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juillet 31, 2026

Javier Milei, un radical "économiste" dit libertarien, qu'il n'est, un mieux nécessaire anti-péroniste !

Sommaire:

A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays

B) -  Javier Milei

C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?

D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral 

Divers lien en fin de post sur Mileï

 


A) - Argentine : le FMI donne un satisfecit à Milei pour le redressement économique du pays

En visite en Argentine, en début de semaine, la patronne du FMI, Kristalina Georgieva s'est félicitée des réformes entreprises par l'actuel gouvernement. Mais, le pays n'est pas pour autant définitivement sorti d'affaire.

« Ce que nous avons aujourd'hui, d'après tous les indicateurs, est une situation beaucoup plus saine. » En visite, lundi et mardi, en Argentine, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, s'est réjouie d'un redressement économique certain du pays sous la houlette de Javier Milei. « L'Argentine se trouve dans une position bien plus forte, et c'est le résultat du travail acharné du gouvernement, ainsi que de la persévérance et des sacrifices du peuple argentin », a-t-elle commenté.

La directrice du FMI, Kristalina Georgieva, aux côtés du ministre argentin de l'Economie, Luis Caputo, durant sa visite dans la capitale argentine. (Photo Luciano Gonzalez/Anadolu Via AFP)

La situation n'a en effet rien à voir avec la dernière visite de la direction de l'institution multilatérale en 2018, en l'occurrence Christine Lagarde, la prédécesseure de Kristalina Georgieva au poste de directrice générale. La Française avait échoué à sauver le pays sous le gouvernement de Mauricio Macri avec un prêt record de 50 milliards de dollars à l'époque. Un accord ultérieur avait été nécessaire, avec le gouvernement de centre gauche d'Alberto Fernández, en 2022, pour restructurer une partie de ce prêt (environ 45 milliards de dollars) afin d'offrir un répit à l'Argentine menacée de faillite.

Bref, depuis 2018 et les accords successifs avec le FMI, le pays où se sont succédé trois présidents et cinq présidents de la Banque centrale aura vu son économie passer la majeure partie de cette période en récession avec une forte inflation. Elle a même frôlé les 300 % peu après l'élection à la présidence du libertarien Javier Milei en 2023.

Des résultats certains

Peu après son arrivée, le nouvel homme fort de l'Argentine a pris le taureau par les cornes. Il est parvenu à conclure un nouveau programme d'aide avec le FMI sous la forme d'une facilité de crédit d'un montant de 20 milliards de dollars en avril 2025 en contrepartie d'engagements en matière de finances publiques, de réformes économiques et de politique de change. Sur ce programme, 15 milliards de dollars ont déjà été accordés au pays. Et les résultats sont au rendez-vous.

L'inflation a été en partie jugulée et devrait revenir autour de 25 % cette année. Le taux de pauvreté a chuté de 20 points en un an à 31,6 % au premier semestre 2025. La croissance économique repart, le FMI prévoyant une hausse du PIB de 3,5 % cette année. Les finances publiques grâce à une politique d'austérité drastique devraient afficher cette année un excédent primaire (NDLR : hors paiement des intérêts de la dette et du principal) de 1,4 % du PIB.

Toute n'est pas rose. La patronne du FMI s'est inquiétée de la hausse de l'emploi informel (44 % de la population active) « préoccupante, car elle indique que le marché du travail n'est toujours pas assez dynamique, au-delà des secteurs qui enregistrent une forte croissance ». D'après l'enquête de Zuban Cordoba, 47,6 % des Argentins estiment que leur situation s'est pourtant dégradée l'an passé. Coupure des dépenses publiques, gel des retraites… : pour deux tiers des sondés (63,7 %), il est de plus en plus difficile de boucler les fins du mois.

Point de friction

Un autre point de friction concerne la reconstitution des réserves de change du pays (48,9 milliards de dollars près du plus haut de 2019), grâce aux achats de dollars de la Banque centrale. Elle ne va pas aussi vite que préconisé par l'institution multilatérale. Pour ne rien arranger, la banque centrale d'Argentine vient de décider de mettre fin à ses achats de dollars qui duraient depuis près de sept mois. Kristalina Georgieva, a pourtant exhorté son gouverneur, Santiago Bausili, à « continuer sur cette lancée » et à « poursuivre les achats » de dollars.

Pour l'heure, le FMI reste encore confiant. « Nous sommes peut-être sur la bonne voie pour que l'Argentine rejoigne le club des marchés émergents qui ont emprunté auprès du Fonds, réformé leur économie et cessé de recourir à de nouveaux emprunts », a assuré Kristalina Georgieva. Sauf que des échéances importantes arrivent.

Une dette à rembourser

L'Argentine dont la dette auprès du FMI culmine à 57,3 milliards de dollars (28,3 milliards en 2018) va devoir, en septembre, commencer à rembourser le principal de cette dette, ce qui portera le total de ses paiements - intérêts inclus - à 3 milliards de dollars pour le reste de l'année 2026. Ce montant fera plus que doubler les années suivantes. La prochaine administration, issue des élections présidentielle et législative d'octobre 2027, devra débourser au moins 9,5 milliards de dollars par an entre 2028 et 2031, selon les calculs du FMI.

Les échéances de remboursement s'étendent jusqu'en 2042, et le gouvernement affirme ne pas vouloir refinancer la dette, du moins pas avant l'année prochaine. Pour certains experts, l'Argentine sera probablement forcée de le faire. D'autant plus qu'il ne faut pas s'attendre au retour de l'Argentine sur les marchés internationaux de capitaux, où le pays pourrait émettre des emprunts obligataires. Kristalina Georgieva l'appelle de ses voeux mais Javier Milei en rejette l'idée pour le moment. Un tel retour garantirait pourtant au FMI le remboursement de ses fonds.

Richard Hiault

https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/argentine-le-fmi-donne-un-satisfecit-a-milei-pour-le-redressement-economique-du-pays-2244997

Ballon d'oxygène pour l'Argentine qui obtient 42 milliards d'aides internationales

Argentine : les Etats-Unis offrent une bouée de sauvetage à la Bourse de Buenos Aires et au peso

L'Argentine va modifier son régime de change, liant le peso à l'inflation

 


 

 ➡️ Croisssance de 4,4% en 2025, prévision de 3% en 2026 

➡️ Taux de pauvreté en baisse de 24 points en 3 ans

Excédent budgétaire Zucman et Piketty se sont tellement crashés sur ce sujet qu'on se demande comment on peut encore leur accorder la moindre crédibilité sur le reste.

 

 

B) -  Javier Milei

Javier Milei, né le 22 octobre 1970 à Buenos Aires, est un homme d'État et économiste argentin. Farouchement libertarien, député de 2021 à 2023, il est élu président de l'Argentine le 19 novembre 2023

Biographie

Javier Gerardo Milei naît dans une famille modeste de Buenos Aires (son père était chauffeur de bus et sa mère mère au foyer). Il étudie à l'université Belgrano, puis devient économiste dans le secteur privé, jusqu'à être le principal économiste de la banque HSBC en Argentine. Il rejoint un think tank tout en continuant à écrire des études académiques et à enseigner. Il est l'auteur de plus d'une cinquantaine d'articles peer reviewed.

Intellectuel public et connu pour ses talents de débatteur à partir des années 2010, il s'engage en politique à partir de la fin des années 2010. En 2020, il rejoint Avanza Libertad, un parti politique libéral, qu'il amène, au sein de la coalition La Libertad Avanza, à la troisième place des législatives argentines de 2021. Il y gagne un siège de député de Buenos Aires.

Sa popularité croissante l'amène à se déclarer candidat à la présidentielle argentine de 2023, où les sondages le donnent pour gagnant. Le 22 octobre 2023, il obtient la deuxième place lors du premier tour, avec 30 % des suffrages exprimés[1] et se qualifie pour le second tour face au péroniste Sergio Tomas Massa, qu'il remporte largement le 19 novembre, avec 56% des suffrages exprimés[1].

Ancien rockeur, il cultive un look excentrique, notamment avec ses cheveux ébouriffés et une veste en cuir. Durant ses apparitions publiques, il a régulièrement une tronçonneuse à la main, pour signifier son envie de couper drastiquement dans des dépenses publiques hors de tout contrôle en Argentine.

Les deux premières années de sa présidence sont un succès franc, avec une réduction rapide de l'inflation[2], une amélioration massive de la situation pour les locataires grâce à la déréglementation de l'immobilier[3] et un retour à l'excédent budgétaire pour la première fois en 10 ans[4]. La pauvreté chute à son plus bas depuis 2018[5] et son bilan est salué par les électeurs aux élections législatives de 2025 avec un triplement de son nombre d'élus et une large avance sur ses concurrents à plus de 40% des voix[6].

Idées politiques

Searchtool-80%.png Article détaillé : Libertarianisme.

Libertarien, Milei se revendique, au moment de l'élection présidentielle de 2023, de la pensée de Murray Rothbard[7].

Son discours libéral radical, libertarien par de nombreux aspects (ou « ultralibéral » sous la plume de ses détracteurs), séduit largement les jeunes et les exclus dans une Argentine ravagée par l'hyperinflation (plus de 12 % mensuel en 2023) et l'excès de dépense publique. Il propose en particulier d'abandonner officiellement le peso argentin pour le remplacer par le dollar américain, déjà très utilisé en Argentine. Son programme vise à restituer le pouvoir au peuple par une réduction massive de la dépense publique (« à la tronçonneuse ») rendant l'argent aux contribuables, une ouverture des frontières et une rupture avec des régimes dictatoriaux comme la Chine ou la Russie.

Il est classé à l'extrême droite selon une définition récente et élargie du concept, qui regroupe alors les défenseurs radicaux et jusqu'au-boutistes des idées de droite, même modérée (par exemple le libéralisme économique). Ses opposants le qualifient d'« ultraconservateur » surtout pour son opposition ferme à l'avortement, qu'il considère comme un meurtre[8],[9],[10].

Son succès économique et social est contesté par des militants et des médias de gauche, lesquels voient parfois en lui un « fasciste ». Une qualification qui interpelle sur la compréhension du fascisme par ceux qui la formulent, alors que le fascisme repose sur le tout-État (le fameux « tout dans l'État, rien contre l'État, rien en dehors de l'État » de Mussolini), là où Milei annonce vouloir réduire l'influence de l'État - et le fait.

Malgré son discours ouvertement et radicalement libéral sur une grande majorité de sujets, il « bannit » le langage inclusif dans l'armée[11],[12],[13].

Notes et références

  • Resultados por Agrupaciones políticas

  • Les tendances récentes de l’inflation en Argentine donnent raison à Hazlitt

  • En Argentine, comment la méthode Milei a permis de tripler le nombre de locations disponibles

  • Argentine : comment Javier Milei a réussi à dégager un premier excédent budgétaire

  • Argentine : la pauvreté au plus bas depuis 2018

  • Argentine: Javier Milei remporte largement les législatives de mi-mandat et promet plus de réformes, Le Figaro

  • https://reason.com/2023/11/27/rothbardian-javier-milei-takes-control-of-a-major-country/

  • https://www.20minutes.fr/monde/4080052-20240307-argentine-devant-collegiens-lyceens-javier-milei-affirme-avortement-meurtre

  • https://www.bfmtv.com/international/amerique-latine/le-president-argentin-javier-milei-affirme-que-l-avortement-est-un-meurtre_AD-202403061044.html

  • https://www.swissinfo.ch/fre/l%27avortement-est-un-%22meurtre%22%2c-dit-le-pr%c3%a9sident-argentin-milei/73431660

  • https://www.letemps.ch/monde/le-gouvernement-de-javier-milei-bannit-le-langage-inclusif-dans-l-armee-argentine

  • https://www.bfmtv.com/international/amerique-latine/argentine-le-gouvernement-de-javier-milei-bannit-le-langage-inclusif-dans-l-armee_AD-202402261079.html

  • Publications

    • 2023, "Capitalism, Socialism, and the Neoclassical Trap", in The Emergence of a Tradition: Essays in Honor of Jesús Huerta de Soto, Palgrave Macmillan

    Liens externes





    C) - Javier Gerardo Milei : diable ou sauveur du libéralisme ?

