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septembre 17, 2026

Les français et l'économie !


Sommaire:

A) -  Les Français connaissent-ils vraiment l’économie ? Les résultats inquiétants d’une étude

B) -  Économie politique

C) -  Économie

D) -  Économie : les conséquences de l'ignorance…

 


 

A) -  Les Français connaissent-ils vraiment l’économie ? Les résultats inquiétants d’une étude

Economie. Selon une étude de l'Ifop et de l'Institut de l'Entreprise, moins de deux Français sur dix connaissent le coût réel pour l'employeur d'un salarié payé 2 200 euros nets. 14 % confondent même salaire net et coût employeur.  

Pas de cocorico pour cette fois. Selon un sondage Ifop commandé par l’Institut de l’Entreprise, paru ce mercredi 16 septembre, les connaissances des Français en économie laisseraient fortement à désirer. Un échantillon représentatif de 1 000 personnes a été interrogé en juin sur des notions bien précises : la dette publique, le déficit, le budget de l'État, le PIB, le marché du travail et l’impôt sur les sociétés. Devant le questionnaire, les élèves adultes ont, en moyenne, su donner la bonne réponse à seulement 2,2 questions sur les six posées. La moyenne de la classe atteint un petit 7,3/20.

 Selon un sondage publié mercredi 16 septembre 2026 par l'Ifop et L'Institut de l'Entreprise, les Français sont à la peine en connaissances économiques avec une moyenne de 7,3/20.

Petite réjouissance : 86 % des interrogés ont répondu correctement à au moins une question, et entre 76 % et 84 % ont entendu parler de chacune des six notions testées. Toutefois, pour chaque thématique, ils sont moins de 10 % à pouvoir l’expliquer "clairement 

et en détail", ont confessé les personnes interrogées. 

  Le saviez-vous ?

Les Français se trompent particulièrement sur le premier poste de dépense du pays. Quelque 35 % imaginent que la défense récupère le budget le plus important. Faux, ce sont les dépenses de retraite, évaluées à 420 milliards d’euros en 2026 par l'étude. Ils sont seulement 23 % à avoir trouvé cette réponse. Le second plus gros poste de dépense n’est toujours pas la défense mais la santé. Autre erreur : un Français sur deux pense que les petites et moyennes entreprises (PME) embauchent davantage que les grandes entreprises. C’est encore faux. Enfin, la question qui a obtenu le plus de mauvaise réponse est au sujet du coût réel dépensé par l’employeur pour un salaire net de 2 200 euros. À vos pronostics ! Ils sont la moitié des interrogés à sous-estimer cette dépense en réalité fixée à 3 700 euros. 

 A l’inverse, la question avec le plus de bonnes réponses porte sur le salaire net médian : ils sont près d’un sur deux à donner le bon chiffre. On vous laisse le temps de réfléchir… Il n’est pas à 1 700 euros comme 42 % des Français le pensent mais à 2 200 euros. Le rang mondial de la France en PIB par habitant – 25e – a été donné par 31 % des répondant 

Devant la copie, les deux genres sont à égalité parfaite

Ces résultats sont d’autant plus étonnants qu’ils contrastent avec l’intérêt porté par les Français pour les questions économiques. Ils sont plus de six sur dix à se déclarer intéressés par ce sujet. Si ce chiffre a légèrement baissé par rapport à la précédente enquête de 2017 – où ils étaient 66 % –, cette nouvelle étude est révélatrice d'"un mouvement plus profond de polarisation". Ils sont davantage à être "très intéressés", avec un total de 17 %, et davantage aussi à ne pas l’être du tout : 10 % aujourd’hui contre 6 % en 2017. Dans leurs conclusions, l’Ifop et l’Institut de l’Entreprises résument : "L’économie devient un sujet que l'on investit fortement ou que l'on abandonne". Et toutes les catégories sociales ne l’abandonnent ou ne l’investissent pas autant. Les jeunes – surtout les jeunes femmes – s’en éloignent tout comme les non-diplômés qui ne sont que 52 % à se déclarer intéressés. Là encore, l’étude note : "La chose économique semble donc intéresser en premier lieu ceux à qui elle profite."

Au-delà des intérêts plus ou moins prononcés, les catégories sociales ne déclarent pas toutes les mêmes connaissances en économie. Entre hommes et femmes, il y a entre 13 et 25 points d'écart selon la notion évoquée. Toutefois, devant la copie, les deux genres sont à égalité parfaite. Dans les faits, "le diplôme n'est pas (non plus, NDLR) discriminant. Les bac+5 ne répondent pas mieux que les titulaires d'un CAP ou d'un BEP", constate Pierre Robert, notamment l’auteur de Fâché comme un Français avec l’économie. "Pour l'enseignant que je suis, c'est une mise en cause directe de la transmission scolaire", ajoute-t-il. A ce constat, s'ajoute la publication de l'enquête Pisa au début du mois de septembre qui constate une baisse historique du niveau scolaire des enfants Français.

En revanche, ce qui fait une différence entre les enquêtés, c’est le niveau de vie. Ceux dont le niveau de vie est inférieur à 1 080 euros par mois répondent correctement à 1,9 question en moyenne ; au-delà de 2 262 euros, la moyenne atteint 2,4. "Ce demi-point d'écart entre bas et hauts revenus, suggère une hypothèse lourde de conséquences : l'acculturation économique se joue moins à l'école que dans la vie active. Il est plus facile de comprendre l’économie lorsqu’on est confrontée à une fiche de paie, à la négociation salariale et à la gestion d'un budget", conclut l’étude et le spécialiste Pierre Robert.

La faute à qui, à quoi ?

Avant de présenter les résultats, l’étude tient à rappeler que d’ici 2030, le déficit public et la dette pourraient dériver respectivement à 6,8 % et 130 % du PIB, selon les prévisions de quatre économistes "de premier plan" : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla. Ces erreurs de jugement de la part des Français sur un sujet aussi primordial viennent des "représentations qui sont indexées sur l’agenda médiatique. Les Français surpondèrent ce dont on parle (la défense par exemple dans les budgets)", estiment l'Ifop et l’Institut de l’Entreprise.

Selon l’enseignant Pierre Robert, le problème réside surtout dans le manque des "ordres de grandeurs sur le budget, sur le coût du travail, sur le tissu productif. (Les Français, NDLR) raisonnent souvent avec bon sens, mais sur des masses qu'ils ne maîtrisent pas". Selon lui, s’ajoutent à cela "l’ignorance réelle" et "le déni rationnel". Heureusement, il y a des solutions. Chacune de ces raisons appelle à "une réponse différente : la première de la pédagogie, la deuxième de la rigueur dans le débat, la troisième des incitations économiques".

