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mai 04, 2026

Les programmes connus pour les Présidentielles 2027 !

Sommaire:

A) - Prendre la France au sérieux.

B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

 


 

A) - Prendre la France au sérieux.

En France, la saison des programmes a commencé. On peut s’en réjouir. On a trop connu de campagnes électorales présidentielles avec des programmes bâclés dans les dernières semaines, et des présidents élus sans aucune idée de ce qu’ils devraient accomplir, oubliant immédiatement les rares promesses qu’ils auraient pu faire, pour gérer au jour le jour l’ivresse de leur pouvoir nouveau, éblouis par le protocole, fascinés par les rencontres internationales, et limitant leur exercice du pouvoir interne à des nominations plus ou moins capricieuses.

Ce que j’écris là peut paraître sévère. C’est pourtant ce qui s’est passé : depuis le deuxième mandat de François Mitterrand, aucun président n’a été élu avec l’ambition de conduire des réformes importantes. Aucun n’en a fait. Même si les trois résidents encore vivants peuvent inscrire à leur actif quelques actions significatives, essentiellement dans le domaine social, dans celui des mœurs, de la flexibilité du travail et de la création d’entreprise.

 


 

Cependant, aucune transformation majeure n’a touché l’essentiel et le pays en souffre. Certes, la France a encore des atouts immenses qui en font un des pays les plus privilégiés de la planète :  une démocratie qui fonctionne, un État de droit presque parfaitement respecté, une laïcité si précieuse en ces temps difficiles, un des niveaux de vie les plus élevés du monde.

Mais, tout cela est en train de se défaire. Nos industries traditionnelles, de l’aviation à l’automobile, du luxe à l’armement, voient venir avec angoisse un tsunami chinois. Nos starts-up ont le plus grand mal à trouver les financements privés dont elles auraient besoin, faute de retraites par capitalisation. Notre système hospitalier est chancelant. Notre agriculture vacille. Notre école décline. La mobilité sociale n’est plus au rendez-vous. Un quart des Français est au bord de la pauvreté. Des centaines de milliers d’enfants sont abandonnés à l’ASE et basculent dans la prostitution. Notre balance des paiements est à peine équilibrée, voire déficitaire ; notre balance commerciale est incertaine, nous importons désormais plus de produits agricoles que nous n’en exportons. Malgré toutes les promesses, le déficit public ne descend pas au-dessous de 5% ; la dette publique atteint les 3500 milliards, soit 115% du PIB et on ne dira jamais assez qu’elle est désormais hors de contrôle.

Non pas que la France puisse être mise en défaut (elle a une capacité à lever l’impôt, et une épargne nationale qui suffisent à rassurer tous les prêteurs), mais parce que le coût du service de la dette va maintenant grignoter toutes les marges de manœuvre.

Vraisemblablement, les élections de 2027 se dérouleront dans le même aveuglement que les précédentes, car j’en reste à une constatation simple : toutes les dépenses publiques paient des salaires, des retraites et des revenus pour les détenteurs de marchés publics ; elles sont toutes des revenus pour des habitants du pays et d’abord pour les électeurs et leurs familles. Et comme elles représentent 58% du PIB, il n’est pas déraisonnable de penser que plus de la moitié des électeurs vivent des dépenses publiques.

On ne peut pas s’attendre à ce qu’ils votent contre leurs intérêts. Pas plus en 2027 qu’avant, ils ne feront rien pour réduire leurs revenus par leurs votes, quel que soit le parti qui aura leur faveur.

La dette publique continuera d’augmenter. Et les mâchoires du piège se refermeront sur la France : Si le PIB augmente de 2,5% et si le taux d’intérêt reste de 4%, la dette publique atteindra 5 580 Md€ en 2035 et la charge annuelle d’intérêts bondira de 65 Md€ à 223 Md€. Si le taux d’intérêt atteint 6%, le stock de dette dépassera les 6 000 Md€ en 2035, et la charge annuelle d’intérêts atteindra 360 Md€, soit plus de 4 fois le budget de l’Éducation nationale, plus de 7 fois celui de la Défense et 20 % du PIB français actuel. La   part des dépenses publiques dans le PIB passera de 57,2 % en 2025 à environ 61 % en 2035, essentiellement par l’explosion des charges d’intérêts. Si la croissance nominale  est plus faible (1 % à 1,5 %, ce qui est plausible avec une inflation basse et une croissance réelle atone), la part des dépenses pourrait dépasser 67 % du PIB : près des deux tiers des électeurs auront la totalité ou une partie importante de leur revenu venant des dépenses publiques. Un niveau totalement inédit en temps de paix pour la France. L’État sera alors contraint de couper massivement dans les recrutements, les retraites, les allocations, les investissements pour l’école et les hôpitaux, ce qu’aucun pouvoir démocratique ne saura faire.

Voilà ce qui nous attend impitoyablement. Car on peut discuter de tout, sauf de l’arithmétique.

Si, en 2027, comme dans toutes les élections présidentielles depuis 1981, la campagne présidentielle ne prend pas en compte très sérieusement ces enjeux, si le président élu ne propose aucune réforme de structure, si, comme dans toutes les élections présidentielles depuis 1974, il ne fait pas de la réduction des dépenses publiques un objectif central, et s’il ne se préoccupe que de l’intérêt immédiat de ses électeurs, la France sombrera.

Les réformes nécessaires sont claires : réduire massivement les retraites les plus élevées, à la fois en montant et en durée du travail. Mettre en place une retraite complémentaire significative par capitalisation et utiliser l’épargne ainsi captée pour investir dans les entreprises de pointe. Réduire significativement les diverses strates administratives. Concentrer les allocations sur les plus défavorisés. En finir avec le tiers payant généralisé et avec la gratuité de tout et n’importe quoi, qui ne profitent qu’aux riches. Augmenter les impôts indirects, et d’abord la TVA, et réduire les impôts directs de tous, sauf ceux des plus privilégiés.

Les Français seront-ils assez sages pour élire quelqu’un qui leur promettra des moments difficiles ?

 Jacques Attali 

Jacques Attali est docteur en économie, polytechnicien et conseiller d’État. Conseiller spécial du Président de la République François Mitterrand pendant 10 ans, il est le fondateur de 4 institutions internationales : Action contre la faim, Eureka, BERD, Positive Planet.

Jacques Attali est l’auteur de 86 livres (dont plus de 30 consacrés à l’analyse de l’avenir), vendus à 10 millions d’exemplaires et traduits en 22 langues. Il est éditorialiste pour les quotidiens économiques Les Échos et Nikkei après l’avoir été pour L’Express. 

Il dirige régulièrement des orchestres à travers le monde.

https://www.attali.com/finance/prendre-la-france-au-serieux/



 

B) - Programme de La France Insoumise pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe doit s’imposer comme un enjeu clé pour redonner du pouvoir aux citoyens. Cet article analyse dans quelle mesure le programme de La France insoumise (LFI), porté dans le cadre d’une éventuelle candidature de Jean-Luc Mélenchon, permet un réel impact des citoyens dans les décisions politiques, et évalue la crédibilité de ses engagements.

Où trouver le programme présidentiel 2027 de La France insoumise ?

À ce stade, La France insoumise n’a pas publié de programme présidentiel spécifique pour 2027.

En revanche, une version actualisée de son programme (2025) existe et sert de base de travail. Elle s’inscrit dans la continuité des campagnes précédentes, notamment celles de 2017 et 2022.

Ce programme comprend plus de 800 mesures et couvre un large éventail de politiques publiques.

Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?

La France insoumise défend une transformation institutionnelle importante, centrée sur la mise en place d’une 6ᵉ République.

 Ce qui est proposé

  • Réécriture de la Constitution via une assemblée constituante
  • Participation citoyenne à ce processus constituant
  • Référendum obligatoire envisagé pour certaines décisions, notamment constitutionnelles

Ces éléments traduisent une volonté de refondation démocratique.

