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septembre 02, 2026

Une France pré-révolutionnaire et des bilans....sans fin !

 

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

 

La situation de la France est-elle prérévolutionnaire ?


L'édito de Franz-Olivier Giesbert
➡️  https://l.lepoint.fr/8dw

La France flirte avec la récession, ses dirigeants avec la médiocrité. Et si 2027 ressemblait davantage à 1789 qu’à une élection ordinaire ?

La campagne présidentielle n’est pas à la hauteur. Sans doute le serait-elle si notre pays était bien portant, comme dans les années 1960 ou 1970. Or, ce n’est pas le cas, il s’en faut. À une ou deux exceptions près, nous n’avons droit, pour l’heure, qu’à des boniments de boutiquiers ou de braillards du monde d’hier.

L’Histoire n’est pas un conte pour enfant qui finirait toujours bien. L’Insee venant de réviser à la baisse les chiffres de la croissance – négative au premier trimestre (– 0, 2 %) et nulle au deuxième (0 %) –, il ne fait plus de doute que la France est au bord de la récession. Déjà, le nombre de faillites d’entreprise bat des records, de même que le taux d’intérêt à dix ans pour notre dette publique, au plus haut depuis vingt ans après avoir franchi la barre des 4 %.

C’est une révolution qu’il nous faut, copernicienne s’entend, du nom de l’astronome Nicolas Copernic, qui avait placé à juste titre notre étoile, et non plus la

                                                                                                                    La garde nationale de Paris, rassemblée sur le pont Neuf,  part pour l'armée en septembre 1792. Peinture de Leon Cogniet, 1833-1836. BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP/

Terre, au centre du Système solaire. Eh bien, il s’agit maintenant de privilégier enfin la bonne gestion au lieu de boucler des budgets stupides, ultra-déficitaires et porteurs de récession, en augmentant, comme l’an dernier, à la fois les dépenses et les impôts pour complaire au PS. Gageons que ce sera encore le cas, faute de majorité, de la prochaine loi de finances.

Si nous continuons sur la voie de la facilité en 2027 avec d’autres gouvernants invertébrés sans vision ni courage, c’est peut-être une autre révolution qui nous attend, tragique celle-là, comme ces chamboule-tout qui frappent les vieilles sociétés vermoulues pour les asservir, au nom d’une prétendue « justice sociale », sous la tyrannie de minorités agissantes. Même si l’Histoire ne repasse pas toujours les plats, on peut considérer que pas mal d’éléments déclencheurs sont en place, en cet automne, pour une énième resucée de la Révolution française, après celles de Juillet (1830), de Février (1848) ou de la Commune (1871).

Sommes-nous vraiment en 1789 ? Comme il y a deux cent trente-sept ans, notre pays est confronté à au moins cinq défis. Le spectre d’une crise financière provoquée par un endettement faramineux – la moitié des rentrées fiscales étant, à la fin de l’Ancien Régime, affectée au service de la dette. La paralysie d’une monarchie croulant sous les institutions, impôts, réglementations inutiles. La plus haute cour de justice, jadis le Parlement de Paris, qui se dresse contre l’État. La marmelade idéologique qui tient lieu de cervelle à une partie de l’opinion et de notre jeunesse. Sans parler du dérèglement climatique avec des canicules délirantes suivies par des intempéries démentielles comme celles qui, en 1788, un an avant l’explosion, ravageaient les récoltes. Que de similitudes dans cette convergence des crises !

C’est pourquoi La Révolution française*, le livre de Jean-Christian Petitfils, tombe à pic. Après plusieurs biographies de référence – notamment son Jésus ou son Louis XVI –, l’auteur nous donne un bel exemple d’histoire totale, comme si on y était, où se mêle, dans un grand récit fluvial, tout ce qu’il a pu dénicher au terme d’un travail titanesque dans les trous de serrure, les ouvrages de l’époque, les publications officielles, les journaux personnels, etc. Chapeau, l’historien ! N’étant pas une sensibilité de gauche, il se veut objectif, ménageant ses (nombreux) collègues robespierristes qu’il cite souvent. Il est certes moins virulent qu’Hippolyte Taine dans son sublime chef-d’œuvre Les Origines de la France contemporaine (Bouquins). Mais, à la fin, le bilan de la Révolution, bonne et mauvaise conscience de notre héritage politique, n’en est pas moins cruel.

C’est ainsi que nous vivons depuis, au rythme d’une guerre civile froide qui, le terrorisme intellectuel aidant, atteint des niveaux paroxysmiques. D’où, observe Jean-Christian Petitfils, « ce cancer de la jalousie » et la haine obsessionnelle des « riches ». D’où la volonté de « faire taire l’adversaire au nom de la loi », à défaut de pouvoir le guillotiner. L’Histoire bégaye et, sous les drapeaux rouges de La France insoumise, les sans-culottes sont revenus, comme les tristement célèbres « exagérés » et « enragés » de 1793. La famille Addams est de toutes les époques. C’est pourquoi on ne peut lire cette fresque sans un léger malaise, comme si elle nous parlait de nous aujourd’hui. Comme disait Elie Wiesel, « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire s’exposent à ce qu’elle recommence ».

* La Révolution française, de Jean-Christian Petitfils (Perrin, 960 p., 29,90 €).

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/fog-la-situation-de-la-france-est-elle-prerevolutionnaire-JZQQWERJZVHDNNFNJ3DPIH6UCI/?at_variante=Community%20Management

 

Quand le centre et la droite font tout pour perdre la présidentielle de 2027…

À moins d’un an de l’échéance, le « bloc central » se voit en challenger et cherche un chemin vers le second tour. Sans forcément bien s’y prendre.

Le « bloc central », expression valise mélangeant choux et carottes, pro et anti-Macron, ne part pas favori, loin de là, pour 2027 : à moins d’un an du scrutin, la France porte aux nues le RN et tout ce qui est à droite de la droite. Le soi-disant « bloc » a cependant l’espoir, comme les socialistes, de se qualifier pour le second tour à la place de Mélenchon.

