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février 06, 2026

Les intellectuel(le)s "Epsteiniens" de France: "Apprenons l'amour à nos enfants".Pas de l'amour, de la pédophilie, pédocriminalité !

"1977: une partie de "l'élite" intello (même Kouchner dont le fils se faisait violer par Duhamel) signe une pétition pour autoriser les viols de gosses. Libération titrait "Apprenons l'amour à nos enfants". C'est pas de l'amour mais de la pédophilie."

Patricia Chaibriant 


 

Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie

Le fil culture. La pédophilie n'a pas toujours été condamnée par les intellectuels français. À partir des années 1970, de nombreuses personnalités de tous bords politiques ont demandé, au nom de la liberté, que la loi permette aux adultes d'avoir des relations sexuelles avec des enfants. Une question d'époque ?

"En 2013, quand il (Gabriel Matzneff, ndlr) a reçu le prix Renaudot, aucun journaliste littéraire, pas un seul, ne s'est interrogé sur le bien-fondé de cette récompense. La vie d'une adolescente anonyme n'est rien face au statut d'un écrivain". Dans son roman autobiographique paru ce jeudi, Le Consentement, Vanessa Springora dénonce la complaisance des milieux artistiques et littéraires français qui comme les médias ont jusque très récemment fermé les yeux sur des écrits qui font la promotion de la pédophile au prétexte que l'oeuvre prime l'auteur. Goût pour la transgression ou tendance de fond issue d'un mouvement pro pédophile de la fin des années 1970 ? Aujourd'hui, ces intellectuels sont mis face à leur responsabilité.

Contre la famille et pour l'homosexualité : un militantisme pro pédophile


Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet et bien d'autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin ; tous font partie des 69 intellectuels français qui, aux côtés de l'écrivain Gabriel Matzneff et du romancier, journaliste  à Libération et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem ont signé une tribune publiée le 26 janvier 1977. D'abord dans Le Monde puis dans Libération pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans. 

'Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit !' écrivaient les signataires. 

Ils demandaient la relaxe des trois hommes au prétexte que les enfants n'avaient pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, qu'ils étaient consentants.

Le 23 mai 1977, dans les pages "Opinions" du Monde, 80 intellectuels français parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers et même Françoise Dolto, signent un autre texte pour demander que la loi décriminalise les rapports sexuels entre les adultes et les enfants de moins de 15 ans.

 De nombreux journaux se font l'écho de ce mouvement pro pédophile, qui aux Pays-Bas est devenu un mouvement politique. Libération en tête, avec même des petites-annonces sans ambiguïté, et par exemple en juin 1978 le philosophe René Schérer qui y écrit : 

L’aventure pédophilique vient révéler quelle insupportable confiscation d’être et de sens pratiquent à l’égard de l’enfant les rôles contraints et les pouvoirs conjurés.

Libération mais aussi Le Monde ou encore France Culture. Le 4 avril 1978, l'émission "Dialogues" (enregistrée en 1977) invite Michel Foucault, le romancier et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem et le juriste Jean Danet, tous trois signataires de la pétition qui demande la décriminalisation de la pédophilie. Durant une heure et quart, en public dans le studio 107, ces intellectuels vont défendre l'idée que des pédophiles sont incarcérés à tort parce que les enfants qu'ils ont abusés étaient consentants. 

 Ce débat sera publié sous le titre La Loi de la pudeur dans la revue Recherches n°37 d’avril 1979, avant d'être inclus dans le recueil Dits et Écrits 1976-1979 de Foucault.

Dans la même émission, ils fustigent l'influence croissante des psychiatres dans les cours de justice parce qu'en "s'intéressant aux prétendues victimes, ils sont en train de créer une "victimologie très grave" parce qu'elle nie la parole des enfants qui répètent pourtant à la barre qu'ils étaient consentants. Ils s'inquiètent de la suspicion qui pèse sur les éducateurs et tous les professionnels de l'enfance et pressentent une véritable "chasse aux sorcières" pour des faits, des relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans, qui selon eux n'ont aucun caractère de gravité, "et sont des faits extrêmement légers qui dans n'importe quelle autre circonstance, à Paris notamment, n'auraient jamais valu trois mois de détention préventive" (sic).

Ces discours choquent peu à une époque où l'obsession sans cesse répétée est que la société a changé, qu'il faut se libérer du carcan de la famille et de pratiques sexuelles rétrogrades. "Le sexe est omniprésent dans la société", déclare Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité "et dans les années 1970, les gens se disent 'on fait ce que l'on veut'".

Surtout, il y a l'idée défendue dès le début de l'émission de France Culture par Michel Foucault que la liberté des homosexuels ne fait pas encore consensus dans la société française et qu'interdire la pédophilie pourrait progressivement glisser vers l'interdiction de l'homosexualité. Les deux pratiques, homosexualité et pédophilie, sont à l'époque mises sur le même plan.

Des publications comme Gai Pied, journal radical pro homosexuel dans lequel écrivent Jean-Paul Aron, Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, aux côtés de l'écrivain Tony Duvert - pédophile revendiqué - et de Renaud Camus, deviennent ainsi des tribunes pour les pédophiles (la revue sera finalement suspendue en 1992). 

