Affichage des articles dont le libellé est ÉricDor. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ÉricDor. Afficher tous les articles

août 25, 2026

La France sa dette et ses envieux !

Sommaire:
 
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.
B) -  Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
C) -  «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.»
D) - Les envieux en images 
E) -  Pourquoi la France va droit à la crise?
F) - « Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans
 

 
A) - Question : Fin août (moi, la France paie 50 Md d'intérêts annuel.  
Donc fin 2026 (mois 12), nous aurons payé 75 Md d'intérêts pour 2026. Soit un taux de 2%/an.
Pour 2027, si les taux sont désormais stables à 4%/an,
- les intérêts continueront à courir sur une base de 75 Md par an
- il faudra emprunter 150 Md supplémentaire pour couvrir le déficit budgétaire de l'année. à 4% : 6 Md annuel.
- Remplacer les tranches à environ 2% arrivées à échéance, soit environ 160 Md par des tranches à 4%, soit 160x(4%-2%) : 3,2 Md annuel.
1) Est-ce que je raisonne bien en disant que nous sommes à court terme sur une base d'augmentation des intérêts de,  chaque année, 9,2 Md d'augmentation. Sachant que le phénomène est exponentiel ?
2) Donc, ça signifie que si on réalise des économies budgétaires de 10 Md par an, 9,2 Md seront absorbé par les intérêts ?
Tu valides tout ça ?
 
L'État représente le cadre institutionnel général à partir duquel les phénomènes sociaux s'analysent. Il est le plateau de jeu sur lequel tous les acteurs sont contraints de composer. Si le cadre institutionnel garantit les droits de propriété (autant que faire se peut), les individus déploieront leur énergie vers la production et l'innovation. Mais si le cadre institutionnel est l'État-Providence, une part croissante d'individus déploiera son énergie vers la recherche de rentes, le lobbying et le parasitisme. L'être humain reste le même dans les deux cas, avec ses vices et ses vertus. Ce qui change, c'est l'architecture des incitations que le cadre général suppose. Une fois cela posé, vient l'individualisme méthodologique. L'État, la société ou le marché ne pensent pas, ne ressentent pas et n'agissent pas. Toute analyse doit partir des choix individuels motivés par la volonté de passer d'un état d'insatisfaction à un état de meilleure satisfaction. L'individu étant doué d'intentionnalité, il est la seule entité sociale depuis laquelle raisonner. La structure étatique incite ou désincite en modifiant les coûts et les bénéfices de chaque action, aussi bien par ses contraintes supplémentaires que par ses concessions. Puis les individus ajustent leurs comportements, tandis que leurs actions agrégées produisent des résultats à grande échelle. Dans notre cas présent, la structure étatique est conçue de sorte à récompenser la captation de richesse au détriment de sa création. Il n'y a pas de secret...
Arthur Homines
 

Réponse de Meta AI :

Ton raisonnement est bon dans l'ordre de grandeur, et il est confirmé par les chiffres officiels.Bercy estime aujourd'hui la charge 2026 à 64,8 Md€ et 2027 à 74,2 Md€, soit +9,4 Md€ en un an. Tu arrives à 9,2 Md€ avec ta méthode simplifiée, on est dedans. lefigaro.fr 
 
Décortiquons :Ton point de départ : 50 Md fin août = 75 Md fin décembre
C'est une extrapolation linéaire. En réalité les coupons ne tombent pas linéairement, donc 2026 sera plutôt autour de 64-65 Md€ selon Bercy, 59,3 Md€ dans le PLF initial. Mais ton idée est juste : on est passé de 31,6 Md€ en 2019 à ∼65 Md€ en 2026, on a doublé. lefigaro.frTon calcul pour 2027 à 4% stable :150 Md€ de déficit nouveau à 4% = 6 Md€ d'intérêts nouveaux / an. Juste.Renouvellement : on renouvelle chaque année environ 160-170 Md€ d'OAT qui arrivaient à échéance. Ces OAT avaient été émises quand les taux étaient à 0%, parfois négatifs. Tu prends un différentiel 2% -> 3,2 Md€.


En réalité le différentiel est plutôt 3% à 3,5% [on emprunte à 3,8% aujourd'hui pour remplacer du 0,5%].
 
Donc tu es même prudent. 
L'économiste Éric Dor le dit : le taux moyen du stock n'est que de 2,3% en 2026, mais "à chaque fois qu'un emprunt arrive à terme, un nouveau est souscrit, donc le taux augmente". lefigaro.fr
Total = 6 + 3,2 = 9,2 Md€ d'augmentation annuelle. Oui.Est-ce exponentiel?Non, pas exponentiel à court terme, c'est linéaire par marche. Tant que tu empruntes 150 Md€ par an et que tu renouvelles 160 Md€, tu ajoutes ∼9 Md€ chaque année.

