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janvier 12, 2026

Environnement: BP et Shell ont perdu des milliards dans les énergies renouvelables ineptes !

"BP et Shell se retirent du marché des énergies renouvelables après y avoir perdu des milliards et voilà ce que ça révèle des discours officiels sur la transition énergétique"

 
Après avoir investi massivement pour verdir leur image, BP et Shell font marche arrière dans les énergies renouvelables, un virage qui interroge la viabilité économique de la transition énergétique telle qu’elle est aujourd’hui promue. L’échec de ces géants pétroliers met en lumière les limites d’un modèle largement subventionné, plus complexe et coûteux qu’annoncé.


Atlantico : BP et Shell ont perdu des milliards dans les énergies renouvelables avant de faire marche arrière et de réduire leurs investissements dans le domaine. Que révèle cet échec, selon vous, sur l’affirmation souvent répétée que les énergies renouvelables seraient déjà “moins chères” et intrinsèquement plus compétitives que les énergies fossiles ?

Les énergies renouvelables sont moins chères que les combustibles fossiles. Réalité : BP et Shell ont perdu des milliards en poursuivant des investissements dans les énergies renouvelables. Si les énergies renouvelables étaient structurellement moins chères et plus rentables, les grandes compagnies pétrolières ne se retireraient pas du secteur et ne déprécieraient pas leurs actifs.
 

Samuel Furfari : Les difficultés de BP et Shell mettent en lumière le grand mensonge des énergies renouvelables et de tout le lobby qui les soutient. Lors du début de la promotion des énergies renouvelables à travers des contraintes administratives et des directives européennes, l’idée était d’obliger la production d’énergies renouvelables afin de faire baisser les coûts. Progressivement, elles devaient devenir compétitives. Et cela a effectivement fonctionné dans un premier temps. Ce raisonnement a conduit à la directive de 2009, qui obligeait à produire des énergies renouvelables. Avec le temps, les acteurs du secteur et les entreprises se sont toutefois rendu compte que ce n’était toujours pas rentable. En 2018, la directive a été renouvelée, puis à nouveau en 2023. Cela fait donc depuis 2009 que l’on oblige les acteurs à produire des énergies renouvelables, tout en affirmant qu’elles seraient bon marché.

Si elles étaient réellement peu coûteuses, pourquoi faudrait-il contraindre les gens à en produire pour qu’ils gagnent de l’argent ? La contradiction est évidente, et je ne comprends pas comment ce mensonge continue d’être entretenu. Si c’était réellement un atout économique, il n’y aurait pas besoin de directives imposant la production des énergies renouvelables.

Il faut cependant préciser une chose importante : le coût de production de l’électricité renouvelable n’est pas très élevé. Le coût marginal est faible, puisque le vent et le soleil ne coûtent rien.

En revanche, en raison de l’intermittence et de la variabilité, les conséquences sur le réseau électrique sont considérables, et elles se répercutent directement sur les factures. Le problème est donc là : les énergies renouvelables finissent par augmenter le prix de l’électricité, contrairement à ce qui est affirmé partout.

Tel était donc le discours tenu par les lobbyes des énergies renouvelables y compris les groupes pétroliers comme Shell, BP et bien d’autres pour la promotion des énergies renouvelables. Ils avaient besoin de verdir leur image, car en Europe on déteste les compagnies pétrolières même si tout le monde utilise leurs produits pétroliers. Le pétrole a aujourd’hui mauvaise presse, comme on peut le voir avec la crise au Venezuela. Les investissements faisaient partie de leur stratégie commerciale. Il devient donc nécessaire de se présenter comme une société « verte ».

Pour cela, ces entreprises ont investi dans les biocarburants, l’éolien et le solaire, avec une fraction de leur budget de communication. Cela leur a permis de soigner leur image et de se présenter comme des acteurs écoresponsables. C’est aussi un moyen de disposer d’arguments face aux tribunaux, car les sociétés dans le domaine de l’énergie sont de plus en plus attaquées par les ONG écologistes pour leur manque d’efforts dans la réduction des émissions de CO₂.

Mais cette stratégie ne peut fonctionner qu’un temps. Dans un monde globalisé, on ne peut pas continuer ainsi. Les actionnaires internationaux délaissent les entreprises européennes parce qu’ils gagnent davantage ailleurs. Par conséquent, des groupes comme Shell, BP ou Total revoient à la baisse leurs investissements dits « renouvelables ».



Jean-Pierre Favennec : On se souvient que BP à la fin des années 90 pouvait signifier selon ses dirigeants Beyond Petroleum, au-delà du pétrole. Le sigle de BP faisait alors apparaitre du soleil symbole de cette énergie renouvelable, moins polluante. La stratégie de BP a donc été longtemps orientée vers une importance croissante donnée aux renouvelables, solaire et éolien, et à l’électricité. Son PDG de 2020 à 2023, Bernard Looney, favorisera les investissements dans les renouvelables. Il sera remplacé par Murray Auchincloss, homme du sérail qui sera chargé de redonner la priorité au pétrole et au gaz, plus rentables pour les actionnaires.

Shell vise une croissance sélective et rentable dans les renouvelables et les solutions bas carbone mais en complément et non en remplacement de ces activités pétrole et gaz avec un recentrage sur les segments les plus rentables.

il est difficile de chiffrer les pertes ou les manques à gagner des 2 sociétés dans le secteur des renouvelables. Il y a certainement un ralentissement des investissements dans ce secteur et un abandon de certains projets mais il n’y a pas de ligne comptable permettant de chiffrer les pertes.

Cela ne signifie pas que les renouvelables ne sont pas intéressants. Il est certain que le coût de production de l'électricité à partir du solaire et de l’éolien est souvent plus bas que le coût de production à partir du nucléaire par exemple. Mais ces énergies sont intermittentes et lorsqu'il n'y a pas de soleil ou lorsqu'il n'y a pas de vent il faut des solutions de remplacement. Dans de nombreux pays comme l'Allemagne par exemple la solution de remplacement c'est le charbon ce qui n'est évidemment pas une solution qui permet de faire face au changement climatique. On peut également citer l'exemple de la Chine qui concentre près de la moitié des investissements dans le secteur des renouvelables mais qui continue à produire des quantités très importantes d'électricité à partir du charbon et qui met encore en service quelques nouvelles unités qui sont d'ailleurs des unités destinées à pallier l'intermittence du solaire et de l'éolien.

Les dirigeants de BP et Shell ont justifié leur virage vert par la pression politique, médiatique et financière (ESG). Peut-on parler d’une transition énergétique pilotée davantage par l’idéologie et la communication que par les fondamentaux industriels et économiques ?

Samuel Furfari : C’est tout à fait le cas. La transition énergétique n’était pas une exigence de l’industrie et des entreprises. Elle a été imposée par la Commission européenne, ou plus exactement par l’ensemble des chefs d’État, avec notamment le président de la République française en première ligne. Tout le monde était d’accord pour imposer une vision « verte » en affirmant : « Nous sommes les champions du monde, tout le monde va nous suivre et nous aurons une longueur d’avance ».

