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juin 07, 2026

L'Étatisme avec Arthur Homines (Maman État & Papa État)


La gauche, c’est Maman État. La droite, c’est Papa État. Où t'es, papaoutai ? Où t'es, mamanoutai ? 
 
Sacrée garde alternée ! 
 
 La gauche incarne le versant maternel pathologique, quand la droite incarne le versant paternel pathologique. Tous deux prétendent apporter divers bienfaits aux enfants de la Nation, mais dans les faits ils ne font que tyranniser leurs progénitures. Les rhétoriques changent, mais la vie des enfants reste la même. Ils finissent toujours plus pauvres, plus fliqués et plus malheureux. 
 
 
 
Maman comme Papa considèrent que le monde est corrupteur, menaçant, voire cruel. C'est ce qui explique leur besoin viscéral d'intervenir dans nos vies. Maman État panique à l'idée du grand air du marché libre. Elle va donc réglementer le travail, multiplier les taxes et nous infantiliser au possible. Papa État est obsédé par les menaces extérieures et le désordre intérieur. Il va donc militariser la société et surveiller les frontières de la maison. Nos deux parents toxiques finissant toujours par s'allier contre nous au besoin ! 
 
Maman État et Papa État participent du grand mensonge de l'alternance. Pire, ils nous font CROIRE que nous sommes des enfants, et qu'ils nous seraient donc indispensables ! Ils se passent ainsi le relai tous les cinq ans nous faisant croire que cette fois-ci, cette garde sera la bonne ! Certes, un drôle d'oiseau s'est glissé au milieu. On l'appelle Monsieur-Madame Centre, tout aussi désastreux que Maman ou que Papa. Iel fait un peu de tout, et espère surtout séduire les grands-parents de la Nation ! Une sombre histoire de retraites ! Alors, quel serait donc le problème avec cette garde alternée ? Et bien, ni Maman ni Papa ne peuvent nous élever, et encore moins nous faire grandir. 
 
C'est au-delà de leur volonté. C'est une question de substance, de nature : celle du Pouvoir. Ils sont tous les deux violents à leur manière. Nous sommes en réalité prisonniers d'un foyer sans amour. Peu importe qui a la garde des enfants, l'État s'étend et entache notre propre croissance. Dites, n'avez-vous pas envie de quitter ce foyer ? D'assumer votre réel statut d'adulte ? Il est temps de claquer la porte de la maison. Nous n'avons besoin ni de la surprotection perverse de Maman, ni des coups de ceinture de Papa. Je possède mon corps, je gère mes risques et je choisis mes partenaires économiques. Je suis un adulte, alors ciao et à jamais.
 
Arthur Homines

 
Puisque le Pouvoir se nourrit de notre servitude, osons la Liberté ! - Droit, Économie, Culture. 
 t.me/arthurhomines
 
 
 
 
 
 

Étatisme

L'étatisme désigne la doctrine et pratique politiques par lesquelles l'État intervient (voir interventionnisme) et s’impose en tant qu'appareil de coercition, dans l'ensemble de la vie économique et sociale d'un territoire donné. Même si l'interventionnisme est la pratique la plus courante de l'étatisme, l'octroi de privilèges ou de faux droits relève également de l'étatisme, de même l'absence d'intervention là où la justice l'imposerait pour rétablir le droit


 

« L'étatisme assigne à l'État le devoir de guider les citoyens et de les tenir en tutelle », a écrit Ludwig von Mises en 1944 dans Omnipotent Government, où il explique la "nouvelle mentalité" qui inspire la subordination complète de l'individu à l'État.

On parle ainsi de « système » étatique pour les pays où ces pratiques deviennent la dominante de l'organisation économique et sociale. 

L'anti-étatisme libéral

Les libertariens et les libéraux sont opposés à l'étatisme parce que :


 

L'étatisme cherche son auto-justification dans des théories ad hoc, telle que la théorie des biens publics, ou dans des affirmations qui tiennent du sophisme par lesquelles il prétend représenter la société — sophismes dénoncés aussi bien par les libertariens que par les philosophes :

  • «  Les défenseurs de l’État, y compris les philosophes aristotéliciens et thomistes classiques, sont tombés dans cet énorme non sequitur qui consiste à sauter de la nécessité de la société à la nécessité de l’État. Alors qu’en fait, comme nous l’avons montré, l’État est un facteur anti-social qui empêche l’échange volontaire entre les Hommes, la créativité individuelle et la division du travail. La « société » est une étiquette commode pour décrire la libre interaction entre les personnes dans les échanges volontaires. Il convient ici de rappeler la distinction éclairante établie par Albert Jay Nock entre le « pouvoir social », fruit de l’échange volontaire qui caractérise l’économie et la civilisation, et le « pouvoir étatique », qui consiste dans l’interférence coercitive et l’exploitation de ces avantages. »
        — Murray Rothbard, L'Éthique de la liberté‎, chap. 24

  • «  L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le Peuple. » »
        — Nietzsche

