La bataille des idées ouvre la voie aux radicaux et aux révolutionnaires
Il ne suffit pas qu'une idéologie repose sur un « bon argument ».Les conditions historiques doivent également se conjuguer pour délégitimer le régime et ses institutions.|@ryanmcmaken
En janvier 1917, Lénine était déçu.Exilé à Zurich, il n'était pas parvenu à déclencher une révolution communiste en Russie après la révolution russe de 1905. Pourtant, en révolutionnaire convaincu, il refusait de se déclarer vaincu.Dans un discours prononcé devant des socialistes le 22 janvier, Lénine qualifia l'échec de la victoire décisive contre le régime russe de « défaite temporaire ».Néanmoins, ignorant quand une occasion similaire se présenterait, il déclara à son auditoire :
Nous, de la génération précédente, ne verrons peut-être pas les batailles décisives de cette révolution à venir.Mais je peux, je crois, exprimer l'espoir confiant que la jeunesse qui œuvre si brillamment au sein du mouvement socialiste suisse et mondial aura la chance non seulement de combattre, mais aussi de remporter la victoire lors de la prochaine révolution prolétarienne.
Lénine ignorait alors, bien sûr, que quelques mois plus tard, il retournerait en Russie et qu'il y exploiterait une nouvelle conjoncture politique lui permettant, ainsi qu'à ses partisans, de renverser le gouvernement provisoire et de placer ses proches à des postes clés, ouvrant la voie à la prise de contrôle de l'État russe.
Quelques mois seulement après avoir exhorté les jeunes socialistes à persévérer malgré l'échec, Lénine tirait profit de ce que l'on appelle aujourd'hui une « opportunité politique » : lorsque des changements institutionnels, conjugués à une évolution idéologique, créent un terreau fertile pour des transformations profondes des régimes et de leurs institutions.
En d'autres termes, on pourrait dire que « le moment était venu » pour une révolution anticapitaliste en Russie.C’est ce qui a permis à Lénine, ou à quelqu’un comme lui, de perpétrer un coup d’État.
L’expression « opportunité politique » a été forgée il y a plusieurs décennies pour décrire un phénomène que les révolutionnaires, réformateurs et militants qui ont réussi ont depuis longtemps compris : les changements significatifs des institutions politiques résultent d’une combinaison d’idéologie et de conditions historiques.Les événements politiques ne sont pas déterminés uniquement par la bataille des idées, mais aussi par la présence de mouvements idéologiques et politiques au bon endroit et au bon moment.
Il ne suffit pas qu’une idéologie repose sur de « bons arguments ».Les conditions historiques doivent également réunir trois facteurs clés : premièrement, les institutions politiques en place doivent être affaiblies par un facteur tel que leur incapacité à répondre aux attentes et aux exigences de la population ;deuxièmement, la population doit être réceptive à de nouvelles institutions en raison de l’échec perçu des anciennes ;troisièmement, l’idéologie victorieuse doit avoir suffisamment progressé pour constituer une option connue durant la période précédant l’affaiblissement et la délégitimation du statu quo.
Sans ces facteurs, il est extrêmement difficile pour un groupe de révolutionnaires ou de radicaux de présenter avec succès à la population de nouveaux choix idéologiques et, par conséquent, d'opérer des changements significatifs dans les institutions politiques.
Le cas russe
La révolution russe de 1917 illustre parfaitement ce processus.En 1917, la monarchie russe était tellement affaiblie qu'elle s'est effondrée et a été remplacée par le Gouvernement provisoire russe en mars de la même année.La Première Guerre mondiale et la défaite russe face aux Allemands ont été des facteurs déterminants dans la chute du régime tsariste.Bien que les Allemands aient finalement perdu la guerre, les Russes ont subi de lourdes pertes.L'État russe capitula finalement en mars 1918 et signa le traité de Brest-Litovsk.Ce fut un désastre pour le régime tsariste.
Pourtant, l'effondrement de l'État tsariste n'a pas renforcé les institutions non étatiques.L'État continuait de dominer la vie en Russie, ce qui a facilité le succès final des bolcheviks.De plus, l'idéologie libérale occidentale était particulièrement fragile en Russie.L'historien Ralph Raico explique cette convergence de facteurs :
En Russie, la société civile était faible… et l'État fort.La Russie s'est donc révélée très tôt un terreau fertile pour la diffusion des idées socialistes.La théorie sociale libérale – les idées de Locke, Hume, Adam Smith, Turgot, Madison et autres – ne s'est jamais véritablement implantée en Russie.Au moment où une intelligentsia a émergé en Russie, les intellectuels européens, dont les Russes ont tiré la plupart de leurs idées politiques, avaient fait du capitalisme un objet d'horreur.Le chaos qui suivit la chute du tsar et la démoralisation engendrée par la Première Guerre mondiale permirent à Lénine et à ses bolcheviks, disciplinés et animés d'une forte idéologie, de perpétrer leur coup d'État.(1)
Raico note d'ailleurs que l'idéologie allait se révéler un facteur déterminant dans la chute de l'Union soviétique :
De même, l'effondrement du régime soviétique ne peut être appréhendé que comme une étude de cas du fonctionnement de l'idéologie en ce sens : la fin de l'influence d'une idéologie particulière.La subversion de la foi léniniste commença après la mort de Staline.Elle fut induite par le dégel intellectuel et culturel amorcé par Khrouchtchev.Dans les années 1960, quelques intellectuels dissidents, souvent des éditeurs de « samizdat » (terme russe désignant les éditeurs d'écrits anti-régime illégaux, généralement dactylographiés au papier carbone), semèrent le doute dans les cercles urbains et universitaires.C’est à cela que se réduisaient souvent les intellectuels du samizdat, car la loi et la terreur les empêchaient de reproduire leurs écrits par d’autres moyens.Pourtant, la grande majorité des citoyens soviétiques restèrent endoctrinés jusqu’aux déclarations de la perestroïka et de la glasnost sous Mikhaïl Gorbatchev.Ces réformes furent une grave erreur de sa part, en particulier la glasnost, la transparence des opinions politiques et autres.²
L’idéologie joua un rôle clé, mais en Russie, le moment du coup d’État de 1917 fut largement dicté par le chaos engendré par la guerre et par l’absence d’un secteur privé robuste et indépendant, autrement dit d’une « société civile ».
