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août 18, 2026

Ah la belle Laffer politico-économique socialiste !

Sommaire

A) - Et si nous administrions surtout l’administration ?

B) - Arthur Laffer et la courbe Laffer

C) - Divers liens sur ce thème ici !

 

 

A) - Et si nous administrions surtout l’administration ?

Arthur Laffer, économiste américain devenu célèbre à l’époque de Reagan, avait popularisé une idée assez simple : à 0 % d’impôt, l’État ne perçoit rien ; à 100 %, plus grand monde n’a intérêt à produire pour tout donner. Entre les deux existe donc un point au-delà duquel augmenter encore l’impôt peut finir par rapporter moins. Personne ne sait exactement où se situe ce sommet.
Mais je me demande parfois si, en France, nous n’avons pas inventé une autre courbe, beaucoup plus difficile encore à inverser : celle de l’administration.
Une administration est évidemment nécessaire. Il faut organiser, gérer, contrôler. Mais nous avons parfois créé de l’emploi pour administrer la complexité, puis créé de la complexité pour justifier l’emploi qui l’administre.


Et la machine finit par s’auto-alimenter.

Il y a ceux qui sont sur le terrain : ceux qui soignent, protègent, enseignent, rendent la justice ou répondent directement aux besoins des citoyens.
Puis ceux qui les administrent.
Puis ceux qui administrent ceux qui les administrent.
Et probablement encore quelques étages chargés de coordonner, contrôler et évaluer l’ensemble.
À force, notre administration ressemble parfois à une pyramide à l’envers : tout son poids repose sur la pointe, constituée de ceux qui font réellement le travail.
Alors suffirait-il de sortir la tronçonneuse, de supprimer commissions, agences, hauts-commissariats et services par dizaines, puis d’additionner leurs budgets pour annoncer fièrement les milliards économisés ?
Ce serait trop facile.
Supprimer une structure qui coûte 100 ne permet pas d’économiser immédiatement 100. Les fonctionnaires restent fonctionnaires, certaines dépenses demeurent et certaines missions doivent continuer à être assurées.


Mais réduire la bureaucratie ne signifie pas seulement dépenser moins. Cela peut aussi vouloir dire dépenser mieux.

Supprimer ce qui fait doublon, ce qui ne sert plus ou ce qui finit par ne servir qu’à administrer l’administration ; réaffecter lorsque c’est possible ; profiter des départs pour réduire progressivement certains effectifs et recruter davantage là où les besoins sont réels.
Car lorsque l’hôpital manque d’infirmières et d’aides-soignantes, lorsque la justice manque de magistrats et de greffiers, lorsque la sécurité manque de femmes et d’hommes sur le terrain, la question n’est peut-être pas seulement de savoir combien de personnes l’État emploie.
Elle est aussi de savoir où il les emploie.


Reste alors la question la plus difficile : qui sera capable de faire marche arrière ?

Depuis des décennies, les gouvernements nous promettent de simplifier l’administration. Pourtant, la machine possède une remarquable faculté à survivre à ceux qui prétendent la simplifier.
À l’approche des prochaines échéances électorales, nous entendrons donc certainement, une fois encore, des candidats nous expliquer comment ils vont réduire les dépenses, simplifier l’État et rendre l’administration plus efficace.


Cette fois, nous pourrions peut-être laisser les promesses de côté.

Ce n’est certainement pas à moi de faire un classement, et je ne vois d’ailleurs pas au nom de quelle compétence particulière je serais qualifié pour vous dire qui choisir.
En revanche, si chacun pouvait prendre juste un peu de temps pour faire sa propre enquête, cela conforterait peut-être certaines convictions. Cela pourrait aussi en ébranler quelques-unes. Et peut-être même modifier notre façon de choisir.
Regardons ce que ceux qui ont déjà exercé des responsabilités ont réellement fait lorsqu’ils en avaient le pouvoir : les dépenses, les effectifs, les structures qu’ils ont créées, celles qu’ils ont supprimées, les doublons qu’ils ont réellement éliminés et les moyens qu’ils ont rapprochés du terrain.
Et appliquons exactement le même examen à tous : à celui dont nous nous sentons politiquement proches, mais aussi à celui que nous aurions spontanément écarté. Et pas seulement aux ténors que l’on nous présente déjà comme les principaux candidats.
Pour ceux qui promettent aujourd’hui ce qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de mettre en pratique, une autre question mérite au moins d’être posée : qu’ont-ils réellement dirigé qui permette de juger leur capacité à le faire ?
Nous sommes tous tentés de chercher ce qui confirme ce que nous pensions déjà et d’être beaucoup plus sévères avec celui que nous n’aimons pas qu’avec notre préféré.
Alors peut-être vaut-il mieux faire cette petite enquête seul, sans chercher à convaincre personne et sans même avoir à en donner le résultat.
Simplement pour soi.


Et essayer, pendant quelques minutes, de ne pas se mentir.

Peut-être découvrirons-nous que notre candidat préféré n’a pas fait, lorsqu’il en avait le pouvoir, ce qu’il nous promet aujourd’hui. Peut-être aussi que celui que nous avions écarté d’avance a obtenu des résultats que nous ne lui connaissions pas.
Cela ne suffira évidemment pas à décider d’un vote. Mais cela mettra au moins quelques faits dans la balance, à côté des promesses.
Car une infirmière, un policier, un magistrat ou un enseignant qui manque là où nous avons besoin de lui n’a pas de couleur politique.
Pas davantage qu’un déficit, une dette ou un impôt.
Les actes passés constituent parfois un programme électoral beaucoup plus instructif que celui qu’on imprime pour le prochain scrutin.


Arthur Laffer cherchait le point à partir duquel trop d’impôt finit par tuer l’impôt.

Nous devrions peut-être chercher celui à partir duquel trop d’administration finit par administrer principalement… l’administration.
Mais pour l’instant, entre la courbe de Laffer et le laisser-faire, j’ai parfois l’impression que la France a choisi.

Pierrick Chesnais 

https://www.facebook.com/photo/?fbid=3139479066262881&set=gm.4577653742555588&idorvanity=4429178947403069




B) - Arthur Laffer et la courbe Laffer

Arthur Laffer, né le 14 août 1940 à Youngstown (Ohio), est un économiste américain. Père de la célèbre « courbe de Laffer », il fait partie des supply siders (école de l'offre) qui ont trouvé un certain écho dans la politique économique conduite par Ronald Reagan (reaganomics) aux États-Unis et celle de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne

Présentation

Il est professeur d'économie à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). Lors d'un diner en décembre 1974 avec ses étudiants, il explique, au cours du repas, que le taux fiscal élevé entraîne une baisse des recettes fiscales à partir d'un certain niveau. Il dessine, donc, sur la nappe en papier, une courbe qui devint célèbre sous le nom de courbe de Laffer

Il explique la forme en cloche par la préférence des contribuables en faveur des loisirs (ou de l'inaction) quand l'effort marginal entraîne une taxation plus que proportionnelle au gain de revenu. Il est préférable, dans ces cas là, de rester inactif. La difficulté est, cependant, de connaître, le point des recettes maximales.

