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mai 04, 2026

Les programmes connus pour les Présidentielles 2027 !

Sommaire:

A) - Prendre la France au sérieux.

B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

 


 

A) - Prendre la France au sérieux.

En France, la saison des programmes a commencé. On peut s’en réjouir. On a trop connu de campagnes électorales présidentielles avec des programmes bâclés dans les dernières semaines, et des présidents élus sans aucune idée de ce qu’ils devraient accomplir, oubliant immédiatement les rares promesses qu’ils auraient pu faire, pour gérer au jour le jour l’ivresse de leur pouvoir nouveau, éblouis par le protocole, fascinés par les rencontres internationales, et limitant leur exercice du pouvoir interne à des nominations plus ou moins capricieuses.

Ce que j’écris là peut paraître sévère. C’est pourtant ce qui s’est passé : depuis le deuxième mandat de François Mitterrand, aucun président n’a été élu avec l’ambition de conduire des réformes importantes. Aucun n’en a fait. Même si les trois résidents encore vivants peuvent inscrire à leur actif quelques actions significatives, essentiellement dans le domaine social, dans celui des mœurs, de la flexibilité du travail et de la création d’entreprise.

 


 

Cependant, aucune transformation majeure n’a touché l’essentiel et le pays en souffre. Certes, la France a encore des atouts immenses qui en font un des pays les plus privilégiés de la planète :  une démocratie qui fonctionne, un État de droit presque parfaitement respecté, une laïcité si précieuse en ces temps difficiles, un des niveaux de vie les plus élevés du monde.

Mais, tout cela est en train de se défaire. Nos industries traditionnelles, de l’aviation à l’automobile, du luxe à l’armement, voient venir avec angoisse un tsunami chinois. Nos starts-up ont le plus grand mal à trouver les financements privés dont elles auraient besoin, faute de retraites par capitalisation. Notre système hospitalier est chancelant. Notre agriculture vacille. Notre école décline. La mobilité sociale n’est plus au rendez-vous. Un quart des Français est au bord de la pauvreté. Des centaines de milliers d’enfants sont abandonnés à l’ASE et basculent dans la prostitution. Notre balance des paiements est à peine équilibrée, voire déficitaire ; notre balance commerciale est incertaine, nous importons désormais plus de produits agricoles que nous n’en exportons. Malgré toutes les promesses, le déficit public ne descend pas au-dessous de 5% ; la dette publique atteint les 3500 milliards, soit 115% du PIB et on ne dira jamais assez qu’elle est désormais hors de contrôle.

Non pas que la France puisse être mise en défaut (elle a une capacité à lever l’impôt, et une épargne nationale qui suffisent à rassurer tous les prêteurs), mais parce que le coût du service de la dette va maintenant grignoter toutes les marges de manœuvre.

Vraisemblablement, les élections de 2027 se dérouleront dans le même aveuglement que les précédentes, car j’en reste à une constatation simple : toutes les dépenses publiques paient des salaires, des retraites et des revenus pour les détenteurs de marchés publics ; elles sont toutes des revenus pour des habitants du pays et d’abord pour les électeurs et leurs familles. Et comme elles représentent 58% du PIB, il n’est pas déraisonnable de penser que plus de la moitié des électeurs vivent des dépenses publiques.

On ne peut pas s’attendre à ce qu’ils votent contre leurs intérêts. Pas plus en 2027 qu’avant, ils ne feront rien pour réduire leurs revenus par leurs votes, quel que soit le parti qui aura leur faveur.

La dette publique continuera d’augmenter. Et les mâchoires du piège se refermeront sur la France : Si le PIB augmente de 2,5% et si le taux d’intérêt reste de 4%, la dette publique atteindra 5 580 Md€ en 2035 et la charge annuelle d’intérêts bondira de 65 Md€ à 223 Md€. Si le taux d’intérêt atteint 6%, le stock de dette dépassera les 6 000 Md€ en 2035, et la charge annuelle d’intérêts atteindra 360 Md€, soit plus de 4 fois le budget de l’Éducation nationale, plus de 7 fois celui de la Défense et 20 % du PIB français actuel. La   part des dépenses publiques dans le PIB passera de 57,2 % en 2025 à environ 61 % en 2035, essentiellement par l’explosion des charges d’intérêts. Si la croissance nominale  est plus faible (1 % à 1,5 %, ce qui est plausible avec une inflation basse et une croissance réelle atone), la part des dépenses pourrait dépasser 67 % du PIB : près des deux tiers des électeurs auront la totalité ou une partie importante de leur revenu venant des dépenses publiques. Un niveau totalement inédit en temps de paix pour la France. L’État sera alors contraint de couper massivement dans les recrutements, les retraites, les allocations, les investissements pour l’école et les hôpitaux, ce qu’aucun pouvoir démocratique ne saura faire.

Voilà ce qui nous attend impitoyablement. Car on peut discuter de tout, sauf de l’arithmétique.

Si, en 2027, comme dans toutes les élections présidentielles depuis 1981, la campagne présidentielle ne prend pas en compte très sérieusement ces enjeux, si le président élu ne propose aucune réforme de structure, si, comme dans toutes les élections présidentielles depuis 1974, il ne fait pas de la réduction des dépenses publiques un objectif central, et s’il ne se préoccupe que de l’intérêt immédiat de ses électeurs, la France sombrera.

Les réformes nécessaires sont claires : réduire massivement les retraites les plus élevées, à la fois en montant et en durée du travail. Mettre en place une retraite complémentaire significative par capitalisation et utiliser l’épargne ainsi captée pour investir dans les entreprises de pointe. Réduire significativement les diverses strates administratives. Concentrer les allocations sur les plus défavorisés. En finir avec le tiers payant généralisé et avec la gratuité de tout et n’importe quoi, qui ne profitent qu’aux riches. Augmenter les impôts indirects, et d’abord la TVA, et réduire les impôts directs de tous, sauf ceux des plus privilégiés.

Les Français seront-ils assez sages pour élire quelqu’un qui leur promettra des moments difficiles ?

 Jacques Attali 

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

https://www.attali.com/finance/prendre-la-france-au-serieux/



 

B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe doit s’imposer comme un enjeu clé pour redonner du pouvoir aux citoyens. Cet article analyse dans quelle mesure le programme de La France insoumise (LFI), porté dans le cadre d’une éventuelle candidature de Jean-Luc Mélenchon, permet un réel impact des citoyens dans les décisions politiques, et évalue la crédibilité de ses engagements.

Où trouver le programme présidentiel 2027 de La France insoumise ?

À ce stade, La France insoumise n’a pas publié de programme présidentiel spécifique pour 2027.

En revanche, une version actualisée de son programme (2025) existe et sert de base de travail. Elle s’inscrit dans la continuité des campagnes précédentes, notamment celles de 2017 et 2022.

Ce programme comprend plus de 800 mesures et couvre un large éventail de politiques publiques.

Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?

La France insoumise défend une transformation institutionnelle importante, centrée sur la mise en place d’une 6ᵉ République.

 Ce qui est proposé

  • Réécriture de la Constitution via une assemblée constituante
  • Participation citoyenne à ce processus constituant
  • Référendum obligatoire envisagé pour certaines décisions, notamment constitutionnelles

Ces éléments traduisent une volonté de refondation démocratique.

Mais plusieurs limites apparaissent

 Absence de RIC constituant (référendum d’initiative citoyenne permettant de modifier la Constitution) dans la version 2025 Pouvoir d’initiative directe des citoyens limité une fois les institutions mises en place Aucune garantie que la future Constitution inclura des outils forts de démocratie directe

En pratique, la logique repose sur un moment fondateur (la constituante), dont l’issue reste incertaine, plutôt que sur des mécanismes permanents donnant le pouvoir aux citoyens.

Selon quel calendrier La France insoumise s’engage à appliquer la démocratie directe ?

À ce jour, aucun calendrier précis n’est défini.

Malgré un programme très détaillé, il n’est pas indiqué :

  • quand la constituante serait lancée ;
  • dans quels délais les nouvelles institutions seraient mises en place ;
  • ni quelles mesures seraient prioritaires.

Cette absence de calendrier rend difficile l’évaluation de la faisabilité et de la priorité réelle de la démocratie directe dans le projet.

La France insoumise est-elle prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?

Aucun engagement contraignant de ce type n’a été formulé par La France insoumise.

 Les propositions restent programmatiques :

  • sans mécanisme de garantie ;
  • sans engagement personnel contraignant.

Dans un contexte de défiance politique, l’absence de tels dispositifs peut limiter la crédibilité des engagements.

La France insoumise s’est-elle déjà significativement impliquée pour faire avancer la démocratie directe en France ?

La France insoumise a pris certaines initiatives, mais avec des limites importantes.

 Ce qui a été fait

  • Dépôt à deux reprises de propositions de loi visant à instaurer un RIC constituant (notamment sous l’impulsion de mobilisations citoyennes)

 Mais dans les faits :

  • ces propositions n’ont jamais été inscrites dans leur niche parlementaire (malgré les mobilisations citoyennes en ce sens) ;
  • elles n’ont donc pas été réellement mises en débat.

Par ailleurs :

  • la communication du mouvement reste centrée sur la 6ᵉ République ;
  • les outils concrets de démocratie directe sont peu détaillés.

Cela montre une volonté de transformation institutionnelle, mais sans stratégie claire pour installer durablement un pouvoir citoyen direct après la phase constituante.

L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer La France insoumise sur ces sujets !

Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

Découvrez notre comparatif:

Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses. Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays fonctionnant mieux que le notre ?
Ce comparatif vous propose de regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions. 

 https://solutiondemocratique.fr/comparatif-candidats-programme-elections-presidentielles-france-2027/

https://solutiondemocratique.fr/programme-lfi-2027/

 


 

C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe doit s’imposee comme un enjeu central pour redonner du pouvoir aux citoyens. Cet article analyse les positions du Rassemblement national (RN), dans le cadre d’une éventuelle candidature portée par Marine Le Pen ou Jordan Bardella, et évalue dans quelle mesure leur projet permet un véritable contrôle des institutions par les citoyens.

Où trouver le programme présidentiel 2027 du Rassemblement national ?

À ce jour, aucun programme officiel détaillé pour l’élection présidentielle de 2027 n’a été publié par le Rassemblement national.