Les entreprises ont été contraintes de suivre et de danser au rythme de la Commission européenne. Mais ce type de politique ne peut durer qu’un temps. La réalité finit toujours par s’imposer et les entreprises comme BP et Shell ont fait le choix de s’arrêter.

Non seulement les entreprises pétrolières ont commencé à faire marche arrière, mais les autres suivront également. Le problème est le même, que l’on soit une entreprise pétrolière, chimique ou mécanique. À un moment donné, toute cette politique ne tient plus économiquement.

Dans un système comme l’Union soviétique, ce serait possible, car tout cela est faisable d’un point de vue technique. La technologie le permet. Mais nous vivons dans un monde concurrentiel et ouvert. Il n’est pas possible de se permettre de ne pas être compétitif.

Aujourd’hui, les subventions publiques arrivent à leur limite. Il n’y a plus d’argent pour continuer à financer ce système. L’écosystème des énergies renouvelables pourrait donc s’effondrer et se déliter. Il risque d’y avoir une véritable hécatombe de tout ce qui est « vert », car il est impossible de continuer ainsi, d’investir autant et de continuer à ne pas être rentable.

L’exemple de BP et Shell montre-t-il que la transition énergétique est beaucoup plus coûteuse, plus lente et plus complexe que ce qu’annoncent les scénarios officiels de neutralité carbone à l’horizon 2050 ?

Samuel Furfari : Oui, car les scénarios politiques sont construits pour démontrer que la décision politique est la bonne. Il ne faut pas être naïf face à ces exercices. J’ai travaillé sur des scénarios à la Direction générale énergie de la Commission européenne et je sais comment ils sont élaborés. Ils sont conçus pour dire ce que l’on souhaite leur faire dire.

Tous les scénarios qui présentent des trajectoires optimistes de transition énergétique reposent sur des artifices de calcul. Ils n’ont aucune réalité physique et ne tiennent pas dans la durée. On observe la même logique avec les biocarburants.

BP, par exemple, a longtemps été un champion des biocarburants. L’entreprise y a beaucoup investi en expliquant qu’elle allait se présenter comme verte, en intégrant une part de biocarburants dans ses carburants. L’idée était que le public n’accepterait pas de payer plus cher, mais serait satisfait d’acheter un produit présenté comme écologique. Or cela n’a pas fonctionné.

Ils ont donc dû arrêter leurs programmes et leurs projets pour les énergies renouvelables, car ces stratégies se heurtent inévitablement à la réalité des marchés internationaux. Les autres entreprises pétrolières ont fait de même. C’est toute la difficulté de l’Europe : elle pourrait peut-être avoir raison si elle était seule au monde, mais dans un système ouvert et concurrentiel, elle ne peut pas se permettre ce type de politique.

C’est exactement ce qui se passe avec l’hydrogène. Les entreprises pétrolières ont commencé par suivre Ursula von der Leyen dans cette utopie chimique de produire de l’hydrogène par électrolyse. Tant qu’il y aura une molécule de méthane, dans un monde libre personne ne va produire de l’hydrogène par électrolyse, même avec l’électricité nucléaire, puisque cela coûte par unité d’hydrogène produit sept fois plus qu’avec le méthane du gaz naturel (voir mon livre L’utopie hydrogène)

Les compagnies pétrolières vont donc limiter et arrêter leurs investissements dans les énergies renouvelables et plus généralement la transition énergétique. Il faut également souligner un autre point essentiel. Les grands actionnaires n’acceptent plus de perdre de l’argent.

Lorsque l’on compare les rendements des compagnies pétrolières européennes, comme Shell, BP ou Total, à ceux des groupes américains tels que Chevron ou ExxonMobil, on constate que les actionnaires européens sont en train de perdre de l’argent. Les fonds de pension américains ont clairement indiqué qu’ils n’étaient pas là pour financer des pertes, mais pour obtenir des rendements.

Or, ces rendements se trouvent aujourd’hui dans les énergies fossiles, et non dans les énergies renouvelables. Ils ont donc contraint les conseils d’administration à revoir leur stratégie. Ces conseils d’administration étaient pourtant sincèrement convaincus qu’ils pouvaient réussir dans le « vert ». C’était une conviction forte en Europe. Mais face à la réalité économique, ils ont dû renoncer.

Jean-Pierre Favennec : La transition énergétique reste évidemment nécessaire : il faut diminuer les consommations de fossiles en commençant par la consommation de charbon et développer des sources de production non carbonées.

Il semble difficile d'imaginer que l'ensemble de nos besoins en énergie puisse être couvert par les énergies renouvelables : énergie éolienne, solaire ou hydraulique. Une partie de la solution peut venir du nucléaire il y a d'ailleurs une certaine forme de renaissance de cette industrie actuellement.

L'éolien onshore est relativement peu coûteux mais se heurte souvent à l’opposition de la population voisine, sensible à son impact sur l’environnement. L'éolien offshore est confronté à des investissements couteux et à des problèmes de maintenance liés à l’environnement marin donc corrosif. Le solaire est en pleine expansion et les capacités mise en place chaque année augmentent de manière spectaculaire.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'autres solutions existent également : l'énergie hydraulique, la capture et le stockage du CO, l'hydrogène ... Mais le potentiel de développement de l'hydraulique est désormais limité, la capture du CO 2 reste chère et l'hydrogène est une solution encore coûteuse.

Pour faire face à l'intermittence du solaire et de l'éolien il faut donc des solutions de remplacement. Le gaz, moins émetteur de CO2 est considéré par beaucoup comme une énergie de transition. Les batteries se développent également mais elles nécessitent des métaux critiques (lithium, cobalt, nickel …) dont les ressources sont limitées et dont l’extraction est polluante.

Enfin le développement des renouvelables modifie profondément le système de production et de transport de l'électricité et nécessite un renforcement et un développement considérable des réseaux. Ce sont des investissements très importants qu'il faudra prendre en compte.

Ces différentes contraintes font que la transition énergétique est effectivement plus complexe et plus coûteuse que nous l'avions imaginé il y a quelques années.

Peut-on tirer de cet épisode une leçon plus générale : la transition énergétique telle qu’elle est conçue aujourd’hui est-elle économiquement soutenable sans subventions massives, contraintes réglementaires et distorsions de marché ?

Jean-Pierre Favennec : L'une des raisons pour lesquelles BP et Shell ont réduit leurs investissements dans le secteur des renouvelables tient aussi à la rentabilité de ce secteur qui reste plus limitée que la rentabilité que l'on peut obtenir dans le secteur pétrole et gaz. C’est pourquoi des subventions et des aides, désormais plus réduites, ont été nécessaires pour favoriser le développement du solaire et de l’éolien.

Aussi bien Shell que BP et d'autres sociétés pétrolières continueront à investir dans les renouvelables à un niveau peut-être un peu inférieur à ce qu'il a été il y a quelques années mais les sociétés du secteur énergétique non pétrolier continueront également à investir.

