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juillet 14, 2026

Comme un scandale de plus !! Les réserves des retraites, où sont-elles passées ?

Un braquage en règle ! 

Quand nous vous informons que l'État, son existence n'est que vol ! 


La question que tout citoyen français a le droit de poser, et que nos élus devraient poser depuis longtemps avec la plus grande fermeté, est la suivante : où sont passés les centaines de milliards d’euros accumulés par les générations de travailleurs à travers leurs cotisations pour garantir la solidité de notre système de retraites ? Ce n’est pas une simple interrogation comptable. C’est une exigence démocratique fondamentale. La transparence n’est pas un luxe réservé aux citoyens ordinaires : elle doit s’imposer pleinement à la comptabilité de la Nation toute entière. Il est temps que chaque Français puisse comprendre, en toute clarté, ce que deviennent les fruits de son labeur.



Ce scandale dépasse largement la disparition prétendue de 180 milliards d’un fonds unique. Il s’agit d’un détournement systémique et organisé des réserves accumulées dans l’ensemble des régimes de retraite. Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), créé en 1999 par le gouvernement Jospin pour anticiper le choc du vieillissement démographique, ne représente aujourd’hui plus que 20,7 milliards d’euros à la fin de l’année 2025. Les réserves de l’Agirc-Arrco, quant à elles, s’élèvent encore à environ 91 milliards d’euros. Au total, ce sont des centaines de milliards d’euros qui ont été constitués au fil des décennies et qui devaient servir de bouclier protecteur pour le système par répartition. Au lieu de cela, ces réserves ont été progressivement ponctionnées, détournées de leur finalité originelle et utilisées pour boucher d’autres trous budgétaires, tandis que l’on imposait aux Français une réforme des retraites brutale au nom de l’équilibre financier.



Une réforme imposée sur un mensonge économique flagrant


En 2023, Emmanuel Macron et son gouvernement ont justifié la réforme des retraites par la nécessité absolue de trouver 24 milliards d’euros d’économies, sous peine de voir l’État sombrer dans la faillite. Cet argument était fallacieux. Le système de retraites avait accumulé, pendant des années, des excédents substantiels grâce à la gestion rigoureuse des partenaires sociaux et à la constitution de ces réserves. Le FRR, notamment, a été méthodiquement vidé : entre 2011 et 2024, il a versé 2,1 milliards d’euros chaque année à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES), soit près de 30 milliards d’euros au total. Depuis 2025, ce versement annuel a été ramené à 1,45 milliard d’euros jusqu’en 2033. Ces sommes, qui devaient préparer l’avenir des retraites, ont servi à amortir une dette sociale que les gouvernements successifs ont laissé enfler.



Pendant ce temps, la France a trouvé sans difficulté des dizaines de milliards pour d’autres priorités. L’aide apportée à l’Ukraine a dépassé les 8 à 12 milliards d’euros selon les estimations officielles. La Loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit quant à elle un effort colossal de 413 milliards d’euros sur sept ans. Ces choix budgétaires sont légitimes dans leur principe, mais ils révèlent une vérité cruelle : l’argent existe, mais il n’est pas prioritairement affecté à la protection des retraites des Français. Le problème n’est donc pas un manque de ressources, mais un choix politique conscient qui consiste à ne pas sanctuariser l’argent issu des cotisations sociales.


 
L’hypocrisie insupportable des régimes spéciaux


La réforme s’est parée des plus beaux atours républicains : il s’agissait, disait-on, de mettre fin aux privilèges et d’instaurer un régime universel fondé sur l’égalité. En réalité, tous les régimes spéciaux ont été alignés sur le droit commun… sauf celui des politiciens et des hauts fonctionnaires, qui conservent intactes des dispositions exorbitantes que le reste de la population a perdues.

Les régimes spéciaux concernent encore plusieurs centaines de milliers de personnes. Parmi les plus emblématiques figurent ceux de la RATP (environ 42 000 agents statutaires avant fermeture progressive), de la SNCF (agents sous statut), des industries électriques et gazières (IEG – EDF, Engie, etc., environ 150 000 personnes), de la Banque de France, de l’Opéra de Paris ou encore des clercs de notaires. Dans ces régimes, les âges de départ à la retraite étaient historiquement beaucoup plus bas : autour de 54-56 ans en moyenne à la SNCF et à la RATP, contre 62 ans et plus pour le régime général. Les pensions y sont souvent plus élevées grâce à des calculs favorables (prise en compte des primes, bonifications, etc.).


 
Mais le summum de l’hypocrisie se trouve au sommet de l’État. Les députés et sénateurs, ainsi que les hauts fonctionnaires, bénéficient d’un régime particulièrement avantageux. Un sénateur perçoit en moyenne une pension nette d’environ 3 391 à 3 856 euros par mois (hors majorations). Les députés, même après l’alignement partiel de 2018, cumulent souvent plusieurs pensions (fonction publique, mandats locaux, etc.). Ils peuvent calculer leur retraite sur les meilleures années, bénéficier de bonifications pour mandats et surtout cumuler leur pension avec d’autres revenus publics. La réversion est particulièrement généreuse : 50 % pour les députés (alignée sur les fonctionnaires), mais jusqu’à 60 % pour les sénateurs, sans condition de ressources ni plafond strict, contre seulement 50 % dans le régime général pour la plupart des Français.


