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juillet 06, 2026

Un phénomène idéologique, la décroissance !

La France a un problème de croissance. Et c'est volontaire. 

En vingt-cinq ans, aucune PME française n'est devenue l'une des plus grandes entreprises cotées du pays. Au début des années 2000, 5 % des grandes entreprises italiennes, 10 % des allemandes et 17 % des américaines étaient encore des PME. On explique ce blocage par le sous-investissement, la fragmentation du marché, l'absence dans les secteurs technologiques. Ces explications sont justes, mais elles valent aussi pour l'Allemagne et l'Italie, qui font pourtant grandir leurs PME. Un facteur partagé ne peut pas expliquer un écart. Ce qui bloque la France n'est pas un manque de moyens mais un modèle mental qui traduit préférence ancrée pour le petit: la grande taille est tenue pour suspecte, la petite pour vertueuse. Ce modèle a survécu à toutes ses justifications successives, hier le social, aujourd'hui la planète. Les vocabulaires passent, la préférence demeure. Or l'absence de croissance a un coût, mais un coût invisible: le champion jamais né, le rang perdu, la cotisation sociale qui manquera. On croit alors avoir choisi la prudence, quand on a choisi le déclin, la pauvreté et la disparition de la souveraineté. Il devient donc urgent de revoir notre modèle. 


Le manque de croissance en France n’est pas technique, il est culturel

La France a un problème de croissance en général, et de ses entreprises en particulier. Si elle crée beaucoup d’entreprises, grâce à une forte énergie entrepreneuriale, celles-ci ne deviennent pas des champions: aucune PME n’est passée au rang de grande entreprise cotée en vingt-cinq ans. Les explications habituelles, investissement insuffisant, marché fragmenté, cachent l’essentiel : un modèle mental hostile à la croissance, dont les coûts, perte de souveraineté et appauvrissement, sont diffus mais réels. Or dans un monde en mouvement, la croissance n’est pas un luxe mais une nécessité si nous voulons conserver notre niveau de vie et notre modèle social. Il devient donc urgent de revoir notre modèle.

En vingt-cinq ans, aucune PME française n’est devenue l’une des plus grandes entreprises cotées du pays. C’est le message du dernier rapport McKinsey présenté aux Rencontres d’Aix et rapporté par Le Figaro, et il est d’autant plus frappant qu’il n’a pas d’équivalent ailleurs : sur la même période, 5 % des plus grandes entreprises italiennes, 10 % des allemandes et 17 % des américaines étaient encore des PME au début des années 2000. La France ne compte par ailleurs quasiment aucun de ces «disrupteurs», ces jeunes entreprises qui percent et changent brusquement d’échelle. Elle ne fait pas simplement moins bien que ses voisins, elle fait autre chose : elle ne produit pas ce passage de la petite à la grande taille que les autres économies produisent régulièrement. Elle semble bloquée.

Le rapport explique ce blocage par les facteurs habituels : sous-investissement dans le numérique, fragmentation du marché européen, concentration des gains de productivité sur une poignée de champions, absence dans les nouveaux secteurs technologiques. Il se situe dans la droite ligne du rapport Draghi. Ces explications sont justes, mais elles ont un défaut commun. Ce sont des explications de moyens, et elles sont européennes : elles valent pour la France comme pour l’Allemagne et l’Italie. Or ces deux derniers réussissent à faire passer leurs PME au rang de grandes entreprises. Un facteur partagé ne peut pas rendre compte d’un écart. Et parce que ces explications sont des explications de moyens, elles appellent des remèdes de moyens, investir davantage, consolider les secteurs fragmentés, qui sont sans doute utiles mais qui ne touchent pas à la véritable source du blocage.

Une préférence ancrée pour le petit

Ce qui produit le blocage n’est pas un manque de moyens mais une préférence profonde. J’en ai pris conscience lors d’une expérience en apparence anodine, la visite de l’incubateur d’une grande école d’ingénieurs à l’occasion des journées portes ouvertes de Parcoursup. D’entrée de jeu, son responsable a déclaré à une salle remplie de candidats accompagnés de leurs parents: « Ici, nous ne poursuivons pas la croissance pour la croissance; nous voulons créer des entreprises servant l’intérêt général ». Avant d’évoquer Elon Musk comme repoussoir.

Tout est là. La France a développé un modèle mental hostile à la croissance, qui tient la grande taille pour suspecte et la petite pour vertueuse, et qui détermine silencieusement les arbitrages : préférer le contrôle à l’expansion, la conformité à la norme à la conquête de marché. Ce modèle est ancré au plus profond de notre culture, comme l’illustre l’anecdote de l’incubateur. Il a une propriété remarquable: il a survécu à toutes ses justifications successives. Hier, on protégeait le petit au nom du social, contre les gros, contre la concentration, contre le capital. C’était l’époque de Pierre Poujade luttant contre la grande distribution dans les années 50. Aujourd’hui, on le protège au nom de la planète : on prône la ferme à taille dite « humaine » et la sobriété, et la croissance est présentée comme une fuite en avant. Les justifications passent, le modèle demeure.

Or l’absence de croissance a des coûts considérables. Le premier est la perte de souveraineté, dont l’agriculture fournit l’illustration la plus nette. Les Pays-Bas, treize fois plus petits que la France, sont devenus l’un des tout premiers exportateurs agricoles mondiaux en traitant l’agriculture comme une industrie technologique à mettre à l’échelle, quand la France, qui figurait il y a quinze ans parmi les premiers, a reculé rang après rang jusqu’à menacer de voir sa balance alimentaire devenir déficitaire. Le même mécanisme opère dans l’industrie : l’Europe ne pèse que 8 % des dix-huit secteurs d’avenir identifiés par le rapport McKinsey, et les trois premiers déficits commerciaux français, l’énergie, l’automobile et les produits informatiques et électroniques, sont précisément les domaines où aucun acteur national n’a atteint l’échelle. Sans champions, et donc sans croissance, on dépend du cloud, des puces, des médicaments, de l’IA et de l’énergie des autres, et il n’y a plus de souveraineté.

Le second coût est l’appauvrissement, que révèle le PIB par habitant. Selon l’OCDE, en pouvoir d’achat comparable, les États-Unis atteignent environ 72 700 dollars contre 55 300 pour la France, soit près d’un tiers de richesse produite en moins, un ordre de grandeur de 1 200 milliards de dollars par an rapporté aux 69 millions d’habitants. Ce n’est pas une perte budgétaire observable, mais la mesure du manque à produire cumulé, en salaires, en investissement, en recettes fiscales et en capacité à financer notre modèle social. Un pays qui refuse la croissance ne s’appauvrit pas d’un coup, il décroche année après année et l’écart se creuse lentement mais inexorablement. C’est ici que le modèle se retourne contre lui-même : notre système social, que l’on oppose volontiers à la croissance, repose entièrement sur la richesse que seule celle-ci produit. Refuser la croissance au nom de la solidarité, c’est saper ce qui la finance. Contrairement à ce que pense mon responsable d’incubateur, son dédain pour la croissance dessert l’intérêt général.

La croissance n’est pas un luxe

Comment une préférence aussi coûteuse peut-elle se maintenir ? Parce qu’elle repose sur une croyance rarement énoncée : celle selon laquelle la croissance est une forme de luxe dont on peut se passer, une forme de plaisir coupable et moralement suspect. Un peu comme la crème chantilly sur la glace: c’est bon, mais ce n’est pas fondamental et c’est mauvais pour la ligne. On refuse de croître parce que l’on pense que sans croissance, l’essentiel restera, comme si celle-ci était une option qu’on refuse sans conséquence. Le niveau de vie, le modèle social et le rang sont vus comme des acquis définitifs. C’est un biais de continuité, et il est faux. Le statu quo n’est pas un point de repos, car le monde n’est pas statique : les autres avancent, notre position relative s’érode, et la base de richesse qui finance notre niveau de vie se réduit à mesure que l’écart se creuse. L’alternative à la croissance n’est donc pas la continuité heureuse et sobre, mais le déclin. Ce biais explique aussi pourquoi les coûts du modèle restent invisibles. Les coûts de la croissance ont bien-sûr un visage : l’usine, les émissions, la concentration. Les coûts de son absence, eux, ne se voient pas directement : le champion qui n’est jamais né, l’emploi jamais créé, le rang perdu, la cotisation sociale qui manquera, la route pas construite faute de moyens. Le déclin, que l’on finit par constater tous les jours, n’est jamais rattaché aux préférences qui l’ont produit; on l’explique par un monde devenu plus dur, par l’existence de profiteurs, par un jeu truqué, par une concurrence « déloyale », mais jamais comme une conséquence de notre modèle mental. Il n’est ainsi jamais démenti par l’expérience, puisque personne n’est mis en face de ce à quoi il nous a fait renoncer. Nous sommes nos propres ennemis, mais nous les cherchons ailleurs.

