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février 15, 2026

Quand Le Monde fait le procès d'une anthropologue menacée de mort !

Merci Le Monde
. Je suis très fière de cet épinglage. Vous avez raconté n’importe quoi sur moi, mais vous êtes obligés ici de reconnaître que le frérisme dont j’ai analysé les ressorts dans un livre que vous avez voulu tuer est une réalité française.
J’ai gagné une chose : vous prenez le thème au sérieux, vous êtes moins virulents. Et si vous m’accordiez à présent un entretien sans avoir recours à des collègues témoignant sous anonymat ?
Je vous embarrasse, mais le monde académique lui se tait.
(Par ailleurs sachez que je n’ai à ce jour perdu aucun procès. J’en ai gagné.)
 
Florence Bergeaud-Blackler
 

 
 
Quand Le Monde fait le procès d'une anthropologue et pas sans arrière pensée
 
Réponse de FBB à l’article « La chercheuse du CNRS qui embarrasse le monde académique » Le Monde, 14 février 2026 – Youness Bousenna A paraître dans la Nouvelle Revue Politique.
 

 
En 2023, Le Monde avait déjà tenté de torpiller mon livre Le Frérisme et ses réseaux en publiant des articles truffés d’erreurs, et fondés sur des témoignages... anonymes, par definition invérifiables[1]. Rien n’y a fait : le livre est devenu un best-seller, traduit en plusieurs langues. Il a depuis inspiré un rapport du ministère de l’Intérieur commandé par le président Macron, un rapport du Sénat, un débat parlementaire et une résolution adoptée à l’Assemblée Nationale. C’est un franc succès. Je remercie donc M. Bousenna de contribuer une nouvelle fois, bien malgré lui, à la diffusion de mes travaux et de me donner l’occasion de répondre aux bêtises que l’on lit sur les réseaux sociaux et dont il se fait le porte-voix.
 
Reconnaissons-lui cependant un progrès : cette fois, l’article est moins virulent que ceux de 2023. Mais il n’en reste pas moins plein d’erreurs factuelles, d’approximations et de biais que je me propose de relever.
 
La séquence Thinkerview : un journaliste du Monde trompé par les réseaux sociaux
 
Le Monde ouvre l’article sur un prétendu « malaise » lors de mon passage sur Thinkerview le 7 octobre 2025. L’ironie est cruelle : le journaliste qui me reproche d’être trop présente sur X a manifestement forgé son opinion sur la base de montages qui ont circulé sur ces réseaux sociaux. Certes il écrit moins de posts que moi, mais c’est sans doute parce qu’il passe plus de temps à consulter ceux des autres. Pour ma part j’utilise les réseaux sociaux pour faire connaitre mes analyses et mes travaux, là où je peux le faire.
 
La séquence a été inversée dans les versions virales, comme chacun peut le vérifier en visionnant l’intégralité de l’entretien[2]. Voici ce qui s’est réellement passé : dans cette vidéo j’explique pourquoi je ne lis pas le Coran en arabe. 
 
 Je commence à raconter que je suis partie en Syrie pour apprendre l’arabe, et avant que j’aie pu terminer ma phrase, l’animateur m’interrompt par une expression que je ne comprends pas. Il est placé dans la pénombre (c’est le concept) et comme il ne peut pas parler sans être enregistré, il fait de grands gestes que je n’identifie pas, d’où ma surprise. L’expression « Kulu tamam » est du dialectal égyptien, que je n’ai jamais entendu lors de mon séjour en Syrie en 1994 à l’IFEAD (Institut Français d’Etudes à Damas). Je tente une interprétation et je dis : « manger » car en arabe classique, كُلْ (kul) qui se prononce « koul » est l’impératif du verbe أَكَلَ (akala), kul signifie « mange ! ». Ma compréhension est logique à partir de l’arabe classique. Mais de nombreux internautes manifestement ignorants de l’arabe et de l’existence de plusieurs dizaines de dialectes arabes, falsifient la séquence et la font tourner en prétendant, à tort, que j’aurais menti.
 
 Le journaliste reproduit dans les colonnes du Monde une manipulation née sur les réseaux sociaux. Pour un auteur du « quotidien de référence », c’est un sérieux problème de vérification des sources. Le problème, c’est que des députés se sont saisis de cette rumeur pour agiter leur réseau contre moi pendant des mois conduisant à un harcèlement organisé de dizaines voire centaines de messages insultants et menaçants chaque jour. Souhaite-t-il relancer la machine ?
 
