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septembre 11, 2026

L'État à la casse avec Sarah Knafo.; débouter par les médias...!

Dans un long dossier que Marianne consacre à mon livre et à ma personne cette semaine, le journal n'a même pas réussi à contredire un seul des centaines de chiffres que j'ai donnés dans Le Casse du Siècle. 
 
Ils admettent à demi-mot que tout est juste. 
 
Et donc que c'est bien leur titre qui est « tout faux », ou plutôt tout mensonger.
 

 
Leur seul angle d'attaque ? 
 
Changer d'angle. 
 
Au lieu de raisonner en euros, et de parler de votre argent comme je le fais page après page, ils raisonnent en évolution de la part du PIB de chaque ministère dans le temps. 
 
Ce qui est totalement absurde puisque cela part du principe que les dépenses de l'Etat devraient nécessairement suivre la croissance économique. 
 
Comme si les gains de productivité étaient interdits. 
 
Comme si, dès qu'une entreprise française décrochait un gros contrat et faisait de gros bénéfices, faisant ainsi augmenter le PIB, il faudrait alors immédiatement augmenter les effectifs des bureaucrates en conséquence, sans quoi ce serait le signe que les services publics perdent des moyens ! 
 
Et comme si, à l'inverse, dès qu'une usine faisait faillite, on devrait réduire les dépenses de l'Etat à qualité de service public constant. 
Ridicule !
 
Derrière la pauvreté du fond, il y a l'absence de méthode : 
 
Quand Marianne avance des chiffres, qui n'invalident d'ailleurs jamais les miens, aucune source n'est précisée, sauf parfois un « calcul Marianne d'après l'INSEE ». 
 
Quels calculs ? 
Quelles données INSEE ? 
 
Nul ne sait. Nous devons les croire sur parole. 
 
Alors que dans Le Casse du Siècle, j'ai pris la peine de présenter des centaines de notes de bas de page avec sources précises et détails de tous les calculs. Chacun peut d'ailleurs les retrouver en un clic sur sarahknafo.fr/preuves. 
 
Les journalistes de Marianne ont été incapables de s'approcher du niveau de rigueur de ce qu'ils prétendent critiquer.
 
Marianne ne s'appuie que sur des dires d'« experts » pour affirmer de manière péremptoire que « on est déjà presque à l’os : il n’y a quasi pas d’économies à trouver ».
 
Ils ne se rendent même pas compte de l'absurdité de leur conclusion. 
 
Le pays le plus dépensier du monde n'aurait aucune possibilité de réduire ses dépenses ? On se demande comment survivent l'ensemble des autres pays de la planète !
 
Car oui, Marianne, qui adore visiblement faire des ratios en % du PIB, aurait pu se pencher sur celui-ci :
 
 57,3 % de dépenses publiques. Record du monde. Et ce ratio est en croissance continue depuis les années 1960. Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381414
 
Rappelons que Marianne a touché 973 554 € de subventions en 2024 
 
 J'ai prévenu dans le livre que tous les complices des casseurs m'attaqueraient, parfois sans argument : 
 
Vous allez vite découvrir qui a intérêt à faire perdurer le casse ! 
 

 
 Analysant le livre de Sarah Knaffo, dans @LEXPRESS, Alain Madelin, vieux libéral, @IdeesAction, pose la bonne question : - s'attaquer à des économies (-X milliards parci, -Ymilliards par là), c'est nécessaire, certes, - mais cela ne résout pas au fond la question clef : l'inefficacité de l'État, devenu un Léviathan glouton et impuissant qui étatise tout et veut tout faire ! Il faut donc, très vite, des réformes de fond, de structures comme on dit dans les entreprises qui règlent le problème définitivement ! Alain Madelin donne l'exemple de l'assurance maladie avec quelques idées clefs que je cite : - "Refuser l'étatisation complète de la SS engagée depuis des décennies - Distinguer clairement ce qui relève de l’assurance - qui doit être financé par les cotisations - et ce qui relève de la solidarité nationale - qui doit être financé par l'impôt, comme c’est le cas aujourd’hui au travers de la CSG et de la TVA - L'Assurance maladie est aujourd'hui un payeur aveugle qui rembourse des tarifs ; elle doit devenir un acheteur avisé, qui compare les coûts, qualité et résultats, pour contracter avec tous les offreurs de soins. - Il serait avisé de mettre les caisses en concurrence. Elles pourraient ainsi devenir des assureurs complets. En contrepoint, mutuelles et assureurs pourraient devenir assureurs dès le premier euro. Ce modèle, qui a fait ses preuves à l’étranger, s’inscrirait naturellement dans des règles de solidarité excluant toute sélection des risques. Au bout de la chaîne, Nicolas retrouve ainsi le seul pouvoir qui vaille : choisir son assureur. - Nous passerons sans doute bientôt d'un système qui rembourse la maladie à des plateformes qui la préviennent, et qui offrent à leurs cotisants la meilleure santé possible le plus longtemps possible. Personne n'en connaît encore la forme. - La France ne peut pas se contenter de gérer mieux ses hôpitaux d’hier, ce qui équivaudrait à réparer un vieux système épuisé. Elle doit construire celui qui va permettre d’accueillir la révolution de la santé du XXIe siècle" En définitive, c'est cela la clef d'une organisation libérale de l'état : c'est organiser des structures d'un État minimum qui soit efficace et compétitif pour faire mettre en œuvre une politique choisie, par des acteurs en concurrence, sélectionnés sur leur performance. L'état n'est pas, par essence, un bon gestionnaire. Par contre lui seul peut définir ce qui relève de la solidarité et ce qui relève de l'assurance. On pourrait décliner la même chose en ce qui concerne l'éducation nationale, ou plutôt l'enseignement. Alain Madelin est en fait un vrai penseur libéral : le libéralisme, c'est un état recentré sur ces missions clefs, qui confie la gestion de ces missions à des acteurs efficaces parce qu'en concurrence. On passe alors d'un système régulé par des tarifs, inefficace, à un système régulé par les prix, un système de marché. Évidemment, ce qui est régalien, la diplomatie, l'armée, la police, la justice relève d'une autre logique.
 
  
Le casse du siècle : Sarah Knafo propose le premier plan d’enrichissement collectif depuis 1958
 
Par Olivier d’Auzon – Découvrez son dernier ouvrage chez Erick Bonnier : AFRIQUE 3.0
Il y a des livres qui dénoncent, et il y a des livres qui proposent. 
 
Le premier essai de Sarah Knafo, Le Casse du siècle, édité par Fayard, et qui rencontre un franc succès, appartient à la seconde catégorie.
 
L’autrice, magistrate de formation passée par la Cour des comptes, députée européenne et ancienne candidate à la mairie de Paris, ne se contente pas de dresser l’inventaire d’un système fiscal et bureaucratique qu’elle juge confiscatoire.
 
