L’attaque surprise du Hamas contre Israël provoqua le 7 octobre
la mort de près de 1.200 personnes, dont plus de 800 civils – dont 282
femmes, 37 enfants et de nombreux salariés étrangers (39 Thaïlandais, 10
Népalais, etc.) –, et près de 5.000 blessés ; elle aboutit à la prise
d’otages de 251 personnes, dont une quarantaine d’enfants et
d’adolescents. Pour appréhender l’ampleur du traumatisme, il suffit de
rapporter ce nombre de victimes à la population si une telle action
terroriste avait touché la France : cela aurait entraîné en une journée
l’assassinat de plus de 7.000 personnes, dont 1.900 femmes, 260 enfants,
et plus de 45.000 blessés – du jamais vu. Au regard du choc provoqué
par l’attaque contre Charlie Hebdo (12 morts), on imagine le
formidable traumatisme que cela aurait entraîné. Cette attaque suscita
en retour une violente réaction militaire d’Israël, liée au choc subi
qui rappelait trop les pogroms barbares de la Russie tsariste (viols
systématiques, égorgements, éventrements, etc.) et surtout des
événements beaucoup plus proches sur les plans temporel et territorial.
Ainsi du pogrom qui éclata en 1941 à Bagdad en Irak, visant des Juifs
présents sur place depuis l’époque babylonienne : 600 d’entre eux furent
massacrés au sabre et au couteau au nom du « farhoud » – le pillage
violent –, une main rouge étant peinte sur la porte de leur maison pour
les désigner à la foule aux cris de « Allah » et de « Tuez les Juifs »47.
Bagdad où précisément s’était réfugié le Grand Mufti de Jérusalem à
partir d’octobre 1940 et jusqu’en novembre 1941, avant qu’il ne rejoigne
l’Allemagne hitlérienne. L’attaque du 7 octobre inaugura de fait une
guerre régionale avec les forces de l’« axe de la résistance » conduite
par l’Iran et ses affidés – Hamas, Hezbollah, Jihad islamique,
Houthistes du Yémen et de Syrie jusqu’à la chute de Bachar el-Assad en
décembre 2024.
On a depuis mesuré chaque jour ce que payaient les Gazaouis, en vies,
en blessés et en destructions, ce qui interroge sur la décision du
Hamas d’engager cette opération. Selon Libération du 12 juin
2024, sur la base de ses échanges interceptés avec les négociateurs du
Hamas, le cynisme de son chef militaire, Yahia Sinwar, fut révélé. Il
montrait « un froid mépris pour la vie humaine » et faisait « un calcul
selon lequel davantage de combats – et davantage de morts civiles
palestiniennes – joueraient à son avantage ». Retranché à Gaza, le
leader affirmait : « Ce sont des sacrifices nécessaires ». Un feu vert
pour l’action et des garanties ultérieures ont-ils été donnés au Hamas
par certaines puissances ? Ainsi la Russie n’a jamais condamné l’action
du 7 octobre et a reçu dès le 26 octobre à Moscou une délégation du
Hamas dont le chef politique, Ismaël Haniyeh, déclarait le 1er novembre
2023 : « Il y aura d’autres 7 octobre jusqu’à ce qu’Israël disparaisse
». Ce qui correspond à l’article 20 de la charte du Hamas mise à jour en
2017 : « Le Hamas rejette toute alternative à la libération complète et
achevée de la Palestine, du fleuve à la mer ».
À cet égard, rappelons que le 26 février 2022 l’agence russe RIA
Novosti publia un éditorial signé de Piotr Akopov, qui justifiait ad nauseam l’invasion
russe de l’Ukraine tout en indiquant le sens plus général de
l’opération : « La Chine, l’Inde, l’Amérique latine, l’Afrique, le monde islamique
[c’est nous qui soulignons] et l’Asie du Sud-Est, plus personne ne
croit que l’Occident dirige l’ordre mondial, et encore moins qu’il en
fixe les règles du jeu. La Russie n’a pas seulement défié l’Occident,
elle a montré que l’ère de la domination occidentale mondiale peut être
considérée comme complètement et définitivement révolue.48
» Ce message, contredit par l’échec évident de l’« opération militaire
spéciale », fut très vite effacé, mais il était une claire contestation
du fonctionnement démocratique des États, fondé sur le respect de la
personne humaine et sur l’État de droit. Autant de « règles » violemment
combattues par les islamistes de toute obédience.