Pour analyser sa position, il faut donc s’appuyer sur :

  • le programme présidentiel 2022 ;
  • les propositions portées lors des élections législatives 2024 ;
  • les prises de parole publiques de ses dirigeants

Cela signifie que l’analyse repose sur des éléments indirects, et non sur un projet structuré spécifiquement pour 2027.

https://rassemblementnational.fr/documents/202406-programme.pdf

Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?

Le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de recourir davantage au référendum, mais dans un cadre limité.

Ce qui est proposé

  • Mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) législatif
  • Possibilité de consulter les Français par référendum sur certains sujets
  • Référendum obligatoire envisagé pour les réformes constitutionnelles

Ces propositions vont dans le sens d’un recours plus fréquent au vote des citoyens.

Mais plusieurs limites importantes apparaissent.

 Absence de RIC constituant : les citoyens ne pourraient pas modifier directement la Constitution eux-mêmes.

 Modalités floues :

  • aucun détail précis sur les seuils de déclenchement ;
  • aucune précision sur les conditions de validation ou de contrôle.

 Absence de traduction législative : aucune proposition de loi structurante déposée ces dernières années pour concrétiser ces mesures

Selon quel calendrier le Rassemblement national s’engage à appliquer la démocratie directe ?

Aucun calendrier précis n’a été communiqué.

 Cela signifie :

  • aucune échéance claire ;
  • aucune priorisation des mesures ;
  • aucune garantie de mise en œuvre rapide.

Dans l’analyse politique, l’absence de calendrier est un indicateur important : elle rend difficile l’évaluation du caractère opérationnel des propositions.

Le Rassemblement national est-il prêt à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?

À ce jour, aucun engagement public de ce type n’a été formulé par le Rassemblement national ou ses représentants.

Concrètement :

  • aucun mécanisme contraignant n’est proposé ;
  • aucune garantie forte n’est donnée aux citoyens.

Dans un contexte de défiance politique, ce type d’engagement pourrait pourtant renforcer significativement la crédibilité des propositions.

Le Rassemblement national s’est-il déjà significativement impliqué pour faire avancer la démocratie directe en France ?

Le Rassemblement national évoque régulièrement le référendum dans ses discours, mais son implication concrète reste limitée.

Ce qui existe :

  • une communication régulière en faveur du recours au référendum ;
  • une volonté affichée de consulter davantage les citoyens.

 Mais dans les faits

  • aucune proposition de loi pour instaurer un RIC constituant ;
  • peu d’initiatives parlementaires structurantes sur la démocratie directe ;
  • absence de stratégie claire pour donner un pouvoir continu aux citoyens.

Cela suggère que la démocratie directe n’est pas aujourd’hui un axe prioritaire structuré du mouvement.

L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer le Rassemblement national sur ces sujets (comme tous les autres candidats et partis, sans exception) !

 

 

D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

Découvrez notre comparatif:

Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses. Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays fonctionnant mieux que le notre ?
Ce comparatif vous propose de regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions. 

Pourquoi un comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?

Solution Démocratique fait campagne en 2027 pour rendre possible une véritable transition démocratique en France. Avec ce comparateur, nos objectifs sont donc principalement :

  • d’encourager les Français et Françaises pour qui la démocratie est un thème important de tout programme à aller voter à la présidentielle 2027 (des études montrent que le fait d’être exposé à certains types de comparateurs augmente le taux de participation aux élections)  ;
  • aider à identifier les candidats dont le programme et les engagements pris garantissent le plus un vrai changement démocratique positif pour la France ;
  • inciter les candidats à s’engager sur ce thème.

Il est important selon nous de se focaliser sur l’aspect démocratique des programmes. C’est en effet l’élément central pour imaginer de vrais changements sur tous les autres aspects (économiques, environnementaux, sécurité, etc.).

Source des études mentionnées : Munzert, S., & Ramirez-Ruiz, S. (2021). Meta-Analysis of the Effects of Voting Advice Applications. Political Communication, 38(6), 691–706. https://doi.org/10.1080/10584609.2020.1843572


3 bonnes raisons de comparer les programme sur leur valeur démocratique

Peut-être que pour vous, ce qui compte le plus, c’est ce que le futur président va faire pour le pouvoir d’achat, contre la dette, pour l’environnement ou encore sur l’immigration ou la santé.

Il y a cependant au moins 3 bonnes raisons de choisir la démocratie directe comme principal critère comparatif des programmes. Et cela même pour les personnes qui, peut-être comme vous, ne le placeraient pas spontanément comme critère primordial.

1 – Les promesses n’engagent que ceux qui y croient

Rien n’oblige un président de la République à tenir ses promesses de campagne. Ceci est particulièrement vrai lorsque ces promesses :

  • sont nombreuses : il est alors facile de mettre en avant celles honorées et de mettre les autres sous le tapis.
  • Impliquent pour être réalisées d’autres représentants que le président de la République.

C’est pourquoi il est bon pour les citoyens de pouvoir rectifier le tir en cas de promesses non tenues.

2 – La démocratie directe pour mieux s’adapter aux imprévus

En 5 ans, il peut s’en passer des choses. Admettons que le Président tente d’appliquer à la lettre ce qu’il s’est engagé à faire dans son programme, dans tous les domaines. Ce dès son entrée au pouvoir. Mais il va être confronté à plusieurs problèmes :

  • il n’aura pas forcément l’appui d’assez d’autres parlementaires (députés et sénateurs) pour mettre en place tout ce qu’il souhaite ;
  • certaines choses qu’il voulait mettre en place vont s’avérer inefficaces ou ne pas produire les effets escomptés ;
  • d’autres priorités vont apparaître au cours du mandat à cause d’événements imprévisibles lorsque le programme a été établi (comme l’épidémie à la Covid-19).

Il va alors falloir qu’il redéfinisse des priorités en cours de mandat, qu’il abandonne certains projets au profit d’autres. Malheureusement, il ne peut pas avoir une expertise dans tous les domaines. Il va donc peut-être rechercher l’expertise de quelques personnes afin d’élaborer de nouveaux plans.

S’il a mis en place dès son entrée au pouvoir des modalités de fonctionnement beaucoup plus démocratiques, les choses se passeront bien autrement. Ce sont les citoyens, les élus locaux, les experts, les personnes engagées dans la vie associative qui vont directement suggérer de nouveaux projets plus pertinents (via l’initiative citoyenne). La pertinence de ces projets sera évaluée non pas par quelques représentants, mais par un grand nombre de citoyens (via un RIC). Cela augmente les choses que des projets plus pertinents voient le jour.

Des modalités de fonctionnement plus démocratiques incitent également les élus à :

  • mieux respecter leurs programmes, leurs engagements ;
  • prendre de meilleurs décisions puisqu’ils ont plus peur des réactions des citoyens.

3 – Des indicateurs objectifs existent

Le fonctionnement plus ou moins démocratique d’un pays est quelque chose de bien étudié en sciences politiques. Il est possible de trouver des critères pour comparer des programmes par rapport au cadre démocratique qu’ils proposent.

Comment réalisons-nous ce comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?

Nous suivons une méthode rigoureuse pour établir et mettre à jour ce comparatif de programmes pour la présidentielle 2027. Nous vous l’indiquons pour que vous puissiez vous faire votre propre avis sur sa qualité.

  1. Identification de tous les candidats qui se sont déclarés comme se présentant à l’élection présidentielle et qui sont listés sur la page Wikipédia dédiée (ou annonce publique dans des médias nationaux ou la presse quotidienne régionale), ou pressentis.
  2. Recherche du programme de chaque candidat. Le moteur de recherche Google est utilisé avec les mots clés suivant : « programme + prénom/nom du candidat ou nom du parti + présidentielle 2027 ». Consultation des 10 premières pages de résultat Google pour trouver la plus pertinente.
  3. Exploration de la principale page synthétique du programme. Les mots démocratie, pouvoir ou référendum d’initiative citoyenne (RIC) sont-ils utilisés ?
  4. Si oui, un RIC est-il proposé ? Pour répondre à cette question, nous explorons toute la documentation accessible par internet relative au programme du candidat. Même chose pour établir s’il s’agit d’un RIC constituant (permettant de modifier la Constitution française), et s’il est obligatoire d’organiser un référendum pour toute modification de la Constitution. Idéalement, une proposition de loi constitutionnelle rédigée doit être disponible, car le diable est dans les détails.
  5. Enfin, quelle est la crédibilité du candidat ? Quel degré de certitude peut-on avoir pour qu’il tienne ses engagements ? Est-il prêt à s’engager sur ses biens pour appliquer son programme et respecter ses promesses de campagne ?

 

Notre comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 à jour

Abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer de nos mises à jour ! Nous interviewons également sur le sujet de la démocratie tous les candidats à l’élection présidentielle 2027 en direct sur YouTube tous les dimanches soirs 20h30 (rediffusion dès le lendemain sur Spotify, Apple Podcast, YouTube).

Dernière mise à jour : 2 mai 2026. Écrivez-nous pour signaler toute erreur.

Comparatif des programmes : vue d’ensemble

Clara Egger 2027 (Solution Démocratique)

Clara Egger était la candidate d’Espoir RIC en 2022, le mouvement citoyen dont est originaire Solution Démocratique. C’est notre candidate pressentie pour 2027.


 

Elle est prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire à suivre à la lettre notre calendrier si elle obtient les 500 parrainages pour accéder au premier tour de la présidentielle.

Depuis 2019, elle écrit des ouvrages et intervient dans de nombreux médias pour promouvoir l’instauration du RIC constituant en France.

François Asselineau 2027 (Union populaire républicaine, UPR)

Malgré nos nombreuses prises de contact ces dernières années, M. Asselineau a jusqu’à présent toujours refusé :

  • de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
  • de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.

Dans le programme de 2022 le RIC est relégué à la 32ème place. Il n’y est pas précisé si les Français auront l’initiative citoyenne sur la constitution, et le droit de voter par référendum toute modification de cette dernière.

https://upr.fr/wp-content/uploads/2011/01/Programme-Francois-Asselineau-legislatif-2017.pdf

Article complet sur le programme 2027 de François Asselineau

Clémentine Autain 2027 (L’après)

Clémentine Autain a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par Mme Autain (ici).

Article complet sur le programme 2027 de Clémentine Autain

Xavier Bertrand 2027 (Nous France)

M. Bertrand, député sous 4 légilatures puis ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

En 2019, il s’est prononcé contre certaines formes de RIC et pour le maintien d’un RIP avec un seuil abaissé de signatures (mais en conservant un seuil de signataires parlementaires nécessaires) (source : France 24).

