Affichage des articles dont le libellé est Instabilité politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Instabilité politique. Afficher tous les articles

janvier 20, 2026

Turbulences politiques en France et en UK ! Enquête de Gallup/France

La crise politique en France ébranle la confiance dans les institutions
La dernière enquête de Gallup sur la France montre comment cette année de turbulences politiques a ébranlé la confiance dans les institutions. Aucun autre pays de l’UE n’a connu une plus grande baisse de confiance envers le gouvernement, la justice, les banques et l’honnêteté des élections que la France.
Beaucoup plus de personnes disent qu’elles aimeraient quitter définitivement le pays si elles en avaient l’opportunité, ceux qui manquent de confiance dans les institutions nationales étant bien plus susceptibles de vouloir migrer.
Et un grand merci à la brillante Sive Gaudy pour sa première signature !
https://lnkd.in/g72jpW8H


 La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants chutent ; l'envie de quitter le pays explose Dans le contexte politique turbulent qui règne en France, la confiance du public dans ses institutions s'érode et de plus en plus de personnes envisagent de partir. Le pourcentage de personnes souhaitant quitter le pays a plus que doublé au cours de l'année écoulée. 
 
Après des années de relative stabilité, la confiance dans le gouvernement national a chuté de 13 points de pourcentage pour atteindre 29 % en 2025, tandis que la confiance dans l'intégrité des élections a reculé d'autant, à 51 %. La confiance dans le système judiciaire a perdu neuf points, à 50 %, et la confiance dans les institutions financières a baissé de huit points, à 42 %, inversant ainsi des années de progression constante. Aucun autre pays de l'Union européenne n'a connu une baisse moyenne de confiance aussi importante envers ces quatre institutions en 2025 que la France. 
 

 
 
Cette forte perte de confiance dans les institutions françaises survient dans un contexte de bouleversements politiques majeurs. Depuis fin 2024, le président Emmanuel Macron a vu se succéder plusieurs Premiers ministres, chacun peinant à gouverner sans majorité parlementaire. Les propositions budgétaires ont systématiquement déclenché des motions de censure. La frustration populaire envers la classe politique et les coupes budgétaires envisagées a dégénéré en manifestations de rue – notamment lors du sondage Gallup de septembre, avec les plus importantes manifestations syndicales en France depuis la réforme des retraites de 2023. 
 
La cote de popularité de Macron chute à un niveau historiquement bas 
 
 La cote de popularité personnelle de Macron a également chuté cette année, atteignant un niveau historiquement bas de 28 %. C’est moins de la moitié du niveau enregistré lors de sa première année de mandat, soit 61 % en 2017. Malgré ce déclin significatif, la cote de popularité de Macron reste légèrement supérieure à celle de son prédécesseur, François Hollande, qui a terminé son mandat avec 19 % d’opinions favorables. 
 
Pour graphique allez au lien
 
 L’envie d’émigrer a plus que doublé 
 
 Dans un contexte de turbulences politiques, de plus en plus de personnes souhaitent quitter la France. Cette année, 27 % des adultes français déclarent souhaiter s'installer définitivement à l'étranger si l'occasion se présentait, soit plus du double du pourcentage enregistré l'an dernier (11 %). Bien que les données définitives du sondage mondial Gallup ne soient pas encore disponibles pour tous les pays en 2025, cette hausse de 16 points représente une progression annuelle relativement inédite à l'échelle mondiale depuis que Gallup a commencé à poser cette question en 2007. Parmi les adultes français qui souhaiteraient s'installer à l'étranger, les destinations les plus prisées sont le Canada (15 %), la Suisse (8 %), l'Espagne et l'Algérie (6 % chacune). 
 
Pour graphique allez au lien  
 
Le désir de quitter la France est étroitement lié à la confiance dans les institutions. Ceux qui expriment leur confiance en une seule ou aucune des cinq institutions nationales étudiées sont beaucoup plus susceptibles de déclarer qu'ils s'installeraient définitivement dans un autre pays si l'occasion se présentait (49 %), comparativement à ceux qui ont un niveau de confiance plus élevé dans les institutions nationales. 
 
Pour graphique allez au lien 
 
 Les inquiétudes liées à la corruption atteignent un niveau record depuis dix ans. 
 
Parallèlement à la baisse de la confiance dans les institutions nationales et à la diminution des taux d'approbation, la perception de la corruption a augmenté cette année. En 2025, 68 % des adultes français estiment que la corruption est généralisée au sein du gouvernement, soit une hausse de 13 points par rapport à l'année précédente. Si la perception de la corruption au sein du gouvernement par les Français est ancienne, le pourcentage actuel de ceux qui partagent cet avis égale le précédent record de 2015. 
 
 La perception de la corruption dans les entreprises françaises (53 %) a également progressé cette année, bien que dans une moindre mesure que celle de la corruption au sein du gouvernement. Cela suggère que le public perçoit la corruption en France comme nettement plus politique et répandue cette année que l'an dernier. 
 
 Cette augmentation au cours de l'année écoulée intervient dans un contexte de forte médiatisation de plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités politiques soupçonnées de corruption.
L'ancien président Nicolas Sarkozy a été condamné pour financement illégal de campagne, et Marine Le Pen a été interdite de se présenter à une fonction publique pour détournement de fonds européens. 
 
 Des préoccupations similaires se sont étendues au gouvernement actuel, où la ministre de la Culture, Rachida Dati, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ont chacun été mis en cause pour corruption ou visés par des plaintes dans des affaires distinctes, alimentant ainsi le débat public sur la responsabilité politique.  
 
Le pessimisme économique persiste 
 
 Le pessimisme économique reste profondément ancré en France, deuxième économie de la zone euro. En 2025, environ un adulte français sur cinq (21 %) estime que l'économie locale s'améliore, tandis que 67 % pensent qu'elle se détériore, un chiffre stable par rapport à 2024. 
 
Au cours de la dernière décennie, la France a figuré parmi les pays les plus pessimistes de l'OCDE quant à l'état de son économie. Depuis 2015, seule la Grèce affiche un pessimisme moyen plus marqué que la France parmi les pays de l'OCDE.
 
Pour graphique allez au lien 
 
Le mécontentement des Français envers leurs institutions, leurs dirigeants et leur économie reflète sans doute les défis économiques croissants auxquels le pays est confronté. La France affiche l'un des déficits les plus importants du monde développé, et ses dépenses publiques, en pourcentage du PIB, dépassent celles de toute autre économie avancée. 
 
Au cours de la dernière décennie, la productivité a fortement chuté, érodant les recettes fiscales et creusant encore davantage le déficit. Ces difficultés économiques ont alimenté l'instabilité politique récente, les échecs répétés à faire adopter des lois de finances contribuant à la fréquente instabilité des Premiers ministres. 
 
 En résumé 
 
L'année d'instabilité politique que traverse la France se reflète dans le moral de la population. La confiance dans les institutions et la popularité des dirigeants ont chuté, la perception de la corruption a augmenté et l'optimisme économique reste rare. De plus en plus de personnes déclarent vouloir quitter définitivement le pays si elles en avaient l'occasion, notamment celles qui n'ont plus confiance dans les institutions nationales. 
 
Malgré les difficultés répétées à former un gouvernement stable – avec trois Premiers ministres depuis le sondage Gallup de 2024 – Emmanuel Macron continue de faire face aux pressions internes. Son mandat présidentiel s'achève en mai 2027. Son successeur aura pour mission de regagner la confiance du public, érodée vers la fin de son mandat. 
 
