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octobre 15, 2026

Raphaël Glucksmann

"Les emmerdes commencent" : les huit défis que Raphaël Glucksmann va devoir relever après sa victoire à la primaire de la gauche

Désigné dès le premier tour d'un scrutin qu'il voulait initialement éviter, le candidat de Place publique et, désormais, du Parti socialiste doit maintenant rassembler un camp divisé s'il veut rester dans la course à l'Elysée. 

 

"Du pain sur la planche." Voilà comment un soutien de Raphaël Glucksmann résume l'état d'esprit dans le camp du vainqueur de la primaire social-démocrate, lundi 12 octobre. "Les emmerdes commencent", s'amuse, plus prosaïquement, un cadre du Parti socialiste. La veille, l'eurodéputé et leader de Place publique s'est imposé dès le premier tour, avec deux tiers des suffrages (66,17%), un score qui a surpris jusqu'à ses conseillers.

Désormais, l'intellectuel converti à la politique, enfariné après sa victoire dimanche soir, fait face à de nombreux défis. Du rassemblement avec ses anciens adversaires au dialogue avec les autres forces de gauche, en passant par le travail sur son programme, les chantiers ne manquent pas.

1 Rassembler un PS divisé

Pas issu du parti, Raphaël Glucksmann doit embarquer dans sa campagne des socialistes qui sont nombreux à l'avoir vigoureusement critiqué durant la primaire. Ses soutiens veulent y croire. L'enjeu est de faire une place "à toutes les sensibilités et à tous les candidats" vaincus, explique à l'AFP Jérôme Auslender, un des responsables de Place publique. "Après 50 nuances de bordel, il y aura 50 nuances de gauches autour d'un candidat", vantait, dimanche soir, un proche d'Olivier Faure.

Pour autant, certains au PS pourraient limiter leur soutien au service minimum. "Le stagiaire a gagné, malheureusement", a commenté une Ségolène Royal amère, questionnée sur franceinfo(Nouvelle fenêtre) au sujet du surnom peu flatteur dont elle avait affublé Raphaël Glucksmann. La candidate socialiste à la présidentielle 2007 l'avait plusieurs fois brocardé, notamment lors des débats télévisés. "Certains élus vont avoir piscine, ou envie d'aller pisser un peu plus longtemps que prévu", présageait un autre cadre fauriste dès la fin septembre.

Une partie des soutiens de Raphaël Glucksmann a même intégré cette idée, et se méfie particulièrement du premier secrétaire du PS, largement battu dimanche (14,46%) : "Olivier Faure dira 'rassemblons-nous', mais il nous mettra des bâtons dans les roues, en se taisant sur les succès et en pointant les échecs", grince l'un des proches du candidat. "Il l'a fait avec Anne Hidalgo", représentante malheureuse du PS en 2022 (1,76%).

2 Convaincre Les Ecologistes et les autres forces de gauche

Comme l'assure un cadre de l'équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, "faire un pas vers Les Ecologistes" fait partie de ses priorités. Un des courants internes au parti, soutenu par Yannick Jadot, a fait un pas vers le vainqueur de la primaire en appelant la direction à entamer des discussions avec lui. Mais la patronne du parti Marine Tondelier, elle-même candidate à la présidentielle, ne compte pas abandonner. Une partie des Ecologistes, dont Sandrine Rousseau, défend en miroir un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise. Ce sont les adhérents qui trancheront la stratégie du parti pour la présidentielle au mois de décembre.

Raphaël Glucksmann doit aussi convaincre les communistes, eux aussi pleinement lancés dans la course à l'Elysée avec Fabien Roussel. "Si demain Les Ecologistes et les communistes se retirent, on passe devant Jean-Luc Mélenchon", croit même un élu socialiste pro-Glucksmann.

D'autres formations, au poids plus modeste, avaient appelé à ouvrir la primaire de l'ensemble de la gauche, comme L'Après, formée par des anciens de La France insoumise, ou Debout !. Le mouvement de François Ruffin, d'un côté, a appellé "à l'union, au sursaut et aux échanges entre toutes les forces de gauche". Mais, de l'autre, le député de la Somme a raillé la primaire dimanche soir sur X(Nouvelle fenêtre) : "Quelle surprise ! Raphaël Glucksmann remporte la primaire de Raphaël à Glucksmann !" Signe que le rassemblement est loin d'être acquis.

3
 Tenir sur son refus d'alliance avec LFI, y compris aux législatives

Après avoir fait campagne sur la rupture avec La France insoumise, Raphaël Glucksmann affirme que son score clôt le débat à gauche sur une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Olivier Faure, plus ouvert à cette idée, "n'est plus majoritaire au sein de son propre parti (...) et il n'y aura plus d'alliance avec LFI, ça a été tranché par plus de 66% des gens qui sont venus participer à cette primaire", a-t-il insisté lundi matin sur France Inter. Mais le premier secrétaire du PS ne compte pas se mettre en retrait de sa fonction malgré sa lourde défaite. Et il avait prévenu, avant la primaire, que le PS déciderait "seul" de ce qu'il ferait pour les prochaines législatives, après avoir été l'un des architectes des accords de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, en alliance avec LFI.

Si la question est une ligne rouge pour Raphaël Glucksmann, un proche lui conseille toutefois de ne pas trop insister sur ce point : "Je lui ai dit de ne pas dire qu'il ne voulait plus d'alliance avec LFI, mais au contraire qu'il a besoin de tous les électeurs de gauche."

4 Rassembler des électeurs au-delà d'une base étriquée

Certes large vainqueur, l'eurodéputé a reçu le soutien de près de 80 000 personnes sur un total de plus de 120 000 votants, membres du PS, de Place publique (qui revendique près de 3 000 adhérents) ou ayant décidé de participer sans adhésion moyennant la somme de 15 euros. Ses détracteurs raillent une participation bien en deçà de celle de la dernière primaire de gauche, en 2017, qui était à l'époque ouverte à tous, au prix de 1 euro et de la signature d'une charte de valeurs. "C'est sûr que le nombre de votants permet de nuancer un peu ce score. Néanmoins, il faut voir que Raphaël Glucksmann part avec un gros socle de légitimité", note Diane Lamotte, de l'institut de sondages Ipsos-BVA, sur franceinfo.

Mais le candidat a besoin de convertir ce soutien militant en intentions de vote, en élargissant sa base électorale. Dans quelle direction ? Il y a là une "difficulté stratégique", estime le politologue Jean-Yves Dormagen dans Le Point(Nouvelle fenêtre). "Il doit gérer une double concurrence, avec Jean-Luc Mélenchon, sur sa gauche, et avec les candidats du bloc central, de l'autre, Gabriel Attal et Edouard Philippe. (...) Il lui faut donc gagner des voix au centre, sans perdre la frange la plus à gauche de ses électeurs", analyse-t-il. "Avec toutes les critiques qui le visent, il a plutôt intérêt à commencer à chercher à parler à la gauche plutôt qu'au centre", estime un cacique socialiste.

C'est ce que Raphaël Glucksmann semble avoir choisi de faire dès dimanche soir, en s'adressant au "peuple de gauche" et à la "gauche démocratique", et en se posant en rassembleur de sa famille politique. "Je veux que [François Hollande] soit dans notre équipe, qu'il participe au combat commun, comme Bernard Cazeneuve, comme les Ecologistes", a-t-il espéré sur France Inter, lundi matin. Depuis sa victoire, il martèle aussi que "Marine Le Pen ne sera pas à l'Elysée en mai 2027", dans l'espoir de fédérer les détracteurs de l'extrême droite autour de sa candidature.

5 Etoffer son programme

La présentation du programme est un passage obligé pour tous les candidats, dont certains ont pris de l'avance sur Raphaël Glucksmann, qui n'a pour le moment dévoilé que quelques mesures, comme la surtaxation des "méga-héritages". Il a également partagé quelques axes de son projet dans un livre paru en mai, mais il lui reste à traduire ces orientations en mesures concrètes.

Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a été chargé en septembre de piloter la construction du projet, et une trentaine de groupes de travail planchent sur les propositions. Raphaël Glucksmann a d'ores et déjà chargé Yannick Jadot de planifier les "100 jours de la révolution écologique" qu'il promet en ouverture de son mandat. S'il parvient à rallier des personnalités d'autres sensibilités à gauche, il lui faudra sans doute intégrer de nouvelles propositions à son projet.

6 Gérer le tempo pour ne pas louper l'"effet primaire"

Le tout juste vainqueur s'est rendu directement sur le plateau du "20 Heures" de France 2, dimanche soir, pendant que ses équipes faisaient imprimer 50 000 tracts dans la nuit, pour être présents sur les marchés dès le début de la semaine, et espérer surfer sur ce résultat. "Tout commence maintenant", peut-on y lire au recto. Au verso, Raphaël Glucksmann appelle les électeurs à le rejoindre "dans ce combat existentiel pour la démocratie et la République". Il devrait enchaîner avec un premier déplacement officiel en fin de semaine, pour continuer à occuper le terrain après une primaire qui lui a offert une caisse de résonance médiatique.

Avant les résultats, ses soutiens misaient sur ce vote interne pour offrir "un petit booster" au candidat, en retard sur Jean-Luc Mélenchon dans la plupart des sondages. "Cette nouvelle dynamique pourrait susciter un afflux supplémentaire vers sa candidature", avance prudemment Diane Lamotte, d'Ipsos-BVA. "Il peut prendre 4 à 5 points [dans les intentions de vote] après cette primaire, on verra le premier sondage. S'il ne les prend pas maintenant, ce sera dur", juge un cadre du PS.

7
 Renforcer son image de présidentiable après des ratés

Même ses partisans reconnaissent que le candidat Glucksmann n'a pas tout réussi sur le plan de l'image et de la communication. "Le déplacement sur les éoliennes, par exemple, c'était raté de A et Z", rappelle l'un de ses soutiens à propos d'une visite en Charente-Maritime, fin août, alors qu'il venait d'officialiser sa candidature et sa participation à la primaire. Des images de l'eurodéputé avaient immédiatement été tournées en dérision sur les réseaux sociaux. "Il faut qu'on reprenne la main", confiait, mi-septembre, une cheville ouvrière de la campagne.

Ses opposants raillent son supposé manque de charisme, une qualité réputée indispensable dans la bataille présidentielle. La critique a même percé en interne : "C'est un type qui écoute, qui veut progresser, mais qui est un peu perché. Ce qui est un peu injuste, c'est qu'il est bon avec les gens, mais dès qu'il y a des caméras, il récite. Il a conscience qu'il est en apprentissage constant", développe l'un de ses soutiens. "Il faut qu'on se lâche, on doit être iconoclaste, on doit changer nos mots", a défendu Raphaël Glucksmann lundi matin, sur France Inter, comme pour ouvrir une nouvelle séquence dans la manière de s'exprimer, pour lui-même et ses troupes.

