septembre 09, 2026

La politique budgétaire de la France durant la Vᵉ République !

La politique budgétaire de la France durant la Vᵉ République 

Malgré l’aridité du sujet, La longue dérive de la dette française — Histoire budgétaire de la Vᵉ République (Éditions PUF, 670 pages, 28 euros) se lit très agréablement. Partisans d’une politique d’équilibre budgétaire et de stabilité financière, Julien Dubertret (conseiller du Premier ministre pour le budget en 2007 et directeur du Budget en 2011) et Nicolas Ragache (anciennement administrateur au ministère de l’Économie et des Finances et conseiller ministériel) ont cherché à « comprendre les dynamiques structurantes derrière la longue dérive des finances publiques en France ». Des surprises attendent le lecteur, préviennent-ils, car « pas mal d’idées convenues résistent plutôt mal à un examen attentif ». Cette première partie de la recension du livre couvre les années qui précèdent l’arrivée au pouvoir des socialistes en 1981. Deux autres volets suivront pour traiter le sujet jusqu’à la période actuelle.

Johan Hardoy

 


Préambule : les années 1950

La France connaît alors un essor économique rapide, lié notamment à la reconstruction et au rattrapage de la croissance perdue pendant la guerre, mais des difficultés sérieuses demeurent du fait de la persistance de déséquilibres importants.

En 1952, le plan de lutte contre l’inflation d’Antoine Pinay constitue un « beau succès », mais il n’est pas suffisant pour réduire le déficit de l’État qui s’accentue avec les événements d’Algérie. En 1956, l’inflation repart doucement à la hausse et, l’année suivante, « faute de trouver des prêteurs, la moitié de l’augmentation de la dette publique doit être couverte par de la création monétaire ».

Deux facteurs institutionnels pèsent sur la conduite des politiques publiques. En premier lieu, « l’instabilité gouvernementale chronique » de la IVᵉ République — malgré la stabilité du personnel administratif qui permet d’éviter le pire —, qui ne permet « pas de construire de façon satisfaisante des politiques publiques ambitieuses qui nécessiteraient un appui politique dans la durée ». En second lieu, « l’absence de cadre organique pour le budget jusqu’en 1956 », qui rend difficile la mise en œuvre de politique d’investissement. Faute de vote en temps et en heure, chaque nouvelle année s’engage ainsi sans budget.

Ce désordre budgétaire n’est pas sans conséquences sur la souveraineté du pays car il favorise la tutelle extérieure croissante d’un pays prêteur comme les États-Unis.

1958-1965

L’arrivée au pouvoir du général de Gaulle voit s’ouvrir « une période économique déterminante pour l’avenir, basée sur une nouvelle stratégie monétaire et budgétaire dont l’influence se fera sentir pendant plus de vingt ans ». Lors de son investiture, « le Parlement adopte la loi relative aux pleins pouvoirs, avec une habilitation très large », comprenant les finances publiques qui relèvent traditionnellement de la compétence parlementaire.

À la tête d’un « comité restreint et quasi secret », l’économiste libéral Jacques Rueff propose au chef de l’État une stratégie d’ensemble visant à réduire la dépense publique, supprimer les indexations (notamment celles des prix agricoles), augmenter les impôts, emprunter à long terme et dévaluer pour rétablir la stabilité financière. De Gaulle met tout son poids politique pour faire adopter ce « plan Pinay-Rueff de réduction des dépenses publiques ». Un nouveau franc est créé « pour marquer l’entrée dans une nouvelle époque de confiance et d’inflation maîtrisée ».

« Dans ce contexte assaini, qui voit les besoins d’emprunt de la sphère publique se réduire et qui fait anticiper un rétablissement durable des grands équilibres de l’économie française, la balance des paiements redevient excédentaire et les financements internationaux se rouvrent. » Le général de Gaulle dira plus tard : « Le Marché commun n’a été possible que grâce au redressement de la France en 1958. »

En 1962, le ministre des Finances, Valéry Giscard d’Estaing, « taille dans les dépenses » pour lutter contre l’inflation, nourrie par les prêts et avances de l’État financés par l’emprunt.

Cette politique diffère de celle que souhaiterait le Premier ministre, Georges Pompidou, qui préconise plutôt de laisser courir le déficit pour financer des dépenses d’investissement. Ce dernier considère en effet que l’augmentation des moyens de production doit être profitable dans un second temps, y compris pour les finances publiques.

En 1964, pour la première fois depuis 1931, le budget est présenté en équilibre.

1965-1974

Cette décennie fait « la démonstration que les finances publiques peuvent être à l’équilibre et la croissance forte simultanément ».

L’État, qui fait face à l’augmentation rapide de la population issue du baby-boom, développe l’investissement public et privé destinés aux constructions scolaires, aux routes et autoroutes, au remembrement agricole, à la santé, etc.

Par ailleurs, le budget national se doit de « venir à la rescousse » du déséquilibre des comptes sociaux, car « la Sécurité sociale, au sens large, est affectée par une dynamique sociale forte, à la fois mal analysée et mal maîtrisée budgétairement […] en raison d’une perte de lien progressive entre les recettes et les dépenses ». Cette situation est encore aggravée dans les années 1970 du fait de la montée régulière du chômage.

Le gouvernement poursuit néanmoins une politique de stabilité budgétaire, malgré des pressions politiques en faveur d’un soutien « keynésien » à la croissance.

Dans la foulée des événements de mai 1968, les accords de Grenelle entérinent une série de mesures de grande ampleur concernant les salariés et les entreprises. « Ces décisions, après vingt années de développement économique rapide, répondent au souhait de la population d’un rééquilibrage du partage des fruits de la croissance. » La hausse des dépenses publiques, pour l’essentiel pérenne, représente 1 point de PIB.

En 1969, le budget de l’État est excédentaire et les finances publiques reviennent quasiment à l’équilibre, ce qui s’explique par la reprise mondiale de la croissance et une ferme politique gouvernementale de lutte contre l’inflation.

Cette séquence, qui voit un retour à la normale sans difficulté apparente, contribue à ancrer « l’idée fausse qu’il serait possible (et même souhaitable, en vue de soutenir la croissance) d’augmenter les dépenses ». « Il n’est pas abusif de voir dans cet épisode l’une des causes du manque de discipline de nombreux gouvernements ultérieurs. »

Dans un contexte monétaire international incertain, le volet salarial des accords de Grenelle, qui soutient la demande, conduit « à une hausse asymétrique des coûts de production par rapport à ceux des pays voisins et concurrents ».

Au lieu de mener un plan de rigueur monétaire, le gouvernement « choisit la voie de la facilité » : une dévaluation du franc de 11,1 %. « Dès lors, sans surprise, l’inflation s’installe pour de bon », alors que la croissance repart à un rythme soutenu.

En 1972, le Premier ministre, Pierre Messmer, confirme les choix interventionnistes pour lutter contre l’inflation, qui atteint plus de 6 % et « frôle les 14 % avec le choc pétrolier de 1974 ».

1974-1980

Après la victoire électorale de Giscard d’Estaing en 1974, le ministre de l’Économie, Jean-Pierre Fourcade, met en œuvre un « plan de refroidissement » destiné à contrer l’inflation et le déséquilibre du commerce extérieur.

Cette politique, « qui passe assez largement à côté du contexte créé par le choc pétrolier », « cherche donc à réduire la consommation par une ponction fiscale exceptionnelle sur les ménages ». Une mesure similaire est prise concernant les entreprises qui voient l’impôt sur les sociétés majoré.

Ce plan, qui produit un ralentissement de la croissance française, « arrive au plus mauvais moment » compte tenu de la conjoncture internationale. « La contraction de la demande extérieure se cumule à l’inflation forte. » En 1975, l’économie française entre en récession, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, tandis que le chômage atteint 2,8 % (ce qui paraît élevé à l’époque).

Le Premier ministre, Jacques Chirac, opte alors pour un « virage à 180 degrés », en stimulant la croissance par un plan de relance de la demande, financé par des déficits volontaires.

« Cette initiative qui déséquilibre fortement les comptes publics fait par contraste ressortir l’équilibre de 1974, qui reste dans les mémoires comme la dernière année d’équilibre budgétaire ». Le gouvernement ne prône pourtant aucune rupture structurelle et vise l’équilibre des finances publiques (qui sera objectivement atteint en 1979 et 1980).

« Le plan de relance de 1975 n’en est pas moins un échec de politique économique, à plusieurs titres ». Son impact sur l’inflation est à peine perceptible et le chômage atteint 4 % en 1976. « Un plan macroéconomique de relance d’inspiration keynésienne était tout à fait inadapté à la situation résultant du premier choc pétrolier. […] Une politique ferme de lutte contre l’inflation, qui aurait constitué un signal économique clair invitant les entreprises à maîtriser leurs coûts et aurait sans doute impliqué plus la politique monétaire que la politique budgétaire, aurait été nettement plus adaptée, préservant la compétitivité et donc l’emploi. »

En 1976, Raymond Barre, qui cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre de l’Économie et des Finances pour la première fois dans l’histoire de la Vᵉ République, se donne comme priorité « la lutte contre l’inflation, et à cette fin le retour à l’équilibre des finances publiques ».