 Figure de mai 1968, Daniel Cohn Bendit raconte alors ses gestes sexuels sur des enfants. Dans le livre Le Grand bazar (publié en 1975 chez Belfond), où il évoque son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants "alternatif" à Francfort. Puis en avril 1982, sur le plateau d'Apostrophes, où il déclare notamment : "La sexualité d'un gosse, c'est absolument fantastique, faut être honnête. J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..." Devenu député vert européen, Cohn Bendit se défendra dans les colonnes de Libération en février 2001, soutenu par des parents et des enfants, mais reconnaîtra en réunion publique "des lignes insoutenables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd'hui sur la pédophilie, sur l'abus sexuel".

 https://www.dailymotion.com/video/x9jpb6 (En accusant sur France 2 Daniel Cohn-Bendit d'avoir "poussé et justifié des actes [inacceptables] à l'égard des enfants", François Bayrou a fait ressurgir un épisode ancien de trente-quatre ans ... mais jugé pendant plusieurs années "inintéressant" par les médias.

Tous les éléments du dossier sont dans notre article : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2022)

Toujours dans les années 1970, le chanteur Claude François se reconnaît "obsédé" par les filles mineures : "Les filles [de 18-30 ans] commencent à réfléchir. Elles ne sont plus naturelles. Elles se sentent obligées de prendre position. Elles ne sont plus cette espèce de rêve que représente pour moi la fille."

https://www.dailymotion.com/video/x88iza1 (

Et c'est à cette époque que Roman Polanski arrive en France.

 Pour justifier leurs pratiques sexuelles avec des enfants, beaucoup de pédophiles ont instrumentalisé ce mouvement intellectuel issu de mai 68 qui faisait la promotion de la liberté sexuelle et de la rupture avec la loi et les structures et qui voulaient à tout prix se défaire de la domination des adultes.

Ce qui était central dans ces années-là, c'était la question de savoir comment on pouvait rompre avec les normes pénales et familiales du XIXe siècle. Ce qui a ainsi fait le plus débat dans les années 1970, notamment du côté des mouvements homosexuels mais pas seulement, c'était la discrimination concernant l'âge de la majorité sexuelle.                                                                                      
Jean Bérard, historien, maître de conférence à l'ENS Paris Saclay

Des écrivains comme Gabriel Matzneff mais aussi Tony Duvert (prix Médicis en 1973 pour son roman Paysage de fantaisie, publié aux éditions de Minuit et qui met en scène des jeux sexuels entre un adulte et des enfants) ou René Schérer ont ainsi cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable du moment que l'enfant en était "consentant", comme en témoigne ce séminaire de 2013 organisé à l'EHESS

 Comment admettre qu'on a été abusé quand on ne peut nier qu'on a été consentant ? Quand, en l'occurrence, on a ressenti du désir pour cet adulte qui s'est empressé d'en profiter ? Pendant des années, je me débattrai moi aussi avec cette notion de victime, incapable de m'y reconnaître.                                                                                      
Dans Le Consentement, Vanessa Springora témoigne de sa relation avec Gabriel Matzneff alors qu'elle avait 14 ans

Gabriel Matzneff a répondu à Vanessa Springora dans L'Express ce jeudi 

Un décalage avec la société et... avec les féministes

Si une partie des intellectuels défend ce mouvement pro-pédophile, ce n’est pas le cas de la société. "La majorité des personnes dans la société courante n’y était pas favorable", explique Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité. Et cette vision, ce "noyau dur d’intellectuels" l’a "défendue dans des journaux qui trouvaient génial de soutenir ces fameux mantras 'il est interdit d’interdire’ et ‘jouissons sans entrave’. Dans la petite intelligentsia parisienne, on défendait les valeurs de la liberté absolue sans se poser de questions". Ce côté "transgressif, cette faculté à bousculer les codes", ajoute l’historienne, a permis à certains intellectuels dont Gabriel Matzneff d’en tirer une "véritable aura médiatique"

Puis il y a eu les mouvements féministes qui ont dénoncé le patriarcat et la domination masculine, "qui se traduit par cette prise de possession et cette domination du corps des femmes et des enfants", explique Anne-Claude Ambroise-Rendu, historienne et professeure d’histoire à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

"Dans les mouvements qui luttaient contre l’idée d’une majorité sexuelle dans la seconde partie des années 1970, il y avait l’idée que des rapports entre adulte et enfant pouvaient être envisagés, exempts des rapports de domination traditionnelle, en particulier de domination familiale", ajoute Jean Bérard, maître de conférence à l’ENS Paris-Saclay. Un argument contesté, en particulier par les mouvements féministes. 

Dans les mêmes années, les féministes luttaient pour la redéfinition du viol et expliquaient que le rapport entre un mineur et un adulte est déjà dans un rapport de force, de domination, inégal et qui ne peut donc être considéré selon le seul critère du consentement mais sur le critère de l’âge.                                                                                                                                                  
Jean Bérard, maître de conférence en histoire à l’École normale supérieure Paris-Saclay.