 

Restez informé(e) des dernières analyses en suivant @Gallup sur X et sur Instagram. 
Pour connaître la méthodologie complète et les dates précises des enquêtes, veuillez consulter les détails de l'ensemble de données par pays de Gallup. Apprenez-en davantage sur le fonctionnement du sondage mondial Gallup.
 
 

L’instabilité chronique du gouvernement Macron 

Un faux gaulliste qui devrait démissionner

Le 20 janvier 2026, lors des débats sur le budget à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a une nouvelle fois dégainé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote la première partie du budget 2026.

 


 

Cette décision, prise « avec regret et amertume », illustre parfaitement l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement Macron, minoritaire et contraint de forcer le passage pour survivre.

Mais au-delà de cette manœuvre constitutionnelle, c’est toute la présidence d’Emmanuel Macron qui est mise en accusation : un dirigeant qui se prétend gaulliste mais qui, par son entêtement, alimente une instabilité politique inédite. Il est temps qu’il démissionne, dans un véritable geste gaullien, pour redonner la parole au peuple et sortir la France de cette paralysie.

Un budget passé en force : symbole d’un pouvoir faible

Le recours au 49.3 n’est pas une nouveauté sous Macron, mais il devient un rituel qui masque l’absence de majorité stable. Lecornu, fidèle macroniste, avait promis d’abandonner cet outil pour privilégier le dialogue, mais face à l’opposition unie de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), qui ont annoncé des motions de censure, il a capitulé. Ce « semi-succès, semi-échec », comme il l’admet lui-même, n’est que le énième épisode d’une crise qui s’éternise depuis les législatives de 2024, où aucun bloc n’a obtenu de majorité absolue. La France entame 2026 sans budget stable, avec un déficit contenu à 5% du PIB sur le papier, mais au prix d’une instabilité qui pèse sur l’économie et les citoyens.

Cette situation n’est pas un accident : elle découle directement des choix de Macron, qui a dissous l’Assemblée en 2024, menant à un tripartisme paralysant entre gauche, centre et extrême droite.

À Davos, le président tente de se poser en défenseur du droit international face à Donald Trump, mais chez lui, il bafoue l’esprit parlementaire en recourant systématiquement au 49.3, un outil conçu pour l’exception et non pour la routine. Les Français, préoccupés par cette instabilité, méritent mieux qu’un exécutif qui survit par des artifices constitutionnels.

Macron, le « Gaulliste » qui refuse le geste gaullien

Emmanuel Macron se plaît à se draper dans l’héritage gaulliste, mais ses actes le trahissent. En 2025, après la chute de gouvernements successifs comme ceux de Bayrou ou Lecornu, des voix même au sein de la droite, comme Jean-François Copé, l’ont appelé à un « geste gaullien » : démissionner pour programmer une élection présidentielle anticipée. Copé, maire de Meaux, a insisté : « Emmanuel Macron doit avoir un geste gaullien et programmer sa démission. » Un écho au départ du général de Gaulle en 1969 après un référendum perdu, pour préserver les institutions.

Pourtant, Macron s’accroche, balayant les appels à la démission issus de tous bords – RN, LFI, et même certains alliés comme Édouard Philippe. « Je ne quitterai pas l’Élysée avant la fin de mon mandat », répète-t-il, préférant une « année utile » en 2026 marquée par des « grands chantiers » illusoires.

Cette obstination n’est pas gaulliste ; elle est macroniste : un mélange d’arrogance et de déni qui transforme la Ve République en un régime dysfonctionnel.

En refusant de partir, Macron fragilise les institutions qu’il prétend défendre, alimentant une crise démocratique inédite.

Le collaborationisme des socialistes, verts et républicains : priorité aux postes

Pire encore, cette instabilité est prolongée par le collaborationisme opportuniste de partis comme les socialistes (PS), les Verts (Écologistes) et Les Républicains (LR), qui ne pensent qu’à conserver leurs postes et privilèges. Après les législatives de 2024, Macron s’est tourné vers les socialistes pour élargir sa base, reconnaissant implicitement leur rôle dans un « socle commun » pour survivre. Olivier Faure, patron du PS, s’en est félicité, voyant dans cette ouverture une reconnaissance que le PS « était capable de porter un nouvel espoir ».

Mais ce n’est que du calcul : les socialistes, affaiblis, préfèrent des alliances de circonstance avec Macron plutôt que de risquer une dissolution qui pourrait les balayer.

Les Verts, menés par Marine Tondelier, jouent le même jeu. Partie prenante du Nouveau Front populaire en 2024, ils ont vite négocié avec l’Élysée pour des postes, comme lors des consultations pour un nouveau gouvernement. Quant aux Républicains, ils posent des conditions pour participer au gouvernement Lecornu, menaçant de fronde mais finissant souvent par collaborer pour des miettes de pouvoir, comme Bruno Retailleau l’a illustré en critiquant un Premier ministre « proche de Macron » tout en restant dans le jeu.

Ce « collaborationisme » – terme fort mais approprié – n’est motivé que par la survie personnelle. Ces partis, jadis opposés, se rallient à Macron pour éviter des élections où le RN, donné favori, pourrait les submerger. Ils trahissent ainsi leurs électeurs, prolongeant une instabilité qui profite à l’exécutif en place au détriment du pays.

Vers une sortie de crise : démission et retour aux urnes

La France ne peut plus tolérer cette farce. Avec un gouvernement qui utilise le 49.3 comme béquille et des partis complices obsédés par leurs postes, l’instabilité sous Macron atteint des sommets. Un vrai gaulliste saurait partir pour préserver la République. En démissionnant, Macron permettrait une présidentielle anticipée et une dissolution, redonnant la voix au peuple. Sans cela, 2026 sera une année perdue, marquée par des crises budgétaires et une paralysie institutionnelle. Il est temps de tourner la page de ce macronisme essoufflé.

https://multipol360.com/linstabilite-chronique-du-gouvernement-macron/ 

 


 

Chasser ce riche que je ne saurais voir

« Il faut faire payer les riches ». Au Royaume-Uni, cette politique provoque un exil massif. Les recettes s’effondrent, au point de risquer de doubler les impôts de 25 millions de contribuables. Un avertissement pour la France, où la tentation revient avec insistance dans le débat public.

Le Royaume-Uni n’en finit plus de rompre avec ses héritages. Après son divorce avec l’Union européenne, c’est la dernière page du thatchérisme qui est en train de définitivement se tourner. La suppression du régime fiscal propre aux « non-domiciliés », à savoir les étrangers fortunés résidant au Royaume-Uni (mesure datant de 1799), a été doublement détricotée : en mars 2024 par le chancelier de l’Échiquier (l’équivalent du ministre des Finances) conservateur, Jeremy Hunt, décidant de l’extinction de ce régime à partir d’avril 2025, puis par sa successeure travailliste, Rachel Reeves, qui en a profité pour y ajouter un volet sur les droits de succession. Preuve qu’outre-Manche également, la passion pour la fiscalité transcende les clivages partisans.
 
