Le gauchisme, maladie adolescente !
Sommaire:
1) L’absurdité des postures anticapitalistes
2) L’injuste procès des énergies fossiles
3) Les errements de l’agribashing
4) Un anti-occidentalisme pathologique
1) L’absurdité des postures anticapitalistes
Les militants de droite utilisent sans cesse le qualificatif «
gauchiste » pour désigner de manière péjorative leurs adversaires de
gauche. Mais la plupart ignorent que ce terme a été popularisé par
Lénine dans un célèbre essai publié en 1920 (1). Afin de disqualifier
les mouvements révolutionnaires jugés déviants et immatures, le chef de
file des bolcheviques a alors qualifié le gauchisme de « maladie
infantile du communisme ».
La thèse de cette série
d’articles est que le gauchisme contemporain, plus d’un siècle après la
mort de Lénine, ressemble davantage à une crise d’adolescence (2) : à la
manière d’un adolescent qui critique systématiquement les adultes qui
l’ont pourtant aidé (parents, professeurs, figures d’autorité
diverses…), les gauchistes actuels vouent aux gémonies une société qui
leur a pourtant apporté des bienfaits inestimables.
En
effet, le gauchisme « woke » universitaire et sa version électorale
(représentée en France par LFI et une myriade de petits partis (3)) sont
fondamentalement des idéologies du ressentiment (4) et du rejet de
l’ordre établi. Nous verrons que l’anticapitalisme (I), la critique
radicale des énergies fossiles (II) et de l’agriculture productiviste
(III), ainsi que la haine irrationnelle de l’Occident (IV), constitutifs
du gauchisme actuel, remettent paradoxalement en cause les facteurs
essentiels du prodigieux progrès économique, social et technologique
dont bénéficie notre époque.
Gilles Ardinat, Professeur agrégé et docteur en géographie économique et auteur de Comprendre la mondialisation en 10 leçons.
Anticapitalisme : de Marx à la gauche « woke », une erreur d’analyse manifeste
La
critique systématique du capitalisme est au cœur de l’idéologie
gauchiste. Le terme même de « capitaliste » est devenu péjoratif dans
ces milieux. Si l’on reprend la terminologie marxiste, nous pouvons
définir le capitalisme (souvent dénommé « économie de marché ») comme le
système économique basé sur la propriété privée des moyens de
production et sur le salariat (forme dominante d’organisation du travail
par opposition aux systèmes esclavagistes ou féodaux). Sur la base de
cette définition (plus ou moins maîtrisée), la mouvance gauchiste
fustige les grandes entreprises privées, les patrons et les riches, à
l’image du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste (5)) : être «
anticapitaliste » est une évidence dans ces milieux.
Les militants
les mieux formés font expressément référence aux travaux de Karl Marx
(qui a consacré sa vie à critiquer ce système et à imaginer une
alternative révolutionnaire : le communisme). Selon une logique
marxiste, le capitalisme est encore aujourd’hui dénoncé comme un système
inégalitaire, destructeur de l’environnement, porteur de crises
récurrentes et d’exploitation des travailleurs. En outre, sous sa forme
impérialiste (6), il est responsable de guerres meurtrières. Cette
vision critique correspond à une certaine réalité. Les inégalités
sociales (parfois extrêmes), les atteintes à l’environnement
(contreparties à la croissance), les crises (krach de 2000, subprimes en
2007, faillite de Lehman Brothers en 2008…) et la surexploitation de
certains travailleurs (notamment dans les pays pauvres) sont des
réalités. Certains lobbies et complexes industriels contribuent aux
guerres. Le capitalisme est bel et bien un système imparfait.
Néanmoins,
les gauchistes commettent une gigantesque erreur d’analyse en ne
soulignant que les inconvénients de ce système, car le capitalisme est
historiquement le mode de production qui a permis un développement sans
précédent de l’humanité.
Loin des caricatures gauchistes, le vrai bilan du capitalisme depuis 1945
Karl
Marx avait identifié l’efficacité du capitalisme (plus productif que
les systèmes esclavagistes ou féodaux), ainsi que sa propension à
s’internationaliser et à supplanter les autres systèmes (7). Cette
supériorité intrinsèque du capitalisme a été consacrée au XXe siècle par
la diffusion irrésistible de ses principes à toute la planète
(mondialisation économique), alors que les dizaines d’expériences
communistes se sont toutes soldées par des échecs plus ou moins
sanglants. Les anticapitalistes, si prompts à conspuer les capitalistes,
sont inaudibles quand il s’agit de dénoncer les méfaits des régimes
communistes.
La spectaculaire généralisation de l’économie de
marché à la Terre entière (à l’exception de quelques isolats comme la
Corée du Nord) a permis une amélioration sans précédent du niveau de vie
moyen. Les gauchistes, aveuglés par leur anticapitalisme fanatique,
refusent de voir l’évidence : le capitalisme, redoutablement efficace
pour produire des biens et des services en quantités industrielles, a
contribué au bien-être matériel de l’humanité comme aucun autre système.
Il a constitué un cadre économique dynamique, adaptable aux différentes
spécificités nationales (8), propice à l’initiative individuelle, à la
création d’entreprise et à la croissance économique. Le capitalisme a
permis les Trente Glorieuses (1945-1975) pour les pays occidentaux. Et
malgré les difficultés consécutives aux chocs pétroliers, ces pays
affichent dans les années 1980 une réussite matérielle insolente en
comparaison de leurs rivaux du bloc de l’Est : société de consommation
pour les uns ; pénuries pour les autres.
Après l’effondrement de
l’URSS, le monde est entré dans un cycle de croissance phénoménal. En
1991, le PIB mondial était estimé à 23 667 milliards de dollars.
Aujourd’hui, il est de 117 165 milliards de dollars (9). La
généralisation du capitalisme s’est accompagnée d’une multiplication par
cinq des richesses mondiales en une seule génération, notamment au
profit des pays « émergents ». Ces chiffres peuvent être critiqués
(non-prise en compte de l’inflation, recours à la méthode alternative
des PPA (10)) et cette dynamique de croissance est régulièrement
entravée par des crises. Néanmoins, ils témoignent de l’extraordinaire
réussite du capitalisme contemporain. Loin de la caricature faite par
les « altermondialistes » et gauchistes de tous poils, ce système a
substantiellement amélioré le quotidien matériel de milliards
d’individus.
Accès au bien-être matériel par la consommation de masse
Le
capitalisme n’a pas seulement battu par KO le communisme lors de la
Guerre froide. Il a amélioré de façon inédite la qualité de vie de
milliards d’individus en seulement quelques décennies. La production et
la consommation de masse, caractéristiques de la société capitaliste
contemporaine, ont amélioré le quotidien dans d’innombrables pays. À
rebours des analyses de Marx (qui postulait que le capitalisme est
synonyme d’exploitation croissante des masses laborieuses (11)),
l’économie de marché a fait plus pour la condition ouvrière que
n’importe quel dirigeant communiste. La Chine illustre de façon
édifiante cette dynamique. Après l’échec épouvantable de Mao Tsé-toung
(1949-1976), la Chine s’est progressivement convertie à l’économie de
marché (tout en restant paradoxalement dirigée par le Parti communiste).