A défaut de maîtriser le sujet, une majorité de Français (73 %) s’accorde pour admettre que le déficit public est dû à une mauvaise gestion des dépenses publiques. Un diagnostic "transpartisan", note l’étude qui met l’accent sur la rareté de cette situation. En effet, de gauche comme de droite, les Français et électeurs des prochaines élections présidentielles convergent vers ce constat.   

Juliette Garnier

 https://www.lexpress.fr/economie/economie-les-francais-obtiennent-7320-au-controle-de-connaissances-WJU26Y4BBBFY3LHBEH4EEMJ4TI/?utm_medium?cmp_redirect=true

A lire aussi : : "Ils ne pourront pas épargner les retraités... " : deux économistes passent au crible les propositions des candidats à l'Elysée 

 


 

 B) -  Économie politique 

Les auteurs contemporains définissent l’économie politique comme la science sociale qui étudie les comportements humains devant des moyens rares sollicités par des fins multiples. L'expression économie politique a cependant deux sens distincts :

  1. L'économie politique (en anglais political economy) peut désigner une branche de la science économique qui décrit et analyse l'activité économique par rapport aux données politiques, en essayant d'en expliquer le fonctionnement, tout en essayant de trouver les lois qui régissent l'activité économique par rapport à l'action des pouvoirs publics ;
  2. L'économie politique (en anglais Public choice) désigne également la branche de la science économique qui applique à un système politique donné, les outils de l'analyse économique afin d'expliquer le choix des politiques publiques en fonction des préférences des agents et des objectifs propres des dirigeants. Voir Théorie du choix public.

 

Historique

C'est en 1615, avec le Traicté de l'Œconomie Politique d'Antoine de Montchrétien que l'économie politique a reçu pour la première fois le nom sous lequel elle est aujourd'hui connue.

Bibliographie

XVIIIe-XIXe siècles

XXe siècle

  • Vilfredo Pareto, Manuel d’économie politique (1909).
  • Charles Gide, Principes d’économie politique (1931)

Citations

  • L’économie politique est truffée d’exemples de jugements de valeur arbitraires, subrepticement glissés dans les travaux de gens qui ne songeraient jamais à étudier la philosophie morale ni à proposer un système cohérent de normes. La «vertu» égalitariste est simplement prise pour allant de soi, sans aucune tentative de justification ; et on la fonde, non sur une expérience perçue de la réalité, ni parce que la nier serait contradictoire (les vrais critères de l’évidence rationnelle) mais en insinuant que celui qui n’est pas d’accord est un minable et un salaud. (Murray Rothbard)

Ressources

 https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89conomie_politique

 

 


 

 C) -  Économie

L’économie (du grec oïkos, maison et nomos, administrer) est la science sociale qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ; elle s’intéresse d’une part, aux opérations essentielles que sont la production, la distribution, et la consommation des biens, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations. Plus brièvement, l'objet de l'économie est de répondre au problème : comment faire au mieux avec ce dont on dispose.

L'économiste est un spécialiste de l'économie.

L’École autrichienne d'économie conteste la définition de l'économie comme science de « l’allocation des ressources rares », ou science du « choix », car cette définition conduit vers l'ingénierie sociale (constructivisme ou interventionnisme). Elle préfère parler de praxéologie (science de l'action humaine), catallactique (étude des échanges) et thymologie (psychologie de l'action humaine). 

 

Toute l'économie en une page ?

Milton Friedman, prix Nobel d'économie, a eu l'occasion de dire « ce qui est extraordinaire avec la science économique, c'est que toutes ses lois tiennent réellement en une page, mais leur simplicité n'a jamais été acceptée par la plupart des gens ».

L'économiste américain Mark Skousen a relevé le défi. Le texte ci-dessous a été publié par la revue du FEE (Foundation for Economic Education, New York), The Freeman, en janvier 1997. Ce texte a été traduit par Jacques Garello, président de l'ALEPS, Association pour la liberté économique et le progrès social, pour La Nouvelle Lettre, numéro du 15 février 1997.

1. Intérêt personnel : personne ne dépense l'argent des autres avec autant de soin que le sien propre.
2. Croissance économique : la clé de l'élévation du niveau de vie est de développer l'épargne, la formation de capital, l'éducation et la technologie.
3. Commerce : lors de tout échange volontaire, quand ils disposent d'une information précise, l'acheteur et le vendeur sont tous les deux gagnants ; de ce fait, une augmentation du commerce entre individus, entre groupes ou entre pays est profitable aux deux parties.
4. Concurrence : étant donné la réalité physique et universelle de la disponibilité limitée des ressources et une demande toujours croissante, la concurrence existe dans toutes les sociétés et ne peut pas être abolie par décret gouvernemental.
5. Coopération : puisque la plupart des individus ne sont pas autosuffisants, et que presque toutes les ressources naturelles doivent être transformées pour devenir utilisables, les individus - travailleurs, propriétaires, capitalistes et entrepreneurs - doivent travailler ensemble dans le but de produire des biens et services de valeur.
6. Division du travail et avantages comparatifs : les différences de talents, d'intelligence, de savoir et de propriété conduisent à la spécialisation et à un avantage comparatif détenu par chaque individu, entreprise ou pays.
7. Dispersion du savoir : l'information sur le comportement du marché est si diverse et omniprésente qu'elle ne peut être saisie ni calculée par une autorité centrale.
8. Perte et profit : le profit et la perte sont des mécanismes du marché qui indiquent ce qui doit être ou ne pas être produit dans le long terme.
9. Coût d'opportunité : étant donné les contraintes de temps et de ressources, il faut toujours faire des arbitrages. Vouloir faire quelque chose demande de renoncer à autre chose que l'on aurait aimé faire aussi. Le prix payé pour s'engager dans une activité est égal au coût des activités auxquelles on a renoncé.
10. Théorie des prix : les prix sont déterminés par l'estimation subjective des acheteurs (demande) et des vendeurs (offre), et non par un quelconque coût de production objectif ; plus le prix est élevé, moins les quantités achetées seront grandes et plus les quantités offertes seront importantes.
11. Causalité : à chaque cause correspond un effet. Les actions des individus, des entreprises ou des gouvernements ont un impact sur les autres acteurs de l'économie, impact qui peut être prédit, bien que le niveau de prédictibilité dépende de la complexité des actions engagées.
12. Incertitude : il existe toujours une dose de risque et d'incertitude sur l'avenir, car les gens effectuent des réévaluations, tirent des leçons de leurs erreurs et changent d'avis, ce qui rend délicate toute prédiction sur leurs comportements à venir.
13. Économie du travail : l'augmentation des salaires sur le long terme ne peut être réalisée que par une plus grande productivité, c'est-à-dire par davantage d'investissements en capital pour chaque travailleur ; le chômage chronique est une conséquence de l'action du gouvernement qui fixe les taux de salaire au-dessus du niveau d'équilibre du marché.
14. Contrôles du gouvernement : les contrôles des prix, des salaires ou des loyers peuvent bénéficier à certains individus ou groupes, mais pas à la société dans son ensemble ; en fin de compte, ces contrôles créent de la pénurie, du marché noir et une détérioration de la qualité et des services. Les repas gratuits, ça n'existe pas.
15. Monnaie : des tentatives délibérées pour déprécier la monnaie nationale, ou baisser artificiellement les taux d'intérêt, ou encore pour s'engager dans des politiques d'argent facile conduisent inévitablement à l'inflation, à des cycles prospérité/récession et aux crises économiques. C'est le marché, et non l'État, qui devrait régler la monnaie et le crédit.
16. Finances publiques : dans toutes les entreprises publiques, et afin de maintenir un haut niveau d'efficacité et une bonne gestion, les principes du marché doivent être adoptés chaque fois que cela est possible :
1) le gouvernement devrait essayer de se cantonner à ce que les entreprises privées ne peuvent pas faire ; il ne doit pas s'engager dans des affaires que le secteur privé gère mieux que lui.
2) le gouvernement devrait fonctionner selon ses moyens.
3) l'analyse coût/avantage : les bénéfices marginaux doivent être supérieurs aux coûts marginaux.
4) le principe de commutativité : ceux qui bénéficient d'un service devraient payer pour ce service.