Les résultats ne se sont pas fait attendre : le Royaume-Uni aurait perdu 10 800 millionnaires en 2024 selon le cabinet Henley & Partners, et près de 16 500 en 2025, devenant ainsi le premier pays du monde en termes d’exil de millionnaires. Une hémorragie qui ne fait que commencer : la banque UBS estime que le pays pourrait perdre jusqu’à 500 000 millionnaires d’ici 2028. Un comble pour un pays longtemps considéré comme la principale terre d’accueil des plus fortunés.
 

 
Les conséquences de ce « Wexit » (pour exil des riches) sont déjà observables. L’essayiste Robin Rivaton rappelle ainsi que c’est toute une chaîne qui est concernée, avec des effets en cascade : baisse de 45 % de la valeur des maisons « prime » de Londres, départs de magnats industriels comme Lakshmi Mittal, Nik Storonsky (fondateur de Revolut), Nassef Sawiris (première fortune d’Égypte) ou encore Guillaume Pousaz (fondateur de Checkout.com), baisse de 14 % des demandes de personnel domestique très haut de gamme, baisse du nombre d’élèves internationaux en internat de 14 % et fermeture de 57 écoles indépendantes.
 
Le Trésor britannique a en outre estimé que chaque départ de millionnaire coûtait 460 000 livres par an à l’État, soit la contribution fiscale annuelle d’environ 50 contribuables. Si les estimations de la banque UBS sont correctes, il faudrait donc doubler les impôts de 25 millions de contribuables anglais pour ne serait-ce que combler les pertes engendrées par cet exil !
 
La leçon anglaise est brutale pour eux, mais précieuse pour nous. Prenons-la comme un ultime avertissement pour stopper la folie fiscale qui s’est emparée de notre pays.
 
Alors que les économistes de gauche, apôtres d’une forte augmentation de la fiscalité sur le patrimoine (Gabriel Zucman et Thomas Piketty en tête), ne cessent d’ânonner que leur potion fiscale ne provoquera aucun exil, les économistes sérieux documentent cet effet depuis de nombreuses années, démontrant que « trop d’impôt tue l’impôt » et que le réel finit toujours par se venger.
 
La fin de ce régime fiscal devait théoriquement rapporter 34 milliards de livres sterling en cinq ans, mais l’exil qu’il provoque pourrait coûter , et conduire à la suppression de plus de 40 000 emplois, selon l’Adam Smith Institute.
Un effet similaire à celui observé en Norvège ces dernières années, où l’augmentation de la fiscalité sur le capital réalisée en 2021 (dans une mouture similaire à la taxe Zucman) devait rapporter 141 millions d’euros par an. Or, elle a en réalité généré de 433 millions d’euros et provoqué une fuite des capitaux à hauteur de 52 milliards d’euros.
La France n’est pas en reste avec sa risible « taxe sur les yachts », produit purement idéologique dont les gains étaient estimés à 10 millions d’euros par an, alors que son rendement réel a été d’à peine (soit 160 fois moins), provoquant un exil quasi total des bateaux de luxe dans notre pays (il n’en resterait plus que cinq aujourd’hui), cassant toute l’économie et les emplois inhérents.

La fiscalité, un édifice fragile

La fiscalité est similaire à un Kapla, ce jeu de construction et d’adresse pour enfants où de fins bouts de bois doivent être empilés pour réaliser une structure verticale. L’ajout d’une pièce supplémentaire risque à chaque fois de faire basculer l’ensemble de l’édifice et de détruire tout l’ouvrage.
 
Alors que le vote d’une nouvelle taxe ou l’augmentation d’un impôt devrait se faire d’une main tremblante, assurée par des études d’impact évaluant les effets à attendre à moyen et long terme, les élus ne prennent plus aucune précaution, motivés par l’idéologie et la nécessité de répondre à ce qu’ils estiment être la demande de l’opinion. Si cette mécanique aveugle et brutale a fonctionné ces quarante dernières années pour les pays occidentaux, le double ralentissement démographique et économique les oblige à accélérer la cadence pour assurer le financement du fonctionnement d’États-providence de plus en plus déficitaires. Et dans un environnement où les personnes sont encore libres de leurs mouvements, tout alourdissement de l’imposition ne fait qu’inciter les personnes ciblées à placer leurs actifs dans des environnements moins propices au braconnage fiscal.
 
Un pays qui chasse ses riches est un pays qui s’appauvrit. Moins de fortunés induit moins de ressources pour développer l’investissement et favoriser l’innovation, moins de recettes pour financer les politiques publiques incontournables et surtout un effacement de l’habitus entrepreneurial dans un pays qui, en plus de perdre ses riches, perd des exemples à suivre pour ceux qui aspirent à le devenir.
 
En somme, cette politique revient à casser la machine à produire de la prospérité partagée et à offrir ses ressources intellectuelles et entrepreneuriales à d’autres pays plus attractifs, renforçant ainsi de futurs concurrents économiques.
 
Dans la compétition mondiale qui se joue entre les grandes zones économiques, l’Europe fait le choix mortifère d’alourdir des prélèvements obligatoires déjà très imposants, dans un contexte où la productivité et la démographie chutent, pour tenter de maintenir artificiellement l’idée que la générosité d’un modèle social est un horizon indépassable. Sans une remise en cause complète de ce modèle, et la définition d’une nouvelle matrice fiscale ambitieuse donnant la priorité à l’investissement, au risque et à l’innovation, le Vieux Continent endossera le rôle de proie de pays dynamiques à l’appétit insatiable.
 
 

 

 

 
 
 

novembre 08, 2025

Qu'est-ce qui se passe en Belgique ?

Belgique : une tempête économique et politique s’abat sur le royaume

Le paysage politique et économique de la Belgique, souvent perçu comme un havre de stabilité au cœur de l’Europe, cache une réalité bien plus agitée. Ce petit royaume, voisin discret de la France, est réputé pour ses artistes, sa gastronomie et son humour bon enfant, mais rarement pour les inquiétudes qu’il suscite.

Pourtant, les mauvaises nouvelles s’enchaînent : records de faillites, blocages dans les rues et les aéroports, procédure pour déficit excessif, et une dette souveraine dégradée par les agences de notation.

Derrière les stéréotypes de bandes dessinées, de gaufres et de bières accompagnées de frites, la Belgique traverse une période de turbulences intenses, marquée par des tensions identitaires, une croissance fragile et un gouvernement instable.


 

Un pays fragmenté : trois régions, trois identités

La Belgique est une mosaïque complexe : une fédération composée de trois régions principales – la Flandre au nord, néerlandophone et économiquement dynamique ; la Wallonie au sud, francophone et plus dépendante des transferts fédéraux ; et Bruxelles, capitale cosmopolite et enclavée, majoritairement francophone mais bilingue. Ce modèle fédéral, une monarchie constitutionnelle parlementaire, est dirigé par un roi symbolique, Philippe, décrit comme discret et attaché à l’unité nationale. Géographiquement, elle représente un carrefour entre l’Europe germanique et romane, abritant le siège de l’Union européenne et de l’OTAN, symboles de sa « neutralité » historique.

Pourtant, les tensions entre Flamands et Wallons n’ont jamais été aussi vives. Le mot « sécession » est désormais prononcé ouvertement, particulièrement en Flandre, où le parti nationaliste N-VA, dirigé par Bart de Wever – aujourd’hui Premier ministre –, prône une plus grande autonomie. Des scénarios hypothétiques évoquent une partition : une Flandre indépendante, une Wallonie résiduelle potentiellement unie à Bruxelles sous un « Wal-Brux« , ou même un district européen pour la capitale. Une telle rupture entraînerait une redistribution chaotique de la dette et des ressources, avec des impacts comparables aux dissolutions post-yougoslaves, menaçant la stabilité de l’UE elle-même.

