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octobre 04, 2026

Projet de budget 2027 assorti d'un « redressement » de 54 milliards d'euros. Mais in fine les dépenses publiques ne baissent pas.

Budget à 3 : Sébastien Lecornu, les oppositions et… les marchés

Le gouvernement de Sébastien Lecornu a présenté ce jeudi un projet de budget 2027 assorti d'un « redressement » de 54 milliards d'euros. Mais entre des économies calculées sur une simple tendance, des oppositions qui refusent de regarder la situation financière en face et des marchés qui font grimper le coût de la dette, la partie se joue désormais à trois. Gilles Carrez, ancien rapporteur général du budget, et Christopher Dembik, gestionnaire de fonds, décryptent les rapports de force 

 

Ce qu'il faut en retenir

  • Des économies en trompe-l'œil. Les 54 milliards sont calculés par rapport à une tendance, pas par rapport aux dépenses réelles. Selon Gilles Carrez, la dépense publique augmentera encore d'environ 30 milliards l'an prochain : ce budget n'est pas un budget d'austérité.

  • Des hypothèses optimistes mais assumées. L'État ne maquille pas ses comptes, mais il retient un taux d'emprunt et une croissance jugés optimistes. Le Haut Conseil des finances publiques est le seul garde-fou institutionnel, insuffisant tant que les forces politiques nient la gravité de la situation.

  • Des oppositions dans le déni. PS et RN défendent des propositions incompatibles avec l'état des finances publiques, et beaucoup de responsables comptent sur la BCE en cas de crise. Les économies annoncées ont peu de chances de survivre au débat parlementaire.

  • Une crise obligataire, pas systémique. Pour Christopher Dembik, la France est devenue le seul mauvais élève européen, et aucun investisseur ne juge le moment venu d'acheter sa dette. La crise obligataire en cours, sans effet systémique, pourrait porter le taux à dix ans vers 5,5 %, voire 6 %, d'ici la présidentielle.

Atlantico : Le gouvernement annonce 54 milliards de redressement budgétaire pour 2027 : comment ce chiffre est-il construit, et à combien estimez-vous l'effort réel ?

Gilles Carrez : Les économies sont calculées par rapport à une « tendance », ce qui est un raisonnement que j'ai toujours combattu. Une économie réelle, c'est quand on passe de 100 à 90. Là, on dit qu'on fait une économie de 20 parce que, si on ne faisait rien, la dépense passerait de 100 à 120, et qu'en bloquant la dépense à 100, on « économise » 20. Ce raisonnement conduit systématiquement à des illusions budgétaires. Le chiffre de 54 milliards est construit ainsi : par exemple, les aides au logement représentent 20 milliards. Si on ne les bloque pas, elles passent à 22 milliards. En les maintenant à 20, on dit qu'on fait 2 milliards d'économies, alors qu'en réalité on dépense 20 milliards en 2026 et 20 milliards en 2027 : il n'y a aucune économie réelle. Mais ces 2 milliards entrent dans les 54. Le même raisonnement vaut pour la dette : le coût de la dette va passer de 70 à 90 milliards en 2027, soit +20 milliards. Cette hausse est réelle et doit être financée par des économies ailleurs. Au total, même avec les économies annoncées, la dépense publique augmentera d'environ 30 milliards l'an prochain. Sans économies, elle augmenterait de 84 milliards. On dit donc qu'il y a 54 milliards d'économies, mais la dépense continue d'augmenter. Ce n'est pas de l'austérité : les dépenses publiques ne baissent pas.

Dans une Assemblée sans majorité, quelles marges de négociation le gouvernement conserve-t-il face aux oppositions, et que peut-il rester de ces économies à l'issue des débats ?

Gilles Carrez : Les marges sont très faibles. Le groupe socialiste, qui avait accepté de ne pas censurer le budget 2026 en échange de la suspension de la réforme des retraites, est désormais dans une posture d'opposition totale. Il ne se projette plus dans l'exercice du pouvoir et propose des solutions irréalistes comme taxer massivement les riches et les grandes entreprises. Le groupe RN est dans une position similaire : retour à la retraite à 60 ou 62 ans, hausse des prestations sociales… Ces propositions sont incompatibles avec la situation financière du pays. S'ils devaient gouverner, ils seraient immédiatement confrontés à des réalités contraires à leurs promesses. La plupart des groupes sont dans le déni de la situation financière. Dans ces conditions, il est très difficile d'espérer que les économies annoncées soient maintenues à l'issue du débat parlementaire. 

Avec votre expérience de rapporteur général, quels procédés l'État utilise-t-il pour présenter ses comptes sous un jour plus favorable, et en retrouvez-vous dans ce budget ?

Gilles Carrez : L'État ne maquille pas ses comptes, mais il retient des hypothèses optimistes. Sur la dette, il retient un taux moyen de 4,2 % pour 2027, alors que nous sommes aujourd'hui à 4,96 %, et qu'il y a de fortes chances d'être au-dessus de 5 % l'an prochain. Le Haut Conseil des finances publiques a d'ailleurs signalé ce risque. Même chose pour la croissance : le gouvernement retient 1 % en 2027, alors que 2026 finira à 0,4 ou 0,5 %. Penser que la croissance va doubler est optimiste, mais ce n'est pas dissimulé : c'est écrit dans la loi de finances. Le Haut Conseil est justement là pour pointer ces fragilités. Le gouvernement est dans une situation telle qu'il ne peut pas présenter un budget pessimiste sur tous les fronts. Il doit garder un minimum d'optimisme pour fixer un cap. L'essentiel est que les hypothèses soient explicites, et elles le sont. 

Entre la pression des marchés et l'avis du Haut Conseil des finances publiques, qui joue aujourd'hui le rôle de garde-fou de la sincérité budgétaire, et ce garde-fou est-il suffisant ?

Gilles Carrez : La sincérité budgétaire est appréciée par le Haut Conseil des finances publiques : c'est sa mission. Les marchés, eux, ont une logique spéculative. Ils parient sur l'évolution de la dette française, qui est détenue à plus de 50 % par des institutions étrangères, ce qui nous rend plus vulnérables que l'Italie en 2011. Le risque de voir des hedge funds spéculer sur la dette française n'est plus théorique. Les taux sont passés de 3,5 % à 4,96 % en un an. Le spread avec l'Allemagne, historiquement entre 40 et 60 points de base, dépasse désormais 100 points. Cela montre que nous décrochons. Les marchés ne sont pas un garde-fou : ils sanctionnent. Le seul garde-fou institutionnel est le Haut Conseil. Mais tant que les forces politiques ne reconnaissent pas la gravité de la situation, ce garde-fou reste insuffisant pour stabiliser la dette.