8 Balayer toute proximité avec le macronisme

L'une des plus grosses tâches de Raphaël Glucksmann durant ces six prochains mois ? Réussir à convaincre qu'il est le candidat de la "rupture avec le macronisme", comme il l'a redit dimanche soir sur France 2. Ses opposants à gauche, à commencer par La France insoumise, lui reprochent précisément l'inverse. "Sa stratégie, c'est d'incarner le renouveau macroniste. En abandonnant les ouvriers, les plus pauvres, les jeunes", avait par exemple fustigé la vice-présidente de l'Assemblée Clémence Guetté, après la diffusion en mai d'une note interne conseillant Raphaël Glucksmann sur l'électorat à cibler.

Les détracteurs du leader de Place publique soulignent la composition de son entourage : Aurélien Rousseau, son conseiller politique, était ministre de la Santé d'Elisabeth Borne en 2023 ; Simon Bernard, coordinateur de sa campagne, conseillait la même Première ministre macroniste ; et Sacha Houlié, qui a aussi rejoint la campagne, était député du parti présidentiel jusqu'en juillet 2024.

Pour contrer cette attaque, le candidat et ses proches peuvent se servir de l'examen des textes budgétaires, cet automne. "Ce budget, en l'état, est inacceptable", a ainsi lancé Raphaël Glucksmann sur France Inter, lundi matin, en prévenant que "si la copie de monsieur Lecornu et du gouvernement ne bouge pas, il y aura censure". "Dix ans de macronisme ont aggravé les inégalités", a renchéri Nicolas Mayer-Rossignol, l'un de ses soutiens, sur Public Sénat(Nouvelle fenêtre).

 
 

Raphaël Glucksmann : « Je suis prêt pour le combat qui vient »

La nuit a été courte. Lorsqu’on le retrouve lundi 12 octobre après-midi, les traits tirés, une tasse de café et un Coca Zéro devant lui, Raphaël Glucksmann prépare déjà la suite. Tout juste auréolé de sa large victoire, la veille, à la primaire sociale-démocrate, le candidat veut « enchaîner très vite ». Après avoir esquivé les flèches empoisonnées d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal dans un scrutin que beaucoup voyaient comme un piège, le parlementaire européen rêve désormais de bousculer la présidentielle.

Il en est persuadé : en plein effondrement du macronisme, sa gauche, celle qui ne s’acoquine pas avec LFI, « ne joue pas sur les noms juifs dans les meetings » et « ne se prosterne pas devant les tyrans », a, pour la première fois depuis quinze ans, un chemin pour l’emporter. « C’est extrêmement ouvert ! », veut croire son allié l’écologiste Yannick Jadot.

Mais, à n’en pas douter, le plus dur commence. Il faudra à Raphaël Glucksmann, lui, l’intello parisien si souvent accusé de déconnexion, le militant des causes ukrainienne et rwandaise avant le politique, moult rations de caféine pour surmonter les (innombrables) défis qui l’attendent. Sur le plan idéologique, le fils du philosophe André Glucksmann devra rassurer la gauche, sans s’aliéner le centre, mais aussi résister au rouleau compresseur du tango Le Pen-Mélenchon.

Sur le plan stratégique, il aura pour mission de rassembler une famille divisée, alors même que la direction du Parti socialiste ne le tient pas dans son cœur et que François Hollande n’a pas renoncé à ses propres ambitions. « Les vrais ennuis commencent », glisse un élu qui le connaît bien. « Rien ne me fera dévier, je suis prêt au combat qui vient », rétorque Raphaël Glucksmann. Il est l’heure d’enfiler une armure. 

Le Point : Qu’allez-vous faire de votre large victoire à la primaire ?

Raphaël Glucksmann : J’ai toujours dit que cette primaire était le moment tant attendu de la clarification et de la refondation. Là où on me parlait d’un « piège », je voyais un tremplin, l’opportunité de trancher et de donner un élan puissant à la gauche démocratique, de la libérer de l’esprit de défaite qui la mine. Le résultat est sans appel. Et ce n’est qu’un début. Maintenant, la bataille de France commence.

Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. 

Le plus dur commence ?

Le plus important commence. Cette campagne présidentielle est la plus importante de la Ve République. L’extrême droite est aux portes du pouvoir. La guerre menace l’Europe. Les démocraties occidentales sont malades et la France est en burn-out. Partout dominent les sentiments d’impuissance, d’injustice et de colère. Le choix que nous allons faire en 2027 va définir le visage de notre pays – et de notre continent avec lui – pour des décennies. Une élection présidentielle, c’est toujours un moment où le peuple français se redéfinit. Là, il va choisir de sombrer dans le trumpisme et le poutinisme ou de retrouver ce qui fait sa grandeur.

L’identité française sera le débat majeur de cette présidentielle ?

La nation est en proie à un doute profond, et nous éprouvons tous le besoin de renouer avec l’idée d’un destin français, de redonner un sens fort au fait simple et merveilleux d’être français…

Autrement dit, faut-il un nouveau roman national ?

Un récit national. Les élites françaises ont laissé notre pays sans récit, sans horizon, sans cap depuis trop longtemps. Partout, on retrouve une fierté blessée. À l’école, on nous apprend que notre nation a parlé la langue de tous les hommes et éclairé le monde. Et que voit-on autour de nous ? Des services publics qui suffoquent, une société fragmentée, une dette qui explose, des privilèges qui s’ossifient et des inégalités qui se creusent, une voix qui n’est plus écoutée en Europe et dans le monde. Il faut une rupture et un sursaut.

Mes ancêtres ramassaient des bouts de chiffon aux confins de l’Europe orientale, dans la nuit noire de l’oppression et de la misère. Et ils savaient tous qu’il y avait un pays, la France, qui avait proclamé que les hommes naissaient libres et égaux. Nous sommes les héritiers d’une histoire et d’un destin. Et qu’avons-nous fait de ce trésor ? Un des ressorts majeurs du vote pour le RN, c’est cette fierté blessée. Nous allons y répondre.

 https://www.lepoint.fr/politique/raphael-glucksmann-je-suis-pret-au-

octobre 14, 2026

Les grandes lignes du budget présidentielles 2027 Mélenchon via Coquerel (PC)

Cantines gratuites, 10 000 postes dans l’Éducation, 250 000 places à la fac… ce que prévoit LFI pour 2027

Éric Coquerel affirme que le programme réduirait le déficit de près de 25 milliards d'euros, un résultat conditionné aux recettes fiscales attendues.

 


 

Jean-Luc Mélenchon a dévoilé, mercredi 14 octobre, les grandes lignes du budget qu’appliquerait La France insoumise (LFI) en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027. Le projet prévoit 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards de dépenses nouvelles, avec l’ambition affichée de soutenir l’activité tout en réduisant le déficit public d’environ 25 milliards d’euros.

Présenté comme un budget « rectificatif », il remplacerait celui adopté avant la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon revendique « une démarche de rationalité économique » et entend rompre avec ce qu’il qualifie de « culture dominante » du « néolibéralisme ».

Taxe Zucman, ISF climatique et suppression de la flat tax

Pour financer son programme, LFI mise principalement sur une hausse de la fiscalité pesant sur les patrimoines et le capital. Le mouvement prévoit un ISF climatique, censé rapporter 10 milliards d’euros, la suppression de la flat tax pour 9 milliards et la taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, évaluée à 15 milliards.

Une réforme des héritages doit également rapporter 20 milliards d’euros, tandis que la réduction de plusieurs niches fiscales, dont le pacte Dutreil et le crédit d’impôt recherche, représenterait 22 milliards supplémentaires. Les rachats d’actions, les transactions financières et les cryptomonnaies seraient davantage taxés et la taxe Gafam serait portée à 15 %.

« Il est nécessaire de mettre à contribution le capital financier parce que c’est lui qui a profité, à plein, tout le temps, sous toutes les formes », a défendu Jean-Luc Mélenchon.

10 000 enseignants, 250 000 places à l’université et cantines gratuites

Une partie importante des nouvelles dépenses concerne directement l’éducation, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit. Éric Coquerel a présenté plusieurs mesures destinées à « répondre aux revendications des lycéens et des étudiants ».

LFI prévoit la création de 10 000 postes dans l’Éducation nationale, pour un coût de 500 millions d’euros, ainsi que la gratuité des cantines scolaires, chiffrée à 3,6 milliards. Le mouvement veut également supprimer Parcoursup et créer 250 000 places supplémentaires à l’université, pour 3,5 milliards d’euros.

« C’est à l’université de s’adapter pour recueillir les étudiants et non pas l’inverse, c’est-à-dire de sélectionner les étudiants en fonction des moyens qu’on donne à l’université », a défendu Éric Coquerel.

Le contre-budget comprend également une garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois pour les jeunes, pour 9,5 milliards d’euros, ainsi qu’un plan d’urgence de 3 milliards pour l’hôpital permettant notamment le recrutement de 10 000 soignants.

Le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans coûterait de son côté 9 milliards d’euros, avant une éventuelle baisse à 60 ans au cours du quinquennat.

LFI promet 25 milliards d’euros de réduction du déficit

Malgré ces nouvelles dépenses, les Insoumis assurent que leur projet permettrait de réduire le déficit grâce au niveau supérieur des recettes attendues. « Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d’euros dans les carnets de commandes, dans l’économie, dans le pouvoir d’achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement », a assuré Éric Coquerel.

Le calcul repose sur l’écart entre les 106,4 milliards de recettes nouvelles et les 81,7 milliards de dépenses supplémentaires. Ces montants demeurent toutefois des prévisions de LFI, qui reposent notamment sur le rendement attendu des nouvelles taxes.

Jean-Luc Mélenchon a également évoqué une enveloppe de 25 milliards d’euros destinée à la diminution de l’endettement public. Cette présentation ne constitue qu’un premier aperçu du programme économique insoumis : LFI prévoit de dévoiler son programme présidentiel complet en novembre 2026, avant d’en présenter le chiffrage global au début de 2027.

 https://www.gentside.com/news/politique/art121656-1064-milliards-deuros-de-recettes-supplementaires-et-817-milliards-de-depenses-nouvelles.html?