Un héritage industriel en péril

Historiquement, la Belgique a brillé comme une puissance industrielle. Au XIXe siècle, elle surpassait le Royaume-Uni en exportations de fonte et d’acier, grâce à ses ressources en charbon. Aujourd’hui, elle abrite des champions mondiaux comme AB InBev, le plus grand brasseur planétaire avec 56 milliards d’euros de ventes annuelles, ou des entreprises comme UCB (traitements contre l’épilepsie) et Solvay (chimie). Le port d’Anvers, deuxième d’Europe, reste un atout logistique majeur.

Malgré cela, l’économie belge affiche une croissance modeste de 1,3 % en 2025, avec un chômage historiquement bas, mais masque des fragilités profondes.

Le pays commerce principalement avec ses voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), rendant sa croissance vulnérable aux crises européennes comme la dette ou l’énergie. L’inflation érode le pouvoir d’achat, les salaires indexés augmentent les coûts du travail, et la dépendance aux énergies fossiles (62 % de la consommation) expose à l’instabilité géopolitique.


 

Une crise économique amplifiée par la dette

Les indicateurs alarmants s’accumulent : un record de faillites depuis cinq ans, des infrastructures vieillissantes et des investissements publics en retard. La dette publique flirte avec 106 % du PIB, et le déficit atteint 5,2 % en 2024, projeté à 5,5 % en 2025-2026. En juin 2025, Fitch a dégradé la note souveraine à A+, citant un déficit croissant et des préoccupations budgétaires persistantes. La Belgique est sous procédure de déficit excessif par la Commission européenne depuis juin 2024, exigeant des réformes pour ramener le déficit à 2,5 % d’ici 2026.

La croissance repose désormais sur la demande intérieure, mais les exportations stagnent face à la faiblesse des partenaires allemands et français. Des milliers de PME ferment, étouffées par une fiscalité lourde et des coûts énergétiques élevés.

Instabilité politique et réformes contestées

Le gouvernement fédéral, formé après les élections de 2024, est un « mille-feuilles » institutionnel avec des coalitions régionales divergentes. Bart de Wever, indépendantiste flamand, incarne ces fractures : la Flandre réclame plus d’autonomie, tandis que la Wallonie défend la solidarité nationale. Bruxelles, sans gouvernement stable depuis plus d’un an, joue les arbitres.

Les négociations budgétaires pour 2026 sont dans l’impasse, avec un délai accordé jusqu’en décembre pour éviter un effondrement gouvernemental. Les réformes proposées – relèvement de l’âge de la retraite, impôt sur les plus-values au-delà de 10.000 euros, et fin des allocations chômage à vie (une exception belge) – visent à économiser 10 milliards d’euros d’ici 2029. Ces mesures, incluant une limitation des allocations à deux ans (un an pour les jeunes), sont jugées « historiques » par de Wever, mais elles déclenchent une vague de contestation.

Manifestations et colère sociale

En octobre 2025, des dizaines de milliers de Belges sont descendus dans les rues pour une journée d’action nationale, émaillée de violences avec la police. Les grèves ont paralysé les aéroports de Bruxelles et Charleroi, annulant des centaines de vols et affectant 70.000 voyageurs. Les syndicats protestent contre une austérité perçue comme inéquitable, craignant une hausse de la pauvreté et une chute de la consommation. Sur les réseaux, les débats font rage, certains évoquant une « crise politique » comparable aux impasses françaises ou néerlandaises.

 


 

Perspectives : un automne gris, mais des atouts persistants

L’automne 2025 s’annonce sombre : ciel gris, routes saturées, trains en retard, pouvoir d’achat en berne et prix de l’énergie élevés.

Les agences de notation scrutent les finances belges, et un éclatement du pays serait une crise majeure pour l’Europe. Pourtant, la Belgique n’a pas dit son dernier mot. Son tissu industriel solide, ses universités et sa position stratégique au cœur de l’Europe offrent des ressources pour rebondir. Elle a survécu à des occupations, des crises économiques et sanitaires par le passé.

La loi de finances 2026, attendue sous peu, cristallise les espoirs de redressement, mais son impopularité risque d’attiser les tensions. Pour les voisins français, à deux heures de la frontière, un voyage à Bruges ou Bruxelles reste une invitation à découvrir un pays riche en paradoxes, mais accueillant. La situation belge nous concerne tous : un État fondateur de l’UE en péril pourrait ébranler le continent entier.

https://multipol360.com/belgique-une-tempete-economique-et-politique-sabat-sur-le-royaume/

 


 

 

octobre 10, 2025

Oubliez la politique - L’attraction du vide: Jacques ATTALI !

Peut-on imaginer la France sans gouvernement efficace jusqu'en mai 2027, dans un monde de plus en plus dangereux où les décisions vitales pour l'avenir du pays ne peuvent plus attendre ? 

Voilà ce qui nous attend, quel que soit le scénario. Et cela peut paraître terrifiant. Car les décisions à prendre au cours des dix-huit prochains mois sont vertigineuses. Il y en a au moins dix :

 


 

1 - Allons-nous voir les déficits et les inégalités de toutes sortes continuer à se creuser pendant encore dix-huit mois, ou agirons-nous pour les réduire ? 

2 - Laisserons-nous la récession s’installer et le chômage augmenter, ou nous donnerons-nous les moyens d’une politique de croissance durable ? 

3 - Laisserons-nous les géants américains et chinois ruiner l’industrie française et européenne en inondant nos marchés de vêtements bon marché, de produits agricoles non conformes à nos normes, de leurs applications dévastatrices de l’intelligence artificielle et de leurs véhicules électriques, ou réagirons-nous ?

4 - Laisserons-nous notre système éducatif à la dérive, ou lancerons-nous les grandes réformes nécessaires ? 

5 - Donnerons-nous la priorité aux énergies fossiles, ou maintiendrons-nous la fragile priorité des énergies durables ? 

6 - Prendrons-nous au sérieux les conflits actuels ou imminents, exigeant un renversement radical de nos doctrines militaires et de nos priorités en matière d’armement, ou continuerons-nous à commander les armements nécessaires aux guerres d’antan ? 

7 - En l'absence d'une voix française, allons-nous laisser la logique du marché continuer à faire des ravages en Europe, notamment dans l'agriculture et les télécommunications, ou allons-nous nous diriger vers une Europe industrielle en construisant des géants continentaux ? 

8 - Allons-nous rester les bras croisés face à la prise de contrôle progressive des instances européennes par nos partenaires allemands, ou allons-nous faire entendre une voix française forte et respectée ? 

9 - Allons-nous laisser la laïcité continuer à être remise en question, ou allons-nous assurer une protection crédible aux enseignants, qui sont en première ligne de cette défense ? 

10 - Allons-nous laisser le racisme gangrener nos universités et nos rues, et creuser le fossé entre les différentes communautés, ou oserons-nous adopter une politique d'intégration ambitieuse ?

 


 

Quoi que nous fassions, au cours des dix-huit prochains mois, de nouvelles décisions seront prises sur ces questions. Tant que la France se trouvera dans une position institutionnelle très fragile, quel que soit le scénario envisagé : 

1 - Nous maintiendrions ce Parlement, avec plusieurs gouvernements très faibles, à la recherche du plus petit dénominateur commun d'une majorité improbable. 

