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août 13, 2026

Les six mécanismes distincts, à l'encontre de la souveraineté familiale

Sommaire:

A) - Les six nœuds coulants : comment l’interventionnisme étouffe la volonté de procréation de la famille

B) - Il est temps de mettre à jour les cerveaux français.

 

 


 

A) - Les six nœuds coulants : comment l’interventionnisme étouffe la volonté de procréation de la famille

Alors que le taux de natalité diminue aux États-Unis et dans d’autres pays industrialisés, nous constatons que l’intervention du gouvernement dans l’économie et la vie familiale est l’une des principales raisons de cette situation. 

Félix Yang

Le taux de fécondité total nécessaire au renouvellement de la population est de 2,1. En moyenne, sur la période 2020-2024, ce taux s'établit à 0,78 pour la Corée du Sud, 0,89 pour Taïwan et 0,79 pour Hong Kong. La démographie dominante continue de considérer ces chiffres comme des anomalies culturelles, alors qu'il s'agit en réalité des résultats ultimes d'une expérience séculaire d'interventionnisme administratif. 

L'explication classique met en cause le coût du logement, l'évolution des valeurs ou la charge que représente l'éducation des enfants dans une économie moderne. Toutefois, lorsqu'on examine la question sous l'angle de la praxéologie — la logique déductive de l'action humaine —, cette explication inverse le rapport de causalité. 

La procréation constitue, au fond, un investissement à long terme : un acteur rationnel accepte une faible préférence temporelle et consacre deux décennies de capital et de travail à un rendement qui ne se concrétise qu'au fil des générations. Ce calcul repose entièrement sur un environnement institutionnel stable, garantissant le lien entre le sacrifice consenti et la récompense attendue. L'interventionnisme moderne — ce mécanisme d'auto-renforcement identifié par Mises, où les effets secondaires d'une intervention servent de prétexte à la suivante — a rompu ce lien par le biais de six mécanismes distincts. 

 Le premier est l'inflation liée aux monnaies fiduciaires.  

Depuis la création de la Réserve fédérale en 1913, le dollar a perdu plus de 96 % de son pouvoir d'achat. La fonction traditionnelle de la monnaie comme réserve de valeur dans le temps a cédé la place à une simple reconnaissance de dette bureaucratique, conçue pour se déprécier. Une famille ne peut rationnellement investir vingt ans de capital dans un enfant si la monnaie dans laquelle ce capital est libellé subit une dévaluation insidieuse année après année. 

Le second mécanisme est la socialisation de la prise en charge du grand âge.  

Les systèmes de retraite par répartition s'apparentent, selon leur propre logique actuarielle, à des systèmes de Ponzi intergénérationnels : ils n'accumulent aucun actif réel et dépendent entièrement de l'arrivée de nouveaux cotisants pour honorer les engagements existants. Les administrateurs de la Sécurité sociale américaine prévoient que le fonds de réserve OASI épuisera ses ressources d'ici 2033 ; à ce stade, le montant des prestations chutera automatiquement à 77 % des sommes promises. Dès lors que la prise en charge de la vieillesse dépend de la solvabilité politique d'un fonds mutualisé plutôt que du nombre ou de la qualité des enfants élevés, l'éducation des enfants perd sa justification économique en tant que contrat intergénérationnel.

Le troisième point concerne le monopole médical.  

Les systèmes d'autorisation administrative et de contrôle des prix substituent le rationnement par l'attente au rationnement par les prix dans le secteur de la santé ; la pénurie demeure, elle change simplement de nom. Au Canada, le délai médian entre l'orientation vers un spécialiste et le traitement dépasse désormais trente semaines — la durée la plus longue jamais enregistrée par le Fraser Institute en trente-trois ans de suivi ; on estime que 24 000 Canadiens sont décédés l'an dernier alors qu'ils attendaient toujours un traitement qui leur avait été promis gratuitement. Lorsque la survie elle-même devient tributaire d'une liste d'attente bureaucratique, la planification familiale relève davantage d'un acte de foi que d'un calcul rationnel. 

Le quatrième point est la nationalisation de l'éducation.  

Avant l'instauration de l'école publique obligatoire, l'enseignement privé et communautaire avait déjà permis à environ 85 à 90 % de la population de Grande-Bretagne et des États-Unis de maîtriser la lecture et l'écriture en anglais. L'école obligatoire n'a pas été introduite pour remédier à une défaillance du marché ; les architectes prussiens de ce système affirmaient ouvertement que son but était de soumettre la volonté individuelle aux besoins de l'État. Les systèmes modernes d'éducation publique — dépourvus de tout mécanisme de prix ou de discipline liée au profit et à la perte — tendent vers la médiocrité, contraignant les familles à se tourner vers un second marché, celui de l'enseignement privé, simplement pour préserver la compétitivité de leurs enfants. La théorie des flux de richesse du démographe John Caldwell démontre que la fécondité s'effondre précisément lorsque le sens du transfert de richesse intergénérationnelle s'inverse : on passe d'une situation où les enfants soutiennent leurs parents à une autre où les parents subventionnent indéfiniment leurs enfants, un basculement provoqué avant tout par la généralisation de l'école obligatoire. 

 Le cinquième point concerne la perte de souveraineté en matière de logement. 

Les réglementations de zonage et d'aménagement du territoire créent une pénurie artificielle, transférant la richesse des jeunes familles vers les propriétaires déjà installés, au nom de la protection des communautés contre les externalités. Une expérience naturelle comparant deux villes américaines illustre parfaitement ce point. Houston a rejeté le zonage par référendum populaire à trois reprises — en 1948, 1962 et 1993 ; son ratio prix/loyer mensuel (prix de vente divisé par le loyer mensuel) avoisine 108, et son indice de fécondité se maintient à 1,98. À l'inverse, San Francisco — ville soumise à une réglementation stricte en vertu du *California Environmental Quality Act* — affiche un ratio prix/loyer supérieur à 360 et un taux de fécondité de 1,49. Même les résultats relativement favorables de Houston restent inférieurs au seuil de renouvellement des générations, car la liberté en matière de logement ne suffit pas, à elle seule, à compenser les cinq autres contraintes qui pèsent au niveau fédéral. 

Le sixième point concerne les mesures d'allègement administratif.  

Lorsque l’État nationalise une fonction qui relevait autrefois d’un contrat d’entraide communautaire fondé sur des savoirs locaux, il ne supprime pas la pauvreté ; il engendre une classe administrative qui s’auto-perpétue et a tout intérêt à gérer la pauvreté plutôt qu’à y mettre fin, tout en favorisant une sélection adverse bien documentée. Aux États-Unis, l’octroi d’aides sociales conditionnées au maintien du célibat joue un rôle direct dans ce phénomène. Selon les travaux de Thomas Sowell, la proportion de familles monoparentales au sein de la population noire américaine est passée d’environ 22 % à 67 % entre 1960 et 1985. 

 Ces six mécanismes se renforcent mutuellement plutôt que d’agir de manière isolée, refermant ainsi un piège systémique qui affecte quatre dimensions de la souveraineté familiale : financière, physique, temporelle et spirituelle. Rome a mené la même expérience il y a deux mille ans.