Qu'est-ce qui concrètement nous distingue aujourd'hui des autres pays, aux yeux des investisseurs ? 

Christopher Dembik : Il y a deux éléments. Le premier, c'est que quand vous achetez de l'obligataire, vous faites une comparaison en termes de risque. La France faisait partie des mauvais élèves européens, mais la Roumanie était dans une situation encore pire. Or la Roumanie s'est engagée dès juillet 2025 dans une trajectoire de réduction de son déficit. Ce qui fait qu'aujourd'hui, en 2026, la France est vraiment le mouton noir : vous n'avez plus d'autres États européens qui ne sont pas engagés dans une trajectoire de réduction du déficit, ou qui l'ont déjà stabilisée. Avant, la France avait toujours une comparaison favorable, puisqu'il y avait pire qu'elle. Aujourd'hui, elle est le seul mauvais élève. Le deuxième élément, c'est une forte incompréhension du côté des investisseurs et des médias anglo-saxons sur l'incapacité de la France à endiguer son déficit. C'est interprété, en tout cas perçu par les investisseurs, comme un manque de volonté des Français. Pour être transparent, j'ai eu hier un échange avec le Wall Street Journal, et leur argument était intéressant : on ne peut pas mettre sur le dos de la polarisation politique le fait que la France ne se réforme pas, puisque d'autres pays, comme la Roumanie, ont une forte polarisation politique qui ne les a pas empêchés de faire leur révolution budgétaire. Moi, je vois deux éléments d'explication. D'abord, il y a une incompréhension assez globale des citoyens sur l'évolution budgétaire, même si dans les derniers sondages d'opinion, on voit que la pression de la dette remonte, essentiellement parce que les médias en parlent beaucoup. Ensuite, si vous parlez à n'importe quel décideur politique français, tous partis confondus, y compris des candidats à la présidentielle, ils se disent que si cela va mal, la France est too big to fail, et que dans le pire des cas, la BCE interviendra. Automatiquement, cela installe un laxisme.

Concrètement, que disent les investisseurs entre eux sur la France en ce moment ? Quelles options ont-ils face à ce risque ? Est-ce qu'ils veulent vendre, se couvrir, exiger des primes plus élevées ? C'est quoi la tendance ? 

Christopher Dembik : Je vais classer les investisseurs en trois catégories. D'abord, les investisseurs institutionnels français. Ils ont des contraintes réglementaires qui les obligent à détenir de la dette publique en euro. Ce qu'ils font aujourd'hui, ce sont des arbitrages dans leur portefeuille : ils ne réduisent pas drastiquement leur pondération en dette française, mais ils achètent davantage de dette italienne ou espagnole, qu'ils jugent plus sûre. Il n'y a donc pas, de la part de ces investisseurs, de vente de dette française, à cause de la contrainte réglementaire. Ensuite, les institutionnels étrangers. Eux peuvent piocher partout dans le monde pour trouver un bon rendement avec peu de risque. On n'observe pas de mouvement massif de vente d'obligataire souverain français de leur part, mais ils ne sont pas acheteurs nets de dette française. Ils vont plutôt vers la dette espagnole ou portugaise, qui offre un bon rendement, peu de risque, et qui est très liquide. Enfin, les hedge funds, les fonds spéculatifs. Eux ne s'en cachent pas : tôt ou tard, ils vont vendre la dette française, la shorter, et ils visent aussi les actions françaises. Ils ont un biais très clair : ils ont identifié la France comme le maillon faible, et ce n'est pas très compliqué en termes d'analyse. Sur ces trois profils d'investisseurs, aucun ne se dit aujourd'hui que c'est le moment d'acheter de la dette française, même si le rendement est intéressant, le dix ans est quasiment à 5 %. Ce n'est pas un risque de faillite, mais cela peut continuer d'augmenter. J'ai publié il y a trois semaines une note pour mes clients où j'indiquais qu'on atteindrait quasiment les 5 % en fin d'année. On y est déjà. Donc la question, c'est : est-ce qu'on peut aller jusqu'à 5,5, 6 %, et là, ce sont des zones de fragilité.

Est-ce qu'on ne serait pas en face d'une nouvelle configuration avec l'IA sur les marchés, celle où les investisseurs se détournent davantage des bons du Trésor au profit de l'économie réelle liée à l'essor de l'IA ?

Gilles Carrez : Non. La dette reste un produit financier très attractif. Les ménages du monde entier continuent d'acheter des dettes d'État : américaines, allemandes, japonaises… Les obligations d'État restent un pilier de l'épargne des ménages, des entreprises et des fonds de pension. Le problème est que la dette française devient de plus en plus risquée, donc plus coûteuse à placer. Les taux doivent augmenter pour attirer les investisseurs, et ces taux doivent être payés. En 2021, les intérêts coûtaient 37 milliards ; en 2026, 70 milliards ; en 2027, 90 milliards. Cette hausse de plus de 50 milliards dépasse le budget de l'Éducation nationale ou celui de la Défense. Le paiement des intérêts étouffe progressivement les autres dépenses : investissement, transition écologique, recherche. La dette reste un produit financier, mais elle devient plus risquée, ce qui réduit nos marges pour préparer l'avenir.

Christopher Dembik : Oui, sur le côté américain, où il y a des arbitrages. Pourquoi acheter un bon du Trésor américain à 5 % si, pour la même maturité, avec un risque relativement similaire, vous avez du 7 % proposé par Meta ? Donc effectivement, on a ces arbitrages. Pour vous donner un ordre de grandeur, on estime que sur l'année en cours, les hyperscalers vont mettre 220 milliards de dollars de dette, et l'an prochain 440 milliards de dollars. Donc pour un investisseur, ces arbitrages de portefeuille jouent et expliquent en partie ce qui se passe. Mais c'est uniquement du côté américain. Les arbitrages sont vraiment entre la dette publique américaine et la dette émise par les géants de l'IA. Il n'y a pas d'arbitrage similaire, par exemple, entre géants de l'IA et dette française.

Et pourquoi ?

Christopher Dembik : Parce qu'en fait, elles ne sont pas équivalentes en termes de risque dans un portefeuille. Pour un investisseur, le dix ans américain, c'est un peu la valeur refuge classique. Si vous achetez du Meta, il n'y a quasiment aucun risque de faillite, donc vous savez que vous allez être remboursé. Pour la même maturité, vous avez 7 % contre 5 %. Et le point qui est essentiel, c'est que l'arbitrage est aussi dans la même devise. Si vous faites un arbitrage avec la dette publique française, le problème, c'est que vous devez gérer l'euro, et donc automatiquement, dès que l'euro-dollar bouge, vous avez un risque supplémentaire qui se met en place. Donc ce n'est pas intéressant en termes d'investissement.