Cette transition économique a permis plusieurs décennies de très forte
croissance et surtout une amélioration rapide de la qualité de vie pour
des centaines de millions de Chinois : l’IDH (12) est passé de 0,48 en
1990 (chiffre typique d’un pays en voie de développement) à 0,79 en
2022. La très grande pauvreté, massive au début des années 1980, est
aujourd’hui anecdotique. Le niveau de vie moyen d’un Chinois de 2026 est
incomparable avec celui d’un Chinois du début des années 1980 (le PIB
par habitant est passé de 300 à 13 000 dollars sur cette période).
Les
postures anticapitalistes résultent d’un aveuglement idéologique total,
puisqu’elles occultent les réussites éclatantes de l’économie de marché
pour n’en souligner que les défaillances (bien réelles au demeurant).
Le gauchisme est donc une forme d’ingratitude envers un système
économique qui permet à des milliards de personnes, et parmi elles les
militants « woke » eux-mêmes, de profiter des bienfaits de la société
moderne. Se revendiquer de l’anticapitalisme est parfaitement
démagogique à notre époque. Avec l’avènement des classes moyennes et de
la société de consommation (abondance des biens et des services),
vouloir détruire le capitalisme ou le remplacer (par quoi, d’ailleurs ?)
s’apparente à une crise d’adolescence idéologique : prendre le rôle
d’un rebelle idéaliste et critiquer pour critiquer (sans rien proposer
de sérieux). Être anticapitaliste, comme Marx, au XIXe siècle, peut se
comprendre dans le contexte de la révolution industrielle. Mais au XXIe
siècle, après l’échec flagrant des régimes communistes,
l’anticapitalisme n’est qu’une posture adolescente, ridicule et
irresponsable.
Gilles Ardinat
17/04/2026
https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-labsurdite-des-postures-anticapitalistes/
(1) Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a fait l’objet d’innombrables études par des
sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik
Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité
sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial
»).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par
Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie
Arthaud, jadis par Arlette Laguiller), Les Verts (encore connus sous le
sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice
du député Raphaël Arnault), le NPA (présenté par la note infrapaginale
n° 5).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception
nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée
conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) En 2022, le NPA s’est scindé en 2 entités concurrentes : le
NPA-L’Anticapitaliste, favorable à une alliance avec LFI, et le
NPA-Révolutionnaires, plus radical et refusant la participation aux
coalitions de type NUPES/NFP.
(6) Vladimir Illitch Lénine (1916), «
L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Cette brochure présente
la Première Guerre mondiale comme le choc des puissances capitalistes
arrivées à un stade de développement industriel et financier tel que
l’expansion territoriale devient le principal relais pour générer de
nouveaux profits. En somme, il accuse le capitalisme d’être responsable
de la « Grande Guerre ».
(7) Karl Marx, Friedrich Engels (1848), Manifeste du Parti communiste.
(8) Jacques Sapir (2011), La Démondialisation.
(9) Source : FMI (Fonds monétaire international), World Economic Outlook. Chiffres en PIB nominal.
(10) La méthode des PPA (parité de pouvoir d’achat) permet de corriger
le PIB nominal en prenant en compte les différentiels de coût de la vie
entre les différents pays.
(11) Dans sa théorie de la plus-value,
Marx considère que le profit se fait au détriment des travailleurs : le
capitalisme repose structurellement sur l’exploitation des prolétaires
par les bourgeois. Intensifier cette exploitation permet d’améliorer le
taux de profit.
(12) L’indice de développement humain, calculé
chaque année par le PNUD (Programme des Nations unies pour le
développement), mesure la qualité de vie sur un territoire en prenant en
compte le PIB par habitant en PPA, l’espérance de vie et des
indicateurs liés à la scolarisation.

2) L’injuste procès des énergies fossiles
Un autre aspect néfaste de l’idéologie de gauche : son obscurantisme sur les questions énergétiques.
Transition énergétique : haro sur les énergies fossiles !
«
Décarbonner l’économie » est devenu une priorité pour l’ensemble des
grands partis politiques. À gauche, cette injonction est présentée comme
quasi existentielle. L’humanité est menacée par le réchauffement
climatique (parfois appelé aussi « dérèglement » ou « changement »). En
s’appuyant sur une interprétation particulièrement alarmiste des travaux
du GIEC (5), les partis de gauche annoncent des catastrophes en série
et pointent du doigt les coupables : le CO2 (dioxyde de carbone) et les
énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) qui émettent ce CO2 lors de
leur combustion. Ainsi, pour la tête de liste des Verts/EELV aux
européennes de 2024, « notre dépendance aux énergies fossiles détruit le
climat » (6). Pour l’activiste suédoise Greta Thunberg, continuer à
exploiter les énergies fossiles « sera une condamnation à mort pour
d’innombrables personnes » (7). Recourant à une terminologie extrémiste
(« bombe climatique », « extinction de masse », « écocide », « urgence
climatique », « crime climatique »…), cette croisade mondiale contre les
énergies fossiles permet à la gauche de justifier de nouvelles taxes
(comme un « ISF climatique » proposé par OXFAM (8)). La lutte contre le
CO2 conduit en outre à réhabiliter l’idée de planification (non plus
stalinienne mais « écologique » (9)) et accompagne un discours
anticapitaliste virulent (10).
Les énergies fossiles ont en effet
de gros inconvénients. Issues d’un processus de fossilisation durant des
millions d’années, elles sont non renouvelables à l’échelle des
sociétés humaines. Leur extraction est éminemment polluante. Les mines
et carrières de charbon polluent gravement leur environnement et les
accidents ont causé des dizaines de milliers de morts depuis le début de
la révolution industrielle (11). Les fuites de pétrole (appelées «
marées noires » en milieu marin) causent des dommages aux écosystèmes.
Les pollutions atmosphériques liées à la combustion de ces énergies sont
dans certaines régions un véritable problème de santé publique (12).
Surtout, la combustion de ces énergies libère des gaz à effet de serre
et notamment du CO2. Selon le GIEC, ces énergies ont contribué à
l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère. Ce taux est estimé à
280 ppm (0,028 %) au début de l’ère industrielle et à 420 ppm (0,042 %)
aujourd’hui, soit une augmentation de 50 %. Si cette augmentation est un
sujet de controverse politique et scientifique (13), il n’en demeure
pas moins que ces énergies ont des conséquences écologiques non
négligeables.
Si les inconvénients des énergies fossiles sont
considérables, les activistes du climat ignorent les bienfaits permis
par le charbon, le pétrole et le gaz : les fossiles ont été le carburant
de la formidable croissance économique mondiale depuis près de deux
siècles.
