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mars 05, 2026

Presse française obsolète sous perfusion et son histoire (94 millions d'euros d'aides directes. 84 millions d'aides indirectes.2023)

La presse française sous perfusion : une dépendance vieille de plus de 2 siècles

94 millions d'euros d'aides directes. 84 millions d'aides indirectes. 809 titres aidés. Et ce n'est que l'année 2023. En France, on ne subventionne pas la presse. On la maintient en vie.

Le système des aides à la presse est un monument national. Pas un monument historique — ceux-là, on les laisse se dégrader tranquillement (demandez au Louvre). Non, un monument administratif : des dizaines de dispositifs empilés sur plus de deux siècles, chacun créé pour répondre à une urgence qui a depuis disparu, et qu'aucun gouvernement n'a jamais eu le courage de supprimer.
 

 
Résultat : en 2023 (chiffres les plus récents), l'État français a versé 278 millions d'euros à la presse écrite — 194 millions en aides directes et 84 millions en aides indirectes (dont TVA à 2,1 %). Pour donner une échelle : c'est l'équivalent de ce que la France dépense pour construire 4 000 places de prison alors que les établissements pénitentiaires affichent un taux d'occupation de 123 %. C'est plus de la moitié du budget informatique de toute la Justice française (209 M€). Et c'est surtout un système que personne ne comprend, pas même ceux qui en bénéficient.
Décortiquons.

1796 : tout commence par un facteur

La plus ancienne aide à la presse remonte au Directoire. En 1796, la loi du 4 thermidor an IV accorde à la presse un tarif postal privilégié. L'idée est simple : pour que les citoyens s'informent, il faut que les journaux circulent. La Poste prendra en charge une partie du coût.
Napoléon supprime le dispositif — il n'était pas homme à subventionner ses critiques. Il est rétabli en 1930. Depuis, la presse paie moins cher que vous pour envoyer du papier par la poste. En 2023, cet avantage tarifaire représentait 181 millions d'euros par rapport au tarif postal universel (chiffre 2024, dernière estimation disponible).
Deux cent vingt-huit ans plus tard, à l'ère du numérique, de l'information instantanée et des newsletters par e-mail, l'État continue de subventionner l'acheminement physique de journaux papier par des facteurs en camionnette. Le monde a changé. Le tarif postal, non.

Début du XXe siècle : la TVA super réduite

Deuxième couche du millefeuille : la fiscalité. Au début du XXe siècle, l'État accorde à la presse un taux de TVA réduit. Aujourd'hui fixé à 2,1 % (contre 20 % pour le taux normal), ce « super taux réduit » est le plus bas de toute l'économie française. Seuls les médicaments remboursables bénéficient d'un taux aussi favorable.
Coût pour l'État en 2023 : 60 millions d'euros de dépense fiscale (estimation Bercy, en baisse par rapport aux 150 millions estimés en 2022 après un changement de méthode de calcul — ce qui en dit long sur la fiabilité de ces chiffres).
Ce taux s'applique à toute la presse — le quotidien d'information générale comme le magazine de mots croisés, le journal satirique comme le titre people. Aucune conditionnalité. Aucun critère de qualité. C'est la définition même de l'arrosage.

Années 1970 : naissance des aides directes

Troisième strate. Les difficultés économiques de la presse quotidienne justifient, à partir des années 1970, la création d'aides directes gérées par le ministère de la Culture. L'idée originelle est ciblée : soutenir les quotidiens nationaux d'information politique et générale (IPG) dont le modèle économique ne permet pas d'attirer suffisamment de publicité. On pense à L'Humanité, à La Croix, à Libération — des journaux porteurs d'une ligne éditoriale forte, que le marché publicitaire ne suffit pas à financer.
Le principe est défendable : le pluralisme de la presse est un objectif constitutionnel (article 34 de la Constitution). Si le marché ne le garantit pas, l'État intervient.
Mais le principe, comme souvent en France, a été progressivement étendu jusqu'à perdre tout sens.