Liens avec des doctrines plus construites

  • Le libéralisme est partiellement incompatible, il conteste l'efficacité d'une telle démarche et se décharge de nombreuses responsabilités inhérentes à l'État-providence » (charities, recherche privée, retraites, ...).
  • Le libertarianisme est opposé à l'État (anarcho-capitalisme) ou se contente d'un État minimal (minarchisme).
  • L'anarchisme est fondamentalement incompatible, rejetant toute autorité coercitive (État ou autre).
  • Les constructivistes, qui proclament que les choix publics doivent être guidés par la volonté de construire un certain type de société définie préalablement.
  • L'utilitarisme, qui proclame que le bien-être des individus est la raison d'être de la société, se sert lui aussi en général de l'État. Voir social-démocratie.
  • Le mercantilisme pour lequel l'économie, et notamment le commerce extérieur, d'un pays aurait pour but essentiel d'accumuler des moyens financiers assurant sa puissance sur le plan international.
  • Le pragmatisme, doctrine de l'instrumentalisation des doctrines aux services des buts poursuivis. Ces buts peuvent être très divers (gain d'une guerre, paix sociale, richesse collective, bien-être du plus mal loti, etc.) mais toujours utilitaires. Le pragmatisme ne rejette donc pas ni n'impose l'étatisme, mais comme celui-ci est un instrument puissant, il est rare qu'il ne soit pas étatiste.
  • Le collectivisme, qui subordonne l'individu au groupe en matière de choix et de responsabilités, en prétendant que cela améliore aussi les conditions de vie de l'individu lui-même.
  • Le totalitarisme, forme extrême de l'étatisme, contrôle totalement la vie des individus par la fusion de l'État, de la société, et des structures de pouvoir et de contrôle (voir Fascisme).

Le libéralisme comme source d'étatisme

Un reproche fait parfois au libéralisme est qu'il peut, paradoxalement, être source d'étatisme[1]. Par exemple, le libre échange intégral, s'il était instauré selon les conceptions du libéralisme, pourrait entraîner la disparition de secteurs économiques entiers d'un pays ; il faudrait donc instaurer des protections (et donc renforcer l'étatisme) pour sauvegarder ces secteurs.

Ce raisonnement n'est pas libéral, il est en réalité de type collectiviste et corporatiste, car on décrète arbitrairement qu'il faut protéger un secteur, qui souffrirait sinon d'une "concurrence déloyale", au détriment d'une partie de la population, empêchée d'acheter des produits meilleurs ou moins coûteux venant de l'étranger, et obligée de consommer des produits locaux.

Citations

  • «  Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant, tend naturellement à s'agrandir. Il se trouve à l'étroit dans sa mission de surveillance. Or, il n'y a pas pour lui d'agrandissements possibles en dehors d'empiètements successifs sur le domaine des facultés individuelles. Extension du pouvoir, cela signifie usurpation de quelque mode d'activité privée, transgression de la limite (...) entre ce qui est et ce qui n'est pas son attribution essentielle. Le pouvoir sort de sa mission quand, par exemple, il impose une forme de culte à nos consciences, une méthode d'enseignement à notre esprit, une direction à notre travail ou à nos capitaux, une impulsion envahissante à nos relations internationales, etc. Et veuillez remarquer, messieurs, que le pouvoir devient coûteux à mesure qu'il devient oppressif. Car il n'y a pas d'usurpations qu'il puisse réaliser autrement que par des agents salariés. Chacun de ses envahissements implique donc la création d'une administration nouvelle, l'établissement d'un nouvel impôt ; en sorte qu'il y a entre nos libertés et nos bourses une inévitable communauté de destinées. »
        — Frédéric Bastiat

  • «  On a maintenant tâté de toutes les variantes de l’étatisme et elles ont toutes échoué. Partout dans le monde occidental au début du 20è siècle les chefs d’entreprise, les politiciens et intellectuels s’étaient mis à appeler de leurs voeux un "nouveau" système d’économie mixte, de domination étatique, à la place du laissez-faire relatif du siècle précédent. De nouvelles panacées, attrayantes à première vue, comme le socialisme, l’État corporatiste, l’État-Providence-Gendarme du monde, etc. ont été essayées et toutes ont manifestement échoué. Les argumentaires en faveur du socialisme et de la planification étatique apparaissent maintenant comme des plaidoyers pour un système vieilli, épuisé et raté. Que reste-t-il à essayer sinon la liberté ? »
        — Murray Rothbard

  • «  Croire que les hommes ne sont pas assez intelligents pour s'entendre en société sans l'intervention de l'État relève d'une conception archaïque de la condition humaine. »
        — Alain Dumait

  • «  Je crois que notre Léviathan Tout Puissant est une infinie source de sagesse, qui apporte la Confiance là où elle serait inimaginable sans Lui, qui fournit des Services Publics qui seraient inimaginables sans Lui. Je crois que la solution ultime à chacun et à tous les problèmes de la vie est que l'État devrait débloquer les fonds nécessaires en insérant les lignes appropriées dans le livre sacré du budget. Alléluia ! »
        — Faré, Le Credo Citoyen

  • «  Le socialisme triomphera sous la forme du socialisme d'État. La bourgeoisie, au lieu de s'opposer aux progrès de ce dernier, le favorise autant qu'il est en son pouvoir. Chacun tâche de happer un morceau du budget, les citoyens ne voient dans les administrations de l'État, des provinces et des communes que des instruments pour se dépouiller les uns les autres. Quelqu'un voudrait-il s'en abstenir qu'il ne pourrait pas. Toutes les fois que les citoyens se sont réunis dans le simple but de résister à une spoliation dont ils étaient les victimes, ils ont échoué. Quand, au contraire, ils se réunissent pour obtenir leur part du gâteau, le succès couronne assez généralement leurs efforts. C'est la fable du chien qui portait le dîner de son maître. […] Tant que subsistera le sentiment qui porte les hommes à s'entre dépouiller au moyen des administrations publiques, les budgets augmenteront, jusqu'à ce qu'enfin, ils produisent la ruine des peuples et qu'un gros dogue prenne la place de cette meute affamée. Il mangera pour quatre, mais il pourra encore y avoir économie, s'il empêche de dévorer ceux qui mangeaient pour huit. »
        — Vilfredo Pareto

  • «  L’étatiste est un homme qui est en train de devenir socialiste, et s’il meurt sans le devenir, c’est qu’il n’a pas assez vécu pour le devenir. »
        — Émile Faguet

