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décembre 25, 2025

Le Club de Rome - Octobre 2025 - Histoire & avenir tous les 50 ans

“ Le Club de Rome a affirmé que le réchauffement climatique et les crises environnementales étaient des leviers pour instaurer un contrôle mondial. L’objectif n’est pas la préservation de la nature, mais le contrôle des populations sous prétexte de crise. ”
 
La fin de la croissance économique sera «intentionnelle ou catastrophique»
 
Il y a 50 ans, le Club de Rome publiait un rapport scientifique qui prévoyait que la croissance et la consommation effrénées entraîneraient éventuellement l’effondrement de la société. Cette semaine à Montréal, une chercheuse du même Club de Rome, a expliqué qu’à moins que les humains réussissent à redéfinir ce qui a de la valeur, cette prévision est sur le point de se produire.
 
 
 
En 1972, le best-seller «The Limits to Growth», connu sous le nom de Rapport Meadows, expliquait que, si l’humanité continuait sa croissance économique sans tenir compte des coûts environnementaux, les humains connaîtraient une pénurie de matières premières, un appauvrissement des écosystèmes, une forte baisse en nourriture disponible et une chute brusque et importante du niveau de vie.
 
Ce rapport avait été publié par le Massachusetts Institute of Technology et le Club de Rome, un groupe de réflexion composé d’industriels et de scientifiques.
 
«Le but de ce rapport était d’essayer de comprendre pourquoi, malgré toutes nos innovations et tous nos progrès, nous sommes confrontés à des problèmes récurrents de pauvreté, de pollution, de pénurie, de conflits et d’ instabilité financière», a résumé l’économiste et chercheuse Gaya Herrington, mercredi, au Sommet de la finance durable à Montréal.
 
Lors d’une présentation devant des centaines de participants, la chercheuse néerlandaise a expliqué que les auteurs du Rapport Meadows «avaient à l’époque constaté, avec surprise, que la cause principale de tous ces problèmes était la poursuite de la croissance économique».
 
Les conclusions du rapport mettaient en garde qu’une croissance continue mènerait à un effondrement de la société au cours du 21e siècle.
 
Revisiter le rapport 50 ans plus tard
 
Cinquante ans après la publication de ce document choc, Gaya Herrington, elle-même membre du Club de Rome, a comparé les différents scénarios du Rapport Meadows avec des données empiriques disponibles en 2019.
 
Ses recherches, publiées en 2021 dans le Yale Journal of Industrial Ecology, arrivent aux mêmes conclusions qu’en 1972 : si la croissance demeure la priorité de notre système économique, l’effondrement de la société est inévitable dans les prochaines décennies.
 
« Business as usual »
Les auteurs du Rapport Meadows avaient utilisé une modélisation mathématique appelée «World3», pour étudier les interactions entre plusieurs variables, telles que la population mondiale, la fécondité, la mortalité, la production industrielle de nourriture par habitant, la production de ressources non renouvelables et la pollution, notamment.
 
«À la lumière de mes recherches, je ne connais aucun autre modèle scientifique qui est demeuré aussi pertinent et aussi précis pendant des décennies», a expliqué Gaya Herrington.
 
Malheureusement, les scénarios catastrophes évoqués dans le rapport Meadows en 1972 sont sur le point de se réaliser, selon l’économiste, qui est aujourd’hui à l’emploi de Schneider Electric, une multinationale active dans la transition énergétique.
 
L’un des scénarios évoqués dans le rapport de 1972, nommé «business as usual», prédit que la quête perpétuelle de croissance économique aboutirait à une pénurie de ressources naturelles.
 
Selon ce scénario, la diminution de la disponibilité des ressources naturelles provoquerait la fin de la croissance économique, la production alimentaire chuterait et les crises économiques se succéderaient.
 
Dans un autre scénario, «business as usual 2», l’effondrement de la société serait provoqué par une crise environnementale.
 
«Le temps presse», a indiqué Gaya Herrington en rappelant aux participants du sommet que «nous avons transgressé 6 des 9 limites planétaires», que «nous n’avons jamais émis plus d’émissions de CO2 que dans la dernière année», que «la production de combustible fossile bat des records et que la demande pour le charbon n’a jamais été aussi élevée».
 
L’effondrement de la société ne signifie pas la fin de l’humanité, mais réfère plutôt à une «forte baisse» des conditions de vie par rapport à «un pic précédent», a précisé Gaya Herrington.
 
Scénario techno (CT)
Un troisième scénario évoqué dans le Rapport Meadows suggère que les technologies et la capacité des humains à innover pourraient permettre «d’éviter un effondrement total».
 
Ce scénario, appelé CT, pour «comprehensive technology», suppose une innovation technologique sans précédent dans un monde qui ne changerait pas ses priorités. Dans un tel scénario, le déclin de la société est retardé, mais les coûts des technologies sont si élevés que les ressources viennent à manquer pour la production agricole, les services de santé et l’éducation.
 
