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septembre 24, 2026

France 2030 est-il efficace ? L'état un investisseur fiable ?

France 2030 est-il efficace ? 

Oui, carrément. L'investissement se rembourse en 3 ans. 

 Pourquoi l'État doit participer au financement de l'innovation, et pas les entreprises seules ? 

Parce qu'une entreprise qui innove n'en capte jamais tous les bénéfices : une partie profite à ses concurrents, à ses fournisseurs, à l'économie entière. Les entreprises investissent donc structurellement moins que ce qui serait bon pour le pays. L'action de l'État doit se juger à l'aune de son impact sur l'économie dans son ensemble, pas seulement sur l'entreprise aidée. 


 C'est ce que mesure la dernière évaluation du Conseil d'Analyse Économique (CAE), en comparant, pour chaque appel à projets, la trajectoire des lauréats à celle des candidats non retenus la même année. C'est le contrefactuel le plus solide pour isoler l'effet réel de l'aide. 

111 appels à projets portés par Bpifrance, 7,5 milliards d'euros d'aides, dont 3,6 milliards au titre de France 2030, sont ainsi étudiés. Voici ce qu'enregistrent les entreprises lauréates, 3 ans après un financement Bpifrance (PIA ou France 2030), par rapport aux candidats non retenus : 

1- elles emploient 10 personnes de plus en moyenne (+8%), majoritairement dans des fonctions qualifiées, ingénieurs et cadres techniques en tête 

2- elles dépensent 51% de plus en R&D et déposent plus de 

3 familles de brevets supplémentaires 3- elles disposent de 15% de capital productif en plus 

4- elles génèrent 12% de chiffre d'affaires et 11% de valeur ajoutée en plus 

 Ces entreprises versent aussi, en cumulé sur 3 ans, 218 000 € de prélèvements sociaux et fiscaux supplémentaires pour 100 000 € d'aide reçue. 

 Comme l'écrivent les chercheurs : "Très rares sont les politiques autofinancées" dans des délais aussi courts. Ils recommandent de pérenniser et renforcer ce mode d'intervention via un nouveau programme, doté d'au moins 0,2 point de PIB par an. 

 À l'heure où la maîtrise des finances publiques est une priorité, il n'est pas inintéressant d'analyser l'efficacité de tous les outils de soutien à l'innovation. Les chercheurs comparent ces appels à projets à un autre pilier du financement de la R&D, le Crédit d'Impôt Recherche : utile pour les PME, il représente surtout un effet d'aubaine pour les grandes entreprises, sans être autofinancé. Ils recommandent de le resserrer au-delà de 100 millions d'euros de R&D par entreprise, au profit d'appels à projets comme #France2030. 

Merci au CAE et aux chercheurs mobilisés :

. Investir dans l'innovation de rupture n'est pas une dépense, c'est un pari sur la croissance future de la France. C'est la conviction que nous défendons depuis le début avec @Bpifrance, @Paul_F_Fournier, Sophie Rémont, ses équipes et nos partenaires. À nous de continuer à investir dans notre souveraineté technologique et industrielle. 
 
 Je vous partage les liens vers les publications du @CAEinfo :  
 
  

@NicolasDufourcq
CEO @Bpifrance, the French Public Investment Bank, financing #smes, #startups and strategic companies

avril 02, 2026

LA FRANCE EN CHIFFRES - Avril 2026 !

83% des Français jugent que le bilan économique d'Emmanuel Macron est un échec. 

Le sondage porte notamment sur 8⃣ critères : pouvoir d'achat, retraites, croissance,… 

Dans ce fil, nous allons voir que certaines données expliquent le sentiment des Français


 

1⃣ Pouvoir d'achat : 

89% des Français jugent le bilan mauvais. En effet, malgré une inflation plus faible qu'ailleurs, l'évolution du pouvoir d'achat déçoit. En cause : la faible hausse des salaires. En France, la progression du revenu moyen est la plus faible de la zone euro



2⃣ Retraites : 
 
85% des Français trouvent que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'en deux quinquennats, aucun des projets de réforme du système de retraites n'aura été mis en œuvre, le dernier en date étant suspendu. Notre système reste l'un des plus coûteux au monde.
 

 
3⃣ Croissance : 
 
85% des Français estiment que le bilan est mauvais. Difficile de leur donner tort : la France a la 5e plus mauvaise croissance économique de la zone euro et même de l'UE, depuis 2017. Toutefois, nous ne connaissons heureusement pas la même crise que l'Allemagne.



4⃣ Fiscalité : 
 
81% des Français jugent le bilan mauvais. En réalité, depuis 2017 les prélèvements obligatoires ont augmenté moins vite que le PIB. Mais la France reste malgré tout le pays le plus taxé de la zone euro.
 

