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avril 10, 2026

Rand Paul : information sur la dette et l'économie américaine !

Rand Paul 

Notre dette est la plus grande menace pour notre sécurité nationale. Une solution efficace à ce problème serait d'adopter mon Plan des Six Sous qui permettrait d'équilibrer le budget en cinq ans.

La spirale de la dette mène à la destruction du dollar : 6 observations, dures vérités que l’Amérique ne peut plus ignorer

Article de Nick Giambruno, relayé par Doug Casey's International Man : « Dès qu'un gouvernement a le pouvoir de racheter sa propre dette, il ne manque jamais de le faire, ce qui finit par détruire la valeur de la monnaie.» – Ron Paul Prenons du recul et analysons la situation dans son ensemble afin d'évaluer la situation financière du gouvernement américain, son évolution probable et les conséquences possibles de ces tendances. 


 

Observation n° 1 : Réduire les dépenses est politiquement impossible. Parmi les postes de dépenses les plus importants du gouvernement américain figurent les prestations sociales comme la Sécurité sociale et Medicare. Il est peu probable qu’un homme politique réduise ces prestations. Au contraire, je m’attends à ce qu’elles continuent d’augmenter. En effet, des dizaines de millions de baby-boomers – soit environ 22 % de la population – prendront leur retraite dans les années à venir. Réduire la Sécurité sociale et Medicare est un moyen infaillible de perdre une élection. Les intérêts de la dette fédérale constituent déjà le deuxième poste de dépenses fédéral. D’ici quelques mois, ils devraient dépasser ceux de la Sécurité sociale et devenir le premier.



Face à la situation géopolitique la plus précaire depuis la Seconde Guerre mondiale, il est peu probable que les dépenses de défense nationale – un autre poste de dépenses majeur – soient réduites. Au contraire, une augmentation est quasi certaine. Le président Trump a proposé de les porter de 917 milliards de dollars à 1 500 milliards. La guerre en cours contre l’Iran garantit une forte hausse des dépenses militaires. Le Pentagone a d’ailleurs demandé 200 milliards de dollars supplémentaires pour ce conflit. Les différents programmes de santé et de protection sociale représentent également une part considérable du budget fédéral et il est peu probable qu’ils soient réduits. En bref, les efforts de réduction des dépenses seront vains tant qu’il ne sera pas politiquement acceptable de procéder à des coupes drastiques dans les prestations sociales, la défense nationale et la protection sociale, tout en réduisant la dette publique afin d’en diminuer les coûts d’intérêt. Autrement dit, les États-Unis auraient besoin d’un dirigeant qui, a minima, rétablisse une république constitutionnelle aux pouvoirs limités, ferme les 128 bases militaires à l’étranger, supprime les prestations sociales, démantèle l’État-providence et rembourse une part importante de la dette publique. Cependant, c'est un scénario totalement irréaliste. Il serait insensé de parier sur une telle chose. Voici le constat : Le gouvernement est incapable de ralentir la croissance des dépenses, et encore moins de la réduire. Les dépenses ne peuvent qu'augmenter, et de façon exponentielle.

Observation n° 2 : L’endettement croissant est le seul moyen de financer les déficits Face à un choix, les politiciens optent toujours pour la solution la plus opportune. En l’occurrence, cela signifie augmenter la dette plutôt que de prendre des décisions budgétaires difficiles ou de déclarer un défaut de paiement. Prenons l’exemple de la farce récurrente du plafond de la dette au Congrès américain, relevé plus de 100 fois depuis 1944.


 

Quoi qu'il en soit, ne comptez pas sur une hausse des recettes fiscales pour compenser l'augmentation des dépenses fédérales. Même avec un taux d'imposition de 100 %, cela ne suffirait pas à enrayer la croissance de la dette. Selon Forbes, les États-Unis comptent environ 902 milliardaires, dont la fortune cumulée s'élève à près de 6 800 milliards de dollars. Le gouvernement fédéral américain a dépensé environ 7 000 milliards de dollars au cours de l'exercice 2025 et dépensera très certainement bien plus en 2026 et les années suivantes. Même si le gouvernement américain confisquait la totalité des actifs des milliardaires par le biais d'un impôt sur la fortune, cela ne suffirait pas à couvrir une seule année de dépenses fédérales courantes. Et même après la confiscation de toute la fortune des milliardaires, le gouvernement américain devrait encore emprunter plus de 200 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de l'exercice 2025. En résumé : augmenter les impôts, même de façon extrême, ne changera rien à cette tendance inéluctable. La vérité est que, quoi qu’il arrive, les déficits continueront de croître, tout comme la dette nécessaire pour les financer. Le taux de croissance ne ralentira même pas ; il augmentera. Par conséquent, les charges d’intérêts sur la dette fédérale continueront de s’envoler.
 
Observation n° 3 : Plus de la moitié de la dette du Trésor américain arrive à échéance d’ici 2028 Cette année, près de 10 000 milliards de dollars d’obligations du Trésor américain arriveront à échéance. Et chaque obligation arrivant à échéance doit être refinancée aux taux actuels, bien plus élevés, ce qui engendre des coûts d’intérêt considérablement plus importants pour les années à venir. Ce qui se renouvelait auparavant sans difficulté ne peut désormais l’être qu’à un coût d’intérêt environ deux fois supérieur à celui de 2022. C’est ce que le graphique ci-dessous illustre en réalité : l’ère de l’argent facile est révolue. La période de « l’argent gratuit » est terminée, et il faut maintenant assumer la facture du dernier plan de relance. Plus de la moitié de la dette américaine arrivera à échéance d’ici 2028. Chaque fois que la dette américaine est refinancée à des taux plus élevés, les coûts d’intérêt augmentent le déficit ; des coûts qui doivent être financés par l’émission de nouvelles dettes, aggravant ainsi le problème. Il est important de noter que sur les 9 600 milliards de dollars arrivant à échéance cette année, environ 6 600 milliards (soit près de 69 %) sont des bons du Trésor à court terme. Ce phénomène est typique des crises de la dette. Face à la baisse de la demande d’obligations à long terme, les investisseurs se tournent vers des instruments à court terme comme les bons du Trésor, au détriment des obligations à 10 ans et à 30 ans. On observe le même schéma lors des crises des marchés émergents : le marché raccourcit les échéances à mesure que la situation se détériore. Seul un imprudent prêterait de l’argent à long terme à un État en faillite.
 



Observation n° 4 : L’augmentation constante des charges d’intérêts alimente la spirale de la dette Les intérêts annuels de la dette fédérale dépassent 1 200 milliards de dollars et continuent d’augmenter. Cela signifie que plus de 23 % des recettes fiscales fédérales sont consacrées au seul service de la dette existante.
 