Ce qui ne l’empêche pas d’aligner au moins trois candidats à la présidentielle, comme s’il avait décidé de zapper 2027. Avec son profil de rassembleur, Édouard Philippe, qui fait la course en tête, a un « atout » : c’est le chouchou des médias, ce qui, dans le passé, porta malheur à Balladur (en 1995) ou à Jospin (en 2002). Apparemment, il a tout pour lui. Sauf la dynamique.

Édouard Philippe doit encore prouver qu’il pourrait avoir un jour du courage après avoir consenti, sur instruction du président, quand il était à Matignon, à saborder le nucléaire, annonçant même fièrement la fermeture de Fessenheim. Certes, il est le seul à avoir osé se prononcer pour un allongement de l’âge de la retraite à 67 ans, qui réglerait une partie de notre surendettement, mais depuis, il se tortille plus ou moins. Pourquoi, à la fin, avoir proposé sur cette question un référendum qui, s’il était perdu, ruinerait d’emblée son mandat ?

Gabriel Attal, lui, parle beaucoup mais ne dit pas grand-chose. Après Macron, les Français n’en ont-ils pas soupé de la fringance pour la fringance ? Si doué soit-il, et il l’est, Attal semble faire un tour de chauffe avant les scrutins de… 2032, 37, 42 ou 47. Même s’il a rompu avec son ex-mentor, dont il a été le Premier ministre pendant sept mois et vingt-sept jours, il reste perçu comme un héritier de Macron dont il partage la passion pour le tout-à-la-com. Il y a quelque chose en lui du Petit Prince, auquel Saint-Exupéry fait dire : « J’ai appris que le monde est le miroir de mon âme. »

Malgré ses qualités d’homme d’État, Bruno Retailleau n’a pas fait la percée, sous son plafond de verre à 10 %. Politique à l’ancienne, c’est-à-dire cultivé, le président des Républicains, apparaît comme le moins bien placé des trois candidats. La nature l’ayant doté d’une vraie bienveillance, le pas de deux de Laurent Wauquiez avec Philippe aura été pour lui une aubaine ; il s’est fait les dents en déclarant qu’il ne voulait pas « suffisamment de mal » au maire du Havre pour que Wauquiez le soutienne, lequel, ajouta-t-il, « le rend un peu plus sympathique ». Son obstination de moine-soldat peut finir par payer. Mais la situation actuelle peut encourager aussi d’autres candidatures.

David Lisnard et Robert Ménard, deux ovnis hors système, sont fondés à faire prévaloir quelques prétentions. Forts de leurs résultats impressionnants aux municipales - respectivement réélus dès le premier tour à Cannes (81,1 %) et à Béziers (63,6 %)-, ils ont montré, sur le plan local, une réelle capacité à rassembler large, bien au-delà de leur pré carré idéologique : le libéralisme économique pour le Cannois, le rétablissement de l’autorité pour le Biterrois. Armés d’un mélange de punch et de parler vrai, ils incarnent une sensibilité de la droite qui peut séduire une partie de la gauche ou du centre et qui devra être représentée, d’une manière ou d’une autre, à la présidentielle.

Les socialistes n’ont pas dit leur dernier mot. Même si Olivier Faure, le gardien de cimetière aux commandes du PS, manœuvre pour se présenter, François Hollande est, selon les derniers sondages, placé en tête par les électeurs de la gauche non éléfiste, talonné par Raphaël Glucksmann. Rien n’est joué, mais la force de l’ancien président est toujours d’être… sous-estimé. Il semble pourtant fait pour les temps de crise. La preuve, une étude du sérieux institut Fipeco, de l’excellent François Ecalle : dans son classement des gouvernements de la Ve qui ont fait le plus d’efforts structurels, hors conjoncture, pour rétablir les comptes, ceux du mandat de Hollande (mais oui!) sont arrivés en deuxième position – certes en augmentant les impôts !- derrière l’assainissement de Juppé au début du premier septennat de Chirac. Lanterne rouge, Macron, avec Philippe, son Premier ministre de 2017 à 2020, fait figure de cancre avéré.

Sismiques sont les défis qu’auront à relever les vainqueurs de 2027 qui sera, selon Bruno Retailleau, « l’élection de la dernière chance ». C’est ce qu’on dit avant chaque scrutin. Mais, alors que se multiplient les crises systémiques – dette, immigration, justice, désindustrialisation, etc. -, on est fondé à croire que ça n’a jamais été aussi vrai.

Franz-Olivier Giesbert 

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-le-centre-et-la-droite-font-tout-pour-perdre-la-presidentielle-de-2027-X6IW6CRNWVEZBFJIQRUMG6UBFU/



 

 Coincée entre une conjoncture mondiale défavorable et une situation budgétaire inquiétante, la France se retrouve contrainte de payer toujours plus cher pour financer ses dépenses publiques. → https://l.lefigaro.fr/FPrQ

Bonnet d’âne de la zone euro, la France voit son taux d’emprunt à 10 ans atteindre 4,27%, au plus haut depuis 2008

L’indicateur est suivi comme le lait sur le feu par les experts de Bercy et il vient de largement déborder. Le taux d’intérêt payé par la France sur ses emprunts à 10 ans a atteint 4,27% ce mercredi. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis la crise financière de 2008. Concrètement, cela signifie que le prix payé par Paris pour obtenir l’argent nécessaire afin de combler son déficit et faire face à ses échéances de dette va grimper. Une mauvaise nouvelle de plus, alors que le pays fait face à une situation budgétaire très dégradée et que la préparation du budget 2027 s’annonce comme un long chemin de croix.

Quand la gérontocratie française doit retourner à l’école…

 La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. AFP

Spreads, désindexation des retraites, dépenses publiques : la rentrée 2026 s’annonce comme un brutal cours de rattrapage.

C'était l’époque où la France – et la planète avec elle, il faut le dire – bachotait frénétiquement. La crise des subprimes, de 2007 à 2009, a imposé à tout le monde un grand rattrapage forcé en économie et en finance. On découvrait, souvent, ce qu’étaient les swaps, les ratios prudentiels des banques, les risques systémiques et le fameux bailout – ou sauvetage sur fonds publics. Le grand tremblement de l’euro, de 2010 à 2012, a, lui, été le déclencheur d’une formation accélérée en finances publiques, comprenant, par exemple, une initiation aux spreads, ces différentiels de taux d’intérêt qui s’accroissent dangereusement, quand tout va mal, entre les pays qui ont les reins solides et ceux qui sont considérés comme des maillons faibles. On constatait alors, avec stupéfaction, à quelles extrémités certains États au bord du gouffre étaient réduits : baisse brutale des retraites, des salaires des fonctionnaires, etc.