 
 
5⃣ Chômage : 
 
77% des Français trouvent le bilan mauvais. Pourtant le taux de chômage a nettement reculé, passant d'environ 9% à un peu plus de 7% aujourd'hui. Mais ce recul est clairement moins marqué que dans le reste de la zone euro, dont on devient l'un des mauvais élèves.
 



6⃣ Développement des entreprises : 
 
76% des Français trouvent le bilan mauvais. Oui, nous venons d'atteindre le plus haut niveau de défaillances d'entreprises jamais enregistré par la Banque de France.
 

 
Cela dit, les créations d'entreprises restent en hausse, même hors micro-entreprises. Ce qui peut aussi contribuer à la hausse les chiffres des défaillances. La question pouvait aussi être comprise de différentes manières, ce qui limite la confrontation avec les statistiques.
 
7⃣ L'attractivité de la France : 
 
69% des Français jugent le bilan négatif. Le concept "d'attractivité" est peu précis. S'il s'agit des investissements étrangers, on est certes passés de 27% à 29% du PIB, mais cet indicateur est-il vraiment gage de robustesse économique ? Les stocks cumulés de capitaux étrangers n'est que de 23% du PIB en Allemagne, contre 56% en Espagne, 60% au Portugal, et plus encore dans certains pays baltes ou en Hongrie.
 
Nouvelle preuve des difficultés que connaît l’économie française : les intentions d’implantation des chefs d’entreprises en France à horizon de 18 à 24 mois baissent de 18% entre 2024 et 2025. La crise pétrolière actuelle ne risque pas d’améliorer la situation. https://contrepoints.org/les-projets-dinvestissements-en-france-chutent-lourdement-18-en-2025/
 

8⃣ Le développement de l'innovation : 
 
68% des Français estiment que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'on est le grand pays européen avec la plus mauvaise évolution de sa dépense de recherche et développement depuis 2017.


 
Cela dit, d'autres chiffres sont plus favorables, comme le Global Innovation Index, qui classe la France dans le top-15 depuis 2020. Sur cet item et les 2-3 précédents, les répondants expriment peut-être davantage leur ressenti général sur notre situation économique. Une situation finalement très bien résumée par la faible croissance du PIB français depuis 2017 : à quoi bon être "attractif" ou "innover" s'il n'y a aucune traduction concrète dans la création de richesses ?
 
Démographie : 
 
Nous vivons une réalité plus extrême que les scénarios extrêmes de l'INSEE publiés en 2021. 
- Beaucoup moins de naissances 
- Beaucoup plus d'immigration
 

 
🇫🇷🇪🇺 La France est contributrice nette à l'Union Européenne. 
 
Au total, elle lui donne 9,4 milliards d'euros de plus qu'elle n'en reçoit (PAC et subventions inclues).
 

Les derniers chiffres des comptes publics pour 2025 viennent d'être publiés. 
 
 Les 4⃣ choses à retenir dans ce fil 
 1⃣ La France sera encore sur le podium des pires déficits de la zone euro
 

 
 
2⃣ Notre déficit est toujours à un niveau élevé, à plus de 5% du PIB, mais est en recul de 0,7 points.




3⃣ Si le déficit a baissé c'est uniquement parce que les Français paient plus d'impôts, de taxes, et de prélèvements obligatoires. La dépense publique, elle, a augmenté.
 

 
 
4⃣ Conséquence directe des déficits, la dette publique a poursuivi sa folle augmentation : elle dépasse maintenant le niveau atteint en 2020 au plus fort de la crise Covid.
 

 
 
Dans un contexte économique tendu, avec la crise au Moyen-Orient, les déséquilibres des comptes publics mettent la France dans une situation périlleuse. La dernière grande réforme de notre système social remonte à 2023 et a été suspendue. Le budget 2026 repose sur des hypothèses fragiles. L'assainissement de nos comptes publics est une urgence. 

 
 
Hexagone - La France en chiffres 

@Hexagone_org
 
 
 
 

 
 
Il faut regarder la vérité en face. Notre Etat providence ne fonctionne plus et il n’est plus financé. La vérité, c’est que 60% de la dépense publique se concentrent sur les dépenses sociales, qui sont financées par une dette et un déficit aujourd’hui insoutenables.

janvier 12, 2026

Environnement: BP et Shell ont perdu des milliards dans les énergies renouvelables ineptes !

