puisque David Lisnard a choisi « les idées avant tout ». Je pense que la mission du parti Nouvelle énergie sera de diffuser avec succès les idées de David Lisnard, les libéraux pourront sans doute l’accompagner. 

Jacques Garello

Jacques Garello, est Professeur Émérite à l’Université Aix Marseille, Président d’honneur de l’ALEPS, directeur de la publication de la Nouvelle Lettre (www.Libres.org). Dernier ouvrage paru : « Le Vote Libéral », Libréchange éd., septembre 2016.

A lire aussi : David Lisnard est-il libéral ?

 


 
 Énième confirmation d’un constat que je m’époumone à faire depuis des années, désormais audible : les moyens du terrain sont détournés par les retraites (qui représentent 35% du budget de la sécurité et 32% de celui de l’éducation) et l’hyper bureaucratie. Tout cela à cause des irresponsables politiques qui, « en responsabilité », ont maintenu, malgré la décroissance démographique, donc du financement, le système par répartition intégrale. Seule une part de capitalisation, qui fait désormais consensus, pourra sauver à la fois les services et les finances publiques. La transition vers ce nouveau régime sera longue et difficile, et je la détaillerai bientôt, mais il est possible de stopper l’hémorragie pour retrouver des marges de manœuvre dès maintenant : désindexation des pensions les plus élevées de l’inflation, convergence des régimes publics et privés, fin des régimes spéciaux. Nous commencerons dès mai 2027.
  





 

David Lisnard : «Redresser la France ne se résume pas à un slogan»
Candidat à la présidentielle, le maire de Cannes souhaite porter un projet libéral pour 2027 qui repose sur trois principes fondamentaux : un État recentré sur ses missions régaliennes, une débureaucratisation radicale ainsi qu’une école d’excellence.

