Ce rapport (d'une médiocrité rare) repose sur... Attention... Le projet conduit par Science Feedback avec plusieurs organisations de fact-checking, qui sont, toutes, des organes OUVERTEMENT politiques et militants. Eux-mêmes producteurs de fausses informations. Dont la méthodologie est biaisée, et invalide.
Je suis sidérée par l'absence totale de sérieux @L_Lafon
, @AgnesEvren
et @Sy_robert
Le consortium réunit Science Feedback, Newtral, Demagog SK, Pravda, Check First et l’Universitat Oberta de Catalunya. Le Sénat qualifie leur travail d’ "évaluation scientifique", puis d’"évaluation objective", sans établir cette objectivité autrement que par l’identité des organismes qui l’ont réalisé.
C’est un raisonnement circulaire : des instances politiques et militantes, auto-désignées "professionnels de la lutte contre la désinformation", produisent une mesure de la désinformation, puis cette mesure sert à démontrer qu’il faut renforcer leurs pouvoirs...
Ces structures, sans aucune légitimité ni expertise :
- Définissent ce qui relève de la désinformation.
- Choisissent les sujets et comptes examinés.
- Classent les sources entre "haute" et "faible crédibilité", sans critères précis.
- Militent pour certaines politiques de modération.
- Vont bénéficier directement ou indirectement de ces politiques (y compris financièrement.)
Science Feedback n’est ni un laboratoire universitaire, ni un observateur extérieur des politiques de lutte contre la désinformation.
C’est une association militante d’intervention dans l’espace informationnel, dotée d’une filiale commerciale, financée depuis plusieurs années par les plateformes qu’elle évalue, les institutions européennes et les réseaux internationaux du fact-checking.
Son fondateur concentre la présidence, la direction exécutive et l’arbitrage éditorial. Ses équipes mêlent scientifiques, journalistes, influenceurs, commerciaux, publicitaires, militants politiques...
Elle produit des qualifications éditoriales et normatives sur la crédibilité des sources, la qualité des raisonnements et les récits jugés problématiques. La présenter, comme le font @L_Lafon
, @agnesevren
et @Sy_robert
, comme l’auteur d’une "évaluation scientifique objective", sans caractériser cette évaluation, sans interroger sa méthodologie (qui n'est pas reproductible, évidemment), sans exposer ces liens, ces conflits d' intérêts et cette doctrine constitue une faute majeure.
Pour mémoire, voici une liste d'affirmations que cette officine qualifie de "désinformations" - et dont la plupart sont rigoureusement vraies.
Rappel de 2024
Géraldine Woessner, co-auteur de «Les illusionnistes» (Robert Laffont), est l'invitée de Vincent Roux dans Points de Vue.
Ce sujet est important.
Il mérite qu'on s'y attaque sérieusement.
Pas en déléguant paresseusement l'analyse à des officines militantes.
Il n'y a, dans cette liste de 19 affirmations, que 5 authentiques contre-vérités.
Et quelques vérités incontestables.
Ce que prétendent faire ces sénateurs est gravissime.
Géraldine Woessner
@GeWoessner
Red chef service Société au Point. Transitions, éco/pol. Ex-correspondante aux US. Welcome tweets from outside of the box. Last book : Les Illusionnistes.
CRITIQUES !
Main dans la main, LR, PS et En Marche ressuscitent la Pravda !
Sous couvert de lutter contre la « désinformation », ils viennent de déposer au Sénat une loi liberticide, applicable dès la rentrée :
Définition officielle de la « désinformation », classement des contenus par « niveau de risque », surveillance renforcée des sujets climat/santé, contrôle accru des créateurs et podcasts, pouvoirs élargis de l’Arcom (suspension d’algorithmes et de contenus en période électorale avec l’aval de Bruxelles), création d’un Observatoire de la désinformation intérieure.
Pire : ce texte désigne comme menaces les personnalités et partis qui défendent leur projet politique sur les réseaux. Parler d’immigration ou critiquer l’UE sera bientôt une « ingérence intérieure ».
À Paris comme à Bruxelles, les technocrates s’attaquent à nos libertés à quelques mois d’une élection vitale pour la France.
Reconquête s’y opposera toujours.
Eric Zemmour
@ZemmourEric
Ecrivain, Président de @Reconquete_off
STOP à la censure au nom de l’« ingérence intérieure » !
Le Sénat veut dicter une vérité officielle aux Français et
faire taire les opposants politiques avant la présidentielle 2027.
Signez et partagez la pétition maintenant.
Madame, Monsieur,
C’est un véritable projet à la Big Brother.
Juste avant la présidentielle 2027.
Une alliance PS, LR et centristes au Sénat vient de publier un rapport extrêmement préoccupant pour les Français.
Et ils annoncent déposer une proposition de loi dès la rentrée de septembre pour modifier le droit français avant les élections de 2027.
Sous couvert de lutter contre les « fake news » et de se
préoccuper d’intelligence artificielle, ces sénateurs veulent créer un
« observatoire indépendant de la désinformation interne ».
Ils utilisent un discours orwellien en conférence de presse en désignant une « ingérence intérieure » comme pendant aux ingérences extérieures.
Ils décrivent comme une menace le fait que des personnalités,
courants de pensée ou partis politiques utilisent les réseaux sociaux
pour diffuser leurs idées. N’est-ce pas simplement cela la liberté d’expression ?
Ils appellent « ingérence intérieure » ce qui n’est que désaccord politique en démocratie.
Nous avons affaire à un véritable contrôle de l’information pour
faire taire toute parole critique et dicter une vérité officielle. Pour s’attaquer aux partis politiques qui ne sont pas au pouvoir. Pour censurer les Français sur les réseaux sociaux.
Ces censeurs ne savent même pas clairement ce qu’ils veulent faire
puisqu’ils ne citent pas d’objectif précis – ne jamais oublier cette
possibilité !