L'empilement : de l'aide ciblée à l'usine à gaz

À partir de 1986, les aides se multiplient :
L'aide aux quotidiens nationaux à faibles ressources publicitaires (1986). Créée pour les quotidiens nationaux IPG dont la publicité représente moins d'un certain pourcentage des recettes. En 2023 : 10,4 millions d'euros pour 7 titres. C'est l'aide historique, la plus légitime sur le plan du pluralisme. La Croix en est le premier bénéficiaire avec 3 millions d'euros au seul titre du pluralisme — sur un total de 9,3 millions d'aides tous dispositifs confondus.
L'aide aux quotidiens régionaux à faibles ressources de petites annonces. Oui, vous avez bien lu : une aide compensant la baisse des petites annonces. Celles que Le Bon Coin a rendues obsolètes il y a quinze ans. En 2023 : 1,4 million d'euros pour 12 titres, dont Presse Océan et La Dordogne Libre. On subventionne un modèle économique qui n'existe plus.
L'aide aux publications nationales à faibles ressources publicitaires (PFRP). Extension aux magazines. En 2023 : 4 millions d'euros pour 55 titres — Politis, Pèlerin, Causette... Le périmètre s'élargit.
L'aide au pluralisme de la presse périodique régionale et locale (PPR). En 2023 : 1,47 million d'euros pour 232 titres de presse hebdomadaire régionale. Le saupoudrage atteint son apogée : 1,47 million divisé par 232 titres = 6 300 euros en moyenne par titre. On ne finance plus le pluralisme. On distribue des pourboires.
L'aide au pluralisme des titres ultramarins (2021). 2 millions d'euros, 10 publications.
L'aide aux services de presse en ligne (2022). Extension au numérique. 4 millions d'euros pour 58 titres, dont Contexte, Huffington Post, Blast-info. L'aide la plus récente — et la preuve que le système ne sait que s'étendre, jamais se réformer.
Le fonds de soutien aux médias d'information sociale et de proximité (FSMISP, 2016). 1,9 million d'euros pour 131 médias — webTV locales, newsletters citoyennes, webradios associatives.
Au total, rien que pour le « pluralisme » : 22,7 millions d'euros en 2023, distribués à 374 titres via 7 dispositifs différents. Sept guichets pour un même objectif. Sept critères d'éligibilité. Sept commissions. Sept processus administratifs. L'efficacité à la française.

Les aides au transport et à la diffusion : 133 millions d'euros pour livrer du papier

C'est le poste le plus massif et le moins débattu.
En 2023, l'État a consacré 133 millions d'euros au transport et à la diffusion de la presse :
  • Aide à la distribution de la PQN-IPG : 27 millions d'euros pour 9 titres. C'est cette aide qui explique les 11,8 millions d'euros perçus par Aujourd'hui en France (Le Parisien), premier bénéficiaire toutes aides confondues avec 12,4 millions d'euros.
  • Aide à l'exemplaire posté : 73,3 millions d'euros pour 334 titres. C'est ici que Télérama explose les compteurs : 5,25 millions d'euros d'aide au postage seul, ce qui en fait le 8e titre le plus aidé de France — davantage que Sud Ouest, Le Progrès ou La Dépêche du Midi. Un magazine TV subventionné à hauteur de 5,5 millions d'euros.
  • Aide à l'exemplaire porté : 32,6 millions d'euros pour 149 titres, en remplacement de l'ancienne aide au portage (24 millions). Budget renforcé, périmètre élargi.
Fait notable : en 2023, la nouvelle aide à l'exemplaire posté/porté a remplacé l'avantage tarifaire postal en tant qu'aide indirecte. Ce qui était caché dans les comptes de La Poste devient une aide directe visible. Conséquence : le nombre de titres aidés bondit de 446 en 2022 à 809 en 2023. L'aide n'a pas augmenté — elle est devenue visible. Ce qui pose la question : que cachait-on avant ?