Malgré des efforts de maîtrise des dépenses jusqu’en 1980, le « freinage n’est pas suffisant face au ralentissement parallèle de la croissance », d’autant que les dépenses sociales (santé et retraites) progressent rapidement.

« Le retour à l’équilibre des finances publiques dans la seconde moitié des années 1970 s’est fait indéniablement en partie par la maîtrise de la dépense, mais aussi et pour beaucoup par une hausse massive des prélèvements obligatoires et spécialement des cotisations sociales employeur, c’est-à-dire par un renchérissement important du coût du travail, et donc par une dégradation forte et rapide de la compétitivité de la main-d’œuvre française. »

« C’est incontestablement dans la période 1976-1980 que cette singularité française des prélèvements pesant fortement sur le travail trouve son origine ». La gestion paritaire des régimes de protection sociale (comptablement hors du budget de l’État) n’y est pas étrangère du fait que les syndicats ont « toujours marqué un attachement particulier au financement de la Sécurité sociale par des cotisations assises sur la masse salariale » et non par les impôts.

Johan Hardoy
15/08/2026

https://www.polemia.com/la-politique-budgetaire-de-la-france-durant-la-v%e1%b5%89-republique-1-3/

 
 

Après une première recension, portant jusqu’à la fin des années Giscard, du livre de Julien Dubertret et Nicolas Ragache, La longue dérive de la dette française — Histoire budgétaire de la Vᵉ République, cette deuxième partie commence lors de l’arrivée au pouvoir des socialistes en 1981 et se termine avec la réélection de Jacques Chirac en 2002.

Polémia

1981-1985

Pendant la campagne présidentielle, les « 110 propositions » de François Mitterrand — qui va devenir le premier président de gauche de la Vᵉ République — affichent une volonté de « rupture radicale portée par un discours délibérément idéologique ».

Après son élection, le programme interventionniste du Premier ministre socialiste, Pierre Mauroy, vise à relancer la consommation en augmentant le pouvoir d’achat, à réduire le temps de travail et l’âge de départ à la retraite, à créer un impôt sur les grandes fortunes et à étendre le secteur public via des nationalisations.

Compte tenu d’une dette relativement faible (environ 20 % du PIB) et de comptes quasi à l’équilibre, l’idée défendue est que « la politique de relance induira des recettes publiques supplémentaires par la reprise de l’activité économique ». « Pour la nouvelle équipe au pouvoir, il y a donc de la marge pour faire du déficit et accroître la dette », en dépit du second choc pétrolier qui pèse fortement sur la croissance mondiale.

De fait, cette période « constitue un point d’inflexion majeur » qui voit la mise en place d’une « dégradation de long terme, structurelle, du déficit public ».

En mars 1983, le Président se résout à mettre fin à une politique de relance qui bénéficie largement aux partenaires commerciaux de la France, « comme le montre la dégradation rapide et massive (+ 50 %) du déficit commercial en 1982 ».

Ce « tournant de la rigueur » — qui a fortement marqué la mémoire collective qui y voit « le retour à une gestion rigoureuse des finances publiques » — affiche en réalité l’objectif plus modeste de ne pas dépasser la limite de – 3 % de déficit. L’équilibre budgétaire est perdu de vue, alors que la dérive du besoin de financement des administrations publiques est patente.

A contrario, la période se révèle « remarquable » dans le domaine de la lutte contre l’inflation, en raison d’une série de mesures telles que le blocage de quatre mois des rémunérations et de la plupart des prix en 1982, conjugué à un freinage historique de l’inflation par les taux d’intérêt aux États-Unis.

La réforme des marchés financiers constitue également un « succès manifeste de la majorité au pouvoir entre 1981 et 1986 ». De façon paradoxale, au vu des ambitions initiales de placer le financement de l’économie sous le contrôle de l’État, les dirigeants socialistes favorisent la mise en place d’un « marché du crédit beaucoup plus ouvert et libre ». Le financement des déficits publics s’en trouve d’ailleurs facilité.

1986-1993

Durant cette première cohabitation, le Premier ministre, Jacques Chirac, cherche à diminuer les dépenses pour réduire simultanément les impôts et le déficit. Parmi d’autres mesures, 10 milliards de francs de crédits sont annulés et 2 900 emplois publics supprimés. Après les 125 000 postes publics créés entre 1981 et 1985, le Projet de loi de finances (PLF) affiche une réduction nette de 19 000 postes en 1986 et de 13 000 en 1987.

« On a donc affaire à une période de réelle rigueur budgétaire, qui tranche avec les cinq années passées (et aussi bientôt avec les cinq années suivantes). »

« La maîtrise des dépenses a un but : laisser la place pour une baisse des impôts. » Le PLF 1988 entérine une trajectoire d’allègements fiscaux de près de 70 milliards de francs engagée sur deux ans, répartis de façon approximativement égale entre les ménages (dont la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes pour un montant de 5,6 milliards) et les entreprises.

En 1988, cette politique de maîtrise des dépenses est interrompue avec la réélection de François Mitterrand.

« Le phénomène qui détermine toute la période [qui suit] est le redémarrage très rapide de la croissance et l’envolée tout à fait spectaculaire des recettes publiques qui l’accompagne. […] Les baisses d’impôts se poursuivent jusqu’en 1991 inclus, dans la continuité des années 1986-1988. »

En 1990 puis plus nettement en 1991, la croissance ralentit, avant une entrée en récession en 1993, année où « le déficit se creuse à 6,4 %, une valeur alors jamais encore atteinte sous la Vᵉ République ni même depuis la Seconde Guerre mondiale ».

De plus, « les années 1986-1993 sont affectées par le point de fuite très lourd en dépenses, constitué par les prélèvements sur recettes au profit des Communautés européennes (ultérieurement Union européenne) et des collectivités territoriales ». Cette dérive « constitue une tendance de long terme de nos finances publiques » (qui « n’est toujours pas maîtrisée aujourd’hui pour ce qui concerne l’UE »).

1993-1997

En 1993 — année de récession économique marquée — une nouvelle cohabitation survient avec l’arrivée d’Édouard Balladur comme Premier ministre.

Son action « peut se prévaloir d’une certaine cohérence économique », sans être « particulièrement vertueuse en termes de finances publiques » : « Il consacre en effet largement les dérapages de dépenses et se contente de ne compenser que le coût des seules mesures nouvelles lancées par le gouvernement. » La question du déséquilibre budgétaire n’est donc pas traitée.

Près de 20 milliards de francs de dépenses nouvelles (portant principalement sur le budget de l’emploi) sont financées pour l’essentiel par 18 milliards de recettes de privatisation, ce qui amplifie « une pratique très critiquable du point de vue de la gestion des finances publiques, consistant à utiliser des recettes de privatisation, par nature ponctuelles […] pour financer des dépenses budgétaires courantes ».

« C’est du côté des retraites qu’il faut chercher le morceau de bravoure de la période », avec « une vraie réforme structurelle, portant des effets à long terme ». Cette réforme ne concerne que les retraites privées, avec l’extension des 10 aux 25 meilleures années de la période de référence retenue pour le calcul de la retraite, le passage de 37,5 à 40 annuités de la durée de cotisation nécessaire pour le bénéfice d’une pension à taux plein et une indexation des pensions sur les prix à la consommation.

En 1995, Jacques Chirac est élu Président de la République. « Rapidement, le nouveau gouvernement se rend compte qu’il est face à une situation beaucoup plus dégradée que prévu des finances publiques, en donnant l’impression d’être pris de court. […] Mais tout en marquant le retour à un pilotage responsable des finances publiques, le collectif acte le fait que les dérapages de dépenses hérités sont consolidés, et qu’on ne cherche pas à les compenser par des mesures d’économies, même progressivement. »

En octobre 1995, « le Président Chirac pose comme objectif politique explicite et non révocable la participation de la France à l’euro », ce qui implique de ramener le déficit public, qui s’élève à 5 %, à 3 % du PIB dès 1997.

En décembre 1995, des grèves très suivies dans les transports publics, pendant trois semaines, amènent le gouvernement d’Alain Juppé à retirer son projet de réforme des régimes spéciaux de retraite.

La loi organique relative aux lois de financement de la Sécurité sociale (LOLFSS) est en revanche maintenue, instituant « enfin un cadre d’approbation parlementaire des comptes sociaux (ou au moins d’une partie significative de ceux-ci) ».

En 1997, le gouvernement entreprend une baisse de l’impôt sur le revenu, alors que la fiscalité a augmenté jusqu’ici. Cette réforme aboutit à exonérer une proportion importante de la population d’un prélèvement fiscal déjà très progressif et concentré.

Cette même année, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale.