Ou ils savent très bien ce qu’ils veulent faire : censurer les
Français, faire taire toute opinion dissidente, conserver le pouvoir.
Choisissez.
Dans tous les cas, vous devez agir maintenant pour les empêcher de vous censurer. Pour les empêcher de bâillonner les Français… juste avant la présidentielle !
Signez la pétition maintenant !
Nous n’avons que quelques jours pour faire reculer le Sénat. À la rentrée, il sera déjà trop tard.
Si vous n’agissez pas, personne ne pourra le faire à votre place. Et le pouvoir sera toujours davantage confisqué aux Français.
« 15 milliards de vues pour les fake news et les tweets complotistes ces 5 dernières années. »
Ce chiffre astronomique n'est-il pas, en lui-même, la première des fake news ?
Quelle en est la source scientifique ?
Agnès Evren (LR) ( @AgnesEvren
)
s'est-elle levée un matin pour compter ces 15 milliards de tweets un par un ?
Évidemment, elle passe sous silence la propagande institutionnelle de l'Union européenne, les mensonges d'État et les lignes éditoriales manipulatrices des médias mainstream.
Que certains messages sur X déplaisent ou bousculent la bien-pensance, c'est le prix à payer pour la liberté d'expression et d'opinion.
Le but de ce tintamarre liberticide est clair : museler les Français, abattre les médias alternatifs et réduire au silence les voix politiques qui dérangent.
La chape de plomb qui s'abat actuellement sur l'Europe est une menace existentielle extrêmement dangereuse pour nos libertés.
Brane
@Branech
Il y a quelque chose de plus grave qu'une fake news : une fake news énoncée avec l'autorité de la République.
Lors de la présentation du rapport sénatorial sur les « zones grises de l'information », @L_Lafon
, @AgnesEvren
et @Sy_robert
ont avancé le chiffre censé justifier tout l'édifice : « 15 milliards de vues pour les fake news et les tweets complotistes ces 5 dernières années ».
Une question simple : l'ont-ils vérifié ? Tout indique que non. Ce chiffre vient de Thomas Huchon, fils de Jean-Paul Huchon — comme je l'ai dénoncé dès le 11 avril. Son « auteur » vend des rapports sur les fake news aux institutions mêmes qui le citent.
Comment fabrique-t-on un tel chiffre ? En agrégeant dans de grandes « catégories » des contenus parfaitement hétérogènes sur des audiences mondiales. Sans jamais citer une seule « fake news » précise. Et pour cause : une grande partie des contenus visés sont des opinions, ou des informations fondées sur des faits documentés. Thomas Huchon est un pornographe de la data. Vous l'avez invité le 14 avril dernier pour qu'il vous serve votre alibi.
Là est la faute morale : des élus qui reprennent sans vérification un chiffre aussi mal construit, pour justifier un encadrement de la parole publique, commettent exactement ce qu'ils prétendent combattre. On ne défend pas la vérité avec des chiffres faux. On ne protège pas le débat public en le caricaturant.
Un sénateur n'est pas un influenceur. Sa parole engage l'institution ; citer un chiffre, c'est en répondre. Vous aviez le devoir de vérifier — vous avez préféré l'effet d'annonce. Ce faisant, vous ne combattez pas la désinformation : vous lui donnez le visage de l'État.
Le débat public mérite mieux que des « experts » autoproclamés et des données invérifiables. Il mérite de la méthode, du contradictoire, des chercheurs — ceux-là mêmes qu'on n'invite jamais.
@L_Lafon
, @AgnesEvren
, @Sy_robert
sont précisément les ennemis de l'intérieur qu'ils prétendent combattre.
cc @gerard_larcher
JBG 🇫🇷
@j_bg
Parler d’ingérence intérieure dans une démocratie est extrêmement grave.
Cela revient à présenter des citoyens, des médias ou des partis français comme une menace dès lors qu’ils influencent fortement l’opinion.
Or convaincre, contester le pouvoir et peser sur une élection ne relèvent pas de l’ingérence : c’est l’exercice normal de la liberté politique.
Ce que défendent Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert est donc gravissime.
Cela heurte tous les grands principes républicains : la souveraineté populaire, puisque l’État prétendrait protéger les électeurs contre l’influence de leurs propres concitoyens; le pluralisme, puisque certains courants pourraient être traités comme des menaces; la liberté d’expression, puisque des comptes pourraient être neutralisés avant même qu’une infraction soit établie et l’État de droit, puisqu’une autorité administrative commencerait par désigner le danger avant l’intervention du juge.
Dans une République, ce n’est pas au pouvoir de décider quelles opinions ont le droit de peser sur une élection. C’est aux citoyens.
C’est comme si le maire de Fontainebleau incendiait lui-même sa ville pour être certain qu’elle échappe au feu.
cc
@BrunoRetailleau
@AgnesEvren
@L_Lafon
@Sy_robert
Pierre Sautarel
@FrDesouche
Un concept révolutionnaire vient de naître dans la bouche de quelques sénateurs : l’ingérence intérieure.
Traduction : des citoyens pourraient s’organiser, défendre leurs idées, peser sur le débat public et utiliser les réseaux sociaux pour convaincre.
Partis politiques, syndicats, associations, médias, collectifs : tout cela n’a toujours servi qu’à une chose : influencer l’opinion et le pouvoir.
Mais lorsqu’un régime en pleine décomposition ne supporte plus la contradiction, il invente des mots nouveaux pour désigner de vieilles pratiques. « Ingérence intérieure » est l’un de ces mots. Le mot ancien était plus honnête : censure.
Je ne sais pas qui sont ces imbéciles au service d’un pouvoir à bout de souffle, mais ils ne semblent même pas comprendre l’énormité de ce qu’ils proposent : criminaliser l’influence politique dès lors qu’elle ne vient pas du bon camp.
Rien n’est plus dangereux que des médiocres convaincus de détenir seuls La Vérité, surtout lorsqu’ils disposent des moyens de faire taire les autres.
