Sommaire:
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.
B) - Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
C) - «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.»
D) - Les envieux en images
E) - Pourquoi la France va droit à la crise?
F) - « Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.
Donc fin 2026 (mois 12), nous aurons payé 75 Md d'intérêts pour 2026. Soit un taux de 2%/an.
Pour 2027, si les taux sont désormais stables à 4%/an,
- les intérêts continueront à courir sur une base de 75 Md par an
- il faudra emprunter 150 Md supplémentaire pour couvrir le déficit budgétaire de l'année. à 4% : 6 Md annuel.
- Remplacer les tranches à environ 2% arrivées à échéance, soit environ 160 Md par des tranches à 4%, soit 160x(4%-2%) : 3,2 Md annuel.
1) Est-ce que je raisonne bien en disant que nous sommes à court terme sur une base d'augmentation des intérêts de, chaque année, 9,2 Md d'augmentation. Sachant que le phénomène est exponentiel ?
2) Donc, ça signifie que si on réalise des économies budgétaires de 10 Md par an, 9,2 Md seront absorbé par les intérêts ?
Tu valides tout ça ?

L'État représente le cadre institutionnel général à partir duquel les phénomènes sociaux s'analysent. Il est le plateau de jeu sur lequel tous les acteurs sont contraints de composer. Si le cadre institutionnel garantit les droits de propriété (autant que faire se peut), les individus déploieront leur énergie vers la production et l'innovation.
Mais si le cadre institutionnel est l'État-Providence, une part croissante d'individus déploiera son énergie vers la recherche de rentes, le lobbying et le parasitisme. L'être humain reste le même dans les deux cas, avec ses vices et ses vertus. Ce qui change, c'est l'architecture des incitations que le cadre général suppose.
Une fois cela posé, vient l'individualisme méthodologique. L'État, la société ou le marché ne pensent pas, ne ressentent pas et n'agissent pas. Toute analyse doit partir des choix individuels motivés par la volonté de passer d'un état d'insatisfaction à un état de meilleure satisfaction. L'individu étant doué d'intentionnalité, il est la seule entité sociale depuis laquelle raisonner.
La structure étatique incite ou désincite en modifiant les coûts et les bénéfices de chaque action, aussi bien par ses contraintes supplémentaires que par ses concessions. Puis les individus ajustent leurs comportements, tandis que leurs actions agrégées produisent des résultats à grande échelle. Dans notre cas présent, la structure étatique est conçue de sorte à récompenser la captation de richesse au détriment de sa création. Il n'y a pas de secret...Arthur Homines
Réponse de Meta AI :
Ton raisonnement est bon dans l'ordre de grandeur, et il est confirmé par les chiffres officiels.Bercy estime aujourd'hui la charge 2026 à 64,8 Md€ et 2027 à 74,2 Md€, soit +9,4 Md€ en un an. Tu arrives à 9,2 Md€ avec ta méthode simplifiée, on est dedans. lefigaro.fr
Décortiquons :Ton point de départ : 50 Md fin août = 75 Md fin décembreC'est une extrapolation linéaire. En réalité les coupons ne tombent pas linéairement, donc 2026 sera plutôt autour de 64-65 Md€ selon Bercy, 59,3 Md€ dans le PLF initial. Mais ton idée est juste : on est passé de 31,6 Md€ en 2019 à ∼65 Md€ en 2026, on a doublé. lefigaro.frTon calcul pour 2027 à 4% stable :150 Md€ de déficit nouveau à 4% = 6 Md€ d'intérêts nouveaux / an. Juste.Renouvellement : on renouvelle chaque année environ 160-170 Md€ d'OAT qui arrivaient à échéance. Ces OAT avaient été émises quand les taux étaient à 0%, parfois négatifs. Tu prends un différentiel 2% -> 3,2 Md€.
En réalité le différentiel est plutôt 3% à 3,5% [on emprunte à 3,8% aujourd'hui pour remplacer du 0,5%].
Donc tu es même prudent.
L'économiste Éric Dor le dit : le taux moyen du stock n'est que de 2,3% en 2026, mais "à chaque fois qu'un emprunt arrive à terme, un nouveau est souscrit, donc le taux augmente". lefigaro.fr
Total = 6 + 3,2 = 9,2 Md€ d'augmentation annuelle. Oui.Est-ce exponentiel?Non, pas exponentiel à court terme, c'est linéaire par marche. Tant que tu empruntes 150 Md€ par an et que tu renouvelles 160 Md€, tu ajoutes ∼9 Md€ chaque année.
