Affichage des articles dont le libellé est Financespubliques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Financespubliques. Afficher tous les articles

février 17, 2026

France informations mi-février 2026 !

Sommaire:

A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice 

B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée

C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse

D) - Le sabotage énergétique de la France

E) - Philippe Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se dessinera »

 

 

A) - L’ultra-violence de l’extrême gauche : Le lynchage de Quentin Deranque, symbole d’une hypocrisie moralisatrice  

Un fait divers qui n’en est pas un : le meurtre politique du 12 février 2026 à Lyon

Le 12 février 2026, aux abords de Sciences Po Lyon, cinq militantes du Collectif Némésis ont été sauvagement agressées après un happening pacifique contre une conférence de Rima Hassan (LFI). Une militante a été victime d’une tentative de strangulation.

 

Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en mathématiques, patriote et catholique pratiquant, a été projeté violemment au sol, crâne contre le bitume, puis lynché à coups de pied par une trentaine d’individus encagoulés armés de gants coqués et de lacrymos.

Laissé pour mort, il a été placé en coma artificiel, déclaré en mort cérébrale, a reçu l’extrême-onction et est décédé le 14 février. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées ». Plusieurs témoignages désignent Jacques-Élie Favrot, collaborateur du député LFI Raphaël Arnault et membre de la Jeune Garde.

 L’extrême gauche : toujours donneuse de leçons, jamais responsable de ses violences

Cette mouvance qui se veut le camp du « bien », de l’antiracisme et de la morale universelle, pratique depuis des années une ultra-violence systématique et impunie. Dès que l’on conteste ses dogmes sur l’immigration, l’islam ou le féminisme intersectionnel, on passe automatiquement dans le « camp du mal ». Fasciste, raciste, islamophobe : l’étiquette suffit à justifier le passage à tabac. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez l’a dit sans détour : « C’est manifestement l’ultragauche qui était à la manœuvre. » Pourtant, ces mêmes militants continuent de se présenter comme les victimes et les gardiens de la démocratie.

Pourquoi ressortir la foi catholique et le patriotisme de Quentin comme des circonstances aggravantes ?

Dans les heures qui ont suivi, certains médias et militants de gauche n’ont pas hésité à souligner que Quentin était « catholique pratiquant » et « proche des milieux nationalistes ». Comme si cela justifiait, ou au moins atténuait, son lynchage. Comme si être croyant ou aimer son pays rendait légitime de recevoir des coups de pied dans la tête jusqu’à la mort.

Cette instrumentalisation est abjecte. Elle révèle une haine viscérale envers tout ce qui évoque la France traditionnelle.

LFI : défense acharnée des musulmans, haine constante des catholiques et des juifs

 La France Insoumise défend systématiquement les musulmans contre toute critique (qualifiée immédiatement d’« islamophobie »), tout en attaquant sans relâche les catholiques et en tolérant, voire en alimentant, l’antisémitisme dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon a parlé d’antisémitisme « résiduel » en France. 92 % des juifs français estiment aujourd’hui que LFI contribue à la hausse de l’antisémitisme. Ceux qui hurlent au racisme en permanence pratiquent en réalité une hiérarchie des racismes : les catholiques et les juifs sont les boucs émissaires acceptables, les musulmans les intouchables.

Rima Hassan et la Jeune Garde : le lien embarrassant révélé par Le Canard Enchaîné

Cet ancien article du Canard Enchaîné du 2 juillet 2024 est particulièrement accablant pour la défense de Rima Hassan. On y apprend que la Jeune Garde assurait bel et bien le service d’ordre de l’eurodéputée LFI lors d’une conférence à Paris-Dauphine le 27 mai 2024. En marge de cet événement, huit membres de ce groupe antifa se sont attaqués à un adolescent de 15 ans identifié comme juif : ils l’ont tabassé dans le métro et ont filmé la scène. Mise en examen pour violences en réunion à caractère antisémite.

Étonnamment, le même mode opératoire s’est reproduit à Lyon le 12 février 2026 : la Jeune Garde (dissoute en 2025) était présente aux abords de la conférence de Rima Hassan à Sciences Po, a traqué et lynché des opposants. Le Parlement européen doit lever l’immunité de Rima Hassan pour qu’elle puisse répondre de ses liens répétés avec cette milice violente devant la justice.

La Terreur révolutionnaire : l’ancêtre idéologique assumé de LFI

 Cette violence n’est pas nouvelle. Elle renvoie directement à la période de la Terreur (1793-1794) et au génocide vendéen. Au nom du « salut public » et de la « vertu républicaine », les colonnes infernales de Turreau ont massacré entre 170.000 et 250.000 Vendéens : noyades collectives à Nantes, villages incendiés, femmes enceintes éventrées, enfants empalés, peaux humaines tannées. Les Vendéens étaient traités de « bêtes féroces » et d’« ennemis du peuple ».

La République a volontairement occulté ce génocide. Or la mouvance LFI se revendique explicitement de cet héritage jacobin et révolutionnaire.

Mélenchon et ses lieutenants parlent sans cesse de « révolution citoyenne » et de rupture avec la « Ve République pourrie ». Si on les laissait faire sans frein, on retrouverait demain les mêmes méthodes.