Jean Mizrahi
@JeanMizrahi
Entrepreneur, teacher, former senior civil servant (30+ y ago).
"La Force et la Liberté" author, available in open source : http://force-liberte.fr
Je l’écrivais il y a déjà plusieurs mois : défendre la liberté d’expression est devenu un devoir politique prioritaire.
Ce rapport, avec ses préconisations imprécises et liberticides, confirme l’urgence du combat. On ne protège pas la démocratie en organisant la bureaucratie de la vérité.
David Lisnard
@davidlisnard
Parce que les moyens politiques employés depuis toujours en dehors des réseaux sociaux ne sont pas une arme ?
Ah mais non suis-je bête, les médias traditionnels étant sous contrôle public ou détenus par des copains du pouvoir, ils répondent à toutes les exigences. Alors que les réseaux sociaux échappent encore trop au contrôle étatique. Quelle horreur ! L'arnaque est connue par coeur. Prétexter un danger pour la "souveraineté nationale", avant de réglementer.
L'État va donc tout faire pour cadenasser les réseaux afin de mettre à l'écart tout individu ou mouvement qui pourrait être considéré comme dérangeant. Il suffit que la définition d'ingérence intérieure soit un peu large pour que de purs lambdas soient visés pourvu qu'ils commencent à gêner. L'intensification de la répression ne fait aucun doute depuis des années. Quand les États commencent à boire la tasse par le fait de leur propre existence, ils accélèrent dans le sens de la coercition.
Arthur Homines
@arthurhomines
Vers la souveraineté individuelle - Droit/Économie - Réflexions au fil de l'eau - Mon telegram : https://t.me/arthurhomines
Le masque tombe définitivement.
Face à un peuple qui n'écoute plus leurs JT et leurs médias subventionnés, les élites sénatoriales viennent de publier un rapport sur la « régulation du numérique » qui pose les bases d'un totalitarisme étatique décomplexé. Regardez comment le système organise sa survie en planifiant le contrôle absolu de vos écrans.
Une véritable police politique de l'information : le cauchemar d'Orwell devient réalité
Ce ne sont plus des recommandations techniques, c'est l'acte de naissance du Ministère de la Vérité. Le Sénat propose pas moins de 56 mesures pour administrer la visibilité sur Internet. Au programme : définition officielle de la « désinformation » par des technocrates, invisibilisation ciblée d'utilisateurs juste avant les élections, et manipulation directe des algorithmes de YouTube, TikTok ou Instagram. Ce projet de loi ne vise pas à punir des délits, il cherche à instaurer une police politique pour trier ce que vous avez le droit de voir, d'entendre et de penser. George Orwell n'avait rien inventé, le Sénat est en train de l'appliquer.
Leur narratif s'effondre : la censure comme seule arme face à une réalité trop flagrante
Pourquoi une telle dérive autoritaire aujourd'hui ? La réponse est simple : leur narratif leur échappe totalement. Les élites ont perdu le contrôle du récit national. La réalité quotidienne des Français – qu'il s'agisse de l'insécurité, de l'immigration ou du déclassement économique – est devenue trop flagrante pour être dissimulée par les pirouettes des plateaux TV. Comme plus personne ne croit à leurs fables et que le public déserte massivement les médias traditionnels, la caste au pouvoir panique. Faute de pouvoir changer la réalité, ils décident de censurer ceux qui la filment et qui la dénoncent.
Vers un totalitarisme d'État : imposer les médias officiels par la force algorithmique
Ce dispositif franchit un pas de plus vers la dictature technocratique. Ne pouvant plus séduire, l'État va contraindre. Les plateformes seront obligées de modifier leurs algorithmes pour mettre en avant des médias d'« intérêt général » désignés par le pouvoir, et même de subventionner des « influenceurs d'État » validés par le système. Pire encore, les budgets publicitaires et les amendes de l'Arcom serviront à financer cette presse officielle aux ordres. C'est le cœur même du totalitarisme : étrangler financièrement les voix dissidentes, couper le sifflet aux citoyens indépendants, et gaver l'opinion publique d'une propagande d'État que personne ne veut plus consommer librement.
Pensez-vous que ce rapport du Sénat marque l'entrée officielle de la France dans un régime de censure d'État ?
Les élites peuvent-elles réussir à masquer la réalité en modifiant les algorithmes d'Internet ?
La liberté d'expression n'a jamais été aussi menacée.
Tour d'horizon :
EN FRANCE
1 - Le centre, LR et le PS viennent de s'unir au Sénat autour d'un concept inédit : « l'ingérence intérieure ». Comprenez bien : « l'ingérence intérieure », ce n'est pas Moscou ni Pékin. C'est vous. C'est le citoyen qui parle d'immigration, qui critique l'euro numérique, qui conteste l'Union européenne. Un opposant légal requalifié en menace, écarté du débat sans passer par un juge.
2 - La proposition de loi de Bruno Retailleau contre le séparatisme, adoptée au Sénat le 5 mai et en attente à l'Assemblée. Son article 6 permet de geler, sans condamnation pénale, sans procès, les fonds de toute personne dont les propos « contribuent à la discrimination, à la haine ou à la violence ». Des contours si flous que défendre la préférence nationale pourrait suffire.
3 - Le projet de loi Nuñez contre l'entrisme prévoit, lui aussi, des dissolutions et des gels d'avoirs, ainsi que l'interdiction de livres par les ministres de l'Intérieur et de la Culture « dans un délai très court ». La rédaction est si large qu'elle pourrait viser tout groupement jugé contraire au « vivre ensemble ». Plus personne n'est à l'abri.
4 - La proposition Yadan a été retirée, mais le gouvernement a annoncé un texte porté par Aurore Bergé, prévoyant une peine d'inéligibilité obligatoire pour tout élu condamné pour propos jugés haineux. Demain, un discours jugé offensant pourrait vous empêcher de représenter vos concitoyens. Qui décide ce qui est offensant ? Pas vous.
