Affichage des articles dont le libellé est Justice. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Justice. Afficher tous les articles

janvier 08, 2026

Quand le pouvoir judiciaire défie la souveraineté populaire

La République des juges contre la nation et la démocratie

Quand le pouvoir judiciaire défie la souveraineté populaire

Dans une récente interview diffusée sur la chaîne Tocsin Matinale, Bertrand Saint-Germain, docteur en droit, universitaire, élu local et consultant en stratégie juridique, a présenté son dernier essai intitulé « La République des juges contre la nation – Et comment en sortir ? », publié aux Éditions du Verbe Haut. Préfacé par Jean-Luc Coronel de Boissezon, agrégé des Facultés de droit et professeur à l’ISSEP, cet ouvrage analyse la montée en puissance du pouvoir judiciaire dans les démocraties contemporaines, soulignant comment la judiciarisation de la vie publique affaiblit la souveraineté nationale et l’équilibre des institutions. Selon l’auteur, les normes supranationales prennent le pas sur la loi nationale, instaurant un « gouvernement par la jurisprudence » qui restreint l’expression de la volonté populaire via des recours systématiques aux cours constitutionnelles et européennes.


 

Un constat accablant : Les juges comme acteurs politiques

Au cours de l’entretien, Bertrand Saint-Germain dresse un portrait alarmant d’un système judiciaire qui outrepasse son rôle traditionnel d’arbitre impartial pour devenir un véritable acteur politique.

Il rappelle des épisodes emblématiques, tels que le « mur des cons » du Syndicat de la magistrature ou la harangue du juge Baudot, qui appelait ouvertement les magistrats à la partialité en faveur des délinquants contre les forces de l’ordre. Ces éléments illustrent une dérive idéologique au sein de la magistrature, où l’impartialité, pilier de la justice, est souvent sacrifiée.

L’auteur cite plusieurs exemples récents pour étayer son propos. En Roumanie, des allégations d’ingérences étrangères – révélées ultérieurement comme infondées – ont conduit à la suspension d’une élection et à l’interdiction pour le candidat en tête de se représenter, constituant un « raidissement du juge » face à des votes contraires à ses orientations idéologiques. De même, en Moldavie, des interférences judiciaires ont été peu médiatisées en France, mais elles soulignent une tendance globale à l’ingérence du judiciaire dans les processus démocratiques.

En France, les cas de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy sont particulièrement édifiants. Pour Marine Le Pen, dont le procès s’ouvre prochainement, la décision d’exécution provisoire de sa condamnation est qualifiée par l’auteur de « tentative de coup d’État idéologique », visant à éliminer une candidate à l’élection présidentielle. Malgré le principe suspensif de l’appel en droit pénal, cette mesure exceptionnelle n’était pas justifiée, surtout au vu d’une récente décision du Conseil constitutionnel soulignant l’importance de préserver la vie démocratique. Quant à Nicolas Sarkozy, l’envoi en détention provisoire est vu comme une interférence injustifiée, même si l’ancien président n’est plus directement engagé en politique et que son passé politique n’est pas exempt de reproches.

Ces exemples s’inscrivent dans le cadre plus large décrit dans le livre :

une judiciarisation qui transforme la démocratie représentative en un système où les juges, via l’interprétation étendue du droit et l’inflation normative, contournent le suffrage universel et dépossèdent la nation de sa souveraineté.

Bertrand Saint-Germain insiste : les juges n’ont pas le dernier mot. Les décisions judiciaires, fondées sur des lois modifiables par le Parlement, peuvent être contrecarrées, rappelant que le souverain ultime reste le peuple.

L’impunité des juges : Des sanctions dérisoires

Un aspect frappant de l’interview concerne les sanctions disciplinaires au sein de la magistrature. Selon les données officielles du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), depuis l’entrée en vigueur de la possibilité de saisine directe par les justiciables le 1er février 2011 jusqu’au 12 novembre 2024, 4.220 plaintes ont été enregistrées au total. La grande majorité de ces plaintes sont classées comme irrecevables ou infondées (environ 98-99 % chaque année, en raison notamment d’une mauvaise compréhension du dispositif par les justiciables, qui confondent souvent plainte disciplinaire et recours sur le fond d’une décision).

Depuis 2011, seules une dizaine de dossiers issus de plaintes citoyennes ont donné lieu à un renvoi devant la formation disciplinaire, avec très peu aboutissant à des sanctions (la première sanction effective issue d’une telle plainte n’intervenant qu’en juin 2024, sous forme de blâme).

Parmi les rares affaires traitées entre 2024 et 2025, les comportements sanctionnés incluent le trafic d’influence, le sexisme, le harcèlement sexuel, les violences avec armes, ou même des cas de viol et de pédophilie. Les peines ? Souvent un simple abaissement d’échelon, un déplacement d’office, ou une révocation dans les cas extrêmes, comme pour un magistrat impliqué dans un viol à Dijon ou des affaires de pédophilie. Même Baudot, pour son appel à la partialité, n’a écopé que d’un blâme, refusé par le ministre de la Justice. Ces jugements par les pairs révèlent une complaisance qui mine la crédibilité du système.

Des solutions pour démocratiser la justice

Face à ce constat, l’essai propose des pistes pour « sortir » de cette république des juges, en démocratisant la justice et en redonnant la primauté au peuple. Trois modalités sont avancées :

  1. Transparence totale sur les engagements des magistrats : Rendre publics les intérêts, biens financiers, activités associatives, affiliations (y compris maçonniques) des juges, comme en Roumanie où un site dédié permet ces consultations. Cela permettrait aux justiciables de mieux connaître ceux qui les jugent.
  2. Faciliter la récusation : Élargir les motifs de récusation au-delà des liens familiaux ou maritaux, pour inclure des suspicions d’impartialité idéologique, politique ou religieuse. Des exemples comme un juge végan dans un accident de chasse ou un militant CGT dans un litige syndical illustrent la nécessité de cette réforme. Dans l’affaire Sarkozy, la présidente du tribunal, ayant manifesté contre lui, n’a pas été récusée, brisant l’apparence d’impartialité.
  3. Révocation populaire : Inspiré du système américain, où dans certains États, une pétition recueillant 15 à 25 % des signatures du corps électoral peut déclencher un référendum sur le maintien ou la destitution d’un juge. Sur les dix dernières années, une centaine de procédures ont été lancées, menant à seulement deux évictions, mais quatre démissions. Ce mécanisme, applicable aussi aux shérifs, rend les juges responsables devant le peuple, au nom duquel ils jugent.

Ces solutions s’alignent sur l’approche historique de l’ouvrage, comparant la situation actuelle à 1788, où la Révolution française a d’abord ciblé le système judiciaire d’Ancien Régime pour empêcher les juges de s’opposer au législateur. Bertrand Saint-Germain avertit : les forces politiques au pouvoir devront engager un « bras de fer » inévitable avec la justice pour restaurer la souveraineté populaire.

Vers un bras de fer inévitable

Cet essai, aux Éditions du Verbe Haut, arrive à point nommé alors que les vœux d’Emmanuel Macron pour 2026 évoquent les risques d’ingérences étrangères, potentiellement instrumentalisées par le judiciaire. Comme le souligne une critique récente, ce livre « permet de sortir de l’ignorance et de la caricature sur un sujet primordial pour l’avenir de notre civilisation ». Dans un contexte où les juges relâchent des récidivistes sans responsabilité – comme dans l’affaire Bertrand Quentin, où un juge a admis s’être « trompé » après un suicide lié à des violences – il est urgent de repenser le rôle du judiciaire pour préserver la démocratie.

https://multipol360.com/la-republique-des-juges-contre-la-nation-et-la-democratie/

Juge

Un juge est une autorité chargée de trancher les litiges, d’appliquer le droit et de rendre des décisions obligatoires, appelées jugements ou arrêts. Il agit comme tiers impartial entre des parties en conflit et exerce sa fonction au sein d’un cadre institutionnel (tribunal, cour, juridiction) ou, plus largement, dans un système d’arbitrage ou de médiation reconnu. 

Le juge étatique

  1. Le juge étatique est un magistrat investi par l’État du pouvoir de trancher les litiges, d’appliquer la loi et d’ordonner des mesures exécutoires. Figure centrale de l’État de droit, il garantit la paix sociale par une justice publique, motivée et contrôlable.
    • . Ses fonctions sont quintuples. Le juge étatique exerce des fonctions multiples qui s’articulent autour de cinq axes essentiels. Il doit d’abord dire le droit, en interprétant les textes et en comblant les éventuelles lacunes normatives[1]. Il lui revient ensuite de résoudre les conflits, qu’ils soient de nature civile, pénale ou administrative. Il lui incombe également de protéger les droits fondamentaux, en opérant notamment un contrôle de proportionnalité[2] et en veillant au respect des libertés. Il exerce en outre la mission de requalifier les faits, afin de leur attribuer la juste qualification juridique indépendamment des choix opérés par les parties. Enfin, il doit contrôler l’action publique, en appréciant la légalité des actes administratifs et la conformité des lois à la Constitution.
    • . Le statut du juge s’appuie sur des garanties essentielles qui visent à préserver à la fois son indépendance et son impartialité. L’indépendance se traduit par l’inamovibilité, un statut protecteur et la séparation des pouvoirs, tandis que l’impartialité s’assure à travers les règles de récusation[3] et la prévention des conflits d’intérêts. À ces exigences s’ajoute une déontologie stricte qui lui impose la probité, l’obligation de motiver ses décisions et une réserve constante dans son expression publique.
    • . L’organisation juridictionnelle se déploie selon une structure hiérarchisée qui commence par la première instance, se poursuit par l’appel et culmine avec la cassation, le Conseil d’État ou le juge constitutionnel selon les cas. Cette architecture permet d’offrir aux justiciables des voies de recours qui corrigent les erreurs éventuelles, assurent l’unité d’application du droit et contribuent à l’élaboration d’une jurisprudence stabilisatrice.
    • . La procédure encadre étroitement le processus décisionnel afin de garantir l’équité du procès. Elle impose la publicité des débats[4], le respect du contradictoire[5], l’égalité des armes juridiques[6], un délai raisonnable et la protection des droits de la défense. Elle organise également la charge et l’administration de la preuve[7], tout en permettant le recours à des mesures provisoires. Enfin, elle assure l’effectivité des jugements grâce aux voies d’exécution telles que l’astreinte, la saisie ou encore l’intervention de la force publique.
    • . Les atouts du juge étatique résident dans sa capacité à assurer l’unité et la prévisibilité des normes, à conférer une force exécutoire aux décisions rendues et à garantir l’accessibilité de la justice grâce à l’aide juridictionnelle[8]. Sa légitimité démocratique, renforcée par l’existence de contrôles externes tels que ceux exercés par la CEDH[9] ou la CJUE[10], consolide encore son rôle. Ainsi, la justice étatique est supposée se présenter comme un véritable bien public, garantissant l’égalité de tous devant la loi.
    • . Les limites du juge étatique apparaissent dans plusieurs dimensions. La lenteur et le coût des procédures, souvent liés à l’encombrement des affaires, peuvent décourager certains justiciables. Les formalismes procéduraux, bien que garants de rigueur, se révèlent parfois dissuasifs et renforcent l’impression de complexité. À cela s’ajoutent des hétérogénéités territoriales dans l’accès et le fonctionnement de la justice. Le risque de politisation des nominations suscite également des critiques, tout comme les accusations “d’activisme” qui visent certaines cours suprêmes lorsqu’elles sont perçues comme exerçant un véritable gouvernement des juges.
    • . Les défis contemporains du juge étatique. Les juridictions contemporaines doivent numériser leurs procédures à travers le dépôt électronique des actes et ouvrir leurs décisions grâce à l’open data, afin de renforcer la transparence et faciliter l’accès au droit. Elles doivent aussi manager les flux d’affaires en mettant en place un case management efficace pour réduire les délais et fluidifier le traitement des dossiers. Face à la montée des contentieux de masse, il s’agit de standardiser certains parcours procéduraux tout en préservant l’équité. Parallèlement, les juges commencent à intégrer l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la décision, mais ils doivent garantir l’explicabilité des résultats et auditer les algorithmes utilisés. Enfin, il devient indispensable de coordonner les décisions étatiques avec l’arbitrage et les modes alternatifs de règlement des différends, tout en articulant l’ordre interne avec les juridictions supranationales pour assurer une cohérence globale du système de justice.

    En synthèse, le juge étatique est présenté au grand public comme le garant inamovible de l’universalité et de l’effectivité du droit. Sa légitimité tiendrait à son indépendance, à la qualité de sa motivation et à l’exécution de ses décisions. Le défi du juge étatique dans une société de liberté est cependant d’allier sécurité juridique, célérité et accès pour tous, sans céder ni au formalisme paralysant ni à la politisation du système judiciaire.

    Le juge consulaire

    Le juge consulaire est un acteur particulier de la justice commerciale. Il siège dans les tribunaux de commerce, juridictions spécialisées dans le règlement des litiges entre commerçants, sociétés et établissements de crédit. Sa singularité tient au fait qu’il n’est pas un magistrat de carrière mais un commerçant ou un chef d’entreprise élu par ses pairs.

    • . Origines et statut. L’institution des juges consulaires remonte au Moyen Âge, lorsque les marchands d’une ville réglaient eux-mêmes leurs différends dans des juridictions de foire. Ce modèle d’auto-régulation, fondé sur la compétence pratique et la confiance mutuelle, a été progressivement absorbé dans l’appareil judiciaire étatique en lui faisant perdre sa nature. Aujourd’hui en France, les tribunaux de commerce sont des juridictions d’État, mais leurs membres demeurent élus parmi les acteurs du monde économique.
    • . Fonctions et compétences. Le juge consulaire intervient dans les litiges relatifs aux actes de commerce : conflits entre commerçants, contestations entre associés, procédures collectives (sauvegarde, redressement, liquidation). Ses compétences reposent sur son expérience du terrain, sa connaissance des usages et des réalités économiques. Sa mission est de concilier rapidité, pragmatisme et efficacité.
    • . Caractéristiques
    • . Élection par les pairs : les juges consulaires sont choisis pour un mandat renouvelable par un collège d’électeurs issus du commerce et de l’industrie.
    • . Collégialité : les affaires sont jugées à plusieurs, garantissant une délibération collective.
    • . Non professionnalisation : les juges exercent bénévolement, à côté de leur activité professionnelle.
    • . Force exécutoires : les décisions des tribunaux de commerce ont force exécutoire comme celles des autres juridictions étatiques.
    • . Avantages. Les juges consulaires présentent plusieurs avantages. Leur expertise pratique leur permet de comprendre avec précision les usages commerciaux et les contraintes économiques propres au monde des affaires. Leur proximité avec ce milieu favorise la confiance des justiciables, qui se reconnaissent dans des juges issus de leur propre environnement professionnel. Enfin, la célérité des procédures devant les tribunaux de commerce assure un traitement plus rapide des litiges que dans les juridictions ordinaires.
    • . Limites. Les juges consulaires présentent toutefois certaines limites. Leur appartenance au milieu économique peut faire naître un risque de corporatisme, en laissant craindre des décisions orientées vers la protection d’intérêts particuliers. Leur manque de formation juridique impose souvent un soutien technique des greffiers et des avocats afin d’assurer la rigueur des décisions rendues. Enfin, des inégalités territoriales persistent, la qualité et l’efficacité variant selon la composition et l’expérience des tribunaux de commerce.

    En conclusion, le juge consulaire incarne une justice spécialisée, rapide et adaptée aux affaires économiques. Il illustre une articulation originale entre l’État et l’autonomie des milieux professionnels. Son défi permanent reste de concilier expertise pratique et garanties d’impartialité, afin de demeurer une justice à la fois efficace, légitime et équitable. Il demeure cependant un juge hybride en empruntant les défauts de rigidité d'un système étatique tout en se libérant par une légitimité communautaire.

    Le juge positiviste

    Le juge positiviste se conçoit d’abord comme organe d’application du droit en vigueur, non comme un producteur de droits. Sa légitimité tient à la fidélité aux sources (constitution, lois, règlements), précédents le cas à juger plutôt qu’à une idée substantielle de justice. Dans la lignée de Hans Kelsen, le juge positiviste distingue rigoureusement la validité (conformité à la norme supérieure dans la hiérarchie) de la valeur morale d’une règle. La justice du juge n’est donc pas de faire le bien, mais de dire le droit valide.

    Ce positionnement produit un style décisionnel particulier : qualification des faits, subsomption sous la règle[11], conclusion. Le syllogisme juridique[12] demeure l’horizon méthodique, même si la réalité impose des marges d’interprétation. Le juge positiviste s’efforce de rendre prévisible l’issue des litiges, au service de la sécurité juridique[13] et de l’égalité devant la loi.

    Pour autant, l’interprétation n’est jamais nulle. Le positivisme contemporain (Hart[14]) reconnaît une pénombre des termes légaux et des « hard cases » où le langage juridique est ouvert. Ici, le juge positiviste n’invoque pas des principes moraux libres, mais des méthodes d’interprétation autorisées : reconnaissance de la lettre du texte, de l'intention du législateur, de l'économie de l’ensemble normatif[15], des précédents, des canons herméneutiques[16]. Il agit intra-systeme, selon des raisons reconnues par la pratique juridique.

    La neutralité axiologique[17] est une exigence centrale pour le juge positiviste. il doit retenir de juger en fonction de ses préférences et il doit motiver ses décisions par des raisons juridiques. Dans les États de droit contemporains, cela inclut le contrôle de constitutionnalité ou de conventionnalité : c'est l’application d’un niveau supérieur de droit positif (bloc de constitutionnalité, traités).

    Le positivisme se décline en deux grandes versions. Dans sa version exclusive (Hans Kelsen, Joseph Raz[18]), la validité d’une règle ne dépend jamais de critères moraux : une loi est valide si elle a été adoptée selon la procédure prévue (parlement, promulgation, publication), même si son contenu paraît injuste. Par exemple, si un parlement vote une loi limitant sévèrement la liberté de la presse mais dans les formes constitutionnelles, le juge positiviste exclusif l’appliquera, tant qu’aucune norme supérieure (constitution ou traité) ne l’invalide.

    Dans la version inclusive (Hart), le système juridique peut, s’il l’a prévu dans ses propres normes, intégrer des critères moraux comme conditions de validité. Par exemple, si la Constitution déclare qu’« aucune loi ne peut porter atteinte à la dignité de la personne humaine », le juge, en contrôlant la validité d’une loi, devra se référer à ce principe moral, parce qu’il est explicitement inscrit dans le droit positif. Dans ce cas, ce n’est pas le juge qui « ajoute » sa conception de la morale : il applique une exigence morale déjà intégrée par le système.

    Dans les deux cas, le juge positiviste se borne à ce que le droit en vigueur autorise : il ne corrige pas la loi au nom d’un idéal personnel de justice, mais agit dans le cadre normatif défini par le système juridique lui-même.

    Le positivisme juridique présente des vertus indéniables : il garantit la fiabilité des décisions, limite le pouvoir discrétionnaire des juges, assure la continuité de l’ordre juridique et protège les citoyens contre l’arbitraire. Mais il comporte aussi des risques : un formalisme trop rigide, une possible cécité face à des injustices manifestes, ou encore la tentation de dissimuler les choix interprétatifs derrière l’apparence d’une « mécanique » neutre. Les critiques, qu’il s’agisse des réalistes américains[19] ou des théoriciens des principes[20] comme Ronald Dworkin, rappellent que juger revient toujours, au moins en partie, à trancher entre des valeurs. Le juge positiviste, sans nier cette dimension, y oppose une réponse méthodique : s’en tenir à la discipline des sources reconnues et rendre publique la logique qui fonde sa décision.

    En définitive, le juge positiviste est le gardien procédural de la liberté et de l’égalité : il ne promet pas le meilleur monde possible, mais un monde prévisible, où les citoyens savent à quelles normes se conformer et par quelles voies les contester. Sa contribution propre n’est pas l’utopie, mais la fiabilité normative, condition non suffisante mais nécessaire, d’un État de droit.

    Le juge jusnaturaliste

    Le juge jusnaturaliste conçoit le droit comme un ordre moral objectif qui précède et fonde la loi positive. Sa mission n’est pas seulement d’appliquer des textes, mais de reconnaître et faire valoir des principes supérieurs (dignité, justice, équité, bien commun) lorsque la loi est muette, ambiguë ou injuste.

    Ancré dans la tradition du droit naturel (d’Aristote et Cicéron à Thomas d'Aquin, et, à l’époque contemporaine, John Finnis[21] ou Lon Fuller[22]), il tient que certaines normes découlent de la raison pratique et de la nature sociale de l’homme. La validité d’une règle n’est donc pas purement formelle : elle dépend aussi de sa conformité à ces principes.