Des sanctions judiciaires et politiques qui doivent être exemplaires

 L’enquête doit aboutir à des mises en examen rapides et à des peines lourdes, avec reconnaissance de la préméditation et de la haine idéologique. Politiquement, il est temps de passer aux actes : 

  • Suspension définitive du député LFI Raphaël Arnault (déjà fiché S depuis 2021, premier député fiché S de l’histoire, condamné en 2022 pour violences).
  • Exclusion immédiate de son collaborateur Jacques-Élie Favrot.
  • Dissolution définitive des groupes, malnommés, antifascistes violents comme la Jeune Garde.
  • Enquête parlementaire sur les liens financiers et logistiques entre LFI et ces milices.

La mort de Quentin Deranque ne doit pas être un fait divers de plus. Elle est le symptôme sanglant d’une extrême gauche qui se croit tout permis au nom du « bien ». Assez de l’impunité. Assez de la morale à deux vitesses. La République doit enfin se défendre.

https://multipol360.com/lultra-violence-de-lextreme-gauche-le-lynchage-de-quentin-deranque-symbole-dune-hypocrisie-moralisatrice/ 

 


B) - Lyon : le « lynchage » de Quentin, symptôme d’une escalade annoncée

« Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. » Décrire la terrible agression de Quentin comme le fruit d’une simple rixe entre militants, c’est trahir la vérité des faits, s’empêcher de saisir l’ampleur de ce drame et salir un jeune étudiant de 23 ans laissé pour mort sur un trottoir lyonnais. Son avocat, Me Fabien Rajon, est formel : « La thèse de la simple « rixe » entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s’agirait plutôt d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. » Quentin n’avait aucun antécédent judiciaire, n’était ni agent de sécurité ni membre habituel d’un service d’ordre. Il a toujours défendu ses convictions de manière non-violente. Il est aujourd’hui en état de mort cérébrale.

« Rixe », ce mot qui blanchit la violence politique

https://www.lefigaro.fr/vox/politique/mort-de-quentin-a-lyon-les-insoumis-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes-20260216

Comme après chaque agression d’une extrême violence commise par l’ultra-gauche, les mêmes réflexes se mettent en place : minimisation des faits, équivalence entre agresseurs et victimes, invocation d’une « rixe » pour diluer les responsabilités. Pourtant, ce qui s’est produit jeudi soir n’a rien d’une surprise. C’est au contraire l’aboutissement prévisible d’une stratégie théorisée, assumée et mise en œuvre méthodiquement depuis une dizaine d’années.

Une doctrine de la violence

Cette violence n’a rien de spontané. Elle s’inscrit dans une doctrine précisément formulée par l’historien américain Mark Bray dans son ouvrage devenu la bible des antifas français : L’Antifascisme : son passé, son présent et son avenir (2018). Pour lui, l’objectif n’est pas de débattre mais d’anéantir socialement et physiquement l’adversaire. Bray l’écrit sans détour : « On ne peut pas toujours changer les croyances de quelqu’un, mais on peut évidemment les rendre trop coûteuses politiquement, socialement, économiquement et parfois même physiquement. »

 C’est le concept de l’« antifascisme du quotidien » : « augmenter le coût social des comportements oppressifs, au point que ceux qui les endossent ne voient d’autres possibilités que de rester dans l’ombre. » Le problème, c’est que ce sont les antifas qui décident seuls de ce qui est « oppressif » et de qui est « fasciste » – une catégorie qui ne cesse de s’étendre. Depuis le début des années 2000, l’Action Antifasciste Paris-Banlieue a élargi le champ du fascisme « au colonialisme, à la question palestinienne, aux violences policières ». En s’appuyant sur la dynamique des luttes intersectionnelles, les antifas ont ainsi créé une véritable machine à « nazifier ». Tous ceux qui s’opposent à eux sont immédiatement considérés comme des fascistes, des nazis. Ils sont ainsi déshumanisés, ce qui facilite et légitime les passages à l’acte violent.

Ne nous y trompons pas : si le harcèlement numérique constitue l’artillerie, la violence physique reste l’infanterie indispensable. Bray est d’un cynisme absolu : « En vérité, la violence représente une toute petite partie – néanmoins vitale – de l’antifascisme. » L’escalade est programmée, résumée par cette formule glaçante : « Tu te bats contre eux à coups de poing pour ne pas te battre à coups de couteau. Tu te bats contre eux à coups de couteau pour ne pas te battre avec des fusils. Tu te bats contre eux avec des fusils pour ne pas te battre avec des tanks. »

Résurgence d’une violence politique de haute intensité

 
C’est au nom de ces « tanks » imaginaires que le jeune Quentin est en état de mort cérébrale, que des militants de l’UNI ont été attaqués au couteau à Strasbourg, tabassés avec de gants coqués à Toulouse, ou que deux étudiants ont été roués de coups par une trentaine d’antifas à Rennes. Rien que pour l’année 2025, le syndicat étudiant a recensé 43 agressions violentes contre ses membres. Pour l’antifa, frapper le premier n’est pas une agression, c’est « désamorcer le besoin d’autodéfense ». Sic !

Mais on est très loin de la légitime défense. Les antifas ont mis en place un véritable système de fichage de leurs adversaires politiques. Ils ne se contentent pas d’agressions pour faire stopper les actions militantes de leurs adversaires (ce qui serait déjà condamnable) : ils traquent leurs cibles quand elles sont seules, les harcèlent jusqu’à leur domicile pour leur faire comprendre que nulle part elles ne seront en sécurité. À Nantes, des menaces de mort nominatives ont été taguées aux abords des domiciles de militants de l’UNI ainsi que sur les murs du commerce où l’un d’eux occupait un job étudiant.

