Edgar Morin
Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est un philosophe et sociologue français né le 8 juillet 1921 à Paris. Il est connu pour ses travaux sur la complexité et la pensée systémique, qui ont eu une grande influence dans de nombreux domaines, de la sociologie à la biologie en passant par la politique et l'éducation. Il est reconnu pour ses travaux[1]
Edgar Morin a commencé sa carrière comme sociologue, travaillant
notamment sur la question de la modernisation de la société française
dans les années 1950 et 1960. Il s'est ensuite intéressé à la pensée
systémique et à la théorie de la complexité, cherchant à comprendre
comment les systèmes complexes, qu'ils soient biologiques, sociaux ou
culturels, fonctionnent et interagissent entre eux.
Parmi ses ouvrages les plus connus, on peut citer La méthode, une réflexion sur la nécessité d'une pensée systémique pour comprendre la complexité du monde, La complexité humaine, qui explore les différentes dimensions de la condition humaine, ou encore Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, dans lequel il propose une réforme de l'éducation pour répondre aux défis de la complexité du monde contemporain.
La théorie de la complexité chez Edgar Morin
Edgar Morin a proposé une théorie de la complexité dans les années
1970. Cette théorie se concentre sur la compréhension des systèmes
complexes dans tous les domaines, y compris les sciences sociales, la
biologie, la physique et les sciences de l'information.
Selon Edgar Morin, la complexité est caractérisée par trois
dimensions : la multidimensionnalité, la relationnalité et
l'incertitude. La multidimensionnalité se réfère au fait que tout
système complexe est composé de multiples éléments qui interagissent
entre eux. La relationnalité fait référence à la façon dont ces éléments
sont connectés et interdépendants, formant un réseau complexe de
relations. L'incertitude se réfère à la difficulté de prédire le
comportement d'un système complexe en raison de sa nature dynamique et
imprévisible.
Edgar Morin soutient également que les systèmes complexes ont des
propriétés émergentes qui ne peuvent pas être expliquées par les
propriétés de leurs parties constitutives. Par exemple, le comportement
d'un troupeau de moutons ne peut pas être entièrement compris en
examinant le comportement individuel de chaque mouton.
Dans l'ensemble, la théorie de la complexité d'Edgar Morin
propose une approche holistique pour comprendre les systèmes complexes
en reconnaissant la nature interconnectée et dynamique de ces systèmes.
Comparaison de la complexité chez Edgar Morin et chez Friedrich Hayek
La théorie de la complexité chez Edgar Morin et chez Friedrich Hayek
présente plusieurs différences, bien qu'ils partagent une vision du
monde complexe et imprévisible.
Edgar Morin est un penseur français, sociologue et philosophe,
qui a développé la théorie de la complexité en tant que paradigme
permettant de comprendre les phénomènes sociaux, culturels et naturels
dans leur globalité et leur interaction. Selon Morin, la complexité est
caractérisée par l'interconnexion des éléments, leur autonomie relative,
leur interdépendance, leur organisation hiérarchique et leur émergence.
Cette vision holistique de la complexité conduit à une approche
multidimensionnelle et transdisciplinaire, qui implique une ouverture à
la diversité, à l'incertitude et à l'ambiguïté.
Friedrich Hayek, quant à lui, est un économiste autrichien qui a
développé une théorie de la complexité en tant que fondement de sa
théorie de l'ordre spontané et de l'économie de marché. Selon Hayek, la
complexité est caractérisée par la diversité, l'ignorance, l'incertitude
et la décentralisation. Cette vision décentralisée de la complexité
conduit à une approche évolutionniste et spontanée, qui met l'accent sur
les processus d'adaptation et d'apprentissage distribué à travers le
marché.