 
En d’autres mots, ils peuvent cumuler plusieurs retraites publiques, calculer leur pension sur la base du meilleur salaire perçu (parfois sur un seul mois, grâce à des promotions de dernière minute savamment orchestrées), liquider leur retraite à taux plein bien avant les 42 ou 43 annuités exigées des citoyens ordinaires, et surtout bénéficier d’une réversion à 100 % pour leur conjoint survivant – contre seulement 50 % pour les autres Français. Lorsque deux hauts fonctionnaires ou élus se marient, le conjoint survivant peut ainsi percevoir jusqu’à 100 % des retraites cumulées des deux conjoints. C’est non seulement une injustice criante, mais une trahison pure et simple de la promesse républicaine d’égalité.

Les élus qui prétendent représenter le peuple se sont exonérés des sacrifices qu’ils imposent à ce même peuple. Et selon les sondages et les déclarations répétées des Français, le peuple exige que cette injustice cesse.


Le mobile caché : le détournement organisé des réserves


La véritable raison d’être de cette réforme réside dans le besoin de mettre la main sur les réserves accumulées sans avoir à augmenter ouvertement les impôts ou à creuser davantage la dette visible. Aucun membre du gouvernement n’a jamais fourni d’explications claires, exhaustives et chiffrées sur l’utilisation précise de ces flux. La Cour des comptes elle-même a documenté les transferts, mais la question de la finalité réelle et de l’absence totale de sanctuarisation demeure entière.

 



Cela ne peut plus durer. La transparence doit devenir la règle absolue. Chaque citoyen doit pouvoir accéder, comme à un livre ouvert, à la comptabilité complète et pédagogique des mouvements de fonds issus de ses cotisations. Les politiques qui s’amusent à jouer avec l’argent des Français comme avec un casino public doivent rendre des comptes et être réellement sanctionnés en cas de manquement grave.

Aucune tolérance ne doit plus être accordée à des élus qui sont censés représenter le peuple et non leurs propres intérêts ou ceux de leurs réseaux. L’impunité dont ils bénéficient depuis trop longtemps nourrit le discrédit profond de la classe politique.

Il est temps d’agir : exigences concrètes et non négociables


Transparence et comptabilité sincères obligeant, il semble normal que les Français exigent solennellement :

La création immédiate d’une commission d’enquête parlementaire (sous contrôle citoyen) dotée de tous les pouvoirs, chargée d’auditer la gestion des réserves des retraites depuis 1999, avec la participation d’experts indépendants et la publication intégrale de tous les flux financiers.

 
La sanctuarisation légale et constitutionnelle du FRR et des réserves complémentaires : interdiction absolue de les utiliser à d’autres fins que le financement des retraites.

 
L’alignement total et immédiat des régimes de retraite des élus, anciens élus et hauts fonctionnaires sur le droit commun, sans aucune exception ni régime de faveur.

 
Le renforcement des sanctions pénales pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, manquement au devoir de transparence et association de malfaiteurs, devant les tribunaux compétents et la Cour de justice de la République.

 
La mise en place d’une comptabilité citoyenne en open data, claire, accessible et pédagogique, permettant à tout un chacun de suivre en temps réel l’utilisation des fonds sociaux.

 

 

L’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est limpide : « La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » Ce droit n’est pas une formule creuse. Il impose aux gouvernants des devoirs concrets.



Députés et sénateurs : posez cette question publiquement, lors des séances de questions au gouvernement, dans les commissions, et à la tribune. Rendez-vous dans vos permanences parlementaires et exigez des réponses précises. Citoyens : interpellez sans relâche vos élus, par courrier, par mail, par téléphone et dans la rue. Si vos représentants refusent la transparence et la justice, ils se disqualifient eux-mêmes et perdent toute légitimité.

Le peuple français ne se laissera plus déposséder en silence. L’heure du contrôle citoyen réel a sonné. La forfaiture a assez duré.

Exigeons la vérité. Exigeons la justice. Exigeons que l’argent des retraites serve enfin exclusivement les retraités d’aujourd’hui et les travailleurs de demain.

La Nation mérite mieux que ce braquage organisé. Il est temps de reprendre le contrôle.



Retrouvez le décryptage vidéo de l'article : 

La question que tout citoyen français a le droit de poser, et que nos élus devraient poser depuis longtemps avec la plus grande fermeté, est la suivante : où sont passés les centaines de milliards d’euros accumulés par les générations de travailleurs à travers leurs cotisations pour garantir la solidité de notre système de retraites ? Article complet : https://www.francesoir.fr/opinions-ed...
 


https://www.francesoir.fr/opinions-editos/un-braquage-en-regle-ou-sont-passes-les-centaines-de-milliards-des-reserves-des

 


 

Autres liens et commentaires ! 