Économie et mathématiques

Une idée assez répandue est celle que l'économie, puisque elle est une matière scientifique, doit obligatoirement être traitée de manière mathématique. Par exemple, l'économiste néerlandais Jan Tinbergen (1903-1994), physicien de formation et un des fondateurs de l'économétrie, tire la conclusion que « nul n'est économiste s'il n'est mathématicien ».

L'emploi des mathématiques en économie permet d'aboutir à des résultats rigoureusement exacts, et tout à fait conformes à un modèle (censé représenter la réalité) qui, lui, est hélas parfaitement irréaliste ! Ce travers scientiste se retrouve aussi bien chez les économistes anglo-saxons (par exemple Paul Samuelson) que chez les Français (par exemple Maurice Allais).

Notons d'abord qu'il est impossible de tester empiriquement les théories économiques, parce que les faits sociaux sont des phénomènes complexes non répétables.

L'économie mathématique introduit des suppositions qui l'aide à arriver aux conclusions désirées, des hypothèses arbitraires qui, à la limite, rendent le modèle totalement irréel. Elle se limite aux problèmes qui peuvent être résolus. On obtient des réponses abstraites à des questions abstraites, mais qui ne décrivent pas une économie réelle. On préfère traiter les problèmes qu'on sait résoudre plutôt que les problèmes réels.

Exemples :

  • la théorie de l'équilibre général des économistes de l'École de Lausanne (Léon Walras), avec les hypothèses irréalistes de la concurrence dite parfaite (atomisation des marchés, parfaite divisibilité et parfaite mobilité des biens et des services productifs, instantanéité, homogénéité des produits, connaissance parfaite de la part des agents économiques).
  • la théorie des anticipations rationnelles, qui part de suppositions aussi irréalistes (tous les agents sont d'une intelligence surnaturelle et les marchés sont continuellement en équilibre).

L'approche mathématique, malgré ses prétentions, n'a donc rien de scientifique (son seul avantage est qu'elle arrive, par le calcul, à des résultats, qu'elle prétend valables pourvu qu'on ne conteste pas les hypothèses de départ). La principale déficience de l'économie mathématique provient de ce qu'elle ignore le processus de marché, c'est-à-dire l'action humaine et ses implications logiques, toutes choses qui ne peuvent pas être traduites dans des équations mathématiques.

L'École autrichienne a longtemps combattu le traitement mathématique des questions économiques. Murray Rothbard écrit :

« Le meilleur guide du lecteur pour la jungle de l'économie mathématique est de passer outre au fatras arbitraire de ses équations et d’aller rechercher ses hypothèses sous-jacentes. Invariablement, celles-ci sont en petit nombre, elles sont simples, et elles sont fausses. Elles sont fausses justement parce que les économistes mathématiciens sont des positivistes, qui ne savent pas que l'économie part d’axiomes qui sont vrais. Les économistes mathématiciens passent donc leur temps à élaborer des hypothèses dont ils reconnaissent qu’elles sont fausses, totalement ou partiellement, mais dont ils espèrent qu’elles pourront servir comme autant d’approximations utiles, comme ils le feraient en physique. (Note sur l'économie mathématique)

Déjà Jean-Baptiste Say parlait ainsi des personnes qui utilisaient les mathématiques en économie :

« Ces personnes [...] n'ont pu énoncer ces problèmes en langage analytique sans les dépouiller de leur complexité naturelle, au moyen de simplifications et de suppressions arbitraires, avec les conséquences, insuffisamment appréciées, qu'ils changeaient toujours la condition du problème et viciaient tous ses résultats ; cela fait qu'on ne peut déduire de tels calculs aucune autre inférence que celles qui se dégagent de la formule arbitrairement supposée. (Traité d'économie politique, 1803)

Un autre défaut de la science économique mathématisée est qu'elle ne tient pas compte d'un élément important : les règles de droit (et si elle en tient compte, elle confond droit avec législation ou réglementation).

Voir aussi scientisme, économisme, planisme.

Séparation de l’État et de l'économie

‎ De même qu'au cours des siècles on a abouti, au moins en Occident, à une séparation de l’État et de l’Église, l'expression la plus simple du libéralisme économique est la suivante : séparation de l’État et de l'économie, l’État ne conservant que les fonctions régaliennes indispensables à la bonne marche de l'économie (répression du meurtre, du vol, de l'escroquerie...) :

« Quand je dis capitalisme, je veux dire un capitalisme de laissez-faire entier, pur, incontrôlé, non réglementé - avec une séparation de l’État et de l'économie, de la même façon et pour les mêmes raisons qu'on a réalisé la séparation de l'église et de l’État. (Ayn Rand)

Cela implique l'interdiction de toute dette publique, la fin du capitalisme de connivence et cela peut en particulier aller jusqu'à la suppression d'institutions inutiles et nuisibles : banque centrale, FMI, etc. avec l'emploi de monnaies privées en remplacement des monnaies contrôlées par l’État.

Aux interventionnistes qui exigent de mettre l'économie au service des peuples, les libéraux répliquent que l'économie est toujours au service des peuples, pourvu que l’État n'intervienne pas pour favoriser certains aux dépens des autres (capitalisme de connivence, protectionnisme, privilèges, autres formes d'interventionnisme, etc.)

