L'Arcom fiche les personnalités politiques à huis clos, sans critère, sans recours...
Le Conseil d'État a rendu le 12 mars 2026 une décision discrète, passée presque inaperçue. Un citoyen, Nicolas Conquer, spécialiste de la politique américaine, contestait son inscription par l'ARCOM sur la liste des personnalités politiques soumises au décompte du temps de parole dans les médias audiovisuels. Il a perdu.
L'affaire semble close. Elle ne l'est pas.
Ce qu'elle révèle dépasse le cas de Nicolas Conquer. En France, une administration décide seule qui est — ou n'est pas — une personnalité politique. À huis clos. Sans critère publié. Sans informer les personnes concernées. Sans recours préalable.
Au nom du pluralisme.
La liste des personnalités politiques
Chaque chaîne de télévision, chaque radio, comptabilise scrupuleusement les minutes accordées aux personnalités figurant sur une liste établie par l'ARCOM.
Trop de minutes à l'un, pas assez à l'autre — et l'équilibre politique réglementaire est rompu. Résultat pratique : les médias invitent moins volontiers quelqu'un qui « pèse » sur leur quota.
L'inscription n'interdit rien formellement. Elle décourage silencieusement.
Le temps de parole est scrupuleusement noté pour chaque personne, sur chaque média... à la seconde près
La liste compte 1 588 personnes à ce jour. Elle évolue régulièrement — quatre mises à jour en six mois — sans que personne ne soit jamais informé d'y entrer ou d'en sortir.
Qui figure dessus ? Des élus, des ministres, des dirigeants de partis — c'est logique. Mais aussi des candidats occasionnels aux dernières législatives, des adhérents passés d'un parti, des personnalités dont l'engagement politique se résume à quelques semaines d'une vie.
Parmi elles, 276 sont classées "MEMBRE" — la catégorie des non-élus que l'ARCOM a décidé de qualifier de personnalités politiques sans mandat actif. C'est la catégorie la plus discrétionnaire, la moins encadrée, la plus révélatrice de la nature réelle du pouvoir de l'ARCOM.
Qui figurent parmi les non-élus classés "Divers Droite" ? Roselyne Bachelot — ancienne ministre pendant dix ans, candidate à la présidentielle de 2002. Philippe de Villiers — candidat à la présidentielle à plusieurs reprises, figure majeure de la droite souverainiste depuis trente ans. Louis Sarkozy. Stanislas Rigault, président des Jeunes Patriotes. Et Nicolas Conquer — candidat pendant trois semaines dans la Manche lors de la dissolution de juin 2024. Même catégorie. Même étiquette. Sans distinction.
Le pendant existe à gauche. Parmi les "Divers Gauche" : Christiane Taubira — candidate à la présidentielle de 2022. Ségolène Royal — candidate à la présidentielle de 2007. Lionel Jospin — ancien Premier ministre. Nicole Belloubet, Didier Migaud, Cédric Villani, Julien Bayou, Lucie Castets — candidate NFP à Matignon en 2024.
La symétrie semble rassurante. Elle ne l'est pas. Car si la présence de Taubira, Royal ou Jospin dans une liste de personnalités politiques est difficilement contestable, leur cohabitation dans la même catégorie que Nicolas Conquer révèle précisément l'absence de critère. L'ARCOM range dans le même tiroir une ancienne candidate à la présidentielle, un ancien député candidat à la mairie de Paris, et un expert de la politique américaine. Même case. Même durée indéterminée.
Mais c'est en regardant ceux qui ne sont pas sur la liste que le système se révèle vraiment.
Laurent Joffrin — directeur de Libération pendant vingt ans, éditorialiste politique omniprésent sur France Inter, BFM, LCI — absent. Jacques Attali — conseiller de quatre présidents de la République, intervenant hebdomadaire dans les médias depuis quarante ans — absent. Michel Onfray — fondateur d'un mouvement politique, présence audiovisuelle massive — absent. Jack Lang — ancien ministre de la Culture pendant quatorze ans, omniprésent dans les médias jusqu'à l'affaire Epstein — absent. Nicolas Hulot — ancien ministre, candidat à la présidentielle — absent. Thierry Breton — ancien commissaire européen, ancien ministre de l'Économie, acteur majeur du débat public européen et français — absent.
Ces absents interviennent régulièrement dans les médias sur des sujets politiques, avec des positions identifiables et assumées. Certains ont fondé des mouvements. Certains ont conseillé des présidents. Certains seront peut-être tentés de jouer un rôle lors des prochaines élections...
Ils ne sont pas dans le référentiel. Nicolas Conquer, lui, y est. Et vous, vous pourriez peut-être l'être un jour — sans le savoir.
D'où vient ce pouvoir ? Histoire d'une administration bien française
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à soixante ans d'histoire française — une longue séquence d'hésitations entre contrôle de l'État sur l'audiovisuel et velléités d'indépendance, dont l'ARCOM est l'aboutissement.
Tout commence avec le monopole. En 1964, la RTF devient l'ORTF, impulsé par de Gaulle. L'ambition : l'autonomie. La réalité : l'ORTF est perçu comme un outil de propagande. Pompidou le résumait sans détour : la radio et la télévision sont "la voix de la France, qu'on le veuille ou non."
En 1974, Chirac supprime l'ORTF. Sept entités naissent : TF1, Antenne 2, FR3, Radio France, la SFP, TDF, l'INA. Le monopole de programme est brisé. Le monopole sur les fréquences, lui, subsiste. En 1982, Mitterrand crée la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. En 1986, la loi Léotard la remplace par la CNCL et privatise TF1. Supprimée trois ans plus tard, dès le retour de la gauche. En 1989, le CSA naît. En 2022, CSA et Hadopi fusionnent pour devenir l'ARCOM.
Le schéma est constant : chaque alternance politique produit une réforme du régulateur. L'indépendance est proclamée à chaque fois. L'inféodation est pratiquée entre-temps. Et à chaque étape, le régulateur concentre un peu plus de pouvoir — audiovisuel, numérique, droits d'auteur, pluralisme politique — dans une seule main.
Une constante traverse tout cela : jamais plus de règles sur ce que cette main peut faire aux citoyens.
La loi ne définit pas la "personnalité politique"
Dans toute cette histoire, une ligne dans la loi du 30 septembre 1986 est restée dans l'ombre. Inchangée dans son esprit depuis 1969. Et c'est elle qui donne à l'ARCOM le pouvoir de classer les citoyens.
En 1969, l'ORTF grave dans le marbre la règle des trois tiers : un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour l'opposition. L'intention est claire et limitée — garantir que l'opposition s'exprime sur les antennes d'un État qui en détient le monopole. On compte des partis, des groupes parlementaires. On ne classe pas des individus.
Cette règle traverse les décennies. Elle entre dans la loi en 1986, mais le législateur se montre lacunaire : il définit avec précision le pluralisme externe, ne dit presque rien du pluralisme interne. Il fixe une obligation de résultat sans définir les moyens ni les limites. Il confie au régulateur le soin d'interpréter.
C'est dans ce silence que germe le problème. Car pour décompter le temps de parole des "personnalités politiques", encore faut-il décider qui est une personnalité politique. Le législateur ne l'a pas défini. Ni en 1969, ni en 1986, ni depuis.
L'article 13 de la loi du 30 septembre 1986 dispose :
« Les services de radio et de télévision transmettent les données relatives aux temps d'intervention des personnalités politiques dans les journaux et les bulletins d'information, les magazines et les autres émissions des programmes à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique selon les conditions de périodicité et de format que l'autorité détermine. »
Ce texte, conçu pour comptabiliser les grands partis dans un paysage audiovisuel contrôlé par l'État, est devenu au fil des jurisprudences un fondement permettant à l'ARCOM de classer nommément des citoyens ordinaires. Ce glissement ne résulte d'aucune décision parlementaire. Il résulte de l'accumulation silencieuse de décisions administratives, progressivement validées par le juge.
L'ARCOM a précisé les règles du décompte dans sa délibération n° 2017-62 du 22 novembre 2017, publiée au Journal officiel. Ce texte réglemente minutieusement le décompte. Il ne dit pas un mot sur les critères d'inscription à la liste, sur la durée de la qualification, ni sur les conditions de radiation. La délibération de 2024 sur le pluralisme élargi confirme explicitement que le classement individuel des personnalités politiques reste entre les mains de l'ARCOM, sans critère publié opposable.
En soixante ans de réformes successives, personne n'a jamais jugé utile de l'encadrer.
Un fichage que la justice condamne — sauf quand c'est l'ARCOM
Conserver en mémoire informatisée, sans le consentement exprès de l'intéressé, des données qui font apparaître les opinions politiques des personnes est puni par le Code pénal de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. C'est la définition du fichage illégal des opinions politiques.
Ce que fait l'ARCOM entre précisément dans cette définition — à une exception près : c'est la loi elle-même qui l'y autorise. Ce détail change tout juridiquement. Il ne change rien politiquement.
