juin 10, 2026

Les comptes Trump remplaceront-ils la Sécurité sociale ou créeront-ils une économie de la propriété ?


Améliorer les comptes de Trump - Les comptes Trump remplaceront-ils la Sécurité sociale ou créeront-ils une économie de la propriété ?

 

 

Les comptes Trump ne sont pas parfaits, mais leur principe de base est juste : le système d’épargne américain est défaillant et les comptes Trump peuvent être réformés pour répondre aux besoins réels d’un plus grand nombre d’Américains, affirme Adam Michel de l’institut Cato dans son nouveau rapport : https://ow.ly/MclB50Z9wwL

Les comptes Trump sont de nouveaux comptes d'épargne destinés aux jeunes adultes. Ils comprennent un investissement initial de 1 000 $ financé par le gouvernement pour les Américains nés entre 2025 et 2028. Ces comptes permettent également des contributions supplémentaires de la part des familles, des employeurs et des organismes caritatifs. Les comptes Trump sont la dernière nouveauté d'un code des impôts qui comprend déjà plus d'une douzaine de comptes d'épargne qualifiés similaires, chacun avec ses propres critères d'admissibilité, limites de contribution et restrictions de retrait. 

Cette analyse révèle que les comptes Trump fonctionnent principalement comme un programme d'aide sociale plutôt que comme un instrument d'investissement fiscalement neutre. Pour la plupart des familles, les comptes Trump sont moins avantageux fiscalement que les alternatives existantes et complexifient considérablement un système déjà fragmenté, limitant ainsi la participation. L'analyse conclut en proposant des réformes qui s'appuient sur les points forts des comptes Trump en adoptant la structure d'un compte d'épargne universel et en consolidant le reste du système en options plus simples et plus flexibles, afin d'élargir l'accès et de réduire la complexité. 

Introduction 

Le code des impôts propose plus d'une douzaine de comptes d'épargne qualifiés, chacun avec ses propres critères d'admissibilité, limites de contribution et restrictions de retrait. Il en résulte un système complexe qui avantage de manière disproportionnée les ménages financièrement avertis et stables, capables de s'y retrouver. Les nouveaux comptes Trump, qui incluent un investissement initial de 1 000 $ financé par le gouvernement pour les Américains nés entre 2025 et 2028, constituent le dernier ajout à ce labyrinthe. Ils introduisent une structure inédite permettant l'épargne dès le plus jeune âge grâce à des contributions supplémentaires des familles, des employeurs et des organismes caritatifs. Cependant, dans de nombreux cas, les comptes Trump offrent moins d'avantages fiscaux que les alternatives existantes. 

 Cette analyse politique évalue les comptes Trump dans le cadre plus large des produits d'épargne qualifiés. Elle conclut que, pour la plupart des Américains, les comptes Trump constituent un programme d'aide sociale, et non un compte d'investissement fiscalement avantageux. Ceci contraste avec d'autres comptes qualifiés qui améliorent principalement le traitement fiscal de l'épargne personnelle. Les comptes Trump ajoutent une couche de complexité supplémentaire à un système déjà fragmenté, ce qui limitera la participation. Les objectifs politiques plus ambitieux de ces comptes – réduire la dépendance à la sécurité sociale ou encourager l'émergence d'une nouvelle génération de capitalistes – ne sont pas étayés par des données probantes. 

L'analyse conclut en présentant un programme de réformes visant à supprimer les subventions directes et à consolider le système actuel de comptes disparates en un nombre réduit de produits d'investissement, notamment un Compte d'épargne universel plus neutre et flexible, s'appuyant sur les atouts des comptes Trump. En privilégiant la simplicité et la liquidité, ces réformes permettraient d'élargir l'accès à l'épargne pour un plus grand nombre d'Américains et de contrer les incitations politiques des législateurs à étendre les subventions actuellement limitées.

Présentation des comptes Trump 

Les comptes Trump sont des comptes d'investissement sous tutelle ouverts pour les enfants dès leur naissance ou durant leur petite enfance et transférés au bénéficiaire à sa majorité. Ils combinent les avantages fiscaux des placements d'épargne et des programmes d'aide sociale gouvernementaux. Conçus pour encourager l'épargne dès le plus jeune âge, ces comptes imposent toutefois des règles complexes pour bénéficier d'avantages fiscaux et y accéder. Ils permettent les contributions de la famille, des employeurs, d'organismes caritatifs et des gouvernements, et se transforment en un compte de retraite individuel (IRA) classique le 1er janvier de l'année des 18 ans du bénéficiaire. Les comptes Trump accepteront les contributions à partir du 4 juillet 2026. 

Principales caractéristiques : 

 Contribution gouvernementale : Un versement unique de 1 000 $ pour les enfants nés aux États-Unis entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2028, quel que soit le statut d'immigration des parents. Un parent ou tuteur doit ouvrir un compte Trump au nom de l'enfant.² 

Contributions familiales : Les parents, les proches et les amis peuvent verser jusqu'à 5 000 $ par an (après impôt, non déductibles) jusqu'au 1er janvier de l'année où le bénéficiaire atteint l'âge de 18 ans. 

Contributions de l'employeur : Les employeurs peuvent verser jusqu'à 2 500 $ par an et par employé sur les comptes des personnes à charge.³ Ces contributions sont déductibles pour l'employeur et exclues du revenu imposable de l'employé. Les employeurs peuvent également faciliter les contributions avant impôt des employés sur le compte d'une personne à charge par le biais d'un plan de type « cafétéria » (article 125).⁴ Les contributions de l'employeur et de l'employé, correctement structurées, peuvent être exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales, sous réserve de précisions du Trésor américain.⁵ Les contributions de l'employeur et de l'employé sont prises en compte dans le plafond annuel de 5 000 $. 

Contributions des organismes sans but lucratif et des administrations publiques : Les contributions des organismes de bienfaisance et des entités gouvernementales, y compris les États, ne sont pas prises en compte dans le plafond annuel de 5 000 $. Restrictions d'investissement : Les fonds doivent être investis dans des fonds indiciels diversifiés à faibles frais, composés principalement d'actions américaines. 

Accès restreint : Les fonds sont inaccessibles avant l'âge de 18 ans. Le 1er janvier de l'année où le bénéficiaire atteint l'âge de 18 ans, le compte est converti en un IRA traditionnel, et les règles qui en découlent s'appliquent. 

Pénalités pour retrait anticipé : Les retraits effectués entre 18 et 59 ans et demi sont majorés d'une pénalité de 10 %, sauf s'ils correspondent à une exemption prévue par l'IRA, par exemple pour le paiement des frais de scolarité et des dépenses connexes pour des études supérieures, ou jusqu'à 10 000 $ pour l'achat d'une première résidence principale.⁶ 

Traitement fiscal du retrait : Les distributions sont généralement imposées au taux d'imposition sur le revenu (et non au taux réduit des gains en capital), mais le traitement varie selon le type de contribution. Les contributions des employeurs, des gouvernements et des organismes de bienfaisance sont entièrement imposables au moment du retrait. Pour les contributions après impôt des parents, des proches ou des amis, la contribution initiale (base) peut être retirée sans impôt, tandis que les revenus de placement sont imposés comme un revenu ordinaire.⁷

Aperçu des autres comptes admissibles 

Les systèmes d'imposition traditionnels incitent à la consommation plutôt qu'à l'épargne en imposant plusieurs niveaux d'imposition sur les intérêts et les rendements des placements. Les comptes de placement admissibles permettent de supprimer ces niveaux d'imposition à des degrés divers. 

Les salaires sont d'abord imposés par l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales. Les particuliers choisissent ensuite de dépenser ou d'épargner leur revenu net. L'épargne correspond simplement à une consommation différée, mise de côté pour être dépensée ultérieurement. Les intérêts perçus ou les rendements des placements constituent la rémunération versée par le marché pour inciter les individus à reporter leur consommation. Dans le cadre du système d'imposition sur le revenu, la plus-value des placements est à nouveau imposée sous forme d'intérêts, de gains en capital réalisés, de dividendes et de successions. 

 L'impôt sur les sociétés ajoute un niveau d'imposition supplémentaire sur les revenus provenant des placements en actions. L'imposition des rendements des placements réduit le rendement net de l'épargne, diminuant ainsi l'incitation du marché à reporter la consommation.⁸ Comparés aux taux d'imposition sur les salaires, les taux plus bas d'imposition sur les sociétés, les gains en capital et les dividendes, ainsi qu'une importante exonération de droits de succession, sont des mesures visant à atténuer ce biais défavorable à l'épargne. 

Un autre moyen pour le code des impôts de réduire le biais inhérent au système d'imposition sur le revenu qui défavorise l'épargne consiste à utiliser les comptes d'épargne qualifiés, tels que les plans d'épargne retraite 401(k) gérés par l'employeur, les comptes IRA et les comptes d'épargne-études 529. Ces comptes d'investissement qualifiés exonèrent d'impôt les gains en capital, les dividendes et les intérêts. L'impôt sur les sociétés continue toutefois de réduire le rendement des investissements. Dans ces comptes, les épargnants peuvent acheter une vaste gamme d'actions, d'obligations, de fonds communs de placement et de fonds négociés en bourse (ETF), bien que les règles varient. 

 En protégeant les rendements des investissements de multiples impositions, les comptes qualifiés rapprochent le système fiscal d'un traitement neutre de la consommation et de l'épargne. Les études montrent systématiquement que les comptes bénéficiant d'avantages fiscaux augmentent l'épargne privée.9 Et, à long terme, même de faibles augmentations de l'épargne privée contribuent à un stock de capital plus important, à une offre de travail accrue et à une économie plus dynamique. 

