février 06, 2026

Les intellectuel(le)s "Epsteiniens" de France: "Apprenons l'amour à nos enfants".Pas de l'amour, de la pédophilie, pédocriminalité !

"1977: une partie de "l'élite" intello (même Kouchner dont le fils se faisait violer par Duhamel) signe une pétition pour autoriser les viols de gosses. Libération titrait "Apprenons l'amour à nos enfants". C'est pas de l'amour mais de la pédophilie."

Patricia Chaibriant 


 

Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie

Le fil culture. La pédophilie n'a pas toujours été condamnée par les intellectuels français. À partir des années 1970, de nombreuses personnalités de tous bords politiques ont demandé, au nom de la liberté, que la loi permette aux adultes d'avoir des relations sexuelles avec des enfants. Une question d'époque ?

"En 2013, quand il (Gabriel Matzneff, ndlr) a reçu le prix Renaudot, aucun journaliste littéraire, pas un seul, ne s'est interrogé sur le bien-fondé de cette récompense. La vie d'une adolescente anonyme n'est rien face au statut d'un écrivain". Dans son roman autobiographique paru ce jeudi, Le Consentement, Vanessa Springora dénonce la complaisance des milieux artistiques et littéraires français qui comme les médias ont jusque très récemment fermé les yeux sur des écrits qui font la promotion de la pédophile au prétexte que l'oeuvre prime l'auteur. Goût pour la transgression ou tendance de fond issue d'un mouvement pro pédophile de la fin des années 1970 ? Aujourd'hui, ces intellectuels sont mis face à leur responsabilité.

Contre la famille et pour l'homosexualité : un militantisme pro pédophile


Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet et bien d'autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin ; tous font partie des 69 intellectuels français qui, aux côtés de l'écrivain Gabriel Matzneff et du romancier, journaliste  à Libération et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem ont signé une tribune publiée le 26 janvier 1977. D'abord dans Le Monde puis dans Libération pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans. 

'Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit !' écrivaient les signataires. 

Ils demandaient la relaxe des trois hommes au prétexte que les enfants n'avaient pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, qu'ils étaient consentants.

Le 23 mai 1977, dans les pages "Opinions" du Monde, 80 intellectuels français parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers et même Françoise Dolto, signent un autre texte pour demander que la loi décriminalise les rapports sexuels entre les adultes et les enfants de moins de 15 ans.

 De nombreux journaux se font l'écho de ce mouvement pro pédophile, qui aux Pays-Bas est devenu un mouvement politique. Libération en tête, avec même des petites-annonces sans ambiguïté, et par exemple en juin 1978 le philosophe René Schérer qui y écrit : 

L’aventure pédophilique vient révéler quelle insupportable confiscation d’être et de sens pratiquent à l’égard de l’enfant les rôles contraints et les pouvoirs conjurés.

Libération mais aussi Le Monde ou encore France Culture. Le 4 avril 1978, l'émission "Dialogues" (enregistrée en 1977) invite Michel Foucault, le romancier et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem et le juriste Jean Danet, tous trois signataires de la pétition qui demande la décriminalisation de la pédophilie. Durant une heure et quart, en public dans le studio 107, ces intellectuels vont défendre l'idée que des pédophiles sont incarcérés à tort parce que les enfants qu'ils ont abusés étaient consentants. 

 Ce débat sera publié sous le titre La Loi de la pudeur dans la revue Recherches n°37 d’avril 1979, avant d'être inclus dans le recueil Dits et Écrits 1976-1979 de Foucault.

Dans la même émission, ils fustigent l'influence croissante des psychiatres dans les cours de justice parce qu'en "s'intéressant aux prétendues victimes, ils sont en train de créer une "victimologie très grave" parce qu'elle nie la parole des enfants qui répètent pourtant à la barre qu'ils étaient consentants. Ils s'inquiètent de la suspicion qui pèse sur les éducateurs et tous les professionnels de l'enfance et pressentent une véritable "chasse aux sorcières" pour des faits, des relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans, qui selon eux n'ont aucun caractère de gravité, "et sont des faits extrêmement légers qui dans n'importe quelle autre circonstance, à Paris notamment, n'auraient jamais valu trois mois de détention préventive" (sic).

Ces discours choquent peu à une époque où l'obsession sans cesse répétée est que la société a changé, qu'il faut se libérer du carcan de la famille et de pratiques sexuelles rétrogrades. "Le sexe est omniprésent dans la société", déclare Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité "et dans les années 1970, les gens se disent 'on fait ce que l'on veut'".

Surtout, il y a l'idée défendue dès le début de l'émission de France Culture par Michel Foucault que la liberté des homosexuels ne fait pas encore consensus dans la société française et qu'interdire la pédophilie pourrait progressivement glisser vers l'interdiction de l'homosexualité. Les deux pratiques, homosexualité et pédophilie, sont à l'époque mises sur le même plan.

Des publications comme Gai Pied, journal radical pro homosexuel dans lequel écrivent Jean-Paul Aron, Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, aux côtés de l'écrivain Tony Duvert - pédophile revendiqué - et de Renaud Camus, deviennent ainsi des tribunes pour les pédophiles (la revue sera finalement suspendue en 1992). 

 Figure de mai 1968, Daniel Cohn Bendit raconte alors ses gestes sexuels sur des enfants. Dans le livre Le Grand bazar (publié en 1975 chez Belfond), où il évoque son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants "alternatif" à Francfort. Puis en avril 1982, sur le plateau d'Apostrophes, où il déclare notamment : "La sexualité d'un gosse, c'est absolument fantastique, faut être honnête. J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..." Devenu député vert européen, Cohn Bendit se défendra dans les colonnes de Libération en février 2001, soutenu par des parents et des enfants, mais reconnaîtra en réunion publique "des lignes insoutenables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd'hui sur la pédophilie, sur l'abus sexuel".

 https://www.dailymotion.com/video/x9jpb6 (En accusant sur France 2 Daniel Cohn-Bendit d'avoir "poussé et justifié des actes [inacceptables] à l'égard des enfants", François Bayrou a fait ressurgir un épisode ancien de trente-quatre ans ... mais jugé pendant plusieurs années "inintéressant" par les médias.

Tous les éléments du dossier sont dans notre article : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2022)

Toujours dans les années 1970, le chanteur Claude François se reconnaît "obsédé" par les filles mineures : "Les filles [de 18-30 ans] commencent à réfléchir. Elles ne sont plus naturelles. Elles se sentent obligées de prendre position. Elles ne sont plus cette espèce de rêve que représente pour moi la fille."

https://www.dailymotion.com/video/x88iza1 (

Et c'est à cette époque que Roman Polanski arrive en France.

