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mai 02, 2026

INFORMATIONS ÉTATSUNIENNES !!

Sommaire:

A) - États-Unis : Le mystère des 11 scientifiques disparus ou morts dans des secteurs sensibles

B) - À six mois des élections de mi-mandat : un sondage explosif de Fox News révèle que les républicains dominent les questions de sécurité, tandis qu’un scandale éclate au sein du SPLC, révélant un réseau de racisme.

C) - SPLC et ActBlue : Quand la gauche finance ses propres monstres

D) - Une guerre peut être juste.

 



A) - États-Unis : Le mystère des 11 scientifiques disparus ou morts dans des secteurs sensibles

Onze ombres sur la science américaine

Il existe un seuil au-delà duquel la coïncidence cesse d’être rassurante et devient une question politique. Aux États-Unis, ce seuil semble avoir été franchi avec l’affaire de onze scientifiques et responsables liés à des secteurs sensibles, disparus ou morts en l’espace de seulement quatre ans. Cinq décès, six disparitions, tous insérés dans des domaines qui touchent au noyau dur de la puissance américaine : nucléaire, recherche spatiale, pharmacie, radiofréquence, défense avancée. Quand une telle série s’accumule, la vraie question n’est plus seulement de savoir s’il existe une main cachée, mais pourquoi l’appareil institutionnel d’une superpuissance donne l’impression de courir derrière les événements au lieu de les maîtriser.


Le cœur du problème : les secteurs sensibles

Ce qui frappe n’est pas seulement le nombre. Ce qui inquiète surtout, c’est le profil des personnes concernées. Il ne s’agit pas de figures marginales, mais de professionnels qui, de différentes manières, avaient ou pouvaient avoir accès à des programmes délicats, à des données classifiées, à des technologies de pointe. C’est cet élément qui transforme une suite de drames individuels en question stratégique. Car lorsque le savoir scientifique se situe à l’intersection de la défense, de l’espace et de l’industrie pharmaceutique, la sécurité du chercheur n’est plus une affaire privée : elle devient une composante de la sécurité nationale.

Parmi les cas évoqués, celui d’Amy Eskridge se détache. Chercheuse de 34 ans, elle a été retrouvée morte en Alabama en juin 2022, tuée par balle à la tête. Les autorités avaient conclu à l’époque au suicide. Mais le dossier n’a jamais vraiment cessé de soulever des questions, parce que la jeune femme travaillait sur des thèmes liés à la gravité et que, dans des enregistrements réalisés avant sa mort, elle affirmait se sentir menacée. Pris isolément, un tel détail ne prouve rien. Mais dans une série aussi dense, il prend un poids considérable.

Morts obscures, disparitions, soupçons

D’autres noms complètent le tableau : Monica Reza, Frank Maywall et Michael David Hicks. La première travaillait dans la fabrication de moteurs de fusée, les deux autres dans la radiofréquence ou des projets de défense spatiale. Monica serait morte dans une chute en 2025, tandis que les deux hommes sont décédés en 2023 et 2024 sans que les causes exactes de leur mort aient été clarifiées. En outre, leurs collègues travaillaient dans le même laboratoire lié à la NASA. Dans un milieu déjà dominé par le secret, les intérêts industriels et la compétition stratégique, cette concentration d’événements anormaux ne pouvait qu’alimenter les interrogations.

L’affaire a d’ailleurs dépassé les cercles marginaux pour atteindre le sommet politique. Elle a attiré l’attention de Donald Trump, tandis que le FBI a indiqué vérifier l’existence éventuelle de liens entre ces disparitions et ces décès. Ce passage est essentiel : lorsque la Maison-Blanche et le Bureau entrent en scène, cela signifie que le problème n’est plus perçu comme une simple rumeur de réseaux sociaux, mais comme une possible vulnérabilité du système américain.

Entre menace extérieure et désordre intérieur

Les hypothèses restent contradictoires. D’un côté, le député James Comer avance la piste extérieure : de nombreux pays auraient tout intérêt à s’emparer du savoir-faire et des capacités nucléaires américaines. En arrière-plan apparaissent les noms habituels de la compétition mondiale : Chine, Russie, Iran. De l’autre, la NASA tempère, en affirmant qu’à ce stade rien n’indique une menace directe contre la sécurité nationale. Certaines familles, dans au moins deux cas, évoquent des problèmes de santé ou des difficultés personnelles préexistantes. Et l’épouse d’un ancien général de l’aviation, disparu sans laisser de traces après avoir travaillé pour le Pentagone, rejette les lectures complotistes en rappelant qu’il était à la retraite depuis plusieurs années.

C’est là que l’affaire prend tout son sens. La fragilité américaine ne réside pas seulement dans une éventuelle action d’un adversaire extérieur, mais dans la possibilité qu’un pays technologiquement dominant ne parvienne plus à distinguer clairement entre accident, vulnérabilité systémique et interférence hostile. À une époque où la supériorité se mesure aussi à la protection du capital humain scientifique, la disparition de chercheurs et de spécialistes produit un dommage qui dépasse le seul cadre judiciaire : elle érode la confiance, élargit le soupçon, nourrit l’idée que les centres les plus sophistiqués de la puissance sont aussi les plus exposés.

Le mystère comme symptôme d’une puissance inquiète

Pour l’instant, il n’existe pas de preuve définitive d’une trame commune. Mais l’accumulation des cas suffit à montrer que la première puissance mondiale se heurte à une contradiction majeure : elle dispose du maximum de technologie, mais ne parvient pas à dissiper le doute sur le sort de ses hommes clés. Et c’est souvent à partir de ces zones d’ombre, plus qu’à partir des certitudes, que l’on mesure l’état réel d’une puissance. Car le mystère, lorsqu’il touche à la science, à la défense et à la sécurité, n’est jamais seulement un mystère : il est déjà un problème stratégique.

Giuseppe Gagliano, 

Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

https://lediplomate.media/decryptage-etats-unis-mystere-11-scientifiques-disparus-morts-secteurs-sensibles/ 

 


 

B) - À six mois des élections de mi-mandat : un sondage explosif de Fox News révèle que les républicains dominent les questions de sécurité, tandis qu’un scandale éclate au sein du SPLC, révélant un réseau de racisme.

Six mois avant les élections de mi-mandat de 2026, un nouveau sondage national de Fox News, réalisé du 17 au 20 avril, dresse un tableau contrasté aux conséquences majeures pour les deux principaux partis. Les Républicains conservent une nette avance sur la sécurité des frontières, l'immigration, la criminalité et la sécurité nationale, tandis que les Démocrates sont en tête sur l'économie, l'inflation et la santé. 
 
Mais au-delà de ces chiffres, c'est le scandale qui secoue le Southern Poverty Law Center (SPLC) qui cristallise le profond malaise des électeurs : cette organisation emblématique de la lutte contre le racisme est accusée par le ministère de la Justice d'avoir secrètement versé plus de 3 millions de dollars entre 2014 et 2023 à des individus liés à des groupes extrémistes violents, dont des factions du Ku Klux Klan. 
 
Le procureur général Todd Blanche ne laisse planer aucun doute : le SPLC « fabriquait l'extrémisme même qu'il prétendait combattre » en rémunérant des sources pour attiser la haine raciale et justifier ses collectes de fonds. Cette révélation tombe au pire moment possible pour la gauche et offre aux républicains un argument de campagne dévastateur : une partie de l’activisme progressiste ne lutte plus contre le racisme, mais le perpétue à des fins financières et électorales.
 
Les Républicains en position de force sur les questions de sécurité 
 
Selon un sondage, les Républicains bénéficient d'un net avantage de 16 points sur la sécurité des frontières, de 8 points sur l'immigration et la criminalité, et de 6 points sur la sécurité nationale. 
 
Ces chiffres confirment que le Parti républicain est perçu comme plus crédible et plus déterminé sur les questions de maintien de l'ordre et de contrôle des frontières – des sujets qui demeurent au cœur des préoccupations quotidiennes d'une large partie de l'électorat. 
 
Les Démocrates conservent leur avantage sur les questions économiques et sociales 
 
À l'inverse, les Démocrates devancent les Républicains de 21 points sur la santé, de 8 points sur l'inflation et de 4 points sur l'économie. Ils disposent également d'une avance confortable sur le changement climatique (+29 points), l'avortement (+18), les questions transgenres (+13) et la politique étrangère (+6). 
 
 L'économie et l'inflation restent les principales priorités : 26 % des électeurs citent l'inflation et la hausse des prix comme le problème le plus important auquel le pays est confronté, tandis que 17 % mentionnent l'économie et l'emploi. Près des trois quarts des Américains (73 %) donnent une note négative à l'économie nationale, tandis que six sur dix évaluent négativement leur propre situation financière et sept sur dix pensent que l'économie se détériore.
 
Trump sous pression, les deux partis critiqués 
 
Le taux d'approbation du président Donald Trump concernant sa gestion de l'inflation n'atteint que 28 %, et 34 % pour l'économie. Son taux d'approbation global reste négatif, avec 42 % d'opinions favorables et 58 % d'opinions défavorables. Plus largement, 61 % des électeurs estiment que les deux partis se concentrent sur les « mauvais » sujets. L'image des deux partis est fortement ternie : 58 % d'opinions défavorables s'appliquent aussi bien aux démocrates qu'aux républicains. 
 
Concernant le vote pour les élections législatives, 52 % des électeurs déclarent qu'ils soutiendraient le candidat démocrate dans leur circonscription, contre 47 % pour le républicain – un léger avantage pour les démocrates, qui se situe dans la marge d'erreur du sondage. Par ailleurs, 68 % des démocrates se disent « extrêmement » motivés à voter, contre 60 % des républicains. 
 
 Le scandale du SPLC : De la lutte historique contre le racisme à l'instrumentalisation du récit victimaire
 
 Le scandale du SPLC révèle une évolution tragique qui s'étend sur plusieurs décennies. Fondé à Montgomery, en Alabama – berceau du mouvement des droits civiques –, le Southern Poverty Law Center s'est longtemps imposé comme l'un des défenseurs les plus visibles et influents des droits des minorités. Pendant des décennies, il a bâti sa réputation et son empire financier sur la traque du racisme, de la suprématie blanche et des groupes d'extrême droite. Il se présentait comme le garant moral de l'Amérique progressiste, une référence incontournable pour les médias, les entreprises et les institutions cherchant à démontrer leur engagement contre la haine. 
 
