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août 27, 2026

Devenir des machines ou rester vivants ? Suis-je devenu "techno-réac" ?

C'est aujourd'hui que sort le livre 'The Nerd Reich', ouvrage qui a eu une couverture impressionnante avant même sa publication. 
 
L'idée générale est qu'après les Etats Welphaliens, après l'affrontement de blocs, vient désormais une ère de confrontation entre les institutions démocratiques et les immenses puissances que représentent Musk et autres géants de l'IA. La thèse de Duran est que la démocratie est en train de prendre fin, remplacée par une dictature technologique. 
 
 
 
Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à ses travaux, il y a quelques années, lorsque j'écrivais "Comment les hippies dieu et la science fiction ont inventé Internet" puis plus tard "le péril IA" j'étais circonspect, me disant que ce n'est pas parce que Thiel, Musk et consorts ont des idées de néofascistes qu'existe nécessairement un plan pour prendre le pouvoir. Si rien ne dit que cela va arriver, le livre et le blog de Duran n'en sont pas moins franchement déstabilisants par leur capacité à montrer à quel point existe une stratégie délibérée. Thiel est présenté dans cet ouvrage comme le personnage central. Il "fait" Yarvin, lui donne tribune, comme il "fait" JD Vance (parfait inconnu jusque là), convertit Andreessen, etc. 
 
 
L'idée générale théorisée par Yarvin, est une convergence des luttes avec la base Maga pour prendre le pouvoir, déstabiliser l'État puis rompre cette alliance pour réellement mettre en place une dictature technologique. Ça paraît complètement délirant, mais n'en est pas moins très documenté, argumenté. Les conférences Reboot (2024, co-organisé par le monde de la tech d'une part et la Fondation Heritage)et les Natconf, (Grand-messes conservateurs) sont l'occasion d'entendre les promoteur de ces idées, en substance : la démocratie empêche l'accélération. Il faut donc un autre modèle. 
 
Quelqu'un de peu avisé pourrait observer : 
 
L'accélération certes, pour quoi faire ? 
 
Car ce qui transparaît, au delà des idées distordues, c'est celui de gens qui ont perdu tout intérêt pour l'acte désintéressé, qui n'accordent aucune importance pour ce qui ne se mesure pas, pour lesquels l'acte gratuit est vulgaire, l'altruisme doit nécessairement être "effectif". L'accélération en elle-même pour Thiel, pour aller sur mars pour Musk. 
 
N'y aurait-il pas tout ce pouvoir et tout cet argent à portée de main, accorderaient-ils la même importance à toutes ces technologies ? 
 
On peut en douter tant l'abondance radicale semble un aimable prétexte. 
 
Pardon d'être candide, mais s'ils avaient vraiment le sort de leur prochain à l'esprit, ne verrions nous pas tous ces tycoons puissamment investir dans des fondations caritatives ou, sur un autre plan, accorder de l'importance à la nature, se préoccuper du fait que ces technologies, sous leurs architecture énergétiques actuelles, accroissent sensiblement le réchauffement climatique, réchauffement qui touche en premier lieu les plus fragiles ? 
 
 Mais non. Leur préoccupations, fait observer un autre journaliste, Douglas Rushkoff, c'est bien de pouvoir continuer à payer leurs service de sécurité sur leurs iles bunkerisées, lorsque après l'effondrement, l'argent ne vaudra plus rien.
 
Je n'ai pas le souvenir d'avoir refermé un livre en ayant le sentiment que nous entrons à ce point dans un nouveau paradigme politique, du fait qu'une frange non négligeable du monde de la tech californienne est acquise à l'idée qu'il faut accélérer et que, pour accélérer, la démocratie est un problème. Il ne s'agit pas un épiphénomène : ceux qui défendent ces idées ont désormais une forte influence - économiquement, cognitivement et socialement - sur des milliards d'individus au travers de leurs plateformes. Une influence qui, selon l'auteur Gil Duran (exclu de X par Elon Musk pour avoir critiqué le manifeste de Alex Karp) , s'inspire du fascisme, ce qu'il développe longuement au début et au milieu de son ouvrage. Évidemment, c'est polémique. 
 
Mais il faut prendre le temps de lire cet ouvrage convaincant, parce que documentée par les déclarations des uns et des autres, parce qu' appuyée sur leurs références bibliographiques (The Sovereign Individual, The Cathedral...) et parce que cela met en exergue l'ampleur de la pénétration de ces idées dans le monde de la technologie. Et non, il ne s'agit pas de quelques esprits enfiévrés ; il s'agit d'individus parmi les plus grandes fortunes de ce monde, qui placent peu à peu leurs technologies, leurs agents dans différents systèmes politiques, économiques, sociaux... aux fins de faire tomber la démocratie et de faire advenir leur projet. Pour ceux qui en doutent, Il faut avoir à l'esprit que le Vice-président des USA ne serait pas là s'il ne défendait pas également ces idées, parmi d'autres. Il a reçu $ 15 millions de Thiel pour sa campagne et a été l'objet d'un lobbying efficace de la part du monde de la tech pour être le "ticket" de D. Trump 
 
Disclaimer : j'ai une profonde aversion pour le complotisme et je ne me serais pas permis d'écrire cela s'il ne me semblait pas que la dynamique est réelle, et déjà fortement engagée. 
 