Son programme sur le site de son parti Nous France n’évoque l’importe la souveraineté populaire, la démocratie directe.

Article complet sur le programme 2027 de Xavier Bertrand

Nicolas Dupont-Aignan 2027 (Debout la France, DLF)

M. Dupont-Aignan a cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516 déposée en 2021 par Jean Lassalle mais n’a pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Dupont-Aignant était encore député.


 

Dans son programme actualisé pour 2027, il évoque :

 Mention du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) Référendum obligatoire pour les révisions constitutionnelles Proposition de RIC Constituant non publiée Calendrier de mise en place non publié

En période électorale, suite au lobbying de nos militants, il s’est prononcé favorable au RIC constituant. Il n’a cependant jamais relayé auprès de son audience les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale sur le RIC constituant, malgré nos sollicitations.

Article complet sur le programme présidentiel 2027 de Nicolas Dupont-Aignan

 

Marine Le Pen 2027 (Rassemblement national, RN)

Mme Le Pen s’est à notre connaissance toujours prononcée contre le RIC constituant, promouvant uniquement le RIC législatif (voir par exemple cet article de CNews de 2022). Le RN avait a son programme des législatives 2024 le référendum obligatoire pour la constitution, mais n’a jamais déposé de proposition de loi à ce sujet.

https://rassemblementnational.fr/documents/202406-programme.pdf

Voir l’article complet sur le programme présidentielle 2027 de Marine Le Pen

David Lisnard 2027 (Nouvelle énergie)

À notre connaissance M. Lisnard ne s’est jamais investi ou prononcé favorablement ou non en faveur du RIC constituant ou du référendum obligatoire pour la Constitution. Il promeut en revanche le deuxième axe du programme de Solution Démocratique, la décentralisation par le bas où subsidiarité ascendante (voir par exemple ici), bien qu’il n’ait pas proposé dans son programme une proposition de loi précise et un calendrier définit de mise en place.

https://www.unenouvelleenergie.fr/notre-programme/

Voir l’article complet sur le programme de David Lisnard pour 2027.

Édouard Philippe 2027 (Horizons)

M. Philippe, député sous une législature puis ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

À notre connaissance il s’est toujours prononcé contre le référendum d’initiative citoyenne, privilégiant le RIP (voir par exemple sur Europe 1 ou Le Monde).

Article complet sur le programme 2027 d’Édouard Philippe.

François Ruffin 2027 (Debout !)

François Ruffin a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par M. Ruffin (ici).

Il n’a cependant à notre connaissance jamais partagé dans ses réseaux les pétitions enregistrées sur le site de l’Assemblée nationale pour le RIC constituant et le référendum obligatoire.

Le programme de Picardit (ici) mentionne de façon vague le RIC et la souveraineté populaire mais sans s’engager de manière précise et concrète sur le sujet (proposition de loi, référendum obligatoire pour toute modification de la constitution, initiative citoyenne y compris pour modifier la constitution).

Voir l’article complet consacré à François Ruffin, la démocratie directe et la présidentielle 2027

Laurent Wauquiez 2027 (Les Républicains)

M. Wauquiez n’a pas cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°722 déposée par Jean-François Coulomme en 2024 alors que M. Wauquiez était député.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet sur le programme 2027 de Laurent Wauquiez

Bruno Retailleau 2027 (Les Républicains)

En 2018, au cours des mouvements des Gilets-Jaunes :

A droite, le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, s’est dit « favorable » au référendum d’initiative citoyenne, sur « des grands sujets », afin d’« équilibrer notre démocratie représentative », mais cette mesure devra être « encadré[e] », a-t-il précisé sur LCI mardi, tout en rappelant que le référendum est « une tradition de la Ve République ». (source)

En 2019, il affirme :

Je pense que la démocratie directe peut amener beaucoup de violence. (source)

En 2026 :

Bruno Retailleau, qui fait partie des défenseurs d’une telle réforme, a indiqué, il y a quelques jours, vouloir consulter les Français pour « réduire drastiquement l’immigration, engager une véritable révolution de notre justice pénale, et redonner la primauté à notre droit national ». (source)

Au regard de ces déclarations, la position de Bruno Retailleau apparaît la suivante : il accepte le référendum à condition qu’il reste contrôlé et limité à certains sujets définis par le pouvoir. Sa méfiance exprimée en 2019 montre qu’il ne considère pas la démocratie directe comme un pilier du système politique, mais plutôt comme un outil à manier avec prudence. Enfin, ses propositions récentes confirment une logique de consultation descendante, où l’initiative reste gouvernementale.

 En résumé, il défend davantage un référendum d’encadrement politique qu’une véritable initiative citoyenne autonome.

https://republicains.fr/wp-content/uploads/2025/11/2019-10-02-lR-charte-principes-fondamentaux.pdf

Voir l’article complet sur le programme présidentienne 2027 de Bruno Retailleau pour la démocratie.

Juan Branco 2027 (La Ruche)

Malgré nos nombreuses prises de contact, M. Branco a jusqu’à présent toujours refusé :

  • de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
  • de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.

Son programme propose des RIC sans qu’aucune proposition de loi ne soit formulée. Il n’est pas dit que seuls les citoyens pourront modifier la Constitution par référendum.

De plus :

  • p70 de « Comment fabriquer une guillotine », Juan Branco s’accorde le droit de mettre un véto présidentiel sur chaque référendum ;
  • p8 de « Le Projet » en petit et bas de page, il est écrit « ou en cas de mise en jeu de son véto ».

Article complet sur le programme 2027 de Juan Branco.

Jean Lassalle 2027 (Résistons !)

Suite à notre lobbying citoyen, Jean Lassalle a déposé en 2021 la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516 . Il n’a cependant pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Lassalle était encore député.


 

Lors de la présidentielle 2022, sous les actions combinées d’Espoir RIC et de son équipe de campagne, Jean Lassalle inscrit en numéro 1 le RIC constituant dans son programme juste avant le premier tour. Ces mêmes actions le conduisent aussi à s’engager chez un notaire à léguer tous ses biens au cas où il ne respecterait pas son engagement.

M. Lassalle ne s’est pas encore engagé à le refaire potentiellement pour 2027, au cas où il obtiendrait les 500 parrainages.

Voir l’article complet sur Jean Lassalle et la présidentielle 2027

Eric Zemmour (Reconquête)

M. Zemmour a inscrit dans son programme le référendum obligatoire pour toute modification de la Constitution.

Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux uniquement.

De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme, il ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire.

Article complet sur le programme 2027 d’Éric Zemmour

Sarah Knafo (Reconquête)

Le parti de Sarah Knafo a inscrit dans son programme le référendum obligatoire pour toute modification de la Constitution.

Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux uniquement.

De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme, elle ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire.

Interviewée par le podcasteur Matthieu Stefani lors de sa campagne pour l’élection municipale 2026 à Paris, elle évoque l’importance de s’inspirer du système politique suisse pour l’échelon municipal. Ce sujet revient cependant très peu dans ses communications publiques pourtant très régulières.

Similaire de Paris: https://www.ifrap.org/sites/default/files/documents/2026-02/programme-sarah-knafo-paris-2026_4.pdf

Article complet sur le programme 2027 de Sarah Knafo

Dominique de Villepin (La France humaniste)

M. de Villepin a lancé en juin 2025 un nouveau parti politique, La France humaniste. À notre connaissance, il ne s’est jamais déclaré favorable à donner aux citoyens français le contrôle de leur système politique et n’a jamais rien fait en ce sens au cours de ses précédents mandats.

https://lafrancehumaniste.fr/

Article complet sur le programme 2027 de Dominique de Villepin.

Ségolène Royal (Parti Socialiste)

Mme Royal, qui a été députée et ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

Article complet sur le programme 2027 de Ségolène Royal

Marine Tondelier (Écologistes)

Mme Tondelier, qui a été députée, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant, bien que son groupe parlementaire d’appartenance (Les Écologistes) ait déposé une telle proposition de loi en novembre 2025 (PPL n°2081).

Article complet sur le programme 2027 de Marine Tondelier

Jean-Luc Mélenchon (LFI)

Le groupe parlementaire LFI a déposé à 2 reprises une proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant mais n’a jamais souhaité faire passer cette proposition de loi dans sa niche parlementaire. Dans la version 2025 du programme LFI, le référendum obligatoire est inclus, mais pas l’initiative citoyenne sur la constitution (voir ici). De plus, aucun calendrier précis d’instauration une fois le candidat au pouvoir est donné pour les plus de 800 mesures proposées.

Article complet sur le programme 2027 de LFI

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

À notre connaissance elle ne s’est jamais prononcée favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet consacré à la candidature de Nathalie Arthaud à l’élection présidentielle 2027.

Jérôme Guedj (PS)

Groupe politique s’exprimant peu sur la démocratie directe. Certains députés ont cosigné une proposition de loi pour le RIC constituant, d’autres se sont prononcés contre en Commission des lois lors de l’examen de pétitions.

Voir l’article complet sur le programme présidentielle 2027 de Jérôme Guedj

Delphine Batho (Génération Écologie)

À notre connaissance elle ne s’est jamais prononcée favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet consacré à Delphine Batho et l’élection présidentielle 2027

Lydie Massard (Union démocratique bretonne)

Candidate pour la primaire de la gauche.

En 2024, elle déclare dans une tribune souhaiter :

Rendre l’autonomie aux régions, réformer la fiscalité pour les collectivités, donner du pouvoir aux élus locaux et, surtout, rapprocher les décisions des citoyens. (source)

Dans son discours d’annonce de candidature sur sa page Facebook, elle insiste particulièrement sur la facette fédérale.

Elle n’a pas formalisé à notre connaissance de texte de loi précis.

Article complet consacré à Lydie Massard pour la présidentielle 2027

Gabriel Attal (Renaissance / Ensemble pour la république)

Depuis que Solution Démocratique existe (2024), le groupe politique auquel appartient Gabriel Attal est le seul représenté à l’assemblée n’ayant jamais accepté sur les sujets démocratiques avec nous, malgré nos multiples sollicitations auprès de députés et sénateurs.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution. En tant que député, il n’a jamais non plus déposé ou cosigné de proposition de loi à ce sujet.