De même, avec l’effondrement de l’URSS près de huit décennies plus tard, l’idéologie anti-régime se développait, mais les réalités politiques et économiques devaient également évoluer.Par exemple, la désastreuse guerre soviéto-afghane délégitima l’État soviétique, et la catastrophe de Tchernobyl contribua à illustrer aux yeux de tous la malveillance et l’incompétence du régime.De plus, la chute brutale des prix du pétrole durant la première moitié des années 1980 a alourdi le fardeau financier des finances russes.Ce n'est que lorsque les circonstances historiques ont suffisamment fragilisé l'État sur le plan économique et en termes de légitimité perçue que l'idéologie antisoviétique a pu s'imposer.
Raico observe également que les idéologies se forment en parallèle des événements historiques.Par exemple, au début du XXe siècle, les Russes associaient depuis longtemps le libéralisme aux guerres révolutionnaires françaises et aux conquêtes napoléoniennes, au nom de l'imposition d'idéaux libéraux prétendument éclairés.Cette association a joué un rôle important en préservant les Russes – et les Allemands également, soit dit en passant – d'une adhésion généralisée au libéralisme.Le développement idéologique n'est pas simplement le fruit d'un raisonnement philosophique, mais résulte de l'expérience du monde réel et des efforts déployés par les idéologues pour adapter leur vision du monde aux réalités du terrain.De plus, la mesure dans laquelle une idéologie est considérée comme « juste » par le public dépend, au moins en partie, de sa capacité à refléter les phénomènes du monde réel.(C’est en partie pourquoi le travail des historiens est si important dans le débat d’idées. Les individus fondent souvent leurs convictions idéologiques en partie sur ce qu’ils perçoivent comme les réalités historiques.)
Lénine, quant à lui, évoluait dans un contexte idéologique russe où le libéralisme peinait à s’imposer.Une opportunité politique s’offrait ainsi aux socialistes russes, alors qu’aucune opportunité équivalente n’existait dans les sociétés plus libérales d’Europe occidentale.L’action des intellectuels russes anticapitalistes a joué un rôle déterminant dans la création de cette opportunité politique pour la révolution socialiste.
Qu’est-ce qu’une opportunité politique ?
L’« opportunité politique » désigne l’idée que les mouvements politiques sont limités dans leurs options d’action efficace par des événements et des institutions qui leur sont extérieurs.Comme l'explique Ruud Koopmans, l'opportunité politique se compose d'« options d'action collective, assorties de chances et de risques, qui dépendent de facteurs extérieurs au groupe mobilisateur »³.
Dans la réalité, les options ne sont jamais illimitées et peuvent être limitées par divers facteurs exogènes à un mouvement politique ou idéologique.Souvent, les mouvements font face à une répression pure et simple, sous forme de poursuites judiciaires, de harcèlement et même de recours à la force physique, par exemple par l'armée ou la police.Dans d'autres cas, des stratégies de propagande peuvent nuire aux mouvements.Les adhérents peuvent être discrédités par une couverture médiatique négative ou des dénonciations fréquentes de la part de personnalités politiques.Les mouvements peuvent également être qualifiés d'« extrémistes » ou de répréhensibles, dissuadant ainsi les sympathisants et les membres potentiels de s'y associer.Dans ces cas, le régime et ses alliés peuvent imposer des coûts à l'engagement politique, tels que la perte d'opportunités de carrière, la diminution des revenus et des conséquences sociales négatives.Plus l'État et les médias jouissent d'une légitimité grande, plus ils seront en mesure d'imposer ces coûts.
En revanche, si le régime et ses organes médiatiques complaisants voient leur pouvoir et leur légitimité décliner, de nouvelles options s'offrent aux mouvements politiques autrefois qualifiés d'indésirables ou de « trop radicaux ».De même, si les institutions étatiques s'affaiblissent sous le poids des difficultés budgétaires ou de la résistance populaire, les coûts potentiels imposés aux mouvements radicalement anti-statu quo s'en trouvent également réduits.
Cependant, une grande partie de ces facteurs échappe au contrôle du mouvement politique lui-même.Les mouvements idéologiques ou politiques dissidents – en particulier ceux appartenant à des minorités – ont peu de marge de manœuvre pour modifier fondamentalement le contexte économique général.Toutefois, à mesure que les tendances politiques et économiques incitent le public à remettre en question la valeur des institutions établies, les mouvements radicaux anti-régime se trouvent confrontés à un nombre croissant d'options et d'opportunités.