"BP et Shell se retirent du marché des énergies renouvelables après y avoir perdu des milliards et voilà ce que ça révèle des discours officiels sur la transition énergétique"

 
Après avoir investi massivement pour verdir leur image, BP et Shell font marche arrière dans les énergies renouvelables, un virage qui interroge la viabilité économique de la transition énergétique telle qu’elle est aujourd’hui promue. L’échec de ces géants pétroliers met en lumière les limites d’un modèle largement subventionné, plus complexe et coûteux qu’annoncé.


Atlantico : BP et Shell ont perdu des milliards dans les énergies renouvelables avant de faire marche arrière et de réduire leurs investissements dans le domaine. Que révèle cet échec, selon vous, sur l’affirmation souvent répétée que les énergies renouvelables seraient déjà “moins chères” et intrinsèquement plus compétitives que les énergies fossiles ?

Les énergies renouvelables sont moins chères que les combustibles fossiles. Réalité : BP et Shell ont perdu des milliards en poursuivant des investissements dans les énergies renouvelables. Si les énergies renouvelables étaient structurellement moins chères et plus rentables, les grandes compagnies pétrolières ne se retireraient pas du secteur et ne déprécieraient pas leurs actifs.
 

Samuel Furfari : Les difficultés de BP et Shell mettent en lumière le grand mensonge des énergies renouvelables et de tout le lobby qui les soutient. Lors du début de la promotion des énergies renouvelables à travers des contraintes administratives et des directives européennes, l’idée était d’obliger la production d’énergies renouvelables afin de faire baisser les coûts. Progressivement, elles devaient devenir compétitives. Et cela a effectivement fonctionné dans un premier temps. Ce raisonnement a conduit à la directive de 2009, qui obligeait à produire des énergies renouvelables. Avec le temps, les acteurs du secteur et les entreprises se sont toutefois rendu compte que ce n’était toujours pas rentable. En 2018, la directive a été renouvelée, puis à nouveau en 2023. Cela fait donc depuis 2009 que l’on oblige les acteurs à produire des énergies renouvelables, tout en affirmant qu’elles seraient bon marché.

Si elles étaient réellement peu coûteuses, pourquoi faudrait-il contraindre les gens à en produire pour qu’ils gagnent de l’argent ? La contradiction est évidente, et je ne comprends pas comment ce mensonge continue d’être entretenu. Si c’était réellement un atout économique, il n’y aurait pas besoin de directives imposant la production des énergies renouvelables.

Il faut cependant préciser une chose importante : le coût de production de l’électricité renouvelable n’est pas très élevé. Le coût marginal est faible, puisque le vent et le soleil ne coûtent rien.

En revanche, en raison de l’intermittence et de la variabilité, les conséquences sur le réseau électrique sont considérables, et elles se répercutent directement sur les factures. Le problème est donc là : les énergies renouvelables finissent par augmenter le prix de l’électricité, contrairement à ce qui est affirmé partout.

Tel était donc le discours tenu par les lobbyes des énergies renouvelables y compris les groupes pétroliers comme Shell, BP et bien d’autres pour la promotion des énergies renouvelables. Ils avaient besoin de verdir leur image, car en Europe on déteste les compagnies pétrolières même si tout le monde utilise leurs produits pétroliers. Le pétrole a aujourd’hui mauvaise presse, comme on peut le voir avec la crise au Venezuela. Les investissements faisaient partie de leur stratégie commerciale. Il devient donc nécessaire de se présenter comme une société « verte ».

Pour cela, ces entreprises ont investi dans les biocarburants, l’éolien et le solaire, avec une fraction de leur budget de communication. Cela leur a permis de soigner leur image et de se présenter comme des acteurs écoresponsables. C’est aussi un moyen de disposer d’arguments face aux tribunaux, car les sociétés dans le domaine de l’énergie sont de plus en plus attaquées par les ONG écologistes pour leur manque d’efforts dans la réduction des émissions de CO₂.

Mais cette stratégie ne peut fonctionner qu’un temps. Dans un monde globalisé, on ne peut pas continuer ainsi. Les actionnaires internationaux délaissent les entreprises européennes parce qu’ils gagnent davantage ailleurs. Par conséquent, des groupes comme Shell, BP ou Total revoient à la baisse leurs investissements dits « renouvelables ».



Jean-Pierre Favennec : On se souvient que BP à la fin des années 90 pouvait signifier selon ses dirigeants Beyond Petroleum, au-delà du pétrole. Le sigle de BP faisait alors apparaitre du soleil symbole de cette énergie renouvelable, moins polluante. La stratégie de BP a donc été longtemps orientée vers une importance croissante donnée aux renouvelables, solaire et éolien, et à l’électricité. Son PDG de 2020 à 2023, Bernard Looney, favorisera les investissements dans les renouvelables. Il sera remplacé par Murray Auchincloss, homme du sérail qui sera chargé de redonner la priorité au pétrole et au gaz, plus rentables pour les actionnaires.