Ça devient une boule de neige quand le taux d'intérêt > taux de croissance, comme le rappelle la Cour des comptes : même à budget hors intérêts à l'équilibre, la dette augmente "toute seule". 
C'est l'effet boule de neige. lemonde.fr 
Question 2 : Si on fait 10 Md€ d'économies, 9,2 Md€ partent en intérêts?À très court terme, oui, c'est ça qui est violent. Les économistes de Bercy et Moody's disent la même chose : la hausse des intérêts sera le plus gros poste de hausse budgétaire, plus forte que n'importe quel ministère. lefigaro.fr 
Nuance : ton économie de 10 Md€ ne disparaît pas totalement. Elle réduit aussi ton besoin d'emprunt de 150 à 140 Md€, donc tu économises les 6 Md€ futurs sur cette part. Mais la première année, l'effet net sur le déficit est bien : +10 Md€ d'économies -9,2 Md€ d'intérêts supplémentaires = +0,8 Md€ d'amélioration seulement.
C'est pour ça que la Cour des comptes parle d'étouffement : si tu ne fais pas d'excédent primaire [déficit hors intérêts], tu empruntes pour payer les intérêts.

Dominique Handelsman &IA
 
La dette française s’installe au cœur de l’équation présidentielle de 2027. Alors que les taux d’emprunt remontent et que l’écart avec l’Allemagne se creuse, le risque d’une crise de financement reste encore contenu, mais jusqu’à quand ? La France repousse toujours l’heure des choix et pourrait finir par subir une discipline budgétaire imposée non plus par les urnes, mais par les marchés et la BCE. 
📲 Lien ici : https://vist.ly/5fms2
 
 

 
 
 B) - Dette française : le scénario du pire, de 2027 à 2037
 

La France n’avait plus emprunté aussi cher depuis 2008. Sauf qu’en 2008, le monde traversait une crise financière majeure. L’inconséquence politique pourrait finir par se payer cher. Très cher. Au point de faire entrer le pays dans un hiver budgétaire… pour une décennie. 

Paris, 7 juin 2037, 19 h 58. Sur le plateau de TF1, la Première ministre Céleste Sipra s’apprête à répondre aux questions de l’indéboulonnable Gilles Bouleau. Pourtant rompue à l’exercice médiatique, elle ressent une certaine nervosité avant de débuter son propos liminaire. 20 h, lancement du direct. La voix empreinte d’une légère émotion impossible à dissimuler, elle lâche enfin ces mots qu’elle n’espérait plus prononcer : « Mes chers compatriotes. J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que la France ne fait plus l’objet d’une procédure de surveillance pour déficit excessif. Ce qui restera dans notre histoire comme le pire incident de crédit depuis la Révolution française, et que certains historiens commencent déjà à qualifier d’“hiver budgétaire”, est enfin terminé. Je mesure, avec gravité, l’immensité des efforts que vous avez consentis durant cette période sombre, et je vous en remercie. Vous avez été dupés par les promesses budgétaires de politiciens cyniques qui avaient pour seul horizon la prochaine élection, sans penser une seule seconde à la prochaine génération. Cet épisode budgétaire traumatisant aura néanmoins eu le mérite de nous permettre de développer des anticorps puissants contre la démagogie et le populisme, pour nous assurer que plus jamais notre pays n’ait à revivre une telle situation. »
 
Pour rappeler la chronologie des faits, le présentateur lance le reportage. On y voit un cycliste zigzagant dans un col à très faible allure, en détresse. La voix off commente : « La fringale. Angoisse du cycliste, elle le frappe lorsqu’il n’a pas su gérer son effort en n’ayant pas su constituer les bonnes réserves énergétiques au moment où il le fallait. Une fois qu’elle se présente, il est très difficile de se remobiliser, et le coureur n’a pas d’autre choix que de laisser s’envoler ses concurrents. C’est exactement ce qu’a vécu l’économie française à l’hiver 2027 où, après une très forte remontée des taux d’intérêt, notre pays a connu un incident de crédit d’une ampleur inégalée depuis 2 siècles. »
 
Les premiers signaux étaient perceptibles dès la fin de l’été 2026, où le niveau de l’OAT à 10 ans (soit le taux d’intérêt des obligations assimilables du Trésor, qui sont les titres d’emprunt émis par l’État pour se financer) a progressé à un rythme alarmant, dépassant les niveaux des précédentes crises financières, atteignant les 4,7 %. Une spirale négative amplifiée au moment de l’examen du budget 2027, où l’addition des propositions fantaisistes et délirantes de l’ensemble des partis a envoyé le signal aux marchés que la rationalité avait définitivement déserté l’Assemblée. En décembre 2026, lors du vote du PLF 2027, l’OAT a atteint 5,21 %. Or, une augmentation du taux de 1 % sur l’OAT à 10 ans représente dès la première année un coût supplémentaire de l’ordre de 3 milliards d’euros. Pour tenter d’éteindre l’incendie, le Premier ministre de l’époque a annoncé la baisse de 1 % du montant des retraites, afin de récupérer les sommes allant disparaître par l’effet de l’envolée de la charge de la dette. Avec la présidentielle et les législatives en ligne de mire, les oppositions ont rejeté cette idée en même temps que le budget. Malgré la volonté de passer par le 49-3, le gouvernement n’échappe pas à la censure. La France bascule dans la nouvelle année sans budget, et les marchés comprennent que le pays n’est plus gouverné.
 
En parallèle, les sondages anticipant un second tour opposant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se multiplient, et l’impossibilité pour les candidats du bloc central de s’accorder sur un programme commun a fini de fragmenter la vie politique française qui s’est figée autour de ces deux blocs. La suite est allée très vite.