Par exemple, la Première Guerre mondiale et le déclin de l'État russe étaient des facteurs presque entièrement hors du contrôle de Lénine et des socialistes.Pourtant, après des décennies de mobilisation politique, soutenue par des mouvements idéologiques et intellectuels, Lénine et ses partisans étaient en mesure de tirer profit des événements historiques qui minaient le régime en place en Russie.
Le rôle de la bataille des idées
Charles Tilly, sociologue et pionnier dans l'étude des origines et de la formation de l'État, est sans doute le chercheur qui a le plus popularisé le concept d'opportunité politique.Tilly affirme que le terme « opportunité », dans le contexte d'un changement révolutionnaire, « décrit la relation entre les intérêts de la population et l'état actuel du monde qui l'entoure » (4).
L'idéologie est essentielle pour définir les intérêts d'une population.Dans une certaine mesure, ces intérêts sont déterminés par des besoins fondamentaux tels que se nourrir et se loger.Mais ils sont généralement bien plus vastes.Si une population accepte généralement l'idée que la liberté du marché est une bonne chose, sa perception de ses propres intérêts sera différente.Si, en revanche, elle considère le capitalisme comme une force maléfique, cette perception sera tout autre.
Autrement dit, l'idéologie façonne les opportunités politiques car elle détermine en partie le rapport entre les « intérêts » et l'« état actuel du monde ».Si une idéologie est compatible avec le statu quo institutionnel, le rapport entre les intérêts et le contexte politique global sera harmonieux et facilement soutenable.Par contre, si une idéologie perçoit le statu quo comme injuste ou néfaste, le rapport entre les intérêts perçus par la population et les institutions en place sera conflictuel et instable.
Trop souvent, ceux qui privilégient la mobilisation et l'action politique – par opposition au travail des mouvements intellectuels et idéologiques – surestiment largement ce qui peut être accompli par l'action politique sans un travail idéologique préalable.Dans ce cas, les partisans du mouvement ignorent souvent les contraintes imposées aux options disponibles par les réalités politiques, idéologiques ou économiques existantes.Ce qui est nécessaire, c'est une « fenêtre d'opportunité » qui s'ouvre grâce à des changements historiques et institutionnels.⁵
Les léninistes ont bénéficié d'années d'anticapitalisme endémique dans le milieu intellectuel russe.De même, tout mouvement moderne, cherchant à rompre significativement avec le statu quo, devra s'appuyer sur un héritage intellectuel et idéologique.
C'est le défi auquel est confronté aujourd'hui tout mouvement pro-liberté et anti-État.Aux États-Unis, comme dans la plupart des régimes occidentaux, les élites dirigeantes parviennent, jusqu'à présent, à maintenir l'illusion que l'État est une source de stabilité et de prospérité relatives.L'expérience montre que le régime américain continue d'être perçu comme un rempart contre les menaces, réelles ou imaginaires, qui pèsent sur la vie et l'intégrité physique.De plus, il est largement considéré comme une source légitime de prestations sociales grâce à des programmes tels que la Sécurité sociale, Medicare, etc.Ces opinions sont loin d'être universelles, notamment grâce au succès des idéologies libérales et pro-liberté.Cependant, les opinions pro-régime dominent indéniablement les convictions d'une part importante de la population.Il est peu probable que cela change rapidement tant que des changements significatifs ne surviendront pas dans la situation fiscale, monétaire et géopolitique du régime américain.Des changements similaires ont contribué à la chute de l'Union soviétique au début des années 1990, et ils seront probablement nécessaires pour délégitimer de la même manière le régime américain.C'est alors que nous assisterons à une évolution majeure des opportunités et des options politiques offertes aux mouvements inspirés par des idéologies radicales opposées au statu quo.
Ruud Koopmans, “Political Opportunity Structure: Some Splitting to Balance the Lumping” in Goodwin, J. and J. Jasper (eds.), Rethinking Social Movements (Lanham: Rowman and Littlefield, 2004) p. 65.
B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?
A) - Prendre la France au sérieux.
En France, la saison des programmes a commencé. On peut
s’en réjouir. On a trop connu de campagnes électorales présidentielles
avec des programmes bâclés dans les dernières semaines, et des
présidents élus sans aucune idée de ce qu’ils devraient accomplir,
oubliant immédiatement les rares promesses qu’ils auraient pu faire,
pour gérer au jour le jour l’ivresse de leur pouvoir nouveau, éblouis
par le protocole, fascinés par les rencontres internationales, et
limitant leur exercice du pouvoir interne à des nominations plus ou
moins capricieuses.
Ce que j’écris là peut paraître sévère. C’est pourtant ce qui s’est
passé : depuis le deuxième mandat de François Mitterrand, aucun
président n’a été élu avec l’ambition de conduire des réformes
importantes. Aucun n’en a fait. Même si les trois résidents encore
vivants peuvent inscrire à leur actif quelques actions significatives,
essentiellement dans le domaine social, dans celui des mœurs, de la
flexibilité du travail et de la création d’entreprise.
Cependant, aucune transformation majeure n’a touché l’essentiel et le
pays en souffre. Certes, la France a encore des atouts immenses qui en
font un des pays les plus privilégiés de la planète : une démocratie
qui fonctionne, un État de droit presque parfaitement respecté, une
laïcité si précieuse en ces temps difficiles, un des niveaux de vie les
plus élevés du monde.
