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septembre 28, 2026

Pape Léon XIV, automne 2026 & Président Macron....... !

Léon XIV à Paris : La foule à l’Étoile, Macron face à sa propre phrase…

Le 25 septembre 2026, premier jour d’une visite de quatre jours, Léon XIV n’est pas venu départager les partis. Il est venu occuper un espace que le politique français nourrit trop peu : celui des idéaux. France 2 titre sans détour : « Le pape en France, une visite très politique. » À l’Élysée puis à l’Unesco, le souverain pontife a réaffirmé son opposition à l’aide médicale à mourir et appelé à encadrer l’intelligence artificielle. Dans les rues, la papamobile a traversé 2,5 kilomètres de ferveur. À Notre-Dame, il a dit que « le cœur d’un peuple bat dans ce lieu ». Au Stade de France, près de 80 000 jeunes de 17 à 35 ans l’attendaient. Macron l’a reçu au palais ; il a fait savoir qu’il n’assisterait pas, le lendemain, à la messe en plein air, où il se ferait représenter par le Premier ministre et Brigitte Macron. Nicolas Sarkozy, lui, a déclaré que, président, il y serait allé. Pourtant, lorsqu’il était président en 2008, il n’avait pas assisté à la messe de Benoît XVI aux Invalides.

Le contraste dessine le propos. L’État offre le protocole, la sécurité, un huis clos de quinze minutes. Le pape offre une parole sur la vie, la machine, la guerre et la laïcité. Quand le politique administre encore et console rarement, la chaire parle à ceux qui, comme Natasha St-Pier le dit au JDD, ont besoin « d’une parole bienveillante, d’un regard bon, d’une pointe d’espoir » dans un monde « de plus en plus informatisé et de moins en moins humain ». La foule des rues le dit autrement : « Il faut le rencontrer à tout prix une fois. » Ce n’est pas un slogan de diocèse. C’est le symptôme d’un pays où l’éloquence publique s’est tarie, où les camps occupent l’espace que les idéaux ont quitté, et où une partie de la jeunesse — y compris des nouveaux convertis, des revenants et des curieux — cherche un langage qui ne soit ni le marketing identitaire ni l’abandon gêné des institutions.

Sur les réseaux, la séquence de l’Élysée a été aussitôt déformée. Un carton viral, massivement repris, titre : « Macron s’est fait remettre à sa place par le pape Léon devant tout le monde. » Le bandeau fait dire au pontife, « sans hausser le ton » : « Un président qui fait semblant de se désintéresser de l’Église et des catholiques manque à son devoir. » Le mot à mot du Vatican est autre. Léon XIV a cité les paroles de Macron aux évêques de France en 2018 : « une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation ; et qu’un Président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir. » Puis la prière pour « votre belle Nation ». Le « fait semblant », le « devant tout le monde », la « remise à sa place » sont un montage interprétatif, pas le discours. L’écart n’est pas anodin : le fake transforme une citation réciproque en humiliation unilatérale. Il n’empêche pas d’analyser pourquoi le montage a pris : en 2026, le même président s’absente de la messe de masse. La phrase de 2018, rendue par le pape, sonne alors comme un boomerang — sans que Léon XIV ait eu besoin de forcer le trait.

Les images aériennes du lendemain montrent, elles, un fait. Une foule immense est partie de la place de la Concorde, a rempli les Champs-Élysées et a débordé jusqu’à l’Étoile et l’avenue de la Grande-Armée. Le Vatican l’estime à environ 800 000 personnes, après une première estimation de 700 000. Ce n’est pas seulement un succès logistique. C’est le retour, en plein air, d’une évidence que le débat public s’est employé, des années durant, à relativiser : la France ne s’est pas seulement administrée comme République ; elle s’est aussi formée dans une matrice chrétienne — liturgie, calendrier, hôpitaux, écoles, droits de la personne repris et sécularisés. Minimiser cette généalogie n’efface pas la foule. Cela la rend illisible aux yeux de ceux qui gouvernent encore comme si le pays n’avait plus de fond.

Une journée d’État et de foule : Orly, l’Élysée, l’Unesco, Notre-Dame, Saint-Denis

L’avion s’est posé à Orly un peu avant 10 heures. Le couple présidentiel attendait sur le tarmac. Des fidèles tenaient une banderole « Welcome in France ». Sur les t-shirts, le Vatican avait fait imprimer la devise du voyage, tirée de l’Évangile : « Pour que le monde ait la vie ». France 2 le note : la formule célèbre la vie abondante ; elle est aussi une référence à l’opposition de l’Église à la loi sur la fin de vie.

À l’Élysée, Garde républicaine, entretien à huis clos avec Emmanuel Macron, puis discours aux autorités, au corps diplomatique et à la société civile. « La France est très souvent au cœur de la prière du pape », a-t-il dit en préambule. Origines familiales « normandes et béarnaises ». Paris, « ville lumière », phare « culturel, artistique et spirituel ». Trois fois, la devise. Face aux « bruits de bottes » et aux « crises multiformes », vocation française : « artisan infatigable de paix et de multilatéralisme », « au sein de notre chère Europe ».

L’après-midi, passage à la nonciature, puis l’Unesco et Khaled El-Enany : discours sur l’intelligence artificielle. Vers 16 h 30, la papamobile — Notre-Dame-des-Champs, Port-Royal, boulevard Saint-Michel, parvis de Notre-Dame. Quarante minutes, haute sécurité, foule. Première entrée du pontificat sous les ogives. Mgr Laurent Ulrich. Reliques de la Sainte-Croix et de la couronne d’épines, ramenées d’Orient par saint Louis. Vêpres devant près de 8 000 clercs, religieuses et séminaristes. Puis le Stade de France, veillée vers 18 h 30. Nuit à la nonciature, avenue du Président-Wilson, saluts à la fenêtre.

Le calendrier n’est pas un ornement. Il dit la stratégie : d’abord l’État, ensuite l’institution mondiale de la culture et de la science, ensuite le peuple dans la rue, ensuite le clergé dans la pierre reconstruite, enfin la jeunesse dans l’enceinte sportive. Un pape « offensif, qui entend rassembler, mais aussi affirmer ses convictions », écrit France 2. La communication, disent les envoyés depuis Rome, est « parfaitement maîtrisée ».

La maîtrise n’explique pas à elle seule ce que les caméras ont filmé. La déambulation n’était pas une parenthèse folklorique entre deux discours. C’était le premier grand défilé pontifical de Léon XIV dans la capitale, une messe de fait avant la messe. Des milliers de visages le long des boulevards — quelque 300 000 personnes selon l’estimation des autorités locales reprise par le Vatican —, des téléphones levés, des silences soudains, des acclamations. France 2 parle de « ferveur des fidèles ». Le mot est faible si l’on compare à l’ordinaire des cortèges officiels parisiens, trop souvent escortés par l’indifférence ou la contestation. Ici, la rue n’a pas demandé un programme. Elle a demandé une présence. La messe collective du lendemain — celle dont le chef de l’État s’absente — devait donner à cette ferveur sa forme liturgique, en plein air, au cœur symbolique de la République. Les clichés pris du ciel montrent une place saturée, un parvis blanc de têtes, les Champs-Élysées comme une nef à ciel ouvert. Le pouvoir politique offre le périmètre de sécurité. Le pouvoir d’éloquence, ce jour-là, n’était pas à l’Élysée.