La conclusion de ce livre est on ne peut plus claire : 
 
Nous ne pouvons plus nous permettre de demi-mesures. Il convient de construire un projet politique, avec en son coeur ce nouveau paradigme technologique. Si nous voulons construire un monde où les données ne sont pas exploitées contre les individus, où les algorithmes ne déforment pas le réel au profit de quelques-uns et où la richesse ne se concentre pas exclusivement entre les mains du capital, il va falloir comprendre ce qui est en train de se jouer. 
 
Cela pose des questions fondamentales : 
 
Avons-nous réellement besoin d'une société organisée autour de plateformes controlées tout au plus par quelques milliers de personnes à l'échelle de la planète ? 
 
La richesse de ces individus peut elle continuer d'être considérée comme acceptable lorsqu'elle appelle un pouvoir qui concurrence celui des Etats ? 
 
Faut-il inventer de nouvelles architectures économiques et numériques qui protègent les données privées — personnelles, culturelles ou industrielles ? 
 


Comment empêcher que certains de ces acteurs s'approprient des prérogatives qui n'ont, par nature, aucune raison de l'être, comme la monnaie ?
 
Dans le monde de l'IA, certaines des sociétés qui étaient au coeur de l'attention des investisseurs il y a seulement quelques trimestres peinent désormais à trouver des fonds (Inflection AI, Adept AI, voire dans une moindre mesure Stability AI), tandis que d'autres deviennent les nouvelles coqueluches des investisseurs (Thinking Machines Lab, Safe Superintelligence, Anysphere/Cursor, entreprises d'infrastructure / agents IA...). 
 
Il faut se souvenir de la première guerre des navigateurs (Microsoft, Netscape...) et des "portails" à la fin des années 1990 : 
 
Les investisseurs étaient convaincus que celui qui la gagnerait contrôlerait Internet. 
Puis le centre de gravité s'est déplacé. Pendant un temps, Cisco fut la société la plus valorisée au monde avec l'idée que « sans routeurs, pas d'Internet ». 
Puis vint Nokia, portée par la conviction que l'accès au Web passerait avant tout par le téléphone mobile. Ensuite, ce furent les moteurs de recherche, avec Google (face a MS), puis les plateformes sociales, le cloud puis les smartphones... 
 
Tout ça pour rappeler que ce qui est évident a un moment ne le reste pas forcément longtemps.


Le paradoxe de la productivité de l'IA est particulièrement bien expliqué dans cet article.
 
 
Si celle-ci croit de façon spectaculaire au niveau de la production de code (+300%), elle est deux fois moindre au niveau du code soumis à revue, et de "seulement" 30% au niveau du code implémenté. Une observation faite dans de nombreuses organisations et contextes différents. 
 
L'auteur de l'article observe cependant que cette faible productivite est probablement le fait d'un usage à cadre constant, c'est-à-dire sans prendre en compte les nouvelles architectures logicielles ainsi que les nouvelles méthodes de travai qu'induit l'agentique. En d'autres termes, c'est plus facile de développer de nouvelles technologies que de changer la culture dans laquelle celles-ci sont mises en oeuvre. 
 
 
Longtemps, je me suis situé dans le camp des techno-optimistes. 
 
Lorsqu'Internet est apparu dans les années 90, j'ai comme beaucoup pensé qu'il s'agissait d'un facteur essentiel de progrès pour l'ensemble de l'humanité. Et il a été un facteur de diffusion de la connaissance comme nul autre : les techniques sont plus rapidement adoptées, nos économies sont devenues plus efficaces, etc. 
 
Mais rares étaient ceux qui auraient alors pu énoncer qu'internet serait source de graves menaces sur la démocratie, qu'il serait un facteur de concentration sans pareil des richesses (il y a quinze ans, l'homme le plus riche du monde possédait de l'ordre de 60-70 milliards de dollars. aujourd'hui plusieurs d'entre eux ont, au moins momentanément, franchi le seuil des 300 milliards, tous issus du monde de la technologie), qu'il créerait d'importants enjeux de santé mentale, de cognition (ces deux derniers points à différencier l'un de l'autre), de cybersecurité, avec les conséquences que cela peut avoir dans le monde réel... 
 
On m'a rapporté récemment que certains disent que je suis devenu "techno-réac". 
 