 Pourtant, derrière cette façade historique, selon l'analyse de Bobby Burack dans OutKick, une dynamique perverse s'est progressivement installée : « Dans l'économie de l'activisme actuelle, la demande de racisme dépasse largement l'offre.» Lorsque la réalité ne fournit plus suffisamment d'exemples concrets de racisme systémique pour justifier l'ampleur des budgets et de l'influence, l'organisation est tout à fait incitée à fabriquer ou à amplifier ce racisme. 
 
Le pasteur Corey Brooks, figure emblématique de la lutte contre le discours victimaire dans les quartiers noirs de Chicago, décrit cette évolution avec une lucidité implacable : « Nous l’avons constaté avec O.J. Simpson, Michael Brown, George Floyd… et maintenant avec le SPLC. Au lieu de promouvoir la responsabilité individuelle, le mérite et le rêve américain, certaines structures ont choisi de perpétuer la division raciale car c’est devenu leur modèle économique. »
 
Bobby Burack résume ce mécanisme par une formule frappante : « Dans l’économie de l’activisme, le racisme fait vendre. Et lorsque l’offre réelle se raréfie, certaines organisations n’hésitent plus à créer la demande.» 
 
2014-2023 : Financement secret des « ennemis » et parallèles avec BLM et d’autres organisations 
 
C’est précisément cette période qui révèle, selon le ministère de la Justice, le chapitre le plus sombre de cette évolution. Entre 2014 et 2023, le SPLC aurait « secrètement versé » plus de 3 millions de dollars à au moins huit individus liés à des groupes extrémistes violents, dont des factions du Ku Klux Klan. Le procureur général Todd Blanche est catégorique : « Au lieu de démanteler les réseaux extrémistes, le SPLC a en réalité fabriqué l’extrémisme qu’il prétendait combattre en rémunérant des sources pour attiser la haine raciale.» 
 
Ce modèle n’est pas propre au SPLC. Bobby Burack cite l'exemple de la Human Rights Campaign (HRC) : après la victoire historique de 2015 dans l'affaire Obergefell v. Hodges, qui a légalisé le mariage homosexuel à l'échelle nationale, l'organisation a dû se réinventer en se concentrant sur les « droits des personnes trans ». « Les droits des personnes trans ne constituent pas une véritable crise. Les personnes trans ont les mêmes droits que tous les autres Américains. Mais la HRC a compris qu'elle devait s'emparer d'un autre problème, quitte à en créer un.» 
 
Le même mécanisme s'applique au mouvement Black Lives Matter (BLM). Suite à la mort de George Floyd en 2020, BLM a levé des centaines de millions de dollars en quelques mois, alimentant un discours de racisme systémique et de victimisation permanente. Pourtant, comme le souligne le pasteur Corey Brooks dans ses analyses, BLM a été accusé d'exacerber les tensions raciales et de détourner des fonds sans apporter d'améliorations concrètes aux quartiers noirs. Brooks, qui a passé des centaines de jours sur un toit à Chicago pour construire un centre communautaire sans aide gouvernementale, dénonce ce « tribalisme racial » qui, au lieu de résoudre les problèmes, perpétue les difficultés et sert ainsi à maintenir les financements et le pouvoir politique. 
 
 La même logique s'applique au SPLC : lorsque le racisme visible s'estompe, l'organisation doit entretenir un sentiment d'urgence permanent pour survivre.
 
Quand le discours victimaire se retourne contre ses créateurs 
 
 Ce sondage de Fox News et le scandale du SPLC dressent un tableau implacable : les Américains en ont assez. Ils exigent des réponses concrètes sur l’économie, l’inflation et la sécurité, tandis qu’une partie de la gauche semble prisonnière d’une instrumentalisation du discours victimaire qui a besoin du racisme pour survivre. Les Républicains dominent les sujets qui touchent directement le quotidien ; les Démocrates conservent leur crédibilité sur les questions économiques et sociales. Mais le scandale du SPLC transforme un débat culturel en un handicap électoral pour la gauche : il apporte aux Républicains la preuve flagrante que certains de leurs adversaires ne combattent plus le racisme, mais le perpétuent par intérêt financier et électoral. 
 
À six mois des élections de mi-mandat, l’Amérique est à la croisée des chemins. Les électeurs trancheront. Et cette fois, l’exploitation du racisme pourrait bien coûter cher à ceux qui en ont fait leur gagne-pain. La grande bataille des élections de mi-mandat ne fait que commencer. Elle sera impitoyable et décisive pour l’avenir du pays.
 
Angélique Bouchard
 


 

C) - SPLC et ActBlue : Quand la gauche finance ses propres monstres

Aux États-Unis, les Démocrates sont actuellement éclaboussés par deux énormes scandales qui pourraient bien remettre en question le fondement même de ce parti, et qui touchent la caisse noire d’un côté et la machine morale de l’autre de ce qui se présentait encore, il y a peu, comme le Camp du Bien.

Le volet moral est, sans doute, le plus ironiquement savoureux. 

Le Southern Poverty Law Center, cette vénérable ONG d’Alabama dont le fonds de commerce consistait à dresser chaque année la liste des plus gros racistes d’Amérique, vient d’être inculpé par un grand jury fédéral pour onze chefs d’accusation dont notamment fraude bancaire, fraude électronique et blanchiment, pour avoir secrètement financé, entre 2014 et 2023, les dirigeants mêmes des groupes qu’il prétendait combattre. 

Eh oui : trois millions de dollars, prélevés sur les dons de militants convaincus de combattre le Ku Klux Klan, ont transité, par la magie comptable des sociétés-écrans aux noms aussi sobres que « Fox Photography » ou « Rare Books Warehouse » vers un « imperial wizard » du Klan, un leader du National Socialist Movement, et divers cadres de l’Aryan Nations.

On apprend même qu’un informateur stipendié par le SPLC faisait lui-même partie du groupe de discussion qui a organisé la tristement célèbre marche « Unite the Right » de Charlottesville en 2017, cette marche où une militante antiraciste, Heather Heyer, est morte écrasée par une voiture. Le même individu a touché 270 000 dollars entre autres pour aider à la logistique. 

On peine à trouver plus beau retour sur investissement dans l’industrie compassionnelle.

On découvre, à la lecture de l’acte d’accusation, que tout ce petit monde entretenait depuis les années 1980 un réseau « d’agents de terrain », les fameux « Fs », financés en douce via un maquis de sociétés fictives pour récolter la matière première nécessaire à l’élaboration des rapports annuels « Year in Hate and Extremism » qui permettaient, eux, de lever des fonds auprès des bobos du Vermont ou d’ailleurs et des fondations bien intentionnées. 

Un parfait circuit fermé qui permet de payer le racisme pour ensuite vendre sa dénonciation, en encaissant à chaque étape : voilà ce que produit mécaniquement une organisation dont la survie dépend de l’existence du mal qu’elle combat. 

Nous sommes ici devant le chef d’œuvre absolu de l’ingénierie sociale doublée d’un cynisme total : une organisation non gouvernementale en charge de la lutte contre le racisme finance sans vergogne le racisme pour être sûre d’obtenir financement, visibilité et influence. 

C’est malin, non ?

Pendant que le SPLC s’occupe de la logistique du chaos moral, le scandale ActBlue touche à la logistique financière pure et dure, avec l’émergence d’une documentation de la plomberie électorale proprement édifiante. 

ActBlue, c’est une plateforme qui collecte des milliards de dollars pour les campagnes démocrates, mais elle fait à présent l’objet d’une plainte retentissante déposée par le procureur général du Texas, Ken Paxton, pour avoir autorisé voire encouragé des dons frauduleux qui sentent bon le recyclage industriel. 

Les révélations de FTG Solutions et les enquêtes lancées par Ken Paxton suggèrent un système de micro-donations entièrement frauduleux, et le Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants pointe du doigt une possible ingénierie de blanchiment de fonds politiques à grande échelle.

Les documents internes montrent que les équipes juridiques d’ActBlue avaient alerté en interne, que tout le « département conformité » a depuis été remercié, démissionné ou mis au placard et que plusieurs employés ont préféré invoquer le cinquième amendement devant les enquêteurs, ce qui dénote certainement d’une âme sereine quant à la suite de l’enquête. 

Pris séparément, chacun de ces deux dossiers constituerait déjà un petit tremblement de terre. Pris ensemble, et surtout maintenant, ils dessinent tout autre chose, notamment car le Comité Républicain du Congrès vient de pulvériser son record historique de levée de fonds au premier trimestre avec 47,1 millions de dollars, et que le Comité National Républicain détient près de sept fois plus de liquidités que son homologue démocrate, lequel traîne en prime 17 millions de dettes.

En outre, la découverte de ces dossiers permet de poser une hypothèse de travail intéressante. 

Il est assez clair que poursuivre des adversaires politiques est délicat : cela revient à leur offrir un rôle de martyr, facilement médiatisable, devant des juges fédéraux souvent peu favorables et sur des dossiers où l’intention est difficile à prouver.

En revanche, les poursuivre financièrement, c’est infiniment plus efficace : les virements bancaires laissent des traces, les sociétés-écrans ont des statuts déposés, les courriels internes sont archivés sur des serveurs, et les jurys n’ont besoin d’aucune expertise idéologique pour comprendre qu’un chèque envoyé à un dirigeant du Klan par une ONG antiraciste pose un léger problème de cohérence. La fraude fiscale a toujours eu raison des Al Capone que les procès pour meurtre n’atteignaient pas.

