Toujours est-il, c'est un ami avec lequel j'échange, du reste il m'a fait revenir sur FB, radié que j'étais !
"l y a environ un mois, j'ai publié ici un essai où je défendais l'idée que le libertarianisme repose moins sur un noyau philosophique commun que sur des ancrages sociologiques – institutions, amitiés, textes fondateurs – et que ses querelles internes résistent à une résolution simple, car la tradition n'a jamais été aussi cohérente philosophiquement que les libertariens ont eu tendance à le supposer.Cet article, intitulé « Le mythe du libertarianisme », fait aujourd'hui l'objet d'un article complémentaire dans The Daily Economy de l'AIER.Il a également suscité deux réponses nuancées.La première, signée David Gordon et Roger Bissell sur Mises Wire, affirme que le libertarianisme possède une essence philosophique fixe, ce que mon article réfute.La seconde, de Chris Sciabarra sur Substack, accepte davantage mon cadre d'analyse, mais soulève une question plus délicate quant à ses limites.Ces deux réponses, issues de perspectives différentes, méritent toutes deux une analyse approfondie.
Gordon et Bissell affirment que le libertarianisme possède une essence philosophique bien définie : « Vous êtes propriétaire de vos biens légitimement acquis, de votre corps et de votre travail, et nul ne peut légitimement vous en priver. Le principe de non-agression est suprême et sans exception.» Selon eux, quiconque s'écarte de ce principe n'est pas un véritable libertarien.
Reconnaissons ce qui est vrai dans leur argumentation.Le terme « libertarien » n'est pas infiniment extensible, et mon article ne prétendait pas le contraire.Ce terme désigne une filiation identifiable, et des limites définitionnelles existent.Mais leur argumentation présente un problème plus profond.
Le problème est que leur réponse reproduit précisément la manœuvre que j'ai décrite dans mon article.J'y expliquais que, face à un désaccord entre libertariens, la stratégie habituelle consiste à déclarer que l'autre camp n'est pas véritablement libertarien et à refuser d'échanger avec lui.Gordon et Bissell reprennent précisément cette manœuvre et l'utilisent comme réfutation.Ils n'abordent pas les données historiques montrant que le terme « libertarien » était utilisé par les anarcho-communistes dans les années 1850, par les partisans de l'impôt unique et les mutualistes au tournant du siècle, ainsi que par Read, Rothbard et Friedman tout au long du XXe siècle.Ils n'évoquent pas les conflits relatifs aux droits de propriété que j'ai exposés — entre Spencer et Tucker sur la propriété intellectuelle, entre George et Rothbard sur la propriété foncière, entre Tucker et Nozick sur l'appropriation originelle — dans lesquels toutes les parties acceptent le principe de propriété individuelle et le principe de non-agression, tout en aboutissant à des conclusions politiques opposées.Ils présentent des arguments en faveur de la frontière qu'ils privilégient, mais refusent d'examiner les conflits que cette frontière est censée résoudre.En tant que confirmation empirique de l'argument initial, il serait difficile de faire mieux.
Gordon et Bissell soulèvent toutefois plusieurs arguments qui méritent d'être examinés de près.Le premier concerne le cadre théorique des frères Lewis.Selon eux, les groupes ethniques restent unis malgré l'évolution de leurs positions de fond ;or, le libertarianisme se fragmente au lieu de se maintenir, ce qui invalide leur modèle.Mais cette interprétation erronée porte à la fois sur le cadre théorique et sur les données.Le conservatisme est l'exemple type des frères Lewis : les conservateurs sont passés du libre-échange au protectionnisme, des faucons aux colombes, des opposants au pouvoir fédéral à ses défenseurs, tout en continuant de se revendiquer conservateurs.L'identification tribale persiste malgré des changements radicaux de position.Le cas du libertarianisme correspond parfaitement à ce schéma.Les idéalistes et les paléolibertariens, les libertariens de gauche et les néoréactionnaires, les partisans absolus de l'ouverture des frontières et les partisans d'une immigration restrictive sont en désaccord sur presque toutes les questions controversées de la politique contemporaine – et chacun d'eux prétend être le véritable libertarien.Il ne s'agit pas là d'une fracture tribale.C’est la persistance de l’identification tribale malgré des désaccords substantiels radicaux qui est précisément ce que prédit ce cadre théorique.
Leur deuxième argument repose sur une concession faite dans mon texte même.J’admets que les principes libertariens « excluent les formes les plus extrêmes du socialisme d’État », et ils prétendent que cela suffit à établir une essence réelle, rendant ainsi mon affirmation d’« absence d’essence fixe » exagérée.Mais cette concession est loin d’être suffisante.Des principes qui excluent les cas les plus extrêmes ne sont pas des principes qui tranchent les cas litigieux, et les désaccords que mon texte recense ne portent pas sur l’importance de la liberté.Ce sont des désaccords entre personnes se réclamant du libertarianisme, qui acceptent toutes les principes fondateurs, sur ce que ces principes impliquent en pratique.Une essence trop ténue pour résoudre ces désaccords, c’est précisément ce que mon essai reproche aux principes libertariens.
Leur objection la plus pertinente sur le plan philosophique est que j'aurais confondu deux formes de pluralisme : le pluralisme berlinois relatif aux biens dans l'éthique personnelle, qu'ils acceptent, et le pluralisme politique, qu'ils interprètent comme autorisant l'État à concilier des intérêts concurrents au nom des individus.Or, le pluralisme auquel mon article fait appel n'est pas un pluralisme relatif aux biens au sens berlinois.Il s'agit d'un pluralisme quant à l'application des principes libertariens eux-mêmes, parmi des personnes qui adhèrent à ces principes.Tucker et Nozick ne sont pas en désaccord sur la manière de concilier liberté et bien-être.Leur désaccord porte sur ce que la liberté exige en soi.L'accusation de confusion des catégories est donc erronée.
* * *
La réponse de Chris Sciabarra aborde mon argument sous un angle différent, et je souhaite l'examiner plus en détail.Sciabarra compte parmi les philosophes les plus rigoureux de la tradition libertarienne.Sa trilogie sur le libertarianisme dialectique — culminant dans *Liberté totale : Vers un libertarianisme dialectique* — est, à ma connaissance, la tentative la plus sérieuse et la plus approfondie de penser la liberté en des termes véritablement contextuels et non axiomatiques.Quiconque souhaite aborder sérieusement le projet philosophique du libertarianisme devrait la lire.C’est pourquoi j’accorde une grande importance aux remarques de Sciabarra qui soulignent les lacunes de mon cadre d’analyse.
La première partie de sa réponse soutient que j'ai mal interprété la pensée d'Ayn Rand en la présentant comme une moniste déductive.Il démontre que la méthode de Rand est en réalité plus contextuelle et dialectique que je ne l'ai suggéré – que son intérêt pour les effets cognitifs de la force repose sur une intégration plus large de la psychologie, de la culture et des institutions politiques.Ce point est pertinent, et Sciabarra connaît Rand mieux que moi.J'ai probablement mal interprété sa pensée, et son analyse est plus nuancée.Quiconque souhaite une compréhension plus approfondie devrait lire son ouvrage *Ayn Rand : The Russian Radical*.
La seconde partie, plus incisive, de sa réponse est plus directe.Si mon cadre d'analyse considère le libertarianisme comme une communauté aux ancrages sociologiques plutôt que comme une doctrine à contenu déductif, qu'est-ce qui empêche Peter Thiel – dont l'entreprise conçoit l'architecture de surveillance des expulsions de l'ICE – de s'en réclamer ?Une idéologie, argumente Sciabarra, qui ne peut exclure les personnalités dont les actions contredisent directement ses prétendus principes fondamentaux est « vidée de son sens ».
C'est une critique pertinente.La bonne réponse, à mon avis, consiste en partie à accepter le point de vue de Chris et en partie à le nuancer.