L’énergie, input oublié du progrès économique et social
L’article « Le gauchisme, maladie adolescente l’absurdité des postures anticapitalistes »
affirme que l’amélioration inédite des conditions de vie depuis plus
d’un siècle avait été grandement favorisée par le système capitaliste.
Celui-ci a offert un cadre particulièrement dynamique à la croissance
économique mondiale. Cependant, cette croissance a été permise par
l’injection massive d’énergies fossiles : c’est l’utilisation de ces
énergies (81 % du bouquet énergétique mondial (14)) qui a rendu
physiquement possibles les prodigieux gains de productivité observés
depuis 1850. L’énergie est un intrant/input absolument indispensable à
la multiplication des biens et des services. Le confort moderne,
l’abondance de la société de consommation et le progrès social sont
totalement liés à ces énergies. En somme, notre mode de vie
(particulièrement confortable si on observe celui des sociétés
préindustrielles) est totalement dépendant des énergies fossiles. Les
courbes de la croissance économique mondiale et celles de la
consommation totale d’énergie sont strictement corrélées. L’extraction
puis la combustion de charbon (1re révolution industrielle), de pétrole
(2e révolution industrielle) puis de gaz (méthane) sont indispensables à
l’augmentation du PIB mondial.
En somme, la croissance économique
peut se comprendre comme la transformation d’énergies (principalement
fossiles) en biens et en services grâce à un système productif efficace
(le capitalisme) et à des innovations régulières (logique
schumpétérienne (15)). Sans énergie, pas de gain de productivité et donc
pas d’amélioration des salaires réels (pouvoir d’achat) : les énergies
fossiles ont été au cœur du processus d’amélioration de notre quotidien.
Par exemple, elles ont révolutionné les transports et permis notre
mobilité. Sans pétrole, pas d’aviation, pas de voiture individuelle, pas
de circulation des marchandises, pas de liberté de mouvement. Ces
énergies ont révolutionné notre rapport à l’espace et au temps. Elles
ont permis la création de centaines de millions d’emplois à travers le
monde. Notons d’ailleurs qu’au niveau mondial, l’électricité est à 65 %
d’origine fossile (16). Le processus d’électrification, vanté par tant
d’écologistes, reste largement dépendant du charbon et du gaz.
Le pouvoir émancipateur des énergies fossiles nié par les gauchistes
Tel
Gambetta déclarant « le cléricalisme, voilà l’ennemi » (17), le
leitmotiv de l’écologie de gauche pourrait se résumer à : « les énergies
fossiles, voilà l’ennemi » ! S’appuyant sur une littérature
scientifique abondante, les militants écologistes peuvent affirmer que «
les énergies fossiles détruisent notre santé, le climat et la
biodiversité » (18). Mais cette présentation, intégralement négative et
donc partiale, omet volontairement le formidable pouvoir émancipateur de
ces énergies. Comme évoqué au paragraphe précédent, elles ont permis de
révolutionner les transports et donné notre liberté de mouvement. Bien
au-delà des transports, les énergies fossiles ont libéré l’humanité des
travaux les plus pénibles dans les champs (mécanisation agricole), dans
les usines (robotisation et automatisation) ou sur les chantiers
(machines-outils), permettant des gains de productivité phénoménaux. Les
tâches les plus difficiles, jadis réalisées péniblement à la force du
poignet ou avec des animaux de trait, sont assurées dorénavant par des
machines (dont le moteur fonctionne avec du charbon, du pétrole ou de
l’électricité majoritairement d’origine fossile). Il y a une
substitution du travail humain (énergie musculaire) par une énergie
exogène (d’origine fossile). Ce remplacement a facilité l’existence de
milliards d’êtres humains et a permis la tertiarisation de l’économie
(en libérant la main-d’œuvre agricole et industrielle).
Les
énergies (à 81 % fossiles) sont indispensables à notre bien-être
corporel et à notre confort matériel. Elles ont changé la vie
quotidienne des travailleurs et tout particulièrement celle des femmes
(19). Pourtant, la mouvance gauchiste refuse de faire ce constat. Elle
diabolise les énergies fossiles qu’elle assimile parfois au capitalisme
(concept de « capitalisme fossile » popularisé par un célèbre
universitaire suédois d’extrême gauche (20)). Ce rejet sans nuance des
énergies fossiles est un véritable paradoxe pour des activistes qui
promettent de baisser la durée du travail, d’améliorer la vie des
travailleurs et la condition féminine. Dans l’état actuel des techniques
et du marché, le charbon, le pétrole et le gaz sont l’une des clés du
progrès matériel. Le nucléaire (lui aussi souvent conspué par l’extrême
gauche) et les renouvelables restent minoritaires (respectivement 5 % et
14 %) dans le bouquet énergétique mondial. Notons que l’épuisement des
énergies non renouvelables, annoncé comme imminent depuis le début des
années 1970 (21), n’est pas d’actualité : le renchérissement tendanciel
des hydrocarbures et l’amélioration des méthodes d’extraction repoussent
régulièrement les pics pétrolier et gazier. À moyen terme, elles vont
rester abondantes et continuer d’alimenter la croissance économique
mondiale. En niant l’apport quantitatif et qualitatif de ces énergies,
en les assimilant aux pires dérives du capitalisme et en tenant un
discours apocalyptique sur le climat, les gauchistes confortent leur
posture irresponsable. Cette immaturité intellectuelle, que l’on peut
qualifier de « climato-gauchisme » (22), est une forme caricaturale
d’ingratitude.
Gilles Ardinat
28/04/2026
https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-2-4-linjuste-proces-des-energies-fossiles/
- Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
- La
crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des
sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik
Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité
sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial
»).
- Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par
Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie
Arthaud (jadis par Arlette Laguiller)), Les Verts (encore connus sous le
sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice
du député Raphaël Arnaud), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
- Le
ressentiment peut ici s’envisager dans son acception nietzschéenne,
c’est-à-dire comme une frustration intériorisée conduisant, par une
inversion des valeurs, à une morale réactive.
- Le Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en
1988 sous l’égide de l’ONU afin d’expertiser les questions climatiques.
Ce vaste réseau de scientifiques publie depuis 1990 un rapport très
médiatisé qui soutient la thèse d’un réchauffement planétaire d’origine
humaine.
- Déclaration de Marie Toussaint au Parlement européen le 26 mars 2026.
- Déclaration lors d’une conférence de presse à Bonn le 13 juin 2023.
- OXFAM
(Oxford Committee for Famine Relief) est une association caritative
originaire du Royaume-Uni. Ses accointances avec la gauche sont de
notoriété publique. Par exemple, Manon Aubry, tête de liste LFI aux
européennes de 2019 et 2024, est une ancienne d’OXFAM.
- Jean-Luc Mélenchon avait fait de cette « planification écologique » une priorité de son programme présidentiel 2022.
- Par
exemple, l’entreprise TotalEnergies est la cible d’innombrables
campagnes de dénigrement et de procès intentés par des associations
écologistes de gauche. Un article de L’Humanité résume bien ces
campagnes : « 100 ans de Total : un siècle de ravages et 5 scandales »
(publié le 28 mars 2024).
