Cantines gratuites, 10 000 postes dans l’Éducation, 250 000 places à la fac… ce que prévoit LFI pour 2027
Éric Coquerel affirme que le programme réduirait le déficit de près de 25 milliards d'euros, un résultat conditionné aux recettes fiscales attendues.
Jean-Luc Mélenchon a dévoilé, mercredi 14 octobre, les grandes lignes du budget qu’appliquerait La France insoumise (LFI) en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027. Le projet prévoit 106,4 milliards d’euros de recettes supplémentaires et 81,7 milliards de dépenses nouvelles, avec l’ambition affichée de soutenir l’activité tout en réduisant le déficit public d’environ 25 milliards d’euros.
Présenté comme un budget « rectificatif », il remplacerait celui adopté avant la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon revendique « une démarche de rationalité économique » et entend rompre avec ce qu’il qualifie de « culture dominante » du « néolibéralisme ».
Taxe Zucman, ISF climatique et suppression de la flat tax
Pour financer son programme, LFI mise principalement sur une hausse de la fiscalité pesant sur les patrimoines et le capital. Le mouvement prévoit un ISF climatique, censé rapporter 10 milliards d’euros, la suppression de la flat tax pour 9 milliards et la taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, évaluée à 15 milliards.
Une réforme des héritages doit également rapporter 20 milliards d’euros, tandis que la réduction de plusieurs niches fiscales, dont le pacte Dutreil et le crédit d’impôt recherche, représenterait 22 milliards supplémentaires. Les rachats d’actions, les transactions financières et les cryptomonnaies seraient davantage taxés et la taxe Gafam serait portée à 15 %.
« Il est nécessaire de mettre à contribution le capital financier parce que c’est lui qui a profité, à plein, tout le temps, sous toutes les formes », a défendu Jean-Luc Mélenchon.
10 000 enseignants, 250 000 places à l’université et cantines gratuites
Une partie importante des nouvelles dépenses concerne directement l’éducation, alors que la mobilisation lycéenne se poursuit. Éric Coquerel a présenté plusieurs mesures destinées à « répondre aux revendications des lycéens et des étudiants ».
LFI prévoit la création de 10 000 postes dans l’Éducation nationale, pour un coût de 500 millions d’euros, ainsi que la gratuité des cantines scolaires, chiffrée à 3,6 milliards. Le mouvement veut également supprimer Parcoursup et créer 250 000 places supplémentaires à l’université, pour 3,5 milliards d’euros.
« C’est à l’université de s’adapter pour recueillir les étudiants et non pas l’inverse, c’est-à-dire de sélectionner les étudiants en fonction des moyens qu’on donne à l’université », a défendu Éric Coquerel.
Le contre-budget comprend également une garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois pour les jeunes, pour 9,5 milliards d’euros, ainsi qu’un plan d’urgence de 3 milliards pour l’hôpital permettant notamment le recrutement de 10 000 soignants.
Le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans coûterait de son côté 9 milliards d’euros, avant une éventuelle baisse à 60 ans au cours du quinquennat.
LFI promet 25 milliards d’euros de réduction du déficit
Malgré ces nouvelles dépenses, les Insoumis assurent que leur projet permettrait de réduire le déficit grâce au niveau supérieur des recettes attendues. « Non seulement nous injectons plus de 81 milliards d’euros dans les carnets de commandes, dans l’économie, dans le pouvoir d’achat, mais du fait que les recettes soient supplémentaires, nous faisons 25 milliards de réduction du déficit. Nous faisons donc mieux que le gouvernement », a assuré Éric Coquerel.
Le calcul repose sur l’écart entre les 106,4 milliards de recettes nouvelles et les 81,7 milliards de dépenses supplémentaires. Ces montants demeurent toutefois des prévisions de LFI, qui reposent notamment sur le rendement attendu des nouvelles taxes.
Jean-Luc Mélenchon a également évoqué une enveloppe de 25 milliards d’euros destinée à la diminution de l’endettement public. Cette présentation ne constitue qu’un premier aperçu du programme économique insoumis : LFI prévoit de dévoiler son programme présidentiel complet en novembre 2026, avant d’en présenter le chiffrage global au début de 2027.
Mélenchon et la colère lycéenne : le soutien politique et la récupération
Une mobilisation pour l’école devient aussi une ressource présidentielle
Le risque d’une instrumentalisation électorale des protestations par Jean-Luc Mélenchon est sérieux. Son propre discours permet de l’examiner : dans une note publiée le 3 octobre, il propose d’accompagner la mobilisation « en lui ouvrant un débouché sur 2027 ». La perspective présidentielle est donc explicitement associée au mouvement. Cette déclaration établit une volonté de traduction électorale ; elle ne prouve pas que Mélenchon ait créé ou contrôle les protestations.
Les revendications scolaires ont leur légitimité propre. Elles peuvent correspondre aux convictions d’un parti et servir ses ambitions. La question décisive est celle de l’autonomie : qui définit les objectifs et apprécie les concessions obtenues ?