Tout d'abord, l'acceptation.Mon cadre d'analyse décrit le fonctionnement concret du terme « libertarien », sans pour autant définir qui peut appartenir à ce courant.J'ai soutenu que le « libertarianisme » désigne une lignée sociologique plutôt qu'une philosophie déductive, et que les désaccords au sein de cette lignée ne peuvent être résolus simplement par un recours aux principes fondamentaux.Rien de tout cela ne justifie l'indifférence morale à l'égard de Thiel.Les arguments de fond contre les agissements de Palantir – l'État de surveillance, le système d'expulsion, l'enracinement de la collusion entre entreprises et État – sont des arguments que je défendrais, et que tout libéral digne de ce nom devrait défendre.Ce cadre d'analyse n'exclut pas Thiel du camp libertarien, mais il ne l'y inclut pas non plus.Ce constat révèle simplement que le terme « libertarien » a une portée philosophique moindre que ne le pensent les libertariens comme Gordon et Bissell, et conclut qu'il convient de privilégier les arguments de fond plutôt que les débats d'appartenance.
Sur le fond, Sciabarra et moi sommes d'accord.Notre divergence est méthodologique.Sciabarra estime que l'étiquette « libertarien » conserve une force normative suffisante pour que le maintien de ses limites face à des figures comme Thiel soit important.Je pense, quant à moi, que la fonction de filtre du terme détourne l'attention du fond, et que les débats pertinents portent sur les exigences de la liberté, et non sur la légitimité de l'appropriation de cette étiquette.
C'est là que le désaccord devient intéressant.Le cas qui distingue nos approches n'est pas celui de Thiel.Concernant Thiel, nos deux cadres convergent vers le même jugement négatif : Sciabarra conclut que Thiel n'est pas libertarien ;je conclus que Thiel est un libertarien dont les actions sont indéfendables.La désapprobation est partagée, même si sa forme diffère.C’est dans le cas de Hans-Hermann Hoppe que cette différence de forme prend toute son importance.
Hoppe se revendique libertarien et jouit d’une solide assise institutionnelle au sein de la tradition : des ouvrages publiés par des maisons d’édition libertariennes, des décennies d’articles dans des revues libertariennes, un poste important dans l’un des centres universitaires les plus prestigieux du mouvement.Ses opinions de fond, cependant, sont exclusionnistes d’une manière que moi-même et de nombreux autres libertariens jugeons profondément autoritaire : une vision résolument restrictive de l’immigration, la défense du droit des propriétaires d’expulser physiquement les démocrates et les homosexuels des communautés où s’inscrivent les principes de l’alliance, une politique qui légitimerait une grande partie de ce que Sciabarra et moi-même rejetons fermement.
Pour Sciabarra, la question est de savoir si le cadre d’analyse qu’il utilise pour exclure Thiel de la tradition libertarienne exclut également Hoppe.Si tel est le cas, Sciabarra a reproduit le modèle de Gordon et Bissell appliqué aux libertariens les plus fervents : il a utilisé ses propres jugements de fond comme critère d'appartenance et a cité des personnalités dont il conteste les jugements de fond.Dans le cas contraire, le cadre d'analyse ne permet pas d'atteindre les objectifs d'exclusion visés par Sciabarra.Quoi qu'il en soit, la procédure dialectique ne suffit pas à elle seule à trancher.Ce sont les jugements de fond que Sciabarra y apporte qui déterminent le résultat.Or, ces jugements sont eux-mêmes contestés au sein même du mouvement libertarien.
Le problème de fond est que l'attention que Sciabarra porte aux actions de Thiel ne résout pas le problème sous-jacent.Une action n'est considérée comme non libertarienne que si ses objectifs ou ses conséquences le sont, et ce jugement est en lui-même substantiel.Le verdict de Sciabarra concernant Thiel — à savoir que les contrats de Palantir avec l'ICE compromettent les conditions de la liberté — repose sur le jugement préalable que les expulsions massives constituent une agression contre les personnes expulsées plutôt qu'une application des droits de propriété des citoyens, et que le système de surveillance est un projet autoritaire plutôt que défensif.Je partage ces deux jugements.Mais aucun n'est le fruit de la procédure dialectique elle-même ;tous deux relèvent d'engagements substantiels quant à ce qu'exige la liberté.Dès lors que l'on comprend que l'évaluation fondée sur l'action est une évaluation fondée sur les valeurs déguisée, la structure de l'affaire Hoppe est identique à celle de l'affaire Thiel.La question de savoir si Hoppe s'inscrit ou non dans la tradition dépend de la pertinence de ses convictions, et ce sont précisément ces convictions qui constituent le terrain de controverse.
Il ne s'agit pas ici d'une réfutation catégorique du projet de Sciabarra.Le cadre dialectique, tel qu'il le développe dans *Total Freedom*, est plus rigoureux et plus substantiel que l'approche purement axiomatique.Il nous aide concrètement à comprendre comment les actions concrètes interagissent avec le contexte institutionnel plus large de la liberté.Mais concernant la question de savoir qui est considéré comme libertarien, je pense que ce cadre se heurte à la même difficulté que le mien.Les débats sur l'appartenance à cette tradition découlent de débats de fond sur les exigences de la liberté, et ce sont ces derniers qui sont au cœur des débats actuels.
Où cela nous mène-t-il ?À un point plus restreint que ne le laissent entendre les discours.Sciabarra et moi-même privilégions les arguments de fond sur les exigences de la liberté plutôt que les arguments définitionnels sur qui en est un.Nous pensons tous deux que les actions de Thiel méritent des critiques de fond.Nous divergeons quant à savoir si l'étiquette libertarienne conserve une force normative suffisante pour justifier sa défense contre ceux qui l'utilisent de mauvaise foi.Je pense qu'elle n'en a pas.Sciabarra pense le contraire.Des libertariens raisonnables — et je compte Sciabarra parmi les plus réfléchis — peuvent avoir des opinions divergentes sur ce point.
Sciabarra conclut *Total Freedom* par une phrase que je reprendrais volontiers : tout projet sérieux de liberté « ne peut progresser qu’avec une compréhension plus approfondie du contexte, des conditions sociales réelles qui entravent — ou favorisent — les valeurs nécessaires au maintien d’une existence authentiquement humaine ».C’est cette orientation que je m’efforce de défendre, et c’est celle que l’article original visait à promouvoir.Le débat ne porte pas sur l’opportunité de poser ces questions, mais sur le rôle que peuvent encore jouer les étiquettes une fois posées.
Philosophe à l'Université de San Diego, libertarien au cœur tendre, auteur de « Les individualistes : radicaux, réactionnaires et la lutte pour l'âme du libertarianisme »
A) - « Effet Casimir », une machine à énergie perpétuelle, lève 12 millions de dollars de capital d'amorçage.
B) - Le Japon a discrètement activé une centrale électrique qui ne s’arrête jamais.
C) - Les petits réacteurs modulaires, une nouvelle manière de développer le nucléaire ?
D) - Dans l'espace, sous terre
et bientôt sur la mer ? Ces projets fous qui veulent installer des data
centers au large pour bénéficier de l'énergie des vagues
E) - « Il disparaît en 50 jours » : le plastique en bambou inventé en Chine surpasse le pétrole
A) - « Effet Casimir », une machine à énergie perpétuelle, lève 12 millions de dollars de capital d'amorçage.
Pendant qu’en Europe, on étudie les bouchons attachés aux bouteilles, les américains investissent en masse sur les puces quantiques capables de produire de l’électricité sans piles, sans câbles, sans recharges.
Casimir lève 12 millions de dollars lors d'une levée de fonds d'amorçage sursouscrite pour commercialiser la première puce à énergie quantique au monde.
Mené par Scout Ventures, ce financement accélérera la commercialisation de puces générant de l'énergie continue à partir de champs de vide quantique
Casimir, Inc., société de technologies quantiques fondée par le Dr Harold « Sonny » White, ancien chercheur en propulsion avancée à la NASA, a annoncé aujourd'hui la clôture d'une levée de fonds d'amorçage de 12 millions de dollars menée par Scout Ventures.Ce financement permettra de commercialiser la première source d'énergie quantique à vide au monde : des puces semi-conductrices qui captent l'énergie des champs du vide quantique pour produire une alimentation électrique continue, sans batterie, sans câble et sans recharge.
Ce tour de table, largement sursouscrit, a dépassé son objectif initial de 8 millions de dollars, témoignant de la grande confiance des investisseurs dans la solution proposée par Casimir à l'un des défis les plus anciens des technologies énergétiques : l'exploitation de l'effet Casimir.Scout Ventures compte parmi ses investisseurs Lavrock Ventures, Cottonwood Technology, Capital Factory, American Deep Tech et Tim Draper de Draper Associates.Ce financement permettra d'accélérer l'optimisation des performances des puces, avec pour objectif la commercialisation de la puce MicroSparc de première génération d'ici 2028, positionnant ainsi Casimir comme un acteur majeur du secteur de l'électronique à très basse consommation.
