septembre 11, 2026

11 septembre 2001 : le jour où la puissance américaine découvrit sa première et réelle vulnérabilité

11 Septembre, 25 ans après : la guerre perdue contre le terrorisme islamiste

Vingt-cinq ans ont passé, mais les images n’ont pas vieilli. Un ciel bleu sur Manhattan, un avion qui disparaît dans une tour, des hommes et des femmes aux fenêtres, puis cette poussière grise qui avale New York. Le 11 septembre 2001, Al-Qaïda ne frappa pas seulement l’Amérique : dix-neuf terroristes transformèrent quatre avions de ligne en armes et firent près de 3 000 morts. La riposte était légitime. Elle était même inévitable. Mais Washington transforma progressivement une guerre nécessaire contre une organisation terroriste en projet idéologique de remodelage du Moyen-Orient. L’Afghanistan devint une guerre de vingt ans ; l’Irak, qui n’avait pas organisé le 11-Septembre, fut envahi en 2003 ; les États furent déstabilisés, les sociétés fracturées et le djihadisme trouva de nouveaux terrains. Un quart de siècle plus tard, l’Occident a tué Ben Laden et détruit le califat territorial de Daech, mais il n’a pas supprimé l’idéologie qui les avait produits. Pour l’Europe, la leçon est désormais vitale : le danger djihadiste demeure, tandis que l’islam politique pose un défi distinct, plus lent, idéologique et social. Le nier par confort serait aussi imprudent que de confondre cette menace avec l’ensemble des musulmans européens.


11 septembre 2001 : le jour où la puissance américaine découvrit sa vulnérabilité

À 8 h 46, le vol American Airlines 11 frappe la tour nord du World Trade Center. À 9 h 03, le vol United Airlines 175 percute la tour sud. À 9 h 37, le vol American Airlines 77 s’écrase contre le Pentagone. À 10 h 03, le vol United Airlines 93 tombe en Pennsylvanie après la révolte de passagers qui comprennent que l’appareil doit servir d’arme. Les deux tours s’effondrent. New York devient en quelques heures le théâtre d’une catastrophe que des centaines de millions de personnes regardent presque en direct.

Les dix-neuf pirates de l’air ont été formés par Al-Qaïda. Quinze sont Saoudiens ; les autres viennent des Émirats arabes unis, d’Égypte et du Liban. Plusieurs membres clés du complot sont passés par la cellule de Hambourg. Leur cible est moins un territoire qu’un système de puissance : le World Trade Center représente la centralité économique américaine ; le Pentagone, sa force militaire ; le Capitole ou la Maison-Blanche, probablement visés par le quatrième appareil, son pouvoir politique.

Le génie sinistre de l’opération tient à cette économie de moyens. Quelques hommes, une préparation clandestine et une idéologie capable de transformer la mort en instrument stratégique suffisent à infliger à la première puissance mondiale un choc historique. Le terrorisme réussit lorsqu’il obtient un effet politique sans disposer de la puissance classique d’un État.

Al-Qaïda n’apparaît pourtant pas le 11 septembre. Ben Laden et son organisation ont déjà déclaré la guerre aux États-Unis, frappé les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998 et attaqué l’USS Cole en 2000. Le rapport de la Commission sur le 11-Septembre montrera que la menace était connue mais que les institutions américaines étaient mal adaptées à un adversaire transnational et clandestin.

Le choc est donc double. L’Amérique découvre qu’un océan ne la protège plus et qu’une organisation non étatique peut frapper son territoire au cœur. L’OTAN invoque pour la première fois l’article 5. Une immense solidarité internationale accompagne les États-Unis. La question n’est alors pas de savoir s’il faut répondre. Il faut répondre. La question décisive est : à quoi, comment et jusqu’où ?


Une riposte légitime devenue projet de transformation du monde

L’intervention en Afghanistan répond à une logique stratégique claire. Le régime taliban abrite Al-Qaïda et son infrastructure. Détruire les sanctuaires, renverser le régime qui les protège et empêcher la préparation de nouveaux attentats relève de la légitime défense. En quelques semaines, le pouvoir taliban s’effondre. Mais la victoire militaire initiale contient déjà le piège de la suite : que faire d’un pays une fois l’ennemi chassé de sa capitale ?

Washington passe progressivement de la destruction d’un sanctuaire terroriste à la reconstruction politique d’un État. La mission s’élargit, les objectifs deviennent mouvants, la présence occidentale s’installe. Les talibans, défaits mais non détruits, se réorganisent. Vingt ans plus tard, en août 2021, ils reprennent Kaboul. L’image des évacuations chaotiques à l’aéroport résume l’écart entre la puissance militaire mobilisée et le résultat politique obtenu.

Mais la rupture stratégique majeure survient en Irak. Saddam Hussein est un dictateur brutal et un adversaire des États-Unis ; son régime n’a cependant pas organisé les attentats du 11-Septembre. En 2003, l’administration Bush choisit pourtant l’invasion au nom notamment des armes de destruction massive qui ne seront pas trouvées et dans un climat intellectuel marqué par l’idée qu’un changement de régime pourrait transformer le Moyen-Orient.

C’est ici que l’influence néoconservatrice devient déterminante. Une partie des élites de Washington croit que la supériorité américaine peut être convertie en ingénierie politique : abattre les dictatures, installer des institutions démocratiques et provoquer un effet d’entraînement régional. Le raisonnement contient une intuition généreuse, les peuples ne sont pas condamnés à l’autoritarisme, mais une erreur géopolitique considérable : les sociétés ne sont pas des pages blanches.

L’Irak possède une histoire, des communautés, des rivalités confessionnelles, des réseaux tribaux, un appareil d’État et des équilibres régionaux. La destruction du régime baasiste et la dissolution de l’armée créent aussi du vide, de l’humiliation, du chômage armé et une compétition féroce pour l’État. L’insurrection se développe, Al-Qaïda en Irak prospère et les fractures sunnites-chiites s’aggravent. Plus tard, une partie de ce chaos nourrira l’essor de l’organisation État islamique.

Le paradoxe est cruel. La guerre lancée pour empêcher la répétition du 11-Septembre contribue, par certains de ses choix, à élargir les espaces de radicalisation et de guerre. Elle renforce également l’Iran en supprimant à Bagdad un adversaire qui contenait sa puissance. La première puissance mondiale remporte rapidement la guerre conventionnelle et découvre ensuite qu’elle ne maîtrise pas la géopolitique produite par sa victoire.

Le coût est gigantesque. Le projet Costs of War de Brown University estime à environ 8 000 milliards de dollars le coût des guerres américaines de l’après-11-Septembre. Plus de 940 000 personnes auraient été tuées directement dans les principaux théâtres concernés ; les estimations incluant les morts indirectes atteignent plusieurs millions. Plus de 38 millions de personnes ont été déplacées. Ces chiffres couvrent des conflits différents et ne signifient évidemment pas que toutes ces morts seraient imputables aux seules forces occidentales. Ils donnent la mesure d’un cycle de guerres dont les conséquences ont largement dépassé les objectifs initiaux.

Le bilan ne doit pas être caricaturé. Al-Qaïda a été profondément affaiblie, Ben Laden a été tué en 2011, de nombreux attentats ont été empêchés et le califat territorial de Daech a été détruit. Les services de renseignement occidentaux ont considérablement amélioré leur coopération. Mais la victoire tactique n’a pas produit la victoire stratégique annoncée. Le djihadisme a muté, essaimé et trouvé de nouveaux foyers.


2026 : le djihadisme n’a pas disparu, et l’Europe ne peut plus se payer le déni

Vingt-cinq ans après Manhattan, l’erreur serait de croire que le terrorisme islamiste appartient à une époque révolue. Les organisations ont changé de forme. Elles exploitent les États fragiles, les guerres civiles, les réseaux numériques et les trajectoires individuelles de radicalisation. L’idéologie circule désormais à une vitesse et avec une décentralisation que Ben Laden lui-même n’aurait pu imaginer.

Les données européennes invitent à la vigilance sans céder à la panique. Dans son rapport 2026, Europol recense 45 attaques terroristes dans l’Union européenne en 2025, toutes idéologies confondues, dont 22 commises, 20 déjouées et 3 échouées. Sur 486 arrestations liées au terrorisme, 71 % concernent le djihadisme. Les attaques djihadistes ont causé cinq morts et 81 blessés. Europol souligne surtout une menace plus fragmentée et plus difficile à détecter, dans laquelle les écosystèmes numériques facilitent la radicalisation de petits groupes ou d’individus autonomes.

À l’échelle mondiale, la menace reste structurée. L’évaluation américaine des menaces pour 2026 estime qu’Al-Qaïda compterait entre 15 000 et 28 000 membres et l’État islamique entre 12 000 et 18 000, avec une croissance particulièrement concentrée dans les conflits africains. Daech-Khorasan, Al-Qaïda dans la péninsule Arabique et des réseaux liés à l’État islamique en Syrie figurent parmi les acteurs susceptibles de soutenir des projets extérieurs. Cela ne signifie pas qu’un nouveau 11-Septembre soit annoncé ou inévitable. Cela signifie que la capacité, l’intention et l’écosystème idéologique n’ont pas disparu.

Le risque d’attentats de masse doit donc être pris au sérieux, mais formulé avec rigueur. Aucun service sérieux ne peut prédire la répétition d’un 11-Septembre à une date donnée. En revanche, l’histoire de 2001 enseigne que l’absence d’attaque spectaculaire pendant plusieurs années ne prouve pas l’absence de préparation. La sécurité consiste à penser le scénario grave avant qu’il ne devienne probable.