On comprend alors pourquoi les remèdes habituels – un assouplissement ici, une subvention là – restent des mesures à la marge. Ils corrigent les moyens, l’investissement, la fragmentation, les seuils, sans toucher au modèle qui les a produit. Or celui-ci reconstruit ce qu’on ajuste, car le modèle finit toujours par l’emporter sur les ajustements techniques. Le travers dépasse d’ailleurs largement la question de la croissance : c’est la tentation permanente de traiter le statu quo comme un état stable, de confondre le renoncement avec la prudence, et de juger une orientation à ses coûts visibles sans jamais compter les coûts invisibles de son refus. Tant que notre regard sur la croissance n’aura pas changé, nous continuerons de croire que nous avons choisi la prudence, alors que nous aurons choisi le déclin.



Décroissance

Le mot décroissance désigne un slogan provocateur qui cherche à désagréger les idées de développement et en particulier la croissance économique, qualifiée de dogme mécaniste en contradiction avec les limites bio-géophysiques de la Terre. D'une façon succincte, c'est un mouvement qui s'inscrit dans une critique de la croissance exponentielle dans un monde limité. Nous retrouvons une pensée à mi-chemin entre Thomas Malthus et des luddistes. On retrouve ses partisans à droite comme à gauche de l'échiquier politique, même si seuls ceux de gauche se proclament le plus de cette étiquette. Les idées de décroissance trouvent un écho très favorable dans le milieu du mouvement libertaire. Dans tous les cas, on retrouve le refus du productivisme et un retour à un style de vie libéré de l'industrie et du consumérisme. Opposés à la société moderne industrielle, pour beaucoup de ses défenseurs elle se manifeste comme une contestation radicale du libéralisme, souvent associé à la rapacité du capitalisme, identifié comme l'idéologie à la source du système.

Cette condamnation du libéralisme sous forme de procès accusateur est discutable et réfutable. D'une part, l'histoire de la croissance capitaliste ne se résume pas à l'accroissement des facteurs matériels, contrairement aux esprits conformistes qui ne laissent pas de place à l'attitude en faveur du commerce et de l’innovation, les idées libérales ne résument pas le monde contemporain au matérialisme économique. D'autre part, le libéralisme refuse toute idéologie, ou dogme collectiviste qui impliquerait une ingénierie sociale de soumission des populations et donc la destruction des libertés individuelles ; les idées libérales expriment au mieux la conscience de la complexité de la nature humaine face aux problèmes environnementaux actuels. Elles ne refusent pas les critiques ouvertes et constructives. 

Origines

Suite à la publication par le Club de Rome du rapport Meadows Limits to Growth en mars (1972), le problème des limites physiques à la croissance économique et démographique a généré des controverses entre spécialistes et a fait couler beaucoup d'encre.

À l’époque, les scénarios en discussion portaient sur la course aux armements et la pauvreté. Aurelio Peccei, industriel italien fondateur du Club de Rome en 1968, invite un groupe de personnalités à réfléchir à « la création d’un système d’observation et de monitoring du monde ». En 1970 le Club a tenu sa première réunion officielle à Berne afin de proposer un modèle pour étudier la situation de l'humanité. Le modèle retenu fut celui du professeur du MIT, Jay Forrester, qui a présenté les premiers travaux du MIT (Massachusetts Institute of Technology) en dynamique des systèmes. Grâce à la modélisation informatique (World3), une équipe de plusieurs chercheurs du MIT, dirigée par le physicien américain Dennis Meadows, publie un rapport modélisant les conséquences possibles du maintien de la croissance économique sur le long terme.

Parmi quelques autres fondateurs du mouvement de décroissance nous pouvons citer Nicholas Georgescu-Roegen, Jacques Ellul, André Gorz et Ivan Illich.

Nicholas Georgescu-Roegen, s'appuyant sur le deuxième principe de la thermodynamique et la loi de l'entropie, ébauche une critique de la science économique moderne, notamment l'École néoclassique, pour ériger un tableau alarmiste du processus économique actuel.

En effet, la plupart des économistes semble ignorer ou ne porter aucune importance à la loi de l'entropie. Cette loi mesure le « degré de désordre » de l’énergie, plus l’entropie augmente, et plus l’énergie est « en désordre ». Le processus économique consistant à transformer de la matière et de l'énergie n'échappe pas à cette loi physique.

Un constat dont Nicholas Georgescu-Roegen tire une conclusion : la dégradation entropique continuelle, en tant que racine de la rareté économique, mène à l'épuisement irrévocable des ressources minéralogiques.

Jacques Ellul, critique du « système technicien », découvre dans sa jeunesse le protestantisme et l'œuvre de Karl Marx. Même s'il refuse de faire de Marx un fétiche, la pensée marxiste va lui servir d'outil critique. Ellul n'assimile pas la technique à la simple mécanisation, mais comme un critère de recherche d'une plus grande efficacité, devenue puissance autonome rationnelle, transformant toute chose en moyen. Étendue à tous les domaines de l'activité de l'Homme, celui-ci n'a plus de liberté de choix, il ne décide que pour ce qui donne un maximum d'efficience. Automatisation et rationalisation conduisent à l'aliénation de l'Homme.

Jacques Ellul critique également les excès de discours politiques et l'emprise grandissante de l'État dans la « société technicienne ». Ainsi il écrit : « [...] tout remettre entre les mains de l'État, faire appel à lui en toute circonstance, déférer les problèmes de l'individu à la collectivité, croire que la politique est au niveau de chacun, que chacun y est apte : voilà la politisation de l'Homme moderne. Elle a donc principalement un aspect mythologique. Elle s'exprime dans des croyances et prend par conséquent aisément une allure passionnelle ». [1]

La croissance économique est un phénomène récent à l'échelle historique. Elle est apparue avec les premières économies capitalistes, en particulier les Pays-Bas du XVIIe siècle[2]. Elle a donc soulevé régulièrement des interrogations ou inquiétudes sur sa durabilité.

Les premiers économistes ont par exemple longtemps cru que l'économie se dirigeait vers un « état stationnaire » où la croissance serait « terminée ». David Ricardo ou Thomas Malthus font partie des classiques anglais pessimistes qui croient à cet état stationnaire.