Shell vise une croissance sélective et rentable dans les renouvelables et les solutions bas carbone mais en complément et non en remplacement de ces activités pétrole et gaz avec un recentrage sur les segments les plus rentables.

il est difficile de chiffrer les pertes ou les manques à gagner des 2 sociétés dans le secteur des renouvelables. Il y a certainement un ralentissement des investissements dans ce secteur et un abandon de certains projets mais il n’y a pas de ligne comptable permettant de chiffrer les pertes.

Cela ne signifie pas que les renouvelables ne sont pas intéressants. Il est certain que le coût de production de l'électricité à partir du solaire et de l’éolien est souvent plus bas que le coût de production à partir du nucléaire par exemple. Mais ces énergies sont intermittentes et lorsqu'il n'y a pas de soleil ou lorsqu'il n'y a pas de vent il faut des solutions de remplacement. Dans de nombreux pays comme l'Allemagne par exemple la solution de remplacement c'est le charbon ce qui n'est évidemment pas une solution qui permet de faire face au changement climatique. On peut également citer l'exemple de la Chine qui concentre près de la moitié des investissements dans le secteur des renouvelables mais qui continue à produire des quantités très importantes d'électricité à partir du charbon et qui met encore en service quelques nouvelles unités qui sont d'ailleurs des unités destinées à pallier l'intermittence du solaire et de l'éolien.

Les dirigeants de BP et Shell ont justifié leur virage vert par la pression politique, médiatique et financière (ESG). Peut-on parler d’une transition énergétique pilotée davantage par l’idéologie et la communication que par les fondamentaux industriels et économiques ?

Samuel Furfari : C’est tout à fait le cas. La transition énergétique n’était pas une exigence de l’industrie et des entreprises. Elle a été imposée par la Commission européenne, ou plus exactement par l’ensemble des chefs d’État, avec notamment le président de la République française en première ligne. Tout le monde était d’accord pour imposer une vision « verte » en affirmant : « Nous sommes les champions du monde, tout le monde va nous suivre et nous aurons une longueur d’avance ».

Les entreprises ont été contraintes de suivre et de danser au rythme de la Commission européenne. Mais ce type de politique ne peut durer qu’un temps. La réalité finit toujours par s’imposer et les entreprises comme BP et Shell ont fait le choix de s’arrêter.

Non seulement les entreprises pétrolières ont commencé à faire marche arrière, mais les autres suivront également. Le problème est le même, que l’on soit une entreprise pétrolière, chimique ou mécanique. À un moment donné, toute cette politique ne tient plus économiquement.

Dans un système comme l’Union soviétique, ce serait possible, car tout cela est faisable d’un point de vue technique. La technologie le permet. Mais nous vivons dans un monde concurrentiel et ouvert. Il n’est pas possible de se permettre de ne pas être compétitif.

Aujourd’hui, les subventions publiques arrivent à leur limite. Il n’y a plus d’argent pour continuer à financer ce système. L’écosystème des énergies renouvelables pourrait donc s’effondrer et se déliter. Il risque d’y avoir une véritable hécatombe de tout ce qui est « vert », car il est impossible de continuer ainsi, d’investir autant et de continuer à ne pas être rentable.

L’exemple de BP et Shell montre-t-il que la transition énergétique est beaucoup plus coûteuse, plus lente et plus complexe que ce qu’annoncent les scénarios officiels de neutralité carbone à l’horizon 2050 ?

Samuel Furfari : Oui, car les scénarios politiques sont construits pour démontrer que la décision politique est la bonne. Il ne faut pas être naïf face à ces exercices. J’ai travaillé sur des scénarios à la Direction générale énergie de la Commission européenne et je sais comment ils sont élaborés. Ils sont conçus pour dire ce que l’on souhaite leur faire dire.

Tous les scénarios qui présentent des trajectoires optimistes de transition énergétique reposent sur des artifices de calcul. Ils n’ont aucune réalité physique et ne tiennent pas dans la durée. On observe la même logique avec les biocarburants.

BP, par exemple, a longtemps été un champion des biocarburants. L’entreprise y a beaucoup investi en expliquant qu’elle allait se présenter comme verte, en intégrant une part de biocarburants dans ses carburants. L’idée était que le public n’accepterait pas de payer plus cher, mais serait satisfait d’acheter un produit présenté comme écologique. Or cela n’a pas fonctionné.