 Pour justifier leurs pratiques sexuelles avec des enfants, beaucoup de pédophiles ont instrumentalisé ce mouvement intellectuel issu de mai 68 qui faisait la promotion de la liberté sexuelle et de la rupture avec la loi et les structures et qui voulaient à tout prix se défaire de la domination des adultes.

Ce qui était central dans ces années-là, c'était la question de savoir comment on pouvait rompre avec les normes pénales et familiales du XIXe siècle. Ce qui a ainsi fait le plus débat dans les années 1970, notamment du côté des mouvements homosexuels mais pas seulement, c'était la discrimination concernant l'âge de la majorité sexuelle.                                                                                      
Jean Bérard, historien, maître de conférence à l'ENS Paris Saclay

Des écrivains comme Gabriel Matzneff mais aussi Tony Duvert (prix Médicis en 1973 pour son roman Paysage de fantaisie, publié aux éditions de Minuit et qui met en scène des jeux sexuels entre un adulte et des enfants) ou René Schérer ont ainsi cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable du moment que l'enfant en était "consentant", comme en témoigne ce séminaire de 2013 organisé à l'EHESS

 Comment admettre qu'on a été abusé quand on ne peut nier qu'on a été consentant ? Quand, en l'occurrence, on a ressenti du désir pour cet adulte qui s'est empressé d'en profiter ? Pendant des années, je me débattrai moi aussi avec cette notion de victime, incapable de m'y reconnaître.                                                                                      
Dans Le Consentement, Vanessa Springora témoigne de sa relation avec Gabriel Matzneff alors qu'elle avait 14 ans

Gabriel Matzneff a répondu à Vanessa Springora dans L'Express ce jeudi 

Un décalage avec la société et... avec les féministes

Si une partie des intellectuels défend ce mouvement pro-pédophile, ce n’est pas le cas de la société. "La majorité des personnes dans la société courante n’y était pas favorable", explique Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité. Et cette vision, ce "noyau dur d’intellectuels" l’a "défendue dans des journaux qui trouvaient génial de soutenir ces fameux mantras 'il est interdit d’interdire’ et ‘jouissons sans entrave’. Dans la petite intelligentsia parisienne, on défendait les valeurs de la liberté absolue sans se poser de questions". Ce côté "transgressif, cette faculté à bousculer les codes", ajoute l’historienne, a permis à certains intellectuels dont Gabriel Matzneff d’en tirer une "véritable aura médiatique"

Puis il y a eu les mouvements féministes qui ont dénoncé le patriarcat et la domination masculine, "qui se traduit par cette prise de possession et cette domination du corps des femmes et des enfants", explique Anne-Claude Ambroise-Rendu, historienne et professeure d’histoire à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

"Dans les mouvements qui luttaient contre l’idée d’une majorité sexuelle dans la seconde partie des années 1970, il y avait l’idée que des rapports entre adulte et enfant pouvaient être envisagés, exempts des rapports de domination traditionnelle, en particulier de domination familiale", ajoute Jean Bérard, maître de conférence à l’ENS Paris-Saclay. Un argument contesté, en particulier par les mouvements féministes. 

Dans les mêmes années, les féministes luttaient pour la redéfinition du viol et expliquaient que le rapport entre un mineur et un adulte est déjà dans un rapport de force, de domination, inégal et qui ne peut donc être considéré selon le seul critère du consentement mais sur le critère de l’âge.                                                                                                                                                  
Jean Bérard, maître de conférence en histoire à l’École normale supérieure Paris-Saclay.

D’ailleurs, certains parents des enfants ou adolescents qui fréquentaient les pédophiles eux-mêmes laissaient faire ces relations. "On peut s'interroger sur des parents pétris d'une idéologie soixante-huitarde dévoyée, qui laissent leurs enfants avoir des relations sexuelles avec un homme nettement plus âgé. Quelque part, il y a un côté un peu chic à voir sa fille dans le lit de quelqu'un reconnu comme un grand écrivain à l'école. Et cette pensée-là dérange aujourd'hui. C’est normal. Mais il faut aussi la concevoir pour pouvoir comprendre cette époque-là", confirme Virginie Girod.

La bascule

Le véritable tournant s’opère dans les années 1990. La France découvre le vrai visage de la pédophilie avec l’affaire Marc Dutroux dans la Belgique voisine. "Avec Matzneff et compagnie, on a une sorte de 'glamourisation' du câlin enfantin, des amours enfantines. C’est chic, c’est joli, c’est la nymphette, les égéries d’Hamilton… On est dans une esthétique qui existe dans la société", affirme Virginie Girod. L’affaire Dutroux dévoile une toute autre facette de la pédophilie : "On a pour la première fois une affaire de mœurs épouvantable, d’un homme qui kidnappe les petites filles, les séquestre, les viole et les assassine." 

C’est la fin de l’illusion d’un hypothétique consentement, on se rend compte qu’autour de la pédophilie, il y a tous les actes de la criminalité.                                                                                                                                                  
Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité

Désormais, il devient impensable pour la société de défendre la pédophilie. Le terme "pédophile" est employé dans le langage courant et aujourd’hui, il est peu à peu remplacé par celui de "pédocriminel", "on rajoute à la charge morale du crime pour bien signifier qu’on ne laisse plus passer ces pratiques socialement", conclut Virginie Girod. 

Et aujourd'hui ?... Encore et toujours la question du consentement !

N’oubliez pas l’ancienne exposition au palais de Tokyo

Dans les années 1980, à Paris, il existait des sortes de cercles de pédophiles anonymes où des pédophiles se réunissaient pour s'entraider à ne pas passer à l'action. "On savait qu'il y avait une charge morale sur ces pratiques-là et quelque part, il fallait se sentir un peu au-dessus des lois, soit parce qu'on était un puissant, soit parce qu'on n'avait pas conscience que la justice pouvait rappliquer", explique la spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité.

Au début des années 2000, après le traumatisme de l'affaire Dutroux, certaines associations ont cessé de s'intéresser exclusivement aux victimes pour s'intéresser aux pédophiles et plus largement aux promoteurs, actifs ou passifs de la pédophilie. L'association l'Ange bleu par exemple est la première à entreprendre d'écouter les pédophiles, via une ligne ouverte et très vite, ils le disent : les livres et émissions de télé qui font l'apologie des relations sexuelles avec des enfants les poussent à passer à l'acte. 