Article complet sur le programme 2027 de Gabriel Attal

Raphaël Glucksmann (Place Publique)

Parmi les 10 priorités listées par Place Publique (ici), aucune ne vise à donner plus de marge de manoeuvre aux citoyens ou aux communes.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

https://place-publique.eu/wp-content/uploads/2022/06/circulaire-MB.pdf

Article complet sur le programme 2027 de Raphaël Glucksmann


mars 07, 2026

Juan Branco: présidentielle 2027 et enkystement de LFI par électoralisme ! À lire dossier LFI de Lux Aurores.

Juan Branco : « Il faut proposer aux Français une alternative crédible au système »

Invité de l’émission Bistro LibertéJuan Branco a exposé sans concession les raisons de sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 et les piliers de son projet politique.

Pour l’avocat et ancien proche de Wikileaks, l’heure est à la résistance active face à un système qui s’effondre.

« Toutes les forces politiques ont renoncé à leur position, notamment sur l’Union européenne, que ce soit le RN ou la France insoumise », a-t-il affirmé. Face à ce vide, il propose de redonner la parole au peuple via un référendum à six mois de l’élection pour décider du maintien ou non dans l’euro et l’UE, doublé de l’adoption du RIC (référendum d’initiative citoyenne), des mandats impératifs et révocatoires. « C’est la volonté de reprise de contrôle du peuple français sur sa souveraineté », a-t-il insisté, en sortant des « clivages artificiels » entretenus par les partis.

Un « coup d’État institutionnel » et un président « astre mort »

Emmanuel Macron est décrit en termes durs : « Il a commis ce que je considère être un coup d’État institutionnel en juillet 2024 avec la dissolution et surtout son refus d’en prendre acte. » Pour Branco, le chef de l’État est « un astre mort » qui, habité d’un « comportement morbide », veut « emporter avec lui le peuple français ». La candidature de Branco vise précisément à résister à cette trajectoire.

Mesures phares : souveraineté, simplification et lutte contre l’oligarchie

Le programme repose sur trois piliers immédiats :

  • Redonner la parole : référendum sur l’Europe et RIC.
  • Nettoyage de l’espace oligarchique : « Un nettoyage des médias pour que ce ne soit pas des milliardaires qui décident ce que les gens doivent savoir », et transparence totale sur les algorithmes des réseaux sociaux.
  • Simplification radicale : suppression des 300 taxes et impôts qui coûtent plus cher à collecter qu’ils ne rapportent, renforcement des services publics de base (hôpitaux, sécurité), et reconquête de la souveraineté agricole. « Pour la première fois en 40 ans, nous basculons en situation de dépendance alimentaire », a-t-il alerté.

Il dénonce également le « pillage oligarchique » en cours avec le démantèlement annoncé de SFR : « Ils veulent réduire de 4 à 3 le nombre d’opérateurs pour faire augmenter les prix et enrichir Martin Bouygues, Xavier Niel et Patrick Drahi. » Une opération estimée à 20 milliards d’euros pour les acteurs et 100 milliards de commissions pour les banquiers – « la répétition de ce qui s’est passé avec Alstom ».


Médias et audiovisuel public : une maison qui a « largement dérivé »

Juan Branco plaide pour une remise à plat massive du secteur audiovisuel. Sur la commission d’enquête parlementaire menée par Charles Loncle, il exprime un désaccord de fond avec la ligne RN (suppression de France Télévisions) mais défend la nécessité de transparence : « Des centaines de millions d’euros d’argent public sont brûlés chaque année pour nourrir des petites chapelles. » Il regrette que la commission n’ait pas auditionné suffisamment de voix de gauche et insiste : le rapport ne doit pas devenir un outil d’instrumentalisation partisane.

Iran : la France doit se distancier, pas servir de « larbin »

Sur le Moyen-Orient, Juan Branco est catégorique. Les bombardements américains et israéliens visent selon lui non pas la chute d’un régime, mais le « démembrement de l’État iranien » dans le cadre d’un projet de « Grand Israël ». « Gaza est la première étape avant la Jordanie », a-t-il rappelé, déplorant l’absence de journalisme de qualité en France pour expliquer ces enjeux.

Il fustige la réaction d’Emmanuel Macron : au lieu de prendre ses distances après l’assassinat d’un chef d’État en exercice hors de tout cadre juridique international, le président a constitué une coalition avec Friedrich Merz et Keir Starmer pour condamner la riposte iranienne. « Il s’est comporté comme le larbin de monsieur Trump. À aucun moment les intérêts de la France ne sont défendus. »

("Ils rendent service au régime iranien en tuant un dirigeant qui était déconsidéré et considéré comme grabataire par la population. La bêtise aveugle de l’axe israélo-états-unien et leur volonté de démanteler l’Iran comme État nous coûtera. La France doit prendre ses distances."

"Juan Branco ACCUSE Macron d’engager la france dans des FRAPPES ILLÉGALES contre l’Iran. « Emmanuel Macron engage la parole de la France en annonçant des "actions défensives" à six mille kilomètres de la France. Celles-ci consisteraient en des bombardements contre l'Iran en dehors de tout cadre légal, et au seul prétexte que cet État a riposté à une agression illégale en bombardant des pays accueillant des bases états-uniennes. La dernière fois que la France a mis en oeuvre cet aventurisme militaire, cela a eu deux conséquences : le Bataclan et la promenade des anglais. »") 

Extrême gauche et affaire Quentin : « Jean-Luc Mélenchon assume une responsabilité politique et morale »

Sur la mort de Quentin à Lyon, Branco refuse toute instrumentalisation tout en pointant clairement les responsabilités : « Jean-Luc Mélenchon, en créant cette alliance entre une force de gouvernement et une forme de milice citoyenne d’extrême gauche qui n’a que la violence comme vecteur, assume une responsabilité politique et morale dans la mort de cet homme. »

 ""Mélenchon feint d’ignorer qu’il a créé une alliance avec une organisation proto-fasciste, qui n’a rien à faire avec une force de gouvernement qui va se présenter aux présidentielles." (Tocsin)"

Il récuse vigoureusement les accusations de « virage à droite » : dénoncer la violence de la Jeune Garde n’est pas devenir identitaire ou fasciste. « Dire cela m’a valu des attaques de personnes qui m’adoraient il y a quelques années. » Pour lui, légitimer ces violences mène le pays vers « une forme de guerre civile ».

Sa conception de la gauche : souveraineté et réindustrialisation, pas « gauche Zara »

Juan Branco se revendique toujours de gauche, mais d’une « vraie gauche » : celle qui défend le prolétariat, la réindustrialisation (le PIB manufacturier est passé de 25 % à moins de 10 %) et la fin de l’asservissement à l’Empire américain. Il critique la France insoumise comme une « gauche de la subvention », une « gauche Zara » qui endort le peuple sans toucher aux fondamentaux et instrumentalise les questions sociétales (genre, identité) pour masquer son renoncement économique.

« La gauche s’est convertie au capitalisme et au consumérisme », regrette-t-il. Son combat prioritaire : la « purgation de l’espace oligarchique » et la reprise de souveraineté. « La priorité aujourd’hui n’est pas la guerre horizontale entre Français, mais de constituer un peuple pour renverser le système existant. »


 

Conclusion de Juan Branco : sortir des pièges et reconstruire

Face aux accusations de « rouge-brun », il rappelle l’arc des Gilets jaunes – de l’antifascisme au royalisme – et son propre rôle de défenseur de figures du mouvement. Il refuse l’enfermement dans les clivages identitaires ou sociétaux : « Mon enjeu, c’est de permettre à la France de retrouver sa souveraineté et à sa population de se développer dans une direction souveraine. »

Candidat hors système, Juan Branco présente sa démarche comme un « exercice d’humilité » : écouter la ruralité, construire avec les 27.000 membres du mouvement « les Ruches » un projet citoyen de 300 propositions. « C’est le plus beau rituel que la République ait fécondé », conclut-il. Un appel à la reprise de contrôle populaire avant que l’« astre mort » n’emporte le pays avec lui.

https://multipol360.com/juan-branco-il-faut-proposer-aux-francais-une-alternative-credible-au-systeme/ 

 


Sur LFI

Ces dernières semaines ont mis en scène un effondrement inattendu de Jean-Luc Mélenchon, homme pour lequel j'ai une profonde affection personnelle. Il ne s'agit d'en tirer aucune conséquence, si ce n'est que des lignes de fractures claires, de l'essentialisation des êtres à la légitimation d'une violence horizontale inacceptable, sont apparues, et ne seront pas résorbées. 

 

Un long texte permettant de comprendre, de façon plus fondamentale, quelles sont les lignes de fracture entre notre mouvement et candidature et celle portée par la France Insoumise, a été publié. Celui-ci permet de revenir sur certaines des apories dans lesquelles, par électoralisme, cette force politique s'est enkystée. 

Cela laisse apparaître une évidence: les "erreurs" ou "fautes" de ces dernières semaines n'en sont pas, mais le fruit des choix politiques de l'organisation qui ont placé l'organisation face à des contradictions irrémédiables. A lire à tête reposée

"Comment faire" pour se suicider: autopsie de la France Insoumise

LFI rappelle une constante de la gauche Française : n'y ont le mot peuple à la bouche que ceux qui cherchent à accaparer la parole en son nom. La lecture critique du texte Comment Faire ? qui vient de paraître, permet de comprendre les failles et apories d'un mouvement voué à trahir ou disparaître. 

Jean-Luc Mélenchon vient de rendre public un texte, Comment Faire ?, dont le titre fait écho au Que Faire de Lénine.

Ce texte, qui est cosigné par les trois plus importants cadres du mouvement, se propose de donner les clefs de compréhension du fonctionnement interne de la France Insoumise.

Cette organisation est aujourd'hui la principale force politique se disant de gauche en France, et aspire à prendre le pouvoir par les urnes, en professant un strict légalisme.

Souvent abscons, Comment Faire ? n'offre pourtant que quelques vagues clefs de compréhension sur les principes organisationnels du mouvement. Ceux-ci apparaissent dans trois des dernières pages d'un texte qui en contient près de 100, et qui décevra tous ceux qui espéraient y trouver des éléments permettant de répondre aux récentes offensives qu'a connu le mouvement de la part de la presse institutionnelle, notamment via l'ouvrage La Meute.

Il se révèle cependant particulièrement révélateur sur les insuffisances et apories auxquelles est confronté le mouvement, et mérite à ce titre d'être discuté et réfléchi.