La protection des jeunes construit aussi une image politique
Dans le même texte, Mélenchon explique l’engagement des élus insoumis par la protection des lycéens et décrit les liens du mouvement avec des territoires où son parti est implanté. Il présente aussi la couverture médiatique hostile comme une « aubaine » pour son camp. Ces passages montrent qu’il observe la mobilisation sous deux angles : une solidarité revendiquée et un rapport de force dont son mouvement peut bénéficier.
La présence d’élus entre policiers et manifestants peut faciliter la désescalade. Elle construit aussi l’image du protecteur d’une jeunesse délaissée. Cette visibilité devient une ressource de campagne, même lorsque l’intervention est sincère.
C’est ici que se situe la tentation de la récupération. Un soutien bascule vers l’instrumentalisation lorsque les besoins des lycéens deviennent secondaires par rapport à la mise en scène du parti. Les indices seraient une prise de contrôle des porte-parole, des revendications réorientées vers la campagne ou une pression pour poursuivre les blocages malgré des avancées scolaires. Les éléments consultés ne suffisent pas à établir ces pratiques : ils permettent d’identifier un risque et un objectif électoral déclaré.
Les violences peuvent faire disparaître l’école du débat
Mélenchon soutient la mobilisation tout en condamnant les violences. Cette position doit être prise en compte : on ne peut lui attribuer les actes commis par certains participants sur la seule base de sa présence politique. Mais la condamnation des débordements ne règle pas la question de l’utilisation électorale du mouvement.
Le Monde souligne un danger concret : l’affrontement entre le gouvernement et La France insoumise peut reléguer les revendications scolaires derrière la controverse sur les violences policières et les dégradations. Les élèves risquent alors de devenir les figurants d’un conflit dont les protagonistes principaux sont les partis.
Le pouvoir peut également ramener une crise éducative à un problème d’ordre public. Les recrutements et les moyens pédagogiques deviennent alors secondaires dans la bataille pour désigner le responsable du désordre.
Mobiliser une base ne suffit pas à construire une majorité
Le calcul présidentiel rencontre une limite importante. Dans l’enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, réalisée en ligne du 22 au 24 septembre et publiée le 28 septembre, l’hypothèse d’un second tour oppose Marine Le Pen, à 69 %, à Jean-Luc Mélenchon, à 31 % des intentions exprimées. Le rapport indique pour ces résultats une marge d’erreur de l’ordre de plus ou moins 2,9 à 3,1 points. Ce scénario déclaratif, antérieur aux manifestations du début octobre, ne prédit pas le scrutin.
Il interdit toutefois de confondre présence médiatique et capacité de rassemblement. Une mobilisation peut consolider un électorat tout en accentuant les réticences d’autres groupes. La popularité auprès des manifestants et l’adhésion d’une majorité nationale répondent à des logiques différentes.
Mélenchon peut gagner en visibilité, imposer ses thèmes et renforcer son camp. Pour accéder au pouvoir, il doit aussi convaincre des électeurs qui attendent des garanties sur la sécurité, la stabilité institutionnelle et la crédibilité économique. Une stratégie centrée sur l’affrontement peut rendre ce second objectif plus difficile.
Les promesses doivent passer l’épreuve du financement
La crise scolaire pose une question économique durable. Des établissements fragilisés peuvent aggraver les inégalités, compromettre la formation et réduire les possibilités d’insertion professionnelle. Investir dans l’enseignement engage donc aussi la capacité productive future du pays.
La crédibilité d’une alternative exige des réponses précises : quels recrutements, quels investissements, quel calendrier et quel financement ? La contrainte budgétaire appelle des arbitrages explicites. Le gouvernement doit expliquer les conséquences de ses économies ; l’opposition doit rendre ses propositions vérifiables.
Le véritable test sera l’autonomie des lycéens
Le critère le plus révélateur sera le comportement du parti face à une éventuelle négociation. Accepterait-il que les représentants lycéens définissent seuls leurs priorités, obtiennent un compromis et mettent fin à la mobilisation ? Leur laisserait-il la possibilité de critiquer ses propositions ou de refuser son soutien ?
La perspective électorale revendiquée par Mélenchon étaye le risque de récupération. Pour juger jusqu’où il va, il faudra observer la place laissée aux acteurs du mouvement et aux résultats scolaires concrets.
Les lycéens demandent des moyens pour leur avenir. Ils peuvent recevoir un soutien politique tout en conservant leur liberté. Cette liberté devient menacée lorsque leur mobilisation est traitée comme une étape de la carrière présidentielle de celui qui prétend les défendre.
Giuseppe Gagliano
Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques
B) - Jean-Luc
Mélenchon vient de nous offrir un concentré assez pur de ce que peut
produire une pensée économique quand elle n'a jamais eu à gérer une
entreprise, un budget ou une chaîne de production.