La transition énergétique est indispensable. Les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules faire face à nos besoins. Mais elles vont continuer à se développer. Il appartient à la puissance publique de trouver un juste équilibre, social et économique, entre la diminution de la consommation des fossiles et le développement des énergies non carbonées.

Samuel Furfari : Lorsque l’on parle de transition énergétique, il faut se souvenir que ce sont les chocs pétroliers des années 1970 qui ont conduit à la mise en place de politiques en faveur des énergies alternatives, comme on les appelait à l’époque. Les politiciens ont découvert la transition énergétique au travers du changement climatique.

Cela fait donc plus de cinquante ans que l’on parle de transition énergétique, et après un demi-siècle, nous en sommes toujours au même point. Ce n’est pas un manque de volonté politique qui empêche cette transition, mais la réalité de la physique. Ce n’est même plus un problème de financement : c’est une contrainte technique fondamentale.

Toutes les solutions proposées au titre de la transition énergétique ne sont pas rentables d’un point de vue macroéconomique. Elles ne tiennent pas économiquement. Il faut donc reconnaître qu’il s’agit d’un problème technique, et non d’un déficit de volonté politique.

La volonté politique devrait s’aligner sur la réalité et cesser de faire croire que l’on peut réaliser une transition énergétique complète telle qu’elle est présentée aujourd’hui. Il faut rappeler que, en cinquante ans, les seules énergies réellement émergentes ont été l’éolien et le solaire. Le reste existait déjà.

Or l’éolien et le solaire représentent environ 3 % de l’énergie primaire mondiale. Si, en cinquante ans, on est parvenu à ce niveau, il est illusoire de croire que l’on atteindra 100 % d’ici 2050. Cela ne correspond tout simplement pas à la réalité.

https://atlantico.fr/article/rdv/bp-shell-retirent-marche-energies-renouvelables-apres-avoir-perdu-milliards-voila-ce-que-revele-discours-officiels-transition-energetique-petrole-eoliennes-Jean-Pierre-Favennec-Samuel-Furfari

 


 

Après Shell, bp jette l’éponge : le groupe se retire des renouvelables et « remet les gaz » sur les hydrocarbures !

Mi-janvier, Black Rocks le premier investisseur mondial (10 000 milliards de dollars) se retirait du fonds vert de l’ONU. Mi-février, Shell annonçait à ses salariés stopper tous ses projets éoliens. C’est maintenant au tour du britannique Bp d’enterrer son ambitieuse stratégie climat et de réinvestir massivement…dans les hydrocarbures afin de doper des bénéfices en berne pour satisfaire ses actionnaires.

Pourtant bp était le groupe énergétique le plus en avance dans la transition. Investissant massivement dans les ENR le géant pétrolier avait comme ambition d’arrêter toute production de pétrole et de gaz d'ici 2030. Adieu veau, vaches, cochon, couvée !

Après la publication d'un bénéfice net 2024 réduit de…97%, bp n’a d’autre choix que « d’accroître ses investissements et sa production dans les hydrocarbures pour produire de l'énergie à forte marge dans les années à venir » et « sera très sélectifs dans ses investissements dans la transition ». bp reconnaît « trop d’optimisme sur une transition rapide : nous sommes allés trop loin, trop vite ». « Le pétrole et le gaz seront nécessaires pendant les décennies à venir ».

Les résultats sont sans appel : réduction de 5 milliards de dollars dans les ENR et investissements de 10 milliards dans le pétrole et le gaz. Soit 90% hydrocarbures et seulement 10% ENR. BP avait annoncé en janvier 4.700 suppressions d'emplois en interne soit 5% de ses effectifs.

Comme je le répète post après post, la transition énergétique est dans une impasse totale. Il faut impérativement poser le crayon et revoir en profondeur tous les accords internationaux (Accord de Paris, Pacte vert) devenus totalement obsolètes. Il faut en Europe revoir le rythme de décarbonation sous peine de se suicider sur l'autel de la vertu !

 Philippe Charlez


 

https://lnkd.in/d5GUk4rA

 


 

Philippe Charlez

Philippe Charlez, né le 31 janvier 1956 à Mons (Belgique), est un expert en énergie français. 

Biographie

Philippe Charlez est ingénieur civil des Mines de la Faculté Polytechnique de Mons (promotion 1979), puis il obtient en 1983 un doctorat sur la Fracturation hydraulique à l’Institut de Physique du Globe de Paris alors dirigé par Claude Allègre. Philippe Charlez effectue la majorité de sa carrière dans l’industrie pétrolière qu’il rejoint en 1982. Expert en Mécanique des Roches durant 12 ans, il occupe ensuite différentes positions de management en France et à l’étranger (Colombie, Écosse, Angola, Kazakhstan).

Récompenses

Philippe Charlez a été Distinguish Lecturer de la Society of Petroleum Engineers en 2000-2001. 

Engagements publics

Philippe Charlez est expert énergétique pour l'Institut Sapiens. Il a publié pour ce think tank de nombreuses tribunes et études. Il est aussi membre d’ASPO France et de la Société d’Économie Politique. Il enseigne sur la thématique de la transition énergétique, de la croissance économique et du climat à Mines Paris Tech, l’ISSEP, l’Institut Galilée, Dauphine, Science Po et au Centre International de Formation Européenne.

Il a été entre 2013 et 2017 l’expert énergie du parti centriste Nouveau Centre et de 2020 à 2021 le conseiller aux questions énergétiques du parti Les Républicains.

Philippe Charlez est aussi chroniqueur régulier pour Valeurs Actuelles, Atlantico, Contrepoints, Les Échos, Opinion Internationale ou Causeur. Il intervient régulièrement comme expert sur des médias radio ou télévisé comme LCI ou Sud Radio.

Prises de position

Sur les gaz et les pétroles de schistes

Dans Gaz et Pétroles de Schistes… en questions, Philippe Charlez aborde le sujet des hydrocarbures non conventionnelles autour de 20 questions couvrant à la fois les aspects techniques, économiques, sociétaux et environnementaux. Il y dénonce l’escroquerie du film Gasland et du robinet en feu. Selon lui, une pollution des aquifères par la « remontée d’une fracture hydraulique sur plusieurs milliers de mètres est techniquement impossible ». Selon lui, ce sont les conditions favorables américaines (et notamment sa loi minière qui confère la propriété d’un gisement à l’individu et non pas à l’État) qui ont permis le développement massif des hydrocarbures non conventionnelles aux États-Unis. Si les conditions économiques (prix du gaz trop bas) et sociétales (rejet environnemental) d’un développement des ressources non conventionnelles n’étaient pas réunies en Europe au cours des années 2010 à 2015, il considère que la flambée des prix du gaz depuis l’été 2021 puis la crise Ukrainienne rebattent les cartes et que la réouverture du dossier gaz de schiste en Europe irait de pair avec la volonté de se défaire à moyen terme du gaz russe.