Sa découverte engendre un mouvement de réflexion de la population. En Californie, en 1978, une révolte fiscale mène au vote de la proposition 13 qui visait à réduire fortement la pression fiscale. Le gouverneur de la Californie, d'alors, était Ronald Reagan.

Arthur Laffer et Jan Seymour publient The economics of the tax revolt (L'économie de la révolte fiscale) et expliquent comment « trop d'impôts tue l'impôt ». En France, cette théorie est suivie par les associations de contribuables comme Contribuables Associés, créée par Bernard Zimmern sur la proposition de François Laarman.

La formule « Les hauts taux tuent les totaux » est souvent attribuée à Arthur Laffer, mais elle est due en réalité à l'homme politique français Joseph Barthélemy (1874-1945).

En 2018, il reçoit la médaille présidentielle de la liberté (Presidential Medal of Freedom).

Publications

  • 1975, avec D.I. Meiselman, dir., "The Phenomenon of Worldwide Inflation", American Enterprise Institute of Public Policy Research, Washington
  • 1980, "Reinstatement of the Dollar", The Blueprint, Rolling Hill Estates, CA, A.B. Laffer Associates.
  • 1982.
    • a. avec Marc A. Miles, "International Economics in an Integrated World", Glenview, Ill.: Scott, Foresman.
    • b. avec Charles W. Kadlec, 'The Point of Linking the Dollar to Gold', Wall Street Journal, October 13, p32.
  • 1983, avec Victor Canto et Douglas H. Joines, "Persistent Growth Rate Differentials Among States in a National Economy." In Foundations of Supply-side Economics. New York: Academic Press.
  • 2004. "The Laffer Curve: Past, Present, and Future", Heritage Foundation Backgrounder N°1765, juin, 1.
  • 2016, "What’s wrong with Keynesian economists?", In: Steven Kates, dir., "What's wrong with Keynesian economic theory?", Northampton: Edward Elgar, pp165-182

Littérature secondaire

  • 2012, Karol Betta, "Arthur Laffer", In: Mathieu Laine, dir., "Dictionnaire du libéralisme", Paris: Larousse, pp354-355

Citations

  • « L'idéal n'est pas de rendre les riches pauvres, mais de rendre les pauvres riches. »
  • « Les emplois et les richesses sont créés par ceux qui sont imposés, et non pas par ceux qui taxent. Le gouvernement, par sa nature même, ne crée pas de richesses, mais les redistribue. Afin de minimiser les dommages infligés à l'économie par les impôts, la meilleure façon de faire est d’avoir une large assiette avec un faible taux uniforme qui offre aux personnes et aux entreprises le moins d'incitations à éviter de déclarer un revenu imposable, et le moins grand nombre de niches fiscales pour échapper à l'imposition. »
  • « Les impôts ne créent pas de richesse. Les dépenses de relance créent bien des emplois et ont des répercussions en cascade dont on peut analyser l’effet multiplicateur, mais le Trésor ne crée pas de ressources, il les redistribue : la dépense publique équivaut à une taxe. Elle n’a qu’un effet de substitution, c’est-à-dire que la richesse provenant des revenus de transferts reçus par les uns (prestations sociales par exemple) est égale à la perte de revenus des contribuables taxés, comme l’a expliqué l’économiste John Hicks dans son livre Valeur et Capital. En pratique, ce n’est même pas un jeu à somme nulle, car une partie de ces ressources s’évapore dans ce processus. » (Les Echos/Enjeux, 03/10/2018)

Voir aussi

 


 La courbe de Laffer ou effet Laffer (du nom de l'économiste américain Arthur Laffer) montre qu'au-delà d'un certain seuil de prélèvement fiscal, plus la pression fiscale augmente, plus les recettes fiscales diminuent, en raison de l'effet désincitatif sur l'offre de travail ; les mêmes recettes fiscales auraient été plus élevées avec des taux d'imposition plus bas. On parle aussi d'effet Laffer pour qualifier la baisse des recettes fiscales quand on augmente les impôts.

Définition simple de la Courbe de Laffer

La Courbe de Laffer montre qu'il n'est pas fiscalement rentable de dépasser un certain taux de prélèvement. Elle est résumée par la formule « trop d'impôt tue l'impôt » (ou parfois : « les hauts taux tuent les totaux »). Si la formule « Les hauts taux tuent les totaux » est souvent attribuée à tort à Arthur Laffer, elle est due en réalité à l'homme politique français Joseph Barthélemy (1874 - 1945).

Cette règle était en fait connue depuis longtemps (on peut la faire remonter au moins au XIVe siècle, avec Ibn Khaldoun). Jean-Baptiste Say disait déjà qu'un « impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte », et l'Ancien Régime français affirmait :

« L'expérience, cette leçon souvent tardive, a démontré une vérité dont il n'est pas permis de douter : c'est que les impôts ont des bornes au-delà desquelles ils se nuisent réciproquement ; c'est que, ces bornes passées, ils ne sont plus qu'une charge pour les peuples et une ressource faible, quelquefois même illusoire pour l’État. »
    — Arrêté du Parlement, 1782

Exemples concrets de la Courbe de Laffer

Même si cette courbe n'est pas définie précisément (en dehors des deux points qui coupent l'axe des abscisses), des applications positives de l'effet de la diminution de la pression fiscale ont été mises en évidence à de nombreuses occasions.