Bien que Morin et Hayek partagent une vision de la complexité,
leurs approches diffèrent sur plusieurs points. Morin insiste sur la
nécessité d'une approche transdisciplinaire, alors que Hayek se
concentre sur la spécificité de l'économie de marché. Morin insiste sur
l'importance de l'ambiguïté et de l'incertitude, tandis que Hayek
insiste sur l'importance de l'information décentralisée. Enfin, Morin
insiste sur la nécessité d'une vision globale et holistique de la
complexité, tandis que Hayek insiste sur la spécificité des processus
évolutifs de l'économie de marché.
En conclusion, bien que Morin et Hayek partagent une vision de la
complexité, leurs approches diffèrent sur plusieurs points importants.
Ces différences reflètent les contextes disciplinaires, culturels et
politiques dans lesquels ils ont développé leur vision de la complexité,
ainsi que les problématiques et les enjeux auxquels ils ont cherché à
répondre.
La pensée systémique chez Edgar Morin
La pensée systémique est un concept clé dans la théorie de la
complexité d'Edgar Morin. La pensée systémique est une approche de
résolution de problèmes qui considère un système dans son ensemble
plutôt que ses parties isolées. Pour Edgar Morin, la pensée systémique
est un outil pour comprendre la complexité du monde et pour s'attaquer
aux problèmes mondiaux qui nécessitent une approche globale.
Edgar Morin soutient que la pensée systémique est essentielle
pour comprendre les systèmes complexes et pour élaborer des solutions
efficaces aux problèmes sociaux et environnementaux. Elle implique de
reconnaître la nature interconnectée et dynamique des systèmes, de
prendre en compte les interactions entre les différents éléments du
système et d'anticiper les effets en cascade qui peuvent se produire en
raison des changements apportés à un élément du système.
Pour Edgar Morin, la pensée systémique nécessite une ouverture
d'esprit et une capacité à penser de manière transdisciplinaire. Il
soutient que nous devons être capables de comprendre la complexité des
systèmes en utilisant une variété de perspectives et d'outils
conceptuels provenant de différents domaines de connaissance.
En résumé, pour Edgar Morin, la pensée systémique est un outil
essentiel pour comprendre et résoudre les problèmes complexes de notre
monde, en reconnaissant la nature interconnectée et dynamique des
systèmes et en utilisant une approche transdisciplinaire.
L'incertitude chez Edgar Morin
Dans son livre, Introduction à la pensée complexe, (1990),
Edgar Morin explique qu'il existe une incertitude fondamentale entre le
système cérébral humain et son environnement. Cette incertitude se
reflète dans la capacité limitée de notre cerveau à distinguer la
perception de l'hallucination, le réel de l'imaginaire. De plus, il
souligne que la connaissance du monde extérieur est limitée par notre
organisation innée et que cela crée également de l'incertitude. En
somme, il met en évidence la complexité de la nature humaine et la façon
dont nous percevons et comprenons le monde qui nous entoure.
Lorsqu'Edgar Morin évoque l'anarchie spontanée en URSS[2],
il fait référence à des situations où les citoyens ont agi de manière
autonome et spontanée pour surmonter les problèmes auxquels ils étaient
confrontés, en dehors des structures gouvernementales et
institutionnelles.
Pendant la période de l'Union soviétique, le système socialiste était très centralisé et bureaucratique,
ce qui signifie que l'État avait un contrôle strict sur les aspects de
la vie quotidienne. Cependant, il y a eu des moments où les gens ont dû
faire face à des problèmes auxquels l'État n'a pas réussi à répondre,
par exemple lors de catastrophes naturelles ou de pénuries alimentaires.
Dans ces situations, Edgar Morin affirme que les gens ont montré
une grande capacité à s'organiser et à s'entraider de manière autonome.
Ils ont créé des réseaux d'entraide, partagé des ressources et se sont
soutenus mutuellement pour faire face aux difficultés, sans avoir besoin
d'une intervention gouvernementale.
Pour Edgar Morin, l'anarchie spontanée en URSS
est un exemple de la capacité des gens à travailler ensemble et à
s'entraider de manière autonome, même dans des situations où le
gouvernement ne peut pas répondre aux besoins de la population. C'est
aussi un exemple de la résilience humaine et de la capacité des gens à
s'adapter à des situations difficiles.