« L’ironie cruelle des événements conduira à ce que la croissance reparte de façon très rapide et durable, avant même le résultat des élections législatives de mai 1997, donnant au gouvernement suivant des marges de manœuvre suffisamment importantes pour reléguer les difficultés de qualification de la France à la monnaie commune au niveau de question de second rang. »

1997-2002

Lionel Jospin devient Premier ministre d’un gouvernement de gauche sous un président de droite, une cohabitation inversée par rapport aux deux précédentes.

La croissance repart à un rythme soutenu dans les pays industrialisés, du fait notamment d’une « accélération de la demande mondiale, des évolutions favorables des taux d’intérêt et des taux de change, et du redémarrage cyclique des biens intermédiaires ».

« Dès lors, le redressement des finances publiques ne sera — malheureusement — plus vraiment une préoccupation prioritaire jusqu’à la fin de la législature. […] Le gouvernement, après vingt ans de montée du chômage, ne fait pas confiance à la croissance pour relancer le marché du travail. Il souhaite plutôt conduire une politique de distribution d’un emploi qu’il juge structurellement réduit. Il va pour cela recourir à la fois à l’emploi public et à la redéfinition du temps de travail. »

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Allègre, engage un « débat tendu sur l’absentéisme, réel ou supposé » avec le monde enseignant, en déclarant la nécessité de « dégraisser le mammouth » ! L’intéressé remet finalement sa démission en 2000.

« L’une des leçons principales à tirer de cette période, tout comme de la période 1988-1991 qui lui est largement comparable, est que la gouvernance des finances publiques gagnerait à s’appuyer sur une meilleure lecture du cycle économique et à reposer sur des objectifs de long terme ambitieux et moins dépendants de la croissance. »

« L’ère qui s’ouvre alors avec l’euro est celle d’une Europe plus unie, mais aussi plus concurrentielle. La monnaie unique a mis la France directement en situation de concurrence renforcée dès le lendemain de l’avènement de l’euro », tandis que « la dévaluation de la devise nationale, qui a tant de fois servi à corriger un manque de rigueur économique, devient impossible ».

Johan Hardoy
21/08/2026

https://www.polemia.com/la-politique-budgetaire-de-la-france-durant-la-v%e1%b5%89-republique-2-3/

Après les deux premiers articles (ici et ) consacrés au livre de Julien Dubertret et Nicolas Ragache, La longue dérive de la dette française — Histoire budgétaire de la Vᵉ République, cette dernière recension commence avec la réélection de Jacques Chirac en 2002 et se termine en août 2025.

2002-2007

Jacques Chirac est largement réélu, au second tour, face à Jean-Marie Le Pen.

Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin décide de procéder à une baisse d’impôts sans s’attaquer réellement à la réduction du déficit, considéré comme un « problème de long terme ». La priorité est au « court terme », à savoir la relance de la croissance soutenue par la dépense publique.

Cette logique « keynésienne » « s’oppose au freinage de la dépense publique à un rythme inférieur à celui de l’inflation. […] Dès lors que croissance et consommation sont largement assimilées, toute réduction de la dépense publique devient impossible, ou au moins très difficile ». L’Allemagne fait un choix différent en choisissant « de ne pas relancer sa demande intérieure mais de limiter son inflation salariale et de restaurer les marges de ses entreprises ».

« Les années 2002-2006 sont aussi celles de la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), qui apporte « de la clarté et du sens dans une structure budgétaire par nature de dépense qui était devenue obsolète et devait évoluer. Mais elle n’était pas que cela : une réforme du cadre, laissant aux gouvernements la responsabilité de promouvoir la vertu ou le laisser-aller budgétaire ».

« A posteriori, l’image générale des finances publiques entre 2002 et 2007 est celle d’un accroissement initial assez massif du déficit, qui atteint 4,1 % du PIB en 2003, suivi d’une trajectoire de baisse lente — voire très lente — qui conduit à terminer le quinquennat à la limite de 3 % autorisée par le pacte de stabilité et de croissance. »

2007-2012

[Un des coauteurs, Julien Dubertret, a exercé les fonctions de conseiller du Premier ministre pour le budget en 2007 et de directeur du Budget en 2011.]

En 2007, Nicolas Sarkozy entend « réformer la France », en mettant fin à « l’impuissance publique », tandis que le Premier ministre, François Fillon, affirme que « c’est le choix des déficits et de la dette qui a privé l’État de toute marge de manœuvre ».

« Assez logiquement, c’est donc dans des mesures d’allègement des prélèvements obligatoires que le programme du nouveau président va s’incarner prioritairement » : défiscalisation des heures supplémentaires, allègements de la charge fiscale et « bouclier fiscal », déduction des intérêts d’emprunt (une mesure qui sera supprimée en 2011).

« La politique de maîtrise des dépenses s’est en particulier appuyée sur deux innovations méthodologiques dont c’était la première application en France : le passage à des budgets pluriannuels et la mise en œuvre de revues de dépenses. » La Révision générale des politiques publiques (RGPP) vise à réduire les dépenses publiques, à moderniser l’administration et à améliorer la performance des services de l’État grâce à des audits et des réorganisations.

En 2008, la crise financière — la plus forte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale — entraîne un très fort ralentissement de l’économie réelle en Europe et aux États-Unis, suivi d’« un dérapage massif des déficits et des dettes en Europe et aux États-Unis ».

Au-delà des mesures immédiates de sauvetage du système financier, le gouvernement français annonce un plan de relance destiné notamment à apporter des liquidités aux entreprises.

En 2010, l’âge légal de la retraite est relevé à 62 ans.

« D’un point de vue économique, la période 2007-2012 manifeste un retour à une certaine ambition dans les réformes, qui intègre la politique budgétaire en tant que politique publique à part entière. »

Passé la crise de 2008, « la dette française continue de dériver, notamment parce que le pays était entré dans la crise avec un niveau de déficit important, installé depuis longtemps ».

2012-2017

François Hollande est élu dans un contexte de ralentissement de la croissance dans les pays de l’Union européenne. Lors de sa candidature, il a affirmé que les politiques conduites étaient inadaptées tout en désignant son adversaire : « Le monde de la finance. »

Le président échoue d’emblée dans sa tentative de renégocier la « règle d’or » du traité européen, qui limite le déficit structurel des budgets nationaux par rapport au PIB.

Le redressement budgétaire mis en œuvre repose majoritairement sur des prélèvements obligatoires supplémentaires. « Le début de la mandature est ainsi marqué par ce qu’il n’est pas exagéré d’appeler un choc fiscal, avec des effets nettement défavorables en termes de croissance. C’est pourquoi, presque simultanément, un mouvement inverse de baisse des impôts et charges des entreprises est lancé », un paradoxe qui durera jusqu’à la fin du quinquennat.

« Une accentuation des efforts de redressement intervenant précisément à ce moment de ralentissement comporte objectivement le risque d’amplifier ce retournement de la conjoncture et de rendre plus difficile le rétablissement de l’économie et des finances publiques », d’autant que « des augmentations de prélèvements obligatoires presque aussi importantes » ont déjà eu lieu depuis 2010.

À partir de 2014 et jusqu’en 2017, « les mesures fiscales seront quasi exclusivement des mesures de suppression et d’allègement des impôts. » Malgré tout, la croissance « plafonne autour de 1 % sur la période 2014-2016 », tandis que « la moyenne de la zone euro revient rapidement à un niveau proche de 2 % ». Le chômage demeure quant à lui à un taux élevé.

Durant ce quinquennat, l’évolution des finances publiques met en évidence une faible réduction du déficit, qui reste à un niveau élevé. La dette continue de s’accroître, au moment où les principaux pays européens obtiennent de meilleurs résultats.

« La dernière année du quinquennat voit se multiplier les annonces de dépenses nouvelles, dans des proportions impressionnantes. » Après l’élection présidentielle de 2017, un audit de la Cour des comptes soulignera, « selon une appréciation inhabituellement tranchée », que « les textes financiers soumis à l’approbation de la représentation nationale ou à l’examen des instances européennes étaient ainsi manifestement entachés d’insincérité » !

2017-2025 (août)

« Pour tenter de redresser la situation et se donner les meilleures chances de ramener le déficit au-dessous de 3 % », le gouvernement nommé par Emmanuel Macron annule des crédits de paiement portant sur l’ensemble des ministères, avec une concentration notable sur les crédits d’équipement des armées. Ces coupes budgétaires sur la Défense entraînent la démission spectaculaire du chef d’état-major des armées.

Le regain de la croissance observé durant les deux premiers trimestres de 2017 se confirme sur la fin de l’année et le déficit repasse sous la barre des 3 %.

Les premières mesures de réforme portent sur l’allègement de l’impôt sur les revenus du patrimoine financier et sur la fiscalité du capital. L’idée consiste à privilégier l’investissement dans les entreprises au détriment de l’immobilier, considéré par le président comme « un investissement peu productif participant de l’économie de rente ».