De nombreux commentateurs rappellent que la violence politique a toujours existé. C’est vrai, mais elle change de nature et d’intensité. Depuis quelques mois, nous assistons à une résurgence d’une violence que nous n’avions plus connue depuis la fin des années 70 (banalisation des sabotages, usages de bombes incendiaires, attaques contre les forces de l’ordre, agressions ciblées…). Cette radicalisation s’accompagne d’ailleurs d’une romantisation de la violence de cette époque. Le 28 mars 2023, Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe condamné à perpétuité pour assassinats, était invité à l’université de Bordeaux occupée pour disserter sur « les suites à donner au mouvement social ». Un participant déclarait « trouver intéressant qu’il vienne raconter pourquoi il a choisi la lutte armée ». Le 15 octobre 2025 à Paris 8, des centaines d’étudiants répondaient en chœur « Non ! » à la question « Condamnez-vous le 7 octobre ? » avant d’entendre : « Nous revendiquons le 7 octobre. »

Cette normalisation de la violence s’inscrit également dans une stratégie politique explicite. En 2012, Jean-Luc Mélenchon fixait le cap : « La conquête de l’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser ! » L’objectif était de « transformer un peuple révolté en peuple révolutionnaire ». Nous y sommes.


 

Les antifas imitent plus qu’ils ne combattent le fascisme

Il y a une ironie tragique dans cette situation. En prétendant combattre le fascisme, les antifas en reproduisent toutes les méthodes : fichage des opposants, attaques contre des journalistes, harcèlement organisé, violence de groupe contre des individus isolés, culte de l’action directe, romantisation de la violence politique, élargissement sans fin de la liste des ennemis. Quand tout devient fasciste, quand tout adversaire politique est transformé en « nazi », la violence devient légitime.

Tant que les agresseurs seront relaxés, tant que les présidents d’université préféreront annuler des conférences plutôt qu’affronter la violence antifasciste, tant que les médias et la classe politique feront preuve d’une indulgence coupable pour la violence politique quand elle vient de la gauche, le message demeurera le même : la terreur paie. Mark Bray l’a compris : nos institutions sont faibles.

 

Quentin n’est pas mort dans une « rixe ». Il a été lynché en application d’une doctrine qui théorise la violence comme outil politique légitime. Ce drame était prévisible. D’autres suivront tant que nous refuserons de nommer cette réalité.

Olivier Vial
 
Ancien membre du Conseil économique, social et environnemental, directeur du CERU (Centre d’études et de recherches universitaire), un laboratoire d’idées indépendant, Olivier Vial est responsable du programme d’études sur les radicalités et les nouvelles formes de contestations.

 


 
 
 
 
Le fond du problème est ici !
Mais la gêne du camp du bien et de leur pouvoir en voie d’une différente pensée à la leur, l’unique, privilégie la violence, pire un assassinat pour une politique idéologique !

 

 


C) - Le Louvre en pleine déroute : fraudes massives, vols audacieux et gestion calamiteuse  

Paris, ce joyau culturel mondial, abrite le musée du Louvre, considéré comme le plus grand et le plus prestigieux du monde avec ses collections inestimables et ses millions de visiteurs annuels. Pourtant, derrière les façades somptueuses et les chefs-d’œuvre immortels,

une série de scandales révèle une gestion déplorable, marquée par des failles sécuritaires béantes, des fraudes internes et une impunité flagrante.

Le récent démantèlement d’un réseau de fraude à la billetterie, impliquant des employés du musée, n’est que la pointe de l’iceberg d’un établissement qui semble naviguer à vue, au détriment de son patrimoine et de ses finances publiques.

Une fraude à la billetterie d’une ampleur inouïe

Le 10 février 2026, une vaste opération policière a secoué les couloirs du Louvre, aboutissant à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’une escroquerie organisée à grande échelle. Parmi elles, deux employés du musée, plusieurs guides touristiques et un individu présumé être le cerveau du réseau, ont été placés en détention provisoire. L’enquête, ouverte en juin 2025 pour escroquerie en bande organisée, blanchiment et corruption publique, porte sur un préjudice estimé à plus de 10 millions d’euros. Les suspects auraient mis en place un système sophistiqué impliquant des faux billets, du surbooking et des ventes illégales, débutant dès l’été 2024 et impliquant des tours opérateurs extérieurs.

Cette fraude n’est pas isolée : elle s’étend même au château de Versailles, soulignant un réseau tentaculaire qui a profité des faiblesses internes des institutions culturelles françaises. Les autorités ont saisi près de 1,5 million d’euros en espèces et sur des comptes bancaires, une partie des fonds ayant été investie dans l’immobilier en France et à Dubaï. Comment un musée de cette envergure, qui génère des revenus colossaux, a-t-il pu laisser prospérer un tel système sans détection préalable ? Cette affaire met en lumière des contrôles internes défaillants et une supervision laxiste, permettant à des employés de trahir leur institution pour un enrichissement personnel.