  • «  Je crois bien qu’il n’y a pas de libéraux en France. On croit qu’il y a plusieurs partis en France ; c’est une erreur. Il n’y en a qu’un : c’est l’Étatisme. Tous les Français sont étatistes. À ce compte là, la fameuse unité morale devrait exister ; seulement, si tous les Français sont étatistes, chacun veut l’État pour lui et au service de ses intérêts et de ses passions ; et cela ne fait qu’un seul parti en théorie, mais en fait beaucoup en pratique. »
        — Émile Faguet, Le libéralisme

  • «  L’étatisme est la croyance en l'État (c'est-à-dire la coercition par un monopole) comme la solution magique à tous les problèmes ; la superstition selon laquelle il suffit que le gouvernement "débloque" des fonds, pour que n'importe quel problème soit résolu, comme si ces fonds tombaient du ciel, et que le gouvernement était un plombier appelé par Dieu pour réparer la tuyauterie défaillante par laquelle Il nous alimente de sa manne céleste. »
        — Faré

  • «  Votre système est une guerre civile légale, où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois, laquelle leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »
        — Ayn Rand, Atlas Shrugged, Discours de John Galt

  • «  Le terme "étatisme" s'applique à un système de pouvoir caractérisé par le contrôle et la domination (absolue ou relative) de l'État par rapport à chaque réalité et activité, avec la suppression ou la soumission de chaque corps intermédiaire ou antagoniste. Clairement, il n'y a aucune entité physique appelée "État" mais des bureaucrates de tout genre dans les différents secteurs (politique, administratif, judiciaire, militaire, financier, etc.) qui travaillent en plein accord à l'alimentation des couches parasitaires dont eux-mêmes sont le noyau central. »
        — Gian Piero de Bellis

  • «  Qui veut diaboliser le marché s'entend à angéliser l'État… »
        — Jean-Louis Caccomo

  • «  L'étatisme n'est pas une philosophie, il n'est pas fondé sur des preuves historiques ni sur des principes rationnels. L'étatisme est une justification a posteriori de la détention de bétail humain. C'est une excuse pour la violence, c'est une idéologie, et toutes les idéologies sont des variantes sur la façon de gérer le bétail humain. »
        — Stefan Molyneux

  • «  L’État ne peut pas créer quoi que ce soit ; ses ordres ne peuvent même pas retirer quoi que ce soit du monde de la réalité, mais ils peuvent le retirer du monde des possibles. L’État ne peut pas rendre l’homme plus riche, mais il peut le rendre plus pauvre. »
        — Ludwig von Mises, Critique of Interventionnism

Informations complémentaires

Notes et références


  1. Voir par exemple L’étatisme libéral.

Voir aussi

Liens externes



 

 

 
 

janvier 06, 2026

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

La doctrine Monroe est une doctrine Brejnev comme les autres

Une partie du monde a applaudi à l’annonce de la capture du président vénézuélien par les forces armées américaines, officiellement pour trafic de drogue. Pour ma part, je partage l’inquiétude exprimée par le secrétaire général des Nations unies : cet acte crée un précédent extrêmement dangereux.

Donald Trump a allègrement piétiné le droit international. Les États-Unis ont d’abord violé la souveraineté du Venezuela en commettant une agression armée, sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans qu’aucun motif de légitime défense, au sens de la Charte, ne puisse être invoqué. Ils se sont ensuite attaqués à un chef d’État en exercice, en violation du régime des immunités personnelles tel qu’il résulte du droit international coutumier et de la jurisprudence constante de la Cour internationale de Justice. Cela touche au cœur même de ce qui rend possible la diplomatie : la sécurité des dirigeants, des représentants et des canaux politiques. La comparaison avec l’arrestation d’Eichmann en Argentine est infondée : Eichmann n’était ni chef d’État ni titulaire d’une immunité personnelle.

Certains tentent de justifier juridiquement cette opération en invoquant un ordre international supérieur, régulé par le droit. J’ai ainsi lu sous la plume de Martin Botero, professeur de droit constitutionnel européen, que le droit international le permettrait : « Depuis Nuremberg, depuis la consolidation des normes de jus cogens, la souveraineté n’est plus un bouclier pour l’impunité, mais une responsabilité. »

Cette affirmation est juridiquement infondée. Le jus cogens n’a jamais constitué, ni en droit positif ni en pratique, un fondement autonome d’intervention armée ou de capture extraterritoriale d’un chef d’État. Il s’agit d’un concept strictement circonscrit au droit des traités, destiné à invalider des accords internationaux contraires à certaines normes impératives.

C’est précisément l’article 53 de la Convention de Vienne sur le droit des traités, qui consacre cette notion, qui a conduit la France à refuser de ratifier la Convention. Paris a toujours considéré que l’introduction d’un concept aussi indéterminé, assorti d’effets aussi radicaux que la nullité automatique des traités, créait une insécurité juridique majeure dans les relations internationales. En l’absence de définition stabilisée, de liste claire des normes concernées et de mécanisme juridictionnel précis, la France a refusé d’ériger le jus cogens en instrument de remise en cause ouverte de la souveraineté étatique. Il est donc pour le moins paradoxal de voir aujourd’hui invoquer ce concept pour justifier ce que le droit français a explicitement refusé d’admettre.

D’autres assument l’illégalité de l’opération au nom de sa prétendue légitimité morale. Ils avancent que Maduro se maintenait au pouvoir en dehors de tout soutien populaire. Il est vrai que l’élection présidentielle de 2024, remportée officiellement par Maduro avec 52 % des voix face à Edmundo González, a été marquée par de graves irrégularités. Mais invoquer les droits humains pour justifier une violation du droit international est un raisonnement factice : on ne peut pas invoquer le droit pour le démolir.