Même si je trouve la définition assez injuste, je reconnais ne plus avoir un enthousiasme univoque à l'égard des technologies. 
Et puis, si moi j'ai probablement évolué, il me semble que beaucoup de ceux qui font la technologie ont eu ont énormément changé. 
 
Dans la Silicon Valley, contrer le techno-optimisme, être décroissant, a toujours été un peu comme s'auto-désigner hérétique face au tribunal du saint Office de l'inquisition au XVIème siècle. Peter Thiel le résume d'ailleurs très bien : sans explicitement le dire, il compare la nécessité de l'accélération comme une quête messianique, et quiconque conteste cela a tôt fait de se faire labelliser par lui d'antéchrist, comme l'ont été Greta Thunberg et Eliezer Yudkowsky. 
 
L'accélération y est devenue une fin en soi et l'IA est emblématique de cette accélération (certains suspectent qu'en souhaitant dépasser l'humain, ceux-là réglent leurs compte à tous ceux qui les ont renvoyé à leurs propres limites, leurs frustrations). 
 
Désormais quiconque s'oppose au progrès technologique, en particulier de l'IA est plus ou moins un ennemi de Yarvin, Thiel, Andressen, Sacks, représentant la sainte inquisition technologique connue pour son absolutisme, son rejet de la démocratie et leur souhait de voir advenir une dictature technologique... . 
 
 Je conçois qu'il n'y ait d'ailleurs pas que des inconvénients à cet absolutisme ; il a le mérite de maintenir une ferveur religieuse - Thiel ne s'y trompe d'ailleurs pas et utilise à dessein ce corpus théologique. 
 
Dans un livre à paraitre d'ici quelques jours, je me suis posé la question de la finalité de l'accélération : 
 
Est-ce que l'on sera plus heureux lorsque l'on vivra 120 ans ? 
Lorsqu'on aura tous un QI de 145 ? 
Lorsqu'on aura envoyé des humains sur Mars ? 
 
Ces questions ne sont jamais posées ; et pourtant elles ont une incidence directe sur notre réel : car c'est maintenant qu'il faut faire des choix de société forts.

Gilles Babinet 

 
@babgi 
Président de CaféIA. #IA 7 startups, 4 sorties et 7 livres Sur Linkedin désormais https://linkedin.com/in/gillesbabin




L’avertissement sur l’IA lancé par Bill Gates en trois points clés

Dans un essai de près de 6 000 mots, le milliardaire philanthrope appelle à réglementer l’IA et affirme qu’une coordination mondiale est nécessaire pour faire face à ses conséquences sur l’emploi, la sécurité et le bien-être 

Pour Bill Gates, les entreprises se ruent sur l’intelligence artificielle (IA) sans se soucier des répercussions colossales que la technologie aura sur le monde. Dans un texte publié mercredi sur son site Internet, il lance un avertissement sans concession sur les risques que l’IA fait peser sur l’emploi et la condition humaine.

« Même si toutes les conditions sont réunies, la transition vers l’ère de l’IA sera l’une des plus tumultueuses de l’histoire de l’humanité, prévient-il. Pour l’heure, personne ne s’y prépare : je ne vois aucun leader, aucun expert, ni aucune communauté s’intéresser correctement à ce problème. »

https://www.lopinion.fr/economie/lavertissement-sur-lia-lance-par-bill-gates-en-trois-points-cles

 


avril 02, 2026

LA FRANCE EN CHIFFRES - Avril 2026 !

83% des Français jugent que le bilan économique d'Emmanuel Macron est un échec. 

Le sondage porte notamment sur 8⃣ critères : pouvoir d'achat, retraites, croissance,… 

Dans ce fil, nous allons voir que certaines données expliquent le sentiment des Français


 

1⃣ Pouvoir d'achat : 

89% des Français jugent le bilan mauvais. En effet, malgré une inflation plus faible qu'ailleurs, l'évolution du pouvoir d'achat déçoit. En cause : la faible hausse des salaires. En France, la progression du revenu moyen est la plus faible de la zone euro



2⃣ Retraites : 
 
85% des Français trouvent que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'en deux quinquennats, aucun des projets de réforme du système de retraites n'aura été mis en œuvre, le dernier en date étant suspendu. Notre système reste l'un des plus coûteux au monde.
 

 
3⃣ Croissance : 
 
85% des Français estiment que le bilan est mauvais. Difficile de leur donner tort : la France a la 5e plus mauvaise croissance économique de la zone euro et même de l'UE, depuis 2017. Toutefois, nous ne connaissons heureusement pas la même crise que l'Allemagne.



4⃣ Fiscalité : 
 
81% des Français jugent le bilan mauvais. En réalité, depuis 2017 les prélèvements obligatoires ont augmenté moins vite que le PIB. Mais la France reste malgré tout le pays le plus taxé de la zone euro.
 