Mélenchon et la colère lycéenne : le soutien politique et la récupération 

Une mobilisation pour l’école devient aussi une ressource présidentielle

Le risque d’une instrumentalisation électorale des protestations par Jean-Luc Mélenchon est sérieux. Son propre discours permet de l’examiner : dans une note publiée le 3 octobre, il propose d’accompagner la mobilisation « en lui ouvrant un débouché sur 2027 ». La perspective présidentielle est donc explicitement associée au mouvement. Cette déclaration établit une volonté de traduction électorale ; elle ne prouve pas que Mélenchon ait créé ou contrôle les protestations. 

Les revendications scolaires ont leur légitimité propre. Elles peuvent correspondre aux convictions d’un parti et servir ses ambitions. La question décisive est celle de l’autonomie : qui définit les objectifs et apprécie les concessions obtenues ?

La protection des jeunes construit aussi une image politique

Dans le même texte, Mélenchon explique l’engagement des élus insoumis par la protection des lycéens et décrit les liens du mouvement avec des territoires où son parti est implanté. Il présente aussi la couverture médiatique hostile comme une « aubaine » pour son camp. Ces passages montrent qu’il observe la mobilisation sous deux angles : une solidarité revendiquée et un rapport de force dont son mouvement peut bénéficier. 

La présence d’élus entre policiers et manifestants peut faciliter la désescalade. Elle construit aussi l’image du protecteur d’une jeunesse délaissée. Cette visibilité devient une ressource de campagne, même lorsque l’intervention est sincère.

C’est ici que se situe la tentation de la récupération. Un soutien bascule vers l’instrumentalisation lorsque les besoins des lycéens deviennent secondaires par rapport à la mise en scène du parti. Les indices seraient une prise de contrôle des porte-parole, des revendications réorientées vers la campagne ou une pression pour poursuivre les blocages malgré des avancées scolaires. Les éléments consultés ne suffisent pas à établir ces pratiques : ils permettent d’identifier un risque et un objectif électoral déclaré.

Les violences peuvent faire disparaître l’école du débat

Mélenchon soutient la mobilisation tout en condamnant les violences. Cette position doit être prise en compte : on ne peut lui attribuer les actes commis par certains participants sur la seule base de sa présence politique. Mais la condamnation des débordements ne règle pas la question de l’utilisation électorale du mouvement.

Le Monde souligne un danger concret : l’affrontement entre le gouvernement et La France insoumise peut reléguer les revendications scolaires derrière la controverse sur les violences policières et les dégradations. Les élèves risquent alors de devenir les figurants d’un conflit dont les protagonistes principaux sont les partis. 

Le pouvoir peut également ramener une crise éducative à un problème d’ordre public. Les recrutements et les moyens pédagogiques deviennent alors secondaires dans la bataille pour désigner le responsable du désordre.

Mobiliser une base ne suffit pas à construire une majorité

Le calcul présidentiel rencontre une limite importante. Dans l’enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, réalisée en ligne du 22 au 24 septembre et publiée le 28 septembre, l’hypothèse d’un second tour oppose Marine Le Pen, à 69 %, à Jean-Luc Mélenchon, à 31 % des intentions exprimées. Le rapport indique pour ces résultats une marge d’erreur de l’ordre de plus ou moins 2,9 à 3,1 points. Ce scénario déclaratif, antérieur aux manifestations du début octobre, ne prédit pas le scrutin. 

Il interdit toutefois de confondre présence médiatique et capacité de rassemblement. Une mobilisation peut consolider un électorat tout en accentuant les réticences d’autres groupes. La popularité auprès des manifestants et l’adhésion d’une majorité nationale répondent à des logiques différentes.

Mélenchon peut gagner en visibilité, imposer ses thèmes et renforcer son camp. Pour accéder au pouvoir, il doit aussi convaincre des électeurs qui attendent des garanties sur la sécurité, la stabilité institutionnelle et la crédibilité économique. Une stratégie centrée sur l’affrontement peut rendre ce second objectif plus difficile.

Les promesses doivent passer l’épreuve du financement

La crise scolaire pose une question économique durable. Des établissements fragilisés peuvent aggraver les inégalités, compromettre la formation et réduire les possibilités d’insertion professionnelle. Investir dans l’enseignement engage donc aussi la capacité productive future du pays.

La crédibilité d’une alternative exige des réponses précises : quels recrutements, quels investissements, quel calendrier et quel financement ? La contrainte budgétaire appelle des arbitrages explicites. Le gouvernement doit expliquer les conséquences de ses économies ; l’opposition doit rendre ses propositions vérifiables.

Le véritable test sera l’autonomie des lycéens

Le critère le plus révélateur sera le comportement du parti face à une éventuelle négociation. Accepterait-il que les représentants lycéens définissent seuls leurs priorités, obtiennent un compromis et mettent fin à la mobilisation ? Leur laisserait-il la possibilité de critiquer ses propositions ou de refuser son soutien ?

La perspective électorale revendiquée par Mélenchon étaye le risque de récupération. Pour juger jusqu’où il va, il faudra observer la place laissée aux acteurs du mouvement et aux résultats scolaires concrets.

Les lycéens demandent des moyens pour leur avenir. Ils peuvent recevoir un soutien politique tout en conservant leur liberté. Cette liberté devient menacée lorsque leur mobilisation est traitée comme une étape de la carrière présidentielle de celui qui prétend les défendre.

Giuseppe Gagliano

Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques

 https://lediplomate.media/melenchon-colere-lyceenne-soutien-politique-recuperation/?

 


Le Mélenchonisme LFIste: Une France champ de bataille idéologique où, déjà, se joue l’avenir du libéralisme occidental.

Sommaire:

A) - Jean-Luc Mélenchon

B) - Jean-Luc Mélenchon vient de nous offrir un concentré assez pur de ce que peut produire une pensée économique quand elle n'a jamais eu à gérer une entreprise, un budget ou une chaîne de production.

C) - Jean-Luc Mélenchon ne gagnera pas l'élection présidentielle, il le sait 

D) - Mélenchon à Saint-Denis : un meeting paradoxal

E) - Le tiers-mondisme français et LFI

F) - LFI : Le vrai danger !

G) - Le programme ? On s'en fiche, qui s'en soucis !

H) - La collusion mortelle. 

I) - Mélenchon : deux nuances de vert et de rouge

J) -  Dividendes: Les élus LFI ne comprennent décidément rien à l'économie de marché 

K) - Alerte aux décoloniaux : Jean-Luc Mélenchon face au piège qu’il s’est lui-même tendu

 

 

 

 



octobre 08, 2026

Les lycéens sont les victimes du mensonge égalitaire de l'école ! Chantal Delsol

De Mai 68 a Bourdieu : les raisins de la colère 

 
Synthèse de l'article : 
 
Selon Chantal Del Sol les lycéens d’aujourd’hui sont victimes d’un mensonge idéologique égalitaire (héritier de celui de Mai 68, mais bien plus grave) inspiré de Bourdieu et relayé par LFI : au nom de l’égalité, on détruit la culture, le mérite et l’exigence scolaire dès le primaire. Résultat : on produit des analphabètes, on victimise les élèves et on les pousse à la violence, au lieu de les élever.
 
 
 
Les lycéens de Mai 68 croyaient aux « lendemains qui chantent » de Mao ou Trotsky, mais restaient des produits de l’école républicaine. Ils possédaient un vocabulaire, une culture (Aragon, Lénine…) qui leur a permis, une fois le délire passé, de rejoindre facilement les élites.
 
Puis vint le mensonge bourdieusien qui ne vise plus le renversement des institutions mais la destruction de la culture elle-même (source d’inégalités). Le mérite est banni, l’effort n’est plus exigé, l’ignorance se répand. Les lycéens n’ont plus de mots (seulement des insultes grossières) et tombent facilement dans les pièges idéologiques.
 
Le mensonge actuel est d'autant plus destructeur qu’il commence dès l’école primaire et cause des dommages presque irréparables. On fait croire aux enfants que tout le monde doit appartenir à l’élite et réussir sans effort (bac + 5 pour tous). Quand la réalité résiste, on légitime la violence (« violences légitimes ») et on s’attaque à ce qui fonctionne encore (enseignants, écoles privées).
 
                                                                ***************
 
Les lycéens de Mai 68, imprégnés des balivernes de Mao ou Trotsky, étaient persuadés de construire le bonheur tout court ou les « lendemains qui chantent », mais ils étaient aussi les produits de l’école républicaine. Et à ce titre, ils possédaient beaucoup de mots (trop ?), ils récitaient par cœur Aragon et Lénine (Ah ! Matérialisme et empiriocriticisme !). Une fois leurs délires apaisés, ils sont devenus rapidement les élites de la nation. Il leur a suffi pour cela d’arracher leur costume d’égarement, de changer de crémerie en quelque sorte. Sous la surface, il y avait une culture, un apprentissage de l’esprit. Le retournement s’est fait sans gloire, mais avec aisance.
 
Les lycéens d’aujourd’hui ont affaire à un bien autre mensonge, celui de Bourdieu, plus récent mais dans la même veine, qui ne cherche plus l’égalité parfaite à travers le renversement des institutions, mais à travers la destruction de la culture. Le niveau de culture suscite des inégalités. L’exigence dont faisait preuve l’école républicaine envers les élèves signifiait la croyance en la valeur du mérite - elle produisait Camus par l’apprentissage laborieux et astreignant de la culture. Dans l’école bourdieusienne, le mérite, parce qu’encore inégalitaire, est lui-même à exclure. Ainsi, l’ignorance se répand. Au premier jour des événements présents, des lycéens affairés à renvoyer un journaliste qui leur déplaisait n’ont trouvé pour lui parler que « Nique ta mère » et « fils de p*te ». C’est le vocabulaire du cyclope d’Homère. L’école bourdieusienne ne produit plus Camus, fils d’une analphabète, elle produit directement des analphabètes, au nom de l’égalité. Et les lycéens s’engagent derrière ce drapeau, au nom de l’égalité.
 
En bref, aux lycéens on a servi des mensonges, autrefois comme aujourd’hui.
 
Mais le second mensonge, celui d’aujourd’hui, qui n’est qu’un héritier du premier, est cependant beaucoup plus grave, parce qu’il les saisit à l’aurore, il est au cœur, il commence à l’école primaire. Pour cette raison, il commet des dommages irréparables : quand on couronne l’ignorance dès le début (il suffit, par idéologie, de n’exiger aucun effort de l’enfant), alors il est presque impossible de réparer, parce que les dégâts sont faits dès l’âge même où tout se joue.
 