Deux contre-vérités en une seule phrase
 
Le journaliste écrit :
 
« L’ancien Twitter est le terrain de jeu favori de cette chercheuse du CNRS particulièrement controversée depuis la parution de l’ouvrage Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête ». 

Cette phrase est doublement fausse.
Premièrement, X n’est pas mon « terrain de jeu ». C’est un outil de communication que j’utilise, comme des milliers de chercheurs dans le monde, pour diffuser mes travaux et répondre aux attaques dont je fais, hélas trop souvent, l’objet. De fausses informations se retrouvent dans des journaux comme le Monde (source valide pour Wikipédia) qui permettent ensuite à des wikipédistes - dont on connait la motivation politique [3]- de les insérer sur ma fiche. Celle-ci qui contient de très nombreuses erreurs et d’omissions est ensuite lue dans le monde entier... ce qui a des répercussions professionnelles sérieuses : des contrats de recherche annulés, des universitaires qui hésitent à m’inviter craignant pour leur réputation même s’ils ne sont pas en désaccord avec mes thèses. Wikipédia peut rendre un chercheur « radioactif » et ruiner sa réputation et sa carrière. Est-ce cela l’objectif de l’article ?
 
Deuxièmement, ni moi ni mon livre ne sommes controversés. Mon livre n’a pas donné lieu à une « controverse », terme qui supposerait un débat scientifique entre pairs sur le fond de mes thèses et des leurs. Ce qu’il a suscité, c’est un acharnement systématique provenant de deux sources médiatisées par des journaux plutôt complaisants : la frérosphère, dont les réseaux d’influence sont justement l’objet de mon enquête, et une gauche radicale idéologiquement hostile à toute critique de l’islamisme. Le journaliste, en reprenant cette grille de lecture sans la questionner, montre davantage d’empathie pour mes détracteurs que de rigueur journalistique.
 
Plaintes et signalements : un inventaire trompeur
 
L’article affirme que je fais l’objet de « signalements excédant la dizaine » et d’« au moins cinq plaintes déposées, dont trois instruites ». C’est faux. Et précisons les choses : à ce jour je n’ai perdu aucun procès, j’en ai gagné. Certaines des plaintes mentionnées n’ont pas été effectivement déposées. Brandir des chiffres de signalements sans en préciser l’issue ni le profil des plaignants relève davantage de l’intimidation que de l’information.
 
Passons en revue quelques cas cités où le journaliste se fait procureur omettant quelques cruciaux détails.
Nedjib Sidi Moussa. J'ai en effet qualifié M. Sidi Moussa de « pauvre con ». Le contexte éclaire cette réaction. Au moment où Boualem Sansal, enlevé par les autorités algériennes, se trouvait détenu sans recours dans une cellule, M. Sidi Moussa a fait le choix de l'accabler publiquement prenant le risque d'aggraver sa situation. J’assume cette réaction face à une telle indignité. Pourquoi le journaliste a-t-il effacé le contexte ?
 
John Tolan. Contrairement à ce qu’affirme le journaliste, John Tolan n’a pas porté plainte en justice contre moi. Quant au projet EuQu (« Coran européen »), financé à hauteur de près de 10 millions d’euros par l’Union européenne, je maintiens qu’il peut servir un récit conforme aux intérêts de la confrérie comme je l’ai déclaré au Figaro[4].
 
El Yamine Settoul. Le journaliste omet de mentionner que ce chercheur apparait sur une video en compagnie d’un gradé des gardiens de la Révolution iranienne. Il y a là, me semble-t-il, de quoi s’interroger légitimement. Le journaliste lui accorde un long droit de parole pour se plaindre d'un « amalgame » et d'un éventuel impact sur le renouvellement de son détachement au ministère des armées tout en reconnaissant lui-même que « rien ne permet formellement » d'établir ce lien. On appréciera la rigueur : une insinuation présentée comme un fait, immédiatement démentie par celui-là même qui la formule. Quant à la vidéo en compagnie d'un gradé des gardiens de la Révolution, M. Bousenna n'en souffle mot. Le lecteur jugera de quel côté se situe l'omission.
 
Haouès Seniguer. Sa proximité avec la frérosphère n’est pas un secret et cela n’est d’ailleurs nullement interdit en France[5]. C’est un choix qu’il a fait. Mais ce choix éclaire son hostilité à mon endroit, hostilité qui s’est traduite par des publications susceptibles de ruiner ma carrière et de me mettre physiquement en danger. Rappelons que je vis sous protection policière en raison de menaces de mort. Je note que M.Bousenna, à l’inverse du traitement qu’il m’a réservé, avait été plutôt complaisant avec M.Seniguer[6].
 