Ils ont donc dû arrêter leurs programmes et leurs projets pour les énergies renouvelables, car ces stratégies se heurtent inévitablement à la réalité des marchés internationaux. Les autres entreprises pétrolières ont fait de même. C’est toute la difficulté de l’Europe : elle pourrait peut-être avoir raison si elle était seule au monde, mais dans un système ouvert et concurrentiel, elle ne peut pas se permettre ce type de politique.

C’est exactement ce qui se passe avec l’hydrogène. Les entreprises pétrolières ont commencé par suivre Ursula von der Leyen dans cette utopie chimique de produire de l’hydrogène par électrolyse. Tant qu’il y aura une molécule de méthane, dans un monde libre personne ne va produire de l’hydrogène par électrolyse, même avec l’électricité nucléaire, puisque cela coûte par unité d’hydrogène produit sept fois plus qu’avec le méthane du gaz naturel (voir mon livre L’utopie hydrogène)

Les compagnies pétrolières vont donc limiter et arrêter leurs investissements dans les énergies renouvelables et plus généralement la transition énergétique. Il faut également souligner un autre point essentiel. Les grands actionnaires n’acceptent plus de perdre de l’argent.

Lorsque l’on compare les rendements des compagnies pétrolières européennes, comme Shell, BP ou Total, à ceux des groupes américains tels que Chevron ou ExxonMobil, on constate que les actionnaires européens sont en train de perdre de l’argent. Les fonds de pension américains ont clairement indiqué qu’ils n’étaient pas là pour financer des pertes, mais pour obtenir des rendements.

Or, ces rendements se trouvent aujourd’hui dans les énergies fossiles, et non dans les énergies renouvelables. Ils ont donc contraint les conseils d’administration à revoir leur stratégie. Ces conseils d’administration étaient pourtant sincèrement convaincus qu’ils pouvaient réussir dans le « vert ». C’était une conviction forte en Europe. Mais face à la réalité économique, ils ont dû renoncer.

Jean-Pierre Favennec : La transition énergétique reste évidemment nécessaire : il faut diminuer les consommations de fossiles en commençant par la consommation de charbon et développer des sources de production non carbonées.

Il semble difficile d'imaginer que l'ensemble de nos besoins en énergie puisse être couvert par les énergies renouvelables : énergie éolienne, solaire ou hydraulique. Une partie de la solution peut venir du nucléaire il y a d'ailleurs une certaine forme de renaissance de cette industrie actuellement.

L'éolien onshore est relativement peu coûteux mais se heurte souvent à l’opposition de la population voisine, sensible à son impact sur l’environnement. L'éolien offshore est confronté à des investissements couteux et à des problèmes de maintenance liés à l’environnement marin donc corrosif. Le solaire est en pleine expansion et les capacités mise en place chaque année augmentent de manière spectaculaire.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'autres solutions existent également : l'énergie hydraulique, la capture et le stockage du CO, l'hydrogène ... Mais le potentiel de développement de l'hydraulique est désormais limité, la capture du CO 2 reste chère et l'hydrogène est une solution encore coûteuse.

Pour faire face à l'intermittence du solaire et de l'éolien il faut donc des solutions de remplacement. Le gaz, moins émetteur de CO2 est considéré par beaucoup comme une énergie de transition. Les batteries se développent également mais elles nécessitent des métaux critiques (lithium, cobalt, nickel …) dont les ressources sont limitées et dont l’extraction est polluante.

Enfin le développement des renouvelables modifie profondément le système de production et de transport de l'électricité et nécessite un renforcement et un développement considérable des réseaux. Ce sont des investissements très importants qu'il faudra prendre en compte.

Ces différentes contraintes font que la transition énergétique est effectivement plus complexe et plus coûteuse que nous l'avions imaginé il y a quelques années.

Peut-on tirer de cet épisode une leçon plus générale : la transition énergétique telle qu’elle est conçue aujourd’hui est-elle économiquement soutenable sans subventions massives, contraintes réglementaires et distorsions de marché ?

Jean-Pierre Favennec : L'une des raisons pour lesquelles BP et Shell ont réduit leurs investissements dans le secteur des renouvelables tient aussi à la rentabilité de ce secteur qui reste plus limitée que la rentabilité que l'on peut obtenir dans le secteur pétrole et gaz. C’est pourquoi des subventions et des aides, désormais plus réduites, ont été nécessaires pour favoriser le développement du solaire et de l’éolien.

Aussi bien Shell que BP et d'autres sociétés pétrolières continueront à investir dans les renouvelables à un niveau peut-être un peu inférieur à ce qu'il a été il y a quelques années mais les sociétés du secteur énergétique non pétrolier continueront également à investir.

La transition énergétique est indispensable. Les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules faire face à nos besoins. Mais elles vont continuer à se développer. Il appartient à la puissance publique de trouver un juste équilibre, social et économique, entre la diminution de la consommation des fossiles et le développement des énergies non carbonées.