Latifa Benari est la fondatrice de l'association l'Ange bleu : "Écrire sur les ébats sexuels avec des enfants ou des adolescents et déclarer qu'avec cette relation, l'enfant ou l'adolescent peut être heureux, pour moi ils sont responsables. Un paumé qui viole un enfant, cela reste une affaire isolée. Mais quelqu'un qui a une relation [avec un enfant] et qui en plus en fait la promotion sur des plateaux télévisés, je trouve cela criminel !"

En attendant, les anciens intellectuels signataires regrettent-ils aujourd'hui leur signature ? Libération a posé la question ici...

Pour justifier de tels actes, le mouvement pro-pédophile s'est toujours caché derrière le "consentement" des enfants et adolescents. "Personne n'a jamais défendu la possibilité de violer des enfants. (...) L'idée de la violence n'effleure pas les personnes qui conceptualisent cette pédophilie-là", précise Virginie Girod.

Et dans les années 1980, la notion de "stranger danger", comme l'appellent les Américains, a fait son apparition. "La question du danger venu de l'extérieur devient prédominante et construit la peur du pédophile autour de la peur de celui qui va venir enlever et agresser les enfants", commente Jean Bérard.

Mais cela cache une autre réalité : une grande partie des actes pédophiles ont lieu dans le cadre intra-familial... Le Conseil de l'Europe évalue les violences sexuelles intra-familiales sur mineurs entre 70 et 85% d'après ce rapport du Sénat daté de mai 2019. Toutefois, les chiffres restent peu nombreux sur le sujet. Lors d'auditions au Sénat pour la mission commune d'information sur la répression d'infractions sexuelles sur mineurs, le réalisateur Éric Guéret, auteur du documentaire Enfance abusée, indique à propos de ces violences sexuelles sur mineurs, qu'"il n'y a pas de chiffres français officiels, fiables. Cela raconte quelque chose de notre société. Une société qui ne veut pas voir un problème se débrouille pour ne pas le quantifier." Il dénonce un "déni" de la société, un "fléau" qui a pour conséquence des victimes "avec un extrême sentiment d'abandon", qui les pousse à "garder le silence" et parfois "à se suicider", avec dans tous les cas, le sentiment "que les institutions ne leur viennent pas en aide". 


https://www.radiofrance.fr/franceculture/quand-des-intellectuels-francais-defendaient-la-pedophilie-2026242 

 

Aussi: Pédocriminalité : ce que disent les lois depuis 1810 

Affaire Epstein !!

 

 

février 05, 2026

Davos ou la foire aux illusions brisées: La souveraineté comme nouveau dogme, l'Europe piégée !

Quand Washington enterre Davos

Davos ou la foire aux illusions brisées

Il fallait l’entendre, à Davos, cette liturgie mondialisée récitée chaque année par des élites hors-sol, pour mesurer l’ampleur du séisme provoqué par l’administration Trump. Dans ce temple de l’idéologie heureuse, où l’on célèbre depuis trente ans la fluidité des capitaux et l’effacement des nations, l’Amérique est venue annoncer, sans fard, la fin de la récréation.

 


 

Comme l’a justement écrit Renaud Girard dans sa chronique du Figaro du 27 janvier 2026

« le message important adressé par l’Amérique de Donald Trump à ses alliés n’apparaissait pas clairement dans le long discours décousu du président, mais dans l’intervention tranchante de son secrétaire au Commerce ».

Ce message n’est pas venu du discours confus du président américain, errant comme à son habitude entre slogans et digressions. Il est venu de la bouche de son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, dans une intervention brève, brutale, presque 

Devant un auditoire peu habitué à être ainsi mis en accusation, Howard Lutnick a affirmé que l’ouverture commerciale sans limites avait appauvri les classes ouvrières américaines, accéléré les délocalisations et fragilisé la base industrielle du pays. Selon lui, la mondialisation n’a pas enrichi l’Amérique : elle l’a désarmée.

«America First» ou la revanche du travail

Dans cette perspective, la doctrine «America First» apparaît comme une réponse politique à plusieurs décennies de frustrations sociales. Elle se présente comme une reconquête de la dignité ouvrière et de la souveraineté économique. Pour l’administration Trump, la priorité n’est plus l’optimisation globale des chaînes de valeur, mais la protection du travail national.

Ce discours s’adresse autant à l’étranger qu’à l’opinion intérieure. Il vise à réconcilier l’Amérique populaire avec la mondialisation, en substituant à l’idéologie de l’ouverture un patriotisme économique assumé. Washington invite désormais ses alliés à suivre cet exemple : produire chez soi, protéger ses marchés, sécuriser ses approvisionnements.

La souveraineté comme nouveau dogme

Au cœur de cette nouvelle doctrine se trouve la notion de souveraineté. L’administration américaine entend reprendre le contrôle intégral de ses frontières : frontières humaines, commerciales, financières et technologiques. Immigration, importations, investissements étrangers, flux de capitaux : tout doit être surveillé, régulé, filtré.

Cette volonté se traduit par un vaste programme de relocalisation des industries stratégiques : semi-conducteurs, défense, énergie, pharmacie, intelligence artificielle. Il ne s’agit plus seulement de compétitivité, mais de sécurité nationale.

La mondialisation, autrefois perçue comme un facteur de paix, est désormais analysée comme une vulnérabilité systémique.

(Trump et Musk, la rupture d’un mythe : Quand la realpolitik balaye l’illusion techno-libertaire

Par

"Par-delà les oripeaux de la provocation et les artifices d’un storytelling soigneusement entretenu, l’axe Donald Trump – Elon Musk n’était qu’un mirage voué à se dissiper au premier choc sérieux de la politique réelle. L’annonce de leur rupture, étalée dans une joute numérique d’une rare virulence, signe non pas une surprise, mais l’aboutissement logique d’un mariage contre nature entre deux conceptions antagonistes du pouvoir.

En juillet 2024, dans le sillage de la tentative d’assassinat dont Trump est sorti miraculeusement indemne, Elon Musk choisissait de rompre la neutralité feinte qui avait jusque-là caractérisé sa posture publique. Ce soutien inattendu, salué comme un tournant pour les conservateurs libertariens et les chantres de la Silicon Valley, visait à élargir la base électorale du magnat républicain. En théorie, la convergence semblait prometteuse : d’un côté, un populiste nationaliste porté par une base MAGA résolument antisystème ; de l’autre, un entrepreneur planétaire, libertaire et anti régalien, rêvant d’un État dégraissé jusqu’à l’os. Mais cette alliance de circonstance, scellée davantage dans l’opportunisme que dans la cohérence idéologique, n’a pas résisté aux logiques de pouvoir.