Citations

Searchtool-80%.png Article détaillé : Citations sur l'économie.
  • [L’économie] est une science des moyens à mettre en œuvre pour la réalisation de fins choisies, et non pas, assurément, une science du choix des fins. Les décisions ultimes, l’évaluation et le choix des buts, sont au-delà du champ d’une science, quelle qu’elle soit. La science ne dit jamais à l’homme comment il doit agir ; elle montre seulement comment un homme doit agir s’il veut atteindre des objectifs déterminés.
Ludwig von Mises
  • L’économie semble paraître hermétique ou inintéressante pour le commun des mortels qui ne se doute pas à quel point elle façonne tous les jours notre existence. À ne pas comprendre l’économie, on prend le risque de la subir, et de se laisser influencer par les apprentis sorciers du contrôle social qui sont nombreux aujourd’hui à profiter de l’ignorance ou de l’aveuglement.
Jean-Louis Caccomo
  • Un roi fit venir un économiste. Celui-ci arriva avec une encyclopédie en 18 volumes ; le roi le fit mettre à mort. Le second arriva avec un gros dictionnaire ; le roi le chassa. Un troisième vint et dit : « Sire, un repas gratuit, cela n'existe pas » ; le roi le nomma Premier ministre.
Milton Friedman
  • L'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs.
Lionel Robbins, 1932
  • La science économique est la façon de comprendre le comportement en partant de l'hypothèse que les gens ont des objectifs et tendent à choisir la façon correcte de les réaliser.
David Friedman
  • Quand on cesse de compter, c'est la peine des hommes que l'on cesse de compter.
(Charles Bettelheim, économiste marxiste)
  • La connaissance économique conduit nécessairement au libéralisme.
Ludwig von Mises
  • La théorie économique, pour sa part, est une théorie du comportement humain, donc une théorie du comportement d'hommes qui vivent en société, c'est-à-dire dans un système d'interrelations, d'hommes qui sont confrontés au problème de la rareté et qui recherchent les moyens de la surmonter. Elle est correcte si elle part d'hypothèses cohérentes avec la manière dont les hommes se comportent effectivement, mais elle ne l'est pas si elle est purement formaliste ou si elle repose sur des hypothèses purement rêvées.
Pascal Salin (Libéralisme, 2000)
  • Être ignorant en économie n'est pas un crime, puisque après tout c'est une discipline spécialisée, considérée par la plupart des gens comme une science rébarbative[1]. Mais ce qui est totalement irresponsable est d'exprimer une opinion forte et véhémente sur les sujets économiques tout en restant dans cet état d'ignorance.
Murray Rothbard
  • L’économie se venge toujours.
Raymond Barre
  • Apprenez à un perroquet les termes « offre et demande » et vous obtenez un économiste.
Thomas Carlyle
  • Contrairement à ce que pensent beaucoup d’économistes, l’économie n’est pas une branche des mathématiques, encore moins de la psychologie ou, comme le pensent bien des observateurs neutres, de l’astrologie. C’est tout simplement le dernier avatar de la logique, branche de la philosophie, que nous avons hérité de nos ancêtres grecs. L’économie n’est rien d’autre qu’une application de la logique aux activités purement humaines de création, de distribution et de transfert de la richesse entre générations.
Charles Gave
  • Quand une personne ne comprend pas l'économie, cela s'appelle de l'ignorance. Quand il s'agit de millions de personnes, cela s'appelle un mouvement politique.
Scott Adams
  • Le but de l’économie est d’infuser de l’être au sein de l’avoir. L’économie est déjà devenue le principe unificateur entre les peuples. Mais l’économie n’est pas seulement globale, elle est ce qui permet de penser la globalité. Car elle met en jeu non seulement les êtres humains entre eux, mais l’humanité et son environnement, l’esprit et la matière.
Christian Michel
  • L'économie est la science qui connaît le prix de tout et la valeur de rien.
Oscar Wilde

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Ce qualificatif péjoratif de dismal science (science lugubre) est dû à Thomas Carlyle dans son essai de 1849, Un discours occasionnel sur la question des nègres. À l'époque, les économistes classiques comme John Stuart Mill ou Nassau Senior utilisaient l'analyse économique des institutions pour expliquer les différences de richesse entre les nations, alors que les membres du mouvement eugénique tels que Thomas Carlyle et Thomas Malthus prétendaient que les « différences de race » étaient la principale explication.

Voir aussi

Liens externes

 https://www.wikiberal.org/wiki/%C3%89conomie

 


 

D) - Économie : les conséquences de l'ignorance…

 9 Français sur 10 ne veulent pas taxer davantage les entreprises. Mais la majorité d'entre eux veulent taxer le patrimoine des plus riches. Qui leur dit ? .

Les Français veulent préserver leurs entreprises… Mais taxer les robots, l’IA et les actions. Il faut bien ça pour combler le déficit, que seul un petit quart d’entre eux savent causé par les retraites.


L’Institut de l’entreprise, dont notre contributeur Erwann Tison est le directeur des études, a commandé
à l’Ifop un sondage analysant les connaissances en économie de nos compatriotes. Mille d’entre eux ont été interrogés sur six notions élémentaires. Le résultat est sans appel, autant qu’inquiétant, et fait écho au terrible constat déjà révélé par le nouveau classement PISA sur le niveau de nos élèves. L’ensemble dévoile une note globale de 7,3 sur 20, avec une moyenne de 2,2 bonnes réponses par personne. Un résultat qui s’explique par des représentations de l’économie davantage façonnées par les discours, souvent erronés, relayés dans les médias et sur les réseaux sociaux que par les connaissances acquises à l’école ou la maîtrise des ordres de grandeur.
 
L’intérêt pour la chose économique n’est pas une garantie de maîtrise des concepts. Et c’est l’un des enseignements les plus surprenants de l’étude. Ce sont en effet ceux qui se déclarent les plus intéressés par cette matière qui obtiennent les moins bons taux de bonnes réponses. Souvent des militants politiques… Le niveau de diplôme ne l’est pas non plus, pesant moins que l’expérience professionnelle. De là à dire qu’il vaut mieux se confronter à la pratique économique à travers une fiche de paie ou une facture, plutôt qu’à un imaginaire théorique, il n’y a qu’un pas. Ces deux éléments interrogent sur la responsabilité des tenants de la pédagogie économique, les médias et l’école, dans l’affaiblissement du niveau économique des Français. Problème : cette ignorance critique nourrit les discours politiques les plus populistes et extrémistes, notamment ceux qui concernent la dette abyssale à laquelle notre pays est confronté.
 