Mais, tout cela est en train de se défaire. Nos industries
traditionnelles, de l’aviation à l’automobile, du luxe à l’armement,
voient venir avec angoisse un tsunami chinois. Nos starts-up ont le plus
grand mal à trouver les financements privés dont elles auraient besoin,
faute de retraites par capitalisation. Notre système hospitalier est
chancelant. Notre agriculture vacille. Notre école décline. La mobilité
sociale n’est plus au rendez-vous. Un quart des Français est au bord de
la pauvreté. Des centaines de milliers d’enfants sont abandonnés à l’ASE
et basculent dans la prostitution. Notre balance des paiements est à
peine équilibrée, voire déficitaire ; notre balance commerciale est
incertaine, nous importons désormais plus de produits agricoles que nous
n’en exportons. Malgré toutes les promesses, le déficit public ne
descend pas au-dessous de 5% ; la dette publique atteint les 3500
milliards, soit 115% du PIB et on ne dira jamais assez qu’elle est
désormais hors de contrôle.
Non pas que la France puisse être mise en défaut (elle a une capacité
à lever l’impôt, et une épargne nationale qui suffisent à rassurer tous
les prêteurs), mais parce que le coût du service de la dette va
maintenant grignoter toutes les marges de manœuvre.
Vraisemblablement, les élections de 2027 se dérouleront dans le même
aveuglement que les précédentes, car j’en reste à une constatation
simple : toutes les dépenses publiques paient des salaires, des
retraites et des revenus pour les détenteurs de marchés publics ; elles
sont toutes des revenus pour des habitants du pays et d’abord pour les
électeurs et leurs familles. Et comme elles représentent 58% du PIB, il
n’est pas déraisonnable de penser que plus de la moitié des électeurs
vivent des dépenses publiques.
On ne peut pas s’attendre à ce qu’ils votent contre leurs intérêts.
Pas plus en 2027 qu’avant, ils ne feront rien pour réduire leurs revenus
par leurs votes, quel que soit le parti qui aura leur faveur.
La dette publique continuera d’augmenter. Et les mâchoires du piège
se refermeront sur la France : Si le PIB augmente de 2,5% et si le taux
d’intérêt reste de 4%, la dette publique atteindra 5 580 Md€ en 2035 et
la charge annuelle d’intérêts bondira de 65 Md€ à 223 Md€. Si le taux
d’intérêt atteint 6%, le stock de dette dépassera les 6 000 Md€ en 2035,
et la charge annuelle d’intérêts atteindra 360 Md€, soit plus de 4 fois
le budget de l’Éducation nationale, plus de 7 fois celui de la Défense
et 20 % du PIB français actuel. La part des dépenses publiques dans le
PIB passera de 57,2 % en 2025 à environ 61 % en 2035, essentiellement
par l’explosion des charges d’intérêts. Si la croissance nominale est
plus faible (1 % à 1,5 %, ce qui est plausible avec une inflation basse
et une croissance réelle atone), la part des dépenses pourrait dépasser
67 % du PIB : près des deux tiers des électeurs auront la totalité ou
une partie importante de leur revenu venant des dépenses publiques. Un
niveau totalement inédit en temps de paix pour la France. L’État sera
alors contraint de couper massivement dans les recrutements, les
retraites, les allocations, les investissements pour l’école et les
hôpitaux, ce qu’aucun pouvoir démocratique ne saura faire.
Voilà ce qui nous attend impitoyablement. Car on peut discuter de tout, sauf de l’arithmétique.
Si, en 2027, comme dans toutes les élections présidentielles depuis
1981, la campagne présidentielle ne prend pas en compte très
sérieusement ces enjeux, si le président élu ne propose aucune réforme
de structure, si, comme dans toutes les élections présidentielles depuis
1974, il ne fait pas de la réduction des dépenses publiques un objectif
central, et s’il ne se préoccupe que de l’intérêt immédiat de ses
électeurs, la France sombrera.
Les réformes nécessaires sont claires : réduire massivement les
retraites les plus élevées, à la fois en montant et en durée du travail.
Mettre en place une retraite complémentaire significative par
capitalisation et utiliser l’épargne ainsi captée pour investir dans les
entreprises de pointe. Réduire significativement les diverses strates
administratives. Concentrer les allocations sur les plus défavorisés. En
finir avec le tiers payant généralisé et avec la gratuité de tout et
n’importe quoi, qui ne profitent qu’aux riches. Augmenter les impôts
indirects, et d’abord la TVA, et réduire les impôts directs de tous,
sauf ceux des plus privilégiés.
Les Français seront-ils assez sages pour élire quelqu’un qui leur promettra des moments difficiles ?
Jacques Attali
Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller
d’État. Conseiller spécial du Président de la République François
Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions
internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.
Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à
l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits
en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express.
Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe
doit s’imposer comme un enjeu clé pour redonner du pouvoir aux
citoyens. Cet article analyse dans quelle mesure le programme de La France insoumise (LFI),
porté dans le cadre d’une éventuelle candidature de Jean-Luc Mélenchon,
permet un réel impact des citoyens dans les décisions politiques, et
évalue la crédibilité de ses engagements.
Où trouver le programme présidentiel 2027 de La France insoumise ?
À ce stade, La France insoumise n’a pas publié de programme présidentiel spécifique pour 2027.
En revanche, une version actualisée de son programme (2025) existe et
sert de base de travail. Elle s’inscrit dans la continuité des
campagnes précédentes, notamment celles de 2017 et 2022.