La puce MicroSparc de Casimir mesure seulement 5 mm × 5 mm et est conçue pour produire 1,5 volt à 25 microampères, des performances comparables à celles d'une petite batterie rechargeable, mais sans dégradation ni cycle de remplacement.Le marché initial de l'entreprise cible l'électronique à très basse consommation, notamment les systèmes de surveillance de la pression des pneus, les capteurs embarqués, les objets connectés et autres appareils pour lesquels le remplacement de la batterie est coûteux ou impossible, un marché évalué aujourd'hui à près de 10 milliards de dollars.
La technologie de Casimir est conçue pour s'adapter à toute la gamme de puissance.Au-delà de ses premières applications IoT, la feuille de route de l'entreprise s'étend à l'électronique grand public et aux plateformes de mobilité, y compris les véhicules électriques, et à terme aux systèmes énergétiques à grande échelle capables d'alimenter les habitations et les infrastructures commerciales, un marché potentiel total dépassant 67 milliards de dollars.Alors que l'intelligence artificielle génère une demande sans précédent en matière de calcul persistant à faible latence, l'architecture sans batterie de Casimir ouvre de nouvelles perspectives pour la mémoire toujours active, les dispositifs périphériques et les systèmes autonomes à toutes les échelles.
« Des millions d'appareils fonctionneront pendant des années sans qu'il soit nécessaire de remplacer ou de recharger leur batterie, car nous avons intégré une cavité Casimir personnalisée dans un matériel capable de produire une énergie électrique continue », a déclaré le Dr Harold « Sonny » White, fondateur et PDG de Casimir.« J'ai passé près de vingt ans à la NASA à étudier comment alimenter l'avenir de l'humanité. Ces travaux m'ont conduit à l'effet Casimir et au vide quantique, domaines dans lesquels de nouveaux outils nous ont permis de tirer parti d'un siècle de connaissances scientifiques et d'apporter une énergie abondante au monde. »
La technologie de Casimir a été incubée au Limitless Space Institute (LSI), une organisation à but non lucratif œuvrant pour le développement des voyages interstellaires. Fondée par le Dr Kam Ghaffarian, investisseur technologique et entrepreneur à succès, elle est à l'origine de X-energy, Intuitive Machines, Axiom Space et Quantum Space.Le Dr White occupe le poste de directeur de la recherche et du développement avancés au LSI, fonction dans laquelle la technologie de Casimir a vu le jour.Le Dr Ghaffarian demeure investisseur et membre du conseil d'administration de Casimir.
« Casimir représente exactement le type de technologie révolutionnaire à double usage que Scout Ventures a été créée pour soutenir », a déclaré Brad Harrison, fondateur et associé directeur de Scout Ventures.« Cette technologie repose sur un siècle de recherche scientifique et nous nous rapprochons enfin d'un produit commercial. La capacité de Sonny à rassembler des éléments issus de différents domaines de recherche et à les intégrer dans un matériel fonctionnel est remarquable. Nous sommes fiers de mener ce tour de table et d'accompagner Casimir dans son parcours, de la recherche appliquée à la technologie déployée. »
Les fondements scientifiques de Casimir reposent sur de nombreux efforts de recherche et développement, notamment des recherches en nanofabrication financées par la DARPA, des partenariats universitaires et les travaux du Dr White sur le vide quantique dynamique, publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture.Le 9 mars 2026, le Dr White a publié « Emergent Quantization from a Dynamic Vacuum » dans Physical Review Research (DOI : 10.1103/l8y7-r3rm), établissant ainsi le cadre théorique expliquant pourquoi les cavités Casimir produisent de l’énergie électrique utilisable et marquant une nouvelle étape importante dans ses près de vingt ans de recherche sur la propulsion avancée à la NASA.
Casimir est fièrement fabriqué aux États-Unis et collabore activement avec des partenaires commerciaux, universitaires et gouvernementaux pour des applications à double usage ayant un impact direct sur l’indépendance énergétique et la sécurité nationale des États-Unis.
À propos de Casimir
Casimir est la première entreprise mondiale spécialisée dans l'énergie du vide quantique. Elle développe des puces semi-conductrices conçues pour générer une énergie continue grâce à la physique du vide quantique, sans piles, sans câbles et sans recharge.Fondée par le Dr Harold « Sonny » White, ancien chercheur en propulsion avancée à la NASA, l'entreprise a intégré des structures de cavités Casimir personnalisées dans des composants semi-conducteurs. Cette technologie repose sur près d'un siècle de physique quantique et a été validée par des recherches en nanofabrication financées par la DARPA et évaluées par des pairs.Son siège social est situé à Houston, au Texas, et l'entreprise est fièrement américaine.www.casimir-inc.com
À propos de Scout Ventures
Scout Ventures est une société de capital-risque en phase d'amorçage qui investit dans des technologies à double usage contribuant à la sécurité nationale des États-Unis et à la stabilité mondiale.La société se concentre sur l'intelligence artificielle, les systèmes autonomes, les infrastructures spatiales, la cybersécurité, les technologies quantiques et les énergies avancées, des technologies essentielles au fonctionnement, aux déplacements et aux communications des forces armées modernes.Scout s'associe à des fondateurs issus des milieux militaires et du renseignement, à des laboratoires de recherche nationaux de premier plan et à des universités de recherche de renom pour soutenir des entreprises innovantes dès leur phase d'amorçage.La mission de Scout : investir dans des technologies si performantes et une dissuasion si crédible que le conflit devienne impensable.
Harold White, fondateur de Casimir Inc., a également joué un rôle déterminant dans le projet EM Drive - EM Drive, un concept controversé de propulsion spatiale sans réaction.Ce type de propulsion ouvrirait la voie à la conquête des étoiles, permettant d'atteindre des vitesses bien supérieures à celles des propulsions les plus puissantes proposées avec les technologies actuelles, comme le projet Orion - Project Orion.Mais d'après ce que je comprends, les tests effectués jusqu'à présent sur le moteur EM Drive se sont révélés trop décevants pour que la NASA poursuive le projet.
Voici l'analyse de Sabine Hossenfelder sur cette « avancée majeure ».
L'effet Casimir est réel et a été mesuré.
Placez deux plaques de métal non chargées très près l'une de l'autre dans le vide : elles subiront une force les rapprochant.Cette force est créée par la modification des propriétés quantiques de l'espace entre les deux plaques. Entre elles, certains états quantiques sont interdits, ce qui crée une différence entre les fluctuations quantiques à l'extérieur des plaques et celles de l'espace inter-plaques. Il en résulte une légère pression qui rapproche les plaques.
Cependant, exploiter l'énergie de cet effet quantique revient à essayer d'exploiter l'énergie d'un aimant.On obtient une infime impulsion d'énergie si l'on laisse les plaques se comprimer, puis plus rien.
Les auteurs affirment avoir trouvé une solution : le silence quantique de l'effet Casimir réduit la probabilité que des électrons s'échappent du centre du dispositif, ce qui entraîne un flux net d'électricité.
(Extrait de la section)
…
Imaginez un atoll du Pacifique.L'océan extérieur est agité par une énergie de vagues chaotique, tandis que le lagon intérieur est calme.De la même manière, les plaques extérieures subissent pleinement l'« énergie ondulatoire » du vide quantique.Régulièrement, un électron traverse l'espace entre les plaques et les piliers centraux par effet tunnel.À l'intérieur de cet espace, les fluctuations du lagon calme sont plus faibles, et il est donc peu probable que l'électron revienne.
Lorsque les plaques et les piliers sont connectés par un circuit, les électrons retournent aux plaques, et le cycle se répète indéfiniment.En combinant de nombreuses cavités de ce type, Casimir peut produire une puissance stable aux niveaux nécessaires à l'électronique courante et bien plus encore.
…
J'ai des doutes.Les niveaux de puissance annoncés – de l'ordre du picoampère – in the range of pico amps pourraient facilement être dus à des erreurs d'instrumentation ou à des fuites de courant provenant de l'environnement.Une légère différence de température entre différentes parties du dispositif de test pourrait produire des courants de cette ampleur.