Une réponse à une offensive médiatique qui tombe à plat

À ceux qui nourrissaient l'espoir que des éléments de langage seraient donnés, ou au moins des éléments d'explication, pour répondre aux attaques médiatiques qui ont ciblé le mouvement ces derniers mois, il faudra leur suggérer de repasser. Celles-ci s'étaient démarquées par une partialité profondément injuste et aveugle aux insuffisances de tout mouvement politique. Surtout elles n'avaient pas interrogé la nécessité de mécanismes représentatifs ou démocratiques au sein de mouvements qui cherchent des changements politiques en leur extérieur. Demande-t-on aux armées des pays démocratiques d'être elles-mêmes démocratiques ?

Le texte désarçonne en réalité par la dérive à laquelle ses auteurs se prêtent. Ceux-ci se perdent, dès l'ouverture, en des considérations théorico-philosophiques interminables sur la nature des mouvements ouvriers, et semblent avoir avant tout cherché à faire œuvre universitaire plutôt qu'à offrir des clefs de compréhension à l'égard de ce que Jean-Luc Mélenchon qualifie de "mouvement gazeux".

Cette notion, cela est bien connu des membres du mouvement, sert de couverture sémantique à la domination implacable d'un groupuscule constitué autour de Jean-Luc Mélenchon et du parti de Gauche, qui, tout épris de velléités hégémoniques et d'une culture léniniste, n'ont jamais cru à la démocratie interne, et cherchent à travers une terminologie poétique allant de l'invocation des "ondes" à d'incertaines "osmoses", à déguiser la centralisation absolue de tous les circuits décisionnels de la FI.

Là encore, il ne s'agit pas ici de faire polémique, ni de reprocher à un mouvement (qui, comme le rappellent les auteurs, a réuni plusieurs millions de suffrages et s'est imposé comme la première force de gauche) d'avoir adopté des méthodes en contradiction avec les principes qu'elle professe, suivant l'adage selon lequel en politique la fin justifierait les moyens. Cela, la presse bourgeoise s'en est parfaitement chargée, procédant à un véritable tir de barrage. Mais on aurait pu espérer que cette approche soit exposée, justifiée, légitimée. Il faudra donc se contenter du voile pudique posé sur la vérité, et avancer.


Une succursale post-mortem du Parti socialiste

Comment Faire ? est en réalité un texte intéressant à bien d'autres titres, qui ne peut ni ne doit être lu sous le seul prisme de l'acte manqué, consistant à se montrer incapable de répondre à des vagues accusatrices, faute d'avoir en réalité de substance alternative à proposer.

Comment faire ? permet en effet de comprendre dans quelle généalogie s'inscrivent les principaux cadres de cette force politique, et quel regard ceux-ci portent sur eux-mêmes. Ses auteurs, afin de présenter la France Insoumise, procèdent à de longs développements qui laissent apparaître un enracinement profond de leur pensée dans les débats et théories politiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Jean-Luc Mélenchon et ses comparses ne se contentent pas d'inscrire la naissance de la France Insoumise dans le droit fil des divisions irrésorbables qui ont miné le Parti socialiste français à l'aube de notre millénaire, qu'ils décrivent par le menu, et dont ils considèrent qu'elles auraient connues une rupture définitive à la suite du référendum de 2005.

Le texte préfigure et inscrit cette rupture d'interminables développements sur les origines et grandes étapes du Parti socialiste, notamment sur Léon Blum, figure politique du début du XXe siècle. Ce faisant, ils permettent à leur lecteur d'apprendre que l'homme du Front Populaire se montrait alors bien plus exigeant et radical que ne le sont aujourd'hui les dirigeants de la France Insoumise, n'hésitant pas à envisager publiquement l'usage de moyens d'action directe illégaux, Là où LFI professe aujourd'hui un légalisme de bon aloi et a adopté une position républicaniste victimaire, ne cessant de faire appel à la protection des institutions malgré les nombreuses offensives dont elle fait l'objet.

"La conquête des pouvoirs publics, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie : prise de l’autorité centrale qui, actuellement, s’appelle l’État, par n’importe quels moyens, sans que ni les moyens légaux, ni les moyens illégaux soient exclus."
Léon Blum cité dans Comment faire ?

Ce faisant, ses auteurs nous rappellent que les ancêtres faisaient montre d'une autre sorte de courage, et quelque part, de pedigree, mais également une forme de tartufferie ou d'impuissance bourgeoise que l'affaire Quentin a contribué à dévoiler.

En creux, cette régression historique se révèle illustratrice d'une forme de contradiction interne au discours du mouvement, qui, toute à une radicalisation d'apparat, n'appelle jamais à la révolution qu'en accompagnant ses invocations du terme "citoyenne". Qui, à chaque promesse de rupture ontologique, l'accompagne d'un rappel sur leur condamnation pure et parfaite de toute forme de violence, censée préfigurer une volonté d'intégration toute aussi pure et parfaite à l'ordre existant. Qui, lorsqu'un jeune homme mort du fait d'affrontements avec des collectifs antifascistes que Jean-Luc Mélenchon et les principaux cadres de la FI ont vanté, glorifié, rabat immédiatement le mouvement sur des fondamentaux prétendument non-violents. Qu'importe qu'ils aient fait élire à l'assemblée nationale un jeune homme qui ait fait de l'action coup de poing, et de sa pratique des rixes et des batailles de rue, à coups de grande propagande et d'annonces d'alliances nationales avec son organisation

Cette négation dialectique de la conflictualité naturelle de tout processus politique, a fortiori révolutionnaire, et des inévitables violences qu'ils charrient, vaut naturellement quelques procès en tartufferie dès lors que le mouvement a décidé, d'une part, de la rejeter en mots et dans le registre de l'explicite, pour l'alimenter de façon implicite, en externalisant la mise en œuvre afin de protéger les intérêts de ses dirigeants.

Loin du courage et de la décence de ses ancêtres, la France Insoumise délègue et externalise son rapport à la violence politique pour protéger les intérêts de leurs dirigeants.

Un parti profondément social-démocrate

L'invocation répétée, et il faut le dire, indigeste, de l'histoire du socialisme et des différents préceptes et luttes qui l'ont structuré tout au long de Comment Faire ? révèle par ailleurs à quel point ses dirigeants, faute de réactualisation idéologique et conceptuelle, restent déterminés par le logiciel social-démocrate qu'ils ne cessent de dénoncer, peinant à s'extraire de distinctions et querelles de clocher qui minèrent les entreprises de leurs aînés.

À les lire, on ne peut que penser aux concours de dissertation qu'organisait le Parti Socialiste à la fin du XXe siècle, de Congrès en Congrès. Ces "contributions programmatiques" étaient censées animer la vie du parti, et justifier de sa structuration en divers courants, ce qui à leur tour permettait de distribuer les postes et investitures selon le succès des uns et des autres. Bien entendu, tout était chiqué, et en réalité, ces concours censés définir l'orientation idéologique du parti ne servaient qu'à légitimer des arrangements d'arrières-cours que les technocrates du parti organisaient.

On pourrait soupçonner Jean-Luc Mélenchon, qui n'aura semble-t-il jamais compris le caractère purement rituel de ces appels à contribution, d'avoir voulu se venger de ses défunts concurrents, en organisant une compétition où il serait cette fois le seul à participer. A-t-il été un participant sincère de ces compétitions, prenant à cœur d'élaborer un esprit supérieur à ceux de tous les dirigeants de ce parti oublié, et a-t-il tardé quarante ans à comprendre les trucages de ses pairs ? Ce serait là une forme de candeur, de naïveté touchante et émouvante, qu'on pourrait supputer par on ne sait quel complexe à l'égard d'énarques et de technocrates qu'il n'aurait, malgré les humiliations répétées qu'ils lui auront fait subir, jamais su surmonter. Comme le rappelle Victor Serge, les révolutions ne laissent pas le temps de la psychologisation, quand bien même de telles dispositions seraient de nature à mettre en danger les intérêts de ceux dont il professe la défense, et qu'il prétend représenter.

Reste que la politique ne peut simplement reposer sur des névroses, qui sont des propulseurs d'idées aussi intenses qu'à courte-mèche. De la même façon qu'Éric Zemmour sut imposer la sienne au peuple Français quelques temps, réactivant des débats datés sur le pétainisme qui faisaient écho à ses propres problèmes identitaires avant de s'effondrer, Jean-Luc Mélenchon prend un risque important en ne se détachant pas de son expérience et de son parcours personnel : que sa douloureuse rupture avec son foyer politique, le Parti socialiste devienne le vecteur de sa chute. Ce vecteur qui, dans la souffrance puis le bonheur, lui permis de nouer des noces heureuses avec un peuple Français de gauche épuisé par la tendance ontologique du PS à la trahison, est désormais épuisé. Les fantômes toujours ressurgissants d'un passé enterré, tels Raphaël Glucksmann ou François Hollande, ne suffiront à fournir le carburant nécessaire à une réactualisation du projet insoumis. L'encastrement dans ce qui, geste de libération, deviendrait névrose traumatique, menace, faute de renouveau, de produire un appauvrissement psychique et idéologique.

Or la France Insoumise ne semble en sortir. Son texte, parsemé de délibérations d'un autre temps, épuise son lecteur et épuisera ses militants. Qui s'intéresse en effet aujourd'hui à l'exégèse de tel ou tel dirigeant politique du début du XXe siècle, dont l'empreinte sur la théorie politique est, en dehors des cercles militants du dernier siècle, restée non seulement inféconde, mais vouée aux oubliettes ? Qui prête encore un intérêt aux définitions concurrentes de la dictature du prolétariat qui animèrent partis et cafés il y a plus d'un siècle, à partir de données matérielles et conceptuelles dont la caducité n'est plus même à dénoncer ?

Et qui s'intéresse au pourquoi d'une rupture avec un Parti Socialiste dont le caractère spectral est depuis désormais dix ans acquis ?

Les principaux cadres de la France Insoumise, mais seulement eux.

Il serait cruel de déduire de ces pages interminables que l'apparatchikisme socialiste continue d'infuser de façon profonde une force politique qui se prétend avant-gardiste, et qui se révèle en prétendant le dénoncer.

Il serait injuste de procéder à une psychanalyse sauvage de leurs fondateurs, qui ne semblent, vingt ans après, toujours pas remis de leur échec à saisir un parti qui les gâta pourtant, et qui ne subsiste en aucune mémoire présente ou prospective définie.

Et nous apporterions peu de chose en nous contentant de pointer cette étonnante résurgence, pourtant signée par trois personnes, Mathilde Panot, Clémence Guetté et Manuel Bompard, qui n'ont eu maille à partir à l'égard de ces instances du passé.