Consolation sociologique : Notre-Dame, Cassin, et le recul du politique

À l’Élysée, Léon XIV a salué la restauration de Notre-Dame : l’attention de Macron, les institutions publiques et privées, un savoir-faire « synonyme d’excellence », « tous les artisans et corps de métiers ». La réouverture n’est pas seulement « le couronnement d’une prouesse technique ». C’est « le symbole d’une espérance retrouvée, la preuve que ce que l’on croyait détruit à jamais peut renaître grâce à la collaboration de chacun, et le témoignage d’une unité réalisée dans l’effort commun ».

Le soir, sous les voûtes, l’homélie a donné à la métaphore son poids charnel. « J’ai souhaité vous rencontrer dans ce lieu symbolique. C’est une joie pour moi d’en avoir franchi le seuil. » « Sept années se sont écoulées depuis que le monde entier a retenu son souffle devant la cathédrale incendiée. À l’époque nous avions levé les yeux, déconcertés. Nous avons pris conscience en cette heure dramatique que Notre-Dame est plus qu’un monument. Aujourd’hui la splendeur du résultat révèle que le cœur d’un peuple bat dans ce lieu, que nous sommes au centre vital d’une civilisation. »

Sociologiquement, le geste est limpide. Un édifice brûlé, une société fracturée, un travail collectif qui défait le récit de l’irréparable. Ce n’est pas un miracle administratif. C’est une pédagogie de l’effort commun — précisément ce que les cycles électoraux et les niches parlementaires peinent à incarner. Le pape invite les acteurs politiques, sociaux et religieux à s’en inspirer pour « un nouvel élan […] dans un esprit d’unité, avec la force d’une vivante espérance ».

Il a nommé René Cassin et la Déclaration universelle, proclamée à Paris. Liberté, égalité, fraternité « ne sont pas de simples mots gravés sur les frontons » : ce sont des « exigences éthiques universelles » qui trouvent aussi dans l’Évangile « une source inépuisable ». Jean-Paul II : « pierre milliaire sur le chemin du progrès moral de l’humanité ». Toute menace contre les droits, biens matériels ou spirituels, « est également dangereuse pour la paix car elle touche toujours l’homme dans son intégralité ».

Consoler, ici, ce n’est pas endormir. C’est rappeler qu’une nation qui a donné au monde le langage des droits ne peut les traiter comme un décor — ni comme un stock de prestations.

Or c’est précisément ce traitement-là qui définit, depuis une génération, une certaine surdité française. Non pas une infirmité : une surdité organisée. Le sommet de l’État entend encore les flux — croissance, sondages, sécurité du cortège, représentation protocolaire. Il n’entend plus, ou feint de n’entendre plus, ce qui n’entre pas dans la grille : le besoin d’un récit, d’une filiation, d’une limite posée à la technique et à la mort administrée. On a appelé cela la modernité. On a souvent obtenu l’abandon. Abandon des idées au profit des éléments de langage. Abandon des valeurs au profit des procédures. Abandon du politique, au sens noble — dire ensemble ce qui vaut la peine d’être défendu — au profit de la gestion. La République continue d’imprimer devise et frontons. Elle hésite à les habiter. Quand 800 000 personnes remplissent l’axe Concorde–Étoile, ce n’est pas « le retour du cléricalisme ». C’est le pays qui parle une langue que le Palais a désapprise.

Natasha St-Pier chante « Pour que le monde ait la vie » avec Grégory Turpin devant 80 000 jeunes, puis à Lourdes. Elle formule le besoin social que le discours pontifical rencontre : « On vit dans un monde qui n’est pas facile […]. Il reste peut-être cet endroit, notre spiritualité, qui, elle, ne peut pas devenir digitale. » Dix-huit ans après Benoît XVI à Paris. La foule des rues dit autre chose que les sondages : « Il faut le rencontrer à tout prix une fois. »

Cette phrase éclaire le Stade de France mieux que les communiqués. Quatre-vingt mille jeunes de 17 à 35 ans dans une enceinte conçue pour le spectacle sportif : ce n’est pas le catholicisme sociologique des années 1960, hérité et tiède. C’est une jeunesse mixte — pratiquants, nouveaux convertis, baptisés tardifs, agnostiques en quête, enfants d’une France où l’école et la culture ont trop souvent remplacé la transmission par le soupçon, le récit national par la repentance permanente, le bien commun par les assignations identitaires. Le wokisme, comme grille, a promis l’émancipation et produit souvent la fatigue : chacun sommé de se classer, rarement invité à s’élever. Léon XIV ne prononce pas le mot. Il en désarme la logique. Il parle de personne, non de camp ; de dignité sacrée, non de statut ; de dialogue des consciences, non d’uniformité morale. Au Stade de France comme à l’Étoile, l’éloquence redevient un pouvoir : non celui de gouverner, celui de nommer ce qui manque — précisément ce que le politique, en recul, ne nomme plus.

Le recul n’est pas seulement électoral. Il est anthropologique. Une société qui ne sait plus dire pourquoi la vie mérite d’être protégée jusqu’au bout, pourquoi la machine ne doit pas devenir un maître, pourquoi la guerre n’est pas une destinée, laisse un vide. Ce vide attire les camps, les réseaux, les fakes, et parfois un pape. L’élan des Champs-Élysées n’efface pas les menaces — sociales, géopolitiques, morales — que le pays sent peser. Il montre qu’une part de la population refuse de les affronter sans boussole. L’espoir n’est pas un sondage. C’est le fait qu’un axe entier de la capitale puisse encore se remplir pour autre chose qu’une finale ou une colère.


Le politique que l’Élysée n’écrit plus seul : fin de vie, machines, laïcité, armes

France 2 a raison sur le calendrier. Deux mois après l’adoption définitive de la loi créant un droit à « l’aide à mourir », Léon XIV dénonce, à l’Élysée, les dérives qui transforment science et technologie en entreprises lucratives favorisant « les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée ». « Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. » Même martèlement à l’Unesco, organisation des Nations unies. Ce n’est pas une parenthèse spirituelle. C’est une contestation frontale d’un vote parlementaire, prononcée dans la maison du président de la République — là où le politique a tranché et où il refuse désormais d’entendre la contestation sous forme liturgique.

Le « paradis des machines » prolonge le diagnostic. Encyclique Magnifica Humanitas, mai 2026. Le progrès technique a amélioré les conditions de vie ; chaque étape révèle « la face ambiguë d’outils susceptibles de causer du tort lorsqu’ils ne sont pas mis au service du bien ». Bernanos : risque que l’obéissance aveugle et l’irresponsabilité deviennent maîtres du « Paradis des Machines ». La France, elle, avait formé des siècles durant « des hommes libres, pleinement responsables de leurs actes ». Urgence : « replacer la personne humaine au cœur de toute réflexion » pour « ne pas perdre notre humanité au milieu du “paradis de machines” qui envahissent et conditionnent notre quotidien ». Discernement éthique. Liberté intérieure. Dignité sacrée.