L’Europe affronte en outre un problème qui ne se confond pas avec le terrorisme : l’islam politique. Tous les musulmans ne sont évidemment pas islamistes, et l’immense majorité des citoyens européens de confession musulmane n’a rien à voir avec le terrorisme. Confondre une religion, des populations diverses et une idéologie politique serait intellectuellement faux et stratégiquement désastreux. Mais l’erreur inverse consiste à nier l’existence de mouvements qui cherchent à faire de la norme religieuse un principe d’organisation politique et sociale.

Le défi est alors moins spectaculaire qu’un attentat, mais plus diffus : influence associative, séparatisme social, pressions communautaires, propagande numérique, financement extérieur, intimidation de ceux qui contestent les normes religieuses et exploitation des libertés démocratiques contre la société ouverte elle-même. Une démocratie doit combattre ces phénomènes par le droit, le renseignement, la transparence financière, l’école et la défense de la liberté individuelle, sans transformer des millions de citoyens en suspects collectifs.

La politique migratoire entre dans cette équation, mais elle doit être pensée avec précision. Une frontière mal contrôlée constitue une vulnérabilité parmi d’autres ; elle n’est pas l’explication unique du terrorisme européen, dont plusieurs auteurs sont nés ou ont grandi sur le continent. Contrôler les entrées, identifier les personnes présentant un risque, exécuter les décisions d’éloignement légalement prononcées et mieux partager le renseignement relèvent de la souveraineté élémentaire. Mais la prévention passe tout autant par le traitement de la radicalisation intérieure.

Une politique sérieuse doit simultanément protéger les frontières, surveiller les réseaux violents, combattre les organisations qui cherchent à subvertir l’ordre démocratique et préserver l’adhésion des citoyens musulmans qui refusent l’islamisme. La sécurité nationale ne se construit pas par la stigmatisation ; elle se détruit tout autant par le déni.

Faut-il pour autant affirmer que cette menace est « plus grave que la Russie » ? La comparaison brute serait trompeuse. La Russie est une puissance nucléaire engagée dans une guerre majeure en Europe et dispose de capacités militaires, cybernétiques et de déstabilisation sans commune mesure avec celles d’un réseau terroriste. Le djihadisme relève d’une autre catégorie stratégique : il menace directement les sociétés de l’intérieur, exploite leurs vulnérabilités et peut frapper sans préavis des populations civiles. Pour l’Europe, les deux menaces sont réelles mais de nature différente. Les opposer risquerait précisément de reproduire l’erreur de 2001 : laisser une obsession stratégique rendre aveugle à d’autres dangers.

À lire aussi : Djihadisme et Radicalisation : Meilleure Analyse Engagée


Ne pas refaire l’erreur du 10 septembre

Le 11 septembre 2001 a montré qu’une puissance pouvait être frappée au cœur par un adversaire qu’elle avait trop longtemps regardé comme périphérique. Les États-Unis ont ensuite commis l’erreur inverse : donner à cet adversaire une réponse si vaste qu’elle finit par transformer une opération de sécurité nécessaire en guerre idéologique sans limites claires.

Vingt-cinq ans plus tard, la leçon devrait être double. Il ne faut ni sous-estimer le terrorisme islamiste ni lui déclarer une guerre abstraite contre des sociétés entières. Il faut identifier précisément l’ennemi, ses réseaux, ses sanctuaires, ses financements, ses relais idéologiques et ses vulnérabilités, puis agir avec constance, proportion et lucidité.

Pour l’Europe, cette exigence est d’autant plus forte que la menace se joue aussi sur son propre territoire. Le contrôle des frontières, la maîtrise des flux migratoires, la lutte contre les filières clandestines, la surveillance des réseaux djihadistes et la résistance aux entreprises de l’islam politique sont, lorsqu’ils sont conduits dans le cadre de l’État de droit, des fonctions normales de la souveraineté.

Mais la lucidité impose également de refuser les amalgames. L’islamisme politique n’est pas l’islam ; le terroriste n’est pas l’immigré ; et aucune société ne se protège durablement en désignant une population entière comme ennemie. L’enjeu est au contraire de séparer ceux qui acceptent la loi commune de ceux qui veulent la subordonner à un projet théologico-politique.

La Russie, la Chine, les rivalités de puissances et la guerre en Ukraine occupent légitimement les états-majors européens. Pourtant, une stratégie continentale digne de ce nom ne choisit pas une menace pour oublier les autres. La Russie peut menacer des frontières et l’équilibre militaire européen ; le djihadisme peut frapper les sociétés en leur cœur. L’un appelle dissuasion, défense et diplomatie ; l’autre renseignement, police, frontières, coopération internationale et bataille idéologique.

Le véritable hommage aux morts du 11-Septembre n’est donc ni la peur ni la vengeance. C’est la mémoire stratégique. Se souvenir qu’avant les tours en flammes, il y eut des signaux, des attentats, des rapports et des avertissements que l’on ne sut pas assembler. Se souvenir aussi qu’après les tours, l’émotion d’une nation blessée permit des décisions dont le prix fut immense.

Le 10 septembre 2001, le danger existait déjà. Il était simplement plus confortable de ne pas mesurer jusqu’où il pouvait aller. Vingt-cinq ans plus tard, l’Europe n’a plus le droit de commettre cette erreur, ni celle, symétrique, de perdre sa raison en prétendant se défendre.

Le Diplomate

https://lediplomate.media/11-septembre-menace-djihadiste-europe/


 

Mes jumelles !
 
Je me souviens de ce jour écrit à l'encre de sang dans ma mémoire.
Le matin était beau, baigné de lumière et j'allais insouciante prendre mon avion.
J'étais heureuse. Sept heures de vol m'attendait alors j'étais joyeuse de quitter le sol.
Jamais je n'ai été heureuse collée au sol. 
 
Mes idées volent au rythme haletant de mon coeur qui bât la chamade. Je suis comme une enfant chaque fois. Car chaque fois est nouveau. Je m'émerveille car chaque fois redevient la première fois.
Le matin était si lumineux…
Et puis soudain, l'autoroute de Toulouse est bloquée.
Quid ?
Quelques heures plus tard, je dois prendre mon avion qui me mènera à Montréal.
Je vais à Laval et je n'oublierai jamais ce jour.
Un jour qui a endeuillé le monde par sa brutalité.
Des jumelles sont tombées, entrainant des milliers de vies avec elles.
Je me remémore ce jour comme un état de barbarie qui ensauvage nos pays.
Le monde civilisé est en deuil.
Les morts ne sont que des occidentaux qui allaient ou étaient au travail.
Un acte de barbarie tel que l'absence des jumelles signent en lettres de sang.
De la poussière et du sang signe cet acte de guerre.
Et aujourd'hui, où en sommes nous ?
Sommes-nous racistes ou islamophobes de crier à l'infamie Pour ce sang des innocents versés pour une idéologie de haine.
Et aujourd'hui où en sommes nous ?
On pleure et on oublie.
On pleure et on oublie.
On pleure et on oublie.
Les deuils effacent lentement les pleurs des innocents.
On pleure et on oublie.
On reconstruit ce que la barbarie a détruit.
On refait le monde par petits bouts.
On pleure et on s'indigne,
mais on oublie. 
 
Il a fallu que des barbares, des sauvages versent le sang innocent des occidentaux pour comprendre et oublier.
On pleure et on oublie.
La mort fait recette, des centaines et des milliers de morts envahissent les journaux… Cela fait de beaux clichés.
On pleure et on oublie.
Et encore et encore des occidentaux sont harcelés par la mort qui s'invite chez eux.
Chaque jour, la barbarie d'une idéologie meurtrière vient frapper sur nos sols
Le sang des innocents arrose nos terres, nos villes, nos pays.
Mais on pleure et on oublie.
On pleure et on pardonne.
Je n'ai pas cette capacité de pardonner l'impardonnable
Que Dieu me pardonne, mais je reste fidèle et loyale
À la force de nos convictions, à la joie de nos libertés.
Si on y prend garde, elles nous seront confisquées par une meute hurlante qui se déchaine dans nos rues.
Ils transpirent la haine et le dégout ces enfants de la liberté.
Une liberté qu'ils n'ont pas acquise, ils l'ont reçu gratuitement, sans heurts ni malheur, ils l'ont reçu des mains des anciens.
Ils ont reçu la liberté en héritage, et ils bouffent cette donation en hurlant comme des sauvages.
Brulez tout, on reconstruira encore…
Si on y prend garde, nos civilisations vont descendre dans la grotte de la barbarie.
Et qui se lèvera pour reconquérir nos libertés, nos avancées sociétales,
Qui ?
Tant que l'on pleurera et qu'on oubliera les conquêtes faites par nos ancêtres, sur l'infamie de l'invasion castratrice de nos libertés, on continuera de pleurer et d'oublier. De pleurer et de pardonner
comme si sur cette terre de France, une assemblée de lâches criaient en chœur "pardonnez ces saigneurs, ils savent ce qu'ils font"
On pleure, on reconstruit et on oublie. 
 


 

 

L'État à la casse avec Sarah Knafo.; débouter par les médias...!

Dans un long dossier que Marianne consacre à mon livre et à ma personne cette semaine, le journal n'a même pas réussi à contredire un seul des centaines de chiffres que j'ai donnés dans Le Casse du Siècle. 
 