Le droit international n’est pas chargé de dire quels régimes sont démocratiques ou moralement acceptables. Il permet à la Corée du Nord, à l’Iran et au Royaume-Uni de coexister dans un même système précisément parce qu’il ne repose pas sur une hiérarchie morale des régimes, mais sur des règles minimales de coexistence.

Vouloir imposer la démocratie n’a rien de nouveau. Trump ne fait que recycler les arguments utilisés par George W. Bush à propos de Saddam Hussein. Beaucoup accepteront sans esprit critique l’idée que Washington agit pour la démocratie, alors que les intérêts énergétiques demeurent déterminants. La drogue sert ici d’alibi commode. Natacha Polony a d’ailleurs raison de rappeler que Trump a gracié, il y a quelques mois à peine, l’ancien président du Honduras condamné pour narcotrafic.

Le problème de cet interventionnisme moral est double.

D’abord, il a échoué de manière systématique. La chute de Saddam Hussein a plongé l’Irak dans une guerre civile dont est né Daech. La chute des Talibans a conduit à vingt ans de guerre pour aboutir à leur retour au pouvoir. La chute de Kadhafi a plongé la Libye dans une guerre civile tribale. La démocratie est le produit d’une évolution longue et chaotique ; la France a mis près de deux siècles à stabiliser son régime politique.

Ensuite, cet interventionnisme crée des précédents juridiques dévastateurs. Lorsque les États-Unis ont contourné le droit international pour reconnaître l’indépendance du Kosovo en démembrant la Serbie, ils ont fourni aux Russes les arguments qu’ils ont ensuite invoqués pour justifier l’émancipation de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud vis-à-vis de la Géorgie. Lorsqu’ils ont envahi l’Irak sans mandat, ils ont offert à Vladimir Poutine un précédent pour l’Ukraine.

On objectera que Trump ne ferait que rejouer le scénario Noriega. Mais l’arrestation de Noriega n’avait pas constitué le fondement juridique affiché de l’intervention américaine ; elle en avait été la conséquence. La différence est majeure.

Bossuet écrivait : « Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. »

Ceux qui applaudissent aujourd’hui Trump seront les premiers à s’indigner demain si Poutine avale la Lituanie ou annexe la Biélorussie. Ils ne comprennent pas qu’à partir du moment où la légitimité devient le critère de l’intervention, chacun voit midi à sa porte. La légitimité se situe au croisement du droit, de la politique et de l’éthique, sans relever exclusivement d’aucun de ces domaines — et surtout, ce qui est légitime pour l’un ne l’est jamais pour son voisin.

Vladimir Poutine pourrait ainsi estimer légitime la capture de Zelensky. Après tout, il a été élu en 2019, il y a désormais six ans. L’élection de 2024 n’a pas eu lieu, l’Ukraine étant sous loi martiale. Depuis 2022, la Russie accuse Zelensky de corruption massive, de détournement de l’aide occidentale et d’enrichissement personnel. Peu importe que ces accusations soient infondées : dès lors que la légalité est remplacée par la légitimité, le raisonnement devient possible.

 


 

La doctrine « Monroe » pavé donc un retour à la doctrine « Brejnev » de « souveraineté limitée » des anciens États soviétiques.

Bien entendu, le droit international est régulièrement violé, comme les feux rouges ou les limitations de vitesse sont souvent grillés. Et pourtant, on vit mieux avec que sans.

Si la France avait la taille de la Chine, on pourrait encore considérer le droit international comme superflu : la force nous protégerait. Mais qui nous protégera demain dans la jungle ?

Contrairement à ce que l’on croit, le clivage sur l’affaire Maduro n’oppose pas une gauche légaliste à une droite réaliste. Il oppose trois camps : des réalistes, qui perçoivent très bien où peut conduire l’abandon, même partiel, de la légalité internationale ; des libéraux idéalistes, qui estiment que la cause des droits humains peut justifier, de manière exceptionnelle et transitoire, une entorse aux règles, dans l’attente d’un retour à la légalité ; et des néoconservateurs, héritiers durcis de ce courant, partisans d’un « wilsonisme dur », c’est-à-dire l’imposition de nos normes par la force.

C’est avec ce type de raisonnement que l’on pave la voie à un affrontement durable entre l’Occident et le reste du monde. Quant à ceux qui pensent que la France s’en sortira mieux dans une jungle dominée par la loi du plus fort, qu’ils se souviennent des menaces conjointes de l’URSS et des États-Unis en 1956, lorsque notre pays avait réagi militairement à la nationalisation du canal de Suez. Tout cela ne peut conduire qu’à la vassalisation géopolitique de la France, tétanisée par la peur de l’ogre russe. Il suffit d’observer l’étrange réaction d’Emmanuel Macron à l’affaire Maduro pour s’en convaincre.

Et c’est précisément là que se joue l’aveuglement contemporain : croire que l’on peut fragmenter le droit international, en le respectant lorsqu’il nous protège et en le piétinant lorsqu’il nous gêne, sans en payer le prix. Le droit n’est pas un menu à la carte. Il ne survit pas aux exceptions morales répétées, surtout lorsqu’elles sont invoquées par les plus puissants. Dans un monde redevenu multipolaire, affaiblir volontairement la légalité internationale revient à désarmer les puissances moyennes. Le jour où la France invoquera le droit face à une pression stratégique, énergétique ou territoriale, il ne faudra pas s’étonner que ses interlocuteurs lui répondent, avec un cynisme parfaitement logique : vous-mêmes n’y croyiez plus.

 

Julien Aubert est ancien député de Vaucluse, vice-président des Républicains et président d’Oser la France, mouvement d’inspiration gaulliste.

 

James Monroe

James Monroe (comté de Westmoreland, en Virginie 28 avril 1758- New York, 4 juillet 1831) est le cinquième président des États-Unis d'Amérique. Il est élu pour deux mandats de 1817 à 1825.