Dans un résumé de ses recherches publié sur le site web du Club de Rome, Gaya Herrington pose les questions suivantes concernant ce scénario:
 
«Pourquoi utiliser notre capacité d’innovation pour inventer des robots pollinisateurs afin de remplacer les abeilles, si nous avons également le choix d’inventer des pratiques agricoles qui n’ont pas l’effet secondaire des insecticides ? Pourquoi utiliser des drones pour planter de nouveaux arbres, alors que nous pourrions également restructurer notre économie afin que les forêts existantes ne soient pas abattues et brûlées ? Maintenant que l’humanité a atteint une dimension mondiale et un pouvoir sans précédent pour façonner son destin, les limites de la croissance nous imposent la question suivante : qui voulons-nous être et dans quel monde voulons-nous vivre ? »
 
Un «monde stabilisé»
La chercheuse Gaya Herrington a expliqué aux participants du Sommet de la finance durable, un quatrième scénario, appelé «monde stabilisé».
 
Dans ce cas de figure, l’humanité passe d’une société axée «sur la consommation matérielle et la croissance industrielle» à une société qui priorise «les services de santé et d’éducation, ainsi que les technologies de réduction de la pollution» et «l’utilisation efficace des ressources».
 
Ce scénario, qui implique de redéfinir ce qui a de la valeur, «permet d’éviter l’effondrement» et de maintenir l’humanité à un «haut niveau de bien-être», selon la chercheuse.
 
Dans ce système, «les humains ne sont pas contre la croissance, mais ils sont plus sélectifs. Si la croissance d’un secteur contribue au bien-être, alors on peut la stimuler. Mais si la croissance d’un secteur ne contribue pas au bien-être, pourquoi continuer ?»
 
S’adressant aux gens d’affaires réunis dans la salle d’un établissement du Vieux-Montréal, la chercheuse s’est dite consciente que «changer notre système économique demande des efforts».
 
Toutefois, a-t-elle ajouté, «gérer les conséquences de l’effondrement des écosystèmes demande également beaucoup d’efforts».
 
Le choix qui s’offre «n’est pas de poursuivre ou non la croissance»
Prioriser la croissance à tout prix nous a menés au bord de l’effondrement social et environnemental selon Gaya Herrington, et le choix qui s’offre aux humains «n’est pas de poursuivre ou non la croissance».
 
La question est plutôt «de savoir si la fin de la croissance sera intentionnelle ou catastrophique».
 
L’opportunité de «prendre une telle décision» ne sera pas toujours présente, alors soit nous définissons nos propres limites, ou alors, ces limites, selon elle, nous seront imposées.
 
 
 

Avec l’alerte lancée en 1972 dans « Halte à la croissance », le Club de Rome est présenté par les soutiens du GIEC comme un précurseur. Cette alerte est invoquée pour critiquer la défiance persistante des citoyens pourtant avertis depuis si longtemps, et la lenteur de mise en œuvre des mesures nécessaires. Et invoquée pour critiquer la défiance persistante des citoyens pourtant avertis depuis si longtemps, et la lenteur de mise en œuvre des mesures nécessaires. Mais en réalité, les hypothèses du Club de Rome sont exactement opposées à celles du GIEC : pour le Club de Rome le problème était la pénurie de ressources, pour le GIEC c’est l’excès de ressources.

Le club de Rome est lui-même un groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de cinquante-deux pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu’en développement. D’après le rapport du Club de Rome, dans son hypothèse la plus optimiste, la production d’or devait s’arrêter il y a 25 ans, en 2000, les mines devant être totalement épuisées. Plus grave, l’extraction de gaz naturel devait survenir en 2021. Et celle de pétrole en 2022. L’hypothèse des experts de 1972 était pourtant résolument optimiste, supposant une poursuite de l’augmentation de la consommation, mais un quintuplement des réserves connues. Sur les dix-neuf ressources étudiées, seules quatre (fer, charbon, chrome, cobalt) devaient rester disponibles sensiblement plus longtemps, de l’ordre de 150 ans.

Il est étrange que des hypothèses exactement contraires aboutissent à la même conclusion : « il faut faire décroitre l’économie »

Pour le rapport de 1972, il n’existait donc pas de risque de changement climatique dû au CO2 puisque la consommation de gaz et de pétrole allait rapidement disparaître faute de production de ces combustibles. La décroissance étant inévitable, les efforts devaient se concentrer sur la façon de s’y adapter.