Les démocrates sont sans doute en train de redécouvrir ce principe élémentaire et c’est peut-être ce qui explique le remplacement récent de Pam Bondi par Todd Blanche à la tête du ministère de la Justice : loin d’être une reculade ou la marque d’une administration Trump incapable d’aligner ses pièces, on assisterait donc plutôt à l’accélération des enquêtes. Bondi aurait servi à poser les jalons, imposant à ses adversaires de s’occuper d’elle alors que les actes décisifs seront manifestement poussés par un autre… 

De façon plus ironique, après avoir utilisé le « lawfare » contre leurs adversaires pendant des années, les Démocrates découvrent que la procédure peut aussi se retourner contre celui qui a les mains sales et ici, cela se traduit par une application pratique du principe de base de toute guerre d’usure, à savoir couper les lignes de ravitaillement avant de lancer l’assaut final : on peut en effet légitimement se demander s’il ne s’agit pas du début d’un grand nettoyage financier et judiciaire visant à affaiblir durablement le parti Démocrate. 

Après des années de prêches moralisateurs, voir les champions de la justice sociale se faire prendre la main dans le sac de la corruption financière et du financement de leurs propres épouvantails impose à beaucoup un moment de clarté : non seulement, ces Démocrates vont avoir des soucis de financement, mais ils ont maintenant aussi de gros soucis de crédibilité avec leur base même… 

Bien sûr, il convient de rester prudent : une inculpation n’est pas une condamnation, et il faudra suivre les procédures avec attention. Mais le calendrier, le choix des cibles, et la nature strictement financière des dossiers ne doivent rien au hasard. 

Ce n’est pas un hasard non plus si les deux scandales frappent pile les deux poumons du Parti démocrate, son oxygène moral et son oxygène monétaire. Les Démocrates voulaient « défendre la démocratie » ? Ils vont vraisemblablement devoir commencer par défendre leur propre solvabilité. 

Les prochains mois promettent d’intéressants développements.

Par H16 


 

– Son blog : https://h16free.com

 

 

 

 

 D) - Une guerre peut être juste.

Deux Américains s'affrontent sur la scène internationale. L'un dirige l'empire le plus puissant de la planète. L'autre est à la tête de la plus ancienne institution morale occidentale. Le premier se prend pour Dieu. Le second lui affirme que Dieu, aujourd'hui, ne bénit pas les guerres. Cette confrontation est loin d'être anodine. Elle est le symptôme d'une profonde fracture au sein de la civilisation occidentale et, plus largement, au sein de la société humaine. 
 
Après que Léon XIV eut déclaré : « Assez de l'idolâtrie de soi et de l'argent ! Assez de la démonstration de force ! Assez de la guerre ! » Et après avoir cité Isaïe : « Dieu n'écoute pas les prières de ceux qui font la guerre », il ajouta, dans ce style évangélique sans fioritures qui le caractérise, que « la véritable force se manifeste dans le service de la vie ». 
 
Le lendemain, Trump répliqua qu'il n'était « pas un grand admirateur du pape Léon », qui « joue avec un pays désireux de se doter de l'arme nucléaire » et qui est « FAIBLE face à la criminalité et désastreux en matière de politique étrangère ». Avec une arrogance à couper le souffle, il ajoute : « Leo ne serait pas au Vatican si je n'étais pas à la Maison-Blanche. » Et il partage une image générée par intelligence artificielle où il se représente en Christ thaumaturge, entouré d'aigles et d'avions de chasse, guérissant un malade au nom de l'Amérique. 
 
En réalité, par ce comportement, et en ravivant insidieusement la justification de la guerre au nom de Dieu, Donald Trump reprend à son compte la thèse que l'Église a longtemps défendue avant de se raviser. 
 
Car l'Église, comme toutes les religions prosélytes ou conquérantes, a longtemps considéré que certaines guerres pouvaient être justes lorsqu'elles servaient ses intérêts ; avant de se taire lorsque les guerres sont devenues sécularisées. 
 
C'est Augustin d'Hippone, au Ve siècle, qui a soutenu le premier que la guerre pouvait être moralement acceptable si elle réparait une injustice, si elle était décidée par une autorité légitime et si elle était menée avec une intention vertueuse (donc conforme aux intérêts de l'Église). Cela fut confirmé par les papes des Croisades au XIe siècle et systématisé par Thomas d'Aquin au XIIIe siècle. Un peu plus tard, les conquistadors invoquèrent la mission civilisatrice de conversion qui accompagnait la conquête ; et les colons anglais en Amérique du Nord massacrèrent les Amérindiens au nom de la divine Providence. 
 
La papauté cessa alors de proclamer la justesse des guerres, d'abord en gardant un silence tragique lors des massacres des Première et Seconde Guerres mondiales. 
 
Ce n'est qu'alors que l'Église commença timidement à s'élever contre toutes les guerres. Jean XXIII fut le premier à fixer des limites dans l'encyclique *Pace in Terris* ; le Vatican protesta ensuite lorsque Bush père et Bush fils affirmèrent que leurs guerres étaient justes ; et le pape François s'éleva contre la « militarisation des esprits ». 
 
Et aujourd'hui, c'est Léon XIV qui proteste lorsque Trump s'empare du thème de la guerre juste. 
 
Ce qui est en jeu entre ces deux Américains n'est donc pas une querelle personnelle. Il s'agit d'un choc de paradigmes. D'un côté, une vision normative de l'ordre international, que l'Église a embrassée en s'alignant sur l'ordre mondial d'après-guerre (institutions et règles supérieures aux États, droits inaliénables, responsabilité morale qui transcende la raison d'État) ; de l'autre, une vision cynique du monde (la force légitime les actions des États lorsque la cause est juste, et lorsque les négociations échouent, ils recourent, si nécessaire, à un prétexte religieux pour légitimer leur lutte). C'est également ce qui est en jeu lorsque des gouvernements et des mouvements politiques instrumentalisent d'autres religions pour justifier leurs ambitions de conquête ou de pouvoir.
 
La diatribe de Trump contre le Pape n'est donc pas une erreur de communication. Il s'agit d'un acte politique délibéré. ​​Trump se moque du droit international. Il se moque éperdument du Vatican, de l'ONU et de l'Union européenne. Sa légitimité repose sur sa propre personne et, accessoirement, sur le vote populaire américain, qui l'a élu « triomphalement », selon ses propres termes. Dans cette idéologie, les intérêts du dirigeant priment sur toute norme supranationale. Et quiconque ose contester cette logique – même le Pape – devient automatiquement un ennemi politique. En s'attaquant à Léon XIV, Trump vise en réalité tous ceux (Européens, Japonais, Africains, Indiens, organisations internationales, sociétés civiles) qui oseraient protester contre ses guerres menées au nom d'une prétendue morale universelle. Tous ceux qui chercheraient à défendre l'État de droit et les institutions supranationales. 
 
Si la plupart des guerres dites « justes » à travers l’histoire ont causé plus de souffrances qu’elles n’en ont prétendu soulager, si elles n’étaient justes qu’aux yeux d’un seul camp, on peut considérer comme justes, au nom de valeurs devenues universelles, la résistance des Amérindiens contre les colonisateurs européens, la lutte des peuples contre les nazis, la révolte des peuples colonisés pour leur indépendance, la défense de l’Ukraine contre l’invasion russe, et bien d’autres. 
 
La morale internationale, fondée sur des valeurs universelles et affranchies de tout prétexte religieux, peut donc considérer une guerre comme juste lorsqu’elle constitue une réponse à une agression ; lorsqu’elle est une action préventive contre une menace vitale ; lorsqu’elle représente le dernier recours pour protéger les innocents, pour empêcher un ennemi déclaré d’attaquer ou d’acquérir des armes létales. 
 
Cependant, cela suppose que toutes les voies de négociation aient été explorées, que la menace soit réelle et immédiate, et que la guerre soit menée dans le cadre du droit, avec des moyens limités, et en pleine conscience de son caractère tragique.
 
 Jacques Attali

Jacques Attali est docteur en sciences économiques, diplômé de l'École Polytechnique et conseiller d'État. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à la prospective), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur pour les quotidiens économiques Les Echos et Nikkei, après avoir également collaboré avec L'Express. Jacques Attali dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

 https://www.attali.com/en/geopolitics/a-war-can-be-just/

 

avril 15, 2026

INFORMATIONS FRANÇAISES; QUELLE ÉNERGIE !!

Sommaire:

A) - Perquisition à l’Élysée : les contrats des cérémonies de panthéonisation dans le viseur de la brigade financière anticorruption

B) - Choc énergétique historique : la France face aux retombées de la crise iranienne

C) - Aides d’État, souveraineté énergétique et renaissance nucléaire : L’Union européenne à l’épreuve du cas EDF et des réponses étatiques

 


 

A) - Perquisition à l’Élysée : les contrats des cérémonies de panthéonisation dans le viseur de la brigade financière anticorruption

Paris, 14 avril 2026 – Ce mardi matin, à l’aube, le Palais de l’Élysée a été perquisitionné par la brigade financière anticorruption (BFAC) de la police judiciaire de Paris. Selon Le Canard enchaîné, qui révèle l’information en exclusivité dans son édition du jour, les enquêteurs s’intéressent de près aux marchés publics attribués depuis plus de vingt ans à la société d’événementiel Shortcut Events pour l’organisation des cérémonies d’entrée au Panthéon.

Une enquête préliminaire qui pourrait mettre en lumière d’éventuels favoritisme dans l’attribution de ces contrats prestigieux, facturés chaque fois autour de 2 millions d’euros d’argent public.

Une enquête qui remonte à plus de deux décennies


Les faits portent sur la période 2002-2024 : toutes les cérémonies de panthéonisation – ces hommages nationaux aux « grands hommes et grandes femmes » de la République – ont été confiées à Shortcut Events. De Joséphine Baker à Missak Manouchian en passant par Maurice Genevoix ou Simone Veil, l’agence a systématiquement remporté ces marchés, sans réelle concurrence apparente sur une durée de 22 ans.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si l’entreprise a bénéficié de « soutiens miraculeux » de la part du Centre des monuments nationaux (sous tutelle du ministère de la Culture), du ministère lui-même ou directement de l’Élysée dans l’attribution de ces marchés. Le Canard enchaîné avait déjà pointé ce quasi-monopole en octobre 2023.

Aujourd’hui, la perquisition au cœur du pouvoir exécutif marque une nouvelle étape judiciaire. 

L’Élysée a confirmé la présence des enquêteurs, mais aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade. Il s’agit d’une enquête préliminaire : à ce jour, aucune personnalité n’est nommément mise en cause.