Le FSDP et les aides à l'investissement : 19 millions d'euros

Le Fonds stratégique pour le développement de la presse (FSDP), créé en 2012, cofinance des projets de transition numérique et écologique. En 2023 : 7,9 millions d'euros (via le FSDP proprement dit) au sein d'une enveloppe globale de 19,1 millions pour la modernisation.
On y trouve des bourses d'émergence de 50 000 euros pour des revues naissantes, du soutien à l'IA éditoriale, de la modernisation de kiosques. C'est l'aide la moins contestable sur le principe — à condition d'admettre que l'État est légitime à décider quels projets éditoriaux méritent de l'innovation et lesquels n'en méritent pas.

L'aide papier : 30 millions d'euros exceptionnels devenus permanents

En 2023, une aide exceptionnelle de 30 millions d'euros est créée pour compenser la hausse du coût du papier liée à la guerre en Ukraine. 504 publications en bénéficient — dont 307 qui ne recevaient aucune aide auparavant.
Le mot « exceptionnel » est savoureux. En France, les aides exceptionnelles ont une durée de vie supérieure à celle des gouvernements qui les créent.

Le palmarès : qui touche quoi ?

Les aides sont versées titre par titre, mais la réalité économique se lit par groupe de presse. Quand Le Monde, Télérama, Courrier International et La Vie appartiennent au même actionnaire, c'est le groupe qu'il faut regarder.
Voici le top 24 des groupes de presse les plus aidés en 2023, toutes aides directes et filières confondues :
 




 
Quelques observations qui piquent :
Les Échos-Le Parisien, en incluant Paris Match, propriété de LVMH (Bernard Arnault, première fortune mondiale), arrive en tête avec 20,2 millions d'euros — dont 12,7 millions d'aide filière seule. L'homme le plus riche de la planète perçoit la plus grosse enveloppe d'aides à la presse de France.
Le Groupe Le Monde touche 19 millions d'euros. Ce total agrège Le Monde, Télérama (5,5 M€ à lui seul), Courrier International, La Vie, L'Obs. Le journal de référence de la gauche intellectuelle est aussi le deuxième bénéficiaire des aides publiques. Le Monde affiche un résultat net de 11,3 M€ en 2024 et perçoit 19 M€ d'aides. Autrement dit, sans les aides, le groupe serait déficitaire de 8 millions d'euros. Le bénéfice revendiqué depuis 2016 « sans discontinuer » est intégralement financé par l'État. Quand Louis Dreyfus et Jérôme Fenoglio écrivent que cette rentabilité est « le socle de notre indépendance », c'est une indépendance sous perfusion publique.
SIPA Ouest-France est déficitaire en 2024 malgré 14,6 M€ d'aides. Le CA du groupe (560 M€ en 2022) est le plus élevé de la presse française, mais le modèle papier (83 % du CA) rend le groupe structurellement vulnérable.
EBRA (Crédit Mutuel) — Le Dauphiné Libéré, L'Est Républicain, les DNA, Le Progrès, le Républicain Lorrain, le Bien Public, le Journal de Saône-et-Loire — touche 12,7 millions d'euros. Un groupe bancaire mutualiste est le quatrième bénéficiaire des aides à la presse.
La Croix, journal catholique du groupe Bayard Presse, touche 9,3 millions d'euros. C'est de loin le titre le plus subventionné par exemplaire diffusé, avec 3 millions de pluralisme, 1,4 million de portage et 4,3 millions de postage.
L'Humanité, organe historique du PCF, perçoit 6,6 millions d'euros — dont 2,9 millions de pluralisme et 5,6 millions d'aides directes au total. L'aide au pluralisme a été inventée pour des titres comme celui-ci. Mais le tirage ne cesse de baisser.
Télérama, un magazine de programmes TV appartenant au groupe Le Monde, reçoit 5,5 millions d'euros — presque intégralement en aide au postage (5,25 M€). Plus aidé que Le Progrès, quotidien régional de 600 000 lecteurs.
CMA-CGM, armateur et troisième fortune de France (Rodolphe Saadé), perçoit 2 millions d'euros pour La Provence. Artémis (François-Henri Pinault, Kering), 2,7 millions pour Le Point.
Le Canard Enchaîné : 1,14 million d'euros, exclusivement en aide au postage. Aucune aide au pluralisme. Le journal satirique reste le titre le plus « propre » du système — mais il y participe quand même.