Si ce n'est pas vers l'IA, vers quoi les investisseurs se tournent-ils aujourd'hui en Europe ?

Christopher Dembik : Ceux qui s'intéressent à la question française, en l'occurrence mes clients, les institutionnels, vont sur la dette des pays développés européens, plutôt du sud de l'Europe, qui ont un marché plutôt liquide, qui émettent beaucoup. Concrètement, ce sont l'Italie et l'Espagne qui en bénéficient essentiellement. Cela permet aussi de contenir l'éventuelle hausse des taux de ces deux pays.

Un autre expert évoquait l'hypothèse d'une vraie crise avant la présidentielle. Qu'en pensez-vous ?

Christopher Dembik : Cela dépend ce qu'on entend par crise. Aujourd'hui, on peut dire qu'il y a une crise obligataire pour la France, mais cela ne change pas le quotidien, cela ne fait pas une crise économique. Pour moi, il n'y a aucun sujet de crise financière. Par crise financière, j'entends les scénarios qu'on a connus en 2010-2012, la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, où il y avait un sujet systémique, une question pour la solidité de l'euro. On n'est pas du tout sur les mêmes questions. Il y a aussi aujourd'hui des pare-feux grâce à la Banque centrale européenne. En revanche, ce qu'on a, c'est une crise du marché obligataire français, on peut dire qu'on y est déjà, mais cela ne veut pas dire qu'on aura une crise économique dans la foulée. Il faut être très prudent sur les enchaînements. Mon scénario, c'est plutôt des taux qui vont continuer d'augmenter, ce qui va compliquer le refinancement de l'État, et aussi celui de certaines entreprises dépendantes du marché pour se refinancer, plus les petites et moyennes entreprises que les grandes. Mais comme on ne sera pas sur un scénario de crise globale, cela ne va pas inciter à faire grand-chose. Objectivement, même pour des responsables politiques, un taux à dix ans à 5 % ne donne pas un gros référentiel, ils ne voient pas une zone à risque particulière. Donc oui, une crise obligataire, mais cela se limite à cela, à mon avis.

Comment qualifiez-vous donc spécifiquement cette crise que nous traversons ?

Christopher Dembik : Pour moi, c'est une crise obligataire, parce que l'envolée des taux est bien présente, mais sans aucun effet systémique. Et on n'arrive pas à des niveaux de douleur qui provoqueraient une prise de conscience politique. Par niveau de douleur, j'entends que 5 % sur le dix ans français est assez élevé, il n'y a pas de doute, mais ce n'est pas une incitation pour que le politique commence à paniquer. À mon avis, on atteindra plutôt 5,5 %, voire 6 %, et potentiellement, d'ici la présidentielle, on peut atteindre ces niveaux. 

Gilles Carrez est Président du Conseil national d'évaluation des normes et ancien président de la Commission des Finances de  

Avec une double formation française et polonaise, Christopher Dembik est diplômé de Sciences-Po Paris et de l’Institut 

https://atlantico.fr/article/decryptage/budget-2027-lecornu-oppositions-marches-dette-54-milliards-Gilles-Carrez-Christopher-Dembik?

 

 


 

« Le déficit français est devenu structurel, pour ne pas dire éternel »

ENTRETIEN. Pourquoi la France peine-t-elle à maîtriser ses déficits et à réformer son modèle social ? Pour l’universitaire danois Jørn Boisen, la crise budgétaire révèle aussi une crise de confiance et de responsabilité politique.
 

 

Que voit-on de la France lorsqu’on l’observe depuis le Danemark, qui partage avec elle un État providence développé, mais s’appuie sur d’autres pratiques de négociation et de financement ? Voici le regard de Jørn Boisen, professeur associé à l’université de Copenhague et essayiste danois, spécialiste de la France, de son histoire, de sa politique. Sa dernière conférence, le 9 septembre à Copenhague, s’intitulait « La France au bord du gouffre ? ».

Le Point : En tant que citoyen du Danemark, pays champion de l’orthodoxie budgétaire, comment percevez-vous l’incapacité de la France à maîtriser ses déficits ?

Jørn Boisen : Il faut d’abord préciser une chose : le Danemark est un pays où l’État prend beaucoup de place. Il taxe beaucoup et redistribue beaucoup. L’État-providence est très développé, tout comme en France. La différence tient surtout à une conviction presque unanime : lorsqu’on décide une dépense permanente, il vaut mieux aussi trouver un financement. La tradition politique est profondément pragmatique et utilitariste : le plus grand bien pour le plus grand nombre, dans les limites du possible.

Ce qui n’est pas le cas de la France…

La tradition française, en revanche, croit en la toute-puissance du politique. L’absence de financement n’est pas considérée comme un vrai obstacle. Voilà pourquoi le déficit français est devenu structurel, pour ne pas dire éternel. Un déficit pendant une récession ou une pandémie est normal. Un déficit quasi permanent pendant un demi-siècle révèle autre chose : une difficulté à arbitrer entre ce que l’on demande à l’État et ce que l’on accepte de payer. Le diagnostic est connu. La France souffre d’un déficit d’arbitrage. Quand on ne peut ni augmenter les impôts, ni réduire les dépenses, il reste l’emprunt. La dette, c’est ce qui permet de différer l’arbitrage. Mais malheureusement pas éternellement.

Pourquoi le Danemark réussit-il à réformer son modèle social et pas la France, qui semble bloquée ?

Je me méfie un peu de l’opposition entre un Danemark « pragmatique » et une France naturellement conflictuelle, même si elle recèle une part de vérité. Les institutions comptent autant que les tempéraments nationaux. Le Danemark possède des corps intermédiaires puissants. Entre le citoyen et l’État se trouvent les communes, les associations, les organisations patronales, les syndicats, les caisses de chômage, les conventions collectives, des ONG. Une part importante de la régulation sociale ne passe pas par l’État. C’est particulièrement visible sur le marché du travail. 

