Sommaire:
A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays
B) - Javier Milei
C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?
D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral
Divers lien en fin de post sur Mileï
A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays
En visite en Argentine, en début de semaine, la patronne du FMI,
Kristalina Georgieva s'est félicitée des réformes entreprises par
l'actuel gouvernement. Mais, le pays n'est pas pour autant
définitivement sorti d'affaire.
« Ce que nous avons aujourd'hui, d'après tous les indicateurs, est
une situation beaucoup plus saine. » En visite, lundi et mardi, en
Argentine, la directrice générale du Fonds monétaire international
(FMI), Kristalina Georgieva, s'est réjouie d'un redressement économique
certain du pays sous la houlette de Javier Milei.
« L'Argentine se trouve dans une position bien plus forte, et c'est le
résultat du travail acharné du gouvernement, ainsi que de la
persévérance et des sacrifices du peuple argentin », a-t-elle commenté.
La directrice du FMI, Kristalina Georgieva, aux côtés du ministre
argentin de l'Economie, Luis Caputo, durant sa visite dans la capitale
argentine. (Photo Luciano Gonzalez/Anadolu Via AFP)La
situation n'a en effet rien à voir avec la dernière visite de la
direction de l'institution multilatérale en 2018, en l'occurrence
Christine Lagarde, la prédécesseure de Kristalina Georgieva au poste de
directrice générale. La Française avait échoué à sauver le pays sous le
gouvernement de Mauricio Macri avec un prêt record de 50 milliards de
dollars à l'époque. Un accord ultérieur avait été nécessaire, avec le
gouvernement de centre gauche d'Alberto Fernández, en 2022, pour
restructurer une partie de ce prêt (environ 45 milliards de dollars)
afin d'offrir un répit à l'Argentine menacée de faillite.
Bref, depuis 2018 et les accords successifs avec le FMI, le pays où
se sont succédé trois présidents et cinq présidents de la Banque
centrale aura vu son économie passer la majeure partie de cette période
en récession avec une forte inflation. Elle a même frôlé les 300 % peu
après l'élection à la présidence du libertarien Javier Milei en 2023.
Des résultats certains
Peu après son arrivée, le nouvel homme fort de l'Argentine a pris le taureau par les cornes. Il est parvenu à conclure
un nouveau programme d'aide avec le FMI sous la forme d'une facilité de crédit
d'un montant de 20 milliards de dollars en avril 2025 en contrepartie
d'engagements en matière de finances publiques, de réformes économiques
et de politique de change. Sur ce programme, 15 milliards de dollars ont
déjà été accordés au pays. Et les résultats sont au rendez-vous.
L'inflation a été en partie jugulée
et devrait revenir autour de 25 % cette année. Le taux de pauvreté a
chuté de 20 points en un an à 31,6 % au premier semestre 2025. La
croissance économique repart, le FMI prévoyant une hausse du PIB de
3,5 % cette année. Les finances publiques grâce à une politique
d'austérité drastique devraient afficher cette année un excédent
primaire (NDLR : hors paiement des intérêts de la dette et du principal)
de 1,4 % du PIB.
Toute n'est pas rose. La patronne du FMI s'est
inquiétée de la hausse de l'emploi informel (44 % de la population
active) « préoccupante, car elle indique que le marché du travail n'est
toujours pas assez dynamique, au-delà des secteurs qui enregistrent une
forte croissance ». D'après l'enquête de Zuban Cordoba, 47,6 % des
Argentins estiment que leur situation s'est pourtant dégradée l'an passé.
Coupure des dépenses publiques, gel des retraites… : pour deux tiers
des sondés (63,7 %), il est de plus en plus difficile de boucler les
fins du mois.
Point de friction
Un
autre point de friction concerne la reconstitution des réserves de
change du pays (48,9 milliards de dollars près du plus haut de 2019),
grâce aux achats de dollars de la Banque centrale. Elle ne va pas aussi
vite que préconisé par l'institution multilatérale. Pour ne rien
arranger, la banque centrale d'Argentine vient de décider de mettre fin à
ses achats de dollars qui duraient depuis près de sept mois. Kristalina
Georgieva, a pourtant exhorté son gouverneur, Santiago Bausili, à
« continuer sur cette lancée » et à « poursuivre les achats » de
dollars.
Pour l'heure, le FMI reste encore confiant. « Nous sommes peut-être
sur la bonne voie pour que l'Argentine rejoigne le club des marchés
émergents qui ont emprunté auprès du Fonds, réformé leur économie et
cessé de recourir à de nouveaux emprunts », a assuré Kristalina
Georgieva. Sauf que des échéances importantes arrivent.