Les comptes qualifiés permettent aux contribuables de verser soit un revenu à imposition différée (comptes traditionnels), soit un revenu après impôt (comptes Roth). Les cotisations aux comptes d'épargne traditionnels sont déduites du revenu imposable ; par conséquent, aucun impôt sur le revenu n'est dû au moment du versement. Les fonds fructifient alors sans impôt et sont soumis à l'impôt sur le revenu au moment du retrait. Les comptes Roth reçoivent des cotisations après impôt, fructifient sans impôt et aucun impôt n'est dû au retrait. Si la cotisation et le retrait sont effectués alors que le contribuable se situe dans la même tranche d'imposition, le taux d'imposition effectif d'un placement dans un compte d'épargne Roth ou traditionnel est identique.10 D'autres comptes admissibles étendent ces mêmes principes de base à des types spécifiques de dépenses futures. Le tableau 1 résume les principales caractéristiques des principaux comptes d'épargne admissibles.11 (voir tableau en cliquant sur le lien originel)

Les comptes d'épargne-études de type 529 permettent aux cotisations après impôt de fructifier sans imposition, les retraits étant exonérés d'impôt lorsqu'ils sont utilisés pour des dépenses d'éducation admissibles.12 De nombreux autres types de comptes spécialisés fonctionnent selon des principes similaires, notamment les comptes d'épargne-études Coverdell, les comptes d'épargne-invalidité ABLE et les comptes spécialisés pour petites entreprises, travailleurs indépendants et actionnaires. 

Les comptes d'épargne santé (CES) offrent des avantages fiscaux supplémentaires qui compensent le biais de l'impôt sur le revenu défavorable à l'épargne, créant ainsi une subvention fiscale implicite pour l'épargne-santé admissible.13 Dans un CES, les cotisations sont déductibles de l'impôt sur le revenu et des cotisations sociales, et les retraits admissibles sont exonérés d'impôt. Les CES éliminent tous les impôts sur l'épargne-santé admissible, contrairement aux comptes d'investissement admissibles, qui n'éliminent les impôts que sur les gains en capital, les dividendes et les intérêts. 

Traitement fiscal comparatif de l'épargne 

Le tableau 2 présente une comparaison simplifiée de l'incidence des différentes structures de compte sur la valeur après impôt de l'épargne personnelle. L'illustration maintient constants le montant du revenu avant impôt disponible pour l'épargne, les rendements annuels et la durée de l'investissement ; elle ne fait varier que le traitement fiscal des cotisations. Cet exemple repose sur un versement unique de 5 000 $ avant impôt, un rendement réel annuel constant de 7 % et une durée d'investissement de 30 ans. Il applique un taux d'imposition sur le revenu de 24 % aux retraits de revenus ordinaires et un taux d'imposition sur les gains en capital de 15 %. Les résultats permettent d'isoler l'effet mécanique de chaque régime fiscal sur le rendement de l'épargne. (voir tableau en cliquant sur le lien originel)

Le compte imposable sert de référence pour la comparaison. Les cotisations sont effectuées avec le revenu après impôt, et les gains d'investissement sont imposés une seconde fois lors de leur réalisation. 

Dans ces conditions, les comptes traditionnels et Roth produisent des résultats identiques après impôt. Le compte traditionnel permet d'investir la totalité des 5 000 $ dès la première année et applique les taux d'imposition sur le revenu ordinaires au retrait total. La cotisation au compte Roth est réduite par l'impôt sur le revenu, mais le capital après impôt croît en franchise d'impôt. L'impôt payé d'avance représente de l'argent qui n'est jamais investi ; s'il avait été investi, il aurait fructifié au même rythme que le reste, ce qui explique pourquoi imposer l'argent avant ou après capitalisation aboutit au même résultat. 

 Les comptes HSA permettent d'exonérer totalement d'impôt les dépenses de santé admissibles. Les cotisations sont déductibles d'impôt et les retraits admissibles sont exonérés d'impôt. Les cotisations aux comptes HSA sont également exonérées des cotisations sociales, qui ne figurent pas dans le tableau 2. 

 Le traitement des cotisations personnelles aux comptes Trump diffère à la fois de celui des produits d'épargne neutres et de celui du compte imposable de référence. Les contributions de la famille et des amis sont prélevées sur le revenu après impôt, comme pour un compte-titres imposable, mais les gains en capital sont imposés comme un revenu ordinaire lors du retrait, et non au taux réduit des plus-values. De ce fait, les comptes Trump présentent le résultat après impôt le moins avantageux de toutes les options présentées dans le tableau 2. Une famille qui épargne 5 000 $ sur un compte Trump au lieu d'un compte-titres imposable classique se retrouverait avec 2 451 $ de moins après 30 ans, uniquement en raison du traitement fiscal moins favorable au retrait. 

L'atout majeur d'un compte Trump ne réside pas dans le traitement des contributions personnelles, mais dans la possibilité de recevoir des transferts de la part des gouvernements, des employeurs et des organismes sans but lucratif. Ces contributions représentent des subventions publiques directes ou des contributions exonérées d'impôt de la part des employeurs ou des organismes sans but lucratif. Dans ce contexte, ces comptes fonctionnent moins comme un instrument d'investissement visant à renforcer la neutralité fiscale que comme un programme d'aide sociale.14 Tout avantage financier de ces comptes découle donc principalement de la présence de ces contributions externes, et non d'un traitement fiscal plus favorable des contributions versées par la famille ou les amis du bénéficiaire. 

 L'exemple simplifié du tableau 2 fait abstraction de choix de portefeuille importants, tels que les placements rémunérés (soumis à l'impôt sur le revenu ordinaire dans les comptes imposables classiques) et les versements de dividendes annuels ou les plus-values ​​réalisées à moyen terme. Les comptes Trump peuvent offrir des avantages fiscaux spécifiques pour certaines stratégies d'investissement, notamment le report des impôts à moyen terme dus sur les revenus d'intérêts, les dividendes et autres plus-values ​​réalisées, ainsi que des techniques de conversion Roth plus complexes (détaillées ci-dessous). Cependant, pour une famille type effectuant des versements simples, le calcul fiscal de base est défavorable. 

 L'une des utilisations les plus sophistiquées des comptes Trump illustre comment la complexité influence les bénéficiaires. Après la conversion du compte en IRA traditionnel à l'âge de 18 ans, il devient éligible à la conversion en Roth IRA. Cette stratégie permet aux familles de payer l'impôt sur les retraits lorsque le revenu et le taux d'imposition du bénéficiaire sont faibles, afin que les fonds puissent ensuite fructifier sans impôt et éviter une imposition plus élevée sur le revenu ordinaire plus tard. En pratique, la conversion Roth permet d'exploiter les différences de taux marginaux d'imposition tout au long de la vie.

La mise en œuvre de cette approche exige de maîtriser les multiples subtilités du droit fiscal. Le principal obstacle est l’impôt sur les revenus des enfants non salariés, qui impose les revenus non salariaux d’un enfant au-delà de 2 700 $ (en 2026) au taux marginal d’imposition des parents.15 Comme une conversion en Roth IRA génère des revenus non salariaux, elle peut déclencher cet impôt et être imposée au taux supérieur des parents, ce qui annule l’intérêt de la conversion lorsque les revenus de l’enfant sont faibles. Les familles doivent également gérer l’impôt induit par la conversion, ce qui peut nécessiter l’accès à des fonds supplémentaires provenant de l’extérieur du compte afin d’éviter de réduire le solde investi et de payer des pénalités. L’optimisation de la stratégie peut également impliquer d’étaler les conversions sur plusieurs années de faibles revenus et de les coordonner avec d’autres sources de revenus.16 

 Bien qu’une telle planification puisse offrir des avantages à long terme, elle est coûteuse, chronophage et, pour la plupart des gens, exige un accès régulier à des conseils fiscaux spécialisés. Elle comporte également le risque que le bénéficiaire retire des fonds à 18 ans à des fins non admissibles et paie la pénalité de 10 %, ce qui compromet les avantages de cette planification complexe. Pour la plupart des ménages, la complexité et les coûts initiaux rendent ces stratégies impraticables. Le plan 529 existant (avec transferts vers un IRA) et les comptes de courtage imposables restent les meilleures options d'investissement pour les enfants. 

La complexité des comptes qualifiés les rend moins intéressants. 

La complexité des critères d'admissibilité, des limites de cotisation, des seuils de revenus et des règles de retrait, répartis sur plus d'une douzaine de comptes, décourage la participation, notamment chez les ménages disposant de peu de temps, de faibles connaissances financières ou d'une épargne insuffisante pour les imprévus. Il en résulte un système principalement utilisé par ceux qui sont les mieux à même de le maîtriser. 

Pour les jeunes ménages et ceux dont les revenus sont faibles ou instables, un accès libre à l'épargne est souvent primordial. Les comptes qualifiés conditionnent un traitement fiscal avantageux au maintien des fonds inutilisés pendant de longues périodes ou à la restriction de leur utilisation à des fins approuvées par le gouvernement. Le non-respect des règles entraîne des pénalités fiscales. Les personnes qui ne souhaitent pas s'engager dans un blocage à long terme choisissent rationnellement de ne pas utiliser ces comptes et renoncent ainsi aux avantages fiscaux. 