Une politique sociale fondée sur le « pain et les jeux », l’avilissement de la monnaie — passant d’un denier d’argent quasi pur à un disque contenant à peine 5 % de métal précieux — et la mainmise administrative sur la classe des petits propriétaires terriens ont abouti, en quatre siècles, à la même issue fatale : l’abandon d’enfants attesté par les papyrus de l’Égypte romaine et une métropole d’un million d’habitants réduite à quelque 100 000 résidents au VIe siècle. 

La conclusion ne consiste pas à réclamer des subventions mieux conçues.  

Toute subvention n’est que le prolongement de cette même logique interventionniste qui a provoqué l’effondrement initial. Chacun de ces six « nœuds coulants » fut, en son temps, présenté aux familles comme un marché : cédez une part de votre souveraineté, et l’État vous garantira en échange la sécurité. 

 Les mots de Benjamin Franklin — repris plus tard par Hayek dans *La Route de la servitude* — mettaient en lumière l’aboutissement inéluctable de ce genre de transaction : ceux qui sont prêts à sacrifier leur liberté pour un peu de sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité. La famille a accepté ce marché à six reprises, pour ne récolter qu’une baisse de la natalité : la sécurité promise n’a jamais été assurée, et la liberté a disparu. 

 La seule voie pour inverser la tendance réside dans le rétablissement de la propriété privée et de la souveraineté de la famille sur ses décisions financières, matérielles et intergénérationnelles.

Felix Yang

Felix Yang est l'auteur de *Why the Cradle Stands Empty: How Interventionism Strangles Fertility*, ouvrage qui développe une argumentation praxéologique contre l'interventionnisme — et contre l'offensive que celui-ci mène, via six mécanismes distincts, à l'encontre de la souveraineté familiale.

https://mises.org/mises-wire/six-nooses-how-interventionism-strangling-familys-will-reproduce 

 

B) - Il est temps de mettre à jour les cerveaux français.  

Obsédés par la comparaison avec les États-Unis, les Français ne se rendent pas compte de deux choses essentielles :




-Nous avions le même niveau de vie que les Américains en 1996. Aujourd’hui, ils sont deux fois plus riches que nous. L’État le plus pauvre des USA, le Mississippi, a un PIB par habitant plus élevé que la France.

-Non, les Américains ne voient pas tous leurs revenus partir en frais médicaux, frais scolaires et autres assurances. Non, notre système de protection sociale ne compense pas l’écart. Non, les gens ne meurent pas du cancer dans les rues de New York. Après prise en compte de toutes ces dépenses, le revenu disponible pour la consommation des ménages est 50% plus élevé aux USA qu’en France.

C’est simple, depuis 30 ans nous avons arrêté de croître. Alors que les USA ont un rythme moyen de 2,45% par an. En une génération, cela créé un écart tel que nous sommes quasiment devenus un continent sous-développé aux yeux des Américains.

Les Mileistes Français

 

 

juillet 30, 2026

Ce néo-communisme qui flirte en France, pour ne pas dire en Occident ! "Le marché a besoin d’un État fort"

Ce néo-communisme qui flirte en France

Franz-Olivier Giesbert (@fogiesbert ) réagit à la chronique de Sébastien Lapaque, qui contestait sa thèse d’une France devenue communiste. Il persiste et signe : le pays est bien, selon lui, en train de virer au rouge. ➡️ https://l.lepoint.fr/z4l

 

Sans rancune

« Oui, la France est en train de glisser vers un communisme mou »


RÉPONSE. Franz-Olivier Giesbert réagit à la chronique de Sébastien Lapaque, qui contestait sa thèse d’une France devenue communiste. Il persiste et signe : le pays est bien, selon lui, en train de virer au rouge.
 
Cher Sébastien Lapaque,

J’ai beaucoup d’admiration pour vous, votre liberté d’esprit et votre culture encyclopédique. Je n’aurai donc pas l’outrecuidance de répondre à votre critique par une paraphrase du sous-titre de mon livre La France est-elle un pays communiste ? : « Ne dites pas à la France qu’elle est un pays communiste, elle croit qu’elle vit dans l’enfer du néolibéralisme. »

C’est pourtant ce que vous semblez croire. Vous attribuez tous nos maux au néolibéralisme, bouc émissaire pour politiciens discrédités, ceux de la gauche ou de la droite souverainistes, notamment. Autant vous dire que je n’ai rien, bien au contraire, contre le dirigisme bien tenu, à la de Gaulle, qui a redressé la France. Si elle est tombée si bas aujourd’hui, c’est parce que l’État-nounou est devenu obèse, hors de contrôle. Il n’est plus la solution, mais le problème.

Un communisme mou sans goulag

Certes, j’ai un peu forcé le trait : mon livre est un pamphlet et son objet est de réveiller les esprits avant l’échéance présidentielle. S’il est question de communisme à la française dans mon esprit, il est mou, très mou : il n’y a pas de goulag en France, pas de Guépéou non plus, même si certains, y compris au sommet de l’État, semblent parfois rêver d’une police de la pensée. Mais pourquoi ne pas reconnaître que nous vivons dans un pays qui ne va pas bien ?

Il y a des chiffres que vous ne citez pas, qui montrent que nous sommes quasiment sortis du libéralisme. D’abord, en rythme annuel, la France est redevenue la championne des dépenses publiques dans l’Union européenne, devant la Finlande : 57,3 % par rapport à la richesse nationale (PIB). Moyenne de nos partenaires européens : 49,8 %. Tout est là : une dépense exponentielle qui entraîne une dette démente. En 2024, la France était par ailleurs, avec plus de 45 % de prélèvements obligatoires, la vice-championne de l’UE, derrière le Danemark qu’elle a sans doute doublé cette année.

Où va l’argent ? La France compte 83 fonctionnaires pour 1000 habitants contre 50 en Allemagne et 52 en Italie. Loin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur les employés de l’État. Mais quand on observe l’état de nos services publics – qui peuvent rappeler, parfois, ceux de l’Union soviétique –, on est en droit de se demander s’il n’y a pas du coulage quelque part. Qui parle de « rentabilité », ce mot qui vous choque ? Même s’il n’en tire pas les conséquences, l’État a au moins pour devoir d’essayer de vérifier les comptes.

Non, cher Sébastien, la maladie de la norme et de la surréglementation n’est pas née dans la tête des libéraux qui, comme Milton Friedman, l’ont toujours combattue. C’est une vieille marotte française que moquait déjà Georges Courteline au début du XXe siècle, mais qui a proliféré sous le communisme, en particulier soviétique. Chez nous, elle a pris des proportions délirantes et s’acharne aujourd’hui sur toutes sortes de professions : entrepreneurs, agriculteurs, médecins, pharmaciens, commerçants, etc. C’est une pitié de les avoir obligés à passer le plus clair de leur temps à remplir des formulaires sur leur ordinateur.