    Milei, entre libéralisme radical et théories complotistes : quelles perspectives pour l'Argentine ?

    Tel un diable sorti d’une boîte, Javier Gerardo Milei surgit sur la scène politique argentine sous le drapeau du libéralisme. Une très bonne nouvelle dans un pays dominé par les péronistes, une mafia politique vaguement keynesienne et franchement calamiteuse associée à des syndicats puissants.

    S’il était élu à l’élection présidentielle du 22 octobre prochain, hypothèse incertaine mais pas impossible, Milei introduirait un choc libéral inédit dans un pays de tradition autoritaire.

    Cet homme de 52 ans dont le parti s’appelle La Libertad Avanza (« La liberté avance ») rassemble actuellement 17 % des intentions de vote et se trouve en troisième position derrière Frente de Todos, (« Le Front de tout le monde »), l’organisation péroniste qui n’a toujours pas désigné son candidat en raison des bisbilles habituelles entre Cristina Kirchner et le président Alberto Fernández (25 %), et Juntos por el Cambio (« Ensemble pour le changement »), une coalition qui rassemble les fidèles, mais aussi les déçus de l’ancien président Mauricio Macri (27 %).

    Face à ces adversaires, Milei tranche non seulement par ses idées, mais aussi par son comportement. Très demandé sur les chaînes de télévision et soutenu principalement par de jeunes électeurs de moins de trente ans, le candidat libéral (que la gauche qualifie d’extrême droite) apparait sur les plateaux tout de cuir vêtu, un regard perçant et une masse de cheveux bruns coiffée comme un casque. Il dénonce les politiciens qu’il traite de « rats » formant « une caste de parasites » et insulte tout interlocuteur qui n’est pas d’accord avec lui. « Zurdos de mierda », leur dit-il, « gauchistes de merde ».

    Son programme est radical

    Suppression de la Banque centrale, privatisation des monnaies (et espérance déclarée du retour du dollar américain), mais aussi un tantinet complotiste. Il croit à la théorie du « marxisme culturel » qui prétend qu’un complot d’intellectuels marxistes venu de « l’école de Francfort » s’active à saper les sociétés occidentales, leurs valeurs chrétiennes et leur conservatisme traditionnel.

    Pour lui, le réchauffement climatique, le féminisme et le mouvement LGTB sont au cœur de ce « marxisme culturel ». Cette théorie n’est cependant pas exempte de relents antisémites totalement étrangers au libéralisme.

    D’où la question de savoir si Milei est un vrai libéral ou s’il raconte n’importe quoi. Pour un libéral, il est toujours difficile de questionner le libéralisme des autres. Mais Milei démontre dans ses choix un certain autoritarisme et des erreurs de jugement.

    Par exemple, il considère que Carlos Menem a été le meilleur président de l’Argentine. Or ce dernier, au pouvoir de 1989 à 1999, était un politicien notoirement corrompu et condamné en 2015 à quatre ans et demi de prison auxquelles il échappera grâce à son immunité parlementaire. Par ailleurs, au début de son premier mandat, Menem a autorisé la parité entre le peso argentin et le dollar américain, une tragique illusion qui a fait baisser l’inflation et a attiré des capitaux étrangers, mais ce faisant a créé une énorme « bulle » financière qui éclatera en l’an 2000 et que l’Argentine continue à payer très cher. Dans une tribune dans El Pais, Mario Vargas Llosas avait écrit que les réformes de Menem « étaient un rideau de fumée cachant la corruption ».

    Milei s’égare donc avec Menem mais avance tout de même des propositions libérales. Ce célibataire ne pense rien de bon du mariage, mais ne s’oppose pas au mariage gay. Il se montre libéral également face à la prostitution qu’il considère « un service comme un autre ». Mais il condamne l’avortement par un raisonnement spécieux affirmant que si la femme est propriétaire de son corps, celui de son futur enfant est un « autre corps » qui ne lui appartient pas. Il est par ailleurs en faveur du port d’armes, sujet délicat pour les libéraux.

    Il est jugé essentiel par certains libertariens, mais le libéralisme classique peut l’estimer contraire au contrat social qui réserve à l’État le monopole de la force. Le libre usage des armes aux États-Unis induit des massacres réguliers commis dans des collèges ou des supermarchés pour de sombres raisons n’ayant rien à voir avec la défense de nos libertés.

     

     

     

     

     


    D) - L’Argentine de Milei : Autopsie d’un miracle libéral

    Comment le président « tronçonneuse » a terrassé l’inflation, reconquis les marchés, obtenu un chèque de 40 milliards de Washington – au prix d’une fracture sociale explosive – et dont le parti vient de remporter les dernières législatives de mi-mandat. Une victoire qui dément, une énième fois, les prévisions partisanes des « spécialistes » et des médias mainstream, ce qui nous pousse de nouveau à nous interroger sérieusement et urgemment sur la question de l’arrêt des subventions de la presse…

    En attendant, ce succès consolide le pouvoir de Milei et ouvre la voie à un programme de réformes libérales ambitieuses dans une Argentine en crise.

    Ce fut, au final, un raz-de-marée. Le parti du président Javier Milei, La Libertad Avanza (LLA), a remporté les élections législatives de mi-mandat en Argentine avec près de 41 % des voix au niveau national. 

    L’opposition péroniste, regroupant le principal parti et ses alliés régionaux, a été distancée de neuf points de pourcentage. Dans un renversement spectaculaire, LLA a même triomphé dans la province de Buenos Aires, où elle avait pourtant essuyé une défaite de 14 points lors de l’élection provinciale du mois dernier.

    Cette victoire, largement au-delà des prévisions des instituts de sondage et des attentes des marchés – qui tablaient sur un match nul ou une avance modeste –, confère à Milei un nouveau mandat politique pour poursuivre son remodelage radical de l’économie argentine.

    Un virage politique inédit

    Le président argentin Javier Milei a obtenu dimanche une victoire électorale décisive lors des élections de mi-mandat, renforçant considérablement sa majorité parlementaire et la légitimité de son programme économique ultralibéral.

    Son parti La Libertad Avanza a remporté 41,5 % des voix dans la province de Buenos Aires, une percée historique dans un bastion traditionnellement dominé par le péronisme, qui recueille 40,8 % des suffrages. À l’échelle nationale, la formation libertarienne voit sa représentation à la Chambre des députés passer de 37 à 64 sièges, selon des chiffres rapportés par Reuters et Associated Press.

    Cette victoire confère à Milei une marge de manœuvre politique inédite depuis son arrivée au pouvoir fin 2023. Le président pourra désormais défendre plus aisément ses décrets et ses veto présidentiels, instruments centraux de son programme de réformes visant à réduire drastiquement les dépenses publiques et à déréguler l’économie.

    « Le résultat dépasse les attentes les plus optimistes », estime Marcelo Garcia, directeur pour les Amériques du cabinet Horizon Engage.

    « Avec cette majorité, Milei pourra gouverner avec une stabilité politique qu’aucun président récent n’avait connue. »

    Pour le politologue Gustavo Córdoba, ce scrutin illustre une « forme d’optimisme prudent » de la part des électeurs :

    « Beaucoup veulent donner plus de temps au gouvernement pour juger ses réformes. Le triomphe est incontestable. »

    À lire aussi : Javier Milei Argentine: Stunning Shift in Politics Ahead

    Le « shock and awe » économique

    Depuis son arrivée au pouvoir fin 2023, Milei a appliqué ce qu’il appelle lui-même une politique de shock and awe — « choc et effroi ».

    En deux ans, il a ramené l’inflation annuelle de 211 % à 29,4 %, dégagé un excédent budgétaire primaire de 1,8 % du PIB et restauré 4,8 milliards $ de réserves à la Banque centrale.

    Pour y parvenir, il a mis en œuvre la « mère de tous les ajustements fiscaux » :

    – zéro émission monétaire pour financer le Trésor,

    – 38 % de coupes budgétaires réelles (éducation – 42 %, santé – 37 %, énergie – 91 %),

    – 366 décrets économiques en 22 mois, soit un toutes les 44 heures.

    L’économie argentine, exsangue après des décennies d’instabilité, s’est brutalement réalignée sur les dogmes libéraux : austérité, désétatisation et confiance illimitée dans les investisseurs étrangers.

    À lire aussi : « Tu es un miracle »

    Le laboratoire de la dérégulation

    Sous Milei, le pays est devenu un vaste laboratoire de déréglementation.

    La loi sur les loyers a été abrogée, supprimant toute limite à la hausse ;

    – les indemnités de licenciement et cotisations obligatoires ont été plafonnées ;

    – les licences d’importation ont été abolies ;

    – les subventions énergétiques ont quasiment disparu.

    Dans les faits, l’État argentin s’est retiré de la plupart des mécanismes de protection sociale.

    « C’est une économie sous anesthésie réglementaire », résume l’économiste Nora Curia.

    « La croissance revient, mais sans amortisseurs. »

    Des résultats économiques tangibles

    Les indicateurs macroéconomiques soutiennent cette dynamique : Reuters rapporte que l’inflation est tombée de 12,8 % avant l’investiture de Milei à 2,1 % en septembre 2025. 

    Le pays a enregistré un excédent budgétaire et engagé une vaste déréglementation des marchés, une rupture radicale après des années de crise chronique.

    Dans le même temps, Associated Press indique que Washington a proposé à Buenos Aires un plan d’aide de 40 milliards de dollars, comprenant un échange de devises de 20 milliards et un fonds d’investissement équivalent, conditionné à la performance de Milei aux législatives. Cette offre, soutenue par l’administration Trump II, illustre un rapprochement stratégique entre les deux gouvernements.

    Le 19 janvier 2025, lors de l’investiture de Donald Trump, Milei a signé un accord secret à la Maison-Blanche.

    L’engagement tenait en une phrase : « Si vous tenez l’inflation sous 50 % et gagnez les midterms, nous vous donnons 40 milliards. »

    Le jour même de la victoire, Washington a tenu parole :

    – à 8 h 12, la FED confirmait un swap de 20 milliards $,

    – à 8 h 47, le Trésor américain lançait une facilité de dette-investissement de 20 milliards $,

    – à 9 h 03, les obligations argentines 2030 s’envolaient de 7,2 % à Tokyo.

    C’est le premier cas documenté d’un président américain finançant directement un programme économique étranger avec de l’argent public.

    Pour Trump, l’Argentine est devenue une vitrine libertarienne de son nouvel ordre économique mondial.

    À Buenos Aires, les classes urbaines aisées savourent déjà les fruits du tournant.

    Les prix des produits importés (iPhone, Nike, Samsung) ont chuté de 35 %, tandis que les loyers en dollars ont reculé de 43 % dans les quartiers huppés de Palermo ou Recoleta.