Les ménages à faibles revenus sont nettement plus susceptibles d'effectuer des retraits anticipés en cas de choc de revenus, de perte d'emploi ou de dépenses imprévues. Un rapport du Government Accountability Office (GAO) révèle que les ménages les plus modestes présentent les taux les plus élevés de retraits anticipés et de pénalités associées. Par exemple, 12 % des ménages dont le revenu est inférieur à 25 000 $ ont été soumis à une pénalité de 10 % pour retrait anticipé.17 

 Les pénalités appliquées aux retraits anticipés ou non autorisés visent à préserver les objectifs d'épargne. En pratique, elles peuvent pénaliser davantage les ménages que s'ils n'avaient pas utilisé ces comptes. Les données de l'IRS pour les années d'imposition 2017 à 2019 montrent que pour les contribuables dont le revenu brut ajusté (RBA) est inférieur à 5 000 $, 43 % de l'impôt total payé a servi à payer les pénalités liées à l'utilisation de leur épargne. Pour ceux dont le RBA est inférieur à 25 000 $, environ 19 % de l'impôt sur le revenu payé a été consacré aux pénalités.18 

 L'épargne est souvent irrégulière et perturbée par les aléas de la vie. Subordonner les avantages fiscaux à des conditions d'utilisation strictes revient à taxer les ménages qui répondent à leurs propres besoins financiers, notamment en cas d'urgence. 

À l'autre extrémité de l'échelle des revenus, les ménages aux finances stables et ayant accès à des conseils professionnels peuvent optimiser leurs finances de manière à maximiser les avantages fiscaux, ce qui est inaccessible aux autres. Les épargnants aux revenus les plus élevés sont plus susceptibles de conserver une épargne liquide distincte, ce qui leur permet d'éviter toute pénalité. Ils utilisent également couramment des stratégies telles que les conversions Roth (décrites précédemment dans le contexte des comptes Trump) pour transférer des actifs de comptes traditionnels pendant les années de faibles revenus afin de garantir une croissance non imposable lorsque leurs revenus seront plus élevés.19 Les propriétaires de petites entreprises et les travailleurs indépendants disposent d'encore plus d'options de planification grâce à des comptes spécialisés supplémentaires. Il en résulte un système dans lequel ceux qui disposent des plus grandes ressources financières sont les mieux placés pour capter les avantages fiscaux les plus importants, tandis que ceux qui sont confrontés à des contraintes de liquidités sont les moins à même d'en profiter. 

Des comptes plus simples et universels : 

le cas à l’international L’expérience internationale montre que des comptes d’investissement plus simples et plus flexibles constituent une alternative populaire et largement utilisée au système américain actuel de comptes à usage spécifique. Le Canada et le Royaume-Uni ont adopté des systèmes de type compte d’épargne universel qui permettent des cotisations après impôt, une croissance des investissements non imposable et des retraits sans restriction.20 Il en résulte un outil d’épargne et d’investissement que les ménages peuvent utiliser à toutes fins sans avoir à se conformer à des règles complexes. 

Les comptes d’épargne individuels (ISA) du Royaume-Uni illustrent l’attrait de cette approche. Les ISA permettent des cotisations annuelles allant jusqu’à 20 000 £ (environ 27 000 USD) sans plafond de revenus, et les fonds peuvent être retirés à tout moment, pour quelque raison que ce soit, sans pénalité. Ces comptes sont très répandus. Environ 40 % des adultes britanniques éligibles détiennent un compte ISA, et les taux de cotisation y sont plus élevés qu'aux États-Unis pour les Roth IRA.21 Plus de 60 % des titulaires d'ISA gagnent moins de 30 000 £ par an (environ 40 500 USD), et, comme le montre la figure 1, les ménages à faibles revenus ont tendance à détenir une part plus importante de leurs ISA par rapport à leurs revenus que les ménages aux revenus plus élevés.22 La valeur marchande moyenne des ISA dépasse le revenu annuel des quatre premières tranches de revenus. Ces tendances suggèrent que des comptes simples, offrant un accès facile, peuvent attirer une large participation sans qu'il soit nécessaire de mettre en place des subventions ou des restrictions ciblées. (voir tableau en cliquant sur le lien originel)

Les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI) du Canada offrent des preuves tout aussi convaincantes. Lancés en 2009, les CELI permettent des cotisations après impôt, une croissance à l’abri de l’impôt et des retraits sans restriction. Les Canadiens peuvent cotiser jusqu'à 7 000 $ CA (environ 5 100 $ US) par année en 2026. Dès l'âge de 18 ans, les plafonds de cotisation annuels sont reportables aux années suivantes. Ainsi, une personne admissible qui avait au moins 18 ans en 2009 et qui ouvre un compte pour la première fois en 2026 pourrait cotiser jusqu'à 109 000 $ CA (environ 80 000 $ US) l'année de l'ouverture du compte.23 

Grâce notamment au soutien et au marketing efficaces des institutions financières privées, la participation a connu une croissance rapide : en 2023, 62 % des contribuables canadiens détenaient un compte, contre 42 % en 2013. 24 Les CELI sont particulièrement populaires auprès des jeunes et des épargnants à faible revenu, qui apprécient la possibilité d'accéder à des fonds en cas d'imprévus susceptibles de mettre à rude épreuve leurs autres ressources disponibles. La figure 2 l'illustre clairement : pour presque toutes les tranches d'âge, les taux de cotisation aux CELI dépassent ceux des régimes d'épargne-retraite dédiés. L’écart est le plus important pour les épargnants les plus jeunes et se réduit jusqu’à l’âge de la retraite. Fait remarquable, les taux de cotisation annuels au CELI sont relativement uniformes chez les contribuables de 25 ans et plus.25 (voir tableau en cliquant sur le lien originel)

Les données relatives aux CELI montrent également que même les ménages à très faible revenu maintiennent des soldes importants, dépassant souvent leur revenu annuel.²⁶ Ces comptes servent à la fois de véhicules d’épargne à long terme et de réserve financière à court terme, améliorant ainsi la résilience financière des Canadiens, quel que soit leur niveau de revenu. 

 Le gouvernement devrait-il subventionner l’épargne? 

 Les comptes d’épargne admissibles suppriment une pénalité fiscale existante sur l’épargne. Les comptes Trump vont plus loin grâce à des subventions gouvernementales directes de 1 000 $ par enfant. Leurs partisans justifient souvent cette subvention par un argument simple : si les actions rapportent en moyenne 9 % de rendement nominal et que le gouvernement peut emprunter à 4 %, il peut alors compenser la différence en finançant des investissements à long terme par l’intermédiaire des comptes des ménages. 

 Cet argument repose sur une mauvaise compréhension de la nature des rendements financiers et des contraintes des finances publiques. 

Premièrement, des rendements plus élevés s’accompagnent de risques plus élevés. Des rendements boursiers plus élevés compensent l’incertitude des investisseurs, tandis que les emprunts du gouvernement doivent être remboursés, quel que soit le résultat. Financer un transfert de 1 000 $ par l’emprunt déplace ce risque. Les ménages profitent des hausses lorsque les rendements sont élevés, mais les contribuables restent responsables du service de la dette, indépendamment de la performance des investissements. Cette politique ne crée pas tant de richesse qu'elle ne redistribue le risque dans le temps et entre les contribuables, sans aucune garantie que les rendements seront supérieurs aux coûts d'emprunt. 

Deuxièmement, les rendements du marché et les coûts d'emprunt ne sont pas fixes. Si l'État emprunte pour financer les comptes d'investissement privés, il peut faire monter les taux d'intérêt et réduire l'investissement privé, annulant ainsi tout avantage supposé.27 

Cet argument contredit également la contrainte budgétaire intertemporelle du gouvernement, qui l'oblige à rembourser ses emprunts en augmentant les impôts futurs ou en réduisant les dépenses ailleurs. Ces coûts sont immédiats et certains, tandis que les gains d'investissement sont incertains et différés, ce qui diminue l'avantage réel de la subvention. Cette exposition budgétaire ne se limite pas à la contribution initiale de 1 000 $ (estimée à environ 3,5 milliards de dollars par an par le Comité mixte sur la fiscalité).²⁸ Une fois mis en place, de tels programmes créent une incitation politique claire à accroître les subventions au fil du temps. 

Un problème connexe est que cette politique substitue de fait l'épargne publique à l'épargne privée. Si les ménages considèrent la contribution de 1 000 $ comme faisant partie de leur patrimoine à vie, ils peuvent réduire d'autres formes d'épargne ou ajuster leur consommation en conséquence. Dans ce cas, le programme n'augmente pas la formation globale de capital, mais redistribue la composition de l'épargne, en particulier parmi les ménages à faibles revenus, le gouvernement empruntant pour financer des actifs qui auraient été accumulés de toute façon. Contrairement aux incitations fiscales à l'épargne, un versement unique n'affecte pas le prix relatif de la consommation actuelle par rapport à la consommation future et ne modifie donc pas directement l'incitation marginale à épargner d'un individu. 

Les politiques qui encouragent ou subventionnent explicitement l'épargne peuvent pénaliser de nombreux ménages. La structure du compte Trump pourrait se prêter à de futurs élargissements prévoyant des subventions explicites à l'épargne, similaires au crédit d'impôt pour épargne-retraite existant.29 Des propositions existantes, telles que la loi sur les comptes d'épargne 401Kids, ajouteraient une contribution gouvernementale à l'épargne pour certains contribuables à faibles revenus 30 Comme l'a largement démontré Andrew Biggs, spécialiste des retraites, les travailleurs à faibles revenus inscrits automatiquement à des régimes de retraite peuvent compenser les nouvelles cotisations en augmentant leurs emprunts ou en réduisant d'autres formes d'épargne. Il en résulte une augmentation du solde brut des comptes de retraite, mais une diminution du patrimoine net des ménages. Parallèlement, les ménages peuvent être confrontés à un risque accru en cas d'urgence, du fait d'un accès réduit aux liquidités.31 Même les politiques encourageant l'épargne chez les jeunes actifs à fort potentiel de gains futurs induisent des habitudes de consommation sous-optimales tout au long de leur vie. 32 Lorsque l'État subventionne l'épargne, il appauvrit la population. 

Les comptes Trump remplaceront-ils la Sécurité sociale ou créeront-ils une économie de la propriété ? 