Les grossières erreurs contenues dans le rapport du Club de Rome n’impliquent pas que les données du GIEC soient inexactes. Mais il est étrange que des hypothèses exactement contraires aboutissent à la même conclusion : « il faut faire décroitre l’économie ». Ces surprenants revirements peuvent expliquer les doutes qu’expriment une partie de la population : comment avoir confiance en des positions opposées soutenues avec le même enthousiasme par de nombreux scientifiques, et utilisées par de nombreux responsables politiques. D’autant plus qu’on imagine les conséquences dévastatrices qu’aurait eu la prise en compte effective des conclusions du Club de Rome au niveau mondial : investissements massivement improductifs, chute de 50% du niveau de vie dans tous les pays du monde, famines, guerres. De la part des citoyens, une certaine circonspection est donc compréhensible.

https://contrepoints.org/quand-le-club-de-rome-predisait-le-contraire-de-ce-que-predit-le-giec/

 
 
Regarder en arrière pour mieux se projeter dans l'avenir
 
Retour sur le passé, perspectives d'avenir 
 
Comment avez-vous été impliqué au sein du Club de Rome, et comment le rapport « Les Limites à la croissance » a-t-il vu le jour ? 
 
Mon implication dans le projet « Les Limites à la croissance » – et ma participation ultérieure en tant que l'un des quatre auteurs de ce premier rapport de vulgarisation destiné au Club de Rome – est due au hasard : j'étais au bon endroit au bon moment. Je suis arrivé au MIT en janvier 1970, à l'âge de 24 ans, pour préparer un doctorat en physique, mais j'ai rapidement constaté que ce domaine n'offrait aucun avenir, car il était saturé de physiciens bien plus compétents que moi. 
 
Par hasard, j'ai assisté à une conférence du professeur Jay W. Forrester de la Sloan School of Management du MIT sur l'application des modèles mathématiques aux problèmes urbains. J'ai immédiatement su que c'était ma voie. Quelques mois plus tard, je quittai le département de physique pour rejoindre le groupe de dynamique des systèmes de Forrester. C'est alors qu'un second miracle se produisit : Jay W. Forrester convainquit le comité exécutif du Club de Rome de venir une semaine à la Sloan School pour se former à la dynamique des systèmes et à son potentiel d'analyse de ce que leur dirigeant, Aurelio Peccei, appelait le monde « problématique ». Forrester avait besoin d'aide pour l'enseignement, et comme j'étais sur place – bénévolement, grâce à une subvention du gouvernement norvégien –, j'intégrai l'équipe dirigée par un autre jeune homme, Dennis L. Meadows, qui avait obtenu son doctorat l'année précédente. 
 
 Le cours fut un succès, notamment parce que Forrester avait déjà réalisé un prototype du modèle du monde basé sur la dynamique des systèmes, qui allait devenir le fondement scientifique et intellectuel de son ouvrage *Les Limites à la croissance*. Peu après, le comité exécutif obtint un financement d'une fondation allemande pour mener à bien le projet. Forrester, peu intéressé, ayant déjà réalisé le prototype WORLD2 et étant en pleine rédaction de *World Dynamics*, délégua la finalisation du projet du Club de Rome à Dennis Meadows. Dennis s'est attelé au projet avec une grande compétence, force et enthousiasme, amenant très rapidement sa femme, Donnella (Dana) Meadows, de l'Université Harvard pour rejoindre le petit groupe de modélisateurs de dynamique des systèmes au MIT.
 
Un an plus tard, nous avons présenté nos travaux à la réunion annuelle du Club de Rome au Canada en 1971. Les membres du Club de Rome, pour le moins, n'ont pas été convaincus. Ils estimaient que notre modèle et notre rapport n'abordaient pas les problèmes qui, selon eux, dominaient le développement mondial. Ce fut un échec total. 
 
De retour au MIT, Dana a proposé de rédiger une nouvelle version du rapport, dans un format qui permettrait de mieux comprendre la gravité de la situation mondiale, tandis que nous autres élaborions des modèles et réalisions des études de cas pour étayer le rapport. Dana a ensuite écrit seule « Les Limites à la croissance », que nous avons présenté à la Smithsonian Institution à Washington, D.C., en mars 1972. Un éditeur intéressé a décidé d'imprimer suffisamment d'exemplaires du rapport avant la réunion pour en offrir un à chaque membre du groupe de haut niveau réuni par le Club de Rome. C'est ainsi que le livre a été diffusé sur la scène internationale.
 
Conférence au Dartmouth College. De gauche à droite : Jorgen Randers, Jay W. Forrester, Donella Meadows, Dennis Meadows et William W. Behrens. Documentation du Club de Rome
 
 
Quelle fut la réaction à la parution de « The Limits to Growth » en 1972 ? 
 
À Washington, en mars 1972, l’accueil réservé au livre fut majoritairement négatif, voire extrêmement critique. Paradoxalement, cette hostilité contribua à sa notoriété. On se demandait : qu’avaient donc bien pu dire les scientifiques du MIT pour susciter une telle colère ? 
 