Il n’y a pas de smic au Danemark. Ce n’est pas parce qu’on exploite les salariés. Les salaires, le temps de travail, les retraites professionnelles et les conditions d’emploi sont négociés par les partenaires sociaux sans l’intervention de l’État. Cela confère beaucoup de pouvoir aux syndicats, mais ce pouvoir implique aussi une responsabilité. Un syndicat danois peut faire grève et défendre très durement ses membres. Mais il doit ensuite assumer les conséquences économiques du résultat du conflit. La fameuse flexisécurité repose sur cette logique. Les salariés acceptent une assez grande flexibilité pour les entreprises, qui peuvent les licencier facilement, en échange d’une protection de leurs revenus, de formations et de politiques actives de retour à l’emploi. La suite.......

 https://www.lepoint.fr/economie/le-deficit-francais-est-devenu-structurel-pour-ne-pas-dire-eternel-G36DXAHGDVHYHJFW3GH453THJ4/?

novembre 20, 2025

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novembre 14, 2025

L'effet LR de Wauquiez ? Allocation sociale unique : Sébastien Lecornu annonce un projet de loi pour décembre

Allocation sociale unique : Sébastien Lecornu annonce un projet de loi pour décembre

Au cours des Assises des départements de France à Albi, le Premier ministre a annoncé, vendredi 14 novembre, un projet de loi sur « l’allocation sociale unique » pour décembre 2025. 


 

Vers une allocation sociale unique dès 2026

À l'occasion des Assises des départements de France à Albi, vendredi 14 novembre 2025, le Premier ministre a annoncé le dépôt, en décembre, d’un projet de loi visant à créer une allocation sociale unique. Cette mesure permettra de regrouper plusieurs aides (comme la prime d’activité, le RSA et certaines aides au logement) en un seul versement, effectué à une date commune.
L’objectif : simplifier les démarches des bénéficiaires et améliorer la gestion des prestations sociales. 
 

Il est temps de proposer un véritable social.gouv.fr, au service des travailleurs sociaux et des départements, pour mieux accompagner chaque bénéficiaire.

Sébastien Lecornu - Premier ministre

 


 
Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres en décembre. Il ne vise pas à réduire les aides, mais à générer des économies de gestion, en évitant la multiplication des guichets. À l’ère du numérique, « il est invraisemblable que la France ne soit pas encore capable de proposer une allocation sociale unique », a-t-il souligné.

Clarification des compétences entre État et départements

Le Gouvernement entend faire des conseils départementaux la collectivité de référence en matière de solidarités, de santé de proximité et de logement. Parmi les pistes de travail :

Un financement à la hauteur des missions

Le Premier ministre a proposé d’adosser une part de la Contribution sociale généralisée (CSG)  aux départements, en cohérence avec leurs missions sociales et sanitaires. Une mesure pour passer d’une logique de compensation à une véritable autonomie budgétaire.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large : refonder les relations entre l’État et les territoires. Le Premier ministre appelle à une réforme de l’État adossée à un nouvel acte de décentralisation, concerté et progressif.
 

 

Sébastien Lecornu annonce un projet de loi en décembre pour créer une «allocation sociale unique»

Cette mesure, déjà évoquée par François Bayrou, est destinée à rapprocher plusieurs prestations sociales comme le RSA ou certaines aides au logement.

Le calendrier pour l’adoption d’une «allocation sociale unique» se précise. Le gouvernement déposera un projet de loi en décembre en faveur de cette mesure, réclamée principalement par la droite, a annoncé le premier ministre Sébastien Lecornu vendredi à Albi lors des Assises des Départements de France. «Cette aventure de l’allocation sociale unique va faire l’objet d’un projet de loi rapide, puisqu’il sera déposé au conseil des ministres au mois de décembre», a affirmé le premier ministre.

L’«allocation sociale unique» permet de «rapprocher la prime d’activité, le RSA et un certain nombre d’aides au logement», a précisé Sébastien Lecornu. Il a souligné la «capacité» de cette mesure «à faire des économies, non pas sur les bénéficiaires (...) mais tout simplement, évidemment, des économies de gestion», et à «réconcilier beaucoup de gens de sensibilités politiques différentes». «Il est temps d’enfin créer un vrai social.gouv.fr qui permet aux travailleurs sociaux» et aux départements en charge des aides sociales, «de pouvoir justement avoir un accompagnement personnalisé» des bénéficiaires, a-t-il ajouté.

Risque de potentiels «perdants»

Il s’agit d’une mesure chère au chef de file des députés Les Républicains Laurent Wauquiez, qui préconise une «allocation sociale unique» plafonnée à «70% du Smic» afin de lutter contre l’«assistanat». Pour les associations de défense des plus précaires, l’idée d’une simplification et d’une harmonisation des bases des prestations sociales est une bonne chose en soi au vu du taux de non recours de certaines d’entre elles.

Mais il ne faut pas que cette réforme se fasse aux dépens des plus vulnérables, insistent-elles, mettant en garde contre la tentation d’une «harmonisation vers le bas». Ce risque de potentiels «perdants» avait été pointé en 2018 par France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon, selon lequel la fusion de plusieurs prestations pourrait «à budget constant» entraîner une baisse de ressources pour 3,55 millions de ménages.

Cette réforme promise par Emmanuel Macron depuis 2018, relancée par les prédécesseurs de Sébastien Lecornu à Matignon, a vocation à rendre les prestations sociales plus lisibles mais ses contours sont pour l’heure encore flous. Fin 2024 Michel Barnier, alors Premier ministre, avait prévu de lancer en 2025 ce chantier, repris ensuite par François Bayrou, qui n’avait pas donné cependant son périmètre et les prestations concernées.

 

Corruption endémique en Ukraine !

La corruption endémique en Ukraine : un système tentaculaire qui ébranle le pouvoir 

L’Ukraine, souvent présentée comme un bastion de résistance face à l’agression russe, est minée par une corruption massive qui sape ses institutions et détourne des ressources vitales en temps de guerre.

Des scandales récents, impliquant des secteurs stratégiques comme l’énergie et la défense, révèlent un réseau d’oligarques, de hauts fonctionnaires et d’intermédiaires qui siphonnent des millions de dollars, au détriment de la population et de l’effort de guerre.

Ces affaires mettent en lumière des liens troubles entre le président Volodymyr Zelensky et des figures controversées comme Ihor Kolomoïsky, un oligarque influent entendu par le Bureau national anti-corruption (NABU) dans plusieurs enquêtes.

 

Un scandale géant dans l’énergie et la défense

Le 10 novembre 2025, le NABU a dévoilé l’opération « Midas » , une enquête de quinze mois qui a exposé un vaste système de corruption au sein d’Energoatom, l’agence publique d’énergie nucléaire ukrainienne, dont le chiffre d’affaires dépasse les 4 milliards d’euros annuels. Selon les autorités, une organisation criminelle de haut niveau extorquait des pots-de-vin représentant 10 à 15 % de la valeur des contrats passés avec des sous-traitants. Au total, environ 100 millions de dollars ont été blanchis via ce schéma, impliquant des perquisitions massives et plus de 1.000 heures d’écoutes téléphoniques. Les achats d’Energoatom n’étaient pas gérés par des fonctionnaires légitimes, mais par des acteurs externes sans mandat officiel, qui contrôlaient l’ensemble des opérations.