Mais plusieurs limites apparaissent

 Absence de RIC constituant (référendum d’initiative citoyenne permettant de modifier la Constitution) dans la version 2025 Pouvoir d’initiative directe des citoyens limité une fois les institutions mises en place Aucune garantie que la future Constitution inclura des outils forts de démocratie directe

En pratique, la logique repose sur un moment fondateur (la constituante), dont l’issue reste incertaine, plutôt que sur des mécanismes permanents donnant le pouvoir aux citoyens.

Selon quel calendrier La France insoumise s’engage à appliquer la démocratie directe ?

À ce jour, aucun calendrier précis n’est défini.

Malgré un programme très détaillé, il n’est pas indiqué :

  • quand la constituante serait lancée ;
  • dans quels délais les nouvelles institutions seraient mises en place ;
  • ni quelles mesures seraient prioritaires.

Cette absence de calendrier rend difficile l’évaluation de la faisabilité et de la priorité réelle de la démocratie directe dans le projet.

La France insoumise est-elle prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?

Aucun engagement contraignant de ce type n’a été formulé par La France insoumise.

 Les propositions restent programmatiques :

  • sans mécanisme de garantie ;
  • sans engagement personnel contraignant.

Dans un contexte de défiance politique, l’absence de tels dispositifs peut limiter la crédibilité des engagements.

La France insoumise s’est-elle déjà significativement impliquée pour faire avancer la démocratie directe en France ?

La France insoumise a pris certaines initiatives, mais avec des limites importantes.

 Ce qui a été fait

  • Dépôt à deux reprises de propositions de loi visant à instaurer un RIC constituant (notamment sous l’impulsion de mobilisations citoyennes)

 Mais dans les faits :

  • ces propositions n’ont jamais été inscrites dans leur niche parlementaire (malgré les mobilisations citoyennes en ce sens) ;
  • elles n’ont donc pas été réellement mises en débat.

Par ailleurs :

  • la communication du mouvement reste centrée sur la 6ᵉ République ;
  • les outils concrets de démocratie directe sont peu détaillés.

Cela montre une volonté de transformation institutionnelle, mais sans stratégie claire pour installer durablement un pouvoir citoyen direct après la phase constituante.

L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer La France insoumise sur ces sujets !

Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

Découvrez notre comparatif:

Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses. Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays fonctionnant mieux que le notre ?
Ce comparatif vous propose de regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions. 

 https://solutiondemocratique.fr/comparatif-candidats-programme-elections-presidentielles-france-2027/

https://solutiondemocratique.fr/programme-lfi-2027/

 


 

C) - Programme du Rassemblement National pour 2027 : quelle place pour la démocratie ?

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la démocratie directe doit s’imposee comme un enjeu central pour redonner du pouvoir aux citoyens. Cet article analyse les positions du Rassemblement national (RN), dans le cadre d’une éventuelle candidature portée par Marine Le Pen ou Jordan Bardella, et évalue dans quelle mesure leur projet permet un véritable contrôle des institutions par les citoyens.

Où trouver le programme présidentiel 2027 du Rassemblement national ?

À ce jour, aucun programme officiel détaillé pour l’élection présidentielle de 2027 n’a été publié par le Rassemblement national.

Pour analyser sa position, il faut donc s’appuyer sur :

  • le programme présidentiel 2022 ;
  • les propositions portées lors des élections législatives 2024 ;
  • les prises de parole publiques de ses dirigeants

Cela signifie que l’analyse repose sur des éléments indirects, et non sur un projet structuré spécifiquement pour 2027.

https://rassemblementnational.fr/documents/202406-programme.pdf

Que peut-on lire sur la démocratie directe dans son programme ?

Le Rassemblement national défend depuis plusieurs années l’idée de recourir davantage au référendum, mais dans un cadre limité.

Ce qui est proposé

  • Mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) législatif
  • Possibilité de consulter les Français par référendum sur certains sujets
  • Référendum obligatoire envisagé pour les réformes constitutionnelles

Ces propositions vont dans le sens d’un recours plus fréquent au vote des citoyens.

Mais plusieurs limites importantes apparaissent.

 Absence de RIC constituant : les citoyens ne pourraient pas modifier directement la Constitution eux-mêmes.

 Modalités floues :

  • aucun détail précis sur les seuils de déclenchement ;
  • aucune précision sur les conditions de validation ou de contrôle.

 Absence de traduction législative : aucune proposition de loi structurante déposée ces dernières années pour concrétiser ces mesures

Selon quel calendrier le Rassemblement national s’engage à appliquer la démocratie directe ?

Aucun calendrier précis n’a été communiqué.

 Cela signifie :

  • aucune échéance claire ;
  • aucune priorisation des mesures ;
  • aucune garantie de mise en œuvre rapide.

Dans l’analyse politique, l’absence de calendrier est un indicateur important : elle rend difficile l’évaluation du caractère opérationnel des propositions.

Le Rassemblement national est-il prêt à s’engager sur tous ses biens devant notaire pour respecter cet engagement pour 2027 ?

À ce jour, aucun engagement public de ce type n’a été formulé par le Rassemblement national ou ses représentants.

Concrètement :

  • aucun mécanisme contraignant n’est proposé ;
  • aucune garantie forte n’est donnée aux citoyens.

Dans un contexte de défiance politique, ce type d’engagement pourrait pourtant renforcer significativement la crédibilité des propositions.

Le Rassemblement national s’est-il déjà significativement impliqué pour faire avancer la démocratie directe en France ?

Le Rassemblement national évoque régulièrement le référendum dans ses discours, mais son implication concrète reste limitée.

Ce qui existe :

  • une communication régulière en faveur du recours au référendum ;
  • une volonté affichée de consulter davantage les citoyens.

 Mais dans les faits

  • aucune proposition de loi pour instaurer un RIC constituant ;
  • peu d’initiatives parlementaires structurantes sur la démocratie directe ;
  • absence de stratégie claire pour donner un pouvoir continu aux citoyens.

Cela suggère que la démocratie directe n’est pas aujourd’hui un axe prioritaire structuré du mouvement.

L’équipe de Solution Démocratique se tient disponible pour interviewer le Rassemblement national sur ces sujets (comme tous les autres candidats et partis, sans exception) !

 

 

D) - Et les autres candidats et partis à l’élection présidentielle 2027 ?

Découvrez notre comparatif:

Comparatif des candidats et programmes à l’élection présidentielle en France de 2027

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, vous serez confronté à une multitude de programmes et de promesses. Mais comment savoir lesquels offrent réellement les conditions d’un changement durable, réaliste, qui s’appuie sur l’expérience des pays fonctionnant mieux que le notre ?
Ce comparatif vous propose de regarder au-delà des annonces pour vous concentrer sur un critère souvent sous-estimé : la qualité démocratique des propositions. 

Pourquoi un comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?

Solution Démocratique fait campagne en 2027 pour rendre possible une véritable transition démocratique en France. Avec ce comparateur, nos objectifs sont donc principalement :

  • d’encourager les Français et Françaises pour qui la démocratie est un thème important de tout programme à aller voter à la présidentielle 2027 (des études montrent que le fait d’être exposé à certains types de comparateurs augmente le taux de participation aux élections)  ;
  • aider à identifier les candidats dont le programme et les engagements pris garantissent le plus un vrai changement démocratique positif pour la France ;
  • inciter les candidats à s’engager sur ce thème.

Il est important selon nous de se focaliser sur l’aspect démocratique des programmes. C’est en effet l’élément central pour imaginer de vrais changements sur tous les autres aspects (économiques, environnementaux, sécurité, etc.).

Source des études mentionnées : Munzert, S., & Ramirez-Ruiz, S. (2021). Meta-Analysis of the Effects of Voting Advice Applications. Political Communication, 38(6), 691–706. https://doi.org/10.1080/10584609.2020.1843572


3 bonnes raisons de comparer les programme sur leur valeur démocratique

Peut-être que pour vous, ce qui compte le plus, c’est ce que le futur président va faire pour le pouvoir d’achat, contre la dette, pour l’environnement ou encore sur l’immigration ou la santé.