Bien que beaucoup l’aient rejeté, quelques voix influentes reconnurent le potentiel explosif de son contenu. Deux mois plus tard, il était publié aux Pays-Bas, où il s’écoula à des centaines de milliers d’exemplaires en quelques semaines seulement. Dès lors, le succès fut fulgurant. Les éditions américaine et britannique rencontrèrent un vif succès, et le livre fut finalement traduit en 36 langues. C’est le reste du monde qui adopta « The Limits to Growth ». Dennis et moi estimons que le livre fut finalement imprimé à trois ou quatre millions d’exemplaires, même si Wikipédia avance le chiffre de 30 millions. 
 
 L’effet secondaire fut une notoriété grandissante, malgré notre jeune âge. Et, plus important encore, « The Limits to Growth » fit connaître le Club de Rome au monde entier. Nous nous sommes soudainement retrouvés à parcourir le monde pour donner des conférences sur les enjeux planétaires, mais avec un message très impopulaire : 
 
La Terre est une planète minuscule où la population et l’activité économique ne cessent de croître, polluant l’atmosphère, abattant les arbres, décimant les animaux et détruisant les océans. Il est évident que la croissance démographique doit cesser avant que nous ne dépassions les limites physiques de la planète Terre. Cela signifie que ce doit être fait maintenant dans les pays riches, et plus tard dans les pays pauvres. L’humanité doit adapter son empreinte écologique aux limites physiques de la planète. Sinon, ce sera l’effondrement. 
 
Mais le message n’a pas été bien accueilli. Le combat était difficile, face à une résistance croissante. Après dix ans, en 1980, j’ai abandonné et décidé de me consacrer à autre chose pendant vingt ans – le temps que je jugeais nécessaire avant que les dégâts causés par la croissance démographique continue ne soient suffisamment visibles pour que l’opinion publique soutienne des mesures correctives.
 
L'équipe de recherche « Limits to Growth » (William Behrens III, Jorgen Randers, Dennis Meadows et Donella Meadows) avec Aurelio Peccei et William Dietel présentant leurs conclusions à la Smithsonian Institution à Washington, D.C., en 1972.
 
 
Après votre retour au sein du Club de Rome, l'une de vos contributions majeures a été le projet « La Terre pour tous », première initiative élaborée collectivement par de nombreux membres. Comment percevez-vous « La Terre pour tous » par rapport au rapport « Les Limites à la croissance » ? S'agit-il d'une continuation ou d'une réinterprétation ? 
 
 Le rapport « La Terre pour tous » est un ouvrage du même type que « Les Limites à la croissance ». C'est un modèle de dynamique des systèmes à grande échelle, composé de centaines d'équations, qui décrit l'évolution mondiale de 1980 à 2100. Les conclusions sont globalement les mêmes : si l'on continue sur la même voie, on s'expose à des problèmes ; si l'on fait les bons choix, l'humanité peut accéder à un avenir meilleur. 
 
En ce sens, « La Terre pour tous » est à la fois une continuation et une réinterprétation de l'ouvrage initial. Il revisite les mêmes questions avec des données plus précises et des outils plus performants, mais le message de fond demeure inchangé. Il s'agit d'une nouvelle tentative, dans le cadre de l'effort de longue date du Club de Rome pour influencer le cours du monde – avec un certain impact, même si celui-ci reste insuffisant pour inverser les tendances dominantes.
 
L'équipe d'auteurs du rapport « La Terre pour tous » présente le rapport nouvellement publié lors de la conférence de presse.
 
 
Avec le recul, y a-t-il un point sur lequel vous avez changé d'avis au cours des cinq dernières décennies de ce travail ? 
 
 Lorsque nous avons écrit « Les Limites à la croissance » en 1972, je pensais que le principal problème était la rareté des ressources. En 2000, j'ai compris qu'il s'agissait du changement climatique. Nous ne manquerons ni de nourriture ni de minéraux ; le véritable danger provient de la combustion des énergies fossiles. 
 
 À l'époque, je croyais qu'il suffirait de présenter les faits. J'étais persuadé que les électeurs, les entreprises et les gouvernements agiraient une fois qu'ils auraient compris ! Mais ils ne l'ont pas fait. Après dix ans d'efforts, j'ai abandonné. J'ai appris que l'information seule ne modifie pas les comportements. 
 
 Je ne crois plus non plus que les marchés et les démocraties soient capables de résoudre les problèmes à long terme. L'intérêt personnel à court terme l'emporte. Jeune homme, je faisais confiance aux arguments rationnels ; aujourd'hui, je crois que seuls un leadership fort et une action collective peuvent apporter les solutions nécessaires. 
 
 À mes yeux, la Chine illustre parfaitement la voie à suivre. Grâce à des investissements publics délibérés, longs et coûteux dans le solaire, les véhicules électriques et les batteries, la Chine a développé les technologies dont nous avons besoin. C'est une opinion très impopulaire, mais je crois que la Chine finira par sauver le monde. 
 
 Quel devrait être, selon vous, le rôle du Club de Rome au cours des 50 prochaines années, notamment compte tenu de la crise actuelle ? 
 