- Ces accidents restent fréquents en
Chine où, chaque année, plusieurs centaines (selon les médias locaux)
voire plusieurs milliers de morts certaines années (selon des ONG
occidentales) sont à déplorer.
- Un rapport rédigé par le Health
Effects Institute en partenariat avec l’UNICEF en 2024 indique que plus
de 8 millions de personnes seraient mortes précocement en 2021 dans le
monde du fait des pollutions atmosphériques (imputables principalement
aux énergies fossiles).
- Steven E. Koonin (2022), Climat, la part d’incertitude, Paris, L’Artilleur, 348 p.
- En
2022, le bouquet (ou mix) énergétique mondial est composé à 31 % de
pétrole, 28 % de charbon, 22 % de gaz (soit 81 % de fossiles), 5 % de
nucléaire et de 14 % d’énergies renouvelables diverses (barrages
hydroélectriques, biomasse…).
- Joseph Aloïs Schumpeter
(1883-1950), économiste austro-américain hétérodoxe du XXe siècle, avait
démontré le lien entre innovation et croissance économique, expliquant
les cycles de croissance successifs par les innovations scientifiques ou
organisationnelles (qui créent de nouveaux marchés et des gains de
productivité).
- Data Lab, Chiffres clés de l’énergie 2025,
SDES. Le charbon (38 %) et le gaz (24 %) restent incontournables alors
que la part du pétrole dans la production électrique (3 %) est en baisse
régulière.
- C’est avec cette phrase qu’il conclut son célèbre discours anticlérical du 4 mai 1877 devant l’Assemblée.
- Titre de l’ouvrage célèbre de Barbara Demeneix publié en 2022 chez Odile Jacob.
- Dans son ouvrage Féminicène, Les vraies raisons de l’émancipation des femmes, les vrais dangers qui les menacent
(2023), Véra Nikolski souligne le rôle moteur des progrès techniques,
de la révolution industrielle et donc des énergies dans l’amélioration
concrète de la condition féminine (réduction des tâches domestiques,
salarisation, tertiarisation…).
- Andreas Malm (2016), Fossil Capital: The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming.
- Des
écologistes (pour la plupart de gauche) annoncent depuis plus de 50 ans
l’effondrement de la « production » (qui est en réalité une extraction)
de pétrole et de gaz du fait de leur raréfaction. Le peak oil et le peak gas
ne se sont pas encore produits et les réserves de charbon, de pétrole
et de gaz restent très abondantes. Les prédictions du Club de Rome ou de
Dennis Meadows sur ce point précis ne se sont pas confirmées.
- Voir
l’article « Islamo-gauchisme et climato-gauchisme : une même idéologie
», publié par Philippe Charlez le 11 novembre 2023 sur Boulevard
Voltaire. Cet expert est par ailleurs l’auteur d’un excellent ouvrage
sur cette question : L’Utopie de la croissance verte : les lois de la thermodynamique sociale (2021).
3) Les errements de l’agribashing
Le dénigrement systématique de l’agriculture productiviste
La
critique de notre modèle agricole est un sujet récurrent, parfois
obsessionnel, pour la gauche radicale. En 2023, les manifestations
contre les « mégabassines » (5) à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres,
ont dégénéré en batailles rangées avec les forces de l’ordre. Le «
village pour la défense de l’eau » à Melle (toujours dans les
Deux-Sèvres), en juillet 2024 (6), s’apparentait à une réunion
altermondialiste où se retrouvaient de multiples collectifs et partis de
gauche tels que les Soulèvements de la Terre, la Confédération paysanne
ou Extinction Rebellion. Très virulente sur le terrain, la gauche sait
aussi défendre son credo anti-productiviste à l’Assemblée. En 2025,
l’opposition à la « loi Duplomb » (7) a été l’occasion pour LFI de faire
le procès de notre modèle agricole : « ce texte ne vise qu’à satisfaire
les géants de l’agro-industrie et de l’agrochimie, qui entretiennent un
système agricole productiviste à bout de souffle » (8). Plus récemment,
Clémentine Autain s’est fait le porte-voix d’une vaste campagne contre
la présence de cadmium dans l’alimentation, pointant du doigt
l’utilisation d’engrais phosphatés de synthèse et vilipendant notre
système productiviste : « Les politiques cèdent aux lobbies, ils sont
acquis à l’agrobusiness et les intérêts privés finissent par primer sur
l’intérêt général, sur la santé publique » (9).
Nous pouvons
définir l’agriculture productiviste (ou « industrielle ») comme une
exploitation mécanisée intégrant de nombreux intrants chimiques
(pesticides et engrais). Basée sur l’automatisation et la
spécialisation, elle vise à produire en très grande quantité, notamment
pour l’industrie agroalimentaire (IAA) et la grande distribution. Ce
modèle, initié par la révolution industrielle (à la fin du XIXe siècle)
et pleinement déployé en France pendant les Trente Glorieuses
(modernisation et remembrement), a d’importantes conséquences
environnementales qu’il ne s’agit pas de nier : perte de biodiversité,
épuisement de certains sols, pollution de nappes phréatiques par les
intrants chimiques, scandales sanitaires (comme la crise de la vache
folle dans les années 1990). Ce modèle productiviste, appliqué à
l’élevage, pose la question de la souffrance animale (conditions de vie
des animaux en batterie, problème de l’abattage industriel). L’extrême
gauche « antispéciste » (10), représentée par L214 (11) et le député
mélenchoniste Aymeric Caron, a fortement médiatisé ce problème. Le
productivisme est éminemment imparfait, car son coût environnemental est
élevé et son modèle économique fragile (recours aux subventions,
faibles revenus de nombreux agriculteurs, crises sectorielles à
répétition…). Néanmoins, la critique de gauche de ce système «
agro-industriel » commet une erreur d’analyse fondamentale en omettant
les bienfaits incalculables de l’agriculture productiviste.
Le productivisme a libéré l’humanité du fléau millénaire de la faim
Agissant
en enfants gâtés, les militants végans et antispécistes (qui n’ont
jamais connu d’intoxication alimentaire ou de famine) critiquent sans
nuance un modèle agricole qui a pourtant révolutionné notre quotidien en
éradiquant les famines. Beaucoup ont oublié que nos ancêtres ont vécu
pendant des millénaires avec l’appréhension des mauvaises récoltes et
des disettes. Depuis l’apparition de l’agriculture au Néolithique, la
production a été soumise aux aléas de la météo, aux maladies et aux
parasites. De nombreux travaux d’historiens, notamment en France (12),
ont souligné la récurrence des « crises frumentaires » ou « crises de
subsistance », avec parfois des conséquences catastrophiques (mortalité
extrême comptant les victimes par millions). Citons, parmi les plus
connues, la grande famine européenne de 1315-1317 ou celle de l’Irlande
entre 1845 et 1852. L’économiste classique Thomas Malthus (13) est resté
célèbre pour avoir théorisé les rendements décroissants de
l’agriculture préindustrielle et ses implications démographiques. De
fait, les crises alimentaires ont bloqué pendant des siècles la
croissance de la population mondiale (la quantité de nourriture
disponible restant limitée et les crises alimentaires fréquentes).
