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février 14, 2026

Corruption: Vers un renouveau ou un effondrement ?

La France en déclin : recul alarmant de la démocratie selon l’IPC 2025 

Le rapport annuel de Transparency International sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) pour 2025, sorti le 10 février dernier, dresse un tableau sombre du monde, où la corruption perçue dans le secteur public atteint des niveaux record. Avec une moyenne mondiale à seulement 42 sur 100 – la plus basse depuis plus d’une décennie –, ce baromètre, basé sur 13 sources indépendantes évaluant 182 pays, met en lumière non seulement des dysfonctionnements systémiques, mais aussi un lien inextricable entre corruption et érosion démocratique.

La France, autrefois vue comme un pilier de la transparence en Europe, illustre tragiquement ce déclin : avec un score de 66/100 et un 26e rang mondial, elle confirme un recul constant qui mine ses fondations démocratiques.


 

Un classement mondial qui sonne l’alarme

Globalement, l’IPC 2025 révèle une détérioration généralisée : 122 pays scorent en dessous de 50, signe de corruption grave, tandis que seuls cinq pays dépassent 80/100, contre 12 il y a dix ans. Le Danemark domine avec 89/100, suivi de la Finlande (88), Singapour (84), la Nouvelle-Zélande (81) et la Norvège (81). À l’opposé, des nations comme la Somalie et le Soudan du Sud stagnent à 9/100, illustrant comment la corruption prospère dans les contextes instables. En Europe occidentale et dans l’UE, la moyenne s’établit à 64/100, marquée par des régressions dans des bastions comme la France, le Royaume-Uni (70) ou la Suède (80). Ce recul n’est pas anodin : il coïncide avec une polarisation politique accrue et une influence grandissante des intérêts privés sur les décisions publiques.

Le recul constant de la France : des scandales à la stagnation

La France, avec son score de 66/100, fait partie des 50 pays ayant régressé depuis 2012, un déclin « substantiel et prolongé » alimenté par des scandales persistants. Des affaires comme la condamnation de Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne en 2012 et détournement de fonds libyens, le détournement de fonds européens par le Rassemblement national (mais pratiqué par bon nombre de partis politiques français), ou encore la gestion opaque du scandale de l’eau minérale impliquant Nestlé, renforcent cette perception négative. Ces incidents soulignent des lacunes dans la législation anticorruption, une application inégale des lois et un affaiblissement des contre-pouvoirs indépendants. En France, 75% des citoyens estiment la corruption « trop importante », et 58% doutent de l’indépendance de la Justice, reflétant une déconnexion profonde entre élites et population.

Ce recul n’est pas isolé : il s’inscrit dans une « surproduction élitiste » où les diplômés des grandes écoles se disputent des postes via des réseaux plutôt que le mérite, favorisant une gestion extractive qui priorise la finance et les multinationales au détriment des classes moyennes.

En conséquence, les inégalités s’aggravent, avec une inertie institutionnelle qui paralyse les réformes sur beaucoup de dossiers brûlants comme l’immigration, la précarité ou la transition écologique. Des sondages récents montrent que 73% des Français qualifient leur président de « mauvais », 65% expriment de la « honte », et 83% jugent le gouvernement incompétent, amplifiant un sentiment d’humiliation et une contestation croissante (voir ici).


Corruption et érosion démocratique : un cercle vicieux

Le rapport met explicitement en garde contre le renforcement mutuel entre corruption et déclin démocratique. Les démocraties à part entière, comme la France aspire à l’être, obtiennent en moyenne 71/100, contre 47 pour les démocraties imparfaites et 32 pour les régimes autoritaires. Pourtant, dans près de deux tiers des pays en baisse depuis 2012, les libertés d’expression, d’association et de réunion sont restreintes, favorisant un environnement propice à la corruption. « La corruption et le déclin démocratique se renforcent mutuellement », note le document, soulignant comment l’abus d’influence sur les processus politiques – via un lobbying opaque et un financement partisan – érode la confiance publique.

En France et en Occident, cette érosion se manifeste par une perte de confiance transversale : 74% envers le gouvernement, 64% envers les médias traditionnels, boostant les sources alternatives. 

L’endogamie élitiste, où une caste restreinte priorise ses privilèges, mène à un « autoritarisme soft » avec des décisions échappant au débat public. En Europe, cela se traduit par un déficit démocratique structurel, avec des politiques imposées depuis Bruxelles sans réelle responsabilité, aggravant les fractures sur l’énergie et la défense. Globalement, la liberté décline pour la 19e année consécutive, avec 60 pays voyant leurs droits politiques et libertés civiles se détériorer, et en France, 95% exigent des actions contre la fraude aux fonds publics.

 

Vers un renouveau ou un effondrement ?

Face à ce constat alarmant, des recommandations émergent : renforcer l’indépendance judiciaire, promouvoir la transparence dans le financement politique et le lobbying, protéger l’espace civique et les lanceurs d’alerte, et lutter contre les flux financiers illicites via des coalitions internationales. Pour la France, combler les lacunes législatives et sanctionner efficacement les abus sont cruciaux pour inverser la tendance.