Le vol rocambolesque des joyaux de la couronne : un fiasco sécuritaire prévisible

À peine quatre mois après un vol spectaculaire qui a ébranlé le monde culturel, le Louvre se retrouve à nouveau sous les feux des projecteurs. Le 19 octobre 2025, entre 9h30 et 9h37, quatre malfaiteurs ont orchestré un cambriolage digne d’un film hollywoodien dans la Galerie d’Apollon. Arrivés sur deux scooters, ils ont utilisé un camion équipé d’une nacelle télescopique pour accéder au balcon du premier étage, brisé une fenêtre à l’aide d’une disqueuse, menacé les agents de sécurité, fracassé les vitrines et emporté huit artefacts inestimables des Joyaux de la Couronne française. Parmi les pièces volées : un collier d’émeraudes et une paire de boucles d’oreilles de l’impératrice Marie-Louise, un diadème et un collier de saphirs (comportant 8 saphirs et 631 diamants) des reines Marie-Amélie et Hortense, ainsi qu’une boucle d’oreille assortie. La couronne de l’impératrice Eugénie a été brisée et abandonnée sur place, signe possible d’une opération menée par des amateurs malgré son organisation apparente.

Les indices laissés derrière – deux disqueuses, un chalumeau, de l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture, un gilet jaune et un casque de moto – témoignent d’une fuite précipitée, mais aussi d’une sécurité dérisoire.

Les vitrines étaient brisables à la disqueuse, les alarmes volumétriques désactivées au moment de l’ouverture, et le balcon accessible sans barrières renforcées.

Un rapport de la Cour des Comptes de 2024 avait pourtant dénoncé ces défaillances sécuritaires, ignorées malgré l’annonce d’un plan de 700 à 800 millions d’euros en 2025. Le Louvre, moins protégé qu’une bijouterie de quartier, a ainsi offert sur un plateau d’argent des trésors nationaux à des voleurs qui ont opéré en plein jour, sans que quiconque n’intervienne efficacement. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour leur implication dans ce vol, mais les joyaux restent introuvables.

Une gestion déplorable : scandales en série et failles structurelles

Ces incidents ne sont que les symptômes d’une mauvaise gestion chronique au Louvre. Considéré comme le musée le plus grand du monde, avec plus de 10 millions de visiteurs par an, il accumule les controverses. En 2019, une grève massive des employés avait dénoncé une surcharge due à l’afflux touristique, menant à des conditions de travail infernales et des risques pour les œuvres. Plus récemment, en 2022, le musée a été impliqué dans un scandale de trafic d’antiquités égyptiennes, où des pièces acquises illégalement ont été restituées sous pression internationale, révélant des lacunes dans les procédures d’acquisition.

 Ajoutez à cela des problèmes infrastructurels récurrents : le 10 février 2026, jour même de l’opération policière contre la fraude, une importante fuite d’eau a été constatée dans une salle du musée, potentiellement endommageant des œuvres d’art. Cette « situation d’urgence » illustre une maintenance défaillante, où les infrastructures vieillissantes menacent le patrimoine. Des rapports internes et externes, comme celui de la Cour des Comptes, pointent du doigt une bureaucratie inefficace, des budgets mal alloués et une absence de modernisation. Le partenariat avec Abu Dhabi en 2017 a également fait l’objet de critiques pour des soupçons de corruption et de blanchiment culturel, sans suites judiciaires notables.

Malgré ces dysfonctionnements, le Louvre continue d’opérer sans véritable réforme.

La direction, souvent issue de nominations politiques, semble protégée par un voile d’impunité, priorisant l’image touristique sur la sécurité et l’intégrité.

Aucune sanction malgré l’évidence : une impunité scandaleuse

Le plus accablant dans cette saga est l’absence totale de sanctions. Malgré les rapports accablants de la Cour des Comptes, les vols et fraudes à répétition, aucun dirigeant n’a été limogé ou poursuivi pour négligence. Les employés impliqués dans la fraude font face à la justice, mais la hiérarchie, qui a laissé prospérer ces failles, reste intouchée. Même après le vol des joyaux, qualifié de « casse du siècle », les responsables sécuritaires n’ont pas été tenus pour responsables, perpétuant un laxisme institutionnel qui rend ces scandales prévisibles. Cette impunité renforce l’idée d’une France en déliquescence, où les institutions culturelles, piliers de l’identité nationale, sont livrées à l’incompétence sans conséquences.

Il est temps que le Louvre, symbole de grandeur, soit géré avec la rigueur qu’il mérite. Sans sanctions exemplaires et une refonte profonde, ces scandales ne feront que se multiplier, au grand dam des contribuables et des amateurs d’art du monde entier.

https://multipol360.com/le-louvre-en-pleine-deroute-fraudes-massives-vols-audacieux-et-gestion-calamiteuse/



D) - Le sabotage énergétique de la France

Lecornu Cède à Bruxelles et Condamne les Français à des Factures Exorbitantes

En ce début d’année 2026, la France se trouve à un carrefour énergétique critique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre 2025 par Emmanuel Macron, s’apprête à signer la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3),

un décret qui, selon de nombreux critiques, sacrifie la souveraineté énergétique française sur l’autel des exigences bruxelloises.