La France a pourtant une mémoire longue sur ce sujet. Ikea France condamné à un million d'euros pour avoir espionné ses salariés syndicalistes. La RATP épinglée pour un fichage de 900 agents classés selon leur participation aux grèves. Des décrets gouvernementaux élargissant le fichage policier aux opinions politiques qui avaient déclenché une levée de boucliers générale en 2020. Dans chaque cas, la même indignation : classer des personnes selon leurs opinions politiques, sans leur consentement, pour en tirer des conséquences sur leur vie professionnelle est une pratique que la société française juge inacceptable.
Sauf quand c'est l'ARCOM qui le fait. Au nom du pluralisme.
L'ARCOM décide à huis clos, sur la base de notes internes confidentielles. La décision est notifiée non pas à la personne concernée, mais aux médias. Le Conseil d'État l'a confirmé : vous n'êtes pas prévenu avant d'être classé, parce que la décision est formellement adressée aux éditeurs, pas à vous.
Ce n'est pas une singularité du cas Conquer. Il suffit parfois d'avoir été soi-même régulateur pour en faire l'expérience.
Françoise Laborde (@frlaborde), ancienne membre du CSA entre 2009 et 2015, aujourd'hui chroniqueuse sur CNews, a vécu la même expérience après une sanction de l'ARCOM à l'encontre de la chaîne pour des propos tenus lors d'une émission estivale. Elle a demandé à trois reprises à être entendue. Trois refus. Même doctrine : "le tiers n'est pas concerné", "l'Autorité ne procède pas à l'audition des auteurs." Elle résume ainsi ce que le système produit : "On peut être exposée — et parfois menacée — sans jamais être entendue."
Une ancienne membre du régulateur. Pas entendue par le régulateur.
Il existe en droit administratif un principe simple : une autorité qui dispose d'un pouvoir réglementaire a l'obligation de l'exercer pleinement. Elle ne peut pas se réserver un pouvoir discrétionnaire illimité là où elle aurait dû fixer des règles. Cette carence s'appelle l'incompétence négative.
L'ARCOM aurait pu y inscrire une règle lisible — la qualification cesse deux ans après la fin du dernier mandat, sauf engagement politique actif caractérisé. Elle ne l'a pas fait. Elle a préféré garder les mains libres.
Un pouvoir sans règle de durée, sans critère de sortie, sans procédure contradictoire est un pouvoir qui peut — selon les périodes et les sensibilités du collège — classer davantage à droite, moins à gauche, maintenir plus longtemps certains, radier plus vite d'autres. Une autorité indépendante qui se prive de règles contraignantes ne protège pas les citoyens de l'arbitraire. Elle s'en remet à la vertu de ses membres successifs.
La vertu ne remplace pas le droit.
Ikea a été condamné pour avoir fait, dans le secret, à ses salariés, ce que l'ARCOM fait, dans le secret, à des citoyens — avec la bénédiction du législateur. Et pendant ce temps, Laurent Joffrin continue d'être invité librement. Sans quota. Sans étiquette. Sans référentiel.
Le prix de la participation citoyenne
Il y a dans la démocratie athénienne une idée simple que Périclès formule dans l'Oraison funèbre rapportée par Thucydide : le citoyen qui ne s'intéresse pas aux affaires de la cité n'est pas un homme tranquille, c'est un homme inutile. L'agora n'était pas réservée aux professionnels de la politique. L'artisan et le marin prenaient la parole sans craindre que cette parole déclenche un fichage administratif à durée indéterminée.
Vingt-cinq siècles plus tard, la France a trouvé le moyen de rendre cette participation coûteuse.
Un citoyen qui se présente aux législatives accomplit un acte que la République encourage — elle rembourse les frais, imprime les bulletins, pose les panneaux. Ce qu'elle ne dit pas, c'est qu'il déclenche un mécanisme administratif dont il ne connaît pas l'existence et dont il ne maîtrisera jamais la durée. Perdre. Rentrer chez soi. Et découvrir des mois plus tard que l'État a inscrit son nom dans un référentiel, notifié les médias, et que les conséquences de cet acte civique se mesurent à l'aune de chaque invitation refusée.
Ce n'est pas la sanction d'une faute. C'est le prix d'une participation.
Le mécanisme produit un environnement où s'engager dans la vie publique peut avoir des effets durables et indéterminés sur votre vie professionnelle. Il envoie un signal à tous ceux qui pourraient envisager de s'engager : réfléchissez à deux fois.
Une démocratie qui facture la participation à ses citoyens ordinaires ne protège pas le débat public. Elle le réserve progressivement à ceux qui peuvent se permettre d'en payer le prix — les professionnels de la politique, pour qui le décompte du temps de parole est une donnée de métier, pas une menace existentielle.
C'est ici que l'affaire Nicolas Conquer prend tout son sens — non comme un cas isolé, mais comme le révélateur de tout ce qui précède.
Porte-parole des Republicans Overseas France, expert de la politique américaine, jamais élu, candidat battu lors d'une dissolution surprise. L'ARCOM l'a classé en "Divers Droite" sur la base d'une note d'une page, à huis clos, sans l'en informer : trois éléments retenus — une candidature perdue, un titre de porte-parole d'un parti américain, un retweet de Ciotti. Trois recours, trois rejets. L'intéressé avait pourtant proposé par écrit de se dissocier officiellement de tout parti — l'ARCOM a ignoré la proposition. Le RN lui-même a attesté par courrier officiel qu'il n'était plus adhérent, ne parlait pas en son nom, n'avait plus de carte. L'ARCOM en a pris acte — et maintenu la classification. Dans la note interne préparant le second rejet, ses propres services reconnaissaient sa "faible notoriété" et le fait qu'il "n'a jamais exercé le moindre mandat" — avant de recommander quand même le rejet. L'élément aggravant du troisième recours ? Une candidature à Cherbourg mentionnée dans Ouest-France, sans dépôt officiel. Devant le Conseil d'État : quatre moyens, dont la violation du RGPD pour traitement de données d'opinions politiques sans consentement.
Le 12 mars 2026, le Conseil d'État a validé l'inscription. La question n'a pas été posée. La décision a été rendue.
L'impartialité du rapporteur public en doute
Reste un fait grave que personne n'a mentionné.
Le rapporteur public qui a instruit l'affaire Conquer se nomme Maxime Boutron. Il est également secrétaire général des Engagés — mouvement fondé par Laurent Joffrin, ancien directeur de Libération, proche de François Hollande, éditorialiste omniprésent dans les médias audiovisuels français et absent du référentiel de l'ARCOM.
offrin sans quota. Boutron au rapport. Conquer sur la liste.
Ce rapprochement mérite d'être mis en regard de ce que le Conseil d'État lui-même enseigne. Dans sa décision d'assemblée du 15 avril 2024 — sa formation la plus solennelle — il a rappelé que ses membres "exercent leurs fonctions en toute indépendance, dignité, impartialité" et "se comportent de façon à prévenir tout doute légitime à cet égard."
La charte de déontologie de la juridiction administrative est explicite : le magistrat doit se déporter lorsque ses engagements associatifs privés interfèrent avec son domaine de compétence. La même charte précise qu'il s'abstient "s'il estime en conscience devoir se déporter, sans avoir à s'en justifier." Ce n'est pas une faculté. C'est une obligation déontologique à déclenchement autonome — indépendante de toute demande des parties, indépendante de toute procédure formelle.
L'affaire Conquer portait précisément sur les critères qui font d'un citoyen une personnalité politique soumise à décompte. Le rapporteur public chargé de l'instruire est secrétaire général d'un mouvement politique dont le fondateur est absent du référentiel contesté. La question n'est pas de savoir si Joffrin devrait y figurer. La question est celle-ci : Boutron avait un intérêt structurel à ce que les critères retenus pour classer Conquer ne soient pas jugés trop larges — car ces mêmes critères, appliqués avec cohérence, auraient pu conduire à examiner la situation de celui dont il est le secrétaire général. Instruire cette affaire, c'était traiter, indirectement, une question dont la réponse touche à son propre engagement politique.
Aucun de ces faits ne constitue en soi une irrégularité. La charte ne crée pas d'incompatibilité automatique. Mais elle impose précisément de prévenir tout doute légitime — non de l'ignorer. Or, dans une affaire où la définition même de "personnalité politique" est contestée, et où l'un des grands absents de la liste litigieuse est le fondateur du mouvement dont le rapporteur est secrétaire général, ce doute était non seulement légitime : il était structurel.
Ce n'est pas une suspicion de corruption. C'est plus précis, et plus grave : c'est une situation dans laquelle l'apparence même d'impartialité était impossible. Or le droit administratif français — et la CEDH avant lui — n'exige pas la preuve d'un biais réel. Il exige l'absence de tout doute légitime. Ce doute existait. Il était objectif. Il était connaissable. Il n'a pas conduit au déport.
Ce qu'il faut en retenir
L'ARCOM classe dans une liste. Sur quels critères ? Elle ne le dit pas. Pour combien de temps ? Elle ne le dit pas davantage. Ou plutôt : elle sait, mais elle a décidé de ne pas le dire. Ce n'est pas la même chose.
Trois lignes suffiraient pourtant : durée maximale de qualification sans engagement politique actif, procédure de radiation avec critères opposables, obligation de notification préalable. Ce n'est pas une révolution. C'est la condition minimale pour qu'un pouvoir de classification des citoyens soit compatible avec un État de droit.