Margot Dazey. Le journaliste rapporte la recension de Mme Dazey, qui qualifiait mon raisonnement d'« intrinsèquement complotiste ». Rappelons qu'en science, on répond à une thèse par une contre-thèse argumentée, non par un diagnostic infamant et disqualifiant. Que j'aie vivement réagi à une recension qui m'accusait publiquement de complotisme dans une revue de l'IREMAM — laboratoire dont je connais les orientations pour y avoir travaillé dix ans — n'a rien de surprenant. M. Bousenna omet évidemment ce contexte pour ne retenir que ma réaction.
 
L'IREMAM et le CNRS. M. Bousenna donne longuement la parole à Vincent Geisser, directeur de l'IREMAM, qui exprime son « incompréhension » et sa « forme de colère » face au fait que je puisse « continuer à injurier et humilier sans réaction des tutelles ». Mais quelles injures, exactement ? L'article ne le dit pas. Le lecteur est invité à s'indigner sans savoir de quoi.
 
La protection fonctionnelle. Le journaliste souligne que Stéphanie Latte Abdallah et Haouès Seniguer bénéficient de la protection fonctionnelle du CNRS, comme s'il s'agissait d'une preuve de ma nocivité. Il omet de rappeler que je bénéficie moi-même de cette protection fonctionnelle pour les menaces et diffamations subies en sus d’une protection policière en raison de menaces de mort.
 
Les chercheurs d'Aarhus et les « 95 pratiques problématiques ». Le journaliste invoque une recension de Lena Kühle et Manni Crone, de l'université d'Aarhus, qui auraient relevé dans mon livre traduit en danois 95 « pratiques problématiques ». Ce chiffre, jeté sans contexte, est destiné à impressionner. Mais M. Bousenna ne précise que cette recension a fait l'objet d'une réponse de ma part qui l’a réduit à moins de vingt. Il ne dit rien non plus de la nature de ces « pratiques » : compter un hyperlien défectueux ou une transcription approximative au même titre qu'une erreur de fond, c'est gonfler artificiellement un bilan pour produire un effet d'accumulation comme l’a montré un chercheur danois[7].
 
Le journaliste du Monde se livre à un exercice singulier : dénombrer mes « attaques » contre « environ 50 chercheurs et près de 30 organisations ». 
 Mais qui sont ces 50 chercheurs et ces 30 organisations ? Quels sont les propos incriminés ? Sur quels faits portaient-ils ? Le lecteur n'en saura rien. Ce procédé porte un nom : c'est l'accusation par le nombre, technique qui consiste à substituer une quantité impressionnante à la démonstration qu'on est incapable de produire.
 
Par ailleurs, nommer des chercheurs dont les positions ou les affiliations posent question, les critiquer publiquement, contester les orientations d'institutions, tout cela s'appelle le débat intellectuel. C'est le quotidien de la vie académique dans le monde entier. Si la critique devient un délit dès lors qu'elle porte sur l'islamisme, ce n'est plus mon compte X qui pose problème à M.Bousenna, c'est la liberté de la recherche que lui a pourtant rappelé le CNRS contacté par lui-même.
 
Le CERIF et le financement.L'article se conclut par une insinuation sur l'indépendance de mes recherches, au motif que le CERIF compterait parmi ses donateurs l'organisation Périclès. Le procédé est classique : la culpabilité par association. Rappelons que le CERIF est une association loi 1901, indépendante, qui ne reçoit que des dons de droite comme de gauche. Et ceci est parfaitement légal et transparent. Quant à la question de la compatibilité avec mon statut de chercheuse au CNRS, il n'y a là aucune irrégularité, mais M. Bousenna laisse planer le doute, c'est tout l'art de l'insinuation sans preuve.
 
De « l’extrême droite » à « la droite » : un recentrage que je salue, mais il reste encore un effort à faire...
 
Je note avec satisfaction que le Monde m’a « recentrée ». Dans les articles de 2023, j’étais présentée comme une figure inspirante de l’ « extrême-droite ». Me voilà désormais simplement « orientée à droite ». C’est un progrès. Le prochain pas sera de reconnaitre que ce qui me fait parler n’est pas un positionnement partisan mais seulement, mon travail de recherche mené depuis des décennies.
 
Rétablissons une réalité simple : je ne travaille pour aucun parti politique. Si une institution républicaine a recours à mes compétences, il est de mon devoir de fonctionnaire de répondre. Je n’ai jamais été membre d’aucune formation politique. Mon seul engagement est envers la connaissance et la recherche scientifique. Que mes travaux soient repris par des responsables politiques ne fait pas de moi une militante, pas plus que la citation des travaux d’un climatologue par un parti écologiste ne ferait de lui un militant vert. Pourquoi le journaliste tient-il tant à me faire passer pour une militante politique ?
 