    Sa méthode privilégie un raisonnement par principes : il identifie les valeurs en jeu, met en balance des exigences concurrentes (proportionnalité, nécessité), et motive des solutions universalisables. Il mobilise les clauses générales (bonne foi, ordre public), les droits fondamentaux et les principes constitutionnels comme vecteurs du droit naturel au sein du système positif.

    Le juge jusnaturaliste a pour mission de combler les lacunes normatives lorsque le droit positif reste silencieux. Il peut aussi corriger les effets manifestement injustes d’une règle dont l’application stricte heurterait l’équité. Sa fonction est également de protéger les droits fondamentaux contre toute forme d’arbitraire. Enfin, il contribue à orienter l’évolution du droit positif afin de le rendre plus cohérent avec les exigences morales. À ce titre, il agit comme un gardien d’un seuil, en rappelant que l’autorité de la loi s’affaiblit lorsqu’elle s’éloigne trop de la justice.

    Les avantages du juge jusnaturaliste résident dans sa capacité à assurer une protection renforcée des droits et à résister aux lois injustes en s’appuyant sur des principes supérieurs. Il garantit aussi une continuité éthique du droit, en maintenant un fil conducteur moral à travers le temps et les différents ordres juridiques. Enfin, il offre l’aptitude à répondre aux situations inédites, qu’il s’agisse de bioéthique, d’environnement ou de nouvelles technologies, sans devoir attendre l’intervention du législateur.

    Le juge jusnaturaliste présente toutefois certaines limites. Son recours à des principes supérieurs expose au risque de subjectivisme moral, d’activisme judiciaire[23] et de contre-majoritarisme, lorsque ses décisions s’écartent de la volonté démocratique exprimée par la loi. Cette approche peut aussi entrer en tension avec la sécurité juridique, en réduisant la prévisibilité des règles, et poser des difficultés dans des sociétés plurielles où les valeurs ne sont pas partagées. Pour limiter ces dérives, des garde-fous sont nécessaires : une publicité et une motivation renforcées des décisions, une application rigoureuse du principe de proportionnalité, ainsi que le respect du principe de légalité et de la jurisprudence, afin d’éviter tout arbitraire.

    En synthèse, le juge jusnaturaliste incarne une juridiction de la mesure et des principes : il maintient la loi dans l’orbite de la justice, en faisant prévaloir, lorsque c’est nécessaire et dûment motivé, un droit supérieur qui protège la personne contre l’arbitraire du texte.

    Le juge millien

    Le juge millien s’inspire du harm principle de John Stuart Mill : l’intervention du droit ne se justifie que pour prévenir ou réparer un tort causé à autrui. La liberté individuelle est la règle, la restriction l’exception ; la question centrale n’est pas « est-ce moral ? », mais « y a-t-il un préjudice à autrui ? ».

    Sa mission est double : délimiter le champ des comportements relevant de l’autonomie personnelle et sanctionner ceux qui portent atteinte à des intérêts légitimes d’autrui (intégrité, propriété, réputation, sécurité). Il distingue soigneusement préjudice concret et simple offense morale ou désaccord social.

    La méthode du juge millien repose d’abord sur un examen probatoire du tort, en vérifiant le lien de causalité, la gravité du dommage et sa prévisibilité. Lorsqu’il doit restreindre une liberté, il applique un principe de proportionnalité, afin que la mesure soit nécessaire et adaptée. Il privilégie toujours des remèdes minimalement intrusifs, comme l’octroi de dommages-intérêts ou le recours à des injonctions ciblées. Enfin, il s’attache à motiver ses décisions de manière claire, en veillant à ne pas transformer la simple morale sociale en contrainte juridique.

    Les applications contemporaines du juge millien sont nombreuses. Dans le domaine des discours en ligne, il distingue soigneusement l’offense subjective de la véritable incitation dommageable. Concernant les usages de drogues, il évalue si le comportement entraîne un tort réel à autrui. En bioéthique, son approche permet de trancher en fonction du respect de l’intégrité et de la dignité, sans interdire les choix individuels qui ne nuisent pas aux autres. En matière environnementale, il exige la preuve du préjudice et applique une précaution proportionnée aux risques. Pour les données personnelles, il prend en compte le préjudice informationnel causé par l’utilisation ou la divulgation abusive. Enfin, dans le cas des plateformes numériques, il limite les devoirs de diligence à la prévention des torts véritables causés aux usagers.

    Les avantages du juge millien résident dans une protection solide de la liberté d’expression et des modes de vie, en évitant toute restriction qui ne serait pas justifiée par un véritable tort causé à autrui. Sa démarche offre une sécurité juridique, car elle repose sur un critère clair et opératoire : l’existence d’un préjudice. Elle permet également de prévenir le paternalisme juridique et la tendance à la sur-criminalisation des comportements individuels. Enfin, ce cadre ouvre la voie à l’innovation sociale, tant que celle-ci ne porte atteinte aux droits ou aux intérêts d’autrui.

    Le juge millien se heurte cependant à plusieurs limites. Il rencontre d’abord une difficulté à définir et à mesurer certains préjudices diffus, comme les externalités environnementales, les risques sanitaires ou encore les effets de la désinformation. Son approche peut aussi conduire à une protection insuffisante de certains biens collectifs, qui ne se traduisent pas toujours par un tort individuel clairement identifiable. De plus, elle entre en tension avec les objectifs de prévention, notamment lorsque le dommage est seulement probabiliste. Enfin, la qualification du « tort à autrui » peut varier selon les contextes culturels, ce qui fragilise l’universalité du critère.

    En synthèse, le juge millien est le gardien de la liberté sous contrainte du préjudice : il n’intervient que pour empêcher que l’exercice d’une liberté ne se transforme en atteinte illégitime à autrui, et il le fait avec mesure, preuves et proportionnalité.

    Le juge posnérien

    Le juge posnérien, inspiré par Richard A. Posner (Law & Economics), conçoit l’activité juridictionnelle comme une entreprise pragmatique orientée vers les conséquences. Il évalue les règles et les décisions à l’aune de leur efficacité sociale, mesurée par la maximisation de la richesse (critère d'efficience de type Kaldor-Hicks) plutôt que par des catégories morales abstraites.

    Sa méthode est conséquentialiste et antiformaliste. Le juge interprète les textes et la jurisprudence de façon souple, privilégie l’analyse coût-bénéfice, et ajuste la règle pour réduire les coûts d’erreur et améliorer les incitations ex ante. Le précédent (stare decisis) a une valeur instrumentale : on le suit s’il favorise la prévisibilité et l’efficience, on le distingue s’il produit des effets sociaux coûteux.

    Parmi ses outils clés, le juge posnérien mobilise un calcul économique des effets des règles pour calibrer les incitations, tenir compte des externalités et évaluer les risques. Il applique la formule de Hand en responsabilité, selon laquelle la prévention est optimale lorsque le coût de précaution (B) est inférieur au produit probabilité du dommage × gravité de la perte (P×L). Son raisonnement s’appuie sur les marchés, les coûts de transaction (Ronald Coase) et l’économie de l’information afin d’anticiper les comportements ex ante. Enfin, il exige une évidence empirique solide et la fiabilité des expertises, dans l’esprit du standard Daubert, pour éclairer les faits et justifier les décisions.

    Les champs d’application typiques du juge posnérien se trouvent dans des domaines où l’analyse économique éclaire directement la décision. En responsabilité civile, notamment en cas d’accidents ou de produits défectueux, il cherche à répartir les coûts de manière à inciter à la prévention optimale. En droit des contrats, il privilégie la répartition efficiente des risques et l’octroi de dommages-intérêts correspondant aux attentes raisonnables des parties. En droit de la concurrence, il évalue les règles à l’aune de leur impact sur l’efficacité des marchés. En procédure, il s’attache à créer des incitations favorables au règlement amiable des litiges. Enfin, en matière de sanctions, il raisonne en termes de dissuasion optimale, calibrant la peine pour prévenir les comportements dommageables au moindre coût social.

    Les atouts du juge posnérien résident dans sa capacité à rationaliser les décisions en s’appuyant sur des critères mesurables et vérifiables. En orientant les règles de droit de manière à aligner les comportements sur les incitations attendues, il contribue à rendre le système juridique plus efficace. Son approche favorise la prévisibilité économique et encourage l’innovation, en offrant aux acteurs une vision claire des conséquences juridiques de leurs choix. Enfin, il a le mérite d’intégrer les données empiriques et les apports des sciences sociales au raisonnement judiciaire, enrichissant ainsi l’analyse au-delà du seul cadre normatif.

    À l’ère des données massives et de l’intelligence artificielle, le juge posnérien cherche à exploiter les métriques disponibles pour renforcer la pertinence de ses décisions. Il exige la traçabilité des algorithmes utilisés afin de garantir leur transparence et leur contrôle. Les remèdes, qu’il s’agisse de dommages-intérêts ou d’injonctions, sont calibrés en fonction de leur impact marginal réel, de manière à optimiser les incitations. Ses décisions se veulent enfin claires et lisibles, motivées par des raisons publiques solides et appuyées sur des faits empiriquement vérifiés.

    En synthèse, le juge posnérien se présente comme un véritable ingénieur des conséquences. Sa fonction consiste à arbitrer les litiges de manière à réduire les coûts sociaux et à optimiser les incitations, afin que les règles de droit orientent les comportements vers une plus grande efficacité collective. Cette approche confère au droit une puissance particulière pour guider l’action et stimuler l’innovation, mais elle suscite aussi des critiques lorsqu’elle tend à occulter les exigences d’équité ou à ignorer la répartition des charges et des bénéfices au sein de la société.

    Les limites et critiques adressées au juge posnérien sont nombreuses. Son approche peut être jugée réductionniste, car elle tend à ramener les droits et la dignité humaine à une simple logique d’efficience. Elle manifeste aussi une certaine cécité distributive, puisqu’elle s’intéresse davantage à l’accroissement global de la richesse qu’à la répartition équitable des gains et des pertes. De plus, la mesurabilité des valeurs en jeu reste souvent incertaine, notamment lorsqu’il s’agit de biens non marchands ou de risques systémiques difficiles à chiffrer. Sa démarche soulève aussi des questions de légitimité démocratique, dès lors que le juge adopte des solutions qui relèvent en réalité de choix de politique publique. Enfin, se pose le problème de la compétence institutionnelle, car la cour n’est pas toujours le lieu le plus adapté pour concevoir et mettre en œuvre une véritable ingénierie réglementaire.

    Informations complémentaires

    Notes et références


  2. Les lacunes normatives désignent les situations où la loi est muette, imprécise ou incomplète face à un cas concret. Le juge doit alors interpréter ou compléter le droit pour rendre sa décision.

  3. Le contrôle de proportionnalité consiste pour le juge à vérifier qu’une restriction à une liberté ou à un droit fondamental est nécessaire, adaptée et équilibrée par rapport à l’objectif poursuivi.

  4. Les règles de récusation permettent à une partie de demander qu’un juge soit écarté d’une affaire lorsqu’il existe un doute sur son impartialité, par exemple en cas de lien personnel ou d’intérêt dans le litige.

  5. La publicité des débats signifie que les audiences sont ouvertes au public afin de garantir la transparence de la justice et de renforcer la confiance des citoyens dans les décisions rendues.

  6. Le respect du contradictoire consiste à garantir que chaque partie puisse prendre connaissance des arguments et preuves de l’autre et y répondre avant que le juge ne statue

  7. L’égalité des armes juridiques signifie que chaque partie à un procès doit disposer des mêmes possibilités de présenter ses arguments et ses preuves, sans avantage procédural pour l’une sur l’autre.

  8. La charge de la preuve désigne l’obligation pour une partie de démontrer ses affirmations, tandis que l’administration de la preuve correspond aux moyens et procédures utilisés pour apporter et examiner ces preuves devant le juge.

  9. L’aide juridictionnelle est un dispositif qui permet à une personne disposant de faibles ressources de faire prendre en charge tout ou partie des frais de justice par l’État.

  10. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), siégeant à Strasbourg, qui contrôle le respect de la Convention par les États membres du Conseil de l’Europe

  11. La CJUE (Cour de justice de l’Union européenne), installée à Luxembourg, contrôle le respect et l’interprétation uniforme du droit de l’Union européenne par les États membres et les institutions de l’UE.

  12. La subsomption sous la règle consiste à appliquer une norme générale à une situation particulière en vérifiant que les faits correspondent aux conditions prévues par cette règle.

  13. Le syllogisme juridique est un raisonnement en trois étapes où la règle de droit sert de majeure, les faits de l’affaire de mineure, et la conclusion correspond à la décision du juge.

  14. La sécurité juridique désigne la garantie pour les citoyens de pouvoir prévoir les conséquences juridiques de leurs actes grâce à des règles claires, stables et accessibles.

  15. Herbert Lionel Adolphus Hart renouvelle le positivisme juridique en dépassant la conception du droit comme simple commandement assorti d’une sanction, défendue par Austin. Dans --The Concept of Law (1961), il propose une analyse institutionnelle fondée sur deux types de règles : les règles primaires, qui imposent directement des obligations aux individus, et les règles secondaires, qui organisent la création, la modification et l’application de ces obligations. Parmi ces dernières, trois sont essentielles : la règle de reconnaissance, qui permet d’identifier les normes juridiques valides ; la règle de changement, qui encadre l’élaboration et la révision des lois ; et la règle d’adjudication, qui institue les procédures de règlement des litiges. Ce dispositif transforme le droit en un système cohérent et institutionnalisé, capable de garantir sa propre stabilité et son évolution. Au cœur de ce système, la règle de reconnaissance fonde l’autorité du droit en fixant les critères de validité des normes. Hart insiste aussi sur le point de vue interne : le droit ne se réduit pas à l’obéissance par crainte de la sanction, mais s’exprime comme une raison d’agir acceptée par ceux qui le pratiquent. S’il défend la séparation du droit et de la morale, Hart reconnaît que la morale peut influencer la formation et l’interprétation des lois. Contrairement aux théories du droit naturel, la validité d’une règle ne dépend donc pas de sa moralité, mais de son insertion dans l’ordre juridique reconnu. Toutefois, il admet que le langage juridique comporte des zones d’indétermination, ce qui conduit le juge, dans les cas difficiles, à exercer une fonction interprétative créatrice. Ainsi, Hart développe un positivisme dit inclusif : descriptif et institutionnel, il n’exclut pas que des considérations morales soient intégrées si la règle de reconnaissance du système en dispose.

  16. L’économie de l’ensemble normatif désigne l’idée que les règles juridiques forment un système cohérent, où chaque norme s’articule avec les autres pour éviter contradictions et redondances.

  17. Les canons herméneutiques sont des règles ou principes d’interprétation utilisés par les juges pour donner sens aux textes juridiques (ex. interprétation littérale, téléologique ou systémique).

  18. La neutralité axiologique signifie que l’analyse scientifique du droit doit se faire sans jugements de valeur, en décrivant les normes et leur fonctionnement de manière objective.

  19. Joseph Raz (1939-2022) fut un philosophe du droit, élève de H. L. A. Hart, considéré comme l’une des figures majeures du positivisme juridique contemporain. Il a profondément marqué la philosophie du droit, la philosophie morale et la philosophie politique. Ses contributions les plus connues portent sur :
    • la théorie de l’autorité (l’idée que le droit prétend donner des raisons pratiques “excluantes” pour agir),
    • la nature du droit (continuant et renouvelant la tradition positiviste de Hart),
    • la valeur de l’autonomie comme fondement moral et politique.
    Il enseigna longtemps à Oxford et au King’s College de Londres, et son ouvrage phare, The Authority of Law (1979), demeure une référence incontournable en philosophie du droit.

  20. Les réalistes américains (Roscoe Pound) sont un courant du XXᵉ siècle qui affirme que le droit réel est ce que font effectivement les juges, et non seulement ce qui est écrit dans les textes.

  21. Les théoriciens des principes considèrent que le droit ne se réduit pas à des règles strictes, mais inclut aussi des principes généraux (justice, proportionnalité, équité) que les juges doivent appliquer et mettre en balance dans leurs décisions.

  22. John Finnis (1940-), philosophe du droit australien, est l’un des grands représentants du néo-jusnaturalisme. Dans Natural Law and Natural Rights (1980), il affirme que le droit se fonde sur des biens humains fondamentaux (vie, connaissance, sociabilité, jeu, religion, expérience esthétique, raison pratique) que la raison pratique permet d’identifier. Le droit n’est légitime que s’il promeut le bien commun et protège ces biens essentiels, en liant étroitement droit et morale contre le positivisme.

  23. Lon Luvois Fuller (1902-1978) est un philosophe du droit américain, souvent présenté comme l’adversaire de Hart dans leur fameux débat des années 1950-60. Dans The Morality of Law (1964), il développe l’idée d’une “morale interne du droit” : pour être valable, un système juridique doit respecter certaines exigences de forme et de procédure (généralité, publicité, non-rétroactivité, clarté, cohérence, stabilité, possibilité d’application). Ces critères ne concernent pas le contenu moral des règles, mais leur qualité formelle, sans laquelle le droit perd son autorité. Fuller critique le positivisme pour son indifférence au lien entre droit et morale, en affirmant que le droit comporte nécessairement une dimension morale dans sa structure même. Son approche a inspiré les réflexions contemporaines sur l’État de droit et la sécurité juridique.

  24. L’activisme judiciaire désigne l’attitude d’un juge qui va au-delà de l’application stricte de la loi pour créer ou orienter le droit, influençant ainsi la politique ou la société.

 


 

Justice

La signification du terme justice peut renvoyer soit à l’institution qui fait reconnaître et applique les lois, soit être comprise comme une vertu, une valeur ou un ensemble de principes de conduite humaine. 

Définition de la justice

En tant que principe moral la justice est définie comme le fait de rendre à chacun son dû (suum cuique tribuere), respectant la valeur et la qualité propres à chacun, en rétablissant la vérité et la raison, c'est à dire, rétablir l'équilibre rompu par l'injustice.

Faire justice signifie rétablir, à son égale proportion, l'équilibre de rapports rompu par le mal, le dommage ou l'infraction causée par un acte clairement identifié. Dans ce sens, la justice s'efforce de juger sur la légitimité des actions.

La justice est souvent entendue comme un synonyme de légalité et par conséquent toute décision de justice est incluse dans les questions de légitimité. Il existe une certaine variété de conceptions différentes, en liaison ou opposition, se positionnant selon divers points, philosophique, juridique, sociologique et politique. En philosophie politique, la notion de justice se focalise particulièrement sur la répartition équitable des droits et des ressources entre les individus constituant une société.

Dans l'optique libérale classique, le rôle de la justice est de garantir et protéger les droits individuels, de réparer les dommages et torts. Elle est essentiellement rendue par une institution judiciaire indépendante qui veille au respect et l'application des lois.

Dans l'optique libertarienne, la justice est rendue par un arbitre, qui peut être privé, dans le but de régler pacifiquement un conflit entre individus ou groupes d'individus (associations, entreprises).

Deux concepts

Pour Aristote, il existe deux formes de justice en vue de la promotion du bien commun, une justice générale (ou légale) et une justice particulière. Dans le domaine de la justice particulière, Aristote, repris également par Saint Thomas d'Aquin[1], distingue deux concepts de Justice : la justice commutative et la justice distributive.

La justice commutative (diarthôtikè) est centrée sur l’échange entre individus, s'occupant des relations entre individus dans l'échange de biens et services, les contrats, selon le principe : à chacun ce qui est sien.

La justice distributive (dianemétikè) se préoccupe des relations de la communauté envers ses membres, les devoirs et obligations entre les membres de la cité dans l'objectif d'une juste répartition des biens. Le juste distributif est entendu comme découlant du principe : à chacun ce qui lui est dû conformément à son mérite.

Théories de la justice

D'une façon concise et générale nous pouvons dégager plusieurs tendances en rapport avec les théories de la justice :

  • Le téléologisme défini le juste selon la finalité des actions. Selon la conception téléologique, la justice a une raison d'être et une finalité, soit qu'elle doit régler les rapports entre personnes en vue d'un bien commun, soit qu'elle doit contribuer à la paix sociale, soit encore qu'elle doit protéger les droits inaliénables de la personne humaine.
  • L'utilitarisme de Jeremy Bentham, John Stuart Mill ou David Friedman - selon la doctrine utilitariste une législation appropriée doit servir l'utilité générale. L'acte est juste s'il contribue à l'intérêt général, la justice traite de manière égale toutes les préférences ou intérêts (principe d'impartialité).
  • Le déontologisme défini les principes de justice indépendamment d'une conception particulière du bien, les rapports entre personnes sont conçus comme étant neutres à l’égard des conceptions du Bien ou de la vie bonne.
  • Le contractualisme, doctrine fondée sur l'idée de fondation de la société civile à partir d'un accord ou pacte volontaire entre individus. Cette doctrine est inspirée principalement de la philosophie politique de Hobbes, Locke, Rousseau, Kant et Rawls.