Une dette à rembourser
L'Argentine
dont la dette auprès du FMI culmine à 57,3 milliards de dollars
(28,3 milliards en 2018) va devoir, en septembre, commencer à rembourser
le principal de cette dette, ce qui portera le total de ses paiements -
intérêts inclus - à 3 milliards de dollars pour le reste de
l'année 2026. Ce montant fera plus que doubler les années suivantes. La
prochaine administration, issue des élections présidentielle et
législative d'octobre 2027, devra débourser au moins 9,5 milliards de
dollars par an entre 2028 et 2031, selon les calculs du FMI.
Les
échéances de remboursement s'étendent jusqu'en 2042, et le gouvernement
affirme ne pas vouloir refinancer la dette, du moins pas avant l'année
prochaine. Pour certains experts, l'Argentine sera probablement forcée
de le faire. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre au retour de
l'Argentine sur les marchés internationaux de capitaux, où le pays
pourrait émettre des emprunts obligataires. Kristalina Georgieva
l'appelle de ses voeux mais Javier Milei en rejette l'idée pour le
moment. Un tel retour garantirait pourtant au FMI le remboursement de
ses fonds.
Richard Hiault
https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/argentine-le-fmi-donne-un-satisfecit-a-milei-pour-le-redressement-economique-du-pays-2244997
Ballon d'oxygène pour l'Argentine qui obtient 42 milliards d'aides internationales
Argentine : les Etats-Unis offrent une bouée de sauvetage à la Bourse de Buenos Aires et au peso
L'Argentine va modifier son régime de change, liant le peso à l'inflation
➡️ Croisssance de 4,4% en 2025, prévision de 3% en 2026 ➡️ Taux de pauvreté en baisse de 24 points en 3 ans
Excédent budgétaire
Zucman et Piketty se sont tellement crashés sur ce sujet qu'on se demande comment on peut encore leur accorder la moindre crédibilité sur le reste.
B) - Javier Milei
Javier Milei, né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires, est un homme d'État et économiste argentin. Farouchement libertarien, député de 2021 à 2023, il est élu président de l'Argentine le 19 novembre 2023.
Biographie
Javier Gerardo Milei naît dans une famille modeste de Buenos Aires
(son père était chauffeur de bus et sa mère mère au foyer). Il étudie à
l'université Belgrano, puis devient économiste dans le secteur privé,
jusqu'à être le principal économiste de la banque HSBC en Argentine. Il
rejoint un think tank tout en continuant à écrire des études académiques
et à enseigner. Il est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'articles peer reviewed.
Intellectuel public et connu pour ses talents de débatteur à
partir des années 2010, il s'engage en politique à partir de la fin des
années 2010. En 2020, il rejoint
Avanza Libertad, un parti politique libéral, qu'il amène, au sein de la coalition
La Libertad Avanza, à la troisième place des législatives argentines de 2021. Il y gagne un siège de député de Buenos Aires.
Sa popularité croissante l'amène à se déclarer candidat à la
présidentielle argentine de 2023, où les sondages le donnent pour
gagnant. Le 22 octobre 2023, il obtient la deuxième place lors du
premier tour, avec 30 % des suffrages exprimés[1]
et se qualifie pour le second tour face au péroniste Sergio Tomas
Massa, qu'il remporte largement le 19 novembre, avec 56% des suffrages
exprimés[1].
Ancien rockeur, il cultive un look excentrique, notamment avec
ses cheveux ébouriffés et une veste en cuir. Durant ses apparitions
publiques, il a régulièrement une tronçonneuse à la main, pour signifier
son envie de couper drastiquement dans des dépenses publiques hors de
tout contrôle en Argentine.
Les deux premières années de sa présidence sont un succès franc, avec une réduction rapide de l'inflation[2], une amélioration massive de la situation pour les locataires grâce à la déréglementation de l'immobilier[3] et un retour à l'excédent budgétaire pour la première fois en 10 ans[4]. La pauvreté chute à son plus bas depuis 2018[5]
et son bilan est salué par les électeurs aux élections législatives de
2025 avec un triplement de son nombre d'élus et une large avance sur ses
concurrents à plus de 40% des voix[6].
Idées politiques
Libertarien, Milei se revendique, au moment de l'élection présidentielle de 2023, de la pensée de Murray Rothbard[7].