La Légion d’honneur : un protocole républicain, pas une faveur politique
 
L’article suggère (en sous-titre) que le CNRS ne réagit pas, ce qui sous entend qu’il devrait me sanctionner. Le journaliste ne se contente pas de décrire une situation, il exerce une pression publique sur une institution pour qu'elle prenne des mesures disciplinaires contre une chercheuse !
 
Il tente même de jeter un voile de suspicion sur ma nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Rappelons comment fonctionne ce protocole républicain.
 
La Légion d’honneur est accordée par décret du président de la République, sur proposition des ministres, après délibération du conseil de l’ordre présidé par le Grand Chancelier. Les candidatures sont instruites par les préfets et les ministères de tutelle, puis transmises au Premier ministre et au Grand Chancelier. J’ai reçu cette distinction des mains du général François Lecointre, Grand Chancelier de la Légion d’honneur, dans sa propre promotion. C’est un honneur rare et insigne, qui salue plus de vingt ans de recherche « au service de l’intérêt général et de la Nation » [8]. Tenter de réduire cette reconnaissance à un jeu d’influence politique est à la fois inexact et insultant envers l’institution elle-même.
 
L’utilisation trompeuse d’anonymes
 
Ayant échoué à recueillir la réaction de Gilles Kepel - dont il écrit qu’il m’aurait « fait l’honneur » d’écrire ma préface, formulation condescendante -, le journaliste s’emploie à trouver des hommes et des femmes pour me disqualifier. Il ne cite pas les autres “grands noms de la recherche sur l’islamisme” qui auraient refusé de témoigner contre moi. Ce procédé est doublement fautif : d'une part, invoquer des témoins anonymes pour insinuer l’embarras du monde académique relève de l'argument d'autorité sans preuve ; d'autre part le journaliste passe sous silence une autre interprétation. Si ces chercheurs ont décliné, c'est peut-être tout simplement qu'ils n'avaient rien à reprocher à mes travaux, ne souhaitaient pas se prêter à un article à charge, ou bien ne souhaitaient pas exprimer un désaccord dans un simple article de presse.
 
Faute de pouvoir mobiliser « le monde académique » contre moi -bien qu’une partie m’ait manifesté son soutien[9]- M. Bousenna s'emploie alors à trouver des figures politiques pour suggérer que je serais le produit d'une galaxie de droite.
 
Et pour enfoncer le clou, le journaliste explique que "les derniers rendez-vous académiques impulsés par Florence Bergeaud-Blackler" se sont tenus dans des « amphithéâtres inattendus » plutôt que des arènes universitaires. 
 
 Il feint d’oublier que depuis trois ans toutes mes conférences dans les universités et les grandes écoles sont annulées au dernier moment sous des prétextes divers. On y autorise volontiers la tenue de meetings politiques dans les amphis, mais l'on s'offusque qu'une chercheuse du CNRS y présente ses travaux dès lors que ses thèses dérangent quelques agitateurs[10]. Cela, le journaliste l’omet-il sciemment ?
 
Un journalisme militant éloigné de la déontologie, qui veut faire taire
 
La Charte d’éthique professionnelle des journalistes établit que le journaliste « tient la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité pour les piliers de l’action journalistique » et considère « l’accusation sans preuve, la déformation des faits, la non-vérification des faits » comme « les plus graves dérives professionnelles ». Au regard de ces principes, cet article pose plusieurs problèmes sérieux.
 
M. Bousenna reprend sans vérification un montage circulant sur les réseaux sociaux pour construire son entrée en matière. Il présente une accumulation de signalements et de plaintes sans en préciser l’issue, créant une impression de culpabilité par accumulation. Il dissimule des faits importants et le contexte. Il ne me donne pas la parole pour répondre aux allégations précises de l’article. J’aurais accepté un grand entretien sur mes travaux si j’avais été sollicitée. La Charte éthique rappelle pourtant qu’un journaliste « exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent » et « fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révélerait inexacte »[11].
 
Cet article vise à produire ce qu’il crée de toutes pièces : une controverse et d’éventuelles mesures disciplinaires par le CNRS. L’idée n’est-elle pas de me réduire au silence ?
 
Florence Bergeaud-Blackler

 
Anthropologue, chargée de recherche au CNRS/GSRL
Présidente du CERIF
 
 

octobre 29, 2025

Le Zucmanisme: "çà s'en va et çà revient" cependant très médiatisé sur les chaînes publiques !!