D’ailleurs, certains parents des enfants ou adolescents qui fréquentaient les pédophiles eux-mêmes laissaient faire ces relations. "On peut s'interroger sur des parents pétris d'une idéologie soixante-huitarde dévoyée, qui laissent leurs enfants avoir des relations sexuelles avec un homme nettement plus âgé. Quelque part, il y a un côté un peu chic à voir sa fille dans le lit de quelqu'un reconnu comme un grand écrivain à l'école. Et cette pensée-là dérange aujourd'hui. C’est normal. Mais il faut aussi la concevoir pour pouvoir comprendre cette époque-là", confirme Virginie Girod.

La bascule

Le véritable tournant s’opère dans les années 1990. La France découvre le vrai visage de la pédophilie avec l’affaire Marc Dutroux dans la Belgique voisine. "Avec Matzneff et compagnie, on a une sorte de 'glamourisation' du câlin enfantin, des amours enfantines. C’est chic, c’est joli, c’est la nymphette, les égéries d’Hamilton… On est dans une esthétique qui existe dans la société", affirme Virginie Girod. L’affaire Dutroux dévoile une toute autre facette de la pédophilie : "On a pour la première fois une affaire de mœurs épouvantable, d’un homme qui kidnappe les petites filles, les séquestre, les viole et les assassine." 

C’est la fin de l’illusion d’un hypothétique consentement, on se rend compte qu’autour de la pédophilie, il y a tous les actes de la criminalité.                                                                                                                                                  
Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité

Désormais, il devient impensable pour la société de défendre la pédophilie. Le terme "pédophile" est employé dans le langage courant et aujourd’hui, il est peu à peu remplacé par celui de "pédocriminel", "on rajoute à la charge morale du crime pour bien signifier qu’on ne laisse plus passer ces pratiques socialement", conclut Virginie Girod. 

Et aujourd'hui ?... Encore et toujours la question du consentement !

N’oubliez pas l’ancienne exposition au palais de Tokyo

Dans les années 1980, à Paris, il existait des sortes de cercles de pédophiles anonymes où des pédophiles se réunissaient pour s'entraider à ne pas passer à l'action. "On savait qu'il y avait une charge morale sur ces pratiques-là et quelque part, il fallait se sentir un peu au-dessus des lois, soit parce qu'on était un puissant, soit parce qu'on n'avait pas conscience que la justice pouvait rappliquer", explique la spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité.

Au début des années 2000, après le traumatisme de l'affaire Dutroux, certaines associations ont cessé de s'intéresser exclusivement aux victimes pour s'intéresser aux pédophiles et plus largement aux promoteurs, actifs ou passifs de la pédophilie. L'association l'Ange bleu par exemple est la première à entreprendre d'écouter les pédophiles, via une ligne ouverte et très vite, ils le disent : les livres et émissions de télé qui font l'apologie des relations sexuelles avec des enfants les poussent à passer à l'acte. 

Latifa Benari est la fondatrice de l'association l'Ange bleu : "Écrire sur les ébats sexuels avec des enfants ou des adolescents et déclarer qu'avec cette relation, l'enfant ou l'adolescent peut être heureux, pour moi ils sont responsables. Un paumé qui viole un enfant, cela reste une affaire isolée. Mais quelqu'un qui a une relation [avec un enfant] et qui en plus en fait la promotion sur des plateaux télévisés, je trouve cela criminel !"

En attendant, les anciens intellectuels signataires regrettent-ils aujourd'hui leur signature ? Libération a posé la question ici...

Pour justifier de tels actes, le mouvement pro-pédophile s'est toujours caché derrière le "consentement" des enfants et adolescents. "Personne n'a jamais défendu la possibilité de violer des enfants. (...) L'idée de la violence n'effleure pas les personnes qui conceptualisent cette pédophilie-là", précise Virginie Girod.

Et dans les années 1980, la notion de "stranger danger", comme l'appellent les Américains, a fait son apparition. "La question du danger venu de l'extérieur devient prédominante et construit la peur du pédophile autour de la peur de celui qui va venir enlever et agresser les enfants", commente Jean Bérard.

Mais cela cache une autre réalité : une grande partie des actes pédophiles ont lieu dans le cadre intra-familial... Le Conseil de l'Europe évalue les violences sexuelles intra-familiales sur mineurs entre 70 et 85% d'après ce rapport du Sénat daté de mai 2019. Toutefois, les chiffres restent peu nombreux sur le sujet. Lors d'auditions au Sénat pour la mission commune d'information sur la répression d'infractions sexuelles sur mineurs, le réalisateur Éric Guéret, auteur du documentaire Enfance abusée, indique à propos de ces violences sexuelles sur mineurs, qu'"il n'y a pas de chiffres français officiels, fiables. Cela raconte quelque chose de notre société. Une société qui ne veut pas voir un problème se débrouille pour ne pas le quantifier." Il dénonce un "déni" de la société, un "fléau" qui a pour conséquence des victimes "avec un extrême sentiment d'abandon", qui les pousse à "garder le silence" et parfois "à se suicider", avec dans tous les cas, le sentiment "que les institutions ne leur viennent pas en aide". 


https://www.radiofrance.fr/franceculture/quand-des-intellectuels-francais-defendaient-la-pedophilie-2026242 

 

Aussi: Pédocriminalité : ce que disent les lois depuis 1810 

Affaire Epstein !!