    Les exportateurs agricoles profitent de la suppression des retenciones : le soja gagne 22 %, le blé 18 %.

    Les investissements étrangers bondissent de 1,4 à 3,9 milliards $, et Buenos Aires se rêve en « Miami de l’Amérique latine », hub pour les fintech et les cryptomonnaies.

    Mais pour une majorité de citoyens, la réussite de Milei rime avec désastre social.

    Selon les chiffres officiels :

    – 41 % des Argentins vivent sous le seuil de pauvreté,

    – 21 % des jeunes sont sans emploi,

    – 70 000 familles ont été expulsées en 18 mois,

    – les syndicats ont perdu 1,2 million d’affiliés et 65 % de leurs revenus.

    Marchés et diplomatie en attente

    Les marchés financiers ont immédiatement réagi : les obligations et actions argentines devraient connaître un rallye haussier, selon plusieurs analystes, portés par la perspective d’une gouvernance plus stable et d’une accélération des réformes.

    Cette victoire consolide également le profil international de Javier Milei, déjà remarqué lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump à Washington en janvier 2025, où il a affiché son alignement idéologique avec les gouvernements conservateurs de Giorgia Meloni en Italie et Trump aux États-Unis.

    « Un tournant pour l’Argentine »

    Saluant la victoire depuis Buenos Aires, Milei a qualifié le scrutin de « tournant pour l’Argentine », promettant de poursuivre ses coupes budgétaires et son combat contre « l’État obèse et corrompu ».

    « Nous avons brisé les chaînes du passé. L’Argentine avance vers la liberté et la responsabilité », a-t-il déclaré devant ses partisans.

    En résumé, cette victoire de mi-mandat donne à Javier Milei les moyens institutionnels de consolider sa révolution économique et de poursuivre son pari risqué : transformer une économie en crise structurelle en laboratoire du libertarianisme latino-américain, sous le regard attentif des investisseurs… et des chancelleries étrangères.

    Javier Milei a gagné la guerre économique, séduit Trump, Wall Street et les classes moyennes urbaines.

    Mais il gouverne désormais sur une poudrière sociale : 41 % de pauvres, 21 % de jeunes sans emploi, 70 000 familles expulsées.

    La question n’est plus : « Peut-il réformer ? »

    Elle est : « Combien de temps les Argentins accepteront-ils de payer le prix de son miracle ? »


     

     


     

    Argentine : dans un entretien récent avec le @CatoInstitute

    Federico Sturzenegger (ministre de la Dérégulation) explique clairement la logique des réformes menées. 

    Les régulations ne protègent que rarement le citoyen. Elles créent surtout des rentes qui financent le maintien du système. Ces rentes nourrissent des « agents de blocage » : syndicats, entreprises protégées, bureaucratie. 

    La stratégie de Sturzenegger est donc double : 

    1. Économique : ouvrir l’économie, renforcer la concurrence, réformer le marché du travail → supprimer les rentes à la source. 

    2. Politique : affaiblir durablement la capacité de lobbying des grands intérêts particuliers et de l’administration. 

     Le soutien constant de Javier Milei et la présence quotidienne de @fedesturze sur les réseaux sociaux change radicalement la donne. Les lobbies ne peuvent plus négocier dans l’ombre : ils doivent désormais s’opposer ouvertement au président. Cela les place en position de faiblesse face à l’opinion. Cette approche commence à porter ses fruits. 

    La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, en visite en Argentine cette semaine, a félicité l’administration Milei pour la stabilisation macroéconomique, le retour au surplus budgétaire et la baisse de l’inflation. Elle a jugé la situation du pays « beaucoup plus solide ». Les règlements sont trop souvent des instruments de protection des intérêts particuliers, pas des citoyens. 

    L’Argentine montre qu’on peut les démanteler méthodiquement… et que cela a un impact positif pour la population. En France, le droit en vigueur dépasse déjà les 50 millions de mots ! Le même diagnostic s’applique. La question n’est plus de savoir s’il faut simplifier, mais qu’est-ce qu’on attend pour commencer. 

    #PLIB, le Parti #Libertarien 🇫🇷 @PLIB_fr

     

     


     

    Argentine : Javier Milei propose de suspendre le salaire des ministres et députés en cas de déficit budgétaire

    Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de « verrou budgétaire » prévoyant la suspension du salaire des plus hauts responsables politiques si un déficit public prolongé n'est pas résorbé dans les délais. Cette réforme, qui doit encore être approuvée par le Congrès, s'inscrit dans sa stratégie de « déficit zéro ».

    Le président argentin Javier Milei a présenté un projet de loi qui pourrait profondément modifier les règles de gestion des finances publiques. Baptisé « grillete fiscal » (« verrou budgétaire »), ce mécanisme prévoit que si l'État enregistre un déficit budgétaire prolongé et que le Congrès ne parvient pas à rétablir l'équilibre des comptes dans le délai imparti, les plus hauts responsables politiques cesseraient de percevoir leur salaire.

    Selon le projet présenté par le gouvernement, cette mesure concernerait le président de la République, le vice-président, les ministres, les secrétaires d'État, les sous-secrétaires, ainsi que les députés et les sénateurs nationaux. Leurs rémunérations seraient suspendues pendant toute la durée d'application du dispositif.

    Le texte prévoit également une série de mesures destinées à limiter les dépenses publiques. En cas d'activation du mécanisme, les nouvelles dépenses seraient gelées, les recrutements dans l'administration suspendus, certains contrats publics interrompus et les activités non essentielles de l'État mises à l'arrêt. Les transferts discrétionnaires vers les provinces seraient également bloqués.

    En présentant cette réforme lors d'une allocution télévisée, Javier Milei a affirmé vouloir inverser la logique qui, selon lui, a prévalu pendant des décennies en Argentine. « Pour la première fois dans notre histoire, si la politique ne fait pas son travail, c'est la politique qui paiera le prix, et non les citoyens », a déclaré le chef de l'État.

    Le gouvernement assure toutefois que les services essentiels continueront de fonctionner normalement. Les retraites, les pensions, les allocations sociales, ainsi que les secteurs de la santé, de la sécurité, de la défense nationale et de l'administration pénitentiaire ne seraient pas concernés par ce mécanisme.
    Cette initiative s'inscrit dans la politique de « déficit zéro » défendue par Javier Milei depuis son arrivée au pouvoir. Le président souhaite inscrire durablement la discipline budgétaire dans les institutions argentines afin d'empêcher tout retour à des déficits financés par l'endettement ou par la création monétaire.

    À ce stade, il ne s'agit pas encore d'une loi. Le « verrou budgétaire » est un projet présenté par le gouvernement argentin qui devra être débattu puis approuvé par le Congrès avant de pouvoir entrer en vigueur.

    J.PE  

    https://www.21news.be/argentine-javier-milei-propose-de-suspendre-le-salaire-des-ministres-et-deputes-en-cas-de-deficit-budgetaire/

     

     


     

    Divers lien en fin de post sur Mileï

    Le président Javier Milei, des législatives réussies, des réformes à venir....

    Javier Milei vers la liberté économique en Argentine ??

    Trumps News USA - Fin du shutdown - ACCORD-CADRE ÉTATS-UNIS-ARGENTINE - Orban et paix !

    Milei - Trump News !
     
    DÉCLARATION CONJOINTE SUR L'ACCORD-CADRE ÉTATS-UNIS-ARGENTINE
    RELATIFS AU COMMERCE ET AUX INVESTISSEMENTS RÉCIPROQUES

     


    juillet 23, 2026

    Du mercantilisme "Trumpien" au socialo-communisme étatsunien, quel futur....!!

    Sommaire:
     
    A) - JD Vance, futur  président US pour un socialisme de droite conservateur religieux ? 

    B) - Comment les socialistes ont capturé le Parti démocrate américain : L’avertissement des experts qui ont fui le communisme
     
    C) - Zohran Mamdani : Le socialiste de New York qui divise l’Amérique
     
    D) - Nouveau mouvement socialiste aux États-Unis : DSA tient bon
     
    E) - MAINTENANT MÊME, TRUMP ENTRA EN MODE GUERRE TOTALE CONTRE LES COMMUNISTES
     
     

     
     
     
    A) - JD Vance, futur  président US pour un socialisme de droite conservateur religieux ?
     
    Comme le soutient Doug Bandow de Cato, la liberté économique a fait davantage pour réduire la pauvreté et protéger la liberté que les économies dirigées par l’État.
     
    La confusion du vice-président JD Vance au sujet de Milton Friedman 
     
    Les opportunités croissantes que Friedman a contribué à créer ont davantage œuvré à réduire la pauvreté et à renforcer la dignité que n'importe quel programme gouvernemental.
     


    Une grande partie de la gauche religieuse nourrit depuis longtemps une aspiration à peine dissimulée pour le socialisme. Il ne s’agit généralement pas du marxisme-léninisme, bien entendu, en dépit des fantasmes du type « je l’ai vu et ça marche » qu’ont pu entretenir certains visiteurs aux premières heures de l’Union soviétique. Peu après l’effondrement de l’URSS, j’ai assisté à Oxford à un colloque international sur l’économie, durant lequel des libéraux désabusés — ou « progressistes », selon la terminologie actuelle — ont reconnu ce qu’ils appelaient « le verdict de l’histoire ». 
     
    Par ailleurs, la plupart de ceux qui se disent socialistes ne le sont pas vraiment. Le sénateur Bernie Sanders est un millionnaire propriétaire de trois résidences qui, à ma connaissance, n’a jamais proposé de nationaliser l’économie dans son intégralité. Il souhaite plutôt mettre à profit les ressources considérables générées par l’entreprise privée pour financer ses objectifs sociaux. Après tout, c’est aussi la stratégie du dirigeant communiste chinois Xi Jinping : le « socialisme aux caractéristiques chinoises » s’appuie sur une activité économique largement privée pour servir les intérêts du régime en place. 
     
    Il a toutefois toujours existé des formes plus modérées de collectivisme économique, prônées par les sociaux-démocrates et leurs compagnons de route ; ces derniers imaginaient un processus électoral confiant le contrôle de sociétés relativement libres à des ingénieurs sociaux omniscients et bien intentionnés. Comme l’IRD l’a documenté — et combattu — au fil des ans, les instances dirigeantes des Églises traditionnelles ont souvent penché dans cette direction. Au sein de la mouvance évangélique, on a observé des tendances similaires chez les membres de la communauté *Sojourners*, ainsi que chez Ron Sider et l’organisation *Evangelicals for Social Action* (aujourd’hui *Christians for Social Action*), qu’il a fondée. Ces militants cherchaient généralement à recourir à l’État pour répondre à de véritables épreuves et crises humaines, mais, malheureusement, avec des résultats bien trop souvent contre-productifs.
     
    Aujourd'hui, ceux qui se disent conservateurs semblent de plus en plus s'orienter dans une direction similaire. Le président Donald Trump n'a jamais adopté de position idéologique cohérente ; il n'est donc guère surprenant qu'il cherche à ramener les États-Unis à une époque révolue, celle où le mercantilisme était en vogue. Plus inquiétant encore est l'enthousiasme apparent du vice-président JD Vance pour une économie dirigée par l'État. 
     