Shortcut Events : une success story de l’événementiel à la française… et un partenaire récurrent de l’État

Fondée en 1996 (ou 1997 selon certaines sources) par Christophe Pinguet et Lionel Laval, Shortcut Events est une agence indépendante spécialisée dans la communication événementielle haut de gamme. Basée au 20 avenue Franklin D. Roosevelt à Paris (8e arrondissement), elle compte aujourd’hui une trentaine de salariés et affiche un chiffre d’affaires prévisionnel de 33 millions d’euros pour 2025 (après une forte croissance ces dernières années).

Christophe Pinguet, cofondateur et coprésident, décrit l’agence comme créatrice d’« expériences événementielles esthétiques et émotionnelles riches en contenus ». Le duo Pinguet-Laval, en place depuis près de 30 ans, met en avant une expertise dans les grands événements institutionnels, les cérémonies d’État et les productions de prestige. Shortcut s’est fait connaître pour son savoir-faire « à la française » : élégance, scénographie soignée et narration historique forte. L’agence travaille aussi bien pour des clients privés (luxe, corporate) que publics.

Outre les panthéonisations, Shortcut Events a organisé :

  • L’inauguration de la Cité internationale de la Francophonie à Villers-Cotterêts (2023).
  • La grande cérémonie internationale du 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach (6 juin 2024), en présence d’Emmanuel Macron et de 25 chefs d’État dont Volodymyr Zelensky.

Ces derniers contrats ont déjà fait l’objet d’enquêtes journalistiques. En juin 2024, Libération avait révélé les « étranges coulisses » de l’attribution de la commémoration du Débarquement, qualifiant Shortcut d’« agence de com chouchoutée par l’Élysée ». Des concurrents y dénonçaient alors des appels d’offres potentiellement orientés et un accès privilégié au sommet de l’État.

Des soupçons de favoritisme récurrents

Le quasi-monopole sur les panthéonisations n’est pas passé inaperçu. Dès 2023, Le Canard enchaîné soulignait que Shortcut Events remportait systématiquement ces marchés sensibles. Les cérémonies, organisées par le Centre des monuments nationaux, relèvent pourtant de procédures de marchés publics.

Les enquêteurs de la BFAC cherchent désormais à savoir si des interventions extérieures ont pu fausser la concurrence au profit de l’agence.

Shortcut Events n’est pas une inconnue des services de l’État : elle a également participé à d’autres événements d’ampleur nationale, renforçant son image de partenaire fiable pour les grandes messes républicaines.

Une affaire qui interroge le financement des grands événements d’État

À l’heure où les finances publiques sont sous tension, chaque panthéonisation à 2 millions d’euros interroge. L’enquête pourrait s’étendre au-delà de l’Élysée, vers le ministère de la Culture et les autres institutions impliquées.

Pour l’instant, l’Élysée se contente de confirmer la perquisition sans plus de commentaire. Shortcut Events n’a pas réagi publiquement à cette heure. L’affaire reste à ce stade une enquête en cours.

Cette perquisition surprise rappelle toutefois que les grands événements symboliques de la République – ces moments de communion nationale – sont aussi des marchés publics scrutés de près. L’issue de l’enquête dira si le « marché des panthéonisations » a été attribué dans les règles ou si des faveurs ont été accordées.

https://multipol360.com/perquisition-a-lelysee-les-contrats-des-ceremonies-de-pantheonisation-dans-le-viseur-de-la-brigade-financiere-anticorruption/ 

 


 

B) - Choc énergétique historique : la France face aux retombées de la crise iranienne

Paris, 13 avril 2026 – Donald Trump avait annoncé le 8 avril un cessez-le-feu de 15 jours dans le conflit avec l’Iran. Pourtant, les marchés énergétiques restent sous tension extrême. Dépendance aux importations, infrastructures pétrolières endommagées et fermeture prolongée du détroit d’Ormuz :

la France et l’Europe s’apprêtent à affronter un choc pétrolier et gazier sans précédent depuis les années 1970.

L’analyste économique Charles Sana, entrepreneur et animateur du Grenier de l’Éco, décrypte pour Politique et Écho les conséquences concrètes sur le pouvoir d’achat, l’inflation et les pénuries à venir.

Un double choc pétrolier et gazier déjà en marche

Le cessez-le-feu n’a pas suffi à apaiser les marchés.

Charles Sana confirme un choc pétrolier majeur, visible à la pompe, et un choc gazier tout aussi sévère, mais plus discret.

Dès le 1er mai, le gaz augmentera de 15 % pour 7,5 millions de Français aux tarifs variables. Dans le parc HLM comme dans le locatif privé ou chez les propriétaires, les charges énergétiques explosent et pèsent lourdement sur les budgets modestes.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) parle d’un choc comparable à ceux de 1973 et 1979 cumulés. La fermeture du détroit d’Ormuz – scénario du pire modélisé depuis cinquante ans – est aujourd’hui une réalité.

Le détroit d’Ormuz, scénario catastrophe toujours d’actualité

Même avec le cessez-le-feu, le détroit reste largement bloqué : on est passé de 140 navires par jour à 0 à 4 bateaux seulement. Les Iraniens, qui ont réussi à paralyser ce passage stratégique, n’ont aucune raison de le rouvrir pleinement tant qu’un accord définitif n’est pas conclu. Les prix physiques du pétrole restent très élevés : le kérosène a atteint 229 dollars le baril (autour de 200 dollars actuellement) et le gasoil 204 dollars. Le baril « papier » a certes baissé sous les 100 dollars à l’annonce du cessez-le-feu, mais le baril réel livrable immédiatement reste beaucoup plus cher.

Pénuries et rationnement : la menace concrète dès fin avril

Les réserves stratégiques de l’AIE (400 millions de barils sur 1.600 millions) permettent de tenir sans pénurie jusqu’à fin avril/début mai. Passé cette date, le manque se fera sentir. Charles Sana estime qu’il pourrait manquer jusqu’à 30 % de gasoil. Mathématiquement, pour équilibrer l’offre et la demande, le prix du diesel atteindrait alors 5,60 € le litre. Même si ce seuil extrême n’est pas atteint, un prix à 3 € le litre provoquerait déjà un effondrement psychologique et économique de la demande.

Des mesures de rationnement sont envisagées, sur le modèle slovène (50 litres par particulier et 200 litres par entreprise et par semaine). La France pourrait opter pour un « confinement énergétique » : limitation hebdomadaire des achats de carburant, télétravail obligatoire ou sobriété forcée.

Inflation ressentie à 12,5 % contre 3,2 % officielle

L’inflation officielle (IPC Insee) reste autour de 3,2 % pour 2026 car les carburants ne pèsent que 4,6 % dans le panier type et le logement 8 %. Or, pour de nombreux ménages (surtout ruraux ou périurbains), l’énergie représente 30 à 50 % du budget. Résultat :

l’inflation réellement ressentie par les Français pourrait atteindre 12,5 %, soit un niveau supérieur au choc post-Covid et à celui de la guerre en Ukraine.

Certains produits (engrais, médicaments, matériaux de construction, emballages) pourraient voir leur prix augmenter de 30 à 40 %.

Impacts en cascade sur l’industrie, l’agriculture et la santé

Le golfe Persique fournit 30 à 40 % du soufre mondial, indispensable à la fabrication de nombreux médicaments (antibiotiques, insuline, antiacides). L’hélium, utilisé pour les IRM et les semi-conducteurs, risque aussi de manquer. L’azote pour les engrais azotés est en pénurie, ce qui va faire baisser les rendements agricoles et augmenter les prix alimentaires.

Les entreprises françaises, déjà fragilisées par le Covid et les PGE à rembourser, vont subir une hausse massive des faillites en 2026. Le secteur du BTP, l’industrie automobile (–59 % de production en France) et l’agriculture sont particulièrement vulnérables.

Transition énergétique européenne : un accélérateur contraint

Face à la crise, la Commission européenne voit dans la hausse des prix des carburants un argument supplémentaire pour accélérer l’électrification. Renault l’assume déjà dans sa communication : « Si le prix de l’essence est en hausse, ce n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est une bonne raison pour passer à l’électrique. » Pourtant, l’infrastructure de recharge reste insuffisante pour un usage massif, et la filière automobile française continue de s’effondrer au profit des importations chinoises.

La guerre en Iran est-elle en train de déclencher un nouveau choc économique mondial ? Malgré un cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, le détroit d’Ormuz reste sous pression et utilisé comme levier stratégique par l’Iran, faisant peser une menace durable sur les approvisionnements en pétrole et en gaz. 👉 Inflation et pénuries : faut-il s’attendre à un choc majeur dans les prochaines semaines ? 👉 Quel impact sur le prix du pétrole, du gaz, des carburants et le pouvoir d’achat ? 👉 Les entreprises françaises et l’emploi sont-ils menacés par ce choc énergétique ? 👉 L’État et les banques centrales peuvent-ils encore amortir la crise (dette publique, OAT, taux d’intérêt) ? Dans Politique & Éco, Charles Sannat (Le Grenier de l’Éco - https://legrenierdeleco.com/) décrypte les conséquences concrètes : choc pétrolier, entreprises, chômage, faillites, transition énergétique et risques sur l’épargne (livret A, or).
 

Comment se prémunir ? Les conseils de Charles Sana

Pour les particuliers, l’analyste recommande de privilégier l’épargne « en nature » : stocks de denrées non périssables (pâtes, conserves, etc.) plutôt que de laisser l’argent sur un livret A à 1,5 %. Il faut aussi anticiper les hausses sur les matériaux (vitrage, carrelage, isolation) et avancer certains travaux.

Charles Sana conclut sur un constat géopolitique plus large : nous assistons selon lui à un « Yalta 2.0 » entre Trump, Poutine et Xi Jinping, marquant le début d’une troisième guerre mondiale (non encore terminée) qui redessinera l’ordre mondial.