À l’Unesco, le registre devient opérationnel. Le pape prononce ce passage en anglais ; France 2 en retient : « Je voudrais attirer l’attention sur les défis qui surgissent dans le vaste champ de la technologie. Nos efforts dans ce domaine doivent garantir que les nouvelles technologies demeurent au service de la personne humaine, au lieu de devenir un instrument supplémentaire de domination et d’injustice. » À l’Élysée, le matin même, il avait posé le cadre. Une société « authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires » ; il reprenait là sa propre formule du discours au corps diplomatique du 9 janvier 2026. Dialogue « urgent » entre appartenances culturelles et religieuses. La science et la technologie, lorsqu’elles « ne sont pas éclairées par la conscience », proposent des solutions immédiates qui « peuvent gravement les détourner du bien ». Entreprises lucratives : manipulations génétiques, GPA, achat d’organes, « mort programmée ».

Vincent de Paul, le XVIIᵉ siècle caritatif, les soignants : « école d’humanité ». Accueillir la vie sans condition. « Défendre avec courage et compassion ceux qui n’ont pas de voix. » Le politique promet le soin comme prestation. Le pape le replace comme vocation. Là où l’État gère des flux, l’Église, dans son récit, « se [fait] le visage vivant de la tendresse et de la compassion de Dieu ».

Sur la laïcité, il refuse le piège que Sarkozy, le matin même à la télévision, a rappelé à sa manière. L’ancien président : « chrétien de naissance », « de culture », « de croyance » — « trois raisons d’être à la messe du pape ». Macron absent de la messe de masse : décision « très personnelle ». « Certains disent “au nom de la laïcité, on ne doit pas y aller”, ça n’a aucun sens. La laïcité, ce n’est pas une interdiction. La laïcité, c’est un droit. Le droit de croire ou de ne pas croire. » « Si j’avais été président de la République, j’aurais assisté à la messe du pape. » Il a lui-même rappelé qu’Emmanuel Macron avait assisté, en 2023, à la messe du pape François au Vélodrome de Marseille. Absent des Invalides en 2008, Sarkozy était cette fois à la Concorde.

Léon XIV, à l’Élysée, dit presque la même chose dans la langue de Rome. L’engagement au service d’autrui est « l’expression de la juste laïcité de la Cité terrestre ». « Le chrétien impliqué dans la vie publique […] ne peut être considéré comme un prosélyte ou une menace à l’unité de la patrie. » « La véritable laïcité n’exclut pas la dimension religieuse, mais sait au contraire en tirer parti comme d’une ressource éducative. » L’école catholique « a toute sa place ». La juste laïcité ne consiste pas à « exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation », mais à faire dialoguer État et Église « au service du bien commun, pour que le monde ait la vie ». Instance de dialogue Saint-Siège–Église de France–gouvernement. Vatican II : saine coopération.

Puis la citation de 2018, rendue à son auteur. Pas un clash inventé. Un miroir. Le président de 2018 théorise encore le devoir d’attention aux catholiques. Le président de 2026 s’absente de la messe — et, selon l’Élysée, de tout temps religieux de la visite. Deux mois après la loi sur l’aide à mourir. Au moment où la foule déborde jusqu’à l’Étoile. Le fake viral (« fait semblant », « remise à sa place ») surinterprète ; il révèle aussi une attente : une fraction du pays voulait entendre un rappel, et l’a fabriqué quand le texte officiel lui semblait trop courtois. Souhaiter prier pour « votre belle Nation » n’est ni une caresse ni une gifle. C’est la clôture liturgique d’un rappel civique que Macron avait lui-même formulé. La surdité consiste ici à traiter ce rappel comme une affaire privée, alors que 800 000 personnes en ont fait une affaire publique.

Le Moyen-Orient et la guerre ferment le discours de puissance. Aide à l’Église en Détresse, Œuvre d’Orient, Fonds pour les écoles d’Orient depuis 2021 : plus de 260 établissements, sept universités au Liban, Bethléem. « Nous ne pouvons pas rester indifférents devant de telles souffrances qui blessent la dignité humaine et crient justice à Dieu. » Civilisation de l’amour. Jean XXIII : arrêter la course aux armements, réduire parallèlement, proscrire l’atome, contrôler. Conviction « erronée » que l’arme nucléaire est « un gage de sécurité ». « La paix n’est pas un équilibre des forces, elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice. » « Je vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d’une guerre en la considérant comme “inévitable”. » Paix « désarmée et désarmante ». La France, « dans la fidélité à ses valeurs », doit « creuser le sillon ».

La phrase tombe dans un monde où pèse encore la guerre lancée fin février par Washington et Israël contre l’Iran, où les alliés européens résistent à l’implication directe. C’est aussi un monde où le même Léon XIV a été qualifié, en avril, de « terrible » en politique étrangère par Donald Trump. Le pape ne nomme pas ce conflit-là à l’Élysée. Il nomme le principe. C’est assez pour que la visite soit politique sans être partisane.

L’éloquence, ici, n’est pas un ornement. C’est un acte de souveraineté symbolique. Pendant que le débat français s’épuise en lignes de fracture — fin de vie, identité, école, frontières — le pape reconstitue une grammaire : la personne avant le dispositif, le bien commun avant le camp, la paix avant l’équilibre de la peur. Il ne gagne pas une élection. Il rappelle qu’une nation peut encore être parlée autrement qu’en parts de marché électoral. La ferveur des boulevards, du Stade de France et de l’Étoile n’est pas la preuve d’un raz-de-marée confessionnel. Elle est la preuve d’une soif. Une jeunesse que l’on a trop souvent formée à déconstruire plutôt qu’à habiter cherche, fût-ce une soirée, un lieu qui « ne peut pas devenir digital ». Les nouveaux convertis n’y sont pas une statistique officielle du jour ; ils sont le signe que la transmission, ailleurs en panne, reprend parfois par le bas — par la rue, par le stade, par une homélie, par une place saturée vue du ciel — lorsque le haut de l’État choisit le huis clos et s’épargne la messe.



Léon XIV n’est pas venu gouverner la France. Il est venu dire ce que le calendrier parlementaire, deux mois après une loi de fin de vie, et le calendrier diplomatique, au milieu des « bruits de bottes », nourrissent trop peu. Un peuple blessé a besoin d’une image de renaissance (Notre-Dame, « cœur d’un peuple »), d’un langage de dignité (Cassin) et d’un garde-fou contre la machine (Bernanos, Unesco). Il a besoin d’un soin qui n’est pas un marché (Vincent de Paul), d’une laïcité qui n’expulse pas la conscience (contre l’absence à la messe autant que contre le cléricalisme), et d’une paix qui n’est pas un équilibre de terreur.

Le message sociologique est celui-ci. Les institutions civiles gèrent encore les flux — hôpitaux, écoles, frontières, lois, dispositifs de sécurité autour du cortège. Elles peinent à dire pourquoi vivre ensemble. C’est cela, l’abandon : non la disparition de l’État, mais le recul du politique comme producteur d’idéaux. Une partie du pays, et surtout de sa jeunesse, a cessé d’attendre cette phrase du Palais. Elle l’a cherchée dans un défilé de 2,5 kilomètres, dans une cathédrale relevée, dans une veillée de 80 000 âmes à Saint-Denis, dans une messe de masse dont les vues aériennes montrent l’Étoile comme une assemblée. Les réseaux ont fabriqué un président « remis à sa place ». Le Vatican a rendu à ce président sa phrase de 2018. Il ne faut pas confondre les deux. Il faut voir ce qui les relie : l’indifférence perçue aux catholiques n’est plus, pour une fraction du pays, un détail de laïcité ; elle est lue comme un manquement — et, plus largement, comme la preuve que le sommet n’entend plus le fond. Le pape a reparlé le « pour que le monde ait la vie » comme un idéal que la République a gravé et qu’elle n’incarne plus seule. On pourra lui objecter le dogme, la bioéthique, le nucléaire. On ne pourra pas dire qu’il a parlé dans le vide. Il a parlé dans le creux laissé par une politique qui offre encore le tarmac et refuse parfois la messe — et qui console rarement. La foule, elle, n’a pas demandé la permission. Elle a rempli la place. Malgré les menaces. Parce que l’espoir, ici, n’était plus dans le communiqué : il était dans l’axe.