En somme, l’IPC 2025 n’est pas qu’un chiffre : c’est un appel à réveiller les consciences. La France, en perdant du terrain, incarne le péril d’une démocratie affaiblie par la corruption et la déconnexion élitiste. Un renouveau passe par plus de transparence et de consultations citoyennes, sous peine d’un effondrement plus profond.

https://multipol360.com/la-france-en-declin-recul-alarmant-de-la-democratie-selon-lipc-2025/

 

janvier 20, 2026

Turbulences politiques en France et en UK ! Enquête de Gallup/France

La crise politique en France ébranle la confiance dans les institutions
La dernière enquête de Gallup sur la France montre comment cette année de turbulences politiques a ébranlé la confiance dans les institutions. Aucun autre pays de l’UE n’a connu une plus grande baisse de confiance envers le gouvernement, la justice, les banques et l’honnêteté des élections que la France.
Beaucoup plus de personnes disent qu’elles aimeraient quitter définitivement le pays si elles en avaient l’opportunité, ceux qui manquent de confiance dans les institutions nationales étant bien plus susceptibles de vouloir migrer.
Et un grand merci à la brillante Sive Gaudy pour sa première signature !
https://lnkd.in/g72jpW8H


 La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants chutent ; l'envie de quitter le pays explose Dans le contexte politique turbulent qui règne en France, la confiance du public dans ses institutions s'érode et de plus en plus de personnes envisagent de partir. Le pourcentage de personnes souhaitant quitter le pays a plus que doublé au cours de l'année écoulée. 
 
Après des années de relative stabilité, la confiance dans le gouvernement national a chuté de 13 points de pourcentage pour atteindre 29 % en 2025, tandis que la confiance dans l'intégrité des élections a reculé d'autant, à 51 %. La confiance dans le système judiciaire a perdu neuf points, à 50 %, et la confiance dans les institutions financières a baissé de huit points, à 42 %, inversant ainsi des années de progression constante. Aucun autre pays de l'Union européenne n'a connu une baisse moyenne de confiance aussi importante envers ces quatre institutions en 2025 que la France. 
 

 
 
Cette forte perte de confiance dans les institutions françaises survient dans un contexte de bouleversements politiques majeurs. Depuis fin 2024, le président Emmanuel Macron a vu se succéder plusieurs Premiers ministres, chacun peinant à gouverner sans majorité parlementaire. Les propositions budgétaires ont systématiquement déclenché des motions de censure. La frustration populaire envers la classe politique et les coupes budgétaires envisagées a dégénéré en manifestations de rue – notamment lors du sondage Gallup de septembre, avec les plus importantes manifestations syndicales en France depuis la réforme des retraites de 2023. 
 
La cote de popularité de Macron chute à un niveau historiquement bas 
 
 La cote de popularité personnelle de Macron a également chuté cette année, atteignant un niveau historiquement bas de 28 %. C’est moins de la moitié du niveau enregistré lors de sa première année de mandat, soit 61 % en 2017. Malgré ce déclin significatif, la cote de popularité de Macron reste légèrement supérieure à celle de son prédécesseur, François Hollande, qui a terminé son mandat avec 19 % d’opinions favorables. 
 
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 L’envie d’émigrer a plus que doublé 
 
 Dans un contexte de turbulences politiques, de plus en plus de personnes souhaitent quitter la France. Cette année, 27 % des adultes français déclarent souhaiter s'installer définitivement à l'étranger si l'occasion se présentait, soit plus du double du pourcentage enregistré l'an dernier (11 %). Bien que les données définitives du sondage mondial Gallup ne soient pas encore disponibles pour tous les pays en 2025, cette hausse de 16 points représente une progression annuelle relativement inédite à l'échelle mondiale depuis que Gallup a commencé à poser cette question en 2007. Parmi les adultes français qui souhaiteraient s'installer à l'étranger, les destinations les plus prisées sont le Canada (15 %), la Suisse (8 %), l'Espagne et l'Algérie (6 % chacune). 
 
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Le désir de quitter la France est étroitement lié à la confiance dans les institutions. Ceux qui expriment leur confiance en une seule ou aucune des cinq institutions nationales étudiées sont beaucoup plus susceptibles de déclarer qu'ils s'installeraient définitivement dans un autre pays si l'occasion se présentait (49 %), comparativement à ceux qui ont un niveau de confiance plus élevé dans les institutions nationales. 
 
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 Les inquiétudes liées à la corruption atteignent un niveau record depuis dix ans. 
 
Parallèlement à la baisse de la confiance dans les institutions nationales et à la diminution des taux d'approbation, la perception de la corruption a augmenté cette année. En 2025, 68 % des adultes français estiment que la corruption est généralisée au sein du gouvernement, soit une hausse de 13 points par rapport à l'année précédente. Si la perception de la corruption au sein du gouvernement par les Français est ancienne, le pourcentage actuel de ceux qui partagent cet avis égale le précédent record de 2015. 
 
 La perception de la corruption dans les entreprises françaises (53 %) a également progressé cette année, bien que dans une moindre mesure que celle de la corruption au sein du gouvernement. Cela suggère que le public perçoit la corruption en France comme nettement plus politique et répandue cette année que l'an dernier. 
 