Le cessez-le-feu de Trump a offert un répit, mais le mal est fait. La France, comme le reste de l’Europe, entre dans une période de restrictions et d’ajustements douloureux. L’heure est à la préparation et à la lucidité.

https://multipol360.com/choc-energetique-historique-la-france-face-aux-retombees-de-la-crise-iranienne/

 

 


 

C) - Aides d’État, souveraineté énergétique et renaissance nucléaire : L’Union européenne à l’épreuve du cas EDF et des réponses étatiques

Résumé exécutif

L’éventuelle ouverture d’une enquête de la Commission européenne sur le soutien public de l’État français à EDF pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires soulève des enjeux dépassant le cadre classique du contrôle des aides d’État et de la politique de la concurrence européenne. Elle met en lumière une tension croissante entre les exigences du marché intérieur et les impératifs de sécurité et souveraineté énergétique, dans un contexte de forte instabilité géopolitique et d’accélération de la transition climatique.

Face au risque sérieux de retards significatifs dans la mise en œuvre du programme nucléaire français, plusieurs leviers d’action peuvent être mobilisés. Sur le plan juridique, la France dispose de marges de manœuvre substantielles en s’appuyant sur les exceptions prévues par l’article 107 §3 TFUE, en particulier celles relatives au développement de certaines activités économiques et à la réalisation d’objectifs d’intérêt commun, tels que la sécurité d’approvisionnement et la décarbonation. La qualification du nucléaire comme service d’intérêt économique général constitue également un axe structurant permettant d’encadrer les mécanismes de compensation publique.

Parallèlement, l’exploitation du précédent britannique de Hinkley Point C et de la pratique décisionnelle récente de la Commission offre des arguments solides en faveur de la compatibilité des dispositifs envisagés, notamment s’ils sont conçus dans une logique de proportionnalité et de limitation des distorsions de concurrence revues à la lumière des événements géopolitiques.

Au-delà du registre juridique, une stratégie politique proactive apparaît déterminante. Elle suppose la constitution d’alliances élargies entre États membres favorables au nucléaire, une mobilisation du Conseil européen et une requalification du débat au niveau de l’Union, en insistant sur la dimension stratégique et urgente de la sécurité énergétique.

Enfin, la maîtrise du facteur temps constitue un enjeu central : la France devra anticiper la procédure, structurer ses dispositifs en amont et, le cas échéant, envisager des solutions transitoires ou des adaptations de ses mécanismes de financement afin de limiter les effets retardateurs d’une enquête approfondie.

L’ensemble de ces actions participe d’une approche intégrée visant non pas à contourner le droit de l’Union, mais à en exploiter pleinement les ressources afin de concilier discipline concurrentielle et impératifs stratégiques. Si la recherche d’un consensus rapide avec la Commission ne se concrétise pas, il existera fatalement d’autres voies d’action nettement plus offensives.

Introduction 

L’annonce, relayée par l’agence Reuters, de l’éventuelle ouverture d’une enquête de la Commission européenne relative aux mesures de soutien envisagées par l’État français en faveur d’EDF pour la construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération s’inscrit dans un contexte de recomposition profonde des priorités énergétiques et industrielles de l’Union européenne.[1] Elle intervient à un moment où les équilibres sur lesquels reposait historiquement le droit de la concurrence de l’Union se trouvent soumis à des tensions inédites, résultant à la fois de la dégradation de l’environnement géopolitique et de l’accélération affichée des objectifs climatiques.

La succession de crises énergétiques ayant affecté le continent européen depuis 2022, à la suite notamment de la guerre en Ukraine, a mis en lumière la vulnérabilité structurelle des États membres à l’égard des approvisionnements extérieurs en hydrocarbures.[2] À cette fragilité s’ajoutent les incertitudes persistantes pesant sur les marchés mondiaux de l’énergie, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes au Moyen-Orient, susceptibles d’affecter durablement les conditions d’accès aux ressources fossiles à bas coûts.[3] Dans ce cadre, la sécurisation d’une production électrique stable, décarbonée et maîtrisée apparaît désormais comme un impératif stratégique, auquel le programme de relance du nucléaire engagé par la France entend précisément répondre.

Ce programme implique toutefois des investissements d’une ampleur telle qu’ils supposent un soutien public structurant, susceptible de relever du champ d’application du droit des aides d’État.[4] L’éventuelle ouverture d’une enquête approfondie par la Commission conduit dès lors à s’interroger sur la compatibilité de ces interventions avec les règles du marché intérieur, dans un secteur où les défaillances de marché sont particulièrement marquées. Le précédent de la décision relative au projet Hinkley Point C, par laquelle la Commission avait admis, sous conditions, la compatibilité d’un mécanisme de soutien public au nucléaire britannique, constitue à cet égard un point d’ancrage essentiel,[5]révélant à la fois la possibilité d’une validation et la complexité des procédures d’examen.

Au-delà de la seule question de la légalité des aides envisagées, la situation actuelle met en évidence une tension plus fondamentale entre, d’une part, l’objectif de préservation des conditions de concurrence et, d’autre part, la nécessité pour les États membres de mettre en œuvre des politiques industrielles et énergétiques adaptées aux défis contemporains.[6] Cette tension est d’autant plus manifeste que l’Union poursuit parallèlement des objectifs ambitieux d’électrification des usages, notamment à travers l’interdiction programmée de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035,[7] ce qui implique une augmentation accélérée significative des capacités de production électrique bas-carbone pilotables.

Dans ce contexte, l’analyse du cas français invite à dépasser une lecture strictement contentieuse du contrôle des aides d’État pour interroger les marges de manœuvre dont disposent les États membres afin de concilier leurs impératifs stratégiques avec les exigences du droit de l’Union. Elle conduit également à envisager, de manière prospective, les différentes réponses — juridiques, institutionnelles et politiques — susceptibles d’être mobilisées pour prévenir ou atténuer les effets potentiellement retardateurs d’une procédure d’enquête sur la mise en œuvre du programme nucléaire français.[8] L’étude du cas EDF apparaît ainsi comme un terrain privilégié pour observer les recompositions en cours du droit des aides d’État, à l’heure où celui-ci se trouve confronté à la montée en puissance des impératifs de souveraineté énergétique et de sécurité d’approvisionnement, accentuées de manière dramatique par les contextes géopolitiques ukrainien et iranien.

I. Le soutien public au programme nucléaire d’EDF : rationalité économique et nécessité stratégique

L’analyse du soutien public envisagé en faveur d’EDF suppose, en premier lieu, d’en comprendre les déterminants économiques et financiers, avant d’en apprécier la portée stratégique au regard des nouvelles contraintes pesant sur les systèmes énergétiques européens. Cette double perspective – économique et stratégique – justifie pleinement l’implication de l’État dans le développement du parc nucléaire.

A. Les déterminants économiques et financiers du soutien

Le programme de construction de six réacteurs nucléaires de nouvelle génération par EDF implique des investissements considérables, estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros.[9] Dans ce contexte, la mobilisation d’un soutien public apparaît comme une condition sine qua non de la viabilité économique du projet, compte tenu des coûts fixes élevés, des délais de construction étendus et des risques financiers inhérents aux projets nucléaires.[10]

L’État français a ainsi prévu des mécanismes de financement destinés à sécuriser la trésorerie d’EDF et à garantir la faisabilité des projets dans un contexte de volatilité des marchés de l’énergie.[11] Ces dispositifs visent à stabiliser les flux de revenus sur le long terme, à limiter les risques financiers et à réduire le coût du capital, facteur déterminant pour la compétitivité du nucléaire face aux sources d’énergie renouvelables intermittentes et aux combustibles fossiles soumis à de fortes variations de prix.[12]

Le soutien financier apporté à EDF ne peut être appréhendé à l’aune des seules considérations économiques de marché de court terme. Il s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté énergétique et industrielle, devenue centrale dans le contexte européen contemporain. Comme l’a mis en évidence Mario Draghi dans son rapport sur la compétitivité européenne, la maîtrise des coûts et de l’approvisionnement énergétique constitue un déterminant essentiel de la compétitivité et de la résilience économique de l’Union.[13] Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques accrues et une volatilité des marchés de l’énergie, la sécurisation d’une production stable et pilotable apparaît comme un impératif stratégique absolu.

À cet égard, le recours à des infrastructures énergétiques structurantes, telles que le parc nucléaire exploité par EDF, participe d’une stratégie visant à garantir l’indépendance énergétique nationale tout en contribuant à la stabilité du système électrique européen. Cette approche dépasse ainsi la logique de rentabilité immédiate pour s’inscrire dans une perspective de long terme, articulant sécurité d’approvisionnement, compétitivité industrielle et transition énergétique.

B. La portée stratégique du programme nucléaire français

Au-delà des considérations économiques, le programme nucléaire d’EDF revêt une dimension stratégique majeure. La dépendance européenne aux hydrocarbures importés, accentuée par la guerre en Ukraine ou en Iran, et la volatilité des marchés mondiaux, met en évidence la nécessité de disposer, aussi rapidement que possible à l’échelle malgré tout de quelques années, de sources d’énergie souveraines et décarbonées.[14]

Selon l’Agence internationale de l’énergie, la sécurité énergétique demeure un enjeu central dans un contexte de forte instabilité géopolitique, ce qui justifie des investissements accrus dans des sources d’énergie bas-carbone pilotables. Le nucléaire offre une production électrique stable, pilotable et à faible émission de carbone, répondant directement aux exigences de sécurité d’approvisionnement et aux objectifs climatiques de l’Union européenne. Les analyses institutionnelles soulignent que la relance de la filière nucléaire française repose sur le maintien et le développement de compétences industrielles critiques. Le CEA met notamment en avant la nécessité de préserver un cœur de compétences internes et de renforcer la formation, afin de garantir la maîtrise technologique et la sûreté des installations.[15]

L’anticipation des besoins futurs en électricité constitue un enjeu stratégique majeur pour l’Europe, en particulier dans le contexte de l’électrification croissante des usages et de l’interdiction progressive de la vente de véhicules thermiques prévue pour 2035. Cette évolution, prévue par la réglementation européenne sur les émissions de CO₂ des voitures et camionnettes,[16] implique une augmentation significative de la demande électrique, renforçant la pertinence du programme nucléaire français et européen comme outil de sécurité énergétique et de stabilité industrielle.