Le gros mensonge des aides aux entreprises

Permettez-moi enfin de contester vos sources. Vous n’étiez pas obligé, par exemple, de prendre pour argent comptant, si j’ose dire, le fumeux rapport de la commission d’enquête du Sénat sur les aides aux entreprises, dont le maître d’œuvre était le communiste Fabien Gay, directeur de L’Humanité, qui a conclu que l’État verse chaque année 211 milliards d’aides aux entreprises : pour faire bon poids, ont été mélangés les choux, les carottes et… les subventions aux entreprises publiques ! Résultat : un conte à dormir debout, c’est-à-dire un gros mensonge.

Les patrons ne s’y trompent pas, qui disent : « Chiche ? Allégez les taxes ou impôts sur les entreprises, cessez de nous aider et les vaches seront bien gardées. » Si l’État « aide » les entreprises, c’est pour qu’elles ne meurent pas, parce que, depuis les années 1980, il les pressure inconsidérément : les impôts de production sont ainsi cinq fois plus élevés en France qu’en Allemagne – sept fois plus, il y a peu. Pour ruiner le discours des souverainistes – selon lequel toutes nos difficultés, à commencer par la désindustrialisation, ont été provoquées par l’Europe ou la mondialisation –, penons les chiffres cités par Jacques de Larosière (ancien patron du FMI) dans son livre Le déclin français est-il réversible ? (Odile Jacob), qui montrent que la surfiscalité pesant sur les entreprises les a poussées à se délocaliser pour survivre : en France, l’emploi des filiales des groupes français a fini par représenter 62 % de leur emploi total ; en Allemagne, 23 %. Cherchez l’erreur. Faudrait-il maintenant chasser les dernières entreprises en les taxant toujours plus pour nourrir l’insatiable Léviathan ?

Sans rancune et avec ma bienveillante amitié,

Franz-Olivier Giesbert


« Non, la France n’est pas un pays communiste » : Sébastien Lapaque répond à Franz-Olivier Giesbert

Contrairement à l’analyse de Franz-Olivier Giesbert, Sébastien Lapaque estime que l’inflation bureaucratique ne relève pas du communisme, mais d’un État remodelé pour organiser la concurrence et soutenir le marché.

Dans La France est-elle communiste ? un essai publié au printemps, Franz-Olivier Giesbert dit observer dans le poids de l’État, de la bureaucratie et de la dépense publique les symptômes d’une « collectivisation progressive » du pays. Une analyse que réfute Sébastien Lapaque.

Pour l’essayiste, contributeur du Point, l’omniprésence de l’administration française ne relève pas du communisme, mais d’une transformation néolibérale de l’État, devenu l’organisateur de la concurrence et le soutien du marché. Dans une lettre ouverte, il expose les raisons de son désaccord avec Franz-Olivier Giesbert.*

« Cher Franz-Olivier Giesbert,

C’est toujours un plaisir de débattre avec vous. Il me semble pourtant que vous faites fausse route lorsque vous êtes tenté de répondre positivement à la question : « La France est-elle un pays communiste ? » La grande ironie contemporaine est que le néolibéralisme ne réside pas dans le retrait de l’État, mais dans sa reconfiguration active. Si sa bureaucratie peut parfois singer les pires travers du système soviétique, sa logique profonde est diamétralement opposée.

Loin de détruire la techno-bureaucratie ou de sabrer la dépense publique, la mise en concurrence des marchés exige une production continue de normes, de contrôles et de flux financiers pour soutenir et encadrer le secteur privé. L’État contemporain est le bâtisseur du marché. Les théoriciens du néolibéralisme (Walter Lippmann, Milton Friedman) comme ceux de l’école de Fribourg savaient que le marché ne procédait pas d’un ordre « naturel » : il doit partout et sans cesse être construit, ordonné et protégé par l’action publique.

Le marché a besoin d’un État fort

Dès lors, l’État se transforme en chef d’orchestre de la concurrence, appliquant des méthodes managériales privées aux services publics. Vous le constatez comme moi : l’Université et la recherche dépendent d’appels à projets compétitifs via l’ANR (Agence nationale de la recherche), qui force les chercheurs à se soumettre à la logique de la start-up nation en rédigeant des dossiers truffés de jargon pour des taux de réussite dérisoires.

Dans un système communiste, l’État doterait les laboratoires de budgets stables pour que les savants travaillent selon les plans nationaux ; France Travail gère les demandeurs d’emploi comme un portefeuille d’actifs humains ; l’Éducation, la Justice et la Police sont pilotées au moyen de statistiques et d’indicateurs de performance. Quant aux redoutables ARS (Agences régionales de santé) — où s’activent des bataillons de bureaucrates qui ne sont pas médecins et n’ont jamais vu un malade ni un lit d’hôpital —, elles rationalisent la santé comme une variable d’ajustement comptable, sommant l’Hôpital public de rentabiliser chaque acte.

Nous sommes ici à l’opposé d’un Gosplan à la française qui planifierait les besoins réels de la population : que ce soit à Cuba, en URSS ou dans l’ancienne Yougoslavie, l’État collectiviste privilégiait les corps de médecins fonctionnaires, des enseignants investis d’une mission doctrinale messianique, des ingénieurs rivés au programme de production et des institutions budgétisées par le Plan pour produire de l’idéologie.

La technocratie française, elle, exige du service public qu’il dégage de la rentabilité, soumettant la culture, l’école et le soin à une logique comptable d’inspiration privée. Cette rationalisation s’est infiltrée jusqu’au cœur de la Haute Administration avec la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et la suppression des grands corps historiques.

La technocratie française exige du service public qu’il dégage de la rentabilité, soumettant la culture, l’école et le soin à une logique comptable d’inspiration privée.

Sébastien Lapaque

Sous couvert de moderniser l’État, ces réformes ont importé les méthodes de restructuration des grands cabinets d’audit privés. En imposant le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, la budgétisation par objectifs (LOLF) et une dématérialisation algorithmique qui remplace le guichet humain, la puissance publique a troqué le sens de l’intérêt général contre la tyrannie du tableau de bord.

Une bureaucratie au service de la concurrence

Cette prolifération normative n’est pas un accident de parcours communiste, mais une culture managériale du contrôle. Ce capitalisme sous perfusion publique est notre tragédie. Si les prélèvements restent élevés, c’est que l’État finance indirectement la rentabilité du privé. Les aides publiques aux entreprises — allègements de cotisations, Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), subventions — atteignent 211 milliards d’euros par an (source : commission d’enquête sénatoriale, juillet 2025).

Ce capitalisme sous perfusion publique est notre tragédie.

Sébastien Lapaque

L’État dépense énormément, non pour collectiviser la production, mais pour subventionner l’offre. De Georges Pompidou à Emmanuel Macron, la France est passée de l’État-providence à l’État-brancardier, qui sauve le marché à coups de fonds publics quand il s’effondre, comme en 2008 ou en 2020.