C) - Jean-Luc Mélenchon ne gagnera pas l'élection présidentielle, il le sait
D) - Mélenchon à Saint-Denis : un meeting paradoxal
E) - Le tiers-mondisme français et LFI
F) - LFI : Le vrai danger !
G) - Le programme ?On s'en fiche, qui s'en soucis !
H) - La collusion mortelle.
I) - Mélenchon : deux nuances de vert et de rouge
J) - Dividendes: Les élus LFI ne comprennent décidément rien à l'économie de marché
K) - Alerte aux décoloniaux : Jean-Luc Mélenchon face au piège qu’il s’est lui-même tendu
Le socialisme amène tôt ou tard le totalitarisme voire le fascisme !!
« Thomas Piketty propose ainsi d’aller chercher les exilés à l’étranger en les faisant contribuer proportionnellement au nombre d’années vécues en France. Et de prévenir : «Si vous ne payez pas, vous vous mettez dans la même situation que toute personne qui décide de ne pas payer ses impôts. Vos avoirs peuvent être gelés, vous pouvez être arrêté à l’aéroport. C’est la vie des gens normaux.»
Taxe Zucman : «Vous pourriez être arrêté à l’aéroport» si vous «ne la payez pas», prévient Thomas Piketty
Grand partisan de l’impôt plancher de 2% sur
les patrimoines de plus de cent millions d’euros, l’économiste affirme
qu’il est possible d’empêcher les ultra-riches de s’exiler.
Les débats enflammés autour de la taxe Zucman
en France résonnent jusque de l’autre côté de l’Atlantique. L’agence de
presse américaine Bloomberg a invité l’économiste Thomas Piketty dans
son émission de radio pour aborder ce sujet brûlant. Fervent défenseur
de la mesure, le directeur d’études à l’École des hautes études en
sciences sociales (EHESS) a affirmé que le taux de 2% proposé par
Gabriel Zucman pour les patrimoines de 100 millions d’euros était le «strict minimum».
«Le problème est qu’il est trop modeste
compte tenu de l’ampleur de la dette publique et de l’importance de tous
les nouveaux investissements nécessaires», a-t-il ajouté. Au-delà du taux, l’une des grandes questions autour de la taxe Zucman est
de savoir si elle ferait fuir les hauts patrimoines. Ses partisans
affirment que non, quitte à brandir des mesures coercitives. Thomas
Piketty propose ainsi d’aller chercher les exilés à l’étranger en les
faisant contribuer proportionnellement au nombre d’années vécues en
France. Et de prévenir : «Si vous ne payez pas, vous vous mettez
dans la même situation que toute personne qui décide de ne pas payer ses
impôts. Vos avoirs peuvent être gelés, vous pouvez être arrêté à
l’aéroport. C’est la vie des gens normaux.»
Des fortunes bâties «en s’appuyant sur les infrastructures du pays»
Thomas Piketty et Gabriel Zucman sont des
connaissances de longue date : le premier a supervisé le mémoire du
second en 2008 à l’École d’économie de Paris, ainsi que sa thèse à
l’EHESS entre 2009 et 2013. Tous ces travaux tournaient autour du
patrimoine des plus grandes fortunes et de l’exil fiscal. «L’exil
fiscal ? [...] À partir du moment où l’on a bâti sa fortune en
s’appuyant sur les infrastructures du pays, son système éducatif et
sanitaire, il n’y a aucune raison que l’on échappe aussi vite aux
charges communes permettant de financer le système en question», affirmait Thomas Piketty dans les colonnes du Monde au mois de juin.
Réclamée depuis plusieurs mois par la gauche,
plébiscitée par 86% des Français selon un sondage Ifop, la taxe Zucman
est au cœur des négociations budgétaires entre le premier ministre Sébastien Lecornu et
les oppositions. Dans le même temps, les critiques s’intensifient de la
part de chefs d’entreprise, entrepreneurs et économistes. Bernard
Arnault, PDG de LVMH, a récemment qualifié Gabriel Zucman de «militant d’extrême gauche» dont l’idéologie «vise la destruction de l’économie libérale». Le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq estime de son côté que cette taxe est «un truc absurde» qui «n’arrivera jamais».
Ce mardi, le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Charles de Courson, a estimé, de son côté, que la mesure «ne tient pas la route»,
et proposé de lutter contre l’optimisation fiscale en visant les
holdings familiales. C’est, pour l’heure, l’option privilégiée par le
gouvernement.
« Je ne cherche pas à plaire : je cherche à convaincre »
“Aujourd’hui l’impératif de la France c’est de redresser ses comptes, de lutter contre l’injustice sociale, qui fait qu’on enferme les gens dans des trappes à pauvreté dans le pays le plus redistributif au monde”.