Parmi les multiples conceptions de la justice certaines valorisent et justifient plutôt les questions d'égalité, d'égale liberté, de ressources, en droits ou de revendications. D'autres se concentrent sur des questions de liberté, individuelles ou collectives, d'association entre personnes, d'équilibre entre les libertés, de garantie des libertés individuelles ou encore la liberté de laisser les individus choisir ou former leur propre conception du bien sans qu'une seule et unique leur soit imposée de façon autoritaire.

Toutes les approches et théories libérales de la justice défendent l'idée que le juste et l'injuste ne s'applique qu'aux actes volontaires eux-mêmes, sans jamais chercher à atteindre certains résultats ou situations jugées désirables ou indésirables par une quelconque autorité étatique. Toutes les actions qui découlent d'interactions non agressives entre les personnes ne peuvent être considérées comme illégitimes. Le consentement (ou son absence) et l'agression (ou son absence) sont parmi les principales lignes directrices d'une véritable justice libérale.

Justice libérale

Le libéralisme fait de la justice le point central de ses réflexions et s'attache à comprendre l'émergence de l’institution de la justice dans une société libre, comment les hommes respectent les règles de juste conduite, comment les doctrines totalitaires influencent les notions de justice et instaurent la loi du plus fort et l'importance des principes de justice qui respectent les droits de chaque individu, sont parmi les principaux axes de réflexion.

Pour Hayek, les institutions qui naissent de l'interaction et coopération humaines ne sont pas le fruit d'un dessein délibéré mais plutôt un processus d'évolutions spontanées. Il distingue deux natures d'ordre : un « ordre fabriqué » (Taxis) ou ordre arrangé, qui correspond à la volonté de construction d'un ordre social défini en vue de promouvoir certains objectifs ou résultats; et un « ordre mûri » (Kosmos) ou ordre spontané, correspondant à l'état endogène auto-organisé où la multiplicité des activités humaines constitue un processus dont personne n'avait prévu ni projeté les résultats.

Le rôle de la justice n'est donc pas de servir les motifs des coalitions d'intérêts organisés, ni de mobiliser le consentement du plus grand nombre, par conséquent, c'est une erreur de croire qu'en désignant la justice comme étant « publique » et que l'orientant vers des objectifs collectifs qu'elle soit vraiment et entièrement au service du bien commun. De cette distinction entre droit public et droit privé est née l'idée que le droit privé ne sert qu'aux intérêts égoïstes des particuliers et que le droit public sert l'intérêt général. Dès lors que l'idée de justice et droit sont confondues avec les lois d'organisation de superstructures politiques, nous nous persuadons que les règles de juste conduite sont le produit d'un dessein délibéré; L'idée de justice est ainsi confondue avec les lois de l'appareil délibérément conçu, l'appareil législatif.

Selon Hayek, « la compréhension profonde de la nature de la justice est refusée à tous les constructivistes qui raisonnent habituellement à partir d'une présomption d'omniscience »[2].

Hayek souligne avec clarté ce que sont les fondements cohérents de la justice, situés dans un axe différent de la vision contemporaine de la justice et sa monopolisation croissante par le pouvoir politique, jusqu'au risque de réduction de toute justice à sa seule proportion légale, à savoir, de réduire le sens de la justice aux seules lois promulguées et appliquées.

Citations

  • «  La justice est un milieu entre l'excès et le défaut [...] le milieu, la moitié est égale; de telle sorte que l'égal entre le plus et le moins est le juste. »
        — Aristote

  • «  La justice que nous établissons et sanctionnons par nos lois, c'est certainement encore la justice ; mais nous l'appelons la justice selon la loi, la justice légale. Le juste selon la nature est sans contredit supérieur au juste suivant la loi, que font les hommes. »
        — Aristote

  • «  La base de toute justice est la bonne foi : nous entendons par ce mot la sincérité dans les paroles et la fidélité aux engagements. »
        — Cicéron, Des devoirs, I, VII

  • «  La justice est tout simplement le point de vue sous lequel les hommes envisagent les choses morales pour le bien-être de chacun. »
        — Cesare Beccaria

  • «  La privatisation des tribunaux civils est tout à fait concevable et réaliste. Il existe présentement aux États-Unis des milliers d'arbitres privés auxquels les parties à un contrat peuvent librement recourir pour régler un litige, et pareil recours est souvent prévu à l'avance dans les contrats. Devant l'inefficacité des tribunaux de l'État, observe Rothbard, les sociétés d'arbitrage privées sont florissantes. »
        — Pierre Lemieux, L'Anarcho-capitalisme

  • «  Dans une telle société (anarcho-capitaliste), la loi est un produit du marché. Une cour de justice vit de la facturation des services d'arbitrage qu'elle rend. Son succès dépendra de la réputation qu'elle obtiendra du point de vue de l'honnêteté, de la fiabilité, de la promptitude et de l'attrait auprès de ses clients potentiels de l'ensemble des lois qu'elle applique. Les clients immédiats sont les agences de protection. Mais une agence de protection elle-même vend un produit à ses clients. Dans ce produit entrera le ou les systèmes juridiques des cours de justice dont elle est cliente, et sous lesquels ses clients seront par conséquent jugés. Chaque agence de protection essayera d'entrer en affaires avec les cours de justice dont le système juridique plaira le plus à ses clients. »
        — David Friedman, Vers une société sans État

  • «  Au cours de l'histoire, les hommes de l'État ont confisqué les droits de la victime. Ils vont jusqu'à inventer des victimes, comme « l'ordre public » que personne n'a jamais vu mais qui est toujours prêt à se dire agressé. Le danger dont l'histoire révèle la manifestation constante est que la technique pour accéder au pouvoir et s'y maintenir est la fabrication de délits dont le pouvoir peut ensuite dénoncer les auteurs. Lorsque les hommes de l'État ont la faculté de déclarer que « la société » est une victime, chacun de nous devient un criminel potentiel. Retirer l'administration de la justice aux hommes de l'État est essentiel à notre liberté. »
        — Christian Michel

  • «  Justice : un produit plus ou moins frelaté que l'État vend au citoyen pour le récompenser de son obéissance, de ses impôts et des actions civiles qu'il exerce[3]. »
        — Ambrose Bierce (humour), Le Dictionnaire du diable

  • «  La preuve que notre justice est indépendante, c’est qu’elle a condamné à mort le général de Gaulle et le maréchal Pétain. »
        — Basile de Koch (humour), Causeur, avril 2017

Informations complémentaires

Notes et références


  • La distinction entre ces deux espèces fondamentales de la justice se rattache étroitement à la distinction que nous avons établie entre la justice légale et la justice particulière. La justice particulière vise en effet une personne privée, qui n'occupe d'autre place dans la communauté que celle qu'occupe une partie quelconque à l'intérieur d'un tout. Or si l'on considère l'une de ces parties par rapport à une autre partie, on voit naître un simple rapport entre deux personnes privées, et les rapports de ce genre sont régis par la justice commutative, régulatrice des échanges qui s'établissent entre deux individus. Mais on peut considérer au contraire l'ordre qui s'établit entre le tout et ses parties, c'est-à-dire l'ordre qui répartit entre les différents individus ce qui leur appartient en commun; les rapports de ce genre sont régis par la justice distributive, qui veille à ce que chaque membre de la communauté reçoive la part proportionnelle des biens communs à laquelle il a droit (Sum. theol., lIa Ilao, 61, 1. Concl.). Dans l'un et l'autre cas la justice demeure fidèle à sa fonction propre, qui est d'assurer le juste milieu et de maintenir l'égalité entre les deux parties en présence, mais cette égalité n'est pas de même nature selon qu'il s'agit de justice commutative ou de justice distributive. » (Saint Thomas, Textes sur la morale, traduits et commentés par Étienne Gilson, éd. Vrin)

  • F. A. Hayek, Droit, législation et liberté - volume 1 règles et ordre

    1. La fin de la phrase essaie de rendre le jeu de mots intraduisible "personal service" (assignation en justice). Citation originale : Justice: a commodity which is a more or less adulterated condition the State sells to the citizen as a reward for his allegiance, taxes and personal service.

    Bibliographie

    • 1983, Jerold S. Auerbach, "Justice Without Law? Resolving Disputes Without Lawyers", Oxford: Oxford University Press
    • 1997, Steven Lukes, “Social Justice : the Hayekian Challenge”, Critical Review, 11, 1 : 65-80
    • 2013, Manuel Wörsdörfer, "Von Hayek and ordoliberalism on justice", Journal of the History of Economic Thought, vol 35, n°3, septembre, pp291-317

    Voir aussi

     

    Liens externes

     

    janvier 04, 2026

    Intérêts stratégiques US/Venezuela - Dossier complet

     

    L'affaire contre Nicolas Maduro reposait sur la désignation par l'administration Trump du Cartel de los Soles comme organisation terroriste de trafic de drogue, sous la direction de Maduro.
     
    L'administration a désormais admis qu'un tel cartel n'existe pas.
     
    L'opération semble n'être qu'une vaste opération de corruption au profit des donateurs de Trump, notamment du financier opportuniste Paul Singer, qui devrait empocher des milliards.
     
    Ron Paul


    Le Venezuela, un avertissement pour la France

    Un pays surendetté, mais qui vit dans le déni. Des politiciens irresponsables, qui nient la réalité par calcul, et masquent leur vacuité derrière le « front républicain ». Des électeurs désabusés, qui se tournent vers ceux qu’on n’a « pas encore essayés ». La France de 2025 ? Non, le Venezuela de 1998.

    14 décembre 1922, puits Barroso II, Cabimas. À l’aurore, autour d’un forage, quelques ouvriers s’activent machinalement. Depuis quelques années, les grandes compagnies pétrolières explorent le Venezuela. Sans grand enthousiasme, car le sous-sol semble bien moins prometteur qu’au Mexique ou aux États-Unis. Quand, soudain, un grondement sourd monte des entrailles de la terre.
     
    Dans un fracas assourdissant, un mélange de gaz et de pétrole jaillit avec une violence inouïe. Pendant neuf jours, une colonne de 40 m de hauteur recrache l’équivalent de près d’un million de barils. Jamais une telle quantité de brut n’a été vue dans l’histoire de l’industrie pétrolière mondiale. Le pétrole recouvre les maisons, les arbres, les animaux, même les habitants. On interdit les feux de cuisson et les cigarettes, on éteint les lampes à huile. Une seule étincelle suffirait à faire exploser la région. La population, terrifiée, se terre dans l’obscurité.
     
    Le neuvième jour, le jet s’arrête brusquement. Le puits s’est « auto-obstrué » par l’accumulation de sable et de roches remontés des profondeurs.
    Pour les habitants, cela ne fait aucun doute. San Benito, saint patron imploré lors d’une procession fervente organisée sous la pluie mazoutée, a entendu leurs prières.
    L’histoire du Venezuela est en marche.

    Les Trente Glorieuses du Venezuela

    Vingt ans plus tard, la ruée vers l’or noir a radicalement changé le Venezuela. Les voitures américaines inondent les rues de Caracas. Le pays vit du pétrole, pour le pétrole. L’agriculture a été abandonnée et l’industrie est jugée inutile. La monnaie, le bolivar, est si forte qu’elle permet de tout importer à bas coût.
    Alors que le Brésil, le Chili ou l’Argentine basculent dans des dictatures militaires sanglantes, les grands partis vénézuéliens se partagent le pouvoir pour exclure les extrêmes, notamment les guérillas castristes.
    Le pays connaît l’une des croissances les plus rapides au monde, parfois supérieure à celle du Japon. Des centaines de milliers d’Espagnols, d’Italiens, de Portugais et même de Français y émigrent, éblouis par ce nouveau « rêve américain ».
    L’État investit massivement dans l’éducation et dans la santé. Caracas se transforme en une métropole futuriste, avec ses autoroutes suspendues, son campus classé au patrimoine de l’UNESCO et une scène culturelle bouillonnante. La « Suisse de l’Amérique » est née.

    Le paradoxe de l’abondance

    Le premier choc pétrolier éclate en 1973. S’il est catastrophique pour les pays importateurs de pétrole, pour les producteurs, c’est au contraire une aubaine. Le Venezuela n’est plus simplement riche, il est submergé par un afflux financier absolument sans précédent. Du jour au lendemain, les revenus de l’État sont multipliés par quatre. Le week-end, les rues de Miami se remplissent de Vénézuéliens fortunés. Pour les accueillir à Paris, Air France ouvre une ligne de Concorde vers Caracas.

    Un homme va en profiter sans compter. Carlos Andrés Pérez, social-démocrate, est élu en mars 1974, peu de temps après l’explosion des prix. « Croisé de la justice sociale », il promet de mener une lutte acharnée contre les inégalités.
    Au nom de l’idée que « le pétrole appartient au peuple », on nationalise l’industrie pétrolière. La loi impose une hausse généralisée des salaires, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public. Les licenciements deviennent si coûteux qu’ils sont, dans les faits, presque impossibles.
    L’administration recrute massivement : des centaines de milliers de postes sont créés et l’État embauche sans retenue. Dans les immeubles, la présence d’« ascensoristes » devient obligatoire : partout, un employé en uniforme appuie sur le bouton à votre place.
    Enfin, le prix des aliments de base est fixé très bas par l’État, qui compense la différence en subventionnant directement les producteurs.
    Les dépenses induites sont faramineuses. Comme on ne peut plus licencier, on n’embauche plus, et on s’accommode de salariés improductifs, dans le public comme dans le privé. La valeur du travail disparaît. Cela tombe bien : comme tout est subventionné, plus aucune entreprise ne cherche à être compétitive. Et le peuple commence à croire en deux mythes, celui de l’argent gratuit et celui de la consommation comme moteur de l’économie. Tant pis si tout est importé de l’étranger.
    La réalité est bien plus brutale : le pays n’a jamais autant emprunté. En six ans, la dette a été multipliée par neuf, alors même que les revenus pétroliers ont été multipliés par quatre. Le Venezuela est un milliardaire qui réussit l’exploit de vivre au-dessus de ses moyens.
    Au départ de Carlos Andrés Pérez en 1979, les intérêts de la dette commencent à dévorer une part de plus en plus importante du budget national. Herrera Campíns, chrétien-démocrate qui lui succède, promet de remettre les finances en ordre, mais sans couper dans le train de vie de l’État. Il tente une politique de libération tarifaire, mais le peuple, habitué à vingt ans de prix bas, exprime aussitôt son mécontentement dans la rue.
    Sous pression, Campíns fait marche arrière. Après tout, rien ne presse : avec la révolution iranienne, les prix du pétrole grimpent encore et le Venezuela reçoit toujours plus d’argent. Sauf que cela ne dure pas. Et en ce « Vendredi noir » de 1983, la monnaie s’effondre.

    Le RECADI, machine à corruption

    Pour sauver le pays, il faudrait dévaluer. Mais le pouvoir ne peut s’y résoudre, d’autant que les élections approchent. Campíns invente alors le pire des stratagèmes : il subventionne la majorité des importations en dollars. La nourriture, les médicaments et les machines industrielles sont vendus selon l’ancien taux de change, comme si le bolivar ne s’était pas écroulé. L’État paie la différence !
    Un procédé temporaire que son successeur, le social-démocrate Jaime Lusinchi, va institutionnaliser. Sans scrupule, il a été élu grâce à un slogan lunaire : « la crise, c’est un état d’esprit ». Le RECADI (Régimen de Cambios Diferenciales) devient alors la plus grande machine à corruption d’Amérique du Sud.
    Pour s’enrichir, il suffit de créer une société écran qui déclare vouloir importer pour 1 million de dollars de denrées, comme du lait en poudre. L’État, pour aider le peuple, lui vend 1 million de dollars au taux préférentiel de 4,30 bolivars. Évidemment, l’entreprise n’importe rien, ou seulement une infime partie. Elle revend immédiatement ce million de dollars au marché noir, au taux de 15 bolivars, et empoche 10,7 millions de bolivars de bénéfice, directement pompés dans les réserves de la Banque centrale.
    Pourquoi s’embêter à cultiver ou à produire, si on peut devenir millionnaire en simulant une importation ? L’agriculture et l’industrie disparaissent définitivement. Personne n’est dupe, mais tout le monde en profite : les riches s’enrichissent, la classe moyenne voyage à peu de frais et les plus pauvres achètent des denrées à des prix encore bas. Sauf qu’à la fin des années 1980, la situation est insoutenable : le remboursement de la dette représente la moitié du budget de l’État. Mais, encore une fois, personne ne veut regarder la réalité en face.

    Grand Venezuela !

    En décembre 1988, Carlos Andrés Pérez revient au pouvoir, après une campagne qui atteint le summum du cynisme politique. Les difficultés financières ne sont jamais abordées. Au contraire, l’homme promet le retour du grand Venezuela, les années fastes de son premier mandat à l’époque du premier choc pétrolier.
    Sa cérémonie d’investiture a tout du couronnement, dans un faste qui défie l’entendement. Plus de vingt chefs d’État, dont Fidel Castro et François Mitterrand, font le déplacement au Théâtre Teresa Carreño, le plus grand et le plus moderne complexe culturel de l’époque. Des sommes astronomiques sont dépensées en banquets, en fleurs importées, en sécurité et en réceptions dans les hôtels cinq étoiles de Caracas.
    Le lendemain, Carlos Andrés Pérez annonce que les caisses sont vides. Le pays n’a plus le choix : il doit se tourner vers le FMI.
    L’organisme demande la fin du RECADI et de l’encadrement des prix, un programme de privatisations et le gel des embauches dans la fonction publique. En quelques jours, les prix sont multipliés par trois. Le coût de l’essence et des prêts immobiliers explose.
    La révolte qui s’ensuit est incontrôlable. En quelques heures, tout Caracas est en feu. Les manifestants brûlent les bus, saccagent les magasins. Les uns transportent des carcasses de bœuf entières sur leur dos, les autres des téléviseurs, au milieu de rues jonchées de verre brisé.
     
    Carlos Andrés Pérez, dépassé, ordonne à l’armée de rétablir l’ordre. Armés de fusils d’assaut et de munitions de guerre, les soldats tirent à balles réelles dans les quartiers populaires. C’est un carnage. Les morgues de Caracas débordent. On crée des fosses communes pour enterrer les corps à la hâte. Les ONG comptent près de 3 000 morts. La confiance dans le pouvoir politique est définitivement brisée.

    L’espoir Hugo Chávez

    Hugo Chávez, alors jeune officier, est horrifié de recevoir l’ordre de tirer sur ses compatriotes. Dans un pays où les institutions se délitent les unes après les autres, il tente en 1992 un coup d’État pour prendre le pouvoir. Emprisonné, il sera relâché en 1994 pour tenter de pacifier un pays au bord de la rupture.
    À cause de la corruption et du manque de contrôle, la moitié du système bancaire s’écroule. L’État doit dépenser 11 % du PIB pour sauver les banques. L’inflation atteint 100 %. Peu de temps après, le prix du pétrole s’effondre. Le Venezuela est à genoux. La pauvreté, qui était de 15 % dans les années 1970, touche désormais plus de 60 % de la population.
    Les Vénézuéliens, excédés, ne veulent plus entendre parler des partis traditionnels, de droite comme de gauche. Aucun n’a eu le courage de dire la vérité. Tous ont suivi la même politique dépensière et clientéliste.
    La commission d’enquête chargée d’identifier les responsables des détournements du RECADI se contente de désigner un bouc émissaire, Ho Fuk Wing, un homme d’affaires chinois rapidement surnommé « le Chinois du RECADI ». Aucun ministre ni dignitaire n’est inquiété.
    Ce simulacre attise encore le ressentiment d’un peuple à qui l’on demande des sacrifices, tandis que la classe dirigeante continue de vivre dans une impunité totale, sans jamais avoir à répondre de ses actes.
    Dans ce contexte, Hugo Chávez semble être l’homme providentiel. L’ancien révolutionnaire adoucit son image. En costume trois pièces, il prend la voie de la normalisation. Comme ses prédécesseurs, il ne parle pas de sacrifices, mais de grands projets. Celui d’une nouvelle république, censée guérir de tous les maux.
    Ses concurrents, à court d’idées, se lient dans l’urgence dans un « front républicain » pour lui faire barrage… Mais le peuple n’y croit plus. Après tout, pourquoi ne pas essayer Chávez ? La situation ne peut pas être pire.
    En réalité, la politique qu’il met en œuvre ne fait que recycler les vieilles recettes de Lusinchi. Vingt-sept ans plus tard, 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et près de la moitié d’entre elle est dans l’incapacité de s’acheter le panier alimentaire de base.
    Pendant des décennies, les Vénézuéliens ont préféré céder aux promesses démagogiques plutôt que d’affronter la réalité. « Le Venezuela est un pays riche ». « De l’argent, il y en a ». Autant de slogans qui permettaient d’éviter d’aborder les problèmes structurels. Il n’a jamais été question de créer de la richesse, seulement de mieux la redistribuer, avec cette conviction persistante que l’avenir ne pouvait pas être pire. Pourtant, les problèmes ne disparaissent pas parce qu’on détourne le regard. Les Vénézuéliens l’ont appris de la manière la plus brutale qui soit : il y a toujours plus profond que le fond. Essayons de nous en souvenir. Merci à Cédric Mouret @ElPerezosoInfo, qui m'a soufflé l'idée de cet article et aidé à construire ce récit.
     