À l’époque de Mai 68, les élites socialistes et communistes tenaient le haut du pavé, interdisaient la publication des livres préjudiciables à leur courant, et le plus célèbre de nos intellectuels d’alors, Jean-Paul Sartre, pouvait clamer paisiblement que « tout anticommuniste est un chien ». Ainsi, la jeunesse avec naturel prenait pour emblème le Petit Livre rouge de Mao, ou adoptait les thèses de Trotsky ou de Lénine. Aujourd’hui, les troupes de LFI ont pris le relais pour répandre une idéologie égalitaire qui vise le même rêve, ou plutôt le même enfumage.
 
Le mensonge bourdieusien consiste à dire à l’enfant : l’accession des places au mérite est une injustice. La justice veut que tout le monde appartienne à l’élite (marchons un peu sur la tête, ça fait du bien, la vie est tellement triste). Donc vous serez tous reçus aux examens - le baccalauréat, et jusqu’au bac + 5. C’est ça, la justice, et c’est ça, l’avenir, faute de quoi « il y a des violences légitimes ». Le mensonge en question est si répandu qu’il a envahi la publicité : « on a tous droit au meilleur, au meilleur prix ». On ne prend pas conscience que si le meilleur est partout, il n’existe plus, que si tous sont l’élite, il n’y a plus d’élite. Ou plutôt, on en prend conscience, et on sait bien que cela signifie : une société complètement égalitaire, celle des rêves socialistes qui finissent à Cuba, en Corée du Nord, au Venezuela (régime justement qu’affectionne Jean-Luc Mélenchon).
 
Au lieu d’être encouragés et astreints à travailler, les lycéens de 2026 sont sans arrêt victimisés. Ils sont victimisés parce qu’ils subissent les désastres climatiques, parce qu’ils ont vécu les confinements, parce que leurs lycées manquent de moyens, comme si les générations précédentes n’avaient pas chacune vécu ses problèmes et ses drames, la plupart du temps beaucoup plus tragiques. Ils sont victimisés en tant que « racisés », comme si la France n’était pas le pays qui octroie le plus d’allocations et de gratuité (santé, école) à tous les étages, et à tous ses citoyens même clandestins. Ils sont victimes de Parcoursup - qui (honte !) pratique une forme de sélection.
 
Les lycéens de Mai 68 étaient des ballots mais pas des victimes (ils avaient toute la culture qu’il fallait pour ne pas tomber dans les pièges mensongers de l’idéologie, ce qui s’est pourtant passé). Les lycéens d’aujourd’hui n’ont pas de raison d’être spécialement ballots : ils tombent dans les pièges idéologiques parce qu’ils n’ont pas de mots, et un esprit sans mots se laisse avaler par le premier requin qui passe. Eux sont des victimes parce qu’on n’a eu ni la volonté (pour les idéologues) ni le courage (pour la masse des autres, impressionnés par les idéologues) de faire preuve d’exigence pour les élever, ce que traduit le mot élève.
 
S’ils sont à plaindre, ce n’est pas seulement parce qu’ils ont des horaires déplorables ou pas assez d’infirmières dans les lycées ou parce qu’ils manquent de papier à cabinet, mais surtout parce qu’on leur a fait croire qu’ils réussiraient tous et sans exigence aucune, et parce que ce sont eux, à n’en pas douter, qui vont payer ce mensonge au prix fort. Je vois un panneau dans une manif de mardi : « on n’a pas envie de passer notre vie à la gagner », qui décrit à lui seul l’ampleur de l’illusion dont ils ont été bercés par des escrocs de la promesse.
 
Aujourd’hui, les défenseurs institutionnels du mouvement - LFI et ses supports - s’apparentent à Mao davantage qu’à tout autre souvenir. Mao soufflait sur les braises de la Révolution culturelle en appelant de ses vœux « un grand chaos sous le ciel » afin de « tirer du grand chaos un ordre suprême » (admirons le génie inventif ! une pensée respectueuse et admirative pour Yang Jisheng et son histoire monumentale de la Révolution culturelle, Renverser ciel et terre). Il fallait briser tout ce qui restait d’inégalitaire dans l’ancien monde. Là où la réalité résiste à la volonté égalitaire, il faut la détruire.
 
On incendie les lycées, et on s’en prend aux enseignants eux-mêmes : chez nous, depuis une semaine, plus de soixante enseignants, proviseurs, surveillants, ont été violemment pris à partie par des élèves, rappelant les pages les plus ignobles des descriptions de Jisheng. Les groupes de lycéens fanatisés commencent par mettre le feu aux poubelles puis s’approchent des enseignants et au lieu de leur parler (ils n’ont pas de mots ! ne jamais oublier ça !), les tabassent ou leur jettent de l’essence. « Vous avez raison, c’est puissant ce que vous faites », affirme Jean-Luc Mélenchon. 
 
Tout ce qui s’oppose au mensonge égalitaire est frappé d’infamie, et on n’a jamais autant entendu de voix pour réclamer l’interdiction des écoles privées, encore capables de cette vertu oubliée des éducateurs : l’exigence. Supprimer ce qui fonctionne pour qu’on ne puisse pas, par comparaison, percevoir le désastre du système régnant : c’est la seule solution qui reste au charlatan traqué.
 
Nora Belk 
 

 
 
 
 https://universite-liberte.blogspot.com/2026/10/emeutes-banlieusardes-et-etudiantes-une.html

Emeutes banlieusardes et étudiantes, une inversion des valeurs; surtout n'abandonnez pas vos enfants à la propagande !

Sommaire:

A) -  N’abandonnez pas vos enfants à la propagande !

B) -  Violences policières versus violences anti-policières : Gilets jaunes, émeutes banlieusardes et étudiantes, une inversion des valeurs ?

C) -  La Guerre civile qui vient, ou l’inconduite barbare du mouvement lycéen.

D) -  Les lycéens, petits dindons de la farce égalitaire

 


 

 Ce qu'il y a de bien avec tout ce qui se passe en ce moment, c'est que ça polarise. Les masques tombent. Et il ne reste plus que deux camps. 

Le premier, c'est le camp du ressentiment. La victimisation érigée en identité. La haine de celui qui réussit. Et au bout de la chaîne, toujours le même poison : l'antisémitisme. Aujourd'hui, ce camp a un visage parfait : LFI. Mettez-les au pouvoir et vous aurez droit à un remake du XXe siècle. Jean-Luc a réussi un exploit que l'Histoire croyait impossible : la synthèse entre l'hitlérisme et le stalinisme. 

 Le second, c'est le camp de la liberté. Le libéralisme. La responsabilité individuelle. Les marchés libres. La beauté. Le bon sens. L'idée simple, et pourtant radicale, que tu es propriétaire de ta vie, de ton travail et de ce que tu construis. Si on veut un exemple de ce que ce camp donne quand il prend le pouvoir aujourd'hui : Milei. Et voici ma conviction. Les crises du XXe siècle ont accouché, systématiquement, du collectivisme. 1917, 1933, l'après-guerre : à chaque effondrement, la même réponse. Plus d'État, plus de contrôle, moins d'individu. On connaît le bilan. 

Le XXIe sera différent. Le XXIe sera le siècle du libéralisme. Le vrai. Pas celui des plateaux télé. Et la fin du gauchisme. Pour toujours. 

PS : il existe un troisième camp. Le « en même temps ». La moyenne des deux. Ni collectiviste assumé, ni libéral. C'est le pire des cancers. Parce qu'il se dit libéral. Il en a le vernis, le vocabulaire, les costumes. Mais en dessous, c'est toujours plus de dépense, plus de normes, plus d'État. Le collectiviste, au moins, annonce la couleur. Le « en même temps » te vend la liberté et te livre la tutelle. 

 
 
 

septembre 01, 2026

Présidentielle 2027 : LFI s’inquiète de la difficulté à obtenir les 500 parrainages pour Jean-Luc Mélenchon

Force de constater que David Lisnard, président des maires de France, ne devrait pas avoir ce type de problème

Présidentielle 2027 : LFI s’inquiète de la difficulté à obtenir les 500 parrainages pour Jean-Luc Mélenchon
 
Et l'hypothèse d'une absence de Mélenchon au scrutin n'est pas totalement écartée : « J’ose espérer qu’on devrait y parvenir. » Selon Bompard, empêcher faute de signatures la candidature d’une personnalité créditée, d’après lui, de 15 à 20 % dans les sondages poserait « un problème démocratique ». 
 

À quelques mois de la présidentielle, Manuel Bompard tire la sonnette d’alarme. 
 
Invité du Grand Jury RTL-M6-Public Sénat, le coordinateur de La France insoumise reconnaît que réunir les 500 parrainages d’élus nécessaires à une candidature de Jean-Luc Mélenchon constitue « une vraie difficulté ».
 

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« J’en profite pour dire à tous les élus : on ne vous demande pas de soutenir Jean-Luc Mélenchon en donnant votre parrainage, mais de lui permettre de pouvoir se présenter », a-t-il lancé, estimant que certains maires hésitent à parrainer un candidat en raison des différentes sensibilités politiques présentes dans leur commune.
 
Interrogé sur les progrès de LFI aux dernières municipales, Bompard rappelle que gagner une grande ville ne rapporte qu’une seule signature : « Quand vous gagnez Saint-Denis et Roubaix, vous n’avez qu’un seul parrainage. »
"On a commencé en juin, si on attend que les parrainages arrivent tout seuls on va se faire peur", estime une source interne au sein de LFI. https://l.franceinfo.fr/Njq
 

Jean-Luc Mélenchon n'a recueilli pour l'instant qu'un peu plus de 200 promesses de parrainages en vue de la présidentielle, loin des 500 nécessaires

"On a commencé en juin, si on attend que les parrainages arrivent tout seuls on va se faire peur", estime une source interne au sein de LFI. 

Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, n'a recueilli pour l'instant qu'un peu plus de 200 promesses de parrainages d'élus, loin des 500 nécessaires pour être sur la ligne de départ en avril, a appris mercredi 2 septembre franceinfo, de sources concordantes au sein du mouvement insoumis.

Les petites communes en priorité

Pour obtenir ces signatures, deux coordinateurs nationaux sont à la tâche depuis le mois de juin, avec un ou deux référents par département, épaulés par une dizaine de volontaires. "Nos cibles prioritaires, ce sont les maires des petites communes, sans étiquette", explique un cadre LFI, qui estime que ces élus sont plus indépendants et moins sensibles aux pressions.

"Les maires craignent des représailles, notamment concernant les subventions qu'ils perçoivent du département ou de la région."