 L'une des défenses les plus ambitieuses des comptes Trump s'appuie sur la culture politique plutôt que sur la politique budgétaire directe. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a qualifié les comptes Trump de « porte dérobée pour privatiser la Sécurité sociale ».33 L'économiste Alex Tabarrok a partagé cet avis, suggérant que « ces comptes pourraient réduire la dépendance à l'égard de la Sécurité sociale » et compenser une partie du coût budgétaire du nouveau programme. 34 Il en découle que l'accumulation de patrimoine privé pourrait progressivement rendre superflues les prestations de retraite publiques, permettant ainsi une réforme. 

Cet argument surestime la portée réelle de ces comptes. Les comptes Trump sont juridiquement et financièrement indépendants de la Sécurité sociale. Ils ne modifient ni la formule de calcul des prestations, ni les cotisations sociales, ni l'âge de la retraite. Ils créent simplement un nouveau produit d'épargne parallèlement au système de répartition existant. Bessent lui-même a précisé par la suite que ces comptes « compléteraient » la sécurité sociale plutôt que de la remplacer.35 

L'argument politique est encore plus fragile. Les États-Unis disposent déjà d'un système d'épargne-retraite privé vaste et bien établi. En 2024, 70 % des ménages proches de la retraite possédaient un compte d'épargne-retraite privé, et la croissance des plans 401(k) et des comptes IRA au cours des dernières décennies n'a pas permis de réduire significativement la Sécurité sociale.36 Les Américains âgés constituent la tranche d'âge la plus aisée financièrement, avec la plus grande exposition aux marchés financiers tout au long de leur vie. Pourtant, en tant que bénéficiaires du système actuel, ils figurent parmi les opposants les plus virulents à la réforme de la Sécurité sociale.37 Compte tenu de ces antécédents, il y a peu de raisons de croire qu'un nouveau programme fédéral de transferts sociaux permettra de réduire les dépenses publiques actuelles sans un déclencheur politique spécifique. 

 Un argument plus général avance que les comptes Trump « créeront une nouvelle génération de capitalistes » et instaureront « une économie de la propriété ».38 Si la participation au marché boursier et la constitution d'un patrimoine sont des objectifs louables, rien ne prouve, ni au niveau national ni au niveau international, que les comptes d'investissement, financés par des fonds publics ou privés, aient un impact positif significatif sur la perception du marché ou du système capitaliste. Par exemple, l’adoption des plans 401(k) a considérablement augmenté ces dernières décennies, tandis que l’opinion des Américains sur le capitalisme s’est dégradée.39 Le Chili présente un constat similaire. Après plus de quarante ans de comptes d’investissement privés obligatoires, les Chiliens ne sont pas devenus des capitalistes enthousiastes. En 2021, ils ont élu un socialiste qui a promis d’« enterrer le néolibéralisme ».40 Le système de retraite privé était lui-même la principale source de mécontentement lors des manifestations de masse de 2019, et en 2025, le Congrès chilien l’a réformé en profondeur afin de renforcer le rôle de l’État. 41 Le système de retraite par capitalisation australien offre un exemple similaire : près des deux tiers des Australiens se disent modérément ou fortement mécontents que le système économique soit truqué au profit des plus riches.42 

Réformes 

Les comptes Trump orientent les réformes vers deux directions : soit vers un système d’épargne plus simple et plus flexible, susceptible d’assurer la réussite financière d’un plus grand nombre d’Américains, soit vers une protection sociale accrue et une complexité accrue. La réforme devrait privilégier la première voie. 

 L'innovation majeure du compte Trump ne réside pas dans son régime fiscal, mais dans sa structure. Il permet la création de comptes d'investissement pour enfants pouvant recevoir des contributions de sources multiples. Ces caractéristiques méritent d'être développées. En revanche, la subvention gouvernementale est superflue. Les contributions directes de l'État n'augmentent pas durablement l'épargne globale, nécessitent des règles strictes pour prévenir les abus et présentent des risques budgétaires inutiles, notamment si les subventions augmentent avec le temps. Supprimer cette subvention permettrait de simplifier ces comptes et de les repenser comme des outils d'épargne flexibles plutôt que comme des programmes de transferts conditionnels. 

Un système réformé devrait conserver la structure des comptes de début de vie tout en supprimant les fonctionnalités qui génèrent de la complexité et des distorsions. Les familles, les employeurs et les organisations caritatives devraient être autorisés à contribuer aux comptes ouverts à la naissance. Toutes les cotisations pourraient être versées avant impôt, déduites par le contributeur, les fonds s'accumulant à impôt différé et imposés aux taux ordinaires de l'impôt sur le revenu lors du retrait. Étant donné que tous les fonds sont finalement imposés, cette structure reporte simplement l’imposition et permet un partage plus flexible des ressources entre les générations. 

 Le choix clé en matière de conception concerne l’accès. L’approche la plus simple et la plus neutre sur le plan économique consiste à accorder une flexibilité totale, permettant aux familles et aux bénéficiaires de déterminer comment et quand les fonds doivent être utilisés. La suppression des restrictions d’âge et d’utilisation éliminerait le besoin de sanctions, réduirait les charges administratives et garantirait que l’épargne puisse répondre à l’évolution des besoins des ménages. Cependant, pour encourager les contributions des employeurs et des tiers, une période de blocage limitée, telle que la restriction de l'accès jusqu'à 18 ans par compte Trump actuel, peut constituer un compromis raisonnable. Passé ce délai, les fonds devraient être entièrement liquides, sans pénalités ni restrictions quant à leur utilisation. 

Une fois que les bénéficiaires auront atteint l'âge adulte, les comptes pourraient passer à un compte d'épargne universel qui permet le maintien de cotisations déductibles d'impôt de n'importe quelle source et des retraits sans restrictions. Les options d’investissement ne devraient plus être soumises à aucune restriction après la transition vers le compte d’épargne universel. Cela préserverait l’objectif initial d’encourager l’épargne précoce tout en alignant le compte sur un cadre neutre et simplifié à l’âge adulte. Les comptes pourraient également être conçus comme le compte d’épargne universel proposé par le sénateur Ted Cruz (R‑TX) et la représentante Diana Harshbarger (R‑TN) pour permettre des cotisations après impôt et des retraits en franchise d’impôt (traitement Roth).43 Cependant, la structure traditionnelle (à impôt différé) maintiendrait dans la plus grande mesure possible la cohérence avec les règles existantes du compte Trump. 

Le Congrès a pris des mesures modestes en faveur d'épargnes d'urgence flexibles au sein du système de retraite parrainé par l'employeur. La loi SECURE 2.0 de 2022 a créé des comptes d’épargne d’urgence liés à la retraite (PLESA), qui permettent aux employés à faible revenu de verser des cotisations après impôt allant jusqu’à 2 500 $ sur un compte annexe lié au régime de retraite de leur employeur, avec des retraits sans pénalité autorisés à tout moment.44 Ce nouvel outil reflète la reconnaissance bipartite selon laquelle des règles de retrait rigides réduisent la participation et aggravent la situation des ménages en cas de chocs financiers. Cependant, le side-car a une portée étroite, limité au contexte parrainé par l’employeur, et ne touche pas à l’architecture plus large des sanctions et des restrictions d’utilisation qui découragent l’épargne parmi les ménages n’ayant pas accès aux plans d’entreprise. Au contraire, cela ajoute simplement plus de complexité au système. Les PLESA sont une preuve de concept utile pour un plan d’épargne plus significatif et plus flexible tel que les comptes d’épargne universels. 

Une réforme plus large pourrait étendre la logique des comptes d’épargne universels à tous les comptes qualifiés. Le système actuel, qui compte plus d'une douzaine de comptes à vocation spéciale, devrait être consolidé en un petit nombre de véhicules d'investissement neutres et à vocation générale. Un système simplifié pourrait inclure un compte de retraite traditionnel et un compte de retraite Roth avec un plafond de cotisation annuel combiné (par exemple, 40 000 $ par personne, plus les cotisations de l'employeur), ainsi qu'un compte d'épargne universel avec un modeste plafond annuel de 10 000 $. Ces comptes devraient être détenus par des individus, transférables d’un emploi à l’autre et exempts de restrictions superposées et de règles de non-discrimination qui compliquent excessivement la législation actuelle.45 Les comptes existants pourraient bénéficier de droits acquis, les nouvelles cotisations étant dirigées vers le système simplifié et les roulements facultatifs autorisés au fil du temps. 

Cette approche s’appuie sur une proposition formulée dans le budget de l’exercice 2005 de l’ancien président George W. Bush visant à consolider les comptes existants en un système simplifié de comptes d’épargne-retraite pour l’épargne à long terme, de comptes d’épargne à vie pour une utilisation sans restriction et de comptes d’épargne-retraite d’employeur pour les régimes professionnels.46 En maintenant un régime de retraite parrainé par l’employeur, la proposition reconnaît que le système 401(k) existant est étroitement lié à des lois du travail et fiscales complexes, notamment les tests de non-discrimination, les règles de couverture et les exigences fiduciaires en vertu de la Loi sur la sécurité du revenu de retraite des employés de 1974 (ERISA).47 Ces règles sont destinées à façonner le comportement des employeurs, mais dans la pratique, elles ajoutent une complexité significative, limitent la flexibilité, réduisent l'accès et rendent difficile l'intégration des régimes parrainés par l'employeur dans un système entièrement individuel et portable. Même si une véritable simplification nécessite de séparer le système de comptes d’épargne des règles gouvernementales conçues pour façonner le comportement des individus ou des entreprises, la proposition de 2005 représenterait néanmoins un pas important vers cet objectif. 