Le 7 octobre, en signe de victoire, les assaillants du Hamas
brandirent leurs mains couvertes de sang juif, tout comme des
Palestiniens l’avaient fait à Ramallah quand, le 12 octobre 2000, ils
avaient surpris deux soldats israéliens et les avaient lynchés.
Rappelons ici que Gilbert Mury, ex-membre du PCF passé du côté du FLN,
puis devenu un thuriféraire de la Chine maoïste et de l’Albanie d’Enver
Hodja, proclamait : « Un jour viendra où notre cri de guerre deviendra :
“Celui qui n’a pas trempé ses mains dans le sang de l’ennemi de classe
est à peine digne du nom de communiste”49
». Mury qui était depuis des années en contact avec le Fatah et le
FPLP, annonçait déjà en 1973 tous les thèmes d’un antisionisme radical –
Israël colonialiste, raciste, agent de l’impérialisme américain,
héritier des nazis menaçant les Palestiniens d’une « tentative
d’extermination massive »50.
L’ennemi de classe a depuis été remplacé par l’ennemi juif. À l’extrême
gauche, les plus radicaux exprimèrent leur joie après le 7 octobre,
comme le grand héraut des écologistes radicaux, Andreas Malm, militant
de la branche suédoise de la IVe Internationale trotskiste : « La
première chose que nous avons dite dans ces premières heures n’était pas
tant des mots que des cris de jubilation. Ceux d’entre nous qui ont
vécu leur vie avec et à travers la question de la Palestine ne pouvaient
pas réagir autrement aux scènes de la résistance prenant d’assaut le
checkpoint d’Erez. […] Comment ne pas crier de stupeur et de joie ?51»
De son côté, le NPA publia un communiqué stupéfiant : « Depuis ce
matin, une vaste offensive a été lancée depuis Gaza par le Hamas en
territoire “israélien”. Il s’agit d’une offensive sans précédent qui a
pris de court la direction militaire israélienne. En plus des roquettes
tirées sur plusieurs postes militaires, certaines colonies autour de
Gaza ont été acquises aux résistant/es. […] Le NPA ne se joint pas à la
litanie des appels à la prétendue “désescalade”. En effet, la guerre
contre les Palestinien/nes dure depuis 75 ans, et la gauche devrait se
rappeler de la nécessaire solidarité avec les luttes de résistances
contre l’oppression et l’occupation. Le NPA rappelle son soutien aux
Palestinien/nes et aux moyens de luttes qu’ils et elles ont choisi pour
résister. […] Aujourd’hui comme hier, nous sommes toutes et tous
palestien/nes. Intifada ! ». Soixante-quinze ans plus tard, le
NPA s’alignait sur les positions du Grand Mufti de Jérusalem en 1947-48,
visant à la destruction d’Israël.
La France insoumise était sur les mêmes positions mais s’exprimait
avec plus de prudence. Mélenchon salua une « offensive armée de forces
palestiniennes ». La « juriste » Rima Hassan déclara un peu plus tard
que le Hamas avait mené « une action légitime du point de vue du droit
international ». Manuel Bompard estima que le Hamas avait « commis des
actes qui visent à semer la terreur », mais refusa de qualifier
l’organisation de terroriste. La députée Danièle Obono, dirigeante du
NPA ralliée à LFI, laissa entendre, le 17 octobre 2023 sur Sud-Radio,
que le Hamas était « un mouvement de résistance qui se définit comme tel
», ce qui résonne comme une légitimation du viol comme arme de guerre
et en dit long sur la perception qu’elle pouvait avoir de la nature du
Hamas et de sa théocratie totalitaire. On ne peut que constater une
perversion du langage comme dans 1984 de George Orwell dont on
connaît les aphorismes en langage totalitaire – « La guerre c’est la
paix/ la liberté c’est l’esclavage/ l’ignorance c’est la force » – qui
peuvent se traduire aujourd’hui en langage LFI : le terrorisme c’est la
résistance, l’ignorance c’est la conviction52, l’antisémitisme c’est l’antiracisme.