Trois résultats résument les conclusions de l’étude. Sur les deux principaux postes de dépense de l’État, seulement 22 % des répondants identifient les retraites et la santé, quand plus d’un tiers cite la défense en tête. Or l’armée, hors retraites de ses membres, ne pèse que 3,3 % des dépenses, tandis que le coût global des seniors est d’environ 440 milliards d’euros, soit 26 % du total… Sur les moyens de réduire la dette, 34 % des sondés souhaitent… taxer les robots et l’intelligence artificielle, une base fiscale quasi inexistante, en plus d’exprimer une proposition qui freinerait l’innovation tirant l’économie et assurant l’avenir dans un contexte d’impitoyable concurrence internationale. C’est ce terrain que travaillent les populistes lorsqu’ils promettent d’effacer la dette, de ne pas la rembourser ou de l’ignorer.
 
 

 
Pourtant, cette dette avoisine les 3 570 milliards d’euros, soit près de 118 % du PIB, dont plus de la moitié est détenue à l’étranger. La France emprunte à dix ans autour de 4,5 %, un niveau inconnu depuis 2008, et chaque milliard nouvellement récupéré lui coûte donc 45 millions d’intérêts par an. La charge approche les 65 milliards en 2026, contre 58 il y a deux ans, portée par la seule remontée des taux. Elle atteint le niveau du budget des armées et se rapproche du produit de l’impôt sur le revenu (autour de 105 milliards). Nous imaginons la défense engloutir nos finances quand elle plafonne à 57 milliards hors pensions, dans une période d’intenses tensions géopolitiques, et s’avère deux fois inférieure à celle de l’Allemagne (108 milliards d’euros).
 
Les remèdes, chargés de nouvelles pressions fiscales, envisagés par les sondés laissent ainsi pantois. La France est déjà l’un des pays les plus taxés au monde, deuxième de l’OCDE derrière le seul Danemark, qui offre des salaires bien moins lestés de cotisations sociales et des services publics de bien meilleure qualité que les nôtres. Elle se place également en dernière position de l’ensemble des nations en termes de compétitivité fiscale.
 
Dans l’hypothèse la plus favorable à ses promoteurs, la taxe sur les grands patrimoines, plébiscitée par les sondés et inspirée de la proposition de Gabriel Zucman, rapporterait une vingtaine de milliards d’euros, à condition de franchir l’obstacle du Conseil constitutionnel et de ne pas entraîner le départ des contribuables concernés. Le retour de l’ISF est chiffré à 1,3 milliard, la taxe sur l’épargne salariale envisagée pour 2027 à un seul pauvre milliard, prélevé sur 13 millions de salariés. Des recettes négligeables frappant ce qui pourrait relancer le pays, à savoir l’innovation, l’investissement et le travail. Quant à l’annulation pure et simple de la dette, promue par certains et grand sujet de la gauche radicale, elle signifierait un défaut sur l’épargne des Français comme sur les créanciers étrangers, une crise bancaire et une envolée des taux.
 
 

 
Le seul levier à la hauteur se trouve du côté de la dépense, estimée autour de 1 720 milliards par an. Réformer réellement les retraites, abaisser les cotisations qui pèsent sur le travail, réduire le périmètre administratif au profit de ceux qui l’exercent sur le terrain — professeurs, policiers, juges, soignants —, de manière à revaloriser leurs professions et leurs salaires : là résident les marges, non dans la fiscalité.
L’ignorance économique des Français n’est pas entièrement de leur fait, tant elle est nourrie par un brouhaha médiatico-politique friand de simplifications et de polémiques. Mais l’étude rappelle aussi que l’économie s’apprend autant, sinon davantage, au cours de la vie active qu’à l’école. La responsabilité est partagée avec ceux qui gouvernent, surtout ceux qui l’envisagent, sans endosser à ce stade la moindre responsabilité, tout en se moquant de la réalité des chiffres.
 

juillet 04, 2026

Comment notre pays est devenu turbo-libéral !! Merci Jupiter....M.

En 2026, il y a encore des gens qui croient que Macron et sa bande sont libéraux. 

 J'ai donc fait ce fil de graph pour voir à quel point notre pays est devenu turbo-libéral 


La dépense publique est toujours à 57% du PIB. La Finlande nous a doublé, mais sinon pas de changement. On est toujours le pays le plus taxé de la zone euro.
Notre coût du travail est toujours autant pénalisé par la taxation du travail LA PLUS LOURDE de la zone euro. Il faut bien payer les retraites !
On a toujours les impôts de production les plus élevés de la zone euro. Alors qu'on sait très bien que c'est l'un des impôts les plus toxiques. Malgré ces impôts record, on arrive aussi à avoir un déficit abyssal.
Le 2e pire de la zone euro en 2025. Le 2e pire de la zone euro sur la période 2017-2025 aussi. Et non, on n'a pas toujours été aussi mauvais. Ce déficit n'alimente pas la croissance économique.
On est l'un des rares pays de la zone euro à cumuler :
- Endettement supérieur à la moyenne
- Croissance inférieure à la moyenne


« Gneugneu ils n'ont pas eu le temps de réformer le pays » Macron est devenu ministre de l'économie en 2014. Ça va faire DOUZE ANS.
Il a nommé Édouard Philippe 1er ministre en 2017.
Il n'y a aucune libéralisation à attendre de ces gens. 

Voyez plutôt ! 










mars 18, 2026

Dossier France Télévisions 17 mars 2026

Une opération de transparence en trompe-l'œil pour sauver la soldate Ernotte

Sous la pression de la Commission d'enquête parlementaire, France Télévisions lance aujourd'hui une grande opération de "transparence financière" annoncée par Delphine Ernotte. Cinq rubriques, des graphiques colorés, des infographies en bulles pastel. Les chiffres publiés sont réels. Ce qu'ils taisent l'est tout autant.
 

 
ℹ️ Soulignons d'abord que c'est la 1ʳᵉ fois en dix ans de mandat que le public peut accéder à des chiffres réels avec sources datées. Bien, mais insuffisant. J'ai le rapport de la Cour des comptes sous la main, ça tombe bien nous allons pouvoir comparer dans le détail.
🙊 Spoiler : Le cadrage est entièrement défensif. Chaque donnée est accompagnée d'un narratif qui l'atténue, et les angles morts sont précisément ceux qui permettraient d'évaluer l'efficacité de la gestion. C'est de la transparence au sens où une vitrine de magasin est transparente : on voit ce qu'on a décidé de montrer.
 

 

I. Financement

Ce que dit France Télévisions

Les ressources du groupe s'élèvent à 2 856 M€ en 2025, dont 86% de dotation publique (2 454 M€), 10% de publicité (285 M€) et 4% d'autres activités commerciales (117 M€).
La France consacre 4,2€ par habitant et par mois à son audiovisuel public, soit "proche de la moyenne européenne" de 3,62€ — et moins que le Royaume-Uni (6,1€), le Danemark (7,3€) ou l'Allemagne (8,7€). En euros constants, FTV "coûterait 650 M€ de moins aux Français qu'il y a dix ans."