Ce n'est pas un débat technique. C'est une question de principe.
Le pluralisme que l'ARCOM prétend défendre suppose que des citoyens ordinaires puissent s'engager, se présenter, prendre position — sans craindre d'être fichés à vie dans un référentiel opaque dont ils ne connaissent pas les règles d'entrée et dont il n'existe pas de règle de sortie.
En détruisant cette liberté au nom du pluralisme, l'ARCOM détruit précisément ce qu'elle est censée protéger. Ce n'est pas une démocratie malade qui se sait malade. C'est une démocratie malade qui se soigne avec le poison.
Pluralisme : quand l'Arcom décide ce qu'est une bonne opinion pour contrôler la concentration des médias.
Un rapport commandé par l'Arcom et la Direction générale des médias, rédigé par l'IGF et l'IGAC, dresse le constat de l'obsolescence des règles anti-concentration issues des lois de 1986, tout en préconisant le maintien d'un dispositif spécifique aux médias et un renforcement du rôle de l'Arcom.
L'économiste Etienne Pfister, ancien économiste en chef de l'Autorité de la concurrence, aujourd'hui partner chez RBB Economics, y joue le rôle d'expert associé. Son apport central : les seuils de déclenchement des alertes (25 M€ de CA pour la partie média, 40 M€ pour l'ensemble) sont jugés trop bas, et surtout le chiffre d'affaires est un mauvais indicateur du pluralisme. Il faudrait lui substituer une batterie de critères : audience, part d'attention, capacité d'influence sur les opinions. L'objectif affiché reste d'éviter qu'une même personne physique ou morale ne puisse avoir une influence disproportionnée sur la formation de l'opinion, dans le cadre d'un contrôle bicéphale Autorité de la concurrence / Arcom, où un refus de l'une suffit à bloquer l'opération...
L'enfer, les bonnes intentions... tout ça... bis repetita.
Le problème central de ce rapport n'est pas ce qu'il dit sur les seuils. Le problème est ce qu'il propose à la place : mesurer l'influence sur les opinions.
On passe insensiblement d'un critère économique objectivable à un critère cognitif subjectif.
Qui définit ce qu'est un "fort contenu informationnel" ?
Qui tranche entre un média qui "délivre un faible contenu informationnel" et un média à "forte capacité d'influence" ?
L'Arcom, bien sûr. C'est-à-dire une administration nommée par le pouvoir exécutif, dont l'indépendance réelle fait l'objet de sérieux doutes — comme l'illustre parfaitement l'affaire Conquer c. Arcom sur les classifications de "personnalité politique".
Le réseau d’Epstein : de la censure à la finance globale, une machine britannique infiltrant l’Amérique
En février 2026, le scandale Jeffrey Epstein refait surface avec une
intensité renouvelée, éclaboussant les sphères politiques et financières
transatlantiques. Peter Mandelson, surnommé « le Prince des Ténèbres »
et figure emblématique du Parti travailliste britannique, a démissionné
du Parlement britannique, anticipant une loi qui l’aurait exclu.
La police métropolitaine de Londres a ouvert une enquête criminelle sur
ses liens avec Epstein, et le Premier ministre Keir Starmer a présenté
des excuses publiques aux victimes du financier pédophile pour avoir cru
aux mensonges de Mandelson.
Ce n’est pas seulement l’histoire d’une chute politique ; c’est
la révélation d’un réseau structuré, reliant la criminalité sexuelle à
des mécanismes de censure, de surveillance biologique et d’ingérence
électorale. À travers des documents récemment déclassifiés, des emails et des propositions internes, nous découvrons comment un « switchboard » – un tableau de commande – britannique s’est transformé en moteur de censure américain, tout en intégrant des projets comme « Project Molecule », une initiative de JPMorgan et de la Fondation Gates pour transformer la biologie en infrastructure investissable.
Cet
article, basé sur des investigations approfondies publiées sur Substack
par Sayer Ji et des rapports de Sky News, explore ces connexions. Il
révèle non seulement les acteurs clés – Epstein, Mandelson, Morgan
McSweeney, Imran Ahmed – mais aussi les implications systémiques :
une érosion de la souveraineté nationale au profit d’entités privées, opaques et transnationales.
Nous plongerons dans les détails pour comprendre comment ce réseau opère et pourquoi il persiste.
Qui est Peter Mandeson et ses liens avec Jeffrey Epstein ?
Peter
Mandelson, âgé de 72 ans en 2026, est un pilier du Parti travailliste
britannique. Architecte du « New Labour » sous Tony Blair, il a été un
maître de la communication politique, aidant Blair à remporter la
direction du parti en 1994. Surnommé « le Prince des Ténèbres » pour ses manœuvres en coulisses, Mandelson
a occupé des postes clés : secrétaire d’État au Commerce et à
l’Industrie, commissaire européen à Bruxelles de 2004 à 2008, et
secrétaire d’État aux Affaires sous Gordon Brown en 2008.
Sa carrière est marquée par des scandales : deux démissions sous
Blair pour un prêt non déclaré et une intervention dans une demande de
passeport. En 2025, Keir Starmer l’a nommé ambassadeur du Royaume-Uni à
Washington, saluant son expérience inégalée pour naviguer les relations
anglo-américaines sous l’ère Trump. Cependant, en septembre 2025, il a
été limogé suite à la révélation d’emails et de documents montrant
l’étendue de sa relation avec Jeffrey Epstein.
Les liens entre
Mandelson et Epstein remontent au début des années 2000. En 2003, pour
le 50e anniversaire d’Epstein, Mandelson a contribué à un « livre d’anniversaire » compilé par Ghislaine Maxwell, complice d’Epstein. Dans son message, Mandelson qualifie Epstein de « my best pal » (mon meilleur ami), évoquant des souvenirs de rencontres dans des maisons luxueuses et des amis « intéressants » à divertir. Le message, illustré de photos d’îles tropicales et de Mandelson, se termine par : « Wherever he is in the world, he remains my best pal ! » (où qu’il soit dans le monde, il reste mon meilleur ami)
Ce document, révélé par le Comité de surveillance de la Chambre des
représentants américaine en septembre 2025, inclut des contributions
d’autres figures comme Donald Trump.
Les échanges d’emails de 2005
à 2010 révèlent une amitié intime. En 2006, après les premières
allégations publiques contre Epstein pour abus sexuels sur mineures,
Mandelson écrit : « I am following you closely and here whenever you need » (Je te suis de près et suis là quand tu as besoin), conseillant de se rappeler « The Art of War » face aux procureurs. Juste avant la condamnation d’Epstein en 2008 à 18 mois de prison pour prostitution de mineure, Mandelson l’encourage à « fight for early release » (se battre pour une libération anticipée) et déclare : « I think the world of you » (Je pense le monde de toi). En 2009, pendant la peine d’Epstein, un rapport de JPMorgan indique
que Mandelson a séjourné dans l’appartement new-yorkais d’Epstein. Des
emails de 2016 montrent des discussions sur l’élection de Trump, avec
Epstein écrivant : « in the donald white house » (dans la Maison Blanche de Donald), et Mandelson répondant sur des sujets personnels, comme éviter le prince Andrew pour ne pas aggraver les choses.
Mandelson a minimisé ces liens, regrettant d’avoir « accepté les assurances » d’Epstein, un « menteur criminel charismatique ».
Il affirme n’avoir jamais vu d’actes criminels et que les messages
datent d’avant l’inculpation. Pourtant, ces révélations ont conduit à
son limogeage : le Foreign Office a cité la suggestion que la
condamnation d’Epstein était injuste comme une information nouvelle,
tenant compte des victimes. Starmer a annoncé la décision, soulignant
l’importance de la transparence. Une enquête criminelle est en cours
sur des allégations que Mandelson a transmis des informations
confidentielles du gouvernement à Epstein, y compris des rapports du Trésor sur la règle Volcker, la loi Dodd-Frank et la régulation des dérivés – des données valant des milliards pour les clients d’Epstein à Wall Street.
Ces
connexions ne sont pas isolées ; elles s’inscrivent dans un réseau plus
large où Epstein agissait comme intermédiaire entre pouvoir politique,
finance et contrôle narratif.
Le Switchboard : de Epstein à Mandelson, McSweeney et Ahmed – la machine de censure
Le
réseau d’Epstein n’était pas seulement criminel ; il était
architectural, reliant des opérations secrètes à des outils de censure.
Selon des investigations, le système de censure qui a ciblé la liberté
d’expression américaine pendant la pandémie de COVID-19 a été construit
au sein d’une faction du Parti travailliste (voir ici). Morgan McSweeney et Imran Ahmed ont créé le Center for Countering Digital Hate (CCDH)
depuis les mêmes bureaux, avec le même personnel et les mêmes
financements occultes utilisés pour discréditer Jeremy Corbyn. Cette
stratégie a ensuite été appliquée contre des éditeurs de santé et des
médias indépendants aux États-Unis.
Le fondateur et mécène
politique du CCDH est un protégé de Peter Mandelson, qui, simultanément,
transmettait des renseignements classifiés à Epstein. Cette culture
politique d’opérations dissimulées a permis au réseau Epstein de
fonctionner et a engendré le CCDH.