Franchement, je trouve l'idée absurde.Même si un étrange effet quantique était détecté, tout mouvement d'électrons à travers cet « atoll quantique » produirait une tension inverse qui repousserait tout transfert de charge ultérieur, si ce mouvement d'électricité était utilisé pour effectuer un travail – autrement dit, pour faire quoi que ce soit d'utile.Si un tel effet est possible, un effet similaire pourrait être créé avec des champs magnétiques judicieusement placés – et depuis combien de temps les scientifiques tentent-ils, en vain, d'extraire de l'énergie libre des aimants ?
Bien sûr, l'attrait d'une telle percée extraordinaire attirera toujours les optimistes.Mais disons-le franchement, vu le taux d'échec de 100 % des tentatives précédentes, je ne vais pas me précipiter pour investir dedans.
B) - Le Japon a discrètement activé une centrale électrique qui ne s’arrête jamais.
Pendant que le monde débat du solaire et de l’éolien, le Japon a discrètement activé une centrale électrique qui ne s’arrête jamais. Et elle fonctionne grâce à quelque chose que personne n’avait vu venir. Pas de panneaux solaires. Pas d’éoliennes. Pas de carburant fossile. Cette centrale produit de l’électricité grâce à la simple rencontre entre l’eau douce et l’eau salée. Quand une rivière rejoint l’océan, une énorme différence de pression se crée naturellement. Pendant des millions d’années, cette énergie a été perdue dans la nature. Le Japon vient de trouver comment la récupérer. Cette technologie s’appelle l’énergie osmotique. Concrètement, l’eau passe à travers une membrane spéciale capable de transformer cette pression en électricité en faisant tourner des turbines. Et contrairement au solaire ou à l’éolien, ce système fonctionne 24h/24. Même la nuit. Même quand il pleut. Même quand il n’y a pas de vent. La centrale de Fukuoka produit déjà près de 880 000 kWh par an. C’est suffisant pour alimenter environ 290 foyers tout en faisant fonctionner une usine de dessalement en parallèle. Mais le détail le plus intelligent est ailleurs. Le système utilise de l’eau de mer issue du dessalement ainsi que des eaux usées recyclées. Autrement dit, le Japon transforme deux ressources considérées comme inutiles… en énergie. Et ce n’est que le début. Les chercheurs japonais travaillent déjà sur d’autres technologies capables de transformer le CO2 en carburant grâce à une forme de photosynthèse artificielle. Le gouvernement vise un déploiement plus large d’ici 2030. Après Fukushima, le Japon cherche depuis des années une énergie plus stable, locale et indépendante. Aujourd’hui, certains experts pensent que cette technologie pourrait être installée partout où un fleuve rencontre l’océan. Le plus fou dans cette histoire, c’est peut-être que cette révolution énergétique n’est pas arrivée avec une énorme annonce. Elle tourne déjà discrètement pendant que le reste du monde continue de débattre.
« Le Japon crée de l’électricité avec de
l’eau salée et douce » : une centrale verte alimente des foyers tout en
réduisant le CO2
L'inauguration de la
première centrale électrique osmotique au Japon marque une avancée
significative dans la production d'énergie renouvelable et durable.
EN BREF
🇯🇵 Le Japon inaugure sa première centrale électrique osmotique à Fukuoka
💧 La centrale utilise l’osmose entre eau douce et eau salée pour produire de l’énergie
🌿 Cette technologie pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre
🔧 Des innovations technologiques limitent les pertes d’énergie et améliorent l’efficacité
Le Japon a récemment fait un pas en avant dans le domaine des
énergies renouvelables en inaugurant sa première centrale électrique
osmotique à Fukuoka. Ce projet vise non seulement à produire de
l’électricité propre, mais aussi à alimenter une usine de dessalement.
L’énergie osmotique, souvent appelée énergie bleue, est une source
prometteuse pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles.
Cette nouvelle centrale est capable de produire suffisamment d’énergie
pour répondre aux besoins de plusieurs centaines de foyers, démontrant
ainsi le potentiel de cette technologie encore peu exploitée.
Une centrale capable de répondre aux besoins de plusieurs centaines de foyers
La centrale électrique osmotique de Fukuoka, bien que principalement
destinée à alimenter une usine de dessalement, a une capacité de
production impressionnante. Elle peut générer jusqu’à 880 000 kWh
d’énergie par an. Cela représente une capacité suffisante pour alimenter
environ 220 foyers. Cette réalisation place le Japon parmi les
pionniers de l’énergie osmotique, aux côtés du Danemark. En France, des
initiatives similaires sont en cours, avec la société Sweetch Energy
planifiant un site pilote à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Ces
développements montrent que l’énergie osmotique pourrait devenir une
alternative viable aux sources d’énergie traditionnelles.
Une centrale produisant de l’énergie à partir d’eau douce et d’eau salée
La technologie derrière la centrale de Fukuoka repose sur le principe
de l'osmose. Deux réservoirs, l'un contenant de l'eau douce et l'autre
de l'eau salée, sont séparés par une membrane semi-perméable. L'eau
douce traverse la membrane pour atteindre l'eau salée, générant une
pression osmotique. Cette pression est ensuite utilisée pour faire
tourner une turbine et produire de l'électricité. Bien que le concept
soit connu depuis les années 50, ce n'est que récemment que les avancées
technologiques ont permis son application à grande échelle pour la
production d'énergie.
Quelques défis à surmonter
Malgré les avancées, l'énergie osmotique n'est pas sans défis. L'un
des principaux problèmes réside dans les pertes d'énergie dues au
pompage de l'eau. De plus, l'encrassement des membranes peut réduire
l'efficacité de la centrale. Cependant, la centrale de Fukuoka semble
avoir trouvé des solutions grâce à des technologies de pointe en matière
de pompes et de membranes. Ces innovations permettent de minimiser les
pertes et d'améliorer l'efficacité. De plus, en utilisant la saumure
résiduelle de l'usine de dessalement, la centrale crée une différence de
concentration en sel plus importante, augmentant ainsi la production
d'énergie.
Perspectives d'avenir pour l'énergie osmotique
La mise en service de la centrale de Fukuoka a suscité l'enthousiasme
des experts du secteur. Akihiko Tanioka, professeur à l'institut des
sciences de Tokyo, a exprimé son souhait de voir cette technologie se
répandre non seulement au Japon, mais aussi dans le monde entier.
L'énergie osmotique offre une alternative prometteuse aux énergies
fossiles, avec un potentiel de réduction significative des émissions de
gaz à effet de serre. À mesure que les technologies s'améliorent, cette
forme d'énergie pourrait jouer un rôle clé dans la transition
énergétique mondiale.
La centrale osmotique de Fukuoka représente une avancée majeure dans
le domaine des énergies renouvelables. Bien que cette technologie soit
encore à ses débuts, ses avantages sont indéniables. Elle offre une
source d'énergie propre et renouvelable, capable de réduire notre
dépendance aux combustibles fossiles. Reste à savoir si l'énergie
osmotique pourra surmonter ses défis actuels et s'imposer comme une
solution énergétique viable à grande échelle. Quel sera l'impact à long
terme de cette technologie sur la production mondiale d'énergie ?
Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
C) - Les petits réacteurs modulaires, une nouvelle manière de développer le nucléaire ?
On entend souvent parler des projets de petits réacteurs qui
fleurissent dans le monde et en France. Certains y voient une nouvelle
façon de faire du nucléaire, où la fabrication en série de petites
unités serait une alternative aux actuels réacteurs de grande puissance.
Pour d’autres, ils seraient les objets permettant à un foisonnement de
start-up de faire émerger de nouvelles technologies de réacteurs, dites
« de 4e génération ». Voici quelques éléments pour essayer d’y voir plus clair.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) recense environ 70 projets de SMR (abréviation de l’anglais small modular reactors,
qui tend à s’imposer) menés dans 18 pays, à commencer par les
États-Unis. Or seuls 3 réacteurs de ce type sont en fonctionnement :
2 en Russie, 1 en Chine. En France, lors d’un point de presse en février
2025, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a
présenté l’état d’avancement de 10 projets de PRM (petit réacteur
modulaire) menés sur le territoire national. On mesure l’intérêt de ce
sujet au nombre de rapports ou d’articles produits par la Société
française d’énergie nucléaire (SFEN), l’Académie des sciences,
l’Académie des technologies ainsi qu’à l’espace que lui réservent les
médias.