 Le rôle du Club de Rome devrait rester le même : apporter une vision à long terme et novatrice au débat sur le développement mondial. En pratique, il fonctionne mieux comme un forum de discussion ouvert que comme une force politique, où peuvent se rencontrer des opinions politiques et religieuses diverses. 
 
 Son impact réel aurait pu être plus important s'il s'était davantage concentré sur les défis que l'humanité doit relever dans les limites d'une planète aux ressources finies. Mais l'expérience montre qu'il est difficile pour ses membres de s'entendre sur des recommandations précises. 
 
Le Club de Rome occupe une place importante : un point de rencontre entre les puissants intérêts à court terme et la contrainte du long terme – un forum qui met en lumière cette tension et promeut la tolérance entre les différentes civilisations dans un monde où tout est possible. 
 
 C’est, je crois, ce que le Club de Rome devrait continuer à faire dans les décennies à venir.

Jorgen Randers, membre du Club de Rome et co-auteur de « Les limites de la croissance », partage avec Alifiandi Rahman Yusuf, chercheur en communication, les leçons qu'il a tirées d'un demi-siècle de recherche, d'activisme, d'enseignement et d'engagement en faveur du développement durable mondial.
31 octobre 2025 - Comment avez-vous commencé à vous impliquer au sein du Club de Rome, et comment le rapport « Les limites à la croissance » a-t-il vu le jour ? Je me suis impliqué dans le projet « Les limites à la croissance » – et suis devenu par la suite l’un des quatre auteurs de ce premier rapport de vulgarisation destiné au Club de Rome – tout simplement…
Publications 
 


Transformation is Feasible<span> – 2018</span>

Transformation is Feasible – 2018
































septembre 30, 2025

L’imposture de l’écologie politique avec Guillaume de Rouville

 

L’imposture de l’écologie politique : retour sur la COP 28

Dans un entretien percutant diffusé sur TV Libertés, Guillaume de Rouville, ancien avocat international et dirigeant d’une ONG dédiée à la protection de la biodiversité en République démocratique du Congo (RDC), livre un témoignage sans concession sur la COP28, tenue fin 2023 à Dubaï. Auteur du pamphlet Promenade dans les abysses écologiques : Les tribulations d’un écolo réaliste à la COP28 (voir ici), de Rouville dénonce ce qu’il qualifie de « fondamentalisme environnemental » : une idéologie catastrophiste, ruineuse et contre-productive. À travers son expérience sur place, il met en lumière les incohérences d’un discours dominant qui, selon lui, masque des intérêts économiques et géopolitiques. Retour sur les points clés de cet échange.

 


 

Le marketing de la terreur climatique

De Rouville ouvre le débat en critiquant le narratif apocalyptique des écologistes politiques, qui annoncent la fin du monde depuis une trentaine d’années sans que les prédictions se réalisent.

« C’est un marketing de la terreur », affirme-t-il, destiné à imposer la « transition énergétique » – un ensemble de mesures coûteuses et inefficaces.

Selon lui, ce discours cible principalement les populations occidentales, tandis que dans d’autres régions du monde, comme en Afrique ou en Asie, ces thèmes sont bien moins prégnants.

Il explique que cette peur empêche toute réflexion critique sur les vraies causes des problèmes environnementaux. À la COP28, des interlocuteurs lui ont répété que l’humanité n’avait « pas le choix » pour réduire les émissions de CO2, un fatalisme qui ferme le débat. « La messe est dite, il n’y a plus à discuter », ironise-t-il, comparant cela à une instruction judiciaire à charge contre le CO2, sans éléments à décharge.

Le CO2 : un coupable idéal ou un bienfaiteur ?

L’une des erreurs fondamentales de l’écologie politique, selon de Rouville, est de se focaliser sur le CO2 comme principal responsable du réchauffement climatique anthropique. Il cite Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace, qui plaidait pour augmenter les niveaux de CO2 pour nourrir l’humanité. « Le CO2 n’est pas un polluant, c’est un engrais », insiste de Rouville.

Il rappelle le rôle essentiel du CO2 dans la photosynthèse : soleil, eau et CO2 font pousser les plantes, nourrissant ainsi animaux et humains. Historiquement, des périodes comme le Cambrien (il y a 550 millions d’années) ont vu une explosion de la biodiversité avec des taux de CO2 20 fois supérieurs aux actuels et des températures plus élevées. Augmenter le CO2 accélère la croissance de 80 % des plantes comestibles, optimise l’utilisation de l’eau (réduisant les besoins en irrigation) et contribue au « verdissement » observé de la planète depuis 40-50 ans, via les satellites.

Contrairement aux effets négatifs hypothétiques (basés sur des modèles mathématiques), ces bénéfices sont avérés et incontestés, même par les agriculteurs qui utilisent du CO2 en serres.

De Rouville plaide pour une « balance bénéfices-risques » objective, absente du discours dominant.

