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août 08, 2026

Les intellectuels ou la gauche pédo bobo caviar anticapitaliste !

Sommaire:

A) - Pourquoi tant d’intellectuels sont-ils de gauche ?

B) - Le rôle des intellectuels et des intellectuels libertariens anti-intellectuels - Hans-Hermann Hoppe

C) - Les intellectuel(le)s "Epsteiniens" de France: "Apprenons l'amour à nos enfants".Pas de l'amour, de la pédophilie, pédocriminalité !

D) - La bataille intellectuelle contre le marxisme a été remportée il y a plus d’un siècle.


 

A) - Pourquoi tant d’intellectuels sont-ils de gauche ?

Pourquoi tant d’intellectuels de gauche défendent-ils systématiquement l’expansion de l’État? On répète souvent que les intellectuels penchent naturellement à gauche… parce qu’ils seraient plus sensibles, plus instruits ou plus conscients des injustices sociales. L’explication est flatteuse, surtout pour ceux qui la récitent, mais elle évite soigneusement une hypothèse beaucoup moins glorieuse : une bonne partie de cette classe intellectuelle dépend matériellement de l’État pour survivre. Elle défend donc moins une philosophie désintéressée qu’un écosystème qui lui assure salaire, prestige et sécurité.

Beaucoup de ces grands sermonneurs n’ont jamais créé d’entreprise, développé d’invention, embauché un salarié, convaincu un client ou risqué leur propre argent. Ils n’ont jamais vécu avec la possibilité réelle de tout perdre parce qu’un produit ne se vendait pas ou qu’une mauvaise décision menaçait la survie de leur organisation. Ils évoluent plutôt dans un univers protégé, composé de chaires de recherche, de subventions, de revues spécialisées, de colloques financés et de départements universitaires où chacun confirme les convictions du voisin.

Ils parlent abondamment de la richesse, de sa répartition et de ses prétendues injustices, mais plusieurs n’en ont jamais produit un seul dollar. Leur capital n’est pas économique; il est institutionnel et symbolique. Il se mesure en titres, en publications, en invitations, en postes permanents, en passages médiatiques et en proximité avec les organismes publics. Leur carrière ne dépend pas de la satisfaction volontaire d’un consommateur, mais de budgets votés, de programmes administratifs et de fonds prélevés auprès de gens qui, eux, doivent produire quelque chose que d’autres souhaitent réellement acheter.

Il n’est donc pas étonnant que l’État soit pour eux à la fois une mère nourricière, un employeur, un protecteur et une divinité laïque. Plus l’État grossit, plus il crée de programmes, de commissions, de bureaux, de postes de consultants, de recherches subventionnées et de nouveaux champs d’expertise artificiels. Chaque problème social devient une occasion de réclamer une autre étude, une autre réglementation, une autre structure publique ou un autre comité où l’on pourra rémunérer ceux qui expliquent aux autres comment vivre.

Il ne s’agit même pas nécessairement d’un complot conscient. L’intérêt matériel suffit. L’entrepreneur dépend du marché, l’employé privé dépend de la santé de son entreprise et l’universitaire militant dépend largement du budget public. Lorsqu’un individu passe toute sa vie dans un milieu où l’argent arrive par subvention plutôt que par échange volontaire, il finit naturellement par considérer ce modèle comme supérieur. Il ne voit plus l’État comme une institution limitée, mais comme le grand distributeur légitime de ressources, de reconnaissance et de vertu.

Voilà pourquoi une certaine classe intellectuelle est incapable d’imaginer qu’un problème puisse être résolu autrement que par davantage d’intervention publique. Devant le logement, elle réclame des programmes. Devant l’inflation, elle réclame des contrôles. Devant la pauvreté, elle réclame de nouvelles bureaucraties. Devant l’énergie, elle réclame des interdictions. Devant les salaires, elle réclame davantage de réglementation. La concurrence, la responsabilité individuelle, la déréglementation, l’innovation et l’entrepreneuriat ne sont presque jamais envisagés, car ces solutions ont le défaut impardonnable de ne pas placer les intellectuels au centre du dispositif.

