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avril 20, 2026

Les nouvelles internes de FRANCE !

Sommaire:

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ? 

C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

 


 

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

Dans une interview explosive diffusée ce vendredi 17 avril 2026 sur la chaîne Tocsin, Christophe Morel, figure historique des Gilets Jaunes, revient sans filtre sur l’état du mouvement et la crise profonde que traverse la France. Face à l’animateur, il martèle un message clair : 

les Gilets Jaunes n’ont pas disparu, ils se sont transformés, et le système tout entier doit être remis en cause.

Les Gilets Jaunes : toujours là, mais plus discrets

Interrogé sur l’atmosphère du mouvement et les appels à une nouvelle mobilisation (notamment dans le Nord ce week-end), Christophe Morel explique que les Gilets Jaunes sont loin d’être morts. Si les grandes manifestations de 2018-2019 ont diminué en nombre, le mouvement perdure sous des formes plus décentralisées :

« Juste parce qu’on ne parle plus d’un mouvement, ça ne veut pas dire que ce mouvement n’existe plus. »

Il cite les dizaines de ronds-points encore occupés, les associations, les collectifs et même un syndicat des Gilets Jaunes. La répression passée a poussé le mouvement à devenir plus discret, mais il reste très actif sur le terrain et sur les réseaux sociaux. « Les Gilets Jaunes sont bel et bien sur les ronds-points », insiste-t-il.

Soutien total aux combats du quotidien

L’interview bascule ensuite sur les images en direct de la ferme Soulet en Ariège, où des citoyens protestent contre la vaccination obligatoire des animaux. Christophe Morel apporte un soutien sans équivoque :

« Les Gilets Jaunes ont cette particularité… d’être du côté de toutes les luttes pour la justice, la dignité, le bien commun de tous et contre tous les abus d’autorité de cette oligarchie. »

Le Gilet Jaune devient pour lui un symbole universel : contre l’injustice, l’inégalité et l’autoritarisme.

Un système « non viable » et condamné d’avance

Christophe Morel pointe du doigt l’explosion des prix du carburant – passé de 1,547 € en 2018 à 2,23 € aujourd’hui – comme symptôme d’un mal plus profond :

« La hausse des prix du carburant est une conséquence d’un système non viable… condamné dès sa conception. »

Pour lui, les Gilets Jaunes ne se contentent pas de protester contre un symptôme : ils contestent le système à sa racine. Il appelle à une « émancipation populaire » et à une refondation profonde de la gouvernance.

Appel à l’union populaire : « La solution est politique au sens noble »

Au-delà des luttes corporatistes ou partisanes, Christophe Morel plaide pour une « coagulation populaire » qui rassemble toutes les professions ainsi que les chômeurs, les sans-abri et les citoyens ordinaires :

« La lutte ne doit pas être partisane… elle doit être faite pour tout le monde. Nous avons besoin de prendre du recul sur tout ça et de chercher vraiment une solution collective. »

Il cite l’exemple de l’Irlande pour montrer que d’autres peuples ont su reprendre leur souveraineté. Pour lui, la réponse ne peut être que politique, au sens le plus noble du terme : remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

Où retrouver les Gilets Jaunes ?

Christophe Morel donne des points de rendez-vous concrets : le rond-point du parapluie à Grande-Synthe, des actions à Paris, Besançon et bien d’autres, relayés sur les réseaux sociaux et les médias indépendants.

En conclusion, cette intervention cash sur *Tocsin* sonne comme un rappel : les Gilets Jaunes de 2018 n’ont pas été vaincus, ils ont muté. Face à une France qui s’enfonce dans la misère sociale et l’autoritarisme, ils incarnent toujours cette révolte populaire qui refuse de mourir.

Le message est limpide : il faut « foutre en l’air ce système complètement » et reconstruire ensemble.

https://multipol360.com/il-faut-foutre-en-lair-ce-systeme-completement-un-gilet-jaune-cash-sur-tocsin/ 

 


 

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ?  

Dans la « Matinale Tocsin » du 17 avril 2026, l’ambiance était électrique. Face à Nicolas Vidal, deux voix du terrain – David Lequent, patron pêcheur artisan et président de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), et Fabien Diaz, responsable du syndicat Art Taxi 32 dans le Gers – ont dressé un tableau sans filtre de l’exaspération qui monte dans les petites entreprises françaises. Le carburant qui flambe, les taxes qui étranglent, l’État accusé de remplir ses caisses pendant que les artisans coulent : le constat est clair, et le ton est celui d’une période pré-révolutionnaire.

Une mobilisation nationale fixée au 2 mai… mais déjà sabotée ?

David Lequent a lancé l’appel : une grande journée de rassemblement à Paris le 2 mai, au Trocadéro, ouverte à toutes les corporations touchées (pêcheurs, taxis, ambulanciers, agriculteurs, transporteurs, citoyens lambda). Objectif affiché : faire pression sur le gouvernement face à la crise du gazole et de l’énergie fossile, dont les prix ont explosé ces dernières semaines.

Mais dès l’annonce, l’administration a répondu par une mesure inédite : la préfecture exige une caution de 10 millions d’euros pour autoriser le rassemblement place du Trocadéro, au motif de la présence de bâtiments anciens. « Jamais vu ça », s’étonne David Lequent. « On n’a pas demandé ça à la CGT ni à FO. » Face à cette « aberration », le lieu devra être changé. Pour les organisateurs, le message est limpide : l’État a peur de ce qui pourrait se passer.

Fabien Diaz, lui, préfère une autre stratégie : des actions décentralisées devant les mairies et préfectures partout en France. « Il faut éviter de donner du grain à moudre à la milice », explique-t-il, en référence aux débordements souvent provoqués ou instrumentalisés par les forces de l’ordre lors des grands rassemblements parisiens. Il annonce déjà une réunion publique ouverte à tous dans le Gers avec députés et sénateurs pour les mettre face à leurs contradictions sur les taxes carburant.

Le seuil de rentabilité franchi : les bateaux restent au port

Pour les pêcheurs artisans, le chiffre est implacable : le seuil de rentabilité du gazole est à 60 centimes le litre. Au-delà, c’est le gouffre.

« On va pêcher juste pour payer le carburant, sans salaire pour l’équipage ni pour l’armement »

témoigne David Lequent. Résultat : de plus en plus de bateaux restent à quai, des ports se mobilisent localement, et la filière – déjà laminée par les quotas, les aires marines protégées et les réglementations successives – voit ses effectifs fondre.

Même son de cloche chez les taxis et les petites entreprises :

« L’État n’est plus là pour nous protéger, il a une volonté de nous tuer »,

lance Fabien Diaz. Il parle d’ubérisation de la société : disparition progressive des artisans au profit des grands groupes, liquidations judiciaires qui s’enchaînent chaque jour.

280 millions d’euros de surplus de taxes… et rien pour les Français

Les deux invités pointent du doigt le même paradoxe : l’État perçoit des surplus records grâce à la hausse des carburants (280 millions d’euros récemment cités), mais refuse tout plafonnement des prix ou baisse des taxes. « C’est du racket pur et simple », résume David Lequent. « On donne à l’économie française, et en cas de coup dur, cet argent ne nous revient pas. »

Ils rappellent que la France est l’un des rares pays européens à ne rien faire pour soulager ses citoyens et ses entreprises. Pendant ce temps, la mayonnaise monte dans tous les secteurs : pêche, taxis, ambulances, agriculture, transport routier.