Le réchauffement climatique : une bonne nouvelle ?

La deuxième erreur est de présenter le réchauffement comme une catastrophe inévitable. De Rouville ne nie pas l’augmentation d’environ 1,1 °C depuis la fin du Petit Âge glaciaire (fin du XVIIIe siècle), mais il la salue comme bénéfique. « Le froid tue 10 fois plus que le chaud », argue-t-il, citant des statistiques sur la mortalité et les maladies. L’agriculture prospère mieux sous les tropiques qu’en Arctique, et les réfugiés climatiques pourraient tout aussi bien fuir le froid.

Le consensus scientifique (97 % des experts) est, selon lui, fabriqué : basé sur des métadonnées superficielles et des introductions d’articles, il ignore les dissidents et force les chercheurs à mentionner le réchauffement pour être publiés. « La science n’est pas une démocratie », rappelle-t-il, évoquant des théories comme la tectonique des plaques, acceptées après des décennies de rejet.

Les solutions proposées : une catastrophe écologique

La troisième erreur réside dans les « solutions » de la transition énergétique : éoliennes, panneaux solaires et électrification massive. De Rouville les qualifie de « fraude intellectuelle et financière ». Ces technologies reposent sur une « écologie extractive » : extraction massive de minerais (cuivre, cobalt, lithium, terres rares) nécessitant d’énormes quantités d’eau et de pétrole, polluant les sols et détruisant la biodiversité.

Pour transitionner l’Occident en 30 ans, il faudrait extraire autant de minerais que depuis l’origine de l’humanité – une impossibilité physique qui accélérerait la destruction planétaire. En RDC, où il travaille, 80 % du cobalt mondial est extrait au prix de guerres et de pollutions. « On détruit la planète pour la sauver », dénonce-t-il.

Ces mesures enrichissent un « complexe climato-réchauffiste », alliant capitalisme (géants miniers, tech, finance) et communisme (contrôle étatique).

Les guerres pour les minerais rares remplacent celles pour le pétrole, sous prétexte écologique. Les crédits carbone ? Des « indulgences » modernes, inefficaces à 90 % selon des enquêtes, qui monétisent la nature sans réduire les émissions.

 

Paradoxes et dangers idéologiques

De Rouville pointe des incohérences : réclamer des fonds pour la « décroissance » ou limiter le réchauffement à 1,5 °C (une frontière arbitraire, sans base scientifique). Les vrais problèmes environnementaux – destruction d’habitats, déforestation, pollutions plastiques, surpêche, espèces invasives – sont ignorés au profit d’un focus sur le CO2.

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est politique, pas scientifique : il sélectionne des données pour un agenda prédéfini, subordonnant la science à des traités onusiens qui désignent a priori l’homme et les gaz à effet de serre comme coupables.

Plus inquiétant : la « transition démographique » imposée aux pays en développement pour limiter les naissances, vue comme condition à la transition énergétique. Des écologistes radicaux parlent ouvertement de surpopulation, évoquant des idéologies « mortifères » (euthanasie, gestion des pandémies). L’initiative « One Health » (une seule santé) intègre santé humaine, animale et environnementale, risquant un contrôle totalitaire via l’OMS, médicalisant l’écologie pour vendre des « médicaments » (vaccins, solutions énergétiques).

 


 

Enfin, une « justice climatique » émerge, avec des procès contre les « pollueurs » et des censures. De Rouville se dit prêt à affronter les accusations de « négationnisme » avec courage, appelant à une offensive contre cette idéologie.

Vers une écologie réaliste ?

Guillaume de Rouville, « écolo réaliste », plaide pour rediriger les trillions investis dans la transition énergétique vers les vrais enjeux environnementaux. Son pamphlet invite à questionner le fondamentalisme vert, qui masque des luttes de pouvoir et enrichit les élites au détriment de la planète et des peuples. Dans un monde où l’Europe signe des accords comme Mercosur (augmentant les pollutions par imports), cette critique résonne comme un appel à la raison face à l’hystérie climatisée.

https://multipol360.com/limposture-de-lecologie-politique-retour-sur-la-cop-28/

 

septembre 20, 2025

Question environnement avec le GIEC une pseudo-écologie !

Le GIEC est-il techno-optimiste ?