    Antoine Copra
    https://x.com/lel_media/status/2008779699879600458
     
     
     

    Venezuela – Iran, l’alliance des narco-États

    Plateforme du Hezbollah et allié de l’Iran, le Venezuela de Nicolás Maduro était devenu un véritable narco-État. Pourtant, Washington vise davantage les puits de pétrole que les cartels. En géopolitique, la morale a moins de valeur que les intérêts stratégiques.


     

    Une opération façon Mossad…

    La stupeur a frappé le monde en ce 3 janvier après l’opération des forces spéciales américaines en plein cœur de Caracas, la capitale vénézuélienne, culminant avec la capture de Nicolás Maduro et de sa femme. Une intervention officiellement fondée sur les accusations de narcoterrorisme touchant le leader sud-américain. Elle s’inscrit dans une série d’actions militaires entamées dès l’été 2025, ayant visé des embarcations suspectées de transporter de la drogue, causant des dizaines de morts – parfois sans rapport avec le trafic, d’ailleurs – et exacerbant les tensions régionales. Mais surtout bien au-delà. D’où la réaction immédiate des autorités iraniennes, fortement impliquées dans l’affaire, dénonçant une agression impérialiste flagrante. Téhéran a réaffirmé son soutien indéfectible au Venezuela, qualifiant l’intervention des soldats US d’atteinte à la souveraineté et appelant à une levée des sanctions sur son programme nucléaire. Logique. Ces événements révèlent les liens profonds et multiformes entre les deux nations, unies par une alliance stratégique contre « l’impérialisme américain », les ventes d’armes et… le partage des profits mondiaux du narcotrafic, que nous évoquerons plus loin.
     

     
    Le 30 décembre dernier, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions contre dix individus et entités basés en Iran et au Venezuela, ciblant notamment le commerce d’armes, y compris des drones iraniens comme le Mohajer-6, largement employé par la Russie en Ukraine, et assemblé localement au Venezuela. 
     
    Le Trésor américain accuse des figures comme José Jesús Urdaneta González, président d’Empresa Aeronautica Nacional SA (EANSA), d’avoir coordonné avec les forces armées vénézuéliennes et iraniennes la production de ces drones de combat. Maduro, dans ses ultimes déclarations, a d’ailleurs évoqué des dons iraniens de systèmes défensifs pour protéger le territoire vénézuélien, tandis que des rapports confirment la présence de ces appareils, symboles d’une coopération qui transcende le domaine militaire pour s’étendre au narcotrafic. L’administration Trump, qui a déjà saisi des tankers vénézuéliens comme le Nord Star, voit dans ces liens une menace directe à la sécurité des États-Unis, dans un pays frappé par une épidémie d’overdoses ayant causé plus de 70 000 morts annuels. Pourtant – et cela écorne le narratif américain –, la cocaïne vénézuélienne se déploie majoritairement en Europe. 



    Narco-État ?

    Le concept de narco-État désigne un régime où le pouvoir politique se confond avec les réseaux de trafiquants de drogue, détournant l’appareil institutionnel au profit de ces activités illicites. Or, le Venezuela et l’Iran incarnent cette réalité, formant une alliance où la drogue n’est pas seulement une source de revenus, mais un instrument stratégique de subversion et de souveraineté économique. Sous Hugo Chávez puis Nicolás Maduro, le Venezuela s’est allié à l’Iran au nom de la lutte contre le « Grand Satan » américain, chacun en fonction de ses intérêts propres et de la défense de sa manne pétrolière.
     
    Derrière le discours bolivarien se cache un deal entre nations au bord de l’asphyxie économique. Les Gardiens de la Révolution (pasdaran) trouvent en Amérique latine un partenaire géographique idéal, avec ses ports discrets, son marché noir pétrolier, ses routes de la cocaïne et sa haine de l’Occident.
     
    Des officiers vénézuéliens et des membres du Hezbollah, le proxy libano-syrien des mollahs, ont organisé des ponts aériens de cocaïne et d’armes, parfois avec la médiation de la Force Al-Qods, la branche militaire des pasdaran. Tareck El Aissami, ex-vice-président de Maduro puis ministre du Pétrole, d’origine syro-libanaise, et Ghazi Nassereddine, ancien diplomate vénézuélien, lui aussi aux racines liées au pays du Cèdre, figurent parmi les figures clés de ce réseau, témoignant du pourrissement de la tête de l’État.
     
    Les circuits passent par l’Afrique de l’Ouest – Lagos, Abidjan, Cotonou – puis par Dubaï, pivot logistique et bancaire. En 2024, selon les estimations croisées de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, 14 % du trafic mondial d’opiacés et près de 4 % de celui de cocaïne transitent encore par l’Iran.
     
    À partir des années 2000, plusieurs rapports de la DEA et d’organisations américaines de sécurité mettent en lumière l’axe Caracas–Beyrouth–Bogotá–Buenos Aires. Des vols opérés par la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, placée sous sanctions américaines, effectuent des rotations régulières entre Caracas et Beyrouth. L’opération Titan, en 2008, a permis d’intercepter plusieurs tonnes de cocaïne issues de ce système. Le Hezbollah agit comme facilitateur financier, blanchissant de l’argent du trafic et recevant une partie des profits pour financer ses opérations au Moyen-Orient.
     
    Et ce, même si, en 2025, l’armée de l’air vénézuélienne prétend avoir détruit 39 avions appartenant à des trafiquants de drogue. Des actions masquant souvent, en réalité, la protection étatique accordée aux cartels alliés au régime contre leurs concurrents. Comme celui de los Soles, formé par des militaires de haut rang.
    L’Iran, via son Drug Control Headquarters (DCHQ), rattaché au président, coordonne une politique antidrogue officielle tout en tolérant des flux illicites qui financent ses proxies. Notamment dans des ports, comme celui de Chabahar, qui servent de hubs pour des cargaisons suspectes.
     
     
     
    Ayman Joumaa, trafiquant libanais œuvrant pour Téhéran, a exporté plus de 200 tonnes de cocaïne entre 2008 et 2012, blanchies via la Lebanese Canadian Bank. Le réseau de Mohamad Hamdar, démantelé en 2014, illustre cette mécanique. Cet agent du Hezbollah a servi de courroie entre les cellules financières iraniennes et des organisations criminelles comme La Oficina de Envigado, héritière du célèbre cartel de Medellín. Ces preuves, corroborées par des rapports comme celui de l’International Narcotics Control Strategy Report 2025, confirment le statut de narco-États de ces deux pays, où la drogue est devenue la colonne vertébrale d’un pouvoir informel, mobile et autofinancé.
     

     
    Plateforme du Hezbollah et allié de l’Iran, le Vénézuela de Nicolás Maduro était devenu un véritable narco-État. Pourtant, Washington vise davantage les puits de pétrole que les cartels. En géopolitique, la morale a moins de valeur que les intérêts stratégiques.

    Réelle lutte contre le narcotrafic ?

    La posture américaine face à cette menace est résolument offensive, ancrée dans une stratégie de « pression maximale » visant à démanteler les réseaux irano-vénézuéliens. Les frappes aériennes sur des bateaux accusés de transporter de la drogue, les saisies de tankers et le déploiement d’un porte-avions en octobre 2025 pour des opérations antidrogue illustrent cette approche musclée.
     
     
     
    Maduro est dépeint – à raison – comme le dirigeant d’un « narco-État », avec une récompense portée à 50 millions de dollars pour sa capture – qui n’iront finalement dans les poches de personne. Les sanctions du Trésor américain, qui ont désigné en 2017 ces structures comme Transnational Criminal Organizations, se sont multipliées, touchant récemment le Rayan Fan Group iranien et l’Empresa Aeronautica Nacional vénézuélienne. Washington accuse ces réseaux de miner la sécurité mondiale, en reliant le narcotrafic à des menaces plus larges comme le terrorisme et la prolifération nucléaire, justifiant ainsi l’escalade militaire. Et Maduro, prétendument ouvert à un pacte antidrogue avec les États-Unis et ayant « invité » des compagnies pétrolières américaines comme Chevron, a vu son régime reconnu comme une organisation narcoterroriste par Washington, voyant dans l’alliance irano-vénézuélienne une menace hybride combinant drogue, armes et terrorisme.
     

     

    L’hypocrisie américaine – Convoitise du pétrole et politique à géométrie variable

    Pourtant, cette fermeté américaine masque une hypocrisie profonde, motivée par la convoitise des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes et une politique étrangère sélective qui privilégie les intérêts géopolitiques sur la cohérence morale. Parallèlement à ses actions vénézuéliennes, Donald Trump a accordé, le 1er décembre 2025, une grâce présidentielle complète à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné l’année précédente à quarante-cinq ans de prison aux États-Unis pour avoir facilité l’importation de centaines de tonnes de cocaïne, en protégeant des trafiquants et en recevant des millions en pots-de-vin. Des éléments laissant entendre que, sous couvert de lutte antidrogue, le président américain visait surtout à affaiblir le régime chaviste pour s’emparer des réserves pétrolières de Caracas.
     

    Sidney Powell qui parle de fraude électorale aux États-Unis, et le Venezuela semble impliqué. C'est une vidéo qui date un peu, mais qui trouve toute sa pertinence aujourd'hui. Il semblerait que c'est la fin du règne de la CIA... « Je suis impatiente de présenter toutes les preuves que nous avons recueillies sur Dominion. Ce logiciel a été créé pour produire et modifier les résultats des élections au Venezuela en faveur d'Hugo Chávez, puis exporté à l'international afin de manipuler les votes dans d'autres pays, y compris celui-ci... »
     

     
     
    Washington épargne les acteurs impliqués dans le narcotrafic tant qu’ils s’alignent sur ses intérêts politiques, révélant une duplicité où la morale cède le pas à la realpolitik. Cette incohérence sape la crédibilité de la croisade antidrogue, transformant une quête de justice en outil de domination, surtout lorsque les États-Unis consomment encore une part significative du pétrole vénézuélien malgré les sanctions…
     
    Benjamin Sire 
     
    Cet article, actualisé, s’inspire en grande partie du livre de son auteur, « La drogue au pouvoir », qui sortira début 2026, aux Éditions du Cerf.
    à lire sur
     
     

    La plongée en enfer du chavisme

    En dix ans, le PIB du Venezuela a été divisé par cinq — un effondrement supérieur à celui d’un pays en guerre. Près d’un quart de la population a fui la misère et la répression. Chute des prix du pétrole ? Sanctions américaines ? Les causes, plus profondes, prennent racine dans les fondements mêmes du chavisme.

    Depuis plus de dix ans, le Venezuela s’est enfoncé dans une crise sans précédent. La population manque de tout : ruptures d’approvisionnement, services publics en ruine, salaires qui ne couvrent plus l’essentiel, familles éclatées par la nécessité.

    L’argent facile du pétrole

    Pourtant, le pays repose sur l’un des sous-sols les plus riches du monde. Bien avant Hugo Chávez, le Venezuela était déjà un État rentier : plus de 90 % de ses exportations provenaient du pétrole, tandis que l’industrie, l’agriculture et les secteurs non pétroliers étaient marginalisés. Lorsqu’il arrive au pouvoir, le baril se négocie autour de 10 dollars. Il grimpera jusqu’à 130 dollars sous sa présidence. Cette manne exceptionnelle transforme la rente pétrolière en système clientéliste : les revenus financent programmes sociaux et emplois publics, distribués en échange de l’allégeance au régime.
    La loyauté remplace la compétence, le parti remplace l’administration, l’urgence remplace l’investissement. Le socialisme populiste n’administre pas seulement l’économie, il organise la dépendance.
    La compagnie pétrolière publique PDVSA est devenue le symbole le plus parlant de cette transformation. En 2017, elle comptait 115 000 salariés, quatre fois plus qu’avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, tout en produisant quatre fois moins de pétrole. Les licenciements massifs de 2002 – 19 000 des 30 000 salariés du groupe – ont laissé des traces. Gouverner selon les besoins des amis s’est fait au détriment de la compétence technique et de l’avenir de la nation.
    Si les largesses du pouvoir profitent dans un premier temps aux classes populaires, l’effondrement du prix du baril – 30 dollars en 2015 – fait s’écrouler tout le système comme un château de cartes. Sans épargne de précaution, sans fonds souverain crédible, sans accès normal aux marchés financiers, c’est un choc cataclysmique. Les autres pays pétroliers ajustent, puisent dans leurs réserves. Le Venezuela se contente d’imprimer de la monnaie.
    Mais la chute des cours n’est pas la seule raison de la destruction de l’économie du pays. Celle-ci a commencé bien plus tôt.

    Les racines du mal

    En 2002, seulement quatre ans après son arrivée au pouvoir, Hugo Chávez fait face à une grève générale et à un conflit ouvert avec le secteur privé. La corruption, les expropriations arbitraires, les nationalisations sans compensation et la subordination de la justice au pouvoir politique ont entraîné une perte de confiance des entrepreneurs et des investisseurs.
    Le président vénézuélien prend alors deux décisions politiques qui ont un impact économique majeur : le contrôle des prix et le contrôle des changes.
    Parmi les produits concernés figure un pilier de l’alimentation vénézuélienne : la farine de maïs précuite, indispensable à la fabrication des repas. Le prix est fixé par décret, au nom de la « défense du pouvoir d’achat ». Sur le papier, l’intention est simple : empêcher les industriels d’augmenter les prix. Dans la réalité, le prix administré est rapidement inférieur au coût réel de production. À court terme, l’État compense partiellement. À moyen terme, l’inflation, la dégradation des infrastructures, la pénurie de devises et les contrôles bureaucratiques rendent cette compensation insuffisante.
    L’entreprise dominante du secteur, Empresas Polar, alerte à plusieurs reprises : produire à ce prix signifie produire à perte. Les coûts explosent — énergie, transport, pièces détachées importées — tandis que le prix de vente reste figé. L’État refuse d’ajuster durablement, par crainte politique de reconnaître l’inflation.
    La mécanique se met alors en place, implacable. Les usines ralentissent, puis s’arrêtent par intermittence. Les stocks disparaissent des supermarchés. La farine devient un produit rare. Les files d’attente s’allongent devant les magasins d’État. Le rationnement s’installe : un paquet par personne, certains jours seulement, parfois sur présentation de la carte d’identité ou du « carnet de la patrie ».
    Dans le même temps, la farine ne disparaît pas vraiment. Elle change de circuit. Les sacs subventionnés sont détournés à la sortie des usines ou des entrepôts, revendus sur les marchés informels à cinq, dix, parfois vingt fois le prix officiel. Le contrôle des prix, censé protéger les plus pauvres, ne profite qu’aux dignitaires du régime. La farine n’est pas un cas isolé. Le riz, le lait, l’huile, le sucre, puis les médicaments, tous les biens de base subissent le même sort.
    Dans le même temps, pour empêcher la fuite de capitaux, l’État s’arroge le monopole total de l’accès aux devises.
    Acheter des dollars devient un privilège administratif. Toute entreprise souhaitant importer doit demander des devises à un organisme public. Le taux officiel est fixé très en dessous de la valeur réelle du bolivar. Le dollar subventionné devient aussitôt une rente.
    Le système produit exactement l’inverse de l’objectif affiché. Les entreprises proches du pouvoir obtiennent des dollars bon marché, parfois pour les revendre sur le marché noir avec des marges énormes, parfois pour des importations fictives qui alimentent les réseaux politiques, militaires et clientélistes.
    Les entreprises productives, elles, attendent ou sont refusées. Sans devises, elles ne peuvent plus importer de machines ni de matières premières. La production s’effondre.
    Un marché noir du change devient la vraie référence de l’économie. Le pays fonctionne alors avec deux réalités : un taux officiel réservé aux initiés et un taux réel, illégal mais indispensable à la survie.
    Sous Nicolás Maduro, le système se complexifie sans jamais être démantelé. Les taux se multiplient, l’arbitraire s’installe, la corruption explose. Le contrôle des changes alimente la fuite de capitaux, accélère la désindustrialisation et prépare l’hyperinflation.
    Entre 2000 et 2018, on estime que ont quitté le pays. Une moyenne de 3,5% du PIB chaque année.
    L’inflation atteint 4 % par jour. Ce qui vaut 1 bolivar le lundi en vaut 1,27 le dimanche. 3,12 à la fin du mois. Plus d’un million et demi un an après. En 2021, le salaire mensuel minimum ne permet plus de s’acheter qu’une seule boîte d’œufs.
    Si, dans les villes, les dollars sont devenus l’eldorado, dans les villages, c’est le café qui supplante la monnaie nationale. Les grains ne sont plus broyés, ils s’échangent.
    Si les sanctions américaines n’ont rien arrangé, elles ne sont pas l’origine de la catastrophe. En 2014, sous la présidence de Barack Obama, Washington se limite à sanctionner individuellement quelques responsables impliqués dans la répression des manifestations. Les premières mesures réelles interviennent en 2017, lorsque Donald Trump coupe l’accès de PDVSA et du gouvernement vénézuélien aux marchés financiers internationaux. Et la rupture décisive ne survient que deux ans plus tard, avec l’interdiction faite aux entreprises américaines d’acheter du pétrole vénézuélien. Pour la première fois, le brut est directement visé. Mais à ce moment-là, la production a déjà été divisée par trois, les pénuries d’essence sont installées, et PDVSA est techniquement sinistrée. Les sanctions ne peuvent pas être la cause d’un déclin commencé bien avant leur mise en œuvre.
    Aujourd’hui, près de 8 millions de Vénézuéliens ont fui le pays. Un quart de la population. Un exode qui a bouleversé la démographie de l’Amérique du Sud : pour la première fois, la Colombie, le Chili et le Pérou ont connu un solde migratoire positif.
    Mais la pauvreté n’est pas le seul danger qui menace les Vénézuéliens.

    Derrière la misère, la peur

    Progressivement, le pouvoir est passé du clientélisme à la terreur, en s’appuyant sur ceux qui dépendaient le plus de lui : les colectivos. Enracinés dans les quartiers populaires, ces groupes pro-gouvernementaux organisent des distributions alimentaires, gèrent des radios communautaires, des jardins partagés, parfois des cliniques de fortune. Ils se présentent comme les « yeux et les mains du peuple », chargés de faire vivre la révolution au niveau local. Avec le temps, une partie d’entre eux a basculé. Ce sont devenus des milices. Les structures sociales se sont transformées en réseaux d’informateurs, puis en instruments d’intimidation, capables de terroriser la population.
    En 2024, ils jouent un rôle central dans la répression des manifestations qui suivent la réélection contestée de Nicolás Maduro. Organisés en bandes de motards armés et cagoulés, ils tirent sur les foules ou les brutalisent. Pour intimider, ils peignent des croix sur les maisons des manifestants. À Caracas, presque chaque famille voit alors l’un des siens disparaître. Désignés comme « terroristes », les opposants sont arrêtés et emprisonnés sans procès.
    De nombreux opposants, comme María Oropeza, soutien du candidat Edmundo Gonzalez Urrutia, sont kidnappés à leur domicile. Filmée en direct par la militante, la scène fait le tour du monde. Elle est détenue depuis dans le centre de détention d’El Helicoide, connu comme un lieu de torture.Aujourd’hui, les Vénézuéliens vivent dans la peur et dans le dénuement. En dix ans, l’espérance de vie a reculé de . Et même de sept ans pour les personnes nées entre 2015 et 2020. L’avenir sera-t-il meilleur ? Rien n’est moins sûr. À l’heure où j’écris ces lignes, impossible de savoir si la capture de Maduro mettra fin au chavisme. Espérons-le, tant il fut destructeur.
     