Un spectre irlandais et le souvenir des Gilets Jaunes

David Lequent n’hésite pas à évoquer le spectre de la révolution irlandaise qui « flotte sur l’État français ». Il rappelle comment, en Irlande, des réunions publiques locales ont débouché sur une mobilisation spontanée massive à Dublin en quelques jours. « Si l’État ne réagit pas, la France peut s’embraser », prévient-il.

Pour beaucoup d’observateurs, cette colère multi-corporations rappelle les prémices des Gilets Jaunes en 2018 – un mouvement né exactement de la même étincelle : la hausse du carburant et le sentiment d’abandon des territoires et des petites gens. Les Gilets Jaunes auraient-ils été, en réalité, un galop d’essai ? Une répétition générale avant une mobilisation plus large, plus structurée, qui cette fois-ci regroupe déjà les professions les plus exposées et ne se limite plus à un seul symbole ?

Les deux invités le sentent : le peuple est à bout. « On demande qu’à bosser tranquillement, faire vivre nos familles », martèlent-ils. Mais si rien ne change, « le citoyen, le peuple va dire stop ».

La balle est dans le camp du gouvernement

À quelques jours du 2 mai, le message est lancé : plus on sera nombreux, plus la pression sera forte. David Lequent appelle tous les marins-pêcheurs, toutes les entreprises impactées et tous les citoyens à converger vers la capitale. Fabien Diaz mise sur l’essaimage local et les confrontations directes avec les élus.

L’État est prévenu. Entre une caution jugée provocatrice, un refus obstiné de plafonner les prix et une exaspération qui traverse tous les métiers, la France des artisans et des territoires semble entrée dans une véritable période pré-révolutionnaire. Les Gilets Jaunes n’étaient peut-être que le premier acte. Le deuxième pourrait s’écrire dès le 2 mai… si le gouvernement continue de faire la sourde oreille.

https://multipol360.com/carburant-la-colere-des-artisans-explose-le-2-mai-pourrait-il-etre-le-declencheur-dune-nouvelle-vague-populaire/

 


C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

Il est intellectuellement paresseux d’aborder la question du voilement des enfants sous un angle strictement laïque. Il ne s’agit ni d’expliquer aux jeunes filles qui portent le voile qu’elles menaceraient le vivre-ensemble républicain, comme l’a affirmé le ministre Laurent Nuñez lors de la rupture du jeûne le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, ni de débattre d’une pratique religieuse. Il est ici question de droits liés à la protection de l’enfance.

Si l’on se penche sur la charia et le fiqh islamique, le voile ne protège pas les petites filles de la sexualisation. Il les y fait entrer. Dans la logique des interprétations liées à la sourate 33, verset 59, le voile est présenté comme un signe permettant une distinction morale et statutaire entre les corps féminins. On apprend aux jeunes filles dès le plus jeune âge à adapter leur corps au regard masculin.

En parallèle, dans la sourate 65, verset 4, on peut lire la phrase « de même pour celles qui n’ont pas encore de règles », comprise par de nombreux exégètes et juristes sunnites comme incluant les jeunes filles avant leurs premières règles. Ces interprétations montrent que le texte prévoit juridiquement des prépubères dans le cadre du mariage et de sa dissolution.

Autrement dit, le voile sexualise les petites filles. Il les inscrit dans une logique où leur corps doit être caché, protégé et contrôlé. Elles deviennent ainsi responsables du regard des hommes.

Quant au droit à la liberté de conscience, protégé par la CIDE, il est souvent confondu avec l’imposition de la religion des parents. L’État reste pourtant garant de ce droit, alors même que l’enjeu réel du voilement des enfants réside dans la pression religieuse et la sexualisation précoce. Il lui revient donc de protéger l’enfance contre toute forme de maltraitance, y compris celles liées aux abus religieux. En tout état de cause, instrumentaliser des enfants ne fera pas avancer le prétendu « combat contre l’islam politique ».

La récente polémique autour des propos de Laurent Nuñez sur le voilement des enfants met en lumière une contradiction profonde dans la manière dont l’État appréhende la question religieuse, et en particulier l’islam. D’un côté, une volonté affichée de fermeté face à l’islamisme et aux logiques séparatistes. De l’autre, un discours qui tend à éviter toute conflictualité avec certaines pratiques religieuses, y compris lorsqu’elles concernent des mineures.

Cette tension est d’autant plus forte que la séquence se déroule à la Grande Mosquée de Paris, institution historiquement structurée par l’influence algérienne en France. Dès lors, la parole ministérielle s’inscrit dans un environnement diplomatique et communautaire sensible.

Ce contexte est renforcé par les fortes tensions entre la France et l’Algérie, notamment autour des OQTF et des laissez-passer consulaires, mais aussi des négociations relatives à la libération de Christophe Gleizes. De fait, chaque prise de parole publique sur l’islam du ministre de l’Intérieur et des Cultes est perçue comme un signal politique.

À cela s’ajoute que la France est un pays durablement marqué par les attentats islamistes. Ce traumatisme structure profondément le débat public qui se polarise autour de l’usage du terme « islamophobie » dont la définition demeure floue et politiquement disputée. Cette conflictualité permanente produit un effet paradoxal empêchant à la fois de nommer clairement les problèmes et de les traiter sereinement.

L’État oscille donc entre plusieurs logiques. Il cherche à contenir les dérives, à éviter la stigmatisation, à maintenir un équilibre diplomatique et à répondre à une demande sociale forte de clarté et de protection. Mais en voulant tenir ensemble ces impératifs contradictoires, il finit par brouiller sa propre position.

Cette difficulté est d’autant plus marquée que la question de l’islam en France ne peut être dissociée de réalités démographiques et politiques. La diaspora algérienne y occupe une place importante, et une part significative de celle-ci est de culture ou de confession musulmane. Dès lors, toute prise de position publique s’inscrit dans une lecture communautaire potentielle, renforçant à la fois la prudence et l’ambiguïté de la parole ministérielle.

Cette ambiguïté n’est pas seulement politique ou diplomatique. Elle soulève une question plus fondamentale sur le rôle même de l’État face au fait religieux.

Pourquoi l’État refuse-t-il d’intervenir sur le voilement des enfants tout en prétendant organiser un islam « acceptable » ? Il en vient alors à sélectionner certains interlocuteurs et à leur déléguer implicitement la définition des pratiques religieuses compatibles avec les principes républicains, comme l’illustre la publication en février dernier d’un guide de près de 1 000 pages par la Grande Mosquée de Paris.

La véritable question est donc de savoir qui décide de ce que serait un « bon islam » ? Selon quels critères juger des pratiques à encourager ou à bannir dans un pays laïque ? En quoi encadrer la foi personnelle des individus serait-il légitime ? Et pourquoi la Grande Mosquée de Paris serait-elle plus légitime qu’un autre interlocuteur ?

Mettre en scène un islam républicain ne change rien au fond du problème. Tant qu’on refuse d’affronter un corpus théologique qui a historiquement légitimé la répression de l’apostasie, la hiérarchie des sexes ou encore la subordination politique, nous resterons dans le slogan.

Rihame Allouch et Mehdy Raïche


 https://nouvellerevuepolitique.fr/rihame-allouch-et-mehdy-raiche-voilement-des-enfants-ou-quand-letat-ne-veut-pas-choisir/

 

 

 


D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

Face à la « gentrification économique » du RN, le patronat doit privilégier la realpolitik. L’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’exigence de la crédibilité économique.