Son discours libéral radical, libertarien par de nombreux aspects (ou « ultralibéral » sous la plume de ses détracteurs), séduit largement les jeunes et les exclus dans une Argentine ravagée par l'hyperinflation (plus de 12 % mensuel en 2023) et l'excès de dépense publique.
Il propose en particulier d'abandonner officiellement le peso argentin
pour le remplacer par le dollar américain, déjà très utilisé en
Argentine. Son programme vise à restituer le pouvoir au peuple par une réduction massive de la dépense publique (« à la tronçonneuse ») rendant l'argent aux contribuables, une ouverture des frontières et une rupture avec des régimes dictatoriaux comme la Chine ou la Russie.
Il est classé à l'extrême droite
selon une définition récente et élargie du concept, qui regroupe alors
les défenseurs radicaux et jusqu'au-boutistes des idées de droite, même
modérée (par exemple le libéralisme économique). Ses opposants le qualifient d'« ultraconservateur » surtout pour son opposition ferme à l'avortement, qu'il considère comme un meurtre[8],[9],[10].
Son succès économique et social est contesté par des militants et des médias de gauche, lesquels voient parfois en lui un « fasciste ».
Une qualification qui interpelle sur la compréhension du fascisme par
ceux qui la formulent, alors que le fascisme repose sur le tout-État (le fameux « tout dans l'État, rien contre l'État, rien en dehors de l'État » de Mussolini), là où Milei annonce vouloir réduire l'influence de l'État - et le fait.
Malgré son discours ouvertement et radicalement libéral sur une
grande majorité de sujets, il « bannit » le langage inclusif dans
l'armée[11],[12],[13].
Notes et références
Resultados por Agrupaciones políticas
Les tendances récentes de l’inflation en Argentine donnent raison à Hazlitt
En Argentine, comment la méthode Milei a permis de tripler le nombre de locations disponibles
Argentine : comment Javier Milei a réussi à dégager un premier excédent budgétaire
Argentine : la pauvreté au plus bas depuis 2018
Argentine: Javier Milei remporte largement les législatives de mi-mandat et promet plus de réformes, Le Figaro
https://reason.com/2023/11/27/rothbardian-javier-milei-takes-control-of-a-major-country/
https://www.20minutes.fr/monde/4080052-20240307-argentine-devant-collegiens-lyceens-javier-milei-affirme-avortement-meurtre
https://www.bfmtv.com/international/amerique-latine/le-president-argentin-javier-milei-affirme-que-l-avortement-est-un-meurtre_AD-202403061044.html
https://www.swissinfo.ch/fre/l%27avortement-est-un-%22meurtre%22%2c-dit-le-pr%c3%a9sident-argentin-milei/73431660
https://www.letemps.ch/monde/le-gouvernement-de-javier-milei-bannit-le-langage-inclusif-dans-l-armee-argentine
https://www.bfmtv.com/international/amerique-latine/argentine-le-gouvernement-de-javier-milei-bannit-le-langage-inclusif-dans-l-armee_AD-202402261079.html
Publications
- 2023, "Capitalism, Socialism, and the Neoclassical Trap", in The Emergence of a Tradition: Essays in Honor of Jesús Huerta de Soto, Palgrave Macmillan
Liens externes
C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?
Milei, entre libéralisme radical et théories complotistes : quelles perspectives pour l'Argentine ?
Tel un diable sorti d’une
boîte, Javier Gerardo Milei surgit sur la scène politique argentine sous
le drapeau du libéralisme. Une très bonne nouvelle dans un pays dominé
par les péronistes, une mafia politique vaguement keynesienne et
franchement calamiteuse associée à des syndicats puissants.
S’il était élu à l’élection présidentielle du 22 octobre prochain,
hypothèse incertaine mais pas impossible, Milei introduirait un choc
libéral inédit dans un pays de tradition autoritaire.
Cet homme de 52 ans dont le parti s’appelle La Libertad Avanza (« La liberté avance ») rassemble actuellement 17 % des intentions de vote et se trouve en troisième position derrière Frente de Todos,
(« Le Front de tout le monde »), l’organisation péroniste qui n’a
toujours pas désigné son candidat en raison des bisbilles habituelles
entre Cristina Kirchner et le président Alberto Fernández (25 %), et Juntos por el Cambio (« Ensemble pour le changement »), une coalition qui rassemble les fidèles, mais aussi les déçus de l’ancien président Mauricio Macri (27 %).