Les analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) confirment ce constat. Le World Energy Outlook 2023 souligne que la transition vers des systèmes électriques bas-carbone ne peut réussir sans des investissements prévisionnels dans des infrastructures stables et pilotables, le nucléaire jouant un rôle central pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées et garantir la continuité d’approvisionnement[17]. De manière complémentaire, le rapport Nuclear Power and Secure Energy Transitions[18] montre que l’énergie nucléaire contribue à la fois à la décarbonation et à la sécurité énergétique, en stabilisant le réseau et en soutenant la compétitivité industrielle face à la volatilité des prix de l’électricité.

Sur le plan européen, la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen comme l’ancien Président du Conseil italien et ancien Président  de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi insistent sans ambiguïté sur la nécessité d’investissements prévisionnels dans les infrastructures critiques pour réduire les vulnérabilités économiques et industrielles de l’Union.[19] L’absence de planification suffisante pour les infrastructures énergétiques stratégiques pourrait exposer l’Europe à des risques de pénuries vitales et à des crises industrielles récurrentes. Manifestement, la Vice-Présidente Ribera semble vouloir diverger d’un nouveau consensus qui est pourtant clairement exprimé depuis l’explosion des risques géopolitiques.  Enfin, au risque de se répéter, le programme nucléaire français contribue à la résilience énergétique et à la stabilité des coûts, offrant un amortisseur face aux fluctuations des prix des hydrocarbures et aux crises géopolitiques, notamment les tensions autour de l’Iran ou les sanctions contre la Russie.[20] L’intégration de ces facteurs dans la stratégie énergétique justifie pleinement l’engagement de l’État français pour sécuriser le financement d’EDF et garantir la réalisation accélérée du programme nucléaire.

II. L’ouverture imminente d’une enquête sur les aides d’État à EDF : contexte et enjeux juridiques

La perspective d’ouverture d’une enquête de la Commission européenne en avril 2026 sur le soutien public français à EDF soulève des questions cruciales sur la compatibilité des aides d’État avec le droit européen. Cette partie analyse le contexte réglementaire et les enjeux juridiques liés à la possible procédure d’examen par la DG Concurrence.

A. Cadre juridique et précédents européens

L’article 107 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) interdit en principe toute aide publique susceptible de fausser la concurrence sur le marché intérieur.[21] Cependant, des exceptions existent, notamment pour les projets présentant un intérêt commun ou stratégique pour l’Union.[22]

Dans le passé, plusieurs projets nucléaires ont été soumis à l’examen de la Commission. L’affaire de Hinkley Point C au Royaume-Uni, qui impliquait déjà l’opérateur EDF, constitue un précédent emblématique. La Commission avait initialement estimé que les aides britanniques pouvaient constituer une distorsion de concurrence.[23] Toutefois, après une évaluation approfondie, elle avait autorisé le soutien en reconnaissant l’intérêt stratégique et la contribution à la sécurité énergétique.[24]

Ce précédent laisse présager que la procédure visant EDF pourrait être très longue et complexe, mettant en péril l’équilibre financier des projets. Comme le note Francesco Giusti lui-même, en s’exprimant généralement de manière plutôt stricte le droit de la concurrence (et donc de manière plutôt opposée aux développements de la production nucléaire avec obligation d’intervention publique au vu des volumes d’investissements colossaux amortis sur de très longues durées), les enquêtes sur les aides d’État nucléaires nécessitent une analyse détaillée des coûts, du financement et de la contribution stratégique à l’intérêt général. Ce type d’enquête peut retarder considérablement la mise en œuvre du projet.[25]

B. Enjeux et risques pour la souveraineté énergétique française

En se fondant sur les incidents de procédure dans l’affaire Hinkley Point C précitée, la procédure annoncée par Reuters sur les aides à EDF[26]pourrait retarder de plusieurs années la construction des six réacteurs, compromettant la capacité de la France à atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques. Cette situation illustre la tension entre les règles de concurrence européenne et les impératifs stratégiques nationaux et européens.

Comme indiqué plus haut, le retard potentiel pose également un risque de dépendance accrue aux énergies fossiles importées, dont les prix et la disponibilité sont soumis à de fortes influences et fluctuations géopolitiques. Dans ce contexte, la rigidité excessive voire dogmatique de la DG Concurrence de la Commission Européenne dans l’application des règles de concurrence peut entrer en contradiction avec les nécessités de sécurité énergétique et de souveraineté industrielle européenne. Mario Draghi souligne la nécessité d’adapter la politique de concurrence de l’Union européenne aux enjeux de compétitivité, d’innovation et de sécurité stratégique, afin que l’Union puisse mobiliser des investissements importants et répondre à des défis tels que la transition énergétique et la souveraineté industrielle.[27] Une application trop rigide des règles de concurrence pourrait limiter la capacité de l’UE à atteindre ses propres objectifs. En outre, la procédure pourrait créer un précédent pour d’autres projets stratégiques dans l’Union européenne, limitant la capacité des États membres à soutenir des infrastructures essentielles. La France doit donc anticiper, avec ses partenaires dans l’UE, des stratégies juridiques et politiques pour défendre ses intérêts et garantir le développement rapide et sécurisé du programme nucléaire.[28]

III. Une tension croissante : politique de concurrence et souveraineté énergétique

Au‑delà de la seule mise en œuvre des règles relatives aux aides d’État, le cas d’espèce révèle une tension plus profonde entre les fondements du droit de la concurrence de l’Union et les exigences émergentes de souveraineté énergétique et industrielle. Cette tension se manifeste à la fois dans les discours des responsables politiques européens et dans les positions institutionnelles récentes.

A. Une Europe divisée mais convergente vers une nouvelle perspective stratégique

L’Union européenne a longtemps oscillé sur la question du nucléaire, entre États membres qui le considèrent comme une source indispensable de production électrique bas‑carbone et d’autres qui s’en éloignent pour des motifs politiques ou sociaux, voire plus vainement idéologiques artificiels. Le débat sur l’énergie nucléaire illustre cette divergence, mais on observe une convergence récente vers une reconnaissance croissante du rôle stratégique de l’atome pour notre souveraineté énergétique européenne.[29]

Dans ce mouvement, plusieurs dirigeants européens ont exprimé de manière explicite leur soutien au nucléaire. Ainsi, lors du Sommet sur l’énergie nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Paris en mars 2026, le président français a affirmé « le nucléaire civil doit être au cœur de notre stratégie pour garantir l’indépendance énergétique face aux incertitudes géopolitiques et à la flambée des prix des hydrocarbures ».[30]

Par ailleurs, la présidente de la Commission européenne a reconnu explicitement, il y a quelques jours en mars 2026, les limites de choix antérieurs concernant le nucléaire dans l’Union et souligné la nécessité pour l’Union d’assumer un rôle plus affirmé en la matière : « la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique fut, à mes yeux, une erreur stratégique ; nous devons à présent mobiliser toutes les sources d’énergie bas carbone pour assurer notre compétitivité et notre sécurité d’approvisionnement ».[31]

Cette évolution des discours politiques est également illustrée par l’initiative de l’Alliance européenne du nucléaire, réunissant plusieurs États membres pronucléaires pour promouvoir un cadre européen favorable au développement de l’énergie atomique.[32] Cette dynamique montre que, même au sein d’une Union divisée, l’impératif stratégique — sécurité énergétique, compétitivité industrielle et transition climatique — tend à se superposer aux logiques strictement concurrentielles suivies depuis des décennies jusqu’ici.

B. La contradiction normative structurelle entre concurrence et souveraineté énergétique

L’une des principales tensions naît de la logique duale qui régit l’Union européenne : d’un côté, le droit de la concurrence cherche à préserver un marché interne efficace et non faussé par des interventions étatiques excessives ;[33]  de l’autre, les États membres, confrontés à des défis externes majeurs, revendiquent une marge accrue pour déployer des politiques industrielles stratégiques, dont la fourniture d’énergie à bas coût est une condition essentielle de succès.

Cette contradiction est d’autant plus manifeste que des impératifs tels que l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035 et l’accélération de l’électrification des usages exigent, comme déjà noté, une augmentation significative des capacités de production électrique pilotables et bas‑carbone.[34] La seule focalisation sur le marché intérieur sans prise en compte des enjeux géopolitiques peut conduire à des résultats contraires aux objectifs globaux de l’Union.

Dans ce contexte, certains responsables politiques européens ont explicitement lié le soutien au nucléaire à la souveraineté énergétique et à la résilience face aux chocs externes. Un groupe d’États membres pronucléaires a ainsi déclaré « le nucléaire est une solution compétitive pour répondre à la demande croissante d’électricité sans émissions fossiles et constitue un facteur clé pour notre sécurité collective de l’approvisionnement ».[35]

Cette tension normative reflète une transformation plus profonde du rôle de l’État et de l’Union dans la gestion des biens publics transnationaux. L’enjeu réside désormais dans la manière dont l’Union concilie son ancien cadre concurrentiel avec les enjeux géopolitiques nouveaux ainsi que de nouvelles priorités stratégiques absolues, telles que la transition énergétique ou la sécurité d’approvisionnement, sans pour autant saper les principes fondamentaux du marché intérieur.

IV. Propositions d’action politique et stratégie française face à l’enquête DG Concurrence sur EDF : piur une démarche géopolitique dynamique audacieuse

La France, confrontée à la possible ouverture d’enquête de la DG Concurrence sur ses aides à EDF, doit articuler sa réponse autour de l’équilibre entre respect du droit européen et préservation de sa souveraineté énergétique. Cette situation illustre de manière exemplaire la tension entre la logique de concurrence stricte et les impératifs stratégiques de sécurité d’approvisionnement et de décarbonation, soulignés dans la partie précédente.

A. Actions juridiques et institutionnelles

Face à l’enquête de la DG Concurrence en aides d’Etat, plusieurs pistes juridiques peuvent être envisagées. 

La France peut engager des consultations préalables auprès de la Commission, conformément à l’article 108 TFUE,[36] pour clarifier le cadre admissible des aides à EDF et anticiper les objections de la Commission. Elle peut également préparer un recours devant le Tribunal de l’Union européenne, s’appuyant sur l’argument que la politique nucléaire française constitue un investissement stratégique indispensable pour l’indépendance énergétique et industrielle.[37] Cette démarche s’inspire notamment de l’expérience acquise à l’occasion de la jurisprudence européenne sur le projet Hinkley Point.[38] Cette jurisprudence énonce les critères retenus pour l’évaluation des aides d’État à des infrastructures stratégiques, mais elle illustre aussi la perte de temps considérable d’une dizaine d’années de procédures extrêmement onéreuses directement (en coûts de procédures) et indirectement (en manque à gagner extrêmement considérable de production énergétique).