Exemples contemporains

  • en 2026, Bercy révèle que les résultats des hausses d'impôts (en l'occurrence la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus ou CDHR) sont cinq fois inférieurs aux attentes. Comme le note alors la presse, : « Les contribuables visés par cette taxe « ont anticipé leurs versements de dividendes » avant le 31 décembre 2024, dans une stratégie d’évitement de l’impôt, explique-t-on dans l’entourage d’Amélie de Montchalin, sans préciser le montant finalement perçu. »[1] Pire, le rendement de cette taxe est quasi certainement négatif en raison des effets indirects sur les autres recettes fiscales non réalisées à cause de celle-ci, comme le constate l'économiste Antoine Lévy[2].
  • en 2025, la baisse de la fiscalité au Portugal fait monter les recettes fiscales. En excédent budgétaire record, le pays « doit » baisser encore plus sa fiscalité[3].
  • en 2024, le Royaume-Uni observe une baisse de 18% des rentrées fiscales de l'impôt sur les revenus du capital après avoir augmenté la fiscalité de ces revenus et rendu 30% de contribuables imposables en plus. Cette baisse est suivie d'une nouvelle chute de 10% l'année suivante[4]
  • sous la présidence d'Emmanuel Macron en France, la baisse du taux d'impôt sur les sociétés, passé de 33 % à 25 % a permis de générer une croissance de +32 % des recettes du même impôt sur les sociétés, entre 2016 et 2021[5].
  • en 2016, la Belgique augmente massivement les taxes sur les boissons alcoolisées. Au lieu de générer une hausse des revenus fiscaux de 200 millions d'euros, cette hausse des taxes fait baisser de 22 millions les revenus de l'État à cause de la diminution de consommation et du déplacement d'achat de boissons alcoolisées vers les pays proches[6]
  • en 2013, le gouvernement socialiste augmente fortement les impôts en France ; les recettes de TVA reculent alors de 2,3 %, le déficit est plus élevé que prévu et se rapproche des 4 % du PIB[7]. De manière particulièrement marquée, la hausse massive de la fiscalité du patrimoine par François Hollande généra un effet Laffer avec une baisse des recettes fiscales (détaillée dans l'article dédié « flat tax »)
  • en 2010, le Royaume-Uni augmenta le taux marginal de l'impôt sur le revenu à 50 %. Loin de rapporter ce qui avait été prévu, cette mesure rapporta au mieux 45 % du montant attendu et aurait même probablement réduit les recettes fiscales selon le Trésor britannique[8].
  • en avril 2006, le Trésor américain a annoncé que les recettes fiscales avaient atteint leur second point le plus haut de l'histoire à la suite des baisses d'impôts de 2003. Pour les défenseurs de Laffer, c'est une nouvelle illustration de son efficacité.
  • l'économiste Florin Aftalion cite l'exemple américain de 2004-2005 : l'année où les mesures de réduction d'impôt sont entrées en vigueur, les recettes fiscales du gouvernement ont augmenté de 8 % et 9 %. La hausse s'est poursuivie en 2006, avec +10 % au premier semestre alors que la croissance de l'économie a été de 3,9 % par an[9].
  • au Royaume-Uni, la tranche marginale de l'impôt sur le revenu[10] passa sous Margaret Thatcher de 83 % à 60 % puis 40 %, ce qui entraîna simultanément une hausse des recettes fiscales de 1,2 milliard de livres en 1985-1986[11].
  • le ministre néo-zélandais Maurice McTigue rapporte également une application de la courbe de Laffer dans les années 1980 : « Ainsi, nous avons réduit de moitié le taux de l'impôt sur le revenu et supprimé un certain nombre de taxes annexes. Paradoxalement, les recettes de l'État ont augmenté de 20 %. Oui ! Ronald Reagan avait raison : réduire les taux de l'impôt a effectivement pour conséquence l'augmentation des recettes fiscales. »[12]

Exemples historiques

  • En 1933, John Maynard Keynes, qu'on ne taxera pas d'ultralibéralisme, écrivait : « L’argument selon lequel les impôts peuvent être si élevés qu’ils vont à l’encontre de leur objectif ne devrait pas non plus paraître étrange et que, si l’on dispose de suffisamment de temps pour récolter les fruits, une réduction des impôts aura plus de chances qu’une augmentation d’équilibrer le budget. » [13]
  • en 1803 déjà, l'effet Laffer était documenté par Jean-Baptiste Say : « Lorsque Turgot, en 1775, réduisit à moitié les droits d’entrée et de halle sur la marée qui se débitait à Paris, le montant total de ces droits resta le même. » [14]
  • Dans son Testament politique, le Cardinal de Richelieu écrivait : « Il y a plus : l’augmentation des impôts est capable de réduire un grand nombre de sujets du Roi à la fainéantise, étant certain que la plus grande partie du pauvre peuple et des artisans employés aux manufactures aimeront mieux demeurer oisifs et les bras croisés que de consommer toute leur vie en un travail ingrat et inutile, si la grandeur des [impôts] les empêche de recevoir [le salaire] de la sueur de leur corps » [15]
  • Barthélémy de Laffémas (1545-1612), équivalent du ministre des Finances à l'époque de Henri IV, résumait l'effet Laffer, déjà bien connu, en « Trop d’impôt tue l’impôt ». On lui attribue aussi parfois l'expression « les hauts taux tuent les totaux »
  • Dès le XIVe siècle, le lettré arabe Ibn Khaldoun écrivait : « Il faut savoir qu'au début d'une dynastie, l'impôt engendre des recettes importantes moyennant une petite assiette fiscale. À la fin de la dynastie, l'impôt ramène de petits revenus malgré une assiette large. » [16]

L'effet Laffer

L'effet Laffer désigne les situations où une hausse des impôts entraîne une baisse des recettes fiscales. Cela est largement nourri par l'exil fiscal ainsi que les comportements d'évitement, comme le fait de travailler moins car cela ne rapporte plus assez aux yeux du travailleur. Par exemple, un médecin qui s'arrêterait de travailler un jour par semaine car tout revenu additionnel est taxé à 70 %.

Critique de la Courbe de Laffer

La courbe de Laffer est critiquée par les libertariens car, par le fait même d'invoquer une augmentation des recettes fiscales, sans procéder pour autant à une remise en cause de l'accaparement par l’État des richesses produites par le citoyen, elle défend l'existence de l’État. Cette approche s'en tient seulement à la recherche d'une « efficacité fiscale » sans remettre en cause la dépense fiscale elle-même. Elle incite à chercher le niveau de taxation optimal compte tenu des charges à couvrir ; ce niveau peut être cependant très élevé. Elle est valable peut-être dans un enfer fiscal, mais pas dans un paradis fiscal. Elle peut contribuer à alimenter une illusion fiscale.

Selon le point de vue libertarien, ce n'est pas quand il devient excessif que l'impôt est nocif. Même à un taux très bas, l'impôt est systématiquement nocif, du fait qu'il est levé sans le consentement de ses victimes. Selon la loi de Bitur-Camember, il équivaut toujours à une destruction de richesse.

Citations

  • « Il me paraît que votre secret est surtout de diminuer les impôts pour augmenter la recette. Vous confirmez cette vérité, qu’on pourrait prendre pour un paradoxe, en rapportant l’exemple de ce que vient de faire un homme plus instruit peut-être que Sully, et qui a d’aussi grandes vues que Colbert, avec plus de philosophie véritable dans l’esprit que l’un et l’autre (il s’agit de Turgot). Pendant l’année 1774, il y avait un impôt considérable établi sur la marée fraîche ; il n’en vint, le carême, que 153 charriots. Le ministre dont je vous parle diminua l’impôt de moitié ; et cette année 1775, il en est venu 596 charriots ; donc le roi, sur ce petit objet, a gagné plus du double ; donc le vrai moyen d’enrichir le roi et l’État est de diminuer tous les impôts sur la consommation ; et le vrai moyen de tout perdre est de les augmenter. » (Voltaire, Lettre du 10 mai 1775 à l’abbé Baudeau)
  • « Le pouvoir de lever des impôts, une fois qu’on l'a accordé, n'a pas de limite ; il va croissant jusqu'au moment où l'impôt tue l'impôt. » (Robert Heinlein, Révolte sur la Lune)