Il y a cependant au moins 3 bonnes raisons de choisir la démocratie directe comme principal critère comparatif des programmes. Et cela même pour les personnes qui, peut-être comme vous, ne le placeraient pas spontanément comme critère primordial.

1 – Les promesses n’engagent que ceux qui y croient

Rien n’oblige un président de la République à tenir ses promesses de campagne. Ceci est particulièrement vrai lorsque ces promesses :

  • sont nombreuses : il est alors facile de mettre en avant celles honorées et de mettre les autres sous le tapis.
  • Impliquent pour être réalisées d’autres représentants que le président de la République.

C’est pourquoi il est bon pour les citoyens de pouvoir rectifier le tir en cas de promesses non tenues.

2 – La démocratie directe pour mieux s’adapter aux imprévus

En 5 ans, il peut s’en passer des choses. Admettons que le Président tente d’appliquer à la lettre ce qu’il s’est engagé à faire dans son programme, dans tous les domaines. Ce dès son entrée au pouvoir. Mais il va être confronté à plusieurs problèmes :

  • il n’aura pas forcément l’appui d’assez d’autres parlementaires (députés et sénateurs) pour mettre en place tout ce qu’il souhaite ;
  • certaines choses qu’il voulait mettre en place vont s’avérer inefficaces ou ne pas produire les effets escomptés ;
  • d’autres priorités vont apparaître au cours du mandat à cause d’événements imprévisibles lorsque le programme a été établi (comme l’épidémie à la Covid-19).

Il va alors falloir qu’il redéfinisse des priorités en cours de mandat, qu’il abandonne certains projets au profit d’autres. Malheureusement, il ne peut pas avoir une expertise dans tous les domaines. Il va donc peut-être rechercher l’expertise de quelques personnes afin d’élaborer de nouveaux plans.

S’il a mis en place dès son entrée au pouvoir des modalités de fonctionnement beaucoup plus démocratiques, les choses se passeront bien autrement. Ce sont les citoyens, les élus locaux, les experts, les personnes engagées dans la vie associative qui vont directement suggérer de nouveaux projets plus pertinents (via l’initiative citoyenne). La pertinence de ces projets sera évaluée non pas par quelques représentants, mais par un grand nombre de citoyens (via un RIC). Cela augmente les choses que des projets plus pertinents voient le jour.

Des modalités de fonctionnement plus démocratiques incitent également les élus à :

  • mieux respecter leurs programmes, leurs engagements ;
  • prendre de meilleurs décisions puisqu’ils ont plus peur des réactions des citoyens.

3 – Des indicateurs objectifs existent

Le fonctionnement plus ou moins démocratique d’un pays est quelque chose de bien étudié en sciences politiques. Il est possible de trouver des critères pour comparer des programmes par rapport au cadre démocratique qu’ils proposent.

Comment réalisons-nous ce comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 ?

Nous suivons une méthode rigoureuse pour établir et mettre à jour ce comparatif de programmes pour la présidentielle 2027. Nous vous l’indiquons pour que vous puissiez vous faire votre propre avis sur sa qualité.

  1. Identification de tous les candidats qui se sont déclarés comme se présentant à l’élection présidentielle et qui sont listés sur la page Wikipédia dédiée (ou annonce publique dans des médias nationaux ou la presse quotidienne régionale), ou pressentis.
  2. Recherche du programme de chaque candidat. Le moteur de recherche Google est utilisé avec les mots clés suivant : « programme + prénom/nom du candidat ou nom du parti + présidentielle 2027 ». Consultation des 10 premières pages de résultat Google pour trouver la plus pertinente.
  3. Exploration de la principale page synthétique du programme. Les mots démocratie, pouvoir ou référendum d’initiative citoyenne (RIC) sont-ils utilisés ?
  4. Si oui, un RIC est-il proposé ? Pour répondre à cette question, nous explorons toute la documentation accessible par internet relative au programme du candidat. Même chose pour établir s’il s’agit d’un RIC constituant (permettant de modifier la Constitution française), et s’il est obligatoire d’organiser un référendum pour toute modification de la Constitution. Idéalement, une proposition de loi constitutionnelle rédigée doit être disponible, car le diable est dans les détails.
  5. Enfin, quelle est la crédibilité du candidat ? Quel degré de certitude peut-on avoir pour qu’il tienne ses engagements ? Est-il prêt à s’engager sur ses biens pour appliquer son programme et respecter ses promesses de campagne ?

 

Notre comparatif des programmes pour la présidentielle 2027 à jour

Abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer de nos mises à jour ! Nous interviewons également sur le sujet de la démocratie tous les candidats à l’élection présidentielle 2027 en direct sur YouTube tous les dimanches soirs 20h30 (rediffusion dès le lendemain sur Spotify, Apple Podcast, YouTube).

Dernière mise à jour : 2 mai 2026. Écrivez-nous pour signaler toute erreur.

Comparatif des programmes : vue d’ensemble

Clara Egger 2027 (Solution Démocratique)

Clara Egger était la candidate d’Espoir RIC en 2022, le mouvement citoyen dont est originaire Solution Démocratique. C’est notre candidate pressentie pour 2027.


 

Elle est prête à s’engager sur tous ses biens devant notaire à suivre à la lettre notre calendrier si elle obtient les 500 parrainages pour accéder au premier tour de la présidentielle.

Depuis 2019, elle écrit des ouvrages et intervient dans de nombreux médias pour promouvoir l’instauration du RIC constituant en France.

François Asselineau 2027 (Union populaire républicaine, UPR)

Malgré nos nombreuses prises de contact ces dernières années, M. Asselineau a jusqu’à présent toujours refusé :

  • de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
  • de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.

Dans le programme de 2022 le RIC est relégué à la 32ème place. Il n’y est pas précisé si les Français auront l’initiative citoyenne sur la constitution, et le droit de voter par référendum toute modification de cette dernière.

https://upr.fr/wp-content/uploads/2011/01/Programme-Francois-Asselineau-legislatif-2017.pdf

Article complet sur le programme 2027 de François Asselineau

Clémentine Autain 2027 (L’après)

Clémentine Autain a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par Mme Autain (ici).

Article complet sur le programme 2027 de Clémentine Autain

Xavier Bertrand 2027 (Nous France)

M. Bertrand, député sous 4 légilatures puis ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

En 2019, il s’est prononcé contre certaines formes de RIC et pour le maintien d’un RIP avec un seuil abaissé de signatures (mais en conservant un seuil de signataires parlementaires nécessaires) (source : France 24).

Son programme sur le site de son parti Nous France n’évoque l’importe la souveraineté populaire, la démocratie directe.

Article complet sur le programme 2027 de Xavier Bertrand

Nicolas Dupont-Aignan 2027 (Debout la France, DLF)

M. Dupont-Aignan a cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516 déposée en 2021 par Jean Lassalle mais n’a pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Dupont-Aignant était encore député.


 

Dans son programme actualisé pour 2027, il évoque :

 Mention du Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) Référendum obligatoire pour les révisions constitutionnelles Proposition de RIC Constituant non publiée Calendrier de mise en place non publié

En période électorale, suite au lobbying de nos militants, il s’est prononcé favorable au RIC constituant. Il n’a cependant jamais relayé auprès de son audience les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale sur le RIC constituant, malgré nos sollicitations.