Face à ces adversaires, Milei tranche non seulement par ses idées,
mais aussi par son comportement. Très demandé sur les chaînes de
télévision et soutenu principalement par de jeunes électeurs de moins de
trente ans, le candidat libéral (que la gauche qualifie d’extrême
droite) apparait sur les plateaux tout de cuir vêtu, un regard perçant
et une masse de cheveux bruns coiffée comme un casque. Il dénonce les
politiciens qu’il traite de « rats » formant « une caste de parasites »
et insulte tout interlocuteur qui n’est pas d’accord avec lui. « Zurdos
de mierda », leur dit-il, « gauchistes de merde ».
Son programme est radical
Suppression de la Banque centrale, privatisation des monnaies (et
espérance déclarée du retour du dollar américain), mais aussi un
tantinet complotiste. Il croit à la théorie du « marxisme culturel » qui
prétend qu’un complot d’intellectuels marxistes venu de « l’école de
Francfort » s’active à saper les sociétés occidentales, leurs valeurs
chrétiennes et leur conservatisme traditionnel.
Pour lui, le réchauffement climatique, le féminisme et le mouvement
LGTB sont au cœur de ce « marxisme culturel ». Cette théorie n’est
cependant pas exempte de relents antisémites totalement étrangers au
libéralisme.
D’où la question de savoir si Milei est un vrai libéral ou s’il
raconte n’importe quoi. Pour un libéral, il est toujours difficile de
questionner le libéralisme des autres. Mais Milei démontre dans ses
choix un certain autoritarisme et des erreurs de jugement.
Par exemple, il considère que Carlos Menem a été le meilleur
président de l’Argentine. Or ce dernier, au pouvoir de 1989 à 1999,
était un politicien notoirement corrompu et condamné en 2015 à quatre
ans et demi de prison auxquelles il échappera grâce à son immunité
parlementaire. Par ailleurs, au début de son premier mandat, Menem a
autorisé la parité entre le peso argentin et le dollar américain, une
tragique illusion qui a fait baisser l’inflation et a attiré des
capitaux étrangers, mais ce faisant a créé une énorme « bulle »
financière qui éclatera en l’an 2000 et que l’Argentine continue à payer
très cher. Dans une tribune dans El Pais, Mario Vargas Llosas avait écrit que les réformes de Menem « étaient un rideau de fumée cachant la corruption ».
Milei s’égare donc avec Menem mais avance tout de même des
propositions libérales. Ce célibataire ne pense rien de bon du mariage,
mais ne s’oppose pas au mariage gay. Il se montre libéral également face
à la prostitution qu’il considère « un service comme un autre ». Mais
il condamne l’avortement par un raisonnement spécieux affirmant que si
la femme est propriétaire de son corps, celui de son futur enfant est un
« autre corps » qui ne lui appartient pas. Il est par ailleurs en
faveur du port d’armes, sujet délicat pour les libéraux.
Il est jugé essentiel par certains libertariens, mais le libéralisme
classique peut l’estimer contraire au contrat social qui réserve à
l’État le monopole de la force. Le libre usage des armes aux États-Unis
induit des massacres réguliers commis dans des collèges ou des
supermarchés pour de sombres raisons n’ayant rien à voir avec la défense
de nos libertés.
Michel Faure
Journaliste, écrivain, européen et libéral.

D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral
Comment le président «
tronçonneuse » a terrassé l’inflation, reconquis les marchés, obtenu un
chèque de 40 milliards de Washington – au prix d’une fracture sociale
explosive – et dont le parti vient de remporter les dernières
législatives de mi-mandat. Une victoire qui dément, une énième fois, les
prévisions partisanes des « spécialistes » et des médias mainstream, ce
qui nous pousse de nouveau à nous interroger sérieusement et urgemment
sur la question de l’arrêt des subventions de la presse…
En attendant, ce succès consolide
le pouvoir de Milei et ouvre la voie à un programme de réformes
libérales ambitieuses dans une Argentine en crise.
Ce fut, au final, un raz-de-marée. Le
parti du président Javier Milei, La Libertad Avanza (LLA), a remporté
les élections législatives de mi-mandat en Argentine avec près de 41 %
des voix au niveau national.
L’opposition péroniste, regroupant le
principal parti et ses alliés régionaux, a été distancée de neuf points
de pourcentage. Dans un renversement spectaculaire, LLA a même triomphé
dans la province de Buenos Aires, où elle avait pourtant essuyé une
défaite de 14 points lors de l’élection provinciale du mois dernier.