L’incident de crédit

Le jeudi 4 février 2027, à 10 h 50, l’Agence France Trésor met aux enchères, comme elle le fait deux fois par mois, ses obligations à dix, vingt et trente ans. Une adjudication est une vente où les grandes banques sont tenues de proposer un prix, et l’État de servir les mieux-disants. À 11 heures, les chiffres tombent. Le marché a demandé à acheter deux fois moins de dettes que l’année précédente, et exigé une prime de risque supérieure à l’habitude. Résultat, l’OAT à dix ans termine la séance à 5,52 %.
Le lendemain, 
  (l’organisme financier qui s’intercale entre un acheteur et un vendeur pour sécuriser et garantir la bonne fin des transactions sur les marchés) relève ses dépôts de garantie sur les titres français, et ceux qui les détenaient à crédit doivent vendre pour couvrir. Les quatre grandes banques perdent 9 % de leur valeur en une seule séance. Le vendredi 12 février, deux agences de notation annoncent dégrader la note de la France, en le faisant « hors calendrier », la faisant quitter le club des pays « A ». Avec son triple B, la dette française est ainsi exclue des principaux placements mondiaux classés « sans risque », diminuant encore un peu plus la demande pour ses titres, et la déplaçant des acteurs institutionnels vers les investisseurs individuels souhaitant profiter de ce fort niveau de rendement de manière spéculative avant que tout ne s’effondre.
 
Le lundi 15 février, l’OAT monte à 6,1 %, et l’écart avec l’Allemagne atteint 205 points. La France n’a manqué aucune échéance, la dette continue à être demandée, mais elle vient pourtant de connaître le début de son plus grand incident de crédit, ce moment où le marché cesse d’être le principal sponsor d’une dette et où quelqu’un doit prendre sa place. Ce mécanisme d’avancée lente des crises avait été parfaitement décrit par Lorenzoni et Werning en 2019 : la peur d’un défaut futur relève les taux, les taux élevés gonflent la dette, dont le niveau finit par donner raison à la peur.
 
 


La réponse de la Banque centrale

Ce « quelqu’un », c’est la Banque centrale européenne. Mais elle ne le fera pas à n’importe quelle condition. Elle dispose d’un instrument de protection de la transmission (le TPI), créé en 2022, l’autorisant à acheter sans limite les titres d’un État attaqué de manière « injustifiée et désordonnée », mais à des conditions que la France ne respecte pas. Elle décide donc de ne pas le déployer pour le moment. Le Conseil des gouverneurs l’annonce le 22 février par un communiqué laconique disant qu’il « suit la situation avec attention », tout en rappelant qu’il « attend des engagements du prochain gouvernement qui sortira des urnes ». En parallèle, la présidente de la BCE adressait une lettre à l’Élysée et à Matignon détaillant le menu des ajustements qui seraient à réaliser pour rentrer dans les clous budgétaires, à l’instar de ce que Trichet et Draghi firent avec l’Italie en 2011.
Dans les médias, les réactions se multiplient. Bruno Le Maire fustige les « stagiaires » n’ayant pas su faire fructifier son brillant héritage laissé à Bercy. Ségolène Royal se déclare prête à prendre la tête de la BCE, forte de son expérience en à peu près tout. Matthieu Pigasse déclare paradoxalement que la dette n’est pas du tout un problème, mais ajoute qu’il se tient à disposition de son pays pour l’aider à la restructurer s’il le souhaite.
 
Début mars 2027, la campagne bat son plein avec son cortège de promesses clientélistes, allant de la retraite à 61 ans à la hausse de 10 % du SMIC. Face à l’urgence de la situation, le Haut Conseil des finances publiques sort de sa réserve et présente un chiffrage inédit des programmes. Les deux candidats en tête réaffirment leurs promesses sur la retraite, disant qu’elle sera financée par une hausse de la fiscalité sur les riches ou par une interdiction de l’immigration.
 
Le 17 mars, Heleen Herbert, Pia Olsen Dyhr et Katherina Reiche, ministres de l’Économie des Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne, tiennent un point presse en marge d’une manifestation à Vienne sur « l’économie en 2050 » où elles déclarent que leurs contribuables ne paieront pas pour financer une nouvelle réforme des retraites françaises allant à rebours des efforts que leurs concitoyens ont consenti à réaliser ces dernières années. Le 17 mai, l’écart avec l’Allemagne monte à 280 points, avec une OAT à 6,9 %. L’assurance-vie des Français en euros subit une vague de rachats telle que le Haut Conseil de stabilité financière doit les suspendre, s’appuyant sur une disposition de la loi Sapin II de 2016. Le nouveau gouvernement, une coalition de trois partis populistes, passe quinze jours à négocier à Bruxelles et à Francfort pour demander l’autorisation de passer leur loi phare.
 
Le 12 juin, le Conseil Ecofin adresse à la France une mise en demeure au titre de l’article 126-9 du traité, première du genre contre un grand pays, avec une trajectoire de dépenses vérifiée chaque trimestre.
 
Le 18 juin, la BCE active pour la première fois de son histoire son instrument de protection et achète 185 milliards d’obligations françaises en neuf mois, sur le marché secondaire, tout en relevant ses taux contre une inflation que la hausse de la TVA allait nourrir. Pour l’obtenir, Paris doit accepter ce que Rome a refusé en 2011, une ligne de crédit de précaution du Mécanisme européen de stabilité de 60 milliards, jamais tirée, mais assortie d’un protocole budgétaire d’accord de vingt-trois pages soumis par les autres pays européens. L’incident de crédit est éteint et l’OAT contenue, mais non sans condition.