Ce programme comprend plus de 800 mesures et couvre un large éventail de politiques publiques.
Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?
La France insoumise défend une transformation institutionnelle importante, centrée sur la mise en place d’une 6ᵉ République.
Ce qui est proposé
Réécriture de la Constitution via une assemblée constituante
Participation citoyenne à ce processus constituant
Référendum obligatoire envisagé pour certaines décisions, notamment constitutionnelles
Ces éléments traduisent une volonté de refondation démocratique.
Mais plusieurs limites apparaissent
Absence de RIC constituant (référendum d’initiative citoyenne permettant de modifier la Constitution) dans la version 2025 Pouvoir d’initiative directe des citoyens limité une fois les institutions mises en place Aucune garantie que la future Constitution inclura des outils forts de démocratie directe
En pratique, la logique repose sur un moment fondateur (la
constituante), dont l’issue reste incertaine, plutôt que sur des
mécanismes permanents donnant le pouvoir aux citoyens.
Selon quel calendrier La France insoumise s’engage à appliquer la démocratie directe ?
À ce jour, aucun calendrier précis n’est défini.
Malgré un programme très détaillé, il n’est pas indiqué :
quand la constituante serait lancée ;
dans quels délais les nouvelles institutions seraient mises en place ;
ni quelles mesures seraient prioritaires.
Cette absence de calendrier rend difficile l’évaluation de la
faisabilité et de la priorité réelle de la démocratie directe dans le
projet.
La France insoumise est-elle prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?
Aucun engagement contraignant de ce type n’a été formulé par La France insoumise.
Les propositions restent programmatiques :
sans mécanisme de garantie ;
sans engagement personnel contraignant.
Dans un contexte de défiance politique, l’absence de tels dispositifs peut limiter la crédibilité des engagements.
La France insoumise s’est-elle déjà significativement impliquée pour faire avancer la démocratie directe en France ?
La France insoumise a pris certaines initiatives, mais avec des limites importantes.
Ce qui a été fait
Dépôt à deux reprises de propositions de loi visant à instaurer un
RIC constituant (notamment sous l’impulsion de mobilisations citoyennes)
Mais dans les faits :
ces propositions n’ont jamais été inscrites dans leur niche parlementaire (malgré les mobilisations citoyennes en ce sens) ;
elles n’ont donc pas été réellement mises en débat.
Par ailleurs :
la communication du mouvement reste centrée sur la 6ᵉ République ;
les outils concrets de démocratie directe sont peu détaillés.
Cela montre une volonté de transformation institutionnelle, mais sans
stratégie claire pour installer durablement un pouvoir citoyen direct
après la phase constituante.
L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer La France insoumise sur ces sujets !
Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?
Découvrez notre comparatif:
Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses.
Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un
changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays
fonctionnant mieux que le notre ? Ce comparatif vous propose de
regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère
souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions.
C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe
doit s’imposee comme un enjeu central pour redonner du pouvoir aux
citoyens. Cet article analyse les positions du Rassemblement national (RN),
dans le cadre d’une éventuelle candidature portée par Marine Le Pen ou
Jordan Bardella, et évalue dans quelle mesure leur projet permet un
véritable contrôle des institutions par les citoyens.
Où trouver le programme présidentiel 2027 du Rassemblement national ?
À ce jour, aucun programme officiel détaillé pour l’élection
présidentielle de 2027 n’a été publié par le Rassemblement national.
Pour analyser sa position, il faut donc s’appuyer sur :
le programme présidentiel 2022 ;
les propositions portées lors des élections législatives 2024 ;
les prises de parole publiques de ses dirigeants
Cela signifie que l’analyse repose sur des éléments indirects, et non sur un projet structuré spécifiquement pour 2027.
Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?
Le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de recourir davantage au référendum, mais dans un cadre limité.
Ce qui est proposé
Mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) législatif
Possibilité de consulter les Français par référendum sur certains sujets
Référendum obligatoire envisagé pour les réformes constitutionnelles
Ces propositions vont dans le sens d’un recours plus fréquent au vote des citoyens.
Mais plusieurs limites importantes apparaissent.
Absence de RIC constituant : les citoyens ne pourraient pas modifier directement la Constitution eux-mêmes.
Modalités floues :
aucun détail précis sur les seuils de déclenchement ;
aucune précision sur les conditions de validation ou de contrôle.
Absence de traduction législative : aucune proposition de loi
structurante déposée ces dernières années pour concrétiser ces mesures
Selon quel calendrier le Rassemblement national s’engage à appliquer la démocratie directe ?
Aucun calendrier précis n’a été communiqué.
Cela signifie :
aucune échéance claire ;
aucune priorisation des mesures ;
aucune garantie de mise en œuvre rapide.
Dans l’analyse politique, l’absence de calendrier est un indicateur
important : elle rend difficile l’évaluation du caractère opérationnel
des propositions.
Le Rassemblement national est-il prêt à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?
À ce jour, aucun engagement public de ce type n’a été formulé par le Rassemblement national ou ses représentants.
Concrètement :
aucun mécanisme contraignant n’est proposé ;
aucune garantie forte n’est donnée aux citoyens.
Dans un contexte de défiance politique, ce type d’engagement pourrait
pourtant renforcer significativement la crédibilité des propositions.
Le Rassemblement national s’est-il déjà significativement impliqué pour faire avancer la démocratie directe en France ?