 Cette augmentation au cours de l'année écoulée intervient dans un contexte de forte médiatisation de plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités politiques soupçonnées de corruption.
L'ancien président Nicolas Sarkozy a été condamné pour financement illégal de campagne, et Marine Le Pen a été interdite de se présenter à une fonction publique pour détournement de fonds européens. 
 
 Des préoccupations similaires se sont étendues au gouvernement actuel, où la ministre de la Culture, Rachida Dati, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ont chacun été mis en cause pour corruption ou visés par des plaintes dans des affaires distinctes, alimentant ainsi le débat public sur la responsabilité politique.  
 
Le pessimisme économique persiste 
 
 Le pessimisme économique reste profondément ancré en France, deuxième économie de la zone euro. En 2025, environ un adulte français sur cinq (21 %) estime que l'économie locale s'améliore, tandis que 67 % pensent qu'elle se détériore, un chiffre stable par rapport à 2024. 
 
Au cours de la dernière décennie, la France a figuré parmi les pays les plus pessimistes de l'OCDE quant à l'état de son économie. Depuis 2015, seule la Grèce affiche un pessimisme moyen plus marqué que la France parmi les pays de l'OCDE.
 
Pour graphique allez au lien 
 
Le mécontentement des Français envers leurs institutions, leurs dirigeants et leur économie reflète sans doute les défis économiques croissants auxquels le pays est confronté. La France affiche l'un des déficits les plus importants du monde développé, et ses dépenses publiques, en pourcentage du PIB, dépassent celles de toute autre économie avancée. 
 
Au cours de la dernière décennie, la productivité a fortement chuté, érodant les recettes fiscales et creusant encore davantage le déficit. Ces difficultés économiques ont alimenté l'instabilité politique récente, les échecs répétés à faire adopter des lois de finances contribuant à la fréquente instabilité des Premiers ministres. 
 
 En résumé 
 
L'année d'instabilité politique que traverse la France se reflète dans le moral de la population. La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants ont chuté, la perception de la corruption a augmenté et l'optimisme économique reste rare. De plus en plus de personnes déclarent vouloir quitter définitivement le pays si elles en avaient l'occasion, notamment celles qui n'ont plus confiance dans les institutions nationales. 
 
Malgré les difficultés répétées à former un gouvernement stable – avec trois Premiers ministres depuis le sondage Gallup de 2024 – Emmanuel Macron continue de faire face aux pressions internes. Son mandat présidentiel s'achève en mai 2027. Son successeur aura pour mission de regagner la confiance du public, érodée vers la fin de son mandat. 
 
 

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Pour connaître la méthodologie complète et les dates précises des enquêtes, veuillez consulter les détails de l'ensemble de données par pays de Gallup. Apprenez-en davantage sur le fonctionnement du sondage mondial Gallup.
 
 

L’instabilité chronique du gouvernement Macron 

Un faux gaulliste qui devrait démissionner

Le 20 janvier 2026, lors des débats sur le budget à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a une nouvelle fois dégainé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote la première partie du budget 2026.

 


 

Cette décision, prise « avec regret et amertume », illustre parfaitement l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement Macron, minoritaire et contraint de forcer le passage pour survivre.

Mais au-delà de cette manœuvre constitutionnelle, c’est toute la présidence d’Emmanuel Macron qui est mise en accusation : un dirigeant qui se prétend gaulliste mais qui, par son entêtement, alimente une instabilité politique inédite. Il est temps qu’il démissionne, dans un véritable geste gaullien, pour redonner la parole au peuple et sortir la France de cette paralysie.

Un budget passé en force : symbole d’un pouvoir faible

Le recours au 49.3 n’est pas une nouveauté sous Macron, mais il devient un rituel qui masque l’absence de majorité stable. Lecornu, fidèle macroniste, avait promis d’abandonner cet outil pour privilégier le dialogue, mais face à l’opposition unie de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), qui ont annoncé des motions de censure, il a capitulé. Ce « semi-succès, semi-échec », comme il l’admet lui-même, n’est que le énième épisode d’une crise qui s’éternise depuis les législatives de 2024, où aucun bloc n’a obtenu de majorité absolue. La France entame 2026 sans budget stable, avec un déficit contenu à 5% du PIB sur le papier, mais au prix d’une instabilité qui pèse sur l’économie et les citoyens.

Cette situation n’est pas un accident : elle découle directement des choix de Macron, qui a dissous l’Assemblée en 2024, menant à un tripartisme paralysant entre gauche, centre et extrême droite.

À Davos, le président tente de se poser en défenseur du droit international face à Donald Trump, mais chez lui, il bafoue l’esprit parlementaire en recourant systématiquement au 49.3, un outil conçu pour l’exception et non pour la routine. Les Français, préoccupés par cette instabilité, méritent mieux qu’un exécutif qui survit par des artifices constitutionnels.