Elle avance méthodiquement un ensemble de solutions chiffrées, sourcées et articulées, qu’elle présente comme la première alternative cohérente à quarante ans de résignation budgétaire… 

Au-delà de cette ambition économique et budgétaire, Le Diplomate a choisi de s’intéresser plus particulièrement à la dimension internationale de ce programme et aux implications géopolitiques des mesures proposées.

Un diagnostic sans concession

Le point de départ est une fiche de paie. Celle de « Nicolas Durand », salarié au salaire médian, 2 079 euros nets par mois. En remontant ligne par ligne, Sarah Knafo démontre que le coût réel de son travail pour l’employeur s’élève à 3 922 euros, et que l’État et la Sécurité sociale prélèvent 1 842 euros, soit 47 % de la valeur produite. Sur une carrière complète, le manque à gagner dépasse le million d’euros.

Le constat n’est pas nouveau. Mais l’autrice a le mérite de le poser avec une clarté pédagogique rare, en traduisant les sigles et les colonnes d’une fiche de paie en postes de dépense compréhensibles : santé, retraite, famille, chômage, impôt. « Une fiche de paie que l’on comprend est une fiche de paie qui révolte », écrit-elle.

Des solutions, pas seulement des indignations

C’est là que le livre se distingue. Sarah Knafo refuse explicitement le registre du pamphlet et de l’indignation stérile. Chaque chapitre se conclut par une « résolution de l’affaire » – quinze au total – qui forme un programme structuré.

La mesure phare : la suppression de la CSG sur les revenus d’activité. Cette réforme représenterait 87,5 milliards d’euros de recettes sociales en moins, mais surtout une hausse immédiate de 10 % du salaire net de tous les actifs. Pour un salarié au salaire médian, 247 euros de plus par mois ; pour un couple, près de 500 euros. « Ce n’est pas un cadeau que l’État vous fait, c’est le fruit de votre travail qu’on cesse enfin de vous prendre », argumente-t-elle.

Le financement : plus de 130 milliards d’euros d’économies identifiées. Le livre en dresse la liste, chiffrée et sourcée : non-remplacement de 800 000 départs administratifs sur cinq ans (40 milliards), limitation des prestations sociales non contributives aux citoyens français (15 à 20 milliards), suppression de l’aide publique au développement (14 milliards), retour au budget européen pré-Covid (14 milliards), fin des subventions aux énergies intermittentes (8 milliards), privatisation de l’audiovisuel public (4 milliards), suppression de France Travail (4 milliards), entre autres.

La méthode : le budget à base zéro. Sarah Knafo propose de repenser chaque ligne budgétaire à partir d’une feuille blanche, en appliquant aux dépenses publiques la grille de l’entrepreneur qui reprend une entreprise mal gérée. Chaque dépense doit justifier son existence par un résultat mesurable.

Les verrous et leur contournement

Le livre ne se contente pas de proposer : il anticipe les objections. La haute administration neutralisera tout ? L’autrice répond par la nomination immédiate de 70 directeurs stratégiques alignés sur le programme, évalués sur des indicateurs de résultat. L’Europe nous empêchera ? Elle propose de fixer des ultimatums à Bruxelles et, le cas échéant, de cesser d’appliquer les règles qui nuisent aux intérêts français. Les juges censureront ? Le référendum, érigé en principe de légitimité supérieure, permettra de contourner les blocages.

Réduire les dépenses extérieures, mais à quel prix géopolitique ?

La dimension internationale de ce programme mérite également une attention particulière. Dans un contexte de rivalités économiques exacerbées, de tensions commerciales et de compétition entre puissances, Sarah Knafo entend remettre en cause plusieurs instruments traditionnels de la dépense extérieure française. Elle propose notamment la suppression de l’aide publique au développement (APD), dont elle chiffre l’économie potentielle à 14 milliards d’euros, ainsi qu’un retour du budget européen à son niveau d’avant la crise sanitaire, qui permettrait, selon ses calculs, d’économiser 14 milliards supplémentaires sur la contribution française. À cette logique de réduction des transferts s’ajoute une volonté de diminuer les prélèvements pesant sur les entreprises et les actifs afin de favoriser l’investissement privé, la compétitivité et la création de richesses sur le territoire national. Ces orientations dessinent une conception plus restrictive de l’engagement financier international de la France, privilégiant ses capacités économiques intérieures. C’est une très bonne chose. Elles soulèvent néanmoins une interrogation géopolitique majeure : dans une Afrique où s’affirment les influences chinoise, russe et turque, la suppression de l’aide au développement pourrait également priver Paris d’un instrument de coopération et d’influence. Quant aux économies annoncées, leur réalisation effective dépendrait des engagements internationaux, européens et contractuels déjà souscrits par l’État. La question est donc de savoir si les ressources ainsi récupérées permettraient de renforcer durablement la souveraineté économique française sans affaiblir les leviers de sa puissance diplomatique.

Une philosophie de l’effort contre le sacrifice

La distinction la plus intéressante du livre est peut-être celle entre le sacrifice et l’effort. Sarah Knafo refuse le registre de l’austérité : « Les Français ne refusent pas l’effort, ils refusent le sacrifice gratuit. » Le programme qu’elle propose n’est pas un plan de rigueur, mais un « plan d’enrichissement » : baisser les dépenses pour baisser les impôts, et non pour rembourser une dette contractée en notre nom sans notre consentement.

Elle cite en modèle les réformes Hartz en Allemagne, la révolution fiscale suédoise des années 1990, les coupes canadiennes de 25 % dans les effectifs fédéraux, et le plan Rueff-de Gaulle de 1958. « Dépenser moins pour taxer moins. Pas dépenser moins uniquement pour rembourser la dette en vous sacrifiant. »

Les limites

On pourra reprocher à l’ouvrage quelques raccourcis. L’affirmation selon laquelle l’immigration coûte 41 milliards d’euros par an s’appuie sur une étude de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, dont les méthodologies sont contestées. La proposition de réserver les prestations sociales non contributives aux seuls citoyens français pose des questions juridiques et constitutionnelles que le livre n’explore pas en profondeur. Enfin, la faisabilité politique d’un tel programme – qui suppose une majorité présidentielle et parlementaire acquise – n’est qu’esquissée.

Mais ces réserves ne doivent pas masquer l’essentiel : Sarah Knafo a produit un livre-programme, ce qui est rare dans la production éditoriale politique contemporaine. Elle assume le chiffrage, la méthode, la confrontation avec les obstacles. Elle ne promet pas une miracle, mais une trajectoire.