Le principe organisateur de ces réformes est la neutralité et la simplicité. Plutôt que d'alourdir un système déjà complexe de nouvelles subventions et restrictions, le code des impôts devrait permettre aux particuliers d'épargner pour leurs propres priorités avec un minimum de distorsion économique. En supprimant les contributions financées par l'État et en remplaçant les comptes à usage spécifique par des alternatives flexibles, les décideurs politiques peuvent élargir l'accès à l'épargne tout en réduisant la complexité et en améliorant l'efficacité économique.
 

Photo recadrée d'Adam N. Michel Adam N. Michel 


 

Directeur des études de politique fiscale, Cato Institute ; ancien directeur adjoint du personnel du Comité économique mixte du Congrès américain  Citation Michel, Adam N. « Improving Trump Savings Accounts », Policy Analysis n° 1019, Cato Institute, Washington, DC, 9 juin 2026. https://www.cato.org/policy-analysis/improving-trump-accounts? 

Philosophie libertarienne avec Stéphane GEYRES

Sommaire:

A) Sur le Traité Néoréactionnaire

B) - «Faire secession chez soi»

C) - L’impôt progressif, euhh, régressif

 

 


 

A) Sur le Traité Néoréactionnaire

Critique libertarienne du "Traité Néoréactionnaire"... Article à découvrir sur Libéralie : https://liberalie.substack.com/p/sur-le-traite-neoreactionnaire

 


 

 Il me rappeler quelques fondamentaux de la doctrine libertarienne, car ils serviront de guide à ma critique. La structure de l’ouvrage montre clairement que ces éléments ont guidé l’organisation des premières pages, pour tenter de poser la supériorité de «l’accélérationnisme».


Comme L. v. Mises fit l'effort d'établir l’axiome de l’action humaine comme base, incontestable, de la théorie économique autrichienne, H-H. Hoppe a consacré un ouvrage à faire de l’axiomatique de l’argumentation la base, tout aussi incontestable, de la théorie du Droit naturel.


L'option qu’avait l'auteur, c’était de devenir un sur-Hoppe, un libertarien plus que libertarien, un libertarien «accélérationniste». Cela aurait pu donner un ouvrage intéressant, du moins sur le papier. Mais qui aurait exigé un fort niveau de rigueur, qui est absent de ce livre.


Connaître “la signification de la vérité” n’a jamais nécessité que la Vérité existe. Beaucoup croient en dieu, mais ça n’a jamais été une preuve de son existence. Il suffit dans une argumentation de s'accorder sur l’idée qu’on se fait de la vérité. Cela suffit pour raisonner.


Pour lui, l’entropie est LA mesure de toute la dynamique du monde, l’arbitre ultime de l’action du Vivant. Il ne voit pas que l’homme possède cette différence avec l’amibe qui tient à disposer d’une volonté consciente, d’une subjectivité propre, un libre arbitre qui le conduit.

 

L’utilitarisme, la perception de l’Homme comme conditionné par une seule “utilité”, fût-elle l’entropie, est la porte ouverte à la dictature. Car toute société où le “progrès” se mesure à une dimension est vite dirigée par celui (ou ceux) qui aura à sa main les moyens de mesure.


La puissance, c’est une belle chose, mais Hiroshima reste dans la mémoire en rappel qu’elle peut devenir la pire des choses. On ne peut faire l’impasse sur le Bien et le Mal, si l’on veut penser un avenir civilisé, où chacun serait “libre” de trucider l’humanité à sa discrétion.

 

Dans toutes ces pages, une fois la pirouette pour échapper à Hoppe exposée, il n’y a plus d’attention apportée ni au Mal, ni au Droit ni à la Justice. Quelle peut être cette “civilisation” qui prétendrait dépasser les libertariens sans poser de fondation de Droit et de Justice ?


Le "Traité Néoréactionnaire" n'est pas l'avenir du libertarianisme, ni de l'Homme. C'est l'abandon de l'Homme au profit de la machine.


 

Ô RAGE

La personne qui manque du courage de se faire connaître au-delà du pseudonyme de «NIMH», un des fondateurs du webzine RAGE, a publié il y a quelques mois un «Traité Néoréactionnaire». Cet article entreprend de faire la critique de ce livre, et au-delà du livre, celle des thèses et de la posture pseudo intellectuelle de son auteur.

Je ne me serais pas lancé dans la lecture, encore moins dans la critique, d’un tel ouvrage si son auteur, depuis bien des mois et d’émois, ne laissait entendre à qui veut bien l’écouter que ses belles théories seraient à la fois compatibles avec les thèses libertariennes, mais surtout ô combien supérieures. Hélas il n’en est rien, mais alors rien du tout. Comme dirait La Fontaine, nous l’allons montrer tout à l’heure.

Mais avant de plonger dans les arguments de ma critique, il me faut consacrer quelques lignes à rappeler quelques fondamentaux de la doctrine libertarienne, car ils serviront de guide à ma façon de mener cette critique. Bien plus, la structure même de l’ouvrage montre clairement que ces éléments ont guidé NIMH dans l’organisation de ses premiers chapitres, pour tenter de poser la supériorité de «l’accélérationnisme».

Axiomatique & Praxéologie

De même que Ludwig von Mises consacra des efforts importants à établir l’axiome de l’action humaine comme la brique de base incontestable de toute la théorie économique dite autrichienne, Hans-Hermann Hoppe a consacré tout un ouvrage pour faire de l’axiomatique de l’argumentation le point de départ, tout aussi incontestable, de la théorie du Droit naturel qui fonde la doctrine libertarienne. Le but, pour Hoppe, était triple : rendre le Droit naturel (ou le Principe de Non-Agression) incontestable ; l’établir comme brique de base de toute société civilisée ; l’établir de même comme — seule — base de la doctrine libertarienne.

À partir des apports de Mises, Hoppe a fait un autre travail fondateur tout aussi important, cette fois dans le domaine de la méthodologie applicable à toutes les sciences sociales. Dans son «ESAM», livre court mais essentiel, il établit de façon tout aussi irréfutable qu’il n’est pas possible (valablement) de parler de démarche scientifique dans le domaine des sciences sociales sans que cette démarche suive les modes de raisonnement hérités de la praxéologie de Mises : individualisme méthodologique, action humaine, a priorisme déductif, l’intérêt personnel pour motivation. Toute autre approche ne peut relever que de la fumisterie.

Pirouette des Premiers Chapitres

Pourquoi cette digression théorique ? Parce que pour écrire son ouvrage, NIMH avait le choix entre deux stratégies en termes de méthode. Lui qui se dit volontiers «libertarien, mais en mieux», ou toute chose équivalente, ne peut donc ignorer (savoir tout autant que négliger) les deux points méthodologiques précédents. Quand on est libertarien, encore plus quand on se réfère à Hoppe — ce qu’il fait plusieurs fois — on ne peut se placer hors de ces deux points. Dès lors, la première option qu’avait NIMH, c’était de devenir un sur-Hoppe (il aime bien les «surhommes»1), un libertarien plus que libertarien, un libertarien «accélérationniste»2. Et cela était tout à fait possible et cela aurait pu sans aucun doute donner un ouvrage très intéressant, du moins sur le papier. Mais qui aurait exigé un grand niveau de rigueur, qui est absent de ce volume.

Mais NIMH préféra prendre l’autre piste. Celle du gloubi-boulga. Cette autre piste nécessitait de commencer par tuer le Père, pour pouvoir fonder sa nouvelle légende, sa nouvelle bible. C’est ainsi donc que NIMH entreprend dès les premiers chapitres — les 50 premières pages — une longue “démonstration” laborieuse de l’erreur hoppéenne : en fait non, Hoppe se trompe, son axiomatique ne tient pas la route, dit-il. Il faut bien voir que cette étape était essentielle pour lui, car elle lui aurait permis de faire sauter deux lourds verrous. D’une part, il se plaçait en meilleur théoricien que Hoppe lui-même, donc en roi des libertariens, et d’autre part la voie lui était alors libre pour délirer à sa guise pour redéfinir ce que civilisation et avenir veulent dire.

Seulement voilà, le roi est nu, la rigueur est absente et la pirouette est un peu trop grosse. Le baratin verbeux ne fait pas l’argumentaire. Nous l’allons voir tout à l’heure.

Wittgenstein vs Liechtenstein

Ainsi, dès ses premières pages — en fait dès le premier chapitre après l’Introduction, déclaré traiter d’épistémologie3 — NIMH fait référence à Hoppe et à son célèbre axiome de l’argumentation, dont il entend donc se débarrasser pour ses thèses.

Dès le haut de la page 35, on trouve cette reprise de Hoppe (je ne l’ai pas vérifiée) :

«Le second axiome est le soi disant «a priori de l'argumentation» qui stipule que «les humains sont capables d’argumenter et connaissent donc la signification de la vérité et de la validité.»

NIMH, croyant trouver là la faille dont il a besoin, rebondit sur cette formulation et s’empresse de commenter ainsi, pour souligner la faiblesse qu’il identifie :

«Puisque vous lisez ce livre, vous acceptez de vous engager dans une argumentation avec [moi]. En vous livrant à cet acte, vous acceptez de facto de considérer ces propositions, afin de leur conférer un statut de vérité ou de fausseté. Vous avez donc déjà accepté le fait que des propositions puissent être vraies ou fausses, donc que la vérité existe. Serait-ce aussi simple ?»

Plus tard dans ce chapitre, il noircit des pages entières à tenter d’exploiter ce détail. En substance, sa thèse consiste à dire :

  • Ainsi, l’axiome de Hoppe repose, même si implicitement, sur l’hypothèse que la vérité, la Vérité avec un grand V, existe.

  • Or Ludwig Wittgenstein — et d’autres sans doute — a établi que la Vérité est toujours relative, car le langage est toujours un outil imparfait pour la décrire.