Les attaques contre les "boomers" et retraités, devenues systématiques, sont d’autant plus abjectes qu’elles masquent et cachent une réalité: 𝙡𝙚 𝙙é𝙩𝙤𝙪𝙧𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙖𝙧 𝙡’É𝙩𝙖𝙩 𝙙𝙚 𝙘𝙚𝙣𝙩𝙖𝙞𝙣𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙞𝙖𝙧𝙙𝙨 𝙙’𝙚𝙪𝙧𝙤𝙨 𝙙𝙚 𝙘𝙤𝙩𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙖𝙘𝙘𝙪𝙢𝙪𝙡é𝙨 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙜é𝙣é𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙙𝙚 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙜𝙖𝙧𝙖𝙣𝙩𝙞𝙧 𝙡𝙖 𝙨𝙤𝙡𝙞𝙙𝙞𝙩é 𝙙𝙚 𝙣𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙨𝙮𝙨𝙩è𝙢𝙚 𝙙𝙚 𝙧𝙚𝙩𝙧𝙖𝙞𝙩𝙚𝙨
Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), créé en 1999 par le gouvernement Jospin pour anticiper le choc du vieillissement démographique, ne représente aujourd’hui plus que 20,7 milliards d’euros à la fin de l’année 2025. Les réserves de l’Agirc-Arrco, quant à elles, s’élèvent encore à environ 91 milliards d’euros. Des centaines de milliards d’euros constitués au fil des décennies devaient servir de bouclier protecteur pour le système par répartition. 𝘼𝙪 𝙡𝙞𝙚𝙪 𝙙𝙚 𝙘𝙚𝙡𝙖, 𝙘𝙚𝙨 𝙧é𝙨𝙚𝙧𝙫𝙚𝙨 𝙤𝙣𝙩 é𝙩é 𝙥𝙧𝙤𝙜𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙫𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙥𝙤𝙣𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣é𝙚𝙨, 𝙙é𝙩𝙤𝙪𝙧𝙣é𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙡𝙚𝙪𝙧 𝙛𝙞𝙣𝙖𝙡𝙞𝙩é 𝙤𝙧𝙞𝙜𝙞𝙣𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙚𝙩 𝙪𝙩𝙞𝙡𝙞𝙨é𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙗𝙤𝙪𝙘𝙝𝙚𝙧 𝙙’𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚𝙨 𝙩𝙧𝙤𝙪𝙨 𝙗𝙪𝙙𝙜é𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨, 𝙩𝙖𝙣𝙙𝙞𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙡’𝙤𝙣 𝙞𝙢𝙥𝙤𝙨𝙖𝙞𝙩 𝙖𝙪𝙭 𝙁𝙧𝙖𝙣ç𝙖𝙞𝙨 𝙪𝙣𝙚 𝙧é𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙩𝙧𝙖𝙞𝙩𝙚𝙨 𝙗𝙧𝙪𝙩𝙖𝙡𝙚 𝙖𝙪 𝙣𝙤𝙢 𝙙𝙚 𝙡’é𝙦𝙪𝙞𝙡𝙞𝙗𝙧𝙚 𝙛𝙞𝙣𝙖𝙣𝙘𝙞𝙚𝙧.
En 2023, Emmanuel Macron et son gouvernement ont justifié la réforme des retraites par la nécessité absolue de trouver 24 milliards d’euros d’économies, sous peine de voir l’État sombrer dans la faillite. Cet argument était fallacieux. Le système de retraites avait accumulé, pendant des années, des excédents substantiels grâce à la gestion rigoureuse des partenaires sociaux et à la constitution de ces réserves. Le FRR, notamment, a été méthodiquement vidé : entre 2011 et 2024, il a versé 2,1 milliards d’euros chaque année à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES), soit près de 30 milliards d’euros au total. Depuis 2025, ce versement annuel a été ramené à 1,45 milliard d’euros jusqu’en 2033. Ces sommes, qui devaient préparer l’avenir des retraites, ont servi à amortir une dette sociale que les gouvernements successifs ont laissé enfler.
Pendant ce temps, la France a trouvé sans difficulté des dizaines de milliards pour d’autres priorités. 𝙇’𝙖𝙞𝙙𝙚 𝙖𝙥𝙥𝙤𝙧𝙩é𝙚 à 𝙡’𝙐𝙠𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚 𝙖 𝙙é𝙥𝙖𝙨𝙨é 𝙡𝙚𝙨 8 à 12 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙞𝙖𝙧𝙙𝙨 𝙙’𝙚𝙪𝙧𝙤𝙨 𝙨𝙚𝙡𝙤𝙣 𝙡𝙚𝙨 𝙚𝙨𝙩𝙞𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙤𝙛𝙛𝙞𝙘𝙞𝙚𝙡𝙡𝙚𝙨. 𝙇𝙖 𝙇𝙤𝙞 𝙙𝙚 𝙥𝙧𝙤𝙜𝙧𝙖𝙢𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙢𝙞𝙡𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 2024-2030 𝙥𝙧é𝙫𝙤𝙞𝙩 𝙦𝙪𝙖𝙣𝙩 à 𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙪𝙣 𝙚𝙛𝙛𝙤𝙧𝙩 𝙘𝙤𝙡𝙤𝙨𝙨𝙖𝙡 𝙙𝙚 413 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙞𝙖𝙧𝙙𝙨 𝙙’𝙚𝙪𝙧𝙤𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙨𝙚𝙥𝙩 𝙖𝙣𝙨. Le problème n’est donc pas un manque de ressources, mais un choix politique qui sacrifie l’argent issu des cotisations sociales.
La réforme s’est parée des atours républicains : il s’agissait, disait-on, de mettre fin aux privilèges et d’instaurer un régime universel fondé sur l’égalité. En réalité, tous les régimes spéciaux ont été alignés sur le droit commun…𝙨𝙖𝙪𝙛 𝙘𝙚𝙡𝙪𝙞 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙡𝙞𝙩𝙞𝙘𝙞𝙚𝙣𝙨 𝙚𝙩 𝙙𝙚𝙨 𝙝𝙖𝙪𝙩𝙨 𝙛𝙤𝙣𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨, 𝙦𝙪𝙞 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙚𝙧𝙫𝙚𝙣𝙩 𝙞𝙣𝙩𝙖𝙘𝙩𝙚𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙙𝙞𝙨𝙥𝙤𝙨𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙚𝙭𝙤𝙧𝙗𝙞𝙩𝙖𝙣𝙩𝙚𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙚 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙥𝙤𝙥𝙪𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙖 𝙥𝙚𝙧𝙙𝙪𝙚𝙨.
Les régimes spéciaux concernent encore plusieurs centaines de milliers de personnes (RATP, SNCF, industries électriques et gazières (IEG – EDF, Engie, etc.,), Banque de France, Opéra de Paris, clercs de notaires).
𝙈𝙖𝙞𝙨 𝙡𝙚 𝙥𝙞𝙧𝙚 𝙨𝙚 𝙩𝙧𝙤𝙪𝙫𝙚 𝙖𝙪 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙩 𝙙𝙚 𝙡’É𝙩𝙖𝙩. 𝙇𝙚𝙨 𝙙é𝙥𝙪𝙩é𝙨 𝙚𝙩 𝙨é𝙣𝙖𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨, 𝙖𝙞𝙣𝙨𝙞 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙚𝙨 𝙝𝙖𝙪𝙩𝙨 𝙛𝙤𝙣𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨, 𝙗é𝙣é𝙛𝙞𝙘𝙞𝙚𝙣𝙩 𝙙’𝙪𝙣 𝙧é𝙜𝙞𝙢𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙘𝙪𝙡𝙞è𝙧𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙖𝙫𝙖𝙣𝙩𝙖𝙜𝙚𝙪𝙭. Un sénateur perçoit en moyenne une pension nette d’environ 3 391 à 3 856 euros par mois (hors majorations). Les députés, même après l’alignement partiel de 2018, cumulent souvent plusieurs pensions (fonction publique, mandats locaux, etc.). Ils peuvent calculer leur retraite sur les meilleures années, bénéficier de bonifications pour mandats et surtout cumuler leur pension avec d’autres revenus publics. La réversion est particulièrement généreuse : 50 % pour les députés (alignée sur les fonctionnaires), mais jusqu’à 60 % pour les sénateurs, sans condition de ressources ni plafond strict, contre seulement 50 % dans le régime général pour la plupart des Français.
𝙇𝙚𝙨 é𝙡𝙪𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙥𝙧é𝙩𝙚𝙣𝙙𝙚𝙣𝙩 𝙧𝙚𝙥𝙧é𝙨𝙚𝙣𝙩𝙚𝙧 𝙡𝙚 𝙥𝙚𝙪𝙥𝙡𝙚 𝙨𝙚 𝙨𝙤𝙣𝙩 𝙚𝙭𝙤𝙣é𝙧é𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙨𝙖𝙘𝙧𝙞𝙛𝙞𝙘𝙚𝙨 𝙦𝙪’𝙞𝙡𝙨 𝙞𝙢𝙥𝙤𝙨𝙚𝙣𝙩 à 𝙘𝙚 𝙢ê𝙢𝙚 𝙥𝙚𝙪𝙥𝙡𝙚. 𝙄𝙡 𝙨𝙚𝙧𝙖𝙞𝙩 𝙩𝙚𝙢𝙥𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙘𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙞𝙣𝙟𝙪𝙨𝙩𝙞𝙘𝙚 𝙘𝙚𝙨𝙨𝙚."