Les idées de Thomas Malthus développées dans Le Principe de Population sont très analogues à celles développées par les tenants de la décroissance. De même l'héritage du moralisme est important pour les idéologues de la décroissance. Ainsi, Jean Zin, pourtant proche idéologiquement de cette mouvance de déclarer : « je déplore une dimension moralisante beaucoup trop présente à mon goût alors qu’il s’agit d’organisation sociale. [...] C’est une conception que j’ai trouvé souvent plus morale que politique, culpabilisatrice plutôt que constructive. [...] Comme dans tous les mouvements il y a une tendance au simplisme qui me décourage et me rappelle d’anciens dogmatismes. »

Une autre source d'inspiration est le courant catastrophiste qui cherche à frapper les esprits en évoquant la possibilité de cataclysmes. Les décroissants reprennent cette exagération volontaire qui est la façon de procéder avouée des catastrophistes. Ainsi, le climatologue Stephen Schneider revendiquait le devoir pour les scientifiques de taire leurs doutes et celui d'exagérer les menaces pour frapper les esprits. Ainsi, il écrivait en octobre 1989 dans Discover Magazine[3] :

«  Nous avons besoin d'une base d'appui importante, et de capturer l'imagination du public. Bien sûr, cela inclut la couverture médiatique. Nous devons donc offrir des scénarios catastrophe (scary), affirmer des choses simplifiées et dramatiques, et faire peu mention des doutes que nous pourrions avoir. Cet « engagement à double morale » dans lequel nous nous trouvons souvent ne peut pas être résolu par une simple formule. Chacun d'entre nous doit décider de la balance précise entre l'efficacité et l'honnêteté »
    — Stephen Schneider

Quelques réflexions sur le décroissantisme

Se focalisant sur les aspects négatifs de la « société de consommation », la critique décroissantiste semble nier le principe de la souveraineté du consommateur, voyant uniquement dans le consommateur un être passif subissant la manipulation publicitaire. Respectant la liberté d'expression, mais aussi la liberté d'action volontaire des individus, un libéral ne s'oppose pas forcément à l'adhésion d'un mode de vie simple, et il est tout à fait possible d'être libéral et partisan, dans sa vie, d'une décroissance volontaire et libre. Juger la consommation de masse comme une caractéristique pour l'essentiel quantitative et excessive, tirant de là une conclusion générale et hâtive, c'est une manière de cacher quelques faiblesses dans ce mode de raisonnement. En effet, une consommation de masse est toujours qualifiée par un grand nombre de produits et services, cela ne signifiant pas l'absence de choix qualitatifs de la part des consommateurs. Néanmoins, se fixer certains objectifs et résultats extérieurs, à savoir une réduction effective de la consommation ou de la population, tout en espérant que la majeure partie de la population adhère d'une façon volontariste, n'empêcherait pas l'adoption d'une organisation d'ingénierie sociale de contrainte : elle impliquerait la prise de mesures de coercition étatiques et la suppression de libertés, tant politiques qu'économiques.

Ces conséquences ne sont nullement prônées par la majorité des partisans de la décroissance qui, comme tous les adeptes de la croyance en un état naturel abondant dont l'expression est empêchée par un principe malin (identifié ici dans la société industrielle, qui découlerait de l'idéologie libérale), pensent que l'abolition du système suffirait à guérir les maux qu'ils dénoncent. Signalons toutefois l'existence des partisans, marginaux de l'écofascisme qui visent à instaurer une dictature qui sacrifierait les libertés individuelles à la sauvegarde d'une nature idéalisée.

Ces conséquences liberticides sont malheureusement quasi obligatoires, ce qui explique les réticences nombreuses des libéraux vis-à-vis de cette idéologie.

On peut par ailleurs déceler dans la promotion de la décroissance de fortes traces de millénarisme : annoncer la venue de cataclysmes, attribuer ces cataclysmes à une humanité insuffisamment vertueuse, punie pour ses vices, appeler à une frugale repentance.

On peut encore critiquer la décroissance comme le masque d'une volonté de puissance, une façade de vertu et de désintéressement servant de justification à des objectifs moins louables. La fin vertueuse — sauver la planète, l'humanité etc. — justifie des moyens radicaux qui reposeraient entre les mains des promoteurs de cette idéologie, de sorte qu'un mauvais esprit peut considérer que la véritable fin des promoteurs de la décroissance est en réalité l'acquisition du pouvoir qui permettrait la mise en œuvre de celle-ci, un pouvoir d'ingénierie sociale total. Parallèlement, la promotion de la décroissance nie toutes les autorités qui lui barrent la route. On ne peut que constater que la décroissance est dépourvue de légitimité auprès des spécialistes. En retour, l'idéologie de la décroissance attaque les spécialistes légitimes et entend substituer les siens, ce qui se manifeste en particulier par le rejet de toute la science économique et la génération de ses propres sources d'information, qui fonctionnent en circuit fermé. Les économistes et les sources d'information traditionnelles sont discrédités comme étant à la solde du système. On signalera que le public amateur de décroissance est généralement médiocre et peu doué en économie, qu'il cherche dans les théories de la décroissance une rationalisation de sa détestation du système, à qui il préfère attribuer les maux dont il souffre plutôt qu'à lui-même, qu'il cherche des autorités qui lui disent que les spécialistes légitimes ne savent pas mais que c'est lui, Tartarin, qui sait. « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute » et le marché de la décroissance est un business qui tourne...

Les présupposés de la décroissance

L'épuisement des ressources naturelles

L'apocalypse est proclamée comme certaine selon les tenants de la décroissance, elle repose sur des prévisions relative à la fin des ressources naturelles. Quel crédit accorder à ces prévisions au vu de l'absence totale de fiabilité des prévisions passées ?

Cécile Philippe de l'Institut économique Molinari en donne de nombreux exemples dans son livre C'est trop tard pour la Terre : elle rappelle que, par exemple, dès 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation. Elle ajoute également, entre autres exemples, que le Rapport Meadows prévoyait en 1972 pour avant la fin du XXe siècle un épuisement de certaines ressources dont la substitution paraissait impossible[4]. À chaque fois les erreurs n'ont pas été minimes mais énormes, toujours dans un excès d'alarmisme.

De même, Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie, a montré que grâce aux réserves et aux progrès de la technologie « le monde n'est pas près de manquer de pétrole »[5]. Les techniques nouvelles permettent d'extraire davantage de pétrole des nappes et de mettre en valeur de nouveaux gisements, de sables bitumineux par exemple.

En outre, le recyclage des matières premières est une solution mise en place depuis longtemps avec succès : 50 % du fer utilisé est recyclé, 90 % du platine et 80 % de l’or[6]. Le géochimiste Claude Allègre appelle de ses vœux un développement de ces filières pour toutes les ressources terrestres : « À une économie unidirectionnelle à ressources infinies (on produit – on utilise – on jette) doit se substituer une économie cyclique à ressources finies. » [7].

Dans les deux cas, c'est... le marché qui permet le développement de ces solutions, par le mécanisme des prix.

Les décroissants croient que la croissance est toujours matérielle, et donc qu'elle s'autolimite. Ce sont des matérialistes qui s'ignorent. Mais toute nouvelle invention qui a du succès génère de la croissance et de la valeur, sans réclamer pour autant plus de ressources matérielles (au contraire elle permet souvent d'en économiser).

Limites du progrès scientifique

Searchtool-80%.png Articles connexes : Progrès et Scientisme.

Les prévisions d'épuisement des ressources sont tout le temps exagérées car elles minimisent la capacité de l'esprit humain à toujours inventer de nouvelles solutions avec le progrès scientifique, à trouver de nouvelles énergies, à toujours découvrir. On en voit un exemple avec l'intensité énergétique des pays développés.

Les sociétés libérales sont les plus à même de permettre cet éclosion du progrès scientifique, par la place à la libre critique qu'elles accordent. Comme Karl Popper l'a montré, il faut laisser la place au débat, à un cheminement par tâtonnement, avec des erreurs nécessaires.

Prenons l'exemple de Nicolas Hulot (ministre de la Transition écologique et solidaire de mai 2017 à septembre 2018). Ce dernier entendait imposer son idéologie comme une vérité supérieure, refuser toute possibilité de discussion, d'échange, de débat et il ouvrait ainsi son « pacte écologique » par ces mots inquiétants : « le temps de l’information, du débat, des controverses est révolu ». Non seulement il fait l'erreur d'embrigader la science et de faire de ses « vérités » des actes de foi, mais en outre il rend impossible tout progrès de la science, justement. Loin d'être la solution, un contrôle supérieur de l'écologiquement correct ne ferait qu'empirer les choses. Plutôt que ces mesures liberticides, c'est une plus grande liberté qu'il faut pour laisser émerger les idées les plus innovantes et efficaces.