Le Casse du siècle n’est pas un livre de dénonciation de plus. C’est un manuel d’action. Sarah Knafo y déploie une rigueur d’enquêtrice, celle de la magistrate de la Cour des Comptes qu’elle fut, au service d’un projet politique qu’elle revendique : rendre aux Français le fruit de leur travail. Que l’on partage ou non ses conclusions, force est de constater qu’elle pose les bonnes questions et qu’elle y répond.

À l’heure où tant d’essais se contentent de décrire le déclin, celui-ci propose de le renverser. C’est en soi un événement.

Sarah Knafo, Le Casse du siècle, Fayard, 2026, 320 pages, 22 €.

 https://lediplomate.media/recension-casse-siecle-sarah-knafo-propose/?

 


 

 Sarah Knafo, compagne et stratège politique d’Éric Zemmour, estime que la fiscalité élevée, les dépenses publiques et la lourdeur administrative freinent la France. Le Telegraph part à la rencontre de celle que certains ont comparée à une « Margaret Thatcher française ».

 Le cerveau de l’extrême droite française affirme que son pays a besoin d’une « thérapie de choc » Les impôts élevés et les formalités administratives sont des problèmes plus importants que les migrants, déclare Sarah Knafo, stratège et partenaire du candidat anti-islam

 Eric Zemmour, polémiste hostile à l’islam et à l’immigration qui a bousculé la dernière élection présidentielle française, a confirmé qu’il se porterait de nouveau candidat à l’Élysée. Mais, à six mois du prochain scrutin, c’est l’autre moitié de ce couple emblématique de la droite radicale française qui attire tous les regards. Sarah Knafo, compagne et stratège politique d’Eric Zemmour, âgée de 33 ans, a été une conseillère clé lors de sa campagne présidentielle de 2022, durant laquelle l’ancien chroniqueur télévisé a recueilli 7,1 % des suffrages. Plus tôt cette année, au sein de leur petite formation politique, « Reconquête ! », son nom a été évoqué comme celui d’une éventuelle candidate alternative. Selon la presse française, le couple aurait envisagé de trancher entre eux deux en fonction de leurs intentions de vote respectives, avant qu’Eric Zemmour, âgé de 68 ans, ne reprenne finalement la candidature.

Mais Mme Knafo est devenue, depuis, une force politique à part entière ; certains vont même jusqu’à la comparer à une Margaret Thatcher française. Dans un entretien accordé au *Telegraph*, Mme Knafo a affirmé que la France était prête pour une « thérapie de choc » économique radicale, reprochant aux principaux candidats à l’élection présidentielle de manquer du courage nécessaire pour s’attaquer à la crise de la dette du pays. Toutefois, malgré les suggestions l’invitant à rejoindre la course à la présidentielle — déjà très encombrée —, elle a maintenu que son compagnon restait l’homme de la situation. Mme Knafo a commencé à sortir de l’ombre de M. Zemmour lors de sa candidature à la mairie de Paris en mars ; sa campagne a délibérément remplacé les sombres avertissements de son compagnon sur le déclin de la France par des affiches d’un jaune éclatant, des vidéos enjouées sur les réseaux sociaux et le slogan « Une ville heureuse ». Malgré la rhétorique anti-immigration virulente de son parti, la presse française a comparé son style à celui de la campagne optimiste menée par Zohran Mamdani à New York. Le jaune, a-t-elle expliqué, symbolise « le soleil au bout du tunnel ». Le pari a été gagnant : Mme Knafo a recueilli 10,4 % des voix dans une capitale à forte coloration de gauche, soit plus de six fois le score du candidat du Rassemblement national (1,6 %). Mais, au cours des six dernières semaines, elle s’est retrouvée propulsée davantage encore sur le devant de la scène après la publication d’un ouvrage hostile à la fiscalité, devenu un best-seller inattendu. *Le Casse du siècle* a connu un succès fulgurant en France, atteignant près de 300 000 exemplaires vendus à peine six semaines après sa parution. Dans cet ouvrage, elle soutient que la France est prête pour une thérapie de choc « thatchérienne » — ou pour un « coup de tronçonneuse » à la Javier Milei — afin de mettre fin à une fiscalité record, à des dépenses publiques excessives et à une lourdeur administrative qui, selon elle, ont fait de la France « l’homme malade de l’Europe ».

  À titre de comparaison, Unir – Nouveau monde, nouvelle gauche, un essai de l'ancien président socialiste François Hollande, s'était vendu à moins de 4 000 exemplaires la semaine dernière. Alors que son livre s'envolait des étagères, un sondage Ipsos bva-CESI la plaçait au quatrième rang des hommes politiques que les Français seraient les plus « satisfaits » de voir devenir président. Elle se retrouve à égalité avec M. Hollande, derrière Édouard Philippe, Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui arrive en tête du classement malgré les allégations de messages antisémites, qu'il nie. M. Zemmour était plus bas.

 Mme Knafo a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration du programme économique de Reconquête !, tandis que, lors du récent congrès du parti, des militants l’ont ouvertement présentée comme incarnant leur avenir.

 Pourtant, malgré sa popularité croissante, Mme Knafo reste fermement derrière les ambitions présidentielles de son partenaire, comparant ses perspectives de retour à celles de Donald Trump. "C'est toujours une erreur d'écarter des hommes de son calibre", a-t-elle déclaré. "Quand les gens pensaient que Trump était fini, il a montré qu'il avait encore beaucoup à dire aux Américains." M. Zemmour avait encore "beaucoup de choses à dire à la France", a-t-elle déclaré depuis un café parisien, quatre jours après avoir signé des livres à Londres. "Cinq cents personnes sont venues. Beaucoup ont expliqué pourquoi ils avaient dû fuir la France, justement à cause de ce que je décris dans le livre." "Certains m'ont dit : 'Si tu gagnes, nous reviendrons l'année prochaine'", a-t-elle déclaré. 

 La France n’a pas équilibré son budget public depuis 1974. Les impôts s’élevaient à 43,5 pour cent du PIB en 2024, derrière les 45,2 pour cent du Danemark, mais parmi les plus élevés de l’OCDE. La dette publique approche les 3,5 milliards d’euros (2,95 milliards de livres sterling).

 "Nous n'avons jamais payé autant d'impôts dans notre histoire. Nous sommes les personnes les plus lourdement imposées au monde, et le pire, c'est que nous pouvons tous voir nos services publics décliner en retour", a-t-elle déclaré. Elle attribue le succès du livre à la tradition française de révolte fiscale, qui remonte à la Révolution. Cela ressemble à une enquête criminelle accusant l’État de voler l’argent des citoyens. La « scène de crime » est la fiche de paie d’un travailleur. Mme Knafo calcule que 2 000 € (1 687 £) de salaire net mensuel coûtent presque le double à un employeur. Sur 42 ans, environ 1 million d’euros sont consacrés aux impôts et aux cotisations sociales, une grande partie écrémée par une bureaucratie kafkaïenne. « La moitié de votre vie vous est volée », écrit-elle. Elle « suit l'argent » à travers les suspects, les complices et les accusés avant de proposer 15 réformes.