Le grand tournant de Bercy

Ce tournant ne s’est pas fait contre l’État, mais par son cœur même, au Louvre puis à Bercy. C’est le chapitre le plus étonnant de notre présente « étrange défaite ». Dans les années 1980, après le tournant de la rigueur, ce sont des inspecteurs des Finances qui sont devenus les architectes de la libéralisation. Philippe Séguin, dûment informé par Nicolas Baverez ou Henri Guaino, avait bien vu que le point de bascule se situait à la Direction du Trésor.

Jusqu’aux années 1970, cette direction pilotait l’économie de manière directive, selon le fameux dirigisme à la française cher à Charles de Gaulle et à ses ministres tels que Michel Debré, Jean-Marcel Jeanneney, voire le jeune Giscard… VGE devenu président, les hauts fonctionnaires français formés à l’ENA et à Polytechnique, ayant constaté l’échec des politiques de relance traditionnelles face à la crise de 1973, ont progressivement intégré les théories monétaristes.

Pour ces réformateurs technocratiques, arrimer la France à la mondialisation financière ne signifiait plus planifier. Le paradoxe historique absolu de notre histoire économique est que ce tournant a été accéléré par un gouvernement socialiste, qui ne s’était pas encore complètement débarrassé de ses oripeaux marxistes, sous l’impulsion de ses élites technocratiques.

En 1984, le ministre des Finances Jacques Delors et son directeur de cabinet Jean-Charles Naouri, futur bâtisseur d’un empire de la grande distribution, ont décidé de décloisonner les structures financières françaises. Rédigée par des hauts fonctionnaires, la loi relative à l’activité des établissements de crédit a mis fin à la séparation des métiers bancaires, jetant en France les bases d’un marché de capitaux intégré. Ce ne fut pas un diktat de Reagan ou de Thatcher.

L’État actionnaire n’est pas l’État collectiviste

Mais un choix de nos élites pour rendre Paris financièrement attractive. Une fois les marchés libéralisés, ces mêmes hauts fonctionnaires ont importé les méthodes de gestion des grandes entreprises privées au sein même de l’administration. Dès lors, Bercy a basculé de la dépense utile vers le contrôle des coûts et l’évaluation.

Pour légitimer leur rôle face aux autres ministères tels que l’Éducation ou la Santé, les hauts fonctionnaires des Finances ont imposé des indicateurs de performance, des audits et ont peu à peu transformé l’usager du service public en client… de moins en moins satisfait de l’offre !

La transformation des grands musées ou des anciens monopoles en Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) en est l’illustration : on les somme de maximiser leurs ressources propres (mécénat, produits dérivés, hausses des tarifs), substituant le taux d’autofinancement à leur mission originelle. Loin d’être un ancrage collectiviste, ce statut d’EPIC n’a été que le laboratoire de la corporate governance.

Au cours des trente dernières années, de France Télécom à la SNCF en passant par EDF ou La Poste, l’État a transformé tous ses grands outils industriels en Sociétés Anonymes (SA) dès qu’il a fallu les soumettre à la concurrence mondiale ou lever des capitaux.

Ceux qui voient dans l’omniprésence de l’État actionnaire une preuve de communisme se trompent de diagnostic. À l’instar du Canada Dry, ce système a la couleur de l’étatisme, l’aspect de la bureaucratie... Mais ce n’est pas du marxisme-léninisme… C’est de l’étatisme mis au service du Marché.

Au plaisir de poursuivre cette discussion, mon cher Franz.

Votre bien dévoué,

Sébastien Lapaque »


 https://www.lepoint.fr/debats/non-la-france-nest-pas-un-pays-communiste-sebastien-lapaque-repond-a-franz-olivier-giesbert-CPO6KSCRPVBLVMQ4IAQZYVN4HM/

 

 

 

 

Le « néolibéralisme », ce coupable parfait

Dans le septième épisode de sa série vidéo « Vive le capitalisme ! », Lucas Moulard revient sur l’usage du terme « néolibéralisme ».


Dans le débat public en France, « néolibéralisme » est devenu un diagnostic automatique. Un mot qui explique la situation de l’hôpital, l’école, les salaires, le logement, la gouvernance… Bref, la totalité du réel. L’intérêt politique est évident : un coupable unique et une indignation immédiate. La discussion sur les mécanismes, elle, peut attendre.

Le problème n’est pas la critique du libéralisme, ni même l’usage du terme. Le problème, c’est la plasticité infinie du terme qui lui donne une puissance rhétorique, mais lui retire sa valeur explicative. Si l’expression « néolibéralisme » s’ancre (notamment) dans des débats intellectuels d’avant-guerre avec, dès 1938, une discussion explicite sur l’opportunité de conserver le mot « libéralisme » ou d’adopter « néolibéralisme », sa trajectoire n’a rien d’univoque. On remplace les causes par un totem. Alors si la France va mal, est-ce vraiment à cause du néolibéralisme ?

https://www.lepoint.fr/debats/le-neoliberalisme-ce-coupable-parfait-UCSVPNRAORDGXC3DDKXYRIEAFQ/

L’anticapitalisme, un snobisme de riche ?

Le capitalisme, coupable idéal

Dans le cinquième épisode de sa série « Vive le capitalisme », Lucas Moulard dénonce la facilité avec laquelle on charge le capitalisme de tous les maux du moment.

Si les inégalités augmentent, c’est la faute du capitalisme. Si le climat se dérègle, c’est la faute du capitalisme.

Si l’hôpital souffre, si les salaires stagnent, si la guerre éclate, c’est encore « la faute du capitalisme ». Ce refrain est devenu un réflexe national, au point qu’il a récemment retenti jusque sous les dorures de l’Assemblée. Le 2 février dernier, la députée Sandrine Rousseau a martelé que « quand le capitalisme s’essouffle, la guerre est son débouché », renouant avec l’idée confortable d’un bouc émissaire universel. Dès qu’un problème surgit, on désigne un coupable fourre-tout : le Capitalisme, abstraction maléfique sensée tout expliquer. Mais quand un mot sert à tout expliquer, en réalité il n’explique plus rien. Et à force de combattre un épouvantail, on s’interdit de voir les causes concrètes des problèmes – donc d’y apporter de vraies solutions.

Le capitalisme, bouc émissaire à tout faire

Il s’est installé en France un curieux réflexe culturel : quoi qu’il arrive, on blâme « le capitalisme ». Ce terme valise est convoqué pour dénoncer pêle-mêle la pollution, la précarité, les pandémies, la malbouffe, la crise du logement ou la fonte des glaciers. Peu importe si ces phénomènes résultent, en partie, partie de choix politiques, de normes ou de rentes, on préfère incriminer une entité vague. On confond allègrement économie de marché et décisions réglementaires : par exemple, accuser « le marché » d’appauvrir les travailleurs alors qu’en France près de 53 % du coût salarial part en cotisations et impôts (record mondial de ponction sur la fiche de paie, laissant seulement 46,70 € au salarié pour 100 € dépensés par l’employeur). De même, fustiger « le capitalisme » pour la grande précarité alors que notre État-providence n’a jamais été aussi massif (31,9 % du PIB consacré aux prestations de protection sociale en France, contre 20 % en moyenne OCDE). Autrement dit, on attribue au marché des effets qui proviennent souvent de notre propre modèle sociofiscal. Mais ce discours flou dispense d’analyse : pourquoi s’embarrasser à décortiquer la fiscalité du travail, le droit du logement ou les réglementations, quand un slogan permet de tout balayer d’un revers de main ?