En vue de redonner du pouvoir d’achat aux actifs, des cotisations maladie et chômage sont supprimées en contrepartie d’une hausse de la CSG, une taxe qui fait contribuer les revenus de l’épargne et les retraités (dont les pensions des régimes de base ne sont pas revalorisées en 2018). La taxe d’habitation pour les résidences principales est également supprimée par étapes.

« Pour accélérer la transition énergétique », « le programme du président prévoit une hausse importante de la fiscalité des carburants et produits carbonés ». Le mouvement des Gilets jaunes, déclenché en octobre 2018, « aboutit, début 2019, au gel de la TICPE au niveau alors atteint. Ce sont 10,5 milliards d’euros de hausses de prélèvements programmés auxquels le gouvernement est ainsi conduit à renoncer pour l’avenir ».

« Cet épisode des Gilets jaunes marquera durablement le quinquennat sur le plan budgétaire : le gouvernement doit non seulement renoncer à des hausses d’impôts programmées, mais encore les remplacer par des baisses d’impôts et des dépenses supplémentaires qui n’étaient pas prévues. »

Le programme présidentiel prévoit également une réforme « systémique » des régimes de retraite. « Tandis que les oppositions montent contre un projet qui risque d’être dépassé par sa complexité, le haut-commissaire aux retraites, chargé de la réforme, est conduit en décembre 2019 à la démission pour avoir omis de déclarer plusieurs mandats à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique lors de sa prise de fonctions. »

En mars 2020, Emmanuel Macron retire ce projet lors de l’annonce des mesures de confinement décidées pour faire face à la pandémie de Covid-19.

Le président proclame alors « son intention de ne pas se contraindre sur les dépenses de gestion de la crise », en utilisant à plusieurs reprises l’expression « quoi qu’il en coûte ».

Après trois confinements décidés par l’exécutif, « le choc de la crise du Covid-19 et des restrictions d’activité décidées sur l’économie est majeur. »

« Au-delà des mesures sanitaires, la réponse économique des pouvoirs publics se fait selon deux horizons, l’un de très court terme avec le plan de soutien à l’économie, l’autre à plus long terme avec le plan de relance. »

En 2022, la réélection d’Emmanuel Macron « ne donne pas lieu à des débats de finances publiques poussés ». L’absence de majorité présidentielle à l’issue des législatives, conjuguée au retour puis au reflux de l’inflation, accélère « la révélation d’une situation très dégradée ». La charge de la dette augmente en raison d’une inflation mal anticipée, ce qui entraîne la réduction des marges de manœuvre budgétaires.

« La baisse continue des taux à compter du milieu des années 1980 avec l’ouverture des marchés financiers, puis à partir de 2002 avec l’euro, enfin à compter de 2013 avec une politique monétaire hors norme allant jusqu’à des taux directeurs négatifs, avait habitué les gouvernements à ce que la charge de la dette reste stable voire diminue, alors même que la dette augmentait continûment. Avec le retour de taux d’intérêt largement positifs dans la foulée de l’endettement supplémentaire causé par le choc du Covid-19, le retour à une certaine normalité intervient sans ménagement et vient rendre le redressement des finances publiques plus difficile. »

En 2022, une crise énergétique survient dans la foulée de la guerre russo-ukrainienne. « Les prix du gaz atteignent en Europe des niveaux sans précédent, allant jusqu’à quatre fois le niveau d’avant crise. »

La France est moins touchée que ses voisins en raison d’une plus forte électrification (qui repose largement sur le nucléaire) et d’une forte diversification de ses sources d’approvisionnement, mais deux événements conjoncturels aggravent la situation : un niveau faible des barrages hydroélectriques du fait de la sécheresse de l’été 2022, et l’indisponibilité prolongée de plusieurs centrales nucléaires pour cause de corrosion constatée de pièces de leur circuit de refroidissement. La France est contrainte d’importer de l’électricité alors qu’elle est habituellement fortement exportatrice.

Cette crise énergétique conduit à des interventions budgétaires pour les particuliers et certaines entreprises, dont le coût net s’élève à 20,8 milliards d’euros en 2022 et 17 milliards d’euros en 2023. « Les comptes de l’État sont également fortement sollicités en tant qu’actionnaire principal d’EDF, qui réalise en 2022 des pertes historiques liées à l’arrêt des centrales nucléaires », d’autant que cette entreprise doit racheter au prix fort une production vendue à terme aux prix modérés d’avant la crise. « Finalement, après avoir déboursé 2,1 milliards d’euros pour recapitaliser EDF, l’État décide d’une nationalisation induisant un coût supplémentaire de près de 10 milliards d’euros. »

« Cette crise des prix de l’énergie en Europe s’inscrit dans la durée et son lourd impact économique vient s’ajouter au coût pour les consommateurs des politiques de développement des énergies renouvelables. […] On ne peut aujourd’hui exclure que la crise des prix de l’énergie en Europe sera ex post analysée comme un choc économique majeur. »

« La compétitivité de l’économie française apparaît ainsi comme désormais structurellement affaiblie : la croissance y est en effet nettement plus faible qu’ailleurs sur la période et les recettes ne tirent pas parti de cette faible croissance. »

« L’ampleur même des prélèvements participe au freinage de la croissance de l’économie. Dans le même temps, l’ampleur du déficit pèse sur les conditions de financement de l’économie et sur l’affectation de l’épargne. Quant aux dépenses, leur niveau très élevé ne joue manifestement pas en faveur de la croissance. »

« La crise des finances publiques françaises a ainsi également la dimension d’une crise économique, structurelle, propre au pays, qui a accumulé pendant des années les freins à sa croissance et sa compétitivité. »

« Le modèle, souhaité ou au moins accepté, reposant sur des dépenses publiques volontairement élevées, des prélèvements obligatoires quasi sans équivalent, un déficit élevé permanent et un endettement toujours croissant, trouve manifestement ses limites. »

Johan Hardoy
23/08/2026

https://www.polemia.com/la-politique-budgetaire-de-la-france-durant-la-v%e1%b5%89-republique-3-3/


 
Contributeur aiguisé de Polémia, Johan Hardoy suit notamment avec une grande attention les publications d'ouvrages relatifs à la politique et à la société française.

 

Réflexions générales de tous: souveraineté; trancher; liberté; voter; doute; réflexe.......! Et Vous ?


La droite commence depuis trente ans par le sommet de la pyramide. 

 Immigration. Identité. Islam. Frontières. Transmission. 

Ces sujets sont essentiels. Pourtant, ils reposent sur des fondations que nous avons laissées se fragiliser. Une civilisation ne décide de son avenir que lorsqu’elle conserve d’abord la liberté d’en parler, la capacité de s’organiser et les moyens matériels d’imposer ses choix. 

 C’est la pyramide des souverainetés. 

 

1. Tout commence par la liberté d’expression. 

Avant de changer une politique, il faut pouvoir dire qu’elle échoue. Avant de réduire l’État, il faut pouvoir dénoncer les effets du socialisme. Avant de réduire l’immigration, il faut pouvoir parler de ses conséquences. Avant de défendre l’assimilation, il faut pouvoir affirmer qu’une culture commune existe. Mill l’avait compris : une idée privée de contradiction devient un dogme. Celui qui fixe les limites du dicible fixe donc une partie des limites du politiquement possible. Nous vivons ici un paradoxe historique. X depuis le rachat par @elonmusk , YouTube, les podcasts ou les newsletters donnent à un individu une puissance éditoriale autrefois réservée aux grands médias. Jamais la dissidence n’a disposé d’une telle infrastructure. Au même moment, le DSA européen, l’Online Safety Act britannique et d’autres dispositifs occidentaux étendent la régulation des plateformes. La bataille fondamentale devient donc celle de l’espace dans laquelle les idées peuvent naître, circuler et devenir majoritaires. 

 2. La vie privée est l’autre moitié du socle. 

Parler librement ne suffit que si l’on peut aussi réfléchir, lire, partager, financer, rencontrer et s’organiser à l’abri d’une surveillance permanente. Une opposition se construit toujours avant de devenir visible. Les dissidents soviétiques avaient leurs samizdats. Les journalistes ont leurs sources. Les mouvements politiques ont leurs groupes, leurs donateurs et leurs réseaux. Un citoyen entièrement transparent face à l’État ou aux grandes infrastructures numériques devient mécaniquement plus faible. La confidentialité, le chiffrement et l’anonymat légitime sont donc des instruments de souveraineté individuelle. La vie privée est la profondeur stratégique de la liberté. 

3. Vient ensuite la puissance économique. 

Friedman écrivait que la liberté économique était un moyen indispensable de la liberté politique. Hayek allait encore plus loin : contrôler les moyens économiques revient à contrôler les moyens permettant d’atteindre presque toutes nos fins. La propriété, l’épargne, l’entreprise et le capital donnent à l’individu la capacité de dire non. Ils donnent également à la société les ressources nécessaires pour financer les médias, les associations, les technologies, les innovations et contre les pouvoirs. Et ils rendent l’État lui même plus souverain. Un État surendetté, bureaucratisé et absorbant par mille fonctions secondaires devient incapable d’exercer correctement les fonctions qui justifient son existence : justice, police, défense, frontières, diplomatie. C’est pourquoi le retour du libéralisme est si important. @JMilei en Argentine a remis une rupture économique radicale au centre du jeu démocratique. En France, Knafo ou Lisnard parlent désormais ouvertement de dizaines, voire de centaines de milliards d’économies. Une idée longtemps marginalisée redevient une hypothèse de gouvernement. 