En somme, l'anarchie spontanée en URSS est une illustration de la
capacité de l'être humain à agir de manière autonome et à s'organiser
de manière collective en dehors des structures étatiques, lorsque cela
est nécessaire pour faire face aux difficultés.
Informations complémentaires
Edgar
Morin a reçu de nombreuses distinctions tout au long de sa carrière,
notamment le Prix européen de l'essai Charles Veillon en 1986 et le Prix
de la Pensée française en 2012. Il est également membre de l'Académie
des sciences morales et politiques depuis 2008.
- Introduction à la pensée complexe, (1990)
Publications
- 1999, "La cabeza bien puesta: Repensar la reforma, reformar el pensamiento", Buenos Aires, Nueva Visión
-
Mort d’Edgar Morin, un « penseur-monde »
Le sociologue est décédé à 104 ans ce vendredi 29 mai, a annoncé sa famille par communiqué. Il laisse une œuvre immense.
Il
avait eu 100 ans le 8 juin 2021. Edgar Morin (David-Simon Nahoum, de
son vrai nom) est mort le 29 mai à 104 ans. Fils de Vidal Nahoum,
originaire comme la famille du romancier Albert Cohen de l’île de
Salonique, l’homme se définissait comme un petit poulbot. « J’ai
grandi dans les rues de Paris, passant beaucoup de temps à jouer sur le
trottoir devant le petit commerce de bonneterie de mon père, dans le
quartier du Sentier », confiait-il.
Jeune
garçon, Edgar Morin avait été profondément marqué par la mort de sa
mère, le 26 juin 1931. Le décès de cette femme d’origine italienne, Luna
Beressi, d’une crise cardiaque alors qu’elle n’avait que 34 ans avait
été un « Hiroshima intérieur », comme il le disait lui-même. Le
coup avait été d’autant plus rude pour lui que son père et sa tante lui
avaient dissimulé le drame pendant plusieurs semaines. « On m’a fait croire qu’elle était partie en cure », expliquait-il.
L’enfant avait vécu ce mensonge comme « une trahison des adultes ».
Ce drame intime devait le marquer au fer rouge. Il constitua la trame
de son unique roman (1), paru en 2017. Un ouvrage écrit en secret, avec
grande difficulté, pendant plus de quarante ans. Un livre qu’il
envisageait comme une forme d’exorcisme.
Replié
à Toulouse pendant la guerre, c’est dans cette ville que le jeune
Edgar, tout juste bachelier, s’était lié d’amitié avec les philosophes
Vladimir Jankélévitch (1903-1985) et Julien Benda (1867-1956). Mais
aussi avec le sociologue Georges Friedmann (1902-1977). Tous fuyaient,
comme lui, les persécutions anti-juives. Il y avait également fait la
connaissance du romancier Jean Cassou (1897-1986), conservateur au musée
d’Art moderne, révoqué par Vichy.
Au côté de
ces figures de l’intelligentsia parisienne, où évoluait aussi Clara
Goldschmidt (1897-1982), première femme d’André Malraux, il s’était
engagé dans la Résistance, prenant le nom de code d’Edgar Morin. Il
avait alors adhéré au Parti communiste (en 1942) et en était devenu un
membre actif. Il devait quitter l’organisation en 1950, se mettant,
selon ses propres termes, en « hibernation politique » mais demeurer,
jusqu’au soir de sa vie, très engagé à gauche. Il devait ainsi s’engager
publiquement contre la guerre d’Algérie et, plus généralement, prendre
fait et cause en faveur de tous les mouvements décoloniaux.
Intellectuel engagé
Ses
études d’histoire-géographie ayant été écourtées à cause de la guerre,
il avait commencé à travailler comme journaliste avant de faire son
service militaire. Appelé sous les drapeaux, il avait été nommé
porte-parole de l’état-major de la Première armée française à
Baden-Baden.