Ce document, présenté le 12 février 2026 lors d’un déplacement dans le Jura, vise officiellement à accroître la production d’énergie décarbonée d’ici 2035, en relançant le nucléaire tout en maintenant un développement des renouvelables. Mais derrière ces objectifs affichés, se cache une capitulation face à l’Union européenne (UE), aggravée par les sanctions anti-russes qui ont fait exploser les prix de l’énergie. Les Français, déjà accablés par des factures exorbitantes, paient le prix fort pour une politique qui tire une balle dans le pied de la nation, malgré un parc nucléaire performant qui devrait garantir une électricité bon marché.

Lecornu, le pantin de Bruxelles ?

Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, a été propulsé à Matignon dans un contexte de crise politique, succédant à un gouvernement instable.

Sa décision de promulguer la PPE3 par décret, sans passer par un vote au Parlement, est vue par les opposants comme un passage en force pour éviter les débats houleux.

« Le Premier ministre doit écouter les experts avant de promulguer la PPE 3″, alerte un article du Figaro, soulignant les risques d’un texte décrié. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de publication de Transitions et Énergies, n’hésite pas à qualifier cette PPE3 de « sabotage énergétique » et de « trahison ». Dans une publication sur X, il accuse Lecornu de vouloir « passer la #PPE3 de force », promouvant un dossier sur l’ « écologie punitive stop ».

Les critiques pointent du doigt la pression de l’UE. Nicolas Dupont-Aignan, dans un reel Facebook, dénonce que Lecornu soumet la France à la Commission européenne, détruisant l’avantage nucléaire français et multipliant par dix les éoliennes offshore, ce qui doublerait la facture d’électricité. En effet, la PPE3 révise à la baisse les objectifs d’éolien terrestre et de photovoltaïque, mais maintient un cap sur les renouvelables intermittents, aligné sur les directives européennes. « La France persiste à saborder sa filière nucléaire », s’insurge un éditorial du Figaro.

Pourquoi céder à Bruxelles alors que la France possède l’un des parcs nucléaires les plus performants au monde, capable de produire une électricité abondante et à bas coût ?

Les sanctions Antirusses : une bombe à retardement pour les factures françaises

Les Français souffrent déjà d’une hausse exorbitante des prix de l’énergie, et la PPE3 ne fera qu’aggraver la situation. Au 1er février 2026, votre facture d’électricité aurait dû baisser d’environ 7 %, d’après une étude Hello Watt, dans le sillage de la baisse des prix de marché. Mais vous n’en verrez pas la couleur : le prix du tarif réglementé de l’électricité reste stable en février et pour les six prochains mois. Une stabilité en trompe-l’œil : ce tarif demeure encore 30 % plus cher qu’en 2021. Et si le prix des heures creuses baisse, celui des autres options tarifaires EJP et Tempo augmentent : +6,2 % TTC en moyenne pour Tempo. En 2026, les tarifs réglementés de l’électricité devraient rester stables en février, avec une légère baisse de 0,83 % proposée par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), mais la facture globale reste 20 % plus élevée qu’en 2021.

La fin de l’ARENH (Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique) en 2025 et l’indexation sur les marchés internationaux pourraient entraîner une hausse de 150 € par an par ménage dès 2026.

Cette flambée est en grande partie due aux sanctions anti-russes imposées par l’UE depuis le conflit Russo-Ukrainien en 2022. L’Europe a réduit drastiquement ses importations de gaz et de pétrole russes, troquant le gaz bon marché contre du GNL américain beaucoup plus coûteux et moins écologique.

Résultat : les prix de l’électricité en Europe ont doublé entre 2021 et 2023.

En France, malgré un parc nucléaire couvrant 60-70 % de la production électrique, les prix sont couplés au gaz via les mécanismes de marché européens, amplifiant l’impact des sanctions. « Les sanctions ont conduit à une explosion des prix de l’énergie », note un rapport, avec des coûts quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis.

Le 20e paquet de sanctions de l’UE, adopté en février 2026, cible encore l’énergie russe, interdisant des services maritimes aux tankers et abaissant le plafond des prix du pétrole. Ces mesures ont boomerangé sur l’Europe : fragmentation économique, inflation et dépendance accrue à des fournisseurs onéreux. La France, qui importait peu de gaz russe directement, paie indirectement via les marchés interconnectés. « L’Europe s’est tiré une balle dans le pied », résume un analyste, en remplaçant le gaz russe par du GNL américain hors de prix tout en achetant encore des hydrocarbures russes via des circuits détournés.

 


 

La France se tire une balle dans le pied : nucléaire sacrifié, factures explosives

Avec 56 réacteurs nucléaires, la France devrait bénéficier d’une électricité à bas coût. Pourtant, la modulation forcée des centrales pour intégrer les renouvelables intermittents pose des risques de sécurité et augmente les coûts, alertent les syndicats. La PPE3, en confirmant six EPR2 et huit en option, semble pro-nucléaire, mais elle prolonge des orientations coûteuses, comme le déploiement d’éoliennes marines (15 GW d’ici 2035), alignées sur l’agenda vert de l’UE. « C’est la fin de sa carrière politique si Lecornu promulgue la PPE », prédit Bouglé.