Ils admettent à demi-mot que tout est juste. 
 
Et donc que c'est bien leur titre qui est « tout faux », ou plutôt tout mensonger.
 

 
Leur seul angle d'attaque ? 
 
Changer d'angle. 
 
Au lieu de raisonner en euros, et de parler de votre argent comme je le fais page après page, ils raisonnent en évolution de la part du PIB de chaque ministère dans le temps. 
 
Ce qui est totalement absurde puisque cela part du principe que les dépenses de l'Etat devraient nécessairement suivre la croissance économique. 
 
Comme si les gains de productivité étaient interdits. 
 
Comme si, dès qu'une entreprise française décrochait un gros contrat et faisait de gros bénéfices, faisant ainsi augmenter le PIB, il faudrait alors immédiatement augmenter les effectifs des bureaucrates en conséquence, sans quoi ce serait le signe que les services publics perdent des moyens ! 
 
Et comme si, à l'inverse, dès qu'une usine faisait faillite, on devrait réduire les dépenses de l'Etat à qualité de service public constant. 
Ridicule !
 
Derrière la pauvreté du fond, il y a l'absence de méthode : 
 
Quand Marianne avance des chiffres, qui n'invalident d'ailleurs jamais les miens, aucune source n'est précisée, sauf parfois un « calcul Marianne d'après l'INSEE ». 
 
Quels calculs ? 
Quelles données INSEE ? 
 
Nul ne sait. Nous devons les croire sur parole. 
 
Alors que dans Le Casse du Siècle, j'ai pris la peine de présenter des centaines de notes de bas de page avec sources précises et détails de tous les calculs. Chacun peut d'ailleurs les retrouver en un clic sur sarahknafo.fr/preuves
 
Les journalistes de Marianne ont été incapables de s'approcher du niveau de rigueur de ce qu'ils prétendent critiquer.
 
Marianne ne s'appuie que sur des dires d'« experts » pour affirmer de manière péremptoire que « on est déjà presque à l’os : il n’y a quasi pas d’économies à trouver ».
 
Ils ne se rendent même pas compte de l'absurdité de leur conclusion. 
 
Le pays le plus dépensier du monde n'aurait aucune possibilité de réduire ses dépenses ? On se demande comment survivent l'ensemble des autres pays de la planète !
 
Car oui, Marianne, qui adore visiblement faire des ratios en % du PIB, aurait pu se pencher sur celui-ci :
 
 57,3 % de dépenses publiques. Record du monde. Et ce ratio est en croissance continue depuis les années 1960. Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381414
 
Rappelons que Marianne a touché 973 554 € de subventions en 2024 
 
 J'ai prévenu dans le livre que tous les complices des casseurs m'attaqueraient, parfois sans argument : 
 
Vous allez vite découvrir qui a intérêt à faire perdurer le casse ! 
 

 
Le dossier de l'Université Liberté sur S. KNAFO

septembre 10, 2026

Le gauchisme, maladie adolescente...Mais formaté, vous en redemandez à en mourir !

Le gauchisme, maladie adolescente !

Sommaire:

1) L’absurdité des postures anticapitalistes

2) L’injuste procès des énergies fossiles

3) Les errements de l’agribashing

4) Un anti-occidentalisme pathologique


 

1) L’absurdité des postures anticapitalistes

Les militants de droite utilisent sans cesse le qualificatif « gauchiste » pour désigner de manière péjorative leurs adversaires de gauche. Mais la plupart ignorent que ce terme a été popularisé par Lénine dans un célèbre essai publié en 1920 (1). Afin de disqualifier les mouvements révolutionnaires jugés déviants et immatures, le chef de file des bolcheviques a alors qualifié le gauchisme de « maladie infantile du communisme ».

 

 La thèse de cette série d’articles est que le gauchisme contemporain, plus d’un siècle après la mort de Lénine, ressemble davantage à une crise d’adolescence (2) : à la manière d’un adolescent qui critique systématiquement les adultes qui l’ont pourtant aidé (parents, professeurs, figures d’autorité diverses…), les gauchistes actuels vouent aux gémonies une société qui leur a pourtant apporté des bienfaits inestimables.

 En effet, le gauchisme « woke » universitaire et sa version électorale (représentée en France par LFI et une myriade de petits partis (3)) sont fondamentalement des idéologies du ressentiment (4) et du rejet de l’ordre établi. Nous verrons que l’anticapitalisme (I), la critique radicale des énergies fossiles (II) et de l’agriculture productiviste (III), ainsi que la haine irrationnelle de l’Occident (IV), constitutifs du gauchisme actuel, remettent paradoxalement en cause les facteurs essentiels du prodigieux progrès économique, social et technologique dont bénéficie notre époque.

 Gilles Ardinat, Professeur agrégé et docteur en géographie économique et auteur de Comprendre la mondialisation en 10 leçons.

Anticapitalisme : de Marx à la gauche « woke », une erreur d’analyse manifeste

La critique systématique du capitalisme est au cœur de l’idéologie gauchiste. Le terme même de « capitaliste » est devenu péjoratif dans ces milieux. Si l’on reprend la terminologie marxiste, nous pouvons définir le capitalisme (souvent dénommé « économie de marché ») comme le système économique basé sur la propriété privée des moyens de production et sur le salariat (forme dominante d’organisation du travail par opposition aux systèmes esclavagistes ou féodaux). Sur la base de cette définition (plus ou moins maîtrisée), la mouvance gauchiste fustige les grandes entreprises privées, les patrons et les riches, à l’image du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste (5)) : être « anticapitaliste » est une évidence dans ces milieux.

Les militants les mieux formés font expressément référence aux travaux de Karl Marx (qui a consacré sa vie à critiquer ce système et à imaginer une alternative révolutionnaire : le communisme). Selon une logique marxiste, le capitalisme est encore aujourd’hui dénoncé comme un système inégalitaire, destructeur de l’environnement, porteur de crises récurrentes et d’exploitation des travailleurs. En outre, sous sa forme impérialiste (6), il est responsable de guerres meurtrières. Cette vision critique correspond à une certaine réalité. Les inégalités sociales (parfois extrêmes), les atteintes à l’environnement (contreparties à la croissance), les crises (krach de 2000, subprimes en 2007, faillite de Lehman Brothers en 2008…) et la surexploitation de certains travailleurs (notamment dans les pays pauvres) sont des réalités. Certains lobbies et complexes industriels contribuent aux guerres. Le capitalisme est bel et bien un système imparfait.

Néanmoins, les gauchistes commettent une gigantesque erreur d’analyse en ne soulignant que les inconvénients de ce système, car le capitalisme est historiquement le mode de production qui a permis un développement sans précédent de l’humanité.

Loin des caricatures gauchistes, le vrai bilan du capitalisme depuis 1945

Karl Marx avait identifié l’efficacité du capitalisme (plus productif que les systèmes esclavagistes ou féodaux), ainsi que sa propension à s’internationaliser et à supplanter les autres systèmes (7). Cette supériorité intrinsèque du capitalisme a été consacrée au XXe siècle par la diffusion irrésistible de ses principes à toute la planète (mondialisation économique), alors que les dizaines d’expériences communistes se sont toutes soldées par des échecs plus ou moins sanglants. Les anticapitalistes, si prompts à conspuer les capitalistes, sont inaudibles quand il s’agit de dénoncer les méfaits des régimes communistes.

La spectaculaire généralisation de l’économie de marché à la Terre entière (à l’exception de quelques isolats comme la Corée du Nord) a permis une amélioration sans précédent du niveau de vie moyen. Les gauchistes, aveuglés par leur anticapitalisme fanatique, refusent de voir l’évidence : le capitalisme, redoutablement efficace pour produire des biens et des services en quantités industrielles, a contribué au bien-être matériel de l’humanité comme aucun autre système. Il a constitué un cadre économique dynamique, adaptable aux différentes spécificités nationales (8), propice à l’initiative individuelle, à la création d’entreprise et à la croissance économique. Le capitalisme a permis les Trente Glorieuses (1945-1975) pour les pays occidentaux. Et malgré les difficultés consécutives aux chocs pétroliers, ces pays affichent dans les années 1980 une réussite matérielle insolente en comparaison de leurs rivaux du bloc de l’Est : société de consommation pour les uns ; pénuries pour les autres.

Après l’effondrement de l’URSS, le monde est entré dans un cycle de croissance phénoménal. En 1991, le PIB mondial était estimé à 23 667 milliards de dollars. Aujourd’hui, il est de 117 165 milliards de dollars (9). La généralisation du capitalisme s’est accompagnée d’une multiplication par cinq des richesses mondiales en une seule génération, notamment au profit des pays « émergents ». Ces chiffres peuvent être critiqués (non-prise en compte de l’inflation, recours à la méthode alternative des PPA (10)) et cette dynamique de croissance est régulièrement entravée par des crises. Néanmoins, ils témoignent de l’extraordinaire réussite du capitalisme contemporain. Loin de la caricature faite par les « altermondialistes » et gauchistes de tous poils, ce système a substantiellement amélioré le quotidien matériel de milliards d’individus.