"Je propose une politique de rupture avec notamment un plan de baisse des dépenses publiques de 200 milliards. "
"Je suis dans les 11% convaincus que le problème de la France ce n’est pas de manquer d’impôts. La taxe Zucman fiscaliserait des revenus qui n’existent pas "
"Si vous voulez continuer à planter le pays, vous suspendez cette réforme. Il y a trois ans, je proposais la retraite par capitalisation pour tous"
Alain Minc atomise la taxe Zucman, un de ses anciens élèves : «Une folie absolue»
Dans le cadre du budget
2026, le gouvernement a encore une fois affirmé son refus d’insérer la
taxe Zucman dans son plan d’économies. Une taxe que l’économiste et
essayiste Alain Minc attaque très vivement et qualifie de «folie absolue».
Il n’a pas mâché ses mots. Invité sur BFM TV vendredi 18 juillet, l’économiste Alain Minc a attaqué durement la taxe Zucman. Cette loi, du nom de l’économiste français à son origine, a pour objectif d’instaurer un impôt plancher sur les très grandes fortunes. Une loi qualifiée d’«ovni économique comme seule la France peut en produire» par l’économiste, qui décrit cette mesure comme une «folie absolue».
Pour Alain Minc, c’est l’idée de taxer des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros à hauteur de 2% qui usent de l’optimisation fiscale, qui est problématique. Mais cette mesure est pourtant défendue par plusieurs économistes, et relayée par la gauche, en particulier par les écologistes et les socialistes.
Une taxe qui divise
Pour
ses défenseurs, la taxe Zucman a le mérite de s’attaquer à ce qu’ils
voient aujourd’hui comme une anomalie. Puisqu’au sommet de l’échelle des
revenus, la progressivité de l’impôt s’effondre. En fait, selon les
principes de cette taxe, si un milliardaire ne paie que 15 millions
d’euros, alors que 2% de son patrimoine représentent 20 millions, il
devrait s’acquitter de la différence. Objectif : rapporter 20 milliards d’euros par an à l’État et lutter contre l’évasion fiscale.
Ses partisans insistent ainsi sur l’importance et l’urgence d’une
réforme équitable, face au plan d’économies présenté par François
Bayrou.
Pour Alain Minc, ce texte ignore un facteur primordial qui caractérise ces grands patrimoines : la mobilité des capitaux. «Ces patrimoines sont très mobiles, et on vit dans un monde où la tentation est, qu’on le veuille ou non, de partir», prévient-il. Selon l’économiste, défendre cette mesure serait une façon détournée pour la gauche de mettre en place une censure politique du gouvernement : «Ils savent que ça n’a pas de sens, mais ils veulent censurer».
Pourquoi, sur ce graphique, la richesse (un stock) est-elle exprimée en pourcentage du PIB (un flux) ? On aurait pu rapporter la richesse des plus riches à l’ensemble de la richesse nationale.
Selon le World Inequality Database (WID, dont Gabriel Zucman est scientific co-director), le top 1 % détenait 24,6 % de la richesse nationale en 1996 et 27,2 % en 2023, soit une multiplication par 1,1x.
Comment en arrive-t-on à un facteur 6x à la télévision pour les 500 premières fortunes ?
Problème n°1 : le graphique de Zucman laisserait apparaître une forte hausse des inégalités de richesse même s’il n’y en avait pas eu
Le premier biais tient au fait que le ratio richesse/PIB de l'ensemble du pays n’est pas stable dans le temps. D’après le WID, la richesse nationale représentait 364 % du PIB en 1996 contre 621 % en 2023, soit une multiplication par 1,7x.
Autrement dit, si la part des 500 plus grandes fortunes dans la richesse nationale n’avait absolument pas changé durant cette période, le graphique laisserait apparaître un passage de 6,4 % du PIB en 1996 à 6,4 % × 1,7 = 10,9 % en 2023.
Du coup, quelle aurait été la fortune des 500 familles les plus riches, rapportée au PIB, si ce ratio stock/flux était resté à son niveau de 1996 ? La richesse de chaque français rapportée au PIB eut été 1,7x plus faible. Et donc celle des familles de Challenge de 41 % / 1,7 ≈ 24 % du PIB.
Autrement dit, sur les 41-6=35 points de PIB de hausse affichés sur le graphique de Gabriel Zucman, environ 18 points tiennent au fait que les 500 familles les plus riches se sont effectivement enrichies plus rapidement que le reste des Français. Les 17 points restants sont une amplification attribuable à l'évolution du ratio richesse/revenu de l'ensemble du pays.
Bien sûr, il s’agit toujours d’une progression très marquée de leur richesse relative. Mais pourquoi accentuer artificiellement le phénomène en choisissant un dénominateur qui double le résultat ?
Problème n°2: Rapporter les stocks aux flux amplifie les multiples
La mesure la plus naturelle des inégalités de richesse--celle qu'on trouve dans les publications académiques de Gabriel Zucman--consiste à rapporter le patrimoine des plus riches à la richesse totale de la population.
