L'État assure sa propre continuité en captant nos affects, les transformant en une allégeance indue envers son appareil politique, administratif et militaire. L'esprit peu entraîné projette alors ses émotions les plus intimes (comme l'amour des paysages de son enfance, sa langue, ses habitudes, ses relations, etc) sur l'entité politique au sein de laquelle il a vécu jusque-là.
C'est une forme de hold-up psycho-affectif et culturel. L'individu se sent appartenir à quelque chose de bien réel, et cela est bien légitime. Mais l'État s'est depuis longtemps greffé par-dessus ces réseaux naturels en prétendant qu'il serait le seul à pouvoir garantir leur pérennité. C'est un chantage redoutable, et qui fonctionnera tant qu'on n'aura pas imaginé d'autres formes d'organisation, et notamment de défense.
C'est par ce biais que nous en venons à parler de "la France" ou de "l'Occident" comme d'entités politiques disposant d'une volonté propre (voire d'un destin), et indispensables à nos vies.
Ce langage de perversion de la réalité nous condamne alors à la logique binaire du « Nous vs Eux ». Si l'Occident est un corps, alors chacun de nous est déterminé à n'être qu'une cellule de celui-ci prête à se sacrifier. C'est la dissolution de l'individu dans une chimère politico-mystique.
Et plus la souveraineté individuelle est mise à mal, plus nous dérivons en tendance vers des réflexes servant de compensations psychologiques à une puissance évaporée. C'est pourquoi certains se sentent revigorés quand ils voient les USA manifester leur domination. Il s'agit de sortir de cette brutalité par procuration, en réalisant que l'institution même qui prétend vous protéger est un bourreau, non un allié.
Identitaires => fusion entre atlantisme/pro-américanisme, sionisme, européisme, libéralisme (léger, quand ça les arrange) et bellicisme.
Je veux bien qu'on se doive de proposer autre chose que le souverainisme et le nationalisme sauce socialiste, mais il s'agirait de ne pas faire encore pire.
Il n'y a qu'à voir comment ses partisans se rangent systématiquement dans le camp néoconservateur américain et conçoivent les rapports sociaux. Ils valideraient sans problème un régime bien plus autoritaire que celui de Macron tant que celui-ci leur promet de satisfaire leurs désirs.
Aucune trace de conception juridique autour de la souveraineté individuelle, aucune théorie des droits de propriété ni aucune compréhension des mécanismes de la monnaie, du crédit ou du capital...seule la Force compte !
Quel horizon. Ils veulent les fruits de la Civilisation (notamment la richesse et la sécurité, produits de l'individualisme européen), tout en se vautrant dans un nouveau collectivisme droitier.
Que voulez-vous, ils prétendent incarner une politique pragmatique. Ils disent tous pareil juste avant de finir dévorés par le régime qu'ils ont eux-mêmes poussé.
Notre espèce n'est pas nécessairement vouée à se foutre sur la gueule à cause d'ultra-minorités constituées en castes violentes.
Ne confondez pas ce qui est (ou a été) avec ce qui doit être (ou ce qui pourrait être). Soutenir que la violence est la seule règle de gestion des rapports humains sous prétexte qu'on a connu que cela revient à utiliser l'argument de ceux qui auraient refusé l'abolition de l'esclavage.
Non seulement c'est votre imagination qui bloque, mais surtout nul ne peut prédire l'avenir. L'évolution du monde est incertaine et chaotique, restons humbles.
Je me rends compte de la difficulté d'intégration d'un tel propos, mais il ne s'agit que de conditionnement. Nous pouvons donc démystifier cette croyance.
L'histoire que l'on nous enseigne depuis l'enfance est une chronique des crimes de masse. On ne retient donc que les dates de batailles et les traités signés par les chefs d'une époque donnée. On oublie les milliards d'échanges quotidiens, les solidarités et les innovations qui ont eu lieu MALGRÉ les castes violentes (et non grâce à elles !).
On perçoit donc aisément « l'ordre » imposé par le haut, tout en oubliant l'ordre légitime et structurant émanant du bas. Les étatistes croient encore que leur organe chéri est une réalité indépassable, mais rien ne dit qu'il en sera ainsi pour l'éternité. C'est à nous de nous en détacher. Surtout, ils ne sont pas créateurs de richesse.
Au contraire, TOUT ce que vous chérissez est le produit du Droit et du Marché. La violence des États ne peut rien créer, elle ne peut que détruire. La Civilisation est ce processus par lequel l'Humanité s'efforce de se sophistiquer pour sortir de l'Agression. Nous avons encore du travail, manifestement.
L’État et les industries de connivence ont industrialisé la mort dans des proportions inimaginables. Ils ont travesti la violence en droit, le mensonge en science et le vol en solidarité.
Ils sont responsables d'inflation, d’endettement public, de cartellisation de l’économie, d’expropriations directes et indirectes, de corruption, de népotisme et de favoritisme, de destruction des liens familiaux et communautaires, d'uniformisation culturelle, de chaos social, de surveillance de masse, de propagande, de manipulations et de mensonges, de censures, de répressions, d’incarcérations d’innocents, d’esclavage, de déportations, de colonisations et d’apartheids, d’ingénieries pathogènes, d’attaques fabriquées pour justifier la guerre, de conscriptions, de pillages, d’alliances barbares, de déstabilisations à l’étranger, de famines, de tortures, de bombardements et de génocides.
Que vous faut-il de plus pour déclarer qu'ils sont le problème ?