On peut également souligner que grâce au progrès, l'intensité énergétique des économies développées a fortement décru depuis plusieurs dizaines d'années. La courbe de Kuznets offre également un fondement scientifique à cette perspective.

La malhonnêteté scientifique : le jour du dépassement

Tombant chaque année un peu plus tôt, le jour du dépassement, selon certaines ONG (Global Footprint Network), marquerait le moment où l’ensemble des ressources naturelles produites en douze mois sur la Terre a été consommé. Ce concept cherche à imposer comme un fait scientifiquement établi l'idée que nous arrivons à court de ressources, que nous devrions nous diriger vers la décroissance et la pauvreté. Il utilise la notion d'empreinte écologique, qui équivaut quasiment à l’empreinte carbone. Cette notion présente de nombreuses lacunes et n'a aucune valeur scientifique, les ressources mesurées (terres agricoles, terres urbanisées, pâturages, pêche et forêts) n'étant pas en diminution. Elle n'a qu'une valeur idéologique :

« Les créateurs de cette mesure trompent les individus à dessein. [...] Afin de répandre cette peur, ils doivent exagérer les problèmes en les combinant et en suggérant qu’ils sont la conséquence de la trop grande prospérité et du développement de l’humanité. [...] Ce moralisme écologique nous dit que nous devrions tous vivre comme dans les pays pauvres. [...] Cela n’a rien à voir avec l’écologie, c’est une volonté de gagner un pouvoir politique et économique et de moraliser notre société ! (Michael Shellenberger, Le Point, 8 août 2019[8])

La nature, un espace violé par l'Homme ? L'Homme, un parasite ?

Le présupposé principal de la décroissance est que la nature est un espace violé par l'Homme, où celui-ci ne serait qu'un intrus, un « parasite ». Les excès de l'humanité sont présentés comme une menace envers l'humanité qui doit faire preuve, désormais, de chasteté, au bénéfice d'une nature idéalisée. Voici par exemple ce qu'écrivait David Graber, un biologiste américain[9]:

«  Des chercheurs en sciences sociales me disent que l'humanité est une partie de la Nature, mais ce n'est pas vrai. Quelque part en chemin [...] nous avons rompu le contrat (qui nous unissait à la nature) et nous sommes devenus un cancer. Nous sommes devenus une peste pour nous-mêmes et pour la Terre. [...] Il n'y a plus qu'à espérer un virus dévastateur. »
    — David Graber

Cyril di Meo, élu vert, reprend cette critique de la décroissance, qui est « une défense de la Nature appuyée sur une conception biocentrique de sacralisation de la Terre […], [qui] s’appuie sur une critique de la rationalité du monde moderne perçue comme destructrice de la planète et de l’ordre du vivant »[10]. On peut souligner d'ailleurs comme l'auteur que cette « disparition de l’authenticité du monde naturel passé » est caractéristique d'une pensée foncièrement réactionnaire. Un classique de la décroissance est en effet « l’irrationalisme mystique, le spiritualisme, l’anti-positivisme et la référence au temps cyclique, qui permet de retourner au passé, de restaurer un ordre antérieur » [11].

Ce présupposé est doublement faux. D'une part, la « nature » rêvée par ces écologistes n'existe pas : la nature est en perpétuel changement, des espèces apparaissent, disparaissent. C'est l'Homme qui protège la bio-diversité bien souvent.

En outre, la nature pure et accueillante idéalisée par les environnementalistes n'existe pas, et c'est à chaque fois l'Homme qui la domestique, qui aménage les fleuves pour limiter les inondations, qui se protège de conditions difficiles, qui aménage le paysage, etc.

Inefficacité de la contrainte étatique

Les leçons que l'on peut tirer de l'histoire montrent, de façon générale, le danger que représente l'intervention étatique pour l'environnement. Cela explique l'insistance des tenants de la décroissance à présenter pour nouveau ce qui n'est que reprise d'une solution déjà essayée.

Les expériences communistes l'ont établi, les régimes fondés sur la contrainte et planification, au lieu de la liberté et responsabilité, débouchent sur une pollution bien pire. Le gigantisme des projets industriels, la course à la puissance militaire, voire nucléaire, a conduit à des situations préoccupantes. Les « solutions » collectivistes n'ont créé que de l'irresponsabilité, et donc un gaspillage des ressources que personne n'estimait avoir à protéger. La catastrophe de la mer d'Aral ou Tchernobyl n'ont pas eu lieu à l'Ouest, mais à l'Est.

Si l'on bafoue les droits de la personne humaine, alors pour quelle raison respecter la nature et l'environnement ? Pourquoi conserver un comportement humain alors qu'on considère la vie humaine comme inférieure à celle de n'importe quelle autre espèce animale ?

Une idéologie dont les plus pauvres sont les victimes

La décroissance ne saurait mener qu'à la croissance... de la pauvreté, pour les pauvres des pays riches ou des pays pauvres. C'est par exemple ce que reconnaissait François Mitterrand, déclarant dans une réunion à la Mutualité : « Nous refusons la doctrine de la non-croissance, quels que soient les problèmes qui se posent aujourd’hui sur les ressources naturelles, parce que nous savons que l’absence de croissance pénalisera d’abord les plus pauvres, les plus démunis, c’est-à-dire ceux que nous voulons défendre »[12].

Développement durable et croissance verte, une critique commune

Malgré les divergences entre libéraux et tenants de la décroissance, il existe un point de convergence qui est celui de la critique du développement durable et la notion de croissance verte.

Les solutions libérales aux questions environnementales

Dans le cadre d'une économie libre de marché, les moyens de subsistance marqués par leur rareté peuvent être gérés par des mécanismes fondés sur les droits de propriété et sur le principe de responsabilité. Tout ceci allant dans le sens de la protection et l’amélioration de l’environnement.


Citations

  • «  [Le pacte de Nicolas Hulot] conduirait la France à régresser d'un demi-siècle et enclencherait irrémédiablement son déclin. Ce catastrophisme éclairé […] créerait chaque année plusieurs centaines de milliers de chômeurs et conduirait à mettre en place un système de rationnement comme nous n'en avons pas connu depuis l'occupation allemande. Comme les Français n’accepteraient pas ces contraintes, il faudrait de plus en plus mettre en place un régime bureaucratique et policier. Rien, dans ce programme, n’est laissé à l’initiative des citoyens, sauf aux écologistes patentés. Tout est fait pour faire votre bonheur malgré vous ! […] C'est un programme de décroissance qui tourne le dos au progrès. »
        — Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, Plon, 2007[13]

  • «  Il faut prendre la doctrine de la décroissance pour ce qu'elle est […] une lubie de gosses de riches parfaitement égoïstes. Mais cela va généralement ensemble. »
        — Pierre-Antoine Delhommais, L'Obscure lubie des objecteurs de croissance, Le Monde[14]

  • «  Il m'est impossible de trouver pour qui nous devrions économiser les ressources non renouvelables. Si nous, nous ne devrions pas nous en servir, alors la génération suivante elle aussi ne devrait pas s'en servir, ni les suivantes. »
        — Harry Browne

  • «  L’histoire et la logique montrent que l’humanité est bien plus sophistiquée et sait s’adapter bien mieux qu’il y paraît, en faisant évoluer son besoin et sa consommation en ressources à la fois en nature (technologie) et en quantité (marché). Le comprendre suppose de comprendre le marché. Car le mécanisme des prix est de loin la meilleure invention humaine pour contrôler la consommation des ressources. »
        — Stéphane Geyres, Demain, la décroissance ?, Libres !!