2 - Après une dissolution, un autre Parlement également divisé conduirait également à des gouvernements très faibles.

3 - Après une dissolution, une nouvelle majorité parlementaire émergerait, probablement composée de l'extrême droite et de quelques alliés. Après la démission du président, un nouveau président serait élu dans les mois à venir. Dans les quatre scénarios, l'État serait très affaibli : dans les deux premiers scénarios, celui d'un parlement sans majorité absolue, l'État serait, et est déjà, très largement paralysé, incapable de faire les choix difficiles exigés par les questions précédentes. Dans le troisième scénario, celui de la cohabitation, l'État serait également paralysé : le président, s'accrochant obstinément à ses prérogatives, bloquerait la volonté de la nouvelle majorité de mettre en œuvre une politique européenne et militaire différente, qui, à notre connaissance, serait hostile à l'alliance allemande et favorable à une alliance russe. Il ne serait cependant pas en mesure d'imposer la sienne, la politique européenne étant désormais entièrement imbriquée dans la politique intérieure. De plus, dans chacun de ces trois scénarios, pendant dix-huit mois, tous les partis ne penseraient qu'à préparer l'élection présidentielle de mai 2027 ; Ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir, au pouvoir comme dans l'opposition, pour ne proposer ni prendre aucune décision susceptible de heurter la sensibilité, ni entreprendre les réformes nécessaires, après tant d'années de laxisme et de narcissisme, se contentant de flatter l'opinion publique en colère. 

Et ne pensons pas que nous pourrons nous rattraper après mai 2027 : les choix importants auront été faits par d'autres et imposés à la France.

 


 

Dans le quatrième scénario, où le Président serait bientôt contraint à la démission, son successeur se trouverait immédiatement sur un siège éjectable, car on pourrait penser qu'il pourrait lui aussi être éjecté à la moindre tempête. Sa voix ne serait pas plus audible à l'étranger que celle d'un Premier ministre soumis à la tyrannie des urnes, et l'institution présidentielle serait définitivement discréditée. 

Dans ces quatre scénarios, les seuls possibles, l'État sortirait de ce mandat présidentiel terriblement affaibli. Nos adversaires et partenaires profiteraient de notre faiblesse pour faire avancer leurs causes. On ne peut pas leur en vouloir : en politique, il n'y a jamais de trêve ; on tire sur les ambulances. Et la France est un homme blessé. 

Ainsi, puisqu'aucun des quatre scénarios n'est le bon, on ne peut qu'espérer que les entreprises, les syndicats, les enseignants, les hauts fonctionnaires, les personnels de santé, les régions, les élus locaux et les militants associatifs apprennent enfin, pour la première fois dans l'histoire de France, à ne pas tout attendre de l'État. Ni d'une classe politique en perdition, qui pourrait peut-être, pour la première fois depuis quarante ans, consacrer les dix-huit prochains mois à réfléchir à une vision à long terme pour le pays et, le moment venu, proposer des programmes complets et sérieux pour les prochaines élections. Conformément à la tradition et à l'histoire françaises, ces programmes devraient reposer sur l'opposition d'une gauche et d'une droite démocratiques. On peut rêver. 

https://www.attali.com/en/geopolitics/forget-politics/ 

                                           Image : L’Appel du Vide de Gretchen Andrew, 2018.
 

L’attraction du vide.

Il est des moments, dans la vie publique comme dans la vie privée, où les peuples et les individus se laissent glisser vers l’abîme. Non pas parce qu’ils l’ont voulu, mais parce qu’ils ont cessé de vouloir autre chose ; par lassitude, par résignation, par ce mélange d’impuissance et de fascination qu’éprouve celui qui, appuyé sur une balustrade, est pris de vertige et ne voit plus d’autre issue que de se laisser glisser ; comme si le vide, parce qu’il tend les bras, devenait plus rassurant que l’effort pour y résister. C’est ce vertige du vide, cette étrange complaisance avec la fatalité, qui semble aujourd’hui gouverner tant de nos comportements collectifs. Et trop souvent, aussi, nos comportements les plus intimes.

À l’échelle planétaire, nous savons depuis longtemps où conduit notre course effrénée : vers l’effondrement écologique. Nous en connaissons les causes, nous en connaissons les remèdes ; et pourtant, nous ne faisons presque rien. Nous continuons à brûler, à polluer, à détruire, comme si l’humanité tout entière était hypnotisée par le spectacle de sa propre disparition, fascinée par la beauté morbide de l’incendie qui commence.

À l’échelle européenne, le même vertige s’installe. Nous voyons les empires se comporter avec nous comme si nous n’étions plus pour eux qu’une proie. Nous voyons se figer la machine bruxelloise, engluée dans sa propre lourdeur. Nous voyons les équilibres politiques continentaux se dissoudre dans des compromis minimalistes, sans cesse remis en cause par des extrêmes qui, patiemment, tissent leurs toiles et aspirent vers eux les colères et les peurs des peuples.

A l’échelle française, le même vertige s’annonce, plus visible encore, tout aussi cruel. Comme si nous avions collectivement admis que l’extrême droite n’aurait plus comme adversaire que l’extrême gauche, et serait bientôt au pouvoir. Comme si, par ailleurs, nous avions accepté l’infériorisation de certaines femmes dans certaines communautés, où des hommes se considèrent eux-mêmes comme infériorisés par le reste de la société ; et  comme si nous nous résignions à ce que de jeunes juifs ne puissent plus aller à l’université sans être agressés et que des artistes juifs ne peuvent plus se produire dans des salles françaises.

Le spectacle politique ne fait rien pour nous détourner de ce vertige : l’extrême gauche, antisémite par calcul, obsédée par le rejet de tout ce qui est succès et réussite, préfère effrayer que rassembler ; les partis de gouvernement, qui, il n’y a pas si longtemps encore, portaient des projets et des idées, se sont « autopulvérisés » en une poussière d’egos ; avec des leaders plus nombreux que leurs militants, des ambitions plus vastes que leurs visions. Les débats parlementaires, trop souvent dérisoires et hurlants, révèlent une classe politique à bout de souffle, incapable d’imaginer une voie pour maîtriser la dette autrement que par des impôts insupportables.

Tout cela ne fait que préparer à l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite, suivie par une crise financière majeure, elle-même suivie d’un plan de rigueur extrême, qui frappera en priorité, comme toujours, ceux qui travaillent et qui croient encore à la promesse républicaine. Déjà, nombre d’entre eux, riches ou non, songent à partir ; et quand, dans un pays, les élites du travail songent à l’exil, c’est que ce pays a déjà commencé, dans son inconscient, à renoncer à maîtriser son avenir.

Les médias, souvent sans en avoir conscience, amplifient cette attraction du vide ; ils donnent plus souvent la parole à ceux qui exposent les souffrances et les catastrophes qu’à ceux qui expliquent comment les prévenir ; ils glorifient la plainte et la victimisation, invisibilisent le travail, le mérite et le succès. Le malheur devient un  spectacle, la misère un facteur d’audience. Chaque soir, les écrans dressent le portrait d’une France fracturée, épuisée, apeurée, amère, qui se regarde vieillir dans le miroir déformant de ses propres renoncements. Une France effrayée par les immigrants clandestins, assiégée pas ses doutes, incapable de défendre sa laïcité, repliée sur une identité qu’elle ne connaît plus, parce qu’on a cessé de la lui enseigner.