4. L’identité arrive alors au sommet. 

Contrôler une frontière exige une administration efficace. Expulser exige une justice qui fonctionne et des rapports de force diplomatiques. Assimiler exige une école capable de transmettre. Défendre une civilisation exige une économie productive, une technologie maîtrisée, une armée crédible et des citoyens suffisamment autonomes pour leur transmettre mêmes un héritage. Voilà le point que la droite identitaire doit intégrer : l’identité peut être l’urgence politique ressentie tout en restant dépendante de conditions plus profondes. 

                               https://contrepoints.org/la-souverainete-nouveau-nom-de-letatisme/

 5. La pyramide devient donc très simple. 

 ◻ Liberté d’expression et vie privée : je peux penser, parler et m’organiser. 

◻ Liberté économique : je peux créer, posséder et devenir puissant. 

◻ État récent : la nation retrouve une capacité d’action. 

◻ Identité, frontières, assimilation, transmission : nous pouvons enfin décider collectivement de ce que nous voulons continuer à être. 

 La liberté permet la dissidence. 

La richesse produit la puissance. 

La puissance rend la souveraineté possible. 

La souveraineté donne à une civilisation les moyens de se transmettre.

 


Hier pendentif mon Space privée avec mes souscripteurs, 4 idées ont émergé. 

La première : Lisnard est mou, Knafo est meilleure. 

Et je comprends pourquoi Sarah Knafo produit davantage d’adhésion que David Lisnard. Elle parle en politique. Elle désigne les adversaires, hiérarchise les problèmes, donne une direction et assume le conflit.  

Lisnard raisonne davantage comme un gestionnaire qui voudrait administrer la France plus efficacement. Pourtant, sur le fond, l’écart mérite d’être regardé avec davantage de précision. 

 Lisnard porte depuis longtemps une critique structurée de la bureaucratie, de la dépense publique, de la centralisation et de l’Étatisme français. Son problème est surtout politique : une doctrine ne devient une force que lorsqu’elle rencontre une incarnation. 

Knafo comprend mieux cette dimension. Elle sait qu’une présidentielle se gagne aussi par un imaginaire, un rythme, une capacité à simplifier le choix proposé aux électeurs. 

Je préfère donc aujourd’hui sa dynamique. Mais je me méfie de la politique réduite au talent de celui qui la raconte. Je veux des chiffres, une méthode, un calendrier et la capacité réelle de transformer l’État. 

Vivez les programmes, les détails, les débats.

 

 

L’État occupe trop de place dans nos vies. 

 Il prélève plus de la moitié de la richesse produite, réglemente nos entreprises, décide où va une part immense de nos revenus, surveille davantage nos comportements et intervient jusque dans des domaines qui relevaient autrefois de la responsabilité individuelle. 

 Le sujet dépasse donc largement la fiscalité. 

 La liberté économique et les libertés publiques procèdent d’une même philosophie : laisser à l’individu un espace où le pouvoir doit justifier son intervention. 

Un entrepreneur devrait pouvoir créer, embaucher et investir avec davantage de latitude. Un citoyen devrait pouvoir parler, écrire, chiffrer ses communications et protéger sa vie privée avec la même exigence. 

Nous refusons de choisir entre liberté économique et liberté civile car une société libre repose précisément sur leur union : un État puissant dans ses fonctions régaliennes, limitées partout ailleurs, et des citoyens redevenus responsables de leur existence.




"Ils sont tous les mêmes, voter ne sert à rien" 

Cette phrase est revenue plusieurs fois. 

Elle est à la fois compréhensible et dangereuse. 

Compréhensible, parce que les dépenses françaises alternances ont souvent produit une continuité remarquable : dette publique croissante, fiscalité élevée, inflation normative, même périmètre administratif, même difficulté à reprendre le contrôle sur l’État. 

 C'est de là qu'est née l'impression que les élections changent les visages tandis que la machine continue. 

Mais dangereux parce qu'abandonner le vote revient précisément à laisser cette machine fonctionner entre les mains de ceux qui vivent très bien de son inertie. 

 La démocratie offre plusieurs leviers : voter, convaincre, financer, militer, écrire, créer des médias, rejoindre des associations, soutenir des candidats, produire des idées. 

Aucun ne suffit seul. Je crois surtout à l’accumulation. 

Milei n’est devenu possible qu’après des années de bataille culturelle autour des idées libérales en Argentine. 

Les victoires politiques commencent souvent très loin des urnes. 

 Le vote arrive à la fin d’un travail intellectuel et culturel beaucoup plus long.  

À nous de le mener !

 


 

"On court tous dans notre couloir !" 

 Internet nous donne parfois l’impression qu’il est impossible de sortir quelqu’un de sa bulle. De le convaincre, de le faire changer d'avis. Algorithmes, médias, groupes sociaux, comptes suivis : tout concourt à renforcer ce que nous croyons déjà. 

Les progressistes parlent aux progressistes, les souverainistes aux souverainistes, les libéraux aux libéraux. Chacun accumule les preuves que son camp avait raison depuis le début. 

Pourtant, je crois encore profondément à la persuasion. Rarement sous la forme spectaculaire d'un débat où quelqu'un annonce soudain : "Vous m'avez convaincu."  

Les idées travaillent plus lentement. Une statistique crée un doute. Une contradiction fragilise une certitude. Une expérience personnelle rend soudain audible un argument rejeté trois ans auparavant. 

 J’ai moi-même évolué sur de nombreux sujets parce que des arguments se sont accumulés jusqu’à modifier ma grille de lecture. J'ai aussi convaincu de nombreux proches, avec patience, rhétorique, preuve et humilité. 

 Convaincre consiste donc moins à retourner quelqu’un qu’à déposer quelque chose dans son raisonnement. Et parfois, plusieurs mois plus tard, cette graine devient une opinion.

 


 

Une marque personnelle louable commence quand votre nom devient un réflexe. 

On parle beaucoup de visibilité, d’audience, de contenu et d’algorithmes, alors que la vraie valeur économique d’une marque personnelle se joue dans un mécanisme beaucoup plus simple : lorsqu’un besoin apparaît, quelqu’un pense spontanément à vous. 

 C’est à ce moment que votre réputation devient un actif. Une marque personnelle forte associe progressivement votre nom à une compétence, une manière de penser, un niveau d’exigence et une promesse suffisamment claire pour créer une préférence avant même le premier échange commercial.  

Vous avez déjà commencé à convaincre avant le rendez-vous, avant le devis, parfois même avant que la personne sache précisément ce qu'elle cherche. C’est aussi pour cela que je publie autant. Mes prises de position montrent ma manière de penser, mes analyses exposent ma capacité à structurer un sujet, mes entretiens prouvent ma capacité à comprendre et à faire émerger les idées, tandis que mes contenus professionnels rendent visible ce que je peux apporter à une entreprise ou à un dirigeant. À force, tout se rejoint et construit une image cohérente. 

La marque personnelle commence réellement à rapporter lorsque votre nom cesse d’être seulement connu et devient associé à une valeur précise. À ce stade, vous cherchez moins les opportunités : elles commencent à vous trouver. 

GRM 

@grm_off Donneur d'opinions et conseiller en image. Liens : https://linktr.ee/grmx Soutien : https://fr.tipeee.com/grm

https://x.com/grm_off

septembre 08, 2026

PISA: Doublez l’échec et divisez l’excellence par trois - ÉGALITARISME & PROGRÈS en SOCIALIE !


PISA 2025 : Où est la France ?
 
Le rapport PISA 2025 vient d'être publié aujourd'hui à 9h30.
Reprenons ensemble ce que le rapport nous dit en version Franco-centrée !
 