Le problème, bien sûr, est que nous faisons désormais office de cancre. « La France remplace l’Italie comme plus grosse inquiétude des investisseurs obligataires européens », titrait la semaine dernière le Financial Times. Ceci n’est pas un jugement arbitraire : Rome a réduit son ratio de dette par rapport au PIB de 154 % en 2020 à 139 % cette année. Paris, dans le même temps, est passé de 114 à 117 %…

Plus très loin de l’accident

La rentrée 2026 risque pour les Français de ressembler à un stage de remise à niveau express, avec travaux pratiques immédiats. Le fait que la désindexation des retraites, qui était un sujet explosif, et donc un peu tabou ces derniers temps, revienne soudainement dans les discours de nombreux politiques, y compris de gauche, est un aveu : cela dit à quel point la suspension de la réforme des retraites était un mensonge cynique et que nous ne sommes plus très loin de l’accident. Cette rentrée des classes pour tous fera ressortir d’autres vérités, enfouies sous le moelleux « quoi qu’il en coûte » de ces dernières années. « Il n’y a pas de meilleure éducation que l’adversité », disait l’ancien Premier ministre et écrivain britannique Benjamin Disraeli…

François Villeroy de Galhau, qui fut gouverneur de la Banque de France de 2015 à 2026, l’un des esprits les plus brillants de notre pays, entame cette semaine au Point une chronique mensuelle sur l’économie. Quel meilleur professeur pouvait-on imaginer ? Dans ce numéro, il nous raconte cette inquiétante déambulation française « entre aveugles et illusionnistes », nous rappelant au passage que la France, si ses dépenses, rapportées au PIB, étaient comparables à celles des autres membres de la zone euro, brûlerait chaque année 270 milliards d’euros en moins…

La classe politique française ne pourra s’extraire longtemps de ces réalités. À part, bien sûr, les habituels vendeurs d’élixirs miraculeux.

Le début du sursaut ?

Il faut, à cet égard, se réjouir de la tournure prise par la campagne ces derniers jours. Entre la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef, et le Laboratoire de la République, créé par Jean-Michel Blanquer et qui s’est tenu cette année à Sens, les sujets qui fâchent ont été abordés de manière plus franche. Est-ce le début du sursaut ?

Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher.

Villeroy de Galhau

Si nous pouvions, au moins, nous mettre d’accord sur quelques vérités comme celles que souligne François Villeroy de Galhau : « Entendons-nous, la France ne fera pas faillite : nous trouverons toujours des prêteurs, mais ce sera de plus en plus cher. Nous ne sommes donc pas menacés par l’écroulement, mais par l’étouffement, étendu par contagion au coût des emprunts des entreprises comme des ménages. Et nous perpétuons nos choix gérontocratiques, contre la jeunesse et les dépenses d’avenir en sa faveur. »

En clair, non seulement la France doit retourner en cours pour réapprendre les fondamentaux, mais elle doit aussi commencer par saisir que ce qu’elle fait aujourd’hui est une faute morale contre ses écoliers, au sens propre du terme 

Étienne Gernelle

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/quand-la-gerontocratie-francaise-doit-retourner-a-lecole-J6THWITXXFFKJNJADGHNP2R5F4/ 


Emmanuel Macron, les 35 heures et la suite de sa carrière

 

 

 

avril 24, 2026

ACTUALITÉS POLITIQUES en FRANCE (Avril 2026)

Sommaire:

A) - Ces politiques publiques qui tuent la protection sociale

B) - La santé du Président au-dessus de la Constitution ?

C) - Macron viole Notre-Dame : un président païen impose sa marque sur le patrimoine religieux français

D) - Présidentielle 2027 : faut-il espérer l’homme providentiel ou le redouter ?

 


 

 

A) - Ces politiques publiques qui tuent la protection sociale

En 1981, le rapport « L’État-protecteur en crise » de l’OCDE alertait sur la crise de l’État-providence. Nous n’avons pas compris que la crise de l’État-protecteur était la conséquence de celle de l’Économie. À la suite de la première crise du pétrole, à la suite des restructurations « sociales » de la sidérurgie, nous n’avons pas vu qu’en ce début des années 80, pour sauver le modèle social, il fallait commencer par sauver le modèle de production. Des politiques de redéveloppement économique insuffisantes ont fait privilégier des politiques d’accompagnement social des restructurations qui n’auront été que des déstructurations Du FNE – Fonds national pour l’emploi, qui visait à l’origine à « faciliter aux travailleurs salariés la continuité de leur activité à travers les transformations qu’implique le développement économique… », on ne retenait que le dispositif des préretraites. Le traitement social de la crise ne suffisant pas, il fallait soutenir le moral collectif par de nouveaux acquis sociaux avec, dans un premier temps, la cinquième semaine de congés payés, l’augmentation du SMIC, la retraite à 60 ans, les 39 heures.

Ces acquis sociaux ont anticipé sur les gains de productivité. Ils ont été autant de mauvais coups portés à l’outil de production d’abord, au modèle de protection sociale ensuite. Les économistes s’inquiétaient de l’essoufflement de la croissance, les comptables publics, eux, de l’essoufflement des recettes publiques et succombaient à l’illusion budgétaire de l’endettement. L’action publique a eu sur le malade le même effet que les saignées que pratiquaient les médecins de Molière, les exécutifs successifs et les docteurs de Bercy (qui logeaient encore à Rivoli) ont saigné encore davantage l’outil de production. L’aggravation du mal justifiait l’intervention renouvelée de l’État.