Faut-il s’y résigner ? Non. L’attraction du vide n’est pas une fatalité.

Il faudrait d’abord ne plus regarder vers le gouffre, mais vers le haut ; cesser de confondre la marge et la norme, donner plus d’audience à ceux qui construisent qu’à ceux qui détruisent ; admirer la grandeur, la beauté du travail bien fait, la noblesse du service public, la fierté de l’artisan et du chercheur, la valeur du professeur, du soignant, de l’ingénieur, de l’inventeur, du paysan ; montrer leurs visages trop souvent invisibles. Il faudrait aussi écouter tous les jeunes, souvent venus de quartiers délaissés, qui créent, entreprennent, s’intègrent, rêvent d’un futur durable, harmonieux et rassemblé. Il faudrait redonner leur place aux bonnes nouvelles : aux découvertes scientifiques qui émerveillent, aux inventions qui allègent la peine, et aux progrès sociaux ; ils annoncent tous que la douleur peut reculer, que la misère n’est pas éternelle, que le climat peut être régulé, que l’agriculture peut devenir régénérative, que l’alimentation peut devenir saine, que les villages ne sont pas condamnés à se vider de leurs habitants, que la barbarie, même la plus atroce, n’est pas irréversible.

Tant qu’on continuera, à glorifier la plainte, à moquer la réussite, à mépriser l’effort, à nier les succès, le vide gagnera du terrain.

L’espérance n’est pas naïveté : elle est d’abord une méthode de survie. La politique n’est pas qu’un art du pouvoir : elle est, d’abord, un art du récit. Les peuples avancent non par la peur du gouffre, mais par la promesse du sommet.

Il faut alors, d’urgence, réécrire une histoire commune où chaque citoyen trouvera sa part de lumière ; une histoire qui ne dise pas ce que nous sommes résignés à perdre, mais ce que nous pouvons gagner. Cette histoire ne naîtra pas d’un homme providentiel, mais d’une nation éveillée. Il n’est pas trop tard.

https://www.attali.com/societe/lattraction-du-vide/ 


 

septembre 18, 2025

Dégradation de la notation de la France : le symptôme d’un système en déroute

La France, jadis fière de son rang économique et politique en Europe, traverse une tempête dévastatrice qui culmine avec la récente dégradation de sa note souveraine par l’agence Fitch Ratings. Le 12 septembre 2025, l’agence a abaissé la notation de la dette publique française d’un cran, passant de AA- à A+, un coup dur qui relègue l’Hexagone au rang de « mauvaise élève » du continent.


Ce n’est pas un simple ajustement technique : c’est un signal d’alarme sur la fragilité d’un État paralysé par l’instabilité politique, une dette galopante et une gouvernance erratique.

Derrière cette décision se profile le portrait d’un président, Emmanuel Macron, dont les choix – de la valse des Premiers ministres à un bellicisme effréné – creusent un fossé abyssal avec le peuple français. Cet article décrypte les rouages de cette notation, ses enjeux, et dénonce une présidence qui, au lieu de protéger la nation, semble la précipiter vers le chaos.

Les agences de notation : un mécanisme impitoyable qui évalue la confiance

Pour comprendre l’importance de cette dégradation, il faut d’abord en saisir le fonctionnement. Les agences de notation comme Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s sont des entités privées qui évaluent la solvabilité des États, des entreprises ou des collectivités. Elles attribuent des notes allant de AAA (risque minimal) à D (défaut de paiement), basées sur des critères quantitatifs et qualitatifs : niveau d’endettement, croissance économique, stabilité politique, et capacité à rembourser. Une note élevée comme AA- signifie une « très bonne qualité » avec un faible risque de défaut ; A+ reste solide mais signale une vulnérabilité accrue.

Pourquoi cela compte-t-il tant ? Une bonne note permet à un pays d’emprunter à bas coût sur les marchés financiers, essentiels pour financer les déficits budgétaires. En France, la dette publique avoisine les 114,1 % du PIB au premier trimestre 2025, soit plus de 3.345 milliards d’euros. La dégradation par Fitch fait grimper les taux d’intérêt : le 15 septembre, le rendement des obligations françaises à 10 ans s’établissait à 3,49 %, un écart record avec l’Allemagne. Cela alourdit les charges d’intérêt – déjà estimées à 60 milliards d’euros par an – et pourrait ajouter des milliards supplémentaires, au détriment des services publics, de l’éducation ou de la santé. Pire, si Moody’s (revue prévue le 24 octobre) ou S&P suivent le mouvement, la dette française pourrait sortir de la catégorie « investment grade core », repoussant les investisseurs prudents et amplifiant la spirale.

Fitch pointe explicitement deux facteurs : un déficit structurel à 5,4 % du PIB en 2025, loin des 3 % exigés par l’UE, et une « instabilité politique » qui entrave les réformes. La France n’est plus dans le club des AAA nord-européens (Allemagne, Pays-Bas) ; elle rejoint la Belgique et l’Estonie au niveau A+, tandis que l’Espagne et le Portugal, eux, voient leurs notes améliorées grâce à une gestion plus rigoureuse. Ce n’est pas une fatalité : c’est le prix d’une gouvernance qui privilégie les postures aux actes concrets.


L’absence de gouvernement : une valse des premiers ministres qui paralyse l’économie

Au cœur de cette dégradation trône l’absence criante d’un gouvernement stable. Depuis la dissolution ratée de l’Assemblée nationale en 2024, la France est en proie à une instabilité chronique qui évoque les années 1930. Le 8 septembre 2025, le gouvernement de François Bayrou, nommé en juillet comme quatrième Premier ministre en deux ans sous Emmanuel Macron, a été renversé par un vote de confiance massif : 364 voix contre, 194 pour. Bayrou, artisan d’un plan d’austérité pour juguler la dette, n’a pas tenu face à une Assemblée fragmentée et à une opposition unie contre les coupes budgétaires.

Cette « valse des Premiers ministres » – Attal, Barnier, Bayrou, et maintenant un intérim incertain – n’est pas un accident.

C’est le fruit d’une stratégie macronienne : dissoudre pour imposer une majorité artificielle, échouer, et recommencer. Résultat ? Un pays ingouvernable, comme le titre La Revue de Presse Internationale de Radio France du 9 septembre : « La France est-elle devenue ingouvernable ? » Sans gouvernement, le budget 2026 est en suspens, les réformes bloquées, et les marchés nerveux. Macron, affaibli sur la scène internationale, voit son autorité érodée : la chute de Bayrou le place « en première ligne pour sortir de l’ornière », dixit Les Échos.

Cette paralysie n’est pas anodine. Elle amplifie la dette en empêchant toute consolidation fiscale. Et qui paie ? Les Français, avec des taux d’emprunt qui grimpent et une croissance anémique. La crise politique de 2024-2025, véritable « tourbillon institutionnel », marque un point de non-retour : la Ve République craque sous le poids d’un président qui refuse de lâcher prise.