Au-delà de l'entreprise de distinction

Le lecteur qui aura le courage de traverser la médiocre somme historico-théorique qu'ont composé, dans la première partie de cette ouvrage, nos aspirants intellectuels, n'en tirera qu'une conclusion: ces développements n'ont pour fonction et intention que de légitimer leur entreprise d'accaparement de la parole, en offrant à ses auteurs un vernis de légitimité petit-bourgeois. Ce qui, comme diraient certains, suffit à faire signe.

L'entreprise qui se dessine en creux dans cette première partie de Comment Faire ? va en effet par la suite s'expliciter. Les pures tentatives de distinction qui parsèment ce texte, improductives par essence, nous mettent sur une piste. Les esprits les plus affutés savent qu'aujourd'hui le coeur du mouvement est composé d'une classe moyenne citadine faisant de la politique une source de légitimation sociale, via une différenciation éthique qui leur offre un carburant et une "raison d'être" leur permettant d'oublier les affres d'une existence privée de son sens par leur acquiescement dans le système productif existant, dont ils espèrent des ajustements marginaux, ajustements marginaux dont la défense leur offre un "capital symbolique" leur offrant un sentiment de supériorité. L'intégration de Manon Aubry, dès 2019, en tant qu'incarnation d'OXFAM (dont il s'agissait de capter la plus value symbolique) en est l'exemple le plus parfait.

Ces acteurs principaux sont appuyés par quelques transfuges de classe qui ont fait profession de les rejoindre, dont Edouard Louis est une incarnation parmi d'autres. Ceux-ci servent à leur tour de pont à l'égard d'aspirants transfuges, qui ont fait de leur condition une monnaie d'échange au sein du marché politique, et d'acteurs sociaux incarnant une soif de revanche sociale. C'est ainsi qu'Edouard Louis et le mouvement créé par Assa Traoré - dont l'audience est principalement petite bourgeoise - ont-ils intégré le mouvement aux côtés de l'intellectuel organique Geoffroy de Lagasnerie, dont les analyses anti-étatiques (comparant l'école à la prison ; faisant de la famille une entité ennemie ; et ayant récemment poussé à la consécration de l'amitié comme une instance juridique) infusent le corpus idéologique de la France Insoumise.

Tout cela compose un "peuple intermédiaire", à mille lieues des classes populaires, du prolétariat et a fortiori du lumpen prolétariat dont le mouvement ne cesse de se prévaloir, et qu'il aspire à former et représenter.


Le renoncement aux principes fondateurs

Le texte inscrit la France Insoumise dans la rupture, à gauche, liée au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. On peine à comprendre comment, en 2026, ses cadres peuvent narrer avec un tel détail leur enracinement historique dans cette trahison des classes dirigeantes, revendiquant avec force comment leur opposition au TCE aurait été le moteur de leur désolidarisation du Parti Socialiste et de la fondation de ce qu'est devenu aujourd'hui dans le mouvement.

Et dans le même temps assumer d'avoir parfaitement renoncé, après l'avoir portée avec courage, à une quelconque sortie de l'Union Européenne et de ses traités. Après avoir proposé en 2017 une formule (Plan A, impliquant une transformation intérieur de l'Union Européenne, et Plan B, en cas d'échec du précédent, impliquant la sortie de l'institution) qui portait en germe ce renoncement, le parti a depuis 2022 exclu toute initiative allant en ce sens de ses propositions, s'alignant de facto avec l'ensemble des forces politiques dominantes, et s'inscrivant dans un grand arc commun avec le parti macroniste et le Rassemblement national.

Qu'importe si ce renoncement rend de facto caduque toute possibilité de rupture avec l'ordre existant, et quelques peu risibles les grandes embardées lyriques d'un homme, Jean-Luc Mélenchon, dont le respect pour la langue Française en fait l'une des dernières grandes figures politiques de ce pays.

Cet aveuglement n'est pas le seul, et interroge profondément sur la sénilité intellectuelle d'une force qui, toute consacrée à son institutionnalisation, semble avoir oublié sa raison d'être, et ne plus désirer accéder au pouvoir que pour les plaisirs que celui-ci promet. Ce qui explique ses dérives récentes à l'égard de "réflexions" toujours plus incantatoires, que l'Institut la Boétie ne cesse d'alimenter.

Il suffit de parcourir les dernières itérations du programme de la FI, qui n'en tire pas seulement fierté, mais en fait le point distinctif non seulement avec les autres forces politiques passées et présentes, dans une théorisation séduisante, pour comprendre que la machine semble avoir calé. La comparaison, par exemple, avec la huitième version du Projet fécondé par le mouvement des Ruches initié par Juan Branco est particulièrement cruelle, le différentiel en termes de précision et d'approfondissement des thèmes explorés apparaissant au grand jour.

Et cette différence ne s'explique pas par une question de compétence, ou de méthode. Elle permet de faire émerger des différences substantielles qui elles-mêmes démontrent une abîme dans l'approche du politique, et les orientations conceptuelles et idéologiques de ces deux mouvements.

La France Insoumise, encore alignée sur une doctrine marxiste où les rapports entre employeurs et employés n'étaient pas régulés par l'État, continue par exemple de considérer que le salariat serait, en France, synonyme d'exploitation, là où, pour le mouvement des Ruches et Juan Branco, il est considéré comme un capital différé, garanti par l'État qui en assure la distribution à ses membres. Cet accès au capital qui, dans les circonstances majoritaires, garanti un accès au crédit, assure à une majorité de la population Française une position dominante à l'égard du reste du monde, et fait de la classe salariale l'alliée objective d'un système oligarchique précisément défini par Branco dans ses différents ouvrages, ce qui n'est pas le cas de LFI qui continue à utiliser le terme "oligarchie" comme un vague synonyme des personnes aisées. En leur vocabulaire: "des riches".

S'ensuit, d'un côté, un internationalisme conséquent, déjà mis en actes de façon répétée, là où LFI se cantonne à l'incantation, voire à de graves contre-sens, depuis sa création, qui ont amené le mouvement à se trouver pris à défaut de façon répétée, et à des cafouillis particulièrement douloureux ayant largement fragilisé le mouvement.


La gauche Zara face à ses apories

L'exploration des différences à partir de Comment faire ? se révèle particulièrement douloureuse pour le mouvement gazeux en bien des matières, malgré la pertinence de certains diagnostics, notamment en ce qui concerne l'explosion des relations entre hommes et femmes induite par la révolution idéologique et les mutations idéologiques des années soixante-dix.

La précarisation de la population française dénoncée par LFI via la multiplication des statuts, la sous-traitance et mille autre dispositifs visant à "optimiser" l'exploitation de la "ressource humaine", pour reprendre le vocabulaire des classes dirigeantes, ne semble là encore pas bien analysée. Peu est dit sur le fait que cette "flexibilisation" (sic) a créé de confortables points de fuite pour une partie de la population, en connivence avec les classes dirigeantes, offrant notamment via les dispositifs d'interim de véritables sas éteignant toute forme de conflictualité sociale, financés par l'effort collectif et au détriment de la communauté.

On pourrait s'étonner de ces points aveugles et s'interroger sur ce qui, dans la composition sociologique du mouvement, largement salariée et fonctionnarisée, pourrait l'expliquer. En réalité, ceux-ci permettent au mouvement d'épouser un système en contradiction avec ses valeurs et objectifs affichés, et qui convient à nombre de ses électeurs. Une forme de clientélisme électoral dont les dernières itérations programmatiques ont poussé le curseur très loin, et qui est fondement d'un épuisement de la société et de ses structures productives dont l'effondrement est toujours retardé à coup de subventions et de promesses d'accroissement de la sphère d'intervention de la puissance publique.

La désolidarisation massive entre des classes sociales qui furent un temps alliées et permirent à la gauche d'accéder au pouvoir n'est que la conséquence naturelle de ce discours qui a donné un certain écho à la dénonciation par les partis de pouvoir de la "gauche de subvention", profitant non de l'aveuglement de la gauche, mais de la complicité objective de celle-ci à l'égard de processus qu'elle ne dénonce que formellement, pour mieux les renforcer et ainsi nourrir des électorats captifs.

S'ensuit une déduction : les cadres du mouvement ont beau rejeter sur le système politique et médiatique leur ostracisation, ils gagneraient à interroger leur responsabilité critique dans la réactivation de clivages idéologiques qui les empêchent de devenir les portes paroles d'un "peuple" qu'ils ne cessent d'invoquer, et dont tous les indicateurs pourtant démontrent qu'ils contribuent à le fragmenter, en renonçant à tout discours universalisable, qui permettrait de l'unir symboliquement et de s'y adresser en tant qu'entité.

Ce que la FI présente comme des efforts de théorisation politique, à travers notamment une tentative de définition et de catégorisation de la notion de peuple selon le niveau d'accès à différents réseaux privés ou communs qui seraient offerts, apparaît en conséquence et avant tout comme un effet de manche rhétorique compensatoire.


La condition féminine et l'enjeu MeToo

La fragmentation proposée par la France Insoumise ne repose pas seulement sur des clivages assumés, qui expliquent leur soutien notamment à une taxe Zucman dont le caractère profondément social-démocrate n'avait pas échappé à leurs dirigeants. Elle s'exprime également sur la double question de l'instrumentalisation identitaire et de la rupture civilisationnelle entraînée par l'importation en France d'un culte néopuritain anglosaxon ayant profité de l'explosion du voyeurisme sur les réseaux sociaux pour instaurer un culte la délation, le mouvement metoo, qui a trouvé en France une terre d'accueil et de mutation idéelle, s'accouplant idéellement à la tradition inquisitoriale dominante depuis cinq siècles pour produire des fractures dans les couches profondes de la société dont la gauche a cru profiter, et qui la menacent désormais d'effondrement et d'ostracisation.

Il faut voir au-delà de la polémique médiatique, et du jugement de valeur qui pourrait s'appliquer, concernant un manque de courage réel ou projeté, à l'égard d'un fruit interdit trop tenté qui consistait à pouvoir vouer aux gémonies toute personne, et l'éliminer d'un trait de plume ou de parole, par présomptions accumulées, renonçant ainsi à des siècles de tentative de constitution d'une forme de dignité humaine, d'espaces réservés en dehors de l'appareil d'État (la fameuse "intimité") et de règles intangibles relatives à l'État de droit.