Il fut un temps, pas si lointain, où le simple fait pour un dirigeant d’entreprise de croiser un cadre du Front National relevait de l’hérésie. Il y a peu encore, toute rencontre entre un patron et Marine LE PEN ou Jordan BARDELLA n’était envisageable que sous le sceau du secret. On se souvient de cet épisode, vieux de sept ans déjà, où le MEDEF, cédant à la pression politique et médiatique, avait fini par décommander Marion MARÉCHAL, pourtant invitée à venir s’exprimer devant les chefs d’entreprise. Aujourd’hui, bien que quelques gardiens autoproclamés du temple républicain s’indignent encore d’une « banalisation » de l’extrême droite, la donne a changé.

Considérer que de telles rencontres fassent figure de transgression trahit une approche biaisée de notre vie démocratique. Échanger avec un chef de parti, qui jouit d’une représentation à l’Assemblée nationale, ce n’est pas l’approuver ni encore moins l’adouber ; c’est l’écouter et l’informer, le défier voire le corriger. Refuser le dialogue par crainte de « pactiser avec le diable » relève d’une étonnante conception du dialogue républicain et du diable lui-même. Le monde de l’entreprise a infiniment plus à gagner à tenter de faire tomber les écailles idéologiques des yeux de ses interlocuteurs politiques qu’à feindre de les ignorer. Nous ne sommes plus au temps des excommunications de salons parisiens, mais à celui des bilans comptables et des défis de terrain.

Une « gentrification économique » qui rebat les cartes

Nous assistons ces 10 dernières années et particulièrement aujourd’hui à une dynamique implacable : la véritable « gentrification économique » du Rassemblement National. Fini le parti exclusivement cantonné aux débats enflammés sur les seules valeurs, la nation ou l’identité. La mue est là, chiffrée, palpable. L’économie représente aujourd’hui près des deux tiers des propositions du parti, contre à peine 10 % par le passé. Ce basculement n’est pas un simple ripolinage de façade, c’est une nécessité stratégique pour un mouvement qui ambitionne de gouverner.

Sous la conduite de Marine LE PEN, le parti à la flamme a opéré des aggiornamenti spectaculaires pour rassurer les marchés, les investisseurs et les acteurs économiques : renoncement formel à la sortie de l’Union européenne, abandon de la sortie de l’euro et même une conversion inattendue à la règle orthodoxe des 3 % de déficits. Face aux dérapages économiques de LFI, le RN drague ouvertement les patrons. En se positionnant avec une telle insistance sur les questions régaliennes et budgétaires, la stratégie est limpide : le mouvement cherche à siphonner l’espace historique laissé vacant par une droite républicaine en perte de repères et divisée par sa querelle des chefs. Pour l’entourage de la direction du parti, dans les difficultés économiques de cette fin de quinquennat, il s’agit désormais de se crédibiliser, de défendre la science contre le dogme, de substituer le réalisme aux œillères isolationnistes du passé.

L’épouvantail a changé de camp, reste le défi de l’incarnation

Ne nous y trompons pas : la priorité absolue des chefs d’entreprise – qu’ils dirigent une TPE de proximité, une PME industrielle ou un grand groupe – reste la stabilité. Dans un climat marqué par l’inflation, le mur d’investissements de la transition écologique et la rudesse de la concurrence internationale, nos entreprises ont besoin de visibilité, pas de chimères idéologiques. Or, sur ce terrain de l’anxiété économique, l’épouvantail a clairement changé de camp. Aujourd’hui, le risque majeur de déstabilisation économique perçu par le patronat vient bien moins de l’extrême droite que des thérapies de rupture promues par l’extrême gauche, LFI en tête. Face aux menaces de chaos social, d’asphyxie fiscale et réglementaire, le discours économique lissé du RN trouve une oreille plus attentive.

Cependant, attention aux mirages ! Si le dialogue est ouvert, le blanc-seing n’existe pas. Les échos récents des rencontres entre les parlementaires RN et des cercles d’entrepreneurs font état de divergences persistantes. Et c’est heureux. C’est bien la preuve éclatante qu’une rencontre n’est jamais une reddition, dans un sens ou dans l’autre.

La grande question qui se pose désormais au RN est implacable : le casting politique et technocratique du parti sera-t-il jugé suffisamment robuste, pointu et crédible à l’avenir pour effacer les échecs cuisants des précédents débats présidentiels ? L’épreuve du pouvoir ne tolère ni l’amateurisme ni l’à-peu-près. Ce réalisme est une règle désormais vitale pour le RN dans son rapport à l’économie ; et il est tout aussi nécessaire au monde économique dans son rapport décomplexé au RN.

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad est entrepreneur et président du Think Tank Étienne Marcel. Membre de la Société d’économie politique, il est aussi président de la commission du développement économique du Conseil économique, social et environnemental régional en Île-de-France. Il est également membre de la Chambre de commerce et d’industrie de la Région de Paris-Île-de-France. Auteur de L'Avenir appartient aux PME paru chez Dunod, Bernard Cohen-Hadad est l’auteur de nombreuses tribunes publiées dans les médias. Il a été membre de l’Observatoire de l’épargne réglementée, de l’Observatoire du financement des entreprises, de l’Observatoire des PME et ETI par le marché et du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Il participe actuellement à l’Euro Retail Payment Board (ERPB) auprès de la Banque centrale européenne, au Comité national des moyens de paiements (CNMP) et au Comité pour l’éducation financière (EDUCFI). Il est membre du Conseil scientifique de l’École supérieure des métiers du droit.

https://nouvellerevuepolitique.fr/le-rn-et-les-entreprises-de-lostracisme-a-lepreuve-du-reel/ 

 

 


E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

La décision de rapatrier 129 tonnes d’or depuis les États-Unis n’a rien d’un geste folklorique ni d’une bravade dirigée contre Washington. Officiellement, il s’agissait de moderniser les lingots conservés à l’étranger et de les remettre aux standards du marché. L’opération, présentée par TF1 comme une manœuvre technique, a aussi permis à la France d’enregistrer une importante plus-value comptable, estimée à 12,8 milliards de dollars. 

Un retour matériel, mais surtout politique

Il faut partir d’un constat simple : l’or n’est pas un actif comme les autres. On le dit archaïque, dépassé, relégué par la finance électronique, mais chaque crise sérieuse lui redonne sa vraie fonction. L’or reste la garantie ultime, celle qui échappe au risque de contrepartie, aux sanctions, aux défaillances bancaires et aux emballements monétaires. Quand un État choisit de le garder chez lui, il ne parle pas seulement de rendement ou de stockage. Il parle de contrôle, donc de souveraineté.

La France détient aujourd’hui environ 2 436 tonnes d’or, principalement conservées à la Banque de France. Ce volume la place parmi les grands détenteurs mondiaux et constitue l’un des rares actifs stratégiques dont la valeur politique croît à mesure que le désordre international s’aggrave. 

La fin de l’innocence monétaire

Pendant longtemps, conserver une partie du stock à New York allait de soi. Cela relevait de la logique du système occidental : sécurité américaine, centralité du dollar, confiance dans les circuits de la Réserve fédérale. Mais cette géographie de la confiance s’est fissurée. Les sanctions financières, le gel d’avoirs souverains et la fragmentation croissante du système mondial ont changé la nature du problème. Désormais, posséder un actif ne suffit plus. Encore faut-il le posséder là où personne ne peut en limiter l’usage.