Macron, le « Gaulliste » qui refuse le geste gaullien

Emmanuel Macron se plaît à se draper dans l’héritage gaulliste, mais ses actes le trahissent. En 2025, après la chute de gouvernements successifs comme ceux de Bayrou ou Lecornu, des voix même au sein de la droite, comme Jean-François Copé, l’ont appelé à un « geste gaullien » : démissionner pour programmer une élection présidentielle anticipée. Copé, maire de Meaux, a insisté : « Emmanuel Macron doit avoir un geste gaullien et programmer sa démission. » Un écho au départ du général de Gaulle en 1969 après un référendum perdu, pour préserver les institutions.

Pourtant, Macron s’accroche, balayant les appels à la démission issus de tous bords – RN, LFI, et même certains alliés comme Édouard Philippe. « Je ne quitterai pas l’Élysée avant la fin de mon mandat », répète-t-il, préférant une « année utile » en 2026 marquée par des « grands chantiers » illusoires.

Cette obstination n’est pas gaulliste ; elle est macroniste : un mélange d’arrogance et de déni qui transforme la Ve République en un régime dysfonctionnel.

En refusant de partir, Macron fragilise les institutions qu’il prétend défendre, alimentant une crise démocratique inédite.

Le collaborationisme des socialistes, verts et républicains : priorité aux postes

Pire encore, cette instabilité est prolongée par le collaborationisme opportuniste de partis comme les socialistes (PS), les Verts (Écologistes) et Les Républicains (LR), qui ne pensent qu’à conserver leurs postes et privilèges. Après les législatives de 2024, Macron s’est tourné vers les socialistes pour élargir sa base, reconnaissant implicitement leur rôle dans un « socle commun » pour survivre. Olivier Faure, patron du PS, s’en est félicité, voyant dans cette ouverture une reconnaissance que le PS « était capable de porter un nouvel espoir ».

Mais ce n’est que du calcul : les socialistes, affaiblis, préfèrent des alliances de circonstance avec Macron plutôt que de risquer une dissolution qui pourrait les balayer.

Les Verts, menés par Marine Tondelier, jouent le même jeu. Partie prenante du Nouveau Front populaire en 2024, ils ont vite négocié avec l’Élysée pour des postes, comme lors des consultations pour un nouveau gouvernement. Quant aux Républicains, ils posent des conditions pour participer au gouvernement Lecornu, menaçant de fronde mais finissant souvent par collaborer pour des miettes de pouvoir, comme Bruno Retailleau l’a illustré en critiquant un Premier ministre « proche de Macron » tout en restant dans le jeu.

Ce « collaborationisme » – terme fort mais approprié – n’est motivé que par la survie personnelle. Ces partis, jadis opposés, se rallient à Macron pour éviter des élections où le RN, donné favori, pourrait les submerger. Ils trahissent ainsi leurs électeurs, prolongeant une instabilité qui profite à l’exécutif en place au détriment du pays.

Vers une sortie de crise : démission et retour aux urnes

La France ne peut plus tolérer cette farce. Avec un gouvernement qui utilise le 49.3 comme béquille et des partis complices obsédés par leurs postes, l’instabilité sous Macron atteint des sommets. Un vrai gaulliste saurait partir pour préserver la République. En démissionnant, Macron permettrait une présidentielle anticipée et une dissolution, redonnant la voix au peuple. Sans cela, 2026 sera une année perdue, marquée par des crises budgétaires et une paralysie institutionnelle. Il est temps de tourner la page de ce macronisme essoufflé.

https://multipol360.com/linstabilite-chronique-du-gouvernement-macron/ 

 


 

Chasser ce riche que je ne saurais voir

« Il faut faire payer les riches ». Au Royaume-Uni, cette politique provoque un exil massif. Les recettes s’effondrent, au point de risquer de doubler les impôts de 25 millions de contribuables. Un avertissement pour la France, où la tentation revient avec insistance dans le débat public.

Le Royaume-Uni n’en finit plus de rompre avec ses héritages. Après son divorce avec l’Union européenne, c’est la dernière page du thatchérisme qui est en train de définitivement se tourner. La suppression du régime fiscal propre aux « non-domiciliés », à savoir les étrangers fortunés résidant au Royaume-Uni (mesure datant de 1799), a été doublement détricotée : en mars 2024 par le chancelier de l’Échiquier (l’équivalent du ministre des Finances) conservateur, Jeremy Hunt, décidant de l’extinction de ce régime à partir d’avril 2025, puis par sa successeure travailliste, Rachel Reeves, qui en a profité pour y ajouter un volet sur les droits de succession. Preuve qu’outre-Manche également, la passion pour la fiscalité transcende les clivages partisans.
 
Les résultats ne se sont pas fait attendre : le Royaume-Uni aurait perdu 10 800 millionnaires en 2024 selon le cabinet Henley & Partners, et près de 16 500 en 2025, devenant ainsi le premier pays du monde en termes d’exil de millionnaires. Une hémorragie qui ne fait que commencer : la banque UBS estime que le pays pourrait perdre jusqu’à 500 000 millionnaires d’ici 2028. Un comble pour un pays longtemps considéré comme la principale terre d’accueil des plus fortunés.
 