    Certes, la Bible ne consacre aucun système économique particulier. Favoriser le développement et stimuler la croissance ne faisaient pas partie de la mission des prophètes et des apôtres. En effet, ni le fonctionnement de l'ancien royaume hébreu ni celui de la communauté chrétienne du Nouveau Testament n'offrent de conseils réellement utiles sur la manière d'organiser et de pérenniser une société industrielle moderne. Les bonnes intentions importaient peu, elles aussi. Comme le demandait Jacques : « Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un de vous leur dise : "Allez en paix ! Mettez-vous au chaud et rassasiez-vous !" sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? » 
     
     Comme l'avait compris le frère de Jésus, ce sont les résultats concrets qui comptent. À cet aune, l'approche du président s'avère décevante. Sa politique commerciale, si tant est qu'on puisse la qualifier ainsi, s'apparente essentiellement à une guerre commerciale menée contre le monde entier. Sa campagne a entraîné une hausse des prix à la consommation et des coûts de production, a pénalisé les fabricants nationaux et a détruit des emplois américains. Le vice-président a récemment affirmé que « l'économie est un outil au service de la dignité de la personne humaine ». Si tel est le cas, il ne devrait pas faire l'apologie de la « Trumponomics ». 
     
     Les critiques formulées par Vance à l'encontre de Milton Friedman — économiste prix Nobel qui a largement contribué, dans les années 1970 et 1980, à relancer la pensée économique libérale classique ainsi que les politiques généralement prônées par le président Ronald Reagan — se sont révélées particulièrement singulières. Je porte une affection particulière à Friedman, que j'ai rencontré alors que j'étudiais à la faculté de droit de Stanford et que je travaillais à temps partiel à la Hoover Institution. Il a par la suite proposé ma candidature à la Société du Mont-Pèlerin, un refuge pour les libéraux classiques fondé durant les heures sombres de la guerre froide. 
     
    Vance a balayé les idées de Friedman, estimant qu'elles n'étaient pertinentes que « dans un monde où des garde-fous chrétiens encadrent tout ». En réalité, le vice-président fait fausse route. Comme l'a célèbrement averti Lord Acton : « Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument. » Un système de marché libre et concurrentiel est d'une importance capitale lorsque la tentation et l'occasion, pour les représentants de l'État, d'abuser de leur pouvoir sont les plus grandes. C'est alors que la dynamique du marché peut constituer la force la plus puissante pour limiter l'usage abusif, voire tyrannique, du pouvoir étatique.

    Vance a eu raison de critiquer la tendance à faire du développement économique « une sorte d’idole » — Dieu nous a mis en garde contre l’amour de l’argent, après tout — mais le vice-président ne devrait pas négliger l’importance de la croissance économique, en particulier pour les plus démunis. Même Marx a reconnu que la productivité économique du capitalisme a permis à la majeure partie du monde de sortir d’une pauvreté misérable. L’élargissement des opportunités, auquel Friedman a contribué, a davantage fait pour réduire la pauvreté et renforcer la dignité humaine que n’importe quel programme gouvernemental. 
     
    Par ailleurs, les gouvernements ont bien plus souvent eu tort que raison dans la gestion de leur économie. Le XXe siècle a été celui du triomphe de la planification. La Première Guerre mondiale a engendré un « socialisme de guerre » qui a laissé l’Europe en ruines. C’est de ce conflit qu’ont émergé communistes, fascistes et nazis. Leurs tentatives de créer un « Homme nouveau » — tant sur le plan économique que social et idéologique — différaient dans les détails mais se sont toutes soldées par un échec cuisant. Les États-providence plus modérés de l’Occident, y compris le *New Deal* de Franklin Delano Roosevelt, ont largement freiné la reprise et ralenti la croissance. Pourtant, la « politique industrielle » est devenue par la suite très en vogue à Washington, à une époque où les décideurs américains craignaient que le Japon ne supplante les États-Unis sur le plan économique. En 1991, un livre prédisait même un conflit militaire entre les États-Unis et cette nouvelle puissance montante. Toutefois, l’économie japonaise a rapidement stagné, et la conviction que Tokyo représentait l’avenir s’est dissipée. Si les États-Unis s’inquiètent aujourd’hui des avancées de la Chine, cette dernière a dépensé des milliards pour soutenir une industrie des semi-conducteurs qui continue de accuser un retard par rapport à celle de l’Amérique. 
     
    Bien que les marchés soient imparfaits, le contrôle étatique est loin d’être irréprochable. La propriété privée limite les dégâts causés par un acteur incompétent ou corrompu, tandis que la politique de l’État multiplie trop souvent les conséquences néfastes de mauvaises décisions. En outre, l’enrichissement ostentatoire de la famille Trump grâce aux politiques gouvernementales constitue une mise en garde importante contre le fait de confier davantage de pouvoir à un président, quel qu’il soit. Si des intérêts économiques influents dépensent des milliards de dollars pour contrôler les gouvernements américains à tous les niveaux, c’est pour se protéger de cette autorité et, trop souvent, pour détourner ce pouvoir à leur propre profit. 
     
     Dieu ne nous dicte pas ce que nous devons penser de l’économie ou de la politique. Seules les idéologies totalitaires sont incompatibles avec la foi. Le tristement célèbre juriste nazi Roland Freisler, qui jugea les auteurs du complot de juillet 1944 contre Adolf Hitler, a déclaré : « Il est une chose… que nous, nationaux-socialistes, avons en commun avec les chrétiens, et une seule : nous réclamons tous deux l’homme tout entier. »
     
    Toutefois, le système de marché protège mieux la liberté et apporte une réponse économique plus efficace. Nous devrions favoriser l'épanouissement humain. Or, celui-ci a davantage de chances de se réaliser dans un monde où l'économie est largement libre et où les responsables publics — tel le vice-président — ne disposent que d'une autorité très limitée pour la plier à leur volonté. 
     
    Doug Bandow 
    Chercheur principal, Cato Institute
     


    Steve Moore, cofondateur d'Unleash Prosperity, évoque les propos controversés du vice-président JD Vance sur le système économique actuel dans l'émission « Kudlow ».
     

    Milton Friedman

    Milton Friedman, né le 31 juillet 1912 à New York et décédé le 16 novembre 2006 à San Francisco, est un économiste américain, Prix Nobel d'économie en 1976.  

    Biographie

    Descendant d'une famille d'immigrants juifs, Milton Friedman suit des études en mathématiques et en économie. Il obtient son doctorat en économie à l'université Columbia en 1946. Professeur à l'université de Chicago de 1946 à 1976, il est aussi chercheur au National Bureau of Economic Research, président de l'American Economic Association et assesseur économique du président Nixon. Il est le cofondateur de la Société du Mont-Pèlerin sur l'invitation de Friedrich Hayek. Milton Friedman en fut le président de 1970 à 1972, succédant à Guenter Schmolders et cédant sa place à Arthur Shenfield.

    Défenseur du libre marché, Friedman est le membre le plus éminent l'école de Chicago. Cette notoriété lui vient, en grande partie, de ses écrits, faciles à lire par monsieur tout le monde. Monétariste « de toute la vie », il s'oppose au keynésianisme au moment où celui-ci connaît son apogée dans les années cinquante et soixante et propose de résoudre les problèmes d'inflation en limitant à un taux constant la croissance de l'offre monétaire. L'ouvrage Capitalisme et liberté (1962 - voir bibliographie) est considéré par certains comme le plus provocateur des livres en économie. En 1976, il reçoit le Prix Nobel d'économie « pour ses résultats dans les domaines de l'analyse de la consommation, de l'histoire et de la théorie monétaire et pour sa démonstration de la complexité et la politique de stabilisation ».

    Travaux

    Économie

    Friedman est principalement connu pour ses travaux concernant la monnaie : la théorie quantitative de la monnaie, qui explique les mouvements des prix par la variation de la masse monétaire et le monétarisme. La théorie quantitative de la monnaie n'est pas une création ex nihilo de Friedman ; elle tire ses racines des travaux de l'école de Salamanque, de Jean Bodin, de William Petty puis d'Irving Fisher, mais c'est Friedman qui est responsable de sa reformulation moderne. Il la développa en particulier dès 1956 dans un article intitulé The quantity theory, a restatement. Elle s'exprime par l'équation M * V = P * Q.

    Cette équation de base de la théorie quantitativiste pose l'équivalence entre la production d'une économie pendant une période donnée (Q) corrigée par l'évolution des prix (P), et la quantité de d'argent qui a été échangée dans l'économie dans la période représentée par la quantité de monnaie en circulation (M) factorisée par sa vitesse de circulation (V).

    Il vérifia empiriquement ces résultats en 1963 dans son Histoire monétaire des États-Unis (avec Anna Schwartz) ou dans The Counter-Revolution in Monetary Theory en 1970. Il observa ainsi dans le premier que, au cours des 18 cycles économiques étudiés, les creux ou les pics de l'activité économique furent précédés de creux ou de pics de la masse monétaire[1]. Il était particulièrement critique vis-à-vis la politique menée lors de la Grande Dépression des années 1930, au sujet de laquelle il écrivit[2] :

    «  La Fed est largement responsable de [l'ampleur de la crise de 1929]. Au lieu d'user de son pouvoir pour compenser la crise, elle réduisit d'un tiers la masse monétaire entre 1929 et 1933… Loin d'être un échec du système de libre entreprise, la crise a été un échec tragique de l'État. »
        — Milton Friedman, Two lucky people : Memoirs

    De ces travaux sur l'équation de la théorie quantitative de la monnaie, il tira l'idée selon laquelle l'inflation est d'origine monétaire. Il déclara à propos du lien entre inflation et monnaie :

    «  L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production. »
        — Milton Friedman, The Counter-Revolution in Monetary Theory

    En conséquence, il défendit une politique monétaire basée sur l'offre de monnaie : il fut le principal avocat du monétarisme, une école de pensée économique qui, sur la base de la théorie quantitative de la monnaie, considère que l'inflation doit être contrôlée par le volume des émissions de monnaie de la banque centrale. Cette approche monétariste de la conjoncture met l'accent sur l'ajustement monétaire global à partir de données agrégées d'activité et de prix, dont elle cherche à tirer une estimation de la demande de monnaie. Il défendait donc une réduction du rôle du gouvernement dans le domaine économique et l'indépendance des banquiers centraux. Milton Friedman affirme également que les interventions discrétionnaires d'une banque centrale ne peuvent qu'ajouter à l'incertitude sur la demande ; il a donc, tout en admettant qu'on pourrait fermer les banques centrales, prôné une politique monétaire dont tout le monde pourrait raisonnablement prévoir les effets, par exemple la hausse régulière d'un indicateur de masse monétaire jugé représentatif. Pour résumer sa pensée envers les banques centrales, il déclara[3]:

    «  La monnaie est une chose trop importante pour la laisser aux banquiers centraux. »
        — Milton Friedman

    Il défendit également le retrait du gouvernement du marché des changes et promut les taux de change flottants. Il écrivit en particulier en 1953 un article, The Case for Flexible Exchange Rates, qui théorisait des idées qu'il exprimait depuis plusieurs années[4]. Il y justifie le recours aux changes flottants par l'ajustement que ce système permet entre les devises des pays inflationnistes et des pays non inflationnistes.

    Ses théories concernant les anticipations adaptatives furent cependant assez rapidement dépassées par la théorie des anticipations rationnelles, développée par un autre économiste de Chicago, Robert E. Lucas. Les économistes de la nouvelle macroéconomie classique se sont opposés à Friedman en défendant des hypothèses comportementales sensiblement différentes : Friedman et les monétaristes classiques supposaient des anticipations adaptatives, i.e. les agents s'adaptent en fonction de la situation présente et peuvent être trompés par une politique économique qui sera alors efficace à court terme mais néfaste à long terme quand les agents se rendront compte de leurs erreurs. Pour les nouveaux classiques, les anticipations sont rationnelles. Les agents raisonnent en termes réels et ne peuvent être leurrés par une politique monétaire expansionniste, qui sera donc inefficace à court terme comme à long terme.