Deux visions du monde irréconciliables

 Trump, en stratège électoral, a cherché à instrumentaliser Musk pour capter les franges les plus influentes du capitalisme technologique américain, sans jamais leur céder la moindre parcelle de souveraineté politique. Musk, quant à lui, pensait pouvoir infléchir l’État depuis l’intérieur, convaincu que son rôle de directeur du “Doge”, département fictif chargé de rationaliser la machine fédérale, lui conférerait une légitimité suffisante pour remodeler l’appareil selon les dogmes du marché absolu.

Mais dans la pratique, leurs intérêts ont vite divergé. Là où Trump entendait consolider son emprise sur l’appareil étatique en y plaçant ses fidèles – à commencer par Peter Navarro ou Scott Bessent – Musk y voyait une structure à démanteler, un obstacle bureaucratique à l’efficacité technocratique dont il se fait le héraut. L’un voulait reconquérir l’État ; l’autre aspirait à s’y substituer.

L’homme-entreprise face à l’État profond

Musk n’a jamais caché son ambition d’incarner, via SpaceX, Starlink ou Tesla, un substitut crédible à certaines fonctions traditionnelles de l’État : télécommunications, spatial, énergie, infrastructure. En cela, il représente l’apogée de l’“entreprise-État”, un concept où la souveraineté se privatise et se déterritorialise. Mais la Maison Blanche, même sous Trump, ne pouvait accepter une telle dilution de son autorité.

L’incident diplomatique autour de Jared Isaacman – fidèle de Musk et un temps pressenti pour prendre la tête de la NASA – a sonné l’alerte. Trump l’a écarté sous la pression de son entourage protectionniste, préférant sécuriser les intérêts du complexe militaro-industriel et les équilibres du Parti républicain. Le divorce était déjà consommé dans les faits.

La fin d’une illusion

Musk, entrepreneur visionnaire mais isolé sur le plan institutionnel, a rapidement perdu en influence. Le projet Stargate porté par Sam Altman, les promesses d’Apple, les investissements de Masayoshi Son ou de Larry Ellison ont achevé de marginaliser le fondateur de X. Trump, homme de réseaux avant d’être homme de principes, a choisi la pluralité des alliances au détriment de l’hégémonie d’un seul partenaire.

Cette rupture marque la fin d’une illusion médiatique soigneusement cultivée : celle d’un Musk omnipotent, conseiller officieux mais incontournable de la présidence. En réalité, il n’était qu’un pion de plus dans le jeu d’équilibres d’un Trump pragmatique, prompt à écarter quiconque menace de voler la vedette. Le “One Big Beautiful Bill”, vaste programme trumpien de relance économique adossé à la dette, a révélé l’ultime ligne de fracture. Inacceptable pour Musk, allergique à toute forme de “socialisme budgétaire”, nécessaire pour Trump afin d’acheter le soutien de la Chambre.

Et maintenant ?

Ce divorce retentissant, s’il choque par sa brutalité, ne surprend guère ceux qui connaissent les lois de la politique américaine. Il révèle surtout l’impossibilité d’une cohabitation durable entre l’État et le mythe de l’autoentrepreneur-roi. Pour la coalition trumpienne, il faudra mesurer les effets de cette rupture sur les électeurs libertariens séduits un temps par Musk. Pour l’intéressé, le retour à la marginalité politique pourrait s’avérer coûteux, malgré son influence technologique intacte.

Reste un constat simple : entre Elon Musk et Donald Trump, il n’y a jamais eu véritable alliance. Seulement un pacte de circonstances, scellé dans l’ombre des réseaux sociaux et rompu dans le fracas des ambitions personnelles."

https://lediplomate.media/trump-musk-rupture-mythe-quand-realpolitik-balaye-lillusion-techno-libertaire/)

Éloge de la sécession 

L’Europe, victime collatérale

Howard Lutnick a particulièrement visé la politique climatique européenne, notamment l’interdiction programmée des véhicules thermiques en 2035. 

Selon lui, cette stratégie conduira mécaniquement à une dépendance accrue envers la Chine, qui domine déjà la production de batteries et de matériaux critiques.

Cette critique n’est pas sans fondement. Consciente de ses fragilités, la Commission européenne a récemment assoupli sa position, en autorisant partiellement les motorisations hybrides après 2035. Ce réajustement témoigne d’un réveil tardif : la transition écologique ne peut se faire au prix d’une soumission industrielle.

Le grand projet américain de 1945

Ce repli actuel marque une rupture historique. Après 1945, les États-Unis furent les architectes d’un ordre mondial fondé sur l’ouverture, la coopération et le multilatéralisme. Forts de leur puissance économique intacte, ils voulurent prévenir les causes structurelles des conflits.

Ils créèrent alors les grandes institutions de la gouvernance mondiale : l’ONU pour la sécurité collective, le FMI pour la stabilité financière, le GATT pour le commerce. Sans employer le terme, ils mirent en place une mondialisation régulée, fondée sur des règles communes.

Cette stratégie répondait à une leçon douloureuse : l’erreur isolationniste de l’après-Première Guerre mondiale, lorsque le Sénat refusa l’adhésion à la Société des Nations, fragilisant durablement l’ordre international.

L’âge d’or et ses illusions
Entre 1947 et 2012, l’Amérique bénéficia pleinement de ce système. La guerre froide, puis la mondialisation post-soviétique, consolidèrent son leadership. Le dollar devint la monnaie pivot du monde. Les multinationales américaines prospérèrent. Le modèle libéral sembla universel.

L’entrée de la Chine à l’OMC en 2001 fut alors perçue comme un triomphe idéologique. En intégrant Pékin au commerce mondial, Washington croyait favoriser une convergence politique et démocratique.

Ce fut une illusion stratégique majeure.

La Chine, de partenaire à rival

L’accession de Xi Jinping au pouvoir, en 2013, révéla l’erreur d’analyse occidentale. Le capitalisme d’État chinois ne conduisit pas à la libéralisation politique. Il renforça au contraire un autoritarisme technologiquement sophistiqué.

Progressivement, la Chine passa du statut d’atelier du monde à celui de concurrent global, puis de rival stratégique. Elle domina des secteurs entiers : télécommunications, batteries, terres rares, intelligence artificielle.

Les investissements occidentaux contribuèrent paradoxalement à cette montée en puissance.

Le choc du Covid et la redécouverte des dépendances

La pandémie de Covid-19 joua un rôle de révélateur. Les pénuries de médicaments, de masques, de principes actifs montrèrent brutalement l’extrême vulnérabilité des économies occidentales.