  • «  À la limite, le seul écologiste irréprochable est celui qui met tout en œuvre pour mourir sans laisser la moindre trace de son passage sur Terre. »
        — Didier Nordon

  • «  Les services qu'une pièce de terre déterminée peut rendre pendant une période de temps déterminée sont limités. S'ils étaient illimités, les hommes ne considéreraient pas la terre comme un facteur de production et un bien économique. »
        — Ludwig von Mises, L'Action humaine, Chapitre XXII

  • «  Le plus grand problème pour la planète ce sont les gens : ils sont trop nombreux, et trop nombreux à vouloir se développer économiquement. »
        — Sir James Lovelock interviewé par la BBC

  • «  La croissance économique signifie la progression de la production économique nationale. En décroissant, une nation produit des fruits moins nombreux – phénomène observé lors des grandes crises économiques. Se pose la question du moins-disant : quels sont les citoyens, individus, familles qui verront se réduire leur niveau de vie ? Sont-ce les personnes âgées, via les retraites ? Sont-ce les « riches », la classe moyenne, tout le monde ? Faut-il instaurer un « permis de procréer », de façon à réduire rapidement et drastiquement la population ? Il ne s’agit pas de soutenir que la décroissance n’est pas l’objectif des écologistes : elle l’est. Mais cela ne fait pas un système économique. »
        — Drieu Godefridi, L'écologisme, nouveau totalitarisme

Notes et références


  • L'illusion politique (1965), Jacques Ellul, éd. La Table Ronde, coll. « La petite vermillon », 2004, p. 40

  • Henri Lepage, Demain le capitalisme, Livre de poche

  • George Reisman, The toxicology of environmentalism, 1990, [lire en ligne]

  • Cécile Philippe, C'est trop tard pour la Terre, 2006, Éditions Jean-Claude Lattès, ISBN 2709629194, p. 29.

  • « Le monde n'est pas près de manquer de pétrole : Grand angle avec Daniel Yergin, spécialiste américain de l'énergie », Les Échos, 14 novembre 2007

  • Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 144.

  • Claude Allègre, op. cit., p. 145.

  • Voir aussi Le « jour du dépassement », une théorie mensongère.

  • tel que cité par George Reisman in The Toxicity of Environmentalism, 1990

  • Cyril di Meo, La face cachée de la décroissance, L'Harmattan, 2006

  • Di Meo, op. cit.

  • cité par Claude Allègre in Ma vérité sur la planète

  • Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, Plon, 2007, page 30 de l'édition ebook

    1. « L'Obscure lubie des objecteurs de croissance », Le Monde, 30 juillet 2006, [lire en ligne]

    Voir aussi

    Bibliographie

    Articles connexes

    Liens externes

     

     

    octobre 06, 2025

    Art: Cancel culture, wokisme, décadence notoire occidentale...!

    La décadence occidentale : le suicide culturel à travers la mode et l’art 

    Dans un monde où l’Occident semble s’acharner à détruire ses propres fondations, les récents défilés de mode, comme celui de la marque « Matières Fécales » pour la collection Printemps/été 2026 à Paris, illustrent parfaitement cette spirale nihiliste. Partagés sur X par de nombreux utilisateurs, ces événements ne sont pas de simples excentricités artistiques, mais des symptômes d’une société en pleine autodestruction. Des mannequins aux apparences grotesques, maquillés en fantômes blafards ou affublés de tenues évoquant la putréfaction, défilent devant un public de bobos complaisants. Ces images, capturées dans des vidéos virales (voir ci-dessous), montrent des corps difformes, des visages déshumanisés et des outfits qui célèbrent la laideur pure.


     

    C’est le triomphe d’un nivellement par le bas, où la beauté est sacrifiée au nom d’une accessibilité forcée, imposée par des élites déconnectées de toute humanité.

    Des mannequins de plus en plus laids : le nivellement des canons de beauté

    Autrefois, la mode célébrait l’élégance, la grâce et l’harmonie des formes, inspirée par des idéaux classiques hérités de la Renaissance ou de l’Antiquité. Aujourd’hui, comme le dénonce @zoesagan, les mannequins sont choisis pour leur laideur assumée : obèses, androgynes, aux maquillages cadavériques, portant des robes noires évoquant des linceuls ou des corsets révélant des corps malmenés. Dans le défilé de « Matières Fécales », on voit des modèles aux visages peints en blanc, aux lèvres pourpres, déambulant dans des tenues florales morbides ou des lingeries provocantes qui exposent sans pudeur. L’un d’eux, un homme en porte-jarretelles et bas résille, arbore un air spectral, tandis qu’une femme aux formes généreuses est enveloppée dans un tulle sombre, comme un fantôme sorti d’un cauchemar.

    Ce choix n’est pas fortuit : il s’agit de démocratiser la beauté en la rendant « accessible à tous », c’est-à-dire en la nivelant vers le bas.

    Plus de standards élevés qui pourraient exclure ; à la place, une uniformisation du moche, où l’exceptionnel est banni au profit du banal, du difforme. Comme l’écrit @zoesagan : « Mort de la beauté. Mort de l’enfance. Mort des droits individuels et de la conscience autodéterminée. » Cette tendance, soulignée par les réactions outrées sur X, transforme la mode en outil de contrôle social, où l’élite impose une esthétique qui humilie l’humain plutôt que de l’élever.


     

    Le suicide incompréhensible de la société et de l’art : la laideur comme norme

    Ce phénomène n’est que la pointe visible d’un suicide culturel plus large. L’art occidental, jadis bâtisseur de cathédrales gothiques où la religion servait de garde-fou pour canaliser la créativité vers le sublime, se complaît désormais dans la laideur, la guerre et les sentiments négatifs. Les défilés comme celui-ci, avec leurs modèles évoquant des zombies ou des monstres de cirque du XIXe siècle – comme le note un commentaire sur X –, sont des miroirs de cette déchéance.

    L’art contemporain, infiltré par les conglomérats de mode, n’est plus critique mais complice : il promeut le vide, le désespoir, et une « infection culturelle » qui tue l’espoir chez les jeunes générations.

    Parallèlement, le cinéma occidental suit la même voie morbide. Les zombies envahissent les écrans depuis des décennies, de The Walking Dead à World War Z, dépeignant un monde post-apocalyptique où l’humanité n’est que survie brutale et décomposition. Les films de guerre et de violence se multiplient avec des scénarios de plus en plus glauques : des sagas comme Saw ou Hostel exaltent la torture, tandis que des blockbusters comme Joker ou The Batman plongent dans la folie nihiliste. Même les productions récentes, telles que Civil War (2024) ou les remakes interminables de dystopies, insistent sur la destruction, le chaos et l’absence de rédemption. C’est un art qui ne célèbre plus la vie, mais la mort – un suicide esthétique incompréhensible, où la beauté est remplacée par le grotesque pour mieux refléter une société épuisée.


     