Lecture critique

La comparaison européenne est soigneusement tronquée. L'Italie (2,6€) et la Suède disparaissent du graphique. Surtout, comparer le coût par habitant sans comparer les ratios de productivité, les effectifs d'encadrement ou les coûts de structure, c'est comparer le prix au litre sans regarder la consommation du moteur.
Le chiffre "650 M€ de moins en euros constants" est construit en intégrant l'inflation de +20% côté dépenses, mais sans jamais appliquer le même raisonnement à la valeur des missions accomplies.

Ce que dit la Cour des comptes

 


Le tableau est nettement moins rose. La Cour relève que les concours publics ont subi "une baisse programmée" (c'est à dire prévisible) de 160 M€ entre 2018 et 2022. Mais surtout : sur la période 2017-2024, les déficits nets cumulés du groupe atteignent 81 M€, malgré un résultat d'exploitation officiellement présenté "à l'équilibre" chaque année — grâce à la neutralisation comptable d'opérations qualifiées d'"exceptionnelles" avec l'aval des commissaires aux comptes.

La Cour est explicite : "Jusqu'en 2024, France Télévisions a systématiquement présenté des prévisions budgétaires reposant sur un équilibre de son résultat d'exploitation, en neutralisant des opérations considérées comme exceptionnelles."
Résultat mécanique : les capitaux propres sont passés de 294 à 179 M€ en huit ans — sous le seuil légal de la moitié du capital social depuis 2021, seuil en dessous duquel le code de commerce impose à l'État actionnaire d'agir avant le 31 décembre 2026 sous peine de dissolution.
📌 À retenir : les comptes présentés au Parlement et à l'Arcom pendant huit ans reflétaient une réalité arrangée. France Télévisions est bien dans une situation de faillite.

II. Budget


 
Ce que dit France Télévisions

Le coût total des antennes et programmes s'élève à 2 738 M€. La ventilation présentée valorise l'offre de service public : information régionale (434 M€), information nationale (335 M€), séries et fiction (288 M€), documentaires (95 M€), cinéma (82 M€).
Les "frais de structure — RH, finance, juridique" sont affichés à 125 M€, soit "0,4€ sur 10 investis." Un chiffre présenté comme la preuve d'une gestion sobre.

Lecture critique

Le chiffre de 125 M€ est un tour de passe-passe par omission. Il exclut le poste "Conception et pilotage des offres, communication" — 210 M€ — qui recouvre précisément les coûts de direction éditoriale, de stratégie et de communication institutionnelle, autrement dit ce qu'une entreprise privée comptabiliserait sans hésitation en frais de structure.
En les additionnant : 335 M€ de coûts non-programmes, soit 12,2% du budget total — près de trois fois le chiffre mis en avant.
Mais le problème est plus profond encore. La page "transparence" reproduit exactement le mode de présentation que FTV utilise en interne depuis des années : le budget par "coût de grille", c'est-à-dire par activité éditoriale, jamais par nature de charges. Ce choix de présentation rend structurellement impossible toute évaluation externe des coûts de structure réels.

Ce que dit la Cour des comptes


C'est précisément ce point que la Cour cible dans sa section sur le pilotage financier — et c'est l'une des critiques les plus cinglantes du rapport. La Cour constate que FTV "présente invariablement ses prévisions budgétaires par métier et non par nature de charges (achats, charges de personnel, provisions etc.)."
Cette présentation "présente le défaut de rendre peu lisibles les évolutions de masse salariale et les charges d'exploitation hors dépenses de personnels."
Le plus accablant : "la direction du budget et le contrôle général économique et financier ont à maintes reprises demandé à l'entreprise de présenter son budget prévisionnel en nature, pour mieux identifier les charges sur lesquelles des économies seront portées, sans que France Télévisions ait jamais donné suite à cette demande, également formulée par l'inspection générale des finances et la Cour."
En clair : depuis des années, les tutelles réclament la ventilation par nature de charges. FTV refuse. Et sa page "transparence" de mars 2026 reproduit exactement ce refus — en ajoutant des infographies en bulles colorées.
Les chiffres de la Cour confirment l'ampleur de ce que la présentation par "coût de grille" dissimule. Pour l'année 2024 : masse salariale 658,5 M€, dépenses de personnel totales 962,2 M€ — un écart de 303 M€ qui correspond aux charges patronales, aux indemnités et aux avantages sociaux, jamais visibles dans la présentation FTV. Le coût de la grille lui-même a été ramené de 1 010 M€ à 898 M€ entre 2019 et 2023 — effort réel — mais les économies réalisées sur les programmes ont été absorbées par la dérive de la masse salariale et des frais de mission.
La Cour pointe également que les frais de mission s'établissent en moyenne à 42,8 M€ par an hors Covid, avec un pic à 46 M€ en 2024. Ces frais sont totalement absents de la page "transparence".
Quant aux "économies" annoncées pour 2025 — 80 M€ affichés — la Cour note que 42 M€ visent à compenser l'inflation, soit des "économies" qui ne font que maintenir les charges constantes en euros réels.
📌 À retenir : FTV refuse depuis des années de présenter son budget par nature de charges, malgré les demandes répétées de ses tutelles, de l'IGF et de la Cour. Sa page "transparence" perpétue exactement ce refus. On ne sait toujours pas combien coûte réellement l'appareil administratif — on sait seulement ce que FTV a décidé de ne pas montrer.

III. Fournisseurs

 


Ce que dit France Télévisions

En 2024, FTV a investi 864 M€ en programmes auprès de 743 fournisseurs différents. La diversité est affichée comme preuve de pluralisme éditorial. France TV Studio, filiale de production interne, est citée comme "deuxième fournisseur" — résultat d'une "stratégie de développement des recettes propres."
La part de production dépendante est passée de 5% à 20% en dix ans, présentée comme un "rééquilibrage."

Lecture critique

Les 743 noms masquent deux logiques de concentration radicalement opposées dans leur nature mais convergentes dans leur effet.
D'un côté, les groupes intégrés type Mediawan, Banijay et Newen qui captent une part croissante du marché sous des dizaines de marques indépendantes en apparence. Le groupe Mediawan représente à lui seul 12,8% du CA programmes, fédérant 28 sociétés de production sous une même holding.
De l'autre — et c'est le fait le plus structurel — la part de "production dépendante" allouée à France TV Studio est passée de 5% à 20% en dix ans, soit jusqu'à 88 M€ par an sur 2025-2027, par accord signé avec le secteur en 2024.
Quadruplement de la captivité interne. FTV présente cela comme un "succès industriel" ; c'est aussi, juridiquement, une dérogation croissante à l'obligation de recourir à la production indépendante — obligation qui fonde précisément le modèle de diversité qu'elle affiche.
Les données 2025 sur les fournisseurs, elles, "seront disponibles d'ici fin mars 2026" : la page transparence ouvre donc avec des chiffres vieux d'un an sur ce point précis.