 

Angélique Bouchard 

Diplômée de la Business School de La Rochelle (Excelia - Bachelor Communication et Stratégies Digitales) et du CELSA - Sorbonne Université, Angélique Bouchard, 25 ans, est titulaire d’un Master 2 de recherche, spécialisation « Géopolitique des médias ». Elle est journaliste indépendante et travaille pour de nombreux médias. Elle est en charge des grands entretiens pour Le Dialogue.

 https://lediplomate.media/leon-xiv-paris-foule-etoile-macron/





À Metz, Emmanuel Macron s’est permis d'arriver en retard et de faire attendre le Pape avant de prendre une nouvelle leçon de philosophie politique sur la guerre, la paix et l’Europe.
 
Notre président pervers narcissique manipulateur a cessé spontanément de bouder pour venir instrumentaliser honteusement cette visite du Pape à Metz, sur une terre de frontières, de blessures et de cicatrices, là où nous savons du fait de l’histoire, après trop de sang versé, que la paix et la réconciliation ne doivent pas être de vains mots, que ça doit être un choix à un moment donné, et du courage.
 
Emmanuel Macron est donc venu à Metz pour nous revendre son discours politique euro-fanatique et répugnant avec son Europe fédérale, technocratique, distante, autoritariste, liberticide, progressiste, immigrationniste, belliciste et ruineuse. 
 
L’Europe d’Emmanuel Macron, de Gabriel Attal et d'Édouard Philippe, c’est une Europe sans frontières, sans valeurs, qui ne défend plus notre civilisation et qui brûle norte argent pour servir des causes lointaines et des intérêts étrangers avec notre argent. 
 
Le pape a appelé à arrêter la guerre en Ukraine immédiatement car elle est un « MASSACRE INUTILE » ! Il a souligné que la Paix en Ukraine exigeait un dialogue patient, des sacrifices et des renoncements, sous entendant, notamment, que le régime corrompu de Kiev devait apprendre à accepter sa défaite. 
 
Léon XIV a encore parlé des racines chrétiennes de l’Europe, sans arrogance, comme un héritage qu’on n’a pas le droit d’oublier. 
 
Enfin, plutôt que de parler de "souveraineté européenne" (qui n’a pas de réalité politique et juridique), le Pape a évoqué notre bonne et nécessaire souveraineté nationale. 
 
Ça fait davantage de bien d'entendre le Pape rassurant qu’Emmanuel Macron, angoissant. Notre président ne va rien régler d’ici demain, bien sûr, car il doit se nourrir du chaos (comme devant nos Lycées). 
 
Mais le positionnement du Pape replace les choses à leur juste place et surtout à l’endroit : la paix ne tombe pas du ciel toute faite. Elle se décide. Elle se prépare. Elle se discute. Elle se négocie. Et, tôt ou tard, elle se signe. 

Yann Bizien 

 
 
21 Septembre 2026 , à quelques jours de l'arrivée du saint Père Léon XIV en France , l'Elysée annonce que le président Macron n'assistera pas aux messes du pape Léon XIV 
 
24 Septembre 2026 , le stade de France accueille 80 000 pèlerins dans un spectacle d'une beauté fracassante mêlant , religion , croyance , histoire et allégresse .
 
25 Septembre 2026 , 1 million de personnes s'amassent place de l'étoile , le long des 2 km des Champs Elysées et place de la Concorde , pour une messe pontificale qui surpris le saint père lui même .
 
27 Septembre 2026 , 150 000 pèlerins valides et en position de handicap , accueillent le pape Léon XIV pour une messe à la grotte de Massabielle à Lourdes . 
 
28 Septembre 2026 , près de 100 000 personnes accueillent le pape Léon XIV pour une rencontre et une messe à Metz , carrefour des religions . 
 
28 Septembre 2026 , à la vue de l'ampleur de l'accueil des chrétiens français réservé à leur saint père Léon XIV et le retentissement sociétal de la visite papale , Emmanuel Macron annonce qu'il se rendra à Metz , assistera à la messe papale en la cathédrale de Metz 
 
Le dernier miracle de la visite papale aura été de faire comprendre à un pseudo président français , que les dix dernières années de la France , les 10 années de sa présidence , n'auront servi à rien , dix en de perdus , 10 ans qui ne feront pas une ligne dans l'histoire de France , 10 années de négation de l'esprit français ......
 
28 Septembre 2026 , le jour où un pseudo président de la république française se rendit compte qu'il porte des habits bien trop grands pour sa petite personne ......

 


 

Léon XIV en France : les messages du pape mettent Emmanuel Macron face à un débat sur la paix et l’Europe

 

La visite de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, s’est achevée lundi soir après quatre journées particulièrement denses à Paris, Lourdes et Metz. Présenté par certains commentateurs comme un épisode difficile pour Emmanuel Macron, ce déplacement a surtout fait émerger plusieurs débats sensibles autour de la place du christianisme, de l’identité française, de la paix et de l’avenir européen.

Le président de la République a accueilli le pape au palais de l’Élysée le 25 septembre. Les deux hommes ont échangé sur les relations entre la France et le Saint-Siège ainsi que sur plusieurs dossiers internationaux, notamment la guerre en Ukraine, la situation au Proche-Orient, les partenariats avec l’Afrique, le climat et l’intelligence artificielle. L’Élysée a également insisté sur une volonté commune de travailler en faveur de la paix et du dialogue.

La séquence parisienne a toutefois donné lieu à une configuration institutionnelle particulière. Emmanuel Macron n’était pas présent à la messe célébrée place de la Concorde le 26 septembre. Il était représenté par son épouse, Brigitte Macron, aux côtés notamment du Premier ministre Sébastien Lecornu. La cérémonie a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes venues assister à la messe présidée par Léon XIV.

Cette absence a rapidement nourri les commentaires politiques. Pour certains observateurs critiques du chef de l’État, elle symboliserait une distance entre Emmanuel Macron et la dimension religieuse de la visite. Il faut toutefois rappeler qu’il s’agit d’une interprétation politique et non d’une conclusion établie sur les intentions du président. 

La mobilisation populaire a, elle, constitué l’un des éléments les plus visibles du déplacement. Dès le vendredi soir, environ 80 000 jeunes étaient réunis au Stade de France pour une veillée avec le pape. Léon XIV leur a parlé de foi, de vocation, de fraternité et d’espérance, en insistant notamment sur le fait que le combat chrétien ne devait pas être compris comme un affrontement contre les autres.

Le lendemain, place de la Concorde, la messe a attiré une foule considérable. Dans son homélie, le pape a notamment appelé les catholiques français à retrouver un horizon d’espérance et à contribuer à une société renouvelée à partir de ses racines spirituelles. 

