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juillet 27, 2026

L’ironie élégante de Bernard Arnault en réponse aux journalistes sponsorisés Le Monde !

Réponse élégante de Bernard Arnault à deux ‘ journalistes ‘ du monde qui ont fait une enquête sur lui…
 
‘ Il paraît que je suis le chef de « la dernière famille royale de France ».

Je l’ai appris en lisant Le Monde, entre deux tasses de thé. 
 
Mes enfants, prévenus par WhatsApp, m’ont demandé si cela signifiait qu’ils devaient désormais me faire la révérence. 
Je leur ai répondu qu’un simple « bonjour Monsieur » suffirait, comme d’habitude. Ils ont éclaté de rire. C’était, je crois, le plus beau moment de la semaine.
 
 

Le Monde a donc décidé de sortir l’artillerie lourde : six mois d’enquête, deux journalistes dédiées à plein temps, six épisodes sur double page, un feuilleton achevé vendredi. Cela mérite un mot, et ce sera… merci.

Je n’avais pas eu droit à pareil traitement depuis la reprise de Boussac en 1984. On m’appelait alors « The Terminator ». Je préfère « la dernière famille royale » : c’est plus élégant, et c’est meilleur pour les ventes chez Dior.

Je n’ignore pas qu’en répondant, j’offre à ce feuilleton le projecteur qu’il espérait peut-être : un dernier épisode, signé de ma main. Soit.

Qu’il serve au moins à une chose : épargner de l’énergie à tous ceux qui, ailleurs, parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier. Ils attendront longtemps.

Reprenons.

J’ai appris, d’abord, que mes collaborateurs étaient tirés à quatre épingles et qu’aucun n’était en surpoids. Je présente mes excuses aux lecteurs pour ce manquement à la diversité corporelle et j’en saisirai lundi le restaurant d’entreprise. J’ai appris aussi que l’on confisquait aux visiteurs leur cravate Hermès. C’est faux : nous la leur laissons. Nous leur en proposons simplement une seconde, plus discrète, pour l’ascenseur. Question de savoir-vivre. J’ajoute, sous le sceau du secret, que j’en possède plusieurs.

Ensuite, je murmurerais à l’oreille de tous les présidents. Je plaide coupable : Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron. J’aurais dû rester avenue Montaigne à ne parler qu’à mon chien. J’ajoute, par souci d’exhaustivité, qu’au-delà de cinq présidents américains, j’ai également murmuré à trois premiers ministres britanniques, deux chanceliers allemands, et un empereur du Japon. Pas une ligne sur ces murmures-là. Faut-il comprendre que seuls les murmures français sont scandaleux ? Pour un groupe dont 75 % du chiffre d’affaires se réalise hors d’Europe, la hiérarchie éditoriale m’échappe.

Vient ensuite « la stratégie du business first ». Qu’un groupe exportant l’essentiel de ses produits fabriqués en France place le commerce quelque part dans sa stratégie relèverait donc du scoop. J’attends les suivants : L’Oréal vend des produits de beauté, Danone s’intéresse à l’alimentation, Renault fabrique des voitures, etc. On tiendra jusqu’à Noël.

Mais attention, pour LVMH vendre ses produits, d’accord, mais pas n’importe où ! Sur tous les grands exportateurs vers la Chine, un seul, décidément, mériterait de rendre des comptes sur la nature du régime, celui qui y porte le luxe français. Airbus par exemple, et ses 2 200 appareils livrés aux compagnies chinoises, comme beaucoup d’autres groupes français exportateurs en Chine, n’ont semble-t-il pas suscité la même vigilance de votre part. 
À suivre !

Plus loin, je ferais pression sur les médias. J’ai lu ce volet avec une attention particulière. Il paraît, dans un quotidien dont l’un des actionnaires individuels, dans la vie civile, se trouve être mon « gendre ». Il faudra qu’on m’explique un jour, calmement et sans ironie, la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française. Je la trouve fascinante. Je paierais volontiers la formation.

Puis mon préféré : « amoureux des arts et de la défiscalisation ». J’ai contribué à hauteur de 200 millions d’euros à la reconstruction de Notre-Dame. Je finance pour 50 millions un institut de recherche en mathématiques à Polytechnique. J’ai offert à Paris et à la France la Fondation Louis Vuitton et ses 1,5 million de visiteurs annuels.