Selon le WID, la part détenue par le top 1 % est passée de 24,6 % en 1996 à 27,2 % en 2023, soit une hausse de 2,6 points — une multiplication par 1,1x.
Rapportée au revenu national net — sachant que la richesse totale en représente 621 % — cette hausse correspond à 2,6 % × 621 % ≈ 16 %. Autrement dit, la progression de la part du top 1 % sur cette période de 27 ans équivaut à environ 16 points de revenu national: on retrouve à peu près le même ordre de grandeur que dans le calcul précédent. Mais ceci ne correspond qu'à 2,6 % du stock national de richesse.
Encore une fois, rien de tout cela ne remet en cause le fait que la performance des marchés boursiers mondiaux a bel et bien accru la part de richesse détenue par le top 1 %-- et en particulier les 500 plus grandes fortunes. D'après le WID, la part du top 1% a été multipliée par 1,7x depuis le milieu des années 1980.
Mais pourquoi en rajouter artificiellement en choisissant un indicateur qui grossit ainsi l’évolution observée ?
PS: Il faut également rappeler que les statistiques du WID sont elles aussi sujettes à caution. Dans la plupart des pays, les instituts statistiques ne disposent pas de données administratives sur les patrimoines individuels. Les séries publiées sont le plus souvent inférées à partir de sources sur les revenus, et les résultats obtenus donnent lieu à des désaccords parfois vifs entre économistes. Par ailleurs, ces mesures ne prennent pas en compte les droits à la retraite, et leur inclusion applatit considérablement les évolutions historiques.
Sylvain Catherine: Economist. Assistant Professor of Finance at Wharton.
Autrement dit Gabriel Zucman (À la poursuite de la richesse et des revenus, présents et passés, onshore et offshore.) fraude sur les taux d'imposition et sur l'accroissement de richesses des plus riches.
Question 1) : lui arrive-t-il de répondre, dans le cadre du débat publique ?
Question 2 : publie-t-il les mêmes âneries dans un cadre académique ?
Donc
je ne peux que vous recommander la lecture de cette excellente note du Conseil d'analyse économique :
Impôts : la nouvelle étude qui mesure les effets d'un retour de l'ISF
En
cas de hausse des impôts sur le patrimoine, l'expatriation des plus
fortunés resterait faible et aurait un effet modeste sur l'économie
nationale, conclut une étude du Conseil d'analyse économique.
L'optimisation fiscale réduit davantage les recettes que les départs à
l'étranger.
La question a enflammé le débat fiscal des derniers mois : augmenter
les impôts sur les plus hauts patrimoines fait-il fuir les contribuables
fortunés à l'étranger ? Dimanche encore dans son interview télévisée, François Bayrou mentionnait cette menace de l'exil fiscal pour expliquer son opposition à la mise en place d'une « taxe Zucman »,
c'est-à-dire l'impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des foyers
détenant plus de 100 millions d'euros de patrimoine défendu par la
gauche. « Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont partir », a expliqué le
Premier ministre.
Pourtant, selon une étude du Conseil d'analyse économique (CAE,
un organisme de recherche indépendant rattaché à Matignon) présentée
mardi, cette crainte est à relativiser. Une équipe de six économistes
s'est penchée sur la question, en mobilisant des données administratives
inédites. Et leur conclusion est simple : la fiscalité du capital joue
en réalité assez peu sur les départs à l'étranger des plus fortunés et
n'a qu'un effet limité sur l'économie nationale.
Des riches peu mobiles
Pour
parvenir à ce résultat, les chercheurs - qui n'étudient pas la taxe
Zucman en tant que telle - ont commencé par constater que les hauts
patrimoines quittent relativement peu la France. « Seulement 0,2 % du
Top 1 % français s'expatrie chaque année, soit deux fois moins que
lorsqu'on considère l'ensemble de la population française (0,38 %) »,
notent-ils.
La tentation du
départ touche bien davantage les ménages qui perçoivent de gros salaires
ou de généreuses retraites que ceux qui touchent des revenus du capital
élevés. En partant de cette base faible, l'étude se penche ensuite sur
les évolutions des départs et des retours des hauts patrimoines en cas
de modification substantielle de la fiscalité du patrimoine.
Les chercheurs utilisent deux chocs fiscaux de référence : la hausse
de 2012-2013 (suppression du prélèvement forfaitaire obligatoire,
remplacé par le barème progressif de l'impôt sur le revenu ; création
d'une tranche supérieure à 45 % ; hausse des prélèvements sociaux) et la
baisse de 2017-2018 (suppression de l'ISF remplacé par l'impôt sur la
fortune immobilière ; création de la « flat tax »).
Les
chiffres compilés montrent que ces réformes ont bien eu des incidences
sur l'expatriation des plus aisés, mais relativement modestes. « La
hausse de la fiscalité du capital en 2013 a entraîné une augmentation
des flux de départs, nets de retour, des hauts patrimoines concernés de
0,04 à 0,09 point de pourcentage, tandis que l'allègement de la
fiscalité en 2017-2018 est associé à une baisse des départs nets de
l'ordre de 0,01 à 0,06 point de pourcentage », calculent les
économistes.