Les Français, déjà confrontés à une hausse de 400 € sur leur facture en raison de la crise ukrainienne, voient leur pouvoir d’achat érodé. Greenpeace critique la PPE comme « archaïque et réactionnaire », tandis que La France Insoumise dénonce un « 49.3 contre l’intérêt du pays ». En cédant à Bruxelles et en perpétuant les sanctions qui profitent aux lobbies étrangers, Lecornu condamne la France à une dépendance énergétique coûteuse. Il est temps de reconquérir notre souveraineté : stop à l’écologie punitive, vive le nucléaire français indépendant !

https://multipol360.com/le-sabotage-energetique-de-la-france/ 

 


 

E) - Philippe Guibert - Interview Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop : « Si il y a événement politique dans ces municipales, ce sera du côté du RN qu’il se dessinera »

Les élections municipales des 15 et 22 mars prochains, ne seront des municipales comme les autres, pensez-vous. Qu’est-ce qui a changé ?

Nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu d’alternance classique, où les municipales étaient l’occasion d’une sanction du pouvoir national de droite ou de gauche, comme en 2008 où la droite locale est sanctionnée, ou en 2014 où c’est la gauche locale qui est encore plus durement sanctionnée. Faute d’ancrage local fort du macronisme, une sanction éventuelle contre E. Macron ne peut plus se traduire de la même façon. Aujourd’hui, toutes les forces politiques sont sous pression de ces municipales. Car elles ne sont plus structurées par une bipolarisation homothétique sur les plans national et local, qui favorisait un vote sanction. Même s’il n’y avait pas toujours vote sanction (en 1989 et 1995, juste après une présidentielle, notamment). Il y a  désormais de multiples enjeux liés à la fragmentation politique.

Or les élections municipales, c’est un scrutin où il y a toujours une forte bataille symbolique au soir du premier tour, et surtout au soir du second tour, pour donner aux Français « la » lecture politique du scrutin. C’est une bataille de « narratifs » partisans, arbitrée par les médias. Avec des victoires ou des défaites symboliques, qui influencent toute la lecture du scrutin.

Prenons des exemples. En 2001, ce qui est finalement resté, c’est que la gauche avait gagné Lyon, Dijon, et surtout Paris. Alors qu’une lecture plus complète aurait dû être, que la gauche avait perdu beaucoup de villes de sous-préfectures et de préfectures, que beaucoup de ministres du gouvernement Jospin avaient été battus, parfois même sèchement battus. Ce qui annonçait la présidentielle 2002. En 2026, comme en 2001, je le souligne au passage, le premier déterminant du vote en termes d’enjeux, c’est la sécurité des personnes et des biens, avec en plus le narcotrafic comme élément aggravant.

Cette année nous aurons à nouveau une bataille symbolique sur quelques grandes villes où chaque force politique tentera de tirer la victoire à lui, en se fondant sur certains résultats et en oubliant d’autres. D’autant que, comme en 2001, nous sommes à un an de la présidentielle.

Est-ce qu’on voit se dessiner dans les enquêtes une mobilisation forte ou moyenne, en tout cas supérieure à celle qu’on a connue en 2020 ? « La prime aux sortants » existe-t-elle toujours

La seule affirmation catégorique que je ferai, c’est que les Français vont plus voter le 15 mars 2026 qu’ils ne l’ont fait le 15 mars 2020 ! Le jeudi avant le vote, il y a 6 ans, la rumeur monte d’une annulation du scrutin, et l’annonce par Edouard Philippe le samedi vers 17-18h de la fermeture des écoles, des restaurants, des lieux de loisirs, des cafés et cinémas a un impact psychologique massif. Avec à la clef 58% d’abstention et une élection très étrange sociologiquement, où il y a eu un sous-vote des catégories de plus de 65 ans qui d’habitude votent plus que la moyenne.

Par retour à une situation normale, sans doute, on votera plus en 2026, qu’en 2020. Avec deux « mais » néanmoins : la campagne a commencé beaucoup plus lentement qu’en 2014, ( à Paris, c’est flagrant). Et deuxième réserve, au-delà de « l’accident » de 2020 : depuis 2001, on vote à chaque fois moins aux municipales que dans l’élection précédente. Moins de votes en 2008 qu’en 2001, moins en 2014 qu’en 2008. Est-ce que la participation va être intermédiaire entre l’accident de 2020 et cette baisse tendancielle ? Le point de comparaison intéressant sera 2014.

Je vois deux scénarios et je n’arrive pas à trancher entre les deux. Cela dépendra de l’intensité finale de la campagne, du maire sortant, de son bilan. Premiers scénario qu’on peut appeler trivialement, « tous dans le même sac » : on ne supporte plus la politique à l’échelle nationale, il ne se passe plus rien, le pays est bloqué ; dans ce cadre-là, je reprends le titre du livre de notre ami Brice Teinturier : « Plus rien à faire, plus rien à foutre », je suis dans une situation d’exit, à quoi bon aller voter ? » Ce serait un « aquabonisme » national qui contaminerait le local.

Deuxième scénario alternatif (la vérité sera entre les deux, en fonction des villes), c’est : « ce qui se passe à l’échelle nationale me désole, le pays est à l’arrêt, mais je vois des élus sur le terrain dans ma ville qui sont l’exact opposé de ce qui se passe au national. J’ai un élément de réassurance forte, je vais aller voter ».

En 2020, du fait du Covid, il y avait eu une abstention qui était très homogène, forte dans toutes les catégories sociodémographiques, y compris chez les plus de 65 ans je l’ai dit, qui localement peuvent « faire l’élection ».  Cette année, il peut y avoir, en particulier avec la nouvelle loi PLM, une envie d’aller voter plus à Marseille, Lyon et Paris que la dernière fois. Ce sera très lié à la situation locale. Et en 2026, on n’a pas le sentiment, comme en 2020, que la prime aux sortants soit aussi forte. Pas mal de maires sortants ont l’air en difficulté relative.