    Friedman a aussi mené des travaux sur la fonction de consommation, qu'il considérait comme ses meilleurs travaux scientifiques[5]. Alors que le keynésianisme dominait, il remit en cause la forme adoptée pour la fonction de consommation et en souligna les imperfections. À la place, il formula en particulier l'hypothèse de revenu permanent, qui postule que les choix de consommation sont guidés non par les revenus actuels mais par les anticipations que les consommateurs ont de leurs revenus. Ces anticipations étant plus stables, elles ont tendance à lisser la consommation, même quand le revenu disponible baisse ou augmente. Ces travaux furent particulièrement remarqués car ils remettaient en cause la validité des politiques conjoncturelles de relance de la demande et le multiplicateur keynésien[6].

    Il a également contribué à la remise en cause de la Courbe de Phillips et mit au point avec Edmund S. Phelps le concept de taux de chômage naturel. Ces travaux furent publiés en 1968 dans Inflation et systèmes monétaires. Ils s'opposent au taux de chômage sans accélération de l'inflation des keynésiens. Il considère en essence qu'il existe un taux de chômage naturel, lié aux imperfections du marché du travail comme l'intervention étatique qui bouleverse la libre fixation des salaires. Etant de nature structurelle, ce taux de chômage ne peut être réduit par des politiques conjoncturelles et l'injection de liquidités débouche fatalement sur l'inflation selon Friedman[6].

    Dans son ouvrage Essays in Positive Economics, il a présenté le cadre épistémologique de ses futures recherches et, plus globalement, de l'école de Chicago : l'économie comme science doit être détachée des questions sur ce qui devrait être et se concentrer sur ce qui est, indépendamment de jugements moraux. Il préconise donc l'économie positive à la place de l'économie normative. De même, une politique économique doit être jugée non sur ses intentions mais sur ses résultats. Il déclara ainsi en 1975[7] :

    «  L'une des plus grandes erreurs possibles est de juger une politique ou des programmes sur leurs intentions et non sur leurs résultats »
        — Milton Friedman, Entretien avec Richard Heffner

    Responsabilité sociale des entreprises

    Searchtool-80%.png Article détaillé : Critères ESG.

    Alors que les sujets de responsabilité sociale des entreprises (RSE, critères ESG, etc.) trouvent un intérêt nouveau au XXIe siècle, il est opportun de relire les écrits de Milton Friedman qui rappelait que la finalité d'une entreprise est de faire du profit[8]. Une entreprise, et ses dirigeants plus spécifiquement, répondent à ses actionnaires, i.e. propriétaires. Insérer des critères moraux dans cette relation économique est rarement fructueux, et les nombreuses limites des critères ESG le soulignent.

    Statistiques

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Milton Friedman travaille sur des sujets de statistiques, travaux qui, selon The New Palgrave, font encore référence aujourd'hui. En particulier, il travailla sur les arrangements et les problèmes de rang en théorie des ensembles. Il posa également les prémices de l'échantillonage séquentiel (Test de Friedman) et développa enfin les méthodes non paramétriques pour l'analyse de la variance[9].

    Promoteur du libéralisme

    Milton Friedman est généralement considéré comme un grand défenseur du libéralisme; il se définissait comme « un Républicain avec un grand R et un libertarien avec un petit l ». Il s'engagea fortement dans le débat public en organisant en particulier des conférences nombreuses ou en participant à des émissions télévisées au cours desquelles il présenta ses convictions en faveur d'une économie libre et du capitalisme. Dans un entretien télévisé en 1979, il déclara par exemple :

    «  L'histoire est sans appel : il n'y a à ce jour aucun moyen [..] pour améliorer la situation de l'homme de la rue qui arrive à la cheville des activités productives libérées par un système de libre entreprise »
        — Milton Friedman, Entretien avec Phil Donahue

    Il place le début de son engagement dans le débat public en faveur du libéralisme en 1947, lorsqu'il participe en avril à la réunion fondatrice de la Société du Mont-Pèlerin, réunie à l'initiative de Friedrich Hayek[10]. Friedman fut de 1970 à 1972 le président de cette association internationale des intellectuels libéraux.

    Son ouvrage le plus important fut probablement Capitalisme et liberté, édité en 1962 aux États-Unis. C'est principalement le résultat de conférences données en juin 1956 au Wabash College à l'invitation du William Volker Fund, disparu depuis[11]. Il fut traduit dans 18 langues. S'adressant à un vaste public et non aux seuls économistes, il y défend le capitalisme comme unique moyen de construire une société libre. Il se place sur le terrain de la justification philosophique mais également pratique d'une économie libérale. Le livre est considéré par la National Review comme le dixième ouvrage de Non fiction le plus important du XXe siècle[12].

    Cet ouvrage fut suivi d'un autre ouvrage majeur, Free to Choose, traduit en français par La liberté du choix et écrit avec sa femme Rose en 1980. Ce livre exercera une grande influence (Cf. infra), comme la série éponyme de 10 émissions télévisées qui furent diffusés à partir de janvier 1980 sur la chaîne PBS et sur lesquelles était basé le livre. Ces émissions développaient les idées de Milton Friedman sur un certain nombre de sujets et les popularisèrent auprès du grand public. Cinq émissions remaniées suivirent en 1990[13].

    En 1996, il établit avec Rose la Fondation Milton & Rose Friedman pour défendre le libre choix de l'éducation pour les parents (Schooling choice)[14]. En particulier, la fondation promeut l'utilisation du chèque éducation.

    À travers cet engagement dans le débat public, il joua une part importante dans la réactivation des idées libérales, dans un contexte où les économies keynésiennes triomphaient.

    «  Dans une période où le marxisme et l'interventionnisme étatique dominaient les esprits, Friedman a joué, à contre-courant, un rôle absolument irremplaçable »
        — Pascal Salin, ancien président de la Société du Mont-Pèlerin

    Critique libertarienne

    Même si Milton Friedman partage les mêmes idées que les libertariens (voir par exemple sa critique du salaire minimum ou de la guerre contre la drogue[15]), il ne peut être rattaché à l'école autrichienne d'économie, en raison de son point de vue inflationniste et étatiste sur les questions monétaires, opposé à l'étalon-or ou aux monnaies privées.

    Les libertariens (par exemple Martin Masse[16]) et les économistes autrichiens (par exemple Antal E. Fekete) reprochent aux monétaristes d'être, de fait, de collusion avec les keynésiens :

    «  À première vue, le monétarisme se présente comme une théorie qui critique l'action étatique — les banques centrales étant des monopoles sur la création et la gestion de la monnaie établis par les gouvernements — et qui défend le libre marché. Paradoxalement, cette explication fait toutefois de Friedman un allié de Keynes sur le plan de la politique monétaire, le deuxième volet des plans de relance. Quoique leurs évaluations des dangers de l'inflation divergent considérablement, keynésiens et monétaristes s'entendent en effet sur un point crucial : la banque centrale doit, selon le jargon financier, « injecter des liquidités » dans l'économie en période de crise. C'est-à-dire qu'elle doit créer artificiellement de la monnaie de façon à soutenir l'activité économique, à protéger les banques de la faillite et à éviter qu'un réajustement temporaire se transforme en récession ou en dépression prolongée. […] On ne peut pas, comme le préconise Friedman, régler le problème en ayant recours à ce qui l'a causé en premier lieu. »
        — Martin Masse[17]

    Il semble que pour Friedman l'emploi généralisé depuis le XXe siècle de monnaies purement fiduciaires et l'emprise de l’État sur la société rende impossible le retour à l'étalon-or et la mise en œuvre de politiques non-inflationnistes[18]. Fixer un taux d'augmentation de la quantité de monnaie de 3 à 5% par année plutôt que de laisser ce pouvoir discrétionnaire aux bureaucrates semble donc pour lui un moindre mal.

    De la même façon, Friedman préconise l'allocation universelle‎ comme un moindre mal comparée à toutes les aides sociales actuelles de l'Etat-providence. C'est cette recherche du "moindre mal" que critiquent les libertariens, car ils voient cela comme une concession trop importante aux idées collectivistes, d'autant plus que les antilibéraux n'hésitent pas à se prévaloir de ces propositions au prétexte que "même des libéraux comme Friedman les approuvent".

    D'autres points de désaccord avec les libertariens peuvent être les suivants ; pour Friedman et pour l'École de Chicago :

    Citations

    Pages correspondant à ce thème sur les projets liberaux.org :

    • «  Rien n'est moins important que la monnaie… quand elle est bien gérée. »

    • «  Les grandes avancées de la civilisation, que ce soit dans l'architecture ou dans la peinture, la science ou la littérature, l'industrie ou l'agriculture, ne sont jamais nées de l'intervention d'un gouvernement centralisé. »
          — Milton Friedman, Capitalisme et liberté[19]

    • «  L'existence d'un marché libre n'élimine évidemment pas le besoin de gouvernement. Au contraire, le gouvernement est essentiel, à la fois comme forum pour déterminer les « règles du jeu » et comme arbitre pour interpréter et faire respecter les règles qui ont été adoptées. »
          — Milton Friedman, Capitalisme et liberté[20]

    • «  L'homme libre ne se demandera ni ce que son pays peut faire pour lui, ni ce qu'il peut faire pour son pays. »
          — Capitalisme et liberté

    • «  L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production. »
          — Milton Friedman, The Counter-Revolution in Monetary Theory

    • «  Difficile de justifier un impôt progressif dont le seul but est de redistribuer les revenus. »

    • « I am a limited-government libertarian. »
          — au cours d'un discours en 1991

    • «  Every friend of freedom… must be as revolted as I am by the prospect of turning the United States into an armed camp, by the vision of jails filled with casual drug users and of an army of enforcers empowered to invade the liberty of citizens on slight evidence. [(Tout ami de la liberté… doit être aussi révolté que je le suis à la perspective de transformer les États-Unis en un camp militaire, à la vision de prisons remplies d'usagers occasionnels de drogues et d'une armée de sbires habilités à envahir la liberté des citoyens sur des preuves légères.)] »
          — Milton Friedman, An Open Letter to [Drug Czar] Bill Bennett, The Wall Street Journal (September 7, 1989)

    • «  The two ideas of human freedom and economic freedom working together came to their greatest fruition in the United States. Those ideas are still very much with us. We are all of us imbued with them. They are part of the very fabric of our being. But we have been straying from them. We have been forgetting the basic truth that the greatest threat to human freedom is the concentration of power, whether in the hands of government or anyone else. We have persuaded ourselves that it is safe to grant power, provided it is for good reasons. Fortunately, we are waking up. We are again recognizing the dangers of an overgoverned society, coming to understand that good objectives can be perverted by bad means, that reliance on the freedom of people to control their own lives in accordance with their own values is the surest way to achieve the full potential of a great society. [(Les deux idées de liberté humaine et de liberté économique collaborant ont accompli leur plus grande réalisation aux États-Unis. Ces idées sont toujours beaucoup avec nous. Nous en sommes tous imprégnés. Elles sont une part de de l'étoffe dont nous sommes faits. Mais nous nous sommes égarés d'elles. Nous avons oublié la vérité fondamentale que la plus grande menace pour la liberté humaine est la concentration du pouvoir, que ce soit dans les mains du gouvernement ou de n'importe qui d'autre. Nous nous sommes persuadés qu'il est bon d'octroyer du pouvoir, pourvu que ce soit pour défendre de bonnes intentions. Heureusement, nous nous réveillons. Nous reconnaissons à nouveau les dangers d'une société surgouvernée, comprenant que de bonnes fins peuvent être perverties par de mauvais moyens, que la confiance en la liberté des gens à contrôler leurs propres vies en accord avec leurs propres valeurs est le plus sûr moyen d'accomplir le plein potentiel d'une grande société.)] »
          — Milton Friedman, Free To Choose