La Chine, de son côté, n’avait jamais renoncé à sa souveraineté industrielle. Elle transforma son contrôle des matières premières stratégiques en levier géopolitique. Les terres rares devinrent des instruments de pression.

L’ère de l’innocence commerciale prit fin.

Le réarmement industriel américain

Les États-Unis comprennent aujourd’hui qu’ils ont, sans le vouloir, financé l’ascension de leur principal adversaire dans l’Indo-Pacifique. La mondialisation a permis à Pékin d’accumuler capital, savoir-faire et influence.

Le repli commercial américain n’est donc pas un simple protectionnisme. Il s’agit d’un réarmement industriel et technologique. L’objectif est clair : ne plus dépendre de la Chine dans aucun secteur vital.

Subventions massives, barrières tarifaires, contrôle des investissements, diplomatie économique agressive : Washington mobilise tous les instruments de puissance.

L’Europe face à son destin

Pour les Européens, la « mondialisation heureuse » est également révolue. Coincée entre la Chine et les États-Unis, l’Union européenne risque la marginalisation stratégique.

Faute d’une doctrine claire, elle oscille entre naïveté commerciale et velléités protectionnistes. Or, l’époque exige un choix.

Comme l’Amérique, l’Europe doit assumer une véritable politique de souveraineté :

  • des frontières qui protègent sans se fermer ;
  • une industrie capable de couvrir les besoins essentiels ;
  • une autonomie énergétique et numérique ;
  • une défense crédible et indépendante.

Sans cela, elle restera un terrain de jeu pour les grandes puissances.

 


(La souveraineté européenne n’existe pas !

Par

"Longtemps honni, le mot « souveraineté » a été réhabilité par les proto-fédéralistes européens, au prix d’un oxymore : celui de la « souveraineté européenne ». 

Emmanuel Macron l’a popularisé dans son discours d’Athènes en 2017 : « Face à tous ces risques, je crois, avec vous, dans une souveraineté européenne qui nous permettra de nous défendre et d’exister, de nous affirmer dans ce monde bouleversé. » Autrement dit, à l’échelle du continent, la souveraineté retrouverait un sens qu’elle aurait perdu au niveau national. Une belle formule, mais une illusion. Trois exemples suffisent à démontrer que cette souveraineté européenne n’existe pas en pratique.

1/ Varsovie a tranché : pour sa première centrale nucléaire, elle a choisi… les États-Unis. L’accord a été signé en marge du 10e sommet de l’Initiative des Trois Mers, réunissant treize États d’Europe centrale et orientale. Une claque pour la France, principal constructeur de centrales en Europe. Plus ironique encore, ce choix découle d’un grief. Varsovie estime que le Pacte vert européen profite avant tout aux pays d’Europe de l’Ouest, déjà en avance dans les renouvelables et le nucléaire. La France, qui s’est battue pendant une décennie contre ce même Pacte pour préserver son industrie nucléaire, se retrouve doublement sanctionnée : marginalisée par Bruxelles, puis écartée par ses voisins. Côté militaire, même logique. La Pologne a déclaré en avril être prête à accueillir des missiles étrangers sous un « parapluie »… américain, ou à défaut, français. La France est ici un plan B — utile, mais secondaire — dans un contexte où Varsovie doute de la fiabilité de Washington.

2/ Un black-out massif a récemment frappé la péninsule ibérique. En cause : une surproduction d’énergies renouvelables, trop sensibles aux aléas climatiques. Ce sont les interconnexions électriques avec la France qui ont permis de stabiliser le réseau. Certains y verront un bel exemple de solidarité européenne. Ce serait oublier que ces interconnexions ont été initiées… en 1972, bien avant que l’Union européenne ne s’en mêle. L’UE n’est intervenue que tardivement, avec la mise en service en 2015 de l’interconnexion Baixas–Santa Llogaia, partiellement financée par ses soins. Dans le même temps, le Pacte Vert (Green Deal) européen — censé garantir une résilience énergétique — a fragilisé l’Espagne. Il repose sur une hypothèse irréaliste : le « foisonnement », soit l’idée que les énergies renouvelables se compensent à l’échelle du continent. En réalité, quand il n’y a ni vent ni soleil, il n’y a pas d’électricité. Heureusement que la France — malgré les assauts bruxellois contre son parc nucléaire — a pu prêter main-forte.

3/ Berlin a annoncé, en 2022, un plan de réarmement historique de 100 milliards d’euros. À quoi a-t-il servi ? À acheter américain. 10 milliards pour des F-35. 5,4 milliards pour des Eurofighters (produits à 33 % en Allemagne). Des hélicoptères lourds Chinook (Boeing) au lieu d’une solution européenne. Et pas un centime pour le Rafale. L’Allemagne est européenne… quand elle achète allemand. Le programme Eurofighter est présenté comme un symbole d’intégration européenne, mais il est surtout une coproduction industrielle où Berlin tient une position centrale (33 % du programme).

Ce tropisme américain n’épargne pas les institutions. 

L’Agence spatiale européenne (ESA) a dû confier à SpaceX le lancement de deux missions scientifiques, suite aux retards d’Ariane 6. Faute de lanceur européen, c’est la Falcon 9 américaine qui s’envole. 

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a confié à Microsoft Azure l’hébergement des données sensibles du projet DARWIN EU, malgré les inquiétudes liées au CLOUD Act, qui autorise théoriquement les États-Unis à accéder à ces données, même stockées en Europe. Ces décisions illustrent une dépendance technologique croissante vis-à-vis des géants américains, dans des secteurs aussi stratégiques que la santé ou le spatial.

Ces exemples convergent vers deux constats cruels : quand la solidarité européenne fonctionne, c’est souvent malgré Bruxelles. Quand elle échoue, les capitales européennes, comme des tournesols, se tournent vers Washington. L’« autonomie stratégique » européenne reste donc un slogan. Ce qui prime encore aujourd’hui, ce sont les réflexes nationaux… et l’ombre portée de l’Amérique."

https://lediplomate.media/souverainete-europeenne-illusion/)
Vers la fin du monde ouvert

Le renoncement américain à la mondialisation marque la fin d’un cycle historique entamé en 1945. Le monde ouvert, fondé sur l’interdépendance heureuse, cède la place à un univers fragmenté, conflictuel, structuré par la rivalité des blocs.

Ce basculement n’est pas le fruit d’un caprice politique, mais d’un désenchantement stratégique. L’Amérique ne croit plus aux vertus pacificatrices du commerce. Elle croit à nouveau à la puissance.

Reste à savoir si ce nouveau monde, fondé sur la souveraineté et la compétition, saura éviter les dérives qu’il prétend conjurer.