5 - Le député Renaissance Paul Midy veut encadrer le temps de parole des politiques sur les réseaux sociaux, comme à la télévision. Concrètement : l'État déciderait combien de fois vous avez le droit de tweeter.
6 - L'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est votée, portée par Macron, soutenue par le RN et la quasi-totalité de la classe politique. Elle impose de vérifier l'âge de tous les utilisateurs, donc d'associer une identité à chaque compte. Demain, avant de poster un message, vous présenterez votre carte d'identité. Vos opinions seront liées à votre nom. Vos prises de position traçables. C'est la fin de l'expression anonyme et le début d'un fichage des opinions.
7 - François Ruffin annonce qu'il fermerait CNews s'il arrivait au pouvoir. Mélenchon qu'il démantèlerait le groupe Bolloré. La gauche ne débat plus avec ses adversaires. Elle veut les supprimer.
8 - Un Français se voit refuser une habilitation à la DGSI au seul motif de ses opinions souverainistes. Le tribunal administratif valide. Quand l'État filtre ses propres agents sur leurs idées, la frontière avec le maccarthysme est ténue.
À BRUXELLES
9 - L'UE exige, elle aussi, la vérification d'âge pour accéder aux réseaux sociaux. Ursula von der Leyen a lancé en fanfare son application européenne, présentée comme « la plus sécurisée du monde ». Elle a été contournée intégralement 48 heures plus tard. Voilà comment ils comptent protéger vos données.
10 - Le projet Chat Control revient à la charge. Scan automatisé de tous vos messages privés et de vos photos, sous prétexte de protéger les enfants. Votre smartphone deviendrait un espion dans votre poche.
11 - Le « Bouclier européen de la démocratie » : des milliards pour subventionner des médias « indépendants », des ONG et un réseau européen de fact-checkers chargés de définir la vérité officielle. Des médias « indépendants » financés par la Commission. Cherchez l'erreur.
Onze projets. Une même logique. À chaque fois, une bonne raison :
Les enfants, la démocratie, la République, le vivre ensemble, les ingérences. À chaque fois le même résultat : moins de liberté pour vous.
Ils ont compris que plus vous parlez, plus vous convainquez. Ils ont choisi leur arme : vous faire taire.
— anatomie d'une supercherie
Contre quoi arme-t-on l'État ?
Laurent Lafon l'avoue au Figaro : il n'est « pas en mesure de donner d'exemple précis ».
Aucun cas.
Aucun précédent.
Il faut juste « être prêt si cela se produit ».
On ne légifère plus contre des faits. On légifère contre une hypothèse.
Pour habiller le vide, un chiffre. Devant la commission, Thomas Huchon lâche : « 15 milliards de vues » de fake news sur X en cinq ans. Méthode ? Non publiée. Données ? Non publiées. Un chiffre invérifiable pour une menace introuvable.
Et la science derrière tout ça ?
Le rapport fondateur de la Fondation Descartes classait les sources « fiables » et « non fiables ». Qui décidait ?
Storyzy, un sous-traitant privé. Sa base ?
Secrète, « en raison de la nature de ses clients ». Celle de la Fondation ?
D'abord « obsolète », puis « supprimée ». Les données ont disparu.
Hasard.
Reste le maillon final :
La preuve qu'une fake news change un vote. Elle n'existe pas. Depuis 2016, la recherche dit l'inverse : exposition marginale, concentrée sur des convaincus, effet persuasif indétectable.
La supercherie tient en quatre étages. Une ingérence qu'on ne peut pas montrer. Un chiffre qu'on ne peut pas vérifier. Une méthode qu'on ne peut plus consulter. Un effet qu'on n'a jamais démontré.
Qu'importe :
L'outil, lui, est prêt. La Fondation dévoilera en septembre « Ivrei », sa plateforme de veille des récits. Il ne manquait que la commande de l'État.
Le rapport Lafon vient de la rédiger.
Le rapport sur les « zones grises » n'est pas une erreur de sémantique. Ni un accident du législateur. C'est un service commandé. Et il faut y voir la main de l'Élysée.
Le 18 février, à New Delhi, Emmanuel Macron lâchait le fond de sa pensée :
« Free speech is pure bullshit ». La liberté d'expression, de la « foutaise » — dès lors qu'elle circule sur des réseaux qu'il ne contrôle pas. La loi fake news de 2018, la loi Avia de 2020, la commission Bronner, Viginum, la loi SREN, la loi Miller sur la l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, à Bruxelles le soutien français au DSA et à Chat Control et maintenant l'observatoire Lafon : huit ans d'une même obsession. Chaque brique porte la même signature.
Restons-en à la bonne vieille loi de 1881. La restriction de la liberté d'expression doit peser sur la loi, et sur elle seule. Sous le contrôle du juge. Jamais de l'administration.
Voilà le vrai bilan :
Incapable de résultats sur la dette, l'école, la sécurité ou l'hôpital, le pouvoir consacre son énergie à contrôler ce qui se dit de lui — à défaut de régler les problèmes, Macron cherche un bouton « OFF » pour toute contestation.
Qui décidera demain de ce que vous aurez le droit de croire ? Trop souvent, la lutte contre la désinformation conduit le législateur à vouloir imposer la vérité d’en haut. La réponse passe pourtant par l’intelligence collective : faire confiance aux citoyens plutôt que de les brider.
Doit-on s’appuyer sur un « arbitre de la vérité » pour lutter contre la désinformation ? La commission de la culture du Sénat semble le croire, puisqu’elle vient d’adopter à l’unanimité un rapportqui préconise la création d’un observatoire indépendant de la désinformation. Celui-ci serait chargé de repérer les manipulations et de les signaler aux plateformes du Web. Renforcement de l’Arcom, mobilisation du juge des référés, droit européen plus offensif : cet arsenal doit déboucher sur une proposition de loi dès la fin de l’été.