C’est un homme réputé pour son honnêteté qui prendra deux décisions d’une importance capitale dans l’histoire des États-Unis : le « compromis du Missouri » et la « doctrine Monroe » qui porte son nom. Son mandat a été désigné sous le nom de l'« ère des bons sentiments ». Il est aussi le dernier président de la « dynastie virginienne ». 

L'ascension

Il fait ses études à l’université William et Mary, se bat dans l’armée continentale lors de la Révolution américaine, est blessé à la bataille de Trenton et pratique le droit à Fredericksburg, en Virginie. Ses parents, Spence Monroe (1727-1774) et Elizabeth Jones (née vers 1729) sont de riches fermiers. Il se marie le 16 février 1786 avec Elizabeth Eliza Kortright ; ils eurent trois enfants, deux filles et un garçon mort en bas âge.

Il rejoint les anti-fédéralistes au début de sa carrière politique et défend la politique de Thomas Jefferson, qui avait été son maître. Il siège à la chambre de Virginie (1782) et au Congrès continental (1783-1786). Il est élu au Sénat (1790) puis nommé ambassadeur en France, dont il défend les positions, de 1794 à 1796. Gouverneur de Virginie (1799-1802), il est chargé ensuite par Jefferson de négocier l’achat de la Louisiane avant d’être nommé ministre plénipotentiaire à Londres (1803-1807) sans pouvoir empêcher la dégradation des relations entre les deux pays. Réélu gouverneur en 1811, il démissionne peu de mois après. Il est secrétaire d'État (1811-1815) puis cumule avec la fonction de secrétaire de la Guerre (1814-1815) du président James Madison.

Le président

Le 4 décembre 1816, il est élu président en battant le candidat fédéraliste. Il est le dernier président ancien combattant de la guerre d’Indépendance et n’a pas vraiment d’opposants pour ces deux élections. Monroe décide de visiter tous les États pour la première fois depuis George Washington.

Il choisit un sudiste, John C. Calhoun, comme secrétaire à la Guerre et un nordiste, John Quincy Adams comme secrétaire d’État. Sous sa présidence, accord entre les États-Unis et le Canada sur la définition de la frontière entre les deux pays au niveau du 49e parallèle (1818) . le Congrès vote et le président Monroe signe le compromis du Missouri (1820) qui admet cet État dans l’Union en tant qu’État esclavagiste mais interdit l’esclavage dans les territoires situés au nord. Réélu en 1820 à la quasi unanimité des suffrages, il énonce ce qui devint la « doctrine Monroe » (2 décembre 1823) : le continent américain se veut libre et indépendant et n’a pas vocation à être colonisé par les puissances européennes. Cette doctrine s’oppose à l’expansionnisme de l’Europe sur le continent américain et annonce la volonté des États-Unis d’avoir une influence majeure sur l’avenir du continent même s'il n'en a pas les moyens à l'époque.

C'est en hommage à James Monroe que la capitale du Libéria, en Afrique de l'Ouest, a été dénommée Monrovia en 1822

Littérature secondaire

  • 2022, Kevin Gutzman, "The Jeffersonians: The Visionary Presidencies of Jefferson, Madison, and Monroe", New York: St. Martin's Press

Liens externes

https://www.wikiberal.org/wiki/James_Monroe

 

 

décembre 16, 2025

Javier Milei vers la liberté économique en Argentine ??

Le chemin semé d'embûches vers la liberté économique en Argentine 
 
L'arrivée au pouvoir en Argentine du premier libertarien déclaré, Javier Milei, a suscité l'enthousiasme de nombreux libertariens et a été perçue comme un moment décisif. Elle a non seulement démontré qu'il était possible d'obtenir le vote d'une majorité d'électeurs d'un grand pays en faveur d'un programme radical de liberté, mais elle a également laissé entrevoir la possibilité pour les libertariens de prouver enfin au monde entier que le libre marché sans entraves est non seulement possible, mais aussi extrêmement bénéfique pour toute société. 
 

 
Il n'est donc pas surprenant que libertariens et étatistes scrutent attentivement cette nouvelle expérience argentine, débutée début 2024, afin d'y déceler les signes de succès ou d'échec de Milei. Les libertariens peuvent aborder cette perspective avec sérénité, compte tenu des solides fondements théoriques de l'École autrichienne d'économie qui inspirent Milei. 
 

 
 
Quelques réserves s'imposent toutefois. Premièrement, la transition difficile d'une société étatique à une société libre ne doit pas être négligée et ne saurait être imputée au libéralisme en soi. Il faut préciser que le processus politique et concret menant à un marché libre sans entraves n'a pas constitué un axe majeur de la pensée libérale. Deuxièmement, le chemin vers la liberté peut être entravé par de nombreux facteurs pratiques, tels que des facteurs externes ou humains, totalement étrangers au libéralisme. Par exemple, le dirigeant élu et le gouvernement peuvent présenter des failles et la classe politique peut résister au changement.
 
Des résultats globalement positifs après un démarrage difficile 
 
Le mandat de Milei a débuté de manière mouvementée, avec des résultats positifs rapides des réformes, mais aussi les difficultés prévisibles liées à la transition d'une économie caractérisée par une fiscalité élevée, des dépenses excessives et l'inflation. L'inflation des prix, l'un des principaux fléaux des Argentins depuis des décennies, a nettement ralenti. En 2024, le PIB s'est contracté de 1,8 %, un résultat meilleur qu'en 2023 (-3,1 %), et un fort rebond du PIB est prévu pour 2025 (5,2 %). Grâce aux coupes budgétaires, l'État argentin a dégagé, en août 2025, un excédent budgétaire de 1,3 % du PIB, un retournement de situation sans précédent pour un pays habitué à dépenser plus qu'il ne gagne. 
 