Aussi: Le tournant crucial de Davos 2024 : L’intelligence artificielle prend le devant de la scène


https://lediplomate.media/analyse-washington-enterre-davos/

 

                               Vincent Hervouet nous livre son regard sur l'actualité internationale.

 

 

Histoire d'ingérences: États-Unis accuse l’UE; France rappelée à l’ordre par l’UE !!

Sommaire:

A) - le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis accuse l’UE d’ingérence 

B) - La France rappelée à l’ordre par l’UE : une ingérence au détriment de notre souveraineté énergétique ?

 


A) - le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis accuse l’UE d’ingérence  

Le 3 février 2026, le Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis, dirigé par les Républicains, a publié un rapport intérimaire intitulé The Foreign Censorship Threat, Part II: Europe’s Decade-Long Campaign to Censor the Global Internet and How It Harms American Speech in the United States (Un nouveau rapport révèle une campagne menée pendant dix ans par la Commission européenne pour censurer la parole américaine.).

Ce document de 160 pages accuse la Commission européenne d’avoir orchestré une campagne de censure à long terme, influençant les politiques de modération de contenu des grandes plateformes numériques comme TikTok, Meta, Google et X (anciennement Twitter).

Selon le rapport, ces pressions, exercées via des outils comme le Digital Services Act (DSA), des codes de conduite sur la désinformation et plus de 100 réunions non publiques depuis 2020, visent à supprimer des discours légaux sur des sujets sensibles tels que la migration, l’idéologie de genre, les politiques COVID-19 et la méfiance institutionnelle. Les auteurs affirment que ces mesures, souvent présentées comme des combats contre la « haine » ou la « désinformation », entraînent une censure globale qui affecte même les utilisateurs américains, créant un « effet Bruxelles » où les régulations européennes imposent des normes uniformes au monde entier.

Ce rapport, aligné sur des figures républicaines comme le président du comité Jim Jordan, allègue également une ingérence dans des élections européennes et non-européennes, en citant des exemples comme les élections en Slovaquie, aux Pays-Bas, en France, en Roumanie et en Moldavie. Par exemple, il pointe des pressions pour censurer des contenus populistes ou conservateurs, comme des déclarations sur le genre ou la migration, via des « signaleurs de confiance » alignés sur des ONG de gauche et des régulateurs nationaux. Le document estime les coûts de conformité annuels pour les États-Unis à 97,6 milliards d’euros et met en garde contre une équivalence entre vues conservatrices et extrémisme, freinant l’innovation.

La réponse de l’union européenne : un rejet catégorique

La Commission européenne a rapidement réagi, qualifiant les allégations de « pure nonsense« , « complètement infondées », « absurdes » et « sans fondement ». Le porte-parole aux affaires numériques, Thomas Regnier, a insisté sur le fait que le DSA vise à protéger les utilisateurs contre les contenus illégaux et la désinformation, sans cibler des vues politiques spécifiques, et promeut la transparence et la responsabilité. L’UE souligne que le rapport ignore des menaces réelles, comme l’ingérence russe en Roumanie, et voit dans ces accusations une motivation politique liée à l’administration Trump. Des groupes de droits numériques européens, comme Bits of Freedom, appellent à une mise en œuvre renforcée du DSA malgré les intimidations américaines, y compris des interdictions de voyage imposées à des chercheurs européens en désinformation.

Critiques et analystes, tels que ceux de TechPolicy.Press, soulignent que le rapport pourrait mal interpréter des décisions comme l’amende de 120 millions d’euros infligée à X pour manque de transparence, la voyant comme une « prétexte pour la censure » plutôt qu’une mesure de protection des utilisateurs. L’UE défend que la liberté d’expression est un droit fondamental protégé par le DSA, et que les actions visent à contrer des menaces réelles comme la manipulation étrangère.

L’opinion publique en France : une défiance croissante

Malgré les critiques du rapport, les sondages récents indiquent une défiance accrue des Français envers l’Union européenne, avec une opinion qui reste partagée mais tend vers plus de scepticisme. Selon le dernier Eurobaromètre publié en février 2026, 29 % des Français interrogés expriment une opinion négative de l’UE, en hausse par rapport au printemps 2025 (25 %), tandis que 33 % ont une image neutre et 38 % une opinion positive, plaçant la France parmi les pays les plus critiques au sein de l’UE, aux côtés de la Grèce et de la République tchèque. Des nuances persistent : un baromètre Verian pour Le Monde en janvier 2026 révèle que 42 % des Français adhèrent aux idées du Rassemblement National (RN), un record qui reflète une montée de l’euroscepticisme. Un sondage exclusif de décembre 2024 pour Le Grand Continent montre que 26 % des Français souhaitent quitter l’UE, le taux le plus élevé parmi cinq pays européens sondés, bien que 65 % veuillent rester, avec des préoccupations marquées sur l’immigration et l’économie. Par ailleurs, un sondage IPSOS de décembre 2025 met en lumière un pessimisme général, avec seulement 41 % des Français s’attendant à une amélioration en 2026, bien en deçà de la moyenne mondiale. Le Politico Poll of Polls confirme un soutien mitigé à l’UE, teinté de doutes sur des enjeux comme l’immigration et l’économie.

Aspects économiques : coûts et critiques pour la France

Sur le plan économique, l’UE est souvent critiquée pour ses coûts élevés imposés à la France, avec des prévisions qui peignent un bilan plutôt sombre, marqué par une croissance faible et une dette publique en hausse constante. La Commission européenne prévoit une croissance du PIB français de seulement 0.7 % en 2025, 0.9 % en 2026 et 1.1 % en 2027, freinée par l’incertitude politique, les ajustements fiscaux et une consolidation budgétaire limitée. Le déficit public devrait baisser légèrement à 5.5 % du PIB en 2025 et 4.9 % en 2026, mais la dette publique grimpera à 120 % du PIB d’ici 2027, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro, aggravée par des déficits primaires persistants et des paiements d’intérêts en hausse. Des analyses comme celles de BNP Paribas et d’autres institutions soulignent que, malgré des discours sur l’autonomie stratégique en défense (visant 2.5 % du PIB en 2026) et l’IA, la croissance reste résiliente mais insuffisante face aux tensions commerciales et à une productivité stagnante, avec des prévisions pour la zone euro à 1.2 % en 2026, soutenue par une inflation basse (1.8 %) mais qui masque des hausses dans l’alimentation et l’énergie. Mastercard Economics Institute et Allianz Trade notent que l’UE atténue certains chocs, comme les tarifs américains, mais la croissance européenne reste modeste à 1.2 % en 2025 et 1.1 % en 2026, avec des avertissements sur l’incertitude internationale qui pèse sur les ménages. L’OCDE confirme une croissance modérée, mais met en garde contre des risques accrus, y compris une polarisation politique qui entrave les réformes.