Article complet sur le programme présidentiel 2027 de Nicolas Dupont-Aignan

 

Marine Le Pen 2027 (Rassemblement national, RN)

Mme Le Pen s’est à notre connaissance toujours prononcée contre le RIC constituant, promouvant uniquement le RIC législatif (voir par exemple cet article de CNews de 2022). Le RN avait a son programme des législatives 2024 le référendum obligatoire pour la constitution, mais n’a jamais déposé de proposition de loi à ce sujet.

https://rassemblementnational.fr/documents/202406-programme.pdf

Voir l’article complet sur le programme présidentielle 2027 de Marine Le Pen

David Lisnard 2027 (Nouvelle énergie)

À notre connaissance M. Lisnard ne s’est jamais investi ou prononcé favorablement ou non en faveur du RIC constituant ou du référendum obligatoire pour la Constitution. Il promeut en revanche le deuxième axe du programme de Solution Démocratique, la décentralisation par le bas où subsidiarité ascendante (voir par exemple ici), bien qu’il n’ait pas proposé dans son programme une proposition de loi précise et un calendrier définit de mise en place.

https://www.unenouvelleenergie.fr/notre-programme/

Voir l’article complet sur le programme de David Lisnard pour 2027.

Édouard Philippe 2027 (Horizons)

M. Philippe, député sous une législature puis ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

À notre connaissance il s’est toujours prononcé contre le référendum d’initiative citoyenne, privilégiant le RIP (voir par exemple sur Europe 1 ou Le Monde).

Article complet sur le programme 2027 d’Édouard Philippe.

François Ruffin 2027 (Debout !)

François Ruffin a signé une des 2 propositions de loi pour le RIC constituant déposée par le député LFI Jean-François Coulomme suite à notre lobbying citoyen (n°1900), la dernière en date étant la n°722, non signée par M. Ruffin (ici).

Il n’a cependant à notre connaissance jamais partagé dans ses réseaux les pétitions enregistrées sur le site de l’Assemblée nationale pour le RIC constituant et le référendum obligatoire.

Le programme de Picardit (ici) mentionne de façon vague le RIC et la souveraineté populaire mais sans s’engager de manière précise et concrète sur le sujet (proposition de loi, référendum obligatoire pour toute modification de la constitution, initiative citoyenne y compris pour modifier la constitution).

Voir l’article complet consacré à François Ruffin, la démocratie directe et la présidentielle 2027

Laurent Wauquiez 2027 (Les Républicains)

M. Wauquiez n’a pas cosigné la proposition de loi pour le RIC constituant n°722 déposée par Jean-François Coulomme en 2024 alors que M. Wauquiez était député.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet sur le programme 2027 de Laurent Wauquiez

Bruno Retailleau 2027 (Les Républicains)

En 2018, au cours des mouvements des Gilets-Jaunes :

A droite, le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, s’est dit « favorable » au référendum d’initiative citoyenne, sur « des grands sujets », afin d’« équilibrer notre démocratie représentative », mais cette mesure devra être « encadré[e] », a-t-il précisé sur LCI mardi, tout en rappelant que le référendum est « une tradition de la Ve République ». (source)

En 2019, il affirme :

Je pense que la démocratie directe peut amener beaucoup de violence. (source)

En 2026 :

Bruno Retailleau, qui fait partie des défenseurs d’une telle réforme, a indiqué, il y a quelques jours, vouloir consulter les Français pour « réduire drastiquement l’immigration, engager une véritable révolution de notre justice pénale, et redonner la primauté à notre droit national ». (source)

Au regard de ces déclarations, la position de Bruno Retailleau apparaît la suivante : il accepte le référendum à condition qu’il reste contrôlé et limité à certains sujets définis par le pouvoir. Sa méfiance exprimée en 2019 montre qu’il ne considère pas la démocratie directe comme un pilier du système politique, mais plutôt comme un outil à manier avec prudence. Enfin, ses propositions récentes confirment une logique de consultation descendante, où l’initiative reste gouvernementale.

 En résumé, il défend davantage un référendum d’encadrement politique qu’une véritable initiative citoyenne autonome.

https://republicains.fr/wp-content/uploads/2025/11/2019-10-02-lR-charte-principes-fondamentaux.pdf

Voir l’article complet sur le programme présidentienne 2027 de Bruno Retailleau pour la démocratie.

Juan Branco 2027 (La Ruche)

Malgré nos nombreuses prises de contact, M. Branco a jusqu’à présent toujours refusé :

  • de relayer les pétitions déposées sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire et le RIC constituant ;
  • de débattre avec nos experts Clara Egger ou Raul Magni Berton.

Son programme propose des RIC sans qu’aucune proposition de loi ne soit formulée. Il n’est pas dit que seuls les citoyens pourront modifier la Constitution par référendum.

De plus :

  • p70 de « Comment fabriquer une guillotine », Juan Branco s’accorde le droit de mettre un véto présidentiel sur chaque référendum ;
  • p8 de « Le Projet » en petit et bas de page, il est écrit « ou en cas de mise en jeu de son véto ».

Article complet sur le programme 2027 de Juan Branco.

Jean Lassalle 2027 (Résistons !)

Suite à notre lobbying citoyen, Jean Lassalle a déposé en 2021 la proposition de loi pour le RIC constituant n°4516 . Il n’a cependant pas soutenu la PPL n°1900 pour le RIC constituant déposée par Jean-François Coulomme en 2021 alors que M. Lassalle était encore député.


 

Lors de la présidentielle 2022, sous les actions combinées d’Espoir RIC et de son équipe de campagne, Jean Lassalle inscrit en numéro 1 le RIC constituant dans son programme juste avant le premier tour. Ces mêmes actions le conduisent aussi à s’engager chez un notaire à léguer tous ses biens au cas où il ne respecterait pas son engagement.

M. Lassalle ne s’est pas encore engagé à le refaire potentiellement pour 2027, au cas où il obtiendrait les 500 parrainages.

Voir l’article complet sur Jean Lassalle et la présidentielle 2027

Eric Zemmour (Reconquête)

M. Zemmour a inscrit dans son programme le référendum obligatoire pour toute modification de la Constitution.

Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux uniquement.

De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme, il ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire.

Article complet sur le programme 2027 d’Éric Zemmour

Sarah Knafo (Reconquête)

Le parti de Sarah Knafo a inscrit dans son programme le référendum obligatoire pour toute modification de la Constitution.

Il ne propose cependant pas que les citoyens puissent lancer des référendums : il laisse cette possibilité aux représentants nationaux uniquement.

De plus, même si le référendum obligatoire figure dans son programme, elle ne prend jamais la parole à ce sujet (ou de manière anecdotique) et Reconquête (malgré nos sollicitations) n’a jamais relayé notre pétition enregistrée sur le site de l’Assemblée nationale pour le référendum obligatoire.

Interviewée par le podcasteur Matthieu Stefani lors de sa campagne pour l’élection municipale 2026 à Paris, elle évoque l’importance de s’inspirer du système politique suisse pour l’échelon municipal. Ce sujet revient cependant très peu dans ses communications publiques pourtant très régulières.

Similaire de Paris: https://www.ifrap.org/sites/default/files/documents/2026-02/programme-sarah-knafo-paris-2026_4.pdf

Article complet sur le programme 2027 de Sarah Knafo

Dominique de Villepin (La France humaniste)

M. de Villepin a lancé en juin 2025 un nouveau parti politique, La France humaniste. À notre connaissance, il ne s’est jamais déclaré favorable à donner aux citoyens français le contrôle de leur système politique et n’a jamais rien fait en ce sens au cours de ses précédents mandats.

https://lafrancehumaniste.fr/

Article complet sur le programme 2027 de Dominique de Villepin.

Ségolène Royal (Parti Socialiste)

Mme Royal, qui a été députée et ministre, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant.

Article complet sur le programme 2027 de Ségolène Royal

Marine Tondelier (Écologistes)

Mme Tondelier, qui a été députée, n’a jamais proposé ou soutenu de proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant, bien que son groupe parlementaire d’appartenance (Les Écologistes) ait déposé une telle proposition de loi en novembre 2025 (PPL n°2081).

Article complet sur le programme 2027 de Marine Tondelier

Jean-Luc Mélenchon (LFI)

Le groupe parlementaire LFI a déposé à 2 reprises une proposition de loi visant l’instauration du RIC constituant mais n’a jamais souhaité faire passer cette proposition de loi dans sa niche parlementaire. Dans la version 2025 du programme LFI, le référendum obligatoire est inclus, mais pas l’initiative citoyenne sur la constitution (voir ici). De plus, aucun calendrier précis d’instauration une fois le candidat au pouvoir est donné pour les plus de 800 mesures proposées.

