septembre 04, 2026

La capitalisation serait un système dangereux pour les retraités, quelle blague étato-collectiviste !!

441 504€ versés. 288 000€ récupérés. 0€ transmis. Et on vous explique que la capitalisation serait le système dangereux. 🤣 

Prenons @NicolasQuiPaie qui touche 2 079€ nets. Chaque mois, 876€ financent sa retraite. S'il cotise ainsi pendant 42 ans, cela représente 441 504€ versés. 

Il part à 64 ans, touche 1 500€ par mois et meurt à 80 ans . Sur ses 16 années de retraite, il aura reçu 288 000€. 


 Et après sa mort ? Rien à transmettre. Il a fait -35% de rendement. 

 C'est le principe de la répartition à la française : ses cotisations n'ont jamais constitué son patrimoine. Elles ont immédiatement servi à payer les retraités de son époque. 

Prenons maintenant exactement les mêmes 876€ mensuels et plaçons-les pendant 42 ans avec un rendement annuel moyen de 5,6%. Et ce n’est pas un taux extravagant. C'est le rendement de long terme classique d'un portefeuille diversifié et relativement prudent. 

Capital obtenu : environ 1,7 M€. Peu importe l'âge auquel il décède, le reliquat non consommé sera transmis, éventuellement d'indignes droits de succession. 

Et même avec une hypothèse encore plus conservatrice de 4%, sur dépasser 1,1 million d'euros. 

 Que se passe-t-il en cas de crise boursière ? 

 À la retraite, Nicolas Durand ne prend évidemment pas la totalité de son argent en une fois ! Il met en place un retrait programmé mensuel ou le converti en location viagère réversible. Le reste demeure investi et continue même de générer des intérêts. 

Une crise boursière peut donc temporairement réduire la valeur du portefeuille sans anéantir mécaniquement quarante années d'épargne. 

 Les bancassureurs organisent justement la diversification, la diminution progressive du risque avec l'âge et l'étalement des retraites. Leurs frais de gestion sont directement liés aux performances, ils y ont intérêt. 

Voilà les deux différences fondamentales : 

 1. La capitalisation possède un risque financier, que l'on peut diversifier et étaler sur quarante ans. La répartition possède un risque démographique et politique : moins d'actifs, davantage de retraités, croissance faible, dette publique, hausse des cotisations, recul de l'âge ou diminution relative des pensions. 

2. Avec la capitalisation, quarante années de cotisations produisent quarante années de rendement composé et créent un patrimoine. Avec la répartition, 441 504€ de cotisations peuvent aboutir dans notre exemple à 288 000€ de pensions et à zéro euro de capital transmissible. 

Partagez ce post, il est remboursé par la Sécu en présentant votre carte vitale.

La "journaliste" de L'Humanité s'oppose à @knafo_sarah 4 arguments contre la capitalisation. 

1. "Tout le monde ne peut pas investir sur les marchés et supporter le risque." Personne ne propose que chaque employé devienne trader. Dans les systèmes capitalisés, l'argent peut être confié à des fonds de pension professionnels, largement diversifiés, exactement comme en Suisse, aux Pays-Bas ou dans les fonds de pension américains. Dans l'OCDE, les fonds de pension constituant d'ailleurs le principal véhicule des retraites professionnelles dans la majorité des pays concernés. Le risque financier existe. Il se gère par la diversification, l'horizon de garantie ans et une allocation progressive plus prudente à l'approche de la retraite. La répartition supportée, elle aussi, un risque majeur : la démographie. Le COR estime qu'en France le rapport entre cotisants et retraités passerait de 1,8 en 2025 à 1,3 en 2070. Quand ce ratio se dégrade, l'équation finit essentiellement par porter sur les cotisations, l'âge de départ ou le niveau relatif des pensions. (photo 1) 

 2. "Placer son argent en Bourse, c'est croire qu'on va devenir riche." C'est un homme de paille, Knafo parle d'intérêts composés. Prenons son exemple : 876€ par mois pendant 42 ans représentent 441 504€ de versements. Avec un rendement moyen de 4%, on obtient environ 1,14 millions d'euros. À 5,6 %, environ 1,77 millions. L'hypothèse n'a donc rien d'extravagant. CalPERS, gigantesque fonds de pension américain, affiche 6,81% annualisés sur les vingt dernières années au 30 juin 2026. L'OCDE elle-utilise dans ses projections même de retraite capitalisée une hypothèse prudente de 2,5% de rendement réel net (inflation, frais et coût de conversion en rente inclus). Une crise peut évidemment faire chuter temporairement le portefeuille. À 64 ans, personne ne liquide 40 années d'épargne en une fois. Soit sur programme des retraits, soit sur transformation en location viagère réversible. Pendant ce temps là, le capital continue de générer des intérêts. (photo 2) 