Le JDNews. Les sondages commencent à vous sourire : vous êtes passé de 2 à 3,5 %. Un certain « monsieur 3 % », François Hollande, a d’ailleurs fini à l’Élysée en 2012… Qu’est-ce que tout cela vous inspire ?
David Lisnard. Je reste concentré sur ma démarche. Elle ne relève ni de la superstition ni de la langue de bois : en politique comme dans le sport ou l’entreprise, j’ai toujours suivi la même ligne. Je défends des propositions politiques qui sont celles de mes convictions et du terrain. Ce qui se passe en ce moment, je l’annonce depuis deux ans. Les candidatures à droite se dispersent et une alternative puissante doit s’imposer face à tous ceux qui nous ont gouvernés. Si les sondages montent, je m’en réjouirai – je ne vais pas être hypocrite –, mais je veux avant tout mener cette épopée, née au fil des années, et porter le projet que je nourris depuis toujours, inspiré par mon expérience de commerçant, de père de famille et de maire. Je ne viens pas du système, les sondeurs ne me testent pas toujours. Mais il se passe quelque chose…
Vous parcourez la France depuis plusieurs mois. Quel accueil les Français vous réservent-ils ?
Nos déplacements suscitent un excellent accueil et un véritable engouement. Notre pays manque d’oxygène, et je veux lui en apporter. Les échanges sont positifs. Beaucoup de personnes qui veulent s’en sortir viennent à ma rencontre. Hier, Nouvelle Énergie a enregistré 2 000 adhésions en une seule journée. Au départ, nous avons surtout attiré une droite orpheline. Depuis le début de l’année, beaucoup de libéraux déçus par leur vote Macron nous rejoignent.
« Réduire les dépenses, mieux organiser les services et investir, cette méthode fonctionne »
Pour la première fois, je commence aussi à élargir mon audience, notamment auprès d’électeurs du RN qui doutent de sa capacité à vraiment changer les choses. Cela suppose aussi de sortir du pouvoir ceux qui nous dirigent depuis dix ans, et même depuis bien plus longtemps. Tous les partis et mouvements en place sont imprégnés de collectivisme. Je propose une alternative claire et structurée : un changement radical, mais rationnel, pour retrouver l’espoir.
Les dernières décennies ont montré l’écart entre les promesses électorales et les résultats des présidents. En quoi serait-ce différent avec vous ?
Quand je me suis présenté à Cannes, ma ville, certains doutaient. C’est une ville complexe, marquée depuis le XIXe siècle par une immigration pauvre, mais aussi avec des quartiers prestigieux. Le taux de pauvreté atteint 22 %. J’avais présenté un programme ambitieux. Beaucoup me disaient que je ne parviendrais ni à réduire la dette, ni à baisser les impôts, ni à investir. Douze ans plus tard : 85 millions d’euros de dette en moins, une fiscalité réduite de 3,6 %, une capacité d’autofinancement multipliée par dix et 20 % d’agents en moins, mieux payés et mieux encadrés. Réduire les dépenses, mieux organiser les services, pour baisser la dette et les impôts tout en investissant davantage : cette méthode fonctionne partout. Elle a fait ses preuves en France à l’époque de Pompidou, de Gaulle, Debré ou avant, de Poincaré. Elle a aussi permis de redresser de nombreux pays.
Imaginons que vous entriez demain à l’Élysée. Quelles seraient vos premières décisions ?
Une réforme profonde de l’appareil public – mère de toutes les réformes – s’impose. Aucun trésor caché n’existe, rien ne peut dispenser l’État de se réformer et de se moderniser. Ma première décision consisterait à nommer un DRH de l’État et à envoyer, à la tête des administrations centrales, un commando que je constitue actuellement. Sa mission : repérer les talents et les agents motivés, puis mettre en œuvre le projet sur lequel j’aurai été élu. Ce changement ne sera pas seulement générationnel. Il supposera un nouvel état d’esprit. La France compte de très bons fonctionnaires, qui s’inscriront dans cette dynamique. Nous ferons aussi entrer, dans une juste proportion, des personnes issues de l’entreprise dans les ministères. Nous développerons un management participatif sur le terrain et valoriserons les fonctionnaires de proximité. Dès le lendemain de l’élection, le peuple reprendra sa place dans la décision publique. Nous resserrerons aussi le gouvernement : il comptera entre neuf et quatorze membres. Je ne cherche pas forcément des personnalités connues : Raymond Barre et Pompidou n’en faisaient pas partie.
Nous nous attaquerons au Code du travail, qui compte 4 000 pages en France, contre 70 en Suisse, où les salariés sont mieux protégés. Trop de règles finissent par affaiblir la protection. Nous porterons une grande loi régalienne sur le Code pénal des mineurs et la création de places de prison, dans l’attente d’un accord avec les pays limitrophes. Pour maîtriser les flux migratoires, un bras de fer avec les hautes cours européennes et françaises, dont le Conseil constitutionnel, par le recours au référendum, s’imposera. Je veux aussi mettre en place une vraie politique de la jeunesse par le sport, la culture, la formation et une école de haut niveau. Les élèves qui perturbent les classes seront placés dans des établissements disciplinaires avec internat et travaux d’intérêt général. Nous protégerons ainsi la société et l’immense majorité des jeunes qui veulent progresser, mais que l’idéologie égalitariste et gauchiste et les voyous tirent vers le bas. Nous mènerons également une politique d’éducation artistique et culturelle. Les grandes œuvres de l’esprit deviendront accessibles à chaque Français grâce à un socle commun de références et de partage, pour créer de l’unité nationale.
Emmanuel Macron avait promis aux Français une « révolution » économique. Près de dix ans plus tard, le chômage atteint 8,3 %. Comment comptez-vous redonner aux Français le goût de travailler ?
La priorité consiste à encourager ceux qui travaillent. À une époque de forte croissance, de natalité dynamique et de références culturelles communes, l’État-providence rendait de grands services. Aujourd’hui, ce modèle ne tient plus : il enferme nos enfants et nos petits-enfants dans la pauvreté et les surendette. Nous devons lui substituer un État performant, recentré sur ses missions régaliennes et débarrassé d’une grande partie de la bureaucratie. La France compte 800 000 fonctionnaires de plus que si elle disposait d’une administration d’un niveau comparable à celui des pays scandinaves. Ce changement créera de l’espoir. Je présenterai une grande loi économique et sociale. Nous irons plus loin pour mettre en place un État performant : rapprocher notre niveau de dépense publique d’un pays comme les Pays-Bas. Sur ces économies, je veux restituer immédiatement 60 % aux actifs sous forme de salaire net, grâce à une baisse des cotisations et à l’alignement de leur CSG sur celle des inactifs. Nous ferons converger les systèmes de retraite public et privé. Nous mettrons en place une retraite par capitalisation et créerons une retraite individualisée, mêlant capitalisation et répartition. Nous engagerons immédiatement un vaste chantier contre la bureaucratie, avec un moratoire réglementaire. Nous gérerons les départs à la retraite dans la fonction publique, formerons les fonctionnaires, faciliterons les mutations et supprimerons des agences et des organismes. L’objectif étant d’en supprimer la moitié. Dans la santé, j’ai recensé quatorze agences en France… En Allemagne ou en Italie, un médicament innovant arrive sur le marché 120 jours après son autorisation européenne. En France, le délai grimpe à 700 jours, soit 580 jours de plus, ce qui dissuade les industriels. Les Français sont ainsi privés de 40 % des nouveaux traitements !