 

 

décembre 30, 2025

Loi spéciale et 310 milliards d'euros d'emprunt d'État en 2026

Budget 2026 : la France va emprunter un montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain

Economie. Les parlementaires ont adopté la semaine dernière une loi d'urgence pour assurer la continuité des services publics en janvier, jusqu'à ce qu'un budget adéquat pour 2026 puisse être voté.

 

La France devrait emprunter, comme prévu, le montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain sur les marchés, malgré l'absence de budget pour 2026, a indiqué ce mardi 30 décembre l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l'Etat.

Les emprunts pourront débuter dès janvier et la somme annuelle sera "susceptible d’être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026", a-t-elle indiqué dans son programme de financement pour 2026. Ces 310 milliards d'euros, déjà annoncés en octobre, englobent le montant de l'ensemble des nouvelles obligations à "moyen et long terme", c'est-à-dire à échéance d'un an et plus, auxquelles sont soustraits les rachats anticipés de dettes par l'Etat.

Un record

Il s'agit d'un record, même si, rapportée à la richesse produite durant l'année, cette somme ne devrait représenter qu'environ 10 % du PIB, ce qui ne change pas drastiquement par rapport à 2025. Selon les chiffres de l'AFT, l'Etat a emprunté cette année en net 300 milliards d'euros de dettes à moyen et long terme, une augmentation par rapport à 2024, quand cette somme avait atteint 285 milliards d'euros.

Cette hausse intervient alors que la dette publique a atteint au troisième trimestre un nouveau record en valeur, à près de 3 500 milliards d'euros, et que les coûts de l'emprunt ont grimpé sur les marchés. La France a emprunté en 2025 en moyenne avec un taux d'intérêt de 3,14 % à moyen et long terme, contre 2,91 % en 2024, selon l'AFT. A échéance dix ans, référence sur le marché des obligations, il est passé de 2,94 % à 3,37 %.

Cela s'explique d'abord par une augmentation tendancielle de l'ensemble des taux en Europe car l'Allemagne, première économie du continent et longtemps chantre de la rigueur budgétaire, a décidé d'augmenter sa dette pour financer un plan d'investissement massif.

A défaut pour l'heure de budget pour l'année prochaine, une loi spéciale visant à permettre à l'Etat de percevoir l'impôt et d'emprunter sur les marchés a été promulguée samedi par Emmanuel Macron après le feu vert de l'Assemblée nationale et du Sénat. Les discussions budgétaires au Parlement doivent reprendre en janvier.

AFP

 


Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

En attendant un vrai budget, l’exécutif a officialisé samedi la reconduction temporaire des finances de 2025. Une procédure exceptionnelle sauve les meubles mais révèle les profondes paralysies du Parlement.

C’est désormais acté. Ce samedi, par sa publication au Journal officiel, le président Emmanuel Macron a promulgué la loi spéciale qui régira les finances publiques à compter du 1er janvier 2026. Ce texte, voté à l’unanimité par le Parlement mardi dernier, est loin d’être une victoire politique. Il constitue l’aveu criant d’un échec : l’impossibilité pour les députés et les sénateurs de s’accorder sur un projet de loi de finances dans les délais. Une situation évoquant les blocages outre-Atlantique, même si ce dispositif législatif permet précisément d’« éviter un blocage de l’Etat comme c’est parfois le cas aux Etats-Unis lors des shutdowns ».

 


 

Un budget figé, des ambitions gelées

Dans les faits, cette mesure technique « reconduit, jusqu’à l’adoption de ce budget, les impôts et les enveloppes allouées à l’Etat dans les conditions de 2025 ». L’État continuera donc de fonctionner et les services publics seront financés, mais toute perspective de nouvelle politique budgétaire est gelée. Le gouvernement ne peut ni créer de nouvel impôt ni engager de dépense inédite. Un cadre particulièrement inconfortable pour la majorité, alors que le chef de l’État a érigé la défense en priorité absolue. Les ambitions en la matière sont donc mises en suspens.

Ce scénario, hélas, commence à devenir familier. Après la chute du gouvernement Barnier en décembre 2024, la France avait déjà connu plusieurs mois de flou avant l’adoption des textes budgétaires en février 2025. L’histoire se répète, mais dans un contexte encore plus tendu.

Le dialogue engagé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avec le Parti socialiste a certes permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale, au prix de concessions sensibles sur les retraites. Mais ce fragile compromis n’a pas résisté au gouffre qui sépare l’Assemblée nationale du Sénat, cette dernière chambre étant « hostile à tout impôt supplémentaire ».

Le sursis de janvier

Face à cette impasse, le chef du gouvernement a affiché un optimisme de circonstance. 

« Si les calculs politiques sont mis de côté, le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi », a-t-il déclaré, se disant « persuadé » de parvenir à un accord.

Un vœu pieux qui sonne comme un appel du pied, tandis que son camp le presse de recourir à l’arme nucléaire du 49.3. La loi spéciale n’est qu’un répit, un sursis accordé à la représentation nationale.