 3. "La répartition, c'est la solidarité. La capitalisation, c'est chacun pour soi." C'est le sophisme central. La solidarité définit qui aide qui. La capitalisation et la répartition séparant comment l'argent destiné aux retraites est financé. On peut parfaitement avoir un socle universel financé collectivement, des mécanismes redistributifs, des pensions minimales et, au-dessus, une retraite capitalisée. C'est exactement la logique suisse : un premier pilier assure la prévoyance de base et un deuxième pilier obligatoire constitue une épargne professionnelle. Le système couvre également les risques comme l'invalidité et le décès. Et il existe une différence patrimoniale fondamentale. En répartition, vos cotisations financent immédiatement les pensions actuelles. Vous n'accumulez aucune créance patrimoniale transmissible correspondant à ces versements. Avec un compte capitalisé, un actif existe réellement. Selon la forme choisie pour la sortie et les garanties du produit, toute ou partie du capital résiduel peut également bénéficier aux héritiers. (photo 3) 

 4. "Et ceux qui ont des enfants, sont au chômage ou connaissent un accident de parcours ?" Encore une confusion. Une interruption de carrière diminue spontanément les droits DANS LES DEUX SYSTÈMES. Même en répartition, cinq années sans cotisation doivent être compensées par un mécanisme de solidarité si l'on veut protéger la pension. L'OCDE estime d'ailleurs qu'une personne au salaire moyen connaissant cinq années de chômage percevra en moyenne une pension inférieure de 7% à celle d'une personne ayant effectué une carrière complète. 

La capitalisation n'interdit absolument aucune compensation. La Suède en fournit une démonstration concrète : possède elle une composante capitalisée dans laquelle 2,5% du revenu ouvrant droit à pension est investi, tout en accordant des droits pendant le congé parental, certaines études, le chômage ou la maladie. Elle prévoit également une pension garantie pour les revenus faibles. 

C'est donc l'objection la plus révélatrice : elle attribue à la répartition toutes les politiques de solidarité et retire artificiellement ces mêmes politiques à la capitalisation. Or on peut conserver le congé maternité, les droits familiaux, l'assurance chômage, l'invalidité, une pension minimale et toute la solidarité jugée nécessaire, tout en faisant fructifier une partie des cotisations pendant garanties ans. 

 Le vrai choix économique est ailleurs : voulons-nous financer les retraites d'aujourd'hui avec le travail des actifs d'aujourd'hui et la dette, ou voulons-nous également permettre à chaque génération d'accumuler des actifs productifs pendant toute sa carrière ? 

 La journaliste transforme un débat sur le financement des retraites en procès moral contre l'épargne. C'est beaucoup plus simple. C'est aussi beaucoup moins sérieux.
 

Et en même temps, qu'attendre de plus qu'une cagole en jogging qui travaille pour un magazine communiste ultra subventionné ?

GRM 


@grm_off Donneur d'opinions et conseiller en image numérique. Liens : https://linktr.ee/grmx Soutien : https://fr.tipeee.com/grm


https://x.com/grm_off/status/2095892063560564868


Retraite par capitalisation

La retraite par capitalisation est un système de financement de la retraite dans lequel les individus épargnent ou investissent de l'argent pendant leur vie active afin de constituer un capital qu'ils pourront utiliser pour financer leur retraite. Contrairement à la retraite par répartition, où les travailleurs actifs financent les prestations de retraite des retraités actuels sans aucune garantie d'avoir quelque chose pour leur retraite, de facto une pyramide de Ponzi[1], la retraite par capitalisation repose sur l'accumulation d'une épargne personnelle qui sera utilisée pour générer des revenus pendant la retraite.  

Définition et fonctionnement de la retraite par capitalisation en France

En France, la retraite était historiquement par capitalisation. C'est le maréchal Pétain qui l'a supprimée pour la remplacer par une retraite par répartition. Contrairement aux idées reçues, la retraite par capitalisation existe néanmoins pour partie en France aujourd'hui. Historiquement, seuls les fonctionnaires pouvaient en bénéficier, avec le système dit Préfon. Elle a été ensuite encouragée pour les professions libérales, avec le système dit Madelin. Plus récemment, pour tous les travailleurs, ont été créé le PERP puis le PER, offrant des mécanismes d'incitation fiscale afin de pallier la baisse inéluctable des prestations servies par les systèmes publics de retraite par répartition.