Informations complémentaires

Notes et références

  • Budget : fiasco de la contribution sur les hauts revenus, qui rapportera un milliard d’euros de moins que prévu en 2026, 21 janvier 2026

  • Antoine Lévy sur X

  • Le Portugal a encore dégagé un excédent budgétaire, de quoi financer ses baisses d'impôts pour les jeunes

  • Capital gains tax receipts fall after big cuts in allowances, Financial Times, 25 juillet 2025

  • Revenu total généré par la collecte de l'impôt sur les sociétés en France de 2007 à 2021

  • une perte de 22 millions due à l'augmentation des accises en 2016, La Libre Belgique, 17 janvier 2017

  • L'impôt tue l'impôt

  • Acrobat-7 acidtux software.png [pdf](en)The Exchequer effect of the 50 per cent additional rate of income tax,

  • L'économie de l'offre se porte bien, Florin Aftalion

  • Scott W. Hahn, 1980, "The Outcome of the Income Tax. A historical review of the graduated income tax and today's conseéquences in the U.S", The Freeman, Vol 30, n°3, March, pp134-140

  • Jean-Pierre Dormois, Histoire économique de la Grande-Bretagne au XXe siècle, Hachette, p.148

  • « Réduire l'État a ses justes proportions », Maurice McTigue

  • « Nor should the argument seem strange that taxation may be so high as to defeat its object, and that, given sufficient time to gather the fruits, a reduction of taxation will run a better chance than an increase of balancing the budget. » In Path to Prosperity (1933), repris ici

  • Traité d'économie politique, Jean-Baptiste Say

  • La pensée politique de Richelieu, Jean-Baptiste Noé

    1. Mécanisme des impôts, traduction Monteil, 1967

    Bibliographie

    • 2003, Wim Heijman, Johan van Ophem, "The Laffer Curve Revisited", In: Jürgen Backhaus, Wim Heijman, Andries Nentjes, Johan van Ophem, dir., "Economic Policy in an Orderly Framework – Liber Amicorum for Gerrit Meijer", Münster: LIT Verlag, pp201-211

    Voir aussi

    Lien externe

    https://www.wikiberal.org/wiki/Courbe_de_Laffer


    C) - Divers liens sur ce thème ici !

    juillet 07, 2026

    L’IMPÔT SUR LE REVENU ÉTAIT TEMPORAIRE....lol !

    L’IMPÔT SUR LE REVENU ÉTAIT TEMPORAIRE. C’ÉTAIT EN 1914. 

    En France, l’impôt sur le revenu a été créé pour financer la Première Guerre Mondiale. Temporaire. Le temps du conflit. La guerre s’est terminée en 1918. L’impôt fête ses 110 ans cette année. Ce n’est pas un cas isolé :


     

    — TVA française : créée en 1954 pour la reconstruction d’après-guerre. Temporaire. Passée de 8% à 20%. — CSG : créée en 1991 pour “rembourser temporairement” la dette sociale. Toujours là. Et augmentée. — Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus : créée en 2012 “exceptionnellement.” Toujours là en 2026. — TVA suisse : introduite en 1995 pour financer l’AVS. Temporaire. Passée de 6,5% à 8,1%. Et ça continue.  Il existe une règle universelle et absolue en politique : un impôt temporaire ne disparaît jamais. Il devient permanent. Puis il augmente. Puis on en crée un nouveau — temporaire. Les gouvernements ont transformé l’urgence en habitude et le provisoire en définitif. Et les contribuables paient. Indéfiniment.

     

     



    Impôt

    L'impôt est un prélèvement autoritaire et sans contrepartie directe en vue de couvrir les charges publiques (celles de l'État ou d'une collectivité publique).

    Il en existe une grande variété de types :

    • les impôts sur les revenus (en France : l'impôt sur le revenu (IR), l'impôt sur les sociétés (IS)),
    • les impôts relatifs à la consommation (en France : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)),
    • la fiscalité du patrimoine (en France : les droits d'enregistrement, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), la flat tax (PFU), l'impôt sur les successions[1], l'impôt sur les plus-values),
    • la fiscalité locale (en France : la taxe foncière, la taxe d'habitation).

    L'impôt peut notamment être prélevé à la source

    L'impôt strictement encadré (position libérale)

    Qu'est-ce que la justice fiscale ?

    Adam Smith établit quatre règles fiscales immuables dans son Essai sur la richesse des nations (1776), conditions minimales pour ne pas tomber dans l’arbitraire fiscal :

    • égalité : chaque sujet contribue en proportion de ses facultés, c’est-à-dire en proportion de son revenu ;
    • certitude : la portion d’impôt que chaque individu est tenu de payer doit être certaine, et non arbitraire (quand et comment s'effectue le paiement, pour quelle quantité) ;
    • commodité : tout impôt doit être perçu à l’époque et selon le mode qui convient le mieux au contribuable ;
    • économie : tout impôt doit être conçu de manière qu’il fasse sortir des mains du peuple le moins d’argent possible au-delà de ce qui entre dans le Trésor d'État.


    Taxation et représentation

    Un des principes libéraux concernant la fiscalité est « pas de taxation sans représentation » : celui qui subit la fiscalité a le droit de prendre part aux affaires publiques (au moins indirectement, par la démocratie représentative). C'est la Révolution américaine qui a consacré ce principe déjà énoncé dans le Bill of Rights anglais, les colons américains s'insurgeant contre de nouvelles taxes lors de la Boston Tea Party.

    Contre la progressivité de l'impôt

    Les libéraux non libertariens sont en général en faveur d'un impôt proportionnel (du type flat tax), qui laisse intacts les rapports entre les différents revenus nets. En revanche, ils sont opposés à l'impôt progressif[2], qu'ils jugent confiscatoire et illégitime. La taxation est considérée comme une charge pour couvrir les frais de la production des services offerts par l'État. Au demeurant, l'impôt progressif avait été préconisé par Marx et Engels comme une des premières mesures brutales que devrait prendre le gouvernement révolutionnaire en vue de centraliser les décisions économiques et de renverser la « société capitaliste ».