 Même si elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un manifeste, elle appelle à des réductions de dépenses annuelles de 140 milliards d’euros (118 milliards de livres sterling), y compris le non-remplacement de 800 000 travailleurs du secteur public, pour financer des réductions d’impôts. "La philosophie, c'est de dépenser moins pour taxer moins, pour que les Français puissent gagner plus", a-t-elle expliqué.

L’ironie de son désir de détruire l’establishment français est que, comme Emmanuel Macron, Mme Knafo a fréquenté l’École nationale d’administration (ENA), l’école de fin d’études française pour l’élite dirigeante. Elle devient ensuite magistrate à la Cour des Comptes, l'organisme de surveillance des dépenses de l'État, où sa mission consiste précisément à contrôler la manière dont l'argent des contribuables est dépensé. Elle souhaite que l’intelligence artificielle réécrive la réglementation labyrinthique de la France, réalisant « en quelques mois ce que Napoléon a réalisé en quatre ans » lorsqu’il a codifié le droit français. Elle cite un sondage Ifop d’avril suggérant que 68 pour cent des sondés envisageraient de voter pour une « thérapie de choc » économique. Un référendum sur ses réformes, affirme-t-elle, donnerait aux dirigeants une légitimité pour faire face aux grèves et aux manifestations : « Les grévistes et les manifestants ne protesteraient plus contre un président assis seul dans son bureau, mais contre le peuple français tout entier », dit-elle.

Surnommée « Margaret Thatcher à la française » par L’Express, elle prend la comparaison comme un compliment. « Nous sommes toutes les deux filles de commerçants », dit-elle. "Comme moi, elle a appris l'économie derrière un comptoir, pas dans des livres." Mais Thatcher « n’a pas vu venir la désindustrialisation de la Grande-Bretagne ».

La semaine dernière, Mme Le Pen a dévoilé un programme promettant un ajustement budgétaire de 140 milliards d’euros sur cinq ans. Mme Knafo l'a accusée d'avoir volé le gros titre sans « comprendre le fond ». "Marine Le Pen propose cinq fois moins que ce que je propose, et cinq fois moins que ce qui est nécessaire", a-t-elle déclaré. "C'est homéopathique. C'est comme avoir une maladie grave et qu'on vous propose du paracétamol ou de l'aspirine. Cela ne résoudra pas le problème." La critique est politiquement délicate car Mme Knafo n’exclut pas de travailler avec M. Bardella, même si M. Zemmour insiste sur le fait que Mme Le Pen est essentiellement de gauche. "Nous sommes tous les deux jeunes. Je pense qu'un jour nous travaillerons ensemble", a-t-elle déclaré. "Je pense que Jordan Bardella est plus proche de nous que de Marine Le Pen sur le fond."

    

Pourtant, elle a attaqué le récent pacte de retour des migrants conclu entre M. Bardella et Nigel Farage. "Je n'aurais jamais signé une chose pareille", a-t-elle déclaré. "Je pense que cela va à l'encontre des intérêts français." L’immigration reste au cœur du programme de Reconquest. M. Zemmour prône la « remigration », notamment l'expulsion de certains étrangers résidant légalement en France après un an de chômage. Mme Knafo a approuvé ce point : « Je pense qu’un an est plus que suffisant », a-t-elle déclaré. Pourtant, elle refuse de placer l’immigration ou l’Union européenne au cœur de son réquisitoire économique, les qualifiant de « suspects » plutôt que de principaux coupables. "L'immigration n'a pas créé tous nos problèmes. Elle en a aggravé beaucoup, mais elle ne les a pas créés", a-t-elle déclaré. La France ne pouvait pas non plus simplement blâmer Bruxelles, malgré ses « montagnes de déchets », alors que d’autres pays soumis aux mêmes règles européennes ont obtenu de meilleurs résultats. Le Brexit était une mise en garde. "La situation de l'Angleterre est pire aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a 15 ans", a-t-elle déclaré, arguant que la sortie de l'UE n'avait pas réussi à résoudre les problèmes économiques ou d'immigration du Royaume-Uni. "Une nation ne peut se sauver qu'elle-même." L’attaque de son livre contre l’État survient ironiquement au moment où une révolte scolaire nationale réclame plus d’enseignants, de meilleurs bâtiments et des milliards supplémentaires pour l’éducation. Elle est d’accord avec Donald Trump sur le fait que l’immigration alimente la crise de l’éducation, mais insiste sur le fait que la bureaucratie et la mauvaise gestion sont les problèmes les plus importants. Les dépenses d’éducation sous Emmanuel Macron ont augmenté de 12 milliards d’euros (10 milliards de livres sterling) alors même que le nombre d’élèves a diminué de 300 000, affirme-t-elle. Un quart des 1,2 million d’employés du ministère de l’Éducation n’enseignent pas, tandis que les résultats du français aux derniers tests Pise sont tombés parmi leurs plus bas niveaux enregistrés. « La France a fait pour les écoles ce qu'elle a fait ailleurs : elle a investi plus d'argent avec des résultats moindres », écrit-elle.

 Les critiques affirment que son livre est simpliste et semé d'erreurs. Maël de Calan, président de centre-droit du conseil départemental du Finistère, a qualifié cela de « politique de bar », affirmant que des employés de l’État, soi-disant superflus, entretenaient les routes et s’occupaient des personnes âgées et handicapées. "Je suis arrivée au chiffre de 800 000 en les comptant", a rétorqué Mme Knafo. D’autres soutiennent que les cotisations sociales financent les retraites et les soins de santé plutôt que d’être volées. "Ce n'est pas du vol", a-t-elle insisté. "C'est l'écart entre le million d'euros versé et les mauvais services publics reçus en retour que j'appelle le braquage du siècle." Elle insiste sur le fait que les Français ne sont pas fondamentalement inactifs. « Historiquement, nous étions une nation d’ouvriers qui travaillaient dans les mines, construisaient des cathédrales, une vieille nation d’agriculteurs », a-t-elle déclaré. « Pourquoi ces gens auraient-ils soudainement changé ? » Mme Knafo a accusé les écoles, les universités et la radiodiffusion publique de devenir si à gauche que c'était un « miracle » que les Français penchent toujours vers la droite. "Nous avons créé depuis 40 ans un système qui récompense ceux qui ne travaillent pas et pénalise ceux qui travaillent", a-t-elle déclaré, citant des mères qui se plaignaient auprès d'elle du fait que leurs fils préféraient vivre de leurs allocations. "Les gens sont rationnels. Je ne les accuse pas. Ils sortent leur calculatrice et font leur choix." "Les Français font les frais du braquage. Ils ne l'ont pas commis."