 
Les conséquences de ce « Wexit » (pour exil des riches) sont déjà observables. L’essayiste Robin Rivaton rappelle ainsi que c’est toute une chaîne qui est concernée, avec des effets en cascade : baisse de 45 % de la valeur des maisons « prime » de Londres, départs de magnats industriels comme Lakshmi Mittal, Nik Storonsky (fondateur de Revolut), Nassef Sawiris (première fortune d’Égypte) ou encore Guillaume Pousaz (fondateur de Checkout.com), baisse de 14 % des demandes de personnel domestique très haut de gamme, baisse du nombre d’élèves internationaux en internat de 14 % et fermeture de 57 écoles indépendantes.
 
Le Trésor britannique a en outre estimé que chaque départ de millionnaire coûtait 460 000 livres par an à l’État, soit la contribution fiscale annuelle d’environ 50 contribuables. Si les estimations de la banque UBS sont correctes, il faudrait donc doubler les impôts de 25 millions de contribuables anglais pour ne serait-ce que combler les pertes engendrées par cet exil !
 
La leçon anglaise est brutale pour eux, mais précieuse pour nous. Prenons-la comme un ultime avertissement pour stopper la folie fiscale qui s’est emparée de notre pays.
 
Alors que les économistes de gauche, apôtres d’une forte augmentation de la fiscalité sur le patrimoine (Gabriel Zucman et Thomas Piketty en tête), ne cessent d’ânonner que leur potion fiscale ne provoquera aucun exil, les économistes sérieux documentent cet effet depuis de nombreuses années, démontrant que « trop d’impôt tue l’impôt » et que le réel finit toujours par se venger.
 
La fin de ce régime fiscal devait théoriquement rapporter 34 milliards de livres sterling en cinq ans, mais l’exil qu’il provoque pourrait coûter , et conduire à la suppression de plus de 40 000 emplois, selon l’Adam Smith Institute.
Un effet similaire à celui observé en Norvège ces dernières années, où l’augmentation de la fiscalité sur le capital réalisée en 2021 (dans une mouture similaire à la taxe Zucman) devait rapporter 141 millions d’euros par an. Or, elle a en réalité généré de 433 millions d’euros et provoqué une fuite des capitaux à hauteur de 52 milliards d’euros.
La France n’est pas en reste avec sa risible « taxe sur les yachts », produit purement idéologique dont les gains étaient estimés à 10 millions d’euros par an, alors que son rendement réel a été d’à peine (soit 160 fois moins), provoquant un exil quasi total des bateaux de luxe dans notre pays (il n’en resterait plus que cinq aujourd’hui), cassant toute l’économie et les emplois inhérents.

La fiscalité, un édifice fragile

La fiscalité est similaire à un Kapla, ce jeu de construction et d’adresse pour enfants où de fins bouts de bois doivent être empilés pour réaliser une structure verticale. L’ajout d’une pièce supplémentaire risque à chaque fois de faire basculer l’ensemble de l’édifice et de détruire tout l’ouvrage.
 
Alors que le vote d’une nouvelle taxe ou l’augmentation d’un impôt devrait se faire d’une main tremblante, assurée par des études d’impact évaluant les effets à attendre à moyen et long terme, les élus ne prennent plus aucune précaution, motivés par l’idéologie et la nécessité de répondre à ce qu’ils estiment être la demande de l’opinion. Si cette mécanique aveugle et brutale a fonctionné ces quarante dernières années pour les pays occidentaux, le double ralentissement démographique et économique les oblige à accélérer la cadence pour assurer le financement du fonctionnement d’États-providence de plus en plus déficitaires. Et dans un environnement où les personnes sont encore libres de leurs mouvements, tout alourdissement de l’imposition ne fait qu’inciter les personnes ciblées à placer leurs actifs dans des environnements moins propices au braconnage fiscal.
 
Un pays qui chasse ses riches est un pays qui s’appauvrit. Moins de fortunés induit moins de ressources pour développer l’investissement et favoriser l’innovation, moins de recettes pour financer les politiques publiques incontournables et surtout un effacement de l’habitus entrepreneurial dans un pays qui, en plus de perdre ses riches, perd des exemples à suivre pour ceux qui aspirent à le devenir.
 
En somme, cette politique revient à casser la machine à produire de la prospérité partagée et à offrir ses ressources intellectuelles et entrepreneuriales à d’autres pays plus attractifs, renforçant ainsi de futurs concurrents économiques.
 
Dans la compétition mondiale qui se joue entre les grandes zones économiques, l’Europe fait le choix mortifère d’alourdir des prélèvements obligatoires déjà très imposants, dans un contexte où la productivité et la démographie chutent, pour tenter de maintenir artificiellement l’idée que la générosité d’un modèle social est un horizon indépassable. Sans une remise en cause complète de ce modèle, et la définition d’une nouvelle matrice fiscale ambitieuse donnant la priorité à l’investissement, au risque et à l’innovation, le Vieux Continent endossera le rôle de proie de pays dynamiques à l’appétit insatiable.
 
 

 

 

 
 
 

décembre 31, 2025

Le Macronisme aigu !