Le refus de démissionner : un entêtement face à la colère populaire

Malgré cette débâcle, Emmanuel Macron s’accroche au pouvoir comme à une bouée percée. Les sondages sont accablants : en septembre 2025, sa cote de confiance plonge à 15-17 %, un record d’impopularité depuis 2017, pire qu’à l’ère des Gilets jaunes. Près de deux tiers des Français (65 %) appellent à sa démission immédiate, selon un sondage Ifop (certainement sous-estimé) pour Sud Ouest du 5 septembre. À droite comme à gauche, les voix s’élèvent : les Républicains exigent une présidentielle anticipée, le RN accentue la pression lors de sa rentrée à Bordeaux et demande un retour aux urnes alors qu’ils ont refusé de voter sa destitution.

Pourtant, Macron exclut toute démission, refusant même une dissolution supplémentaire. « Même la démission d’Emmanuel Macron ne résoudra pas la crise », ironise Courrier International du 9 septembre, soulignant un président « sans pouvoir » mais têtu. Sur X, les réactions fusent : « Macron ne se contente plus d’ingérence : il flirte avec la belligérance », reflétant une exaspération populaire. Un autre utilisateur dénonce un « discours délirant, manipulatoire » pour masquer ses échecs.

Cet entêtement n’est pas du courage : c’est de l’inconscience. Face à une pression « très forte du peuple », comme l’attestent les manifestations post-Bayrou, Macron préfère ignorer les urnes. Il incarne une élite déconnectée, prête à tout pour perdurer, au risque de fracturer la nation.

L’incapacité à conduire les affaires : priorité à l’UE au mépris du souverainisme français

Pire que l’instabilité, l’incapacité de Macron à « conduire les affaires de l’État » se manifeste par une soumission obsessionnelle à l’Union européenne.

Les Français ont voté « non » à la Constitution européenne en 2005 (54,7 %), un rejet clair de la technocratie bruxelloise. Pourtant, Macron, auto-proclamé « européen convaincu », brade la souveraineté nationale au profit de l’UE. La dette française ? Disciplinée par les règles budgétaires européennes, qui imposent des coupes sans égard pour les spécificités hexagonales. L’instabilité politique ? Elle affaiblit l’UE entière, comme s’inquiète Euronews du 5 septembre : « Quelles conséquences pour l’UE ? »

Macron priorise l’intégration européenne – mutualisation de la dette, défense commune – au détriment des Français. Son plan pour l’Ukraine, financé par des milliards d’euros publics, illustre cette dérive : la France verse sans compter, tandis que les hôpitaux ferment et les retraites s’effritent. Ce n’est pas de la gouvernance : c’est de la vassalisation. Le peuple, qui a dit « non » en 2005, paie aujourd’hui les pots cassés d’un président qui ignore le référendum comme un caprice historique.


Le bellicisme délirant de macron : un danger mortel pour les Français

Au-delà de l’économie, le vrai péril réside dans le bellicisme délirant de Macron, qui expose les Français à des risques existentiels. Depuis 2022, il agite le spectre d’une guerre avec la Russie, promettant des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine et envisageant l’envoi de troupes françaises – jusqu’à 40.000 soldats, postés à 80 km du front. Le 5 mars 2025, il déclare : « Jamais depuis 1945 la liberté n’avait été autant menacée », annonçant 6,5 milliards d’euros supplémentaires pour l’armée, portant le budget à 64 milliards annuels d’ici 2027. Des drones, de l’IA, de la guerre cybernétique : un « plan de guerre » qui transforme la France en base OTAN.

Ce n’est pas de la défense : c’est de la provocation. Macron « dramatise » et « provoque », s’agace Hervé Morin en mars 2025. Sur les réseaux sociaux, beaucoup s’agacent : « Macron prend des décisions graves sans consultation du peuple pour provoquer un incident avec la Russie et rester au pouvoir », d’autres soutiennent qu’Emmanuel Macron veut envoyer les Français à la mort. Henri Guaino (député et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy), quant à lui alerte : « C’est le ton qu’on emploie dans un pays au bord de la guerre. »

Les dangers ? Une escalade nucléaire, des sanctions auto-infligées qui ruinent l’économie française (déjà en « économie de guerre »), et une mobilisation forcée qui sacrifierait la jeunesse pour des « fantasmes technocratiques ». Macron, « l’incarnation du diable sur terre » pour certains, joue avec le feu pour distraire de ses échecs domestiques. 

La France n’est pas menacée par la Russie, mais par un président qui rêve d’héroïsme au prix du sang français.

Il est pourtant très facile de s’en convaincre : la Russie est grande comme quatre fois l’Europe et peu peuplée (8,5 hab./km²) comparée à l’UE (environ 106 hab./km²); de plus, elle est maintenue dans une russophobie patente qui créerait bien des soucis à un éventuel appétit russe : à quoi bon ?

Le fossé abyssal avec le peuple : un rejet total

Ce bellicisme n’est que la pointe de l’iceberg d’un fossé qui se creuse entre Macron et le peuple. Sa popularité, à 17 % en septembre selon Elabe, est un effondrement historique. Les Français le voient comme « hors-sol » et totalement déconnecté de leurs préoccupations.

Ce rejet n’est pas conjoncturel : c’est structurel. Macron méprise le « peuple » qu’il théorise comme une « masse à éduquer ». Résultat ? Une France divisée, où les banlieues s’embrasent et les ruraux se sentent abandonnés. Son « petit air de démission » gagne même la droite, note L’Express.

Un rejet international : macron, le paria des dirigeants

À l’étranger, Macron est affaibli : la chute de Bayrou le rend « architecte du déclin français », titre Le Monde du 9 septembre. Ses relations ? Tendues avec Donald Trump, distantes avec Xi Jinping, et conflictuelles avec Vladimir Poutine. Même avec Merz, les frictions sur la défense européenne persistent. Au Shangri-La Dialogue en mai dernier, il alerte sur un « ordre mondial en risque », mais sans alliés solides. Avec Luiz Inácio Lula da Silva, les tensions sur le Mercosur persistent encore, avec une visite à l’Élysée qui a tourné à l’humiliation pour Macron, loin d’un renforcement des liens avec le Brésil. Macron, rejeté par « la plupart des dirigeants », paie son atlantisme forcené et son impérialisme résiduel.

Vers une démission inéluctable ?

La dégradation par Fitch n’est qu’un symptôme d’une présidence en lambeaux. Instabilité, bellicisme, soumission à l’UE, rejet populaire : Macron a transformé la France en otage de ses ambitions. Le peuple, qui a voté « non » en 2005 et crie « démission » en 2025, mérite mieux qu’un chef qui risque la guerre pour masquer ses ruines.

https://multipol360.com/degradation-de-la-notation-de-la-france-le-symptome-dun-systeme-en-deroute/

 À lire aussi:

l’Europe s’asphyxie dans une inflation normative ! La bureaucratie est devenue un impôt caché sur l’innovation ! 

Le nœud coulant de la dette....Or et Patrimoine !

 


Dégradation de la note Fitch : la classe politique incapable ou impuissante ?

Deux spécialistes de la finance reviennent sur la manière dont les responsables politiques ont réagi à la dégradation de la note française par l’agence Fitch. Selon ces experts, la séquence illustre le manque de connaissances économiques de ceux qui nous gouvernent et la sclérose institutionnelle de la France.