 

 https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/10/17/france-hard-right-mastermind-shock-therapy/?WT.mc_id=tmgoff_tw_post_hard-right-mastermind-shock-therapy/

 


 

Le dossier de l'Université Liberté sur S. KNAFO

septembre 10, 2026

Pour information, le programme de l'AFD et son carrousel !

Programme AFD

Regierungsprogramm
der AfD Sachsen-Anhalt

Puisque personne n'a visiblement fait cet effort dans les médias de service public, voici un résumé du programme sur lequel l'AfD a été élue. 138 pages, 17 chapitres, 324 mesures numérotées. Il est public et accessible à tous, le lire aurait évité aux journalistes de proférer des énormités et de se déconsidérer encore un peu plus aux yeux des Français.
 
 
 
Le programme a été adopté en congrès régional à Magdebourg le 11 avril dernier, puis mis en ligne dans son intégralité. 
 
👨‍👨‍👧‍👧 Famille : dix-neuf mesures pour relancer la natalité.
 
Le chapitre s'ouvre sur un chiffre : 1,31 enfant par femme en Saxe-Anhalt en 2024, un plus-bas historique. Le texte parle clairement d'extinction du peuple allemand et refuse explicitement l'immigration comme réponse.
 
Suit un dispositif financier détaillé. Une prime de naissance de 2 000 € pour les deux premiers enfants et 4 000 € pour chaque suivant, versée en deux fois. Une allocation régionale mensuelle qui monte avec le rang de l'enfant : 50 € pour le premier, 150 € pour le deuxième, 250 € à partir du troisième. Un prêt immobilier bonifié jusqu'à 300 000 € pour les parents de moins de quarante ans ayant au moins un enfant, dont 10 000 € sont effacés à la première naissance suivant l'octroi et 20 000 € à chacune des suivantes. La crèche gratuite dès le premier enfant, la cantine gratuite de la crèche au lycée, la pratique sportive en club gratuite jusqu'à dix-huit ans, et un « Stolz-Pass » ouvrant gratuitement aux familles les châteaux et musées du Land.
 
L'accès à la prime de naissance et à l'allocation est conditionné à la nationalité allemande d'au moins un parent et à un an de résidence dans le Land.
 
Le même chapitre propose la restriction de l'accès des mineurs aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux.
 
😍 Immigration et remigration : quarante-trois mesures, le chapitre le plus long
 
Le texte demande le refoulement systématique aux frontières, le refus d'accueil par le Land des personnes entrées illégalement depuis un pays tiers sûr ou dont l'identité n'est pas établie, le retrait du Land des programmes de réinstallation, et un arrêt d'accueil immédiat pour la plupart des ressortissants de pays hors UE. Il demande la transformation du droit d'asile constitutionnel en un droit de grâce accordé discrétionnairement par l'État, ainsi que la suppression de la protection subsidiaire pour les réfugiés de guerre.
 
Sur les conditions de séjour : hébergement en centres collectifs situés hors des centres-villes, prestations en nature plutôt qu'en espèces, contrôle et confiscation des avoirs détenus à l'entrée pour financer l'hébergement, travail d'intérêt général obligatoire, vérification annuelle des statuts de protection, retrait automatique du statut en cas de voyage au pays d'origine.
 
Sur les retours, le texte est chiffré. En 2024, la Saxe-Anhalt a expulsé 654 personnes ; 1 252 expulsions ont échoué. Le programme prévoit une enveloppe de 100 millions d'euros, une « Task Force expulsions » réunissant les ministres de l'Intérieur et de la Justice et les autorités policières, le passage de trente à au moins trois cents places de rétention, l'organisation de vols par le Land lui-même, une cellule dédiée et un chargé de mission « remigration » financés par le redéploiement des 1,2 million d'euros affectés aux « médiateurs d'intégration ». Il demande la fin de l'allocation de subsistance pour les Ukrainiens arrivés depuis le début de la guerre et la préparation de leur retour. Il vise aussi les financements associatifs : 275 millions d'euros inscrits au budget 2025-2026 pour l'hébergement des demandeurs d'asile, 11 millions pour le conseil et l'ouverture interculturelle, 4,9 millions pour la « culture d'accueil ».
 
Le chapitre comporte un versant symétrique, moins commenté : un programme de retour destiné aux Allemands qualifiés partis à l'étranger. Le texte avance trois millions de départs entre 1991 et 2015 et 270 000 en 2024, et propose de traiter la pénurie de main-d'œuvre par l'automatisation, la numérisation et l'intelligence artificielle plutôt que par l'immigration de travail.
 
🎓 Culture, école, université : soixante-six mesures
 
Le chapitre demande l'inscription de critères esthétiques dans le code de la construction du Land, défend le feu d'artifice comme pratique culturelle, remplace le test de naturalisation à trente-trois questions à choix multiples par une dissertation, et s'oppose aux minarets et à l'appel du muezzin.
 
À l'école : neutralité politique imposée aux enseignants ; interdiction des drapeaux arc-en-ciel dans les établissements ; maintien de l'enseignement du russe et relance des échanges scolaires avec la Russie ; natation obligatoire pour chaque enfant ; davantage d'éducation physique ; manuels gratuits ; classes séparées pour les enfants de réfugiés ; service de sécurité dans les établissements ; et un passage de l'obligation de scolarisation à une obligation d'instruction, qui ouvre la voie à l'enseignement à domicile.
 
À l'université : suppression des études de genre, création d'une chaire de sciences de la population et d'un institut d'islamologie critique, examens d'entrée à la place du numerus clausus, fin des contrats précaires, retour partiel sur le processus de Bologne.
 
👮‍♂️ 👨‍⚖️ Sécurité et justice : quarante mesures
 
Recrutements policiers, allègement des tâches administratives, généralisation du taser. Le texte demande la publication des adresses des pédophiles condamnés, en avançant un taux de récidive de 40 à 50 %, et la création d'une garde citoyenne volontaire placée sous l'autorité des services d'ordre municipaux. Il demande le classement de l'Antifa comme organisation terroriste.
 
Côté justice : exécution des peines des détenus étrangers dans leur pays d'origine : le texte relève 21,4 % d'étrangers en détention et 27,5 % en détention pour mineurs ; abaissement de la majorité pénale, appuyé sur une hausse de 11,3 % de la délinquance des moins de quatorze ans en 2024 ; amnistie des infractions aux mesures sanitaires (notamment COVID) ; et l'inscription dans le code pénal d'une protection du peuple allemand contre le dénigrement, symétrique de celle des minorités.
 