 
1 - Synthèse des scores / évolutions de la France / Classement
Bonjour,
 
Le rapport PISA 2025 vient d'être publié aujourd'hui à 9h30.
Reprenons ensemble ce que le rapport nous dit en version Franco-centrée !
1 - Synthèse des scores / évolutions de la France / Classemen
  • Le décrochage en mathématiques et en lecture.
  • Le pôle de résistance scientifique.
  • La lueur d'espoir du numérique.
  • Dans le "ventre mou" mondial.
  • Une position fragile au sein de l'OCDE.
2 - Profil des élèves : excellence vs difficultés
  • Élèves très performants (niveaux 5 ou 6) : 9,8 % des élèves français atteignent les niveaux supérieurs dans au moins une matière (sciences, lecture ou maths), contre une moyenne OCDE de 11,9 %.
  • Élèves peu performants (sous le niveau 2) : 21,3 % des jeunes de 15 ans en France ne maîtrisent pas les compétences fondamentales de base de manière cumulative dans les trois domaines majeurs (contre 19,7 % dans l'OCDE).
  • Contribution au vivier mondial de talents scientifiques (STIM) : La France représente 2,7 % du contingent mondial des élèves les plus performants en sciences. Les élèves très performants français se projetant vers une carrière STIM à 30 ans représentent 4,0 % du vivier mondial.
3- Inégalités socio-économiques et impact de l'origine
Le rapport confirme le poids particulièrement lourd de l'origine sociale sur la réussite scolaire en France :
Poids du milieu social : L'indice de statut économique, social et culturel (SESC) explique 13,5 % de la variance des résultats en sciences en France, un niveau nettement plus élevé que la moyenne de l'OCDE (11,6 %).
Écart de niveau favorisés / défavorisés : L'écart de score moyen en sciences entre les élèves favorisés et défavorisés s'élève à 100 points (soit l'équivalent de 5 années d'apprentissage), contre 85 points en moyenne dans l'OCDE.
Aggravation récente des inégalités : Entre 2022 et 2025, les résultats des élèves favorisés ont reculé de 8 points, mais ceux des élèves défavorisés ont chuté de 21 points, creusant l'écart d'inégalité sociale de +13 points.
Résilience scolaire : Seuls 11,0 % des élèves défavorisés parviennent à se hisser dans le quartile supérieur de performance (moyenne OCDE : 11,9 %).
Écart lié au statut migratoire : Les élèves autochtones obtiennent en moyenne 502 points en sciences contre 445 points pour les élèves issus de l'immigration, soit une différence de 57 points (moyenne OCDE : écart de 43 points).
4 - Écarts selon le genre
 
 

 
Confirmation que les garçons et les filles ne viennent pas de la même planète ? 5 - Climat scolaire, bien-être et vie de l'établissement
  • Climat de discipline : L'indice moyen en France est négatif (-0,12), très inférieur à la moyenne OCDE (+0,14), reflétant un climat de classe plus perturbé en cours de sciences.
  • Harcèlement scolaire : 56,0 % des élèves déclarent n'avoir subi aucun acte de harcèlement (contre 52,5 % dans l'OCDE).
  • Sentiment d'appartenance à l'école : Indice de 0,06 (proche de la moyenne OCDE de 0,09).
  • Absentéisme : 67,9 % des élèves indiquent ne pas avoir manqué de cours ou de journées d'école sur la période de référence (moyenne OCDE : 66,1 %).
  • Utilité perçue de l'école : Seuls 45,0 % des élèves estiment que l'école les prépare bien à leur vie d'adulte (moyenne OCDE : 51,4 %).
  • Croyance en la mobilité sociale : 70,4 % des élèves français croient en la possibilité d'améliorer leur statut social (au-dessus de la moyenne OCDE à 66,4 %).
6 - Attitudes face à l'apprentissage et engagement
  • Mentalité de croissance (Growth Mindset) : 80,5 % des élèves français considèrent que l'intelligence peut se développer (la France figure parmi les pays en tête sur cet indicateur, bien au-dessus des 69,3 % de l'OCDE).
  • Curiosité : Indice positif à +0,11 (moyenne OCDE : 0,00).
  • Persévérance : Indice à -0,01 (conforme à la moyenne OCDE à 0,00).
  • Définition d'objectifs et autonomie : Indice faible à -0,20 (moyenne OCDE : 0,00).
  • Recherche d'aide : Indice négatif à -0,16 (moyenne OCDE : 0,00), traduisant une réticence des élèves à solliciter un appui en cas de difficulté d'apprentissage.
  • Lectures hâtives : 9,0 % des réponses en compréhension de l'écrit sont à la fois rapides et erronées (moyenne OCDE : 8,9 %).
7 - Numérique et Intelligence Artificielle (IA)
  • Capacité numérique des établissements : Indice de -0,25 (moyenne OCDE : -0,03), signalant un retard perçu des infrastructures et de la préparation numérique globale des collèges et lycées.
  • Utilisation de l'IA pour apprendre : 37,4 % des élèves français utilisent un outil d'IA au moins une fois par semaine pour leurs apprentissages (moyenne OCDE : 45,5 %).
  • Formation à l'esprit critique face à l'IA : Seuls 46,8 % des élèves déclarent apprendre en classe à évaluer la fiabilité des contenus générés par l'IA (contre 62,6 % dans l'OCDE).
  • Distraction numérique : 44,8 % des élèves déclarent ne pas être distraits par les écrans en classe (moyenne OCDE : 39,2 %).
  • Régulation des smartphones : 27,1 % des élèves sont scolarisés dans un établissement appliquant une interdiction totale des smartphones (moyenne OCDE : 49,5 %).
  • Directives pédagogiques par matière : 78,9 % des élèves sont dans des structures encadrant l'usage du numérique par discipline (moyenne OCDE : 71,2 %).
8 - Cadre scolaire et ressources humaines
  • Pénurie d'enseignants : Seuls 12,9 % des élèves français fréquentent un établissement déclarant ne pas souffrir de pénurie d'enseignants, contre une moyenne OCDE de 28,8 %.
  • Pénurie de matériel : 48,5 % des élèves sont dans des établissements sans manque de matériel pédagogique (moyenne OCDE : 43,8 %).
  • Soutien des professeurs : Indice à -0,18 (moyenne OCDE : +0,03).
  • Soutien familial : Indice à -0,42 (moyenne OCDE : -0,19).
  • Tutorat entre pairs : Proposé dans les établissements de 52,9 % des élèves (moyenne OCDE : 51,2 %).
9 - Sciences de l'environnement
  • Score en sciences de l'environnement : 486 points (légèrement supérieur à la moyenne OCDE de 480 points).
  • Inégalité sociale environnementale : Écart de 95 points entre élèves favorisés et défavorisés (moyenne OCDE : 85 points).
  • Engagement : 73,9 % participent à des activités environnementales (moyenne OCDE : 71,9 %) et 58,5 % souhaitent un emploi lié à la protection de l'environnement (moyenne OCDE : 61,6 %).
  • Occasions d'apprentissage en classe : Indice de -0,13 (en deçà de la moyenne OCDE fixée à 0,00).
10 - Remarques et citations directes du rapport sur la France
  1. Efficience des dépenses éducatives : Le rapport cite la France aux côtés de l'Italie et de l'Irlande comme exemple démontrant que le niveau absolu des dépenses par élève n'est pas le garant mécanique de la performance : le Luxembourg dépense plus du double par élève (288 521 USD) mais obtient des résultats en sciences inférieurs à ceux de la France.
  2. Politiques de compréhension de l'écrit : Dans l'avant-propos d'Andreas Schleicher, la France est mise en avant pour ses choix curriculaires : "En France, les réformes du programme scolaire national ont remis à l'honneur la littérature et la compréhension écrite, compétences fondamentales communes à toutes les disciplines."
 Pop_rider @Rider_pop
 
 


Classement Pisa : les résultats des élèves français chutent à un niveau historiquement bas

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a rendu ce mardi 8 septembre les conclusions de son enquête internationale Pisa. Ces derniers montrent que les résultats des élèves français n’ont jamais été aussi bas.

Une mauvaise publicité pour l'éducation française. L'OCDE a publié ce mardi les conclusions de son enquête internationale Pisa, qui mesure les compétences et les connaissances de jeunes âgés de 15 ans. La France a enregistré cette année ses moins bons résultats. 


«La France est toujours dans la moyenne des pays de l'OCDE» mais «les scores sont de plus en plus bas», a souligné le spécialiste de l'éducation au sein de l'organisation Éric Charbonnier.

Par rapport à 2022, les résultats en science ont baissé de 4 points, en compréhension de l'écrit de 18 points, et en maths de 16 points. Il est à noter que l'Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité.

Il y a quatre ans, les résultats mettaient en lumière une baisse majeure du niveau des élèves en France. Un rapport qui intervient à quelques mois de la présidentielle et qui devrait peser dans la campagne.

La France fait-elle partie des bons élèves ? Ce mardi, le Programme International pour le Suivi des Acquis des Élèves (PISA) publie les résultats de son enquête. 10.000 élèves français de 15 ans issus de 352 établissements ont participé en 2025 à l’enquête dévoilée cette année. 

Les élèves sont interrogés sur trois disciplines : le français, les mathématiques et les sciences, qui seront la majeure pour le cru 2026. Selon Joachim Le Floch-Imad, essayiste et auteur du livre Main basse sur l'Éducation nationale, réédité cet été, la tendance est négative : «Célébrer des résultats qui seraient meilleurs qu’en 2022, c’est comme ouvrir une bouteille de champagne sur le Titanic. La crise de l’école n’est pas une crise comme les autres : elle impacte tous les domaines.» 