Accès au bien-être matériel par la consommation de masse

Le capitalisme n’a pas seulement battu par KO le communisme lors de la Guerre froide. Il a amélioré de façon inédite la qualité de vie de milliards d’individus en seulement quelques décennies. La production et la consommation de masse, caractéristiques de la société capitaliste contemporaine, ont amélioré le quotidien dans d’innombrables pays. À rebours des analyses de Marx (qui postulait que le capitalisme est synonyme d’exploitation croissante des masses laborieuses (11)), l’économie de marché a fait plus pour la condition ouvrière que n’importe quel dirigeant communiste. La Chine illustre de façon édifiante cette dynamique. Après l’échec épouvantable de Mao Tsé-toung (1949-1976), la Chine s’est progressivement convertie à l’économie de marché (tout en restant paradoxalement dirigée par le Parti communiste). Cette transition économique a permis plusieurs décennies de très forte croissance et surtout une amélioration rapide de la qualité de vie pour des centaines de millions de Chinois : l’IDH (12) est passé de 0,48 en 1990 (chiffre typique d’un pays en voie de développement) à 0,79 en 2022. La très grande pauvreté, massive au début des années 1980, est aujourd’hui anecdotique. Le niveau de vie moyen d’un Chinois de 2026 est incomparable avec celui d’un Chinois du début des années 1980 (le PIB par habitant est passé de 300 à 13 000 dollars sur cette période).

Les postures anticapitalistes résultent d’un aveuglement idéologique total, puisqu’elles occultent les réussites éclatantes de l’économie de marché pour n’en souligner que les défaillances (bien réelles au demeurant). Le gauchisme est donc une forme d’ingratitude envers un système économique qui permet à des milliards de personnes, et parmi elles les militants « woke » eux-mêmes, de profiter des bienfaits de la société moderne. Se revendiquer de l’anticapitalisme est parfaitement démagogique à notre époque. Avec l’avènement des classes moyennes et de la société de consommation (abondance des biens et des services), vouloir détruire le capitalisme ou le remplacer (par quoi, d’ailleurs ?) s’apparente à une crise d’adolescence idéologique : prendre le rôle d’un rebelle idéaliste et critiquer pour critiquer (sans rien proposer de sérieux). Être anticapitaliste, comme Marx, au XIXe siècle, peut se comprendre dans le contexte de la révolution industrielle. Mais au XXIe siècle, après l’échec flagrant des régimes communistes, l’anticapitalisme n’est qu’une posture adolescente, ridicule et irresponsable.

Gilles Ardinat
17/04/2026

https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-labsurdite-des-postures-anticapitalistes/

(1) Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a fait l’objet d’innombrables études par des sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial »).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie Arthaud, jadis par Arlette Laguiller), Les Verts (encore connus sous le sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice du député Raphaël Arnault), le NPA (présenté par la note infrapaginale n° 5).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) En 2022, le NPA s’est scindé en 2 entités concurrentes : le NPA-L’Anticapitaliste, favorable à une alliance avec LFI, et le NPA-Révolutionnaires, plus radical et refusant la participation aux coalitions de type NUPES/NFP.
(6) Vladimir Illitch Lénine (1916), « L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Cette brochure présente la Première Guerre mondiale comme le choc des puissances capitalistes arrivées à un stade de développement industriel et financier tel que l’expansion territoriale devient le principal relais pour générer de nouveaux profits. En somme, il accuse le capitalisme d’être responsable de la « Grande Guerre ».
(7) Karl Marx, Friedrich Engels (1848), Manifeste du Parti communiste.
(8) Jacques Sapir (2011), La Démondialisation.
(9) Source : FMI (Fonds monétaire international), World Economic Outlook. Chiffres en PIB nominal.
(10) La méthode des PPA (parité de pouvoir d’achat) permet de corriger le PIB nominal en prenant en compte les différentiels de coût de la vie entre les différents pays.
(11) Dans sa théorie de la plus-value, Marx considère que le profit se fait au détriment des travailleurs : le capitalisme repose structurellement sur l’exploitation des prolétaires par les bourgeois. Intensifier cette exploitation permet d’améliorer le taux de profit.
(12) L’indice de développement humain, calculé chaque année par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), mesure la qualité de vie sur un territoire en prenant en compte le PIB par habitant en PPA, l’espérance de vie et des indicateurs liés à la scolarisation.

 


2) L’injuste procès des énergies fossiles

Un autre aspect néfaste de l’idéologie de gauche : son obscurantisme sur les questions énergétiques.

Transition énergétique : haro sur les énergies fossiles !

« Décarbonner l’économie » est devenu une priorité pour l’ensemble des grands partis politiques. À gauche, cette injonction est présentée comme quasi existentielle. L’humanité est menacée par le réchauffement climatique (parfois appelé aussi « dérèglement » ou « changement »). En s’appuyant sur une interprétation particulièrement alarmiste des travaux du GIEC (5), les partis de gauche annoncent des catastrophes en série et pointent du doigt les coupables : le CO2 (dioxyde de carbone) et les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) qui émettent ce CO2 lors de leur combustion. Ainsi, pour la tête de liste des Verts/EELV aux européennes de 2024, « notre dépendance aux énergies fossiles détruit le climat » (6). Pour l’activiste suédoise Greta Thunberg, continuer à exploiter les énergies fossiles « sera une condamnation à mort pour d’innombrables personnes » (7). Recourant à une terminologie extrémiste (« bombe climatique », « extinction de masse », « écocide », « urgence climatique », « crime climatique »…), cette croisade mondiale contre les énergies fossiles permet à la gauche de justifier de nouvelles taxes (comme un « ISF climatique » proposé par OXFAM (8)). La lutte contre le CO2 conduit en outre à réhabiliter l’idée de planification (non plus stalinienne mais « écologique » (9)) et accompagne un discours anticapitaliste virulent (10).

Les énergies fossiles ont en effet de gros inconvénients. Issues d’un processus de fossilisation durant des millions d’années, elles sont non renouvelables à l’échelle des sociétés humaines. Leur extraction est éminemment polluante. Les mines et carrières de charbon polluent gravement leur environnement et les accidents ont causé des dizaines de milliers de morts depuis le début de la révolution industrielle (11). Les fuites de pétrole (appelées « marées noires » en milieu marin) causent des dommages aux écosystèmes. Les pollutions atmosphériques liées à la combustion de ces énergies sont dans certaines régions un véritable problème de santé publique (12). Surtout, la combustion de ces énergies libère des gaz à effet de serre et notamment du CO2. Selon le GIEC, ces énergies ont contribué à l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère. Ce taux est estimé à 280 ppm (0,028 %) au début de l’ère industrielle et à 420 ppm (0,042 %) aujourd’hui, soit une augmentation de 50 %. Si cette augmentation est un sujet de controverse politique et scientifique (13), il n’en demeure pas moins que ces énergies ont des conséquences écologiques non négligeables.

Si les inconvénients des énergies fossiles sont considérables, les activistes du climat ignorent les bienfaits permis par le charbon, le pétrole et le gaz : les fossiles ont été le carburant de la formidable croissance économique mondiale depuis près de deux siècles.

L’énergie, input oublié du progrès économique et social

L’article « Le gauchisme, maladie adolescente l’absurdité des postures anticapitalistes » affirme que l’amélioration inédite des conditions de vie depuis plus d’un siècle avait été grandement favorisée par le système capitaliste. Celui-ci a offert un cadre particulièrement dynamique à la croissance économique mondiale. Cependant, cette croissance a été permise par l’injection massive d’énergies fossiles : c’est l’utilisation de ces énergies (81 % du bouquet énergétique mondial (14)) qui a rendu physiquement possibles les prodigieux gains de productivité observés depuis 1850. L’énergie est un intrant/input absolument indispensable à la multiplication des biens et des services. Le confort moderne, l’abondance de la société de consommation et le progrès social sont totalement liés à ces énergies. En somme, notre mode de vie (particulièrement confortable si on observe celui des sociétés préindustrielles) est totalement dépendant des énergies fossiles. Les courbes de la croissance économique mondiale et celles de la consommation totale d’énergie sont strictement corrélées. L’extraction puis la combustion de charbon (1re révolution industrielle), de pétrole (2e révolution industrielle) puis de gaz (méthane) sont indispensables à l’augmentation du PIB mondial.

En somme, la croissance économique peut se comprendre comme la transformation d’énergies (principalement fossiles) en biens et en services grâce à un système productif efficace (le capitalisme) et à des innovations régulières (logique schumpétérienne (15)). Sans énergie, pas de gain de productivité et donc pas d’amélioration des salaires réels (pouvoir d’achat) : les énergies fossiles ont été au cœur du processus d’amélioration de notre quotidien. Par exemple, elles ont révolutionné les transports et permis notre mobilité. Sans pétrole, pas d’aviation, pas de voiture individuelle, pas de circulation des marchandises, pas de liberté de mouvement. Ces énergies ont révolutionné notre rapport à l’espace et au temps. Elles ont permis la création de centaines de millions d’emplois à travers le monde. Notons d’ailleurs qu’au niveau mondial, l’électricité est à 65 % d’origine fossile (16). Le processus d’électrification, vanté par tant d’écologistes, reste largement dépendant du charbon et du gaz.