⚡ Énergie : trente mesures, le second chapitre le plus fourni
 
Fin des subventions aux renouvelables et de la priorité d'injection sur le réseau, moratoire sur l'éolien, interdiction des parcs solaires sur les terres agricoles et des éoliennes en forêt, abandon de la stratégie hydrogène, plan de prévention des coupures.
 
Puis le volet production : maintien du charbon au-delà de 2038, nouvelles centrales à gaz, relance de la recherche nucléaire avec un axe explicite sur le réacteur Dual-Fluid et le retraitement des combustibles déjà stockés, recherche sur la fusion, refus du gaz de schiste sur le territoire du Land, et remise en service des gazoducs Nord Stream.
 
Enfin le volet fiscal et institutionnel : sortie de l'Accord de Paris et du Green Deal, abrogation de la loi fédérale sur le climat, fin du marché des quotas d'émission, suppression de la taxe carbone (le texte en chiffre l'effet à 185 € par an pour une voiture essence roulant 15 000 km et 350 € pour un chauffage au fioul consommant 2 000 litres), fin des subventions aux véhicules électriques et abandon de l'interdiction du moteur thermique.
 
📈 🪙 Économie, agriculture, transports, communes
 
Zones économiques spéciales à l'essai dans les régions structurellement faibles, levée des sanctions contre la Russie (premier partenaire commercial du Land avant 2022), gratuité totale du brevet de maîtrise assortie d'une prime, aide au permis de conduire pour les apprentis, label « Fabriqué en Saxe-Anhalt », réforme de la transmission d'entreprise.
 
En agriculture : renationalisation de la politique agricole, régulation du loup, interdiction de l'abattage sans étourdissement (donc du Halal), meilleur financement des refuges, stérilisation obligatoire des chats en liberté, participation obligatoire des demandeurs d'asile aux travaux de reboisement.
 
Dans les transports : fin des subventions aux vélos-cargos (financés jusqu'à 60 % pour les entreprises et 90 % pour les communes), préservation de la culture motocycliste, ticket régional gratuit pour tous les élèves, suppression du droit de recours des associations environnementales.
 
Dans les communes : réforme du financement, refus de nouvelles implantations de migrants en zone rurale, suppression des postes de déléguées à l'égalité.
 
📺 ⚕️ Médias, administration, finances, santé
 
Suppression de la redevance audiovisuelle (18,36 € par mois, 220,32 € par an et par foyer) remplacée par une offre de base et des abonnements facultatifs ; fin du financement de la radio associative Radio Corax, chiffré à 968 438,61 € entre 2019 et 2023 ; abrogation de la loi allemande sur les réseaux sociaux.
 
Réduction du nombre de ministères, fin des financements publics aux fondations de partis, suppression de l'office administratif du Land, abandon des budgets annexes hors bilan. Baisse des droits de mutation, suppression des taxes de faible rendement, engagement de ne créer aucun nouvel impôt, arrêt de la collecte de l'impôt d'Église par l'État.
 
En santé : arrêt des privatisations d'hôpitaux et retour au public des cliniques déjà cédées, refus de la fermeture des petites urgences, formation de médecins allemands plutôt que recrutement à l'étranger, développement des soins palliatifs, et une commission d'examen de la période Covid.
 
Le préambule, qui s'étend sur plusieurs pages, se termine par une phrase que nous reprenons telle quelle : « Voici notre programme. Jugez vous-mêmes s'il faut interdire l'AfD, ou plutôt la voter. »
Le texte est en accès libre, en allemand, dans son intégralité : afd-regierungsprogramm.de
 
 
Voici le carrousel:  














juillet 27, 2026

L’ironie élégante de Bernard Arnault en réponse aux journalistes sponsorisés Le Monde !

Réponse élégante de Bernard Arnault à deux ‘ journalistes ‘ du monde qui ont fait une enquête sur lui…
 
‘ Il paraît que je suis le chef de « la dernière famille royale de France ».

Je l’ai appris en lisant Le Monde, entre deux tasses de thé. 
 
Mes enfants, prévenus par WhatsApp, m’ont demandé si cela signifiait qu’ils devaient désormais me faire la révérence. 
Je leur ai répondu qu’un simple « bonjour Monsieur » suffirait, comme d’habitude. Ils ont éclaté de rire. C’était, je crois, le plus beau moment de la semaine.
 
 

Le Monde a donc décidé de sortir l’artillerie lourde : six mois d’enquête, deux journalistes dédiées à plein temps, six épisodes sur double page, un feuilleton achevé vendredi. Cela mérite un mot, et ce sera… merci.

Je n’avais pas eu droit à pareil traitement depuis la reprise de Boussac en 1984. On m’appelait alors « The Terminator ». Je préfère « la dernière famille royale » : c’est plus élégant, et c’est meilleur pour les ventes chez Dior.

Je n’ignore pas qu’en répondant, j’offre à ce feuilleton le projecteur qu’il espérait peut-être : un dernier épisode, signé de ma main. Soit.

Qu’il serve au moins à une chose : épargner de l’énergie à tous ceux qui, ailleurs, parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier. Ils attendront longtemps.

Reprenons.

J’ai appris, d’abord, que mes collaborateurs étaient tirés à quatre épingles et qu’aucun n’était en surpoids. Je présente mes excuses aux lecteurs pour ce manquement à la diversité corporelle et j’en saisirai lundi le restaurant d’entreprise. J’ai appris aussi que l’on confisquait aux visiteurs leur cravate Hermès. C’est faux : nous la leur laissons. Nous leur en proposons simplement une seconde, plus discrète, pour l’ascenseur. Question de savoir-vivre. J’ajoute, sous le sceau du secret, que j’en possède plusieurs.

Ensuite, je murmurerais à l’oreille de tous les présidents. Je plaide coupable : Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron. J’aurais dû rester avenue Montaigne à ne parler qu’à mon chien. J’ajoute, par souci d’exhaustivité, qu’au-delà de cinq présidents américains, j’ai également murmuré à trois premiers ministres britanniques, deux chanceliers allemands, et un empereur du Japon. Pas une ligne sur ces murmures-là. Faut-il comprendre que seuls les murmures français sont scandaleux ? Pour un groupe dont 75 % du chiffre d’affaires se réalise hors d’Europe, la hiérarchie éditoriale m’échappe.

Vient ensuite « la stratégie du business first ». Qu’un groupe exportant l’essentiel de ses produits fabriqués en France place le commerce quelque part dans sa stratégie relèverait donc du scoop. J’attends les suivants : L’Oréal vend des produits de beauté, Danone s’intéresse à l’alimentation, Renault fabrique des voitures, etc. On tiendra jusqu’à Noël.