Sur la transition énergétique

Dans Croissance, Energie, Climat. Dépasser la quadrature du cercle Philippe Charlez montre en quoi la conciliation de la croissance économique et des objectifs climatiques est un exercice d’équilibrisme. La décarbonation de la société passe par une électrification massive des usages (habitat, transports, industrie). Il ne croit pas à une croissance 100 % verte à l’horizon 2050, mais à un mix « arc-en-ciel » avec une partie significative d’énergies renouvelables, mais aussi de l’électricité nucléaire et encore 30 % à 40 % de fossiles (presque plus de charbon, moins de pétrole, mais beaucoup de gaz naturel). Il considère que la décarbonation de l’habitat sera la plus rapide, que celle des transports nécessitera de bien différencier distance et puissance (voiture électrique pour courtes distances, hydrogène et biocarburants pour longues distances et fortes puissances -camions, bateaux et peut-être avions). Le plus difficile sera de décarboner l’industrie dont les procédés (acier, ciment, verre) auront toujours besoin de la « flamme fossile ». La compensation par la capture et la réinjection du carbone dans le sous-sol sera donc incontournable pour accéder à la neutralité carbone. À plus long terme, seul le nucléaire pourra totalement décarboner la société. Le projet ITER réalisant la fusion nucléaire représente le principal espoir de libérer l’humanité de sa « geôle énergétique ».

Sur la croissance économique et la coopération internationale

Libéral, humaniste et Européen convaincu[1], Philippe Charlez considère que la transition énergétique passe par un juste équilibre entre les trois piliers du développement durable (économique, sociétal et environnemental). Il reste convaincu que la croissance économique et son corollaire qu’est le développement restent les meilleurs alliés de la transition énergétique. Les deux principaux ennemis de la transition sont selon lui l'écologie politique[2] qui hypertrophie le pilier climatique aux dépens de l’économique et du sociétal, et le nationalisme qui hypertrophie l’économique et le sociétal aux dépens du climat. Il pense que l’urgence climatique finira par conduire les grandes nations à une collaboration internationale.

Sur les mouvements jeunistes face au réchauffement climatique

Bien que climato convaincu et ayant pris des positions claires vis-à-vis des mouvements climato-sceptiques, Philippe Charlez s’inquiète de la montée des « passions tristes »[3] chez les jeunes. Sorte de melting pot entre la collapsologie, l’écologisme, le marxisme et l’anarchisme qui viserait au retour à une société vernaculaire primitive égalitariste vivant sans libertés et dans la pauvreté absolue. Il est notamment hostile aux prises de position de Greta Thunberg et de ses émules comme les collectifs Youth for Climate et Xrebellion. Le climat est selon lui instrumentalisé au profit d’une double lutte des classes à la fois économique (riches contre pauvres) mais aussi générationnelles (les baby-boomers porteraient le fardeau du réchauffement climatique). Il a appelé cette instrumentalisation le « climato gauchisme » par analogie avec « l’islamo gauchisme ».

Selon Philippe Charlez la clé n’est pas le militantisme mais la pédagogie[4]. Il regrette notamment que la transition énergétique soit enseignée au lycée comme une photo instantanée sans la replacer dans son contexte historique depuis la révolution industrielle.

Il s’est aussi montré très critique vis-à-vis de la Convention Citoyenne pour le Climat manipulée selon lui par une écologie de gauche[5].

Sur les prix de l’énergie

Dans une étude pour le compte de l’Institut Sapiens, il indique dès 2019 que les prix de l’énergie et en particulier ceux du gaz sont amenés à fortement augmenter dans un contexte de rupture structurelle offre/demande. La réduction structurelle de l’offre se lit en filigrane d’un manque d’investissements dans les nouveaux projets gaziers, tandis que l’accroissement structurel de la demande est liée à l’impossibilité des renouvelables à satisfaire la croissance de la demande électrique, et ce malgré des investissements colossaux (plus de 5000 milliards de dollars entre 205 et 2021). Les renouvelables ne peuvent satisfaire seuls l’accroissement de la demande électrique et auront besoin d’un support. Si ce n’est pas le gaz, ce ne peut être que le nucléaire. Philippe Charlez s’est donc prononcé en faveur du plan Macron décidé à relancer de façon très significative le nucléaire.

Sur les inégalités

Dans son ouvrage L’Utopie de la croissance verte : les lois de la thermodynamique sociale, il démontre que comme tous les systèmes présents dans l’univers (galaxie, étoiles, planètes, mais aussi êtres vivants), la société de croissance est une gigantesque structure dissipative. Elle consomme en entrée des ressources matérielles (minerai, humus) et énergétiques (dont 83 % d’énergies fossiles), produit de l’énergie libre sous forme de biens (richesse matérielle) et de services (richesse informative) et rejette dans l’environnement des déchets dont le CO2 responsable du réchauffement climatique. Comme toute structure dissipative, cette production de richesse requiert un système ouvert (libre échange), des inégalités sociales et de l’ordre (c’est-à-dire de l’autorité). Autrement dit, la création de richesses matérielles et d’information sont indissociables d’inégalités. Sans inégalités on stoppe tous les flux, qu’ils soient matériels, financiers ou informatifs et le système ne peut conduire à terme qu’à la pauvreté absolue. Contrairement à une idée imposée par la morale, la réduction de la pauvreté passe par la création de richesses et est donc indissociable d’ordre et d’inégalités. La structure dissipative recouvre les valeurs de droite comme la sélection et la compétition (système inégalitaire), le libre-échange (système ouvert) et l’autorité (système ordonné). Couvrant une infinité d’états inégalitaires possibles il est aussi synonyme de pluralisme.

Sur la décroissance

Proche de Jean-Marc Jancovici sur les questions énergétiques et notamment le nucléaire, Philippe Charlez est en revanche fermement opposé au décroissantisme. La décroissance correspond à une société de privations, et non pas, comme le prétend Delphine Batho, à une société du plus. Il considère que notre société de croissance est loin d’être optimisée et a encore de beaux jours devant elle. Il défend la thèse d’un développement durable s’appuyant sur une croissance soutenable. Il est de ceux considérant que nos enfants vivront mieux que nous qui avons vécu bien mieux que nos parents et nos grands-parents. Il reste un irréductible défenseur de la science, du libéralisme et de la société prométhéenne.

Publications

Philippe Charlez est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur l’énergie et la transition énergétique. Il publie dans de nombreuses revues scientifiques et générales en particulier La Revue de L’Énergie, la revue Risques, La Revue Parlementaire et la Revue Politique et Parlementaire[6].

  • 1991, Rock Mechanics I, Ed.Technip
  • 1997, Rock Mechanics II, Ed.Technip
  • 2014
    • Our energy future is not set in stone, Ed Technip
    • Gaz et Pétroles de schistes en questions, Ed Technip
  • 2015, The shale oil & gas debate, Ed Technip
  • 2017, Croissance, énergie et climat. Dépasser la quadrature du cercle, Ed De Boek Supérieur
  • 2021, L’utopie de la croissance verte. Les lois de la thermodynamique sociale, Ed JM Laffont

Notes et références


 

 


janvier 09, 2026

L'écologisme ou l'environnementalisme une stratégie à terme destructrice de l'humanité !