L’histoire de l’humanité a été ponctuée de disettes et de famines
jusqu’à l’avènement de la révolution industrielle au XIXe siècle.
Celle-ci a permis la production d’engrais et de machines agricoles qui,
combinées aux progrès scientifiques (agronomie), ont décuplé la
productivité et minimisé les conséquences des aléas météorologiques. La
disparition (certes très progressive) de la faim dans le monde est un
progrès inestimable et directement imputable à la transformation
spectaculaire de l’agriculture.
Le productivisme équivaut à une
véritable révolution agricole (souvent appelée « révolution verte »)
dont les bienfaits sont multiples. La diminution spectaculaire de la
faim dans le monde doit être soulignée. Alors que la population mondiale
croît régulièrement, le nombre de personnes victimes de sous-nutrition
baisse continuellement depuis des décennies (14). Les grandes famines,
comme en Éthiopie (1984-1985) ou en Somalie (2011), disparaissent
progressivement. Les crises alimentaires récentes ont des causes
essentiellement sécuritaires (difficultés à acheminer l’aide
internationale), car l’agriculture productiviste, aujourd’hui
généralisée, produit suffisamment pour nourrir très largement toute
l’humanité. Outre l’éradication progressive de la faim, le productivisme
a libéré massivement de la main-d’œuvre, permettant l’avènement de
l’économie moderne. Dans les pays développés comme la France, la part de
l’agriculture dans la population active est passée d’environ 75 % à la
fin du XVIIIe siècle à moins de 3 % aujourd’hui. En mécanisant et en
augmentant la productivité, l’agriculture moderne a rendu possible
l’économie industrielle puis post-industrielle ainsi que son confort
matériel inédit. Nos ancêtres ont, pendant des générations, travaillé la
terre à la sueur de leur front. Grâce à l’agriculture productiviste,
nous mangeons à notre faim, avec une sécurité alimentaire inédite, et
nous travaillons dans des métiers du tertiaire incomparablement moins
pénibles.
Agribashing, anticapitalisme et mépris de classe
L’agriculture
productiviste a réussi le miracle d’éradiquer les famines dans le
monde, en fournissant, en lien avec les IAA, une alimentation variée et
sécurisée à une population mondiale croissante, tout en libérant des
centaines de millions de personnes des travaux agricoles les plus
pénibles. Ce résultat inouï est volontairement occulté par l’extrême
gauche qui, par pure idéologie, refuse de reconnaître l’évidente
réussite du système productiviste qui est, en définitive, la réussite du
capitalisme (15). Parallèlement, le collectivisme agraire, expérimenté
par de multiples régimes communistes au XXe siècle, a été un
épouvantable échec. Depuis le « communisme de guerre » de Lénine (qui a
dû amender son projet en instaurant la NEP (16)), en passant par les
collectivisations forcées de Staline (« dékoulakisation » et tragédie de
l’Holodomor), le « Grand Bond en avant » de Mao (entraînant la famine
la plus meurtrière de l’histoire), jusqu’aux pénuries alimentaires du
bloc soviétique dans les années 1980, le communisme a démontré sa totale
inefficacité dans ce domaine. Il est difficile pour les militants de
gauche de faire amende honorable et d’accepter cet écart abyssal de
résultats entre communisme et capitalisme. La critique systématique du «
système agro-industriel » relève donc d’une certaine mauvaise foi et
d’un anticapitalisme primaire.
Cet « agribashing », summum de
l’ingratitude gauchiste, est aussi un mépris de classe (17) inavoué. Les
militants gauchistes (de type Extinction Rebellion ou Greenpeace) sont
très rarement des agriculteurs. Selon une étude du CEVIPOF/Sciences Po
(18) de 2024, les agriculteurs votent majoritairement pour le
Rassemblement national (26,1 %), le bloc central (14,2 %) ou Les
Républicains (14,1 %) et très peu pour l’extrême gauche (9 % pour EELV,
4,7 % pour LFI). Toute la gauche (du PS au NPA) représente moins de 22 %
du vote des agriculteurs. L’agriculteur est essentiellement un homme
(profession très peu féminisée), entrepreneur (capitalisme familial), «
non-racisé », enraciné, attaché à ses traditions (comme la chasse) et
votant majoritairement à droite : il est donc un adversaire politique
objectif pour les activistes d’extrême gauche. Globalement hermétiques
aux théories woke, les populations rurales (bien au-delà des seuls
agriculteurs) sont souvent perçues par les militants de gauche comme
hostiles et réactionnaires (par opposition aux grandes métropoles que
l’immigration extra-européenne et la boboïsation (19) ont transformées
en postes avancés du « progressisme »). Cette opposition idéologique
(droite rurale conservatrice/gauche citadine woke) s’accompagne d’un
mépris, voire d’une haine de classe plus ou moins dissimulée : les
habitants des campagnes en général et les agriculteurs en particulier
sont considérés par une certaine gauche comme des « beaufs » racistes et
arriérés. C’est par cette perversion de l’esprit que les enfants gâtés
de notre monde d’abondance s’acharnent contre les honnêtes travailleurs
agricoles qui les nourrissent.
Gilles Ardinat
03/07/2026
https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-3-4-les-errements-de-lagribashing/
(1) Vladimir Ilitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des
sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik
Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité
sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial
»).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par
Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie
Artaud, jadis par Arlette Laguiller), Les Verts (encore connus sous le
sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice
du député Raphaël Arnaud), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception
nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée
conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) Ces « mégabassines » sont de très grandes réserves artificielles «
de substitution » visant à stocker l’eau en hiver pour pouvoir ensuite
irriguer certaines cultures (notamment du maïs) en été.
(6) La liste
des organisations réunies est disponible sur le site : « 19-20 juillet
2024 – Stop méga-bassines – Prochaine mobilisation internationale –
Bassines Non Merci ».
(7) La loi portée par le sénateur LR Laurent
Duplomb vise à simplifier l’activité des agriculteurs français,
notamment en assouplissant certaines contraintes environnementales
concernant les intrants, les mégabassines ou l’élevage industriel.
(8) Extrait d’un communiqué du groupe NFP-LFI, « Loi Duplomb : ode au
modèle agro-industriel, loin des aspirations des agriculteurs » (publié
le 14 mai 2025).
(9) Propos du 7 juin 2026 relayés par franceinfo.
(10) Le « spécisme », qui s’apparente au racisme ou au sexisme, désigne
l’ensemble des discriminations entre les espèces (notamment entre
humains et non-humains). C’est un concept popularisé par le philosophe
australien Peter Singer. Dans son ouvrage fondateur « Animal Liberation »
(1975), il pose les bases morales d’une conception radicale de la cause
animale qui inspire aujourd’hui les mouvements végans et animalistes.