Parmi les figures centrales de ce scandale figure Timur Mindich, décrit comme le chef du groupe et ancien partenaire d’affaires de Zelensky.

Mindich, producteur de films et copropriétaire de la société de production Kvartal 95 – fondée par Zelensky –, a maintenu des liens étroits avec le président même après son élection en 2019. Des enregistrements du NABU capturent des conversations impliquant Mindich et d’autres, comme l’ancien ministre de l’Énergie Herman Halushchenko, dont le domicile a été perquisitionné.

Ce réseau s’étend également à la défense, où des allégations similaires de pots-de-vin massifs ont émergé, impliquant potentiellement des ministres comme Rustem Umerov, accusé d’avoir profité de contrats opaques.

Ce scandale n’est pas isolé : il s’inscrit dans une longue série de révélations qui érodent la crédibilité du gouvernement. En juillet 2025, le NABU a regagné son indépendance après des tentatives de contrôle par l’exécutif, soulignant les tensions internes autour de la lutte anti-corruption. Zelensky a réagi en appelant à des « mesures efficaces » et des « sanctions indispensables » , mais ces déclarations sonnent creux face à l’ampleur des faits et sa probable implication.

Les liens troubles entre Zelensky et Kolomoïsky

Au cœur de ces affaires se trouvent les connexions entre Zelensky et Ihor Kolomoïsky, un oligarque multimilliardaire dont l’influence sur la politique ukrainienne est notoire. Kolomoïsky, ancien propriétaire de la chaîne de télévision 1+1 où Zelensky animait son émission satirique Serviteur du peuple, a joué un rôle pivotal dans l’ascension politique de l’acteur devenu président. En 2019, Kolomoïsky a fourni un soutien financier et médiatique massif à la campagne de Zelensky, facilitant sa victoire écrasante. Mindich, impliqué dans le récent scandale d’Energoatom, aurait même servi d’intermédiaire pour introduire Zelensky à Kolomoïsky.

Kolomoïsky lui-même fait l’objet de multiples enquêtes pour corruption. En juillet 2025, le NABU a clôturé une investigation sur des accusations d’escroquerie et de blanchiment d’argent liées à la banque PrivatBank, dont il était copropriétaire. Un tribunal londonien l’a condamné à payer près de 2 milliards de dollars pour fraude, confirmant des allégations de détournement massif. Arrêté en 2023 pour fraude et blanchiment, Kolomoïsky reste en détention préventive, et a été entendu par le NABU dans le cadre de ces dossiers. Les Pandora Papers, révélés en 2021, ont exposé un réseau d’entreprises offshore co-détenues par Zelensky et ses proches, avec des liens indirects vers l’entourage de Kolomoïsky, alimentant les soupçons de conflits d’intérêts.

Ces relations soulèvent des questions sur l’engagement réel de Zelensky contre la corruption.

Élu sur une plateforme anti-oligarques, il a promulgué une loi de « dé-oligarchisation » en 2021, mais les critiques l’accusent de cibler sélectivement ses rivaux tout en protégeant ses alliés.

L’arrestation de Kolomoïsky en 2023 a été vue par certains comme une concession aux pressions internationales, notamment des États-Unis, plutôt qu’une véritable purge.

Conséquences pour l’Ukraine et au-delà

Cette corruption omniprésente n’est pas seulement un problème interne : elle « mine » l’aide internationale massive versée à l’Ukraine depuis 2022, estimée à des centaines de milliards d’euros. Des scandales comme celui d’Energoatom exacerbent les pannes d’électricité massives dues aux attaques russes, tout en érodant la confiance des donateurs occidentaux. Le NABU, malgré ses succès récents, fait face à des tentatives d’ingérence, comme la purge de juillet 2025 qui a visé ses structures indépendantes.

En fin de compte, ces affaires révèlent un système où les oligarques comme Kolomoïsky et les proches de Zelensky continuent d’exercer une influence occulte, perpétuant un cycle de kleptocratie qui freine les réformes depuis des décennies. Pour que l’Ukraine aspire à une véritable démocratie, il faudra plus que des discours : des poursuites impartiales et une transparence radicale s’imposent, sous peine de voir le pays s’effondrer de l’intérieur.

 "La France est endurante dans son soutien à l’Ukraine, pour lui permettre de se défendre face à l'agression russe. Avec mon homologue @rustem_umerov aujourd’hui à Paris pour partager l'évolution de la situation sur le front et le suivi du soutien français à l'Ukraine."

Sébastien Lecornu

 https://multipol360.com/la-corruption-endemique-en-ukraine-un-systeme-tentaculaire-qui-ebranle-le-pouvoir/

 

Invité de «Points de Vue», Emmanuel Todd considère que «les États-Unis vivent au crochet du monde». «Tant qu'on est en guerre avec les Russes, ça roule pour eux. Mais le jour où la paix est signée, c'est la catastrophe», selon l'auteur de «La Défaite de l'Occident». 

 


Des anti-corruption ukrainiens ont perquisitionné chez un ami de Zelensky, Mindich, qui a fui le pays !

▪️Partenaire de Zelensky dans le "Quartal 95" et fondateur de la société de fabrication de drones "Fire Point", Timur Mindich a quitté le territoire ukrainien le 10 novembre — quelques heures avant la perquisition, rapportent les médias ukrainiens. 

▪️Il avait été précédemment rapporté que Mindich pourrait être impliqué dans une enquête du FBI concernant le blanchiment d'argent. En plus de Mindich, des perquisitions ont lieu chez le ministre de la Justice et à « Energoatom » 

▪️Le NABU effectue ce matin des perquisitions chez le ministre de la Justice, ancien ministre de l'Énergie Herman Galushchenko.

 ▪️L'enquête a documenté l'activité d'une « organisation criminelle de haut niveau », dont les membres ont « mis en place un vaste système de corruption influençant les entreprises stratégiques du secteur public », notamment « Energoatom ». 

▪️Parallèlement, des perquisitions ont lieu chez l'un des principaux alliés de Zelensky — Timur Mindich. MAJ: ‼️🇺🇦🏴‍☠️ Des détails ont émergé sur le système des complices de Zelensky pour le détournement d’« Energoatom » 

▪️Les partenaires commerciaux de l’entreprise étaient contraints de verser des pots-de-vin de 10 à 15 % du montant des contrats sous la menace de blocage des paiements et de perte du statut de fournisseur. ❗️Les organisateurs du système menaçaient les entreprises que leurs employés seraient mobilisés dans les forces armées ukrainiennes s’ils refusaient de payer les pots-de-vin. 