    Dans L'Action humaine, Ludwig von Mises explicite admirablement l'une des raisons de l'opposition libérale à la progressivité de l'impôt, en montrant qu'elle ferme l'accès à la constitution de nouvelles fortunes et profite en fait aux fortunes établies :

    «  Mais aujourd'hui, les impôts absorbent la plus grande part des profits « excessifs » du nouveau venu. Il ne peut accumuler du capital ; il ne peut étendre sa propre affaire ; il ne deviendra jamais une grande affaire et le rival des situations établies. Les firmes anciennes n'ont pas à redouter sa concurrence, elles sont abritées par le percepteur. Elles peuvent sans danger rester dans la routine, se moquer des désirs du public et refuser le changement. Il est vrai que le percepteur les empêche, elles aussi, d'accumuler du capital neuf. Mais le plus important pour elles est que le dangereux nouveau venu ne puisse pas accumuler de capitaux. Elles sont virtuellement privilégiées par le régime fiscal. En ce sens, la fiscalité progressive entrave le progrès économique et favorise la rigidité sociale. Alors que dans l'économie de marché non entravée la possession d'un capital est une source d'obligation forçant le possesseur à servir les consommateurs, les méthodes modernes de fiscalité la transforment en privilège. »

        — Ludwig von Mises, L'Action humaine, 1949

    Pour Friedrich Hayek, la progressivité est « une invitation à la discrimination et le prétexte à un pur arbitraire » (The Constitution of Liberty, 1960). Hayek donnait une autre conséquence provoquée par l'instauration de l'impôt progressif : la déspécialisation. Quelqu'un sachant qu'il sera beaucoup plus imposé en travaillant davantage sera désincité à fournir des efforts supplémentaires et préfèrera donc occuper autrement les heures qu'il aurait normalement consacrées à son labeur. Il optera pour des loisirs ou pour des travaux qu'il exécutera lui-même, évitant ainsi de devoir payer un homme du métier qu'il aurait dû rétribuer normalement avec le salaire récompensant ses propres heures de travail spécialisé.

    De plus, Hayek fait un sort à la croyance selon laquelle l'impôt progressif serait bénéfique aux pauvres. Il invoque trois arguments à l'appui de sa thèse :

    1. Les recettes obtenues par l'imposition des tranches élevées des revenus sont plutôt négligeables en comparaison des autres sources fiscales. Elles pourraient tout aussi bien être obtenues en instituant une légère hausse de la proportionnalité.
    2. Les vrais bénéficiaires de l'impôt progressif sont les classes moyennes, et non les indigents.
    3. Par sa propagande laissant croire aux classes moyennes que l'essentiel de la charge fiscale reposait sur les plus fortunés, l'État a réussi à rendre plus tolérable aux contribuables l'augmentation générale de la fiscalité en légitimant ainsi le sentiment d'envie.

    Pour Pascal Salin (L'arbitraire fiscal), l'impôt proportionnel ne représente rien d'autre qu'un cas de discrimination sociale, et la progressivité renforce encore ce caractère arbitraire et inégalitaire. Les arguments avancés pour justifier la progressivité de l'impôt sont généralement les suivants :

    • égalisation des sacrifices (il est normal de demander plus à ceux qui ont plus) ;
    • l'État doit assumer une fonction de redistribution et de solidarité des riches envers les moins riches.

    Le premier argument invoque la loi de l'utilité marginale décroissante, mal comprise et appliquée avec une vision mécaniciste de la société, car l'utilité est un jugement de valeur personnel et il est impossible de comparer l'utilité entre individus différents ; de plus on ne peut parler de sacrifices, car il n'y a pas de consentement. Le second argument impose une solidarité obligatoire, sans valeur morale ; il n'y a par ailleurs aucune preuve qu'il y ait une redistribution effective vers ceux qui ont réellement besoin d'être aidés.

    Maurice Allais, quant à lui, souligne le côté rétrograde de l'impôt progressif :

    «  L'impôt progressif sur le revenu pénalise les plus capables et favorise indûment les moins capables en les affranchissant de l'impôt. Il constitue un obstacle à la promotion sociale. C'est un impôt conservateur et réactionnaire qui protège la fortune acquise et compromet la constitution de patrimoines pour tous ceux qui ne disposent d'autres ressources que celles de leur travail. »

        — Maurice Allais, Le Figaro du 23 novembre 1975


    L'impôt, c'est le vol (position libertarienne)

    Impôt et libéralisme

    L’impôt n’est pas conforme au principe du libéralisme car il constitue une atteinte à la propriété privée et à la liberté individuelle (comme son nom l'indique, l'impôt est « imposé »[3]). Le prélèvement de l'impôt est fondé par la coercition. La propriété privée concerne à la fois ce qu’un individu possède à un instant donné, et les revenus qu’il retire de son travail ou des biens qu’il possède. Ainsi, l’impôt sur le revenu est une atteinte à la propriété de l’individu sur le fruit de son travail ; l’impôt sur les dividendes est une atteinte à la propriété sur les revenus de ce qu’il possède ; l’impôt sur la fortune est une atteinte à la propriété des biens eux-mêmes :

    «  L'impôt est contraire au principe de base [du libertarisme] parce qu'il implique une agression contre les citoyens non agressifs qui refusent de le payer. Que le gouvernement offre des biens et services en échange de l'argent des impôts n'y change absolument rien. Le point important est que le soi-disant "échange" (impôt contre services publics) est coercitif : l'individu n'est pas libre de le refuser. Qu'une majorité de citoyens soient d'accord pour la coercition fiscale n'y change rien non plus. L'initiation de l'agression, même supportée par la majorité des gens, est illégitime. »
        — Walter Block, Defending the Undefendable

    Alors que beaucoup de personnes estiment que les impôts sont justifiés, soit parce qu'ils réaliseraient une redistribution plus « juste » des revenus (mais on se demande au nom de quel principe d'égalité, puisque le taux de prélèvement est toujours fixé arbitrairement), soit parce qu'ils seraient la contrepartie de services rendus par l'État (éducation, sécurité, voirie, etc.) selon la théorie des biens publics, les libertariens estiment qu'il s'agit d'une extorsion. L'individu ne paye pas en fait des services à un juste prix, il est transformé en payeur aveugle au nom d'un principe collectiviste : fiscalement, il n'y a pas d'affectation des ressources aux dépenses (le butin volé est partagé arbitrairement), et toutes les cours de justice précisent bien que l’impôt est dû « sans contrepartie ». Il n'y a plus pour le citoyen que le choix entre être un esclave (auquel on vole le fruit de son travail) ou un receleur (s'il est bénéficiaire net de l'argent volé).

    En résumé, l'impôt est toujours immoral pour les raisons suivantes :

    • absence de consentement : il faudrait que celui qui paie l’impôt y consente librement ("consentement à l'impôt"), et ait la possibilité de refuser.
    • absence d'affectation : l'impôt devrait être affecté à des dépenses approuvées par celui qui le paie, qui pourrait de plus en vérifier l'affectation (alors qu'en pratique le contribuable ne peut contester le montant de ses impôts en invoquant son désaccord avec l’affectation de tout ou partie des deniers publics)
    • absence d'efficacité : il faudrait que les biens ou les services fournis par l'impôt ne puissent être fournis à de meilleures conditions par le secteur privé, ce que les monopoles publics empêchent.
    • absence de rétribution : l'impôt devrait être considéré comme un prêt volontaire fait par le contribuable à l'État, il conviendrait donc de le rétribuer par un intérêt conforme aux lois du marché.

    Les discussions entre économistes quant à savoir si tel type d'impôt, direct ou indirect, proportionnel ou progressif, serait plus juste que tel autre type d'impôt, sont donc totalement absurdes.