Cette dépendance économique s’accompagne d’une impressionnante homogénéité idéologique. Dans certains départements universitaires, la recherche de la vérité a progressivement cédé la place à la récitation d’un credo. On y retrouve la même bible déconstructiviste, le même écologisme autoritaire, la même obsession identitaire raciale et du genre, le même mépris de la civilisation occidentale, la même exaltation des structures collectives et la même fascination pour les syndicats. On y enseigne moins à penser qu’à reconnaître les bons oppresseurs, les bonnes victimes et les mots interdits de la semaine.

Ces nouveaux clercs ressemblent parfois à des moines copistes de l’ancienne religion. Ils reproduisent les mêmes concepts, citent les mêmes auteurs, adoptent les mêmes conclusions et se félicitent mutuellement de leur audace dans des salles où presque tout le monde pense exactement la même chose. Leur religion possède son péché originel, nommé privilège; ses damnés, généralement occidentaux, blancs, masculins ou entrepreneurs; ses saints, choisis parmi les groupes déclarés opprimés; et son paradis terrestre, toujours administré par un État omniprésent.

Le dissident n’est plus réfuté, il est moralement disqualifié. Une objection à la théorie du genre devient une violence. Une critique de l’immigration de masse devient une phobie. Une défense du marché devient une preuve d’insensibilité. Une réserve sur le syndicalisme devient une attaque contre les travailleurs. La fonction de l’intellectuel n’est alors plus de chercher ce qui est vrai, mais de surveiller ce qui peut être dit.

Les centrales syndicales participent largement à cet univers. Elles se présentent comme les nobles défenseures du peuple, alors qu’elles constituent souvent des machines institutionnelles puissantes vivant de cotisations obligatoires, de privilèges légaux et d’une proximité permanente avec l’État. Elles ne créent aucune richesse en elles-mêmes; elles négocient la répartition de celle produite ailleurs, tout en prétendant incarner une supériorité morale sur ceux qui prennent les risques nécessaires à sa création.

Il serait évidemment absurde de prétendre que tous les universitaires sont inutiles ou que toute recherche publique est sans valeur. Les sciences, la médecine, le génie, l’histoire et plusieurs domaines fondamentaux ont produit des avancées majeures. Le problème commence lorsque l’intellectuel confond son diplôme avec une preuve d’intelligence universelle et son emploi subventionné avec une validation de ses idées. Il peut connaître parfaitement la littérature de son domaine tout en ne comprenant rien à l’entreprise, à la création de valeur ou aux effets concrets des politiques qu’il recommande.

Être intelligent ne signifie pas nécessairement devenir entrepreneur, mais celui qui prétend réorganiser la société devrait au moins comprendre comment celle-ci produit ce qu’il souhaite redistribuer. Il devrait savoir qu’avant de financer un programme, il faut qu’une personne ait créé une richesse taxable. Il devrait saisir qu’un salaire ne vient pas d’un décret, qu’un logement ne sort pas d’un comité et qu’une entreprise ne fonctionne pas grâce à un manifeste sur la justice sociale.

Le véritable intellectuel devrait accepter la contradiction, le risque de l’erreur et l’épreuve de la réalité. Il devrait être capable de reconnaître qu’une théorie séduisante peut produire des conséquences désastreuses. Il devrait surtout cesser de croire qu’il est moralement supérieur à ceux qui bâtissent, inventent, investissent, embauchent et produisent.

Le marché n’est pas parfait, mais il oblige au moins chacun à confronter ses idées aux besoins des autres. Une entreprise qui ne crée rien d’utile finit généralement par disparaître. Une théorie universitaire inutile, elle, peut survivre pendant cinquante ans à condition d’obtenir une subvention, un département et quelques disciples pour la recopier.

C’est peut-être là que se trouve la véritable réponse. Tant d’intellectuels sont de gauche parce que la gauche leur offre un monde dans lequel leur statut, leur sécurité et leur pouvoir augmentent avec la taille de l’État. Ils défendent la mamelle publique avec l’ardeur de ceux qui savent qu’une véritable épreuve du marché risquerait de révéler une vérité cruelle : sans l’université qui les a vus naître et l’État qui les nourrit, plusieurs de ces faux prophètes finiraient non pas parmi l’élite, mais parmi les pauvres qu’ils prétendent représenter. En réalités, ils sont des eunuques déguisés en moines copistes.