Le « switchboard »
– ce tableau de commande – relie ces acteurs : Epstein recevait des
infos de Mandelson, qui protégeait McSweeney, architecte politique du
CCDH, et Ahmed, son co-créateur.
Le CCDH a produit la liste des « Disinformation Dozen » (les douze désinformateurs), menant directement à la suppression de contenus sur les plateformes. Dans
un cas documenté, des matériaux du CCDH ont été utilisés dans des
procédures judiciaires étrangères pour obtenir un mandat d’arrêt ex
parte contre un journaliste américain pour des discours légaux aux
États-Unis – une application transfrontalière sans procédure régulière
ni traité d’extradition.
Ce réseau s’étend à l’ingérence
électorale. McSweeney, désormais chef de cabinet de Starmer, a été nommé
dans une plainte à la Commission électorale fédérale (FEC) pour avoir
envoyé une centaine de militants travaillistes dans des États pivots
américains lors de l’élection présidentielle de 2024. Les pipelines de
censure et d’ingérence partagent les mêmes acteurs et infrastructures,
assumant que des agents britanniques peuvent influencer les résultats
américains en impunité.
Ces révélations confirment que le débat public sur Epstein – qui savait quoi ? – est insuffisant.
La
question clé est le rôle d’Epstein dans un système plus vaste, où les
mêmes acteurs réapparaissent en finance, politique et contrôle narratif.
Inside project Molecule : transformer la biologie en infrastructure investissable
Au cœur de ce réseau se trouve « Project Molecule», une proposition de 14 pages de JPMorgan datée du 31 août 2011 (version 13), révélée dans les fichiers Epstein.
Ce
plan, partenariat avec la Fondation Bill & Melinda Gates, vise à
transformer la préparation aux pandémies en un système transnational,
privé et permanent de fourniture de vaccins, surveillance et finance de
santé globale.
Développé dans l’écosystème où Epstein
opérait comme broker entre Wall Street, santé globale et pouvoir
politique, il illustre comment la biologie est devenue « investable infrastructure ».
Le document propose « The Gates & J.P. Morgan Charitable Giving Fund »,
reliant la Fondation Gates, donateurs ultra-riches, fonds conseillés
par donateurs, structures offshore et interventions biologiques. Objectifs
: opération perpétuelle sans clause de fin, gouvernance privée avec
cinq comités (Board, Investment, Grant Distribution, Management, Audit).
Membres potentiels : Warren Buffett, George Kaiser, Mary Erdoes,
Melinda Gates (présidente), Susan Rice, Seth Berkley (CEO de Gavi),
Jeffrey Sachs, Queen Rania de Jordanie – sans élus ni obligations
traitées.
Allocation de 150 millions de dollars : 40M pour vaccins
polio en Afghanistan, 40M au Pakistan, 20M pour réseau de surveillance
au Pakistan, 20M pour MenAfriVac en Afrique, 30M pour vaccins rotavirus
en Amérique latine. Structure : organisation publique américaine,
fondation étrangère en juridiction fiscalement neutre (bras offshore
pour vaccins, comme suggéré par Epstein), conduits pays-spécifiques.
Les connexions à Epstein sont évidentes : produit dans la division private wealth de JPMorgan sous Jes Staley ; Erdoes, destinataire d’un email d’Epstein sur un « bras offshore pour vaccins », est membre non-votant. Epstein, en août 2011, esquissait un fonds santé global privé, aligné sur Project Molecule – perpétuité, anonymat donateurs, échelle en milliards.
Ce
projet révèle la biosécurité comme gouvernance : surveillance
souveraine biologique, fonds offshore pour vaccins, structures
contournant le contrôle élu.
Au Pakistan, le réseau
de surveillance (construit, financé, possédé par des privés) s’inscrit
dans un contexte de polio endémique et de campagnes CIA masquées,
érodant la souveraineté via des interventions « conditionnelles ».
Project
Molecule n’est pas une métaphore ; c’est l’architecture
institutionnelle où Epstein jouait un rôle coordinateur, reliant Gates, JPMorgan et des mécanismes de profit pré-positionnés.
Implications plus larges : ingérence, érosion de la souveraineté et appel à la transparence
Ce
réseau transcende le crime sexuel : il structure la censure, la
surveillance et la finance. Le CCDH, né de factions travaillistes,
exporte des tactiques anti-Corbyn (discréditer et évincer Jeremy Corbyn
de son poste de leader du parti) vers l’Amérique, supprimant des voix
sur la santé. L’ingérence de McSweeney en 2024 illustre comment ces
acteurs influencent les élections américaines sans responsabilité.
Project Molecule incarne l’érosion de la souveraineté : biologie gérée par privés, perpétuellement, sans checks démocratiques.
Des fonds offshore insulent des profits, tandis que la surveillance devient outil de gouvernance conditionnelle.
Les
mêmes acteurs – Mandelson, Epstein, Gates, JPMorgan – réapparaissent,
questionnant : qui bénéficie de ce système ? Les documents sont publics
depuis 2011, mais les questions restent inexplorées. Comme l’écrit Sayer
Ji, « la révélation est que la biologie elle-même était organisée en
système de gouvernance – avec des conseils d’administration… des
mandats opérationnels perpétuels… »
Conclusion
Le
scandale Epstein n’est pas une anomalie ; c’est un symptôme d’un système
où pouvoir privé supplante démocratie. De Mandelson à McSweeney, du
CCDH à Project Molecule, ce « switchboard » britannique a
infiltré l’Amérique, censurant, surveillant et influençant. Les excuses
de Starmer et l’enquête policière sont un début, mais la transparence
totale est essentielle. Sans elle, ces réseaux perdurent, transformant
la biologie en outil de contrôle global.
Le ministère de la Justice publie 3,5 millions de pages conformes à la loi sur la transparence des dossiers Epstein
Deputy Attorney General Todd Blanch announced the Department of Justice published over 3 million additional pages responsive to the Epstein Files Transparency Act, which was signed into law by President Trump on November 19, 2025.
Ce projet de loi exige du ministère de la Justice (DOJ) qu'il publie (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d'enquête non classifiés en sa possession et relatifs à l'enquête et aux poursuites contre Jeffrey Epstein.
Cela inclut : (1) les documents relatifs à Ghislaine Maxwell, (2) les registres de vol et les dossiers de voyage, et (3) les personnes nommées ou mentionnées (y compris les fonctionnaires) dans le cadre de l'enquête et des poursuites contre Jeffrey Epstein.
Le DOJ est autorisé à ne pas divulguer certaines informations, telles que les informations personnelles des victimes et les documents susceptibles de compromettre une enquête fédérale en cours.
En outre, au plus tard 15 jours après la publication requise, le ministère de la Justice doit faire rapport au Congrès (1) toutes les catégories d'informations publiées et retenues, (2) un résumé de toutes les rédactions effectuées et (3) une liste de tous les fonctionnaires et personnes politiquement exposées nommés ou mentionnés dans les documents publiés.
Epstein Library:
Avis de confidentialité
Compte tenu de l'échéance fixée par le Congrès, tous les efforts raisonnables ont été déployés pour examiner et expurger les informations personnelles relatives aux victimes et autres personnes privées, et pour protéger les documents sensibles contre toute divulgation.Cependant, en raison du volume d'informations concernées, ce site web peut néanmoins contenir des informations incluant par inadvertance des données personnelles non publiques ou d'autres contenus sensibles, y compris à caractère sexuel.Si vous identifiez des informations qui n'auraient pas dû être publiées, veuillez nous en informer immédiatement à EFTA@usdoj.gov afin que nous puissions prendre les mesures nécessaires pour corriger le problème au plus vite.
Ce site héberge des documents soumis à la loi sur la transparence des dossiers Epstein.Il sera mis à jour si d'autres documents sont identifiés et doivent être publiés.
Certains documents de la bibliothèque contiennent des descriptions d'agressions sexuelles.Par conséquent, veuillez noter que certaines parties de cette bibliothèque peuvent ne pas convenir à tous les lecteurs.
La vidéo de l'analyse de @sayerjigmi sur les dossiers Epstein et les « profits pandémiques » EST EN LIGNE.
Les dossiers Epstein révèlent une architecture de 20 ans derrière les pandémies utilisées comme modèle économique, avec Bill Gates au centre du réseau - Analye de Sayer Ji publié sur son subtack, traduit par France-Soir.
Article complet : https://www.francesoir.fr/opinions-tr...
L’Affaire Epstein : un tremblement de terre révélant les ténèbres des élites politiques et financières
L’affaire Jeffrey Epstein, ce financier américain condamné pour trafic sexuel de mineures, continue de secouer les fondations du pouvoir mondial.
Avec la publication récente, fin janvier
2026, de plus de trois millions de pages de documents par le
Département de la Justice américain (DOJ),
incluant environ 2.000 vidéos et 180.000 images, un nouveau chapitre
s’ouvre sur ce scandale qui expose les connexions troubles entre élites
politiques, financières et royales.
Cette divulgation, mandatée par l’Epstein Files Transparency Act (voir ici)
signé par le président Donald Trump en novembre 2025 sous une pression
bipartisane intense, marque la fin des divulgations officielles, bien
que des critiques persistent sur les retards et les caviardages pour
protéger les victimes et les enquêtes en cours.