Article complet sur le programme 2027 de LFI

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

À notre connaissance elle ne s’est jamais prononcée favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet consacré à la candidature de Nathalie Arthaud à l’élection présidentielle 2027.

Jérôme Guedj (PS)

Groupe politique s’exprimant peu sur la démocratie directe. Certains députés ont cosigné une proposition de loi pour le RIC constituant, d’autres se sont prononcés contre en Commission des lois lors de l’examen de pétitions.

Voir l’article complet sur le programme présidentielle 2027 de Jérôme Guedj

Delphine Batho (Génération Écologie)

À notre connaissance elle ne s’est jamais prononcée favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

Article complet consacré à Delphine Batho et l’élection présidentielle 2027

Lydie Massard (Union démocratique bretonne)

Candidate pour la primaire de la gauche.

En 2024, elle déclare dans une tribune souhaiter :

Rendre l’autonomie aux régions, réformer la fiscalité pour les collectivités, donner du pouvoir aux élus locaux et, surtout, rapprocher les décisions des citoyens. (source)

Dans son discours d’annonce de candidature sur sa page Facebook, elle insiste particulièrement sur la facette fédérale.

Elle n’a pas formalisé à notre connaissance de texte de loi précis.

Article complet consacré à Lydie Massard pour la présidentielle 2027

Gabriel Attal (Renaissance / Ensemble pour la république)

Depuis que Solution Démocratique existe (2024), le groupe politique auquel appartient Gabriel Attal est le seul représenté à l’assemblée n’ayant jamais accepté sur les sujets démocratiques avec nous, malgré nos multiples sollicitations auprès de députés et sénateurs.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution. En tant que député, il n’a jamais non plus déposé ou cosigné de proposition de loi à ce sujet.

Article complet sur le programme 2027 de Gabriel Attal

Raphaël Glucksmann (Place Publique)

Parmi les 10 priorités listées par Place Publique (ici), aucune ne vise à donner plus de marge de manoeuvre aux citoyens ou aux communes.

À notre connaissance il ne s’est jamais prononcé favorable au RIC constituant ou au référendum obligatoire pour la constitution.

https://place-publique.eu/wp-content/uploads/2022/06/circulaire-MB.pdf

Article complet sur le programme 2027 de Raphaël Glucksmann


avril 20, 2026

Les nouvelles internes de FRANCE !

Sommaire:

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ? 

C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

 


 

A) - « Il faut foutre en l’air ce système complètement ! » : Un Gilet Jaune cash sur Tocsin

Dans une interview explosive diffusée ce vendredi 17 avril 2026 sur la chaîne Tocsin, Christophe Morel, figure historique des Gilets Jaunes, revient sans filtre sur l’état du mouvement et la crise profonde que traverse la France. Face à l’animateur, il martèle un message clair : 

les Gilets Jaunes n’ont pas disparu, ils se sont transformés, et le système tout entier doit être remis en cause.

Les Gilets Jaunes : toujours là, mais plus discrets

Interrogé sur l’atmosphère du mouvement et les appels à une nouvelle mobilisation (notamment dans le Nord ce week-end), Christophe Morel explique que les Gilets Jaunes sont loin d’être morts. Si les grandes manifestations de 2018-2019 ont diminué en nombre, le mouvement perdure sous des formes plus décentralisées :

« Juste parce qu’on ne parle plus d’un mouvement, ça ne veut pas dire que ce mouvement n’existe plus. »

Il cite les dizaines de ronds-points encore occupés, les associations, les collectifs et même un syndicat des Gilets Jaunes. La répression passée a poussé le mouvement à devenir plus discret, mais il reste très actif sur le terrain et sur les réseaux sociaux. « Les Gilets Jaunes sont bel et bien sur les ronds-points », insiste-t-il.

Soutien total aux combats du quotidien

L’interview bascule ensuite sur les images en direct de la ferme Soulet en Ariège, où des citoyens protestent contre la vaccination obligatoire des animaux. Christophe Morel apporte un soutien sans équivoque :

« Les Gilets Jaunes ont cette particularité… d’être du côté de toutes les luttes pour la justice, la dignité, le bien commun de tous et contre tous les abus d’autorité de cette oligarchie. »

Le Gilet Jaune devient pour lui un symbole universel : contre l’injustice, l’inégalité et l’autoritarisme.

Un système « non viable » et condamné d’avance

Christophe Morel pointe du doigt l’explosion des prix du carburant – passé de 1,547 € en 2018 à 2,23 € aujourd’hui – comme symptôme d’un mal plus profond :

« La hausse des prix du carburant est une conséquence d’un système non viable… condamné dès sa conception. »

Pour lui, les Gilets Jaunes ne se contentent pas de protester contre un symptôme : ils contestent le système à sa racine. Il appelle à une « émancipation populaire » et à une refondation profonde de la gouvernance.

Appel à l’union populaire : « La solution est politique au sens noble »

Au-delà des luttes corporatistes ou partisanes, Christophe Morel plaide pour une « coagulation populaire » qui rassemble toutes les professions ainsi que les chômeurs, les sans-abri et les citoyens ordinaires :

« La lutte ne doit pas être partisane… elle doit être faite pour tout le monde. Nous avons besoin de prendre du recul sur tout ça et de chercher vraiment une solution collective. »

Il cite l’exemple de l’Irlande pour montrer que d’autres peuples ont su reprendre leur souveraineté. Pour lui, la réponse ne peut être que politique, au sens le plus noble du terme : remettre le pouvoir entre les mains du peuple.

Où retrouver les Gilets Jaunes ?

Christophe Morel donne des points de rendez-vous concrets : le rond-point du parapluie à Grande-Synthe, des actions à Paris, Besançon et bien d’autres, relayés sur les réseaux sociaux et les médias indépendants.

En conclusion, cette intervention cash sur *Tocsin* sonne comme un rappel : les Gilets Jaunes de 2018 n’ont pas été vaincus, ils ont muté. Face à une France qui s’enfonce dans la misère sociale et l’autoritarisme, ils incarnent toujours cette révolte populaire qui refuse de mourir.

Le message est limpide : il faut « foutre en l’air ce système complètement » et reconstruire ensemble.

https://multipol360.com/il-faut-foutre-en-lair-ce-systeme-completement-un-gilet-jaune-cash-sur-tocsin/ 

 


 

B) -  Carburant : la colère des artisans explose, le 2 mai pourrait-il être le déclencheur d’une nouvelle vague populaire ?  

Dans la « Matinale Tocsin » du 17 avril 2026, l’ambiance était électrique. Face à Nicolas Vidal, deux voix du terrain – David Lequent, patron pêcheur artisan et président de l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), et Fabien Diaz, responsable du syndicat Art Taxi 32 dans le Gers – ont dressé un tableau sans filtre de l’exaspération qui monte dans les petites entreprises françaises. Le carburant qui flambe, les taxes qui étranglent, l’État accusé de remplir ses caisses pendant que les artisans coulent : le constat est clair, et le ton est celui d’une période pré-révolutionnaire.

Une mobilisation nationale fixée au 2 mai… mais déjà sabotée ?

David Lequent a lancé l’appel : une grande journée de rassemblement à Paris le 2 mai, au Trocadéro, ouverte à toutes les corporations touchées (pêcheurs, taxis, ambulanciers, agriculteurs, transporteurs, citoyens lambda). Objectif affiché : faire pression sur le gouvernement face à la crise du gazole et de l’énergie fossile, dont les prix ont explosé ces dernières semaines.

Mais dès l’annonce, l’administration a répondu par une mesure inédite : la préfecture exige une caution de 10 millions d’euros pour autoriser le rassemblement place du Trocadéro, au motif de la présence de bâtiments anciens. « Jamais vu ça », s’étonne David Lequent. « On n’a pas demandé ça à la CGT ni à FO. » Face à cette « aberration », le lieu devra être changé. Pour les organisateurs, le message est limpide : l’État a peur de ce qui pourrait se passer.