Cette victoire, largement au-delà des
prévisions des instituts de sondage et des attentes des marchés – qui
tablaient sur un match nul ou une avance modeste –, confère à Milei un
nouveau mandat politique pour poursuivre son remodelage radical de
l’économie argentine.
Un virage politique inédit
Le président argentin Javier Milei a
obtenu dimanche une victoire électorale décisive lors des élections de
mi-mandat, renforçant considérablement sa majorité parlementaire et la
légitimité de son programme économique ultralibéral.
Son parti La Libertad Avanza a remporté
41,5 % des voix dans la province de Buenos Aires, une percée historique
dans un bastion traditionnellement dominé par le péronisme, qui
recueille 40,8 % des suffrages. À l’échelle nationale, la formation
libertarienne voit sa représentation à la Chambre des députés passer de
37 à 64 sièges, selon des chiffres rapportés par Reuters et Associated Press.
Cette victoire confère à Milei une marge
de manœuvre politique inédite depuis son arrivée au pouvoir fin 2023. Le
président pourra désormais défendre plus aisément ses décrets et ses
veto présidentiels, instruments centraux de son programme de réformes
visant à réduire drastiquement les dépenses publiques et à déréguler
l’économie.
« Le résultat dépasse les attentes les plus optimistes », estime Marcelo Garcia, directeur pour les Amériques du cabinet Horizon Engage.
« Avec cette majorité, Milei pourra gouverner avec une stabilité politique qu’aucun président récent n’avait connue. »
Pour le politologue Gustavo Córdoba, ce scrutin illustre une « forme d’optimisme prudent » de la part des électeurs :
« Beaucoup veulent donner plus de temps au gouvernement pour juger ses réformes. Le triomphe est incontestable. »
À lire aussi : Javier Milei Argentine: Stunning Shift in Politics Ahead
Le « shock and awe » économique
Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, Milei a appliqué ce qu’il appelle lui-même une politique de shock and awe — « choc et effroi ».
En deux ans, il a ramené l’inflation
annuelle de 211 % à 29,4 %, dégagé un excédent budgétaire primaire de
1,8 % du PIB et restauré 4,8 milliards $ de réserves à la Banque
centrale.
Pour y parvenir, il a mis en œuvre la « mère de tous les ajustements fiscaux » :
– zéro émission monétaire pour financer le Trésor,
– 38 % de coupes budgétaires réelles (éducation – 42 %, santé – 37 %, énergie – 91 %),
– 366 décrets économiques en 22 mois, soit un toutes les 44 heures.
L’économie argentine, exsangue après des
décennies d’instabilité, s’est brutalement réalignée sur les dogmes
libéraux : austérité, désétatisation et confiance illimitée dans les
investisseurs étrangers.
À lire aussi : « Tu es un miracle »
Le laboratoire de la dérégulation
Sous Milei, le pays est devenu un vaste laboratoire de déréglementation.
La loi sur les loyers a été abrogée, supprimant toute limite à la hausse ;
– les indemnités de licenciement et cotisations obligatoires ont été plafonnées ;
– les licences d’importation ont été abolies ;
– les subventions énergétiques ont quasiment disparu.
Dans les faits, l’État argentin s’est retiré de la plupart des mécanismes de protection sociale.
« C’est une économie sous anesthésie réglementaire », résume l’économiste Nora Curia.
« La croissance revient, mais sans amortisseurs. »
Des résultats économiques tangibles
Les indicateurs macroéconomiques
soutiennent cette dynamique : Reuters rapporte que l’inflation est
tombée de 12,8 % avant l’investiture de Milei à 2,1 % en septembre
2025.
Le pays a enregistré un excédent
budgétaire et engagé une vaste déréglementation des marchés, une rupture
radicale après des années de crise chronique.
Dans le même temps, Associated Press
indique que Washington a proposé à Buenos Aires un plan d’aide de 40
milliards de dollars, comprenant un échange de devises de 20 milliards
et un fonds d’investissement équivalent, conditionné à la performance de
Milei aux législatives. Cette offre, soutenue par l’administration
Trump II, illustre un rapprochement stratégique entre les deux
gouvernements.
Le 19 janvier 2025, lors de l’investiture de Donald Trump, Milei a signé un accord secret à la Maison-Blanche.