Le contexte d’un scandale persistant
Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 dans des circonstances
controversées – officiellement un suicide, mais avec des soupçons
persistants de meurtre pour le faire taire – était au cœur d’un réseau
d’abus sexuels impliquant des dizaines de jeunes filles mineures. Condamné
en 2008 pour sollicitation de prostitution d’une mineure via un accord
controversé et plus clément, il a continué à entretenir des relations
avec des figures influentes jusqu’à sa mort. Les documents nouvellement
publiés, issus d’enquêtes fédérales, incluent des logs de vols, des
emails, des photos et des témoignages qui révèlent comment Epstein
maintenait ses liens post-condamnation. Parmi les révélations : des
échanges avec Steve Bannon, conseiller de Donald Trump,
discutant de politique et d’un documentaire pour réhabiliter l’image
d’Epstein ; des allégations non vérifiées contre Trump, mentionné plus
de 1 000 fois, incluant des accusations réfutées de viol sur une mineure
de 13 ans, bien que rien ne confirme de conduite criminelle ; et des
détails sur Bill Gates, accusé dans des emails d’avoir eu
des relations extraconjugales et d’obtenir des drogues liées à des
rencontres avec des « filles russes » (démenti par Gates).
D’autres noms émergent : Elon Musk, Bill et Hillary Clinton, Richard Branson, Peter Mandelson (qui a reçu des fonds d’Epstein pour les frais d’études de son mari), Leonardo DiCaprio, Michael Jackson, et des figures internationales comme les Mexicains Ricardo Salinas Pliego et Ernesto Zedillo. Andrew Mountbatten-Windsor (ex-Prince Andrew)
est particulièrement mis en lumière : des emails montrent qu’Epstein
l’a invité au palais de Buckingham après sa libération, et qu’il voulait
que Sarah Ferguson déclare publiquement qu’il n’était « pas un pédophile ». Ces révélations ont poussé le Premier ministre britannique Keir Starmer à appeler Andrew à témoigner au Congrès américain.
Les fichiers incluent aussi des notes du FBI de 2006-2007 sur des
massages sexualisés payés à des mineures, un projet d’acte d’accusation
abandonné, et des communications internes sur des enquêtes non
poursuivies. Bien que beaucoup soient caviardés pour protéger les
victimes, ils soulignent des associations persistantes et des enquêtes
inachevées, alimentant des spéculations sur des réseaux d’influence, y
compris des liens avec des services de renseignement comme la CIA ou le
Mossad, souvent évoqués dans les théories controversée mais non
prouvés.
La noirceur systémique des élites : affaires sexuelles au cœur du pouvoir
Ce scandale n’est pas isolé ; il illustre une noirceur quasi
systémique dans les sphères politiques et financières, où les affaires
sexuelles semblent entrelacées avec le pouvoir et l’argent. Epstein,
avec son île privée de Little St. James – surnommée « l’île des pédophiles »
– et ses jets privés, offrait un cadre pour des abus qui impliquaient
non seulement des célébrités mais aussi des leaders mondiaux, révélant
comment l’élite utilise son influence pour échapper à la justice. Des
scandales similaires pullulent : des personnalités politiques
américaines prônant les « valeurs familiales » tout en étant
accusés d’agressions sexuelles, des élites européennes impliquées dans
des réseaux d’exploitation, ou des figures financières comme celles de
JPMorgan Chase, qui ont fermé les yeux sur les transactions suspectes
d’Epstein pour préserver des profits.
Cette présence quasi systémique des affaires sexuelles dans les
hautes sphères n’est pas fortuite. Elle sert d’outil de contrôle : des compromis sur des abus permettent de manipuler des décisions politiques et économiques. Par exemple, les liens d’Epstein avec des conseillers de la Maison Blanche ou des propriétaires d’équipes NFL (National Football League) montrent comment
ces réseaux transcendent les frontières partisanes, érodant la
confiance publique dans un système où l’argent et le pouvoir protègent
les prédateurs. Politiquement, l’affaire érode la confiance : Donald
Trump, malgré ses liens passés avec Epstein (incluant un livre
d’anniversaire signé), a dû signer la loi de transparence sous pression,
tandis que des démocrates exigent des versions non caviardées. Cela
révèle un monde où les scandales sexuels ne sont pas des exceptions,
mais des mécanismes intégrés au maintien du statu quo élitiste.
L’hypocrisie des politiciens face à la protection des enfants
Le culot des hommes et femmes politiques atteint des sommets
lorsqu’ils invoquent la protection des enfants. Aux États-Unis, des
figures comme Trump ou les Clinton, mentionnées dans les fichiers sans
preuves irréfutables de crimes, prônent des politiques familiales tout
en étant associées à Epstein. Mais cette hypocrisie s’étend bien au-delà
: en France, par exemple, des gouvernements proposent d’interdire les
réseaux sociaux aux moins de 15 ans sous prétexte de sauvegarder les
mineurs des dangers en ligne, tout en ignorant les défaillances
flagrantes du système d’aide sociale à l’enfance. Ils sont ainsi exposés
à la prostitution et aux abus, avec des placements abusifs, une
passivité face aux proxénètes, et des cohabitations forcées avec des
agresseurs dans des foyers non supervisés, particulièrement dans des
régions comme l’Île-de-France ou les Bouches-du-Rhône (voir ici).
Au lieu de réformer ce système corrompu qui livre littéralement des
mineurs aux prédateurs via des applications comme Snapchat, les élites
optent pour des mesures cosmétiques comme des interdictions répressives,
favorisant une surveillance étatique paternaliste qui érode les
libertés sans aborder les inégalités sous-jacentes ni promouvoir une
éducation au numérique. Cela perpétue un double standard : les puissants
ferment les yeux sur les pratiques déviantes des géants technologiques,
tout en imposant des restrictions qui masquent leur inaction sur les
vrais politique de protection pour les enfants vulnérables. Cette
hypocrisie renforce le ressenti plus larges au sein de l’élite, qui
clame défendre les mineurs tout en négligeant les protections concrètes
et en priorisant le contrôle sur l’autonomie et l’éducation véritables.
Impacts et perspectives
Sur les réseaux sociaux et ailleurs, les discussions autour de EpsteinFiles explosent depuis le 30 janvier, avec des listes de noms,
des accusations non vérifiées, parfois satiriques et des liens
internationaux impliquant des figures de la scène internationale.
La couverture médiatique varie :
sensationnelle aux États-Unis, plus discrète en France, alignée sur des
critiques de silence relatif.
Ces fichiers ne prouvent pas de nouveaux crimes pour la plupart des
noms, mais ils ravivent des questions sur la justice et les réseaux
d’élite. Pour explorer, consultez le site du DOJ ou des plateformes
comme jmail.world. L’affaire
Epstein nous rappelle que derrière les façades polies du pouvoir se
cachent des ténèbres persistantes, appelant à une vigilance accrue
contre l’hypocrisie des élites.
L’affaire Epstein : une dimension géopolitique de pédo-criminalité et de chantage mondial
L’affaire Jeffrey Epstein, bien plus qu’un scandale isolé,
est une fenêtre ouverte sur un système mondial de pédo-criminalité, de
chantage et de corruption au plus haut niveau. Depuis des décennies,
cette affaire a révélé des connexions troublantes entre des figures
politiques, des dirigeants d’entreprise et des réseaux criminels,
soulignant comment le pouvoir peut être manipulé à travers des actes
abominables. Aujourd’hui, alors que de nouvelles révélations émergent,
il est impératif de dresser un bilan critique et sans concession de
cette tragédie humaine et de ses implications géopolitiques.
Un historique effroyable
Jeffrey Epstein, financier et pédophile avéré, a été impliqué dans
l’exploitation sexuelle de plus de 250 jeunes filles mineures dans ses
résidences de New York et de Floride, entre autres. Ses agissements,
documentés par des témoignages et des enquêtes judiciaires, ont commencé
à être révélés au grand public dans les années 2000. En 1996, Maria
Farmer a signalé une agression sexuelle présumée par Epstein et
Ghislaine Maxwell aux autorités locales et fédérales. En 2005, une femme
a contacté la police de Palm Beach, affirmant que sa fille de 14 ans
avait été payée 300 dollars après avoir été déshabillée et massée dans
la mansion d’Epstein. Ces témoignages, bien que partiels, ont commencé à
dresser le portrait d’un réseau bien organisé.
Epstein a été arrêté en 2019, mais sa mort en détention,
officiellement classée comme un suicide, a suscité de nombreuses
suspicions. L’autopsie a révélé une fracture de l’os hyoïde, souvent
associée à des strangulations, alimentant les théories de meurtre.
Kash Patel Directeur du FBI
Depuis, l’affaire a continué à se dérouler, avec des révélations
explosives en 2025 sous l’impulsion de l’attorney general Pamela Bondi
et du directeur du FBI, Kash Patel.