Le pouvoir émancipateur des énergies fossiles nié par les gauchistes

Tel Gambetta déclarant « le cléricalisme, voilà l’ennemi » (17), le leitmotiv de l’écologie de gauche pourrait se résumer à : « les énergies fossiles, voilà l’ennemi » ! S’appuyant sur une littérature scientifique abondante, les militants écologistes peuvent affirmer que « les énergies fossiles détruisent notre santé, le climat et la biodiversité » (18). Mais cette présentation, intégralement négative et donc partiale, omet volontairement le formidable pouvoir émancipateur de ces énergies. Comme évoqué au paragraphe précédent, elles ont permis de révolutionner les transports et donné notre liberté de mouvement. Bien au-delà des transports, les énergies fossiles ont libéré l’humanité des travaux les plus pénibles dans les champs (mécanisation agricole), dans les usines (robotisation et automatisation) ou sur les chantiers (machines-outils), permettant des gains de productivité phénoménaux. Les tâches les plus difficiles, jadis réalisées péniblement à la force du poignet ou avec des animaux de trait, sont assurées dorénavant par des machines (dont le moteur fonctionne avec du charbon, du pétrole ou de l’électricité majoritairement d’origine fossile). Il y a une substitution du travail humain (énergie musculaire) par une énergie exogène (d’origine fossile). Ce remplacement a facilité l’existence de milliards d’êtres humains et a permis la tertiarisation de l’économie (en libérant la main-d’œuvre agricole et industrielle).

Les énergies (à 81 % fossiles) sont indispensables à notre bien-être corporel et à notre confort matériel. Elles ont changé la vie quotidienne des travailleurs et tout particulièrement celle des femmes (19). Pourtant, la mouvance gauchiste refuse de faire ce constat. Elle diabolise les énergies fossiles qu’elle assimile parfois au capitalisme (concept de « capitalisme fossile » popularisé par un célèbre universitaire suédois d’extrême gauche (20)). Ce rejet sans nuance des énergies fossiles est un véritable paradoxe pour des activistes qui promettent de baisser la durée du travail, d’améliorer la vie des travailleurs et la condition féminine. Dans l’état actuel des techniques et du marché, le charbon, le pétrole et le gaz sont l’une des clés du progrès matériel. Le nucléaire (lui aussi souvent conspué par l’extrême gauche) et les renouvelables restent minoritaires (respectivement 5 % et 14 %) dans le bouquet énergétique mondial. Notons que l’épuisement des énergies non renouvelables, annoncé comme imminent depuis le début des années 1970 (21), n’est pas d’actualité : le renchérissement tendanciel des hydrocarbures et l’amélioration des méthodes d’extraction repoussent régulièrement les pics pétrolier et gazier. À moyen terme, elles vont rester abondantes et continuer d’alimenter la croissance économique mondiale. En niant l’apport quantitatif et qualitatif de ces énergies, en les assimilant aux pires dérives du capitalisme et en tenant un discours apocalyptique sur le climat, les gauchistes confortent leur posture irresponsable. Cette immaturité intellectuelle, que l’on peut qualifier de « climato-gauchisme » (22), est une forme caricaturale d’ingratitude.

Gilles Ardinat
28/04/2026

https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-2-4-linjuste-proces-des-energies-fossiles/

  1. Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
  2. La crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial »).
  3. Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie Arthaud (jadis par Arlette Laguiller)), Les Verts (encore connus sous le sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice du député Raphaël Arnaud), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
  4. Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
  5. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 sous l’égide de l’ONU afin d’expertiser les questions climatiques. Ce vaste réseau de scientifiques publie depuis 1990 un rapport très médiatisé qui soutient la thèse d’un réchauffement planétaire d’origine humaine.
  6. Déclaration de Marie Toussaint au Parlement européen le 26 mars 2026.
  7. Déclaration lors d’une conférence de presse à Bonn le 13 juin 2023.
  8. OXFAM (Oxford Committee for Famine Relief) est une association caritative originaire du Royaume-Uni. Ses accointances avec la gauche sont de notoriété publique. Par exemple, Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes de 2019 et 2024, est une ancienne d’OXFAM.
  9. Jean-Luc Mélenchon avait fait de cette « planification écologique » une priorité de son programme présidentiel 2022.
  10. Par exemple, l’entreprise TotalEnergies est la cible d’innombrables campagnes de dénigrement et de procès intentés par des associations écologistes de gauche. Un article de L’Humanité résume bien ces campagnes : « 100 ans de Total : un siècle de ravages et 5 scandales » (publié le 28 mars 2024).
  11. Ces accidents restent fréquents en Chine où, chaque année, plusieurs centaines (selon les médias locaux) voire plusieurs milliers de morts certaines années (selon des ONG occidentales) sont à déplorer.
  12. Un rapport rédigé par le Health Effects Institute en partenariat avec l’UNICEF en 2024 indique que plus de 8 millions de personnes seraient mortes précocement en 2021 dans le monde du fait des pollutions atmosphériques (imputables principalement aux énergies fossiles).
  13. Steven E. Koonin (2022), Climat, la part d’incertitude, Paris, L’Artilleur, 348 p.
  14. En 2022, le bouquet (ou mix) énergétique mondial est composé à 31 % de pétrole, 28 % de charbon, 22 % de gaz (soit 81 % de fossiles), 5 % de nucléaire et de 14 % d’énergies renouvelables diverses (barrages hydroélectriques, biomasse…).
  15. Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950), économiste austro-américain hétérodoxe du XXe siècle, avait démontré le lien entre innovation et croissance économique, expliquant les cycles de croissance successifs par les innovations scientifiques ou organisationnelles (qui créent de nouveaux marchés et des gains de productivité).
  16. Data Lab, Chiffres clés de l’énergie 2025, SDES. Le charbon (38 %) et le gaz (24 %) restent incontournables alors que la part du pétrole dans la production électrique (3 %) est en baisse régulière.
  17. C’est avec cette phrase qu’il conclut son célèbre discours anticlérical du 4 mai 1877 devant l’Assemblée.
  18. Titre de l’ouvrage célèbre de Barbara Demeneix publié en 2022 chez Odile Jacob.
  19. Dans son ouvrage Féminicène, Les vraies raisons de l’émancipation des femmes, les vrais dangers qui les menacent (2023), Véra Nikolski souligne le rôle moteur des progrès techniques, de la révolution industrielle et donc des énergies dans l’amélioration concrète de la condition féminine (réduction des tâches domestiques, salarisation, tertiarisation…).
  20. Andreas Malm (2016), Fossil Capital: The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming.
  21. Des écologistes (pour la plupart de gauche) annoncent depuis plus de 50 ans l’effondrement de la « production » (qui est en réalité une extraction) de pétrole et de gaz du fait de leur raréfaction. Le peak oil et le peak gas ne se sont pas encore produits et les réserves de charbon, de pétrole et de gaz restent très abondantes. Les prédictions du Club de Rome ou de Dennis Meadows sur ce point précis ne se sont pas confirmées.
  22. Voir l’article « Islamo-gauchisme et climato-gauchisme : une même idéologie », publié par Philippe Charlez le 11 novembre 2023 sur Boulevard Voltaire. Cet expert est par ailleurs l’auteur d’un excellent ouvrage sur cette question : L’Utopie de la croissance verte : les lois de la thermodynamique sociale (2021).

 

3) Les errements de l’agribashing

Le dénigrement systématique de l’agriculture productiviste

La critique de notre modèle agricole est un sujet récurrent, parfois obsessionnel, pour la gauche radicale. En 2023, les manifestations contre les « mégabassines » (5) à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, ont dégénéré en batailles rangées avec les forces de l’ordre. Le « village pour la défense de l’eau » à Melle (toujours dans les Deux-Sèvres), en juillet 2024 (6), s’apparentait à une réunion altermondialiste où se retrouvaient de multiples collectifs et partis de gauche tels que les Soulèvements de la Terre, la Confédération paysanne ou Extinction Rebellion. Très virulente sur le terrain, la gauche sait aussi défendre son credo anti-productiviste à l’Assemblée. En 2025, l’opposition à la « loi Duplomb » (7) a été l’occasion pour LFI de faire le procès de notre modèle agricole : « ce texte ne vise qu’à satisfaire les géants de l’agro-industrie et de l’agrochimie, qui entretiennent un système agricole productiviste à bout de souffle » (8). Plus récemment, Clémentine Autain s’est fait le porte-voix d’une vaste campagne contre la présence de cadmium dans l’alimentation, pointant du doigt l’utilisation d’engrais phosphatés de synthèse et vilipendant notre système productiviste : « Les politiques cèdent aux lobbies, ils sont acquis à l’agrobusiness et les intérêts privés finissent par primer sur l’intérêt général, sur la santé publique » (9).

Nous pouvons définir l’agriculture productiviste (ou « industrielle ») comme une exploitation mécanisée intégrant de nombreux intrants chimiques (pesticides et engrais). Basée sur l’automatisation et la spécialisation, elle vise à produire en très grande quantité, notamment pour l’industrie agroalimentaire (IAA) et la grande distribution. Ce modèle, initié par la révolution industrielle (à la fin du XIXe siècle) et pleinement déployé en France pendant les Trente Glorieuses (modernisation et remembrement), a d’importantes conséquences environnementales qu’il ne s’agit pas de nier : perte de biodiversité, épuisement de certains sols, pollution de nappes phréatiques par les intrants chimiques, scandales sanitaires (comme la crise de la vache folle dans les années 1990). Ce modèle productiviste, appliqué à l’élevage, pose la question de la souffrance animale (conditions de vie des animaux en batterie, problème de l’abattage industriel). L’extrême gauche « antispéciste » (10), représentée par L214 (11) et le député mélenchoniste Aymeric Caron, a fortement médiatisé ce problème. Le productivisme est éminemment imparfait, car son coût environnemental est élevé et son modèle économique fragile (recours aux subventions, faibles revenus de nombreux agriculteurs, crises sectorielles à répétition…). Néanmoins, la critique de gauche de ce système « agro-industriel » commet une erreur d’analyse fondamentale en omettant les bienfaits incalculables de l’agriculture productiviste.