Facilité contre complexité

Ce mécanisme est intellectuellement commode… et profondément paresseux. En blâmant un coupable unique presque mystique, on évite de se poser les bonnes questions. Première conséquence : une sorte de cécité causale. Si un hôpital manque de lits, est-ce vraiment le « 
 

 

Communisme libertaire

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste sont deux courants de pensée politique qui partagent une critique du pouvoir centralisé et de l'autorité coercitive de l'État. Bien qu'ils partagent certains points communs, ils diffèrent dans leur conception de la propriété, de l'organisation économique et de la justice sociale. 

Présentation du communisme libertaire et du libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Présentation du communisme libertaire

Le communisme libertaire, également appelé anarcho-communisme, est une idéologie politique qui trouve ses racines dans les travaux de penseurs tels que Pierre-Joseph Proudhon et Mikhail Bakounine, mais qui a été développée plus particulièrement par Pierre Kropotkine. Le communisme libertaire prône la suppression de toutes les formes de domination et d'exploitation, y compris l'État et la propriété privée des moyens de production. Il préconise la mise en place d'une société égalitaire et autogérée, basée sur la coopération volontaire et la propriété collective des ressources. Selon les communistes libertaires, la société devrait garantir à chaque individu l'accès équitable aux biens et aux services nécessaires à sa subsistance, en abolissant les inégalités économiques et en encourageant la solidarité.

B. Présentation du libertarianisme anarcho-capitaliste

Le libertarianisme anarcho-capitaliste, également connu sous le nom d'anarcho-capitalisme, est une idéologie politique qui trouve ses fondements dans les travaux de penseurs tels que Murray Rothbard et David Friedman. Le libertarianisme anarcho-capitaliste met l'accent sur la primauté de la liberté individuelle et de la propriété privée. Il critique l'intervention de l'État dans les affaires économiques et défend un système de libre marché décentralisé, où les interactions humaines sont régies par des contrats volontaires et des échanges économiques. Selon les anarcho-capitalistes, l'absence de coercition étatique permettrait une allocation efficace des ressources et une société basée sur le consentement mutuel et la responsabilité individuelle.

Points communs entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Opposition au capitalisme d'État

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent une opposition au capitalisme d'État. Les deux idéologies critiquent le rôle de l'État dans la protection des intérêts des élites économiques et voient dans cette relation une source d'inégalités et d'injustices. Ils remettent en question l'intervention de l'État dans l'économie et préconisent une société débarrassée des privilèges accordés aux grandes entreprises et des distorsions induites par le système économique actuel.

B. Rejet de l'autoritarisme et de la coercition

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent également un rejet de l'autoritarisme et de la coercition. Les deux idéologies mettent l'accent sur l'autonomie individuelle et s'opposent aux formes de pouvoir qui restreignent la liberté et l'autodétermination des individus. Ils remettent en question l'autorité centralisée de l'État et aspirent à des formes d'organisation sociale qui permettent une plus grande participation et prise de décision au niveau individuel et communautaire.

C. Vision d'une société sans État

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent la vision d'une société sans État. Ils remettent en question la légitimité de l'État en tant qu'institution de gouvernance et préconisent des formes de gouvernance décentralisées et autogérées. Les deux idéologies cherchent à développer des alternatives à la centralisation du pouvoir politique et à promouvoir des formes d'organisation sociale basées sur la coopération volontaire et la libre association.

D. Importance accordée à l'individualisme et à la liberté individuelle

Tant le communisme libertaire que le libertarianisme anarcho-capitaliste accordent une grande importance à l'individualisme et à la liberté individuelle. Ils reconnaissent l'importance de l'autonomie individuelle et cherchent à créer des conditions qui permettent aux individus de développer leur plein potentiel sans entraves excessives. Les deux idéologies considèrent que la liberté individuelle est essentielle à la réalisation de soi et qu'elle doit être protégée contre les intrusions de l'État ou d'autres formes de pouvoir coercitif.

Malgré ces points communs, le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste divergent sur des questions fondamentales telles que la propriété, l'organisation économique et la justice sociale.

Différences entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

A. Vision de la propriété et des moyens de production

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire préconise l'abolition de la propriété privée des moyens de production. Selon cette vision, les ressources et les moyens de production devraient être collectivement détenus et gérés par la communauté. Les communistes libertaires soutiennent que la propriété privée crée des inégalités et des exploitations et qu'elle doit être remplacée par la propriété collective pour assurer une distribution équitable des ressources.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et les droits de propriété. Selon cette perspective, les individus ont le droit de posséder et de contrôler des biens, y compris les moyens de production. Les anarcho-capitalistes soutiennent que la propriété privée est un fondement essentiel de la liberté individuelle et de la prospérité économique, car elle incite à l'innovation, à l'investissement et à la responsabilité individuelle.

B. Organisation économique

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire préconise une économie basée sur la coopération, la collectivisation et le partage des ressources. Dans cette vision, les biens et les services seraient produits et distribués selon les besoins de chacun, et non en fonction de la demande ou de la capacité de payer. L'accent est mis sur l'égalité économique et la satisfaction des besoins de tous les membres de la société.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste prône une économie basée sur les échanges volontaires et le libre marché. Selon cette idéologie, les interactions économiques devraient être régies par des contrats volontaires entre des individus autonomes. Les anarcho-capitalistes soutiennent que le libre marché favorise l'efficacité économique, l'innovation et la prospérité en permettant aux individus de négocier librement les termes de leurs transactions et d'allouer les ressources en fonction de la demande et de l'offre.

C. Rôle de l'État

1. Communisme libertaire : Le communisme libertaire prône l'abolition de l'État centralisé. Il vise à remplacer les structures étatiques par des formes d'organisation décentralisées et autogérées, telles que des conseils ou des assemblées communautaires. Dans cette vision, la prise de décision politique serait directe et participative, permettant à chaque individu d'influencer les affaires de la communauté.

2. Libertarianisme anarcho-capitaliste : Le libertarianisme anarcho-capitaliste cherche également à abolir l'État centralisé, mais il propose de maintenir certaines fonctions de l'État, telles que la protection des droits de propriété et la résolution des conflits, par le biais d'agences privées de sécurité et de justice. Selon cette perspective, ces fonctions pourraient être assurées par des contrats volontaires et des mécanismes concurrentiels sur un marché libre.

D. Conclusion sur les différences entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste

En conclusion, bien que le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste partagent une opposition à l'autoritarisme et à l'intervention de l'État, ils diffèrent fondamentalement dans leur vision de la propriété, de l'organisation économique et du rôle de l'État.