Le chantage comme arme de pouvoir
L’un des aspects les plus troublants de l’affaire Epstein est
l’utilisation systématique du chantage. Selon des documents déclassifiés
et des témoignages, Epstein et ses complices auraient filmé des
activités sexuelles impliquant des mineurs avec des personnalités
influentes, créant ainsi un arsenal de kompromat. Ces enregistrements,
stockés dans des coffres-forts et sur des disques compacts, servaient à
manipuler et à contrôler des décideurs politiques, des chefs
d’entreprise et même des chefs d’État. L’objectif ? Assurer leur
silence, influencer leurs décisions ou les forcer à agir contre leurs
intérêts nationaux.
Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Comme le souligne le site swprs.org,
la pédo-criminalité a souvent une dimension géopolitique, impliquant
des services de renseignement et des réseaux de pouvoir. En Italie, par
exemple, le service secret militaire SIFAR, agissant pour le compte de
la CIA, a compilé des dossiers sur des comportements « irréguliers »
pour contrôler l’élite politique pendant des décennies. Aux États-Unis,
des affaires comme le scandale Franklin des années 1980 ont révélé des
réseaux pédocriminels liés à Washington et à la CIA, avec des enfants
enlevés ou provenant de foyers pour alimenter ces réseaux.
Les révélations de 2025 : un pas en avant ou une nouvelle couverture ?
En février 2025, Pamela Bondi, en collaboration avec le FBI, a
demandé la déclassification et la publication de documents liés à
Epstein. Initialement, seulement 200 pages ont été transmises, avant
qu’il ne soit révélé que des milliers d’autres pages étaient retenues.
James Dennehy, ancien assistant directeur du bureau de New York, a été
contraint de prendre sa retraite, accusé d’avoir bloqué la diffusion de
ces documents. Sa fille, travaillant avec lui sur l’affaire
Epstein-Maxwell, soulève des questions sur d’éventuels conflits
d’intérêts.
Kash Patel, nouveau directeur du FBI, a été chargé d’enquêter sur ces
non-divulgations, tandis que l’administration Trump a exercé une
pression accrue pour la transparence. Cependant, ces avancées doivent
être considérées avec scepticisme. La promesse de publier les documents
restants après examen et rédaction pour protéger les identités des
victimes soulève des doutes sur l’intégralité des révélations. Qui
décide de ce qui est « sensible » ? Et si ces rédactions ne servent qu’à
protéger les coupables plutôt que les victimes ?
Un camion entier de dossiers explosifs a atterri chez Kash Patel,
révélant des milliers de pages cachées pendant des années par le bureau
du FBI de New York. Le départ forcé de James Dennehy, accusé d’avoir
bloqué ces révélations, a suscité des spéculations sur l’ampleur du
scandale. Ces documents, contenant des noms qui dérangent, font trembler
ce que l’on appelle le « Deep State », cet ensemble d’élites et de
structures de pouvoir opérant dans l’ombre. Et si la vérité était plus
grosse qu’on ne l’imagine ?
Connexions avec des figures de pouvoir
L’affaire Epstein s’entrelace avec d’autres scandales, révélant un
réseau de corruption et de chantage à l’échelle mondiale. John McCain,
par exemple, a été impliqué dans des affaires de trafic d’armes et de
blanchiment d’argent, selon Ron Unz dans son article «
American Pravda: John McCain, Jeffrey Epstein, and Pizzagate ». McCain,
décrit comme un pion du Deep State, aurait bénéficié de protections
similaires à celles accordées à Epstein, soulignant comment ces réseaux
protègent leurs membres.
Bill Clinton, quant à lui, a été lié à Epstein à travers le « Lolita
Express », l’avion privé utilisé pour transporter des personnalités vers
l’île privée d’Epstein, Little St. James. Selon reseauinternational.net,
Clinton a effectué plus de 26 voyages sur cet avion, souvent accompagné
de jeunes filles. Ces connexions soulignent comment des figures
politiques de premier plan ont été compromises, potentiellement soumises
à un chantage.
De plus, des liens entre Epstein, Bill Gates, Anthony Fauci et George
Soros ont été évoqués, bien que souvent démentis par les médias
mainstream. Ces allégations, explorées dans cet article,
suggèrent une censure systématique des informations compromettantes,
protégeant ainsi des élites impliquées dans des scandales de pédophilie
et de corruption.
Le rôle du FBI et des services de renseignement
Epstein n’était pas seulement un criminel isolé ; il était également une source du FBI, comme le révèle Réseau International.
Ses connexions avec des services de renseignement, notamment le Mossad,
lui ont permis de bénéficier d’une impunité relative. Ghislaine
Maxwell, sa complice, a déclaré dans une interview qu’elle craignait pour sa vie,
affirmant que « ils vont me tuer, tout comme ils ont tué Epstein ». Ces
déclarations soulignent l’existence d’un réseau protégeant ces
criminels, même au prix de leur élimination physique.
Critique d’un fléau innomable
Face à ce fléau, une critique sans concession s’impose. La
pédo-criminalité n’est pas seulement un crime contre des individus ;
c’est une arme de destruction massive contre les fondements mêmes de la
société. Elle corrompt les institutions, dévoie les décisions politiques
et prive les citoyens de leur droit à la justice. Comment des
dirigeants, censés protéger les plus vulnérables, peuvent-ils être
complices ou manipulés par de tels actes ? La réponse réside dans un
système où le pouvoir absolu corrompt absolument, et où le chantage
devient un outil de gouvernance.
Il est temps de poser des questions fondamentales : pourquoi ces
réseaux persistent-ils ? Pourquoi les enquêtes sont-elles sabotées, les
témoins tués et les documents cachés ? La réponse est claire : parce que
ceux qui bénéficient de ce système ont trop à perdre. Pourtant,
l’indignation publique grandit, et des figures comme Bondi et Patel,
bien que confrontées à des obstacles considérables, incarnent un espoir
fragile de transparence.
Vers une solution ?
La lutte contre ce fléau nécessite une action décisive et
internationale. Les gouvernements doivent prioriser la protection des
victimes plutôt que celle des coupables. Les médias doivent continuer à
investiguer, malgré les risques. Et les citoyens doivent exiger des
comptes, refusant de se laisser apaiser par des demi-mesures ou des
promesses creuses.
L’affaire Epstein est un rappel cruel que le pouvoir, lorsqu’il est
corrompu, peut devenir monstrueux. Elle nous oblige à regarder en face
les ténèbres qui habitent notre monde et à agir pour les éclairer. Car
si nous fermons les yeux, nous devenons complices. Et cela, nous ne
pouvons nous le permettre !
L'affaire Epstein illustre le manque de méthode dont font preuve nos contemporains dès lors qu'il s'agit d'analyser les phénomènes sociaux.
Ajoutons à cela les intérêts politiques ou économiques, et le sérieux laisse place aux querelles de chapelle..
Une analyse à contre-courant du complotisme.
Je vous préviens, je ne serai ni un « Rudy Reichstadt » obnubilé par les « conspis », ni une « Josiane de Facebook » qui empile les hypothèses sans méthode. Je vais plutôt étudier ce qu’on nomme le « complot » dans un cadre praxéologique, c’est-à-dire en repartant de la science de l’action humaine et de la nature de l’État. Le problème de Josiane, c’est qu’elle pratique mal le complotisme. Bien sûr, elle peut tomber juste (et on dira que « les complotistes avaient encore raison »), mais sa démarche manque de rigueur. J’apprécie néanmoins sa volonté de ne pas s’en remettre aveuglément au narratif officiel.
De l’autre côté, Rudy et ceux qui suivent sa ligne se vautrent dans une facilité déconcertante. Il faut dire que notre homme est financé à moitié par le système étatique. En 2023, l’intéressé a déclaré devant la commission d’enquête sénatoriale sur le fonds Marianne que le budget annuel de Conspiracy Watch était d’environ 203 000 €, dont près de 50 % provenaient de subventions publiques (incluant des financements directs ou indirects de l’État). Bien difficile d’accorder un grand crédit à Conspiracy Watch dans ces conditions. Ou du moins, la prudence sera de mise.
J'ai vu passer des essayistes et/ou éditorialistes politiques de droite tenant des positions proches des anti-conspis, comme Julien Rochedy ou Nicolas Faure. Comme s’il n’y avait pas « grand-chose à dire » sur l’affaire, ou comme si les complotistes étaient trop soumis à leurs pentes affectives. Pourquoi cela ? Et eux-mêmes alors ? Je vois surtout beaucoup de gens très sûrs d’eux...
On me dira que je risque de tomber dans le même piège en présentant mon approche. Sauf que la démarche que je vous propose n’a pas grand-chose à voir avec de la politique partisane ou des opinions, vous allez voir. On va se donner la peine d’étudier le sujet du complot correctement, en refusant de se vautrer dans une position dogmatique.
Non seulement les éléments empiriques devraient nous pousser à faire nos propres recherches (plutôt que balancer ce terme de « populo-conspis » haha), mais en plus je vais vous démontrer que le complot est une composante logique de l'étatisme, dans lequel Epstein baignait allègrement. Qu'il s'agisse de théorie générale ou d'empirisme, il y a bien des choses à dire.
Petit élément de contexte historique et sémantique avant d'aller sur le théorique. Je vous invite toujours à interroger les mots que vous voyez souvent passer au sein des sphères politiques. En l’occurrence, le mot « complotisme » (ou conspirationnisme, mais qu’importe) ne vient pas de nulle part. La CIA l’a délibérément propulsé comme outil rhétorique pour discréditer les doutes sur la version officielle de l’assassinat de JFK. C’est donc un terme très chargé politiquement, utilisé comme instrument de gestion de la perception publique.