Le productivisme a libéré l’humanité du fléau millénaire de la faim

Agissant en enfants gâtés, les militants végans et antispécistes (qui n’ont jamais connu d’intoxication alimentaire ou de famine) critiquent sans nuance un modèle agricole qui a pourtant révolutionné notre quotidien en éradiquant les famines. Beaucoup ont oublié que nos ancêtres ont vécu pendant des millénaires avec l’appréhension des mauvaises récoltes et des disettes. Depuis l’apparition de l’agriculture au Néolithique, la production a été soumise aux aléas de la météo, aux maladies et aux parasites. De nombreux travaux d’historiens, notamment en France (12), ont souligné la récurrence des « crises frumentaires » ou « crises de subsistance », avec parfois des conséquences catastrophiques (mortalité extrême comptant les victimes par millions). Citons, parmi les plus connues, la grande famine européenne de 1315-1317 ou celle de l’Irlande entre 1845 et 1852. L’économiste classique Thomas Malthus (13) est resté célèbre pour avoir théorisé les rendements décroissants de l’agriculture préindustrielle et ses implications démographiques. De fait, les crises alimentaires ont bloqué pendant des siècles la croissance de la population mondiale (la quantité de nourriture disponible restant limitée et les crises alimentaires fréquentes). L’histoire de l’humanité a été ponctuée de disettes et de famines jusqu’à l’avènement de la révolution industrielle au XIXe siècle. Celle-ci a permis la production d’engrais et de machines agricoles qui, combinées aux progrès scientifiques (agronomie), ont décuplé la productivité et minimisé les conséquences des aléas météorologiques. La disparition (certes très progressive) de la faim dans le monde est un progrès inestimable et directement imputable à la transformation spectaculaire de l’agriculture.

Le productivisme équivaut à une véritable révolution agricole (souvent appelée « révolution verte ») dont les bienfaits sont multiples. La diminution spectaculaire de la faim dans le monde doit être soulignée. Alors que la population mondiale croît régulièrement, le nombre de personnes victimes de sous-nutrition baisse continuellement depuis des décennies (14). Les grandes famines, comme en Éthiopie (1984-1985) ou en Somalie (2011), disparaissent progressivement. Les crises alimentaires récentes ont des causes essentiellement sécuritaires (difficultés à acheminer l’aide internationale), car l’agriculture productiviste, aujourd’hui généralisée, produit suffisamment pour nourrir très largement toute l’humanité. Outre l’éradication progressive de la faim, le productivisme a libéré massivement de la main-d’œuvre, permettant l’avènement de l’économie moderne. Dans les pays développés comme la France, la part de l’agriculture dans la population active est passée d’environ 75 % à la fin du XVIIIe siècle à moins de 3 % aujourd’hui. En mécanisant et en augmentant la productivité, l’agriculture moderne a rendu possible l’économie industrielle puis post-industrielle ainsi que son confort matériel inédit. Nos ancêtres ont, pendant des générations, travaillé la terre à la sueur de leur front. Grâce à l’agriculture productiviste, nous mangeons à notre faim, avec une sécurité alimentaire inédite, et nous travaillons dans des métiers du tertiaire incomparablement moins pénibles.

Agribashing, anticapitalisme et mépris de classe

L’agriculture productiviste a réussi le miracle d’éradiquer les famines dans le monde, en fournissant, en lien avec les IAA, une alimentation variée et sécurisée à une population mondiale croissante, tout en libérant des centaines de millions de personnes des travaux agricoles les plus pénibles. Ce résultat inouï est volontairement occulté par l’extrême gauche qui, par pure idéologie, refuse de reconnaître l’évidente réussite du système productiviste qui est, en définitive, la réussite du capitalisme (15). Parallèlement, le collectivisme agraire, expérimenté par de multiples régimes communistes au XXe siècle, a été un épouvantable échec. Depuis le « communisme de guerre » de Lénine (qui a dû amender son projet en instaurant la NEP (16)), en passant par les collectivisations forcées de Staline (« dékoulakisation » et tragédie de l’Holodomor), le « Grand Bond en avant » de Mao (entraînant la famine la plus meurtrière de l’histoire), jusqu’aux pénuries alimentaires du bloc soviétique dans les années 1980, le communisme a démontré sa totale inefficacité dans ce domaine. Il est difficile pour les militants de gauche de faire amende honorable et d’accepter cet écart abyssal de résultats entre communisme et capitalisme. La critique systématique du « système agro-industriel » relève donc d’une certaine mauvaise foi et d’un anticapitalisme primaire.

Cet « agribashing », summum de l’ingratitude gauchiste, est aussi un mépris de classe (17) inavoué. Les militants gauchistes (de type Extinction Rebellion ou Greenpeace) sont très rarement des agriculteurs. Selon une étude du CEVIPOF/Sciences Po (18) de 2024, les agriculteurs votent majoritairement pour le Rassemblement national (26,1 %), le bloc central (14,2 %) ou Les Républicains (14,1 %) et très peu pour l’extrême gauche (9 % pour EELV, 4,7 % pour LFI). Toute la gauche (du PS au NPA) représente moins de 22 % du vote des agriculteurs. L’agriculteur est essentiellement un homme (profession très peu féminisée), entrepreneur (capitalisme familial), « non-racisé », enraciné, attaché à ses traditions (comme la chasse) et votant majoritairement à droite : il est donc un adversaire politique objectif pour les activistes d’extrême gauche. Globalement hermétiques aux théories woke, les populations rurales (bien au-delà des seuls agriculteurs) sont souvent perçues par les militants de gauche comme hostiles et réactionnaires (par opposition aux grandes métropoles que l’immigration extra-européenne et la boboïsation (19) ont transformées en postes avancés du « progressisme »). Cette opposition idéologique (droite rurale conservatrice/gauche citadine woke) s’accompagne d’un mépris, voire d’une haine de classe plus ou moins dissimulée : les habitants des campagnes en général et les agriculteurs en particulier sont considérés par une certaine gauche comme des « beaufs » racistes et arriérés. C’est par cette perversion de l’esprit que les enfants gâtés de notre monde d’abondance s’acharnent contre les honnêtes travailleurs agricoles qui les nourrissent.

Gilles Ardinat
03/07/2026

https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-3-4-les-errements-de-lagribashing/

(1) Vladimir Ilitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial »).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie Artaud, jadis par Arlette Laguiller), Les Verts (encore connus sous le sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice du député Raphaël Arnaud), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) Ces « mégabassines » sont de très grandes réserves artificielles « de substitution » visant à stocker l’eau en hiver pour pouvoir ensuite irriguer certaines cultures (notamment du maïs) en été.
(6) La liste des organisations réunies est disponible sur le site : « 19-20 juillet 2024 – Stop méga-bassines – Prochaine mobilisation internationale – Bassines Non Merci ».
(7) La loi portée par le sénateur LR Laurent Duplomb vise à simplifier l’activité des agriculteurs français, notamment en assouplissant certaines contraintes environnementales concernant les intrants, les mégabassines ou l’élevage industriel.
(8) Extrait d’un communiqué du groupe NFP-LFI, « Loi Duplomb : ode au modèle agro-industriel, loin des aspirations des agriculteurs » (publié le 14 mai 2025).
(9) Propos du 7 juin 2026 relayés par franceinfo.
(10) Le « spécisme », qui s’apparente au racisme ou au sexisme, désigne l’ensemble des discriminations entre les espèces (notamment entre humains et non-humains). C’est un concept popularisé par le philosophe australien Peter Singer. Dans son ouvrage fondateur « Animal Liberation » (1975), il pose les bases morales d’une conception radicale de la cause animale qui inspire aujourd’hui les mouvements végans et animalistes.
(11) L’association d’extrême gauche « L214 éthique et animaux », créée en 2008, s’est fait connaître pour ses vidéos dénonçant la maltraitance animale dans les élevages et les abattoirs industriels. Son nom fait référence à l’article L214 du Code rural reconnaissant aux animaux le statut « d’êtres sensibles ».
(12) L’historien (de gauche) Ernest Labrousse a établi un lien entre mauvaises récoltes, augmentation des prix du grain/pain et crises politiques ; Emmanuel Le Roy Ladurie a abondamment étudié les évolutions du climat et leurs conséquences sur l’agriculture.
(13) Thomas Robert Malthus a publié en plusieurs étapes (entre 1798 et 1826) un ouvrage extrêmement célèbre : Essai sur le principe de population (An Essay on the Principle of Population).
(14) Dans un rapport de 2006 intitulé The State of Food Insecurity in the World, la FAO (Food and Agriculture Organization) souligne la baisse de la sous-nutrition dans le monde tout au long du XXe siècle. Touchant environ 37 % de la population mondiale dans les années 1960, la sous-nutrition a été réduite à moins de 10 % de nos jours : après un plus bas historique en 2018 (7,3 %) et une légère augmentation liée notamment à l’inflation des matières premières agricoles, la décrue continue : 8,7 % en 2022, 8,5 % en 2023 et 8,2 % en 2024 selon une étude de 2025 : 2.1 Food security indicators: latest updates and progress towards ending hunger and ensuring food security.
(15) Notre précédent article définit la notion de capitalisme et les ressorts de son rejet par l’extrême gauche : « Le gauchisme, maladie adolescente (1/4) : l’absurdité des postures anticapitalistes ».
(16) La NEP (New Economic Policy), instaurée par Lénine en 1921, entérine l’échec des collectivisations imposées pendant la guerre civile russe en réintroduisant le principe de la propriété privée dans le domaine agricole. Il s’agit d’un retour tactique et provisoire au capitalisme.
(17) L’expression « mépris de classe » a émergé dans les années 1990 pour désigner la vision condescendante qu’une classe (qui se considère supérieure) a pour une autre classe (jugée inférieure). Les marxistes ont constamment dénoncé le sentiment de supériorité des classes dominantes vis-à-vis des classes plus pauvres. Pierre Bourdieu (sociologue d’extrême gauche) évoque ces représentations hiérarchiques dans ses travaux sur les « violences symboliques ».
(18) « Les agriculteurs français à la veille de l’élection européenne de juin 2024 » : Les agriculteurs français à la veille de l’élection présidentielle : leurs attentes, valeurs et intentions.
(19) La boboïsation désigne de manière péjorative la gentrification, c’est-à-dire la concentration géographique des classes aisées et l’éviction des classes moyennes dans certains espaces urbains. Le bobo (bourgeois bohème) désigne un bourgeois de gauche attaché au progressisme sociétal.