Comment entendez-vous remettre de l’ordre dans les comptes publics ?
En relançant la croissance et supprimant les excès de dépense, ce qui est lié, et en libérant l’État et les entreprises des surcharges fiscales, sociales et bureaucratiques. Si les impôts manquaient, nous pourrions les augmenter. Or la fiscalité, les charges et les prélèvements obligatoires ne cessent de croître. La dette augmente, tandis que les services publics perdent en efficacité. Nous devons sortir du débat technocratique qui nous conduit dans le mur de la dette. Les dépenses excessives s’expliquent par une bureaucratie trop lourde et une désorganisation totale des pouvoirs publics.
« Il faut libérer l’école : de l’idéologie de la déconstruction et de la sectorisation »
La réforme prioritaire consiste à réorganiser l’État, à transférer le pouvoir réglementaire aux collectivités, à supprimer un échelon et à améliorer la performance. Aux Pays-Bas, le revenu par habitant et le salaire minimum dépassent les nôtres ; la pauvreté et le chômage y reculent. La dépense publique y représente 45 % de la richesse produite, contre 57 % en France. Douze points d’écart, soit 350 milliards d’euros. Mon objectif, sur dix ans, consiste à ramener notre dépense publique au niveau actuel des Pays-Bas.
Si vous étiez élu, rompriez-vous avec la ligne diplomatique actuelle de la France ?
J’aimerais que quelqu’un m’explique quelle est cette ligne. Quelle ligne au Maghreb ? En Asie du Sud-Est ? Au Proche-Orient ? En Europe ? Je veux une diplomatie fondée sur nos intérêts et les moyens de les défendre. Les impasses des projets franco-allemands d’avion de combat et de char du futur imposent de partir des besoins militaires et des intérêts industriels pour bâtir des coopérations solides. Nous devons rester alliés des États-Unis sans nous aligner sur toutes leurs positions et réduire nos dépendances stratégiques envers la Chine. Notre influence doit s’appuyer sur nos atouts économiques et culturels. En Afrique et au Levant, notre agriculture de production doit renforcer la sécurité alimentaire, nos partenariats, notre influence. Les lycées français à l’étranger doivent transmettre notre langue, notre culture, et former les générations avec lesquelles nous bâtirons ces relations. Face à Moscou, recherchons la paix et évitons l’escalade comme les rodomontades, sans être naïfs et sans céder à l’intimidation ni abandonner l’Ukraine. La Russie ne respectera que notre force. Enfin, prenons au sérieux les ambitions de la Turquie d’Erdogan au Levant, en Afrique et dans le Caucase. Défendons nos intérêts et soutenons nos partenaires. Il y va de notre crédibilité, de nos principes comme de nos intérêts.
Emmanuel Macron avait promis « l’école de la confiance », le « choc des savoirs », un prof devant chaque classe. Là encore, le compte n’y est pas. Que faudrait-il faire, selon vous, pour que l’école française tienne sa promesse et que ses élèves retrouvent le goût d’apprendre ?
La décision d’affecter 3 000 professeurs en quelques heures à des classes qui manquaient d’enseignants révèle tragiquement la désorganisation de l’État et l’échec d’un système centralisé et bureaucratique. L’école doit redevenir un lieu d’instruction. L’éducation relève d’abord des parents, même si le respect des règles en classe y contribue. Remettons les priorités dans le bon ordre : l’école permet avant tout aux enfants de s’élever et d’acquérir des savoirs. Nous établirons un tronc commun d’enseignement, quel que soit le type d’établissement, avec des fondamentaux renforcés, notamment en mathématiques et en français le matin. L’après-midi, nous développerons les compétences douces, le sport, les humanités et l’éducation artistique et culturelle. Celle-ci ne doit pas relever d’une approche idéologique. Elle doit faire découvrir les grandes œuvres architecturales, musicales et littéraires françaises, pour rassembler des jeunes venus d’horizons sociaux et ethniques différents. L’école doit jouer ce rôle dès le plus jeune âge. J’ai mis cette politique en place à Cannes, première ville à proposer une éducation artistique et culturelle à 100 % sur le temps scolaire. Je veux aussi développer la philosophie et la raison critique dès le plus jeune âge.
Dans le monde de l’IA, du quantique et de la robotique, nous devons sanctuariser ces apprentissages, à un âge où les connexions neuronales se construisent, pour que les jeunes apprennent à penser par eux-mêmes plutôt que de s’en remettre aux algorithmes. Je créerai aussi un réseau d’établissements publics d’excellence à l’échelle des anciens cantons, avec des internats d’excellence, ainsi que des établissements disciplinaires pour les élèves récalcitrants. Il s’agira de véritables internats de redressement, encadrés par des enseignants et éducateurs solides. Avant tout, il faut libérer l’école : de l’idéologie de la déconstruction et de la sectorisation qui a créé des écoles ghettos et de l’échec. Les parents choisiront où ils inscriront leur enfant et le financement public suivra ce choix, que l’établissement soit privé ou public. Les chefs d’établissement auront la liberté d’organisation, de recrutement et de management, les enseignants pourront choisir leur statut. Tous les pays qui ont procédé ainsi ont créé de l’émulation entre établissements, ont relevé le niveau, ont amélioré la justice du système.
On nous répète que la France s’est déchristianisée, que les églises se vident. Pourtant, le pape Léon XIV a attiré les foules. Sa visite ne s’adresse-t-elle pas, au fond, à tous les Français, qu’ils soient croyants ou non ?
Le christianisme concerne tous les Français, croyants ou non. Croyant, athée, agnostique, juif ou musulman, chaque Français vit dans un système façonné notamment par le christianisme. N’en déplaise aux bouffeurs de curés, aux islamistes et aux laïcards extrémistes, notamment ceux de la Ligue des droits de l’homme – d’extrême gauche, bien sûr –, tous héritent de ces valeurs et doivent les défendre. La venue du pape a oxygéné le pays et ouvert une formidable parenthèse. Elle révèle une France discrète, humble et pudique, dotée de belles vertus, qui existe et veut exister. Nous devons veiller à ce qu’elle puisse vivre et, pourquoi pas, prospérer. Mais restons réalistes. Catholique pratiquant, j’ai vécu la formidable venue de Jean-Paul II, qui avait suscité un engouement exceptionnel et lancé cette phrase : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » Pourtant, la déchristianisation s’est poursuivie les années suivantes. La nouveauté, aujourd’hui, tient à la résurgence d’une affirmation chrétienne. Le grand mystère du christianisme, c’est l’Incarnation : « Dieu s’est fait homme et l’homme est à l’image de Dieu. » L’Incarnation ne cesse de nous interroger. La venue du pape a donné chair à ce mystère, notamment par la bonté qui se dégage de lui. Il en résulte une réjouissante espérance
Propos recueillis par Lara Tchekov 14/10/2026 à 06:24- Le JDD 