L’engagement tenait en une phrase : « Si vous tenez l’inflation sous 50 % et gagnez les midterms, nous vous donnons 40 milliards. »
Le jour même de la victoire, Washington a tenu parole :
– à 8 h 12, la FED confirmait un swap de 20 milliards $,
– à 8 h 47, le Trésor américain lançait une facilité de dette-investissement de 20 milliards $,
– à 9 h 03, les obligations argentines 2030 s’envolaient de 7,2 % à Tokyo.
C’est le premier cas documenté d’un
président américain finançant directement un programme économique
étranger avec de l’argent public.
Pour Trump, l’Argentine est devenue une vitrine libertarienne de son nouvel ordre économique mondial.
À Buenos Aires, les classes urbaines aisées savourent déjà les fruits du tournant.
Les prix des produits importés (iPhone,
Nike, Samsung) ont chuté de 35 %, tandis que les loyers en dollars ont
reculé de 43 % dans les quartiers huppés de Palermo ou Recoleta.
Les exportateurs agricoles profitent de la suppression des retenciones : le soja gagne 22 %, le blé 18 %.
Les investissements étrangers bondissent de 1,4 à 3,9 milliards $, et Buenos Aires se rêve en « Miami de l’Amérique latine », hub pour les fintech et les cryptomonnaies.
Mais pour une majorité de citoyens, la réussite de Milei rime avec désastre social.
Selon les chiffres officiels :
– 41 % des Argentins vivent sous le seuil de pauvreté,
– 21 % des jeunes sont sans emploi,
– 70 000 familles ont été expulsées en 18 mois,
– les syndicats ont perdu 1,2 million d’affiliés et 65 % de leurs revenus.
Marchés et diplomatie en attente
Les marchés financiers ont
immédiatement réagi : les obligations et actions argentines devraient
connaître un rallye haussier, selon plusieurs analystes, portés par la
perspective d’une gouvernance plus stable et d’une accélération des
réformes.
Cette victoire consolide également le
profil international de Javier Milei, déjà remarqué lors de la cérémonie
d’investiture de Donald Trump à Washington en janvier 2025, où il a
affiché son alignement idéologique avec les gouvernements conservateurs
de Giorgia Meloni en Italie et Trump aux États-Unis.
« Un tournant pour l’Argentine »
Saluant la victoire depuis Buenos Aires,
Milei a qualifié le scrutin de « tournant pour l’Argentine », promettant
de poursuivre ses coupes budgétaires et son combat contre « l’État
obèse et corrompu ».
« Nous avons brisé les chaînes du passé.
L’Argentine avance vers la liberté et la responsabilité », a-t-il
déclaré devant ses partisans.
En résumé, cette victoire de mi-mandat
donne à Javier Milei les moyens institutionnels de consolider sa
révolution économique et de poursuivre son pari risqué : transformer une
économie en crise structurelle en laboratoire du libertarianisme
latino-américain, sous le regard attentif des investisseurs… et des
chancelleries étrangères.
Javier Milei a gagné la guerre économique, séduit Trump, Wall Street et les classes moyennes urbaines.
Mais il gouverne désormais sur une poudrière sociale : 41 % de pauvres, 21 % de jeunes sans emploi, 70 000 familles expulsées.
La question n’est plus : « Peut-il réformer ? »
Elle est : « Combien de temps les Argentins accepteront-ils de payer le prix de son miracle ? »
Angélique Bouchard
https://lediplomate.media/decryptage-argentine-milei-autopsie-miracle-liberal/
Argentine : dans un entretien récent avec le @CatoInstitute
,
Federico Sturzenegger (ministre de la Dérégulation) explique clairement la logique des réformes menées.
Les régulations ne protègent que rarement le citoyen. Elles créent surtout des rentes qui financent le maintien du système. Ces rentes nourrissent des « agents de blocage » : syndicats, entreprises protégées, bureaucratie.
La stratégie de Sturzenegger est donc double :
1. Économique : ouvrir l’économie, renforcer la concurrence, réformer le marché du travail → supprimer les rentes à la source.
2. Politique : affaiblir durablement la capacité de lobbying des grands intérêts particuliers et de l’administration.
Le soutien constant de Javier Milei et la présence quotidienne de @fedesturze
sur les réseaux sociaux change radicalement la donne. Les lobbies ne peuvent plus négocier dans l’ombre : ils doivent désormais s’opposer ouvertement au président. Cela les place en position de faiblesse face à l’opinion.
Cette approche commence à porter ses fruits.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, en visite en Argentine cette semaine, a félicité l’administration Milei pour la stabilisation macroéconomique, le retour au surplus budgétaire et la baisse de l’inflation. Elle a jugé la situation du pays « beaucoup plus solide ».