Un député LFI à franceinfo

Une difficulté d'autant plus importante que, si les insoumis ont remporté de grandes villes lors des dernières élections, ils disposent au total de peu de mairies. "Beaucoup de maires pensent que Jean-Luc Mélenchon n'aura pas de souci pour avoir les signatures car c'est un gros candidat", poursuit une source interne chez LFI. "C'est paradoxal, mais nous avons du mal car nous n'avons pas beaucoup de maires insoumis (…) Le parrainage n'est pas un soutien politique. Tout sera fait pour nous empêcher d'être candidat", poursuit-il.

Un député LFI relativise toutefois ces difficultés, assurant que le mouvement dispose de "légèrement plus de signatures qu'en 2022 à la même époque".


 

 

 

août 25, 2026

La France sa dette et ses envieux !

Sommaire:
 
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.
B) -  Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
C) -  «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.»
D) - Les envieux en images 
E) -  Pourquoi la France va droit à la crise?
F) - « Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans
 

 
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.  
Donc fin 2026 (mois 12), nous aurons payé 75 Md d'intérêts pour 2026. Soit un taux de 2%/an.
Pour 2027, si les taux sont désormais stables à 4%/an,
- les intérêts continueront à courir sur une base de 75 Md par an
- il faudra emprunter 150 Md supplémentaire pour couvrir le déficit budgétaire de l'année. à 4% : 6 Md annuel.
- Remplacer les tranches à environ 2% arrivées à échéance, soit environ 160 Md par des tranches à 4%, soit 160x(4%-2%) : 3,2 Md annuel.
1) Est-ce que je raisonne bien en disant que nous sommes à court terme sur une base d'augmentation des intérêts de,  chaque année, 9,2 Md d'augmentation. Sachant que le phénomène est exponentiel ?
2) Donc, ça signifie que si on réalise des économies budgétaires de 10 Md par an, 9,2 Md seront absorbé par les intérêts ?
Tu valides tout ça ?
 
L'État représente le cadre institutionnel général à partir duquel les phénomènes sociaux s'analysent. Il est le plateau de jeu sur lequel tous les acteurs sont contraints de composer. Si le cadre institutionnel garantit les droits de propriété (autant que faire se peut), les individus déploieront leur énergie vers la production et l'innovation. Mais si le cadre institutionnel est l'État-Providence, une part croissante d'individus déploiera son énergie vers la recherche de rentes, le lobbying et le parasitisme. L'être humain reste le même dans les deux cas, avec ses vices et ses vertus. Ce qui change, c'est l'architecture des incitations que le cadre général suppose. Une fois cela posé, vient l'individualisme méthodologique. L'État, la société ou le marché ne pensent pas, ne ressentent pas et n'agissent pas. Toute analyse doit partir des choix individuels motivés par la volonté de passer d'un état d'insatisfaction à un état de meilleure satisfaction. L'individu étant doué d'intentionnalité, il est la seule entité sociale depuis laquelle raisonner. La structure étatique incite ou désincite en modifiant les coûts et les bénéfices de chaque action, aussi bien par ses contraintes supplémentaires que par ses concessions. Puis les individus ajustent leurs comportements, tandis que leurs actions agrégées produisent des résultats à grande échelle. Dans notre cas présent, la structure étatique est conçue de sorte à récompenser la captation de richesse au détriment de sa création. Il n'y a pas de secret...
Arthur Homines
 

Réponse de Meta AI :

Ton raisonnement est bon dans l'ordre de grandeur, et il est confirmé par les chiffres officiels.Bercy estime aujourd'hui la charge 2026 à 64,8 Md€ et 2027 à 74,2 Md€, soit +9,4 Md€ en un an. Tu arrives à 9,2 Md€ avec ta méthode simplifiée, on est dedans. lefigaro.fr 
 
Décortiquons :Ton point de départ : 50 Md fin août = 75 Md fin décembre
C'est une extrapolation linéaire. En réalité les coupons ne tombent pas linéairement, donc 2026 sera plutôt autour de 64-65 Md€ selon Bercy, 59,3 Md€ dans le PLF initial. Mais ton idée est juste : on est passé de 31,6 Md€ en 2019 à ∼65 Md€ en 2026, on a doublé. lefigaro.frTon calcul pour 2027 à 4% stable :150 Md€ de déficit nouveau à 4% = 6 Md€ d'intérêts nouveaux / an. Juste.Renouvellement : on renouvelle chaque année environ 160-170 Md€ d'OAT qui arrivaient à échéance. Ces OAT avaient été émises quand les taux étaient à 0%, parfois négatifs. Tu prends un différentiel 2% -> 3,2 Md€.


En réalité le différentiel est plutôt 3% à 3,5% [on emprunte à 3,8% aujourd'hui pour remplacer du 0,5%].
 
Donc tu es même prudent. 
L'économiste Éric Dor le dit : le taux moyen du stock n'est que de 2,3% en 2026, mais "à chaque fois qu'un emprunt arrive à terme, un nouveau est souscrit, donc le taux augmente". lefigaro.fr
Total = 6 + 3,2 = 9,2 Md€ d'augmentation annuelle. Oui.Est-ce exponentiel?Non, pas exponentiel à court terme, c'est linéaire par marche. Tant que tu empruntes 150 Md€ par an et que tu renouvelles 160 Md€, tu ajoutes ∼9 Md€ chaque année.

Ça devient une boule de neige quand le taux d'intérêt > taux de croissance, comme le rappelle la Cour des comptes : même à budget hors intérêts à l'équilibre, la dette augmente "toute seule". 
C'est l'effet boule de neige. lemonde.fr 
Question 2 : Si on fait 10 Md€ d'économies, 9,2 Md€ partent en intérêts?À très court terme, oui, c'est ça qui est violent. Les économistes de Bercy et Moody's disent la même chose : la hausse des intérêts sera le plus gros poste de hausse budgétaire, plus forte que n'importe quel ministère. lefigaro.fr 
Nuance : ton économie de 10 Md€ ne disparaît pas totalement. Elle réduit aussi ton besoin d'emprunt de 150 à 140 Md€, donc tu économises les 6 Md€ futurs sur cette part. Mais la première année, l'effet net sur le déficit est bien : +10 Md€ d'économies -9,2 Md€ d'intérêts supplémentaires = +0,8 Md€ d'amélioration seulement.
C'est pour ça que la Cour des comptes parle d'étouffement : si tu ne fais pas d'excédent primaire [déficit hors intérêts], tu empruntes pour payer les intérêts.

Dominique Handelsman &IA
 
La dette française s’installe au cœur de l’équation présidentielle de 2027. Alors que les taux d’emprunt remontent et que l’écart avec l’Allemagne se creuse, le risque d’une crise de financement reste encore contenu, mais jusqu’à quand ? La France repousse toujours l’heure des choix et pourrait finir par subir une discipline budgétaire imposée non plus par les urnes, mais par les marchés et la BCE. 
📲 Lien ici : https://vist.ly/5fms2
 
 

 
 
 B) - Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
 

La France n’avait plus emprunté aussi cher depuis 2008. Sauf qu’en 2008, le monde traversait une crise financière majeure. L’inconséquence politique pourrait finir par se payer cher. Très cher. Au point de faire entrer le pays dans un hiver budgétaire… pour une décennie. 

Paris, 7 juin 2037, 19 h 58. Sur le plateau de TF1, la Première ministre Céleste Sipra s’apprête à répondre aux questions de l’indéboulonnable Gilles Bouleau. Pourtant rompue à l’exercice médiatique, elle ressent une certaine nervosité avant de débuter son propos liminaire. 20 h, lancement du direct. La voix empreinte d’une légère émotion impossible à dissimuler, elle lâche enfin ces mots qu’elle n’espérait plus prononcer : « Mes chers compatriotes. J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que la France ne fait plus l’objet d’une procédure de surveillance pour déficit excessif. Ce qui restera dans notre histoire comme le pire incident de crédit depuis la Révolution française, et que certains historiens commencent déjà à qualifier d’“hiver budgétaire”, est enfin terminé. Je mesure, avec gravité, l’immensité des efforts que vous avez consentis durant cette période sombre, et je vous en remercie. Vous avez été dupés par les promesses budgétaires de politiciens cyniques qui avaient pour seul horizon la prochaine élection, sans penser une seule seconde à la prochaine génération. Cet épisode budgétaire traumatisant aura néanmoins eu le mérite de nous permettre de développer des anticorps puissants contre la démagogie et le populisme, pour nous assurer que plus jamais notre pays n’ait à revivre une telle situation. »
 
Pour rappeler la chronologie des faits, le présentateur lance le reportage. On y voit un cycliste zigzagant dans un col à très faible allure, en détresse. La voix off commente : « La fringale. Angoisse du cycliste, elle le frappe lorsqu’il n’a pas su gérer son effort en n’ayant pas su constituer les bonnes réserves énergétiques au moment où il le fallait. Une fois qu’elle se présente, il est très difficile de se remobiliser, et le coureur n’a pas d’autre choix que de laisser s’envoler ses concurrents. C’est exactement ce qu’a vécu l’économie française à l’hiver 2027 où, après une très forte remontée des taux d’intérêt, notre pays a connu un incident de crédit d’une ampleur inégalée depuis 2 siècles. »
 
Les premiers signaux étaient perceptibles dès la fin de l’été 2026, où le niveau de l’OAT à 10 ans (soit le taux d’intérêt des obligations assimilables du Trésor, qui sont les titres d’emprunt émis par l’État pour se financer) a progressé à un rythme alarmant, dépassant les niveaux des précédentes crises financières, atteignant les 4,7 %. Une spirale négative amplifiée au moment de l’examen du budget 2027, où l’addition des propositions fantaisistes et délirantes de l’ensemble des partis a envoyé le signal aux marchés que la rationalité avait définitivement déserté l’Assemblée. En décembre 2026, lors du vote du PLF 2027, l’OAT a atteint 5,21 %. Or, une augmentation du taux de 1 % sur l’OAT à 10 ans représente dès la première année un coût supplémentaire de l’ordre de 3 milliards d’euros. Pour tenter d’éteindre l’incendie, le Premier ministre de l’époque a annoncé la baisse de 1 % du montant des retraites, afin de récupérer les sommes allant disparaître par l’effet de l’envolée de la charge de la dette. Avec la présidentielle et les législatives en ligne de mire, les oppositions ont rejeté cette idée en même temps que le budget. Malgré la volonté de passer par le 49-3, le gouvernement n’échappe pas à la censure. La France bascule dans la nouvelle année sans budget, et les marchés comprennent que le pays n’est plus gouverné.
 
En parallèle, les sondages anticipant un second tour opposant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se multiplient, et l’impossibilité pour les candidats du bloc central de s’accorder sur un programme commun a fini de fragmenter la vie politique française qui s’est figée autour de ces deux blocs. La suite est allée très vite.