Il y a quatre ans, l’enquête PISA avait révélé une baisse majeure du niveau des élèves français. Le niveau en mathématiques avait baissé de 21 points, atteignant son plus bas niveau depuis 2000. «Les instituteurs n’ont pas les moyens d’apprendre correctement les sciences aux élèves, poursuit l’essayiste interrogé par CNEWS. Ils ne sont pas suffisamment formés.» 

Un impact du Covid sur les résultats ? 

Pour la première fois, les élèves testés ont été concernés par l’arrêt du monde pendant la pandémie de Covid-19. «Notre évolution sera peut-être moins négative que nos voisins, car les classes des écoles primaires sont restées ouvertes au maximum pendant la pandémie.» 

Pour combattre la crise de l'Éducation nationale, l’auteur explique le besoin de stabilité : «Il faut stopper la valse des ministres et mettre en place un projet clair sur le long terme, et le maintenir dans la durée». 

Les résultats 2026 donneront une première idée du chantier à mener pour les différents candidats à l’élection présidentielle. «Il faut tout de même prendre du recul sur cette étude, qui ne traduit pas toujours la réalité. D’autres facteurs sont à prendre en compte, comme la dégradation du climat scolaire ou l’insécurité des professeurs», conclut Joachim Le Floch-Imad.

https://www.cnews.fr/france/2026-09-08/enquete-pisa-2026-les-resultats-des-eleves-publies-ce-mardi-la-france-toujours

 


 

PISA: Le plus préoccupant n’est pas ce nouveau classement, c’est le mouvement. 

L’édition 2022 avait déjà marqué une chute historique. Trois ans plus tard, la France perd encore 4 points en sciences, 18 points en compréhension de l’écrit et 16 points en mathématiques. 

Sur la même période, la moyenne de l’OCDE recule respectivement de 3, 14 et 9 points. En somme la France accompagne la baisse générale des pays développés, mais fait encore moins bien que cette moyenne en lecture et surtout en mathématiques. 

Autre souci, le décrochage ne concerne donc pas seulement “les mauvais élèves”. 

Entre 2022 et 2025, l’écart entre les plus forts et les plus faibles ne se creuse pas significativement : c’est l’ensemble de la distribution qui se déplace vers le bas. 

 En France, 21,3 % des élèves sont simultanément sous le niveau 2 en sciences, en lecture et en mathématiques. Ils sont donc peu performants dans les trois domaines fondamentaux à la fois. La moyenne OCDE est de 19,7 %. 

Plus d’un jeune Français de 15 ans sur cinq se trouve ainsi sous le seuil de compétence de base dans l'ensemble des trois disciplines. Et le problème français ne se limite pas au bas de la distribution. Seulement 9,8 % des élèves français atteignent les niveaux 5 ou 6 dans au moins l’un des trois grands domaines, contre 11,9 % dans l’OCDE. 

Le système français produit à la fois un peu plus d’élèves très faibles et un peu moins d’élèves très forts que la moyenne de l’OCDE. Le vieux récit d’une école très inégalitaire mais capable de préserver une élite académique devient donc plus difficile à soutenir. 

L’inégalité subsiste ; l’excellence, elle, n’est plus particulièrement abondante. 

 La France appartient donc désormais au milieu de tableau des pays développés, mais à un milieu de tableau lui-même en recul. Elle reste proche de la moyenne en sciences, légèrement en dessous en mathématiques et en lecture, possède moins d'élèves de très haut niveau et davantage d'élèves cumulant de graves difficultés, tout en conservant des écarts sociaux particulièrement importants. 

Tout cela était malheureusement bien prévisible... 

 oecd.org/fr/publication 

 helloasso.com/associations/d

 L'échec de l'éducation scientifique en France est porteur d'une décadence assurée de la France dans les années qui viennent.

Fruit de 40 ans de socialisme égalitariste et de l'inefficacité d'un service public bureaucratisé et géré par des syndicats tout puissants !

 


 

La France, ce pays fascinant où l’on dépense énormément d’argent public pour obtenir des services publics médiocres.

TIMSS 2023 vient encore nous offrir une magnifique illustration du modèle français.

En mathématiques, nos élèves de CM1 obtiennent 484 points. Moyenne de l’Union européenne : 524. Moyenne OCDE : 525. Nous sommes tout en bas du classement européen.

Et comme toujours en France, on nous expliquera que le problème, ce sont « les moyens ».

Sauf que la France est déjà l’un des pays les plus collectivisés du monde. On prélève, on taxe, on redistribue, on dépense. Nous avons construit un État gigantesque et pourtant nous ne sommes même plus capables d’obtenir des résultats scolaires décents.

Alors il serait peut-être temps d’aborder les deux éléphants dans la pièce.

Le premier, c’est l’Éducation nationale elle-même.


Une bureaucratie monstrueuse dans laquelle on peut engloutir des milliards sans que cet argent se transforme nécessairement en heures de maths, en meilleurs professeurs, en discipline ou en connaissances supplémentaires pour les élèves.

Le second, c’est l’immigration.

Sujet interdit, évidemment.

Pourtant PISA 2022 nous apprend quelque chose d’assez spectaculaire : en France, les élèves issus de l’immigration obtiennent en moyenne 51 points de moins en mathématiques que les élèves non issus de l’immigration.

Quel type d’immigration importons-nous en France ?

Un pays libéral chercherait à attirer des travailleurs qualifiés, des ingénieurs, des médecins, des entrepreneurs, des gens susceptibles de créer de la richesse.

La France, elle, fait quelque chose d’assez extraordinaire : elle impose tellement le travail et le capital qu’elle incite une partie de ses entrepreneurs et de ses diplômés à partir, tout en organisant parallèlement une immigration dont une partie importante arrive pour vivre de l'État.

Et ensuite nous découvrons avec stupeur que l’école doit gérer les conséquences.

Le problème n’est donc pas simplement : « dépensons-nous assez pour l’école ? »

La vraie question est : qu’est-ce que nous faisons de notre argent, qui faisons-nous entrer dans notre système et quelles incitations notre modèle social produit-il ?

Parce qu’à un moment, il va falloir arrêter cette spécialité française consistant à dégrader les résultats, augmenter les dépenses, refuser de discuter des causes…

…puis conclure qu’il faut augmenter les dépenses. 

Victor Ferry Business & News PhD
@mrvicfer 

 


 

Les résultats de l’étude PISA sont, sans surprise, cataclysmiques, avec notamment une chute de 16 points en mathématiques en trois ans (à un rythme bien plus rapide que la moyenne de l’OCDE). Depuis 2000, le niveau en maths de nos élèves de 15 ans s’est effondré de 59 points,
Ce qui se passe dans l' @education_gouv est la même chose que dans tout le secteur public : refus de la mesure de la performance, avancement à l'ancienneté, absence de management, emploi à vie, impunité, etc. L'Etat, avec ses rentes sociales délirantes, détruit la nation !
Les résultats #PISA publiés aujourd'hui montrent que le niveau scolaire des élèves continue de se dégrader très fortement, et plus particulièrement en lecture et en mathématiques.

20 points correspondant à une année d'apprentissage, un élève de seconde aujourd'hui a le niveau en mathématiques d'un élève de 4ème en 2012, et celui d'un élève de cinquième en lecture.

Jamais le niveau mesuré n'avait été aussi bas. La France, qui était encore 23ème en 2022, chute à la 29ème du classement.

Il est impossible de préparer au mieux la société numérique sans élèves sachant lire, compter et développer leur esprit critique. Et cela a des conséquences économiques très graves, sur la productivité et la capacité d'innover d'une nation. 

 


 

Classement Pisa : la France au plus bas et une maîtrise de la lecture en chute libre partout dans le monde 

En mathématiques, la France arrive en 34e position. En compréhension, elle se situe au 28e rang. Ses plus bas résultats enregistrés en plus de 20 ans. Mais le classement de l’OCDE montre aussi une régression planétaire de la capacité des élèves à lire et comprendre.

En France, on finirait presque par s’habituer au coup de massue Pisa qui, tous les trois ans, montre la dégradation continue des performances scolaires chez les élèves âgés de 15 ans. Mais cette année, les résultats des jeunes français sont les plus bas jamais mesurés par Pisa depuis plus de 20 ans, en compréhension écrite, en mathématiques et en sciences. Dévoilé ce 8 septembre, le classement international Pisa 2026 (*) réalisé par l’OCDE a comme un air d’apocalypse. Il constate que les résultats chutent partout dans le monde.


 

Envahis par les écrans, biberonnés aux réseaux sociaux, assistés dans leur vie scolaire et personnelle par ChatGPT et autres outils d’IA générationnels, les élèves des 91 pays étudiés accusent, à de rares exceptions près, une stupéfiante baisse de leurs résultats, surtout en compréhension de l’écrit. Pisa 2019 avait déjà alerté sur l’érosion du goût de la lecture. Pisa 2023 avait ensuite constaté une baisse générale des performances dans le domaine, que l’on avait…

https://www.lefigaro.fr/pisa-2026-la-france-au-plus-bas-et-une-maitrise-de-la-lecture-en-chute-libre-partout-dans-le-monde-20260908

 


 

Nous avons plus que doublé l’échec et divisé l’excellence par trois. 