Dès lors, la position de l’extrême gauche se déploya selon quatre
axes : l’enthousiasme provoqué par l’attaque du 7 octobre, le déni de la
réalité du massacre de masse devenu un acte de « résistance », la
délégitimation de l’existence d’Israël et le renversement de la
culpabilité avec le slogan « génocide à Gaza ». Cette position fractura à
nouveau les gauches. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,
dénonça le 11 octobre sur France Bleu Nord « cette incapacité de leur
part [LFI] de qualifier un acte terroriste avec les mots qu’il faut,
donc il faut avoir ce débat […] ». Et la maire de Paris, Anne Hidalgo,
quant à elle, avait déjà demandé au PS de quitter l’alliance de la
gauche, la Nupes, en raison des positions de LFI sur le conflit au
Proche-Orient.
La nouvelle orientation de J.-L. Mélenchon, inaugurée en 2017,
impliquait de s’investir dans le soutien au « peuple palestinien » et
donc d’envoyer des signaux antisémites. Ce fut d’abord la participation
de Louis Boyard, député LFI, à des manifestations quotidiennes en avril
2024 devant les locaux de Sciences Po Paris, dénonçant le « génocide à
Gaza » et visant des étudiantes pour leur appartenance à la communauté
juive. La chose n’était guère surprenante puisque depuis les années 1990
l’Iran subventionnait le FPLP et par ce biais l’association étudiante
Samidoun, très active dans l’occupation de l’Université Columbia de New
York et qui exerçait une influence grandissante sur les campus53.
En France, peu après le 7 octobre, Samidoun fut autorisée à ouvrir un
bureau à Sciences-Po Paris et organisa une occupation des locaux
universitaires, bientôt imitée à la Sorbonne et dans d’autres
universités. Son slogan de ralliement était « Palestine will be free, from the River to the Sea ».
En avril 2024 devant Sciences Po, elle manipula des symboles qui
étaient de véritables appels au meurtre : les mains rouges de sang,
reprises de la scène de lynchage des deux soldats israéliens à Ramallah.
Plus récemment, à l’Université Paris-I Panthéon‑Sorbonne, un étudiant
lança sur un groupe WhatsApp un « sondage » avec pour question « Les
Juifs pour ou contre ? » revendiquant un « sondage à but informatif et
humoristique54 » [sic].
Bientôt, ce furent le député socialiste Jérôme Guedj et le député
européen Raphaël Glucksmann qui furent la cible de LFI. Désormais lié
aux réseaux des Frères musulmans, J.-L. Mélenchon reçut, après le 7
octobre, le soutien du journal antisémite d’extrême droite Rivarol
; « Jean-Luc Mélenchon […] refuse avec un certain courage, et même un
courage certain, de s’aligner inconditionnellement sur l’entité sioniste
et de cautionner les crimes abominables commis ces dernières semaines,
de manière incessante, par le gouvernement israélien », écrivait dans
son éditorial Jérôme Bourbon, le directeur de la publication55. Très vite, Mathilde Panot dénonça la guerre à Gaza comme le « premier génocide du XXIe siècle », surenchère qui oubliait le Darfour, les Yézidis et les Ouighours56.
L’élu LFI de la 9e circonscription du Nord, David Guiraud, qui
s’était formé, selon les dires de son père socialiste, avec « les vidéos
de Dieudonné et Alain Soral », utilisa dans son langage la métaphore
des « dragons célestes » qui, dans le langage de Soral désignait les
Juifs. Il était ami de Mehdi Meklat, un blogueur qui dans les années
2010 diffusait des tweets explicites : « Faites entrer Hitler pour tuer
les Juifs. », et aussi « Regrette que Ben Laden soit mort. Il aurait pu
tout faire péter » (8 juillet 2011), ou encore « Pourquoi les Juifs ont
le droit de prendre le métro aussi ? » (10 avril 2014)57.
Guiraud ne s’est jamais désolidarisé de ce genre de déclaration. Il
avait d’ailleurs apporté son soutien à l’Imam Hassan Iquioussen, proche
des Frères musulmans et en voie d’expulsion à la suite de propos
antisémites dès 2003.