Trop « technophile », le GIEC ? C'est la thèse de l’historien Jean-Baptiste Fressoz, pour qui le groupe III, qui évalue les moyens d’atténuer le réchauffement climatique, sous-estimerait les mesures de sobriété. Un procès à côté de la plaque.

par Anne Denis 




Dans un article récemment paru dans la revue Energy Research & Social Science et dûment relayé par Le Monde du 30 août, l’historien des sciences et chercheur au CNRS Jean-Baptiste Fressoz entend mettre en évidence le biais « technocentrique » qui, selon lui, imprègne tous les rapports du groupe III du GIEC depuis ses débuts en 1990. Ce groupe de travail est chargé de recenser et d’évaluer les solutions d’atténuation du changement climatique qui doivent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et donc limiter autour de 2 degrés la hausse de la température planétaire par rapport aux périodes préindustrielles.
L’auteur estime que ce biais « nourrit un faux optimisme, légitime le soutien aux technologies spéculatives, réduit l’éventail des options politiques viables et retarde les transformations structurelles ». Il juge l’objectif de neutralité carbone visé d’ici 2050-2070 par l’Accord de Paris « technologiquement impossible » et appelle à renoncer à ces « illusions » au profit de mesures de sobriété, de décroissance et de redistribution (qu’il ne détaille pas). Hélas, sa thèse souffre elle-même de nombreux biais.

Méthodologie sémantique indigente

Pour mettre en évidence cette supposée technophilie historique, l’historien a compté les occurrences de différents termes dans les six rapports du groupe III, certains identifiés comme technologiques, d’autres évoquant des actions de réduction de la demande. Dans le dernier rapport paru en 2022, il a ainsi compté 1 096 fois le mot « hydrogène », 1 667 fois « innovation » ou 2 111 fois « technologie », mais seulement 232 fois le terme « sufficiency » (sobriété) et 29 fois « décroissance » ! Pour l’auteur, le déséquilibre est probant, même s’il admet qu’il est moins prononcé que dans les précédents opus. Et de fait, le groupe III a, pour la première fois en 2022, consacré un chapitre aux changements de modes de vie et d’usages et à la sobriété, estimant que ces stratégies pourraient réduire les émissions de 40 à 70 % selon les secteurs. Un virage applaudi par toute la sphère de l’écologie politique. « Le GIEC enterre la stratégie de la croissance verte », s’est notamment réjoui l’économiste décroissant Timothée Parrique.
Le politologue François Gemenne, co-auteur du sixième rapport du GIEC, et confronté à l’historien sur France Inter, a moqué « l’extraordinaire faiblesse d’une méthodologie basée sur le nombre d’occurrences de mots », rappelant que le rapport du GIEC n’était pas, comme le prétendait JB Fressoz, « un guide pour nous aider à sortir du carbone », mais l’état des connaissances scientifiques à un moment précis. « On évalue à la fois l’abondance et la convergence de la littérature sur le sujet. Il est donc logique que les rapports parlent davantage d’énergie solaire ».
De plus, remarque le journaliste scientifique Sylvestre Huet sur son blog Sciences au carré hébergé par Le Monde, « Jean-Baptiste Fressoz confond “beaucoup” et “bien”. Il nous dit que le GIEC est obnubilé par les CSC (capture et stockage du carbone), alors que le GIEC nous alerte surtout sur l’extrême difficulté d’une éventuelle mise en œuvre de cette technologie. Mais pour le savoir, il ne faut pas se contenter de faire compter des mots par un logiciel, il faut lire le texte (qui est long) ». Bim.
In fine, ce comptage de mots ne prouve rien. JB Fressoz démonte même sa propre démonstration en admettant, au détour d’un paragraphe, que « la fréquence d’un terme n’implique pas son approbation », citant le cas de l’hydrogène, très critiqué dans le dernier rapport.

Opposition stérile entre technologies et mesures socio-économiques

Résumer le débat à un affrontement entre techno-solutionnistes et décroissants relève du pur sophisme (voir encart « Le coût, principal frein des technologies de décarbonation »). « Ce n’est pas une technologie générique qui permet de réaliser le potentiel de réduction, c’est une synergie entre des changements techniques précis et des modes de vie et de consommation nécessaires », affirme Sylvestre Huet. D’autant que les leviers socio-économiques d’atténuation du changement climatique sont tout aussi complexes à mettre en œuvre que les techniques de décarbonation — sans même parler de la décroissance, qui fait l’objet d’un profond rejet des populations en plus de reposer sur une littérature imprécise et peu aboutie (voir encart ci-dessous).