J’ai effectivement financé la Fondation Louis Vuitton dans le cadre voté en 2003 par le Parlement français, sur proposition du ministre de la Culture. Autrement dit : la loi de la République invite les entreprises ou les particuliers à donner pour l’intérêt général ; j’ai donné, et cela paraît suspect. Si le dispositif blesse à ce point, il reste à convaincre le législateur de l’abroger. En attendant, j’assume. Personne ne m’y a obligé.

Enfin, le clou : la famille. On n’écrit pas six mois sur un homme sans finir par s’inviter, en pensée, à sa table. J’y ai retrouvé mes cinq enfants, mon épouse, mes neveux. J’aurais aimé y trouver une nuance : celle qui permet à cinq personnalités fortes de travailler dans la même maison sans que cela tourne à l’opéra italien. Chez les Arnault, apparemment, on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise.

C’est romanesque. Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue. C’est une affaire de vocabulaire. Nous préférons les dimanches.

Un mot plus sérieux, si vous le permettez.

Le luxe est l’un des rares secteurs à penser en générations plutôt qu’en trimestres. Un cognac dort entre 10 et 50 ans avant d’être vendu. Un vignoble se transmet sur quatre-vingts ans. Un savoir-faire de malletier ou de verrier se forme en vingt ans et se perd en trois. On ne dirige pas cela comme une plateforme numérique : on l’entretient, on le prépare, on le transmet.

C’est un métier de longue durée, et une responsabilité, d’autant plus sérieuse qu’elle ne m’appartient pas. Elle appartient aux savoir-faire des 220 000 collaborateurs du groupe, aux 40 000 qui travaillent en France, aux familles qui en vivent, aux Maisons dont nous ne sommes que les dépositaires.

De tout cela, des centaines d’ateliers de production sur le sol national, des milliers d’apprentis formés chaque année aux métiers d’art, la série n’a pas jugé utile de faire une phrase. On a préféré inventorier les garde-robes et passer aux rayons X un dîner de famille. C’est un choix éditorial. Il se respecte. On peut, dans un pays libre, préférer les ragots aux ateliers. C’est plus croustillant, je le reconnais volontiers.

Une dernière remarque, sincère, pour Mesdames Bacqué et Schneider. Votre série précédente s’achevait sur les Wertheimer, propriétaires de Chanel : « discrets », « mécènes », « accompagnant leur quatrième génération, loin des projecteurs ». Celle-ci, sur les Arnault : « cour », « terreur », « rivalités ». La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si.

Six mois durant, plusieurs dirigeants ont pris, à votre demande, le soin de vous rencontrer, de vous présenter leur travail et ce qu’exige de faire marcher un groupe mondial.

Ma famille a fait de même : mes cinq enfants, mon épouse, avec dévouement et attention, moi-même. Tous présents, tous disponibles, tous unis.

Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence. Que cela serve d’enseignement pour vos prochains sujets.
Une question, pour conclure, avec le sourire. En 1984, quand j’ai repris Boussac, votre journal aurait-il parié un franc, même symbolique, sur le fait que la France abriterait, quarante ans plus tard, le leader mondial du luxe, portant le drapeau de l’excellence française dans près de 100 pays, et ayant contribué à hauteur de plus de 40 milliards d’euros au Trésor public.

Prenez votre temps pour y répondre. Je vous offre l’apéritif à la Fondation. Les vins seront français. Vous y croiserez peut-être quelques personnages de votre feuilleton. 
 
Vous verrez : ils sont plus fréquentables que vous ne le pensiez.

Quant à moi, rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents.

Bernard Arnault 


 
 
Voici la version anglaise pour ceux qui souhaitent la lire. Elle vaut la peine d'être lue et très complète.
 



 



Bernard Arnault signe une réponse acerbe à la série du « Monde » à son égard

Le patron de LVMH n’a pas apprécié la vaste enquête du quotidien en six volets sur son empire et les rivalités familiales. Il y répond avec humour, mais amertume.

« Cela mérite un mot, et ce sera… merci ». Le patron de LVMH a choisi l’ironie. Bernard Arnault a réagi à la série d’été du Monde au sujet de « son empire ». Après six mois d’enquête et six épisodes en double page, il tacle le quotidien pour avoir « sorti l’artillerie lourde » pour son « feuilleton ».