Le communisme libertaire cherche à abolir la propriété privée des moyens de production, favorisant une approche collective de la gestion des ressources. Il promeut une économie basée sur la coopération, la collectivisation et le partage des ressources, dans le but de garantir une distribution équitable des biens et de répondre aux besoins de tous les membres de la société. De plus, il prône l'abolition de l'État centralisé au profit d'une organisation décentralisée et autogérée.

En revanche, le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et les droits de propriété individuels. Il soutient que la propriété privée est un pilier essentiel de la liberté individuelle et de la prospérité économique. Il préconise une économie basée sur les échanges volontaires et le libre marché, où les individus sont libres de négocier et d'allouer les ressources en fonction de la demande et de l'offre. Bien que l'État centralisé soit également rejeté, le libertarianisme anarcho-capitaliste propose le maintien de certaines fonctions de l'État, telles que la protection des droits de propriété et la résolution des conflits, par des agences privées de sécurité et de justice.

En somme, le communisme libertaire vise à créer une société sans propriété privée et basée sur la coopération collective, tandis que le libertarianisme anarcho-capitaliste défend la propriété privée et l'économie de marché. Ces différences fondamentales reflètent des visions divergentes quant à la structure économique et à la relation entre l'individu et la société.

Perspectives sur la justice sociale

A. Communisme libertaire : accent sur l'égalité économique et sociale, redistribution des richesses

Le communisme libertaire met l'accent sur l'égalité économique et sociale en tant que fondement de la justice sociale. Selon cette perspective, la redistribution des richesses est nécessaire pour réduire les inégalités et assurer une répartition équitable des ressources. Les communistes libertaires considèrent que la propriété privée des moyens de production crée des inégalités injustes et qu'une société juste doit garantir l'accès égal aux ressources et aux opportunités pour tous les individus.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : accent sur la justice procédurale, respect des droits de propriété et des contrats volontaires

Le libertarianisme anarcho-capitaliste accorde une importance primordiale à la justice procédurale. Selon cette vision, la justice sociale découle du respect des droits de propriété et des contrats volontaires. Les anarcho-capitalistes soutiennent que la justice procédurale est atteinte lorsque les individus sont libres de conclure des accords volontaires et de respecter les termes de ces accords. Ils estiment que l'État interventionniste, en tentant de redistribuer les richesses, viole les droits de propriété et crée des distorsions dans les mécanismes de marché, ce qui est considéré comme injuste.

Les différences dans les perspectives sur la justice sociale entre le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste découlent de leurs conceptions différentes de la propriété, de l'économie et des droits individuels. Le communisme libertaire cherche à atteindre une égalité économique et sociale en redistribuant les richesses, tandis que le libertarianisme anarcho-capitaliste considère que la justice sociale est assurée par le respect des droits de propriété et des accords volontaires.

Ces perspectives reflètent des conceptions différentes de la justice et de la manière de parvenir à une société juste. Alors que le communisme libertaire met l'accent sur l'égalité matérielle, le libertarianisme anarcho-capitaliste insiste sur la primauté des droits de propriété et de la liberté individuelle dans la recherche de la justice sociale.

Influences philosophiques

A. Communisme libertaire : influences marxistes, collectivistes et anarchistes

Le communisme libertaire tire ses influences de différentes sources philosophiques. Il est largement influencé par les idées marxistes, en particulier en ce qui concerne la critique du capitalisme et la notion de lutte des classes. Les communistes libertaires partagent également des idées collectivistes, mettant l'accent sur l'importance de la solidarité et de la coopération entre les membres de la société. En outre, le mouvement anarchiste a une influence majeure sur le communisme libertaire, prônant la suppression de toute forme d'autorité et la promotion de l'autonomie individuelle et collective.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : influences libertariennes, individualistes et capitalistes

Le libertarianisme anarcho-capitaliste est influencé par des idées philosophiques libertariennes, qui mettent l'accent sur la primauté de la liberté individuelle et la réduction de l'intervention de l'État dans les affaires économiques et sociales. Les anarcho-capitalistes défendent des idées philosophiques de primauté de l'individu, soulignant le droit des individus à la propriété privée et à la poursuite de leurs intérêts personnels. Ils sont également influencés par les principes capitalistes, qui prônent l'échange volontaire et la libre concurrence sur le marché comme moyen de coordination économique.

Ces influences philosophiques différentes reflètent les bases idéologiques sur lesquelles reposent le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste. Alors que le communisme libertaire s'appuie sur des idées marxistes, collectivistes et anarchistes, le libertarianisme anarcho-capitaliste est enraciné dans des idées libertariennes, individualistes et capitalistes. Ces influences façonnent les visions distinctes de ces deux courants politiques en ce qui concerne la propriété, la société et le rôle de l'État.

Réception et impact historique

A. Communisme libertaire : mouvements révolutionnaires et luttes ouvrières

Le communisme libertaire a eu une réception importante au sein des mouvements révolutionnaires et des luttes ouvrières. Les idées de l'anarchisme et du communisme libertaire ont été adoptées par de nombreux groupes et organisations qui ont cherché à renverser les structures capitalistes et étatiques oppressives. Le communisme libertaire a joué un rôle central dans des événements historiques tels que la Révolution russe de 1917, la guerre civile espagnole dans les années 1930 et les mouvements ouvriers et étudiants des années 1960 et 1970. Bien que ces mouvements n'aient pas réussi à établir durablement une société communiste libertaire, ils ont contribué à la diffusion des idées et ont inspiré des générations de militants et de révolutionnaires.

B. Libertarianisme anarcho-capitaliste : influence sur les mouvements libertariens et les théories économiques

Le libertarianisme anarcho-capitaliste a eu un impact significatif sur les mouvements libertariens et les théories économiques. Ses idées ont influencé des penseurs et des économistes tels que Murray Rothbard et Friedrich Hayek. Le libertarianisme anarcho-capitaliste a contribué à la formulation de théories économiques comme l'école autrichienne d'économie, qui met l'accent sur les mécanismes de marché et la libre concurrence. Au niveau politique, le libertarianisme anarcho-capitaliste a inspiré des mouvements et des partis politiques qui promeuvent la réduction de l'État et l'émancipation individuelle. Bien que ces idées aient suscité des débats et des critiques, elles ont eu une influence durable sur la pensée politique et économique contemporaine.

C. Importance de ces idéologies dans l'histoire politique et philosophique

Le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste ont tous deux joué un rôle important dans l'histoire politique et philosophique. Ils ont contribué à élargir le champ des idées politiques en proposant des alternatives radicales aux systèmes politiques et économiques existants. Ces idéologies ont remis en question les fondements mêmes de l'autorité et de la propriété, et ont stimulé des débats sur la nature de la justice, de l'égalité et de la liberté. Bien qu'ils n'aient pas été mis en œuvre à grande échelle dans leur forme pure, le communisme libertaire et le libertarianisme anarcho-capitaliste continuent d'exercer une influence sur les mouvements sociaux, les théories politiques et les débats intellectuels, contribuant ainsi à façonner l'histoire politique et philosophique.


mai 28, 2026

À qui appartient le droit de propriété ? Murray N. Rothbard

À qui appartiennent les ondes radio et les mers ?