L’incident de crédit

Le jeudi 4 février 2027, à 10 h 50, l’Agence France Trésor met aux enchères, comme elle le fait deux fois par mois, ses obligations à dix, vingt et trente ans. Une adjudication est une vente où les grandes banques sont tenues de proposer un prix, et l’État de servir les mieux-disants. À 11 heures, les chiffres tombent. Le marché a demandé à acheter deux fois moins de dettes que l’année précédente, et exigé une prime de risque supérieure à l’habitude. Résultat, l’OAT à dix ans termine la séance à 5,52 %.
Le lendemain, 
  (l’organisme financier qui s’intercale entre un acheteur et un vendeur pour sécuriser et garantir la bonne fin des transactions sur les marchés) relève ses dépôts de garantie sur les titres français, et ceux qui les détenaient à crédit doivent vendre pour couvrir. Les quatre grandes banques perdent 9 % de leur valeur en une seule séance. Le vendredi 12 février, deux agences de notation annoncent dégrader la note de la France, en le faisant « hors calendrier », la faisant quitter le club des pays « A ». Avec son triple B, la dette française est ainsi exclue des principaux placements mondiaux classés « sans risque », diminuant encore un peu plus la demande pour ses titres, et la déplaçant des acteurs institutionnels vers les investisseurs individuels souhaitant profiter de ce fort niveau de rendement de manière spéculative avant que tout ne s’effondre.
 
Le lundi 15 février, l’OAT monte à 6,1 %, et l’écart avec l’Allemagne atteint 205 points. La France n’a manqué aucune échéance, la dette continue à être demandée, mais elle vient pourtant de connaître le début de son plus grand incident de crédit, ce moment où le marché cesse d’être le principal sponsor d’une dette et où quelqu’un doit prendre sa place. Ce mécanisme d’avancée lente des crises avait été parfaitement décrit par Lorenzoni et Werning en 2019 : la peur d’un défaut futur relève les taux, les taux élevés gonflent la dette, dont le niveau finit par donner raison à la peur.
 
 


La réponse de la Banque centrale

Ce « quelqu’un », c’est la Banque centrale européenne. Mais elle ne le fera pas à n’importe quelle condition. Elle dispose d’un instrument de protection de la transmission (le TPI), créé en 2022, l’autorisant à acheter sans limite les titres d’un État attaqué de manière « injustifiée et désordonnée », mais à des conditions que la France ne respecte pas. Elle décide donc de ne pas le déployer pour le moment. Le Conseil des gouverneurs l’annonce le 22 février par un communiqué laconique disant qu’il « suit la situation avec attention », tout en rappelant qu’il « attend des engagements du prochain gouvernement qui sortira des urnes ». En parallèle, la présidente de la BCE adressait une lettre à l’Élysée et à Matignon détaillant le menu des ajustements qui seraient à réaliser pour rentrer dans les clous budgétaires, à l’instar de ce que Trichet et Draghi firent avec l’Italie en 2011.
Dans les médias, les réactions se multiplient. Bruno Le Maire fustige les « stagiaires » n’ayant pas su faire fructifier son brillant héritage laissé à Bercy. Ségolène Royal se déclare prête à prendre la tête de la BCE, forte de son expérience en à peu près tout. Matthieu Pigasse déclare paradoxalement que la dette n’est pas du tout un problème, mais ajoute qu’il se tient à disposition de son pays pour l’aider à la restructurer s’il le souhaite.
 
Début mars 2027, la campagne bat son plein avec son cortège de promesses clientélistes, allant de la retraite à 61 ans à la hausse de 10 % du SMIC. Face à l’urgence de la situation, le Haut Conseil des finances publiques sort de sa réserve et présente un chiffrage inédit des programmes. Les deux candidats en tête réaffirment leurs promesses sur la retraite, disant qu’elle sera financée par une hausse de la fiscalité sur les riches ou par une interdiction de l’immigration.
 
Le 17 mars, Heleen Herbert, Pia Olsen Dyhr et Katherina Reiche, ministres de l’Économie des Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne, tiennent un point presse en marge d’une manifestation à Vienne sur « l’économie en 2050 » où elles déclarent que leurs contribuables ne paieront pas pour financer une nouvelle réforme des retraites françaises allant à rebours des efforts que leurs concitoyens ont consenti à réaliser ces dernières années. Le 17 mai, l’écart avec l’Allemagne monte à 280 points, avec une OAT à 6,9 %. L’assurance-vie des Français en euros subit une vague de rachats telle que le Haut Conseil de stabilité financière doit les suspendre, s’appuyant sur une disposition de la loi Sapin II de 2016. Le nouveau gouvernement, une coalition de trois partis populistes, passe quinze jours à négocier à Bruxelles et à Francfort pour demander l’autorisation de passer leur loi phare.
 
Le 12 juin, le Conseil Ecofin adresse à la France une mise en demeure au titre de l’article 126-9 du traité, première du genre contre un grand pays, avec une trajectoire de dépenses vérifiée chaque trimestre.
 
Le 18 juin, la BCE active pour la première fois de son histoire son instrument de protection et achète 185 milliards d’obligations françaises en neuf mois, sur le marché secondaire, tout en relevant ses taux contre une inflation que la hausse de la TVA allait nourrir. Pour l’obtenir, Paris doit accepter ce que Rome a refusé en 2011, une ligne de crédit de précaution du Mécanisme européen de stabilité de 60 milliards, jamais tirée, mais assortie d’un protocole budgétaire d’accord de vingt-trois pages soumis par les autres pays européens. L’incident de crédit est éteint et l’OAT contenue, mais non sans condition.

L’austérité, la vraie

En contrepartie du rachat de ses dettes, la France accepte le menu proposé par la BCE et les autres pays européens pour assainir ses comptes et éviter que la situation ne dégénère ou ne se reproduise. Elle enclenche ainsi de manière rapide les réformes qu’elle avait refusé de faire ces dernières années. Et sa procrastination va lui coûter cher.
 
Le 15 juillet 2027, le Parlement est appelé à se prononcer en urgence sur le projet de loi de finances rectificative déclinant les attentes européennes, visant une baisse de 90 milliards d’euros sur l’année. Suppression de tous les taux réduits de TVA, baisse de 2 % de toutes les prestations sociales (du RSA aux retraites), hausse de 3 points de l’impôt sur le revenu.
 
Les projets de loi de finances de 2028 et 2029 ne sont guère plus désirables : augmentation de l’âge de départ à 68 ans dès 2031, suppression de trois jours fériés, baisse de 3 % des pensions de retraite chaque année, limitation de la hausse des dépenses de santé à 1 % (contre 4 % en tendanciel), non-remplacement de tous les agents publics partant à la retraite, gel du traitement des fonctionnaires, hausse de la CSG de 2 points et passage de la TVA sur tous les produits à 23 %, cession de 35 milliards de participations de l’État, suppression de 15 milliards d’euros de niches fiscales et limitation de la durée de l’indemnisation des demandeurs d’emploi à 9 mois. La France se voit confrontée à une vraie cure d’austérité, bien au-delà de celle fantasmée par les oppositions pendant des années.
 
Concrètement, pour les ménages, la facture est salée. Bernard et Chantal, un couple de retraités vivant à Quimper et gagnant 2 900 € à deux, ont perdu 20 % de leur pouvoir d’achat en 4 ans. Un professeur des écoles à Dijon, gagnant 2 100 €, a perdu 15 % de son niveau de vie tout en travaillant 3 jours de plus gratuitement. Un jeune couple à Montpellier ayant acquis début 2027 sa résidence principale pour 250 000 euros va rembourser 1 600 euros par mois contre 1 300 euros s’ils avaient acheté six mois plus tôt.
Du côté des entreprises, la fermeture du robinet du crédit par des banques ayant perdu 20 % de leur valorisation a fait exploser le nombre de défaillances, qui ont atteint 100 000 en 2029, provoquant la plus grosse vague de licenciements en quarante ans.

La lente chute

Tous ces ajustements ne se sont pas faits sans heurts. Le choc a d’abord été économique. Le PIB a reculé de 3 % en 2028 et encore de 1,2 % en 2029, le chômage a franchi les 10 %, et le déficit, tombé à 3,2 % dès 2028 sous l’effet de la potion amère imposée au pays, est remonté à 3,8 % en 2029 lorsque l’État a dû recapitaliser à titre de précaution deux grandes banques pour 45 milliards. Puis le choc est devenu politique. Les émeutes de l’automne 2029 ont emporté la coalition au pouvoir, et le gouvernement suivant a rendu une partie de ce que le précédent avait pris. La TVA a été ramenée à 21 %, et la baisse des pensions suspendue, au moment même où la récession européenne de 2030 a commencé à s’installer. Le déficit est repassé au-dessus de 4 % durant 3 ans, tandis que la charge d’intérêts, gonflée par les emprunts contractés au plus haut des taux, a dépassé les 150 milliards par an, davantage que les budgets de l’Éducation nationale et de la Défense réunis.
 
Pour contenir le retour des taux à la hausse, la BCE s’est vue contrainte d’acheter une seconde fois massivement des titres français. La Cour de Karlsruhe, saisie par des plaignants allemands, n’a autorisé la participation de la Bundesbank qu’à une condition, aussitôt reprise dans le protocole du MES, soit l’inscription dans la Constitution française d’une règle d’or interdisant l’endettement hors investissements de longue durée. Le budget de la défense a été réduit, le porte-avions Charles-de-Gaulle partagé avec l’Allemagne et le parapluie nucléaire cédé à l’Union européenne. L’offre de rachat de la forêt de Fontainebleau par le Qatar a même été sérieusement envisagée par l’Assemblée nationale. En parallèle, une règle d’or a été inscrite dans la Constitution empêchant le recours à l’endettement sauf pour financer des investissements de longue durée.
 
Est ensuite arrivé le tour de Bruxelles de proposer son menu, réglementaire cette fois-ci. Un vrai choc de simplification du droit du travail, du code de l’environnement et de l’urbanisme a été adopté. Le seul déficit autorisé par l’État le fut pour financer les transitions écologique et numérique, mais de manière très encadrée.
 
À partir de 2034, ces efforts ont commencé à porter leurs fruits. L’OAT s’est stabilisée autour de 3 %, la dette est redescendue d’une quinzaine de points sous son pic de 2031, le déficit a atteint 2,7 % en 2036, la dépense publique est passée sous 49,5 % du PIB, le chômage a reflué à 6,9 % et le revenu réel par habitant, inférieur de 8 % à celui de 2026 au creux de 2031, a entamé sa première remontée depuis dix ans.
 
