LE MYTHE DU DÉCLIN DE L’ÉTAT : 40 ANS DE FONCTIONNARISATION FRANÇAISE
On entend souvent que l’État « se retire ».
Que le privé « prend le relais ».
Que les fonctionnaires « stagnent » voire « disparaissent ».
Mais que disent les chiffres ?
Entre 1982 et 2021, la population française est passée de 55,6 à 67,9 millions. Soit une hausse de 22 %.
Rien de délirant.
Mais observons ce qu’a fait la fonction publique sur la même période
👮♂️ En 1982 : 4,03 millions de fonctionnaires
👨💼 En 2021 : 5,67 millions
Soit une hausse de 41 %.
➕ 1,64 million d’agents publics en plus
📌 Sans réforme majeure, sans gain d'efficacité, sans révolution technologique absorbée.
Et ce n’est pas « toute l’économie » qui a grossi :
👷♂️ Le nombre total d’employés (publics + privés) est passé de 22,65 à 28,1 millions, soit +24 %.
Donc :
· Population : +22 %
· Emplois : +24 %
· Fonction publique : +41 %
En clair :
📌 L’État a recruté deux fois plus vite que la population n’a crû.
Et beaucoup plus que le reste du monde du travail.
Mais pourtant, on continue à entendre… que "le public recule".
Certains rétorquent :
« Oui mais Sarkozy a réduit les effectifs, Macron fait des réformes, l’État s’allège… »
Alors regardons les chiffres présidentiels ⬇️
Depuis Mitterrand, aucune présidence n’a réduit les effectifs publics.
🏆 Les champions ?
· Mitterrand : +13 %
· Chirac : +17 %
➡️ Soit une moyenne de +1,55 % par an
Suivent :
· Macron : +3 % (jusqu’en 2022)
· Hollande : +2 %
· Sarkozy : +2 %
Et ce, malgré les discours de modernisation, les promesses de rationalisation, la dématérialisation…
📎 La logique reste la même :
➕ Nouveaux dispositifs = ➕ Nouveaux postes
➕ Nouvelles lois = ➕ Nouvelles structures
« Mais, on externalise ! »
C’est vrai.
On a confié le ménage, la sécurité, l’infogérance à des boîtes privées…
Mais ça n’a pas freiné la machine publique.
Le nombre de fonctionnaires, lui, continue d’augmenter.
Et ce n’est pas une question de perception.
Oui, les enseignants, policiers ou agents municipaux sont visibles.
Mais ce qui est invisible, c’est la masse des directions, agences, comités, inspections, structures parallèles…
Dans de nombreux départements, l’État structure tout le tissu économique.
Cela devient une forme de clientélisme moderne :
📍 Là où l’économie privée s’efface, l’emploi public devient la norme.
Et la facture suit :
Les dépenses publiques en % du PIB ont explosé.
La France reste championne du monde, sans résultats proportionnels.
Ce n’est pas qu’il y ait trop de fonctionnaires.
C’est qu’il y en a toujours plus, sans débat de fond, sans réévaluation, sans exigence de résultats.
Un État qui grossit par inertie.
Et qu’on ne vienne pas parler d’exception passagère.
🔍 Comparons.
La France reste un cas à part :
➕ de fonctionnaires
➕ de dépenses
➕ d’impôts
Mais…
📉 - de résultats, - d’efficacité, - de satisfaction.
Un pays moderne n’est pas celui qui « protège tout », mais celui qui fait mieux avec moins.
📌 Réformer l’État, ce n’est pas le détruire.
C’est le rendre responsable, ciblé, limité.
👋
Étatisme
L'étatisme désigne la doctrine et pratique politiques par lesquelles l'État intervient (voir interventionnisme) et s’impose en tant qu'appareil de coercition,
dans l'ensemble de la vie économique et sociale d'un territoire donné.
Même si l'interventionnisme est la pratique la plus courante de
l'étatisme, l'octroi de privilèges ou de faux droits relève également de l'étatisme, de même l'absence d'intervention là où la justice l'imposerait pour rétablir le droit.
« L'étatisme assigne à l'État le devoir de guider les citoyens et
de les tenir en tutelle », a écrit Ludwig von Mises en 1944 dans Omnipotent Government, où il explique la "nouvelle mentalité" qui inspire la subordination complète de l'individu à l'État.
On parle ainsi de « système » étatique pour les pays où ces
pratiques deviennent la dominante de l'organisation économique et
sociale.