Le Rassemblement national évoque régulièrement le référendum dans ses discours, mais son implication concrète reste limitée.
Ce qui existe :
une communication régulière en faveur du recours au référendum ;
une volonté affichée de consulter davantage les citoyens.
Mais dans les faits
aucune proposition de loi pour instaurer un RIC constituant ;
peu d’initiatives parlementaires structurantes sur la démocratie directe ;
absence de stratégie claire pour donner un pouvoir continu aux citoyens.
Cela suggère que la démocratie directe n’est pas aujourd’hui un axe prioritaire structuré du mouvement.
L’équipe de Solution Démocratique se tient
disponible pour interviewer le Rassemblement national sur ces sujets
(comme tous les autres candidats et partis, sans exception) !
D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?
Découvrez notre comparatif:
Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses.
Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un
changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays
fonctionnant mieux que le notre ? Ce comparatif vous propose de
regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère
souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions.
Pourquoi un comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?
Solution Démocratique fait campagne en 2027 pour rendre possible une véritable transition démocratique en France. Avec ce comparateur, nos objectifs sont donc principalement :
d’encourager les Français et Françaises pour qui la démocratie est un thème important de tout programme à aller voter à la présidentielle 2027 (des études montrent
que le fait d’être exposé à certains types de comparateurs augmente le
taux de participation aux élections) ;
aider à identifier les candidats dont le programme et les engagements pris garantissent le plus un vrai changement démocratique positif pour la France ;
inciter les candidats à s’engager sur ce thème.
Il est important selon nous de se focaliser sur l’aspect démocratique des programmes.
C’est en effet l’élément central pour imaginer de vrais changements sur
tous les autres aspects (économiques, environnementaux, sécurité,
etc.).
Source des études mentionnées : Munzert, S., & Ramirez-Ruiz,
S. (2021). Meta-Analysis of the Effects of Voting Advice
Applications. Political Communication, 38(6), 691–706. https://doi.org/10.1080/10584609.2020.1843572
Présidentielle 2027
Fondé
en 2024, Solution Démocratique présentera pour la première fois un
candidat à l’élection présidentielle 2027. La candidate est l’Ardéchoise
et chercheuse en science politique Clara Egger.
3 bonnes raisons de comparer les programme sur leur valeur démocratique
Peut-être que pour vous, ce qui compte le plus, c’est ce que le futur
président va faire pour le pouvoir d’achat, contre la dette, pour
l’environnement ou encore sur l’immigration ou la santé.
Il y a cependant au moins 3 bonnes raisons de choisir la démocratie directe comme principal critère comparatif des programmes. Et cela même pour les personnes qui, peut-être comme vous, ne le placeraient pas spontanément comme critère primordial.
1 – Les promesses n’engagent que ceux qui y croient
Rien n’oblige un président de la République à tenir ses promesses de campagne. Ceci est particulièrement vrai lorsque ces promesses :
sont nombreuses : il est alors facile de mettre en avant celles honorées et de mettre les autres sous le tapis.
Impliquent pour être réalisées d’autres représentants que le président de la République.
C’est pourquoi il est bon pour les citoyens de pouvoir rectifier le tir en cas de promesses non tenues.
2 – La démocratie directe pour mieux s’adapter aux imprévus
En 5 ans, il peut s’en passer des choses. Admettons que le Président
tente d’appliquer à la lettre ce qu’il s’est engagé à faire dans son
programme, dans tous les domaines. Ce dès son entrée au pouvoir. Mais il
va être confronté à plusieurs problèmes :
il n’aura pas forcément l’appui d’assez d’autres parlementaires
(députés et sénateurs) pour mettre en place tout ce qu’il souhaite ;
certaines choses qu’il voulait mettre en place vont s’avérer inefficaces ou ne pas produire les effets escomptés ;
d’autres priorités vont apparaître au cours du
mandat à cause d’événements imprévisibles lorsque le programme a été
établi (comme l’épidémie à la Covid-19).
Il va alors falloir qu’il redéfinisse des priorités en cours de mandat,
qu’il abandonne certains projets au profit d’autres. Malheureusement,
il ne peut pas avoir une expertise dans tous les domaines. Il va donc
peut-être rechercher l’expertise de quelques personnes afin d’élaborer
de nouveaux plans.
S’il a mis en place dès son entrée au pouvoir des modalités de fonctionnement beaucoup plus démocratiques, les choses se passeront bien autrement.
Ce sont les citoyens, les élus locaux, les experts, les personnes
engagées dans la vie associative qui vont directement suggérer de
nouveaux projets plus pertinents (via l’initiative citoyenne). La
pertinence de ces projets sera évaluée non pas par quelques
représentants, mais par un grand nombre de citoyens (via un RIC). Cela augmente les choses que des projets plus pertinents voient le jour.
Des modalités de fonctionnement plus démocratiques incitent également les élus à :
mieux respecter leurs programmes, leurs engagements ;
prendre de meilleurs décisions puisqu’ils ont plus peur des réactions des citoyens.
3 – Des indicateurs objectifs existent
Le fonctionnement plus ou moins démocratique d’un pays est quelque chose de bien étudié en sciences politiques. Il est possible de trouver des critères pour comparer des programmes par rapport au cadre démocratique qu’ils proposent.
Comment réalisons-nous ce comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?