LFI entretient également des liens avec le FPLP. Ainsi, Mariam Abou
Daqqa, membre du bureau politique du FPLP, fut invitée par l’UJFP pour
une tournée de conférences, en collaboration avec Ersilia Sourdais, élue
LFI de la 7e
circonscription de Seine-et-Marne. Vice-présidente du groupe d’étude
consacré à l’antisémitisme à l’Assemblée nationale, elle n’a jamais émis
la moindre condamnation du Hamas ni du FPLP, pourtant classés comme
organisations « terroristes » par l’Union européenne en raison de leurs
multiples crimes terroristes. C’est d’ailleurs elle qui organisa la
venue de M. A. Daqqa à l’Assemblée nationale, invitation finalement
interdite. Mais Sourdais a soutenu Ahed Tamimi, militante palestinienne
qui déclara à l’adresse des colons juifs de Cisjordanie : « Nous allons
vous massacrer, et vous vous direz que ce que Hitler vous a fait n’était
qu’une blague. Nous allons boire votre sang et manger vos crânes. »
Ersilia Sourdais a justifié les massacres du 7 octobre au prétexte
que Gaza était « une prison à ciel ouvert », l’un des thèmes récurrents
mis en avant par les pro-Hamas. Prison tenue d’une main de fer, comme
l’on sait, par le Hamas, financée par le Qatar via Israël, et aidée de
multiples façons par les ONG et l’UNRWA.
D’autres députés de LFI œuvrèrent sur la même ligne. Le 5 octobre
2023, Thomas Portes, élu de Seine-Saint-Denis, se rendit à la frontière
entre l’Égypte et Gaza pour une rencontre avec Abu Amir Eleiwa,
coordinateur de l’association française Humani’Terre, organisation qui
s’est signalée par l’achat de petits véhicules électriques destinés aux
handicapés, qui furent retrouvés dans les tunnels du Hamas. Il était
accompagné de Ratiba Saï, militante LFI de Marseille, qui relayait sous
divers pseudonymes, sur le net, la propagande du Hamas et du FPLP. Le
député LFI de Marseille Sébastien Delogu, qui brandit le drapeau
palestinien dans l’hémicycle, était un ancien du PCF et ami de Tahar
Bouhafs, cet « indigène de la République » dont la candidature LFI en
2022 dans la 14e circonscription du Rhône suscita l’opposition de la
maire communiste de Vénissieux, Michèle Picard ; celle-ci a maintenu sa
candidature avec le soutien du secrétaire national du PCF Fabien
Roussel, refusant celle d’un homme « condamné [en 2022] en première
instance pour injure raciale ». Le FPLP présent à Gaza a donc noué des
liens indéfectibles avec LFI. En dépit de tous ces éléments avérés,
Manuel Bompard, sur France Inter le 29 novembre 2024, affirmait sans
vergogne : « Nous ne connaissons pas le Front de libération de la
Palestine, nous n’avons jamais travaillé avec eux. » Ainsi, s’est
constitué autour de J.-L. Mélenchon un « état-major » qui a diffusé et
exploité à demi-mots et parfois ouvertement, les thèmes antisémites les
plus classiques.
Autant de faits qui finirent par troubler la rédaction du Monde. A priori
non hostile à Mélenchon et enclin à prendre sa défense sur le problème
de l’antisémitisme en France, le quotidien a évolué : le 24 juin 2024, à
la veille des élections législatives, l’éditorial « L’antisémitisme de
droite ou de gauche, un même poison », faisant allusion au viol d’une
adolescente juive à Courbevoie, dénonça les « préjugés qui, au XXe
siècle, menèrent le monde à la catastrophe », fustigea les ambiguïtés
du RN, mais ajouta : « À ce ravalement de façade, la gauche devrait
opposer son intransigeance historique, de l’affaire Dreyfus à Vichy face
à toute forme de racisme et d’antisémitisme. Au lieu de cela, Jean-Luc
Mélenchon, lui même abonné aux sous-entendus nauséabonds [nous
soulignons] et renouant avec d’anciennes dérives de gauche, tente
d’exploiter la colère liée au massacre des Palestiniens de Gaza pour
conquérir des électeurs issus de l’immigration58
. » Après la diffusion en mars 2022 d’une affiche de LFI, qui visait
l’animateur-télé Cyril Hanouna et reprenait les codes graphiques
antisémites du nazisme, Le Monde du 22 mars 2025 titra son
éditorial : « Antisémitisme : les mensonges de Jean-Luc Mélenchon » ;
niant tout caractère antisémite de cette affiche et rejetant les
accusations, celui-ci s’attira ce commentaire : « Qu’une organisation se
réclamant de la gauche choisisse une illustration clairement
antisémite, qui plus est pour appeler à un défilé contre le racisme, est
à la fois inquiétant et scandaleux. »
Le ralliement de J.-L. Mélenchon aux thèses pro‑palestiniennes,
autrement dit favorables au Hamas, apparut de manière spectaculaire
lorsqu’il se présenta le soir du premier tour des élections européennes
de juin 2024 avec à ses côtés la nouvelle députée Rima Hassan, couverte
d’un keffieh. Le double signal à destination d’une partie de la
population musulmane et de descendants de l’immigration maghrébine et
africaine était clair. Le personnage de Rima Hassan devint central dans
le dispositif LFI. Pour elle, Israël « est une monstruosité sans nom »
et elle affirmait en août sur le réseau X, qu’« en dehors de la pensée
hégémonique occidentale, personne ne considère le 7 octobre comme un
acte terroriste »59, belle illustration d’un relativisme justificatif. L’analyse de sa longue interview du 2 septembre 2025 sur le site Thinkerview montre qu’elle n’est pas revenue sur cette appréciation tout en maquillant sa manière de présenter les événements60.