Mais attention, pour LVMH vendre ses produits, d’accord, mais pas n’importe où ! Sur tous les grands exportateurs vers la Chine, un seul, décidément, mériterait de rendre des comptes sur la nature du régime, celui qui y porte le luxe français. Airbus par exemple, et ses 2 200 appareils livrés aux compagnies chinoises, comme beaucoup d’autres groupes français exportateurs en Chine, n’ont semble-t-il pas suscité la même vigilance de votre part. 
À suivre !

Plus loin, je ferais pression sur les médias. J’ai lu ce volet avec une attention particulière. Il paraît, dans un quotidien dont l’un des actionnaires individuels, dans la vie civile, se trouve être mon « gendre ». Il faudra qu’on m’explique un jour, calmement et sans ironie, la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française. Je la trouve fascinante. Je paierais volontiers la formation.

Puis mon préféré : « amoureux des arts et de la défiscalisation ». J’ai contribué à hauteur de 200 millions d’euros à la reconstruction de Notre-Dame. Je finance pour 50 millions un institut de recherche en mathématiques à Polytechnique. J’ai offert à Paris et à la France la Fondation Louis Vuitton et ses 1,5 million de visiteurs annuels.

J’ai effectivement financé la Fondation Louis Vuitton dans le cadre voté en 2003 par le Parlement français, sur proposition du ministre de la Culture. Autrement dit : la loi de la République invite les entreprises ou les particuliers à donner pour l’intérêt général ; j’ai donné, et cela paraît suspect. Si le dispositif blesse à ce point, il reste à convaincre le législateur de l’abroger. En attendant, j’assume. Personne ne m’y a obligé.

Enfin, le clou : la famille. On n’écrit pas six mois sur un homme sans finir par s’inviter, en pensée, à sa table. J’y ai retrouvé mes cinq enfants, mon épouse, mes neveux. J’aurais aimé y trouver une nuance : celle qui permet à cinq personnalités fortes de travailler dans la même maison sans que cela tourne à l’opéra italien. Chez les Arnault, apparemment, on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise.

C’est romanesque. Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue. C’est une affaire de vocabulaire. Nous préférons les dimanches.

Un mot plus sérieux, si vous le permettez.

Le luxe est l’un des rares secteurs à penser en générations plutôt qu’en trimestres. Un cognac dort entre 10 et 50 ans avant d’être vendu. Un vignoble se transmet sur quatre-vingts ans. Un savoir-faire de malletier ou de verrier se forme en vingt ans et se perd en trois. On ne dirige pas cela comme une plateforme numérique : on l’entretient, on le prépare, on le transmet.

C’est un métier de longue durée, et une responsabilité, d’autant plus sérieuse qu’elle ne m’appartient pas. Elle appartient aux savoir-faire des 220 000 collaborateurs du groupe, aux 40 000 qui travaillent en France, aux familles qui en vivent, aux Maisons dont nous ne sommes que les dépositaires.

De tout cela, des centaines d’ateliers de production sur le sol national, des milliers d’apprentis formés chaque année aux métiers d’art, la série n’a pas jugé utile de faire une phrase. On a préféré inventorier les garde-robes et passer aux rayons X un dîner de famille. C’est un choix éditorial. Il se respecte. On peut, dans un pays libre, préférer les ragots aux ateliers. C’est plus croustillant, je le reconnais volontiers.

Une dernière remarque, sincère, pour Mesdames Bacqué et Schneider. Votre série précédente s’achevait sur les Wertheimer, propriétaires de Chanel : « discrets », « mécènes », « accompagnant leur quatrième génération, loin des projecteurs ». Celle-ci, sur les Arnault : « cour », « terreur », « rivalités ». La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si.

Six mois durant, plusieurs dirigeants ont pris, à votre demande, le soin de vous rencontrer, de vous présenter leur travail et ce qu’exige de faire marcher un groupe mondial.

Ma famille a fait de même : mes cinq enfants, mon épouse, avec dévouement et attention, moi-même. Tous présents, tous disponibles, tous unis.

Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence. Que cela serve d’enseignement pour vos prochains sujets.
Une question, pour conclure, avec le sourire. En 1984, quand j’ai repris Boussac, votre journal aurait-il parié un franc, même symbolique, sur le fait que la France abriterait, quarante ans plus tard, le leader mondial du luxe, portant le drapeau de l’excellence française dans près de 100 pays, et ayant contribué à hauteur de plus de 40 milliards d’euros au Trésor public.

Prenez votre temps pour y répondre. Je vous offre l’apéritif à la Fondation. Les vins seront français. Vous y croiserez peut-être quelques personnages de votre feuilleton. 
 
Vous verrez : ils sont plus fréquentables que vous ne le pensiez.

Quant à moi, rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents.

Bernard Arnault 


 
 
Voici la version anglaise pour ceux qui souhaitent la lire. Elle vaut la peine d'être lue et très complète.
 



 



Bernard Arnault signe une réponse acerbe à la série du « Monde » à son égard

Le patron de LVMH n’a pas apprécié la vaste enquête du quotidien en six volets sur son empire et les rivalités familiales. Il y répond avec humour, mais amertume.

« Cela mérite un mot, et ce sera… merci ». Le patron de LVMH a choisi l’ironie. Bernard Arnault a réagi à la série d’été du Monde au sujet de « son empire ». Après six mois d’enquête et six épisodes en double page, il tacle le quotidien pour avoir « sorti l’artillerie lourde » pour son « feuilleton ».

Le dernier article, paru vendredi 24 juillet, fait état de dissensions entre ses enfants, avec en toile de fond sa succession à la tête du géant mondial du luxe. Dans un long message posté sur le compte X du groupe LVMH dimanche 26 juillet, le milliardaire a démenti toute « fissure » au sein de sa famille. « Ceux qui (...) parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier (...) attendront longtemps », écrit-il.

Les journalistes du Monde Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider ont décortiqué les « rivalités » entre les cinq enfants de Bernard Arnault, issus de deux unions, ainsi que les inimitiés entre sa deuxième épouse, Hélène Mercier, et son gendre, le milliardaire Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr).

L’épineuse question de la succession

Si Bernard Arnault s’amuse de la fascination pour la « dernière famille royale de France », il tolère moins qu’on lui colle les termes « cour », « rivalités » et « terreur », quand la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, avait eu droit à « discrets » et « mécènes ». « La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si », lance-t-il aux deux journalistes du Monde, les soupçonnant d’avoir « puni la transparence ».

« Chez les Arnault, apparemment on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise », ironise le grand patron dans son message de réponse. « Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue », ajoute-t-il.