    Illusion fiscale

    Nuvola apps colors.png Article principal : illusion fiscale.

    L'illusion fiscale empêche le citoyen de remettre en question la pertinence de l'impôt qui est levé par le pouvoir et l'emploi qui en est fait.

    Monnaie fiscale

    Nuvola apps colors.png Article principal : monnaie fiscale.

    La monnaie fiscale est une variété de monnaie préconisée par certains économistes pour "résoudre" le problème de la dette publique.

    Social-démocratie

    La social-démocratie, tendant vers le socialisme, a tendance à admettre l'idée que l'État a par principe un droit de propriété sur tout ce que possède le citoyen. On parlera par exemple de « cadeau fiscal » lorsqu'il s'agit de baisser tel ou tel impôt. Derrière le mot « cadeau fiscal » il y a l'idée que la totalité des revenus du citoyen appartient en réalité à l'État : l'individu est apparemment censé être content que l'État lui laisse généreusement de quoi vivre, alors qu'avec la taxation il s'agit bien d'une réduction autoritaire et arbitraire de sa propriété en faveur de l'État ! L'État, qui est une cleptocratie, s'ingénie à forger des expressions pour brouiller les idées de ses sujets (un non-vol serait un « cadeau ») et ainsi éviter d'être mis en cause.

    L'impôt volontaire, auquel le citoyen est présumé « consentir librement » (article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen) est un mythe qui ne vise qu'à cacher l'oppression fiscale (essayez, pour voir, de « ne pas consentir » à payer l'impôt, voir Consentement à l'impôt).

    Les impôts sont une continuation, avec certaines transformations purement formelles, de l'esclavage : c'est le tribut exigé par quiconque exerce le pouvoir sur les autres. Un esclave, au sens moderne, est celui qui remet la totalité de sa production à son "maitre-propriétaire". Le citoyen contemporain verse la moitié de sa production à l'État, il est donc un semi-esclave de l'État.

    L'alternative à l'impôt

    Il est évident que certaines fonctions de l’État sont utiles et qu'on ne peut les supprimer, la question est de savoir s'il est nécessaire de les financer par la coercition fiscale et s'il est nécessaire que ce soit la fonction publique (ou le parapublic) qui les prenne en charge. Les solutions libertariennes sont les suivantes :

    • privatisation du maximum d'activités étatiques (par exemple il n'y a aucune raison que l'enseignement, la santé, le réseau routier, la télévision et la radio, la banque, etc. soient pris en charge par l’État) ;
    • les secteurs peu justifiés économiquement (par exemple la culture, le sport, l'assistanat...) seraient pris en charge sur une base volontaire soit par le marché, soit par le milieu associatif (associations culturelles, sportives, caritatives...), soit disparaîtraient d'eux-mêmes (faisant ainsi la preuve de leur inutilité) ;
    • cessation de toute subvention aux associations, aux entreprises, aux syndicats, aux partis, aux églises, etc.
    • concernant les fonctions régaliennes (défense, police, justice), il n'y a pas d'unanimité ; Ayn Rand suggère un impôt volontaire, ce qui est jugé en général illusoire. Dans tous les cas, doivent être respectés :
      • le principe de neutralité de l'impôt : l’État doit laisser jouer les mécanismes du marché et rester en dehors de l'activité économique ;
      • le principe de l'égalité devant l'impôt : impôt égal à capacité contributive égale ;
      • des règles stables dans le temps [4].

    Il a existé historiquement plusieurs cas d'États dépourvus de tout impôt et gérés comme des entreprises, comme l'État bernois jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, qui était « un État-entrepreneur domanial »[5] :

    Berne était la plus grande république au nord des Alpes, s’étendant des portes de Genève aux portes de Zurich. Ses ressources financières étaient la propriété foncière, les émoluments des offices, les contributions aux routes et le commerce du sel et du blé. En plus, au XVIIIe siècle, les placements à l’étranger fournissaient un septième du budget. (Beat Kappeler, La fin de l’État idéal, Le Temps, 2 juillet 2011)


    Idée reçue : "les impôts sont le prix que nous payons pour avoir une société civilisée"

    Cette phrase aurait été prononcée pour la première fois en 1904, dans un discours du juriste américain Oliver Wendell Holmes Jr. (1841–1935), juge à la Cour suprême des États-Unis de 1902 à 1932. Elle figure au fronton de l'immeuble du siège de l'IRS, le fisc américain, à Washington.

    Il s'agit là d'un sophisme étatiste du type post hoc qui affirme que la taxation est une condition préalable à la vie en société. Les libertariens dénoncent ce sophisme :

    «  Voilà une affirmation qui nous a coûté bien cher. La civilisation découle du développement économique, moral et social. La liberté en est une condition préalable. Les impôts et le pouvoir de taxation sont destructeurs de la civilisation et de tout progrès. Régir l'économie, dominer le monde et faire financer tout cela, sous la contrainte, par des individus productifs, est un viol du principe des droits naturels ; poussé à l'extrême, ce système détruit les moyens de production et la richesse du pays. »
        — Ron Paul, Taxes, Liberty Defined, 2011

    «  Les impôts sont le prix que nous payons pour avoir échoué à construire une société civilisée. Plus le niveau d'imposition est élevé, plus l'échec est grand. L'État totalitaire à planification centrale représente l'échec complet du monde civilisé, tandis qu'une société complètement volontaire constitue son succès ultime. »
        — Mark Skousen

    Courbe de Laffer

    Nuvola apps colors.png Article principal : Courbe de Laffer.

    La courbe de Laffer montre qu'au-delà d'un certain seuil, plus la pression fiscale augmente, plus les recettes fiscales diminuent, en raison de l'effet désincitatif sur l'offre de travail (trop d'impôt tue l'impôt).

    Synthèse


    Dans une perspective libérale classique, un État minimal conduit nécessairement à un impôt minimal, qui n'entrave pas le développement économique (le taux d'imposition est plus proche de 0 % que de 100%). En revanche, dans une social-démocratie, l'histoire montre qu'il n'y a pas de limite au taux d'imposition, si ce n'est la désincitation que traduit la courbe de Laffer.

    Tel que le conçoivent les libertariens, l'axiome de non-agression aboutit à rejeter le principe même de l'impôt. Les partisans du contrat social, libéraux ou non, arguent que l'impôt fait partie d'un contrat libre passé entre le gouvernement et la population : quiconque n'est pas d'accord peut toujours se libérer du contrat en quittant le pays. En réponse à cette objection, certains libertariens (tendance anarcho-capitaliste) soulignent le caractère fictif du contrat social, qui n'est qu'une justification de l'agression étatique. D'autres (tendance minarchiste) comptent davantage sur la concurrence fiscale entre pays pour « limiter » cette agression.