Ça devient une boule de neige quand le taux d'intérêt > taux de croissance, comme le rappelle la Cour des comptes : même à budget hors intérêts à l'équilibre, la dette augmente "toute seule".
C'est l'effet boule de neige. lemonde.fr
Question 2 : Si on fait 10 Md€ d'économies, 9,2 Md€ partent en intérêts?À très court terme, oui, c'est ça qui est violent. Les économistes de Bercy et Moody's disent la même chose : la hausse des intérêts sera le plus gros poste de hausse budgétaire, plus forte que n'importe quel ministère. lefigaro.fr
Nuance : ton économie de 10 Md€ ne disparaît pas totalement. Elle réduit aussi ton besoin d'emprunt de 150 à 140 Md€, donc tu économises les 6 Md€ futurs sur cette part. Mais la première année, l'effet net sur le déficit est bien : +10 Md€ d'économies -9,2 Md€ d'intérêts supplémentaires = +0,8 Md€ d'amélioration seulement.
C'est pour ça que la Cour des comptes parle d'étouffement : si tu ne fais pas d'excédent primaire [déficit hors intérêts], tu empruntes pour payer les intérêts.
Dominique Handelsman &IA
La dette française s’installe au cœur de l’équation présidentielle de 2027. Alors que les taux d’emprunt remontent et que l’écart avec l’Allemagne se creuse, le risque d’une crise de financement reste encore contenu, mais jusqu’à quand ? La France repousse toujours l’heure des choix et pourrait finir par subir une discipline budgétaire imposée non plus par les urnes, mais par les marchés et la BCE.
B) - Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
C) - «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.»
Dans la perspective des présidentielles, Le monde rapporte que la Fondation Jean Jaurès a réalisé une étude rendue publique fin juin,qui l’amène a distinguer quatre familles à gauche, dont le poids respectif change radicalement la lecture du rapport de force à gauche.
La première est le noyau insoumis des électeurs fidèles et qui partagent l'aspiration de Jean-Luc Mélenchon à la rupture de défiance à l'égard du compromis. Elle représenterait un cinquième de l’électorat de gauche (20 %), lui-même minoritaire dans le pays puisqu'il ne rassemble qu'environ 29% des électeurs français.
La seconde famille est celle de la gauche, davantage issue du macronisme ou de la tradition sociale-démocrate. Elle représente 23% et affiche une hostilité à l’ »égard du leader « insoumis ».
La troisième est celle de la rupture mélenchoniste, de ceux qui ont voté Mélenchon en 2022, qui restent proches des orientations économiques, mais qui se sont depuis détournés de sa personne. Trois quarts de ses membres considèrent que LFI représente un danger pour la démocratie, un jugement proche de celui qu'ils portent sur le Rassemblement national. Additionnées, ces deux hostiles à LFI ou d'elle, constituent près de la moitié de l'électorat de gauche (25%). Cela montre bien le chemin à parcourir pour qui voudrait réunir la gauche derrière une candidature «insoumise ».
Reste une quatrième famille, la plus nombreuse (32 % de la gauche): celle du vote utile à gauche. Ayant voté Mélenchon à 74% au premier tour en 2022, elle regarde avec bienveillance les offres «insoumise», socialiste et écologiste, et réclame massivement une primaire susceptible de départager - et de rassembler - ces candidatures.
C'est sur ce dernier groupe que repose l'essentiel du pari de Jean-Luc Mélenchon. Il peut espérer qu’ils seront tenté de reproduire leur choix, car le mieux placé à gauche.
Pourtant notre la Fondation, l’époque a changé. S’il se qualifiait, il aurait toutes les peines du monde d’affronter Marine le Pen. En fin de compte, le pari Mélenchon se heurte à 2 limites. Convaincre la moitié de gauche qui ne veut pas entendre parler de lui. Et le vote utile, qui amènerait à choisir Mélenchon plutôt que le Pen. Et ce n’est pas gagné, surtout à droite.
Quel bazar !
J’ajouterai que peut être le pari au fond est celui du coup d’après, d’apparaitre en recours, lorsque la représentation de l’assemblée, toujours en miettes, montrera définitivement que le pays reste ingouvernable. Bref, rien de bien réjouissant.
Un réseau qu'ils ont baptisé "les Phrygiens".
Créé en mai 2026. Une centaine de hauts fonctionnaires, planqués dans tous les ministères, qui bossent en secret pour La France insoumise et préparent l'arrivée au pouvoir de Mélenchon.
Pas de fantasme. C'est documenté.
Ils produisent des notes, des rapports, des études techniques sur leurs projets, l'éco-régionalisation, la déconcentration des médias, des plans tout faits pour crédibiliser leur capacité à gouverner. Tout ce qui doit être prêt à dégainer le jour où ils prennent le pouvoir.