  • Dès lors, si la Vérité n’existe pas, on ne peut en faire l’hypothèse pour un axiome.

  • L’axiome de Hoppe, fondateur de la doctrine libertarienne, est donc prouvé caduc.

Manque de bol, et je riz du manque de bol, Hoppe ne fait nullement cette hypothèse. Il suffit de revenir aux extraits ci-dessus pour s’en convaincre. Que quelqu’un connaisse “la signification de la vérité” n’a jamais nécessité que la Vérité existe ou pas. Pour faire un parallèle, beaucoup croient en dieu, mais cela n’a jamais été une preuve de l’existence de dieu — ni de son inexistence, d’ailleurs. Il suffit simplement que les deux personnes qui se lancent dans une argumentation aspirent à l’idée qu’elles se font de la vérité. Cela leur suffit pour y croire et pour raisonner. Tout comme NIMH croit raisonner alors qu’il n’a aucune base pour son argumentation.

C’est à ce genre de sophisme, dont le livre est farci, qu’on mesure la rigueur de NIMH.

Mais il y a mieux. Car la démonstration de l’axiome de Hoppe n’a strictement aucun besoin de cette hypothèse envers la Vérité. Pour que l’axiome soit valide, il suffit que les gens — tout le monde, quelqu’un, quiconque — préfèrent se mettre en situation de négocier et de discuter — to argue, en anglais — qu’en position de lutte et de violence.

Autrement dit, ce sophisme sur la Vérité n’est même pas une précondition nécessaire à la notion même d’argumentation telle que Hoppe la décline dans son axiomatique.

Entropie Utilitariste

Néanmoins, après ce chapitre, voilà notre NIMH qui se sent enfin pousser des ailes. Libéré de la contrainte du cadre de la praxéologie et du droit naturel, il peut librement développer ses thèses accélérationnistes. Sur quoi reposent-elles ? L’entropie, d’abord.

Pour NIMH, tous les être vivants, à commencer par l’Homme, sont des “structures dissipatives” qui, dans leur activité et développement, sont toutes poussées à réduire le désordre, à réduire l’entropie — ou accroître “l’extropie”. Je ne peux lui donner tort pour ce qui concerne une amibe, dont on peut douter qu’elle ait une volonté menant son action. Mais lui qui donne à plein dans la «Volonté de puissance» de Nietzsche devrait, je crois, faire la différence entre l’amibe et le «surhumain» nietzschéen, non ?

Or pour lui, l’entropie / l’extropie est LA mesure de toute la dynamique du monde, elle est l’arbitre ultime, suprême de l’action du Vivant. Il ne semble pas voir que l’être humain possède cette différence d’avec l’amibe qui consiste précisément à disposer d’une volonté consciente et d’une subjectivité propre, un libre arbitre qui le conduit à décider d’aller chercher sa «puissance» là où il l’entend, là où d’autres n’iraient pas.

Cette démarche intellectuelle qui réduit les critères de décision à un seul axe, à une “fonction” quantifiable unique, cela porte un nom. En économie et en sciences politiques, cela s’appelle de l’utilitarisme. De nombreux articles existent sur ce blog au sujet de l’utilitarisme, celui-ci par exemple. Tous expliquent à leur manière que cette démarche intellectuelle n’est pas intellectuelle pour deux sous, car elle ne reflète pas la réalité de l’Homme, encore moins du Surhumain sans doute. Le surhumain, celui qui a surmonté la situation de simple homme, ne peut avoir la seule entropie pour Vie.

Plus concrètement, l’utilitarisme, la perception de l’Homme comme conditionné par une seule “utilité”, fût-elle l’entropie, est la porte ouverte à la dictature. La raison en est simple : toute société où le “progrès” se mesure à une dimension est vite dirigée par celui — ou ceux — qui aura à sa main les moyens de mesure et pourra dès lors exiger des humains qu’ils œuvrent à leur “progrès” défini selon sa mesure. Chez NIMH, on est à chaque page à deux doigt d’avoir le devoir d’accroître son extropie. 

Par Delà le Bien et le Mal ?

Mais dans ce livre, un peu comme chez Bastiat, il y a ce qu’on voit et il y a surtout ce qu’on ne voit pas — et ce qu’on ne voit pas est bien plus significatif que ce qu’on y voit.

On y a vu la fuite de l’épistémologie, on y a vu la poursuite de l’entropie, qui le lit verra de plus la technologie omniprésente et omnipuissante. Pour NIMH, la technologie est une puissance en soi, autonome, qui est bien plus qu’un simple outil pour le genre humain. C’est elle qui nous permet et qui nous permettra toujours plus et plus vite de nous réaliser par sa capacité exponentielle à démultiplier notre extropie.

Pour preuve que NIMH voit la technologie comme une puissance autonome, lire ceci :

«Mais l’homme ne peut pas être maître de la technique, elle agit sur lui autant qu’il agit sur elle. Elle le met à demeure et l’assigne à penser et à produire, et ce, depuis toujours. Mais elle pourrait très bien se passer de l’homme, qui n’est qu’un certain agencement des gènes, si une autre combinaison de gènes s’avère plus efficace…» — Page 100.

Mais la puissance, c’est certes une belle chose, mais Hiroshima reste dans notre mémoire comme preuve qu’elle peut aussi devenir la plus horrible des choses. On ne peut faire l’impasse sur le Bien et le Mal,4 du moins pas si l’on veut penser un avenir autre que barbare, où chacun serait “libre” de trucider l’humanité à sa discrétion.

Or dans toutes ces pages de fondamentaux, une fois la pirouette pour échapper à Hoppe exposée, il n’y a plus d’attention apportée ni au Mal, ni au Droit ni à la Justice. Quelle peut être cette “civilisation” qui prétendrait dépasser les libertariens qui ne poserait aucune fondation éthique, aucune fondation de Droit et de Justice ?

Perdu dans ses fantasmes technologiques, NIMH en oublie les fondamentaux de toute société humaine ou du moins humaniste — mais se veut-il humaniste ? Il oublie complètement de nous parler de justice, de fonctions régaliennes, de contrats, de vie.

Je laisse le lecteur décider s’il voit là un avenir «néoréactionnaire» pour l’Homme.

Stéphane Geyres

1

Il aime beaucoup Nietzsche, connu pour son Übermensch, qui se traduit par “surhumain”.

2

C’est le nom que se donne le mouvement “e/acc”, qui imagine qu’ils peuvent aller plus vite et mieux que l’innovation qui viendrait du pur marché libre. Des novateurs plus novateurs que l’humanité… Une autre des multiples formes de tyrans à l’ego surdimensionné…

3

On est en droit de se demander s’il connaît bien le sens de ce mot, car il n’y a pas une seule page qui expose effectivement une véritable épistémologie — philosophie des sciences.

4

Nietzsche est bien connu pour nous avoir poussés à penser «au-delà du Bien et du Mal», mais son modèle de civilisation était la Grèce antique. La technologie y était bien sommaire. Dans un monde moderne, technologique et accéléré, il est bien peu raisonnable d’espérer la civilisation pouvoir se faire sans la moindre attention pour le Bien, le Mal et donc le Droit.

https://liberalie.substack.com/p/sur-le-traite-neoreactionnaire

 

 


B) - «Faire sécession chez soi»

Cet article s’inscrit dans la série «Faire secession chez soi» dont les épisodes précédents peuvent être découverts ici : https://liberalie.substack.com/p/faire-secession-chez-soi-contrats

La monarchie serait un roi jouant à l’hôtelier, mais sans contrat ni engagement de services, profitant de son monopole pour extorquer ses résidents; la démocratie serait une monarchie extorquant tout autant, ou plus, dont le monarque serait remplacé par une oligarchie fluctuante.


Création de “Libres Demain” C’est ainsi que je dénomme l’entité qui regroupe des habitants de la Résidence s’étant lancés dans le projet de quitter le joug français. Dans l’article, j’évoque rapidement la création d’une association - ou autre - au nom évocateur : “Libres Demain”.


Il y a trois grandes parties : a) la création de l’entité “Libres Demain” ; b) le mandat et les modalités qu’octroie “Libres Demain” à la négociation avec “la France” ; c) les bases contractuelles qui lieront les habitants de “Libres Demain” au quotidien pendant toute sa durée.

 

La première condition, sine qua non, à toute démarche de sécession d’une Résidence - ou d’un lotissement, ou toute autre forme de copropriété foncière - c’est que l’intégralité du sol, du territoire qui vise la sécession ait son ou ses propriétaires légitimes au sein de l’entité.


Si certains habitants sont des locataires, ils ne peuvent pas disposer des mêmes droits que les propriétaires au sein de “Libres Demain”. Ainsi, ils peuvent clairement faire partie du projet, mais ils ne peuvent pas - ils ne sont pas légitimes à - décider de ses orientations.

 

Si le but premier est d’être la base de la future contractualisation de la Résidence libérée, le but à court terme est d’apporter un cadre au processus de négociation à mener entre la Résidence et “la France”. Cette partie du contrat liant les Résidents doit aborder quatre axes.


Les propositions faites par “la France” doivent être discutées, approuvées ou rejetées, ou des contre-propositions faites, selon un mode de prise de décision déjà précisé et convenu entre les Résidents, avec l’option de quitter sur désaccord. La Liberté est dans le droit de veto.

 

Nous voilà prêts pour aller affronter la négociation avec «la France». Du moins, du point de vue de notre propre légitimité et entente. Pour vraiment pouvoir négocier, il faut que les projets de Sécession chez Soi se multiplient. À vous de reprendre l’idée à votre niveau.