 
 
5⃣ Chômage : 
 
77% des Français trouvent le bilan mauvais. Pourtant le taux de chômage a nettement reculé, passant d'environ 9% à un peu plus de 7% aujourd'hui. Mais ce recul est clairement moins marqué que dans le reste de la zone euro, dont on devient l'un des mauvais élèves.
 



6⃣ Développement des entreprises : 
 
76% des Français trouvent le bilan mauvais. Oui, nous venons d'atteindre le plus haut niveau de défaillances d'entreprises jamais enregistré par la Banque de France.
 

 
Cela dit, les créations d'entreprises restent en hausse, même hors micro-entreprises. Ce qui peut aussi contribuer à la hausse les chiffres des défaillances. La question pouvait aussi être comprise de différentes manières, ce qui limite la confrontation avec les statistiques.
 
7⃣ L'attractivité de la France : 
 
69% des Français jugent le bilan négatif. Le concept "d'attractivité" est peu précis. S'il s'agit des investissements étrangers, on est certes passés de 27% à 29% du PIB, mais cet indicateur est-il vraiment gage de robustesse économique ? Les stocks cumulés de capitaux étrangers n'est que de 23% du PIB en Allemagne, contre 56% en Espagne, 60% au Portugal, et plus encore dans certains pays baltes ou en Hongrie.
 
Nouvelle preuve des difficultés que connaît l’économie française : les intentions d’implantation des chefs d’entreprises en France à horizon de 18 à 24 mois baissent de 18% entre 2024 et 2025. La crise pétrolière actuelle ne risque pas d’améliorer la situation. https://contrepoints.org/les-projets-dinvestissements-en-france-chutent-lourdement-18-en-2025/
 

8⃣ Le développement de l'innovation : 
 
68% des Français estiment que le bilan est mauvais. Il est vrai qu'on est le grand pays européen avec la plus mauvaise évolution de sa dépense de recherche et développement depuis 2017.


 
Cela dit, d'autres chiffres sont plus favorables, comme le Global Innovation Index, qui classe la France dans le top-15 depuis 2020. Sur cet item et les 2-3 précédents, les répondants expriment peut-être davantage leur ressenti général sur notre situation économique. Une situation finalement très bien résumée par la faible croissance du PIB français depuis 2017 : à quoi bon être "attractif" ou "innover" s'il n'y a aucune traduction concrète dans la création de richesses ?
 
Démographie : 
 
Nous vivons une réalité plus extrême que les scénarios extrêmes de l'INSEE publiés en 2021. 
- Beaucoup moins de naissances 
- Beaucoup plus d'immigration
 

 
🇫🇷🇪🇺 La France est contributrice nette à l'Union Européenne. 
 
Au total, elle lui donne 9,4 milliards d'euros de plus qu'elle n'en reçoit (PAC et subventions inclues).
 

Les derniers chiffres des comptes publics pour 2025 viennent d'être publiés. 
 
 Les 4⃣ choses à retenir dans ce fil 
 1⃣ La France sera encore sur le podium des pires déficits de la zone euro
 

 
 
2⃣ Notre déficit est toujours à un niveau élevé, à plus de 5% du PIB, mais est en recul de 0,7 points.




3⃣ Si le déficit a baissé c'est uniquement parce que les Français paient plus d'impôts, de taxes, et de prélèvements obligatoires. La dépense publique, elle, a augmenté.
 

 
 
4⃣ Conséquence directe des déficits, la dette publique a poursuivi sa folle augmentation : elle dépasse maintenant le niveau atteint en 2020 au plus fort de la crise Covid.
 

 
 
Dans un contexte économique tendu, avec la crise au Moyen-Orient, les déséquilibres des comptes publics mettent la France dans une situation périlleuse. La dernière grande réforme de notre système social remonte à 2023 et a été suspendue. Le budget 2026 repose sur des hypothèses fragiles. L'assainissement de nos comptes publics est une urgence. 

 
 
Hexagone - La France en chiffres 

@Hexagone_org
 
 
 
 

 
 
Il faut regarder la vérité en face. Notre Etat providence ne fonctionne plus et il n’est plus financé. La vérité, c’est que 60% de la dépense publique se concentrent sur les dépenses sociales, qui sont financées par une dette et un déficit aujourd’hui insoutenables.

février 13, 2026

Peter Thiel: La démocratie est incompatible avec la liberté et le capitalisme via Jacques Attali !

La Silicon Valley, l'Antéchrist et l'avenir de l'Europe. 

Pourquoi Peter Thiel, cofondateur de PayPal, Facebook et Palantir, est-il venu à Paris donner une conférence à l'Institut de France sur l'Antéchrist ? 

Selon cet Allemand, devenu citoyen américain après avoir acquis la nationalité néo-zélandaise, la démocratie est incompatible avec la liberté et le capitalisme. Pourtant, à ses yeux, les deux sont nécessaires au progrès scientifique et technique, qui permettra un jour à l'humanité de s'affranchir des contraintes de la rareté, d'atteindre l'immortalité et d'instaurer le Royaume de Dieu sur Terre. 