En rapportant
l'ampleur de ces réactions à celle du choc fiscal, l'étude estime qu'une
hausse de 1 point de la fiscalité du capital se traduit à long terme
par une expatriation additionnelle des plus hauts patrimoines comprise
entre 0,02 et 0,23 %.
Autrement dit, un éventuel retour de l'ISF par exemple (qui
représente entre 3 et 4,5 milliards d'euros de recettes pour l'Etat,
soit une hausse de 5,2 points de la fiscalité du capital selon l'étude)
se traduirait par le départ à l'étranger d'un foyer très aisé sur mille à
un foyer très aisé sur cent. « Les flux totaux d'expatriation restent
très faibles en part de la population concernée », souligne l'étude.
Peu d'effet économique direct
Le
CAE se penche ensuite sur l'effet économique de ces départs. « Les
ménages à haut revenu du capital ont un rôle dans l'économie qui dépasse
leur poids démographique, puisqu'ils détiennent une part importante des
actifs professionnels », explique l'étude. Parmi le Top 1 % , quasiment
la moitié est propriétaire de 10 % ou plus du capital d'une entreprise.
Or,
la recherche académique a montré que l'expatriation d'un propriétaire a
des conséquences néfastes sur son entreprise : baisse de 15 % du
chiffre d'affaires cinq ans après son départ, diminution de la masse
salariale (-31 %) et de la valeur ajoutée (- 24 %).
Ces effets économiques directs sont toutefois légèrement compensés
par des effets d'équilibre - rachat de l'entreprise, réaffectation des
salariés… Et, surtout, ils sont limités dans leur ampleur par le faible
nombre de départs.
Toujours
dans l'hypothèse d'un retour de l'ISF, et « même en prenant la borne
haute (et conservatrice) des effets estimés de la fiscalité du capital
sur les expatriations », explique le CAE, « les effets agrégés sur
l'activité économique à long terme restent faibles : l'exil fiscal
entraînerait au plus une baisse de -0,03 % de chiffre d'affaires,
-0,05 % de valeur ajoutée totale de l'économie française, et -0,04 % de
l'emploi total ».
Le risque de l'optimisation
Malgré
cet impact mesuré, les chercheurs avertissent que « cela ne saurait
présumer des effets totaux d'une réforme de la fiscalité du capital ».
Ils pointent que l'exil fiscal n'est qu'une des réponses possibles des
contribuables concernés.
Une étude scandinave a montré que leur
propension à mettre en place des stratégies d'optimisation, en cas de
hausse de la fiscalité, est bien plus importante que la tentation du
départ. « Le débat public, en se focalisant sur l'exil fiscal, se trompe
sans doute de cible », prévient le CAE.
Dans le contexte
scandinave, une hausse de 1 euro de fiscalité sur les hauts patrimoines
se traduit par seulement 26 centimes de recettes effectives : 20
centimes s'évaporent du fait de l'impact direct des mesures sur
l'économie (notamment les départs des contribuables concernés) et 54
centimes disparaissent par la mise en place de stratégies de
contournement de l'impôt.
Pour qu'une hausse de la fiscalité du
patrimoine soit « socialement bénéfique », il faudrait donc qu'elle
finance des politiques publiques qui génèrent plus de quatre fois la
mise, pointe le CAE. Un rude bémol.
Zucman répète à l'envi que la note du CAE impliquerait que l'exil fiscal est marginal.
Et personne ne semble l'avoir lue!
Ce qu'elle montre, c'est que la taxe Zucman, loin de rapporter 20 milliards, implique une *PERTE SECHE DE 30 MILLIARDS*.
Démonstration :
La note dit: *2 milliards* d'impôts en + sur le top 1% impliquerait une courbe de la VA de *0.027%*.
Ca a l'air peu, non? Gabriel peut crier victoire?
Mais... ils obtiennent cela en multipliant 3 chiffres, selon la méthodologie AxBxC de Jakobsen, Kleven, Munoz & Landais:
A: effet d'1% de + d'impôt sur *revenus* du K sur la courbe taux de migration: 0.23%
B: effet du départ de dirigeant sur VA de sa boîte: -21.3%
C: part des boîtes détenues par top 1%: 20.9%
Comme 2mds=2.6 point d'impôt en + sur revenu du top 1%:
Effet=2.6*0.0023*0.213*0.209*100=0.027%
Sauf que... la taxe Z n'est pas de 2, mais de *20 milliards*!
Ca représente une courbe pas de 2.6, mais de *26 points* d'impôt sur le revenu du K du top 1%.
Il faut donc multiplier par 26, pas 2.6:
Effet=26*0.0023*0.213*0.209*100=0.27%
0.27% du PIB (3000 milliards)=8 milliards!