Sa rhétorique consiste désormais à légitimer le pogrom du Hamas à
l’aide d’arguments pseudo-historiques. Dans sa manière de raconter
l’histoire de la Palestine, les Juifs présents depuis la nuit des temps
dans l’ensemble du Proche-Orient sont absents – « invisibilisés » pour
reprendre une terminologie du wokisme –, nulle mention des pogroms subis
par eux en 1929, 1936 ou 1941 à Bagdad61.
Depuis, Rima Hassan s’est illustrée avec la « croisière » pour Gaza. L’opération dite « Global Sumud Flottilla »62,
a été organisée en particulier par Zaher Birawi, dont les liens avec le
Hamas sont avérés, et qui a livré le sens réel de cette action
d’agit-prop : « Le véritable succès réside dans l’attention médiatique
et politique que nous réussissons à attirer ». Trois députés LFI y
participaient : François Piquemal, Emma Fourreau et Marie Mesmeur. Parmi
les autres participants, notons la présence de Greta Thunberg, devenue
une farouche pro‑palestinienne, qui n’hésite pas à manipuler les images,
utilisant la photo d’un otage israélien du Hamas, décharné et exsangue,
pour « illustrer » la famine proclamée à Gaza.
Dans un double mouvement ont été escamotées la pratique du terrorisme
par les organisations palestiniennes et leur politique suivie depuis
les années 1960. Tant d’euphémismes et de maquillages des réalités ne
peuvent conduire qu’à favoriser l’antisémitisme : « Juifs toujours et
partout coupables 63 ». Rima Hassan qui relayait les messages d’Alain Soral sur la plateforme X, s’est aussi accordée avec le réseau frériste European Network against Racism,
qui pratique le lobbying au sein des institutions européennes. Elle est
aussi une manipulatrice avérée : elle a mis en ligne une vidéo
tronquée, montrant un soldat israélien frappant une Palestinienne, mais a
coupé la séquence précédente où l’on voit cette femme poignarder ce
soldat. En octobre-novembre 2024, Rima Hassan a exposé à Tunis les
portraits de six Palestiniens à l’occasion de la biennale d’art
contemporain financée par l’homme d’affaires suisso-tunisien Kamel
Laazar dont la fille avait organisé en novembre 2023 une conférence «
Peut-on encore défendre les Palestiniens en France ? », en présence de
Tahar Bouhafs et David Guiraud, déjà cités.
Manon Aubry, qui conduisit la liste de LFI aux élections européennes
de 2024, s’est abstenue lors d’un vote demandant la libération de
l’écrivain algérien Boualem Sansal, tandis que Rima Hassan votait
contre. Et le 15 juillet 2024, elle a légitimé l’action communautariste
des activistes islamistes en se déclarant en faveur de l’abrogation de
la circulaire du 31 août 2023, qui interdit le port de l’abaya ou du
qamis dans l’enceinte des écoles, collèges et lycées publics. Quant à
Judith Butler, l’égérie américaine de tout le mouvement wokiste, invitée
d’honneur le 3 mars 2024 d’un meeting d’extrême gauche à Pantin
intitulé « Contre l’antisémitisme et son instrumentalisation »64,
elle déclara : « Nous pouvons avoir des positions différentes sur le
Hamas comme organisation politique ainsi que sur la résistance armée.
Mais je pense qu’il est plus honnête, et plus correct historiquement, de
dire que le soulèvement du 7 octobre était un acte de résistance armée.