Articles précédents sur cette fameuse taxe Zucman, voire qui s'y rapporte !
Les six erreurs de Gabriel Zucman
 
 « Les chiffres, on leur fait dire ce que l’on veut. » Un art que Gabriel Zucman semble maîtriser à la perfection, tant ceux qu’il cite dans les médias sont sujets à caution. 
Décryptage. 
 
« Les ultra-riches paient moins d’impôts que la moyenne des Français » 
Gabriel Zucman l’a lui-même admis lundi soir sur le plateau de Darius Rochebin : après transferts, les milliardaires ne paient pas moins d’impôts que le Français moyen, mais davantage que les cadres supérieurs — une catégorie fortement mise à contribution, au point que la France peine à retenir les meilleurs profils et à attirer les talents étrangers. 
 
Car les Français ne se contentent pas de payer des impôts : ils profitent aussi d’un des systèmes les plus redistributifs du monde. Plus de la moitié d’entre eux reçoivent davantage qu’ils ne versent. Ce mécanisme permet aux ménages les plus pauvres de tripler leurs revenus, réduisant l’écart avec le dernier décile de 1 à 18 à 1 à 3. Une évidence que l’économiste omet dans la plupart de ses interventions. 
 

 
En réalité, même ce constat d’« ultra-riches » moins imposés que les « riches » reste discutable. Zucman inclut dans les revenus des milliardaires les bénéfices non distribués des sociétés qu’ils possèdent. Autrement dit, si une entreprise réinvestit ses gains — pour acheter une machine, par exemple — il considère que les actionnaires s’enrichissent, même sans percevoir un euro. Mais peut-on vraiment qualifier cela de revenu ? 
 
« En trente ans, le patrimoine des ultra-riches est passé de 6 % à 46 % du PIB »
 Présentée ainsi, l’affaire paraît scandaleuse. Mais l’analogie de Gabriel Zucman est trompeuse : elle oppose un stock (le patrimoine) à un flux (les revenus). 
 
Imaginez : vous possédez une maison dont la valeur double — parce que les taux baissent, que l’État freine la construction ou simplement parce que Sydney Sweeney emménage à côté — tandis que votre salaire est divisé par deux après une perte d’emploi. Mécaniquement, votre patrimoine quadruple vis-à-vis de vos revenus, alors que vous ne vous êtes pas enrichi. 
 
Dans les faits, la part du patrimoine net détenue par le top 1 % n’est passée que de 24,6 % en 1996 à 27,2 % en 2023, selon le World Inequality Database … dont Gabriel Zucman est scientific co-director. Une statistique beaucoup moins percutante, largement liée à la réussite des entreprises françaises du luxe en Chine — et non à une quelconque « prédation ». 
 
« Le rendement du capital est de 6 %, ils peuvent bien payer 2 % » 
En 2025, le rendement moyen du CAC 40 devrait atteindre 3,3 %. Pour plusieurs groupes, comme Dassault, Safran, Hermès ou Airbus, il sera même inférieur à 2 %. Leurs actionnaires, soumis à la taxe Zucman, paieraient donc davantage qu’ils ne perçoivent. 
 
D’où vient cette différence d’appréciation ? Gabriel Zucman ne compte pas que les dividendes versés, mais aussi, encore une fois, l’augmentation de la valeur de la société — tant pis si celle-ci baisse l’année suivante. 
 
Le cas de Mistral AI, valorisée 12 milliards d’euros et dont 10 % appartiennent à Arthur Mensch, est symptomatique. Avec la taxe Zucman, il devrait verser 24 millions d’euros par an, alors que l’entreprise ne réalise aucun bénéfice et que ses revenus personnels restent très inférieurs. Si la société ne résiste pas à la féroce concurrence de Google, OpenAI, Grok ou Anthropic, cette aventure lui aura coûté plusieurs dizaines de millions d’euros. Ruiné par le fisc avant même de gagner de l’argent ? De quoi décourager bien des entrepreneurs. 
 
« Ce n’est pas une taxe sur les entreprises » 
C’est un autre mantra répété à l’envi : seuls les particuliers seraient touchés, pas les entreprises. Une pirouette sémantique surprenante, puisque la base même de la taxe repose sur la valorisation des sociétés, non sur les revenus de leurs actionnaires. En pratique, pour s’en acquitter, un chef d’entreprise devrait se verser des dividendes — au détriment de l’investissement — ou céder une part du capital, au risque d’affaiblir la gouvernance. 
 
L’idée de vendre des actions aux salariés peut sembler séduisante, mais elle ne tient pas économiquement : pour racheter celles des fondateurs de Mistral AI, chacun des 250 employés devrait verser 250 000 euros par an. 
 