Les écologistes anti-impact veulent votre mort ; ils se contenteront de vous faire culpabiliser d’exister, de produire et de consommer, et de vous soumettre à n’importe quel degré de planification centralisée et de restriction de vos libertés pour « sauver la planète » de vous. 

 Joshua Mawhorter


 

L'écologisme ou l'environnementalisme est anti-humaniste. 
 
Après les échecs du socialisme – économiques, historiques et éthiques –, les intellectuels de gauche libérale, ne souhaitant pas l'abandonner, ont mis en œuvre plusieurs nouvelles stratégies. On a suggéré que ces différentes manifestations pouvaient être regroupées sous une catégorie générale : le postmodernisme. Après un examen de la philosophie postmoderne et de ses influences, Stephen Hicks expose son argument principal dans son ouvrage *Explaining Postmodernism* : « Le postmodernisme est la stratégie épistémologique de l'extrême gauche universitaire pour répondre à la crise engendrée par les échecs du socialisme, tant en théorie qu'en pratique.» Autrement dit, une fois le socialisme discrédité sur les plans théorique, économiqueplusieurs égards), historique et éthique, ceux qui restaient idéologiquement attachés au socialisme malgré ses échecs ont dû tenter de réaliser le socialisme et la planification centrale en s'appuyant sur d'autres objectifs. L'une de ces stratégies consistait à promouvoir l'égalitarisme (c'est-à-dire « l'égalité ») entre tous les groupes, même entre les êtres humains et l'environnement. Ainsi naquit le mouvement écologiste moderne, influencé par des courants de pensée antérieurs. 
 
Poursuivant son analyse de la convergence des échecs publics du socialisme, du postmodernisme et de l'écologisme moderne, Hicks écrit :
 
"La seconde variation s'est manifestée par le tournant à gauche qu'a pris la préoccupation croissante pour les questions environnementales. Alors que le mouvement marxiste se fragmentait et se transformait en de nouvelles formes, les intellectuels et militants de gauche ont commencé à chercher de nouvelles façons de s'attaquer au capitalisme. Les questions environnementales, au même titre que les questions relatives aux femmes et aux minorités, sont apparues comme une nouvelle arme dans l'arsenal contre le capitalisme. La philosophie environnementale traditionnelle n'était pas, par principe, en conflit avec le capitalisme. Elle soutenait qu'un environnement propre, durable et agréable était bénéfique car vivre dans un tel environnement rendait la vie humaine plus saine, plus prospère et plus plaisante. Les êtres humains, agissant à leur avantage, modifient leur environnement pour le rendre plus productif, plus propre et plus attrayant… Cependant, le nouvel élan de la pensée environnementale a appliqué les concepts marxistes d'exploitation et d'aliénation aux questions environnementales. En tant que partie dominante, l'être humain exploite nécessairement de manière nuisible les parties dominantes : les autres espèces et l'environnement non organique lui-même. Par conséquent, le développement de la société capitaliste engendre une forme d'aliénation biologique : les humains s'aliènent de l'environnement en le dégradant et en le rendant invivable, tandis que les espèces non humaines sont aliénées par leur extinction. Selon cette analyse, le conflit entre production économique et santé environnementale n'est donc pas seulement un conflit à court terme ; il est fondamental et inéluctable. La production de richesses est en elle-même en conflit mortel avec la santé environnementale. Et le capitalisme, si performant dans la production de richesses, est par conséquent nécessairement le principal ennemi de l'environnement. La richesse n'était donc plus une vertu. Vivre simplement, en évitant autant que possible de produire et de consommer, était le nouvel idéal. L'impulsion de cette nouvelle stratégie, parfaitement saisie dans l'ouvrage de Rudolf Bahro, « Du rouge au vert », s'est intégrée à la nouvelle priorité accordée à l'égalité plutôt qu'aux besoins. Dans le marxisme, la maîtrise technologique de la nature par l'humanité était une condition préalable au socialisme. Le marxisme était un humanisme en ce sens qu'il plaçait les valeurs humaines au cœur de son système de valeurs et postulait que l'environnement était à la disposition des êtres humains pour leurs propres besoins. Cependant, les critiques égalitaristes ont commencé à argumenter avec plus de vigueur que, de même que la primauté des intérêts masculins avait conduit à l'asservissement des femmes, et celle des intérêts blancs à l'asservissement de toutes les autres races, la primauté des intérêts humains avait conduit à l'asservissement des autres espèces et de l'environnement dans son ensemble. La solution proposée était alors l'égalité morale radicale de toutes les espèces. Il fallait reconnaître que non seulement la productivité et la richesse étaient mauvaises, mais aussi que toutes les espèces, des bactéries aux cloportes, des oryctéropes aux humains, étaient égales en valeur morale. L'« écologie profonde », nom donné à l'égalitarisme radical appliqué à la philosophie environnementale, rejetait ainsi les éléments humanistes du marxisme et leur substituait le système de valeurs anti-humaniste de Heidegger."

Il convient de noter qu'avant cela, la grammaire morale de l'écologisme moderne s'est forgée sous l'influence du romantisme (fin du XVIIIe siècle – milieu du XIXe siècle), notamment chez Rousseau, avec sa « révolte contre la raison, ainsi que contre la condition dans laquelle la nature l'a contraint à vivre », son « rejet de la réalité », son aversion pour l'industrialisation et la société bourgeoise, son insistance sur la supériorité morale de la nature sur la civilisation, sa méfiance envers la domination humaine sur la nature, sa priorité donnée à l'authenticité plutôt qu'au progrès, à l'émotion, à l'intuition et au sentiment moral plutôt qu'à la raison, et son idéalisation pastorale de la vie préindustrielle. 
 
Le cadre anti-impact 
 
Dans son ouvrage *Defending the Undefendable*, Walter Block formule une observation simple, mais profonde, sur la nature de l'existence humaine dans son chapitre consacré aux déchets : « … la création de déchets est concomitante au processus de production et de consommation. » En extrapolant ce principe, on constate que la pérennité et l'épanouissement de l'humanité dépendent de la production et de la consommation, c'est-à-dire de l'action humaine qui manipule et transforme l'environnement physique dans lequel nous vivons tous. Ce principe a été reconnu par John Locke dans sa théorie de la propriété fondée sur l'appropriation du foyer, selon laquelle l'homme est propriétaire de son propre corps, l'utilise pour agir sur le monde physique qui l'entoure et acquiert ainsi la propriété de biens extérieurs. Par conséquent, entraver la transformation libre et volontaire de la nature par l'humanité dans la production et la consommation – pour autant que cela ne viole pas les droits de propriété d'autrui – est considéré comme inhumain et malfaisant. 
 