Les aides indirectes : les 84 millions invisibles

Au-delà des 194 millions d'aides directes, la presse bénéficie de 84 millions d'euros d'aides indirectes en 2023 :
  • TVA « super réduite » à 2,1 % : 60 millions d'euros de dépense fiscale estimée.
  • Exonérations fiscales pour les diffuseurs, vendeurs-colporteurs et porteurs : 24 millions d'euros.
Ces aides sont par nature invisibles — elles n'apparaissent dans aucun tableau, aucune liste nominative. La presse en bénéficie sans condition. Un magazine de décoration intérieure a le même taux de TVA que L'Humanité.

Ce qui est obsolète en 2026

Passons en revue les dispositifs qui n'ont plus de justification en 2026 :
Les tarifs postaux préférentiels (1796). L'État subventionne l'envoi physique de papier dans un monde où l'information circule instantanément par voie électronique. En 2024, ces tarifs représentaient encore 181 millions d'euros de manque à gagner pour La Poste. C'est l'équivalent de 2 000 emplois de facteurs financés pour distribuer un support en déclin structurel (le tirage de la PQN a baissé de 64 % entre 2000 et 2021).
L'aide aux quotidiens à faibles ressources de petites annonces. Le marché des petites annonces a migré en ligne il y a plus de quinze ans. Subventionner des journaux parce qu'ils ne vendent plus de petites annonces, c'est comme subventionner des loueurs de VHS parce que Netflix existe.
L'aide au postage des magazines (73,3 M€). Télérama, Paris-Match, Le Point perçoivent des millions d'euros pour que leurs abonnés reçoivent un magazine papier par la poste. Dans un monde où ces mêmes titres ont des sites web, des applications, des newsletters, des podcasts — pourquoi l'État paie-t-il encore le facteur ? L'argument écologique pourrait également être invoqué : quel est le bilan carbone de cette aide ?
La TVA à 2,1 % sans condition. Ce taux s'applique sans distinction entre un journal d'investigation et un magazine de sudoku. C'est une aide aveugle. La conditionner à la qualification IPG ou à des critères de qualité rédactionnelle diviserait le coût par deux et renforcerait le ciblage.

Le vrai problème, le pluralisme à l'ère numérique

La justification constitutionnelle de tout ce système tient en un mot : pluralisme. L'État aide la presse pour que les citoyens aient accès à une diversité de points de vue.
Mais en 2026, le pluralisme ne se joue plus dans les kiosques. Il se joue sur les plateformes. Et c'est là que le système d'aides révèle son angle mort le plus béant.
Les 278 millions d'euros d'aides à la presse en 2023 sont intégralement orientés vers la production et la distribution de contenus. Pas un euro n'est consacré à garantir que ces contenus soient effectivement accessibles aux citoyens dans l'espace numérique.
Or, qu'est-ce qui détermine aujourd'hui si un article est lu ? L'algorithme de X, de Google, de Meta. Des entreprises américaines privées décident, par leurs choix de classement, de modération et de mise en avant, quels contenus atteignent le public français. Le pluralisme ne dépend plus du nombre de titres aidés — il dépend de la visibilité que leur accordent des plateformes sur lesquelles l'État n'a aucune prise.
On peut subventionner 809 titres. Si l'algorithme n'en affiche que 5 dans le fil d'actualité des Français, le pluralisme est un leurre.
Le vrai chantier du pluralisme en 2026 n'est pas de savoir combien de millions l'État verse à Télérama pour ses enveloppes postales. C'est de savoir si un article de La Croix, de L'Humanité ou du Canard Enchaîné a la moindre chance d'apparaître dans le fil d'un citoyen de 25 ans qui s'informe exclusivement sur son téléphone.

Conclusion : perfusion ou réforme ?