Des politiques publiques déconnectées de l’économie

En subsidiarisant les politiques de soutien et de développement de l’outil de production, la redistribution était privilégiée au détriment de la distribution primaire à la production. Le cercle vicieux s’est mis en branle jusqu’à asphyxier l’économie. À défaut de volontarisme économique, l’État a inventé un keynésianisme social dont le seul multiplicateur observable affecte les prélèvements obligatoires, les aides et subventions publiques et la dette.

Tout se passe comme si la finance publique était un « outil » autonome, déconnecté de l’activité économique qui l’alimente, comme si les prélèvements obligatoires étaient sans effets sur la capacité de l’économie à produire. Tout se passe, ensuite, comme si la dépense sociale était étanche aux politiques publiques malthusiennes qui entretiennent le besoin de protection sociale. Le système de protection sociale n’est pas un « objet » autonome et neutre. Encastré dans un système politique court-termiste qui s’illusionne sur son affranchissement de l’économie, il « encaisse » les conséquences sociales des politiques publiques, sociales ou non.

Le social, placebo et bouc émissaire des politiques économiques malthusiennes

La protection sociale est devenue ce système de protection économique « qui se propose de protéger des individus ou des groupes contre la diminution de leurs revenus » (Friedrich Hayek). L’État est devenu cette grande fiction qui, au motif de la sécurité économique des individus, s’exonère, et nous exonère aussi, de la contrainte de l’économie. Cette grande fiction fait prendre la conséquence pour la cause et fait de la dette sociale le secret de famille que nous révèle « La dette sociale de la France, 1974-2024 » (Nicolas Dufourcq) : c’est elle qui explique les deux tiers de la dette publique.

Le comptable public a comptablement raison, il y a corrélation entre l’évolution de la dette publique et celle de la dépense sociale, mais, a-t-il économiquement raison ? Si les comptes publics donnent une image fidèle (certifiée avec réserves par la Cour des comptes) des recettes et dépenses publiques, donnent-ils une image fidèle de l’action publique, disent-ils la part des politiques publiques malthusiennes pour l’économie qui pèse sur les budgets sociaux ?

La politique d’aides à l’emploi et la microentreprise donnent une idée de ce que sont les conséquences, pour la dépense sociale, de l’action publique dans le champ de l’économie.

Les allègements et exonérations de cotisations sociales. Ces mesures de soutien à l’emploi ont eu des effets positifs de création ou de préservation d’emplois peu qualifiés. En 2024, le rapport Bozio-Wasmer (Les politiques d’exonérations de cotisations sociales : une inflexion nécessaire) observe que ces mesures ont accompagné une hausse du taux d’emploi et que leur efficacité diminue sur la longue période. Ces mesures d’allégement des cotisations sociales ciblées sur le bas de la distribution salariale ont démontré que l’élasticité de l’emploi au coût du travail est forte pour les plus bas revenus. En faisant jouer cette surélasticté favorable à la création et à la préservation d’emplois peu qualifiés, ces mesures ont aggravé le risque de piège à bas salaire et favorisé la smicardisation du salariat à laquelle ont participé le passage aux 35 heures et les coups de pouce au SMIC (Bozio-Wasmer).

Le coût pour les finances publiques, de l’ordre de 75 à 90 mds €, résulte, en premier niveau, des moindres recettes sur les emplois existants préservés (moindre recette sociale compensée par plus d’impôt) et, en deuxième niveau, de la création d’emplois peu ou pas contributifs au financement des budgets sociaux. Au troisième niveau, le coût de ces dispositifs, c’est celui des aides aux bas revenus qui résultent des aides aux emplois peu qualifiés. Le cercle est, vraiment, vicieux : la politique pour l’emploi conduit à une surdépense sociale.

Le cercle n’en a pas fini d’être vicieux, le mal métastase. En compensant la moindre recette sociale par l’impôt (les ITAf, impôts et taxes affectées à la Sécurité sociale), l’État pénètre un peu plus encore le champ de la protection sociale en modifiant la source de son financement par la substitution de la fiscalité aux cotisations sociales. Pour le comptable public qui raisonne en taux de prélèvements obligatoires, ce mouvement est neutre : moins de cotisations sociales et plus d’impôts, c’est, pour lui, « toutes choses égales par ailleurs ». Ce raisonnement alimente le débat sur la dépense sociale, dont le niveau oblige à recourir à l’impôt et grossit ainsi la dette publique, jusqu’à la voir comme sa principale cause. Le piège se referme sur la dépense sociale dont on ne voit plus que son augmentation résulte des subventions et aides aux emplois peu qualifiés.

La micro-entreprise. Créé par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, le statut du micro-entrepreneur visait l’objectif de simplifier l’accès à l’entrepreneuriat et, selon les mots de son créateur Hervé Novelli, allait réconcilier patrons et salariés et faire se retourner Karl Marx dans sa tombe. Cette réforme de modernisation de l’économie a des conséquences sur les budgets sociaux en recette, c’est heureux, et en dépense, ça l’est moins.

L’effet positif de la micro-entreprise est d’inciter à la déclaration d’activités jusqu’alors dissimulées. Ces activités déclarées élargissent l’assiette fiscalo-sociale. L’incitation à déclarer résulte des plus faibles taux de cotisation et d’imposition que ceux appliqués au salariat et à l’entreprise. Ces faibles taux, c’est le prix (la dépense fiscalo-sociale) qu’il faut payer pour socialiser le travail non déclaré. S’il y a élargissement de l’assiette fiscale et sociale, chaque emploi de micro-entrepreneur génère d’abord un manque à gagner pour l’État puis, à terme, un coût. Le manque à gagner, ce sont les moindres recettes fiscales et sociales par emploi. Le coût à terme, c’est celui des aides à l’individu (RSA, indemnité chômage, prime d’activité, retraite…), qui compensent la faible rémunération de la micro-activité.

Le succès du statut de micro-entrepreneur a été dopé par l’émergence des « plateformes ». Si Marx se retourne dans sa tombe, peut-être est-ce parce que le statut du micro-entrepreneur est, souvent, le retour à celui du « journalier » ou du « manouvrier » qui se loue à la journée. Une fois encore, la sur-élasticité des bas revenus aux incitations fiscalo-sociales joue pleinement !