Alors que les Français réalisent que la retraite par répartition n'a pas d'avenir, la capitalisation prend une ampleur importante, tant en termes d'épargne que de soutien :

  • Les Français épargnent de plus en plus sur les supports dévolus à l'épargne retraite, comme le PER, créé par Emmanuel Macron en mai 2019. En 2022, 1,3 million de nouveaux épargnants ont choisi d'ouvrir ces produits, avec une collecte sur l'année de 18,7 milliards d'euros[2].
  • Selon un sondage mené en août 2023, « 84 % des Français sont favorables à la capitalisation pour financer leur retraite »[3]. Ce sont en particulier les plus jeunes qui soutiennent la retraite par capitalisation.

Avantages de la retraite par capitalisation

La retraite par capitalisation a de nombreux avantages :

  • Propriété et contrôle : ceux qui cotisent à un plan de retraite par capitalisation ont la propriété et le contrôle de leur épargne. Ils peuvent prendre des décisions sur la manière dont leur argent est investi, ce qui leur permet de personnaliser leur portefeuille en fonction de leurs objectifs et de leur tolérance au risque. Surtout, ils ont la garantie que leur épargne leur bénéficiera à eux, là où la répartition n'est qu'une promesse, soumise à des changements de règles permanents, de réforme en réforme.
  • Flexibilité : les systèmes de retraite par capitalisation offrent généralement plus de flexibilité en termes de cotisation et de retraits. Les travailleurs peuvent choisir d'épargner plus ou moins selon leur situation personnelle du moment. De la même manière, les retraités peuvent choisir quand et comment retirer leur argent, ce qui peut être avantageux pour répondre à des besoins spécifiques.
  • Potentiel de rendement : les fonds investis dans des comptes de retraite par capitalisation ont le potentiel de générer des rendements plus élevés que les systèmes de retraite par répartition car ils sont investis sur les marchés financiers. Les experts de l'Institut Économique Molinari ont pu ainsi calculer que la retraite par répartition était 50 à 70 % moins intéressante que la retraite par capitalisation pour le cotisant[4]
  • Héritage : en cas de décès prématuré, les actifs accumulés dans un plan de retraite par capitalisation peuvent être transmis aux bénéficiaires ou aux héritiers, là où les héritiers ne perçoivent rien avec la retraite par répartition.

Notes et références

  • Bernard Madoff et ses cousines : les retraites par répartition, Contrepoints

  • Après une année 2021 de rattrapage, l’assurance vie a retrouvé en 2022 son niveau d’avant la crise sanitaire avec 144,4 milliards d’euros de cotisations, France Assureurs

  • 84% des Français sont favorables à la capitalisation pour financer leur retraite, BFM, 31 août 2023

  • Bibliographie

    Voir aussi

    https://www.wikiberal.org/wiki/Retraite_par_capitalisation 

    Contre-Campagne Electorale Universelle avec Stéphane Geyres

    Contre-Campagne Electorale Universelle. 

    Première Partie. 15 Question critiques. À utiliser en toutes circonstances, en réponse à toute élection. La Liberté, ce n'est pas le droit de vote, mais le droit de veto.

    #1 Expliquez donc comment en laissant les politiques vous diriger, penser à tout à votre place, vous dicter ce que vous devez dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire, sans jamais dire «Non je ne veux pas de vous dans ma vie, je vous en chasse complètement» ?

    #2 Expliquez donc ce qu’est un être humain, si plus aucun ne s’ôte les chaînes, plus aucun ne se soulève ni ne s’interdit d’en mettre aux autres, si tous ceux que vous croyez être humains, vous les réduisez à la simple fonction de vous gouverner, d’exercer un pouvoir sur vous...

    #3 Expliquez donc en quoi le cirque électoral est bon; si comme le disait Coluche : «Quand on ne vote pas, ils nous sondent... non, avec des journaux [et] on l’a un peu dans le cul.» N’est-ce pas pour s’assurer de bien garder ses fesses au propre qu’il faut plutôt vivre sa vie...

    #4 Expliquez donc pourquoi vous jugez les mafias criminelles, les sectes dangereuses, mais pas les états qui agissent comme elles: Prétendre assurer une protection en échange du monopole de la violence, contrôler un territoire, établir une organisation et des lois en leur faveur.

    #5 Expliquez donc à quoi servent tant de codes et de lois promulguées, si ce n’est pour que vous les méconnaissiez, tant il y en a, que vous ne puissiez les respecter, tant elles ne sont pas objectives, et pour vous mettre ainsi subrepticement en situation de fraudeur et vous ...

    #6 Expliquez donc pourquoi un individu qui n’a aucun accord avec l’état, qui n’a jamais contracté avec l’état, qui de plus se trouve insatisfait de ses soi-disant services, est pourtant d’office condamné à injustement payer éternellement à l’état un lourd tribut fiscal à son ...