« Ma taxe va rapporter 20 milliards »
Pour étayer son estimation, Gabriel Zucman cite une note du Conseil d’analyse économique (CAE). Or, celle-ci dit tout autre chose. En intégrant les effets sur la production et l’expatriation, elle chiffre les pertes pour l’économie française à 30 milliards d’euros. Le choc équivaudrait à 1 % du PIB, soit davantage que la croissance actuelle. Car taxer le capital revient à fragiliser l’un des moteurs essentiels de la richesse : celui qui finance l’investissement et le développement des entreprises. 
 
Pour l’État, cela se traduirait par un manque à gagner de 14 milliards, compte tenu d’un taux de prélèvements de 46 %. Au final, sur les 20 milliards espérés, il ne resterait que 6 milliards de recettes publiques pour 30 milliards de pertes privées. Loin, très loin des 170 milliards de déficit à combler. 
 
 A lire : Zucman Light ? Le poids lourd de l’impôt (Trop dangereuse, la taxe Zucman ? Vive la maxi taxe Zucman ! Le parti socialiste a réussi un tour de force sémantique : qualifier de “light” une version qui impose davantage de contribuables, dans de plus grandes proportions. Analyse d’une manipulation.)
 
 

 
« L’exil fiscal s’évite avec une exit tax » 
Dernière contradiction : Gabriel Zucman affirme que sa taxe ne ferait pas fuir les entrepreneurs, tout en proposant une « exit tax » pour ceux qui partiraient malgré tout. 
 
Le principe n’est pas nouveau. Créée en 2011 sous Nicolas Sarkozy, cette taxe a été allégée en 2018, jugée trop dissuasive pour les fondateurs de start-up. Son rendement fut dérisoire : à peine 28 millions d’euros par an, en grande partie parce qu’il est presque impossible pour le fisc de taxer efficacement les expatriés.
 
 Dans la version de l’économiste, les contribuables resteraient imposables jusqu’à dix ans après leur départ. Ce ne seraient plus seulement les résidents, mais tous les citoyens français qui risqueraient l’insolvabilité en cas de bulle temporaire sur la valeur de leur entreprise. 
 
Toutes ces mises en scène statistiques trahissent l’ambition revendiquée par Gabriel Zucman : s’exprimer en chercheur plutôt qu’en militant en quête de droits d’auteur. Ses choix sémantiques semblent davantage chercher à susciter l’émotion qu’à éclairer le débat. Au risque d’oublier l’essentiel : sa taxe risque-t-elle de détourner les investissements de notre territoire et d’offrir sur un plateau les entreprises françaises aux puissances étrangères ? Si c’est le cas, les quelques milliards récupérés par l’État n’amélioreront en rien le sort des Français — bien au contraire.
 
@Cobra_FX_
 

 

Le mot Zucman a été mentionné plus de 857 fois (sans compter le service public) sur les 5 principales chaînes d’infos depuis 7 jours. (CNEWS) La propagande communiste n’est jamais finie.
 


𝐋𝐄𝐒 𝐃𝐑𝐎̂𝐋𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐂𝐀𝐋𝐂𝐔𝐋𝐒 𝐃𝐔 𝐏𝐑𝐎𝐅𝐄𝐒𝐒𝐄𝐔𝐑 𝐙𝐔𝐂𝐌𝐀𝐍
 
« Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu », c’est le titre provoquant de l’essai que vient de publier Gabriel Zucman.
Et on répète à l’envie : « Les milliardaires paient moins qu’une infirmière ». Cette phrase fait mouche, elle est reprise en boucle dans les media.
Ces slogans fonctionnent parce qu’ils flattent un réflexe d’indignation, pas parce qu’ils décrivent la réalité.
Le professeur Zucman s’appuie sur des calculs qui tordent les définitions : il compare des revenus fiscaux réels pour les uns avec des « revenus économiques » fictifs pour les autres.
Et forcément, quand on ajoute des revenus imaginaires, on peut faire baisser n’importe quel taux d’imposition sur le papier.
On veut faire croire que les riches échappent à l’impôt, et pourquoi pas, que la France est devenue un eldorado fiscal pour les ultra milliardaires.
 