Le diagnostic n’est pas absurde. Effondrement du modèle économique de la presse, amplification algorithmique, faux contenus générés par l’IA, érosion de la confiance, campagnes d’influence, risques d’ingérence étrangère et débat public biaisé par les fake news : tous ces phénomènes sont réels et menacent la qualité de notre vie démocratique.
Hélas, à partir de ce constat, les rapporteurs Laurent Lafon (Union centriste), Sylvie Robert (PS) et Agnès Evren (LR) proposent un dispositif miné par une contradiction majeure. Pour mesurer « objectivement » la désinformation, ils s’appuient sur les chiffres de SIMODS, un consortium piloté par l’association française Science Feedback.
Or, Science Feedback évalue la responsabilité des grandes plateformes tout en entretenant avec elles des liens financiers. Sa filiale commerciale travaille avec Meta, propriétaire de Facebook et d’Instagram, ainsi qu’avec TikTok. L’association elle-même a participé, de 2019 à 2025, au programme rémunéré de vérification de Meta.
Science Feedback bénéficie aussi du label de l’International Fact-Checking Network, précieux sésame pour accéder à certains contrats et financements, tandis que SIMODS reçoit une subvention du Fonds européen pour les médias et l’information. Autrement dit, Science Feedback dépend financièrement à la fois des plateformes qu’elle évalue et des institutions qui la soutiennent. Le conflit d’intérêts est manifeste, l’indépendance toute relative.
Plus inquiétante encore, la notion d’« ingérence intérieure », d’une plasticité orwellienne. Où s’arrête l’influence légitime ? Où commence l’ingérence ? Et surtout, qui aura le pouvoir d’en décider ? Un think tank, une association militante, un organisme déjà juge et partie ?
Et ce, alors que ces prétendues vigies de la désinformation en sont souvent les plus évidentes pourvoyeuses. Prenons l’hydrologue Emma Haziza, régulièrement invitée sur les plateaux du supposé service public. Dans l’émission C dans l’air, sur France 5, elle affirme que plus de la moitié de l’eau prélevée en France sert à refroidir les centrales nucléaires et que cette eau serait ensuite rejetée dans les rivières à une température suffisante pour condamner « tout le vivant ». Elle confond deux réalités très différentes : l’eau prélevée pour refroidir les centrales, dont 97 % sont restitués au milieu naturel, et l’eau réellement consommée. Quant aux rejets thermiques, les suivis disponibles n’ont pas mis en évidence d’impact durablesur les écosystèmes. Et lorsqu’un scientifique la contredit de longue date, sa réponse n’est pas scientifique, mais judiciaire.
C’est ce qu’a subi notre contributeur, le climatologue et physicien François-Marie Bréon, qui avait osé rappeler qu’Emma Haziza n’est pas chercheuse et qui a été victime d’une procédure-bâillon, cette action qui ne vise pas tant à gagner qu’à épuiser, à intimider et à faire taire. Emma Haziza a été déboutée, mais a décidé de faire appel, ce qui est son droit. Mais cela signifie beaucoup. Celle dont les affirmations ne résistent pas à l’examen mobilise la justice pour interdire qu’on le dise, quand le scientifique qui la contredit doit, lui, provisionner des frais d’avocat.
Ce n’est pas un cas isolé, c’est une méthode. Nous l’avons dénoncée il y a un an déjà,
que nous signions avec notre consœur Géraldine Woessner et avec François de Rugy. Quarante-quatre parlementaires venaient d’appeler à « légiférer contre la désinformation climatique » en reprenant les thèses de l’association Quota Climat, pourtant épinglée lors d’une commission parlementaire pour sa propension à soutenir cette même désinformation. Sous couvert de protéger le droit à l’information, on installait une police de la pensée, chargée de décider ce qu’il est raisonnable d’écrire. Nous rappelions alors l’exemple de l’acétamipride, insecticide autorisé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments dans toute l’Union, et que la loi Duplomb proposait simplement de réaligner sur le droit commun européen. Un débat légitime, traité comme un délit d’opinion.
Voilà le glissement redoutable qui s’opère actuellement. De l’observatoire qui signale à la plateforme le compte qu’elle doit invisibiliser, du signalement au référé, du référé au procès, la même logique se déploie : celle qui substitue au débat contradictoire un label officiel de vérité. Or, une démocratie ne se protège pas en déléguant le tri de l’information à des officines empêtrées dans des conflits d’intérêts. La clarté doit apparaître grâce à davantage de transparence sur les financements et les méthodes, ainsi qu’à une meilleure exposition d’un débat contradictoire fondé sur la nuance et les faits.
La désinformation existe et elle abîme. Mais le pire service qu’on puisse rendre à la vérité, c’est de la confier à ceux qui se croient déjà en sa possession. La réponse ne viendra pas d’une autorité chargée de décréter le vrai, mais d’un processus ouvert où chacun peut contribuer à sa construction. Dans le flot d’innovations, pas toujours heureuses, qui ont suivi le rachat de la plateforme par Elon Musk, les Notes de la communauté sur X sont sans doute les plus intéressantes. Une note n’est affichée que lorsqu’elle est jugée utile par des contributeurs aux sensibilités suffisamment différentes, ce qui limite les effets de meute, le biais idéologique et la tentation d’une vérité imposée d’en haut. Cette intelligence collective offre une voie bien plus prometteuse que la délégation de la vérité à quelques arbitres autoproclamés.
C’est précisément cette bataille autour des faits que nous racontons dans notre nouveau livre,
. Comment la vérité est tordue, déformée et mise, sous couvert de pureté militante, au service d’intérêts économiques ou politiques. Comment certains médias s’en font les relais dociles, parfois par idéologie, souvent dans une quête désespérée du buzz. Et comment des organisations plus radicales encore, en rupture avec le réel, infiltrent et instrumentalisent cet écosystème…
. Je suis très fière de cet épinglage. Vous avez raconté n’importe quoi sur moi, mais vous êtes obligés ici de reconnaître que le frérisme dont j’ai analysé les ressorts dans un livre que vous avez voulu tuer est une réalité française.