 Cependant, les mesures d'austérité – réductions des subventions, suppressions d'emplois dans le secteur public, fortes dévaluations – ont inévitablement engendré des coûts sociaux, plongeant initialement des millions de personnes dans la pauvreté. Pourtant, le taux de pauvreté a ensuite fortement diminué au second semestre 2024, passant de 52,9 % au premier semestre à 38,1 %. Le chômage dans la province de Buenos Aires a grimpé à 9,8 %, un niveau supérieur à celui de 2023. 
 
De manière générale, les indicateurs macroéconomiques sont encourageants malgré un démarrage difficile, inévitable et prévisible. Cependant, le défi le plus important pour Milei concerne probablement le peso argentin, un domaine où l'approche autrichienne en économie pourrait s'avérer précieuse pour éviter de reproduire les erreurs du passé. 
 

 
Le peso argentin : une histoire de mauvaise gestion 
 
En 1991, l'Argentine a indexé le peso sur le dollar américain au taux de un pour un. Chaque peso devait être garanti par un dollar équivalent détenu en réserves. Dans un premier temps, l'inflation s'est effondrée et les investissements ont explosé. Mais en abandonnant sa souveraineté monétaire, l'Argentine a perdu sa capacité d'adaptation aux fluctuations mondiales. Avec le renforcement du dollar américain à la fin des années 1990, le peso s'est surévalué, pénalisant les exportations et alimentant le chômage. Incapable de dévaluer sa monnaie ou de fixer ses propres taux d'intérêt, l'État argentin a contracté d'importants emprunts en dollars, accentuant ainsi sa vulnérabilité future. 
 
En 2001, l'Argentine était en récession. Face à la fuite des investisseurs et à l'épuisement des réserves, le gouvernement a gelé les retraits bancaires pour endiguer la fuite des capitaux. Des émeutes ont éclaté, l'État s'est retrouvé en défaut de paiement sur plus de 100 milliards de dollars de dette et le régime de change fixe a été abandonné en 2002. Le peso a perdu environ 70 % de sa valeur en quelques mois, avec les conséquences sociales que l'on imagine. Après l'effondrement du régime, l'Argentine a adopté un taux de change flottant. Mais les gains initiaux ont rapidement été de courte durée, le laxisme budgétaire étant de retour ; une inflation chronique supérieure à 30 % est devenue la norme, de multiples taux de change ont émergé et la confiance s'est érodée.
 
Sous Milei, le peso a d'abord subi une dévaluation importante (d'environ 400 ARS/USD à environ 800 ARS/USD) afin de lutter contre l'inflation. En avril 2025, le gouvernement a instauré un régime de change plus souple : le peso a été autorisé à flotter librement dans une bande de fluctuation (par exemple, entre 1 000 et 1 400 ARS/USD) et de nombreux contrôles des capitaux et des changes ont été levés. 
 
Fin 2025, l'Argentine appliquait un régime de change flottant contrôlé. Le taux de change officiel était d'environ 1 480 ARS pour 1 USD, tandis que le taux informel du « dollar bleu » avoisinait les 1 580 ARS. Le principal risque résidait dans la fragilité du peso durant cette phase de transition, les réserves nettes de la banque centrale n'atteignant que 6 milliards de dollars. C'est la principale raison pour laquelle l'Argentine a reçu un fonds de stabilisation supplémentaire de 20 milliards de dollars des États-Unis en octobre 2025, ce qui a également contribué à la victoire de Milei aux élections de mi-mandat. 
 
Mais le peso reste surévalué, ce qui nuit aux exportations et à la compétitivité. Par exemple, les Argentins achètent à l'étranger des appareils électroménagers de marque et du bœuf – un produit phare des exportations argentines – qui, en raison du taux de change du peso, sont moins chers que leurs équivalents locaux. 
 
 
Pourtant, le plan de Milei pour le peso ne consiste pas simplement à le laisser flotter librement, mais même à abolir la banque centrale et à laisser le marché fixer les taux d'intérêt, comme le préconise la théorie autrichienne. Ceci nous rappelle que la transition vers une économie de marché est un processus qui doit donc prendre en compte le contexte politique. 
 
Leçons de l'école autrichienne 
 
Du point de vue de l'économie autrichienne, les crises répétées qu'a connues l'Argentine par le passé sont les conséquences inévitables d'une manipulation monétaire artificielle. Comme l'écrivait Ludwig von Mises dans L'Action humaine : « Il est impossible d'éviter l'effondrement final d'une période de forte croissance provoquée par l'expansion du crédit. L'alternative est de savoir si la crise surviendra plus tôt… ou plus tard, comme une catastrophe finale et totale du système monétaire.» Pour l'Argentine, ces mots restent essentiels à retenir. 
 
L'ancrage du peso au dollar en 1991 constituait une forme de contrôle monétaire artificiel. En fixant le taux de change, les décideurs politiques ont court-circuité le mécanisme naturel du marché visant à équilibrer le commerce, l'épargne et l'investissement. Lorsque le peso s'est surévalué, au lieu de le laisser se déprécier, le gouvernement a emprunté des dollars pour maintenir la parité, alimentant ainsi une bulle de crédit massive. 
 
Comme l'a souligné Mises, une monnaie saine ne peut être créée par décret ; sa valeur doit émerger d'échanges volontaires. Lorsque l'État fixe les prix, y compris le prix de la monnaie, il fausse les signaux du marché et encourage une consommation et un endettement insoutenables. Murray Rothbard a repris ce point de vue dans son ouvrage « La Grande Dépression américaine » : « Il n'y a qu'un seul moyen de mettre fin à l'inflation : stopper immédiatement l'expansion monétaire et laisser le marché se réajuster.» 
 