L'analyse du spectre radioélectrique et des voies navigables par Murray Rothbard dans son ouvrage *Man, Economy, and State* constituait une tentative précoce et remarquablement systématique d'intégrer deux ressources prétendument « exceptionnelles » au droit de propriété ordinaire. En 1962, il soutenait que les fréquences radio utilisables étaient rares et donc susceptibles de propriété, et que les zones de pêche en mer pouvaient également être appropriées, délimitées et échangées. Il affirmait même que les zones maritimes concernées pouvaient être délimitées par latitude et longitude. Rothbard n'inventait pas ces idées de toutes pièces ; dans les notes de bas de page, il citait Ronald Coase sur le spectre et Jerome Milliman sur l'eau, démontrant ainsi qu'il était conscient d'aborder un débat réel, bien que encore marginal. Ce qui distinguait Rothbard, ce n'était pas seulement son intérêt pour les marchés, mais surtout son insistance à poser la question préalable : à qui appartient le droit de propriété ? 

 

Cette question était cruciale car le régime juridique américain applicable à la radio avait été conçu pour éviter d'y répondre en termes de propriété. La loi sur la radio de 1927 plaça le contrôle des transmissions radio interétatiques et internationales sous l'autorité fédérale, exigea des demandeurs qu'ils renoncent à tout droit à l'encontre des États-Unis et stipula que les licences ne créaient aucun droit au-delà de leur durée limitée. Elle liait également l'octroi des licences au critère vague d'« intérêt public, de commodité ou de nécessité ». La loi sur les communications de 1934 créa ensuite la Commission fédérale des communications (FCC) et centralisa ce cadre administratif au lieu de l'abandonner. Dans ce contexte, la proposition de Rothbard rejetait l'architecture même du système de radiodiffusion par commande et licence. 

 Concernant le spectre, la revendication de Rothbard était simple et radicale : l'air respirable est trop abondant pour être une propriété, mais le spectre électromagnétique utilisé pour la radiodiffusion est rare ; il devrait donc être approprié par les premiers utilisateurs « au même titre » la terre ou le bétail. Il écrivit que le premier utilisateur d'une fréquence en serait propriétaire pour sa zone d'ondes pertinente et qu'un diffuseur ultérieur émettant sur cette même longueur d'onde serait coupable d'invasion, de la même manière qu'un intrus empiète sur un terrain. Dans le même passage, il citait l’article de Coase de 1959, selon lequel la propriété fédérale des ondes se justifiait moins par un véritable « chaos » que par la suppression de revendications de common law émergentes. Le coup de maître de Rothbard fut de transformer ce que Coase présentait essentiellement comme un problème d’attribution en un problème plus profond de justice, de propriété et d’empiètement.

Cela contribue à expliquer à la fois la proximité et la distance de Rothbard avec les premiers critiques du marché en matière de régulation du spectre. Leo Herzel proposa la mise aux enchères du spectre en 1951, et l'ouvrage ultérieur de Thomas Hazlett identifie Herzel et Coase comme les principaux défenseurs initiaux de l'allocation par le marché. Le Congrès n'autorisa la FCC à recourir aux enchères concurrentielles qu'en 1993, et les premières enchères de la FCC eurent lieu en 1994. Pourtant, pour Rothbard, les enchères n'étaient pas l'essentiel. Comme B.K. Marcus le souligna plus tard dans l'un des Essais d'économie politique de l'Institut Mises, la question de Rothbard n'était pas simplement de savoir si les marchés pouvaient fixer les licences plus efficacement, mais si l'État avait le droit de s'opposer à l'obtention d'un titre de propriété complet pour les utilisateurs à domicile. Il s'agit d'une question plus radicale que celles que se permet généralement la politique moderne du spectre. 

Son approche des voies navigables et de la pêche était tout aussi audacieuse. Rothbard admettait que la haute mer, considérée comme une simple voie de navigation, pouvait être trop riche pour être appropriée. Mais il insistait sur le fait que les droits de pêche étaient différents, car le poisson est rare par rapport aux besoins humains. Par conséquent, les zones aquatiques concernées, ainsi que les ressources halieutiques qu'elles abritent, sont appropriables. Il affirmait que ces zones pouvaient être la propriété privée des premiers utilisateurs et délimitées par latitude et longitude. Concernant les eaux courantes, il privilégiait explicitement le principe d'appropriation au détriment du droit riverain, doctrine selon laquelle les droits d'utilisation des eaux courantes sont liés à la propriété des terres adjacentes plutôt qu'à la première utilisation productive. Là encore, il citait les critiques de Milliman sur le droit de l'eau, indiquant qu'il dépassait la doctrine conventionnelle plutôt que de simplement l'ignorer. 

 Cela représentait une rupture nette avec le contexte juridique dominant. Le droit américain de l'eau était, et demeure, marqué par des divisions régionales : les États de l'Est ont développé des doctrines riveraines liées aux terres bordant l'eau, tandis que les États de l'Ouest s'appuyaient davantage sur l'appropriation antérieure, le principe du « premier arrivé, premier servi » pour l'usage bénéfique. Parallèlement, les eaux navigables étaient généralement soumises à une logique de gestion publique, en vertu de laquelle l'État détenait ces eaux pour des usages publics tels que la navigation et la pêche. Rothbard privilégiait clairement l'appropriation au droit riverain et allait même au-delà du droit occidental d'antériorité d'appropriation, arguant que l'eau et les ressources halieutiques devaient être considérées comme des biens aliénables ordinaires plutôt que comme des ressources semi-publiques gérées à la discrétion des autorités. 

Rétrospectivement, Rothbard apparaît également visionnaire en matière de pêche. L'article classique de H. Scott Gordon, paru en 1954, analysait la surpêche comme une conséquence de l'organisation économique d'une pêcherie considérée comme une propriété commune, et les systèmes fondés sur les droits se sont ensuite répandus à l'échelle internationale. La FAO note que des quotas individuels transférables ont émergé en Islande et en Nouvelle-Zélande dans les années 1960 et 1970, tandis que la NOAA observe que plusieurs pays ont commencé à développer des systèmes de partage des prises dans les années 1970. Rothbard avait anticipé l'orientation générale de cette évolution : la rareté des ressources marines exige des droits exclusifs plutôt qu'un accès libre. Mais il était plus intransigeant que la plupart des réformateurs ultérieurs, qui se sont souvent contentés de quotas, de licences et d'une gouvernance hybride plutôt que d'une propriété privée pleinement territorialisée des zones de pêche. 