 


 

S'appuyant sur une lecture très personnelle des Évangiles, Thiel en déduit que tout ce qui entrave le progrès scientifique et technique mènera à la victoire du Mal absolu, qu'il nomme l'Antéchrist, et imposera à terme une gouvernance mondiale totalitaire, hostile au progrès, conduisant à une catastrophe planétaire, l'Apocalypse. 

En réalité, son analyse du concept d'Antéchrist est très superficielle. Il caricature à la fois la conception juive du rôle du Mal dans l'Histoire (selon laquelle le Mal est toujours temporaire et provoque toujours un sursaut salutaire) et la conception chrétienne (pour laquelle le Mal absolu, appelé Antéchrist, est un simulacre du Bien, promettant ordre, paix et sécurité, tout en détruisant en réalité la valeur principale, la liberté). 

Pour Thiel, toute tentative de gouvernance mondiale serait une manifestation de l'Antéchrist, car il s'agirait d'un pouvoir imitant le Bien, promettant le salut en échange de la soumission et niant en réalité la dignité humaine. Pour lui, comme pour nombre de ses pairs de la Silicon Valley, les gouvernements, quels qu'ils soient, ont déjà provoqué une stagnation scientifique et technologique de longue durée par leur ingérence, et nous devons maintenant nous en débarrasser afin de développer toutes les technologies sans entrave, en particulier celles qui contribueront à détruire les pouvoirs étatiques, les banques centrales et toutes les normes mondiales, financières et écologiques. Pour ces personnes, toute prudence face à l'innovation, toute limite à l'artificialisation et à la robotisation, sont inacceptables. 

Ce retour de l'Antéchrist via la Californie n'est ni folklorique ni fortuit : il est le symptôme de l'ambition démesurée d'un groupe social très puissant, celui des GAFA et de la Silicon Valley. Maîtrisant l'IA, les biotechnologies et les neurosciences grâce à des ressources financières quasi illimitées, ces individus s'arrogent désormais la légitimité de mener un projet civilisationnel et de donner un sens à la condition humaine. Ils empruntent donc le vocabulaire de la théologie et parlent d'innovations de rupture comme d'autres parleraient de miracles ; et de valorisations boursières comme d'autres invoqueraient des manifestations de la Providence. De cette manière, ils tentent habilement de mettre le retour de la religion à leur service. 

Confrontés à la difficulté de décrire simplement leur vision positive de la transcendance, leur Parousie, ils fondent leur théologie sur la dénonciation d'ennemis, qu'ils présentent comme les incarnations de mythes négatifs : l'Antéchrist, l'Apocalypse, l'Extinction, la Guerre finale. D'où la résurgence de la pensée de René Girard, pour qui l'Antéchrist est celui qui promet la paix par l'égalité des droits et des conditions de vie, et qui, au contraire, provoque une violence généralisée par une standardisation suicidaire. Ils exigent donc que nous nous résignions à toutes les inégalités, que nous remettions tout le pouvoir aux scientifiques, aux fabricants de nouvelles technologies et aux entrepreneurs capitalistes – autrement dit, à eux-mêmes. 

 En effet, si la Silicon Valley peut légitimement se targuer de contrôler désormais les flux financiers et informationnels, de définir la perception du réel et du vrai, et de s'accaparer une part croissante de ce qui était autrefois la souveraineté nationale, elle est incapable de répondre à une question simple : au nom de quoi agissons-nous ? Tout ce qu'elle sait, c'est que, pour beaucoup, le « progrès » ne suffit plus comme justification morale, puisqu'il engendre l'injustice et détruit la nature. Aussi, pour légitimer leur pouvoir, les maîtres de la Silicon Valley invoquent-ils la fin des temps et appellent à une lutte existentielle contre l'Antéchrist, figure choisie pour désigner l'État et ses dirigeants. En réalité, et plus prosaïquement, tout cela ne sert qu'à donner un vernis philosophique et religieux à leurs luttes économiques (réglementation contre innovation) et politiques (État contre technologues), et à transformer, par des transgressions constantes, un affrontement de pouvoirs en une lutte civilisationnelle. 

Ce n'est pas totalement absurde. Et leurs arguments ne sont pas dénués de fondement : la démocratie et le marché ne suffisent pas à définir un projet de société ; ce ne sont que des bricolages institutionnels ; ils ne peuvent offrir un idéal humain. Et si nous ne parvenons pas à les imprégner de valeurs bien plus élevées, ils seront tous deux emportés par l'individualisme tyrannique des puissants du numérique. 

Particulièrement en Europe : pour survivre, l'Europe ne peut se contenter d'une rhétorique technocratique.