Parallèlement, un dialogue renforcé avec les États membres pronucléaires (Belgique, République tchèque, Finlande, Hongrie, Pays‑Bas, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Espagne et France)[39] permettrait de constituer un front commun pour défendre le nucléaire comme infrastructure critique à l’échelle européenne. Ce lobbying coordonné comprend des réunions bilatérales et multilatérales, ainsi que des positions communes dans les conseils de l’énergie de l’UE, et peut neutraliser l’influence potentielle des États anti‑nucléaires, de moins en moins nombreux comme l’Autriche et l’Allemagne.[40]

Enfin, la France peut anticiper la détermination de la Commission sur la compatibilité des aides en renforçant le dossier technique et économique d’EDF, incluant les coûts, délais et avantages environnementaux des nouvelles centrales.[41] Cela permet de démontrer que les aides sont proportionnées et nécessaires pour atteindre les objectifs de sécurité énergétique et de transition bas carbone, sans préjudice de la position dominante qui sera reprochée par la DG Concurrence à EDF sur le marché français, pour l’instant toujours arrimé à un marché européen de l’énergie mais qui pourrait en sortir si des entraves préjudiciables devaient être apportées au développement du plan nucléaire d’EDF. Une entrave juridique pourrait se transformer en crise politique pour l’UE.

B. Actions stratégiques, géopolitiques et communication politique

Au‑delà du juridique, une stratégie politique et diplomatique proactiveest en effet indispensable. Le développement des centrales nucléaires françaises vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, fortement exposées aux aléas géopolitiques et aux crises des hydrocarbures.[42] La France, avec ses dix alliés auxquels elle peut tenter d’y réunir une douzaine d’autres, doit donc mobiliser l’opinion publique et les instances européennes sur la dimension stratégique vitale du nucléaire. Le développement des centrales vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles, aggravée par la crise ukrainienne et la volatilité des marchés hydrocarbonés, tout en garantissant un coût de l’électricité maîtrisé et un mix énergétique décarboné.

La communication devrait s’appuyer sur des éléments factuels et diplomatiques, citant par exemple les déclarations récentes de dirigeants européens : le président français a rappelé que « le nucléaire civil est un pilier de notre sécurité énergétique et un levier essentiel face aux crises géopolitiques »[43] et le Premier ministre hongrois a souligné que pour son pays « investir dans l’atome est un choix de souveraineté et de stabilité pour nos industries et nos citoyens ».[44] Ces interventions mettent en avant l’argument selon lequel retarder les projets d’EDF reviendrait à compromettre la résilience énergétique européenne d’une manière très préjudiciables à nos industries notamment électro-intensives (industries lourdes comme d’économie digitale, très fortes consommatrices d’énergie).

Des actions politiques proactives peuvent, également, compléter le dispositif : (1) la diffusion d’études comparatives sur les coûts et délais des énergies alternatives, montrant la nécessité de recourir à la production énergétique nucléaire pour atteindre les objectifs climatiques et industriels;[45] (2) l’animation d’un groupe de travail européen des États pronucléaires, coordonnant les positions sur la compatibilité des aides d’État avec le marché intérieur;[46] (3) la mobilisation de financements européens pour soutenir la transition énergétique et réduire la vulnérabilité aux critiques concurrentielles.[47]

Enfin, la France peut tirer parti de dossiers lourds actuellement suivis par l’Autriche, l’Allemagne et l’Espagne auprès de la Commission, tels que les aides dans les infrastructures gazières, les énergies renouvelables et les projets industriels stratégiques (cf. annexe 2). Une coordination multilatérale autour de ces dossiers pourrait créer des leviers pour négocier un apaisement des contestations visant les aides à EDF.[48]

Ces mesures combinées devraient permettre à la France de défendre le développement de ses centrales tout en respectant le cadre juridique de l’Union, transformant la menace de l’enquête DG Concurrence en opportunité de leadership stratégique sur la souveraineté énergétique européenne.

C. Enseignements tirés de l’antécédent britannique de Hinkley Point pour la France et EDF

L’expérience de Hinkley Point C, dont le retard considérable d’exécution a été provoqué par l’action d’un État membre (l’Autriche) qui a mobilisé la Commission contre la construction du complexe nucléaire en question (par EDF déjà !). Dans cette affaire, la Commission a fini par autoriser au terme d’une longue saga procédurale – avec confirmation par la CJUE – des aides d’État malgré des objections d’États membres,[49] montrant l’importance d’un dossier robuste. La France pourrait également mobiliser le soutien au Conseil Européen des États pronucléaires — Belgique, République tchèque, Finlande, Hongrie, Pays-Bas, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède et Bulgarie — pour former une coalition capable d’atténuer la pression sur la Commission des États hostiles, notamment l’Espagne (Mme Ribera est espagnole), l’Autriche et l’Allemagne (Mme von der Leyen est allemande).[50]

Malgré sa fin heureuse par une autorisation, cette affaire offre plusieurs leçons importantes et d’actualité pour la France : (1) la durée des procédures de la Commission peut s’étendre sur plusieurs années lorsqu’un État membre soulève des objections. (2) les recours devant le Tribunal de l’UE ou la CJUE sont possibles mais les décisions finales peuvent confirmer la compatibilité des aides stratégiques. (3) Il est donc essentiel de préparer un dossier robuste, juridiquement et économiquement, tout en mobilisant, dès le départ, un soutien diplomatique auprès des États pronucléaires pour limiter le risque de blocages ou de retards dans le calendrier des projets nucléaires. Il faut aussi envisager une action de conviction auprès de la douzaine d’Etats européens qui ne sont pas opposés à la production nucléaire et les rallier à la cause de la souveraineté énergétique européenne. Ces points sont illustrés dans l’encadré ci‑dessous.

Conclusion 

L’hypothèse d’une ouverture d’enquête par la Commission européenne sur les mesures de soutien envisagées au bénéfice d’EDF ne saurait être appréhendée comme un simple contentieux technique relevant du droit des aides d’État. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des rapports entre politique de concurrence, politique industrielle et souveraineté énergétique au sein de l’Union.

Le cadre juridique issu de l’article 107 TFUE, tel qu’interprété par la Commission et le juge de l’Union, a certes démontré sa capacité d’adaptation, notamment dans le cadre de l’interminable affaire Hinkley Point C – soit quatre ans de procédures juridiques, très perturbantes au plan industriel.[55] Cette adaptabilité demeure toutefois conditionnée par des procédures longues et complexes, génératrices d’incertitudes difficilement conciliables avec l’urgence des investissements requis dans le secteur énergétique.

Dans le même temps, l’évolution du contexte géopolitique et économique a conduit à une revalorisation du rôle de l’État dans la structuration de certaines filières stratégiques, au premier rang desquelles figure le nucléaire, en raison de son intensité capitalistique et de sa contribution à la sécurité d’approvisionnement. Il en résulte une tension croissante entre les instruments traditionnels du droit de la concurrence et les exigences d’une politique énergétique fondée sur la stabilité, la sécurité et la décarbonation, tension d’autant plus marquée que l’Union poursuit parallèlement des objectifs ambitieux d’électrification des usages.

Dans ce contexte, les marges de manœuvre juridiques et politiques dont dispose la France apparaissent réelles, à condition d’être mobilisées de manière cohérente et coordonnée, tant dans le cadre des instruments du droit de l’Union que dans celui des rapports institutionnels entre États membres et Commission. L’enjeu réside, en définitive, moins dans une remise en cause du contrôle des aides d’État que dans son adaptation aux impératifs contemporains de souveraineté énergétique.

L’affaire en devenir relative au soutien à EDF pourrait ainsi constituer un moment charnière, révélateur des limites du cadre actuel mais aussi des capacités d’évolution du droit de l’Union. À défaut d’une telle adaptation, le risque serait celui d’un décalage croissant entre les objectifs stratégiques poursuivis par l’Union et les instruments juridiques mobilisés pour les atteindre, au détriment de la cohérence de son action et de sa position dans la compétition énergétique mondiale. L’absence d’un consensus rapide préservant la capacité opérationnelle de l’outil industriel nucléaire rendu impératif par l’accumulation des crises géopolitiques au cœur desquelles figure l’énergie, pourrait conduire – voire obliger – la France à des choix nettement plus antagonistes par rapport à l’Union européenne.

François Souty, PhD
Intervenant en géopolitique à Excelia Business School, La Rochelle et Paris-Cachan
Intervenant en droit et politique de la concurrence de l’UE à la Faculté de droit de Nantes 


Annexe

[1] Reuters, « EU may investigate French support for EDF nuclear build », dépêche du 10 mars 2026, Reuters (source en ligne, consultée le 10 mars 2026)

[2] Commission européenne, REPowerEU Plan, COM(2022) 230 final, 18 mai 2022 ; Conseil européen, conclusions des 23-24 mars 2023.

[3] Agence internationale de l’énergie, World Energy Outlook 2023, 2023 ; IMF, Global Energy Market Developments, 2024.

[4] Art. 107, §1 TFUE ; CJUE, 21 mars 1991, Italie c/ Commission, aff. C-303/88 ; CJUE, 24 juill. 2003, Altmark, aff. C-280/00.

[5] Commission européenne, déc. SA.34947, 8 oct. 2014 ; Tribunal, 12 juill. 2018, aff. T-356/15 ; CJUE, 22 sept. 2020, aff. C-594/18 P.

[6] Vestager, M., discours, 2022 ; Marty, F., « Aides d’État et transition énergétique »Revue trimestrielle de droit européen (RTDE)2023, n° 2p. 215–236.

[7] Règlement (UE) 2023/851 du 19 avril 2023.

[8] Commission européenne, Temporary Crisis and Transition Framework, 2023.

[9] EDF, Présentation financière et plan d’investissement nucléaire, 2025, p. 12.