     
     

    Droit international : l’Amérique franchit le Rubicon

    Quelles conséquences aura la capture de Maduro pour les Vénézuéliens comme pour l’ordre mondial ? Le coup de force américain, en dynamitant le droit international, risque-t-il de légitimer les futures agressions de Moscou ou de Pékin ? Décryptage d’un pari risqué.

    L’opération américaine du 3 janvier, qui a abouti à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, en plein cœur de Caracas, a provoqué un séisme diplomatique mondial. Les explosions nocturnes à Fuerte Tiuna, La Carlota et La Guaira, soutenues par des hélicoptères Chinook et Apache, marquent une intervention directe sans précédent depuis des décennies. Cette action unilatérale, justifiée par Washington comme une exécution de justice contre un « narco-État », a immédiatement polarisé la communauté internationale. Même si, et c’est le plus étrange, elle ne changera pas forcément la réalité subie par les Vénézuéliens. Du moins, pas dans l’immédiat.
    Les réactions sont convenues et alignées sur les intérêts géopolitiques de chacun. Les alliés traditionnels du régime Maduro – Russie, Iran, Chine et Cuba – ont unanimement condamné l’opération comme une agression armée flagrante et une violation de la souveraineté vénézuélienne. Surtout, l’Iran, , qui ressent cette action comme un coup porté à son propre « axe de résistance » contre l’Occident. Quant à Cuba qui sent déjà passer le vent d’un boulet pouvant la toucher, comme l’a évoqué le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, elle a condamné un « terrorisme d’État » perpétré par les États-Unis.
    À l’opposé, tout aussi logiquement et assez éloignés des standards du droit international, des commentaires positifs émergent de pays alignés sur Washington ou hostiles au chavisme. En Argentine, Javier Milei a célébré sur X l’opération comme une avancée pour la « liberté », saluant la chute d’un régime qu’il qualifie – à raison – de tyrannique. En Italie, Giorgia Meloni a défendu une « intervention défensive légitime » contre un État promouvant le narcotrafic, tout en nuançant ses mots d’un rejet malin de l’usage de la force pour faire tomber un régime souverain.
    L’Europe, quant à elle, apparaît particulièrement passive et écartée des enjeux, pour ne pas dire de la marche de l’Histoire. Par la voix de Kaja Kallas, la cheffe de sa diplomatie, elle se contente de « suivre de près la situation », mais n’a rien dégainé d’autre qu’un appel convenu au respect des principes du droit international et de la Charte des Nations unies. Tout en réaffirmant que Maduro manque de légitimité depuis les élections frauduleuses de 2024 qui auraient dû voir gagner l’opposant Edmundo González.
    La France, via son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, rappelle le principe de non-recours à la force, soulignant qu’ « aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur ». Un grand numéro de « en même temps » typique du macronisme, puisque le président de la République s’est lui réjoui de voir « le peuple vénézuélien […] débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro. », avant d’ajouter : « En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. » Des mots contradictoires et sans effets qui témoignent de la marginalisation européenne et de l’absence de responsabilité et de colonne vertébrale diplomatique française.
    L’UE, déjà divisée sur les questions énergétiques et migratoires, n’a ni les moyens ni la volonté de s’impliquer dans une crise dominée par les États-Unis, laissant le champ libre à sa realpolitik qui joue aux apprentis-sorciers avec le globe. Même si on peut noter, d’un point de vue purement technique (et un peu cynique), la qualité d’une opération militaire menée de main de maître par les forces spéciales américaines, qui plus est visant à écarter un narco dictateur que personne ne regrettera.

    Un précédent dangereux pour l’ordre mondial

    Cette intervention américaine pose néanmoins des questions fondamentales quant au respect du droit international, créant un précédent qui pourrait ébranler l’ordre mondial établi depuis 1945. Le cadre juridique est clair. L’article 2(4) de la Charte des Nations unies interdit formellement le recours à la force armée contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État membre, sauf en cas de légitime défense (article 51) ou avec une autorisation explicite du Conseil de sécurité. Ici, aucune résolution onusienne n’a été adoptée, et il n’existe pas d’attaque armée préalable du Venezuela contre les États-Unis justifiant une action de défense préventive. L’opération, présentée par Washington comme une simple « exécution de justice » contre un individu inculpé pour narcoterrorisme (sur la base d’une décision du Southern District of New York datant de 2020), s’apparente plutôt à un enlèvement extraterritorial d’un chef d’État en exercice, ce qui viole les principes de souveraineté et de non-ingérence.
    Cette analyse se confronte toutefois à l’idée, brandie, notamment par Kaja Kallas, que Maduro avait en réalité perdu les élections de 2024 et manquait de légitimité démocratique. Cette illégitimité interne, reconnue par l’UE et une partie de la communauté internationale, pourrait théoriquement justifier une pression diplomatique ou des sanctions, mais elle ne saurait autoriser une intervention armée unilatérale d’une puissance étrangère au nom de ses propres intérêts sécuritaires (lutte contre le narcotrafic) ou économiques (accès au pétrole vénézuélien). Le droit international ne prévoit pas de « clause d’illégitimité » permettant à un État tiers d’imposer un changement de régime par la force. Cela relèverait d’une doctrine obsolète, comme la « doctrine Monroe » revisitée et d’ailleurs évoquée par Donald Trump pour se justifier, qui risque de miner la crédibilité des institutions onusiennes.

    Un régime toujours en place

    Sur la succession, la position américaine est ambiguë et révélatrice. Trump a affirmé que les États-Unis géreraient le Venezuela de manière intérimaire jusqu’à la transition, sans promouvoir Maria Corina Machado ou Edmundo González comme successeurs. Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l’opposition, émerge pourtant comme une candidate naturelle. Mais l’administration Trump lui a mis un vent assez stupéfiant, semblant témoigner de son indifférence coupable au sort de la population. Le plan semble désormais se diriger vers une absence d’ingérence politique, à la condition de voir les compagnies américaines reprendre le contrôle de la manne pétrolière, laissant le pays en lambeaux et aux prises à la vengeance des brutaux lieutenants de Maduro, comme le ministre des Relations intérieures, de la Justice et.. de la Paix, Diosdado Cabello. On en vient à se demander si cette triste hypothèse ne procède pas d’un deal navrant pouvant être résumé ainsi : pétrole et Maduro, en échange d’une absence de réel interventionnisme futur. Il est encore prématuré pour l’assurer, mais les signaux envoyés ne sont vraiment pas encourageants, surtout pour les Vénézuéliens…
    Dans tous les cas, cette approche unilatérale renforce l’idée d’un douteux coup d’éclat, dans lequel la prétendue préoccupation démocratique sert de prétexte à l’accomplissement d’objectifs personnels. Un classique de la diplomatie américaine, à la sauce trumpiste.

    Légitimation d’une escalade potentielle

    Le problème posé par cette intervention, même si l’on se réjouit vivement de la chute de Maduro et de la fin potentielle d’une dictature aux contours marxisants, est qu’elle légitime d’autres actions similaires à travers le monde, affaiblissant le principe de non-ingérence. Elle pourrait, a posteriori, donner un faux motif à Vladimir Poutine pour vendre son attaque de l’Ukraine en 2022, en créant un précédent où une grande puissance peut invoquer des menaces sécuritaires, réelles ou perçues, pour justifier une invasion unilatérale. Cela conduirait à encourager des escalades ultérieures, visant notamment des pays proches de l’Ukraine, y compris des membres de l’OTAN, comme les États baltes ou la Moldavie, avec des conséquences insoupçonnables sur la stabilité européenne et mondiale.
    Les implications pour la Chine sont tout aussi alarmantes. Pékin, qui privilégie l’expansion par le commerce plutôt que par la guerre malgré ses provocations répétées et ses manœuvres militaires autour de Taïwan, pourrait se sentir légitime pour envahir l’île en invoquant des prétextes similaires, comme des menaces pour sa sécurité, une unification historique (à la manière de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine), ou une lutte fantasmée contre des influences étrangères. Bien qu’encore une fois, la Chine soit peu encline à une conquête mondiale par la force, ce précédent américain serait de nature à abaisser son seuil d’inhibition.
    Enfin, cela renforce le rôle de la Russie et de la Chine comme défenseurs de la sphère non occidentale, symbolisée par les BRICS. Et ce n’est pas un hasard si la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, est actuellement à Moscou ou que le brésilien Lula a fortement condamné l’intervention américaine. Cet ensemble de faits soulignent comment Moscou et Pékin se positionnent comme gardiens de la sécurité des ses supposés alliés face à l’Amérique et à l’OTAN, recomposant le monde en deux blocs rappelant les plus « belles » heures de la Guerre froide. D’un côté, un Occident mené par les États-Unis imposant ses normes par la force ; de l’autre, un axe eurasiatique défendant la multipolarité, fondé sur des régimes autoritaires.
    Cette opération justifie également les prochaines ingérences américaines, non seulement dans la sphère de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale – rappelant les interventions des années 1970-1990 au Panama, au Nicaragua ou au Grenade, souvent sous prétexte de lutte contre le communisme ou la drogue – mais aussi au-delà. Elle pourrait préfigurer des actions plus agressives contre des États comme l’Iran, l’opération vénézuélienne semblant coordonnée avec les actuels événements secouant le régime des mollahs. Selon nos informations, celles-ci devraient se matérialiser, à travers le bornage de téléphones et la localisation par satellite de potentielles cibles de dignitaires du régime, pouvant être éliminées par le Mossad, dont nombre d’agents agissent sur le territoire iranien.
     

     

    Une recomposition de l’ordre mondial

    En définitive, l’intervention au Venezuela accélère une recomposition profonde de l’ordre mondial, où le multilatéralisme incarné par l’ONU s’effrite face aux actions unilatérales des grandes puissances. Dans un espace où les États-Unis exercent une mainmise accrue sur le pétrole vénézuélien – les plus grandes réserves prouvées au monde –, cela risque de mener à des tensions énergétiques globales, avec la Russie et la Chine cherchant à contrer cette domination via des alliances alternatives, des sanctions croisées ou des disruptions sur les marchés mondiaux. Ce précédent est susceptible de plonger le monde dans une ère d’instabilité où la loi du plus fort prime sur le droit. Attention danger…
     
     
     

     

    Venezuela : le tombeau de l’or noir
     
    Un cinquième des réserves mondiales — plus que l’Arabie saoudite ou l’Iran. Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela. Avant que le chavisme ne tue cette poule aux œufs d’or, qui précipite aujourd’hui la chute de son tyrannique leader.

    Longtemps, le pétrole a été un cadeau du ciel pour le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de la planète, devant l’Arabie Saoudite et l’Iran. Pourtant, le chavisme a progressivement tué la poule aux œufs d’or. Jusqu’à ce qu’elle se transforme aujourd’hui en poison fatal.
    Dans les années 2000, le Venezuela récolte les fruits d’une flambée des prix du baril. Cliniques de quartier gratuites, subventions alimentaires, logements sociaux, aides aux plus démunis, carburant quasi gratuit… Élu en 1998, Hugo Chávez profite progressivement de cette manne pour mener une politique sociale massive. Se réclamant du bolivarisme, il revendique l’avènement d’un « socialisme du XXIe siècle ». Sa « Révolution bolivarienne » entraîne l’établissement d’une nouvelle Constitution, la promotion d’une forme de « démocratie participative » et la nationalisation des industries clés.
    PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuélienne, bénéficiait jusqu’alors d’une assez grande autonomie. Dotée de compétences techniques reconnues, elle investissait à l’étranger et dans son outil de production. Mais l’arrivée de Chávez la transforme progressivement en instrument politique et social, chargé de financer les priorités du régime.
     
     
     
    Les cadres techniques qui dénoncent l’incompétence de la nouvelle direction sont marginalisés. En 2002, plusieurs dirigeants de PDVSA sont publiquement révoqués, ce qui accentue la colère au sein du groupe. En décembre, une grande partie des employés arrêtent la production pendant plus de deux mois. La riposte est brutale : environ 19 000 cadres et salariés grévistes sont licenciés, sur les quelque 30 000 que compte alors l’entreprise.
    Ils sont remplacés par d’ex-retraités, ou par des jeunes mal formés. La loyauté politique prime sur la compétence technique. La productivité de l’entreprise et la motivation des salariés s’effondrent. L’entretien des infrastructures est négligé. La corruption devient systémique.
    Les sous-traitants sont progressivement absorbés. Environ 70 entreprises chargées de l’entretien ou du transport du personnel passent sous le contrôle de PDVSA. Les postes clés sont majoritairement attribués à des militants chavistes. La méritocratie disparaît. Et avec elle, les capacités d’extraction.
    Problème : le pétrole vénézuélien, notamment celui de la ceinture de l’Orénoque, n’est pas simple à produire ni à valoriser. Extra-lourd, il nécessite l’apport de diluants et des installations industrielles complexes — unités de mélange, de conversion et de craquage — pour devenir commercialisable. Longtemps importés des États-Unis ou du Nigéria, ces diluants deviennent difficiles à obtenir avec le durcissement des sanctions, et le pays se tourne vers l’Iran. Sans ingénieurs qualifiés, sans financement pour maintenir ces usines en état, la production décline inexorablement. La géologie impose ses contraintes, trop longtemps ignorées par l’idéologie politique.
     

     
     
    Peu à peu, la compagnie se révèle incapable de maintenir correctement l’exploitation de certains gisements historiques, notamment autour du lac Maracaibo, pourtant parmi les plus accessibles du pays. Oléoducs non entretenus, puits abandonnés, équipements démontés et revendus comme ferraille… Le site se transforme par endroits en marée noire quasi permanente. Pour survivre, certains techniciens se reconvertissent dans des activités de subsistance et quittent progressivement la compagnie. Faute de carburant, les transports se dégradent, les coupures de courant se multiplient, et l’activité industrielle est régulièrement interrompue.
    Les sanctions américaines mises en place à partir de 2017 ne sont que les derniers clous d’un cercueil déjà clos. Autour de nombreux sites pétroliers, l’air devient irrespirable. Le pétrole s’échappe en continu. La pollution touche la faune, contamine les cultures alentour et s’étend parfois au-delà des frontières. Au Brésil, des galettes de pétrole, attribuées par les autorités au Vénézuela, souillent régulièrement les plages du Nord-Est.
    Sur plusieurs grandes unités de transformation du brut lourd, une majorité est aujourd’hui partiellement ou totalement hors service. Les remettre en état prendra des mois, exigera des investissements considérables et surtout un retour des compétences techniques qui ont déserté le pays.
    À ce jour, une production limitée subsiste grâce à des coentreprises bénéficiant de dérogations aux sanctions. L’administration américaine a notamment accordé une licence exceptionnelle à Chevron, permettant une reprise partielle des opérations.
    Les États-Unis disposent par ailleurs d’un débouché tout trouvé pour le pétrole de la ceinture de l’Orénoque : leurs raffineries, notamment sur la côte du Golfe du Mexique, étaient historiquement conçues pour le traitement de bruts lourds, notamment vénézuéliens. Elles n’ont pas pu se reconvertir pleinement au pétrole de schiste, très léger, sans le couper avec un brut plus dense — jusqu’ici principalement canadien — afin de fonctionner efficacement.
    Contrôler le pétrole vénézuélien permettrait aux États-Unis de réduire leur vulnérabilité aux perturbations énergétiques dans le Golfe, d’influencer davantage les flux mondiaux et les prix, et de consolider le rôle du dollar dans le système pétrolier international — le fameux pétrodollar qui sous-tend une bonne part de la puissance financière américaine. Dans ce cadre, l’éviction de Nicolás Maduro ne s’analyse pas seulement comme une politique étrangère punitive, mais comme une stratégie de domination énergétique et monétaire.
     
     
     
     

     
    Les États-Unis n’ont pas combattu les coups d’État en Amérique du Sud, ils les ont organisés.
     
     
    Donald Trump veut implanter des compagnies pétrolières américaines au Venezuela. 
     → https://l.lefigaro.fr/GA5Z

     

    Crise au Venezuela : Donald Trump veut implanter des compagnies pétrolières américaines dans le pays

    Des entreprises américaines vont venir «dépenser des milliards de dollars» pour réparer les infrastructures vénézuéliennes et exploiter les réserves massives de pétrole du pays, a annoncé le président américain après la capture de Nicolás Maduro.

    Après avoir capturé le président Nicolás Maduro, les États-Unis veulent un nouveau régime au pouvoir... et du pétrole. Le président américain Donald Trump a déclaré ce samedi 3 janvier qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter les réserves massives de brut du pays.

    «Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées, les infrastructures pétrolières, et commencer à générer des revenus pour le pays», a dit Donald Trump lors d'une conférence de presse en Floride.

    «Nous allons vendre beaucoup de pétrole», a-t-il ajouté, précisant qu’il y aurait un gros travail à faire pour remettre à niveau les infrastructures «pourries» du pays. «Tout cet argent du pétrole va être une nouvelle manne financière» pour le Venezuela, a promis Donald Trump. L’embargo américain sur le pétrole vénézuélien reste toutefois, pour le moment, en vigueur a précisé le président américain.

    Le Qatar furieux de la capture de Maduro par Trump. La raison est double : 

    1. Le Venezuela et le Qatar entretiennent des liens étroits avec l'Iran. Évincer Maduro du pouvoir porte directement atteinte aux réseaux régionaux et financiers de Téhéran. 

    2. Doha s'est forgé pendant des années une image de « médiateur indispensable » entre Washington et Caracas. Trump a clairement indiqué que les États-Unis n'avaient pas besoin d'intermédiaires islamistes pour obtenir des résultats.  

    @EFischberger

    Juste pour qu’on soit bien clair, Nicolas Maduro c’est :
    1. Tortures et détentions arbitraires : Arrestations, tortures et détentions de milliers d'opposants et prisonniers politiques.
    2. Crimes contre l'humanité : Accusations d'exécutions extrajudiciaires, disparitions et répression systématique (ONU).
    3. Narco-terrorisme et corruption : Inculpations pour trafic de drogue, liens avec cartels et corruption d'État.
    4. Effondrement économique et corruption : Mauvaise gestion et corruption massive ayant causé une chute du PIB de plus de 80 % depuis 2013.
    5. Hyperinflation et pauvreté : Politiques responsables d'une hyperinflation extrême et d'une pauvreté touchant plus de 90 % de la population.
    6. Crise humanitaire : Pénuries alimentaires/médicales, malnutrition et effondrement des services publics affectant des millions.
    7. Répression des manifestations : Usage excessif de la force causant des centaines de morts et milliers de blessés (2014, 2017, 2024).
    8. Fraude électorale en 2018 : Élection condamnée comme frauduleuse, avec exclusion d'opposants et manipulation des résultats.
    9. Fraude électorale en 2024 : Manipulation massive des résultats, suivie de répression violente et sanguinaire post-électorale.
    10. Huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays.

    Philippe Lognoul

    Milei News !!
     
    "LA CONTRADICTION DES GAUCHISTES
     
    "Ils se disent démocrates, mais pleurent la chute des dictateurs."
     
     
     
    Ce qui se passe sur les réseaux sociaux est un exemple parfait de l’hypocrisie progressiste.
    Je vois partout des Vénézuéliens célébrer la chute du dictateur narco-terroriste Maduro, mais je vois aussi tous les communistes qui vivent dans des démocraties occidentales (de moins en moins nombreuses)  pleurer l’échec indéniable de leur idéologie, laquelle a débouché sur une dictature meurtrière.
    Les progressistes disent aimer la démocratie, mais pleurent quand un dictateur tombe. Cela les dévoile entièrement. Ils prétendent défendre le peuple, mais ils détestent le voir célébrer sa liberté (ou ce qui ne leur plaît pas).
    De plus, l’ex-dictateur Maduro, qui passera désormais le reste de ses jours dans une prison américaine pour avoir été le chef d’une organisation narco-terroriste, a laissé 90 % des Vénézuéliens dans la pauvreté, contraignant 8 millions de personnes à fuir leur pays pour ne pas mourir de faim. Pour se maintenir au pouvoir, il a volé les élections, enlevé Nahuel Gallo, un citoyen argentin, et le maintient disparu depuis.
    Mais bien sûr, les « cipayes », ce serait nous : ceux qui défendons les Argentins, ceux qui défendons la liberté et la démocratie.
    Mais c’est terminé. Ça suffit. Nous ne tolérons plus les manipulations psychotiques de ceux qui ont ruiné non seulement notre pays, mais toute la région, avec des idées socialistes et des pratiques politiques dignes du fascisme le plus rance.
    Le Venezuela célèbre.
    Le Venezuela est libre.
    La gauche pleure.
    La Liberté Avance.
    VIVE LA LIBERTÉ, BORDEL"
     
    Javier Milei
     
    Javier Milei : "Le seul qui peut générer de la richesse dans ce pays et dans le monde est l'entrepreneur, pas l'homme politique... La seule chose qu'il génère, c'est la corruption."