▪️Le chef du système était un ami et complice de Zelensky, Mindich (Carlson), qui a fait appel à l’ancien adjoint du directeur du Fonds de propriété d’État Igor Mironyuk (Rocket), au directeur exécutif à la sécurité de l’entreprise Dmitry Basov (Tenor), ainsi qu’à l’ex-ministre de l’Énergie Galushchenko (Professeur). 

▪️En utilisant leurs relations officielles au ministère et dans l’entreprise publique, ils contrôlaient les décisions en matière de personnel, les processus d’achat et les flux financiers, jouant le rôle de « superviseurs ». 

▪️L’entreprise publique, avec un revenu annuel de plus de 200 milliards de hryvnias, était en réalité dirigée par des personnes extérieures qui assumaient le rôle de « superviseurs ». En avril 2023, le bureau anti-corruption ukrainien (NABU) a inscrit plusieurs suspects de l'affaire de l'usine portuaire d'Odessa sur une liste de personnes recherchées. L'un d'eux, Oleksandr Gorbunenko, a fui aux États-Unis quelques jours avant le début de l'opération, où il a obtenu la protection des réfugiés. Après l'appel du NABU en avril 2025, les autorités américaines l'ont arrêté alors qu'il tentait de prendre un vol pour Dubaï. Le FBI l'a ensuite libéré sous protection, ce qui suggère qu'il a accepté de coopérer — et lors de l'interrogatoire, le nom de Mindich aurait été évoqué. Une source des forces de l'ordre ukrainiennes a déclaré que Gorbunenko aurait probablement blanchi de l'argent via les mêmes schémas que d'autres impliqués dans le réseau de corruption de l'usine. Le FBI pourrait désormais enquêter non seulement sur Mindich mais aussi sur d'autres personnalités de haut niveau liées à ces schémas. À la veille des perquisitions dans les propriétés de Mindich, les frères Mykhailo et Oleksandr Zukerman — qui auraient géré ses opérations financières — ont quitté brusquement l'Ukraine, selon le député Zheleznyak. Les médias rapportent également que Mindich lui-même aurait fui le pays. Cette affaire pourrait sérieusement mettre en danger le cercle rapproché de Zelensky, exposant les dessous financiers de ses plus proches collaborateurs ‼️🇺🇦🏴‍☠️ De plus en plus de personnes impliquées dans un système de corruption autour de Zelensky sont dévoilées 

▪️Lors des perquisitions, 4 millions de dollars ont été saisis. 

▪️Ils étaient soigneusement emballés, avec des étiquettes à codes-barres et des inscriptions de villes américaines. 

▪️Des billets dans cet état ne peuvent être commandés directement des États-Unis que par des banques, et de très grandes. 

▪️Les enquêteurs pensent qu'ils ont été obtenus via la « Sense Bank » nationalisée par l'Ukraine. 

▪️Le député ukrainien Zheleznyak affirme que dans le schéma de Mindich et du bureau de Zelensky sont impliqués le président du conseil d'administration de la banque Stupak, le président du conseil de surveillance Gladishenko et le chef du service de sécurité Dovzhynets. 

▪️Le député indique qu'ils sont tous des hommes de Mindich. 

▪️De plus, selon Zheleznyak, sur les enregistrements de NABU, Vasily Vesely est mentionné - conseiller du conseil de surveillance de la banque, que les médias avaient auparavant qualifié de « superviseur » pour le bureau de Zelensky. 

Fabrice Ribère

 


“Économie parallèle”.

Le président ukrainien Zelensky dans la tourmente des Pandora Papers

Avec les Pandora Papers, les révélations pleuvent au sujet des sociétés offshore de Volodymyr Zelensky et de ses alliés politiques, écornant son image d’homme simple décidé à lutter contre les oligarques. Ce que l’opposition s’efforce de mettre à profit.

L’affaire, entend-on dans certains médias de Kiev, n’en serait qu’à ses débuts. Les Pandora Papers, annonce l’agence d’investigation journalistique ukrainienne Slidstvo Info, vont effectivement “ouvrir la boîte de Pandore au sujet de personnalités politiques actuelles et passées, et autres puissants de ce monde”.

Ces révélations concernent en particulier les “tractations commerciales secrètes de l’entourage du président Volodymyr Zelensky, des biens immobiliers de luxe au cœur de la capitale britannique, des sociétés qui dissimulent des affaires en Crimée”, et elles ne représenteraient qu’“une partie des découvertes réalisées par les journalistes grâce à la diffusion de ces nouveaux documents”.

Un travail d’investigation sans précédent

Mais tout d’abord, “que sont les Pandora Papers ?” se demande Slidstvo Info. Il s’agit de “la collaboration entre journalistes d’investigation la plus importante de toute l’histoire, qui dévoile les secrets de 35 dirigeants mondiaux actuels et passés, de plus de 300 hauts fonctionnaires dans 90 pays”. “Pendant un an, plus de 600 journalistes de 117 pays ont étudié 11,9 millions de dossiers confidentiels”, et “les journalistes ukrainiens de l’agence Slidstvo Info” y ont participé.

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/economie-parallele-le-president-ukrainien-zelensky-dans-la-tourmente-des-pandora


 L’UE joue la montre pour financer l’effort de guerre ukrainien. Ursula von der Leyen met la pression sur la Belgique pour qu'elle donne son accord à l'utilisation des avoirs russes gelés. Le gouvernement belge refuse, redoutant un risque colossal.

https://universite-liberte.blogspot.com/2025/10/ukraine-news.html 

 

 

🇪🇺 L’UE demande des explications à l’Ukraine pour des « rétrocommissions énergétiques » de 100 millions de dollars – Politico À Bruxelles, l’inquiétude est sérieuse : le plus grand scandale de corruption sous Zelensky a révélé un système de rétrocommissions de 100 millions de dollars dans le secteur de l’énergie. Jamais vu auparavant — et voilà que ça recommence ! Les Européens font maintenant semblant d’être surpris et exigent de Kiev des garanties que cela ne se reproduira plus. Un fonctionnaire européen a admis anonymement : « La corruption est scandaleuse, cela nuit à la réputation de l’Ukraine. La Commission européenne devra revoir la manière dont l’argent est dépensé ». Traduction diplomatique : expliquez au moins où sont passées des centaines de millions avant de demander de nouveaux fonds. ❗️ Politico écrit que le moment du scandale est très mal choisi : il n’y a pas de budget pour 2026, et les actifs russes volés ne peuvent pas être confisqués. C’est pourquoi Bruxelles veut actuellement le silence dans les médias, mais des promesses fermes de Kiev à huis clos. Ils promettront bien sûr de promettre…

Camille Moscow


Ukraine : Timour Minditch, ce proche de Volodymyr Zelensky à l'origine d'un scandale de corruption inédit ➡️ https://l.tf1info.fr/Gfm

 

octobre 14, 2025

Sébastien Lecornu: Rhôoooo une rupture néo-libérale ?