Quant au tableau français des PRM, sur les
dix projets un seul est porté par les acteurs nationaux de l’industrie
nucléaire : le projet Nuward d’EDF (initialement avec TechnicAtome). Les
autres sont portés par des start-up, dont certaines officiellement
« essaimées » par le CEA. Elles ont fait l’objet de financements publics
dans le cadre des plans France Relance et France 2030, et s’emploient
également à lever des fonds d’investisseurs privés. L’enthousiasme sur
l’avenir des PRM qui en a souvent résulté a été quelque peu tempéré par
un rapport du haut-commissaire à l’énergie atomique, Vincent Berger,
rendu au Premier ministre. Selon lui, « les lauréats de France 2030
ont misé sur des technologies avec des niveaux de maturité technologique
et industrielle très divers. Chacun est conscient de ses forces et de
ses faiblesses » (propos tenus dans un entretien à la SFEN le 2 décembre 2024).
Que penser alors de l’avenir des PRM, de la place qu’ils pourront prendre dans le nucléaire du xxie siècle ?
Il convient de livrer des éléments sur ce qu’ils sont vraiment, les
usages auxquels ils peuvent répondre ou non, les technologies qu’ils
emploient ou développent et leur maturité, les modèles économiques sur
lesquels ils s’appuient et leur pertinence.
DANS QUELLE GAMME SE SITUENT LES PRM ?
Le qualificatif petit signifie
bien évidemment qu’il ne s’agit pas de réacteurs de grande puissance
tels que ceux existant dans notre parc nucléaire. Ces derniers
alimentent des turboalternateurs développant une puissance comprise
entre 900 et, comme le dernier EPR de Flamanville, 1 600 MW. En raison
du rendement de conversion de l’énergie de fission qu’ils produisent en
énergie électrique, leur puissance thermique est environ 3 fois
supérieure, soit plusieurs milliers de mégawatts. La puissance thermique
des PRM est, quant à elle, limitée à quelques centaines de mégawatts,
certains même n’en développent que quelques dizaines (on parle alors
parfois de « microréacteurs »).
S’il ne s’agissait que d’une affaire de
dimensions, il n’y aurait rien de bien nouveau : le CEA et tous les
organismes de recherche atomique du monde utilisent depuis longtemps de
petits réacteurs de recherche, et même des microréacteurs qu’on appelait
« piles atomiques ». Les nouveautés résident dans les usages auxquels
ils sont destinés, les modes de fabrication industrielle et les
technologies adoptées, qui s’étendent des plus classiques aux plus
innovantes.
PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ OU DE LA CHALEUR ?
Dans un certain nombre de projets, les PRM
sont avant tout destinés à remplacer les centrales à charbon, et ce en
vue de la décarbonation de la production d’électricité. Il s’agit alors
plutôt de « gros » PRM, à l’instar du Nuward – en cours de développement
par EDF –, dimensionné pour produire 400 MW électriques, avec donc un
cœur nucléaire d’environ 1 200 MW thermiques. Dans sa dernière version,
Nuward est en quelque sorte un mini-EPR. D’autres PRM sont destinés à
alimenter une production d’électricité dans des zones reculées, et leur
puissance peut se limiter à quelques dizaines de mégawatts. C’est le cas
des deux PRM russes, dont la technologie est dérivée de la propulsion
des sous-marins nucléaires et qui sont installés sur barge flottante en
mer sibérienne.
La fourniture de chaleur décarbonée
(industrielle et urbaine) est un objectif affiché dans de nombreux
projets. Ainsi, le PRM Calogena, porté par le groupe Gorgé de services à
l’industrie nucléaire, vise à la décarbonation des réseaux de chaleur
urbains ; il adopte la technologie éprouvée des réacteurs de recherche
de type piscine pour fournir de l’eau chaude ou de la vapeur à une
température de l’ordre de 100 °C : une innovation d’usage dans une
continuité technologique. Nuward propose lui aussi de la fourniture de
chaleur, mais en cogénération avec la production d’électricité : la
température de fonctionnement du réacteur à eau pressurisée étant de
l’ordre de 300 °C, ce PRM pourrait en effet répondre à nombre de besoins
de chaleur industrielle. Hexana et Otrera sont des projets français de
petits réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, s’appuyant sur
les études du projet abandonné ASTRID et dimensionnés pour répondre à
des besoins de chaleur industrielle de température de l’ordre de 500 °C
(température du sodium fondu dans le cœur). Deux autres projets de PRM
français, Jimmy et Blue Capsule, entendent développer des petits
réacteurs nucléaires dits « à haute température » – le premier refroidi à
l’hélium, le second au sodium – pour fournir de la chaleur industrielle
jusqu’à 700 °C. Il convient de noter que la fourniture de chaleur
nucléaire peut aussi répondre aux besoins de la production d’hydrogène
par électrolyse à haute température, sensiblement moins gourmande en
électricité que l’électrolyse classique (elle est développée en France
par le CEA et se trouve en début d’industrialisation par Genvia).
L’INTÉRÊT ÉCONOMIQUE DES PRM
Les porteurs de projet de PRM s’appuient
en général sur un modèle industriel semblable fondé sur la
simplification de la conception et la standardisation des composants,
l’une et l’autre visant à la production en série. Alors que les
composants des grands réacteurs électrogènes sont assemblés sur site,
les PRM seront des modules assemblés en usine et transportés ensuite, ce
que permettra leur petite taille.
Autre intérêt souvent avancé : la petite taille permet d’assurer une sûreté passive,
bénéficiant par exemple des mouvements de convection naturelle du
fluide emplissant le réacteur pour poursuivre l’évacuation de l’énergie
émise par le combustible nucléaire en situation d’accident. La sûreté
passive permet de faire l’économie de dispositifs de sûreté active :
pompes, tuyauteries et automatismes de circuits de refroidissement de
secours…
Les promoteurs de PRM comptent sur ces
facteurs pour atteindre le stade de la compétitivité économique. Ils
doivent en effet compenser l’effet défavorable de la petite taille par
une limitation des coûts de fabrication.
En matière de production d’électricité à
grande échelle, il est loin d’être sûr que l’effet de série soit
suffisant. Historiquement, la production d’électricité par les centrales
à charbon s’est développée non pas en multipliant les unités de 25 MW,
qui étaient la norme à la veille de la Seconde Guerre mondiale, mais en
augmentant par paliers successifs la puissance des unités de production,
de 50 à 125 puis à 250 et, enfin, à 600 MW. Il serait donc fort
improbable qu’un parc de très nombreux PRM fabriqués en série puisse
être plus économique qu’un parc de grands réacteurs, sauf peut-être si
un jour une ou quelques multinationales venaient à monopoliser la
fabrication mondiale de PRM en très grande série. Mais une telle
monopolisation serait-elle un atout pour les usagers de l’électricité et
la souveraineté énergétique du pays.
L’enjeu du coût de fabrication des PRM se
pose différemment pour les autres usages que la production d’électricité
déjà décarbonée. La fourniture de chaleur par les PRM n’a pas à entrer
en concurrence avec les chaudières à combustible fossile (à tout le
moins les politiques d’action climatique devraient l’empêcher), mais
plutôt avec les autres sources décarbonées, telles que la biomasse,
l’hydrogène produit par électrolyse ou l’électrification directe des
procédés. Vu d’aujourd’hui, le jeu paraît ouvert, devant être analysé au
cas par cas.
LES PRM, POUR DEMAIN SÛREMENT OU APRÈS-DEMAIN PEUT-ÊTRE ?
Si l’on écoutait les porteurs de projets,
la France de 2030 serait couverte de PRM – et sans doute aussi les
États-Unis et bien d’autres pays. Évidemment, s’agissant de start-up à
la recherche de financements, il leur faut attirer des investisseurs
privés, lesquels sont souvent plus amateurs de retour rapide sur
investissement que de technologie. La start-up, c’est la petite
entreprise génétiquement modifiée pour attirer l’investisseur.
Si le gouvernement a commandé un rapport
au haut-commissaire à l’énergie atomique sur le degré de maturité des
divers projets, c’est sans doute qu’il s’est demandé s’il pouvait être
confronté à quelques surprises. Il a néanmoins classé « confidentiel »
ce rapport (l’auteur de l’article recommande vivement la lecture du
billet d’humeur d’Yves Bréchet, ancien haut-commissaire à l’énergie
atomique, paru au no 45 de Progressistes, disponible en ligne sur le site de la revue). Cela limite, mais n’empêche pas, la réflexion qu’on peut avoir sur le sujet.