C’est là que le rapatriement de l’or prend une autre signification. Même quand il est présenté comme une modernisation logistique, il traduit une prudence stratégique. Les États ont compris qu’en période de fortes tensions, la souveraineté ne se mesure pas seulement par la quantité de réserves, mais par la maîtrise physique de ces réserves.

À lire aussi : ÉCONOMIE – La contre-offensive monétaire de Pékin : Xi Jinping veut défier l’empire du dollar

Le retour silencieux du métal dans la géopolitique

Ce mouvement français s’inscrit dans une tendance plus vaste. Depuis plusieurs années, l’or redevient un instrument de puissance. Les banques centrales en achètent massivement, tandis que plusieurs pays cherchent à réduire leur exposition au dollar et aux actifs vulnérables aux décisions politiques américaines. Le regain d’intérêt pour l’or n’est donc pas un réflexe défensif isolé, mais un symptôme de la dédollarisation partielle du monde et de la méfiance croissante envers l’ordre financier hérité de l’après-guerre. 

Dans ce cadre, le rapatriement de 129 tonnes n’est pas un épisode anecdotique. Il révèle quelque chose de plus profond : même au cœur du camp occidental, l’idée progresse que la sécurité financière ne peut plus être totalement externalisée. L’allié demeure l’allié, certes, mais la dépendance, elle, devient un risque.

Un signal pour le temps qui vient

Le plus intéressant n’est donc pas l’or lui-même, mais ce qu’il raconte. Il raconte la montée d’un monde moins confiant, moins fluide, plus conflictuel. Un monde où les chaînes financières sont des instruments de pression, où les réserves deviennent des outils de résilience, et où la matérialité reprend ses droits face à l’abstraction monétaire.

La France n’a pas seulement déplacé des lingots. Elle a, en réalité, réaffirmé un principe ancien que l’on croyait effacé : dans les temps d’incertitude, la puissance commence par ce que l’on tient réellement entre ses mains.

Giuseppe Gagliano


Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

https://lediplomate.media/decryptage-or-rentre-paris-avec-lui-idee-souverainete/

 

 


 

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

Dans une interview diffusée récemment sur Tocsin (media indépendant), Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l’Union française des pêcheurs artisans (UFAPA), dresse un tableau alarmant de la filière pêche française. Face à la flambée historique du gasoil marin, les bateaux restent à quai, les entreprises perdent de l’argent à chaque sortie en mer et les marins-pêcheurs artisans lancent un cri d’alarme :

« La pêche est condamnée à disparaître. »

L’interview, enregistrée mi-avril 2026, intervient dans un contexte de crise énergétique déclenchée par les tensions au Moyen-Orient.

Une crise du carburant qui fait couler la filière

Avant la crise actuelle, le gasoil marin (détaxé) oscillait autour de 0,60-0,65 € le litre. Il a aujourd’hui explosé entre 1,10 € et 1,40 € selon les ports, voire plus dans certaines régions isolées. Or, le carburant représente 35 à 45 % des charges d’exploitation des navires artisanaux. Résultat :

« À chaque fois que les bateaux partent en mer, ils perdent de l’argent », explique Jean-Vincent Chantreau. Nombreux sont ceux qui restent le long des quais, cuves vides.

Le secrétaire général de l’UFAPA rappelle que la pêche artisanale croule déjà sous les normes européennes, la concurrence des importations massives et la prolifération des parcs éoliens offshore qui réduisent les zones de pêche. La hausse du gasoil agit comme un « coup de semonce » fatal.

L’aide gouvernementale jugée insuffisante

Le gouvernement a annoncé fin mars un plan d’urgence de 70 millions d’euros pour avril, dont 5 millions d’euros dédiés à la pêche (remboursement de 20 centimes par litre). Jean-Vincent Chantreau est clair : « Ce n’est pas dans les clous. » Le seuil de rentabilité ou même d’équilibre se situe autour de 0,60-0,70 € le litre. Avec l’aide, le gasoil reste donc largement au-dessus de 1 €. « Nous sommes très largement en perte », insiste-t-il.

Des solutions concrètes proposées… et ignorées ?

L’UFAPA a transmis plusieurs pistes au gouvernement et à la ministre de la Mer Catherine Chabaud :

Encadrer les marges des compagnies pétrolières : passer d’un profit de guerre (30-33 % de marge brute) à un profit constant.

Réduire les taxes (TVA, TICPE, CE carbone) ou baisser temporairement la TVA à 15-17 % comme autorisé par l’Europe.

Réaffecter les taxes éoliennes : plus de 60 millions d’euros déjà collectés auprès des exploitants de parcs offshore (2024-2026) et non utilisés pour la décarbonation de la pêche.

Moratoire d’un an sur les subventions éoliennes offshore (8 à 10 milliards d’euros par an via la PPE3) pour soulager les carburants.

Microtaxe européenne de 1 centime par kilo sur les produits agroalimentaires importés de pays tiers, afin de créer un fonds souverain de soutien aux filières locales.

Chantreau conclut : « Il faut trouver l’argent là où il y en a » sans impacter le porte-monnaie des Français.

 

Vers une mobilisation historique le 2 mai

Face au silence, l’action s’organise. Des blocages de ports ont déjà eu lieu en Corse et dans les Hauts-de-France ; des manifestations ciblent les dépôts de carburant (comme au Calvados le 15 avril).

Le samedi 2 mai 2026 à 11 h, les pêcheurs artisans appellent à une grande mobilisation pacifique et multisectorielle place du Trocadéro à Paris, sous la bannière du mouvement « Réveil des terroirs ».

Seront présents : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, artisans, commerçants et taxis. Objectif : « Nous rapprocher des oreilles du gouvernement et de Matignon » pour imposer un vrai débat avant les élections présidentielles de 2027. « Sinon ça va déborder », prévient Jean-Vincent Chantreau.

Il insiste sur l’enjeu souverain : sans pêcheurs et sans agriculteurs locaux, la France risque la pénurie alimentaire dans un contexte géopolitique tendu. « Le poisson que vous ne pêchez pas, ce sont autant de denrées en moins sur le marché. »

L’interview se termine par un appel clair : rendez-vous le 2 mai à Paris. La filière pêche, déjà fragilisée depuis des années, voit dans cette crise du carburant le risque d’une disparition définitive des petits bateaux artisans qui font vivre les littoraux français.

https://multipol360.com/pecheurs-francais-au-bord-de-la-rupture-nous-sommes-en-train-de-mourir/

 

janvier 08, 2026

Les agriculteurs de France ont gagné la guerre de la communication face à l'ÉTAT...Et maintenant ?

Rhoooo….et les tracteurs entourent la capitale !
 
Certes, il devait y avoir plus de sécurité, mais des gendarmes devaient secourir ses poules dans la neige, les graines gelées
Sarah Knafo libre avec les Agriculteurs
 

Les agriculteurs défient Paris : une victoire symbolique face à la répression d’un régime autoritaire

Dans un acte de résistance qui rappelle les grandes luttes populaires de l’histoire française, des agriculteurs de la Coordination Rurale (CR) ont forcé les portes de Paris cette nuit du 7 au 8 janvier 2026, bravant un déploiement policier massif pour porter leur cri de détresse au cœur de la capitale. Cette mobilisation, capturée en direct par l’émission matinale de Tocsin média animée par Clémence Houdiakova, n’était pas seulement une manifestation : 

c’était un défi lancé à un gouvernement Macron qui semble avoir déclaré la guerre à ceux qui nourrissent la nation.