Le mouvement, ravi de se vautrer et semble-t-il, de ramasser des clientèles militantes, n'a jamais entamé une réflexion à l'impact catastrophique de l'alliance que proposaient certains mouvements militants néoféministes carcéraux, mis en avant par certains médias et algorithmes oligarchisés, et la puissance judiciaire et policière complètement contrôlée par le pouvoir en place. Fallait-il être un grand clerc pour comprendre que l'alliance avec des structures de pouvoir ontologiquement réactionnaires ne pouvait amener qu'à une catastrophe décimante ? 

Comment Faire ? permet de comprendre que les dirigeants du mouvement sont conscients que cette rupture civilisationnelle est liée à des facteurs historiques et matériels profonds. En rappelant que la répartition du temps de travail entre hommes et femmes et la transformation du mode d'existence de ces dernières a brutalement évolué au cours du XXe siècle, et poussé à une remise en cause radicale de structures de pouvoir pluriséculaires ils font un premier pas. En pointant la rupture anthropologique provoquée par la généralisation de la contraception, la libéralisation des relations de couple et la légalisation de l'IVG, ils semblent s'apprêter à un questionnement profond de la violence des mutations qui ont affecté, en un temps extraordinairement réduit, les structures principielles de nos sociétés, et les violences qui naturellement en sont nées.

Mais en se contentant d'indiquer que les femmes mettaient en œuvre des tâches gratuitement dans "l'économie patriarcale", sans voir à quel point les discours d'émancipation portés au cours du XXe siècle n'auront amené qu'à leur mise sous tutelle des forces du capital ; en refusant d'acter que la destruction des structures traditionnelles qui antécédaient toute forme de productivisme et de capitalisme et protégeaient en réalité l'être humain en sa dignité, au nom d'un "progressisme" qui en réalité ne servait que des forces matérielles auxquels ils sont censés s'opposer ; où vont-ils ?

Nulle part.

Ils se contentent d'accompagner la course au néant qui en est née, en se proposant de l'accélérer.

Comment un parti qui fait tant profession de s'inscrire dans une intellectualité puissante, et qui s'est montré à l'avant garde de la popularisation de ce qu'ils qualifient de lawfare, l'instrumentalisation judiciaire à des fins de pouvoir, n'a-t-il été en mesure de voir là une instrumentalisation idéologique servant des intérêts récupérables à tout instant par la classe dominante ?

Comment un parti qui professe de son inscription dans la longue histoire des luttes et de mouvements de pensée ayant mille fois tranché ces questions - le féminisme carcéral ayant été déconstruit dès les années soixante-dix par un nombre infini de théoriciennes et d'activistes du fait de sa nature puissamment contrerévolutionnaire - a-t-il pu s'aveugler, et renoncer à toute forme d'intégrité intellectuelle, en épousant une dérive que leurs maîtres à pensée auraient immédiatement qualifié de "gauchisme infantile", fausses subversions utiles aux classes dominantes en ce qu'elles permettent de purger de façon immédiate des pulsions de dévastation, au détriment de toute élaboration et constitution d'alternatives aux structures de pouvoir ?

Comment enfin ses dirigeants n'ont-ils cherché à intégrer la question fondamentale de la défense des plus vulnérables, notamment à l'égard des violences sexuelles, dans une analyse plus générale de leur instrumentalisation par des appareils de pouvoir profitant, nourrissant, voire enfantant des panique morales réactionnaires, par nature destructurantes pour toute forme de lutte ?

La réactualisation des délations par voie de monitoire, instrument favori de l'inquisition qui faisait coopérer la "société civile" avec ses instances répressives afin d'éliminer ses opposants politiques et semer une violence mimétique dépolitisante au sein de la société est si évidente qu'il apparaît impossible d'envisager que cette impasse n'ait été volontaire. La réactualisation de l'intérêt universitaire pour les chasses aux sorcières qui, menées par ces méthodes, ont amené des milliers de femmes innocentes à se voir brûlées sur le fondement de dénonciations calomnieuses attisées par les autorités et une Église cherchant à se débarrasser de tout concurrent aurait pu servir de fondement à une contribution du mouvement à la reconstruction d'un féminisme révolutionnaire. La répression de toute forme de subversion au cours du XIXe siècle par les instances d'État au prétexte des bonnes mœurs, couplée à l'émergence des doctrines victoriennes, aurait pu s'ajouter à une analyse sociologique et statistique de l'explosion du contentieux en la matière, complètement décorrélée de la réalité statistique des faits dénoncés. Une analyse sérieuse des récentes crises économiques et des réactions féminines à celles-ci, notamment à travers l'implication majeure de celles-ci au sein du mouvement des gilets jaunes, aurait permis de relier la question des violences sexuelles et conjugales à la condition matérielle, et l'élaboration de stratégies de solidarité et d'évitement au sein des classes populaires.

L'absence de débat sur cette question anthropologique fondamentale, au profit d'une adhésion à un néoféminisme de classe, aura non seulement détaché la France Insoumise de celles qui, au plus profond de la société, sont les premières victimes de toute forme de violence. Elle acte plus largement le renoncement de la France Insoumise, et plus largement de la gauche, à interroger ses propres apories et surtout à tenter de résorber les clivages qui permettent à chaque force politique d'alimenter sa petite chapelle, nourrissant des antagonismes fruits de leur propre impéritie.


La trahison identitaire

C'est bien entendu à la même logique qu'à cédé M. Mélenchon en virevoltant autour de la question de la laïcité, prenant appui sur des justifications historiques brillantes pour opérer un tournant majeur, au détriment de la crédibilité de sa force politique.

La politique identitaire proposée par son mouvement, après quelques tâtonnements et l'adoption pour le moins consternante de la notion de "créolisation", semble s'être désormais sédimentée en un savant mélange de l'anti-racisme clientéliste du Parti socialiste des années 1980 et d'une instrumentalisation des pensées post-coloniales à des fins électorales. Le cynisme qui mâtine l'action du parti en ces domaines, dans le seul but de se constituer une armée de réserve électorale, s'accompagne inévitablement d'une posture paternaliste parfaitement compatible avec le républicanisme colonial ferryiste qui a servi de structure intellectuelle à Jean-Luc Mélenchon. On le retrouve dans la façon dont est abordée, dans ce texte, la question du régime des castes indiennes, dont la persistance malgré les tentatives de dévastation répétées dont elle a fait l'objet est condamnée moralement d'un trait. Comme le firent les tenants de la colonisation et de la mission civilisatrice de la France, convaincus de leur supériorité, les auteurs adoptent une position suprémaciste, qui considère toute structuration traditionnelle, y compris les plus développées et anciennes, comme un obstacle au progrès. Ce faisant, le mouvement partage le but commun de tous les exploiteurs: optimiser les rapports sociaux en les réduisant à leur plus simple expression, dénuer les êtres de toute forme d'auto-organisation pour favoriser l'extraction de la valeur ajoutée, sans égard pour les conséquences qu'une telle destructuration entraîne, et la privation qu'une destruction sans substitution induit pour les groupes humains et leur recherche d'harmonie. Là encore, le besoin de distinction, qui amène les principaux dirigeants du mouvement à se montrer particulièrement condescendant à l'égard de toute forme de différencialisme, comme en témoigne la position maintes fois exprimée par le député en charge des questions africaines à l'égard des mouvements panafricanistes, domine toute forme de pensée.

Elle ne s'exprime pas seulement dans le rapport du mouvement à l'étranger. La fonction est un non-sujet pour la France Insoumise, qui n'a rien compris à la crise des gilets jaunes et continue de vouloir traiter le mal être qui traverse la population française à partir de considérations matérielles, sans craindre de devenir cette "gauche Zara" que Branco a très justement qualifiée et ne cesse de vitupérer depuis l'actualisation du programme de LFI pour la présidentielle de 2022 (depuis aggravée). Qu'importe que les mesures consuméristes proposées par LFI ne visent qu'à renforcer à court-terme les capacités acquisitives des Français en renforçant leur capacité d'exploitation à l'égard du véritable peuple prolétaire du XXIe siècle, à savoir les centaines de millions de personnes sur qui repose la délocalisation massive de toute forme de production industrielle de notre pays.

Qu'importe que ce système produise systémiquement une défonctionnalisation de millions de Français, privés d'un accès direct à leur outil de production, et les rendent dépendants de formes de subvention que la France Insoumise ne cesse de vouloir accroître.

Qu'importe que tout cela nourrisse une crise identitaire majeure, elle-même fruit du renforcement des systèmes de production mondialisés que génèrent les politiques "d'une gauche de subventions" en rien transgressives, radicales ou révolutionnaires à l'égard d'un système qu'elles ne cherchent qu'à renforcer.

La satisfaction du désir immédiat de la clientèle prime sur toute considération politique ou éthique, et justifie tous les manques à pensée.

Il n'est pas étonnant que, à des fins substitutives, LFI ne pense qu'en termes de "politique de réseaux", et considérant son électorat comme une clientèle, ne cherche à répondre à ses attentes qu'en le "connectant", tel Amazon, à des tuyaux capables de satisfaire à ses aspirations individuelles et matérielles immédiates.

Elle en arrive à des phrases qui somment comme des lapsus révélateurs, par exemple quand elle affirme: "Quand la sociale-démocratie renonce à l’identification de classe, elle déclare être le parti de la société tout entière", sans se rendre compte que son maniement de la notion de peuple correspond à cette critique. Et ce, juste avant de proposer une "réorganisation singulière" des rapports sociaux immédiatement contradictoire avec sa dénonciation de l'individualisation politique.

Ce qui s'est joué sur les séquences successives qui ont affaibli la capacité de LFI à s'adresser à une partie des couches populaires, et a fortiori au reste de la population, prend en réalité racine dans une absence de pensée manifestement liée à l'obsession dite matérialiste du mouvement, et son manque d'inscription dans des mouvements de pensée et notamment des historiographies non-marxistes.

Et ces manques ne s'expliquent que d'une façon: un pur opportunisme politique qui ne fait du pouvoir qu'une source de désir, et non de transformation des destins, dans la droite lignée de la mitterrandie instrumentale qui, dès 1983, révéla son impéritie et sa lâcheté, sans produire une quelconque forme de rupture chez le fondateur du mouvement.