Cette dimension française du discours pontifical occupe une place importante dans la lecture proposée par la vidéo à l’origine de cet article. Son auteur estime que Léon XIV aurait mis particulièrement en valeur l’histoire, la culture et les racines chrétiennes de la France, en contraste avec ce qu’il considère comme la politique menée depuis plusieurs années par Emmanuel Macron.

Sur ce point, le voyage comportait effectivement une forte dimension historique et culturelle. Le programme officiel prévoyait notamment Notre-Dame, l’UNESCO, le Stade de France, Lourdes et enfin Metz, ville associée à la mémoire de Robert Schuman et à l’histoire de la construction européenne.

 À Notre-Dame, Léon XIV a présenté la cathédrale comme davantage qu’un simple monument. Il a établi un parallèle entre sa reconstruction après l’incendie de 2019 et la capacité de l’Église française à se renouveler. Devant les responsables religieux réunis dans la cathédrale, il a appelé à une Église « vivante, multiforme et proche », capable de transmettre son héritage tout en regardant vers l’avenir.

 Mais c’est surtout la question de la paix qui a pris une place centrale dans les déclarations du pape. Dès son arrivée en France, Léon XIV avait présenté son déplacement comme une occasion de porter un message de paix. Le thème a ensuite traversé ses différentes interventions, jusqu’à la dernière journée à Metz. 

À Metz, ce message est devenu particulièrement explicite. Lors de la rencontre « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité », Léon XIV a appelé les responsables politiques à privilégier le dialogue et la négociation. Il a également invité à être prêts à « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur » de la paix.

Le pape a par ailleurs mis en garde contre une vision selon laquelle l’augmentation des dépenses militaires constituerait à elle seule une réponse suffisante aux menaces internationales. Son discours évoquait la nécessité d’« efforts créatifs » pour construire la paix et soulignait les limites d’une logique reposant uniquement sur le réarmement. 

Ces propos peuvent naturellement être lus à travers le contexte européen actuel, notamment la guerre en Ukraine et les débats sur la défense européenne. Mais ils ne constituent pas, en eux-mêmes, une attaque directe contre Emmanuel Macron. Le président français défendait lui aussi à Metz une Europe capable d’agir, de renforcer sa souveraineté et de garantir sa sécurité.

Dans son propre discours, Emmanuel Macron a justement insisté sur une Europe « puissance de paix, d’indépendance et de démocratie ». Il a évoqué l’héritage de Robert Schuman, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer et défendu l’idée d’une Europe souveraine et démocratique. 

La rencontre de Metz montre donc davantage une différence de priorité et de formulation qu’un affrontement ouvert entre le pape et le président français. Léon XIV a placé l’accent sur la négociation, le dialogue et la paix, tandis qu’Emmanuel Macron a davantage insisté sur la souveraineté, la sécurité et la capacité d’action européenne.

La vidéo dont est issu le transcript présente pourtant cette séquence comme un désaveu politique du chef de l’État. Son auteur estime notamment que le pape aurait refusé de s’inscrire dans une vision strictement européenne attendue par Emmanuel Macron. Cette interprétation doit être distinguée du contenu réel des discours. 

Un autre élément avancé dans la vidéo concerne la présence des dirigeants européens à Metz. L’événement avait bien été conçu avec une dimension européenne et s’est tenu au Centre des Congrès Robert Schuman, en présence de représentants politiques européens. Le pape y a ensuite prononcé un discours consacré aux racines de l’Europe, à la paix et à l’unité.

Le point culminant de la journée a finalement été la messe célébrée dans la cathédrale Saint-Étienne de Metz. Contrairement à ce qui avait été prévu initialement, Emmanuel Macron a finalement décidé d’y assister. Le protocole a été modifié dans la nuit afin de permettre sa présence aux côtés du pape.

Ce changement est intéressant car il nuance également le récit d’un président totalement tenu à distance pendant la visite. Emmanuel Macron a finalement accompagné Léon XIV jusqu’à la fin de son séjour. À l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, les deux hommes ont encore eu un entretien privé d’environ trente minutes avant la cérémonie officielle de départ.

Le pape a quitté la France lundi soir après quatre jours de rencontres, de célébrations religieuses et de discussions consacrées à des questions françaises mais aussi internationales. Son voyage aura donc mêlé religion, culture, jeunesse, politique internationale, Europe et paix. 

Pour les soutiens du mouvement Les Patriotes, cette visite constitue néanmoins une occasion de défendre une certaine conception de la France. Dans la vidéo, son auteur parle d’une « France heureuse », attachée à son histoire et à sa souveraineté, et oppose cette vision à la politique européenne et gouvernementale actuelle.

Cette lecture relève du positionnement politique de l’auteur et ne peut pas être confondue avec le message officiel du Vatican. Léon XIV n’a pas appelé les Français à soutenir un parti ou un mouvement politique français. Ses interventions ont plutôt porté sur la foi, la paix, la dignité humaine, le dialogue et les responsabilités des sociétés européennes. 

La visite aura néanmoins produit une séquence politique particulièrement visible. L’ampleur des rassemblements, les discours sur les racines chrétiennes de la France, l’absence de Macron à la messe de la Concorde, puis son retour à Metz et les appels du pape à la négociation ont alimenté de nombreuses interprétations.

Au terme de ce déplacement, le principal contraste n’est donc peut-être pas celui d’une confrontation personnelle entre Emmanuel Macron et Léon XIV, mais celui entre deux registres de discours. D’un côté, un président qui insiste sur la construction européenne, la souveraineté et la sécurité collective. De l’autre, un pape qui place au centre de son message la paix, le dialogue, la réconciliation et la recherche d’un bien commun dépassant les rapports de force.

C’est précisément cette différence qui pourrait continuer à nourrir le débat français et européen dans les prochaines semaines. La visite de Léon XIV est terminée, mais les questions qu’elle a soulevées sur les racines de la France, la place du christianisme, l’avenir de l’Europe et la manière de rechercher la paix restent, elles, pleinement ouvertes.

 https://telex.danhngon.pro/blog/leon-xiv-en-france-les-messages-du-pape-mettent-emmanuel-macron-face-a-un-debat-sur-la-paix-et-leurope-mycay?

février 06, 2026

Les intellectuel(le)s "Epsteiniens" de France: "Apprenons l'amour à nos enfants".Pas de l'amour, de la pédophilie, pédocriminalité !

"1977: une partie de "l'élite" intello (même Kouchner dont le fils se faisait violer par Duhamel) signe une pétition pour autoriser les viols de gosses. Libération titrait "Apprenons l'amour à nos enfants". C'est pas de l'amour mais de la pédophilie."

Patricia Chaibriant 


 

Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie

Le fil culture. La pédophilie n'a pas toujours été condamnée par les intellectuels français. À partir des années 1970, de nombreuses personnalités de tous bords politiques ont demandé, au nom de la liberté, que la loi permette aux adultes d'avoir des relations sexuelles avec des enfants. Une question d'époque ?

 


 

"En 2013, quand il (Gabriel Matzneff, ndlr) a reçu le prix Renaudot, aucun journaliste littéraire, pas un seul, ne s'est interrogé sur le bien-fondé de cette récompense. La vie d'une adolescente anonyme n'est rien face au statut d'un écrivain". Dans son roman autobiographique paru ce jeudi, Le Consentement, Vanessa Springora dénonce la complaisance des milieux artistiques et littéraires français qui comme les médias ont jusque très récemment fermé les yeux sur des écrits qui font la promotion de la pédophile au prétexte que l'oeuvre prime l'auteur. Goût pour la transgression ou tendance de fond issue d'un mouvement pro pédophile de la fin des années 1970 ? Aujourd'hui, ces intellectuels sont mis face à leur responsabilité.