    • «  There are four ways in which you can spend money. You can spend your own money on yourself. When you do that, why then you really watch out what you’re doing, and you try to get the most for your money. Then you can spend your own money on somebody else. For example, I buy a birthday present for someone. Well, then I’m not so careful about the content of the present, but I’m very careful about the cost. Then, I can spend somebody else’s money on myself. And if I spend somebody else’s money on myself, then I’m sure going to have a good lunch ! Finally, I can spend somebody else’s money on somebody else. And if I spend somebody else’s money on somebody else, I’m not concerned about how much it is, and I’m not concerned about what I get. And that’s government. »
          — dans une interview pour Fox News (mai 2004)

    • «  La pire des inventions a sans doute été l'air conditionné. Avant l'air conditionné, les hommes politiques passaient trois mois par an à Washington. Maintenant, ils y restent douze mois ! »
          — Échange rapporté par Charles Gave

    • «  Une des grandes erreurs consiste à juger les politiques et les programmes à l’aune de leurs intentions plutôt qu’en fonction de leurs résultats. »

    Citations sur Milton Friedman

    • «  Il y a bien longtemps, j’ai posé cette question à Milton Friedman : « Comment se fait-il que la moitié au moins des grands théoriciens du libéralisme dans l’histoire aient été français (Montaigne, Montesquieu, Turgot, JB Say, Benjamin Constant, Tocqueville, Bastiat, Molinari, et plus récemment Jouvenel, Raymond Aron, Raymond Boudon, JF Revel…) et que la France n’ait jamais vraiment connu un régime libéral ? A cette question il avait répondu en riant beaucoup : « Charles, pour bien décrire le paradis, il faut vivre en enfer ». Et, comme nous le savons tous, dans une plaisanterie il y a souvent plus de vérité que dans un long traité de sciences politiques. »
          — Charles Gave

    • «  Friedman est excellent, sauf sur les sujets monétaires, ce qui fait qu'il se focalise surtout sur ces sujets. (...) [Lors d'une réunion informelle] le clash a été immédiat avec les Rothbardiens. Friedman avait lu mon livre America's Great Depression et sa rencontre avec tous ces Rothbardiens l'a rendu furieux. Il ne pensait pas qu'une telle chose pouvait exister. »
          — Murray Rothbard, A Conversation with Murray N. Rothbard

    • «  Au XXe siècle, l’économiste américain Milton Friedman pensait avoir "craqué le code" de l’inflation. C’était, "toujours et partout", un problème monétaire. Il pouvait être éliminé, pensait Friedman, en contrôlant la masse monétaire de manière prévisible et stricte. Friedman proposa de retirer le soutien de l’or au dollar US, et de le remplacer par les bonnes intentions et la rigueur scientifique de la Réserve fédérale.(...) Sans le vouloir, le champion du capitalisme a probablement causé plus de dommage aux marchés libres et au gouvernement US que n’importe lequel des benêts socialistes de son époque. »
          — Bill Bonner, Chronique Agora, 14/12/2020

    Informations complémentaires

    Notes et références

  • Qui sont les monétaristes ?, Eva Dunoyer

  • (en)Milton & Rose Friedman : Two Lucky People : Memoirs, p 233

  • L'héritage de Milton Friedman, un géant de la science économique, Problèmes économiques, 7 novembre 2007

  • Colloque de 2001 sur les taux de change flottants], Banque du Canada, anciennement accessible à banqueducanada.ca/fr/revue/2001/schembrif.pdf

  • (en)Interview avec Charlie Rose, 26 novembre 2005

  • Les grands économistes, Jean-Claude Drouin, Presses Universitaires de France, 2006, ISBN 2130546250

  • (en)Interview avec Richard Heffner dans l'émission Open Mind en 1975

  • A Friedman doctrine‐- The Social Responsibility of Business Is to Increase Its Profits, New York Times, 13 septembre 1970

  • The New Palgrave, article « Milton Friedman », édition 1998

  • Article « Milton Friedman » de l'encyclopédie Britannica, 2007

  • Préface à l'édition de 1962 de Capitalism and Freedom, p. xv de l'édition de 2002

  • (en)The 100 best non fiction books of the century, National Review

  • Ces émissions sont désormais librement diffusées en anglais sur le site Ideachannel.tv

  • (en)About us, Friedmanfoundation.org

  • An Open Letter to Bill Bennett, 1990

  • Milton Friedman l'inflationniste, Anna Schwartz la keynésienne

  • Milton Friedman aurait-il eu les bons réflexes face à la crise économique?

  • Voir Monetary Central Planning and the State, Part 27: Milton Friedman's Second Thoughts on the Costs of Paper Money ou Has Government Any Role in Money?.

  • Milton Friedman, Capitalisme et liberté, 1962, édition 2002, p.3

    1. Milton Friedman, Capitalisme et liberté, 1962, édition 2002, p.15

    Publications

    Pour une liste détaillée des œuvres de Milton Friedman, voir Milton Friedman (bibliographie)

    Littérature secondaire

    Pour voir les publications qui ont un lien d'étude, d'analyse ou de recherche avec les travaux et la pensée de Milton Friedman : Milton Friedman (Littérature secondaire)

    Voir aussi

    Liens externes

     




    B) - Comment les socialistes ont capturé le Parti démocrate américain : L’avertissement des experts qui ont fui le communisme
     

    La montée en puissance des candidats socialistes aux États-Unis a relancé un débat ancien mais désormais urgent : jusqu’où le Parti démocrate a-t-il basculé à gauche ? Des vétérans des deux bords expliquent à Fox News Digital que ce basculement n’est pas un accident. Il est le fruit de décennies de transformation idéologique qui a commencé par la conquête des institutions culturelles. Ignorer ce phénomène, préviennent-ils, pourrait avoir des conséquences profondes pour l’avenir du pays.

    « Yuri Bezmenov, un transfuge du KGB, avait averti il y a quelque 40 ans de schémas de “grand lavage de cerveau” destinés à saper l’Amérique et l’Occident », rappelle Inna Vernikov, conseillère municipale républicaine de New York qui a grandi dans l’Ukraine soviétique. « Ce que nous voyons aujourd’hui n’a rien de “grassroots” ; c’est l’effet de campagnes menées pendant des décennies pour subvertir la pensée et le mode de vie américains. »

    Cette analyse rejoint celle de Roland Lombardi, historien et directeur du Diplomate média : « On l’oublie trop souvent, mais une partie du gauchisme contemporain est, selon moi, l’héritière idéologique des stratégies d’influence élaborées durant la guerre froide, en fait l’enfant bâtard et dégénéré du communisme. Le wokisme, le déconstructivisme, la cancel culture et d’autres courants apparentés constituent moins une rupture qu’une évolution dont les racines plongent dans plusieurs décennies d’offensive culturelle et psychologique soviétique. Dès les années 1960, le KGB et les appareils idéologiques de l’URSS comprirent qu’il était sans doute plus efficace d’affaiblir durablement les sociétés occidentales de l’intérieur que de les affronter militairement. En investissant les milieux universitaires, intellectuels, culturels, médiatiques et militants, ils cherchaient à éroder progressivement les repères historiques, culturels et civilisationnels de l’Occident. La situation idéologique que nous observons aujourd’hui apparaît ainsi, à mes yeux, comme le résultat différé, parfois plusieurs décennies plus tard, de cette stratégie de long terme. Autrement dit, les effets que Yuri Bezmenov annonçait ne relevaient pas d’une révolution soudaine, mais d’un processus de maturation idéologique destiné à produire ses conséquences bien après la disparition même de l’Union soviétique. En ce sens, la victoire recherchée n’était pas d’abord militaire : elle consistait à amener les sociétés occidentales à remettre elles-mêmes en cause leurs propres fondements. »

    Cette campagne, selon plusieurs experts, explique la percée de figures comme le maire de New York Zohran Mamdani, les candidats qu’il a soutenus au Congrès, la maire de Seattle Katie Wilson, Bernie Sanders ou encore Abdul El-Sayed dans le Michigan.

    La longue marche à travers les institutions : la subversion culturelle systématique

    Mike Gonzalez, senior fellow à la Heritage Foundation et réfugié de Cuba communiste dans les années 1970, voit dans ce phénomène le résultat de la « longue marche à travers les institutions ». La gauche culturelle a pris le contrôle du système scolaire K-12, de l’enseignement supérieur, des maisons d’art, des médias, du divertissement et des musées.

    Gonzalez, coauteur de NextGen Marxism: What It Is and How to Combat It, cite un rapport de la Maison Blanche qui conclut que le National Museum of American History de la Smithsonian Institution est devenu une institution financée par le contribuable d’« emprise idéologique » et d’« activisme politique extrême ».

    « Les gens pensent que l’Amérique est exceptionnelle parce qu’elle est riche et puissante. C’est complètement se méprendre sur l’exceptionnalisme américain », explique Gonzalez. « L’Amérique est riche et puissante grâce à sa nature exceptionnelle. Elle tire sa souveraineté du concept de droits naturels. Personne n’a enseigné cela à Mamdani. On lui a enseigné à haïr l’Amérique, à la considérer comme structurellement oppressive et systémiquement raciste. C’est le message de ces institutions. »

    Pour Gonzalez, le tournant décisif se situe dans les années 1980. Les membres de la New Left, dont certains avaient été des terroristes comme ceux du Weather Underground ou des Black Panthers, sortent de la clandestinité et investissent le métier d’enseignant. « Ils entrent dans les domaines culturels et, à la fin des années 1980, on a la doctrine de la théorie critique de la race. Avant cela, il y avait la théorie critique du droit qui a pris le contrôle des facultés de droit, puis elle s’est étendue à toutes les disciplines, avant d’atteindre les campus d’élite dans la deuxième décennie du XXIe siècle avec Obama. Obama a créé l’environnement pour cela. »

    Inna Vernikov insiste sur le même point : « Les schémas marxistes ont lentement mainstreamé des idées autrefois marginales comme “l’Amérique est systématiquement raciste”, “tous les flics sont des bâtards” ou “le capitalisme est le mal”. Les principaux responsables sont le système éducatif, de plus en plus soumis à des syndicats d’enseignants radicalisés, et les politiciens démocrates modérés qui ont refusé de contester – et dans la plupart des cas ont embrassé – leurs pairs radicaux anti-occidentaux. Le résultat, c’est un maire socialiste engagé dans la destruction de notre système de valeurs et trois de ses alliés en route vers le Congrès. »

    Cette conquête culturelle n’a rien d’un mouvement spontané. Elle est le fruit d’une stratégie de long terme qui a progressivement transformé les institutions destinées à transmettre la culture et l’histoire américaines en vecteurs d’une idéologie hostile à l’exceptionnalisme du pays. En s’emparant de l’école, de l’université, des musées et des médias, la gauche radicale a réussi à changer le regard que toute une génération porte sur l’Amérique elle-même.