Fabien Diaz, lui, préfère une autre stratégie : des actions décentralisées devant les mairies et préfectures partout en France. « Il faut éviter de donner du grain à moudre à la milice », explique-t-il, en référence aux débordements souvent provoqués ou instrumentalisés par les forces de l’ordre lors des grands rassemblements parisiens. Il annonce déjà une réunion publique ouverte à tous dans le Gers avec députés et sénateurs pour les mettre face à leurs contradictions sur les taxes carburant.

Le seuil de rentabilité franchi : les bateaux restent au port

Pour les pêcheurs artisans, le chiffre est implacable : le seuil de rentabilité du gazole est à 60 centimes le litre. Au-delà, c’est le gouffre.

« On va pêcher juste pour payer le carburant, sans salaire pour l’équipage ni pour l’armement »

témoigne David Lequent. Résultat : de plus en plus de bateaux restent à quai, des ports se mobilisent localement, et la filière – déjà laminée par les quotas, les aires marines protégées et les réglementations successives – voit ses effectifs fondre.

Même son de cloche chez les taxis et les petites entreprises :

« L’État n’est plus là pour nous protéger, il a une volonté de nous tuer »,

lance Fabien Diaz. Il parle d’ubérisation de la société : disparition progressive des artisans au profit des grands groupes, liquidations judiciaires qui s’enchaînent chaque jour.

280 millions d’euros de surplus de taxes… et rien pour les Français

Les deux invités pointent du doigt le même paradoxe : l’État perçoit des surplus records grâce à la hausse des carburants (280 millions d’euros récemment cités), mais refuse tout plafonnement des prix ou baisse des taxes. « C’est du racket pur et simple », résume David Lequent. « On donne à l’économie française, et en cas de coup dur, cet argent ne nous revient pas. »

Ils rappellent que la France est l’un des rares pays européens à ne rien faire pour soulager ses citoyens et ses entreprises. Pendant ce temps, la mayonnaise monte dans tous les secteurs : pêche, taxis, ambulances, agriculture, transport routier.

Un spectre irlandais et le souvenir des Gilets Jaunes

David Lequent n’hésite pas à évoquer le spectre de la révolution irlandaise qui « flotte sur l’État français ». Il rappelle comment, en Irlande, des réunions publiques locales ont débouché sur une mobilisation spontanée massive à Dublin en quelques jours. « Si l’État ne réagit pas, la France peut s’embraser », prévient-il.

Pour beaucoup d’observateurs, cette colère multi-corporations rappelle les prémices des Gilets Jaunes en 2018 – un mouvement né exactement de la même étincelle : la hausse du carburant et le sentiment d’abandon des territoires et des petites gens. Les Gilets Jaunes auraient-ils été, en réalité, un galop d’essai ? Une répétition générale avant une mobilisation plus large, plus structurée, qui cette fois-ci regroupe déjà les professions les plus exposées et ne se limite plus à un seul symbole ?

Les deux invités le sentent : le peuple est à bout. « On demande qu’à bosser tranquillement, faire vivre nos familles », martèlent-ils. Mais si rien ne change, « le citoyen, le peuple va dire stop ».

La balle est dans le camp du gouvernement

À quelques jours du 2 mai, le message est lancé : plus on sera nombreux, plus la pression sera forte. David Lequent appelle tous les marins-pêcheurs, toutes les entreprises impactées et tous les citoyens à converger vers la capitale. Fabien Diaz mise sur l’essaimage local et les confrontations directes avec les élus.

L’État est prévenu. Entre une caution jugée provocatrice, un refus obstiné de plafonner les prix et une exaspération qui traverse tous les métiers, la France des artisans et des territoires semble entrée dans une véritable période pré-révolutionnaire. Les Gilets Jaunes n’étaient peut-être que le premier acte. Le deuxième pourrait s’écrire dès le 2 mai… si le gouvernement continue de faire la sourde oreille.

https://multipol360.com/carburant-la-colere-des-artisans-explose-le-2-mai-pourrait-il-etre-le-declencheur-dune-nouvelle-vague-populaire/

 


C) -  Voilement des enfants ou quand l’État ne veut pas choisir

Il est intellectuellement paresseux d’aborder la question du voilement des enfants sous un angle strictement laïque. Il ne s’agit ni d’expliquer aux jeunes filles qui portent le voile qu’elles menaceraient le vivre-ensemble républicain, comme l’a affirmé le ministre Laurent Nuñez lors de la rupture du jeûne le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris, ni de débattre d’une pratique religieuse. Il est ici question de droits liés à la protection de l’enfance.

Si l’on se penche sur la charia et le fiqh islamique, le voile ne protège pas les petites filles de la sexualisation. Il les y fait entrer. Dans la logique des interprétations liées à la sourate 33, verset 59, le voile est présenté comme un signe permettant une distinction morale et statutaire entre les corps féminins. On apprend aux jeunes filles dès le plus jeune âge à adapter leur corps au regard masculin.

En parallèle, dans la sourate 65, verset 4, on peut lire la phrase « de même pour celles qui n’ont pas encore de règles », comprise par de nombreux exégètes et juristes sunnites comme incluant les jeunes filles avant leurs premières règles. Ces interprétations montrent que le texte prévoit juridiquement des prépubères dans le cadre du mariage et de sa dissolution.

Autrement dit, le voile sexualise les petites filles. Il les inscrit dans une logique où leur corps doit être caché, protégé et contrôlé. Elles deviennent ainsi responsables du regard des hommes.

Quant au droit à la liberté de conscience, protégé par la CIDE, il est souvent confondu avec l’imposition de la religion des parents. L’État reste pourtant garant de ce droit, alors même que l’enjeu réel du voilement des enfants réside dans la pression religieuse et la sexualisation précoce. Il lui revient donc de protéger l’enfance contre toute forme de maltraitance, y compris celles liées aux abus religieux. En tout état de cause, instrumentaliser des enfants ne fera pas avancer le prétendu « combat contre l’islam politique ».

La récente polémique autour des propos de Laurent Nuñez sur le voilement des enfants met en lumière une contradiction profonde dans la manière dont l’État appréhende la question religieuse, et en particulier l’islam. D’un côté, une volonté affichée de fermeté face à l’islamisme et aux logiques séparatistes. De l’autre, un discours qui tend à éviter toute conflictualité avec certaines pratiques religieuses, y compris lorsqu’elles concernent des mineures.

Cette tension est d’autant plus forte que la séquence se déroule à la Grande Mosquée de Paris, institution historiquement structurée par l’influence algérienne en France. Dès lors, la parole ministérielle s’inscrit dans un environnement diplomatique et communautaire sensible.

Ce contexte est renforcé par les fortes tensions entre la France et l’Algérie, notamment autour des OQTF et des laissez-passer consulaires, mais aussi des négociations relatives à la libération de Christophe Gleizes. De fait, chaque prise de parole publique sur l’islam du ministre de l’Intérieur et des Cultes est perçue comme un signal politique.

À cela s’ajoute que la France est un pays durablement marqué par les attentats islamistes. Ce traumatisme structure profondément le débat public qui se polarise autour de l’usage du terme « islamophobie » dont la définition demeure floue et politiquement disputée. Cette conflictualité permanente produit un effet paradoxal empêchant à la fois de nommer clairement les problèmes et de les traiter sereinement.

L’État oscille donc entre plusieurs logiques. Il cherche à contenir les dérives, à éviter la stigmatisation, à maintenir un équilibre diplomatique et à répondre à une demande sociale forte de clarté et de protection. Mais en voulant tenir ensemble ces impératifs contradictoires, il finit par brouiller sa propre position.