Avec la réforme des retraites suspendue, Sébastien Lecornu donne beaucoup (et surtout à gauche) pour se sauver

Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a surtout fait « des pas » vers la gauche et le PS. Lequel est désormais sommé « d’en faire ».

Sébastien Lecornu a regardé ses notes et l’ensemble de l’Assemblée en déclamant son discours de politique générale ce mardi 14 octobre. Mais tous les clins d’œil ont été réservés à la gauche de l’hémicycle. Le Premier ministre menacé de censure a rompu un des tabous de son propre camp en annonçant la suspension de la réforme des retraites jusqu’à la prochaine présidentielle. Un énorme pas, parmi d’autres de taille variée et à la poursuite d’un seul objectif : survivre. 

 

Le discours a duré moins d’une heure. Le temps pour Sébastien Lecornu de rappeler l’urgence de la situation, une « crise parlementaire » plus qu’une « crise de régime » selon lui, mais dont les conséquences pour la France seraient lourdes. « C’est la place de la France et des Français dans son nouvel environnement qui est en jeu : restera-t-elle parmi les pays dont la voix compte ? (...) Tout dépend de notre capacité à innover, en matière politique, comme sociale, comme économique et scientifique. »

Tout en assumant de ne pas faire une déclaration de politique générale « convenue » sans annonces concrètes, le chef du gouvernement a promis des débats et des textes à venir sur « les moyens à allouer pour l’écologie, la sécurité, l’Éducation, le logement, les collectivités locales, la culture, l’agriculture, nos services publics ». Il s’est également engagé à poursuivre l’augmentation du budget dans « la police, la justice, la sécurité ». Il a enfin redit sa volonté de réduire le déficit public, en sabrant dans les dépenses de l’État à propos desquelles « on peut faire beaucoup », érigé le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales comme une priorité…

 


 

Les 3 conditions du PS remplies

Message reçu à droite. « Vous avez su envoyer des signaux » a salué Laurent Wauquiez en prenant la parole pour son groupe Droite Républicaine. Son approbation était de toute façon déjà acquise : avant la déclaration du Premier ministre, le député de Haute-Loire avait passé consigne à ses troupes de ne pas voter la censure. Au nom de la « responsabilité » mais surtout pour éviter une dissolution « inéluctable » selon Sébastien Lecornu en cas de chute de son gouvernement. Le scénario donne des sueurs froides à la droite.

Ce n’est pas le cas au Parti socialiste. Alors qu’une vingtaine de voix seulement sépareront Sébastien Lecornu de la chute lors de l’examen des motions de censure RN et LFI jeudi, les troupes d’Olivier Faure et Boris Vallaud - 69 députés en tout - avaient dûment conditionné leur décision. Renoncement au 49.3 pendant toute la durée du bail Lecornu, « confirmation de l’assouplissement de la trajectoire financière », surtout, les socialistes attendaient qu’il prononce les mots magiques : la « suspension complète et immédiate de la réforme des retraites. »

Ils ont été servis. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », a déclaré le Premier ministre. Le geste en direction de la gauche est fort, et son coût élevé : 400 millions d’euros pour 2026 et 1,7 milliard pour 2027. L’offre est généreuse dans un contexte de disette budgétaire et va surtout plus loin que la piste de la CFDT, évoquée par Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les partis le 10 octobre et jugée largement insuffisante par toute la gauche.

 


 

« J’ai pris des engagements »

En parallèle, le Premier ministre a redit mettre de côté le 49.3 quel que soit le sujet. Il a évoqué sans entrer dans les détails des « anomalies » à régler sur la fiscalité des très grandes fortunes. Et a fixé un objectif maximum du déficit public à 5 % du PIB, le même que les roses dans leur contre-projet de budget.

Avant cette prise de parole, les « petits pas » de Sébastien Lecornu n’avaient pas convaincu. Auprès du HuffPost, le président du groupe PS au Sénat Patrick Kanner insistait sur les dossiers totem de son camp, à commencer par la taxe Zucman… et les retraites. Le premier est toujours écarté par le Premier ministre mais le gain sur le second est immense. « J’ai pris des engagements, ceux que les oppositions demandaient. (...) Je fais des pas en avant, à chacun, aussi, d’en faire », a-t-il asséné, laissant ainsi la main au Parlement.

Le PS se laissera-t-il convaincre ? Une réunion de groupe s’est tenue immédiatement après l’allocution du Premier Ministre. Mais la prise de parole parole de Boris Vallaud à la tribune laisse peu de place au doute, le PS ne censurera pas, à ce stade : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le chef du parti Olivier Faure est lui attendu au 20H de TF1. Il aura sans doute en tête la maxime martelée à quatre reprises par Sébastien Lecornu : « Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. » Une façon de remettre le pouvoir entre les mains du PS, avec un sous-entendu limpide : voter la censure et le faire tomber lui, c’est y renoncer pour eux-mêmes. Message reçu, là aussi.

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/avec-la-reforme-des-retraites-suspendue-sebastien-lecornu-donne-beaucoup-et-surtout-a-gauche-pour-se-sauver_255985.html

 


Sébastien Lecornu (@SebLecornu) répond à Mathilde Panot  "Je ne peux pas accepter de dire que la France a participé à un génocide à Gaza (...) Arrêtez de caricaturer et de mentir sur la position de la France sur un sujet aussi grave."

 

 
Le projet de budget présenté mardi 14 octobre par Sébastien Lecornu en conseil des ministres prévoit entre autres un effort budgétaire d’une trentaine de milliards d’euros, notamment par un gel des pensions des pensions de retraite, de certaines prestations sociales et du barème de l’impôt sur le revenu.
 
Le projet de budget de l’État présenté mardi 14 octobre par le gouvernement de Sébastien Lecornu prévoit une baisse des dépenses de l’État en 2026, tandis que côté recettes, l’essentiel de l’effort proviendra des plus aisés.
 
« Les dépenses de l’État baisseront en 2026 », hors charge de la dette et augmentation de 6,7 milliards d’euros du budget de la défense, précise le document. Côté recettes, « l’effort en 2026 reposerait en priorité sur un effort supplémentaire des contribuables disposant des moyens les plus importants », à hauteur de 6,5 milliards d’euros.
 