    Le rôle d’Obama et la disparition des modérés : le basculement décisif

    Sous la présidence d’Obama, les démocrates ont perdu plus de 1 000 postes élus à travers le pays, dont 63 sièges à la Chambre, 12 au Sénat, 12 postes de gouverneurs et environ 940 sièges dans les législatures d’État. C’est l’une des plus graves chutes down-ballot de l’histoire moderne du parti. Pendant que les démocrates modérés s’effondraient dans les districts rouges et violets, des mouvements comme Occupy Wall Street et Black Lives Matter prenaient leur essor. Des émeutes ont suivi plusieurs fusillades policières, notamment à Ferguson en 2014 après la mort de Michael Brown.

    Gonzalez estime que le dernier moment où le Parti démocrate disposait encore de dirigeants capables de résister à l’aile socialiste se situe avant Bill Clinton. « Je dirais Tip O’Neill et Dick Gephardt. J’étais fortement en désaccord avec eux à l’époque sur la politique en Amérique centrale, mais ils aimaient le drapeau, ils aimaient l’Amérique, ils aimaient le capitalisme. Tip O’Neill n’aurait pas toléré les balivernes de Mamdani sur le collectivisme ou la saisie des moyens de production. »

    Obama, qui a fréquenté les mêmes cercles politiques et civiques de Chicago que Bill Ayers, cofondateur du Weather Underground, est souvent accusé par les conservateurs d’avoir ouvert la porte à l’extrême gauche du parti par sa rhétorique et ses politiques de grand gouvernement comme Obamacare. C’est sous sa présidence que la « décimation » des démocrates modérés s’est accélérée, laissant le champ libre aux idées radicales.

    Hank Sheinkopf, stratège démocrate vétéran, va plus loin : sa génération a fait un « travail pourri » en n’avertissant pas ses enfants des dangers du socialisme et en installant à la place « la religion appelée justice sociale ». « C’est le début de la chute de la civilisation occidentale par sa disruption, et c’est l’idiotie que les gens ne comprennent pas. »

    Cette combinaison – disparition des modérés capables de résister, montée en puissance des mouvements radicaux et absence de contre-discours au sein du parti – a créé le vide dans lequel des figures comme Mamdani et les candidats de la DSA ont pu prospérer.

    L’essor de la DSA et le basculement électoral

    La Democratic Socialists of America (DSA) n’est plus un mouvement marginal. Elle met à jour sa plateforme avec des propositions radicales : abolition du Sénat américain, remplacement du président et de la Cour suprême par un exécutif et un judiciaire désignés par le Congrès, amnistie pour tous les immigrés, démantèlement du Department of War, fin immédiate de toutes les expulsions, semaine de 32 heures sans perte de salaire, Medicare for All, annulation de la dette étudiante et contrôle universel des loyers.

    Des candidats soutenus par la DSA, comme Melat Kiros dans le Colorado ou Darializa Avila Chevalier et Claire Valdez à New York, ont battu des démocrates sortants de longue date. Kiros a fait campagne sur Medicare for All, la garde d’enfants universelle, l’abolition d’ICE et « la fin du génocide à Gaza ». Avila Chevalier a parlé de « camarades internationaux ». Ces victoires ont encouragé la DSA à proclamer que « seul le socialisme peut résoudre des décennies de mauvaise gestion capitaliste aux États-Unis ».

    Hakeem Jeffries, leader de la minorité à la Chambre, n’a pas endossé ces candidats mais les a félicités. Des démocrates modérés comme Greg Landsman (Ohio) ou John Fetterman (Pennsylvanie) expriment leur malaise. Landsman estime que certaines positions sont « au-delà du pale » et que les dirigeants du parti ont peur de leur propre base.

    Les avertissements des experts et le réveil nécessaire

    Hank Sheinkopf résume le clivage américain en deux camps : ceux qui aiment le pays et ceux qui ne l’aiment pas. « Si quelqu’un déteste ce pays, peu importe qu’il soit républicain ou démocrate. Vous avez l’obligation de faire tout ce que vous pouvez pour l’arrêter. »

    Un sondage Gallup de fin juin 2026 montre que la fierté nationale américaine est tombée à son plus bas niveau en 25 ans : seulement 53 % des Américains se disent « extrêmement » ou « très » fiers d’être américains. Chez les républicains, ce chiffre atteint 93 %. Chez les démocrates, il n’est plus que de 27 %.

    Un sondage Fox News de mars 2026 révèle qu’un record de 38 % des électeurs inscrits considèrent qu’il serait une bonne chose pour les États-Unis de s’éloigner du capitalisme pour aller vers le socialisme, contre 32 % en 2022 et 18 % en 2010.

    Mike Gonzalez est catégorique : « Mamdani parle de collectivisme. C’est l’une des façons de savoir qu’il est communiste. Il ne vous dit pas ce qui suit le collectivisme. Les goulags suivent le collectivisme. Marx lui-même le dit dans le Manifeste : quand vous prenez la propriété des gens, ils se mettent en colère et se battent. Vous aurez besoin d’“incursions despotiques”. En d’autres termes, vous aurez besoin d’être répressifs. C’est cela, les goulags. L’Amérique doit comprendre qu’un spectre hante l’Amérique, et c’est le communisme. Il faut se réveiller. »

    De Tip O’Neill, qui aimait le drapeau et le capitalisme, à Zohran Mamdani, qui parle de collectivisme et dont les alliés de la DSA veulent abolir le Sénat et le collège électoral, le trajet est long mais cohérent. Il passe par la conquête des écoles, des universités, des musées, des médias et de la culture. Il se nourrit de la disparition des modérés et de l’incapacité des dirigeants démocrates à s’opposer à leur aile radicale.

    Les experts qui ont fui le communisme le disent sans détour : ce qui se passe n’est pas un simple débat idéologique. C’est une offensive contre les fondements mêmes de l’exceptionnalisme américain – les droits naturels, la souveraineté du citoyen, la liberté individuelle. La question n’est plus de savoir si le Parti démocrate a basculé. Il a basculé. La seule question qui reste est de savoir si l’Amérique va enfin se réveiller.

    Angélique Bouchard 


    Diplômée de la Business School de La Rochelle (Excelia - Bachelor Communication et Stratégies Digitales) et du CELSA - Sorbonne Université, Angélique Bouchard, 25 ans, est titulaire d’un Master 2 de recherche, spécialisation « Géopolitique des médias ». Elle est journaliste indépendante et travaille pour de nombreux médias. Elle est en charge des grands entretiens pour Le Dialogue.

    https://lediplomate.media/analyse-comment-socialistes-capture-parti-democrate-americain-avertissement-experts-fui-communisme/

     


     
    C) - Zohran Mamdani : Le socialiste de New York qui divise l’Amérique 

    Le symbole d’une nouvelle gauche américaine ?

    L’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York n’est pas un événement local, mais un séisme politique qui traverse tout le système américain. À trente-quatre ans, ce représentant des Socialistes démocrates d’Amérique incarne la revanche d’une gauche longtemps marginalisée et désormais victorieuse dans la capitale financière du monde. Sa victoire ne se résume pas à celle d’un mouvement militant : elle traduit une mutation profonde de la société américaine, où la crise économique et la colère sociale deviennent une force politique structurée.

    À lire aussi : DÉCRYPTAGE –  Zohran Mamdani élu maire de New York : Victoire de l’aile radicale des démocrates

    La révolte du coût de la vie

    Le programme de Mamdani s’enracine dans le malaise quotidien de la métropole. À New York, où les loyers dévorent les salaires et où les services publics déclinent, sa plateforme parle la langue de la survie urbaine : blocage des loyers dans le logement social, gratuité des bus municipaux, création de crèches universelles et épiceries communales pour freiner la flambée des prix alimentaires. Ces propositions visent à construire un modèle alternatif à l’économie de marché pure qui domine la ville depuis plusieurs décennies.

    Derrière cette ambition sociale, se cache un projet économique radical : une redistribution des richesses à travers une fiscalité plus lourde sur les grandes entreprises et les ménages millionnaires. Mamdani veut déplacer le centre de gravité du pouvoir économique, de la finance vers la citoyenneté, dans un effort de “démocratisation” de l’économie locale. Mais pour mettre en œuvre ce projet, il devra affronter le gouverneur de l’État de New York, issu d’un establishment modéré lié aux milieux d’affaires.

    Le poids de la question palestinienne

    Sur le plan international, Mamdani incarne une rupture encore plus spectaculaire. Il est le premier maire ouvertement antisioniste de l’histoire des États-Unis. Se disant “antisioniste mais non antisémite”, il reconnaît le droit d’Israël à exister tout en refusant sa définition comme “État fondé sur une hiérarchie religieuse”. Soutien de longue date du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), il considère cette campagne comme un instrument pacifique pour contraindre Israël à respecter le droit international.

    Ces positions ont déclenché un débat brûlant. New York abrite la plus importante communauté juive hors d’Israël, et un maire qui parle d’“apartheid israélien” suscite forcément des tensions. Pourtant, Mamdani a réussi à fédérer une coalition improbable : jeunes, minorités, gauche radicale, et même une partie du judaïsme libéral, unis par l’opposition à la droite trumpienne plus que par une convergence sur le Proche-Orient.

    À lire aussi : DÉCRYPTAGE – New York : La gauche radicale s’organise contre Jeffries – Mamdani et les socialistes démocrates veulent s’emparer du Parti

    Un laboratoire politique pour les États-Unis

    L’ascension de Mamdani dépasse la gauche américaine. Elle démontre que le mot “socialisme” ne fait plus peur à une partie croissante de l’électorat, notamment chez les jeunes générations frappées par la précarité et l’endettement. La ville symbole du capitalisme mondial devient ainsi le terrain d’expérimentation d’un socialisme municipal : redistribution, écologie, services publics, droits sociaux.

    Mais cette dynamique comporte un risque : la polarisation. Pour les conservateurs, Mamdani est le visage d’une Amérique qui trahit ses valeurs. Pour les démocrates modérés, il représente une menace capable de fracturer le parti. Pour les progressistes, au contraire, il est la preuve qu’une autre voie est possible, celle d’une gauche offensive, ancrée dans la réalité urbaine et décidée à affronter Wall Street.

    À lire aussi : ANALYSE – Un socialiste du Midwest gagne du terrain et une nomination clé dans la course à la mairie de Minneapolis : Quand la gauche américaine se radicalise…

    Le bras de fer avec la Maison-Blanche

    Le conflit avec le président Donald Trump est déjà annoncé. Ce dernier a menacé de couper les financements fédéraux à la ville. Mamdani, dans son discours de victoire, a promis de “résister à la politique de division” et de faire de New York un bastion contre la restauration conservatrice. Derrière cette rhétorique, c’est aussi une bataille économique : sans les fonds fédéraux, les grands chantiers municipaux et les programmes sociaux risquent d’être paralysés.

    Sur le plan géopolitique, son élection est un signal fort : dans un pays qui soutient Israël sans conditions depuis des décennies, le maire de la ville la plus influente du monde ose rompre ce consensus. Ce geste, symbolique mais retentissant, pourrait ouvrir un nouveau débat national sur la politique étrangère américaine et ses alliances au Moyen-Orient.

    Le signe d’une Amérique en mutation

    L’émergence de Mamdani révèle un basculement historique : la classe moyenne appauvrie, les jeunes précaires, les minorités ethniques cherchent un langage politique qui leur appartienne. Le socialisme démocratique n’est plus une relique idéologique : il devient la réponse pragmatique à la concentration des richesses et à l’échec du libéralisme globalisé.