Elle doit énoncer les valeurs qu'elle entend défendre, protéger et reconquérir. Le marché ne suffit pas à définir un idéal. La démocratie non plus : la notion de république ne saurait être généralisée aux pays européens qui ne le sont pas ; le patriotisme continental n'existe pas en tant que tel ; la civilisation judéo-chrétienne ne saurait constituer une valeur suffisante dans les pays laïques ; la seule protection du patrimoine matériel et naturel du continent ne saurait former un idéal inspirant. Il ne reste plus que la défense des droits sociaux, des droits humains et des libertés fondamentales, à laquelle il faut ajouter le goût du risque, le refus de la peur et une quête acharnée d'une souveraineté libératrice. 
 
Tel doit être l'idéal européen : ni Antéchrist ni Messie, simplement une sorte de paradis terrestre imparfait, qui doit se défendre, réparer les injustices dont il est encore accablé et élever son idéal. 
 
Jacques Attali 

 
est docteur en sciences économiques, diplômé de l'École Polytechnique et conseiller d'État. Conseiller spécial du président français François Mitterrand pendant dix ans, il est le fondateur de quatre institutions internationales : Action contre la Faim, Eureka, la BERD et Positive Planet. Jacques Attali est l'auteur de 86 ouvrages (dont plus de 30 consacrés à la prospective), vendus à plus de 10 millions d'exemplaires et traduits en 22 langues. Il est chroniqueur pour les quotidiens économiques Les Echos et Nikkei, après avoir également collaboré avec L'Express. Jacques Attali dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.
 
 
Image : L'Antéchrist écoutant les paroles de Satan, par Luca Signorelli. Les Actes de l'Antéchrist, vers 1505.

 

janvier 16, 2026

Français, soyons excellents ou nous disparaitrons et Sommes-nous prêts à payer le prix de la souveraineté ?! Jacques Attali

Français, soyons excellents ou nous disparaitrons !

Même le plus fieffé des optimistes ne peut nier que l’Europe, entourée de prédateurs, n’est pas à la hauteur des enjeux : on y travaille beaucoup moins qu’ailleurs, les retraités y sont mieux traités que les actifs, peu d’entreprises nouvelles y surgissent ; les innovateurs la quittent ; les entreprises étrangères y investissent très peu dans les domaines de pointe ; on y fait de moins en moins d’enfants ; on y forme beaucoup moins d’ingénieurs que sur tous les autres continents.  Et c’est particulièrement vrai en France, qui ressemble maintenant à un camion fou lancé dans une grande descente, avec quatre ou cinq chauffeurs sans permis se disputant le volant.


Sans aligner trop de chiffres, juste quelques-uns : quand la Chine consacre 9% de son PIB à la recherche et l’innovation, et l’Allemagne et le Japon plus de 3,5%, la France est, pour la première fois depuis 1981, en dessous de 2%. Quand le Japon et l’Allemagne, pays vieillissants s’il en est, consacrent 9, 5% de leur PIB au financement des retraites, la France y consacre 15% et bien plus si on tient compte de toutes les dépenses associées à l’âge.  En France, on part à la retraite trois ans avant les autres pays européens qui sont d’ailleurs en train d’augmenter encore l’âge de départ ; et près de la moitié de la dette publique française est liée à la mauvaise gestion des retraites, à un moment où le système scolaire est aux abois, les hôpitaux au bord de la faillite et où la natalité s’effondre, rendant impossible de financer durablement les retraites à leurs niveaux actuels. Quand l’Allemagne fait le plein de ses écoles d’ingénieurs, la France a le plus grand mal à trouver des candidats, et surtout des candidates, pour remplir les siennes. Quand les autres pays ont un gouvernement, avec un budget, des priorités claires et un horizon suffisamment éclairci pour que les entrepreneurs aient un peu envie d’investir, il faudrait être fou pour investir en France, pays qui n’a pas de budget, dont le gouvernement   abandonne ses rares  réformes  courageuses pour durer quelques jours de plus, où  tous les partis   se contentent de promesses démagogiques,  de  concessions insensées à tous les groupes d’intérêt,  où   on en  est à désigner des boucs émissaires , où  les palinodies d’un parlement balkanisé   participent d’un suicide collectif.  Et où il n’y a plus personne pour indiquer un cap et s’y tenir.

Pas étonnant alors que la démocratie, et les élites qui ont conduit à ce désastre, soient remises en cause ; et que beaucoup en viennent à penser qu’un gouvernement autoritaire, ou au moins illibéral, débarrassé des technocrates, ne ferait pas pire et au moins mettrait de l’ordre.  Pas étonnant non-plus que les partis qui prônent cela soient à la fois xénophobes, antieuropéens, nationalistes et populistes.