Le dernier article, paru vendredi 24 juillet, fait état de dissensions entre ses enfants, avec en toile de fond sa succession à la tête du géant mondial du luxe. Dans un long message posté sur le compte X du groupe LVMH dimanche 26 juillet, le milliardaire a démenti toute « fissure » au sein de sa famille. « Ceux qui (...) parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier (...) attendront longtemps », écrit-il.

Les journalistes du Monde Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider ont décortiqué les « rivalités » entre les cinq enfants de Bernard Arnault, issus de deux unions, ainsi que les inimitiés entre sa deuxième épouse, Hélène Mercier, et son gendre, le milliardaire Xavier Niel (actionnaire individuel du groupe Le Monde, dont fait partie Le HuffPost, ndlr).

L’épineuse question de la succession

Si Bernard Arnault s’amuse de la fascination pour la « dernière famille royale de France », il tolère moins qu’on lui colle les termes « cour », « rivalités » et « terreur », quand la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, avait eu droit à « discrets » et « mécènes ». « La différence entre ces deux familles ? Les Wertheimer ne vous ont pas reçues. Nous, si », lance-t-il aux deux journalistes du Monde, les soupçonnant d’avoir « puni la transparence ».

« Chez les Arnault, apparemment on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise », ironise le grand patron dans son message de réponse. « Dans le monde réel, mes enfants dirigent des Maisons, forment des équipes, prennent des décisions et, sacrilège, s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle chez nous une intrigue », ajoute-t-il.

Le patriarche n’a pas nommé de successeur à ce jour, mais ses cinq enfants - une fille, quatre fils - travaillent tous pour le groupe et quatre sont au conseil d’administration. Deux d’entre eux, Antoine Arnault et Delphine Arnault, font désormais partie du comité exécutif.

Interrogé en avril lors de l’assemblée générale de LVMH au sujet de sa succession, Bernard Arnault, 77 ans, avait répondu qu’il avait été « renouvelé » l’année dernière à « 99 % » et suggéré de reposer la question « dans sept, huit ans ».

Bernard Arnault contre Le Monde

Le milliardaire français, première fortune de France, n’a pas réagi qu’à l’enquête sur sa famille. Son message de trois pages répond également aux précédents articles de la série, sur son influence sur les présidents français, sa stratégie du « business first » auprès des dirigeants étrangers et sa pression éditoriale sur les médias qu’il possède, entre autres.

Point par point, Bernard Arnault a riposté non sans humour. Il « plaide coupable » de murmurer à l’oreille de tous les présidents, présente ses excuses pour le « manquement de diversité corporelle » des collaborateurs de LVMH et demande une formation sur « la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française ». Mais ces blagues ne font que confirmer ce que les deux journalistes avancent dans leurs articles.

Après un long plaidoyer sur l’excellence du luxe français et les contributions de LVMH aux finances publiques, Bernard Arnault n’a pas manqué l’occasion d’une dernière pique envers leur travail d’enquête : « rassurez-vous : je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents ».

 


 

  La réponse du @lemondefr à @BernardArnault

Très révélatrice réponse du quotidien : elle cherche moins à réfuter B Arnault qu’à reprendre le contrôle du récit 1. Le point faible majeur : aucune réponse précise sur le fond Le journal insiste dès le début sur le fait que Bernard Arnault ne démentirait « rien » des informations publiées. Habile, mais un peu court. Ne pas démentir chaque élément d’une enquête en 6 volets ne signifie pas nécessairement les valider. 

B Arnault a choisi une réponse politique et communicationnelle : il conteste le cadrage général, l’intention prêtée aux journalistes et la mise en scène d’une dynastie fragilisée. Le Monde , lui, évite soigneusement de répondre à cette critique centrale : l’enquête établit-elle réellement des faits nouveaux d’intérêt public ou organise-t-elle surtout un grand récit autour de la puissance, de la richesse et des tensions familiales ? 2. Un article de réponse très chargé en sous-entendus Le vocabulaire n’est pas neutre : « il fait mine de s’étonner » « sans vouloir comprendre manifestement » « il jure posséder » « ses éternels rivaux » « filtrent les rivalités » « mésentente » « divisions familiales » 