La véritable bataille est simplement reportée à janvier. Elle s’annonce brutale. Les parlementaires devront non seulement boucler un budget, mais aussi se confronter à l’épineuse question de la trajectoire des finances publiques. Les discussions écoulées n’ont « pas permis de dessiner une trajectoire de réduction du déficit », alors même que la France est confrontée à un endettement croissant. La loi spéciale évite le chaos immédiat, mais elle laisse intacte cette équation politique quasi insoluble. Le pays est en pilotage automatique, et les turbulences ne font que commencer.

https://multipol360.com/budget-2026-la-loi-speciale-promulguee-au-journal-officiel/ 

 


Malgré l’absence de budget, la France empruntera bien 310 milliards d'euros en 2026, un record

Cette somme annuelle sera «susceptible d’être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026», a indiqué l’Agence France Trésor (AFT) dans son programme de financement pour 2026.

La France devrait emprunter, comme prévu, le montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain sur les marchés, malgré l'absence de budget pour 2026, a indiqué mardi l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l'État.

Les emprunts pourront débuter dès janvier en vertu de la loi spéciale promulguée samedi par Emmanuel Macron et la somme annuelle sera «susceptible d'être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026», a-t-elle indiqué dans son programme de financement pour 2026.

Plus d’informations à venir...

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/malgre-l-absence-de-budget-la-france-empruntera-bien-310-milliards-d-euros-en-2026-un-record-20251230

 


Un nouveau directeur général à la tête de l'Agence France Trésor

L'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l'Etat, a annoncé mercredi la nomination de Cyril Rousseau au poste de directeur général, où il succèdera à Anthony Requin.

Jusqu'alors directeur général adjoint de l'AFT, Cyril Rousseau remplacera à compter du 1er août Anthony Requin, nommé inspecteur général des finances après six années à la tête de l'AFT. Cyril Rousseau «a accompli l'essentiel de sa carrière à la direction générale du Trésor, rejointe en 2004 et où il était précédemment sous-directeur des affaires financières multilatérales et du développement, et vice-président du Club de Paris», a précisé l'AFT dans un communiqué.

L'Agence France Trésor est chargée de placer la dette française auprès des investisseurs et émet les obligations (OAT) qui financent les besoins en trésorerie de l'Etat.

 https://www.lefigaro.fr/flash-eco/un-nouveau-directeur-general-a-la-tete-de-l-agence-france-tresor-20210707

 

décembre 27, 2025

France informations fin décembre 2025

Sommaire

A) - Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

B) - Noël : plus d’un million de cadeaux déjà à vendre 

C) L’Algérie criminalise la colonisation française

D) - L’accueil des Ukrainiens en France entre dans une phase de rationalisation

E) - Accord UE-Mercosur : le face-à-face décisif des agriculteurs français avec Emmanuel Macron

 


 

 

A) - Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

En attendant un vrai budget, l’exécutif a officialisé samedi la reconduction temporaire des finances de 2025. Une procédure exceptionnelle sauve les meubles mais révèle les profondes paralysies du Parlement.

C’est désormais acté. Ce samedi, par sa publication au Journal officiel, le président Emmanuel Macron a promulgué la loi spéciale qui régira les finances publiques à compter du 1er janvier 2026. Ce texte, voté à l’unanimité par le Parlement mardi dernier, est loin d’être une victoire politique. Il constitue l’aveu criant d’un échec : l’impossibilité pour les députés et les sénateurs de s’accorder sur un projet de loi de finances dans les délais. Une situation évoquant les blocages outre-Atlantique, même si ce dispositif législatif permet précisément d’« éviter un blocage de l’Etat comme c’est parfois le cas aux Etats-Unis lors des shutdowns ».


 

Un budget figé, des ambitions gelées

Dans les faits, cette mesure technique « reconduit, jusqu’à l’adoption de ce budget, les impôts et les enveloppes allouées à l’Etat dans les conditions de 2025 ». L’État continuera donc de fonctionner et les services publics seront financés, mais toute perspective de nouvelle politique budgétaire est gelée. Le gouvernement ne peut ni créer de nouvel impôt ni engager de dépense inédite. Un cadre particulièrement inconfortable pour la majorité, alors que le chef de l’État a érigé la défense en priorité absolue. Les ambitions en la matière sont donc mises en suspens.

Ce scénario, hélas, commence à devenir familier. Après la chute du gouvernement Barnier en décembre 2024, la France avait déjà connu plusieurs mois de flou avant l’adoption des textes budgétaires en février 2025. L’histoire se répète, mais dans un contexte encore plus tendu.

Le dialogue engagé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avec le Parti socialiste a certes permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale, au prix de concessions sensibles sur les retraites. Mais ce fragile compromis n’a pas résisté au gouffre qui sépare l’Assemblée nationale du Sénat, cette dernière chambre étant « hostile à tout impôt supplémentaire ».

Le sursis de janvier

Face à cette impasse, le chef du gouvernement a affiché un optimisme de circonstance. 

« Si les calculs politiques sont mis de côté, le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi », a-t-il déclaré, se disant « persuadé » de parvenir à un accord.

Un vœu pieux qui sonne comme un appel du pied, tandis que son camp le presse de recourir à l’arme nucléaire du 49.3. La loi spéciale n’est qu’un répit, un sursis accordé à la représentation nationale.