    Des élites déconnectées : un entre-soi mortifère imposé à tous

    Qui orchestre cette descente aux enfers ? Des élites totalement déconnectées des sentiments humains, comme le pointe @zoesagan : ("L’objectif aujourd’hui est bien de destituer le monde de la mode de son pouvoir. Le démunir de son pouvoir en sapant sa légitimité, l’obliger à reconnaître son caractère arbitraire, révéler qu’il opère dans une dimension hypothétique. L’objectif est d’exposer le fait qu’il ne fonctionne qu’en tant que circonstance, de rendre transparents ses stratagèmes, ses méthodes et ses tactiques. Le but est de révéler comment le monde de la mode, comme toute forme de gouvernement, doit comploter pour survivre. Destituer le pouvoir c’est le ramener à la terre. Tous ces enfoirés constituent l’illusion structurée et soutenue du monde de la mode. Ce monde promeut des idées progressistes tout étant fondamentalement régressif. La génération des baby-boomers qui possède et exploite le monde de la mode est encore intérieurement jeune dans sa pensée mais ses perspectives d’ouverture sont, à leur image, ridées, décrépies, corrompues et condamnées. Les « gilets jaunes » savent maintenant que nous sommes dans une ère de rupture qui prend la forme d’une décadence culturelle, à la fois politique, morale et écologique. Forcement, tous commencent à être émotionnellement épuisés par l’appauvrissement et la destruction de la civilisation occidentale. Tout ce que nous voyons est commercial. Ils représentent tous le commerce et n’ont pas d’âme. La totalité des personnes et sociétés impliquées ici sont organisées comme un virus. Ce virus agit comme une propagande culturelle. L’attribut dominant de cette infection culturelle est un état délirant de l’importance de soi. Il est le code de contrôle culturel de cette époque. Le résultat de 50 ans d’infection culturelle. Ils sont aujourd’hui moins de 500 à détenir les règles du jeu qu’ils ont eux-mêmes écrites. L’ensemble des processus fabriqué par ce petit monde n’est qu’un assemblage de mort. Mort de la beauté. Mort de l’enfance. Mort des droits individuels et de la conscience autodéterminée. Toutes les personnes assimilées à ce lavage de cerveau sociétal sont coupables de crime de la pensée. Ils sont organisés comme un virus culturel contagieux conçu pour tuer tout sentiment d’espoir d’une génération entière et TUER littéralement leur conscience. Ce spectacle n’est que désespoir. Un profond manque d’espoir pour des centaines de millions de personnes privées de leur capacité à développer naturellement leurs propres concepts de bonheur. Tous les jours les médias du monde nous inondent au sujet du réchauffement climatique. Au sujet de la mort de centaines d’espèces d’organismes naturels. Qu’est ce que le spectacle offert par le monde de la mode aujourd’hui, si ce n’est la représentation très inquiétante d’un phénomène mondial de réchauffement culturel. Cette désintégration de notre culture, de notre histoire est rarement signalée. Soyez conscients que chaque jour il existe de plus en plus de signes de la mort imminente de notre espèce humaine, à la fois par le réchauffement climatique de la planète, mais aussi, et avec une rapidité égale, par la mort de notre conscience culturelle commune. Le monde de la mode est né d’un vide, vide dont il avait besoin pour créer. Le monde de la mode a créé un vide encerclant l’individu et chacun de ses adeptes particulièrement le monde de la jeunesse. Il a créé un vide culturel mondialisé. Cette période de vide a commencé quand la communication a été redéfinie comme une performance impliquant le corps, la rhétorique visuelle et l’habillement. Stratégie et méthode déployée pour remplacer la responsabilité de l’individu et développer une définition originale de soi-même. Le selfie a remplacé le soi. Destituer le monde de la mode signifie quitter le paradigme du monde de la mode. Cela signifie percevoir le monde non pas comme vide mais au contraire, rempli de vie. La vérité est que les marques de mode d’aujourd’hui sont organisées exactement comme toute autre institution financière mondiale. Avec un seul ordre du jour : les marges. Des milliards sont dépensés pour créer l’illusion que ce sédatif institutionnalisé ressemble à une industrie créative. Alors que le monde de la mode est un pollueur mondial géant absolument insoutenable. Le processus de déploiement de nouveaux produits sur une base continue est contraire à toute idée raisonnable de discussion. Le monde de la mode attaque la structure de l’identité d’un individu. Nous croyons que l’identité individuelle devrait avoir un espace infini pour expérimenter. Le complexe mode-media-industrie veut exactement que le contraire se produise. Son but est de programmer l’individu le plus tôt possible à croire que vivre dans un état d’esprit libre et infini est socialement indésirable. 500 personnes sont en commande de ce contrôle et seulement 100 personnes ont le pouvoir ultime, à savoir la masse financière. ) « Ils sont aujourd’hui moins de 500 à détenir les règles du jeu qu’ils ont eux-mêmes écrites. » Ces seigneurs de la mode, souvent issus de familles comme les Arnault, opèrent dans une bulle d’entre-soi mortifère, où le commerce prime sur l’âme.

    Sans les garde-fous d’antan, comme la religion qui inspira les joyaux architecturaux des cathédrales – symboles d’élévation spirituelle et collective –, ces élites imposent leur vision régressive sous couvert de progressisme.

    Elles chouchoutent cette tendance, la financent via des conglomérats comme LVMH, et la diffusent via des algorithmes qui contrôlent les esprits.

    Les Français, en particulier, ne se reconnaissent plus dans cette violence non seulement physique, mais morale et esthétique. Comme le souligne @parrhesiaste_fr dans une publication relayée : « Avilissement de la personne humaine, homogénéisation du laid, négation de la dignité du visage. » Les réactions sur X sont unanimes : « Cauchemardesque ! », « Démons qui ne se cachent plus« , « Vol au-dessus d’un nid de coucou« . Même les soirées privées des stars, comme celle organisée très récemment par Leonardo DiCaprio à Paris – où des célébrités comme Nina Dobrev et Kim Kardashian fuient en larmes, couvrant leurs visages devant les paparazzis –, révèlent la pourriture sous le glamour. Des orgies dégénérées ? décrites comme ayant tourné au chaos, montrent que l’élite vit dans un vide culturel qu’elle exporte au reste de la société.


     

    Cet entre-soi élitiste et mortifère est magistralement dépeint dans le film « Eyes Wide Shut«  (parfois désigné sous l’abréviation EWS, ou « Les Yeux grand fermés »), un film britannico-américain réalisé, produit et coécrit par Stanley Kubrick, sorti en 1999. Il s’agit du dernier opus du cinéaste, qui mourut opportunément d’une crise cardiaque six jours après avoir présenté le montage final à Warner Bros., alimentant des théories conspirationnistes selon lesquelles il aurait été éliminé pour avoir exposé les secrets des puissants. Inspiré de la nouvelle « Traumnovelle » d’Arthur Schnitzler, le film plonge dans un monde occulte où les élites se livrent à des rituels masqués et orgiaques, déconnectés de toute empathie humaine, explorant des thèmes de jalousie, d’infidélité et de vide existentiel.

    Kubrick y révèle comment ces cercles fermés imposent leur nihilisme décadent, manipulant la société tout en se protégeant derrière des masques, un miroir troublant de la réalité contemporaine où les scandales sexuels et la corruption des puissants font écho aux actualités.

    De même, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 incarne ce nihilisme autodestructeur, salissant tout sur son passage sous prétexte de célébration culturelle. Présentée comme une ode à la diversité, elle a suscité un tollé mondial pour sa parodie apparente de « La Cène » de Léonard de Vinci, avec des drag queens et un Dionysos bleu au centre d’un banquet, perçue comme une moquerie blasphématoire envers le christianisme et une promotion de propagande LGBT. Critiquée par des leaders religieux chrétiens, musulmans et juifs, des politiciens conservateurs, et même des figures comme Elon Musk, cette mise en scène déjantée et laide a été accusée d’insulter les croyances religieuses, de glorifier la décapitation lors de références à la Révolution française, et de transformer un événement unificateur en spectacle de division morale.

     


     

    Les organisateurs, élites déconnectées des aspirations populaires, ont ainsi imposé leur vision régressive, profanant l’héritage français et occidental au nom d’un progressisme vide, renforçant le sentiment d’un suicide collectif où rien de sacré n’est épargné.

    Rejeter le nihilisme pour retrouver l’humanité

    L’Occident, en célébrant la laideur et le nihilisme, signe son propre arrêt de mort. Cette mode grotesque, ces films glauques et cet art suicidaire ne sont pas des innovations, mais des aveux d’échec. Il est temps de destituer ce pouvoir arbitraire, comme l’appelle @zoesagan : « La liberté ce n’est pas d’acheter. La liberté c’est de voter. » Les Français, émotionnellement épuisés par cette décadence, doivent se réveiller et reclaim leur héritage – celui des cathédrales, pas des défilés funèbres. Sinon, nous assisterons à la fin d’une civilisation, non par une catastrophe externe, mais par un suicide intérieur consenti.

     https://x.com/parrhesiaste_fr/status/1974625748263776410

    Parfaite illustration de l'époque : quand une pathologie mentale ou une posture perverse se prend pour une idéologie, que la folie se rationalise en revendication. Ici la déshumanisation devient une tendance à la mode : avilissement de la personne humaine, homogénéisation du laid, négation de la dignité du visage, culte du mauvais goût nihiliste pratiqué sur des esclaves chics, mais esclaves quand même. Ce défilé a le mérite de résumer l'époque. Comme un aveu.

    https://x.com/Pascal_Laurent_/status/1974817257160081607 

    VOL AU-DESSUS D'UN NID DE COUCOU ! Celle-ci c'est le pompon, tous les bobos qui assistent à ce foutage de gueules et qui trouvent ça génial 

    https://x.com/liasagan/status/1974760240718524434 

    Comme Leonardo DiCaprio est le nouveau Epstein à Paris, c’est lui qui organise les orgies pour les "rich and famous" dans la Ville Lumière. Hier, sa "soirée" a dégénéré et la police n’a évidemment pas le droit d’en parler. Les pauvres Nina Dobrev, Kim Kardashian, Laura Harrier et Vittoria Ceretti n’oublieront jamais cette "fête" et encore moins le restaurant Siena à Paris.