Le vrai « secret de famille », c’est l’échec des politiques économiques

Les allègements de cotisations sociales et le statut de micro-entrepreneur, les politiques pour l’emploi et la modernisation de l’économie, en facilitant la création d’emplois faiblement rémunérés et bénéficiant d’une couverture sociale réduite, ont ajouté au besoin de protection économique et sociale « ex post ». L’amélioration du marché du travail qui en a résulté n’a pas profité aux moins qualifiés (Bozio-Wasmer). Le ministère du Travail et des Solidarités le formule sans nuance en présentant la réforme de la prime d’activité comme « un effort inédit pour le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent ». Quand le ministère est en même temps celui du Travail et des Solidarités, les solidarités semblent primer sur le travail et ce ministère se fait le champion de la dépense publique pour soutenir le pouvoir d’achat de ceux qui travaillent !

Quand la dépense sociale compte pour un tiers du PIB, elle devient effectivement insoutenable. Pour la rendre soutenable, il n’y a que deux solutions : celle malthusiano-comptable et « paramétrique » de la réduction des prestations, et celle d’un volontarisme économique qui favorise la création d’emplois qualifiés, rémunérateurs et contributeurs aux charges publiques. Il faut craindre que la rigueur comptable et ses résultats immédiats ne l’emportent sur l’ambition économique.

Michel Monier

https://nouvellerevuepolitique.fr/michel-monier-ces-politiques-publiques-qui-tuent-la-protection-sociale/ 

 


 

B) - La santé du Président au-dessus de la Constitution ?

Le secret médical enterre l’article 7 et la transparence démocratique

Le 23 avril 2026, le Tribunal administratif de Paris a rendu une décision qui pourrait bien entrer dans l’histoire du droit constitutionnel français.

En rejetant la requête de FranceSoir, les juges ont confirmé que les Français n’ont aucun droit d’obtenir la publication des bulletins de santé du Président de la République.

Ni ceux d’Emmanuel Macron depuis décembre 2020, ni même un simple bulletin actualisé. Le secret médical est absolu. Point final. La question posée par Xavier Azalbert dans FranceSoir est désormais claire : la santé du Président est-elle placée au-dessus de la Constitution ?

Un secret médical qui rend l’article 7 inopérant

L’article 7 de la Constitution est pourtant limpide : en cas d’empêchement du Président (maladie grave, accident, coma…), le Conseil constitutionnel, saisi par le gouvernement, constate cet empêchement et organise l’intérim pour garantir la continuité de l’État. Comment déclencher cette procédure sans la moindre information médicale fiable ? Sans bulletin officiel, sans transparence, la disposition constitutionnelle devient purement théorique. 

Le tribunal a balayé cet argument d’un revers de main : l’article 7 ne créerait « aucun droit ou liberté invocable par les citoyens ». 

Le secret médical (article L. 1110-4 du Code de la santé publique) prime sur tout, y compris sur l’intérêt public majeur que représente la capacité du chef de l’État à exercer ses fonctions – notamment le commandement des armées et la dissuasion nucléaire.

Des promesses de campagne oubliées

En 2017 comme en 2022, Emmanuel Macron s’était pourtant engagé, publiquement et sans ambiguïté, à publier « sans exception et sans hésitation toute information susceptible d’avoir des conséquences quant à [sa] capacité de diriger le pays » (voir ici). Depuis décembre 2020, plus aucun bulletin officiel n’a été communiqué. En 2022, le Président avait lui-même évoqué une « dépression très grave » devant un journaliste. Mais depuis ? Silence radio. Les données médicales existent au sein de l’Élysée, pourtant leur synthèse en bulletin de santé est refusée comme un simple « choix politique ».

Le précédent Mitterrand et la jurisprudence de la CEDH ignorés

L’histoire montre que ce genre de secret peut avoir des conséquences dramatiques. François Mitterrand avait caché son cancer pendant des années. La Cour européenne des droits de l’homme,

dans l’affaire du « Grand Secret », avait reconnu l’intérêt légitime de la société à connaître la vérité sur la santé d’un Président, surtout une fois les faits avérés.

Le tribunal administratif de Paris semble avoir fait le choix inverse : le droit à l’intimité l’emporte sur le droit de la société à demander des comptes à son « agent public » suprême (article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789).

Un précédent dangereux pour la démocratie

Cette décision ne concerne pas seulement Emmanuel Macron. Elle concerne tous les futurs Présidents.

Elle consacre une opacité totale sur un sujet qui touche directement à la souveraineté nationale : la capacité du détenteur du code nucléaire à prendre des décisions vitales pour la France.

Elle rend impossible tout contrôle démocratique sérieux sur l’aptitude physique et mentale du chef de l’État.

FranceSoir étudie actuellement un pourvoi devant le Conseil d’État. La bataille judiciaire continue, mais le signal envoyé hier est inquiétant : en France, en 2026, la santé du Président semble être devenue un « grand secret d’État » protégé par un bouclier juridique infranchissable.

La République a-t-elle encore les moyens de se protéger contre l’opacité ?

Dans une démocratie moderne, la transparence n’est pas une option de confort, c’est une exigence de survie institutionnelle. Le peuple français paie cher – très cher – le fonctionnement de l’État. Il a le droit légitime de savoir si celui qui détient le pouvoir suprême est en état de l’exercer pleinement. 

Le secret médical absolu, lorsqu’il s’applique au Président de la République, transforme l’article 7 de la Constitution en lettre morte. Il place la vie privée d’un homme au-dessus de la continuité de l’État et du droit à l’information du peuple souverain. 

C’est une question qui dépasse largement le cas Macron. C’est une question constitutionnelle fondamentale. Aux citoyens, aux parlementaires et au Conseil d’État de trancher : dans la Ve République, la santé du Président peut-elle vraiment rester un sujet tabou ? 