La véritable bataille est simplement reportée à janvier. Elle s’annonce brutale. Les parlementaires devront non seulement boucler un budget, mais aussi se confronter à l’épineuse question de la trajectoire des finances publiques. Les discussions écoulées n’ont « pas permis de dessiner une trajectoire de réduction du déficit », alors même que la France est confrontée à un endettement croissant. La loi spéciale évite le chaos immédiat, mais elle laisse intacte cette équation politique quasi insoluble. Le pays est en pilotage automatique, et les turbulences ne font que commencer.

https://multipol360.com/budget-2026-la-loi-speciale-promulguee-au-journal-officiel/

 


B) - Noël : plus d’un million de cadeaux déjà à vendre  

À peine les effluves de bûches dissipés et les derniers échos des cantiques évanouis, une autre réalité, moins feutrée, s’impose dans la froide lumière du 26 décembre. Une France contrainte à la sobriété joyeuse, où le geste du cadeau se mue en réflexe de survie économique. Pour la première fois, le cap du million d’annonces de revente de présents a été franchi dans la seule journée du réveillon et du jour de Noël, selon les données conjointes des géants eBay et Rakuten. La fête est devenue un prétexte à une nécessaire liquidation.

Le réflexe de la revente, nouveau rituel national

Dès avant midi ce 25 décembre, près de 900  000 objets offerts la veille étaient déjà proposés en ligne. Selon eBay, l’offre a littéralement explosé le jour de Noël, avec un demi-million de nouvelles publications, et devrait atteindre un pic à 400 % au-dessus du rythme moyen dans les jours à venir.

L’an dernier à la même heure, on en dénombrait « 340  000 ». La croissance est vertigineuse et témoigne d’une acculturation rapide, voire d’une forme de résignation collective. Le constat est similaire chez son concurrent Rakuten : la plateforme a reçu environ 390 000 propositions émanant de vendeurs non professionnels. Un chiffre qui, bien que colossal, ne représente qu’une hausse modeste de deux points sur un an.

Selon le dernier baromètre Kantar pour eBay, « près de 20 millions » de Français auraient déjà revendu un cadeau en 2025.

Cette masse critique transforme un acte jadis discret en phénomène de société banalisé. Les objets concernés ? Principalement la culture, la high-tech, dominée par les smartphones, et les jouets. Autant de biens qui, sous le sapin, font rêver, mais dont la valeur monétaire immédiate semble désormais primer sur la valeur sentimentale.

 

De la joie reçue à l’euro récupéré

L’analyse de ces chiffres frappe par son cynisme. La question n’est plus « Est-ce que cela lui plaira ? » mais « À combien pourrais-je le revendre ? » La magie de la surprise se dissout dans le calcul froid. Le symbole est amer. Pour chaque paquet déballé puis immédiatement cédé, c’est en moyenne un billet de cent euros qui change de poche, révèle une étude de Rakuten. Cent euros. Le prix d’un plein d’essence, d’une partie des factures d’énergie, d’un panier de courses un peu moins léger. Voilà la véritable étrenne pour des millions de foyers : un maigre viatique pour affronter janvier, mois redouté de toutes les fins de mois difficiles.

Ce n’est plus de l’opportunisme, c’est un symptôme. Le symptôme d’une asphyxie économique savamment orchestrée par des politiques aveugles aux réalités du quotidien. Sous le mandat d’Emmanuel Macron, la paupérisation rampante a gagné les classes moyennes, transformant les moments de partage en casse-tête budgétaire. Noël, période de générosité et de repli familial, est devenu une source d’angoisse supplémentaire. Offrir coûte cher. Recevoir un présent non désiré devient alors une aubaine, une bouée de sauvetage à convertir au plus vite en liquidités.

Ce million d’annonces, c’est le bruit sourd d’une France qui étouffe. C’est l’aveu criant que pour trop de nos concitoyens, la célébration est passée au second plan, derrière l’impératif de remplir le frigo ou de payer le loyer. La joie est devenue un luxe, le cadeau une marchandise de première nécessité. Alors que le gouvernement se gargarise de chiffres macroéconomiques en trompe-l’œil, la vraie vie, elle, se joue sur les plateformes de revente, dans une course éperdue pour boucler les fins de mois.

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C) L’Algérie criminalise la colonisation française

En qualifiant la période 1830-1962 de « crime d’État imprescriptible », le Parlement algérien exige des excuses et des réparations, jetant un pavé dans la mare des relations bilatérales déjà exsangues.

L’adoption unanime, ce mercredi 24 décembre, d’une loi par l’Algérie stigmatisant la colonisation comme un crime perpétuel marque un tournant politique et mémoriel. Cette décision, loin d’être un simple geste symbolique, attise les braises d’une crise diplomatique latente et interroge quant à l’image de la France dans le monde.

Un acte législatif sans précédent

Le geste est lourd de sens et de conséquences. En votant à l’unanimité une loi qualifiant les 132 années de présence française (1830-1962) de « crime d’État imprescriptible », l’Algérie franchit une ligne rouge. Il ne s’agit plus seulement de désaccords historiques, mais d’une accusation officielle, portée par la voie législative, qui exige de la France « des excuses officielles » et ouvre explicitement la voie à des demandes de réparations.