(11) L’association d’extrême gauche « L214 éthique et animaux », créée
en 2008, s’est fait connaître pour ses vidéos dénonçant la maltraitance
animale dans les élevages et les abattoirs industriels. Son nom fait
référence à l’article L214 du Code rural reconnaissant aux animaux le
statut « d’êtres sensibles ».
(12) L’historien (de gauche) Ernest
Labrousse a établi un lien entre mauvaises récoltes, augmentation des
prix du grain/pain et crises politiques ; Emmanuel Le Roy Ladurie a
abondamment étudié les évolutions du climat et leurs conséquences sur
l’agriculture.
(13) Thomas Robert Malthus a publié en plusieurs
étapes (entre 1798 et 1826) un ouvrage extrêmement célèbre : Essai sur
le principe de population (An Essay on the Principle of Population).
(14) Dans un rapport de 2006 intitulé The State of Food Insecurity in
the World, la FAO (Food and Agriculture Organization) souligne la baisse
de la sous-nutrition dans le monde tout au long du XXe siècle. Touchant
environ 37 % de la population mondiale dans les années 1960, la
sous-nutrition a été réduite à moins de 10 % de nos jours : après un
plus bas historique en 2018 (7,3 %) et une légère augmentation liée
notamment à l’inflation des matières premières agricoles, la décrue
continue : 8,7 % en 2022, 8,5 % en 2023 et 8,2 % en 2024 selon une étude
de 2025 : 2.1 Food security indicators: latest updates and progress
towards ending hunger and ensuring food security.
(15) Notre
précédent article définit la notion de capitalisme et les ressorts de
son rejet par l’extrême gauche : « Le gauchisme, maladie adolescente
(1/4) : l’absurdité des postures anticapitalistes ».
(16) La NEP
(New Economic Policy), instaurée par Lénine en 1921, entérine l’échec
des collectivisations imposées pendant la guerre civile russe en
réintroduisant le principe de la propriété privée dans le domaine
agricole. Il s’agit d’un retour tactique et provisoire au capitalisme.
(17) L’expression « mépris de classe » a émergé dans les années 1990
pour désigner la vision condescendante qu’une classe (qui se considère
supérieure) a pour une autre classe (jugée inférieure). Les marxistes
ont constamment dénoncé le sentiment de supériorité des classes
dominantes vis-à-vis des classes plus pauvres. Pierre Bourdieu
(sociologue d’extrême gauche) évoque ces représentations hiérarchiques
dans ses travaux sur les « violences symboliques ».
(18) « Les
agriculteurs français à la veille de l’élection européenne de juin 2024 »
: Les agriculteurs français à la veille de l’élection présidentielle :
leurs attentes, valeurs et intentions.
(19) La boboïsation désigne
de manière péjorative la gentrification, c’est-à-dire la concentration
géographique des classes aisées et l’éviction des classes moyennes dans
certains espaces urbains. Le bobo (bourgeois bohème) désigne un
bourgeois de gauche attaché au progressisme sociétal.

4) Un anti-occidentalisme pathologique
L’Occident accusé des pires maux de l’humanité
Le
25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a voté une
résolution « portant qualification de la traite des Africains réduits en
esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime
contre l’humanité (5) ». Cette déclaration, portée par le Ghana et
l’Union africaine, cible spécifiquement « la traite transatlantique des
esclaves, qui a duré 400 ans » et indique clairement la responsabilité
de la Papauté (bulles Dum Diversas et Romanus Pontifex (6)),
du Portugal, de l’Espagne, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la France
(avec le fameux Code Noir (7)) et de l’État de Virginie (donc les
États-Unis). L’objectif de ce texte aux accents tiers-mondistes (8) est
clair : pointer du doigt l’Occident tout en occultant les autres formes
d’esclavage, notamment la traite arabo-musulmane ou intra-africaine qui
ont duré bien plus longtemps que la traite transatlantique et ont fait
des millions de victimes (9). Cette résolution qui dénonce également le
« système capitaliste racial » est d’une partialité évidente et seuls
trois États présidés par des hommes de droite (Trump, Milei et
Netanyahou) ont osé voter contre. En France, une loi mémorielle
comparable, portée par la députée de gauche Christiane Taubira en
2001 (10), avait reconnu « que la traite négrière transatlantique ainsi
que la traite dans l’océan Indien […] constituent un crime contre
l’humanité ». La gauche avait à l’époque assumé cibler uniquement les
crimes commis par la France « contre les populations africaines,
amérindiennes, malgaches et indiennes » tout en écartant les traites
intra-africaines et arabo-musulmanes de la loi (afin de ne pas accabler
les populations africaines actuelles). Ces campagnes mémorielles
partiales sont emblématiques d’une offensive idéologique globale qui
vise, bien au-delà de la seule question de l’esclavage, à dénigrer
systématiquement l’Occident : cet espace de civilisation est censé,
selon les militants gauchistes, être coupable des pires maux de
l’humanité.
La notion d’« Occident » a été l’objet de très
nombreuses définitions et analyses au XXe siècle, pour la plupart
ignorées des activistes de gauche. L’historien Fernand Braudel (11) a
souligné les apports culturels successifs qui ont forgé, sur le temps
long, l’identité de cet espace de civilisation. Le philosophe Philippe
Nemo a listé, dans un petit ouvrage resté célèbre (12), les étapes
(« miracles ») de la constitution de cette identité occidentale : la
raison grecque (science, philosophie et cité), l’héritage juridique de
Rome, le christianisme (conception métaphysique et morale structurante),
la révolution papale (XIe–XIIIe siècles) qui a consacré la distinction
entre les sphères spirituelle et temporelle et enfin les révolutions
libérales modernes. Le philosophe allemand Oswald Spengler a quant à lui
pensé la décadence de l’Occident (13). La Guerre froide (1947–1991),
avec sa logique de blocs, va donner à l’Occident (historiquement divisé
entre États rivaux) une certaine unité géopolitique et entériner son
rôle central dans la défense du capitalisme. Nous retiendrons une
définition géographique très simplifiée de l’Occident : il s’agit de
l’espace de civilisation formé par l’Amérique du Nord (États-Unis et
Canada) et l’Europe occidentale (dont la frontière orientale varie
légèrement en fonction des époques). L’Australie et la Nouvelle-Zélande
sont rattachées à cette civilisation. De nombreux États non-occidentaux
ont connu une occidentalisation plus ou moins poussée, mais
appartiennent à des civilisations différentes (comme la Tunisie, pays
arabo-musulman ou du Japon qui a conservé une civilisation spécifique).
L’Occident désigne communément un ensemble de pays aujourd’hui
relativement cohérent du point de vue politique (démocratie libérale),
culturel (héritages gréco-romain et chrétien), économique (capitalisme
et fort niveau de développement) et ethnique (population blanche). Dans
la plupart de ces pays, les mouvements politiques de gauche ont
développé un discours critique, visant à dénigrer le monde occidental.