Présence confirmée à Bercy. À la Banque de France. Dans la haute fonction publique hospitalière, territoriale. À la diplomatie. Et même à la Commission européenne, tu vois.
Ils communiquent via Telegram, se réunissent une fois par mois, recrutent de façon informelle. Réseau piloté par la députée Clémence Guetté, directement depuis l'Assemblée.
Anonymat strict pour tous les membres. Motif : protéger leurs carrières de ce qu'ils appellent une "hostilité" envers LFI dans la haute administration.
En réalité, ce que ça dit, c'est qu'une organisation politique dispose d'agents placés dans les rouages de l'État, nourris aux frais du contribuable, qui planifient un programme alternatif pendant leurs heures de service, en défendant l'idée que c'est de la résistance.
Dans n'importe quel autre pays, un fonctionnaire découvert travaillant pour un parti politique pendant qu'il est payé par l'État, c'est un conflit d'intérêts majeur. En France, c'est un réseau de résistance qui s'assume publiquement dans la presse.
La différence entre un groupe d'influence et un réseau clandestin, c'est que l'un fait du lobbying et l'autre opère en secret dans les institutions qu'il est censé servir avec neutralité.
Vous y croyez, vous, à la neutralité de la haute fonction publique quand elle se structure en cellules politiques internes qui portent un nom de code ?
D) - Les envieux en images
E) - Pourquoi la France va droit à la crise ?
Malgré une marche inexorable vers de graves crises économiques et politiques, la France continue de rejeter la réforme.
L’attention internationale portée à la France va s’intensifier à l’approche de la campagne présidentielle de 2027, mais aussi parce que ses perspectives économiques et budgétaires continuent de s’assombrir.
Les taux d’intérêt augmentent dans le monde entier, tandis que la dette publique française approche 120% du PIB. La croissance réelle de l’économie française est atone depuis plus d’une décennie et son déficit budgétaire reste figé autour de –5% du PIB. Les systèmes de sécurité sociale et de retraites sont économiquement insoutenables, et l’on doute même que le budget 2027 puisse être adopté.
Comme l’écrivait récemment la Cour des comptes, organe de contrôle des finances publiques, « Exigeante et difficile, cette reprise de contrôle de nos finances publiques dès 2026 est impérative à la soutenabilité de la dette ».
« L’exception française »
Comment la France a-t-elle pu en arriver là ? Tout pays qui se respecte, placé dans la situation de la France, aurait mis en œuvre des réformes structurelles bien plus tôt. De fait, la plupart des pays européens ont engagé d’importantes réformes budgétaires et de retraites au cours des trente dernières années, notamment la Suède, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Lettonie, la Pologne et la Grèce. Beaucoup ont connu des formes d’« austérité », de cures de rigueur, parfois imposées de l’extérieur, mais touchant généralement à la fois les bureaucraties d’État et les services publics.
Seule la France n’a pas mis en œuvre de réforme majeure pour remédier à sa situation désormais déplorable. Au contraire, les Français ont opté pour la fuite en avant : plus d’impôts, plus de dépenses publiques et moins d’heures travaillées. L’Union européenne – qui n’est pas connue pour sa frugalité budgétaire – a, depuis plus de vingt ans, fréquemment exhorté les gouvernements français successifs à engager des réformes dans de nombreux domaines, en vain. Mais la France est-elle seulement encore capable de se réformer ? La réponse à cette question concerne le bien-être économique de toute la zone euro, et au-delà.
Les précieux « acquis sociaux »
Dans d’autres pays de l’UE, la réforme a été possible parce que ces sociétés ont accepté une réduction des services publics, un relèvement de l’âge de la retraite, une déréglementation du marché du travail et des services sociaux soumis à des conditions de ressources. En France, l’attitude à l’égard de la sécurité sociale est davantage politique et émotionnelle que pragmatique et rationnelle. La majorité des Français considèrent leurs services publics et leurs prestations sociales comme des « acquis sociaux », c’est-à-dire des droits qu’on ne saurait retirer une fois accordés. Ces droits sont perçus comme du « progrès », le fruit de luttes sociales historiques qu’il serait « impossible » de détricoter. Telle est la mythologie politique française qui rend les réformes structurelles si difficiles.