    #7 Expliquez donc pourquoi les migrants vous poseraient tant de problèmes s’il n’y avait pas le pseudo état-providence pour les créer et les faire empirer : «Combien faudra-t-il encore d’Aznavour ou de Goscinny repoussés aux frontières pour que nous ouvrions les yeux sur notre...

    #8 Expliquez de quel droit l’état prélève plus de la moitié de votre salaire, cumul des charges patronales et employés, des contributions sociales, tant d’impôts et taxes, en interdisant de choisir vos prestataires que vous pourriez pourtant payer bien moins cher, qui auraient...

    #9 Expliquez donc pourquoi des politiques, qui par nature ne peuvent que vous confisquer la Liberté, décideraient soudain de vous la rendre une fois élus ou nommés à un poste dont le but véritable est d’exercer leur pouvoir sur vous ?

    #10 Expliquez donc pourquoi, si vous estimez qu’il y a urgence climatologique et écologique, vous n’avez pas déjà tout mis en œuvre pour mourir au plus vite, sans laisser la moindre trace de votre passage sur Terre, afin de soulager la planète de votre présence polluante?

    #11 Expliquez donc pourquoi l’état, qui prétend vous apporter protection et garantir votre propriété et votre intégrité, est pourtant le premier à vous la saisir en se servant avidement dans vos poches sans vous laisser le choix ?

    #12 Expliquez donc pourquoi il vous faudrait rembourser, vous et puis vos enfants, des dettes engagées sans votre accord par des politichiens pour financer des choses forcément inutiles, car sinon elles seraient déjà proposées par des entrepreneurs n’endettant personne, sinon...

    #13 Expliquez pourquoi, que la réalité soit noire ou blanche, vous tentez toujours de la nier, en lui calquant des quotas pour rendre plus juste, en cherchant à éliminer radicalement toutes les couleurs, pour n’en garder qu’une seule qui au final les mélange injustement toutes ?

    #14 Expliquez pourquoi vous passez tant de temps à écouter les promesses des candidats aux postes de pouvoir, à vous demander lequel sera le plus fort pour vous, dégoutés que vous êtes par le précédent, incapable de tenir ses promesses, sans consacrer le même temps à imaginer...

    #15 Expliquez pourquoi vous acceptez de confier votre santé à un système conçu pour vivre des malades et non des bien-portants, où tout est urgence mais où il n’est jamais urgent de soigner, où les moyens manquent toujours mais la bureaucratie abonde, où la désorganisation sert..

    Swipez le carrousel:  

















    Stéphane Geyres 


     

    @StéphaneGeyres Duc de Libéralie Gironde - Marquis d'Anarcapie Chevreuse. http://liberalie.substack.com http://editions-johngalt.com http://aucoeurdelaliberte.fr #HHH See More   

    https://x.com/StephaneGeyres/status/1966898027056296168       

     

           

    Bonus

    La richesse sur Terre est bien plus vaste que la seule monnaie. 

    Mais elle n’a pas de définition universelle, elle n’a de sens que par celui que, chacun, nous lui donnons. La richesse globale croît car celle de chacun croît, par la production ou l’échange.

    Que faut-il penser d’un économiste conscient de l’EAE, qui s’affiche ouvertement libéral, qui publie une telle étude, une étude qui est sans valeur scientifique et dont le résultat est aux antipodes de toute pensée libérale, cela depuis au moins F.Bastiat ?




    Le double verrou, entre jeu étatique et patience !

    Sommaire:

    A) - Vous êtes nommé ministre du Budget. Votre mission : réduire le déficit.

    B) - Le double verrou

    C) - Jusqu'où la patience est-elle infinie ? 

    D) - Budget 2027 : « Encore plus de mauvaise foi »… Pourquoi la présidentielle rend la tâche de Lecornu impossible

     

     


     

    A) - Vous êtes nommé ministre du Budget. Votre mission : réduire le déficit.

    Problème : 

     🏥 l’Hôpital veut plus d’argent 

    🎓 l’Éducation aussi 

    👴 les retraités refusant les économies 

    🏛️ les ministres défendent leur budget 

    🇫🇷 les Français refusent les hausses d’impôts 

    💣 et la dette explose. 


     Bienvenue dans La Bataille du Budget. Un jeu où chaque décision vous rapproche du succès… ou de la crise. 

    🎮 Jouez ici : http://labatailledubudget.netlify.app 

    Quel sera votre premier arbitrage ?