Profitant de ce séjour outre-Rhin pour écrire un essai, L’An zéro de l’Allemagne,
il avait publié son premier livre aux éditions de la Cité universelle
en 1946. Edgar Morin y affirmait une qualité d’observation aiguisée –
ses descriptions de l’état de somnambulisme des Allemands sont
saisissantes –, et un intérêt particulier pour les rumeurs qui
circulaient, à l’époque, au sein de la population civile, déboussolée.
C’est
à son retour en 1950 qu’il intègre, comme stagiaire, le Centre national
de la recherche scientifique (CNRS). Il s’y passionne pour « la culture
de masse », et plus singulièrement pour le cinéma, au sein du Centre
d’études sociologiques. Il publiera consécutivement Le Cinéma ou l’homme imaginaire, aux éditions de Minuit, en 1956, et Les Stars
(Seuil), en 1957. Les succès éditoriaux de ces deux ouvrages lui
assurent, par-delà la controverse académique, une première
reconnaissance publique. Le CNRS le titularise. Il y effectue toute sa
carrière. Une carrière en marge de laquelle il multiplie films, à partir
du documentaire qu’il coréalise avec Jean Rouch en 1961, Chronique d’un été, et livres.
Devenu
médiatique, le sociologue semble prendre plaisir au débat d’idées,
surtout s’il est polémique. Il utilise la revue qu’il a créée, en 1956, Argument,
comme une tribune. Edgar Morin multiplie dans le même temps les cours à
travers le monde : aux États-Unis comme en Amérique latine. Mais un
problème de santé le pousse à lever le pied en 1962. Sa longue
convalescence le conduit alors à réorienter sa vie.
Sociologie du présent
Ce nouveau chemin prend la forme d’un approfondissement de ce qu’il appelle la « sociologie du présent »,
une discipline phénoménologique en ce sens qu’elle se concentre sur des
événements contemporains et se fonde sur une méthode d’observation
participante qu’Edgar Morin qualifie de « méthode in vivo » dans son
ouvrage Sociologie, paru en 1984 chez Fayard.
Cette démarche « transdisciplinaire et multidimensionnelle »,
qui permet au chercheur d’atteindre une « pensée complexe »,
constituera le programme du Centre d’études des communications de masse,
laboratoire qu’il dirigera pendant de longues années, d’abord avec
Georges Friedmann (1902-1977), puis avec Roland Barthes (1973-1983),
enfin avec Claude Lefort (1983-1990).
Edgar Morin se penche, en 1963, sur le « phénomène yéyé »,
comme il baptise ce mouvement musical correspondant à une « génération »
née après guerre et bercée par le rock débarqué avec les GI’s
américains. Il passe une grande partie de l’année 1965 dans la commune
bretonne de Plozévet, dans le Finistère, pour y scruter avec son équipe
la métamorphose de ce village et décrypter la modernisation du monde
rural.
Il fera de même à Paris avec les manifestations de Mai 68 (« la commune étudiante ») et avec « la Rumeur d’Orléans », en 1969.
Cette rumeur prétend que des jeunes femmes disparaissent dans les
cabines d’essayage des magasins de vêtements de la préfecture du Loiret.
«
Les boutiques ciblées par cette rumeur étaient toutes tenues par des
juifs. La dimension antisémite de cette histoire m’a beaucoup intéressé.
Je voulais comprendre comment des gens raisonnables finissent par
croire sérieusement qu’un sous-marin, immergé dans la Loire, emmène les
jeunes femmes kidnappées pour alimenter une prétendue traite des
Blanches », nous avait-il confié pour les quarante ans de la publication de cet ouvrage qui fit date dans l’histoire de la sociologie.
Edgar Morin avait vu « avec inquiétude »
resurgir cette rumeur, au printemps 2019, à Bobigny
(Seine-Saint-Denis), lorsque des Roms avaient été accusés, à tort, de
kidnapper des enfants.