Il permet de délégitimer nos questionnements sans les réfuter proprement, ou en oblitérant des pans entiers du réel. Toute critique (même les plus sérieuses) des narratifs officiels peut ainsi être taxée de paranoïaque. Sur l’affaire Epstein, nous avons pourtant de quoi dire et il ne serait pas délirant qu’on en découvre bien plus. Mais au risque de vous décevoir, je n’irai pas sur le terrain des e-mails ni d’autres éléments du genre. Je vais plutôt vous parler du complot politique en l’étudiant sous l’angle de la praxéologie, pour en déduire un certain nombre d’incitations structurelles. Allons-y pas à pas.
Je m’appuie donc sur la praxéologie, méthode développée par Ludwig von Mises dans son ouvrage « L’action humaine » (1949). Il y présente une véritable science de l'action humaine par le biais d'une démarche axiomatique et déductive. C’est exactement comme en géométrie, où l'on va partir d’axiomes certains pour en déduire des théorèmes.
Voilà donc le point de départ : tout individu agit dans le but de substituer un état de choses qu’il juge insatisfaisant par un autre qu’il estime meilleur (c'est la définition de l'action de Mises). Pourquoi ce postulat est-il irréfutable ? Parce que nier l’action revient à agir (parler, écrire, etc), révélant l’axiome par l’usage volontaire de l'esprit et du corps qui l'accompagne. Je propose d’appliquer cela au complotisme politique.
Pourquoi par ailleurs préciser le terme « meilleur » dans la définition de l'action humaine ? Parce que sans cela, l’individu n’agirait tout simplement pas. L’action est par définition orientée vers l'amélioration subjective. L’agent agissant perçoit une insatisfaction, imagine un état futur qu’il juge plus désirable et croit que son comportement intentionnel pourra l’atteindre. Sans cette attente d’amélioration, il n’y aurait aucune action intentionnelle. L’individu resterait inactif ou se limiterait à des réflexes inconscients.
Les politiciens ne font pas exception à l'axiome de l'action humaine. Comme tout le monde, ils agissent en visant des fins subjectives dans une structure donnée (l’État et/ou ses antennes). Leur « meilleur » correspond donc à ce qu’ils jugent personnellement plus avantageux dans ce contexte. Ce « meilleur » subjectif est en fait le moteur universel de l’action humaine. Et vous allez voir qu’il permet de déduire des incitations quasi inévitables dans un système d'État, sans besoin d’hypothèses ou de corrélations trop gratuites.
Maintenant que l’action humaine est bien posée, passons à l’État (la structure d’action du politique). L’État incarne le monopole de la violence légale sur un territoire donné. Il est juge ultime de tous les conflits qui s’y déroulent. L’État monopolise ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. La praxéologie nous permet alors d’analyser l’État comme le fruit d’actions humaines coordonnées dans un but de préservation de la domination exercée. En clair, les individus en poste de Pouvoir agissent pour maintenir le monopole qui leur procure tant de bénéfices (rentes, prestige, impunité, etc).
Or, tout acteur une fois ses avantages acquis les défendra activement tant qu’aucune opportunité supérieure ne se présente (l’action humaine le suppose). Dans le champ politique, cela se traduira par une défense quasi systématique des intérêts de classe des acteurs concernés. C’est pourquoi tout politicien est un conservateur, incité à préserver ses privilèges au détriment de la population (car tout avantage politique naît de l’agression : conquête, taxation, etc). Pas besoin d’hypothèses farfelues pour le découvrir, c’est une conséquence logique de l’action humaine dans le cadre monopolistique qu’est celui de l’État.
De ce monopole étatique découle logiquement des asymétries d’information particulières. Pourquoi ? Parce que les agents de l’État ont accès à des ressources (archives, données fiscales, renseignements sur untel, etc) inaccessibles aux individus, par le biais de la structure même au sein de laquelle ils agissent (ce qui ne veut évidemment pas dire que tous les acteurs politiques ont accès aux mêmes informations ou disposent des mêmes marges de manœuvre). Attention cela dit, l'asymétrie d’information n’est pas le problème par nature. Chacun sait des choses que les autres ignorent, État ou pas. Le problème surgit quand l'asymétrie sert directement les intérêts du Pouvoir.
À ce titre, les acteurs étatiques savent que révéler certaines informations ou partager certaines idées les exposerait inutilement. Contrôler le narratif et agir en partie dans l'ombre devient donc un moyen essentiel pour préserver leurs avantages. À ce stade, nous pouvons redéfinir le complot dans le champ politique à travers la praxéologie. Le complot correspond à l’usage de moyens par des personnes ayant pour but de jouir de leurs privilèges voire de les accroître, avec pour particularité le recours à la dissimulation quand la transparence des moyens diminuerait l'utilité escomptée des acteurs impliqués. Le complot est donc une catégorie de l’action humaine dans le cadre politique, déduite logiquement de la nature monopolistique de l’État.
Il est très important de préciser que le complot est une catégorie de l'action politique avant toute chose. Non qu'il soit impossible de voir s'établir des complots de marché, mais disons que la nature de ce dernier les rend tout de suite très coûteux. Sur le marché libre, toute tentative de complot deviendrait auto-destructrice à terme. Les cartels y sont instables car ils ne peuvent durer sans coercition étatique qui empêche l’entrée de nouveaux acteurs, distribue des privilèges légaux ou évite des faillites économiques.
Cacher certains moyens (par exemple un accord secret pour limiter la production) nécessiterait des ressources privées (espions, pots-de-vin, etc), mais sans monopole pour se couvrir indéfiniment. Toute fuite peut donc détruire l’utilité escomptée. La transparence devient un avantage compétitif à part entière sur le marché. Le complot suppose au contraire un cadre où les acteurs peuvent imposer durablement des coordinations secrètes sans craindre le poids du marché. C'est une une excroissance étatique reposant sur l'inversion des incitations, et rendant l’opacité rentable pour les acteurs dominants.
Les moyens utilisés par les hommes de l'État sont divers, alors que la fin est toujours la même. Tout acteur politique cherche à substituer un état de choses peu satisfaisant par un état jugé meilleur dans le cadre de l'État. Que cela signifie-t-il dans ce contexte ? Accroître ses privilèges. Le Pouvoir (et donc sa jouissance) est la fin du politique. À chaque fois, le choix se fait par calcul subjectif. L'idée est toujours de maximiser l’utilité escomptée tout en minimisant ses risques personnels.
C’est ainsi que les élites privées et publiques forment des cartels de fait, entre alliances temporaires et batailles internes pour le contrôle. Sachant que l'étatisme ne suppose pas une seule grande alliance mondiale car il n'est pas une force homogène. Les individus ont des fins politiques parfois convergentes, parfois divergentes (et qu'importe d'ailleurs, car la lutte joue toujours pour eux).
Les moyens employés découlent de la nature de l’État, et vont au-delà. Pensez aussi aux multiples outils technologiques, aux opportunités de capture (législation, subventions, etc), à certains procédés tordus (chantage, corruption, pressions, etc) et bien sûr au fait que l'État se finance quasiment à l'infini via la fiscalité et l'inflation. Bref, de nombreux moyens qui rendent le complot possible et rentable.
Il me semble important de préciser que le complot politique peut être très prosaïque. Un simple échange entre deux personnes pour étouffer une information gênante peut rentrer dedans, tout comme un arrangement pour protéger un réseau d’intérêts communs. Le complot peut donc se produire à des échelons très petits. Il suffit d'acteurs en position de Pouvoir, et qui face à un risque partagé choisissent de ne pas tout dire parce que la vérité leur coûterait plus cher que l'action discrète. J'irais même plus loin : le complot est omniprésent dans un système d'État.
Les affaires mondiales font beaucoup parler, mais en dessous se trouve sans doute un océan de petits arrangements quotidiens dont vous ignorez tout. Tant qu'un système politique incite à dissimuler, le complot restera inévitable. Ultime précision pour terminer ce fil, le complot n'est ni moins ni plus légitime que l’action politique ordinaire : il suppose juste la dissimulation. Un lobby qui finance ouvertement des campagnes ne complote pas, mais participe au système dominant et repose dessus. Illégitime. L'échange secret dont je parlais plus haut pour étouffer une information gênante relève du complot. Illégitime aussi, car il pérennise la position de Pouvoir des acteurs impliqués.
Voyez qu’à aucun moment je ne dis « cela existe » ou « cela n’existe pas ». Je dis simplement pourquoi les complots sont probables et rationnels dans un système d'État. Ramené à l’affaire Epstein, tout cela s’applique sans restriction. Ensuite, reste à faire un travail d’assemblage de preuves et de corrélations solides pour venir illustrer notre théorème du complot sous l'angle praxéologique (ce qui nécessite encore une fois... de la méthode !).
Dans l’affaire qui nous occupe, il semble que nous ayons désormais accès à de nombreux emails rendus publics et à une multitude de témoignages. Honnêtement, je n’ai pas effectué de travail de recherches ni de vérification ultra-rigoureux. Mon angle reste purement méthodologique. Je laisse aux journalistes et aux enquêteurs sérieux le soin de creuser. Attention où vous mettez les pieds, c’est déjà un vrai champ de mines.