    Quel dircab choisir-vous en général ? Je vous présente en-dessous les avantages de chaque profil ⤵️

    🤝Le dealmaker 39,5 %  

    📓Le technocrate 39,2 %  

    🎙️Le spin doctor 21,3 %


    Le technocrate a pour principal avantage de débloquer chaque début d’année une réforme structurelle : retraites, santé, fonction publique, collectivités, fiscalité… Au total, une dizaine de réformes structurelles à débloquer qui peuvent générer de grosses économies budgétaires… ou échouer lamentablement !

    Rayan Nezzar 
    @Rayan_Nezzar 
    Professeur des universités associé à @Univ_SPN , haut-fonctionnaire, ex-conseiller ministériel @Matignon @Education_Gouv @Economie_Gouv , milieu de terrain

    Le jeu est juste. C’est même ça qui gêne.


    Il ne décrit pas une panne de courage. Il décrit un système qui fonctionne comme il a été conçu : chacun défend ce qu’il reçoit, personne n’accepte ce qu’il paie, et le ministre du Budget est chargé de réconcilier l’irréconciliable jusqu’à la prochaine échéance.

    Les retraites sont « intouchables » parce que le coût d’y toucher est immédiat et nominatif, tandis que le coût de ne pas y toucher est lointain et anonyme. L’hôpital et l’école veulent plus d’argent pour la même raison. Une dépense visible crée des alliés. Une économie crée des ennemis. Dans ces conditions, le déficit n’est pas un échec. C’est le résultat.

    On vous demande de ramener les comptes à 3 %. Comme si le problème était un écart de gestion.
    Le jeu montre autre chose : tant que l’État promet plus qu’il ne prélève, le ministre n’arbitre pas entre le bien et le mal. Il choisit seulement qui sera mécontent aujourd’hui, et qui le sera plus tard.

    C’est pour cela que le jeu est bon. Il ne ment presque pas sur les contraintes. Il ment seulement sur la victoire. Gagner ici, c’est durer dans les règles actuelles. 

    Redresser vraiment le pays, ce serait changer de jeu. 


    B) - Le double verrou

    La France est trop endettée pour être maître de son propre destin. Si l’on n’agit pas vite, le budget 2027 sera déjà entre les mains du Rassemblement national (RN), qui en fera un désastre, et d’ici 2034, la France n’aura plus son mot à dire sur la manière dont est dépensé le budget européen. Ma nouvelle chronique pour @lesechos est en ligne. Le double verrou Lien dans la bio. https://attali.com/geopolitics/the-double-lock/ 

                                 Image : L'Écluse de Jean-Honoré Fragonard, tableau vers 1777-1778

    En écoutant les débats en France aujourd’hui – qui, pour le moment, ressemblent davantage à ceux qui ont précédé l’élection d’un maire de village en 1920 qu’à une campagne présidentielle en 2026 – j’ai l’impression que trop peu de candidats comprennent, ou sont prêts à admettre publiquement, quelle est la véritable situation du pays : malgré ce que pourraient affirmer ceux qui l’ont récemment dirigée – et tous ceux qui prétendent la diriger demain –, la France n’est plus, dans le monde d’aujourd’hui, capable de prendre une décision véritablement souveraine. C’est, en réalité, le cas pour presque tous les pays du monde, et il serait tragique de continuer à le nier. 

    La France n'est plus cette heureuse province agricole autosuffisante, à l'abri de toute menace, capable de survivre à une occupation, une guerre ou une épidémie. Elle est prise dans un réseau mondial dont aucun des régionalismes extrémistes qui la menacent ne pourra la libérer. Plus encore : elle ne peut plus revendiquer sa souveraineté tout en vivant aux crochets de ses voisins. 

    À cela s'ajoutent désormais au moins deux nouvelles contraintes qui viennent de s'abattre sur elle : 