 


 

 4) Un anti-occidentalisme pathologique

L’Occident accusé des pires maux de l’humanité

Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution « portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité (5) ». Cette déclaration, portée par le Ghana et l’Union africaine, cible spécifiquement « la traite transatlantique des esclaves, qui a duré 400 ans » et indique clairement la responsabilité de la Papauté (bulles Dum Diversas et Romanus Pontifex (6)), du Portugal, de l’Espagne, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la France (avec le fameux Code Noir (7)) et de l’État de Virginie (donc les États-Unis). L’objectif de ce texte aux accents tiers-mondistes (8) est clair : pointer du doigt l’Occident tout en occultant les autres formes d’esclavage, notamment la traite arabo-musulmane ou intra-africaine qui ont duré bien plus longtemps que la traite transatlantique et ont fait des millions de victimes (9). Cette résolution qui dénonce également le « système capitaliste racial » est d’une partialité évidente et seuls trois États présidés par des hommes de droite (Trump, Milei et Netanyahou) ont osé voter contre. En France, une loi mémorielle comparable, portée par la députée de gauche Christiane Taubira en 2001 (10), avait reconnu « que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien […] constituent un crime contre l’humanité ». La gauche avait à l’époque assumé cibler uniquement les crimes commis par la France « contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes » tout en écartant les traites intra-africaines et arabo-musulmanes de la loi (afin de ne pas accabler les populations africaines actuelles). Ces campagnes mémorielles partiales sont emblématiques d’une offensive idéologique globale qui vise, bien au-delà de la seule question de l’esclavage, à dénigrer systématiquement l’Occident : cet espace de civilisation est censé, selon les militants gauchistes, être coupable des pires maux de l’humanité.

La notion d’« Occident » a été l’objet de très nombreuses définitions et analyses au XXe siècle, pour la plupart ignorées des activistes de gauche. L’historien Fernand Braudel (11) a souligné les apports culturels successifs qui ont forgé, sur le temps long, l’identité de cet espace de civilisation. Le philosophe Philippe Nemo a listé, dans un petit ouvrage resté célèbre (12), les étapes (« miracles ») de la constitution de cette identité occidentale : la raison grecque (science, philosophie et cité), l’héritage juridique de Rome, le christianisme (conception métaphysique et morale structurante), la révolution papale (XIe–XIIIe siècles) qui a consacré la distinction entre les sphères spirituelle et temporelle et enfin les révolutions libérales modernes. Le philosophe allemand Oswald Spengler a quant à lui pensé la décadence de l’Occident (13). La Guerre froide (1947–1991), avec sa logique de blocs, va donner à l’Occident (historiquement divisé entre États rivaux) une certaine unité géopolitique et entériner son rôle central dans la défense du capitalisme. Nous retiendrons une définition géographique très simplifiée de l’Occident : il s’agit de l’espace de civilisation formé par l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) et l’Europe occidentale (dont la frontière orientale varie légèrement en fonction des époques). L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont rattachées à cette civilisation. De nombreux États non-occidentaux ont connu une occidentalisation plus ou moins poussée, mais appartiennent à des civilisations différentes (comme la Tunisie, pays arabo-musulman ou du Japon qui a conservé une civilisation spécifique). L’Occident désigne communément un ensemble de pays aujourd’hui relativement cohérent du point de vue politique (démocratie libérale), culturel (héritages gréco-romain et chrétien), économique (capitalisme et fort niveau de développement) et ethnique (population blanche). Dans la plupart de ces pays, les mouvements politiques de gauche ont développé un discours critique, visant à dénigrer le monde occidental. La récente conférence de l’activiste mélenchoniste Yazid Arifi illustre cet anti-occidentalisme extrême (14) : parlant de « bascule civilisationnelle », celui-ci préconise, devant une assemblée de sympathisants LFI, « la chute de la citadelle occidentale de l’intérieur. C’est notre tâche. La tâche d’un éventuel pouvoir insoumis ». Mais cet anti-occidentalisme, aux relents anti-capitalistes, tiers-mondistes et communautaristes, a une vision idéologique totalement biaisée, occultant volontairement la contribution majeure de l’Occident à l’ensemble des progrès dont la gauche se réclame de façon paradoxale.

L’Ouest, phare de l’Humanité et moteur de tous les « progrès »

Historiquement, la contribution de l’Occident aux progrès scientifiques et technologiques est majeure et sans commune mesure avec les autres civilisations. Depuis les savants grecs Archimède (IIIe siècle av. J.-C.) et Ptolémée (IIe siècle apr. J.-C.), les astronomes polonais Nicolas Copernic (1473–1543, théorie de l’héliocentrisme) et italien Galilée (1564–1642), le Britannique Isaac Newton (1643–1727, théorie de la gravitation universelle), les chimistes français Antoine Lavoisier (1743–1794) et Louis Pasteur (1822–1895) ou l’Allemand Albert Einstein (1879–1955), toute l’histoire des sciences est jalonnée d’inventeurs et génies occidentaux. Bien entendu, chaque civilisation a pu apporter son lot d’innovations. Le Proche-Orient a eu un rôle prépondérant dans l’apparition de l’agriculture (le fameux « croissant fertile » formé par la Mésopotamie et l’Égypte), de l’écriture (environ en 3500 av. J.-C.) et de l’urbanisation. La Chine a été une terre d’innovation durant l’Antiquité (invention du papier au IIe siècle av. J.-C., acupuncture…) et le Moyen Âge (poudre à canon au IXe siècle, monnaie papier au XIe siècle…) mais l’Occident est progressivement devenu le lieu de la plupart des découvertes. La science moderne, basée sur l’observation et l’expérience, est née en Occident au XVIIe siècle : les philosophes Francis Bacon (1561–1626), Descartes (1596–1650) ou Pascal (1623–1662) ont théorisé ce rapport nouveau à la connaissance. L’Occident acquiert à cette époque (et pour plusieurs siècles) une véritable domination dans le domaine des sciences et des techniques. C’est en Angleterre qu’est née la première révolution industrielle et son cortège d’inventions (notamment la machine à vapeur). Les pays de l’Europe du Nord-Ouest et les États-Unis ont été à la pointe de la deuxième (moteur à explosion et électricité) puis de la troisième révolution industrielle (invention du microprocesseur puis d’Internet aux États-Unis). L’Occident concentre la quasi-totalité des lauréats des prix Nobel en médecine, physique et chimie (15) ainsi que des médailles Fields en mathématiques (16). Mécanique, agronomie, biologie, géologie, astronomie : aucun domaine n’a échappé à l’hégémonie occidentale entre les XVIIe et XXe siècles. Notons que cette hégémonie n’est pas garantie au XXIe puisque les nations asiatiques (notamment la Chine) semblent en mesure de surclasser l’Occident dans la plupart des domaines stratégiques (17).

Si l’Occident a été sans conteste le centre d’impulsion du progrès scientifique depuis des siècles, il a été également celui de l’innovation en matière politique et sociétale : les « progrès » dont se félicite la gauche sont directement imputables à l’Occident. Si la plupart des civilisations ont eu recours à l’esclavage, les nations occidentales ont été à la pointe de son abolition. Par exemple, la France, qui a interdit l’esclavage sur son sol dès 1315 (édit de Louis X le Hutin), a aboli provisoirement l’esclavage dans ses colonies dès 1794 avant une abolition définitive en 1848. À l’occasion du congrès de Vienne, toutes les puissances européennes ont mis fin à la traite négrière transatlantique (alors que les traites intra-africaine et arabo-musulmane perdureront). L’Occident a été également à la pointe dans la promotion des libertés fondamentales (qui sont d’ailleurs une invention occidentale). Les révolutions anglaises (1642–1651 ; 1688–1689), américaine (1765–1783) et française (1789–1799) sont fondatrices de l’ordre politique moderne. Les États occidentaux sont les pionniers des Droits de l’Homme, du suffrage universel (expérimenté dès 1792 et jusqu’en 1814 en France) et des libertés individuelles. De la même manière, le mouvement d’émancipation des femmes trouve son origine en Occident. La création du terme « féminisme » (à la fin du XIXe siècle), la plupart des théories féministes ou le mouvement des suffragettes (au début du XXe siècle) rappellent le rôle éminent de l’Occident dans ce domaine. Le premier pays au monde à accorder le droit de vote aux femmes a été la Nouvelle-Zélande (en 1893). Les pays occidentaux ont également été les inventeurs de l’État social moderne : modèle bismarckien en Allemagne dès la fin du XIXe siècle, rapport Beveridge en 1942 (18), création de la sécurité sociale en France en 1945… Plus récemment, c’est aussi en Occident que les lois sociétales « progressistes » ont été initiées : les Pays-Bas (2001), la Belgique (2003) et l’Espagne (2005) sont les trois premiers pays à légaliser le mariage homosexuel (complètement tabou encore aujourd’hui dans la plupart des pays africains et asiatiques). L’Occident est donc depuis des générations le lieu de naissance et d’expérimentation des valeurs politiques les plus chères à la gauche.