L’austérité, la vraie

En contrepartie du rachat de ses dettes, la France accepte le menu proposé par la BCE et les autres pays européens pour assainir ses comptes et éviter que la situation ne dégénère ou ne se reproduise. Elle enclenche ainsi de manière rapide les réformes qu’elle avait refusé de faire ces dernières années. Et sa procrastination va lui coûter cher.
 
Le 15 juillet 2027, le Parlement est appelé à se prononcer en urgence sur le projet de loi de finances rectificative déclinant les attentes européennes, visant une baisse de 90 milliards d’euros sur l’année. Suppression de tous les taux réduits de TVA, baisse de 2 % de toutes les prestations sociales (du RSA aux retraites), hausse de 3 points de l’impôt sur le revenu.
 
Les projets de loi de finances de 2028 et 2029 ne sont guère plus désirables : augmentation de l’âge de départ à 68 ans dès 2031, suppression de trois jours fériés, baisse de 3 % des pensions de retraite chaque année, limitation de la hausse des dépenses de santé à 1 % (contre 4 % en tendanciel), non-remplacement de tous les agents publics partant à la retraite, gel du traitement des fonctionnaires, hausse de la CSG de 2 points et passage de la TVA sur tous les produits à 23 %, cession de 35 milliards de participations de l’État, suppression de 15 milliards d’euros de niches fiscales et limitation de la durée de l’indemnisation des demandeurs d’emploi à 9 mois. La France se voit confrontée à une vraie cure d’austérité, bien au-delà de celle fantasmée par les oppositions pendant des années.
 
Concrètement, pour les ménages, la facture est salée. Bernard et Chantal, un couple de retraités vivant à Quimper et gagnant 2 900 € à deux, ont perdu 20 % de leur pouvoir d’achat en 4 ans. Un professeur des écoles à Dijon, gagnant 2 100 €, a perdu 15 % de son niveau de vie tout en travaillant 3 jours de plus gratuitement. Un jeune couple à Montpellier ayant acquis début 2027 sa résidence principale pour 250 000 euros va rembourser 1 600 euros par mois contre 1 300 euros s’ils avaient acheté six mois plus tôt.
Du côté des entreprises, la fermeture du robinet du crédit par des banques ayant perdu 20 % de leur valorisation a fait exploser le nombre de défaillances, qui ont atteint 100 000 en 2029, provoquant la plus grosse vague de licenciements en quarante ans.

La lente chute

Tous ces ajustements ne se sont pas faits sans heurts. Le choc a d’abord été économique. Le PIB a reculé de 3 % en 2028 et encore de 1,2 % en 2029, le chômage a franchi les 10 %, et le déficit, tombé à 3,2 % dès 2028 sous l’effet de la potion amère imposée au pays, est remonté à 3,8 % en 2029 lorsque l’État a dû recapitaliser à titre de précaution deux grandes banques pour 45 milliards. Puis le choc est devenu politique. Les émeutes de l’automne 2029 ont emporté la coalition au pouvoir, et le gouvernement suivant a rendu une partie de ce que le précédent avait pris. La TVA a été ramenée à 21 %, et la baisse des pensions suspendue, au moment même où la récession européenne de 2030 a commencé à s’installer. Le déficit est repassé au-dessus de 4 % durant 3 ans, tandis que la charge d’intérêts, gonflée par les emprunts contractés au plus haut des taux, a dépassé les 150 milliards par an, davantage que les budgets de l’Éducation nationale et de la Défense réunis.
 
Pour contenir le retour des taux à la hausse, la BCE s’est vue contrainte d’acheter une seconde fois massivement des titres français. La Cour de Karlsruhe, saisie par des plaignants allemands, n’a autorisé la participation de la Bundesbank qu’à une condition, aussitôt reprise dans le protocole du MES, soit l’inscription dans la Constitution française d’une règle d’or interdisant l’endettement hors investissements de longue durée. Le budget de la défense a été réduit, le porte-avions Charles-de-Gaulle partagé avec l’Allemagne et le parapluie nucléaire cédé à l’Union européenne. L’offre de rachat de la forêt de Fontainebleau par le Qatar a même été sérieusement envisagée par l’Assemblée nationale. En parallèle, une règle d’or a été inscrite dans la Constitution empêchant le recours à l’endettement sauf pour financer des investissements de longue durée.
 
Est ensuite arrivé le tour de Bruxelles de proposer son menu, réglementaire cette fois-ci. Un vrai choc de simplification du droit du travail, du code de l’environnement et de l’urbanisme a été adopté. Le seul déficit autorisé par l’État le fut pour financer les transitions écologique et numérique, mais de manière très encadrée.
 
À partir de 2034, ces efforts ont commencé à porter leurs fruits. L’OAT s’est stabilisée autour de 3 %, la dette est redescendue d’une quinzaine de points sous son pic de 2031, le déficit a atteint 2,7 % en 2036, la dépense publique est passée sous 49,5 % du PIB, le chômage a reflué à 6,9 % et le revenu réel par habitant, inférieur de 8 % à celui de 2026 au creux de 2031, a entamé sa première remontée depuis dix ans.
 