 Dans cette perspective, un peso véritablement libre, sans banque centrale pour fixer les taux d'intérêt, entraînerait inévitablement des difficultés à court terme, mais aussi un équilibre à long terme. La monnaie se déprécierait probablement davantage par rapport au dollar américain, réduisant le niveau de vie, mais alignant la consommation sur la capacité productive réelle du pays. L'avantage, c'est que cela stimulerait les exportations et renchérirait les importations, favorisant ainsi la production nationale.
 
Milei est l'un des rares dirigeants politiques au monde à reconnaître ces points. Le seul véritable obstacle à une croissance économique soutenue et à une amélioration durable du niveau de vie des Argentins les plus démunis réside dans le cycle électoral : Milei et son programme de véritable liberté économique auront-ils une chance réelle, non seulement pendant deux ans, mais pendant une décennie entière, voire plus ? Car c'est le délai nécessaire à la transition vers une économie de marché. 
 
Si l'Argentine accède à la liberté économique, ce serait non seulement une victoire importante pour le libéralisme économique, mais aussi une source d'inspiration pour réformer d'innombrables nations occidentales actuellement engluées dans un étatisme keynésien. Le succès de Milei contribuerait à convaincre concrètement tous ceux qui doutent encore qu'un programme politique fondé sur l'école autrichienne d'économie puisse mener à une prospérité durable pour tous, pourvu que les obstacles politiques soient surmontés.
 

 
Finn est un libertarien suédois vivant en France. 

 

 
 

 
Le 10 décembre 2023, Javier Milei était officiellement investi président de l’Argentine. À mi-mandat, ses mesures radicales ont-elles amélioré ou détérioré la situation ? Au delà des postures politiques de droite ou de gauche, Florence Pinot Villechenon, experte de l'Amérique Latine, analyse les deux premières années de l'excentrique dirigeant sud-américain.

décembre 08, 2025

USA - Les solutions à la crise du logement ne viendront pas du gouvernement.

« La solution que le gouvernement apporte à un problème est généralement aussi mauvaise que le problème lui-même et, très souvent, elle ne fait qu'empirer les choses. » 

« Demander conseil en investissement à un économiste, c'est comme demander à un physicien de réparer des toilettes bouchées. Ce n'est pas son domaine, même s'il y a un lien avec l'économie. »

 
Milton Friedman


 
Les solutions à la crise du logement ne viendront pas du gouvernement. 
 
Face à la faiblesse marquée du marché du travail, aux problèmes de liquidités sur les marchés monétaires et à la surveillance accrue de certaines bulles spéculatives, l'existence d'une crise du logement est devenue une évidence. 
 
Alors que la bulle spéculative se résorbe temporairement, elle ne détourne plus l'attention des dégâts économiques causés par une politique monétaire expansionniste et l'inflation. Stimulée par une création monétaire effrénée depuis 2008 – notamment suite à la crise des subprimes et à la panique liée à la COVID-19 – l'inflation a explosé, parallèlement à la dépréciation du dollar. 
 

 
Les prix de l'immobilier, mesurés par l'indice Case-Shiller, ont progressé de près de 7 % par an depuis leur point bas du début 2012. 
 
L'indice S&P 500 a été multiplié par près de 10 depuis son point bas de 2009, et tout repli significatif est soutenu par les injections de liquidités d'une Réserve fédérale qui alimente la bulle. 
 
 Les soins médicaux et les primes d'assurance maladie augmentent beaucoup plus rapidement que la plupart des autres catégories de dépenses, un signe inquiétant pour une population de plus en plus obèse et en mauvaise santé. 
 
Même l'IPC – un indicateur gouvernemental censé mesurer le niveau général des prix dans l'économie américaine – montre que les salaires nominaux ont à peine suivi cette mesure de l'inflation, ce qui signifie que la croissance des salaires réels est anémique depuis un certain temps.
 
Les Américains sont aujourd'hui obsédés par la spéculation et les jeux de hasard, et nombreux sont ceux qui s'endettent pour profiter de la flambée des gains boursiers. Preuve en est, l'encours des prêts sur marge et la dette des ménages ont récemment atteint des sommets historiques, parallèlement à la fréquentation des casinos. 
 
Difficile d'imaginer un tableau plus flagrant de la dérive morale et de la stagnation économique – notamment chez les classes moyennes –, mais cette réalité est occultée depuis quelque temps par la frénésie spéculative persistante sur les marchés d'actifs, alimentée par les administrations successives et une banque centrale passive. 
 
Avec un peu d'observation, on peut discerner les liens de cause à effet. L'intervention de l'État dans l'économie – parfois après une brève impulsion artificielle à l'activité économique – engendre des distorsions inflationnistes. Ces distorsions finissent par atteindre un niveau tel qu'une action politique s'impose. L'action politique engendre des distorsions encore plus importantes, perpétuant le cycle intervention-distorsion selon une fonction en escalier. Ainsi, l'implication cumulative de l'État dans l'économie augmente toujours par à-coups, aboutissant à une mainmise quasi totale et à l'éclipse progressive des mécanismes du marché libre. 
 

 
 Se tromper de perspective 
 
H.L. Mencken affirmait que le peuple sait ce qu'il veut et mérite de l'obtenir, coûte que coûte. Dans cette optique, les commentateurs s'expriment aujourd'hui avec vigueur sur ce que l'État « doit » faire pour résoudre la crise du logement.
 
L'une des suggestions émane de l'American Enterprise Institute. Selon cet institut, un « plan Marshall » est nécessaire pour rendre les logements plus abordables et remettre le rêve américain sur les rails. « Une action audacieuse et visionnaire est indispensable », ou quelque chose d'approchant. C'est le genre de discours creux que la classe politique affectionne. 
 