 
Ray Dalio est l'un des gestionnaires de fonds spéculatifs les plus performants au monde. Son succès repose sur sa capacité constante à avoir une vision globale juste. Il a récemment déclaré (nous soulignons) : « Nous en sommes à un point où nous empruntons pour payer le service de la dette. Lorsque la dette croît plus vite que les revenus, cela signifie que le service de la dette empiète sur les dépenses, alors même que l'on souhaite continuer à dépenser. De ce fait, il devient nécessaire de s'endetter toujours plus. Le processus s'accélère. Nous sommes au point d'accélération. Nous approchons du point critique.» La situation financière du gouvernement américain se détériore progressivement depuis des décennies, il n'est donc pas surprenant que beaucoup se montrent complaisants. Ils entendent parler du problème de la dette depuis longtemps, et rien n'a été fait. Cependant, nous atteignons aujourd'hui un point de non-retour. En effet, comme l'a souligné Dalio, le gouvernement américain emprunte désormais pour payer les intérêts de ses emprunts existants. Les politiciens augmentent la dette pour tenter de résoudre les problèmes liés à la dette existante. Cela crée un cercle vicieux qui s'auto-alimente. Le coût des intérêts de la dette fédérale dépasse déjà celui du budget de la défense. Il est en passe de dépasser celui de la sécurité sociale dans les prochains mois et de devenir le poste de dépense le plus important du budget fédéral. En bref, l'explosion des charges d'intérêts constitue une menace urgente pour la solvabilité du gouvernement américain.
 
Observation n° 5 : La flambée des charges d’intérêts contraint la Fed à assouplir sa politique monétaire La flambée des charges d’intérêts menace la solvabilité du gouvernement américain et contraint la Fed à baisser ses taux d’intérêt, à acheter des bons du Trésor et à mettre en œuvre d’autres mesures d’assouplissement monétaire afin de maîtriser les coûts d’intérêt. Sur le marché obligataire, lorsque la demande d’une obligation diminue, le taux d’intérêt augmente pour attirer les acheteurs. Cependant, la dette fédérale est si extrême que permettre une hausse suffisante des taux d’intérêt pour attirer davantage d’acheteurs naturels pourrait mener le gouvernement américain à la faillite en raison de l’augmentation des coûts d’intérêt. À titre de comparaison, lorsque Paul Volcker a relevé les taux d’intérêt au-dessus de 17 % au début des années 1980, le ratio dette/PIB des États-Unis était d’environ 30 %. Aujourd’hui, il dépasse les 123 % et augmente rapidement. Le niveau élevé de la dette et les charges d’intérêts qui en découlent expliquent pourquoi une hausse significative des taux d’intérêt n’est pas envisagée ; la croissance des charges d’intérêts pourrait conduire le gouvernement américain à la faillite. C’est en grande partie pour cette raison que le président Trump a nommé à la tête de la Réserve fédérale des fidèles qui militeront pour des taux d’intérêt plus bas et une politique monétaire expansionniste. Par ailleurs, le monde n’a pas besoin de davantage de dette américaine actuellement. La faiblesse de la demande actuelle est inopportune, car l’offre explose. Si une hausse des taux d’intérêt est exclue et ne parvient pas à attirer davantage d’acheteurs, et si les investisseurs étrangers ne se mobilisent pas, qui financera ces déficits budgétaires croissants de plusieurs milliers de milliards de dollars ? La seule entité capable de le faire est la Réserve fédérale, qui achète des bons du Trésor avec des dollars qu’elle crée ex nihilo.
 
Observation n° 6 : La dévaluation monétaire croissante est inévitable L’envolée des charges d’intérêts contraint la Réserve fédérale à mettre en œuvre des politiques de contrôle des coûts d’intérêt, ce qui augmente la masse monétaire et dévalue la monnaie. Parallèlement, les prix augmentent. Cela oblige le gouvernement américain à accroître ses dépenses de sécurité sociale et d’aide sociale pour compenser la hausse du coût de la vie. Il en va de même pour les dépenses de défense et autres dépenses publiques, qui s’ajustent à la hausse en fonction de l’inflation. L’ancien secrétaire à la Défense, Robert Gates, a récemment déclaré : « Se contenter de suivre l’inflation, voire pire, est totalement insuffisant. Des ressources supplémentaires importantes pour la défense sont nécessaires et urgentes.» Ceci aggrave le problème car, à mesure que les dépenses publiques augmentent pour tenir compte de la hausse des prix, cette augmentation ne peut être financée que par une dévaluation monétaire accrue. C’est pourquoi la dévaluation monétaire croissante est l’issue inévitable de la spirale de la dette du gouvernement américain. C’est un cercle vicieux dont il ne peut s’échapper.
 

 
 
En résumé, le seul moyen pour le gouvernement américain de continuer à se financer est que la Réserve fédérale crée sans cesse de la monnaie fictive. Cela rappelle l'expression : 
 
« On ne peut pas freiner une pyramide de Ponzi.» 
 

Ces mots, simples mais profonds, sont l'œuvre du commentateur financier Max Keiser. Une pyramide de Ponzi est une escroquerie insoutenable qui repose sur un afflux continu de liquidités pour se maintenir. Le système s'effondre si le flux de liquidités ralentit ou diminue. Nombreux sont ceux qui pensent que la Réserve fédérale gère ce qui s'apparente à une gigantesque pyramide de Ponzi. En effet, les dépenses indécentes et la dette abyssale du gouvernement américain ont atteint un point critique. Tout le système s'effondrera à moins que la Réserve fédérale n'injecte sans cesse de la monnaie fictive dans le système. C'est comme être dans un train lancé à toute vitesse sans freins. Ludwig von Mises, le père de l'école autrichienne d'économie de marché, a résumé ainsi le dilemme de la Réserve fédérale : « Il est impossible d'éviter l'effondrement final d'une période de croissance économique alimentée par l'expansion du crédit. L'alternative est de savoir si la crise surviendra plus tôt, suite à un abandon volontaire de l'expansion du crédit, ou plus tard, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire concerné. » Le gouvernement américain n'abandonnera pas volontairement l'expansion du crédit, comme le dit Mises, car Washington est dépendant de l'émission de montants croissants de dette pour financer les coûts toujours plus élevés de la sécurité sociale, de la défense nationale, des aides sociales et des intérêts de la dette fédérale. Cela signifie que son seul choix est de dévaluer le dollar américain de façon toujours plus importante jusqu'à, comme le dit Mises, la « catastrophe finale et totale du système monétaire concerné ». C'est comme un toxicomane qui doit augmenter sans cesse sa dose pour obtenir le même effet… jusqu'à mourir d'une overdose. Si cette tendance se poursuit, les dégâts causés à votre épargne, à votre pouvoir d'achat et à votre liberté individuelle pourraient être bien plus importants que la plupart des gens ne l'imaginent. Et lorsque la crise sera devenue évidente pour tous, il sera peut-être beaucoup plus difficile d'agir efficacement. C'est pourquoi il est si important de se préparer dès maintenant.
 