Des réformes structurelles pourraient théoriquement booster la productivité européenne de 20 % en comblant les écarts avec les États-Unis, selon le FMI, mais en pratique, ces promesses sont souvent vues comme biaisées par les Français, qui doutent de leur concrétisation face à une instabilité politique persistante et des chiffres officiels perçus comme optimistes. Pour la France, en tant que contributrice nette à l’UE (environ 9,3 milliards d’euros en contributions nettes récentes), les bénéfices comme l’accès au marché unique et les fonds NextGenerationEU sont contestés, car les critiques persistent sur les coûts nets qui pèsent sur les ménages, avec une inflation globale basse (1-1.5 % en 2026) masquant des hausses dans l’alimentation, l’énergie et le logement, rendant de plus en plus difficile pour de nombreux Français de joindre les deux bouts au quotidien.

Vers un débat nuancé

Ce rapport américain met en lumière des tensions transatlantiques sur la régulation numérique, mais les preuves accumulées – des documents internes aux sondages – montrent un paysage complexe. En France, l’opinion reste relativement favorable à l’UE, mais l’euroscepticisme grandit, alimenté par des préoccupations économiques et politiques. Plutôt que de nier l’évidence, un dialogue factuel sur la balance coûts-bénéfices et la liberté d’expression pourrait apaiser ces controverses, en évitant les polarisations partisanes.

https://multipol360.com/le-comite-judiciaire-de-la-chambre-des-representants-des-etats-unis-accuse-lue-dingerence/ 

 


Ce que le Congrès US révèle sur la "Censure à l'européenne" (et que nos élus vous cachent) 

  On commence par le point le plus dingue de l'histoire : C'est une commission d'enquête du Congrès américain qui publie aujourd'hui les preuves documentées du système de contrôle de l'information en Europe. Pendant que nos élus imposent l'interdiction des réseaux aux adolescents, c'est Washington déterre les preuves d'un hold-up sur notre liberté d'expression. En voici les éléments les plus inquiétants 👇 

 La genèse : 

Un piège qui s'est refermé en 10 ans Tout commence sous couvert de "sécurité". Le rapport montre qu'en 2015, l'UE crée des forums pour lutter contre le terrorisme. Très vite, la mission dévie : on passe de la traque des djihadistes à la surveillance du "populisme", des "mèmes" et des critiques de l'UE (p. 3). La méthode du "Fait Accompli" : Avant que le DSA ne devienne une loi, la Commission a imposé des "Codes de conduite volontaires". Le rapport révèle que ces codes étaient des laboratoires pour forcer les plateformes à censurer sans base légale, "pour combler le vide" avant que les citoyens ne puissent voter. 

Le rôle trouble de la France et de l'Allemagne :

 La "sous-traitance" de la censure : Le rapport pointe du doigt une stratégie française très précise. Ce que le Conseil Constitutionnel rejette en France (comme la Loi Avia), le gouvernement français le pousse à Bruxelles pour qu'il nous revienne sous forme de règlement européen (DSA). C'est le fameux "C'est pas moi, c'est l'Europe". Le rapport dénonce ce mécanisme qui permet de contourner le juge judiciaire français au profit d'une autorité administrative (l'Arcom) et de la Commission européenne. 

Pourquoi c'est une menace mondiale :

 L'effet de cliquet : Comme les plateformes ne peuvent pas créer un algorithme différent pour chaque pays (trop coûteux), elles alignent leurs règles mondiales sur les demandes les plus restrictives. Conséquence : Les critères de Bruxelles sur le "risque systémique" deviennent la norme pour un utilisateur à Paris, mais aussi à Lyon ou Marseille, sans aucun débat à l'Assemblée Nationale. Le cas du COVID-19 : Le rapport prouve que la Commission a exigé la suppression de contenus "hors narratif officiel", même quand ils étaient factuellement vrais, simplement parce qu'ils étaient jugés "déstabilisants". On n'est plus dans la lutte contre le faux, mais dans la gestion de l'opinion. 

L'inaction des élus français : Le vrai scandale ? :

Un travail de veille inexistant : Pourquoi est-ce le Congrès américain qui obtient ces documents par assignation (subpoena) et non le Parlement français ? Nos élus ont voté le DSA sans en interroger les zones d'ombre. Ils ont délégué notre souveraineté informationnelle à des fonctionnaires non élus à Bruxelles. 

Des "Trusted Flaggers" politisés : 

Le rapport montre que le signalement des contenus est confié à des ONG subventionnées. Ces "signaleurs de confiance" deviennent des juges de la vérité sans jamais avoir de comptes à rendre aux électeurs français. 

 Conclusion : Une souveraineté en miettes :

Ce rapport nous apprend que la France a activement soutenu un système qui : - Contourne nos propres limites constitutionnelles. - Politiser la modération via des termes flous ("risques systémiques"). - Installez un "Bouclier de la démocratie" qui ressemble de plus en plus à une cloche de verre. Ce sont les défenseurs du 1er Amendement américain qui défendent aujourd'hui la liberté des Français, pendant que notre propre classe politique semble satisfaite de voir le débat public "administré" par des algorithmes et des comités. 

Victor Ferry

 docteur en affaires et actualités 

 @mrvicfer

 

 

 


B) - La France rappelée à l’ordre par l’UE : une ingérence au détriment de notre souveraineté énergétique ?

Le 30 janvier 2026, la Commission européenne a adressé un avis motivé supplémentaire à la France pour non-transposition complète de la directive (UE) 2023/2413, visant à accélérer les procédures d’autorisation pour les projets d’énergies renouvelables.

Ce rappel à l’ordre, qui fait suite à une lettre de mise en demeure en septembre 2024 et un premier avis motivé en février 2025, donne deux mois à Paris pour corriger les manquements, sous peine de saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avec demande de sanctions financières.

Alors que la France n’a pas pleinement intégré dans son droit national les mesures pour simplifier les permis, réduire les délais et présumer l’intérêt public supérieur des projets renouvelables, cette procédure met en lumière les tensions persistantes entre les ambitions européennes et les choix énergétiques nationaux.