Question fréquente, à laquelle je vais tenter d'apporter une réponse claire. L'usage de la force est légitime dans le cadre d'une réponse proportionnée à une agression déjà en cours (menace sérieuse ou violation de propriété manifeste par exemple). C'est la règle de Droit. Ensuite, vient la notion de prévention. Ce besoin de frapper en premier parce qu'on sent que l'autre le fera sinon. La réponse est alors NON, ce principe ne tient pas. Il trahit par ailleurs un manque d'imagination. La gestion du risque doit être abordée bien autrement. Il s'agit de repartir d'un règle de Droit justifiable, puis de mettre en place les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression.
Tout ce qui relève de l'intervention dite préventive signe en réalité la fin du Droit. Si je peux vous frapper parce que je pense que vous allez me frapper en premier, alors n'importe qui peut frapper n'importe qui à tout moment. La notion de « menace imminente » est même une arme rhétorique de prédilection dès qu'il s'agit de justifier les guerres, l'expansion budgétaire et le contrôle social. C'est un puits sans fond puisqu'il y aura toujours une nouvelle menace à « prévenir » à l'autre bout du monde. Je vous invite donc à renverser le paradigme.
L'agression doit devenir fantaisiste, improbable, coûteuse, délirante. L'idée même de « frappe préventive » devrait représenter un risque financier et juridique énorme pour celui qui ose y songer. Pour ce faire, il faudra mettre en place un large réseau de contrats, d'alliances et commercer abondamment avec ses voisins (voire au-delà bien sûr). Si j'agresse mon partenaire commercial, je me ruine moi-même et je perds sa confiance ! En instaurant les conditions de la quasi-impossibilité de l'agression par l'établissement d'un nouveau cadre social, nous sortirons du cycle de la Barbarie pour entrer dans celui de la Civilisation.
Toute politique étatico-démocratique définit un but suprême à viser (la « justice sociale », la « grandeur nationale », etc) et use de mystifications pour y parvenir. Pour faire accepter la croissance des exceptions juridiques, chaque politique doit alors renommer la violence qu'elle instituera.
Pour ce faire, les camps politiques usent de mots-écrans qu'ils font passer pour du bon sens. Le vol se change alors en « solidarité », la contrainte en « citoyenneté » et le privilège en « intérêt général ». Ces mystifications permettent d'anesthésier la lucidité des individus, leur faisant croire qu’ils servent une entité juste et nécessaire.
L’étatisme est en réalité devenu la nouvelle religion majoritaire, avec sa foi, son culte et ses rites. L’État est ainsi présenté comme la seule entité capable de corriger les « failles » de notre nature humaine, de nous protéger et d’instaurer la paix entre les hommes. Aucun changement de fond ne sera possible sans réaliser en nombre l'ampleur de cette duperie.
Cela n'arrive que lorsqu'on en reste à des logiciels de prédation entre États. En effet, les anti-impérialistes au sens anti-américains voire antisionistes, sont souvent des impérialistes russes ou chinois, qu'ils le formulent explicitement ou non.
Ils seraient ravis d'assister à un changement d'allégeance à l'échelle mondiale, que ce soit par conviction, par réaction à d'autres positions qu'ils ne supportent pas, ou pour d'autres raisons que j'omets sans doute.
Pourtant, on peut être anti-impérialiste sans être alter-impérialiste, cela en étant anti-État tout court. Ne souhaiter aucune allégeance du tout. Mais cela suppose de changer complètement de regard sur le monde, sur la nature de l'État, sur l'individu et sur ses possibilités d'organisation.
« Le monde n'est que rapports de force ! »
Non, les États ne vivent qu'à travers le rapport de force, nuance. Nous autres humains civilisés vivons par l'échange. L'État vous a simplement fait croire que son propre ADN était une loi universelle. C'est la mystification de Hobbes : l'homme est un loup pour l'homme, et vous auriez donc besoin de l'État pour votre propre sécurité. Si le monde n'était que rapports de force, aucune société ne tiendrait dix minutes...
Quand vous entrez dans une boulangerie, vous n'usez pas du rapport de force pour obtenir votre pain. Vous ne brandissez pas d'arme. Vous ne menacez pas. C'est un échange basé sur le respect des droits de propriété. La coopération est tellement fluide et omniprésente au sein de notre vie qu'elle en devient invisible. Les criminels existent bien sûr, mais que représentent-ils face à la puissance de feu des États et à leurs méfaits ?
L'État a besoin que vous croyiez que le monde est violent par nature pour se rendre indispensable après avoir lui-même incendié la société. Il a besoin d'instaurer un climat de tension permanent à l'intérieur, voire à l'extérieur de ses frontières.
Mais être civilisé, c'est au contraire faire le choix de substituer l'argument à l'épée, et l'échange au vol. Le « pragmatique » qui nous dit que tout est fondé sur le rapport de force confond l'étatisme et le marché, tout en dévoilant qu'il n'a pas imaginé une société autrement défendue que par son pompier pyromane central.
Savez-vous pourquoi l'État ne se réduit jamais bien longtemps ? Parce que sa survie dépend de l'élargissement de son périmètre d'activité, laquelle n'est que prédation.
Contrairement à une entreprise qui doit séduire ses clients pour prospérer, l'État ne survit que par la capture de la valeur échangée entre les personnes. S'il cessait de s'étendre, il perdrait de sa force et finirait par ne plus pouvoir prétendre nous être indispensable. Le bétail fiscal finirait par réaliser l'ampleur de son indigence.
L'État doit donc constamment inventer de nouveaux "besoins" publics, de nouvelles crises à résoudre et de nouveaux périls dont lui seul pourrait nous protéger. Chaque intervention est un prétexte et une métastase.
Bien sûr, l'étatisme peut s'arrêter un instant pour reprendre son souffle et ménager son bétail. Mais il ne revient jamais en arrière de son plein gré et refuse de reculer trop longtemps. Quelque part, demander à l'État de se retirer de nos vies de lui-même, c'est comme demander à une sangsue de ne plus ponctionner le sang de son hôte.