Les règlements sont trop souvent des instruments de protection des intérêts particuliers, pas des citoyens.
L’Argentine montre qu’on peut les démanteler méthodiquement… et que cela a un impact positif pour la population.
En France, le droit en vigueur dépasse déjà les 50 millions de mots ! Le même diagnostic s’applique. La question n’est plus de savoir s’il faut simplifier, mais qu’est-ce qu’on attend pour commencer.
#PLIB, le Parti #Libertarien 🇫🇷
@PLIB_fr
Divers lien en fin de post sur Mileï
Milei - Trump News !
DÉCLARATION CONJOINTE SUR L'ACCORD-CADRE ÉTATS-UNIS-ARGENTINE
RELATIFS AU COMMERCE ET AUX INVESTISSEMENTS RÉCIPROQUES
Qu'-y-a-t-il de pire qu'un socialiste ouvertement assumé ?
Un socialiste qui se fait passer pour un libéral comme un gros cheval de truie. Milei est champion du monde des tumeurs socialistes, il aura réussi à détruire le peu d'aura qu'ont les libertariens. C'était probablement le plan depuis le début.
#MaxarchisteTraduction:
« Je ressens un profond mépris pour l’État, que je considère comme la plus grande association criminelle du monde », confessait Javier Milei quelques mois avant d’assumer la présidence. Son hostilité envers l’État est telle que le dirigeant libertarien est allé jusqu’à affirmer qu’il aimait être une « taupe à l’intérieur de l’État », dont la mission était de le détruire.
Ces dernières heures, le gouvernement a pris deux décisions allant dans un sens diamétralement opposé à ce que le président prêche avec tant d’insistance. D’une part, il a modifié le modèle d’investissement du Fonds de Garantie de Soutenabilité afin de favoriser l’octroi de crédits hypothécaires plus accessibles, avec un taux plafonné à 7,5 % + UVA. D’autre part, il est désormais question d’autoriser une hausse des salaires les plus bas à un peu plus d’un million de pesos bruts, en utilisant les primes ou sommes forfaitaires non soumises à cotisations qui complétaient jusqu’à présent certaines conventions collectives.
D’un point de vue idéologique, il s’agit d’un changement radical pour une administration économique libertarienne qui avait choisi de maintenir les salaires sous contrôle, en menaçant les syndicats de ne pas homologuer les accords salariaux dépassant l’inflation mensuelle. Une position qui a contribué à la baisse du pouvoir d’achat et, par conséquent, à alimenter une microéconomie caractérisée par la diminution de la consommation et des recettes fiscales, ainsi que par l’augmentation de l’emploi non déclaré ou précaire.
Ces deux mesures cherchent à recréer un résultat que la politique économique n’est pas parvenue à obtenir jusqu’à présent : le sentiment d’amélioration dont une partie importante de la population, en particulier la classe moyenne, a besoin pour justifier son soutien à un ajustement économique auquel Milei a appelé, mais sans jamais fixer de date de fin.
Elles témoignent également de l’urgence politique à laquelle est confrontée l’administration Milei, dans un contexte où l’endettement et les défauts de paiement dominent l’agenda public et où aucun autre sujet ne semble, pour l’instant, prendre le relais.
À tel point que l’opposition est parvenue ce mercredi à réunir 133 voix — soit quatre de plus que la majorité absolue requise — pour avancer dans l’examen d’une trentaine de projets législatifs destinés à soulager la situation des ménages endettés. Si le processus parlementaire se poursuit — avec un examen en commission malgré la direction libertarienne et l’obtention d’un avis favorable — un sérieux revers pourrait se profiler pour la Casa Rosada.
Patricia Bullrich a été l’une des principales figures du camp gouvernemental à alerter sur cette situation lors des réunions internes, notamment celles de la table politique, en soulignant la nécessité de relancer la consommation. Elle avait déjà déclaré publiquement qu’il fallait « plus de rapidité dans les résultats pour que le changement se ressente dans la vie quotidienne ».
« C’est pour la galerie, comme faire du péronisme sans coût budgétaire », a ironiquement commenté, de manière surprenante, un dirigeant allié du gouvernement. D’un côté, le cabinet affirme que la consommation est à des niveaux historiques ou, comme le faisait autrefois le kirchnérisme, met en avant les restaurants, théâtres ou concerts pleins à craquer pour soutenir que l’économie se porte à merveille. Mais il ne parvient pas à expliquer pourquoi, dans ce cas, les recettes fiscales diminuent alors même que l’évasion ne devrait pas augmenter grâce à la loi dite d’« Innocence fiscale » et à d’autres dispositifs.