Ce n’est pas une attaque terroriste, ce n’est pas une attaque
antisémite : c’était une attaque contre les Israéliens65.
» Rappelons que 80% de la population israélienne est juive. Concernant
les viols commis par les hommes du Hamas sur les Israéliennes, Judith
Butler a ajouté : « Si ces allégations sont documentées, nous déplorons
ces actes, mais nous insistons pour voir cette documentation ».
Scepticisme en totale contradiction avec les vidéos tournées par les
assaillants eux-mêmes, ce qui en dit long. Depuis, Judith Butler reste
silencieuse sur ce sujet.
Cependant, les leaders de LFI ne se sont pas contentés de paroles et
participèrent à des actions de soutien au « peuple palestinien »,
ouvertement antisémites, organisées sous la houlette d’une association
nouvelle venue, Urgence Palestine, créée le 8 octobre 2023. Celle-ci
était dirigée par Omar Alsoumi, affilié au FPLP, qui dénonçait Israël et
« son armée coloniale génocidaire », ainsi que par Elias d’Imzalène,
alias El Yess Zareli, un prédicateur salafiste né à Versailles, proche
de Dieudonné et Soral, et fiché S. Le 8 septembre 2024, lors d’une
manifestation pro‑palestinienne sur la place de la République,
d’Imzalène déclara : « C’est un génocide et avec les génocidaires, il y a
des complices : ils s’appellent Biden ; ils s’appellent Macron. Le
voleur des élections, on connait les voleurs qui habitent à l’Élysée.
Est-ce qu’on est prêt à les virer, eux aussi ? Est-ce qu’on est prêt à
amener l’intifada à Paris ? Dans la banlieue, dans nos quartiers ? Pour leur montrer que la voie de la libération vient de nous66
? » Or les députés de LFI Thomas Portes, Ersilia Soudais, Manuel
Bompard et Rima Hassan étaient sur la tribune à ses côtés et prirent la
parole.
Les Verts n’étaient pas en reste comme l’indique l’invitation à leurs
journées d’été au Havre en août 2023, du rappeur Médine, vieil ami de
Dieudonné. Auteur de la chanson « Don’t Laïk » et proche d’une
organisation locale tenue par les Frères musulmans, Havre de Savoir,
Médine se permit un ignoble jeu de mot antisémite à l’encontre de la
journaliste Rachel Khan. En dépit de certaines protestations en interne,
Marine Tondelier assuma et acta l’adhésion de son parti au mouvement
BDS financé par le Fatah. L’historien Emmanuel Debono a tiré la
conclusion de cette attitude : « […] une partie de la gauche a choisi
l’absolution plutôt que l’examen critique de ses textes, de ses gestes
et affinités électives », ajoutant : « une partie de la gauche ne fait
donc pas obstacle à l’antisémitisme, en raison de ses positionnements
idéologiques, notamment antisionistes, ou de ses silences, mais aussi
parce qu’elle baigne dans la confusion67.»
En mai 2025, Marine Tondelier refusa de commenter l’expulsion manu militari
de Jérôme Guedj, numéro 2 du PS, de la manifestation parisienne du 1er
Mai, victime d’insultes antisémites ; elle finit par s’excuser et
reconnaître l’existence « d’un antisémitisme d’extrême gauche ». Ces
décisions étaient largement dues à l’infiltration massive de militants
d’abord maoïstes puis trotskistes chez les Verts à partir des années
2000, ce qui mena à leur rapprochement avec Tariq Ramadan lors des
Forums sociaux européens en 2002 et 200368.
Emmanuel Debono remarque : « Les écologistes ne saisissent pas le lien
entre antisionisme et antisémitisme. Depuis les attaques du 7 octobre
2023, cet impensé est devenu plus lourd de conséquences69.»
Pour preuve, l’initiative surprise de la maire écologiste de
Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui annonça le 22 mai 2025 qu’elle avait
l’intention de jumeler sa ville avec un village palestinien, en même
temps qu’elle « gelait » le jumelage prévu avec une ville israélienne ;
et dans la foulée elle reçut une délégation palestinienne qui la couvrit
d’un keffieh et lui remit ostensiblement une carte de la Palestine où
ne figurait pas l’État d’Israël. Selon le politologue Arnaud Lacheret,
ces positions relèveraient chez les Verts d’une posture morale – le
musulman étant perçu comme « l’opprimé » exigeant une compassion
inconditionnelle –, à la différence de LFI chez qui c’est une stratégie
électorale70.