Samuel Rasmussen


 

Animateur à Les Trois Afueras
UdeS R.internationales
Éditeur sur Pilulerouge.ca

 https://pilulerouge.ca/pourquoi-intellectuels-de-gauche/

 

 

 

 

D) - La bataille intellectuelle contre le marxisme a été remportée il y a plus d’un siècle.

Les coups les plus rigoureux et les plus dévastateurs sont venus de l’école autrichienne d’économie ; pourtant, chose étrange, ces arguments décisifs ne sont presque jamais enseignés. 

 

La théorie subjective de la valeur de Carl Menger, élaborée dans les années 1870, a sapé la théorie de la valeur-travail sur laquelle Marx avait bâti tout son système. Eugen von Böhm-Bawerk a ensuite procédé à un démantèlement systématique de la pensée économique de Marx, mettant en lumière les contradictions de la théorie de la plus-value et du « problème de la transformation ». Ludwig von Mises est allé encore plus loin en démontrant qu’un calcul économique rationnel est impossible sous le socialisme car, en l’absence de propriété privée et de prix de marché, il n’existe aucun moyen d’allouer efficacement les ressources. Friedrich Hayek a par la suite étendu cette analyse à la question de la connaissance : les informations nécessaires au fonctionnement d’une économie complexe sont dispersées et ne peuvent être centralisées. Enfin, Murray Rothbard a montré comment Marx avait mal compris la nature du capitalisme en substituant à l’échange volontaire et à la création entrepreneuriale une théorie erronée de l’exploitation fondée sur la valeur-travail et la lutte des classes. 

 Il ne s’agissait pas là d’objections mineures. Elles s’attaquaient aux fondements théoriques du marxisme et, dans le cas de Mises et de Hayek, prédisaient avec justesse le gaspillage chronique, les pénuries et l’effondrement final des économies socialistes. L’histoire a confirmé leurs arguments à l’échelle de la civilisation. 

Pourtant, dans les universités, les médias et le débat politique, ces critiques restent marginales. Marx continue d’être largement enseigné comme un économiste et un théoricien social sérieux. Ses erreurs sont atténuées, replacées dans leur contexte historique ou présentées comme des points de départ intéressants. Les réfutations apportées par l’école autrichienne se voient rarement accorder le même poids. Des étudiants peuvent suivre des cursus complets en sciences sociales sans jamais aborder en profondeur la critique de Böhm-Bawerk ou l’argument de Mises sur le calcul économique. 

 Cette négligence n’est pas fortuite. Elle reflète une préférence intellectuelle plus profonde pour des théories qui présentent les marchés comme pathologiques et légitiment une extension du pouvoir de l’État. Il en résulte un discours public qui continue de recycler les catégories marxistes bien après que leurs fondements économiques ont été démontrés comme étant erronés. Nous payons encore le prix de cette mémoire sélective. 

Creative Deduction 

@CreativeDeduct 

Paléolibertarianisme. Anarcho-capitalisme. École autrichienne d'économie. Substack : http://substack.com/@creativededuc

https://x.com/CreativeDeduct/status/2086071145728774632 

 

 

décembre 25, 2025

Le rôle des intellectuels et des intellectuels libertariens anti-intellectuels - Hans-Hermann Hoppe

"Les États ne gouvernent pas uniquement par la force ; ils achètent le prestige, les subventions et le pouvoir des intellectuels pour qu’ils colportent des mythes comme celui des « biens publics » et des chimères égalitaires, légitimant ainsi leur monopole sur la violence et la fiscalité. L’antidote ? Des intellectuels libertariens « anti-intellectuels » qui déconstruisent ces sophismes et révèlent la véritable nature de l’État. « La majorité doit accepter votre autorité de son plein gré » – et les intellectuels sont essentiels pour obtenir ce consentement. 
Lire l’article complet :"
Sean Gabb 


 
Le rôle des intellectuels et des intellectuels anti-intellectuels 
 
Commençons par la définition d'un État. Que doit pouvoir faire un agent pour être considéré comme un État ? Cet agent doit pouvoir exiger que tous les conflits entre les habitants d'un territoire donné lui soient soumis pour décision finale ou pour examen ultime. Plus précisément, il doit pouvoir exiger que tous les conflits le concernant soient tranchés par lui ou son représentant. Et, implicitement, dans le pouvoir d'exclure quiconque du rôle de juge suprême, seconde caractéristique déterminante d'un État, se trouve le pouvoir de lever des impôts : celui de déterminer unilatéralement le prix que les demandeurs de justice doivent payer pour ses services. 
 