Il faut lire à l'aune de ces éléments les clivages artificiels qui ont récemment amené à la mort d'un jeune homme à Lyon, en marge d'un affrontement entre le collectif proto-fasciste Némésis et les organisateurs d'une conférence de Rima Hassan. Parfaitement improductifs, ces affrontements sont le fruit d'une stratégie assumée de la France Insoumise - qui s'en est revendiquée et a fait élire Raphaël Arnault à cette fin. Ils permettent de valoriser le mouvement en en faisant le rempart d'un ennemi idéologique ontologisé, et en conséquence sacralisé. Pendant que ces infantillages font perdre vies et énergies, les ennemis de classe dansent, trop heureux de ce que les distractions que leurs médias alimentent sans cesse, à travers la constitution de bouc émissaires réguliers, leur permettent de ferrer si facilement leurs poissons. Une répartition des places au sein du système représentatif peut s'ensuivre par démonisations mutuelles de deux camps ainsi radicalisés, laissant l'espace à un extrême centre apparaissant de ce fait comme modéré. Comment Jean-Luc Mélenchon n'a-t-il encore compris que c'est cette stratégie de l'idiot utile qui le mit face à un Eric Zemmour littéralement fabriqué par Vincent Bolloré qui permis la réélection d'Emmanuel Macron en 2022 ?

Peut-on imaginer que ce soit par cynisme, et non par bêtise, qu'il continue ainsi de piéger le "peuple" qu'il prétend représenter ?

La France Insoumise face à ses apories

La réactualisation d'une lecture très classique des rapports de force que proposent les auteurs de Comment faire peine dès lors à prendre, et l'invocation de concepts toujours plus éthérés, celui de "polyprésence", apparaît antipolitique, pour ne pas dire caricaturale.

Personne ne s'étonnera de ce que l'un des derniers colloques organisés par l'Institut de la Boétie ait porté sur le concept d'amitié. Celui-ci fut ouvert par une intervention de Jean-Luc Mélenchon qui excluait explicitement que de nouveaux droits soient adossés à la reconnaissance institutionnelle de cette notion d'amitié. Le geste était d'autant plus appréciable que le programme de son mouvement peine à prendre la mesure de l'effet catastrophique généra par l'inflation législative, fruit naturel d'un régime parlementaire auquel elle adhère pleinement.

Faut-il préciser qu'il fut tiré comme conclusion de cet événement qu'une juridicisation et législation sur la notion d'amitié serait bienvenue ?

Pris dans des déterminants de classe petits bourgeois, disposant désormais de généreuses subventions publiques et ayant fait de leur installation au sein du pouvoir et de l'existant leur modus vivendi, les cadres de la France Insoumise ont abandonné toute aspiration à sortir des pénombres idéelles dans lesquelles ils se sont plongés. Ayant capté les désirs pseudo-révolutionnaires de classes sociales dont les privilèges ne se justifient que par leur prétendue aspiration éthique supérieure à celle de leurs adversaires, plus dotés matériellement, ils ont construit une niche rassurante, confortablement financée, depuis laquelle il leur est devenu aisé de prétendre à la lutte et à la révolution, tout en montrant mille scrupules dès qu'il s'agit de l'embrasser. Ainsi la FI peut annoncer, afin de séduire des jeunesses citadines irrémédiablement découplées de tout environnement naturel, son intention de sortir d'un système productif afin de servir les causes idéologiques, tandis que les Ruches maintiennent, de façon sérieuse, la transformation et non l'abolition d'un système productif qui reste condition d'imposition et de transformation d'un milieu naturel ontologiquement concurrentiel et donc devant par essence être apprivoisé par l'homme - dynamique à l'origine de toute civilisation, ce qui semble échapper à nos penseurs politiques du jour.

Faut-il achever en affirmant que là où recherche d'harmonie, brièvement mentionnée dans Comment Faire, n'y apparaît que comme une ambition interne au mouvement, là où il est devenu un point cardinal à partir duquel faire société au sein des abeilles ?

Comment Faire apparaît comme une lecture particulièrement utile pour toute personne qui chercherait à comprendre l'effondrement de la gauche en des circonstances historiques qui auraient dû la consacrer. Pour ceux qui n'ont ni le luxe, ni la patience de s'attarder sur ces questions, la lecture du Projet et du Guide sus-citées nous apparaissent en bien des points plus pertinentes et recommandables à ce jour. 

 

https://aurores.org/comment-faire-pour-se-suicider-autopsie-de-la-france-insoumise/


 

Dans LFI. Anatomie d’une perversion, l’historien des idées Pierre-André Taguieff* convoque une cinquantaine d’auteurs pour dresser le livre noir du mélenchonisme et disséquer sa mécanique idéologique. →


 

 



 LFI & Antisémitisme : Le grand bêtisier (qui ne fait rire personne) 

Vous pensiez que toutes ces polémiques n'étaient que de simples "maladresses" répétées ? Attachez vos ceintures, on vous a compilé le florilège des déclarations, actes et dérapages de La France Insoumise et de ses apparentés entre 2013 et 2026. 


 

 Précision juridique essentielle avant de commencer l'exposition : aucune condamnation pénale définitive pour antisémitisme n'a été prononcée à ce jour contre un de leurs élus. Mais sur le plan politique, l'enchaînement est vertigineux. Voici le palmarès, par artiste  

1)  Jean-Luc Mélenchon : 

 Le Taulier Il voit des "traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme" dans le conservatisme de Zemmour. Logique implacable.  laregledujeu.org/2024/10/02/409 Il estime que Yaël Braun-Pivet "campe à Tel-Aviv". Le terme a fait tiquer.  fr.euronews.com/2026/02/27/eps Pour lui, l'antisémitisme en France reste "résiduel" alors que le ministère de l'Intérieur recensait 1 676 actes en 2023 contre 436 en 2022. Une broutille.  franceinfo.fr/elections/legi La petite touche d'humour de tonton gênant : faire semblant de dire "Epstine" à la place d'Epstein. Une sortie formellement condamnée par la LDH pour son contenu "conspirationniste et antisémite".  ldh-france.org/la-ldh-condamn  

2) Rima Hassan : 

La diplomate tout en nuance Elle a déclaré que le Hamas avait une action "légitime" du point de vue du droit international. Une nuance qui lui a tout de même valu l'ouverture d'une enquête judiciaire.  fr.timesofisrael.com/rima-hassan-ac Elle tweete : "Aux sionistes : vous êtes ce que les nazis étaient pour vous". Le point Godwin validé d'un coup de maître.  raar.info/2026/02/la-gau Sur un autre registre, son tweet indiquant qu'une position a été prise "À la demande du CRIF" a été dénoncé comme reprenant le vieux ressort du "lobby juif" censé dicter la politique française.  fr.timesofisrael.com/rima-hassan-re  

3) Sébastien Delogu : 

Le gamer incompris Il publie une vidéo accusée d'utiliser une imagerie antisémite, notamment via la représentation de Meyer Habib en pieuvre et la présence d'une boîte de pizza "four à pierre". Il a dit ne pas comprendre "pourquoi les gens s'affolent".  fr.timesofisrael.com/sebastien-delo Et n'oublions pas le lapsus du siècle à l'Assemblée Nationale : "Mon grand-père... qui a déporté les Juifs à Auschwitz". Oups.  lejdd.fr/politique/mon-  

4) David Guiraud : 

L'Otaku de l'hémicycle Il a utilisé la référence aux "dragons célestes" de One Piece. Un terme présenté par plusieurs observateurs comme un "dog whistle" antisémite dans certaines sphères complotistes.  marianne.net/politique/mele Lors de son altercation avec Meyer Habib, il a été relaxé après que la justice n'a pas retenu l'injure publique à caractère antisémite. (Il l'avait tout de même traité de "porc" ). trtfrancais.com/article/16f87e  

5) Thomas Portes : Le punchlineur Il qualifie Jean-Noël Barrot de "ministre de la Knesset". Une expression publiquement dénoncée car elle reprend les "vieux clichés antisémites" de la double allégeance.  lejdd.fr/politique/vieu  

6&7) Mathilde Panot & Danièle Obono : 

Les championnes de la comm' Mathilde Panot publie un communiqué le 7 octobre parlant d'une "offensive armée de forces palestiniennes". Résultat : convocation par la police pour une enquête d'apologie du terrorisme.  franceinfo.fr/politique/la-f  Danièle Obono refuse de qualifier Houria Bouteldja d'antisémite, préférant dire "C'est ma camarade".  crif.org/sites/default/ Elle a également qualifié le Hamas de "mouvement de résistance".  crif.org/sites/default/  

8) Sophia Chikirou : 

La candidate cash Elle accuse Ariel Weil d'être un être "soumis à l'argent, aux multimillionnaires, aux milliardaires, aux fonds et pays étrangers". Carton plein sur les clichés.  lejdd.fr/politique/anti  

9) Aymeric Caron : Le sniper apparenté Il affirme que le grand rabbin de France Haïm Korsia "soutient le génocide en cours à Gaza" et qu'il le juge "mérité".  leparisien.fr/international/ Il range pêle-mêle Arthur, Yonathan Arfi, Haïm Korsia, Caroline Yadan, Raphaël Enthoven, BHL et le CRIF parmi les "soutiens des massacres" de Gaza , déclenchant une plainte d'Arthur.  leparisien.fr/culture-loisir Il republie une intervention de Rachel Khan en commentant "Radio Mille Collines" (la radio génocidaire rwandaise) , ce qui lui vaut un renvoi devant le tribunal pour injures.  lejdd.fr/societe/radio- Et la cerise sur le gâteau : il acquiesce ("Oui") quand on lui demande si Israël n'est pas sanctionné parce qu'il s'agit d'un "État juif". Un classique absolu.  lejdd.fr/politique/isra  

10) LFI (Le Parti) : La stratégie institutionnelle Parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, voici l'effort collectif : Seul parti de gauche à avoir boycotté la marche nationale contre l'antisémitisme de novembre 2023.  franceinfo.fr/elections/legi Seul parti de gauche à refuser de signer la charte contre l'antisémitisme du NFP.  crif.org/sites/default/ Publication sur leurs comptes officiels d'une caricature générée par IA de Cyril Hanouna utilisant les codes antisémites des années 1930.  fr.euronews.com/2026/02/27/eps LFI a dû retirer son investiture pour les municipales à Yves Bouteiller , suite à la découverte de ses publications à caractère antisémite.  lejdd.fr/politique/muni  

 Conclusion 

Au bout d’un moment, quand les “maladresses” dessinent une fresque entière, ce n’est plus un accident: c’est une ligne. Et à force de jouer avec les codes, les sous-entendus et les obsessions, LFI a fini par transformer l’antiracisme en numéro de ventriloque.

https://x.com/DutinEric15494/status/2030229052984906149

 

 

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