Samuel Furfari : Lorsque l’on parle de transition énergétique, il faut se souvenir que ce sont les chocs pétroliers des années 1970 qui ont conduit à la mise en place de politiques en faveur des énergies alternatives, comme on les appelait à l’époque. Les politiciens ont découvert la transition énergétique au travers du changement climatique.

Cela fait donc plus de cinquante ans que l’on parle de transition énergétique, et après un demi-siècle, nous en sommes toujours au même point. Ce n’est pas un manque de volonté politique qui empêche cette transition, mais la réalité de la physique. Ce n’est même plus un problème de financement : c’est une contrainte technique fondamentale.

Toutes les solutions proposées au titre de la transition énergétique ne sont pas rentables d’un point de vue macroéconomique. Elles ne tiennent pas économiquement. Il faut donc reconnaître qu’il s’agit d’un problème technique, et non d’un déficit de volonté politique.

La volonté politique devrait s’aligner sur la réalité et cesser de faire croire que l’on peut réaliser une transition énergétique complète telle qu’elle est présentée aujourd’hui. Il faut rappeler que, en cinquante ans, les seules énergies réellement émergentes ont été l’éolien et le solaire. Le reste existait déjà.

Or l’éolien et le solaire représentent environ 3 % de l’énergie primaire mondiale. Si, en cinquante ans, on est parvenu à ce niveau, il est illusoire de croire que l’on atteindra 100 % d’ici 2050. Cela ne correspond tout simplement pas à la réalité.

https://atlantico.fr/article/rdv/bp-shell-retirent-marche-energies-renouvelables-apres-avoir-perdu-milliards-voila-ce-que-revele-discours-officiels-transition-energetique-petrole-eoliennes-Jean-Pierre-Favennec-Samuel-Furfari

 


 

Après Shell, bp jette l’éponge : le groupe se retire des renouvelables et « remet les gaz » sur les hydrocarbures !

Mi-janvier, Black Rocks le premier investisseur mondial (10 000 milliards de dollars) se retirait du fonds vert de l’ONU. Mi-février, Shell annonçait à ses salariés stopper tous ses projets éoliens. C’est maintenant au tour du britannique Bp d’enterrer son ambitieuse stratégie climat et de réinvestir massivement…dans les hydrocarbures afin de doper des bénéfices en berne pour satisfaire ses actionnaires.

Pourtant bp était le groupe énergétique le plus en avance dans la transition. Investissant massivement dans les ENR le géant pétrolier avait comme ambition d’arrêter toute production de pétrole et de gaz d'ici 2030. Adieu veau, vaches, cochon, couvée !

Après la publication d'un bénéfice net 2024 réduit de…97%, bp n’a d’autre choix que « d’accroître ses investissements et sa production dans les hydrocarbures pour produire de l'énergie à forte marge dans les années à venir » et « sera très sélectifs dans ses investissements dans la transition ». bp reconnaît « trop d’optimisme sur une transition rapide : nous sommes allés trop loin, trop vite ». « Le pétrole et le gaz seront nécessaires pendant les décennies à venir ».

Les résultats sont sans appel : réduction de 5 milliards de dollars dans les ENR et investissements de 10 milliards dans le pétrole et le gaz. Soit 90% hydrocarbures et seulement 10% ENR. BP avait annoncé en janvier 4.700 suppressions d'emplois en interne soit 5% de ses effectifs.

Comme je le répète post après post, la transition énergétique est dans une impasse totale. Il faut impérativement poser le crayon et revoir en profondeur tous les accords internationaux (Accord de Paris, Pacte vert) devenus totalement obsolètes. Il faut en Europe revoir le rythme de décarbonation sous peine de se suicider sur l'autel de la vertu !

 Philippe Charlez


 

https://lnkd.in/d5GUk4rA

 


 

Philippe Charlez

Philippe Charlez, né le 31 janvier 1956 à Mons (Belgique), est un expert en énergie français. 

Biographie

Philippe Charlez est ingénieur civil des Mines de la Faculté Polytechnique de Mons (promotion 1979), puis il obtient en 1983 un doctorat sur la Fracturation hydraulique à l’Institut de Physique du Globe de Paris alors dirigé par Claude Allègre. Philippe Charlez effectue la majorité de sa carrière dans l’industrie pétrolière qu’il rejoint en 1982. Expert en Mécanique des Roches durant 12 ans, il occupe ensuite différentes positions de management en France et à l’étranger (Colombie, Écosse, Angola, Kazakhstan).

Récompenses

Philippe Charlez a été Distinguish Lecturer de la Society of Petroleum Engineers en 2000-2001. 