    Si New York parvient à transformer ces ambitions en politiques concrètes, l’expérience Mamdani pourrait ouvrir une ère nouvelle : celle d’une démocratie économique repensée, où la justice sociale redeviendrait la mesure du progrès.

    Giuseppe Gagliano 

    Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE)
     
    Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/
    avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/

    https://lediplomate.media/portrait-zohran-mamdani-socialiste-new-york-divise-usa/

     
     

     
     
    D) - Nouveau mouvement socialiste aux États-Unis : DSA tient bon 
     
    Bernie Sanders semble avoir retrouvé une popularité comparable à celle qui lui avait permis de devenir contre toute attente le principal rival de Hillary Clinton aux primaires de 2016. Mais où en sont les milieux militants qui le soutiennent toujours et dont il avait contribué à faire gonfler les rangs de façon remarquable ?

    Organisation tout à fait modeste il y a encore quelques années, les Democratic Socialists of America sont encore loin d’avoir conquis une base sociale de masse. Pourtant, il y a environ six mois, DSA organisait le plus grand congrès d’une organisation politique de gauche « socialiste » aux États-Unis depuis plusieurs générations, regroupant plus de 1 000 délégués pendant trois jours à Atlanta (2-4 août 2019).

    Un congrès agité… par l’afflux militant 

    Le congrès de 2017 avait déjà réuni 700 délégués, suite à l’afflux d’adhésions déclenché d’abord grâce à la campagne Sanders puis en réaction à la victoire de Trump. DSA avait ensuite continué de croître, en particulier grâce à l’arrivée sur la scène politique nationale d’Alexandria Ocasio-Cortez, jeune militante du Bronx ayant ravi son siège à un influent député démocrate. C’est ainsi que près de 60 000 membres se trouvaient représentés par des déléguéEs à l’édition 2019 du congrès de DSA. Plusieurs comptes rendus publiés en ligne laissent entendre que dans certaines régions, la proportion de militantEs parmi les adhérentEs atteint à peine 10 à 20 %, mais s’avère bien plus élevée dans d’autres. 

    Cet afflux de nouvelles forces militantes n’est pas sans apporter ses nouveaux défis. Comment faire évoluer les structures pré-existantes de DSA, tout en familiarisant beaucoup de militantEs peu expérimentéEs à un fonctionnement collectif aussi démocratique que possible ? Et pour quelle orientation politique anticapitaliste ?

    CertainEs militantEs estiment que les membres n’ont pas eu accès suffisamment tôt aux textes qui seraient débattus en congrès, empêchant de lancer certaines discussions importantes et d’en permettre l’appropriation par les déléguéEs et les autres. Le bon déroulement du congrès, mais aussi l’animation du débat politique dans l’ensemble de l’organisation, semblent en avoir pâti. D’un autre côté, si l’organisation est quelque peu bousculée, c’est au moins le signe que les nouvelles adhésions ne sont pas restées lettre morte.

    Un renforcement organisationnel et politique

    Le congrès a entrepris de renforcer l’organisation, avec un certain succès. L’un des débats les plus vifs concernait une éventuelle décentralisation accrue de DSA, à l’appel de certaines tendances internes. C’est finalement le maintien d’un certain degré de centralisation qui a emporté la majorité des votes, accompagné de mesures de soutien aux sections locales nouvelles, isolées ou fragilisées, et d’un effort général en faveur de la formation politique de l’ensemble des militantEs. Le renouvellement de l’exécutif national, très affaibli dès le début de la mandature précédente par plusieurs « scandales » et autres conflits internes, devrait également consolider DSA.

    Le congrès ne s’est pas pour autant privé de débattre du positionnement politique de DSA. Il a été l’occasion d’esquisser une série de nouvelles campagnes pour les droits des immigréEs, ou pour l’accès à l’avortement, face aux ravages de la politique de Trump et de la majorité républicaine sur ces sujets. Le profil écosocialiste de DSA en est également sorti renforcé.

    Mais le plus remarquable concerne la recherche d’une plus grande indépendance vis-à-vis du Parti démocrate : non seulement DSA s’est engagé à ne soutenir aucun candidat démocrate si Sanders n’obtient pas la nomination, mais une résolution bien plus audacieuse a été adoptée. DSA affirme désormais publiquement que son projet de moyen terme est la constitution d’un parti des exploitéEs et des oppriméEs indépendant du Parti démocrate. Une réelle avancée quand on se souvient du passé de DSA et d’une bonne partie de la gauche aux États-Unis, séduite par une stratégie visant à un « réalignement » de classe du Parti démocrate. En attendant le moment de la rupture avec la nébuleuse démocrate, DSA continuera de participer aux primaires démocrates là où ce sera nécessaire, ne serait-ce que parce que dans certaines circonscriptions, c’est la primaire démocrate qui constitue la véritable élection. Cela n’empêchera pas DSA de développer ses propres campagnes politiques, visant à populariser des idées et construire une implantation réellement ouvrière et multiraciale de l’organisation. 

    L’importance de l’arène électorale

    Dans l’immédiat, les primaires démocrates canalisent une grande partie des dynamiques politiques à l’œuvre. L’importance des précédentes échéances électorales dans la croissance-éclair de DSA suggère que la nouvelle campagne Sanders pourrait encore être bénéfique à l’organisation. Le cycle de mobilisations sociales ouvert aux États-Unis dans le sillage de la Grande Récession de 2008, pourrait franchir une nouvelle étape dans sa cristallisation politique. Une partie importante et grandissante des exploitéEs et des oppriméEs, notamment mais pas seulement dans les jeunes générations, s’est reconnue dans le slogan « Occupons Wall Street », s’est mobilisée pour les droits des femmes, des immigréEs, des personnes de couleur, a repris espoir dans des luttes pour de vraies augmentations des bas salaires, et a même retrouvé le chemin de la grève, comme dans la vague « rouge » (#RedForEd) qui a déferlé sur l’éducation publique dans de nombreux États réputés conservateurs ; aujourd’hui, ces mobilisations comptent plusieurs représentantEs dans l’arène électorale.

    Les élections de mi-mandat de 2018 ont vu la victoire d’un certain nombre de militantEs se réclamant du socialisme. Une des inquiétudes de l’époque était la capacité ou non de DSA à exercer un certain contrôle sur ces éluEs qui n’en étaient pas l’émanation directe. On ne voit pas bien en quoi ce contrôle a pu augmenter depuis, mais on ne peut pas non plus constater de réel renoncement de la part de Sanders ni des nouvelles figures comme Alexandria Ocasio-Cortez ou Rashida Tlaib, qui lui ont apporté leur soutien – Ocasio-Cortez allant même jusqu’à souligner que dans un autre pays, elle n’appartiendrait pas au même parti que l’ex vice-président Joe Biden. Ces figures sont porteuses d’un même projet pour une assurance santé universelle (« Medicare for All »), ou encore pour l’annulation de plus de mille milliards de dollars de dette étudiante. Les mesures mises en avant contribuent à la fois à faire entrevoir une société débarrassée de certains des pires maux d’aujourd’hui, mais aussi à pointer du doigt la responsabilité des milliardaires, et leur illégitimité radicale à détenir de telles sommes et un tel pouvoir.

    L’une des mesures les plus connues et associées à Ocasio-Cortez est le grand projet de planification environnementale appelé « Green New Deal ». Ce projet relie des questions « purement » environnementales comme la sortie des énergies fossiles dans un temps court, avec des questions sociales telles que la propriété publique et le contrôle démocratique sur les moyens de production d’énergie, la sécurité de l’emploi et les créations de postes. On retrouve ce type d’élaborations dans la ligne politique défendue par des élus locaux socialistes : ceux du conseil municipal de Chicago font campagne pour la municipalisation du réseau d’électricité, afin d’aller vers une politique plus « verte » et plus favorable aux consommateurE pauvres et aux salariéEs, sous contrôle démocratique.

    « Eyes on the prize » : reconstruire un parti de masse

    Pour autant que l’on puisse en juger à distance, les débats sur le soutien à apporter ou non à telle ou telle campagne électorale prennent une place importante dans la vie de DSA. Mais même ces débats sont souvent l’occasion de pousser peu à peu les nouvelles forces militantes à mieux distinguer ce qui relève d’une démarche socialiste, au minimum réformiste radicale, d’une démarche « progressiste » bien plus digeste pour le bipartisme en place. Les mêmes discussions qui permettent ces derniers mois de préciser ce qui sépare Bernie Sanders et Elizabeth Warren, se retrouvent aux échelons infranationaux de la vie politique : idées et actions cohérentes dans la durée ou non, campagnes qui insistent sur la nécessité des luttes sociales ou qui reposent sur un idéal d’efficacité technocratique, etc. Les activités liées aux élections ont donc toute leur place dans un plan de bataille tourné vers l’extérieur, et par lequel DSA tente de populariser un nouvel horizon politique et les moyens élémentaires de s’en rapprocher et de l’atteindre, plutôt qu’une organisation en particulier.

    DSA peut envisager une stratégie volontariste d’implantation de militantEs dans des « secteurs stratégiques » pour la reconstruction du mouvement ouvrier – sans sacrifice excessif car les emplois syndicalisés sont aussi plus protégés que les autres ; on peut aussi penser que les organisations existantes du mouvement antiraciste mériteraient toute l’attention de l’organisation. Mais le temps que de telles stratégies se mettent réellement en place et portent leurs fruits, DSA aura probablement des forces nouvelles à tirer de la campagne Sanders dès 2020.

    Les difficultés d’organisation et les tensions du congrès ont entravé les débats sur la politique internationale, l’antifascisme ou la stratégie envers le mouvement syndical : le phénomène DSA implique beaucoup de militantEs débutants, encore en formation… et qui manifestent leur volonté de s’approprier l’organisation. Les plus sincères socialistes (réformistes radicaux ou révolutionnaires) impliquéEs dans DSA ont l’honnêteté de reconnaître que l’on ne sait pas encore si le nouveau mouvement socialiste sera à la hauteur de ses tâches. La situation actuelle est malgré cela une opportunité historique à saisir.

     

     

     
    E) - MAINTENANT MÊME, TRUMP ENTRA EN MODE GUERRE TOTALE CONTRE LES COMMUNISTES
     
    «Ces personnes ne sont pas folles… elles sont possédées par une idéologie meurtrière qui a déjà tué plus de 100 millions de personnes au XXe siècle !»
    Le président Donald Trump vient de lancer un avertissement de niveau d'alerte maximum :
    «Les communistes représentent la plus grande menace existentielle dans l'histoire des États-Unis. Point final. Ils veulent détruire tout ce que ce pays représente. Ils veulent faire sauter le mont Rushmore parce que ça les dérange qu'il y ait des présidents américains gravés dans la pierre. Ils disent qu'ils ne devraient pas être là-haut !
    Ils veulent abattre des statues, des monuments, des valeurs, des libertés… et à la fin, nous abattre nous-mêmes.
    Le communisme n'est pas une “idée différente” ! C'est une plaie. C'est l'idéologie la plus destructrice, sanguinaire et ratée qui ait jamais foulé cette planète. Et aujourd'hui, en 2026, elle continue de s'infiltrer dans nos universités, nos médias, nos institutions et même dans certains partis politiques.
    Je ne suis pas venu négocier avec le communisme. Je suis venu l'écraser».
    Trump vient de déclarer une guerre culturelle, idéologique et politique sans pitié.
     

     

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