La macronie : un système opaque gangréné par le népotisme, le copinage et l’impunité 

Le pouvoir macroniste, souvent qualifié de « macronie », se présentait comme une rupture avec l’ancien monde politique, promettant renouvellement, transparence et moralisation de la vie publique.

 


Pourtant, près de neuf ans après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le bilan est accablant : un entourage verrouillé, des nominations douteuses, des affaires étouffées et une déconnexion croissante avec les Français.

Loin d’avoir éradiqué les vieux démons du clientélisme et du favoritisme, la macronie les a exacerbés, transformant l’État en un réseau d’influences où les fidèles sont récompensés et les critiques marginalisées.


 

Le népotisme et le copinage au cœur du système

Dès 2017, Emmanuel Macron promettait une loi contre le « népotisme », en réaction à l’affaire Fillon. Ironie de l’histoire : son propre quinquennat (puis second mandat) a été marqué par une série de nominations perçues comme du pur favoritisme. Des proches du couple présidentiel ont été placés à des postes clés, souvent sans que leurs compétences justifient pleinement ces choix.

  • Des cas emblématiques comme la tentative de nomination de l’écrivain Philippe Besson au consulat de Los Angeles en 2018, annulée sous la pression pour « copinage ».
  • Plus récemment, des soupçons autour de subventions accordées à des associations dirigées par des amies de Brigitte Macron, comme l’affaire des 2 millions d’euros versés à l’association e-Enfance de Justine Atlan via les Pièces Jaunes.
  • La suppression du corps diplomatique en 2022 a été dénoncée comme un moyen de placer des fidèles sans passer par les concours traditionnels, renforçant l’accusation de « recasage » des alliés politiques.

Ces pratiques ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans une logique d’entre-soi élitiste, où l’accès au pouvoir passe plus par la proximité avec le président que par le mérite républicain. La macronie fonctionne comme un club fermé, où les hauts fonctionnaires, banquiers et communicants issus des mêmes écoles (ENA, Sciences Po) se cooptent mutuellement.


 

L’opacité et l’étouffement des affaires

La macronie excelle dans la gestion des scandales : rapidité à classer, enquêtes bâclées et communication verrouillée. L’affaire Benalla en 2018 a révélé un Élysée prêt à protéger ses proches au prix de mensonges d’État. Depuis, les controverses se multiplient sans conséquences réelles :

  • Conflits d’intérêts dans les cabinets ministériels.
  • Pantouflage vers le privé (McKinsey, cabinets de conseil).
  • Dépenses opaques autour de la Première dame, épinglées par la Cour des comptes.

En 2025, alors que la France traverse une crise politique profonde (instabilité gouvernementale, dette explosive, contestations sociales), l’entourage macroniste semble imperméable aux critiques. Le président, isolé, s’appuie sur un cercle restreint qui filtre l’information et marginalise toute voix dissonante.

Une illustration parfaite : les théories conspirationnistes comme symptôme d’une défiance totale

La prolifération de rumeurs extrêmes, comme celles relayées sur X affirmant que des opposants gênants (tels qu’Olivier Marleix) auraient été « suicidés » pour protéger des dossiers sensibles sur la finance ou la souveraineté nucléaire, traduit une défiance abyssale envers le pouvoir. Ces théories, amplifiées par des sites comme Profession Gendarme qui citent des sources alternatives et présentent des spéculations sur un possible rôle de l’État ou de Macron dans la mort de Marleix, émergent dans un contexte où les enquêtes officielles ont conclu à un suicide sans intervention extérieure, comme l’a confirmé le parquet de Chartres en juillet 2025 après autopsie et analyses.

Bien que ces allégations restent spéculatives et non étayées par des preuves concrètes, elles fleurissent parce que la macronie a elle-même alimenté le soupçon par son opacité récurrente. Quand les enquêtes officielles sont perçues comme expéditives par une partie du public, et que les critiques légitimes sur des scandales comme Alstom (où Marleix avait enquêté) sont minimisées, l’imagination comble le vide au détriment de la vérité et de la sérénité publique, même si les faits établis pointent vers une tragédie personnelle plutôt qu’un complot.


 

Une dérive autoritaire au service d’un clan

La macronie n’est pas seulement clientéliste ; elle est devenue un système où le pouvoir présidentiel s’exerce sans contre-pouvoirs efficaces. Dissolutions d’assemblée intempestives, usage massif du 49.3, nominations contestées : tout concourt à concentrer les décisions entre les mains d’un petit groupe. Les Français, épuisés par l’inflation, les réformes impopulaires et l’instabilité, paient le prix de cette gouvernance arrogante.

Emmanuel Macron avait promis de restaurer la confiance dans la politique. Il laisse derrière lui un pays divisé, méfiant et convaincu que le sommet de l’État fonctionne d’abord pour ses propres intérêts.

La macronie n’est pas une renaissance : c’est la confirmation que, en France, le pouvoir corrompt toujours ceux qui s’y accrochent trop longtemps.

Il est temps de tourner la page pour retrouver une République exemplaire, loin des réseaux et des privilèges d’un clan.

https://multipol360.com/la-macronie-un-systeme-opaque-gangrene-par-le-nepotisme-le-copinage-et-limpunite/

 

décembre 24, 2025

La narration triomphale de Donald Trump entre âge d’or ou mirage économique ?