Ces dix années ont été les plus difficiles de l’histoire économique récente de la France, ayant même provoqué une diminution de l’espérance de vie d’une année de la population (une première depuis la guerre) et rompu le reste de confiance des citoyens envers leurs élus. Mais cette rigueur a représenté l’unique chance de sortir le pays de l’incurie budgétaire dans laquelle il était enfermé.
 
Retour sur le plateau. La Première ministre conclut par une phrase qu’aucun de ses prédécesseurs n’aurait prononcée à cette heure d’écoute. « Nous ne dépenserons plus jamais un euro que nous ne savons pas financer. » À méditer…
 
 Erwann Tison

La France ne serait pas le premier pays d’Europe à traverser une crise financière. D’autres l’ont précédée, et s’en sont relevés. Mais aucun n’en est sorti indemne.

Suède, 1992. La bulle immobilière explose, les banques sont à terre et la monnaie attaquée. Le 16 septembre, la Riksbank porte son taux marginal à 500 % pour défendre la couronne, avant de renoncer le 19 novembre. Le déficit file vers les 11 % du PIB. En dix jours, gouvernement et opposition signent deux accords de crise, puis le programme Persson de 1994 aligne 126 milliards de couronnes de mesures (près de 8 % du PIB), à dominante de dépenses.Le PIB perd 5 %, et la population en ressent durement les effets. Le chômage passe de 2 à 8 %, et près de 13 % si l’on compte les chômeurs placés en dispositifs d’emploi. Le modèle social le plus généreux d’Europe est rogné. L’indemnisation tombe de 90 à 80 % du salaire, un jour de carence apparaît en cas d’arrêt maladie. Dans le même temps, les allocations familiales et la revalorisation des pensions sont réduites, tandis que les communes taillent dans les dépenses liées à l’école et aux soins. Après ce choc, la Suède enchaîne quinze ans d’excédents et invente ses plafonds de dépenses.

https://lel.media/insert/crises-financieres-sept-precedents-europeens/

 

Si notre dette dérape, beaucoup imaginent que la BCE n’aura qu’à sortir le chéquier. Elle le peut… Mais pas à n’importe quelles conditions. Les Français seront-ils alors encore maîtres de leur destin ?

Ce qu’elle ne peut pas. L’article 123 du traité lui interdit de financer directement un État, donc d’acheter ses titres à l’émission. L’article 125 interdit quant à lui à l’Union de le renflouer. Elle ne peut donc intervenir que sur le marché secondaire, auprès d’investisseurs qui revendent des titres déjà émis, et la Cour de justice, dans l’arrêt Gauweiler de 2015, a fixé des garde-fous : un délai entre l’émission et l’achat, aucune annonce préalable des volumes, la possibilité de revendre et l’interdiction d’annuler l’incitation des États à tenir leurs comptes.

 https://lel.media/insert/dette-francaise-quel-secours-attendre-de-la-bce-et-a-quel-prix/

Et si une crise de la dette n’était pas le pire scénario ? Pas de krach. Pas de panique. Pas de sauvetage. Juste une France qui s’appauvrit lentement, irrémédiablement, année après année.

Dans l’autre version de l’histoire, l’adjudication du 4 février 2027 se passe bien. Couverture de 1,9, queue de deux points, une OAT à 5,1 %. Pas de lettre, pas de protocole de vingt-trois pages. Rien ne se passe, et c’est bien là le problème.

L’écart avec l’Allemagne ne saute pas, il rampe. 115 points fin 2027, 140 en 2029, 180 en 2032. Rien de « désordonné » qui autorise Francfort à intervenir, rien d’assez brutal pour faire tomber un gouvernement. Mais chaque année, un neuvième de la dette se refinance au prix du jour, et le taux moyen payé sur le stock grimpe de 2,2 % à 4 % en huit ans. 

Les 124 milliards de charge d’intérêts annoncés pour 2030 par la mission de juillet 2026 arrivent avec un an d’avance. Le cap des 150 milliards est franchi en 2032. Cinq points de PIB, plus que l’Éducation nationale, la Défense et la Justice réunies, versés chaque année à des créanciers dont 56 % ne votent pas en France. Le Japon a vécu trente ans ainsi, mais avec sa propre monnaie et l’épargne de ses ménages. La France, elle, emprunte dans une monnaie qu’elle ne contrôle pas, auprès d’étrangers qu’elle ne connaît pas. 

 https://lel.media/insert/dette-francaise-le-scenario-de-letouffement-lent/



 


 

C) - «Mélenchon ou l’art d’envoyer la France dans le mur en klaxonnant.» 
 
Dans la perspective des présidentielles, Le monde rapporte que la Fondation Jean Jaurès a réalisé une étude rendue publique fin juin,qui l’amène a distinguer quatre familles à gauche, dont le poids respectif change radicalement la lecture du rapport de force à gauche. 
 
La première est le noyau insoumis des électeurs fidèles et qui partagent l'aspiration de Jean-Luc Mélenchon à la rupture de défiance à l'égard du compromis. Elle représenterait un cinquième de l’électorat de gauche (20 %), lui-même minoritaire dans le pays puisqu'il ne rassemble qu'environ 29% des électeurs français. 
 
La seconde famille est celle de la gauche, davantage issue du macronisme ou de la tradition sociale-démocrate. Elle représente 23% et affiche une hostilité à l’ »égard du leader « insoumis ». 
 