Avec des tracteurs garés sous l’Arc de Triomphe et la Tour-Eiffel, ces paysans épuisés, affamés et transis de froid ont symbolisé la résilience d’un peuple face à un système qui privilégie les accords commerciaux mondialisés au détriment de la souveraineté alimentaire.




 

Actuellement, des centaines d’entre eux manifestent devant l’Assemblée nationale, chahutant la présidente Yaël Braun-Pivet et appelant à un blocage massif pour interpeller les politiques sur leurs revendications.

Une entrée triomphale malgré les barrages : le récit des héros du terroir

Dès les premières heures du jour, les images diffusées par Tocsin média montraient des convois d’agriculteurs déjouant les barrages policiers. Karine Duc, de la CR 47, exultait sous l’Arc de Triomphe : « On a porté les tracteurs aux Champs-Élysées ! On a remonté toute l’avenue ! » Ces scènes, filmées par des reporters comme Guy de la Fortelle et Axelle Le Gal de Kerangal, illustraient une stratégie astucieuse :

des petits groupes dispersés, traversant champs et routes secondaires pour éviter les hélicoptères et les blindés Centaures déployés par le ministère de l’Intérieur.

François Turpeau, de la CR Vienne, racontait comment ses camarades avaient « joué au chat et à la souris » avec les forces de l’ordre, passant par des champs gelés pour contourner les blocages.

D’autres sources confirment cette ingéniosité. Selon un article de Le Monde du 8 janvier 2026, environ 500 agriculteurs ont infiltré Paris malgré des arrêtés préfectoraux interdisant les tracteurs dans plusieurs départements. France Info rapportait

des scènes similaires à Toulouse et au Boulou, où la CR a bloqué des frontières espagnole pour protester contre les importations bon marché. Mais là où les médias mainstream minimisent souvent la répression, la transcription de Tocsin média révèle la réalité brute : des agriculteurs « chassés comme du gibier », comme le témoignait Nicolas Busolin, bloqué à Viry-Châtillon, ou Cyril Caria de la CR Corse, qui a dû feindre une sortie pour manger avant de récupérer ses tracteurs à Marseille.

Cette infiltration n’était pas un hasard, mais une réponse à un appel lancé par Pierre-Guillaume Mercadal : « Rejoignez-nous devant l’Assemblée nationale pour interpeller les politiques et l’opinion ! » Un appel relayé par des figures comme le Suisse Alexandre, militant pour une agriculture européenne viable, qui dénonçait le Mercosur comme une « destruction programmée ». Aujourd’hui, cet appel porte ses fruits : des manifestants sont rassemblés devant l’Assemblée, réclamant un dialogue direct avec les élus, malgré les tentatives de blocage policier.


 

La répression policière : une stratégie machiavélique pour écraser la dissidence

Les invités de l’émission, Alexandre Langlois (ex-policier et auteur de La Démocratie au Bal Masqué de la Macronie) et Régis de Castelnau (avocat et auteur de Une Justice Politique), n’ont pas mâché leurs mots.

Langlois décrivait une « stratégie classique » : laisser les agriculteurs s’agglutiner sur des places symboliques comme l’Arc de Triomphe pour mieux les « nasser » et les gazer, une tactique héritée des gilets jaunes.

« C’est un échec pour le gouvernement : ils n’ont pas réussi à les arrêter, mais maintenant, ils les canalisent pour les éloigner des lieux de pouvoir comme l’Élysée ou l’Assemblée », analysait-il.

Maître De Castelnau allait plus loin, qualifiant le régime de « système autoritaire féroce » où « le droit de manifester n’est plus toléré ». Il pointait une criminalisation systématique des opposants, avec des gardes à vue illégales et une justice complice.

Des sources externes corroborent ces critiques : des rapports d’Amnesty International passés, comme celui de 2020 sur les Gilets jaunes, dénoncent déjà l’usage excessif de la force, avec des interpellations arbitraires et des « nasses » interdites depuis 1934 mais réintroduites sous Hollande et amplifiées sous Macron.

Cependant, des publications sur les réseaux sociaux citaient des policiers refusant de verbaliser les agriculteurs, signe d’une dissidence interne face à des ordres perçus comme injustes.

Cette répression n’est pas anodine : elle vise à briser un mouvement qui porte « l’intérêt national », comme le soulignait de Castelnau. Les agriculteurs ne se battent pas seulement pour leurs revenus, mais contre un système qui liquide l’agriculture européenne au profit d’accords comme le Mercosur. « Si la France tombe, l’agriculture européenne est finie », avertissait le militant suisse. Devant l’Assemblée nationale, les manifestants dénoncent cette même hypocrisie, exigeant un moratoire sur le traité et un soutien concret, sous les huées adressées à Yaël Braun-Pivet lors de sa sortie.

Le Mercosur et la souveraineté alimentaire : un combat pour l’avenir de la France

Au cœur de la mobilisation : l’opposition farouche au traité Mercosur, qui ouvrirait les vannes aux importations de viande et de produits agricoles sud-américains, souvent traités avec des pesticides interdits en Europe. La transcription met en lumière les craintes : abattages massifs pour la fièvre catarrhale ovine (FCO), normes européennes surtransposées en France, et une PAC (Politique Agricole Commune) bureaucratique qui étouffe les petits producteurs.

Des sources comme Public Sénat (18 décembre 2025) confirmaient les enjeux : le Mercosur pourrait inonder le marché de 99.000 tonnes de bœuf par an, menaçant 20.000 emplois agricoles français. Tocsin média ajoutait une touche éditoriale : des « contes de Noël » imaginaires suggérant des boycotts citoyens, comme laisser pourrir des produits importés dans les caddies, pour frapper au portefeuille des grandes surfaces complices.

Alexandre Jardin, présent sur place, résumait l’enjeu : « Ils se battent pour que ce pays puisse bouffer. Si les flux se tendent, on mange comment ?« 

Un appel à la raison face à un gouvernement accusé de privilégier l’industrie allemande aux dépens des paysans français.

Devant l’Assemblée, ce message résonne : les agriculteurs, soutenus par des élus comme ceux du RN, exigent un débat immédiat sur la souveraineté alimentaire.


 

Un appel au peuple : rejoignez-les avant qu’il ne soit trop tard

Cette journée du 8 janvier 2026 n’était pas une victoire totale – des tracteurs saisis, des « nasses » à la Tour Eiffel, des appels ignorés par la plupart des partis – mais un symbole puissant. Comme le clamait Mercadal : « On a besoin d’être le plus nombreux possible pour interpeller l’opinion et les politiques. » Où étaient les députés LFI, PS ou macronistes ? Leur absence souligne un divorce entre élites et terroir.

Pourtant, des soutiens émergent : Florian Philippot appelait au Frexit comme seule solution, tandis que des députés RN comme Marine Hamel et Laurent Jacobelli marchaient aux côtés des agriculteurs. On notait cependant une convergence inédite avec des gilets jaunes et des patriotes, amplifiant le mouvement.