J’ai gagné une chose : vous prenez le thème au sérieux, vous êtes moins virulents. Et si vous m’accordiez à présent un entretien sans avoir recours à des collègues témoignant sous anonymat ?
Je vous embarrasse, mais le monde académique lui se tait.
(Par ailleurs sachez que je n’ai à ce jour perdu aucun procès. J’en ai gagné.)
Florence Bergeaud-Blackler
Quand Le Monde fait le procès d'une anthropologue et pas sans arrière pensée
Réponse de FBB à l’article « La chercheuse du CNRS qui embarrasse le monde académique » Le Monde, 14 février 2026 – Youness Bousenna
A paraître dans la Nouvelle Revue Politique.
En 2023, Le Monde avait déjà tenté de torpiller mon livre Le Frérisme et ses réseaux en publiant des articles truffés d’erreurs, et fondés sur des témoignages... anonymes, par definition invérifiables[1]. Rien n’y a fait : le livre est devenu un best-seller, traduit en plusieurs langues. Il a depuis inspiré un rapport du ministère de l’Intérieur commandé par le président Macron, un rapport du Sénat, un débat parlementaire et une résolution adoptée à l’Assemblée Nationale. C’est un franc succès. Je remercie donc M. Bousenna de contribuer une nouvelle fois, bien malgré lui, à la diffusion de mes travaux et de me donner l’occasion de répondre aux bêtises que l’on lit sur les réseaux sociaux et dont il se fait le porte-voix.
Reconnaissons-lui cependant un progrès : cette fois, l’article est moins virulent que ceux de 2023. Mais il n’en reste pas moins plein d’erreurs factuelles, d’approximations et de biais que je me propose de relever.
La séquence Thinkerview : un journaliste du Monde trompé par les réseaux sociaux
Le Monde ouvre l’article sur un prétendu « malaise » lors de mon passage sur Thinkerview le 7 octobre 2025. L’ironie est cruelle : le journaliste qui me reproche d’être trop présente sur X a manifestement forgé son opinion sur la base de montages qui ont circulé sur ces réseaux sociaux. Certes il écrit moins de posts que moi, mais c’est sans doute parce qu’il passe plus de temps à consulter ceux des autres. Pour ma part j’utilise les réseaux sociaux pour faire connaitre mes analyses et mes travaux, là où je peux le faire.
La séquence a été inversée dans les versions virales, comme chacun peut le vérifier en visionnant l’intégralité de l’entretien[2]. Voici ce qui s’est réellement passé : dans cette vidéo j’explique pourquoi je ne lis pas le Coran en arabe.
Je commence à raconter que je suis partie en Syrie pour apprendre l’arabe, et avant que j’aie pu terminer ma phrase, l’animateur m’interrompt par une expression que je ne comprends pas. Il est placé dans la pénombre (c’est le concept) et comme il ne peut pas parler sans être enregistré, il fait de grands gestes que je n’identifie pas, d’où ma surprise. L’expression « Kulu tamam » est du dialectal égyptien, que je n’ai jamais entendu lors de mon séjour en Syrie en 1994 à l’IFEAD (Institut Français d’Etudes à Damas). Je tente une interprétation et je dis : « manger » car en arabe classique, كُلْ (kul) qui se prononce « koul » est l’impératif du verbe أَكَلَ (akala), kul signifie « mange ! ». Ma compréhension est logique à partir de l’arabe classique. Mais de nombreux internautes manifestement ignorants de l’arabe et de l’existence de plusieurs dizaines de dialectes arabes, falsifient la séquence et la font tourner en prétendant, à tort, que j’aurais menti.
Le journaliste reproduit dans les colonnes du Monde une manipulation née sur les réseaux sociaux. Pour un auteur du « quotidien de référence », c’est un sérieux problème de vérification des sources. Le problème, c’est que des députés se sont saisis de cette rumeur pour agiter leur réseau contre moi pendant des mois conduisant à un harcèlement organisé de dizaines voire centaines de messages insultants et menaçants chaque jour. Souhaite-t-il relancer la machine ?
Deux contre-vérités en une seule phrase
Le journaliste écrit :
« L’ancien Twitter est le terrain de jeu favori de cette chercheuse du CNRS particulièrement controversée depuis la parution de l’ouvrage Le Frérisme et ses réseaux, l’enquête ».
Cette phrase est doublement fausse.
Premièrement, X n’est pas mon « terrain de jeu ». C’est un outil de communication que j’utilise, comme des milliers de chercheurs dans le monde, pour diffuser mes travaux et répondre aux attaques dont je fais, hélas trop souvent, l’objet. De fausses informations se retrouvent dans des journaux comme le Monde (source valide pour Wikipédia) qui permettent ensuite à des wikipédistes - dont on connait la motivation politique [3]- de les insérer sur ma fiche. Celle-ci qui contient de très nombreuses erreurs et d’omissions est ensuite lue dans le monde entier... ce qui a des répercussions professionnelles sérieuses : des contrats de recherche annulés, des universitaires qui hésitent à m’inviter craignant pour leur réputation même s’ils ne sont pas en désaccord avec mes thèses. Wikipédia peut rendre un chercheur « radioactif » et ruiner sa réputation et sa carrière. Est-ce cela l’objectif de l’article ?
Deuxièmement, ni moi ni mon livre ne sommes controversés. Mon livre n’a pas donné lieu à une « controverse », terme qui supposerait un débat scientifique entre pairs sur le fond de mes thèses et des leurs. Ce qu’il a suscité, c’est un acharnement systématique provenant de deux sources médiatisées par des journaux plutôt complaisants : la frérosphère, dont les réseaux d’influence sont justement l’objet de mon enquête, et une gauche radicale idéologiquement hostile à toute critique de l’islamisme. Le journaliste, en reprenant cette grille de lecture sans la questionner, montre davantage d’empathie pour mes détracteurs que de rigueur journalistique.