L’avenir est alors tout tracé : une victoire à venir du Rassemblement National, qui assumera la volonté de faire de la France un pays isolé, moyen, sans volonté d’excellence et de puissance, un pays qui se flattera d’être gouverné par des gens non diplômés parce que les super diplômés auront montré leur incompétence. Car le programme de ce parti se résume, quoique disent ceux qui le dirigent, à : « Plus d’impôt. Moins d’étrangers.  Moins de travailleurs.  Moins d’Europe. Moins d’excellence ». Sa mise en œuvre, applaudie par les retraités et par tous les nostalgiques d’une France imaginaire, ne fera qu’aggraver la crise financière du pays. Les élites en partiront, les investisseurs et les chercheurs étrangers en feront autant. La dette publique augmentera. Jusqu’à ce que les marchés, ou le FMI, ou Bruxelles, viennent rappeler le réel, comme ils l’ont fait à d’autres pays, qui y ont laissé la moitié de leur niveau de vie.

Et c’est ce qui attend la France dans moins de dix-huit mois. Par la faute de ceux qui n’ont pas eu le courage, depuis tant d’années, d’entreprendre les réformes nécessaires, en préférant jouir du pouvoir plutôt que de s’en servir pour porter plus haut le pays. Et de tous ceux qui, aujourd’hui, lâchement, rallient les puissants à venir, pour ne pas perdre leurs privilèges.

On a encore la possibilité de réagir. De ne pas se résigner. De ne pas prendre acte d’une étrange défaite.  De mettre en avant une jeunesse magnifique, qui ne demande qu’à se mettre au travail   et à s’ouvrir au monde, ; qui enrage de voir la place laissée aux rentiers de toutes nature, retraités ou employés  surnuméraires d’administrations pléthoriques, alors qu’on manque tant d’ingénieurs, de professeurs, d’infirmières, d’ouvriers qualifiés, de médecins, de policiers, de paysans, et de tant d’autres métiers vitaux pour l’avenir du pays  et en particulier pour affronter les problèmes environnementaux de demain.  Cela suppose des réformes courageuses. Par exemple, les retraités doivent accepter de voir leur part du revenu national baisser, et vivre en dépensant leur patrimoine, lorsqu’ils en ont un, et pas des impôts payés par ceux qui travaillent. Et il faut bien accueillir et très bien intégrer un grand nombre d’étrangers, soigneusement choisis, pour ne pas disparaître.

Il ne reste pas beaucoup de temps pour réagir. Pour donner le pouvoir aux plus jeunes. La réponse n’est sûrement pas dans les partis actuels, qui ne proposent rien et ne pensent qu’à continuer à profiter des prébendes publiques. Elle est dans un sursaut des entreprises, des associations, des syndicats, des chercheurs, des jeunes, des gens de bonne volonté, qui croient encore que la France et l’Europe doivent viser l’excellence et rester, pour cela, ouvertes au monde. C’est parmi eux que se trouvent les sources d’un éveil. En espérant qu’il ne tarde pas trop.

http://www.attali.com/societe/francais-soyons-excellents-ou-nous-disparaitrons/ 


Sommes-nous prêts à payer le prix de la souveraineté ?

Depuis quelques mois, chacun a compris l’importance de ne pas dépendre d’une source unique de produits agricoles, d’énergie, de matières premières, de composants, d’armement. Et de bien d’autres choses. Aux États-Unis, en Europe, en Chine, a commencé la chasse aux dépendances. Personne, nulle part en Occident au moins, ne veut plus se trouver en situation d’avoir besoin d’attendre l’accord des Chinois pour avoir les aimants nécessaires à son industrie automobile. Aucun industriel chinois ne veut plus dépendre des microprocesseurs graphiques et des plateformes de calcul fabriqués par Nvidia. Aucune entreprise américaine ne veut plus dépendre des Chinois pour les terres rares et les matériaux critiques. Les Européens réalisent la sujétion dans lesquels ils se sont placés en n’ayant aucun acteur sérieux dans les messageries numériques, les monnaies digitales, les centres de données et les matériaux critiques, sans compter leur vieille dépendance aux énergies fossiles venues d’ailleurs.  Aucun de ces pays ne veut dépendre d’autres pour se nourrir. Beaucoup de ces pays, pour d’autres raisons, souhaitent réduire leur dépendance à l’égard des travailleurs étrangers, sans qui, pourtant, la plupart des tâches essentielles, invisibles, sans laquelle aucune société ne pourrait fonctionner, ne seraient pas remplies.  Enfin, dépendance ultime, nous sommes souvent, consciemment ou non, dépendant de gens que nous laissons mourir pour nous, au travail ou au combat, sans trop vouloir les voir, parce qu’ils sont loin, porteurs de notre honte, combattants ukrainiens dans les tranchées du Donbass ou travailleurs ouïghours dans les ateliers de Shein.

Quel prix serions-nous prêts à payer pour échapper à ces dépendances ?