Monique Plaza 

 

Dossier "Retraite" avec Lemennicier, Salin, Contrepoints, Wikiberal, Libertarian TV 

Sommaire: 

A) - La réforme 2010 des retraites 

B) -  Retraite de Wikiberal

C) -  Passer de la retraite par répartition à la retraite par capitalisation avec Bertrand Lemennicier

D) - Comment financer les retraites? Par Pascal Salin

E) - Pourquoi la capitalisation ? Par Pascal Salin

F) - Quelle retraite ? Un site spécifique de Nicolas ...

G) - La solidarité entre les générations a-t-elle un avenir? par Bertrand Lemennicier

H) - La page de Contrepoints sur les retraites
 

http://www.contrepoints.org/tag/retraite-par-repartition 
 
 
 

Organisation et gouvernance du régime par capitalisation des retraites !

Fondapol (D Reynié) vient de sortir une étude proposant de mettre en place un système de retraite mixte (25% en capi) via différents scénarios de transition sur 20 ans.
 
 
 
 
 

 

 

 

novembre 12, 2025

Et si nous supprimions l' impôt sur le revenu pour relancer la consommation !


 L’impôt sur le revenu, payé par seulement 43 % des foyers fiscaux, rapporte 85 milliards d’euros, à peine 20 % de ses recettes fiscales. Sa suppression permettrait une injection directe de 80 milliards d’euros dans l’économie réelle.

Supprimer l’impôt sur le revenu : un choc de confiance pour la relance française



Une économie française exsangue

En 2025, la France se trouve à un carrefour budgétaire historique. La dette publique a dépassé les 3 416 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB, un niveau inédit depuis la Libération. Le déficit, lui, se stabilise autour de –5,8 %, alors que la charge des intérêts atteindra près de 59 milliards d’euros cette année, un record absolu.

Malgré des plans de relance successifs, le pouvoir d’achat des Français s’érode : –1,2 % en 2024, selon l’Insee, et plus de 1 000 euros de hausse annuelle du coût de l’énergie par foyer. La France reste le deuxième pays le plus imposé au monde, avec un taux de prélèvements obligatoires de 46 % du PIB et une dépense publique à 58 % du PIB.

Supprimer un impôt pour relancer la consommation

L’impôt sur le revenu, payé par seulement 43 % des foyers fiscaux, ne rapporte à l’État qu’environ 85 milliards d’euros — soit à peine 20 % de ses recettes fiscales. Sa suppression ne serait donc pas un gouffre, mais une injection directe de 80 milliards d’euros dans l’économie réelle.