La leçon est claire : ce n’est pas seulement l’agriculture qui agonise, c’est la France souveraine. Les agriculteurs, usés par le froid et la fatigue, nous rappellent que sans eux, pas de nation. Devant l’Assemblée nationale, leur présence actuelle défie le pouvoir : il est temps que le peuple se lève, boycotte les importations, et force un virage radical. Sinon, comme le prédisait Langlois, « la loi n’est que l’écriture d’un rapport de force » – et pour l’instant, c’est Macron qui gagne. Réagissons, avant que le Mercosur ne signe l’arrêt de mort de notre assiette et de notre identité.

https://multipol360.com/les-agriculteurs-defient-paris-une-victoire-symbolique-face-a-la-repression-dun-regime-autoritaire/ 


 

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novembre 08, 2025

Qu'est-ce qui se passe en Belgique ?

Belgique : une tempête économique et politique s’abat sur le royaume

Le paysage politique et économique de la Belgique, souvent perçu comme un havre de stabilité au cœur de l’Europe, cache une réalité bien plus agitée. Ce petit royaume, voisin discret de la France, est réputé pour ses artistes, sa gastronomie et son humour bon enfant, mais rarement pour les inquiétudes qu’il suscite.

Pourtant, les mauvaises nouvelles s’enchaînent : records de faillites, blocages dans les rues et les aéroports, procédure pour déficit excessif, et une dette souveraine dégradée par les agences de notation.

Derrière les stéréotypes de bandes dessinées, de gaufres et de bières accompagnées de frites, la Belgique traverse une période de turbulences intenses, marquée par des tensions identitaires, une croissance fragile et un gouvernement instable.


 

Un pays fragmenté : trois régions, trois identités

La Belgique est une mosaïque complexe : une fédération composée de trois régions principales – la Flandre au nord, néerlandophone et économiquement dynamique ; la Wallonie au sud, francophone et plus dépendante des transferts fédéraux ; et Bruxelles, capitale cosmopolite et enclavée, majoritairement francophone mais bilingue. Ce modèle fédéral, une monarchie constitutionnelle parlementaire, est dirigé par un roi symbolique, Philippe, décrit comme discret et attaché à l’unité nationale. Géographiquement, elle représente un carrefour entre l’Europe germanique et romane, abritant le siège de l’Union européenne et de l’OTAN, symboles de sa « neutralité » historique.

Pourtant, les tensions entre Flamands et Wallons n’ont jamais été aussi vives. Le mot « sécession » est désormais prononcé ouvertement, particulièrement en Flandre, où le parti nationaliste N-VA, dirigé par Bart de Wever – aujourd’hui Premier ministre –, prône une plus grande autonomie. Des scénarios hypothétiques évoquent une partition : une Flandre indépendante, une Wallonie résiduelle potentiellement unie à Bruxelles sous un « Wal-Brux« , ou même un district européen pour la capitale. Une telle rupture entraînerait une redistribution chaotique de la dette et des ressources, avec des impacts comparables aux dissolutions post-yougoslaves, menaçant la stabilité de l’UE elle-même.

Un héritage industriel en péril

Historiquement, la Belgique a brillé comme une puissance industrielle. Au XIXe siècle, elle surpassait le Royaume-Uni en exportations de fonte et d’acier, grâce à ses ressources en charbon. Aujourd’hui, elle abrite des champions mondiaux comme AB InBev, le plus grand brasseur planétaire avec 56 milliards d’euros de ventes annuelles, ou des entreprises comme UCB (traitements contre l’épilepsie) et Solvay (chimie). Le port d’Anvers, deuxième d’Europe, reste un atout logistique majeur.

Malgré cela, l’économie belge affiche une croissance modeste de 1,3 % en 2025, avec un chômage historiquement bas, mais masque des fragilités profondes.

Le pays commerce principalement avec ses voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), rendant sa croissance vulnérable aux crises européennes comme la dette ou l’énergie. L’inflation érode le pouvoir d’achat, les salaires indexés augmentent les coûts du travail, et la dépendance aux énergies fossiles (62 % de la consommation) expose à l’instabilité géopolitique.


 

Une crise économique amplifiée par la dette

Les indicateurs alarmants s’accumulent : un record de faillites depuis cinq ans, des infrastructures vieillissantes et des investissements publics en retard. La dette publique flirte avec 106 % du PIB, et le déficit atteint 5,2 % en 2024, projeté à 5,5 % en 2025-2026. En juin 2025, Fitch a dégradé la note souveraine à A+, citant un déficit croissant et des préoccupations budgétaires persistantes. La Belgique est sous procédure de déficit excessif par la Commission européenne depuis juin 2024, exigeant des réformes pour ramener le déficit à 2,5 % d’ici 2026.

La croissance repose désormais sur la demande intérieure, mais les exportations stagnent face à la faiblesse des partenaires allemands et français. Des milliers de PME ferment, étouffées par une fiscalité lourde et des coûts énergétiques élevés.

Instabilité politique et réformes contestées

Le gouvernement fédéral, formé après les élections de 2024, est un « mille-feuilles » institutionnel avec des coalitions régionales divergentes. Bart de Wever, indépendantiste flamand, incarne ces fractures : la Flandre réclame plus d’autonomie, tandis que la Wallonie défend la solidarité nationale. Bruxelles, sans gouvernement stable depuis plus d’un an, joue les arbitres.

Les négociations budgétaires pour 2026 sont dans l’impasse, avec un délai accordé jusqu’en décembre pour éviter un effondrement gouvernemental. Les réformes proposées – relèvement de l’âge de la retraite, impôt sur les plus-values au-delà de 10.000 euros, et fin des allocations chômage à vie (une exception belge) – visent à économiser 10 milliards d’euros d’ici 2029. Ces mesures, incluant une limitation des allocations à deux ans (un an pour les jeunes), sont jugées « historiques » par de Wever, mais elles déclenchent une vague de contestation.

Manifestations et colère sociale

En octobre 2025, des dizaines de milliers de Belges sont descendus dans les rues pour une journée d’action nationale, émaillée de violences avec la police. Les grèves ont paralysé les aéroports de Bruxelles et Charleroi, annulant des centaines de vols et affectant 70.000 voyageurs. Les syndicats protestent contre une austérité perçue comme inéquitable, craignant une hausse de la pauvreté et une chute de la consommation. Sur les réseaux, les débats font rage, certains évoquant une « crise politique » comparable aux impasses françaises ou néerlandaises.

 


 

Perspectives : un automne gris, mais des atouts persistants

L’automne 2025 s’annonce sombre : ciel gris, routes saturées, trains en retard, pouvoir d’achat en berne et prix de l’énergie élevés.

Les agences de notation scrutent les finances belges, et un éclatement du pays serait une crise majeure pour l’Europe. Pourtant, la Belgique n’a pas dit son dernier mot. Son tissu industriel solide, ses universités et sa position stratégique au cœur de l’Europe offrent des ressources pour rebondir. Elle a survécu à des occupations, des crises économiques et sanitaires par le passé.