Les sociétés sont toujours un savant mélange de ce que la condition humaine produit de meilleur et de pire.
Bien entendu, du point de vue du simple citoyen, il demeure préférable de vivre dans des démocraties libérales que sous des régimes autoritaires, dictatoriaux ou totalitaires, religieux ou non. Cette supériorité normative ne prémunit cependant pas ces régimes contre leurs propres zones d’ombre.
Chaque affaire révélée agit ainsi comme un révélateur : elle fait remonter à la surface un trait constitutif de la nature d’une société ou d’un régime, au-delà de ses récits officiels, de ses apparences et de ses mises en scène démocratiques.
L’affaire Epstein relève de cette logique de dévoilement. Elle constitue une véritable remontée d’égouts de l’oligarchie financière américaine et de ses relais internationaux, y compris européens et français.
Ce vaste scandale criminel, financier, sexuel et politico-médiatique, marqué par une complaisance initiale du système judiciaire américain, met au jour l’ampleur d’une oligarchie profonde à l’ère du néolibéralisme. Il révèle un espace de pouvoir largement affranchi des clivages politiques traditionnels.
À ce niveau, il n’est plus pertinent de raisonner en termes de républicains ou de démocrates, de gauche ou de droite, de financiers ou d’intellectuels. Ce qui apparaît, ce sont des logiques prédatrices et un système de domination qui se maintient en se dissimulant derrière les routines institutionnelles et les spectacles démocratiques.
La spécificité des démocraties libérales tient néanmoins au fait que ces scandales peuvent émerger relativement rapidement et de manière ample, même si leurs effets sur les acteurs impliqués demeurent variables et souvent limités.
Enfin, la manière dont les sociétés, les autorités et les individus réagissent — ou s’abstiennent de réagir — là bas et ici, face à ces révélations constitue en elle-même un indicateur précieux de l’état réel du régime et de sa capacité à se confronter à la réalité de ses principes.
« C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
Jeffrey Epstein et la spéculation sur le Rouble russe en 2014 : un email révélateur
En février 2026, un post sur X (anciennement Twitter) a remis en lumière un document intrigant datant de mars 2014 : un email envoyé par Jeffrey Epstein à un contact chez Deutsche Bank,
proposant une opération financière visant à parier sur la dépréciation
du rouble russe face au dollar américain. Ce message, partagé sur les
réseaux sociaux, s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, juste
avant l’annexion de la Crimée par la Russie. L’email suggère une
spéculation sur une option binaire, avec un investissement de 255.000
dollars pour un gain potentiel d’un million si le rouble
s’affaiblissait. Ce document, marqué comme confidentiel et
potentiellement protégé par le secret avocat-client, soulève des
questions sur les liens d’Epstein avec les milieux financiers
internationaux et sur d’éventuelles informations privilégiées. Cet
article explore le contenu de l’email, le contexte historique et les
implications plus larges, en s’appuyant sur des recherches récentes.
Le contenu de l’email et l’opération proposée
L’email,
daté du 13 mars 2014 et envoyé depuis l’adresse jeevacation@gmail.com,
est adressé à Tazia Smith, directrice des partenariats clients clés chez
Deutsche Bank Securities à New York. Sous le sujet « ruble short – lets play » (littéralement « short sur le rouble – jouons »),
Epstein propose une option binaire européenne sur la paire USD/RUB
(dollar américain contre rouble russe). Les détails techniques incluent :
Une option call binaire à 3 % OTM (out-of-the-money), coûtant 25,4 % du payout.
Strike : 37,55 USD/RUB.
Payout : 1 000 000 USD si le taux USD/RUB dépasse 37,55 à l’expiration.
Premium : 255 000 USD.
Expiration : 11 avril 2014, avec règlement le 14 avril 2014.
Epstein compare cela à des options vanilla (standard) pour illustrer l’avantage d’une payout plus « propre »
en cas de dépréciation du rouble de 3 %. Il note que le rouble s’est
déjà affaibli, rendant l’opération attractive. Le document porte la
référence EFTA00870605, suggérant qu’il provient d’archives judiciaires
ou de fuites liées aux affaires d’Epstein.
Ce type d’option
binaire, où le gain est tout ou rien selon que le seuil est atteint, est
souvent utilisé pour des paris spéculatifs sur des devises volatiles.
En 2014, le rouble était effectivement sous pression en raison des
tensions en Ukraine, et le taux USD/RUB a grimpé au-delà de 37,55 peu
après, potentiellement rendant l’opération rentable pour Epstein.
Le contexte géopolitique : Maïdan, Crimée et chute du Rouble
Mars
2014 marque un tournant dans la crise ukrainienne. La révolution de
couleur de l’Euromaïdan, débuté fin 2013, a conduit à la chute du
président pro-russe Viktor Yanoukovytch en février 2014. Les États-Unis
et l’Union européenne ont soutenu les manifestants, avec des figures
comme Victoria Nuland (sous-secrétaire d’État américaine) impliquées
dans les discussions sur le futur gouvernement ukrainien. Le post X
original lie cela à un « coup d’État orchestré par le réseau Soros », et soutenu par de nombreux critiques de l’ingérence occidentale.
La
Russie a réagi en annexant la Crimée le 18 mars 2014, après un
référendum le 16 mars. Cette escalade a entraîné des sanctions
internationales et une chute du rouble : le taux USD/RUB est passé
d’environ 36 en mars à plus de 50 fin 2014, exacerbée par la baisse des
prix du pétrole. Epstein, en pariant sur une dépréciation à court terme,
semblait anticiper ces événements.
Des publications sur X
suggèrent même qu’il aurait pu bénéficier d’informations d’initiés, à ce
jour pas encore suffisamment prouvé.
Des
recherches montrent que des analystes de Deutsche Bank exploraient à
l’époque des scénarios pour affaiblir l’économie russe via une chute des
prix du pétrole,
ce qui s’aligne avec la volatilité
du rouble. Epstein, connu pour ses connexions avec des élites mondiales,
y compris russes, pourrait avoir exploité ces dynamiques.
Les liens d’Epstein avec Deutsche Bank : un scandale financier
Deutsche
Bank a entretenu une relation avec Epstein de 2013 à 2018, malgré sa
condamnation en 2008 pour sollicitation de prostitution mineure et son
statut de délinquant sexuel enregistré. La banque a ignoré de
nombreux signaux d’alarme, motivée par les revenus potentiels estimés à
2-4 millions de dollars par an. En 2020, le Département des Services
Financiers de New York (DFS) a infligé une amende
de 150 millions de dollars à Deutsche Bank pour des manquements en
matière de conformité anti-blanchiment, y compris le traitement de
transactions suspectes d’Epstein, comme des frais de scolarité et des
retraits en espèces massifs.
Parmi ces transactions, des virements via le « Butterfly Trust »
(un trust lié à Epstein) incluaient des paiements à des femmes
d’origine est-européenne et à des co-conspirateurs présumés. En 2023,
Deutsche Bank a réglé un procès pour 75 millions de dollars, accusée
d’avoir facilité le trafic sexuel d’Epstein en ignorant les risques. Des
emails internes montrent que la banque a priorisé les profits sur la
due diligence, malgré des avertissements sur la réputation.
Epstein
avait transféré ses comptes de JPMorgan Chase à Deutsche Bank en 2013,
via un gestionnaire de relations qui vantait les opportunités
lucratives. Des documents des « Epstein Files » révèlent d’autres échanges où il mentionne que « Deutsche Bank devient intéressante bientôt », indiquant un intérêt croissant pour la banque dans un contexte russe.
Implications et théories controversées
La publication originale accuse le « réseau Rothschild »
de spéculer sur le rouble, liant cela à Soros et à une orchestration du
conflit ukrainien pour des profits. Bien que ces allégations soient
controversées et souvent qualifiées d’antisémites, elles s’appuient sur
des faits vérifiables : des spéculateurs ont profité de la crise, et des entités comme BlackRock ont investi en Ukraine post-conflit.
Cependant, aucune preuve directe n’associe Epstein à un complot plus
large impliquant Soros ou Rothschild, bien que ses connexions élitistes
(y compris avec des figures russes) alimentent les spéculations.
Des
publications sur X évoquent qu’Epstein a perdu 167.000 dollars sur ce
pari, avant de s’intéresser au rouble comme monnaie de réserve
potentielle – une ironie soulignée par des partisans de la Russie.
Cet
email de 2014 illustre comment Epstein, au cœur de scandales sexuels et
financiers, exploitait les crises géopolitiques pour des gains
personnels, avec la complicité tacite de banques comme Deutsche Bank.
Alors que la Russie et l’Occident restent en conflit, ces révélations
rappellent les intersections entre finance, politique et pouvoir. Bien
que l’authenticité du document semble confirmée par son inclusion dans
des archives judiciaires, il invite à une vigilance accrue sur les
spéculations en temps de guerre. Des enquêtes supplémentaires pourraient
révéler plus sur les sources d’information d’Epstein, mais pour
l’instant, cela reste un chapitre sombre de l’histoire financière
récente.