Pourquoi prélever pour redistribuer ensuite sous forme d’aides arbitraires ? En appliquant la logique keynésienne — laisser l’argent circuler dans la consommation réelle — on relance plus efficacement la machine économique que par des subventions à court terme.

Une réforme sociale avant tout

Supprimer l’impôt sur le revenu n’est pas un acte antisocial. C’est un acte de confiance dans la classe moyenne et dans le travail. C’est permettre à chaque foyer d’être un acteur économique direct, pas un simple bénéficiaire de transfert.

Cette mesure aurait un triple effet : économique, en stimulant la consommation ; social, en rendant du pouvoir d’achat ; budgétaire, en réduisant mécaniquement les dépenses de redistribution.

Le courage politique d’un choix simple

Notre modèle ne s’écroule pas faute d’impôts, mais faute de respiration. La relance ne viendra ni des aides ponctuelles ni des subventions industrielles à répétition. Elle viendra de la confiance rendue aux Français.

Supprimer l’impôt sur le revenu, c’est accepter de changer de logiciel : celui du contrôle vers celui de la responsabilité, celui du prélèvement vers celui de la participation. La croissance ne se décrète pas, elle se libère.

Les chiffres clés du budget 2025

Indicateur                                        Valeur estimée 2025                                     Source
Dette publique                            3 416 Md€ (115,6 % du PIB)          Ministère de l’Économie  
Déficit public                                      –5,8 % du PIB                                              HCFP
Impôt sur le revenu                    85 Md€ (≈ 20 % des recettes fiscales)                 DGFiP
TVA                                            150 Md€ (1er poste de recettes)                         DGFiP


Taux de prélèvements obligatoires    46 % du PIB (2ᵉ mondial)                             OCDE
Dépense publique                                    58 % du PIB                                           Eurostat
Inflation moyenne 2024                                  2,3 %                                                INSEE
Hausse énergie/ménage (2024)                    +1 000 €                         Observatoire de l’énergie

 Jean-Luc Ginder

https://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/supprimer-l-imp%C3%B4t-sur-le-revenu-un-choc-de-confiance-pour-la-relance-fran%C3%A7aise/ar-AA1PYgPE

 

 

novembre 05, 2025

Vincent BENARD: Crise des retraites publiques aux USA: une bombe à retardement, et les leçons pour la France

Crise des retraites publiques aux USA: une bombe à retardement, et les leçons pour la France

La crise ancienne et profonde mais relativement peu médiatisée des fonds de pensions des fonctionnaires américains nous montre que lorsque les outils du capitalisme sont capturés par les politiciens pour servir l'intérêt des fonctionnaires, et transformés en capitalisme de connivence, des catastrophes sont à prévoir.
 

  Le système de retraites aux USA, présentation simplifiée 
  
Aux USA, on le sait peu chez nous, le premier pilier des retraites ressemble au notre. C'est un pilier par répartition, comme chez nous. Appelé "social security" (en abrégé, SSA, A pour Administration), il est financé par une taxe sur le salaire ("payroll tax") de 6,2% pour le salarié et 6,2% pour l'employeur. Ce système autorise des taux de remplacements moyens de l'ordre de 38% pour les salariés médians, plus élevé si la retraite est tardive, moins si elle est précoce. Dans ce pays que l'on nous dépeint couramment comme un enfer social, la formule de calcul du taux de remplacement est en fait plus élevée pour les salaires les plus bas: pour un salarié à 50% du salaire médian le taux de remplacement moyen sera de l'ordre de 55 à 60%, mais pour un salarié au double, il sera inférieur à 30%. Environ 94% des américains sont couverts par la social security. Un peu plus loin dans l'article, vous serez surpris de découvrir qui ne l'est pas. 
 
Par conséquent, plus les américains gagnent un salaire élevé et plus ils sont incités à investir une part supplémentaire de leur revenu dans un fonds de pension. Chaque salarié peut ouvrir un compte dans un fond de pension géré par l'employeur, compte qui peut le suivre lorsqu'il change d'entreprise. Il peut également ouvrir un compte retraite personnel (IRA) dont nous ne parlerons pas ici pour garder cet article dans des proportions raisonnables. Les comptes employeurs sont intéressants car ceux-ci, souvent, par convention, complètent les apports du salarié par un abondement équivalent.
 
Environ 50% des salariés du privé (48 à 55% selon les sources), aux USA, cotisent effectivement soit à un fond de pension d'entreprise, dont le plus connu est nommé poétiquement "401 (k)", du nom de la ligne de la déduction fiscale sur la feuille d'impôts, soit à un IRA, soit aux 2. Si un salarié quitte son entreprise pour une autre, il peut transférer son 401 (k), ou à tout moment, notamment s'il devient indépendant, il peut le transférer sur un IRA. La participation à ces plans est nettement plus élevée dans les grandes entreprises que dans les petites, qui ne proposent pas toutes un 401 (k). Il existe d'autres type de fonds employeur que le 401 (k), avec d'autres acronymes tout aussi administratifs, mais le 401 (k) est le plus usité. 
 
Bref, aux USA, la retraite de base est par répartition comme chez nous, mais compléter cette retraite par une cotisation à des fonds de pension est une pratique courante. 
 