Tyler Durden

 
 

 

  

avril 03, 2026

« Moi, l'État, je suis le Peuple. » Nietzsche.....Un MYTHE son DÉCLIN ?

LE MYTHE DU DÉCLIN DE L’ÉTAT : 40 ANS DE FONCTIONNARISATION FRANÇAISE 

On entend souvent que l’État « se retire ». Que le privé « prend le relais ». Que les fonctionnaires « stagnent » voire « disparaissent ». Mais que disent les chiffres ?


 

Entre 1982 et 2021, la population française est passée de 55,6 à 67,9 millions.  Soit une hausse de 22 %. Rien de délirant. Mais observons ce qu’a fait la fonction publique sur la même période

👮‍♂️ En 1982 : 4,03 millions de fonctionnaires 👨‍💼 En 2021 : 5,67 millions Soit une hausse de 41 %. ➕ 1,64 million d’agents publics en plus 📌 Sans réforme majeure, sans gain d'efficacité, sans révolution technologique absorbée.


Et ce n’est pas « toute l’économie » qui a grossi : 👷‍♂️ Le nombre total d’employés (publics + privés) est passé de 22,65 à 28,1 millions, soit +24 %. Donc : · Population : +22 % · Emplois : +24 % · Fonction publique : +41 %

En clair : 📌 L’État a recruté deux fois plus vite que la population n’a crû. Et beaucoup plus que le reste du monde du travail. Mais pourtant, on continue à entendre… que "le public recule".


Certains rétorquent : « Oui mais Sarkozy a réduit les effectifs, Macron fait des réformes, l’État s’allège… » Alors regardons les chiffres présidentiels ⬇️

Depuis Mitterrand, aucune présidence n’a réduit les effectifs publics. 🏆 Les champions ? · Mitterrand : +13 % · Chirac : +17 % ➡️ Soit une moyenne de +1,55 % par an Suivent : · Macron : +3 % (jusqu’en 2022) · Hollande : +2 % · Sarkozy : +2 %


Et ce, malgré les discours de modernisation, les promesses de rationalisation, la dématérialisation… 📎 La logique reste la même : ➕ Nouveaux dispositifs = ➕ Nouveaux postes ➕ Nouvelles lois = ➕ Nouvelles structures
 
« Mais, on externalise ! » C’est vrai. On a confié le ménage, la sécurité, l’infogérance à des boîtes privées… Mais ça n’a pas freiné la machine publique. Le nombre de fonctionnaires, lui, continue d’augmenter.
Et ce n’est pas une question de perception. Oui, les enseignants, policiers ou agents municipaux sont visibles. Mais ce qui est invisible, c’est la masse des directions, agences, comités, inspections, structures parallèles…
 
 
Dans de nombreux départements, l’État structure tout le tissu économique. Cela devient une forme de clientélisme moderne : 📍 Là où l’économie privée s’efface, l’emploi public devient la norme.  
 

 
Et la facture suit : Les dépenses publiques en % du PIB ont explosé. La France reste championne du monde, sans résultats proportionnels. 
 

 
Ce n’est pas qu’il y ait trop de fonctionnaires. C’est qu’il y en a toujours plus, sans débat de fond, sans réévaluation, sans exigence de résultats. Un État qui grossit par inertie. Et qu’on ne vienne pas parler d’exception passagère. 🔍 Comparons. 
La France reste un cas à part : ➕ de fonctionnaires ➕ de dépenses ➕ d’impôts Mais… 📉 - de résultats, - d’efficacité, - de satisfaction.
 

 
Un pays moderne n’est pas celui qui « protège tout », mais celui qui fait mieux avec moins. 📌 Réformer l’État, ce n’est pas le détruire. C’est le rendre responsable, ciblé, limité. 👋  
 




Étatisme

L'étatisme désigne la doctrine et pratique politiques par lesquelles l'État intervient (voir interventionnisme) et s’impose en tant qu'appareil de coercition, dans l'ensemble de la vie économique et sociale d'un territoire donné. Même si l'interventionnisme est la pratique la plus courante de l'étatisme, l'octroi de privilèges ou de faux droits relève également de l'étatisme, de même l'absence d'intervention là où la justice l'imposerait pour rétablir le droit.

« L'étatisme assigne à l'État le devoir de guider les citoyens et de les tenir en tutelle », a écrit Ludwig von Mises en 1944 dans Omnipotent Government, où il explique la "nouvelle mentalité" qui inspire la subordination complète de l'individu à l'État.

On parle ainsi de « système » étatique pour les pays où ces pratiques deviennent la dominante de l'organisation économique et sociale. 

L'anti-étatisme libéral

Les libertariens et les libéraux sont opposés à l'étatisme parce que :

L'étatisme cherche son auto-justification dans des théories ad hoc, telle que la théorie des biens publics, ou dans des affirmations qui tiennent du sophisme par lesquelles il prétend représenter la société — sophismes dénoncés aussi bien par les libertariens que par les philosophes :

  • «  Les défenseurs de l’État, y compris les philosophes aristotéliciens et thomistes classiques, sont tombés dans cet énorme non sequitur qui consiste à sauter de la nécessité de la société à la nécessité de l’État. Alors qu’en fait, comme nous l’avons montré, l’État est un facteur anti-social qui empêche l’échange volontaire entre les Hommes, la créativité individuelle et la division du travail. La « société » est une étiquette commode pour décrire la libre interaction entre les personnes dans les échanges volontaires. Il convient ici de rappeler la distinction éclairante établie par Albert Jay Nock entre le « pouvoir social », fruit de l’échange volontaire qui caractérise l’économie et la civilisation, et le « pouvoir étatique », qui consiste dans l’interférence coercitive et l’exploitation de ces avantages. »
        — Murray Rothbard, L'Éthique de la liberté‎, chap. 24

  • «  L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le Peuple. » »
        — Nietzsche