Contre la famille et pour l'homosexualité : un militantisme pro pédophile


Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet et bien d'autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin ; tous font partie des 69 intellectuels français qui, aux côtés de l'écrivain Gabriel Matzneff et du romancier, journaliste  à Libération et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem ont signé une tribune publiée le 26 janvier 1977. D'abord dans Le Monde puis dans Libération pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans. 

'Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit !' écrivaient les signataires. 

Ils demandaient la relaxe des trois hommes au prétexte que les enfants n'avaient pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, qu'ils étaient consentants.

Le 23 mai 1977, dans les pages "Opinions" du Monde, 80 intellectuels français parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers et même Françoise Dolto, signent un autre texte pour demander que la loi décriminalise les rapports sexuels entre les adultes et les enfants de moins de 15 ans.

 De nombreux journaux se font l'écho de ce mouvement pro pédophile, qui aux Pays-Bas est devenu un mouvement politique. Libération en tête, avec même des petites-annonces sans ambiguïté, et par exemple en juin 1978 le philosophe René Schérer qui y écrit : 

L’aventure pédophilique vient révéler quelle insupportable confiscation d’être et de sens pratiquent à l’égard de l’enfant les rôles contraints et les pouvoirs conjurés.

Libération mais aussi Le Monde ou encore France Culture. Le 4 avril 1978, l'émission "Dialogues" (enregistrée en 1977) invite Michel Foucault, le romancier et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem et le juriste Jean Danet, tous trois signataires de la pétition qui demande la décriminalisation de la pédophilie. Durant une heure et quart, en public dans le studio 107, ces intellectuels vont défendre l'idée que des pédophiles sont incarcérés à tort parce que les enfants qu'ils ont abusés étaient consentants. 

 Ce débat sera publié sous le titre La Loi de la pudeur dans la revue Recherches n°37 d’avril 1979, avant d'être inclus dans le recueil Dits et Écrits 1976-1979 de Foucault.

Dans la même émission, ils fustigent l'influence croissante des psychiatres dans les cours de justice parce qu'en "s'intéressant aux prétendues victimes, ils sont en train de créer une "victimologie très grave" parce qu'elle nie la parole des enfants qui répètent pourtant à la barre qu'ils étaient consentants. Ils s'inquiètent de la suspicion qui pèse sur les éducateurs et tous les professionnels de l'enfance et pressentent une véritable "chasse aux sorcières" pour des faits, des relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans, qui selon eux n'ont aucun caractère de gravité, "et sont des faits extrêmement légers qui dans n'importe quelle autre circonstance, à Paris notamment, n'auraient jamais valu trois mois de détention préventive" (sic).

Ces discours choquent peu à une époque où l'obsession sans cesse répétée est que la société a changé, qu'il faut se libérer du carcan de la famille et de pratiques sexuelles rétrogrades. "Le sexe est omniprésent dans la société", déclare Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité "et dans les années 1970, les gens se disent 'on fait ce que l'on veut'".

Surtout, il y a l'idée défendue dès le début de l'émission de France Culture par Michel Foucault que la liberté des homosexuels ne fait pas encore consensus dans la société française et qu'interdire la pédophilie pourrait progressivement glisser vers l'interdiction de l'homosexualité. Les deux pratiques, homosexualité et pédophilie, sont à l'époque mises sur le même plan.

Des publications comme Gai Pied, journal radical pro homosexuel dans lequel écrivent Jean-Paul Aron, Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, aux côtés de l'écrivain Tony Duvert - pédophile revendiqué - et de Renaud Camus, deviennent ainsi des tribunes pour les pédophiles (la revue sera finalement suspendue en 1992). 

 Figure de mai 1968, Daniel Cohn Bendit raconte alors ses gestes sexuels sur des enfants. Dans le livre Le Grand bazar (publié en 1975 chez Belfond), où il évoque son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants "alternatif" à Francfort. Puis en avril 1982, sur le plateau d'Apostrophes, où il déclare notamment : "La sexualité d'un gosse, c'est absolument fantastique, faut être honnête. J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..." Devenu député vert européen, Cohn Bendit se défendra dans les colonnes de Libération en février 2001, soutenu par des parents et des enfants, mais reconnaîtra en réunion publique "des lignes insoutenables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd'hui sur la pédophilie, sur l'abus sexuel".

 https://www.dailymotion.com/video/x9jpb6 (En accusant sur France 2 Daniel Cohn-Bendit d'avoir "poussé et justifié des actes [inacceptables] à l'égard des enfants", François Bayrou a fait ressurgir un épisode ancien de trente-quatre ans ... mais jugé pendant plusieurs années "inintéressant" par les médias.

Tous les éléments du dossier sont dans notre article : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2022)

Toujours dans les années 1970, le chanteur Claude François se reconnaît "obsédé" par les filles mineures : "Les filles [de 18-30 ans] commencent à réfléchir. Elles ne sont plus naturelles. Elles se sentent obligées de prendre position. Elles ne sont plus cette espèce de rêve que représente pour moi la fille."

https://www.dailymotion.com/video/x88iza1 (

Et c'est à cette époque que Roman Polanski arrive en France.

 Pour justifier leurs pratiques sexuelles avec des enfants, beaucoup de pédophiles ont instrumentalisé ce mouvement intellectuel issu de mai 68 qui faisait la promotion de la liberté sexuelle et de la rupture avec la loi et les structures et qui voulaient à tout prix se défaire de la domination des adultes.

Ce qui était central dans ces années-là, c'était la question de savoir comment on pouvait rompre avec les normes pénales et familiales du XIXe siècle. Ce qui a ainsi fait le plus débat dans les années 1970, notamment du côté des mouvements homosexuels mais pas seulement, c'était la discrimination concernant l'âge de la majorité sexuelle.                                                                                      
Jean Bérard, historien, maître de conférence à l'ENS Paris Saclay

Des écrivains comme Gabriel Matzneff mais aussi Tony Duvert (prix Médicis en 1973 pour son roman Paysage de fantaisie, publié aux éditions de Minuit et qui met en scène des jeux sexuels entre un adulte et des enfants) ou René Schérer ont ainsi cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable du moment que l'enfant en était "consentant", comme en témoigne ce séminaire de 2013 organisé à l'EHESS

 Comment admettre qu'on a été abusé quand on ne peut nier qu'on a été consentant ? Quand, en l'occurrence, on a ressenti du désir pour cet adulte qui s'est empressé d'en profiter ? Pendant des années, je me débattrai moi aussi avec cette notion de victime, incapable de m'y reconnaître.                                                                                      
Dans Le Consentement, Vanessa Springora témoigne de sa relation avec Gabriel Matzneff alors qu'elle avait 14 ans

Gabriel Matzneff a répondu à Vanessa Springora dans L'Express ce jeudi 

Un décalage avec la société et... avec les féministes

Si une partie des intellectuels défend ce mouvement pro-pédophile, ce n’est pas le cas de la société. "La majorité des personnes dans la société courante n’y était pas favorable", explique Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité. Et cette vision, ce "noyau dur d’intellectuels" l’a "défendue dans des journaux qui trouvaient génial de soutenir ces fameux mantras 'il est interdit d’interdire’ et ‘jouissons sans entrave’. Dans la petite intelligentsia parisienne, on défendait les valeurs de la liberté absolue sans se poser de questions". Ce côté "transgressif, cette faculté à bousculer les codes", ajoute l’historienne, a permis à certains intellectuels dont Gabriel Matzneff d’en tirer une "véritable aura médiatique". 