    Il est intéressant d’observer que les origines des droits de l'Homme sont liées à la résistance à l'impôt : la Grande Charte (Magna Carta, 1215), la Déclaration d'Indépendance des États-Unis (4 juillet 1776) et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (20 Août 1789) ont leurs origines respectives dans la résistance fiscale, sans compter le plus ancien symbole de la liberté connu, le Ama-gi. Max Stirner l'explique ainsi :

    « La propriété fut l'étincelle qui mit le feu à la Révolution. Le gouvernement avait besoin d'argent. Il devait dès lors, pour être logique, montrer qu'il était absolu, et par conséquent maître de toute propriété, en reprenant possession de son argent, dont les sujets avaient la jouissance, mais non la propriété. Au lieu de cela, il convoqua des états généraux, pour se faire accorder l'argent nécessaire. En n'osant pas être conséquent jusqu'au bout, on détruisit l'illusion du pouvoir absolu : le gouvernement qui doit se faire « accorder » quelque chose ne saurait plus passer pour absolu. Les sujets s'aperçurent que les véritables propriétaires étaient eux, et que c'était leur argent qu'on exigeait d'eux. »
        — Max Stirner, L’unique et sa propriété

    Informations complémentaires

    Notes et références

  • Les partisans de l'impôt sur les successions soutiennent que les riches prendront la main sur l'économie à moins qu'une partie de leurs avoirs en capital ne soit imposée par l'État. Ceci est basé sur l'hypothèse que les riches sont peu peu nombreux et plus à même de s'organiser. On leur donne l'ambition de dominer le gigantesque éventail des intérêts concurrents sur le marché. Bien sûr, il n'y a aucun moyen que cela puisse être fait sans la coercition gouvernementale. Toute cette idée est ridicule puisque l'économie n'est pas statique. Où sont les géants industriels des années 1980, des années 1950, des années 1900 et ceux d'avant ? Toutes les entreprises qui furent dominantes à un moment donné de l'histoire sont soit devenues beaucoup plus petites, soit ont été incorporées dans des entreprises concurrentes parce qu'elles n'ont pas pu répondre au test du marché. Ainsi, l'impôt sur les successions qui tend à paralyser l'économie en réduisant l'offre de capitaux d'investissement, repose davantage sur le désir de l'homme politique d'avoir plus d'argent à distribuer à son électorat que sur un examen rationnel des faits.

  • Walter J. Blum, Harry J. Kalven, Jr., 1952, "The Uneasy Case for Progressive Taxation", University of Chicago Law Review, Vol 19, pp417–520

  • Sur l'étymologie révélatrice de ce terme, voir Étymologie de l'impôt, de Thierry Afschrift.

  • "On Friedrich Hayek and taxation: rationality, rules, and majority rule", Michael W. Spicer, National Tax Journal, Vol. 48, no. 1, (March, 1995)

    1. Stefan Altorder-Ong, Staatsbildung ohne Steuern, éd. Hier und Jetzt, 2011

    Bibliographie

    • 1968, Raymond De Roover, "L'Impôt dans le cadre de la ville Et de l'État", Speculum, Vol 43, n°4, pp732-733
    • 1970, James Coffield, "A Popular History of Taxation", London: Longman
    • 1985. Pascal Salin. L'arbitraire fiscal. Libertés 2000. Paris : Robert Laffont. (ISBN 2-221-04845-8)
    • 1999. Charles Adams. Those Dirty Rotten Taxes: The Tax Revolts that Built America. New York : Touchstone Books.
    • 2003, Karsten von Blumenthal, Birger Nerré, "Tax culture in nineteenth-century Austria", Proceedings. Annual Conference on Taxation and Minutes of the Annual Meeting of the National Tax Association, Vol 96, pp54-62
    • 2009, Leonardo Facco, "Elogio dell’evasore fiscale. Se le tasse son un furto non pagarle è legittima difesa" ("Éloge du fraudeur fiscal. Si les impôts sont du vol, ne pas les payer est de la légitime défense"), Aliberti Editore, Roma
    • 2014, Leonardo Facco, "I tweet dell’evasore #perchèletassesonosempreunfurto", ("Les tweets de l'évadé fiscal #parcequelesimpôtssonttoujoursduvol"), Movimento Libertario Edit, Treviglio (Bergamo)

    Voir aussi

    Organisations militantes

    Liens externes




    Taxe sur la valeur ajoutée

    Définition de la TVA (ou Taxe sur la valeur ajoutée)

    La Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est une taxe assise sur la consommation des ménages et des entreprises. C'est en France en 1954 que cette taxe sera mise en œuvre pour la première fois par Maurice Lauré, inspecteur des finances et directeur adjoint de la Direction générale des Impôts. Son idée constitue probablement (et tristement) l'une des meilleures exportations françaises, avec plus de 150 pays qui l'ont adoptée.

    La TVA est un impôt indirect sur les dépenses de consommation. Elle est payée in fine par le consommateur et collectée par les entreprises qui participent au processus de production et de commercialisation. Le montant de la taxe est proportionnel au prix de vente hors taxe (HT).

    Le principe est le suivant : l'entreprise majore son prix de vente du montant de la TVA qu'elle facture à son client et qu'elle reverse à l’État après déduction des montants de TVA (opération dite de récupération de la TVA) qu'elle a dû payer à ses propres fournisseurs pour acquérir les biens et services nécessaires à son activité.

    La TVA est donc intégralement supportée par le consommateur, mais collectée de manière fractionnée par les organismes assujettis à la TVA (entreprises, certaines professions indépendantes et certaines associations). Ceux-ci reversent la TVA à l’État, en fonction de sa valeur ajoutée qui est la différence entre la valeur finale des biens et services (prix de vente) et la valeur des biens et services utilisés dans le processus de fabrication.

    Position libérale

    Les anarcho-capitalistes rejettent tout impôt et trouvent par conséquent la TVA illégitime. Pour les autres libéraux, pour qui donc un impôt minimum est nécessaire, la TVA est possiblement l'une des moins mauvaises taxes : assiette large, application identique à tous, en fonction du niveau de consommation, etc. Par certains aspects, elle présente des ressemblances avec la flat tax qui s'applique aux revenus. Néanmoins, même l'idée originale de la TVA d'une taxe simple a été pervertie par le clientélisme, avec de nombreux taux de TVA différenciés selon le niveau de pouvoir de ceux qui en bénéficient : TVA réduite à 5,5 % pour les restaurateurs sous Nicolas Sarkozy, TVA réduite à 10 % pour les travaux de rénovation, mise en place puis supprimée, etc. L'illisibilité et l'instabilité sont largement la règle dans l'action étatique. En France métropolitaine et en 2014, il existe quatre taux de TVA applicables (cf. articles 278 et suivants du Code général des impôts) :

    • Le taux normal à 20 %, pour toutes les ventes de biens ou de services hormis celles soumises par la loi à un autre taux ;
    • Le taux intermédiaire à 10 %, notamment pour les produits agricoles non transformés, le bois de chauffage, les transports de voyageurs, la restauration, les travaux d'amélioration du logement, les droits d'entrée dans les musées, zoo, etc.
    • Le taux réduit à 5,5 %, pour les produits de première nécessité et de consommation courante : biens alimentaires non transformés par exemple, ainsi que certains produits culturels comme les livres, etc.
    • Le taux particulier à 2,1 %, qui ne concerne que très peu de catégories de biens comme les médicaments remboursables par la Sécurité sociale, certains spectacles et publications de presse, etc.