Le scandale de PISA 2025 tient en une phrase : en vingt ans, l’école française a réussi à fabriquer davantage d’élèves en difficulté et beaucoup moins d’excellents élèves. 

En mathématiques, la France était à 511 points en 2003. Elle est à 458 aujourd’hui. En 2003, 16,6% des élèves étaient sous le niveau minimal et 15,1% atteignaient les meilleurs niveaux. Aujourd’hui : environ 36% sous le niveau minimal et 5% parmi les meilleurs. Nous avons plus que doublé l’échec et divisé l’excellence par trois. 

Et tout commence tôt.  

Dès le CM1, TIMSS donne 484 points à la France en mathématiques contre 525 en moyenne dans l’OCDE. Seulement 20% de nos élèves atteignent un niveau élevé, contre 40% dans l’OCDE. Ajoutons un détail délicieux : 47% des élèves français disent que le bruit et l’agitation perturbent régulièrement leurs cours de sciences, contre 31% dans l’OCDE. 

TLMS. 

Le système reste en plus extrêmement inégalitaire. En sciences, 100 points séparent le quart socialement favorisé du quart défavorisé. Depuis vingt ans, sur la réforme du bac, du collège, des programmes, des horaires, des groupes, des évaluations. À la retraite les maths, aux réintroduit. Sur annonce des "plans", puis des "chocs", puis des "priorités". Et ce matin, nouveau communiqué : objectif +20 points d’ici 2029. 

La France dit ce qu’il faut faire. D’autres l’ont fait avant nous. 

Il faut remettre les fondamentaux au centre dès le primaire, fixer des objectifs de maîtrise clairs en lecture, écriture et mathématiques, mesurer réellement les acquis, intervenir immédiatement quand ils décrochent, renforcer la formation disciplinaire des enseignants et donner aux chefs d'établissement de vraies responsabilités sur les résultats. 

Il faut aussi accepter une idée devenue presque obscène dans le débat scolaire français : l’école doit transmettre, exiger, évaluer et faire réussir. 

 Le Portugal, la Pologne ou l’ont Allemagne ont montré qu’un système peut remonter lorsqu’une politique cohérente tient dix ans.  

La France, elle, change trop souvent de ministre, de méthode, de vocabulaire et de priorité. 

 Les candidats à l'élection présidentielle de 2027 seront marqués par des changements sur ce sujet.

GRM 

@grm_off

 


 

Pisa 2025 : je ne suis pas certaine qu'on mesure bien les conséquences de ce marasme... 

Sur 10 ans, le niveau des élèves français s'est effondré de 12 points en sciences, 38 points en maths et 44 points en compréhension de l'écrit, ce qui équivaut à un retard de près de 2 ans d’apprentissage en maths, et 2 an 1/2 en compréhension de l’écrit. C'est absolument délirant, inédit. Un suicide collectif. lepoint.fr/education/pisa



On entend souvent dire que le niveau scolaire baisse.
Pendant longtemps, je me suis méfié de cette phrase. Chaque génération finit toujours par trouver que la suivante écrit moins bien, calcule moins vite et connaît moins de choses.
Sauf que certains chiffres sont difficiles à ignorer.
En CM2, sur une même dictée, le nombre moyen de fautes est passé de 10,7 en 1987 à 19,4 en 2021. En calcul aussi, les comparaisons sur plusieurs décennies montrent une baisse sensible.
Donc oui, sur certains fondamentaux, il existe bien un problème.
Peut-être y a-t-il aussi un effet cumulatif.
Une classe n’est jamais homogène. Certains élèves arrivent avec de bonnes bases, d’autres avec des lacunes importantes. Plus les écarts sont grands, plus l’enseignant doit adapter son rythme.
Et lorsque des élèves passent dans la classe supérieure sans avoir totalement acquis les connaissances attendues, le professeur suivant hérite du problème.
Pris sur une année, l’écart paraît faible. Mais répété année après année, il peut produire un effet domino : le programme reste le même, mais le niveau réel auquel il faut commencer à enseigner baisse peut-être progressivement.
Ce n’est évidemment pas la seule explication possible. Mais à force de faire avancer presque tout le monde avec sa classe d’âge, n’a-t-on pas parfois déplacé certaines difficultés à l’étage supérieur plutôt que de les résoudre ?
Cela dit, peut-être faisons-nous aussi fausse route en nous demandant seulement si les enfants d’aujourd’hui savent autant de choses que ceux d’hier.
Le monde, lui, a complètement changé.
Lorsque j’étais à l’école, l’information était rare. Il fallait un professeur, un livre, une encyclopédie ou une bibliothèque.
Aujourd’hui, un enfant a accès en quelques secondes à une quantité d’informations inimaginable autrefois.
Son problème n’est donc plus seulement de trouver l’information.
C’est de savoir quoi en faire.
Est-elle vraie ? D’où vient-elle ? Comment la vérifier ? Comment la comprendre ?
L’école devrait peut-être consacrer un peu moins d’énergie à vouloir tout apprendre aux élèves et davantage à leur apprendre à apprendre.
Cela ne veut évidemment pas dire abandonner les connaissances. On ne vérifie pas correctement une information sans bases. On ne juge pas un calcul sans notion d’ordre de grandeur. On n’apprend pas une langue sans vocabulaire.
Mais dans un monde où Internet et désormais l’intelligence artificielle peuvent fournir une réponse en quelques secondes, savoir chercher, raisonner, vérifier et douter devient essentiel.
Encore faudrait-il que l’école s’adapte réellement aux outils de son époque.
Je suis par exemple étonné de voir arriver au collège des enfants parfaitement à l’aise avec un smartphone ou une manette de jeu, mais beaucoup moins lorsqu’il s’agit de taper correctement un texte sur un clavier sans garder les yeux rivés sur les touches.
Je ne demande pas aux professeurs de devenir dactylos. Mais puisque la vie scolaire, professionnelle et administrative de ces enfants passera largement par un clavier, peut-être pourrait-on considérer que savoir s’en servir correctement fait partie des apprentissages de base du XXIe siècle.
Même réflexion pour l’instruction civique.
Elle existe toujours sous une autre forme. Pourtant, lorsque je discute avec des jeunes de 18 ou 20 ans et que je leur demande le rôle d’un sénateur, d’un conseiller départemental, d’un conseiller régional ou même parfois d’un maire, leurs réponses m’étonnent souvent.
Mon petit échantillon personnel n’a aucune valeur statistique.
Mais à 18 ans, nous considérons à juste titre qu’un citoyen est suffisamment adulte pour voter.
L’école n’a surtout pas à lui apprendre pour qui voter.
En revanche, elle devrait peut-être s’assurer qu’il sache pour quoi il vote, quels pouvoirs possèdent ceux qu’il élit et quelles promesses ils ont réellement la possibilité de tenir.
Avant de remettre à quelqu’un les clés de la démocratie, il ne serait peut-être pas inutile de lui expliquer le tableau de bord.
Reste enfin une question plus délicate.
L’école doit-elle tout faire ?
Le respect, la politesse, l’acceptation d’une règle, le fait d’écouter celui qui parle ou d’accepter une remarque ne devraient normalement pas commencer devant la grille de l’école.
Je garde le souvenir d’une époque où, lorsqu’un instituteur faisait une remarque à un enfant, les parents demandaient plutôt à l’enfant ce qu’il avait fait.
Aujourd’hui, certains enseignants racontent devoir parfois commencer par justifier leur remarque auprès des parents.
Je me garderai bien d’en faire une généralité.
Mais si l’école doit consacrer une partie croissante de son énergie à enseigner des comportements qui relevaient autrefois d’abord de la famille, il ne faut peut-être pas s’étonner qu’il lui reste moins de temps pour le reste.
Quant aux enseignants, ils ne sont évidemment pas responsables de tout.
Mais l’Éducation nationale est une énorme machine, avec ses programmes, son administration, ses habitudes, ses syndicats et ses réformes successives.
Toutes les réformes ne sont pas bonnes. Résister à une mauvaise réforme peut être parfaitement légitime.
Mais dans un monde qui évolue à toute vitesse, l’école peut-elle se permettre d’évoluer beaucoup plus lentement que la société qu’elle est censée préparer ?
Pendant longtemps, l’école devait apprendre aux enfants ce qu’ils ne pouvaient pas trouver ailleurs.
Aujourd’hui qu’ils peuvent presque tout trouver en quelques secondes, sa mission la plus importante est peut-être devenue autre chose :
leur apprendre à comprendre, à vérifier, à choisir et à penser.
En somme, moins leur apprendre quoi penser.
Et beaucoup mieux leur apprendre à apprendre.
 
Pierrick Chesnais

 

 

 

 

 

Rappelez-vous:

21 mesures pour l'enseignement des mathématiques - Rapport

 

 



 

 

Powered By Blogger