C'est déjà énorme, plus d'1/3 des recettes... mais ce n'est pas tout!
La note du CAE est *très explicite*: l'exil fiscal ne représente qu'environ 27% des recettes perdues (20 sur 74 centimes perdus).
Autrement dit, la réponse totale est de 74/20*8=29,6 milliards!
Le point de S et Z dans ce chapitre est bien de dire qu'il faut aller au-delà du pic de Laffer, c'est-a-dire au delà de t=1/(1+\alpha x e), donc au point ou le gain sur les revenus infra-marginaux est inférieur a la perte de recette marginale.
Pour faire ce ratio, la note s'appuie sur une source imparable: un article de... G. Zucman!
Mais c'est intuitif: si demain on taxe + les loyers, la 1e réponse d'un propriétaire n'est pas l'expatriation, mais: transfo en résidence secondaire, vacance un peu + longue, revente...
Je me tue à le répéter depuis des mois: taxer les riches est peut-être satisfaisant, mais ça n'affectera pas le déficit!
La taxe Zucman, loin de rapporter 20 milliards, couterait environ 30, *ET CE SELON LE CAE DONT ZUCMAN NOUS DIT QU'IL EST LA MEILLEURE SOURCE SUR LE SUJET.*
Ferghane a raison d’en revenir au texte fondamental du zucmanisme: selon Z, il est bon de taxer les riches, *même et surtout si* ça détruit les recettes fiscales.
Mais du coup dur d’expliquer, comme le PS ou LFI, que la taxe Z pourrait avoir un rôle de réduction des déficits!
En résumé, Monsieur Zucman,
Votre proposition de taxe, que vous étayez par vos diplômes et connaissances en économie, n’est en aucune manière une démonstration scientifique.
C’est seulement une proposition #politique d’un homme de #gauche, comme votre mentor Thomas Piketty. Mais on sait que GZ (Zucman) a été exclu d’un emploi de Professeur à Harvard pour avoir publié des travaux jugées comme inexactes et biaisées.
La conclusion de cette note semble dire qu'avec toutes les stratégies d'évitement, on récupère peu par rapport à l'assiette espérée au départ.
Je préfère sabrer dans les bureaucraties et dépenses publiques qu'ajouter sans fin des taxes socialistes aux taxes socialistes.
Gabriel Zucman, inspirateur de la taxe sur les ultra riches à Paris, accusé de duplicité universitaire à Harvard
Les
députés viennent de voter une taxe sur le patrimoine des ultra-riches,
que la presse a rebaptisée la "taxe Zucman". Gabriel Zucman, économiste à
l’origine de cette mesure, a pourtant été accusé par l’Université de
Harvard de falsification de résultats statistiques afin de servir ses
objectifs militants en faveur de l’instauration d’un impôt sur la
fortune aux États-Unis.
"Comme tout transfert, la taxe Zucman a un impact négatif sur notre prospérité collective. Compte tenu de la forte mobilité du capital, ce coût est plus important que pour d’autres taxes.
Notre aversion aux inégalités est-elle suffisamment importante pour que nous l’assumions ?"
l y a déjà 40% de la liste qui est déjà à l’étranger !
Si on prend le top 25 du classement Challenges (source du chiffrage de la taxe Z), il y en a au moins 10 qui sont *avec quasi-certitude*, selon les sources publiques, résidents fiscaux à l'étranger.
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D’où vient le déficit ?
Comment le combler ?
1974 : c’est la dernière année où les comptes de l’État ont été équilibrés. Depuis, les vannes de la dette se sont ouvertes et les finances publiques glissent vers un gouffre sans fond. Est-ce irrémédiable ?
Un demi-siècle plus tard, en 2024, le déficit des administrations s’établit à 5,8 % du PIB, soit 168 milliards d’euros, à peu près 5 400 € par ménage français. Il continue d’alimenter une dette record de 3 305 milliards d’euros, supérieure à 100 000 € par foyer. La France est désormais sur le podium des pays les plus endettés de l’UE, avec 113 % du PIB, derrière la Grèce (154 %) et l’Italie (135 %). Et les prévisions pour 2025, tablent sur 116%.
D’où vient le déficit ?
Chaque année, les administrations publiques collectent des recettes et les redistribuent. Le déficit vient de la différence entre la dépense publique et les prélèvements obligatoires. La pression fiscale en France est pourtant l’une des plus élevées du monde. Plus d’un euro sur 2 produits est taxé par l’Etat (51 % du PIB contre 46 % en moyenne UE en 2024). Malgré ces masses considérables collectées, la dépense s’établissait l’année dernière à 57 % du PIB. Sur 10 € dépensés par les administrations publiques, seuls 9 € proviennent des impôts et des cotisations obligatoires. L’euro manquant est emprunté sur les marchés. Rapporté au nombre de ménages, les administrations publiques ont dépensé en moyenne 52 000 € après avoir collecté 47 000 € en 2023.