    La première est celle imposée par les six pays les plus économes de l'Union européenne : l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède. Réunis le jeudi 27 août 2026 à Berlin, sous l'impulsion du chancelier allemand Friedrich Merz, ils ont pris des décisions historiques passées presque inaperçues : en l'absence des autres dirigeants européens – et notamment de la France, exclue pour la première fois d'une réunion en petit comité des principaux États membres de l'Union –, ces six dirigeants ont décidé de l'avenir des finances européennes. Ils ont rejeté le budget de 2 000 milliards d’euros sur sept ans (2028-2034) proposé par la Commission européenne comme cadre financier pluriannuel (qui aurait représenté une augmentation de 60 % en prix courants par rapport au cadre actuel (2021-2027)) ; ils ont exigé (voire insisté) une réduction de plusieurs centaines de milliards d’euros de ce budget et ont rejeté toute nouvelle dette commune au niveau européen ; autrement dit, ils ont décidé de mettre un terme à l’émission d’euro-obligations. Autant de mesures auxquelles la France était très attachée et dont elle a absolument besoin pour financer sa dette. Ce diktat des pays frugaux peut être considéré comme l’acte fondateur d’un nouveau « cercle restreint de l’euro », remplaçant le duo franco-allemand dans ce rôle. De plus, ces six pays (sur 27 États membres), qui financent à eux seuls près de 40 % du budget de l’Union européenne, exigent désormais un contrôle précis de l’utilisation de ces fonds et souhaitent réorienter l’intégralité des décaissements vers la compétitivité, la maîtrise des migrations, le soutien à l’Ukraine et la sécurité de l’Union face à la menace d’une attaque russe imminente contre un pays européen – quitte à consacrer une part importante de ces fonds à l’achat d’armes américaines, qu’ils présentent comme les seules disponibles en cas d’urgence. Toutes les autres priorités (agricoles, industrielles, technologiques, scientifiques, environnementales, sociales, culturelles ou d’aide au développement) chères à la France seront reléguées au second plan. En bref, d’ici à 2034, la France n’aura plus voix au chapitre quant à l’utilisation du budget européen.

    Le second obstacle est celui que le Rassemblement national (RN) peut (et va probablement) imposer au budget de 2027. Ce budget ne peut être adopté que de deux manières : soit par ordonnances (une procédure inédite, manifestement antidémocratique puisqu’elle contourne la responsabilité première du Parlement, et qui témoignerait de l’impuissance radicale d’un gouvernement moribond) ; soit par le recours répété à l’article 49.3, ce qui ne peut réussir que si le RN s’abstient. Or, le RN s’apprête sans aucun doute à faire de son abstention une monnaie d’échange très coûteuse : on imagine déjà Marine Le Pen expliquer que, certaine d’être élue en mai prochain, elle est déterminée à ne pas perdre une minute et exige que le budget 2027 s’aligne sur ses priorités politiques, puisqu’il lui sera impossible de le modifier avant septembre 2027, date à laquelle le budget 2028 devra être présenté. Par conséquent, en échange de son abstention lors du vote du budget 2027, elle exigera l’inclusion des mesures phares de son programme : une réduction de 50 % de la contribution de la France au budget européen, la suppression des aides sociales pour tous les étrangers en situation irrégulière, le retour à la retraite à 60 ans pour les carrières longues, 125 milliards d’euros d’économies et des droits de douane sur les importations industrielles — y compris celles provenant de pays de l’Union européenne. Si le gouvernement cédait à de telles mesures, la France romprait avec ses engagements européens, ce qui est précisément ce que recherche le Rassemblement national (RN). Il lui serait alors facile de soutenir que la France n’est plus souveraine et qu’il faut y remédier au plus vite. C’est un argument de campagne puissant, surtout face au « diktat » des pays du Nord évoqué plus haut. 

    Ces deux obstacles — dont l’actuel gouvernement français porte la responsabilité première et qui viennent s’ajouter à tous les autres — subsisteront même en cas d’élection de Marine Le Pen. Ils lui donneront toutes les raisons de provoquer une crise avec nos partenaires les plus « frugaux », une crise qui ne pourra se solder que par sa soumission ou par un « Frexit ». 

    Il est encore temps d’éviter ce double piège, en commençant enfin à assainir nos finances et en s’abstenant de promettre des miracles pour l’après-2027. Les Français sont prêts à l’entendre.

    Jacques Attali  

    Jacques Attali est docteur en économie, diplômé de l'Ecole Polytechnique et conseiller d'Etat. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 spécifiquement consacrés à l'analyse future), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur aux journaux financiers Les Echos et Nikkei, après l'avoir été également à L'Express. Jacques Attali dirige également régulièrement des orchestres à travers le monde.

    https://www.attali.com/en/geopolitics/the-double-lock/




    C) - Jusqu'où la patience est-elle infinie ?

    Pourquoi le même acte change-t-il de nom selon celui qui le commet ? 

    Ici : légitime défense. 

    Là : crime de guerre. 

    Ici : démocratie. 

    Là : propagande. 

    Ici : une victime dont le monde doit connaître le visage. 

    Là : une statistique. 

    Et si le véritable sujet était devenu notre capacité à appliquer les mêmes principes à tous ?


     Il existe des questions auxquelles on peut répondre librement. Et d’autres que l’on préférerait que vous ne posiez même pas. « Peuple élu ». Khazars. Gaza. Russie. Macron. Doubles standards. Censure. Je ne vous demande pas d’être d’accord avec moi. Je vous demande de regarder les faits et d’oser poser les questions.