L'anti-étatisme libéral
Les libertariens et les libéraux sont opposés à l'étatisme parce que :
L'étatisme cherche son auto-justification dans des théories ad hoc, telle que la théorie des biens publics, ou dans des affirmations qui tiennent du sophisme par lesquelles il prétend représenter la société — sophismes dénoncés aussi bien par les libertariens que par les philosophes :
« Les défenseurs de l’État, y compris les philosophes aristotéliciens et thomistes classiques, sont tombés dans cet énorme non sequitur
qui consiste à sauter de la nécessité de la société à la nécessité de
l’État. Alors qu’en fait, comme nous l’avons montré, l’État est un
facteur anti-social qui empêche l’échange volontaire entre les Hommes, la créativité individuelle et la division du travail. La « société »
est une étiquette commode pour décrire la libre interaction entre les
personnes dans les échanges volontaires. Il convient ici de rappeler la
distinction éclairante établie par Albert Jay Nock entre le « pouvoir social », fruit de l’échange volontaire qui caractérise l’économie et la civilisation, et le « pouvoir étatique », qui consiste dans l’interférence coercitive et l’exploitation de ces avantages. »
— Murray Rothbard, L'Éthique de la liberté, chap. 24
« L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le Peuple. » »
— Nietzsche
Liens avec des doctrines plus construites
- Le libéralisme
est partiellement incompatible, il conteste l'efficacité d'une telle
démarche et se décharge de nombreuses responsabilités inhérentes à l'État-providence » (charities, recherche privée, retraites, ...).
- Le libertarianisme est opposé à l'État (anarcho-capitalisme) ou se contente d'un État minimal (minarchisme).
- L'anarchisme est fondamentalement incompatible, rejetant toute autorité coercitive (État ou autre).
- Les constructivistes,
qui proclament que les choix publics doivent être guidés par la volonté
de construire un certain type de société définie préalablement.
- L'utilitarisme, qui proclame que le bien-être des individus est la raison d'être de la société, se sert lui aussi en général de l'État. Voir social-démocratie.
- Le mercantilisme
pour lequel l'économie, et notamment le commerce extérieur, d'un pays
aurait pour but essentiel d'accumuler des moyens financiers assurant sa
puissance sur le plan international.
- Le pragmatisme,
doctrine de l'instrumentalisation des doctrines aux services des buts
poursuivis. Ces buts peuvent être très divers (gain d'une guerre, paix
sociale, richesse collective, bien-être du plus mal loti, etc.) mais
toujours utilitaires. Le pragmatisme ne rejette donc pas ni n'impose
l'étatisme, mais comme celui-ci est un instrument puissant, il est rare
qu'il ne soit pas étatiste.
- Le collectivisme, qui subordonne l'individu au groupe en matière de choix et de responsabilités, en prétendant que cela améliore aussi les conditions de vie de l'individu lui-même.
- Le totalitarisme,
forme extrême de l'étatisme, contrôle totalement la vie des individus
par la fusion de l'État, de la société, et des structures de pouvoir et
de contrôle (voir Fascisme).
Le libéralisme comme source d'étatisme
Un reproche fait parfois au libéralisme est qu'il peut, paradoxalement, être source d'étatisme[1]. Par exemple, le libre échange
intégral, s'il était instauré selon les conceptions du libéralisme,
pourrait entraîner la disparition de secteurs économiques entiers d'un
pays ; il faudrait donc instaurer des protections (et donc renforcer
l'étatisme) pour sauvegarder ces secteurs.
Ce raisonnement n'est pas libéral, il est en réalité de type
collectiviste et corporatiste, car on décrète arbitrairement qu'il faut
protéger un secteur, qui souffrirait sinon d'une "concurrence déloyale",
au détriment d'une partie de la population, empêchée d'acheter des
produits meilleurs ou moins coûteux venant de l'étranger, et obligée de
consommer des produits locaux.
Citations
« Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant,
tend naturellement à s'agrandir. Il se trouve à l'étroit dans sa
mission de surveillance. Or, il n'y a pas pour lui d'agrandissements
possibles en dehors d'empiètements successifs sur le domaine des
facultés individuelles. Extension du pouvoir, cela signifie usurpation
de quelque mode d'activité privée, transgression de la limite (...)
entre ce qui est et ce qui n'est pas son attribution essentielle. Le
pouvoir sort de sa mission quand, par exemple, il impose une forme de
culte à nos consciences, une méthode d'enseignement à notre esprit, une
direction à notre travail ou à nos capitaux, une impulsion envahissante à
nos relations internationales, etc. Et veuillez remarquer, messieurs,
que le pouvoir devient coûteux à mesure qu'il devient oppressif. Car il
n'y a pas d'usurpations qu'il puisse réaliser autrement que par des
agents salariés. Chacun de ses envahissements implique donc la création
d'une administration nouvelle, l'établissement d'un nouvel impôt ; en
sorte qu'il y a entre nos libertés et nos bourses une inévitable
communauté de destinées. »
— Frédéric Bastiat
« On a maintenant tâté de toutes les
variantes de l’étatisme et elles ont toutes échoué. Partout dans le
monde occidental au début du 20è siècle les chefs d’entreprise,
les politiciens et intellectuels s’étaient mis à appeler de leurs voeux
un "nouveau" système d’économie mixte, de domination étatique, à la
place du laissez-faire relatif du siècle précédent. De nouvelles panacées, attrayantes à première vue, comme le socialisme,
l’État corporatiste, l’État-Providence-Gendarme du monde, etc. ont été
essayées et toutes ont manifestement échoué. Les argumentaires en faveur
du socialisme et de la planification étatique apparaissent maintenant
comme des plaidoyers pour un système vieilli, épuisé et raté. Que
reste-t-il à essayer sinon la liberté ? »
— Murray Rothbard
« Croire que les hommes ne sont pas assez intelligents pour s'entendre en société sans l'intervention de l'État relève d'une conception archaïque de la condition humaine. »
— Alain Dumait
« Je crois que notre Léviathan Tout Puissant
est une infinie source de sagesse, qui apporte la Confiance là où elle
serait inimaginable sans Lui, qui fournit des Services Publics qui
seraient inimaginables sans Lui. Je crois que la solution ultime à
chacun et à tous les problèmes de la vie est que l'État devrait
débloquer les fonds nécessaires en insérant les lignes appropriées dans
le livre sacré du budget. Alléluia ! »
— Faré, Le Credo Citoyen
« Le socialisme
triomphera sous la forme du socialisme d'État. La bourgeoisie, au lieu
de s'opposer aux progrès de ce dernier, le favorise autant qu'il est en
son pouvoir. Chacun tâche de happer un morceau du budget, les citoyens
ne voient dans les administrations de l'État, des provinces et des
communes que des instruments pour se dépouiller les uns les autres.