Le 12 septembre, trois jours après son arrivée à Matignon, Sébastien Lecornu hérite d’un dossier épineux de plus à gérer. L’agence Fitch a abaissé la note de la France de AA- à A+. Une nouvelle étape qui fait du pays le mauvais élève de l’Europe. En 2013, la seconde puissance économique de l’UE avait encore son triple A. Douze ans plus tard, la note a reculé de quatre crans. La situation est avant tout le reflet d’une impuissance de la classe politique à rétablir l’équilibre des comptes publics. Engoncée dans des querelles d’appareil, coincée dans une pensée unique et dans des certitudes, peu formée à l’économie, il est peu probable qu’elle puisse renverser la table.

La faute à la chute de Bayrou ?

Il suffit de se pencher sur les déclarations des principales figures de l’opposition pour constater le problème. Sitôt la note connue, Jean-Luc Mélenchon a fustigé François Bayrou et critiqué sa décision de demander un vote de confiance à l’Assemblée nationale : "Il a provoqué la note Fitch en dévalorisant la France comme premier ministre sur les marchés pendant quinze jours".

Une fake news en bonne et due forme reprise par une grande partie de l’opposition. Les agences de notation annoncent des mois à l’avance la publication de leurs rapports et le vote de confiance n’a pas été déterminant. Moody’s se prononcera le 24 octobre et Standard & Poor’s le 28 novembre.

"Les marchés s’attendaient à cette dégradation depuis des mois et l’agence avait déjà annoncé une perspective défavorable. Si François Bayrou était resté en poste, rien n’aurait changé puisqu’aucune mesure forte n’avait été prise ces derniers mois", pointe l’économiste Nathalie Janson, professeur associée d’économie au sein du département Finance à Neoma Business School. Un avis partagé par Alexis Karklins-Marchay, entrepreneur et essayiste, qui souligne le côté "attendu" de la dégradation. "La France avait des taux d’intérêt à dix ans trop élevés par rapport à sa notation, ça ne collait pas", complète-t-il. Si le bail de François Bayrou à Matignon n’a pas amélioré la situation, c’est surtout parce qu’il incarne l’instabilité politique. Or, les marchés ont horreur de la valse des gouvernements et de l’incertitude qu’elle engendre.

"Les marchés s’attendaient à cette dégradation depuis des mois et l’agence avait déjà annoncé une perspective défavorable. Si François Bayrou était resté en poste, rien n’aurait changé puisqu’aucune mesure forte n’avait été prise ces derniers mois"

L’instabilité sanctionnée

"Parmi les pays qui voient leur note abaissée, l’instabilité est une raison qui revient souvent", explique Alexis Karklins-Marchay qui cite notamment les cas de la Belgique ou de l’Italie. Or, c’est bel et bien le contexte politique de l’Hexagone avec, notamment, quatre premiers ministres en un an qui a incité Fitch à sanctionner la France. Dans son rapport, l’agence souligne que "la chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre la fragmentation et la polarisation croissante de la politique intérieure". Selon elle, "cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en œuvre une consolidation budgétaire d’ampleur". En clair, il était improbable que l’exécutif tienne sa promesse de ramener le déficit public sous la barre des 3 % en 2029, comme cela avait été initialement promis. Et cette impuissance se paie cash.

Culture de la dépense

Si l’instabilité est un facteur aggravant, il y a peut-être pire. Même si un gouvernement avait été stable et avait pu s’appuyer sur une large majorité, il est probable qu’il ne serait pas parvenu à tenir ses promesses pour des raisons politiques.

Pour redevenir AAA+ ou, à défaut, pour mettre fin à la dégringolade, les responsables politiques n’ont pas le choix, ils doivent améliorer l’efficacité de l’État et stimuler le tissu économique : "C’est possible, cela a été fait par l’Espagne, le Portugal, l’Italie avec à la manœuvre des gouvernements qui peuvent être de gauche ou de droite", observe Alexis Karklins-Marchay.

Mais, en France, ces réformes structurelles sont vues comme de l’austérité ou du libéralisme. Dans notre pays, ces deux mots sentent le soufre et un responsable politique qui ose les prononcer est cloué au pilori par ses pairs, la majorité des médias et, par extension, l’opinion. Mieux vaut donc faire le dos rond et "refiler la patate chaude" au gouvernement suivant qui agira de même. Cette procrastination peut se comprendre, estime Nathalie Janson : " La dette française reste un placement sûr, il y a une stabilité de la demande des titres français qui se placent à des taux qui demeurent relativement faibles. En outre, la BCE a un mécanisme qui permet d’acheter la dette des pays membres pour éviter que les spreads de taux ne soient trop dispersés". Dès lors, pourquoi engager des réformes impopulaires ? Après tout, nous sommes too big to fail.

Pourquoi engager des réformes impopulaires ? Après tout, nous sommes too big to fail pensent de nombreux élus

"Chez nous, le mantra de la classe politique est “je dépense donc je suis”", déplore Alexis Karklins-Marchay, qui appelle à changer de logiciel. D’après lui, le fait de s’opposer au dogme en vigueur devrait être vendu à l’opinion comme une solution qui permettrait de "rendre de l’argent aux Français". "Ce discours commence à infuser dans plusieurs partis, par exemple chez Renaissance avec Guillaume Kasbarian, chez Horizons avec Christelle Morançais ou chez LR avec David Lisnard", se réjouit-il. Pour le moment, les choses changent lentement.

 Le poids des médias et de l’enseignement supérieur

Les coupables ? L’enseignement supérieur et les médias, estiment à l’unisson les deux experts interrogés. De plus en plus, nos élus sont formés dans des facultés de sciences sociales ou des instituts d’études politiques. L’enseignement prodigué a tendance à donner une mauvaise image du secteur privé, à mettre en avant des économistes keynésiens, au détriment d’autres écoles d’économie.

Cela explique les biais dans les politiques publiques, les réflexes pavloviens dans les prises de parole, mais aussi une certaine incompétence sur les sujets économiques. "Éric Coquerel, qui dirige la commission des Finances du Palais Bourbon, ne comprend pas la différence entre la richesse réelle et la richesse liée à des actions par nature volatiles. Il confond la valeur et le chiffre d’affaires, c’est incroyable !", s’indigne Nathalie Janson. Les connaisseurs des arcanes du monde de l’entreprise se souviennent également de l’audition de Florent Menegaux, patron de Michelin, devant une commission parlementaire. Le capitaine d’industrie a été contraint d’expliquer le b-a-ba de la trésorerie ou de la gestion d’une entreprise à des députés peu au fait de certaines notions de base.

Cette méconnaissance ruisselle également dans les médias où les journalistes ont la même formation, ou déformation, que leurs anciens condisciples engagés en politique. "La conséquence de tout cela, c’est que les économistes qui ont leur rond de serviette dans les médias, notamment publics, sont presque tous des keynésiens de gauche, comme Thomas Piketty, Thomas Porcher ou Gabriel Zucman", se désole Alexis Karklins-Marchay qui déplore une "anesthésie de l’opinion publique". Il n’est pas le seul à être sur cette ligne. Lors de la REF, Nicolas Dufourcq, président de BPIFrance, avait exhorté les dirigeants d’entreprise à prendre d’assaut les médias. Si l’on en juge par la composition des plateaux d’émissions liées à l’économie et à la politique, il n’a pas encore fait d’émules…

Lucas Jakubowicz: https://www.decideurs-magazine.com/politique-societe/62277-degradation-de-la-note-fitch-la-classe-politique-incapable-ou-impuissante.html

 


 

 

Powered By Blogger