Il n’est pas non plus facile de comprendre pourquoi, si ce scénario défavorable n’est qu’une invention des médias et que l’économie est en plein essor, le ministre Luis Caputo invoque la « justice sociale » pour annoncer des crédits. Fera-t-on également appel à la justice sociale pour justifier la hausse des salaires les plus bas ? Peu de gens peuvent s’opposer à cette mesure, à l’exception des entreprises et surtout des PME de nombreux secteurs qui constatent l’effondrement de leurs ventes.
Les salaires et les crédits ne sont pas les seuls indices d’un virage du gouvernement. Diego Santilli et Caputo négocient déjà des aides économiques avec les gouverneurs alliés, à condition qu’elles n’impliquent pas un coût budgétaire important. D’un côté, ils réduisent les subventions destinées aux régions froides pour financer des aides à l’électricité dans les provinces chaudes du nord ; de l’autre, ils élaborent un dispositif permettant aux provinces du centre du pays de refinancer les services destinés aux grands consommateurs.
Nécessité de dynamiser l’économie, d’améliorer la consommation, de favoriser les salariés les plus modestes, d’accorder des crédits moins coûteux : autant de concepts que Milei dénonçait encore il y a peu. Le gouvernement semble avoir pris la mesure du climat social.
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ARGENTINE : LE « DÉSASTRE MILEI » QUI COMMENCE À RESSEMBLER À UNE RÉUSSITE ÉCONOMIQUE
Il y a deux ans et demi, l’Argentine était en train de s’enfoncer dans une crise économique qui semblait sans fin.
Inflation annuelle : plus de 200 %.
Déficit budgétaire chronique.
Pauvreté au-dessus de 50 %.
Une monnaie qui perdait sa valeur à une vitesse vertigineuse.
Et un État qui dépensait comme si la facture allait toujours être envoyée à quelqu’un d’autre.
Et plutôt que de promettre de distribuer davantage, il a fait quelque chose d’assez inhabituel en politique :
Le FMI estime que l’ajustement budgétaire réalisé dès la première année a représenté environ 5 % du PIB — un redressement décrit comme exceptionnellement rapide et important selon les standards internationaux.
Et les chiffres commencent à parler.

Inflation : d’environ 200 % à la fin de 2023 à environ 30 % aujourd’hui.

Finances publiques : deux années consécutives d’excédent primaire, après des années de déficits.

Croissance : après la contraction initiale, l’économie a renoué avec la croissance. La Banque mondiale estime la croissance de 2025 à 4,6 % et prévoit environ 4 % en 2026.

Excédent primaire prévu en 2026 : environ 1,4 % du PIB, selon le FMI.

Prévisions du FMI : croissance réelle de 3,5 % en 2026 et 4 % en 2027.

Inflation mensuelle : passée de niveaux supérieurs à 20 % par mois durant la crise à environ 2,5–3 % par mois selon la Banque mondiale.
Et pendant ce temps, les investissements commencent à suivre.
Le régime RIGI a déjà attiré des dizaines de milliards de dollars de projets, particulièrement dans l’énergie, les mines et les infrastructures.
Même le FMI reconnaît désormais que le programme de stabilisation argentin a produit des progrès significatifs en seulement deux ans et demi.
Évidemment, tout n’est pas parfait.
L’inflation reste élevée. Le pays demeure fragile. La croissance doit encore se traduire durablement par une amélioration du niveau de vie.
Mais il y a une petite leçon qui devient de plus en plus difficile à ignorer :
Un gouvernement peut réellement réduire ses dépenses, assainir ses finances, casser une spirale inflationniste et remettre une économie sur les rails.
Sans promettre que chaque problème sera réglé par une nouvelle subvention.
Sans inventer de l’argent magique.
Sans expliquer que le déficit est nécessairement « temporaire » depuis 20 ans.
Le FMI — pas exactement le fan club officiel de Javier Milei — décrit maintenant la stabilisation argentine comme un succès remarquable par sa rapidité et son ampleur.
Pendant ce temps, certains continuent de chercher désespérément la catastrophe annoncée.
Elle doit être cachée quelque part.
Probablement sous une pile de factures gouvernementales.

¡Viva la Libertad, Carajo!