Même si, dans des élections municipales, le dégagisme reste toujours à la marge. La règle, non écrite mais réelle, c’est de reconduire les équipes municipales sortantes. En 2014, quand la gauche perd 171 villes de plus de 10 000 habitants, record absolu, cela ne représente que quelques pourcents de villes, passant de gauche à droite, dans cette vague bleue. Encore une fois c’est une élection dont l’interprétation, la lecture, est souvent très symbolique, car le « résultat national », ou sa perception, se joue sur quelques grandes villes.

Mais je partage le constat que des maires sortants dans des villes importantes sont plus en difficulté. Le niveau d’exigence des citoyens augmente, parce qu’ils n’ont pas de réponse politique à l’échelle nationale. Cela se confirme très fortement quand on regarde les déterminants du vote, les enjeux. Aujourd’hui, c’est 1 sécurité, 2 santé, 3 accès aux soins, 4 dettes. Soit en réalité trois enjeux nationaux ! Trois enjeux presque régaliens, qui ne sont pas traités ou insuffisamment traités à l’échelle nationale, et qui ruissellent vers la sphère locale. Des maires nous disent pour la première fois qu’ils sentent une critique en termes d’impuissance, en termes d’inaction. Il y a des ferments de défiance parce que la crise du national a un impact sur le regard, la relation représentant-représenté-maire-administré.

Une autre remarque qui va dans le même sens : on n’est pas non plus dans des municipales comme les autres en termes de motivation du vote. Traditionnellement, dans le triptyque bilan-incarnation-projet, le bilan domine très fortement. Or dans mes dernières enquêtes, le projet arrive en tête, le bilan n’est que troisième, ce qui ne veut pas dire qu’il ne compte pas. L’automaticité « je suis maire sortant, j’ai un bon bilan, je ne peux que gagner » est moins forte, et je l’explique encore par la crise de la politique nationale. Puisqu’il n’y a pas de projet, de cap au national, on va chercher une projection dans sa ville.

 

Entrons dans l’éventail des forces politiques. Est-ce que le RN ne pourrait pas être la « surprise » de ces municipales, au vu des intentions de vote qu’il obtient au niveau national ?  

On peut déjà écrire ce que dira le RN au soir des deux tours : « Nous progressons ». Ce qui est quasi sûr, parce que ce parti présente tout simplement plus de listes dans les villes de plus de 10 000 qu’en 2020. Pour pouvoir voter RN, encore faut-il avoir une liste RN chez soi ! Le RN va pouvoir dire aussi : « Nous conservons la plupart de nos villes », c’est quasi sûr aussi. Et avec plus de listes présentées, ils pourront enfin dire facilement : « Nous progressons aussi en termes de conseillers municipaux ». 2020 a de plus été un mauvais cru pour le RN. Les sondages avaient été trop flatteurs pour eux, parce que le RN a été très touché par la « sur-abstention » exceptionnelle de cette année-là.

Les vrais tests, cette année pour le RN, ce seront des villes comme Nîmes, Toulon, Lens, où c’est indécis (Marseille ne peut passer au RN qu’en cas de quadrangulaire, mais ce serait bien sûr un symbole). Et il y a une ville qui n’est pas RN mais qui passe un peu trop sous les radars, c’est Nice. C’est très, très indécis entre E. Ciotti soutenu par le RN et C. Estrosi le maire sortant. Ce serait aussi un grand symbole qu’une victoire de Ciotti, un symbole de victoire de « l’union des droites », qui ferait « loupe » dans la bataille médiatique dont je parlais au début.

Est-ce que la force favorite du premier tour, je dis à dessein du premier tour seulement, de la présidentielle, sera déjà dans une situation de mise sur orbite grâce aux municipales ?  On jugera s’il y a un effet d’impulsion de la présidentielle sur les municipales, avec l’argument que le RN utilise souvent : « Tenez bon, on arrive »…

 

Parlons de la gauche. On a le sentiment que l’opposition PS-LFI va structurer cette élection pour la gauche, mais peut-être est-ce un effet de loupe sur Paris ou Marseille ?

Quand on est sur des matchs PS-LFI, le PS est largement devant, à Montpellier, à Paris, ailleurs le plus souvent. Le PS, comme LR ou l’UDI ou même le PC, reste est une force très importante à l’échelle locale et la force dominante dans les villes de plus de 100 000 habitants. Et bien sûr, les sortants PS ont des atouts.

Le PS peut conserver Lille, Marseille. Montpellier sera sans doute conservé. Ils peuvent aussi gagner des villes comme Saint-Étienne, peut-être Toulouse, et regagner Strasbourg même si c’est serré face à la droite. Mais attention à la perte symbolique, 25 ans après, de Paris, et Paris c’est fort indécis. Paris va être le centre de gravité pour le PS, quels que soient leur gains éventuels ailleurs. Un peu comme en 2001…

 

Un mot sur les écologistes, après la « vague » en 2020 ?