 Ce n’est pas du #journalisme. C’est un papier franchement éditorialisé qui psychologise, interprète et discrédite. Mais de factuel : RIEN Autrement dit, le journal reproche à B Arnault d’user d’ironie, tout en lui répondant par une ironie beaucoup moins assumée. 3. La succession familiale devient le vrai sujet Le journal affirme que la préoccupation du dirigeant serait la révélation de rivalités familiales. Mais il ne démontre pas réellement dans cet article que ces tensions ont une incidence sur la gouvernance de LVMH, sur ses actionnaires ou sur ses salariés. Il existe évidemment un intérêt économique légitime à étudier la succession d’un groupe de cette importance. Mais il faut distinguer : - les questions documentées de gouvernance - les divergences stratégiques - les rivalités personnelles supposées et la chronique « de famille royale » pour lecteurs fascinés par les palais, même lorsqu’ils portent des mocassins Berluti :-) Le titre même de la série, « L’Empire Bernard Arnault », indique que le Monde avait choisi un registre narratif très fort. 

 B Arnault marque donc un point lorsqu’il relève la théâtralisation de l’enquête. 4. Sur l’indépendance des médias, les deux camps se répondent imparfaitement B Arnault attaque la « géométrie » de l’indépendance éditoriale française en mentionnant Xavier Niel, actionnaire individuel du Monde et son gendre. Le journal répond que Xavier Niel n’intervient pas dans sa ligne éditoriale. Sur le principe, cette réponse est recevable. Mais elle reste déclarative. Le véritable sujet soulevé par Arnault est plus vaste : pourquoi soupçonner systématiquement les propriétaires de certains médias d’influencer leurs rédactions, tout en considérant comme définitivement réglée la question lorsque le propriétaire appartient à son propre écosystème ? Le Monde aurait pu répondre par les mécanismes concrets garantissant son indépendance : statut, gouvernance, droits des journalistes, société des rédacteurs, contrôle du capital. Il préfère répondre sur le mode : Bernard Arnault « ne veut manifestement pas comprendre ». C’est condescendant et intellectuellement moins solide. 5. Le journal confirme malgré lui l’efficacité de la riposte B Arnault a parfaitement identifié la mécanique médiatique : répondre lui permettait de devenir lui-même le 7e épisode de la série. Le Monde tombe exactement dans ce piège en consacrant un nouvel article à sa réaction, avec photo, citations et renvoi vers les 6 épisodes. Autrement dit, B Arnault avait annoncé : « Vous allez exploiter ma réponse pour prolonger votre feuilleton. » Et le journal a immédiatement publié : nouvel épisode du feuilleton. Il faut avoir un certain goût du comique involontaire.

Conclusion 

La réponse du @lemondefr n’est pas un désastre journalistique, mais elle est défensive, condescendante et insuffisamment factuelle. Pire elle ne réfute pas réellement @BernardArnault. Elle rappelle que l’enquête est documentée, réaffirme son indépendance et revient lourdement sur les tensions familiales, sans répondre à l’accusation principale : celle d’avoir construit une fresque spectaculaire où la puissance d’un homme devient presque, en elle-même, la preuve d’un problème. Bernard Arnault ne démontre évidemment pas que toute l’enquête est injuste. Mais sur le terrain de la #communication, il domine nettement l’échange : humour, hauteur, quelques formules mémorables, et surtout une capacité à obliger le journal à se justifier. Le Monde voulait disséquer l’empire Arnault. Bernard Arnault a réussi, en un billet, à disséquer les réflexes et les travers du Monde.

La formule est spectaculaire. Le raisonnement, lui, a manifestement péri dans l’incendie. L’Histoire retiendra peut-être surtout qu’à chaque fois que le monde brûlait, O Besancenot trouvait encore le moyen d’y voir une opération du gvt au profit du RN. Toujours la même mécanique : une formule apocalyptique, un ennemi commode, aucun fait, aucune démonstration.

anne testuz

 

Bernard Arnault, le Président-directeur général de LVMH, a accepté l’invitation de LEGEND et a partagé les moments les plus marquants de sa carrière. Il s’est aussi confié sur les coulisses de la construction de son empire qui est aujourd’hui le groupe numéro 1 mondial du luxe.

 

 

 





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