La récente conférence de l’activiste mélenchoniste Yazid Arifi illustre
cet anti-occidentalisme extrême (14) : parlant de « bascule
civilisationnelle », celui-ci préconise, devant une assemblée de
sympathisants LFI, « la chute de la citadelle occidentale de
l’intérieur. C’est notre tâche. La tâche d’un éventuel pouvoir
insoumis ». Mais cet anti-occidentalisme, aux relents anti-capitalistes,
tiers-mondistes et communautaristes, a une vision idéologique
totalement biaisée, occultant volontairement la contribution majeure de
l’Occident à l’ensemble des progrès dont la gauche se réclame de façon
paradoxale.
L’Ouest, phare de l’Humanité et moteur de tous les « progrès »
Historiquement,
la contribution de l’Occident aux progrès scientifiques et
technologiques est majeure et sans commune mesure avec les autres
civilisations. Depuis les savants grecs Archimède (IIIe siècle av.
J.-C.) et Ptolémée (IIe siècle apr. J.-C.), les astronomes polonais
Nicolas Copernic (1473–1543, théorie de l’héliocentrisme) et italien
Galilée (1564–1642), le Britannique Isaac Newton (1643–1727, théorie de
la gravitation universelle), les chimistes français Antoine Lavoisier
(1743–1794) et Louis Pasteur (1822–1895) ou l’Allemand Albert Einstein
(1879–1955), toute l’histoire des sciences est jalonnée d’inventeurs et
génies occidentaux. Bien entendu, chaque civilisation a pu apporter son
lot d’innovations. Le Proche-Orient a eu un rôle prépondérant dans
l’apparition de l’agriculture (le fameux « croissant fertile » formé par
la Mésopotamie et l’Égypte), de l’écriture (environ en 3500 av. J.-C.)
et de l’urbanisation. La Chine a été une terre d’innovation durant
l’Antiquité (invention du papier au IIe siècle av. J.-C., acupuncture…)
et le Moyen Âge (poudre à canon au IXe siècle, monnaie papier au XIe
siècle…) mais l’Occident est progressivement devenu le lieu de la
plupart des découvertes. La science moderne, basée sur l’observation et
l’expérience, est née en Occident au XVIIe siècle : les philosophes
Francis Bacon (1561–1626), Descartes (1596–1650) ou Pascal (1623–1662)
ont théorisé ce rapport nouveau à la connaissance. L’Occident acquiert à
cette époque (et pour plusieurs siècles) une véritable domination dans
le domaine des sciences et des techniques. C’est en Angleterre qu’est
née la première révolution industrielle et son cortège d’inventions
(notamment la machine à vapeur). Les pays de l’Europe du Nord-Ouest et
les États-Unis ont été à la pointe de la deuxième (moteur à explosion et
électricité) puis de la troisième révolution industrielle (invention du
microprocesseur puis d’Internet aux États-Unis). L’Occident concentre
la quasi-totalité des lauréats des prix Nobel en médecine, physique et
chimie (15) ainsi que des médailles Fields en mathématiques (16).
Mécanique, agronomie, biologie, géologie, astronomie : aucun domaine n’a
échappé à l’hégémonie occidentale entre les XVIIe et XXe siècles.
Notons que cette hégémonie n’est pas garantie au XXIe puisque les
nations asiatiques (notamment la Chine) semblent en mesure de surclasser
l’Occident dans la plupart des domaines stratégiques (17).
Si
l’Occident a été sans conteste le centre d’impulsion du progrès
scientifique depuis des siècles, il a été également celui de
l’innovation en matière politique et sociétale : les « progrès » dont se
félicite la gauche sont directement imputables à l’Occident. Si la
plupart des civilisations ont eu recours à l’esclavage, les nations
occidentales ont été à la pointe de son abolition. Par exemple, la
France, qui a interdit l’esclavage sur son sol dès 1315 (édit de Louis X
le Hutin), a aboli provisoirement l’esclavage dans ses colonies dès
1794 avant une abolition définitive en 1848. À l’occasion du congrès de
Vienne, toutes les puissances européennes ont mis fin à la traite
négrière transatlantique (alors que les traites intra-africaine et
arabo-musulmane perdureront). L’Occident a été également à la pointe
dans la promotion des libertés fondamentales (qui sont d’ailleurs une
invention occidentale). Les révolutions anglaises (1642–1651 ;
1688–1689), américaine (1765–1783) et française (1789–1799) sont
fondatrices de l’ordre politique moderne. Les États occidentaux sont les
pionniers des Droits de l’Homme, du suffrage universel (expérimenté dès
1792 et jusqu’en 1814 en France) et des libertés individuelles. De la
même manière, le mouvement d’émancipation des femmes trouve son origine
en Occident. La création du terme « féminisme » (à la fin du XIXe
siècle), la plupart des théories féministes ou le mouvement des
suffragettes (au début du XXe siècle) rappellent le rôle éminent de
l’Occident dans ce domaine. Le premier pays au monde à accorder le droit
de vote aux femmes a été la Nouvelle-Zélande (en 1893). Les pays
occidentaux ont également été les inventeurs de l’État social moderne :
modèle bismarckien en Allemagne dès la fin du XIXe siècle, rapport
Beveridge en 1942 (18), création de la sécurité sociale en France en
1945… Plus récemment, c’est aussi en Occident que les lois sociétales
« progressistes » ont été initiées : les Pays-Bas (2001), la Belgique
(2003) et l’Espagne (2005) sont les trois premiers pays à légaliser le
mariage homosexuel (complètement tabou encore aujourd’hui dans la
plupart des pays africains et asiatiques). L’Occident est donc depuis
des générations le lieu de naissance et d’expérimentation des valeurs
politiques les plus chères à la gauche.
Repentance, anti-christianisme et anti-capitalisme aux sources de la détestation gauchiste de l’Occident
L’anti-occidentalisme
de la gauche repose sur un énorme paradoxe car c’est bien à la science
occidentale que nous devons l’amélioration sans précédent de nos
conditions matérielles d’existence (hygiène, campagnes de vaccination
massive, éradication de la faim par l’agriculture productiviste (19),
électrification…). C’est aussi grâce à l’Occident que la plupart des
« progrès » sociétaux (si chers à la gauche) ont été possibles depuis
plus de deux siècles : abolition de l’esclavage, libertés individuelles,
Droits de l’Homme, émancipation des femmes, progrès sociaux, lois
sociétales « progressistes »… Aucune autre civilisation n’a favorisé de
manière aussi évidente les idéaux politiques de la gauche. La gauche
peut d’ailleurs légitimement s’attribuer une grande partie de ces
évolutions puisque ce sont pour l’essentiel des hommes de gauche qui ont
théorisé et imposé ces changements. Mais il n’en demeure pas moins que
tous ces « progrès » (ou presque) ont eu comme terreau les nations
occidentales. Un militant de gauche conséquent devrait logiquement
encenser l’Occident et son avant-gardisme « progressiste ». Mais
paradoxalement, la gauche est presque toujours (avec des nuances)
critique du passé de l’Occident.