L’avenir de la transparence démocratique en dépend.

https://multipol360.com/la-sante-du-president-au-dessus-de-la-constitution/ 

 

 

 C) - Macron viole Notre-Dame : un président païen impose sa marque sur le patrimoine religieux français

Un passage en force inacceptable contre l’avis de tous les experts

Le 20 avril 2026, l’autorisation préfectorale signée par le préfet d’Île-de-France Marc Guillaume a été officiellement affichée sur les grilles de Notre-Dame. Ce document autorise la dépose de six grandes baies historiques (chapelles sud de la nef), ornées des grisailles d’Eugène Viollet-le-Duc du XIXe siècle, classées Monuments historiques et parfaitement intactes après l’incendie. Malgré deux rejets unanimes de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, malgré une pétition qui dépasse les 337.000 signatures, malgré l’opposition massive des historiens d’art et de l’Académie des Beaux-Arts, Emmanuel Macron passe en force.

Ce n’est plus une restauration, c’est un acte de vandalisme d’État.

 


Un président païen qui se mêle de questions religieuses

Emmanuel Macron, qui se revendique ouvertement païen et laïc, n’a aucune légitimité spirituelle pour décider de l’apparence intérieure d’une cathédrale millénaire. Pourtant, il s’arroge le droit d’imposer sa « marque du XXIe siècle » dans un lieu de culte.

Rappelons que la séparation de l’Église et de l’État, si chère à la gauche républicaine, interdit justement à l’État de se substituer à l’autorité religieuse sur les questions de foi et de symbolique. 

Mais quand il s’agit de satisfaire son ego et celui de son entourage, la laïcité devient soudain très flexible. On imagine le tollé si un président de droite avait osé toucher à un symbole aussi sacré.

Des vérités cachées sur l’incendie que le pouvoir préfère ignorer

Ce projet arrive sur fond d’un incendie du 15 avril 2019 dont les circonstances restent, cinq ans plus tard, étrangement opaques. Aucune cause officielle n’a été définitivement retenue. Les enquêtes ont révélé des négligences graves : sécurité sous-traitée à bas coût, alarmes mal interprétées, rapports d’alerte classés « secret défense », court-circuits possibles dans des installations électriques obsolètes. Des anomalies troublantes (propagation ultra-rapide du feu, absence de chantier au moment du sinistre) continuent d’alimenter les soupçons. Au lieu d’une transparence totale, le pouvoir a préféré transformer la tragédie en opération de communication nationale, en appelant aux dons privés massifs tout en masquant ses propres manquements dans l’entretien du patrimoine.


INCENDIE et VITRAUX de NOTRE-DAME de PARIS !
Colonel Yves Logette sur l’incendie de Notre Dame.
En février 2019, la charpente aurait été traitée (voir le reportage sur A2) contre les insectes avec un gel. Elle ne l’avait jamais été depuis plus de 800 ans. Suite à ce traitement, le bois change de couleur et devient un peu couleur acajou.
Le 15 avril la charpente prend feu et, assez significativement, le feu augmente au moment où les pompiers interviennent comme si l’eau activait les flammes. La charpente est en chêne, or le chêne sec ne fait pas de flamme, il rougeoie.
L’entreprise, qui a désinsectisé aurait été bernée en répandant non pas un produit désinsectiseur mais un produit pyrotechnique qu’on lui a obligatoirement fourni car elle n’est pas en mesure de le produire sur le plan chimique.
Le produit de type « thermite », composé d’oxyde de fer et d’oxyde d’aluminium, donne cette couleur acajou obtenue après la pulvérisation et donne cette couleur jaune-orangée des flammes de l’incendie.
Depuis février, le produit sans doute associé à une colle a séché et s’est solidifié sur les poutres comme une pâte devenue très fine, une sorte de vernis…
Le 15 avril (on pourrait aussi discuter le « choix » de la date), il ne suffisait plus que de mettre à feu un vrai «pot thermique» (au magnésium par exemple), générant une chaleur intense de 2 200 degrés pour allumer ainsi toute la charpente pré-imbibée (et non pas désinsectisée).
Qui aurait allumé ce brasier ?
Des vidéos ont montré une personne sur le toit, une heure et demie avant le drame, activant un dispositif provoquant des éclairs ou des flammes orangées-jaunes.
Étrange également que l’on ait restreint l’accès aux tours, ce soir-là, une heure plus tôt que d’habitude (18 h 30) et fait sortir tout le monde de la cathédrale sans bousculade, juste à temps. C’est par les tours que l’on accède à la charpente.
 

4 millions d’euros gaspillés alors que la France coule

Ce « geste artistique » égocentrique va coûter 4 millions d’euros aux contribuables, pour dépose, maçonnerie, fabrication et pose des nouveaux vitraux. Pendant ce temps, la dette publique française explose au-delà de 117 % du PIB, les hôpitaux manquent de moyens, les agriculteurs sont au bord de la rupture, les classes moyennes s’appauvrissent et les services publics se délitent. Mais Macron, lui, continue de jouer les mécènes de luxe avec l’argent du peuple.

SCANDALE À NOTRE-DAME
L’association Sites & Monuments porte plainte contre les nouveaux vitraux contemporains de Claire Tabouret, autorisés pour remplacer 6 baies intactes des chapelles sud (jamais touchées par l’incendie de 2019). Ces œuvres abstraites, aux tons sombres et figures floues, menacent l’harmonie gothique restaurée par Viollet-le-Duc et les maîtres-verriers originaux !

 

On paye Macron pour qu’il dirige la France, pas pour inaugurer les chrysanthèmes.

Un mépris profond du peuple et de son héritage

Des analyses indépendantes ont déjà dénoncé ce scandale comme un véritable viol du patrimoine français, commis sur fond d’un incendie aux zones d’ombre persistantes. Au lieu de préserver l’âme de Notre-Dame, Macron choisit de la « moderniser » contre la volonté des Français. Ce n’est pas de la création, c’est de la destruction symbolique. Ce n’est pas de l’audace, c’est de l’arrogance.

Assez.

Le patrimoine n’appartient pas à un président en fin de règne. Il appartient au peuple français.

Il est temps que Macron arrête de saccager ce qui reste de notre histoire pour flatter son ego et celui de ses amis artistes. Notre-Dame doit rester Notre-Dame, pas devenir le musée des caprices macroniens.

https://multipol360.com/macron-viole-notre-dame-un-president-paien-impose-sa-marque-sur-le-patrimoine-religieux-francais/ 

 


 

D) - Présidentielle 2027 : faut-il espérer l’homme providentiel ou le redouter ?