Le système des aides à la presse française est le produit de 228 ans d'empilement administratif. Chaque aide a été créée pour répondre à un problème réel. Aucune n'a été supprimée quand le problème a disparu.
Le résultat est un édifice baroque où Aujourd'hui en France (LVMH) touche 12,4 millions d'euros, où Télérama perçoit plus que Sud Ouest, où l'on subventionne des petites annonces qui n'existent plus et des facteurs qui livrent des journaux que personne ne lit.
278 millions d'euros par an. C'est le prix de la tranquillité politique : aucun gouvernement ne veut être celui qui « a tué la presse ». Alors on perfuse. On empile. On complexifie.
📌 La question que personne ne pose : peut-on encore parler de presse libre quand 278 millions d'euros d'aides sont distribués chaque année par l'État ? Quel rédacteur en chef publiera l'enquête qui fâche le ministère de la Culture, sachant que ce même ministère signe le chèque qui boucle son budget ?
 
Sources : Ministère de la Culture, « Éléments de communication — Aides à la presse 2023 » ; Tableau des titres de presse aidés en 2023 (données ouvertes) ; Tableaux 2016-2022 ; Cour des comptes ; Wikipedia, « Aides à la presse en France » ; Ministère de la Culture, « Historique des aides au transport de presse » ; Ministère de la Culture, « Soutien public à la presse ».

https://x.com/j_bg/status/2029494273784103261

 
Libération ENCORE sauvé de la faillite : 
 
le journal - parmi les plus subventionnés de l'État - a reçu un prêt de 17 MILLIONS d'euros de la part du milliardaire Daniel Kretinsky. Il s'agit du QUATRIÈME prêt reçu par le journal en trois ans pour un total de 59 MILLIONS D'EUROS.

 

octobre 08, 2025

Macronie en crise & Fiscalité: PME-PMI

Sommaire:

A - La macronie en crise : une France au bord du précipice

B -  Fiscalité en France : Les PME sous le joug de l’État

 

A - La macronie en crise : une France au bord du précipice

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, la France traverse une période de turbulences inédites sous la Ve République. Ce qui était présenté comme une « renaissance » libérale s’est mué en un enchaînement de crises profondes :

instabilité gouvernementale chronique, scandales éthiques récurrents, une politique étrangère belliqueuse, un mépris envers le peuple français, une domination accrue des juges et des multinationales, une paupérisation accélérée de la société, et une montée inexorable du ressentiment populaire menant à des révoltes.

 

 

En 2025, avec une dette publique abyssale, une polarisation extrême et des manifestations massives, la situation atteint un point de non-retour. Cet article, basé sur des analyses récentes et des faits documentés, dresse un tableau alarmant d’une nation en déliquescence, où les fondements démocratiques et sociaux sont érodés par un pouvoir centralisé et déconnecté.

L’instabilité politique : un chaos institutionnel

Les gouvernements successifs sous Macron ont été marqués par une instabilité sans précédent. Depuis 2022, cinq Premiers ministres se sont succédé en trois ans, culminant avec la démission récente du cinquième en octobre 2025, plongeant la France dans un vide politique profond. La dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 a déclenché une crise parlementaire, aboutissant à un Parlement fragmenté où aucune majorité claire n’émerge. Macron, isolé politiquement, voit ses alliés l’abandonner, certains appelant même à sa démission. Cette paralysie bloque les réformes essentielles, amplifiant le sentiment d’un État impuissant face aux défis internes et externes. Des experts soulignent que cette instabilité, inédite depuis les débuts de la Ve République, risque de mener à une implosion institutionnelle si aucune issue n’est trouvée d’ici 2027.

 


Les scandales : une éthique publique en lambeaux

Les administrations Macron ont été entachées par une série de scandales qui minent la confiance publique. Le « McKinsey Gate » en 2022 a révélé des contrats opaques avec des cabinets de conseil américains, totalisant des millions d’euros pour des missions souvent redondantes, qualifiées de « scandale d’État » par les opposants. Des ministres comme ceux de la Justice et du Travail ont fait face à des accusations de corruption et de conflits d’intérêts, tandis que des figures comme Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, ont été impliquées dans des affaires de pantouflage le passage entre public et privé favorisant les intérêts corporatistes. En 2025, un scandale d’État lié à la pêche industrielle a même été exposé, où Macron a été accusé de minimiser des irrégularités pour protéger des intérêts privés. Parmi ces affaires, l’affaire Alstom occupe une place centrale : en 2014-2015, alors ministre de l’Économie, Macron a autorisé la vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric, un deal entaché d’allégations de corruption, de pressions américaines via le Department of Justice, et de conflits d’intérêts, qualifié de « trahison » industrielle qui a affaibli la souveraineté française.