Le patriarche n’a pas nommé de successeur à ce jour, mais ses cinq enfants - une fille, quatre fils - travaillent tous pour le groupe et quatre sont au conseil d’administration. Deux d’entre eux, Antoine Arnault et Delphine Arnault, font désormais partie du comité exécutif.

Interrogé en avril lors de l’assemblée générale de LVMH au sujet de sa succession, Bernard Arnault, 77 ans, avait répondu qu’il avait été « renouvelé » l’année dernière à « 99 % » et suggéré de reposer la question « dans sept, huit ans ».

Bernard Arnault contre Le Monde

Le milliardaire français, première fortune de France, n’a pas réagi qu’à l’enquête sur sa famille. Son message de trois pages répond également aux précédents articles de la série, sur son influence sur les présidents français, sa stratégie du « business first » auprès des dirigeants étrangers et sa pression éditoriale sur les médias qu’il possède, entre autres.

Point par point, Bernard Arnault a riposté non sans humour. Il « plaide coupable » de murmurer à l’oreille de tous les présidents, présente ses excuses pour le « manquement de diversité corporelle » des collaborateurs de LVMH et demande une formation sur « la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française ». Mais ces blagues ne font que confirmer ce que les deux journalistes avancent dans leurs articles.

Après un long plaidoyer sur l’excellence du luxe français et les contributions de LVMH aux finances publiques, Bernard Arnault n’a pas manqué l’occasion d’une dernière pique envers leur travail d’enquête : « rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents ».

 


 

  La réponse du @lemondefr à @BernardArnault

Très révélatrice réponse du quotidien : elle cherche moins à réfuter B Arnault qu’à reprendre le contrôle du récit 1. Le point faible majeur : aucune réponse précise sur le fond Le journal insiste dès le début sur le fait que Bernard Arnault ne démentirait « rien » des informations publiées. Habile, mais un peu court. Ne pas démentir chaque élément d’une enquête en 6 volets ne signifie pas nécessairement les valider. 

B Arnault a choisi une réponse politique et communicationnelle : il conteste le cadrage général, l’intention prêtée aux journalistes et la mise en scène d’une dynastie fragilisée. Le Monde , lui, évite soigneusement de répondre à cette critique centrale : l’enquête établit-elle réellement des faits nouveaux d’intérêt public ou organise-t-elle surtout un grand récit autour de la puissance, de la richesse et des tensions familiales ? 2. Un article de réponse très chargé en sous-entendus Le vocabulaire n’est pas neutre : « il fait mine de s’étonner » « sans vouloir comprendre manifestement » « il jure posséder » « ses éternels rivaux » « filtrent les rivalités » « mésentente » « divisions familiales » 

 Ce n’est pas du #journalisme. C’est un papier franchement éditorialisé qui psychologise, interprète et discrédite. Mais de factuel : RIEN Autrement dit, le journal reproche à B Arnault d’user d’ironie, tout en lui répondant par une ironie beaucoup moins assumée. 3. La succession familiale devient le vrai sujet Le journal affirme que la préoccupation du dirigeant serait la révélation de rivalités familiales. Mais il ne démontre pas réellement dans cet article que ces tensions ont une incidence sur la gouvernance de LVMH, sur ses actionnaires ou sur ses salariés. Il existe évidemment un intérêt économique légitime à étudier la succession d’un groupe de cette importance. Mais il faut distinguer : - les questions documentées de gouvernance - les divergences stratégiques - les rivalités personnelles supposées et la chronique « de famille royale » pour lecteurs fascinés par les palais, même lorsqu’ils portent des mocassins Berluti :-) Le titre même de la série, « L’Empire Bernard Arnault », indique que le Monde avait choisi un registre narratif très fort. 

 B Arnault marque donc un point lorsqu’il relève la théâtralisation de l’enquête. 4. Sur l’indépendance des médias, les deux camps se répondent imparfaitement B Arnault attaque la « géométrie » de l’indépendance éditoriale française en mentionnant Xavier Niel, actionnaire individuel du Monde et son gendre. Le journal répond que Xavier Niel n’intervient pas dans sa ligne éditoriale. Sur le principe, cette réponse est recevable. Mais elle reste déclarative. Le véritable sujet soulevé par Arnault est plus vaste : pourquoi soupçonner systématiquement les propriétaires de certains médias d’influencer leurs rédactions, tout en considérant comme définitivement réglée la question lorsque le propriétaire appartient à son propre écosystème ? Le Monde aurait pu répondre par les mécanismes concrets garantissant son indépendance : statut, gouvernance, droits des journalistes, société des rédacteurs, contrôle du capital. Il préfère répondre sur le mode : Bernard Arnault « ne veut manifestement pas comprendre ». C’est condescendant et intellectuellement moins solide. 5. Le journal confirme malgré lui l’efficacité de la riposte B Arnault a parfaitement identifié la mécanique médiatique : répondre lui permettait de devenir lui-même le 7e épisode de la série. Le Monde tombe exactement dans ce piège en consacrant un nouvel article à sa réaction, avec photo, citations et renvoi vers les 6 épisodes. Autrement dit, B Arnault avait annoncé : « Vous allez exploiter ma réponse pour prolonger votre feuilleton. » Et le journal a immédiatement publié : nouvel épisode du feuilleton. Il faut avoir un certain goût du comique involontaire.

Conclusion 

La réponse du @lemondefr n’est pas un désastre journalistique, mais elle est défensive, condescendante et insuffisamment factuelle. Pire elle ne réfute pas réellement @BernardArnault. Elle rappelle que l’enquête est documentée, réaffirme son indépendance et revient lourdement sur les tensions familiales, sans répondre à l’accusation principale : celle d’avoir construit une fresque spectaculaire où la puissance d’un homme devient presque, en elle-même, la preuve d’un problème. Bernard Arnault ne démontre évidemment pas que toute l’enquête est injuste. Mais sur le terrain de la #communication, il domine nettement l’échange : humour, hauteur, quelques formules mémorables, et surtout une capacité à obliger le journal à se justifier. Le Monde voulait disséquer l’empire Arnault. Bernard Arnault a réussi, en un billet, à disséquer les réflexes et les travers du Monde.

La formule est spectaculaire. Le raisonnement, lui, a manifestement péri dans l’incendie. L’Histoire retiendra peut-être surtout qu’à chaque fois que le monde brûlait, O Besancenot trouvait encore le moyen d’y voir une opération du gvt au profit du RN. Toujours la même mécanique : une formule apocalyptique, un ennemi commode, aucun fait, aucune démonstration.

anne testuz

 

Bernard Arnault, le Président-directeur général de LVMH, a accepté l’invitation de LEGEND et a partagé les moments les plus marquants de sa carrière. Il s’est aussi confié sur les coulisses de la construction de son empire qui est aujourd’hui le groupe numéro 1 mondial du luxe.

 

 

 





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