Cette initiative, selon une analyse de l’AFP, est perçue par le chercheur Hosni Kitouni (université d’Exeter) comme un « moment de rupture dans le rapport mémoriel » entre les deux pays. Si elle est juridiquement inopposable à Paris, elle n’en possède pas moins une charge politique considérable.

Le texte algérien dresse un inventaire précis et implacable des souffrances. Il énumère : les « massacres, torture systématique, spoliations foncières, déplacements forcés, violences sexuelles. »

Il accorde une place particulière aux essais nucléaires dans le Sahara, exigeant la décontamination des sites et l’indemnisation des victimes sur plusieurs générations. En rappelant que l’Algérie « n’était pas un territoire vacant avant 1830 », la loi qualifie la colonisation de « violation flagrante et continue du droit international », comme le souligne Le Monde. Cette cristallisation par écrit des griefs transforme un contentieux diffus en un front de revendications politiques clair.

 


 

Un défi pour la diplomatie et l’image de la France

Pour la France, l’enjeu dépasse largement le cadre bilatéral. Cette loi survient dans un contexte international où les questions de repentance coloniale et de réparations gagnent en audience. L’image d’une France puissance universaliste se trouve directement écorchée par cette narration d’un « crime d’État » perpétré sur plus d’un siècle.

Nos partenaires, notamment en Afrique et au sein du Sud global, observeront avec attention la réaction de Paris. Le silence, perçu comme du mépris, pourrait être tout aussi dommageable qu’une réponse maladroite.

Sur le plan national, cette loi agit comme un électrochoc. Elle frappe une opinion publique déjà divisée, entre ceux qui appellent à un examen lucide du passé et ceux qui, précisément, adoptent des « discours minimisant ou niant la réalité coloniale » — un phénomène que les observateurs relèvent et qui a contribué à durcir la position algérienne.

Le gouvernement se trouve pris en tenaille : comment répondre à une provocation législative sans envenimer la crise diplomatique la plus grave « depuis 1962 », mais sans non plus paraître capituler face à une réécriture unilatérale de l’histoire partagée ?

Un jeu d’échecs mémoriel aux enjeux globaux

L’Algérie, par cette loi, a habilement déplacé le conflit mémoriel du terrain de l’émotion à celui du droit et de la politique internationale. L’objectif est moins d’obtenir des compensations financières, improbables, que de forcer une reconnaissance qui changerait la nature du récit historique.

Les conséquences pour l’image de la France sont potentiellement profondes. Elles touchent à sa crédibilité morale, à son pouvoir d’influence, et à sa capacité à incarner un partenariat d’égal à égal avec ses anciennes colonies. Le défi pour Paris est désormais de trouver une parole à la fois ferme et mesurée, qui préserve ses principes sans offrir à l’accusation de « crime d’État » une caisse de résonance mondiale.

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D) - L’accueil des Ukrainiens en France entre dans une phase de rationalisation

Derrière les discours de solidarité, le quotidien des communes et des finances publiques raconte une autre histoire. La réduction de l’aide aux réfugiés ukrainiens n’est pas un choix politique, c’est un constat d’épuisement.

L’élan est retombé. La France, qui avait ouvert ses bras et ses registres d’aide sociale avec une conviction presque unanime en février 2022, ajuste aujourd’hui sa posture avec une froideur administrative qui en dit long. La circulaire de l’ancien Premier ministre Michel Barnier ne se contente pas de « réorienter » la politique d’accueil ; elle acte un recul. Un recul chiffré, tangible : les logements dédiés sont passés de 9 000 à 4 000. Une division par plus de deux. Ce n’est pas une simple adaptation, c’est un désengagement programmé.

Et il survient au moment même où, selon les services de l’État, « tous les mois, dans les Alpes-Maritimes, entre 100 et 150 personnes viennent pour la première fois ».

La machine administrative, à bout de souffle, craque sous le poids d’une charge devenue permanente.

Quand l’urgence devient une facture permanente

Ce recul n’est pas le fruit d’un cynisme soudain, mais le symptôme d’une profonde lassitude. Une lassitude budgétaire d’abord. L’accueil initial, conçu comme une mesure d’urgence temporaire, s’est transformé en une dépense récurrente et structurelle pour les collectivités locales et l’État.

Dans un contexte où la Cour des comptes alerte presque mensuellement sur la trajectoire insoutenable des déficits publics, chaque euro alloué à un dispositif « exceptionnel » est un euro de moins pour nos hôpitaux, nos écoles ou le pouvoir d’achat de nos concitoyens. La générosité a un coût, et ce coût, la France réalise aujourd’hui qu’elle ne peut plus l’assumer seule, indéfiniment, sans sacrifier ses propres fondamentaux.

Mais cette lassitude est aussi sociale, et elle est plus sourde, plus profonde. Elle se niche dans les files d’attente qui s’allongent aux CAF, dans les délais pour obtenir un rendez-vous à la préfecture, dans la tension insupportable sur le marché du logement social. Quand une famille française attend un HLM depuis des années et apprend que des milliers de places ont été réservées en urgence pour d’autres, un sentiment d’injustice, mêlé de fatigue, se diffuse. L’État, en voulant bien faire à l’extérieur, a mis à nu ses faiblesses à l’intérieur.