    M. Di Caprio est un habitué des soirées saturées de prostituées en France, organisées par ses entourages, à chaque Festival de Cannes notamment. Les téléphones y sont strictement interdits, et les services de sécurité omniprésents. M. Di Caprio est un habitué des soirées saturées de prostituées en France, organisées par ses entourages, à chaque Festival de Cannes notamment. Les téléphones y sont strictement interdits, et les services de sécurité omniprésents.


    Renversement des valeurs...

    Aurélien Froissart, a publié le 20 septembre 2025 sur son compte X une vidéo le montrant en train de jouer La Vie en rose d’Edith Piaf sur un des pianos mis à disposition dans la gare Paris gare de Lyon, pendant que la danseuse Victoria Dauberville, pointes aux pieds, virevolte devant les voyageurs qui se sont arrêtés pour profiter du spectacle.

    Cette orgie d’esthétisme et de grâce a bien sûr été stoppée par des agents de sécurité de la gare sur ordre de la direction (sous prétexte de sécurité, bien sûr…). https://x.com/aurelienfst/status/1969365129847267804

    https://multipol360.com/la-decadence-occidentale-le-suicide-culturel-a-travers-la-mode-et-lart/

     

     

     

    septembre 09, 2025

    La survie de la gauche ! Médiatiser pour désinformer...Donner pour reprendre....CQFD !

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    Les biologistes expliquent comment les organismes s'adaptent à leur environnement physique, mais les idéologues s'adaptent également à leur environnement social. Le fait le plus fondamental concernant les idées de la gauche politique est qu'elles ne fonctionnent pas. Il ne faut donc pas s'étonner de la trouver concentrée dans des institutions où les idées n'ont pas besoin de fonctionner pour survivre.


    Le monde universitaire est le terrain de jeu des idées bancales, à l'exception des domaines où des épreuves décisives sont nécessaires, comme les sciences, les mathématiques, l'ingénierie, la médecine et le sport. Dans tous ces domaines, chacun à sa manière, il arrive un moment où il faut accepter ou se taire. Il n'est pas surprenant que tous ces domaines constituent des exceptions notables à la domination totale de la gauche sur les campus à travers le pays.


    Dans les sciences humaines, par exemple, le test du déconstructionnisme ne consiste pas à savoir s'il peut produire des résultats tangibles, mais s'il reste en vogue. Tant que c'est le cas, les professeurs habiles dans l'art de la prestidigitation verbale peuvent s'attendre à continuer de percevoir des salaires à six chiffres.

    On pourrait penser que l'effondrement du communisme dans toute l'Europe de l'Est serait considéré comme un échec décisif pour le marxisme, mais les marxistes universitaires américains ne se laissent pas décourager. Leurs salaires et leur titularisation ne sont pas affectés. Leurs théories continuent de fleurir dans les salles de classe et leurs revues continuent d'encombrer les étagères des bibliothèques.

    Le socialisme en général a un bilan d'échecs si flagrant que seuls les intellectuels peuvent l'ignorer ou l'esquiver. Même les pays qui étaient autrefois plus prospères que leurs voisins se sont retrouvés beaucoup plus pauvres que ces derniers après seulement une génération de politiques socialistes. Que ces pays voisins soient le Ghana et la Côte d'Ivoire ou la Birmanie et la Thaïlande, l'histoire est la même partout dans le monde.

     Discréditées ailleurs, les recettes miracles de la gauche continuent de vivre à la télévision publique.

    Et l'échec économique n'est pas le pire. Les millions de personnes massacrées par Staline, Mao et Pol Pot pour des raisons politiques constituent une réalité encore plus sinistre.

    Les personnes qui vivent et travaillent dans un monde où il y a des résultats financiers à atteindre, des tableaux d'affichage sportifs, des champs de bataille militaires ou des opérations chirurgicales où il est question de vie ou de mort peuvent avoir du mal à apprécier pleinement la différence entre ce type de monde et un monde où le seul critère décisif est de savoir si vos collègues apprécient ce que vous dites.

    Le monde universitaire n'est qu'un des domaines où règnent des critères entièrement subjectifs et où les gauchistes prédominent. Les institutions dotées de fonds, telles que les fondations et les musées, ne sont souvent soumises à aucun autre critère que ce que des personnes partageant les mêmes idées trouvent « passionnant » et ce qui permet à ceux qui dirigent ces institutions d'éprouver le sentiment grisant de « faire la différence ». Il en va de même pour les institutions culturelles soutenues involontairement par les contribuables, telles que le Smithsonian ou le National Endowments for the Arts and the Humanities.

    La radio et la télévision « publiques » financées par les contribuables sont également coupées de la réalité et dominées par la gauche, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans d'autres pays. Toutes les recettes miracles de la gauche qui ont affamé des millions de personnes dans des pays qui avaient autrefois des excédents alimentaires à exporter, toutes les belles paroles et les réalités sordides qui ont poussé des millions d'autres personnes à fuir leur terre natale, ces recettes miracles perdurent à la télévision publique, un peu comme les vieux films classiques dont les répliques familières peuvent être récitées par les amateurs en même temps que les personnages à l'écran.

    Ces institutions privilégiées et isolées, souvent méprisantes envers les valeurs de la société américaine et de la civilisation occidentale, ne sont pas les seuls bastions de la contre-culture de gauche. Hollywood et Broadway le sont également. Bien que le monde du spectacle soit confronté à la nécessité financière d'attirer un public, la véracité de ce qu'il représente n'est guère cruciale. S'il parvient à rendre ses productions percutantes et sexy, ceux qui se plaignent des inexactitudes historiques et des préjugés idéologiques peuvent être écartés comme des pédants insignifiants. Pourquoi les gauchistes parviennent-ils à évincer les autres types de personnes de ces lieux ? Parce que ceux qui sont prêts à se soumettre à l'épreuve de la réalité, qu'ils soient hommes d'affaires sur le marché ou chirurgiens dans une salle d'opération, ont beaucoup d'autres endroits où travailler et vivre. Ils n'ont pas besoin de niches protégées spéciales pour se cacher et chérir leurs précieuses idées.

    L'adaptation darwinienne à l'environnement s'applique non seulement à la nature, mais aussi à la société. Tout comme on ne trouve pas d'aigles vivant dans l'océan ou de poissons vivant au sommet des montagnes, on ne trouve pas de gauchistes concentrés là où leurs idées doivent faire leurs preuves. 

    • Le socialisme a un record d'échecs si flagrant que seul un intellectuel pourrait l'ignorer.
    Thomas Sowell

     


    Le Dr Thomas Sowell est économiste et chercheur principal à la Hoover Institution de Stanford, en Californie.

    https://www.forbes.com/forbes/1997/0908/6005128a.html?sh=44d00e08c4c3



    février 16, 2025

    Olivier Vial : « En France, beaucoup de grandes sociétés se sont laissé infiltrer par la pensée woke ».

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    Violences contre les étudiants de l’UNI, censure dans la presse et wokisme, le directeur du laboratoire d’idées indépendant CERU, Olivier Vial, livre son analyse pour Epoch Times.
     
    Epoch Times : Ces derniers jours, des étudiants de l’UNI ont été violemment attaqués ou menacés sur plusieurs campus sur l’ensemble du territoire par des militants d’extrême gauche, notamment à Toulouse, mais aussi à Strasbourg, où des membres du syndicat ont été séquestrés. Des menaces de mort ont également été taguées sur le mur de l’université de Nantes. Qui sont les organisations responsables de ces violences ?
     