Le degré de maturité d’un projet PRM, soit
l’estimation de la rapidité de sa faisabilité industrielle, doit
s’apprécier au regard non seulement de la technologie du réacteur, mais
aussi du combustible utilisé. Ainsi Nuward et Calogena sont des
réacteurs dessinés à partir de technologies éprouvées qui utilisent le
même combustible que le parc nucléaire actuel, composé d’uranium
faiblement enrichi produit par Orano, dont la fabrication peut être
assurée par Framatome et le recyclage par Orano. Les incertitudes sur
ces projets ne relèvent donc a priori que de l’ingénierie, des
débouchés commerciaux, de l’acceptabilité de l’installation sur site –
ce qui n’est toutefois pas négligeable.
Les projets Hexana et Otrera de réacteurs
rapides refroidis au sodium, s’appuient sur les connaissances acquises
par le CEA dans l’exploitation des réacteurs Phénix et Superphénix, qui
ont fonctionné, et dans les études menées sur le projet ASTRID, dont les
connaissances ont été capitalisées. Ces expériences et connaissances
concernent aussi bien le réacteur que le combustible (baptisé MOx-RNR).
Cela étant, après l’abandon de Superphénix par le Premier ministre
Lionel Jospin puis du projet ASTRID par décision arbitraire du président
Macron, l’industrialisation des procédés de fabrication des composants
du réacteur comme du combustible est à rebâtir, ce qui éloigne sans
doute l’horizon de mise en service de tels PRM au-delà de 2030.
Les autres projets reposent sur des
technologies de réacteurs et/ou de combustible qui n’ont pas encore fait
leurs preuves d’un point de vue industriel : réacteurs à haute
température, refroidis au plomb fondu, à sels fondus… Souvent nommés AMR
(advanced modular reactor), leur mise au point nécessite
encore des actions de recherche et développement et d’expérimentation en
laboratoire, exigeant des équipements dont les start-up n’ont
vraisemblablement pas les moyens de se doter, ce qui doit les conduire à
s’associer à des laboratoires existant au CEA, au CNRS… Pour les
projets reposant sur des technologies très avancées, tels que les
réacteurs à sels fondus, on peut se demander si la start-up constitue un
cadre de développement adapté.
LE RISQUE DE PRIVATISATION DU NUCLÉAIRE
On peut distinguer plusieurs phases dans
le déploiement des PRM : la recherche-développement, l’ingénierie, la
fabrication industrielle, l’exploitation sur site. Typiquement, les
start-up s’occupent de l’ingénierie en bénéficiant des connaissances
acquises par des grands laboratoires de recherche, le plus souvent
publics. Tant que les rapports entre les deux entités sont de qualité,
le modèle peut fonctionner. Quand arrive le stade de
l’industrialisation, s’agissant de réacteurs et de combustible
nucléaires que seule la grande industrie est en mesure de maîtriser, on
peut se demander comment une PME pourrait efficacement devenir donneuse
d’ordre. Le modèle de la start-up veut plutôt qu’elle soit rachetée par
plus grand qu’elle. Mais quel sera ce plus grand ? EDF ou
TotalEnergies ? La question n’est pas dénuée de sens, et suscite des
inquiétudes dès que l’on imagine le stade de l’exploitation. Les PRM ont
beau se caractériser par la simplification des dispositifs de sûreté,
sa garantie et le respect des normes définies par l’autorité
indépendante qui en a la mission resteront des impératifs
incontournables. Seront-ils compatibles avec la mission première d’une
entreprise privée, à savoir la rémunération des actionnaires ?
Prenons l’exemple récent de la découverte
par l’exploitant de corrosions sur des tuyauteries de circuits de
sécurité de certaines centrales nucléaires en France. EDF s’est alors
conformée au principe de précaution le plus douloureux, financièrement
parlant : l’arrêt d’une dizaine de réacteurs pour réparation immédiate,
ce qui a réduit la production nucléaire d’un tiers durant un an.
Aurait-elle agi de même si sa gouvernance avait été aux mains de fonds
d’investissements ou de pensions, anglo-saxons ou autres ?
Avancer ce questionnement n’est pas
culpabiliser les ingénieurs, techniciens et administratifs qui
s’investissent dans ces start-up porteuses de projets ambitieux,
techniquement passionnants, socialement et écologiquement utiles. Au
contraire, c’est chercher à éviter que leur engagement et leur travail
ne soient un jour mis au rebut ou détournés de leur ambition première.
Pensons à ces chercheurs de la high tech engagés il y a
quelques années dans des petites start-up de la Silicon Valley et
poursuivant le rêve de mettre le numérique au service de l’émancipation
humaine : elles ont été phagocytées par les GAFAM, ces géants du
capitalisme mondial avides d’accumulation et de profit, et qui, Elon
Musk en tête, entendent imposer au monde leur idéologie libertarienne
d’extrême droite. Mieux vaut prévenir que guérir.
*MICHEL DONEDDU est ingénieur EDF et syndicaliste CGT.
Tout comprendre aux SMR, ces petits réacteurs nucléaires modulaires prisés par Emmanuel Macron
Les SMR font partie des dix technologies dans lesquelles le gouvernement
a décidé d’investir, dans le cadre du plan France 2030 dévoilé le 12
octobre par Emmanuel Macron. De quoi s’agit-il ? Quel intérêt pour la
France ? Quels sont les risques ? On a fait pour vous le tour de ces
questions.
Après avoir réservé 50 millions d’euros du plan de relance au développement du projet de petit réacteur nucléaire Nuward
piloté par d’EDF, le gouvernement français a décidé de faire de cette
nouvelle technologie, une des dix priorités de son plan d'investissement
à 2030. Mais de quoi s'agit-il exactement ?
Comme leur nom l'indique, les SMR (pour « small modular reactor ») sont
de petits réacteurs nucléaires modulaires. Petits, parce qu’ils
affichent une puissance entre 25 et 500 MW suivant les designs, quand
les réacteurs civils actuels oscillent plutôt entre 900 et 1 600 MW,
pour le plus puissant, l’EPR français. Modulaires, parce qu’ils ont un
design très intégré et standardisé pour être produit en usine en série
et installé en grappe, pour baisser les coûts de construction et
d’exploitation. C’est là que réside toute la nouveauté.
Quelle est la technologie utilisée ?
La plupart de projets de SMR dans le monde se base sur la technologie
du nucléaire civil actuel, dite de troisième génération, à eau légère
bouillante ou à eau pressurisée, celle du parc nucléaire français. Mais
certains pays, notamment la Chine, la Corée du Sud, le Japon et le
Canada, développent des SMR de quatrième génération à base de
technologie à sels fondus, gaz haute température ou neutrons rapides.
Ces technologies sont moins matures, mais mieux adaptées pour décarboner
certains processus industriels électrochimiques. On parle alors de
réacteur modulaire avancé ou AMR.
Quels seront leurs usages ?
Ces SMR ne sont pas uniquement destinés à la production d’électricité,
mais aussi à la production de chaleur, à terre ou sur barge, au plus
près des usages jusque dans des zones isolées, du grand nord canadien ou
russe, par exemple. Ils pourraient aussi remplacer les centrales
électriques au fioul ou à charbon en réutilisant les infrastructures
réseaux existantes.
Les développements ont
commencé il y a une vingtaine d’années. L’Agence internationale de
l’énergie atomique, à Vienne, dénombre plus de 70 projets de SMR dans le monde.
Un seul SMR est aujourd'hui en production, sur une barge en mer en
Sibérie orientale. Plusieurs sont en construction en Chine. Le SMR plus
avancé commercialement est celui de la start-up américaine Nuscale, même si le premier exemplaire ne sera mis en service au États-Unis qu’en 2029.
Quelle est la place de la France ?
La France n’est entrée dans la course aux SMR qu’en 2017, pour trois
raisons. D’abord, parce qu’elle a tout misé sur l’EPR à l’export, puis
sur un EPR 2, optimisé, pour la France. Ensuite, parce que côté
recherche, elle se concentrait surtout sur le cycle du combustible, pour
résoudre le problème des déchets. Enfin, parce que l’implosion d’Areva
en 2015 a gelé nombre de projets d’innovation dans la filière.