En réalité, 𝐥𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞́ 𝐨𝐮̀ 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐦𝐨𝐢𝐧𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐭𝐚𝐱𝐞́ 𝐚𝐮 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 : 4,2 % du PIB, contre 1,9 % en moyenne dans l’OCDE.
Devant le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne.
Et la redistribution y est massive : avant impôts et transferts,𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐫𝐢𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐧𝐭 𝟏𝟖 𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐩𝐚𝐮𝐯𝐫𝐞𝐬. Après redistribution, 𝐜𝐞𝐭 𝐞́𝐜𝐚𝐫𝐭 𝐭𝐨𝐦𝐛𝐞 𝐚̀ 𝟑.
Près de la moitié des foyers fiscaux ne paient pas d’impôt sur le revenu. 𝐋𝐞𝐬 𝟏𝟎 % 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐚𝐢𝐬𝐞́𝐬 𝐩𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝟕𝟓 % 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞. Le 1 % le plus riche paie autant que les 90 % les moins riches réunis.
A la base du raisonnement du professeur Zucman, il y a un chiffre : « tous prélèvements obligatoires compris, 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒊𝒃𝒖𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒎𝒊𝒍𝒍𝒊𝒂𝒓𝒅𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔 𝒆𝒔𝒕 𝑫𝑬𝑼𝑿 𝑭𝑶𝑰𝑺 𝑷𝑳𝑼𝑺 𝑭𝑨𝑰𝑩𝑳𝑬 𝒒𝒖𝒆 𝒄𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒅𝒖 𝑭𝒓𝒂𝒏𝒄̧𝒂𝒊𝒔 𝒎𝒐𝒚𝒆𝒏 ».
Des Français moyens, dit-il, qui payent 52 % de leur revenu en impôts.
D’éminents économistes contestent d’ailleurs un tel calcul qui ne prend pas en compte les transferts sociaux dont bénéficient une grande partie des Français.
𝐀 𝐜𝐞 𝟓𝟐%, 𝐢𝐥 𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨̂𝐭 𝐩𝐚𝐲𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝟐𝟔%.
Pour cela, c’est simple, 𝐚𝐮 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞, 𝐢𝐥 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞̀𝐠𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐣𝐞𝐮.
Pour les Français moyens, il calcule le taux d’imposition à partir du revenu fiscal réel.
Mais pour les ultra-riches, 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐛𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐮𝐧 “𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞” 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐟 qui ajoute comme un revenu personnel les bénéfices que les entreprises réinvestissent, sans qu’ils soient versés ni imposés.
𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐢𝐞𝐳 𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐛𝐨𝐮𝐥𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐩𝐚𝐢𝐞 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐝’𝐢𝐦𝐩𝐨̂𝐭𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐟𝐢𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐜𝐡𝐞𝐭𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐟𝐨𝐮𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐞 𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐬𝐚𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞.
On mélange capital et revenu, réinvestissement et consommation. Résultat : une démonstration qui repose sur une illusion comptable.
Chapeau, 𝐮𝐧 𝐛𝐞𝐚𝐮 𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞-𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 !
En réalité, le fisc français perçoit sur l’activité de notre milliardaire en 2025 :
- 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐟𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́𝐬 𝐞𝐧 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 (l’impôt sur les sociétés (IS), la contribution sociale sur l’impôt sur les sociétés et la contribution exceptionnelle pour les sociétés au chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros);
- 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐯𝐢𝐝𝐞𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐜̧𝐮𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞 (le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax), la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et la contribution différentielle sur les hauts revenus). 
 
Prenons un exemple simple.
Sur 100 euros de bénéfice, le fisc reçoit d’abord 25 % d’impôt sur les sociétés, plus les contributions additionnelles : au total, 𝟑𝟔 % 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧 𝐢𝐦𝐩𝐨̂𝐭𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧.
S’il perçoit ensuite un dividende, le milliardaire paie 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐥𝐞̀𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 (𝟑𝟎 %), plus les contributions sur hauts revenus.
Résultat : 𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐝𝐞 𝟔𝟎 % 𝐝’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐮𝐦𝐮𝐥𝐞́𝐞. Et si l’on ajoute la TVA sur la consommation, comme le fait Zucman pour le Français moyen, 𝐨𝐧 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐝𝐞 𝟔𝟖 %.
Alors, 26% ou 68% ? 
 
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐜𝐢 𝐚𝐮 𝐜œ𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐝𝐞́𝐛𝐚𝐭.
Nous avons calculé notre taux à partir de dividendes entièrement versés dans la poche de nos milliardaires.
Le professeur Zucman, lui, nous dit que les dividendes ne sont pas versés à nos milliardaires - qui n’en ont en effet pas besoin pour vivre - mais envoyés dans les holdings qu’ils contrôlent.
Si on prend une photo, il a raison. Mais il n’a rien compris au film.
Les holdings ne sont pas des coffres-forts où l’on planque son argent pour échapper au fisc.
Les fonds restent dans le circuit économique.
Les holdings financent des investissements, des rachats, des startups.
Les holdings créent de la valeur, de la croissance, des emplois.
 