Cas des salariés du secteur public, fédéraux ou locaux  
 
La situation est différente dans le secteur public US. Certaines collectivités ont choisi d'adhérer à la Social Security, mais certaines ont la liberté de ne pas le faire, et de diriger l'intégralité des cotisations vers des fonds de pension d'employeurs publics. ≈75% des salariés de la fonction publique locale sont couverts par la Social Security, mais ≈25% ne le sont pas et dépendent intégralement de leur fonds de pension. Eh oui, les 6% d'américains non couverts par la SSA sont principalement des fonctionnaires de certaines collectivités locales.
En complément, entre 90 et 95% (chiffre différent selon sources) des employés publics couverts par la social security cotisent également pour le fonds de pension de leur employeur. Le cas des employés fédéraux est plus complexe (il dépend de leur date d'entrée dans la fonction publique fédérale), sachez seulement qu'ils ont tous un pilier "social security" et un pilier "fonds de pension" sur lequel je reviendrai.
 
Les fonds de pension publics, aux USA, une puissance économique majeure 
  L'encours des fonds de pension du privé atteint environ 12 000 milliards de dollars pour environ 100 millions de bénéficiaires, soit une moyenne de 120 000 $ par compte. 
 
Celui des fonds de pension publics des états fédérés atteint 6 500 milliards (source) pour "seulement" 20 millions de bénéficiaires, soit un peu plus de 300 000 $ par compte. Les fonctionnaires US semblent donc particulièrement chouchoutés par leurs employeurs. 
 
 

 

La Californie est le premier état de l'Union en matière de fonds de pension publics. Les deux plus connus sont CalPERS (California Public employees Retirement System), qui fédère les comptes épargne retraite des fonctionnaires de 2800 collectivités de l'état, et CalSTRS, dédié aux enseignants. Mais les grandes villes (LA, SF, San Diego, etc...) ont également leurs fonds de pension. Ces fonds californiens représentent ≈1200 milliards sous gestion, soit 20% des actifs des fonds de pension publics des USA. Le plus important, Calpers, en représente presque la moitié. 
 
Pourquoi s'intéresser plus particulièrement à la Californie, au delà de son poids démographique ? Et bien c'est l'état où la plus grande proportion de salariés du public ne sont pas couverts par la social security: 64% des collectivités adhérentes de Calpers, la quasi totalité des adhérents CalStrs, et 40 % des adhérents de fonds des grandes villes. Autant dire que leur retraite dépend grandement de la bonne santé, de la bonne gestion de leur fond de pensions. Et c'est là que le bât blesse. 
 
Pour l'expliquer, intéressons nous au cas de CalPers. 
 
Calpers, un fond de pension géant... et structurellement déficitaire 
 
Le fonds de pension des fonctionnaires de l'état californien, CalPers, est de loin le premier fonds de pension d'administration locale aux US avec $550 milliards d'encours sous gestion. Ce fonds est régulièrement mis sous la lumière des médias pour ses problèmes de gestion. Ainsi, par exemple, il vient d'annoncer qu'une de ses branches consacrée aux investissements "écoresponsables" avait perdu 71% de sa valeur. Certes, l'encours total de ce fonds vert n'était que de 500 millions, et l'information pourrait passer relativement inaperçue.
 
 
Ce n'est d'ailleurs pas l'essentiel de l'article qui expose ces pertes. Celui ci nous apprend (ou nous rappelle, car l'information n'est pas nouvelle) que le fonds CalPers, officiellement, est sous financé à hauteur de 21%. Cela veut dire que l'encours sous gestion, selon les comptes officiels de l'état californien, ne couvre que 79% des pensions de retraite promises aux bénéficiaires. Et surtout, l'article nous apprend que sauf évolution législative, ce sont les contribuables californiens qui devront éponger le déficit, officiellement estimé à 180 milliards de dollars... 
 
 A ce stade, vous vous posez sûrement une question parfaitement légitime, si vous suivez le débat "retraite par répartition vs retraite par capitalisation":
"Les libéraux passent leur temps à nous dire que la répartition est structurellement non finançable et qu'il faut passer à la capitalisation. Mais vous nous donnez un exemple de fonds de pension structurellement déficitaire. N'est-ce pas la preuve que les libéraux ont tort ?"
Il est exact que même de nombreux libéraux n'ont qu'une idée assez approximative du fonctionnement des différents types de retraite, et se focalisent uniquement sur l'aspect certes important du mode de redistribution (par répartition ou par capitalisation), oubliant le second volet tout aussi essentiel, à savoir le mode de détermination de la retraite. En gros, tant en répartition qu'en capitalisation, il existe deux sortes de modalités: les retraites à "cotisations définies" ou à "prestations définies". 
 
"Cotisations définies" ou "prestations définies", le nœud du problème
 
Dans le premier cas, on définit une fois pour toute le niveau des cotisations, et le gestionnaire de la retraite fait pour le mieux pour servir les retraites en fonction de l'argent qui rentre, qu'il ait été capitalisé ou pas (c'est le cas du premier pilier des retraites par répartition et à points en Suède). Aucun niveau de retraite n'est garanti, mais sauf cataclysme financier géopolitique d'ampleur inconnue, le système est a priori impossible à mettre en faillite, puisqu'aucune promesse ferme ne lui est attachée. 
 
Dans le second cas, le législateur, ou le fonds de pension, définit une formule de calcul de la retraite et s'engage à reverser "à partir de tel âge, X% de tel salaire". 
 
 Le problème est que ces promesses sur des durées longues ne valent en général guère mieux que le papier sur lequel les prévisions de recettes futures ont été faites. Ainsi, nos retraites par réparation bien françaises sont structurellement en faillite car les projections démographiques sur lesquelles elles ont été établies (ratio actifs/retraités) se révèlent exagérément optimistes. 
 