Quelqu'un voudrait-il s'en abstenir qu'il ne pourrait pas. Toutes les
fois que les citoyens se sont réunis dans le simple but de résister à
une spoliation
dont ils étaient les victimes, ils ont échoué. Quand, au contraire, ils
se réunissent pour obtenir leur part du gâteau, le succès couronne
assez généralement leurs efforts. C'est la fable du chien qui portait le
dîner de son maître. […] Tant que subsistera le sentiment qui porte les
hommes à s'entre dépouiller au moyen des administrations publiques, les
budgets augmenteront, jusqu'à ce qu'enfin, ils produisent la ruine des
peuples et qu'un gros dogue prenne la place de cette meute affamée. Il
mangera pour quatre, mais il pourra encore y avoir économie, s'il
empêche de dévorer ceux qui mangeaient pour huit. »
— Vilfredo Pareto
« L’étatiste est un homme qui est en train de devenir socialiste, et s’il meurt sans le devenir, c’est qu’il n’a pas assez vécu pour le devenir. »
— Émile Faguet
« Je crois bien qu’il n’y a pas de libéraux en France.
On croit qu’il y a plusieurs partis en France ; c’est une erreur. Il
n’y en a qu’un : c’est l’Étatisme. Tous les Français sont étatistes. À
ce compte là, la fameuse unité morale devrait exister ; seulement, si
tous les Français sont étatistes, chacun veut l’État pour lui et au
service de ses intérêts et de ses passions ; et cela ne fait qu’un seul
parti en théorie, mais en fait beaucoup en pratique. »
— Émile Faguet, Le libéralisme
« L’étatisme est la croyance en l'État (c'est-à-dire la coercition par un monopole)
comme la solution magique à tous les problèmes ; la superstition selon
laquelle il suffit que le gouvernement "débloque" des fonds, pour que
n'importe quel problème soit résolu, comme si ces fonds tombaient du
ciel, et que le gouvernement était un plombier appelé par Dieu pour réparer la tuyauterie défaillante par laquelle Il nous alimente de sa manne céleste. »
— Faré
« Votre système est une guerre civile légale,
où les hommes se constituent en groupes antagonistes et se battent
entre eux pour s’emparer de la machine à fabriquer les lois, laquelle
leur sert à écraser leurs rivaux jusqu’à ce qu’un autre gang s’en empare
à son tour pour les évincer, le tout dans une protestation perpétuelle
d’attachement au bien non spécifié d’un public non précisé. »
— Ayn Rand, Atlas Shrugged, Discours de John Galt
« Le terme "étatisme" s'applique à un système
de pouvoir caractérisé par le contrôle et la domination (absolue ou
relative) de l'État par rapport à chaque réalité et activité, avec la
suppression ou la soumission de chaque corps intermédiaire ou
antagoniste. Clairement, il n'y a aucune entité physique appelée "État"
mais des bureaucrates de tout genre dans les différents secteurs
(politique, administratif, judiciaire, militaire, financier, etc.) qui
travaillent en plein accord à l'alimentation des couches parasitaires
dont eux-mêmes sont le noyau central. »
— Gian Piero de Bellis
« L'étatisme n'est pas une philosophie, il
n'est pas fondé sur des preuves historiques ni sur des principes
rationnels. L'étatisme est une justification a posteriori de la
détention de bétail humain. C'est une excuse pour la violence, c'est une
idéologie, et toutes les idéologies sont des variantes sur la façon de gérer le bétail humain. »
— Stefan Molyneux
« L’État ne peut pas créer quoi que ce soit ;
ses ordres ne peuvent même pas retirer quoi que ce soit du monde de la
réalité, mais ils peuvent le retirer du monde des possibles. L’État ne
peut pas rendre l’homme plus riche, mais il peut le rendre plus pauvre. »
— Ludwig von Mises, Critique of Interventionnism
Informations complémentaires
Notes et références
Voir aussi
Liens externes