En France, les acquis sociaux sont issus de ruptures politiques décisives : en 1936, sous le Front populaire, les congés payés et la semaine de 40 heures ont été concédés après des occupations d’usines à l’échelle nationale. En 1944–1945, à la Libération, le Conseil national de la Résistance a institué la Sécurité sociale – assurance maladie, allocations familiales et retraites – comme fondement moral d’une nouvelle république antifasciste. Ces acquis forment le cœur de la « République sociale », puisque le préambule de la Constitution de 1946 (toujours juridiquement contraignant aujourd’hui) consacre la protection de la santé et la sécurité matérielle. Ils constituent ainsi des obligations constitutionnelles de l’État, ce qui fait que toute tentative de les démanteler est largement perçue comme une violation du contrat social.
Les tentatives de restreindre ces acquis sociaux poussent les Français à faire grève et à descendre massivement dans la rue, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises. Dans la culture politique française, les expressions démocratiques sont considérées comme légitimes non seulement au Parlement, mais aussi dans la rue. Ainsi, par le passé, des manifestations de masse ont pu fortement influencer, voire faire reculer le gouvernement, comme lors des grandes grèves de 1995 contre la réforme des retraites, des manifestations de 2006 contre le CPE ou du mouvement des gilets jaunes à partir de 2018.
Cette attitude explique aussi pourquoi les Français s’accommodent de l’un des niveaux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde, tant que leurs sacro-saints acquis sociaux sont préservés, même si la majorité ignore largement que de nombreux autres pays disposent de systèmes de protection sociale plus efficaces et parfois plus « généreux » que la France. Cette ignorance tient à un certain chauvinisme et à un manque d’intérêt pour ce qui se passe en dehors des frontières françaises.
Les Français tolèrent les dépenses gargantuesques de leur État, alors qu’il est de notoriété publique que la fraude, l’inefficacité, la corruption et le gaspillage y sont répandus. Des dizaines de milliards d’euros de fonds publics sont ainsi perdus chaque année. Mais ces faits ne provoquent aucune protestation dans la rue, alors qu’on pourrait légitimement s’y attendre. Si beaucoup se plaignent du gaspillage des deniers publics, ce qui compte vraiment, ce sont les acquis sociaux.
La France dans l’impasse
En conséquence, les responsables politiques français ont cessé de promettre de grandes réformes budgétaires et de dépenses, car la préservation des acquis sociaux est bien plus importante pour l’électorat français que la réduction du poids de l’État, même si, ironiquement, les deux sont étroitement liés. Par ailleurs, la plupart des Français ne sont pas désintéressés : beaucoup connaissent un fonctionnaire, puisqu’il y en a désormais près de 6 millions (soit plus de 20% de la population active !).
La situation actuelle a créé une spirale de déclin pour la société française, où la minorité dirigeante technocratique et la majorité des gouvernés se trouvent toutes deux prisonnières de leurs contradictions. La classe politique actuelle n’a ni le courage ni la motivation nécessaires pour impulser une orientation économiquement saine mais politiquement suicidaire en matière de réforme budgétaire. La bureaucratie d’État ne veut pas renoncer à ses privilèges financés par l’impôt, tandis que la majorité n’accepte d’y toucher qu’à la marge.
La solution, c’est la liberté
Les maux de la France sont fondamentalement politiques. Ils sont le résultat de décennies d’étatisme
redistributif lourd et interventionniste. Lorsque l’État s’immisce dans la société, en intervenant dans les choix individuels en matière de santé, de protection sociale et de retraite, les résultats sont prévisibles. De fait, les difficultés que traverse la France sont bien connues et ont souvent été décrites, non seulement sur le plan économique, mais aussi sociologique, par exemple par Ludwig von Mises dans des ouvrages comme «
La bureaucratie » (1944) et «
La mentalité anticapitaliste » (1956).
La solution pour la France face à ces difficultés est elle aussi bien connue, non seulement sur le plan moral – donner plus de liberté aux citoyens et réduire les atteintes au droit de propriété – mais aussi sur le plan pragmatique : enrayer le déclin de la société et initier un redressement. La France a urgemment besoin de coupes massives dans les dépenses publiques, d’une réforme radicale des retraites, d’un assainissement des comptes publics, d’une déréglementation du droit du travail, d’un allègement des formalités administratives et de baisses d’impôts drastiques pour stimuler la consommation et l’activité économique. Les recettes fiscales pourraient vraisemblablement être maintenues, car la France se situe depuis longtemps au-delà du sommet de la courbe de Laffer.