C’est EDF qui pilote le projet en consortium
avec le CEA, TechnicAtome et Naval Group. Baptisé Nuward, il s’agira
d’un SMR de 170 MW à eau pressurisée, qui serait associé par paires. Il
ne sera pas commercialisé avant 2035. Nuward a été initialement conçu
uniquement pour l’export, pour remplacer des centrales thermiques
fossiles place pour place, comme les centrales à charbon polonaises.
Mais il pourrait finalement aussi être construit en France. Pas pour
remplacer les EPR, mais pour démontrer aux clients la capacité française
à les construire. À horizon 2050, ils pourraient aussi aider à absorber
la croissance de la demande d’électricité liée à l’électrification des
transports et de l’industrie et à la production d’hydrogène.
Quels sont les inconvénients ?
Les SMR restent des réacteurs nucléaires, technologie controversée. Ils
ne résolvent pas le problème des déchets. Surtout, ces technologies ne
sont pas matures. Le seul recul est celui des systèmes intégrés de
propulsion nucléaire des brise-glaces russes, qui ont connu certains
déboires, ou des porte-avions et sous-marins militaires. Mais il n’y a,
du moins en France, pas de transferts de technologies prévu, même si
TechnicAtome participe au consortium Nuward.
... Et les avantages de cette technologie ?
Sur le papier, les avantages sont nombreux. Le principal est que grâce à
des technologies dites de sûreté passive, avec le réacteur et le
refroidissement dans une même enceinte hermétique, le SME serait
insensible aux aléas climatiques et pourrait fonctionner avec un minimum
de pilotage. Malheureusement, c’est une technologie que la France ne
maîtrise pas bien. Pour Nuward, EDF pourrait s’allier à l’Américain Westinghouse.
L’autre avantage est la promesse de production en série, qui permettra
de baisser les coûts, et de développer une filière industrielle. Mais
avec plus de 70 partants dans la course au SMR, il y aura peu de
finalistes. Et pas sûr, vu son retard, que la France en fasse partie,
même si elle dispose d'atouts.
Aurélie Barbaux, Grand reporter Énergie et industrie durable
D) - Dans l'espace, sous terre
et bientôt sur la mer ? Ces projets fous qui veulent installer des data
centers au large pour bénéficier de l'énergie des vagues
Une start-up américaine soutenue par le milliardaire Peter Thiel relance
le concept des data centers installés en mer. Mais les défis techniques
et écologiques rendent difficile le passage à l'échelle de ce type de
projets.
Dans l'espace, sous
terre, et bientôt en mer ? Alors que les data centers, véritables
centres névralgiques de l'IA, connaissent une opposition croissante aux
quatre coins du globe, certains acteurs ne se résignent pas à ralentir
la cadence. Si la perspective d'une installation ailleurs que sur la
terre ferme n'est pas nouvelle, elle semble désormais se concentrer sur
un nouvel espace : le grand large.
Une idée folle qui vient d'être
relancée par une levée de fonds outre-Atlantique. La start-up
Panthalassa vient de rassembler 140 millions de dollars auprès d'un
parterre d'investisseurs de premier plan, comme le milliardaire
libertarien Peter Thiel, cofondateur de Palantir et de PayPal. Il est
accompagné dans cette aventure par des noms bien connus du monde de
l'investissement comme Max Levchin (son ex-acolyte à PayPal), ou encore
Marc Benioff (Salesforce), via sa structure Time Ventures.
Ocean-2 : un datacenter d’IA flottant alimenté par les vagues de l’océan
Panthalassa, soutenue par Peter Thiel et
plusieurs grands noms de la tech, veut déplacer une partie du calcul IA
en mer pour contourner la pénurie d’électricité, les contraintes
foncières et la pression climatique. Le pari est ambitieux, financer à
hauteur de 140 millions de dollars un modèle de datacenter autonome qui
produit son énergie sur place, traite les requêtes en mer et renvoie les
résultats par satellite.
Le projet ne relève plus de la science-fiction. Selon un communiqué
de Panthalassa, la série B de 140 millions de dollars a été menée par
Peter Thiel, avec la participation de John Doerr, TIME Ventures de Marc
Benioff, SciFi Ventures de Max Levchin et d’autres investisseurs. La
société vise un premier test de nœuds informatiques flottants dans le
Pacifique en 2026. Et elle affirme avoir déjà validé ses prototypes
précédents, Ocean-1, Ocean-2 et Wavehopper, lors d’essais en mer.
Exploiter la force des vagues de l’océan
L’idée
est de transformer l’océan en centrale électrique et en site
d’inférence IA. Panthalassa décrit Ocean-2 comme une sorte de barrage
hydroélectrique flottant : le mouvement des vagues pousse de l’eau dans
un système interne, fait tourner une turbine et génère l’électricité
nécessaire aux puces IA embarquées. Le modèle Ocean-3 va plus loin, il
n’est ni ancré ni relié par câble, et produit puis consomme son énergie à
bord, avant d’envoyer les réponses par satellite.
Le timing est stratégique. La demande en calcul IA explose, tandis
que les datacenters terrestres se heurtent à des limites de
raccordement, de foncier et de délais de construction. Panthalassa
présente son approche comme “clean”, sans carburant, sans usage du sol
et “very fast to scale”. Argument énergétique, l’entreprise met en avant
une énergie des vagues perçue comme abondante, et donc potentiellement
bon marché.
One of our first big milestones — and we mean big — came with Ocean-2, a full-scale prototype deployed off the Washington coast, built by our team of inventors, programmers, welders, physicists, and engineers.
Le concept est séduisant, mais il soulève plusieurs
questions : fiabilité des systèmes en mer, maintenance, latence
satellite, et coût réel d’un déploiement à grande échelle. Panthalassa
affirme viser une mise en service offshore vers août 2026, puis des
déploiements commerciaux en 2027. Autrement dit, la technologie devra
prouver rapidement qu’elle peut tenir ses promesses au-delà du
prototype.
E) - « Il disparaît en 50 jours » : le plastique en bambou inventé en Chine surpasse le pétrole
Le bioplastique révolutionnaire à base de bambou, mis au
point par des chercheurs chinois, promet de remplacer les plastiques
traditionnels grâce à sa solidité exceptionnelle et sa biodégradabilité
en 50 jours.
La recherche scientifique continue de repousser les limites de
l’innovation en matière de matériaux durables. Une équipe de chercheurs
de l’Université de la forêt du Nord-Est en Chine a récemment mis au
point un bioplastique révolutionnaire à partir de bambou. Ce matériau se
distingue non seulement par sa solidité exceptionnelle, mais aussi par
sa capacité à se biodégrader en seulement 50 jours, offrant ainsi une
alternative prometteuse aux plastiques traditionnels à base de pétrole. Ce bioplastique pourrait bien marquer un tournant dans l’industrie des matériaux durables.
Des plastiques moléculaires en bambou à haute résistance
Une étude publiée dans la revue Nature Communications décrit une
stratégie d’ingénierie moléculaire pour fabriquer des plastiques
moléculaires en bambou (BM-plastics) de haute résistance. Les chercheurs
ont utilisé des solvants eutectiques profonds pour désassembler le
réseau de liaisons hydrogène de la cellulose de bambou. Ils ont ensuite
stimulé moléculairement la reconstruction des interactions denses par
l’hydrogène à l’aide d’éthanol.
Le résultat de cette ingénierie est un bioplastique présentant une
résistance mécanique exceptionnelle, avec une résistance à la traction
de 110 MPa et un module de flexion de 6,41 GPa. En outre, ce matériau
offre une stabilité thermique remarquable, supérieure à 180°C, et une
grande polyvalence dans les procédés de fabrication tels que l’injection, le moulage
et l’usinage. Selon les chercheurs, le BM-plastic surpasse la plupart
des plastiques et bioplastiques commerciaux en termes de performances
mécaniques et thermiques tout en restant entièrement biodégradable dans
le sol en 50 jours.
Performance du plastique bambou comparée aux plastiques traditionnels
Lors des tests comparatifs, le plastique de bambou a non seulement
égalé, mais souvent surpassé les plastiques traditionnels en termes de
stabilité mécanique, thermique et de façonnabilité. Cela le positionne
comme une alternative viable pour diverses applications industrielles.