Le puits se tarit

Le drame le plus profond réside peut-être dans le piège dans lequel cette politique a enfermé tout le monde. Les réfugiés ukrainiens, eux-mêmes, sont pris dans une contradiction absurde. Leur statut temporaire, vidé de sa substance, ne leur offre plus qu’un avenir suspendu. Pour obtenir une stabilité, ils peuvent demander l’asile classique. Mais beaucoup, dit-on, « refusent, par crainte de ne pas pouvoir retourner en Ukraine ». La France leur a offert un refuge, mais elle n’a pas les moyens de leur offrir un vrai futur, et elle leur ferme aujourd’hui la porte du refuge initial.

La République a découvert, à ses dépens, que la solidarité internationale se heurte vite aux murs de la réalité nationale. En réduisant son aide, elle ne tourne pas le dos à ses principes ; elle admet, simplement, qu’elle a atteint la limite de ce qu’elle pouvait donner sans se mettre elle-même en danger. La leçon est dure, mais elle est claire : on ne peut pas indéfiniment puiser dans un puits qui est en train de se tarir.

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E) - Accord UE-Mercosur : le face-à-face décisif des agriculteurs français avec Emmanuel Macron

Le Président de la République a convié ce mardi les représentants du monde paysan pour une rencontre cruciale, à l’heure où la colère gronde contre le traité commercial avec l’Amérique du Sud.

Dans un contexte de crise aiguë pour l’élevage national, la rencontre organisée ce mardi  à l’Élysée revêtait un caractère exceptionnel. Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de dermatose nodulaire bovine en décembre, Emmanuel Macron a reçu les dirigeants des quatre principaux syndicats agricoles — la FNSEA, Jeunes Agriculteurs, la Coordination rurale et la Confédération paysanne. L’ordre du jour était sans ambiguïté : l’épineux projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui cristallise les craintes de tout un secteur.

La mobilisation, loin de faiblir, s’intensifie. La preuve, jeudi dernier, par plusieurs milliers d’éleveurs et céréaliers convergeant vers Bruxelles avec leurs tracteurs pour bloquer les institutions européennes. Leur crainte ? Voir le marché inondé de viande, de sucre, de riz et de soja en provenance du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay, produits dont les normes de production sont perçues comme moins exigeantes.

« Le message de la FNSEA au Président de la République restera inchangé, ferme et clair : Mercosur = Non », avait tonné le syndicat majoritaire avant l’entrevue.

Une position qui, malgré des divergences de stratégie, fait l’unanimité chez les agriculteurs français, des plus modérés aux plus radicaux.

Une signature reportée sous la pression

Face à cette fronde transfrontalière, notamment en France et en Italie, le calendrier diplomatique a dû être bousculé. Alors qu’une signature était initialement espérée samedi dernier à Foz do Iguaçu, en présence d’Ursula von der Leyen, elle a été purement et simplement reportée. Une victoire temporaire pour les opposants, mais l’échéance reste menaçante : selon plusieurs sources diplomatiques, une nouvelle tentative est désormais visée pour le 12 janvier au Paraguay.

Le gouvernement français tente de naviguer en eaux troubles. Interrogé mardi à l’Assemblée nationale, le ministre délégué aux Affaires européennes, Jean-Noël Barrot, a tenté de rassurer en brandissant des « concessions inédites ».

« Nous obtenons des mesures miroir pour garantir la réciprocité, des contrôles douaniers renforcés et des clauses de sauvegarde », a-t-il assuré.

Des promesses jugées largement insuffisantes sur le terrain, où les syndicats promettent déjà une remobilisation massive dès début janvier.

Au-delà du commerce, un modèle en question

L’enjeu dépasse la simple concurrence commerciale. Pour les agriculteurs français, c’est la crédibilité même du « modèle européen » qui est sur la table. Comment justifier des normes environnementales et sanitaires strictes — et coûteuses — face à des importations qui n’y seraient pas soumises avec la même rigueur ? L’accord, s’il ouvre des débouchés pour les vins, les spiritueux et les produits industriels européens, est perçu dans les campagnes comme un coup de massue sur des filières déjà exsangues.

La réception à l’Élysée n’a donc rien d’une simple formalité. Elle intervient à un moment où la patience des éleveurs est à bout, entre la gestion contestée de l’épidémie animale et cette menace économique lointaine. La présence conjointe d’organisations aussi différentes que la FNSEA et la Confédération paysanne, pourtant « opposants historiques au traité », en dit long sur l’ampleur de la défiance.

L’heure des choix

Alors que l’exécutif européen semble pressé de conclure un accord vieux de plus de vingt ans de négociations, Emmanuel Macron se trouve dans une posture délicate. Peut-il imposer à ses partenaires européens un veto français, au risque d’entraver une grande ambition géopolitique ? Peut-il, à l’inverse, passer en force et affronter une colère paysanne qui pourrait embraser l’hiver ? Les concessions techniques évoquées par M. Barrot paraissent bien minces face à l’exigence catégorique d’abandon pur et simple du texte. Le bras de fer ne fait que commencer.

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