Plaintes et signalements : un inventaire trompeur
L’article affirme que je fais l’objet de « signalements excédant la dizaine » et d’« au moins cinq plaintes déposées, dont trois instruites ». C’est faux. Et précisons les choses : à ce jour je n’ai perdu aucun procès, j’en ai gagné. Certaines des plaintes mentionnées n’ont pas été effectivement déposées. Brandir des chiffres de signalements sans en préciser l’issue ni le profil des plaignants relève davantage de l’intimidation que de l’information.
Passons en revue quelques cas cités où le journaliste se fait procureur omettant quelques cruciaux détails.
Nedjib Sidi Moussa. J'ai en effet qualifié M. Sidi Moussa de « pauvre con ». Le contexte éclaire cette réaction. Au moment où Boualem Sansal, enlevé par les autorités algériennes, se trouvait détenu sans recours dans une cellule, M. Sidi Moussa a fait le choix de l'accabler publiquement prenant le risque d'aggraver sa situation. J’assume cette réaction face à une telle indignité. Pourquoi le journaliste a-t-il effacé le contexte ?
John Tolan. Contrairement à ce qu’affirme le journaliste, John Tolan n’a pas porté plainte en justice contre moi. Quant au projet EuQu (« Coran européen »), financé à hauteur de près de 10 millions d’euros par l’Union européenne, je maintiens qu’il peut servir un récit conforme aux intérêts de la confrérie comme je l’ai déclaré au Figaro[4].
El Yamine Settoul. Le journaliste omet de mentionner que ce chercheur apparait sur une video en compagnie d’un gradé des gardiens de la Révolution iranienne. Il y a là, me semble-t-il, de quoi s’interroger légitimement. Le journaliste lui accorde un long droit de parole pour se plaindre d'un « amalgame » et d'un éventuel impact sur le renouvellement de son détachement au ministère des armées tout en reconnaissant lui-même que « rien ne permet formellement » d'établir ce lien. On appréciera la rigueur : une insinuation présentée comme un fait, immédiatement démentie par celui-là même qui la formule. Quant à la vidéo en compagnie d'un gradé des gardiens de la Révolution, M. Bousenna n'en souffle mot. Le lecteur jugera de quel côté se situe l'omission.
Haouès Seniguer. Sa proximité avec la frérosphère n’est pas un secret et cela n’est d’ailleurs nullement interdit en France[5]. C’est un choix qu’il a fait. Mais ce choix éclaire son hostilité à mon endroit, hostilité qui s’est traduite par des publications susceptibles de ruiner ma carrière et de me mettre physiquement en danger. Rappelons que je vis sous protection policière en raison de menaces de mort. Je note que M.Bousenna, à l’inverse du traitement qu’il m’a réservé, avait été plutôt complaisant avec M.Seniguer[6].
Margot Dazey. Le journaliste rapporte la recension de Mme Dazey, qui qualifiait mon raisonnement d'« intrinsèquement complotiste ». Rappelons qu'en science, on répond à une thèse par une contre-thèse argumentée, non par un diagnostic infamant et disqualifiant. Que j'aie vivement réagi à une recension qui m'accusait publiquement de complotisme dans une revue de l'IREMAM — laboratoire dont je connais les orientations pour y avoir travaillé dix ans — n'a rien de surprenant. M. Bousenna omet évidemment ce contexte pour ne retenir que ma réaction.
L'IREMAM et le CNRS. M. Bousenna donne longuement la parole à Vincent Geisser, directeur de l'IREMAM, qui exprime son « incompréhension » et sa « forme de colère » face au fait que je puisse « continuer à injurier et humilier sans réaction des tutelles ». Mais quelles injures, exactement ? L'article ne le dit pas. Le lecteur est invité à s'indigner sans savoir de quoi.
La protection fonctionnelle. Le journaliste souligne que Stéphanie Latte Abdallah et Haouès Seniguer bénéficient de la protection fonctionnelle du CNRS, comme s'il s'agissait d'une preuve de ma nocivité. Il omet de rappeler que je bénéficie moi-même de cette protection fonctionnelle pour les menaces et diffamations subies en sus d’une protection policière en raison de menaces de mort.
Les chercheurs d'Aarhus et les « 95 pratiques problématiques ». Le journaliste invoque une recension de Lena Kühle et Manni Crone, de l'université d'Aarhus, qui auraient relevé dans mon livre traduit en danois 95 « pratiques problématiques ». Ce chiffre, jeté sans contexte, est destiné à impressionner. Mais M. Bousenna ne précise que cette recension a fait l'objet d'une réponse de ma part qui l’a réduit à moins de vingt. Il ne dit rien non plus de la nature de ces « pratiques » : compter un hyperlien défectueux ou une transcription approximative au même titre qu'une erreur de fond, c'est gonfler artificiellement un bilan pour produire un effet d'accumulation comme l’a montré un chercheur danois[7].
Le journaliste du Monde se livre à un exercice singulier : dénombrer mes « attaques » contre « environ 50 chercheurs et près de 30 organisations ».
Mais qui sont ces 50 chercheurs et ces 30 organisations ? Quels sont les propos incriminés ? Sur quels faits portaient-ils ? Le lecteur n'en saura rien. Ce procédé porte un nom : c'est l'accusation par le nombre, technique qui consiste à substituer une quantité impressionnante à la démonstration qu'on est incapable de produire.
Par ailleurs, nommer des chercheurs dont les positions ou les affiliations posent question, les critiquer publiquement, contester les orientations d'institutions, tout cela s'appelle le débat intellectuel. C'est le quotidien de la vie académique dans le monde entier. Si la critique devient un délit dès lors qu'elle porte sur l'islamisme, ce n'est plus mon compte X qui pose problème à M.Bousenna, c'est la liberté de la recherche que lui a pourtant rappelé le CNRS contacté par lui-même.