Cette infiltration islamo-palestinienne s’est faufilée jusque dans
l’affiche appelant à la Marche des Fiertés du 28 juin 2025, sur laquelle
figurait une femme voilée et un drapeau palestinien, bien loin du
slogan affiché « Queers de tous les pays unissons-nous » surtout quand
on connait la haine des islamistes à l’encontre des homosexuels.
Le 9 mars 2022, le président Macron signa un décret prononçant la
dissolution de deux groupuscules, le Comité Action Palestine et surtout
le Collectif Palestine Vaincra (CPV) animé à Toulouse par des militants
d’un groupe maoïste très sectaire – l’Organisation communiste
marxiste-léniniste-Voie prolétarienne. Le CPV était accusé « d’appel à
la haine, à la discrimination, à la violence » et « sous couvert de la
défense du peuple palestinien », de « cultiver le sentiment d’oppression
des “peuples musulmans” face à ce qu’il présente comme “l’impérialisme
et le sionisme mondial” et le “colonialisme” dans l’objectif de diffuser
l’idée d’une islamophobie à l’échelle internationale […] ». Il lui est
reproché d’appeler « à la destruction du peuple d’Israël » et de
soutenir des terroristes palestiniens du FPLP, du Jihad islamique et des
Fractions armées révolutionnaires libanaises. En particulier d’exiger
la libération de Georges Ibrahim Abdallah, membre d’honneur du CPV,
condamné en France pour complicité dans l’assassinat d’un attaché
militaire américain et d’un diplomate israélien.
Soutenu par l’association France Palestine Solidarité, par l’Union
syndicale Solidaires – animée par de nombreux trotskistes – et par
l’Union juive française pour la paix (UJFP), le CPV déposa immédiatement
un recours auprès du Conseil d’État qui, dès le 29 avril, a suspendu le
décret et condamné l’État aux dépens. Il fallut attendre le 20 février
2025 pour que le décret fût définitivement adopté. Sans surprise, au
lendemain du 7 octobre 2023, le CPV s’était dit soulevé par « une vague
de fierté », se félicitant de « l’offensive surprise du Hamas ». Il est
vrai qu’à Gaza, le Hamas était allié au Jihad islamique et au FPLP, créé
en 1967 par Georges Habache, qui refusa toujours une solution à deux
États. Et en mars 2025, Tom Martin, porte-parole du CPV, signa la
préface de l’ouvrage Rien n’est plus précieux que la liberté
qui réunit des textes fondateurs de Habache, postfacés par Jean-Marc
Rouillan, ancien d’Action directe, et Jean Ronald Augustin, ancien de la
Fraction Armée rouge allemande71.
La boucle était ainsi bouclée et la vieille extrême gauche associée au
terrorisme palestinien des années 1970 renouait avec ses premières
amours. Enfin, la Justice donna satisfaction au CPV en libérant G. I.
Abdallah et en le renvoyant au Liban le 25 juillet 2025, où il fut
accueilli en héros. Chaque samedi à Toulouse, le CPV organise une
manifestation qui dénonce le « génocide à Gaza », exige « la Palestine
du fleuve à la mer » et rejette le projet de la mairie de jumeler la
ville avec Tel Aviv.
De son côté, avec le Parti des Indigènes de la République et le NPA,
l’UJFP s’est fait une spécialité de nier la réalité de l’antisémitisme
en France, dénonçant une « instrumentalisation », et évacuant toute
interrogation sur la nature du Hamas72.
Censée soutenir des projets humanitaires, l’association qui, par
ailleurs dénonçait le blocus de Gaza, se targue d’y avoir fait parvenir
depuis décembre 2023, en pleine guerre, 700.000 euros, sans en indiquer
le destinataire, alors que de nombreux détournements de fonds «
humanitaires » sont connus73; mais elle vient de voir ses comptes au Crédit coopératif suspendus74.
Son dirigeant Pierre Stambul compare le 7 octobre 2023 au 1er novembre
1954 en Algérie, soutenant que l’attaque du Hamas avait pour objectif
d’« infliger des pertes militaires à l’occupant » – rien de plus
militaire qu’un concert de musique – et de « montrer que les Israéliens
ont tort de se croire en sécurité 75», apologie directe du terrorisme.