La troisième est celle de la rupture mélenchoniste, de ceux qui ont voté Mélenchon en 2022, qui restent proches des orientations économiques, mais qui se sont depuis détournés de sa personne. Trois quarts de ses membres considèrent que LFI représente un danger pour la démocratie, un jugement proche de celui qu'ils portent sur le Rassemblement national. Additionnées, ces deux hostiles à LFI ou d'elle, constituent près de la moitié de l'électorat de gauche (25%). Cela montre bien le chemin à parcourir pour qui voudrait réunir la gauche derrière une candidature «insoumise ». 
 
Reste une quatrième famille, la plus nombreuse (32 % de la gauche): celle du vote utile à gauche. Ayant voté Mélenchon à 74% au premier tour en 2022, elle regarde avec bienveillance les offres «insoumise», socialiste et écologiste, et réclame massivement une primaire susceptible de départager - et de rassembler - ces candidatures. 
 
C'est sur ce dernier groupe que repose l'essentiel du pari de Jean-Luc Mélenchon. Il peut espérer qu’ils seront tenté de reproduire leur choix, car le mieux placé à gauche. Pourtant notre la Fondation, l’époque a changé. S’il se qualifiait, il aurait toutes les peines du monde d’affronter Marine le Pen. En fin de compte, le pari Mélenchon se heurte à 2 limites. Convaincre la moitié de gauche qui ne veut pas entendre parler de lui. Et le vote utile, qui amènerait à choisir Mélenchon plutôt que le Pen. Et ce n’est pas gagné, surtout à droite. 
 
Quel bazar ! J’ajouterai que peut être le pari au fond est celui du coup d’après, d’apparaitre en recours, lorsque la représentation de l’assemblée, toujours en miettes, montrera définitivement que le pays reste ingouvernable. Bref, rien de bien réjouissant. 
 
Un réseau qu'ils ont baptisé "les Phrygiens". 
 
Créé en mai 2026. Une centaine de hauts fonctionnaires, planqués dans tous les ministères, qui bossent en secret pour La France insoumise et préparent l'arrivée au pouvoir de Mélenchon. Pas de fantasme. C'est documenté. Ils produisent des notes, des rapports, des études techniques sur leurs projets, l'éco-régionalisation, la déconcentration des médias, des plans tout faits pour crédibiliser leur capacité à gouverner. Tout ce qui doit être prêt à dégainer le jour où ils prennent le pouvoir. Présence confirmée à Bercy. À la Banque de France. Dans la haute fonction publique hospitalière, territoriale. À la diplomatie. Et même à la Commission européenne, tu vois. Ils communiquent via Telegram, se réunissent une fois par mois, recrutent de façon informelle. Réseau piloté par la députée Clémence Guetté, directement depuis l'Assemblée. Anonymat strict pour tous les membres. Motif : protéger leurs carrières de ce qu'ils appellent une "hostilité" envers LFI dans la haute administration. En réalité, ce que ça dit, c'est qu'une organisation politique dispose d'agents placés dans les rouages de l'État, nourris aux frais du contribuable, qui planifient un programme alternatif pendant leurs heures de service, en défendant l'idée que c'est de la résistance. 
 
Dans n'importe quel autre pays, un fonctionnaire découvert travaillant pour un parti politique pendant qu'il est payé par l'État, c'est un conflit d'intérêts majeur. En France, c'est un réseau de résistance qui s'assume publiquement dans la presse. La différence entre un groupe d'influence et un réseau clandestin, c'est que l'un fait du lobbying et l'autre opère en secret dans les institutions qu'il est censé servir avec neutralité. 
 
Vous y croyez, vous, à la neutralité de la haute fonction publique quand elle se structure en cellules politiques internes qui portent un nom de code ?
 

 
 
D) - Les envieux en images 



E) - Pourquoi la France va droit à la crise ?

 Malgré une marche inexorable vers de graves crises économiques et politiques, la France continue de rejeter la réforme.

 

L’attention internationale portée à la France va s’intensifier à l’approche de la campagne présidentielle de 2027, mais aussi parce que ses perspectives économiques et budgétaires continuent de s’assombrir.

Les taux d’intérêt augmentent dans le monde entier, tandis que la dette publique française approche 120% du PIB. La croissance réelle de l’économie française est atone depuis plus d’une décennie et son déficit budgétaire reste figé autour de –5% du PIB. Les systèmes de sécurité sociale et de retraites sont économiquement insoutenables, et l’on doute même que le budget 2027 puisse être adopté.

Comme l’écrivait récemment la Cour des comptes, organe de contrôle des finances publiques, « Exigeante et difficile, cette reprise de contrôle de nos finances publiques dès 2026 est impérative à la soutenabilité de la dette ».

« L’exception française »

Comment la France a-t-elle pu en arriver là ? Tout pays qui se respecte, placé dans la situation de la France, aurait mis en œuvre des réformes structurelles bien plus tôt. De fait, la plupart des pays européens ont engagé d’importantes réformes budgétaires et de retraites au cours des trente dernières années, notamment la Suède, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Lettonie, la Pologne et la Grèce. Beaucoup ont connu des formes d’« austérité », de cures de rigueur, parfois imposées de l’extérieur, mais touchant généralement à la fois les bureaucraties d’État et les services publics.