La Question Contractuelle

Dans l’article précédent, nous avons posé les bases des termes et du processus de négociation qui devraient servir de trame, de référence, à la revendication de sécession de notre résidence — ou de la vôtre si vous décidez, comme je vous y encourage dès à présent, à lancer votre propre projet de sécession chez vous.

Dans cette seconde partie de la question “constitutionnelle”, contractuelle pour être plus exact, il s’agit de se tourner vers l’intérieur de notre future Libéralie, se préparant à être enfin libérée de l’emprise de l’état français.

Une Libéralie peut prendre plusieurs formes en termes d’entité juridique. Les deux structures possibles sont 1) celle de “l’hôtel” résidence : une entreprise privée seule propriétaire du territoire propose des services d’hébergement à ses résidents ; et 2) celle de la copropriété : le territoire est la juxtaposition de terrains privés dont les propriétaires se sont associés selon des modalités et une gouvernance donnée.

Pour distinguer ces deux structures de ce que nous connaissons aujourd’hui : la monarchie serait un roi - et sa cour - jouant à l’hôtelier, mais agissant sans contrat ni engagement de services, qui profite de sa situation de monopole pour extorquer ses résidents ; la démocratie serait une monarchie - qui extorque tout autant, ou plus - dont le monarque serait remplacé par une oligarchie fluctuant au gré des élections et des privilèges. Que je sache, aucun régime actuel n’est analogue à une copropriété de particuliers - sauf à faire l’analogie avec une association de royaumes, principautés, duchés et autres monarchies.

Pour notre Résidence, j’avais déjà envisagé “la piste hôtelière”, où notre communauté aurait négocié son rachat par une entreprise, se lançant alors dans le scénario 1. Ici, donc, il s’agit de s’intéresser au second scénario, probablement plus proche de notre réalité. Une résidence, un lotissement, c’est en effet une juxtaposition de propriétés privées. Dès lors, ce qu’il nous faut régler - pour ma Résidence comme pour toutes celles qui se lanceront dans une démarche similaire - c’est la base contractuelle qui liera les différents propriétaires entre eux pour alors constituer une entité supérieure, celle qui revendique sa sécession pour ainsi exercer son droit légitime à l’autodétermination.

C’est ce que cet article se propose d’étudier. Comme pour l’article traitant de la négociation avec “la France”, il faut considérer trois grandes parties : a) la création de l’entité - je parlerai désormais de “Libres Demain” ; b) le mandat et les modalités qu’octroie “Libres Demain” à la négociation avec “la France” ; c) les bases contractuelles qui lieront les habitants de “Libres Demain” au jour le jour pendant toute sa durée.

La toute dernière partie – bases contractuelles – a déjà fait l’objet d’un premier article. Je prévois de consacrer un prochain article à développer concrètement ce sujet.

Création de “Libres Demain”

Comme indiqué juste au dessus, c’est désormais ainsi que je dénommerai l’entité qui regroupe des habitants de la Résidence s’étant lancés dans le projet de quitter le joug français. Dans cet article ci-contre, j’évoque rapidement la création d’une association - ou autre structure s’il y a mieux - au nom évocateur : “Libres Demain”.
 
Dans ce même article, je souligne l’importance de diffuser cette idée le plus largement possible, afin que d’autres résidences ou lotissements décident de suivre la même voie. Le nombre des initiatives est un argument d’importance aux yeux du pouvoir pour le convaincre de la perte de sa prétendue légitimité.
Légitimité du Sol

La première condition, sine qua non, à toute démarche de sécession d’une Résidence - ou d’un lotissement, ou toute autre forme de copropriété foncière - c’est que l’intégralité du sol, du territoire qui vise la sécession ait son ou ses propriétaires légitimes au sein de l’entité “Libres Demain”.

Le but est que, du point de vue de “la France” tout comme du point de vue du Territoire vu comme personne morale, l’ensemble des Résidents, les membres de “Libres Demain”, dispose de titres de propriété légitimes pour, au total, l’ensemble du sol du Territoire.

En cas de manque de titres, il faudra soit convaincre leurs propriétaires de se joindre au projet, soit réduire le Territoire de toutes les parcelles manquantes.

Il sera important, durant le processus, de convenir des modalités de transfert, total ou partiel, de ces titres à “Libres Demain”, afin que “Libres Demain” puisse négocier avec “la France” et que les modalités de gouvernance future soient déterminées. Ce point est abordé plus bas.

Le Cas des Locataires

Il est possible qu’au moment où “Libres Demain” se forme, certains habitants soient des locataires. En tant que tels, ils ne peuvent pas disposer des mêmes droits que les propriétaires au sein de “Libres Demain”. Par exemple, ils peuvent clairement faire partie du projet, mais ils ne peuvent pas - ils ne sont pas légitimes à - décider de ses orientations.

Deux cas sont à considérer quant aux locataires :

  • Ils habitent chez un propriétaire qui lui-même fait partie du projet. Ce propriétaire entend que le sol qui est le sien fasse partie du Territoire sécessionniste. Dans ce cas, le locataire a deux options. Décider de rester et de faire partie du projet : il devra alors contracter avec son propriétaire pour qu’il le représente, éventuellement, et avec “Libres Demain” pour faire valoir sa voix. Ou ne pas faire partie du projet : il devra alors quitter le Territoire, à une date à convenir.

  • Leur propriétaire est externe et n’est pas partie prenante du projet. Les trois options sont : un, de convaincre ledit propriétaire de se joindre au projet ; deux, de lui racheter le logement pour devenir soi-même propriétaire ; sinon, trois, il faudra exclure cette propriété du Territoire.


 
Mandat et Gouvernance

Si le but premier de “Libres Demain” est de servir de base à la future contractualisation de la Résidence une fois libérée, son but à plus court terme est d’apporter un cadre au processus de négociation qui sera mené entre la Résidence et “la France”. Cette partie essentielle du contrat liant les Résidents devra aborder a minima les quatre sujets suivants :

  • Les pratiques depuis toujours sont ainsi faites que tout collectif, pour pouvoir négocier avec autrui, doit choisir le petit nombre d’entre eux qui sauront le mieux porter ses intérêts. Peu importe quel mécanisme est retenu pour choisir ces négociateurs, pourvu que le principe du libre consentement soit toujours respecté : dans le pire des cas, les Résidents qui refusent d’accorder leur mandat aux Négociateurs proposés ont encore l’option de quitter le projet - ou de proposer un autre projet, d’autres négociateurs ou un mandat et des modalités différents.

  • Ce ou ces Négociateurs disposeront d’un mandat, une “lettre de mission”, à valoir à la fois auprès des Résidents - quels sont les objectifs, les pouvoirs et les marges de négociation conférés - comme auprès de “la France” et ses propres - sales ? - représentants. Ce mandat aura une durée de validité précise et limitée, et conditionnée au succès de la négociation.

  • Durant la négociation, les propositions faites par “la France” devront être discutées, approuvées ou rejetées, ou des contre-propositions faites, selon un mode de débat et de prise de décision qui aura été précisé et convenu préalablement entre les Résidents, toujours avec l’option de quitter le projet en cas de désaccord profond. On rappelle que la Liberté est dans le droit de veto.

  • Selon les circonstances, ou en fin de validité, le mandat et les Négociateurs pourront être régulièrement renouvelés, confirmés ou remis en cause en tant que négociateurs - sans que cela affecte leur légitimité en tant que Résidents. Les modalités du nouveau choix de Négociateurs suivent les mêmes exigences que celles évoquées au premier point.

Arrivés à ce stade, nous sommes prêts pour aller affronter la négociation avec «la France». Du moins, du point de vue de notre propre légitimité et entente. Pour vraiment pouvoir négocier, il faut que les projets de Sécession chez Soi se multiplient. À vous de reprendre l’idée à votre niveau.

Dans un prochain épisode, on verra comment les contrats permettent d’organiser la Résidence devenue une Libéralie…

À suivre…

Stéphane Geyres

https://liberalie.substack.com/p/faire-secession-chez-soi-contrats

 


 

C) - L’impôt progressif, euhh, régressif

Trop, c’est combien, et pourquoi ? On s’en fiche, on n’aime pas les riches dans ce pays.

Qui est heureux de payer ses impôts ? Vous ? Vraiment ? Mais alors, je suppose que vous ne manquez jamais de donner plus au fisc que ce qu’il vous impose… Non ? L’humour ne laisse donc aucun doute : l’impôt est une sanction pour les honnêtes gens. libéral

Heureux de payer impôt

Commençons par une boutade : qui est heureux de payer ses impôts ? Vous ? Vraiment ? Mais alors, je suppose que vous ne manquez jamais de donner plus au fisc que ce qu’il vous impose… Non ? Bizarre, comme c’est bizarre…

Heureux de ses impôts ? Ou liberté de panser ?

L’humour d’une telle idée ne laisse planer aucun doute : l’impôt est une douleur, on peut même aller jusqu’à l’assimiler à une sanction, une sanction envers ceux qui gagnent leur argent honnêtement. Car pour les malhonnêtes, c’est la police d’habitude qui s’en charge, non ?

Si l’impôt existe depuis fort longtemps, l’impôt progressif est par contre assez récent puisqu’en France nous fêtions en 2014 son centenaire : selon Wikipédia, il «a été instauré par Joseph Caillaux en 1914 pour pallier le besoin de financement de la Première Guerre mondiale».1 De plus, ses mécanismes détaillés fluctuent constamment, puisque les tranches, leurs taux et les revenus de l’assiette évoluent au gré arbitraire et aléatoire des lois de finance et de l’appétit des gouvernements.

Savez-vous ainsi que nous payons 9 fois plus d’impôt qu’en 1914 ? 47% face à 5%.