Le bellicisme : une politique étrangère agressive et risquée

Macron a adopté une posture belliqueuse sur la scène internationale, particulièrement dans le conflit ukrainien.

En 2024, il a suggéré l’envoi de troupes européennes en Ukraine, provoquant même une polémique au sein de l’OTAN et des mises en garde russes. Cette « ligne dure » contre la Russie, incluant des sanctions massives et un soutien militaire accru, est vue comme une stratégie pour affirmer le leadership français en Europe, mais au prix d’une escalade potentielle menaçant la vie des Français. Des critiques internes, comme celles de Marine Le Pen, accusent Macron de sacrifier les intérêts nationaux pour une ambition personnelle, risquant d’entraîner la France dans un conflit plus large. Cette orientation, contrastant avec une tradition diplomatique plus équilibrée, alimente les tensions intérieures et externes.

 

 

Le mépris du peuple français : une fracture sociale irréparable

Le mandat de Macron est entaché d’un mépris envers les Français ordinaires. Les Gilets Jaunes en 2018-2019, nés d’une hausse des carburants vue comme une taxe sur les classes moyennes, ont cristallisé cette rancœur, avec des accusations d’arrogance et de mépris pour le peuple. Des phrases comme « les gens qui ne sont rien » ont renforcé l’image d’un président déconnecté. Les réformes des retraites en 2023, imposées sans vote parlementaire, ont ravivé cette fracture, perçue comme un dédain pour les travailleurs. Sur les réseaux sociaux, la haine envers Macron est palpable, avec des appels incessant à sa destitution reflétant un sentiment d’humiliation collective.

La république des juges et des multinationales : un pouvoir détourné

La France sous Macron est souvent qualifiée de « République des juges », où le judiciaire empiète sur le politique.

Des condamnations comme celles de Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen en 2025 ont suscité des accusations de partialité, avec des menaces contre les magistrats. Cette perception est renforcée par les nominations controversées à des postes clés de la justice, qui illustrent une politisation accrue du système judiciaire. Par exemple, au Conseil constitutionnel, Macron a nommé des figures politiques loyales, comme Richard Ferrand en février 2025, un proche allié et ancien président de l’Assemblée nationale, dont la nomination a été validée de justesse par un vote serré et critiquée comme transformant l’institution en « maison de retraite pour politiciens », affaiblissant son indépendance et sa crédibilité.
Macron est d’ailleurs le seul président à n’avoir nommé que des personnalités politiques au Conseil, rompant avec la tradition d’inclure des juristes neutres, ce qui alimente les soupçons de contrôle exécutif sur les Sages.
D’autres nominations, comme celle de Jacqueline Gourault en 2022, une ancienne ministre, renforcent cette tendance à recycler des alliés politiques dans des rôles judiciaires suprêmes.


Au-delà du Conseil constitutionnel, des critiques portent sur d’autres postes clés : en 2022, Hélène Davo, ex-conseillère de Macron, a été nommée à la tête de la Cour d’appel de Bastia, une décision contestée pour favoritisme et conflits d’intérêts, soulignant un « péché mignon » de Macron pour des nominations partisanes dans la magistrature.

Xavier Ronsin, un haut magistrat, a été choisi comme conseiller justice à l’Élysée en 2022, un profil atypique mais perçu comme un moyen de consolider l’influence présidentielle sur le judiciaire. Des nominations de procureurs généraux en 2017 et des décrets récents en 2025 pour divers magistrats illustrent un maintien du contrôle exécutif, malgré les promesses d’indépendance, contribuant à une « République des juges » où le pouvoir judiciaire semble grandement aligné sur l’exécutif. 