 À partir de cette définition, on comprend aisément pourquoi le désir de contrôler un État peut exister. Car celui qui détient le monopole de l'arbitrage final sur un territoire donné peut légiférer. Et celui qui peut légiférer peut aussi lever des impôts. Il s'agit assurément d'une position enviable. 
 
 Plus difficile à comprendre est comment quiconque peut impunément contrôler un État. Pourquoi certains toléreraient-ils une telle institution ? 
 
Je souhaite aborder la question indirectement. Imaginez que vous et vos amis contrôliez une telle institution hors du commun. Que feriez-vous pour vous maintenir au pouvoir (en supposant que vous n'ayez aucun scrupule) ? Vous utiliseriez certainement une partie de vos recettes fiscales pour engager des hommes de main. D'abord, pour maintenir la paix parmi vos sujets afin qu'ils restent productifs et qu'il y ait des recettes fiscales à l'avenir. Mais surtout, vous pourriez avoir besoin de ces hommes pour votre propre protection si le peuple sortait de sa torpeur dogmatique et vous contestait. 
 
Cependant, cette solution ne fonctionnera pas, en particulier si vous et vos amis représentez une petite minorité par rapport au nombre de sujets. Car une minorité ne peut pas gouverner durablement une majorité par la seule force brute. Elle doit gouverner par l'opinion. La majorité de la population doit être amenée à accepter volontairement votre autorité. Cela ne signifie pas que la majorité doive approuver chacune de vos mesures. En effet, elle pourrait très bien penser que nombre de vos politiques sont erronées. Toutefois, il faut croire en la légitimité de l'institution étatique en tant que telle, et donc considérer que même si une politique particulière s'avère erronée, une telle erreur est un « accident » qu'il faut tolérer au regard du bien supérieur que l'État œuvre. 
 
Mais comment persuader la majorité de la population de cette idée ? La réponse est simple : uniquement grâce aux intellectuels.

Comment s'assurer la collaboration des intellectuels ? La réponse est simple. La demande du marché pour les services intellectuels est loin d'être forte et stable. Les intellectuels seraient à la merci des valeurs éphémères des masses, lesquelles se désintéressent des questions intellectuelles et philosophiques. L'État, en revanche, peut accommoder l'ego souvent démesuré des intellectuels et leur offrir une place confortable, sûre et permanente au sein de son appareil. 
 
Cependant, il ne suffit pas d'employer quelques intellectuels. Il faut les employer tous, même ceux qui travaillent dans des domaines très éloignés de vos principales préoccupations : la philosophie, les sciences sociales et les lettres. Car même les intellectuels travaillant en mathématiques ou en sciences naturelles, par exemple, peuvent penser par eux-mêmes et devenir potentiellement dangereux. Il est donc important de s'assurer de leur loyauté envers l'État. Autrement dit : il faut devenir un monopole. Le meilleur moyen d'y parvenir est de placer toutes les institutions « éducatives », de la maternelle à l'université, sous contrôle étatique et de faire certifier tout le personnel enseignant et de recherche par l'État. 
 
Mais que se passe-t-il si la population ne souhaite pas s'instruire ? Dans ce cas, l'« éducation » doit être rendue obligatoire ; et afin de soumettre la population à un système éducatif étatisé le plus longtemps possible, il faut déclarer chacun également « éduquable ». Les intellectuels savent pertinemment qu'un tel égalitarisme est illusoire. Pourtant, proclamer des absurdités telles que « chacun est un Einstein en puissance s'il bénéficie d'une attention éducative suffisante » séduit les masses et, par conséquent, alimente une demande quasi illimitée de services intellectuels. 
 
Bien entendu, rien de tout cela ne garantit une pensée étatique « correcte ». Il est certes utile, pour parvenir à la « bonne » conclusion, de réaliser que sans l'État, on risquerait de se retrouver au chômage et de devoir se reconvertir dans la mécanique des pompes à essence plutôt que de se préoccuper de problèmes aussi urgents que l'aliénation, l'équité, l'exploitation, la déconstruction des rôles de genre et sexuels, ou encore la culture des Inuits, des Hopis et des Zoulous. 
 