S’il est pratiqué désormais dans la plupart des pays, il a vu le jour en 1913 avec l’IRS aux Etats-Unis, la même année que la création de la Réserve Fédérale (FED). Le début de la crise remonte à cette date. À ma connaissance, la tranche au taux le plus fort, 90%, fut également américaine, du temps de Franklin D. Roosevelt – un social-démocrate. De quoi donner des ailes à nos amis de Bercy qui imaginent qu’ils peuvent disposer de 75% des revenus de certains contribuables, avec les résultats qu’on connaît depuis sur la population russe…

On pourrait en débattre, mais s’il y a besoin de financement, une autre option aurait pu consister à taxer tout le monde de la même somme, ou de frapper tous les revenus du même taux. Cela aurait été équitable, ou du moins égalitaire. Le choix qui fut fait, qui est encore fait, de taxer de plus en plus les tranches de hauts revenus n’est pas une justice, une «justice sociale» comme on dit, mais bien une sanction, totalement injuste et arbitraire. Le riche n’est pas forcément un voleur : Mélenchon est-il un voleur ?

L’impôt progressif sanctionne le riche, ou plus ou moins riche. Tu gagnes beaucoup, c’est mal, donc on te prend ce que tu as en trop. Trop, c’est combien, et pourquoi ? On s’en fiche, on n’aime pas les riches dans ce pays.

Pigeons volent ?

Mais au fait, y’a-t-il des riches dans la salle ? Moi, sûrement, je gagne plus de dix mille euros par mois (ou bien est-ce par moi ?) alors imaginez combien je suis riche. Bien plus qu’un politicien en tout cas, vous serez tous d’accord…

Pigeon, tu piges ?

Mais suis-je un voleur ? Car pour la gauche bien rouge, tous les riches sont des voleurs. Mélenchon nous l’a rappelé, «le problème, c’est les riches». Et les pauvres, ils sont la solution ?

Non, je vous rassure, je gagne honnêtement ma vie, du moins je crois. Je la gagne en rendant service à ceux qui me payent, comme la plupart d’entre nous. On gagne beaucoup quand on rend un service très apprécié. On peut ne pas aimer Bill Gates, mais sa fortune est le reflet de son rôle dans la révolution informatique et des sommes qu’il a fait gagner à ses très nombreux clients.

Un riche est riche parce qu’il rend de grands services, un riche qui ne vole pas est un bienfaiteur – si, si – qui a aidé les autres à s’enrichir en proportion. On ne s’enrichit jamais seul, quand on ne vole pas les autres. Cela vous choque ? Il y a des riches voleurs ? Oui, c’est vrai. En fait, on se rend vite compte qu’il y a deux types de riches : les (vrais) entrepreneurs et les profiteurs.

Un profiteur, c’est quelqu’un qui s’enrichit en exploitant un monopole ou un privilège, quelqu’un dont personne n’achèterait les services sans y être obligé, du moins pas au même prix. Vous en connaissez plein, il y en a partout autour de nous ; bureaucrates, subventionnés, etc. Ce riche-là fait du mal aux autres, il fait du mal à tout le monde.

Vaseline fiscale

Donc l’impôt progressif qui sanctionne le riche, et donc même le riche honnête, n’est peut-être pas une si bonne idée qu’on nous le dit. Mais c’est facile à vérifier : Qui n’a pas tenté de réduire son impôt, grâce à des niches fiscales par exemple ? Je vous rassure, je suis le premier à jouer à la niche. D’ailleurs, un avocat fiscaliste n’a rien d’illégal — bizarre, non ? La fiscalité est un jeu de piste où celui qui ne joue pas perd.

Il est d’ailleurs amusant de constater que si l’impôt progressif était si juste et moral, l’état ne passerait pas son temps à inventer des niches fiscales qui ruinent le peu de logique que porte la progressivité. Ne nous y trompons pas, les niches n’existent que pour éviter la révolte fiscale, pour donner d’un côté ce qu’on vous a pris de l’autre.

À ce stade de mon propos, je me doute que les fans de l’impôt fulminent et sont prêts à me jeter à la figure l’argument social ultime : Et que faites-vous de la solidarité, de la justice sociale ? C’est tellement facile de penser que parce qu’on critique l’impôt on serait forcément un salaud égoïste, sans plus de réflexion.

Solidarité solitaire

Mais que les non-solidaires lèvent le doigt, voyons ! Oui, je me pense solidaire, d’ailleurs, je doute qu’il y ait grand monde parmi ces râleurs qui donne autant d’argent et de temps que moi pour le bien d’autrui. Enfin, pour ma définition du bien d’autrui – et c’est bien cela qui fait question.

Et je conteste que la solidarité puisse m’être… imposée – ah, quel joli mot décidément. Pourquoi la solidarité devrait-elle m’être forcée ? Il y aurait la solidarité, mais pas ma solidarité ? Moi, je veux bien payer, mais si je sais à peu près ce qui est fait de mon argent.

Payer des impôts pour construire des obélisques comme à l’entrée du Conseil général de Haute-Garonne, très peu pour moi. Et payer pour financer la protection sociale de gens qui ne font rien pour la société en retour, non merci. Cela n’est pas de la solidarité, mais de l’idéologie aveugle. Du vol de grand chemin.

Laffer et la main sont dans le sac

Mais revenons à l’impôt progressif. Au moins avec lui, on s’en paye une tranche… D’ailleurs, qui n’a pas veillé à se retrouver juste en dessous de la tranche supérieure, pour éviter le «coût» de rabot ? Car une caractéristique de cette forme d’impôt, c’est son effet économique dissuasif. L’impôt progressif dissuade l’entrepreneur de se lancer ou d’augmenter son chiffre. Il fait réfléchir à deux fois celui qui pourrait changer de boulot et gagner plus. Il ne donne pas envie de prendre plus de risques pour à la fin perdre les fruits de ses effort.
 

Coup de rabot : les copeaux sont chocolats ?

Il a fait fuir les Gérard Depardieu et tant d’autres pseudos «riches» qui sont autant de créateurs de richesse qui ne créeront plus chez nous. Le pays se vide, il est tiré vers le bas. Partout, cela est un fait économique indiscutable, l’impôt progressif tend à appauvrir les gens.

Rapidement, cet effet est connu sous le nom connu de «courbe de Laffer». L’idée, c’est que plus d’impôt, cela finit toujours par rapporter moins, car plus de monde le fuit, moins de gens payent. Et donc on récolte moins de recettes, on cherche à compenser, on augmente les taux, on accroît l’assiette, mais on finit par en lever toujours moins.

Nous sommes à cet instant en France, on est passé du côté de la courbe de Laffer où les recettes ne montent plus, mais descendent. Ni François ni Manu ne trouvent plus de sous, même la gauche ne paie plus – regardez ce cher Thévenoud, qui n’est certainement pas le seul à ne pas payer son loyer – ironie du politicien, de l’exemple qui viendrait du haut.

Dessine moi ton impôt

Ton fric, tu l’aimes 100 patates ?

Alors, que faire ? On supprime l’impôt ? Qui est pour ? Il y aurait des gens qui seraient contre ? Ah oui, ceux qui aiment que les autres paient pour eux… Mais attention : ils sont solidaires», eux. Et puis, c’est difficile, il y a plein de fonctionnaires à payer, les pauvres, ils risqueraient de se retrouver au chômage… Non, non, on ne peut pas supprimer l’impôt comme ça, vous comprenez.

Dans l’absolu, oui, je pense que l’impôt progressif est à la fois injuste, immoral et inefficace économiquement, j’ai essayé d’expliquer pourquoi. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, il existe au moins trois autres formes d’impôts qui sont, disons, un poil «moins injustes» : la TVA, la «flat-tax», et les taxes à l’acte.

La gauche crie souvent contre la TVA qui serait injuste, parce que frappant le pauvre et le riche de la même manière. Mais n’est-ce pas au contraire une forme de justice ? Au moins, la TVA ne fait aucune différence arbitraire entre Paul ou Jacques, entre un pauvre gavé d’allocations et un riche qui les payent.

La flat-tax, c’est la même idée. C’est un impôt sur le revenu qui n’aurait qu’une seule tranche et un seul taux, le même taux donc pour tout le monde, et sans niche fiscale. Je ne suis absolument pas pour payer des impôts, mais au moins on ne peut pas qualifier un tel impôt d’inégalitaire.

Les taxes à l’acte sont l’autre forme d’impôt qui a l’avantage de ne pas faire de différence entre les citoyens. Il y en a partout – hélas. Frais de notaire, timbre fiscal pour un passeport, péage d’autoroute, timbres postaux, etc.

La parodie fiscale

Une réflexion sur l’impôt serait incomplète sans une note sur les fameux paradis fiscaux. Si l’impôt est si juste, si nécessaire, comment font donc ces pays – Suisse, Andorre, Hong Kong, Liechtenstein et d’autres – pour non seulement survivre, mais manifestement pour prospérer ?

Il y a en France un tabou du paradis fiscal, on semble préférer être une espèce d’enfer fiscal. Pourtant, essayez d’imaginer notre pays en paradis fiscal, deux minutes…

Pourtant, essayez d’imaginer une France où le monde entier viendrait s’installer chez nous… La valeur de nos maisons exploserait, de même que celle des terres agricoles… Le niveau de vie suivrait la même tendance…

Non, non, décidément, c’est inconcevable chez nous, il vaut bien mieux que ce pays reste un enfer fiscal… Il vaut mieux être dans l’égalité de la même pauvreté pour tous.

Stéphane Geyres

Inspiré d’une présentation faite le 24 octobre 2014 à Larrazet à l’invitation du Cercle 1742.

1

Curieusement, l’équivalent aux USA, avec la création de l’IRS, date de 1913, comme la création de la FED…

https://liberalie.substack.com/p/limpot-progressif-euhh-regressif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Powered By Blogger