Liens avec des doctrines plus construites

  • Le libéralisme est partiellement incompatible, il conteste l'efficacité d'une telle démarche et se décharge de nombreuses responsabilités inhérentes à l'État-providence » (charities, recherche privée, retraites, ...).
  • Le libertarianisme est opposé à l'État (anarcho-capitalisme) ou se contente d'un État minimal (minarchisme).
  • L'anarchisme est fondamentalement incompatible, rejetant toute autorité coercitive (État ou autre).
  • Les constructivistes, qui proclament que les choix publics doivent être guidés par la volonté de construire un certain type de société définie préalablement.
  • L'utilitarisme, qui proclame que le bien-être des individus est la raison d'être de la société, se sert lui aussi en général de l'État. Voir social-démocratie.
  • Le mercantilisme pour lequel l'économie, et notamment le commerce extérieur, d'un pays aurait pour but essentiel d'accumuler des moyens financiers assurant sa puissance sur le plan international.
  • Le pragmatisme, doctrine de l'instrumentalisation des doctrines aux services des buts poursuivis. Ces buts peuvent être très divers (gain d'une guerre, paix sociale, richesse collective, bien-être du plus mal loti, etc.) mais toujours utilitaires. Le pragmatisme ne rejette donc pas ni n'impose l'étatisme, mais comme celui-ci est un instrument puissant, il est rare qu'il ne soit pas étatiste.
  • Le collectivisme, qui subordonne l'individu au groupe en matière de choix et de responsabilités, en prétendant que cela améliore aussi les conditions de vie de l'individu lui-même.
  • Le totalitarisme, forme extrême de l'étatisme, contrôle totalement la vie des individus par la fusion de l'État, de la société, et des structures de pouvoir et de contrôle (voir Fascisme).

 

Le libéralisme comme source d'étatisme

Un reproche fait parfois au libéralisme est qu'il peut, paradoxalement, être source d'étatisme[1]. Par exemple, le libre échange intégral, s'il était instauré selon les conceptions du libéralisme, pourrait entraîner la disparition de secteurs économiques entiers d'un pays ; il faudrait donc instaurer des protections (et donc renforcer l'étatisme) pour sauvegarder ces secteurs.

Ce raisonnement n'est pas libéral, il est en réalité de type collectiviste et corporatiste, car on décrète arbitrairement qu'il faut protéger un secteur, qui souffrirait sinon d'une "concurrence déloyale", au détriment d'une partie de la population, empêchée d'acheter des produits meilleurs ou moins coûteux venant de l'étranger, et obligée de consommer des produits locaux.

Citations

  • «  Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant, tend naturellement à s'agrandir. Il se trouve à l'étroit dans sa mission de surveillance. Or, il n'y a pas pour lui d'agrandissements possibles en dehors d'empiètements successifs sur le domaine des facultés individuelles. Extension du pouvoir, cela signifie usurpation de quelque mode d'activité privée, transgression de la limite (...) entre ce qui est et ce qui n'est pas son attribution essentielle. Le pouvoir sort de sa mission quand, par exemple, il impose une forme de culte à nos consciences, une méthode d'enseignement à notre esprit, une direction à notre travail ou à nos capitaux, une impulsion envahissante à nos relations internationales, etc. Et veuillez remarquer, messieurs, que le pouvoir devient coûteux à mesure qu'il devient oppressif. Car il n'y a pas d'usurpations qu'il puisse réaliser autrement que par des agents salariés. Chacun de ses envahissements implique donc la création d'une administration nouvelle, l'établissement d'un nouvel impôt ; en sorte qu'il y a entre nos libertés et nos bourses une inévitable communauté de destinées. »
        — Frédéric Bastiat

  • «  On a maintenant tâté de toutes les variantes de l’étatisme et elles ont toutes échoué. Partout dans le monde occidental au début du 20è siècle les chefs d’entreprise, les politiciens et intellectuels s’étaient mis à appeler de leurs voeux un "nouveau" système d’économie mixte, de domination étatique, à la place du laissez-faire relatif du siècle précédent. De nouvelles panacées, attrayantes à première vue, comme le socialisme, l’État corporatiste, l’État-Providence-Gendarme du monde, etc. ont été essayées et toutes ont manifestement échoué. Les argumentaires en faveur du socialisme et de la planification étatique apparaissent maintenant comme des plaidoyers pour un système vieilli, épuisé et raté. Que reste-t-il à essayer sinon la liberté ? »
        — Murray Rothbard

  • «  Croire que les hommes ne sont pas assez intelligents pour s'entendre en société sans l'intervention de l'État relève d'une conception archaïque de la condition humaine. »
        — Alain Dumait

  • «  Je crois que notre Léviathan Tout Puissant est une infinie source de sagesse, qui apporte la Confiance là où elle serait inimaginable sans Lui, qui fournit des Services Publics qui seraient inimaginables sans Lui. Je crois que la solution ultime à chacun et à tous les problèmes de la vie est que l'État devrait débloquer les fonds nécessaires en insérant les lignes appropriées dans le livre sacré du budget. Alléluia ! »
        — Faré, Le Credo Citoyen

  • «  Le socialisme triomphera sous la forme du socialisme d'État. La bourgeoisie, au lieu de s'opposer aux progrès de ce dernier, le favorise autant qu'il est en son pouvoir. Chacun tâche de happer un morceau du budget, les citoyens ne voient dans les administrations de l'État, des provinces et des communes que des instruments pour se dépouiller les uns les autres. Quelqu'un voudrait-il s'en abstenir qu'il ne pourrait pas. Toutes les fois que les citoyens se sont réunis dans le simple but de résister à une spoliation dont ils étaient les victimes, ils ont échoué. Quand, au contraire, ils se réunissent pour obtenir leur part du gâteau, le succès couronne assez généralement leurs efforts. C'est la fable du chien qui portait le dîner de son maître. […] Tant que subsistera le sentiment qui porte les hommes à s'entre dépouiller au moyen des administrations publiques, les budgets augmenteront, jusqu'à ce qu'enfin, ils produisent la ruine des peuples et qu'un gros dogue prenne la place de cette meute affamée. Il mangera pour quatre, mais il pourra encore y avoir économie, s'il empêche de dévorer ceux qui mangeaient pour huit. »
        — Vilfredo Pareto

  • «  L’étatiste est un homme qui est en train de devenir socialiste, et s’il meurt sans le devenir, c’est qu’il n’a pas assez vécu pour le devenir. »
        — Émile Faguet

  • «  Je crois bien qu’il n’y a pas de libéraux en France. On croit qu’il y a plusieurs partis en France ; c’est une erreur. Il n’y en a qu’un : c’est l’Étatisme. Tous les Français sont étatistes. À ce compte là, la fameuse unité morale devrait exister ; seulement, si tous les Français sont étatistes, chacun veut l’État pour lui et au service de ses intérêts et de ses passions ; et cela ne fait qu’un seul parti en théorie, mais en fait beaucoup en pratique. »
        — Émile Faguet, Le libéralisme

  • «  L’étatisme est la croyance en l'État (c'est-à-dire la coercition par un monopole) comme la solution magique à tous les problèmes ; la superstition selon laquelle il suffit que le gouvernement "débloque" des fonds, pour que n'importe quel problème soit résolu, comme si ces fonds tombaient du ciel, et que le gouvernement était un plombier appelé par Dieu pour réparer la tuyauterie défaillante par laquelle Il nous alimente de sa manne céleste. »
        — Faré