David Lisnard 

David Lisnard, né le 2 février 1969 à Limoges, est un homme politique français, maire de Cannes depuis 2014 (réélu très confortablement en 2020 et en 2026) et président de l'Association des maires de France (AMF).

Avec son parti Nouvelle Énergie, de sensibilité libérale (mais dont les prises de position sont parfois critiquées par certains libéraux), il annonce, en 2026, sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, rompant avec Les Républicains. 

 

Biographie

Il est originaire d'une famille cannoise et passe quelques années après sa naissance à Limoges, où son père, footballeur professionnel, a fait déménager sa famille suite à un changement de club. Sa famille, de commerçants et d'entrepreneurs, tient différents commerces à Limoges et Cannes. David Lisnard étudie à Limoges puis à Cannes, et intègre l'Institut d'études politiques de Bordeaux (promotion 1992).

Engagé en politique de longue date, il milite pour Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1988 (et 1995) alors qu'il a 19 ans. Élu localement, il a commencé par occuper diverses fonctions politiques et administratives, notamment en tant que conseiller municipal de Cannes et conseiller général. En 2014, il est élu maire de la ville de Cannes, puis en 2015 vice-président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Il est également président de l'Association des maires de France depuis 2021.

À la tête de la ville de Cannes, il hérite d'une des dettes les plus élevées de toute la France, à 3437 euros par habitant[1]. Il poursuit la baisse de la dette entamée sous la fin de mandat de son prédécesseur, Bernard Brochand, pour la ramener en 2021 à 2606 euros par habitant[1].

Il est membre du parti politique Les Républicains (LR). Pour la présidentielle de 2017, il ne soutient aucun candidat à la primaire LR mais devient porte-parole de François Fillon. Il défend en particulier l’idée de « coupes franches dans la fonction publique »[2].

En 2023, il affiche une présence nationale de plus en plus marquée, et structure ses réseaux autour de Nouvelle Énergie pour la France, un parti politique, ce qui génère de nombreuses rumeurs sur des ambitions présidentielles. Lors des législatives anticipées de 2024, son mouvement présente de nombreux candidats à travers la France.