 La "social security", pilier de base des retraites US, est un système de retraite à prestations définies et par répartition: malgré l'existence d'un petit fond de réserve couvrant trois années de paiement, les sommes encaissées auprès des salariés actifs sont directement reversées aux pensionnaires, exactement comme chez nous. Et les projections montrent qu'à partir de 2034, il sera incapable de tenir ses engagements en matière de calcul des retraites servies, ne pouvant tenir que 81% de ses engagements (source). Il faudra donc au plus tard à cette date le réformer: soit augmenter les cotisations, soit réduire les pensions versées, soit augmenter l'âge de départ. Exactement comme chez nous. La démographie est impitoyable. 
 
Mais quid des fonds de pensions du secteur public et du secteur privé ? La situation y est elle aussi mauvaise ? Est elle la même dans les deux types de fonds ? 
 
Prestations définies + racket du contribuable = cocktail explosif 
 
Quasiment tous les fonds de pension pour les agents de la fonction publique locale US sont à prestations définies. Autrement dit, les cotisants se voient promettre une formule de calcul intangible à leur entrée dans la fonction publique locale. Et un grand nombre ces fonds, comme Calpers, ont un grave problème de sous-financement. 
 
Dans l'exemple de Calpers, ce n'est pas la démographie qui est en cause, mais les prévisions de rendement financier à long terme des capitaux accumulés qui se sont révélées fausses. Ainsi, en 1999, un gouverneur démocrate, Gray Davis, dont la campagne avait été massivement financée par les syndicats de fonctionnaires californiens, a non moins massivement augmenté les retraites de nombreux agents publics, et a abaissé l'âge de perception, jusqu'à 55 ans pour certaines catégories. 
 
A l'époque, Davis a justifié ses largesses en arguant d'une prévision de croissance des fonds en gestion de 8.25% annuellement. Ceux ci atteignaient 159 Mds en 1999 et devaient, selon un scénario prétendument conservateur, atteindre 613 Mds en 2016. Mais à cette date, ceux ci ne valaient que 295Mds, les 8.25% de croissance annuelle attendue ont en fait été réduits de plus de moitié (3.7%). La barre des 600 milliards n'est toujours pas franchie en 2025... 
 
De nombreux fonds de pension privés ont connu ce même problème de sous-financement à la fin du siècle dernier ou au début du présent millénaire. Généralement gérés par l'entreprise des salariés cotisants, comme PanAm ou GM, ces fonds avaient, pour acheter la paix sociale, promis des niveaux de pensions fondés sur des espoir de rendements cumulés irréalistes. Dans certains cas comme celui de la PanAm, la faillite de ces fonds a mis en faillite l'entreprise mère. Dans de nombreux autres cas comme GM, une transformation des fonds de "prestation définie" à "cotisation définie" a été négociée, parfois à la suite de grèves très dures, et les fonds des salariés ont été transférés sur des comptes individuels de type 401 (k). Aujourd'hui aux USA, plus de 90% des fonds de pension privés sont à "cotisations définies". 
 
Des problèmes similaires ont affecté des entreprises européennes y compris récemment. Ainsi par exemple, lorsque Air France a racheté KLM, il a fallu convertir le fonds de pension à prestations définies de l'avionneur néerlandais, condamné à être déficitaire à court terme, en fond à cotisations définies, après une grève des pilotes et des personnels au sol en 2016 (cf cet ancien article de votre serviteur). La conversion a été menée de façon progressive et a été achevée en 2021. 
 

 
 Gouvernance par le marché ou par les politiciens : des résultats diamétralement opposés 
 
  Ainsi donc, sous la pression du risque de faillite, de nombreux fonds de pension du secteur privé, autrefois mal gérés, ont été contraints de se convertir à des principes de gestion sains. Mais presque rien de tout cela ne s'est produit dans le secteur public américain. 
 
 Je dis presque, parce que dans le cas de la fonction publique fédérale, Ronald Reagan, qui avait compris le problème, a réussi, à la suite d'un compromis politiquement durement négocié, à créer un fonds de pension à cotisations définies, le TSP, remplaçant en grande partie l'ancien fond à prestation définies pour les fonctionnaires embauchés après 1987. Le TSP gère aujourd'hui plus de 1000 milliards d'actifs et est structurellement non-submersible puisque sans engagement de prestation. Seuls les vieux fonctionnaires et les retraités actuels de l'état fédéral (s'ils ont été embauchés avant 1987) ont encore un fonds de pension à prestation définies. Lequel, évidemment, est également structurellement déficitaire, mais là, c'est logique, puisque le système n'a pas de nouveaux entrants, et a priori, le déficit est correctement provisionné, puisque démographiquement parfaitement connu, et en réduction graduelle. (Oui, je sais, la retraite aux USA, avec ses milliers de cas particuliers, c'est un gros bordel)
 
Mais les cas de conversion similaires vers les cotisations définies sont rares dans la fonction publique locale. Les fonds à prestations définies y sont l'ultra majorité, et leur santé financière inquiète. 
 
Car le cas de CalPers est très loin d'être isolé ! Sous la pression des syndicats, souvent avec le soutien du parti démocrate, c'est une grande partie des fonctionnaires américains qui se sont opposés à une transformation de leurs fonds. Et pour cause: dans la plupart des cas, les lois des états concernés prévoient qu'en cas de déficit du fonds, le contribuable local devra éponger les dettes ! Pour ce faire, les états ou localités concernées se contenteront d'augmenter le taux de l'équivalent US de nos "cotisations patronales", ce qui, évidemment, ne sera possible qu'en augmentant les impôts ou la dette. 
 