Seule la France n’a pas mis en œuvre de réforme majeure pour remédier à sa situation désormais déplorable. Au contraire, les Français ont opté pour la fuite en avant : plus d’impôts, plus de dépenses publiques et moins d’heures travaillées. L’Union européenne – qui n’est pas connue pour sa frugalité budgétaire – a, depuis plus de vingt ans, fréquemment exhorté les gouvernements français successifs à engager des réformes dans de nombreux domaines, en vain. Mais la France est-elle seulement encore capable de se réformer ? La réponse à cette question concerne le bien-être économique de toute la zone euro, et au-delà.

Les précieux « acquis sociaux »

Dans d’autres pays de l’UE, la réforme a été possible parce que ces sociétés ont accepté une réduction des services publics, un relèvement de l’âge de la retraite, une déréglementation du marché du travail et des services sociaux soumis à des conditions de ressources. En France, l’attitude à l’égard de la sécurité sociale est davantage politique et émotionnelle que pragmatique et rationnelle. La majorité des Français considèrent leurs services publics et leurs prestations sociales comme des « acquis sociaux », c’est-à-dire des droits qu’on ne saurait retirer une fois accordés. Ces droits sont perçus comme du « progrès », le fruit de luttes sociales historiques qu’il serait « impossible » de détricoter. Telle est la mythologie politique française qui rend les réformes structurelles si difficiles.

En France, les acquis sociaux sont issus de ruptures politiques décisives : en 1936, sous le Front populaire, les congés payés et la semaine de 40 heures ont été concédés après des occupations d’usines à l’échelle nationale. En 1944–1945, à la Libération, le Conseil national de la Résistance a institué la Sécurité sociale – assurance maladie, allocations familiales et retraites – comme fondement moral d’une nouvelle république antifasciste. Ces acquis forment le cœur de la « République sociale », puisque le préambule de la Constitution de 1946 (toujours juridiquement contraignant aujourd’hui) consacre la protection de la santé et la sécurité matérielle. Ils constituent ainsi des obligations constitutionnelles de l’État, ce qui fait que toute tentative de les démanteler est largement perçue comme une violation du contrat social.

Les tentatives de restreindre ces acquis sociaux poussent les Français à faire grève et à descendre massivement dans la rue, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises. Dans la culture politique française, les expressions démocratiques sont considérées comme légitimes non seulement au Parlement, mais aussi dans la rue. Ainsi, par le passé, des manifestations de masse ont pu fortement influencer, voire faire reculer le gouvernement, comme lors des grandes grèves de 1995 contre la réforme des retraites, des manifestations de 2006 contre le CPE ou du mouvement des gilets jaunes à partir de 2018.

Cette attitude explique aussi pourquoi les Français s’accommodent de l’un des niveaux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde, tant que leurs sacro-saints acquis sociaux sont préservés, même si la majorité ignore largement que de nombreux autres pays disposent de systèmes de protection sociale plus efficaces et parfois plus « généreux » que la France. Cette ignorance tient à un certain chauvinisme et à un manque d’intérêt pour ce qui se passe en dehors des frontières françaises.

Les Français tolèrent les dépenses gargantuesques de leur État, alors qu’il est de notoriété publique que la fraude, l’inefficacité, la corruption et le gaspillage y sont répandus. Des dizaines de milliards d’euros de fonds publics sont ainsi perdus chaque année. Mais ces faits ne provoquent aucune protestation dans la rue, alors qu’on pourrait légitimement s’y attendre. Si beaucoup se plaignent du gaspillage des deniers publics, ce qui compte vraiment, ce sont les acquis sociaux.

La France dans l’impasse

En conséquence, les responsables politiques français ont cessé de promettre de grandes réformes budgétaires et de dépenses, car la préservation des acquis sociaux est bien plus importante pour l’électorat français que la réduction du poids de l’État, même si, ironiquement, les deux sont étroitement liés. Par ailleurs, la plupart des Français ne sont pas désintéressés : beaucoup connaissent un fonctionnaire, puisqu’il y en a désormais près de 6 millions (soit plus de 20% de la population active !).

La situation actuelle a créé une spirale de déclin pour la société française, où la minorité dirigeante technocratique et la majorité des gouvernés se trouvent toutes deux prisonnières de leurs contradictions. La classe politique actuelle n’a ni le courage ni la motivation nécessaires pour impulser une orientation économiquement saine mais politiquement suicidaire en matière de réforme budgétaire. La bureaucratie d’État ne veut pas renoncer à ses privilèges financés par l’impôt, tandis que la majorité n’accepte d’y toucher qu’à la marge.

La solution, c’est la liberté

Les maux de la France sont fondamentalement politiques. Ils sont le résultat de décennies d’étatisme redistributif lourd et interventionniste. Lorsque l’État s’immisce dans la société, en intervenant dans les choix individuels en matière de santé, de protection sociale et de retraite, les résultats sont prévisibles. De fait, les difficultés que traverse la France sont bien connues et ont souvent été décrites, non seulement sur le plan économique, mais aussi sociologique, par exemple par Ludwig von Mises dans des ouvrages comme « La bureaucratie » (1944) et « La mentalité anticapitaliste » (1956).

La solution pour la France face à ces difficultés est elle aussi bien connue, non seulement sur le plan moral – donner plus de liberté aux citoyens et réduire les atteintes au droit de propriété – mais aussi sur le plan pragmatique : enrayer le déclin de la société et initier un redressement. La France a urgemment besoin de coupes massives dans les dépenses publiques, d’une réforme radicale des retraites, d’un assainissement des comptes publics, d’une déréglementation du droit du travail, d’un allègement des formalités administratives et de baisses d’impôts drastiques pour stimuler la consommation et l’activité économique. Les recettes fiscales pourraient vraisemblablement être maintenues, car la France se situe depuis longtemps au-delà du sommet de la courbe de Laffer.