Cette difficulté est d’autant plus marquée que la question de l’islam en France ne peut être dissociée de réalités démographiques et politiques. La diaspora algérienne y occupe une place importante, et une part significative de celle-ci est de culture ou de confession musulmane. Dès lors, toute prise de position publique s’inscrit dans une lecture communautaire potentielle, renforçant à la fois la prudence et l’ambiguïté de la parole ministérielle.

Cette ambiguïté n’est pas seulement politique ou diplomatique. Elle soulève une question plus fondamentale sur le rôle même de l’État face au fait religieux.

Pourquoi l’État refuse-t-il d’intervenir sur le voilement des enfants tout en prétendant organiser un islam « acceptable » ? Il en vient alors à sélectionner certains interlocuteurs et à leur déléguer implicitement la définition des pratiques religieuses compatibles avec les principes républicains, comme l’illustre la publication en février dernier d’un guide de près de 1 000 pages par la Grande Mosquée de Paris.

La véritable question est donc de savoir qui décide de ce que serait un « bon islam » ? Selon quels critères juger des pratiques à encourager ou à bannir dans un pays laïque ? En quoi encadrer la foi personnelle des individus serait-il légitime ? Et pourquoi la Grande Mosquée de Paris serait-elle plus légitime qu’un autre interlocuteur ?

Mettre en scène un islam républicain ne change rien au fond du problème. Tant qu’on refuse d’affronter un corpus théologique qui a historiquement légitimé la répression de l’apostasie, la hiérarchie des sexes ou encore la subordination politique, nous resterons dans le slogan.

Rihame Allouch et Mehdy Raïche


 https://nouvellerevuepolitique.fr/rihame-allouch-et-mehdy-raiche-voilement-des-enfants-ou-quand-letat-ne-veut-pas-choisir/

 

 

 


D) -Le RN et les entreprises : de l'ostracisme à l'épreuve du réel

Face à la « gentrification économique » du RN, le patronat doit privilégier la realpolitik. L’heure n’est plus à l’indignation, mais à l’exigence de la crédibilité économique.

Il fut un temps, pas si lointain, où le simple fait pour un dirigeant d’entreprise de croiser un cadre du Front National relevait de l’hérésie. Il y a peu encore, toute rencontre entre un patron et Marine LE PEN ou Jordan BARDELLA n’était envisageable que sous le sceau du secret. On se souvient de cet épisode, vieux de sept ans déjà, où le MEDEF, cédant à la pression politique et médiatique, avait fini par décommander Marion MARÉCHAL, pourtant invitée à venir s’exprimer devant les chefs d’entreprise. Aujourd’hui, bien que quelques gardiens autoproclamés du temple républicain s’indignent encore d’une « banalisation » de l’extrême droite, la donne a changé.

Considérer que de telles rencontres fassent figure de transgression trahit une approche biaisée de notre vie démocratique. Échanger avec un chef de parti, qui jouit d’une représentation à l’Assemblée nationale, ce n’est pas l’approuver ni encore moins l’adouber ; c’est l’écouter et l’informer, le défier voire le corriger. Refuser le dialogue par crainte de « pactiser avec le diable » relève d’une étonnante conception du dialogue républicain et du diable lui-même. Le monde de l’entreprise a infiniment plus à gagner à tenter de faire tomber les écailles idéologiques des yeux de ses interlocuteurs politiques qu’à feindre de les ignorer. Nous ne sommes plus au temps des excommunications de salons parisiens, mais à celui des bilans comptables et des défis de terrain.

Une « gentrification économique » qui rebat les cartes

Nous assistons ces 10 dernières années et particulièrement aujourd’hui à une dynamique implacable : la véritable « gentrification économique » du Rassemblement National. Fini le parti exclusivement cantonné aux débats enflammés sur les seules valeurs, la nation ou l’identité. La mue est là, chiffrée, palpable. L’économie représente aujourd’hui près des deux tiers des propositions du parti, contre à peine 10 % par le passé. Ce basculement n’est pas un simple ripolinage de façade, c’est une nécessité stratégique pour un mouvement qui ambitionne de gouverner.

Sous la conduite de Marine LE PEN, le parti à la flamme a opéré des aggiornamenti spectaculaires pour rassurer les marchés, les investisseurs et les acteurs économiques : renoncement formel à la sortie de l’Union européenne, abandon de la sortie de l’euro et même une conversion inattendue à la règle orthodoxe des 3 % de déficits. Face aux dérapages économiques de LFI, le RN drague ouvertement les patrons. En se positionnant avec une telle insistance sur les questions régaliennes et budgétaires, la stratégie est limpide : le mouvement cherche à siphonner l’espace historique laissé vacant par une droite républicaine en perte de repères et divisée par sa querelle des chefs. Pour l’entourage de la direction du parti, dans les difficultés économiques de cette fin de quinquennat, il s’agit désormais de se crédibiliser, de défendre la science contre le dogme, de substituer le réalisme aux œillères isolationnistes du passé.

L’épouvantail a changé de camp, reste le défi de l’incarnation

Ne nous y trompons pas : la priorité absolue des chefs d’entreprise – qu’ils dirigent une TPE de proximité, une PME industrielle ou un grand groupe – reste la stabilité. Dans un climat marqué par l’inflation, le mur d’investissements de la transition écologique et la rudesse de la concurrence internationale, nos entreprises ont besoin de visibilité, pas de chimères idéologiques. Or, sur ce terrain de l’anxiété économique, l’épouvantail a clairement changé de camp. Aujourd’hui, le risque majeur de déstabilisation économique perçu par le patronat vient bien moins de l’extrême droite que des thérapies de rupture promues par l’extrême gauche, LFI en tête. Face aux menaces de chaos social, d’asphyxie fiscale et réglementaire, le discours économique lissé du RN trouve une oreille plus attentive.

Cependant, attention aux mirages ! Si le dialogue est ouvert, le blanc-seing n’existe pas. Les échos récents des rencontres entre les parlementaires RN et des cercles d’entrepreneurs font état de divergences persistantes. Et c’est heureux. C’est bien la preuve éclatante qu’une rencontre n’est jamais une reddition, dans un sens ou dans l’autre.

La grande question qui se pose désormais au RN est implacable : le casting politique et technocratique du parti sera-t-il jugé suffisamment robuste, pointu et crédible à l’avenir pour effacer les échecs cuisants des précédents débats présidentiels ? L’épreuve du pouvoir ne tolère ni l’amateurisme ni l’à-peu-près. Ce réalisme est une règle désormais vitale pour le RN dans son rapport à l’économie ; et il est tout aussi nécessaire au monde économique dans son rapport décomplexé au RN.

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad est entrepreneur et président du Think Tank Étienne Marcel. Membre de la Société d’économie politique, il est aussi président de la commission du développement économique du Conseil économique, social et environnemental régional en Île-de-France. Il est également membre de la Chambre de commerce et d’industrie de la Région de Paris-Île-de-France. Auteur de L'Avenir appartient aux PME paru chez Dunod, Bernard Cohen-Hadad est l’auteur de nombreuses tribunes publiées dans les médias. Il a été membre de l’Observatoire de l’épargne réglementée, de l’Observatoire du financement des entreprises, de l’Observatoire des PME et ETI par le marché et du Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Il participe actuellement à l’Euro Retail Payment Board (ERPB) auprès de la Banque centrale européenne, au Comité national des moyens de paiements (CNMP) et au Comité pour l’éducation financière (EDUCFI). Il est membre du Conseil scientifique de l’École supérieure des métiers du droit.

https://nouvellerevuepolitique.fr/le-rn-et-les-entreprises-de-lostracisme-a-lepreuve-du-reel/ 

 

 


E) - L’or rentre à Paris, et avec lui une idée de la souveraineté

La décision de rapatrier 129 tonnes d’or depuis les États-Unis n’a rien d’un geste folklorique ni d’une bravade dirigée contre Washington. Officiellement, il s’agissait de moderniser les lingots conservés à l’étranger et de les remettre aux standards du marché. L’opération, présentée par TF1 comme une manœuvre technique, a aussi permis à la France d’enregistrer une importante plus-value comptable, estimée à 12,8 milliards de dollars. 