 

 

La paupérisation de la société française : un appauvrissement généralisé

Depuis 2017, la pauvreté a augmenté, touchant 15,4% de la population en 2023, soit 9,8 millions de personnes. Les inégalités se creusent, avec un taux de pauvreté des seniors à 12,4% et une précarité accrue dans les régions délaissées. Les politiques de Macron, comme la suppression de l’ISF, ont favorisé les riches, tandis que l’inflation et les coupes budgétaires appauvrissent les classes moyennes. Des statistiques INSEE montrent une hausse des inégalités au plus haut depuis 30 ans, exacerbant la fracture sociale.

La montée du ressentiment et de la révolte : vers l’explosion sociale

Le ressentiment culmine avec des révoltes massives. Les manifestations « Bloquons Tout » en septembre 2025 ont paralysé le pays, avec 500 000 participants protestant contre l’austérité et les coupes budgétaires. Inspirées des Gilets Jaunes, ces actions reflètent une colère profonde contre Macron, accusé de sacrifier le peuple pour les armes, la dette et l’UE. Des grèves nationales et des blocages soulignent une société au bord de l’implosion, avec des appels à la destitution et une polarisation extrême.

La Macronie représente un tournant funeste pour la France : un pays instable, corrompu, belliqueux, méprisant envers son peuple, dominé par juges et multinationales, appauvri et révolté.

Sans une remise en question profonde – démission, élections anticipées ou réforme constitutionnelle profonde –, la nation risque un effondrement total. Les analyses convergent : la gravité de la situation exige une action immédiate pour sauver ce qui reste du modèle français.

https://multipol360.com/la-macronie-en-crise-une-france-au-bord-du-precipice/ 

Pierre Duriot
« Ces caciques qui atterrissent mollement...
Etonnant cette France... on laisse un type programmer la destruction d’un pays bimillénaire, un temps le phare intellectuel de la planète. Il vend Alstom, autorise la vente de fleurons industriels stratégiques, organise des prélèvements d’argent sans fin sur les ménages, ruine nos concitoyens. 
 
Pire, il participe au montage de toutes pièces d’une fausse pandémie, en profite pour expérimenter des coercitions sociales digne d’un régime totalitaire, promeut l’injection d’un produit inconnu, encore en cours d’expérimentation, dont on sait maintenant qu’il est toxique, monte, toujours avec les mêmes, la fable énergétique basée sur un carbone qui n’est pas polluant, qui n’a jamais été aussi peu présent dans l’atmosphère et qui n’est très majoritairement pas d’origine humaine, en profite pour donner notre argent en masse à des fabricants de moulins à vent inutiles, dangereux pour la stabilité du réseau et qui permettent de faire monter comme jamais le prix de l’électricité et de supprimer les voitures. 
 
Il organise ou laisse faire l’arrivée de millions de gens, qui déstabilisent la vie française jusque dans les villages et ruinent un peu plus les finances publiques, tout en provoquant des drames chez les victimes et leurs familles et des angoisses nationales qui font qu’on ne peut plus rien organiser sans se barricader derrière des blocs de bétons et des herses. Il fait liquider l’hôpital, l’école, ce qui reste des services publics, met les finances en faillites et pour couronner le tout, nous emmène à marche forcée vers la guerre… et nos élus, censément représentants du peuple ne disent trop rien, ne s’opposent pas, avec des prétextes fallacieux du type « par qui le remplacer ». 
 
Et les voilà, les mêmes, dans un atterrissage un peu mou, tout de même, au bout de huit années d’infamies, à commencer à dire, du bout des lèvres, que oui, finalement, on pourrait peut-être le destituer… on voit bien que ces élus, ces journalistes et ces brillants éditorialistes vivent dans un autre monde que le nôtre. S’ils savaient ce qu’en pensent les Français, mais qu’il ne faut pas dire… »

 


 

B -  Fiscalité en France : Les PME sous le joug de l’État

En France, le discours officiel vante souvent une baisse générale des impôts pour relancer l’économie. Pourtant, une récente note de l’INSEE, publiée en collaboration avec la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), révèle une réalité bien différente :

les petites et moyennes entreprises (PME) subissent un fardeau fiscal bien plus lourd que les grands groupes.