Trumps News !!
 
L'âge d'or économique est en route aux USA
 
Les économiste se sont plantés notamment chez bloomberg: Le PIB du troisième trimestre a atteint 4,3 % aux États-Unis. les prévisions de 3,2 % sont bien dépassées. Ses réformes fiscales, voire ses fameux droits de douanes font que les investissements sont importants ! Fake ou réalité ??
 


La croissance des Etats-Unis a atteint 4,3 % en rythme annualisé au troisième trimestre, selon une estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis (BEA). Un niveau inédit depuis deux ans, qui a pris de court les marchés : les analystes tablaient sur un net ralentissement de l’activité, autour de 3,2 %, après 3,8 % au trimestre précédent, d’après le consensus de Trading Economics.

Rapportée d’un trimestre à l’autre, la progression du produit intérieur brut s’élève à 1,1 %. Le BEA souligne que cette hausse est principalement portée par une « accélération de la consommation ». Les dépenses publiques, notamment militaires, ainsi que les exportations ont également contribué à la dynamique, tandis que les investissements ont légèrement reculé.

« L’âge d’or économique de Trump est lancé »

Ces chiffres ont été publiés avec près de deux mois de retard en raison du « shutdown » fédéral qui a paralysé les agences statistiques entre début octobre et mi-novembre. Donald Trump s’est empressé de saluer ces données sur Truth Social, affirmant que « l’âge d’or économique de Trump est lancé à TOUTE vapeur » et que les économistes « se sont trompés mais "TRUMP" et quelques autres génies avaient raison ».

Dans un autre message, le président américain a attribué ces « chiffres économiques GENIAUX » aux droits de douane instaurés depuis son retour à la Maison-Blanche, tout en répétant qu’il n’y a « PAS D’INFLATION ». Or, selon le BEA, l’inflation mesurée par l’indice PCE a réaccéléré entre juillet et septembre, tandis que les revenus réels, corrigés de l’inflation, sont restés stables.

 


 

Les ménages riches soutiennent la croissance

Pour expliquer la vigueur de la consommation malgré ce contexte, Michael Pearce, économiste chez Oxford Economics, évoque un effet de richesse concentré sur les ménages les plus aisés. Ces derniers, qui représentent une part importante des dépenses, bénéficient de la hausse continue de l’immobilier et de la bonne performance des marchés boursiers.

Les perspectives apparaissent toutefois plus contrastées pour la fin de l’année. Oliver Allen, de Pantheon Macroeconomics, estime que la croissance sera « moins reluisante » au quatrième trimestre, pointant la faiblesse du marché du travail, la stagnation des revenus réels et l’épuisement de l’épargne accumulée pendant la pandémie. Le Conference Board note de son côté que le moral des consommateurs continue de se dégrader, sur fond d’inquiétudes persistantes liées aux prix et à l’inflation.

https://www.20minutes.fr/monde/etats-unis/4193020-20251223-etats-unis-croissance-americaine-grimpe-trump-affirme-age-or-economique-lance

Dossier USA


 
Le président Trump prépare un BOOM ÉCONOMIQUE en 2026
• Inflation en baisse à 2,7 %
• Normes sur le carburant assouplies → voitures moins chères
• Revenus des droits de douane → possible chèque de remboursement en 2026
• Plus grande saison de remboursements d’impôts de l’HISTOIRE
• Comptes Trump pour les enfants
• Groupe de travail pour faire baisser les prix alimentaires
• Revenus réels en hausse
• 100 % des nouveaux emplois vont aux Américains nés aux États-Unis
• Plan logement majeur à venir
• Déficit commercial en forte baisse
 
 

 
Voici les faits concernant les registres de vols Trump-Epstein :
Donald Trump a effectué exactement 7 vols documentés à bord de l’avion de Jeffrey Epstein, tous entre 1993 et 1997 :
 
🛫4 vols en 1993
🛫1 vol en 1994
🛫1 vol en 1995
🛩1 vol en 1997
 
⛱️Epstein n’a acheté l’île Little St. James qu’en 1998 — après le dernier vol de Trump.
 
Les 7 vols étaient de courts trajets intérieurs, principalement entre Palm Beach et la région de New York / New Jersey.
Un vol en 1994 incluait une escale à Washington, D.C. ; certaines sources comptent cette escale comme deux segments distincts, ce qui explique les affirmations parlant de « 8 vols » au lieu de 7.
 
Il n’y a eu aucun vol vers les îles Vierges américaines.
Il n’existe aucune preuve — ni registre de vol, ni document, ni témoignage — indiquant que Trump se soit rendu sur l’île d’Epstein.
 
L’affirmation selon laquelle il y serait allé est impossible compte tenu de la chronologie et reste totalement non étayée.
C’est pour cela que Trump parle d’un canular démocrate.
Les faits, selon ce texte, lui donnent raison.
 