    7 millions de vénézuéliens qui ont fui le pays
    20 000 pers. assassinés par la police
    Le plus grand centre de torture d'Amérique
    L'accaparement des richesses par une petite élite
    80% de taux de pauvreté 
    Le soutien indéfectible de la gauche internationale
     
     

    "Au Venezuela" Écoutez Nicolas Maduro qui disait à Trump :
    - Venez me chercher, je vous attends trouillard !




    "Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
    En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
    La transition à venir doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien. Nous souhaitons que le Président Edmundo González Urrutia, élu en 2024, puisse assurer au plus vite cette transition.
    Je m’entretiens en ce moment avec nos partenaires de la région.
    La France est pleinement mobilisée et vigilante, notamment pour assurer la sécurité de ses ressortissants en ces heures d’incertitude."
    Emmanuel Macron
     

     

     
     




     


     
    VENEZUELA: LE TRAVAIL N'EST PAS TERMINÉ. VOILÀ POURQUOI LES AMÉRICAINS DOIVENT Y RESTER (UN MOMENT)
     

     
     
    Le peuple vénézuélien est heureux de l’opération menée avec succès par Trump et il le remercie.
    Voici une explication lucide qui permet de comprendre l’ampleur de cette opération. Faut arrêter de blâmer Trump. Il veut la PAIX dans le monde ✨
    🕊️
    🚨🇻🇪🇺🇸Beaucoup de gens paniquent parce que Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger le Venezuela ». 
     
    Voici ce que les gens ne comprennent pas au sujet des régimes autoritaires et du véritable changement de régime
     
    1. Lorsqu'un dictateur tombe, le pouvoir ne disparaît pas comme par magie. Il se consolide.
    Les systèmes autoritaires sont construits comme des pyramides... Enlevez le sommet, et la couche suivante prend immédiatement le contrôle.
     
    2. Maduro n'est pas un méchant isolé. Il est à la tête d'un réseau composé de généraux, de chefs des services de renseignement, de fonctionnaires liés aux cartels et d'élites du parti qui profitent tous du régime.
    Si Maduro s'en va et que personne ne comble le vide, un autre Maduro émergera.
     
    3. C'est pourquoi les changements de régime « sans intervention » échouent presque toujours.
    Libye. Afghanistan. Irak (après le retrait). Haïti. Renverser un régime sans stabiliser l'autorité crée le chaos, pas la liberté.
    Nous devrions vouloir la LIBERTÉ pour les Vénézuéliens.
     
    4. Lorsque Trump affirme que l'Amérique « dirigera le Venezuela », il ne parle pas d'annexion ni de colonialisme. Il parle d'un contrôle temporaire du pouvoir pour empêcher une prise de pouvoir immédiate par les fidèles de Maduro.
    Ils sont toujours au Venezuela et feront tout pour consolider leur pouvoir.
     
    5. Ce contrôle temporaire est ce qui rend possible une véritable transition :
    – démanteler les forces de sécurité du régime
    – empêcher les généraux soutenus par les cartels de prendre le pouvoir
    – sécuriser les élections
    – mettre en place une gouvernance légitime
    Tel est l'objectif.
     
    6. Ceux qui disent « il suffit de destituer Maduro et de partir » ont une conception fondamentalement erronée du pouvoir.
    Les régimes autoritaires ne s'effondrent pas pour laisser place à la démocratie, ils s'effondrent au profit de ceux qui détiennent les armes et l'argent.
    En l'occurrence, ceux qui entourent Maduro.
     
    7. Toute transition réussie après une tyrannie nécessite :
    – la sécurité
    – l'autorité
    – l'application de la loi
    Sans cela, la population n'obtient pas la liberté, mais un autre homme fort comme Maduro.
     
    8. Si l'objectif est de libérer les Vénézuéliens, et pas seulement de se sentir moralement supérieur sur Twitter, alors oui, le maintien temporaire du pouvoir par les États-Unis est souvent le seul moyen de mettre fin à ce cycle.
    Le choix n'est pas le suivant : « Contrôle américain ou liberté vénézuélienne »
    Le véritable choix est le suivant : Stabilisation temporaire ou tyrannie permanente sous un nouveau nom
     
     

     
    « On lit beaucoup sur Facebook, ces dernières 24 heures, des personnes qui ont justifié et se sont réjouies de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, condamner la capture de Maduro par les États-Unis. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Pourquoi ce qui est acceptable pour l’un ne l’est pas pour l’autre ? 
     
    Le Venezuela est dans le « pré carré » des États-Unis et abrite des éléments militaires iraniens, des terroristes narcotrafiquants comme le Hezbollah ou encore Cuba, la Chine, la Corée du Nord et la Russie. Cette intervention est beaucoup plus proche de la crise des missiles de Cuba de 1962 que d’autres types d’interventions. Il est bien sûr impossible de garder une entité hostile voire ennemie à 1,367 miles des côtes américaines. 
     
    Le pétrole vénézuélien n’est vendu qu’à la Chine et à la Russie à la moitié du prix du marché pour rembourser les dettes que Maduro a contractées auprès de ces pays. Cest une des raisons de la misère du peuple vénézuélien Les États-Unis contrôlaient « de facto » le pétrole vénézuélien, de mauvaise qualité, « sour » qui veut dire « aigre » et visqueux parce que trop riche en souffre et dont le raffinage ne peut être effectué qu’aux États-Unis, même quand c’est la Chine ou la Russie qui l’achète. D’ailleurs comment se fait-il que personne ne se soit précipité pour exploiter les énormes réserves de pétrole du bassin de l’Orinoco connues depuis des décennies ?
     
    Quel droit international s’applique quand un pays comme le Venezuela envoie ses pires gangs aux États-Unis, « Tren des Aragua », commettre des crimes et participer activement à la vente au détail de drogues mortelles et inonde le marché américain de cocaïne et de Fentanyl ? Et que ce pays permet aux cartels de drogues d’opérer à partir de son sol et participe activement au blanchiment d’argent sale qui sert, entre autres, à financer le terrorisme.
     
    Le Venezuela, phare de la liberté « bolivarienne », était le pays le plus riche du continent il y a une vingtaine d’années et grâce à « l’excellente » gestion de Chavez et Maduro est aujourd’hui l’un de plus pauvres. Il faut rappeler que 8 millions de Vénézuéliens se sont exilés depuis 2014 en s’installant en Colombie, au Pérou, aux États-Unis et même en Espagne
     


     
    VENEZUELA-IRAN-TRUMP: UN JEU DE DOMINOS BIEN ÉLOIGNÉ DES THÉORIES COMPLOTISTES PÉTROLIÈRES.
     
     
    Le Venezuela et la chute de la République islamique :
     
    Alors que la plupart des médias restent englués dans l'indignation morale ou des théories du complot simplistes concernant le Venezuela, les signes s'accumulent : nous n'assistons pas à un conflit local, mais à un réalignement mondial.
     
    L'axe Caracas-Téhéran
    Le régime iranien vacille après 46 ans. Mais la clé de la chute de l'ayatollah ne réside peut-être pas à Téhéran, mais à Caracas.
    Ces dernières années, le Venezuela de Maduro s'est transformé en un carrefour géopolitique où le trafic de drogue finance le radicalisme islamique.
    En 2024 et 2025, la preuve est devenue irréfutable : les profits des cartels vénézuéliens alimentent directement les milices supplétives de l'Iran.
     
    L'ordre inversé
    La doctrine semble claire : pour frapper la « tête du serpent » (l'Iran), il faut couper ses tentacules.
    Alors que beaucoup pensaient que l'Iran tomberait en premier, la logique semble désormais se dérouler à l'inverse. Caracas sera la première à s'effondrer.
     
    Cela se produira-t-il ? Alors :
    - Le soutien financier aux mollahs s'arrêtera net.
    - Le réseau terroriste perdra son infrastructure transatlantique.
    - L'Ukraine aura un répit (fini les drones Shahed iraniens sans financement).
     
    Conclusion : Saisir l'air du temps
    Il ne s'agit pas de pétrole. Le pétrole est un sous-produit. Il s'agit de pouvoir et de remaniement des alliances.

     

    L’agression américaine au Venezuela : une violation flagrante du droit international et un précédent dangereux

    Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, le monde a assisté à un spectacle qui rappelle les heures les plus sombres de l’impérialisme américain : une offensive militaire massive contre le Venezuela, culminant avec la capture illégale du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. Baptisée « Opération Midnight Fury » par les stratèges du Pentagone, cette intervention unilatérale a impliqué des frappes aériennes précises, des explosions massives à Caracas et l’utilisation de technologies d’intelligence artificielle avancées pour traquer et neutraliser les dirigeants d’un État souverain.

    Basée sur des rapports détaillés de sources comme Strategika51Réseau International et France Info, cette analyse critique met en lumière non seulement les faits brutaux de cette agression, mais aussi ses implications profondes pour le droit international, la géopolitique mondiale et la souveraineté des nations indépendantes.

    Alors que Donald Trump parade sur son réseau Truth Social avec une photo humiliante de Maduro, les yeux bandés et les oreilles couvertes d’un casque antibruit à bord du navire USS Iwo Jima, il est impératif de déconstruire cette opération comme un acte de terrorisme d’État masqué sous des prétextes fallacieux.

    Le contexte d’une escalade préméditée

    Pour comprendre l’ampleur de cette agression, il faut remonter aux tensions accumulées entre les États-Unis et le Venezuela.

    Depuis l’ère Hugo Chávez, Washington a vu dans le régime bolivarien une menace à son hégémonie en Amérique latine, particulièrement en raison des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes – les plus importantes au monde.

    Les sanctions économiques imposées par les administrations successives, y compris sous Trump et Biden, ont asphyxié l’économie vénézuélienne, provoquant une crise humanitaire que les États-Unis ont ensuite instrumentalisée pour justifier leurs interventions.

    La lettre ouverte de l’ancien général vénézuélien Hugo Carvajal, publiée en décembre 2025, a servi de catalyseur. Dans ce document, Carvajal accuse le régime Maduro de narco-terrorisme, d’espionnage et d’ingérence électorale via des outils comme Smartmatic, tout en offrant sa coopération aux autorités américaines pour atténuer sa propre sentence pour trafic de drogue

    Mais cette lettre, bien que sensationnelle, masque les motivations réelles : un accès aux ressources naturelles et une démonstration de force face à des alliés comme la Russie et la Chine.

    L’opération du 3 janvier n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série d’actions américaines récentes, incluant des désignations terroristes pour le « Cartel des Soleils » et le gang Tren de Aragua, ainsi que des frappes sur des bateaux narco. Trump, fraîchement réélu, a utilisé ces prétextes pour lancer une offensive qui va bien au-delà de la lutte contre le narcotrafic. Comme le note Réseau International, les justifications américaines sont « grotesques » et servent de couverture à une agression impérialiste visant les ressources stratégiques, notamment le pétrole, alors que les réserves américaines sont estimées à seulement six ans d’exploitation. Cette escalade préméditée soulève des questions éthiques : comment un pays qui se pose en champion de la démocratie peut-il justifier l’enlèvement d’un chef d’État élu sans déclaration de guerre formelle ?

    Les détails techniques de l’opération : le rôle décisif de la technologie DART

    L’opération Midnight Fury, lancée vers 02h00 UTC, a démontré une sophistication technologique qui frise la dystopie orwellienne. Selon Strategika51, la technologie DART (Digital Access and Remote Targeting) a été au cœur de cette mission. Développée à partir d’opérations antérieures au Moyen-Orient – notamment au Liban, à Gaza, en Syrie et en Iran depuis 2022 – DART fusionne surveillance numérique, intelligence artificielle et géolocalisation en temps réel. Elle exploite les smartphones des cibles, tels que les iPhone, Samsung, Realme ou OnePlus, pour intercepter communications, audio et positions, même lorsque les appareils sont éteints ou inactifs.

    La séquence opérationnelle, décrite comme « Ambient Awareness to Strike » (AAS), se divise en trois phases :

    1. Phase de Surveillance : Des semaines avant l’attaque, une « enveloppe numérique » est créée autour du cercle restreint de Maduro via les téléphones de ses gardes du corps. L’IA analyse les comportements pour prédire les mouvements et identifier les vulnérabilités.
    2. Phase de Perturbation : Une heure avant l’assaut, des simulations de pannes réseau forcent un déplacement de Maduro vers une destination connue à l’avance.
    3. Phase d’Exécution : Des frappes cinétiques précises neutralisent les défenses, permettant à l’unité Delta Force, soutenue par l’US Air Force, l’US Navy et l’US Space Force, de capturer Maduro et Flores.

    Cette technologie transforme les appareils personnels en armes de ciblage, comme le souligne Strategika51 : « L’arme qui a permis de capturer Maduro n’était pas seulement un fusil, mais par dessus tout le smartphone de son garde du corps. » Les frappes ont visé des sites clés comme le Fort Tiuna, la base aérienne Generalissimo Francisco de Miranda, le ministère de la Défense et le port de La Guaira, provoquant au moins sept explosions massives et des pannes d’électricité généralisées dans le sud de Caracas. Des hélicoptères AH-64 Apache et CH-47 Chinook ont survolé la ville, tandis que des tirs ont été rapportés dans des secteurs civils, secouant des villes voisines comme Iguérote et Maiquetía.

    Critiquement, ce recours à l’IA pose des risques éthiques majeurs. Strategika51 compare cela aux opérations imprécises en Irak en 2003, mais note que DART représente une « révolution stratégique » qui érode la vie privée et la souveraineté. Pourquoi les États-Unis, qui dénoncent l’espionnage chinois via TikTok, utilisent-ils des méthodes similaires pour traquer des leaders étrangers ? Cette hypocrisie technologique révèle une asymétrie de pouvoir où les nations dominantes imposent leurs règles numériques.


    La capture de Maduro : un enlèvement masqué en « évacuation »

    Le point culminant de l’opération a été la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores par des commandos Delta et DEA. Trump a annoncé cela comme un « succès des forces de l’ordre et de l’armée américaine » , présentant la capture comme une « évacuation » lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago. Il a ensuite publié sur Truth Social une photo choquante : Maduro, en survêtement gris, les yeux masqués et les oreilles couvertes d’un casque antibruit, à bord de l’USS Iwo Jima. Cette image, diffusée par l’AFP, symbolise l’humiliation imposée par Washington, rappelant les photos de prisonniers à Guantanamo.

    Réseau International qualifie cela d’ « enlèvement illégal » , soulignant que Maduro sera jugé à New York pour « narcoterrorisme contre les États-Unis » . Mais cette justification est contestée : le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Iván Gil Pinto, dénonce une « agression impérialiste » visant les ressources pétrolières. Des commentaires dans l’article évoquent des trafics de drogue organisés par la CIA elle-même, rendant les accusations américaines hypocrites. De plus, Strategika51 ironise sur l’inculpation de Maduro pour « conspiration armée » après son kidnapping, comparant cela à l’opération Just Cause au Panama en 1990 contre Manuel Noriega – un précédent qui n’a pas résolu les problèmes de drogue mais a renforcé l’emprise US sur la région.

    Critiquement, cette capture viole la Charte des Nations Unies et le principe de non-ingérence. Comme le note la Russie via le sénateur Andreï Klichas, c’est un « précédent très dangereux qui détruit complètement les vestiges du système de droit international.  » Pourquoi Maduro est-il enlevé alors que d’autres leaders, comme Benjamin Netanyahu, circulent librement malgré des mandats de la CPI ? Cette sélectivité expose le deux poids deux mesures de l’Occident.

    Les motivations réelles : pétrole, géopolitique et hypocrisie

    Au-delà des prétextes de narco-terrorisme, les motivations américaines sont claires : le contrôle des ressources. Le Venezuela détient les plus grandes réserves pétrolières prouvées, et avec les réserves américaines en déclin, cette agression apparaît comme une prédation économique. Réseau International souligne que l’objectif est de « s’emparer des ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole. » Cela s’inscrit dans une longue histoire d’interventions américaine en Amérique latine – du coup d’État au Chili en 1973 à l’invasion de Grenade en 1983 – toutes justifiées par des menaces fictives.

    De plus, l’opération sert de démonstration géopolitique face à la Russie et la Chine, alliés du Venezuela. La présence russe – conseillers militaires et systèmes d’armes comme les S-300 – n’a pas empêché l’attaque, mais pourrait déclencher des représailles. Des émissaires chinois ont rendu visite à Maduro peu avant, soulevant des soupçons sur une coordination internationale ratée. Critiquement, les médias occidentaux, accusés de propager des « bobards » , ignorent les pertes américaines potentielles : au moins neuf aéronefs abattus selon des sources non officielles. Cette censure médiatique renforce la propagande, transformant une agression en « succès tactique » .

    Réactions internationales : une condamnation globale mais inégale

    Les réactions internationales ont été vives, mais inégales. Le président colombien Gustavo Petro a alerté le monde : « En ce moment, ils bombardent Caracas. Alerte au monde entier : ils ont attaqué le Venezuela, » appelant à des réunions d’urgence à l’ONU et l’OEA. La Russie, via Andreï  Klichas, a appelé à des sanctions contre les États-Unis pour « violation du droit international et agression contre un État souverain. » Maduro lui-même a décrété l’état d’urgence, mobilisant 6 millions de miliciens et appelant à la résistance : « Toute la nation doit se mobiliser pour faire face à cette agression impérialiste. »

    Des pays sud-américains, comme le Brésil et le Mexique, ont condamné l’attaque, mais sans actions concrètes. Cette inégalité souligne comment les États-Unis exploitent les divisions internationales pour imposer leur volonté.

    Implications géopolitiques : vers un chaos mondial ?

    Les implications de cette agression sont alarmantes. Strategika51 qualifie l’opération de « bordel stratégique aux proportions historiques » , risquant des représailles non étatiques et un précédent pour d’autres nations.

    En Amérique latine, cela pourrait raviver des mouvements anti-impérialistes, menant à une instabilité régionale comparable au Vietnam pour les États-Unis. Globalement, cela érode le droit international : si un chef d’État peut être enlevé sans conséquences, quelle souveraineté reste-t-il aux pays non-alignés ?

    De plus, l’utilisation de DART pose des questions sur la cybersécurité mondiale. Si les smartphones deviennent des outils de guerre, comment protéger la vie privée ? Cette opération pourrait accélérer une course aux armements numériques, avec des acteurs comme la Russie ou le Hamas développant des contre-mesures, comme noté dans les analyses sur Gaza et l’Ukraine.

    Un appel à la résistance et à la justice internationale

    L’agression américaine au Venezuela n’est pas une victoire contre le terrorisme, mais un acte d’impérialisme pur et dur, masqué par une technologie sophistiquée et des justifications fallacieuses.

    En capturant Maduro et en bombardant Caracas, les États-Unis ont non seulement violé le droit international, mais aussi ouvert la porte à un monde où la force prime sur la loi.

    Comme l’affirme le gouvernement vénézuélien, « Ce nouvel assaut échouera comme tous les précédents.  » Il est temps pour la communauté internationale de condamner fermement cette barbarie et de soutenir une résolution pacifique via l’ONU. Sinon, nous risquons un chaos mondial où aucun pays n’est à l’abri de l’arbitraire américain.

    https://multipol360.com/lagression-americaine-au-venezuela-une-violation-flagrante-du-droit-international-et-un-precedent-dangereux/ 

     


     
    Le pétrole vénézuélien, tout le monde en parle. 
    Je vais vous en parler... 
    Peut-être mieux. 
     
    Il faut savoir d'entrée qu'il y a un sérieux problème (même plusieurs) avec ce pétrole vénézuélien qui provient principalement de la ceinture de l'Orénoque (Faja Petrolífera del Orinoco). 
     
    Ce pétrole c'est du "brut extra-lourd". 
    Sa densité API (c'est l'échelle de densité de l'American Petroleum Institute) est généralement inférieure à 10° (l'eau étant à 10°, un pétrole classique "léger" se situe entre 35° et 45° API). Plus le degré API est bas, plus le brut est dense et visqueux. 
    Le vénézuélien est très visqueux et c'est pas ouf, on va le voir. 
     
    En plus le pétrole vénézuélien contient aussi une teneur en soufre très élevée (jusqu'à 3-5%) ce qui le classe comme "acide". Bon, le pétrole, c'est de la biodégradation bactérienne. 
     