Ces dix années ont été les plus difficiles de l’histoire économique récente de la France, ayant même provoqué une diminution de l’espérance de vie d’une année de la population (une première depuis la guerre) et rompu le reste de confiance des citoyens envers leurs élus. Mais cette rigueur a représenté l’unique chance de sortir le pays de l’incurie budgétaire dans laquelle il était enfermé.
 
Retour sur le plateau. La Première ministre conclut par une phrase qu’aucun de ses prédécesseurs n’aurait prononcée à cette heure d’écoute. « Nous ne dépenserons plus jamais un euro que nous ne savons pas financer. » À méditer…
 
 Erwann Tison

La France ne serait pas le premier pays d’Europe à traverser une crise financière. D’autres l’ont précédée, et s’en sont relevés. Mais aucun n’en est sorti indemne.

Suède, 1992. La bulle immobilière explose, les banques sont à terre et la monnaie attaquée. Le 16 septembre, la Riksbank porte son taux marginal à 500 % pour défendre la couronne, avant de renoncer le 19 novembre. Le déficit file vers les 11 % du PIB. En dix jours, gouvernement et opposition signent deux accords de crise, puis le programme Persson de 1994 aligne 126 milliards de couronnes de mesures (près de 8 % du PIB), à dominante de dépenses.Le PIB perd 5 %, et la population en ressent durement les effets. Le chômage passe de 2 à 8 %, et près de 13 % si l’on compte les chômeurs placés en dispositifs d’emploi. Le modèle social le plus généreux d’Europe est rogné. L’indemnisation tombe de 90 à 80 % du salaire, un jour de carence apparaît en cas d’arrêt maladie. Dans le même temps, les allocations familiales et la revalorisation des pensions sont réduites, tandis que les communes taillent dans les dépenses liées à l’école et aux soins. Après ce choc, la Suède enchaîne quinze ans d’excédents et invente ses plafonds de dépenses.

https://lel.media/insert/crises-financieres-sept-precedents-europeens/

 

Si notre dette dérape, beaucoup imaginent que la BCE n’aura qu’à sortir le chéquier. Elle le peut… Mais pas à n’importe quelles conditions. Les Français seront-ils alors encore maîtres de leur destin ?

Ce qu’elle ne peut pas. L’article 123 du traité lui interdit de financer directement un État, donc d’acheter ses titres à l’émission. L’article 125 interdit quant à lui à l’Union de le renflouer. Elle ne peut donc intervenir que sur le marché secondaire, auprès d’investisseurs qui revendent des titres déjà émis, et la Cour de justice, dans l’arrêt Gauweiler de 2015, a fixé des garde-fous : un délai entre l’émission et l’achat, aucune annonce préalable des volumes, la possibilité de revendre et l’interdiction d’annuler l’incitation des États à tenir leurs comptes.

 https://lel.media/insert/dette-francaise-quel-secours-attendre-de-la-bce-et-a-quel-prix/

Et si une crise de la dette n’était pas le pire scénario ? Pas de krach. Pas de panique. Pas de sauvetage. Juste une France qui s’appauvrit lentement, irrémédiablement, année après année.

Dans l’autre version de l’histoire, l’adjudication du 4 février 2027 se passe bien. Couverture de 1,9, queue de deux points, une OAT à 5,1 %. Pas de lettre, pas de protocole de vingt-trois pages. Rien ne se passe, et c’est bien là le problème.

L’écart avec l’Allemagne ne saute pas, il rampe. 115 points fin 2027, 140 en 2029, 180 en 2032. Rien de « désordonné » qui autorise Francfort à intervenir, rien d’assez brutal pour faire tomber un gouvernement. Mais chaque année, un neuvième de la dette se refinance au prix du jour, et le taux moyen payé sur le stock grimpe de 2,2 % à 4 % en huit ans. 

Les 124 milliards de charge d’intérêts annoncés pour 2030 par la mission de juillet 2026 arrivent avec un an d’avance. Le cap des 150 milliards est franchi en 2032. Cinq points de PIB, plus que l’Éducation nationale, la Défense et la Justice réunies, versés chaque année à des créanciers dont 56 % ne votent pas en France. Le Japon a vécu trente ans ainsi, mais avec sa propre monnaie et l’épargne de ses ménages. La France, elle, emprunte dans une monnaie qu’elle ne contrôle pas, auprès d’étrangers qu’elle ne connaît pas. 

 https://lel.media/insert/dette-francaise-le-scenario-de-letouffement-lent/



 


 

C) - «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.» 
 
Dans la perspective des présidentielles, Le monde rapporte que la Fondation Jean Jaurès a réalisé une étude rendue publique fin juin,qui l’amène a distinguer quatre familles à gauche, dont le poids respectif change radicalement la lecture du rapport de force à gauche. 
 
La première est le noyau insoumis des électeurs fidèles et qui partagent l'aspiration de Jean-Luc Mélenchon à la rupture de défiance à l'égard du compromis. Elle représenterait un cinquième de l’électorat de gauche (20 %), lui-même minoritaire dans le pays puisqu'il ne rassemble qu'environ 29% des électeurs français. 
 
La seconde famille est celle de la gauche, davantage issue du macronisme ou de la tradition sociale-démocrate. Elle représente 23% et affiche une hostilité à l’ »égard du leader « insoumis ». 
 
La troisième est celle de la rupture mélenchoniste, de ceux qui ont voté Mélenchon en 2022, qui restent proches des orientations économiques, mais qui se sont depuis détournés de sa personne. Trois quarts de ses membres considèrent que LFI représente un danger pour la démocratie, un jugement proche de celui qu'ils portent sur le Rassemblement national. Additionnées, ces deux hostiles à LFI ou d'elle, constituent près de la moitié de l'électorat de gauche (25%). Cela montre bien le chemin à parcourir pour qui voudrait réunir la gauche derrière une candidature «insoumise ». 
 
Reste une quatrième famille, la plus nombreuse (32 % de la gauche): celle du vote utile à gauche. Ayant voté Mélenchon à 74% au premier tour en 2022, elle regarde avec bienveillance les offres «insoumise», socialiste et écologiste, et réclame massivement une primaire susceptible de départager - et de rassembler - ces candidatures. 
 
C'est sur ce dernier groupe que repose l'essentiel du pari de Jean-Luc Mélenchon. Il peut espérer qu’ils seront tenté de reproduire leur choix, car le mieux placé à gauche. Pourtant notre la Fondation, l’époque a changé. S’il se qualifiait, il aurait toutes les peines du monde d’affronter Marine le Pen. En fin de compte, le pari Mélenchon se heurte à 2 limites. Convaincre la moitié de gauche qui ne veut pas entendre parler de lui. Et le vote utile, qui amènerait à choisir Mélenchon plutôt que le Pen. Et ce n’est pas gagné, surtout à droite. 
 
Quel bazar ! J’ajouterai que peut être le pari au fond est celui du coup d’après, d’apparaitre en recours, lorsque la représentation de l’assemblée, toujours en miettes, montrera définitivement que le pays reste ingouvernable. Bref, rien de bien réjouissant. 
 
Un réseau qu'ils ont baptisé "les Phrygiens". 
 
Créé en mai 2026. Une centaine de hauts fonctionnaires, planqués dans tous les ministères, qui bossent en secret pour La France insoumise et préparent l'arrivée au pouvoir de Mélenchon. Pas de fantasme. C'est documenté. Ils produisent des notes, des rapports, des études techniques sur leurs projets, l'éco-régionalisation, la déconcentration des médias, des plans tout faits pour crédibiliser leur capacité à gouverner. Tout ce qui doit être prêt à dégainer le jour où ils prennent le pouvoir. Présence confirmée à Bercy. À la Banque de France. Dans la haute fonction publique hospitalière, territoriale. À la diplomatie. Et même à la Commission européenne, tu vois. Ils communiquent via Telegram, se réunissent une fois par mois, recrutent de façon informelle. Réseau piloté par la députée Clémence Guetté, directement depuis l'Assemblée. Anonymat strict pour tous les membres. Motif : protéger leurs carrières de ce qu'ils appellent une "hostilité" envers LFI dans la haute administration. En réalité, ce que ça dit, c'est qu'une organisation politique dispose d'agents placés dans les rouages de l'État, nourris aux frais du contribuable, qui planifient un programme alternatif pendant leurs heures de service, en défendant l'idée que c'est de la résistance. 
 
Dans n'importe quel autre pays, un fonctionnaire découvert travaillant pour un parti politique pendant qu'il est payé par l'État, c'est un conflit d'intérêts majeur. En France, c'est un réseau de résistance qui s'assume publiquement dans la presse. La différence entre un groupe d'influence et un réseau clandestin, c'est que l'un fait du lobbying et l'autre opère en secret dans les institutions qu'il est censé servir avec neutralité. 
 
Vous y croyez, vous, à la neutralité de la haute fonction publique quand elle se structure en cellules politiques internes qui portent un nom de code ?
 

 
 
D) - Les envieux en images 



E) - Pourquoi la France va droit à la crise ?

 Malgré une marche inexorable vers de graves crises économiques et politiques, la France continue de rejeter la réforme.

 

L’attention internationale portée à la France va s’intensifier à l’approche de la campagne présidentielle de 2027, mais aussi parce que ses perspectives économiques et budgétaires continuent de s’assombrir.

Les taux d’intérêt augmentent dans le monde entier, tandis que la dette publique française approche 120% du PIB. La croissance réelle de l’économie française est atone depuis plus d’une décennie et son déficit budgétaire reste figé autour de –5% du PIB. Les systèmes de sécurité sociale et de retraites sont économiquement insoutenables, et l’on doute même que le budget 2027 puisse être adopté.

Comme l’écrivait récemment la Cour des comptes, organe de contrôle des finances publiques, « Exigeante et difficile, cette reprise de contrôle de nos finances publiques dès 2026 est impérative à la soutenabilité de la dette ».

« L’exception française »

Comment la France a-t-elle pu en arriver là ? Tout pays qui se respecte, placé dans la situation de la France, aurait mis en œuvre des réformes structurelles bien plus tôt. De fait, la plupart des pays européens ont engagé d’importantes réformes budgétaires et de retraites au cours des trente dernières années, notamment la Suède, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Lettonie, la Pologne et la Grèce. Beaucoup ont connu des formes d’« austérité », de cures de rigueur, parfois imposées de l’extérieur, mais touchant généralement à la fois les bureaucraties d’État et les services publics.