Bill Pulte, l'idiot bedonnant directeur de la Federal Housing Administration (FHA) sous l'administration Trump, a proposé un prêt hypothécaire sur 50 ans pour dynamiser le marché immobilier. Les inconvénients évidents de cette idée ont déjà été justement soulignés, je ne les répéterai donc pas. Mais le postulat erroné sous-jacent devrait être clair : l'intervention de l'État sous couvert d'innovation ne pourra jamais égaler le libre marché lorsqu'il s'agit de créer une véritable prospérité. 
 

 
Dans une tentative plus discrète visant à réhabiliter le marché du logement, Pulte propose également des prêts hypothécaires « transférables ». Initialement confondus avec la possibilité de reprise de prêt (qui permet de conserver le prêt et les garanties en changeant d'emprunteur), les prêts transférables consistent à conserver le prêt et l'emprunteur en place tout en changeant les garanties. Autrement dit, cela permet aux propriétaires de transférer leur prêt hypothécaire sur une nouvelle maison qu'ils achètent. Ce type de manipulation bureaucratique a été ignoré jusqu'à présent par les marchés car il remet en cause l'un des principes fondamentaux du crédit : le lien entre un prêt et la qualité du bien mis en garantie. 
 
À l'instar du prêt hypothécaire sur 50 ans, la transférabilité n'a pas pour but d'améliorer l'accessibilité au logement, mais d'accroître le volume des ventes, exerçant ainsi une pression à la hausse sur les prix. 
 
Autre manœuvre cynique envisagée par l'administration actuelle : l'envoi de chèques aux personnes dont les revenus sont inférieurs à un certain seuil. Or, l'argent nécessaire doit être imprimé ou emprunté, ce qui aggrave la dynamique inflationniste déjà en place. Pire encore, cela rend les citoyens dépendants de l'État pour une nouvelle aide, érodant davantage leur autonomie déjà fragile. 
 
 
 
Intention de retrait 
 
 Ironiquement, l'équipe Trump a récemment levé les droits de douane sur le café, les bananes et d'autres produits alimentaires afin de lutter contre la hausse des prix induite par ces droits. L'administration a là trouvé une véritable solution à la crise du logement abordable, en annulant toutes les absurdités commises auparavant sous couvert de relance économique.
 
La suppression des réglementations dans le secteur du logement, par exemple, réduirait immédiatement les coûts de construction, diminuant ainsi directement le prix de revient pour un acheteur potentiel, toutes choses égales par ailleurs. Ces mesures pourraient être mises en œuvre d'abord au niveau fédéral, puis au niveau des États et des collectivités locales. 
 
De plus, la dissolution progressive de Fannie Mae et Freddie Mac – en commençant par l'arrêt de toute nouvelle garantie hypothécaire, de l'émission de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) et de toute autre forme de soutien fédéral aux acquisitions immobilières – permettrait au marché du logement de redevenir un véritable marché, et non plus une escroquerie dominée par l'État dont le contribuable serait le grand perdant. 
 
De manière générale, une réduction massive – voire une suppression – de l'État-providence améliorerait l'accessibilité financière pour tous en éliminant le besoin d'emprunts publics excessifs, de taxation excessive et de création monétaire. Le dollar américain cesserait ainsi de se déprécier inexorablement. 
 
Les taux d'intérêt artificiellement bas – étroitement liés à l'inflation monétaire et à la dépréciation de la monnaie – prendraient fin si la banque centrale se retirait et laissait les marchés décider quoi prêter, à qui, combien et à quel taux d'intérêt. 
 
 Malgré la clarté du lien de cause à effet des suggestions précédentes, les chances qu'une seule d'entre elles se réalise sont quasi nulles. La classe politique et son réseau de profiteurs avisés tirent un profit excessif du statu quo. Les Américains ne peuvent pas espérer changer cela par le seul biais des urnes. 
 
Les véritables solutions résident dans les sphères individuelle, familiale, communautaire, voire étatique, et permettent de contourner l'autorité fédérale. 
 
 
 Comprendre, par exemple, l'impact négatif de l'inflation monétaire sur l'intégrité personnelle est la première étape pour lutter contre cet impact en poursuivant des valeurs supérieures – et contraires – à celles inculquées par l'État. 
 
Développer ses compétences et son employabilité au fil du temps signifierait que gagner de l'argent dépendrait de l'expertise technique plutôt que de la capacité à rechercher la rente. 
 
Retirer les enfants du système scolaire public au profit d'alternatives – comme l'instruction à domicile – garantirait une enfance naturellement épanouissante et productive, sans les freiner par des années d'absurdités et de propagande. 
 
En renonçant aux plaisirs futiles et en évitant les dettes personnelles, on se passerait non seulement de l'aide de l'État ou de toute autre tierce partie, mais on éprouverait un sain mépris à leur égard. 
 
Considérer la politique avec lucidité – comme un exercice de conquête du pouvoir par l'usage d'un langage éloquent mais vide de sens – engendrerait un sentiment d'urgence à se détourner de tout système politique qui recourt à la force et à privilégier des relations exclusivement volontaires. 
 
Ces efforts, bien que subtils, constituent peut-être la seule échappatoire concrète à une autorité qui méprise manifestement ceux qu'elle gouverne.
 
Artis Shepherd est le fondateur et associé gérant d'une société de capital-investissement basée dans la région de Dallas-Fort Worth. Auparavant, il a travaillé pour un fonds souverain au Moyen-Orient, où il supervisait ses investissements dans l'hôtellerie en Europe, en Afrique et en Asie. Il est titulaire d'une licence en génie informatique et électrique de l'Université Purdue et d'un MBA de la Booth School of Business de l'Université de Chicago. Il publie des articles sur MTSObserver.substack.com.
 
 

 

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