Dans l'Occident moderne et les régions influencées par lui, nombreux sont ceux – notamment les élites – qui ont adopté et présupposé une philosophie environnementale de l'anti-impact. Plutôt que de considérer les droits de propriété et la liberté au service de l'épanouissement humain comme le critère idéal de valeur pour juger toute intervention sur l'environnement, beaucoup ont érigé l'impact humain minimal, voire nul, en norme morale suprême. Autrement dit, l'humanité ne devrait pas impacter l'environnement ; par conséquent, si un impact humain minimal est préférable, l'absence totale d'impact est idéale. Bien entendu, cela est impossible pour des êtres humains vivants, inscrits dans le temps et l'espace. Adoptée de manière cohérente, cette vision fait de l'humanité le problème, ce qui engendre un sentiment de culpabilité et/ou conduit à une conclusion fatale : l'humanité doit être éliminée. Dans son ouvrage « Plaidoyer moral pour les énergies fossiles », Alex Epstein écrit : « L’essence même de l’écologie, le dénominateur commun à toutes ses variantes, réside dans la conviction que les humains doivent minimiser leur impact sur la nature non humaine » (p. 199). 
 
Si certains trouvent cela exagéré ou mélodramatique, qu’ils réfléchissent à ceci : si l’impact humain est néfaste, et si l’absence d’impact est l’idéal moral, alors même la minimisation de cet impact est insuffisante et incomplète. Il est impossible pour les humains de ne pas impacter l’environnement. De plus, la conclusion qui s’impose est qu’il ne devrait pas y avoir d’humains, et non pas seulement moins d’humains. Or, cela implique qu’une ou plusieurs des choses suivantes doivent se produire : de nombreux humains ne doivent pas naître et/ou de nombreux humains existants doivent mourir. Epstein écrit encore : « En associant l’impact à quelque chose de négatif, on concède que tout impact humain est d’une manière ou d’une autre néfaste pour l’environnement » (p. 199). Par ailleurs (p. 197),
 
"C’est la conséquence logique de l’adoption du principe de non-impact humain comme critère de valeur : le meilleur moyen d’y parvenir est de ne rien faire du tout, de ne pas exister. Bien sûr, rares sont ceux qui adoptent ce principe de manière constante, et même ces personnes ne dépeuplent pas la planète par elles-mêmes. Mais dans la mesure où nous érigeons le non-impact humain en critère de valeur, nous allons à l’encontre de ce que notre survie exige."
 
Heureusement, la plupart des gens n'adhèrent pas systématiquement à ce cadre anti-impact (et beaucoup n'ont peut-être pas conscience de leurs propres présuppositions), mais l'existence de cette norme les rend vulnérables à la manipulation par la culpabilisation. Lorsqu'on se sent coupable d'exister, on est prêt à se soumettre à tout un éventail de politiques et de mesures proposées par les élites politiques pour minimiser son impact. Si l'on veut continuer d'exister et d'affecter l'environnement, il faut au moins se soumettre aux plans de planification centralisée proposés par les « experts » prétendument sages et altruistes. Par exemple, considérons les propos de l'écologiste Bill McKibben sur la façon dont les gens vivraient si la consommation d'énergies fossiles était réduite de plus de moitié, et l'on comprend alors pourquoi socialisme, planification centralisée et écologisme s'accordent si bien. 
 
"Chaque être humain produirait 1,69 tonne de dioxyde de carbone par an, soit l'équivalent de 14,5 kilomètres par jour en voiture américaine moyenne. Lorsque la population atteindra 8,5 milliards d'habitants, vers 2025, ce chiffre tomberait à 9,5 kilomètres par jour. En covoiturant, il vous resterait environ 0,3 kilomètre de CO2 dans votre ration quotidienne, de quoi alimenter un réfrigérateur à haute efficacité énergétique. Oubliez votre ordinateur, votre télévision, votre chaîne hi-fi, votre cuisinière, votre lave-vaisselle, votre chauffe-eau, votre micro-ondes, votre pompe à eau, votre horloge. Oubliez vos ampoules, qu'elles soient fluocompactes ou non."
 
Comme le souligne la citation de McKibben ci-dessus, si les individus éprouvent un malaise face à leur existence et sont donc prêts à tout pour minimiser leur impact, la planification centrale, où les élites déterminent chaque aspect de ce que chacun est autorisé à faire – jusqu'à l'accès ou non à une ampoule électrique – devient une évidence. Dans son ouvrage « La dignité bourgeoise : pourquoi l'économie ne peut expliquer le monde moderne », Deirdre McCloskey écrit : « La nouvelle alternative au socialisme de planification centrale est l'écologisme » (p. 433). 
 
On attribue souvent aux écologistes un caractère idéaliste. C'est peut-être le cas, mais leur idéal – s'il s'agit d'une absence d'impact humain plutôt que d'un épanouissement humain – est inhumain et pervers. Ils ne se suicident peut-être pas pour atteindre leurs objectifs, mais ils proposent des politiques suicidaires et inhumaines. 
 
 Humaniser la nature et déshumaniser l'humain 
 
Des millions de personnes ont été tuées par des gouvernements dans le cadre de projets de planification centrale. Le type d’« Holodomor énergétique » que proposent les écologistes anti-impact entraînerait la mort de milliards de personnes. Si cela s’avérait vrai, il faudrait à la fois ériger la nature non humaine en valeur morale égale ou supérieure à celle de l’être humain et dévaloriser simultanément la vie humaine en dessous de la nature. Au cas où le lecteur penserait que j’exagère, le mouvement écologiste moderne fait les deux. 
 
Que signifie l’objectif de « sauver la planète » ou de « protéger l’environnement » ? Les écologistes veulent en réalité sauver la planète de l’humanité. Protéger l’environnement de quoi ou de qui ? Protéger l’environnement pour quoi ? Protéger l’environnement pour qui ? La planète a besoin d’être protégée de vous. Nombreux seront ceux qui affirmeront que les écologistes veulent simplement « sauver la planète » pour les humains, mais – l’anti-impact restant l’idéal – cela implique toujours une planification centralisée globale, au point que l’existence humaine doive être considérablement réduite si elle ne peut être éliminée. 
 
Les pets des arbres, oui, ils pleurent en partie la disparition de leurs congénères disparus. Les biologistes évolutionnistes s'accordent à dire, d'après les données bovines, que les pets humains et animaux (méthane) contribuent largement au réchauffement climatique, au point de détruire les plateformes de glace de l'Antarctique et de faire exploser les bébés manchots. Mais les émissions de pets des arbres sont l'antidote aux émissions néfastes des humains et des autres animaux, issues de la soupe primordiale d'hydrocarbures composée de méthane.
 