Là où les travaux ultérieurs se distinguent le plus nettement de Rothbard, ce n'est pas en niant la rareté, mais en complexifiant le champ des possibles institutionnels. Elinor Ostrom a notamment souligné que la propriété commune ne se confond pas avec le libre accès, une distinction souvent brouillée dans les débats politiques. Cette observation est essentielle. Tous les dilemmes liés aux ressources ne doivent pas nécessairement être résolus par une propriété individuelle absolue et individualisée. Pour autant, l'apport de Rothbard demeure considérable. Il a recentré l'attention sur les limites, l'exclusion, la transférabilité et la responsabilité en cas d'ingérence. Il a refusé la facilité, propre à l'étatisme, de déclarer une ressource « trop fluide », « trop invisible » ou « trop importante socialement » pour être soumise à des droits de propriété, puis de la confier à des bureaucrates. Sur ce point, sa méfiance était justifiée : « l'intérêt public » s'est trop souvent résumé à un simple pouvoir discrétionnaire administratif, sans propriété, sans responsabilité ni limites clairement définies. 

Rothbard doit être reconnu comme un précurseur, un novateur et un synthétiseur. Précurseur, car le spectre et les voies navigables étaient encore largement considérés comme des problèmes de droit public. Novateur, car il appliquait la logique de l'appropriation de terres à des ressources que la plupart des juristes jugeaient exceptionnelles. Synthétiseur, car il fusionnait les critiques émergentes de Coase et Milliman avec une théorie lockéenne-autrichienne plus rigoureuse du droit de premier usage, de l'aliénabilité et de l'empiètement. Il ne s'est pas contenté de se demander si les marchés pouvaient surpasser les régulateurs. Il s'est interrogé sur la légitimité même de la prérogative des régulateurs en la matière. Cette question demeure aussi délicate pour l'État administratif aujourd'hui qu'elle l'était en 1962.

Thiago V. S. Coelho  

Thiago V. S. Coelho est un écrivain brésilien qui publie sur X et sur son blog. 

https://mises.org/mises-wire/who-owns-airwaves-and-sea 

décembre 18, 2025

Mensonge sur le pouvoir d’achat et solutions avec Sarah Knafo !

Ceux qui vous promettent du « pouvoir d’achat » sans réduire drastiquement les dépenses de l’Etat vous mentent. 

Ne les croyez plus. La solution existe. 

 

 

La France mène « une politique de pouvoir d’achat » depuis des décennies. Pourtant, notre pouvoir d’achat chute depuis 15 ans. 📉 La faute à la crise ? Non ! ❌ 

Celui de nos voisins monte, quand nous serons bientôt sous la moyenne de la zone euro ! Le décrochage est spectaculaire. 


 

La classe politique vous dira que l’Etat n’était pas assez présent pour « soutenir le pouvoir d’achat ».🤦‍♀️ 

Pourtant, sur la période, nos dépenses et notre dette ont explosé. 10 fois plus que la moyenne européenne ! 💥 Et cela a des conséquences désastreuses. 

 


 

Les démagogues vous diront : « Pas d’inquiétude ! Nous ne sommes pas obligés de rembourser la dette ! C’est virtuel ! ». Encore faux ! ❌ 

Nous la remboursons tous les jours et nous réempruntons à chaque fois pour la rembourser. Résultat ? Nous payons plus de 50 milliards d’euros d'intérêts cette année. En 2025, ce sera probablement la première dépense de l’Etat ! 🥇 

Cet argent, c’est dans votre poche que l’Etat le prend. Il y a une autre conséquence… Combien d'équipements non construits, d'investissements non réalisés, d'opportunités manquées pour payer les intérêts de cette dette colossale ? N’avons-nous pas beaucoup mieux à faire de ces 50 milliards d’euros ? Il n’y a qu’à voir. 

 


 

Et ce n'est que le début ! Nous remboursons encore aujourd'hui de la dette contractée quand les taux d'intérêts étaient bas… Mais dans les 5 années qui viennent cette charge atteindra un niveau difficilement soutenable. ⏰ 

Conséquence : pour financer cette dette et ces dépenses, nous avons les impôts les plus élevés du monde. 🥇 Près d’un euro sur deux de richesse produite est confisqué par l’impôt. Et chaque hausse d'impôts entraîne l’Etat à gaspiller encore, puisqu’il reste des moutons à tondre. 🐑 

Que faire ? 💡Réduire le fardeau de la dette, tout en baissant les impôts. Il n’y a qu’une seule solution : réduire massivement les dépenses publiques. Moins de dépenses, moins de bureaucratie, moins d'assistanat. Vous n’avez pas à faire de sacrifice quand l’Etat ne fait aucun effort. 

➡️ Il faut couper dès aujourd’hui dans les 15 milliards d’euros d’aide publique au développement. Avons-nous tellement d’argent, que nous pouvons en faire cadeau à des puissances étrangères ? 

➡️ Il faut couper dans les 23 milliards d’euros d’aide aux associations. Certaines sont politisées et leur seul objectif est de nuire à l’Etat : devons-nous encore les financer ? 

➡️ Il faut privatiser l’audiovisuel public : encore 4 milliards d’euros chaque année ! 

➡️ Il faut réserver la solidarité nationale aux Français : ce sera jusqu’à 20 milliards de moins à prendre aux Français pour les donner à des étrangers. 

➡️ Ce ne sont que quelques chiffres. Nous pouvons vraiment couper PARTOUT. La puissance publique gaspille à un point que vous ne pouvez même pas imaginer. Il faut s’attaquer à la bureaucratie. 🥊 

La bureaucratie, c’est le contraire du service public. Elle ne vous rend aucun service : elle vous contraint, elle vous sanctionne, elle vous contrôle. Sortons de l’empilage d’agences, services et bureaux ! 

 


 

Cessons le saupoudrage, la dispersion des moyens de l’Etat dans mille sujets où il n’a pas sa place. Quelques milliards pour la permaculture, la promotion du vélo, les potagers dans les administrations... 

Tant de sujets où l’Etat s’égare, gaspille son énergie et notre argent. Il faut couper dans l’assistanat, ce maquis d’aides incompréhensible. 

Pour 100€ d’aides, il faut prélever 150€ d’impôts : pour payer les fonctionnaires qui distribuent, contrôlent et traquent la fraude. L'aide coûte plus cher qu’elle ne rapporte aux bénéficiaires. 

 


 

Il faut dépenser moins, pour taxer moins et gagner plus. 👊 Baissons donc massivement les impôts ! C’est la seule manière d’empêcher l’Etat de se reposer sur la solution de facilité : vous prendre votre argent, parce qu’il ne sait pas gérer celui qu’on lui donne déjà. 


 

La baisse des dépenses publiques vous enrichira. 🫵 Seul Reconquête est prêt à dégraisser cet Etat obèse ! Pour que les Français ne se fassent plus confisquer le fruit de leur travail... Et pour que l’Etat, recentré sur ses missions essentielles, redevienne efficace. 


Députée française @Reconquete_off au Parlement européen et Vice-Présidente du groupe ENS 🇫🇷🇪🇺

https://x.com/knafo_sarah/status/1859855752409776446 

https://x.com/knafo_sarah

 

Les libéraux depuis 2007, notamment avec mon ami dentiste, en avait fait une vidéo du "diable" lol

On savait tout ceci depuis longtemps, le Vénérable nous l'avait expliqué clairement:

 https://x.com/KuingYamang/status/1860069086845370785?s=20

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