     
     
    Nous avons affaire à des organisations souvent très autonomes assez difficiles à identifier. Cependant, à Strasbourg, nous savons que ce sont des étudiants issus de la Jeune Garde qui ont commis ces violences. C’est un mouvement antifa dont le porte-parole et fondateur est aujourd’hui député LFI, Raphaël Arnaud. Le fameux député fiché S qui a toujours revendiqué l’utilisation de la violence à des fins politiques.
     
    À Toulouse, un autre mouvement est apparu. La majorité des agresseurs étaient masqués, mais l’un d’entre eux a été reconnu. Il s’agit d’un des responsables du mouvement Le Poing Levé. Ce dernier est issu de la mouvance trotskyste française et a récemment pris ses distances avec le NPA, le jugeant trop modéré. Il y a aujourd’hui une galaxie de militants d’extrême gauche qui tournent autour de ces deux grands mouvements, qui prônent la violence et l’utilisent quotidiennement.
     
    Par ailleurs, le plus inquiétant est de voir cette violence augmenter et de constater qu’une partie non-négligeable des étudiants semblent séduits par certaines de ces organisations, sans cautionner peut-être toutes leurs dérives.
     
    Pour autant, à l’université de Bordeaux, le Poing Levé est devenu majoritaire lors des dernières élections étudiantes. Que des organisations d’extrême gauche arrivent à séduire autant d’étudiants malgré leur radicalité et leur violence, est vraiment de nature à inquiéter.
    Ces militants d’extrême gauche sont-ils en train d’accentuer leurs attaques ? De se renforcer ?
    Oui, très clairement. Ils sont à la fois en train de gagner une bataille culturelle dans une partie très spécifique de la jeunesse étudiante, dans certaines filières, mais aussi dans les cursus de fabrication de nos élites.
     
    On sent vraiment une volonté de leur part de créer un climat de tension physique de plus en plus important puisqu’il y a des agressions très régulièrement. Mardi soir, un étudiant s’est également fait agresser dans la région d’Angers par des antifas.
    Vous avez publié dans Le Figaro une tribune sur la démission du président du groupe de presse Ebra, Philippe Carli, après que ce dernier a liké des publications de personnalités dites d’ « extrême droite ». Vous êtes à la tête du CERU, qui travaille, entre autres, sur l’état du wokisme en France. Comment interprétez-vous cette démission de Philippe Carli ?
     
    Il y a un lien très intéressant entre ce que nous venons d’aborder et ce qui est arrivé à Philippe Carli. Mark Bray, le chercheur américain penseur de l’antifascisme, expliquait, en 2018, qu’il fallait développer une nouvelle stratégie face à ce qu’il appelle le « fascisme du quotidien ».
    Elle part du constat qu’on ne peut pas toujours faire changer les idées d’une personne, mais que nous pouvons les rendre trop coûteuses socialement, professionnellement et physiquement pour qu’elles soient défendues ouvertement.
     
    Il s’agit d’empêcher des personnes de défendre leurs idées, soit en les menaçant physiquement – ce que subissent aujourd’hui les militants de l’UNI sur les campus -, soit en menant des campagnes de harcèlement visant à leur faire perdre leur emploi, leurs amis, etc. Ces campagnes de harcèlement conduisent à ce qu’on appelle la cancel culture.
    C’est exactement ce qui s’est passé dans le cas de Philippe Carli, puisque des militants se sont d’abord plaints du fait qu’il ait liké certaines personnalités que ces gens considèrent comme d’extrême droite.
    Cela ne devrait jamais être une cause de licenciement ou d’une campagne de harcèlement. Le commun des mortels peut liker des publications sur les réseaux sociaux s’il les trouve pertinentes, sans forcément apporter un soutien à l’ensemble des prises de position de la personne « likée ».
     
    Malheureusement, c’est le cas aujourd’hui. Le penseur que je viens de citer, Marc Bray, explique qu’il faut pratiquer le « doxing », c’est-à-dire aller faire des recherches sur une personne, voir qui sont ses amis, ses employeurs et harceler l’intégralité de cette chaîne jusqu’à obtenir sa démission.
    Ainsi, certains syndicats de journalistes se sont comportés de la sorte avec Philippe Carli. L’affaire a été relayée ensuite par Médiapart et Blast, et cela a fait suffisamment de bruit pour qu’il soit poussé à la démission, puisque l’un des principaux actionnaires du groupe de presse, le Crédit mutuel (qui, selon l’Index du Wokisme en entreprise, n’en est pas à ses premières concessions à l’idéologie woke), a jugé préférable pour la paix des rédactions qu’il se retire.
    C’est l’un des cas les plus emblématiques de cette nouvelle forme de censure et d’atteinte à la liberté d’expression.
     
    Cette histoire est grave et inédite : on ne condamne pas quelqu’un pour des propos qu’il a tenus, mais simplement pour un like, quelque chose de très anodin !
    Et la démission de Philippe Carli ne résulte pas d’une décision de justice, mais de pressions exercées par certains organismes. La pression et les atteintes réputationnelles organisées par des mouvements d’extrême gauche, avec le soutien de certains médias, vont conduire à une vraie privation de liberté d’expression et même de liberté de liker, ce qui est quand même quelque chose de grave.
    Le gynécologue de Pau qui n’avait pas souhaité examiner une femme trans a été sanctionné au mois de janvier. Est-il, lui aussi, une victime de l’idéologie woke ?
     
    Il y a cette volonté, dans la décision du Conseil de l’ordre des médecins local, de prendre une sanction pour éviter que l’ensemble de la profession ne soit entaché par cette histoire. Mais en faisant ça, l’organisme a commis une vraie erreur d’analyse : la très grande majorité des Français comprend tout à fait que ce gynécologue n’était pas en mesure de recevoir une femme qui était biologiquement un homme. En plus, le secteur de la gynécologie, notamment en province, est extrêmement débordé.
     
    Nous avons ici la conjonction d’une forme de cancel culture avec du harcèlement qui va pousser le Conseil de l’ordre à prendre cette mauvaise décision de suspension ; et de l’autre, une tendance liée au wokisme, qui consiste à dire que la société devrait se soumettre à l’autodétermination des gens. Cette philosophie est d’ailleurs défendue par la Haute autorité de santé (HAS, ndlr) quand elle préconise de faciliter les transitions de genre chez les mineurs.
     
    Heureusement, cette tendance est encore extrêmement minoritaire, mais on constate qu’elle progresse et qu’elle peut avoir des conséquences assez graves, y compris pour la santé. Regardez ce qui se passe avec les personnes de plus en plus nombreuses qui regrettent d’avoir entrepris des transitions de genre précoces.
     
    Aujourd’hui, avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, comment analysez-vous la puissance du wokisme à la fois aux États-Unis et en France ?
    Il y a outre-Atlantique une prise de conscience anti-woke. Cette prise de conscience est de plus en plus forte et a notamment permis l’élection de Donald Trump. Les électeurs latinos-américains et une partie des hommes afro-américains ont voté pour lui, précisément à cause de certaines dérives wokistes.
    Pour autant, ça ne veut pas du tout dire qu’aux États-Unis et en France, le wokisme est en train de s’affaiblir. Je pense même le contraire. Il existe un risque de réactions wokes aux politiques de Donald Trump et que le mouvement se renforce.
     
    Malheureusement en France, on a l’impression que cette prise de conscience contre les dérives du wokisme n’est pas aussi forte qu’en Amérique. Par résistance au trumpisme, beaucoup se déclarent woke !
    Et si aux États-Unis, les entreprises commencent à faire machine arrière sur le wokisme, en France, ce n’est pas du tout le cas. Beaucoup de grandes sociétés se sont laissé infiltrer par la pensée woke. On ne voit pas du tout de commencement de retour en arrière.
     

     

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