    Les libéraux reprochent aussi à la TVA son aspect « indolore », la taxe étant cachée dans le prix global du produit. Le Français moyen ne réalise pas qu'il paye 20 % plus cher ses achats à cause de cette taxe, et donc qu'il contribue bien plus au budget de l’État qu'il n'en reçoit.

    Citations

    • « Le gouvernement devrait se garder d'augmenter la TVA ou la CSG pour financer les caisses percées de la Sécurité sociale. [...] J'ai offert depuis longtemps un prix d'un million d'euros si on me montre un produit importé qui paie une taxe. Comme le dit la sagesse fiscale, ce n'est pas parce que vous mettez un impôt sur les vaches que ce sont les vaches qui paient l'impôt. Au final, ce sont les consommateurs de produits importés qui paient les taxes. Ce ne sont donc pas les Chinois qui paieront la protection sociale des Français, mais bien les Français eux-mêmes. » (Alain Madelin[1])

    Notes et références

    TVA sociale

    La TVA sociale est l'affectation d'une partie du produit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au financement de la protection sociale. Sa mise en place se traduit concrètement par une hausse de la TVA et donc des impôts au sens large, à la place de cotisations sociales existantes (dans ce cas, il y aurait baisse des cotisations) ou envisagées pour augmenter les ressources.

    Ses partisans prétendent donc que TVA sociale est une façon de faire participer les consommateurs à leur protection sociale, et d'améliorer la compétitivité économique du pays (et éviter des délocalisations). La mesure est régulièrement envisagée et abandonnée en France, où le niveau très élevé des cotisations sociales (voir structure du salaire en France), finançant la sécurité sociale, pèse sur le coût du travail et donc la compétitivité économique. Parmi ses avatars nombreux, elle fut un sujet récurrent de débats dans la présidentielle de 2007 (mesure défendue par Nicolas Sarkozy) et revient en 2025 dans la bouche de François Bayrou.

    Les libéraux sont critiques de la mesure, qui est un palliatif néfaste à une vraie réduction de la dépense publique, consistant à faire payer au consommateur l'excès de dépense publique au lieu de la réduire vraiment. Enfin, les taxes sur la consommation étant toujours in fine payées par le consommateur, c'est une réduction de la consommation que la TVA dite sociale engendre, au détriment des plus pauvres. 

    Critique libérale de la TVA sociale

    La TVA sociale consiste donc (en théorie du moins) à réduire les coûts de production, et à les remplacer par des taxes sur la consommation. Pour les promoteurs de la TVA sociale, ce transfert de charges au sein du financement de la sécurité sociale permettrait d'alléger le coût du travail et de taxer davantage les produits importés, créant un effet désincitatif (les ménages achèteront moins de produits importés). Cependant, la protection sociale reste toujours à la charge des agents économiques nationaux : ce n'est pas l'importateur qui la paye, mais bien le consommateur.

    Aux yeux des libéraux, qui préconisent plutôt le salaire complet, ce transfert vers la TVA entraîne surtout une augmentation des prix qui pénalise les consommateurs, notamment les plus modestes. En effet, les taxes sur la consommation pèsent identiquement sur la consommation des ménages pauvres ou riches ; en pourcentage des dépenses elles pèsent légèrement plus sur les ménages les plus riches, et en proportion du revenu, elles pèsent davantage sur les bas revenus, qui consomment une plus grande partie de leur revenu. Comme le résume le journaliste François Lenglet, « Si on taxe la viande de bœuf, ce n'est pas la vache qui paie »[1].

    La TVA sociale n'est donc qu'un tour de passe-passe technocratique, une taxe sur la consommation (plutôt que sur la valeur ajoutée proprement dite) d'inspiration protectionniste, qui ne s'attaque pas à la racine du problème : le coût trop élevé d'une protection sociale monopolistique et collectiviste. Elle relève de la manie étatique de fiscaliser la protection sociale (commencée avec la CSG en 1991), et de présenter l'impôt comme la solution à tous les problèmes de la société[2] :

    « De quelque côté que l’on se tourne, la « TVA sociale » ne pourra tenir les extravagantes promesses de ses thuriféraires. Il n’existe pas de potion miracle qui permettrait, en remplaçant une cotisation par un impôt, un prélèvement obligatoire par un autre, d’améliorer sans effort notre compétitivité. Seule la maîtrise de nos dépenses sociales peut avoir des effets économiques durables. »
        — Alain Madelin

    Citations

    • « Le gouvernement devrait se garder d'augmenter la TVA ou la CSG pour financer les caisses percées de la Sécurité sociale. [...] J'ai offert depuis longtemps un prix d'un million d'euros si on me montre un produit importé qui paie une taxe. Comme le dit la sagesse fiscale, ce n'est pas parce que vous mettez un impôt sur les vaches que ce sont les vaches qui paient l'impôt. Au final, ce sont les consommateurs de produits importés qui paient les taxes. Ce ne sont donc pas les Chinois qui paieront la protection sociale des Français, mais bien les Français eux-mêmes. » (Alain Madelin[3])
    • « Il ne s’agit pas de donner au salarié tout ce qu’il gagne : l’objectif est de diminuer la charge de l’entreprise (qui, il est vrai en a bien besoin) en privant le travailleur d’une partie de son salaire différé. La TVA sociale, c’est donc bien cela : une diminution des salaires. Mais pour que la spoliation du travailleur soit encore plus complète, on veut l’obliger aussi à payer plus cher ce qu’il consomme, par le biais d’une hausse de la TVA. » (Claude Reichman)
    • « L'expression elle-même : TVA sociale cache une substitution d'une augmentation de la taxe dénommée TVA - en taux ou en assiette, on ne sait... - à une diminution des cotisations sociales obligatoires - en taux ou en assiette, on ne sait là encore... -. Elle est donc une alliance de mots, apparemment contre nature, sauf à reconnaître que les cotisations sociales obligatoires sont, contre toute attente et contre les institutions françaises, des impôts. » (Georges Lane)
    • « Au final, à long terme, la hausse de la TVA aura plutôt pour conséquence de réduire le salaire net et de limiter les possibilités, pour les entreprises, de maintenir leur compétitivité... Alors même qu'un des objectifs avoués de cette TVA sociale, anti-délocalisations, est de redonner un peu de compétitivité aux entreprises françaises. Une fois de plus, nos politiciens prônent des mesures qui, à moyen terme, provoqueront les effets inverses de ceux qui sont attendus. » (Vincent Bénard)

    Informations complémentaires

    Notes et références

     

     

     

     

     

     

     

     

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