    Les hydrocarbures légers ont été progressivement "mangés" par des micro-organismes sur des millions d'années, la géologie c'est long, ce qui ne laisse que les composés lourds riches en asphaltènes, en résines et en métaux (du vanadium et du nickel). Bref, on s'en fout un peu mais c'est pour donner un peu de contexte à "c'est quoi du pétrole". 
     
    Pourquoi le pétrole vénézuélien est foireux ? 
    • D'abord à cause de sa viscosité : à température ambiante, ce pétrole est presque solide, comme du bitume. Et pour l'extraire... Ça va nécessiter de l'injection de vapeur ou de diluants.En + la proportion de produits valorisables (essence, diesel) est plus faible qu'avec un brut léger. • Son coût de raffinage est élevé et le traitement requiert des unités de conversion lourde (appelées cokers et hydrocrackers) hyper coûteuses en capital et en énergie. 
     • Je vous ai dit au-dessus que ce pétrole avait une teneur en soufre très élevé, évidemment que ça provoque une grosse corrosion des équipements de raffinage. 
    • Il est beaucoup + polluants mais surtout c'est le transport qui est chiant : il faut le diluer avec des bruts légers ou le chauffer pour le pomper dans les pipelines. 
     
    Alors s'il est si pourri ce pétrole, pourquoi Trump s'y jette dessus et le veut absolument ?   
     
     
     

    𝗟’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗺𝗲́𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝗩𝗲𝗻𝗲𝘇𝘂𝗲𝗹𝗮 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝗻𝗲́𝗲 : 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲 !
     
    Les larbins de l’État profond ont peut-être crié victoire trop tôt et oublié que le monde a beaucoup changé depuis le coup d’État américain de la CIA au Chili en 1973.
    Sur le front intérieur, comme au niveau international, l’affaire est très loin d’être pliée en faveur de Washington.
     
    1️⃣ AU VENEZUELA
    La propagande euro-mondialiste déversée dans les médias mainstream est trompeuse. Il ne suffit pas de montrer en boucle quelques milliers de personnes en liesse chez les Venezueliens expatriés, ou au Venezuela même, pour en conclure que Maduro et son régime y font l’objet d’une exécration générale.
    S’il est exact que le régime est devenu très impopulaire chez beaucoup de Venezueliens (comme je l’ai dit dans ma vidéo d’hier soir), il n’en est pas moins vrai qu’il bénéficie encore de solides soutiens (comme je l’ai dit aussi). Notamment dans les catégories les plus modestes de la population.
    Même si Maduro est détesté par beaucoup de Venezueliens, il est tout de même moins impopulaire que Macron en France !
    Par ailleurs, il faut avoir l’ignorance crasse et le parti-pris pro-étasunien et pro-israélien de Zemmour et Knafo (qui se sont réjouis du coup d’État américain !) pour ne pas comprendre :
     
    ⚠️ que des millions de Venezueliens se rappellent avec horreur les décennies d’avant Hugo Chávez.
    À titre d’exemple, j’ai rappelé dans ma vidéo d’hier le pedigree du président Carlos Andrés Pérez, agent de la CIA et infâme crapule, qui avait fini par être emprisonné puis par s’enfuir pour terminer sa vie en Floride.
    ⚠️ que les Américains (« gringos ») font l’objet d’une détestation plus importante que Maduro et le régime instauré par Hugo Chávez.
    Celui-ci a rebaptisé le pays « République bolivarienne du Venezuela », pour rappeler aux Venezueliens la grandeur de leur histoire (le « Libertador » Simon Bolivar) et leur redonner la fierté de lutter contre toute ingérence étrangère.
     
    Dès lors,tout dirigeant du Venezuela qui arrivera dans les bagages de l’Oncle Sam fera l’objet d’un rejet absolu et immédiat de pans entiers de la société venezuelienne.
    On l’a vu,ô combien !,avec la piteuse tentative de Trump, lors de son premier mandat, d’imposer le blanc-bec Juan Guaido (qui était financé par les barons de la drogue colombiens !), et cela avec le misérable soutien de Macron qui y avait déjà fourvoyé notre diplomatie.
    Du reste,Maduro ne gouvernait pas le Venezuela tout seul. Il était soutenu par une majorité de parlementaires, par les grandes institutions du pays et par la Cour suprême qui a confié la présidence par intérim à sa fidèle vice-présidente Rodriguez conformément à la Constitution vénézuélienne.
    Alors ?
    Que va faire et que peut faire Trump ?
    Imposer son propre président serait le meilleur moyen de susciter une guerre civile et un enlisement tragique de l’armée américaine.
     
    2️⃣ SUR LA SCÈNE MONDIALE
    Ce matin, Pékin vient de publier un communiqué tout-à-fait extraordinaire. La diplomatie chinoise, très mesurée et allusive depuis les années 1990, y retrouve des accents martiaux dignes de l’ère maoïste.
    ▪️ elle qualifie le coup d’État américain de «violation flagrante du droit international »
    ▪️ elle exige « la libération immédiate du président Maduro et de son épouse »
    ▪️ elle demande à Washington de « cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela »
    Cette fermeté et ces exigences montrent que la Chine fait du Venezuela un casus belli car elle y voit
    ▪️la remise en cause inacceptable du droit international et des souverainetés nationales
    ▪️un étranglement prémédité de ses approvisionnements en hydrocarbures.
     
    Ce changement de ton n’annonce rien de bon pour Washington,où l’on a peut-être sous-estimé la nouvelle capacité de rétorsion de Pékin.
     
    Que fera Trump si la Chine décrète un embargo total de l’exportation vers les États-Unis des terres rares, essentielles pour l’industrie et les technologies de pointe, dont elle a quasiment le monopole mondial ?

    L’impérialisme américain : une persistance décennale

    L’impérialisme américain, souvent déguisé sous les oripeaux de la défense de la démocratie, de la lutte contre le communisme ou de la guerre contre le terrorisme, continue de marquer la géopolitique mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Une récente publication sur X d’une utilisatrice, datée d’aujourd’hui, illustre cette réalité avec une liste d’opérations militaires américaines, de coups d’État orchestrés par la CIA et d’interventions clandestines à l’étranger. Accompagné d’une image en noir et blanc montrant des responsables américains présentant des « preuves » au Conseil de sécurité de l’ONU pour justifier des interventions en Yougoslavie (1999), en Irak (2003), en Libye (2011) et en Syrie (2018), la publication accuse ces actions d’être fondées sur des mensonges. Cette compilation, bien que non exhaustive, met en lumière un fonctionnement récurrent : l’utilisation de prétextes humanitaires ou sécuritaires pour poursuivre des intérêts économiques, stratégiques ou idéologiques. En s’appuyant sur des sources historiques et des analyses critiques, cet article explore cette dynamique impérialiste qui perdure, en examinant ses origines, ses exemples emblématiques et ses conséquences.

    Les racines post-seconde guerre mondiale

    Depuis 1945, les États-Unis ont mené au moins 469 interventions militaires à l’étranger, dont 251 depuis 1991, selon un rapport du Service de recherche du Congrès américain.

    Ces actions s’inscrivent dans le contexte de la Guerre froide, où l’anticommunisme servait de justification principale pour contrer l’influence soviétique.

    Des listes compilées par des organisations comme Global Policy Forum ou des historiens recensent des interventions dès 1946 en Iran et en Chine, impliquant des débarquements de marines, des soutiens à des coups d’État et des opérations clandestines. Par exemple, en 1953, l’opération Ajax de la CIA a renversé le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh pour protéger les intérêts pétroliers occidentaux, installant un régime autoritaire sous le Shah. De même, en 1954, l’opération PBSuccess au Guatemala a évincé le président Jacobo Árbenz au profit d’une dictature, motivée par les intérêts de la United Fruit Company.

    Ces interventions n’étaient pas toujours directes : la CIA finançait souvent des proxies, comme en Indonésie en 1965-1967, où elle a fourni des listes de communistes pour faciliter des massacres estimés à un demi-million de morts. Les défenseurs de ces politiques arguent qu’elles ont préservé la sécurité nationale et promu la démocratie, comme lors de la Guerre froide où les États-Unis ont contré l’expansion communiste en Europe et en Asie. Cependant, des critiques soulignent que ces actions ont souvent déstabilisé des régions entières, favorisant des dictatures et des conflits prolongés.

    Les mensonges comme prétexte : focus sur quatre exemples emblématiques

    L’image partagée dans le post X met en avant quatre cas où les États-Unis sont accusés d’avoir menti pour justifier leurs interventions. Examinons-les de près.


     

    • 1999 : Yougoslavie (Kosovo). Les États-Unis, via l’OTAN, ont lancé une campagne de bombardements contre la Serbie, affirmant empêcher un génocide contre les Albanais du Kosovo. Colin Powell et d’autres ont présenté des « preuves » d’atrocités massives. Pourtant, des critiques, y compris du Cato Institute, estiment que l’intervention était illégale et a causé plus de souffrances civiles qu’elle n’en a évité, avec des milliers de morts et une déstabilisation régionale. Des historiens accusent l’OTAN d’avoir exagéré les crimes serbes pour justifier l’action, ignorant les prédictions de l’armée américaine sur une escalade de la violence. Les défenseurs répliquent que cela a stoppé Milošević et promu la stabilité balkanique.
    • 2003 : Irak. L’invasion menée par George W. Bush reposait sur des allégations de possession d’armes de destruction massive (ADM) par Saddam Hussein, présentées par Colin Powell à l’ONU avec des fioles symboliques. Aucune ADM n’a été trouvée, et des enquêtes ont révélé que l’administration Bush s’appuyait sur une « intelligence basée sur la foi » plutôt que sur des faits. Cette « grande mensonge » a causé des centaines de milliers de morts et une instabilité persistante. Des partisans maintiennent que l’intervention a libéré l’Irak d’un dictateur, mais la majorité des Américains y voyaient une erreur dès 2004.
    • 2011 : Libye. Sous Barack Obama, les États-Unis ont soutenu l’intervention OTAN pour « protéger les civils » contre Mouammar Kadhafi, affirmant un risque de massacre à Benghazi. L’opération a conduit à la chute de Kadhafi, mais a plongé le pays dans le chaos, favorisant des milices, l’esclavage et l’essor de l’État islamique. Obama lui-même a regretté l’absence de plan post-intervention. Des voix défendent l’action comme un succès humanitaire, évitant un bain de sang, mais les critiques pointent un échec stratégique.
    • 2018 : Syrie. Les États-Unis, avec la France et le Royaume-Uni, ont bombardé des sites suspectés d’armes chimiques après une attaque alléguée à Douma, attribuée au régime d’Assad. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé l’usage de chlore par la Syrie. Cependant, des controverses persistent sur la fiabilité des preuves, certains accusant une mise en scène par les rebelles. Les frappes étaient justifiées comme une réponse à des violations de la Convention sur les armes chimiques, mais critiquées pour leur ineffectivité et leur risque d’escalade.

    Ces cas illustrent comment des narratives sécuritaires masquent souvent des objectifs impérialistes, comme le contrôle des ressources ou la containment d’adversaires.

    Une liste non exhaustive d’autres interventions

    Le post X énumère des dizaines d’exemples, corroborés par des sources historiques. Parmi eux :

    Pays

    Année(s)

    Description Brève

    Vietnam

    1960-1975

    Guerre massive contre le communisme ; 58.000 morts américains ; (premières armes chimiques : agent orange et napalm).

    Chili

    1973

    Coup contre Allende ; Pinochet installé avec aide CIA.

    Afghanistan

    1979-1992, 2001-2021

    Soutien aux moudjahidines puis invasion post-11/9 ; instabilité persistante.

    Nicaragua

    1981-1990

    Financement des Contras ; violation du droit international (CIJ).

    Haïti

    1994, 2004

    Interventions pour « restaurer la démocratie » ; accusations de néocolonialisme.

    Ukraine

    2004, 2013-2014

    Soutien aux mouvements pro-occidentaux ; contesté par la Russie.

    Venezuela

    2019-2026

    Sanctions et reconnaissance de Guaidó ; capture de Maduro en 2026.

    Ces actions, souvent couvertes, ont coûté des millions de vies et des billions de dollars.

    Analyse : Motivations, Impacts et Débats

    Les motivations impérialistes incluent l’accès aux ressources (pétrole en Irak, en Libye), la géopolitique (containment de la Chine, de la Russie) et l’idéologie (promotion de la démocratie libérale). Des défenseurs, comme dans les doctrines Truman ou Bush, voient ces interventions comme nécessaires pour la sécurité globale, protégeant les alliés et freinant les totalitarismes. Pourtant, les nombreuses critiques dominent : ces opérations ont souvent échoué à instaurer la stabilité, favorisant au contraire le terrorisme (comme en Afghanistan) ou des crises humanitaires. L’opinion publique américaine est divisée ; par exemple, en 2011, une majorité s’opposait à l’intervention en Libye en raison de la fatigue militaire post-Irak.

    Une Persistance en 2026

    En janvier 2026, l’impérialisme américain ne faiblit pas, comme en témoigne l’intervention récente au Venezuela pour capturer Maduro sous prétexte de narcotrafic. Bien que justifiées par des idéaux nobles, ces actions soulèvent des questions éthiques et légales. Pour briser ce cycle, un examen critique des motivations réelles s’impose, au-delà des narratives officielles. Tout cela nous rappelle que l’histoire se répète, souvent au prix de vies innocentes.

    https://multipol360.com/limperialisme-americain-une-persistance-decennale/

     


    DERNIÈRES NOUVELLES | 4 JANVIER 2026 – AVERTISSEMENT NUCLÉAIRE DE TRUMP À L'EUROPE : « VOUS DÉTRUISEZ VOTRE PATRIMOINE »
    4 janvier 2026
    Dans une allocution télévisée percutante, le président Donald J. Trump lance un avertissement historique à l'Europe : les migrations de masse détruisent la civilisation occidentale. Il exhorte les dirigeants européens à stopper l'afflux de populations inconnues, sous peine d'un effondrement total. Il ne s'agit pas de diplomatie, mais d'une guerre pour l'âme du continent.


    ⚡️ CITATION À LA UNE :

    « Si vous ne mettez pas fin à l'immigration de personnes que vous n'avez jamais vues auparavant, avec lesquelles vous n'avez rien en commun, votre pays est voué à l'échec. »
    — Président Donald J. Trump, 4 janvier 2026
    Trump rompt le silence sur l'Europe : Réveillez-vous ou périssez
    Depuis le cœur de Mar-a-Lago, dans un message direct aux peuples d'Europe, le président Trump a lancé l'avertissement le plus direct et le plus urgent de sa carrière politique :
    «Vous êtes en train de détruire votre patrimoine.»
    Avec un ton mêlant gravité militaire et lucidité culturelle, Trump n'a pas mâché ses mots. Son avertissement visait non seulement les gouvernements fantoches des mondialistes, mais aussi chaque citoyen européen encore capable de protéger son histoire, son identité et sa souveraineté.
    « Vos nations sont inondées de gens que vous n'avez jamais vus auparavant, et avec qui vous n'avez rien en commun. Si cela ne cesse pas, votre pays s'effondrera. »
    Ce n'est plus une théorie. C'est une réalité géostratégique qui se déroule sous nos yeux. Trump, autrefois moqué pour avoir tiré la sonnette d'alarme concernant l'ouverture des frontières et l'immigration massive, répète désormais cet avertissement avec force et conviction.


    L'EUROPE : UNE CIVILISATION SINISTRE

    Le remplacement démographique des Européens autochtones n'est plus un secret, c'est une politique. En France, en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les villes se sont transformées, les cultures se sont diluées, les lois ont été réécrites.
    Attaques au couteau et émeutes éclatent dans des capitales autrefois sûres.
    Des églises transformées en mosquées , des statues déboulonnées
    Des réseaux criminels font le trafic de femmes et d'enfants sous couvert d'asile.
    La liberté d'expression est criminalisée , mais le radicalisme est toléré.
    Les propos de Trump ne sont pas une opinion politique, mais un compte rendu de renseignement.
    Il s'agit d'une guerre de cinquième génération : une invasion psychologique, démographique et juridique. Et l'Europe est en train de perdre.


    LA TROMPERIE MONDIALISTE : PAS DE FRONTIÈRES, PAS DE NATIONS, PAS DE PAIX

    L’avertissement de Trump révèle la stratégie fondamentale de l’élite mondialiste :
    Détruire l'identité nationale
    Submerger les systèmes par des crises importées
    Désarmer le public, au sens propre comme au sens figuré.
    Exploiter le chaos pour justifier les pouvoirs d'urgence et le pouvoir technocratique
    Pour reprendre les mots de Trump, l'Europe ne perd pas seulement ses habitants. Elle perd sa mémoire, sa fierté et son droit à l'existence .
    Ce n'est pas de l'immigration. C'est un effondrement provoqué.


    LA POSITION DE L'AMÉRIQUE : LA DOCTRINE DE SURVIE NATIONALE DE TRUMP

    Tandis que Joe Biden et la gauche mondialiste s'efforcent de reproduire l'autodestruction de l'Europe , Trump adopte une ligne dure :
    Sous ma direction, les États-Unis ne renonceront jamais à leurs frontières. Nous ne perdrons jamais notre héritage.
    Le discours de Trump était plus qu'un simple avertissement. C'était un signal : l'Amérique ne connaîtra pas le même sort que l'Europe à moins que les patriotes ne le permettent.
    Il a exhorté les alliés européens à se lever maintenant ou à disparaître à jamais .


    DERNIER AVERTISSEMENT : EUROPE, C'EST VOTRE DERNIER APPEL

    Il ne s'agissait pas d'un message politique. Il s'agissait d'une alerte militaire.
    « Vous détruisez votre héritage. Votre pays va s'effondrer. » — Trump
    Il n'a pas dit « pourrait ». Il a dit « va » .
    Pour l'Europe, le temps est compté. Le choix est clair :
    Reprenez vos frontières, votre culture, votre identité — ou soyez ensevelis sous le chaos orchestré par les mondialistes.
    Le compte à rebours est terminé.
    Il vient d'atteindre zéro.
    Maintenant, le monde est sur le point de tout voir...!
    Gardez la ligne Patriote !

    LES CAVALIERS NUMÉRIQUE (Groupe FB)
    Jean-françois Normandeau (VK)
    Jeff Normandeau (FB)

     

     "Analyse intéressante de Ricardo

     
    « La véritable raison de l'invasion du Venezuela par les États-Unis remonte à un accord conclu par Henry Kissinger avec l'Arabie saoudite en 1974.