Quoi qu'il en soit, même si les intellectuels se sentent sous-estimés par vous – c'est-à-dire par une administration étatique particulière –, ils savent que l'aide ne peut venir que d'une autre administration, et non d'une attaque intellectuelle contre l'institution étatique en tant que telle. Dès lors, il n'est guère surprenant que, de fait, l'immense majorité des intellectuels contemporains, y compris la plupart des intellectuels conservateurs ou dits libéraux, soient fondamentalement et philosophiquement étatistes. 
 
Le travail des intellectuels a-t-il été bénéfique à l'État ? Je le crois. Si l'on demandait à la population si l'institution de l'État est nécessaire, je ne crois pas exagérer en disant que 99 % des gens répondraient sans hésiter par l'affirmative. Pourtant, ce succès repose sur des fondements plutôt fragiles, et tout l'édifice étatique peut s'effondrer – pourvu que l'action des intellectuels soit contrée par celle des « anti-intellectuels intellectuels », comme j'aime à les appeler. 
 
L'immense majorité des partisans de l'État ne sont pas des étatistes philosophiques, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas réfléchi à la question. La plupart des gens ne se préoccupent guère de questions « philosophiques ». Ils vaquent à leurs occupations quotidiennes, et c'est tout. Ainsi, le soutien le plus fréquent découle du simple fait qu'un État existe, et a toujours existé, aussi loin que l'on se souvienne (et cela ne dépasse généralement pas l'âge de notre propre vie). Autrement dit, le plus grand succès des intellectuels étatistes est d'avoir cultivé la paresse intellectuelle (ou l'incapacité intellectuelle) naturelle des masses et de ne jamais avoir permis que « le sujet » fasse l'objet d'un débat sérieux. L'État est considéré comme une composante incontestable du tissu social. 
 
La première et principale tâche des intellectuels anti-intellectuels est donc de contrer cette torpeur dogmatique des masses en proposant une définition précise de l'État, comme je l'ai fait d'emblée, puis de se demander s'il n'y a pas quelque chose de véritablement remarquable, d'étrange, de bizarre, de maladroit, de ridicule, voire de grotesque, dans une institution comme celle-ci. Je suis convaincu que ce travail de définition, aussi simple soit-il, suscitera un premier doute, certes, mais sérieux, à l'égard d'une institution que l'on tenait jusqu'alors pour acquise – un bon début. 
 
Pour passer des arguments pro-étatiques les moins sophistiqués (mais, ce n'est pas un hasard, les plus répandus) aux plus élaborés : dans la mesure où les intellectuels ont jugé nécessaire de défendre l'État, leur argument le plus courant, rencontré dès la maternelle, se résume ainsi : on cite quelques actions de l'État : il construit des routes, des crèches, des écoles ; il distribue le courrier et assure la sécurité des rues. Imaginons un monde sans État. Nous n'aurions alors pas accès à ces services. L'État est donc nécessaire.

Au niveau universitaire, une version légèrement plus élaborée de ce même argument est présentée. Le raisonnement est le suivant : certes, les marchés sont les plus performants pour fournir de nombreux biens, voire la plupart ; mais il existe d’autres biens que les marchés ne peuvent fournir, ou pas en quantité ou en qualité suffisantes. Ces autres biens, dits « biens publics », sont des biens qui procurent des avantages à la population, au-delà de ceux qui les ont produits ou financés. Parmi ces biens, l’éducation et la recherche occupent généralement une place prépondérante. L’éducation et la recherche, par exemple, sont, selon nous, des biens extrêmement précieux. Elles seraient toutefois sous-produites en raison de « passagers clandestins », c’est-à-dire de « tricheurs », qui bénéficient – ​​par le biais d’effets de voisinage – de l’éducation et de la recherche sans y contribuer financièrement. Ainsi, l’État est nécessaire pour fournir les biens publics, tels que l’éducation et la recherche, qui seraient autrement non produits ou sous-produits. 
 