Cet anti-occidentalisme se
construit essentiellement sur une vision historique complètement biaisée
qui souligne les violences commises par les puissances occidentales
(traite transatlantique, colonisation…) sans jamais évoquer la violence
des sociétés non-occidentales (bien souvent idéalisées). Au faîte de
leur puissance à partir du XVIe siècle, les nations occidentales ont
multiplié les ingérences, les interventions militaires et les conquêtes
coloniales. Ce passé impérialiste fournit une matière inépuisable au
discours critique de la gauche connu sous le nom de « repentance ». La
repentance désigne une vision moralisatrice et culpabilisante de
l’histoire d’un pays (ou ici d’une civilisation). Cette historiographie à
charge est un élément fondamental si l’on veut comprendre l’idéologie
gauchiste : dans l’imaginaire de gauche, l’histoire de l’Occident n’a
rien de glorieux ; elle est une succession de crimes dont les
Occidentaux d’aujourd’hui doivent se repentir. L’anti-occidentalisme de
la gauche est la conséquence de cette repentance : en réduisant
l’histoire de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis à leurs politiques
impérialistes (bien réelles puisque l’Occident a été pendant plusieurs
siècles le centre géopolitique du monde), l’historiographie repentante
de gauche alimente le ressentiment, la culpabilité et la haine de
l’Occident.
Si cet anti-occidentalisme a des explications
historiographiques (tendance à la repentance), il a aussi deux leviers
idéologiques plus ou moins inconscients : l’anti-christianisme et
l’anti-capitalisme. En effet, depuis son origine (pendant la Révolution
française), la gauche est fondamentalement anticléricale, voire
antichrétienne (20). L’Occident étant chrétien, la gauche a
naturellement une méfiance pour cette civilisation :
l’anti-occidentalisme est (entre autres) un anti-christianisme. À cet
anti-christianisme l’extrême-gauche ajoute un anti-capitalisme virulent.
Sachant que ce sont les nations occidentales qui ont porté (et parfois
imposé aux autres continents) le capitalisme moderne, industriel et
financier, la gauche anticapitaliste opère naturellement une
« convergence des luttes » entre la dénonciation de l’Occident
« impérialiste » et leur combat contre le capitalisme. La Guerre froide a
conforté cette convergence car les États-Unis et leurs alliés d’Europe
de l’Ouest ont été de facto les principaux défenseurs du
capitalisme face au bloc soviétique. L’anti-occidentalisme gauchiste est
aussi un anti-capitalisme.
Gilles Ardinat
17/08/2026
https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-4-4-un-anti-occidentalisme-pathologique/
(1) Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des
sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik
Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité
sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial
»).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par
Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie
Arthaud (jadis par Arlette Laguiller)), Les Verts (encore connus sous le
sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice
du député Raphaël Arnault), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception
nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée
conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) L’ONU réclame des réparations pour les « torts historiques » de l’esclavage | ONU Info
(6) Ces bulles de 1452 et 1454/55 apportent au Portugal le soutien
moral et spirituel de Rome dans sa politique d’expansion territoriale.
Par exemple, Romanus Pontifex reconnaît au roi Alphonse V
(1438-1481) « la pleine et entière faculté d’attaquer, de rechercher, de
capturer, de vaincre, de soumettre tous les Sarrasins et les Païens […]
et de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle ». L’Assemblée
générale de l’ONU considère clairement ces textes comme des
justifications de la future traite négrière. Cependant, leur
interprétation est largement débattue, certains historiens y voyant
avant tout la légitimation de conquêtes et non une autorisation
explicite de l’esclavage.
(7) Ce code, qui comprend notamment «
l’ordonnance de mars 1685 sur les esclaves des îles de l’Amérique »
promulguée sous Louis XIV, réglementait la pratique de l’esclavage dans
les colonies françaises. Connu pour sa sévérité, il a été encore
récemment au cœur de l’actualité puisque les députés ont voté
symboliquement son abrogation le 28 mai 2026.
(8) Le tiers-mondisme
désigne depuis les années 1960 le mouvement international de défense des
pays du Tiers-monde (Amérique du Sud, Afrique, Proche-Orient et Asie du
Sud). Cette idéologie, très marquée à gauche, considère que les pays
développés sont responsables de la pauvreté des pays du Sud (esclavage,
colonisation, néocolonialisme et mondialisation sont présentés comme les
causes du mal-développement).
(9) De nombreux travaux historiques
ont tenté d’évaluer l’ampleur des principales traites négrières
(transatlantique, arabo-musulmane et intra-africaine). Olivier
Pétré-Grenouilleau (Les Traites négrières, 2004) a mené une approche
comparative restée célèbre. Tidiane N’Diaye (Le Génocide voilé, 2008)
souligne l’extrême violence de la traite arabo-musulmane (VIIe-XIXe
siècles), notamment le recours massif à la castration des hommes noirs.
(10) Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la
traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité –
Légifrance
(11) Fernand Braudel (1963), Grammaire des civilisations : Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963). | Espacestemps.net
(12) Philippe Nemo (2004), Qu’est-ce que l’Occident (PUF).
(13) Oswald Spengler (1918-1922), Le Déclin de l’Occident.
(14) Le 5 juillet 2026, Yazid Arifi s’est exprimé à l’occasion d’une
réunion publique LFI : Yazid Arifi : « Désoccidentaliser la France,
notre priorité politique »
(15) L’ensemble des lauréats sont listés, par discipline, sur le site : The official website of the Nobel Prize – NobelPrize.org
(16) Entre 1936 (création de la distinction) et 2022 (dernière
édition), 64 mathématiciens ont été récompensés : 48 occidentaux (dont
certains binationaux) et 15 non-occidentaux (3 Japonais (1954, 1970,
1990), 3 Soviétiques (1970, 1978, 1990), 1 Chinois (1982), 5 Russes
(1994, 2002, 2006, 2010), 1 Sud-Africain (1998), 1 Iranienne (1994), 1
Israélien (2010) et 1 Ukrainienne (2022).
(17) Une étude australienne de 2023 souligne la montée en puissance technologique vertigineuse de la Chine : ASPI’s Critical Technology Tracker – ASPI
(18) Ce rapport, rédigé par le travailliste William Beveridge, est fondateur de l’idéal de l’État-providence.
(19) Le gauchisme, maladie adolescente (3/4) : les errements de l’agribashing
(20) Lorsqu’apparaît la distinction gauche/droite au début de la
Révolution française, les députés de gauche ont initié une politique
clairement anticléricale (nationalisation des biens du clergé,
suppression de la dîme, constitution civile du clergé), voire de
déchristianisation (suppression des ordres religieux, persécutions à
grande échelle pendant la Terreur). Cette tendance est confirmée sous la
IIIe République (lois scolaires de Jules Ferry, laïcisation de l’État
et de la société). Le discours de la gauche et surtout de l’extrême
gauche est aujourd’hui encore marqué par cet anticléricalisme
historique.