À mesure que se rapproche l’échéance présidentielle de 2027, la scène politique française offre un spectacle presque déroutant. Les candidatures se multiplient depuis des semaines sans produire d’élan. Les dernières élections municipales ont fini de semer le doute sur la capacité du camp unique à gouverner. Édouard Philippe affine sa posture d’homme d’État mais craint il y a quelques semaines pour sa place à la mairie du Havre, Bruno Retailleau durcit sa ligne tout en payant encore les frais de sa sortie de route scabreuse du gouvernement il y a des mois, François Hollande laisse planer l’hypothèse d’un retour en se présentant comme un candidat de recours pour une gauche unie, Dominique de Villepin réapparaît dans le débat, brassant plus à l’extrême gauche que jamais, tandis que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou encore Gérald Darmanin occupent déjà le terrain avec le favori bien sûr des sondages, Jordan Bardella. À cette liste s’ajoutent des ambitions plus diffuses, des candidatures potentielles, des stratégies d’attente. Tout le monde semble prêt, et pourtant rien ne prend réellement. L’Opinion semble même s’en désintéresser, or c’est maintenant que les choses se jouent déjà en coulisses pour construire un vrai projet de sauvetage de la France. Ce trop-plein de prétendants ne traduit pas une vitalité démocratique retrouvée, mais au contraire une forme d’impuissance collective à faire émerger une figure évidente. C’est précisément dans ce vide que ressurgit un vieux réflexe français : l’attente de l’homme providentiel.

Cette attente s’inscrit dans une longue tradition politique. La France aime à se raconter à travers des figures de sauveurs. Napoléon Bonaparte surgissant du chaos révolutionnaire, Charles de Gaulle incarnant le redressement national en 1940 puis en 1958, plus récemment Emmanuel Macron apparaissant en 2017 comme la réponse à l’effondrement simultané des partis traditionnels tout en l’accélérant à vitesse grand V. Mais cette lecture héroïsée relève en grande partie du mythe. Aucun de ces parcours n’est spontané. Tous reposent sur une convergence rare de facteurs : une crise systémique profonde, des relais de pouvoir solides et une fenêtre historique favorable. L’homme providentiel n’est jamais une cause première. Il est toujours le produit d’un moment.

Or, le moment actuel est radicalement différent. Le système politique français s’est profondément transformé au point de rendre cette émergence hautement improbable. D’abord, la fragmentation du paysage partisan empêche toute centralité. Les blocs politiques coexistent sans capacité réelle de dépassement et il est bien impossible de voir naturellement se dégager une majorité absolue au Parlement. Ensuite, la défiance généralisée fragilise toute incarnation. Chaque figure est immédiatement contestée, disséquée, délégitimée. Enfin, l’hyperexposition médiatique empêche la construction d’une stature dans la durée, toute la faiblesse de plus en plus manifeste de nos démocraties face aux régimes qui nous défient et qui voient leurs dirigeants quasi-inoxydables. Là où le temps long permettait autrefois d’installer une autorité, l’instantanéité actuelle produit une usure accélérée. Le système ne fabrique plus de leaders solides. Il génère des candidatures, souvent construites sur une image, mais structurellement fragiles.

Le problème est moins celui des individus que celui des structures. Les partis politiques, longtemps machines de sélection et de formation, se sont transformés en organisations de gestion et de survie. Ils ne produisent plus de leadership, ils le neutralisent. Dans ce contexte, le fantasme du candidat « hors système » prospère. Ne devient-on pas dès la victoire un pur produit du système ? Pourtant, l’exemple de 2017 est éclairant. Derrière l’apparente nouveauté d’Emmanuel Macron, il existait une architecture de pouvoir dense : réseaux administratifs, soutiens économiques, relais médiatiques, et surtout un ancrage politique décisif via le Mouvement démocrate de François Bayrou. L’émergence n’a pas été un miracle, mais une construction. Sans structure, aucune dynamique ne tient.

Faut-il pour autant exclure toute surprise ? Pas totalement. Une figure peut encore émerger rapidement, en s’appuyant sur les réseaux sociaux, sur une dynamique d’opinion ou sur une rupture narrative forte, comme on l’a observé dans certaines démocraties européennes ou nord-américaines. Mais cette émergence n’est qu’un point de départ. Sans organisation, sans maillage territorial, sans capacité à transformer un élan en coalition, elle s’épuise. Surtout, une telle percée ne peut s’inscrire dans la durée qu’à une condition exigeante : proposer une rupture nette avec le modèle hérité de l’après-guerre. Pas un ajustement, mais une redéfinition du contrat social, du rôle de l’État et des équilibres économiques. Faute de quoi, la dynamique retombe aussi vite qu’elle est apparue.

Dès lors, la question n’est plus de savoir si un homme providentiel peut émerger, mais s’il faut réellement le souhaiter. Car cette attente traduit une fatigue démocratique profonde. Elle révèle une société qui doute de sa capacité à produire du compromis et qui projette sur une figure individuelle la résolution de contradictions collectives. Or, cette logique est dangereuse. Elle conduit à surinvestir un individu et à sous-estimer la complexité du réel. Elle prépare inévitablement des déceptions, voire des formes de radicalisation lorsque le « sauveur » échoue à tenir ses promesses.

L’élection de 2027 ne sera pas celle d’un conquérant, mais celle d’un survivant politique ou d’un pseudo-nouveau messie. Le futur président ne sera pas le plus puissant, mais le moins fragile dans un système instable. Sa victoire reposera moins sur une incarnation exceptionnelle que sur une capacité à organiser des contradictions, à construire une coalition hétérogène et à imposer un nouveau cadre de lecture du débat politique. Autrement dit, le pouvoir ne se gagnera plus par la domination, mais par l’art du compromis structuré.

Il faut donc se méfier du mythe de l’homme providentiel. Non parce qu’il serait impossible, mais parce qu’il détourne l’attention de l’essentiel. La crise française n’est pas celle d’un manque d’hommes ou de femmes d’envergure. Elle est celle d’un système politique incapable de produire du collectif. Attendre un sauveur, c’est refuser de voir que la solution ne viendra pas d’un individu, mais d’une recomposition profonde de nos mécanismes démocratiques. En 2027, il n’y aura pas de miracle. Il y aura, au mieux, un équilibre fragile. Et c’est peut-être cela, désormais, la véritable maturité politique.