    Bertrand SCHOLLER 

    @55Bellechasse




    D) - Budget 2027 : « Encore plus de mauvaise foi »… Pourquoi la présidentielle rend la tâche de Lecornu impossible

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu mise sur un nouveau « compromis » pour faire adopter ses textes budgétaires, mais la campagne présidentielle pourrait s’inviter lors des débats dans l’hémicycle

    • L'essentiel

    • Sébastien Lecornu a réuni cette semaine son gouvernement pour un séminaire de rentrée consacrée au budget 2027.

    • Le Premier ministre vise à faire adopter un budget de « compromis », un an après avoir échappé à la censure grâce à un accord avec les socialistes.

    • Mais cette année, en pleine campagne présidentielle, les stratégies des différents camps politiques pourraient lui compliquer la tâche.

     

    Le retour de l’infernal casse-tête pour Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a réuni ce lundi son gouvernement pour un séminaire de rentrée. Avec un seul sujet au programme, et non des moindres, la préparation du budget 2027. Après un exercice 2026 périlleux et le recours à de multiples 49.3, la tâche s’annonce encore plus délicate. Car les débats budgétaires se feront ces prochains mois dans un contexte de campagne présidentielle explosif. Au point de menacer Sébastien Lecornu et son gouvernement d’une censure ?

    Les difficultés budgétaires de l’automne sont désormais une rengaine depuis la réélection d’Emmanuel Macron en 2022. Faute de majorité, aucun Premier ministre n’a réussi à faire adopter un budget sans l’utilisation de l’article 49.3. « La réalité, c’est qu’il y a onze familles politiques à l’Assemblée. Faire adopter un budget dans ces conditions est une chose complexe… », résume Prisca Thévenot, députée Renaissance des Hauts-de-Seine. « Sébastien Lecornu fait du mieux qu’il peut, mais trouver une majorité pour adopter un budget ne tient aujourd’hui que d’un point de vue philosophique », ajoute l’ex-porte-parole du gouvernement Attal.

    Une difficulté se rajoute cette année à cette mission quasi-impossible. Pas moins de neuf candidats ou potentiels candidats à la présidentielle seront dans l’hémicycle lors des échanges budgétaires : les chefs de file de Renaissance et du Rassemblement national, Gabriel Attal et Marine Le Pen, l’ex-insoumis François Ruffin, l’écologiste Delphine Batho, quatre candidats à la primaire socialiste, et l’ancien président de la République, François Hollande. « Il faudra s’accorder sur un budget, même minimaliste, pour la stabilité du pays. Mais est-ce que les uns et les autres seront capables de sortir de leurs postures présidentielles et feront passer l’intérêt des Français avant l’intérêt de leur propre écurie ? », interroge Xavier Albertini, député Horizons de la Marne.

    Une primaire PS qui chauffe à blanc

    Le Premier ministre aimait se présenter l’année passée comme « le jaune d’œuf dans la mayonnaise ». Autrement dit, comme un « liant » entre les différents groupes politiques pour arriver à un compromis. Mais la mayonnaise pourrait cette fois-ci tourner au vinaigre. Car les socialistes, qui avaient topé pour un accord de non-censure l’année dernière, vont bientôt batailler pour remporter leur scrutin interne. Et à l’université de rentrée du Parti socialiste, le week-end dernier, Olivier Faure a donné le ton : « Je ne vois pas comment Gabriel Attal ou Édouard Philippe se mettraient cette année à chercher le moindre compromis avec la gauche. Le suspense, il est faible, vous connaissez la fin, il y aura une censure », a prévenu le Premier secrétaire et candidat à cette primaire, organisée à la mi-octobre.

    « Nous jouerons le jeu, mais si la copie présentée par le gouvernement n’est pas acceptable, nous n’aurons pas la main qui tremble », confirme le député socialiste Romain Eskenazi. « Peut-être que le magicien Lecornu y arrivera, mais dans le contexte de campagne présidentielle, il y a le risque que chacun veuille avancer ses pions et campe sur ses positions », ironise l’élu du Val-d’Oise. « La présidentielle va tout compliquer, on l’a déjà vu avec les déclarations tapageuses de Lecornu et Faure. Il y aura cette année encore plus de mauvaise foi et de calculs… », soupire un élu proche de Raphaël Glucksmann.

    Le RN en arbitre ?