 
De plus, nombre d’écologistes nous disent, de leur propre aveu, qu’ils sont anti-humains. Le groupe EarthFirst s'indigne, hurle et crie littéralement au scandale des « crimes » commis contre les arbres. (C'est sans doute aussi pourquoi des films comme WALL-E et Le Lorax sont imprégnés d'idéologie hostile à l'impact environnemental, à l'humanité et à la liberté). Un article du Washington Post de 2019, intitulé « Des étudiants progressistes en théologie ont fait leur confession aux plantes. Comment penser les péchés contre la nature ? », posait la question suivante : « Je pense qu'une question cruciale préoccupe de nombreux chrétiens et personnes sans confession : quelle est notre responsabilité morale envers les formes de vie non humaines ? Si nous pouvons pécher contre le monde naturel, comment nommer et expier ce péché ? » Ce tweet a été publié depuis la chapelle du séminaire Union.
 
"Aujourd'hui, à la chapelle, nous avons fait une confession aux plantes. Ensemble, nous avons confié en prière nos peines, nos joies, nos regrets, nos espoirs, notre culpabilité et notre chagrin à ces êtres qui nous nourrissent mais dont nous oublions trop souvent d'honorer les bienfaits. Et vous, que confessez-vous aux plantes qui vous entourent ?"

Dans la même veine religieuse et spirituelle, nous serions tous désormais « pécheurs entre les mains d'une Greta Thunberg enragée ». 
 
Alan Gregg écrivait dans *L'Humanité au tournant* (1974) : « Le monde est atteint d'un cancer, et ce cancer, c'est l'homme.» En 1994, Jacques Cousteau déclarait : « Pour stabiliser la population mondiale, il faudrait éliminer 350 000 personnes par jour.» Le prince Philip d'Angleterre écrivait dans la préface d'un livre paru en 1987 : « Je dois avouer que je suis tenté de demander la réincarnation en un virus particulièrement mortel, mais c'est peut-être aller trop loin.» 
 
J'affirme que cette pensée anti-humaine est un cancer. David M. Graber écrivait en 1989, à propos des opinions de Bill McKibben et des siennes :
 
"Cela rend la situation d'autant plus tragique pour ceux d'entre nous qui chérissent la nature sauvage pour elle-même, et non pour ce qu'elle apporte à l'humanité. Personnellement, je ne peux souhaiter ni à mes enfants ni au reste du vivant une planète apprivoisée, une planète gérée par l'homme, qu'elle soit monstrueuse ou – aussi improbable que cela puisse paraître – bienveillante. McKibben est biocentriste, et je le suis aussi. L'utilité d'une espèce, d'une rivière ou d'un écosystème pour l'humanité ne nous intéresse pas. Ils ont une valeur intrinsèque, plus grande à mes yeux qu'un autre corps humain, ou qu'un milliard d'entre eux. Le bonheur humain, et certainement la fécondité humaine, ne sont pas aussi importants qu'une planète sauvage et saine. Je connais des sociologues qui me rappellent que l'être humain fait partie intégrante de la nature, mais c'est faux. À un moment donné – il y a environ un milliard d'années, peut-être la moitié – nous avons rompu le contrat et sommes devenus un cancer. Nous sommes devenus un fléau pour nous-mêmes et pour la Terre. Il est extrêmement improbable que les pays développés mettent fin à leur consommation effrénée d'énergies fossiles, et les pays en développement à leur exploitation suicidaire des paysages. En attendant que l'Homo sapiens se décide à renouer avec la nature, certains d'entre nous ne peuvent qu'espérer l'apparition du virus adéquat."
 
Ces personnes, et tous ceux qui adhèrent à une approche anti-impact, ne méritent pas la supériorité morale qu'elles revendiquent. Elles sont inhumaines, souvent ouvertement. Alex Epstein affirme vers la fin de son livre : « On ne nous apprend pas que certains croient sincèrement que la vie humaine n'a aucune valeur et que leur but n'est pas de nous aider à surmonter les obstacles de la nature, mais de nous éliminer, car nous ne sommes plus un obstacle pour elle » (p. 208). Il avertit ensuite : « Ne vous y trompez pas : certains cherchent à vous instrumentaliser pour promouvoir des actions qui nuiraient à tout ce qui vous est cher. Non pas par souci pour vous – ils privilégient la nature à vous – mais parce qu'ils vous considèrent comme un outil » (p. 209). 
 
 Le chevauchement entre socialisme et écologisme ne devrait pas nous surprendre. Il ne devrait pas non plus nous surprendre que les partisans des deux soient prêts à tuer des millions, voire des milliards de personnes, pour atteindre leurs objectifs impossibles et inhumains. Les deux impliquent un contrôle politique d'autrui. Mises a écrit : « Tout socialiste est un dictateur déguisé. » On pourrait ajouter que tous les écologistes anti-impact (qui sont généralement aussi socialistes) sont des dictateurs en puissance. 
 
Les écologistes — du moins les vrais convaincus qui défendent sans relâche l'objectif anti-impact — veulent votre mort ; à court terme, ils se contenteront de vous faire culpabiliser d'exister, de produire et de consommer, et de vous soumettre à n'importe quel degré de planification centralisée et de restriction de vos libertés pour « sauver la planète » de vous.
 

 
Joshua Mawhorter est rédacteur adjoint de Mises.org. Il a été boursier d'été à l'Institut Mises (2023) et a travaillé pour le gouvernement...

 

 
  

La fin du GIEC : révélation d’une escroquerie climatique globale

Le réchauffement climatique anthropique vient de recevoir un coup fatal. Avec le retrait des États-Unis du GIEC, annoncé par le président Donald Trump le 7 janvier 2026, cette institution perd un contributeur majeur, représentant environ 20-25 % de son budget.

 


 

Sans ces dizaines de millions de dollars annuels, les études et modélisations alarmistes qui alimentent une propagande imposée comme pensée unique risquent de s’effondrer.

Le prochain rapport, prévu pour fin 2029, pourrait se réduire à une vingtaine de pages, ouvrant enfin la porte à un vrai débat scientifique. Par miracle, les Maldives ne seront pas englouties, les coraux ne disparaîtront pas, le « septième continent » de plastique restera introuvable, l’Antarctique continuera de s’étendre, le CO₂ ne sera plus l’ennemi public numéro un, et la végétalisation de la planète s’accélérera encore. Ce retrait marque la mort symbolique d’une escroquerie organisée, où le GIEC a servi d’outil pour justifier des trillions de dollars en dépenses inutiles, sous couvert d’une urgence climatique fabriquée.

La censure des voix dissidentes : l’affaire John Clauser

L’un des signes les plus flagrants de cette escroquerie est la censure systématique des scientifiques qui osent contredire le narratif officiel. Prenez John Clauser, lauréat du Prix Nobel de Physique 2022 pour ses travaux en mécanique quantique. Invité à s’exprimer sur le climat lors d’une conférence au FMI, son intervention a été annulée après qu’il a qualifié la théorie du réchauffement dû au CO₂ de « non-sens » et la crise climatique de « canular dangereux » et de « pseudoscience ». Cette décision, dénoncée comme une chasse aux sorcières par des observateurs, illustre comment les « globalistes » refusent tout débat libre. John Clauser, comme d’autres, met en lumière les incertitudes et exagérations des prévisions du GIEC, qui persistent à présenter le réchauffement comme principalement anthropique malgré des preuves contraires. Cette censure rappelle une décadence morale et intellectuelle, où le doute scientifique est traqué au profit d’une idéologie totalitaire.