 Frédéric Roussey

Frédéric Roussey est conseiller international, il accompagne depuis de nombreuses années l’action politique et diplomatique au plus haut niveau. Ancien journaliste indépendant, il a couvert de nombreux terrains géopolitiques à travers le monde.

 

 

avril 02, 2026

LA FRANCE EN CHIFFRES - Avril 2026 !

83% des Français jugent que le bilan économique d'Emmanuel Macron est un échec. 

Le sondage porte notamment sur 8⃣ critères : pouvoir d'achat, retraites, croissance,… 

Dans ce fil, nous allons voir que certaines données expliquent le sentiment des Français


 

1⃣ Pouvoir d'achat : 

89% des Français jugent le bilan mauvais. En effet, malgré une inflation plus faible qu'ailleurs, l'évolution du pouvoir d'achat déçoit. En cause : la faible hausse des salaires. En France, la progression du revenu moyen est la plus faible de la zone euro



2⃣ Retraites : 
 
85% des Français trouvent que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'en deux quinquennats, aucun des projets de réforme du système de retraites n'aura été mis en œuvre, le dernier en date étant suspendu. Notre système reste l'un des plus coûteux au monde.
 

 
3⃣ Croissance : 
 
85% des Français estiment que le bilan est mauvais. Difficile de leur donner tort : la France a la 5e plus mauvaise croissance économique de la zone euro et même de l'UE, depuis 2017. Toutefois, nous ne connaissons heureusement pas la même crise que l'Allemagne.



4⃣ Fiscalité : 
 
81% des Français jugent le bilan mauvais. En réalité, depuis 2017 les prélèvements obligatoires ont augmenté moins vite que le PIB. Mais la France reste malgré tout le pays le plus taxé de la zone euro.
 

 
 
5⃣ Chômage : 
 
77% des Français trouvent le bilan mauvais. Pourtant le taux de chômage a nettement reculé, passant d'environ 9% à un peu plus de 7% aujourd'hui. Mais ce recul est clairement moins marqué que dans le reste de la zone euro, dont on devient l'un des mauvais élèves.
 



6⃣ Développement des entreprises : 
 
76% des Français trouvent le bilan mauvais. Oui, nous venons d'atteindre le plus haut niveau de défaillances d'entreprises jamais enregistré par la Banque de France.
 

 
Cela dit, les créations d'entreprises restent en hausse, même hors micro-entreprises. Ce qui peut aussi contribuer à la hausse les chiffres des défaillances. La question pouvait aussi être comprise de différentes manières, ce qui limite la confrontation avec les statistiques.
 
7⃣ L'attractivité de la France : 
 
69% des Français jugent le bilan négatif. Le concept "d'attractivité" est peu précis. S'il s'agit des investissements étrangers, on est certes passés de 27% à 29% du PIB, mais cet indicateur est-il vraiment gage de robustesse économique ? Les stocks cumulés de capitaux étrangers n'est que de 23% du PIB en Allemagne, contre 56% en Espagne, 60% au Portugal, et plus encore dans certains pays baltes ou en Hongrie.
 
Nouvelle preuve des difficultés que connaît l’économie française : les intentions d’implantation des chefs d’entreprises en France à horizon de 18 à 24 mois baissent de 18% entre 2024 et 2025. La crise pétrolière actuelle ne risque pas d’améliorer la situation. https://contrepoints.org/les-projets-dinvestissements-en-france-chutent-lourdement-18-en-2025/
 

8⃣ Le développement de l'innovation : 
 
68% des Français estiment que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'on est le grand pays européen avec la plus mauvaise évolution de sa dépense de recherche et développement depuis 2017.


 
Cela dit, d'autres chiffres sont plus favorables, comme le Global Innovation Index, qui classe la France dans le top-15 depuis 2020. Sur cet item et les 2-3 précédents, les répondants expriment peut-être davantage leur ressenti général sur notre situation économique. Une situation finalement très bien résumée par la faible croissance du PIB français depuis 2017 : à quoi bon être "attractif" ou "innover" s'il n'y a aucune traduction concrète dans la création de richesses ?
 
Démographie : 
 
Nous vivons une réalité plus extrême que les scénarios extrêmes de l'INSEE publiés en 2021. 
- Beaucoup moins de naissances 
- Beaucoup plus d'immigration
 

 
🇫🇷🇪🇺 La France est contributrice nette à l'Union Européenne. 
 
Au total, elle lui donne 9,4 milliards d'euros de plus qu'elle n'en reçoit (PAC et subventions inclues).
 

Les derniers chiffres des comptes publics pour 2025 viennent d'être publiés. 
 
 Les 4⃣ choses à retenir dans ce fil 
 1⃣ La France sera encore sur le podium des pires déficits de la zone euro
 

 
 
2⃣ Notre déficit est toujours à un niveau élevé, à plus de 5% du PIB, mais est en recul de 0,7 points.




3⃣ Si le déficit a baissé c'est uniquement parce que les Français paient plus d'impôts, de taxes, et de prélèvements obligatoires. La dépense publique, elle, a augmenté.
 

 
 
4⃣ Conséquence directe des déficits, la dette publique a poursuivi sa folle augmentation : elle dépasse maintenant le niveau atteint en 2020 au plus fort de la crise Covid.
 

 
 
Dans un contexte économique tendu, avec la crise au Moyen-Orient, les déséquilibres des comptes publics mettent la France dans une situation périlleuse. La dernière grande réforme de notre système social remonte à 2023 et a été suspendue. Le budget 2026 repose sur des hypothèses fragiles. L'assainissement de nos comptes publics est une urgence. 

 
 
Hexagone - La France en chiffres 

@Hexagone_org
 
 
 
 

 
 
Il faut regarder la vérité en face. Notre Etat providence ne fonctionne plus et il n’est plus financé. La vérité, c’est que 60% de la dépense publique se concentrent sur les dépenses sociales, qui sont financées par une dette et un déficit aujourd’hui insoutenables.

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