 20 millions de bénéficiaires (retraités actuels ou futurs) sont couverts par des fonds de fonctionnaires locaux à prestations définies, et le déficit cumulé de ces fonds, selon leurs propres déclarations financière, atteint 1600 milliards de dollars. Mais des chercheurs de l'université de Stanford, Rauh et Giesecke, après avoir analysé les performances de 90% des fonds publics du pays entre 2014 et 2022, affirment que ces estimations sont encore bien trop optimistes. En effet, tant l'évaluation des retraites futures (évolution de l'espérance de vie, et de la base de calcul promise aux retraités futurs) que les risques de dépréciation de leurs actifs sont, selon eux, notoirement sous estimés, et le sous financement réel serait plus proche de 5 000 milliards, soit plus de 50% de sous financement, et 17% du PIB ! Comme le dit un des auteurs de l'étude, "C'est une incohérence majeure: des engagements sans risques sont couverts par des actifs risqués". 

 
La gestion des investissements par ces fonds pose de nombreuses questions. Rauh et Giesecke indiquent que pour faire face au manque de fonds pour servir leurs retraites, les gestionnaires des fonds sont tentés de se tourner vers des actifs de plus en plus risqués. Facile, quand au final, c'est le contribuable qui assure les risques !  
 

 
Des promesses soutenues par les contribuables... Lesquels n'ont aucun droit de regard !
 
Revenons à l'exemple de Calpers. Dès 2013, les analystes notaient que la gestion des investissements du fonds était entachée d'incompétence dans l'évaluation des risques, de corruption, et que de nombreux choix d'investissement basés sur des critères politiques ou des effets de mode, notamment vers des valeurs "écoresponsables", posaient question quant à leurs retours futurs. La perte récente de leur fond vert mentionnée au début de cet article, même si elle parait anecdotique (400 millions sur 550 milliards d'encours), est symptomatique de ces constats.
 
Le think tank "California Policy Center" note cette année que rien n'a changé depuis. En effet, de par la loi californienne, ce fonds est exonéré de rendre des comptes aux pouvoirs législatifs et exécutifs de la Californie, mais ceux ci peuvent, nous l'avons vu, forcer ce fonds à distribuer des avantages financièrement intenables. Ainsi, le gouverneur Gray Davis n'a jamais eu à rendre de comptes quant à ses décisions de 1999. Certes, dans une interview en 2017, confortablement retraité, il avouait qu'il avait sans doute fait une erreur en adoptant sa réforme de 1999. Mais sa seule sanction fut électorale: il fut sèchement battu par Arnold Schwarzenegger en 2003. Mais ce dernier, bien que parfaitement conscient du problème, n'a pas pu réussir à obtenir de majorité lui permettant de réformer la gouvernance de Calpers durant ses 8 années à la tête du Golden State. Selon le CPC, "Calpers n'est redevable qu'envers lui même" et ment sciemment aux décideurs politiques quant à sa situation réelle pour désinciter les législateurs californiens à prendre les mesures drastiques qui, pourtant, s'imposeraient. 
 
Mais ces maux n'affectent pas que Calpers, nous l'avons vu. CalSTRS, l'autre géant public californien, fait l'objet de critiques similaires. Les fonds de pension de grands États comme l'illinois, le New Jersey, le Massachussets, liste non exhaustive, sont montrés du doigt pour leurs ratios de sous financement élevés et leur gestion peu efficace. 
 
 Le système américain de retraites est donc en proie à des difficultés, mais ces difficultés sont différentes selon le secteur d'emploi concerné. 
 
 À la base, le premier pilier, la Social Security, sera fortement déficitaire à partir de 2034 et devra, nous l'avons vu, être réformé. Quant aux fonds de pension, leur situation varie: d'un côté des fonds de pension privés qui ont dû, sous la pression de règles de marché (le risque de faillite), se réformer et adopter des principes de gestion sains, et d'un autre côté, des fonds de pension de fonctionnaires gouvernés par des politiciens qui ne rendent aucun compte de leurs erreurs, et dégagés de leur obligation de sérieux financier par l'assurance d'être renfloués par les contribuables, qui peuvent faire n'importe quoi et ne s'en privent pas. 
 
 Leçons pour la France 
 
Bien que nos retraites soient essentiellement assises sur un mécanisme de répartition et que la capitalisation y soit bien moins développée, leur situation présente bien des similitudes avec celle des fonds de pension des fonctionnaires américains: gérées selon des critères politiques, non correctement provisionnées, et qui ne pourraient être honorées qu'en accroissant la pression fiscale sur les contribuables, d'une manière ou d'une autre, l'alternative étant de rompre la promesse initiale et de réformer le système. 
 
Cette réforme est inévitable. Quelle que soit la voie choisie (répartition par points à la suédoise avec âge de départ libre et revalorisation actuarielle du point de retraite en conséquence, ou capitalisation, ou un mix des deux), il convient de retirer le système de pensions du jeu de l'irresponsabilité politique en abandonnant tout principe de prestations définies à l'avance. 
 
La seule façon de garantir l'existence des pensions de retraites à terme est d'en faire des systèmes à cotisations définies, en fixant une seule fois pour toutes le taux de cotisations acceptable prélevable sur les actifs (libre à eux d'abonder un fonds complémentaire s'ils le veulent), et surtout de ne pas promettre aux retraités de demain ce que ne pourront pas financer les contribuables d'après-demain. 
 
 Vincent Benard

 
 

 

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