La loi de finances 2026, attendue sous peu, cristallise les espoirs de redressement, mais son impopularité risque d’attiser les tensions. Pour les voisins français, à deux heures de la frontière, un voyage à Bruges ou Bruxelles reste une invitation à découvrir un pays riche en paradoxes, mais accueillant. La situation belge nous concerne tous : un État fondateur de l’UE en péril pourrait ébranler le continent entier.

https://multipol360.com/belgique-une-tempete-economique-et-politique-sabat-sur-le-royaume/

 


 

 

octobre 08, 2025

Macronie en crise & Fiscalité: PME-PMI

Sommaire:

A - La macronie en crise : une France au bord du précipice

B -  Fiscalité en France : Les PME sous le joug de l’État

 

A - La macronie en crise : une France au bord du précipice

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, la France traverse une période de turbulences inédites sous la Ve République. Ce qui était présenté comme une « renaissance » libérale s’est mué en un enchaînement de crises profondes :

instabilité gouvernementale chronique, scandales éthiques récurrents, une politique étrangère belliqueuse, un mépris envers le peuple français, une domination accrue des juges et des multinationales, une paupérisation accélérée de la société, et une montée inexorable du ressentiment populaire menant à des révoltes.

 

 

En 2025, avec une dette publique abyssale, une polarisation extrême et des manifestations massives, la situation atteint un point de non-retour. Cet article, basé sur des analyses récentes et des faits documentés, dresse un tableau alarmant d’une nation en déliquescence, où les fondements démocratiques et sociaux sont érodés par un pouvoir centralisé et déconnecté.

L’instabilité politique : un chaos institutionnel

Les gouvernements successifs sous Macron ont été marqués par une instabilité sans précédent. Depuis 2022, cinq Premiers ministres se sont succédé en trois ans, culminant avec la démission récente du cinquième en octobre 2025, plongeant la France dans un vide politique profond. La dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 a déclenché une crise parlementaire, aboutissant à un Parlement fragmenté où aucune majorité claire n’émerge. Macron, isolé politiquement, voit ses alliés l’abandonner, certains appelant même à sa démission. Cette paralysie bloque les réformes essentielles, amplifiant le sentiment d’un État impuissant face aux défis internes et externes. Des experts soulignent que cette instabilité, inédite depuis les débuts de la Ve République, risque de mener à une implosion institutionnelle si aucune issue n’est trouvée d’ici 2027.

 


Les scandales : une éthique publique en lambeaux

Les administrations Macron ont été entachées par une série de scandales qui minent la confiance publique. Le « McKinsey Gate » en 2022 a révélé des contrats opaques avec des cabinets de conseil américains, totalisant des millions d’euros pour des missions souvent redondantes, qualifiées de « scandale d’État » par les opposants. Des ministres comme ceux de la Justice et du Travail ont fait face à des accusations de corruption et de conflits d’intérêts, tandis que des figures comme Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, ont été impliquées dans des affaires de pantouflage le passage entre public et privé favorisant les intérêts corporatistes. En 2025, un scandale d’État lié à la pêche industrielle a même été exposé, où Macron a été accusé de minimiser des irrégularités pour protéger des intérêts privés. Parmi ces affaires, l’affaire Alstom occupe une place centrale : en 2014-2015, alors ministre de l’Économie, Macron a autorisé la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, un deal entaché d’allégations de corruption, de pressions américaines via le Department of Justice, et de conflits d’intérêts, qualifié de « trahison » industrielle qui a affaibli la souveraineté française.

Le bellicisme : une politique étrangère agressive et risquée

Macron a adopté une posture belliqueuse sur la scène internationale, particulièrement dans le conflit ukrainien.

En 2024, il a suggéré l’envoi de troupes européennes en Ukraine, provoquant même une polémique au sein de l’OTAN et des mises en garde russes. Cette « ligne dure » contre la Russie, incluant des sanctions massives et un soutien militaire accru, est vue comme une stratégie pour affirmer le leadership français en Europe, mais au prix d’une escalade potentielle menaçant la vie des Français. Des critiques internes, comme celles de Marine Le Pen, accusent Macron de sacrifier les intérêts nationaux pour une ambition personnelle, risquant d’entraîner la France dans un conflit plus large. Cette orientation, contrastant avec une tradition diplomatique plus équilibrée, alimente les tensions intérieures et externes.

 

 

Le mépris du peuple français : une fracture sociale irréparable

Le mandat de Macron est entaché d’un mépris envers les Français ordinaires. Les Gilets Jaunes en 2018-2019, nés d’une hausse des carburants vue comme une taxe sur les classes moyennes, ont cristallisé cette rancœur, avec des accusations d’arrogance et de mépris pour le peuple. Des phrases comme « les gens qui ne sont rien » ont renforcé l’image d’un président déconnecté. Les réformes des retraites en 2023, imposées sans vote parlementaire, ont ravivé cette fracture, perçue comme un dédain pour les travailleurs. Sur les réseaux sociaux, la haine envers Macron est palpable, avec des appels incessant à sa destitution reflétant un sentiment d’humiliation collective.

La république des juges et des multinationales : un pouvoir détourné

La France sous Macron est souvent qualifiée de « République des juges », où le judiciaire empiète sur le politique.

Des condamnations comme celles de Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen en 2025 ont suscité des accusations de partialité, avec des menaces contre les magistrats. Cette perception est renforcée par les nominations controversées à des postes clés de la justice, qui illustrent une politisation accrue du système judiciaire. Par exemple, au Conseil constitutionnel, Macron a nommé des figures politiques loyales, comme Richard Ferrand en février 2025, un proche allié et ancien président de l’Assemblée nationale, dont la nomination a été validée de justesse par un vote serré et critiquée comme transformant l’institution en « maison de retraite pour politiciens », affaiblissant son indépendance et sa crédibilité.
Macron est d’ailleurs le seul président à n’avoir nommé que des personnalités politiques au Conseil, rompant avec la tradition d’inclure des juristes neutres, ce qui alimente les soupçons de contrôle exécutif sur les Sages.
D’autres nominations, comme celle de Jacqueline Gourault en 2022, une ancienne ministre, renforcent cette tendance à recycler des alliés politiques dans des rôles judiciaires suprêmes.


Au-delà du Conseil constitutionnel, des critiques portent sur d’autres postes clés : en 2022, Hélène Davo, ex-conseillère de Macron, a été nommée à la tête de la Cour d’appel de Bastia, une décision contestée pour favoritisme et conflits d’intérêts, soulignant un « péché mignon » de Macron pour des nominations partisanes dans la magistrature.

Xavier Ronsin, un haut magistrat, a été choisi comme conseiller justice à l’Élysée en 2022, un profil atypique mais perçu comme un moyen de consolider l’influence présidentielle sur le judiciaire. Des nominations de procureurs généraux en 2017 et des décrets récents en 2025 pour divers magistrats illustrent un maintien du contrôle exécutif, malgré les promesses d’indépendance, contribuant à une « République des juges » où le pouvoir judiciaire semble grandement aligné sur l’exécutif. 

 

 

La paupérisation de la société française : un appauvrissement généralisé

Depuis 2017, la pauvreté a augmenté, touchant 15,4% de la population en 2023, soit 9,8 millions de personnes. Les inégalités se creusent, avec un taux de pauvreté des seniors à 12,4% et une précarité accrue dans les régions délaissées. Les politiques de Macron, comme la suppression de l’ISF, ont favorisé les riches, tandis que l’inflation et les coupes budgétaires appauvrissent les classes moyennes. Des statistiques INSEE montrent une hausse des inégalités au plus haut depuis 30 ans, exacerbant la fracture sociale.