Nous suivons une méthode rigoureuse pour établir et mettre à jour ce comparatif de programmes pour la présidentielle 2027. Nous vous l’indiquons pour que vous puissiez vous faire votre propre avis sur sa qualité.
Identification de tous les candidats qui se sont déclarés comme se présentant à l’élection présidentielle et qui sont listés sur la page Wikipédia dédiée (ou annonce publique dans des médias nationaux ou la presse quotidienne régionale), ou pressentis.
Recherche du programme de chaque candidat. Le
moteur de recherche Google est utilisé avec les mots clés suivant :
« programme + prénom/nom du candidat ou nom du parti + présidentielle
2027 ». Consultation des 10 premières pages de résultat Google pour
trouver la plus pertinente.
Exploration de la principale page synthétique du programme. Les mots démocratie, pouvoir ou référendum d’initiative citoyenne (RIC) sont-ils utilisés ?
Si oui, un RIC est-il proposé ? Pour répondre à
cette question, nous explorons toute la documentation accessible par
internet relative au programme du candidat. Même chose pour établir s’il
s’agit d’un RIC constituant (permettant
de modifier la Constitution française), et s’il est obligatoire
d’organiser un référendum pour toute modification de la Constitution.
Idéalement, une proposition de loi constitutionnelle rédigée doit être
disponible, car le diable est dans les détails.
Enfin, quelle est la crédibilité du candidat ? Quel
degré de certitude peut-on avoir pour qu’il tienne ses engagements ?
Est-il prêt à s’engager sur ses biens pour appliquer son programme et respecter ses promesses de campagne ?
Notre comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 à jour
Abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer de nos mises à jour ! Nous interviewons également sur le sujet de la démocratie tous les candidats à l’élection présidentielle 2027 en direct sur YouTube tous les dimanches soirs 20h30 (rediffusion dès le lendemain sur Spotify, Apple Podcast, YouTube).
Clara Egger était la candidate d’Espoir RIC en 2022, le mouvement
citoyen dont est originaire Solution Démocratique. C’est notre candidate
pressentie pour 2027.
Elle est prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire à suivre
à la lettre notre calendrier si elle obtient les 500 parrainages pour
accéder au premier tour de la présidentielle.
Depuis 2019, elle écrit des ouvrages et intervient dans de nombreux
médias pour promouvoir l’instauration du RIC constituant en France.
François Asselineau 2027 (Union populaire républicaine, UPR)
Malgré nos nombreuses prises de contact ces dernières années, M. Asselineau a jusqu’à présent toujours refusé :
de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.
Dans le programme de 2022 le RIC est relégué à la 32ème place. Il n’y
est pas précisé si les Français auront l’initiative citoyenne sur la
constitution, et le droit de voter par référendum toute modification de
cette dernière.
Clémentine Autain a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC
constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à
notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par Mme Autain (ici).
M. Bertrand, député sous 4 légilatures puis ministre, n’a jamais
proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC
constituant.
En 2019, il s’est prononcé contre certaines formes de RIC et pour le
maintien d’un RIP avec un seuil abaissé de signatures (mais en
conservant un seuil de signataires parlementaires nécessaires) (source :
France 24).
Son programme sur le site de son parti Nous France n’évoque l’importe la souveraineté populaire, la démocratie directe.
Nicolas Dupont-Aignan 2027 (Debout la France, DLF)
M. Dupont-Aignan a cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516
déposée en 2021 par Jean Lassalle mais n’a pas soutenu la PPL n°1900
pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors
que M. Dupont-Aignant était encore député.
Dans son programme actualisé pour 2027, il évoque :
Mention du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) Référendum obligatoire pour les révisions constitutionnelles Proposition de RIC Constituant non publiée Calendrier de mise en place non publié
En période électorale, suite au lobbying de nos militants, il s’est
prononcé favorable au RIC constituant. Il n’a cependant jamais relayé
auprès de son audience les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée
nationale sur le RIC constituant, malgré nos sollicitations.
Mme Le Pen s’est à notre connaissance toujours prononcée contre le
RIC constituant, promouvant uniquement le RIC législatif (voir par
exemple cet article de CNews
de 2022). Le RN avait a son programme des législatives 2024 le
référendum obligatoire pour la constitution, mais n’a jamais déposé de
proposition de loi à ce sujet.
À notre connaissance M. Lisnard ne s’est jamais investi ou prononcé
favorablement ou non en faveur du RIC constituant ou du référendum
obligatoire pour la Constitution. Il promeut en revanche le deuxième axe
du programme de Solution Démocratique, la décentralisation par le bas où subsidiarité ascendante (voir par exemple ici), bien qu’il n’ait pas proposé dans son programme une proposition de loi précise et un calendrier définit de mise en place.
M. Philippe, député sous une législature puis ministre, n’a jamais
proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC
constituant.
À notre connaissance il s’est toujours prononcé contre le référendum
d’initiative citoyenne, privilégiant le RIP (voir par exemple sur Europe 1 ou Le Monde).
François Ruffin a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC
constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à
notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par M. Ruffin (ici).
Il n’a cependant à notre connaissance jamais partagé dans ses réseaux
les pétitions enregistrées sur le site de l’Assemblée nationale pour le
RIC constituant et le référendum obligatoire.
Le programme de Picardit (ici) mentionne de façon vague
le RIC et la souveraineté populaire mais sans s’engager de manière
précise et concrète sur le sujet (proposition de loi, référendum
obligatoire pour toute modification de la constitution, initiative
citoyenne y compris pour modifier la constitution).