Ce que dit la Cour des comptes

Le rapport de la Cour contient une analyse beaucoup plus précise et plus dérangeante que ce que FTV veut bien montrer. Sur la concentration des fournisseurs : "la part du chiffre d'affaires des dix premiers fournisseurs dans le chiffre d'affaires total de France Télévisions est passée de 37 à 41% entre 2017 et 2023" — soit une concentration notable en six ans, que FTV qualifie pudiquement de "légère."
Le secteur est "structuré autour de très grands acteurs tels que Mediawan, Banijay et Newen", dont les "refacturations intra-groupes" sont "souvent peu transparentes" — au point que les auditeurs internes "n'ont pas toujours accès aux comptes de produits et ne peuvent pas vérifier l'exhaustivité des recettes perçues par le producteur."
Sur France TV Studio, la Cour est précise là où FTV est vague. La filiale a vu ses effectifs passer de 323 ETP en 2018 à 636 en 2024 — doublement en six ans. Son chiffre d'affaires atteint 114 M€ en 2024, mais son potentiel contractuel en "production dépendante" est de 88 M€ au titre de la création seule (fictions, documentaires, captations) — soit 46,9 M€ réalisés sur ce segment en 2024. La "marge de progression reste importante", note la Cour — ce qui signifie que FTV se donne encore de la place pour augmenter la part captée en interne.
Pendant ce temps, le budget du programme national a été comprimé sous la barre des 900 M€ en 2023 — contre plus de 1 Md€ en 2019 — et FTV a imposé aux producteurs indépendants une ristourne de 5% acceptée par 80% d'entre eux, "l'économie escomptée se situant entre 15 et 20 M€." En d'autres termes : on comprime les indépendants tout en élargissant la part de la filiale captive.
La Cour soulève enfin un problème de gouvernance que FTV ne mentionne nulle part : la direction de l'audit interne chargée du contrôle des producteurs ne comprend que cinq personnes — "en réalité quatre de février 2022 à octobre 2023" après un départ non remplacé pendant 18 mois.
C'est cette structure sous-dimensionnée qui est censée contrôler 743 fournisseurs et des enveloppes de plus de 860 M€. Le taux de mise en œuvre des recommandations d'audit s'établit à 35%, 51% et 75% selon les audits de suivi de 2024 — quand les taux d'acceptation affichés sont de 70%, 82% et 88%. Accepter les recommandations sans les appliquer : l'écart dit tout.
📌 À retenir : Derrière les 743 noms, deux dynamiques de concentration convergentes que FTV ne nomme pas : la consolidation du secteur autour de Mediawan, Banijay et Newen d'un côté, le quadruplement de la part captée par sa propre filiale de l'autre. La "diversité des fournisseurs" est le paravent d'un marché qui se concentre aux deux extrémités — et FTV en est acteur, pas spectateur.

IV. Équipes


 

Ce que dit France Télévisions

8 720 salariés en 2025, répartis en 190 métiers sur 130 implantations. Réduction de 1 200 ETP en dix ans (-12%), présentée comme "un effort avec très peu d'exemples similaires dans la sphère publique." Salaire moyen contractuel : 61 000 € brut annuel. Salaire médian : 57 000 €. Rémunération PDG : 322 000 € fixe + variable jusqu'à 78 000 € — "fixée depuis 2010, inchangée." Comité de direction (13 membres) : rémunération moyenne 151 000 €, avec variable de 12,5% à 20%.

Lecture critique

FTV présente la réduction de 1 200 ETP comme une prouesse de gestion. Elle omet deux choses. D'abord, que cette réduction a été financée par l'État à hauteur de 78 M€ via le plan de recomposition des effectifs (2019-2022) — et qu'elle n'a produit qu'une "stabilisation ponctuelle de la masse salariale", selon la Cour.
Ensuite, que si les effectifs ont baissé de 12%, les dotations publiques n'ont baissé que de 7% en nominal : les effectifs ont donc été réduits presque deux fois plus vite que les budgets. La question que FTV n'abordera jamais : où est parti l'écart ? Dans la masse salariale par tête, dans la sous-traitance externalisée vers France TV Studio et France TV Publicité — ou dans les deux.
Sur les rémunérations, FTV choisit soigneusement son indicateur : le "salaire moyen contractuel" à 61 000 € plutôt que le Salaire Moyen Par Tête (SMPT) à 73 690 € en 2024, calculé par le Contrôle général économique et financier. L'écart de 21% correspond à des indemnités de licenciement, de départ en retraite, de primes et avantages — sommes bien réelles, versées à des salariés bien réels avec de l'argent public bien réel.
Sur le comité de direction : 13 membres pour 8 720 salariés, soit un pour 671. FTV publie leurs fourchettes de rémunération mais ne publie pas le nombre total de cadres dirigeants au-delà du comdir. Ce chiffre — que j'avais établi dans une précédente analyse — reste absent.
L'accord collectif de 2013 a été dénoncé par la direction en juillet 2025 et est en cours de renégociation — fait mentionné sans explication ni contexte. C'est pourtant l'aveu que le modèle social de l'entreprise est à reconstruire de fond en comble.

Ce que dit la Cour des comptes



Le rapport est dévastateur sur ce point — c'est son chapitre le plus dense et le plus documenté. Le constat de base : entre 2017 et 2023, les effectifs ont baissé de 10,3% mais la masse salariale n'a baissé que de 1,95%. La Cour documente la mécanique de cette déconnexion : l'accord collectif de 2013 a été rédigé en systématisant "la clause la plus avantageuse" des trois références applicables (code du travail, convention collective télédiffusion, convention journalistes), créant une structure salariale rigide où l'ancienneté génère une augmentation mécanique et continue des charges. Résultat : 22 écarts identifiés par l'IGF par rapport à la convention collective nationale, représentant un surcoût total théorique de 61,9 M€ — dont 26,6 M€ pour la seule prime d'ancienneté, 19,9 M€ pour l'indexation Outre-mer, 4,7 M€ pour la compensation forfait-jour.