La montée du ressentiment et de la révolte : vers l’explosion sociale

Le ressentiment culmine avec des révoltes massives. Les manifestations « Bloquons Tout » en septembre 2025 ont paralysé le pays, avec 500 000 participants protestant contre l’austérité et les coupes budgétaires. Inspirées des Gilets Jaunes, ces actions reflètent une colère profonde contre Macron, accusé de sacrifier le peuple pour les armes, la dette et l’UE. Des grèves nationales et des blocages soulignent une société au bord de l’implosion, avec des appels à la destitution et une polarisation extrême.

La Macronie représente un tournant funeste pour la France : un pays instable, corrompu, belliqueux, méprisant envers son peuple, dominé par juges et multinationales, appauvri et révolté.

Sans une remise en question profonde – démission, élections anticipées ou réforme constitutionnelle profonde –, la nation risque un effondrement total. Les analyses convergent : la gravité de la situation exige une action immédiate pour sauver ce qui reste du modèle français.

https://multipol360.com/la-macronie-en-crise-une-france-au-bord-du-precipice/ 

Pierre Duriot
« Ces caciques qui atterrissent mollement...
Etonnant cette France... on laisse un type programmer la destruction d’un pays bimillénaire, un temps le phare intellectuel de la planète. Il vend Alstom, autorise la vente de fleurons industriels stratégiques, organise des prélèvements d’argent sans fin sur les ménages, ruine nos concitoyens. 
 
Pire, il participe au montage de toutes pièces d’une fausse pandémie, en profite pour expérimenter des coercitions sociales digne d’un régime totalitaire, promeut l’injection d’un produit inconnu, encore en cours d’expérimentation, dont on sait maintenant qu’il est toxique, monte, toujours avec les mêmes, la fable énergétique basée sur un carbone qui n’est pas polluant, qui n’a jamais été aussi peu présent dans l’atmosphère et qui n’est très majoritairement pas d’origine humaine, en profite pour donner notre argent en masse à des fabricants de moulins à vent inutiles, dangereux pour la stabilité du réseau et qui permettent de faire monter comme jamais le prix de l’électricité et de supprimer les voitures. 
 
Il organise ou laisse faire l’arrivée de millions de gens, qui déstabilisent la vie française jusque dans les villages et ruinent un peu plus les finances publiques, tout en provoquant des drames chez les victimes et leurs familles et des angoisses nationales qui font qu’on ne peut plus rien organiser sans se barricader derrière des blocs de bétons et des herses. Il fait liquider l’hôpital, l’école, ce qui reste des services publics, met les finances en faillites et pour couronner le tout, nous emmène à marche forcée vers la guerre… et nos élus, censément représentants du peuple ne disent trop rien, ne s’opposent pas, avec des prétextes fallacieux du type « par qui le remplacer ». 
 
Et les voilà, les mêmes, dans un atterrissage un peu mou, tout de même, au bout de huit années d’infamies, à commencer à dire, du bout des lèvres, que oui, finalement, on pourrait peut-être le destituer… on voit bien que ces élus, ces journalistes et ces brillants éditorialistes vivent dans un autre monde que le nôtre. S’ils savaient ce qu’en pensent les Français, mais qu’il ne faut pas dire… »

 


 

B -  Fiscalité en France : Les PME sous le joug de l’État

En France, le discours officiel vante souvent une baisse générale des impôts pour relancer l’économie. Pourtant, une récente note de l’INSEE, publiée en collaboration avec la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), révèle une réalité bien différente :

les petites et moyennes entreprises (PME) subissent un fardeau fiscal bien plus lourd que les grands groupes.

Ce déséquilibre, qui s’aggrave d’année en année, met en péril la vitalité des PME, piliers de l’emploi et de l’innovation locale. Inspiré par des analyses récentes, cet article examine les mécanismes de cette inégalité fiscale, ses causes et ses conséquences, tout en proposant des pistes pour une réforme équitable.

Le fossé fiscal entre PME et grands groupes

Selon l’étude de l’INSEE, le taux d’imposition implicite – qui mesure le poids réel de la fiscalité sur les bénéfices d’exploitation – atteignait 21,4 % pour les PME en 2022, contre seulement 14,3 % pour les grandes entreprises. Ce écart, qui n’était que de 3,8 points en 2016, a bondi à 7,1 points en 2022, illustrant une dégradation spécifique au contexte français.

Malgré la réduction du taux nominal de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % entre 2016 et 2022, les bénéfices n’ont pas été uniformément répartis. Les grandes entreprises, grâce à leur structure et à leurs ressources, profitent davantage des dispositifs fiscaux. Par exemple, le régime d’intégration fiscale permet aux groupes de compenser les profits d’une filiale par les pertes d’une autre, réduisant ainsi leur base imposable globale. De plus, les niches fiscales coûteuses, comme le Crédit d’impôt recherche (CIR), sont captées à 42 % par les grands acteurs, qui naviguent plus facilement dans la complexité administrative.

Cette situation crée un avantage compétitif artificiel pour les multinationales, au détriment des PME qui manquent de moyens pour optimiser leur fiscalité.

Un modèle français à contre-courant de l’Europe

Comparée à ses voisins européens, la France se distingue par son traitement défavorable aux PME. Au Royaume-Uni, les entreprises à faibles bénéfices bénéficient d’un taux de 19 %. En Espagne, les PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million d’euros paient 23 %, et les nouvelles entreprises seulement 15 %. La Hongrie propose l’un des taux les plus bas de l’UE à 9 %, tandis que l’Irlande maintient 12,5 %, passant à 15 % pour les revenus supérieurs à 750 millions d’euros, en ligne avec les minima de l’OCDE.

En cherchant à attirer les multinationales via des incitations généreuses, la France pénalise ses propres PME, qui représentent pourtant les principales créatrices d’emplois. Ce système freine leur capacité d’autofinancement, limite les investissements et entrave leur croissance.

Les conséquences économiques et sociales

Les répercussions de cette fiscalité inégale sont profondes. Les PME, amputées d’une part significative de leurs bénéfices, peinent à innover et à se développer. Cela érode la confiance dans le pacte social, car les entrepreneurs perçoivent un État qui favorise les géants au lieu de soutenir l’économie locale. Sur le plan macroéconomique, cette distorsion risque de creuser les inégalités régionales et de ralentir la reprise post-crise.

Des exemples concrets, comme l’utilisation massive du CIR par les grands groupes, montrent comment les niches fiscales, censées stimuler l’innovation, profitent principalement aux entités déjà dominantes, laissant les PME en marge.

Vers une fiscalité plus juste

Pour remédier à cette situation, il est impératif de repenser le système fiscal français. Une solution envisageable serait d’instaurer un taux d’imposition plus bas pour tous, appliqué sur une base large et sans échappatoires. Cela restaurerait l’équité, encouragerait l’investissement et renforcerait la compétitivité des PME. Sans une telle réforme, la France risque de voir ses entreprises locales s’essouffler face à une concurrence internationale plus agile.

Le virage fiscal français, bien qu’annoncé comme un allégement général, masque une réalité cruelle pour les PME : un État qui les étrangle par une fiscalité disproportionnée. En s’inspirant des modèles européens plus équilibrés, la France pourrait inverser cette tendance et redonner du souffle à son tissu entrepreneurial. L’enjeu est clair : sans action, le désavantage compétitif des PME persistera, menaçant la vitalité économique du pays. Des études comme celle de l’INSEE appellent à une réflexion urgente pour un système fiscal qui serve tous les acteurs, grands et petits.

https://multipol360.com/fiscalite-en-france-les-pme-sous-le-joug-de-letat/

 

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