Ces arguments étatistes peuvent être réfutés par la combinaison de trois constats fondamentaux : premièrement, concernant l’argument simpliste, le fait que l’État fournisse des routes et des écoles n’implique pas que seul l’État puisse fournir de tels biens. Il est aisé de reconnaître qu’il s’agit d’un sophisme. De même, le fait que les singes puissent faire du vélo n’implique pas que seuls les singes puissent en faire. Deuxièmement, et c’est immédiatement le cas, il convient de rappeler que l’État est une institution qui peut légiférer et lever des impôts ; par conséquent, ses agents sont peu incités à produire efficacement. Les routes et les écoles publiques seront donc plus coûteuses et de moindre qualité. En effet, les agents de l’État ont toujours tendance à consommer un maximum de ressources dans leurs activités, tout en minimisant leur effort. 
 
Troisièmement, concernant l’argument étatiste plus élaboré, il repose sur le même sophisme que celui rencontré à l’échelle de l’argumentation simpliste. Car même en admettant le reste de l’argument, il reste erroné de conclure, du fait que les États fournissent des biens publics, que seuls les États peuvent le faire. 
 
Plus important encore, il faut souligner que cet argument témoigne d'une méconnaissance totale du fait le plus fondamental de la vie humaine : la rareté. Certes, les marchés ne peuvent pourvoir à tous les besoins. Il y aura toujours des besoins insatisfaits tant que nous ne vivrons pas au jardin d'Éden. Mais la production de ces biens non encore créés exige l'utilisation de ressources rares, qui, de ce fait, ne peuvent plus servir à produire d'autres biens tout aussi désirables. La coexistence de biens publics et privés est ici sans importance : la rareté demeure le principe même de la rareté : l'augmentation des biens « publics » se fait nécessairement au détriment des biens « privés ». Or, il est nécessaire de démontrer qu'un bien est plus important et plus précieux qu'un autre. C'est ce que l'on entend par « économiser ». 
 
Mais l'État peut-il contribuer à économiser les ressources rares ? Voilà la question à laquelle il faut répondre. En réalité, il existe une preuve irréfutable que l'État ne réalise pas et ne peut pas réaliser d'économies : pour produire quoi que ce soit, il doit recourir à l'impôt (ou à la législation), ce qui démontre sans équivoque que ses citoyens ne désirent pas ce qu'il produit, mais préfèrent autre chose qu'ils jugent plus important. Plutôt que de réaliser des économies, l'État ne peut que redistribuer : il peut produire davantage de ce qu'il souhaite et moins de ce que le peuple désire – et, rappelons-le, toute production étatique sera de toute façon inefficace.
 
 

 

Enfin, il convient d'examiner brièvement l'argument le plus sophistiqué en faveur de l'État. Depuis Hobbes, cet argument a été maintes fois répété. Il se résume ainsi : à l'état de nature – avant l'établissement d'un État – règne un conflit permanent. Chacun revendique un droit sur tout, ce qui engendre des guerres sans fin. Aucun accord ne saurait sortir de cette impasse ; car qui les ferait respecter ? Dès que la situation semble avantageuse, l'une ou l'autre des parties, voire les deux, rompent l'accord. Dès lors, on reconnaît qu'il n'existe qu'une seule solution à l'idéal de paix : l'établissement, par voie d'accord, d'un État, c'est-à-dire d'une tierce partie indépendante faisant office de juge et d'autorité suprême. Or, si cette thèse est juste et que les accords requièrent l'intervention d'un autorité extérieure pour être contraignants, alors un État fondé sur un accord ne peut jamais voir le jour. Car pour faire respecter l'accord même qui doit aboutir à la formation d'un État (pour rendre cet accord contraignant), il faudrait déjà qu'un autre autorité extérieure, un État préexistant, existe. Pour que cet État ait pu exister, il faut postuler un autre État encore antérieur, et ainsi de suite, dans une régression à l'infini. 
 