 
 
 
 
EPSTEIN. Le saviez-vous ? Marius Robepstein était un manager autrichien résidant en Arabie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
CORRUPTION MASSIVE EN UKRAINE. 
Selon une ONG suisse (GI-TOC), près de 600 000 armes livrées à l’Ukraine ont été PERDUES ou VOLÉES depuis 2022. Fusils d’assaut, armes légères et équipements militaires auraient disparu des circuits officiels, dans un contexte de guerre mais aussi de contrôles défaillants et de corruption endémique.
Ce choc intervient alors que l’Union européenne vient d’approuver 90 MILLIARDS D’EUROS supplémentaires d’aide à Kiev. Un contraste saisissant : toujours plus d’argent et d’armes envoyés, toujours moins de transparence sur leur destination réelle.
Des experts alertent sur un risque majeur de trafic international, ces armes pouvant alimenter mafias, milices ou réseaux terroristes bien au-delà du front ukrainien.
 
Un dossier qui donne raison aux mises en garde répétées de Donald Trump : sans audits stricts, sans contrôle sérieux, l’aide occidentale devient un puits sans fond, payé par les contribuables américains et européens. (A)
 
 Dernière info:
Après l’Argentine et le Chili, le Honduras passe à droite en élisant Nasry Asfura.
Nasry Asfura, le Trump du Honduras est élu président du pays pour la période 2026/2030 et met fin à des années de socialisme, c’est inédit.
 
 

Âge d’or ou mirage économique ? Les failles cachées de la croissance américaine 

Les États-Unis affichent une croissance insolente de 4,3% au troisième trimestre ; Donald Trump proclame l’avènement de son « âge d’or ». Mais les chiffres et les experts nuancent fortement cette réalité, révélant une économie sous perfusion de dépenses publiques et de consommation des plus aisés.

La machine économique américaine a, une nouvelle fois, déjoué les pronostics. L’estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis (BEA) a révélé une progression du PIB de 4,3% en rythme annualisé entre juillet et septembre, bien au-delà des anticipations des marchés. Un chiffre immédiatement brandi comme un trophée par l’actuel locataire de la Maison-Blanche.

Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a tonné : « L’âge d’or économique de Trump est lancé à TOUTE vapeur », attribuant cette performance à sa politique commerciale agressive et en assurant, contre toute évidence statistique, qu’il n’y a « PAS D’INFLATION ».

Pourtant, derrière ce taux de croissance inédit depuis deux ans, se cache un tableau économique bien plus contrasté, presque schizophrène. La vigueur apparente repose principalement sur une « accélération de la consommation », elle-même portée par un phénomène inquiétant : l’effet richesse. Comme le souligne Michael Pearce d’Oxford Economics, la dépense est soutenue par les ménages les plus fortunés, dont le patrimoine est dopé par la flambée persistante de l’immobilier et des marchés boursiers. Une croissance à deux vitesses, où la majorité des Américains, confrontés à la stagnation de leurs revenus réels et à la réaccélération de l’inflation (mesurée par l’indice PCE), ne profitent guère de cet « âge d’or » proclamé.

Le moteur caché : dépenses publiques et résilience européenne

L’analyse des composantes de cette croissance est édifiante. Outre la consommation d’une minorité, les dépenses publiques, notamment militaires, ont significativement contribué à la dynamique. En d’autres termes, l’État a lui-même actionné la pompe. Plus subtilement, un autre facteur, rarement mis en avant par l’administration Trump, joue un rôle crucial : la relative résilience économique de l’Europe.

Contrairement à l’idée d’une autarcie prospère, la santé des exportations américaines, également citée par le BEA, dépend en partie de la capacité d’achat de ses partenaires. Dans un contexte de guerre en Ukraine, les commandes européennes, qu’elles soient énergétiques (GNL) ou militaires, irriguent l’industrie outre-Atlantique. Dans une certaine mesure, les économies du Vieux Continent, bien que fragilisées, assurent malgré elles une partie du « service après-vente » de la croissance américaine, en important biens et services.

Un horizon assombri pour le quatrième trimestre

Cet emballement trimestriel masque-t-il un essoufflement prévisible ? Pour de nombreux analystes, la réponse est oui. Oliver Allen, de Pantheon Macroeconomics, prédit une croissance « moins reluisante » pour les derniers mois de l’année. Les vents contraires se multiplient : le marché du travail montre des signes de faiblesse, l’épargne pandémique des ménages s’épuise et le moral des consommateurs, selon le Conference Board, continue de se dégrader face à l’inflation tenace.

Ainsi, la narration triomphale de Donald Trump rencontre la froide objectivité des données. S’il est indéniable que l’économie américaine montre une résistance remarquable, la qualifier d’« âge d’or » relève davantage du slogan de campagne que de l’analyse économique. Cette croissance, dopée aux dépenses publiques et à la fortune d’une minorité, reste vulnérable. Elle s’appuie aussi, ironiquement, sur la demande persistante d’une Europe que l’administration Trump a souvent traitée avec dédain. Un âge d’or ? Plutôt un mirage aux bases fragiles, qui pourrait bien se dissiper dès les prochaines publications statistiques.

https://multipol360.com/age-dor-ou-mirage-economique-les-failles-cachees-de-la-croissance-americaine/

 

 
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