Engagements publics

Philippe Charlez est expert énergétique pour l'Institut Sapiens. Il a publié pour ce think tank de nombreuses tribunes et études. Il est aussi membre d’ASPO France et de la Société d’Économie Politique. Il enseigne sur la thématique de la transition énergétique, de la croissance économique et du climat à Mines Paris Tech, l’ISSEP, l’Institut Galilée, Dauphine, Science Po et au Centre International de Formation Européenne.

Il a été entre 2013 et 2017 l’expert énergie du parti centriste Nouveau Centre et de 2020 à 2021 le conseiller aux questions énergétiques du parti Les Républicains.

Philippe Charlez est aussi chroniqueur régulier pour Valeurs Actuelles, Atlantico, Contrepoints, Les Échos, Opinion Internationale ou Causeur. Il intervient régulièrement comme expert sur des médias radio ou télévisé comme LCI ou Sud Radio.

Prises de position

Sur les gaz et les pétroles de schistes

Dans Gaz et Pétroles de Schistes… en questions, Philippe Charlez aborde le sujet des hydrocarbures non conventionnelles autour de 20 questions couvrant à la fois les aspects techniques, économiques, sociétaux et environnementaux. Il y dénonce l’escroquerie du film Gasland et du robinet en feu. Selon lui, une pollution des aquifères par la « remontée d’une fracture hydraulique sur plusieurs milliers de mètres est techniquement impossible ». Selon lui, ce sont les conditions favorables américaines (et notamment sa loi minière qui confère la propriété d’un gisement à l’individu et non pas à l’État) qui ont permis le développement massif des hydrocarbures non conventionnelles aux États-Unis. Si les conditions économiques (prix du gaz trop bas) et sociétales (rejet environnemental) d’un développement des ressources non conventionnelles n’étaient pas réunies en Europe au cours des années 2010 à 2015, il considère que la flambée des prix du gaz depuis l’été 2021 puis la crise Ukrainienne rebattent les cartes et que la réouverture du dossier gaz de schiste en Europe irait de pair avec la volonté de se défaire à moyen terme du gaz russe.

Sur la transition énergétique

Dans Croissance, Energie, Climat. Dépasser la quadrature du cercle Philippe Charlez montre en quoi la conciliation de la croissance économique et des objectifs climatiques est un exercice d’équilibrisme. La décarbonation de la société passe par une électrification massive des usages (habitat, transports, industrie). Il ne croit pas à une croissance 100 % verte à l’horizon 2050, mais à un mix « arc-en-ciel » avec une partie significative d’énergies renouvelables, mais aussi de l’électricité nucléaire et encore 30 % à 40 % de fossiles (presque plus de charbon, moins de pétrole, mais beaucoup de gaz naturel). Il considère que la décarbonation de l’habitat sera la plus rapide, que celle des transports nécessitera de bien différencier distance et puissance (voiture électrique pour courtes distances, hydrogène et biocarburants pour longues distances et fortes puissances -camions, bateaux et peut-être avions). Le plus difficile sera de décarboner l’industrie dont les procédés (acier, ciment, verre) auront toujours besoin de la « flamme fossile ». La compensation par la capture et la réinjection du carbone dans le sous-sol sera donc incontournable pour accéder à la neutralité carbone. À plus long terme, seul le nucléaire pourra totalement décarboner la société. Le projet ITER réalisant la fusion nucléaire représente le principal espoir de libérer l’humanité de sa « geôle énergétique ».

Sur la croissance économique et la coopération internationale

Libéral, humaniste et Européen convaincu[1], Philippe Charlez considère que la transition énergétique passe par un juste équilibre entre les trois piliers du développement durable (économique, sociétal et environnemental). Il reste convaincu que la croissance économique et son corollaire qu’est le développement restent les meilleurs alliés de la transition énergétique. Les deux principaux ennemis de la transition sont selon lui l'écologie politique[2] qui hypertrophie le pilier climatique aux dépens de l’économique et du sociétal, et le nationalisme qui hypertrophie l’économique et le sociétal aux dépens du climat. Il pense que l’urgence climatique finira par conduire les grandes nations à une collaboration internationale.

Sur les mouvements jeunistes face au réchauffement climatique

Bien que climato convaincu et ayant pris des positions claires vis-à-vis des mouvements climato-sceptiques, Philippe Charlez s’inquiète de la montée des « passions tristes »[3] chez les jeunes. Sorte de melting pot entre la collapsologie, l’écologisme, le marxisme et l’anarchisme qui viserait au retour à une société vernaculaire primitive égalitariste vivant sans libertés et dans la pauvreté absolue. Il est notamment hostile aux prises de position de Greta Thunberg et de ses émules comme les collectifs Youth for Climate et Xrebellion. Le climat est selon lui instrumentalisé au profit d’une double lutte des classes à la fois économique (riches contre pauvres) mais aussi générationnelles (les baby-boomers porteraient le fardeau du réchauffement climatique). Il a appelé cette instrumentalisation le « climato gauchisme » par analogie avec « l’islamo gauchisme ».