Pourtant, aucun candidat aux élections de 2027 ne propose des mesures de libéralisation aussi évidentes que nécessaires. Tous proposent différents ajustements au système étatiste actuel. Comme il arrive si souvent dans l’histoire de France, l’issue viendra probablement non pas d’une action politique volontariste et consensuelle, mais d’une confrontation exacerbée durant une crise aiguë. En définitive, le refus français de toute régression substantielle des acquis sociaux signifie que la réforme ne sera possible qu’après le choc de crises financières et sociales. Le résultat sera un recul du niveau de vie plus sévère qu’il n’aurait dû l’être, et un sacrifice collectif qui aurait pu être en grande partie évité. L’avenir s’annonce chaotique pour la France.

 Finn Andreen

 https://libertis.net/articles/776n637n/fr/pourquoi-la-france-va-droit-a-la-crise



« Ce n’est plus tenable » : 37 milliards d’euros d’impôts en plus depuis trois ans

 Impôts, taxes et cotisations ont encore augmenté en 2026. Selon le bilan de l’institut Rexecode, les prélèvements obligatoires ont progressé de 36,7 milliards d’euros depuis 2023. Une hausse qui n’empêche ni le déficit de rester supérieur à 5 % du PIB, ni la dette publique de se rapprocher des 120 %. 

Après plusieurs années d’accalmie, la France connaît depuis 2023 une remontée rapide des prélèvements obligatoires. D’après le deuxième bilan annuel de Rexecode consacré au sujet, les nouvelles mesures représentent 36,7 milliards d’euros supplémentaires en trois ans, soit environ 1,2 point de PIB.
  

La progression s’est accélérée au fil des années : environ 3 milliards d’euros en 2024, 21 milliards en 2025 et 12,9 milliards supplémentaires en 2026.

Parmi les principales mesures de 2026 figurent le gel du barème des allègements de cotisations patronales, pour environ 2,2 milliards d’euros, la normalisation de la fiscalité énergétique, à hauteur de 2,6 milliards, ainsi que l’augmentation de la CSG sur les revenus du capital, évaluée à 1,2 milliard. Les organismes de complémentaire santé sont également mis à contribution, avec une surtaxe estimée à 1 milliard d’euros.

Sur l’ensemble de la période, les ménages supportent environ 17,9 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, soit près de 600 euros par foyer. Les entreprises, elles, supportent 18,8 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, ce qui correspond à environ 2,8 % de leur excédent brut d’exploitation.

En tenant compte à la fois des mesures fiscales à la hausse et à la baisse, les ménages et les entreprises supportent 65 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires chaque année par rapport à ce qu’ils auraient payé si les règles fiscales de 2010 étaient toujours en vigueur. « Ce n’est plus tenable, on est en train de tirer sur l’élastique… et il va finir par lâcher », alertent les auteurs de l’étude. 

Plus de recettes, mais toujours plus de dette

Pour quelle efficacité ? Malgré les 36,7 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires depuis 2023, le déficit public ne se résorbe pas. Rexecode l’évalue autour de 5,4 à 5,5 % du PIB en 2026, soit un niveau proche de celui observé en 2023.

La progression des dépenses publiques absorbe les recettes nouvelles, tandis que la croissance économique génère elle-même moins de recettes qu’espéré.

À lire Épargne : la hausse des impôts pourrait faire fuir l’argent plutôt que remplir les caisses de l’État

Un autre facteur pèse lourdement sur les comptes : les intérêts de la dette. Leur charge devrait passer de 1,9 % du PIB en 2023 à environ 2,5 % en 2026, sous l’effet notamment de la remontée des taux d’intérêt. Selon Rexecode, près de la moitié des hausses d’impôts intervenues depuis 2023 auraient ainsi été absorbées par l’augmentation de la charge d’intérêts.

Le travail et le capital davantage taxés qu’ailleurs en Europe

Le niveau global des prélèvements handicape lourdement la compétitivité des entreprises tricolores. En 2024, le taux français atteignait 43,5 % du PIB selon les données de la Commission européenne. Il dépassait alors de plusieurs points les niveaux observés dans l’Union européenne, la zone euro et chez les cinq principaux voisins économiques de la France. 

L’écart est particulièrement marqué sur le travail et le capital. La France prélevait en 2024 environ 1,7 point de PIB de plus sur le travail et 1,1 point de plus sur le capital que ces cinq pays voisins.

Du côté des entreprises, les prélèvements nets pesant sur les sociétés non financières représentaient 20,2 % de leur valeur ajoutée, contre 16,1 % chez les principaux voisins européens. Selon Rexecode, la différence correspond à environ 63 milliards d’euros de prélèvements nets supplémentaires supportés par les entreprises françaises.

C’est dans ce contexte que le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2027. Un gouvernement Lecornu qui reconnaît déjà que le taux de prélèvements obligatoires pourrait augmenter à nouveau, de 0,3 point de PIB… 

 

À lire Impôts : la France championne d’Europe incontestable des taxes sur l’héritage 






Powered By Blogger