Les scandales financiers : les 7 milliards de Kamala Harris, un gâchis organisé

Au cœur de cette escroquerie se trouvent des gaspillages massifs de fonds publics, justifiés par une urgence climatique imaginaire. Sous l’administration Biden, Kamala Harris a alloué 7 milliards de dollars au Climate United Fund, une fondation créée de toutes pièces en novembre 2023, sans site web, sans historique ni projets concrets à l’époque.

Cette subvention record, la plus importante jamais accordée à une entité non lucrative aux États-Unis, s’inscrit dans un plan plus large de 20 milliards injectés dans des groupes environnementaux pour réduire les gaz à effet de serre et promouvoir l’énergie « propre« .

Mais où est passé l’argent ? Sans contrôles rigoureux, cette opacité soulève des soupçons de fraude ou de favoritisme politique, transformant la lutte climatique en une vache à lait pour des alliés idéologiques. Des prédictions alarmistes passées, comme l’engloutissement des côtes d’ici 2000 annoncé par l’ONU en 1989 ou la disparition de la glace arctique d’ici 2013 prédite par Al Gore en 2006, se sont révélées fausses, pourtant elles justifient encore des dépenses astronomiques sur des technologies inefficaces comme les éoliennes tueuses d’oiseaux ou les panneaux solaires chinois alimentés au charbon. Ces 7 milliards auraient pu financer des hôpitaux, des routes ou des baisses d’impôts, au lieu de disparaître dans un puits sans fond sous prétexte de sauver la planète.

La déclaration scientifique : il n’y a pas d’urgence climatique

Des centaines de scientifiques, dont des professeurs renommés, ont signé une déclaration affirmant haut et fort qu’il n’y a pas d’urgence climatique. Selon eux, la science du climat doit être dépolitisée, et les politiques doivent s’appuyer sur des faits objectifs plutôt que sur des modèles inadéquats qui exagèrent l’impact des gaz à effet de serre. Le réchauffement est bien plus lent que prévu par le GIEC, et résulte autant de facteurs naturels qu’anthropiques – comme la fin du Petit Âge Glaciaire en 1850. Les modèles du GIEC ignorent les bénéfices du CO₂, qui n’est pas un polluant mais un nutriment essentiel pour la vie, favorisant la croissance des plantes et augmentant les rendements agricoles. Il n’existe aucune preuve statistique que le réchauffement intensifie les catastrophes naturelles comme les ouragans, inondations ou sécheresses. Au contraire, les mesures de mitigation sont coûteuses et néfastes, tandis que l’adaptation – prouvée et abordable – suffit. Cette déclaration démasque le GIEC comme un promoteur d’alarmisme non fondé, transformant la science en une discussion basée sur la croyance plutôt que sur la critique rigoureuse.

Les canicules et les marchands d’apocalypse : une hype médiatique sans fondement

Les vagues de chaleur, comme celle de 2023, sont instrumentalisées par les médias et le GIEC pour semer la panique, les présentant comme des signes apocalyptiques du réchauffement anthropique. Pourtant, les canicules ne sont pas nouvelles : en 1976, la France a connu des températures extrêmes jusqu’à 40°C, causant sécheresses et pertes agricoles, sans qu’on invoque alors le CO₂ humain. De même, la vague de froid de 1956 a tué des milliers sans hystérie médiatique. Historiquement, la Terre a traversé des périodes de glaciation et de réchauffement bien avant l’industrialisation. De nombreux climatologues affirment qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer : le réchauffement global sur 160 ans n’est que d’environ 1°C, et les événements extrêmes n’ont pas augmenté significativement ces 30 dernières années. Les méga-feux sont liés à des phénomènes naturels comme El Niño, pas au CO₂. Au contraire, l’augmentation du CO₂ verdit la planète et stimule la production alimentaire. Les énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire, font grimper les coûts sans réduire les émissions, nécessitant des backups fossiles. Le GIEC, mandaté pour alerter sur les dangers des hydrocarbures, n’est pas un arbitre impartial mais un outil pour justifier des politiques intrusives comme le Green Deal européen (1.000 milliards d’euros sur dix ans) ou l’interdiction des véhicules thermiques d’ici 2035. Ces mesures, sous couvert d’écologie, imposent des restrictions (rationnement d’eau, sobriété énergétique) et augmentent la précarité, transformant l’Europe en une « écodictature » qui détruit sa compétitivité.

Le témoignage d’un initié : Patrick Moore dénonce le canular

Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace et titulaire d’un doctorat en écologie, a quitté l’organisation en 1986 après avoir vu son virage idéologique : de la protection de l’humanité et de l’environnement, elle est passée à une vision anti-humaine, traitant les gens comme ennemis de la nature. Dans des interviews, Moore qualifie le réchauffement anthropique de « canular complet » et d’ « escroquerie », affirmant que c’est de la « fake science ». Il accuse les scientifiques alarmistes d’être accros aux subventions gouvernementales, produisant de la peur pour obtenir des fonds et influencer les politiciens. Les médias amplifient cette hystérie via un écho de fake news, tandis que les politiciens utilisent la culpabilité pour centraliser le pouvoir, et les entreprises vertes – des « chercheurs de rentes » – profitent de subventions massives. Moore insiste : le CO₂ est la base de toute vie sur Terre, pas un polluant, et les niveaux élevés passés n’ont causé aucune catastrophe. Il compare ce narratif à la théorie géocentrique, menaçant l’esprit des Lumières en remplaçant la méthode scientifique par une « combinaison toxique de religion et d’idéologie politique ». Des figures comme Al Gore sont des « charlatans » vendant de la peur pour s’enrichir. Patrick Moore dénonce comment l’environnementalisme, autrefois noble, est devenu une machine à lever des fonds, exploitant la culpabilité pour contrôler esprits et portefeuilles.

Libérons-nous de l’escroquerie climatique

Le retrait américain du GIEC n’est pas une perte, mais une libération.

Cette institution, au service d’une escroquerie globale, a promu un alarmisme non scientifique pour justifier des dépenses astronomiques, des censures et des politiques destructrices.

Il n’y a pas d’urgence climatique : le CO₂ nourrit la vie, les événements extrêmes sont naturels, et les modèles du GIEC sont exagérés. Il est temps de rejeter cette propagande, de prioriser l’adaptation rationnelle et de reconquérir notre souveraineté face aux marchands d’apocalypse. La vraie urgence ? Protéger les citoyens des idéologues qui les appauvrissent au nom d’une planète qui se porte très bien sans eux.

https://multipol360.com/la-fin-du-giec-revelation-dune-escroquerie-climatique-globale/

 

 

 

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