Or, si l'on admet l'existence des États (et ils existent bel et bien), ce fait même contredit le récit hobbesien. L'État lui-même a émergé sans intervention extérieure. Vraisemblablement, au moment de l'accord supposé, aucun État antérieur n'existait. De plus, une fois qu'un État issu d'un accord existe, l'ordre social qui en résulte demeure auto-imposé. Certes, si A et B s'entendent sur un point, leurs accords sont rendus contraignants par une partie extérieure. Cependant, l'État lui-même n'est soumis à aucune autorité extérieure. Il n'existe aucun tiers extérieur en ce qui concerne les conflits entre agents et sujets de l'État ; et de même, aucun tiers extérieur n'existe pour les conflits entre différents agents ou organismes de l'État. En ce qui concerne les accords conclus entre l'État et ses citoyens, ou entre deux organismes étatiques, ces accords ne peuvent engager que l'État lui-même. L'État n'est lié par rien d'autre que par ses propres règles, qu'il accepte et applique, c'est-à-dire les contraintes qu'il s'impose. En quelque sorte, vis-à-vis de lui-même, l'État demeure dans un état d'anarchie naturelle, caractérisé par l'autonomie et l'auto-application des règles, puisqu'aucun État supérieur ne pourrait le contraindre. 
 
De plus, si l'on accepte l'idée hobbesienne selon laquelle l'application de règles mutuellement convenues requiert l'intervention d'un tiers indépendant, cela exclurait de fait l'établissement d'un État. En réalité, cela constituerait un argument irréfutable contre l'institution d'un État, c'est-à-dire d'un monopole du pouvoir de décision et d'arbitrage ultime. Car alors, il doit également exister un tiers indépendant pour trancher tout conflit entre moi (citoyen) et un agent de l'État, et de même, un tiers indépendant doit exister pour tout conflit interne à un État (et il doit y avoir un autre tiers indépendant pour les conflits entre différents tiers) ; or, cela signifie bien sûr qu'un tel « État » (ou tout tiers indépendant) ne serait pas un État tel que je l'ai défini au départ, mais simplement l'un des nombreux arbitres de conflits tiers librement concurrents.
 
Je conclurai donc ainsi : l'argumentation intellectuelle contre l'État semble simple et directe. Mais cela ne signifie pas qu'elle le soit en pratique. En effet, presque tout le monde est convaincu que l'État est une institution nécessaire, pour les raisons que j'ai exposées. Il est donc fort douteux que la bataille contre l'étatisme puisse être gagnée, aussi facile qu'elle puisse paraître sur le plan purement théorique et intellectuel. Cependant, même si cela s'avérait impossible, amusons-nous au moins un peu aux dépens de nos adversaires étatistes. 
 
Et pour cela, je vous suggère de les confronter systématiquement et avec insistance à l'énigme suivante. Imaginez un groupe de personnes, conscientes de la possibilité de conflits entre elles. Quelqu'un propose alors, comme solution à ce problème humain, de se faire arbitrer en dernier ressort dans tout conflit de ce type, y compris ceux dans lesquels il est impliqué. Accepteriez-vous un tel marché ? Je suis certain qu'on le prendrait pour un plaisantin ou un déséquilibré. Pourtant, c'est précisément ce que proposent tous les étatistes.
 
Hans-Hermann Hoppe

 
Note : Nous avons publié cet article en 2008. Malheureusement, il a disparu sans laisser de trace lors d'une refonte de notre site web. Nous sommes heureux de le republier aujourd'hui. AB 
 
The Libertarian Alliance 
 
 
 
 
Le schéma indique qu'il tient un compte nommé « Afueriste » sur Instagram. En vérifiant, on voit qu'il s'affiche avec des droitards libéraux et partage des capsules de personnalités politiques de droite. En réalité, la plupart des nouveaux libertariens que nous voyons évoluer depuis deux ans sur les réseaux s'affilient à la droite/l'extrême droite (selon les catégorisations). Le problème étant qu'ils s'en satisfont très bien. Tout comme Milei exprime de la connivence auprès de Meloni, de Trump, de Netanyahu, etc.

Dès lors, il n'est pas étonnant que les gauchistes se vautrent dans l'amalgame « libertarianisme = extrême droite ». C'est déjà compliqué de défendre nos idées dans cette mare socialiste qu'est la France, n'en rajoutons pas en créant toujours plus de confusions. Donc au lieu de créer des comptes « Bouli » anti-arabes sans le moindre intérêt culturel ni intellectuel, il serait judicieux de se former aux idées anarcaps et d'adopter la bonne démarche. Parce que pour l'heure tout cela est minable, futile, et dommageable pour ceux qui transmettent la tradition de la Liberté.
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