De plus, ce bioplastique peut être recyclé en boucle fermée, conservant
90 % de sa résistance initiale, ce qui en fait une option durable et
performante pour remplacer les matériaux plastiques conventionnels.
La production de ce plastique biodégradable repose sur une méthode
qui transforme la cellulose de bambou en matériaux écologiques et
performants, tout en étant adaptable à une échelle industrielle. Cette
capacité à allier durabilité et performance pourrait bien révolutionner
le secteur des matériaux plastiques.
Une alternative écologique aux plastiques à base de pétrole
Les chercheurs ont souligné le potentiel du plastique en bambou pour
remplacer les plastiques à base de pétrole, souvent critiqués pour leur
impact environnemental. Ce bioplastique, grâce à sa capacité à se
dégrader rapidement dans le sol, constitue une solution prometteuse aux
problèmes posés par les déchets plastiques. En outre, la possibilité de
recycler ce matériau sans perdre ses propriétés mécaniques renforce son
attrait en tant que solution durable.
Cependant, l’adoption à grande échelle de ce bioplastique reste
limitée par des défis techniques, notamment la nécessité d’améliorer
certaines propriétés mécaniques pour des applications plus exigeantes.
Les chercheurs continuent de travailler sur ces aspects pour optimiser
les performances du plastique en bambou et élargir son spectre
d’utilisation.
Et si une simple plante pouvait remplacer le plastique, sauver des forêts entières et transformer l’économie mondiale ?
Le bambou est aujourd’hui considéré comme l’un des matériaux les plus prometteurs du futur. Capable de pousser jusqu’à 1 mètre par jour, ultra résistant, biodégradable et renouvelable, il s’impose comme une alternative sérieuse au plastique et au bois.
Dans ce documentaire complet, vous allez découvrir comment le bambou est cultivé, récolté et transformé à grande échelle. Des montagnes d’Asie jusqu’aux usines industrielles, plongez dans une industrie qui génère plus de 90 milliards de dollars chaque année.
Vous comprendrez pourquoi cette plante fascine autant les scientifiques, les entreprises et les défenseurs de l’environnement.
Au programme dans cette vidéo :
La croissance incroyable du bambou
Son rôle dans la lutte contre le changement climatique
La transformation industrielle du bambou
Les objets du quotidien fabriqués à partir de bambou
Son utilisation dans la construction et le textile
Les avantages et limites de cette ressource
Pourquoi le bambou pourrait remplacer le plastique
Le bambou n’est pas seulement une tendance écologique. C’est une véritable révolution en cours.
Mais est-ce vraiment la solution miracle ?
Perspectives et défis de l’adoption du plastique en bambou
Bien que le plastique en bambou présente de nombreux avantages, il
doit encore surmonter certains obstacles avant de pouvoir être adopté à
grande échelle. Les chercheurs reconnaissent que certains composites de
bambou sont limités par des propriétés mécaniques inférieures, ce qui
les rend inadaptés à certaines applications industrielles exigeantes. De
plus, la composition de fibres de bambou immergées dans une résine plastique pose des défis pour la biodégradabilité complète.
Malgré ces défis, l’innovation
continue dans ce domaine promet de surmonter ces obstacles, offrant à
terme une alternative viable et durable aux plastiques traditionnels.
Les progrès réalisés dans la fabrication de plastiques à partir de
biomasse organique, comme le bambou, montrent le potentiel de ces
matériaux pour transformer l’industrie du plastique. Quel sera l’impact
de ces innovations sur notre utilisation future des plastiques ?
Ce plastique végétal résiste à la
chaleur, au choc, et se dégrade tout seul
Depuis des années, les objets du
quotidien à base de fibres végétales peinent à conjuguer
performance industrielle et respect de l’environnement. Mais une
découverte de chercheurs chinois pourrait changer la donne.
La transition vers des matériaux durables reste l’un des plus
grands défis de l’industrie moderne. Derrière les slogans
écologiques et les designs naturels, peu de solutions parviennent à
conjuguer performance et dégradabilité réelle. Pourtant, au
croisement de la chimie verte et de l’ingénierie des matériaux, une
avancée récente vient rebattre les cartes. Longtemps relégué au
rang d’alternative imparfaite, le plastique de bambou vient
d’acquérir des propriétés qui le placent au cœur des enjeux
industriels de demain.
Tout ce que le plastique de bambou ne permettait pas jusqu’à
présent
Les objets estampillés « bambou » sont rarement aussi
écologiques qu’ils en ont l’air. La majorité d’entre eux sont
constitués de fibres naturelles noyées dans une matrice plastique.
Cette combinaison donne naissance à des matériaux composites que
les industriels désignent sous le nom de BPC, pour bamboo plastic
composite. Bien que la présence de bambou réduise la
quantité de plastique utilisée, elle ne garantit ni une
dégradation complète ni une innocuité environnementale. PandaBode souligne que ces
composites contiennent souvent des résines époxy ou du
polypropylène, des
substances difficiles à éliminer en fin de vie et
potentiellement problématiques en contact avec les aliments chauds
ou acides.
Par ailleurs, la promesse de biodégradabilité dépend largement
des conditions d’exposition. Si certains polymères biosourcés comme
les PLA peuvent se décomposer en présence d’oxygène et de
micro-organismes, cela suppose un compostage, pas encore accessible
à tous. Quant à la recyclabilité, elle reste théorique dans la
majorité des cas, en l’absence d’infrastructures capables de
traiter ces mélanges complexes.
Une percée moléculaire change les règles du jeu
Une équipe de chercheurs chinois, affiliée à la Northeast
Forestry University à Harbin, vient de franchir un cap décisif.
Plutôt que d’ajouter du plastique au bambou, ils ont préféré
transformer directement sa cellulose en une matière plastique
performante. En dissolvant les fibres à l’aide d’un solvant
alcoolique non toxique, puis en réassemblant les chaînes
moléculaires selon une méthode précise, ils obtiennent une
structure dense et homogène, à la fois rigide et modulable. Cette
innovation a été détaillée dans Nature Communications, qui met en avant
un plastique capable de supporter des températures supérieures à
180 °C tout en conservant sa résistance mécanique, même en milieu
humide.
Le plastique de bambou ainsi obtenu affiche des propriétés
impressionnantes. Il présente une résistance à la traction de 110
mégapascals, ce qui dépasse les performances de
plastiques industriels comme l’ABS ou le PMMA. Mieux encore, il
se recycle en boucle fermée tout en conservant 90% de sa solidité
initiale. Attention néanmoins : si le procédé est connu, il est
malheureusement encore peu répandu dans l'industrie. Une fois mis
en terre, il se décompose en moins de deux mois sous l’action de
micro-organismes. Scimex rappelle que cette
solution surpasse non seulement les bioplastiques classiques,
souvent fragiles, mais aussi plusieurs plastiques d’usage courant
dans les tests de stabilité thermique et de malléabilité.
Vers un matériau industriel recyclable
et biodégradable
Cette avancée ouvre des perspectives concrètes pour remplacer
les plastiques fossiles dans des secteurs jusqu’ici hors de portée
des bioplastiques. Le nouveau plastique de bambou ne se contente
pas d’être vert sur le papier. Il peut être injecté, moulé ou usiné
selon les procédés classiques de l’industrie plastique. Il se
façonne en feuilles, en pièces mécaniques, ou en panneaux alvéolés
à usage structurel. Grâce à sa stabilité dimensionnelle, il résiste
aux variations de température de −30 à 100 °C et supporte des chocs
importants sans se fissurer.
L’argument écologique ne s’arrête pas à sa
biodégradabilité. L’analyse technico-économique menée par
l’équipe de recherche montre que le coût de production de ce
plastique végétal reste compétitif. En combinant des solvants
réutilisables, une consommation électrique modérée et une matière
première abondante, les chercheurs démontrent qu’un modèle
industriel est envisageable à grande échelle.
Alors que les volumes mondiaux de plastique pourraient dépasser
1,2 milliard de tonnes d’ici 2060, cette innovation rappelle qu’un
simple végétal comme le bambou, exploité avec rigueur scientifique,
peut offrir bien plus qu’un vernis écologique. En rendant le
plastique de bambou aussi performant que ses équivalents issus du
pétrole, les chercheurs changent les règles du jeu et redéfinissent
ce que peut être un matériau véritablement durable.