Toujours désireux de
tisser des liens entre les disciplines, Edgar Morin avait créé, au début
des années 1970, avec les biologistes Jacques Monod (1910-1976) et
François Jacob (1920-2013), le Centre international d’études
bioanthropologiques et d’anthropologie fondamentale (CIEBAF), devenu
ensuite le Centre Royaumont pour une science de l’homme, ambitionnant de
réfléchir aux grands enjeux de la société : l’écologie, l’éducation,
puis le transhumanisme.
Fervent militant
pacifiste, Edgar Morin avait multiplié, ces dernières années, les prises
de parole en faveur de la tribu amérindienne des Kayapos qui rêvaient
de reconquérir l’Amazonie. Il s’était également mis au service de la
cause palestinienne. Certaines de ses déclarations particulièrement
virulentes sur le sujet, avaient d’ailleurs fait polémique. Notamment
une tribune parue dans Le Monde en 2002, intitulée « Israël-Palestine : le cancer » dont des formulations discutables lui avaient valu des accusations d’antisémitisme.
On y lisait notamment cette phrase : «
On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs issus du peuple le plus
longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires
humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux
générations en peuple dominateur et sûr de lui. »
À
près de 103 ans, le sociologue avait consacré ses dernières apparitions
publiques à la dénonciation de l’État hébreu. En février 2024, lors
d’un salon du livre au Maroc d’où est originaire sa dernière femme, il
avait repris à son compte les accusations de « génocide » portées à
l’encontre du gouvernement Netanyahou. Edgar Morin avait, ce jour-là,
dénoncé « le silence du monde » face aux massacres commis à Gaza par l’armée israélienne, après les attaques terroristes du Hamas.
Était-il
encore conscient de la portée de ces mots ? Edgar Morin s’énervait
quand on lui posait la question. Il s’emportait de la même manière quand
on suggérait que, valétudinaire, il puisse être sous la coupe de son
entourage. Il estimait, au contraire, être resté fidèle au jeune homme
qu’il avait été, répétant en boucle le même argument : « La haine
engendre le délire de la culpabilité collective du peuple ennemi,
laquelle suscite les pires cruautés et massacres y compris pour femmes,
enfants et vieillards ».
(1) L’Île de Luna, d’Edgar Morin, Actes Sud, 192 pages, 18 euros.
Baudouin Eschapasse
https://l.lepoint.fr/bu9
Edgar Morin est mort. C'est un penseur qui a passé sa vie à expliquer que le monde est systémique, interconnecté, imprévisible, et qu'on ne peut pas le réduire à des équations. À partir d'une telle base, l'on aurait pu penser qu'il aurait adopté une pensée libérale. Si le monde est complexe, alors l'on peut d'autant plus lâcher prise sur le contrôle de masse et laisser l'individu agir dans le cadre des droits de propriété, non ?
Et bien non ! Morin est resté toute sa vie un bon social-démocrate appelant de ses vœux à une gouvernance mondiale. Il a vu la complexité depuis son prisme de lecture sociologique, mais il n'a jamais traduit sa pensée politiquement vers le libéralisme.
Comme la plupart des intellectuels de sa génération, il est resté prisonnier d'un exécrable logiciel socialiste.
Nous expliquer qu'il fallait abandonner la pensée réductionniste et linéaire sans être en mesure de voir que l'État est la structure réductionniste et linéaire par excellence fait quelque peu sourire. Morin a répondu à la complexité par la centralisation. Sa "conscience planétaire" et son gouvernement mondial (à supposer qu'on prenne l'hypothèse au sérieux) sont un cauchemar absolu pour qui saisit la mécanique de l'État.
L'anarcho-capitaliste prône tout l'inverse de Morin à travers les droits naturels, la sécession, la multiplication des micro-souverainetés concurrentes, etc. Je crois que la déification du Pouvoir est simplement trop forte chez ces intellectuels "progressistes" du XXe siècle. Le marché libre a toujours été synonyme de chaos chez eux. Ils n'arrivent pas à concevoir que l'ordre légitime naît de la Liberté.