Confusion entre faisabilité technique et coût économique

JB Fressoz juge les technologies de décarbonation « spéculatives » et « irréalistes ». « Est-ce que l’on sait faire de l’acier, du ciment, des engrais sans émettre de CO₂ ? Non ! Est-ce que l’on sait faire voler des avions ou faire naviguer des porte-conteneurs sans émettre de CO₂ ? Non. Tous les modélisateurs le savent ! », s’est-il emporté sur France Inter.
Sauf qu’en fait, bien souvent, on sait le faire et on le fait déjà, comme peuvent en témoigner de nombreuses entreprises, tels le fabricant d’engrais bas-carbone FertigHy, le cimentier Lafarge Holcim ou, dans le domaine des CSC, le méga-projet norvégien Northern Lights (TotalEnergies, Equinor et Shell). Les technologies bas carbone existent. Le problème, c’est leur coût, encore nettement plus élevé que pour leurs équivalentes plus émettrices. Ainsi, remplacer toutes les chaudières au gaz d’une collectivité par des pompes à chaleur est techniquement facile mais l’investissement nécessaire est encore dissuasif.
« Le GIEC met parfois en avant des solutions peu ou pas matures, admet le physicien-climatologue et co-auteur du cinquième rapport du GIEC François-Marie Bréon. Mais le solaire ou les batteries ne l’étaient pas il y a vingt ans. Or, on voit aujourd’hui les ruptures technologiques réalisées ». Avec, à la clé, des baisses de coûts spectaculaires et la massification des procédés.
B Fressoz se montre particulièrement critique envers la mise en avant par le GIEC des techniques d’émissions négatives comme les CSC (consistant à capturer le carbone rejeté dans l’atmosphère par les centrales thermiques et les usines, puis à l’injecter dans le sous-sol). Le scénario misant sur l’injection, à terme, de 10 milliards de tonnes de CO₂ par an, est-il absurde, comme il le soutient ? Non, répond François-Marie Bréon. Pour lui, la limite à l’essor de ces procédés n’est pas technique, mais politique et économique : « Les CSC coûtent environ 100 euros la tonne. Aucun État n’a un intérêt politique à y consacrer des ressources significatives, car sa population n’en bénéficiera pas directement à court terme, même si la planète en a besoin. Seul un accord international pourra résoudre cette difficulté ».

Un biais « socio-solutionniste » ?

Derrière l’importance que le GIEC accorde à ces techniques, JB Fressoz voit la main des multinationales et de leurs lobbies. Il souligne que le groupe III a, dès sa création, impliqué « de nombreux experts affiliés à l’industrie des combustibles fossiles », citant Total, Exxon, ENI, Mobil Oil, Saudi Aramco, DuPont, Volvo, le World Coal Institute, etc. Et on comprend clairement qu’il le condamne. Selon lui, la participation de ces experts du privé comme co-auteurs « a contribué à façonner le contenu des rapports, notamment en valorisant le rôle des CSC dans les scénarios de neutralité carbone du GIEC ». Une assertion qu’il illustre par une série de retours historiques, insistant sur l’influence exercée par les États-Unis dès 1988. On retrouve ici l’accusation classique de « néolibéralisme » portée par des écologistes radicaux à l’encontre du GIEC, initiée lors d’une réunion du G7 en 1988, sous l’impulsion notable de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan.
L’intérêt du GIEC se traduit par un rapport spécial sur les CSC publié en 2005. « Plusieurs auteurs principaux ou réviseurs de ce rapport étaient également employés par des compagnies de charbon, de pétrole, de gaz ou d’électricité », dénonce Fressoz. « De nombreuses références provenaient soit des conférences GHGT (Global Energy Technology Strategy), soit du programme GES de l’AIE, tous deux étroitement liés aux majors pétrolières ». Et alors ? pourrait-on lui répondre, puisqu’il reconnaît lui-même que le groupe III est « majoritairement composé d’experts de la recherche publique ni naïfs ni influençables ».
Le sous-entendu de mise sous influence du groupe III est patent. Il ne cache d’ailleurs pas son rejet viscéral de l’entreprise : « Parfois, écrit-il, le rapport du GIEC ressemble davantage à des brochures de marketing industriel qu’à une évaluation scientifique ». Pour Alexandre Baumann, auteur et créateur d’un
blog sur la pseudo-écologie, « le présupposé de Fressoz est que les chercheurs qui travaillent pour une entreprise privée sont forcément inféodés à leurs employeurs, forcément corrompus, et que la recherche privée ne peut traduire que les intérêts capitalistes en présence. Ce double standard sur la science s’inscrit selon moi dans une logique partisane ».
Même si, rappelons-le, le GIEC n’a aucun rôle prescripteur, il doit présenter des solutions jugées crédibles et réalisables. Et comme il fait autorité auprès des gouvernements (et de la communauté internationale en général), on ne peut certes exclure que des groupes d’intérêt cherchent à influencer ses conclusions. Mais face aux risques de pression, sa force réside dans le recours à des centaines d’experts aux opinions et sensibilités différentes, qui évaluent et synthétisent des milliers de travaux (278 auteurs pour 18 000 articles scientifiques en 2022). C’est ainsi que se construit et s’ajuste au fil des années le consensus scientifique le plus complet et le plus rigoureux actuellement disponible sur le climat. Personne ne peut envisager sérieusement d’en exclure les ingénieurs et les chercheurs du secteur privé, qui élaborent et développent ces technologies. Ni de bannir ces dernières au profit d’une hypothétique sobriété. À moins de souffrir d’un regrettable biais « socio-solutionniste » sans fondement scientifique.
 
 
L’examen de 561 études sur la décroissance dresse un constat cruel : aucune ne donne de preuves solides de sa capacité à résoudre les problèmes sociaux et environnementaux. 
 

 

 

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