[10] OCDE/NEA, Nuclear Energy Outlook 2023, p. 45 ; AIE, World Energy Outlook 2023, p. 112.

[11] Ministère de l’Économie, Rapport sur la stratégie énergétique nationale, 2025, p. 28.

[12] Nicolaides, P., « Financing Large-Scale Nuclear Projects », European State Aid Law Quarterly, 21(3), 2022, p. 307–318; Commission européenne, State Aid Scoreboard, 2023.

[13] Draghi, M. The Future of European Competitiveness, Bruxelles, 2024, p. 28-30. V. Aussi Souty, F., « L’Union européenne, le rapport Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne : quelles conséquences stratégiques inspirantes pour la France », Le Diplomate Média, 9 décembre 2025, 17 p.  

[14] Commission européenne, REPowerEU Plan, COM (2022) 230 final ; Conseil européen, conclusions des 23-24 mars 2023.

[15] International Energy Agency (IEA), Nuclear Power and Secure Energy Transitions, 2022.

[16] Union européenne, Règlement (UE) 2019/631 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019, relatif aux normes d’émission de CO₂ pour les voitures et camionnettes, JOUE L 111, 25.4.2019 et Directive 2009/72/CE du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 concernant les règles communes pour le marché intérieur de l’électricité, JOUE L 211, 14.8.2009, art. 7.

[17] International Energy Agency, World Energy Outlook 2023, Paris, 2023. Voir l’Executive Summary à https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2023/executive-summary

[18] Ibid.

[19] Draghi, M., op. cit.  p. 28-30.

[20] OCDE/NEA, préc. ; P. Nicolaides, préc., p. 81.

[21] TFUE, art. 107.

[22] Commission européenne, Lignes directrices sur les aides d’État à finalité régionale, 2022, p. 15-18

[23] Commission européenne, State Aid SA. 35347 (2014/N), Hinkley Point C, 2014.

[24] Commission européenne, State Aid SA. 35347 (2014/N), Décision finale, 2014.

[25] Giusti, F., « Nuclear State Aid and Competition Law », European Competition Journal, 2020, p. 112.

[26] Voir note 1.

[27] Voir notamment Maulin, Romain, « Innovation : La Commission européenne publie, le rapport Draghi lequel appelle à une refonte de la politique de concurrence de l’Union européenne, avec pour objectif d’adapter les règles existantes aux nouveaux enjeux économiques et technologiques, tout en renforçant la compétitivité des Etats membres », 9 septembre 2024, Concurrences N° 4-2024, Art. N° 121729, pp. 88-90.

[28] P. Nicolaides, op. cit., p. 83 ; Lamy, P. (2024). L’Europe a besoin d’une nouvelle stratégie commune de sécurité énergétique. Tribune/Note publiée sur le site de Pascal Lamy. voir https://pascallamy.eu/2024/01/09/leurope-a-besoin-dune-nouvelle-strategie-commune-de-securite-energetique/.

[29] Euronews, Énergie nucléaire : quels pays européens la soutiennent et lesquels s’y opposent, 9 févr. 2026, présentant les positions nationales divergentes.

[30] Discours du président de la République française, Sommet AIEA sur l’énergie nucléaire, Paris, 10 mars 2026, Le nucléaire civil comme levier d’indépendance énergétique.

[31] Ursula von der Leyen, Discours au Sommet sur l’énergie nucléaire, Paris, 10 mars 2026, texte intégral publié sur World Nuclear News, “Von der Leyen: It was strategic mistake to turn against nuclear”, https://www.world-nuclear-news.org/articles/von-der-leyen-it-was-strategic-mistake-to-turn-against-nuclear

[32] Déclaration de l’Alliance européenne du nucléaire, European Nuclear Alliance Leaders’ declaration, 21 mars 2024.

[33] TFUE, art. 101‑109 (principes du droit de la concurrence et aides d’État).

[34] Règlement (UE) 2023/851 modifiant le règlement 2019/631 (objectif d’interdiction des véhicules thermiques 2035) ; Commission européenne, Fit for 55, COM(2021) 550 final.

[35] Lors d’une conférence à Bruxelles en 2024, onze États membres ont signé une déclaration commune en faveur du développement du nucléaire civil, appelant à « libérer pleinement le potentiel du nucléaire » pour renforcer la sécurité énergétique, la décarbonation et l’indépendance industrielle (Euronews, 21 mars 2024). Les onze États pronucléaires, qui considèrent l’atome comme une solution stable et compétitive à long terme, comprennent la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Finlande, la France, la Hongrie, les Pays‑Bas, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède (Communiqué de l’Alliance européenne du nucléaire, 4 mars 2024). Les treize États « agnostiques », n’ayant ni politique fermement pronucléaire ni opposition déclarée et pouvant envisager un recours futur au nucléaire, comprennent l’Italie, le Danemark, le Luxembourg, Chypre, l’Estonie, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, Malte, le Portugal, la Pologne, la Grèce et la Croatie (Euronews, 9 févr. 2026 ; Reuters, 10 mars 2026). Enfin, les trois États résolument anti‑nucléaires, défendant cette position au niveau européen, et doivent être clairement contournés par une majorité pronucléaire sont l’Allemagne, l’Autriche et l’Espagne (Euronews, 21 mars 2024 ; Euronews, juin 2025). Cette classification couvre l’ensemble des 27 États membres de l’UE ; elle illustre la diversité des positions et souligne les enjeux stratégiques pour la France face à l’enquête de la Commission sur les aides d’État à EDF.

[36] Moreau, Pierre, Droit de la concurrence et politique énergétique, LGDJ, Paris, 2024, p. 87‑102.

[37] Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), art. 108 : Traités de l’Union européenne annotés, dir. Jean‑Marc Thouvenin, 8e éd., Dalloz, Paris, 2023, n° 45 et suiv.

[38] Isabelle Durant, « Souveraineté énergétique et droit des aides d’État », Revue trimestrielle de droit européen, 2025, p. 315‑337.

[39] Commission européenne, décision C(2014) 4520 final, State aid SA.35456 (UK – Hinkley Point C), JOUE C 109, 28 avril 2015, p. 1‑25 ; Tribunal de l’UE, 12 juillet 2018, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. T‑85/15, Rec. p. I‑0000 ; CJUE, 22 septembre 2020, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. C‑594/18 P, Rec. p. I‑0000.

[40] Communiqué Alliance européenne du nucléaire, European Nuclear Alliance Leaders’ Declaration, Bruxelles, 21 mars 2024 ; Claire Leclerc, « Les États pro‑nucléaires dans l’Union européenne », Revue du marché intérieur européen, nov. 2025, p. 78‑92.

[41] États membres opposés au nucléaire : Autriche et Allemagne, in Analyse comparative des politiques énergétiques européennes, dir. Sophie Laurent, Presses universitaires de France, Paris, 2025, p. 155‑179.

[42] Voir notamment : Commission de régulation de l’énergie, Évaluation des coûts complets de production de l’électricité nucléaire historique, 2023-2025, disponible à https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Rapports_et_etudes/2025/Rapport_CRE_Couts_du_nucleaire.pdf  ; 

Cour des comptes, La filière EPR : une dynamique nouvelle, des risques persistants, 2020 et actualisations https://www.vie-publique.fr/catalogue/275616-la-filiere-epr ; Direction générale du Trésor, Les enjeux économiques de la transition bas-carbone, 2024 disponible à https://www.vie-publique.fr/rapport/296839-cour-des-comptes-filiere-epr-dynamique-nouvelle-risques-persistants?utm_source=chatgpt.com.   Ces analyses convergent pour souligner que les nouveaux projets nucléaires se caractérisent par des coûts d’investissement élevés, des délais de réalisation longs et une forte sensibilité au coût du capital, ce qui rend leur évaluation coût-bénéfice incertaine et dépendante de mécanismes de soutien public.

[43] Discours d’Emmanuel Macron, Président de la République Française, au Conseil européen de l’énergie, Strasbourg, 25 juin 2025 (texte officiel site Élysée).

[44] Déclaration de Viktor Orbán, Ministre-Président de la République de Hongrie, au Forum européen de l’énergie, Budapest, 14 février 2025.

[45] Commission européenne, notification initiale SA.35456 (UK – Hinkley Point C), 2012.

[46] Commission européenne, notification initiale SA.35456 (UK – Hinkley Point C), 2012.

[47] Pierre Monet & Hélène Perret, « Aides d’État stratégiques et concurrence dans l’énergie », Revue du droit de l’énergie, 2026, p. 213‑245.

[48] Tribunal de l’UE, 12 juillet 2018, Bundesrepublik Deutschland c/ Commission européenne, aff. T‑85/15.

[49] Voir note 39.

[50] Macron, E., Déclaration sur l’énergie nucléaire, Sommet sur l’énergie nucléaire (AIEA), Paris (La Seine Musicale), 10 mars 2026, texte intégral disponible sur Vie-publique : https://www.vie-publique.fr/discours/302404-emmanuel-macron-10032026-energie-nucleaire.et Viktor Orbán, déclarations du Ministre Président (Premier ministre) de Hongrie relatives à la politique énergétique hongroise et au développement du projet Centrale nucléaire de Paks (Paks II), soulignant le rôle du nucléaire dans la souveraineté énergétique nationale ; v. notamment Reuters, Hungary presses ahead with Paks nuclear project despite EU tensions, dépêches 2023-2025.

[51] Commission européenne, State aid SA. 35456 (UK – Hinkley Point C), notification initiale 2012, intervention formelle de l’Autriche.

[52] Commission européenne, Instruction préliminaire sur Hinkley Point C, 2012‑2014.

[53] Commission européenne, Décision sur la compatibilité des aides pour Hinkley Point C, C(2014) 4520 final.

[54] Tribunal de l’UE, T‑85/15, Challenger State v Commission, 2016.

[55] Commission européenne, déc. SA.34947 (2013/C), 8 oct. 2014, Royaume-Uni – Aide en faveur de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, JOUE L 109, 28 avr. 2015 ; Tribunal, 12 juill. 2018, Autriche c/ Commission, aff. T-356/15 ; CJUE, 22 sept. 2020, Autriche c/ Commission, aff. C-594/18 P.

 

 

 

 

 

 

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