 


Sur les licenciements : les indemnités versées sur la période 2017-2024 atteignent 133 M€ au total, soit une moyenne de 16,7 M€ par an — un régime "largement plus favorable aux salariés de France Télévisions" que le code du travail, avec des grilles d'indemnisation allant jusqu'à trois quarts de mois de salaire par année d'ancienneté pour les personnels techniques. Sur les départs en retraite : 27,5 M€ d'indemnités versés sur la période. Le plan de recomposition des effectifs (1 238 départs en rupture conventionnelle collective), financé à 78 M€ par l'État, n'a "eu que des effets limités" et n'a "conduit qu'à une stabilisation ponctuelle de la masse salariale" — les personnes parties étant remplacées par des salariés plus jeunes mais dont l'ancienneté, mécaniquement, augmente chaque année.
Sur les avantages en nature, la Cour va plus loin que FTV. Les 53 véhicules de fonction recensés au 1er janvier 2025 représentent un loyer mensuel cumulé de 21 466 € et un montant total de location de 1 727 658 €, avec des modèles allant jusqu'à 53 000 €.
La Cour note que "l'importance du parc de véhicules de fonction n'a pas d'équivalent chez d'autres entreprises publiques ni même chez la plupart des ministères." Sur les comités sociaux et économiques (13 CSE) : la dotation annuelle aux activités sociales et culturelles représente 2,2% de la masse salariale brute, soit 14,2 M€ en 2024 — dont 63% vont au comité interentreprises ex-ORTF, propriétaire du château de Lalinde en Dordogne (115 hectares, piscine ayant coûté 1 M€).
Sur les salaires cumulés : la Cour pointe que "certains niveaux de salaires chez France Télévisions étonnent au regard de la disponibilité des personnes concernées dans l'entreprise et de leur charge de travail" — une formulation administrative qui signifie, en langage clair, que des cadres touchent un plein salaire pour une présence partielle.
La conclusion de la Cour sur l'accord collectif résume tout : "Depuis sa mise en œuvre en 2013, l'accord collectif a conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation."
FTV l'a dénoncé en juillet 2025 — soit douze ans après sa signature, neuf ans après que la Cour l'avait déjà qualifié en 2016 d'"accord contenant des dispositions généreuses, source de surcoûts pérennes." La dénonciation est la recommandation n°5 du rapport de la Cour : "Renégocier dans les meilleurs délais l'accord collectif du 28 mai 2013 en cours de dénonciation."
📌 À retenir : La Cour l'écrit noir sur blanc : l'accord collectif de 2013 "a conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation." Il a fallu douze ans, 376 M€ de déficits d'exploitation cumulés sur la seule SA, et une recommandation explicite de la Cour pour que la direction le dénonce. Ce que FTV présente comme une réforme courageuse est l'exécution tardive d'un constat formulé dès 2016. La masse salariale, elle, n'a attendu personne pour continuer à croître.

V. CONCLUSION

Ce dossier, publié le 17 mars 2026 — soit aujourd'hui, en pleine séquence parlementaire sur l'audiovisuel public — n'est pas un exercice de transparence. C'est une plaidoirie.
Chaque rubrique répond point par point aux critiques du rapport de la Cour des comptes de septembre 2025. Chaque chiffre est réel mais encadré d'un narratif qui l'atténue. Chaque angle mort est précisément celui qui permettrait d'évaluer l'efficacité managériale : nombre total de cadres au-delà du comité de direction, masse salariale ventilée par catégorie, évolution du ratio encadrement/production, conditions exactes du barter de Cannes, détail des 150 M€ d'économies annoncées pour 2026.
La Cour des comptes, elle, ne plaide pas. Elle constate : des capitaux propres tombés de 294 à 179 M€ en huit ans, passés "en dessous de la moitié du capital social" depuis 2021 — seuil légal en dessous duquel la pérennité de l'entreprise est considérée comme non assurée, obligeant l'État actionnaire à agir. Elle constate des déficits d'exploitation cumulés de 376 M€ sur la seule société anonyme. Elle constate une masse salariale qui ne baisse pas malgré la réduction des effectifs, structurellement rigidifiée par un accord collectif que la direction elle-même a finalement dénoncé en juillet 2025.
France Télévisions a publié ce matin ce qu'elle était contrainte de publier. Ce qu'elle ne publie pas, c'est ce qui dérange : pas les chiffres bruts, mais leur mise en relation. Le ratio entre la réduction des effectifs (-12%) et la quasi-stagnation de la masse salariale (-1,95%). Le quadruplement de la part de production interne — de 5% à 20%, soit jusqu'à 88 M€ captés par la filiale France TV Studio. Les 46 M€ de frais de mission en année olympique. Les capitaux propres sous le seuil d'alerte légal depuis 2021.

Une dernière question qui mérite d'être posée

Le rapport de la Cour des comptes a été délibéré le 10 juillet 2025 — deux mois après la reconduction de Delphine Ernotte par l'Arcom le 14 mai. Calendrier normal, assure la Cour.
Sauf que la commission d'enquête Alloncle a produit un mail — dont l'existence n'a été ni confirmée ni démentie sous serment par la Cour ni par Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions — dans lequel la direction aurait demandé à reporter la publication du pré-rapport "non plus en mars 2025, mais après la reconduction de la présidente", au motif qu'un envoi avant "risquait de modifier les termes du débat" et aurait pu "heurter la sincérité de cette compétition."
Tardieu, auditionné, n'a pas dit qu'il n'avait pas envoyé ce mail. Il a dit qu'il ne l'avait "pas trouvé" dans sa messagerie.
Si ce rapport avait été publié en mars 2025 comme initialement prévu, l'Arcom aurait-elle pu, en toute connaissance de cause, reconduire Delphine Ernotte pour un troisième mandat ?
 



 

Le Président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus, ne serait PAS IMPARTIAL mais "favorable" aux cadres de France Télévision selon une note de cadrage de France Télévisions. Cette note a été remise à  toutes celles et ceux convoquées à la commission d'enquête sur l'Audiovisuel public. « Les services de FTV ont établi une note de cadrage pour préparer les auditions des cadres convoqués par la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'AVP Extraits Commission créée à l'initiative du groupe UDR en réaction à l'affaire Cohen-Legrand et en se fondant sur les déclarations selon lesquelles "on ne représente pas la France telle qu'elle est ...mais on essaie de représenter la France telle qu'on voudrait qu'elle soit." Élargissement du champ d'enquête à la faveur de la publication du rapport de la Cour des Comptes. Nous aurons tout intérêt à être très factuel pour objectiver ce que nous cherchons à démontrer = contribuer à faire dégonfler le caractère polémique de l'initiative et ne pas nous aliéner les autres groupes plutôt réservés. Composition de la CE (31 députés dont 12 connus pour leurs positions plutôt favorable à FTV) Vigilance pour toutes les Auditions Le questionnaire qui nous est transmis au nom du rapporteur en amont des auditions est indicatif. Durée 1h30 / 2 h max avec liminaire de 15 min autorisé. Hors audition présidente. Obligation pour toutes les personnes dont la commission d'enquête a jugé l'audition utile de se rendre à la convocation Obligation de d'écluses liens d'intérêts Obligation de répondre aux questions posées et sous serment. Possibilité de poursuite pour faux témoignage En pratique les suites judiciaires données par le parquet ( qui ne peut-être saisi que par le président de la CE -qui nous est plutôt favorable en l'espèce -) sont très rares.»
 
Source : Blog CGC des Medias
 
 
 
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