Puis il y a eu les mouvements féministes qui ont dénoncé le patriarcat et la domination masculine, "qui se traduit par cette prise de possession et cette domination du corps des femmes et des enfants", explique Anne-Claude Ambroise-Rendu, historienne et professeure d’histoire à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

"Dans les mouvements qui luttaient contre l’idée d’une majorité sexuelle dans la seconde partie des années 1970, il y avait l’idée que des rapports entre adulte et enfant pouvaient être envisagés, exempts des rapports de domination traditionnelle, en particulier de domination familiale", ajoute Jean Bérard, maître de conférence à l’ENS Paris-Saclay. Un argument contesté, en particulier par les mouvements féministes. 

Dans les mêmes années, les féministes luttaient pour la redéfinition du viol et expliquaient que le rapport entre un mineur et un adulte est déjà dans un rapport de force, de domination, inégal et qui ne peut donc être considéré selon le seul critère du consentement mais sur le critère de l’âge.                                                                                                                                                  
Jean Bérard, maître de conférence en histoire à l’École normale supérieure Paris-Saclay.

D’ailleurs, certains parents des enfants ou adolescents qui fréquentaient les pédophiles eux-mêmes laissaient faire ces relations. "On peut s'interroger sur des parents pétris d'une idéologie soixante-huitarde dévoyée, qui laissent leurs enfants avoir des relations sexuelles avec un homme nettement plus âgé. Quelque part, il y a un côté un peu chic à voir sa fille dans le lit de quelqu'un reconnu comme un grand écrivain à l'école. Et cette pensée-là dérange aujourd'hui. C’est normal. Mais il faut aussi la concevoir pour pouvoir comprendre cette époque-là", confirme Virginie Girod.

La bascule

Le véritable tournant s’opère dans les années 1990. La France découvre le vrai visage de la pédophilie avec l’affaire Marc Dutroux dans la Belgique voisine. "Avec Matzneff et compagnie, on a une sorte de 'glamourisation' du câlin enfantin, des amours enfantines. C’est chic, c’est joli, c’est la nymphette, les égéries d’Hamilton… On est dans une esthétique qui existe dans la société", affirme Virginie Girod. L’affaire Dutroux dévoile une toute autre facette de la pédophilie : "On a pour la première fois une affaire de mœurs épouvantable, d’un homme qui kidnappe les petites filles, les séquestre, les viole et les assassine." 

C’est la fin de l’illusion d’un hypothétique consentement, on se rend compte qu’autour de la pédophilie, il y a tous les actes de la criminalité.                                                                                                                                                  
Virginie Girod, docteure en histoire, spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité

Désormais, il devient impensable pour la société de défendre la pédophilie. Le terme "pédophile" est employé dans le langage courant et aujourd’hui, il est peu à peu remplacé par celui de "pédocriminel", "on rajoute à la charge morale du crime pour bien signifier qu’on ne laisse plus passer ces pratiques socialement", conclut Virginie Girod. 

Et aujourd'hui ?... Encore et toujours la question du consentement !

N’oubliez pas l’ancienne exposition au palais de Tokyo

Dans les années 1980, à Paris, il existait des sortes de cercles de pédophiles anonymes où des pédophiles se réunissaient pour s'entraider à ne pas passer à l'action. "On savait qu'il y avait une charge morale sur ces pratiques-là et quelque part, il fallait se sentir un peu au-dessus des lois, soit parce qu'on était un puissant, soit parce qu'on n'avait pas conscience que la justice pouvait rappliquer", explique la spécialiste de l’histoire des femmes et de la sexualité.

Au début des années 2000, après le traumatisme de l'affaire Dutroux, certaines associations ont cessé de s'intéresser exclusivement aux victimes pour s'intéresser aux pédophiles et plus largement aux promoteurs, actifs ou passifs de la pédophilie. L'association l'Ange bleu par exemple est la première à entreprendre d'écouter les pédophiles, via une ligne ouverte et très vite, ils le disent : les livres et émissions de télé qui font l'apologie des relations sexuelles avec des enfants les poussent à passer à l'acte. 

Latifa Benari est la fondatrice de l'association l'Ange bleu : "Écrire sur les ébats sexuels avec des enfants ou des adolescents et déclarer qu'avec cette relation, l'enfant ou l'adolescent peut être heureux, pour moi ils sont responsables. Un paumé qui viole un enfant, cela reste une affaire isolée. Mais quelqu'un qui a une relation [avec un enfant] et qui en plus en fait la promotion sur des plateaux télévisés, je trouve cela criminel !"

En attendant, les anciens intellectuels signataires regrettent-ils aujourd'hui leur signature ? Libération a posé la question ici...

Pour justifier de tels actes, le mouvement pro-pédophile s'est toujours caché derrière le "consentement" des enfants et adolescents. "Personne n'a jamais défendu la possibilité de violer des enfants. (...) L'idée de la violence n'effleure pas les personnes qui conceptualisent cette pédophilie-là", précise Virginie Girod.

Et dans les années 1980, la notion de "stranger danger", comme l'appellent les Américains, a fait son apparition. "La question du danger venu de l'extérieur devient prédominante et construit la peur du pédophile autour de la peur de celui qui va venir enlever et agresser les enfants", commente Jean Bérard.

Mais cela cache une autre réalité : une grande partie des actes pédophiles ont lieu dans le cadre intra-familial... Le Conseil de l'Europe évalue les violences sexuelles intra-familiales sur mineurs entre 70 et 85% d'après ce rapport du Sénat daté de mai 2019. Toutefois, les chiffres restent peu nombreux sur le sujet. Lors d'auditions au Sénat pour la mission commune d'information sur la répression d'infractions sexuelles sur mineurs, le réalisateur Éric Guéret, auteur du documentaire Enfance abusée, indique à propos de ces violences sexuelles sur mineurs, qu'"il n'y a pas de chiffres français officiels, fiables. Cela raconte quelque chose de notre société. Une société qui ne veut pas voir un problème se débrouille pour ne pas le quantifier." Il dénonce un "déni" de la société, un "fléau" qui a pour conséquence des victimes "avec un extrême sentiment d'abandon", qui les pousse à "garder le silence" et parfois "à se suicider", avec dans tous les cas, le sentiment "que les institutions ne leur viennent pas en aide". 


https://www.radiofrance.fr/franceculture/quand-des-intellectuels-francais-defendaient-la-pedophilie-2026242 

 

Aussi: Pédocriminalité : ce que disent les lois depuis 1810 

Affaire Epstein !!

 

 

décembre 30, 2025

Loi spéciale et 310 milliards d'euros d'emprunt d'État en 2026

Budget 2026 : la France va emprunter un montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain

Economie. Les parlementaires ont adopté la semaine dernière une loi d'urgence pour assurer la continuité des services publics en janvier, jusqu'à ce qu'un budget adéquat pour 2026 puisse être voté.