Repentance, anti-christianisme et anti-capitalisme aux sources de la détestation gauchiste de l’Occident

L’anti-occidentalisme de la gauche repose sur un énorme paradoxe car c’est bien à la science occidentale que nous devons l’amélioration sans précédent de nos conditions matérielles d’existence (hygiène, campagnes de vaccination massive, éradication de la faim par l’agriculture productiviste (19), électrification…). C’est aussi grâce à l’Occident que la plupart des « progrès » sociétaux (si chers à la gauche) ont été possibles depuis plus de deux siècles : abolition de l’esclavage, libertés individuelles, Droits de l’Homme, émancipation des femmes, progrès sociaux, lois sociétales « progressistes »… Aucune autre civilisation n’a favorisé de manière aussi évidente les idéaux politiques de la gauche. La gauche peut d’ailleurs légitimement s’attribuer une grande partie de ces évolutions puisque ce sont pour l’essentiel des hommes de gauche qui ont théorisé et imposé ces changements. Mais il n’en demeure pas moins que tous ces « progrès » (ou presque) ont eu comme terreau les nations occidentales. Un militant de gauche conséquent devrait logiquement encenser l’Occident et son avant-gardisme « progressiste ». Mais paradoxalement, la gauche est presque toujours (avec des nuances) critique du passé de l’Occident.

Cet anti-occidentalisme se construit essentiellement sur une vision historique complètement biaisée qui souligne les violences commises par les puissances occidentales (traite transatlantique, colonisation…) sans jamais évoquer la violence des sociétés non-occidentales (bien souvent idéalisées). Au faîte de leur puissance à partir du XVIe siècle, les nations occidentales ont multiplié les ingérences, les interventions militaires et les conquêtes coloniales. Ce passé impérialiste fournit une matière inépuisable au discours critique de la gauche connu sous le nom de « repentance ». La repentance désigne une vision moralisatrice et culpabilisante de l’histoire d’un pays (ou ici d’une civilisation). Cette historiographie à charge est un élément fondamental si l’on veut comprendre l’idéologie gauchiste : dans l’imaginaire de gauche, l’histoire de l’Occident n’a rien de glorieux ; elle est une succession de crimes dont les Occidentaux d’aujourd’hui doivent se repentir. L’anti-occidentalisme de la gauche est la conséquence de cette repentance : en réduisant l’histoire de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis à leurs politiques impérialistes (bien réelles puisque l’Occident a été pendant plusieurs siècles le centre géopolitique du monde), l’historiographie repentante de gauche alimente le ressentiment, la culpabilité et la haine de l’Occident.

Si cet anti-occidentalisme a des explications historiographiques (tendance à la repentance), il a aussi deux leviers idéologiques plus ou moins inconscients : l’anti-christianisme et l’anti-capitalisme. En effet, depuis son origine (pendant la Révolution française), la gauche est fondamentalement anticléricale, voire antichrétienne (20). L’Occident étant chrétien, la gauche a naturellement une méfiance pour cette civilisation : l’anti-occidentalisme est (entre autres) un anti-christianisme. À cet anti-christianisme l’extrême-gauche ajoute un anti-capitalisme virulent. Sachant que ce sont les nations occidentales qui ont porté (et parfois imposé aux autres continents) le capitalisme moderne, industriel et financier, la gauche anticapitaliste opère naturellement une « convergence des luttes » entre la dénonciation de l’Occident « impérialiste » et leur combat contre le capitalisme. La Guerre froide a conforté cette convergence car les États-Unis et leurs alliés d’Europe de l’Ouest ont été de facto les principaux défenseurs du capitalisme face au bloc soviétique. L’anti-occidentalisme gauchiste est aussi un anti-capitalisme.

Gilles Ardinat
17/08/2026

https://www.polemia.com/le-gauchisme-maladie-adolescente-4-4-un-anti-occidentalisme-pathologique/

(1) Vladimir Illitch Lénine (1920), « La Maladie infantile du communisme : le gauchisme ».
(2) La crise d’adolescence a été l’objet d’innombrables études par des sociologues et psychologues. Le psychologue germano-américain Erik Erikson, élève d’Anna Freud, est aujourd’hui le plus fréquemment cité sur ce sujet (avec notamment sa théorie sur « le moratoire psychosocial »).
(3) Citons ici Génération.s (le groupuscule créé en 2017 par Benoît Hamon), Lutte ouvrière (parti trotskiste représenté par Nathalie Arthaud (jadis par Arlette Laguiller)), Les Verts (encore connus sous le sigle EELV), le Parti communiste français (PCF), La Jeune Garde (milice du député Raphaël Arnault), les NPA (Nouveaux partis anticapitalistes).
(4) Le ressentiment peut ici s’envisager dans son acception nietzschéenne, c’est-à-dire comme une frustration intériorisée conduisant, par une inversion des valeurs, à une morale réactive.
(5) L’ONU réclame des réparations pour les « torts historiques » de l’esclavage | ONU Info
(6) Ces bulles de 1452 et 1454/55 apportent au Portugal le soutien moral et spirituel de Rome dans sa politique d’expansion territoriale. Par exemple, Romanus Pontifex reconnaît au roi Alphonse V (1438-1481) « la pleine et entière faculté d’attaquer, de rechercher, de capturer, de vaincre, de soumettre tous les Sarrasins et les Païens […] et de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle ». L’Assemblée générale de l’ONU considère clairement ces textes comme des justifications de la future traite négrière. Cependant, leur interprétation est largement débattue, certains historiens y voyant avant tout la légitimation de conquêtes et non une autorisation explicite de l’esclavage.
(7) Ce code, qui comprend notamment « l’ordonnance de mars 1685 sur les esclaves des îles de l’Amérique » promulguée sous Louis XIV, réglementait la pratique de l’esclavage dans les colonies françaises. Connu pour sa sévérité, il a été encore récemment au cœur de l’actualité puisque les députés ont voté symboliquement son abrogation le 28 mai 2026.
(8) Le tiers-mondisme désigne depuis les années 1960 le mouvement international de défense des pays du Tiers-monde (Amérique du Sud, Afrique, Proche-Orient et Asie du Sud). Cette idéologie, très marquée à gauche, considère que les pays développés sont responsables de la pauvreté des pays du Sud (esclavage, colonisation, néocolonialisme et mondialisation sont présentés comme les causes du mal-développement).
(9) De nombreux travaux historiques ont tenté d’évaluer l’ampleur des principales traites négrières (transatlantique, arabo-musulmane et intra-africaine). Olivier Pétré-Grenouilleau (Les Traites négrières, 2004) a mené une approche comparative restée célèbre. Tidiane N’Diaye (Le Génocide voilé, 2008) souligne l’extrême violence de la traite arabo-musulmane (VIIe-XIXe siècles), notamment le recours massif à la castration des hommes noirs.
(10) Loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité – Légifrance
(11) Fernand Braudel (1963), Grammaire des civilisations : Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963). | Espacestemps.net
(12) Philippe Nemo (2004), Qu’est-ce que l’Occident (PUF).
(13) Oswald Spengler (1918-1922), Le Déclin de l’Occident.
(14) Le 5 juillet 2026, Yazid Arifi s’est exprimé à l’occasion d’une réunion publique LFI : Yazid Arifi : « Désoccidentaliser la France, notre priorité politique »
(15) L’ensemble des lauréats sont listés, par discipline, sur le site : The official website of the Nobel Prize – NobelPrize.org
(16) Entre 1936 (création de la distinction) et 2022 (dernière édition), 64 mathématiciens ont été récompensés : 48 occidentaux (dont certains binationaux) et 15 non-occidentaux (3 Japonais (1954, 1970, 1990), 3 Soviétiques (1970, 1978, 1990), 1 Chinois (1982), 5 Russes (1994, 2002, 2006, 2010), 1 Sud-Africain (1998), 1 Iranienne (1994), 1 Israélien (2010) et 1 Ukrainienne (2022).
(17) Une étude australienne de 2023 souligne la montée en puissance technologique vertigineuse de la Chine : ASPI’s Critical Technology Tracker – ASPI
(18) Ce rapport, rédigé par le travailliste William Beveridge, est fondateur de l’idéal de l’État-providence.
(19) Le gauchisme, maladie adolescente (3/4) : les errements de l’agribashing
(20) Lorsqu’apparaît la distinction gauche/droite au début de la Révolution française, les députés de gauche ont initié une politique clairement anticléricale (nationalisation des biens du clergé, suppression de la dîme, constitution civile du clergé), voire de déchristianisation (suppression des ordres religieux, persécutions à grande échelle pendant la Terreur). Cette tendance est confirmée sous la IIIe République (lois scolaires de Jules Ferry, laïcisation de l’État et de la société). Le discours de la gauche et surtout de l’extrême gauche est aujourd’hui encore marqué par cet anticléricalisme historique.

 

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