L’effort se décompense en environ 17 milliards d’euros d’économies de dépenses, et autour de 14 milliards d’euros supplémentaires grâce à des mesures sur les recettes fiscales, selon le Haut conseil des finances publiques (HCFP) qui juge « optimistes » les hypothèses économiques retenues par le gouvernement.
 
Taxe sur les holdings patrimoniales
Le projet de budget du premier ministre souhaite l’instauration d’une taxe sur les holdings patrimoniales, parfois utilisées pour contourner l’impôt.
« Inspirée de taxes voisines en place dans plusieurs autres pays, comme les États-Unis et l’Irlande, cette taxe vise à faire échec aux stratégies de contournement de l’impôt par la thésaurisation de revenus non distribués dans des sociétés, ces revenus échappant ainsi à l’impôt », précise le texte.
 
Gel du barème de l’impôt sur le revenu
Le gel du barème de l’impôt sur le revenu (IR) devrait rapporter 1,9 milliard d’euros à l’État en 2026, selon un chiffrage jugé « vraisemblable » par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) dans son avis sur le projet de budget publié mardi.
Le barème de l’IR est usuellement indexé chaque année sur l’inflation afin de tenir compte des effets de la hausse des prix, et son gel aurait pour conséquences d’augmenter mécaniquement les impôts de certains ménages, et de rendre imposable de nouveaux ménages qui ne l’étaient pas.
 
Gel des retraites et des prestations
Le projet de budget de la Sécu pour 2026 prévoit un « gel de l’ensemble des retraites de base » en 2026 ainsi qu’un gel des prestations sociales comme des allocations familiales, selon le texte consulté mardi par l’AFP.
Le projet de budget prévoit également de sous-indexer les pensions de 0,4 point pour les années suivantes, à partir de 2027. Il prévoit également le remplacement de l’abattement de 10 % sur les retraites par un abattement forfaitaire de 2 000 €. Ce nouveau mécanisme aura pour effet « d’améliorer la situation des couples ». https://www.la-croix.com/.../budget-2026-pourquoi-plus...
 
La contribution sur les hauts revenus prolongée d’un an
Le document dit vouloir prolonger d’un an la contribution différentielle sur les plus hauts revenus instaurée en 2025. Cette contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR), appliquée aux ménages dont les revenus dépassent 250 000 € pour un célibataire et 500 000 € pour un couple, fixe un taux minimal d’imposition de 20 %.
 
Reconduction de la contribution sur les grandes entreprises
Le budget prévoit également de prolonger d’un an, mais en la réduisant de moitié, la surtaxe sur le bénéfice des grandes entreprises instaurée en 2025.
Cette contribution, qui concerne les 400 plus grandes entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard d’euros en France, devrait générer 4 milliards d’euros, moitié moins qu’en 2025.
3 119 postes de fonctionnaires en moins en 2026
Le budget prévoit 3 119 postes de fonctionnaires en moins en 2026, avec un effort de « rationalisation » principalement porté par les opérateurs de l’État.
 
Avec « les réductions de postes prévues au sein des caisses de sécurité sociale, c’est au total 3 000 emplois qui ne seront pas remplacés et participeront à la maîtrise de l’emploi public », peut-on notamment lire dans le document. L’effort devrait se traduire par la suppression de 1 735 emplois publics parmi les 434 opérateurs et agences de l’État.

À 70 ans, l’ancien distributeur est nommé ministre en charge des Petites et moyennnes entreprises ➡︎ https://l.lefigaro.fr/ERXL

Paris vaut bien une baisse... de pantalon
 
Sébastien Lecornu n’est pas un hasard. C’est l’archétype de l’homme de carrière, façonné dans les arènes partisanes, sans autre bagage que la politique professionnelle. Il a changé d’étiquette comme on change de cravate, poussé par l’odeur du pouvoir plus que par une conviction. Que l’on considère cela comme une faiblesse personnelle importe peu : ce qui est grave, c’est que cet opportunisme mène aujourd’hui à la trahison des intérêts nationaux.
 
Suspendre la réforme des retraites pour amadouer des partis irresponsables n’est pas une manœuvre tactique : c’est une capitulation morale et économique. Céder au chantage des clientèles électorales — à droite comme à gauche, du RN aux vieilles familles socialistes — revient à hypothéquer l’avenir pour un court bouquet d’applaudissements. C’est sacrifier la solidité du pays sur l’autel d’un réservoir d’électeurs. C’est lâcheté, et la lâcheté porte un nom politique : gestion de carrière.
 
 
Ce n’est pas seulement une question financière, pourtant réelle. Oui, les déficits sont colossaux et la mécanique financière menace d’exploser — mais l’enjeu est aussi, et avant tout, civique. On ne soutient pas une nation en privilégiant la conservation électorale au détriment de la transmission. Imposer un poids excessif à la jeunesse pour ménager une clientèle électorale âgée est une hypocrisie politique qui se paiera au prix fort : s’il n’y a plus de renouvellement démographique, il n’y aura plus de croissance, plus de richesses, plus de solidarité durable. Une société qui étouffe sa jeunesse scelle en réalité le sort de ses aînés.
 
Regardez autour de nous : pays vieillissants, croissance atone, trajectoires socio-économiques qui s’effilochent. Le Japon offre l’exemple aigu d’une lente dévitalisation — vieillissement, baisse de la consommation, stagnation monétaire — tout cela n’est pas une fable, c’est la trajectoire qu’on achète en cédant aux facilités court-termistes.
 
Je ne dis pas cela en spectateur : j’ai l’âge d’être retraité même si je ne le suis pas. Et précisément parce que je fais partie de cette génération, je refuse la mise en scène qui consiste à promettre la sécurité aux vieux au prix de la ruine des jeunes. C’est une tromperie morale et politique. La véritable solidarité exige de placer l’investisse­ment dans la jeunesse : éducation, famille, natalité, initiative, croissance.
 
Quant à Lecornu, son calcul est clair : rester au plus près du pouvoir, même si cela signifie renier la ligne qu'il prétendit jadis défendre. L’image est saisissante et dégradante — il baisse le pantalon du courage pour une parade ministérielle. Mais au-delà de l’outrage personnel, il faudra lui demander des comptes politiques et offrir un autre récit : celui d’une France qui choisit l’audace au lieu de la compromission, l’éducation au lieu de la dévotion électorale, l’avenir au lieu du confort momentané.
 
Il est temps de renverser la table — non par bravade, mais par détermination civique. Exiger des dirigeants qu’ils pensent plus loin que leur prochain mandat ; imposer des réformes qui préservent la nation pour la génération suivante ; défendre une vision où la jeunesse n’est pas une variable d’ajustement mais la condition de la pérennité nationale. Voilà le combat qui mérite colère et grandeur.

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