Seule la France n’a pas mis en œuvre de réforme majeure pour remédier à sa situation désormais déplorable. Au contraire, les Français ont opté pour la fuite en avant : plus d’impôts, plus de dépenses publiques et moins d’heures travaillées. L’Union européenne – qui n’est pas connue pour sa frugalité budgétaire – a, depuis plus de vingt ans, fréquemment exhorté les gouvernements français successifs à engager des réformes dans de nombreux domaines, en vain. Mais la France est-elle seulement encore capable de se réformer ? La réponse à cette question concerne le bien-être économique de toute la zone euro, et au-delà.

Les précieux « acquis sociaux »

Dans d’autres pays de l’UE, la réforme a été possible parce que ces sociétés ont accepté une réduction des services publics, un relèvement de l’âge de la retraite, une déréglementation du marché du travail et des services sociaux soumis à des conditions de ressources. En France, l’attitude à l’égard de la sécurité sociale est davantage politique et émotionnelle que pragmatique et rationnelle. La majorité des Français considèrent leurs services publics et leurs prestations sociales comme des « acquis sociaux », c’est-à-dire des droits qu’on ne saurait retirer une fois accordés. Ces droits sont perçus comme du « progrès », le fruit de luttes sociales historiques qu’il serait « impossible » de détricoter. Telle est la mythologie politique française qui rend les réformes structurelles si difficiles.

En France, les acquis sociaux sont issus de ruptures politiques décisives : en 1936, sous le Front populaire, les congés payés et la semaine de 40 heures ont été concédés après des occupations d’usines à l’échelle nationale. En 1944–1945, à la Libération, le Conseil national de la Résistance a institué la Sécurité sociale – assurance maladie, allocations familiales et retraites – comme fondement moral d’une nouvelle république antifasciste. Ces acquis forment le cœur de la « République sociale », puisque le préambule de la Constitution de 1946 (toujours juridiquement contraignant aujourd’hui) consacre la protection de la santé et la sécurité matérielle. Ils constituent ainsi des obligations constitutionnelles de l’État, ce qui fait que toute tentative de les démanteler est largement perçue comme une violation du contrat social.

Les tentatives de restreindre ces acquis sociaux poussent les Français à faire grève et à descendre massivement dans la rue, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises. Dans la culture politique française, les expressions démocratiques sont considérées comme légitimes non seulement au Parlement, mais aussi dans la rue. Ainsi, par le passé, des manifestations de masse ont pu fortement influencer, voire faire reculer le gouvernement, comme lors des grandes grèves de 1995 contre la réforme des retraites, des manifestations de 2006 contre le CPE ou du mouvement des gilets jaunes à partir de 2018.

Cette attitude explique aussi pourquoi les Français s’accommodent de l’un des niveaux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde, tant que leurs sacro-saints acquis sociaux sont préservés, même si la majorité ignore largement que de nombreux autres pays disposent de systèmes de protection sociale plus efficaces et parfois plus « généreux » que la France. Cette ignorance tient à un certain chauvinisme et à un manque d’intérêt pour ce qui se passe en dehors des frontières françaises.

Les Français tolèrent les dépenses gargantuesques de leur État, alors qu’il est de notoriété publique que la fraude, l’inefficacité, la corruption et le gaspillage y sont répandus. Des dizaines de milliards d’euros de fonds publics sont ainsi perdus chaque année. Mais ces faits ne provoquent aucune protestation dans la rue, alors qu’on pourrait légitimement s’y attendre. Si beaucoup se plaignent du gaspillage des deniers publics, ce qui compte vraiment, ce sont les acquis sociaux.

La France dans l’impasse

En conséquence, les responsables politiques français ont cessé de promettre de grandes réformes budgétaires et de dépenses, car la préservation des acquis sociaux est bien plus importante pour l’électorat français que la réduction du poids de l’État, même si, ironiquement, les deux sont étroitement liés. Par ailleurs, la plupart des Français ne sont pas désintéressés : beaucoup connaissent un fonctionnaire, puisqu’il y en a désormais près de 6 millions (soit plus de 20% de la population active !).

La situation actuelle a créé une spirale de déclin pour la société française, où la minorité dirigeante technocratique et la majorité des gouvernés se trouvent toutes deux prisonnières de leurs contradictions. La classe politique actuelle n’a ni le courage ni la motivation nécessaires pour impulser une orientation économiquement saine mais politiquement suicidaire en matière de réforme budgétaire. La bureaucratie d’État ne veut pas renoncer à ses privilèges financés par l’impôt, tandis que la majorité n’accepte d’y toucher qu’à la marge.

La solution, c’est la liberté

Les maux de la France sont fondamentalement politiques. Ils sont le résultat de décennies d’étatisme redistributif lourd et interventionniste. Lorsque l’État s’immisce dans la société, en intervenant dans les choix individuels en matière de santé, de protection sociale et de retraite, les résultats sont prévisibles. De fait, les difficultés que traverse la France sont bien connues et ont souvent été décrites, non seulement sur le plan économique, mais aussi sociologique, par exemple par Ludwig von Mises dans des ouvrages comme « La bureaucratie » (1944) et « La mentalité anticapitaliste » (1956).

La solution pour la France face à ces difficultés est elle aussi bien connue, non seulement sur le plan moral – donner plus de liberté aux citoyens et réduire les atteintes au droit de propriété – mais aussi sur le plan pragmatique : enrayer le déclin de la société et initier un redressement. La France a urgemment besoin de coupes massives dans les dépenses publiques, d’une réforme radicale des retraites, d’un assainissement des comptes publics, d’une déréglementation du droit du travail, d’un allègement des formalités administratives et de baisses d’impôts drastiques pour stimuler la consommation et l’activité économique. Les recettes fiscales pourraient vraisemblablement être maintenues, car la France se situe depuis longtemps au-delà du sommet de la courbe de Laffer.

Pourtant, aucun candidat aux élections de 2027 ne propose des mesures de libéralisation aussi évidentes que nécessaires. Tous proposent différents ajustements au système étatiste actuel. Comme il arrive si souvent dans l’histoire de France, l’issue viendra probablement non pas d’une action politique volontariste et consensuelle, mais d’une confrontation exacerbée durant une crise aiguë. En définitive, le refus français de toute régression substantielle des acquis sociaux signifie que la réforme ne sera possible qu’après le choc de crises financières et sociales. Le résultat sera un recul du niveau de vie plus sévère qu’il n’aurait dû l’être, et un sacrifice collectif qui aurait pu être en grande partie évité. L’avenir s’annonce chaotique pour la France.

 Finn Andreen

 https://libertis.net/articles/776n637n/fr/pourquoi-la-france-va-droit-a-la-crise



« Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans

 Impôts, taxes et cotisations ont encore augmenté en 2026. Selon le bilan de l’institut Rexecode, les prélèvements obligatoires ont progressé de 36,7 milliards d’euros depuis 2023. Une hausse qui n’empêche ni le déficit de rester supérieur à 5 % du PIB, ni la dette publique de se rapprocher des 120 %. 

Après plusieurs années d’accalmie, la France connaît depuis 2023 une remontée rapide des prélèvements obligatoires. D’après le deuxième bilan annuel de Rexecode consacré au sujet, les nouvelles mesures représentent 36,7 milliards d’euros supplémentaires en trois ans, soit environ 1,2 point de PIB.
  

La progression s’est accélérée au fil des années : environ 3 milliards d’euros en 2024, 21 milliards en 2025 et 12,9 milliards supplémentaires en 2026.

Parmi les principales mesures de 2026 figurent le gel du barème des allègements de cotisations patronales, pour environ 2,2 milliards d’euros, la normalisation de la fiscalité énergétique, à hauteur de 2,6 milliards, ainsi que l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, évaluée à 1,2 milliard. Les organismes de complémentaire santé sont également mis à contribution, avec une surtaxe estimée à 1 milliard d’euros.

Sur l’ensemble de la période, les ménages supportent environ 17,9 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, soit près de 600 euros par foyer. Les entreprises, elles, supportent 18,8 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, ce qui correspond à environ 2,8 % de leur excédent brut d’exploitation.

En tenant compte à la fois des mesures fiscales à la hausse et à la baisse, les ménages et les entreprises supportent 65 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires chaque année par rapport à ce qu’ils auraient payé si les règles fiscales de 2010 étaient toujours en vigueur. « Ce n’est plus tenable, on est en train de tirer sur l’élastique… et il va finir par lâcher », alertent les auteurs de l’étude. 

Plus de recettes, mais toujours plus de dette

Pour quelle efficacité ? Malgré les 36,7 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires depuis 2023, le déficit public ne se résorbe pas. Rexecode l’évalue autour de 5,4 à 5,5 % du PIB en 2026, soit un niveau proche de celui observé en 2023.

La progression des dépenses publiques absorbe les recettes nouvelles, tandis que la croissance économique génère elle-même moins de recettes qu’espéré.

À lire Épargne : la hausse des impôts pourrait faire fuir l’argent plutôt que remplir les caisses de l’État

Un autre facteur pèse lourdement sur les comptes : les intérêts de la dette. Leur charge devrait passer de 1,9 % du PIB en 2023 à environ 2,5 % en 2026, sous l’effet notamment de la remontée des taux d’intérêt. Selon Rexecode, près de la moitié des hausses d’impôts intervenues depuis 2023 auraient ainsi été absorbées par l’augmentation de la charge d’intérêts.

Le travail et le capital davantage taxés qu’ailleurs en Europe

Le niveau global des prélèvements handicape lourdement la compétitivité des entreprises tricolores. En 2024, le taux français atteignait 43,5 % du PIB selon les données de la Commission européenne. Il dépassait alors de plusieurs points les niveaux observés dans l’Union européenne, la zone euro et chez les cinq principaux voisins économiques de la France. 

L’écart est particulièrement marqué sur le travail et le capital. La France prélevait en 2024 environ 1,7 point de PIB de plus sur le travail et 1,1 point de plus sur le capital que ces cinq pays voisins.

Du côté des entreprises, les prélèvements nets pesant sur les sociétés non financières représentaient 20,2 % de leur valeur ajoutée, contre 16,1 % chez les principaux voisins européens. Selon Rexecode, la différence correspond à environ 63 milliards d’euros de prélèvements nets supplémentaires supportés par les entreprises françaises.

C’est dans ce contexte que le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2027. Un gouvernement Lecornu qui reconnaît déjà que le taux de prélèvements obligatoires pourrait augmenter à nouveau, de 0,3 point de PIB… 

 

À lire Impôts : la France championne d’Europe incontestable des taxes sur l’héritage 






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