  • «  Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois, laquelle leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »
        — Ayn Rand, Atlas Shrugged, Discours de John Galt

  • «  Le terme "étatisme" s'applique à un système de pouvoir caractérisé par le contrôle et la domination (absolue ou relative) de l'État par rapport à chaque réalité et activité, avec la suppression ou la soumission de chaque corps intermédiaire ou antagoniste. Clairement, il n'y a aucune entité physique appelée "État" mais des bureaucrates de tout genre dans les différents secteurs (politique, administratif, judiciaire, militaire, financier, etc.) qui travaillent en plein accord à l'alimentation des couches parasitaires dont eux-mêmes sont le noyau central. »
        — Gian Piero de Bellis

  • «  Qui veut diaboliser le marché s'entend à angéliser l'État… »
        — Jean-Louis Caccomo

  • «  L'étatisme n'est pas une philosophie, il n'est pas fondé sur des preuves historiques ni sur des principes rationnels. L'étatisme est une justification a posteriori de la détention de bétail humain. C'est une excuse pour la violence, c'est une idéologie, et toutes les idéologies sont des variantes sur la façon de gérer le bétail humain. »
        — Stefan Molyneux

  • «  L’État ne peut pas créer quoi que ce soit ; ses ordres ne peuvent même pas retirer quoi que ce soit du monde de la réalité, mais ils peuvent le retirer du monde des possibles. L’État ne peut pas rendre l’homme plus riche, mais il peut le rendre plus pauvre. »
        — Ludwig von Mises, Critique of Interventionnism

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Voir par exemple L’étatisme libéral.

Voir aussi

Liens externes

 

mars 27, 2026

Ne pas attaquer celui qui peut, en retour, vous détruire; les États, pas que, aussi nos vies !

Ne jamais attaquer sans être préparé au pire. 

Il est des règles simples que l’Histoire ne cesse de répéter, sans que jamais nous ne les écoutions vraiment. Parmi elles : ne jamais attaquer sans être préparé au pire.

Nous vivons dans un monde où les rapports de force ne sont plus là où on les croit. Les puissances ne se mesurent plus seulement en divisions blindées, en budgets militaires ou en nombre de porte-avions. Elles se cachent dans les interstices des chaînes de valeur, dans les détroits maritimes, dans les dépendances invisibles que nous avons nous-mêmes construites. Le pouvoir n’est plus frontal ; il est oblique. Il ne frappe pas là où l’on regarde, mais là où l’on dépend.

 

 

La Chine l’a compris mieux que quiconque. Attaquée commercialement par les États-Unis, sommée de plier sous le poids des droits de douane, des restrictions technologiques, des sanctions visant ses entreprises les plus emblématiques, elle aurait pu répondre symétriquement. Elle ne l’a pas fait. Elle a choisi un autre terrain. Celui où elle est indispensable. Celui où, silencieusement, elle tient en laisse le reste du monde. Car la Chine ne produit pas seulement des biens ; elle contrôle les conditions mêmes de leur production. Elle raffine l’essentiel des terres rares, ces matériaux sans lesquels aucune transition énergétique n’est possible, aucun avion moderne ne peut voler, aucun missile ne peut être guidé. Elle domine les chaînes de fabrication des batteries, détient des positions clé dans l’accès aux minerais stratégiques, du cobalt congolais au lithium sud-américain. Elle peut ralentir, orienter, suspendre. Elle peut, sans tirer un seul coup de feu, désorganiser des économies entières. Aussi, lorsqu’elle évoque, face aux droits de douane du président américain, la possibilité de restreindre ses exportations de gallium, de germanium ou de graphite, elle rappelle que la riposte la plus efficace n’est pas celle qui répond coup pour coup, mais celle qui frappe là où l’adversaire ne peut pas se défendre.

Face à cela, les États-Unis ont hésité, reculé, contourné. Ils n’étaient pas préparés au pire. Ils n’imaginaient pas que la Chine pouvait ruiner en quelques mois l’essentiel de leurs entreprises. Ils tentent maintenant de reconstruire une souveraineté industrielle et technologique qu’ils ont, par excès d’orgueil, laissé se déliter. Mais cette reconstruction prendra des décennies. La dépendance, elle, est immédiate. Pourtant, la Chine, conscience de cette force absolue, n’a pas cherché à exploiter jusqu’au bout cette arme fatale ; Parce qu’elle sait que sa puissance repose aussi sur la stabilité du système. Parce qu’elle pense le temps long.

L’Iran, lui, joue une autre partition. Plus brutale, plus risquée, mais fondée sur la même logique. Attaqué militairement, menacé dans son existence même, le régime des mollahs et des pasdarans ne cherche pas seulement à rivaliser frontalement avec une puissance infiniment supérieure. Il déplace le conflit pour survivre. Il choisit son terrain. Le détroit d’Ormuz, dont le président américain semblait ignorer l’existence : un passage étroit, à peine une cicatrice dans la géographie du monde, qui voit transiter près d’un cinquième du pétrole mondial et tout ce qui alimente les pays qui le bordent. Le fermer, même sélectivement, suffit à faire trembler, et s’il se prolonge, à provoquer une récession et une inflation pouvant abattre l’économie planétaire. Pour cela, il suffit au régime iranien de disposer de quelques mines marines, quelques vedettes rapides, quelques missiles côtiers et drones, et le relais de quelques groupes, tels les Houtis. Et là où la Chine retient sa main parce qu’elle se sait forte, l’Iran des mollahs, menacé de disparaître, pourrait être tenté de s’en servir pleinement pour obtenir le départ des Américains de la région. Et plus encore.

Cela rappelle une évidence, que rappelait récemment Niall Ferguson dans une conversation privée :  la puissance n’est jamais symétrique. Elle est faite de dépendances croisées, d’équilibres instables, de vulnérabilités cachées. Le Vietnam l’avait montré face aux États-Unis. La Russie l’avait montré face à l’Europe en utilisant le gaz comme levier politique. Tant d’autres exemples, à travers les siècles, disent la même chose : le point faible du fort est toujours là où il ne regarde pas.

À cela s’ajoute une autre évidence, tout aussi souvent oubliée : l’adversaire est presque toujours un partenaire. La Chine est le premier partenaire commercial des États-Unis. L’Iran, malgré l’horreur du régime, et sa volonté de détruire son peuple plutôt que de disparaître, est un acteur énergétique majeur, une grande puissance en devenir. Et on ne peut l’attaquer sérieusement qu’en connaissance des risques qu’on prend en le faisant.