    Et je vais vous expliquer pourquoi il s'agit en réalité de la SURVIE du dollar américain lui-même.
    Ni la drogue. Ni le terrorisme. Ni la « démocratie ».
    Il s'agit du système du pétrodollar qui a permis aux États-Unis de rester la puissance économique dominante pendant 50 ans.
    Et le Venezuela vient de menacer d'y mettre fin.
    Voici ce qui s'est réellement passé :
    Le Venezuela possède 303 milliards de barils de réserves de pétrole prouvées.
    Le plus grand du monde.
    Plus que l'Arabie saoudite.
    20 % du pétrole mondial.
    Mais voici ce qui compte :
    Le Venezuela vendait activement ce pétrole en yuans chinois, et non en dollars.
    En 2018, le Venezuela a annoncé son intention de « se libérer du dollar ».
    Ils ont commencé à accepter les yuans, les euros, les roubles, tout sauf les dollars pour le pétrole.
    Ils demandaient à rejoindre les BRICS.
    Ils mettaient en place des canaux de paiement direct avec la Chine, contournant totalement le système SWIFT.
    Et ils disposaient de suffisamment de pétrole pour financer la dédollarisation pendant des décennies.
    Pourquoi est-ce important ?
    Car tout le système financier américain repose sur une seule chose :
    Le pétrodollar.
    En 1974, Henry Kissinger a conclu un accord avec l'Arabie saoudite :
    Tout le pétrole vendu dans le monde doit être tarifé en dollars américains.
    En échange, l'Amérique assure sa protection militaire.
    Cet accord unique a créé une demande artificielle de dollars à l'échelle mondiale.
    Tous les pays du monde ont besoin de dollars pour acheter du pétrole.
    Cela permet aux États-Unis d'imprimer de l'argent à volonté tandis que d'autres pays travaillent pour cela.
    Il finance l'armée. L'État-providence. Les dépenses déficitaires.
    Le pétrodollar est plus important pour l'hégémonie américaine que les porte-avions.
    Et il existe un schéma récurrent quant à ce qui arrive aux dirigeants qui le contestent :
    2000 : Saddam Hussein annonce que l'Irak vendra son pétrole en euros et non plus en dollars.
    2003 : Invasion. Changement de régime. Le pétrole irakien est immédiatement reconverti en dollars. Saddam Hussein est lynché.
    Les armes de destruction massive n'ont jamais été trouvées car elles n'ont jamais existé.
    2009 : Kadhafi propose une monnaie africaine adossée à l'or, appelée « dinar or », pour le commerce du pétrole.
    Les courriels divulgués d'Hillary Clinton elle-même confirment que c'était la raison PRINCIPALE de l'intervention.
    Extrait d'un courriel : « Cet or était destiné à établir une monnaie panafricaine basée sur le dinar d'or libyen. »
    2011 : L’OTAN bombarde la Libye. Kadhafi est sodomisé et assassiné. La Libye abrite désormais des marchés d’esclaves à ciel ouvert.
    « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ! » a lancé Clinton en riant devant la caméra.
    Le dinar d'or mourut avec lui.
    Et maintenant Maduro.
    Avec CINQ FOIS plus de pétrole que Saddam et Kadhafi réunis.
    Vente active en yuans.
    Créer des systèmes de paiement hors du contrôle du dollar.
    Demande d'adhésion aux BRICS.
    En partenariat avec la Chine, la Russie et l'Iran.
    Les trois pays à la pointe de la dédollarisation mondiale.
    Ce n'est pas une coïncidence.
    Contester le pétrodollar. Changer de régime.
    À chaque. Fois.
    Stephen Miller (conseiller à la sécurité intérieure des États-Unis) l'a littéralement dit à voix haute il y a deux semaines :
    « L’industrie pétrolière vénézuélienne a été créée grâce à la sueur,
    à l’ingéniosité et au labeur des Américains. Son expropriation tyrannique constitue le plus grand vol de richesses et de biens américains jamais enregistré. »
    Il ne le cache pas.
    Ils prétendent que le pétrole vénézuélien appartient à l'Amérique parce que des entreprises américaines l'ont exploité il y a 100 ans.
    Selon cette logique, toute ressource nationalisée dans l'histoire a été un « vol ».
    Mais voici le problème PLUS PROFOND :
    Le pétrodollar est déjà en train de mourir.
    La Russie vend son pétrole en roubles et en yuans depuis l'Ukraine.
    L'Arabie saoudite discute ouvertement des règlements en yuans.
    L'Iran commerce avec des devises autres que le dollar depuis des années.
    La Chine a créé CIPS, sa propre alternative à SWIFT, qui compte 4 800 banques dans 185 pays.
    Les BRICS développent activement des systèmes de paiement qui contournent totalement le dollar.
    Le projet mBridge permet aux banques centrales de régler instantanément les transactions en monnaies locales.
    L'adhésion du Venezuela aux BRICS, avec ses 303 milliards de barils de pétrole, accélérerait ce processus de manière exponentielle.
    Voilà le véritable enjeu de cette invasion.
    On ne lutte pas contre le trafic de drogue. Le Venezuela représente moins de 1 % de la cocaïne consommée aux États-Unis.
    Ce n'est pas du terrorisme. Il n'y a absolument aucune preuve que Maduro dirige une « organisation terroriste ».
    Ce n'est pas la démocratie. Les États-Unis
    soutiennent l'Arabie saoudite, qui n'organise aucune élection. Il s'agit de maintenir un accord vieux de 50 ans qui permet à l'Amérique d'imprimer de l'argent pendant que le monde travaille pour elle. 

    Et les conséquences sont terrifiantes : La Russie, la Chine et l'Iran dénoncent déjà cela comme une « agression armée ». La Chine est le plus gros client pétrolier du Venezuela. Ils perdent des milliards. 

    Les pays BRICS assistent à l'invasion d'un pays qui commerce en dehors du dollar. Tous les pays qui envisagent la dédollarisation viennent de recevoir le message : Défiez le dollar et nous vous bombarderons. 

     Mais voici le problème... Ce message pourrait accélérer la dédollarisation, et non l'arrêter. Car désormais, tous les pays du Sud savent ce qui arrive lorsqu'on menace l'hégémonie du dollar. Et ils se rendent compte que la seule protection est d'aller PLUS VITE. 

     Le timing est dingue lui aussi : 3 janvier 2026. Le Venezuela est envahi. Maduro est capturé. 3 janvier 1990. Invasion du Panama. Capture de Noriega. 36 ans d'écart. Presque jour pour jour. Même scénario. Même excuse de « trafic de drogue ». La même raison, en réalité : le contrôle des ressources stratégiques et des routes commerciales. L'histoire ne se répète pas. Mais elle rime. Que se passe-t-il ensuite ? 

     La conférence de presse de Trump à Mar-a-Lago donne le ton. Les compagnies pétrolières américaines sont déjà sur les rangs. Politico a rapporté qu'elles avaient été approchées au sujet d'un « retour au Venezuela ». L'opposition sera mise en place. Le pétrole sera de nouveau coté en dollars. 

    Le Venezuela devient un autre Irak. Une autre Libye. Mais voici ce que personne ne demande : Que se passe-t-il lorsqu'on ne peut plus dominer le dollar par les bombardements ? 

    Quand la Chine aura-t-elle suffisamment de levier économique pour riposter ? 

    Quand les BRICS contrôlent 40 % du PIB mondial et disent « plus de dollars » ? 

    Quand le monde réalisera-t-il que le pétrodollar se maintient grâce à la violence ? 

    L'Amérique vient de dévoiler son jeu. La question est de savoir si le reste du monde se laisse faire ou s'il bluffe. Car cette invasion est un aveu que le dollar ne peut plus rivaliser par ses propres mérites. 

    Quand il faut bombarder des pays pour qu'ils continuent à utiliser sa monnaie, c'est que cette monnaie est déjà en train de mourir. Le Venezuela n'est pas le début. C'est la fin désespérée. Qu'en penses-tu ? »  

    Ricardo 


     

    compoundscaling.com


     
     
     
     

    L’impérialisme américain au Venezuela : au-delà de la lutte anti-drogue, un vol de pétrole flagrant 

    Dans les premières heures du 3 janvier 2026, les forces spéciales américaines ont lancé une opération audacieuse au Venezuela, capturant le président Nicolás Maduro et le transférant à New York pour un procès sur des accusations de narcotrafic.

    Ce qui était présenté comme une mission de justice anti-drogue par l’administration Trump s’est rapidement révélé être bien plus : une manœuvre impérialiste pour contrôler les vastes réserves pétrolières vénézuéliennes, les plus importantes au monde avec environ 304 milliards de barils.

     

     

    Trump lui-même a déclaré que les États-Unis « géreraient » le Venezuela temporairement pour « réparer » son industrie pétrolière, en impliquant des compagnies américaines dans la reconstruction – un euphémisme pour une appropriation des ressources. Cette intervention dépasse largement le cadre d’une opération anti-drogue ; elle incarne le retour d’un impérialisme prédateur américain, rappelant les sombres chapitres des interventions en Amérique latine, et soulève des questions sur la souveraineté des nations et la véritable nature de la politique étrangère des États-Unis.

    Le prétexte anti-drogue : un masque pour un accaparement pétrolier

    L’administration Trump a justifié l’incursion en invoquant la lutte contre le narcotrafic, accusant Maduro d’être à la tête du « Cartel des Soleils » et de faciliter l’importation de drogues aux États-Unis. Pourtant, des critiques progressistes et analystes indépendants soulignent que ces allégations servent de couverture à un objectif plus prosaïque : s’emparer des réserves pétrolières vénézuéliennes pour renforcer la domination énergétique américaine. Trump a explicitement mentionné que les compagnies pétrolières américaines investiraient des milliards pour relancer la production, avec un remboursement potentiel via les revenus pétroliers ou même les contribuables américains – une idée qui transforme les citoyens en bailleurs de fonds involontaires d’une aventure impérialiste.

    Des observateurs comme ceux de *Responsible Statecraft* notent l’ironie : alors que la Maison Blanche embrasse un « impérialisme fossile », les marchés énergétiques mondiaux ont évolué, rendant cette saisie non seulement anachronique mais potentiellement contre-productive. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs dénoncent cela comme un « accaparement de ressources cynique », avec des explosions à Caracas causant plus de 80 morts, et la Garde côtière américaine traquant un tanker russe – un acte qui frise la piraterie moderne. La Russie a qualifié cela de « vol de ressources cynique », tandis que des publications soulignent que l’opération vise à priver la Chine de son approvisionnement en pétrole vénézuélien, affaiblissant ainsi les rivaux géopolitiques des États-Unis.

    Ce n’est pas de la justice ; c’est une extension de la Doctrine Monroe, où Washington dicte les règles en Amérique latine pour sécuriser ses intérêts économiques.

    De plus, des preuves émergent que l’industrie fossile a financé massivement la campagne de Trump – plus de 450 millions de dollars – et que des discussions avec les PDG pétroliers ont eu lieu avant et après l’opération. Le Département de la Justice américain a omis de mentionner le « Cartel des Soleils » dans l’acte d’accusation contre Maduro, renforçant l’idée que les charges sont fabriquées pour justifier un vol pétrolier évalué à 18,5 billions de dollars. Comme l’a tweeté un analyste, « c’est un accaparement de pétrole et de crypto », avec des rumeurs sur la saisie des réserves de Bitcoin vénézuéliennes pour renforcer le pétrodollar en déclin.

    Le défi des tankers BRICS : une résistance à l’hégémonie américaine

    Malgré le blocus naval imposé par les États-Unis mi-décembre 2025, une flotte de tankers provenant de pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine) et d’alliés comme le Mexique défie ouvertement les sanctions. Des rapports indiquent que 12 à 16 tankers ont quitté les ports vénézuéliens en mode « dark » (sans transpondeurs), certains à destination de la Chine, utilisant des techniques d’évasion pour contourner la surveillance américaine. Pepe Escobar, journaliste géopolitique, a qualifié cela de défi direct à « Neo-Caligula » (Trump), prédisant un retour aux « Pirates des Caraïbes » avec Marco Rubio comme « vice-roi » du Venezuela.

    Cette résistance met en lumière l’hypocrisie américaine : sous couvert de sécurité nationale, Washington perturbe les flux énergétiques globaux pour rediriger le pétrole vénézuélien vers ses raffineries, au détriment des partenaires BRICS.

    La Chine, qui a prêté plus de 60 milliards de dollars au Venezuela en échange de pétrole, voit cela comme une escalade dans la rivalité sino-américaine. Un envoyé chinois à l’ONU a condamné l’action militaire comme une « prise de pouvoir flagrante », appelant à la libération immédiate de Maduro. Sur les réseaux sociaux, des voix critiques comparent cela à des invasions passées en Irak ou en Libye, où les États-Unis ont promis la démocratie mais n’ont laissé que le chaos et le pillage de ressources.

    Critiques internationales : un retour à l’impérialisme prédatrice

    Les réactions mondiales sont unanimes dans leur condamnation : c’est du « rang impérialisme », un rappel des interventions américaines qui ont laissé un legs terrible en Amérique latine. Le Monde parle du « retour de l’impérialisme prédateur américain », tandis que El País voit en Trump une approche prête à intervenir directement pour des intérêts stratégiques. Des progressistes américains accusent l’opération d’être motivée par « l’impérialisme pétrolier », notant que les États-Unis visent à contrôler les réserves pour empêcher l’invasion de Taïwan par la Chine, dominer l’IA et contrer la monnaie de réserve BRICS.

    Au Venezuela, la révolution bolivarienne persiste malgré la capture de Maduro, servant de base arrière pour le socialisme et l’anti-impérialisme. Des analystes comme ceux de Geopolitical Economy décrivent cela comme la « Doctrine Donroe » (voir ici) – une plan impérial pour l’Amérique latine, où les sanctions et les blocus forcent la soumission économique. Sur les réseaux, des utilisateurs ironisent : « Si c’est ainsi, prenons le Canada demain – dictateur et pétrole là aussi. » Même des voix pro-Trump admettent implicitement que ce n’est pas seulement anti-drogue, mais une stratégie pour « affamer la Chine de pétrole ».

    Implications géopolitiques : un monde multipolaire en ébullition

    Cette intervention risque d’accélérer le déclin de l’hégémonie américaine. En forçant le Venezuela à vendre son pétrole en dollars, Washington tente de sauver le pétrodollar, mais cela pourrait renforcer les alliances BRICS et accélérer la dédollarisation.

    Les impacts sur les Vénézuéliens sont dévastateurs : perturbations économiques, migration forcée et perte de souveraineté. Internationalement, cela viole le droit international, comme le soulignent des critiques qui comparent cela à un « racket » pour les ressources, similaire à d’autres conflits pour le gaz et le pétrole.

    En conclusion, l’opération au Venezuela n’est pas une victoire contre les drogues, mais une démonstration flagrante que les États-Unis dictent encore leur loi par la force, sortant du cadre légal pour sécuriser des ressources vitales. Cela renforce l’image d’un empire en déclin, prêt à tout pour maintenir sa suprématie. Le monde multipolaire, avec les BRICS en tête, doit résister à cette agression pour préserver la souveraineté des nations. Sinon, qui sera la prochaine cible de cet impérialisme déguisé ?

    https://multipol360.com/limperialisme-americain-au-venezuela-au-dela-de-la-lutte-anti-drogue-un-vol-de-petrole-flagrant/ 

     


     

    Jeffrey Sachs dénonce l’intervention américaine au Venezuela devant le Conseil de Sécurité de l’ONU

    Dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées par l’opération militaire américaine au Venezuela, qui a abouti à la capture controversée du président Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, l’économiste et expert en développement durable Jeffrey Sachs a livré une intervention percutante lors d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    Cette séance, consacrée aux menaces contre la paix et la sécurité internationales, a mis en lumière les divisions profondes au sein de la communauté internationale.

    Sachs, connu pour ses critiques virulentes de l’impérialisme américain, a appelé à un respect strict de la Charte des Nations Unies, accusant les États-Unis de violer le droit international par des actions unilatérales visant à imposer un changement de régime au Venezuela.

    La vidéo de cette intervention, diffusée sur YouTube sous le titre « Intervention de Jeffrey Sachs au Conseil de sécurité de l’ONU (en français) », présente une version doublée en français de son discours original en anglais. Elle a rapidement circulé sur les réseaux sociaux : Sachs appelle au respect du droit international et avertit que sans condamnation claire des États-Unis, cela pourrait signifier « la fin de l’ONU ». Il lie cela à une possible émergence d’une nouvelle organisation internationale impulsée par les BRICS, en réponse à l’unilatéralisme occidental.

    Le contexte de l’intervention : une crise géopolitique majeure

    La réunion d’urgence fait suite à l’opération américaine qui a vu des forces spéciales capturer Maduro à Caracas, sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, et l’imposer un blocus naval (qualifié de « quarantaine maritime » par Sachs) pour isoler le régime. Ces actions ont été justifiées par l’administration Trump comme nécessaires pour contrer une « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale des États-Unis, mais elles ont provoqué un tollé international. Sachs, intervenant en tant qu’expert invité, replace ces événements dans un fonctionnement historique d’interventions américaines non autorisées, depuis la Guerre froide jusqu’à aujourd’hui.

    Dans son discours, Sachs insiste : la question n’est pas de juger le gouvernement vénézuélien ou le président Maduro, mais de déterminer si un État membre peut, par la force ou la coercition économique, dicter l’avenir politique d’un autre pays.

    Il invoque directement l’Article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État. « Le Conseil de sécurité doit savoir s’il va appliquer cette interdiction ou l’abandonner. S’il l’abandonne, cela aura des conséquences extrêmement graves, » déclare-t-il.

    Une critique virulente de la politique étrangère américaine

    Jeffrey Sachs retrace l’histoire des tentatives de changement de régime par les États-Unis, citant plus de 70 cas documentés de 1947 à 1989, et leur poursuite post-Guerre froide sans aval du Conseil de Sécurité. Il énumère des exemples récents : l’Irak (2003), la Libye (2011), la Syrie (2011), l’Ukraine (2014), et le Venezuela depuis 2002. Les méthodes incluent la guerre ouverte, les opérations de renseignement, l’incitation aux troubles, le soutien à des groupes armés, la manipulation des médias sociaux, la corruption, les assassinats ciblés et la guerre économique – toutes illégales et sources de violence, d’instabilité et de souffrances civiles.

    Focalisant sur le Venezuela, Sachs rappelle :

    • L’approbation américaine d’une tentative de coup d’État en 2002.
    • Le financement de groupes anti-gouvernementaux dans les années 2010.
    • Les sanctions imposées en 2015 par Barack Obama, qualifiant le pays de « menace inhabituelle et exceptionnelle ».
    • Les menaces d’invasion par Trump en 2017 lors d’un dîner avec des leaders latino-américains.
    • Les sanctions pétrolières de 2017-2020, qui ont fait chuter la production de pétrole de 75 % et le PIB par habitant de 62 %.
    • La reconnaissance unilatérale de Juan Guaidó comme président intérimaire en 2019, suivie du gel de 7 milliards de dollars d’actifs vénézuéliens.

    Il note que l’Assemblée Générale de l’ONU a voté massivement contre ces mesures coercitives unilatérales, réservées au seul Conseil de Sécurité. Jeffrey Sachs accuse également les États-Unis d’avoir bombardé plusieurs pays sans autorisation (Iran, Irak, Nigeria, Somalie, Syrie, Yémen), et mentionne des menaces récentes de Trump contre six États membres, dont le Venezuela.

    Appel à l’action : sauver la charte des Nations Unies

    Invoquant le théoricien des relations internationales John Mearsheimer, Sachs décrit l’anarchie internationale comme une « tragédie des grandes puissances » menant inévitablement au conflit. Il rappelle l’échec de la Société des Nations dans les années 1930, qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale, et la création de l’ONU pour y remédier. « La Charte dit que l’ONU a été créée pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, qui deux fois en l’espace d’une génération a infligé des souffrances indicibles à l’humanité, » cite-t-il. Il avertit : « L’humanité est en danger de périr. Il n’y aura pas de troisième chance. »

    Sachs propose des mesures concrètes :

    • Cessation immédiate par les États-Unis de toute menace de force contre le Venezuela.
    • Abandon de la quarantaine maritime et de toute mesure non autorisée par le Conseil.
    • Retrait des forces militaires américaines (intelligence, maritimes, aériennes, terrestres) du périmètre vénézuélien.
    • Respect par le Venezuela de la Charte et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
    • Nomination d’un émissaire spécial par le Secrétaire Général pour rapporter dans 14 jours et proposer des recommandations.
    • Maintien du Conseil saisi de la question en urgence.
    • Abstention de tous les États membres de mesures coercitives unilatérales ou actions armées hors autorité du Conseil.

    En conclusion, Sachs affirme que « la paix et la survie de l’humanité dépendent de savoir si la Charte reste un instrument vivant du droit international ou si on lui permettra de perdre toute pertinence. »

    Réactions et Implications

    Certains louent Jeffrey Sachs comme un défenseur du multilatéralisme, d’autres le qualifient d’ « idiot utile » des intérêts anti-américains, ou questionnent l’utilité de l’ONU. D’autres ironisent sur l’Europe comme « nains stratégiques » face aux « stratèges froids » comme Trump.

    Cette intervention souligne les fractures au sein du Conseil de Sécurité, où les États-Unis et leurs alliés défendent l’opération comme une mesure anti-drogue, tandis que la Russie, la Chine et d’autres BRICS la voient comme un acte d’agression impérialiste.

    Si le Conseil de Sécurité ne réagit pas fermement pour faire respecter la Charte des Nations Unies, cette inaction risquerait non seulement d’affaiblir durablement l’ONU – perçue de plus en plus comme une institution obsolète, paralysée par les vetos des grandes puissances et incapable de contrer l’unilatéralisme – mais aussi d’accélérer sa marginalisation au profit d’une nouvelle organisation internationale plus représentative et plus équitable, impulsée notamment par les BRICS.


     

    Loin d’être une simple crise passagère, ce moment pourrait ouvrir la voie à un véritable tournant historique : l’émergence d’un ordre mondial multipolaire fondé sur la négociation sincère, le respect mutuel de la souveraineté, le partage équitable des responsabilités et une gouvernance véritablement inclusive. Un tel système, débarrassé de la loi du plus fort, offrirait une chance unique de bâtir une paix durable et un développement partagé, où le droit international redeviendrait le socle commun de la coopération entre nations.

    Jeffrey Sachs, avec son appel passionné, rappelle que dans un monde au bord de l’abîme, le choix est clair : renforcer l’ONU ou laisser place à une institution renouvelée, plus adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cette intervention offre un aperçu direct de ce moment historique, invitant à une réflexion urgente sur la souveraineté, la justice internationale et l’avenir de la paix mondiale.

    https://multipol360.com/jeffrey-sachs-denonce-lintervention-americaine-au-venezuela-devant-le-conseil-de-securite-de-lonu/

     

     

    Powered By Blogger