Envisagé sur le temps long, notre déficit est structurel. Il est, depuis plus de 10 ans, d’environ 3 points plus élevé que celui de nos voisins européens. Sur les dernières années, il a continué de dériver bien au-delà des 3 % malgré la fin des mesures d’exception liées au covid. D’après la Cour des comptes https://www.ccomptes.fr/.../la-situation-des-finances... , les recettes fiscales ont été très en deçà des attentes et les dépenses ont été fortement tirées par les collectivités territoriales et les prestations sociales en 2023 et 2024.
Si l’on compare la France avec nos voisins, nous allouons 8 points de PIB de plus que la moyenne de l’UE aux dépenses publiques, dont 1,5 points de plus sur la santé et 4 points de plus sur la protection sociale, essentiellement sur les pensions. Si l’intégration de ces dernières dans la comptabilité du déficit fait débat (voir encadré), la comparaison européenne est implacable : notre trou d’air vient plus d’un excès de dépenses majoritairement attribuable au retraites que d’un manque de recettes…
Ce surcoût s’explique notamment par un âge de départ effectif survenant en France 2 ans avant https://www.oecd.org/.../full-report/component-36.html... celui de la moyenne des pays de l’OCDE, et par un système qui repose quasiment exclusivement sur la répartition. Contrairement à la capitalisation, https://lel.media/capitalisation-vs-repartition-victoire.../ cette redistribution directe est mise à mal par le papy-boom et la baby-bust (effondrement de la natalité) qui dégradent le ratio actifs/retraités. Une réalité qui, ces dernières années, a été négligée à cause du faible coût de la charge de la dette – autrement dit, le coût de ses intérêts. Chiffre qui a atteint 58 milliards d’euros en 2024. Un montant historiquement bas obtenu grâce aux très faibles taux, parfois même négatifs, sur les emprunts contractés entre 2015 et 2021.
Mais la donne a changé. Cette parenthèse conjoncturelle exceptionnelle s’est désormais refermée. Et depuis quatre ans, les taux ont largement remonté, voyant la facture s’envoler, ce qui entraîne nos finances publiques dans un cercle vicieux https://lel.media/peur-sur-la-dette/ . Le déficit se met à dériver sous la pression du coût de la dette, devenu un boulet de plus en plus lourd à porter. Il tend désormais autour de 6 %, alors que la croissance peine à atteindre les 1 %. Notre endettement n’est pas un investissement. Il soutient à bout de bras un système exsangue, aux dépens des générations futures.
Comment combler le déficit ?
Les mesures pour réduire le déficit constituent des choix politiques forts. Plusieurs propositions sont régulièrement avancées dans le débat public. Au-delà de leur légitimité ou des courants idéologiques qui les portent, elles doivent d’abord être analysées à l’aune de leur réalité comptable. Ces initiatives seraient-elles à même de réduire significativement le déficit ? Voici un tour d’horizon (non exhaustif) de ces propositions et de leur ordre de grandeur et de leur impact budgétaire attendu.
Certaines mesures comme la baisse du salaire des ministres et des parlementaires portent une charge symbolique forte, mais elles auraient un impact budgétaire quasiment nul. Au-delà de leur légitimité ou de leur efficacité qui font débat, les antiennes comme la suppression de l’aide médicale d’État (AME), ou le rétablissement de l’exit tax auraient un potentiel très limité pour réduire le déficit.
Les mesures consistant à faire payer les riches, comme la réintroduction de l’ISF ou la mise en place de la taxe Zucman peuvent avoir des effets pervers tels que l’exil fiscal, voire la baisse des recettes du fait de l’effet de la courbe de Laffer : lorsque la pression fiscale devient trop forte, l’activité économique se rétracte et les recettes fiscales diminuent. (Voir encart ci-dessous)
L’analyse des ordres de grandeur révèle que ce sont surtout les réformes paramétriques sur les postes de dépense principaux qui sont susceptibles de réduire significativement le déficit. Ces mesures peuvent se compter en dizaines de milliards d’euros. Elles impliquent des arbitrages politiques fortement impopulaires, comme retarder l’âge de départ à la retraite ou désindexer les pensions.
L’autre fenêtre d’opportunité pour réduire le déficit consisterait à engager des réformes plus structurelles visant à désengager l’État de certains secteurs via des privatisations. Cela pourrait notamment concerner l’audiovisuel public, ce qui libérerait des crédits et réduirait le déficit, mais serait fortement contesté, en dépit d’un urgent besoin de réforme et de dépolitisation de celui-ci.
Quelles que soient les trajectoires choisies, une chose est certaine : le retour de la croissance est indispensable pour accompagner le rétablissement des comptes publics. La priorité est donc de lever les freins à l’innovation et de soutenir une politique nataliste. Mais aussi de s’assurer que les arbitrages pris pour réduire le déficit ne grèvent pas davantage la croissance. Risque que ferait courir à notre pays une augmentation de la pression fiscale.