Ce déséquilibre, qui s’aggrave d’année en année, met en péril la vitalité des PME, piliers de l’emploi et de l’innovation locale. Inspiré par des analyses récentes, cet article examine les mécanismes de cette inégalité fiscale, ses causes et ses conséquences, tout en proposant des pistes pour une réforme équitable.

Le fossé fiscal entre PME et grands groupes

Selon l’étude de l’INSEE, le taux d’imposition implicite – qui mesure le poids réel de la fiscalité sur les bénéfices d’exploitation – atteignait 21,4 % pour les PME en 2022, contre seulement 14,3 % pour les grandes entreprises. Ce écart, qui n’était que de 3,8 points en 2016, a bondi à 7,1 points en 2022, illustrant une dégradation spécifique au contexte français.

Malgré la réduction du taux nominal de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 % entre 2016 et 2022, les bénéfices n’ont pas été uniformément répartis. Les grandes entreprises, grâce à leur structure et à leurs ressources, profitent davantage des dispositifs fiscaux. Par exemple, le régime d’intégration fiscale permet aux groupes de compenser les profits d’une filiale par les pertes d’une autre, réduisant ainsi leur base imposable globale. De plus, les niches fiscales coûteuses, comme le Crédit d’impôt recherche (CIR), sont captées à 42 % par les grands acteurs, qui naviguent plus facilement dans la complexité administrative.

Cette situation crée un avantage compétitif artificiel pour les multinationales, au détriment des PME qui manquent de moyens pour optimiser leur fiscalité.

Un modèle français à contre-courant de l’Europe

Comparée à ses voisins européens, la France se distingue par son traitement défavorable aux PME. Au Royaume-Uni, les entreprises à faibles bénéfices bénéficient d’un taux de 19 %. En Espagne, les PME dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million d’euros paient 23 %, et les nouvelles entreprises seulement 15 %. La Hongrie propose l’un des taux les plus bas de l’UE à 9 %, tandis que l’Irlande maintient 12,5 %, passant à 15 % pour les revenus supérieurs à 750 millions d’euros, en ligne avec les minima de l’OCDE.

En cherchant à attirer les multinationales via des incitations généreuses, la France pénalise ses propres PME, qui représentent pourtant les principales créatrices d’emplois. Ce système freine leur capacité d’autofinancement, limite les investissements et entrave leur croissance.

Les conséquences économiques et sociales

Les répercussions de cette fiscalité inégale sont profondes. Les PME, amputées d’une part significative de leurs bénéfices, peinent à innover et à se développer. Cela érode la confiance dans le pacte social, car les entrepreneurs perçoivent un État qui favorise les géants au lieu de soutenir l’économie locale. Sur le plan macroéconomique, cette distorsion risque de creuser les inégalités régionales et de ralentir la reprise post-crise.

Des exemples concrets, comme l’utilisation massive du CIR par les grands groupes, montrent comment les niches fiscales, censées stimuler l’innovation, profitent principalement aux entités déjà dominantes, laissant les PME en marge.

Vers une fiscalité plus juste

Pour remédier à cette situation, il est impératif de repenser le système fiscal français. Une solution envisageable serait d’instaurer un taux d’imposition plus bas pour tous, appliqué sur une base large et sans échappatoires. Cela restaurerait l’équité, encouragerait l’investissement et renforcerait la compétitivité des PME. Sans une telle réforme, la France risque de voir ses entreprises locales s’essouffler face à une concurrence internationale plus agile.

Le virage fiscal français, bien qu’annoncé comme un allégement général, masque une réalité cruelle pour les PME : un État qui les étrangle par une fiscalité disproportionnée. En s’inspirant des modèles européens plus équilibrés, la France pourrait inverser cette tendance et redonner du souffle à son tissu entrepreneurial. L’enjeu est clair : sans action, le désavantage compétitif des PME persistera, menaçant la vitalité économique du pays. Des études comme celle de l’INSEE appellent à une réflexion urgente pour un système fiscal qui serve tous les acteurs, grands et petits.

https://multipol360.com/fiscalite-en-france-les-pme-sous-le-joug-de-letat/

 

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