De ces deux situations, si différentes en apparence, émerge une même loi. Une loi que la guerre froide avait déjà élevée au rang de doctrine : la dissuasion. Ne pas attaquer celui qui peut, en retour, vous détruire sans peser ce risque. Même s’il est plus faible. Surtout, s’il est plus faible.

Cette logique n’est pas seulement celle des États. Elle est aussi celle de nos vies :

Avant penser à attaquer un concurrent, de quelque nature qu’il soit, sur un marché ou dans la vie privée, il faut commencer par identifier ce qui, chez soi, peut être atteint. Comprendre ce que l’autre peut détruire sans se détruire lui-même. Évaluer non pas sa force apparente, mais sa capacité réelle de nuisance. Être préparé à subir les conséquences des risques pris. Et ne se lancer dans la bataille que lorsque que celle-ci en vaut la peine, surtout pour la défense de valeurs.

Dans la littérature comme au cinéma, les tragédies naissent souvent de cette erreur originelle : attaquer celui dont on ignore la puissance cachée sans disposer des moyens de contre-attaque. Macbeth, en voulant sécuriser son pouvoir, déclenche les forces qui le condamneront. Dans Le Parrain, ceux qui pensent affaiblir les Corleone provoquent une guerre qu’ils ne maîtrisent plus et qui conduit à leur destruction.

La sagesse ne consiste pas à éviter tout conflit. Elle consiste à savoir lesquels méritent d’être engagés et à évaluer lucidement les risques qu’on est prêt à courir.

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Qui sera le vainqueur de cette guerre ?

Les États-Unis, Israël et leurs alliés vont-ils gagner contre le régime terroriste iranien ou devront-ils se résigner à un statu quo permettant à ce régime de reconstituer ses forces ? Poser ainsi la question du sort des armes, c’est confondre le bruit et l’Histoire, la scène et les coulisses. Car le vrai vainqueur de cette guerre ne sera ni les États-Unis ni l’Iran. Ce sera la Chine.
Il suffit, pour le comprendre, de se souvenir d’une constante de l’histoire géopolitique : quand une superpuissance est attaquée par un rival, c’est presque toujours une troisième puissance, qui s’est tenue à l’écart du conflit, qui finit par l’emporter. Ainsi, quand la France de Louis XIV, puis celle de Louis XV, s’épuisa à tenter d’écraser les Provinces-Unies, alors première puissance occidentale, à guerroyer pour des successions espagnoles et à dilapider ses finances, c’est la Grande-Bretagne, prudemment à l’écart, tout occupée à commercer, qui ramassa l’héritage et bâtit le premier empire mondial. Un siècle plus tard, quand l’Allemagne wilhelmienne défia la domination maritime et coloniale de la Grande-Bretagne, ce sont les États-Unis, délibérément isolationnistes, qui en profitèrent pour s’industrialiser à marche forcée et prendre le relais de la superpuissance. La logique est implacable : La puissance qui combat use ses ressources, sa jeunesse, sa créativité, ses finances. Celle qui observe accumule capital, technologie, brevets et influence.
Et aujourd’hui ? La guerre en Iran pourrait achever de ruiner l’Amérique. La seule première semaine du conflit avec l’Iran aurait coûté environ 7 milliards de dollars au budget fédéral dont 4 milliards en munitions seules, sans que l’industrie d’armement américaine ne soit capable d’en produire autant que nécessaire ; et arrêter la guerre aujourd’hui n’est plus possible sans l’accord des Iraniens qui tiennent le détroit d’Ormuz, menacent de détruire les usines de désalinisation de la région et peuvent bloquer, au moins provisoirement, l’économie mondiale. Par ailleurs, l’essentiel des ressources financières privées et publiques des États-Unis est monopolisé pour construire des centres de données géants, dont la Maison-Blanche affirme, sans preuve, qu’ils vont garantir « la domination américaine dans l’intelligence artificielle ».
Quand les Etats-Unis se lancent ainsi dans des dépenses folles sans plan cohérent et dans le seul intérêt de quelques milliardaires, et quand ils gaspillent , dans une guerre aux buts incertains et aux résultats plus qu’aléatoires, , des ressources financières et des matériaux critiques dont ils auraient cruellement besoin, par ailleurs, la Chine , elle, (qui va souffrir provisoirement de la rupture de ses approvisionnements venant du Golfe Persique) forme des ingénieurs, construit des robots, installe des parcs solaires, noue des accords commerciaux sur tous les continents et attend que l’Histoire, une nouvelle fois, donne raison à la patience et en fasse la première puissance mondiale.
De cela, elle, ne s’en cache pas : Elle vient d’annoncer dans son 15e Plan quinquennal (2026–2030), sept priorités, formant un vrai projet civilisationnel, effaçant la frontière entre technologies civile et militaire : Intelligence artificielle appliquée à l’industrie ; robotique humanoïde ; interfaces cerveau-machine ; informatique quantique ; semi-conducteurs avancés ; la 6 G ; et enfin la fusion nucléaire et transition énergétique. Derrière chacun de ces piliers se cachent des applications militaires directes : par exemple, la robotique humanoïde permettra de produire des drones de combat, des systèmes autonomes terrestres, des robots de déminage, et des robots sentinelles. L’informatique quantique sera déterminante pour la cryptographie militaire et la détection des sous-marins. Et l’interface cerveau-machine, qui permet déjà à des paralytiques de contrôler des bras robotiques, permettra bientôt à un être humain de commander une machine, un avion de combat, ou un drone par la seule pensée, sans langage, sans clavier, sans écran, en utilisant le fantastique potentiel du cerveau humain qui traite en parallèle des milliards d’informations, ce qu’aucun ordinateur actuel ne peut simuler, et qui lui permettra de vaincre dans la fantastique bataille qui commence pour contrôler l’attention des gens.
De tout cela, les États-Unis, pris dans leurs fantasmes de LLM et de data centers, sont très éloignés.
L’Europe a encore les moyens de ne pas se laisser entraîner dans la débâcle américaine : Étant proche de la ligne de front ukrainienne, elle peut développer bien mieux que les États-Unis les armements nécessaires aux guerres modernes, dont manquent cruellement les Américains face à l’Iran. Elle devrait pour cela développer des drones intelligents plutôt qu’une prochaine génération d’avions de combat, des systèmes de contrôle de l’attention plutôt que des armes nucléaires déjà en surnombre. Elle a aussi tous les moyens de se lancer, d’une façon sérieuse et continue dans les domaines dont la Chine vient de faire ses priorités, tels la robotique et ses interfaces avec le cerveau humain. Elle devra développer des sources d’énergie nucléaire et renouvelables. Pour prendre conscience de tout cela, il faudrait que le nouveau plan quinquennal chinois soit étudié dans toutes les universités, entreprises et administrations européennes. Non pour imiter la Chine (son modèle politique n’est ni exportable ni désirable) mais pour comprendre ce qu’est une stratégie de civilisation, et avoir le courage d’en construire une.
L’Europe peut aussi mieux que personne développer des domaines stratégiques essentiels, que la Chine et les États-Unis négligent : la sécurité écologique, l’alimentation saine, l’eau potable. Car la souveraineté et la puissance au XXIe siècle ne se mesureront pas seulement en missiles, en microprocesseurs et en robots. Elle se mesurera en litres d’eau potable disponible par habitant, en rendements agricoles sans dépendance aux engrais azotés, et en biodiversité des sols. Pour gagner la guerre d’après-demain, il faut se préoccuper de la santé, de l’alimentation, de l’eau, de la biodiversité, de la vie. Si elle s’en préoccupe, l’Europe pourrait transformer ces défis écologiques en emplois et en industries d’avenir telle que la gestion intelligente de l’eau et des déchets, la régénération des sols, les semences adaptées au changement climatique et les systèmes alimentaires circulaires.
Encore faudrait-il avoir un projet de civilisation et une vraie mobilisation pour le défendre.