𝐋𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐥𝐝𝐢𝐧𝐠𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬𝐭𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮 𝐟𝐢𝐬𝐜, 𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐧𝐭 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐩𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬.
C’est ce que nous allons bientôt voir.
 
Alain Madelin


octobre 24, 2025

Une exception culturelle, le camp du Bien...fondé, de l’audiovisuel public français !

Quand le camp du bien se sent dépassé comme apeuré, la liberté par la privatisation ça dérange, la pensée unique fonctionnarisée ne serait !
 

Sur France Inter, ramener les ploucs dans le droit chemin
Une journée en URSS avec l'ancienne patronne de France Inter, Laurence Bloch.
Laurence Bloch cumule une cinquantaine d’années de présence dans l’audiovisuel public. Entrée à France Inter en 1978, juste après Sciences Po, elle a ensuite travaillé à France Culture, fut correspondante de Radio France en Afrique australe, directrice adjointe de France Culture, puis directrice de France Inter, avant de terminer sa carrière comme directrice de la stratégie de Radio France. Elle a quitté son poste en 2024. Autant dire que le visage actuel de la radio publique lui doit énormément.
 
 
 
 
L'audiovisuel d'Etat : une disparition plus importante que "les bijoux de la reine"
Interrogée ce 21 octobre par Benjamin Duhamel, l’ancienne patronne de France Inter est donc venue sur France Inter pour défendre France Inter. On est en famille. Laurence Bloch vient de sortir un livre, dans lequel elle étrille évidemment la galaxie Bolloré, et défend bec et ongles l’audiovisuel public à la française. On apprendra notamment que nos impôts, en payant le service public, paient « le réel et pas la reconstruction idéologique de la réalité ». Ca, c’est pas mal. Mais attendez la suite : pour cette dame, pilier historique du gauchisme culturel, la disparition des joyaux impériaux du Louvre peut être comparée sans problème à l’éventuelle disparition de l’audiovisuel d’Etat. Et, dans la comparaison, Radio France et France TV sont bien plus importants que des diadèmes ou des colliers inestimables.
 
Ecoutons : « [Si l’audiovisuel public s’arrêtait], où est-ce qu’on pourrait retrouver ces émissions qui nous donnent le sentiment d’être un peu plus à l’aise dans ce monde qui est compliqué ? Où est-ce qu’on retrouverait des émissions d’économie ? Où est-ce qu’on retrouverait des émissions de géopolitique ? Où est-ce qu’on retrouverait des émissions de sciences ? Nulle part ! » 
 
Ah oui, tout de même…Ca doit faire longtemps que Mme Bloch erre dans le vase clos de la maison ronde, pour ne pas s’apercevoir que dehors aussi, on pense.
 
 
Tranquilliser les CSP-
Après une charge en règle (d’assez bonne guerre, il faut le dire), Laurence Bloch livre une phrase extrêmement intéressante : 
 
« Le jour où il n’y aura plus l’audiovisuel de service public, ce pays sera un pays moins tranquille ».
 
 L’information comme sédatif : rendre le pays tranquille. Ce n’est pas un simple lapsus : c’est une pensée consciente, car Mme Bloch y revient une ou deux phrases plus loin. Parmi les deux objectifs que, selon elle, l’audiovisuel public doit se fixer, elle cite en premier lieu la nécessité d’être beaucoup « plus puissant », notamment sur les plateformes : on est en URSS, pas de doute là-dessus. Le second objectif est d’un mépris à peine croyable : « rattraper les CSP-, c’est-à-dire ces gens qui n’ont pas un patrimoine culturel suffisant pour être en tranquillité avec ce monde ». En français : obliger les ploucs à absorber leur dose de sédatif (nous y revoilà) pour ne pas se révolter contre la vision du monde qu’on leur impose. Les rendre « en tranquillité avec ce monde » : dormez bonnes gens, c’est vous qui payez votre perfusion de Valium.
 
 
 
On croyait, au passage, que la marque de l’intellectuel, de l’homme qui sait, était précisément l’intranquillité. « Those who sleep will never know, those who know will never sleep », disent les Américains avec leur sens de la formule. On apprend, grâce à Mme Bloch, que le camp du Bien s’est fixé pour mission de rendre « tranquille » ce monde où, depuis toujours, le conflit est le père de toutes choses. « Rattraper les CSP-», ça n’arrivera pas tant qu’ils auront un cerveau (ce dont Radio France ne semble pas persuadée). Il est vraiment temps de privatiser tout cela.
 
Patrice Bouche
 

 
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