C’était une petite vague, en réalité, mais les villes gagnées étaient symboliquement très fortes, excepté Poitiers. Elles ont été d’ailleurs gagnées sans maire sortant socialiste ou de droite en face. Ce qui illustre l’adage selon lequel, quand un maire sortant ne se représente pas, le jeu local s’ouvre fortement. Les écologistes sont sans doute la force qui joue le plus gros en mars prochain. Lyon semble perdu et Strasbourg paraît bien mal parti. Il y aurait un vrai sentiment de coup d’arrêt, d’enseignement inverse à 2020, après des européennes déjà très médiocres en 2024, avec 5% péniblement atteints. Même s’ils semblent pouvoir conserver Bordeaux, Tours et Poitiers, « l’arc de l’Ouest ».

L’enjeu climatique, dans les déterminants du vote, vient loin derrière l’insécurité, la dette, les soins, la propreté, la drogue, le logement. Il y a 6 ans, à même époque, on aurait peut-être parlé des marches hebdomadaires du climat avec les jeunes. Il y a aujourd’hui deux phénomènes d’opinion que j’entends dans les études qualis » qui expliquent ce recul de l’enjeu climatique. Le premier, c’est « on n’y arrivera pas, c’est un phénomène inéluctable, c’est fichu ». Et le deuxième qui est plus diffus mais qui sort quand même pas mal, je l’appelle « messieurs les Anglais tirez les premiers ». Nous, Français, faisons tellement d’efforts sur ces questions ! Demandez d’abord aux Allemands de fermer leurs centrales à charbon. Demandez aux Américains, aux Russes, aux Chinois de faire des efforts. Nous, on en fait déjà trop ». Les citoyens sont de plus en plus intéressés par la situation internationale…

 

Quant aux macronistes, leur ancrage local les pénalise…

Le fait d’avoir peu de sortants en 2020 continue à les pénaliser. Alors ils ont certes quelque espérances de victoire comme à Annecy. Il faut surtout souligner qu’ils ne se présentent que dans 2-3 villes de plus de 100 000 habitants sous leur étiquette. J. M. Aulas n’est pas Renaissance, J. L. Bournazel n’est pas Renaissance. À Marseille, les macronistes sont chez M. Vassal, qui est LR… Il y a une vraie continuité avec les municipales de 2020 qui avaient été si mauvaises pour eux.

 

Justement, pour finir, à LR, quel est l’enjeu ?

Ce parti n’a plus qu’une ville de plus de 100 000 habitants, Nîmes, alors qu’ils avaient Toulouse et Nice, mais Moudin a quitté LR pour rejoindre Horizons, comme C. Estrosi à Nice. LR, en tant que parti, reste cependant très fort dans des villes qui passent sous les radars médiatiques, des villes de sous-préfecture, des villes moyennes. Pour LR, l’enjeu politico-médiatique du scrutin, c’est : « On garde nos villes sortantes ».

Ils peuvent certes avoir une bonne surprise, à Strasbourg par exemple où ils ont un très bon candidat, et c’est incertain au 2ème tour. Mais, dans l’ensemble, LR paraît assez loin de la victoire pour des villes très symboliques. Même si R. Dati qui est LR, l’emporte à Paris, on rappellera qu’elle est ministre d’E Macron depuis deux ans. JM Aulas à Lyon est soutenu par LR mais n’en est pas issu. Un peu comme pour Renaissance, ce seraient pour LR des victoires par procuration, pas des victoires directes. La ville de plus de 100 000 habitants qui les concernent vraiment, c’est Nîmes. Et à Nîmes, il y a une vraie division à droite, sans maire sortant. Le RN à Nîmes peut l’emporter.

Si la petite musique qui préfigure la présidentielle, c’est « le RN, a gagné des villes parce qu’il y a des électeurs de droite qui ont voté au second tour sans problème pour la liste RN », c’est un sacré signe pour l’élection présidentielle. J’ai été frappé, dans l’enquête que j’ai faite pour la « Provence » sur Marseille début décembre, par la proximité entre la structure sociologique du soutien à Martine Vassal allié à Renaissance et celle de F. Allisio le candidat RN. Alors c’est le « RN du sud » bien sûr. Mais tout de même, ça m’a marqué.

S’il y événement dans ces municipales, cela viendra du RN , voilà ce qui se dessine. A vérifier à Toulon, à Marseille, à Nice, à Nîmes les 15 et 22 mars.

Philippe Guibert
 
Philippe Guibert est consultant, enseignant et chroniqueur TV. Il a publié en 2024 Gulliver Enchainé, le déclin du chef politique en France (Cerf). Il a été directeur du service d information du gouvernement (SIG) et directeur de la communication dans diverses structures publiques. Il a dirigé la rédaction de la revue Medium de Régis Debray.

Frédéric Dabi réalise des enquêtes électorales depuis 25 ans, et c’est à la lumière de son expérience politique et des enquêtes qu’il mène qu’il nous livre son analyse d’un scrutin municipal qui ne ressemblera pas aux précédents. Les attentes de l’opinion ont changé à l’égard du local depuis la dissolution et la situation nationale de blocage qui en a résulté et la « prime aux sortants » paraît moins forte qu’en 2020. Un scrutin certes local, mais « contaminé par le national » où le RN, peut-être, peut faire événement.

https://nouvellerevuepolitique.fr/interview-frederic-dabi-directeur-de-lifop-si-il-y-a-evenement-politique-dans-ces-municipales-ce-sera-du-cote-du-rn-quil-se-dessinera/

 

 

Powered By Blogger