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Peut-on encore éviter la troisième guerre mondiale ?

Depuis 1945, l’humanité vit sous l’ombre portée d’un troisième embrasement. On l’a redouté dans la confrontation entre capitalisme et communisme, frôlant l’apocalypse nucléaire à au moins deux reprises, jusqu’à ce que l’implosion de l’Union soviétique referme provisoirement ce cycle. On osa alors espérer une paix perpétuelle, illusion qui occultait la tectonique profonde des ressentiments des peuples.

C’est dans ces profondeurs que se forge aujourd’hui le prochain cataclysme ; dans les soubassements idéologiques, religieux et nationalistes de toutes les sociétés, dans les amphithéâtres universitaires comme dans les remugles des réseaux sociaux. Il n’opposera plus le marxisme-léninisme au libéralisme judéo-chrétien, mais l’Occident tout entier aux multitudes qui se vivent comme les sujets de son impitoyable empire.

En apparence, pourtant, pour le moment, rien de tel ; on ne voit que des conflits soigneusement cloisonnés : la guerre de tranchée russo-ukrainienne, les déflagrations entre Israël et l’Iran, les turbulences afghano-pakistanaises, les insurrections sahéliennes, la tension létale autour du détroit de Taïwan. Les belligérants de chacun de ces conflits n’ont, à première vue, aucun intérêt opérationnel à s’immiscer dans les guerres des autres : Moscou et Pékin n’ont pas vocation à croiser le fer avec Tel-Aviv, Riyad n’a aucun contentieux avec Pékin, Islamabad ne nourrit aucune ambition au Sahel.

La fragmentation des théâtres interdirait donc toute agrégation en un conflit systémique. Nous serions, en apparence, à bonne distance du précipice.

Et pourtant, un observateur averti perçoit sous cette surface fragmentée la présence impitoyable des empires, la lente convergence des haines à la recherche d’une grammaire commune. Comme si tous ces foyers d’insurrection régionale n’attendaient qu’une étincelle pour se fondre en une guerre de civilisation ; le Grand Sud contre son adversaire vilipendé universellement, et jusqu’en ses propres entrailles : l’Occident.

La bascule vers un conflit planétaire exigerait d’abord que les belligérants des foyers locaux tissent entre eux des alliances de revers : on peut imaginer que l’Iran attaque un pays membre de l’OTAN ce qui pourrait entraîner l’entrée dans le conflit de tous les autres ; on peut concevoir que la Russie, la Chine et le Pakistan soutiennent la théocratie iranienne (Moscou pour sécuriser une profondeur stratégique industrielle et s’approvisionner en matériel et en personnels pour le front ukrainien ; Pékin pour verrouiller l’accès aux hydrocarbures et protéger ses lignes d’approvisionnement et Islamabad pour disposer de parrains crédibles face à la puissance indienne).

L’étape suivante verrait ces États projeter leurs forces au service de leurs nouveaux partenaires : des contingents pakistanais seraient intégrés aux troupes russes en Ukraine, des unités russes seraient engagées dans l’offensive chinoise sur Taïwan, des forces iraniennes déployées sur ces deux fronts simultanément.

L’ensemble s’ordonnerait sans peine sous la bannière du grand récit antioccidental, dénonçant la mondialisation prédatrice, le rationalisme désenchanteur, la modernité colonisatrice.

Une fois cette dynamique enclenchée, aucun arbitre ne disposerait des instruments pour l’endiguer : nulle hégémonie, pas même celle de Washington, ne commande plus à la paix ; nulle institution multilatérale n’est en mesure d’imposer un cessez-le-feu ; le droit international gît en ruines sous les coups des révisionnismes les plus effrontés.

La Chine, la Russie, l’Iran, le Pakistan et bien d’autres s’uniront alors dans la volonté d’en finir avec cinq siècles de primauté et d’arrogance occidentale. La troisième guerre mondiale aura alors cessé d’être un scénario prospectif ou même une juxtaposition de sanglantes escarmouches.

L’Occident conserve les moyens de conjurer ce dénouement. Il peut d’abord mobiliser sa supériorité militaire et déployer toutes les ressources de sa diplomatie pour tenter de convaincre Moscou et Pékin que soutenir Téhéran les conduit à leur propre ruine.

Mais cela ne suffira pas : L’Histoire a invariablement fini par donner raison aux peuples contre leurs oppresseurs ; l’Occident ne triomphera pas, à terme, sur les seuls champs de bataille ni par des rencontres diplomatiques ; mais seulement si sa proposition civilisationnelle l’emporte sur celle de ses adversaires. Or, proclamer les vertus de la démocratie libérale, du marché régulé et de l’État de droit ne suffira pas, pas plus qu’affirmer la primauté du droit des hommes sur la loi divine, ni jurer que la modernité occidentale constitue un horizon universel. En particulier, ces arguments sonnent creux lorsqu’ils sont portés par une oligarchie américaine cynique, piétinant ses propres valeurs fondatrices et nourrissant la haine qu’elle prétend désarmer.

C’est ici que l’Europe est appelée à jouer un rôle irremplaçable. Elle demeure le seul espace politique au monde où l’État de droit s’impose effectivement ; celui où la violence institutionnelle est la plus contenue, la liberté la plus étendue, la justice sociale la plus substantielle. Le seul, aussi, à reconnaître en principe l’égalité absolue en droits de tous les êtres humains.

Les pays qui la constituent doivent s’unir pour projeter cette singularité dans l’arène mondiale et défendre un universalisme assumé, assumant leurs forfaits historiques, tels que la colonisation, dont ils ne furent ni les premiers ni les seuls coupables.