Pourtant, aucun candidat aux élections de 2027 ne propose des mesures de libéralisation aussi évidentes que nécessaires. Tous proposent différents ajustements au système étatiste actuel. Comme il arrive si souvent dans l’histoire de France, l’issue viendra probablement non pas d’une action politique volontariste et consensuelle, mais d’une confrontation exacerbée durant une crise aiguë. En définitive, le refus français de toute régression substantielle des acquis sociaux signifie que la réforme ne sera possible qu’après le choc de crises financières et sociales. Le résultat sera un recul du niveau de vie plus sévère qu’il n’aurait dû l’être, et un sacrifice collectif qui aurait pu être en grande partie évité. L’avenir s’annonce chaotique pour la France.
Finn Andreen
https://libertis.net/articles/776n637n/fr/pourquoi-la-france-va-droit-a-la-crise
« Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans
Impôts, taxes et cotisations ont encore augmenté en 2026. Selon le bilan de l’institut Rexecode, les prélèvements obligatoires ont progressé de 36,7 milliards d’euros depuis 2023. Une hausse qui n’empêche ni le déficit de rester supérieur à 5 % du PIB, ni la dette publique de se rapprocher des 120 %.
Après plusieurs années d’accalmie, la France connaît depuis 2023 une remontée rapide des
prélèvements obligatoires. D’après le deuxième bilan annuel de Rexecode consacré au sujet, les nouvelles mesures représentent 36,7 milliards d’euros supplémentaires en trois ans, soit environ 1,2 point de PIB.
La progression s’est accélérée au fil des années : environ 3 milliards d’euros en 2024, 21 milliards en 2025 et 12,9 milliards supplémentaires en 2026.
Parmi les principales mesures de 2026 figurent le gel du barème des allègements de cotisations patronales, pour environ 2,2 milliards d’euros, la normalisation de la fiscalité énergétique, à hauteur de 2,6 milliards, ainsi que l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, évaluée à 1,2 milliard. Les organismes de complémentaire santé sont également mis à contribution, avec une surtaxe estimée à 1 milliard d’euros.
Sur l’ensemble de la période, les ménages supportent environ 17,9 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, soit près de 600 euros par foyer. Les entreprises, elles, supportent 18,8 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, ce qui correspond à environ 2,8 % de leur excédent brut d’exploitation.
En tenant compte à la fois des mesures fiscales à la hausse et à la baisse, les ménages et les entreprises supportent 65 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires chaque année par rapport à ce qu’ils auraient payé si les règles fiscales de 2010 étaient toujours en vigueur. « Ce n’est plus tenable, on est en train de tirer sur l’élastique… et il va finir par lâcher », alertent les auteurs de l’étude.
Plus de recettes, mais toujours plus de dette
Pour quelle efficacité ? Malgré les 36,7 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires depuis 2023, le déficit public ne se résorbe pas. Rexecode l’évalue autour de 5,4 à 5,5 % du PIB en 2026, soit un niveau proche de celui observé en 2023.
La progression des dépenses publiques absorbe les recettes nouvelles, tandis que la croissance économique génère elle-même moins de recettes qu’espéré.
À lire Épargne : la hausse des impôts pourrait faire fuir l’argent plutôt que remplir les caisses de l’ÉtatUn autre facteur pèse lourdement sur les comptes : les intérêts de la dette. Leur charge devrait passer de 1,9 % du PIB en 2023 à environ 2,5 % en 2026, sous l’effet notamment de la remontée des taux d’intérêt. Selon Rexecode, près de la moitié des hausses d’impôts intervenues depuis 2023 auraient ainsi été absorbées par l’augmentation de la charge d’intérêts.
Le travail et le capital davantage taxés qu’ailleurs en Europe
Le niveau global des prélèvements handicape lourdement la compétitivité des entreprises tricolores. En 2024, le taux français atteignait 43,5 % du PIB selon les données de la Commission européenne. Il dépassait alors de plusieurs points les niveaux observés dans l’Union européenne, la zone euro et chez les cinq principaux voisins économiques de la France.
L’écart est particulièrement marqué sur le travail et le capital. La France prélevait en 2024 environ 1,7 point de PIB de plus sur le travail et 1,1 point de plus sur le capital que ces cinq pays voisins.
Du côté des entreprises, les prélèvements nets pesant sur les sociétés non financières représentaient 20,2 % de leur valeur ajoutée, contre 16,1 % chez les principaux voisins européens. Selon Rexecode, la différence correspond à environ 63 milliards d’euros de prélèvements nets supplémentaires supportés par les entreprises françaises.
C’est dans ce contexte que le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2027. Un gouvernement Lecornu qui reconnaît déjà que le taux de prélèvements obligatoires pourrait augmenter à nouveau, de 0,3 point de PIB…
Alexandre Bertolini
https://www.valeursactuelles.com/economie/ce-nest-plus-tenable-37-milliards-deuros-dimpots-en-plus-depuis-trois-ans
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