M. Wauquiez n’a pas cosigné la proposition de loi pour le RIC
constituant n°722 déposée par Jean-François Coulomme en 2024 alors que
M. Wauquiez était député.
À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.
En 2018, au cours des mouvements des Gilets-Jaunes :
A droite, le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, s’est dit « favorable » au référendum d’initiative citoyenne, sur « des grands sujets », afin d’« équilibrer notre démocratie représentative », mais cette mesure devra être « encadré[e] », a-t-il précisé sur LCI mardi, tout en rappelant que le référendum est « une tradition de la Ve République ». (source)
En 2019, il affirme :
Je pense que la démocratie directe peut amener beaucoup de violence. (source)
En 2026 :
Bruno Retailleau, qui fait partie des défenseurs d’une telle réforme,
a indiqué, il y a quelques jours, vouloir consulter les Français pour «
réduire drastiquement l’immigration, engager une véritable révolution
de notre justice pénale, et redonner la primauté à notre droit national
». (source)
Au regard de ces déclarations, la position de Bruno Retailleau
apparaît la suivante : il accepte le référendum à condition qu’il reste contrôlé et limité à certains sujets définis par le pouvoir.
Sa méfiance exprimée en 2019 montre qu’il ne considère pas la
démocratie directe comme un pilier du système politique, mais plutôt
comme un outil à manier avec prudence. Enfin, ses propositions récentes
confirment une logique de consultation descendante, où l’initiative reste gouvernementale.
En résumé, il défend davantage un référendum d’encadrement politique qu’une véritable initiative citoyenne autonome.
Son programme propose des RIC sans qu’aucune proposition de loi ne
soit formulée. Il n’est pas dit que seuls les citoyens pourront modifier
la Constitution par référendum.
De plus :
p70 de « Comment fabriquer une guillotine », Juan Branco s’accorde
le droit de mettre un véto présidentiel sur chaque référendum ;
p8 de « Le Projet » en petit et bas de page, il est écrit « ou en cas de mise en jeu de son véto ».
Suite à notre lobbying citoyen, Jean Lassalle a déposé en 2021 la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516
. Il n’a cependant pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant
déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Lassalle était
encore député.
Lors de la présidentielle 2022, sous les actions combinées d’Espoir
RIC et de son équipe de campagne, Jean Lassalle inscrit en numéro 1 le
RIC constituant dans son programme juste avant le premier tour. Ces
mêmes actions le conduisent aussi à s’engager chez un notaire à léguer
tous ses biens au cas où il ne respecterait pas son engagement.
M. Lassalle ne s’est pas encore engagé à le refaire potentiellement pour 2027, au cas où il obtiendrait les 500 parrainages.
Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des
référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux
uniquement.
De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme,
il ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et
Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition
enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum
obligatoire.
Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des
référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux
uniquement.
De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme,
elle ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique)
et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre
pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le
référendum obligatoire.
Interviewée par le podcasteur Matthieu Stefani lors de sa campagne
pour l’élection municipale 2026 à Paris, elle évoque l’importance de
s’inspirer du système politique suisse pour l’échelon municipal. Ce
sujet revient cependant très peu dans ses communications publiques
pourtant très régulières.
M. de Villepin a lancé en juin 2025 un nouveau parti politique, La
France humaniste. À notre connaissance, il ne s’est jamais déclaré
favorable à donner aux citoyens français le contrôle de leur système
politique et n’a jamais rien fait en ce sens au cours de ses précédents
mandats.
Mme Tondelier, qui a été députée, n’a jamais proposé ou soutenu de
proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant, bien que
son groupe parlementaire d’appartenance (Les Écologistes) ait déposé une
telle proposition de loi en novembre 2025 (PPL n°2081).
Le groupe parlementaire LFI a déposé à 2 reprises une proposition de
loi visant l’instauration du RIC constituant mais n’a jamais souhaité
faire passer cette proposition de loi dans sa niche parlementaire. Dans
la version 2025 du programme LFI, le référendum obligatoire est inclus,
mais pas l’initiative citoyenne sur la constitution (voir ici).
De plus, aucun calendrier précis d’instauration une fois le candidat au
pouvoir est donné pour les plus de 800 mesures proposées.
Groupe politique s’exprimant peu sur la démocratie directe. Certains
députés ont cosigné une proposition de loi pour le RIC constituant,
d’autres se sont prononcés contre en Commission des lois lors de
l’examen de pétitions.
En 2024, elle déclare dans une tribune souhaiter :
Rendre l’autonomie aux régions, réformer la fiscalité pour les
collectivités, donner du pouvoir aux élus locaux et, surtout, rapprocher
les décisions des citoyens. (source)
Dans son discours d’annonce de candidature sur sa page Facebook, elle insiste particulièrement sur la facette fédérale.
Elle n’a pas formalisé à notre connaissance de texte de loi précis.
Gabriel Attal (Renaissance / Ensemble pour la république)
Depuis que Solution Démocratique existe (2024), le groupe politique
auquel appartient Gabriel Attal est le seul représenté à l’assemblée
n’ayant jamais accepté sur les sujets démocratiques avec nous, malgré
nos multiples sollicitations auprès de députés et sénateurs.
À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC
constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution. En tant
que député, il n’a jamais non plus déposé ou cosigné de proposition de
loi à ce sujet.