Si l’Europe parvient à faire entendre ce discours, cette glorification sans complexe des valeurs de l’Occident, devenues universelles à revitaliser des institutions multilatérales moribondes, à forger des alliances avec ce que les États-Unis, le Japon, Israël et tant d’autres nations recèlent de meilleur, un scénario de sortie de crise devient concevable : l’effondrement de la théocratie iranienne, la déroute du discours islamiste radical, l’enlisement définitif des armées et de la dictature poutinienne en Ukraine, la chute du gouvernement Netanyahu, la défaite électorale de Trump, la renonciation de Pékin à toute conquête militaire de Taïwan. Devient alors possible la construction patiente d’un ordre mondial fondé sur la raison et la liberté, c’est-à-dire sur ce que l’Occident a apporté de meilleur au monde, en se nourrissant de sources venues d’ailleurs.

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Ce que la guerre au Moyen-Orient nous dit des réformes nécessaires dans nos communes.

Le monde, malgré les apparences, est d’une cohérence redoutable. L’extraordinaire interdépendance des processus de production, des enjeux climatiques et des équilibres géopolitiques se manifeste à chaque instant ; et nulle part avec plus de clarté que dans la relation entre les crises du pétrole et l’organisation de nos villes. Comprendre cela, c’est comprendre à la fois ce qui nous rend vulnérables et ce qui pourrait nous sauver.

La crise iranienne, qui a déjà conduit à une augmentation sensible du prix du pétrole, (et ce n’est pas fini), n’est que la reproduction d’un mécanisme d’une régularité décourageante : on l’a connu en 1973, en 1979, en 1990, en 2003 et en 2011. À chaque fois, une crise géopolitique conduit à une hausse du prix du pétrole ; à chaque fois, dans les pays consommateurs, on se plaint, on s’indigne, on obtient des aides de l’État (c’est-à-dire des contribuables) pour amortir le choc. Et puis on oublie jusqu’à la prochaine fois.

Pourtant, rien n’a été fait sérieusement pour se débarrasser de ces énergies fossiles : Malgré la croissance spectaculaire des renouvelables (la part du solaire a été multipliée par 2,5 en cinq ans) les combustibles fossiles représentent aujourd’hui encore 86,6 % de la consommation primaire mondiale d’énergie et ils couvrent encore les deux tiers de la croissance de la demande mondiale, portant les émissions de CO2 à un nouveau record historique. Tout a été fait pour que les consommateurs n’en souffrent pas. Et même pour encourager ces productions : Les subventions mondiales directes et indirectes aux énergies fossiles atteignent 7 000 milliards de dollars (dont plus de 1000 milliards de subventions directes), soit 7 % du PIB mondial, et plus que les dépenses mondiales annuelles d’éducation. On subventionne donc massivement, à l’échelle planétaire, ce qui nous tue.

Si, pour une partie significative de la population rurale, aux revenus modestes, une aide publique ciblée et temporaire doit accompagner la transition vers les pompes à chaleur, les véhicules électriques et les transports en commun décarbonés, on peut et on doit aller beaucoup plus vite dans les villes : elles  concentrent plus de la moitié de la population mondiale, génèrent environ 80 % du PIB global, sont responsables de près de 70 % des émissions mondiales de CO2, essentiellement pour le chauffage et la mobilité, et pourraient toutes se passer entièrement d’énergies fossiles.

Donc, si on veut cesser d’avoir à souffrir de l’augmentation inéluctable des prix du pétrole et du gaz, il faut en sortir. Et admettre que, comme la hausse du prix du tabac a contribué à réduire sa consommation, la hausse du prix du pétrole est une bonne nouvelle, car elle devrait pousser les consommateurs vers les alternatives électriques, et obliger les pays producteurs les plus lucides, suivant l’exemple de l’Arabie Saoudite, à diversifier leurs sources de revenus.

Ce n’est pas une utopie ; céder à la démagogie pétrolière n’est pas inévitable. Et certaines villes montrent que ce basculement radical est non seulement possible, mais économiquement rentable : Copenhague en particulier est le cas d’école dont chaque candidat à une élection municipale devrait s’inspirer : son réseau de chauffage urbain, considéré comme le plus efficace du monde, fournit aujourd’hui à 98 % des habitations de la ville la chaleur résiduelle des centrales de cogénération et des usines d’incinération de déchets ; de plus, la moitié de ses habitants et de ceux de ses banlieues se déplacent quotidiennement à bicyclette, grâce à des autoroutes cyclables reliant les banlieues au centre-ville et à des ponts exclusivement dédiés aux cycles ; et les bus électriques et le taxi électrique y sont devenus la norme.  D’autres villes méritent d’être citées en exemple : Oslo est devenue la capitale mondiale de la voiture électrique par habitant et les voitures à moteur thermique y sont interdites au centre-ville ; Amsterdam développe massivement les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur géothermiques ; enfin, Shenzhen qui, dès 2017, a converti l’intégralité de sa flotte de bus en véhicules électriques.

Plus encore, ne pas dépendre des conséquences aux ramifications infinies de la prochaine crise pétrolière, c’est promouvoir l’économie de la vie, c’est-à-dire les énergies durables, l’alimentation locale, les produits non transformés, particulier dans les villes.

Aussi, tout candidat sérieux à une élection municipale devrait prendre dès aujourd’hui les sept engagements suivants :

  1. Développer massivement des réseaux de chaleur urbains alimentés en énergies renouvelables.
  2. Construire, avec l’ensemble de son agglomération, les infrastructures nécessaires au vélo et aux transports en commun électriques.
  3. Réserver les centres-villes aux seuls véhicules zéro émission.
  4. Reconvertir les subventions aux énergies fossiles en incitations à la transition énergétique et en accompagnement des ménages les plus vulnérables
  5. Développer l’usage de matériaux biosourcés dans la construction
  6. Adopter un urbanisme climatique intégrant dès la conception l’efficacité énergétique des bâtiments, les toitures végétalisées, les îlots de fraîcheur et la gestion des eaux pluviales
  7. Exercer une pression démocratique constante pour que les gouvernements nationaux cessent de subventionner ce qui nous détruit et financent ce qui peut nous sauver.

Et si le pire se produit, c’est-à-dire si cette guerre locale débouche un jour sur un conflit planétaire, il sera plus que sage d’avoir réduit notre dépendance à ce qui nous tue et d’avoir mis en place ce qui peut nous mettre à l’abri de la folie des autres.

https://www.attali.com/geopolitique/ce-que-la-guerre-au-moyen-orient-nous-dit-des-reformes-necessaires-dans-nos-communes/  

Jacques Attali,

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

 

 

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