    Le gouvernement a tenté de mettre la pression sur les groupes politiques, rappelant le contexte économique morose, et le risque de dérapage du déficit public, au-delà de l’objectif fixé à 5 % du PIB. « On est actuellement dans le brouillard, avec des vents contraires. Mais le scénario catastrophe n’est bon pour personne. Et ce, quelle que soit couleur du futur gouvernement en 2027 », prévient Xavier Albertini. Le gouvernement chiffre à environ 15 milliards d’euros un « scénario catastrophe » où la France n’aurait pas de budget en fin d’année. Une facture qui ne manquera pas d’atterrir sur le bureau du futur locataire de l’Elysée. « On considère aussi que la dette est un problème, mais si le débat mène encore à la suppression de l’AME [aide médicale d’Etat] pour sauver la France, ce sera sans nous », prévient Eskenazi.

    Si les socialistes rejoignent l’ensemble de la gauche sur la censure, le destin de Sébastien Lecornu pourrait dépendre de l’attitude du Rassemblement national. Marine Le Pen, la cheffe des députés RN et quadruple candidate à la présidentielle, risquera-t-elle de provoquer l’instabilité en pleine campagne ? « Le cap pour le pays sera fixé dans huit mois, mais ce budget n’est pas non plus un exercice superflu. Nous aurons des lignes rouges et tout dépendra de l’attitude du gouvernement », prévient le député RN de l’Yonne, Julien Odoul, qui ajoute : « Pour l’instant, celui qui a les cartes en main, c’est Sébastien Lecornu. » Pas certain que son jeu suffise empêcher sa chute.


    Dette : alerte rouge en France... et dans le monde
     
    Ce sont des chiffres qui donnent le vertige. Aux États-Unis, le taux des emprunts à dix ans a récemment flirté avec les 5 %. Au Japon, il vient de franchir les 3 %, un niveau que le pays n’avait plus connu depuis trente ans. Au Royaume-Uni, il atteint 5, 22 %. Et en France, le coût de la dette ne cesse de grimper. Elle a payé mercredi 4,27 % de taux d'intérêt pour les emprunts qu'elle devra rembourser d'ici dix ans. C'est plus que la Grèce, et du jamais vu depuis 2008. 
     
    Après des années d’argent presque gratuit, le monde découvre une nouvelle réalité : emprunter coûte cher, et cela change tout. Alors pourquoi les taux d’intérêt flambent-ils ? Chocs géopolitiques à répétition, inflation et bataille pour l’épargne disponible entre États endettés et géants de la tech… Jusqu’où cette remontée des taux peut-elle aller ? Et avec quelles conséquences en cascade ?
     
    Pour les ménages, les crédits immobiliers vont coûter plus cher. En France, les taux moyens de ces crédits sont déjà passés en août à 3,23 % sur 15 ans (+ 0,07 point en un mois), 3,43 % sur 20 ans (+ 0,13) et 3,53 % sur 25 ans (+ 0,10), détaille Cafpi dans une note publiée mardi. Plus largement, les populations paient de plus en plus cher pour emprunter, avec le risque de plonger les Etats dans la récession.
     
    Derrière cette remontée mondiale des taux, il y a aussi une autre menace : l’inflation. La guerre et les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, peuvent provoquer de nouvelles flambées des prix de l’énergie et des matières premières. Et une énergie plus chère se transmet rapidement au prix des transports, de l’alimentation et de nombreux biens et services. Un scénario que les banques centrales redoutent : une inflation qui repart alors même que les économies ralentissent. 
     
    Et la France est particulièrement exposée à cette équation complexe. Car la remontée des taux va aussi augmenter la charge des intérêts de la dette qui dépasse désormais les 3 500 milliards d’euros. Elle devrait atteindre 64 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2026, anticipait le ministre de l’Économie Roland Lescure fin juin, avant le passage des 4 % à dix ans. En 2027, elle pourrait atteindre environ 74 milliards d’euros. Une somme vertigineuse, supérieure au budget consacré à certains ministères régaliens, que le gouvernement doit intégrer dans la préparation du budget 2027 particulièrement difficile. D’autant que le calendrier électoral rend la situation encore plus explosive. 2027 sera l’année de l’élection présidentielle. La dette comme le pouvoir d’achat devrait s’imposer comme l’un des grands sujets de la campagne. Avec une question qui sera impossible à éviter : qui doit payer ?
     
    Pendant ce temps, sur le terrain, les entreprises commencent à payer le prix de cette conjoncture. Là encore, les chiffres sont préoccupants. Plus de 70 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées sur douze mois à la fin du premier semestre 2026. Les procédures collectives restent à des niveaux élevés et continuent de progresser. Pour les entreprises les plus fragiles, la remontée des taux peut être le choc de trop. Nos journalistes sont allés à la rencontre d’un entrepreneur qui se bat depuis plusieurs mois pour éviter le dépôt de bilan.

    http://bit.ly/EmissionCdanslair.

     


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