Le CERIF et le financement.L'article se conclut par une insinuation sur l'indépendance de mes recherches, au motif que le CERIF compterait parmi ses donateurs l'organisation Périclès. Le procédé est classique : la culpabilité par association. Rappelons que le CERIF est une association loi 1901, indépendante, qui ne reçoit que des dons de droite comme de gauche. Et ceci est parfaitement légal et transparent. Quant à la question de la compatibilité avec mon statut de chercheuse au CNRS, il n'y a là aucune irrégularité, mais M. Bousenna laisse planer le doute, c'est tout l'art de l'insinuation sans preuve.
De « l’extrême droite » à « la droite » : un recentrage que je salue, mais il reste encore un effort à faire...
Je note avec satisfaction que le Monde m’a « recentrée ». Dans les articles de 2023, j’étais présentée comme une figure inspirante de l’ « extrême-droite ». Me voilà désormais simplement « orientée à droite ». C’est un progrès. Le prochain pas sera de reconnaitre que ce qui me fait parler n’est pas un positionnement partisan mais seulement, mon travail de recherche mené depuis des décennies.
Rétablissons une réalité simple : je ne travaille pour aucun parti politique. Si une institution républicaine a recours à mes compétences, il est de mon devoir de fonctionnaire de répondre. Je n’ai jamais été membre d’aucune formation politique. Mon seul engagement est envers la connaissance et la recherche scientifique. Que mes travaux soient repris par des responsables politiques ne fait pas de moi une militante, pas plus que la citation des travaux d’un climatologue par un parti écologiste ne ferait de lui un militant vert. Pourquoi le journaliste tient-il tant à me faire passer pour une militante politique ?
La Légion d’honneur : un protocole républicain, pas une faveur politique
L’article suggère (en sous-titre) que le CNRS ne réagit pas, ce qui sous entend qu’il devrait me sanctionner. Le journaliste ne se contente pas de décrire une situation, il exerce une pression publique sur une institution pour qu'elle prenne des mesures disciplinaires contre une chercheuse !
Il tente même de jeter un voile de suspicion sur ma nomination au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Rappelons comment fonctionne ce protocole républicain.
La Légion d’honneur est accordée par décret du président de la République, sur proposition des ministres, après délibération du conseil de l’ordre présidé par le Grand Chancelier. Les candidatures sont instruites par les préfets et les ministères de tutelle, puis transmises au Premier ministre et au Grand Chancelier. J’ai reçu cette distinction des mains du général François Lecointre, Grand Chancelier de la Légion d’honneur, dans sa propre promotion. C’est un honneur rare et insigne, qui salue plus de vingt ans de recherche « au service de l’intérêt général et de la Nation » [8]. Tenter de réduire cette reconnaissance à un jeu d’influence politique est à la fois inexact et insultant envers l’institution elle-même.
L’utilisation trompeuse d’anonymes
Ayant échoué à recueillir la réaction de Gilles Kepel - dont il écrit qu’il m’aurait « fait l’honneur » d’écrire ma préface, formulation condescendante -, le journaliste s’emploie à trouver des hommes et des femmes pour me disqualifier. Il ne cite pas les autres “grands noms de la recherche sur l’islamisme” qui auraient refusé de témoigner contre moi. Ce procédé est doublement fautif : d'une part, invoquer des témoins anonymes pour insinuer l’embarras du monde académique relève de l'argument d'autorité sans preuve ; d'autre part le journaliste passe sous silence une autre interprétation. Si ces chercheurs ont décliné, c'est peut-être tout simplement qu'ils n'avaient rien à reprocher à mes travaux, ne souhaitaient pas se prêter à un article à charge, ou bien ne souhaitaient pas exprimer un désaccord dans un simple article de presse.
Faute de pouvoir mobiliser « le monde académique » contre moi -bien qu’une partie m’ait manifesté son soutien[9]- M. Bousenna s'emploie alors à trouver des figures politiques pour suggérer que je serais le produit d'une galaxie de droite.
Et pour enfoncer le clou, le journaliste explique que "les derniers rendez-vous académiques impulsés par Florence Bergeaud-Blackler" se sont tenus dans des « amphithéâtres inattendus » plutôt que des arènes universitaires.
Il feint d’oublier que depuis trois ans toutes mes conférences dans les universités et les grandes écoles sont annulées au dernier moment sous des prétextes divers. On y autorise volontiers la tenue de meetings politiques dans les amphis, mais l'on s'offusque qu'une chercheuse du CNRS y présente ses travaux dès lors que ses thèses dérangent quelques agitateurs[10]. Cela, le journaliste l’omet-il sciemment ?
Un journalisme militant éloigné de la déontologie, qui veut faire taire
La Charte d’éthique professionnelle des journalistes établit que le journaliste « tient la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité pour les piliers de l’action journalistique » et considère « l’accusation sans preuve, la déformation des faits, la non-vérification des faits » comme « les plus graves dérives professionnelles ». Au regard de ces principes, cet article pose plusieurs problèmes sérieux.
M. Bousenna reprend sans vérification un montage circulant sur les réseaux sociaux pour construire son entrée en matière. Il présente une accumulation de signalements et de plaintes sans en préciser l’issue, créant une impression de culpabilité par accumulation. Il dissimule des faits importants et le contexte. Il ne me donne pas la parole pour répondre aux allégations précises de l’article. J’aurais accepté un grand entretien sur mes travaux si j’avais été sollicitée. La Charte éthique rappelle pourtant qu’un journaliste « exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent » et « fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révélerait inexacte »[11].
Cet article vise à produire ce qu’il crée de toutes pièces : une controverse et d’éventuelles mesures disciplinaires par le CNRS. L’idée n’est-elle pas de me réduire au silence ?