Selon Philippe Charlez la clé n’est pas le militantisme mais la pédagogie[4]. Il regrette notamment que la transition énergétique soit enseignée au lycée comme une photo instantanée sans la replacer dans son contexte historique depuis la révolution industrielle.

Il s’est aussi montré très critique vis-à-vis de la Convention Citoyenne pour le Climat manipulée selon lui par une écologie de gauche[5].

Sur les prix de l’énergie

Dans une étude pour le compte de l’Institut Sapiens, il indique dès 2019 que les prix de l’énergie et en particulier ceux du gaz sont amenés à fortement augmenter dans un contexte de rupture structurelle offre/demande. La réduction structurelle de l’offre se lit en filigrane d’un manque d’investissements dans les nouveaux projets gaziers, tandis que l’accroissement structurel de la demande est liée à l’impossibilité des renouvelables à satisfaire la croissance de la demande électrique, et ce malgré des investissements colossaux (plus de 5000 milliards de dollars entre 205 et 2021). Les renouvelables ne peuvent satisfaire seuls l’accroissement de la demande électrique et auront besoin d’un support. Si ce n’est pas le gaz, ce ne peut être que le nucléaire. Philippe Charlez s’est donc prononcé en faveur du plan Macron décidé à relancer de façon très significative le nucléaire.

Sur les inégalités

Dans son ouvrage L’Utopie de la croissance verte : les lois de la thermodynamique sociale, il démontre que comme tous les systèmes présents dans l’univers (galaxie, étoiles, planètes, mais aussi êtres vivants), la société de croissance est une gigantesque structure dissipative. Elle consomme en entrée des ressources matérielles (minerai, humus) et énergétiques (dont 83 % d’énergies fossiles), produit de l’énergie libre sous forme de biens (richesse matérielle) et de services (richesse informative) et rejette dans l’environnement des déchets dont le CO2 responsable du réchauffement climatique. Comme toute structure dissipative, cette production de richesse requiert un système ouvert (libre échange), des inégalités sociales et de l’ordre (c’est-à-dire de l’autorité). Autrement dit, la création de richesses matérielles et d’information sont indissociables d’inégalités. Sans inégalités on stoppe tous les flux, qu’ils soient matériels, financiers ou informatifs et le système ne peut conduire à terme qu’à la pauvreté absolue. Contrairement à une idée imposée par la morale, la réduction de la pauvreté passe par la création de richesses et est donc indissociable d’ordre et d’inégalités. La structure dissipative recouvre les valeurs de droite comme la sélection et la compétition (système inégalitaire), le libre-échange (système ouvert) et l’autorité (système ordonné). Couvrant une infinité d’états inégalitaires possibles il est aussi synonyme de pluralisme.

Sur la décroissance

Proche de Jean-Marc Jancovici sur les questions énergétiques et notamment le nucléaire, Philippe Charlez est en revanche fermement opposé au décroissantisme. La décroissance correspond à une société de privations, et non pas, comme le prétend Delphine Batho, à une société du plus. Il considère que notre société de croissance est loin d’être optimisée et a encore de beaux jours devant elle. Il défend la thèse d’un développement durable s’appuyant sur une croissance soutenable. Il est de ceux considérant que nos enfants vivront mieux que nous qui avons vécu bien mieux que nos parents et nos grands-parents. Il reste un irréductible défenseur de la science, du libéralisme et de la société prométhéenne.

Publications

Philippe Charlez est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur l’énergie et la transition énergétique. Il publie dans de nombreuses revues scientifiques et générales en particulier La Revue de L’Énergie, la revue Risques, La Revue Parlementaire et la Revue Politique et Parlementaire[6].

  • 1991, Rock Mechanics I, Ed.Technip
  • 1997, Rock Mechanics II, Ed.Technip
  • 2014
    • Our energy future is not set in stone, Ed Technip
    • Gaz et Pétroles de schistes en questions, Ed Technip
  • 2015, The shale oil & gas debate, Ed Technip
  • 2017, Croissance, énergie et climat. Dépasser la quadrature du cercle, Ed De Boek Supérieur
  • 2021, L’utopie de la croissance verte. Les lois de la thermodynamique sociale, Ed JM Laffont

Notes et références


 

 


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