Un retour matériel, mais surtout politique

Il faut partir d’un constat simple : l’or n’est pas un actif comme les autres. On le dit archaïque, dépassé, relégué par la finance électronique, mais chaque crise sérieuse lui redonne sa vraie fonction. L’or reste la garantie ultime, celle qui échappe au risque de contrepartie, aux sanctions, aux défaillances bancaires et aux emballements monétaires. Quand un État choisit de le garder chez lui, il ne parle pas seulement de rendement ou de stockage. Il parle de contrôle, donc de souveraineté.

La France détient aujourd’hui environ 2 436 tonnes d’or, principalement conservées à la Banque de France. Ce volume la place parmi les grands détenteurs mondiaux et constitue l’un des rares actifs stratégiques dont la valeur politique croît à mesure que le désordre international s’aggrave. 

La fin de l’innocence monétaire

Pendant longtemps, conserver une partie du stock à New York allait de soi. Cela relevait de la logique du système occidental : sécurité américaine, centralité du dollar, confiance dans les circuits de la Réserve fédérale. Mais cette géographie de la confiance s’est fissurée. Les sanctions financières, le gel d’avoirs souverains et la fragmentation croissante du système mondial ont changé la nature du problème. Désormais, posséder un actif ne suffit plus. Encore faut-il le posséder là où personne ne peut en limiter l’usage.

C’est là que le rapatriement de l’or prend une autre signification. Même quand il est présenté comme une modernisation logistique, il traduit une prudence stratégique. Les États ont compris qu’en période de fortes tensions, la souveraineté ne se mesure pas seulement par la quantité de réserves, mais par la maîtrise physique de ces réserves.

À lire aussi : ÉCONOMIE – La contre-offensive monétaire de Pékin : Xi Jinping veut défier l’empire du dollar

Le retour silencieux du métal dans la géopolitique

Ce mouvement français s’inscrit dans une tendance plus vaste. Depuis plusieurs années, l’or redevient un instrument de puissance. Les banques centrales en achètent massivement, tandis que plusieurs pays cherchent à réduire leur exposition au dollar et aux actifs vulnérables aux décisions politiques américaines. Le regain d’intérêt pour l’or n’est donc pas un réflexe défensif isolé, mais un symptôme de la dédollarisation partielle du monde et de la méfiance croissante envers l’ordre financier hérité de l’après-guerre. 

Dans ce cadre, le rapatriement de 129 tonnes n’est pas un épisode anecdotique. Il révèle quelque chose de plus profond : même au cœur du camp occidental, l’idée progresse que la sécurité financière ne peut plus être totalement externalisée. L’allié demeure l’allié, certes, mais la dépendance, elle, devient un risque.

Un signal pour le temps qui vient

Le plus intéressant n’est donc pas l’or lui-même, mais ce qu’il raconte. Il raconte la montée d’un monde moins confiant, moins fluide, plus conflictuel. Un monde où les chaînes financières sont des instruments de pression, où les réserves deviennent des outils de résilience, et où la matérialité reprend ses droits face à l’abstraction monétaire.

La France n’a pas seulement déplacé des lingots. Elle a, en réalité, réaffirmé un principe ancien que l’on croyait effacé : dans les temps d’incertitude, la puissance commence par ce que l’on tient réellement entre ses mains.

Giuseppe Gagliano


Président du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (Côme, Italie) 

https://lediplomate.media/decryptage-or-rentre-paris-avec-lui-idee-souverainete/

 

 


 

F) - Pêcheurs français au bord de la rupture : « Nous sommes en train de mourir »

Dans une interview diffusée récemment sur Tocsin (media indépendant), Jean-Vincent Chantreau, secrétaire général de l’Union française des pêcheurs artisans (UFAPA), dresse un tableau alarmant de la filière pêche française. Face à la flambée historique du gasoil marin, les bateaux restent à quai, les entreprises perdent de l’argent à chaque sortie en mer et les marins-pêcheurs artisans lancent un cri d’alarme :

« La pêche est condamnée à disparaître. »

L’interview, enregistrée mi-avril 2026, intervient dans un contexte de crise énergétique déclenchée par les tensions au Moyen-Orient.

Une crise du carburant qui fait couler la filière

Avant la crise actuelle, le gasoil marin (détaxé) oscillait autour de 0,60-0,65 € le litre. Il a aujourd’hui explosé entre 1,10 € et 1,40 € selon les ports, voire plus dans certaines régions isolées. Or, le carburant représente 35 à 45 % des charges d’exploitation des navires artisanaux. Résultat :

« À chaque fois que les bateaux partent en mer, ils perdent de l’argent », explique Jean-Vincent Chantreau. Nombreux sont ceux qui restent le long des quais, cuves vides.

Le secrétaire général de l’UFAPA rappelle que la pêche artisanale croule déjà sous les normes européennes, la concurrence des importations massives et la prolifération des parcs éoliens offshore qui réduisent les zones de pêche. La hausse du gasoil agit comme un « coup de semonce » fatal.

L’aide gouvernementale jugée insuffisante

Le gouvernement a annoncé fin mars un plan d’urgence de 70 millions d’euros pour avril, dont 5 millions d’euros dédiés à la pêche (remboursement de 20 centimes par litre). Jean-Vincent Chantreau est clair : « Ce n’est pas dans les clous. » Le seuil de rentabilité ou même d’équilibre se situe autour de 0,60-0,70 € le litre. Avec l’aide, le gasoil reste donc largement au-dessus de 1 €. « Nous sommes très largement en perte », insiste-t-il.

Des solutions concrètes proposées… et ignorées ?

L’UFAPA a transmis plusieurs pistes au gouvernement et à la ministre de la Mer Catherine Chabaud :

Encadrer les marges des compagnies pétrolières : passer d’un profit de guerre (30-33 % de marge brute) à un profit constant.

Réduire les taxes (TVA, TICPE, CE carbone) ou baisser temporairement la TVA à 15-17 % comme autorisé par l’Europe.

Réaffecter les taxes éoliennes : plus de 60 millions d’euros déjà collectés auprès des exploitants de parcs offshore (2024-2026) et non utilisés pour la décarbonation de la pêche.

Moratoire d’un an sur les subventions éoliennes offshore (8 à 10 milliards d’euros par an via la PPE3) pour soulager les carburants.

Microtaxe européenne de 1 centime par kilo sur les produits agroalimentaires importés de pays tiers, afin de créer un fonds souverain de soutien aux filières locales.

Chantreau conclut : « Il faut trouver l’argent là où il y en a » sans impacter le porte-monnaie des Français.

 

Vers une mobilisation historique le 2 mai

Face au silence, l’action s’organise. Des blocages de ports ont déjà eu lieu en Corse et dans les Hauts-de-France ; des manifestations ciblent les dépôts de carburant (comme au Calvados le 15 avril).

Le samedi 2 mai 2026 à 11 h, les pêcheurs artisans appellent à une grande mobilisation pacifique et multisectorielle place du Trocadéro à Paris, sous la bannière du mouvement « Réveil des terroirs ».

Seront présents : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, artisans, commerçants et taxis. Objectif : « Nous rapprocher des oreilles du gouvernement et de Matignon » pour imposer un vrai débat avant les élections présidentielles de 2027. « Sinon ça va déborder », prévient Jean-Vincent Chantreau.

Il insiste sur l’enjeu souverain : sans pêcheurs et sans agriculteurs locaux, la France risque la pénurie alimentaire dans un contexte géopolitique tendu. « Le poisson que vous ne pêchez pas, ce sont autant de denrées en moins sur le marché. »

L’interview se termine par un appel clair : rendez-vous le 2 mai à Paris. La filière pêche, déjà fragilisée depuis des années, voit dans cette crise du carburant le risque d’une disparition définitive des petits bateaux artisans qui font vivre les littoraux français.

https://multipol360.com/pecheurs-francais-au-bord-de-la-rupture-nous-sommes-en-train-de-mourir/

 

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