D’abord, la souveraineté est inflationniste. C’est très évident, quand elle se manifeste par des droits de douane, qui visent à réduire l’incitation à acheter des produits étrangers. Tout aussi évident quand il s’agit de se priver de travailleurs étrangers sur notre sol, ou des produits fabriqués par des travailleurs étrangers surexploités chez eux. Tout aussi évident quand il s’agit d’assurer la production des produits agricoles vitaux. Un peu moins évident quand il s’agit de diversifier nos sources d’approvisionnement en matériaux critiques, en terres rares, en composants électroniques, en microprocesseurs, en sources d’énergie fossile. Moins encore évident, mais tout aussi réel quand il s’agit d’investir pour se doter de ressources et d’usines sur le sol national recyclant des matériaux déjà utilisés, ou développant des sources nouvelles d’énergie, ou des installations de raffinage de matériaux très largement disponibles à l’état brut, mais raffinés pour l’essentiel aujourd’hui en Chine. Déjà, aux Etats-Unis, l’inflation revient, en raison de cette obsession antichinoise, principale menace à la souveraineté américaine, et en raison d’une politique anti-immigré faisant apparaitre la dépendance totale de l’économie américaine aux 31 millions de travailleurs nés à l’étranger, dont près de la moitié sont encore en situation irrégulière et dont dépendent toutes les industries et tous les services américains. On peut donc s’attendre à ce que la question de l’inflation, c’est-à-dire du pouvoir d’achat pèse plus que jamais dans les prochaines échéances électorales aux États-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe.

Ensuite, la souveraineté est fiscalement coûteuse : pour être souverain, il faut se lancer dans des investissements très lourds, que le secteur privé ne trouvera pas toujours utile d’initier. Il faudra en particulier que le secteur public insiste pour que se développent des centrales nucléaires, mobiles, grandes ou très grandes, qu’il fasse ce qu’il faut pour aider les entreprises privées à automatiser les productions qu’elles ne pourront plus sous-traiter à des travailleurs étrangers.  Plus généralement, il faudra que l’État intervienne plus activement par des réglementations pour inciter à consommer des produits locaux et pour imposer aux productions étrangères des barrières, tarifaires ou non. La souveraineté supposera des impôts supplémentaires ou des choix budgétaires exigeants.

Ensuite la souveraineté est géopolitiquement contraignante. Elle oblige à diversifier ses alliances, à multiplier ses sources d’approvisionnement, à prendre garde à ses ennemis, même parmi ses alliés.

Enfin, la recherche de souveraineté est militairement exigeante : Pour être réellement souverain, il faut que ses armements soient produits nationalement, ou au moins par des alliés fiables, ne pas dépendre d’eux, ou au moins pas d’un seul, pour les renouveler, pour disposer de pièces de rechange, et pour en avoir un droit d’usage plein et entier. Plus encore, il n’y a pas de véritable souveraineté sans préparation au combat. En clair, on ne peut pas être souverain, ultimement, si on n’est pas prêt à mourir pour la liberté de ses enfants.  Qui y est prêt, aux États-Unis, où plus grand monde veut accepter d’engager des troupes sur les théâtres extérieurs d’opération ?   En Europe, où l’idée de mourir pour Kiev ou Vilnius n’enthousiasme personne ? Sauf en Chine, ou le patriotisme semble encore indiscuté ?

Oui, la liberté a un coût. Mais elle rapporte aussi un bénéfice :  Sur le terrain économique, ce sont les nations ayant les premières pris conscience d’un risque de manque et ayant eu la force d’y répondre qui ont développé les technologies de remplacement de ces manques : Les Provinces-Unies, avec l’industrie des colorants, quand elles étaient trop dépendantes des céréales. La Grande-Bretagne avec l’industrie du charbon fossile, quand les sources d’énergie antérieures se sont taries.  Plus largement, la lutte contre les raretés, et la recherche de la souveraineté ont été à la source de la plupart des innovations majeures et des alliances des deux derniers millénaires ; elle peut   encore, aujourd’hui, conduire, en Europe, à un sursaut scientifique et technologique et au rassemblement   de nations comprenant que leur souveraineté   passe par un altruisme rationnel à l’égard de leurs alliés.

Mal pensée, la recherche de souveraineté conduira à la récession, à l’inflation, à la xénophobie, à la dictature et à la guerre, comme cela s’annonce dans toutes les tentatives national-populistes qu’on voit fleurir aujourd’hui   aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Bien pensée, la volonté d’être souverain peut être l’occasion de rapprochements entre voisins pour penser ensemble un monde plus dynamique, plus juste, plus innovant, plus durable, et plus pacifique.

Jacques Attali 

 Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

https://www.attali.com/economie-positive/sommes-nous-prets-a-payer-le-prix-de-la-souverainete/ 

 

 

 

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