 

La France devrait emprunter, comme prévu, le montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain sur les marchés, malgré l'absence de budget pour 2026, a indiqué ce mardi 30 décembre l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l'Etat.

Les emprunts pourront débuter dès janvier et la somme annuelle sera "susceptible d’être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026", a-t-elle indiqué dans son programme de financement pour 2026. Ces 310 milliards d'euros, déjà annoncés en octobre, englobent le montant de l'ensemble des nouvelles obligations à "moyen et long terme", c'est-à-dire à échéance d'un an et plus, auxquelles sont soustraits les rachats anticipés de dettes par l'Etat.

Un record

Il s'agit d'un record, même si, rapportée à la richesse produite durant l'année, cette somme ne devrait représenter qu'environ 10 % du PIB, ce qui ne change pas drastiquement par rapport à 2025. Selon les chiffres de l'AFT, l'Etat a emprunté cette année en net 300 milliards d'euros de dettes à moyen et long terme, une augmentation par rapport à 2024, quand cette somme avait atteint 285 milliards d'euros.

Cette hausse intervient alors que la dette publique a atteint au troisième trimestre un nouveau record en valeur, à près de 3 500 milliards d'euros, et que les coûts de l'emprunt ont grimpé sur les marchés. La France a emprunté en 2025 en moyenne avec un taux d'intérêt de 3,14 % à moyen et long terme, contre 2,91 % en 2024, selon l'AFT. A échéance dix ans, référence sur le marché des obligations, il est passé de 2,94 % à 3,37 %.

Cela s'explique d'abord par une augmentation tendancielle de l'ensemble des taux en Europe car l'Allemagne, première économie du continent et longtemps chantre de la rigueur budgétaire, a décidé d'augmenter sa dette pour financer un plan d'investissement massif.

A défaut pour l'heure de budget pour l'année prochaine, une loi spéciale visant à permettre à l'Etat de percevoir l'impôt et d'emprunter sur les marchés a été promulguée samedi par Emmanuel Macron après le feu vert de l'Assemblée nationale et du Sénat. Les discussions budgétaires au Parlement doivent reprendre en janvier.

AFP

 


Budget 2026 : la loi spéciale promulguée au Journal officiel 

En attendant un vrai budget, l’exécutif a officialisé samedi la reconduction temporaire des finances de 2025. Une procédure exceptionnelle sauve les meubles mais révèle les profondes paralysies du Parlement.

C’est désormais acté. Ce samedi, par sa publication au Journal officiel, le président Emmanuel Macron a promulgué la loi spéciale qui régira les finances publiques à compter du 1er janvier 2026. Ce texte, voté à l’unanimité par le Parlement mardi dernier, est loin d’être une victoire politique. Il constitue l’aveu criant d’un échec : l’impossibilité pour les députés et les sénateurs de s’accorder sur un projet de loi de finances dans les délais. Une situation évoquant les blocages outre-Atlantique, même si ce dispositif législatif permet précisément d’« éviter un blocage de l’Etat comme c’est parfois le cas aux Etats-Unis lors des shutdowns ».

 


 

Un budget figé, des ambitions gelées

Dans les faits, cette mesure technique « reconduit, jusqu’à l’adoption de ce budget, les impôts et les enveloppes allouées à l’Etat dans les conditions de 2025 ». L’État continuera donc de fonctionner et les services publics seront financés, mais toute perspective de nouvelle politique budgétaire est gelée. Le gouvernement ne peut ni créer de nouvel impôt ni engager de dépense inédite. Un cadre particulièrement inconfortable pour la majorité, alors que le chef de l’État a érigé la défense en priorité absolue. Les ambitions en la matière sont donc mises en suspens.

Ce scénario, hélas, commence à devenir familier. Après la chute du gouvernement Barnier en décembre 2024, la France avait déjà connu plusieurs mois de flou avant l’adoption des textes budgétaires en février 2025. L’histoire se répète, mais dans un contexte encore plus tendu.

Le dialogue engagé par le Premier ministre Sébastien Lecornu avec le Parti socialiste a certes permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale, au prix de concessions sensibles sur les retraites. Mais ce fragile compromis n’a pas résisté au gouffre qui sépare l’Assemblée nationale du Sénat, cette dernière chambre étant « hostile à tout impôt supplémentaire ».

Le sursis de janvier

Face à cette impasse, le chef du gouvernement a affiché un optimisme de circonstance. 

« Si les calculs politiques sont mis de côté, le Parlement prendra ses responsabilités, le gouvernement aussi », a-t-il déclaré, se disant « persuadé » de parvenir à un accord.

Un vœu pieux qui sonne comme un appel du pied, tandis que son camp le presse de recourir à l’arme nucléaire du 49.3. La loi spéciale n’est qu’un répit, un sursis accordé à la représentation nationale.

La véritable bataille est simplement reportée à janvier. Elle s’annonce brutale. Les parlementaires devront non seulement boucler un budget, mais aussi se confronter à l’épineuse question de la trajectoire des finances publiques. Les discussions écoulées n’ont « pas permis de dessiner une trajectoire de réduction du déficit », alors même que la France est confrontée à un endettement croissant. La loi spéciale évite le chaos immédiat, mais elle laisse intacte cette équation politique quasi insoluble. Le pays est en pilotage automatique, et les turbulences ne font que commencer.

https://multipol360.com/budget-2026-la-loi-speciale-promulguee-au-journal-officiel/ 

 


Malgré l’absence de budget, la France empruntera bien 310 milliards d'euros en 2026, un record

Cette somme annuelle sera «susceptible d’être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026», a indiqué l’Agence France Trésor (AFT) dans son programme de financement pour 2026.

La France devrait emprunter, comme prévu, le montant record de 310 milliards d'euros l'an prochain sur les marchés, malgré l'absence de budget pour 2026, a indiqué mardi l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette de l'État.

Les emprunts pourront débuter dès janvier en vertu de la loi spéciale promulguée samedi par Emmanuel Macron et la somme annuelle sera «susceptible d'être ajustée, si nécessaire, en fonction de la loi de finances pour 2026», a-t-elle indiqué dans son programme de financement pour 2026.

Plus d’informations à venir...

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/malgre-l-absence-de-budget-la-france-empruntera-bien-310-milliards-d-euros-en-2026-un-record-20251230

 


Un nouveau directeur général à la tête de l'Agence France Trésor

L'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l'Etat, a annoncé mercredi la nomination de Cyril Rousseau au poste de directeur général, où il succèdera à Anthony Requin.

Jusqu'alors directeur général adjoint de l'AFT, Cyril Rousseau remplacera à compter du 1er août Anthony Requin, nommé inspecteur général des finances après six années à la tête de l'AFT. Cyril Rousseau «a accompli l'essentiel de sa carrière à la direction générale du Trésor, rejointe en 2004 et où il était précédemment sous-directeur des affaires financières multilatérales et du développement, et vice-président du Club de Paris», a précisé l'AFT dans un communiqué.

L'Agence France Trésor est chargée de placer la dette française auprès des investisseurs et émet les obligations (OAT) qui financent les besoins en trésorerie de l'Etat.

 https://www.lefigaro.fr/flash-eco/un-nouveau-directeur-general-a-la-tete-de-l-agence-france-tresor-20210707

 

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