S'inspirant entre autres de la victoire franche d'un Javier Milei en Argentine, il radicalise son discours réformateur, et se fait de plus en plus présent dans les médias, portant une voix se rapprochant du libéralisme. En 2026, après avoir été réélu maire de Cannes dès le premier tour avec 88 % des voix, il quitte Les Républicains et prend son indépendance pour porter une voie libérale-conservatrice, et se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2027[3].

David Lisnard est-il libéral ?

Searchtool-80%.png Article détaillé : Libéralisme.

David Lisnard peut dans son discours utiliser des marqueurs idéologiques libéraux, comme le fait de se référer parfois à Friedrich Hayek ou Margaret Thatcher, suscitant un intérêt dans l'électorat libéral français. En août 2023, à l'université d'été du Medef, il se prononce contre les aides aux entreprises et pour la réduction d'autant de leur fiscalité et de la fiscalité du travail, ou plaide pour une réduction massive du déficit public, parlant de la dépense publique comme une drogue. Lors de la réforme des retraites il défend un recours à la retraite par capitalisation, ou considère que l’État doit se recentrer sur le cœur de son rôle, en particulier ses fonctions régaliennes : « Plus l’État a élargi son champ d’action, plus il déresponsabilise, moins il est capable d’assumer sa mission »[4]. Son bilan fiscal local semble positif, avec une (petite) baisse des dépenses de la ville[5], et une dette en baisse régulière[1]. Lors des législatives anticipées de 2024, il se positionne avec les candidats de son parti (Nouvelle Énergie) sur un discours de responsabilité fiscale et de modération de la dépense publique.

Il se positionne par ailleurs sur certaines mesures sociétales en ligne avec les idées libérales : suppression totale de la carte scolaire et promotion de la liberté scolaire, moindre intervention de l’État dans le logement, en particulier en supprimant la loi Gayssot sur le logement social, etc.

Néanmoins, son éloge de la modération de la dépense publique semble fortement variable selon l'intérêt politique de la dépense : maire de la ville du Festival de Cannes, il est ainsi le défenseur de la politique étatiste de soutien massif au cinéma, qualifiée de « politique publique habile »[6].

Son bilan sur les libertés individuelles est médiocre, et témoigne de réflexes à l'opposé des valeurs libérales. C'est l'un des politiques qui s'est montré le plus liberticide dans la gestion de la crise du covid, ayant recours à des mesures comme l'utilisation de caméras de surveillance en avril 2020 pour surveiller les habitants ne portant pas le masque. Dans une logique « sanitaire mais aussi psychologique », il fait réaliser en mai 2020 une « désinfection » des plages de la ville avec de l'eau oxygénée[7]. Loin de revenir sur ses choix, il défend un an plus tard en avril 2021 un durcissement des politiques sur le covid, allant jusqu'à défendre une politique zéro covid aux conséquences hautement liberticides[8] et dont le bilan s'est révélé catastrophique.

En 2014, il fait partie des maires « en pointe » sur l'interdiction du burkini par un arrêté municipal. Après décision de justice condamnant une violation des « libertés fondamentales que sont la liberté d'aller et venir et la liberté de conscience », il doit rapidement revenir sur son arrêté[9]. Au global, il semble en 2024 incarner le créneau du conservatisme classique en France, s'inspirant du libéralisme économique, au moins sur certains aspects, et avec des mesures sociétales conservatrices, sur l'immigration en particulier. Un positionnement classique de droite, plus que libéral.

Prises de position

En politique étrangère, il estime que la France doit être une alliée d'Israël, en particulier contre le terrorisme, expliquant : « d’un point de vue historique, a-t-il déclaré, depuis 1948, la France et Israël ont été des alliés très liés. Nous sommes encore des alliés et la France a intérêt à ce que l’État d’Israël soit fort avec une démocratie forte au sein du Proche-Orient et doit le soutenir dans sa guerre contre l’islam radical »[10].

Il considère que « l'immigration est devenu un problème majeur… La France a accueilli un record de 500 000 personnes l’année dernière. Il faut couper le robinet dans l’intérêt de l’équilibre de la société française ».

Face à un Éric Zemmour qui demandait à être exonéré de la condition de parrainages d'élus pour la présidentielle, David Lisnard, comme président de l'Association des Maires de France, avait déclaré que ce sujet n'était pas de sa compétence mais avait indiqué être favorable à une réforme du système[11]. Alors que le Front de gauche cherchait à interdire le meeting d'Éric Zemmour à Cannes en 2022, David Lisnard s'y était opposé au nom de la liberté d'expression. Au final en 2022, le maire de Cannes avait donné son parrainage au candidat d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon[12] quand celui-ci était menacé de ne pas pouvoir se présenter.

Notes et références

Liens externes

 
 
 
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