Un manquement qui cache une résistance justifiée

La directive, adoptée en octobre 2023 et entrée en vigueur en novembre de la même année, impose aux États membres de transposer certaines dispositions clés d’ici juillet 2024. La France, comme d’autres pays tels que Chypre, la Grèce ou l’Italie, a été visée par une saisine de la CJUE en décembre 2025 pour non-transposition complète. Mais ce « rappel à l’ordre » n’est pas une condamnation formelle, il s’agit d’une étape procédurale préalable, qui pourrait mener à des astreintes financières si la France ne se conforme pas. Déjà, des pays comme la Bulgarie ont été condamnés à des amendes forfaitaires et journalières pour des manquements similaires sur des directives antérieures liées aux renouvelables.

Pourtant, ce retard français n’est pas un simple oubli administratif. Il reflète une stratégie énergétique souveraine, priorisant la décarbonation via un mix équilibré où le nucléaire joue un rôle central.

La France a déjà l’un des mixes électriques les plus décarbonés d’Europe, avec une part de renouvelables en hausse, mais elle refuse de se plier aveuglément à des objectifs qui pourraient compromettre sa compétitivité.

En 2020, Paris n’avait atteint que 19,1 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute, contre un objectif de 23 %, un écart qui pourrait coûter cher si des sanctions étaient appliquées – potentiellement jusqu’à 960 millions d’euros pour cette seule année. La Commission européenne exhorte la France à relever ses ambitions pour 2030, visant au moins 44 % de renouvelables, mais Paris insiste sur le choix souverain de son mix, incluant le nucléaire reconnu comme technologie verte.

Les énergies renouvelables : Une pollution cachée malgré les discours écologistes

Les partisans des renouvelables, souvent portés par des discours écologistes, présentent l’éolien et le solaire comme des solutions miracles contre le changement climatique. Pourtant, leur impact environnemental est loin d’être neutre. La fabrication de panneaux solaires et d’éoliennes nécessite d’énormes quantités de matériaux rares, extraits dans des conditions souvent polluantes et éthiquement discutables. Le recyclage pose un défi majeur : d’ici 2030, on estime à 8 millions de tonnes les déchets de panneaux solaires, et jusqu’à 78 millions de tonnes d’ici 2050. Ces technologies, bien que produisant de l’électricité sans émissions directes de CO2, ont un bilan matériel comparable à celui du nucléaire – voire supérieur en termes de terres utilisées et de déchets non radioactifs.

En comparaison, le nucléaire offre une empreinte environnementale plus faible que les fossiles et similaire aux renouvelables, avec 20 % de l’impact du charbon et 35 % du gaz naturel liquéfié. Les mines d’uranium et la gestion des déchets radioactifs sont des préoccupations légitimes, mais elles sont gérées avec des normes strictes, contrairement aux chaînes d’approvisionnement des renouvelables, souvent dépendantes de la Chine et générant des pollutions diffuses. La France n’a pas besoin de multiplier les éoliennes et panneaux solaires en pagaille, qui défigurent les paysages et dépendent des aléas météorologiques, quand son parc nucléaire assure déjà une production stable et bas carbone.

Le legs du Général de Gaulle : un parc nucléaire suffisant pour l’indépendance énergétique

C’est grâce à la vision du Général de Gaulle que la France dispose aujourd’hui d’un atout majeur. En octobre 1945, il créa le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), posant les bases d’un programme nucléaire civil et militaire pour restaurer la souveraineté nationale après la Seconde Guerre mondiale. Accéléré par la crise pétrolière de 1973, le plan Messmer de 1974 lança la construction massive de réacteurs, aboutissant à 56 unités opérationnelles qui couvrent plus de 70 % des besoins électriques français. Ce parc, compact et efficace, produit de l’électricité à bas coût et sans émissions massives de CO2, rendant la France exportatrice nette d’électricité en Europe.

Si l’UE ne s’ingérait pas dans les affaires nationales, ce modèle suffirait amplement à répondre aux défis énergétiques.

Au lieu de cela, les directives européennes forcent une transition vers des renouvelables intermittents, imposant des investissements massifs – comme les 300 milliards d’euros prévus en France pour des projets souvent importés d’Allemagne ou de Chine – au détriment du nucléaire.

Une législation européenne au profit de l’Allemagne ?

Derrière ces pressions se cache une influence allemande flagrante. Ursula von der Leyen, d’origine allemande et présidente de la Commission européenne, est souvent vue comme un fer de lance de Berlin dans les affaires européennes. L’Allemagne, qui a fermé ses derniers réacteurs en 2023 pour miser sur les renouvelables, subventionne massivement son industrie (3 à 5 milliards d’euros pour réduire les coûts énergétiques), tout en bloquant la classification du nucléaire comme énergie verte jusqu’en 2025 sous pression des Verts. Berlin infiltre même les administrations françaises via des organismes comme l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE), promouvant l’éolien au détriment du nucléaire.

Cette « trahison européenne » force la France à exporter son électricité nucléaire bon marché pour combler les lacunes allemandes, tout en indexant les prix sur le gaz et en favorisant des renouvelables polluants via le charbon

L’Allemagne émet 9 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que la France en 2024.

Des alliances comme le Green Deal de 2020 servent à déindustrialiser l’Europe au profit de l’export allemand, aggravant la perte de compétitivité française avec plus de 5.000 emplois perdus dans les PME en 2023-2024.

Pas dans l’intérêt des Français

Tout cela n’est pas dans l’intérêt des Français. Cette ingérence bruxelloise, souvent alignée sur les intérêts allemands, sape notre indépendance énergétique, augmente les coûts et ignore les réalités environnementales. Au lieu de sanctions potentielles pour des objectifs irréalistes, la France devrait défendre son modèle nucléaire, hérité de De Gaulle, pour une transition juste et souveraine.
Sans un Frexit énergétique ou une réforme profonde de l’UE, les citoyens paieront le prix d’une politique dictée depuis Berlin et Bruxelles, au détriment de notre avenir. Plutôt que de dilapider des ressources dans des renouvelables intermittents, il est crucial que la France se consacre pleinement au projet ITER, ce réacteur expérimental de fusion nucléaire international hébergé à Cadarache, qui promet une énergie abondante, propre et quasi-illimitée, sans émissions de CO2 ni déchets radioactifs à long terme. En investissant dans ITER, dont le premier plasma est prévu pour 2033 et la pleine puissance en 2036, la France peut consolider son leadership mondial en énergie nucléaire avancée, ouvrant la voie à une production industrielle de fusion dès les années 2040, et ainsi assurer une souveraineté énergétique durable face aux pressions européennes.

https://multipol360.com/la-france-rappelee-a-lordre-par-lue-une-ingerence-au-detriment-de-notre-souverainete-energetique/

 

 

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